Abécédaire
 Marie-Victoire Louis

Histoire

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 07/06/2021
date de publication : 07 juin 2021
mise en ligne : 07/06/2021
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Histoire

Extrait de l’Abécédaire féministe

À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 14.133 items et 23 rubriques : I. Culture » (691) ; II. Droit (248) ; III. Êtres humains (683) ; IV. Corps (342) ; V. Enfants (189) ; VI. Femmes (1862) ; VII. Hommes (842) ; VIII. Relations entre êtres humains (1053) ; IX. Famille (415) ; X. Féminisme (440) ; XI. Justice (675) ; XII. Langage (834) ; XIII. Patriarcat (517) ; XIV. Penser (1154) ; XV. Politique (1595) ; XVI. Pornographie (133) ; XVII. Proxénétisme (309) ; XVIII. « Sciences » sociales (430) ; XIX. Démographie (36) ; XX. Économie (691) ; XXI. Histoire (425) ; XXII. Sexes [Sexualité, Sexisme…] (154) ; XXIII. Violences (420) … et continuera d’évoluer.

19 mai 2021

XXI. « Sciences » sociales. Histoire

En noir. ‘Nouveaux’ items (et modifiés)

Histoire (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25) ; Histoire (Agrégation) ; Histoire (Anachronisme) (1, 2, 3) ; Histoire (Anthropocène) ; Histoire (Archives) (1, 2) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33) ; Histoire (Aron Jean-Paul) ; Histoire (Aron Raymond) ; Histoire (Baisse de la natalité) (1, 2) ; Histoire (Balzac Honoré de) ; Histoire (Bamford Samuel) ; Histoire (Bannon Steve) ; Histoire (Barrera Guillaume) ; Histoire (Bayrou François) ; Histoire (Berr Hélène) ; Histoire (Biographie) (1, 2) ; Histoire (Blanquer Jean-Michel) ; Histoire (Boigne. Comtesse de) ; Histoire (Boucheron Patrick) ; Histoire (Bourdieu Pierre) ; Histoire (Broué Pierre) ; Histoire (Burke Edmund) ; Histoire (Camus Albert) ; Histoire (Carroll Lewis) ; Histoire (Casanova Jean-Claude) ; Histoire (Castoriadis Cornelius) (1, 2) ; Histoire (Chapoutot Johann) (1, 2) ; Histoire (Chateaubriand René de) (1, 2) ; Histoire (Chesneaux Jean) ; Histoire (Chine) ; Histoire (Clémenceau Georges) ; Histoire (Colonialisme) ; Histoire (Commémoration) (1, 2) ; Histoire (Comparaison) ; Histoire (Costelle Daniel) ; Histoire (« Décoloniale ») ; Histoire (De Gaulle Charles) ; Histoire (Documents) ; Histoire (Eliot George) ; Histoire (Émotion) (1, 2) ; Histoire (Enseignement) ; Histoire (Esclavage) ; Histoire (« Faits ») ; Histoire (des Femmes) (1, 2) ; Histoire (du féminisme) ; Histoire (Fassbinder Rainer-Werner) ; Histoire (Féministe) (1, 2) ; Histoire (Fielding Henry) (1, 2, 3, 4) ; Histoire (Finkielkraut Alain) ; Histoire (Finley I. Moses) ; Histoire (Foliard Daniel) ; Histoire (Foucault Michel) ; Histoire (Frydman René) ; Histoire (« Geste d’apaisement ») ; Histoire (Ghouirgat Mehdi) ; Histoire (« Gilets jaune ») ; Histoire (Giroud Françoise) ; Histoire (Goldman Emma) ; Histoire (Gorgon The) ; Histoire (Galien) ; Histoire (Gorz André) ; Histoire (Guérin Daniel) ; Histoire (Guizot François) (1, 2) ; Histoire (Hadewijch. Soeur) ; Histoire (Haffner Sebastian) ; Histoire (Hémiplégique) ; Historien-enne ; Histoire (Hill Christopher) (1, 2) ; Histoire (Houte Arnaud) ; Histoire (Hugo Victor) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5, 6) ; Histoire (Ignominies) ; Histoire (Ingrao Christian) ; Histoire (Israël) ; Histoire (Jeanneney Jean-Noël) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) ; Histoire (Léautaud Paul) ; Histoire (Légendes) ; Histoire (Lentz Thierry) (1, 2, 3) ; Histoire (Lessing Doris) (1, 2) ; Histoire (Macron Emmanuel) (1, 2, 3) ; Histoire (Maier Ruth) ; Histoire (Mann Thomas) ; Histoire (Marat Jean-Paul) ; Histoire (Marker Chris) ; Histoire (Mauduit Xavier) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13) ; Histoire (Mauriac François) ; Histoire (Maurois André) ; Histoire (Mémoire) (1, 2) Par ordre chronologique (1, 2, 3) ; Histoire (Michelet Jules) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16) ; Histoire (Mélodramatique) ; Histoire (Métaphore) ; Histoire (Montesquieu) ; Histoire (Morante Esla) ; Histoire (Mordillat Gérard) ; Histoire (Mots, Poids des mots) ; Histoire (Mugnier Abbé) ; Histoire (Ndiaye Sibeth) ; Histoire (Nationaliste) ; Histoire (Nietzsche Friedrich) (1, 2, 3) ; Histoire (Nora Pierre) ; Histoire (Onfray Michel) (1, 2) ; Histoire (« Objective ») ; Histoire (Occident) ; Histoire (Orale) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5) ; Histoire (Orwell George) ; Histoire (Overdose) ; Histoire (Pareto Vilfredo) ; Histoire (Peeters Benoît) ; Histoire (Perraut Gilles) ; Histoire (Pionnier. Pionnière) ; Histoire (Pitrou Agnès) ; Histoire (Postel-Vinay Anise) ; Histoire (Préhistoire) ; Histoire (Prévert Jacques) ; Histoire (Prophétie) ; Histoire (« Quantitative ») ; Histoire (Qui fête quoi ?) (1, 2) ; Histoire (Racisme) (1, 2) ; Histoire (Rémond René) ; Histoire (Renoir Jean) ; Histoire (Rivarol) ; Histoire (Révolution) ; Histoire (Roland Madame) ; Histoire (Saint-Simon) ; Histoire (Scott James C.) (1, 2, 3, 4) ; Histoire (Sens de l’histoire) ; Histoire (Sentiments) ; Histoire (Soljenitsyne Alexandre) ; Histoire (Sources) (1, 2) ; Histoire (Steinbeck John) : Histoire (Steinem Gloria) ; Histoire (Steiner (George) ; Histoire (Symboles. Relativité des) ; Histoire (Tacite) (1, 2) ; Histoire (Taine Hippolyte) (1, 2) ; Histoire (Témoignage) (1, 2, 3) ; Histoire (Terkel Studs) (1, 2) ; Histoire (Thackeray William Makepeace) (1, 2) ; Histoire (Thoreau H.D) ; Histoire (Tolstoï Léon) (1, 2, 3) ; Histoire (Trotsky Léon) ; Histoire (Tulard Jean) (1, 2) ; Histoire (Varnhagen Rahel) ; Histoire (Voltaire) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16) ; Histoire (Vie) ; Histoire (Vovelle Michel) ; Histoire (Wishful thinking) ; Histoire (Yourcenar Marguerite) (1, 2, 3) ; Histoire (Zola Émile) ; (311)

I. Révolution française : Révolution Française (1, 2, 3) ; Constitution (Bonheur) ; Cahier de doléances et réclamations aux États généraux) (1, 2) ; Femme-s. Par ordre alphabétique Femme. (Corday Charlotte) (1, 2) ; Femmes (Custine Astolphe) ; Femmes (Liberté) ; Femmes (Pain) ; Femmes (« Poissardes ») ; Femme (Gouges Olympe de) (1, 2) ; Femme (Lacombe Rose) (1, 2) ; Femme (Legros Madame) (1, 2) ; Femmes (Marat) (1, 2, 3) ; Femme (Méricourt Théroigne de) (1, 2) ; Femme (Monnard (Marie-Victoire) ; Femme (Roland (Madame) (1, 2, 3) ; Femme (Vigée Lebrun Élisabeth) ; Robespierre (1, 2, 3, 4, 5) ; Rousseau (Jean-Jacques) ; Saint Just ; « Terreur (La) » ; Voltaire ; (39)

II. Historiographie. Patriarcale (et critique) : Historiographie. Patriarcale (et critique) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13) ; Par ordre alphabétique. Arte ; Aron (Raymond) ; Bouchardeau (Huguette) ; Burke (Edmund) ; Colet (Louise) ; De Beauvoir (Simone) ; Dommanget (Maurice) ; Dosse (François) ; « Droits de l’homme » ; Duby (Georges) (1, 2, 3) ; Finley I. (Moses) ; Fontane (Theodore) ; Foucault (Michel) (1, 2) ; Garbit (Philippe) ; Guillemin (Henri) ; Guitton (Jean) ; Hitler ; Hobsbawm Eric (1, 2, 3, 4) ; Jeanneney (Jean-Noël) (1, 2, 3, 4) : Jaurès (Jean) ; Joinet (Louis) ; La Découverte (Éditions) ; Leys (Simon) ; Lubin (Georges) ; Martin-Fugier (Anne) ; Mauduit (Xavier) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9) ; Mendès-France (Pierre) ; Michelet (Jules) (1, 2, 3) ; Monde Diplomatique (Le) ; Morin (Edgar) ; Noiriel (Gérard) ; Ory (Pascal) ; Perrot (Michèle) (1, 2) ; Poisson (Martial) ; Prévert (Jacques) ; Rosanvallon (Pierre) ; Sous-titre ; Sylvestre (Anne) ; Taine (Hippolyte) ; Tulard (Jean) (1, 2) ; Vidal-Naquet (Pierre) ; Viennot (Éliane) ; Voltaire ; Walter (Gérard) ; Wikipédia (1, 2, 3) ; Winock (Michel) (1, 2, 3, 4, 5) ; Ziegler (Jean) ; Yourcenar (Marguerite) ; Zola (Émile) ; (89)

7 juin 2021 : 439 items

Histoire :

« Sciences » sociales. Histoire (1) : L’Histoire : toujours-nécessaire-afin-d’éviter-que-les-drames-ne-se-reproduisent. À l’exception de celle du patriarcat, hors l’histoire.

Histoire (2) : Dans tout recours (retour) à l’histoire, il existe toujours la menace (le risque) d’une régression erronée du fait d’un passé en grande partie mythique.

Histoire (3) : Croire que « l’histoire » en elle-même existe, c’est oublier que l’histoire est surtout - je n’ose écrire : avant tout - l’histoire écrite par celui/celle qui en fait le récit.
Sinon, comment comprendrait-on la diversité des regards des historien-nes sur une censée « même » réalité ?
- Une autre position : (9 septembre) 2019. Pour Gérard Noiriel, un historien s’assumant pourtant comme politiquement « engagé », le rôle est de l’historien est « de se tenir à distance du jugement de valeur. » 1
Une fois cela dit, que fait-on, comment fait-on ?
Et comment expliquer qu’il ait fallu tout ce temps pour penser une histoire écrite quasi exclusivement par des hommes, peu soucieux de s’interroger sur cette donnée, pourtant peu mineure ?
*Ajout. 30 décembre 2019. Gérard Noiriel, présenté par France Culture, comme étant « attaché à la fonction sociale de l’histoire ». (Cf. Historiographie. Patriarcale. Noiriel Gérard)

Histoire (4) : C’est nécessairement en fonction de soi, de ses croyances, de ses intérêts, de ses passions, de ses croyances, de ses espoirs, de ses craintes, que chacun-e porte un jugement sur le passé, sur l’histoire.
Taine et Michelet sont tous les deux, sans conteste, des historiens.
Le dire, l’affirmer, l’expliciter, et donc mieux le comprendre, ce n’est faire preuve ni d’humilité, ni d’orgueil ; c’est simplement reconnaitre une évidence.
Et n’est-ce pas faire preuve d’honnêteté intellectuelle concernant les vicissitudes, les limites mais aussi les fulgurances de toute écriture nécessairement personnelle que de le dire, et donc de mieux se connaître, se comprendre.
Et mieux connaitre, comprendre comment on pense, on écrit, on réfléchit.
Ce n’est pas s’inscrire dans l’ego-histoire, c’est s’interroger sur l’histoire en tenant compte de soi, de réfléchir - en premier lieu ? - sur la signification que l’on accorde au statut des êtres humains, comme à celle de la pensée.
C’est peut-être l’une des conséquences les plus notables de ce que la critique féministe de l’histoire nous aura apporté. (Cf. Êtres humains, Penser)

Histoire (5) : La rigueur serait-elle atteinte, diminuée, si l’écriture notamment celle de l’histoire, était clairement déclarée partielle, partiale, subjective ? Ce qu’elle est en réalité déjà. La singularité, la modestie affichée de cette approche, mais aussi la responsabilité qu’elle implique, ne pourra qu’enrichir le regard sur le monde.

Histoire (6) : Affirmer écrire une histoire au nom de l'Histoire, d'une pseudo-méthodologie, d'une fausse et absurde objectivité, d'une vaine tentative de théorisation « scientifique », d'une conservatrice et paresseuse inscription dans une « école » n’est plus crédible.
Depuis longtemps, en histoire : « méthode, objectivité, science » ont été confondues, considérées comme l’objectif à atteindre.
Et puis, on découvre, lentement…- que les méthodes évoluent, changent, s’opposent ; que l’objectivité est un leurre ; que la science épouse les partis-pris des auteur-es.
Ne peut-on sinon l’admettre, le reconnaître - ou au moins, le discuter ?
Les historien-nes « patenté-es » n’y perdraient rien, plus encore, tandis que tous et toutes les autres se sentiraient probablement allégé-es du poids que ces trois mots : « méthode, objectivité, science » font peser sur eux /elles. (Cf. Penser. Méthode)

Histoire (7) : Il n’y a pas d’« éternel retour ». Il n’y pas même de « retour » pensable.

Histoire (8) : L’histoire, c’est le passé, le présent, le futur.
Pour illustration et exemple (parmi cent…) : les femmes - les féministes plus spécifiquement - aujourd’hui critiquent aujourd’hui l’histoire d’hier pour construire le futur.
N.B. Chacun de ces termes est sujet à analyses, regards, visions, interprétations différent-es.
* Ajout. 7 avril 2020. Et si le passé, le présent, le futur devaient être dissoutes au sein d’une réflexion concernant les processus mis en œuvre… (Poursuivre)
* Ajout. 14 janvier 2021. Mais, on ne peut comparer hier et aujourd’hui. Et demain ne sera ni hier et aujourd’hui…
* Ajout. 13 mars 2021. Hortense Archambaud, directrice de la Maison de la culture de Seine-Saint-Denis Bobigny, auteure de :
« Si le monde d’après, c’est le présent, c’est un cauchemar ». 2 (Cf. Culture, Politique)

Histoire (9) : Il faut s’autoriser, en histoire comme ailleurs, à porter un regard singulier qui ne peut être que contemporain. Il faut s’autoriser - et surtout le dire - à porter un jugement sur le passé au prisme des questions posées par le présent, sans quoi la pensée stagne et ne peut se nourrir des avancées que l’écriture de l’histoire heureusement nous enseigne.

Histoire (10) : Je termine la lecture annotée du Dictionnaire des femmes célèbres. De tout temps et de tout pays [1992] de Lucienne Mazenod, Ghislaine Schoeller. Ce livre, certes critiquable- mais lequel ne le serait pas ? - présente un immense mérite : tous les livres, écrits par ces femmes, quelles qu’elles soient, quelques soient leurs fonctions, sont cités. Je découvre alors que j’ignore l’existence de la quasi-totalité d’entre eux ; et quand je connaissais un titre d’une écrivaine, j’en découvrais souvent bien d’autres.
Comment alors peut-on écrire l’histoire sur ces béances d’ignorances ?
Pour l’édition - que j’espère à venir - c’est une mine d’or. (Cf. Femmes. Édition. Réédition)

Histoire (11) : L’histoire peut être racontée, construite, idéologique, fixiste, évènementielle, déterministe, navale, militaire, déconstruite, réflexive, critiquée, théorisée, marxiste, bourgeoise, coloniale, colonialiste, anticolonialiste, patriarcale, féministe…

Histoire (12) : Combien sont-ils/elles, ceux / elles qui ont vanté, réhabilité le Moyen-Âge pour mieux contrecarrer l’importances que Les Lumières auraient joué dans l’avancée de « la civilisation ». Combien d’autres exemples ?

Histoire (13) : L’histoire a souvent caché les choses, les évènements, les personnes qui ne s’accordaient pas avec les mœurs, les convenances, les normes de l’époque ; aux quelles donc elle n’a n’accordé ni crédit, ni valeur, ni signification, et dont elle n’a pas parlé. Mais que , toutes façons, elle ne voyait pas.

Histoire (14) : J’entends évoquer « la méthode, la rigueur de l’historien » : de qui, mais surtout de quoi parle-t-on ? 3

Histoire (15) : En histoire, comme partout ailleurs, les vérités fussent-elles aveuglantes, les analyses fussent-elle éclairantes, dès lors qu’elles contrarient les préjugés y trouvent rarement grâce. Peut rendre plus modeste…. (Cf. Penser. Pensée. Préjugé)

Histoire (16) : L’histoire doit nous aider à comprendre celle de chacun-e d’entre nous.
Tous les dénis, les oublis, les mensonges, les incohérences, toutes les confusions, toutes les déformations de l’histoire sont autant de dénis, d’oublis, de mensonges, d’incohérences, de déformations, de confusions de la vie de chacun-e d’entre nous.

Histoire (17) : Les avancées, les progrès de l’histoire : le détournement des regards ; mieux : leur inversion.

Histoire (18) : Le pourquoi et le comment, certes importantes questions, sont trop souvent l’objet premier de l’historien-enne : une crise de l’histoire ?

Histoire (19) : Entendu un historien - fort sérieux - définir l’histoire comme « un savoir intelligible » et évoquer l’hypothèse de « se tromper énormément ».

Histoire (20) : Une pensée critique de l’Histoire, empêche-t-elle de penser l’Histoire ?

Histoire (21) : La critique ne doit pas se focaliser sur l’histoire qui rabattrait le passé sur le présent et /ou l’inverse, mais de la question est de s’interroger sur le point de vue, la grille de lecture, les présupposés et les engagements à partir duquel et le passé et le présent sont analysés.

Histoire (22) : Le déni, le silence, le tabou, le refus et l’impossibilité de parler sont indissociables…

Histoire (23) : Chaque écriture historique - quelles qu’en soient les formes - est d’abord un discours sur le passé, dénommé : histoire. Et il ne peut en être autrement.

Histoire (24 ) : [Après écoute d’une émission] : Comment orienter, diriger, déformer, formater une pensée de l’histoire : présupposer, créer un consensus et esquiver les désaccords ; ne pas critiquer les invité-es lorsqu’ils /elles sont fonctionnel-les dans le cadre de l’émission ; passer d’un sujet à l’autre, n’ayant entre eux, d’autre relation que formelle ; interroger l’évidence et esquiver l’essentiel ; ne pas relever erreurs, énormités, mensonges ; opposer des continuités et vice versa ; dépolitiser, nationaliser les enjeux ; s’étonner de ce qui constitue l’évidence de la vie de millions de personnes ; prendre les mots, les termes pour acquis et reprendre à son compte les mêmes pseudo-évidences ; ne pas relever contradictions, confusions, complexités ; réagir par le rire sans s’interroger de sa perception par d’autres ; singulariser, individualiser le regard sur l’histoire ; concernant la pensée féministe, la limiter à ‘Bonjour à tous, bonjour à toutes’, ‘les hommes et le femmes’, ‘les citoyens et les citoyennes’…

Histoire (25) : Comment l’histoire pourra t-elle intégrer dans ses analyses cette nouvelle - récente - réalité, à savoir qu’une partie de la censure a été transférée de l’état aux entreprises privées des GAFAM ? (Cf. Économie)

Par ordre alphabétique. Histoire :

Histoire (Agrégation) : (22-23 décembre) 2019. Michelle Perrot, dans Le Monde, rappelle qu’ à la Sorbonne :
« Tous nos professeurs sans exception étaient des hommes, et les concours n’étaient pas mixtes ; j’ai passé l’agrégation ‘féminine’ d’histoire-géographie’ ! »
Pour se souvenir d’où nous venons et les immenses progrès réalisés depuis, dans tant de domaines4

Histoire. Anachronisme :

Histoire (Anachronisme) (1) : Refuser les anachronismes ne signifie pas refuser l’analyse de l’histoire au prisme de pensées d’aujourd’hui.
On ne peut en effet que penser l’histoire qu’à la lumière du présent (si possible, plus pertinemment) et par le prisme de son propre regard.
Dès lors, il faut affirmer qu’il ne faudrait pas être anachronique relève d’un wishful thinking impossible : personne ne peut se mettre à la place de, dans le contexte de, dans le cadre culturel d’une autre époque.
Évident, certes, mais tant de dénis de cette évidence ont été affirmés (Poursuivre) (Cf. Penser. Méthode, Histoire. Wishful thinking, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Harcèlement sexuel)

Histoire (Anachronisme) (2) : Avant de dénoncer un anachronisme, s’interroger pour savoir si son auteur-e n’a pas été celui / celle grâce auquel / à laquelle, l’analyse, la citation, la référence, apparaissent dorénavant comme tels.

Histoire (Anachronisme) (3) : (23 avril) 1830. Jules Michelet [1798-1830] dans son Journal, concernant la tableau La sainte famille du Titien [1490-1576], dans lequel « le petit pêcheur est vêtu à la moderne », écrit :
« L‘anachronisme si fréquent du costume fait sentir la généralité du sujet et montrer que ce n’est pas un fait limité dans le temps, mais une idée éternelle. » 5 (Poursuivre)

Histoire (Anthropocène) : L’anthropocène : la fin de l’histoire.

Histoire. Archives :

Histoire (Archives) (1) : La question des archives est une question politique qui se manifeste de nombreuses manières. Évident, mais peut être rappelé.
Et, concernant les archives féministes, la triste histoire de la Bibliothèques Marguerite Durand, - qu’il faudrait écrire - en est l’une des éclairantes manifestations. (Cf. Féminisme. Féministes. Archives)

Histoire (Archives) (2) (23 novembre) 2017. Je reçois ce jour l’annonce d’un colloque (ainsi qu’un appel à contributions daté du 6 novembre) intitulé non pas : « Les archives féministes » [ce qu’il eut pu être, compte tenu des graves menaces qui pèsent sur elles aujourd’hui], mais « Les féministes et leurs archives [1968-2018] », lequel doit avoir lieu le 1er décembre 2017 à Angers.
Je lis :
- Je lis : « Le caractère politique de la constitution des fonds d’archives apparaît donc évident. » Non, actuellement, il n’est, en rien, évident. Et c’est bien l’actuelle situation qui doit être entièrement repensée, au vu notamment des innombrables confusions politiques que l’introduction du pseudo concept de « genre » - accolé à féminisme comme si cela relevait de l’évidence - a légitimées.
- Je lis aussi : « L’anonymat, l’insistance sur le collectif, le refus des institutions, le caractère parfois éphémère des groupes ou encore la continuité de l’engagement jusqu’à nos jours semblent avoir été des obstacles à la constitution de fonds féministes ». Cette présentation, dissolvant les critiques théoriques, politiques, sous la dénomination caricaturale de «refus des institutions», dans un ensemble pour le moins composite, est inacceptable.
- Je lis aussi que les Archives Recherches Cultures Lesbiennes « circonscrivent le périmètre mémoriel dans lequel elles souhaitent s’inscrire ». Que fait cette critique nominative (mal déguisée) dans le cadre de ce colloque ?
- Je lis enfin : « Comment faire avec les conflits militants qui modèlent également la documentation et l’accès aux sources ? » Que font ces ‘conflits militants’ dans le cadre de ce colloque ? Et sur quels fondements, sur quelle légitimité, ce colloque serait-il à même de prendre positon ?
- Mais surtout : Qu’en est-il des autres débats, autrement plus signifiants politiquement, mais singulièrement absents, concernant la situation actuelle et future des archives féministes ? (Cf. Histoire. Archives)

Par ordre chronologique : Histoire. Archives :

Histoire (Archives) (1) : (6 août, 9 août) 1760. Voltaire [1694-1778] écrit au comte Alexandre Romanovitch Voronstov [1741-1805] :
« Il y a plus d’un an, Monsieur, que le premier volume de l’histoire de votre empire sous Pierre le Grand [1672-1725] est imprimé ; mais avant de le faire voir à personne j’ai voulu savoir s’il serait approuvé de votre cour ; on n’en paraît pas mécontent. Cette histoire est entièrement composée sur des extraits de vos archives. […] »
- Le 9 août 1760, Voltaire écrit à Jean-Jacques Dortous de Mairan [1678-1771] :
« […] Je n’ai fait que dépouiller les archives de Pétersbourg et de Moscou qu’on m’a envoyées. […]» 6

Histoire (Archives) (2) : (4 juillet) 1837. Jules Michelet [1798-1874] écrit, dans son Journal, concernant M. Varcliter, archiviste de la ville d’Anvers :
« Je le soupçonne de déprécier à dessein un dépôt dont il veut avoir l’exploitation exclusive. » 7 (Cf. Économie. Exploitation)

Histoire (Archives) (3) : (13 juillet) 1837. Jules Michelet [1798-1874] écrit, dans son Journal, concernant les archives de la cathédrale et de la province d’Utrecht « le vrai centre de l’ancienne histoire de Hollande » :
« On disait à La Haye qu’on craignait de [les] montrer, de crainte qu’on n’y trouvât des armes pour le catholicisme. » 8

Histoire (Archives) (4) : (29 juin) 1840. Jules Michelet [1798-1874] écrit, dans son Journal, concernant l’archiviste de la ville d’Ypres, écrit :
« Le pauvre vieux Lambin est le digne archiviste d’une ville mourante. Il n’a pas formé d’élèves ; il a soixante-dix ans et cette ville emploie les derniers jours du savant homme, qui pouvait faire seul son histoire, à écrire des comptes d’hospices. Les vieilles haines de famille [nobles, comprend-on plus loin] ont empêché qu’il n’eut aucune place. Déjà nommé à Bruxelles, il a fallu biffer la nomination. […] » 9

Histoire (Archives) (5) : (11 août) 1850. Jules Michelet [1798-1874] écrit, dans son Journal : « J’ai repris les sources de notre histoire populaire. Pauvres sources, sous quelles masses effroyables de mensonges, d’erreurs, de fausse et vaine histoire, elles se trouvent ensevelies ! Elles subsistent pourtant, elles courent sous terre, elles vivent, salutaires et fécondes, et elles donneront la vie. » 10 (Cf. Histoire. Sources)

Histoire (Archives) (6) : (4 juin) 1852. Jules Michelet [1798-1874], écrit sobrement dans son Journal :
« Je déménage des Archives : vingt-deux ans ; entré en octobre 1830. » Il avait refusé de prêter serment à l’Empire : il est licencié, et / ou perd son emploi, et / ou est forcé de quitter son poste, et / ou se retire des Archives Nationales. 11

Histoire (Archives) (7) : (4 juin) 1879. Gustave Flaubert [1821-1880] brule les lettres de Louise Colet [1810-1876]. On ne trouva aucune lettre de femme à lui adressé dans ses archives. 12 (Cf. Femme, Écrivaine. Colet Louise)
* Ajout. 25 décembre 2019. Dans un article de Matthieu Galey [1934-1986], paru en mai 1968, je re-découvre que Balzac [1799-1850], lui aussi, a détruit les lettres de Madame Hanska [1801-1882]. 13 Et, combien d’autres ? (Cf. Hommes. « Grands »)

Histoire (Archives) (8) : 1931. Emma Goldman [1869-1940] dans Vivre ma vie, raconte :
« (chargée avec d’autres de participer à la création d’un musée de la révolution). Elle est à Kiev, découvre de précieuses archives concernant « le pogrom organisé par [Anton] Denekine » [1872-1947] en 1919, mais le bibliothécaire - qu’elle qualifie de « nationaliste fanatique » - de la Bibliothèque publique refuse de les lui donner. Selon Emma Goldman, ici de mauvaise foi, il « compr[it] le ridicule et le déshonneur qu’il risquait si on venait à savoir en Amérique qu’il avait préféré laisser ces documents inestimables nourrir les rats dans son sous-sol plutôt que de les confier au musée de la révolution pour les générations futures. » 14

Histoire (Archives) (9) : 1931. Marguerite Durand [1864-1936] lègue à la Ville de Paris sa documentation féministe personnelle, qui a puissamment participé à la renaissance intellectuelle, politique féministe à partir des années 1970. Faut-il voir dans cette explication toutes les difficultés auxquelles elle a été depuis confrontée ? Comment, pourquoi, quand, par qui la Bibliothèque Marguerite Durand - qui satisfaisait toutes ses utilisatrices - a telle été vidée de sa substance, attaquée, menacée, si souvent, et si délibérément ?

Histoire (Archives) (10) : (6 juin) 1960. Lu dans le Journal de Matthieu Galey [1934-1986] la présentation de Charles de Gaulle [1890-1970] par Alfred Fabre-Luce [1899-1983] :
« Il évoque, hargneux, sous un feint détachement amusée son orgueil, sa petitesse, son habilité à faire disparaître des archives tout ce qui pourrait nuire à sa mémoire. »
* Ajout. 19 décembre 2019. (11 novembre) 1970. Mathieu Galey écrit concernant la mort de Charles de Gaulle, le 9 novembre 1970 :
« Sur le délai bizarre entre l’heure réelle de sa mort (7 h 30 du soir) et l’annonce officielle le lendemain matin (Pompidou, lui, ayant été paraît-il prévenu à 4 heures du matin), Gaxotte [Pierre. 1895-1982] me dit que cela a dû permettre à MM. Tricot [Bernard. 1920-2000] et Foccart [Jacques. 1913-1997] de rafler tous les papiers compromettants pour les mettre en lieu sûr. » 15

Histoire (Archives) (11) : 1976. Jean Chesneaux [1922-2007], dans Du passé, faisons table rase ? À propos de l’histoire et des historiens, auteur de :
« L’histoire classique est de plus en plus mal à l’aise à mesure qu’elle se rapproche du présent : nécessité du ‘recul’, difficulté d’être ‘objectif’ en des domaines trop ‘brûlants’. Le secret des archives, forme typique du pouvoir des classes dirigeantes sur l’histoire, est invoqué non seulement comme une excuse, mais comme une exigence intellectuelle : trente ans pour l’état, cinquante pour les familles, cent pour le Vatican. […]» 16 (Cf. Histoire. Chesneaux Jean)

Histoire (Archives) (12) : (24 novembre) 1978. Lu dans le Journal de Matthieu Galey [1934-1986] :
« Aragon [1897-1982] a fait don des tous ses manuscrits au CNRS. […] Et cela contre la volonté de Mme Saunier-Seïté [1925-2003], qui a envoyé de force le directeur du CNRS en Suède le jour prévu pour la cérémonie de remise des documents. ‘Si on me les donnait, aurait-elle dit, je les jetterais au feu ou bien je les vendrais aux Américains.’
Et elle est ministre des Universités. » 17 (Cf. Culture, Femme. « Politique », Politique. État, Économie)

Histoire (Archives) (13) : (mai) 1981. Louis Joinet [1934-2019], dans Mes raisons d’état. Mémoires d’un épris de justice, évoque, pendant les quelques jours entre le second tour de l’élection de François Mitterrand et l’investiture officielle, « l’usage immodéré des broyeuses de documents dans certains ministères. » Certes courant, mais pas pour autant légitime. 18

Histoire (Archives) (14) : 1986. Je lis dans une note du tome X de la Correspondance de Voltaire [1694-1778] concernant une lettre de Voltaire à La Beaumelle [1726-1773] du 18 mars 177I [?] : « L’original figurerait dans les archives La Beaumelle, à Valleraugue, dont l’accès a été refusé. » 19 Plus de trois siècles après, donc.

Histoire (Archives) (15) : 1990. Henri Langlois [1914-1977], fondateur et directeur de la Cinémathèque (Paris), concernant la question du choix des films devant être gardés au titre d’archives, auteur de :
« Il faut essayer de tout conserver, de tout sauver, de tout maintenir, de renoncer à jouer à l’amateur de classique. Nous ne sommes pas Dieu ; nous n’avons pas le droit de croire à notre infaillibilité. Il y a l’art et il y a le document. Il y a de mauvais films qui restent de mauvais films, mais qui avec le temps peuvent devenir extraordinaires. [...] Comment nous permettre de juger ? Seul le recul a rétabli la véritable échelle des valeurs pour les grands maîtres du passé. Seul le temps doit décider. […] »
Cette belle analyse est, bien évidemment, valable concernant les archives féministes, lesquelles si leur socle, leur périmètre, leur ambition doivent être définies et présentées comme telles, ne peuvent être soupçonnées du moindre engagement politique - au sens de : liées à un parti, un engagement caché - lequel détruit l’idée même d’archives. 20 (Cf. Féminisme. Féministes. Archives)

Histoire (Archives) (16) : 1990. Cornelius Castoriadis [1922-1997], dans un texte intitulé Quelle démocratie ? écrit :
« […] Les considérants [concernant les décisions publiques], (les considérants véritables, en tout cas) sont secrets, et dans la plupart des cas légalement interdits d’accès. Le délai d’accès aux archives publiques est de trente ans en Angleterre ; en France, je crois de de cinquante ans. 50, 30 ou 10, ou même un mois, cela suffit pour ce que je veux montrer. Attendez cinquante ou trente ans, et vous saurez pourquoi votre père, frère ou fils a été tué à la guerre. C’est cela la ‘démocratie’. » 21 (Cf. Politique. Démocratie)

Histoire (Archives) (17) : 1999. Jacques Derrida [1930-1004], dans Sur Parole, instantanées Philosophiques, auteur de :
« À un certain moment de la vie et de la trajectoire d’un homme public, de ce que, selon des critères bien confus, on appelle un homme public, toute archive privée, à supposer que cela ne soit pas une contradiction dans les termes, est destinée à devenir une archive publique, dès lors qu’elle n’est pas immédiatement brûlée [ce que ‘il fit pour l’un de ses correspondances] […] » 22 Ceci posé, cette prise de position ne règle pas pour autant les conflits entre l’Université américaine à laquelle il avait légué ses archives, et l’IMEC auquel il les avait aussi léguées. (Cf. Homme « Intellectuel. Derrida Jacques)

Histoire (Archives) (18) : (22 mai) 2003. Je lis dans le livre de Benoît Peeters consacré à Derrida, [1930-2004] qu’un « colloque a été organisé autour d’Hélène Cixous, à l’occasion du don de ses archives à la BNF (Bibliothèque nationale de France) ». 23

Histoire (Archives) (19) : 2003. Jean Tulard, dans son Dictionnaire du cinéma. Les réalisateurs, note que la veuve de Silvio Laurenti Rosa [1892-1965] « a jeté ses films, en 1977, faute de trouver un lieu pour les abriter. » 24

Histoire (Archives) (20) : 2004. Eva Joly, rapportant son expérience de juge d’instruction, dans Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ? auteure de :
« Nous vivons dans un monde étranger, où les vols de scellés, les écoutes sauvages, les filatures, les coups tordus, ces pratiques extraordinaires sont presque devenues notre ordinaire. .. Qui s’en émeut encore en France ? Dix ans durant, dans les dossiers que j’ai instruits, ne serait-ce que partiellement, la destructions des archives m’est apparue comme un sport national. J’ai connu successivement l’incendie volontaire embrasant les entrepôts du Havre, qui abritaient les archives du Crédit lyonnais ; l’incendie inexpliqué dévastant le siège social de cette même banque ; la destruction tout aussi mystérieuse des archives d’une filiale du Crédit Lyonnais à la veille de ma visite ; la disparition -provocation d’une caisse de scellés dans les locaux de la Brigade financière ; le cambriolage au siège de la FIBA, la banque franco-gabonaise, au lendemain d’une perquisition, pour nettoyer les tiroirs au cas où j’aurais eu envie de revenir faire un tour.. Quand il ne s’agissait pas des broyeuses tournant à plein régime, par sacs entiers, dans les heures qui précédaient notre arrivée. » 25 (Cf. Justice)

Histoire (Archives) (21) : (20 juin) 2019. Entendu lors d’une série d’émissions consacrée aux témoignages dans l’émission La fabrique de l’Histoire de France Culture :
« Les femmes sont un peu les absentes de l’histoire. » 26 (Cf. Femmes, Féminisme. Archives, Langage. Adverbe, Penser. Euphémisme)

Histoire (Archives) (22) : (juin. juillet) 2019. Deux tentatives infructueuses, quasi concomitantes, cette année, du « don » (terme officiel) de mes archives personnelles (archives politiques féministes, incluses bien sûr) - de facto refusées - à deux institutions archivistiques publiques françaises peuvent aider à penser la permanence de l’absence des femmes dans l’histoire. Les raisons invoquées méritent d’être publiées ; en réalité, doivent être connues. (Poursuivre) (Cf. Droit, Femmes, Féminisme. Féministes. Archives, Penser, Historiographie. Patriarcale)
* Ajout. 6 août 2019. Je réalise soudainement : j’ai failli laisser en garde mes archives à des institutions qui, me concernant, se sont avérées ne pas être dignes de confiance (Poursuivre)
* Ajout. 17 août 2019. Poursuite de la réflexion : Pourquoi la première institution, après un quasi accord, a-t-elle changé d’avis ? Pourquoi a telle dû me raconter des histoires ? Pourquoi [m’] a-t-elle demandé des absurdités juridiques ? Pourquoi ces incohérences ? Pourquoi l’évolution des arguments avancés ? Pourquoi ces gênes patentes ? Pourquoi ces institutions n’ont-elles pas pu / voulu m’écrire leur refus d’accepter mes archives ? (Poursuivre)
* Ajout. 20 septembre 2019. Entendu sur France Culture, dans Le cours de l’histoire, concernant les Archives départementales et un appel pour y déposer des archives :
« On dépose sans aucun problème ». 27 (Cf. Plus haut) (Poursuivre)

Histoire (Archives) (23) : (12 septembre) 2019. Alain Corbin, évoquant son travail d’historien aux archives départementales, ainsi que l’écriture de son livre : Le monde perdu de Louis-François Pinagot. Sur les traces d’un inconnu. 1798-1874 [Flammarion. 1998], interrogé sur l’éventualité d’un livre consacré à une femme anonyme, répondit :
« Si j’avais pris [comme objet d’histoire] une femme, je ne pouvais pas [l’écrire]…. Il y avait très peu [d’archives]… En dehors de la naissance, du mariage et de la mort, il n’y a rien… » Rires… (à l’écoute, gênants). 28

Histoire (Archives) (24) : (8/9 décembre) 2019. Dans un article du Monde consacré à la presque fin de la Dentelle de Calais, je lis que l’entreprise Desseilles avait été rachetée en mars 2016 par un groupe chinois, qui avait investi 8 millions d’euros « avant de quitter la France, juste avant la liquidation » en 2019. Je lis ensuite :
« Des salariés sont convaincus que Yonsheng est reparti avec les archives de Deseilles. Dans les couloirs du dentellier, on raconte que les Chinois ont photographié des décennies d’archives. Natacha Bouchart parle de ‘pillage industriel.’ » 29 (Cf. Économie)

Histoire (Archives) (25) : (2 mars) 2020. Xavier Mauduit, dans l’émission de France Culture, Le cours de l’histoire, auteur de :
« Les archives sont souvent produites par les hommes, sauf celles de l’intime qui restent souvent des archives privées. » Il évoque ensuite les Archives nationales, puis « le fond privé ». 30 (Cf. Histoire. Mauduit Xavier. Histoire. Patriarcale)
N.B. Je lis sur le site des Archives nationales : « Les fonds privés ne sont pas soumis aux mêmes règles de communication que les fonds publics. »
Je note qu’il n’est pas fait état des règles de dépôt.

