Abécédaire
 Marie-Victoire Louis

Violences

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 14/06/2021
date de publication : 14 juin 2021
mise en ligne : 14/06/2021
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À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 14.340 items et 23 rubriques : I. Culture » (701) ; II. Droit (248) ; III. Êtres humains (695) ; IV. Corps (343) ; V. Enfants (190) ; VI. Femmes (1875) ; VII. Hommes (856) ; VIII. Relations entre êtres humains (1085) ; IX. Famille (416) ; X. Féminisme (443) ; XI. Justice (683) ; XII. Langage (838) ; XIII. Patriarcat (527) ; XIV. Penser (1170) ; XV. Politique (1617) ; XVI. Pornographie (133) ; XVII. Proxénétisme (310) ; XVIII. « Sciences » sociales (443) ; XIX. Démographie (36) ; XX. Économie (712) ; XXI. Histoire (441) ; XXII. Sexes [Sexualité, Sexisme…] (155) ; XXIII. Violences (426) … et continuera d’évoluer.

14 juin 2021

XXIII. Violences

En noir. Items nouveaux (et modifiés)

I. Viol : Viol (1, 2) ; Par ordre alphabétique. Viol (Balkany Patrick) ; Viol (Bataille Georges) ; Viol (Brassens Georges) ; Viol (Canard enchaîné Le) ; Viol (Clouzot Henri-George) ; Viol (Correctionnalisation (du) ; Viol (Culture) (1, 2) ; Viol (Déni) (1, 2, 3) ; Viol (Dominations. France Culture) ; Viol (Impuissance des femmes) ; Viol (Fan) ; Viol (Galey Matthieu) ; Viol (Goretti Marietta) ; Viol (« Hélas ») ; Viol (Hymen) ; Viol (Lahaie Brigitte) ; Viol (Langage) (1, 2, 3) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Viol (Macron Emmanuel) ;Viol (Maupassant Guy de) ; Viol (Michelet Jules) ; Viol (Naouri Aldo) ; Viol (« Orgie ») ; Viol (« Pudeur ») ; Viol (Racisme) ; Viol (Romans anglais. XIXème siècle) ; Viol (Tentative de) ; Viol (Tulard Jean) (1, 2) ; Viol (Vallet Odon) ; Viol (Vergès Jacques) ; Viols (et vol) (1) Par ordre chronologique (2) ; Viols (« en série » (en bande organisée, en réunion, collectifs) ; Viol Violeur (Dénégation) ; Viol Violeur (Dr Tordjman (Gilbert) ; Viols (Violeurs. Soldats russes en Allemagne) ; (50)

II. Violence-s : Violences (1, 2, 3, 4) ; Par ordre alphabétique. Violences (Breton André) ; Violences (Churchill Winston) ; Violences (« Conjugales ») (1, 2) ; Violences (Conséquence) ; Violences (Consentement) ; Violence (« Cycle de la violence ») ; Violences (Cyrulnik Boris) ; Violences (David-Neel Alexandra) ; Violences (Décapitation) ; Violences (Diderot) ; Violences (« Dix commandements ») ; Violences (France Culture) (1, 2) ; Violences (Jarry Alfred) ; Violences (Kropotkine Pierre) ; Violences (Loi…) (1, 2) ; Violences (Lois religieuses) (1) (Christianisme) (1, 2, 3) ; Violences (Lois religieuses) Islam (1, 2) ; Violences (Logement) ; Violences (Marat) ; Violences (« Métaphore de la tasse de thé ») ; Violences (Montesquieu) ; Violences (Nietzsche Friedrich) ; Violences (Nin Anaïs) ; Violences (Pascal Blaise) ; Violences (Pareto Vilfredo) ; Violences (Prêtres) ; Violences (« Pudeur ») ; Violences (Regrets) ; Violences (Respect) ; Violences (Rousseau) ; Violences (Sports) ; Violences (« Stress post traumatique ») ; Violences (Suicide) ; Violences (Suicide après assassinat[s]) ; Violence-s (Symbolique-s) ; (46)

III. Violences. Sade : Violences. Sade (1, 2, 3) ; Par ordre alphabétique Violences. Sade (Apollinaire) (1, 2) ; Violences. Sade (Bataille Georges) ; Violences. Sade (Blanchot Maurice) ; Violences. Sade (Breton André) ; (Violences. Sade (Camus Albert) ; Violences. Sade (Deforges Régine) ; Violences. Sade (Delon Michel) ; Violences. Sade (Dworkin Andrea) ; Violences. Sade (Flaubert Gustave) ; Violences. Sade (France Culture) ; Violences. Sade (Jeangène Vilmer Jean-Baptiste) ; Violences. Sade (Heine Maurice) ; Violences. Sade (Klossowski Pierre) ; Violences. Sade (Lely Gilbert) ; Violences. Sade (Le Monde) ; Violences. Sade (Lévy Bernard-Henri) ; Violences. Sade (Miller Alice) ; Violences. Sade (Nadeau Maurice) ; Violences. Sade (Prix) (1, 2, 3) ; Violences. Sade (Sacher-Masoch Leopold von) ; Violences. Sade (Starobinski Jean) ; Violences. Sade (Tulard Jean) ; Violences. Sade (Vaneigem Raoul) ; Violences. Sade (Winock Michel) ; (33)

IV. Violences à l’encontre des enfants : Par ordre alphabétique. Violences à l’encontre des enfants (« Ballets roses ») (1, 2) ; Violences à l’encontre des enfants (Béjart Maurice) ; Violences à l’encontre des enfants (Bernanos Georges) ; Violences à l’encontre des enfants (Bruckner Pascal, Finkielkraut Alain) ; Violences à l’encontre des enfants (Buchenwald. 1945) ; Violences à l’encontre des enfants (Circoncision) ; Violences à l’encontre des enfants (« Fantasme ») ; Violences à l’encontre des enfants (Fessée) ; Violences à l’encontre des enfants (Galey Matthieu) ; Violences à l’encontre des enfants (Gide. André) ; Violences à l’encontre des enfants (Hugo Victor) ; Violences à l’encontre des enfants (Lang Jack) ; Violences à l’encontre des enfants (Langage) ; Violences à l’encontre des enfants (Léautaud Paul) ; Violences à l’encontre des enfants (Le Vasseur Thérèse) ; Violences à l’encontre des enfants (Loi) ; Violences à l’encontre des enfants (Lou Andréas Salomé) ; Violences à l’encontre des enfants (Matzneff Gabriel) ; Violences à l’encontre des enfants (« Mensonges ») ; Violences à l’encontre des enfants (« Pédophiles ») (1, 2, 3) ; Violences à l’encontre des enfants (Pivot Bernard) ; Violences à l’encontre des enfants (Prêtres) (1, 2) ; Violences à l’encontre des enfants (Prytanée) ; Violences à l’encontre des enfants (Réunionnais en France) ; Violences à l’encontre des enfants (Rhénanie. Nord-Westphalie. 2020) ; Violences à l’encontre des enfants (Roland Madame) ; Violences à l’encontre des enfants (Sand George) ; Violences à l’encontre des enfants (Trump Donald) ; Violences à l’encontre des enfants (Vallès Jule) ; (33)

V. Violences à l’encontre des enfants. Infanticides : Par ordre alphabétique. Infanticide (Beccaria Cesare) ; Infanticide (Chine. Shanghai. Années 50) ; Infanticides (Frédéric II, roi de Prusse) ; Infanticide (Gramsci Antonio) ; Infanticide (Histoire) ; Infanticide (Mère) ; Infanticide (Mère. Esclavage) ; Infanticide (Michelet) ; Infanticide (Père) (1, 2, 3) ; Infanticide (Procès. Tunisie (autour de 1914) ; Infanticide (Revendication) ; (13)

VI. Violences à l’encontre des enfants. Inceste : Violences incestueuses (Inceste) (1, 2) ; Par ordre alphabétique. Violences incestueuses (Dolto Françoise) ; Violences incestueuses (Ferré Léo) ; Violences incestueuses (Langage) (1, 2, 3) ; Violences incestueuses (« Lolita ») ; Violences incestueuses (Mythe) (1, 2) ; Violences incestueuses (Négation de. Freud Sigmund ; Violences incestueuses (Père « attachement excessif » au père) ; Violences incestueuses (Saint-Phalle Niki de) ; (13)

VII. Violences à l’encontre des femmes : Violences à l’encontre des femmes (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) ; Par ordre alphabétique. Violences à l’encontre des femmes (Abitbol Sarah) ; Violences à l’encontre des femmes (Aditayanath Yogi) ; Violences à l’encontre des femmes (Aragon Louis) ; Violences à l’encontre des femmes (Bakounine Michel) ; Violences à l’encontre des femmes (Balzac Honoré de) (1, 2) ; Violences à l’encontre des femmes (Baudelaire) ; Violences à l’encontre des femmes (Brésil. XIXème siècle) ; Violences à l’encontre des femmes (Buckingham Duc de) ; Violences à l’encontre des femmes (Burke Edmund) ; Violences à l’encontre des femmes (Collomb Gérard) (1, 2) ; Violence-s (Cologne. 31 décembre 2015) (1, 2) ; Violences à l’encontre des femmes (Colonialisme) ; Violences à l’encontre des femmes (Coutume) ; Violences à l’encontre des femmes (Création d’un « Observatoire ») ; Violences à l’encontre des femmes (« Crime d’honneur ») (1, 2) ; Violences à l’encontre des femmes (« Crime passionnel ») ; Violences à l’encontre des femmes (Criminels de paix) ; Violences à l’encontre des femmes (David-Neel Alexandra) ; Violences à l’encontre des femmes (Delorme Florian) ; Violences à l’encontre des femmes (Dépôts de plainte) ; Violences à l’encontre des femmes (Dire) (1, 2, 3) ; Violences à l’encontre des femmes (Drucker Léa) ; Violences à l’encontre des femmes (Dumas Alexandre, fils) (1, 2) ; Violences à l’encontre des femmes (Église catholique) ; Violences à l’encontre des femmes (Enquêtes) (1, 2) ; Violences à l’encontre des femmes (Équivalence) ; Violences à l’encontre des femmes (« Erreur ») ; Violences à l’encontre des femmes (« Fantasmes ») ; Violences à l’encontre des femmes (« Féminicide ») (1, 2, 3) ; Violences à l’encontre des femmes (Fielding Henry) ; Violences à l’encontre des femmes (Frémiot Luc) (1, 2) ; Violences à l’encontre des femmes Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4) ; Violences à l’encontre des femmes (Front national) ; Violences à l’encontre des femmes (Gainsbourg Serge) ; Violences à l’encontre des femmes (Gifle) ; Violences à l’encontre des femmes (Godard Jean-Luc) ; Violences à l’encontre des femmes (Guy Gilbert) ; Violences à l’encontre des femmes (Handke Peter) ; Violences à l’encontre des femmes (Hollande François) ; Violences à l’encontre des femmes (Hugo Victor) (1, 2, 3) ; Violences à l’encontre des femmes (Jablonka Ivan) ; Violences à l’encontre des femmes (Landru) ; Violences à l’encontre des femmes (Langage) ; Violences à l’encontre des femmes (Leiris Michel) ; Violences à l’encontre des femmes (Luttes sociales) ; Violences à l’encontre des femmes (Mafia) ; Violences à l’encontre des femmes (Manifestation du 24 novembre 2018) ; Violences à l’encontre des femmes (Manifestation du 23 novembre 2019) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) ; Violences à l’encontre des femmes (Martin-Fugier Anne) ; Violences à l’encontre des femmes (Mauduit Xavier) (1, 2) ; Violences à l’encontre des femmes (Message au répondeur de Là-bas si j’y suis) ; Violences à l’encontre des femmes (Mey louise) ; Violences à l’encontre des femmes (Meyer Daniel) ; Violences à l’encontre des femmes (Moreno Élisabeth) ; Violences à l’encontre des femmes (Mutilations sexuelles) ; Violences à l’encontre des femmes (Nationalisme / Impérialisme) ; Violences à l’encontre des femmes (Négation / Négationnisme) (1, 2) ; Violences à l’encontre des femmes (« Occultées ») ; Violences à l’encontre des femmes. Oufkir Fatéma) ; Violences à l’encontre des femmes (« On doit jamais battre une femme, même avec une fleur ») ; Violences à l’encontre des femmes (Pardon) ; Violences à l’encontre des femmes (Petrucciani Loana) ; Violences à l’encontre des femmes (Philippe Édouard) ; Violences à l’encontre des femmes (Piolle Éric) ; Violences à l’encontre des femmes (Polanski Roman) (1, 2) ; Violences à l’encontre des femmes (Pradié Aurélien) ; Violences à l’encontre des femmes (Renoir Jean) ; Violences à l’encontre des femmes (Robin Muriel) ; Violences à l’encontre des femmes (Robinson Mary) (1, 2) ; Violences à l’encontre des femmes (Roudinesco Élisabeth) ; Violences à l’encontre des femmes (Rues de Paris) ; Violences à l’encontre des femmes (Sand George) ; Violences à l’encontre des femmes (Schiappa Marlène) (1, 2, 3, 4) ; Violences à l’encontre des femmes (Silence des femmes) (1, 2) ; Violences à l’encontre des femmes (Simpson O. J) ; Violences à l’encontre des femmes (Steinem Gloria) ; Violences à l’encontre des femmes (Sylvestre Anne) ; Violences à l’encontre des femmes (Trump Donald) ; Violences à l’encontre des femmes (Victorine) ; Violences à l’encontre des femmes (Voltaire) (1, 2) ; Violences à l’encontre des femmes (Zola Émile) ; (125)

VIII. Violences à l’encontre des femmes. « Droit de cuissage » : « Droit de cuissage » (1, 2) ; Par ordre alphabétique Aragon (Louis) ; Assiette de porcelaine ; Aubry (Martine) ; Auguste ; Balzac (Honoré de) (1, 2, 3) ; Barbara ; Belgique (1960) ; Bistula (Maria) ; Caserio (Sante Geronimo) ; Chaunu (Pierre) ; Charrière (Isabelle de) ; Comminges (Comte de) ; Colet (Louise) ; Debré (Robert) ; Dolto (Françoise) ; Fielding (Henry) ; France (Révolution. 1789) ; Giroud (Françoise) (1, 2) ; Guillaumin (Émile) ; Hugo (Victor) (1, 2, 3) ; Interdiction de recherche de paternité ; Janin (Jules) ; Kapuscinski (Ryszard) ; Knobelspiess (Roger) ; Lefèvre (Frédéric) ; Luther ; Mann (Thomas) ; Marat ; Marx (Karl) et Engels (Friedrich) ; Michelet (1, 2) ; Montaigne ; Mugnier (Abbé) ; Perrault (Gilles) ; Pétain (Philippe) ; Phoolan Devi ; « Prime de mariage » ; Richardson (Samuel) (1, 2, 3) ; Ferdinando IV (Roi de Naples et de Sicile) ; Rousseau (Jean-Jacques) ; Russie (1928) ; Russie (1929) ; Sartre (Jean-Paul) ; Université, CNRS ; Sicile (1, 2) ; Simenon (Georges) ; Sinclair (Anne) ; Sylvestre (Anne) ; Thackeray (William Makepeace) ; Tolstoï (Léon) (1, 2, 3) ; Tulard (Jean) ; Vaillant (Roger) ; (Voltaire) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13) ; Zinoviev (Alexandre) ; Zola (Émile) (1, 2, 3) ; (81)

IX. Violences à l’encontre des femmes. Harcèlement sexuel : Harcèlement ; Par ordre alphabétique Harcèlement sexuel (Akerman Chantal) ; Harcèlement sexuel. Anachronisme ; Harcèlement sexuel (Appel. Levons l’omerta. 10 mai 2016) ; Harcèlement sexuel (Avocat général. 2002) ; Harcèlement sexuel (Diderot Denis) ; Harcèlement sexuel (Fonction) ; Harcèlement sexuel (Gide André) ; Harcèlement sexuel (Grahn Lucile) ; Harcèlement sexuel (Lanzmann Claude) (1, 2) ; Harcèlement sexuel (Lewinski (Monica) ; Harcèlement sexuel (Lois) ; Harcèlement sexuel (Macron Emmanuel) ; Harcèlement sexuel (Question prioritaire de constitutionnalité) ; Harcèlement [sexuel] (« de rue ») ; Harcèlement sexuel (Vallaud-Belkacem Najet) ; Harcèlement [sexuel] (Vergès Jacques) ; (18)

X. Violences patriarcales : Violences patriarcales (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) Par ordre alphabétique Violences patriarcales (Tchékhov Anton) ; Violences patriarcales (Pédagogie) ; Violences patriarcales (Résistance) ; Weinstein Harvey ; (11)

14 juin 2021 : 426 items

I. Viol :

Viol :

Viol (1) : Le viol est au patriarcat - et donc au proxénétisme - ce que le fouet (et le viol) est à l’esclavage.

Viol (2) : Le viol est sans doute si déstructurant non pas tant parce qu’il attaque, fracture « l’intime » - si souvent, synonyme de « sexe » - mais parce qu’il attaque, qu’il fracture la séparation de l’être humain et du monde, et donc les relations entre eux.
En détruisant les frontières physiques, mentales, imaginaires nécessaires à la construction de soi dans le monde, le viol détruit l’idée même d’un être-pour-soi.
La préservation de soi, la protection de soi ayant été fracturées, la construction de soi doit être rebâtie sur d’autres fondements.
Comprendre ces violences dans leur complexité et en politiser la dénonciation en est sans doute le meilleur moyen de se reconstruire et de construire un autre monde. (Cf. Êtres humains. Frontières, Politique. Frontières)

Par ordre alphabétique. Viol :

Viol (Balkany Patrick) : (29 juin) 2009. Le Monde dans un article intitulé Patrick et Isabelle Balkany, Les amis du Président [Sarkozy] évoque « un scandale ridicule lorsqu'une maîtresse porta plainte, en 1997, après que Patrick Balkany l'eut obligée à lui administrer une fellation sous la menace d'un 357 Magnum 3. » 1 (Cf. Droit, Justice, Politique. Médias)
* Ajout. (14 mai) 2019. Le Figaro rapporte la réaction à la Police judiciaire de son épouse Isabelle Balkany en soutien et défense de son mari - jugée « cash » par le journal - :
« Mon mari n’a jamais eu besoin d’un révolver pour se faire ‘tailler un pipe’. » 2 (Cf. Droit, Justice, Politique. Médias)
Et voilà comment les femmes violées étaient - et sont toujours - traitées par le droit, la justice, les médias.

Viol (Bataille Georges) : 1966. Georges Bataille [1897-1962], dans son livre intitulé : Ma mère, peut concomitamment écrire :
- « Je suis né des amours qu’il [son père, alors âgé de 35 ans] avait eu avant mariage avec ma mère qui avait 14 ans. » (p.28)
- « J’évitais à toute force de reconnaître la vérité, que plus tard, avant de mourir, m’obligea à voir ; qu’à 14 ans elle avait poursuivi mon père, et lorsque la grossesse dont je suis le fruit obligea la famille à les marier, c’est elle qui allait de débauche en débauche, le corrompant jusqu’au bout, avec la même obstination sagace qu’elle devait montrer avec moi. » (p.38)
- Sa mère : « […] J’avais 13 ans et j’étais enragée. Ton père m’a trouvée dans les bois. J’étais nue et je croyais qu’avec mon cheval, nous étions les bêtes des bois…[…] Je rêvais de filles ou de faunes ; je savais qu’ils m’auraient dérangées. Ton père m’a dérangée. […]
Soudain, ma mère pleura, elle fondit en sanglots. Je la pris dans mes bras.
- Mon enfant, disait-elle, mon enfant des bois ! Embrasse-moi : tu viens de feuillage des bois, de l’humidité dont je jouissais, mais ton père, je n’en voulais pas, j’étais mauvaise. Quand il m’a trouvé nue, il m’a violée, mais j’ai mis son visage en sang ; je voulais lui arracher les yeux. Je n’ai pas pu.
- Maman, criai-je.
- Ton père m’avait épiée. Je crois qu’il m’aimait […]. » (p.62, 63) 3 (Cf. Famille, Pornographie, Violences. Sade)

Viol (Brassens Georges) : 1952. Pendant des dizaines d’années, nous avons été des millions, ravie-s, sans n’y voir aucun mal, de chanter Le gorille de Georges Brassens et à trouver légitime que le viol d’un juge ait été préféré par le gorille à une « vieille décrépite ». (Cf. Femmes, Justice. Juges)

Viol (Canard enchaîné Le) : (17 mars) 2021. Lu dans la chronique Cinéma du Canard enchaîné, concernant le film I need a ride to California :
« La scène finale du viol met une ombre noire au tableau, même si l’héroïne se relève et continue sa marche. » Ouf ! on a eu peur…

Viol (Clouzot Henri-Georges) : (13 août) 2020. Henri-Georges Clouzot [1907-1977], à qui un producteur veut imposer Brigitte Bardot comme actrice :
« Je n’aime pas tellement me laisser violer. » 4 Ce qui ne l’empêcha pas de la violenter.

Viol (Correctionnalisation du) : Négation du crime, négation du droit. (Cf. Droit. Justice)

Viol. Culture :

Viol (Culture) (1) : (11 octobre) 1760. Voltaire [1694-1778] lors de ce qui fut appelé la « Guerre de sept ans [1756-1763] » évoque de l’entrée des Russes à Berlin. Voici les présentations qu’il en fait à ses interlocuteurs français:
- le 26 octobre 1760 à Jean-Robert Tronchin [1710-1793] :
« Les Russes ont pris pour eux à Berlin toutes les vieilles. Soixante et dix, quatre-vingt, nonante, nul âge ne les rebutait. Tout était bon. Ils disaient qu’il fallait laisser les jeunes aux Autrichiens qui ne sont pas si robustes que les Russes. Mon Dieu, que je suis loin d’être russe ! et que vous en êtes près ! »
- le 5 novembre 1760. au seigneur d’Hermenches [1722-1785] :
« Les Russes ont pris pour eux toutes les vieilles, et ont laissé les jeunes aux Autrichiens comme à des gens faibles qui n’auraient pas pu venir à bout des décrépites. Voilà la seule espèce de bravoure dont vous ne vous piqueriez pas. »
- Et ce, tandis qu’à son interlocuteur Russe, il écrit :
- le 7 novembre 1760. à Ivan Ivanovitch Schouvalov [1727-1797] :
« Je ne peux finir cette lettre sans vous dire combien votre nation à acquis d’honneur par la capitulation de Berlin ; on dit que vous avez donné l’exemple de la plus exacte discipline, qu’il n’y a eu ni meurtre, ni pillage ; le peuple de Pierre le Grand eut autrefois besoin de modèle, et aujourd’hui il en sert aux autres. »
- le 15 novembre 1760. au même :
« Je vous fait encore mes compliments sur l’exemple de l’ordre, de l’observation du droit des gens, et de toutes les vertus civiles et militaires que vos compatriotes ont donné à la prise de Berlin. » 5 (Cf. Culture, Femmes, Hommes. Un homme à Berlin, Politique. Guerre, Histoire)

Viol (Culture) (2) : 1960. En France, au terme de la journée de bizutage de l’école vétérinaire de Maison Alfort, lors d’un défilé dans la ville, « dans une atmosphère de franche rigolade, un étudiant de quatrième année harangua ainsi la foule : ‘70 nouveaux vont être lâchés dans la ville. Maris, serez vos femmes, Femmes, serez vos filles. Filles, serez les fesses’. » 6 (Cf. Culture, Patriarcat, Histoire)

Par ordre chronologique. Viol. Déni :

Viol (Déni) (1) : (1er août) 1835. Alexis de Tocqueville [1805-1859], dans ses Voyages en Angleterre et en Irlande, rapporte un échange avec un juge de la Cour d’Assises de Galway , « un vieillard très estimé pour son expérience et son savoir ». Après que celui-ci lui ait confirmé que « les faits de violences [étaient] très nombreux dans cette partie de l’Irlande » Tocqueville l’interroge :
« J’ai vu sur les différents Calendars (liste des causes criminelles), beaucoup de rapes (viols). J’avais entendu dire que les mœurs étaient très pures. Comment ces deux choses peuvent-elles se concilier ? » La réponse du juge fut :
« Les mœurs sont en effet très pures. Presque toutes les accusations de rape sont faites par des filles qui veulent de cette manière forcer un homme de les épouser. Si le mariage a lieu la poursuite cesse, suivant nos lois. Cette manière d’agir des filles prouve une grande grossièreté des mœurs, mais non leur impureté. » 7
À ce niveau de contradictions, je ne peux que me convaincre un peu plus que toute tentative de justification du patriarcat est tout simplement impossible. (Cf. Patriarcat. Penser)

Viol (Déni) (2) : 1974. Jean-Paul Sartre [1905-1980] dans On a raison de se révolter, se souvient :
« J’ai un ami qui parlait dans un meeting communiste en province. Il a dit : ‘Il ne faut pas violer les foules’. Le dirigeant communiste lui a reproché à la sortie : ‘Tu n’aurais pas dû prononcer le mot de ‘violer’ : il y avait des femmes. »
L’explication que Sartre en donne est que : « Les communistes sont puritains. » 8
Ainsi, pour lui, selon le langage commun, ici, qu’ici il conforte : viols = femmes = puritanisme (exit les hommes, leurs violences et le patriarcat) (Cf. Femmes. « Puritaines », Langage. Critique de mot : « Puritain-e », Patriarcat)

Viol (Déni) (3) : 1995. Je lis dans le Guide des films. 1895-1985. L-Z, coordonné par Jean Tulard), à la présentation du film de Roman Polanski, Tess d’Uberville [1979], que Tess « se fait engrosser par […] sir Alec. » 9 (Cf. Culture. Cinéma, Violences. Viols. Romans anglais, Droit de cuissage)

Viol (Dominations. France Culture) : (7 au 10 décembre) 2020. France Culture nomme les quatre émissions consacrées au viol : Violé-es. Une histoire de dominations. Au lieu et place de : Les viols, expressions patriarcales de la domination masculine ?
- Je note aussi que si les termes de patriarcat, de domination masculine ne sont pas lisibles, les hommes - comme les femmes, comme les enfants, d’ailleurs - sont, eux aussi, singulièrement absents. Je lis en effet, en exemple, le 9 décembre :
« Les minorités sexuelle et racisées et les victimes d’inceste et/ou de violences dans l’enfance, sont proportionnellement surreprésentées parmi les victimes de violences à caractère sexuel. Les écouter, c’est comprendre les rouages d’un système où le viol n’est pas affaire de sexe ou de sexualité, mais de pouvoir. »
N.B. 1. Les viols, pas plus que les « violé-es », ne sont ni des « histoires », ni des « affaires »…
N.B. 2. Les femmes, pas plus que les hommes, pas plus que les enfants, sont des « minorités », et « minorités sexuelles » ne veut rien dire.
N.B. 3. Les victimes sous-représentées mériteraient-elles moins d’être « écoutées » ?
N.B. 4. « Écouter » « les victimes », France Culture l’accepterait-il pour les juif-ves en 1933 ?
N.B. 5. « Écouter » serait-ce synonyme de « comprendre » ?
N.B. 6. Et « comprendre » qu’il s’agirait de « pouvoir » - un bouleversement intellectuel, n’est- ce pas ? - n’est-ce pas aussi le justifier ? En tout cas, pas de condamner, de lutter contre.
Lamentable. Honteux. (Cf. Femmes. Victimes, Féminisme, Patriarcat. Domination masculine, Violences. Sade. Prix)

Viol (Impuissance des femmes) : Devant l’impuissance des femmes si souvent tétanisées, confrontées aux hommes qui les violent, les battent, les agressent, il y a l’ancestrale permanence de la logique sacrificielle toute patriarcale dont aucune femme ne peut se considérer comme indemne. (Cf. Femmes, Hommes, Patriarcat, Histoire, Psychanalyse. « Inconscient collectif », Violences. Violences à l’encontre des femmes. Polanski Roman)

Viol (Fan) : 2016. Lu : « Inculpé de viol, il a remercié ses fans de leur soutien »… 10

Viol (Galey Matthieu) : (28 février) 1973. Lu dans le Journal de Mathieu Galey [1934-1986] :
« […] La révolution reste à faire. […] Quelle jeune fille, au fond, ne rêve pas d’être violée par un beau prolétaire ? Ruinée, la bourgeoisie se serait déchargée de sa mauvaise conscience. Libre enfin. Femme, après avoir été si longtemps une jeune fille aux genoux serrés. Peut-on imaginer qu’elle se donne seule, quelle s’offre ? Il faudra qu’on la force, pas tout à faire malgré elle. Ce serait plus gai que de se rancir parmi ses bribes de richesses. Chaque jours amenuisées. Après un certain degré de décrépitude, on ne vous viole même plus. On n’en a plus envie. Et c’est triste de ne plus être désirée. » 11 (Cf. Relations entre êtres humains. Désir, Femmes. Jeunes filles. Bourgeoises, Hommes, Patriarcat, Économie. Capitalisme)

Viol (Goretti Marietta) : 1992. Lu dans un Dictionnaire de Femmes célèbres : Marietta Goretti [1890-1902] « Sainte. Italienne » :
« Jeune paysanne illettrée, élevée dans une famille très pauvre, sa mère lui enseigna le catéchisme et les vertus de la chasteté. Elle n’avait que 12 ans lorsqu’un jeune homme du nom d’Alexandre Serenelli [Alessandro. 1882-1970] tenta de la séduire et la menaça de mort si elle lui résistait. Elle se défendit pas ces seuls mots : ‘Dieu ne permet pas cela’. Le jeune homme la frappa lors de quatorze coups de couteau. Elle ne succomba que le lendemain, non sans promettre à son bourreau de prier au cil pour lui. Alexandre Serenelli se convertit, et après 26 ans de pénitencier, vint implorer la pardon de la mère de Marietta. Il lui fit accordé ‘puisque la jeune fille l’avait déjà pardonné’. Il assista à la cérémonie de béatification présidée par le pape Pie XII, le 27 avril 1947. Marietta Goretti fut canonisée en 1950. On la fête le 6 juillet. » 12 (Cf. Justice, Relations entre êtres humains. Pardon, Patriarcat, Politique. Catholicisme, Violences. Violences à l’encontre des Enfant)

