Abécédaire
 Marie-Victoire Louis

Famille

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 15/10/2021
date de publication : 15 octobre 2021
mise en ligne : 15/10/2021
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À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 15.278 items et 23 rubriques : I. Culture » (761) ; II. Droit (278) ; III. Êtres humains (741) ; IV. Corps (349) ; V. Enfants (215) ; VI. Femmes (1984) ; VII. Hommes (902) ; VIII. Relations entre êtres humains (1.204) ; IX. Famille (454) ; X. Féminisme (416) ; XI. Justice (714) ; XII. Langage (851) ; XIII. Patriarcat (554) ; XIV. Penser (1232) ; XV. Politique (1735) ; XVI. Pornographie (135) ; XVII. Proxénétisme (321) ; XVIII. « Sciences » sociales (471) ; XIX. Démographie (36) ; XX. Économie (764) ; XXI. Histoire (515) ; XXII. Sexes [Sexualité, Sexisme…] (162) ; XXIII. Violences (471) … et continuera d’évoluer.

15 octobre 2021

IX. Famille
En noir. ‘nouveaux’ items (et modifiés)

I. Famille : Famille (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) ; Par ordre alphabétique Famille (Agacinski Sylviane) ; Famille (Autogestion) (1, 2) ; Famille (Bach Jean Sébastien) ; Famille (Balzac Honoré de) ; Famille (Benalla Alexandre) : Famille (Bernert Sabine) ; Famille (Bettelheim Bruno) ; Famille (Blanquer Jean-Michel) (1, 2) ; Famille (Blum Léon) ; Famille (Bonaparte Mathilde) ; Famille (Cardinal Marie) ; Famille (Castoriadis Cornelius) (1, 2) ; Famille (Catholicisme) ; Famille (Chalandon Sorj) ; Famille (Chaunu Pierre) ; Famille (Citroën) ; Famille (Clerc Thérèse) ; Famille (Clinton Hillary) ; Famille (Code de la famille) ; Famille (Communisme) (1, 2) ; Famille (« Concubinage ») ; Famille (Contrat. Moyen Âge. Corse) ; Famille (Couple) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) ; Famille (Cousins) ; Famille (Crémieux Benjamin) ; Famille (Debray Régis) ; Famille (De Gaulle) ; Famille (Détachement) ; Famille (Diderot Denis) ; Famille (Dolto Françoise) ; Famille (Domesticité) ; Famille (Drame) ; Famille (Eliot George) ; Famille (Emmanuelli Xavier) ; Famille (Empire / pouvoir des femmes) ; Famille (Enfant handicapé) ; Famille (« Éteinte ») ; Famille Par ordre chronologique (Femme) (1, 2, 3, 4, 5) ; Famille (Féodalité) ; Famille (Ferrante Elena) ; Famille (Ferrer Nino) ; Famille (Fiançailles) (1, 2) ; Famille (« Fichier juif ») ; Famille (Fille aînée (1) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4) ; Famille (1) Par ordre chronologique (1, 2, 3) ; Famille (France. Normandie. 1953) ; Famille (France. Police. 2017) ; Famille (France. Université. Janvier 2017) ; Famille (Frigo) ; Famille (Frères et sœurs) (1, 2) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) ; Famille (Freud Sigmund) ; Famille (Gide André) (1, 2, 3) ; Famille (Giscard d’Estaing) ; Famille (Gracq Julien) ; Famille (Guéhenno Jean) ; Famille (Guérin Daniel) ; Famille (Hegel) ; Famille (Héritage) (1, 2, 3) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Famille (Huysmans Joris Karl) ; Famille (Hugo Victor) ; Famille (Idéalisation) ; Familles (Juives. Paris. 1942) ; Famille (Khol Helmut) ; Famille (Le Maire Bruno) ; Famille (« Liens du sang ») ; Famille (Macron Emmanuel) ; Famille (« Magma ») ; Famille (Maison) (1, 2) ; Famille (Margueritte Paul et Victor) ; Famille (Malraux André) ; Famille (Mauriac François) ; Famille « Ménage » Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5) ; Famille (Mère) ; Famille (Michelet Jules) ; Famille (Michelin François) ; Famille (Monde Diplomatique Le) ; Famille (« Monoparentale ») (1, 2) ; Famille (Napoléon) ; Famille (Nombreuse. France) (1, 2, 3) ; Famille (Nombreuse. Guadeloupe) ; Famille (Nombreuse. Suisse) ; Famille (Orwell George) ; Famille (Paternité) ; Famille (Patriarcale) ; Famille (Pepys Samuel) ; Famille (Pétain) (1, 2, 3, 4) ; Famille (Politique familiale. France. 1977) ; Famille (Prévert Jacques) ; Famille (Propriété) ; Famille (Reclus Élisée) ; Famille (Reproduction) ; Famille (« Sacré ») ; Famille (Sand George) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17) ; Famille (Sénèque) ; Famille (Sheehan Cindy) ; Famille (Silence) (1, 2) ; Famille (Simon Claude) ; Famille (Staline) ; Famille (Staël Germaine de) ; Famille (Steinbeck John) ; Famille (Suicide) ; Famille (Talleyrand) ; Famille (Tchekhov Anton) ; Famille (Travail Ménager) ; Famille (Travail salarié) ; Famille (Tulard Jean) ; Famille (Vie-dite-privée) ; Famille (Violences) ; Famille (Voltaire) ; (199)

II. Mariage (Concubinage, Couple, PACS, « Mariage pour tous ») : Famille (Mariage) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8) Par ordre alphabétique. Mariage (Abolition. « Mariage pour tous ») ; Mariage (Abolition. Naquet Alfred) ; Mariage (Abolition. Sand George) ; Mariage (Adultère) (1, 2) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8) ; Mariage (Âge du) (1, 2, 3, 4) ; Mariage (Agoult Marie d’) ; Mariage (Antisémitisme. Nazisme) ; Mariage (Argent) (1, 2) ; Mariage (« Arrangé ») (1, 2) ; Mariage (Article 213 du Code civil français) ; Mariage (Article 475 du Code pénal marocain) ; Mariage (Balzac) (1, 2, 3, 4) ; Mariage (Becker Paula) ; Mariage (Blum Léon) ; Mariage (Brocher Victorine) ; Mariage (Bussy-Rabutin, Comte de) ; Mariage (Catholique) (1, 2) ; Mariage (Céline Louis Ferdinand) ; Mariage (Chateaubriand Alphonse de) ; Mariage (Chine, Proverbes. 1950) ; Mariage (Compromis) ; Mariage (Comtesse de Ségur) (1, 2) ; Mariage (Constant Benjamin) (1, 2, 3) ; Mariage (Contrat) (1, 2, 3) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5) ; Mariage (« D’argent ») ; Mariage (De Cleyre Voltairine) ; Mariage (David-Neel Alexandra) ; Mariage (Dot) (1, 2, 3) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17) ; Mariage (Duncan Isadora) ; Mariage (Eliot George) (1, 2) ; Mariage (Espoir) ; Mariage (Évolution du droit) ; Mariage (Expiation) ; Mariage (« Faute de goût ») ; Mariage (Femme complaisante) ; Mariage (Ferrante Elana) ; Mariage (Fielding Henry) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11) ; Mariage (Fillon François et Penelope) ; Mariage (Finances) ; Mariage (Football) ; Mariage (« Forcé ») (1, 2) ; Mariage (Fourier Charles) ; Mariage (Françoise-Radegonde Le Noir) ; Mariage (Freud Sigmund) (1, 2) ; Mariage (Fumier) ; Mariage (Genlis Madame de) ; Mariage (Gilliard-Malherbe Marie) ; Mariage (Goldman Emma) ; Mariage (Graffigny Françoise de) ; Mariage (Gramont. Duc de) ; Mariage (Guitry Sacha) ; Mariage (Héritage. Chamfort) ; Mariage (Hugo Victor) (1, 2) ; Mariage ( « Je me marie demain ») ; Mariage (Kollontaï Alexandra) ; Mariage (Langage) ; Mariage (Lessing Doris) ; Mariage (Liberté) ; Mariage (Mafia) ; Mariage (Mari. Déçu) ; Mariage (Mari. « Étonné ») ; Mariage (« Maris voyous ») ; Mariage (Marivaux) ; Mariage (« Moi ») ; Mariage (Morale. Chamfort) ; Mariage (Mosca Comte) ; Mariage (Musulman) ; Mariage (Nationalité) ; Mariage (Novalis) ; Mariage (Nietzsche Friedrich) (1, 2) ; Mariage (Obéir) (1, 2) Par ordre chronologique (3) ; Mariage (Oufkir Fatéma) ; Mariage (« Oui ») (1, 2) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4) ; Mariage (« Pacte Faustien ») ; Mariage (Pape François) ; Mariage (Partage des tâches) ; Mariage (Pornographie) ; Mariage (« Pour tous ») (1, 2, 3) ; Mariage (Princesse Palatine) ; Mariage (Pozzi Catherine) ; Mariage (Propriété conférée à l’épouse par le mariage) ; Mariage (Proudhon Joseph) ; Mariage (Proust Marcel) ; Mariage (Ragon Michel) ; Mariage (Retraite) ; Mariage (Revendication) ; Mariage (Roudinesco Élisabeth) ; Mariage (Rousseau Jean-Jacques) ; Mariage (Russie. XIXème siècle) (1, 2) ; Mariage (Russie. Révolution) ; Mariage (« Rustines ») ; Mariage (Saint-Simon) ; Mariage (Sand George) ; Mariage (Scudéry Mademoiselle de) ; Mariage (Simenon Georges) ; Mariage (Staël Germaine de) ; Mariage (Weiss Louise) ; (177)

III. Divorce : Famille Divorce (1, 2, 3) ; Par ordre alphabétique Divorce (Bourguiba Habib) ; Divorce (Clémenceau) ; Divorce (« Conflit de loyautés ») ; Divorce (« Droits maternels ») ; Divorce (Église catholique) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4) ; Divorce (Galey Matthieu) ; Divorce (Gratuit) (1, 2, 3, 4) ; Divorce (Histoire) (1, 2, 3, 4) ; Divorce (Liberté) ; Divorce (Licenciements) ; Divorce (Montaigne) ; Divorce (Napoléon Ier) ; Divorce (Pensions alimentaires) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9) ; Divorce (Sand George) ; Divorce (Sanson Véronique) ; Divorce (Violences masculines) (1, 2) ; Divorce (Voltaire) ; (39)

IV. Polygamie : Famille Polygamie ; Polygamie (Afghanistan. Années 90) ; Polygamie (Arabie Saoudite) (1, 2) ; Polygamie (Ben Laden) ; Polygamie (Bokassa Jean Bedel) ; Polygamie (Boubakeur Dalil) ; Polygamie (Derrida Jacques) ; Polygamie (Diderot) ; Polygamie (Église catholique. France. 1987) ; Polygamie (El Glaoui Thami) ; Polygamie (Elle) ; Polygamie (Fassin Éric) ; Polygamie (Femme) ; Polygamie (France. 2018) ; Polygamie (Jaulin Robert) ; Polygamie (Kapuscinski Ryszard) ; Polygamie (Kessel Joseph) ; Polygamie (Latournerie Dominique. 1987) ; Polygamie (Leiris Michel) ; Polygamie (Lévi-Strauss Claude) ; Polygamie (Lombard Paul) ; Polygamie (Louis XIV) ; Polygamie (Mitterrand François) ; Polygamie (Monarchie Marocaine) ; Polygamie (Onfray Michel) ; Polygamie (Homme « Roux ») ; Polygamie (Salomon) (1, 2, 3, 4) ; Polygamie (Schweitzer Albert) ; Polygamie (De Sica Vittorio) ; Polygamie (Taché Aurélien) ; Polygamie (Touraine Alain) ; Polygamie (Valéry Paul) ; Polygamie (Voltaire) (1, 2) ; Polygamie (Wikipédia) ; (39)

15 octobre 2021 : 454 Item

I. Famille :

Famille (1) : La plus vieille structure politique du monde, pas « naturelle » pour autant ; celle sur laquelle tous les États s’appuient et la seule unanimement cautionnée. Pourtant, la moins politiquement analysée, la moins interrogée, la moins critiquée : il faudrait pour cela remettre en cause le pouvoir politique conféré à chaque homme dans cette institution ainsi que la caution politique, à peine ébréchée, que leur confèrent les États. L’institutionnalisation du « mariage pour tous » (!) a permis de repousser cette réflexion.
- Progressivement cependant remplacée par « foyer » [fiscal] et « ménage » [pour l’État et les économistes]…(Poursuivre) (Cf. Hommes, Patriarcat, Politique. Libéralisme)

Famille (2) : La famille est le domaine qui a été donnée aux hommes sans partage, pour le temps qu’ils y restent en fonction.

Famille (3) : 2010. 2011. Les femmes, assimilées aux enfants, n’ont jamais pu s’y voir reconnaître leur individualité. On peut ainsi lire :
« Famille retrouvée morte dans un gîte des Ardennes. L’homme était dépressif » 1 ou :
« Un Jordanien exécute toute sa famille » 2
- Les hommes les y rejoignent :
« Une famille est en prison. » 3

Famille (4) : 2014-2018. Le propre d’une ‘famille’, c’est que l’on peut en retirer, ajouter l’une ou l’autre des personnes qui la composent, elle reste toujours telle qu’en elle-même : « une famille ».
- On entend ainsi : « Je dois consacrer plus de temps à ma famille » ;
- On peut lire : « Blanc-Mesnil ; autopsie de la famille tuée » 4 [alors que tout indique, par ailleurs, que le père et tué son épouse et ses deux filles], ainsi que :
- « Afghanistan : un journaliste et sa famille tués. » [Comprendre : un homme (journaliste), son épouse et leurs deux enfants ont été tués]. 5
* Ajout. 8 septembre 2014. Lu :
« Quatre famille de délinquants risquent l’expulsion de leur HLM » 6 En d’autres termes et plus précisément, quatorze personnes sont concernées. L’expulsion, dont je ne sais si elle a eu lieu, était fondée sur règlement intérieur qui stipule que le titulaire du bail est responsable des actes commis « par tous les ayant droit vivant sous son toit » ; par ailleurs, selon la presse, le trafic de drogue avait eu lieu en 2009, les jeunes concernés avaient purgé leur peine et ne vivaient plus dans la cité.
* Ajout. 15 Novembre 2014. Lu :
« Intempéries : une famille emportée dans un cours d'eau des Cévennes » 7
En d’autres termes : le corps d’un enfant de 4 ans a été retrouvé noyé, sa mère et un autre enfant d’un an enfermés dans la voiture ont disparus dans les eaux, tandis que le père a été sauvé. 8
* Ajout. 25 juin 2015. Lu :
« Normandie. Le grand père a-t-il tué sa famille avant de se suicider ? » 9 Plus précisément : l’épouse, la fille, le petit-fils ont été tués, le fils ne l’a pas été.
* Ajout. 1er juillet 2015. Un avion militaire s’écrase en Indonésie sur « une zone habitée ». Sont évoquées, concernant les victimes, « des membres de familles de militaires et des femmes ». 10
* Ajout. 15 juin 2016. Lu, concernant le film Japonais Kiku et Isamu [Tadashi Imai.1959] :
« À 200 kilomètres au nord de Tokyo, vivent dans un village deux enfants nés d’un Noir américain » 11
* Ajout. 22 juin 2016. Lu :
« Drame familial à Anglet. Le Parquet évoque des difficultés financières et familiales » 12 En d’autres termes, le père a tué son épouse âgée de 43 ans et ses deux filles âgées de 12 et 16 ans.
* Ajout. 22 octobre 2016. Lu :
« Espagne : un Brésilien avoue avoir tué sa famille » En l’occurrence, « son oncle, de sa tante et de leurs deux enfants, de un et quatre ans ». 13 (Cf. Violences)
* Ajout. 23 février 2017. Lu dans les « extraits exclusifs » publiées par le JDD (Journal du Dimanche) du livre de Jacqueline Sauvage, Je voulais juste que ça s’arrête [Fayard. 246p] :
« Samedi dernier [avant la mort de son mari et de son fils le même jour], nous étions six. Nous ne sommes plus que quatre [Jacqueline Sauvage et ses trois filles]. » 14 (Cf. Enfants, Femmes, Famille. Drame. Père meurtrier irresponsable, Justice. Procès Jacqueline Sauvage)
* Ajout. 5 novembre 2017. Un homme aux États-Unis assassine d’une vingtaine de coups de feu, à Sutherland Springs, au Texas, lors d’un office religieux, dans une église, sans distinction, 26 personnes et en blesse une vingtaine.
« Les motivations du tueur sont familiales » entend-je sur France 24. 15
* Ajout. 6 septembre 2018. Lu : « 25 ans après avoir tué sa famille, Jean-Claude Romand demande sa libération conditionnelle. » Si l’on cherche à savoir ce qui se cache derrière le singulier de « la famille », on découvre que cet homme a tué [assassiné ?] « sa femme, ses deux enfants, ses parents », suivi d’une « tentative d’assassinat de son ancienne maîtresse. » 16
* Ajout. 24 octobre 2018. Jean Tulard, dans Guide des films. 1895-1995. L-Z, concernant Terre brulée [1970. Cornel Wilde], auteur de :
« La famille […] va connaitre différentes épreuves, dont une attaque de motocyclistes qui violent la mère et la fille. » 17 (Cf. Hommes. Irresponsables, Langage. Sujet, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Famille (5) : Entendu : « Dans la famille patriarcale, seul le père est libre. » Non. Dans la famille patriarcale, le père, à qui est conféré le pouvoir sur les autres membres de la « famille », s’approprie leur liberté, et en détruit, au sein de la dite famille, l’idée même, la sienne donc aussi.
Mais son pouvoir dans, sur, contre « la famille » n’en est pas pour autant détruit.

Famille (6) : 1936. Louis Aragon [1897-1982], dans Les beaux quartiers, évoquant le marchand de couronnes mortuaires qui était aussi chapelier écrit :
« Ni l’un, ni l’autre de ces deux commerces ne saurait à lui seul nourrir toute la famille, cinq bouches si on compte la bonne, avec le père gâteux, madame, et Gaston qui a douze ans. » 18

Famille (7) : (19 juillet) 2020. Sur France 24, une animatrice débute la présentation de son émission ainsi : « Hello, la famille ! J’espère que vous allez bien ! ». (Cf. Êtres humains, Penser. Pensée. Abstraction)

Famille (8) : (12 octobre) 2020. Lu : « Quand je me suis marié avec ma femme. »

Par ordre alphabétique. Famille :

Famille (Agacinski Sylviane) : (11 juin) 2009. Je lis dans un portrait de Sylviane Agacinski par Libération :
« […] Elle déteste ‘tomber dans le biographique’ mais concède joliment qu’elle a tout ‘fait dans le désordre’ : ‘Le célibat, puis un enfant, puis un mariage avec un autre [Lionel Jospin]. » 19

Famille. Autogestion :

Famille (Autogestion) (1) : Question ‘naïve’ : pourquoi les débats politiques sur l’autogestion - ou ceux concernant la démocratie directe - ont-ils si peu gagné la réflexion sur la famille ?
- En d’autres termes : pourquoi la pensée de gauche ne « ruisselle »-t-elle pas sur la pensée politique de la famille ? La réponse est dans la question… (Poursuivre) (Cf. Féminisme, Patriarcat, Politique. Autogestion. Démocratie directe)

Famille (Autogestion) (2) : (octobre) 1977. Je lis, dans Dits et écrits rassemblant les textes de Michel Foucault [1926-1984], l’occasion d’une discussion entre Michel Foucault, Jean Pierre Faye, Marie Odile Faye, Marine Zecca et David Cooper [1931-1986], une intervention de ce dernier. Il évoque, au sein du PCI (parti communiste italien) « un groupe, comme celui de Tomasini ( ? ), appuyé sur les positions d’une autogestion radicale de tous les aspects de la vie, incluant les problèmes affectifs, les problèmes de la folie. Il y a là tout un courant un peu caché, dans la situation italienne d’aujourd’hui, mais qui est fondamental. […] » 20
Je n’en sais pas plus. (Cf. Politique. Autogestion)

Famille (Bach Jean-Sébastien) : Jean-Sébastien Bach [1685-1750] fut le père de 20 enfants dont dix moururent à la naissance ou en bas âge. Avec sa première épouse, sa cousine, Maria Barbara Bach [1684-1720], il eut 7 enfants. Après sa mort, père de 4 enfants survivants (entre 13 et 6 ans), il épousa Anna Magdalena Wilcke [1701-1760], elle-même musicienne, il eut 13 enfants. Après la mort de son mari, Anna Magdalena Bach vécut dans de grandes difficultés matérielles. (Cf. Enfants, Femmes. Veuves. Patriarcat. Père)

Famille (Balzac Honoré de) : 1842. Honoré de Balzac [1799-1850], dans Mémoires de deux jeunes mariées, auteur de : « […] La famille, cette belle oeuvre des femmes » et de :
« Pourquoi la société prend-elle pour loi suprême de sacrifier la femme à la famille, en créant ainsi nécessairement une lutte sourde au sein du mariage ? » 21 (Cf. Famille. Mariage, Balzac Honoré de)

Famille (Benalla Alexandre) : (26 décembre) 2018. L’avocate d’Alexandre Benalla, aux fins de justifier ses voyages, ses emplois, sans évoquer son passeports diplomatiques, après qu’il ait été licencié de l’Élysée, déclara notamment :
« Il a une famille à nourrir. » 22 (Cf. Justice. Avocate)

Famille (Bernert Sabine) : 2012. Sabine Bernert, dans Femmes d’exception, auteure de :
« Ma famille est très proche de moi. J’ai une grande famille, j’ai une famille par le sang, bien sûr, j’ai tous mes amis autour du monde, j’ai mes animaux aussi, pour moi, c’est la famille la plus importante. » 23

Famille (Bettelheim Bruno) : 1976. Bruno Bettelheim [1903-1990], dans Psychanalyse des contes de fées, écrit :
« Si nos adolescents avaient été élevés en plus grand nombre dans l’ambiance des contes de fées, ils sentiraient peut être (inconsciemment) que leur conflit ne les oppose au monde adulte, ni à la société, mais en réalité à leurs seuls parents. » 24 (Cf. Enfants. Bettelheim Bruno, Psychanalyse)

Famille. Blanquer Jean-Michel :

Famille (Blanquer Jean-Michel) (1) : (11 décembre) 2019. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale, auteur de :
« La France est comme une grande famille. » 25 (Cf. Famille. Pétain, Patriarcat, Politique. Nationalisme)

Famille (Blanquer Jean-Michel) (2) : (25 octobre) 2020. Lu sur France Info, présentant l’interview de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale, dans le JDD :
« Le ministre a par ailleurs assuré que ‘tous les problèmes liés à la laïcité et à la violence’ devaient à l'avenir être signalés et appelé à ‘une prise de conscience collective’. ‘Le problème vient aussi parfois des familles. Il faut donc retrouver cette règle d'airain : les parents ne se mêlent pas de pédagogie. Et toute agressivité d'un parent doit être suivie d'une réaction de l'institution’ a-t-il prévenu. » 26 Un début de chasse aux sorcières. (Cf. Droit. Blanquer Jean-Michel, Politique. Laïcité)
N.B. De nombreuses références - trop pour être datées - consacrées à Jean-Michel Blanquer dans le texte intitulé Coronavirushttp://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1193&themeid=990

Famille (Blum Léon) : 1894-1896. Léon Blum [1872-1950], dans l’un de ses premiers textes, publiés anonymement dans la Revue Blanche, écrit :
« Il n’est pas du tout vrai, dit Goethe [1749-1832], que la vie de famille soit par elle-même une bonne école morale. Elle repose essentiellement sur le respect, la confiance et l’admiration réciproques…
Cet état ne vaut rien pour personne.
Les parents y contractent, au petit pied, la même confiance en leur autorité infaillible… que les rois absolus.
Quant aux enfants, on ne peut rien imaginer de plus pernicieux pour leur progrès moral
[…] qu’une vie dont la condition même est le manque de clairvoyance mutuelle […] Il est grave de s’habituer à ne point juger. » 27 (Cf. Penser. Juger, Politique. État)

Famille (Bonaparte Mathilde) : 1863. À 43 ans, cousine de Napoléon III, Mathilde Bonaparte [1820-1904] heureuse d’avoir reçu une médaille d’or pour ses peintures admises au Salon [de l’Académie royale de peinture et de sculpture] de 1863, dit :
« Enfin, je me sens quelque chose en dehors de ma famille ! » 28 (Cf. Êtres humains, Femmes)

Famille (Cardinal Marie) : 1980. Marie Cardinal [1928-2001], dans Au pays de mes racines, auteure de : « Ma famille, je me suis amputée d’elle depuis longtemps maintenant. Amputée, le mot n’est pas trop fort. Certaines des coupures que j’ai effectuées m’ont fait souffrir terriblement. Je suis née de ça, de cette partition. Je me suis mise à exister à ce prix et je ne le regrette pas. Au contraire, j’y ai puisé une force et un plaisir de vivre que je ne connaissais pas auparavant. Je sais parfaitement cependant qu’on ne peut jamais se séparer totalement de sa famille. Je la laisse donc flotter en moi, dans la mesure où elle ne me dérange plus. » 29 (Cf. Femme. Écrivaine. Cardinal Marie, Famille. Divorce. Église catholique, Psychanalyse)

Famille. Castoriadis Cornelius :

Famille (Castoriadis Cornelius) (1) : 1989. Cornelius Castoriadis [1922-1997], dans Quelle démocratie ?, dans son hommage rendu au révolutionnaire Grec Spiros Stinas [1900-1987], évoque « la vie » d’un homme « que n’ont adoucie ni femme ni enfants. […] » 30

Famille (Castoriadis Cornelius) (2) : 1996. Cornelius Castoriadis [1922-1997], dans Quelle démocratie ?, lors d’un interview à la Radio suisse romande, décrit ce qu’il nomme « le mouvement de privatisation des individus dans la société contemporaine » :
« Chacun revient chez soi, se renferme dans sa coquille et essaie de régler sa petite vie comme il le peut, avec sa femme, ses enfants, etc. […] » 31
- Une femme - indissociablement liée aux enfants - soit adoucit la vie d’un homme, soit devient partie intégrante de sa vie… adoucie ? (Cf. Homme. « Intellectuel », Patriarcat)

Famille (Catholicisme) : (20 mars) 2014. Radio Notre Dame. Débat entre le père Jacques de Longeaux, président de la Faculté de théologie Notre Dame, Jean-Marie Andrès, responsable national au sein de l’Association Catholique des Familles [ACF] du secteur « Conjugalité et politique familiale » et d'Anne Lannegrace, psychanalyste et experte auprès du département Famille de la CEF (Conférence des évêques de France). On y entend notamment :
« Il faut progresser sur cette politique de l'amour » ;
« La famille, c'est d'abord un couple qui s'aime et s'engage dans une alliance pour créer une nouvelle cellule de société. »
On entend aussi définir la famille comme une « communion de personnes », mais aussi comme « la communion de ceux qui sont en manque », suivi de : « c'est précisément sur cette communion que nous enseigne l'Église ».
On entend enfin que [la société] mais pas la religion - « a fait irruption dans l'espace privé de chacun. »
- La confusion de la pensée : un délicat euphémisme. Ou : comment maintenir le fiction de la signification de termes sans n’avoir plus avoir d’autres justificatifs que le maintien de leur perpétuation. 32 (Cf. Famille. Couple, Patriarcat. Père. Paternité)

Famille (Chalandon Sorj) : (25 juillet) 2018. Sorj Chalandon, présentant un documentaire [Les heures vives, Journal au bord de l’eau. France 3.], écrit :
« Christian avait une femme et des enfants quand il a tout quitté. » 33 (Cf. Langage. Verbe. Avoir)

Famille (Chaunu Pierre) : 1982. Pierre Chaunu [1923-2009] - « de l’Institut » -, dans Ce que je crois, auteur de :
« La famille conjugale stable, la famille matrimoniale est vraiment le modèle naturel. » 34 (Cf. Histoire. Patriarcale, Économie. Télé-travail)

Famille (Citroën) : (septembre) 2018. Publicité pour la voiture Berlingo de Citroën :
« On n’a pas inventé la famille, mais la voiture qui va avec. » 35 (Cf. Économie. Publicité)

Famille (Clerc Thérèse) : 2007. Thérèse Clerc [1927-2016], auteure de :
« Le couple est le tombeau des femmes et la famille leur cimetière. » 36 (Cf. Famille. Couple)
* Ajout. 16 août 2017. 1977. Une analyse proche : Frédéric, 27 ans, médecin, célibataire, interrogé en 1977 sur « le malaise de la famille », auteur de :
« Il y a une phrase que répétait souvent mon prof de philo : ’La famille, c’est la tombe des enfants’, disait-il. » 37 (Cf. Enfants)

Famille (Clinton Hillary) : (15 octobre) 2016. Hilary Clinton, lors d’un débat public avec Donald Trump, auteure de :
« J’ai toujours défendu les enfants et les familles. » (Cf. Femme « Politique ». Patriarcat)

Famille. Code de la famille :

Famille (Code de la famille) (1) : Les codes de la famille sont aussi appelés, à la suite du vote du code algérien l’après indépendance, en 1965, 38 « codes de l’infamie ». Les abroger tous, ainsi que tous les codes civils, pénaux, toutes les lois politiques, toutes les lois religieuses, qui d’une manière ou d’une autre, légitiment, légalisent le plus léger traitement différencié entre les hommes et les femmes, quel que soit leur âge. Une belle et si simple revendication - non négociable, va sans dire - qui devrait unir toutes les femmes de la terre. En attendant les autres exigences à venir.
- Toute revendication partielle légitime le bien-fondé de la perpétuation du principe fondateur des législation patriarcales familialistes.
- Un exemple parmi cent, mille… : la lutte des femmes Palestiniennes présentée comme « centrée sur la question de l’héritage » (source oubliée). (Cf. Droit. CEDAW, Politique. Démocratie. Lois, Patriarcat, Violences. Lois religieuses)

Famille (Code de la famille) (2) : (22 février) 2020. Entendu ce jour évoquer la « démocratisation » du code de la famille en Algérie. Non. Il s’agit de patriarcat, pas de démocratie. (Cf. Droit, Langage, Patriarcat, Politique)

Famille. Communisme :

Famille (Communisme) (1) : 1958. Doris Lessing [1919-2013], dans Les enfants de la violence. La cité promise (3), auteure de :
« C’est drôle, non ? Imagines-tu combien de gens sont devenus communistes uniquement pour cela ; parce que le communisme allait anéantir la famille. Mais le communisme n’a rien fait de tel. Il a fait le contraire. » 39 (Cf. Patriarcat, Politique. Communisme, Histoire)

Famille (Communisme) (2) : (21août) 2017. Pierre Birnbaum, sur France Culture, qualifie la formulation d’Émile Durkheim [1858-1917] évoquant « le communisme familial », de « très belle expression » ; qualificatif, est-il besoin de le souligner, forcément antithétique avec toute analyse de la famille en tant que structure patriarcale. 40 (Cf. Langage. Adjectif, Sociologie. Durkheim Émile)

Famille (Contrat. Moyen Âge. Corse) : (8 décembre) 1287. Dans un acte du notaire Corse Nicola De Porta, Génois de Bonifacio, on peut lire :
« Moi, Giovannetta Oliveti, m’engage auprès de toi, Marco Bertane, Vénitien, à demeurer avec toi, comme ta femme de service et concubine pour six ans et à te suivre dans tous les lieux et terres où tu te rendras et voudras m’emmener afin de remplir tous les services pour ta personne ou dans ta maison. Je promets de te protéger et de te garder, toi et tes biens, en bonne foi et sans fraude et de ne pas te servir sans autorisation jusqu’au terme fixé. Tu me donneras nourriture et vêtement appropriés, et à la fin des six années, si tu désires me laisser, tu me donneras en récompense et gratitude, dix livres de Gênes. D’autre part, moi, Marco, m’engage auprès de toi Giovannetta, de te tenir pour femme de service et concubine jusqu’au terme échu et de te conduire avec moi dans tous les lieux et terres ou je me rendrais, de te donner nourriture et vêtement appropriés convenables et de te garder et protéger saine et malade jusqu’au terme du contrat. Et si à la fin, tu ne veux plus demeurer avec moi, je te donnerais dix livres de Gênes. » 41
- Bouleverse bien des concepts, mais maintient celui de patriarcat… (Cf. Famille. Contrat, « Mariage pour tous », Politique, Histoire)

Famille. Couple :

Famille (Couple) (1) : Quand « un couple » doit être interrogé, quelles qu’en soient les circonstances, la nature du problème, …chacun-e - censée en faire partie - doit l’être séparément, puis, après réflexions et accords séparés, conjointement, ou non. (Cf. notamment Justice)

Famille (Couple) (2) : Un couple, est-ce : 1+1 = 2 ; ou : 1+1 = 2-1 ; ou : 1+1 = 1 ;
ou est-ce : 2-1, ou : 1-1 ?

Famille (Couple) (3) : Entendu une fille parlant des relations entre ses parents :
« Elle était ce qu’il voulait qu’elle soit ».

Famille (Couple) (4) : Une seule phrase, jugée stupide, scella son sort.

Famille (Couple) (5) : Au lieu et place de « couple » : Il et elle [ou : il et il, elle et elle] vivent en couple l’un-e avec l’autre : ?

Famille (Couple) (6) : Un homme qui critique en public son épouse, sa compagne, romps avec l’idée même de couple, fondée sur le principe que ce qui les concerne est censée relever de la seule sphère privée, laquelle est considérée comme devant, face à des tiers, être tue.

Famille (Couple) (7) : L’un-e voulait sauver son couple ; l’autre voulait se sauver du couple. Insoluble.

Par ordre chronologique. Famille. Couple :

Famille (Couple) (1) : (octobre) 1942. Anaïs Nin [1903-1977], dans son Journal, écrit qu’elle s’ « intéresse au thème du développement des femmes », en se servant d’elle « seulement comme cobaye » et poursuit :
« La difficulté essentielle que je vois dans les relations autour de moi, c’est que les femmes, les épouses sont disposées et prêtes à aider leur mari réaliser ses désirs, ses objectifs, son développement ou sa carrière. Mais je vois la même bonne volonté chez peu de maris. Il y a une crainte que le développement de la femme la rendra moins bonne épouse, compagne, qu’ils pourraient même la perdre. Frances est attentive à ce que Tom écrit, elle s’inquiète de ses luttes. Tom ne s’inquiète nullement des dons ou de l’épanouissement de Frances. Il en est de même pour les autres femmes que je connais. » 42

Famille (Couple) (2) : 1952. Doris Lessing [1913-2013], dans Les enfants de la violence, auteure de : « Il était extraordinaire de constater qu’un mois après la retour de Douglas, elle se retrouvait dans cette grande maison, avec tous ces domestiques, et avec un nouveau cercle d’amis. Car toutes les femmes des collègues de Douglas étaient venues la voir, et elle leur avait également rendu visite.
Elle appartenait à un couple. Depuis plus d’un an, maintenant
. » 43

Famille (Couple) (3) : 2007. Danielle Michel-Chich, dans Thérèse Clerc, Antigone aux cheveux blancs, rapporte ce dialogue entre Thérèse Clerc [1927-2016] et son mari :
« ‘À qui ne plairais-tu pas ?‘ lui déclare un jour son mari alors que le torchon brûle déjà dans le couple : ‘Mais, à toi mon chéri. Tu es mon seul échec !’ réplique Thérèse. » 44 (Cf. Relations entre êtres humains, Dialogue, Femme. Remarquable)

Famille (Couple) (4) : (10 janvier) 2017. Titre d’un article de Femme Majuscule :
« Couple : Apprenons à savourer notre vie de célibat. » 45

Famille (Couple) (5) : (1er août) 2018. Je lis dans la critique Cinéma du Canard enchaîné, concernant le film My lady :
« Dévorée par sa tâche [elle est juge à la Haute Cour britannique] Fiona n’a plus de vie de couple et s’abrite derrière une dureté intransigeante. » 46 Qu’en conclure ?

Famille (Couple) (6) : (30 janvier) 2020. Agnès Buzyn, ministre de la santé, auteure de :
« La femme du couple va bien ». 47 (Cf. Femmes, Hommes, Famille, Langage)

Famille (Couple) (7) : (27 janvier) 2020. Carlos Ghosn retrouvant son épouse au Liban après sa fuite du Japon lui dit :
« Tu es ma lionne ». Elle, au terme de sa conférence de presse au Liban :
« Tu es un héros ». 48

Famille (Couple) (8) : (31 juillet) 2021. Jacques Julliard, auteur de :
« Mes parents étaient un couple parfait. Je n’ai jamais vu une ombre entre eux. » 49

Famille (Couple) (9) : (2 août) 2021. Mazarine Pingeot concernant son père, François Mitterrand [1916-1996], auteure de :
« S’il avait dit non, c’était non pour tout le monde. »
‘Tout le monde’, en l’occurrence, signifiait elle, enfant, et sa mère. 50 (Cf. Patriarcat. Père)

Famille (Couple) (10) : (7 août) 2021. Patrick Lapeyre évoque « un couple assez dépareillé socialement parlant », mais Alain Finkielkraut précise que, l’amant est « entiché d’Heidegger ». 51

Famille (Cousins) : (10 octobre) 2020. Sur France Culture, Jean-Paul Demoule « préhistorien, et archéologue réputé » auteur de : « Nos cousins, les primates ». 52 (Cf. Politique. Animalisation du monde)

Famille (Crémieux Benjamin) : 1921. Benjamin Crémieux [1888-1944], dans Le premier de la classe, auteur de :
« Bien des fois, j’ai pleuré de rage parce que mon père était pauvre et que ma mère n’était pas belle. » 53 (Cf. Femmes. Beauté)

Famille (Debray Régis) : 1996. Régis Debray, dans Loués soient nos seigneurs. Une éducation politique, après avoir présenté François Mitterrand [1916-1996], comme un « anticonformiste finalement conforme », poursuit :
« Les bourgeois émancipés sont ainsi : originaux à moitié, rebelles allant à la messe. On a plus d’une maison, mais on revient coucher chez soi. On quitte sans rompre, on s’en va sans divorcer : la famille, c’est sacré - et commode. Ainsi s’aménagent des vies privées aussi hérétiques qu’orthodoxes. Certains sautent le pas, coupent les ponts. Lui, garde un pied à terre sur l’autre rive. Rubicon connait pas. » 54 (Cf. Famille. Sacré, Homme « Politique ». Mitterrand François, Penser. Politique)

Famille (De Gaulle Charles) : 1970. Charles de Gaulle [1890-1970], dans ses Mémoires, [Le renouveau] concernant son fils et son gendre, écrit :
« Tous deux, ainsi que notre fille, notre belle-fille et leurs enfants, voient la France comme je la vois. Il en est de même de nos frères et sœurs et de l’ensemble de nos neveux et nièce. Cette harmonie familiale m’est précieuse. » 55 (Cf. Êtres humains, Femme. Épouse de. de Gaulle Yvonne, Famille. Frères et sœurs, Penser)

Famille (Détachement) : Apprendre à se détacher de la famille, c’est apprendre - car cela peut « s’apprendre » - à s’en libérer. Et à se libérer. Voire, dans la meilleure des hypothèses, à libérer les autres, de vous…Demande souvent du temps…

Famille (Diderot Denis) : 1773. Denis Diderot [1713-1784], dans Ceci n’est pas un conte, auteur de : « Il était pauvre ; c’était un de ces enfants perdus, que la dureté des parents, qui ont une famille nombreuse, chasse de la maison, et qui se jettent dans le monde sans savoir ce qu’ils deviendront, par un instinct qui leur dit qu’il n’y auront pas un sort pire que celui qu’ils fuient. » 56 (Cf. Famille. Nombreuse)

Famille (Dolto Françoise) : 1981. Françoise Dolto [1908-1988], dans Enfants en souffrance, auteure de : « […] Il y a une chose que je voudrais dire aux pères qui sont ici à propos de l’inscription à l’état civil. J’ai vu beaucoup de pères qui ont été frustrés de ce qui est l’acte social originel de la paternité, lequel est fierté en même temps qu’angoisse. Je veux parler de l’évènement très important pour eux, qui est d’aller déclarer eux-mêmes l’enfant à la mairie. Le père qui n’a pas pu faire cette démarche est un père dont on a éradiqué le premier geste de la sa fierté parentale. Il faut penser à cela, parce que, par commodité, les services sociaux prennent la place du père. C’est certainement pas quelque chose qu’il ne faut pas faire, à moins, bien sûr, que le père refuse catégoriquement d’y aller. Si c’est la mère qui vous (« les services sociaux ») le demande, sachez attendre que le père vienne. Sinon, vous direz alors devant la mère au bébé : ‘Ton père, qui a un enfant si beau, il n’ose pas venir pour te déclarer lui-même ; alors nous allons déclarer ta naissance à la mairie’. […]
C’est un beau moment de virilité symbolique qui ‘source’ la paternité. Paternité d’un enfant qui naît de lui, paternité d’un enfant qu’il reconnaît parce qu’il aime la femme qui a mis au monde ce bébé et que, l’ayant aimée enceinte, il a, par amour de cette femme, accepté de donner son nom à l’enfant.
Une femme n’a pas du tout le même besoin qu’on reconnaisse légalement sa maternité. C’est en accouchant et en vivant sa montée de lait que la femme a déclaré sa maternité ; d’ailleurs, les femmes, en général, ont très rarement le besoin, quel que soit le domaine, qu’on reconnaisse leur ‘paternité’, paternité d’une idée qu’elles ont émises par exemple, pas plus qu’elles n’ont besoin que leur enfant porte leur nom pour savoir vraiment qu’il est le leur, ou que l’enfant sache qu’elle est leur mère. […] » 57 (Lire la suite) (Cf. Droit. Code civil, Enfants, Femmes. Mères. Nom, Féminisme. Antiféminisme, Patriarcat. Père, Penser. Pensée, Psychanalyse)

Famille (Domesticité) : Madeleine Leroux [1908-1984], fille de Gaston Leroux [1868-1927] évoque « la domesticité qui faisait partie de la famille. » 58 (Cf. Femmes. « Bonnes à tout faire »)

Famille (Drame) : (6 octobre) 2017. Lu dans Le Parisien :
« Il se défenestre avec ses deux enfants. […] L’enquête s’orientait hier soir vers un drame familial. » 59
- On lit aussi : « Une unité médico-psychologique a été mise en place pour aider les témoins du drame. » (Cf. Langage. Critique de mot : « Drames », Violences. Violences à l’encontre des enfants. Patriarcales)

Famille (Eliot George) : 1860. George Eliot [1819-1880], dans Le moulin sur la Floss, auteure de :
« Il y avait des Dodson qui ressemblait moins à la famille que d’autres… cela était reconnu, mais dans la mesure où ils faisaient partie de la ‘famille’, ils étaient nécessairement supérieurs à ceux qui n’en étaient pas. Et on pouvait remarquer que, si aucun Dodson pris individuellement n’était satisfait d’un autre Dodson pris individuellement, chacun était satisfait non seulement de lui-même, mais des Dodson pris collectivement. »
Quelle justesse d’analyses… 60 (Cf. Femme. Écrivaine. Eliot George)