Histoire (Archives) (26) : (14 mai) 2020. Philippe Lejeune, concernant l’APA - Association pour l’autobiographie et le patrimoine autobiographique - située à Ambérieu-en-Bugey « la ville de l’autobiographie » - dont l’objectif est « la collecte, la conservation, la valorisation de textes autobiographiques inédits », auteur de :
« On veut accueillir tout le monde. La vie et la société sont suffisamment inégalitaires. » Cette phrase, citée du Collège de France par Antoine Compagnon, lequel présente significativement ces archives comme ayant « un parfum démocratique, voire communautaire (sic). » 31 (Cf. Histoire. Biographie)

Histoire (Archives) (27) : (24 juin) 2020. Dans un article du Canard Enchaîné, il est question d’une décision du Conseil d’état en date du 12 juin, après « 5 années de procédure » ouvrant l’accès à 11 dossiers d’archives de Bruno Delaye, conseiller Afrique de François Mitterrand entre 1992 et 1995. Je lis que la rapporteure du Conseil, Anne Iljic a blâmé « cette pratique aux marges du droit des archives, qui reviennent à privatiser (pour 30 à 60 ans) des archives qui ont vocation à être publiques. [...] ». Puis je lis avec plaisir - y percevant la possibilité d’un certain lien avec les refus (non justifiés) du don de mes archives par les Archives Nationales et par La Contemporaine [Ex-BDIC] - que le droit d’« accès à la matière première que sont les archives » a primé sur la raison d’état. 32

Histoire (Archives) (28) : (5 octobre) 2020. Lors d’une émission de France Culture intitulée L’affaire du fichier juif, Sonia Combe affirme :
« Il n’y avait aucun doute que le fichier - officiellement « disparu » - retrouvé par Serge Klarsfeld était le ‘fichier juif’ établi par la préfecture de police, dirigée à l'époque par Tulard et qu’on appelait le ‘fichier Tulard’. J'ai mené l'enquête auprès des institutions. Aux archives des Anciens-Combattants, j'ai eu beaucoup de mal à avoir un entretien. Ils niaient l’avoir caché… Ils ne comprenaient même pas qu'en ne l'inscrivant pas dans un inventaire destiné au public, il était caché de fait. » Puis, interrogée sur les raisons expliquant pourquoi les Archives Nationales - qui « en avaient fait un microfilm » - archivés sous une autre appellation, « changée », qui donc ne permettaient pas l’information ayant permis de retrouver « le fichier juif » de 1940, répondit :
« J’ai compris qu’en fait c’était une pratique dans les Archives, qu’ils avaient complètement naturalisée ; ils l’avaient intériorisée, donc ils ne comprenaient même pas à quel point ils occultaient un document, et pas n’importe quel document. Il y avait une part à la fois de méconnaissance de ce qu’ils faisaient dans la pratique parce que, pour eux c’était habituel, c’était l’habitude ; il y avait une part d’indifférence à ce que représentait le fichier des juifs ; et puis il y avait une part de sentiment que ‘cela peut nuire à la France, quand même, ce qu’on avait fait là.’ » 33
* Ajout. 21 décembre 2020. 2013. Je lis dans Mes raisons d’état. Mémoires d’un épris de justice de Louis Joinet [1934-2019] que le fichier juif qui avait été utilisé pour « envoyer 76.000 juifs de France vers la mort » , « visant aussi des Roms (dénoncés comme Gitans ou Tziganes), ainsi que des homosexuels… »
Les trois petits points doivent être explicités et, pour ce faire, le « fichier juif » revu en ce sens. 34

Histoire (Archives) (29) : (22 décembre) 2020. Dépêche de l’AFP, reprise par Le Figaro :
« L'Algérie exige de la France qu'elle lui remette ‘
la totalité’ des archives de la période coloniale (1830-1962) la concernant, a affirmé lundi 21 décembre le directeur des archives algériennes, Abdelmadjid Chikhi.
Chikhi a été chargé en juillet par le président algérien Abdelmadjid Tebboune de travailler sur la mémoire de la colonisation et de la Guerre d'Algérie, de concert avec l'historien français Benjamin Stora. ‘
L'Algérie réclame la totalité de ses archives, dont une grande partie se trouve en France, qui a toujours avancé de faux prétextes, comme par exemple la déclassification de nombre d'archives pourtant réunies depuis plusieurs décennies’, a-t-il déclaré.
Les demandes de la partie algérienne sont claires et ne nécessitent pas de concertations’, a estimé le directeur des archives nationales, ajoutant que ‘la question est immuable car le passé ne saurait être effacé ou oubli’. ‘Nous œuvrons à ce qu'il fasse partie de relations apaisées et équilibrées’ à construire entre les deux pays, a-t-il ajouté, lors d'une conférence de presse au siège de la radio publique à Alger.
Chikhi a également critiqué la législation française sur les archives publiques, stipulant qu'elles sont ‘
inaliénables et imprescriptibles’, en estimant que ce dossier ‘objet de négociations, n'est pas encore clos’. La France a restitué à l'Algérie une partie des archives qu'elle conservait, mais a elle gardé la partie concernant l'histoire coloniale et qui relève, selon elle, de la souveraineté de l'État français.
L'accès aux archives de la colonisation, déménagées en France après l'indépendance de l'Algérie en 1962, est une des principales revendications des anciens combattants algériens. »
- Par les « anciens combattants algériens » ? Comment peut-on écrire de telles bêtises ?
Quant à « la souveraineté de l’État français » : de même. 35

Histoire (Archives) (30) : (23 janvier) 2021. Raphaëlle Branche, historienne, auteure de :
« Les archives sont le cœur du métier d’historien-ne. » 36

Histoire (Archives) (31) : (5 février) 2021. Lu : « Le conseil de Paris a entériné la mise en place d’un Centre d’archives L.G.B.T.Q.I (Lesbiennes, gay, bi, trans, queer, intersexuel)
- Encore une fois qui ne voit l’évidence : les confusions, les l’incohérences, l’absurdité des formulations ? : un déni de l’intelligence dans lesquelles les lesbiennes en toute malhonnêteté intellectuelle, politique, historique, féministe, ont été intégrées] - qui doit permettre de faire vivre la mémoire des minorités sexuelles. Ce centre, qui s’inspire de ceux déjà existants à San Francisco et à Berlin, s’inscrit dans ‘notre volonté de faire de Paris la capitale des fiertés L.G.B.T.Q.I+ et de l’inclusion’, a déclaré Jean-Luc Romero, adjoint d’Anne Hidalgo en charge de la lutte contre les discriminations. La ville doit désormais ‘identifier un lieu adapté pour ce centre avant la fin de l’année 2021’ en lien avec l’association Archives L.G.B.T.Q.I+, a-t-il précisé. ‘Ensuite nous déterminerons par une convention les modalités de mise à disposition de ce local afin que le centre d’archives puisse voir le jour rapidement sous gestion autonome. » […] ‘Le collectif archives L.G.B.T.Q.I+ a réalisé un travail considérable ces vingt dernières années, rassemblant objets, archives sonores audiovisuelles emblématiques de l’histoire de la communauté L.G.B.T’, a salué le porte-parole du groupe ‘Changer Paris’. Aurélien Véron.
- À comparer avec la politique de la Ville de Paris qui n’a pas même été capable de défendre la Bibliothèque Marguerite Durand, [laquelle, pour mémoire, lui avait fait don de ses archives].
- Un musée, centre d’archives féministes doit être ouvert à Paris ; la Ville de Paris doit publiquement, clairement justifier le refus qu’elle a jusqu’à aujourd’hui opposé. 37

Histoire (Archives) (32) : (3 avril) 2021. Amos Gitai, auteur de :
« On ne met pas toutes ses archives dans un même endroit. » 38

Histoire (Archives) (33) : (30 mai) 2021. Stéphane Audoin-Rouzeau, concernant l’ouverture, l’accès aux archives en matière de responsabilités de l’état français dans le génocide des Hutus au Rwanda, auteur de :
« Il y a des blocages évidents […] Il y a un refus d’archives qui est dans une tradition française. Les historiens savent qu’en France, l’accès aux archives est un problème compliqué et que les archives ne sont jamais de droit. » 39

Histoire (Aron Jean-Paul) : 1984. Jean-Paul Aron [1925-1988], dans Les modernes, auteur de : « […] La nouveauté n’est jamais où l’on croit. L’histoire qui affleure est déjà périmée. Celle qui invente le futur parle encore indistinctement aux sensibilités qu’elle ébranle. » 40
Une grande leçon d’histoire, réellement bouleversante. (Cf. Penser)

Histoire (Aron Raymond) : 1969. Raymond Aron [1905-1983], dans La philosophie critique de l’histoire, écrit :
« […] Ces brèves analyses nous suffisent pour dégager deux idées essentielles qui domineront notre études : d’abord, la tâche que l’on se propose n’est jamais de transformer l’histoire en une science, mais de prendre conscience des caractères spécifiques de la recherche historique. […] » 41
- Si son souci de ne pas transformer l’histoire en « science » est toujours valide - je me demande même comment cette idée a pu être un jour défendue -, la référence aux « caractères spécifiques de la recherche historique » est bien abstraite. (Cf. Penser. Pensée. Abstraction, Économie. Aron Raymond)

Histoire. Baisse de la natalité :

Histoire (Baisse de la natalité) (1) : La baisse de la natalité : l’expression politique première des femmes ; leur revanche sur l’histoire qui les a niées ?

Histoire (Baisse de la natalité) (2) : Lorsqu’un gouvernement faible a épuisé toutes ses cartouches, tenter de faire ‘remonter la natalité’ est souvent sa dernière arme….

Histoire (Balzac Honoré de) : 1837-1943. Honoré de Balzac [1799-1850], dans les Illusions perdues, auteur de :
« […] Vous ne me paraissez pas fort en Histoire. Il y a deux histoires : l’Histoire officielle , menteuse, qu’on enseigne, l’Histoire ad usum delphini [histoire expurgée à l’usage du dauphin, le fils de Louis XIV] ; puis, l’Histoire secrète, où sont les véritables causes des évènements, une histoire honteuse. » 42

Histoire (Bamford Samuel) : 1842. Samuel Bamford [1788-1872], dans La vie d’un radical anglais au temps de Peterloo, auteur de :
« Que nul ne méprise les humbles acteurs d’un grand changement, car ils constituent souvent l’unique espoir de la vérité face à l’erreur, du bien contre le mal. » 43

Histoire (Bannon Steve) : (9 mai) 2019. Steve Bannon, un temps conseiller politique de Donald Trump, puis renvoyé par lui, défenseur du « national-populisme », en réalité ultra-libéral et grand mais pas uniquement manipulateur d’opinion, auteur de :
« L’histoire est de notre côté » ; « L’histoire est avec nous ». 44 (Cf. Politique « Populisme »)

Histoire (Barrera Guillaume) : (13 mars) 2011. Sur France Culture, Guillaume Barrera, « Philosophe. Essayiste », auteur de :
« Les légendes agissent plus que la réalité dans l’histoire ». Ah bon ? 45

Histoire (Bayrou François) : (8 avril) 2021. Lu sur France-Info : François Bayrou, haut-commissaire au plan, concernant Emmanuel Macron, auteur de :
« Ma certitude, c’est que cet homme-là est à la hauteur de l’Histoire. »

Histoire (Berr Hélène) : (25 octobre) 1943. Hélène Berr [1921-1945], dans son Journal, auteure de :
« En ce moment, nous vivons l’histoire. Ceux qui la réduiront en paroles comme Rumelles [personnage des Thibault de Roger Martin du Gard. 1881-1958] pourront bien faire les fiers. Sauront-ils ce qu’une ligne de leur exposé recouvre des souffrances individuelles ? Ce qu’il y a eu, en dessous, de vie palpitante, de larmes, de sang, d’anxiété ? » 46
Une grande leçon d’histoire. (Cf. Penser, Violences)

Par ordre chronologique. Histoire. Biographie :

Histoire (Biographie) (1) : (7 octobre) 1842. Henry David Thoreau [1817-1862], dans son Journal, écrit :
« Nous apprenons peu des livres savants, mais beaucoup plus des livres vrais, sincères et humains, des biographies honnêtes et bienveillantes. Qu’on me permette de savoir ce qu’un homme pensait, décidait, quand il hésitait, réussissait ou échouait, ce qu’il faisait et s’empêchait de faire. Je veux juste en savoir davantage de la vie d’un homme - de n’importe quel homme. Dans une véritable biographie, n’importe qui serait grand et n’importe qui petit. » 47 (Cf. Êtres humains)

Histoire (Biographie) (2) : 1853. « Que d’hommes en un homme » disait justement - si l’on y ajoute les femmes - Jules Michelet [1798-1874] des hommes de la Révolution française. 48
- Les biographies devraient plus s’inspirer des kaléidoscopes, afin de détruire l’idée même d’un être humain unidimensionnel. Mais il reste que la fragmentation n’est pas une solution ; une avancée ?
* Ajout. 19 mars 2014. N’est-ce pas jouer avec des mots ?
* Ajout. 17 août 2019. (12 septembre) 1839. Jules Michelet [1798-1874]dans son Journal, écrivait :
« Hélas ! chaque homme est toute une histoire universelle, un monde. Cette fausse petite universalité est en face d’une grande et dévorante universalité du tout. » 49 (Cf. Êtres humains, Langage. Mot)

Histoire (Blanquer Jean-Michel) : (16 novembre) 2919. Jean-Michel Blanquer, spécialiste de l’Amérique latine, ministre de l’éducation nationale, auteur de :
« […] l’indépendance réussie de Haïti [1804] ». 50
- Pour rappel : la France n’a reconnue l’indépendance de Haïti qu’en échange d’une indemnité de 150 millions de Franc-or « pour dédommager les colons [esclavagistes] ».
Toussaint-Louverture arrêté, est mort dans une prison en France, etc., etc….

Histoire (de Boigne comtesse) : La comtesse de Boigne [1781-1866], dans ses Mémoires écrit simplement, justement, honnêtement - le terme d’indépendance étant néanmoins sujet à caution - ceci :
« Je vais entrer dans le récit de la Restauration. Jetée par ma position dans l’intimité de beaucoup de gens influents, j’ai vu depuis ce temps, les évènements de plus près. Je ne sais si je les rendrai avec impartialité ; c’est une qualité dont tout le monde se vante et qu’au fond personne ne possède. On est plus ou moins influencé, fort à son insu, par sa position et son entourage. Du moins, je parlerai avec indépendance et dirai la vérité telle que je la crois. Je ne puis m’engager à davantage. » 51 (Cf. Penser. Méthode, Politique. Vérité)

Histoire (Boucheron Patrick) : (13 juillet) 2018. Patrick Boucheron, historien, auteur de :
«
On doit refuser l’arrogance du présent. » Certes… Et de :
«
Toute chronologie est mensongère. » 52 Certes…
* Ajout. 19 juillet 2019. Entendu évoquer, plus fortement, plus significativement, « la tyrannie de la chronologie ». (Source oubliée)

Histoire (Bourdieu Pierre) : 2004. Pierre Bourdieu [1930-2002] écrit dans Esquisse pour une auto-analyse :
«
On sait que le prestige des spécialités historiques s’accroit avec l’éloignement dans le temps des périodes étudiées ». 53
Il me semble que le processus évoqué par Pierre Bourdieu se soit inversé, ce qui peut être considéré positivement comme une démocratisation et une politisation accrue de l’histoire.

Histoire (Broué Pierre) : 1988. Pierre Broué [1926-2005] dans son Trotsky, auteur de :
«
Car même les hommes qui font à certains moments l’Histoire, ne savent pas toujours l’histoire qu’ils font. » 54

Histoire (Burke Edmund) : 1797. Edmund Burke [1729-1797] dans son texte : Première lettre sur les ouvertures de paix » auteur de :
« Les évènements de cette époque paraissent d’une importance que les révolutions de notre temps ont réduite à celle d’une querelle paroissiale : les débats qui agitaient alors la nation sont aujourd’hui, à nos yeux, des discussions de marguilliers. » 55
Salutaire analyse, toujours valable pour chacun-e… (Cf. Penser)

Histoire (Camus Albert) : 1951. Albert Camus [1913-1960], dans L’homme révolté, auteur de : « (A la suite d’une présentation critique de Hegel [1770-1831]) Le maître ne sert à rien dans l’histoire qu’à susciter la conscience servile, la seule qui crée l’histoire justement. L’esclave n’est pas lié à sa condition, il veut en changer. […] Ce qu’on appelle l’histoire n’est que la suite de ses longs efforts pour obtenir la liberté réelle. » 56

Histoire (Carroll Lewis) : 1865. Lewis Carroll [1832-1898], dans Alice au pays des merveilles, auteur de de dialogue :
- « Allons, racontez-nous vos aventures.
- Je vous raconterai mes aventures à partir de ce matin, dit Alice timidement. Je ne vous parlerai pas d’hier parce que je n’étais pas la même personne. » 57 (Cf. Culture (Nonsense, Êtres humains, Relations entre êtres humains. Dialogue)

Histoire. Casanova (Jean-Claude) : (13 mars) 2021. Jean-Claude Casanova, dans l’émission Répliques d’Alain Finkielkraut de France Culture intitulée De la guerre civile, responsable d’innombrables fonctions dont celle de président de la Fondation nationale des sciences politiques [2007-2016], auteur de :
« La responsabilité de Thiers [Alphonse. 1797-1877] est aussi grande que [celle de] la Commune [18 mars 1871-28 mai 1871] elle-même. »
- Ce que l’on appelle un penseur du raccourci ? du juste milieu ? de la synthèse ? de l’association ? ... De l’incohérence.
N.B. Pour rappel : Thiers fut notamment nommé par les communard-es : « le bombardeur » de la Commune, « le massacreur » de la Commune. 58 (Cf. Homme « Intellectuel » Casanova Jean-Claude, Histoire. Finkielkraut Alain)

Histoire. Castoriadis Cornelius :

Histoire (Castoriadis Cornelius) (1) : 1982. Cornelius Castoriadis [1922-1997], dans Les significations imaginaires, auteur de :
« L’ancien entre dans le nouveau avec la signification que lui confère le nouveau. » 59

Histoire (Castoriadis Cornelius) (2) : 1991. Cornelius Castoriadis [1922-1997], dans Réponse à Richard Rotry, auteur de :
« L’histoire n’a jamais été et ne sera jamais saisissable. » 60

Histoire. Chapoutot Johann :

Histoire (Chapoutot Johann) (1) : (2 octobre) 2020. Johann Chapoutot, historien, auteur de Libres d’obéir : le management du nazisme à la RFA [Gallimard. 2020] et de :
« De fait ce qui n’a pas été interrogé, persiste, nous travaille et ressurgit. On en a vu des thématisations dans le monde économique ou dans la manière qu’on a de traiter le monde économique des persistance ou de rémanences, ou des résurgences curieuses. […] Je pense […] aussi au procès de France Télécom qui a été très bien chroniquée par Sandra Lucbert dans Personne ne sort les fusils : Je m’étais aperçu en regardant la manière dont les managers de France Télécom qui devaient mettre à la porte 22.000 personnes - puisque c’était l’objectif - qu’un cabinet de conseil privé avaient utilisé comme modèles possibles d’une action réussie la Luftwaffe et la Wehrmacht. » Et il évoque alors « l’incult[ure], […] un manque de tact et de finesse. » 61 (Cf. Économie)

Histoire (Chapoutot Johann) (2) : (2 octobre) 2020. Johann Chapoutot, historien, auteur de :
« […] Personnellement je suis assez content de vivre en France, en Occident, en 2020 ». Suivi par Frédéric Worms, responsable de l’émission A présent de France Culture de : « Merci de le rappeler, effectivement ». Suivi par lui de : « Je pense que cela vaut de le rappeler. »
Pourquoi ces justificatifs ? à qui s’adressent-ils ? quels sont les courants politiques qui seraient concernés ? à quelles accusations réagissent-ils ? sont-elles légitimes ? 62

Histoire. François-René de Chateaubriand :

Histoire (Chateaubriand François-René de) (1) : 1965. Victor L-Tapié [1900-1974], écrit concernant François-René de Chateaubriand [1768-1848] :
« Au temps de la littérature d’apologétique et d’imagination, Chateaubriand rêvait d’une œuvre différente et consacrée à l’histoire. Selon une opinion assez répandue alors, il tenait l’histoire pour un genre supérieur, où les facultés de raisonnement, exercées sur des connaissances savante, éclairaient l’expérience des hommes et des sociétés. Magistra vitae. L’historien devenait un interprète et un guide, capable d’enseigner aux nations le secret des politiques et leur propre destin. » 63

Histoire (Chateaubriand François-René de) (2) : 1965. Victor L-Tapié [1900-1974], écrit concernant François-René de Chateaubriand [1768-1848] :
« Personne, à présent, n’oserait placer Chateaubriand parmi les grands historiens du XIXème siècle. » 64

Histoire (Chesneaux Jean) : 1976. Jean Chesneaux [1922-2007], dans Du passé, faisons table rase ? À propos de l’histoire et des historiens, auteur de :
« L’auteur n’est qu’un relais, l’écriture n’est qu’un reflet ». 65 (Cf. Êtres Humains. Soi. Penser, « Sciences » sociales)

Histoire (Chine) : 2004. Philippe de Gaulle, dans De Gaulle, mon père, auteur de :
« La curiosité qu’il manifeste à l’égard de la chine est pour nous une découverte. Nous n’imaginions pas combien ce pays suscitait son intérêt. À un moment, nous l’entendons lancer : ‘Comment ignorer plus longtemps ce peuple dont les origines sont plus anciens que l’histoire elle-même. Ne joue-t-il pas un grand rôle dans l’histoire du monde ? » 66

Histoire (Clemenceau Georges) : (29 janvier) 1891. Georges Clémenceau [1841-1920, à l’Assemblée nationale, auteur de :
« La révolution française est un bloc dont on ne peut rien distraire. » (Cf. Histoire. Révolution française)

Histoire (Colonialisme) : (20 mars) 2021. Entendu sur radio Courtoisie (radio d’extrême droite [13h 15] : « Bien sûr, qu’on a pu faire des choses qui n’étaient pas très bien […]… ». (Cf. Langage. Critique de : « On », Politique. Colonialisme)

Histoire. Commémoration :

Histoire (Commémoration) (1) : Les commémorations : toujours trop tardives.
Évitent surtout les autocritiques et plus largement de prendre clairement position ; dès lors contribuent à prolonger une certaine conception figée de l’histoire. (Cf. Êtres humains. Autocritique, Politique. Esclavage)

Histoire (Commémoration) (2) : (13 août) 2020. Entendu : « On fête aujourd’hui… je veux dire : On commémore… » (Concernant la politique d’extermination de la population juive Hollandaise par les Nazis pendant la seconde guerre mondiale). (Cf. Langage)

Histoire (Comparaison) : 1984. Lu sur la quatrième de couverture repris de l’Introduction du livre de l’historien Moses I. Finley [1912-1986], Économie et société en Grèce ancienne [1965] : « Pour Finley, la comparaison n’est pas seulement un mode d’analyse, ni la juxtaposition de deux ensembles de faits ; c’est l’essence même de l’histoire, dans la mesure où c’est le devoir de historien de découvrir des relations de tous ordres […]. ». 67
La question n’est pas la « comparaison », pas plus que les « relations » - dont chaque esprit est submergé - mais les critères qui la, qui les fondent. Évident, mais…
N.B. Les quatrième de couverture : ou comment, trop souvent, les éditeurs espèrent attirer le chaland en leur proposant ce qu’ils jugent le plus facilement compréhensible par eux. (Cf. Penser. Comparaison, Histoire. Finley Moses I.)

Histoire (Costelle Daniel) : (9 novembre) 2018. Daniel Costelle, co-auteur avec Isabelle Clarke de la série documentaire télévisée Apocalypse, La paix impossible, 1918-1926 traitant de la première guerre mondiale, auteur de :
« Nous n'avons aucune interprétation de l'histoire […] » 68 Comment alors peut-on écrire l’histoire ? Et affirmant décrire des « faits » et en croyant ainsi se soustraire de toute idéologie ?

Histoire (Décoloniale) : (17 août) 2020. Après avoir entendu, sur France Culture, Frantz Fanon, [1925-1961] qualifié de « penseur décolonial » et avoir entendu qu’il « avait une approche décoloniale » - ce qui n’est pas le cas dans le titre de l’émission - et ayant toujours considéré Frantz Fanon comme un penseur anti-colonialiste, j’ai mieux compris mon refus de ce terme : en refusant de se positionner politiquement sur le colonialisme, on en arrive nécessairement à dépolitiser une pensée, un penseur, une politique. Dès lors, on participe, par le seul emploi de ce seul terme de « décolonial » - puis de « post-colonial » - à la dépolitisation de l’histoire, et donc à sa déformation. 69 (Poursuivre)
- Le même raisonnement est valable concernant l’emploi du terme de « racisé-e », à ceci près qu’il y a eu effectivement une décolonisation, mais que le racisme a toujours [eu] lieu.
* Ajout. 24 août 2020. Je découvre à l’écoute de la rediffusion d’une émission de France Culture du 8 mai 2010 que les « post-colonial studies » furent liées aux «subaltern studies »…

Histoire (De Gaulle Charles) : 2004. Philippe de Gaulle, dans De Gaulle, mon père, auteur de : « Il considérait toujours le présent en fonction du futur et en regardant le passé pour déchiffrer le présent. ‘On ne vit le présent que pour le futur, sinon, énonçait-il, ce n’est pas la peine d’aller plus loin. On peut s’arrêter tout de suite. ‘» 70

Histoire (Documents) : 2004. Svetlana Alexievitch, dans La guerre n’a pas un visage de femme, auteure de :
« Les documents sont des êtres vivants, ils changent en même temps que nous, on peut en tirer sans fin quelque chose. » Puis écrit, 17 ans plus tard :
« Les documents ne meurent pas, ne restent pas figés une fois pour toutes sous une forme donnée, dans les mêmes termes, ils bougent. Nous sommes capables de puiser sans fin de la matière neuve au fond des mots, ou plus exactement au fond de nous-mêmes. » 71 (Cf. Êtres humains. Penser. Méthode, Histoire, Sentiments)

Histoire (Eliot George) : 1866. George Eliot [1819-1880), dans Felix Holt, le radical, auteure de : « Lorsque Harold quitta la table, elle alla dans la grand salon, où elle pouvait calmer son agitation. […] Elle y fit les cent pas, au milieu du satin rose des fauteuils et des rideaux - la grande histoire de ce monde était réduite pour elle au petit récit de sa propre existence - une triste obscurité partout, sauf là où la lumière vive tombait sur l’étroit chemin de son sort personnel, suffisamment large pour la souffrance d’une femme. » 72

Histoire. Émotion :

Histoire (Émotion) (1) : (27 juillet) 2019. Emmanuel Laurentin, producteur depuis 20 ans de l’émission quotidienne de France Culture, La fabrique de l’histoire est interrogé sur les « 5 évènements forts de son expérience de journaliste radio d’histoire. » Il évoque notamment un voyage avec des « survivants du génocide » Rwandais et déclare :
« On se retrouve embarqués, presque ‘embedded’, comme disent les journalistes de guerre, avec des survivants d’un génocide comme celui-ci, tout en gardant notre libre arbitre, en évitant de nous laisser piéger par l’émotion. » Et pourquoi donc faudrait-il « ne pas se laisser piéger par l’émotion » ? Et, comment fait-on ? En se blindant ? En devenant insensible ? inhumain ? En visant à la schizophrénie ? En refusant d’écouter les témoignages ? En appuyant sur le bouton : On et Off de son identité ?
Il poursuit : « Mais elle est là, forcément, et à un certain moment, elle vient nous dépasser, nous submerger. » 73
Mais quid alors de tous les moments de vie et de pensée où « l’émotion » que chacun-e, historien-ne ou non, ressent, devrait d’emblée, selon lui, être exclue ?
Ce serait donc ce titre, à ce prix, à cette condition que « le libre-arbitre » - formulation bien impudente - de l’historien-ne pourrait s’exercer ?
On comprend peut-être mieux alors pourquoi les violences commises, subies ont été si longtemps hors champ de l’histoire. (Cf. Êtres humains, Penser, Histoire. « Objective », Sentiments, Violences)

Histoire (Émotion) (2) : (28 janvier) 2020. Philippe Colin, auteur de la B.D Le voyage de Marcel Grob, consacré aux « Malgré nous », dans l’émission Affaires sensibles de France Inter, auteur de :
« L’historien n’a pas le droit de jouer avec les émotions. » 74 Mais que fait-il des siennes ?

Histoire (Enseignement) : (5 novembre) 1937. Ruth Mair [1920-1942], alors écolière en Autriche, auteure de :
« Voilà ce qu’on enseigne en allemand […]. Pas l’ébauche de problème de bon sens, des discussions qui auraient pour but de nous éclairer.
Et l’histoire : le Moyen-Âge, les Temps nouveaux. On nous bourre, là aussi de dates, de petits détails sans la moindre importance. À la fin du cours on connait peut être la date de la bataille de Salamis mais quant à avoir une vue de l’histoire, de ses causes profondes rien. On apprend, certes, les noms de différents successeurs au trône, mais encore !
Et puis, pourquoi ne parle-t-on, en cours d’histoire, des évènements qui se déroulent dans le temps présent ? C’est toute l’ironie de la chose. Alors que la Chine et le Japon se déchirent, nous parlons de la guerre de Trente ans. Alors que la guerre civile fait rage en Espagne, nous parlons de la Glorieuse Révolution d’Angleterre. Je comprends bien qu’il ne faut pas laisser le passé de côté. Mais on pourrait nous en enseigner les grandes lignes et envisager ses liens avec le présent sans se perdre dans ses détails mesquins. Ce système produit des gens qui, certes, connaissent le Concile de Constance, mais ne savent pas quand la République a été instauré en Autriche
. […]
On fabrique ainsi des gens qui n’ont aucun lien avec la politique, qui défendent des opinions sans savoir pourquoi. Pourquoi ne nous enseigne-t-on pas comment sont nés le national-socialisme, le socialisme, et le communisme ?
» Combien juste, intelligent, combien actuel …
Écrit par une jeune fille de 17 ans.
N.B. À réfléchir notamment par tous-toutes les inspecteurs-trices de l’Éducation nationale, ainsi que par ceux et celles qui ne cessent de dénoncer les-violences-des-jeunes-des-banlieues-difficiles. 75 (Cf. Histoire. Maier Ruth)

Histoire (Esclavage) : Cf. Politique. Esclavage.

Histoire (« Faits ») : Des faits ! des faits ! criait-on pour, disait-on, lutter contre « l’idéologie ». La régression de la pensée en marche.
Questions : Qui les choisit, les sélectionne, les comprend, les interprète, les hiérarchise, les compare, les occulte, les lie, les isole ?
Qui interroge les mots qui les incarne, la construction des phrases qui les structurent ?
Et pourquoi ces questions ? (Cf. Politique. Médias, Histoire. Archives)

Histoire. des femmes :

Histoire (des femmes) (1) : Première étape nécessaire pour permettre, non pas de critiquer l’« histoire des hommes », mais d’aborder l’histoire du patriarcat qui lui-même n’est qu’une des expressions - sans doute la plus fondamentale - de l’histoire. Doit donc être dépassé. L’a été. Mais le « genre » devenu hégémonique, a mis un coup d’arrêt brutal au processus. (Cf. Féminisme, Langage. Genre)

Histoire (des femmes) (2) : Sentiment que progressivement l’appréhension, la compréhension, la dénonciation du patriarcat, de la domination masculine se dissout dans une histoire de femmes singulière, dont la vie est présentée, expliquée par la chance, le hasard, la bonne rencontre, les parents, la volonté, et au bout du compte, le plus souvent par la réussite ; ce qui n’empêche pas la conclusion: si je m’en suis sortie, vous aussi vous pouvez la faire. Quelques transgressions, ou plutôt celles présentées comme telles, aident à faire passer la pilule.
L’histoire appréhendée par la diffusion, toute libérale, de rôles-modèles qui se propageraient par ruissellement.

Histoire (Fassbinder Rainer-Werner) : (17 avril) 1981. Jean Tulard cite dans son Dictionnaire du cinéma. Les réalisateurs, cette phrase, publiée dans Le Monde, de Rainer Werner Fassbinder [1945-1982] :
« Je cherche en moi où je suis dans l’histoire de mon pays, pourquoi je suis allemand. » 76

Histoire. Féministe :

Histoire (Féministe) (1) : Il ne s’agit pas - aujourd’hui - d’écrire une impossible histoire féministe, mais de tenter de retrouver et d’analyser les manifestations de pensées féministes, d’actions féministes (à définir préalablement).
Il s’agirait dès lors de rechercher - avec nos grilles d’analyse (nécessairement personnelles) d’aujourd’hui - ce qui a pu permettre de construire dans toutes ses composantes et ses si diverses modalités d’expression, le féminisme en tant qu’actions, pensées, et, donc, comment il a donc pu être exclu de l’histoire.
Il s’agirait alors de tenter de comprendre comment, depuis toujours, le patriarcat a été fondé, s’est maintenu, s’est adapté selon des modalités différenciées, à tous les modes de production, à tous les systèmes politiques, religieux. Sans transformer le patriarcat en un pouvoir immanent, mais en lui reconnaissant la force, la logique et les [in]cohérences d’un système de domination. (Cf. Patriarcat)

Histoire (Féministe) (2) : Dans le cadre donc d’une analyse du système patriarcal (concept à redéfinir sans cesse), il faudrait alors sans cesse redéfinir le féminisme dans toutes ses composantes [à expliciter pour chacun-e] afin d’apprendre à lire les forces et les faiblesses, les avancées et les reculs, les blocages, les alliances, les contradictions au sein du féminisme, entre féminismes, entre féministes. Seules ces analyses, jamais acquises, jamais définitives, peuvent permettre d’avancer dans l’analyse. (Cf. Patriarcat, Proxénétisme)

Histoire. Fielding Henry :

Histoire (Fielding Henry) (1) : 1749. Henry Fielding [1707-1754], dans l’Histoire de Tom Jones, auteur de :
« En vérité, les historiens peu judicieux omettent trop souvent maintes petites circonstances d’où procèdent des évènements de la plus haute importance. On peut, en effet, considérer le monde comme une vaste machine dont les grandes roues sont premièrement mises en mouvement par les plus menues, presque imperceptibles pour toute vue qui n’est pas excellente. » 77

Histoire (Fielding Henry) (2) : 1749. Henry Fielding [1707-1754], dans l’Histoire de Tom Jones, auteur de :
« Car bien que les faits eux-mêmes apparaissent, les motifs, les circonstances et les conséquences diffèrent à un tel point quand un homme raconte sa propre histoire et quand c’est son ennemi qui la dit, que l’on ne reconnait guère que ces faits sont les mêmes. » 78

Histoire (Fielding Henry) (3) : 1749. Henry Fielding [1707-1754], dans l’Histoire de Tom Jones, auteur de :
« […] On peut souvent observer pareils cas dans la vie, où les plus grands évènements sont produits par un enchaînement subtil de petites circonstances ; et un œil sûr en découvrira plus d’un exemple dans cette histoire même. » 79

Histoire (Fielding Henry) (4) : 2020. Je lis dans la note 1 de la page 204 de Middlemarch [1871-1872] de George Eliot [1819-1880] :
« Le romancier Henry Fielding [1707-1754] aimait à se définir comme historien (Cf. Tom Jones. 1749, Livre IX. Ch.1] en jouant un peu sur le double sens du mot history : quiconque raconte une histoire joue le rôle d’historien. » 80

Histoire (Finkielkraut Alain) : (22 mai) 2021. Alain Finkielkraut, auteur de :
« Je vais faire encore une petite critique de la Commune. » 81 (Écouter l’émission fort instructive à de nombreux titres, notamment en matière de comparaison de grilles de lectures de l’histoire) (Cf. Langage. Adverbe, Histoire. Casanova Jean-Claude)

Histoire (Finley Moses. I.) : 1965. Moses I. Finley [1912-1986], dans Économie et société en Grèce ancienne, concernant « l’engagement de l’historien dans le présent », « les limites de son métier et son devoir envers le présent » auteur de :
« […] Je ne veux pas dire du tout qu’il ne soit pas important de fixer avec précision les données historiques. Et pourtant on ne peut pas se débarrasser de l’impression qu’il y a dans tout cela une sorte d’irréalité, quelque chose d’Alice au pays des merveilles. […]
Le passé mort n’enterre jamais ses morts. C’est le monde qu’il faut changer, non le passé. » 82 (Cf. Histoire. Comparaison. Historiographie. Patriarcale)

Histoire (Foliard Daniel) : (10 septembre) 2020. Daniel Foliard, dans l’émission Le cours de l’histoire de France Culture, dans une émission intitulée Soldats coloniaux : la violence en images, auteur, notamment, de :
- « Ce n’est pas notre rôle de juger »
- « Il faut regarder les choses en termes de marché »
- « C’est un montage [de photos] »
- « Il y a une vraie volupté de trouver un équilibre […] ».
N.B. Lors de cette émission, au cours de laquelle la violence des photos - et donc de la violence coloniale - produites dans le livre de Daniel Foliard a été à plusieurs reprises évoquée, Xavier Mauduit, son responsable a pensé pertinent de diffuser la chanson de Mayol [1872-1941] : Boudou, badabou » [1913] après avoir précisé, pour la présenter, que « le tirailleur Sénégalais [qui] fascine ». 83

Histoire (Foucault Michel) : Comment est-il possible de dégager « la substantifique moelle » des écrits historiques - dits par certain-es théoriques - de Michel Foucault sur la prison, sur la folie, sur…lorsque les liens entre ses analyses / assertions / jugements / hypothèses est si dissociée de ses sources, pas même explicitées, ni donc vérifiables. Les bibliographies citées par lui ne peuvent en tenir lieu. (Cf. Penser. Méthode, Histoire. Sources)

Histoire (Frydman René) : (15 août) 2020. René Frydman, responsable de l’émission Matière à penser de France Culture, lors une émission consacrée au médecin Paul Reclus [1847-1914] évoque ainsi son action ainsi dans la Commune de Paris [1871], après l’avoir présenté comme « un peu internationaliste » :
« […] Il «va mettre en pratique ce qu’il va développer par la suite, c’est à dire l’universalité du médecin qui traite tous les malades quels qu’ils soient. […]
On voit déjà poindre cet humanisme-là, qui va faire florès ensuite officiellement avec la déclaration de Genève, et tout ça.
Donc il va s’engager par la médecine dans l’action quotidienne, je dirais, de ce chamboulement social. Et puis il va poursuivre sa carrière, ensuite, une fois que les choses se seront calmées, on va dire, plus ou moins bien… selon le côté où on se trouve.
Mais, bon la situation est calmée. Il va y avoir une répression d’un côté…
[...] » 84
Ou : comment, pour ne pas avoir à prendre position, croit-on, on en prend clairement une et on déforme, on réécrit gravement l’histoire.
N.B. Paul Reclus fut, lors de la Commune de Paris, chirurgien de bataillon dans lequel est aussi engagé son frère Élisée Reclus [1830-1905].
Un courte notice lui est consacré dans Le Maitron.

Histoire (Galien) : (16 août) 2020. René Frydman, responsable de l’émission Matière à penser, de France Culture, lors une émission consacrée au « grand médecin humaniste de l’Antiquité Galien » [129-vers 201], vanta notamment l’« esprit méthodique » du « médecin des gladiateurs [qualifiés de « cheptel »] et des empereurs romain », « porteur d’une vision globale propre à la médecine Grecque [...] ». 85
- Denis Diderot [1713-1784] dans l’Entretien d’un père avec ses enfants [1781] cite, concernant les « préceptes [de Galien] sur les moyens de conserver les nouveaux-nés » (sans source), ceci : « C’est aux Grecs, aux Romains, à tous ceux qui marchent sur leurs pas dans la carrière des sciences, que je les adresse. Pour les Germains et le reste des barbares, ils n’en sont pas plus dignes que les ours, les sangliers, les lions et autres bêtes féroces. » 86 (Cf. Êtres humains, Animalisation des êtres humains)

Histoire (« Geste d’apaisement ») : (10 mars) 2021. J’entends lors des informations de 18 heures de France Inter, concernant Ali Boumendjel [reconnu le 2 mars 2021 « torturé et assassiné » le 23 mars 1957 par l’armée française] qu’Emmanuel Macron avait fait « un geste d’apaisement ». Ainsi, l’état français, c’est intuiti personnae Emmanuel Macron ; une décision politique est un « geste » - terme pour le moins dévalorisant - ; ce qui relève de l’histoire est traité non en termes de vérité et de justice, mais de bon vouloir singulier. Plus encore une seule vérité dite - un secret de Polichinel pour des centaines de milliers de personne et sans doute plus depuis des dizaines d’années - est censée cacher la violence intrinsèque de la politique coloniale française et ses millions de mort-es - et faire fonction d’excuses, de regrets, de demande de pardon et de propositions de réparations. Le colonialisme n’est pas mort : il se survit à lui-même. Quant à l’histoire elle n’a pas à être « apaisée » - ne relève pas des relations entre états - mais doit être dite, faite, écrite.

Histoire (Ghouirgat Mehdi) : (9 décembre) 2019. Mehdi Ghouirgat, historien du Maghreb médiéval, auteur de :
« L'histoire, j'entends par là ce qui est couché par écrit […] » 87
Si, certes, cette vision de l’histoire, spécialement concernant l’histoire contemporaine, n’est plus défendue, elle en est encore la conception dominante.
Et elle en est la plus sévère condamnation.

Histoire (« Gilets jaunes ») : (27 avril) 2019. Un slogan inscrit sur un « gilet jaune » à Rennes lors de l’acte 24 des « Gilets jaunes » :
« On arrête pas l’histoire avec des flashballs » 88 (Cf. Politique. Gilets jaunes)

Histoire (Giroud Françoise) : 2003. Alix de Saint-André rapporte la réaction de Françoise Giroud [1916-2003], alors, qu’en 1988, elle reçut, en sa présence, un appel téléphonique de Jean-Jacques Servan-Schreiber [1924-2006] :
« Françoise m’a dit : ‘Vous avez été témoin d’un évènement historique !’ Pour elle, l’aventure de L’Express, leur aventure, ce n’était pas qu’un épisode de l’histoire de la presse, c’était une page de l’histoire de France. » 89

Histoire (Goldman Emma) : 1924. Emma Goldman [1869-1940], dans L’agonie de la révolution. Mes deux années en Russie (1920-1921), chargée par les Bolchéviques de collecter des archives en Russie concernant la révolution, écrit :
« Nous partîmes à Pétrograd livrer au musée notre précieux chargement de documents récoltés dans le sud. Mais le plus précieux avait été l’expérience vécue par les membres de l’expédition, expérience qui nous avait enrichis à travers les contacts personnels noués avec des gens de toutes opinions, ou même sans opinion, et les impressions qu’ils avaient laissées en nous, jour après jour, le vaste panorama social déroulé sous nos yeux.
C’était un trésor de bien plus grande valeur que quelque document que ce soit.
» 90 (Cf. Langage. Mots, Histoire. Archives)

Histoire (Gorgon The) : Dans The Gorgon s’exprimèrent les pensées populaires radicales en Grande-Bretagne de 1817 à 1821. On y écrit :
« Nous pensons réellement que nous ne pouvons pas mieux faire avancer la cause de la Réforme qu’en excluant du débat toute référence à un état antérieur de la société. […] »
Pensée politique puissante, bien que, prise au pied de la lettre, absurde et dangereuse. 91 (Cf. Politique)

Histoire (Gorz André) : André Gorz [1923-2007], auteur de :
« L’avenir ne nous rendra pas le passé ». Certes… 92
(Cf. Penser. Citation, Vide-pensées, Histoire)

Histoire (Guérin Daniel) : 1965. Daniel Guérin [1904-1988], dans L’anarchisme, auteur de : « Le retard de la conscience subjective par rapport à la réalité objective est une des constantes de l’histoire. » 93 Seule la certitude de la validité, voire de la vérité, du postulat de son analyse peut autoriser une telle assertion, laquelle par ailleurs - sans pour autant en accepter les fondements - serait sans doute plus juste en en inversant les termes.