Viol (Hélas) : 1997. Edgard Morin, dans Le Monde, auteur de :
« Au cours de ce processus [de la guerre dans l’ex-Yougoslavie], il n’y a pas eu que les bombardements massifs, les exactions multiples, les atrocités, les massacres, les viols qui surviennent, hélas, de part et d’autre dans tous les conflits où la guerre est à la fois ethnique, civile, religieuse […]. » 13

Viol (Hymen) : (16 septembre) 2015. Un chirurgien Brésilien, élève de Ivo Pitanguy, nommé « le père de la chirurgie esthétique », en réponse à une question sur « la chirurgie de l’hymen », auteur de :
« C’est une intervention qu’on demande souvent à des chirurgiens dans les cas de viol. Alors c’est l’État qui règle la facture. Comme une compensation financière. » 14
Est-ce véridique ? Et une « compensation», pour qui ? de quoi ? (Cf. Patriarcat. Hymen, Politique. État)

Viol (Lahaie Brigitte) : (10 janvier) 2018. Brigitte Lahaie déclara :
« On peut jouir d’un viol ».
- Le 12 janvier 2018, elle déclara en pleurs :
« Je regrette que ça a été mal comprise et surtout sorti de son contexte. C'est malheureusement une vérité. J'aurais peut-être dû ajouter ce 'malheureusement', en disant 'malheureusement’, on peut jouir pendant un viol ce qui rend la reconstruction encore plus difficile'. Ce que je voulais dire - parce que je connais par cœur ces questions de sexualité, c'est que parfois, oui, le corps et l'esprit ne coïncident pas. C'est quand le corps et l'esprit ne coïncident pas que ça crée encore plus de difficultés. » 15
- En l’écoutant, j’ai d’abord pensé aux médias - aujourd’hui silencieux - qui, pendant des dizaines d’années, lui ont conféré et laissé la responsabilité de l’« éducation sexuelle » des français-ses. (Cf. Corps, Femmes. Pleurs, Politique. Médias, Pornographie, Sexes)

Viol. Langage :

Viol (Langage) (1) : Le viol : Encore ? toujours ? de plus en plus ? présenté, analysé comme un « fait », un « acte », un « cas », un « agissement », une « affaire », un « dérapage », un « débordement », un « accident », un « passage à l’acte » - dont on décrit le « mode opératoire » - un « drame »... Autant de termes qui nient la violence et donc les viols. Analyse aussi valable pour les autres crimes, de toutes sortes. 16 (Cf. Langage)

Viol (Langage) (2) : « On pille, on tue, on viole » : l’atteinte à la propriété est assimilée à l’assassinat, lesquels subsument et/ou sont subsumés dans le viol, lequel est, en sus, dissocié de l’assassinat. (Cf. Langage)

Viol (Langage) (3) : 2005. Un livre paraît intitulé : Le scandale des ‘tournantes’. Dérives médiatiques, contre-enquête sociologique’. Ce qui est, pour moi, scandale c’est l’emploi du terme de « tournante », qui, dès lors qu’il est sanctionné par la ‘sociologie’ est légitimé et promis - ce qu’il fut - à un brillant avenir. (Cf. Langage, Mot. Critique de mot. Scandale, Sociologie, Violences)
* Ajout. 11 septembre 2016. Lu, à l’occasion du procès de 2015 dit du Carlton :
« Elle a raconté comment une partie fine organisée dans un restaurant de Lambersart avait pris des allures de tournante. » 17 (Cf. Justice, Langage, Proxénétisme, Violences)
* Ajout. 3 avril 2017. Lu :
« Aujourd’hui, et jusqu’à demain soir, se déroulera le procès de plusieurs jeunes, accusés d’avoir violé ‘en tournante’ une jeune fille de 16 ans. » 18 (Cf. Justice, Violences)

Par ordre chronologique. Viol. Langage :

Viol (Langage (1) : (18 décembre) 1776. Voltaire [1694-1778], dans une lettre au marquis de Thibouville [1710-1784] concernant l’héroïne de sa dernière pièce de théâtre, Irène, écrit :
« C’est une femme amoureuse à la fureur du meurtrier de son mari, et qui finit par se tuer au lieu de se laisser violer par son cher amant. » 19
- On lit, dans une lettre au comte d’Argental [1700-1788] en date du 15 décembre 1776, une autre présentation :
« J’ai bien peur qu’on ne se moque d’une femme qui se tue de peur de coucher avec le vainqueur et le meurtrier de son mari, quand elle n’aime pas son mari et adore ce meurtrier. Cela ressemble aux vierges chrétiennes de la Légende dorée qui se coupaient la langue avec leurs dents, et la jetaient aux nez des païens pour ne pas être violées par eux. » (Cf. Corps, Langage)

Viol (Langage) (2) : 1970. Madeleine Jacob [1896-1985] alors chroniqueuse judicaire à L’Humanité et à l’Humanité Dimanche fait état de l’enlèvement et du viol d’une jeune fille de 17 ans « mongolienne », par deux « pères de famille » de 20 et 30 ans. On lit :
« Ils la firent monter dans leur voiture, une fourgonnette, et là… Oui… Vous avez compris. Ils l’emmenèrent à leur hôtel… Et puis, à 120 kilomètres de Paris. Et cela, pendant 10 jours… C’était en août. Ils la maintinrent de force sous une tente. Et ils continuèrent ce qu’ils avaient commencé. » 20
- Pour la fin de l’histoire - dont le mot viol étant est ici absent - dont leurs auteurs ont comparus libres, ils furent condamnés par un tribunal correctionnel, au sein duquel ils « devisaient très souriants et très détendus » à des peines de prison avec sursis. (Cf. Femmes. Silence, Justice, Langage, Viol. Déni patriarcal)

Viol (Langage) (3) : (26 octobre) 2014. Même déni, ou plutôt, même difficulté à nommer le viol, entendu ce jour, une jeune femme africaine évoquant le viol commis par l’homme qui l’avait violée :
« Il a fait ce qu’il avait à faire. » 21 (Cf. Langage. Verbe. Faire)

Viol (Langage) (4) : (20 novembre) 2017. Entendu, dans le cadre d’une émission consacrée à la « justice restaurative », présentée comme à même d’instaurer un dialogue entre condamnés et victimes, une femme qui avait été violée, se présentant en ces termes : « J’ai eu mon histoire… » 22 (Cf. Langage. Verbe. Avoir)

Viol (Langage) (5) : (2 septembre) 2015. Entendu sur France Culture : « un abus de faiblesse…un viol ». 23 (Cf. Politique. Abus)

Viol (Langage) (6) : 2018. Entendu sur radio Courtoisie (radio d’extrême droite) concernant une femme violée, évoquer - en lieu et place - : « une féminité bafouée. » (Poursuivre : riche d’analyses)

Viol (Macron Emmanuel) : (21 octobre) 2020. Emmanuel Macron après l’assassinat de Samuel Patty, concernant les Islamistes, auteur de : « L’ennemi est clairement identifié. Il veut notre mort. Nous allons donc livrer un combat à mort… La république est bonne fille, mais elle ne se laissera pas violer. […] »
Emmanuel Macron a besoin d’un mise à niveau sémantique féministe. 24 (Cf. Langage, Viol. Langage)

Viol (Maupassant Guy de) : 1883. Guy de Maupassant [1850-1893] dans Une vie, auteur de : « […] Il la saisit à bras-le-corps, rageusement, comme affamé d'elle; et il parcourait de baisers rapides, de baisers mordants, de baisers fous, toute sa face et le haut de sa gorge, l'étourdissant de caresses. Elle avait ouvert les mains et restait inerte sous ses efforts, ne sachant plus ce qu'elle faisait, ce qu'il faisait, dans un trouble de pensée qui ne lui laissait rien comprendre. Mais une souffrance aigue la déchira soudain; et elle se mit à gémir, tordue dans ses bras, pendant qu'il la possédait violemment. Que se passa-t-il ensuite ? Elle n'en eut guère le souvenir, car elle avait perdu la tête; il lui sembla seulement qu'il lui jetait sur les lèvres une grêle de petits baisers reconnaissants. Puis il dut lui parler et elle dut lui répondre. Puis il fit d'autres tentatives qu'elle repoussa avec épouvante ; et comme elle se débattait, elle rencontra sur sa poitrine ce poil épais qu'elle avait déjà senti sur sa jambe, et elle se recula de saisissement. Las enfin de la solliciter sans succès, il demeura immobile sur le dos. Alors elle songea ; elle se dit, désespérée jusqu'au fond de son âme, dans la désillusion d'une ivresse rêvée si différente, d'une chère attente détruite, d'une félicitée crevée: ‘Voilà donc ce qu'il appelle être sa femme; c'est cela ! c'est cela ! ‘» 25 (Cf. Corps. Femmes, Famille. Mariage, Sexes)

Viol (Michelet Jules) : 1833. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, auteur de :
« […] Les nations n’ont-elles pas aussi leur inviolabilité ? La France n’est-elle donc pas aussi une personne, et une personne vivante, une vie sacrée à garantir par les pénalités du droit. Ou bien, serait-ce une chose envers qui tout est permis ?
Tuer un homme, c’est un crime. Mais qu’est-ce que tuer une nation ? Comment qualifier ce forfait ? - Eh bien ; il y a quelque chose de plus fort que la tuer, c’est de l’avilir, la livrer à l’outrage de l’étranger, c’est de la faire violer et de lui ôter l’honneur.
Il y a, pour une nation, comme il y a pour une femme, une chose qu’elle doit défendre, ou plutôt mourir. »
26 (Cf. Politique. Frontières, Nationalisme, Patriarcat, Histoire)

Viol (Naouri Aldo) : 2013. Aldo Naouri, « pédiatre et spécialiste des relations intrafamiliales selon (Wikipédia. août 2017) », auteur de :
« Mais violez-la, Monsieur !»
- Il s’agissait d’une injonction adressée à un mari concernant son épouse, laquelle, à l’écoute de ce ‘conseil’ donné à son mari, avait, selon lui, « un sourire jusqu’aux oreilles ».
- Une précision : Il ne s’agit pas, tel que je l’ai lu dans un article, d’une « apologie du viol conjugal », mais d’une légitimation du viol. (Cf. Langage. Adjectif)
- Explication du contexte par Aldo Naouri (critique du comportement du mari insuffisamment exigeant, selon lui) : « Il attendait qu’elle veuille bien. Elle lui demandait rien, donc il y va pas ». ( ! ) Et il poursuit, je n’ose dire, analyse : « …c’est à dire quelque chose qui véritablement remet en place la différence des sexes, avec leur fonctionnement qui est totalement différent. Le fait qu’il y ait éventuellement du désir ou pas du désir, est toujours problématique... ».
N’est-ce pas, plus justement, le « désir » de l’épouse, qui, pour lui, serait « problématique » ? Non, car, en tout état de cause, le désir n’a rien à voir avec un viol.
* Précision : cette histoire vraie était racontée par lui - qui en était «tout à fait tranquille» - après avoir justifié qu’il fallait «apprendre à l’enfant à réprimer ses pulsions». 27
Et c’est ce même homme qui a été considéré par les médias pendant des années, comme un « expert » des enfants et de la famille. (Cf. Êtres humains, Enfants)
* Ajout. 17 mai 2016. À son nom, je lis sur Wikipédia :
« D'autres de ses propos sur le viol parus dans un ouvrage en 1998 ont aussi suscité polémique et l'ont ‘totalement disqualifié’ pour Janine Mossuz-Lavau qui a décidé de ne plus le citer lors de ses dîners en ville. » [Phrase supprimée en août 2017]. (Cf. Proxénétisme. Janine Mossuz-Lavau)

Viol (« Orgie ») : (25 mai) 1926. Samuel Schwartzbard [1886-1938] assassina à Paris Simon Petlioura [1879-1926], ancien chef des armées de la ‘République populaire d’Ukraine’, qu’il jugeait responsable d’avoir organisé les pogromes et les massacres de la population juive en 1918-1920.
Lors du procès qui eut lieu en 1927, plusieurs personnes furent appelées à témoigner par l’avocat de Schwartzbard, Henry Torrès [1891-1966]. Parmi eux, M. Goldstein, président de la « Commission d’enquête sur les pogromes d’Ukraine », qui déclara notamment :
« [À Ovrourtch], on fit venir « les rabbins, les vieillards à barbe blanche, les religieux […] On leur rase la barbe. Puis on les fait danser et chanter leurs chants religieux. Après quoi commence l’orgie. Pour l’orgie, sont amenées les femmes et les filles de ces Juifs, leurs sœurs ; tout est possible : on viole ces femmes et ces jeunes filles sous les yeux de leurs maris, de leurs pères, de leurs frères. Et le matin, quand l’orgie est finie, on tue ces malheureuses, pas une ne reste vivante. » 28 (Cf. Langage, Histoire)

Viol (« Pudeur ») : (9 novembre) 1900. Émile Zola [1840-1902] écrit à Ernest Vizetelly (1853-1922] concernant la traduction de Travail :
« Travail n’effarouchera pas la pudeur anglaise. C’est tout au plus si, dans une unique scène, un peu vive, vous aurez à éteindre les couleurs du tableau.» Et, en note, je lis :
« Zola fait allusion sans doute à la scène au cours de laquelle Fernande est violée par Ragu. » 29 Les terme de pudeur, d’attentats à la pudeur, prennent alors une toute autre signification.

Viol (Racisme) : (17 octobre) 2016. Une interprète en pachtoune, dans la « jungle » de Calais, a été violée par un Afghan.
- Je lis sur Paris Luttes.info : « [...] Face à la répression qui tente de rameuter à sa cause, nous ne pouvons pas laisser la tribune aux idéologies stigmatisantes et simplificatrices. Le jour où le racisme sera mort et que nous banniront l’imaginaire de la race, nous étudierions enfin les cascades d’oppressions complexes qui dégueulent jusqu’à cette femme interprète. »
- Et ses auteur[e?]) osent signer : « Contre les frontières, les nations et le patriarcat ! » 30
- Oseraient-ils lire leur texte à la jeune femme ?
- À l’extrême gauche, la priorité à la lutte de classes - ici prolongée et reconvertie en lutte antiraciste - que l’on espérait révolue, n’est toujours pas morte… (Cf. Politique. Idéologie)

Viol (Romans anglais. XIXème siècle) : 1891. 1924. Le viol est au cœur de deux grands livres de la littérature anglaise, Tess d’Uberville de Thomas Hardy et La route des Indes - A passage to India - de E.M. Forster. Dans le premier, le viol n’est que très allusivement évoqué (en son temps, le court passage concernant le viol, et ce alors que je n’étais pas consciente de ce qui était écrit, était pourtant resté, caché, vivace, dans ma mémoire) ; dans le second, l’auteur laisse planer l’ambiguïté sur sa réalité [ce qui n’est pas le cas du film du même nom de David Lean. 1984]. (Cf. Culture. Cinéma)

Viol (Tentative de) : 1996. Est qualifié ainsi le fait que la personne ait pu s’échapper au violeur, qu’il ait été contraint de fuir, ou que le violeur n’ait pas bandé et / ou n’ait pas éjaculé ? Sans répondre à cette question, la cour de Cassation (Chambre Criminelle. 10 janvier 1996 n° 95-89284) a considéré que :
« Commet une tentative de viol celui qui, après avoir mis un préservatif pour pénétrer la victime, renonce à son acte en raison d’une déficience physique momentanée. » Mais comment distinguer, en termes de responsabilité de l’auteur du crime, ce qui relève d’une «déficience physique momentanée» dont le violeur ne serait pas maître, qu’il n’aurait pas voulu, d’une décision de sa part, après avoir voulu violer sa victime, de cesser ses agissements criminels ? (Prolonger) (Cf. Droit)

Viol. Tulard Jean :

Viol (Tulard Jean) (1) : 1991. Jean Tulard dans son Dictionnaire du cinéma [1991], présente ainsi l’actrice Julie Christie :
« Née aux Indes, elle a suivi à Londres des cours d’art dramatique avant d’être révélée au cinéma par Schlesinger. Elle entame une carrière qui la conduira de l’héroïne romantique (Docteur Jivago, Loin de la foule déchaînée) et les personnages les plus ambigus (Ne vous retournez pas et Le Messager) à la femme moderne (Petulia, Shampoo) qui finira même par être violée par un robot (Demon seed). Heureux robot ! »
- Du même Jean Tulard, dans son même Dictionnaire du Cinéma concernant l’actrice Wray Fay :
« Très belle, elle fut parmi les stars celle qui était toujours préposée au rôle de victime […] Que de cris n’a-t-elle pas poussés ! La terreur se lisait dans ses yeux, son corps se convulsait tandis que le monstre s’approchait et commençait ses assauts. Hélas ! Elle était toujours sauvée des pires sévices au dernier moment. » 31
- Jean Tulard est présenté par Wikipédia en ces termes : « Il est l'un des spécialistes français de Napoléon 1er et de l'époque Napoléonienne, ainsi que de l'histoire du cinéma. Jean Tulard a contribué à plus d'une cinquantaine d'ouvrages, comme auteur unique, en collaboration ou en tant que directeur de la publication. »
- Jean Tulard fut nommé, en 2016 entre autres ‘distinctions’, commandeur de la Légion d’honneur. (Cf. Culture. Cinéma, Histoire)

Viol (Tulard Jean) (2) : 2003. Jean Tulard, dans son Dictionnaire du Cinéma. Les réalisateurs, présentant le film L’amour violé [1977] de Yannick Bellon [1924-2019], auteur de :
« […] D’ailleurs (?) il y a plus d’érotisme dans L’amour violé que dans le cinéma classé X, la scène du viol étant particulièrement réaliste. » Odieux. (Cf. Pornographie. Tulard Jean)
* Ajout. 27 mars 2021. Jean Tulard, dont « l’érotisme » est l’un des principaux critères sur le fondement duquel il ne cessa de juger les films qu’il critique, auteur aussi de :
« C’est le problème du viol qu’abordait Lipstick [1977. Lamont Johnson. 1922-2010], en évitant toute complaisance érotique. » 32 (Cf. Langage. Critique de mot : « Érotisme »)

Viol (Vallet Odon) : 2002. Odon Vallet [philanthrope, il a donné la fortune dont il avait hérité, ‘spécialiste’ des religions], auteur de :
« Entre viols et ‘tournantes’, tourisme sexuel et pédophilie, la justice nationale et mondiale est un tribunal des mœurs. Le légal et le moral ne font qu’un entre les mains des juges et des procureurs, qui ont remplacé prêtres et confesseurs pour défendre le bien et pourfendre le mal. Que les hommes de robe défendent les femmes et les enfants est justifié, mais le bras séculier de la puissance publique leur donne les armes redoutables du procès et de la prison : la moitié des crimes condamnés en France sont des crimes sexuels. [...] On se féliciterait de ce récent intérêt de la justice pour les victimes d'agressions sexuelles si cette sévérité n'avait de graves inconvénients pour la défense des libertés et n'était de faible utilité pour la prévention des agressions. […] » 33
- Conclusion : Légiférer, condamner ne sert à rien ? à pas grand-chose ? Est, en tout cas : « redoutable ». (Cf. Êtres humains. Philanthrope, Justice)

Viol (Vergès Jacques) : 1988. Jacques Vergès [1925-2013], dans Beauté du crime, concernant l’un de ses ‘clients‘, rapporte cet échange entre le juge et lui :
« […] Il (son client) m’appelle au secours ; il était en prison pour viol. Je répondis évidemment à son appel et vins le soir dans sa prison. J’allais voir le juge et le dossier.
- Monsieur le Juge, le viol implique un refus du rapport sexuel. Dans ce dossier, je vois bien l’hémorragie, mais pas le refus
- Cette femme, maître, vous le savez, est plus jeune que lui de trente-cinq ans. Il a abusé de sa supériorité intellectuelle
- Sur ce plan, je pourrais vous opposer Baudelaire :Maudit soit à jamais le rêveur inutile / Qui voulut le premier dans sa stupidité / S’éprenant d’un problème insoluble et stérile / Aux choses de l’amour mêler l’honnêteté’»
- Votre jugement moral a sa valeur, il ne peut remplacer la loi.
- Qui sait ? »
Et Jacques Vergès conclut : « Ainsi, dans notre société prétendument permissive, le stérilet à la main de nouveaux Savonarole enferment les adorateurs de Civa [Shiva]. » 34 (Cf. Culture, Droit, Êtres humains, Justice, Patriarcat, Politique. Morale)

Viol et vol :

Viol (et Vol) (1) : 2014. Ne pas radicalement dissocier un viol d’un vol, qui plus est, considérer qu’un « braquage tourne au viol » 35 c’est assimiler un être humain et une carte de crédit (avec ou sans son code). (Cf. Langage)

Par ordre chronologique. Viol et vol :

Viol (et Vol) (2) : 1831. Victor Hugo [1802-1885] dans Notre-Dame de Paris, évoquant les révoltes populaires à Paris, au Moyen-Âge écrit :
« Les maris songeaient au vol, les femmes, au viol, et tous tremblaient. » 36 (Cf. Histoire)

Viol (« en série », en bande organisée, en réunion, collectifs) : 2015. Victimes et violeurs indissociés. Inapproprié, invalide donc.
* Ajout. 26 novembre 2016. Le commentaire ci-dessus n’est pas approprié et n’est donc pas juste. Pourquoi ? Parce qu’en ne critiquant pas les termes employés, ma critique les conforte. Ainsi :
- L’expression de « viols en série » assimile des produits « en série » à des victimes « singulières ».
- L’expression de « viols en réunion » - qui se réfère aux circonstances dans lequel le viol a été commis - non critiquée est légitimée : or, elle est trompeuse car sa signification juridique ne correspond pas à la signification courante.
- L’expression de « viol de bande organisée » occulte les auteurs du crime, subsumés dans leurs « bandes ».
- L’expression de « viols collectifs », certes signifie que la victime a été violée par plusieurs hommes mais la singularité de chaque violeur est noyée dans le «collectif». (Cf. Langage)

Viol. Violeur :

Viol (Violeur. Dénégation) : (19 février) 2014. Docteur André Hazout, auteur de :
« Je ne suis pas un violeur, je n'ai jamais violé personne. » Accusé de viol et agressions sexuelles sur six femmes, dont cinq se sont constituées partie civile, tandis que trente autre n’ont pu se joindre à elles, du fait de la loi en matière de délit de prescription. Condamné à huit ans de prison pour viols et agressions sexuelles et arrêté à l’audience. 37 L’usure de l’argument de la dénégation ? (Cf. Femmes. Silence. Justice. Imprescriptibilité des crimes en matière de violences à personnes)

Viol (Violeur. Gilbert Tordjman) : 1989. 2002. Gilbert Tordjman [1927-2009], considéré comme « le pape de la sexologie française », un « sexologue de renommée internationale », médecin gynécologue, pédiatre, président de l'Association mondiale pour la sexologie, auteur de nombreux livres, a été mis en examen en 2002, accusé de viols, d’agressions sexuelles et d’attouchement sexuels par quarante patientes.
- Or, que lisait-on dans le livre intitulé La femme et son plaisir, publié en 1989, soit 20 ans auparavant ? Quelques citations :
- « Il est remarquable à quel point certaines femmes ignorent tout de leur anatomie. Elles ignorent notamment que l’orgasme est une série de contractions musculaires involontaires dont on facilite le déclanchement par une participation active et rythmée. » ;
- Dans un paragraphe intitulé : L’affirmation de soi : « Sous hypnose, nous apprenons à la consultante à moduler ses émotions de colère, de jalousie, d’excitation érotique ou de joie profonde. La femme anorgasmique, en effet, tend à inhiber l’expression de ses émotions. Nous lui apprenons aussi à aimer son corps. » ;
- Dans un paragraphe intitulé : La désensibilisation de l’angoisse : « Mieux que la relaxation, l’hypnose permet un déconditionnement de l’angoisse sexuelle, et des différentes phobies qui grèvent la comportement de la femme anorgasmique. » ;
- Dans un paragraphe intitulé : Parfaire l’éveil sensoriel : « Nous avons été surpris par la fréquence selon laquelle nos consultantes se révèlent inaptes à prendre conscience de leur état de désir, ou d’excitation érotique. L’hypnose peut leur faciliter cette prise de conscience, et les aider surtout à reconnaitre le lien entre leurs fantasmes et leurs réactions physiologiques. » ;
Et même : « Le cerveau est et reste notre organe sexuel essentiel. »
38 Moralité : Apprendre à bien lire, à temps.

Viol (Violeurs. Soldats Russes en Allemagne) : 2004. Svetlana Alexievitch, dans La guerre n’a pas un visage de femme, transmet la parole d’un soldat :
« L’offensive progressait… Mes premiers villages allemands… Nous étions jeunes. Vigoureux. Quatre années sans femmes. Dans les caves : du vin. Et puis, de quoi le faire passer. On chopait les filles et… On s’y mettait à dix pour en violer une… Il n’y avait pas assez de femmes, la population fuyait l’armée soviétique. On en chopait qui étaient toutes jeunes. Des gamines.. Douze ans… Si la gosse pleurait, on la battait, on lui fourrait un chiffon dans la bouche. Elle avait mal et nous, ça nous faisait rire. Aujourd’hui, je ne comprends pas comment j’ai pu participer à ça… Un garçon sortant d’une famille cultivée… Mais c’était bien moi…
La seule chose dont nous avions peur, c’était que nos filles, à nous, l’apprennent. Nos infirmières. Devant elles, nous avions honte…
»39 (Cf. Homme. Un homme à Berlin, Violences. niées)

II. Violences :

Violences :

Violences (1) : Avant toute dénomination, spécification et donc analyse de la violence, des violences, partir de ses prémisses : la violence, où qu’elle soit mise en œuvre et qu’elle qu’en soit les auteur-es, est utilisée afin de perpétuer et /ou de changer un rapport de forces, et/ou d’empêcher que le dit changement n’advienne.
* Ajout. 20 août 2017. Pour la critique de l’emploi du terme, cf. notamment « Violences à l’encontre des femmes ». (À poursuivre)

Violences (2) : Le lien entre pauvreté / banlieues, émigrés / étrangers, violences / sexuelles / à l’encontre des femmes, et ce, en lieu avec « peur », « sécurité », « nationalisme » ne cesse de se renforcer. Sans cesse, briser le nœud coulant.

Violences (3) : Penser que la diversité des termes, sans cesse accentuée, a à voir avec la permanence de toute réelle lutte contre elles : « violences familiales », « violences infra-familiales », « violences conjugales », « violences sexuelles », « violences faites aux femmes, sur les femmes, à l’encontre des femmes », « violences faites aux enfants, sur les enfants, à l’encontre des enfants », « violences pédophiles », « violences incesteuses », « violences des hommes, des femmes, des enfants » etc…, auxquels ajouter tout cela mâtiné du « genre ».. (Cf. Langage. Genre)

Violences (4) : Vous mêlez, amalgamez, supprimez auteur-es / victimes, il ne reste plus que des « violences ». Alors, toutes confondues, dépolitisées, abstraitisées, il ne reste plus à l’État qu’à affirmer vouloir les réprimer. Et lui seul aura gagné. (Cf. Politique. État)

Par ordre chronologique. Violences :

Violences (Breton André) : 1946. André Breton [1896-1966], dans le Second Manifeste du surréalisme, auteur de :
« […] C’est même du bouillonnement de ces représentations vides de sens que naît et s’entretient le désir de passer outre à l’insuffisance, à l’absurde distinction du beau et du laid, du vrai et du faux, du bien et du mal. Et comme c’est du degré de cette résistance que cette idée du choix rencontre que dépend l’envol plus ou moins sûr de l’esprit vers un monde enfin habitable, on conçoit que le surréalisme n’ait pas craint de se faire un dogme de la révolte absolue, de l’insoumission totale, du sabotage en règle, et qu’il n’attend encore rien que de la violence. L’acte surréaliste le plus simple consiste, révolvers au poing, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu’on peut dans la foule. Qui n’a pas eu, au moins une fois, envie d’en finir de la sorte avec le petit système d’avilissement et de crétinisation en vigueur a sa place toute marquée dans la foule, ventre à la hauteur du canon. » [Suit une longe note qui se veut d’interprétation de ce qu’il vient d’écrire…] 40 (Cf. Culture)

Violences (Churchill) : (4 juin) 1940. Winston Churchill [1874-1965] dans son discours du 4 juin 1940, auteur de :
« We shall never surrender ».

Violences. Cologne. 31 décembre 2015 :

Violences (Cologne. 31 décembre 2015) (1) : 2015. Des étrangers, non : des hommes étrangers. Du nécessaire oubli des « hommes »…
Sans préjuger de la validité de l’accusation concernant les auteurs de ces violences.
(Cf. Hommes, Langage, Patriarcat)
* Ajout. 21 avril 2021. Je me rends compte que malgré toute la couverture médiatique, je ne sais toujours pas ce qui s’est passé à Cologne ce jour-là. Seules les victimes le savent sans doute. Comment connaitre leurs analyses ?

Violences (Cologne. 31 décembre 2015) (2) : 2017. Je lis dans un interview d’Alice Schwarzer que 624 femmes ont porté plainte pour agressions sexuelles. Son analyse :
« Les hommes étaient mus par un mélange d’idées patriarcales et d’islam politique. » 41 (Cf. Violences à l’encontre des femmes)

Violences « Conjugales » :

Violences (« Conjugales ») (1) : (13 juin) 2016. Sur France Culture, Dounia Bouzar, interrogée par Alain Lewkovicz évoque ses parents qui « se séparent dans un contexte de violences conjugales ».
L’interviewer poursuit : « Vous parlez d’une violence conjugale. Vous savez pourquoi votre père et votre mère se tapaient dessus ? »
Si la grossièreté de ce langage est inacceptable, sémantiquement, la clarification de l’expression utilisée par Donia Bouzar - ne distinguant ni l’auteur ni la violence, indissociablement mêlés - n’est pas erronée. 42 En revanche, dans les deux cas, l’auteur des violences n’est pas nommé. (Cf. Violences. Patriarcales)

Violences (« Conjugales ») (2) : (octobre) 2018. Un clip gouvernemental : Une femme :
« Je suis victime de violences conjugales ». Non. Elle est la victime des violences de son mari / compagnon / amant.

Violences (Conséquence) : Dénoncer une, des violences au nom de ses conséquences, c’est en légitimer le principe, dès lors, fondé.