Famille (Emmanuelli Xavier) : (18 décembre) 2017. Xavier Emmanuelli, auteur de :
- « Ma mère se prenait pour quelqu’un [puisqu’elle était fille du directeur de l’école de […] », et de :
- « Ma mère [institutrice] qui avait de l’ambition […] a demandé à papa [instituteur] de s’inscrire en philo à la Sorbonne. […] Puis elle l’a inscrit en médecine. [Rire un peu gêné] C’est les femmes, chez nous, [en Corse] dans le monde latin [sous-entendu : qui ont le pouvoir de décider] […]. »61
Et, lui, le père, est devenu médecin. (Cf. Êtres humains, Femme, Patriarcat)

Famille (Empire / pouvoir des femmes) : Le pouvoir, l’empire des femmes dans la famille, si, génériquement, évoqué tel que, sans autre précision concernant le cadre politique, juridique, historique dans lequel il s’insère : grossier mensonge dont la fonction est de cautionner la perpétuation des droits des hommes dans et sur ‘la famille’ et donc sur et contre les femmes. Innombrables exemples, dans la littérature notamment…
* Ajout. 4 octobre 2018. Il m’est dit : « Ma mère est totalement libre ». Argument qui a tendance à remplacer : « les femmes, des salopes, sauf ma mère. » (Cf. Femme. Mère)

Famille (Enfants) : Cf. Enfants

Famille (Enfant handicapé) : (17 octobre) 2015. Extrait d’un dialogue entre une journaliste et une mère d’enfant handicapée, Églantine Eméyé.
- Question de la journaliste : « Cette histoire qui s’est passée il y a quelques semaines dont on a beaucoup parlé, la petite Méline… avec cette maman qui a choisi d’abréger les souffrances de sa fille de 8 ans, polyhandicapée ou très handicapée, pour, je cite : ‘elle le vit comme un acte d’amour parce qu’elle ne voyait pas d’issue heureuse’. Elle a été condamnée à 5 ans de prison avec sursis. Je ne vous demande pas de commenter la décision de justice, évidemment. Mais est-ce que vous pouvez comprendre le geste de cette mère ?
- Réponse : Pour parler crument. 1. Je comprends le geste de cette mère. 2. Je pense que c’est la société qu’il faut condamner. »
- Question de la journaliste : Pourquoi ?
- Réponse : On n’imagine pas la douleur que c’est. Vous avez parlé de la solitude…. Les médecins ne nous tendent pas assez la main. J’ai cherché des solutions. Je suis journaliste ; je sais où frapper, je sais quelles portes aller ouvrir. Je me suis sentie extrêmement seule. Il y a un manque de structures. Dans mon cas, Samy ne dormait jamais, jamais plus de trois heures. Et les réveils, c’était d’une violence insoutenable. Moi, je suis sa maman ; lutter physiquement contre mon fils toutes les nuits, c’est quelque chose qui est inimaginable. Et quand parfois je demandais : mais bon sang ! aidez-moi ! jamais personne, jamais aucun médecin, jamais aucune éducatrice, jamais personne n’a suggéré un seule fois de me relayer une nuit. Comment voulez-vous, humainement, physiquement qu’on tienne. J’ai tenu, je ne sais pas par quel miracle. Je comprends que certains craquent. » 62
- Une juste et si triste représentation de de notre société. (Cf. Êtres humains, Enfants, Femmes. Mères. Justice)

Famille (« Éteinte ») : (16 septembre) 1660. Samuel Pepys [1633-1703] écrit dans son Journal : « [À Westminster] Fetter, l’horloger me dit que milord d’Oxford venait lui aussi de mourir de la petite vérole. Ce qui signifie qu’après avoir maintenu l’honneur et le nom pendant 600 ans, la famille est éteinte. » Une note précise :
« La rumeur était fausse, le comte d’Oxford (le 20ème à porter ce titre depuis 1142) avait la petite vérole, mais ne mourut qu’en 1703, date à laquelle la branche principale de la famille, s’éteignît en effet, en l’absence d’héritier mâle. Ils avaient conservé le titre pendant 500 ans (et non 600). » 63 (Cf. Enfants, Hommes, Femmes. Nom, Mariage, Patriarcat. Père. Filiation, Politique. Honneur)

Par ordre chronologique. Famille. Femmes :

Famille (Femmes) (1) : 1953. Entendu concernant une présentation de Pierre Poujade [1920-2003] : « Il a une famille et quatre enfants. » 64 (Cf. Femmes)

Famille (Femmes) (2) : 1990. Olivier Schwartz, sociologue, auteur de : Le monde privé des ouvriers se souvient d’un « cas qu’il faut bien présenter comme limite » :
« Je me rappelle d’un femme [ouvrière] divorcée qui avait quatre enfants et qui me disait : ‘Nous on est cinq’ et qui rajoute : ‘Parce que j’ai un enfant qui est mort mais qui, pour moi, est toujours vivant.’ Je lui ai dit : ‘Si tu comptes comme cela, vous êtes six’. ‘Ah, non, moi, je ne me compte pas.’ » 65 Un cas-limite ? Et de quoi ? (Cf. Femmes)

Famille (Femmes) (3) : 2013. Bruno Le Maire, écrit, dans Jours de pouvoir, :
« Le soir, Pauline (son épouse) annonce au reste de la famille (ils sont parents de trois garçons) que nous attendons un quatrième enfant. » 66 (Cf. Femmes, Homme « Politique », Patriarcat. Père, Le Maire Bruno)

Famille (Femmes) (4) : (19 novembre) 2017. Bernard Tapie, auteur de :
« J’ai une famille depuis 42 ans avec la même femme […]. » 67 (Cf. Femmes, Langage. Sujet. Verbe. Avoir)

Famille (Femmes) (5) : (4 juin) 2018. Lu concernant l’enterrement de M. Boulard [1943-2018], maire du Mans :
« La famille Boulard est entrée dans la cathédrale, avec Dominique, la femme du maire défunt, [l’une de ses écharpes au cou.] » 68 (Cf. Femmes)

Famille (Féodalité) : (14 mars) 1764. Voltaire [1694-1778], dans un lettre adressée au comte [1700-1788] et à la comtesse [1703-1774] d’Argental écrit :
« […] Je déteste l’anarchie féodale, mais je suis convaincu par mon expérience, que si les pauvres seigneurs châtelains étaient moins dépendants de nos seigneurs les intendants [de la royauté], ils pourraient faire autant de bien à la France que nos seigneurs les intendants font quelquefois de mal, attendu qu’il est tout naturel que le seigneurs châtelain regarde ses vassaux comme ses enfants. » 69
N.B. Dans une note de La Pléiade [1981], je lis :
« Tout ce paragraphe est caractéristique des conceptions politiques de Voltaire, que l’on pourrait dire paternaliste, sans donner aucun sens péjoratif à ce mot. […] » 70
- Pour ma part, je dirais plutôt que ce paragraphe dévoile l’adhésion de Voltaire à une certaine conception de la féodalité, dont il a souvent défendu les privilèges [dont celle de « rendre la justice ») qu’elle lui conférait.
Il dévoile aussi au-delà la permanence de l’importance de la structure familiale par-delà des différents modes de production, les différents régimes politiques…

Famille (Ferrante Elena) : 2012. Elena Ferrante, dans Le nouveau nom, auteure de :
« (Concernant les quartiers populaires de Naples dans les années 1950) Et bien que, nous les filles du quartier, nous voulions depuis notre enfance devenir des épouses, de fait en grandissant nous avions presque toujours eu de la sympathie pour les maîtresse, qui nous semblaient des personnages plus passionnés, plus combattifs et surtout plus modernes.
Et puis, nous espérions que l’épouse légitime (en général une femme très perfide, ou en tout cas, infidèle depuis longtemps) tomberait malade et mourrait, permettant à la maîtresse de quitter ce statut et de couronner ce rêve d’amour en devenant une épouse.
Bref, nous étions du côté de la faute mais seulement pour que celle-ci conforme la valeur de la règle. » 71 (Cf. Femme. Épouse de. Femmes. Concurrence entre femmes, Famille. Mariage. Ferrante Elena, Patriarcat)

Famille (Ferrer Nino) : Nino Ferrer [1934-1998], auteur de :
« Mon père était ingénieur, ma mère ne faisait rien. » 72

Famille. Fiançailles :

Famille (Fiançailles) (1) : (vers) 1960. J’ai connu l’époque - certes, à Versailles - où rompre ses fiançailles était perçu comme une honte pour la fiancée, et interrogeait que peu le fiancé.
Mais, quelles qu’en fussent les causes, les explications, il eut été grossier de les interroger.

Famille (Fiançailles) (2) : 1793. Madame Roland [1754-1793], dans ses Mémoires, raconte : vers 18 ans, elle est demandée en mariage par un médecin Jacques Gardanne [1726- ?] ; elle l’a rencontré une fois, ont échangé quelques mot, ce que l’on nommait alors « une entrevue ». Son père était prêt « à lui donner sa bénédiction » ; sa mère lui demande son sentiment : elle répond qu’il ne lui inspire « ni répugnance, ni dégoût » , mais que « l’une ou l’autre pourrait naître. » Suit alors cet échange entre sa mère et elle :
« Comment ! il faut pourtant savoir que répondre si on fait l’on vient faire la demande en règle- ‘Et cette réponse engagera-t-elle ? - Mais quand on a donné sa parole à un honnête homme, il faut la tenir. - Et s’il déplaît ? - Une fille raisonnable qui ne se détermine point par caprice, dès qu’elle a pesé les motifs d’une aussi grande résolution, ne revient point après l’avoir prise. - Il s’agit donc de se décider sur cette entrevue ? - Ce n’est pas cela précisément ; les relations de M. Gardanne avec la famille permettent de juger son existence, ses mœurs ; quelques informations pourront aider à estimer son caractère ; ainsi voici les bases principales pour établir une détermination ; la vue de la personne n’est plus que pour légère convenances. – Ah ! maman, je ne suis pas pressée de me marier. - Je le crois, mon enfant ; mais tu es destinée à t’établir, et tu es à l’âge le plus convenable pour cela. […] » 73

Famille (« Fichier juif ») : (5 octobre) 2020. Dans l’émission de France Culture, consacrée à « l’affaire du fichier juif » - recensement des juifs et juives de France exigé par Vichy, sur les fondements duquel les rafles et déportations ont été menées - Serge Klarsfeld évoque, concernant sa rédaction, « le chef de famille, celui qui était marié, qui avait des enfants ou simplement une épouse ». 74

Filles aînées :

Filles aînées (1) : Lu, évoqué, concernant la France des années 1950 :
« [...] [la] sœur aînée qui n’a pu aller en classe ‘rapport au petit’. » 75 Si fréquent…
- Combien de ‘filles ainées’, ou considérées comme telles, la seconde, voire la troisième pouvant faire l’affaire, les garçons étant exclus de l’hypothèse - dont la vie a été sacrifiée pour s’occuper, délicat euphémisme, des suivant-es…

Par ordre chronologique. Fille aînée :

Filles aînées (1) : (6 janvier) 1872. George Sand [1804-1876] dans une lettre à Charles Marchal [1825-1877], auteure de :
« […] Notre Aurore [sa petit fille] devient une charmante fille, bonne, douce, et maternelle pour sa petite sœur qui est toute gentille aussi et très comique. » 76

Filles aînées (2) : 1942. Lu dans A chacun son métier [1942] (curieusement sans auteur-e) dans la page illustrée intitulée La maman :
« Claire préside au coucher de ses petits frères et sœur Sophie, Claude, Jean-Marie. Elle est patiente et sait se faire obéir sans élever la voix.
La maman de Claire est très contente. Elle dit à ses amies : ‘ Ma grande fille m’aide beaucoup. C’est une vraie petite maman pour ses frères et sœur…’
- ‘ Claire, fais-moi un nœud, s’il te plait. ’
- ‘ Claire, où sont mes gants ? Claire, comment ça s’écrit téléphone ? ‘
Et Claire est toujours prête à aider, à chercher, à renseigner…
Plus tard, Claire se mariera. Et elle aura des enfants. Elle en veut dix et elle a bien raison. Sans doute les petits enfants donnent du mal… Ils attrapent quelques fois les oreillons ou la rougeole, ils tombent de bicyclette, ils font du tapage quand vous lisez… Mais lorsqu’ils disent : ‘Maman chérie’, leur maman sent quelque chose de très doux au fond du cœur. Et elle pense qu’elle fait le plus beau des métiers puisqu’on la paye avec des baisers. » 77

Filles aînées (3) : 1966. Hugues Aufray, auteur-compositeur de la chanson, dédiée à sa sœur, Céline :
« Dis-moi, Céline, les années ont passé / Pourquoi n'as-tu jamais pensé à te marier ? / De toutes mes sœurs qui vivaient ici / Tu es la seule sans mari / Non, non, non, ne rougis pas, non, ne rougis pas / Tu as, tu as toujours de beaux yeux / Ne rougis pas, non, ne rougis pas / Tu aurais pu rendre un homme heureux / Dis-moi, Céline, toi qui es notre aînée / Toi qui fus notre mère, toi qui l'as remplacée / N'as-tu vécu pour nous autrefois / Que sans jamais penser à toi? / Non, non, non, ne rougis pas, non, ne rougis pas / Tu as, tu as toujours de beaux yeux / Ne rougis pas, non, ne rougis pas / Tu aurais pu rendre un homme heureux / Dis-moi, Céline, qu'est-il donc devenu / Ce gentil fiancé qu'on n'a jamais revu ? Est-c' pour ne pas nous abandonner / Que tu l'as laissé s'en aller ? […] »

Filles aînées (4) : 1976. Je lis dans une note du livre de Bruno Bettelheim [1903-1990], Psychanalyse des contes de fées :
« Il n’y a pas tellement longtemps, dans certaines civilisations agricoles, quand la mère mourrait, la fille aînée prenait sa place à tous les égards. » 78 (Poursuivre) (Cf. Femme. Mère, Langage. Euphémisme, Psychanalyse, Violences incestueuses)

Famille (France. Normandie) : 1953. Denise Cacheux, alors assistante sociale à Caudebec en Caux (Normandie), raconte :
« J’avais à peu près six décès par semaine d’enfants de méningite tuberculeuse. […] C’était des masures au toit de chaume, à terre battue, pièce unique, une seule chambre, un seul lit où couchait le père, le grand père, la fille, la cousine, elles passaient à la casserole avec tous les mecs qui étaient dans le lit, et on ne savait pas qui était le père du bébé qu’elles attendaient ; elles étaient incapables de le dire. […] » 79 (Cf. Enfants, Langage. Verbe. Avoir, Patriarcat, Violences. Violences incestueuses, Violences à l’encontre des femmes)

Famille (France. Police) : (15 mars) 2017. Lu dans la présentation par Le Canard enchaîné du livre de Pascal Dupont, Le retour impossible. À nos enfants égarés [Édition First. 2017] consacrés aux parents des enfants partis en Syrie :
« Pascal Dupont, journaliste, nous dit avoir pris ‘une claque’ en rencontrant, de Molenbeek à Sevran, les parents affolés, désemparés de ces gamins qui ont filé vers le djihad. Il dit leur désespoir, et leur amertume aussi de se sentir délaissés, méprisés, parfois même accusés par les autorités.
‘Silence, à terre !‘, ont jeté les flics antiterroristes à une mère dont la fille, partie en Syrie était mariée à un djihadiste, tué au combat. Comme si elle y était pour quelque chose, elle qui se ronge de l’absence et du sort fait aux femmes dans les rangs terroristes…celui d’un bout de viande consacré à la reproduction. » 80 (Cf. Femme. Mères, Patriarcat, Politique. État, Violences, Violences à l’encontre des femmes)

Famille (France. Université) : (14 janvier) 2017. Lu dans Le Monde, concernant l’entrée à l’Université :
« [...] Un projet d’arrêté du ministère, qui précise les critères appliqués lors de la répartition des candidats en licence effectuée par l’algorithme d’APB [Admission Post Bac], sera examiné par les élus de la communauté universitaire lors du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche, mardi 17 janvier. D’après ce texte, la priorité sera toujours donnée aux candidats de l’Académie d’obtention du bac et de résidence, puis en fonction de l’ordre des vœux, et enfin en tenant compte de la situation de famille, ce qui est nouveau : une priorité sera accordée à ceux qui sont mariés, pacsés, en concubinage ou ont une ou plusieurs personnes à charge, ce qui ne devrait avoir qu’un impact limité pour ces jeunes. » 81
- Réaction de Patricia Mercader :
« Une décision est en train de se prendre, dans la plus grande indifférence, au sujet de l’entrée à l’université, et sous prétexte de ne surtout pas recourir à une sélection quelconque. Cette décision d’une perversité consternante est une véritable insulte à tous les idéaux universitaires. Ainsi donc, au lieu de dire à nos jeunes en terminale de travailler dur pour avoir une bonne mention au bac et de meilleures chances pour construire leur avenir, nous pourrons toujours les inviter 1/ à rester dans leur ville de naissance, 2/ à se marier ou mettre en couple au plus vite et 3/ tout bien pesé, à se résigner à subir un destin qui leur échappe, puisque la décision finale relève d'un tirage au sort. » 82 (Cf. Famille. Couple)

Famille. Frères et sœurs :

Famille (Frères et sœurs) (1) : Ils / elles formaient une famille nombreuse. Puis, après la mort des parents, vint l’indivision. Ils / elles découvrirent que s’ils / elles avaient une famille, ils n’étaient pas une famille ; ou plutôt, que la famille ne les définissait pas. Délesté-es de son poids, ils / elles redevinrent, à des rythmes et selon des modalités différent-es, des individualités, certes, au prix de la rupture des liens-de-famille. Et c’est très bien ainsi. (Cf. Famille. Nombreuse)
* Ajout. 16 février 2021. Le dernière phrase : bien rapide, bien catégorique et qui, sans aucun doute, arrange ma quiétude.

Famille (Frères et sœurs) (2) : Les non-dits des familles : L’inégalité entre frères et sœurs : certain-es sont beaucoup plus avantagé-es que d’autres…

Par ordre chronologique. Famille. Frères et sœurs :

Famille (Frères et sœurs) (1) : 1759. Adam Smith [1723-1790], dans Théorie des sentiments moraux, concernant les familles où règnent « l’amour et l’estime mutuels » en précise les conditions, et notamment « qu’aucune opposition d’intérêt ne divise les frères et qu’aucune rivalité de succès ne sépare les sœurs. » 83
- Que reste-t-il aujourd’hui de cette différenciation dans la réalité des familles et dans les diverses consciences collectives, en matière d’ « intérêts » et de « jalousies mutuelles » (évoquées quelques lignes plus loin) ?
Et quelle est cette économie fondée sur une hypothèse idéale ? (Cf. Famille. Hegel, Héritage, Économie. Smith Adam)

Famille (Frères et sœurs) (2) : (3 février) 1791. Lu dans une lettre de Benjamin Constant [1767-1830] adressée à Madame X (inconnue) :
« Je suis sûr que Léopold [Empereur d’Autriche.1747-1792] souffre pour sa sœur [Marie-Antoinette. 1755-1793], mais tant qu’elle ne sera pas en lieu de sureté, je doute qu’il se hasarde à prendre sa défense haut la main. » 84

Famille (Frères et sœurs) (3) : 1871-1872. George Eliot [1819-1880], dans Middlemarch, auteure de :
« […] Oh ! ma chérie, que tu es dure pour tes frères ! C’est le seul reproche que j’ai à te faire. Tu as le caractère le plus aimable au monde, mais tu es trop revêche avec tes frères.
- Je ne suis pas revêche maman ; vous ne m’entendrez jamais parler d’une façon contraire aux bonnes manières.
- Oui, mais tu veux leur interdire certaines choses.
- Des frères, c’est tellement désagréable.
- Oh ! ma chérie, il faut être indulgent pour les jeunes gens. Félicite-toi qu’ils aient bon cœur. Une femme doit apprendre à supporter de petits inconvénients. Tu te marieras un jour. » 85 (Cf. Femmes, Famille. Mariage, Patriarcat)

Famille (Frères et sœurs) (4) : 1833-1854. Marie d’Agoult [Daniel Stern. 1805-1876] évoquant dans ses Mémoires, les relations entre elle et son frère écrit :
« […] Bien qu’il fût un peu timide d’esprit, il prenait goût aux hardiesses du mien, et se bornait à dire, en souriant, que la nature apparemment s’était trompée en faisant de lui le frère et de moi, la sœur. Les rôles changés, ajoutait-il, tout eut été au mieux, aucune difficulté ne fut survenue, et nos destinées à tous deux eussent été parfaites. » 86
- Constat personnel et politique qui vaut pour tant…

Famille (Frères et sœurs) (5) : 1800-1805. Stendhal [1783-1842] écrit à sa sœur Pauline Beyle [1786-1857] :
- 10 avril 1800 : « […] Une jeune fille qui se destine à être une bonne mère de famille doit savoir faire un bas et ne jamais toucher l’aiguille, surtout dans le précieux temps de sa jeunesse ; or, quand tu aurais passé deux heures à tricoter, pendant ce temps tu aurais lu deux cent cinquante pages d’un livre utile, et quelle différence ! »
- mai 1800 : « Cultive beaucoup ton esprit et laisse le travail des mains aux machines humaines. »
- (sans date) 1800 : « Lis tu un peu ? Voilà l’essentiel, acquiers des connaissances d’abord pour elles-mêmes, et ensuite pour apprendre à réfléchir. »
- 28 septembre 1800 : « Je suis persuadé qu’en huit mois de mathématiques, tu en sauras tout ce qui est nécessaire à une femme, et les trois moins d’italien te préparerai à approfondir cette langue dans l’an X [1801]. »
- 27 décembre 1800 : « […] Pour toi, ma chère, mon unique sœur, tâche de t’élever au-dessus des miasmes qui obscurcissent ton débarquement dans le monde. »
- 18 avril 1801 : « Lis beaucoup, car le XIXème siècle sera probablement encore plus raisonneur que son ainé, mais j’espère qu’instruit par son exemple, il raisonnera plus juste. »
- 6 décembre 1801 : « Tu as très bien fait de ne pas abandonner le piano. Dans le siècle où nous sommes, il faut qu’une demoiselle sache absolument la musique, autrement on ne lui croit aucune espèce d’éducation. » […]
« Je pense à toi mille fois par jour ; je me fais un plaisir de te revoir grande, belle, instruite, aimable et aimée de tout le monde. »
- juillet 1802 : (Il lui envoie La logique de l’abbé de Condillac. 1714-1780) « Il est inutile de parler de cela hors de la famille ; car on me prendrait pour un fou de t’envoyer pareil ouvrage, et toi pour une présomptueuse d’entreprendre de le lire. »
- 22 août 1802 : « Il y a en toi de quoi faire une femme charmante, mais il faut t’accoutumer à réfléchir, voilà le grand secret. »
- 22 janvier 1803 : « J’ai souvent pensé que si les hommes doivent aimer la lecture, les femmes doivent l’adorer. Regarde combien de femmes de cinquante ans sont bêtes et s’ennuient à Grenoble. »
- 29 janvier 1803 : « Quand j’ai quitté Grenoble, je connaissais trois jeunes filles plus instruites que toi ; tu as déjà passé les deux premières, il n’y a plus que la troisième qui te sois supérieure. »
- 8 février 1803 : « Je reçois ta lettre, ma chère Pauline ; je ne saurais te peindre mon ravissement ; je vois que nous sommes faits l’un pour l’autre : nous avons le même esprit. »
- 1803 : « Actuellement que tu es raisonnable, je t’invite à examiner successivement tout ce qu’on t’a enseigné jusqu’ici et à ne rien croire (la religion seule exceptée) que ce qui te semblera croyable. »
- 11 mai 1804 : « Ne perds pas mes lettres ; elles nous seront utiles à tous les deux, à toi, tu pourras comprendre par la suite ce que tu n’as pas saisi d’abord, à moi, elles me donneront l’histoire de mon esprit. » […]
« Prend cette habitude ; tu seras tout étonnée de te trouver un jour en état de comprendre les plus grands hommes, Bacon, Montesquieu, Lancelin, Vauvenargues, Pascal, etc. Mais rappelle-toi que le premier bien d’une femme est la réputation, et que si tu choques la vanité des autres, ils te puniront en te diffamant : cache donc ta science et sois plus douce qu’une autre pour racheter les moments d’oubli où tu aurais montré tout ce que tu sais. »
- 6 juillet 1804 : « Réfléchis bien à cela : si tu étais un homme, je te dirais que tu es fait pour devenir un grand homme. » […]
« Réfléchis à cela : songe bien que, dans cette vie, il faut être Héraclite ou Démocrite ; choisis. »
- 7 juillet 1804 : « Quant à la liberté, elle n’est pas l’apanage des femmes dans nos mœurs ; jusqu’à quarante ans, elles doivent ménager les sots qui font la majorité du public et qui dispensent la réputation, le bien le plus précieux des femmes.
Ces animaux-là sont très vaniteux et c’est leur caractère décisif : ménage donc leur vanité. Tu dois comprendre à quel point ils détestent une femme plus instruite qu’eux, puisqu’ils abhorrent déjà un homme sage
. »
- août 1804 : « […] Contribue donc à me faire connaitre les femmes, je compte beaucoup sur toi pour cela ; commence tout de suite : des faits ! des faits !»
- 8 août 1804 : « Dis-moi ce que tu lis ; envoies moi donc quatre ou cinq caractères de femmes, tu me feras bien plaisir. […] »
« Es-tu amoureuse ? Grande folie ! prend garde à te marier par amour ; à moins que tu n’épouses un homme de beaucoup d’esprit, tu ne seras pas heureuse. Si j’étais toi, je prendrais un honnête homme, bien riche, moins spirituel que toi. »
- 29 octobre 1804 : « Lis donc vite Condillac, Tracy, Hobbes. Pense, en un mot, si tu veux qu’on te fasse la cour en 1845, où nous commencerons à vieillir : songe que ce qui paraît trop savant pour une femme aujourd’hui sera de première nécessité dans quarante ans. Le siècle marche, marchons avec lui. »
- 31 décembre 1804 : « […] Le fort déplait toujours au faible ; voilà le secret de bien des inimitiés : je ne puis te comprendre ; ma raison me dit, malgré moi, que tu pourrais m’être supérieur ; je te hais.
Serrons-nous ma chère amie, nous qui nous aimons et que rien ne peut disjoindre.
[…] »
- 14 février 1805 : « Apprends, je t’en supplie ! tu as tout pour être une femme rare, suis ta destinée et rappelle-toi que pour la suivre, il faut te cacher aux badauds ; sans cela ils te tuent à l’entrée comme la malheureuse Delphine. [Germaine de Staël. 1802] »
- 19 mars 1805 : « Je songeais ce matin à te faire banquière ; en supposant que tu épouses un homme vulgaire, nous lui aurions une place à Paris et, moi, je te mettrais à ma banque où tu pourrais gagner de dix à quinze mille livres de rente. Il y a ici sept ou huit banquiers dont les femmes font les affaires. Songe à cela… »
- 18 avril 1805 : « Je ne renonce point au projet de te faire banquière. » Tout lire… 87 (Cf. Êtres humains, Femmes. Comparaison entre femmes, Homme. Féminisme, Relations entre êtres humains. Aimer. Vanité, Patriarcat, Penser. Faits, Histoire)

Famille (Frères et sœurs) (6) : 1860. George Eliot [1819-1880], dans Le moulin sur la Floss, auteure de :
- « Tom s’y connaissait pour les vers, les poissons et tout ça. […] Maggie était vraiment émerveillée par ce genre de connaissances… c’était bien plus difficile que de se rappeler ce qu’il y avait dans les livres ; et elle était assez impressionnée par la supériorité de Tom, car il était le seul à dire que ses connaissances à elle, ‘c’était vraiment nul’ et à ne pas être étonné par son intelligence. En réalité, Tom pensait que Maggie était une petite idiote ; toutes les filles étaient des idiotes… [Et, de fait, c’est ainsi qu’il ne cessait d’appeler sa sœur.] » Et de :
- « Mais si Tom avait exprimé sa conviction la plus forte à cet instant , il aurait dit : ‘Si c’était à refaire, je referais exactement pareil’. C’était habituellement ainsi qu’il considérait ses actions passées ; tandis que Maggie regrettait toujours de ne pas avoir agi autrement. » 88 (Cf. Enfants, Patriarcat)

Famille (Frères et sœurs) (7) : Je lis dans les Mémoires d’Édith Stein [1891-1942] :
« Il était courant dans ces temps-là que les sœurs travaillent dur pour permettre à leurs frères de faire des études à l’Université. » 89
- Ce constat n’est pas valable pas uniquement pour les familles juives, aisées, allemandes du début du XXème siècle… Universel… Des exemples ?

Famille (Frères et sœurs) (8) : Dans Ma vie, Lou Andreas Salomé [1861-1937] - elle était seule fille de la famille qui comportait en outre cinq frères - rapporte qu’à la mort de leur mère, en 1913 [elle avait donc 52 ans] ses frères « doublèrent sa part d’héritage ».
« Quand je leur réclamai énergiquement le testament, ils me répondirent que cela ne me regardais nullement : n’étais-je pas une fois pour toutes leur ‘petite sœur d’autrefois’ ? » 90 (Cf. Famille. Héritage, Patriarcat, Économie)

Famille (Frères et sœurs) (9) : 1973. Marie Cardinal [1929-2001] se souvient de son frère qui, devant lui servir de chaperon lorsqu’elle se rendait au lycée « ne voulait pas [qu’elle] marche à ses côtés. Il fallait que je reste dix pas derrière lui et tout le long du chemin il se comportait comme s’il ne me connaissait pas, comme si je n’existais pas. Il m’avait expliqué que c’était dégradant pour un garçon de son âge de traîner une ‘pisseuse’ de mon genre. » Et puis, elle poursuit :
« Je comprenais très bien son raisonnement et il ne me serait pas venu à l’idée de lui désobéir. Il était beaucoup plus grand que moi et me brutalisait pour un oui ou un non. Il me flanquait des coups, il s’amusait à me terroriser. »
Elle raconte alors comment « soit il se jetait sur elle, lui tordait les bras et le nez, soit il se déguisait en fantôme ou en bandit, soit tout simplement il poussait des cris affolants.
J’avais beau le prévenir à l’avance : ‘Je sais que tu es là, tu ne me fais pas peur, etc.’, il se débrouillait tout de même pour me paralyser de terreur. Il était très haut, très maigre, très brun, avec des lunettes cerclées de métal.
Il se dressait devant moi, des rictus plein sa figure, plein ses bras et ses jambes osseuses : ‘Je suis la mort ! la mort ! Je vais te torturer avant de t’emmener avec moi en enfer ! Il m’entrainait alors dans sa propre chambre et me prévenait : ‘Ne crie pas ! Si tu me fais punir, ce sera pire après ! . Je le croyais car je l’avais fait punir une fois et sa vengeance avait été terrible.
En général, je me débrouillais pour me précipiter dans un coin de la pièce où je l’attendais, mes jambes repliées devant moi, prêtes à se déployer comme des catapultes. Mais il était un garçon, il avait appris à se battre avec ses copains dans la cour de son lycée. Quand j’essayais de griffer ou de mordre il triomphait : ’Tu ne sais pas te battre, tu te bats comme une fille, les filles, ça sait pas de battre‘ Eh, ouh, la fille’ ! .
Je perdais toujours.
Ses supplices continuaient jusqu’à ce que j’aie mal et que je lui demande de s’arrêter. Il ricanait : ‘Maintenant, tu vas t’excuser ! ‘ Ça se terminait toujours par une scène où je devais prendre une posture honteuse : à genoux devant lui, le front par terre, il fallait que je lui demande pardon.
Il prenait lors la position du vainqueur, un pied sur mon dos ou bien il me flanquait un bon coup dans le derrière, ce qui me faisait m’étaler à plat ventre. Il sortait alors raide, digne, comme si de rien n’était. » 91 (Femmes. Mères. Chaperons, Famille. Cardinal Marie, Patriarcat. Violences. Violences à l’encontre des enfants. Violences à l’encontre des femmes)

Famille (Frères et sœurs) (10) : 1990. Le sous-titre de la revue Autrement intitulée Des sœurs, des frères est : « Les méconnus du roman familial ».
J’y lis : « Les frères et les sœurs, finalement, c’est un patrimoine commun. » 92
À régler, partager, échanger, dilapider, vendre, comme tous les patrimoines.

Famille (Freud Sigmund) : (13 mars) 1908. Sigmund Freud [1856-1939] écrit à Karl Abraham [1877-1925] :
« Dans ma famille, les choses ne se calment pas vraiment en ce moment. On n’arrive pas à s’extraire de la maladie des enfants. » 93
Suite à l’emploi du possessif [« ma »], le déni [« on »] est réitéré. (Cf. Femme. Épouse de. Freud. Martha, Langage. Possessif, Patriarcat. Père. Freud Sigmund, Psychanalyse. Freud Sigmund)

Famille (Frigo) : (24 janvier) 2020. Mathilde Pano, députée de La France insoumise, évoquant les difficultés à vivre pour les grévistes, non payé-es, auteure de :
« Vous avez une famille, vous avez un frigo à remplir… » 94 (Cf. Etres humains. Frigo)

Par ordre chronologique. Famille. Gide André :

Famille (Gide André) (1) : (24 décembre) 1926. André Gide [1869-1951], concernant un article critique le concernant paru dans un « feuilleton », dit à Paul Léautaud [1872-1956] :
« Vous comprenez, mon cher ami, moi, ces choses, me sont égales. C’est pour ma pauvre femme qui lira cela, c’est pour ma famille. Me voir ainsi traité d’individu répugnant, scandaleux…Ma pauvre femme ne lit pas mes livres, vous comprenez… Quand elle lira ça.… » Paul Léautaud lui répondit : « Laissez donc ces gens tranquilles. Ce sont des cochons. Ne vous occupez donc pas de ce qu’ils disent. […] » 95 (Cf. Homme. « Intellectuel ». Gide André, Femme. Épouse. Gide Madame, Patriarcat. Père. Gide André)

Famille (Gide André) (2) : (14 avril) 1933. André Gide [1869-1951] écrit, dans son Journal :
« L’indignation, certes, mais pas la haine. Je suis et resterai incapable de haïr. […] Sans doute, j’écrivais un jour : ‘Familles, je vous hais’ ; mais il s’agit ici d’institutions, non de personnes ; et ce n’est pas du tout la même chose. […] » 96
Est-ce si sûr ? (Cf. Relations entre êtres humains. Haine, Penser. Indignation)

Famille (Gide André) (3) : (6 octobre) 1935. André Gide [1869-1951] écrit, dans son Journal : « Mais non : mes sentiments ou opinions sur les familles ne sont dictés par aucun ressentiment contre la mienne. Ici, encore, j’ai été favorisé ; je n’ai pas à me plaindre de ma famille ; tout au contraire.
Mes arguments contre les familles, sont, entre autres, ceux-là même qui faisaient Maurras [1858-1952] écrire son petit livre sur les Monods.
L’esprit de famille s’oppose aussi bien à l’individu qu’à l’État ; l’héritage aidant, les intérêts qu’il met en jeu sont presque toujours sordides, ou plus exactement, il fait dominer partout l’intérêt. Il invite à une sorte de favoritisme et d’entraide, sans souci de la valeur réelle des gens.
Il bute chacun et l’enfonce dans un sens où déjà l’hérédité le portait, et dont il ne peut se tirer le plus souvent que par un effort de redressement très pénible, par une révolte qui risque de compromettre dans l’autre sens l’équilibre de la pensée.
Mais ‘où peut-on être mieux qu’au sein de sa famille’ ?
- Parbleu ! Honnis soient ceux qui cherchent avant tout dans la vie le confort. » 97 (Cf. Homme. « Intellectuel ». Gide André, Patriarcat. Père. Gide André, Penser, Politique)

Famille (Giscard d’Estaing Valéry) : 2018. Lu dans Le Canard enchaîné :
« Valéry et Anne-Aymone se prétendent descendants de Louis XV. […] Ses enfants sont promus au rang protocolaire de prince héritier. Une photo, prise en avril 1975 lors d’une cérémonie à Notre-Dame, montre Henri et Louis-Joachim Giscard d’Estaing assis juste derrière le couple présidentiel… mais devant le Gouvernement. Même scénario en 1976, quand Valéry 1er emmène ses filles Valérie-Anne et Jacinte en voyage officiel en Iran.» 98 (Cf. Homme. « Politique », Famille. Couple)

Famille (Gracq Julien) : (28 mars) 1977. Julien Gracq [1910-2007], auteur de :
« Je n’ai jamais eu de problèmes familiaux. » 99

Famille (Guéhenno Jean) : 1968. Jean Guéhenno [1890-1978], dans le Journal d’un homme de 40 ans, auteur de :
« On me mit en nourrice. M’élever à la maison était impossible. Mes parents travaillaient tout le jour. Mon père était cordonnier, ma mère était piqueuse. […] » 100 (Cf. Femmes. Nourrice)

Famille (Guérin Daniel) : 1965. Je lis dans L’anarchisme de Daniel Guérin [1904-1998] :
« Il faudrait aussi tenir compte des charges de famille de l’ouvrier. » 101
Je me rends [mieux ?] compte que la force des analyses féministes de « la famille » patriarcale, toutes classes confondues, n’ont pas permis de prendre en compte l’analyse du poids de ces « charges ».
Un exemple : mon père avait, à 44 ans, avec ma mère qui en supportait le poids le plus lourd, la « charge » de huit enfants. (Cf. Patriarcat. Père) (Poursuivre)
* Ajout. 17 mai 2021. 1885. Émile Zola [1840-1902], dans Germinal, auteur de :
« Si un mineur marié n’arrive pas à joindre les deux bouts, un garçon sobre n’ayant aucune charge peut réaliser des économies. » 102 (Cf. Patriarcat. Père)

Famille (Hegel) : 1820. Friedrich Hegel [1770-1831] dans ses Principes de philosophie du droit, auteur de :
« 169. La famille en tant que personne a sa réalité extérieure dans une propriété où elle a l’existence de sa personnalité substantielle si cette propriété est une fortune. »
« 170. Non seulement la famille est capable de propriété, mais, pour elle, en tant qu’elle est une personne universelle et durable, la possession permanente et sûre d’une fortune apparait comme un besoin et une condition. […]
« 171. La famille, en tant que personne juridique, sera représentée en face d’autres par l’homme, qui est son chef. Il a en outre, pour attributions privilégiées le gain extérieur, la prévision des besoins, ainsi que la disposition et l’administration de la fortune familiale. Celle-ci est une propriété collective et aucun membre de la famille n’a une propriété particulière, mais chacun a un droit sur la propriété collective. Ce droit et ces attributions appartiennent au chef de famille peuvent entrer en conflit, car ce qu’il y a encore d’immédiat dans les dispositions morales de la famille [&158] laisse place à la particularité et à la contingence. »
« 172. […] Les contrats de mariage, lorsqu’ils contiennent une limitation de la communauté de biens des époux et prévoient le maintien d’un certain droit pour la femme, ont pour signification d’être des précautions dirigées contre le cas de rupture du mariage, par la mort naturelle, la séparation etc. Ce sont des tentatives pour garantir dans de tels cas, aux différents membres, leur part dans la communauté. » 103 (Cf. Êtres humains, Droit. Patriarcal. Femmes, Hommes, Patriarcat, Philosophie. Hegel)

Famille. Héritage :

Famille (Héritage) (1) : En tentant de clore l’héritage familial, les enfants tentaient de se libérer du poids, jugé trop lourd pour eux, de leurs parents. Et se révélaient à eux-mêmes : légers…

Famille (Héritage) (2) : On considère généralement que les « héritages » ont permis à certaines familles de se perpétuer, sans trop se soucier par ailleurs du prix que chacun-e eut, pour se faire, à payer. Mais combien n’ont-elles pas été détruites en raison dudit héritage ? et combien auraient-elles pu se perpétuer sans lui ?

Famille (Héritage) (3) : Comment exclure les femmes de l’héritage : le couvent, l’asile, le mariage, la folie, la mise à mort. Sans oublier, l’oubli. (Cf. Femmes, Patriarcat. Violences)

Par ordre chronologique. Famille. Héritage :

Famille (Héritage) (1) : (28 décembre) 1859. Victor Hugo [1802-1855], auteur de :
« Pour mes enfants. Si je venais à mourir, comme c’est probable, avant d’avoir achevé ce que j’ai dans l’esprit, mes fils réuniraient tous les fragments sans titre déterminés que je laisserais depuis les plus étendus jusqu’aux fragments d’une ligne ou d’un vers, les classeraient de leur mieux, et les publieraient sous le titre : Océan. Ils feraient toujours deux (jamais à un seul, la plus grande attention étant nécessaire), l’opération du dépouillement et du classement de mes papiers. Leur mère et leur sœur y assisteraient avec voix consultative. S’ils avaient besoin de se départager, ils prieraient A. Vacquerie [Auguste. 1819-1895] et P. Meurice [Paul. 1818-1905] de les assister. » 104 (Cf. Patriarcat, Histoire. Archives)

Famille (Héritage) (2) : 1867. Émile Zola [1840-1902], dans Thérèse Raquin, auteur de :
« Le père [de Laurent, futur assassin] mourra bien un de ces jours ; j’attends ça pour vivre sans rien faire. » 105

Famille (Héritage) (3) : 1875. Émile Zola [1840-1902], dans La faute de l’abbé Mouret, auteur de : « En entrant dans les ordres, ayant perdu son père et sa mère le même jour […] il avait laissé à un frère ainé toute la fortune. Il ne tenait plus au monde que par sa sœur. Il s’était chargé d’elle, pris d’une sorte de tendresse religieuse pour sa tête faible. » 106
Encore une exclue, d’emblée…

Famille (Héritage) (4) : 1928. Isadora Duncan [1877-1227], dans Ma vie, auteure de :
« Quand j’entends des pères de famille dire qu’ils travaillent pour laisser quelque chose à leurs enfants, je me demande s’ils se rendent compte qu’ils retirent ainsi de la vie de ces enfants tout esprit d’aventure. Chaque dollar qu’ils leur laisse contribue à les rendre plus faibles. Le meilleur héritage qu’on puisse laisser à un enfant est de lui permettre de faire son chemin tout seul. » 107 (Cf. Êtres humains, Enfants, Femme. Remarquable, Économie)

Famille (Héritage) (5) : 1951. Marguerite Yourcenar [1903-1987], dans les Mémoires d’Hadrien, nommé « juge au tribunal chargé des litiges d’héritage », auteure de :
« J’y mettais à nu d’effroyables vieilles haines, une lèpre de mensonges. Maris contre femmes, pères contre enfants, collatéraux contre tout le monde : le peu de respect que j’ai personnellement pour l’institution de la famille n’y a guère résisté. » 108

Famille (Héritage) (6) : 1958. Hannah Arendt [1906-1975] dans son livre consacré à Rahel Varnhagen [1771-1833], écrit la concernant :
« Jusqu’à la mort de sa mère, elle disposait d’un revenu suffisant. Or, sa mère est morte, sans laisser de testament. Dès lors, Rahel dépendant de la volonté de ses frères […]. »
Le « dès lors », non critiqué, légitime l’injustice patriarcale.
Plus loin, Hannah Arendt précise :
« Quant à ce que ses frères lui donnent, elle n’y a aucun droit qu’on puisse définir juridiquement : ‘Il n’y a pas un sou que je puisse l’également exiger de mes frères. Ce que me donne Moritz, c’est pure générosité.’ »
- Quant à Rahel Varnhagen, concernant le maintien de cette dépendance, elle écrira à son mari : « ‘Tu vois, c’est là ma plus grande souffrance ; si seulement, j’étais détachée de leurs intérêts’ […]. » 109 (Cf. Famille, Frères et sœurs, Justice. Patriarcale, Patriarcat, Économie)

Famille (Huysmans Joris Karl) : 1884. Joris Karl Huysmans [1848-1907], dans A rebours, écrit : « Sa famille se préoccupait peu de lui : parfois son père venait le visiter au pensionnat : ‘Bonjour, bonsoir, sois sage et travaille bien. [ …] » 110

Famille (Hugo Victor) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les misérables, auteur de :
- « […] Vous êtes donc sans père ni mère ? reprit majestueusement Gavroche.
- Faites excuse, monsieur, nous avons papa et maman, mais nous ne savons pas où ils sont.
- Des fois, ça vaut mieux que de le savoir, dit Gavroche, qui était un penseur.
» 111 (Cf. Penser)

Famille (Idéalisation) : 1977. Pierre Desgraupes [1918-1993], dans Le mal du siècle, se remémorant les albums de famille :
« On eut dit que le monde n’était peuplé que d’oncles et de tantes, de frères et de cousins, de grands-pères et de grands-mères », poursuit :
« Nos parents et nos grands-parents célébraient comme un rite privé le bonheur nouveau d’être ensemble et de poser la main sur la tête ou l’épaule d’un enfant. Les vieux albums de famille sont les premiers registres d’état-civil du bonheur. » 112 Idéaliste, pour le moins, mais bien, sinon vécu du moins remémoré, comme tel.