Histoire. Guizot François :

Histoire (Guizot François) (1) : 1858-1867. François Guizot [1797-1874] dans ses Mémoires pour servir l’histoire de son temps, auteur de :
« L’histoire, c’est la nation, c’est la patrie à travers les siècles. » 94 (Cf. Politique. Nationalisme)

Histoire (Guizot François) (1) : 1858-1867. François Guizot [1797-1874] dans ses Mémoires pour servir l’histoire de son temps, auteur de :
« Il faut que le pouvoir ait infligé au pays bien des violations de droit, des iniquités et des souffrances bien amères et bien prolongées pour que les révolutions soient fondées en raison et réussissent malgré leurs propres fautes. » 95

Histoire (Haffner Sebastian) : 1938. Sebastian Haffner [1907-1999], dans son livre Histoire d’un Allemand. Souvenirs. 1914-1933, écrit concernant l’histoire :
« Nous autres, les anonymes, sommes tout au plus les objets de l’histoire, les pions que les joueurs d’échecs poussent, laissent en plan, sacrifient et massacrent, et dont la vie, en admettant qu’ils en aient une, se déroule sans la moindre relation avec ce qu’il advient d’eux sur l’échiquier où il se trouvent sans le savoir. » 96
N.B. Il réfute plus loin cette analyse, qui garde néanmoins toute sa vérité.

Histoire (Hémiplégique) : (11 juillet) 2020. Entendu, dans l’émission Échappées belles concernant la Tunisie, un archéologue anglais affirmer :
« Le monde arabe est hémiplégique. Il ignore tout ce qui a précédé l’arabité. C’est tragique. » 97 (Cf. Culture. Arabe)
* Ajout. 17 août 2020. À comparer avec le rôle joué par les Talibans en Afghanistan concernant le Bouddhisme.

Histoire (Historien-ne) : Les historien-nes, plus sensibles que d’autres à l’importance de l’écriture de l’histoire, ayant aussi, plus que d’autres, accès au monde de l’édition, des médias, ont plus de facilité que d’autres à gérer de leur vivant leur propre historicité. Ou du moins à s’y efforcer… (Cf. Culture, Politique)

Histoire. Hill Christopher :

Histoire (Hill Christopher) (1) : 1977. Christopher Hill [1912-2003], dans Le monde à l’envers. Les idées radicales au cours de la Révolution anglaise, écrit dans son Introduction :
« Il est nécessaire de réécrire l’histoire à chaque génération, car si le passé reste immuable, il n’en est pas de même du présent : chaque génération interroge le passé à sa manière et découvre avec les hommes qui l’ont précédée des affinités nouvelles en revivant leurs expériences sous des aspects différents. » 98 (Cf. Patriarcat, Penser. Méthode)

Histoire (Hill Christopher) (2) : 1977. Christopher Hill [1912-2003], dans Le monde à l’envers. Les idées radicales au cours de la Révolution anglaise, écrit dans son Introduction :
« Bien que le soutien populaire accordé au parlement fut considérable dans les années 1640, à long terme, la révolution eut pour conséquence de profiter à la petite noblesse terrienne (gentry) et aux marchands, à l’exclusion des couches défavorisées qui constituaient cinquante pour cent de la population et sur lesquelles je m’efforcerai de centrer cette étude. [...] »
Il évoque alors le livre de David Underdown, Pride’s purge [Oxford. U.P. 1971] et écrit :
« Il traite à peu près de chose près de la même période que moi, mais sous un angle totalement différent : il considère les choses d’en haut, c’est-à-dire de Whitehall, alors que je me situe à ras de terre, et les noms qui figurent dans nos index respectifs ne se recoupent jamais. »
Une belle, claire, simple, fondamentale présentation de méthode.
Pourquoi faut-il tant d’années pour en découvrir l’importance ? 99 (Cf. Penser. Idée, Méthode, « Sciences » sociales)

Histoire (Houte Arnaud) : (31 juillet) 2019. Arnaud Houte, historien, sur France Culture, auteur de :
« L’historien a tendance à être prudent. » 100

Histoire (Hadewijch. Sœur) : 1992. Lu dans un Dictionnaire de femmes célèbres :
« Hadewijch. Sœur. Mystique et poétesse allemande (XIIIème siècle) » :
« On ne sait rien de sa vie, sauf qu’elle était une béguine et qu’elle était peut-être issue d’une famille de l’aristocratie. »
« On ne sait rien de sa vie » : une exception dans ce Dictionnaire, la norme en histoire. 101

Par ordre chronologique. Histoire. Hugo Victor :

Histoire (Hugo Victor) (1) : Si je lis Quatre-vingt-treize [1874] de Victor Hugo [1802-1885], selon les critères de la crédibilité des personnes, de leur psychologique, de la construction de l’histoire, je peux écrire que ce n’est pas un bon livre ; si je le lis d’un point de vue historique ; c’est un grand livre. Sa présentation, en quelques mots pour chacun, des hommes de la convention est, notamment, éblouissante. 102
Par ordre chronologique. Histoire. Hugo Victor :

Histoire (Hugo Victor) (2) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], auteur, dans Les misérables, de :
« […] Nul n’est bon historien de la vie patente, visible, éclatante et publique des peuples, s’il n’est en même temps, dans une certaine mesure, historien de leur vie profonde et cachée ; et nul n’est bon historien du dedans, s’il ne sait être, toutes les fois que besoin est, historien du dehors.
L’histoire des mœurs et des idées pénètre l’histoire des évènements et réciproquement.
Ce sont deux ordres de faits différents qui se répondent, qui s’enchaînent toujours et s’engendrant souvent.
Tous les linéaments que la province trace à la surface d’une nation ont leurs parallèles sombres, mais distincts dans le fond, et toutes les convulsions du fond produisent des soulèvements à la surface.
La vraie histoire étant mêlée à tout, le véritable historien se mêle de tout. » 103

Histoire (Hugo Victor) (3) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les misérables, auteur de :
« Que l’histoire soit à refaire, cela est évident. Jusqu’à l’époque où nous sommes, l’histoire a fait sa cour ; elle ferme les yeux quand un altesse lui dit : Histoire, ne regarde pas. Elle a pour principe l’obéissance ; et à qui doit-on obéir ? Au succès : le roi paye, le peuple ne paie point. Voilà à peu près tout le secret de ce genre d’Histoire, l’admirable étant d’être payé successivement par Pour et par Contre, et, comme Fontanes [Louis de. 1757-1821], d’être fait sénateur par l’idolâtrie et pair de France pour le crachat sur l’idole […]
Il est temps que l’Histoire entre dans la voie des aveux. » 104 (Cf. Penser. Politique. Obéir)

Histoire (Hugo Victor) (4) : 1874. Victor Hugo [1802-1885], dans Quatre-vingt-treize, auteur de : « Tel était Cimourdin. Personne aujourd’hui ne sait son nom. L’Histoire a de ces inconnus terribles. » 105

Histoire (Hugo Victor) (5) : (15 janvier) 1875. Conclusion du poème de Victor Hugo [1802-1885] intitulé Aux historiens :
« Il me déplaît / Que le narrateur fasse un détail trop complet / De la difficulté de combattre, et calcule, / Complaisamment, le lieu, l'heure, le crépuscule, / La distance, le temps de marcher au canon, / Si les soldats étaient bien disposés ou non, / S'il n'était point venu d'ordre contradictoire ; / Je n'aime pas entendre ainsi parler l'histoire. / Et ce tas d'arguments, de motifs, de raisons, / C'est l'encouragement sinistre aux trahisons. / La plaidoirie est sombre et l'excuse est malsaine. / Ah! vous semez Grouchy ! [accusé d’être responsable de l’échec militaire de Napoléon en 1815. 1766-1847] Vous récoltez Bazaine. [a capitulé à Metz le 27 octobre 1870. 1811-1890]» (Cf. Politique. Médias)

Histoire (Hugo Victor) (6) : (1er août) 2020. Jean-Noël Jeanneney dans l’émission Concordance des temps de France Culture, consacrée au mensonge en politique, cite (sans source) cette phrase de Victor Hugo [1802-1885], :
« Je ne sais pas comment cette pauvre Clio pourra s’y retrouver dans cet imbroglio. » 106

Histoire (Ignominies) : (28 septembre) 1931. Michel Leiris [1901-1990], dans L’Afrique fantôme, auteur de : « L’administrateur […] (après avoir évoqué le conscription) dégoûté, il nous parle des fameux B.M.C où les tirailleurs défilaient comme à la visite médicale, passant sur les femmes sans même enlever leur pantalon, si bien que les malheureuses devaient être périodiquement évacuées à cause de la blessure qu’à la longue leur faisait à la cuisse le frottement des boutons de braguette. » L’histoire, dans sa quasi-totalité, a été construite sur le déni, le refus de voir, de relever, de prendre en compte, d’analyser, de dénoncer ces ignominies. 107 (Cf. Femmes, Hommes, Patriarcat, Politique. Animalisation des êtres humains. Colonialisme. Guerre, Proxénétisme, Femmes-dites-prostituées, Violences à l’encontre des femmes, Ethnologie)

Histoire (Ingrao Christian) : (8 août) 2019. Christian Ingrao, historien, auteur de :
« Mon maître, c’est mon maître, quand il parle, j’obéis. » 108
- Les interviews, entretiens, à la radio, à la télévision - avatars d’une psychanalyse, mais publique et en outre totalement formatés – sont, pour ceux et celles qui en acceptent le principe et qui n’y prennent pas garde, certes des mises en valeur personnelles, si souvent flagorneuses, mais que cachent, si souvent mal, autant de pièges. (Cf. Langage. Possessif, Politique. Médias)

Histoire (Israël) : Dans les médias français - et sans aucun doute, bien ailleurs - lorsque l’histoire d’Israël est évoquée, je constate une fâcheuse tendance à débuter à « la guerre des six jours » [5 au 10 juin1967] et donc « aux défaites arabes ». Quant à revenir à la création de l’état d’Israël, [1947-1948] et donc aux conditions dans lesquelles celui-ci fut constitué - par le vol et l’appropriation des terres Palestiniennes, leur exode - cela est rarement présenté comme le facteur explicatif premier, majeur, incontournable des luttes, des guerres qui ne cessent d’advenir.
Une injustice fondatrice qui ne peut, ne doit, s’effacer.

Histoire. Jeanneney Jean-Noël :

Histoire (Jeanneney Jean-Noël) (1) : (1er février) 2020. Jean-Noël Jeanneney, responsable de l’émission Concordances de temps (depuis 1999) de France Culture, présentant une émission consacrée à La parisienne, auteur de :
« Notre sujet, ce matin, appelle une justification spécifique. Il n’est pas illégitime de se demander si la figure dont nous allons parler a vraiment existé, selon quelque chose comme une unité. Ne serait-elle pas seulement le produit nuageux de fantasmes ambigus ? Quand je vous aurai dit qu’il va s’agir du mythe de la Parisienne, oui, la Parisienne depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jours, vous admettrez la possibilité d'un doute initial. L’Histoire est-elle capable de s’en saisir sans que sa réalité glisse entre les doigts au point de se dérober à toute analyse concrète ? » 109
- Ou : comment sous couvert d’interroger un mythe, on le réhabilite, et on dévalue l’histoire ‘concrète’. Logique… (Cf. Histoire. Patriarcale. Jeanneney Jean-Noël)

Histoire (Jeanneney Jean-Noël) (2) : (5 septembre) 2020. Jean-Noël Jeanneney, auteur de :
« Nous sommes seulement une discipline. Nous ne sommes pas une science exacte. » 110
- Mais qui peut encore imaginer qu’elle puisse l’être ? Pourquoi alors cette justification ? (Cf. Langage. Critique de mot : « Nous », Pensée. Binaire, « Sciences » sociales)

Histoire (Jeanneney Jean-Noël) (3) : (23 janvier) 2021. Jean-Noël Jeanneney, dans une émission consacrée à l’histoire de « Bordeaux au long cours », après une référence à l’épopée du Massilia [21 juin 1940] et donc à Vichy, auteur de :
« Soyons plus optimistes, soyons plus positifs » et change de sujet.
- Est-ce sur cette ‘conception’ de l’histoire que l’esclavage dans l’histoire de la ville de Bordeaux, a été évacuée ? L’esclavage ne fait-il pas partie de « la genèse, des déchirements, des continuités et ses ressorts » de cette ville ? Et, plus prosaïquement de sa richesse et de l’humanité de son honteux commerce ? Une émission-justification. 111 (Cf. Politique, Esclavage. Histoire. Esclavage)

Histoire (Jeanneney Jean-Noël) (4) : (6 février) 2021. Jean-Noël Jeanneney, auteur de :
« Les chercheurs occidentaux […] se sont attachés à prendre de la distance par rapport à une littérature scientifique qui étaient demeurée longtemps européo-centrée, selon une vision qui était héritée du XIXe siècle et marquée par la colonisation. Il existe bien des façons de contribuer à cet indispensable recentrage. »
Comment, peut-on juger « nécessaire » de « recentrer » une histoire colonialiste, sans prendre position sur ce que l’on entend concernant l’essentiel?
N.B. Recentrer : « Remettre au centre ou diriger vers le centre, réorienter ; Réorienter sur l’objectif, sur ce qui est important, l’essentiel. »

Histoire (Jeanneney Jean-Noël) (5) : (20 février) 2021. Jean-Noël Jeanneney, dans une émission curieusement intitulée Les Croisades vues d’en face, du côté de l’Islam » s’assigne pour objectif, « à la suite des historiens européens, depuis une ou deux générations », de « décentrer, plus qu’auparavant le regard sur le passé de notre planète, […] à faire basculer nos curiosités vers le point de vue des autres, vers la manière dont ceux-ci ont vécu les temps anciens » ce dont il fallait attendre, dit-il, de « fécondes remises en cause ».
Je découvre que du fait de ce « décentrement » - ultérieurement reformulé « rééquilibrage » - l’émission ne cessa de relativiser les Croisades, pas si graves, pas si importantes, pas si violentes [nombre de morts « exagérés », lors de la prise de Jérusalem] pas si signifiantes [simplement « provisoires et parcellaires »] dès lors qu’elles étaient comparées avec les Mongols, qui, eux, représentaient « le maximum absolu de la barbarie » et dont « l’opposition est claire par rapport aux Croisés ».
- Jean-Noël Jeanneney espérait ainsi « diminuer notre culpabilité et notre importance » ; il ne fit qu’aggraver par le renouvellement du déni la responsabilité de l’Occident chrétien ; plus encore il contribua, une fois encore, à focaliser en conclusion l’exclusif regard critique « sur les forces qui déchirent aujourd’hui encore sous nos yeux, si cruellement, longtemps après le temps des croisades, les pays du Proche et du Moyen-Orient. »
N.B. Sa référence ultime au livre d’Amine Maalouf, Les croisades vues par les Arabes. La barbarie Franque en Terre sainte [1999] présentée « comme une source également intéressante », dépourvue de toute critique historique, particulièrement méprisante, révélait mieux ses lourds partis-pris politiques. 112

Histoire (Jeanneney Jean-Noël) (6) : (6 mars) 2021. Jean-Noël Jeanneney, dans Concordances des temps, concernant une analyse de son invité, auteur de :
« Il demeure que selon vous, et je crois que chacun ratifie votre point de vue…» ; de :
« Vous avez apprécié comme nous… [un document d’archives diffusé] » ; et de :
« Je ne sais pas si vous avez défendu la propriété mais vous avez défendu brillamment votre livre. [Arnaud-Dominique Houte. La propriété défendue. La société française à l’épreuve du vol. [113
En tout cas, à son habitude, Jean-Noël Jeanneney, à force de sans cesse tenter d’esquiver de prendre position, n’a cessé de la révéler, tout en embarquant, sans leur accord, d’autres - dont les auditeurs/trices d’une émission d’histoire de France Culture - que lui. (Cf. Êtres humains. Soi)

Histoire (Jeanneney Jean-Noël) (7) : (3 avril) 2021. Jean-Noël Jeanneney, après avoir entendu évoquer ‘la mode qui est le fait d’une petite élite, que ne se diffuse pas encore, le choix de la haute couture qui descendrait vers la société’, auteur de :
« Il y a toujours un dialogue entre l’un et l’autre. » 114
N.B. Au cours de cette émission, l’’analyse’ de Madeleine Milhaud [1902-2008] en sus de ses jugements sur [le corps des] les femmes plus que critiquables, comportait un jugement concernant notamment Joséphine Baker [1921-1975], lequel, malgré des précautions formelles, était incontestablement raciste. (Cf. Corps. Femmes, Patriarcat, Histoire. Patriarcale)

Histoire (Léautaud Paul) : (25 août) 1944. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal littéraire, écrit : « Il y a quelques semaines, je relisais des chapitres de l’ouvrage de Daniel Mornet sur Les origines intellectuelles de la Révolution française.
C’est lui, je crois, qui a fait cette remarque (sic) qu’il est faux d’attribuer comme on l’a fait à un groupe d’écrivains du temps, précurseurs de la Révolution française, une telle influence sur l’esprit du public français, le vrai peuple, dans son ensemble, sachant à peine lire, et même ne sachant pas du tout. […] » 115 Juste ? Peut-on même répondre à cette question, somme toute binaire ?

Histoire (Légendes) : 1951. Marguerite Yourcenar [1903-1987], dans les Mémoires d’Hadrien évoque « les légendes à demi pourries qui encombrent les recoins de l’histoire. » 116

Histoire (Lentz Thierry) (1) : (2 mai) 2021. Thierry Lentz, historien, directeur de la fondation Napoléon, et auteur de Pour Napoléon [Perrin. 2021] sur radio Courtoisie (radio d’extrême droite) auteur de : « L’histoire doit nous unir. » 117
* Ajout. 9 mai 2021. Du même, sur Arte : « Napoléon pense et je pense comme lui. » 118

Histoire (Lentz Thierry) (2) : (29 mai) 2021. Thierry Lentz, historien, sur France Culture, auteur de : « Pour l’historien, ce n’est pas l’essentiel. » ; « Je conserve, pour l’historien, l’argument de l’anachronisme. » 119

Histoire (Lentz Thierry) (3) : (29 mai) 2021. Thierry Lentz, historien, sur France Culture, emploie, pour qualifier l’esclavage, les expression de « questions humaines », de « facteur humain ». 120 (Cf. Politique. Esclavage)

Histoire. Lessing Doris :

Histoire (Lessing Doris) (1) : 1952. Doris Lessing [1919-2013], dans Les enfants de la violence, auteure de : « […] Et la vie continua ainsi, en 35, 36, 37, 38 ; à l’époque de Noël, en 1938, on eût dit que le Club eut toujours existé et qu’il existerait toujours. […]
Ce Noël de 1938 semblait chargé d’une fièvre désespérée qui s’entendit à la ville entière […] Et cela continuait ainsi. […] Pourtant, tout cela disparut d’un instant à l’autre. » 121

Histoire (Lessing Doris) (2) : 1952. Doris Lessing [1919-2013], dans Les enfants de la violence, auteure de : « Depuis qu’elle avait cessé de lire les journaux, il semblait que les russes fussent devenus des héros et d’admirables combattants. Ce n’était plus cette foule de moujiks démunis qui s’éparpillaient en une fuite éperdu devant les hordes nazies. Remarquable évolution - elle avait cessé de lire les journaux parce que leurs ricanements malveillants sur l’invasion de la Russie lui donnaient la nausée : tout le monde était ravi, visiblement, de voir que les valeureux alliés se faisaient battre à plate couture. Une bataille épique se déchaînait en un lieu appelé Stalingrad - d’après un éditorialiste anonyme - et représentait un tournant capital dans le déroulement de la guerre. […]
Elle fouilla dans le placard et dénicha une pile de vieux journaux. Deux années plus tôt, les Russes étaient apparus comme d’ignobles criminels complotant avec Hitler pour dominer le monde. L’année suivante, ils n’étaient plus que les malheureuses victimes d’une agression sans scrupules, mais hélas, si démoralisés qu’ils étaient, comme alliés, plus nuisibles qu’utiles. À présent, c’était une race d’invincibles géants. » 122

Histoire. Macron Emmanuel :

Histoire (Macron Emmanuel) (1) : (25 novembre) 2017. On lit dans le Discours du Président de la République à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et du Lancement de la grande cause du quinquennat, ceci :
« Le sentiment d’horreur et de honte que suscite cette situation, je dois le dire, a pris une épaisseur toute particulière en effet il y a un peu plus d’un an parce que c’est bien de la honte dont il s’agit lorsqu’on est à la fois un homme et lorsqu’on est décideur public.
J’étais alors candidat, je suis maintenant Président de la République et on ne peut pas considérer que ce dont nous parlons aujourd’hui est quelque chose de banal, d’acceptable, dont on pourrait accepter même la moindre part ou le début d’ambigüité.
Je dis un peu plus d’un an parce que même comme beaucoup de nos concitoyens, ce sujet m’avait à plusieurs reprises interpellé, il était, il faut bien le dire, beaucoup moins dit, beaucoup moins raconté ; il y avait une part épaisse de silence.
Et lorsque candidat, j'avais lancé cette grande marche à laquelle plusieurs d'entre vous ont participé, qui consistait à faire remonter du terrain les préoccupations des Françaises et des Français - l'insécurité, le chômage, beaucoup de choses sont remontées - et une, au-dessus des autres, ce sujet des violences faites aux femmes, c'était la première. […]
Je ne pensais pas, je vous l’avoue, une seule seconde, que ça pouvait être le premier sujet. [...]
Quelques semaines après, je me rendais au Mans, Monsieur le Maire, cher ami et il me disait : j'ai quelqu'un de formidable dans mon équipe qui est engagé ; les gens trouvent que ce n'est pas un sujet extrêmement important ce qu'elle fait au Mans mais moi, elle m'a bluffé, va voir son association. J'y suis allé : c’était Marlène SCHIAPPA. […]
Alors en un an, quelque chose s'est passé qui est une immense libération en effet de la parole ; un immense appel des femmes pour que leur cause soit enfin au cœur du débat public. »
- Qu’en déduire concernant les connaissances historiques de M. Macron ? Qu’elles ne dépassent pas, en l’occurrence, l’année 2016 ?
- Qu’en déduire concernant les conséquences politiques de ce constat, si constat il y a, : que c’est en fonction de ses temporalités, de ses prises de conscience, de son inculture féministe, de ses choix (ici, celui de Marlène Schiappa) qui devrait décider de nos vies ? (Cf. Pour la suite : Femme. « Politique ». Schiappa Marlène, Féminisme, Patriarcat, Politique. État)

Histoire (Macron Emmanuel) (2) : (6 décembre) 2017. Interpellé par un jeune Algérien dans les rues d’Alger qui notamment demandait que « la France assume son passé colonial vis à vis de l’Algérie », Emmanuel Macron lui répondit :
- « Qui évite quoi ? J'évite de venir vous voir ? J'évite de dire ce qui s'est passé ? Mais il s'est passé des choses, comme je l'ai dit. […]
On a cette histoire entre nous, mais moi je n'en suis pas prisonnier. Mais vous, vous avez quel âge? »
- « J'ai 25 ans », a répondu le jeune homme. »
- « Mais vous n'avez jamais connu la colonisation ! Qu'est-ce que vous venez m'embrouiller avec ça ? Vous, votre génération, elle doit regarder l'avenir. » 123
L’histoire, pour Emmanuel Macron, « ça embrouille » … .
* Ajout. 13 mai 2018. (7 mai) 2018. Le même Emmanuel Macron, auteur de :
« […] L’histoire de notre pays est une histoire d’absolu. » 124 (Cf. Homme. « Politique ». Macron Emmanuel)

Histoire (Macron Emmanuel) (3) : (20 janvier) 2021. Emmanuel Macron, concernant la guerre d’Algérie, refuse « les excuses » et « la repentance ». Comme si c’était ainsi, en ces termes, que devaient se poser la question de la responsabilité de la France : la repentance qui relève du vocabulaire religieux fut imposé en France par l’extrême droite et ne concerne pas l’Algérie ; quant aux excuses, c’est un bien petit mot pour de si grands crimes. Par ailleurs, la question de la guerre d’Algérie - indissociable de la critique de la politique coloniale française - concerne certes l’Algérie et les Algérien-nes, mais aussi le France et les Français-es.
Enfin, la question des réparations notamment matérielles ne peut être ignorées, efficacement cachées derrière les mots et dates symboles.
N.B. Pour rappel, Emmanuel Macron - dont l’absence de principe, de cohérence pose un problème politique - avait, le 15 février 2017, qualifié la colonisation de « crime contre l’humanité ».

Histoire (Maier Ruth) : (7 février) 1940. Ruth Maier [1920-1942], écrit à sa sœur :
« Tu sais, j’ai aussi lu Mein Kampf de Hitler. Tout ce qu’il écrit sur les juifs est grandiose. Absolument tout, chaque mot, chaque ligne, est une offense contre tout ce que tu tiens pour sacré. Lis-le. »
- À lire notamment pour ceux et celles qui affirmaient ‘ne pas savoir’… 125 (Cf. Histoire. Enseignement)

Histoire (Mann Thomas) : 1901. Thomas Mann [1875-1955], dans Les Buddenbrook, écrit :
« […] Elle vécut ainsi et le temps s’enfuit. » 126

Histoire (Marat Jean-Paul) : 1789. 1790. Si la démystification est indissociable du devoir de l’historien-ne, alors Jean-Paul Marat [1743-1793] en est un modèle exemplaire.
Ses analyses dans Le cri du peuple du 21 septembre 1789 de la nuit du 4 août 1789, celles du 12 juin 1790, toujours dans Le cri du peuple, avant même la fête de la Fédération du 14 juillet 1790 sont remarquables de clairvoyance, de lucidité, en réalité de conscience politique.
Que n‘a-t-il été entendu, à temps ? 127

Histoire (Marker Chris) : Chris Marker [1921-2012], auteur de :
« L’histoire jette ses bouteilles vides par la fenêtre. » 128 (Cf. Culture. Cinéma)

Par ordre chronologique. Histoire. Mauduit Xavier :

Histoire (Mauduit Xavier) (1) : (23, 25 septembre) 2019. Xavier Mauduit, nouveau responsable de l’émission historique de France Culture, Le cours de l’histoire, présentant Sophie Richelle, auteure d’un livre intitulé : Hospices. Une histoire de la sensible de la vieillesse. Bruxelles. 1830-1914, auteur de :
« J’aime beaucoup les vieilles dames.. Régé color [marque de teinture de cheveux]… et tout ce qui faut… les cheveux violets… » (Cf. Histoire. Historiographie. Patriarcale. Mauduit Xavier)
- Puis, Xavier Mauduit fait précéder la présentation du livre de Vincent Gourdon intitulé Histoire des grands-parents [Perrin], par cette ‘analyse‘ :
« Les grands parents que nous aimons tant, les grands parents gâteaux… » 129
- Il a aussi considéré que : « L’hospice, ce n’était pas si pire que ça… » 130 (Cf. Famille. Histoire. Historiographie. Patriarcale. Mauduit Xavier, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Mauduit Xavier)

Histoire (Mauduit Xavier) (2) : (22 novembre) 2019. Xavier Mauduit, dans Le cours de l’histoire, émission dont il est, sur France Culture, quotidiennement responsable, auteur de :
« L’historien de toutes façons n’est pas là pour juger et prendre position et notamment sur des sujets qui sont dans les polémiques du moment. L’historien, l’historienne est là pour étudier son objet d’études et apporter des éléments au débat. Ce qui n’empêche pas que l’historien ou l’historienne en tant que citoyen a des idées à lui, mais, ça c’est autre chose. »
Préalablement, Patrick Boucheron, évoquant la nouvelle « exposition permanente du musée national de l’histoire de l’émigration », assez mal à l’aise il est vrai quant à son rôle en la matière, auteur de :
« […] On tente au fond d'assagir la frénésie du discours politique par un peu de savoir. » [publié sur le site de l’émission]
- Une histoire officielle ? (Cf. Mauduit Xavier. Homme. Journaliste)

Histoire (Mauduit Xavier) (3) : (2 décembre) 2019. Xavier Mauduit, dans Le cours de l’histoire, lors d’une émission intitulée, Capitalisme, d’où viens-tu ?, auteur notamment de :
- « Le capitalisme produit des zombies […] »
- « Vous portez un regard de sociologue sur le capitalisme […] »
- « Il y a Engels, il y a Marx, il y a ces gens-là […] »
- « […] le piège du colonialisme […] »
- « Il y a un processus dans lequel la traite est essentielle […] »
- « Quant à sa mort [celle du capitalisme], il est bien présent […] »
- « Il y a des conséquences sociales [au capitalisme] ». 131

Histoire (Mauduit Xavier) (4) : (3 décembre) 2019. Xavier Mauduit, dans Le cours de l’histoire, précise à Thomas Piketty qu’il « fait œuvre d’historien », et confirme à Philippe Minard qu’il « est historien ».
L’entendre par ailleurs émettre des jugements de valeur sur des livres - dont on peut légitimement penser qu’il ne les as pas lus - est pénible à entendre, comme le sont ces « archives », « lectures », « musiques » qui coupent, entrelardent, sans cesse l’émission et dont on voit mal le lien avec les deux sujet d’histoire évoqués chaque jour. Et qui, conséquence logique, interdisent toute pensée un tant soit peu construite. 132

Histoire (Xavier Mauduit) (5) : (12 décembre) 2019. Xavier Mauduit, dans Le cours de l’histoire, dans un émission intitulée L’indépendance algérienne, une voix, des voix, auteur de : - « […] 1830, au moment où les français arrivent […] »
- « Messali Hadj - préalablement qualifié de « personnage » - est-ce que c’est quelqu’un de gauche ? »
- « Le discours avant l’indépendance n’est pas aussi libre qu’après l’indépendance, quoi que… »
- « Je me pose la question, mais les auditeurs et auditrice aussi, comment le FLN s’est imposé et a écrasé - puis « étouffé » - les autres mouvements […] »
- « (Actuellement), c’est toujours un débat sur l’identité algérienne. »
- « Les questions qui se posaient avant l’indépendance ne sont pas toutes réglées. »
- Et dans le cadre de la question posée par lui dans cette émission, à savoir « comprendre les mouvements algériens qui ont conduit à l’indépendance », les archives entendues furent :
1) Albert Camus, au Cercle de la France d’outre-mer, le 13 novembre 1958 [« Nous sommes entre algériens »],
2) Ferhat Abbas 1946. [« Être français à part entière »]
3) Idir chantant Exil dans le cadre de son « sublime album : « Identité »,
4) Résolution au congrès de l’UDMA. septembre 1948. (Lu) [« État rattaché à la France »]
5) Radio française. 11 novembre 1954 : [« Hors-la-loi, Fellaghas et ligues musulmanes, L’ordre sera vite rétabli ». 133
- Si cette émission ne peut être qualifiée de « révisionniste » - à tout le moins …- je veux bien être pendue. Mais cette présentation - qui n’en est pas moins honteuse - est si grossière que je ne pense pas l’être…

Histoire (Xavier Mauduit) (6) : (20 février) 2020. Xavier Mauduit, dans Le cours de l’histoire, dans une émission consacrée à la police, auteur de :
- « Le chef est nécessaire, mais quel chef ? »
- « Être gouverné, c’est accepter d’être gouverné. » 134 (Cf. Penser, Politique, Histoire. Patriarcale)

Histoire (Xavier Mauduit) (7) : (5 octobre) 2020. Xavier Mauduit, dans Le cours de l’histoire, dans une série d’émissions intitulée « Se libérer pour gouverner », dans une émission intitulée « Gouverner, une histoire de l’exercice du pouvoir » et de fait consacrée « à la colonisation et à la décolonisation » mais précisant oralement qu’il s’agit de « décolonisations », auteur (en vrac) de :
- « La volonté de changer les choses de quelques individus »
- « Il y a une questions de points de vue »
- « Il essentiel de partir de l’individu »
- « Quand la parole est libérée, de manière parfois extrême » ;
- « Les luttes pour s’émanciper de la domination coloniale » (à comparer avec les luttes anticoloniales)
- « Nous ne jugeons pas le passé… mais, au moins, raconter le passé »
- « Comment arriver à être zen ? »
- Concernant le comité scientifique de l’émission Décolonisations : Du sang et des larmes. [France 2. 6 octobre 2020] : « Que des gens très bien, des historiens de renom »
- « Les générations sont appelés à disparaître, c’est ainsi »
- « Juste rappeler ce qui s’est passé »… 135

Histoire (Xavier Mauduit) (8) : (15 octobre) 2020. À l’écoute ce jour de l’émission de Xavier Mauduit, Le cours de l’histoire, intitulée Femmes au foyer, histoire d’une travail invisible, je ne peux que constater que, sous couvert, d’histoire et de culture, France Culture m’impose :
- les idées politiques de Xavier Mauduit: « Il y a encore aujourd’hui de quoi contester » ;
- les stéréotypes patriarcaux [une sélection] les plus éculés : « Que seraient ces maris sans leurs femmes à côté d’eux ? » ;
- la sélection d’archives les moins pertinentes, voire les plus scandaleuses et qu’il peut même juger positivement ;
- des jugements sur des féministes, non seulement faux mais qui en sus les accusent de « mépris »er « les femmes au foyer » ;
- Des confusions sémantiques grossières, mêlant par exemple, « le vrai travail féminin » - en soi, déjà inacceptable - avec le « genre » ;
En conclusion, Xavier Mauduit me fait - nous fait - reculer au plan de l’histoire de plus de quarante ans, niant des générations de recherches historiques féministes et nous contraint à penser l’histoire, au niveau où, lui, se situe.

Histoire (Xavier Mauduit) (9) : (26 octobre) 2020. À l’écoute, ce jour, de l’émission Le cours de l’histoire, j’entends que ce sont 6 femmes qui préparent l’émission de Xavier Mauduit.

Histoire (Xavier Mauduit) (10) : (11 février) 2021. Xavier Mauduit, auteur de :
« L’histoire est là pour expliquer l’actualité. » 136
- Penser à cette finalité assignée à l’histoire en lien avec le titre de l’émission : « Survivre ne suffit pas. »
- Répété deux jours après, dans une autre émission de France Culture : « L’histoire ne servirait pas à grand-chose si elle ne servait pas à expliquer le présent. » [13 février. 17h 30]

Histoire (Xavier Mauduit) (11) : (18 février) 2021. En tant qu’illustration, dans une émission consacrée à l’histoire de la montagne, Xavier Mauduit pose la question :
« En quoi la fierté montagnarde contribue à la fierté nationale ? »
- J’ai aussi relevé cette opposition entre : « l’hiver - morne saison, particulièrement en montagne où la neige et le froid isolent et menacent - à la montagne accueillante des sports d’hiver ? » 137

Histoire (Xavier Mauduit) (12) : (8 mars) 2021. Xavier Mauduit, dans Le cours de l’histoire, La commune un chantier transnational, auteur, entre autres, de :
- « Elle nous trouble cette Commune… »
- « Féconder la paix est-ce la message de la Commune ? »
- « Un évènement bref mais profond »
- « Ce chantier … »
- « Une référence… »
- « Elle semblait vieillie. Son histoire avait trouvé sa place dans les récit républicain français »
- « […] Pour mai 68. Il y a des Trotskistes, des Maoïstes et aujourd’hui on a du mal à comprendre ; c’est pareil pour la Commune de Paris : il y a des vrais courants idéologiques qui se réunissent un moment et qui ne sont pas faits pour s’entendre fondamentalement. »
- « … pourriture socialiste »
- « … profanation des églises »
- « … Thiers, le méchant… »
- « … une mémoire qui peut conduire à jusqu’à la révolution française »
- « la chronologie est très fine »
- « Il y a une série de traumatismes… »
- « Nous avons bien compris le jeu entre le temps et l’espace »
- « Des idées apparaissent, mais qui existaient déjà… »
- « Tout est signe…. » …
- Quant à l’historien de la Commune Quentin Deluermoz invité [Commune(s), 1870-1871. Une traversée des mondes au XIXe siècle. Seuil. 2020] qui avait manifestement beaucoup d’analyses, d’idées à présenter, il n’a pu commencer à s’exprimer qu’après une demi-heure.
- Au-delà, cette ‘histoire’, sans cesse entrecoupée de chansons - [nombreuses, mais pas L’internationale], de commentaires, de sources pêchées un peu partout, d’archives qui si souvent en détournent le sens [que vient faire ici la référence à la nécessité pour l’armée française de réprimer la révolte de Mokrani en Algérie de 1871 ?], jamais je n’ai mieux compris à quel point ce processus d’incessantes interruptions empêche la pensée.
* Ajout. 20 mars 2021. Non : « gêne la pensée » si ces documents d’archives - de plus en plus nombreux dans les émissions de France Culture - sont sans relation permettent de mieux comprendre le thème abordé, voire l’infléchissant dangereusement.

Histoire (Xavier Mauduit) (13) : (9 mars) 2021. Xavier Mauduit, dans Le cours de l’histoire, auteur de :
- « En septembre 1870, les français ont intérêt à se mettre à l’allemand ». Comme en 1940 ?
- « Nous cédons l’Alsace et la Lorraine ». « Nous », qui ?
- « C’est pratique la police, car la police fait des rapports [de police]. » 138

Histoire (Mauriac François) : (mai) 1951. François Mauriac [1885-1970], dans Le Figaro (n°41), auteur de :
« Cependant l’Histoire, absurde du point de vue étroit et limité de l’insecte humain éphémère, ne l’est nullement pour l’hégélien ni pour le chrétien : elle ne déconcerte pas plus l’esprit de Saint Thomas que celui de Karl Marx. Elle ne paraît absurde qu’aux absurdes qui ne guérissent pas de leurs crises d’espérance et qui exigent des réalisations à court terme de leurs rêves. Si c’est le signe d’un noble cœur que de subir ces crises, c’est un signe d’intelligence que de résister à la désillusion qu’elles engendrent.
Osons regarder sans trop en rougir les baudruches crevées de nos espoirs politiques. » 139

Histoire (Maurois André) : 1952. André Maurois [1885-1967], dans sa préface à Lélia ou la vie de George Sand,, auteur de : « […] J’ai essayé, autant qu’il était en moi, de mettre en forme ce qu’on sait aujourd’hui su cette grande vie. Mais la recherche ménage toujours des surprises ; il se peut que demain des érudit[e]s trouvent des sources qui mon échappé. Si l’un [-e] d’eux [elle] alors fait mieux que moi, je serai le premier à m’en réjouir. » 140 (Cf. Histoire. Archives)

Histoire (Mélenchon Jean-Luc) : (27 mars) 2021. Quel bonheur d’entendre sur France Culture Jean-Luc Mélenchon révéler, dévoiler, dénoncer, analyser les grossières et si courantes, si systématiques soit-disant critiques qui lui étaient présentées par Hervé Gardette concernant l’histoire de La Commune. Comment ces ‘journalistes’ ne se rendent-ils / elles pas compte que tous les ‘arguments’ qu’ils pensent pertinents ne sont depuis longtemps clairement - pour qui réfléchit un tant soit peu – que justifications de l’ordre dominant. La question que je me pose est celle de savoir comment Jean-Luc Mélenchon peut-il encore supporter d’entendre de tels arguments de tel-les interlocuteurs/ trices… ? Sa culture et son ambition politique sont sans doute l’explication… 141

Histoire. Mémoire :

Histoire (Mémoire) (1) : On ne peut pas assimiler la mémoire individuelle - nécessairement singulière, évolutive, plus ou moins apte à re-surgir- et une mémoire qui serait censée être celle d’un pays, d’une nation. En réalité, concernant la seconde, le terme ne peut être pertinent : une mémoire ne peut être collective, à moins de rabattre les mémoires individuelles et l’immensité de leurs diversités - à celle incarnée par l’intérêt d’un état : c’est ce qui est nommé « politique mémorielle. »

Histoire (Mémoire) (2) : Chaque souvenir mérite d’être sauvegardé.

Histoire (Mémoire) (3) : Vouloir « réconcilier les mémoires » : un déni de l’histoire.