Violences (Consentement) : 2020. Si certes, ce n’est plus - du moins, de moins en moins - le consentement qui fait le crime, l’insistance actuelle sur le dit consentement peut et doit inquiéter : c’est alors la nature, les conditions, la publicité du consentement que deviennent l’objet du débat et permettent de déterminer la nature, le qualificatif de crime, en détournant alors l’attention du crime et de son auteur. (Cf. Penser. Consentement)

Violence (« Cycle de la violence ») : Pour relativiser ce qui est présenté comme étant « le cycle de la violence » [exercée par les hommes à l’encontre des femmes], entendu dans le film de Carlos Saura, La chasse [1974] :
« Plus l’ennemi se défend, meilleure est la chasse. » Pour relativiser l’analyse ou, plutôt, pour l’invalider ? (Cf. Culture. Cinéma)

Violence (Cyrulnik Boris) : (30 janvier) 2021. Boris Cyrulnik, sur France Inter, auteur de :
« Les femmes sont moins douées pour la violence que les hommes. »
Vu comme cela… si c’est une question de don…. 43 (Cf. Féminisme. Antiféminisme, Patriarcat)

Violences (David-Neel Alexandra) : 1915. Alexandra David-Neel [1868-1969] « bastonne » en Inde ses deux « domestiques » [surpris par elle à « lui voler la petite moitié d’un petit sac d’orge » âgés de 20 et 22 ans, et ce après avoir précisé qu’elle « ne leur donne pas d’argent, mais seulement de la nourriture et des vêtements. »]
Elle écrit alors que « chacun des deux coupables ne tentent pas même d’esquiver les coups sentant qu’ils les ont mérités » et s’étonne qu’après « leur bonne volée » - « C’est drôle, n’est-ce pas ? », écrit-elle à son mari - qu’ils « ont été d’une docilité et d’une attention remarquable à [son] service. »
Et, « philosophe », elle poursuit ses réflexions, d’un certain intérêt, me semble-t-il, sans en être pourtant assurée donc. :
« Mais le plus singulier, pour le philosophe que je suis, c’est d’avoir constaté que cette exécution commencée très froidement, peu à peu, éveillait la colère en moi ; parfois, voire le même le plus souvent, le mouvement de l’esprit déclenche la geste physique qui lui correspond : on est en colère, alors on cogne. Mais, ici, c’était le contraire, le geste physique allait réveiller des centres nerveux correspondant à un sentiment mental : je cognais et je sentais la colère se produire […]. » 44

Violences (Décapitation) : (21 octobre) 2020. Gilles Kepel, sur France Culture, après l’assassinat de Samuel Paty, pose la question : « Comment [l’assassin] a t-il appris à décapiter, car cela s’apprend. »
La question est effectivement nécessaire, dans le cadre d’une enquête. À la radio : ? (Cf. Politique. Médias)
* Ajout. Même jour, sur France Inter, Michel Wieviorka, auteur de : « Techniquement, ça doit être très difficile. » Là, c’est clairement odieux.
- J’apprends au cours de la même émission que Charles Maurras [1868-1952], si souvent vanté sur radio Courtoisie (radio d’extrême droite), avait en mai 1936, écrit : « Il faut tuer Léon Blum [1872-1950] avec un couteau de cuisine. » La citation n’est pas la bonne - et je n’ai pas envie de restituer son exactitude - mais l’idée, le projet est bien celle-là.

Violences (Diderot) : (? octobre) 1767. Diderot [1713-1784], dans une lettre à Madame d’Épinay [1726-1783], auteur de :
« Ce n’est pas à celui qui frappe, c’est à celui qui est frappé à estimer la violence du coup ». (Cf. Justice) 45 Essentielle inversion de l’analyse, dès lors, considérablement complexifiée.
- Le 6 septembre 1768 il écrit à Falconet : « C’est à celui qui est frappé et non à celui qui frappe, qu’il appartient d’apprécier la violence du coup. » [p.853]

Violences. France Culture :

Violences (France Culture) (1) : (20 août) 2020. France Culture ose nommer son débat du jour : L’affaire Dupont de Ligonnès, polar de l’été ? Et j’entends rapidement l’un des « spécialiste » invité, entre autres analyses longuement reproduites sur le site par écrit - pour nous aider à mieux réfléchir sans doute - déclarer : « Xavier de Ligonès, lui-même a créé une fiction » ; suivi de « ça rajoute une couche à la fictionnalité du fait-divers ».
N.B. Pour rappel : Xavier de Ligonnès a assassiné son épouse Agnès Hodanger et ses quatre enfants, Arthur, Thomas, Anne, Benoit.

Violences (France Culture) (2) : (10 mars) 2021. Une jeune fille de 14 ans est assassinée par un jeune garçon et une jeune fille du même âge. Présentation par France Culture [08h 10] :
« Une querelle qui tourne mal et qui fait des blessés et des morts. »
Ni sujet, ni victime, ni auteur-e, ni responsabilité de quiconque, ni analyse, ni spécificités d’aucune sorte ne sont possibles…

Violences (Jarry Alfred) : 1940. Alfred Jarry [1873-1907, rapporté dans L’Anthologie de l’humour noir, d’André Breton [1893-1966] :
« Une autre fois, dans un jardin, il s’amuse à déboucher le champagne à coups de révolver. Des balles s’égarent par-delà la clôture, entrainant l’irruption d’une dame dont les enfants jouaient dans la jardin voisin. ‘S’ils les atteignaient, pensez donc !’ ‘Eh dit Jarry, qu’à ne cela ne tienne, nous vous en ferons d’autres.’ »
Ne pas oublier que c’est à ce type d’humour, et à cette aune, que tant ont été contraint-es de trouver cela drôle. 46 (Cf. Culture, Êtres humains. Relations entre êtres humains. Humour, Féminisme. Humour)

Violences (Kropotkine Pierre) : 1889. Pierre Kropotkine [1842-1921], dans La morale anarchiste, auteur de :
« Aujourd’hui, quand nous voyons un Jacques l’Éventreur égorger à la file dix femmes des plus pauvres, des plus misérables, - et moralement supérieures aux trois quarts des riches bourgeoises - notre premier sentiment est celui de haine. Si nous le rencontrions le jour où il a égorgé cette femme qui voulait se faire payer par lui les six sous de son taudis, nous lui aurions logé une balle dans le crâne, sans réfléchir que la balle eût été mieux à sa place dans le crâne du propriétaire du taudis.
Mais quand nous nous ressouvenons de toutes les infamies qui l’ont amené, lui à ces meurtres ; quand nous pensons à ces ténèbres dans lesquelles il rôde, hanté par des images puisées dans des livres immondes ou par des pensées soufflées par des livres stupides, - notre sentiment se dédouble. Et le jour où nous saurons Jacques entre les mains d’un juge qui, lui, a froidement massacré dix fois plus de vies humaines, d’hommes, de femmes et d’enfants, que tous les Jacques ; quand nous le saurons entre les mains de ces maniaques à froid où de ces gens qui envoient un Borras [Joseph. ?-?] au bagne pour démontrer aux bourgeois qu’ils montent la garde autour d’eux - alors toute notre haine contre Jacques l’Éventreur disparaîtra. Elle se portera ailleurs. Elle se transforme en haine contre la société lâche et hypocrite, contre ses représentants reconnus. Toutes les infamies d’un éventreur disparaissent devant cette série séculaire d’infamies commises au nom de la Loi. C’est elle que nous haïssons. » 47
Si les femmes misérables sont « moralement supérieures aux trois quart (sic) des riches bourgeoises » … [Poursuivre la critique de ce riche tissu de contradictions]. (Cf. Politique. Anarchisme, État)

Violences (Logement) : 1986. Lu dans Hard Times. Histoires orales de la grande dépression de Studs Terkel [1912-2008] :
« Dans l’appartement de trois pièces, le père revenait ivre le soir et battait sa femme. La fille était juste à côté. Ça avait évidemment un effet sur elle. Dans le nouveau logement, quand le père voulait battre sa femme, les garçons le mettaient dans la chambre du fond, et ils l’y enfermaient. Et la fille n’était plus témoin de toute cette violence. C’est arrivé par la seule vertu de l’espace. »
N.B. Et l’épouse n’était plus battue.. Du moins, peut-on l’espérer. 48

Violences. Loi :

Violences (Loi) (1) : Le vice rédhibitoire de la pensée juridique : elle ne peut aborder la question des violences intrinsèques à la loi, la violence étant inhérente à tout système de domination politique. (Cf. Droit, Justice, Politique. État, Loi)

Violences (Loi) (2) : La pensée juridique féministe doit à la fois tenir compte de la critique du droit libéral et de la critique patriarcale : complexe. (Cf. Droit, Justice, Politique. État. Loi, Patriarcat)

Violences. Lois religieuses :

Violences (Lois religieuses) (1) : Animistes, bouddhistes, chrétiennes, hindouistes, juives, musulmanes, etc.., toutes patriarcales, toutes injustes, toutes à abolir. Ceci posé, on peut alors poursuivre dans l’analyse des distinguos entre elles. Et dans leur condamnation. Pas avant. (Cf. Famille, Politique. État, Loi)

Violences. Lois religieuses. Christianisme :

Violences (Lois religieuses. « Dix commandements ») (1) : « Tu ne violeras pas » n’en fait pas partie. Et « la femme » fait partie, au même titre que « la maison », du « bien du prochain ». (Cf. Patriarcat)

Violences (Lois religieuses. Encyclique « Rerum Novarum ») (2) : 1891. L’Encyclique Rerum Novarum est considérée comme l’Encyclique qui posa les fondements dits ‘progressistes‘ de la « doctrine sociale » de l’Église catholique. On y lit :
« Il est des travaux moins adaptés à la femme que la nature destine plutôt aux ouvrages domestiques ; ouvrages d'ailleurs qui sauvegardent admirablement l'honneur de son sexe et répondent mieux, par nature, à ce que demandent la bonne éducation des enfants et la prospérité de la famille. » (Cf. Famille, Femmes, Patriarcat, Politique. État. Lois)
* Ajout. 19 mai 2017. 1936. Dans le Journal d’un curé de campagne de Georges Bernanos [1888-1948], un prêtre plus âgé que ledit curé de campagne lui demande de « se rappel[er] l’histoire ! » et il en donne comme exemple « la fameuse Encyclique de Léon XIII, Rerum Novarum » :
« Vous (les prêtres d’alors, en 1936, donc) lisez cela tranquillement, du bord des cils, comme un manquement de carême quelconque. À l’époque, mon petit, nous avons cru sentir la terre trembler sous nos pieds. Quel enthousiasme ! J’étais, pour lors, curé de Norenfontes, en plein pays de mines. Cette idée si simple que le travail n’est pas une marchandise, soumise à la loi de l’offre et de la demande, qu’on ne peut pas spéculer sur les salaires, sur la vie des hommes, comme sur le blé, le sucre et le café, ça bouleversait les consciences crois-tu ? Pour l’avoir expliquée en chaire à mes bonshommes, j’ai passé pour un socialiste et les paysans bien-pensants m’ont fait envoyer en disgrâce à Montreuil. […] » 49 (Cf. Patriarcat, Histoire)
- En retranscrivant ce texte, je me rends mieux compte de l’importance qu’eut pu avoir une Encyclique concernant le proxénétisme, indissociable de toutes les manifestations de la marchandisation des êtres humains. (Cf. Proxénétisme)

Violences. Lois religieuses. Islam :

Violences (Lois religieuses. Islam) (1) : Ce n’est pas parce que les violences commises au nom de l’Islam sont contraires aux « valeurs-de-la-République » qu’elles doivent être condamnées, mais parce qu’elles sont inhumaines. Rappeler une telle évidence [me] met mal à l’aise. (Cf. Famille, Politique. État, Islamisme. Loi) (Poursuivre)

Violences (Lois religieuses. Islam) (2) : Dès lors que l'Islam est religion d'état, toute législation, et plus spécifiquement tous les codes de la famille, ne peut en être que dépendante ; dès lors toute politique faisant, dans ces états, référence aux droits des femmes, à quelconque égalité entre les hommes et les femmes, à une lutte contre les violences faites aux femmes repose sur une contradiction indépassable en l’état… .
- Lire en ce sens l’incohérence et surtout l’absurdité du communiqué de la présidence de la République Algérienne, à l’occasion d’une modification du code pénal Algérien :
« Notre pays démontre encore une fois son attachement au respect de la dignité humaine qui est au centre de nos valeurs spirituelles et figure aussi parmi les priorités du droit international contemporain » apparait alors au grand jour. Mais il permet aussi de dévoiler que le droit dit international se satisfait fort bien de la permanence de ces lois religieuses. En droit, donc en fait, il les cautionne, les entérine, les légitime. 50 (Cf. Droit. CEDAW, Famille. Code de la famille, Femmes, Patriarcat, Politique. État. Islamisme)

Violences (Marat) : 1771. Marat [1743-1793], dans Les aventures du jeune comte Potowsky, auteur de : « Ils [les princes] doivent à leurs peuples l’exemple des bonnes mœurs et des vertus ; ne sont-ils donc pas inexcusables lorsqu’ils ne leur donnent que celui des vices, lorsqu’ils s’abandonnent aux voluptés les plus honteuses et qu’ils sont les premiers à débaucher les femmes, à débaucher leurs sujets ? » 51

Violences (« Métaphore de la tasse de thé ») : (20 août) 2019. Lu dans Le Monde cette si éclairante « métaphore de la tasse de thé », telle qu’exprimée par l’actrice Emma Thomson :
« C’est très simple, explique-t-elle. Imaginez que la relation sexuelle est comme une tasse de thé. Si vous demandez à quelqu’un : ‘Voulez-vous une tasse de thé ?’ et que la personne s’exclame : ‘J’adorerais !’, courez faire chauffer la bouilloire. Si vous revenez avec la tasse et que la personne vous dit : ‘Hum, Finalement, je n’en ai pas très envie’, vous n’allez quand même pas lui pincer le nez et lui verser de force la tasse dans la bouche ! Ce serait un comportement de fou ! Elle a le droit de changer d’avis. Respect. Autre hypothèse : vous revenez avec la tasse et la lait et voilà que la personne s’est endormie. Vous êtes déçu, mais vous n’allez pas la réveiller pour la forcer à boire. Une personne inconsciente ne peut vouloir de thé ! Vous voyez, c’est simple comme une tasse de thé. » 52 (Cf. Patriarcat, Sexes)

Violences (Montesquieu) : 1734. Montesquieu [1689-1755], dans les Considérations sur les causes de la grandeur des romains et leur décadence, auteur de :
« La vue continuelle des combats de gladiateurs rendaient les Romains extrêmement féroces. » 53

Violences (Nietzsche Friedrich) : 1884. Friedrich Nietzsche [1844-1900] dans Contribution à l’histoire naturelle de la morale, auteur de :
« La cruauté est l’une des plus antiques réjouissances de l’humanité. » 54

Violences (Nin Anaïs) : (avril) 1940. Anaïs Nin [1903-1977], dans son Journal, écrit :
« Je ne crois plus que le marxisme offre une solution aux misères du monde, parce qu’il ne guérit pas l’homme de la violence » ; elle évoque aussi « l’atrophie des sentiments qui crée des criminels. » 55

Violences (Pascal Blaise) : 1670. Blaise Pascal [1623-1662], dans les Pensées, auteur de :
« Es-tu moins esclave pour être aimé et flatté de ton maître ; tu as bien du bien esclave, ton maître te flatte. Il te battra bientôt. » 56 (Cf. Relations entre êtres humains. Flatterie. Aimer, patriarcat, Violences patriarcales)

Violences (Pareto Vilfredo) : 1917. Vilfredo Pareto [1848-1923] dans son Traité de sociologie générale, auteur de :
« Les détracteurs de la révolution française l’accusent d’avoir fait largement emploi de la force ; ses admirateurs s’efforcent d’excuser cet emploi. Les uns et les autres ont raison, s’ils cherchent à trouver des dérivations, lesquelles agissent sur les gens qui éprouvent une répugnance instinctive, et non raisonnée pour les souffrances. Ils se trompent, s’ils ont objectivement (sic) en vue les conditions de l’utilité de la société ; et à ce point de vue, il faut reconnaître que l’emploi de la force fut le principal mérite de la révolution, et non une faute. » 57 (Cf. Penser. Utilitarisme, Politique. État. Répression, Histoire. Pareto. Révolution française)

Violences (Prêtres) : Concernant les violences exercées par les prêtres, les moines…, le plus fascinant, le plus inquiétant, le plus intéressant est que l’on ait pu, si aisément, pendant des siècles, ‘oublié’ qu’ils étaient des hommes. (Cf. Hommes, Patriarcat, Violences à l’encontre des enfants. Prêtres)

Violences (« Pudeur ») : Si l’on veut rechercher dans l’histoire comment furent cachées, et donc légitimées les violences patriarcales, focaliser son attention sur ce que l’on a qualifié de « pudeur » - ce que le droit nommait « atteintes à la pudeur » - et qui aujourd'hui seraient nommé-es : viols, agressions sexuelles, violences sexuelles… (Cf. Droit, Êtres humains. Pudeur. Langage, Penser. Méthode, Histoire)

Violences (Regrets) : (22 juillet) 2018. Dans une émission intitulée : « Alexandre Benalla, avant la révélation de l’affaire : ‘J’ai pété les plombs’ » dont la présentation est : « Quelques semaines après son intervention (sic) auprès (sic) des CRS, lors des manifestations du 1er mai, Alexandre Benalla aurait confié ses regrets sur son comportement à un haut-fonctionnaire, selon le Journal du Dimanche’ », que lit-on en matière de « regrets » ? :
« J’ai une merde sur le dos. Je suis allé sur la manif. C’était chaud. Les CRS en prenaient plein la gueule. J’ai pété les plombs. » 58 (Cf. Homme. « Politique ». Macron Emanuel. « Une tempête dans un verre d’eau », Langage. Verbe. Avoir)

Violences (Respect) : (18 octobre) 2016. Concernant la lutte des Conti[nental], Xavier Mathieu, ancien délégué syndical CGT, auteur de :
« À partir du moment où on a montré qu’on était méchants, on a été respectés. » 59

Violences (Rousseau Jean-Jacques) : 1761. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], dans La nouvelle Héloïse, justifie les violences paternelles. Julie, après avoir été frappée par son père, scène qui fut suivie de « regrets de son emportement », écrit à Claire, sa confidente :
« Pour moi, je lui ai dit, et je le pense, je serais trop heureuse d’être battue tous les jours au même prix et qu’il n’y a point de traitement si rude qu’une seule de ses caresses n’efface au fond de mon cœur. » 60 (Cf. Femmes, Famille, Patriarcat)

Violences (Sports) : (6 juin) 2020. JORF n°0138 du 6 juin 2020. texte n° 37. Décret n° 2020-688 du 4 juin 2020 portant création d'un délégué ministériel en charge de la lutte contre les violences dans le sport.
Article 1 : Il est institué, auprès du ministre chargé des sports, un délégué ministériel à la lutte contre les violences dans le sport. Il est nommé par décret, sur proposition de ce ministre. » C’est tout…

Violences (« Stress post traumatique ». Critique) : Ne pas oublier de penser à la signification et la fonction politique de l’emploi de ce nouveau ‘concept’ : Stress post traumatique. En effet, en évacuant la question de la responsabilité de l’auteur - fut-il un État - de l’agression, il peut être employé ‘à égalité’ concernant l’auteur ou les auteurs et la ou les victimes d’une violence. Il peut en outre concerner tout à la fois indifféremment les conséquences d’une guerre, d’une torture, d’un accident, d’un choc, d’un événement climatique, d’un viol…

Violences (Suicide) : (17 mars) 1896. Article paru dans Le Radical, signé Un parisien :
« Une femme se jette par la fenêtre avec son enfant. Son amant est d’abord soupçonné de l’avoir précipitée. Mais bientôt, réflexions venues, on conclut au suicide. L'homme accusé sera remis en liberté, indemne. En effet, paraît-il, il n’a pas - ce jour là - tué sa femme. Seulement, tous les autres jours, il la rouait de coups, l’assommait, la martyrisait, si bien qu’en une minute d’affolement, elle a préféré la mort à cette vie atroce et a sauté par la fenêtre. L’homme est-il innocent ? La loi dit oui. Parce qu’il n’a pas commis l’assassinat définitif, avec ses bras, ses pieds, avec ses dents. Il peut dire qu’il n’a pas touché cette femme. Elle s’est tuée volontairement. Ironie sinistre des mots et si contraire à l’équité ! Est-ce donc un suicide que cette évasion de la douleur dans la mort ? Est-ce donc une mort volontaire que cette élan dans le vide pour échapper à une vie de torture et d’angoisse ? Enfin, l’homme dont les brutalités perpétuelles ont déterminé cet acte de désespoir est-il ou n’est-il pas un assassin, au même titre que s’il avait planté son couteau entre les épaules de sa victime ? […]
Nous ne voulons pas comprendre que chaque crime, chaque délit n’est que la synthèse des crimes et délits préalables, commis le plus souvent par tous les autres personnages que ceux qu’on stigmatise. L’agent provocateur du crime généralement se promène paisiblement les deux mains dans les poches tandis que son élève direct croupit dans les prisons. C’est notre philosophie. Elle parait évidente dans le banal fait-divers dont je parle. L’amant de la suicidée restera indemne et circulera à son aise. C’est elle qui a eu tort de se tuer et si elle s’était manquée, c’est elle qui serait poursuivie pour avoir attenté aux jours de son enfant. Ca s’appelle la légalité et ça se corrobore de la jurisprudence. Et la société est contente. Avouons qu’elle n’est pas difficile. »
- Un mois après cet article, le 27 avril 1896, Leroi fut condamné par le tribunal correctionnel de la Seine à un mois de prison. 61 (Cf. Droit, Justice)

Violences (Suicide après assassinat[s]) : (24 mars) 2017. Lu la présentation du livre de Pierre Adrian, Des âmes simples [Les Équateurs] dans Le Monde. Critique. Littérature :
« […] Il est des terribles drames qui foudroient les cœurs et qui meurtrissent les consciences. Comme le suicide de ce père de famille incapable de supporter son divorce et qui a entrainé dans la mort son fils de 8 ans et sa fille de 3 ans. ‘Je me souviens de trois cercueils dans l’Église’… » 62
Il tue ses deux enfants : ce père assassin est, tel que présenté ici, dédouané par la justice, réhabilité par la presse, lavé de tout péché par l’église catholique. (Cf. Justice. Suicide après assassinat)

Violences (Symbolique-s) : Attention, la référence aux violences dites « symboliques » ont souvent pour objet, sinon pour fonction de masquer les violences…disons réelles ; en attendant une meilleure formulation.
- Pierre Bourdieu [1930-2002], dans La domination masculine [1998] en fut un bon exemple. (Cf. Homme. «Intellectuel». Bourdieu Pierre)

III. Violences. Sade :

Violences. Sade :

Violences (Sade) (1) : Sade [1740-1814] est à la justification du patriarcat ce que Marx est à la critique du capitalisme.

Violences (Sade) (2) : Lire, de Sade [1740-1814], les Lettres à sa femme 63 pour être définitivement convaincu-e de l’ignominie du personnage. Un tel jugement n’épuise pas l’homme. (Valable pour tout l’Abécédaire…)
* Ajout. 10 février 2017. (25 juin) 1917. Lu dans le Journal de l’abbé Mugnier [1853-1944] que Madame de Chévigné [1859-1936], « arrière-petite-fille de Laure de Noves, petite nièce du marquis de Sade » avait, au cours d’un dîner chez Jean Cocteau, dit qu’il « adorait sa femme et que sa correspondance avec elle étaient des lettres d’amour. » 64
* Ajout. 8 août 2016. Les Lettres de Sade à sa femme peuvent être utilement comparées avec, par antithèse, les lettres rédigées, elles aussi en prison, que Choderlos de Laclos [1741-1803], avaient écrites à son épouse. 65
* Ajout. 9 février 2020. Pierre Guyotat [1040-2020] pour qui Sade était « bien sûr », « un héros », « parce qu’il a survécu par la seule force de son esprit » évoquait dans un interview en 2014 ses « lettres les plus charmantes à sa femme qui montrent son caractère joueur. » 66 (Cf. Hommes. « Héros »)
* Ajout. 23 janvier 2021. 1967. Gilbert Lely [1904-1985], dans son Sade, auteur de :
« On le verra, en avril 1767, partir pour Lyon rejoindre cette demoiselle [« La Beauvoisin »] laissant à Paris sa jeune femme enceinte de cinq mois. Malgré ses bons sentiments pour la marquise - il serait, déclare-t-il- ‘au désespoir de lui déplaire’ - M. de Sade est contraint de se servir d’autres femmes, car il la trouve ‘trop froide et trop dévote’ pour lui. » 67 (Cf. Femme. Enceinte, Violences. Sade. Lely Gilbert)
* Ajout. 24 janvier 2021. 1967. Gilbert Lely [1904-1985], dans son Sade, auteur de :
« […] Il ne faut pas que les sarcasmes, non plus que les accès de fureur de notre héros, à propos de la moindre contrariété - réactions bien excusables dans son atroce réclusion - puissent égarer le lecteur ni sur les procédés de Mme de Sade (?), ni sur les véritables sentiments que son mari lui portait. […] » 68

Violences (Sade) (3) : 1801. Sade [1740-1814], dans Histoire de Juliette, met dans la bouche de Madame Delbène, supérieure de l’abbaye de Panthémont, à Juliette, cette présentation de son avenir :
« Quand tu auras badiné quelques années avec ce que les sots appellent ses lois [celles de «la nature»], quand, pour te familiariser avec leur infraction, tu te seras plu à les pulvériser toutes, tu verras la mutine, ravie d’avoir été violée, s’assouplissant sous tes désirs nerveux, venir d’elle-même s’offrir à tes ferste présenter les mains pour que tu les captives ; devenue ton esclave, au lieu d’être ta souveraine, elle enseignera finement à ton cœur la façon de l’outrager encore mieux, comme si elle se plaisait dans l’avilissement, et comme si ce n’était réellement qu’en t’indiquant de l’insulter à l’excès, qu’elle eut l’art de te mieux réduire à ses lois. » 69

Par ordre alphabétique. Violences. Sade :

Violences. Sade. Apollinaire :

Violences (Sade. Apollinaire) (1) : 1907. Guillaume Apollinaire [1880-1918], dans Les onze mille vierges, auteur de :
« Le marquis de Sade, cet esprit le plus libre qui ait encore existé, avait sur la femme des idées particulières et la voulait aussi libre que l’homme. Ces idées que l’on dégagera un jour, ont donné naissance à un double roman : Justine et Juliette. Ce n’est pas par hasard que le marquis a choisi des héroïnes et non des héros. Justine, c’est l’ancienne femme, asservie, misérable et moins qu’humaine ; Juliette au contraire représente la femme nouvelle qu’il entrevoyait, un être dont on n’a pas encore idée, qui se dégage de l’humanité, qui aura des ailes et qui renouvellera l’univers. »
- En ayant notamment cette analyse en tête, il faut lire Justine et Juliette. 70
- Lire aussi d’Apollinaire l’ignoble Les onze mille verges [1907]. 71 (Cf. Hommes. « Héros »)

Violences (Sade. Apollinaire Guillaume ) (2) : 2005. Le Dictionnaire de la pornographie, pour sa part, présentation de l’homme Apollinaire [1880-1918] ainsi : « un étourdissant pornographe, mêlant virtuosité littéraire et perversion avec un génie inégalé depuis le XVIIIème siècle » et vanté l’importance de son « œuvre » pornographique.
- Il faut lire Les onze mille verges pour apprécier à leur juste valeur les jugements suivants : « Sade accommodé à la sauce rabelaisienne », « débauches d’éruditions, de jeux de langage et d’humour burlesque » et leur apothéose : « roman de l’amour moderne ». Une critique cependant, le concernant, dans ce Dictionnaire de la pornographie : Apollinaire n’arrive pas à la hauteur de Sade (et des ambitions de la pornographie ?) : il « ne génère guère d’enjeux philosophies explicites, ce qui constitue une des différences majeures avec Sade ».
- Il est enfin incidemment noté, sans plus d’inquiétude, que « l’inceste et la pédophilie y sont omniprésents. » 72 (Cf. Êtres humains. Pervers, Homme. « Intellectuel », Pornographie)

Violences (Sade. Bataille Georges) : (février) 1957. Georges Bataille [1897-1962], dans un article paru dans Critique concernant Hurlevent - Wuthering Heights - d’Emily Brontë [1818-1848], auteur de :
« […] Dans le sadisme, il s’agit de jouir de la destruction contemplée, la destruction la plus amère étant la mort de l’être humain. C’est le sadisme qui est le mal : si l’on tue pour un avantage matériel, ce n’est le véritable Mal, le mal pur, que si le meurtrier, par-delà l’avantage escompté, jouit d’avoir frappé. » 73 (Cf. Violences. Viol. Bataille Georges)

Violences (Sade. Blanchot Maurice) : 1949 (?) Maurice Blanchot [1907-2003] (source à retrouver) auteur de :
« Sade a eu la hardiesse d’affirmer qu’en acceptant intrépidement les goûts singuliers (sic) qu’il avait et en les prenant pour le point de départ et le principe de toute raison, il donnait à la philosophie le fondement le plus solide qu’il pût trouver et se mettait en mesure d’interpréter d’une manière profonde le sort humain dans son ensemble. […] Or, il se trouve que cette pensée n’est pas négligeable […] » 74 (Cf. Philosophie)

Violences (Sade. Breton André) : 1940. André Breton [1896-1966], dans son Anthologie de l’humour noir auteur de :
« Grâce à M. Maurice Heine [1884-1940], l’immense portée de l’œuvre sadiste est aujourd’hui hors de cause : psychologiquement, elle peut passer pour la plus authentique devancière de cette de Freud et de toute la psycho-pathologie moderne ; socialement, elle ne tend à rien moins que l’établissement, différée de révolution en révolution, d’une véritable sciences des mœurs. […]
Les excès même de l’imagination à quoi l’entraîne son génie naturel et le disposent ses longues années de captivité, le parti-pris follement orgueilleux qui le fait, dans le plaisir comme dans le crime mettre à l’abri de ses satiété ses héros (sic), le souci qu’il montre de varier à l’infini, ne serait-ce qu’en les compliquant toujours d’avantage, les circonstances propices au maintien de leur égarement (sic) ont toute chance de faire surgir dans son récit quelque passage (sic) d’une outrance manifeste (sic), qui détend le lecteur (sic) en lui donnant à penser que l’auteur n’est pas dupe. » Tout est bien, donc : entre hommes avertis, on s’est compris, détendu, joui.. des violences les plus monstrueuses sur les femmes. 75 (Cf. Patriarcat, Politique. révolution, « Sciences » sociales / humaines, Psychanalyse)