Familles (Juives. Paris) : (23 juillet) 1942. Hélène Berr [1921-1945] écrit, dans son Journal, (après les arrestations par la police française des 16 et 17 juillet) :
« J’ai travaillé de deux heures à cinquante heures trente hier, et de neuf à douze heures ce matin, [29] rue de la Bienfaisance [Bureau de l’UGIF. Union générale des Israélites de France, créé le 29 novembre 1941] […]
Toute la journée, c’est un défilé ininterrompu de femmes qui ont perdu leurs enfants, d’hommes qui ont perdu leurs femmes, d’enfants qui ont perdu leurs parents, de personnes qui viennent demander des nouvelles d’enfants et de femmes, d’autres qui viennent proposer d’en recueillir. Des femmes pleurent. Une s’est évanouie hier. […]
Hier soir, il est arrivé un train entier d’enfants de Bordeaux et de Belfort ; des trains comme pour des colonies de vacances, mais c’est horrible.
Il y a à Drancy, des femmes en chemise de nuit.
Une petite fille est venue dire que l’on avait emmené son père et sa mère, elle n’avait plus personne. » 113 (Cf. Politique. Guerre. « Rafle du Vel d’hiv »)

Famille (Khol Helmut) : (18 juin) 2017. Lu, à sa mort, le concernant :
« Depuis la publication des livres autobiographiques de l'un des deux fils [Walter Khol] de l'ex-chancelier Helmut Khol [1930-2007] l'opinion publique sait que l'image [présentée sur un idyllique photo de famille] ne correspondait pas à la réalité.
« La famille de mon père était son parti et sa vie la politique », y écrit Walter Kohl, décrivant un homme dévoué d'abord à sa carrière. » 114
Le [ou les?] fils - dont la mère s’était suicidée - refusa d’assister aux obsèques de son père. (Cf. Patriarcat. Père, Politique)

Famille (Le Maire Bruno) : (29 septembre) 2019. Bruno Le Maire, ministre de l’économie, interrogée sur la PMA pour toutes les femmes (qui a été votée la veille mais qu’il ne soutient pas) met en avant sa situation, et donc sa conception de la famille :
« J’ai mes enfants, j’ai ma femme. Je suis père de famille. » 115 (Cf. Famille. Couple, Langage. Verbe. Avoir. Être, Patriarcat. Père)
N.B. Inutiles théorisations ?

Famille (« Liens du sang ») : 1833. George Sand [1804-1876], dans Lélia [1833. Modifié en 1839], évoque :
« les liens du sang qui ont tant de poids sur les natures vulgaires. » 116

Famille (Macron Emmanuel) : (8 mai) 2017. Je lis dans le programme d’Emmanuel Macron élu à la présidence de la République, en sus des truismes, confusions et sophismes :
« Enfin, la reconnaissance pleine et entière de toutes les familles devra être effective […]. » 117 Ah bon ? (Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel)

Famille (« Magma ») : 1971. Emmanuel Berl [1892-1976], évoquant sa « famille », emploie l’expression de « magma » ; puis, évoquant plus précisément sa « famille maternelle », il utilise l’expression intéressante de « famille coagulée ». Et pourtant ce ne sont pas les fortes individualités qui manquaient à cette ‘famille’… Que dire alors des autres ? 118

Famille. Maison :

Famille (Maison) : 1861. La comtesse de Ségur [1799-1874] dans Pauvre Blaise, auteure de : « À l’approche de l’hiver, M. de Trénilly était parti à Paris avec toute sa maison. Anfry, sa femme et Blaise furent enchanté de se retrouver seuls. » 119 (Cf. Langage, Patriarcat)

Famille (Maison) : (12 décembre) 1927. Jean Guéhenno [1890-1978] écrit à Louis Guilloux [1899-1980] : « Ce matin, j’attends le médecin. La maison est mal fichue, Jeanne [son épouse], la bonne ont mal à la gorge. » 120 (Cf. Langage, Patriarcat)

Famille (Malraux André) : (4 septembre) 1936. André Gide [1869-1951] rapporte dans son Journal une rencontre, la veille, avec André Malraux [« qui arrive de Madrid »] [1901-1976] et Clara Malraux [1897-1982] :
« Quand j’arrive rue du Bac, Clara me prend à part. Elle est un peu plus calme qu’hier. […] Et tandis qu’André infuse dans un bain : - ‘Savez-vous ce qu’il m’a dit en arrivant ? Que depuis que je l’avais quitté, il avait pu agir beaucoup plus. - Cela veut dire qu’il y a une scène ? – Oh ! Non. Mais il a besoin de se détacher de tout... Tenez, quand il a vu la petite [Florence, alors âgée de 3ans et demi], il s’est écrié : ‘ Ah ! Comment ! la petite est là ? - Il ne le savait pas ? – Non ; j’avais eu soin de ne pas lui dire. Je savais que cela le gênerait de la revoir. Il a besoin de se sentir le cœur libre. » 121 (Cf. Femme. Écrivaine, Épouse de. Nom. Malraux Clara, Homme. « Intellectuel ». Malraux André. Penser. Vérité)

Famille (Margueritte Paul et Victor) : 1906. Paul Margueritte [1860-1918] et Victor Margueritte [1866-1942] publièrent un texte de 31 pages intitulé Mariage, divorce, union libre, édité par la Société d’éducation et d’action féministes, dans lequel ils revendiquaient une loi concernant le divorce fondée sur des principes beaucoup plus larges que ceux défendue par la loi Alfred Naquet (du 27 juillet 1884). On y lit notamment une critique très forte du code civil, suivie par plusieurs propositions de revendications législatives. J’en cite un passage :
« Disons le vite, la plupart des lois françaises qui régissent la famille, pour ne parler que d’elle, est à l’étroit, éclate dans cette armature rigide qu’est le Code civil, promulgué en 1804 et vieux, en 1906, non point de deux cents ans, mais de deux mille ans.
Fait au bénéfice de la seule famille bourgeoise, de celle qui possède, notre code a le souci du patrimoine, privilège d’une caste, beaucoup plus que le culte de la patrie heureuse, de la patrie source unique de fortune pour toutes les classes. Il consacre trop d’inégalités, trop d’injustices. On devine à chaque ligne la dure main de celui qui tenait la plume - non ces conseillers d’État, ex-révolutionnaires devenus pénitents, diables faits ermites - mais celle du maître, de Napoléon. [1769-1821].
Le code civil respire, d’un bout à l’autre, l’âpre égoïsme bourgeois, le culte de l’argent et de la force.
On y sent trop le mépris des faibles, de la femme. Il verrouille, sur l’héritage, comme le saint des saints, trop de portes. Il ne songe pas assez à la foule, qui n’hérite pas et qui a faim, à la foule de ceux qui souffrent.
Il faut, si l’on ne veut pas que la Révolution se charge de déblayer ce qui, dans ce code prématurément vieilli, tombe en ruines, une évolution prompte, une réfection sans retard.
Substitution, dans le régime légal, de la séparation des biens à la communauté, mariage licite à 21 ans, suppression de toutes les formalités qui l’encombrent à l’entrée, élargissement de celles qui l’étranglent à la sortie, abrogation des lois pénales en matière d’adultère, liberté de tester, recherche de paternité, abrogation des mesures iniques contre les enfants naturels, ceux dits adultérins surtout, c’est toute une (blanc)nération prompte, indispensable, de notre législation familiale ! » […] 122
- Critique essentielle à faire connaître, prémonitoire par ailleurs… (Cf. Droit, Famille. Mariage. Adultère. Divorce, Naquet Alfred, Homme. Féminisme, Patriarcat)

Famille (Mauriac François) : 1939. Lu dans Les passions d’Henri Guillemin, ces deux anecdotes concernant François Mauriac [1885-1970] qu’Henri Guillemin [1903-1992] a bien connu, ainsi que son fils, Claude Mauriac [1914-1996] :
- juillet 1939. Une rencontre a lieu entre François et Claude Mauriac, André Gide [1869-1951], Henri Guillemin et son épouse. La discussion lancée par François Mauriac concernant un article paru dans Le Figaro par Paul Claudel « un ardent ami de Franco » contre Jacques Maritain [1882-1973] « qui avait [notamment] pris parti pour les républicains espagnols », tous les deux catholiques par ailleurs. Henri Guillemin raconte :
« Nous sommes tous d’accord pour défendre Maritain […] Il conviendrait de répondre à Claudel. Mais Mauriac se récuse : ‘Les filles de Claudel et les miennes se voient beaucoup. Je ne peux pas les brouiller.’ »
- printemps 1939. À l’occasion de l’élection de Charles Maurras [1868-1952] à l’Académie française, « Mauriac écrira un article cinglant […] Mais il ne publiera pas ce texte rude, parce qu’il le brouillerait avec son frère Pierre, le grand médecin bordelais qui lui a pratiquement sauvé la vie, naguère, en décelant, le premier, son cancer à la gorge, et qui reste un maurassien fervent. » 123 (Cf. Hommes. Courage, Langage. Académie française)

Par ordre chronologique. Famille. Ménage :

Famille (Ménage) (1) : (1er février) 1852. Alexis de Tocqueville [1805-1859] signe une lettre à Gustave de Beaumont [1802-1866] par cette formulation :
« Je vous embrasse de tout mon cœur. Mille affectueux souvenirs du ménage à Madame de Beaumont. [ ? - ?]. » 124

Famille (Ménage) (2) : (9 janvier) 1887. Émile Zola [1840-1902], dans une lettre à Numa Coste [1843-1907], écrit : « Le ménage vous envoie de bons souhaits de nouvel an. »

Famille (Ménage) (3) : 1898. Jules Renard [1864-1910] écrit Le pain de ménage.

Famille (Ménage) (4) : 1918. Alexandra David-Neel [1868-1969] rencontre en Chine des missionnaires protestants et écrit :
« Le ménage suédois (la femme est danoise) m’a reçue […]. » 125

Famille (Ménage) (5) : 1995. Jean Tulard, dans le Guide des films. 1895-1995. L-Z, concernant ces deux films :
- Rome-Paris-Rome [1951. Luigi Zampa] : « […] C’est au tour de l’épouse de faire irruption. Elle découvre que son mari avait un autre ménage. » (Cf. Langage. Verbe. Avoir)
- Romeo is bleeding [1993. Peter Medak] : « Un petit agent du FBI, Grimaldi, vend des renseignements à un chef mafieux pour entretenir un double ménage. » 126 (Cf. Famille. Couple)

Famille (Mères) : Cf. Femmes. Mères

Famille (Michelet Jules) : (15 juillet) 1837. Jules Michelet [1798-1874] décrit dans son Journal un voyage en Flandre :
« Chacun a sa petite maison, son petit jardin, sa petite terre. Le travail se fait en famille. Plus on a d’enfants, mieux on est secondé. Les mères ne maudissent pas leur fécondité… Dieu veuille que tout cela ne change… » 127 (Cf. Femmes. Mères, Familles. Nombreuses)

Famille (Michelin François) : 1998. François Michelin [1926-2015], dans Et pourquoi pas ? auteur de : « […] Qu’est-ce que construire ? C’est se définir un but à atteindre ; et trouver les matériaux pour bâtir une maison… ou fabriquer des pneumatiques. Vous croyez construire une famille ou une usine. Et finalement, c’est vous que vous construisez. » 128
- Renouvelle notamment le concept de « patron paternaliste » dont il fut l’archétype. (Cf. Êtres humains. Soi, Économie. Capitalisme)

Famille (Monde Diplomatique Le) : (octobre) 2017. Lu, dans un article consacré à Mark Twain paru dans Le Monde Diplomatique :
« Il signe avec un son éditeur pour un récit de voyage […]. Et il emmène avec lui sa famille. » 129 (Cf. Êtres humains, Hommes)

Famille « Monoparentale » :

Famille (« Monoparentale ») (1) : La formulation : « famille parentale » a, notamment, remplacé l’ancienne formulation de « filles mères ».
La famille dite « monoparentale », aujourd’hui, le plus souvent, concerne « une famille » dans laquelle l’homme a abandonné à une femme la [quasi] seule responsabilité des enfants ; il a pu aussi avoir été mis dehors ou jugé inutile : rarement présenté sous cet angle.
La famille « monoparentale » concerne aussi enfin, les femmes qui ont estimé qu’elles pouvaient élever un enfant sans père. Là encore, comment maintenir un terme pour occulter la prise en compte de l’évolution de la société et donc empêcher son analyse la plus appropriée ? (Cf. Langage) .
* Ajout. 10 janvier 2014. 2014. Entendu : « un couple monoparental ». 130 (Cf. Famille. Mariage. Couple. Pensions alimentaires, Langage, Sociologie)

Famille (« Monoparentale ») (2) : (16 décembre) 2018. Sylvie Goulard estime que, « dans les statistiques », l’expression « famille monoparentale » est « à la limite de la désinformation ». Il s’agit pour elle de « femmes abandonnées avec des enfants petits et qui se débrouillent comme elles peuvent. » 131
- Abandonnées « par des hommes » est manquant.
* Ajout. 3 février 2019. Jean-Pierre Mignard, avocat, évoque « les femmes laissées par les pères ». Comme les chats et les chiens, en juillet, sur un parking d’autoroute ? 132 (Cf. Droit, Justice. Avocat, Famille. Divorce, Langage, Patriarcat, Politique. État)

Famille (Napoléon) : 1929. Stefan Zweig [1881-1942], dans son Fouché [1759-1809], auteur de : « Car (c’est une chose omise trop souvent dans tous les récits) Napoléon [1769-1821] n’est pas venu en France tout seul, mais bien entouré d’un clan familial affamé et avide de pouvoir. D’abord il aurait suffi à la mère et aux quatre frères sans emploi que leur démarcheur, leur Napoléon, épousât une fille de riche fabricant, pour procurer à ses sœurs quelques toilettes. Mais maintenant qu’il a atteint à une puissance si haute et si inattendue, tous s’accrochent à lui, afin que la famille entière profite de son élévation ; ils veulent, eux aussi, avoir leur part de splendeur ; ils veulent faire de toute la France et plus tard du monde entier un fidéicommis de la famille Bonaparte ; et leur grossière avidité, insatiable, sans décence, et que n’excuse aucune lueur de génie, presse constamment leur frère pour qu’il transforme son pouvoir, dépendant de la faveur populaire, en un pouvoir indépendant et durable, en une souveraineté héréditaire. […] » 133

Par ordre chronologique. Famille Nombreuse. France :

Famille (Nombreuse. France) (1) : 1763. 1764. Voltaire [1694-1778] écrit à Bernard-Louis Chauvelin [1716-1773] :
- le 25 août 1763 : « Vous vous amusez, Monsieur, à faire des enfants comme les pauvres gens. Vous aurez bientôt une famille nombreuse ; tant mieux ; il ne saurait y avoir trop de gens qui vous ressemblent. »
- le 28 août 1764, il évoque un « Monsieur de la Balme, gentilhomme savoyard par conséquent pauvre ; et en qualité de pauvre, grand faiseur d’enfants. » 134

Famille (Nombreuse. France) (2) : 1937. Henry Bordeaux (de l’Académie française) [1870-1963], évoque dans Le foyer, l’existence d’un prix de 25.000 francs remis à des « familles de neuf enfants » (et plus).
En réalité, c’est aux pères de famille que cette somme est donnée.
- Voici en effet comment il fait part de l’une de ces remises de prix :
« À Novalaise en Savoie, le père, coquetier de son état - c’est un métier qui consiste à courir les villages pour rassembler les œufs et les revendre en gros - bon et joyeux compagnon, a laissé le gouvernement à sa femme qui s’en acquitte à merveille et qui dirige un troupeau de seize enfants. Quand je lui demande : ‘Qu’allez-vous faire de ce magot ?’ Il me montre sa femme qu’il vénère et redoute un peu et me réplique, mi grave, mi plaisant : ‘Le remettre à madame pour qu’elle s’achète une paire de culottes’. » 135 (Cf. Culture, Langage. Académie française, Patriarcat. Père)

Famille (Nombreuse. France) (3) : (6 février) 2021. Entendu une psychanalyste, dans le cadre d’une émission consacrée à S àndor Ferenczi [1873-1933], affirmer comme relevant de l’évidence : « Naître dans une famille nombreuse est presque un traumatisme en soi. » Soudainement, j’ai alors - idéalement et impossiblement - pensé que si, mes sept frères et sœurs, et moi-même, nous avions pu nous réunir et discuter autour de cette phrase, sans doute, beaucoup, certain-es plus que d’autres, auraient mieux vécu leur vie. (Poursuivre) 136

Famille (Nombreuse. Guadeloupe. XXème siècle) : 1973. « Témoin de moralité » au procès dit de Bobigny, Madame Jacqueline Manicom, épouse Letourneur, auteure de :
« J’ai fondé le centre du Planning familial en 1964 parce que j’étais affolée par le problème des naissances en Guadeloupe. J’étais bien placée pour le savoir. Je suis sage-femme et l’aînée d’une famille de 20 enfants. Ma mère a eu 20 gosses en 20 ans. Donc je connais le problème. J’ai accouché des femmes de 35 ans de leur 16ème ou de leur 20ème enfant. Le gouvernement français estimait que là-bas le Planning familial était tout à faire nécessaire. [...] » (Cf. Femme. Remarquable. Démographie) 137

Famille (Nombreuse. Suisse. XXème siècle) : 1987. Marie Métrailler [1901-1979] dans La poudre de sourire, se souvient :
« Une de mes amies habitait un village très catholique, d’un autre canton [dans le Valais Suisse]. Elle avait une fille de 15 ans et un bébé d’une année. Un jour, elle reçoit la visite d’un missionnaire de passage. Il la salue, regarde les deux enfants, demande leur âge. Elle lui répond : ‘Quinze et un an’. Il la toise alors sévèrement du regard et lui dit : ‘Où sont alors les treize autres ?’ »
Et elle conclut : « Sans commentaire, il n’y a qu’à tirer l’échelle ! » 138

Famille (Orwell George) : 1946. L’épouse de George Orwell [1903-1950], Eileen O'Shaughnessy, avec laquelle il avait adopté un petit garçon de deux mois, Richard, meurt brutalement d’un cancer à 39 ans, le 30 mars 1945. Lui-même, malade depuis longtemps, élèvera l’enfant avec l’aide d’une nurse, puis de sa sœur.
- Il propose à une femme amie, Anne Popham, de partager sa vie et lui écrit notamment, le 18 avril 1946 :
« Ce que je vous demande en réalité, c’est si vous aimeriez être la veuve d’un homme de lettres. Si les choses restent plus ou moins comme elles sont à présent, cela peut présenter un certain intérêt, car vous verriez sans doute arriver des droits d’auteur et vous apprécieriez peut-être aussi le travail de préparer des textes inédits pour la publication, etc., […] ». Mais il poursuit : « Vous êtes jeune et en bonne santé et vous méritez quelqu’un de meilleur que moi. […] Je vous ai parlé directement parce que je pense que vous êtes quelqu’un d’exceptionnel. » Elle déclinera son offre. 139
- Orwell épousera, trois mois avant sa mort, le 13 octobre 1949, Sonia Brownell [1918-1980], laquelle créa (avec David Astor et Richard Rees) la George Orwell Archive et participa à l’édition en quatre volumes de ses Œuvres. (Cf. Femme. Épouse de, Homme. Remarquable, Histoire. Archives)

Famille (Paternité) : Nicolas de Chamfort [1740-1794] rapporte :
« M. de Roquemont dont la femme était très galante, couchait une fois par mois dans la chambre de Madame, pour prévenir les mauvais propos si elle devenait grosse et s’en allait en disant : ‘Me voilà net, arrive qui plante’. » 140 (Cf. Patriarcat. Hommes. Pères)

Famille (Patriarcale) : 2009. Antoinette Fouque [1936-2014], auteure de :
« Une femme qui met au monde une fille dans une culture méridionale ne s’inscrit pas de manière majeure dans le patriarcat : il faut pour cela mettre au monde un fis. » 141 (Cf. Enfants. Femme. Mères, Patriarcat. Pères)

Famille (Pepys Samuel) : (31 décembre) 1662. Samuel Pepys [1633-1703], écrit dans son Journal :
« Ma famille consiste en moi et ma femme - William, mon commis -, Jane, la première servante de ma femme […] Susan, notre cuisinière […] et Wayneman, mon petit laquais […]. » 142

Famille (Père) : Cf. Patriarcat. Père

Famille. Pétain Philippe :

Famille (Pétain Philippe) (1) : 1940. Philippe Pétain [1856-1951], auteur de :
« Les familles françaises resteront les dépositaires d’un long passé d’honneur. Elles ont le devoir de maintenir, à travers les générations, les anciennes vertus qui font les peuples forts. Les disciplines familiales seront sauvegardées. » 143
Aucune politique dite familiale n’a vraiment rompu avec les fondements de cette analyse : elles se sont adaptées à certaines des évolutions de la société. (Cf. Famille. Mariage. Adultère. « Révolution nationale », Politique. Honneur)

Famille (Pétain Philippe) (2) : (24 septembre) 1941. Trois communistes sont guillotinés. Maurice Garçon [1889-1976] rapporte, le 3 octobre 1941, dans son Journal, une discussion avec Guillaume Hanoteau [1908-1967] « qui avait vécu l’affaire heure par heure » :
« Le matin de l’exécution, les magistrats avaient des gueules fausses et honteuses. Les accusés avaient meilleur air. Ils s‘exhortaient l’un l’autre au courage et n’avaient pas besoin d’exhortation. Comme les sergents de La Rochelle, ils ont demandé à s’embrasser. L’un d’eux a dit au Commissaire du gouvernement : ‘J’ai deux enfants…Leurs photos sont sur moi…Voulez-vous les faire parvenir au Maréchal [Philippe Pétain. 1856-1951] ? Il paraît qu’il s’intéresse aux familles’…Le commissaire a répondu ‘oui’ avec gêne. Un autre a regardé les magistrats en face : Vous rendez vous compte que vous êtes des assassins ? Les magistrats ont détourné les yeux. » 144 (Cf. Droit, Justice)

Famille (Pétain Philippe) (3) : (17 novembre) 1941. Philippe Pétain [1856-1951] définit en seize points les principes de la Révolution nationale. On y lit :
1° : « L’homme tient de la nature ses droits fondamentaux, mais ils ne lui sont garantis que par la communauté qui l’entoure : la famille qu’il élève, la profession que le nourrit, la nation qui le protège. » […]
12° : « L’école est le prolongement de la famille. Elle doit faire comprendre à l’enfant les bienfaits de l’œuvre humanitaire qui l’encadre et le soutient. Elle le rendra sensible à la bonté, à la grandeur, à la continuité de la patrie. Elle doit lui enseigner le respect des croyances religieuses, en particulier celles que la France a parfaites, depuis son origine, dans son existence nationale. » 145
- Un siècle et demi après la révolution française(Cf. Droit. « Humanitaire », « Naturel ». Droits fondamentaux, Êtres Humains « Humanitaire », Langage, Politique . Guerre. « Humanitaire »)

Famille (Pétain Philippe) (4) : Relevé des éléments de la politique de Philippe Pétain [1856-1951] :
- Interdiction du travail des femmes dans les services publics : octobre 1940
- Interdiction du divorce dans les trois premières années du mariage : avril 1941
- Sanction de l’adultère et de l’abandon du foyer : février 1942
- L’avortement devient un « crime contre la sureté de l’État » : février 1942
- Renouveau de la fête des mères, mesures incitatives pour les mères au foyer et le familles nombreuses, mise à l’honneur des familles nombreuses par des prix et des distinctions honorifiques. 146

Famille (Politique familiale. France) : 1977. Françoise Giroud [1916-2003], dans La comédie du pouvoir, auteure de :
« Qu’est-ce qu’une politique familiale ? C’est une expression qui consiste à faire croire que l’on peut donner de l’argent aux uns sans le prendre aux autres, le tout enrobé de confiture par quoi maris adultères et pères démissionnaires soulagent leur conscience en exaltant le rôle sacré des mères de famille. » 147 (Cf. Hommes. Adultère, Famille. Mariage. Adultère, Patriarcat. Pères)

Famille (Prévert Jacques) : 1939. Dans le film Le jour se lève de Marcel Carné [1906-1996] voici le dialogue de Jacques Prévert [1900-1977] lors de la rencontre entre François [Jean Gabin] l’ouvrier sableur et Françoise la fleuriste [Jacqueline Laurent] :
« Je suis de l’Assistance [Publique] » lui dit-elle. « Moi aussi », lui répond-il :
« Alors, on est de la même famille, puisqu’on n’a pas de famille ! » (Cf. Culture. Cinéma,
Relations entre êtres humains. Dialogue)

Famille (Propriété) : 1848. George Sand [1804-1876], auteure dans une lettre - non envoyée - aux membres du comité central, de :
« Il est étrange que les conservateurs de l’ordre ancien, accolent toujours avec affectation dans leur devise menteuse ces mots de famille et de propriété, puisque l’acte de mariage tel qu’ils l’administrent et le proclament, brise absolument les droits de propriété de tout un sexe. Ou la propriété n’est pas une chose sacrée comme ils l’affirment, ou le mariage n’est pas une chose également sacrée, et réciproquement. Deux choses sacrées ne peuvent se détruire l’une l’autre. » 148
Comment une analyse d’une telle importance a-t-elle pu être considérée comme (quasi) nulle et non avenue par les pensées politiques, philosophiques, par l’économie, par l’histoire des idées ? (Cf. Femme Écrivaine, Remarquable. Femmes. Mineures. George Sand, Famille. Mariage, Patriarcat, Sexes)

Famille (Reclus Élisée) : 1902. Élisée Reclus [1830-1905], dans L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique, auteur de :
« Je me rappelle encore la stupeur que la proclamation de la ‘République’ produisit en 1848 chez les paysans de nos campagnes : ‘Et pourtant il faut un maître’ répétaient-ils à l’envie. Aussi s’arrangèrent-ils bientôt de manière à se donner ce maître, sans lequel ils ne s’imaginaient pas de société possible : évidemment leur monde politique devait être fait à l’image de leur propre monde familial, dans lequel ils revendiquaient l’autorité, la force même et la violence. » 149 (Cf. Hommes, Patriarcat, Politique)

Famille (Reproduction) : La vie de cette femme a été sinon sacrifiée, du moins amputée, au nom de des valeurs qu’elles n’a pu dépasser en ce qu’elles ont été attachées à « la famille » dont on lui avait généreusement, sans lui demander son avis, confié la responsabilité de la gestion matérielle des tâches, sans pouvoir, ni gratification, ni reconnaissance : comment ne pas comprendre, que structurée par elles, elle les reproduisent ? Si tristement…

Famille (« Sacré ») : (12 juillet) 2016. Régis Debray a, sur France Culture, qualifié, sans plus s’y appesantir, la famille de : « noyau dur du sacré ». On apprend ultérieurement qu’il qualifie « le sacré » comme exprimant ? manifestant ? , signifiant ?, symbolisant ? la « cohésion d’un collectif ». 150 (Cf. Famille. Debray Régis, Pétain, Homme. « Intellectuel », Patriarcat. Père)
* Ajout. 17 septembre 2016. Le même Régis Debray, ayant ainsi qualifié le sacré : « Ce qui est sacré, c’est ce qui interdit le sacrilège et rend nécessaire le sacrifice » ; ayant précisé que « c’est réapprendre à mourir, quand il le faut » ; ayant constaté qu’: « il y a des moments de l’histoire, où il y a du sacré, dans d’autres il n’y en a plus » ; après en avoir exclu « les religions » - comprenne qui pourra - , dans la poursuite d’une discussion avec Jean Claude Guiraud, propose son analyse et affirme doctement : « Au 18ème siècle, le corps du roi était sacré ; au 19ème siècle, ce fut le corps du roi, la nation. Au 21ème, on chercherait en vain le sacré… peut être la famille ?Est-ce qu’on meurt pour la famille ? C’est possible. En tout cas, dans la paix et la guerre entre les nations (thème du débat), ce n’est pas discriminant. » 151
- Les familles, toutes égales, équivalentes, comparables, légitimes ? En tout état de cause, à le suivre, la défense de « la famille » pour Régis Debray, pourrait légitimement justifier « la guerre » . Qui mettrait-il en première ligne ?

Par ordre chronologique. Famille. Sand George :

Famille (Sand George) (1) : (22 juin) 1837. George Sand [1804-1876], auteure de :
« Depuis huit jours, j’ai eu plusieurs tentations de suicide, et les devoirs de famille m’ont paru insupportables. Enfants, enfants, vous êtes des tyrans, vous nous forcez à vivre. » 152 (Cf. Êtres humains, Enfants, Femmes. Mères)

Famille (Sand George) (2) : (9 janvier) 1867. George Sand [1804-1876], dans une lettre à Gustave Flaubert [1821-1880], auteure de :
« Moi, je suis trop seule à Palaiseau avec un mort ; pas assez seule à Nohant, avec des enfants que j’aime trop pour pouvoir m’appartenir. » 153

Famille (Sand George) (3) : (15 janvier) 1867. George Sand [1804-1876], dans une lettre à Armand Barbès [1809-1870], après avoir évoqué son fils, sa belle-fille et « la petite Aurore », auteure de : « Je suis chez eux, maintenant ; car je leur ai laissé toute la gouverne du petit avoir, et j’ai le plaisir de ne plus m’en occuper ; j’ai plus de temps et de liberté. J’espère guérir bientôt, et sinon, je suis bien soignée et bien choyée. Tout est donc pour le mieux. » 154

Famille (Sand George) (4) : (15 janvier) 1867. George Sand [1804-1876], dans une lettre à Gustave Flaubert [1821-1880], auteure de :
« Si je ne guéris pas ici, j’irai à Cannes où des personnes amies m’appellent. Mais je ne peux pas encore en ouvrir la bouche aux enfants. Quand je suis avec eux, ce n’est pas aisé de bouger. Il y a passion et jalousie, et toute ma vie été comme ça, jamais à moi ! Plains toi donc, toi qui t’appartient ! » 155

Famille (Sand George) (5) : (1er février) 1867. George Sand [1804-1876], dans une lettre à Juliette Adam [1836-1936], auteure de :
« J’ai failli aller vous rejoindre à Cannes. Mais mon mal est passé, mes enfants me grondent, et je me soumets à de si doux maîtres. » 156

Famille (Sand George) (6) : (11 avril) 1867. George Sand [1804-1876], dans une lettre à Louis Viardot [1800-1883], auteure de :
« […] J’approuve fort votre retraite dans la vie de famille, seul et dernier refuge de la liberté de l’âme. » 157

Famille (Sand George) (7) : (15 avril) 1867. George Sand [1804-1876], dans une lettre à André Boutet [1825-1885], auteure de :
« Ne faut-il pas que la famille s’essaye aux habitudes de tolérance et de libre pensée qui doivent gouverner les sociétés futures ? » 158

Famille (Sand George) (8) : (15 avril) 1867. George Sand [1804-1876], dans une lettre à Gustave Flaubert [1821-1880], auteure de :
« Mes enfants m’ont menacée de mort si je les quittais si vite. » 159

Famille (Sand George) (9) : (10 juin) 1868. George Sand [1804-1876], dans une lettre au docteur Charles Martins [1806-1889], auteure de :
« J’ai 64 ans, moi, et j’irais bien encore de grand cœur et avec de bonnes jambes, si j'avais la liberté. Mais la famille est une douce prison […] » 160

Famille (Sand George) (10) : (29 décembre) 1870. George Sand [1804-1876], dans une lettre à Edmond Planchut [1824-1909], auteure, pendant l’invasion allemande, de :
« […] Notre petit jardinier est sergent-major, Maurice [son fils] voulait s’en aller aussi [combattre], mais il a compris qu’il ne pouvait pas laisser sous le coup de l’invasion, une jeune femme, une vieille mère [elle] et deux petits enfants tous seuls (sic), car (?) on a pris tous nos hommes valides, on les emmène au loin. Les familles sont abandonnées à la grâce de Dieu, pas d’hommes, pas de fusils, pas de chevaux. On réquisitionne tout. Je ne dis pas qu’il ne faille pas [combattre] mais il ne faut pas appeler lâches ceux qui ne peuvent défendre leurs foyers [ou leur pays ?] » 161 (Cf. Politique. Guerre. Sand George)

Famille (Sand George) (11) : (6 juillet) 1871. George Sand [1804-1876], dans une lettre à Henry Harisse [1829-1910], auteure de :
« J’entre dans ma soixante-huitième année avec le cœur bien écorché par les malheurs et les déchirements de mon pays, mais je n’ai pas le droit de me plaindre personnellement puisque j’ai autour de moi une famille pour laquelle, avant tout, j’existe, et d’excellents amis qui ont traversé sans catastrophe tous nos désastres. » 162

Famille (Sand George) (12) : (14 septembre) 1871. George Sand [1804-1876], dans une lettre à Gustave Flaubert [1821-1880], auteure de :
- « […] Comment veux-tu donc que je fasse pour m’isoler de mes semblables, de mes compatriotes, de ma race, de la grande famille au sein de la quelle ma famille privée n’est qu’un épis dans un champ terrestre ? »
- « Vivre encore heureux en famille, en dépit de tout, est sans doute un grand bien relatif, la seule consolation que l’on puisse et qu’on veuille goûter. » 163

Famille (Sand George) (13) : (2 octobre) 1871. George Sand [1804-1876], dans une lettre à Charles-Edmond [1822-1899], auteure de :
« Du côté de la famille, je n’ai rien à désirer. Mais la grande famille, quelle blessure béante dans le cœur ! » 164

Famille (Sand George) (14) : (5 décembre) 1871. George Sand [1804-1876], dans une lettre à Édouard Charton [1807-1890], auteure de :
« Il faut s’attendre à tout et compter pour rien sa propre existence. Je vis très heureuse par ma famille. J’élève l’aînée de mes petites filles et je trouve une nature adorable. Pauvres enfants quels maris trouveront-elles ? » 165 (Cf. Enfants. Filles, Famille. Mariage)

Famille (Sand George) (15) : (2 janvier) 1872. George Sand [1804-1876], dans une lettre à Mercédès Lebarbier de Tinan [1814-1891], auteure de :
« Vous voilà revenue à la vie, ménagez-la pour vos enfants. Il n’y a que cela de bon et d’intéressant. Le reste est navrant, et cela devient un devoir de se plonger dans l’égoïsme de la famille pour échapper au désespoir. » 166

George Sand (16) : (4 janvier) 1872. George Sand [1804-1876] à Eugène [1825-1900] et Esther Lambert [1831-?], auteure de :
« Mais la solitude me paraît vous penser fort. C’est pourtant bon de pouvoir travailler son saoûl, et il y a des jours où je voudrais être avec ma famille dans une île déserte. » 167

George Sand (17) : (27 janvier) 1872. George Sand [1804-1876] à Solange Clésinger [sa fille], auteure de :
« En dehors de la famille, on ne sait plus pourquoi et comment on vit ! » 168

Famille (Sheehan Cindy) : 2007. Cindy Sheehan, dans Peace mom. Le combat d’une mère américaine contre le guerre, raconte :
Après la mort de son fils Casey, 24 ans, en Irak, elle décida d’occuper un lieu à Crawford - qui devint « le camp Casey » - près de la résidence de George Bush afin de lui demander pourquoi son fils était mort.
En août 2005, qui fut l’un de moments forts de la lutte pacifiste contre la guerre en Irak, elle appris par internet que son mari, Pat, avait « demandé le divorce » [il lui dit qu’il « avait demandé à son avocat de ne pas rendre public ce divorce tant qu’elle n’aurait pas quitté le camp Casey »], tandis que la famille de son mari [« grands parents, tantes, oncles et nombreux cousins de Casey Sheeman »] publièrent un communiqué de presse la désavouant et affirmant leur soutien à : « nos troupes, notre pays, et notre présidence, en silence, avec nos prières et notre respect. »
Quelque temps après, une épouse d’un des cousins de son mari déclara à une radio locale que Casey « s’était engagé dans l’armée pour fuir [sa mère] » et qu’elle avait toujours été « une féministe libérale qui déteste les hommes ». 169 (Cf. Femmes, Féminisme, Patriarcat, Politique. Guerre)

Famille (Sénèque) : Sénèque [4 avant J.C-65 après J.C], auteur de :
« Nous disons couramment que nous n’avons pas eu le choix de nos parents, que le hasard nous a donnés : mais il nous est possible de naître à notre guise ; les très grands esprits fondent les familles : choisis celle à laquelle tu veux t’agréger. » 170
- Valide pour tous et toutes. Moderne, là encore, à la condition de ne pas reproduire les structures familiales traditionnelles et les innombrables dépendances qu’elles créent.

Famille. Silence :

Famille (Silence) (1) : 1980. Joyce [une jeune femme américaine] :
« Mes beaux-parents [avec laquelle elle vit avec son mari et son enfant, au deuxième étage d’une maison commune] ont des idées différentes sur la façon d’éduquer un enfant. […]
Quand je les contredis, je dois chercher l’appui de Sean [son mari], qui devrait pouvoir me soutenir, mais il est leur fils et ne veux aucun affrontement. Si nous vivions loin d’eux, je pense que nous agirions quelque peu différemment. » 171
Comment contourner la responsabilité du mari et cautionner son irresponsabilité…

Famille (Silence) (2) : 2018. Son frère lui avait volé les économies de toute une vie de labeur. Sa mère, informée par elle, la dissuada de l’en accuser, ne serait-ce qu’oralement.
Il lui fut proposé une aide de rédaction d’une lettre faisant le point sur les transferts de compte et les accords entre eux.
Elle refusa : ‘Ma mère est au courant de la malhonnêteté de mon frère, cela [me] suffit’.
Ou : comment cautionner un voleur et partiellement expliquer la pauvreté de tant de femmes.

Famille (Simon Claude) : (10 novembre) 1960. Claude Simon [1913-2005], interrogé par Madeleine Chapsal, auteur de : « J’ai toujours monté à cheval. Je suis d’une famille d’officiers. » 172 (Cf. Patriarcat)

Famille (Staline) : (avril) 1937. Joseph Staline [1878-1953], auteur de :
« […] Dans chaque famille, il y a des monstres. » 173

Famille (Staël Germaine de) : 1813. Germaine de Staël [1766-1817], dans De l’Allemagne, évoque « l’égoïsme systématique, dans lequel on comprend quelque fois sa famille comme un appendice de soi-même. » 174 (Cf. Êtres Humains. Soi, Femme. Remarquable, Famille. Mariage. Staël Germaine de)

Famille (Steinbeck John) : 1939. John Steinbeck [1902-1968], dans Les raisins de la colère, auteur de : « Qu’est-ce que nous reste en ce bas-monde. Rien que nous-mêmes. Rien que la famille [...] La famille unie, c’est tout ce qui nous reste. […] » 175 (Cf. Femme. Mère)

Famille (Suicide) : (23 juillet) 1890. L’abbé Mugnier [1853-1944] écrit dans son Journal :
« La presse parle de l’épouvantable drame de la rue d’Avron [Paris 20ème] : toute une famille se suicidant pour échapper à la misère et cela d’un consentement unanime. Politiques et théologiens, que faites-vous donc ? Remplacez par l’action positive la verbiage de vos discours et de vos livres. » 176 (Cf. Penser. Consentement, Politique, Économie. « Pauvres Les »)

Famille (Talleyrand) : 1891-1892. Talleyrand [1754-1838], étant tombé d'une commode à l'âge de quatre ans, devient handicapé («pied-bot») ses parents décident alors de le destituer de son droit d’ainesse et aux fonctions militaires y afférentes et de le destiner à une carrière ecclésiastique. Il écrit dans ses Mémoires :
« Cet accident a influé sur tout le reste de ma vie ; c'est lui qui, ayant persuadé à mes parents que je ne pouvais être militaire, ou du moins l'être sans être désavantagé, les a portés à me diriger vers une autre profession. Cela leur parut plus favorable à l'avancement de la famille. Car dans les grandes maisons, c'était la famille que l'on aimait, bien plus que les individus, et surtout que les jeunes individus que l'on ne connaissait pas encore. Je n'aime point m'arrêter sur cette idée… je la quitte. » 177

Famille (Tchekhov Anton) : Anton Tchekhov [1860-1904], auteur de :
« La médecine est ma femme légitime ; la littérature, ma maîtresse. Quand l’une m’ennuie, je passe la nuit avec l’autre. » 178

Famille (Travail ménager) : 1979. Lu, dans un livre traduit de l’américain, publié en France en 1979, Votre première année de mariage. Guide des fiancés et des jeunes mariés :
« Je me rappelle, écrit l’auteur, une jeune fille d’une famille aisée qui avait épousé un garçon d’un milieu plus simple : chez ses parents, il y avait une employée ; chez lui, sa mère ne disposait que rarement de l’aide d’une femme de ménage. Cette jeune femme fut très péniblement surprise de constater que son mari s’attendait à la voir faire le ménage et vider la poubelle : ‘Lui demander, à elle, de faire ça ! C’était impossible !‘ Le mari, lui, estima que sa femme était une enfant incroyablement gâtée, et lui demanda quand elle deviendrait une grande personne… »
À lier l’analyse féministe (aisée) avec une analyse en termes des classes sociales… 179 (Cf. Patriarcat. Division sexuelle du travail)

Famille (Travail salarié) : (10 septembre) 2015. Entendu ce jour la formule, fréquente m’a-t-il été dit, dans le milieu des femmes salariées africaines en France : « Le travail, c’est ton premier mari ».
* Ajout. 13 février 2016. 2016. Charles Aznavour [1924-2018], auteur de :
« Comme dit ma femme : ‘Mon métier, c’est ma maîtresse’. Je la trompe tous les jours. » 180 Un poncif ? (Cf. Patriarcat. Division sexuelle du travail)

Famille (Tulard Jean) : 2003. Jean Tulard, dans son Dictionnaire du cinéma. Les réalisateurs, débute sa présentation de Baldassaro Negroni [1877-1912] ainsi : « De grande famille, […] », tandis que celle de Luchino Visconti [1906-1976] débute par : « D’un très grande famille de Lombardie…» 181

Famille (Vie-dite-privée) : Si « la vie-privée »-des-hommes est celle qu’ils sont censés passer « en famille », si la vie des femmes est celle circonscrite à celle de leur famille, alors les femmes ne peuvent avoir de vie privée. CQFD. (Cf. Êtres humains. Vie-dite-privée, Femmes, Hommes)
* Ajout. 9 février 2021. Raisonnement bancal.