Par ordre chronologique. Histoire. Mémoire :

Histoire (Mémoire) (1) : 1929. Léon Trotsky [1879-1940] écrit dans Ma vie :
« Les plus grands évènements sont les plus pauvres en souvenirs personnels ; c’est ainsi que la mémoire se garde contre une surcharge. » 142

Histoire (Mémoire) (2) : 1986. Lu dans Hard times. Histoires orales de la grande dépression de Studs Terkel [1912-2008] :
« Je me souviens des problèmes chez Ford, du clash à l’usine Rouge [Grève ouvrière - victorieuse - à l’usine River rouge et des violences commises par le service d’ordre de Ford, soutenue par le police. 26 mai1937]. Un énorme manif. Le chant de la foule en marche : ‘Nous voulions du pain, vous nous avez donné des balles’. C’est drôle comme des détails comme ça vous reviennent en mémoire. » Puis Robert A. Baird cite un autre souvenir.
« Je travaillais sur la chaîne d’assemblage. Je me souviens encore de mon badge, c’était le FSG348. On était en 1937. » 143

Histoire (Mémoire) (3) : (25 octobre) 2020. Paul Robert [1910-1980], auteur de :
« La mémoire est un tonneau percé. » 144

Par ordre chronologique. Histoire. Michelet Jules :

Histoire (Michelet Jules) (1) : (27 août) 1835. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, écrit : « Je rêvais sur la route. Il me semblait que l’histoire et l’historien, aujourd’hui que l’histoire est si complexe et si absorbante, sont comme la fiancée de Corinthe et son jeune homme [poème de Goethe] : la morte sur le vivant et buvant sa vie…Le malheureux veut, du fil simple d’une vie individuelle, refiler le fil complexe des générations passées. Il a beau mettre le sien en double…» 145

Histoire (Michelet Jules) (2) : (janvier) 1839. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, auteur de : « Aimer les morts, c’est une immortalité. » 146

Histoire (Michelet Jules) (3) : (11mars) 1841. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, auteur de : « C’est aujourd’hui aussi que j’ai arrêté, ce matin, le plan si difficile, si complexe des cent dernières pages du cinquième volume [de l’Histoire de France]. J’y ai mis, je crois, plus de moralité, d’intimité : j’ai tâché de faire justice aux choses qui se sont trouvées condamnées par le temps. » 147

Histoire (Michelet Jules) (4) : (25 mars ) 1841. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, auteur de : « Vécu 42 ans, enseigné 50 ans. […] Et, dans mes études, vécu cinquante siècles. » 148

Histoire (Michelet Jules) (5) : (18 juin) 1841. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, auteur de : « L’Histoire : violente chimie morale, où mes passions individuelles tournent en généralités, où mes généralité deviennent passions, où mes peuples se font moi, où mon moi retourne animer les peuples. » 149
Histoire (Michelet Jules) (6) : (30 janvier) 1842. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, auteur de : « Il faut entendre les mots qui ne furent jamais dits, qui restèrent au fond des cœurs (fouillez le vôtre, ils y sont) ; il faut faire parler les silences de l’histoire, ces terribles points d’orge, où elle ne dit plus tien et qui sont justement ses accents les plus tragiques. » 150

Histoire (Michelet Jules) (7) : (18 février) 1842. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, auteur de : « De quoi l’histoire s’est-elle faite, sinon de moi ? De quoi l’histoire se referait-elle, se raconterait-elle, sinon de moi ? » 151

Histoire (Michelet Jules) (8) : (5 août) 1843. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, auteur de : « […] C’est bien, mes amis, délivrez-nous du passé. Forcez-vous d’aller de l’avant, de chercher dans l’avenir. Les dégradations du vent, de la pluie, de l’herbe, de la mousse, ne faisaient qu’ajouter à votre vénération. Mais ce que la pluie, le vent n’auraient pas fait en mille ans, vous le ferez, mes amis.
Ardents travailleurs pour l’avenir, qui faites du passé table rase, je vous salue ; à vous l’honneur du l’avoir tué sans retour.
[ …] » 152

Histoire (Michelet Jules) (9) : (13 août ) 1850. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, auteur de : « […] L’Histoire, comme toutes les sciences de la vie, est dominée par la loi générale des sexes. » 153 (Cf. Patriarcat, « Sciences » sociales)

Histoire (Michelet Jules) (10) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, concernant l’histoire (sous la monarchie), auteur de :
« L’histoire, docile esclave des seigneurs qui la payait… » 154

Histoire (Michelet Jules) (11) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, auteur de : « Nous, croyants de l’avenir […] » 155

Histoire (Michelet Jules) (12) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, auteur de :
« […] Je suis seul ici, je le sais, les historiens sont contre moi. Que m’importe ! L’histoire est pour moi. Je n’entends par ce mot, histoire, rien autre chose que les actes du temps, les témoignages sérieux. » 156 (Cf. Histoire. Témoignage)

Histoire (Michelet Jules) (13) : (16 août) 1856. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, écrit : « Langueur, excessive langueur. […] Je ne trouve pas en moi la verte vigueur et le nerf d’acier que j’admirais dans Lamennais [1782-1854]. Il avait vécu en héros, toujours l’épée à la main. Moi, j’ai traversé tant d’histoires et vu tant de choses ! Cela n’ôte pas sans doute le mépris des choses basses, mais fait tort à la pureté, principale source de la force. » 157 (Cf. Hommes « Héros », Penser)

Histoire (Michelet Jules) (14) : 1868. Jules Michelet [1798-1874], dans sa Préface de son Histoire de la Révolution française :
« L’histoire contestée des vieux temps s’est, d’année en année, éclaircie d’elle-même par tant de documents livrés à la publicité. Mais nous autres historiens, nous y avons fait quelque chose. Prenant chacun un point de vue, nous l’avons mis (par nos exagérations mêmes) en pleine lumière. Il est intéressant de voir combien cette diversité a servi. Je voudrais qu’une main habile esquissât l’histoire de l’histoire, je veux dire le progrès qui s’est fait dans nos études sur la révolution ». 158
- Analyse, jugement valide aussi pour la pensée historique féministe : j’y ajouterai aussi les régressions ; indissociables des progrès...

Histoire (Michelet Jules) (15) : (21 mars) 1916. L’abbé Mugnier [1853-1944] écrit dans son Journal : « Ce qui m’attache à Michelet [1798-1874], c’est la fusion de l’œuvre et de l’homme. Il est le plus personnel des écrivains. Son histoire à lui sourd à travers la grande histoire qu’il raconte. » 159 (Cf. Penser. Méthode)

Histoire (Michelet Jules) (16) : (11 juillet) 2020. Pierre Chaunu [1923-2009], auteur de :
« Connaissez-vous quelque chose de plus nul que Michelet ? » 160
- Pourrait dissuader de toute critique…
Et quand on connait un peu Pierre Chaunu et ses écrits…

Histoire (Mélodramatique) : Passer sous silence, disqualifier, tenir pour rien, ridiculiser tout ce qui relèverait du « mélodramatique », c’est participer à la dévaluation de pans entiers de ce qui est généralement considéré comme relevant de l’histoire sociale, capitaliste, politique patriarcale : c’est en effet, occulter tant et tant de questions : la pauvreté, l’alcoolisme, les violences de toutes sortes et notamment celles des hommes, le proxénétisme, les séductions masculines, les naissances d’enfants non voulus et leurs cortèges de vies brisées, les pères absents, les suicides, les infanticides, la charité, les souffrances et les bonheurs de tant et tant de femmes. Il faut relire sous ce regard tout ce qui a été caché et qui a si profondément contribué à l’écriture, débarrassée de toutes émotions, d’une histoire patriarcale. (Cf. Culture. « Mélo »)

Histoire (Métaphore) : 1999. Günter Grass [1927-2015], dans Mon siècle, auteur de :
« Elle hésitait à remuer les fragments de souvenirs de nos Jeunesses hitlériennes communes et se réfugiait dans des métaphores du genre : ‘Dans ces sombres années de séduction fallacieuse… ‘ Elle disait aussi : ‘Comme on a sali nos idéaux, abusé de la fermeté de notre foi ! ‘» 161 (Cf. Langage. Métaphore)

Histoire (Montesquieu) : 1968. Jean Ehrard écrit dans sa préface des Considérations sur les grandeurs des romains et de leur décadence [1734] :
« Sa méthode est dans l’ensemble fort peu critique. Comment le serait-elle puisque, au lieu de confronter témoins et documents, il se borne à retenir dans chaque cas, sans donner ses raisons, le texte qui s’adapte le mieux à sa démonstration […] ? » Cité juste pour la critique de la méthode qui ne résume en rien l’analyse critique de ce texte de Montesquieu [1689-1765]. 162 (Cf. Penser. Méthode)

Histoire (Morante Elsa) : (14 avril) 2020. Pier Paolo Pasolini [1922-1975], cité par Martin Rueff, concernant Elsa Morante [1912-1985], auteur de :
« Le vrai sujet d’Elsa Morante, c’est l’histoire de l’Italie. » 163

Histoire (Mordillat Gérard) : (4 mai) 2021. Gérard Mordillat, concernant la guerre d’Algérie, auteur de : « Les Français ne supportent l’histoire qu’hagiographique. »
N.B. Je n’ai pas pu clairement distinguer s’il s’agissait de lui ou de Tramor Quemener. 164

Histoire (Mots. Poids des mots) : (28 octobre) 2019. Entendu dans l’émission Le cours de l’histoire de France Culture, intitulée Le travail contre la liberté. L’esclavage, moteur de la démocratie antique ? :
- « L’esclavage est une forme de travail. » N’est-ce pas, en subordonnant l’esclavage au travail, contribuer à faire disparaître le concept d’esclavage ?
- Insister sur « la grande variété des statuts possibles », des « conditions de vie possibles », ne s’inscrit-il pas, à minima, dans une relativité du concept d’esclavage, plus encore dans la négation de la spécificité dudit concept ?
- Le titre de l’émission ne s’inscrit-il pas lui-même dans cette problématique ?
- Définir le « travail forcé » comme un « travail sans liberté » n’est-ce pas légitimer ces définitions comme relevant de l’évidence ?
- Inaugurer la définition de l’esclavage, présentée par un contresens par ailleurs, par la présentation qu’un fait Aristote était-ce vraiment nécessaire, utile, urgent ?
- Définir les esclaves comme des « hommes-marchandises », n’est-ce pas contribuer à légitimer au-delà des mots employés, la transformation des êtres humains en marchandises ?
- Présenter l’esclavage comme « un moteur de la démocratie » [antique], n’est-ce pas signifier que l’esclavage lui serait nécessaire ?
- (Concernant Spartacus) « L’injustice dont il s’estimait victime ». N’est-ce pas signifier qu’il n’était pas une victime ? Etc…165 (Cf. Langage, Politique. Esclavage)

Histoire (Mugnier Abbé ) : (7 janvier) 1929. L’abbé Mugnier [1853-1944], écrit dans son Journal :
« J’ai aimé les grands noms, les beaux hôtels pour la part d’histoire qu’ils me rappelaient. Le passé étincelait à mes yeux. » 166

Histoire (Nationaliste) : 1876. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de France, concernant le texte qu’il consacre à Jeanne d’Arc [1412-1431] écrit :
« S’en aller ainsi avec cinq ou six hommes d’armes, il y avait de quoi faire trembler une jeune fille. Une Anglaise, une Allemande ne s’y fut pas risquée ; l’indélicatesse d’une telle démarche lui [leur] eût fait horreur. Celle-ci ne s’en émut pas […] ». 167
Si cette ambigüe, voire absurde et ridicule comparaison, pose problème, elle peut être interprétée comme étant portée au crédit de Jeanne, elle, dès lors, qualifiée positivement en creux comme une jeune fille française.
N.B. La lecture de la Jeanne d’Arc de Michelet révèle des passages indiscutablement, violemment, nationalistes, difficiles à lire. (Cf. Histoire. Michelet Jules)

Histoire (Ndiaye Sibeth) : (24 juin) 2020. Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement a condamné la dégradation de la statue de Colbert [1619-1683] à l’extérieur de l’Assemblée nationale - les mots « négrophobie d'état » ont été inscrits sur son socle. Elle en appelle aux « historiens (pour) expliquer avec pédagogie ce qu'ont été les faits et dans le contexte dans lequel ils se sont déroulés ». 168 De quel droit ? Depuis quand l’histoire appartient-elle aux historien-nes ?
- Pour rappel : Colbert est l’auteur du Code noir. [1685] (Cf. Êtres humains. Code noir, Enfants. Pédagogie, Politique. Racisme)
* Ajout. 15 juin 2020. Sur France Inter, j’entends, sur ce même thème, de sa part : « Vous devez être accompagné-es dans cette histoire » ; « Je veux une discussion historiographique ». (sic)

Par ordre chronologique. Histoire. Nietzsche Friedrich :

Histoire (Nietzsche Friedrich) (1) : 1881. Friedrich Nietzsche [1844 1900], dans Aurore, auteur de : « L’histoire universelle : Qu’est-ce, sinon des opinions présumées sur des actions présumées qui, à leur tour, ont donné lieu à des opinions et des actions dont la réalité cependant s’est immédiatement évaporée et n’agit plus que comme une vapeur ; - c’est un continuel enfantement de fantômes sur les profondes nuées de la réalité impénétrables. Tous les historiens racontent des choses qui n’ont jamais existé, si ce n’est dans la représentation. » 169

Histoire (Nietzsche Friedrich) (2) : 1886. Je lis, dans Par delà le bien et le mal de Friedrich Nietzsche [1844 1900], concernant « la psychologie », mais d’une bien plus importante portée, cette subversive ‘réserve’ :
« […] autant qu’il est permis de reconnaître dans ce qui a été écrit jusqu’à nous un symptôme de ce qui a été tu. » 170 (Cf. notamment, Patriarcat, Psychanalyse)

Histoire (Nietzsche Friedrich) (3) : 1901. Friedrich Nietzsche [1844 1900], dans La volonté de puissance, auteur de :
« L’histoire proclame sans cesse des vérités neuves. » 171

Histoire (Nora Pierre) : (4 mars) 2021. Sur France Inter, Pierre Nora, historien, auteur de :
« Commémorer Napoléon, oui. La Commune, non. » Réaction de Léa Salamé :
« Ça va faire réagir, tant mieux. » 172 (Cf. Politique. Médias)

Histoire (« Objective ») : Sans oser se l’avouer, beaucoup d’historien-nes - comme nombre de chercheur-ees en « sciences » sociales - aspirent à une histoire qui serait « objective » et, dès lors, dans leur imaginaire, d’autant plus crédible qu’elle ferait abstraction d’eux / elles-mêmes ; mais surtout les libéreraient de l’angoissante question de la part d’eux / elles-mêmes qu’ils / elles charrient nécessairement dans leurs recherches.
Mais pour reconnaitre l’évidence, il faut renoncer à la « scientificité » des « sciences» dites sociales, ici de l’histoire. (Cf. Penser. Objectivité. Méthode, « Sciences » sociales)

Histoire (Occident) : (30 septembre) 1767. Voltaire [1694-1778] écrit au comte Endrei Petrovitch Schouvalov [1742-1789] :
« Nous ne sommes tous que des nouveaux venus en comparaison de messieurs les Chinois. Mais je crois les Indiens encore plus anciens. Les premiers empires ont été sans doute établis dans les plus beaux pays. L’Occident n’est parvenu à être quelque chose qu’à force d’industrie. Nous devons respecter nos premiers maitres. » 173 (Cf. Histoire. Chine)

Histoire. Onfray Michel :

Histoire (Onfray Michel) (1) : (15 juillet) 2018. Michel Onfray, auteur de :
« […] Ce fantasme de l’homme nouveau - on aura l’occasion de le voir au moment de la révolution française et de la matrice de la révolution française - qui donnera par la suite, le bolchévisme, le fascisme, etc., le bolchévisme d’abord et le fascisme comme une réponse au bolchévisme ensuite. Jusqu’à la transgénèse. […] » 174
- Pourquoi s’embarrasser de détails, de nuances inutiles ?
* Ajout. 29 juillet 2108. Michel Onfray précisera son analyse « historique » :
« le fascisme et le nazisme sont des réactions au bolchévisme. » 175
À l’équivalence, sans spécificité, sans autonomie propre, donc.

Histoire (Onfray Michel) (2) : (11 août) 2018. Michel Onfray, auteur de la Brève encyclopédie du monde, et de :
« Qui pense aujourd’hui en termes de millénaires ? » Lui ? 176 (Cf. Homme. « Intellectuel ». Onfray Michel)

Histoire. Orale :

Histoire (Orale) (1) : Le drame de l’histoire des femmes : l’oralité. Cette oralité imposée aux femmes est aussi - à l’exception de ceux et celles qui s’en sont soucié 177 - très largement condamnation de l’historiographie dominante.
Les femmes, les féministes ont grandement contribué à l’écriture de cette oralité ; et ce ne fut pas leur plus secondaire apport à la pensée.

Par ordre chronologique. Histoire. Orale :

Histoire (Orale) (2) : 1883. Ernest Renan [1823-1892], dans Souvenirs d’enfance et de jeunesse, auteur de :
« Ces saints locaux [en Bretagne], que l’on compte par centaines, sont tous du Vème et VIème siècles, c’est à dire de l’époque de l’émigration ; ce sont des personnages ayant pour le plus part réellement existé, mais que la légende a entourés du plus brillant réseau de fables. Ces fables d’une naïveté sans pareille, vrai trésor de mythologie Celtique et d’imaginations populaires n’ont jamais été complètement écrites. […]
Ou est donc caché la trésor de ces vieilles histoires ? Dans la mémoire du peuple. » 178

Histoire (Orale) (3) : 1985. George Steiner [1929-2020], dans un Entretien publié dans Les logocrates, auteur de :
« Le monde du Web, par certains côtés, c’est l’oralité collective. » 179

Histoire (Orale) (4) : 1999. George Steiner [1929-2020], dans un texte intitulé Les livres ont besoin de nous, publié dans Les logocrates, auteur de :
« L’écriture est un archipel au milieu des immensités océanes de l’oralité humaine. » 180

Histoire (Orale) (5) : 2015. Gloria Steinem, dans Ma vie sur la route. Mémoires du icône féministe, auteure de :
« Il ne faut pas s’étonner si l’histoire orale se révèle souvent plus juste que celle des livres. La première est transmise par la multitude de ceux qui étaient présents. La seconde est écrite par une élite qui ne l’était sans doute pas. » 181 (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes. Steinem Gloria)

Histoire (Orwell George) : 1949. George Orwell [1903-1950], dans I984, auteur de : « Celui qui a le contrôle du passé a le contrôle du futur », tandis qu’Aldous Huxley [1894-1963] est l’auteur de : « Celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé. » En plus simple : L’histoire est politique.

Histoire (Overdose) : Il y a tant de peuples que l’on a, que l’on épuise de par leur histoire ; ils y restent figés ; ils y sont englués. Et ils restent ainsi prisonniers du passé, d’une histoire qui fut construite sans eux, ou avec un eux mythifié, ce qui revient quasiment au même… (Cf. Politique)

Histoire (Pareto Vilfredo) : 1917. Vilfredo Pareto [1848-1913], dans son Traité de sociologie générale, auteur de :
« […] L’histoire a pour but exclusif ou du moins principal de décrire les faits réels et leurs rapports. »
Il précise ultérieurement que les faits « exercent une grand influence sur la partie principale du phénomène dont [on] recherche les uniformités […] »
Ce qui ne l’empêche pas d’être seul juge des dits faits, ni de s’autoriser nombre de jugements de valeurs comme d’analyses propres, souvent fort pertinentes.
Quant aux pensées auxquelles il n’adhère pas, il les renvoient à ce qu’il nomme des « dérivations », démontrant par là-même leur rôle dans l’écriture de l’histoire. (Cf. Penser) 182

Histoire (Peeters Benoît) : 2010. Benoît Peeters, dans Trois ans avec Derrida, s’interrogeant sur les « recherches biographiques », écrit notamment :
« Les moments les plus intenses et les plus décisifs d’une existence sont peut-être ceux qui ont laissé la moins de traces. » 183
Dès lors, dans la mesure où il est difficile de ne pas être d’accord avec lui, que reste-t-il de l’Histoire ?
Les femmes, par ailleurs, sont particulièrement concernées : rares et tardifs accès à l’écrit, étouffement dans et par le quotidien, la famille, le patriarcat, et, pour celles concernées, exclusion quai totale de leur participation à la vie, à la pensée, aux actions de leurs époux, amants, amis… (Cf. Femme. Épouse de, Historiographie. Patriarcale) (Poursuivre)

Histoire (Perraut Gilles) : 1990. Il est des livres d’histoire qui marquent des ruptures impossibles à contourner : le livre de Gilles Perrault, concernant le règne d’Hassan II, Notre ami le roi, en fait partie. Je doute qu’il soit possible pertinemment d’écrire, dans quelques domaine que ce soit, sur le Maroc actuel sans l’avoir lu. 184

Histoire (Pionnier-ère) : Il n’existe, ni en histoire, ni ailleurs d’ailleurs, de pionnier, de pionnière. C’est en effet, outre l’égotisme dont le terme est nécessairement le signe, une négation de l’histoire.

Histoire (Pitrou Agnès) : 1977. Agnès Pitrou [1924-2012], sociologue, concernant les comparaisons historiques en matière d’évolution de la famille et du statut des femmes « à la maison », auteure de :
« Il faut toujours se méfier des références historiques. Le passé, c’est probablement ce qui se passait dans la classe bourgeoise au début du siècle. Nos références ne vont pas beaucoup plus loin. » 185 (Cf. Sociologie)

Histoire (Postel-Vinay Anise) : (5 juin) 2020. Anise Postel-Vinay [1922-2020], auteure de :
« Les femmes n’ont pas le même intérêt pour leurs propres exploits que les hommes. C’est ce que j’ai constaté. » 186 Si l’on prend au sérieux ce constat, d’un telle évidence, comment l’intégrer dans le si nécessaire bouleversement de la conception de l’histoire qu’il implique ?

Histoire (Préhistoire) : (9 novembre) 2019. Claudine Cohen, préhistorienne, auteure de :
« On n’a jamais parlé de la femme de CroMagnon. [En 1868 en Dordogne lors de fouilles ont été découverts, dans un abri dans la roche, quatre hommes et une femme, fossiles d’Homo-sapiens] Et cette pauvre femme de Cro-Magnon, elle est restée dans les tiroirs du Musée de l’homme, jusqu’il y a très peu de temps, quand on a réouvert le Musée de l’homme il y a quelques années, on l’a sortie et on l’a exposée dans la galerie consacrée aux hommes-fossiles […] » (sic) 187 (Cf. Langage. Patriarcal. Jeanneney Jean-Noël)

Histoire (Prévert Jacques) : 1975. Jacques Prévert [1900-1977], auteur de :
« L’histoire va vite, mais les historiens traînent. » 188

Histoire (Prophétie) : 1951. Albert Camus [1913-1960], dans L’homme révolté, auteur de :
« On peut dire de Marx que la plupart de ses prédictions se sont heurtées aux faits dans le même temps où se prophétie a été l’objet d’une foi accrue. La raison en est simple : les prédictions étaient à court terme et ont pu être contrôlées. La prophétie est à très long terme et elle a pour elle ce qui assit la solidité des religions : l’impossibilité de faire la preuve. Quand les prédictions s’effondraient, la prophétie restait le seul espoir. Il en résulte qu’elle est la seule à régner sur notre histoire. » 189 Pertinent. Sévère, Injuste ?

Histoire (« Quantitative ») : (22-23 décembre) 2019. Michelle Perrot, dans Le Monde, évoque sa formation en histoire à la Sorbonne, et notamment celle transmise par Ernest Labrousse [1895-1988], son « ‘maitre’ » :
« Pour cet homme qui était au parti socialiste, l’histoire de la classe ouvrière était un grand chantier, mais elle devait rester scientifique : il était très hostile aux présupposés hagiographique du P.C. Il défendait une histoire sérieuse - et donc quantitative : il voulait savoir combien ils étaient, où ils vivaient, comment ils se nourrissaient, ce qu’ils pensaient (sic). C’était l’époque où Emmanuel Le Roy Ladurie disait : ‘L’histoire sera quantitative ou elle ne sera pas !’ ». 190 (Cf. Homme « Intellectuel ». Labrousse Ernest, Sociologie)

Histoire. Qui fête quoi ? :

Histoire (Qui fête quoi ?) (1) : 1992. Lu dans Studs Terkel [1912-2008 Race. Histoires orales d’une obsession américaine de Studs Terkel [1912-2008] l’analyse de Maggie Holmes, une domestique retraitée : « Ce qui m’a mise en colère, c’est quand vous avez fêté les cent ans de la Statue de la liberté [en 1984], ça m’a rendue folle, parce que pour moi, c’était écœurant. Ce n’était pas fait pour moi. On n’est pas arrivés par Ellis Island. Vous comprenez ce que je veux dire ? Qu’est-ce que vous fêtez ? Vous êtes arrivés dans les cales, enchaînés, battus et à moitié morts. Pourquoi est-ce que vous les aidez [les médias ?] à fêter ça ? Cent ans de quoi ? » 191

Histoire (Qui fête quoi ?) (2) : 1992. Lu dans Studs Terkel [1912-2008] Race. Histoires orales d’une obsession américaine de Studs Terkel [1912-2008], l’analyse de Joseph Lattimore, courtier en assurance : « Je pense à la façon dont on célèbre George Washington [1732-1799]. Si on essaie de le faire tomber de son piédestal, on se heurte vraiment à une résistance. Il serait pourtant temps de dire la vérité. Il possédait des êtres humains. Les bons esclaves, pour qu’ils soient de bons esclaves, on les battait à mort, on leur faisait ce qu’il faut pour ça. C’est un peu demander à des Juifs de célébrer Hitler. On demande aux Noirs de célébrer les propriétaires d’esclaves d’hier. » 192 (Cf. Êtres humains, Politique. Racisme)

Histoire. Racisme :

Histoire (Racisme) (1) : 1992. Lu dans Studs Terkel [1912-2008], Race. Histoires orales d’une obsession américaine :
« Ils disent : ‘Pourquoi parlez-vous toujours du passé ?’ Mais pourquoi les Blancs parlent-ils toujours de leur passé ? Il n’arrêtent pas de parler de quand ils sont arrivés ici et de comment c’était pour eux. Jamais ils ne vous laissent oublier leur histoire, mais ils voudraient qu’on oublie la nôtre. C’est donc si pénible pour vous de penser à ce que vous nous avez fait ? Ça vous gêne ? On n’est pas dans leurs livres d’histoire. Ils ne disent pas combien nous avons contribué à ce pays. Quand nos enfants lisent un livre, on dirait que personne n’a rien fait pour ce pays à part l’homme blanc. » 193 (Cf. Êtres humains, Politique. Racisme, Historiographie Patriarcale. Économie)

Histoire (Racisme) (2) : (13 juin) 2020. Entendu dans l’émission Concordance des temps de France Culture, intitulée : Aux États-Unis, la police et les noirs évoquer - Jean-Noël Jeanneney ayant précisé que « la police qui est le sujet de ce matin » - : les formulations suivante : « la question noire », « la présence noire », « le monde noir ».
J’ai aussi entendu évoquer, concernant ce qui fut nommé « la grande migration » après la première guerre mondiale, des populations noires du sud des États-Unis vers le Nord : « les causes positives, au sens économique, », ainsi dissociées du racisme et donc de l’histoire.
Il fut alors rappelé par l’historien invité Pape N’diaye, que, dans le sud, les populations noires étaient alors lynchées, tuées, privées de droite vote, objets de violences policières et que la ségrégation régnait.
J’ai enfin entendu à deux reprises l’emploi du terme de « sensibilités », ainsi que ce jugement concernant une violence policière raciste : « à notre époque, c’est insupportable ». Ne l’était-elle pas avant ? 194 (Cf. Êtres humains, Économie, Violences)

Histoire (Rémond René) : 1987. René Rémond [1918-2007], dans les Essais d’ego-histoire, auteur de :
« Cette confiance dans l’objectivité (en histoire) a, il est vrai, subi des atteintes. […] Plus récemment l’esprit de 68 a radicalisé la critique : il n’est aucun de ceux qui ont eu alors des auditoires qui n’ait été sommé de s’expliquer sur ses « présupposés » : il leur a fallu indiquer, selon le jargon de l’époque fait d’emprunts à un pseudo vocabulaire philosophique ‘de quel lieu ils parlaient’. » 195
- Ce que René Rémond nomme « pseudo-vocabulaire philosophique », n’était-ce pas plutôt une délégitimation de la prétention à « l’objectivité » ? un refus d’obéissance aux « savoirs » imposés ? une aspiration à une certaine idée de l’égalité ? Et dès lors, une exigence de rigueur, de méthode ? (Cf. Homme. « Intellectuel », « Sciences sociales ». Objectivité, Histoire)

Histoire (Renoir Jean) : 1981. Jean Renoir [1894-1979], dans Pierre-Auguste Renoir [1841-1919], mon père, auteur de :
« Il est permis d’imaginer des milliers de méthodes différentes pour classifier les éléments qui composent notre univers. » 196

Histoire (Rivarol) : 1836. Antoine de Rivarol [1753-1801], dans Pensées, auteur de :
« La raison est historienne, mais les passions sont actrices. » 197

Histoire (Roland Madame) : 1793. Jeanne-Marie Roland [1754)1793] en conclusion de ses Mémoires Particuliers, condamnée à mort, écrit :
« S’il m’avait été donnée de vivre, je n’aurais plus eu, je crois, qu’une tentation : c’eût été de faire Les Annales du siècle, et d’être la Macaulay de mon pays ; j’allais dire le Tacite de la France, mais cela ne serait point modeste […]. J’ai pris de ma prison une véritable passion pour Tacite ; je ne puis dormir sans avoir lu quelques morceaux de lui ; il me semble que nous voyons de même et, avec le temps, sur un sujet également riche, il n’aurait pas été impossible que je m’exprimasse à son imitation. » 198 (Cf. Femme. Auteure. Roland Madame, Histoire. Tacite)
N.B. Une note précise : « Catharine Macaulay [1731-1791], historienne anglaise radicale, auteur d’une Histoire d’Angleterre [1763-1783] en huit volumes qui a été vue (sic) comme une réponse à l’Histoire de la Grande Bretagne de Hume [David. 1754-1762]. »

Histoire (Révolution) : On explique, en règle générale, l’échec des révolutions par leurs faiblesses internes. Si, d’emblée, dans ces analyses, on intégrait, sans les dissocier, les forces, les puissances des forces nationales et internationales qu’elles remettaient en cause et qui s’acharnaient à les détruire - pour de fort mauvaises raisons les plus souvent - les leçons de l’histoire seraient sans doute plus progressistes. (Cf. Politique, Histoire. Révolution française)

Histoire (Saint-Simon) : 1819-1820. Claude-Henri de Rouvroy de Saint-Simon [1870-1825], auteur de : « Jusque vers le milieu du dernier siècle, l’histoire n’a presque jamais été qu’une biographie du pouvoir. » 199 (Cf. Histoire. Biographie)

Histoire. Scott James C. :

Histoire (Scott James C.) (1) : 1998. James C. Scott, dans L’œil de l’état, concernant l’impossibilité d’une conscience historique du passage du féodalisme au capitalisme, comme du capitalisme au socialisme, auteur de : « Il n’existait tout simplement aucun précédent au futur en train d’être écrit. » 200 (Poursuivre)

Histoire (Scott James C.) (2) : 1998. James C. Scott, dans L’œil de l’état, concernant l’écriture de l’histoire de la révolution russe, mais aisément généralisable - sous réserve que l’on puisse définir ce que seraient les « faits historiques » et « la réalité » -, auteur de :
« Puisque ce sont les vainqueurs de la révolution qui écrivent l’histoire officielle relatant comment ils réussirent à s’emparer du pouvoir, que leurs versions épousent étroitement ou non les faits historiques revêt en un sens relativement peu d’importance. Dans la mesure où la plupart des citoyens finissent par croire la version joliment ficelée par le pouvoir, qu’elle soit ou non fidèle à la réalité, cette version renforce leur confiance dans la clairvoyance, le détermination et le pouvoirs de leurs chefs révolutionnaires ». Et ce, suivi de l’analyse suivant laquelle « ils ne sont pas nécessairement mensongers ou cyniques. Il est parfaitement naturel que des généraux ou des chefs exagèrent leur influence sur la cours des évènements : c’est comme cela que l’on voit le monde depuis leur perspective et il est rarement dans l’intérêt de leurs subordonnés de contredire cette version des choses. » 201

Histoire (Scott James C.) (3) : 2019. James C. Scott, dans Petit éloge de l’anarchisme, après avoir évoqué les multiples actes qualifiés d’« infra-politiques » [notamment chapardage, absentéisme, sabotage…] auteur de :
« […] Pourtant, la somme des milliers, et même millions, de petits actes peuvent entraîner des effets majeurs sur la guerre [désertions…], le droit à la terre [occupations illégale…], les impôts et les rapports de propriété.
Le filet à grandes mailles avec lequel les politologues et la plupart des historiens ratissent l’activité politique ignore complètement le fait que la plupart des classes subordonnées n’ont historiquement pas eu le luxe de l’organisation politique. Cela ne les a pourtant pas empêchés de travailler de façon microscopique, coopérative, complice et massive au changement du bas vers le haut. » 202 Concernant la vie des femmes, leurs apports à cette pensée historique critique, il y a là un immense continent noir difficile à découvrir, certes déjà largement commencé, mais encore insuffisamment intégré à une pensée de l’histoire par « en bas ».

Histoire (Scott James C.) (4) : 2019. James C. Scott, dans Petit éloge de l’anarchisme, en conclusion de son livre, auteur de :
« La condensation de l’histoire, notre attrait pour des récits nets et le besoin qu’ont les élites et les organisations de projeter une image de maitrise complète et de détermination conspirent pour véhiculer une image falsifiée de la causalité historique. Ces forces combinées occultent le fait que la plupart des révolutions ne sont pas l’œuvre de partis révolutionnaires, mais bien le précipité d’actions spontanées et improvisées (‘l’aventurisme’ selon le jargon marxiste), que les mouvement sociaux organisés sont habituellement le produit et non la cause de protestations et de manifestations non coordonnées, et que les grands acquis émancipateurs et porteurs de libertés pour l’humanité ne sont pas le fruit de procédures institutionnelles ordonnées, mais bien d’actions désordonnées imprévues et spontanées qui ont fissuré l’ordre social de bas en haut. » 203

Histoire (Sens de l’histoire) : 1976. Benoîte Groult [1920-2016], dans Ainsi soit-elle, auteure de : « Ces femmes d’hier, qui prenaient conscience de leur condition et se sont battues pour la nôtre, possédaient ces qualités dont on nous prétend incapables : le désintéressement, l’énergie indomptable, le sens de l’histoire. » 204 (Cf. Femme, Féminisme. Patriarcat)

Histoire (Sentiments) : 2004. Svetlana Alexievitch, dans La guerre n’a pas un visage de femme, auteure de :
« Ceux qui racontent ne sont pas seulement des témoins - ils sont rien moins que des témoins - mais des acteurs et des créateurs. Il est impossible de s’approcher directement de la réalité, front contre front. Ce sont nos sentiments qui s’interposent entre la réalité et nous. » 205 (Cf. « Sciences » sociales. Sociologie, Histoire. Documents. « Objective »)

Histoire (Soljenitsyne Alexandre) : 1974. Alexandre Soljenitsyne [1918-2009], dans L’Archipel du Goulag, auteur de :
« Nous gardons en mémoire ce qui a été, non pas l’histoire, mais seulement les pointillés que l’on a voulu nous graver dans la mémoire à force de nous les seriner à coups de burin. » 206

Histoire. Sources :

Histoire (Sources) (1) : Chacun-e se targuait - mais c’était un dogme - d’interroger ses sources, d’historiciser ses sources, de critiquer ses sources, d’interpréter ses sources, mais qui interrogeait les sources de la propre pensée de l’historien-ne ?
N’était-ce pas son premier devoir ?

Histoire (Sources) (2) : (5 septembre) 2020. Claire Sotinel, auteure de :
« L’historien fait avec les sources qu’il a. » 207 (Cf. Histoire. Sources)

Histoire (Steinbeck John) : 1939. John Steinbeck [1902-1968], dans Les raisins de la colère, auteur de : « […] Trois cent mille en Californie et d’autres qui arrivent. Et toutes les routes de Californie bondées de forcenés qui courent de tous côté comme des fourmis, cherchant du travail ; tirer, pousser, soulever, porter, n’importe quoi. Pour soulever la charge d’un seul homme, cinq paires de bras se présentent.
Et les grands propriétaires terriens auxquels un soulèvement fera perdre leurs terres, les grands propriétaires qui ont accès aux livres d’histoire, qui ont des yeux pour lire, pour reconnaître cette grande vérité : lorsque la propriété est accumulée dans un trop petit nombre de mains, elles est enlevée… et cette autre qui lui fait pendant : lorsqu’une majorité a faim et froid, elle prendra par la force ce dont elle a besoin… et cette autre encore, cette petite vérité criante qui résonne à travers toute l’histoire : la répression n’a pour effet que d’affermir la volonté de lutte de ceux contre qui elle s’exerce et d’affermir leur solidarité… - les grands propriétaires terriens se bouchaient les oreilles pour ne pas entendre ces trois avertissement de l’histoire .[…] » 208 (Cf. Penser, Politique. Révolution, Économie)

Histoire (Steinem Gloria) : 2015. Gloria Steinem, dans Ma vie sur la route. Mémoires d’une icône féministe, après la Conférence nationale des femmes tenue à Houston en 1977, qu’heureusement, elle nous permet, grâce au récit qu’elle est fait, de vivre, écrit :
« Y aurait-il des gens qui sauraient ce qui s’est passé ici et qui s’en soucierait, me demandais-je. Je me souvenais de mes cours d’histoire à l’université, où un siècle de lutte abolitionniste et suffragiste avait été réduits à quelques paragraphes dans les manuels. » 209 (Cf. Culture. Censure, Féminisme. Histoire, Penser, Politique. Racisme)

Histoire (Steiner George) : 1995. George Steiner [1929-2020], dans un entretien paru dans Les logocrates, se souvient :
« En 1934, la France fut secouée par un grand scandale financier [‘l’affaire Stavisky]. Des groupes antisémites défilèrent. […]. Maman baissa les stores tout en guettant les manifestants qui criaient : ‘Mort aux juifs !’. Aussitôt, rentré à la maison, papa lança : ‘Remontez les stores !’ et me prit par la main pour aller voir dehors. […]
Et il me dit : ’Tu ne dois jamais avoir peur’: ce que tu vois là, cela s’appelle l’histoire.‘
Cette phrase a sans doute marqué le cours de ma vie. » 210 (Cf. Enfant. Famille, Penser)

Histoire (Symboles. Relativité des) : (31 juillet) 1937. George Orwell [1903-1950], évoquant ‘sa’ guerre d’Espagne - ainsi que celle de son épouse [« Eileen a été merveilleuse ». 1905-1945], écrit à un ami :
« Nous avons commencé par être des défenseurs héroïques de la démocratie et nous avons terminé en traversant la frontière en catimini avec la police à nos trousses. » 211 (Cf. Langage. Penser. Symboles, Politique. Guerre)

Histoire. Tacite :

Histoire (Tacite) (1) : Tacite [58-120], dans Les Annales, auteur de :
« Mon dessein n’est pas de rapporter toutes les opinions ; je me borne à celles que signale leur noblesse ou un caractère particulier d’avilissement, persuadé que le principal objet de l’histoire est de préserver les vertus de l’oubli, et d’attacher aux paroles et aux actions perverses la crainte de la postérité et de l’infamie. » 212
Tacite a l’honnêteté intellectuelle de clarifier la question de sa méthode, d’expliciter son approche et de [se] revendiquer [d’] une morale : position d’une autre envergure que celle des historien-nes qui se targuent d’objectivité et / ou a fortiori, ceux et celles qui vouent « la morale » aux gémonies. (Cf. Penser. Méthode, Politique. Morale)

Histoire (Tacite) (2) : Tacite [58-120], dans Les Annales, [en réaction à Tibère [42 avant J-C-34 après J-C] qui avait « répété à plusieurs reprises ‘que les honneurs accordés aux femmes devaient avoir des bornes’ »] écrivit :
« La vérité est que son inquiète jalousie voyait dans l’élévation d’une femme (sa mère, Augusta, en l’occurrence) son propre abaissement. » 213Pertinent.
- On peut aussi, eu égard à la rigueur de la réfutation, se référer aux critiques qu’il reproduit de l’« avis » de Sévérus Cécina « qu’il fut interdit à tout magistrat chargé d’une province d’y emmener sa femme avec lui. » Nombre d’arguments avancés par lui sont toujours valables. 214 (à reprendre et préciser) (Cf. Femme. Mère, Patriarcat, Penser)

Histoire. Taine Hippolyte :

Histoire (Taine Hippolyte) : 1876. Après avoir lu les chapitres consacrés à la Révolution dans Les origines de la France contemporaine d’Hippolyte Taine [1828-1893], j’ai certes appris beaucoup sur la Révolution, mais j’ai surtout que pu juger Taine et son mépris, sa haine de tant et tant de membres du peuple.
En relever les termes, les qualificatifs, [me] donne la nausée. Peut-être le ferai-je…215 (Cf. Langage. Peuple, Histoire. Historiographie. Patriarcale)
* Ajout. 26 janvier 2018. Un avant-goût : « esprits bornés », « plèbe aboyante, grossière », « mégères », « talents avortés », « brute colossale », « cerveaux avariés », « populace à piques », « perturbateurs de profession », « brigands », « fanatiques », « scélérats de tous ordres », « indigents hardis et armés », « va-nu-pieds », « gens de sac et de corde », « brigands », « canaille », « femelles », « coquins », « plèbe brute et misérable », « poissardes », « cannibales », « émeutier de profession », « scribe inepte », « basse plèbe », « dernière plèbe », « plèbe jacobine », « réfractaires et parasites de l’armée sociale », « énergumènes », « gens sans aveu », « tapageurs nocturnes », « drôlesse », « grosse masse égoïste », « pauvres cervelles », « ennemis nés du travail », « barbares », « voleurs », « cannibales », « cerveaux bruts », « intelligence courte », « créature dénaturée », « bêtes fauves », « coquins », « mauvais sujets », « bêtes féroces », etc., etc.. (à poursuivre)

Histoire (Taine Hippolyte) (2) : Deux jugements d’Émile Zola [1840-1902] concernant Hippolyte Taine [1828-1893] :
- (février) 1876. Dans un article intitulé Hyppolyte Taine et son jugement sur la France, concernant Les origines de la France contemporaine :
« Il est hors de doute qu’il juge la révolution à travers les craintes d’un bourgeois français que les angoisses de 1848 et de 1871 ont empêché de mener une vie calme et de s’occuper de recherches philosophiques. » 216
- (11 mai) 1879. Dans une lettre à Louis Boussès de Fourcand [1851-1914] :
« Taine est un grand esprit que la peur de la Commune a fêlé et qui, venu pour analyser le monde moderne, se met à trembler devant le monde moderne en savant que le bruit de la rue dérange. » 217

Histoire. Témoignage :

Histoire (Témoignage) (1) : (21 octobre) 1767. Voltaire [1694-1778] écrit à Cosimo Alessandro Collini [1727-1806] :
« Le témoignage du marquis de Beauvau (vers 1685), si instruit des affaires de son temps, est d’un très grand poids. La faiblesse qu’il avait de croire aux sorciers et aux revenants, faiblesse si commune encore en ces temps-là surtout en Lorraine, ne me paraît pas une raison pour le convaincre de faux sur ce qu’il a dit des vivants qu’il avait connus. » 218

Histoire (Témoignage) (2) : (6 juin) 1932. Elie-Joseph Bois, rédacteur en chef du Petit Parisien, concernant Albert Londres [1844-1932], dans un article intitulé Pauvre Albert Londres écrit :
« […] En effet, il avait moins le souci de l’exactitude, sans la négliger, que de la vérité, mais ‘cette vérité’ qui le poursuivait, il l’apportait toujours : vérité de l’atmosphère, des types, des ensembles, des caractères, des passions en jeu, des mœurs. Il était un témoin dont le témoignage était une synthèse de ce qu’il avait vu d’abord et, aussi, de ce qu’il avait compris. » 219 (Cf. Penser. Vérité)

Histoire (Témoignage) (3) : 1980. Louise Weiss [1893-1983], dans Combats pour les femmes, auteure de :
« Plus que jamais mon propos s’en tient à n’enrichir la vérité générale que de mon modeste mais implacable témoignage. » 220

Histoire. Terkel Studs :

Histoire (Terkel Studs) (1) : 1986. Je lis sur la quatrième de couverture de Hard times. Histoires orales de la grande dépression de Studs Terkel [1912-2008] :
« Hard Times, sans doute le plus grand livre d’histoires orales de Studs Terkel […] »
Enlever : « orales ». Et, pour moi, bien que n’ayant consacré qu’une place, et donc qu’un intérêt minime aux femmes, l’un des plus grands livres d’histoire.