Violences (Sade. Camus Albert) : 1951. Albert Camus [1913-1960], dans L’homme révolté peut tout à la fois - presque incidemment, il est vrai - écrire que Sade est « professeur de tortures », « théoricien du crime sexuel » et qu’il est - entre autres nombreuses citations de cet acabit - : « […] un homme de lettres parfait. » Bien entendu des femmes, il n’est jamais question.
- On peut aussi noter ce jugement : « On n’a exécuté Sade qu’en effigie ; il n’a tué de même qu’en imagination. » J’hésite à m’interroger sur la sienne, sur sa cécité, ou à me féliciter de l’avancée - bien trop tardive dont il porte avec tant d’autres la responsabilité - des luttes féministes contre les violences des hommes à l’encontre des femmes. 76

Violences (Sade. Deforges Régine) : 1978. Régine Deforges [1935-2014], auteure de :
« Il y a un humour dans Sade mais les femmes ne peuvent ou ne veulent le percevoir : il est dirigé contre elles, elles en sont victimes. Encore que cela ne me dérange absolument pas qu’il y ait des victimes et des bourreaux. » 77 La cohérence de la pensée de la domination…
- Sur Wikipédia, on peut notamment lire la concernant :
« […] D'un ton très libre, voire libertin, ses romans sont souvent des plaidoyers féministes défendant le droit des femmes à s’assumer seules. […] » (Cf. Femmes. Humour. Langage. Critique de mot : « Libertin », « Libertinage », Pornographie, Violences. victimes)

Violences (Sade. Delon Michel) : (28 janvier) 2005. (Après avoir écouté les interventions de Michel Delon, dans l’émission de France Culture : Libertins dans l’âme)
Si vous posez d’emblée - postulez donc - que « le libertinage », est fille de la liberté, issue de la pensée la liberté, alors vous ancrez Sade dans la pensée philosophique. Si vous mêlez libertinage de pensée, de plume et de « mœurs », alors vous accordez aux agissements humains un statut qui les place sous cet aura. Si vous considérez en sus que « la philosophie des lumières », c’est lutter contre « tous les dogmes et les formes d’oppression », alors, comme Michel Delon, vous pouvez considérer que Sade est non seulement l’auteur de « grands romans », mais aussi un « philosophe » inscrit qui plus est dans « la philosophe des Lumières ». Si en sus, vous le justifiez comme analyste politique qui a su critiquer « la double morale » de la Révolution, alors là, Sade a toutes les qualités.
Il manque juste un élément de la pensée, celle qui met à bas tous ces présupposés, « le viol des petites filles », pourtant formellement évoqué par Michel Delon.
Quant aux hommes pour qui ces violences sont perpétrés, ils sont hors sujet de la pensée : ce sont des « personnages livrés à différentes positions de l’orgie », sans aucun lien bien sûr avec les petites filles violées.
Au nom enfin de la « réhabilitation de la nature humaine ».
Celle de Michel Déon ?
Enfin, concernant la critique de la « double morale » dont Sade est gratifié par Michel Delon, là, ce n’est plus une pensée patriarcale, c’est un aveuglement patriarcal. 78

Violences (Sade. Dworkin Andrea) : Pour une première lecture féministe critique de la vie et des écrits de Sade, Cf. Intercourse et Pornography. Men possessing women d’Andrea Dworkin. 79 (Cf. Féministes. Dworkin Andrea, Proxénétisme. Personne dite prostituée, « Sciences » sociales)

Violences (Sade. Flaubert Gustave) : Lu : « Louise Colet [1810-1876] raconte que Flaubert [Gustave. 1821-1880] a sur sa table de nuit les œuvres complètes de Sade, qu’il met à la disposition de ses invités. » 80

Violences (Sade. France Culture) : (5 février) 2013. Marc Voinchet, responsable de l’émission quotidienne du matin de France Culture) à Jouamana Haddad, féministe, pour son livre : Superman est arabe, avoir affirmé qu’elle ne « nuançait pas », auteur de :
« Je crois savoir que (dans les pays arabes) vos livres se lisent un peu - comme les livres du marquis de Sade - sous le manteau ; ça doit vous faire très plaisir… » 81 (Cf. Culture, Féminisme. Antiféminisme, Homme. Journaliste)

Violences (Sade. Heine Maurice) : Maurice Heine [1884-1940], concernant les violences commises par Sade sur Rose Keller [dite « L’affaire d’Arcueil »], bien présentée par Gilbert Lely, auteur de : « Qui devons-nous croire en effet, de Rose, ouvrière en chômage - présentée par Sade comme une « prostituée »] -, soutenant n’avoir jamais accepté que l’offre d’un travail honnête ou du marquis, libertin d’habitude, prétendant n’avoir pu se méprendre sur la complaisante facilité d’une aventurière ? »
Une ouvrière au chômage ne peut être honnête et devient une aventurière et un marquis, « libertin d’habitude » a acquis la science d’en juger. 82 C’est de cette ‘culture’ que nous venons et qui est encore si persistante. (Cf. Hommes, Patriarcat)

Violences (Sade. Jeangène Vilmer Jean-Baptiste) : 2010. Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, dans le Dictionnaire de la violence, publié aux Presses universitaires de France (PUF), présenté comme « philosophe, juriste et politiste français », auteur, concernant Sade, de :
- « Un examen attentif des différentes affaires qui ont conduit à son enfermement, et dont certaines sont bien connues (les débauches outrées de 1763), l’affaire Rose Keller de 1768 et l’affaire de Marseille de 1772) établit que les faits sont très minces : blasphème, violences, sodomie). Rien que de très banal, finalement et personne n’en est mort. » Et de :
« C’est parce que, dans sa vie, rien ne justifie la violence dont il est victime que Sade, dans son œuvre, pourra à son tour être violent, pour rien. » 83

Violences (Sade. Klossowski Pierre) : 1947. 1967. Pierre Klossowski [1905-2001], auteur en 1947 de Sade mon prochain, réédité en 1967, précédé de Sade, ou, Le philosophe scélérat.

Violences (Sade. Lely Gilbert) : 1967. Gilbert Lely [1904-1985] dans son Sade, auteur de :
« Tout ce que signe Sade est amour. » 84 (Cf. Penser. Postulat)

Violences (Sade. Le Monde) : (5 décembre) 2014. Jean Birnbaum, responsable du Monde des Livres, sous l’intitulé : Sade ou l’érotisme de la pensée, auteur de :
« Le marquis de Sade n'était pas qu'un simple écrivain de la débauche mais un philosophe de la vérité : le ‘Divin Marquis’ donnait du corps aux idées et ‘allumait’ la philosophie. » 85 Écouter la suite : tout serait à citer en matière de [tentatives de] réhabilitation. (Cf. Homme. Journaliste, Pornographie. Niel Xavier. Torture)

Violences (Sade. Lévy Bernard-Henri) : 1977. Bernard-Henry Lévy, dans un texte intitulé Socialisme et barbarie, écrit :
« Que revendique Sade - qu’il nomme en conclusion « le divin marquis » et qu’il analyse comme « le complice » de Saint-Just [1767-1794] - : quelque chose comme la liberté pure, la liberté d’un enferme, le rêve d’un prisonnier. » 86

Violences (Sade. Miller Alice. Critique de) : 1984. Alice Miller [1923-2010], dans C’est pour ton bien, auteure de :
« Chaque être doit trouver sa forme d’agressivité s’il ne veut pas se changer en docile marionnette entre les mains des autres. Seuls les êtres qui ne se laissent pas réduire au statut d’instrument d’une volonté étrangère peuvent imposer leurs besoins personnels et défendre leurs droits légitimes. » 87 (Cf. Êtres humains, Enfants. Miller Alice)

Violences (Sade. Nadeau Maurice) : (décembre) 1949. (mars) 1953. (mai) 1957. Maurice Nadeau [1911-2013], notamment directeur des Lettres nouvelles, évoque concernant les Lettres de Sade, dans un texte publié par Combat en décembre 1949, republié en 2002, « ses idées audacieusement modernes », « la fougue de ses instincts exacerbés par la claustration », « sa magnifique santé intellectuelle qu’entament à peine quelques excusables bizarreries de comportements », « la singularité de sa nature », [ses] « souffrances endurées pour ce qu’il juge être des peccadilles », de « banales affaires de mœurs », son « ardent tempérament »…
- On lit aussi : « Il n’est pas une de ses lettres qui ne soit un chef d’œuvre d’impétuosité, de verve, de force ou d’élégance, qui ne porte les marques confondues d’un écrivain de race et d’un type supérieur d’humanité. »
Universel négationnisme…
- Le même Maurice Nadeau dans un article intitulé Honneur à Machiavel, poursuit dans le N°1 des Lettres Nouvelles en mars 1953, en évoquant « les aventures de sa vie dissolue », [celle de Sade] en la qualifiant d’être « imaginatif et visionnaire », le juger, comme Machiavel, digne de « notre admiration » pour avoir affirmé « la vérité sur l’homme et la société » […], méritant d’être honorés pour leur lucidité, leur courage et l’exemple qu’ils donnent, paradoxalement sans doute, d’une humanité supérieure. »
- Enfin, dans le Mercure de France, en mai 1957, Sade est traité par lui d’« individu singulier » : un très léger début de prise de conscience, d’inquiétude ? 88 (Cf. Culture)

Violences. Sade. Prix :

Violences (Sade. Prix) (1) : 2004. Ruwen Ogien [1949-2017], pour Penser la pornographie, a reçu le prix Sade, « prix littéraire en hommage au marquis de Sade ». (Cf. Pornographie)

Violences (Sade. Prix) (2) : 2012. Christine Angot, auteure notamment de L’inceste, a obtenu - et accepté - le prix Sade. Celui-ci récompense « un auteur singulier et honnête homme, selon la définition de son siècle. Un authentique libéral qui sera parvenu, par-delà les vicissitudes de la Révolution et l'emprise de l'ordre moral, à défaire les carcans de la littérature comme ceux de la politique. »
- Il existe le prix Sade du premier roman, celui de l’Essai, celui du Livre d’art, celui du Jury, celui du Document. Emmanuel Pierrat (auteur notamment de : La justice pour les nuls) en est président. Juré-es : Catherine Millet, Marie L, Fredéric Beigbeder, Ruwen Ogien [1949-2017], Catherine Robbe-Grillet, Laurence Viallet, Catherine Corringer, Marcella Iacub, Jean Streff et Pierre Leroy.

Violences (Sade. Prix) (3) : (9 décembre) 2020. Je découvre, attirée par le titre Chienne, auréolé du prix Sade 2020, parmi les livres recommandés par France Culture, en appui de la série LSD intitulée. Viol : une histoire de domination sa présentation : « Cette autofiction raconte une famille dans laquelle un père sadique et tout-puissant fait régner la terreur. Le projet est simple : décrire avec précision l’effroyable barbarie d’un homme qui roue sa fille de coups, qui la tient en laisse, qui la force à marcher à quatre pattes, à manger sous la table, sans que la mère s’interpose jamais. Personne ne s’étonnera si l’enfant, devenue grande, finit par mordre. » Descriptions toute sadiques de la violence du père, condamnation de la mère, annonce de la reproduction de la violence par la fille, qui elle, en réaction, devenue « chienne » : « mort ». (Cf. Femmes. Animalisation des femmes)

Violences (Sade. Sacher-Masoch Leopold von) : XIXème siècle. Léopold von Sacher Masoch [1836-1893] fut « profondément marqué par la violence des insurrections polonaises que son père (Préfet de police) dut réprimer en 1846 et 1848 […]. »
Toujours y penser lorsque l’on évoque le [sado]masochisme. 89

Violences (Sade. Starobinski Jean) : (28 septembre) 1985. Jean Starobinski [1920-2019], auteur de : « J’avoue ne pas partager l’engouement de beaucoup de mes contemporains pour Sade. Et peut-être y a-t-il de ma part quelque puritanisme ou quelques moralisme, bien Suisse Romand, à me tenir à distance de Sade. Je sais bien que Jouve [Pierre-Jean. 1887-1976] lui-même, aussi intéressé fut-il par tous les aspects de la sexualité, parlait de lui comme un être possédé par une névrose dure comme le fer.
Mais surtout, dans ce que je pourrais appeler ma philosophie de la relation, il y a un postulat essentiel qui est le respect de l’autre comme sujet. Or, Sade, c’est précisément la démonstration de ce qui advient lorsque l’autre est considéré comme un objet. […] » 90 (Cf. Penser. Postulat)

Violences (Sade. Tulard Jean) : 2003. Jean Tulard, dans son Dictionnaire du cinéma. Les réalisateurs, auteur de :
- Concernant Jean Negulesco [1900-1993] : « Le même Negulesco sait être sadique dans Johnny Belinda (histoire du viol d’une sourde-muette) […]. »
- Concernant Paul Nicholas : « Formé par la télévision, Nicholas a compris le parti à tirer de l’univers carcéral féminin dans une perspective sado-masochiste. » 91 (Cf. Violences. Viol. Tulard Jean)

Violences (Sade. Vaneigem Raoul) : 1967. Raoul Vaneigem, dans Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations, auteur de :
« Je veux au passage saluer Sade. Il est par son apparition privilégiée à un tournant de l’histoire autant que par son étonnante lucidité [à ses désirs ?], le dernier des grands seigneurs révoltés. […] Marquis et sans culotte [ ? ], D.A.F de Sade unit la parfaite logique hédoniste du grand seigneur méchant homme [Méchant ? C’est trop ou pas assez] et la volonté révolutionnaire de jouir sans limites d’une subjectivité enfin dégagée du cadre hiérarchique [pas celle de la domination masculine]. L’effort désespéré qu’il tente pour abolir le pole positif et le pôle négatif [les femmes ?] de l’aliénation le range d’emblée parmi les théoriciens les plus importants de l’homme total. [Ciel, Fuyons !] Il est bien temps que les révolutionnaires lisent Sade avec autant de soin qu’ils en mettent à lire Marx. [À dieu ne plaise…] » 92 (Cf. Philosophie. Vaneigem Raoul)

Violences (Sade. Winock Michel) : 2003. Je lis dans un livre publié par Michel Winock, Jeanne et les siens, alors qu’il se remémore sa vie d’enfant, sa mère, sa famille ouvrière habitant à Arcueil, autour des années 1940, il y évoque « la mémoire du regretté marquis de Sade qui y faisait subir en son temps d’autres supplices » 93 …[que ceux - considérés comme équivalents infligés aux étudiant-es, à la Maison des examens, elle aussi sise à Arcueil].
- Quand cesseront enfin ces réactions irréfléchies qui sont autant de légitimation de la violence, ici nommés pourtant par son auteur, sans ambiguïtés : « supplices », sans pour autant que ce terme ne délégitime le qualificatif de « regretté »
Par qui et pourquoi Sade devrait-il être regretté ? …
Pourquoi tant de d’éloges ?
Pour se justifier de qui, de quoi ?
Pour faire allégeance à qui ? à quoi ? (Cf. Langage, Patriarcat)

IV. Violences à l’encontre des enfants :

Par ordre alphabétique. Violences à l’encontre des enfants :
Violences à l’encontre des enfants « Ballets roses » :

Violences à l’encontre des enfants (« Ballets roses ») (1) : (4 juillet) 1960. Pour Michel Leiris [1901-1990], dans son Journal « l’affaire des ‘Ballets roses’ […] montre que dans la France d’aujourd’hui l’on condamne ceux qui prennent du plaisir avec de petits rats [enfants] parfaitement consentants et qui y trouvent financièrement leur profit […]. » 94 Ici, la domination n’est pas même posée ; elle est niée par le postulat d’enfants a priori « parfaitement consentants » et légitimement intéressés par le « profit » [d’être violés par des hommes comme André Le Troquer] (Cf. Droit, Enfants, Homme. « Politique ». Irresponsable, Justice, Patriarcat, Penser. Consentement, Proxénétisme, Violence à l’encontre des enfants)

Violences à l’encontre des enfants (« Ballets roses ») (2) : 2021. Lu sur Wikipédia :
« En 1959 éclate l'affaire dite des « ballets roses » André Le Troquer [1884-1963] - alors président du Sénat - mis en cause en compagnie notamment de sa maîtresse Elisabeth Pinajeff, artiste peintre et fausse comtesse roumaine adresse à l'hebdomadaire Aux écoutes du monde une lettre où il oppose aux « allégations publiées un démenti sans réserve, catégorique, absolu ». Poursuivi pour « attentat aux mœurs en excitant, favorisant ou facilitant habituellement la débauche ou la corruption de la jeunesse », il est condamné le 9 juin 1960 à un an d'emprisonnement avec sursis et à une amende (3. 000 francs) en relation avec l'affaire, alors que ses comparses sont punis bien plus lourdement (jusqu'à cinq ans de prison ferme). Le tribunal a tenu compte du « long passé de services rendus » par Le Troquer et n'a pas voulu « accabler un vieil homme. ». La condamnation est confirmée en appel le 3 mars 1961. » (Poursuivre)

Violences à l’encontre des enfants (Béjart Maurice) : 1977. Maurice Béjart [1927-2007], en réaction à une question concernant la dureté et la sévérité des professeur-es de danse, répond :
« Oui, les professeurs de danse étaient très sévères à cette époque-là [celle de son enfance]. Ils le sont encore, d’ailleurs par rapport aux autres. Moi, à l’époque où j’ai commencé la danse, mon professeur me battait. Et (je vais vous surprendre), je trouve que ce n’était pas si mal que ça ! Par exemple, un jour, à la barre, je ne prêtais pas vraiment attention à ce que je faisais. Mon professeur est venu par derrière. Je travaillais le jambes nues : il m’a envoyé un coup de badine sec. J’ai eu pendant un mois une raie noire sur la jambe et je me suis vraiment souvenu du pas que je ne comprenais pas. » 95

Violences à l’encontre des enfants (Bernanos Georges) : 1936. Georges Bernanos [1888-1948], dans le Journal d’un curé de campagne évoque [des] « marmots souillés, mais non corrompus ». 96
- Je n’arrive pas à expliciter mon malaise…Ou, à l’écrire ?
* Ajout. 21 mai 2017. Quelques lignes plus loin, Bernanos oppose des « maniaques inoffensifs » et « des fous dangereux » : ces oppositions binaires dont on sait aujourd’hui à quel point elles sont fausses et ont été si utiles pour légitimer les violences imposées aux enfants, nous permettent-elles de mieux appréhender le chemin parcouru, près de 80 ans après ?
Mais surtout de ne pas oublier toutes les violences justifiées, tous les adultes cautionnés dans leur bon droit et leur bonne conscience à détruire des enfants… Pour leur bien…

Violences à l’encontre des enfants (Bruckner Pascal, Finkielkraut Alain) : 1982. Lu dans, Au coin de la rue, le livre de Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut ceci :
« L’ordre collectif ancienne manière ne renaît que pour faire la chasse aux amours pédérastiques. Lisez Quand Mourut Jonathan, très simple histoire d’une passion innocente et condamnée entre un jeune peintre et un enfant. C’est parce qu’il est un auteur absolument scandaleux que Tony Duvert [1985-2008] pu écrire un roman d’amour absolument classique. Il est, en tant que pédophile, l’héritier des grands mythes amoureux. Regrettez-vous ces temps barbares et lointains où la foi faisait violence à l’amour ? Désirez-vous connaître l’intensité des passions impossibles ? Une seule solution : éprenez-vous d’un(e) enfant. » 97 (Cf. Homme « Intellectuel ». Bruckner Pascal et Finkielkraut Alain, Penser. Mythe, Violences Incestueuses. Mythe)

Violences à l’encontre des enfants (Buchenwald. 1945) : (printemps) 1945. Robert Debré [1882-1978], désigné [?] comme médecin, ‘visite’ les camps de Buchenwald, Bergen-Belsen et Mauthausen. Il écrit notamment, sans s’interroger plus avant :
« À Buchenwald, nous fûmes reçus, si je puis dire, par une fanfare composée de mignons qui faisaient les délices des gardiens : ces garçonnets en uniforme se mettent en rang et veulent nous honorer en jouant un morceau de leur répertoire. » 98

Violences à l’encontre des enfants (Circoncision) : (21 décembre) 1931. Michel Leiris [1901-1990], dans L’Afrique fantôme, auteur de :
« Les enfants d’un quartier de Kandi [Bénin] viennent d’être circoncis. Les uns, à peu près guéris, se promènent ; leur sexe couvert de mouches relevé par un petit trapèze de paille passant sous la racine. Un autre, tout petit, saigne encore et sanglote éperdument sur les genoux de sa mère, qui le berce et lui donne le sein pour le faire taire. Un autre, un peu plus grand, reste assis à terre, les jambes écartées, les yeux pleins de larmes, l’air hébété. Le bout de sa verge est recouvert d’un mélange de sang, de mouches et de poussière. » 99 (Cf. Sexes)

Violences à l’encontre des enfants (« Fantasme ») : 1919. Dans un texte de 19 pages de Freud [1856-1939], intitulé : Un enfant est battu, j’ai relevé 115 fois le mot : « fantasme ». Le texte à l’avenant… (Cf. Langage. Mot, Psychanalyse. Freud)

Violences à l’encontre des enfants (Fessée) : 1959. Lu dans un livre consacré aux « missions catholiques en milieu ouvrier » (communément nommés : les « prêtres ouvriers ») :
« Au pseudo-croyant, comme au pseudo convaincu de la mission, il faut administrer des preuves, mais un peu comme on administre une fessée à un gosse : il faut que ça lui entre dans la peau. » 100 (Cf. Famille. Mariage. Catholique)

Violences à l’encontre des enfants (Galey Matthieu) : (3 octobre) 1970. Lu dans le Journal de Matthieu Galey [1934-1986] :
« Une semaine à Sidi-Bou-Saïd, de soleil, de bonheur. Les lauriers roses, les bougainvilliers, la mer, une ville blanc et bleu ciel, les petits Arabes gidiens […] » 101
Que de violences cachées, légitimées … Ignoble.

Violences à l’encontre des enfants (Gide André) : 2017. Éric Marty, éditeur du Journal d’André Gide [1869-1951], dans La Pléiade, auteur de :
« Aujourd’hui, Gide serait en prison. » 102
Une pensée critique claire, qui, libérée du refoulement, de l’hypothèque du non-dit, du conformisme littéraire si mal à l’aise concernant le dénonciation de ses vaches sacrées, peut alors s’autoriser une analyse ample, complexe, subtile. (Cf. Culture)
* Ajout. 24 juillet 2018. (26 juillet) 1941. Lu dans le Journal de Gide :
« Je sors ravi de ce cours de danse de Catherine [sa fille. 1923-2013] auquel je viens d’assister. […]
Je serais maître de ballet, j’irais racoler sur la plage quelques-uns de ces petits Italiens (Français peut-être), au corps bronzé, que je contemplais hier sur la plage, dont j’admirais la nage élégante et rythmée. Entraînés à la danse, ils paraîtraient si provocants que, par souci des bonnes mœurs, on n’oserait plus les ‘produire’. » 103
* Ajout. 25 juillet 2018. (3 août) 1942. Gide, dans son Journal - il a 73 ans - se remémore « deux nuits de plaisir » vécues à Tunis en juin [1941] avec un jeune homme de 15 ans et qui « n’en parait pas davantage ». Je n’ai pas l’envie, le courage d’en reproduire le passage. Juste retranscrire ce que Gide écrit : « Tout son être chantait merci. » 104
Dégoût, Honte… (Cf. Êtres humains. « Déchets », Enfants. Gide, Prostitution)
* Ajout. 29 juillet 2018. À la relecture de mes notes du Journal de Gide, je retrouve, au cours notamment de l’année 1923, des références à ses relations avec des enfants. Mon malaise, mon dégoût, ma colère l’emportent sur mon désir de vérité, de dénonciation. En voici les dates cependant : 21, 29 juillet, 23 août 1923. (Cf. Enfants. Gide André)

Violences à l’encontre des enfants (Gramsci Antonio) : (5 mars) 1928. Dans une lettre de prison à son épouse, Antonio Gramsci [1891-1937], après avoir évoqué deux procès à l’encontre d’un père et d’un mère en Italie au début du XXème siècle, «d’une épouvantable cruauté » poursuit, concernant les violences à l’encontre des enfant :
« Il y a là un type de crime qui, dans le temps, était considéré, dans les statistiques annuelles de criminalité comme une singulière exception. Le sénateur Garofalo considérait la moyenne de cinquante condamnations par an pour de tels délits comme la simple indication d’une tendance criminelle ; les parents coupables réussissaient le plus souvent à échapper à toute sanction, car l’habitude est de porter peu attention à l’hygiène et à la santé des bébés et il y a là un fatalisme religieux fort répandu qui porte à considérer comme une particulière faveur du ciel l’ascension de nouveaux petits anges à la Cour de Dieu. Cette croyance n’est que trop répandue ; et il n’y a rien d’étonnant à la retrouver encore ne serait-ce que sous des formes atténuées et adoucies dans les villes les plus avancées et les plus modernes. » 105
Analyse valable bien au-delà de l’Italie… (Cf. Droit, Enfants, Famille, Justice, Violences Incestueuses. Gramsci Antonio)

Violences à l’encontre des enfants (Hugo Victor) : (6 septembre) 1897. L’Abbé Mugnier [1853-1944] écrit dans son Journal :
« Hier, Huysmans [Joris-Karl. 1848-1907] me contait que Victor Hugo [1802-1885] était jusqu’à la fin un colosse ‘libidineux’. Il montait sur les omnibus pour y ramasser des petites filles avec lesquelles il se satisfaisait. » 106

Violences à l’encontre des enfants (Lang Jack) : (30 mai) 2011. Luc Ferry sur Canal plus déclare, sans le nommer : « Vous avez […] un ancien ministre que s’est fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons. »
- Dans Libération du 22 juillet 201I, j’apprends, toujours sans le nommer, qu’une enquête, concernant « les accusations de Luc Ferry », a été ouverte en France, le 1er juin 2011.
Où en est cette enquête ?
N.B. « Poisser » : terme, considéré comme vulgaire, signifiant : attraper.

Violences à l’encontre des enfants (Langage) : (vers le 5 janvier) 1758. Ceux que Voltaire [1694-1778] qualifie dans une lettre adressée à Diderot [1713-1784] de « prêtres sodomites » 107, nous les nommerions aujourd’hui « prêtres violeurs ; agresseurs d’enfants ». (Cf. Enfants, Langage, Sexes, Violences à l’encontre des enfants. Prêtres)

Violences à l’encontre des enfants (Léautaud Paul) : (24 décembre) 1926. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal littéraire, concernant André Gide [1869-1951] affirme que celui-ci a « toujours dédaigné les ‘honneurs vulgaires’, a toujours visé plus haut. » Et il poursuit : « Il semble bien qu’on ait voulu à un moment le décorer et qu’il a refusé discrètement, sans que personne ne le sache. Après cela, Gide est libre de coucher avec des petits garçons si cela lui plait, il est libre de le raconter si cela lui plait également. De là prétendre que c’est ainsi qu’on doit être ? … ([ce que je doute fort qu’il y ait dans l’ouvrage de Gide), non, non, non […] » 108 (Cf. Proxénétisme. Léautaud Paul)

Violences à l’encontre des enfants (Le Vasseur Thérèse) : 1782. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778] évoque dans Les Confessions l’enfance de Thérèse le Vasseur [1721-1801] :
« Thérèse était en proye à sa famille [la proie de] […] Il était singulier que la cadette des enfants de madame le Vasseur, la seule qui n’eut point été dotée était la seule qui nourrissait son père et sa mère, et qu’après avoir été longtemps battue par ses frères, par ses sœurs, même par ses nièces, cette pauvre fille était maintenant pillée sans qu’elle pût mieux se défendre de leurs vols que de leurs coups. » 109
On peut, dès lors sans grande crainte de se tromper, qu’elle fut battue aussi par ses parents. (Livre 7) (Cf. Enfants. Rousseau Jean-Jacques, Femme. Mère. Le Vasseur Thérèse)

Violences à l’encontre des enfants (Loi) : (20 avril) 2016. Des député-es, lit-on ce jour, veulent interdire toute forme de violence faites aux enfants, mais « sans imposer de sanctions envers les contrevenants ».
« Il ne s’agit pas de mettre les parents en prison » mais de «poser une interdiction symbolique, éthique. »
Suivi, dans la dépêche de l’AFP, de :
« Quant à la ministre des familles et de l’enfance [Laurence Rossignol], elle a interdit de légiférer sur ce sujet sensible, préférant faire ‘la promotion d’une éducation sans violence’. » 110 (Cf. Politique. État)

Violences à l’encontre des enfants (Lou Andreas Salomé) : 1937. À deux reprises, Lou Andreas Salomé [1861-1937] dans Ma vie, livre qu’elle rédigea au terme de la sienne (entre 1931 et 1937, après donc ses échanges avec Freud), Lou évoque les violences, enfant, à son encontre :
- « […] J’étais souvent une ‘vilaine’ petite fille et j’eus pour cette raison souvent à tâter d’une terrible baguette de bouleau, ce dont je ne manquais jamais de me plaindre avec ostentation au Bon Dieu. Il s’avérait qu’il était tout à fait de mon avis et il était même si courroucé que parfois, dans mes très rares moments de générosité [est-ce la bonne traduction du terme ?], je le priais instamment de laisser mes parents se servir de cette baguette. »
- « Encore toute petite, j’avais été momentanément dans l’incapacité de marcher à cause d’un mal passager appelé ‘maladie de croissance’ ; [….] j’étais fière comme une reine d’être portée par mon père, à tel point que cela se termina mal : quand je cessais d’avoir mal, je me gardais bien de le signaler, et mon tendre père, le cœur lourd, mais inflexible, fit usage d’une bonne baguette sur cette même partie de mon corps qui s’était blottie dans ses bras. » 111 (Cf. Êtres humains, Enfants. Miller Alice)

Violences à l’encontre des enfants (Matzneff Gabriel) : 1975. Lu dans Le Canard enchaîné :
« En 1975, à la télévision, l’écrivain Gabriel Matzneff, qui professe son goût pour les ‘jeunes personnes’ lance tranquillement : ‘Il y a beaucoup d’autres façons de pourrir un enfant que de coucher avec.’» 112
N.B. Il m’arrive de le rencontrer près de chez moi : à chaque fois, je ressens un immense dégoût physique contre sa personne et une colère rentrée - que je ne peux lui exprimer - en pensant à toutes les vies qu’il a saccagées. En toute impunité, en toute injustice. Un beau salaud.