Famille (Violences) : 2016. Le livre de Victoria Vanneau, consacré à l’Histoire des violences conjugales. XIXème-XXIème siècle, s’intitule La paix des ménages. 182 (Cf. Violences, Histoire)

Famille (Voltaire) : (22 mai) 1765. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au comte [1700-1788] et à la comtesse [1703-1774] d’Argental, auteur de :
« […] Je me vois chargé d’une famille assez nombreuse, dont la moitié est mienne, et dont l’autre moitié est une famille que je me suis faite. » 183 (Cf. Langage. Verbe. Faire)

II. Mariage (Concubinage, Couple, PACS, « Mariage pour tous ») :

Famille (Mariage) (1) : La critique la plus fondamentale du mariage…et de ses avatars : il subsume l’un-e dans le deux. Dès lors, l’idée même de « couple » à supposée égalité, devient impensable. (Cf. Famille, « Mariage pour tous »)

Famille (Mariage) (2) : Combien de femmes en se mariant [et autres avatars] n’ont-elles pas pensé qu’elles allaient lier [une partie de] leur vie à quelqu’un, sinon plus grand qu’elle, mais qui du moins leur ouvrirait un monde plus grand qu’elle ?
Et c’est, effectivement, souvent le cas.
Quant aux hommes, ils épousent [et autres avatars] souvent un-e autre qu’eux-mêmes.

Famille (Mariage) (3) : Question simple : Combien de femmes ont-elles vu leur vie s’améliorer depuis leur mariage ; combien l’ont-elles vu s’empirer ?

Famille (Mariage) (4) : Le mariage : passer du plan large au plan serré.

Famille (Mariage) (5) : Entendu : « Il ne mérite pas une telle épouse ».
Mais il l’avait justement épousée pour les « qualités » que lui, ne possédait pas ;
et elle, souvent, l’avait épousé pour qu’il soit mieux à même de bénéficier des « qualités » qu’elle savait qu’il ne possédait pas ; et ce d’autant aisément, quelle survalorisait celles que son mari étaient censé posséder, et sous estimait celles qu’elle possédait mais qui étaient considérées sinon comme dépourvues de valeur, du moins considérées comme naturelles, normales. (Cf. Patriarcat)

Famille (Mariage) (6) : Dès lors qu’une épouse doit obéissance à son mari, elle est dépourvue de tout mérite : il n’y a en effet aucun mérite à s’acquitter d’un devoir. (Cf. Patriarcat, Penser. Obéir, Politique)

Famille (Mariage) (7) : La contrainte de la virginité d’une jeune fille - et d’elle seule - au mariage, sans oublier ses avatars, n’est que la concrétisation de la mise en œuvre du « droit du premier occupant ».

Par ordre alphabétique. Mariage :

Mariage (Abolition. « Mariage pour tous ») : La revendication de l’abolition du mariage, toujours essentielle, toujours d’actualité, a été étouffée, retardée par le mariage dit « pour tous ». (Cf. Famille. « Mariage pour tous »)

Mariage (Abolition. Naquet Alfred) : 1903. Alfred Naquet [1834-1916] initiateur de la loi sur le divorce du 27 juillet 1884, en exergue de son livre, La loi du divorce [1903], auteur de :
« Le mariage est selon moi une des plus barbares institutions que la société ait ébauchées. Je ne doute pas qu’il soit aboli, si l’espèce humaine fait quelques progrès vers la justice et la raison ; un lien plus humain et non moins sacré remplacera celui-là et saura assurer l’existence des enfants qui naitront d’un homme et d’une femme, sans enchaîner à jamais la liberté de l’un et de l’autre. » 184
- La revendication de l’abolition du mariage, toujours essentielle, toujours d’actualité, a été sinon étouffée, du moins assurément retardée par le mariage dit « pour tous ». (Cf. Famille. « Mariage. Pour tous »)

Mariage (Abolition. Sand George) : 1834. George Sand [1804-1876], auteure dans Jacques [1834] de ces (supposés) échanges épistolaires :
- À Jacques : « Toi, songer au mariage ! cela me paraît si extraordinaire ! Vous êtes si peu fait pour la société ! Vous détestez si cordialement ses droits, ses usages et ses préjugés ! Les éternelles lois de l’ordre et de la civilisation, vous les révoquez encore sans doute, et vous n’y cédez que parce que vous n’êtes pas absolument sûr que vous deviez les mépriser ; et avec ces idées, avec votre caractère insaisissable et votre esprit indompté, vous allez faire acte de soumission à la société, et contracter avec elle un engagement indissoluble ; vous allez jurer d’être fidèle éternellement à une femme, vous ! Vous allez lier votre honneur et votre conscience au rôle de protecteur et de père de famille ! [...] »
- Réponse de Jacques : « […] Je n’ai pas changé d’avis, je ne suis pas réconcilié avec la société, et le mariage est toujours, selon moi, une des plus barbares institutions qu’elle ait ébauché. Je ne doute pas qu’il soit aboli, si l’espèce humaine fait quelque progrès vers la justice et la raison ; un lien plus humain et moins sacré remplacera celui-là et saura assurer l’existence des enfants qui naîtront d’un homme et d’une femme, sans enchaîner à jamais la liberté de l’un et de l’autre. […] »
- Lettre de Jacques à sa future femme : « J’ai à vous faire un serment ; je vous prie de l’enregistrer et de relire cette lettre toutes les fois que les propos du monde ou les apparences de ma conduite vous feront craindre quelque tyrannie de ma part. La société va vous dicter une formule de serment. Vous allez jurer de m’être fidèle et de m’être soumise, c’est à dire de n’aimer jamais que moi et de m’obéir en tout. L’un de ces serments est une absurdité, l’autre une bassesse. Vous ne pouvez pas répondre de votre cœur, même quand je serais le plus grand et le plus parfait des hommes ; vous ne devez pas me promettre de m’obéir, parce que ce serait nous avilir l’un et l’autre. […] » 185 (Cf. Femme. « Espèce », Mariage. Obéir, Penser. Pensée. Préjugé, Obéir)

Mariage. Adultère :

Mariage (Adultère) (1) : En supprimant l’institution mariage, on supprime l’adultère.
Mais on ne supprime ni la tromperie, ni le mensonge, ni la douleur, ni les réflexions sur la liberté, la dépendance, la contrainte...
Ni surtout l’idée même de fidélité et ses multiples et complexes composantes…

Mariage (Adultère) (2) : Les « histoires d’adultères », au théâtre ou ailleurs, ne m’ont jamais fait rire. (Cf. Culture, Femmes. Humour)

Par ordre chronologique. Mariage. Adultère :

Mariage (Adultère. Christianisme) (1) : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. » À généraliser. 186 (Cf. Justice)

Mariage (Adultère. Christianisme) (2) : Évangile selon Mathieu. [V.27,28] :
« Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur » ; suivi de (V.31, 32) :
« Il a été dit également : Si quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de répudiation. Eh bien ! Moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère ; et si quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère. » (Cf. Patriarcat. Bible)

Mariage (Adultère. Diderot Denis) (3) : 1780. Denis Diderot [ 1713-1784] dans l’Entretien d’un père avec ses enfants écrit ce si juste précepte :
« […] Le premier des deux époux qui manquait au pacte rendait à l’autre sa liberté. » 187
* Ajout. 2 mai 2021. À la relecture, un peu mécanique…

Mariage (Adultère. Christianisme) (4) : (9 août) 1958. Jean Guitton [1901-1999] dans le Journal de ma vie, , écrit :
« L’évangile de la femme adultère présuppose que les accusateurs étaient adultères. » 188

Mariage (Adultère. Smith Adam) (5) : 1790. Adam Smith [1723-1786], dans Théorie des sentiments moraux, auteur de :
« L’adultère imagine qu’il ne fait pas de mal quand il corrompt la femme d’un ami, pourvu qu’il mette son intrigue à l’abri des soupçons du mari, et que cela ne dérange pas la paix de la famille. Dès lors que nous nous autorisons de tels raffinements, il n’y a pas de crime si grand dont nous ne puissions nous rendre coupable. » 189
- Y voit-on plus clair ? Oui, concernant la première critique, ou, du moins, elle a le mérite de poser un problème moral d’importance. (Cf. Politique. Morale)

Mariage (Adultère. Constant Benjamin) (6) : 1804. Benjamin Constant [1767-1830], dans son Journal intime, concernant sa critique de La mère coupable de Beaumarchais [1732-1799], auteur de :
« Il est presque impossible de faire paraître un époux trompé dans le genre noble, à moins que ce ne soit dans la tragédie, parce qu’il peut tuer l’infidèle et que la mort relève tout. » 190 (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Mariage (Adultère. « Révolution nationale ») (7) : Avant 1943. Décision de justice (sans date) : « Attendu… que la femme P. qui, pour satisfaire ses passions, a abandonné son mari et ses six enfants, et le dénommé D. qui n’a pas hésité à détourner une épouse et une mère de famille à ses devoirs naturels, méritent l’un et l’autre une sanction sévère ; que ce serait une pernicieuse erreur de considérer l’adultère comme étant uniquement, ou même principalement, un délit d’ordre privé ; qu’au contraire, en détruisant les foyers, il ébranle les fondements mêmes de la société ; que les efforts actuellement entrepris pour diminuer le nombre de divorces, assurer la protection de l’enfance ou réprimer l’avortement et l’infanticide ne produiront leurs effets que dans la mesure où l’on attaquera le mal à la racine ; l’indiscipline des mœurs ; / que la rénovation de la famille française ne saurait se concilier avec une indulgence excessive pour un délit dont les répercussions sociales sont suffisamment graves ; / par ces motifs, condamne la femme P. à une peine d’un mois d’emprisonnement, condamne D. à un mois de prison et 1000 francs d’amende. » (Cf. Famille. Pétain)
- 1975. Environ quarante après Vichy, en plein épanouissement des bouleversements féministes, cette citation a été présentée par le psychanalyste auteur du livre Les pousse-au-jouir du maréchal Pétain [d’où cette décision de justice est extraite] en ces termes :
« Quand le dénommé D. monte sur la femme P., le nouvel ordre social tremble sur ses bases. » 191
- On appréciera la délicatesse de l’analyse et la compréhension des enjeux politiques de ce jugement… (Cf. Droit, Justice, Féminisme. Antiféminisme, Patriarcat)

Mariage (Adultère. Royal Ségolène) (8) : 2018. Ségolène Royal, dans Ce que je peux enfin vous dire, évoque « la violence de l’adultère » qu’elle ne dissocie pas de « la férocité de la bigamie qui tétanise. » 192 (Cf. Famille. Polygamie)

Famille. Mariage. Âge du mariage :

Famille (Mariage. Âge du) (1) : 1804. Benjamin Constant [1767-1830] dans son Journal intime, auteur de :
« J’ai vu la jeune Laure d’Arens. Si j’avais à me marier, j’épouserais une fille de seize ans. Il y aurait profit clair de trois à quatre ans pendant lesquels une femme de cet âge ne peut prendre une existence indépendante. Ensuite, cela revient peut-être au même, mais on a joui d’un moment de répit. Gain positif et puis on a la chance d’influer sur le caractère qui se forme en lui donnant la direction que l’on désire. Je ne donne pas cette dernière chance comme très probable, mais en épousant un caractère formé, il n’existe plus de doute. Car ce caractère qui existe déjà, vous ne le connaissez même pas. Dans une fille de seize ans on voir le caractère se former et l’ennemi étant vu à son arrivée, vous pouvez d’autant mieux prendre vos précautions. […] » 193
- On ne peut pas reprocher à Benjamin Constant de faiblesse d’analyse en matière de logique utilitariste. (Cf. Patriarcat)

Mariage (Âge du) (2) : 1804-2013. Du 27 mars 1804 au 5 avril 2006, l’article 144 du Code civil était rédigé ainsi : « L'homme avant dix-huit ans révolus, la femme avant quinze ans révolus, ne peuvent contracter mariage. »
- Du 5 avril 2006 au 19 mai 2013, le code civil pose que : « L'homme et la femme ne peuvent contracter mariage avant dix-huit ans révolus. »
- Depuis le 19 mai 2013, on lit : « Le mariage ne peut être contracté avant dix-huit ans révolus. » Qu’en conclure ? Une avancée de l’égalité entre hommes et femmes ? Ou, plutôt, un amoindrissement des rapports de domination des hommes sur les femmes. Mais, alors, quelle signification notamment accorder à la disparition de « l’homme et la femme » ? (Cf. Droit, Justice, Politique. Égalité, Patriarcat)

Mariage (Âge du) (3) : 1969. En lisant un Dictionnaire des femmes célèbres, j’ai été frappée par la jeunesse de l’âge du mariage de nombre d’entre elles : Aïcha (l’une des épouses de Mahomet) [614-678] : 9 ans ; Aliénor d’Aquitaine [1122-1204] : 15 ans ; Anne de Bretagne [1477-1514] : 15 ans ; Laure de Berny [1777-1836] : 16 ans ; Marie Letizia Ramolino (mère de Bonaparte) [1750-1835] : 14 ans ; Catherine Parr (sixième épouse d’Henri II) [1512-1545] : «enfant» ; Christine de Pisan [1364 ? -1430] : 15 ans ; Princesse Anne de Mendoza y la Cerda (maîtresse de Philippe II) [1540-1592] : 15 ans ; Isabelle (reine de Portugal) [1271-1336] : 12 ans ; Élisabeth d’Autriche [1554-1592] : 16 ans ; Élisabeth de Hongrie (sainte) [1207-1231] : 14 ans ; Béatrice [1475-1497] : fiancée à 5 ans, mariée à 14 ans ; Madame de Genlis [1746-1830] : 16 ans ; Olympe de Gouges [1748-1793] : veuve à 16 ans ; Madame de Guyon de Chesnoy [1648-1717] : 16 ans ; Isabeau de Bavière [1371-1435] : 15 ans ; Isabelle de France (reine d’Angleterre) [1389-1409] : 6 ans ; Jeanne d’Albret [1528-1572] : 12 ans ; Julie (fille d’Auguste et de Scribonie) [39 avant J.C - 14 après J.C] : 14 ans ; Louise de Savoie (régente de France) [1476-1531] : 12 ans ; Eliza Lynch (régente du Paraguay) [1835-1886] : 16 ans ; Duchesse du Maine [1676-1753] : 16 ans ; Marie Stuart [1542-1587] : fiancée à 5 ans, mariée à 15 ans ; Marie-Antoinette [1755-1793] : 15 ans ; marquise de Sablé [1599-1678] : 15 ans ; Catherine Sforza [1462-1509] : 15 ans ; Marie Wollstonecraft Shelley [1797-1851] : 15 ans ; Madame Tallien [1783-1835] : 16 ans ; princesse de la Trémoille [1642-1722] : 15 ans…194
N.B. Les filles, mais aussi - avec un écart, pour les garçons, surtout les ainés - sont mariées d’autant plus tôt qu’il existe un héritage à transmettre, aux fins d’assurer la transmission.

Mariage (Âge du) (4) : 1999. Je lis dans Imperium de Ryszard Kapuscinski [1932-2007] le récit de l’un de ses voyages en Turkménie (soviétique) (s.d. autour des années 1960 ?) concernant le partage de l’eau, et donc sa répartitions par les canaux [aryk] dans les champs, « un événement aussi important qu’une déclaration de guerre ou qu’une armistice ».
« Les riches avaient des grands aryks, les pauvres des petits aryks […] L’eau était un objet de spéculation, un produit côté au marché noir. Il existait une bourse de l’eau, des hausses de l’eau, des krachs de l’eau. Sur elle, les hommes édifiaient des fortunes, à cause d’elle, ils faisaient faillite. L’eau engendra diverses coutumes que seule la révolution (soviétique) réussit à faire disparaître.
La femme n’était guère concernée par le partage. Seuls les hommes mariés pouvaient prétendre à l’eau. Le père qui venait d’avoir un garçon, mariait le nouveau-né à une jeune fille adulte. En tant qu’homme marié, le bébé recevait sa part d’eau. Pour les hommes qui avaient beaucoup de garçons, c’était un moyen de s’enrichir. Ce n’est qu’en 1925 que le premier Congrès des soviets de Turkménie, par un décret révolutionnaire interdit les mariages des nouveaux nés et accorda aux femmes le droit à l’eau.
» 195 (Cf. Droit, Justice, Politique. Égalité, Patriarcat, Économie)

Mariage (D’Agoult Marie) : 1833. Pour une présentation critique des mariages aristocratiques, qui marquèrent fortement de leur empreinte les mariages bourgeois, au XIXème siècle, lire les chapitre XIV à XVII des Souvenirs et Mémoires de la comtesse d’Agoult [1805-1876] :
« Mariages à la française ». En voici le début :
« On sait que, dans l’opinion française, un mariage d’inclination est réputé sottise ou folie, pis que cela, chose malséante et de petit monde. Le mariage, aux yeux des Français, c’est un arrangement, un calcul : deux fortunes qui se joignent pour créer une fortune plus grande, deux crédits qui s’associent pour fournir un crédit plus grand. Les deux plus grandes fortunes et les deux plus grands crédits réunis, c’est l’idéal.
[…] » 196 (Cf. Histoire)

Mariage (Antisémitisme. Nazisme) : (15 septembre) 1935. Loi pour « la protection du sang allemand et de l’honneur allemand » :
« Pénétré de la conscience que la pureté du sang allemand est la prémisse de la perpétuation du peuple allemand et inspiré de la volonté indomptable d’assurer l’avenir de la nation allemande, le Reichstag a adopté à l’unanimité le loi suivante, qui est proclamé par els présentes :
&1.- Les mariages entre Juifs et sujets de sang allemand ou assimilés sont interdits.
& 2.- Le rapport extra-marital entre Juifs et sujets de sang allemand ou assimilés est interdit
. » […] 197 (Cf. Droit, Justice, Politique. Élections. Nation. Peuple, Sexes)

Mariage. Argent :

Mariage (Argent. France. Début XXème siècle) (1) : 1980. Françoise Renaudot, dans Moi, j’irai à Dreux auteure de :
« À ma naissance, mes parents habitaient Béziers. Mon père avait suivi son meilleur ami, avec qui il avait fait ses études de médecine et qui avait épousé la fille d’un grand chirurgien de là-bas. Il paraît qu’il y avait une grosse clinique dans la corbeille de mariage. Mariage conclu grâce à une petite annonce parue dans un journal médical. Le beau-père avait fait un lot, la fille et la clinique. Le gendre avait pris le tout, bien que la fille ne soit pas son genre. Il aimait les grandes blondes, elle était petite et brune. […]
Dans cette société provinciale, lorsqu’une jeune fille se mariait, on disait seulement : ‘Combien vaut la bague ?’ »
198

Mariage (Argent. Inde. 2013) (2) : 2013. Dans le film indien The lunch box, une fille évoque avec sa mère l’éventuelle aide de son mari afin qu’elles puissent continuer de prendre en charge les frais médicaux de leur père et mari. Sa mère refuse, avec cet argument :
« Une femme qui demande à son mari, tu trouves ça convenable ? ».
- On peut noter par ailleurs l’absence de complément d’objet direct au verbe « demander ». (Cf. Culture. Cinéma, Langage)

Mariage. « Arrangé » :

Mariage (« Arrangé ») (1) : Pour une femme, un « mariage arrangé » : euphémisme pour contrainte au mariage et pour choix contraint du mari.

Mariage (« Arrangé ») (2) : 2006. Muhammed Yunus, prix Nobel de la paix 2006, fondateur, directeur de la Grameen Bank, dont la quasi-totalité des clientes étaient à ses débuts des femmes musulmanes très pauvres, dans Vers un monde sans pauvreté, auteur de :
« Je n’ai jamais remis en cause le bien-fondé des mariages arrangés. » 199 (Cf. Économie)

Mariage (Article 213 du Code civil français) : L’article 213 du Code civil, prescrivit depuis 1804 l’« obéissance » de la femme à son mari, puis évoqua le « chef de famille », et fut enfin remplacé par : « Les époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille ».
Penser que la nouvelle rédaction dudit article a fait disparaître la domination patriarcale relève de la pensée magique.
Savoir qu’il n’en est rien et n’en rien faire relève de la pensée utilitariste et/ou cynique, la distinction entre les deux termes étant faible. (Cf. Droit, Femmes. Imaginaire, Famille. Mariage. Obéissance, Justice, Politique. Obéissance, Patriarcat, Histoire)

Mariage (Article 475 du Code pénal marocain) : 2014. L’article 475 du code pénal Marocain a été dénoncé avec force par des femmes marocaines après le suicide d’Amina, 16 ans, contrainte d’épouser l’homme qui l’avait violée. Le voici :
« Quiconque, sans violences, menaces ou fraudes, enlève ou détourne, ou tente d'enlever ou de détourner, un mineur de moins de dix-huit ans est puni de l'emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 200 à 500 dirhams. Lorsqu'une mineure nubile ainsi enlevée ou détournée a épousé son ravisseur, celui-ci ne peut être poursuivi que sur la plainte des personnes ayant qualité pour demander l'annulation du mariage et ne peut être condamné qu'après que cette annulation du mariage a été prononcée. »
Article à supprimer de toute urgence, mais en précisant que cet article ne concerne pas le viol, défini par l’article 486 ainsi : « Le viol est l'acte par lequel un homme a des relations sexuelles avec une femme contre le gré de celle-ci. »
* Ajout. 22 Janvier 2014. L’alinéa de cet article 274 a été supprimé le 22 janvier 2014. Pour Fatima Maghnaou « responsable d'une ONG soutenant les victimes de violences » : « C'est un pas très important, mais qui n'est pas suffisant [...]. Nous appelons à une révision complète du code pénal pour les femmes ». 200 (Cf. Droit, Famille. Code de la famille, Patriarcat, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Mariage. Balzac Honoré de :

Mariage (Balzac Honoré de) (1) : 1842. Honoré de Balzac [1799-1850], dans Mémoires de deux jeunes mariées, auteur de :
« […] Oui, la femme est un être faible qui doit, en se mariant, faire un entier sacrifice de sa volonté à l’homme, qui lui doit en retour le sacrifice de son égoïsme. Les révoltes et les pleurs que notre sexe a élevées et jetées dans ces derniers temps avec tant d’éclat sont des niaiseries qui nous méritent le nom d’enfants que tant de philosophes nous ont données. »
- Au-delà, mais en lien, ce livre est construit sur la question de savoir si le mariage peut / doit « avoir pour base la passion, ni même l’amour. » 201 La réponse donnée est négative. (Cf. Femmes. Balzac Honoré de. Pleurs, Homme. Remarquable. Balzac, Féminisme. Antiféminisme, Patriarcat, Philosophie)

Mariage (Balzac Honoré de) (2) : 1837-1843. Honoré de Balzac dans les Illusions perdues [1799-1850], concernant Madame de Bargeton, auteur de :
« Comme toutes les personnes sorties de la route tracée où doivent cheminer les femmes, Naïs avait jugé le mariage et s’en souciait peu. Elle répugnait à soumettre son intelligence et sa personne aux hommes sans valeur et sans grandeur personnelle qu’elle avait pu rencontrer. Elle voulait commander et devait obéir. Entre obéir à des caprices grossiers, à des esprits sans indulgence pour ses goûts et s’enfuir avec un amant qui lui plairait, elle n’eût pas hésité. » 202 (Cf. Relations entre êtres humains. Indulgence)

Mariage (Balzac Honoré de) (3) : 1837-1843. Honoré de Balzac dans les Illusions perdues [1799-1850], auteur de :
« Si quelque rusé commerçant avait pu voir le grand Cointet prononçant ces mots : en nous associant, il aurait compris que le danger du mariage est encore moins grand à la Mairie qu’au tribunal de commerce. » 203

Mariage (Balzac Honoré de) (4) : 1837-1843. Honoré de Balzac dans les Illusions perdues [1799-1850], auteur de : « En effet, Petit-Claud, abreuvé de dédains, dévoré par une corrosive envie de parvenir, avait eu l’audace, quoique sans fortune, d’acheter le charge de son patron trente mille francs en comptant sur u mariage pour se libérer ; et suivant l’usage, il comptait sur son patron pour lui trouver une femme, car le prédécesseur à toujours intérêt à marier son successeur, pour se faire payer sa charge. ». (Cf. Droit, Femmes, Patriarcat, Économie) 204

Mariage (Becker Paula) : 1902. Paula Becker [1876-1907], auteure de :
« L'expérience m'a enseigné que le mariage ne rend pas plus heureuse. Il ôte l'illusion, autrefois omniprésente dans tout l'espace, qu'il existe une âme sœur. Le sentiment d'incompréhension est doublé, car toute la vie antérieure au mariage avait consisté à trouver un espace de compréhension. J'écris ceci dans mon livre de cuisine, le dimanche de Pâques 1902. Je suis assise dans ma cuisine et je prépare un rôti de veau. » 205 (Cf. Femme. Artiste)
N.B. avril 2016. Une exposition au Musée d’art moderne de la Ville de Paris lui est consacrée.

Mariage (Blum Léon) : 1905. Léon Blum [1972-1950], dans Du mariage, auteur de :
« Les plus pitoyables victimes du mariage sont les femmes qui en ont le plus loyalement accepté les clauses. » 206
Renouvelle le concept de « contrat » : en en dévoilant l’inanité, la fausseté, la malhonnêteté ? (Cf. Femmes. Victimes, Mariage. Contrat, Politique. Concept. Contrat)

Mariage (Brocher Victorine) : 1909. Victorine Brocher [1839-1921], dans Souvenirs d’une morte vivante. Une femme dans la Commune de 1871, écrit :
« On m’a mariée à Orléans le 13 mai 1861. » 207

Mariage (Bussy-Rabutin, Comte de) : 1696. Le comte de Bussy-Rabutin [1618-1693], auteur de :
« Pour moi, qui me trouvais fort rebuté par la fortune […] je résolus de chercher de la subsistance dans un mariage. Je le haïssais naturellement, parce que j’étais ennemi de toute contrainte ; mais je haïssais encore plus la pauvreté. » 208
Certains savent d’emblée aller à l’essentiel… de leurs intérêts. (Cf. Patriarcat, Économie)

Mariage. Catholique :

Mariage (Catholique) (1) : 1875. Émile Zola [1840-1902] dans La faute de l’abbé Mouret, auteur de ces paroles de l’abbé Mouret « qu’il avait autrefois apprises à l’aide d’un manuel destiné aux jeunes desservants » lors du mariage du grand Fortuné et de la Rosalie :
- « Ma chère sœur, soyez soumise à votre mari, comme l’Église est soumises à Jésus. Rappelez-vous que vous devez tout quitter pour le suivre, en servante fidèle. Vous abandonnerez votre père et votre mère, vous vous attacherez à votre époux, vous lui obéirez, afin d’obéir à Dieu lui-même. Et votre joug sera un joug d’amour et de paix. Soyez son repos, sa félicité, le parfum de ses bonnes œuvres, le salut de ses heures de défaillance. Qu’il vous trouve sans cesse à son côté, ainsi qu’une grâce. Qu’il n’ait qu’à étendre la main pour rencontrer la vôtre. […] Entendez -moi, ma fille, c’est vous, dans la soumission, dans la pureté, dans l’amour que Dieu a mis la force de votre union. » […]
- « Mon cher frère […] c’est Dieu qui vous accorde aujourd’hui une compagne, car il n’a pas voulu que l’homme vécût solitaire. Mais s’il a décidé qu’elle serait votre servante, il exige de vous que vous soyez un maître plein de douceur et d’affection. Vous l’aimerez parce qu’elle est votre chair elle-même, votre sang et vos os. Vous le protégerez, parce que Dieu vous a donné vos bras forts pour les étendre au-dessus de sa tête aux heures du danger. Rappelez-vous qu’elle vous est confiée ; elle est la soumission et la faiblesse dont vous ne sauriez abuser sans crime. Oh ! mon cher frère, quelle fierté heureuse doit être la vôtre ! […] » 209 (Cf. Patriarcat, Politique. Religion)

Mariage (Catholique) (2) : 1959. Lu dans un livre consacré aux « missions catholiques en milieu ouvrier » (communément nommés : les « prêtres ouvriers »), au chapitre « Mariage » :
« Les mêmes précautions jouent : là plus qu’ailleurs, l’affirmation de la foi doit être exigée des futurs puisqu’on sait bien qu’ils engagent leurs enfants à venir.
Que l’on rende beaucoup plus concrète l’enquête canonique prévue. Au lieu de dire par exemple : ‘Savez-vous bien que le mariage exige l’unité et l’indissolubilité et donc défend l’infidélité et le divorce ?’ – Proposez : ‘En vous mariant à l’Église, renoncez-vous au droit au divorce que vous donne la mairie ?’. ‘Savez-vous que l’avortement est un crime et un assassinat, etc. » 210

Mariage (Céline Louis Ferdinand) : 1926. 2009. Céline [1894-1961], dans une lettre de 1926, adressée à son épouse qui avait « entamé une procédure de divorce »), lui écrit :
« […] Il faut que tu découvres quelque chose pour te rendre indépendante à Paris. Quant à moi, il m’est impossible de vivre avec quelqu’un - je ne veux pas te traîner pleurarde et miséreuse derrière moi, tu m’ennuies, voilà tout - ne te raccroche pas à moi. J’aimerais mieux me tuer que de vivre avec toi en continuité - car sache-le bien et ne m’ennuie plus jamais avec l’attachement, la tendresse - mais bien plutôt arrange ta vie comme tu l’entends. J’ai envie d’être seul, seul, seul, ni dominé, ni en tutelle, ni aimé, libre. Je déteste le mariage, je l’abhorre, je le crache ; il me fait l’impression d’une prison où je crève. » […]
- En note de ce texte, il est écrit dans La Pléiade :
« Cette lettre injurieuse, écrite sans doute dans le cadre de cette procédure (de divorce) comme c’était la coutume à l’époque pour justifier la demande de l’épouse, figure dans le dossier. » 211
Pourquoi ainsi, sans preuve, déresponsabiliser, si aisément, si légèrement, Céline de cet écrit ? Et la référence à « la coutume » évite toute analyse critique du droit en vigueur. (Cf. Droit, Patriarcat)

Mariage (Chateaubriand Alphonse de) : 1803. Alphonse de Chateaubriand [1768-1848], dans une lettre à Monsieur Joubert [Joseph. 1754-1824], écrit :
« (Concernant son épouse) C’est aussi une tête que celle-là et, depuis qu’elle est avec moi, je me trouve à la tête de deux têtes très difficiles à gouverner. » 212

Mariage (Chine. Proverbes) : 1950. Proverbes relevés dans le livre, Le palanquin des larmes [2001] :
« Dans le lit, femme et mari » ; « Hors du lit, maître et servante » ; « Épouser un chien, suivre un chien ; Épouser un coq, suivre un coq » ; « La femme mariée est semblable au contenu d’un seau ; Quand on a jeté l’eau on ne peut plus la ramasser » (ce qui signifie que les filles, une fois mariées, ne font plus partie de la maison de leurs parents, quel que soit la manière dont elle est traitée par son mari et/ou sa belle-famille). 213

Mariage (Compromis) : (29 décembre) 2018. Amoz Oz [1939-2018], après avoir rappelé qu’il était considéré comme un « dangereux extrémiste » du fait de ses critiques de la politique Israélienne, auteur de :
« Comme je suis marié avec la même femme depuis 50 ans, je sais ce que le mot compromis veut dire. » 214 (Cf. Politique. Conciliation. Compromis)

Mariage. Comtesse de Ségur :

Mariage (Comtesse de Ségur) (1) : (6 décembre) 1854. La comtesse de Ségur [1799-1844], dans une lettre adressée à son fils aîné Gaston [1820-1881], auteure de :
« On m’a écrit ici que M. de B. épousait Y de S. Elle fait bien et il ne fait pas mal. Il est bête, elle est bonne. Cela ira très bien. » 215

Mariage (Ségur Comtesse de) (2) : 1868. La comtesse de Ségur [1799-1874], dans Diloy le chemineau, auteure de :
- Le général : Gertrude, ma fille, veux tu te marier ?
-
Gertrude : Cela dépend du mari que vous ‘aurez choisi, mon oncle, répondit Gertrude, en rougissant
- Le général : Oh ! ; quant à cela, c’est un mari de premier choix : tout ce qu’il faut pour te rendre heureuse. Bon Chrétien, bon fils, garçon sage et rangé, joli garçon, de l’esprit, de l’instruction, des goûts tranquilles ; il t’aime comme un fou. En veux-tu ? :
- Gertrude : d’après le portrait que vous en faites, mon oncle, ma réponse est facile à deviner, si toutefois maman veut bien y consentir.
-
Le général : C’est fait ; elle a dit oui.
-
Gertrude : Alors je dis comme elle, mon oncle.
-
Le général : Et tu ne demandes seulement pas son nom ?
-
Gertrude : En faisant son éloge, vous l’avez nommé, mon oncle.
-
Le général : Bravo ! Voilà qui est bien répondu. Ne bouge pas d’ici. Je reviens dans deux minutes. » 216

Par ordre chronologique. Constant Benjamin :

Mariage (Constant Benjamin) (1) : 1794. Benjamin Constant [1767-1830], dans son Journal intime, après avoir évoqué une « description charmante » qui lui a été transmise d’un projet de mariage d’une jeune femme de sa connaissance, poursuit :
« Hélas, derrière les rideaux qui vont s’entrouvrir, elle ne trouvera qu’un lit, qui aura bien son prix pendant quelques temps, un mari en bonnet de nuit qui s’ennuiera bientôt d’elle, puis la monotonie, le vide, le commérage et le manque de but qui distingue le meilleur des mondes. » 217 (Cf. Famille. Mariage. Âge du)

Mariage (Constant Benjamin) (2) : 1806. Benjamin Constant [1767-1830], dans son Journal intime, auteur de :
« […] Sauf votre respect, ma chère tante, je ne puis en démordre sur le mariage. Que des hommes vieux et laids, veufs et peu fortunés, comme on m’a peint M. de Bolnay, épousent de jeunes, riches et jolies personnes, cela prouve bien plus de penchant pour l’hymen dans celles-ci que dans ceux-là. Au reste, j’en suis charmé, car si avec le démon de la prédestination qui me domine, j’arrive à réunir ces diverses qualités, je serais charmé de me trouver encore épousable. » 218 (Cf. Famille. Mariage. Âge du mariage, Patriarcat. Hymen, Politique. Morale)

Mariage (Constant Benjamin) (3) : (19 octobre) 1812. Benjamin Constant [1767-1830] dans son Journal intime, auteur de :
« Entre autres choses, je me suis marié pour coucher beaucoup avec ma femme et me coucher tôt. » 219

Mariage. Contrat :

Mariage (Contrat) (1) : Le mariage : un contrat ? Non. L’institutionnalisation d’une mise en dépendance, d’une subordination, d’une obéissance obligée d’une personne (une femme) à une autre (un homme). En outre, les personnes riches, ayant des biens à garantir, faisaient, devant notaire, la veille du mariage (civil, religieux) un véritable contrat précis, écrit, concernant la propriété respective des biens. Les autres se contentaient d’un « oui » devant le maire. Permanence de la supériorité de l’argent sur la loi civile, elle, mise en œuvre par l’État… (Cf. Politique. Contrat. État, Loi)

Mariage (Contrat) (2) : Le code Napoléon en 1804 du fait du seul « oui » dit le jour du mariage, non seulement dépossédait les seules femmes, mais leur interdisait, à l’exception des « marchandes », le droit de contracter, «contrat» pourtant au fondement théorique du libéralisme. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? (Cf. Politique. Contrat. Libéralisme, Patriarcat)

Mariage (Contrat) (3) : Quelle est la teneur du contrat de mariage de Mélanie Trump ?

Par ordre chronologique. Mariage. Contrat :

Mariage (Contrat. Portalis) (1) : 1801. Portalis [1747-1807], le « père du code civil » qualifiait le mariage de « contrat [proprement dit] et de « contrat perpétuel par destination ». 220
En creuser et en préciser la signification…

Mariage (Contrat. Stendhal) (2) : 1830. Stendhal [1783-1842] dans Le rouge et le noir évoque les premières inquiétudes de Mathilde de la Molle concernant le mariage avec l’un ou l’autre des prétendants de son milieu : « Qu’est-ce qu’un amour qui fait bailler ? autant vaudrait être dévote ». Et, sans transition - ce qui semble par ailleurs, étonnamment ‘vécu’ - Stendhal poursuit : « J’aurais une signature de contrat, comme celle de la cadette de mes cousines, où les grands parents s’attendriraient, si pourtant ils n’avaient pas d’humeur à cause d’une dernière condition introduite la veille dans le contrat par le notaire de la partie adverse. » 221

Mariage (Contrat. Mill Stuart) (3) : (6 mars) 1851. Voici la déclaration de John Stuart Mill [1806-1876] à l’occasion de son mariage avec Harriet Taylor [1807-1858] [Statement on mariage] :
« Étant sur le point, si j’ai le bonheur de recevoir son consentement, de m’unir par les liens du mariage avec la seule femme que j’aie jamais voulu épouser et étant donné que nous sommes tous deux en désaccord complet et absolu avec la nature du mariage tel qu’il est défini par la loi, et ce pour de nombreuses raisons dont le fait qu’il confère juridiquement à l’une des deux parties signataires du contrat l’autorité et le pouvoir sur l’autre partie, c’est-à-dire sa personne, ses biens et sa liberté d’action, indépendamment de ses désirs et de sa volonté, et n’ayant à ma disposition aucun moyen légal de me soustraire à ces pouvoirs odieux (ce que je ferais assurément si un engagement en ce sens avait une valeur légale), je pense qu’il est de mon devoir de donner acte de ma protestation contre les lois régissant le mariage et qui confèrent ces pouvoirs et de faire la promesse solennelle que je n’en userai jamais, quelles que soient la situation ou les circonstances. Je déclare que mon intention, ma volonté et la condition même de notre engagement, si Madame Taylor et moi-même devons nous marier, sont qu’elle garde une liberté d’action la plus totale ainsi qu’une liberté de disposer d’elle-même et de tous ses biens actuels ou futurs, identique à celle qu’elle aurait sans ce mariage ; je nie et rejette absolument toute prétention à des droits que j’aurais prétendument acquis par cette union. » 222 (Cf. Hommes. Féminisme, Penser. Consentement, Politique. Contrat)

Mariage (Contrat. Mill Stuart John) (4) : 1859. L’analyse de John Stuart Mill [1806-1876], dans De la liberté, concernant l’impossibilité théorique d’un contrat d’esclavage s’applique aussi au pseudo-contrat de mariage. La voici :
« Un contrat d’esclavage est nul et non avenu. En se vendant comme esclave, un homme abdique sa liberté ; par cet acte unique, il renonce à tout usage futur de sa liberté. Il détruit donc dans son propre cas, le but même qui justifie la permission de disposer de lui-même. Ce n’est pas la liberté que d’avoir la permission d’aliéner sa liberté. » 223 (Cf. Politique. Contrat. Esclavage)

Mariage (Contrat. Picasso. Olga Khokhlova) (5) : (4 mars) 1918. Dans le cadre de l’exposition du Musée Picasso [2017] consacrée à la première épouse de Picasso [188-1973], Olga Khokhlova [1891-1955], on peut lire dans une vitrine le serment qu’ils s’étaient fait le 4 mars 1918 :
« Vivre jusqu’à la mort en paix et amour. Celui qui cassera ce contrat sera condamné à mort. » 224

Mariage (« D’argent ») : Le cardinal de Bernis [1715-1794], dans ses Mémoires, auteur de :
« On s’accoutuma aux mariages d’argent, terme aujourd’hui consacré, à la honte de la noblesse ». Et à celle de la bourgeoisie…225 (Cf. Femmes. Échange des femmes)

Mariage (David-Neel Alexandra) : (3 octobre) 1904. Alexandra David-Neel [1868-1969], écrit à son mari :
« Tu n’es pas le compagnon que j’aurais rêvé, je suis encore moins peut être la femme qu’il t’aurait fallu. » Il s’étaient mariés le 4 août 1904.
- Il importe de noter la clairvoyance, l’honnêteté critique des analyses dont elle lui fait part.
- Il importe aussi de noter que c’est, en partie, grâce à ce mariage que la correspondance avec son mari, qui lui tenait lieu de « seul journal de voyage » 226
put être publiée. 227

Mariage (De Cleyre Voltairine) : 1907. Voltairine de Cleyre [1862-1912], dans Le mariage est une mauvaise action, auteure de :
« […] Mais aujourd’hui, ce n’est ni au mariage civil, ni au mariage religieux que je me réfère lorsque j’affirme : ‘Le mariage est une mauvaise action’. La cérémonie elle-même n’est qu’une forme, un fantôme, une coquille vide. Par mariage, j’entends son contenu réel, la relation permanente entre un homme et une femme, relation sexuelle et économique qui permet de maintenir la vie de couple et la vie familiale actuelle. Je me moque de savoir s’il s’agit d’un mariage polygame, polyandre ou monogame. Peu m’importe qu’il soit célébré par un prêtre, un magistrat, en public ou en privé, ou qu’il n’y ait pas le moindre contrat entre les époux. Non, ce que j’affirme, c’est qu’une relation de dépendance permanente nuit au développement de la personnalité et c’est cela que je combats. Maintenant, mes opposants savent sur quel terrain je me situe. » 228 […] Lire la suite… (Cf. Femme. Remarquable. De Cleyre Voltairine, Famille. Couple. « Mariage pour tous », Penser. Méthode)

Mariage. Dot :

Mariage (Dot) (1) : Nombreux sont les hommes qui ont épousé - qui épousent toujours - des dots, leurs femmes étant les garanties de leur versement.

Mariage (Dot) (2) : On oublie souvent qu’une dot était exigée pour entrer dans un couvent.
« On estime, avant la révolution, à plusieurs milliers de livres la dot requise pour l’entrée d’une jeune femme à la Visitation de Limoges. » 229
Celles qui ne la possédaient pas devenaient les servantes du couvent et donc des autres religieuses.

Mariage (Dot) (3) : Les dots ont, à travers l’histoire, opéré un gigantesque transfert d’argent, de propriété des femmes aux hommes.

Par ordre chronologique. Mariage. Dot :

Mariage (Dot) (1) : 1765. C’est pour être à même de payer la dot de sa fille que Diderot [1713-1784] chercha à vendre sa bibliothèque. L’Impératrice Catherine II de Russie [1722-1796] « n’ayant pu voir sans beaucoup de peine ce sacrifice paternel » la lui acheta [16.000 livres] à la condition qu’il gardât les livres pour son usage, et qu’il accepte chaque année cent pistoles pour le soin qu’il en prendra, […] « le tout avec une politesse qui est au-dessus de ses dons », commente élégamment Voltaire. 230
N.B. Dans une lettre à Sophie Volland [1716-1784] (mi-novembre) 1767, Diderot expliqua tout le coût que de ce « don » que sa « bienfaitrice » lui occasionna. 231

Mariage (Dot) (2) : (10-11 juin) 1771. Catherine II, impératrice de Russie [1729-1796] écrit à Voltaire [1694-1778], concernant un dénommé M. Palianski :
« Je lui souhaite au moins une princesse Honoria (?) pareille à celle que vous citez, sœur ou fille de quelque souverain bien sot, n’importe pourvu qu’elle ait une bonne dot car M. Palianski n’est pas riche. Ne pourriez-vous pas lui en procurer une ? » 232 (Cf. Femme, Économie)

Mariage (Dot) (3) : 1793. Madame Roland [1754-1793], dans ses Mémoires particuliers, écrit concernant l’un de ses prétendants Jacques Gardanne [1726-?] :
« Gardanne souhaitait et craignait de se lier ; dans le calcul des avantages et des inconvénients de la grande confrérie (celle des médecins ?), il ne s’était point, comme ma tête romantique, attaché à l’unique idée des convenances personnelles : il comptait tout. J’avais seulement vingt mille livres en mariage mais les espérances rachetaient la modicité de la dot ; les conditions pécuniaires furent faites avant que je n’en susse rien, le marché proprement dit était conclu lorsque l’on me parle d’un médecin à épouser. […] » (Cf. Mariage « D’argent »)
- Le mariage et la dot de l’épouse : l’un des processus privilégié - et le plus facile ? - de l’accumulation primitive patriarcale (Cf. Patriarcat, Économie)
N.B. Me revient un souvenir d’enfance : l’un de mes oncles était souvent évoqué à la maison car il avait fait de la prison pour collaboration à la Libération. Ayant plus tard rencontré son épouse, que ma mère invitait, je me demandais - confusément - ce qui pouvait bien les unir. Jusqu’au jour où ayant lu inscrit sur une rame de métro le nom de Brissonneau (et Lotz) je me suis souvenu qu’elle se nommait Brissonneau.