Histoire (Terkel Studs) (2) : 2021. Je rêve - et espère - qu’un tel livre puisse se construire, être écrit, pensé, publié, concernant les femmes - les points de vue, les vécus, les analyses, les critiques, les propositions des femmes - dans tous les pays, toutes les régions du monde. (Cf. Patriarcat, Histoire. Patriarcale)

Par ordre chronologique. Histoire. Thackeray William Makepeace :

Histoire (Thackeray William Makepeace) (1) : 1844. William Makepeace Thackeray [1811-1863], dans Barry Lyndon, auteur de :
« […] J’écoutais ses récits avec infiniment de plaisir, je l’avoue, car de temps en temps, il prononçait un nom que je me rappelais de l’ancien temps, et réveillait en moi une foule d’associations d’idées. » 221

Histoire (Thackeray William Makepeace) (2) : 1848. William Makepeace Thackeray [1811-1863], dans La foire aux vanités, auteur de :
« ‘Napoléon est débarqué à Cannes !’ Une pareille nouvelle pouvait répandre la panique à Vienne, renverser les plans de la Russie, menacer l’intégrité de la Prusse, faire secouer la tête à Metternich et à Talleyrand, et enfin abasourdir le prince Hardenberg et la marquis de Londonderry ; mais qui aurait jamais cru que la fatale secousse de la grande lutte impériale dût faire ressentir son contrecoup jusque sur les destinées d’une malheureuse enfant de dix-huit ans, dont l’âme toute entière s’épanouissait en des pensées d’amour ? Pauvre et aimable fleur du toit domestique ! …le souffle impétueux de la guerre va aussi vous emporter dans ses tourbillons impitoyables. Oui, Napoléon tente un coup suprême et le dé fatal qui roule porte avec lui le bonheur de la petite Amélia Sedley. » 222 (Cf. Femmes, Hommes, Relations entre êtres humains. Vanité, Patriarcat, Politique. Guerre)

Histoire (Thoreau Henry David) : (9 août) 1841. Henry-David Thoreau [1817-1862], dans son Journal, auteur de : « […] Le passé ne peut pas être réanimé : nous ne pouvons pas savoir ce que nous ne sommes pas. Car un voile recouvre le passé, le présent et le futur. Et c’est du domaine de l’historien de trouver non pas ce qui a été mais ce qui est. […] » 223

Histoire. Tolstoï Léon :

Histoire (Tolstoï Léon) (1) : 1865-1859. Léon Tolstoï ]1828-1910], dans La guerre et la paix, auteur de : « Véra parlait de son temps comme aiment à le faire les esprits bornés, qui s’imaginent avoir découvert et apprécié à leur juste valeur les particularités de leur temps et supposent que la nature humaine se transforme suivant les époques. » 224

Histoire (Tolstoï Léon) (2) : 1865-1859. Léon Tolstoï ]1828-1910], dans La guerre et la paix, procède à très fortes analyses critiques de l’histoire et des historiens de son temps - trop nombreuses pour être ici présentées - dont beaucoup sont toujours de grande valeur.

Histoire (Tolstoï Léon) (3) : 1865-1859. Léon Tolstoï ]1828-1910], dans La guerre et la paix, présente en quelques pages une analyse historique remarquable de Napoléon. 225

Histoire (Trotsky Léon) : 1929. Léon Trotsky [1879-1940], écrit dans Ma vie :
« Je ne puis concevoir indépendamment d’une large prognose historique non seulement une activité politique, mais plus largement une vie spirituelle. » 226
N.B. Prognose : prévision, diagnostic, pronostic.

Histoire. Jean Tulard :

Histoire (Tulard Jean) (1) : 2003. Jean Tulard, dans son Dictionnaire du cinéma. Les réalisateurs, considère que Dreyfus, l’intolérable vérité [1973] de Jean Cherasse - à moins qu’il en s’agisse de « La prise de pouvoir par Pétain » [1979], les deux étant liés, est « Le vrai film historique » (p.187) et que La trace [1983] de Bernard Favre est « l’exemple même de ce que doit être un film historique » (p.316).
- Jean Tulard note aussi que « Goebbels [Joseph. 1897-1945] cite le Frédéric II [1992] [de Arzen von Ceserepy. 1881-1946] comme un modèle de film historique. » (p. 229) 227

Histoire (Tulard Jean) (2) : 2003. Jean Tulard, dans son Dictionnaire du cinéma. Les réalisateurs, auteur de :
- (Concernant Henri-Georges Clouzot [1907-1977]) : « Sous prétexte que le film [Le corbeau. 1943] avait été tourné pour la firme allemande Continental, et qu’il se serait agi d’une œuvre anti française, Clouzot fut interdit de studio à la Libération. Les historiens évoquent volontiers la chasse aux sorcières à Hollywood, mais temps de Mc Carthy, mais oublient une autre chasse aux sorcières, en France, en 1944, dont furent victimes Clouzot, Guitry et un peu Marcel Carné. » (p.202)
- (Concernant Bernard Cohn) « Longtemps assistant, il a tourné enfin un film dérangeant mais remarquable [Natalia.1988] sur les conditions de travail dans le cinéma sous Vichy et l’épuration scandaleuse de 1944. » (p.205)
N.B. Les historien-nes ne sont pas seul-es à écrire l’histoire… 228 (Cf. Histoire. Historiographie. Patriarcale)

Histoire (Varnhagen Rahel) : (3 novembre) 1919. Rahel Varnhagen [1771-1833], dans son Journal, auteure de :
« […] Ceux qui lisent l’histoire plus qu’ils ne la vivent eux-mêmes ne veulent toujours que mettre en scène, ou faire mettre en scène une histoire puisée dans les livres, d’où cet enthousiasme plat, ces projets creux, et avec tout cela, ce qu’ils ont de forcé ; car la marche générale de la vie est comme une plante : elle ne peut être ni étouffée, ni recourbée vers le sol, mais elle s’élève selon le décret céleste qui lui est propre, en s’arc-boutant de toutes ses forces contre toute tentative de l’exploiter autrement. […]
On en viendra bientôt à distinguer et à classer sous d’autres rubriques les historiens qui ne regardent la vie que par les lunettes de l’histoire et ceux qui saisissent et représentent l’histoire en partant de la vie actuelle. […] » 229 Puissant.

Par ordre chronologique. Histoire. Voltaire :

Histoire (Voltaire) (1) : (15 janvier) 1738. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée au prince royal de Prusse [futur Frédéric II. 1712-1786] lui écrit :
« […] Je voudrais qu’on eût jeté au fond de la mer toutes les histoires qui ne nous retracent que les vices et les fureurs des rois. À quoi servent ces registres de crimes et d’horreurs qu’à encourager quelque fois un prince faible à des excès dont ils aurait honte, s’il n’en voyait des exemples ? » 230

Histoire (Voltaire) (2) : (26 janvier) 1740. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée au marquis d’Argenson [1694-1757], préfigurant l’Essai sur les mœurs [1756], auteur de :
« Encore une idée. On n’a fait que l’histoire des rois, mais on n’a point fait celle de la nation. Il semble que, pendant 1.400 ans, il n’y ait eu dans les Gaules que des rois, des ministres et des généraux, mais nos mœurs, nos lois, nos coutumes, notre esprit, ne sont-ils donc rien ? » 231

Histoire (Voltaire) (3) : (29 mai) 1759. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée à Ivan Ivanovitch Schouvalov [1717-1797] avec lequel il est en relations concernant son livre consacré à Pierre le Grand [1672-1724], lui écrit : « Si l’expérience m’a pu donner quelque connaissance dans l’art décrire, je l’emploierai à augmenter si je le puis le respect qu’on doit à Pierre le Grand et à votre empire, sans flatter personne. »
- le 20 juin 1759, Voltaire écrit à George Keate [1729-1797] qu’il est « chargé par la cour de Pétersbourg de faire l’histoire de Pierre le Grand. »
- le 29 juin 1759, Voltaire écrit au comte d’Argental [1700-1788] :
« Je me mêle de plaire à l’autocratrice de toutes les Russies [Élisabeth. 1ère.1709-1762] Il me faut une impératrice au moins dans mes intérêts. […] » 232 (Cf. Penser. Vérité. Voltaire)

Histoire (Voltaire) (4) : (11 septembre) 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Ivan Ivanovitch Schouvalov [1727-1797] :
« Vous savez qu’on ne peut donner du crédit aux belles actions qu’en ne dissimulant rien ; mais qu’en disant la vérité on peut toujours la présenter sous un jour favorable. » 233 (Cf. Penser. Vérité. Voltaire)

Histoire (Voltaire) (5) : (18 septembre) 1759. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée à Ivan Ivanovitch Schouvalov [1727-1797] (concernant toujours l’écriture de l’histoire de Pierre le Grand) lui écrit : « […] Il n’y a que les vérités de l’histoire qui puissent forcer l’esprit à croire et à admirer. » 234 (Cf. Penser. Vérité. Voltaire)

Histoire (Voltaire) (6) : (22 novembre) 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre encore adressée à Ivan Ivanovitch Schouvalov [1727-1797] lui écrit :
« La triste fin du Csarovits [1690-1718] m’embarrassera un peu. Je n’aime pas à parler contre ma conscience, l’arrêt de mort m’a toujours paru trop dur. Il y a beaucoup de royaumes où il n’eut pas permis d’en user ainsi (sic). »
Puis Voltaire conteste les conditions dans lesquelles eut lieu le procès du tsarévitch Alexis Petrovitch et sa condamnation à mort, et il conclut :
« Je tâcherai de me tirer de ce pas glissant (sic) en faisant prévaloir dans le cœur du csar l’amour de la patrie sur les entrailles du père (sic). » 235 (Cf. Penser. Vérité. Voltaire)

Histoire (Voltaire) (7) : (18 décembre) 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée Saverio Bettinelli [1718-1808] lui présente sa conception de l’histoire, celle de « la nouvelle édition de l’Histoire générale » [1ère édition. 1757] :
« […] Histoire de l’esprit humain beaucoup plus que des horreurs de la guerre, et des fourberies de la politique ; je parlerai des gens de lettres beaucoup plus long que dans les premières [éditions] ; parce qu’après tout, ce sont eux qui ont civilisé le genre humain ; l’histoire qu’on appelle civile et religieuse n’est que le tableau de la sottise et des crimes. » 236

Histoire (Voltaire) (8) : (22 avril) 1760. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée à Ivan Ivanovitch Schouvalov [1717-1797] lui écrit :
« […] Je suis toujours aux ordres de Votre Excellence. Le plus grand de mes plaisirs dans ma vieillesse est de travailler au monument que vous érigez au plus grand homme du siècle passé [Pierre le grand]. La multitude épouvantable de livres qui s’accumulent de tous côtés, ne permet peut être pas qu’on entre dans beaucoup de détails ; l’esprit philosophique qui règne de nos jours, permet encore moins de fade panégyrique ; le milieu entre ces deux extrémités est difficile à garder ; mais je ne désespère de rien /monsieur, quand je serai aidé de vos conseils et de vos lumières ; ce sera par votre seul moyen que je pourrai parvenir à ne blesser ni la vérité ni la délicatesse de votre cour, ni le goût des gens de lettres qui seuls décident, à la longue, de la bonté d’un ouvrage. Je souhaite surtout que votre histoire de Pierre le grand dans laquelle je ne suis que votre copiste puisse servir de réponse aux calomnies répandues contre votre nation et contre votre auguste souveraine [Catherine II. 1729. 1796] dans le recueil qui vient de paraître. [sous la signature de Voltaire] » 237

Histoire (Voltaire) (9) : (24 mai) 1761. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée à Ivan Ivanovitch Schouvalov [1717-1797] lui écrit :
« […] Aidé de tous ces matériaux [Archives envoyées de Russie], j’en ai supprimé tout ce qui pouvait être défavorable, et j’en ai tiré ce qui pouvait relever la gloire de votre patrie. » 238 (Cf. Histoire. Archives)

Histoire (Voltaire) (10) : (18 septembre) 1763. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée à Bernard-Louis Chauvelin [1716-1773], lui écrit :
« […] On vous a dépêché un petit paquet [enveloppe], qui contient, je crois, un peu d’histoire. Vous y verrez quelque chose du temps présent, mais non pas tout ; car malheur à celui qui dirait tout. Il faut qu’un Français passe rapidement sur les dernières années. […] » 239 (Cf. Politique. Vérité)

Histoire (Voltaire) (11) : (mai) 1764. Voltaire [1694-1788], dans une lettre à la Gazette Littéraire de l’Europe, écrit notamment concernant « [les]manque[ments] » des « auteurs [non cités] des histoires anciennes » :
« […] Ils répètent et ils allongent des harangues qui ne furent jamais prononcées, plus soucieux de faire parade d’une éloquence déplacée que de discuter des vérités utiles. Les exagérations souvent puériles, les fausses évaluations des monnaies de l’Antiquité et de la richesse des États, induisent en erreur les ignorants et font peine aux hommes instruits. […]
Les histoires plus anciennes sont encore écrites avec moins d’attention. La saine critique y est plus négligée ; le merveilleux, l’incroyable y domine ; il semble qu’on ait écrit pour des enfants plutôt que pour des hommes ; le siècle éclairé ou nous vivons exige dans les auteurs une raison plus cultivée. » 240 (Cf. Penser. Méthode. Éloquence)

Histoire (Voltaire) (12) : (20 juin) 1764. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée à la marquise du Deffand [1697-1780] écrit :
« Les Welches [terme dénégateur pour : Français] sont continuellement gênés et garrottés par trois sortes de chaînes, celles de la cour, celle de l’Église, et celle des tribunaux appelés parlement. On écrit l’histoire en France comme on fait un compliment à l’Académie française, on cherche à arranger ses mots de façon qu’ils ne puissent choquer personne. » 241 (Cf. Langage. Académie française. Mot, Penser, « Sciences » sociales)
* Ajout. 28 novembre 2020. (16 août) 1769. Plus précisément, Voltaire dans une lettre au comte Gotlob Louis de Schomberg [?-?] , écrit :
« Il n’y rien de si sot, de si méprisable qu’un Welche ; mais il n’y a rien de si aimable et de si généreux qu’un Français.» 242

Histoire (Voltaire) (13) : (23 avril) 1767. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée à François Baron de Tott [1733-1793], écrit :
« La véritable histoire est celle des mœurs, des lois, des arts, et des progrès de l’esprit humain. » 243

Histoire (Voltaire) (14) : (21 octobre) 1767. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée à Cosimo Alessandro Collini [1727-1806], auteur de :
« Je n’approuve pas dans Tite-Live ce que j’aime dans Homère. » 244

Histoire (Voltaire) (15) : (13 juin) 1768. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée au duc de Richelieu [1696-1788], auteur de :
« […] Il ne reste dans la mémoire des hommes que les évènements qui ont fait de grandes révolutions. » 245

Histoire (Voltaire) (16) : (15 juillet) 1768. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée à Horace Walpole [1717-1797], auteur de :
« J’ai toujours pensé, comme vous, qu’il faut se défier de toutes les histoires anciennes. Fontenelle [1657-1757], le seul homme du siècle de Louis XIV [1638-1715] qui fut à la fois poète, philosophe et savant, disait qu’elles étaient des fables convenues. » 246

Histoire (Vie) : Comment et pourquoi des personnes qui ont déjà raconté leurs vies un nombre incalculable de fois, continuent à le faire, reste, pour moi, peu compréhensible.
Pour faire plaisir à leurs mères ? Pour épater leurs voisins ? Parce qu’ils sont des ‘bons clients’ pour les médias et qu’ils ne savent pas dire non ? Pour vendre leurs œuvres ? Par pression des maisons d’édition ? Pour effacer un déficit de leur légitimité ? Pour rompre l’ennui de leur quotidien ? Par habitude ? Par fermeture au monde ? Par un réel contentement ?
* Ajout. 1er janvier 2020. 1966. François Mauriac, dans ses Mémoires intérieurs, écrit :
« Nul ne fait figure dans le monde qui ne cherche obscurément à se donner l’illusion d’être. » 247 L’illusion ?

Histoire (Vovelle Michel) : Je suis reconnaissante à l’historien Michel Vovelle [1933-2018], grâce à qui j’ai pu savoir que Marat [1743-1793] était un penseur politique.

Histoire (« Wishful thinking ») : (12 décembre) 2019. Entendu lors de l’émission Le cours de l’histoire de France Culture :
« Ça aurait été mieux, si cela avait été différemment. » 248

Histoire. Yourcenar Marguerite :

Histoire (Yourcenar Marguerite) (1) : 1980. Marguerite Yourcenar [1903-1987], dans Les yeux ouverts, répond ainsi à la question suivante : ‘Mais comment peut-on réinsérer des destinées individuelles dans le cours de l’histoire ou dans le flux de la vie’ :
« Comment ne le peut-on pas ? Vous semblez faire, comme les marxistes, une idole de l’histoire. […] » 249

Histoire (Yourcenar Marguerite) (2) : 1980. Marguerite Yourcenar [1903-1987], dans Les yeux ouverts, auteure de :
« […] Tant qu’on ne fait pas entrer toute sa propre intensité dans un document, il est mort. » 250

Histoire (Yourcenar Marguerite) (3) : 1980. Marguerite Yourcenar [1903-1987], dans Les yeux ouverts, auteure de :
« Je crois à la grande liberté que nous octroie l’Histoire en montrant aux gens de notre temps que ce qu’ils croient unique appartient au rythme de la condition humaine et qu’aux solutions qu’ils se proposent, ou qu’ils ne proposent pas, on pourrait superposer d’autres solutions, qui ont été essayées ailleurs.
Mais en même temps je me méfie du fait que l’Histoire systématise, qu’elle est une interprétation personnelle qui ne s’avoue pas telle, ou au contraire qu’elle met agressivement en avant une théorie prise pour une vérité, qui est elle-même passagère. L’historien ne nous montre pas ses points de départ, soit individuel, soit idéologique, l’un camouflant l’autre. Il en a, pourtant : c’est un bourgeois du XIXème siècle, ou c’est un militariste allemand, qui admire l’impérialisme romain, ou c’est un marxiste qui voit partout la communisme, dans le passé. Il est dominé par des théories, quelquefois sans même s’apercevoir. […] ». 251 (Cf. Patriarcat)

Histoire (Zola Émile) : (12 octobre) 1895. Émile Zola [1840-1902], dans une lettre à Jacques van Santen Kolff [1848-1896], concernant le livre qu’il est en train d’écrire : Rome, auteur de :
« Maintenant je ne puis absolument pas vous donner une idée de cet énorme travail, qui coûte un effort considérable. J’ai voulu tout mettre, comme d’habitude, le passé, le présent, l’avenir et avec Rome vous devinez où cela me conduit. Jamais je n’ai été tant débordé par tant de documents, tant de notes, tant d'impressions personnelles. Ajoutez que, dans le cadre de l’histoire, de l’art, de la religion et de la politique, j’ai mis tout un drame humain, en m’efforçant, selon ma méthode habituelle, de dramatiser la Rome actuelle dans des personnages vivants. […] » 252

I. Histoire. Révolution française :

Histoire. Révolution française :

Histoire (Révolution française) (1) : 1849-1850. Chateaubriand [1768-1848], dans les Mémoires d’outre-tombe, auteur de :
« La colère brutale faisait des ruines, et sous cette colère était cachée l’intelligence qui jetait parmi ces ruines les fondements du nouvel édifice. » 253
[Brillante] analyse valide pour toutes les révolutions. (Cf. Penser, Politique)

Histoire (Révolution française) (2) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les misérables, concernant « le conventionnel » auteur de :
« La Révolution a eu beaucoup de ces hommes proportionnés à l’époque. » 254
Idée équivoque à prolonger… (Cf. Histoire. Révolution française. Roland Madame)

Révolution française (3) : 1928. Pierre Gaxotte « de l’Académie française » [1895-1982] historien, dans La Révolution française, auteur de :
« La France d’avant la Révolution n’était point malheureuse. Elle avait sujet de se plaindre, non de se révolter. » 255

Par ordre alphabétique. Histoire. Révolution française :

Révolution française (Constitution. Bonheur) : 1793. Article 1er de la constitution de 1793 :
« Le but de la société est le bonheur commun. […] »
Tout est dit ? Tout est à construire.
* Ajout. 2 octobre 2015. Lu [1787] : « C’est moins la forme du gouvernement qui rend les peuples heureux que les Lois qui règlent la fortune des citoyens. » 256 (Cf. Politique. Lois)

Révolution française (Cahiers de doléances et réclamations aux États généraux) (1) : 1789.
« Notre devise sera-t-elle toujours : Travailler, obéir et se taire ? » 257
- Peut, doit être comparé à : « Liberté, égalité, fraternité » (Cf. Droit. « Droits de l’homme », Politique. Démocratie, Obéir)

Révolution française (Cahiers de doléances et réclamations aux États généraux) (2) : 1789.
« Comment récompensez-vous dans votre constitution sociale le plus sacré des devoirs, celui de produire, de soigner, d’instruire, d’élever les enfants qui réparent le monde ? » 258 Question toujours non résolue, le plus souvent, pas même posée… (Cf. Famille, Féminisme. Patriarcat, Politique)

Par ordre alphabétique. Révolution française. Femmes :

Révolution française. Femme (Charlotte Corday) (1) : 1976. Je lis dans les notes de Gérard Walter [1896-1974] de l’édition de La Pléiade de l’Histoire de la Révolution française [1853] de Jules Michelet [1798-1874] que Charlotte Corday [1768-1793], qui assassinat Marat [1743-1793] à l’âge de 25 ans, « resta au couvent jusqu’à l’âge de 22 ans », « un couvent [L’Abbaye aux dames] - très mondain » précise-t-il. 259 (Cf. Histoire. Révolution française. Marat)

Révolution française. Femme (Charlotte Corday) (2) : Je lis sur Wikipédia :
« À sa mort, les accusateurs jacobins de Charlotte Corday pensent qu'elle a agi par amour pour un homme, aussi font-ils vérifier sa virginité. À leur grand dam, elle est déclarée virgo intacta. »
Lire sur Wikipédia les explications, fort sensées, qu’elle a données au crime qu’elle a commis.
Une fois encore, une femme fut déniée de toute pensée et de toute action politique et réduite, là encore, stricto sensu, à son sexe. 260 (Cf. Femmes. Sexes)
* Ajout. 30 mars 2019. Lire aussi les belles pages que Michelet lui a consacrées. 261 (Cf. Histoire. Patriarcale. Michelet Jules)

Révolution française. Femmes (Custine Astolphe de) : 1843. Astolphe de Custine [1790-1857], dans La Russie en 1839, à propos de Delphine de Sabran [1770-1826], évoque :
« les annales d’une révolution où l’héroïsme des femmes a bien souvent racheté l’horreur qu’inspiraient à trop juste titre le fanatisme et la férocité des hommes. » 262
* Ajout. 20 mai 2019. Louise Michel [1830-1905], auteure de :
« L’héroïsme n’existe pas. Ce n’est qu’un sens impérieux du devoir ou une conviction passionnée. Je ne lui donne pas non plus le nom de vertu qu’à l’amour ou au fanatisme. » 263 (Cf. Homme. « Héros »)

Révolution française. Femme. Olympe de Gouges :

Révolution française. Femme (Gouges. Olympe de) (1) : 1791. Olympe de Gouges [1748-1793], dans sa Lettre à Marie-Antoinette, écrit :
« Homme, es-tu capable d'être juste ? C'est une femme qui t'en fait la question ; tu ne lui ôteras pas du moins ce droit. Dis-moi ? Qui t’a donné le souverain empire d'opprimer mon sexe ? Ta force ? Tes talents ? [...]
L’homme seul s'est fagoté un principe de cette exception. Bizarre, aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré, dans ce siècle de lumières et de sagacité, dans l'ignorance la plus crasse, il veut commander en despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles ; il prétend jouir de la Révolution, et réclamer ses droits à l’égalité, pour ne rien dire de plus. [...] »
- Suivi, en note, de : « De Paris au Pérou, du Japon à Rome, le plus sot animal, à mon avis, c’est l’HOMME. » (Cf. Droit. « Droits de l’homme », Femme. Remarquable, Patriarcat) 264

Révolution française. Femme (Gouges. Olympe de) (2) : (septembre) 2013. Alors qu’en 2013, suite à une consultation officielle - à laquelle 30715 personnes avaient participé - ouverte sur le site des Monuments Historiques, Olympe de Gouges (devançant Germaine Tillion, Louise Michel et Simone de Beauvoir) était la première sur la liste des personnes devait « entrer au Panthéon », François Hollande l’a écartée.
- Aujourd’hui (21 février 2014) date à laquelle l’annonce officielle des quatre personnes choisies par lui sera effectuée, la page internet concernant cette consultation « n’existe plus ». Qui aurait gardé ces archives et pourrait les publier ? Ont finalement été choisies deux hommes et deux femmes résistant-es. La parité contre le féminisme.
- La liste des « personnalités auditionnées » dans le Rapport intitulé : Pour faire entrer le peuple au Panthéon, remis à François Hollande par M. Philippe Bélaval, mérite la lecture : elle peut provoquer un instant le rire, si ce n’était si malheureusement signifiant de la France « officielle » en 2014. Et si triste… (Cf. Femme. Remarquable. Homme. « Politique ». Hollande François)

Révolution française. Femme. Rose Lacombe :

Révolution française. Femme (Lacombe Rose) (1) : (25 juillet) 1792. Rose Lacombe [1765-1795 (?)] prononce un bref discours à l’Assemblée Nationale :
« Née avec le courage d'une Romaine et la haine des tyrans, je me tiendrais heureuse de contribuer à leur destruction. Périsse jusqu'au dernier despote, intrigants, vifs esclaves, des Néron et des Caligula, puissé-je tous vous anéantir. Et vous, mères de famille, que je blâmerais de quitter vos enfants pour suivre mon exemple, pendant que je ferai mon devoir en combattant les ennemis de la patrie, remplissez le vôtre en inculquant à vos enfants les sentiments que tout français doit avoir en naissant, l'amour de la liberté et l'horreur des despotes. Ne perdez jamais de vue que sans les vertus de Véturie, Rome aurait été privé du grand Coriolan. » 265 (Cf. Femme. Remarquable, Politique. État, Violences)

Révolution française (Lacombe Rose) (2) : 1793. Hippolyte Taine 1828-1893], dans Les origines de la France contemporaine cite ce passage d’un discours de Rose (Claire) Lacombe [1765-1795 (?)] aux Jacobins, extrait du Patriote Français (30 mars 1793), lui-même cité par Buchez et Roux [XXV, 156] :
« Il faut s’assurer des aristocrates, les faire marcher au-devant des ennemis que Dumouriez [1739-1823] amène sur Paris, nous leur signifierons que s’ils trahissent, leurs femmes et leurs enfants seront égorgés, et leurs propriétés incendiées…
Je ne veux pas que les patriote sortent, je veux qu’ils gardent Paris ; et, si nous succombons, le premier qui hésitera à mettre le feu, sera poignardé à l’instant.
Je veux que les propriétaires, qui ont tout accaparé pour exaspérer le peuple, tuent les tyrans ou qu’ils périssent.» (applaudissements) » 266 (Cf. Femme. Remarquable, Politique. État, Violences)

Révolution française. Femme. Madame Legros :

Révolution française (Legros Madame) (1) : 1853. Michelet [1798-1874], dans son Histoire de la Révolution française, auteur de :
« Il faut dire vrai ; si quelqu’un eût la gloire de la renverser (la Bastille), c’est cette femme intrépide qui si longtemps travailla à la délivrance de Latude [1725-1805, enfermé pendant 37 ans notamment à la Bastille] contre toutes les puissances du monde. » Et il poursuit en la qualifiant ainsi : « celle qui avait pour ainsi dire forcé les prisons d’État », pour conclure :
« Cette femme avait pris la Bastille. » 267 (Cf. Femme. Remarquable)

Révolution française (Legros Madame) (2) : 1878. Hippolyte Taine [1828-1893] dans Les origines de la France contemporaine, cite, lui aussi, mais en d’autres termes, Madame Legros. Il écrit :
« Lorsque Latude [1725-19805] sort de Bicêtre, Mme de Luxembourg, Mme de Bouflers et Madame de Staël veulent dîner avec Mme Legros, l’épicière qui depuis trois années a remué ciel et terre’ pour délivrer le prisonnier. » 268 (Cf. Femme. Remarquable)

Révolution française. Femmes (Liberté) : 1794. « À Bayeux [lors de la fête de l’Être suprême. 8 juin 1794] une jeune fille qui représentait la Liberté portait sur la poitrine ou sur le dos : ‘Ne me tournez pas en licence’. » [Cité par Taine. 1828-1893], « raconté par Gustave Flaubert [1821-1880], d’après des souvenirs de famille » ]. 269 (Cf. Politique. Liberté)

Révolution française. Femmes (Pain) : Dès lors que des femmes demandaient du « pain », comment peut-on qualifier, sans plus de scrupules, la révolution de « bourgeoise » ? (Cf. Femmes. Bourgeoises)

Révolution française. Femmes. (« Poissardes ») : 1789. Antoine de Rivarol [1753-1801], dans son Journal politique national nomme [mais il n’est pas le seul..] les femmes révolutionnaires « les poissardes » précédé ou non d’« armée de » (p.945) ou de « phalange » (p.956). Je l’ai relevé à 30 reprises.
- Les « poissardes » sont soient seules évoquées, soit liées, assimilées aux « patriotes et assassins » (p.945), à « quelques assassins » (p.848), aux « forts de la halle » (p.952, p.971), aux « brigands » (p.954, p.960, p.965, p.968, p.973, p.985), aux « assassins » (p.954), aux « Mirabeau » (p.962), aux « crocheteurs » (p.971), aux « ouvriers » (p.977). Il est aussi question du « délire inhumain des poissardes » (p.982) dont il écrit qu’elles « vomissaient des acclamations » (p.987). 270 (Cf. Langage. Critique de mot)
* Ajout. 2 novembre 2016. 2003. Le même terme (vérifier) est, en 2003, encore employé, suivi par « cornards éméchés ». 271 Pour ‘faire peuple’ ?

Révolution française. Marat :

Révolution française (Marat) (1) : Marat [1743-1793], traitant de « l’imposture du despotisme éclairé », évoque Catherine II de Russie [1729-1796] et la juge notamment, eu égard « à la vanité et l’instinct imitatif naturel à son sexe. » 272 (Cf. Relations entre êtres humains. Vanité, Patriarcat)

Révolution française (Marat) (2) : 1780. Après avoir découvert le Plan de législation criminelle de Marat [1743-1793], plus particulièrement la cinquième section, intitulée : Des crimes contre les mœurs (plus spécifiquement les pages 108 à 116,) ainsi que la sixième section : Des crimes contre l’honneur (plus spécifiquement les pages 135 à 139), il m’apparaît que Marat est, parmi les hommes révolutionnaires, celui qui a, sans conteste, le plus intimement traité de et surtout celui qui a le mieux compris, critiqué avec force et dénoncé ce que nous appellerions aujourd’hui la « domination masculine ». En conséquence, sa conception novatrice, originale du droit en matière de « mœurs » est en entièrement marquée, sans pour autant abandonner son analyse en termes d’opposition de «classes». 273 C’est de cet exemple qu’il faudrait s’inspirer pour repenser un nouveau code pénal. (Cf. Droit. Patriarcal, Patriarcat. Domination masculine)

Révolution française (Marat) (3) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la révolution française, écrit dans une note que, dans L’Ami du peuple du 30 décembre 1790, Marat « met en contraste l’énergie de ces femmes [celles qui participaient aux réunions du Club des Jacobins] et le bavardage de l’aristocratie jacobine. » 274

Révolution française (Méricourt Théroigne de) : 1792. Théroigne de Méricourt [1762-1817], auteure de :
« Brisons nos fers, il est temps enfin que les femmes sortent de leur honteuse nullité où l’ignorance, l’orgueil et l’injustice des hommes les tiennent asservies depuis si longtemps. » 275

Révolution française (Monnard Marie-Victoire) : Marie-Victoire Monnard [1777-1869] dans ses Souvenirs écrit ce qu’elle a vu de la journée du 10 août 1792 :
« […] Il faut que j’avoue à regret et à la honte de notre sexe, qui doit avoir le cœur plus tendre que celui masculin, qu’il n’en a pas donné la preuve. J’ai vu au moins quinze femmes, les unes après les autres, monter sur le cadavre de cette victime [préalablement massacré par trois « sans culottes »] dont les entrailles sortaient de toutes parts, disant qu’elles éprouvaient du plaisir à fouler l’aristocratie sous leurs pieds. [ …] » 276 (Cf. Corps. Cadavre, Violences)

Révolution française. Robespierre :

Révolution française (Robespierre) (1) : 1961. Lu dans le livre de Georges Walter, Robespierre [1758-1794] cet écrit :
« Nous voulons substituer dans notre pays, la morale à l’égoïsme, la probité à l’honneur, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, l’empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à l’insolence, la grandeur d’âme à la vanité, l’amour de la gloire à l’‘amour de l’argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l’intrigue, le génie au bel esprit, la vérité à l’éclat, le charme du bonheur aux ennuis de la volupté, la grandeur de l’homme à la petitesse des grands. » 277
Et ce serait (notamment) de son fait - lui qui fut appelé « l’incorruptible » - que « la vertu » serait indissociablement liée à « la terreur » ? Et ce serait (notamment) de son fait, lui qui ne fondait la démocratie que sur « la vertu », que celle-ci, en politique, serait d’emblée suspecte, récusée, illégitime ? La révolution ne réside-t-elle pas (aussi) justement en ce qu’une telle phrase pût être prononcée ?
- Ces interrogations ne sauraient évacuer sa déclaration le 12 août 1793 :
« Que le glaive de la loi, planant avec une rapidité terrible sur la tête des conspirateurs, frappe de terreur leurs complices ! Que ces grands exemples anéantissent les séditions par la terreur qu’ils inspireront à tous les ennemis de la patrie ! », ainsi que la loi dite des suspects du 17 septembre 1793. Mais elles ne peuvent l’y réduire.
* Ajout. 12 août 2014. Opposition binaire, et plus largement, question mal posée. Par ailleurs, peut-on porter un jugement sur un homme dit politique singulier, isolé du contexte politique dans lequel son action est compréhensible ? Non. (Cf. Politique. Loi. Morale, Histoire. Biographies)
* Ajout. 12 mai 2017. Ne jamais oublier, sans pour autant justifier, en critiquant de la Terreur, qu’en 1993, la révolution était et attaquée sur toutes ses frontières et menacée à l’intérieur par les contre-révolutionnaires, les aristocrates français étant à la fois à l’intérieur et à l’étranger.
* Ajout. 30 juillet 2017. Ne pas oublier non plus que si l’on ne peut juger de quiconque indépendamment de la prise en compte de son environnement, il s’agissait ici, le concernant, comme de tant d’autres, de l’organisation et de la conduite d’une force politique dans un contexte révolutionnaire, et ce, dans un contexte qui dépassait, transcendait les frontières d’un seul pays, en l’occurrence, la France. (Cf. Êtres humains, Politique. Frontières)

Révolution française (Robespierre) (2) : Robespierre [1758-1794], auteur de :
« Ce qui est immoral est impolitique, ce qui est corrupteur est contrerévolutionnaire. » 278 Le débat - à complexifier, à bouleverser - ainsi ouvert n’a jamais été refermé. Et ne doit pas l’être. (Cf. Politique. Morale)

Révolution française (Robespierre) (3) : Robespierre [1758-1794] : combien de fois a-t-il prononcé, dans ses discours, dans ses écrits, le mot « femme » et celui de « citoyenne » ? Je n’en ai relevé aucune. (Cf. Histoire. Révolution française. Marat, Saint Just)

Révolution française (Robespierre) (4) : 1839. Astolphe de Custine [1790-1857] considérait, en 1839, qu’en en France, « la tyrannie révolutionnaire » [fut] « un mal de transition ». 279 Qu’en déduire ?

Révolution française (Robespierre) (5) : 1910. Georges Sorel [1847-1922], auteur, dans ses Réflexions sur la violence, de :
« Pendant la Terreur, les hommes qui versèrent le plus de sang, furent ceux qui avaient le plus vif désir de faire jouir leurs semblables de l’âge d’or qu’ils avaient rêvé, et qui avaient le plus de sympathies pour les misères humaines : optimistes, idéalistes et sensibles, ils se montraient d’autant plus inexorables qu’ils avaient une plus grande soif du bonheur universel. » 280

Révolution française. Roland Madame :

Révolution française (Roland Madame) (1) : 1793. Madame Roland [1754-1793], au pied de l’échafaud aurait dit, selon Michelet [1798-1874], dans son Histoire de la révolution française, en se tournant vers la statue de la Liberté, « avec une grave douceur, sans reproche :
‘Ô Liberté, que de crimes commis en ton nom’. »
- Elle aurait aussi, selon une note de Gérard Walter dans son édition de l’Histoire de la révolution Française [1853] de Michelet [1798-1874], dit : « Passez le premier, j’aurais le courage d’attendre », au pied de la guillotine, à Lamarche, ancien directeur général de la fabrication des assignats, qui « en route, se montrait fort abattu ». 281
- Une grande dame, une femme politique, auteure d’un grand livre, ses Mémoires, 282 écrites, puis récrites en prison, sous la menace (effectivement mis en œuvre) de la guillotine. (Cf. Femme. Écrivaine. Épouse de. Remarquable)

Révolution française (Roland Madame) (2) : 1793. Une autre manifestation du courage de Madame Roland [1754-1793] émane du comte Beugnot, enfermé avec elle à la Conciergerie en 1793. Il évoque le départ de la prison de Madame Rolland pour le tribunal qui devait la condamner à mort :
« [...] Une foule de femmes se pressaient pour la baiser. Celles qui étaient mieux instruites du sort qui l’attendaient sanglotaient autour d’elle et la recommandaient en tout cas à la Providence. Rien ne peut rendre ce tableau : il faut l’avoir vu. Madame Roland répondait à toutes avec une affectueuse bonté ; elle ne leur promettait pas son retour ; elle ne leur disait pas qu’elle allait à la mort, mais les dernières paroles qu’elle leur adressait étaient autant de recommandations touchantes. Elles les invitaient à la paix, au courage, à l’espérance, à l’exercice des vertus qui conviennent au malheur.
Un vieux geôlier nommé Fontenay, dont le bon cœur avait résisté à trente ans d’exercice de son cruel métier, vint lui ouvrir la grille en pleurant. Je m’acquittais au passage de la commission de Clavières (lequel ‘avait considéré qu’une entrevue entre elle et lui un pareil jour pourrait nuire à tous deux’) ; elle me répondit en peu de mots d’un ton ferme. Elle commençait une phrase lorsque deux guichetiers de l’intérieur l’appelèrent pour le tribunal. À ce cri, terrible pour tout autre qu’elle, elle s’arrêta et me dit, en me serrant la main : ‘Adieu, Monsieur, faisons la paix, il est temps. En levant les yeux au ciel, elle s’aperçut que je repoussais mes larmes, et que j’étais violemment ému ; elle y parut sensible, mais n’ajouta que ces deux mots : ‘Du courage !’ » 283 (Cf. Femme. Écrivaine. Épouse de. Remarquable)
N.B. On peut aussi se référer plus largement à ce livre concernant le portrait (critique) qu’il donne d’elle ainsi que sa description en 1793 des femmes enfermées à la Conciergerie dans le chapitre V. (Cf. Femme. Enfermée)

Révolution française (Roland Madame) (3) : Madame Roland [1754-1793], dans ses Mémoires, auteure de :
« Il faut une grande expérience du monde et des affaires pour apprécier la rareté de ce qu’on peut appeler un homme, il fallait même celle de la révolution pour démontrer l’indigence de notre nation à cet égard. » 284
Il est dommage qu’elle n’ait pas été plus explicite, ou plutôt, qu’elle n’ait pas prolongé son analyse, dont on peut penser cependant qu’elle s’inscrit, en la matière, dans la lignée des jugements d’Edmund Burke [1729-1797], ainsi que de ceux d’Hippolyte Taine [1828-1893].
(Cf. Femme. Écrivaine. Remarquable. Luxembourg Rosa & Zetkin Clara, Hommes, Patriarcat)
* Ajout. 18 août 2018. (Aux fins de comparaison) 1758. Voltaire [1694-1778] écrivit à la marquise du Deffand [1697-1780] le 27 décembre 1758 :
« Par ma foi, notre siècle est un pauvre siècle après celui de Louis XIV. Mille raisonneurs et pas un seul homme de génie, plus de grâces, plus de gaité. La disette d’hommes en tout genre fait pitié. » 285 (Poursuivre) (Cf. Relations entre êtres humains. Pitié)

Révolution Française (Rousseau Jean-Jacques) : 1782. Jean Jacques Rousseau [1712-1778], dans Les confessions [citant une de ses lettres de 1762] évoquant « la constitution déclinante [qui] menaçait la France d’un prochain délabrement », cite plusieurs des dangers encourus et écrit : « [...] s’il arrivait que la grande machine vint à crouler, comme cela paraissait à craindre dans l’état actuel des choses. […] » 286 (Cf. Politique. État, Histoire. Révolution française. Voltaire)

Révolution française (Saint Just) : Louis-Antoine de Saint-Just [1767-1874] auteur de :
- « On ne peut point régner innocemment. »
- « Les malheureux sont les puissances la terre. Ils ont le droit de parler en maîtres aux gouvernements qui les négligent. » 287 (Cf. Hommes. Féminisme. Saint Just, Politique. Hiérarchie)

Révolution française (« Terreur La») : 1862. Victor Hugo [1802-1885] dans Les misérables met dans la bouche du « Conventionnel » , lors du dialogue concernant la Révolution entre Mgr Bienvenu et lui, ce jugement :
« Ah, Vous y voilà ! 93 ! J’attendais ce mot-clé. Un nuage s’est formé pendant quinze cents ans. Au bout de quinze siècles, il a crevé. Vous faites le procès au coup de tonnerre. » 288
Si cette analyse n’a plus cours, elle a le mérite de poser la question de la nécessité, avant tout jugement, de prendre en compte le moment historique - long - sans lequel un évènement ne peut être expliqué et donc compris.