Violences à l’encontre des enfants (« Mensonges ») : (4 juin) 1998. Françoise Giroud [1916-2003], dans La rumeur du monde, raconte un déjeuner à la Maison des avocats, en présence de la nouvellement nommée Bâtonnière de Paris « afin de faire avancer les droits des enfants ». Et elle poursuit : … « encore considérés par nombre de magistrats comme automatiquement menteurs quand ils disent avoir été victimes de sévices, et singulièrement de pédophilie. ». Elle en conclut sans excès d’inquiétudes ni d’exigences : « Donc, mieux écouter et protéger les enfants. Qui pourrait s’en désintéresser ? » 113
Quand la justice présentera- t-elle enfin ses excuses ? (Cf. Droit, Enfants, Famille, Hommes, Justice, Patriarcat)

Violences à l’encontre des enfants (Mœurs) : 1978. Lu : « J… 30 ans. […] « victime des faits de mœurs de la part de son père. » 114 (Cf. Langage. Critique de mots. « Faits », Politique. Loi. Mœurs)

Violences à l’encontre des enfants. « Pédophile » :

Violences à l’encontre des enfants (« Pédophile ») (1) : Un « pédophile » signifie une personne qui aime les enfants. Remplacer par criminel. La permanence de l’emploi de ce terme : une caution politique d’un déni. (Cf. Famille, Langage, Politique)

Violences à l’encontre des enfants (« Pédophile ») (2) : (17 février) 2021. Dans l’émission d’Antoine Garapon Esprit de Justice, sur France Culture, intitulée : Dans la tête d’un pédophile, Florence Thibaut, psychiatre, auteure de :
« Il faut s'occuper des agresseurs et tenir les deux bouts : accompagner les victimes, leur donner les soins dont elles ont besoin, mais aussi les rassurer en s'occupant des agresseurs de manière à ce qu'ils ne récidivent pas. Ce qui est important dans la tête d'une victime, c'est l'idée que ça ne recommencera pas et qu'il n'y aura pas d'autres victimes»
- Comment mieux banaliser les crimes, mépriser les victimes, déresponsabiliser les criminels et les extraire de toute justice ? 115

Violences à l’encontre des enfants (« Pédophile ») (3) : (14 mars) 2021. Entendu sur France Culture l’expression de « pédophile abstinent ».
Vous avez parlé de crime, de criminels, hors sujet : il est des hommes qui aiment les enfants et qui décident de s’abstenir de se priver de leurs plaisir.

Violences à l’encontre des enfants (Pivot Bernard) : (mars) 1990. Bernard Pivot, responsable de l’émission Apostrophe emploie, sans l’ombre d’une critique, l’expression concernant Gabriel Matzneff de « collectionneur de minettes ». (Cf. Violences à l’encontre des enfants Matzneff Gabriel)

Violences à l’encontre des enfants. Prêtres :

Violences à l’encontre des enfants (Prêtres) (1) : (juillet) 2018. Encore 300 prêtres et plus de 1000 enfants victimes en Pennsylvanie [États-Unis].
Un raz de marée mondial, et pourtant la face immergée de l’iceberg.
- Je pense nottament parmi ces criminels « oubliés », sauf pour leurs victimes, aux prêtres des pays colonisateurs, dits « missionnaires », dans les pays ex-colonisés.

Violences à l’encontre des enfants (Prêtres) (2) : 2004. Pour mieux comprendre comment ces violences ont été cachées, occultées, sous-estimées, individualisées, naturalisées, renommées pendant si longtemps, lire ce dialogue entre Michel Tauriac [1927-2013] et Philippe de Gaulle dans De Gaulle, mon père :
« Certains biographes ont laissé entendre que votre père aurait probablement eu , à un moment, l’envie de se diriger vers le sacerdoce et que cette vocation religieuse avait été brisée par l’inconduite d’un prêtre
- Il n’a jamais eu la moindre vocation religieuse. […] Qu’un prêtre ait dû quitter les jésuites lorsqu’il était chez eux, c’est possible. Ce genre d’accident peut arriver depuis que l’Église existe. Mais je ne crois pas que cela ait pu modifier en quoi que ce soit ses convictions de chrétien ou sa propre conduite. […] » 116

Violences à l’encontre des enfants (Prytanée) : 2001. Jean Claude Brialy [1933-2007] dont le père était militaire fut pensionnaire au Prytanée [N.B. « Le Prytanée national militaire est l’un des six lycées de la Défense français ». Wikipédia] à la Flèche en 1946. Il avait donc 13 ans et dans Le ruisseau des singes, raconte :
« L’école était dirigée par un colonel et chaque compagnie par un capitaine et un lieutenant. Il y avait des sous-officiers, adjudants ou adjudants chefs et des sergents qui faisaient régner l’ordre et la discipline, sans aucune différence entre les enfants et les soldats. Lors de la deuxième année [en 1947], les conditions de scolarité s’étaient durcies. Les punitions et les brimades pleuvaient sur nous et les bizutages par les plus grands étaient fréquents. Nous eûmes droits aux humiliations les plus variées, de la bite au cirage aux coups de ceinturons en passant par l’enfermement au cadenas dans des armoires en fer. » Et aujourd’hui ? 117 (Cf. Politique. Guerre. Tortures)

Violences à l’encontre des enfants (Réunionnais en France) : Un garçon Réunionnais - violé par l’homme qui, avec son épouse, l’avait « adopté » - concernant son « silence », auteur de :
« J’aurais reçu des coups de pieds au cul des gendarmes si j’avais voulu porter plainte. » 118 (Cf. Enfants. Crime d’état, Famille, Justice, Politique. État. Répression, Violences. Viols)

Violences à l’encontre des enfants (Rhénanie. Nord-Westphalie. 2020) : (29 juin) 2020. Lu sur France Info : « Les autorités allemandes ont annoncé enquêter sur 30.000 personnes suspectées d'activités pédophiles sur internet. Je ne m'attendais pas, même de loin, à l'ampleur des [violences sur des] enfants sur le net » s'est alarmé le ministre de la justice de la région de Rhénanie du Nord-Westphalie, où le scandale a éclaté à l'automne dernier.
- Tant que l’on parlera de « scandale », d’« activités pédophiles » et, ici, strictement limitées... (Cf. Langage, Mot. Critique de mot. Scandale)

Violences à l’encontre des enfants (Roland Madame) : Madame Jeanne-Marie Roland [1754-1793], dans ses Mémoires particuliers, se souvient de cette « scène » de sa vie, advenue à la veille de sa première communion :
« Une circonstance, trop importante par son influence sur mon moral pour que je doive le passer sous silence, vint se mêler à mes inquiétudes et m’inspirer une grande résolution. (celle de l’écrire ?)
Je suis un peu embarrassée de ce que j’ai à raconter ici, car je veux que mon récit soit chaste, et pourtant ce que je dois dire ne l’est pas trop.
Elle raconte alors qu’elle se rendait régulièrement dans l’atelier de son père [« maitre graveur »] et évoque l’un de ses élèves, « un garçon de 15 à 16 ans », le plus jeune et pour lequel sa mère avait « pour lui, plus de bontés ».
« Il en résultait de là que je le regardais comme moins étranger que les autres, et que j’avais avec lui de cette sorte d’aisance et de familiarité très convenables à l’innocence et pourtant très dangereuse pour elle. » […]
Un soir que j’y allais pour chercher quelque chose, et que le jeune homme paraissait travailler seul à la lampe, je m’approche pour recevoir ce que je demandais : il prend ma main comme en jouant, et la tirant sous l’établi près duquel il était, il me fait toucher quelque chose de très extraordinaire. Je fais un cri en m’efforçant de la retirer. Il se met à rire sans la relâcher, en criant tout bas : ‘Mais, paix donc ! De quoi avez-vous peur ? Quelle folie ! Est-ce que vous ne me connaissez pas ? Je ne suis point un méchant ; vous allez faire venir madame votre mère qui me grondera pour votre frayeur, et je ne vous aurais appris que ce qu’elle connaît bien’.
Agitée, mais interdite, je demandais ma main et voulais m’en aller ; il laisse retirer ma main en la retenant toujours avec la sienne et, faisant un demi-tour sur son siège, met à ma vue l’objet de ses frayeurs.’ Je tourne la tête. ‘En vérité, monsieur, cela est horrible !’ Et je me débattais pour fuir. - Eh bien mademoiselle, apaisez-vous. Je suis fâché de vous avoir déplu. Pardonnez-moi. Ne dites rien ; je n’avais pas l’intention de vous mettre en colère. Y a-t-il donc du mal à laisser voir ce que les dessins montrent tous les jours ? Mais soyez libre et faites-moi punir - Eh, mon dieu ! je ne dirais rien ; laissez-moi donc aller’. Sa main relâche la mienne et je m’échappe. Je fuis dans mon cabinet toute émue ; à peine avais-je eu le temps d’y entrer que j’entends la voix de ma mère qui m’appelle. […]
Mes jambes tremblaient sous moi.
[…] J’eus beaucoup de peine à débrouiller dans ma tête ce que cette scène y avait laissé ; chaque fois que je voulais y songer, je ne sais quel trouble importun me rendait la médiation fatigante. Au bout du compte, quel mal m’avait-il fait ? Aucun. Irais-je parler de cela ? Le seul embarras de savoir comment m’y prendre m’en aurait gardée ? Devais-je lui en vouloir ? Cela paraissait douteux. Et puis la comparaison avec les dessins me semblait fautive, cela m’étonnait ; la curiosité venait s’en mêler, et ses petites inquiétudes dissipaient ma mauvais humeur. Je fus plusieurs jours sans retourner dans l’atelier. […] » Lire la suite. (Cf. Enfants. Petite fille, Sexe. Hommes)

Violences à l’encontre des enfants (Sand George) : 1855. George Sand [1804-1876], dans son Histoire de ma vie, après avoir évoqué les violences exercées sur elle par sa mère, par sa « bonne », écrit : « Je ne reviendrai plus sur cet insipide sujet ; qu’il me suffise de dire que pendant trois ou quatre ans je ne passai guère de jours sans recevoir à l’improviste quelque horion qui ne me faisait pas toujours grand mal, mais qui chaque fois me causait un saisissement cruel et me replongeait, moi nature confiante et tendre, dans un roidissement de tout mon être moral. » 119

Violences à l’encontre des enfants (Trump Donald) : (20 juin) 2018. Suite à la politique de fermeture des frontières américaines décidée par Donald Trump ayant pour conséquences de séparer environ 2000 enfants, (y compris des enfants de moins de 5 ans) de leurs parents, 120, l’article de Libération intitulé Enfants Migrants. Trump face à la honte [20 juin 2018] présente une image des contradictions - et le terme est faible - des décisions incohérentes et terrifiantes de Donald Trump.

Violences à l’encontre des enfants (Vallès Jules) : 1879. Dédicace de Jules Vallès [832-1885] dans Jacques Vingtras (publié sous le pseudonyme de Jean La Rue) :
« À tous ceux qui crèvent d’ennui au collège, ou qu’on fit pleurer dans la famille, qui, pendant leur enfance, furent tyrannisés par leurs maîtres ou rossés par leurs parents. » (Cf. Êtres humains, Enfants)

V. Violences à l’encontre des enfants. Infanticides :

Par ordre alphabétique. Violences à l’encontre des enfants. Infanticide :

Infanticide (Beccaria Cesare) : 1744. Cesare Beccaria [1738-1774], dans Des délits et des peines, auteur de :
« L’infanticide est le résultat inéluctable de l’alternative où est placée une femme qui a succombé par la faiblesse ou qui a été victime de la violence.
Entre la honte et la mort d’un être incapable d’en ressentir les atteintes, comment ne choisirait-elle pas ce dernier parti plutôt que d’être exposée, avec son malheureux enfant, à une misère certaine ?
La meilleure manière de prévenir ce délit serait de protéger par des lois efficaces la faiblesse contre la tyrannie, qui accuse bien haut les vices qu’on ne peut pas couvrir du manteau de la vertu. » […] 121
- Écrit donc il y a près de quatre siècles. Que n’a t-il été entendu !
- Rarement - sinon jamais - cité dans les éloges de Beccaria. (Cf. Enfants, Politique. Lois. Vertu, Violences à l’encontre des femmes, des enfants)

Infanticide (Chine. Shanghai) : Années [19]50. Lu dans le livre de Chow Ching Lie, Le palanquin des larmes. Dans la chine de Mao, l’échappée d’une femme :
« Avant la prise de pouvoir communiste, la municipalité de Shanghai avait un service de voirie spécial constitué de voitures chargées du ramassage régulier de cadavres abandonnés. En ce qui concerne les cadavres d’enfants, les statistiques des années trente à quarante en mentionnaient de cinq à six mille par ans. Une organisation protestante, la Société de Bienfaisance de Shanghai s’était spécialisée dans la recherche de bébés non désirés qu’on trouvait enveloppés dans des chiffons ou de vieux journaux. On parvenait à en réanimer quelques-uns. D’autre part, l’orphelinat de la Société de Bienfaisance comportait une sorte de «boite à bébés» [En France, elles étaient nommées «tours»] qui permettait à ceux [et celles] qui ne voulaient pas de leur progéniture d’éviter de les tuer en les déposant dans la boîte. Cela fait, on tirait une clochette et quelqu’un venait recueillir l’enfant sans demander d’explication. »
L’article 13 de la loi de mai 1950 promulguée par Mao [1893-1976] posait :
« Il est strictement interdit de noyer les nouveaux nés ou de commettre d’autres crimes similaires. » (Cf. Corps. Cadavre, Droit, Femmes. Charité, Famille, Patriarcat) 122

Infanticides (Frédéric II, roi de Prusse) : (11 octobre) 1777. Frédéric II, roi de Prusse [1712-1786], écrit à Voltaire [1694-1778] pour lui faire part de ses idées concernant la justice pénale ; il affirme notamment qu’il « valait mieux empêcher et prévenir les crimes que de les punir. »
Il poursuit, après avoir précisé qu’en 1777, il n’y a eu « que quatorze, tout au plus quinze arrêts de morts » [5.220.000 habitants en Prusse, la France en comptant alors 20 millions] :
« Parmi ces délinquants, la plus part sont des de[s] filles qui ont tué leurs enfants, peu de meurtres, encore moins de vol de grands chemins. Mais parmi ces créatures qui en usent si cruellement envers leur postérité, ce ne sont que celles dont on a pu avérer le meurtre (sic) qui sont exécutées. J’ai fait ce que j’ai pu pour empêcher ces malheureuses de se défaire de leur fruit […] Il y des maisons dans chaque province, où elles peuvent accoucher, et où l’on se charge d’élever leurs enfants. […]
Je suis même maintenant occupé de l’idée d’abolir la honte jadis attachée à ceux qui épousaient des créatures qui étaient mères sans être mariées. […] » 123 (Cf. Droit, Justice, Femmes. Mères, Patriarcat. Hommes. Pères, Violences à l’encontre des femmes)

Infanticide (Histoire) : (5 octobre) 1979. Une intervenante (non nommée) lors du colloque organisé par Choisir : Choisir de donner la vie, auteure de :
« Quand on fait de l’infanticide une pratique des femmes pauvres, seules et misérables, et en tout cas les historiens hommes font ce travail-là et je crois qu’on peut citer Monsieur Flandrin [Jean-Louis. 1931-2001] parmi ceux-là, on crée parallèlement l’image de la femme mariée, honnête et bonne, et essentiellement bonne mère, c’est à dire, celle qui ne tue pas son enfant. » 124 Pas faux, mais rapide ? (Cf. Histoire. Historiographie. Patriarcale)

Violences à l’encontre des enfants. Infanticide. Mère :

Infanticide (Mère) : 2014. Comment une société, une justice…peuvent-elles oser condamner une femme, souvent une toute jeune fille, alors qu’elle a porté l’enfant d’un autre pendant neuf mois, si souvent seule à elle-même, et à laquelle n’a été présentée d’autre alternative que celle d’être réduite à tuer son propre enfant, à sa naissance ?
* Ajout. 15 octobre 2014. Une jeune lycéenne de 18 ans, ayant accouché seule dans l’appartement où elle vivait avec sa famille, a « jeté » le bébé « né viable » par la fenêtre. « Elle dit qu'elle a eu un trou noir. Elle se souvient d'avoir tenu l'enfant mais ne sait plus ce qui s'est passé après. » Elle a été mise en examen pour « homicide sur mineur de moins de 15 ans, placée sous mandat de dépôt et écrouée ». 125 Dernière touche de l’ignominie, on lit, dans cet article, ce constat qui valait condamnation, que « dans l'après-midi [après l’accouchement]» elle est ensuite allée « faire du shopping dans un centre commercial avec sa mère et sa sœur. »
On note par ailleurs qu’il n’est question dans cette dépêche ni de son père, ni du père du bébé, pas plus que de la responsabilité de quiconque. Coupable, absolument seule coupable, en prison, toujours seule, quelques jours après avoir accouché. À 18 ans. (Cf. Femmes. Seules, Famille. Mariage, Justice)

Infanticide (Mère. Esclavage) : 1840-1850. Lu dans Les Lettres sur l’esclavage ‘écrites entre 1840 et 1850, de l’Abbé Casimir Dugoujon [? -?] :
« En passant par le Pointe-à-Pitre, j’ai rencontré dans la rue une sorte de rassemblement ; l’arrestation d’une négresse qui venait de noyer ses deux petits enfants à elle y avait donné lieu. Le capitaine du bateau qui m’a transporté à la Basse Terre m’a beaucoup parlé de ce tragique événement. Il m’a dit que la mère a noyé ses deux petites créatures dans un endroit où il n’y avait presque autre chose que de la vase ; qu’elle les a retenues sous ses genoux jusqu’à ce qu’elles soient asphyxiées, et qu’elle-même se serait noyée si on n’était pas arrivé assez à temps pour l’en empêcher. Quel motif, demandez-vous, a pu porter une mère à une action si atroce ? On ne m’a rien dit de précis sur ce point, et les interrogatoires qu’elle a subis n’ont rien produit de clair. Quant à moi, je pense que ce double infanticide est le fruit de l’amour maternel mal entendu. La négresse du P. Dutertre refusa de devenir épouse de crainte de devenir mère, disant : ‘Je me contente d’être misérable dans ma personne, sans mettre au monde des enfants qui seraient peut-être plus malheureux que moi et dont les peines me seraient plus sensibles que les miennes propres.’
Celle-ci, ayant eu la malheur de devenir mère, a cru que le plus grand service qu’elle pouvait rendre à ses enfants serait de leur arracher la vie que son sein maudit leur avait donnée. » […] (Pour la suite, lire la note 1.) 126 (Cf. Patriarcat. Vécu du. Papadiamantis Alexandre)

Infanticide (Michelet) : 1863. 2014. Jules Michelet [1798-1874) dans La sorcière, nommait l’infanticide : « le crime monastique ». 127
* Ajout. 4 juin 2014. Lu dans Le Monde : « Près de 800 squelettes de bébés découverts dans un ancien couvent en Irlande ».
Et, dans Le Figaro (même date) : « Les restes de 800 enfants localisés dans une fosse commune en Irlande. Le dit couvent était «géré» par les Sœurs catholiques du Bon Secours qui ‘accueillait’ des ‘filles mères et leurs bébés nés hors mariage’. » (Cf. Femmes. Avortements, Bons Pasteurs, Famille)

Violences à l’encontre des enfants. Infanticide. Père :

Infanticide (Père) (1) : Depuis des siècles, il est postulé que le père de l’enfant n’est pas concerné par l’infanticide de la mère. Le terme n’est d’ailleurs que rarement employé lorsque les pères assassinent leurs enfants ; il est vrai que ‘leur’ femme est souvent alors, elle aussi, assassinée. Et lorsqu’il tue femme et enfants, le terme d’infanticide est rarement employé. (Cf. Famille, Langage, Patriarcat. Père)

Infanticide (Père) (2) : (18 décembre) 2014. Une mère a été condamnée à 15 ans de prison pour infanticide. Elle est accusée d’avoir tué un enfant de 2 mois et d’avoir frappé son autre enfant, un an plus tard, victime de plusieurs fractures. À la fin de la dépêche AFP, on lit :
« Le père, un militaire d'un régiment de Dieuze (Moselle), avait pour sa part fini par accuser sa compagne lorsqu'il avait été entendu par les enquêteurs, en affirmant qu'elle aurait été ‘capable’ de se livrer à des violences sur leurs enfants. » 128 (Cf. Patriarcat. Père)

Infanticide (Père) (3) : (20 décembre) 2014. En Australie, une mère, accusée d’avoir tué sept de ses huit enfants, âgés de 18 mois à 15 ans, ainsi qu’une de ses nièces, a été arrêtée. À la fin de l’article du Figaro, on lit pour toute analyse :
« Le compagnon de la femme, qui ne serait pas le père des enfants, vit au même domicile, selon Sky News Australia dont la présentatrice a fondu en larmes à l'annonce de ce fait divers. » 129 (Patriarcat. Père)

Infanticide (Procès. Tunisie) : 1914. Annie Goldmann, dans Les filles de Mardochée. Histoire d’une émancipation, évoquant la vie de trois générations de femmes juives Tunisiennes, évoque sa grand-mère mère, Juliette, née en 1880, première avocate Tunisienne, qui, autour de 1914 (mais sans date précise), « avait fait gagner (acquitter) une femme qui avait tué son bébé parce qu’elle n’avait pas de mari ». 130 (Cf. Justice. Procès, Justice. Patriarcale, Histoire)

Infanticide (Revendication) : Ne plus jamais condamner, envoyer en prison une jeune femme qui, accouchant seule, tue à la naissance l’enfant qu’elle a mise au monde. Je n’ai pas actuellement en tête les arguments qui fondraient, qui légitimeraient cette revendication, mais je la ressens sinon comme juste, du moins comme relevant de la simple humanité, pour ne pas employer le terme plus faible et politiquement plus critiquable [ ? ] de compassion. Qui, en effet en imaginant - faute de pouvoir entendre, de pouvoir écouter ces femmes - les conditions dans lesquelles celle-ci ont été enceintes, puis ont accouché, peut prétendre à autre chose que de tenter d’abord de les comprendre ? Si tel était le cas, il faudrait alors poser toutes les responsabilités qui seules expliquent cette naissance, et ce, à tous les niveaux où elles doivent l’être. Mais, à y réfléchir plus avant, la nécessité de la condamnation de ces jeunes filles, de ces jeunes femmes ne s’explique-t-elle justement pas par ces refus de poser les questions politiques et morales concernant ces ‘crimes’ ? Il faut les condamner par effet, par nécessité de cache, et ce d’autant plus il s’agit bien d’un ‘crime’ dans l’immense majorité des cas, commis par les seules femmes. (27 octobre 2014) (Cf. Droit, Patriarcat)
* Ajout. 10 mars 2016. Peut-on employer le même terme : « infanticide » pour une mère qui, le plus souvent seule, y compris à en subir les immenses conséquences, dans le bouleversement que représente un accouchement, tue, à la naissance, un nouveau-né - qui faisait partie d’elle-même, qui était elle-même - et le meurtre, l’assassinat d’un enfant ? Non. (Poursuivre)

VI. Violences à l’encontre des enfants. Violences incestueuses :

Violences incestueuses (Inceste) (1) : Terme évacuant toute idée même de violence.
- Évoquer « un père incestueux » ? Non : « un père ayant violé sa fille ».
- Peut être vanté sur France Culture sans provoquer de réaction du Parquet.
- Entendu (19 août 2012) : « Une relation incestueuse qui se transforme en viol. » (Cf. Langage. Sujet)

Violences incestueuses (Inceste) (2) : Pour parler de crimes d’incestes, supprimer les termes d’infractions, relations sexuelles, rapports incestueux, faits, évènement, affaires, violences….

Par ordre alphabétique. Violences incestueuses (dans l’attente d’une formulation appropriée) :

Violences Incestueuses (Dolto Françoise) : 1979. Échanges entre Françoise Dolto [1908-1988] et la revue Choisir :
«- Choisir : Mais enfin, il y a bien des cas de viol ? F. Dolto : « Il n’y a pas de viol du tout. Elles sont consentantes. »
- Choisir : Quand une fille vient vous voir et qu’elle vous raconte que, dans son enfance, son père a coïté avec elle , que lui répondez-vous ? F. Dolto : « Elle ne l’a pas ressenti comme un viol. Elle a simplement compris que son père l’aimait et qu’il se consolait avec elle, parce que sa femme ne voulait pas faire l’amour avec lui. » […]
- Choisir : D’après vous, il n’y a pas de père vicieux et pervers ? F. Dolto : « Il suffit que sa fille refuse de coucher avec lui, en disant que ça ne se fait pas, pour qu’il la laisse tranquille. »
- Choisir : Il peut insister ? F. Dolto : « Pas du tout, parce qu’il sait que l’enfant sait que c’est défendu. Et puis le père incestueux a tout de même peur que sa fille en parle. En général, la fille ne dit rien, enfin pas tout de suite. » 131 (Êtres humains. Pervers, Relations entre êtres humains. Aimer. « Faire l’amour »)

Violences Incestueuses (Ferré Léo) : 1967. Entendu ce jour sur Radio Libertaire 132 une chanson ignoble de Léo Ferré [1916-1993] intitulé Petite et dont le premier couplet était :
« Tu as des yeux d'enfant malade / Et moi j'ai des yeux de marlou / Quand tu es sortie de l'école / Tu m'as lancé tes petits yeux doux / Et regardé pas n'importe où / Et regardé pas n'importe où» et le dernier était : «Ah! Petite, Ah! Petite / Tu peux reprendre ton cerceau / Et t'en aller tout doucement / Loin de moi et de mes tourments / Tu reviendras me voir bientôt / Tu reviendras me voir bientôt / Le jour où ça ne m'ira plus / Quand sous ta robe il n'y aura plus / Le Code pénal ».
Et cette « Petite » fut suivie d’une autre chanson dont le refrain, répété, était :
« On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre… et les cuisses de la fermière» : étant rajouté in fine - au nom de l’égalité, sans doute …- « et les cuisses du fermier, alors !» dit par ailleurs sur une haute fausse voix d’un supposé homosexuel.
- Les anars, les libertaires tapent avec aisance et souvent si justement sur tout le monde (ou presque) ; peu, sinon jamais, sur la si grossière et si conservatrice, réactionnaire, phallocratie régnant en leur sein, assumée avec si peu d’inquiétudes. Aujourd’hui, pour moi, odieuse.
- Quant à briser leur admiration (si peu critique) pour une malheureuse chanson… (Cf. Culture. Patriarcat)

Violences Incestueuses (Gramsci Antonio) : 1934. Antonio Gramsci [1891-1937] cite une enquête parlementaire faite en 1911 concernant le Sud de l’Italie (Les Abruzzes et la Basilicata) selon laquelle « on trouve l’inceste dans 30 % des familles » et il poursuit : « Il ne semble pas que cette situation ait changé jusqu’à ces dernières années. » 133 (Cf. Enfants, Famille, Justice)

Violences incestueuses. Langage :

Violences Incestueuses (Langage) (1) : Un-e enfant-e n’est pas « né d’un inceste » : il/elle est l’enfant d’une mère violée par son père (ou grand père, ou…) (Cf. Langage)

Violences Incestueuses (Langage) (2) : (30 novembre) 2014. Lu dans une Faculté :
« Les incesteurs incestent [...] ». (Cf. Langage)

Violences Incestueuses (Langage) (3) : (26 juin) 2015. Lu dans Le Figaro :
« Elle aimait son papa, mais pas au point qu’il l’inceste. L’inceste avec papa, c’est pas vrai. » 134
De la signification politique, notamment, de l’emploi d’un verbe intransitif. Et ce, aggravé par la réalité du terme d’« inceste » qui, en lui-même n’est porteur d’aucun jugement de valeur, n’est signifiant d’aucune violence, d’aucun rapport de domination. (Cf. Langage)

Violences Incestueuses (Lolita) : 1955. Lolita, auteure, dans le livre du même nom, de : « Le mot juste est inceste. » 135
* Ajout. 19 février 2018. Lors de l’émission de France Culture intitulée, Écrire l’amour, La rencontre, deux personnes, à la suite l’une de l’autre, affirment, sur un même ton laissant peu de doutes à la véracité de leur jugement, que Lolita est « le plus grand roman d’amour du XXème siècle » ; et sans grand rapport avec le sujet supposé de l’émission. 136

Violences incestueuses. Mythe :

Violences incestueuses (Mythe) (1) : L’interdit de l’inceste : un mythe, donc faux. Cette assertion légitimée, avec tant de légèreté et tant d’assurance, par tant d’ethnologues, de psychanalystes, a eu pour effet, sinon pour fonction, d’en cacher la réalité, d’en détourner l’attention, d’invalider la parole des victimes, de perpétuer le pouvoir des agresseurs. (Cf. Penser. Mythe, Patriarcat, Anthropologie, Psychanalyse)

Violences incestueuses (Mythe) (2) : La pseudo règle-universelle-de-l’inceste présuppose que l’interdit soit respecté. Par ailleurs si le père ne devait pas épouser sa fille, rien n’interdise qu’il ne la violât ; et ce d’autant plus aisément que le système familial - patriarcal - est fondé sur l’appropriation des femmes et ne confère pas de statut à l’enfance. (Cf. Êtres humains, Enfants, Femmes, Famille, Patriarcat, Anthropologie. Ethnologie. Lévi-Strauss, Psychanalyse)