Mariage (Dot) (4) : 1839. Stendhal [1783-1842], dans La Chartreuse de Parme écrit concernant la marquise del Dongo (la mère de Fabrice) :
« Elle avait apporté huit cent mille francs de dot à son mari et recevait quatre-vingt francs par mois pour ses dépenses personnelles. » 233

Mariage (Dot) (5) : 1854. Madame Lafarge [1816-1852], dans Heures de prison, auteure de :
« Je ne me croyais pas assez riche pour être marchandée, et quand je donnais ma vie, on me prenait ma dot : on m’escomptait comme le zéro qui suit le chiffre qu’il centuple. Plus tard, c’est la cupidité, c’est elle qui m’a calomniée, dénoncée, livrée…Elle qui a demandé à la justice le prix de mon sang […]. » 234 (Cf. Justice. Procès. Madame Lafarge, Histoire. Historiographie. Patriarcale. Wikipédia)

Mariage (Dot) (6) : 1855. George Sand [1804-1876], dans son Histoire de ma vie, écrit qu’elle a « travaillé dix ans pour payer cette somme [de cent mille francs, nécessaires aux réparations de l’hôtel de Narbonne] et faire de cette maison la dot de ma fille. » 235 (Cf. Femmes. Travail)

Mariage (Dot) (7) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans un long passage non publié à l’origine dans Les misérables mais reproduit dans l’édition de La Pléiade, fait un sort à Tholomyès, celui qui « en quittant Fantine [enceinte] avait jeté l’orange pressée, ce qui suffit à un homme de bon sens », lequel « était venu à Paris comme un voleur. Qu’y venait-il y faire, en effet ? Il venait voler un mariage. […] »
Et Victor Hugo poursuit :
« L’industrie du coton commençait à poindre à cette époque dans le quartier Saint-Jacques et dans le faubourg Saint-Marceau. Elle y avait rapidement créé deux ou trois belles fortunes. Une de ces fortunes avait paru sortable à Tholomyès. Le capital était un avenant. On pouvait se souder à ce capital au moyen d’une fille unique qu’il y avait dans cette fortune. […]
Cette fille unique était mademoiselle Brouable, fille du père que nous avons dit. Tholomyès n’avait que quatre mille livres de rentes. Être réduit à cela pour toute sa vie était un péril grave. […]
Il réussit à ouvrir des aboutissants du côté de ‘la grosse fortune’. […]
Il se fit présenter au capital, au père et à la fille. » 236
- Victor Hugo mêlant audacieusement le capital, le capitaliste et la fille-à-marier procède ici à une analyse, certes non théorisée, concernant les fondements du patriarcat comparable aux analyses de Marx sur les fondements du capitalisme. (Cf. Langage. Zeugma, Patriarcat, Économie)

Mariage (Dot) (8) : Marie-Victoire Monnard [1777-1869] dans ses Souvenirs écrit :
« M. Huet [son second mari] avait beaucoup d’avantages sur moi sous le rapport du physique, de la tenue, des convenances, des usages et de l’éduction. Je n’avais rien de tous ces agréments ; je ne connaissais nullement le monde et aucun de ses plaisirs. J’étais seulement allée quatre fois au spectacle et n’avais pas même vu un bal de société avant que je connaisse M. Huet.
N’ayant reçu aucune éducation, je faisais des fautes de français assez graves et employais le mot conséquent sans en connaître les conséquences.
Ma modique dot de quatre mille francs ne pouvait indemniser mon futur de tous ces désagréments. ...
Eh bien, cela ne rebuta pas M. Huet, de qui les parents avaient appartenu depuis deux cents ans [au personnel] de la famille royale. » 237

Mariage (Dot) (9) : Dans la présentation qui est faite des Souvenirs de Marie-Victoire Monnard [1777-1869], concernant sa mère, Victoire Jourdain [?-?], je lis :
« Elle a été mariée à dix-sept ans à un fermier de vint quatre issu d’un milieu moins fortuné que le sien. Élevée dans un couvent, elle en sort pour s’unir à Monnard, un promis choisi par sa mère, qui réduit la dot de sa fille à un quart de celle des autres enfants, pour l’aligner sur la pauvreté du gendre. » 238

Mariage (Dot) (10) : 1876. Hippolyte Taine [1828-1893], dans Les origines de la France contemporaine, note que :
« Danton [1759-1794], par son contrat de mariage, en juin 1787, ne se reconnait que 12.000 francs de patrimoine en terres et maisons, et que sa femme ne lui apporte que 20.000 francs de dot. » 239 (Cf. Mariage. Contrat)

Mariage (Dot) (11) : 1880. Marie Bashkirtseff [1858-1884] rapporte dans une lettre à son frère les échanges savoureux et si lucides qu’elle a eu avec un homme (« un prince ») qui la demandait en mariage. Aucun de ses arguments, notamment celui, pour elle, essentiel, de devenir peintre, n’ayant dissuadé son ‘amoureux’, elle poursuit […] :
« Et je me mets à vanter la vie d’atelier, je lui parle de ma dot, disant qu’elle entre beaucoup dans son amour. Naturellement il fait l’indigné. » 240
Il abandonnera sa demande…

Mariage (Dot) (12) : 1932. François Mauriac [1885-1970], dans Le nœud de vipères, évoque les raisons qui incitent le narrateur à éviter un procès en cas de divorce :
«[…] Et surtout…en cas de séparation, il aurait fallu rendre les Suez [les actions de la Compagnie universelle du canal maritime de Suez] de ta dot. Je m’étais accoutumé à considérer ces valeurs comme miennes. L’idée d’avoir à y renoncer m’était horrible (sans compter la rente que nous faisait ton père…) » 241 (Cf. Famille. Couple, Patriarcat, Économie. Argent)

Mariage (Dot) (13) : 1932. François Mauriac [1885-1970], dans Le nœud de vipères, écrit :
« Ma petite fille n’apportait pas une très belle dot, mais elle avait, en revanche, de magnifiques ‘espérances’. Les espérances de nos enfants ! » 242
N.B. Les « espérances » signifient les revenus qu’une personnes peut attendre d’un héritage après le décès d’un-e proche.

Mariage (Dot) (14) : 1985. Georges Lubin [1904-2000], dans une note du tome XVIII de la Correspondance de Georges Sand [1804-1876] écrit concernant l’actrice Emma Fleury [1837-1917] « qui jouait les ingénues à la Comédie française » :
« Rodrigues [Édouard. 1796-1878] s’intéressait à elle et lui fit épouser le sculpteur Jules Franceschi [1825-1895] en la dotant. » 243

Mariage (Dot) (15) : 1987. Lu, lors des auditions publiques concernant la réforme de la nationalité française, M. Roccichiolli, consul de France (un temps consul à Pondichéry), auteur de :
« […] On ne doit pas se leurrer, je sais qu’à Pondichéry, soyons brutal, le fait d’apporter la nationalité française dans une dot est quand même pour une fille française de Pondichéry un atout considérable ! » 244
- Constat promis à un dramatique avenir…

Mariage (Dot) (16) : 1992. Je lis dans un Dictionnaire de femmes célèbres, concernant :
- Mancini (Hortense) [1646-1699] « duchesse de Mazarin » : « Hortense avait quinze ans lorsque le cardinal [Mazarin, son oncle] la maria avec 22 millions de dot au marquis de La Meilleraye, qu’il fit duc de Mazarin ». (p.545)
- Montaigne (Françoise de, née La Chassaigne) [1545-1602] : « Fille d’un collège de Montaigne au parlement de Bordeaux, elle lui apporta lors de leur mariage, le 22 septembre 1565, sept mille livres tournois de dot et lui donna six filles, dont cinq moururent an bas âge. […]». (p.613) (Cf. Femme. Épouse, Langage. Zeugma) 245

Mariage (Dot) (17) : (27-28 septembre) 2019. Gisèle Halimi [1927-2020], interrogée par Le Monde sur son enfance Tunisienne et la permanence de la tradition de la dot :
« Il y avait des tarifs qui varient en fonction de la situation du fiancé. Pour épouser par exemple un médecin (ce qui était exclu pour moi, car c’était bien trop cher), il fallait fournir une belle somme et apporter ce que l’on appelait ‘la maison montée’, c’est à dire une maison complète, de la petite cuillère au drap brodé. La future belle-mère de la mariée venait vérifier à l’avance que rien ne manquait. Je me souviens de mon père travaillant comme un fou, parce qu’il devait marier ses deux sœurs et payer leur dot. » 246 (Cf. Hommes. Pères, Économie)

Mariage (Duncan Isadora) : 1928. Isadora Duncan [1877-1927], dans Ma vie, auteure de :
« Toute femme intelligente qui lit son acte de mariage et qui accepte encore de se marier mérite toutes les conséquences de son geste (!). Personnellement, j’estime que le mouvement féministe ne pourra jamais s’appeler mouvement d’indépendance tant que les membres ne jureront pas, avant tout, d’abolir le mariage. » 247 (Cf. Femme. Remarquable, Femmes. Intelligentes, Famille. Mariage « pour tous », Féminisme, Patriarcat)
* Ajout. 11 décembre 2020. Dans Ma vie, elle qualifie aussi le mariage d’institution « insensée et avilissante ». 248

Mariage. Eliot George :

Mariage (Eliot George) (1) : 1871-1872. George Eliot [1819-1880], dans Middlemarch, auteure de :
« Comment se faisait-il qu’au cours des semaines écoulées depuis son mariage Dorothea eût non pas discerné clairement, mais senti avec un abattement étouffant, que les vastes perspectives et l’abondance d’air frais qu’elle avait rêvé de trouver dans l’esprit de son mari eussent été remplacées par des antichambres et des couloirs tortueux qui ne menaient nulle part ? Je suppose que c’est parce que pendant les fiançailles tout est considéré comme provisoire et préliminaire, et que le plus modeste échantillon de vertu ou de talent est censé garantir l’existence de précieuses réserves que feront découvrir les amples loisirs du mariage. Mais une fois franchi le seuil du mariage, l’attente se concentre sur le présent. Quand on est embarqué pour le voyage conjugal, il est impossible de ne pas se rendre compte qu’on n’avance pas et que la mer n’est pas en vue - bref, qu’on est en train d’explorer un bassin fermé. » 249 (Cf. Penser)

Mariage (Eliot George) (2) : 1871-1872. George Eliot [1819-1880], dans Middlemarch, auteure de :
« […] Dorothea, vous parlez à la légère, répliqua nerveusement M. Causaubon. Décidément cette femme était trop jeune pour s’élever au niveau altier de la condition d’épouse - puisqu’elle ne se montrait pas incolore, informe, résignée d’avance à tout. […]
- Le feu ne s’était pas encore éteint, et elle jugeait indigne l’attitude de son mari qui ne lui présentait pas d’excuses. […]
- ‘ Nous ne dirons rien de plus sur ce sujet, s’il vous plait, Dorothea. Je manque de temps et d’énergie pour poursuivre une discussion de ca genre’. […]
- Il existe des réponses qui, si elles détournent le courroux, ne font que l’expédier à l’autre bout de la pièce ; se voir froidement refuser toute discussion quand on a l’impression d’avoir le bon droit de son côté est encore plus exaspérant dans le mariage que dans la philosophie. » 250 (Cf. Relations entre êtres humains, Patriarcat, Philosophie)

Mariage (Espoir) : « Vous qui entrez ici, laissez toute espérance » lit-on dans L’Enfer de Dante [1265-1321]. A l’opposé, la force du mariage ne réside-t-elle pas dans l’espoir que, malgré tout, et en dépit de toute crainte, il suscite : il est en effet porteur, créateur d’une autre vie…
Combien ne s’y sont-ils/elles pas précipitées simplement pour fuir leur vie présente?

Mariage (Évolution du droit) : 2008. Dans le Dictionnaire des droits de l’homme, Marie Lamarche, évoquant un « accès au mariage libéralisé », présentant « l’individualisme qui marque l’évolution du droit de la famille en général » (citant pour ce faire, un juriste dans un texte de 1994), et « l’histoire du droit du mariage », comme celle d’une « libération continue » (citant un juriste dans un texte datant de 1982), en conclut, après avoir inséré dans ces constats « l’ouverture du mariage au personne de même sexe » que ces mesures ne font que « traduire les transformations de l’ordre public matrimonial »...
Une idée cependant intéressante dans ce texte confus, la distinction faite entre « le droit du mariage » et « le droit au mariage»… Mais c’est toute l’analyse juridique qui manque de fondement conceptuel. 251 (Cf. Droit, Justice)

Mariage (Expiation) : 1879. Marie Bashkirtseff [1858-1884], dans une lettre adressée à un ami, donne concernant les hommes son analyse du mariage : elle considère, ou plutôt constate qu’« […] un homme qui a inspiré tant de passions, dépravé tant de cœurs, brisé tant de fidélités, doit fatalement se marier. C’est l’expiation. » 252
Voulait-elle signifier que l’épouse devient le prix (le coût ?, le moyen ? la condition ?) du repentir du mari pour avoir fait souffrir toutes celles qui l’ont précédée ? Et que l’institution ‘sacrée’ du mariage absout le mari de ses fautes, de ses crimes ? Intéressant… (Cf. Famille. « Sacré »)

Mariage (« Faute de goût ») : 1847. Maurice Levaillant [1884-1961], dans l’introduction de la publication des Lettres de Chateaubriand à Madame Récamier, auteur de :
« Un instant, au début de 1847, quand Madame de Chateaubriand [1774-1847] repose au caveau de la chapelle dans sa chère Infirmerie [Marie-Thérèse], ils [Chateaubriand. 1768-1848 et Madame de Récamier 1777-1849] conçurent, et en même temps semble-t-il, le dessin de s’épouser ; lui, par une sorte de point d’honneur, elle par une sorte de dévouement suprême, pour mieux veiller sur lui et le soigner de plus près. Heureusement, ils eurent la sagesse de ne point commettre cette faute de goût. » 253

Mariage (Femme complaisante) : 1988. Denise Grey [1896-1996], actrice, évoque, soixante ans après, les souvenirs du père de son enfant, marié par ailleurs, « avec qui elle vécut les grandes heures de [sa] vie », Henri Bara [1887-1919] :
« La mort d’Henri, outre la peine atroce que j’en éprouvais, me valait tout un lot de difficultés que je n’avais pas soupçonnées. Je me retrouvais seule, à vingt-trois ans, avec la responsabilité d’une fille et d’une maman. Henri n’avait pas eu le temps de m’épouser comme il en avait l’intention. Lorsque je l’avais connu, il vivait avec une autre femme dont il avait un enfant. Je me souviens qu’un jour je l’avais accueilli, du haut de nos marches, en lui disant : ‘Toi, tu viens de te marier ! / Comment le sais-tu ? / Je le sens.
Conscient de ses responsabilités à l’égard de cette femme et de sa fille, il avait voulu régulariser leur situation, afin que ses parents pussent s’occuper d’elles. Il aurait ensuite divorcé pour m’épouser ! …
L’annonce de ce mariage m’avait porté un coup terrible, mais je respectais ses décisions. Cette mort prématurée l’empêchait hélas de mettre à exécution la seconde partie de son projet. » 254 (Cf. Femme. Artiste, Famille. Polygamie)

Mariage (Ferrante Elena) : 2017. Elena Ferrante, dans Celle qui fuit et celle qui reste, écrit : « […] Je me perdis en suivant Enzo qui disait fièrement : sans elle, je en pourrais pas faire tout ça ! il exprimait ainsi son amour plein de dévotion ! A l’évidence il aimait rappeler aux autres et aussi à lui-même combien sa compagne était extraordinaire.
Mon mari, lui, ne me louait jamais, il me réduisait au rôle de mère de ses enfants, voulait me dénier toute capacité de pensée autonome en dépit de mes études, m’humiliait en rabaissant ce que je lisais, ce qui m’intéressait, ce que je disais, et ne semblait disposer à m’aimer que si et seulement je manifestais en permanence ma nullité.
» 255 (Cf. Patriarcat, Penser)

Mariage. Fielding Henry :

Mariage (Fielding Henry) (1) : 1749. Henry Fielding [1707-1754] dans l’Histoire de Tom Jones auteur de :
« En vérité, c’était un homme si généreux qu’ayant reçu de sa femme une très jolie fortune, il en avait dépensé jusqu’au dernier penny, à l’exception d’une maigre rente établie sur sa tête à elle ; et, pour s’en emparer, il l’avait traitée avec tant de cruauté que celle-ci, jointe à une jalousie des plus âpres, avait contrainte la pauvre femme à s’enfuir de chez lui. » 256 (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes, Économie)

Mariage (Fielding Henry) (2) : 1749. Henry Fielding [1707-1754] dans l’Histoire de Tom Jones auteur de :
« […] Comme Blifil n’avait pas encore obtenu le consentement de Sophie, il était fort impatient de le lui apprendre, ne doutant pas que la fiancée putative ne le confirmât de sa propre bouche. Quant au mariage, il avait été convenu la veille au soir, entre hommes, qu’il serait célébré le surlendemain matin. » 257 (Cf. Penser. Consentement)

Mariage (Fielding Henry) (3) : 1749. Henry Fielding [1707-1754] dans l’Histoire de Tom Jones auteur de :
« Pour ma part, je l’avoue, je ne doutais pas que ses intentions ne fussent parfaitement honorables, comme on dit, à savoir de dépouiller une femme de sa fortune par voie du mariage. Ma tante n’était, à mon idée, ni assez jeune, ni assez belle pour susciter des désirs bien coupables ; mais elle avait des charmes matrimoniaux en grand abondance. » 258

Mariage (Fielding Henry) (4) : 1749. Henry Fielding [1707-1754] dans l’Histoire de Tom Jones auteur de :
« Sa seigneurie, pensant que le tyran était un autre mari, fit un discours plein de galanteries pour les deux dames [l’une fuyant son mari, l’autre son père], tout autant que d’invectives contre son propre sexe; il n’omit pas non plus quelques attaques indirectes contre l’institution même du mariage et contre les pouvoirs injustes qu’elle donne à l’homme sur la partie la plus sensée et la plus méritante de l’espèce. » 259

Mariage (Fielding Henry) (5) : 1749. Henry Fielding [1707-1754] dans l’Histoire de Tom Jones auteur de :
« En vérité, quand des jeunes personnes apportent elles-mêmes une grande fortune, elles ont quelque droit à vouloir dépenser ce qui est à elles ; et, à ce compte-là, j’ai entendu les messieurs dire qu’un homme fait parfois une meilleure affaire en épousant une femme pauvre, qu’en en prenant une riche… » 260 (Cf. Patriarcat. Économie)

Mariage (Fielding Henry) (6) : 1749. Henry Fielding [1707-1754] dans l’Histoire de Tom Jones auteur de :
« Elle se faisait fort d’empêcher en bâclant un mariage auquel elle pensait qu’une Sophie violée consentirait sans difficulté, et dont tout le reste de la famille se réjouirait. » 261

Mariage (Fielding Henry) (7) : 1749. Henry Fielding [1707-1754] dans l’Histoire de Tom Jones auteur de :
« En vérité, en épousant la jeune demoiselle, il se proposait maintenant d’assouvir, outre son avarice, une autre très forte passion, qui était la haine ; car il estimait que l’état conjugal offre également les moyens de satisfaire la haine et l’amour ; et sans doute cette opinion est-elle grandement confirmée par l’expérience. » 262 (Cf. Relations entre êtres humains. Amour. Haine)

Mariage (Fielding Henry) (8) : 1749. Henry Fielding [1707-1754] dans l’Histoire de Tom Jones auteur de :
« Vous savez que j’ai déjà goûté des agréments de l’hyménée ; et une fois, c’est assez, je pense, pour toute femme raisonnable. » 263

Mariage (Fielding Henry) (9) : 1749. Henry Fielding [1707-1754] dans l’Histoire de Tom Jones auteur (son jugement ne concernant pas le mariage) de :
« Aucun contrat ne saurait lier deux parties qui n’ont pas sur le moment plein pouvoir pour le faire et qui n’ont jamais acquis par la suite celui de l’exécuter. » 264 (Cf. Famille. Mariage. Contrat)

Mariage (Fielding Henry) (10) : 1749. Henry Fielding [1707-1754] dans l’Histoire de Tom Jones auteur de :
« […] Contraindre une femme à un mariage contre son gré est une telle injustice, d’une telle oppression, que je souhaiterais qu’il fût réprimé par les lois du pays ; mais une bonne conscience n’est jamais sans lois dans l’État le plus mal réglementé, et elle se formera elle-même celles que la négligence des législateurs a oublié de fournir. Le cas présent est assurément de cet ordre. N’est-il pas cruel, voire impie, de forcer une femme à entrer contre sa volonté dans un état où elle doit rendre compte de sa conduite à la plus haute et à la plus redoutable cour de justice, et ne répondre au péril de son âme ? S’acquitter convenablement de ses devoirs conjugaux n’est pas un tâche aisée ; chargerons nous une femme de ce fardeau, alors même que nous la privons de toute l’assistance qui lui permettrait de la supporter ? Lui briserons nous le cœur, alors que nous lui imposons des devoirs auxquels peut à peine répondre un cœur entier ? […] » 265

Mariage (Fielding Henry) (11) : 1749. Henry Fielding [1707-1754] dans l’Histoire de Tom Jones auteur de :
« […] La seule façon de réussir était de presser la mariage avec tant de rapidité que la jeune personne n’eût pas le temps de réfléchir et fût obligée de consentir sans à peine savoir ce qu’elle faisait. C’est ainsi, dit-elle, que se faisait la moitié des mariages parmi les gens de condition ; fait très probablement vrai, et auquel est due, je pense, la tendresse mutuelle qui règne ainsi chez tant d’heureux couples. » 266 (Cf. Famille. Couple)

Mariage (Fillon François et Penelope) : (23 février) 2017. Lu :
« Penelope Fillon est prête à parler, mais son mari ne veut pas qu’elle s’exprime pour l’instant. Des négociations seraient en cours, après M6, avec Elle ». 267
Le lendemain, François Fillon, dans Match :
« Penelope est prête à parler, mais pour l'instant je ne suis pas pour, c'est à moi de monter en première ligne. »
- Et c’est le même homme qui est censé décider des lois qui (notamment) me concernerait ; c’est le même qui devrait incarner la liberté, déclinée sous toutes ses formes, en France, en 2017. (Cf. Homme « Politique ». Fillon François, Femme. Mère. Fillon Penelope)

Mariage (Finances) : 1994. Guy Chaussinand-Nogaret, dans Le citoyen des Lumières, écrit concernant Malesherbes [1721-1794] :
« Ses sœurs furent mariées dans la haute finance. Malesherbes se trouva apparenté aux plus riches […]. » 268

Mariage (Football) : 2011. Une jeune footballeuse Sénégalaise :
« Un jour, un garçon m’a dit : ‘Si je t’épouse, tu arrêtes le football‘. Je lui ai raccroché au nez. » (Rires). Percutant, suffisant. 269

Mariage. Forcé :

Mariage (Forcé) (1) : Réhabilite le mariage comme institution « libre » (et/ou non contraint, non imposé, non obligé, non obligatoire…).
- Ce jugement est aussi valable concernant le «travail», «la prostitution», «l’emprunt», «l’achat», «les rapports sexuels», la «grossesse», la «procréation»…
- Et c’est ainsi que, sous couvert de liberté, on cautionne tous les systèmes de domination.
- En sus, une question utile : Qui n’a pas été contraint-e à faire, à dire quelque chose qui n’avait pas été voulu, désiré, pensé ? C’est, donc le concept même de « forcé » qui doit être récusé. (Cf. Langage. Adjectif. Penser. Céder, Politique. Céder)

Mariage (Forcé) (2) : 2004. Après lecture du livre de Leila, intitulé Mariée de force. Pour la première fois, une femme témoigne, 270 il apparaît clairement qu’elle a été privée de toute liberté et de tout contrôle de sa vie ; de multiples violences traditionnelles, religieuses, familiales, institutionnelles, toutes patriarcales, étant mises en œuvre pour ce faire. L’ajout au seul terme de ‘mariage’ du seul adjectif de ‘forcé’ apparaît dès lors particulièrement dommageable, du fait de la focalisation sur le seul mariage.
* Ajout. 10 juin 2015. Idée : comparer les analyses, jugements, traitements, législations concernant les mariages dits forcés, les mariages dits précoces avec celles et ceux concernant les services militaires (En Israël, en Érythrée, par exemple…) (Cf. Langage. Adjectif, Politique. Choix, État, Liberté)

Mariage (Fourier Charles) : 1841. Charles Fourier [1772-1837], dans Théories des quatre mouvements (p.192. vérifier), auteur de :
« La jeune fille n’est-elle pas une marchandise exposée en vente à qui en veut négocier l’acquisition et la propriété exclusive ? Le consentement qu’elle donne au consentement conjugal n’est-il pas dérisoire et forcé par la tyrannie des préjugés qui l’obsèdent depuis l’enfance ? On veut lui persuader qu’elle porte des chaînes tissées de fleurs ; mais peut-elle se faire illusion sur son avilissement, même dans les régions boursoufflées de philosophie, telles que l’Angleterre, où les hommes jouissent du droit de conduire leur femme au marché, la corde au cou, et la livrer comme une bête de somme à qui veut en payer le prix ? » 271 (Cf. Homme, Féminisme, Penser. Consentement, Pensée. Préjugé)
* Ajout. 8 novembre 2018. 1995. Jean Tulard, dans le Guide des films. 1895-1995. L-Z, écrit concernant le film :
- Pavillon noir [1945. Frank Borzage] : « […] Devenus pirates, ils pillent les bateaux espagnols. Dans l’un d’eux se trouve la fiancée du despote. Laurent l’épouse avec son consentement. » 272 (Cf. Hommes, Penser. Consentement, Violences)

Mariage (Radegonde-Lenoir Françoise) : 1791. Françoise-Radegonde Lenoir [1739-1791] religieuse au couvent de la visitation Sainte-Marie de Limoges, rapporte les paroles de son confesseur :
« Ma fille, ce n’est pas par les mains du bourreau que tu dois être sacrifiée, mais par le trait du divin amour. […]
Ces paroles, ou d’autres qui ont le même sens, me convainquent sans peine que je ne dois plus être à moi-même, mais uniquement à Dieu que j’ai choisi pour mon tout ; et je dis volontiers avec l’épouse : ‘Contente de mon sort, je ne souhaite plus rien’. » 273 (Cf. Êtres humains. Abaissement. Soi, Femmes. Religieuses, Patriarcat. Dieu)

Mariage. Freud Sigmund :

Mariage (Freud Sigmund) (1) : (fin) 1894. Sigmund Freud [1856-1939] écrit à Willhelm Fliess [1858-1929] qu’il félicite de son mariage ainsi :
« Par ailleurs, quelle bénédiction ce mariage a été pour toi à tout point de vue !! Non seulement une telle femme, mais il t’a donné aussi un secrétaire… et du matériel. » (Cf. Hommes. Grossiers, Patriarcat, Psychanalyse)
N.B. Une note précise : « Le premier cas de disménorrhée […] est celui d’Ida Fliess : ‘la première malade sur laquelle j’ai été en mesure de faire l’expérience avec la cocaïne.’ » 274

Mariage (Freud Sigmund) (2) : (10 août) 1916. Sigmund Freud [1856-1939] écrit à Karl Abraham [1877-1925] :
« Nous avons passé ci de belles journées en famille. Mon frère et ma fille ont fait ici une brève apparition, tous deux accompagnés de leur moitié. » 275 (Cf. Êtres Humains, Psychanalyse)

Mariage (« Fumier ») : 1721. Montesquieu [1689-1755)], dans les Lettres persanes, auteur de : « (concernant ce qu’il nomme « le corps des laquais », qui est un « séminaire de grands seigneurs » qui rempli[ssen]t « le vide des autres états »). Ceux qui le composent prennent la place des grands malheureux, des magistrats ruinés, des gentilshommes tués par les fureurs de la guerre ; et, quand ils ne peuvent par suppléer par eux-mêmes, ils relèvent toutes les grandes maisons par le moyen de leurs filles, qui sont comme une espèce de fumier qui engraisse les terres montagneuses et arides. »
Une note précise : « Le mot ‘Fumer ses terres’, pour désigner une telle union, est de Mme de Grignan [la fille de Mme de Sévigné)], à propos du mariage de son fils. » 276 (Cf. Femmes. « Fumier »)

Mariage (Genlis Félicité de) : 1811. Madame Félicité de Genlis [1746-1830], écrit dans les Souvenirs de Félicité L*** :
« M. de Montmartrel était mort quand je suis venue au monde ; mais j’ai entendu conter de lui des traits admirables de bonté et de générosité. » Puis elle évoque M. de La Popelinière [1693-1762] - un « financier richissime » lit-on en note - qui « avait beaucoup d’esprit ; il a fait un roman agréable, de jolies chansons, et plusieurs comédies de société.
Ce qui vaut mieux encore ; il était bienfaisant, et mariait tous les ans six pauvres filles. »
Un autre regard sur le mariage ; une autre analyse est nécessaire. 277
N.B. On retrouve la même formulation chez Voltaire.

Mariage (Gilliard-Malherbe Marie) : 1900. Marie Gilliard-Malherbe [1848-1911], mère de dix enfants, dans À l'étroit dans ma peau de femme, auteure de :
« Bien souvent, je lui ai dit (à son mari) : ‘Oh, mon cher ami, quel beau ménage nous aurions fait si j’avais été un homme et toi une femme !‘. Je me suis toujours sentie entravée par mon sexe qui mettait partout des barrières que j’aurais voulu franchir ; je me trouvais à l’étroit dans ma peau de femme et lui, avec son indécision, son horreur de conclure, ayant si souvent pensé que son enveloppe d’homme était trop large pour lui. C’est ainsi que, clopin-clopant, l’un soutenant l’autre à tour de rôle, nous avons traversé la vie. » 278 (Cf. Femmes. Comparaison Femmes / Hommes)

Mariage (Goldman Emma) : 1931. Emma Goldman [1869-1940], dans Vivre ma vie, écrit :
« L’idée d’une proximité continuelle au sein d’une même maison, d’une même chambre, dans un même lit, me révoltait. » 279

Mariage (Graffigny Françoise de) : 1747. Françoise de Graffigny [1695-1758], dans Lettres d’une Péruvienne, dans lequel une jeune Péruvienne Zélia, enlevée puis emmenée en France, y procède à une critique juste, sévère, souvent indubitablement féministe, de la société française. Concernant le mariage, elle écrit :
« […] Comment [les femmes] ne seraient-elles pas révoltées contre l’injustice des lois qui tolèrent l’impunité des hommes, poussée au même excès que leur autorité ?
Un mari, sans craindre aucune punition, peut avoir pour sa femme les manières les plus rebutantes, il peut dissiper en prodigalités aussi criminelles qu’excessives non seulement son bien, celui de ses enfants, mais même celui de la victime qu’il fait gémir presque dans l’indigence par une avarice pour les dépenses honnêtes, qu’il s’allie ici très commodément avec la prodigalité.
Il est autorisé à punir rigoureusement l’apparence d’une légère infidélité en se livrant sans honte à toutes celles que le libertinage lui suggère.
Enfin […] il semble qu’en France les liens du mariage ne soient réciproques qu’au moment de la célébration et que dans la suite les femmes seules doivent y être assujetties. » 280 Mais tout est à lire… (Cf. Droit, Langage. Critique de mot : « Libertin », « Libertinage », Féministe. Graffigny Françoise de, Patriarcat, Violences)

Mariage (Gramont duc de) : 1980. Louise Weiss [1893-1983], dans Combats pour les femmes, auteure de : « Le duc de Gramont [Armand. 1879-1962], seigneur du magnifique château de Valière s’était marié trois fois. - Une fois pour l’écu, expliquaient ses pairs ; une fois pour les écus, et un dernière fois, pour le c… ». 281 (Cf. Femmes, Hommes. Grossiers, Économie)

Mariage (Guitry Sacha) : Sacha Guitry [1885-1957], auteur de :
- « Se marier, c’est résoudre à deux des problèmes qu’on n’aurait pas eu tout seul. »
- « Les chaines du mariage sont tellement lourdes qu’il faut être deux pour les porter. Quelques fois, trois. » [source ?]

Mariage (Héritage) : 1824. Chamfort [1740-1794], auteur dans ses Petits dialogues Philosophiques de celui-ci :
«A : ‘Vous aimez Melle…elle sera un riche héritière’.
B : ‘Je l’ignorais. Je croyais seulement qu’elle serait un riche héritage.’ » 282 (Cf. Êtres humains, Langage. Verbe. Être, Relations entre êtres humains. Dialogue)

Mariage. Hugo Victor :

Mariage (Hugo Victor) (1) : 1831. Victor Hugo [1802-1885] dans Notre-Dame de Paris, auteur de : « Phoebus de Châteaupers aussi fit une fin tragique, il se maria. ».
Tandis que le petit chapitre final du livre évoquant la découverte du squelette de Quasimodo « embrassé » avec celui d’Esmeralda et tombé en poussière, s’intitule : « Mariage de Quasimodo ». 283

Mariage (Hugo Victor) (2) : 1862. Victor Hugo [1802-1885] dans Les misérables évoque ainsi les transformations vécues par Cosette après son mariage avec Marius :
« Il y avait de Marius à elle un magnétisme si puissant qui lui faisait faire d’instinct, et presque machinalement, ce que Marius souhaitait. Elle sentait, du côté de cemonsieur Jean [Valjean]’, une volonté de Marius ; elle s’y conformait. Son mari n’avait rien eu à lui dire ; elle subissait la pression vague, mais claire, de ses instincts tacites, et obéissait aveuglément. Son obéissance ici consistait à ne pas se souvenir de ce que Marius oubliait. Elle n’avait aucun effort à faire pour cela. Sans qu’elle sut elle-même pourquoi, et sans qu’il y ait à l’en accuser, son âme était tellement devenue celle de son mari, que ce qui se couvrait d’ombre dans la pensée de Marius s’obscurcissait dans la sienne. » 284 Terrible justesse d’analyse… (Cf. Femme, Patriarcat)

Mariage (« Je me marie demain ») : 1946. Lisette Jambel [1921-1976] chante : « Je me marie demain ». En voici les paroles :
« Dans ma chambre de jeune fille / Où sans rien dire à ma famille / J'ai rêvé d'un si doux roman / On vient d'apporter fièrement / Comme un trésor ma robe blanche / Sur laquelle, émue, je me penche / Mon voile aussi, qu'il est léger ! / Et ma couronne d'oranger / Je me marie demain
C'est fête dans ma vie / Tout le monde m'envie / Ce sera très mondain / À l'église en plein chœur / J'aurai l'air d'une reine / Avec ma longue traîne / Et mon bouquet de fleurs / C'est fête dans mon cœur / Je me marie demain
Mon papa, la trouvez-vous belle / Votre petite demoiselle ? / Pourquoi ne répondez-vous rien ? / Vous n'êtes pas gai, je vois bien / Et toi, maman, mon Dieu, tu pleures... / C'est que je quitte la demeure / Où l'un et l'autre tour à tour / Vous m'avez donné tant d'amour / Je me marie demain
Ça va changer ma vie / Voilà que j'ai l'envie / De reprendre ma main / Je voudrais tant rester / Votre petite gosse / Trop tard ! Voici mes noces / Il me faut m'en aller / Ça va changer ma vie / Je me marie demain

Toc, toc... Qui donc frappe à ma porte ? / C'est une lettre qu'on m'apporte / Elle est de mon futur mari / Il se lamente, le chéri / Il maudit les minutes mêmes / Qui nous séparent. Comme il m'aime ! / Post scriptum, il me dit tout bas. Qu'il me prend déjà dans ses bras. Je me marie demain
C'est fête dans ma vie / Le bonheur me convie / L'amour est souverain / Dans mon cœur enflammé / S'efface mon enfance / Je vais vers l'espérance / Vers toi, mon bien-aimé / C'est fête dans ma vie / Je me marie demain. La la la. ». (Cf. Femmes. Chanteuses françaises d’antan)

Mariage (Kollontaï Alexandra) : 1921. Alexandra Kollontaï [1872-1952], lors de conférences (publiées en 1923) à l’Université Sverdlosk de Moscou destinées aux futures militantes des organisations dites féminines, auteure de :
« Notre république des travailleurs a déjà essayé de séparer ‘la cuisine du mariage’ [en conséquence du principe de l’alimentation collective, dans les villes, c’est à dire de cantines] ; la société communiste contribuera à purifier l’union matrimoniale de tout arrière-goût de calcul matériel. » 285 (Cf. Femme. « Féminin ». Remarquable, Féminisme. Antiféminisme. Kollontaï Alexandra, Économie. Alimentation. Calcul)

Mariage (Langage) : (18 novembre) 1746. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au Cardinal de la Tour d’auvergne [1671-1747], écrit :
« [Madame du Chatelet] vint hier pour vous présenter M. le duc de Montenero-Caraffa qui épouse [marie] sa fille. » 286 (Cf. Langage)

Mariage (Lessing Doris) : 1952. Doris Lessing [1919-2013], dans Les enfants de la violence, auteure de : « […] On peut donc considérer que le mariage commença vers dix heures du matin. […] L’euphorie générale reçut un rude coup quand Martha [la mariée] entreprit de signer neuf documents différents : ‘En triple exemplaire, en plus‘ s’exclama-t-elle d’une voix forte où perçait clairement l’exaspération ; sa mère dit aussitôt : ‘Chut, ma chérie !’ et Douglas [le marié] tenta de l’apaiser : ‘Ce n’est rien, Matty, mais j’ai pensé que nous ferions aussi bien de tout régler d’un seul coup’.
Ce que disaient ces documents, elle n’en avait pas la moindre idée. » 287 (Cf. Patriarcat, Économie. Contrat)

Mariage (Liberté) : Le droit a traité de « la liberté du mariage », jamais de la liberté « dans le mariage ». Et pour cause…
Le mariage est présenté, vécu, codifié comme un acte juridique singulier entre deux personnes, voire plus (si la polygamie est légale), par lequel les femmes donnent, par un simple consentement verbal, leur adhésion totale à un statut étroitement codifié par une multiplicité de lois et de coutumes patriarcales depuis des siècles. Le mariage est toujours un rapport de dépendance imposé par la loi - ne serait-ce que par la difficulté de s’en libérer - mais, à chaque mariage, ce rapport, cautionné oralement, est re-légitimé. (Cf. Êtres Humains. Vie-dite-privée, Droit. Patriarcal, Famille. Divorce, «Oui» Répondre. Polygamie, Penser. Consentement)

Mariage (Mafia) : 1986. Fabrizio Calvi, auteur de :
- « S’il est une institution que les hommes d’honneur (ceux de la mafia) respectent, c’est bien le mariage, surtout en raison des nouveaux liens de parenté qui en découlent. »
- Et, évoquant « l’arbre des parentés mafieuses » il précise que : « bien souvent des liens de cousinage étaient doublés voir triplés par des mariages ou des parrainages dont la seule logique était de renforcer la cohésion ‘familiale’ (c’est à dire : la mafia). » 288 (Cf. Femmes. Échanges des femmes, Veuves, Patriarcat, Politique. État. Mafia)

Mariage (Mari déçu) : (27 juin) 1932. Lu dans le Journal de Julien Green [1900-1998], Les années faciles :
« Visite d’un ancien camarade de lycée, marié et père de plusieurs enfants. Il me dit que le mariage est une chose pénible et décevante, presque toujours un échec. Sa femme, selon lui, est une redoutable chipe. Il s’occupe en ce moment de faire avorter sa maîtresse qui menaçait de se suicider. » 289

Mariage (Mari « Étonné ») : (12 mai) 1934. Lu dans le Journal de Julien Green [1900-1998], Les années faciles, une réaction de Maupassant [Guy de. 1850-1893] adressée au comte Kessler [1868-1937] qui avait « essayé de le convertir à l’idée du mariage » :
« Me marier ? lui aurait répondu Maupassant. Mais au bout de trois jours, je me dirais : Comment ? Cette dame est encore là ? » 290

Mariage (Maris « voyous ») : (6 juillet) 2012. La Cour d'appel de Paris a confirmé les peines de prison ferme infligées en première instance aux deux repreneurs de l'usine Samsonite d'Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, pour avoir sciemment provoqué la faillite de l'entreprise en 2007. Ils avaient été qualifiés de «patrons voyous» par le représentant du Parquet en première instance. 291
À quand le procès - et déjà l’emploi de l’expression… - des «maris voyous» (détenteurs de comptes à l‘étranger, patrons, commerçants, artisans, paysans, fonctionnaires, professions libérales, politiques…) qui se déclarent insolvables (ou équivalent) pour ne pas avoir à payer de pensions alimentaires, grâce aux libéralités généreusement offertes par le droit. Les cabinets d’avocat-es regorgent de ces pratiques. Des femmes peuvent, certes, agir de même, mais très rarement : la représentation des divorces des «stars» américaines est d’une redoutable efficacité afin d’éviter les comparaisons en France notamment entre le statut des maris et celui de leurs épouses. (Cf. Famille. Famille monoparentale, Pensions alimentaires)

Mariage (Marivaux) : 1706. On lit dans Toinette dans la première pièce, jamais représentée, de Marivaux [1688-1763], écrite à 18 ans, Le père prudent et équitable, ceci :
« Moi, Devenir sa femme ! ah ! ah ! quelle figure ! / Marier un objet, chef d’œuvre de nature / Fi donc ! Avec un singe aussi vilain que lui [...] / Cher papa, non, j’en mourrais d’ennui. / Je suis, vous le savez, sujette à la migraine ; / L’aspect de ce magot le rendrait quotidienne. / Que je le hais déjà ! Je ne le puis souffrir. / S’il devenait mon époux, ma vertu va finir ; / Je ne réponds de rien… » 292 (Cf. Femmes. « Objets »)

Mariage (« Moi ») : 2014. Après 50 ans de mariage, un mari, dans un échange écrit avec son épouse, signe : « Moi ». (Cf. Êtres humains. Soi, Langage. Possessif)

Mariage (Morale) : Chamfort [1740-1794], auteur de :
« Nous avons vu des hommes réputés honnêtes, des sociétés considérables, applaudir au mariage de Mlle… jeune personne, spirituelle, vertueuse, qui obtenait l’avantage de devenir l’épouse de M…, vieillard malsain, repoussant, malhonnête, imbécile, mais riche. Si quelque chose caractérise un siècle infâme, c’est un pareil sujet de triomphe, c’est le ridicule d’une telle joie, c’est ce renversement de toute les idées morales et naturelles. » 293 (Cf. Famille. Mariage. Constant Benjamin, Politique. Morale)