Révolution française (Vigée Lebrun Élisabeth) : Élisabeth Vigée Lebrun [1755-1842], dans ses Souvenirs, auteure de :
« […] Au reste, il est devenu fort difficile aujourd’hui de donner une idée de l’urbanité, de la gracieuse aisance, en un mot des manières aimables qui faisaient, il y a quarante ans, le charme de la société de Paris. Cette galanterie dont je vous parle, par exemple, a totalement disparu. Les femmes régnaient alors, la révolution les a détrônées. » 289
Une analyse en termes de «classes sociales» serait nécessaire pour historiciser son jugement. (Cf. Femme. Artiste. Femmes. Conscience de classe)

Révolution française. Voltaire :

Révolution française (Voltaire) (1) : (3 octobre) 1768. Voltaire [1694-1778] écrit à Pierre-Michel Hennin [1728-1807] :
« Que vous êtes heureux ! Vous verrez le jour de la révolution dont je n’ai vu que l’aurore, et cela sera fort plaisant. » 290 21 ans plus tard…

Révolution française (Voltaire) (2) : 1771. Voltaire [1694-1778] écrit :
- le 22 juin 1771 à Antoine-Jean Amelot de Chaillou [1732-1795] concernant Ferney et ses environs : « La disette est un de nos plus grands maux » , puis, il évoque « plusieurs ouvriers […] qui meurent de faim avec leurs familles. »
- en juillet 1771 à Gabriel Cramer : [1723-1793] : « La fermentation est plus grande que jamais. »
- le 28 décembre 1771 à Claude Perret [1720-1788], après avoir dénoncé deux droits féodaux (celui de mainmorte et d’échute) : « Je ne veux ni être serf, ni avoir des serfs» pour enfin conclure : « Presque toute notre ancienne jurisprudence est ridicule, barbare, contradictoire. […] Toutes nos coutumes ne sont bonnes qu’à jeter au feu. » 291 (Cf. Histoire. Révolution française. Rousseau Jean-Jacques)

II. Historiographie. Patriarcale (et critique) :

Histoire. Historiographie. Patriarcale :

Histoire (Historiographie. Patriarcale) (1) : Si l’un des critères communément considéré comme permettant de juger les régimes totalitaires est la falsification de l’histoire, comment qualifier, en la matière, dans tant de domaines, en tant de lieux, la France de 2014 ? (et des années suivantes…)

Historiographie. Patriarcale (2) : Il y a souvent des hommes très ordinaires confrontées à des histoires présentées comme exceptionnelles ; il y a, plus souvent encore, des femmes présentées comme exceptionnelles confrontées à des histoires très ordinaires. Facile ? Non, je ne le pense pas.

Historiographie. Patriarcale (3) : Il est des présentations concernant « l’histoire des femmes et du genre » se voulant synthétiques dont le refus de prendre position, de s’engager expliquent la confusion sémantique. On ne concilie pas l’inconciliable. On ne gomme pas les oppositions en les présentant comme s’inscrivant dans un même champs. On ne mêle pas des termes qui chacun pour leur part exige clarifications. (Cf. Langage. Genre)

Historiographie. Patriarcale (4) : « Prendre de la distance », « Contextualiser », « Être vigilant-e », « Décrypter une source », « Être conscient-e de » : autant de positives exigences, mais qui sont aussi autant d’arguments employés pour s’interdire toute pensée de la nécessité d’une prise de conscience féministe pour apprendre à comprendre un histoire incontestablement patriarcale.

Historiographie. Patriarcale (5) : En histoire, en règle générale, les femmes sont « portées disparues »…sans « avis de recherche ». Heureusement les féministes arrivèrent…Bien tard.

Historiographie. Patriarcale (6) : Combien a-t-il fallu de mensonges, de dénis, de contradictions, de contorsions, de déformations, de détournements, de contournements, de refoulements, mais aussi de naïvetés, de complaisances, d’aveuglements, de paresses, d’absence d’esprit critique, de malhonnêteté intellectuelles, et enfin de faussaires, pour faire en sorte que l’histoire de l’humanité puisse être écrite par et pour une moitié de l’humanité ? (Cf. Hommes, Féminisme, Patriarcat, Penser. Méthode. Histoire)

Historiographie. Patriarcale (7) : L’histoire patriarcale, c’est aussi conférer un label « féministe », à ce qui n’a pas lieu d’être.
Un exemple : (19 novembre) 2019. Concernant l’émission de France Culture, Les chemins de la philosophie, j’ai pu entendre concernant les membres de l’école dite-de-Francfort, qu’ « ils étaient assez féministes ». 292 (Cf. Philosophie)

Historiographie. Patriarcale (8) : Nommer les époux, amants des femmes - les définir par, les qualifier par, les enfermer dans …,- c’est leur accorder une importance qu’ils n’ont souvent pas eue, mais dont une histoire patriarcale a intérêt à - et continue de - prolonger.

Historiographie. Patriarcale (9) : 1985. Je lis dans une note de la Correspondance d’Émile Zola [1840-1902], ce jugement concernant Séverine [1855-1929] :
« […] Dreyfusiste, féministe, Séverine choqua toujours par son mode de vie comme par le ton de ses chroniques. […] Sur cette « rebelle » [avec guillemets, qui n’existent pas dans le titre du livre d’Evelyne Le Garrec] voir Le Garrec, 1982. »
Et la seule citation vécue concernant Séverine la présente comme « une bonne, brave et malheureuse femme, pas méchante pour deux sous […] » 293
Les modalités d’expression et les contradictions de l’historiographie patriarcale sont multiples.

Historiographie. Patriarcale (10) : Au même - juste - titre que les critiques de l’histoire coloniale française dénoncent la focalisation de l’histoire sur les anti-esclavagistes (blanc-hes) plutôt que sur le réalité de l’esclavage et ses conséquences sur ses victimes, les critiques de l’historiographie patriarcale doivent dénoncer l’insistance de l’histoire sur les féministes plutôt que sur les conséquences du patriarcat sur ses victimes.

Historiographie. Patriarcale (11) : Accumuler les récits de vies de femmes d’exceptions exceptionnelles, symboliques, « inspirantes » [mêlant « une prostituée de campagne» (sic), Assa Traoré - « une femme puissante », « Victorine, la vieille bretonne », « les coiffeuses de Château d’eau », Chantal Jouanno ministre, etc…. France Culture], relève de la réactivation d’une historiographie patriarcale et accentue la confusion intellectuelle, politique…
* Ajout. 9 mars 2021. Michèle Le Dœuff, dans L’étude et le rouet, auteure de :
« Il y a bien des choses à dire en faveur des femmes exceptionnelles, mais puisqu’elles sont vue comme des exceptions, leurs figures n’aident pas à changer la règle. » 294
En trente ans, nous avons progressé : dorénavant, il ne suffit plus d’être exceptionnelles, nous sommes toutes tombées dans le pot commun qui contribue à maintenir, avec quelques aménagements « la règle ».
* Ajout. 9 mars 2021. Même jour, j’entends dans l’émission de France Culture, Entendez-vous l’éco ?, consacrée à la première femme prix Nobel d’économie [Elinor Ostrom. 2009], constater la situation « de handicap » (!) des femmes qui « ont du mal » à accéder à l’enseignement supérieur et expliquer que celles qui pouvaient y parvenir étaient « sélection »[nées] « pour leurs qualités personnelles ». En toute logique, celles qui ne l’étaient pas en étaient donc dépourvues. 295 (Cf. Femmes. Remarquables. Économie)

Historiographie. Patriarcale (12) : Dénoncer, partout et toujours, l’enfermement des femmes peut et doit se lier avec l’ancestrale histoire des meurtres, des rapts, des viols, des achats, des ventes des femmes, des jeunes filles par tous ceux - et ils étaient nombreux - qui s’estimaient en droit, en pouvoir, se les approprier.

Historiographie. Patriarcale (13) : Ce n’est pas l’histoire des femmes qui gêne l’historiographe patriarcale, tout juste chez certain-es, une légère inquiétude concernant ce que cette formulation puisse dévoiler. Ce qui gêne - en réalité ce qui est insupportable - c’est l’histoire des innombrables formes, expressions, manifestations de la domination des hommes sur les femmes, dont il faut détourner le regard. Or, ce n’est plus possible… Il ne reste plus alors que subterfuges, mensonges, déformations, oublis, malhonnêtetés intellectuelles.

Par ordre alphabétique. Histoire. Historiographie. Patriarcale :

Historiographie. Patriarcale (Aron Raymond) : (juin) 1941. Raymond Aron [1905-1983] dans Naissance des tyrannies, évoque « les cités Grecques, peuplées de quelques milliers, tout au plus quelques milliers de citoyens qui, par droit de naissance, commandaient à de nombreux esclaves […] » 296 (Cf. Patriarcat, Politique. Démocratie, Histoire. Aron Raymond)

Historiographie. Patriarcale (Arte) : (11 avril) 2017. Entendu dans le documentaire d’Arte consacré à l’Histoire de l’anarchisme :
« (Lors de la Commune) Les femmes s’éduquent, votent et disposent de leurs corps. » 297
- Comment une telle grossièreté a-t-elle pu s’incruster dans ce travail ? (Cf. Êtres humains, Corps, Politique. Anarchisme)

Historiographie. Patriarcale (Bouchardeau Huguette) : 1980. Huguette Bouchardeau, dans Un coin dans leur monde, auteure de :
« Nous nous cherchons une histoire, quelques ancêtres oubliées, mais elles étaient encore bien plus que nous marginales, ridiculisées, rejetées, accablées de mépris ; vous les avez appelées suffragettes quand elles réclamaient le droit d’être citoyennes, dames patronnesses quand elles cherchaient à développer les œuvres de charité dans lesquelles vous les enfermiez, bas bleus quand elles étaient savantes, égéries quand elles s’efforçaient de faire carrière par homme interposé ; et quand elles forçaient votre admiration, c’était des passionaria. Jamais la simple reconnaissance. [...]. » 298 (Cf. Femme. « Politique ». Bouchardeau Huguette)

Historiographie. Patriarcale (Burke Edmund) : (9 février) 1790. Edmund Burke [1729-1797], dans son Discours à la Chambre des Communes sur La situation actuelle de la France, aux fins de décrire la révolution française, auteur de :
« […] Son but était de soulever les soldats contre les officier, les valets contre leurs maîtres, les fournisseurs contre leurs pratiques, les artisans contre ceux qui les emploient, les censitaires contre les propriétaires, les curés contre leurs évêques, les enfants contre leurs pères. »
Puis il interroge, les « Messieurs », ses collègues députés, sur leurs réactions, s’ils étaient [...] « forcés, avec vos femmes et vos enfants », comme en France, à se réfugier à l’étranger. 299

Historiographie. Patriarcale (Colet Louise) : 1845. Louise Colet [1810-1876], qui savait de quoi elle parlait, du fait notamment de ses relations avec Victor Cousin, Alfred de Musset, Vigny, Victor Hugo, et surtout Gustave Flaubert - écrit justement dans un article important consacré à Madame du Chatelet [1706-1749] :
« […] Il y a presque toujours dans la vie des grands hommes une attrayante figure de femme dont les biographes attachés à la principale figure dédaignent de s’occuper, ou qu’ils ne nous rendent qu’imparfaitement. N’est-ce pas aux femmes qui tiennent une plume de revendiquer ces touchantes et nobles mémoires trop souvent méconnues par la postérité ? Les femmes sont un peu traitées par les historiens et par les moralistes comme on traite les nations vaincues, c’est-à-dire que leur personnalité s’efface, disparaît, ou tout au moins se confond dans celle de l’homme qui les a dominées. Ce qu’elles eurent d’originalité, de grandeur, et quelquefois de génie, ne leur est reconnu que comme un reflet de l’esprit de l’homme célèbre qu’elles ont aimé. » 300 (Cf. Femme. Écrivaine. Colet Louise. Femme Remarquable. Du Chatelet Madame, Hommes. « Grands »)

Historiographie. Patriarcale (De Beauvoir Simone) : 1949. Simone de Beauvoir [1908-1986], dans Le deuxième sexe, auteure de :
« L’action des femmes n’a jamais été qu’une agitation symbolique ; elles n’ont gagné que ce que les hommes ont bien voulu leur concéder ; elles n’ont rien pris : elles ont reçu. » 301
- Sur un autre fondement, eut été qualifié de négationnisme. En réalité, en relève. (Cf. Féminisme. Deuxième sexe (Le))

Historiographie. Patriarcale (Dommanget Maurice) : 1950. Maurice Dommanget [1888-1976] fut le biographe incontesté de Sylvain Maréchal [1750-1803] lequel fut (notamment) l’auteur d’un « Projet de loi portant défense d’apprendre à lire aux femmes». 302
Concernant ce texte, que l’on peut légitimement considérer comme l’un des plus violents, des plus radicaux dans la construction de la pensée patriarcale, Maurice Dommanget écrivit simplement, sans autre commentaire, ceci :
« En dépit du bruit causé par son apparition, [il] n’était qu’un hors-d’œuvre aux yeux de Sylvain, préoccupé de choses autrement graves. » 303
* Ajout. 1801. Albertine Clément-Hémery dans un texte intitulé : Les femmes vengées de la sottise d’un philosophe du jour 304 a critiqué le livre de Sylvain Maréchal.

Historiographie. Patriarcale (Dosse François) : 2014. François Dosse, dans Castoriadis. Une vie [1922-1997], auteur de :
« Le surnom donné à Périclès [494-429 avant J.C], l’« Olympien », pour ses qualités d’éloquence, pourrait tout aussi bien s’appliquer à Castoriadis. L’analogie peut même se prolonger dans la sphère privée, où l’un et l’autre ont multiplié les conquêtes féminines tout en traversant de des périodes de grande passion amoureuse. […] » 305 (Cf. Êtres humains. Vie-die-privée, Femme. « Féminin », Homme « Intellectuel », Relations entre êtres humains. Flagornerie, Penser. Pensée. Méthode. Analogie. Éloquence)

Historiographie. Patriarcale (« Droits de l’homme ») : 2008. On lit dans le Dictionnaire des droits de l’homme, sous l’item : « Révolution française » ceci :
« Avec la Déclaration des droits (de 1789) l’égalité juridique devient une prérogative du citoyen. Serfs, juifs, protestants et même provisoirement esclaves sont regroupés dans une catégorie unique, celle de citoyen. » 306
Quant aux femmes, en cohérence avec le titre du Dictionnaire, elles attendront encore…(Cf. Droit. « Droits de l’homme »)

Historiographie. Patriarcale. Duby Georges :

Historiographie. Patriarcale (Duby Georges) (1) : 2002. Quelle fut la part de travail effectif légitimant le fait que Georges Duby [1919-1996] cosigne avec Michelle Perrot la publication des 5 tomes de l’Histoire des femmes en Occident publiée en 2002 chez Plon ?
- Le concernant, je me souviens, par ailleurs, de nombre d’exclamations ébahies, peu amènes, du public (des femmes en majorité) - en réalité, il fut hué - lorsque, à la Sorbonne, il prit la parole, lors de la présentation de ce livre organisée par Michelle Perrot (laquelle avait - d’une rare honnêteté intellectuelle - invité des intervenant-es chargé-es de le critiquer). (Cf. Corps. Duby Georges, Perrot Michelle, Femme. Remarquable, Historiographie. Patriarcale. Perrot Michelle)

Historiographie. Patriarcale (Duby Georges) (2) : (4 décembre) 1970. À l’écoute de sa leçon inaugurale au Collège de France - deux ans et demi après mai 1968 - et dont l’ambition était notamment de lier « histoire sociale » et « histoire des mentalités », je me rends compte que l’« histoire » de George Duby, [1919-1996] n’est le fait que d’hommes… des hommes, des hommes, que des hommes…. 307
Pas une femme n’est évoquée, pas même un terme féminin n’est employé. Le mot n’existe pas. Les femmes, non plus donc.
C’est donc en toute cohérence qu’il peut affirmer :
« L’homme en société constitue l’objet final de la recherche historique. » (Cf. Êtres humains, Corps. Duby Georges)

Historiographie. Patriarcale (Duby Georges) (3) : (16 avril) 1982. Lors d’émissions de France Culture intitulées Les inconnus de l’Histoire, consacrées à Guillaume le Maréchal, « champion de tournoi », « une figure exemplaire de la société féodale de l’Europe du Nord », à la fin du XXème siècle et du début du XIIIème siècle, Georges Duby[1919-1996], après l’avoir présenté au physique comme robuste, gaillard, vert - un « footballer américain » - nous le resitue dans la cadre de sa famille :
« Son père avait répudié sa mère pour en épouser une autre - qui avait des avantages économiques bien meilleurs. C’était la fille d’un comte. Et je pense que c’est ça d’ailleurs qui a lancé la famille, plus que la charge. […] » Ce qui fut suivi d’une analyse générique de la famille féodale dans la maison royale :
« Être dans la maison royale, c’est aussi être très bien placé pour faire des mariages extraordinaire. Parce que l’un des devoirs du chef de famille, du chef de maison à l’égard de ceux qui le servent, c’est de leur donner des femmes qui soient de qualité et qui leur permettent de quitter le service et de s’installer bien. C’est une façon de rétribuer le service domestique ; la meilleure façon, c’est de marier les gens. Et (revenant sans transition à Guillaume Le Maréchal) son patron lui proposant une femme qui était plus avantageuse que la sienne, il a renvoyé la première et il a pris la seconde. […] » 308 Un morceau d’anthologie. (Cf. Femmes. Échange des femmes, Famille. Mariage. Patriarcat, Économie)

Historiographie. Patriarcale (Finley I. Moses) : 1965. Moses I. Finley [1912-1986] dans Économie et société en Grèce ancienne, concernant Sparte, auteur de :
« Famille. Une simple énumération de certains rites et institutions suffit pour révéler l’ampleur de l’effort pour transférer à divers groupes masculins l’allégeance au groupe familial ou parental […]. » 309 Il est pourtant question de procréation, de père, de mariage. (Cf. Femmes. Comment faire disparaître les femmes, Famille. Patriarcale)

Historiographie. Patriarcale (Fontane Theodore) : 1987. Lu, en exergue du livre de Marie-Claire Hook-Demarle, La femme au temps de Goethe :
« Je ne vois pas pourquoi nous devons toujours nous occuper des hommes et même de leurs batailles ; l’histoire des femmes est, en général bien plus intéressante. » [Theodore Fontane [1819-1898], Unwiederbringlich. 1891] 310

Historiographie. Patriarcale. Foucault Michel :

Historiographie. Patriarcale (Foucault Michel) (1) : 1973. Dans Moi, Pierre Rivière ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère 311, livre issu d’un séminaire au Collège de France, Michel Foucault [1926-1984] écrit que Pierre Rivière avait « entrepris de tuer la moitié de sa famille » (p.266).
Cette simple formulation interdit de poser les questions (nombreuses) telles que pourtant clairement posées par l’auteur des crimes.
Que dit en effet Pierre Rivière dans le Mémoire que celui-ci écrivit pour expliquer les trois crimes, intitulé : Détail et explication de l’événement arrivé le 3 juin [1835] à Aulnay, village de la Fauctrie, écrite par l’auteur de l’action :
- « […] J’avais surtout un horreur de l’inceste et cela faisait que je ne voulais pas approcher des femmes de ma famille. […] » (p.125)
- « J’avais lu dans l’histoire romaine et j’avais vu que les lois des romains donnaient au mari, droit de vie et de mort sur sa femme et sur ses enfants.» (p.129)
- « Je ne peux délivrer mon père qu’en mourant pour lui.» (p.130) « Je pris donc cette affreuse résolution et je me déterminais à les tuer tous les trois : les deux premières (sa mère, enceinte de 6 mois et demi et sa sœur de 18 ans) parce qu’ils s’accordaient pour faire souffrir mon père, pour le petit (son frère de 7 ans) j’avais deux raisons, l’une parce qu’il aimait ma mère et ma sœur, l’autre parce que je craignais qu’en ne tuant que les deux autres, que mon père, quoi que en ayant une grande horreur ne me regretta encore lorsqu’il saurait que je mourut pour lui, je savais qu’il aimait cet enfant qui avait de l’intelligence, je pensais il aura une telle horreur de moi qu’il se réjouira de ma mort, et, par-là, exempt de regret, il vivra plus heureux.» (p.?)
Que devinrent ces analyses pourtant claires, telles que présentées par leur auteur dans le livre de M. Foucault ? Elles n’y eurent pas de place.
- Il importe enfin de préciser que dans la présentation que Pierre Rivière fait des « peines » [que] son père » a infligées par sa mère, pas une fois, alors qu’il en fait état des raisons qu’elle exprime pour défendre ses propres droits, il ne donne raison à sa mère. Les auteur-es de ce livre, un siècle et demi après, en occultant toute prise en compte, pourtant explicite, de l’analyse patriarcale de ce crime, dissoute dans le terme de «famille», s’inscrive dans cette lignée et la conforte. (Cf. Êtres humains, Homme. « Intellectuel », Famille, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Historiographie. Patriarcale (Foucault Michel) (2) : 1977. Michel Foucault [1926-1984], dans Dits et écrits, est interrogé :
Question : « À propos de la masturbation des enfants, ne croyez-vous pas que vous ne valorisez pas assez la différence des sexes ? ou bien considérez-vous que l’institution pédagogique a opéré de la même façon pour les filles et les garçons ? »
Réponse : « À première vue, les différences m’ont paru faibles avant le XIXème siècle… » 312

Historiographie. Patriarcale (Garbit Philippe) : (22 juillet) 2017. Voici comment Philippe Garbit sur France Culture présente la « traversée du siècle » d’Yvonne Sadoul [Yvonne Mezzara. 1889-1956] :
« Son mari [Jacques Sadoul. 1881-1956] avait connu une vie de cow-Boy, rencontré Buffalo Bill, puis à son retour en France [des États-Unis] était devenu communiste. Elle, elle avait dîné avec Jean Jaurès, avec Lénine, avec Trotsky, et c’est à son retour de Russie, qu’elle était devenue vraiment militante et avait préparé, avec d’autres, le Congrès de Tours. »
Aucune référence ne fut même faite à son livre : Tels qu’en mon souvenir. Renan, Jaurès, Lénine et tant d’autres. [Grasset. 1978]
- En regard, voici, notamment, après avoir évoqué, à deux reprises sa volonté, impossible, en 1907, en tant que jeune fille à satisfaire, - de « faire [sa] médecine », qu’Yvonne Sadoul déclara aussi dans ledit interview de 1990 :
« N’étant pas bachelière, je n’ai jamais toute ma vie rien pu faire de vraiment grand. » 313
- Celle-ci, par ailleurs, au déni de toute réalité, au risque du ridicule, fut présentée lors de cette même émission comme « la madone du bolchévisme ». (Cf. Femme. Épouse)

Historiographie. Patriarcale (Guillemin Henri) : 1994. Henri Guillemin [1903-1992] présente les Mémoires de Madame Sadate « pleine de vie, de courage et d’ardeur, toujours belle et sur la brèche » comme étant «un ouvrage qui force le respect, tant la sincérité y éclate, tant s’y affirme une loyauté courageuse. » Ou, comment louer les mérites d’une épouse [« à la peau très blanche »] pour mieux justifier le soutien politique à son mari, « audacieux, mais humain, mais intelligent » [et « sombrement basané »].
Henri Guillemin note cependant en conclusion, que Sadate fut un mari « irréprochable, mais rarement tendre » et qui ne lui dira « pas une seule fois : ‘Je t’aime’. » 314 (Cf. Corps. Peau, Femme. Épouse)

Historiographie. Patriarcale (Guitton Jean) : (29 janvier) 1952. Jean Guitton [1901-1999], dans le Journal de ma vie, rapporte une discussion avec Halévy [Daniel. 1872-1962] :
« Nous parlons de la Résistance qui est si mal connue, et il ajoute ‘qui ne le sera jamais.’ […] En France, dit-il, ces jeunes gens qui prenaient le maquis à l’insu des leurs, qui entraient dans des mouvements clandestins, on ne peut pas savoir ce qu’ils ont fait d’effectif. L’argent anglais et russe était considérable, grisant. Il y avait aussi des femmes. » 315 (Cf. Femmes, Patriarcat, Philosophie)

Historiographie. Patriarcale (Hitler) : (30 mai) 2017. J’entends dans un documentaire consacré à Eva Braun, [1912-1945] diffusé sur la Chaîne LCP, on ne peut plus officielle, ce sobre et définitif jugement historique :
« Hitler [1889-1945] a remporté les élections grâce notamment au vote des femmes, fascinées par son charisme. »
Et voilà pourquoi votre fille est muette [Sganarelle] … 316 (Cf. Politique. Vote des femmes)

Historiographie. Patriarcale. Hobsbawm Éric :

Historiographie. Patriarcale (Hobsbawm Éric) (1) : 2000. Éric Hobsbawm [1917-2012], dans L’Ère des révolutions, auteur de :
« Le romantisme s’infiltra [cependant] dans la culture bourgeoise, peut-être surtout à cause du goût croissant pour la rêverie qui se répandait parmi la gent féminine, dans les familles bourgeoises. Faire la preuve que le chef de famille gagnait suffisamment sa vie pour les maintenir dans une oisiveté pleine d’ennui était une des principales fonctions de ces femmes ; un esclavage douillet constituant leur destin idéal. […] » 317 (Cf. Femme. « Féminin »)

Historiographie. Patriarcale (Hobsbawm Éric) (2) : 2005. Éric Hobsbawm [1917-2012], dans son autobiographie, France-Tireur évoquant sa jeunesse, bien qu’il fut alors déjà communiste, dans l’armée, écrit - entre tirets - :
« Toute fille était une ‘garce’ dans notre jargon. » Sans autre commentaire. 318

Historiographie. Patriarcale (Hobsbawm Éric) (3) : 2005. Éric Hobsbawm [1917-2012], dans son autobiographie, France-Tireur, analysant Mai 68, auteur de :
« Ce qui a vraiment transformé le monde occidental, c’est la révolution culturelle des années soixante. L’année 1968 se révèlera peut être moins un tournant dans l’histoire du XXème siècle que 1965, qui ne revêt aucune signification politique : en effet, cette année-là, l’industrie textile a produit, pour la première fois, plus de pantalons pour femmes que de jupes, et le nombre de séminaristes de l’Église catholique romaine a commencé à s’effondrer. » 319

Historiographie. Patriarcale (Hobsbawm Éric) (4) : 2014. Un index de 32 pages (30 références environ par page) est publié à la fin du livre d’Éric Hobsbawm [1917-2012], Et le monde changea. Réflexions sur Marx et le marxisme de 1840 à nos jours. [2014. Traduction Française].
Les femmes cités sont au nombre de 8 : Colette (p.289), Marie Curie (p.234), Jeanne d’Arc (p.276), Irène Joliot-Curie (p.306), Rosa Luxembourg (p.214, 220, 255, 256, 3336, 366, 398, 407), Chantal Mouffe (p.355), Margaret Thatcher (p.419, 446), Véra Zassoulitch (p.92, 114, 171)
En sus, il faut ajouter : Émancipation des femmes (p.48, 283), Libération sexuelle (p.48, 245). 320

Historiographie. Patriarcale (Jaurès Jean) : 1901-1908. Jean Jaurès [1859-1914], dans son Histoire socialiste de la Révolution française, présente précisément longuement le Plan d’éducation national de Louis-Michel Lepeletier de Saint Fargeau [1760-20 janvier 1793] présenté aux Jacobins le 19 juillet 1793 par son frère Félix. On y lit :
« Je demande que vous décrétiez que, depuis l’âge de cinq ans jusqu’à douze pour les garçons et onze pour les filles, tous les enfants, sans distinction et sans exception, seront élevés en commun aux dépens de la république, et que tous, sous la sainte loi de l’égalité, recevront mêmes vêtements, même nourriture, même instruction, mêmes soins. »
Si ce distinguo n’est plus évoquée dans la présentation du texte par son auteur, et s’il n’est plus même fait référence qu’aux « douze ans », si toutes les références concernent les jeunes garçons, Jean Jaurès n’en relève rien et cautionne donc ce déni. 321

Historiographie. Patriarcale. Jeanneney Jean Michel :

Historiographie. Patriarcale (Jeanneney Jean Michel) (1) : (21 décembre) 2019. Jean-Michel Jeanneney, dans son émission Concordance des temps de France Culture pour une émission intitulée Le viol : Histoire d’un crime invite Georges Vigarello, auteur d’un livre Histoire du viol. [1998]
- C’est bien connu, aucune femme n’a rien récemment écrit de notable concernant le viol.
- C’est bien connu, rien de notable n’a été écrit depuis 1998 concernant le viol.
- C’est bien connu, le retour aux «
archives » va nous aider à comprendre le bouleversement que les dénonciations des femmes, des féministes ont apporté à la compréhension des violences sexuelles depuis si longtemps.

Ces deux messieurs âgées discourant entre eux, tranquillement assurés de leur légitimité à en débattre, méconnaissant l’entièreté des débats et des enjeux actuels, accrochés à des termes, à des questionnements radicalement dépassés, tant et tant de fois dénoncés par les féministes - incultes donc - étaient pitoyables ; mais la pitié ici n’a pas lieu d’être : leurs ‘analyses’ et toutes les régressions (intellectuelles, politiques, méthodologiques, linguistiques…) dont elles étaient porteuses étaient beaucoup trop graves .
Je ne veux pas les relever : ce serait accorder trop de temps (car tout, absolument tout est à reprendre et à critiquer) et trop d’importance à cette émission qui n’a plus de sens qu’en tant que futures « archives » pour ceux et celles qui voudront s’intéresser à la permanence des analyses antiféministes, et donc perpétuant des analyses scandaleuses.
N.B. Aucune référence aux féministes, qui devraient sans doute être retrouvées sous le seul terme de « militant » qui clôt l’émission.
- A propos : comment nomme-t-on un déni de près d’un demi-siècle d’histoire ? (Cf. Langage. Patriarcal, Jeanneney Jean-Noël. Mot. Critique de mot. Scandale, Penser. Débattre)

Histoire. Patriarcale (Jeanneney Jean-Noël) (2) : (1er février) 2020. Jean-Noël Jeanneney, lors de l’émission déjà évoquée consacrée à La parisienne, après avoir évoqué la comtesse de Castiglione [1837-1889] « que Cavour avait jeté dans les bras de Napoléon III », et les « stratégies d’alcôves » s’adresse à son invitée, Emmanuelle Retaillaud et déclare :
« Si vous le voulez bien, nous jetterons un voile de pudeur sur ces éléments de votre compétence », mettant ainsi son point d’arrêt au dévoilement de toutes les bassesses des hommes ainsi qu’aux travaux de l’historienne en la matière. (Cf. Patriarcat, Proxénétisme)
- Jean-Noël Jeanneney aurait pu par exemple citer - au lieu et place des sempiternelles références, sources, archives, chansons entendues dont aucune ne remet en cause les stéréotypes bourgeois patriarcaux, en réalité les aggrave - Victorine Brocher [1838-1921], dans ses Souvenirs d’une morte vivante :
« La vie parisienne est terrible aux pauvres n’ayant qu’un maigre salaire. Un écrivain a dit : ‘Paris est le paradis des femmes et l’enfer des chevaux’. Moi, je dis : ‘Paris et les paradis des demi-mondaines et des chevaux de luxe, l’enfer des honnêtes travailleuses et des chevaux de fiacre. Tous les deux entrevoient la mort comme un heureuse délivrance. Voilà leur idéal’. » 322
- Jean-Noël Jeanneney aurait dû enfin s’abstenir de sa conclusion, toute personnelle, a minima non rigoureuse [mon jugement lui-même non rigoureux], en rien exprimée par l’émission, et s’appropriant indûment l’analyse de son invitée, par l’emploi, une fois encore du « nous » :
« Nous resterons sur cette conclusion qu’il n’y pas d’antagonisme entre le féminisme et la figure de la parisienne. » 323 (Cf. Langage. Critique de mot: « Nous »)

Histoire. Patriarcale (Jeanneney Jean-Noël) (3) : (3 octobre) 2020. L’émission de Jean-Noël Jeanneney, Concordance des temps de France Culture est consacrée aux « Femmes combattantes », titre suivi d’une sibylline explicitation « entre déni et décri ».
La confusion sémantique est incessante.
- J’entends, sous l’intitulé cité les termes de : « violences féminines », « femmes en arme », « figures féminines offensives », « la violence des femmes », « la force féminine, en l’occurrence la violence féminine », « femmes guerrières, femmes résistantes », « figures féminines », « combats de femmes » …
- J’entends évoquer « les fantasmes masculins » au lieu et place de la critique - on ne peut plus concrète et nécessaire - d’une histoire patriarcale et d’une historiographie patriarcale.
- J’entends mêler allègrement les Amazones - dont Jean-Noël Jeanneney, répète à trois reprises qu’il s’agit d’un « mythe », au déni même des sources historiques qu’il cite lui-même [Hérodote] et de la dénégation de son invité [Martial Poisson] - jeanne d’Arc, sainte Geneviève, sainte Catherine, les combattantes de dieu, Ève, Lilith, Judith (présentée par Jean Giraudoux), [« qui avait son amant derrière elle »], Charlotte Corday [« Je ne sais pas si elle avait laissée derrière elle en Normandie un amant, un amoureux »], la marche des femmes sur Versailles (présentée par Restif de la Bretonne), la poissarde (en lien avec la chanson de Georges Brassens : le marché de Brives-la-Gaillarde), Théroigne de Méricourt (avec citation de Baudelaire), les Tricoteuses et les Pétroleuses, ici liées après qu’il ait précisé qu’il s’agit d’« une pensée de droite », Louise Weiss, les Suffragettes, les Femen…
- J’entends, après une référence à « la pornographie », évoquer « les imaginaire populaires ».
- J’entends revivifier les stéréotypes les plus scandaleux : Charlotte Corday, « l’ange de l’assassinat », Théroigne de Méricourt : « l’amante du carnage », Louise Michel « la vierge rouge »…
- J’entends Jean-Noël Jeanneney dire à son invité : « Vous avez raison - ce qu’il n’a pas fait, mais pas réellement contesté - d’insister sur le fait qu’un certain nombre de femmes sont hostiles à ce type de figure ; là aussi, c’est une continuité qu’on doit pouvoir retrouver jusqu’aujourd’hui, ou en tout cas à travers le XXème siècle. On a toujours vu un certain nombre de femmes s’élever contre le féminisme et contre la violence éventuelle adoptée par les femmes. » Ainsi lorsque l’émission est consacrée aux « femmes combattantes », Jean-Noël Jeanneney entend ici « la violence adoptée (sic) par les femmes », même mâtinée de son éventualité - liaison par ailleurs dénuée de sens - liée au féminisme.
- J’entends, avec colère - après que Jean-Noël Jeanneney, mêlant « égalité civique » et « civile » - ait évoqué « la grande violence » des Suffragettes, présenter la mort de la suffragette (non nommée) Emilie Davidson [1872-1913] ainsi : « Une femme est morte symboliquement ».
- J’entends, avec stupéfaction, présenter le retard de la France concernant le vote des femmes, par rapport à la Grande-Bretagne en ces termes : « La chronologie a été retardée. »
- J’entends citer la seule Louise Weiss [1893-1983] : « une figure est restée symbolique » - faussement présenté comme « cheffe des suffragettes » - concernant la France.
- Et l’émission se termine sur l’assertion selon laquelle « l’usage de la violence est un point très clivant dans le féminisme contemporain. ».
- Quant à comprendre contre qui [le distinguo entre l’état, des hommes n’étant pas même fait], dans quel contexte, dans quel cadre juridique, politique… des femmes combattaient et / ou étaient violentes, - l’amalgame étant incessant -, nul-le ne le sait.
- Enfin, s’il s’agissait comme Jean-Noël Jeanneney l’évoque, de « résistance de l’ordre établi », la domination masculine en serait-elle exclue ?
- C’est ainsi que l’histoire telle que, notamment, présentée par Jean-Noël Jeanneney ici est cautionnée, justifiée, au nom de la culture, par France Culture. 324 (Cf. Culture)
* Ajout. 10 octobre 2020. Jean-Pierre Demoul, invité de l’émission Concordance des temps présente une analyse patriarcale, primaire, non critique sur les mythes patriarcaux justifiant la reprise du pouvoir des hommes sur les femmes. La réaction de Jean-Noël Jeanneney fut :
« Nous avons traité cela la semaine dernière, donc je n’y reviens pas, mais je pourrais y revenir je veux dire je n’y reviens pas en détail, sur Êve et Lilith. » 325 Quelle hypocrisie, quel détournement de sens…
- Au cours de cette émission il avait évoqué son [« mon »] « rôle modeste », tout en précisant qu’il lui appartenait « de retrouver la ligne qui est la nôtre. »

Histoire. Patriarcale (Jeanneney Jean-Noël) (4) : (5 décembre) 2020. Jean-Noël Jeanneney, débute l’émission Concordance des temps de France Culture - au titre au mieux ambigu - intitulée : L’Art des Lumières : fabrique de la race par une lecture du poème Femme Noire de 1945 de Léopold Sédar Senghor [1906-2001], et que - sans autre jugement - il le qualifie de « poème magnifique », il en cautionne de facto les nombreux jugements patriarcaux, difficiles à entendre en 2020, sans aborder les nombreuses critiques féministes qu’il est difficile d’exclure de la pensée historique. 326

Histoire. Patriarcale (Joinet Louis) : 2013. Louis Joinet [1934-2019] dans « Mes raisons d’état » évoque un voyage en Algérie accompagnant M. Laurent Fabius « par la porte de derrière » en juin 1985 et écrit :
« C’est donc en parallèle à sa visite en marge du restant de la délégation officielle française, que j’avais mené à bien une difficile médiation entre les autorités algériennes et des mères en colère qui occupaient certains locaux de l’ambassade de France à Alger. J’avais donc déjà croisé ce problème dramatique, qui réclamait la négociation d’une nouvelle convention franco-Algérienne. »
Tout ou presque est inacceptable, les termes notamment : médiation, des mères en colère, problème dramatique, nouvelle convention.
Et il poursuit : « Trois ans plus tard, de retour à mon bureau de Matignon […], je retrouvais donc ce dossier, pour lequel rien n’avait bougé, sinon que les mères concernées étaient beaucoup plus nombreuses et que leur activisme, légitime, empoisonnait de plus en plus les relations bilatérales. Elles menaçaient d’affréter un ‘bateau pour Alger’ [Non. Elles avaient déjà décidé leur départ, pris leur billet sur un bateau de ligne régulier et prévenu la presse de leur départ], pour débarquer sans crier gare [Non. Leur arrivée à Alger avait été longuement pensé], et pour jouer à L’Exodus, qui ne repartirait que ‘les femmes et les enfants à bord…. » [Non. Ces femmes ne jouaient pas, le lien avec l’Exodus n’a jamais été exprimé par personne, et la référence avec les conditions du retour était absurde et méprisante car elle présupposait que les femmes n’avaient aucune conscience des contraintes qu’elles auraient à affronter et qu’elles affrontaient depuis tant et tant d’années] Michel Rocard me dit d’emblée : ‘Cette histoire des mères d’Alger, je veux à tout prix en sortir ! Je ne vais pas y envoyer le ministre de la justice. c’est une affaire surtout ‘sociale’. J’y envoie Georgina Dufoix [Ministre délégué de la famille] Tu vas l’accompagner pour l’assister. Vous y négocierez une nouvelle convention qui nous permette enfin de sortir de cette impasse’. Nous voilà à Alger, embarqués dans des discussions très éprouvantes. […] »
Ce que monsieur Joinet ‘oublie’ dans ce récit, tout simplement, c’est le rôle du gouvernement français dans l’opération de l’abandon du Bateau pour Alger. Les négociations évoquées entre États, n’étaient possibles, n’étaient pensables que si le gouvernement français avait préalablement démontré au gouvernement Algérien qu’il était à même de mater ces femmes et ces féministes. Aussi, la décision de l’interdiction du départ des mères concernées - les billets, payés, étaient en la possession de la Ligue du droit des femmes - n’était possible qu’avec l’aval des féministes, proches du gouvernement ; elles devraient, elles aussi, expliquer leur revirement, en incluant les fausses promesses qui leur avaient été faites et qui pourraient au moins partiellement expliquer ce qui fut bien une trahison.
N.B. J’avais été reçue par Louis Joinet à Matignon la veille de la décision prise, sans doute après cette rencontre. 327
Cf. http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=406&themeid=405
N.B. Aux fins - si nécessaire - d’explicitation, tout oubli, toute occultation d’interventions féministes, par la parole, par l’action, relève d’une historiographie patriarcale.

Historiographie. Patriarcale (La Découverte. Éditions) : 2012. Les Éditions La Découverte republie en poche l’Anthologie de l’anarchisme. Ni Dieu, ni maître de Daniel Guérin [1904-1988], sans juger bon l’introduire, le présenter, l’adapter, l’annoter, le critiquer. Dans ce livre - négationniste ? - les femmes n’existent quasiment pas.
Un exemple parmi tant de cette écriture de l’histoire, de la pensée, de l’anarchisme : Emma Goldman [1869-1940], la grande penseuse anarchiste, a droit intuiti personnae à une note de bas de page de neuf lignes. 328 (Politique. Anarchisme, Patriarcat. Anarchisme)
N.B. Il n’est pas précisé, en sus, dans le titre que cette Anthologie s’arrête à la guerre d’Espagne.