Violences Incestueuses (Négation. Freud Sigmund) : 2012. Jeffrey Masson, auteur de :
« […] « Pendant des années, Freud [1856-1939] a pensé que ses patientes avaient été victimes d'abus sexuels pendant leur enfance. Devenues femmes, elles enduraient les séquelles de ce traumatisme. Il a appelé "théorie de la séduction" l'hypothèse suivant laquelle ces souffrances (il utilisait le terme "hystérie") étaient la conséquence de traumatismes sexuels précoces. Nous savons depuis les années 1980 que ce n'est pas seulement une hypothèse, mais une triste réalité qui affecte la vie de très nombreux enfants.
Puis, quelque part entre 1897 et 1903 (date de la première rétractation publique de l'hypothèse de la séduction), Freud a changé d'avis. Ces abus, affirmait-il, n'ont pas eu lieu et ne sont que le fruit de l'imagination, des ‘pulsions’, de fantasmes d'abus traduisant un désir inconscient. Ainsi, l'adulte était innocent. Ou du moins c'est ce qu'il se disait. Cette nouvelle doctrine a autant plu aux confrères de Freud que la précédente leur avait déplu.
Ce revirement a permis à Freud de sortir de son isolement professionnel et de connaître la gloire. Des années plus tard, Freud a déclaré que la psychanalyse troublait le sommeil du monde. Possible.
Pourtant, en niant la réalité des traumatismes sexuels, Freud a permis au monde de garder les yeux clos sur ce point...
Pourquoi s'est-il rétracté ? Les psychanalystes, en accord avec de nombreux critiques de la psychanalyse, avancent que c'est parce qu'il a compris que ses patientes n'avaient en fait jamais subi d'abus sexuels.
Mon livre raconte une tout autre histoire : contrairement à ce qu'il affirmait publiquement, Freud a longtemps continué à croire en la réalité des abus sexuels. J'ai eu la chance qu'Anna Freud, sa fille, me laisse lire des lettres de Freud à Fliess jusque-là tenues secrètes, qui démontrent sans équivoque ce que Freud pensait. Pourquoi est-il passé de "je crois les enfants" à "je crois que les enfants inventent des histoires" ? Nous n'aurons sans doute jamais de réponse définitive.
Pour ma part, je crois que Freud s'est trouvé dans une position trop inconfortable vis-à-vis de ses collègues, et de toute la société viennoise d'ailleurs. Il aurait fallu un courage formidable pour demeurer du côté des victimes innocentes face à leurs agresseurs, un courage que personne n'avait jamais eu à cette époque.
[…] » 137 (Cf. Psychanalyse)

Violences incestueuses (Pères) : Combien de viols incestueux, tapis dans l’ombre, sous couvert de l’expression d’« attachement excessif au père » ? (Cf. Patriarcat. Père)

Violences Incestueuses (Saint-Phalle Niki de) : 1994. Niki de Saint-Phalle [1930-2002], dans un livre intitulé Mon secret [Éditions de la Différence], auteure de :
« Ce même été, mon père, il avait 35 ans, glissa sa main dans ma culotte comme ces hommes infâmes dans les cinémas qui guettent les petites filles. J’avais 11 ans […] » Après avoir évoqué les viols qui suivirent, elle écrit :
« Mon père avait sur moi le terrible pouvoir de l’adulte sur l’enfant. J’avais beau me débattre, il était plus fort que moi. Mon amour pour lui se tourna en mépris. Il avait brisé en moi la confiance en l’être humain. Que cherchait-il ? Là aussi, ce n’est pas simple. Le plaisir, il pouvait le trouver ailleurs. Non ! C’est l’interdit et c’est la tentation d’un pouvoir absolu sur un autre être qui exerçait un fascination vertigineuse sur lui. Il existe dans le cœur humain un désir de tout détruire. Détruire, c’est affirmer qu’on existe envers et contre tout. […] » 138 Tout lire. (Cf. Culture, Êtres humains, Patriarcat. Père)

VII. Violences à l’encontre des femmes :

Violences à l’encontre des femmes :

Violences à l’encontre des femmes (1) : Cette formulation qui, un temps, s’avéra une grande avancée, s’est révélée, insuffisante, inappropriée ; en effet, elle n’évoque que des victimes (nommées) ; dès lors, faute de nommer les auteurs, elle peut justifier que ces violences soient une succession d’effets sans cause. On comprend mieux dès lors que, sous ce couvert, dans cette confusion, tant d’analyses, tant de [projets de] lois les ont confortées. 139
Par ailleurs, en aucun cas, il n’est possible de considérer que des lois présentées comme devant lutter contre les violences faites aux femmes puissent être synonymes de lois concernant «la violence de genre».
La loi espagnole de 2004 «relative aux mesures de protection intégrale contre la violence de genre», si souvent vantée notamment par les féministes françaises (mais l’ont-elles vraiment, précisément, rigoureusement lue ?) est une loi extrêmement dangereuse [au spectre d'autant plus large que le terme de «genre» ne veut rien dire et ne peut donc être défini] laquelle, entre autres innombrables critiques, enferme toutes les femmes dans un statut juridique spécifique, hors champs de la loi commune, du droit commun… (Cf. droit, Justice, Langage. Genre, Violences. Patriarcales)

Violences à l’encontre des femmes (2) : On a dit : « Mort aux juifs » et hommes, femmes et enfants juifs furent tués. On ne dit pas « Mort aux femmes », mais les femmes sont néanmoins tuées. Partout.

Violences à l’encontre des femmes (3) : L’assassinat est la preuve ultime, la seule irréfutable, du pouvoir du meurtrier sur sa victime.

Violences à l’encontre des femmes (4) : Vivre avec un homme violent, c’est vivre sous la menace ; ce n’est pas vivre.
Vivre avec lui sans la craindre et/ou en espérant qu’il s’amende - ce qui revient au même - c’est accroitre le danger, et donc la probabilité d’être tuée.

Violences à l’encontre des femmes (5) : (18 septembre) 2019. Vu, rue Saint Jacques / carrefour rue du Sommerard, sur un grand panneau, collé sur le mur, écrit à la main, ce slogan :
« Honorons les mortes, Protégeons les vivantes. »
« Honorer, Protéger » : Où est l’indignation, l’analyse, le projet ? Qui sont les responsables ?
* Ajout. 23 octobre 2019. Même endroit : « Macron parle. Les féminicides continuent ».
Effacé le lendemain par la Mairie de Paris.
* Ajout. 23 octobre 2019. Vu au carrefour rue des Anglais / rue Donat : « On ne veut plus compter les mortes »
* Ajout. 20 mars 2020. Vu rue de Cluny : « Tu n’as de droit sur aucune femme » Deux jours après, le 6 dernières lettres du slogan étaient soigneusement rendues illisibles.
- Le (6 mai) 2020. « sur aucune femme » a été repeint et est dorénavant à nouveau lisible.
* Ajout. 18 juin 2020. « Vivement le matriarcat »
« Le monde meurt, les femmes aussi »
* Ajout. 22 juin 2020. « Coupe. Coupe, les coucounettes des violeurs »

Violences à l’encontre des femmes (6) : La dénonciation des auteurs ne doit pas contribuer à passer sous silence les résistances de leurs victimes.

Violences à l’encontre des femmes (7) : Pourquoi ne s’est-elle pas défendue ? dit le premier. Elle n’avait qu’à se défendre, dit le second. Si elle s’était défendue, j’aurais compris, dit le troisième.

Par ordre chronologique. Violences à l’encontre des femmes :

Violences à l’encontre des femmes (Abitbol Sarah) : (20 janvier) 2020. Sarah Abitbol, patineuse artistique, dans Un si long silence [Plon. 2020] s’adressant à l’entraineur Giles Beyer (nommé ‘Monsieur O’) qui, à 15 ans, l’avait violée, écrit :
« Si vous avez tenu si longtemps, Monsieur O., c’est parce que tout autour de vous, l’a permis. Des politiques ont fermé les yeux, des dirigeants vous ont maintenu en place, des entraîneurs se sont tus pour ne pas risquer d’être viré ou pour protéger leurs propres turpitudes. Des femmes de coachs ont mis un mouchoir sur les crimes de leurs conjoints, des parents ont été aveuglés par leur volonté de voir leurs enfants réussir, des élèves eux-mêmes ont peur d’être discriminés s’ils parlaient. Chacun, à son niveau, a nourri et continue de nourrir le crime. » 140
Cette analyse - car c’en est une - révèle simplement, clairement, les logiques qui justifient les permanences des structures institutionnelles qui expliquent les violences à l'encontre des femmes : elle permet alors la nécessaire inversion du regard porté des victimes en ce qui les transforment en victimes.
Cette analyse va bien au-delà de celles limitées aux processus d'"emprise" qui, sans nier leur importance, se limitent à décrire les mécanismes de prises de pouvoirs sur des individu-es au profit de celles centrées sur les causes inhérentes aux structures familiales, politiques, institutionnelles, toutes patriarcales. (Cf. Homme « Politique ». Lamour Jean-François), Violences. Patriarcales)

Violences à l’encontre des femmes (Aditayanath Yogi) : (4 avril) 2017. Emmanuel Macron fit une croisière en bateau le 12 mars 2018 à Bénarès avec le Yogi Aditayanath, moine-ministre Hindou de l’Uttar Pradesh. Le concernant, dans un reportage de Libération en date du 4 avril 2017, on lit :
« On voit sur la vidéo d'un meeting ses disciples appeler les Hindous à ‘déterrer les cadavres des femmes musulmanes pour les violer’. » 141
N.B. Cette injonction est considérée par Libération comme relevant de la « provocat[ion] »… (Cf. Corps. Cadavre)

Violences à l’encontre des femmes (Aragon Louis) : 1948. Louis Aragon [1897-1982], dans Les voyageurs de l’impériale, auteur de :
« […] Elle aura tout sali, tout détruit. Elle n’avait qu’à disparaître, qu’à s’arranger de faire ce qu’elle voulait sans que ça se sache. Tout est toujours un peu pire que l’on attend. On devrait tuer les femmes après s’en être servi. Ce qu’elle devienne ensuite, je m’en fiche, mais… Il y a une chose tracassante des femmes : elles comparent, elles comparent sans arrêt…» 142

Violences à l’encontre des femmes (Bakounine Michel) : Michel Bakounine [1814-1876], dans Vers le socialisme libertaire, auteur de :
« Dans le mariage libre, l’homme et la femme doivent également jouir d’une liberté absolue. Ni la violence de la passion, ni les droits accordés librement dans le passé ne pourront servir d’excuse pour aucun attentat de la part de l’un contre la liberté de l’autre, et chaque attentat pareil sera considérée comme un crime. » 143

Violences à l’encontre des femmes. Balzac Honoré de :

Violences à l’encontre des femmes (Balzac Honoré de) (1) : 1837-1843. Honoré de Balzac [1799-1850], dans les Illusions perdues, rapporte cette discussion sur une conception de l’amitié (entre hommes) « qui ne recule pas devant la complicité » :
« Nous ne reculons devant rien, répondit Michel Chrestien. Si tu avais le malheur de tuer ta maîtresse, je t’aiderais à cacher ton crime et pourrais t’estimer encore. […] L’amitié pardonne l’erreur, le mouvement irréfléchi de la passion. […] » 144

Violences à l’encontre des femmes (Balzac Honoré de) (2) : 1844. Honoré de Balzac [1799-1850], dans La femme de trente ans, faisant parler Julie de son mari « violent », auteur de :
« [...] À ce prix , j’ai la paix. […] Mais si je mène ainsi mon mari, ce n’est pas sans redouter les effets de son caractère. Je suis comme un conducteur d’ours qui tremble qu’un jour la muselière ne se brise. […] » 145 (Cf. Femmes. Peur)

Violences à l’encontre des femmes (Baudelaire Charles) : 1866. Charles Baudelaire [1821-1867], dans la série de ses poèmes intitulés Les épaves, voici les trois dernières strophes de celui intitulé À celle qui est trop gaie :
« Ainsi quand je voudrais, une nuit / Quand l’heure des voluptés sonne, / Vers les trésors de ta personne, Comme un lâche, ramper sans bruit // Pour châtier ta chair joyeuse, / Pour meurtrir ton sein pardonné, / Et faire à ton flan étonné, / une blessure large et creuse, // Et, vertigineuse douceur ! A travers ces lèvres nouvelles, plus éclatantes et plus belles, / T’infuser mon venin, ma sœur ! » (Cf. Corps. « Chair »)

Violences à l’encontre des femmes (Brésil. XIXème siècle) : 1850. Madame Toussaint-Samson [1826-1911], dans Une Parisienne au Brésil, rapporte sa rencontre à Rio (vers 1850) avec un Français de 35 ans, pianiste, fort « pâle », bien que non malade. Il lui est dit qu’il avait tué à bout portant, son épouse, française elle aussi, chanteuse au Théâtre de Rio, laquelle courtisée par un jeune docteur de la ville, Français lui aussi, devint sa maîtresse.
La fin de l’histoire (vraie), telle que vécue par l’auteure du livre :
« Il fut se constituer prisonnier. Après avoir subi un jugement, absous de par la loi, il était demeuré dans le pays, où il rencontrait à chaque pas celui qui l’avait déshonoré. Il avait eu le triste courage de tuer la femme et n’avait pas celui de tuer l’homme. Tout souillé de son crime, portant depuis, comme un stigmate éternel, cette pâleur cadavérique, il continuait cependant à venir jouer chaque soir des quadrilles et des polkas pour faire danser la jeunesse brésilienne, son crime l’ayant en quelque sort, mis à la mode. […] ».
Et elle poursuit :
« Ce récit me glaça ; mes yeux ne pouvaient se détacher de cet homme qu’on plaignait généralement, tandis que moi, je ne trouvais pour lui, en le regardant, que cette seule parole : « Lâche ! » […] 146 (Cf. Femme. Auteure. Adèle Toussaint-Samson, Droit, Justice, Patriarcat, Histoire)

Violences à l’encontre des femmes (Buckingham Duc de) : 1675-1677. Je lis dans les Mémoires du Cardinal de Retz [1613-1679], rapportant ce que Madame de Chevreuse [1600-1679] lui avait dit, « elle, qui avait été la seule et véritable confidente de la jeunesse » [de la reine Anne d’Autriche, 1601-1666, mère de Louis XIV, régente] :
« Le seul homme qu’elle [Anne d’Autriche] avait aimé avec passion avait été le duc de Buckingham [1592-1628] ; qu’elle lui avait donné rendez-vous, [en 1625 ?] une nuit, dans le petit jardin du Louvre ; que Madame de Chevreuse [1600-1679] qui était seule avec elle, s’était un peu éloignée, elle entendit du bruit comme de deux personnes qui se luttaient : que s’étant approché de la Reine, elle la trouva fort émue, et Monsieur de Buckingham à genoux devant elle ; que la Reine, qui s’était contentée ce soir, de lui dire, en remontant dans son appartement, que tous les hommes étaient brutaux et insolents, lui avait commandé, le lendemain au matin, de demander à Monsieur de Buckingham s’il était bien assuré qu’elle en fut pas en danger d’être grosse ; que, depuis cette aventure, elle, Mme de Chevreuse, n’avait eu aucune lumière, d’aucune galanterie de la Reine […] ».
Plus loin, le Cardinal de Retz rapporte, toujours selon Mme de Chevreuse, que : « Buckingham lui avait dit autrefois qu’il avait aimé trois reines, qu’il avait été obligé de gourmer toutes trois. » 147 [Gourmer, selon Le Littré : Battre à coups de poings, faire souffrir, maltraiter, battre. On peut ajouter ici : violer ]

Violences à l’encontre des femmes (Burke Edmund) : 1797. Cette analyse d’Edmund Burke [1729-1797], dans sa Première lettre sur la paix régicide - en réalité une leçon politique adressée aux hommes politiques Anglais concernant leur politique vis-à-vis du Directoire [1795-1799] - peut être valablement pensée comme pouvant concerner les violences des hommes à l’encontre des femmes :
« […] Il arrive souvent dans de grands malheurs que les facultés intellectuelles sont tellement paralysées par la présence d’un péril imminent, qu’on ne peut plus ni préparer des ressources, ni apprécier le danger, ni même l’apercevoir.
L’œil de l’âme est ébloui, confondu.
Une défiance abjecte de nous-mêmes, une admiration extravagante des moyens de notre ennemi, ne nous permettent plus de voir d’autre espoir que dans un compromis avec son orgueil, dans un pacte avec ses commandements.
Dans le désordre qui règne alors dans l’État, on veut entendre que les conseils dictés par cette ridicule frayeur. On se plonge dans un abîme obscur pour éviter l’objet de sa crainte.
La nature du courage est de pouvoir fixer le péril en face ; mais l’homme qu’affaisse une consternation irréfléchie se crée des fantômes et des ténèbres ; le cri de l’instinct provoque son courage ; il repousse un courage qui lui semble provoquer les dangers et les produire.
Alors la crainte n’a plus d’asile qua dans la crainte, la temporisation seule paraît un moyen de salut. » 148 (Cf. Histoire)

Violences à l’encontre des femmes. Collomb Gérard :

Violences à l’encontre des femmes (Collomb Gérard) (1) : (23 août) 2018. Gérard Collomb, ministre de l’intérieur, auteur, concernant un homme qui avait, le matin même, assassiné trois femmes, dont sa mère et sa sœur :
« Il avait un problème psychiatrique important. » 149 (Cf. Psychanalyse. Psychiatrie, Violences. Déni, Patriarcales)

Violences à l’encontre des femmes (Collomb Gérard) (2) : (6 septembre) 2018. Gérard Collomb, ministre de l’intérieur - devant un tableau affichant une croissance de +23 % [sur les 7 premiers mois de 2018 par rapport à la même période en 2017] des « violences à l’encontre des femmes » - qui, dit-il, « explosent » - les présente comme étant des « violences non crapuleuses. » 150
- Ce sont des dizaines d’années d’apports féministes à la pensée qui manquent à cet homme (comme à tant d’autres hommes « politiques ») d’un autre siècle [le XIXème] ; mais qui, au mépris de la vie des femmes, se perpétue au XXIème siècle. (Cf. Droit, Justice, Homme. «Politique», Féminisme, Pense)

Violences à l’encontre des femmes (Colonialisme) : 2019. Marie-Hélène Fraïssé, auteure, journaliste, grand reporter, sur France Culture, auteure de :
« […] (Concernant les « rapts d’indigènes ») Dans tous les récits de voyages, jusqu’à pratiquement le XIXème siècle incus, les voyageurs se croient autorisés à emmener des gens comme des pièces à convictions de leur voyage….On navigue le long du rivage, on voit une femme avec son enfant, eh bien, on l’embarque … Et puis, il y a eu le grand non-dit de toute l’histoire de l’exploration, c’est que….On arrive, au début en tout cas, en bateau, des hommes débarquent, des hommes qui sont sans femme depuis des semaines, etc….Il y a eu des viols partout, des métissages innombrables sur toutes les côtes d’Amérique, d’Asie, d’Afrique…» 151 (Cf. Patriarcat. Colonialisme, Politique. Colonialisme)

Violences à l’encontre des femmes (Coutume) : Ce que l’on nomme : « la coutume » - ou du moins, ce au nom de laquelle tant violences ont été commises - est responsable de plus de morts de femmes que tous les assassins considérés comme tels depuis des siècles. Plus que la loi ?

Violences à l’encontre des femmes (Création d’un « Observatoire ») : Proposer la création d’un observatoire des violences à l’encontre des femmes est un mépris des recherches féministes jusqu’alors effectuées ; une injure faite aux femmes, faite aux associations ; une justification des dites violences auxquelles la réponse donnée est : résignez-vous à ce que l’on vous viole, vous frappe, vous injurie, vous assassine, jusqu’à nouvel ordre.
Vous, continuez à mourir. Nous, on [vous] observe.

Violences à l’encontre des femmes. « Crime d’honneur » :

Violences à l’encontre des femmes (« Crime d’honneur ») (1) : Ne concernerait, à en croire la presse, que les hommes des pays arabes/musulmans. À croire que ‘les autres’ ne commettraient pas de crime et/ou n’auraient pas d’honneur ; à moins qu’ils ne les qualifient autrement : de ‘passionnels’, par exemple ? N’aurait donc rien à voir avec l’un quelconque des crimes dont les femmes sont quotidiennement les victimes en Occident.
Par ailleurs, cet dénomination - sans relation, à ma connaissance, avec aucun code pénal existant - est, en sus, une caution de facto de tous les codes de statut personnel, de toutes les lois ‘familiales’, toutes les lois patriarcales, toutes les lois religieuses, l’exception confirmant la règle. (Cf. Droit. Patriarcal, Famille. Code de la famille)

Violences à l’encontre des femmes (« Crime d’honneur ») (2) : 1969. Dominique Fernandez dans Mère Méditerranée, définit justement le « crime d’honneur » comme « la jalousie incestueuse déguisée en défense de la famille. » 152 (Cf. Relations entre êtres humains. Jalousie, Famille)

Violences à l’encontre des femmes (« Crime passionnel ») : (20 août) 2020. À mon grand étonnement j’entends sur France Culture, concernant la série policière intitulée Le crime d’Orcival, employer l’expression de « crime passionnel », alors que 13 épisodes avaient déjà eu lieu afin de démontrer, précisément, rigoureusement, fort intelligemment, que le crime de Berthe avait été commis, minutieusement, froidement, pensé par son époux, dans des contextes on ne peut plus réalistes de vengeances multiples. 153 (Cf. Culture. France Culture, Justice. « Crime passionnel », Langage, Penser, Patriarcat. Permanence)

Violences à l’encontre des femmes (Criminels de paix) : Infiniment plus nombreux que les criminels de guerre.

Violences à l’encontre des femmes (David-Neel Alexandra) : (12 février) 1912. Alexandra David-Neel [1868-1969] dans une lettre à son mari, évoque les violences à l’encontre des femmes universitaires françaises au tournant du XXème siècle, notamment à la Sorbonne :
« […] Tu ne vis pas dans ces milieux, tu ne peux pas te douter de quoi sont capables certains hommes, leur haine du féminisme gagnant chaque jour du terrain.
Ceux qui, dans ma jeunesse, s’efforçaient, dans les couloirs étroites et les escaliers en tire-bouchons de la vieille Sorbonne, de nous serrer entre les portes et le mur ou de nous faire tomber du haut des marches, qui, gracieusement, enfonçaient dans la tête des jeunes filles assises devant eux leurs épingles de chapeaux et leur donnaient des coups de pieds quand ils se trouvaient les dominer sur un gradin supérieur de l’amphi, ceux-là ont grandi et certains ont persévéré dans le même esprit.
Est-ce que la police n’a pas dû, plusieurs fois, en ces temps-là, charger pour protéger les étudiantes en médecine qu’on avait gentiment commencé à assommer à coups de pieds de bancs ?
Tu as peut être toi-même entendu parler de ces choses, en ta jeunesse et peut être as-tu trouvé drôle et réjouissant cette façon de traiter des femmes pas riches qui avaient l’impudente audace de vouloir demander leur gagne-pain à autre chose qu’à leur sexe ? […] » 154 (Cf. Culture. Sorbonne, Homme. « Intellectuel », Féminisme. Antiféminisme, Patriarcat, Proxénétisme)

Violences à l’encontre des femmes (Delorme Florian) : (10 mars) 2021. Florian Delorme, dans Cultures Monde de France Culture, dans une émission consacrée à la lutte des femmes contre « les violence sexistes » demande, concernant la politique espagnole en la matière - en toute facilité concernant une éventuelle réponse à ce type de question - ce qui « a marché » et ce qui « n’a pas marché » ; ce qui fut suivi par la personne interrogée par lui par : « Le nerf de la guerre, c’est le financement des politiques publiques ». Dès lors, on retombe sur ses pieds [traditionnels] en deux coups de cuillères à pot : l’analyse de l’évolution de la politique espagnole et de la comparaison de ses divers gouvernements.
- Le même Florian Delorme évoque « le désir d’émancipation des femmes du Golfe » : « émancipation » de qui ? Pourquoi pas, les concernant, « le désir de liberté » …. ? 155

Violences à l’encontre des femmes (Dépôts de plainte) : (mars) 2021. Nous toutes publie les résultats de l’appel à témoignages lancé en mars 2021 sur « l’accueil des victimes de violences sexuelles et sexistes en commissariat et gendarmerie », auquel 3500 femmes ont répondu.
- Banalisation des faits : 67,8% ;
- Refus de prendre la plainte ou découragement de porter plainte : 56,5 % ;
- Culpabilisation de la victime : 55,2 % ;
- Moqueries, sexisme ou propose discriminants : 29,8 % ;
- Solidarité avec la personne mise en cause pour violences : 26, 2 %
Quelques réactions entendues :
- Madame, on ne reste pas quand ça se passe mal ;
- Vous avez de la chance; c’est à la mode les violences conjugales ;
- Vous risquez de gâcher sa vie et le reste de sa scolarité ;
- Les mots et insultes, ç’est pas grave, tout le monde s’est déjà fait insulter ; il n’y pas mort d’homme…,
N.B. Pour rappel, l’article 15-3 du code de procédure pénale précise que : « Les officiers et agents de police judiciaire sont tenus de recevoir les plaintes déposées par les victimes d'infractions à la loi pénale, y compris lorsque ces plaintes sont déposées dans un service ou une unité de police judiciaire territorialement incompétents. » C’est tout. À réécrire. (Cf. Droit., Justice)

Violences à l’encontre des femmes. Dire… :

Violences à l’encontre des femmes (Dire…) (1) : Dire les violences, ce n’est pas les dénoncer ; dénoncer, ce n’est pas demander justice ; demander justice, ce n’est pas obtenir justice ; obtenir justice, ce n’est pas dénoncer ce qui produit ces violences.

Violences à l’encontre des femmes (Dire…) (2) : On peut longtemps parler « dans le vide », pas même celui même du son d’un écho…
Le monde des «psy», du moins celui qui se limite à cette demande de « parole », n’est, sauf exceptions, ni féministe, ni pacifiste ; en retarde-t-il l’avènement ? (Cf. Droit. Justice)

Violences à l’encontre des femmes (Dire…) (3) : Ce ne sont pas tant les violences infligées qui sont les plus difficiles à dire que celles subies et tues. Les premières relèvent en effet de l‘exclusive responsabilité de celui / celle qui les imposent ; dans les secondes, les victimes, volens nolens, en sont nécessairement partie prise, partie prenantes ; en subissant ces violences, elles en deviennent, peu ou prou, malgré elles, à leur encontre et victimes et parties prenantes. (À prolonger)

Violences à l’encontre des femmes (Drucker Léa) : (23 février) 2019. Léa Drucker recevant le prix de la meilleure actrice lors de la cérémonie des Césars, auteure de :
« Je voudrais dédier cette récompense à toutes les Miriam, toutes ces femmes qui ne sont pas dans une fiction, qui sont dans cette tragique réalité. Je pense à toutes celles qui sont parties, celles qui veulent partir, celles qui ne partiront pas, celles qui auraient dû partir. Je pense à elles, je pense à toutes les personnes qui les accompagnent, leur famille, leur entourage, les associations qui ont trop peu de moyens et qu’il faut aider. Je pense à toutes ces femmes-là.
La violence commence souvent par les mots, tous ces mots qu’on utilise tous les jours, et on croit qu’ils sont ordinaires. On les utilise sous couvert d’humour, parfois par des effets de groupe. On ne se rend pas compte que ces mots-là sont déjà le début d’une menace et le reflet d’une idéologie et d’une pensée dont on n’a pas forcément conscience.
Même les plus ordinaires et les plus banals peuvent constituer le début d'une menace. Ces mots sont le reflet d'une pensée dont on n'a pas tout à fait conscience mais qu’on doit combattre en semble, hommes et femmes. Moi, je suis fière de ce récit de l'envol d'une femme raconté par un homme.
Je voudrais juste saluer toutes les femmes, toutes les féministes qui écrivent, agissent, prennent la parole et défendent au quotidien la cause des femmes, et qui bravent parfois des tempêtes d’insultes et d’agressivité en tout genre.
Je voudrais les remercier parce qu’elles m’ont permis, en s’éveillant, d’être la femme que je suis aujourd’hui.
» (Cf. Féminisme. Féministes, Politique. Idéologie)

Violences à l’encontre des femmes. Dumas. Alexandre, fils :

Violences à l’encontre des femmes (Dumas. Alexandre, fils) (1) : 1872. Alexandre Dumas, fils [1824-1895], dans son texte Tue-là ! auteur [à un homme] de :
« Et maintenant, si malgré tes précautions, tes renseignements, ta connaissance des hommes et des choses, ta vertu, ta patience et ta bonté, si tu as été trompé par des apparences ou des duplicités; si tu as associé à ta vie une créature indigne de toi ; si, après avoir vainement essayé d’en faire l’épouse qu’elle doit être, tu n’as pu la sauver par la maternité cette rédemption terrestre de son sexe ; si, ne voulant plus t’écouter, ni comme père, ni comme ami, ni comme maître, non seulement elle abandonne tes enfants, mais va, avec le premier venu, en appeler à d’autres dans la vie, lesquels continueront sa race maudite en ce monde ; si rien ne peut empêcher de prostituer ton nom avec son corps, si elle te limite dans ton mouvement humain ; si elle t’arrête dans ton action divine ; si la loi qui s’est donné le droit de lier s’est interdit celui de délier et se déclare impuissante, déclare toi, personnellement, au nom de ton Maître, le juge et l’exécuteur de cette créature.
Ce n’est pas la femme, ce n’est même pas une femme ; elle n’est pas dans la conception divine, elle est purement animale : c’est la guenon du pays de Nod, c’est la femelle de Caïn ;
- Tue-là. » 156
- Du même, concernant les Communardes : « Nous ne dirons rien de leurs femelles, par respect pour nos femmes à qui elles ressemblent quand elles sont mortes. » 157 (Cf. Culture, Êtres humains, Relations entre êtres humains. Haine des femmes, Femmes. Animalisation. « Femelles », Hommes. Proudhon, Histoire, Sexes)
- Ni cité, ni évoqué par Wikipédia.