Mariage (Mosca Comte) : 1839. Dans La Chartreuse de Parme de Stendhal [1783-1842] le comte Mosca, « premier diplomate d’Italie », prenant acte de ce que « […] la fatalité veut que je sois marié », proposa à la femme qu’il « adorait » la comtesse Pietranera [future duchesse Sanseverina], « une affaire singulière », celle d’épouser, en accord avec lui, « un nouveau mari, point trop gênant, fort avancé en âge, le duc Sanseverina Taxi ». Ce qu’elle accepta, après avoir simplement réagi en ces termes : « Mais savez-vous ce que vous me proposez là est fort immoral ? » 294 (Cf. Politique. Morale)

Mariage (Musulman) : 2011. Une jeune femme mineure mariée par un imam le 15 décembre 2011, répudiée le 2 janvier 2012… 295 (Cf. Famille. Charia. Codes. Divorce. Polygamie, Patriarcat. Islam, Proxénétisme, Violences. Lois religieuses)

Mariage (Nationalité) : 1937. Margaret Goldsmith [1894-1971], dans Cinq femmes contre le monde, concernant le mariage de Rosa Luxemburg [1871-1919], écrit :
« […] Quelques années plus tard, lorsque Rosa Luxemburg résolut de prendre une part active au mouvement socialiste allemand, ils [Karl Lubeck et son épouse] lui facilitèrent un mariage blanc avec leur propre fils [Gustav Lubeck] dans le but de lui faire acquérir la nationalité germanique et de lui éviter l’expulsion. Bien entendu cette petite combinaison légale irritait les autorités. En qualité d’hommes, et comme tous les hommes, les faiseurs de loi s’opposaient avec la plus ferme vigueur au principe permettant à la femme de conserver sa propre nationalité dans le mariage, et, en même temps, criaient à la trahison lorsque des femmes comme Rosa Luxemburg, et quelques autres, jouaient cette même carte contre eux ! » 296 (Cf. Droit, Famille, Patriarcat, Politique. Nationalisme)

Mariage. Nietzsche Friedrich :

Mariage (Nietzsche Friedrich) (1) : 1878. Friedrich Nietzsche [1844-1900], dans Humain, trop humain, auteur de :
« Si les époux ne vivaient pas ensemble, les bons mariages seraient plus fréquents. » Nietzsche, ici, prémonitoire ? moderniste ? 297

Mariage (Nietzsche Friedrich) (2) : 1881. Friedrich Nietzsche [1844-1900], dans Aurore, auteur de
« Il ne devrait pas être permis, lorsque l’on est amoureux, de prendre une décision qui engage pour la vie, et de fixer une fois pour toutes, à cause d’un caprice violent, le caractère de sa société : on devrait publiquement, déclarer sans valeur les serments des amoureux et leur refuser le mariage […]. » 298

Mariage (Novalis) : 1914. Novalis [1772-1801], auteur de :
« L’éducation de la jeune fille en privé, loin du monde, est surtout favorable au bonheur et à la vie domestique parce que l’homme avec lequel elle sera par la suite unie aussi intimement, produit sur elle une impression unique et d’autant plus profonde ; ce qui est indispensable pour le mariage. La première impression est la plus puissante et la plus fidèle, celle qui revient toujours, même si elle a l’air de s’effacer pendant un certain temps. »
- Pour rappel : Novalis, âgé de 22 ans, rencontra Sophie Von Kühne alors qu’elle avait 12 ans et demi ; ils furent fiancés alors qu’elle avait 13 ans mais elle mourut à l’âge de 15 ans.
- Voici ce qu’il écrit dans un portrait qu’il fit d’elle :
«Son comportement avec moi. Sa peur du mariage. Il faut que je la questionne à fond sur ses particularités. - De même M.. (sans doute, Mademoiselle Danscourt, sa gouvernante, amie et confidente) […] Elle a mal pris que je me sois si vite déclaré à ses parents, que je me sois trop tôt laissé découvrir en général. Elle aime écouter, entendre raconter des histoires. Elle ne veut pas se laisser gêner par mon amour. Souvent mon amour lui pèse. Elle est généralement froide. » 299 (Cf. Femmes. Comparaison Femmes / Hommes. Novalis)

Mariage. Obéir :

Mariage (Obéir) (1) : Inscrit dans le Code civil français :
« La femme doit obéissance à son mari » : un crime contre l’humanité.
- Combien de dizaines de millions de femmes vivent-elles encore aujourd’hui sous ce commandement ? Et combien ont-elles pu faire accéder les multiples expressions de celui-ci à la conscience ? Et combien vivent-elles, après avoir dû obéir à cette négation non dissimulée d’elles-mêmes, dans des États considérés comme «démocratiques» ? (Cf. Droit, Enfants. Obéir, Famille. Mariage. Article 213 du Code civil français, Penser. Obéir, Patriarcat. Politique)

Mariage (Obéir) (2) : (16 décembre) 2018. J’entends ce jour, lors d’un débat sur le Brexit, qu’il est - notamment - très complexe pour la Grande-Bretagne, dans ses rapports avec l’Europe, de défaire les liens qui n’ont pas été pensés pour être défaits.
Il en est de même pour l’institution du mariage.
Comment défaire des liens qui - pour une seule protagoniste - ont été justifiés par le devoir d’obéissance dans tous les domaines de la vie ?
Et ce à quoi, s’ajoute la question de la garde des enfants qui lui est consubstantielle.
Aucune justice ne peut y répondre, aucune réponse ne peut être satisfaisante.
Et les femmes sont à quelques très rares exceptions près - qui confirment la règle - toujours perdantes. (Cf. Penser. Obéir)

Par ordre chronologique. Mariage. Obéir :

Mariage (Obéir) (3) : 1802. Mary Robinson [1758-1800] dans les Mémoires de Mistress Robinson écrit :
« Les devoirs d’épouse et de mère m’imposaient ces humiliations ; je ne fis aucun refus de m’y soumettre lorsque mon mari m’en donna l’ordre. » (Cf. Droit. Droits / Devoirs, Femme. Écrivaine. Épouse. Mère, Relations entre êtres humains. Humiliations, Patriarcat, Penser. Obéir) 300

Mariage (Oufkir Fatéma) : 2000. Fatéma Oufkir, dans Les jardins du roi, raconte comment , alors âgée de 15 ans, son mariage avec Mohammed Oufkir [1920-1972] fut décidé :
« Je ne me trouvais pas à la maison quand Oufkir est venu demander ma main. J’étais chez des amis de mon père, au-delà de Fès, lorsqu’on m’informa simplement que j’avais été promise en mariage. L’acte qui scellait notre union était déjà écrit, j’appartenais à un homme.
On ne demandait pas leur avis aux filles. Le père seul décidait. Moi, je n’avais qu’une envie, quitter la maison. […] Pour Oufkir, j’ai gardé le silence, je n’ai pas exprimé mon sentiment. Quand on m’a annoncé que la demande avait été formulée et acceptée, j’ai seulement dit : ‘c’est très bien’. » 301

Mariage. Oui :

Mariage (Oui) (1) : Qui sait vraiment à quelles aliénations de sa liberté ce petit «oui» engage, le jour d’un mariage ? Qui a-t-on précisément, clairement informé des engagements, des conséquences auxquels il engage ? Et pourtant, qui n’est pas persuadé-e que cela ne la/le concerne pas ? Qui n’a pas pour projet dans le mariage d’invalider, d’inverser, de récuser les hiérarchies de pouvoirs ? Mais, la loi, le droit sont, tapies dans l’ombre, autant d’épée de Damoclès. (Cf. Famille. Divorce, Mariage. Contrat, Patriarcat, Politique. Hiérarchie)

Mariage (Oui) (2) : Comme dans la mafia, un accord oral - recouvrant les monstrueuses injustices dont rien n’est dit lors de son ‘acceptation’ - est censé être valide et légitime. Et durer. La plus grande escroquerie, couverte du voile de la loi, du patriarcat ? (Cf. Justice)

Par ordre chronologique. Mariage. Oui :

Mariage (Oui) (1) : 1734. Voltaire [1694-1778] à l’occasion du mariage du duc de Richelieu [1696-1788] et de Mademoiselle de Guise [1710-1740] qu’il s’était « mêlé de marier », composa un « épithalame », qui débutait par les vers suivants :
« Un prêtre, un oui, trois mots latins, / À jamais fixent vos destins… » 302
- Concernant le dit mariage [7 avril 1734] auquel il s’est rendu, il écrit à M. Formont [? -1758], le 25 avril 1734 :
« J’ai donc fait quatre-vingt lieues pour voir un homme coucher avec une femme. C’était bien la peine d’aller si loin ! » 303

Mariage (Oui) (2) : 1802. Mary Robinson [1758-1800], dans les Mémoires de mistress Robinson, écrit :
« […] C’est alors que M. Robinson trembla de me perdre […], m’obligea enfon à accepter ans retard l’offre qu’il faisait, à passer même par les conditions qu’il imposait, et enfin à fixer le jour où je devais prononcer le ‘oui’ fatal. » 304 (Cf. Femme. Écrivaine, Mariage. Obéir)

Mariage (Oui) (3) : (25 février) 1866. Lu, dans le Journal de Caroline B. [Brame] [1847-1892], trois jours avant d’avoir rencontré au Louvre pour la première fois Monsieur Ernest, son futur mari qu’elle n’avait pas ‘choisi’, ceci :
« Ma destinée est pour ainsi dire suspendue par un cheveu, et il me reste à prononcer un premier ‘oui’ dont j’ignore les conséquences. »
Douze jours après, il lui « a remis la bague de fiançailles », le mariage eut lieu deux mois après, le 19 avril 1866. 305

Mariage (Oui) (4) : 1975. Lu, dans le livre de l’avocat Paul Lombard [1927-2017], Divorcer : « [...] « Les époux n’étaient pas autorisé à dire ‘non’ pour dissoudre ce qu’un ‘oui’ avait scellé. » 306
Ce jugement qui concernait la France avant les lois sur le divorce de 1975, est encore largement de facto - en France et dans le monde - toujours valide.

Mariage (Pacte Faustien) : Rechercher ce qui, dans le mariage, peut, doit, ou non être mis en relation avec un « pacte Faustien ». [Définition : « Un accord dans lequel une personne abandonne ses valeurs spirituelles ou principes moraux afin d'obtenir la richesse ou des bénéfices. »]

Mariage (Pape François) : 2013. 2014. Le pape François, auteur (sur Facebook) de :
- « Le cheminement ensemble d’un homme et d’une femme, dans lequel l’homme a la tâche d’aider son épouse à être davantage femme, et la femme a la tâche d’aider son mari à être davantage homme. C’est la tâche que vous avez entre vous. ‘Je t’aime, et par cela je te fais plus femme’ – ‘Je t’aime, et par cela je te fais plus homme’. C’est la réciprocité des différences. Ce n’est pas un chemin simple, sans conflits, non, il ne serait pas humain. C’est un voyage exigeant, parfois difficile, parfois aussi conflictuel, mais c’est la vie. » [15 septembre 2014].
- « Le mariage est symbole de la vie, de la vie réelle, ce n’est pas une ‘fiction’ ! C’est le sacrement de l’amour du Christ et de l’Église » [11 septembre 2014].
- « Les époux, au moment du mariage, ne savent pas ce qui arrivera, ils ne savent pas quelles joies et quelles peines les attendent. Ils partent, ils se mettent en route ensemble. Et c’est cela le mariage ! Partir et marcher ensemble, main dans la main, s’en remettant entre les mains du Seigneur, toujours et pour toute la vie ! » [26 octobre 2013].
- « Vous êtes courageux, je vous le dis, parce qu'il faut avoir du courage pour se marier aujourd'hui ; voilà les courageux ! » [3 septembre 2013 ou 2014 ?].
- « Un chrétien qui ne perçoit pas la Vierge Marie comme une mère est un orphelin. » [2 septembre 2013 ou 2014]… (Cf. Patriarcat, Démographie. Pape François)
- Quel concentré d’absurdités, d’incohérences, d’aberrations, d’inepties…

Mariage (Partage des tâches) : 1981. Evelyne Le Garrec [1934-2018], dans Un lit à soi, auteure de :
« […] Quand j’écrivais sur la nécessité du partage des tâches ente le mari et la femme, n’est-ce pas le couple, inconsciemment que je voulais sauver ? » 307 Pertinente question… (Cf. Famille. Couple)

Mariage. « Pour tous » :

Mariage (« Pour tous ») (1) : 2013. [Dans l’attente d’une réflexion plus approfondie] J’ai de plus en plus le sentiment que et les arguments « pour » et ceux « contre » justifient le patriarcat. Je peux, dans l’attente, reprendre à mon compte, le titre et largement l’argumentaire du texte d’une féministe catholique de gauche, Christine Pedotti : « Mariage pour tous, les femmes vont se réveiller avec une ‘sacrée’ gueule de bois. »
- Si j’adhère globalement à ce sentiment qui me semble juste, les raisons pour lesquelles le dit mariage me pose toujours problème, n’est pas encore clair dans ma tête, compte tenu de la multiplicité et de l’extrême complexité des enjeux. 308
En effet, cette re-légitimation, si souvent caricaturale du mariage, ne peut en l’état que contribuer à l’occultation du mariage comme symbole et réalité de la première structure d’oppression. Faut-il rappeler que, pour des millions et des millions de femmes (et d’elles seules), dans le monde, le mariage signifie dominations, exploitations, enfermements, exclusions, peurs, pièges, violences, et pour autant encore, tortures, à vie ?
- Le vice de raisonnement de fond des arguments «pour» me semble le suivant : En sus de la réhabilitation de l’institution par excellence du patriarcat, le « mariage pour tous » assimile la soit-disante « égalité » entre êtres humains - singuliers - et l’« égalité » des couples - et donc du deux - entre eux : c’est en effet dans leur rapport au mariage que les «couples» dits homosexuels sont considérés comme étant censés, comme devant être égaux aux couples dits hétérosexuels. «Le mariage pour tous» est parvenu à poser, sous couvert d’égalité, le couple comme la norme.
- Dès lors, lire que « la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels envoie […] un message d'égalité entre les hommes et les femmes de ce pays », comme l’a estimé l'inter-L.G.B. T vendredi 17 mai 2013 après la validation de la loi par le Conseil constitutionnel 309 n’est pas acceptable, sauf à considérer que le terme de « message » n’a que peur de signification et n’engage à rien.
- Réfléchir à la mutation du vocabulaire : la proposition de loi enregistrée le 24 juillet 2012 « visait à ouvrir le droit au mariage à tous les couples, sans distinction de sexe ni de genre », tandis que le projet de loi du 7 novembre 2012 « ouvrait le mariage aux couples de personnes de même sexe », ce qui bien évidemment n’a pas du tout la même signification….Et ces confusions, dissoutes dans « le mariage pour tous », lequel sinon ouvre la voie, entre autres, stricto sensu, à la légitimation de l’inceste, du moins à la levée de son interdiction.
- Ce qui est pour moi toujours un problème non résolu - sans doute l’essentiel - est le suivant : comment articuler le droit que je ne conteste pas au mariage entre deux femmes, entre deux hommes, à l’adoption (que je ne conteste pas non plus depuis longtemps) par eux, par elles, d’enfants avec mes critique ci-dessus ? Mais ce qui m’apparaît sûr, c’est que nombre de questions, de critiques posées par les opposant-es au mariage dit « pour tous » ne peuvent être traitées comme elles l’ont été par les partisans du dit mariage : à l’aune de l’enfermement de ses opposant-es dans «la réaction» et de la critique de l’homophobie …
Le mariage entre personnes de même sexe bouleverse les normes dominantes. Y réfléchir encore… (Cf. Famille. Couple, Femmes, Langage. Genre, Hommes, Féminisme. Pensée, Politique. Égalité, État. Conseil constitutionnel, Sexes. Sexualité)
* Ajout. 14 février 2016. 1930. Édith Stein [1891-1943], auteure de :
« On ne peut assurément s’exprimer de manière concise et satisfaisante qu’après de longues recherches. » 310 (Cf. Langage, Penser)

Mariage (« Pour tous ») (2) : 1981. Michel Foucault [1926-1984], dans Dits et écrits, auteur de :
« […] Si l’on demande aux gens de reproduire le lien du mariage pour que leur relation personnelle soit reconnue, le progrès réalisée est léger. Nous vivons dans un monde relationnel que les institutions ont considérablement appauvri. La société et les institutions qui en constituent l’ossature ont limité la possibilité de relations, par ce qu’un monde relationnel riche serait extrêmement compliqué à gérer. Nous devons nous battre contre cet appauvrissement du tissu relationnel. » 311

Mariage (« Pour tous ») (3) : Je suis de plus en plus persuadée que la non prise en compte - d’emblée, ou quasi - des nombreux et divers arguments soulevés par les adversaires du mariage « pour tous » (tous et toutes englobé-es dans la rubrique « réactionnaire ») révélaient la faiblesse de l’analyse en sa faveur et aura - a déjà - de graves conséquences à l’avenir.

Mariage (Pornographie) : (19 octobre) 2015. Reçu ce jour une publicité pour un site pornographique dont voici la teneur :
« Et oui, plus j’aime mon mari, plus je le trompe. Et apparemment, je suis pas la seule. On s’est retrouvés, toute une communauté sur le site X. Ce qui est bien, c’est que ce sont des gens classes, pas lourds, qui présentent bien. Le bonheur quoi. Venez tromper votre conjoint avec l’un ou l’une d’entre nous si vous êtes aussi une personne de caractère (obsédés et paumés s’abstenir). »
- Reçu ce jour (25 octobre 2015) du même site : « Je ne me définirais pas comme libérée, j’emmerde les féministes, je suis juste une jouisseuse. Voilà l’endroit où des femmes post-modernes comme moi sévissent. » (Cf. Féminisme. Antiféminisme. Pornographie, Économie. Publicité)

Mariage (Pozzi Catherine) : 1907. Catherine Pozzi [1882-1934], quatre ans après son mariage à 25 ans, avec Édouard Bourdet ‘auteur dramatique ‘à succès’, écrit dans son Journal :
« Édouard et moi ! Moi, les premiers temps : un cheval stupéfait à qui on veut mettre un mors, là-bas aux Amériques. Tout entier révolté, cabré, ruant, ensuite, soumis en apparence. Édouard, supportant mal ma personne enflée, dans mon corps mince dont il n’avait jamais assez ; exaspéré de ce que j’avais lu, pensé, espéré, dit, voulu, exaspéré des barrières contre lesquelles il se cassait le nez dans ma belle âme. Et puis j’ai appris à me taire quand il le fallait. […]
Nous apprenons le mariage. Que dis-je ? J’apprends. J’apprends à faire ce que je ne veux pas faire, et à ‘aller’, comme l’apôtre, où je ne veux pas aller. J’apprends à avoie envie d’abord de ce dont il a envie. J’apprends à travailler - si habituellement que ça devient machinal - à le rendre content. Je n’existe plus, qu’à peine. Puis-je dire je ? S’il rentre et que je lise, je laisse mon livre. S’il m’appelle, je viens. S’il veut sortir, je prends l’air. Si quelque chose m’intéresse et ne l’intéresse pas, je le lâche. Ses amis qui m’embêtent, deviennent mes amis, et je les embête. Son travail, qui m’est étranger, devient mon travail, et je le bégaie, jusqu’à ce que mes larmes de ‘scènes’ prennent un air arrivé, un air de métier, alors ça l’agace, lui. [Son mari, Édouard Bourdet est un auteur dramatique ‘à succès’] Je m’habille comme il veut. Je ‘fais des frais’ pour ses gens utiles. Tout est subordonné à son humeur. […]
Avant le succès (de la seconde pièce de théâtre de son mari), il faut que je tienne quelque chose qui restera, qui me restera. Avant l’abandon, il faut que je sois redevenue…une qui n’a pas peur d’être seule. […] » 312 (Cf. Femme. Seule. Femme. Remarquable)

Mariage (Princesse Palatine) : (4 septembre) 1697. Duchesse d’Orléans, Princesse palatine [1652-1722], belle-sœur de Louis XIV [1638-1715], dans une lettre à la Raugrave Louise [1634-1677], , auteure de :
« Cela est bien vrai que le célibat est le meilleur état : le meilleur mari ne vaut pas le diable. » 313

Mariage (Propriété conférée à l’épouse par le mariage) : 1960. Entendu, dans une comédie américaine des années 50/60 (titre oublié), une critique féministe de ses limites :
* « Tu m’avais dit que ta maison serait à moi »
* « Je t’ai dit que la maison serait à toi en échange du mariage. Maintenant que tu es mariée, la maison est à moi à nouveau. » De fait, c’était le droit.
Encore si souvent perçu, analysé, vécu ainsi par tant de maris… (Cf. Culture. Cinéma)

Mariage (Proudhon Joseph) : (28 juillet) 1860. Joseph Proudhon [1809-1865], dans une lettre à M. Victor Pilhes [1817-1882], auteur de :
« […] Souvenez-vous de ce que je vous ai dit : que j’ai gagné au mariage de travailler une fois de plus que je ne faisais dans le célibat. »
Et ce, après : « Une femme est un ange pour un homme. » 314 (Cf. Penser. Utilitarisme, Patriarcat. Justification)

Mariage (Proust Marcel) : 1952. Emmanuel Berl [1892-1976], dans Sylvia (p.152) « décrit en des termes saisissants la scène ou Proust [Marcel. 1871-1922] le chassa de chez lui, criant : ‘ Sortez, Sortez !‘», après qu’il lui ait annoncé son projet de mariage. 315

Mariage (Ragon Michel) : 1989. Je lis dans L’accent de ma mère. Une mémoire Vendéenne, Michel Ragon [1922-2020] évoquer les femmes avec lesquelles il a été marié :
- « Au moment des cassures (la première femme, les études, le maquis) elle [sa mère ] eut un sursaut de révolte et d’autorité. » (p.146)
- « De mes deux premiers mariages avec des étrangères, auxquels elle ne fut pas conviée, jamais elle en fit de commentaire. Elle passa même d’une bru à l’autre avec une indifférence désarmante. Il me semble même qu’elle affectait de ne pas s’apercevoir qu’il ne s’agissait plus de la même. » (p.146, 147)
- « Dans les carnets de ma mère, aucune allusion à ses brus. Après la choc dû à l’avènement de la première femme dans ma vie, lors de mon adolescente nantaise […] » (p.218)
- « […] Lorsque je quittais ma première femme pour la seconde […] » (p.219)
- « En réalité, c’est la seconde bru qui commença à me mettre sur la voie de cette autre culture qui me liait à ma mère plus que je ne le croyais. » (p.227)
« […] Elle étonnait toujours ma femme […] » (p.286) 316

Mariage (Retraite) : (10 décembre) 2019. Pancarte portée par une enseignante lors de la manifestation de ce jour :
« Enseignante cherche banquier pour mariage, ma retraite ». 317 (Cf. Économie. Retraite. Femmes)

Mariage (Revendication) : Supprimer le principe du mariage à vie ; remplacer par un contrat précis (dont les clauses doivent être précisément explicitées) à durée déterminée, sans tacite reconduction. Les interdits doivent être rigoureux ; à la première rupture de l’un d’entre eux, le mariage doit être rompu à la première et seule demande d’un des co-contractant-es, à effet immédiat. Dans l’hypothèse de regret, d’erreur, repartir à la case départ…Comme au Monopoly.
- Faire attention ! : cette position ne peut, sans plus d’exigences, être décidée aux fins de remplacer la situation actuelle, ce qui ne ferait que substituer le contrat à la loi et à faire disparaître les quelques garanties de la loi commune…

Mariage (Roudinesco Élisabeth) : 2018. Élisabeth Roudinesco, concernant Jakob Freud [1815-1896], le père de Sigmund [1856-1939], auteure de :
« Le père de Freud [Sigmund. 1856-1939] a eu trois mariages. » 318
Tout à la fois possédant, déresponsabilisé et irresponsable. (Poursuivre ? ) (Cf. Langage. Verbe. Avoir, Patriarcat. Père, Psychanalyse, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Roudinesco Élisabeth)

Mariage (Rousseau Jean-Jacques) : 1782. Jean-Jacques Rousseau [1712-1782], dans Les confessions, auteur de :
« Mademoiselle d’Ars, fille du comte d’Ars, homme de condition, mais pauvre, avait épousé M. de Verdelin, vieux, laid, sourd, dur, brutal, jaloux, balafré, borgne, au demeurant bon homme quand on savait le prendre, et possesseur de quinze à vingt mille livres de rentes auxquelles on la maria. » (livre 10) 319

Par ordre chronologique. Mariage. Russie :

Mariage (Russie. XIXème siècle) (1) : 1863. Dans la Russie d’Alexandre II [1818-1881], le gouverneur de Sibérie, Mouraviev décida de poursuivre l’exploitation et l’occupation de la Sibérie du Nord, notamment le long du fleuve Amour. Ayant pour ce faire, besoin de main d’œuvre (gratuite ou quasi) il affranchit des forçats libérés (y compris des prisonniers politiques) qui, au terme de leur peine, étaient devenus serfs dans les mines impériales. Puis, il libéra des hommes condamnés aux travaux forcés et les établit comme ‘hommes libres’. Nombre d’entre eux étaient suivis par leurs femmes.
- On lit ensuite dans les Mémoires de Kropotkine [1842-1921] :
« Mais ceux qui n’en avaient (Il évoque les femmes) pas firent observer à Mouraviev : ‘Est ce que l’agriculture est possible sans les femmes ?’. Alors Mouraviev ordonna de mettre en liberté toutes les femmes condamnées aux travaux forcés et détenues en prison (une centaine) et leur fit choisir l’homme dont elle voudraient être l’épouse et la compagne. Cependant, il y avait peu de temps à perdre ; les hautes eaux commençaient à baisser ; les radeaux devaient partir, et Mouraviev dit aux hommes et aux femmes de se placer, couple par couple, sur la rive. Il les bénit en disant :
‘Je vous marie, mes enfants. Soyez bons les uns pour les autres. Mais ne maltraitez pas vos femmes. Soyez heureux !’ » 320 (Cf. Famille. Couple)

Mariage (Russie. XIXème siècle) (2) : 1978. Baboulia Alexandra, paysanne, raconte, à 86 ans, sa vie avant la révolution russe :
« [...] Je ne savais ni lire, ni écrire, je savais seulement qu’il fallait obéir à l’homme et le soigner après les régulières beuveries de vodka. Me taire surtout et souffrir. » 321

Mariage (Russie. Révolution) (3) : 1927. Lu dans Ma vie de Isadora Duncan (qui a vécu en Russie de 1921 à 1923) :
« L’une des meilleurs réformes qu’ait faites le gouvernement des Soviets a été d’abolir le mariage. Deux êtres écrivent leur nom sur un livre et sous la signature est imprimée cette phrase :’Cette signature n’implique aucune responsabilité pour l’une et l’autre des parties et peut être annulée sur la simple demande de l’une d’entre elles.’ » 322
- Son jugement globalement positif sur cette décision et sur ses effets, mériterait sans doute des analyses plus nuancées. (Cf. Femme. Remarquable, Patriarcat)

Mariage (« Rustines ») : Les amant-es : les rustines du mariage.
La colle tient jusqu’à ce que le pneu lui-même ne les supporte plus.

Mariage (Sand George) : 1855. George Sand [1804-1876], dans son Histoire de ma vie, auteure de :
« Et puis l’esclavage est quelque chose d’antihumain que l’on n’accepte qu’à la condition de rêver toujours la liberté. Je n’étais pas esclave de mon mari, il me laissait bien volontiers à mes lectures et à mes juleps [potion] ; mais j’étais asservie à une situation donnée, dont il ne dépendait pas de lui de m’affranchir. » 323 (Cf. Politique. Esclavage)
N.B. Son pouvoir juridique sur elle n’en fut pas moins réel, et elle eut toutes les peines du monde à s’en libérer.

Mariage (Saint-Simon) : Saint-Simon [1675-1755], l’auteur des Mémoires [1739-1749], écrivit : « Avec Madame de Saint-Simon, nous étions uns. » 324 (Retrouver la source)
Et dans son testament, on peut lire :
« Je veux que de quelque lieu que je meure, mon corps soit apporté et inhumé dans le caveau de l’Église paroissiale dudit lieu de la Ferté auprès de celui de ma très chère épouse, et qui soit fait et mis anneaux, crochets et liens de fer qui attachent nos deux cercueils si étroitement ensemble et si bien rivés, qu’il soit impossible de les séparer l’un de l’autre sans les briser tous deux.
Je veux aussi et ordonne très expressément qu’il soit mis et rivé sur nos deux cercueils une plaque de cuivre, sur chacune desquelles soient respectivement gravés nos noms et âges, le jour trop heureux pour moi de notre mariage et celui de notre mort : que sur la sienne, autant que l’espace le pourra permettre, soient gravées ses incomparables vertus : sa piété inaltérable de toute sa vie si vraie, si simple, si constante, si uniforme, si solide, si admirable, si singulièrement aimable qui la rendue les délices et l’admiration de tout ce qui l’a connue, et sur toutes les deux plaques, la tendresse extrême et réciproque, la confiance sans réserve, l’union intime parfaite sans lacune, et si pleinement réciproque dont il a plu à Dieu bénir singulièrement tout le cours de noster mariage, qui a fait de moi tant qu’il a duré, l’homme le plus heureux, goûtant sans cesse l’inestimable prix de cette Perle unique. […] » 325 (Cf. Histoire. Saint-Simon)

Mariage (Scudéry Mademoiselle de) : 1649. Mademoiselle de Scudéry [1607-1701], dans la bouche de Sapho de son roman Artamène ou le Grand Cyrus, auteure de :
« Si je surprenais dans mon cœur un simple désir d’épouser quelqu’un, j’en rougirais comme d’un crime. » 326

Mariage (Simenon Georges) : 1974. Georges Simenon [1903-1989], dans sa Lettre à ma mère (écrit après sa mort), auteur de :
« Je t’ai souvent entendu prononcer : ‘Vois-tu, nous vivons avec le strict nécessaire’... ces mots : ‘strict nécessaire,’ m’ont hanté, lorsque j’étais tout enfant. J’ai considéré ces mots comme une insulte à mon père. Car si mon père t’avait épousée et fondé une famille, c’est qu’il était capable de prendre ses responsabilités. » 327 (Cf. Homme. Écrivain. Simenon, Patriarcat)

Mariage (Staël Germaine de) : 1813. Germaine de Staël [1766-1817] dans De l’Allemagne, auteure de : « Il vaut encore mieux, pour maintenir quelque chose de sacré sur terre, qu’il y ait dans le mariage une esclave que deux esprits forts. » 328
Plutôt que de sacrifier toutes les femmes sur l’autel du patriarcat, il eut été honnête qu’elle écrive : moi qui suis un ‘esprit fort‘, je refuse, pour moi, le mariage. (Cf. Femme. Remarquable, Famille. Staël Germaine de, Patriarcat, Politique. Esclavage)

Mariage (Weiss Louise) : 1980. Louise Weiss [1893-1933], dans Combats pour les femmes, auteure de : « À tout prendre, à défaut de bonheur, le mariage et surtout le divorce m’apportèrent un statut civil qui me facilita l’existence et m’ouvrirent des possibilités sentimentales que, sans avoir passé par leurs épreuves, je n’eusse point rencontrées. Je n’avais donc point payé trop cher leurs malheureuses exigences. » Quel bel esprit de synthèse… 329

III. Divorce :

Famille. Divorce :

Famille (Divorce) (1) : Demandé par les femmes le plus souvent. N’est jamais mis à leur actif, les causes étant, en toute logique patriarcale, rarement analysées, plus rarement encore explicitées, jamais ou presque valorisées. Un vaste chantier…
Par ailleurs, combien de femmes ont-elles dû payer la fin de la dépendance maritale de leur pauvreté, de leur appauvrissement ? Le prix de leur liberté. Mais pourquoi faudrait-il payer un prix pour être, sinon libre, du moins libéré-e de contraintes illégitimes ? (Cf. Famille, Mariage)

Divorce (2) : Pourquoi le terme de « divorce » au lieu et place de celui de « démariage » ? Pour en empêcher l’équivalence, la comparaison ?

Divorce (3) : Les sociétés, les féministes, n’ont sans doute pas assez rendu compte de la somme d’énergie, de courage, de volonté, de détermination, de décisions à devoir prendre le plus souvent injustes et si souvent inhumaines qu’il a fallu aux femmes à travers l’histoire pour décider de divorcer. Dans la quasi-totalité de situations, il leur a fallu s’opposer à leur propre famille, bouleverser leur environnement, souvent abandonner tout ou presque, en tout cas, toujours beaucoup, au risque d’être, pour les pionnières, mises au ban de la société, de perdre argent, emploi, logement et si souvent enfant-s, de devoir repartir à zéro, pour trouver une libération qui n’était que rarement synonyme de bonheur. Et ces situations persistent, persistent si souvent…

Par ordre alphabétique. Famille. Divorce :

Divorce (Bourguiba Habib) : 1986. 1965. Habib Bourguiba [1903-200], président de la République Tunisienne, auteur, le 11 août 1986, au téléphone, à Washington où elle se soignait, à son épouse, Wassila Ben Ammar [souvent présentée comme « le seul homme du gouvernement »] de : « Tu es divorcée ». 330
- Une autre source (Tahar Belkhodja) évoque, pour le même jour, la publication d’un communiqué.
- À mettre sur le compte de la vieillesse ? Non. Sur celui de la loi. En tout état de cause, le vieillesse n’excuse rien.
- Par comparaison, lire les propos de Bourguiba tenus, 21 ans auparavant, le 13 août 1965, journée de la femme Tunisienne, reproduits dans le livre de Fadela M’Rabet, Les Algériennes : Bourguiba, Un homme de progrès. 331 (Cf. Famille. Code la famille. Mariage)

Divorce (Clémenceau Georges) : (25 février) 1894. Concernant le divorce de Georges Clémenceau [1841-1929], lu dans le Journal des Goncourt :
« [Ernest Daudet.1837-1921] nous racontait la manière toute autocratique dont Clémenceau, en ce prétendu pays de l’égalité, avait pu mener, accélérer, emporter son divorce. Il faisait suivre sans résultat sa femme ; une de ses filles, oui, une de ses filles lui dit : ‘Tu n’arriveras à rien, c’est son amant qu’il faut faire suivre.’ Enfin, sur cette indication filiale, on surprend le couple amoureux. La femme est menée à la préfecture de police où le préfet de police - qui était, je crois, Lozé - lui déclare que si elle ne donne pas son consentement à un divorce, il la fait conduire à Saint Lazare. Elle consent nécessairement. On la fait embarquer pour les États-Unis (elle était « d’origine américaine » lit-on en note), en lui concédant d’avoir pour compagnon de voyage son amant, qui se trouvait être un jeune normalien. Et elle arrivait à New-York que déjà nos magistrats avaient prononcé le divorce. » (Cf. Droit. Patriarcal, Famille. Couple, Penser. Consentement, Politique. Prison. Saint Lazare, Histoire. Historiographie. Patriarcale. Winock Michel) 332

Divorce (« Conflit de loyauté ») : 2018. Lors d’un divorce et de ses suites, notamment judiciaires, elle refusait que ses enfants soient placés « dans un conflit de loyautés ». Dès lors, s’interdisant de donner son avis, et a fortiori, de porter un jugement qui lui soit propre, le plus fort l’emportait nécessairement. Et le recours au droit était hors sujet. (Cf. Droit)

Divorce (« Droits maternels ») : 2008. Annie Schmitt, dans le livre Génération MLF, se remémore :
« J’avais découvert, seule et tardivement, vers l’âge de 16 ans, que non seulement ma mère avait été mariée à un autre homme avant mon père, mais qu’elle en avait eu un fils. Elle avait été déchue de ses droits maternels parce qu’elle avait demandé le divorce en 1942, alors que son mai était prisonnier. Les lois de Pétain [Philippe. 1856-1951], sur les femmes ! Silence, honte et terreur de ma mère à l’idée que cela se sache. J’ai grandi avec ce ressentiment à l’égard des lois des hommes sur le corps des femmes et de leurs enfants. » 333 (Cf. Droit, Femmes. Silence, Féminisme. Mères, Famille. Pétain, Politique. Lois. Pétain Philippe)

Par ordre chronologique. Divorce. Église catholique :

Divorce (Église catholique) (1) : (12 septembre) 1902. Lu dans le Journal de Jules Renard [1864-1910] :
« […] Elle devient enragée. Elle a de mauvais éclairs dans les yeux. Elle ne demande plus qu'à crever. Les petits ne seront pas plus mal avec d'autres qu'avec elle. Ce qui l'exaspère le plus, c'est le ricanement des laveuses à la rivière : à coups de son battoir, elle leur écrabouillerait la figure. ’On dit que je suis méchante, dit-elle. Bien sûr ! Qu'on se mette donc à ma place !’ Et je ne le suis pas encore assez’. Elle a demandé la séparation. Le Parquet de Clamecy a écrit au maire, qui a répondu qu'elle n'est pas commode, que son mari est parti, mais qu'il reviendra. Le maire n'a pas ajouté que cette femme’ pas commode’ nourrit toute seule ses cinq enfants, et le Parquet, mal renseigné par des gendarmes qui s'adressent au maire, a fait entendre à la malheureuse que son affaire est classée. Elle rentre de laver. Elle trouve ses petits dehors, trempés. Elle ne peut que les déshabiller et les coucher. La comtesse lui donne quinze livres de pain. Marinette va lui donner des langes et cent sous par mois. Elle paie aussi son loyer, quatre francs par mois. La propriétaire, une vieille qui n'est pas riche non plus, vit dans les transes et, de temps en temps, lui fait dire qu'elle trouve à louer plus cher. C'est faux, mais ça la tient en haleine.
Le mari ne veut pas de la séparation. Quand elle aura élevé ses enfants, et qu'ils pourront se placer, de douze à vingt ans, il aura droit à la moitié de leurs gages.
» 334 (Cf. Droit, Justice, Patriarcat)

Divorce (Église catholique) (2) : 1947. Jean-Marie Périer raconte en 2020 qu’il a été renvoyé du collège Sainte Croix de Neuilly parce que ses parents avaient divorcé. 335

Divorce (Église catholique) (3) : 1975. Marie Cardinal [1928-2001] voulant divorcer, rapporte les paroles de sa mère en Algérie dans les années 1950 :
« Tu sais que le divorce est interdit par l’Église, sauf dans les cas de force majeure. Tu sais que pour rien au monde, nous ne devons-nous éloigner du Seigneur qui est mort pour nous sur la croix. Tu sais qu’il est toujours auprès de nous quand bien même nous ne le voyions pas. Avec notre ange gardien il essaye de nous protéger… Il m’a fallu du courage pour demander le divorce. Je suis allée voir l’archevêque d’Alger et je n’ai pris ma décision qu’après qu’il m’a assurée que, à la condition de ne jamais me remarier, je pourrais divorcer tout en continuant à pratiquer ma religion et à recevoir les sacrements. On peut braver l’opinion publique avec l’aide de Dieu et l’assurance de son amour. » 336 (Cf. Femme. Auteure. Cardinal Marie, Famille. Cardinal Marie)

Divorce (Église catholique) (4) : 1980. Françoise Renaudot, dans Moi, j’irai à Dreux, auteure de : « [...] Alors j’ai pensé à Dieu pour m’aider. Je suis d’abord allée voir le prêtre de mon enfance, celui qui m’avait baptisée, mariée la première fois ; il lui était impossible de m’entendre en confession à l’église puisque j’étais divorcée. Mais il pouvait m’écouter et m’absoudre hors des lieux consacrés. Il l’a fait, puis nous avons décidé de te [son enfant gravement malade à la veille d’une opération comportant de réels risques de décès] mettre sous la protection de la Sainte Vierge. » 337

Divorce (Galey Matthieu) : (24 mars) 1968. Lu dans le Journal de Matthieu Galey [ 1934-1986] :
« Maman parlant de divorce parce que le mariage, à ses yeux, est une association : ‘ Je veux bien être sa moitié, mais pas son huitième.’ Je n’y crois pas tout à fait, mais je sens une rancœur plus profonde que je ne l’avais soupçonnée.
Découverte, en vieillissant, que les générations qui vous précèdent ont encore les mêmes problèmes, et les mêmes illusions.
Comme si maman allait refaire sa vie à soixante ans ! » 338

Famille. Divorce. Gratuit :

Divorce (Gratuit) (1) : Le mariage est gratuit. Le divorce doit l’être aussi. Sinon, c’est reconnaître que la société a intérêt à maintenir les chaînes conjugales. CQFD.

Divorce (Gratuit) (2) : (Avec du recul) Cette revendication, celle de la gratuité du divorce est tout à fait insuffisante. Le mariage doit pouvoir être déclaré dissous, sans délai, par la simple volonté des parties, libres à elles, en cas d’accord, d’en décider des termes et des conditions. Lapidaire, à creuser, à nuancer…

Divorce (Gratuit) (3) : Entendu une psy : [concernant une femme qui disait vouloir quitter son mari, sans y parvenir] : « C’est un-e avocat-e qu’elle doit aller voir ». Pourquoi un-e avocat-e ? Comment peut-on expliquer, justifier que l’expression d’une volonté personnelle, celle qui probablement, engage au plus près l’essentiel de sa liberté personnelle, ne puisse se suffire à elle-même ?

Divorce (Gratuit) (4) : 2016. En France, il est toujours impossible à deux personnes, même sans enfants, même d’accord entre elles, de divorcer, sans avocat et donc sans frais. (En application de l’article 751 du Code de procédure civile). Interroge, à, tout le moins, la « Déclaration des droits de l’homme ». (Cf. Droit)

Famille. Divorce. Histoire :

Divorce (Histoire) (1) : (20 septembre) 1792. Exposé des motifs de la loi sur le divorce :
« L’Assemblée nationale, considérant combien il importe de faire jouir les Français de la faculté du divorce, qui résulte de la liberté individuelle dont un engagement indissoluble serait la perte ; considérant que déjà plusieurs époux n’ont pas attendu, pour jouir des avantages de la disposition constitutionnelle suivant laquelle le mariage n’est qu’un contrat civil, que la loi eût réglé le mode et les effets du divorce, décrète ce qui suit :
* Article Ier. Le mariage se dissout par le divorce.
* Article 2. Le divorce a lieu par le consentement mutuel des époux.
* Article 3. L’un des époux peut faire prononcer le divorce, sur la simple allégation d’incompatibilité d’humeur ou de caractère.
* Article 4. Chacun des époux peut également faire prononcer le divorce sur des motifs déterminés ; 1° sur la démence, la folie ou la fureur de l’un des époux ; 2° sur la condamnation de l’un d’eux à des peines afflictives ou infâmantes ; 3° sur les crimes, sévices ou injures graves de l’un envers l’autre ; 4° sur le dérèglement de mœurs notoires ; 5° sur l’abandon de la femme par le mari ou du mari par la femme, pendant deux ans au moins ; 6°sur l’absence de l’un d’eux, sans nouvelles, au moins pendant cinq ans ; 7° sur l’émigration dans les cas prévus par la loi, notamment par le décret du 8 avril 1792.
* Article 5. Les époux maintenant séparés de corps par jugement exécuté ou en dernier ressort, auront mutuellement la faculté de faire prononcer leur divorce. [...] » (Analyser) (Cf. Droit, Femmes, Féminisme, Penser. Consentement, Patriarcat, Histoire. Révolution française)

Divorce (Histoire) (2) : 1864. Julie-Victoire Daubié [1824-1874], auteure, dans La femme pauvre au XIXème siècle, de :
« En général, les hommes de mauvaises mœurs ne sentent pas la nécessité du divorce, qui leur imposerait, dans leurs unions irrégulières, des devoirs dont ils savent s’affranchir. Ainsi, sur les 2240 demandes en séparation de corps dont les tribunaux furent saisis en 1864, 2160 étaient faites par les femmes. »
- L’histoire longue des résistances, des luttes de femmes dans le patriarcat et contre le patriarcat. 339 (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes, Histoire)

Divorce (Histoire) (3) : 1965. Je découvre par hasard (ou presque) le travail, les livres et les engagements rigoureux, courageux, de Céline Rolin pour analyser, critiquer, dénoncer le statut - dramatique - des femmes « séparées », puis divorcées. 340 Notre histoire est toujours faite de la réalité que, bien que (parce que ?) catholique, elle dénonçait il y a 50 ans.