Historiographie. Patriarcale (Leys Simon) : 1975. Simon Leys [1935-2014], dans Les habits neufs du président Mao, écrit, concernant les positions officielles conférées (en septembre/octobre 1969) de Jiang Qing (épouse de Mao) et de Ye Qun (épouse de Lin Biao) ceci :
« Cette montée au pouvoir des épouses est d’ailleurs un signe inquiétant pour la santé du régime ; elle indique d’une part la crise de confiance qui sévit au sommet ; faute d’adjoints sûrs, les dirigeants en viennent à s’appuyer sur leur compagne d’oreiller, un peu comme ces empereurs des périodes de décadence qui, voyant la trahison partout, ne se fiaient plus qu’à leurs eunuques ; et d’autre part l’exemple est maintenant donné à la tête de promotions non plus effectives sur la base de compétences objectives, mais allouée par faveur privée. »
Sans s’arrêter aux jugements portés sur le statut conféré à ces femmes « compagnes d’oreiller », ni à l’analogie faite avec les « eunuques » des « empereurs des périodes de décadence » par Simon Leys, on peut, sans être spécialiste de la Chine, considérer comme partiellement pertinente, et universalisable, l’analyse politique avancée. Mais Simon Leys n’a jamais évoqué le fait que la quasi-totalité des politiques dont il parle tout au long de son livre étaient justement…des hommes. 329 (Cf. Femme. Épouse, Penser. Pensée. Méthode. Analogie)

Historiographie. Patriarcale (Lubin Georges) : 1972. George Lubin [1904-200] est celui grâce auquel nous avons pu accéder à l’immense Correspondance de George Sand, celui que nous ne remercierons jamais assez. Et c’est, (avec l’« aide » de son épouse), cet homme qui a consacré « quarante ans » de sa propre vie « passionnant[e] » à George Sand, dont il connaissait tout ou presque, dont il comprenait intimement les moindres réactions, qu’il a « aim[ée] » et qui, néanmoins put se demander, concernant une simple divergence d’analyses, si celle de George Sand ne relevait pas de « l’illogisme féminin ». 330
- Les pesanteurs de l’idéologie patriarcale…
* Concernant son épouse, dans le dernier tome de cette Correspondance (24ème) de George Sand, publiée sous la responsabilité de George Lubin, on peut lire :
« Voilà que nous arrivons au terme du voyage. La dernière lettre est là, qui débouche sur le vide. Dans cette lettre, ma femme ne put longtemps se résoudre à faire la copie, destinée à l’impression. »…
Sans doute - mais je souhaiterais être démentie - cette référence au travail de son épouse à ses côtés fut-elle la seule…
Quant à la présentation finale de son propre immense et si rigoureux travail, Georges Lubin (aujourd’hui décédé) ne s’est autorisé qu’une « Introduction » de trois pages. (Cf. Femme. « Féminin ». Épouse de)

Historiographie. Patriarcale (Martin-Fugier Anne) : 1979. Dans le livre d’Anne Martin-Fugier, La place des bonnes. La domesticité féminine à Paris en 1900, un passage a retenu mon attention. Citant un passage (compte tenu de son intérêt, malheureusement réduit) du Journal de Jules Renard (en date du 12 septembre 1902), elle rapporte l’histoire d’une femme, séparée de son mari, élevant seule ses cinq enfants, et dont le procureur, sur les seuls renseignements du maire a refusé la séparation légale, car « le mari ne la désire pas ».
Puis elle écrit : « On arrive ainsi à cette situation paradoxale : [et là, elle reprend le texte de Jules Renard] ‘Quand elle aura élevé ses enfants, et qu’ils pourront se placer, de douze à vingt ans, il aura droit à la moitié de leurs gages. » C’est tout, et ce n’est pas un « paradoxe ».
- Il faut aussi noter que cet exemple est présenté ainsi : « La main mise paternelle sur la force de travail de l’enfant, reconnue par la loi, peut prendre des formes scandaleuses. » 331
Pour le moins…(Cf. Droit, Femme. « Féminin », Famille, Politique. Paradoxe, Patriarcat, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Mauduit Xavier)

Par ordre chronologique. Historiographie. Patriarcale. Mauduit Xavier :

Historiographie. Patriarcale (Mauduit Xavier) (1) : (30 octobre) 2019. Xavier Mauduit, auteur de :
« Toujours à côté de l’homme, il y a la femme…» 332 (Cf. Femmes/ Hommes. Comparaison, Patriarcat, Histoire. Mauduit Xavier)

Historiographie. Patriarcale (Mauduit) Xavier (2) : (23 novembre) 2019. Xavier Mauduit, dans Le cours de l’histoire, intitule l’émission du jour Fatals frangins, alors qu’il évoque, dans le cours de l’émission, l’histoire des frères « et des sœurs ». Qu’elle disparaissent ultérieurement ne mérite pas d’être relevé. (Cf. Famille, Patriarcat, Histoire. Mauduit Xavier)

Historiographie. Patriarcale (Mauduit) Xavier (3) : (22 novembre) 2019. Xavier Mauduit, dans Le cours de l’histoire, au cours d’une série d’émissions Histoire (s) de famille, auteur, concernant un livre sur le Moyen-Âge, de :
« Chez nous, [en France], le nom compte, c’est la transmission du nom…et, quelque part, la maman a moins d’importance, alors qu’en Allemagne […] Nous sommes vraiment dans deux considérations différentes entre la France et l’Allemagne. » 333
Quels manques de rigueur ; la suite à l’avenant. (Cf. Femmes Nom, Famille. Patriarcat. Père, Histoire. Mauduit Xavier)

Historiographie. Patriarcale (Mauduit Xavier) (4) : (4 décembre) 2019. Xavier Mauduit, dans Le cours de l’histoire, auteur de :
- « La femme a un univers qui se développe souvent à la maison. »
- « Les femmes ont toujours eu une place dans la société, ont toujours eu une place dans la littérature. » 334 (Cf. Femmes, Langage. Sujet, Patriarcat, Violences. Histoire. Mauduit Xavier, Violences à l’encontre des femmes. Mauduit Xavier)

Historiographie. Patriarcale (Mauduit Xavier) (5) : (2 mars) 2020. Xavier Mauduit dans l’émission Le cours de l’histoire, en réhabilitant - justement (enfin… pas totalement) - les femmes « savantes », « viragos », « exceptionnelles », « guerrières », « héroïnes », « révoltées »…ne permet pas de penser le patriarcat, tout au plus, marginalement, ponctuellement, la domination masculine. Plus encore - mais logiquement - cette seule vision de l’histoire lui permet d’affirmer cette monstrueuse, stupide et si régressive analyse :
« S’il y a un point commun entre toutes ces femmes, il y a le corps. Le corps de la femme est un élément majeur. L’homme porte une barbe, la femme ne peut pas en porter. Il y a une distinction très nette. »
- Xavier Mauduit, aussi, au cours de cette même émission, entre autres si nombreuses réactions qui m‘ont personnellement choquée, auteur de :
« Les femmes sont inégales face à l’histoire. » 335 (Cf. Êtres humains, Corps, Femmes, Hommes, Patriarcat, Penser. Pensée. Binaire, Politique. Égalité, Sexes, Histoire. Mauduit Xavier)

Historiographie. Patriarcale (Mauduit Xavier) (6) : (3 mars) 2020. Xavier Mauduit dans l’émission Le cours de l’histoire, intitulée Sœurs d’arme, femmes en guerre, auteur de :
- « Oui, les femmes combattantes existent. »
- « Il y toujours des femmes autour (sic) des soldats, sous plein de postures possibles, que ce soit la plus basique qu’est la prostitution, et c’est vrai que le bordel militaire de campagne est quelque chose qui est présent dans l’imaginaire français, que ce soit la vivandière également celle qui accompagne le soldat. Il y a toujours eu des femmes autour (sic) des armées. »
- « La femme est l‘échelon (sic) pour dévaloriser l’ennemi. »
- « Il y a le regard que les hommes portent sur les femmes […]. »
- « Il y a quelque chose qui tient du corps, du corps de la femme. […] Dans l’histoire des femmes, il y a toujours cette question du corps, le corps de la femme. »
- « Il est très difficile de comprendre le pourquoi de l’engagement des femmes. »
- « Qu’ont tiré les femmes de cet engagement ? » 336
Après avoir fait entendre un éloge aux mères de famille en 1943 par Pétain, il qualifie ce texte de « lecture très particulière ».
Quant aux sources reproduites, il est difficile de les trouver plus traditionnelles (La Madelon…] plus réactionnaires, ici, par ailleurs, ponctuellement raciste, concernant les combattants d’Afrique du Nord (Cf. Proxénétisme)
N.B. Pour rappel, le projet de cette série d’émissions consacrées aux « femmes révoltées » s’intitule : « L’histoire à réinventer ». (Cf. Histoire. Mauduit Xavier)

Historiographie. Patriarcale (Mauduit Xavier) (7) : (4 mars) 2020. Xavier Mauduit ouvre l’émission Adolescentes insolentes ! par des questions concernant le Bonjour Tristesse de Françoise Sagan. Je lis, j’entends, à cette présentation que la norme concernant « la femme » voudrait qu’elle soit « épanouie » et que concernant « l’adolescente », « le cliché voudrait qu’elle soit rebelle ».
Ces poncifs - au singulier - rappelés, je découvre que l’émission sera consacrée à l’assassinat éminemment politique de Marius Plateau, de l’Action française, en 1923 par Germaine Berton, alors âgée de 20 ans [1909-1942], ainsi que le livre de Véronique Blanchard, Vagabondes, voleuses, vicieuses. Adolescentes sous contrôles de la Libération à la libération sexuelle, question elle aussi éminemment politique.
Concernant Germaine Berton, j’entends qu’elle était « un petit peu en marge », qu’après « la mort de son père, plusieurs familles se sont succédé », aucune référence n’étant faite à sa mère. Il est aussi question de ses « travers ». Il est aussi question de « fait divers ». J’entends aussi que « les idées restent toujours les mêmes. ». Etc..
N.B. Cette émission a eu le mérite de me faire connaitre le livre historiquement remarquable, précis, rigoureux, très bien documenté, passionnant de Frédéric Lavignette : Germaine Berton, Une anarchiste passe à l’action [L’Echappée. 2019. 293p.] et à m’interroger pour comprendre les processus qui ont produit la bouillie pour les chats - je sais que ce qualificatif est trop critique, mais je ne parviens pas à l’enlever - que ce qui en a été présenté lors de cette émission. (Cf. Histoire. Mauduit Xavier)

Historiographie. Patriarcale (Mauduit Xavier) (8) : (5 mars) 2020. Xavier Mauduit présente l’émission du jour qui a lieu à l’Institut du monde arabe, mais sans préciser la spécificité, par : Femmes combattantes et révolution féminine. Il est repris, bien (trop ?) poliment par leyla Dakhli : « On pourrait penser : ‘révolution féministe’». Mais il maintiendra ultérieurement sa formulation.
Il s’adresse à la seconde chercheuse, l’historienne algérienne Natalya Vince, ainsi : « Vous avez quelque chose à dire…» puis clôt sa première présentation par : « C’est intéressant votre démarche ».
Concernant la seconde historienne, Stéphanie Latte Abdallah, il n’est pas à même de présenter le thème de ses recherches.
J’entends aussi que : « Les français utilisent le genre pour réprimer spécialement les femmes » » ; « Peut être l’image des femmes leur a échappé » ; « La figure iconique qui cache tant de combats de femmes » ; « Les figures des femmes sont reliées à des cadres nationaux, mais peut-être faudrait-il les dépasser » ; « Le féminisme islamique, qu’est-ce que c’est ? » ; « Ces mouvements actuels - les printemps arabes-, que doivent-ils à ces combats féminins du passé ?», « Les lignes bougent…»…
Mais tout serait à citer tant il infléchit l’histoire de manière à ce qu’il soit à même de la faire passer par le prisme de sa propre vision du monde, de sa propre incompétence, tout en tentant de la masquer.
C’est vraiment pénible, difficilement supportable, de penser qu’un seule personne, aussi peu rigoureuse, ait le pouvoir de déformer à ce point la pensée historique et de la faire régresser aussi rapidement. (Cf. Histoire. Mauduit Xavier)

Historiographie. Patriarcale (Mauduit Xavier) (9) : (1er avril) 2021. Dans l’émission Le cours de l’histoire, intitulée : Quand le rire s’empare de la radio - qualifiée de « médias sublime » -, les ondes se gondolent, la seule chanson entendue est l’une des plus grossières de la culture patriarcale Félicie, aussi [1939] interprétée par Fernandel. Il est difficile de trouver pire. 337 (Cf. Culture. Patriarcale)
* Ajout. 2 avril 2021. Je découvre sur internet qu’il est l’auteur, avec Laure de Chantal, d’un livre publié cette année intitulé : Notre grammaire est sexy. Déclaration d’amour à la langue française. (Cf. Langage, Sexes)

Historiographie. Patriarcale (Mendès-France Pierre) : (1er août) 1954. Lu dans le Journal de Matthieu Galey [1934-1986] :
« Hier, dans son discours au bey de Tunis [1881-1962], Mendès-France, dit PMF, [Pierre. 1907-1982] a employé une expression biblique : ‘Que terre Tunisienne soit un asile pour les colons, pour leurs fils et les fils de leurs fils.’ » 338 (Cf. Famille, Patriarcat, Politique. Colonialisme)

Par ordre chronologique. Historiographie. Patriarcale. Michelet Jules :

Historiographie. Patriarcale (Michelet Jules) (1) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, écrit :
- concernant l’émeute parisienne des Tuileries le 12 juillet 1789 :
« Le prince de Lambesc [1751-1825] […] répond par des coups de feu. Les femmes jettent des cris perçants ; les hommes se mettent à fermer les Tuileries derrière eux. »
- Concernant la révolte du 5 octobre 1789 :
« La cause réelle, certaine, pour les femmes, pour la foule la plus misérable, ne fut autre que la faim. […] Pour la majorité des hommes, la cause du mouvement fut l’honneur, l’outrage fait par la cour à la cocarde parisienne, adopté de la France entière (sic) comme signe de la révolution. » Et ce suivi de :
« Ce qu’il y a dans le peuple de plus peuple, je veux dire de plus instinctif, de plus inspiré, ce sont à coup sûr les femmes ».
Et on lit, à la suite, la courte note suivante, sibylline, signifiante et définitive, de Georges Walter [1925-2014], responsable de l’édition : « Les femmes étaient plus faciles à gagner. » 339 (Cf. Historiographie. Patriarcale. Walter Georges)

Historiographie. Patriarcale (Michelet Jules) (2) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, écrit :
« (Concernant Charlotte Corday [1768-1793]) Les historiens romanesques ne tiennent jamais quitte leur héroïne, sans essayer de prouver qu’elle fut amoureuse. »
Critique toujours valide, pas seulement la concernant, pas seulement concernant les « historiens romanesques. » 340 (Cf. Patriarcat)

Historiographie. Patriarcale (Michelet Jules) (3) : 1876. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de France, concernant Jeanne d’Arc [1412-1431] écrit notamment :
- « Mais avec tout son héroïsme, c’était une femme pourtant… »
- « Serait-ce dans ce moment d’attendrissement universel, de larmes, de contagieuses faiblesse, que l’infortunée, amollie et redevenu simple femme, aurait avoué qu’elle voyait bien qu’elle avait eu tort […]. » 341 (Cf. Femme. Devenir une femme)

Historiographie. Patriarcale (Monde Diplomatique Le) : (janvier) 2020. 21 lignes sont consacrées dans Le Monde Diplomatique au livre de Régina Sneifer : Une femme dans la tourmente de la grande Syrie. D’après les mémoires de Juliette Antoun Saadé [Riveneuve. 2019].
Les 9 premières lignes sont consacrées à son époux, Antoun Saadé.
Suivent 4 lignes : « Avec son épouse Juliette, membre de de la communauté syro-Libanaise de Buenos-Aires, il a partagé une passion amoureuse et politique. »
Les 9 dernières lignes - dans lesquelles on apprend quasiment rien - seront consacrées à elle, pourtant présentée comme une « pionnière du féminisme arabe ». 342

Historiographie. Patriarcale (Morin Edgar) : (1er juin) 1978. Edgar Morin, concernant l’histoire de Mai 68, dans un article paru dans Le Monde, réédité en septembre 2015, auteur de : « [De 1970 à 1975] La conscience néo-féminine surgit en fondant sa revendication sur l’identité propre de la femme. […]
Ces surgissements se manifestent à la fois sous forme d’une onde de choc dure, percutante, et d’une onde large, qui se diffuse et plus ou moins s’intègre. Ainsi le mouvement féminin a son fer de lance MLF, mais en même temps les grands magazines comme Elle et Marie-Claire, qui offraient les solutions préfabriquées de la culture de masse, s’ouvrent aux aspirations de la nouvelle féminité. » 343
Comment peut-on afficher un tel mépris de l’histoire, un tel manque de rigueur ? Et rééditer, sans scrupules, sans gêne, de telles comparaisons, de telles inepties, en 2015 ? (Cf. Femme. « Féminin », Homme. « Intellectuel ». Morin Edgar)

Historiographie. Patriarcale (Noiriel Gérard) : (août) 2018. Dans les Bonnes feuilles publiées par Le Monde Diplomatique du livre de Gérard Noiriel : Une histoire populaire de la France. De la guerre de cent ans à nos jours. [Éditions Agone. 2018], tous les termes, absolument tous les termes sont au masculin.
À une exception près : il est question d’« une femme enterrée vivante pour avoir volé son maître. » 344 (Cf. Langage)

Historiographie. Patriarcale (Ory Pascal) : (juin) 1984. Pascal Ory, dans un article consacré aux livres de fils de collaborateurs, écrit :
« […] On peut aussi regretter que la règle du jeu exclue les paroles de femmes. » Imaginerait-on qu’une telle phrase puisse être écrite par un-e historien-ne concernant l’esclavage, le racisme, le colonialisme…et, en étant optimiste, plus de trente ans après, les femmes dans le patriarcat ? Non.
- Notons cependant qu’il propose une analyse intéressante sur le sujet, sur les fondements des livres de Marie Chaix, Les Lauriers du lac de Constance (1974], Le silence ou la vie d’une femme [1976] et d’Evelyne Le Garrec, La rive allemande de ma mémoire [1980]. 345

Historiographie. Patriarcale. Perrot Michelle :

Historiographie. Patriarcale (Perrot Michelle) (1) : 2000. Michelle Perrot, dans L’Université de tous les savoirs (Volume 3), présente « l’avènement d’une histoire des femmes » comme relevant de trois « facteurs » :
- Dans les « facteurs scientifiques », sont nommés Paul Ricoeur [1913-2005], Michel Foucault [1926-1984], Georges Duby [1919-1996] dont l’œuvre est présentée comme « exemplaire », L’École des Annales et Alain Corbin. C’est, dès lors, faire d’eux les pères tutélaires de « l’histoire des femmes ».
- Les « facteurs sociologiques » se limitent à la question de l’absence et de la présence des femmes « à l’Université ».
- Les « facteurs politiques », « liés au mouvement de libération des femmes des années 70 », nomment certaines ‘intellectuelles’ féministes, évoque les womens’ studies, oppose « les essentialistes » […] et les « universalistes » dont la pensée est présentée comme « le courant majoritaire en France, s’appuyant sur l’œuvre de Simone de Beauvoir », dont les protagonistes - qui ne sont pas nommées - « revendiquaient l’égalité et insistait sur l’historicité du genre ».
Michelle Perrot considère enfin que « le contexte actuel n’est plus le même » et termine sa présentation par l’évocation de la « pensée queer ».
- La conclusion étant : « On mesure la richesse du débat intellectuel et existentiel qui sous-tend le développement de l’histoire des femmes, sans qu’elles aient eu toujours clairement conscience des enjeux qui la traversaient. » 346

Historiographie. Patriarcale (Perrot Michelle) (2) : 2018. Comment comprendre la présentation par Michelle Perrot de Simone Veil [1927-2017] lors de son entrée au Panthéon ? : « […] Simone Veil ‘coche toutes les cases’ pourrait-on dire en souriant : elle est à la fois un ‘grand homme‘ et une ‘grande femme‘. Un grand homme parce qu’elle incarne les principaux combats du XXème siècle - l’égalité entre hommes et femmes, l’espérance européenne et la mémoire de la shoah - et parce qu’elle possède une renommée, que les révolutionnaires ( ! ) jugeaient indispensables à la panthéonisation. Une grande femme parce qu’elle a tout au long de sa vie, été une pionnière. »
En tout état de cause, inacceptable.
- Et, intentionnellement ou non de la part du Monde, cette analyse de Michelle Perrot fut située juste au-dessus d’un article intitulé : « Œuvrant pour l’égalité, Simone Veil refusait l’étiquette de féministe » [titre qui, en lui-même, vaut son pesant de cacahouètes]. 347

Historiographie. Patriarcale (Poisson Martial) : 2002. Responsable de l’édition du Droit du Seigneur de Voltaire, Martial Poisson écrit dans son introduction, dans un paragraphe intitulé : « La construction d’un mythe littéraire : le mythe du bon seigneur» : « Si l’on sait aujourd’hui que le droit du seigneur n’a jamais réellement existé comme ‘fait social’, on peut légitimement se demander pourquoi il a tant fait parler de lui et par quel mystère un thème sans objet a pu devenir un motif littéraire aussi important dans les littératures et notamment le théâtre de la plus part des pays européens. »
Concernant la question qu’il pose, on ne saurait mieux l’exprimer….
- Mais, pour y répondre, il faudrait invalider l’assurance de sa première affirmation, à savoir qu’il s’agirait d’un « mythe ».
Il suffit pour cela de se référer à ses propres annexes, fort utiles.
On lit, parmi ceux qui en ont affirmé l’existence, des textes de Voltaire, notamment dans la rubrique intitulée Taxes de son Dictionnaire philosophique, dans L’Essai sur les mœurs de l’esprit des nations (Chapitre 52), dans Défense de mon oncle (Chapitre II), dans Nanine ou le Préjugé vaincu (Acte I, Scène I) ; dans l’Encyclopédie, des textes du Chevalier de Jaucourt («Prélibation» et «Marchet») et de Boucher d’Argis («Droits abusifs», «Culage», «For-mariage») et de Chambers («Défloration»). Suivent ensuite plusieurs textes émanant de juristes. Il cite aussi ces citations de Beaumarchais, d’Olympe de Gouges, Montaigne, Montesquieu, Chateaubriand…348
- Martial Poisson tente, au déni des textes qu’il évoque, dans son introduction, avec de réelles difficultés aisément lisibles, de maintenir cette thèse indéfendable du « mythe » qu’aurait représenté « le droit de cuissage ».
Et pourtant, il relève précisément dans sa préface les censures auxquelles Voltaire a dû faire face et les réécritures qu’il a dû effectuer ; il cite de même Beaumarchais qui, concernant Le mariage de Figaro, lui aussi confronté à la censure, écrivait :
« On espère qu’elle (la pièce) triomphera des scrupules de la censure et de la police, et que nous la verrons enfin représentée. » (p.189)
La permanence de l’historiographie patriarcale, au déni du réel, et de ses propres sources… (Cf. Penser. Mythe, Violences. Violences à l’encontre les femmes. Droit de cuissage)

Historiographie. Patriarcale (Prévert Jacques) : Jacques Prévert [1900-1977], dans un petit texte intitule Les dossiers de l’écran, écrit :
« Gens importants, écrivains, professeurs, historiens commentent, avec ‘preuves à l’appui’, les amours de Louis XV [1710-1774] et de Madame du Barry [1743-1793].
À la fin de l’émission, en fin de compte, et presque d’un commun accord, ils lui reprochent sa ‘mauvaise mort.’
Elle a, parait-il, par sa lâcheté (sic) manqué de tenue sur l’échafaud, implorant, suppliant qu’on lui accorde un petit temps de vie, de temps : ‘Encore quelques minutes, monsieur le bourreau !’
En regardant ces grands personnages sur le petit écran, je ne me demandais pas qu’elles auraient été leurs prouesses amoureuses dans le lit de la Du Barry mais quelle gueule il feraient en face de la guillotine ! » 349

Historiographie. Patriarcale (Rosanvallon Pierre) : 1998. Pierre Rosanvallon, dans Le peuple introuvable. Histoire de la représentation démocratique en France, ne croit bon, malgré l’intitulé de son livre, consacrer une ligne ni à l’exclusion des femmes du suffrage dit universel, ni à leur réintégration, tout en consacrant ses réflexions sur « la constitution au tournant de XXème siècle » d’une « démocratie d’équilibre ».
Il faut attendre la page 448 dans un dernier chapitre, intitulé La démocratie imparfaite, dans une section intitulée Les fantômes de l’identité pour lire quelques pages consacrées au Manifeste des dix pour la parité [6 juin 1996] excluant par ailleurs les pensée, les actions féministes préexistantes et dont la majorité des tenantes de la revendication pour la parité ne se retrouvaient pas.
Il trouve la genèse de cette revendication dans l’histoire sociale ouvrière du XIXème siècle - le Manifeste des soixante [1864] - , y trouve « une similarité des démarches frappantes » (p.449) , gommant par cette seule référence toute l’histoire des femmes et du féminisme, qu’il nomme par ailleurs, dans le droit fil de sa pensée, « la question des femmes » (p.449) et même « le moment féminin » (p.450). Il réitère sa méconnaissance - indissociable du déni historique auquel il procède - en inscrivant les mouvements de femmes dans le cadre du « travail pionnier d’Alain Touraine » sur « les nouveaux mouvements sociaux ». On peut ainsi lire que « les O.S (ouvriers spécialisés) dans les usines, les immigrés dans les villes et les femmes dans les familles se découvraient ainsi dans une position relativement commune d’exclusion. » (p.451)
J’arrête là tant ses contresens, ses confusions, ses affirmations infondées, ses dénis, ses propres revirements - il énonce puis se récuse - sont manifestes.
Ce livre révèle, un fois encore, que l’histoire ne peut plus se perpétuer, à l’ancienne, sur la méconnaissance du féminisme. Ce qui est sans doute nouveau, c’est que cette évidence est dorénavant flagrante… que les dits écrits deviennent insupportables. 350

Historiographie. Patriarcale (Sous-titre) : 2013. Michèle Dominici (pour Arte) a consacré un documentaire à l’histoire des luttes des Suffragettes britanniques jusqu’à leur succès final en 1928. Le titre était prolongé de ce sous-titre :
« Ni paillassons, ni prostituées ». Je doute fort que ce dernier ait été le choix libre de sa réalisatrice ; en tout état de cause, ce sous-titre relève incontestablement d’une historiographie patriarcale. Comment il fut décidé mériterait d’être connu. 351

Historiographie. Patriarcale (Sylvestre Anne) : 1975. Anne Sylvestre [1934-2020] écrit et chante la superbe, envoutante, si éclairante chanson / poème : Une sorcière comme les autres, dont voici un passage :
« […] S'il vous plaît / Regardez-moi je suis vraie / Je vous prie / Ne m'inventez pas/ Vous l'avez tant fait déjà
Vous m'avez aimée servante / M'avez voulue ignorante / Forte vous me combattiez / Faible vous me méprisiez
Vous m'avez aimée putain / Et couverte de satin / Vous m'avez faite statue / Et toujours je me suis tue
Quand j'étais vieille et trop laide / Vous me jetiez au rebut / Vous me refusiez votre aide / Quand je ne vous servais plus
Quand j'étais belle et soumise / Vous m'adoriez à genoux / Me voilà comme une église / Toute la honte dessous
Ce n'est que moi / C'est elle ou moi / Celle qui aime / Ou n'aime pas / Celle qui règne / Ou se débat / C'est Joséphine / Ou la Dupont / Fille de nacre. Ou de coton
. […] »
Une flagrante - déflagrante ? - analyse de critique historique critique du patriarcat.
N.B. Pour Wikipédia, « Une sorcière comme les autres est une chanson sur la condition féminine, en particulier sur la maternité. » [8 févier 2020] (Cf. Femme. Remarquable. Sylvestre Anne)

Historiographie. Patriarcale (Taine Hippolyte) : 1876. Hippolyte Taine [1828-1893] dans Les origines de la France contemporaine, auteur de :
« L’ébranlement [de la révolution française] est terrible, surtout dans la couche profonde qui jadis portait seule presque tout le poids du vieil édifice, parmi les millions d’hommes qui vient péniblement du travail de leurs bras, artisans, petits cultivateurs, métayers, manœuvres, soldats et aussi contrebandiers : Faux-sauniers, braconniers, vagabonds, mendiants et demi-mendiants, qui, taxés, dépouillés, rudoyés depuis des siècles, subissaient de père en fils la misère, l’oppression et le dédain. »352
- Une présentation patriarcale, historiquement 'chimiquement pure' ? (Cf. Histoire. Taine Hippolyte)

Historiographie. Patriarcale. Tulard Jean :

Historiographie. Patriarcale (Tulard Jean) (1) : 2003. Jean Tulard, dans son Dictionnaire du cinéma. Les réalisateurs, concernant Bruno Nuytten, auteur de Camille Claudel [1988], la présente ainsi : « […] Camille Claudel, sœur de Paul Claudel et maitresse de Rodin. » 353 (Cf. Femme. Artiste. Claudel Camille)

Historiographie. Patriarcale (Tulard Jean) (2) : 2003. Jean Tulard, dans son Dictionnaire du cinéma. Les réalisateurs, concernant Max de Vaucorbeil [1901-1982], auteur de :
« Un cinéma complètement démodé, ce qui n’exclue pas le charme du ‘rétro’ et présente un intérêt pour l’historien de la société française de l’entre-deux-guerres au temps où les soldats étaient amoureux des bonnes d’enfants sans penser à leur faire prendre la pilule et les dames du monde leur chauffeur sans évoquer la lutte des classes. »
Un « intérêt » effectivement pour les historien-nes. 354

Historiographie. Patriarcale (Vidal-Naquet Pierre) : 1976. Pierre Vidal-Naquet [1930-2006], dans son Introduction à la traduction française du livre de Moses. I. Finley [1912-1986], Démocratie antique et démocratie moderne, écrit :
« Platon vivait dans une démocratie esclavagiste où seuls les hommes pouvaient être citoyens, les femmes étant comme les esclaves, bien que pour d’autres raisons, écartées de la politique. » De la nature de ces « autres raisons », nous n’en saurons rien. Plus encore, plus loin, il n’est plus question que de « l’intégration au démos [des] femmes, [des] esclaves. » 355
- Là, je comprends mieux l’absolue nécessité de la pensée d’un concept, ici du concept de patriarcat, sans lequel la pensée se bloque. (Cf. Penser. Concept, Patriarcat. Concept)
N.B. Moses Finley, dans ce livre, ne cite, pour sa part, pas même les femmes, hors pensée historique…

Historiographie. Patriarcale (Viennot Éliane) : 2009. Éliane Viennot, après avoir évoqué ses découvertes historiques concernant les œuvres de Marguerite de Valois [1553-1615] et, dans son environnement, l’importance des femmes au XVIIème siècle, auteure de :
« Pourquoi, dans toute cette activité, de toutes ces femmes si importantes, les histoires de France ne disaient-elles rien ? C’est ce que j’ai compris peu à peu, en suivant la trace de quelques-unes d’entre elles, jusqu’à aujourd’hui. Les textes rédigés depuis la Renaissance témoignent en effet non pas d’un oubli progressif, mais de véritables ‘batailles’ entre les gens qui écrivent l’histoire, les romans historiques, l’histoire littéraire…
Certains étaient pour que ces femmes demeurent dans la mémoire collective des Français, au même titre qu’Henri IV ou Lafontaine. D’autres, plus nombreux et plus puissants, voulaient qu’elles en sortent : qu’elles laissent la place aux hommes, comme à l’Académie française, ou dans le Panthéon parisien, où à l’Assemblée nationale.
C’est ainsi que la plupart des femmes qui ont fait l’histoire de France ont été rayées de la carte ; et que quiconque se plonge dans le passé de la France rencontre fatalement ces ‘emperières’, ces ‘femmes d’État’, ces ‘autrices’… mais aussi ces ‘champions des dames’ apostrophant les ‘misogynes’ ! […]
Ma dernière découverte a été de comprendre que plusieurs filles de rois en France sont montées sur le trône, alors que les livres d’histoire ne le disent jamais, quand ils ne disent pas le contraire. Ce qui me confirme que nos ancêtres étaient moins misogynes que nous. J’e n’en suis pas encore tout à fait revenue. » 356
- Nous devrions toutes (et tous), comme Éliane Viennot, ne pas « revenir » de ce que nous lisons, nous regardons, nous voyons, nous écoutons…(Cf. Homme. Misogyne, Féminisme, Langage. Patriarcat, Penser)

Historiographie. Patriarcale (Voltaire) : (2 février) 1759. Voltaire [1694-1778], écrit à la comtesse de Lutzelbourg [1683-1765] :
« Les nouvellistes du pays que j’habite [lui, en l’occurrence] qui ont des correspondances dans toute l’Europe, disent toujours que la conspiration du Portugal n’est que la suite des amours du roi et de la jalousie d’un homme du vieux temps qui a trouvé mauvais d’être cocu.
Vous voyez mesdames (!) que depuis Hélène vous êtes la cause des grands évènements. […] » 357 

Historiographie. Patriarcale (Walter Gérard) : Gérard Walter [1896-1974], historien de la Révolution française, concernant le rôle que Michelet [1798-1874] attribue à Théroigne de Méricourt [1762-1817] 358 auteur de :
« La réhabilitation de la ‘fameuse amazone’ tentée par Michelet fait honneur à ses sentiments de galant homme mais ne saurait être prise au sérieux. »
- La galanterie versus l’histoire…
- Il écrit aussi : « Les documents publiés dernièrement par O[tto]. Ernst dans son livre sur Théroigne de Méricourt [Payot. 1935] sont accablants pour elle. » 359 Pourquoi ? Sur quels fondements ? À quels titres ?

Historiographie. Patriarcale. Wikipédia :

Historiographie. Patriarcale (Wikipédia) (1) : (décembre) 2014. Début de la présentation concernant Marie Lafarge par Wikipédia (découverte en décembre 2014) : « Marie Fortunée Capelle, connue sous le nom de Marie Lafarge [15 janvier 1816-7 novembre 1852)], est une criminelle française. » […]
- Cette accusation, non justifiée, légitime toutes les injustices du procès qui l’a rendue responsable de la mort de son mari, les doutes si nombreux qui n’ont cessé de peser sur le verdict étant effacés.
- Lire d’elle ses Mémoires, 360, ainsi qu’Heures de prison 361, très remarquables à plus d’un titre, rédigées en prison. (Cf. Famille. Mariage. Dot, Justice. Procès. Madame Lafarge, Politique. État, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Historiographie. Patriarcale (Wikipédia) (2) : 2015. Sur Wikipédia, Madame Geoffrin [1699-1777] et Madame de Cavaillet [1844-1910] sont présentées, l’une et l’autre, comme : « salonnière française ». (Cf. Langage. Féminisation du langage)
* Ajout. 12 novembre 2016. Marguerite Steinheil [1869-1954] est, pour sa part, présentée comme « salonnière et demi mondaine ».
- On peut noter que l’emploi de ce qualificatif méprisant, sinon injurieux, qui ne tient compte ni de leur culture, de leur intelligence, de leur valeur, de leur rôle politique, de leur influence intellectuelle, ne disqualifie pour autant jamais les hommes qui participèrent à leurs « salons ». Concernant Marguerite Steinheil, on lit : « Son salon est fréquenté par la bonne société : Gounod, Lesseps, Massenet, Coppée, Zola, font partie de ses invités. » Cf. Langage. Féminisation du langage)
* Ajout. 15 mai 2017. Toujours sur Wikipédia, Madame Suzanne Necker [1737-1794] est présentée comme une « salonnière suisse ». (Cf. Femme. Remarquable. Necker Suzanne, Langage. Féminisation du langage)
* Ajout. 16 janvier 2020. 2013. Dans le livre La fabrique de l’intime. Mémoires et journaux de femmes au XVIIème siècle. [Bouquins. Robert Laffont. 1192p], un note de bas de page (p.288) présente Mme du Deffand [1697-1780] « la célèbre salonnière ».
N.B. Sa correspondance « fascinante » comporte deux tomes est présentée par Wikipédia - une fois n’est pas coutume - comme « l’un des meilleurs écrivains de son temps, intelligente, pénétrante et sceptique, représentant l’esprit du XIIIème français ». (Cf. Femmes. Mépris des femmes, Langage. Féminisation du langage)

Historiographie. Patriarcale (Wikipédia) (3) : (31 janvier) 2016. Thérèse le Vasseur [1721-1801], épouse de Jean-Jacques Rousseau avec lequel elle vécut un quart de siècle, qui donna naissance à leur cinq enfants - qu’il décida d’abandonner - dont il parle à de très nombreuses reprises dans ses Confessions est présentée comme « une lingère française connue pour sa liaison avec Jean-Jacques Rousseau ». (31 janvier 2016) (Cf. Femme. Mère. le Vasseur Thérèse)

Historiographie. Patriarcale. Winock Michel :

Historiographie. Patriarcale (Winock Michel) (1) : Michel Winock, dans sa biographie de Clémenceau [1841-1929] traitant des relations de cet homme « avec les femmes », évoque des « bonnes fortunes », « un carnet de bal », « des amourettes, des passades, des caprices d’un jour ». On comprend mieux pourquoi l’auteur du Siècle des intellectuels n’avait trouvé qu’une seule femme méritant, selon lui, d’y figurer [Simone de Beauvoir]. (Cf. Famille. Divorce. Clémenceau) 362
- Pour ma part, je considère que la responsabilité politique de tels auteurs et de tels éditeurs (nombreux) en matière de freins posés aux avancées, aux apports féministes et donc de régression intellectuelle et politique doit être posée.
* Je me dois - pour être honnête - de préciser que M. Winock est responsable de la non publication au Seuil de mon livre sur Le Droit de cuissage. Après signature d’un contrat, il m’avait ‘proposé’ de le publier - sans autre alternative que d’accepter qu’il soit entièrement réécrit. Et pour m’en convaincre, il avait entièrement réécrit, ou fait réécrire, par une autre, à sa demande, je n’ai jamais su, plus de cent pages [toujours en ma possession : un beau cas de figure dans l’histoire de la censure…] dégagées de sa grille de lecture féministe. Je n’ai pas accepté, j’ai fait un procès que j’ai gagné, mais malheureusement sur les fondements de la nature du contrat - qui ne m’importait pas - et non pas sur la seule chose qui m’importait : la censure d’un livre féministe et l’évidence du droit d’un éditeur à réécrire un manuscrit.
Ceci clarifié, je pense pouvoir dire que, sans cet ‘épisode’ de censure, mon jugement le concernant n’en aurait pas été modifié. Sans doute cependant, n’aurais-je, peut-être pas lu les écrits de M. Winock. (Cf. Culture. Censure, Féminisme. Féministes. Intellectuelles. Intellectuelles de gauche)

Historiographie. Patriarcale (Winock Michel) (2) : À la relecture plus précise ce matin du Siècles des Intellectuels 363 je découvre que Simone de Beauvoir, la seule intellectuelle française du XXème siècle pour Michel Winock, n’est même pas, en elle-même, spécifiquement citée. C’est en effet dans le chapitre III intitulé : « Les années Sartre » et dans une section 47 intitulée : « Deuxième sexe » que Simone de Beauvoir est traitée.
Qui plus est, on peut noter que, sous ce titre, à l’instar du jugement de Flaubert concernant George Sand, Michel Winock considère, dans cette même section, qu’elle appartenait (appartiendrait ?) au « troisième sexe » !
- L’inculture féministe dans ces quelques pages de Michel Winock est indécente, tout comme l’est la superficialité et la grossièreté de ses pseudo analyses.
- Le concernant, on lit sur Wikipédia : « […] Michel Winock mène par ailleurs une carrière dans l'édition : membre de la revue Esprit à partir de 1962, il devient conseiller puis directeur littéraire aux Éditions du Seuil. Il y crée les collections L’Univers Historique et Points Histoire (en 1971). Il contribue ainsi à ce qui peut être considéré comme un âge d'or de l'édition historique en France. » (Cf. Féminisme. Deuxième sexe (Le))

Historiographie. Patriarcale (Winock Michel) (3) : Je lis dans le Journal politique de Michel Winock 364, qu’Elsa Triolet [1896-1970] « comme tant d’autres, ne veut pas vieillir », qu’Anne Villalaur [1923-2008] est « une sacré virago » […] (p.126), que « Beauvoir n’est pas un bon écrivain » (p.129), que l’épouse de Jean Lacouture, Simone est « plutôt revêche » (p.207), mais, plus loin, jugée « parfaite dans son rôle d’hôtesse » (p.404), que l’épouse de [X] est « franchement sotte » (p.328), qu’Han Suyin [1917-2012] et Marie-Antonietta Macciocchi [1922-2007] (du fait de leur Maoïsme), « se distinguent par leur bêtise extatique » (p.364).
Concernant cette dernière, il la nomme à trois reprises : « la Macciocchi » (à laquelle il se « plaint de l’avoir outrageusement pompé »)
(p.307, 394, 409), puis « la Napolitaine » (p.398).
- Évoquant ses étudiantes à l’Université de Vincennes, il est question d’une « pétroleuse intenable » (p.382), d’une « bourgeoise reconvertie (elle tenait un magasin de ‘décoration’» ) […] qui « se dit d’extrême gauche ») (p.371), d’une « passionaria d’amphithéâtre» (p.379).
Ce qui n’empêche pas Michel Winock, pour autant, de juger nombre d’autres hommes…mais pas en ces mêmes termes.
- Je lis aussi que Annie Kriegel, Madeleine Rebérioux, Michelle Perrot et Rolande Trempé étaient à la Sorbonne, « plaisamment », « dans nos rangs » appelées « les quatre filles du docteur Labrousse » (p.293). (Cf. Femme. Remarquable, Homme. « Intellectuel ». Labrousse Ernest)

Historiographie. Patriarcale (Winock Michel) (4) : (juillet) 2017. Michel Winock [dont les présentations de Germaine de Staël [1766-1817] lors des cinq émissions qui lui ont été confiées par France Culture, notamment la première, ont été, me concernant, presque constamment choquantes, peu fiables par ailleurs, tant les partis pris masculinistes sont en outre évidents] évoquant le salon de la mère de Germaine de Staël, Suzanne Curchot [1737-1794], explique qu’il eut lieu « grâce à la fortune de Necker. » 365