Violences à l’encontre des femmes (Dumas. Alexandre, fils) (2) : Lu ce jugement de la Princesse de Metternich [1836-1921] concernant Alexandre Dumas fils [1824-1895] :
Il « voyait le monde plus laid qu’il ne l’est réellement, il s’acharnait à découvrir sous toute action un mobile bas, les femmes lui semblaient dénuées de toute élévation de sentiments et il avait pour le genre humain en général un profond mépris. […]
Il creusait à plaisir dans le cœur humain et n’en retirait que des déchets. » (Cf. Êtres humains. « Déchets ») 158

Violences à l’encontre des femmes (Église catholique) : (7 juin) 2019. Concernant les violences sexuelles commises par des prêtres catholiques, Marie-Claire Réault, interrogée par La Croix, déclare  :
« Quand on était jeunes, on nous a tellement cassé les pieds avec les histoires de virginité avant le mariage… Quand je vois ce que se sont permis certains prêtres, je me dis qu’ils étaient quand même gonflés ! » 159 (Cf. Femme. Vierge)

Violences à l’encontre des femmes. Enquêtes :

Violences à l’encontre des femmes (Enquêtes) (1) : Toutes fausses. 160 Le plus grave est que l’on ait pu penser qu’elles pussent ne pas l’être. Plus grave encore : chaque violence passée au tamis d’une quantification - impossible - efface un peu plus encore la mémoire des victimes. C’est à chacune d’entre elles qu’il faut redonner vie.
* Ajout. 22 juin 2015. Pour élargir, approfondir le constat, Cf. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], dans Le contrat social, auteur de :
« Les quantités morales manquant de mesures précises, fût-on d’accord sur le signe, comment l’être sur l’estimation ? » 161

Violences à l’encontre des femmes (Enquêtes) (2) : 2007. Lu, dans Le livre noir de la condition des femmes, concernant les violences dites conjugales, sous l’intitulé : Nécessité de cerner l’ampleur du phénomène :
« L’absence de données statistiques homogènes et fiables constitue une entrave à la prise de décision publique en matière d’aide aux victimes et de prévention. » 162
- Et l’absence de connaissance du nombre ‘homogène et fiable’ des victimes des guerres dans le monde a t-elle gêné, retardé, handicapé, interdit les pensées et les mobilisations pacifistes ?

Violences à l’encontre des femmes (Équivalence) : (29 septembre) 2016. Entendu sur France Culture, dans une émission consacrée aux ‘sorcières et amazones’ :
« […] Le déferlement de violences peut être aussi le fait des femmes » ;
« [...] Les hommes souffrent d’avantage sinon plus que les femmes » ;
« […] Les femmes sont responsables aussi, beaucoup, de la violence des hommes ».
163 Comparer les dominé[e]s avec les dominant[e]s, c’est nier la domination.
Et tout ça cautionné au nom de la « culture »… (Cf. Culture. France Culture, Patriarcat. Domination masculine)

Violences à l’encontre des femmes (« Erreur ») : (21 juin) 2015. Après dénonciation par la droite, front national inclus, Yacine Chouat, nommé par Jean-Christophe Cambadélis, le 20 juin 2015, secrétaire national adjoint du PS en charge de l’intégration, démissionne, le 21 juin. Il avait été condamné en 2010, puis en 2011 en appel, pour « violences conjugales aggravées sur conjointe ».
Il déclare « avoir commis une erreur » - et non une faute, une condamnation, une violence qu’il aurait pu regretter - affirme que « la justice est passée » et « avoir payé sa dette ».
Quelle est la nature de cette « dette » ? À qui l’aurait-il payé ? La justice lui aurait-elle signé une reconnaissance de dette ? Une condamnation vaut-elle excuse, engagement ? Où est enfin l’analyse politique ? Et il termine ainsi :
« C'est avec tristesse que je constate que dans la France d'aujourd'hui on n'a pas droit à une deuxième chance quand on est musulman.» Quel amalgame honteux ! 164 (Cf. Justice, Patriarcat)
- Le Parisien évoque pour sa part « une erreur de casting ». 165

Violences à l’encontre des femmes (« Fantasmes ») : Peut aisément remplacer les ‘pulsions’. Très utiles, surtout pour les avocat-es des assassins. (Cf. Violences à l’encontre des enfants. « Fantasme »)

Violences à l’encontre des femmes « Féminicide » :

Violences à l’encontre des femmes (« Féminicide ») (1) : Je récuse la validité de l’emploi de ce terme, que je considère comme très dangereux. Pourquoi ? :
- Un préalable : si l’on voulait établir un équivalent féminisé à « homicide », il fallait employer le terme de « fémicide ». « Féminicide » renvoie donc à « féminin », dont on sait la signification non seulement ambigüe, mais nécessairement patriarcale.
En sus, distinguer, séparer, opposer « féminicide » et « fémicide » ne peut que créer encore plus de confusion que ce terme en lui-même en comporte.
- Employer l’expression de « féminicide » revient donc à définir un crime et / ou un délit en seule fonction du sexe de la victime, en l’occurrence : les femmes.
En conséquence, les hommes auteurs disparaissent.
Il est alors difficile de ne pas lire l’évidente régression par rapport aux expressions antérieurement employées par des féministes, à savoir « violences des hommes », « violences masculines », et a fortiori « violences patriarcales ».
Pour mieux saisir l’enjeu de cette radicale rupture dans le droit, il suffit d’imaginer un nouveau concept qui concernerait les seuls hommes ?
Plus encore, toutes relations entre hommes et femmes, au cœur de toute analyse féministe du patriarcat - sans lesquelles aucune ne peut avoir lieu - est maintenue dans l’impossible, dans l’impensable. Cette séparation était évidente dans le droit ; elle l’est dorénavant dans les analyses.
- En sus, le terme peut et pourra s’appliquer à toutes les femmes victimes de violences, dans le cadre du couple, dans la rue, dans un bordel, au travail.
Si le terme est intégré dans le droit - sans doute l’est-il déjà – tous les hommes, un proxénète, un client, un mari, un ex, un père, un inconnu,…à équivalence, voire à l’identique, pourront être poursuivis sur un même fondement légal, pour « féminicide ».
- Toutes les législations, toutes les analyses, en matière de droit du travail, du proxénétisme, du’ trafic d’êtres humains’ seront donc fondamentalement remises en cause ; et de facto, s’effondrent.
- Concrètement, ce terme ouvre la voie et est utilisé pour justifier la création de tribunaux spéciaux - déjà existants - chargés de ces violences. Dès lors, les femmes victimes ne sont pas jugées selon les mêmes critères que les hommes victimes, ce qui ouvre la voie à un traitement différencié, à des tribunaux spéciaux, à des critères de jugements spéciaux - voire à les retirer du droit commun.
Les justifier au nom de la compétence des juges parce qu’ils/elles seraient spécialisées est une injure à l’intelligence.
N.B. Nombreuses sont ceux et celles, féministes incluses, qui justifient cette loi en arguant que les femmes sont agressées « parce qu’elles sont femmes ». Mais que peut bien vouloir dire cette tautologie ? Qui ne signifie, bien sûr , rien. (Poursuivre et notamment critiquer le texte de l’OMS sur le fémicide) (Cf. Femmes. « Politique ». Schiappa Marlene)
* Ajout. 23 septembre 2019. Entendu ce jour sur France Culture :
« Une nouvelle thématique s’est imposée […] » Imposée par qui ? pourquoi ? (Cf. Penser)
* Ajout. 18 novembre 2019. Pour illustration de la confusion dont ce terme est porteur : vu peint en larges lettres noires sur la palissade entourant le chantier du Musée du Moyen-Âge : Marie Antoinette = féminicide.

Violences à l’encontre des femmes (« Féminicide ») (2) : Dès lors que le terme de « féminicide » sera le terme de référence, les débats, notamment juridiques, se focaliseront, en chaque occurrence, sur la validité ou non de l’emploi du terme, et non sur ce qu’il est censé dénoncer. Et c’est ce pourquoi il a été imposé et s’est imposé. (Cf. Droit, Penser. Pensée claire)
* Ajout. 5 mai 2020. Pour illustration, une femme, « retrouvée morte » à Lourches, est assassinée par son compagnon (en garde à vue). Le sous-titre de l’article du Figaro est : La piste du féminicide est envisagée.

Violences à l’encontre des femmes (« Féminicide ») (3) : (29 juin) 2020. Pour illustration, lu sur France Info ce ‘débat’ :
« Un homme de 54 ans a été placé en garde à vue après avoir tué son épouse de plusieurs coups de couteau à leur domicile de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). Il a reconnu les faits, selon le parquet de Nanterre. Il s'agit au moins du 34e féminicide de l'année, selon l'AFP. »
- Commentaire : Vous annoncez le 34eme féminicide à Rueil Malmaison or, selon #Noustoutes il s'agit du 48eme. Savez-vous pourquoi cette différence ?
- Réaction au commentaire : Pour être précis, il s'agit du 47e féminicide de 2020. selon le décompte associatif repris par #NousToutes. Dans cette note de Blog [Fact cheking] de 2019, l'AFP défendait son bilan en expliquant que certains cas évoqués par les associations n'étaient pas encore confirmés par les enquêtes, voire démentis.
- L’AFP est donc l’instance (parmi nécessairement d’autres) qui décide ce qui relève du « féminicide » : comment - pourquoi ? - les féministes n’abandonnent-elles pas ce terme ? (Cf. « Sciences » sociales. Quantification)

Violences à l’encontre des femmes (Fielding Henry) : 1749. Henry Fielding [1707-1754], dans l’Histoire de Tom Jones, auteur de ce dialogue entre M. Western et sa sœur :
« - _Je ne suis qu’une femme, vous savez, mon frère, et mes opinions ne signifient pas grand-chose. D’ailleurs…
- Je le sais bien que vous êtes une femme s’écria le squire, et cela vaut mieux pour toi ; si tu étais un homme, j’te promets bien qu’il y a longtemps que j’taurais donné une pichenette.
- Hé oui, dit-elle, et dans cette pichenette-là réside toute la supériorité que vous vous prêtez. Vos corps sont plus forts que les nôtres, non vos cervelles. Croyez-moi, il est bon pour vous que vous puissiez nous battre ; sans quoi telle est la supériorité de notre intelligence que nous ferions de vous tout ce que sont déjà les hommes braves, sages, spirituels et polis : nos esclaves. » 166 (Cf. Homme. Féminisme)

Par ordre chronologique. Violences à l’encontre des femmes. France :

Violences à l’encontre des femmes (France. Années 1920) (1) : 1972. Lu, dans le livre intitulé Histoire de Michèle :
« […] Les cris, les coups, dans le quartier, personne ne s’en inquiétait… on disait : ‘Tiens, c’est la mère machin qui dérouille’, et puis.. c’est tout. Personne ne se mêlait des affaires des autres. » 167 (Cf. Histoire)

Violences à l’encontre des femmes (France. 1944) (2) : (3 juin) 1944. Jean Guéhenno [1890-1978] note dans son Journal :
« Hier Paulhan [1884-1968] nous a conduit à Luna-Park (parc d’attraction situé près de la Porte Maillot). Si l’on peut juger d’un monde aux plaisirs qu’il se donne, celui où nous vivons est affreux. […] Nous nous promenions parmi les jeux de balles ou d’anneaux, quand soudain, voici ce que nous avons vu : sur un lit, à peine recouvert d’un drap, une femme à peu près nue ; elle nous regardait approcher ; elle avait l’air d’un bête ; elle est là, couchée tout le jour. Au-dessus d’elle une cible ; le plus habile, en lançant une balle, se fait reverser le lit et tomber la femmes. C’est là, ce qu’on peut voir, à Paris, en 1944. […] Comme nous nous en allions, la femme est sortie de son lit, s’est habillée, et a traversé la place en dansant une gigue égrillarde. Nous avons pu voir que c’est une pauvre idiote. Je ne saurais dire si cela a augmenté ou diminué notre dégoût. » 168

Violences à l’encontre des femmes (France. 2016) (3) : (20 octobre) 2016. Info Le Parisien, relayée par l’AFP, reprise par Le Figaro sous le titre : « Une lycéenne dépouillée et jetée dans la Seine » :
« Une lycéenne de 17 ans a été violemment agressée puis poussée dans la Seine vers 21h mercredi soir à Paris alors qu'elle était en train de pique-niquer, révèle le Parisien. Alors qu'elle était en train de pique-niquer sur un banc du quai d'Orléans, sur l'île Saint-Louis, cinq jeunes, quatre garçons et une fille, l'ont abordée. Ces derniers lui ont d'abord demandé une cigarette puis de l'argent avant de devenir de plus en plus agressifs. La jeune femme raconte avoir été ‘giflée’ puis avoir reçu ‘des coups de poing et des coups de pied’. À terre, l'un des agresseurs lui volent son sac tandis que les autres la poussent dans la Seine. Puis partent en courant. La lycéenne parvient à sortir de l'eau et a composé le numéro des pompiers. Mais son portable ayant pris l'eau, la conversation est rapidement coupée. Elle sera finalement aidée par une passante. Transportée à la Pitié Salpêtrière, la jeune femme a porté plainte jeudi. Les cinq agresseurs ont disparu, non sans lui avoir volé son sac à dos avec ses cours mais aussi son portefeuille avec ses papiers d’identité, ses cartes bancaires, de cantine, de bibliothèque. Ils sont toujours recherchés. » 169

Violences à l’encontre des femmes (France. 2018) (4) : (1er août) 2018. AFP :
« Un homme a abattu hier sa compagne de 32 ans en pleine rue, à Saint-Christophe-les-Alès (Gard) avant de se suicider avec la même arme. […]
Il s’est écroulé à quelques mètres de sa compagne qui était aussi la mère de ses deux jeunes enfants. » 170 Sur France Inter (Journal de 15 heures), j’entends :
« Le couple était déjà connu pour des violences conjugales. » (Cf. Famille. Couple)

Violences à l’encontre des femmes. Frémiot Luc :

Violences à l’encontre des femmes (Frémiot Luc) (1) : (25-26 mars) 2012. Luc Frémiot, Procureur, en s’adressant à Alexandra lange qui fut, après son réquisitoire, et les plaidoiries de ses avocates, acquittée de l’accusation de crime (de son mari) après avoir défendu son droit à sa vie et à celle de ses enfants, auteur de :
« C’est la guerre que vous avez vécue… » ; « C’est cela être juge : se mettre à la place des autres » ; « Elle a toujours été seule. Aujourd’hui, je ne veux pas la laisser seule » ; « Vous n’avez rien à faire dans une cour d’assises, Madame. » 171
- À quand la poursuite de ceux et celles qui l’ont laissée « seule », avec ses enfants, sous les coups et les tortures pendant plus dix ans ? Non : à quand la mise en œuvre de réelles ruptures politiques et donc traduites juridiquement, afin que, plus jamais, pour quiconque, aucune vie ne puisse ressembler à la sienne et à celle vécue par ses enfants ?
* Ajout. 20 janvier 2014. Du même Luc Frémiot, concernant les violences qu’il nomme « intrafamiliales » : « En 2003, cela n’intéressait personne. » 172
Par quels processus en arrivons-nous si souvent à nier ce qui ne nous concerne pas personnellement ?

Violences à l’encontre des femmes (Frémiot Luc) (2) : (20 janvier) 2014. Luc Frémiot, concernant le procès de Jacqueline Sauvage déclara :
« Ce n’est pas le droit qui doit évoluer, ce sont les consciences. » 173
Triste, si triste que la parole d’un magistrat qui, un jour, prit une position neuve et courageuse, et dont celle-ci a alors d’autant plus de valeur, de l’entendre justifier l’injustifiable, à savoir que le droit doit rester tel qu’en lui-même.…(Cf. Droit, Femmes. Dénis de l’histoire des femmes et du féminisme, Hommes. Solidaires des femmes en lutte, Justice, Légitime défense, Sauvage Jacqueline. Juger la justice)

Violences à l’encontre des femmes (Front national) : (14 mars) 2016. Frédéric Boccaletti, responsable du front national, proche de Marion Maréchal Le Pen, a dénoncé, dans un communiqué, la participation de Joe Starr à la deuxième édition du Pointû Festival le 21 juin prochain, sur l'île du Gaou. On lit :
« Cet artiste, dont la violence n'a d'égale que la lâcheté, a été condamné à de multiples reprises pour avoir battu plusieurs femmes [...] Joey Starr, engagé politiquement à l'extrême gauche et grand donneur de leçons devant l'Éternel, n'est autre qu'une honte pour sa profession et une insulte vivante pour toutes les femmes victimes de violences. » 174
Un jour ou l’autre, les silences / cautions de la gauche, de la droite, des médias et de tous ceux et celles qui justifient les violences contre les femmes, politiquement, se paient et sont utilisés par le front national.
Faut-il notamment rappeler la responsabilité de Joey Starr, en tant que membre du Groupe NTM (Nique ta mère) ? Quant à la liste de ce que Wikipédia nomme ses « démêlés avec la justice », pour violence ou incitation à la violence, elle est impressionnante.
Tant que, en la matière, ces silences ne seront pas dénoncés, tant que toutes les cautions qui ont été depuis si longtemps apportés à tant d’écrivains, d’artistes, de politiques ne seront pas dénoncés, les attaques contre le front national, qui ouvre ici un nouveau front, dont les féministes au premier chef devraient s’inquiéter, seront très largement inopérantes. (Cf. Droit. Droits de femmes, Patriarcat. Injures envers les femmes, Politique. Front national)

Violences à l’encontre des femmes (Gainsbourg Serge) : (3 novembre) 1982. Serge Gainsbourg [1928-1991], auteur de :
« Les femmes… Pas besoin de gueuler. On peut leur casser la gueule. » 175 (Cf. Femmes. Comment meurent les femmes. Gainsbourg Serge)

Violences à l’encontre des femmes (Gifle) : « Partez à la première gifle » entendons-nous régulièrement. Non : c’est trop tard. Quand alors ? Quelques exemples : Quand il boude sans explications ; Quand il vous manifeste son agacement suite à un échec qui lui est propre ; Quand il hausse le ton ; Quand il ouvre la porte de votre chambre (ou de la chambre commune alors que vous y êtes) sans frapper ; Quand il est servi sans dire merci ; Quand il ne vous écoute, ni ne vous entend, ni ne vous répond (ou vous renvoie la question, ou vous répond ‘à côté’) ; Quand il ne se rend pas compte de votre fatigue ; Quand il vous fait des compliments qui sonnent (sont) faux ; Quand il vous dissuade sans argument de prendre des initiatives ; Quand il vous laisse démunie dans une situation difficile ; Quand il vous laisse seule organiser un projet censé commun ; Quand il vous fait remarquer le coût de la faveur qu’il vous accorde ; Quand il vous fait une remarque désobligeante ; Quand il fait des commentaires (critiques) sur votre corps, votre apparence, vos vêtements ; Quand il n’est pas heureux de vos succès ; Quand il ne se soucie pas de la contraception que vous avez choisie ; Quand il fait des promesses qu’il ne tient pas ; Quand il vous fait travailler pour lui, comme si cela était normal ; Quand il est en retard, s’absente sans vous prévenir, sans vous en informer ; Quand il raconte à d’autres, sans votre accord, un de vos échecs ; Quand il suggère une décision qui ne vous laisse que peu de choix ; Quand il prend une décision qui vous concerne sans en avoir discuté préalablement et avoir obtenu votre agrément ; Quand il vous compare à sa mère, à votre mère ; Quand il vous parle sans précautions de son, de ses ex compagnes ; Quand il dénigre vos ami-es (et/ou quand vous vous rendez compte que vous les voyez plus) ; Quand il juge, jauge une autre femme sur des critères qui vous déplaisent car ils sont, selon vous, blessants ; Quand il critique (bêtement) les féministes ; Quand il se décharge sur vous de la gestion du quotidien ; Quand il vous impose son menu, son émission, son projet ; Quand il vit sur votre dos ; Quand il ment ; Quand il vous interdit quoi que ce soit, fût-ce une ‘futilité’ ; Quand il fait état sans honte, sans regret, sans engagement ultérieur de relations avec des personnes prostituées. D’autres exemples ? À suivre…
N.B. Ces illustrations (à l’exception du dernier) valent pour chaque partenaire d’un couple (femme incluse), et quelle que soit la nature, la durée dudit couple. (Cf. Famille. Couple)

Violences à l’encontre des femmes (Godard Jean-Luc) : 1973. Jean-Luc Godard, auteur de :
« Moi, ce qui me gêne dans Le dernier tango à Paris, ce n’est pas du tout qu’on voit Marlon Brandon beurrer le cul de … comme ça.. Je trouve très bien. On devrait même le voir plus longtemps et mieux l’expliquer, pourquoi et comment, et comme ça… » 176 (Cf. Culture. Cinéma. Patriarcale, Enfants. Godard Jean-Luc, Femme. Artiste. Goya Chantal, Homme. Grossier)

Violences à l’encontre des femmes (Guy Gilbert) : (7 avril) 2013. Guy Gilbert, auteur de :
« J’ai été très heureux, enfant. J’ai eu quelque chose de souverain : j’ai été aimé par un homme et par une femme. Mon père, un homme très strict, un peu macho, un peu…Les branlées de mon père, je m’en souviens ! Ma mère (15 enfants), une femme pleine d’amour, de miséricorde, de patience. Un équilibre de l’homme et de la femme très important... » 177
- « Les branlées », « l’amour », et « l’équilibre »…L’amour…

Violences à l’encontre des femmes (Handke Peter) : (20 novembre) 1983. Matthieu Galey [1934-1986] rapporte dans son Journal la teneur d’une visite à Peter Handke. Je lis :
« […] (L’image de) L’angoisse d’un gardien de but [au moment du penalty. 1970] est née du récit d’un professeur de criminologie à Graz [Autriche]. L’histoire d’un jeune homme qui s’est réveillé à côté de sa femme. Par la fenêtre, il voit les arbres qui bouge, et du coup, il étrangle sa femme. Le professeur n’a rien expliqué, mais c’est le seul qui m’ait apporté quelque chose au cours de mes études de droit. » (Cf. Culture, Droit)
N.B. Peter Handke a reçu le prix Nobel de littérature en 2019. (Cf. Culture. Prix Nobel)

Violences à l’encontre des femmes (Hollande François) : 2014. François Hollande, réfléchissant sur la responsabilité d’un chef de l’état, ses limites et ses difficultés, auteur de :
« Qu’est-ce que je pouvais faire avec une affaire comportementale ? C’est toujours très curieux une affaire comportementale. Dominique Strauss-Kahn en a eu une. C’est imprévisible. Et, comment l’éviter ? C’est ça le sujet : comment l’éviter ? » 178
Ou : comment une personne, en l’occurrence un homme « politique », employant cette formulation révèle sa radicale incompréhension de toute réflexion concernant les hommes, les femmes, les violences, les violences sexuelles, le féminisme, le patriarcat…, y incluant la déresponsabilisation de l’homme violeur et l’assimilation des violences à un « comportement ». (Cf. Homme « Politique ». Hollande François, Langage. Affaire, Proxénétisme. Personnes dénommées prostituées. Hollande François)

Par ordre chronologique. Violences à l’encontre des femmes. Hugo Victor :

Violences à l’encontre des femmes (Hugo Victor) (1) : 1859. Victor Hugo [1802-1885], dans Les pauvres gens, auteur de :
« J’ai mal fait. S’il me bat, je dirai : Tu fais bien. » 179

Violences à l’encontre des femmes (Hugo Victor) (2) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les misérables, évoque la mère Hucheloup qui se plaignait notamment de la démolition de son cabaret en juin 1848. Courfeyac lui promet de la « veng[er] ». Et Victor Hugo poursuit :
« La mère Huchloup, dans cette réparation qu’on lui faisait, ne semblait pas comprendre beaucoup son bénéfice.
Elle était satisfaite à la manière de cette femme arabe qui, ayant reçu un soufflet de son mari, s’alla plaindre à son père, criant vengeance et disant : - ‘Père, tu dois à mon mari affront pour affront’. Le père demanda : - ‘Sur quelle joue as-tu reçu le soufflet ? - ‘Sur la joue gauche’. Le père souffleta la joue droite et dit : - ‘Te voilà contente. Va dire à ton mari qu’il a souffleté ma fille, mais que j’ai souffleté sa femme. » 180 (Cf. Femme. Arabe, Famille. Patriarcat. Permanence)

Violences à l’encontre des femmes (Hugo Victor) (3) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les misérables, le jour du mariage de Marius et de Cosette, rapporte les propos du grand bourgeois royaliste Mr. Guillenormand qui se souvient notamment de son passé :
« Ah ! vertu-bamboche ! qu’il y en avait donc de charmantes femmes, à cette époque-là, et des minois, et des tendrons ! J’y exerçais mes ravages. [...] »
N.B. J’ai lu, crois-je me souvenir, sans l’avoir vérifié dans le livre, qu’il « aurait eu deux bâtardes avec des servantes. » 181 (Cf. Enfants. « Bâtard », Femmes, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage)

Violences à l’encontre des femmes (Jablonka Ivan) : 2016. 4ème de couverture du livre d’Ivan Jablonka - « historien et écrivain » - Laëtitia [Prix Médicis] :
« Laëtitia Perrais avait 18 ans et la vie devant elle. Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, elle a été enlevée. Puis tuée. Par la vague d’émotion sans précédent, ce fait-divers est devenu une affaire d’état. A travers cette enquête de vie, Yvon Jabonka rend à Laëtitia à elle-même. À sa liberté et à sa dignité. »
- Ivan Jablonka : un homme démiurge ?
N.B. Je découvre, non pas sur la page de couverture, mais sur la première page que le titre du livre est : Laëtitia ou la fin des hommes.
- Ivan Jablonka : un homme de démesure ? (Cf. Hommes. Modestes. Jablonkan Ivan, Patriarcat) 182

Violences à l’encontre des femmes (Landru Désiré) : (8 novembre) 1921. Colette [1873-1954], chroniqueuse judiciaire, assistant au procès d’André Désiré Landru [1869-1922], accusé de l’assassinat d’au moins onze femmes, auteure de :
« A-t-il tué ? S’il a tué, je jugerais que c’est avec ce soin paperassier, un peu manique, admirablement lucide, qu’il apporte au classement de ses notes, à la rédaction de ses dossiers. A-t-il tué ? Alors, c’est en sifflotant un petit air, et ceint d’un tablier par crainte de taches. Un fou sadique, Landru ? Que non. Il est bien plus impénétrable, du moins pour nous. Nous imaginons à peu près ce qu’est la fureur, lubrique ou non, mais nous demeurons stupides devant le meurtrier tranquille et doux, qui tient un carnet des victimes et qui peut-être se reposera, dans sa besogne, accoudé à la fenêtre et donnant du pain aux oiseaux. Je crois que nous ne comprendrons jamais rien à Landru, même s’il a tué. »
- En 2016, on comprend mieux… (Cf. Justice)

Violences à l’encontre des femmes (Langage) : (décembre) 2019. Dans un article du Monde Diplomatique, intitulé En Russie, le fléau des violences domestiques, je relève - en sus du titre, inacceptable - les termes employés, tous confondus, aucun interrogé : « agressions sexuelles, viols, coups et blessures », « violences sexistes », « violences conjugales », « violences physiques », « question des femmes et question sexuelle », « violences contre les femmes », « mœurs », « différends au sein de couples », « querelles d’amoureux » « violences entre partenaires », « violence », « agression », « dispositions discriminatoires », « violence domestique », « parricide ».
Et c’est dans cette ‘confusion’ - a minima - linguistique que l’auteure peut écrire :
« La Russie est l’un des seuls pays à ne pas disposer d’une loi spécifique sur ce sujet », ce qui est non seulement erroné, mais laisse penser qu’une « une loi spécifique » serait une solution à… on ne sait quoi… 183
Comment qualifier l’engagement féministe du Monde diplomatique lorsque l’on lit dans le chapeau-présentation de cet article : « Dans un pays où il est courant de périr sous les coups de son conjoint, la société doit-elle réprimer les violences conjugales ? » ; lorsque, dans l’article ’ il n’est question que d’un « minimum protection des femmes » ; lorsque que les associations féministes ne font que « s’alarmer » ; lors que l’auteure d’un rapport cité pourtant intitulé ; ‘Je pourrais te tuer, personne ne m’arrêterait’ ne fait que « s’agacer ».
Et que jamais les hommes, hors sujets, irresponsables ne sont l’objet de la moindre critique. Même l’alcoolisme, si souvent évoqué dans la Russie soviétique pour les disculper, a disparu. (Cf. Droit, Famille. Couple, Justice, Langage. Fléau, Patriarcat)
N.B. Si la journaliste s’était simplement rendue en Russie dans une association féministe de lutte contre les violences, elle aurait pu écrire un article précis, vrai, novateur, original, ancré dans le droit, dans la société. Et donc critique. (Cf. Féminisme. Pensée)

Violences à l’encontre des femmes (Leiris Michel) : (24 juillet) 1931. Michel Leiris [1901-1990], dans L’Afrique Fantôme, auteur de :
« Je me livre aussi à quelques travaux de couture et découvre dans la trousse que les miens (sic) m’ont préparé quelques magnifiques aiguilles ‘Best White chapel’ de chez Woodfield and sons, longues comme des poignards et au chas large comme l’entrecruisse d’une prostituée de Londres après que Jack l’Éventreur y a passé. » Ignoble. 184

Violences à l’encontre des femmes (Luttes sociales) : (16 août) 1819. Une manifestation pacifique d’environ 50. 000 à 60.000 personnes eut lieu à Manchester (St Peters field), dit Massacre de Peterloo. La milice à cheval charge : 15 personnes tuées, 650 blessées. Je lis :
« Il semble que les femmes, dont une centaine furent blessées, aient été particulièrement visées par les sabres, les baïonnettes et les matraques tant la milice trouvait choquante leur participation à un meeting radical. » Et une note précise :
« Michael Bush [en 2004] a calculé que si les femmes ne représentaient qu’un participant (sic) au meeting sur neuf, elles comptaient pour un quart des blessés. » 185 (Cf. Politique. Luettes, Histoire)

Violences à l’encontre des femmes (Mafia) : 1969. Dominique Fernandez, dans Mère méditerranée, écrit, concernant l’Italie :
« […] La mafia ne tue pas pour une femme. ceux qui trempent (sic) de près ou de loin dans les activités d’une cosca (clan) ne se mouillent jamais dans des crimes passionnels. Règle absolue. Les boss ne s’intéressent qu’au pouvoir et à l’argent. »
Je ne sais ce qu’il en est en réalité, mais je sais qu’il est impossible d’isoler « les femmes » du « pouvoir et de l’argent » et que le contrôle de ses femmes par les mafias relèvent pour elles de l’évidence. 186 (Cf. Patriarcat. Mafia, Proxénétisme. Fernandez Dominique)

Violences à l’encontre des femmes. Manifestation du 23 novembre 2018 :

Violences à l’encontre des femmes (Manifestation du 23 novembre 2018) : (24 novembre) 2018. Pour une présentation de cette manifestation, à l’initiative de Nous toutes, cf. les 13 textes publiés par le Bulletin de la Marche Mondiale des femmes n°361 le 23 novembre 2018, à laquelle ajouter le texte, publié le 24 novembre par le Huffigton Post, intitulé Pourquoi nous ne marcherons pas aux côtés de Nous toutes, dont le sous-titre était :
« Par notre absence à cette marche, nous souhaitons appeler chacune et chacun à éclaircir ses positions et ses soutiens. »
- Concernant la manifestation, la plus grande confusion politique délibérément entretenue et dont les organisatrices sont responsables - n’a pu que logiquement favoriser les plus antiféministes, les soutiens du proxénétisme, le Strass au premier chef, qui ont pu défiler au-devant du cortège.
L’absence de toute critique de la politique menée par Emmanuel Macron, par Madame Belloubet, par Christophe Castaner, par Marlène Schiappa, liée à l’absence de toute revendication, ne pouvaient que les réjouir.
- Les femmes victimes de violences se sont vues jeter, en guise de remerciements, le 25 novembre 2018, l’annonce du dépôt de plainte sur internet, présentée comme « le lancement d’une plateforme de signalement des violences sexuelles », déjà depuis longtemps évoquée - et par ailleurs, en aucun cas, une avancée, en ce qu‘elle est encore une fois une régression du recours au droit. Plus encore, une décision, lourde de graves conséquences. Quant au premier ministre il a osé affirmer : Cette plateforme, « c'est le premier des jalons, technique et politique, pour éradiquer les violences sexistes et sexuelles. Désormais quelques clics peuvent aider chacune à prendre un nouveau départ : pour soi, pour sa famille. Et peut-être pour éviter le pire. » 187
N.B. Les liens entre les « Gilets jaunes » et les revendications féministes (définies sur une base claire) : la critique de l’injustice et celle de l’État ; l’exigence de dignité, de respect, de justice, la fin des privilèges, de tous les privilèges.