Divorce (Histoire) (4) : (15-16 mai) 1970. Congrès des avocats (Mouvement d’action judiciaire ?. à confirmer) à Nancy :
« Le divorce provoque actuellement le malaise de la complicité chez le juge, l’humiliation du truquage chez l’avocat et le désarroi de la révolte chez le justiciable. Chaque jour le code civil est violé avec le consentement de tous. Il est devenu une comédie bien réglée, sur laquelle aucun magistrat n’a plus de doute. » 341 (Cf. Droit, Justice. Avocat. Juge, Penser. Consentement)

Divorce (Liberté) : (17 janvier) 1975. Simone Veil [1927-2017], lors du vote de la loi sur l’IVG avait affirmé que c’était à la femme seule d’être juge de sa décision. Ce qui est affirmé comme un principe en matière de décision d’avoir ou non un enfant, doit aussi l’être en matière de mariage et donc de divorce. Immense rupture, vaste débat : car poser la liberté de décision implique aussi de remettre en cause leurs conséquences. Et obligerait de voir que les femmes ne sont pas «libres» à l’instar des hommes…. ce qui ne signifie pas, qu’eux, le soient… (Cf. Hommes, Politique. Liberté, Patriarcat)

Divorce (Licenciements) : 2009. Suite à la décision de fermer l’usine Continental de Clairoix pour la transférer en Roumanie : 1113 licenciements, suivie d’une lutte de plusieurs années et de 253 divorces. 342 (Cf. Économie. Licenciements)

Divorce (Montaigne) : Montaigne [1533-1592], dans Les Essais, auteur de :
« […] Quant aux mariage, outre que c’est un marché qui n’a que l’entrée de libre… ». 343 Mais on omet souvent la suite : (« sa durée étant contrainte et forcée, dépendant d’ailleurs que de notre vouloir […]. »
Bon vouloir de qui ? Et dans quelles conditions, notamment juridiques ? (Cf. Femme. Épouse de Montaigne)

Divorce (Napoléon Ier) : 1855. George Sand [1804-1876], dans son Histoire de ma vie, concernant le divorce de Napoléon [1769-1821] et de Joséphine de Beauharnais [1763-1814] et le mariage qui s’en suivi, rapporte les sentiments suivants :
« Son mariage avec Marie-Louise [1791-1847] était une mauvaise action et devait lui porter malheur. Les gens les plus simples et les plus tolérants sur la loi du divorce, ceux mêmes qui aimaient le plus l’empereur, disaient tout bas, je m’en souviens bien : ‘C’est un mariage d’intérêt ; on ne répudie pas une femme qu’on aime et dont on est aimé.’ » 344

Famille. Divorce. Pensions alimentaires :

Divorce (Pensions alimentaires) (1) : Quand l’injustice toute patriarcale des pensions alimentaires si souvent absentes, si faibles, non ou irrégulièrement payées sera-t-il enfin dénoncé à sa mesure ? Ou, plus justement, quand des solutions, qui ne soient pas dérisoires, seront-elles proposées pour y mettre effectivement fin ?
- Si toutes les femmes qui ont « cédé » - à l’occasion d’une volonté de séparation - sur la défense de leurs intérêts « pour avoir enfin la paix » ou, plus justement, en croyant qu’ainsi elles l’auraient, se donnaient la main, elles feraient plusieurs fois le tour du monde.
- Qui ne connait autour de soi tant et tant de femmes (gravement) lésées ? (Cf. Femmes, Hommes, Famille, Patriarcat)

Divorce (Pensions alimentaires) (2) : 1972. Le programme commun du gouvernement du parti communiste et du parti socialiste posait que :
« Les pensions alimentaires seront indexées. Le recouvrement et le versement des pensions alimentaires seront garantis ». 345
« Indexées » à quoi ? « Garanties » par qui ? comment, avec quelles mises en œuvre effectives ? Ces approximations ne sont que mépris…

Divorce (Pensions alimentaires) (3) : 1995. Dans le livre d’Yvette Roudy, Mais de quoi ont-ils peur ?, on lit le constat suivant :
« Bien qu’amélioré, le système des pensions alimentaires permet à certains pères d’organiser leur insolvabilité. » Qu’a fait effectivement - depuis 20 ans - l’État français sur ce détournement majeur - parmi tant d’autres - du principe affiché par les lois sur le recouvrement des pensions élémentaires ? 346

Divorce (Pensions alimentaires) (4) : 2014. Najet Vallaud Belkacem qui est alors « ministre des droits des femmes, de la ville, de la jeunesse est des sports », appelle les hommes qui ne paient pas leur pension alimentaire, qui se dégagent de leur propre chef de toute responsabilité, sans le moindre souci humain de ce qu’il advient de leur compagne, de leur-s enfant-s, en violation de tout respect d’un contrat, au mépris de la loi et si souvent de décisions de justice : « les débiteurs défaillants ». 347 Encore une régression, et de taille… (Cf. Langage)

Divorce (Pensions alimentaires) (5) : (7 août) 2014. Circulaire 348 […] :
« [...] 2. Le paiement de la pension alimentaire par virement bancaire.
L’article 28 de la loi modifie les dispositions du code civil relatives à la contribution à l’entretien et l’éducation de l’enfant en cas de séparation des parents en complétant le deuxième alinéa de l’article 373-2-2 du code civil afin de préciser que la convention homologuée visée à l’article 373-2-7 du code civil, ou à défaut le juge, peut prévoir que le versement de la pension alimentaire peut se faire par virement bancaire. Cette précision apportée par la loi ne change toutefois pas l’état du droit, puisqu’une telle possibilité pouvait déjà être prévue par les parties ou le juge.
Toutefois le Parlement a souhaité qu’une disposition expresse figure à cet égard dans le code civil souhaitant ainsi mettre en valeur les outils juridiques pouvant permettre, notamment en cas de violences conjugales, d’éviter les contacts entre conjoints autant que possible. »

Divorce (Pensions alimentaires) (6) : (16 décembre) 2015. Dans un article du Monde intitulé : Les femmes d’avantage pénalisées financièrement lors des séparations, on lit :
« Leurs conditions de vie sont in fine ‘moins favorables’ avec un revenu moyen des familles monoparentales établi à 1.240 euros par mois, quand celui des couples avec enfant(s) atteint 1.880 euros en moyenne. Et ce, malgré l’effet des transferts sociaux fiscaux et du versement d’une pension alimentaire. » 349
- Des pensions alimentaires, il n’est pas question. Vous ne voulez pas traiter d’une question gênante, vous l’évacuez de la discussion. Aussi simple que cela… (Cf. Famille. Couple)

Divorce (Pensions alimentaires) (7) : (1er janvier) 2017. À l’occasion de la création d’une Agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires (ARIPA) qui doit voir le jour le 1er janvier 2017, on apprend, selon des chiffres officiels (donc inférieurs à la réalité) que « 40% des pensions alimentaires - qui « représentent en moyenne un cinquième du revenu des familles monoparentales [traduire femmes] » - ne sont pas payées, ou le sont irrégulièrement. » Le gouvernement estime que l'agence permettra de « lutter contre ce phénomène » et contribuera à « réduire la pauvreté de ces familles ». L’agence devra jouer un rôle d’« intermédiation » sur décision d'un juge « en cas de violence ou de menace sur le créancier ». Combien de drames…350 (Cf. Droit, Patriarcat, Violences)

Divorce (Pensions alimentaires) (8) : (janvier) 2019. Serge Halimi, dans Le Monde Diplomatique, passant en revue « les injustices commises par l’actuel gouvernement », puis « tout ce qui est remonté à la surface », cite :
« […] Les femmes qui élèvent seules les enfants et qui peinent à toucher la pension alimentaire de leurs anciens compagnons, aussi pauvres qu’elles. » 351
Décidément Le Monde Diplomatique est récalcitrant à toute analyse féministe. (Patriarcat. Permanence)

Divorce (Pensions alimentaires) (9) : (12 juin) 2019. Édouard Philippe à l’Assemblée nationale, auteur de :
« En juin 2020, nous mettrons en place un mécanisme de sécurisation du paiement des pensions alimentaires, mis en œuvre par la CAF. »
Pour rappel :
- Un organisme ayant cette finalité avait été créé en avril 2017 : l’ARIPA.
- Pour éviter tout espoir infondé : Marlène Schiappa avait déclaré le 26 avril 2019 :
« L’idée n’est pas que l’argent public paye à la place du parent qui ne veut plus payer, pas du tout. L’idée c’est que ce soit recouvré de façon beaucoup plus rapide et plus efficace. »
- Et pour que les agent-es de la Caf, déjà débordé-es, parviennent à assurer cette nouvelle attribution, elle avait évoqué une « réorganisation » globale des services de l’État plutôt que de nouvelles embauches, argument censé étayé ainsi : « Tout ne doit pas se faire de Paris ». 352 (Cf. Femme « Politique ». Schiappa Marlène)

Divorce (Sand George) : 1855. George Sand [1804-1876], dans l’Histoire de ma vie, écrit :
« Le lien conjugal est rompu dès qu’il est devenu odieux à l’un des époux. Il faudrait qu’un conseil de famille et de magistrature fût appelé à connaître, je ne dis pas des motifs de la plainte, mais de la réalité, de la force et de la persistance du mécontentement […]. » 353 Analyse riche d’avenirs… (Cf. Droit)
* Ajout. 22 septembre 2021. En avril 1866, elle écrira à Pierre Hébert, [1799-1887] avocat :
« Monsieur Dudevant [1895-1871 a été bien coupable envers moi. J’ai supporté treize ans de débauche dans ma maison sous mes yeux. » 354 (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes. Sand George)

Divorce (Sanson Véronique) : (24 janvier) 2015. Invitée sur un plateau de télévision, la chanteuse Véronique Sanson, en réponse à une question de l’animateur, déclare qu’elle avait pensé à faire tuer son ex-mari (américain) par un tueur à gages. Et le public de rire, de s’ébaudir, de s’exclamer, de s’esclaffer. Mais ce qu’elle révélait était tragique, à savoir qu’aucune autre solution ne s’offrait à elle, ne lui apparaissait, comme, n’était possible, pensable, imaginable, crédible. Quant à évoquer d’éventuelles, de probables violences, menaces, chantages de son mari, sans même traiter de la question de la loi américaine pour une étrangère, mariée avec un Américain, ayant en sus un enfant, il n’en fut pas question. Fut alors évoqué, sans plus de précision, un divorce « incroyable », « tumultueux », « digne d’un polar » [dont elle parle sans doute dans Les années américaines, que je n’ai pas lu]. 355

Famille. Divorce. Violences masculines :

Divorce (Violences masculines) (1) : 1867. John Stuart Mill [1806-1976], dans De l’assujettissement des femmes, auteur de :
« Tant qu’une condamnation pour voies de fait, ou si l’on veut, pour une récidive, ne donnera pas à la femme, ipso facto, droit au divorce, ou au moins à la séparation judiciaire, les efforts pour réprimer les ‘sévices graves’ par des pénalités resteront sans effet, faute d’un plaignant ou faute d’un témoin. » 356
- Cette proposition de Stuart Mill doit être modernisée : Le divorce doit être, sans frais, immédiatement, prononcé à la seule demande de la femme violentée, sans [et en tous cas, avant] passage par la case : Justice. Et sans avocat-es.
Pour les femmes violentées, seulement ? Non.

Divorce (Violences masculines) (2) : 1975. Lu, évoqué par l’avocat Me Lombard [1927-2017], dans Divorcer, l’histoire d’un homme, marié, père de deux garçons qui tua sa maîtresse et son épouse, et dont voici le terme :
« Devant les Assises, son père, cité comme témoin et cherchant à l’excuser, eut ce mot terrible : ‘Dans ma famille, on ne divorce pas’.» 357 (Cf. Justice. Procès)

Divorce (Voltaire) : (15 avril) 1760. Voltaire [1696-1778], écrit à Francesco Albergati Capacelli [1728-1804] :
« Je m’intéresse à vous véritablement, parce que vous me paraissez aimer le plaisir, la philosophie et la liberté. Ce que vous m’avez mandé de la bienheureuse facilité de Benoit XIV [Pape. 1675- 1758] m’a extrêmement édifié ; je ne sais rien de si ridicule que d’être obligé de vivre avec une femme avec laquelle on ne peut pas vivre. »
N.B. Je lis dans la note de La Pléiade : « Albergati avait épouse Teresa Orsi en 1748 ; il divorça en 1751 et épousa plus tard Maria Cattarina Boccabadati qui se suicida ; il se maria enfin avec Teresa Checchi Zampieri. » 358
Je lis sur Wikipédia qu’il épousa une « comédienne qu’il tua dans un accès de jalousie, puis une danseuse qui dévora sa fortune. » (Cf. Violences, Violences à l’encontre des femmes)

IV. Polygamie :

Famille. Polygamie :

Famille (Polygamie) : À entendre le nombre de reportages où l’on donne la parole à des hommes (le plus souvent en Afrique..) la légitimant, et/ou l’absence de réaction politique, voire sa justification, lorsqu’il est fait référence à un homme polygame, rien n’exclue que celle-ci ne puisse un jour être réhabilitée. Le proxénétisme l’a bien été, sans excès de difficultés.
Parmi les formulations quasi quotidiennes, légitimant la polygamie : « un Guinéen et ses deux épouses », « le père et ses deux épouses »…359 (Cf. Famille. Mariage)

Par ordre alphabétique. Famille. Polygamie :

Polygamie (Afghanistan) : 2002. Lu dans le Journal d’une infirmière en Afghanistan l’histoire de vie suivante : Une femme mariée est médecin dans un hôpital. Le frère de son mari est tué à Kaboul et la « coutume » veut que le frère, fut-il déjà marié, épouse la femme du frère décédé.
Cette dernière est « séduisante et fortunée » tandis que « l’époux du médecin est chômeur, après avoir perdu son emploi d’agent de police à Kaboul ». Elle poursuit :
- « Que pourrait-il lui arriver de mieux que d’avoir une charmante seconde femme auprès de lui puisque la première travaille et est absente la plupart du temps ?
Il pourrait vivre comme un coq en pâte. »
- La fin de l’histoire : « Sans son accord (celui de la femme médecin, menacée de vivre avec un mari polygame), il n’y aura pas de deuxième épouse, et comme c’est elle qui gagne l’argent du ménage, son mari devra s’incliner. Elle cherche donc un autre poste de médecin, dans un hôpital à bonne distance de la ville pour s’y installer avec son mari et ses deux enfants - très loin de sa belle-sœur. » 360

Polygamie. Arabie Saoudite :

Polygamie (Arabie Saoudite) (1) : (24 janvier) 2015. Après la mort du roi Abdallah d’Arabie Saoudite [1924-2015], Le Monde présente un organigramme des hommes de la famille d’Ibn Saoud, fondateur du royaume d’Arabie Saoudite. On y lit :
« Saoud, fils de la 1ère épouse. Roi de 1953 à 1964 [1902-1969] ; Faycal, fils de la 3ème épouse. Roi de 1964 à 1975 [1904-1975] ; Khaled, fils de la 2ème épouse (Roi de 1975 à 1982 [1912-1982] ; Fahd, fils de la 6ème épouse. Roi de 1982 à 2005 [1921-2005) ; Abdallah, fils de la (?) ème épouse. Roi de 2005 à 2015 [1924-2015] ; Roi Salman, fils de la 6ème épouse (Né en 1935) (4 fils nommés : Abdel Azziz, Sultan, Fayçal, Mohammed) ; Prince Muqrin, fils de la 18ème épouse (Né en 1945) ; Prince Sultan fils de la 6ème épouse) [1924-2011] ; Prince Nayef, (fils de la 6ème épouse) [1934-2012]» 361
- Sans commentaire du Monde ? Pas tout à fait. On y lit les intertitres suivants : « Devenu ministre de la défense et héritier en second, puis dauphin, il accède logiquement au pouvoir » ainsi que :
« La perspective longtemps repoussée du saut générationnel se profile désormais maintenant ». (Cf. Femme « Politique ». France. Lagarde Christine, Femmes Saoudiennes, Famille. Polygamie. Monarchie Marocaine)

Polygamie (Arabie Saoudite) (2) : (20 octobre) 2018. Dans l’émission confiée à Christine Ockrent, Affaires étrangères [France Culture] - Gilles Kepel, « directeur de la Chaire Moyen-Orient, à l’École Normale Supérieure », auteur de :
« L’Arabie Saoudite […] est un pays très peuplé, puisqu’il a y a eu beaucoup d’argent. Les Saoudiens ont dépensé beaucoup de manière somptueuses. La polygamie y est de mise, en tout cas dans les classes moyennes et supérieures ; beaucoup de femmes sont venues, et beaucoup d’enfants […] ». « 10.000 princes » poursuit - et coupe - Christine Ockrent.
Plutôt présenté une « démocratisation » de la polygamie…362

Polygamie (Ben Laden) : Que Ben Laden [1957-2011] soit polygame a-t-il été intégré dans les analyses politiques le concernant ? Je n’en ai pas lu. Comme s’il s’agissait d’une réalité gênante à dénoncer. Pourquoi ? Pour qui ? Ne serait-ce que, tout simplement - sauf à amalgamer la polygamie au seul Islam - il serait alors nécessaire de penser concomitamment la vie-dite-privée et l’analyse politique entre l’Occident et le Moyen Orient. Et risquer de dévoiler dès lors ce qui, au-delà des oppositions politiques, lie, dans un monde patriarcal, les hommes entre eux.

Polygamie (Bokassa Jean-Bedel) : (septembre) 1984. Jean Bedel Bokassa [1921-1996], lors d’une conférence de presse au château d’Hardricourt, auteur de :
« Je ne suis pas ex-empereur. Je suis l’empereur de Centrafrique. J’avais 17 épouses. Ben oui. Et grâce aux 17 épouses, j’ai eu 54 enfants. » 363

Polygamie (Boubaker Dalil) : 1997. Gisèle Halimi [1927-2020], dans La nouvelle cause des femmes, invite notamment Dalil Boubaker, alors recteur de la mosquée de Paris, dans le cadre de l’élaboration du Rapport sur la parité entre les femmes et les hommes dans la vie politique. Elle écrit :
« [...] Il s’en va, après nous avoir assurées que si la polygamie résulte bien des textes coraniques, nul n’y est contraint. » 364 (Cf. Patriarcat. Islam, Politique. Parité)

Polygamie (Derrida Jacques) : (18 août) 2004. Jacques Derrida [1930-2004], dans Le Monde, auteur de :
« Si j’étais législateur, je proposerais tout simplement la disparition du mot et du concept de ‘mariage’ dans un code civil et laïque. Le ‘mariage’, valeur religieuse, sacrale, hétérosexuelle - avec vœu de procréation, de fidélité éternelle, etc…- c’est une concession de l’État laïc à l’Église chrétienne - y compris dans son monoganisme qui n’est ni juif […], ni, on le sait, musulman. En supprimant le mot et le concept de mariage [...] on le remplacerait par une ‘union civile’ contractuelle, une sorte de pacs généralisé, amélioré, raffiné, souple et ajusté entre des partenaires de sexe ou de nombre non imposé. Quant à ceux qui veulent, au sens strict, se lier par un mariage - pour lesquels mon respect est d’ailleurs intact - ils pourraient le faire devant l’autorité religieuse de leur choix. […]». 365 (Analyser et critiquer, notamment eu égard à la référence au « nombre non imposé» ). (Cf. Homme. « Intellectuel »)

Polygamie (Diderot Denis) : (7 octobre) 1761. Denis Diderot [1713-1784], dans une lettre à Sophie Volland [1716-1784], auteur de :
« Il n’est pas dans la nature qu’un homme n’épousera qu’une femme. » 366
Un autre regard sur Diderot, sur « l’homme » et sur « la nature »… (Cf. Femmes. Diderot, Relations entre êtres humains. Aimer. Diderot)
N.B. Dans une note, il est fait référence à l’article « Indissoluble » de l’Encyclopédie (vol. Politique. (p.51)

Polygamie (Église catholique. France) : (2 octobre) 1987. Dans le cadre des auditions publiques (télévisées), la Commission de la nationalité, M. Pierre-Patrick Kaltenbach, conseiller référendaire à la Cour des comptes, président du FAS (Fonds social des travailleurs migrants, président du conseil d’administration de l’l’INED (Institut national d’études démographiques)], pose à Mgr Delaporte, archevêque de Cambrai, président de la commission épiscopale des migrants] les questions suivantes :
« Peut-on être étranger polygame en France ? Peut-on être français et polygame en France ? En matière de plaisanterie, je dirais : êtes-vous plutôt contre ou pour la polygamie ? »
- Sa réponse : « Qu’on soit étranger présent sur le sol de la France ou français, il me semble qu’il y a des lois civiles qu’il importe d’appliquer. Je ne vois pas pourquoi on donnerait des lois particulières. » 367
- Un peu court quant à une position de principe qu’il avait pourtant précisé sur d’autres fondements.

Polygamie (El Glaoui Thami) : 2000. Fatéma Oufkir, dans Les jardins du roi, évoque Thami El Glaoui, pacha de Marrakech [1879-1956] qui « vivait dans l’opulence à l’intérieur de son palais, entre ses esclaves et ses concubines, exerçant un pouvoir absolu, disposant de la vie et de la mort de ses sujets selon son bon plaisir. »
Là, où il n’est pas même question de mariage - qui peut suggérer l’idée d’un consentement, même factice - peut-on encore parler de polygamie ? 368
* Ajout. 22 octobre 2020. Sur Wikipédia, je lis évoquer « deux épouses », « trois concubines » et un « harem ». (Cf. Famille. Polygamie. Monarchie marocaine, Penser. Consentement, Politique. Esclavage, Proxénétisme. Proxénète. El Glaoui)

Polygamie (Elle) : (14 mai) 2014. Je lis dans Elle dans un ‘reportage’ intitulé : « Un mari pour deux » : « Pour les féministes sénégalaises, c’est un vrai recul. Mais pour certaines femmes, devenir la seconde épouse est un choix qui préserve leur liberté. Explication. […] » 369
- La polygamie comme ouvrant la possibilité de la liberté des femmes… (Cf. Femme. Elle, Famille. Mariage, Patriarcat)

Polygamie (Fassin Éric) : (8 avril) 2013. Éric Fassin, sociologue, auteur de :
« L’ouverture du mariage nous invite à réfléchir sur ce qui le constitue : dans quelle mesure doit-il aujourd’hui être défini par la sexualité, à la fois obligatoire et exclusive, ou encore par la cohabitation, ou sinon par quel autre critère ? Les attaques homophobes contre la polygamie ne doivent pas davantage occulter une interrogation sur le polyamour : la conjugalité renvoie-t-elle nécessairement au couple ? […] » 370
- De toute cette confusion, ce que j’en ai compris, c’est que la polygamie était, à tout le moins, une option. Explicitation, démenti, justifié, bienvenu ? (Cf. Famille. Couple, Langage. Genre, Sociologie. Fassin Éric)

Polygamie (Femmes) : On veut nous faire croire que dans certaines régions du continent Indien, les femmes seraient polygames. Non : les hommes, trop pauvres pour épouser une seule femme, doivent la partager.

Polygamie (France. 2018) : (17 décembre) 2018. Dans un article de Paris Match consacré à la vie d’Eugenia et Tina Livanos, filles d’un richissime armateur Grec, je lis : :
« Ensemble, elles pleuraient sur l’instinct polygamique de leurs maris. » 371 (Cf. Politique. Médias)

Polygamie (Jaulin Robert) : (été) 1962. Je lis dans un article de Robert Jaulin [1929-1996] intitulé La distribution des femmes et des biens chez les Mara (Ex-Tchad), ceci :
« Ngabra (dont Robert Jaulin était l’hôte), d’un tempérament fataliste, était un homme charmant, et un époux faible. Pour qu’il eut laissé l’une de ses femmes chasser les neuf autres, il fallait néanmoins qu’il y tint ou aimât son amour et sa violence. J’assistai, au sein d’autres ménages, à plusieurs scènes dont la jalousie féminine était fréquemment le motif, mais le couple Ngabra-Balebale battait sur ce chapitre, le record de fréquence et de violence ; enfin, contrairement à l’usage, il ne se gênait guère devant témoins.
On ne saurait donc d’aucune façon en déduire que les histoires sont monnaie courante et que la polygamie est source de drames ; au contraire, les comportements exclusifs de l’épouse unique (craignant peut être de ne pas le rester) ou exclusif, et non ceux de l’épouse du polygame (qui n’éprouve pas la crainte précédente) sont généralement la cause de telles scènes. » 372
Je renonce à tenter de trouver l’ombre d’une cohérence de cette citation. La seule ne réside-t-elle pas dans la volonté d’accuser les femmes, seules, de tous les maux et, au déni de toute prise en compte réelle de la polygamie et de ses effets nécessairement opposés entre les époux et les épouses (qui, elles, doivent le partager) de justifier la polygamie ? (Cf. Femme. « Féminin », Famille. Couple, Anthropologie, Ethnologie)

Polygamie (Kapuscinski Ryszard) : 2000. Ryszard Kapuscinski [1932-2007], dans Ébène. Aventures africaines, concernant la structure familiale des Ashanti du Ghana, en 1960, écrit :
« La famille est toujours nombreuse, quelques dizaines de personnes. Le mari, l’épouse (ou les épouses), les enfants, les cousins. » 373

Polygamie (Kessel Koseph) : (20 novembre) 1967. Joseph Kessel [1898-1979] raconte le tournage d’un film en Afghanistan et son impossibilité à trouver une seule femme pour y figurer. Un gouverneur Afghan, qui souhaite l’aider, propose, pour ce faire, la libération (du moins, c’est ce qu’il déclare) à une femme était en prison pour 10 ans pour avoir tué son mari.
La réaction de Joseph Kessel, informé de la cause de la détention de cette femme, est la suivante : « […] ce qui, entre parenthèse, m’a un peu déçu sur les facilités de la polygamie. Je croyais, qu’au moins, eux, les musulmans, avaient la chance de régler leur problème de la polygamie, sans jalousie. Or, il s’est trouvé une femme qui, par jalousie d’une autre femme… de son mari l’a tué. » 374 (Cf. Patriarcat, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Polygamie (Latournerie Dominique) : (29 septembre) 1987. Dominique Latournerie, directeur des libertés publiques et des affaires juridiques au ministère de l’Intérieur [président de la République : François Mitterrand, premier ministre : Jacques Chirac, ministre de l’intérieur : M. Albin Chalandon], interrogé sur la question des problèmes posés par la polygamie en matière d’acquisition de nationalité, répondit :
« La difficulté est que, au stade où l’étranger remplit sa demande, il lui est demandé d’indiquer quelle est sa famille. Il indique le nom de sa femme et de ses enfants. Il peut se produire qu’il ne déclare pas toutes ses épouses et tous les enfants qu’il a eu de ses épouses. Si, par exemple, il a eu trois enfants de sa première épouse, il va les déclarer, puis comme la législation prévoit l’effet collectif de l’acquisition de la nationalité française, tous les enfants, y compris les enfants qui n’ont pas été déclarés frauduleusement, peuvent prétendre à la nationalité française.
Alors, là il y a un problème de fraude à la loi, qui est un problème difficile, d’autant plus que chacune a conscience que la France n’a pas à imposer au monde entier, ses propres conceptions du mariage, et que, somme toute, pour des étrangers qui sont mariés dans leur culture à l’étranger, sous le régime de la polygamie, la souveraineté française n’avait rien à dire. Il y a un problème à partir du moment où l’arrivée en France juxtapose eux législations. » 375
- Au nom de sa conception de la liberté, un plaidoyer pro-polygamie.
Qu’en est-il en 2017 ? (retrouver les textes de loi) (Cf. Droit. Patriarcat)

Polygamie (Leiris Michel) : (9 décembre) 1931. Michel Leiris [1901-1990], dans L’Afrique fantôme, auteur de :
« Visite au chef de canton, qui fait grand potentat. Nous nous trouvons en face de ses femmes. L’une d’entre elles est très belle, bâtie en lionne, les lèvres très bien dessinées, les yeux immenses, les cheveux courts et crépus. » 376 (Cf. Corps. Femmes, Femmes. Animalisation des femmes, Famille. Polygamie. Lévi-Strauss, Patriarcat, Ethnologie)

Polygamie (Lévi-Strauss Claude) : (17 octobre) 1986. À la question posée à Claude Lévi-Strauss [1908-2009] :
« [...] Le féminisme, non plus, ne vous aime pas beaucoup. D'abord par ce que vous avez écrit, dans Les Structures, que la polygamie était naturelle à l'homme. Cela vous a abondamment été reproché », répondit : « C'est possible, bien que cela me semble assez évident. » 377 (Cf. Homme. « Intellectuel », Famille. Polygamie. Leiris Michel, Patriarcat, Ethnologie)

Polygamie (Lombard Paul) : 1975. Paul Lombard [1927-2017], avocat, dans Divorcer, auteur de : « L’homme de feu la société de consommation (?), monogame par nécessité, polygame par nature, a donc recours à l’une ou l’autre des trois institutions reines de notre temps : le cinq-à-sept, la psychanalyse.. et le divorce. » 378
Et l’assassinat ? (Cf. Justice. Avocat, Patriarcat)

Polygamie (Louis XIV) : 1829. Saint-Simon [1675-1755], dans ses Mémoires, auteur de :
« Louis XIV [1638-1715], dans sa jeunesse, plus fait pour les amours (sic) qu’aucun de ses sujets, lassé de voltiger (sic) et de cueillir des faveurs passagères (sic) se fixa (sic) enfin à la Vallière. [Louise de Lavallière. 1644-1710]
Madame de Montespan [1640-1716] fut celle dont la rare beauté le toucha ensuite, même pendant (sic) le règne de Mme de la Vallière. Le roi donna au monde le spectacle de deux maîtresses à la foi. Il les promena aux frontières, aux camps, des moments aux armées, toutes deux dans la carrosse de la reine. Les peuples accourant de toutes parts se montraient les trois reines et se demandaient avec simplicité les uns aux autres si ils les avaient vues. » 379

Polygamie (Mitterrand François) : (6 juillet) 2021. Michel Winock, concernant François Mitterrand, auteur de :
« Au fond, il est bigame… » 380

Polygamie (Monarchie Marocaine) : 1999. C’est en lisant le livre de Malika Oufkir (et Michèle Fitoussi), La prisonnière, 381 que j’ai compris que le terme de « polygamie » était insuffisant, plus encore, inapproprié, pour rendre compte des structures patriarcales, ici en sus féodales.
Celle-ci, avant d’être emprisonnée avec sa mère, ses frères, ses sœurs, Myriam, Maria, Soukhaïna pendant vingt ans par Hassan II, avait longuement vécu dans les palais de la monarchie Marocaine, ce qu’elle décrit.
Mohammed V [1909-1961] était non seulement polygame, mais possédaient de nombreuses concubines [« une quarantaine »] - qui, elles-mêmes « adoptaient » des orphelines qu’elles « formaient ».
Ces jeunes filles, en sus des « esclaves », « cloitrées », devenues des « femmes sans identité », étaient enlevées à leur famille et / ou « choisies » par le Palais « parmi les meilleurs élèves » et / ou « pour leur beauté » ; elles étaient toutes, « soumises au pouvoir d’un monarque absolu de droit divin », toutes « assujetties au pouvoir d’un même homme ».
Certaines étaient « mariées par trois ou quatre au roi », sans avoir en principe le droit de procréer.
Toutes pouvaient être bien sûr répudiées, bannies, « disparues », frappées, violentées, notamment « à coups de nerfs de bœuf » délivrés par le roi lui-même. Il en fut de même concernant Hassan II, et sans aucun doute du roi actuel. Bref, que signifie le terme de « polygamie » limité à la seule prise en compte du nombre d’épouses « épousées »? (À prolonger) (Cf. Polygamie. El Glaoui Thami. Politique. Esclavage)

Polygamie (Onfray Michel) : (26 juillet) 2011. Michel Onfray, concernant Otto Gross [1877-1920], auteur de :
« Polygame, ça, c’est sympathique ! » (Cf. Homme. « Intellectuel ». Onfray Michel) 382
* Ajout. 9 septembre 2018. Michel Onfray, auteur de :
« Il faut dire que j’ai vécu 37 ans avec Marie-Claude et qu’il y avait dans ma vie Dorothée de puis 25 ans. Marie-Claude connaissait l’existence de Dorothée et Dorothée connaissait l’existence de Marie-Claude [décédée en 2013] . Dorothée a d’ailleurs été formidable sur la fin de Marie-Claude, elle m’a aidée avec les bouteilles d’oxygène de Marie-Claude, etc. Ce sont des choses que l’on ne raconte pas. Vous m’y amenez. Je le dis pour la première fois. Je suis content que ce soit sur votre plateau. » 383
- Un commentaire lu sur 20 minutes : « Hypocrite et lâche. Deux en même temps. Pas étonnant que l’officielle ait somatisé. La seconde lui a servi d’infirmière ? Écœurant. Il abaissé dans mon estime d’un coup. Pourquoi raconter cela à la France entière ? 384 (Cf. Homme. « Intellectuel ». Onfray Michel)
* Ajout. 10 septembre 2018. Michel Onfray revient sur ce dont il a parlé la veille sur une autre chaîne :
« J’ai eu la tristesse d’en avoir perdu une. J’ai la chance d’en avoir une autre à mes côtés. » 385
Je suis contente de savoir qu’il « en » « a » encore « une »…

Polygamie (Roux) : (10 septembre) 2018. Un homme (dont la couleur des cheveux est rousse, par ailleurs) organise ‘le festival des roux’. Il s’agit des femmes en réalité. J’entends incidemment de sa bouche : « Le roux est polygame ». 386

Famille. Polygamie. Salomon :

Polygamie (Salomon) (1) : Selon la Bible, Salomon [970-931 avant J.C], « eut 700 princesses pour femmes et 300 concubines » et ce, suivi de :
« Et ces femmes détournèrent son cœur. » 387 (Cf. Amour. « Faire l’amour »)

Polygamie (Salomon) (2) : (22 décembre) 1741. Voltaire [1675-1677], dans une lettre à Fredéric II [1712-1786], concernant Salomon, évoque « trois cent femmes et sept cent concubines ». 388
Mais, qu’importe le nombre, dès lors qu’il est supérieur à une…

Polygamie (Salomon) (3) : (juillet) 1808. Paul-Louis Courier [1772-1825], dans une lettre de juillet 1808 à M. de Sainte-Croix [Guillaume. 1746-1809], après avoir évoqué le marquis Tacconi [ ?- ? ] un « bibliomaniaque » qui possédait une « magnifique bibliothèque » [dont il ne lisait aucun livre] », poursuit :
« Ainsi en usait Salomon avec ses sept ou huit cents femmes ; les aimant pour la vue, il n’y touchait guère, sage en cela surtout ; peut-être aussi, comme Tacconi, les prêtait-il à ses amis. » 389 (Cf. Femmes. Échange des femmes)

Polygamie (Salomon) (4) : (14 février) 2019. Delphine Horwiller « rabin et philosophe », échangeant divers propos sur les religions avec Abd-Al- Malik « rappeur, slameur et auteur » évoquant Salomon, le décrit comme « le plus grand amant de tous les temps ». 390

Polygamie (Taché Aurélien) : (19 novembre) 2020. Aurélien Taché, député ex-LREM, sur C. News a estimé « assez étonnant » que l’État se « mêle » de « la polygamie », « un mode de vie différent ». Il s’est ensuite rétracté et a qualifié la polygamie « une forme d’obscurantisme » 391

Polygamie (Schweitzer Albert) : 1956. Le colonialisme, le racisme d’Albert Schweitzer [1875-1965], prix Nobel de la paix en 1952, a souvent été dénoncé ; mais beaucoup moins, sinon pas, ses analyses patriarcales.
Voici son véritable plaidoyer (colonialiste, raciste) en faveur de la polygamie, « une grave question sociale », en Afrique bien sûr :
« Les missionnaires luttent par tous les moyens contre la polygamie et demandent en maints endroits au Gouvernement de l’interdire par une loi. D’autre part, nous tous qui sommes ici devons avouer qu’elle est liée très intimement aux conditions économiques et sociales du pays. Là où la population vit dans ces cases en bambou et où la société n’est pas organisée de manière à permettre aux femmes de gagner leur vie par un travail indépendant, il n’y a pas de place pour la femme célibataire.
Or, la polygamie est la condition première du mariage de toutes les femmes.
De plus, il n’y a dans la forêt vierge ni vaches, ni chèvres laitières.
La mère est donc obligée de nourrir son enfant pendant longtemps au sein, pour qu’il ne périsse pas.
La polygamie respecte le droit de l’enfant.
Après l’avoir mis au monde, la femme a le droit et le devoir de ne vivre que pour son enfant pendant trois ans. Elle n’est plus épouse avant tout, mais mère. Elle passe même souvent la majeure partie de son temps chez ses parents. Au bout de trois ans, on célèbre la fête du sevrage, et la femme rentre alors comme épouse dans la case de son mari, mais on ne peut concevoir cette période consacrée à l’enfant que si l’homme a pendant ce temps une ou plusieurs femmes pour s’occuper du ménage et des plantations.
Encore un point. Chez ces peuples primitifs, on ne rencontre jamais une veuve ou un orphelin délaissé. Le plus proche parent hérite du défunt et doit l’entretenir, ainsi que ses enfants. Elle devient de droit sa femme, mais peut ensuite, avec son consentement, épouser un autre homme.
Ébranler les fondements de la polygamie chez les peuples primitifs équivaudrait à faire chanceler tout leur édifice social.
Avons-nous le droit de le faire, sans être en mesure d’établir en même temps un nouvel ordre social adapté aux circonstances ?
La polygamie ne continuerait-elle pas d’exister en fait avec cette seule différence que les femmes de seconde main, jusqu’alors légitimes, seraient considérées comme illégitimes ?
Cette question préoccupe fort les missionnaires. Plus les conditions économiques s’amélioreront, plus la lutte contre la polygamie sera aisée. […]
La Mission doit assurément faire de la polygamie un idéal et une exigence du christianisme.
Mais l’État commettrait une erreur en prétendant l’imposer par voie légale.
Pour autant que je puisse en juger, jusqu’à maintenant, ce serait également une erreur d’identifier la lutte contre l’immoralité avec la lutte contre la polygamie.
Les femmes d’un même mari vivent généralement en bonne harmonie.
La femme noire n’aime pas être le seule épouse, car elle doit alors pourvoir seule à l’entretien de la plantation qui est du ressort de la femme. L’entretien de la plantation est très pénible, parce qu’elle se trouve à l’ordinaire loin du village, dans un endroit écarté. […]
Par mes conversations avec les blancs les plus compétents et les plus expérimentés de cette région, j’en suis venu à la conviction que nous ne devons améliorer les lois et les mœurs existantes, et n’y rien changer sans nécessité. » 392 (Cf. Penser. Consentement, Patriarcat. Colonialisme, Politique. Colonialisme. Peuple. Racisme, Proxénétisme, Anthropologie, Sociologie (pour les ‘arguments’ invoqués pour justifier l’injustifiable))

Polygamie (De Sica Vittorio) : (5 avril) 2020. Entendu sur Ciné classique dans le film qui lui est consacré Vittorio de Sica, le voltigeur de bicyclette [1901-1974] :
« Par amour, sa vie était un enfer. » (Cf. Culture. Cinéma)

Polygamie (Touraine Alain) : 1996. Alain Touraine, dans Une société fragmentée ? Le culturalisme en débat, « sociologue », auteur de :
« Je persiste à ne pas voir au nom de quel principe la polygamie doit être interdite, même si je reconnais qu'elle rend plus difficile l'intégration des femmes africaines et renforce ainsi l'exclusion qui les menace en leur facilitant l'enfermement dans la vie domestique et l'analphabétisme. » 393 Je laisse aux Africain-es le soin de critiquer ce qui les concerne frontalement. Avec tant de violences et de mépris. (Cf. Sociologie. Touraine Alain)
* Ajout. 12 mars 2019. (11 mars) 2019. Alain Touraine, auteur de :
« Moi, qui me passionne pour la condition féminine… » 394

Polygamie (Valéry Paul) : (21 juin) 1922. L’abbé Mugnier [1853-1944] rapporte le propos de Paul Valéry [1871-1945] dans son Journal :
« Le christianisme a joué deux grands tours à l’homme, d’abord celui de supprimer la polygamie puis d’exiger le pardon des excuses. » 395

Polygamie. Voltaire :

Polygamie (Voltaire) (1) : (13 mars) 1764. Voltaire [1694-1778] écrit à Arthur Hill-Trevor [1694-1771] : « […] Un double mariage est contraire à nos lois occidentales, mais pas aux lois orientales, et moins encore aux lois de la bonne nature. » 396

Polygamie (Voltaire) (2) : (28 mars) 1766. Voltaire [1694-1778] écrit à James Marriott (avocat Londonien. ?- ?] :
« À l’égard de la polygamie, c’est une autre affaire. Votre marchand de volaille était très estimable d’avoir deux femmes, il devait même en avoir d’avantage à l’exemple des coqs de basse-cour ; mais il n’en est pas de même des autres professions ; votre marchand pondait apparemment sur ses œufs, et tout le monde n’a pas les moyens d’entretenir deux femmes à la maison. Cela est bon pour le Grand Turc, les rois d’Israël et les patriarches. Il n’appartient pas aux citoyens chrétiens d’en faire autant. Je voudrais seulement que chacun de nos prêtres en eût une, et surtout de nos moines, qui passent pour être très capables de rendre à l’État de grands services. […] » 397 (Cf. Démographie. Voltaire)

Polygamie (Wikipédia) : 2017. Concernant Jean Renoir [1894-1979], je lis sur Wikipédia :
« Jean Renoir est un réalisateur et scénariste français, né à Paris le 15 septembre 1894 et mort à Beverly Hills le 12 février 1979. » Suivi de la fiche indicative suivante :
« Distinctions et récompenses » […] ; « Épouses » […], « Livres» […]» : son capital ?
* Ajout. 24 juin 2018. Je lis à Bernard Lavilliers : « Épouses. 1.., 2.., 3...» (Cf. Histoire. Historiographie. Patriarcale. Wikipédia)