Historiographie. Patriarcale (Winock Michel) (5) : (17 mars) 2021. Michel Winock, dans une émission de France Culture intitulée La commune. Une photo de famille [!] évoquant les membres de la Commune de Paris [1871] pour mieux les situer dans leur classe sociale a tout simplement oublié les femmes. À sa décharge (?) , classes sociales et patriarcat s’articulent mal ; mais en être conscient en 2021 n’est pas trop exige…. 366

Historiographie. Patriarcale (Yourcenar Marguerite) : 1980. Marguerite Yourcenar [1903-1997] dans Les yeux ouverts, concernant l’utilisation des documents, archives familiales note judicieusement que « ceux qui en possèdent s’accrochent le plus souvent à la seule lignée paternelle ‘de père en fils’ comme on dit, et encore combien d’entre eux songent à ce qu’a pu être le père de leur bisaïeule dans cette ligné paternelle ? » 367

Historiographie. Patriarcale (Ziegler Jean) : 2015. Jean Ziegler, dans Les nouveaux maîtres du monde, auteur de :
« La classe dirigeante de l’archipel (du Cap Vert) est composée essentiellement de métis, nés des amours entre Portugais et Africaines ».
De combien de viols le mot «amour» a t-il été le cache ? De quel déni des effets de l’esclavage des auteurs dont on ne peut dénier l’anti-impérialisme ont ils été les vecteurs ? Cette vision unisexuée de l’histoire nécessairement se perpétue : une filiation politique intellectuelle est indéniable entre ce déni des violences (et donc leur caution) entre Portugais et Africaines et ces autres constats pouvant apparaître à première lecture, comme peu signifiants et indignes d’être remarqués. L’auteur note ainsi incidemment au Brésil, sa réception par « un comité (de lutte) qui l’attend », composé d’anciens ouvriers licenciés, d’un libraire sans travail, des paysans sans terre, de « deux femmes, dont l’une d’une grande beauté en robe rouge ». On peut lire aussi ce lapidaire constat :
« Il a 28 ans, quatre enfants, une épouse usée par la misère. » 368 (Cf. Langage. Zeugma)

Historiographie. Patriarcale (Zola Émile) : 1893. Émile Zola [1840-1902] présentant positivement le livre, trop peu connu, d’Eugène Pelletan [1813-1884] La mère [1866], écrit :
« Lorsque l’homme abaisse sa compagne, il tombe avec elle ; celle qui pour lui ne compte pas dans les affaires de ce monde est justement celle qui, en dehors même de sa volonté, mène les peuples à la grandeur ou à la décadence. Tout historien qui néglige l’étude de la femme, néglige l’étude du grand ressort, ressort caché et inconscient, qui a poussé fatalement les nations dans les voies douloureuses qu’elles ont parcourues. » 369 Un analyse aujourd’hui limitée, mais hier novatrice… et aujourd’hui encore, pour beaucoup, dans les limbes. (Cf. Homme. Féminisme)

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Notes de bas de page

1 France Culture, 9 septembre 2019. 08h

2 France Culture, Faut-il soutenir ou rouvrir les lieux de culture ? 13 mars 2021

3 France Culture, Jean Hatzfeld. 11 avril 2020 [1ère diffusion. 13 août 2019]

4 Le Monde, Michelle Perrot. ‘Le rire masculin fait du bruit, les larmes féminines coulent en silence’. 22-23 décembre 2019

5 Jules Michelet, Journal. Folio. Classique. 1144p. 2017. p.70

6 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.1041, 1445

7 Jules Michelet, Journal. Folio. Classique. 1144p. 2017. p.148

8 Jules Michelet, Journal. Folio. Classique. 1144p. 2017. p.275

9 Jules Michelet, Journal. Folio. Classique. 1144p. 2017. p.399

10 Jules Michelet, Journal. Folio. Classique. 1144p. 2017. p.701

11 Jules Michelet, Journal. Folio. Classique. 1144p. 2017. p.749

12 France Culture, La compagnie des œuvres. Louise Colet. Hermaphrodite de Flaubert. 24 décembre 2019

13 Matthieu Galey, Journal Intégral. 1953-1986. Bouquins. Robert Laffont. 983p. 2017. p.853

14 Emma Goldman, Vivre ma vie. Une anarchiste au temps des révolutions. L’échappée. 1095p. 2018. p.917

15 Matthieu Galey, Journal Intégral. 1953-1986. Bouquins. Robert Laffont. 983p. 2017. p.169, 378

16 Jean Chesneaux, Du passé faisons table rase ? À propos de l’histoire et des historiens. Petite bibliothèque Maspero 190p. 1976. p.175

17 Matthieu Galey, Journal Intégral. 1953-1986. Bouquins. Robert Laffont. 983p. 2017. p.529

18 Louis Joinet, Mes raisons d’état. Mémoires d’un épris de justice. La Découverte. 351p. 2013. p.179

19 Voltaire, Correspondance X. (1769-1772). La Pléiade. 1646p. 1986. p.1373. note 2

20 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p.181

21 Cornelius Castoriadis, Figures du pensable. Les carrefours du labyrinthe-6. Seuil. Points. Essais. 364p. 2009. p.184

22 Benoît Peeters, Derrida. Flammarion. 740p. 2010. p.12

23 Benoît Peeters, Derrida. Flammarion. 740p. 2010. p.636

24 Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma. Les réalisateurs. Bouquins. Robert Laffont. 1008 p. 2003. p.794

25 Eva Joly, Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ? Folio. Documents. 269p. 2004. p.94, 95

26 France Culture, La fabrique de l’histoire. 20 juin 2019

27 France Culture, Le cours de l’histoire. 20 septembre 2019

28 France Culture, A voix nue. Alain Corbin. 13 septembre 2019

29 Le Monde, La dernière chance pour la dentelle de Calais. 7/8 décembre 2019

30 France Culture, Le cours de l’histoire. 2 mars 2020

31 In : France Culture, Écrire la vie, par Antoine Compagnon. 14 mai 2020 [1ère diffusion. 29 août 2016]

32 Le Canard enchaîné, Des archives élyséennes déconfinées. 24 juin 2020. p.4

33 France Culture, L’Affaire du fichier juif. 5 octobre 2020

34 Louis Joinet, Mes raisons d’état. Mémoires d’un épris de justice. La Découverte. 351p. 2013. p.97

35 Le Figaro, Colonisation. L’Algérie réclame à la France ‘la totalité de ses archives’. 22 décembre 2020

36 France Culture, Rapport Stora. La repentance est-elle un piège politique ? 23 janvier 2021

37 20 minutes (avec AFP), Un centre d’archives L.G.B.T.Q.I + va être créé à Paris. 5 février 2021

38 France Culture, Amos Gitai et Yitzhak Rabin, chronique d’une obsession.3 avril 2021

39 C’ Politique. 30 mai 2021

40 Jean-Paul Aron, Les modernes. Gallimard. 314p. 1984. p.123

41 Raymond Aron, La philosophie critique de l’histoire. Points. Vrin, 313p. 1969. p.16

42 Honoré de Balzac, Illusions perdues. Garnier frères, 876p. 1961. p.709

43 Samuel Bamdford, La vie d’un radical anglais au temps de Peterloo. Les Éditions sociales. 442p. 2019. p.34

44 France 2, Envoyé spécial. Steve Bannon, le stratège de l’ombre. 9 mai 2019

45 France Culture, Répliques. De la guerre civile.13 mars 2021

46 Hélène Berr, Journal. Points. Tallandier. 329p. 2009. p.197

47 H.D. Thoreau, Journal. 7 janvier 1844-15 mai 1846. Finitude. 314 p. 2014. p.68

48 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. La Pléiade. Gallimard. Tome I. 1530p. 1976. p.290

49 Jules Michelet, Journal. Folio. Classique. 1144p. 2017. p.382

50 France Culture, Simon Bolivar, encore et toujours. 16 novembre 2019

51 Mémoires de la comtesse de Boigne, I. Du règne de Louis XVI à 1820. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 765p. 2008. p.312

52 France Culture, Les master classes. Patrick Boucheron : ‘Écrire l’histoire, c’est donner à comprendre la manière dont un peu de temps se plie dans l’espace’. 13 juillet 2018

53 Pierre Bourdieu, Esquisse pour une auto-analyse. Éditions Raisons d’agir. 144p. 2004. p.53

54 Pierre Broué, Trotsky, Fayard, 1105p. 1988. p.458

55 Edmund Burke, Première lettre sur les ouvertures de paix. In : Réflexions sur la révolution de France. Pluriel. 816p. 2011. p.544

56 Albert Camus, L’homme révolté. Idées. Gallimard. 372p. 1972. p.172, 173

57 Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles. In : André Breton, Anthologie de l’humour noir Jean-Jacques Pauvert. Le livre de poche. 446p. 1966. p.147

58 France Culture, Répliques, De la guerre civile. 13 mars 2021

59 Cornelius Castoriadis, Les sociétés imaginaires. In : Une société à la dérive. Seuil. Points. Essais. 389p. 2011. p.99, 111

60 Cornelius Castoriadis, Réponse à Richard Rotry. In : Une société à la dérive. Entretiens et débats. 1974-1997. Seuil. Points. Essais. 389p. 2011. p.124

61 France Culture, Le passé dans le présent. 2 octobre 2020

62 France Culture, Le passé dans le présent. 2 octobre 2020

63 In : Victor-L.Tapié, Chateaubriand par lui-même. Écrivains de toujours. 166p. 1965. p.129

64 In : Victor-L.Tapié, Chateaubriand par lui-même. Écrivains de toujours. 166p. 1965. p.130

65 Jean Chesneaux, Du passé faisons table rase ? À propos de l’histoire et des historiens. Petite bibliothèque Maspero. 190p. 1976. p.13

66 Philippe De Gaulle, De Gaulle, mon père. ** Entretiens avec Michel Tauriac. Plon. 556p. 2004. p.446

67 Moses I. Finley, Économie et société en Grèce ancienne. La Découverte. poche. 312p. 2007. Quatrième de couverture

68 In : David Doucet, Les Inrockuptibles. 9 novembre 2018

69 France Culture, Frantz Fanon, l’indocile : L’héritage d’un penseur de la décolonisation. 17 au 21 août 2021

70 Philippe De Gaulle, De Gaulle, mon père. ** Entretiens avec Michel Tauriac. Plon. 556p. 2004. p.338

71 Svetlana Alexievitch, La guerre n’a pas un visage de femme. J’ai lu. 415p. 2004. p.15, 20

72 George Eliot, Felix Holt, le radical. Folio. Classique. 2021. 801p. p.504

73 France Culture, Emmanuel Laurentin, stupeurs et tremblements d’un journaliste d’histoire. 27 juillet 2019

74 France Inter, Affaires sensibles. Les ‘Malgré nous‘ de la seconde guerre mondiale. 29 janvier 2020

75 Le journal de Ruth Maier. De 1933 à 1942, une jeune fille face à la terreur nazie. K&B. 519p. 2009. p.101

76 Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma. Les réalisateurs. Bouquin. Robert Laffont. 1880 p. 2003. p.315

77 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.239, 240

78 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.451

79 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.995, 996

80 George Eliot, Middlemarch. Folio. Classique. 1152p. 2020. p.1127

81 France Culture, Républiques. Mémoires de la commune. 22 mai 2021

82 In : Introduction du livre de Moses I. Finley, Économie et société en Grèce ancienne. La découverte. Poche. 322p. 2007. p.31

83 France Culture, Le cours de l’histoire. 10 septembre 2020

84 France Culture, Paul Reclus, un médecin humaniste. 15 août 2020. [1ère diffusion. 13 mars 2O20

85 France Culture, Galien, Un grand médecin humaniste de l’Antiquité. 16 août 2020. [1ère diffusion. 21 janvier 2020]

86 In : Denis Diderot, Œuvres. La Pléiade. 1470p. 1951. p.764

87 France Culture, Le cours de l’histoire. 9 décembre 2019

88 In : Plein le dos. Hors-Série. n°1. juillet 2019. 5000 exemplaires diffusés en France

89 In : Christine Ockrent, Françoise Giroud. Une ambition française. Fayard. 364p. 2003. p.303

90 Emma Goldmann, L’agonie d’une révolution. Mes deux années en Russie (1920-1921), Les nuits rouges. 336p. 2017. p.211, 212

91 Edward P. Thomson, La formation de la classe ouvrière anglaise. Le Seuil. 791p. 1988. p.693

92 Source oubliée (à retrouver)

93 Daniel Guérin, L’anarchisme. Folio. Essais. 286p. 2019. p.155

94 François Guizot, Tome I. 1807-1816. Mémoires pour servir à l’histoire de mon temps. Paleo. 206p. 2002. p.28

95 François Guizot, Tome II. 1816-1830. Mémoires pour servir à l’histoire de mon temps. Paleo. 220p. 2003. p.72

96 Sébastian Haffner, Histoire d’un Allemand. Souvenirs. 1914-1933. Babel. 435p. 2004. p.274

97 La 5. Échappées belles. 11 juillet 2020

98 Christopher Hill, Le monde à l’envers. Les idées radicales au cours de la Révolution anglaise. Payot, 1371p. 1977. p.16

99 Christopher Hill, Le monde à l’envers. Les idées radicales au cours de la Révolution anglaise. Payot, 1371p. 1977. p.14

100 In : France Culture, La police : la crise de confiance ? 31 juillet 2019

101 Lucienne Mazenod, Ghislaine Schoeller, Dictionnaires des femmes célèbres. De tous les temps et des tous les pays. Bouquins. Robert Laffont. 932p. 1992. p.382

102 Victor Hugo, Quatre-vingt-treize. Bibliothèque Lattès. 542p. 1988. p.208 à 214

103 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.1031

104 Cité dans Les passions d’Henri Guillemin. À la Baconnière. 448p. 1994. p.404 (source originelle, non citée, non retrouvée)

105 Victor Hugo, Quatre-vingt-treize. Bibliothèque Lattès. 542p. 1988. p.154

106 France Culture, Le mensonge en politique. 1er août 2020 [1ère diffusion. 25 octobre 2008]

107 Michel Leiris, L’âge d’homme, précédée de L’Afrique fantôme. La Pléiade. 1387p. 2014. p.154

108 France Culture, Christian Ingrao. 8 août 2019

109 France Culture. Concordance des temps. La parisienne : splendeurs et misères. 1er février 2020

110 France Culture, Concordance des temps. La peste au temps de Justinien. 5 septembre 2020

111 France Culture, Concordance des temps. Bordeaux au long cours. 23 janvier 2021

112 France Culture, Concordance des temps. Les croisades vues d’en face. 20 février 2021

113 France Culture, Concordance des temps. XIXème siècle, La propriété et le vol. 6 mars 2021

114 France Culture, Concordance des temps. Après l’épreuve. Les années folles. 3 avril 2021

115 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. Mercure de France. 1304p. 2013. p.1053

116 Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien. Le livre de poche. 437p. 1969. p.300

117 Radio Courtoisie. 2 mai 2021

118 Arte, Napoléon, la destinée et la mort. 9 mai 2021

119 France Culture, Répliques. Napoléon en procès. 29 mai 2021

120 France Culture, Répliques. Napoléon en procès. 29 mai 2021

121 Doris Lessing, Les enfants de la violence. Le livre de poche. 918p. 1978. p.224, 270, 273

122 Doris Lessing, Les enfants de la violence. Le livre de poche. 918p. 1978. p. 817, 818, 819

123 Le Figaro, Macron interpellé sur la coloniation par un jeune Algérien. 6 décembre 2017

124 France 3, Emmanuel Macron, la fin de l’innocence. 7 mai 2018

125 Le journal de Ruth Maier. De 1933 à 1942, une jeune fille face à la terreur nazie. K&B. 519p. 2009. p.278

126 Thomas Mann, Les Buddenbrook. Le livre de poche. Fayard. 2019. 764p. p.400

127 In : Marat. Écrits. Présenté par Michel Vovelle. Messidor / Éditions sociales. 251p. 1988. p.135 à 138

128 Ciné club, Chris Marker. Never explain, never complain. 12 avril 2020

129 France Culture, Le cours de l’histoire. 23 septembre 2019

130 France Culture, Le cours de l’histoire. 25 septembre 2019

131 France Culture, Le cours de l’histoire. 2 décembre 2019

132 France Culture, Le cours de l’histoire. 3 décembre 2019

133 France Culture, Le cours de l’histoire. 12 décembre 2019

134 France Culture, Le cours de l’histoire. Mais que fait la police ? 20 février 2020

135 France Culture, Le cours de l’histoire. Se libérer pour gouverner. 5 octobre 2019

136 France Culture, Le cours de l’histoire. Survire ne suffit pas. Handicap : les luttes pour l’égalité 11 février 2021

137 France Culture, Le cours de l’histoire. Tout schuss ! Une histoire de la glisse. 18 février 2021

138 France Culture, Le cours de l’histoire. La commune : 150 ans. Léo Frankel, trajectoire d’un militant. 9 mars 2021

139 François Mauriac, Journal. Mémoires politiques. Bouquins. Robert Laffont. 1136p. 2008. p.921

140 André Maurois, Lélia ou la vie de George Sand. Marabout. 1952. 543p. p.10

141 France Culture, Jean-Luc Mélenchon : ‘La Commune appartient à toutes les variétés de la pensée révolutionnaire française’. 27 mars 2021

142 Léon Trotsky, Ma vie. Folio. Gallimard. 691p. 1973. p.343

143 In : Studs Terkel, Hard times. Histoires orales de la grande dépression. Éditions Amsterdam. 596p. 2009. p.438

144 France Culture, La nuit des dictionnaires. Faut-il brûler les dictionnaires ? [1ère diffusion. 7 décembre 1976]

145 Jules Michelet, Journal. Folio. Classique. 1144p. 2017. p.185

146 Jules Michelet, Journal. Folio. Classique. 1144p. 2017. p.348

147 Jules Michelet, Journal. Folio. Classique. 1144p. 2017. p.431

148 Jules Michelet, Journal. Folio. Classique. 1144p. 2017. p.432

149 Jules Michelet, Journal. Folio. Classique. 1144p. 2017. p.437

150 Jules Michelet, Journal. Folio. Classique. 1144p. 2017. p.441, 442

151 Jules Michelet, Journal. Folio. Classique. 1144p. 2017. p.444

152 Jules Michelet, Journal. Folio. Classique. 1144p. 2017. p.485

153 Jules Michelet, Journal. Folio. Classique. 1144p. 2017. p. 704

154 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. II. La Pléiade.1695 p. 1989. p.15

155 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. I. La Pléiade. 1530p. 1976. p.412

156 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. II. La Pléiade. 1308p. 1939. p.323

157 Michelet, Journal. Folio. Classique. 1144p. 2017. p.809

158 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. I. La Pléiade. 1530p. 1976. p.10

159 Journal de l’abbé Mugnier. 1879-1939. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 639p. 2007. p.296

160 In : France Culture, Le centenaire de Michelet. 11 juillet 2020. [1ère diffusion : 19 juin 1967]

161 Günter Grass, Mon siècle. Points. Éditions du Seuil. 357p. 2001. p.169

162 Montesquieu, Considérations sur les causes de la grandeur des romains et de leur décadence. Garnier-Flammarion. 188p. 1968. p.16

163 France Culture, Elsa Morante. 14 avril 2020 [1ère diffusion. 2 avril 2019]

164 France Culture, Guerre d’Algérie. Les soldats du refus. 4 mai 2021

165 France Culture, Le cours de l’histoire. 29 octobre 2019

166 Journal de l’abbé Mugnier. 1879-1939. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 639p. 2007. p.513

167 Michelet, Jeanne d’Arc. Folio. Classique. 318p. 1998. p.56

168 Compte-rendu du conseil des ministres. 24 juin 2020

169 Friedrich Nietzsche, Aurore. Pluriel. Hachette. Littératures. 312p. 1987. p.197, 198

170 Friedrich Nietzsche, Par delà le bien et le mal. Pluriel. Hachette. Littératures. 267p. 2007. p.52

171 Friedrich Nietzsche, La volonté de puissance. I. Tel. Gallimard. 436p. 2002. p.265

172 France Inter, Le grand entretien. 4 mars 2021

173 Voltaire, Correspondance IX. (juillet 1767-septembre 1769). La Pléiade. 1601p. 1985. p.114

174 France Culture, Brève encyclopédie du monde par Michel Onfray. Théorie de la circoncision des cœurs. 15 juillet 2018

175 France Culture, Brève encyclopédie du monde par Michel Onfray. L’ici-bas du royaume des cieux. 29 juillet 2018

176 France Culture, Brève encyclopédie du monde par Michel Onfray. Une esthétique de la propagande. 11 août 2018

177 Cf. notamment la collection Terre humaine (Plon) initiée et dirigée par Jean Malaurie

178 Ernest Renan, Souvenirs d’enfance et de jeunesse. Folio. 332p. 1983. p.55

179 In : George Steiner, Les logocrates. 10/18. 251p. 2013. p.190

180 In : George Steiner, Les logocrates.10 /18. 251p. 2003. p.86

181 Gloria Steinem, Ma vie sur la route. Mémoires d’une icône féministe. Harper Collins. 393p. 2019. p.354

182 Vilfredo Pareto, Traité de sociologie générale. 1818p. 1968. Librairie Droz. p.1372

183 Benoît Peeters, Trois ans avec Derrida, les carnets d’un biographe. Flammarion. 248p. 2010. p.52

184 Gilles Perrault, Notre ami, le roi. Gallimard. 1990. 367p.

185 In : Pierre Desgraupes, Le mal du siècle. Grasset. 346p. 1977. p.122

186 France Culture, Le cours de l’histoire. 5 juin 2020

187 France Culture, Concordance des temps. La préhistoire au féminin. 9 novembre 2019

188 Jacques Prévert, Choses et autres. Folio. Gallimard. 270p. 1975. p.99

189 Albert Camus, L’homme révolté. Idées. Gallimard. 372p. 1972. p.227

190 Le Monde, Michelle Perrot. ‘Le rire masculin fait du bruit, les larmes féminines coulent en silence’. 22-23 décembre 2019

191 In : Studs Terkel, Race. Histoires orales d’une obsession américaine. Éditions Amsterdam. 560p. 2010. p.29

192 In : Studs Terkel, Race. Histoires orales d’une obsession américaine. Éditions Amsterdam. 560p. 2010. p.198, 199

193 In : Studs Terkel, Race. Histoires orales d’une obsession américaine. Éditions Amsterdam. 560p. 2010. p.211

194 France Culture, Concordance des temps. 13 juin 2020

195 Essais d’ego-Histoire. (Sous la direction de Pierre Nora) N.R.F. Gallimard. 375p. 1987. p.294, 295

196 Jean Renoir, Pierre-Auguste Renoir, mon père. Folio. 507p. 1981. p.16

197 In : Rivarol, Chamfort, Vauvenargues, L’art de l’insolence. Bouquins. Robert Laffont. 1517p. 2016. p.1436

198 Jeanne-Marie Roland, Mémoires particuliers. In : La fabrique de l’intime. Mémoires et journaux de femmes au XVIIème siècle. Bouquins. Robert Laffont. 1192p. 2013. p.672

199 Comte de Saint-Simon, Écrits politiques et économiques. Anthologie critique par J. Gange. Agora les Classiques. 560p. 2005. p.259

200 James C. Scott, L’œil de l’état. La Découverte. 540p. 2021. p.270

201 James C. Scott, L’œil de l’état. La Découverte. 540p. 2021. p.242, 243

202 James C. Scott, Petit éloge de l’anarchisme. Instinct liberté. Luxe. 228p. 2019. p.21

203 James C. Scott, Petit éloge de l’anarchisme. Instinct liberté. Luxe. 228p. 2019. p.228

204 Benoîte Groult, Ainsi soit-elle. Le Grand-Livre-du-Mois. 228p. 1976. p.78

205 Svetlana Alexievitch, La guerre n’a pas un visage de femme. J’ai lu. 415p. 2004. p.15

206 Soljenitsyne, L’archipel du goulag. Le Seuil. 1974. Tome I. p.219

207 France Culture, Concordance des temps. La peste au temps de Justinien. 5 septembre 2020

208 John Steinbeck, Les raisins de la colère. Folio. Gallimard. 639p. 2020. p.334

209 Gloria Steinem, Ma vie sur la route. Mémoires d’une icône féministe. Harper Collins. 393p. 2019. p.122

210 In : George Steiner, Les logocrates. 10/18. 251p. 2013. p.134

211 George Orwell. Une vie en lettres (Correspondance. 1903-1950). Agone. 666p. 2014. p.116

212 Tacite, Annales. Garnier Flammarion. 499p. 1965. p.170

213 Ibid., p.45

214 Ibid., p.154-155

215 Hippolyte Taine, Les origines de la France contemporaine. Bouquins. Laffont. Tome 1. 839p. 1986. p.315 à 826

216 Émile Zola, Correspondance. II. 1868-1877. Les Presses de l’Université de Montréal. Éditions du CNRS. 644p. 1980. p.435. note 1

217 Émile Zola, Correspondance. III. 1877-1880. Les Presses de l’Université de Montréal. Éditions du CNRS. 543p. 1982. p.328

218 Voltaire, Correspondance. IX. (juillet 1767-septembre 1769). La Pléiade. 1601p. 1985. p.139

219 In : Albert Londres. Le juif errant est arrivé. 10/18. 321p. 1984. p.292

220 Louise Weiss, Combats pour les femmes. Albin Michel. 270p. 1980. p.257

221 William Makepeace Thackeray, Barry Lyndon. GF. Flammarion. 444p. 2019. p.283

222 William Makepeace Thackeray, La foire aux vanités, Folio. Classique. 1071p. 2005. p.273

223 H.D. Thoreau, Journal 1er janvier 1841-21 novembre 1843. Finitude. 317p. 2013. p.117

224 Léon Tolstoï, La guerre et la paix. La Pléiade. Traduction de Pierre Pascal. 1654 p. 1945. p.610 (Livre 2)

225 Léon Tolstoï, La guerre et la paix. La Pléiade. Traduction de Pierre Pascal. 1654 p. 1945. p.1491 à 1498 (Épilogue)

226 Léon Trotsky, Ma vie. Folio. Gallimard. 691p. 1973. p.253

227 Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma. Les réalisateurs. Bouquins. Robert Laffont. 2003. 1008 p.

228 Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma. Les réalisateurs. Bouquins. Robert Laffont. 2003. 1008 p.

229 In : Hannah Arendt, Rahel Varnhagen. La vie d’une juive allemande à l’époque du romantisme. Tierce. Littérales II. 382p. 1986. p.335, 336

230 Voltaire, Correspondance. I. (1704-1738). La Pléiade. 1735p. 1964. p.984

231 Voltaire, Correspondance. II. (janvier 1739-décembre 1748). La Pléiade. 1814p. 1977. p.288

232 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.501, 529, 534

233 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.600

234 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.609

235 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.685

236 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.724

237 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.875

238 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.391

239 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.376

240 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.701

241 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.744

242 Voltaire, Correspondance. IX. (juillet 1767-septembre 1769). La Pléiade. 1601p. 1985. p.1046

243 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.1100

244 Voltaire, Correspondance. IX. (juillet 1767-septembre 1769). La Pléiade. 1601p. 1985. p.141

245 Voltaire, Correspondance. IX. (juillet 1767-septembre 1769). La Pléiade. 1601p. 1985. p.518

246 Voltaire, Correspondance. IX. (juillet 1767-septembre 1769). La Pléiade. 1601p. 1985. p.555

247 François Mauriac, Mémoires intérieurs. Le livre de poche. 384p.1966. p.128

248 France Culture, Le cours de l’histoire. 12 décembre 2019

249 Marguerite Yourcenar, Les yeux ouverts. Entretiens avec Mathieu Galey. Le livre de poche. 314p. 1980. p.202

250 Marguerite Yourcenar, Les yeux ouverts. Entretiens avec Mathieu Galey. Le livre de poche. 314p. 1980. p.146

251 Marguerite Yourcenar, Les yeux ouverts. Entretiens avec Mathieu Galey. Le livre de poche. 314p. 1980. p.60, 61

252 Émile Zola, Correspondance. VIII. 1893-1897. Les Presses de l’Université de Montréal. Éditions du CNRS. 482p. 1991. p.254

253 Alphonse de Chateaubriand, Mémoires d’Outre-tombe. Tome I. La Pléiade. Gallimard. 1232 p. 1996. 19p.169

254 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.65

255 Pierre Gaxotte, La Révolution française. Arthème Fayard. 501p. 1953. p.51

256 Charles Gosselin, Réflexions d’un citoyen adressées aux notables sur la question proposée par un grand Roi ; en quoi consiste le bonheur des peuples et quels sont les moyens pour y remédier (Lisible sur Gallica) Paris. 1787. 76p.

257 Cité dans L’Ouvrière,12 janvier 1924. (Source primaire non citée)

258 Du sort actuel des femmes, Anonyme. Août 1791. In : Des femmes en 1789. Cahiers de doléances des femmes. Document. 1789. In : Depuis 30 ans, des femmes éditent. 1974-2004. Des femmes. Antoinette Fouque. p.252

259 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. I. La Pléiade. 1530p. 1976. Note. p.1384

260 Wikipédia, Charlotte Corday. janvier 2019

261 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. II. La Pléiade. 1308p. 1939. p.652 à 669

262 Astolphe de Custine, La Russie en 1839. In : Œuvres. Classiques Garnier. 1168p. 2015. p.74

263 In : Margaret Goldsmith, Cinq femmes contre le monde. Gallimard. 201p. 1937. p.45

264 In : Opinions de femmes. De la veille au lendemain de la Révolution française. Préface de Geneviève Fraisse. Editions Côté-femmes. 176p. 1989. p.50

265 Wikipédia, Rose Lacombe. 2018

266 Hippolyte Taine, Les origines de la France contemporaine. Bouquins. Laffont. T.1. 839p. 1986. Note1. p.789

267 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. La Pléiade. Gallimard. Tome I. 1530 p.1976. p.147 (Cf. aussi. p.74)

268 Taine (Hippolyte), Les origines de la France contemporaine. Bouquin, Laffont. 1707p. 2011. p.221

269 In : Hyppolite Taine, Les origines de la France contemporaine. Robert Laffont. Bouquins. 1707 p. 2001 (note 2). p.889

270 Antoine de Rivarol, Journal politique national .1789. In : Rivarol, Chamfort, Vauvenargues, In : L’art de l’insolence. Bouquins. Robert Laffont. 2016. 1517p. p.785 à 1056

271 Michel Winock, Jeanne et les siens. Seuil. 265p. 2003. p.15

272 Marat, Les aventures du jeune comte Potowski. In : Marat. Textes Choisis. Éditions sociales. Les Classiques du peuple. 251p. 1975. p.61

273 Marat, Plan de législation criminelle. Bibliothèque sociale. Aubier Montaigne. 1974. 201p.

274 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. I. La Pléiade. 1530p. 1976. p.476

275 Clio. Histoire, Femmes et Sociétés, Dominique Godineau, De la guerrière à la citoyenne. Porter les armes pendant l’ancien régime et la Révolution Française. 2004

276 Marie-Victoire Monnard, Souvenirs, In : La fabrique de l’intime. Mémoires et journaux de femmes au XVIIème siècle. Bouquins. Robert Laffont. 1192p. 2013. p.1092

277 Gérard Walter, Robespierre. I. La vie. Gallimard. 483 p.1961. p.433

278 Gérard Walter, Robespierre I. La vie. Gallimard. 483 p.1961. p.434

279 Astolphe de Custine, La Russie en 1839. In : Œuvres. Classiques Garnier. 1168p. 2015. p.283

280 Georges Sorel, Réflexions sur la violence. Introduction. Lettre à Daniel Halévy. (deuxième édition) Marcel Rivière et Cie. 412p. 1910. p.12

281 Jules Michelet, Histoire la Révolution française. Tome II. La Pléiade. Gallimard. 1695p. 1989. p. 620 + note de Gérard Walter. p.1111

282 Madame Roland, Mémoires. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 635p. 2004

283 Mémoires du Comte Beugnot .1779-1815. Notes et Introduction de Robert L-Gayet. Hachette. 349p. 1959. p.141

284 Madame Roland, Mémoires. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 635 p. 2004. p.193, 194

285 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.307

286 Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions. Autres œuvres autobiographiques. In : Œuvres complètes. I. La Pléiade. 1969p. 1959. p.565

287 Saint-Just, Œuvres complètes. Folio. Histoire. Gallimard. 2004. p.480, 668

288 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.67

289 Élisabeth Vigée-Lebrun, Souvenirs. I. Une édition féministe de Claudine Herrmann. Des Femmes. 360p. 1984. p.122

290 Voltaire, Correspondance. IX. (juillet 1767-septembre 1769). La Pléiade. 1601p. 1985. p.631

291 Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1986. p.764, 765, 781, 915

292 France Culture, Les chemins de la philosophie. L’école de Francfort. 19 novembre 2019

293 Émile Zola, Correspondance. V. 1884-1886. Les Presses de l’Université de Montréal. Éditions du CNRS. 515p. 1985. p.145. note 9

294 Michèle Le Dœuff, L’étude et le rouet. Éditions du Seuil. 379p. 1989. p.287

295 France Culture, Entendez-vous l’éco ? Portraits de femmes économistes. Elinor Ostrom. 9 mars 2021

296 In : Raymond Aron, Croire en la démocratie. 1933-1944. Pluriel. 254p. 2017. p.111

297 Arte, Ni Dieu, ni maître. Une histoire de l’anarchisme. 11 avril 2017

298 Huguette Bouchardeau, Un coin dans leur monde. Syros. 134p. 1980. p.57

299 In : Edmund Burke, Réflexions sur la révolution de France. Pluriel. 816p. 2011. p.330

300 Louise Colet, Madame du Chatelet, Lettres inédites au Maréchal de Richelieu et à Saint Lambert. In : La Revue des deux mondes. II.1845. (Lisible sur le net)

301 Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe. Gallimard. Tome I. p.19

302 Sylvain Maréchal, Projet de loi portant défense d’apprendre à lire aux femmes. Ed. Mille et une nuits. n° 522. 2007. 109 p. Édition établie par Michelle Perrot.

303 Maurice Dommanget, Sylvain Maréchal, ‘L’homme sans Dieu’ (1750-1803). Vie et œuvre de l’auteur du Manifeste des égaux. Ed. Spartacus. 508 p. 1950. p.390

304 Albertine Clément-Hemery, Les femmes vengées de la sottise d’un philosophe du jour. In : Opinions de femmes. De la veille au lendemain de la Révolution française. Préface de Geneviève Fraisse. Édition Côté-femmes. 176p. 1989. 532p. 2014. p.81 à 128

305 François Dosse, Castoriadis. Une vie. La Découverte. 525p. 2014. p.380

306 Jacqueline Hoareau et Pascal Texier, Révolution française, In : Dictionnaire des Droits de l’homme. Sous la direction de Joël Andriantsimbazovina, Hélène Gaudin, Jean-Pierre Marguénaud, Stéphane Rials, Frédéric Sudre. PUF. 1074 p. 2008. p.860

307 France Culture, Les cours du Collège de France. Leçon inaugurale de Georges Duby. 27 août 2017

308 France Culture, Les inconnus de l’Histoire. Guillaume Le Maréchal. 16 mars 1982 [Réécoute. 17 janvier 2020]

309 Moses. I. Finley, Économie et société en Grèce ancienne. La Découverte. Poche. 322p. 2007. p.42

310 Marie-Claire Hook-Demarle, La femme au temps de Goethe. Stock. 378p. 1987. p.1

311 Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frèreUn cas de parricide au XIXème siècle, présenté par Michel Foucault. Collection Archives. Gallimard. Julliard. 350p. 1973

312 Michel Foucault, Dits et écrits. 1954-1988.II. 1976-1988. Quarto. Gallimard. 1735 p. 2001. p.319

313 France Culture, Mémoires du siècle. Yvonne Sadoul. La madone du Bolchévisme. 22 juillet 2017 [1ère diffusion. 13 août 1990]

314 Les passions d’Henri Guillemin. À la Baconnière. 448p. 1994. p.102 à 105

315 Jean Guitton, Œuvres complètes. Journal de ma vie. Desclée de Brouwer. 747p. 1976. p.238

316 LCP, Eva Braun épouse Hitler. 30 mai 2017

317 Eric Hobsbawm, L’Ère des révolutions. Éditions Complexe. 2000. 341p. p.347

318 Eric Hobsbawm, Franc-Tireur. Autobiographie. Ramsay, 521p. 2005. p.191

319 Eric Hobsbawm, Franc-Tireur. Autobiographie. Ramsay, 521p. 2005. p.314

320 Eric Hobsbawm, Et le monde changea. Réflexions sur Marx et le marxisme de 1840 à nos jours. Actes sud. 2014. 493p.

321 Jean Jaurès, Histoire socialiste de la révolution française. Tome VI. 544p. 1972. p.24

322 Victorine Brocher, Souvenirs d’une morte vivante. Une femme dans la commune de 1871. Libertalia. 334p. 2017. p.71

323 France Culture. Concordance des temps. La parisienne : splendeurs et misères. 1er février 2020

324 France Culture. Concordance des temps. 3 octobre 2020

325 France Culture. Concordance des temps. 10 octobre 2020

326 France Culture, Concordance des temps. L’art des lumières : fabrique de la race. 5 décembre 2020

327 Louis Joinet, Mes raisons d’état. Mémoires d’un épris de justice. La découverte. 351p. 2013. p.248

328 Daniel Guérin, Anthologie de l’anarchisme. Ni dieu, ni maître. La Découverte. Poche. 768p. 2012. p.401

329 Simon Leys, Les habits neufs du président Mao. Chronique de la révolution culturelle. Bibliothèque asiatique. Editions Champs Libre. 3ème édition. 314 p. 1975. p.114

330 George Sand, Correspondance. Garnier Flammarion. Tome 9ème . 1972. 1020 p. p.94. note 2

331 Anne Martin-Fugier, La place des bonnes. La domesticité féminine à Paris en 1900. Grasset. 382p. 1979. p.85, 86

332 France Culture, Le cours de l’histoire. 30 octobre 2019

333 France Culture, Le cours de l’histoire. 27 novembre 2019

334 France Culture, Le cours de l’histoire. 4 décembre 2019

335 France Culture, Le cours de l’histoire. 2 mars 2020

336 France Culture, Le cours de l’histoire. 2 mars 2020

337 France Culture, Le cours de l‘histoire. Quand le rire s’empare de la radio, les ondes se gondolent. 1er avril 2021

338 Matthieu Galey, Journal Intégral. 1953-1986. Bouquins. Robert Laffont. 983p. 2017. p.52

339 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. I. La Pléiade. 1530p. 1976. p.137, 248, 1364

340 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. II. La Pléiade. 1308p. 1939. p.656

341 Michelet, Jeanne d’Arc. Folio. Classique. 318p. 1998. p. 108, 109, 144

342 Le Monde Diplomatique. janvier 2020. p.24

343 Edgar Morin, Au rythme du monde. Mondes, crises, révolutions : Edgar Morin décrypte un demi siècle d’histoire contemporaines. Archi Poche. 588p. 2015. p.130

344 Le Monde Diplomatique, Bonne feuilles. Gérard Noiriel. Histoire populaire de la France. août 2018. p.14, 15

345 Pascal Ory, ‘Tout le monde ne peut pas être orphelin…’ In : Autrement. Pères et fils. Masculinités d’aujourd’hui. 228 p. juin 1984. p.120, 121

346 Michelle Perrot, L’Histoire saisi par le genre. Université des tous les savoirs. (Sous la direction d’Yves Michaud) Qu’est ce que la société ? Volume 3. Éditions Odile Jacob. 897p. 2000. p.277 à 287

347 Le Monde. Idées, ‘Cette panthéonisation est une exception’. 30 juin 2018. p.2

348 Voltaire, Le droit du seigneur ou l’écueil du sage. Lampsaque. 2002. 249p.

349 Jacques Prévert, Les dossiers de l’écran. In : Œuvres complètes. II. La Pléiade. Gallimard. 1553p. 1996. p.662

350 Pierre Rosanvallon, Le peuple introuvable. Histoire de la représentation démocratique en France, Folio. Histoire. 491p. 1998

351 Chaîne Toute l’histoire, Les suffragettes, ni paillassons, ni prostituées. 3 février 2016

352 Hippolyte Taine, Les origines de la France contemporaine. Bouquins. Laffont. Tome 1. 839p. 1986. p.643

353 Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma. Les réalisateurs. Bouquins. Robert Laffont. 1008 p. 2003. p.694

354 Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma. Les réalisateurs. Bouquins. Robert Laffont. 1008 p. 2003. p.942

355 Pierre Vidal-Naquet, In : Mosses I. Finley. Démocratie antique et démocratie moderne. Petite bibliothèque Payot. 1976. 1994. p.9, 10, 42

356 Paroles de femmes, Sous la direction de Jean-Pierre Guéno. Radio France. 157p. 2009. p.16,17

357 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.351

358 In : Michelet, Histoire de la Révolution française. La Pléiade. Gallimard. Tome I. 1530p. 1976. Note de la page 994. p.1483

359 Source oubliée de noter, à retrouver

360 Madame Lafarge, ‘Dans le silence recueilli de ma prison’. Mémoires. 1840. Tallandier. La bibliothèque d’Évelyne Lever. 2008. 391p.

361 Madame Lafarge, Heures de prison. Librairie nouvelle. 1854. 391p. (Lisible sur Gallica, Google books)

362 Michel Winock, Clemenceau. Perrin. 568p. 2007. p.115, 116

363 Michel Winock, Le siècle des intellectuels. Le Seuil. 706p. 1997. p.441 à 448

364 Michel Winock, Journal Politique. La république Gaullienne. 1958-1981. Éditions Thierry Marchaisse. 2015. 496p.

365 France Culture, Michel Winock. Avoir raison avec Germaine de Staël. 17 juillet 2017

366 France Culture, LSD. La commune. Une photo de famille. 17 mars 2021

367 Marguerite Yourcenar, Les yeux ouverts. Entretiens avec Mathieu Galey. Le livre de poche. 314p. 1980. p.203

368 Jean Ziegler, Les nouveaux maîtres du monde. Et ceux qui leur résistent. Fayard. Points. Essais. 361p. 2015. p.266, 267, 337, 339

369 Émile Zola, Mes haines. Collection des Œuvres complètes. Fasquelle. 316p. 1928. p.89, 90


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