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Notes de bas de page

1 Titre du Parisien, 28 novembre 2011

2 Source non notée. [2010, 2011]

3 AFP, Agression de policiers : Une famille en prison. 17 août 2010

4 AFP, Blanc Mesnil : autopsie d’une famille tuée. 29 décembre 2012

5 AFP, Afghanistan : un journaliste et sa famille tués. 21 mars 2014

6 Metro News, 8 septembre 2014

7 AFP, Un Jordanien exécute toute sa famille. 14 juin 2012

8 AFP. Le Monde, Une famille emportée dans un cours d’eau des Cévennes. 15 novembre 2014

9 Le Midi libre. AFP, Normandie. Le grand père a t-il tué sa famille avant de se suicider ? 20 juin 2015

10 AFP, Indonésie : le bilan du crash porté à 143 morts. 1er juillet 2015

11 Georges Sadoul, Dictionnaire des films. Microcosme. le Seuil. 383p. 1990. p.176

12 Le Figaro. AFP, Drame familial à Anglet. Le Parquet évoque des difficultés financières et familiales. 22 juin 2016

13 Le Figaro. AFP, Espagne : un Brésilien avoue avoir tué sa famille. 21 octobre 2016

14 Le Journal du dimanche, Jacqueline Sauvage, ‘J’ai fermé les yeux et tiré trois fois…’. 26 février 2017. p.28

15 France 24. 5 novembre 2017

16 Le Figaro, 25 ans après avoir tué sa famille, Jean-Claude Romand demande sa libération conditionnelle. 6 septembre 2018

17 Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z. 1479p. 1995. p.1040

18 Louis Aragon, Les beaux quartiers. Folio. Gallimard. 625p. 2012. p.59

19 Libération, Tout sur la mère. 11 juin 2009

20 In : Michel Foucault, Dits et écrits. 1954-1988.II. 1976-1988. Quarto. Gallimard. 1735 p. 2001. p.346

21 Honoré de Balzac, Mémoires de deux jeunes mariées. In : La Comédie humaine. I. La Pléiade. 1065p.1951. p.186, 208

22 BFM.TV. 26 décembre 2018

23 Sabine Bernert, La bouillonnante. In: Célyne Baÿt-Darcourt, Femmes d’exception. Tallandier. France info. 232p. 2012. p.76

24 Bruno Bettelheim, Psychanalyse des contes de fées. Robert Laffont. Le livre de poche. 512p. 1976. p.157

25 C’est à vous. 11 décembre 2019

26 France Info, Jean-Michel Blanquer détaille l’hommage prévu dans l’Éducation nationale le 2 novembre. 25 octobre 2020

27 In: Jean Lacouture, Léon Blum. Points. Histoire. 616 p. 1979. p.25

28 Marguerite Castillon du Perron, La princesse Mathilde. Un règne féminin sous le Second Empire. Amiot Dumont. Paris. 308p. 1958. p.186

29 Marie Cardinal, Au pays de mes racines. Le livre de poche. 219p. 1980. p.41

30 Cornelius Castoriadis, Spiros Stanias, Anti. Athènes. 24 février 1989. In : Cornelius Castoriadis, Quelle démocratie ? II. Éditions du Sandre. 656p. 2013. p.339

31 Cornelius Castoriadis, Radio suisse romande. 4 août 1996. In : Cornelius Castoriadis, Quelle démocratie ? II. Éditions du Sandre. 656p. 2013. p.619

32 Radio Notre Dame, La famille, une communion de personnes. 20 mars 2014

33 Le Canard enchaîné, La Boite aux Images. 25 juillet 2018. p.7

34 Pierre Chaunu, Ce que je crois. Grasset. 261p. 1982. p.85

35 BFM.TV, 14 septembre 2018

36 In : France Culture, Les pieds sur terre. Histoires de femmes, Thérèse, Maya, Madeleine et les autres…19 février 2016 [1ère diffusion. 3 octobre 2007]

37 Pierre Desgraupes, Le mal du siècle. Grasset. 346p. 1977. p.96

38 Cf. Marie-Victoire Louis, Les Algériennes, la lutte http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=399&themeid=397

39 Doris Lessing, Les enfants de la violence. La cité promise (3). Le livre de poche. 915p. 1981. p.105

40 France Culture, Émile Durkheim, illustre sociologue inconnu. 21 août 2017

41 V. Vitale, Documenti sui castello di Bonfacio, Genovoa. 1936. n°99. p 20. In : Didier Lett, Homme et femmes au Moyen-Âge. Histoire du genre. XII-XVe siècle. Armand Colin. 222p. 2013. p.206

42 Anaïs Nin, Journal. 1939-1944. Le livre de poche. 508p. 1971. p.343, 344

43 Doris Lessing, Les enfants de la violence. Le livre de poche. 918p. 1978. p.775, 766

44 Danielle Michel-Chich, Thérèse Clerc, Antigone aux cheveux blancs. Des femmes. 132p. 2007. p.33

45 Femme majuscule. n°36. 10 janvier 2017

46 Le Canard enchaîné, Le Cinéma. 1er août 2018. p.6

47 France Inter. 30 janvier 2020. 06h 30

48 BFM.TV, Carlos Ghosn. La grande évasion. 27 janvier 2020

49 France Culture, Répliques. Mémoires croisées. 31 juillet 2021 [1ère diffusion. 3 avril 2021]

50 France Culture, La comtesse de Ségur. 2 août 2021

51 France Culture, Répliques. L’amour toujours. 7 août 2021 [Ière diffusion. 28 novembre 2020]

52 France Culture, Concordance des temps. 10 octobre 2020

53 Benjamin Crémieux, Le premier de la classe. Roman. Grasset. 174 p. 1921. p.7

54 Régis Debray, Loués soient nos seigneurs. Une éducation politique. Galimard. 592p. 1996. p.329

55 Charles de Gaulle, Mémoires. La Pléiade. 1505p. 2000. p.1141

56 In : Denis Diderot, Œuvres. La Pléiade. 1470p. 1951. p.785

57 Françoise Dolto, Danielle Rapoport, Bernard This, Enfants en souffrance. Stock / Laurence Pernoud. 230p. 1981. p.189

58 France Culture, Une vie, une œuvre. Gaston Leroux. 1868-1927. 11 août 2018 [1ère diffusion. 20 novembre 1997]

59 Le Parisien, Un homme se défenestre avec ses deux enfants. 5 octobre 2017

60 George Eliot, Le moulin sur la Floss. Folio. Classique. 738p. 2003. p.72, 73

61 France Culture, Xavier Emmanuelli. Une lignée de médecins. 18 décembre 2017

62 France 2, On n’est pas couché. 17 octobre 2015

63 Samuel Pepys, Journal. I 1660-1664. Bouquins. Robert Laffont. 1994. 1365p. p.203

64 France Inter, Le mouvement Poujade. 22 juillet 2019

65 France Culture, La parole ouvrière. 2 mars 2018 [1ère diffusion. 31 août 1991]

66 Bruno Le Maire, Jours de pouvoir. Récit. Gallimard. 427p. 2013. p.72

67 France 2, Le Dimanche. 19 novembre 2017. 19 h

68 Ouest-France, Le Mans, Emmanuel Macron assiste aux obsèques de Jean-Claude Boulard. 4 juin 2018

69 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.617

70 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.1351

71 Elena Ferrante, Le nouveau nom. L’amie prodigieuse. II. Folio. Gallimard. 623p. 2016. p.555, 556

72 France Culture, Une vie une œuvre. Nino Ferrer, le mal entendu. 1934 -1998. 10 août 2010

73 Madame Roland, Mémoires particuliers. In : La fabrique de l’intime. Mémoires et journaux de femmes au XVIIème siècle. Bouquins. Robert Laffont. 1192p. 2013. p.610, 611

74 France Culture, L’affaire du fichier juif. 5 octobre 2020

75 Jacques Lœw, En mission prolétarienne. Le Seuil. Livre de vie. Économie et humanisme. 187p. 1961. p.98

76 George Sand, Correspondance. Georges Lubin. Classiques Garnier. Tome XXII. 868p. 1987. p.699

77 A chacun son métier. Images de Marie-Madeleine Franc-Nohain. Légendes à sa fille Françoise. A Tours. Maison Mame. 43 p. 1942. p.10

78 Bruno Bettelheim, Psychanalyse des contes de fées. Robert Laffont. Le livre de poche. 512p. 1976. p.262. note

79 France Inter, La marche de l’histoire. Le témoin du vendredi. Denise Cacheux, socialiste rieuse. 5 juin 2015

80 Le Canard enchaîné, Ils vous attendent. 15 mars 2017. p.6

81 Le Monde. Campus, Le gouvernement va graver dans le marbre le tirage au sort. 14 Janvier 2017. Mis à jour le 16 janvier 2017

82 EF-L ANEF, Patricia Mercadrer, Une parution qui j’espère pourra vous intéresser. 17 janvier 2017

83 Adam Smith, Théorie des sentiments moraux. Quadrige PUF. 469p. 2010. p.75

84 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.194

85 George Eliot, Middlemarch. Folio. Classique. 1152p. 2020. p.148

86 Mémoires, souvenirs et journaux de la Comtesse d’Agoult. Daniel Stern. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 430p. 1990. note. p.123

87 Stendhal, Lettres à Pauline. L’école des lettres. Seuil. 1994. 645p. p.11, 12, 17, 20, 26, 32, 40, 42, 45, 46, 48, 54, 59, 77, 89, 90, 97,101, 108, 116,119, 154, 177, 178, 190, 201

88 George Eliot, Le moulin sur la Floss. Folio. Classique. 738p. 2003. p.67, 84

89 Édith Stein, Vie d’une famille juive. 1891-1942. Ad Solem - Cerf. 592p. 2001. p.164

90 Lou Andréas Salomé, Ma vie. PUF. Perspectives Critiques. 315p. 1978. p.42

91 Marie Cardinal, Une vie pour deux. Grasset. 345p. 1978. p.35, 36

92 Autrement, Des sœurs, des frères. 182 p. 1990. p.17

93 Sigmund Freud. Karl Abraham, Correspondance complète.1907-1925. Connaissance de l’inconscient. Gallimard. 790p. 2006. p.65

94 BFM.TV. 24 janvier 2020. 12h 22

95 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. Mercure de France. 1304p. 2013. p.457

96 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.1168

97 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.1237

98 Source oubliée (en 2018) de noter

99 France Culture, Julien Gracq. 1 / 5. 10 août 2020 [1ère diffusion. 28 mars 1977]

100 Jean Guéhenno, Journal d’un homme de 40 ans. Le livre de poche. 241p. 1968. p.19

101 Daniel Guérin, L’anarchisme. Folio. Essais. 286p. 2019. p.71

102 Émile Zola, Germinal. Fasquelle. Le livre de poche. 503p. 1969. p.166

103 Hegel, Principes de la philosophie du droit. Idées. NRF. 280p. 1963. p.206, 207, 208

104 In : Victor Hugo, Choses vues. 1849-1885. Folio. Édition Hubert juin. Folio. Classique. Gallimard. 1014p. 2010. p.403

105 Émile Zola, Thérèse Raquin. Garnier Flammarion. 253p. 1970. p.85

106 Émile Zola, Émile Zola, La faute de l’abbé Mouret. Fasquelle. Le livre de poche. 437p. 1973. p.31

107 Isadora Duncan, Ma vie. Folio. Gallimard. 447p. 2016. p.33

108 Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien. Le livre de poche. 437p. 1969. p.63

109 Hannah Arendt, Rahel Varnhagen. La vie d’une juive allemande à l’époque du romantisme. Tierce. Littérales II. 382p. 1986. p.217, 222

110 In : Huysmans, Romans et nouvelles. La Pléiade. 1791p. 2019. p.539

111 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.992

112 Pierre Desgraupes, Le mal du siècle. Grasset. 341p. 1977. p.87, 88

113 Hélène Berr, Journal. Points. Tallandier. 329p. 2009. p.115, 116

114 R.F.I, Helmut Khol : père d’un pays quitte à délaisser la sienne.18 juin 2017

115 LCI, Bruno Le Maire. 29 septembre 2019

116 George Sand, Lélia. Classiques Garnier (Les deux Lélia sont publiés). 601p. 1960. p.21

117 MFPF, Élection d’ Emmanuel Macron. Le Planning reste vigilant et mobilisé. 8 mai 2017

118 Chaine Histoire, Archives du XXème siècle. Emmanuel Berl. 1ère partie. (Interview réalisées en 1971) 10 juillet 2016

119 Comtesse de Ségur, Pauvre Blaise. Hachette. Bibliothèque rose illustrée. 336p. 1888. p.129

120 Jean Guéhenno-Louis Guilloux, Correspondance (1927-1967). Les paradoxes d’une amitié. La part commune. 734p. 2011. p.95

121 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.1253

122 Paul et Victor Margueritte, Mariage, divorce, union libre. Société d’éducation et d’action féministes (Lyon). 31 p. 1906 .p.2. (Lisible sur Gallica)

123 Les passions d’Henri Guillemin. À la Baconnière. 448p. 1994. p.140, 413

124 Alexis de Tocqueville, Lettres choisies. Souvenirs. Quarto. Gallimard. 1160p. 2003. p.1021

125 Alexandra David-Neel, Correspondance avec son mari. Édition intégrale. 1904-1941. Plon. 943p. 2001. p.500

126 Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z. 1479p. 1995. p.789, 790

127 Jules Michelet, Journal. Folio. Classique. 1144p. 2017. p.278

128 François Michelin, Et pourquoi pas ? Grasset. 218p. 1998. p.142

129 Le Monde Diplomatique, Mark Twain, franchisseur de frontières. octobre 2017. p.24

130 France Culture, Sur la route. 10 janvier 2014. 17h 50

131 France Culture, L’esprit public. 16 décembre 2018

132 France 5, C Politique. 3 février 2019

133 Stefan Zweig, Fouché. Le livre de poche. 279p. 2013. p.136

134 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.351, 824

135 Henry Bordeaux, Le foyer. Flammarion. 46p. 1937. p.41

136 France Culture, Toute une vie. Sàndor Ferenczi. 6 février 2021

137 Association Choisir, Avortement : une loi en procès. L’affaire de Bobigny. Idées Gallimard. 255p. 1973. p.89

138 Marie Métrailler, Marie-Magdeleine Brumagne, La poudre de sourire. L’Age d’homme. 223 p. 1987. p.209

139 George Orwell, Une vie en lettres. Correspondance (1903-1950). Agone. 666p. 2014. p.402

140 Chamfort, Maximes, pensées, caractères et anecdotes. Garnier Flammarion. 439p. 1968. p.196

141 Antoinette Fouque. Qui êtes -vous ? Bourin éditeur. 149p. 2009. p.39

142 Samuel Pepys, Journal. I. 1660-1664. Bouquins. Robert Laffont. 1994. 1365p. p.708

143 Message du 11 juillet 1940. In : Maréchal Pétain, La France nouvelle. Principes de la communauté, suivis de Appels et Messages. 17 juin 1940-17 juin 1941. Paris, Fasquelle, Éditeurs. 172 p. décembre 1941. p.31

144 Maurice Garçon, Journal. 1939-1945. Les Belles Lettres / Fayard. 702p. 2015. p.300

145 Maurice Garçon, Journal. 1939-1945. Les Belles Lettres. Fayard. 702p. 2015. p.316, 317

146 Nathalie Dompnier, Une croisade contre l’individualisme et la décadence : les vertus du maréchal Pétain. In : Vertu et politique. Les pratiques des législateurs (1789-2014). Presses Universitaires de Rennes. 436p. 2015. p.362

147 Françoise Giroud, La comédie du pouvoir. Fayard. 361p.1977. p.156

148 George Sand, Correspondance. Tome VIII. Aux membres du Comité central (lettre non envoyée). Garnier Flammarion. 868 p. 1971. p.402

149 Élisée Reclus, L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique, In : Écrits Sociaux. Feuilles d’herbe. Éditions Héros-Limite. 251p. 2012. p.59

150 France Culture, Régis Debray. Allons aux faits. Réalités religieuses. Que faut-il entendre par religion ? 12 juillet 2016

151 France Culture, La culture de guerre en France. 17 septembre 2016

152 George Sand, Entretiens journaliers. In : Œuvres autobiographiques. II. La Pléiade. 1638p. 2001. p.997

153 George Sand, Correspondance. Georges Lubin, Classiques Garnier. Tome XX. 942p. 1985. p.286

154 George Sand, Correspondance. Georges Lubin, Classiques Garnier. Tome XX. 942p. 1985. p.293

155 George Sand, Correspondance. Georges Lubin, Classiques Garnier. Tome XX. 942p. 1985. p.297

156 George Sand, Correspondance. Georges Lubin, Classiques Garnier. Tome XX. 942p. 1985. p.322

157 George Sand, Correspondance. Georges Lubin, Classiques Garnier. Tome XX. 942p. 1985. p.392, 393

158 George Sand, Correspondance. Georges Lubin, Classiques Garnier. Tome XX. 942p. 1985. p.397

159 George Sand, Correspondance. Georges Lubin, Classiques Garnier. Tome XX. 942p. 1985. p.585

160 George Sand, Correspondance. Georges Lubin. Classiques Garnier. Tome XXI. 992p. 1986. p.15

161 George Sand, Correspondance. Georges Lubin. Classiques Garnier. Tome XXII. 868p. 1987. p.239

162 George Sand, Correspondance. Georges Lubin. Classiques Garnier. Tome XXII. 868p. 1987. p.450

163 George Sand, Correspondance. Georges Lubin. Classiques Garnier. Tome XXII. 868p. 1987. p.545, 546

164 George Sand, Correspondance. Georges Lubin. Classiques Garnier. Tome XXII. 868p. 1987. p.569

165 George Sand, Correspondance. Georges Lubin. Classiques Garnier. Tome XXII. 868p. 1987. p.654

166 George Sand, Correspondance. Georges Lubin. Classiques Garnier. Tome XXII. 868p. 1987. p.685

167 George Sand, Correspondance. Georges Lubin. Classiques Garnier. Tome XXII. 868p. 1987. p.695

168 George Sand, Correspondance. Georges Lubin. Classiques Garnier. Tome XXII. 868p. 1987. p. 720

169 Cindy Sheehan, Peace mom. Le combat d’une mère américaine contre la guerre. Flammarion. 260p. 2007. p.199, 200, 201

170 Source à retrouver

171 Le collectif de Boston pour la santé des femmes, Nos enfants, Nous-mêmes. Un livre écrit par des parents pour des parents. Par les auteur-es de : Notre corps, Nous-mêmes. (traduit de l’anglais) Albin Michel. 284p. 1980. p.175

172 Claude Simon. In : Madeleine Chapsal, Les écrivains en personne. 10/18. 316p. 1973. p.290

173 On peut entendre la partie du discours au cours duquel Staline prononça cette phrase, In : France Culture, Chostakovitch [1906-1975]. Celui qui a des oreilles entendra. 21 octobre 2017

174 Madame de Staël, De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p.81

175 John Steinbeck, Les raisins de la colère. Folio. Gallimard. 639p. 2020. p.237

176 Journal de l’abbé Mugnier. 1879-1939. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 639p. 2007. p.56

177 Talleyrand, Mémoires. (page à retrouver)

178 France Inter, Scènes d’amour chez Tchékhov. 13 août 2017

179 Dr Mc Ginnis, Votre première année de mariage. Guide des fiancés et des jeunes mariés. Éditions Resma. 185p. 1979. p.26

180 Ciné classique, Aznavour, Viens voir le comédien. 13 février 2016. 13h 30

181 Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma. Les réalisateurs. Bouquins. Robert Laffont. 1008 p. 2003. p.679, 953

182 Victoria Vanneau. La paix des ménages. Histoire des violences conjugales. XIXème-XXIème siècle. Anamosa. 2016. 363p.

183 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.65

184 Cf. Alfred Naquet, La loi du divorce. Bibliothèque Charpentier. Eugène Fasquelle Éditeur. I903. 331p. (lisible sur Gallica)

185 George Sand, Jacques (lisible sur le net). Calmann-Lévy. 353p. 1834. p.12, 13, 36, 66, 67

186 L’Évangile (de Jean). 8

187 In : Denis Diderot, Œuvres. La Pléiade. 1470p. 1951. p.781

188 Jean Guitton, Œuvres complètes. Journal de ma vie. Desclée de Brouwer. 747p. 1976. p.396

189 Adam Smith, Théorie des sentiments moraux. PUF. 469p. 2010. p.245.

190 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.65

191 Gérard Miller, Les pousse-au-jouir du maréchal Pétain. Le Seuil. 238p. 1975. p.169. Préface de Roland Barthes. Citation extraite du livre d’Anatole de Monzie, La saison des juges. Flammarion. 1943

192 Madame Figaro, ‘Cruellement trahie’, Ségolène Royal revient sur l’adultère de François Hollande. 31 octobre 2018

193 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.59

194 A. Jourcin et Ph. Van Tieghem, Dictionnaires des femmes célèbres. Collection : Les dictionnaires de l’homme du XXème siècle. Larousse. 1969. 256 p.

195 Ryszard Kapuscinski, Imperium. 10/18. 340p. 1999. p.76, 77

196 Mémoires, souvenirs et journaux de la comtesse d’Agoult. I. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 2007. p.172 à 198

197 Léon Poliakov, Bréviaire de la haine. Le IIIème Reich et les juifs. Le livre de poche. 505p. 1976. p.19

198 Françoise Renaudot, Moi, j’irai à Dreux. Récit. Robert Laffont. 273p. 1980. p.229

199 Muhammed Yunus (avec Alan Jolis), Vers un monde sans pauvreté. Lattès. 345p. 2006. p.74

200 Le Figaro. AFP, Maroc. Loi sur le viol amendée. 22 janvier 2014

201 Honoré de Balzac, Mémoires de deux jeunes mariées. In : La Comédie humaine. I. La Pléiade. 1065p.1951. p.325

202 Honoré de Balzac, Illusions perdues. Garnier frères, 876p. 1969. p.42

203 Honoré de Balzac, Illusions perdues. Garnier frères, 876p. 1961. p.569

204 Honoré de Balzac, Illusions perdues. Garnier frères, 876p. 1961. p.582

205 Wikipédia, Paula Modersohn Becker

206 Léon Blum, Du mariage. Écrit en 1905, publié en 1907, réédité en 1937. In : L’œuvre de Léon Blum, Éditions Albin Michel. 1905-1914. Du Mariage. 1962. 652 p.178

207 Victorine Brocher, Souvenirs d’une morte vivante. Une femme dans la Commune de 1871. Libertalia. 334p. 2017. p.69

208 Mémoires du comte de Bussy-Rabutin, Le Temps retrouvé. Mercure de France. 372p. 2010. p.85

209 Émile Zola, La faute de l’abbé Mouret. Fasquelle. Le livre de poche. 437p. 1973. p.293 à 295

210 Jacques Loew, Journal d’une mission ouvrière (1941-1959). Les éditions du Cerf. 476p. 1959. p.157

211 Céline, Lettres. La Pléiade. 2034 p. 2009. p.278, 1636

212 Alphonse de Chateaubriand, Mémoires d’Outre-tombe. I. La Pléiade. 1232p. 1983. p.586

213 Chow Ching Lie, Le palanquin des larmes. Dans le Chine de Mao, l’échappée d’une femme. J’ai lu. 382p. 2001. p.226, 240, 264, 265

214 France Culture. 29 décembre 2018. 7h 50

215 La comtesse de Ségur, Correspondance. Préface de Michel Tournier. Éditions Scala. 216p. 1993. p.34

216 Comtesse de Ségur, Diloy le chemineau. Hachette. Bibliothèque rose illustrée. 352p. 1903. p.346

217 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.260

218 Benjamin Constant, Lettre à Madame la comtesse de Nassau. In : Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.416

219 In : Madame de Staël, Correspondance générale. Tome VII. Champion. Slatkine. 645p. 2008. p.1, 2. note 3

220 Portalis, Discours préliminaire du premier projet de Code civil. 1801. p.35. Les classiques des sciences sociales. Éditions confluences. La voix de la cité. 77p. 2004. p.31

221 Stendhal, Le rouge et le noir. Le livre de poche. Classiques de poche. 577p. 2009. p.316

222 Déclaration de Stuart Mill à l’occasion de son mariage avec Harriet Taylor. ENS. Openeditions.org. 2014

223 John Stuart Mill, De la liberté. Folio. Essais. 242 p. 1990. p.221

224 Libération, Olga Picasso, l’ex-flamme d’un maître. 2 avril 2017

225 Mémoires du cardinal de Bernis. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 375p. 1986. p.53

226 Alexandra David-Neel, Correspondance avec son mari. Édition intégrale. 1904-1941. Plon. 943p. 2001. p.38, 167

227 Alexandra David-Neel, Correspondance avec son mari. Édition intégrale. 1904-1941. Plon. 2001. 937p.

228 Voltairine de Cleyre, Le mariage est une mauvaise action. Éditions du Sextant. 60p. 2009. p.38, 39

229 In : La fabrique de l’intime. Mémoires et journaux de femmes au XVIIème siècle. Bouquins. Robert Laffont. 1192p. 2013. p.284. note 1

230 Lettre de M. Damilaville à Voltaire, In : Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.1209. note 1, 157

231 Denis Diderot, Correspondance. Tome V. Bouquins. Laffont. 1468p. 1997. p.808, 809

232 In : Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1986. p.1430

233 Stendhal, La Chartreuse de parme. Folio. Gallimard. 700 p.1985. p.30

234 Madame Lafarge, Heures de prison. Paris, Librairie Nouvelle. (Numérisé par Google) 314p. 1854. p.209

235 George Sand, Histoire de ma vie, In : Œuvres autobiographiques. II. La Pléiade. 1638p. 2001. p.405, 406

236 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. Cf. Notes et variantes. p.1542, 1543

237 Marie-Victoire Monnard. Souvenirs. In : La fabrique de l’intime. Mémoires et journaux de femmes au XVIIème siècle. Bouquins. Robert Laffont. 1192p. 2013. p.1117

238 Marie-Victoire Monnard, Souvenirs. In : La fabrique de l’intime. Mémoires et journaux de femmes au XVIIème siècle. Bouquins. Robert Laffont. 1192p. 2013. p.1054

239 Hippolyte Taine, Les origines de la France contemporaine. Bouquins. Robert Laffont. Tome.1. 839p. 1986. Note. 3. p.705

240 Marie Bashkirtseff, Lettres. Eugène Fasquelle, Éditeur. 282p. 1922. p.122 à 133

241 François Mauriac, Le nœud de vipères. Bernard Grasset. 311p. 1932. p.105

242 François Mauriac, Le nœud de vipères. Bernard Grasset. 311p. 1932. p.83

243 George Sand, Correspondance. Georges Lubin. Classiques Garnier. Tome XVIII. 761p. 1984 p.146. note 1

244 Être français aujourd’hui et demain. I. Rapport de la commission de la nationalité (M. Marceau Long. Président) 10/18. UGE. 769p. 1988. p.360

245 Lucienne Mazenod, Ghislaine Schoeller, Dictionnaires des femmes célèbres. De tous les temps et des tous les pays. Bouquins. Robert Laffont. 932p. 1992

246 Le Monde, Gisèle Halimi. ‘J’avais en moi une force sauvage, une rage, je voulais me sauver’. 22-23 septembre 2019

247 Isadora Duncan, Ma vie. Folio. Gallimard. 447 p. 2016. p.232, 233

248 France Culture, ‘Ma vie’ de Isodora Duncan. 10 décembre 2020

249 George Eliot, Middlemarch. Folio. Classique. 1152p. 2020. p.277

250 George Eliot, Middlemarch. Folio. Classique. 1152p. 2020. p.388

251 Cf. Mariage (Droit au), In : Dictionnaire des droits de l’homme. Sous la direction de Joël Andriantsimbazovina, Hélène Gaudin, Jean-Pierre Marguénaud, Stéphane Rials, Frédéric Sudre. PUF. 1074 p. 2008. p.679

252 Marie Bashkirtseff, Lettres. Eugène Fasquelle, Éditeur. 282p. 1922. p.112

253 Chateaubriand, Lettres à Madame Récamier. Flammarion. 570p. 1998. p.40

254 Denise Grey, 70 ans sur les planches. Entracte. Plon. 196p. 1988. p.50,51

255 Elena Ferrante, Celle qui fuit et celle qui reste. Folio. Gallimard. 542p. 2017. p.384

256 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.571

257 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.595

258 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.626

259 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.654

260 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.759

261 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.852

262 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.926

263 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.935

264 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.954

265 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.956

266 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.978

267 France Info, Penelope Fillon est prête à parler, mais son mari ne veut pas qu’elle s’exprime pour l’instant. 23 février 2017

268 Guy Chaussinand-Nogaret, Le citoyen des Lumières. Éditions Complexe. 220p. 1994. p.71

269 Arte, Sénégal. Lady’s turn. Le foot au féminin. 8 septembre 2015

270 Leila, Mariée de force. Pour la première fois, une femme témoigne. J’ai lu. 2004. 251p.

271 In : Fourier, Textes choisis. Éditions Sociales. Les classiques du peuple. 166 p.1969. p.127

272 Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z. 1479p. 1995. p.503

273 Françoise-Radegonde Lenoir, Vie de Françoise-Radegonde Lenoir, In : La fabrique de l’intime. Mémoires et journaux de femmes au XVIIème siècle. Bouquins. Robert Laffont. 1192p. 2013. p.336

274 Sigmund Freud, Lettres à Wilhelm Fliess, 1887-1904. PUF. 763p. 2006. p.128

275 Sigmund Freud. Karl Abraham, Correspondance complète.1907-1925. Connaissance de l’inconscient. Gallimard. 790p. 2006. p.412

276 Montesquieu, Lettres persanes. Garnier. Livre de poche. 444p. 2006. p.260

277 Madame de Genlis, Les souvenirs de Félicité L***, In : La fabrique de l’intime. Mémoires et journaux de femmes au XVIIème siècle. Bouquins. Robert Laffont. 1192p. 2013. p.421

278 Marie Gilliard-Malherbe, À l’étroit dans ma peau de femme. Souvenirs. 1900. Éditions d’en bas. 2001. p.96. In : Paroles de femmes (Sous la direction de Jean-Pierre Guéno). Radio France. 157p. 2009. p.21, 22

279 Emma Goldman, Vivre ma vie. Une anarchiste au temps des révolutions. L’échappée. 1095p. 2018. p.62

280 Françoise de Graffigny, Lettres d’une Péruvienne. Adriatica Éditrice. 492p. 1967. p.294

281 Louise Weiss, Combats pour les femmes. Albin Michel. 270p. 1980. p.96, 97

282 In : Rivarol, Chamfort, Vauvenargues, L’art de l’insolence. 1517p. 2016. p. 231, 232

283 Victor Hugo, Notre-Dame de Paris. Garnier Flammarion. 512p. 1967. p.508, 509

284 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.1476

285 Alexandra Kollontaï, Marxisme et révolution sexuelle. Présentation par Judith Stora-Sandor. François Maspero. Bibliothèque socialiste. 286p. 1973. p.239

286 Voltaire, Correspondance. II. (janvier 1739-décembre 1748). La Pléiade. 1814p. 1977. p.1140

287 Doris Lessing, Les enfants de la violence. Le livre de poche. 918p. 1978. p.388

288 Fabrizio Calvi, La vie quotidienne de la mafia de 1950 à nos jours. Le Livre de poche. 382p. 1986. p.165, 236

289 Julien Green, Les années faciles. 1926-1934. Plon. 582p. 1970. p. 302

290 Julien Green, Les années faciles. 1926-1934. Plon. 582p. 1970. p.509

291 Le Monde, Prison ferme confirmée pour les ‘patrons voyous’ de l’usine Samsonite. 6 juillet 2012

292 Marivaux, Le père prudent et équitable. In : Théâtre complet. Tome I. Classiques Garnier. Bordas. 1126p. 1968. p.27

293 Chamfort, Maximes et Pensées. In : Rivarol, Chamfort, Vauvenargues, L’art de l’insolence, Bouquins. Robert Laffont. 1517p. 2016. p.308

294 Stendhal, La Chartreuse de parme. Folio. Gallimard. 700 p.1985. p.135

295 AFP, L’ex-épouse de Merah attaque Le Point. 7 juin 2012

296 Margaret Goldsmith, Cinq femmes contre le monde. Gallimard. 201p. 1937. p.151

297 Nietzsche, Humain, trop humain. Le livre de poche. 768p. 2006. p.265

298 Friedrich Nietzsche, Aurore. Pluriel Hachette Littératures. 312p.1987. p.122

299 Novalis, Œuvres complètes. II. Les Fragments. NRF. Gallimard. 458p. 1975. p.113, 143, 144

300 Mary Robinson, Mémoires. In : La fabrique de l’intime. Mémoires et journaux de femmes au XVIIème siècle. Bouquins. Robert Laffont. 1192p. 2013. p.755

301 Fatéma Oufkir, Les jardins du roi. Le livre de poche. Michel Lafon. 254p. 2000. p.38, 39

302 Voltaire, Correspondance. I. (1704-1738). La Pléiade. 1735p. 1964. p.1393

303 Voltaire, Correspondance. I. (1704-1738). La Pléiade. 1735p. 1964. p.461

304 Mary Robinson, Mémoires. In : La fabrique de l’intime. Mémoires et journaux de femmes au XVIIème siècle. Bouquins. Robert Laffont. 1192p. 2013. p.723

305 Le journal de Caroline B, Enquête de Michelle Perrot et Georges Ribeill. Arthaud. Montalba. 253p. 1985. p.129

306 Paul Lombard, Divorcer. La Table ronde. 238p. 1975. p.10

307 Evelyne Le Garrec, Un lit à soi. Points. Actuel. 252p. 1981. p.16

308 Huffington Post, Christine Pedotti, Mariage pour tous, les femmes vont se réveiller avec une ‘sacrée’ gueule de bois. Blog. 13 janvier 2013

309 AFP, Mariage homo adopté : ‘message d’égalité’ pour l’inter L.G.B.T. 18 mai 2013

310 Édith Stein, Correspondance. I. 1917-1933. 767p. 2009. p.455

311 Michel Foucault, Dits et écrits. 1954-1988.II. 1976-1988. Quarto. Gallimard. 1735 p. 2001. p.1128, 1129

312 Catherine Pozzi, Journal. 1913-1934. Ramsay. Pour mémoire. 676 p. 1987. p.22 à 24

313 Lettres de la princesse Palatine (1672-1722), Le Temps retrouvé. Mercure de France. 733p. 2009. p.212

314 In : Archives de P.-J Proudhon. Nouvelle édition. La Pornocratie ou les femmes dans les temps modernes (Posthume. 1875) Éditions Tops / H. Trinquer. 369p. 2013. p.314

315 In : Georges Bataille, La littérature et le mal. Idées. Gallimard. 247p. 1967. p.166

316 Michel Ragon, L’accent de ma mère, Une mémoire Vendéenne. Plon. Terre humaine. 1989. 451p.

317 BFM.TV. 10 décembre 2019. 14h 30

318 France Culture, Grande Traversée. Moi. Sigmund Freud. 30 juillet 2018

319 Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions. Autres œuvres autobiographiques. In : Œuvres complètes. I. La Pléiade. 1969p. 1959. p.528

320 Pierre Kropotkine, Mémoires d’un révolutionnaire. Autour d’une vie. 506p. 2008. p.195

321 Nina et Jean Kehayan, Rue du prolétaire rouge. Seuil. 222p. 1978. p.111

322 Isadora Duncan, Ma vie. Folio. Gallimard. 447p. 2016. p.28

323 George Sand, Histoire de ma vie, In : Œuvres autobiographiques. II. La Pléiade. 1638p. 2001. p.103

324 France inter, Ça peut pas faire de mal. Les Mémoires de Saint-Simon. 18 novembre 2017. [Ière diffusion. 5 septembre 2015]

325 Saint-Simon, Mémoires. Tome 20. Chapitre IV .p. 97 (lisible sur internet)

326 In : Élisabeth de Fontenay, Pour Émile et par Émile, Sophie ou l’invention du ménage. In : Les Temps Modernes. Petites filles en éducation. mai 1976. n° 358. p.1787. Je n’ai pas vérifié la source exacte dans les 10 tomes que comporte le roman de Mademoiselle de Scudéry. (Lisible sur Gallica)

327 France Inter, Ça peut pas faire de mal. Lettre à ma mère de Georges Simenon. 25 mars 2017

328 Madame de Staël, De l’Allemagne. II. Garnier Flammarion. 318p. 1968. p.220

329 Louise Weiss, Combats pour les femmes. Albin Michel. 270p. 1980. p.16

330 Nicolas Beau et Catherine Graciet, La régente de Carthage. Main basse sur la Tunisie. La Découverte. 178p. 2009. p.22

331 Fadéla M’Rabet, Les Algériennes. François Maspero. Cahiers Libres 103. 303p. 1967. p.286 à 291

332 Edmond et Jules de Goncourt, Journal. Mémoires de la vie littéraire. 1887-1896. Bouquins. Robert Laffont. 1461 p. 2004. p.925

333 Annie Schmitt, D’un corps de gymnaste à un corps de femme, d’un avortement à la naissance d’une fille. In : Génération MLF [1968-2008]. Des Femmes. Antoinette Fouque. 615p. 2008. p.101

334 Jules Renard, Journal

335 France Inter, Le grand atelier. 1er novembre 2020

336 Marie Cardinal, Les mots pour le dire. Grasset. 317p. 1975. p.142, 143

337 Françoise Renaudot, Moi, j’irai à Dreux. Robert Laffont. 273p. 1980. p.240

338 Matthieu Galey, Journal Intégral. 1953-1986. Bouquins. Robert Laffont. 983p. 2017. p.341

339 Julie-Victoire Daubié, La femme pauvre au XIXème siècle. Éditions Côté-Femmes. 175p. 1992. Tome 1. note 1, p.52

340 Céline Rolin, Femmes séparées. Flammarion, 1965.333 p. In : La femme devant le divorce. Casterman. 1968. 264 p.

341 In : Ménie Grégoire. Les cris de la vie. Tchou.271p. 1971. p.151

342 France inter, Affaires sensibles. Les Conti, le prix humain de la crise. 10 février 2016

343 Montaigne, Les Essais. Livre I. De l’amitié. Chapitre XXVIII. Folio. I. 505p. 1985. p.269

344 George Sand, Histoire de ma vie In : Œuvres autobiographiques. I. La Pléiade. 1418p. 1978. p.691

345 Le programme commun du gouvernement du parti communiste et du parti socialiste. 27 juin 1972. Éditions sociales. 192 p. 1972. p.95

346 Yvette Roudy, Mais de quoi ont-ils peur ? Un vent de misogynie souffle sur la politique française. Albin Michel. 218p. 1995. p.177

347 Radio France Internationale, 7 milliards de voisins. 5 juin 2014

348 Circulaire du 7 août 2014 de présentation des dispositions de la loi n° 2014-873 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. BOMJ (Bulletin officiel du Ministère de la Justice) n°2014-08 du 29 août 2014

349 Le Monde, Les femmes d’avantage pénalisées financièrement lors des séparations. 16 décembre 2015

350 L’Indépendant. fr, Famille : Création d’une Agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires. 23 septembre 2016

351 Le Monde Diplomatique, Serge Halimi. Quand tout remonte à la surface. janvier 2019

352 RMC, Pensions alimentaires non payées : les explications de Marlène Schiappa. 26 avril 2019

353 George Sand, Histoire de ma vie In : Œuvres autobiographiques. II. La Pléiade. 1638p. 2001. p.382

354 George Sand, Correspondance. Georges Lubin. Classiques Garnier. Tome XIX. 1985. 1004p. p.797

355 France 2, On n’est pas couché. 24 janvier 2015

356 John Stuart Mill, De L’assujettissement des femmes. 1867. Éditions Avatar, 201 p. 1992. p.72

357 Paul Lombard, Divorcer. La Table ronde. 238p. 1975. p.151

358 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.862, 1516

359 Dictionnaire de la violence, Sous la direction de Michela Marzano. Quadrige PUF. [Item : Excision] 1546 p. 2011. p.478

360 Karla Schefter, Journal d’une infirmière en Afghanistan. Traduit de l’allemand. Plon. 296p. 2002. p.227

361 Le Monde, Le nouveau roi Salman, garant de la continuité. 24 janvier 2015

362 France Culture, Affaires étrangères. Le chaos au Moyen-Orient. 20 octobre 2018

363 France Culture, Bokassa 1er. Grandeur et décadence d’un soldat français.18 octobre 2020

364 Gisèle Halimi, La nouvelle cause des femmes. Seuil. Essais. 226p. 1997. p.86

365 Le Monde, Jacques Derrida, Je suis en guerre contre moi-même. 18 août 2004

366 Diderot, Correspondance. Tome V. Bouquins. Robert Laffont. 1468p. 1997. p.362

367 Être français aujourd’hui et demain. I. Rapport de la commission de la nationalité (M. Marceau Long. Président) 10/18. UGE. 769p. 1988. p.313, 314

368 Fatéma Oufkir, Les jardins du roi. Le livre de poche. Michel Lafon. 254p. 2000. p.46

369 Elle, Un mari pour deux. 14 mai 2014

370 Médiapart, Blog d’Eric Fassin. Présentation de la Journée d’études ouverte au public, lundi 8 avril 2013. Au-delà du mariage. De l'égalité des droits à la critique des normes

371 Paris Match, Les sœurs Livanos : une odyssée sentimentale. 17 décembre 2018

372 Robert Jaulin, La distribution des femmes et des biens chez les Mara. Cahiers d’études africaines. Année 1966. Vol 6. n°23. p.460

373 Ryszard Kapuscinski, Ébène. Aventures africaines. Plon. Pocket. 373p. 2004. p.41

374 Archives. INA, Joseph Kessel parle des femmes en Afghanistan. 20 novembre 1967

375 Être français aujourd’hui et demain. I. Rapport de la commission de la nationalité (M. Marceau Long. Président) 10/18. UGE. 769p. 1988. p.247, 248

376 Michel Leiris, L’âge d’homme, précédée de L’Afrique fantôme. La Pléiade. 1387p. 2014. p.213

377 L’Express, Claude Lévi-Strauss, un anarchiste de droite. 17 octobre 1986

378 Paul Lombard, Divorcer. La Table ronde. 353p. 1975. p.13

379 Mémoires du duc de Saint-Simon. Choix et présentation de Paul Galleret. 10/18. 443p. 1974. p.55

380 France Culture, L’exercice de l’État. François Mitterrand, un prince au Château ? 6 juillet 2021

381 Malika Oufkir et Michèle Fitoussi, La prisonnière. Le livre de poche. 1999. 410p.

382 France Culture, 26 juillet 2011. 19h 25

383 Voici, Michel Onfray, pendant 25 ans, il a eu deux femmes en même temps dans sa vie. 9 septembre 2018

384 20 Minutes, ‘Salut les terriens’. Michel Onfray évoque sa double vie. 9 septembre 2018

385 La 5, C’est à vous. 10 septembre 2018

386 La 6, 66 minutes. 2 septembre 2018

387 La Bible. Premier livre des rois. 11

388 Voltaire, Correspondance. II. (janvier 1739-décembre 1748). La Pléiade. 1814p. 1977. p.607

389 Paul-Louis Courrier, Œuvres complètes. La Pléiade. 1052p. 1951. p.749, 800, 801

390 France Inter, À nos amours ! 14 février 2019. 11h 30

391 Le Figaro, Aurélien Taché regrette ses propos sur la polygamie et admet que c’est ‘une forme d’obscurantisme’. 23 novembre 2020

392 Albert Schweitzer, À l’orée de la forêt vierge. Récits et réflexions d’un médecin en Afrique Equatoriale française. Albin Michel. 216p. 1956. p.158 à 160, 162

393 Une société fragmentée ? Le culturalisme en débat. Éditions La Découverte. 1996. p.304

394 France Culture, Alain Touraine. Vivre sa vie ou comprendre celle des autres. 11 mars 2019

395 Journal de l’abbé Mugnier. 1879-1939. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 639p. 2007. p.398

396 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.614 et p.1351 (pour la traduction de l’anglais)

397 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.415


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