Violences à l’encontre des femmes. Manifestation du 23 novembre 2019 :

Violences à l’encontre des femmes (Manifestation du 23 novembre 2019) : (23 novembre) 2019 (1) J’ai été frappée, à la lecture des appels à la manifestation, de leur frilosité politique. Je pense notamment à l’appel de la Marche mondiale des femmes : pas une critique d’Emmanuel Macron, du gouvernement, de Marlène Schiappa, de Nicole Belloubet, et, surtout, de l’état, de la police, la justice. Plus encore, étaient joints à l’envoi une liste de slogans - rabâchés, recyclés, répétés, usés jusqu'à la corde par ailleurs – présentés, certes entre guillemets, mais néanmoins, comme « officiels » : !

Violences à l’encontre des femmes (Manifestation du 23 novembre 2019) : (23 novembre) 2019 (2) 150.000 personnes - femmes dans la très grande majorité - sont estimées avoir manifesté en France.

Violences à l’encontre des femmes (Manifestation du 23 novembre 2019) : (23 novembre) 2019. (3) La focalisation sur le nombre de femmes assassinées, certes nécessaires, fait cependant passer au second plan les critiques et les revendications politiques précises, concrètes, singulièrement absentes.
* Ajout. 27 novembre 2019. Il y avait, me dit-on, un cortège abolitionniste, avec notamment Osez le féminisme. (Retrouver les slogans) (Cf. Proxénétisme. Abolitionnisme)

Violences à l’encontre des femmes (Manifestation du 23 novembre 2019) : (23 novembre) 2019 (4) Il apparaissait comme acquis que la violence proxénète, comme celle de la pornographie, était exclue de la manifestation, dont il faut rappeler qu’elle avait pourtant pour finalité de lutter contre les violences sexuelles et sexistes.
Une terrible régression qui ne peut, sauf à devoir pour les féministes assumer une lourde responsabilité politique, durer.

Violences à l’encontre des femmes (Manifestation du 23 novembre 2019) : (23 novembre) 20189 (5) L’affichage ostentatoire des « personnalités » (femmes politiques, actrices, médiatiques) dont les analyses, les revendications ont été amplement reprises par les médias, au-devant du cortège ne m’a pas plu. Non pas que j’accorde à cette place une importance, mais parce que leur visibilité affichée est, une fois encore une manière de délégitimer les [associations] féministes, auxquelles cependant les « hommages » rendus parfois apparaissent fort comme relevant d’une certaine culpabilité. Et plus encore, de privilégier certaines femmes au détriment de toutes les autres.

Violences à l’encontre des femmes (Manifestation du 23 novembre 2019) : (23 novembre) 2019 (6) Slogans relevés sur internet :
En lutte contre les violences sexuelles et sexistes
Nous sommes les cris de celles qui n'ont plus de voix
Elle pleure, il rit. Elle meurt, il vit.
Justice Complice, État coupable
Moins de gnons. Plus de sanctions
Vous n'aurez plus jamais notre silence
Justice complice de nos bourreaux
Fachos. Machos, Lâchez nous le clito
La raison d'un viol: le violeur
A bas le patriarcat
Les tueurs de femmes sont des conjoints
Ras le viol
Patriarcat. machisme: Assassin
Un femme a dit : mon mari veut me tuer. Le policier : Rentrez chez vous, madame
Féminicide : arme de destruction machiste
Féminicides : Pas une de plus
I milliard. Pas des bobards
Et Manu, que fais-tu pour elles ?
+ de meufs, - de keufs
On marche sous la pluie, pour que personne ne voit nos larmes
Que fait la police: rien
Plus écoutées mortes que vivantes
Partir ou mourir
Je te crois, Tu n'y es pour rien
Papa, il a tué maman
Ca s'arrête quand ?
État. Justice: Non-assistance des personnes en danger
Non aux violences de genre; Non aux violences de classe
Mets de paillettes dans ma vie, Kevin. Pas des bleus sur mon corps
Real men are feminists !!
Ovaires et contre tous
Revulvition. A bas le patriarcat
Aimer # Tuer
Un milliard contre les violences sexuelles et sexistes
Patriarcat. Machisme. Assassin
Trop couverte ou pas assez, c'est aux femmes de décider
Du coup, Cantat, il a tué la femme ou l'actrice ?
Simone Veille sur nous toutes
Le féminisme n'a jamais tué personne. La machisme tue tous les jours
Pour les règles et pour le sang, on a déjà nos règles
Domination masculine, Tremble
Destruction du patriarcat programmée
Elle le quitte, il la tue
Pas une de plus dans vos cimetières. Pas une de moins dans nos luttes
Les femmes n'appartiennent pas aux hommes
Vivantes, Résistantes, Combattantes
Aux femmes assassinées, l'état indifférent
On ne nait pas homme, on le devient

Violences à l’encontre des femmes (Manifestation du 23 novembre 2019) : (23 novembre) 2019. (7) Relevé des formulations du journaliste du plateau de LCI en commentaire de la manifestation : « A priori la cortège est assez bien fourni » ; « Il y a du monde » ; [adressé à la journaliste sur place] : « Est ce qu’il y a beaucoup de gens ? » ; « Il y a de l’affluence, déjà, a priori », « Il y a beaucoup de personnalités » ; « Le cortège a l’air assez fourni » ; « C’est surtout la société civile qui semble s’être réunie à Paris ». Et enfin, une question : « Est-ce que cela serait utile un milliard ? »
En percevant l’impossibilité du journaliste à prononcer le simple mot de « femmes », on se rend mieux compte du fossé entre les femmes, les féministes et encore tant d’hommes. (Cf. Politique. Médias)

Violences à l’encontre des femmes (Martin-Fugier Anne) : 2009. Intituler un livre concernant l’assassinat en 1847 de la duchesse de Choiseul-Praslin, « Une nymphomane vertueuse » est, sans même évoquer la rigueur intellectuelle, choquant : une injure - une de plus - faite à une femme, mère de dix enfants, humiliée, massacrée par un mari odieux.
- Et l’éternel argument que, si souvent, l’on évoque en la matière : « c’est l’éditeur qui l’a décidé/imposé » ne peut être invoqué ; sauf à s’abstraire de toute référence à la liberté individuelle d’accepter ou de refuser un titre, comme à toute analyse politique. 188 (Cf. Femme. Remarquable. Choiseul-Praslin. Duchesse de, Histoire. Langage. Adjectif, Historiographie. Patriarcale)

Violences à l’encontre des femmes. Mauduit Xavier :

Violences à l’encontre des femmes (Mauduit Xavier) (1) : (21 janvier) 2020. Xavier Mauduit, responsable de l’émission quotidienne de France Culture, Le cours de l’histoire, pour présenter une émission intitulée L’Iran à la confluence des passions, auteur de :
« Dites donc ! Vous vous souvenez de cette histoire incroyable ? C’était il y a si longtemps !
Pourtant elle a fait beaucoup causer ! Mais si, souvenez-vous !
Le sultan venait d’apprendre qu’il était trompé par son épouse et il l’a faite condamner. Mais si ! C’est lors que le sultan, pour être certain que son épouse lui resterait fidèle, a pris l’incroyable décision qu’il allait changer d’épouses tous les jours, en la faisant tuer au petit matin ; et il tuait l’épouse de la veille.
Nous, nous avions écarquillé à l’annonce de cette nouvelle : 365 épouses par an ! , pire encore les années bissextile. Mais si ça y est, ça vous revient !
Quand le sultan épouse la fille du vizir, Shahrazade elle le prend au piège : elle lui raconte chaque nuit, une histoire qui reste en suspens, alors que le jour se lève. Et comme le sultan veut connaitre la suite du récit, il ne la tue pas. Mais, ça y est !
Cette histoire incroyable est le propos des Mille et une nuits qui fait rêver ! Ce sultan fabuleux …et qui a fait rêver tant de générations…ce sont des contes au cœur de l’histoire Persanne
[…] à la croisée de peuples et des cultures ».
La manifeste identification - il faut l’écouter …- de Xavier Mauduit au « sultan fabuleux » - qui tue toutes ‘ses épouses’ - au conte qui « fait rêver », réduisant par ailleurs Shahrazade au néant, pose tout de même un problème politique d’importance. 189 (Cf. Culture, Hommes. Journaliste, Patriarcat, Histoire. Mauduit Xavier)

Violences à l’encontre des femmes (Mauduit Xavier) (2) : (7 février) 2020. Xavier Mauduit, responsable de l’émission quotidienne de France Culture, Le cours de l’histoire consacre une émission au goulags soviétiques. Hervé Hamon, son invité présente les truands, des voyous qui contrôlent les camps et j’entends qu’« ils violent les femmes ». Xavier Mauduit le coupe et, sans transition, ni commentaire, prend la parole et poursuit : « Ils volent les vêtements, ce qui, dans des régions extrêmement froides a des conséquences terrifiantes ». 190
N.B. On peut noter que cette émission consacrée aux goulags est introduite par la lecture d’un passage du livre - dont on voit mal le rapport avec les goulags- de Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie [2011]. (Cf. Hommes. Patriarcat, Histoire. Mauduit Xavier)

Violences à l’encontre des femmes (Meys Louise) : (6 février) 2020. Louise Mey, romancière, sur France Inter doit répondre à l’intelligente question suivante : « Pour quel criminel avec vous de un brin d’affection ? » :
« Je n’ai pas d’affection, mais j’ai de l’empathie avec les femmes qui tuent leurs bourreaux. Ça n’excuse rien mais je pense que ça explique. » 191

Violences à l’encontre des femmes (Message au répondeur de Là-bas si j’y suis) : (4 avril) 2013. « J’ai horreur du lynchage, mais horreur ! […] Parfois je me dis que si j’avais vécu pendant la seconde guerre mondiale, et, qu’en mon absence, ma femme avait couché avec un allemand, avec des allemands, j’aurais certainement eu envie de la tuer. C’est humain. Mais je crois que j’aurais encore eu plus envie de tuer ceux qui ont tondu des femmes à la Libération. […] »
De la non-valeur des équivalences…(Cf. Homme. Journaliste, Mermet Daniel) 192

Violences à l’encontre des femmes (Meyer Daniel) : (2 août) 1985. Daniel Meyer [1909-1996], interrogé sur son itinéraire politique évoque son embauche à 24 ans au Populaire, journal du parti socialiste :
« Le 24 juillet 1933, un ouvrier d’Argenteuil a tué sa femme. C’est la première affaire…On faisait les chiens écrasés… C’est la première affaire dont je me suis occupé. […] » 193
- C’est donc, après avoir été Président de la Ligue des droits de l’homme [De 1958 à 1975] puis de la FIDH [De 1977 à 1985] et Président du Conseil Constitutionnel [De 1983 à 1985], qu’il pourra toujours évoquer les assassinats de femmes comme relevant de la rubrique « chiens écrasés ».

Violences à l’encontre des femmes (Moreno Élisabeth) : (9 juin) 2021. Élisabeth Moreno, ministre déléguée à l’égalité, responsable des politiques de lutte contre les violences, dans une émission consacrée aux « féminicides », auteure de :
« Je veux rappeler qu’il y a des femmes qui s’en sortent. » 194
Une telle sensibilité, une telle humanité, une telle intelligence, un telle pertinence crédibilise la politique Macronienne.
Une idée : pourquoi ne pas commencer à comptabiliser - au lieu et place des femmes assassinées, violées… - celles qui ne le sont pas ?, celles qui « s’en sortent »…. même amochées ?

Violences à l’encontre des femmes (Mutilations sexuelles) : (31 octobre) 2016. Entendu ce jour qualifier les mutilations sexuelles de : « coutumes ancestrales violentes ». 195 Au lieu et place de : « tortures patriarcales ». (Cf. Sexes. Mutilations sexuelles, Violences. Patriarcales)

Violences à l’encontre des femmes (Nationalisme / Impérialisme) : En Occident, en France en l’occurrence, la carte de la dénonciation occidentale des violences faites aux femmes dans le monde ressemble souvent étrangement à celle des États sur lesquels l’Occident a jeté son dévolu. (Reprendre, prolonger) (Cf. Féminisme. Féministes. Occidentales, Femmes. Voilées, Politique. Nationalisme)

Violences à l’encontre faites aux femmes. Négation / Négationnisme :

Violences à l’encontre faites aux femmes (Négation / Négationnisme) (1) : (26 juin) 2014. Dans Libération, Philippe Grangereau présente la lutte de femmes, de féministes Chinoises en soutien à Lu-i Yan. Celle-ci, violentée par son mari, l’avait tué. Condamnée à mort en 2011, une décision en cassation avait cassé le jugement]. Il écrit ensuite :
« À titre comparatif, en France, une trentaine d’hommes qui abusaient leurs conjointes ont été assassinées par celles-ci (statistiques de 2006). Mais en Chine, c’est un véritable problème de société. […] » 196. (Cf. Homme. Journalistes, Politique. Nationalisme)

Violences à l’encontre des femmes (Négation / Négationnisme) (2) : 1990. Alexandre Zinoviev [1922-2006], dans Les confessions d’un homme en trop, décrit ainsi la pénétration de l’Armée soviétique en Allemagne, à la fin de la Deuxième guerre mondiale :
« L’Allemagne nous fit la plus heureuse impression également par le nombre de femmes prêtes à nous accorder leurs faveurs, des fillettes d’une douzaine d’années aussi bien que des vieilles femmes. On prétend aujourd’hui que l’armée soviétique s’est rendue coupable d’un nombre considérable de viols en Allemagne. D’après ce que j’ai pu voir de mes propres yeux, l’affirmation est absurde. Lorsque nous entrâmes en Allemagne, les Allemandes avaient déjà été presque toutes violées, si tant est qu’elles aient réellement résisté. Pour la plupart, elles avaient des maladies vénériennes. Dans notre armée, le viol était sanctionné de la cour martiale. Les wagons des syphilitiques étaient verrouillés de l’extérieur et les ouvertures fermées de fil de fer barbelé. Dans un village où nous étions logés chez l’habitant, le maître de maison vint personnellement mettre à notre disposition sa fille et sa petite-fille. Il tenait à la main une feuille où avait déjà été signalé ceux qui avaient bénéficié de son ‘hospitalité’. Les allemands se sentaient complices d’Hitler et coupables de crimes perpétrés par leur armée en Union soviétique et s’attendaient au même comportement de la part des Soviétiques. Leurs complaisances, sans bornes, commençaient par le corps de leurs femmes. Et nos soldats ne laissèrent pas échapper les occasions, à tel point que le nombre de ceux qui furent contaminées est impossible à établir. […] » 197
- En sus de l’ignominie de ce texte, il importe ici de noter que, dans la préface de l’édition française, Alexandre Zinoviev est présenté, sans autre commentaire, comme « un des grands logiciens contemporains ». (Cf. Homme. « Un homme à Berlin », Violences à l’encontre des femmes. Soldats russes en Allemagne)

Violences à l’encontre des femmes (« Occultées ») : 1876. Hippolyte Taine [1828-1893], dans Les origines de la France contemporaine, rapportant les violences révolutionnaires, notamment à Saint-Affrique, écrit :
« Quant au commun des assommeurs, ils ont pour salaire, outre la chère, la licence parfaite. Dans ces maisons envahies à onze heures du soir, pendant que le père s’enfuit, ou que le mari crie sous la bâton, l’un des garnements se tient à la porte, la sabre nu dans la main et la femme ou la fille restées à la discrétion des autres ; ils la saisissent par le cou et la maintiennent. Elle a beau appeler au secours […] personne ne vient. » Une note de Taine, citant les dépositions effectuées suite à ces violences, poursuit :
« Les détails sont trop précis pour être transcrits. » 198

Violences à l’encontre des femmes (Oufkir Fatéma) : 2000. Fatéma Oufkir dans Les jardins du roi, écrit : « Malgré tout ce que j’ai subi, je reste profondément monarchiste. Dans ma famille, on m’a toujours parlé des méfaits de la dissidence du passé… Cette époque [au Maroc] où les tribus se déchiraient entre elles et se rebellaient contre le sultan, secouant le pays de guerres incessantes. Mon grand-père me racontait comment il coupait les mains des femmes pour leur voler leurs bracelets qui allaient lui permettre de se payer une armée, des chevaux et des fusils. » 199 Ou comment la fin justifie les moyens. (Cf. Êtres humains, Femmes. Comment meurent les femmes, Politique. Guerre. Femmes )

Violences à l’encontre des femmes « On ne doit jamais battre une femme, même avec une fleur ») : 1923. Je me suis demandée pendant des dizaines d’années pourquoi cette citation :
« On ne doit jamais battre une femme, même avec une fleur » - dont je découvre qu’elle est de Jean Anouilh - était le plus souvent citée dans les cultures les plus violentes à l’encontre des femmes. Aujourd’hui, il me semble que je comprends mieux. Dès lors que ces violences - justement parce qu’elles sont les plus banales - sont alors les plus déniées, les plus occultées, alors les hommes qui expriment cette opinion peuvent et contribuer à les nier et à se libérer de leur responsabilité, voire de leur culpabilité. D’où la nécessité de, la satisfaction même à la répéter.

Violences à l’encontre des femmes (Pardon) : (4 mars) 2015. En Algérie, le projet de loi (voté) portant amendement du code pénal pour renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes discuté à l’Assemblée Nationale Algérienne (APN) prévoit « des sanctions envers l’époux coupable de violences contre son conjoint ayant entraîné une incapacité temporaire, un handicap permanent ou une amputation », mais les poursuites sont abandonnées, « si la victime décide de pardonner à son conjoint ». Cette loi, et cet article qui ouvre la voie à toutes les pressions exercées sur l’épouse qui eut un temps, la force, le courage de dénoncer les violences exercées sur elle, fut votée en l’état.
Lu sur le courrier des lecteurs/trices d’El Watan :
« Qui sont ces députés qui résistent au projet ? et... à qui appartiennent ces voix qui se sont élevées pour encourager le pardon, la docilité en cas de violences conjugales ? On veut les noms de ces adeptes de la violence et qui, ironie du sort, siègent à l'APN. » 200 (Cf. Justice. Pardon, Politique. Élections)

Violences à l’encontre des femmes (Petrucciani Loana) : (9 février) 2021. Loana Petrucciani est invitée dans l’émission TPMP de Cyril Hanouna : elle annonce qu’elle a perdu 16 kilos, arrêté les drogues et qu’elle est « bien ». Certains sur internet s’interrogent : « Il y a quelque chose qui cloche dans le visage de Loana » ; « Je ne reconnais pas le bas de son visage » ; « Il s’est passé quoi avec la mâchoire de Loana ? » Sur Instagram, une amie réagit :
« Quand vous aurez pris autant de coups dans la bouche par vos conjoints, reveniez me voir afin que je puisse dire à quoi ressemblent vous bouches. » 201

Violences à l’encontre des femmes (Philippe Édouard) : (3 septembre) 2019. Dans son discours à Matignon lançant le Grenelle de lutte contre les violences faites aux femmes, Édouard Philippe, premier ministre le conclut en déclarant que les question des « moyens » n’était pas « le sujet essentiel » : une politique publique dépourvue de « moyens » : une première ? un futur ?
- Dans le droit fil de sa pensée, son seul engagement financier fut de 5 millions d’euros, concernant la création de structures d’hébergements.
Certaines associations demandaient 500 millions, d’autres, 1 milliards d’euros. 202 (Cf. Politique. État, Violences à l’encontre des femmes. Schiappa Marlène)

Violences à l’encontre des femmes (Piolle Éric) : (7 juillet) 2020. Piolle Éric, EELV, maire de Grenoble, après la nomination dans le gouvernement Jean Castex de Gérald Darmanin et de Éric Dupond-Moretti, auteur de :
« L'égalité Femmes Hommes est au cœur du défi climatique. Ministres, Darmanin et Dupond-Moretti posent 2 verrous sur la puissante libération de la parole des femmes, qui va durablement changer la donne. Que dire aux 225.000 femmes victimes de violence par an ?! » Qu’il est difficile de dire « Je » et de prendre - clairement, politiquement - position, de s’affirmer féministe et être clairement aux côtés, solidaires des femmes ! Quant aux liens avec le défi climatique, je laisse la parole aux commentaires lus sur Twitter :
- « Les deux sujets sont très importants, mais je ne vois pas le rapport entre défi climatique et égalité F/H.. vous pouvez m'expliquer svp?
- Gloubi-boulga. Et vive le réchauffement climatique entre un homme et une femme !
- Je cherche le rapport entre l'Ecologie et la violence faite aux femmes ... Je ne m'en sors pas
- Tout est dans tout, et réciproquement!

- Suis-je le seul ou le concept égalité homme/femme au cœur du défi climatique me semble farfelu ? »
Quant à la seule supposée réponse que voici : « Les femmes sont les premières victimes de la crise climatique. L'éco-féminisme est un courant qui met en évidence la lutte pour l'égalité et l'écologie avec un ennemi commun : le capitalisme. », elle ne fait que révéler l’absence totale depuis des années, de toute pensée féministe - cohérente avec leur soutien du proxénétisme - chez les Verts. C’est une révolution à laquelle ils doivent procéder. (Cf. Politique, Écologie, Pornographie. Piolle Éric, Proxénétisme)
* Ajout.10 juillet 2020. 1790. Edmund Burke [1729-1797], dans ses Réflexions sur la révolution de France, auteur de :
« Il nous faut séparer ce qu’ils confondent. » 203 (Cf. Penser. Méthode)

Violences à l’encontre des femmes. Polanski Roman :

Violences à l’encontre des femmes (Polanski Roman) (1) : (août) 2017. Je lis qu’une « troisième femme accuse le réalisateur [Roman Polanski] d’agression sexuelle ».
Je souhaite [ou pense nécessaire, je ne sais] rappeler ce souvenir qui ne m’a jamais quittée.
En 1985, je passais des vacances en Tunisie, à Hammamet, dans la maison d’une amie cinéaste tunisienne. Pendant la journée, elle travaillait dans le cadre du film que tournait alors Roman Polanski, Pirates, un film franco-tunisien [présenté à Cannes en mai 1986]. Et le soir, lorsqu’elle revenait, elle nous disait, choquée, que des jeunes filles [« très jeunes » me souvient-il, sans en être totalement sûre] venues par avion des États-Unis arrivaient sur les lieux du tournage, lesquelles ne venaient pas pour les besoins du film, mais selon elle, pour lui… (Cf. Culture. Viol)

Violences à l’encontre des femmes (Polanski Roman) (2) : (12 novembre) 2019. Lu sur Médiapart le beau texte de critique du film de Roman Polanski, J’accuse de Coralie Miller : Nous accusons. 204 (Cf. Culture. Féminisme. Antiféminisme. Rondeau Corinne)

Violences à l’encontre des femmes (Pradié Aurélien) : (10 avril) 2021. Aurélien Pradié, député Les Républicains, concernant « la protection des femmes et des enfants », ce « sujet », cette « cause », auteur de :
« J’ai rencontré plusieurs femmes concernées par ce problème… » suivi d’un curieux : « Je ne l’ai pas vécu personnellement. » 205

Violences à l’encontre des femmes (Renoir Jean) : 1981. Jean Renoir [1894-1979], dans Pierre-Auguste Renoir, mon père, auteur de :
« […] Mais jusqu’à sa mort, il [Auguste Renoir. 1841-1919] il continua de ‘caresser et battre le motif’ comme on caresse et bat une femme pour la mettre en état d’exprimer tout son amour. » 206

Violences à l’encontre des femmes (Robin Muriel) : (22 septembre) 2018. Muriel Robin, l’actrice qui incarna Jacqueline Sauvage dans le téléfilm intitulé Jacqueline Sauvage, C’était lui ou moi [TFI. 1er octobre 2018] fut à l’origine d’un appel - signé de 88 « personnalités du monde du spectacle » - au président de la République publié dans Le Journal du Dimanche, intitulé : Sauvons celles qui sont encore vivantes. On a connu revendications plus subversives. Un appel était lancé pour une manifestation devant le Palais de Justice de Paris, le 6 octobre 2018, dans lequel on pouvait lire :
« Je fais une confiance totale au Président de la République […] »
J’avais par ailleurs préalablement entendu Muriel Robin demander à M. Macron de « mettre le dossier au-dessus de la pile ».
Quant aux revendications évoquées, toutes déjà cent fois avancées : augmentation des budget des associations, formation obligatoire pour tous les métiers de loi, hébergement des femmes, refonte de la loi sur la légitime défense, médiation pénale… 207
Une fois encore donc, l’essentiel est occulté. (Cf. Droit, Femme, « Politique ». Schiappa Marlène, Justice, Patriarcat)

Violences à l’encontre des femmes. Robinson Mary :

Violences à l’encontre des femmes (Robinson Mary) (1) : 1802. Mary Robinson [1757-1800] dans les Mémoires de Mistress Robinson, écrit, concernant ses débuts à la scène :
« Le sérieux de mes manières me servit même d’égide contre les attaques de ces hommes audacieux qui s’empressent autour de la jeunesse, qui l’assaillent lors de son entrée dans le monde, et qui trop souvent triomphent de l’innocence lorsqu’elle n’est préservée que par les grâces enfantines qui la décorent et qui sont pour le vice plutôt un encouragement qu’un motif sacré qu’ils doivent respecter ; je n’opposais donc à toute l’artillerie de la séduction que la froideur et le dédain ; mes traits, sans en prendre la teinte empruntée, l’exprimaient sans le vouloir, et c’est ce qui m’a empêchée, en bien des occasions, d’être le jouet des efforts qu’employait le vice pour me séduire ou pour me perdre. » 208 (Cf. Enfants, Hommes, Séducteurs, Violences à l’encontre des enfants)

Violences à l’encontre des femmes (Robinson Mary) (2) : 1802. Mary Robinson [1757-1800] dans les Mémoires de Mistress Robinson, harcelée par M. Brereton qui avait préalablement arrêté son mari, qui avait exigé qu’elle « cède à son amour » en échange de la liberté de son époux, et lui avait demandé de le rejoindre à Bath, réagit ainsi :
« Je fondis en larmes. ‘ Pourriez-vous être assez inhumain que de m’imposer des conditions qui répugnent à l’honneur que j’ai toujours pris pour ma loi suprême ?’ […]
Je perds patience, et avec le ton le plus sévère, suivi des reproches les plus amers, je lui parlais de l’infamie de sa conduite. ‘Je retournai à Bath, lui dis-je, mais pour y exposer votre conduite déshonorante, vos manœuvres barbares ; j’informerai votre épouse de votre conduite perfide ; l’univers entier connaîtra que non content d’employer les voies ordinaires de la séduction, vous vous servez encore des moyens le plus vils que puissent employer un joueur, un libertin et le roué les le plus décidé, pour chercher à détruite le bonheur domestique de la plus vertueuse des femmes. Oh ! barbare, oh ! monstre, puisse le ciel qui m’entend me venger de l’excès de vos furies’. Je prononçais cette dernière phrase avec tant de véhémence, et avec un courage si expressif que je le vis pâlir et qu’il me pria d'être prudente et discrète. ‘Je ne le serai pas tant que vous m'insulterez, lui dis-je et que vous aurez mon mari en votre pouvoir; vous avez porté l’outrage à son comble, vous avez éveillé l’orgueil, le ressentiment dans mon âme, et ils ne seront détruits que par une conduite différente de votre part ; vous seul devez trembler des suites de cette affaire ! ». 209 (Lire la suite) (Cf. Femme. Écrivaine, Hommes. « Libertins », Famille. Mariage, Patriarcat)

Violences à l’encontre des femmes (Roudinesco Élisabeth) : (2 novembre) 2018. Élisabeth Roudinesco, dans Le Monde, écrit notamment concernant Metoo :
« Que de sombres prédateurs (!) aient été poursuivis en justice, voilà une belle victoire contre la barbarie. Mais cela ne doit pas nous interdire de critiquer les dérives (!) d’un tel mouvement. Car la confession publique (!) n’est jamais un progrès en soi.
Jamais une explosion de rage (!), fut-elle nécessaire (!) ne doit devenir un modèle de lutte (!) contre les inégalités (!) et les maltraitances (!).
Nul (!) ne peut nier les exigences d’un droit fondé sur des preuves et le respect de l’intimité (!).
Les usagers (!) des réseaux sociaux ne sauraient se substituer (!) aux magistrats (! pour jeter en pâture à l’opinion publique des bourreaux ou des criminels (!) […]. »
- J’aurais aimé trouver la formulation la-plus-distante-subtile-non-méprisante-mais-néanmoins-critique : je ne l’ai pas trouvée. J’écris donc sans aucune distance : Lorsque l’on ne connait manifestement ni le droit, ni la justice, ni les hashtags (Balance ton porc ; Metoo) ce que l’on est censée condamner, ni les violences que ceux-ci expriment, il vaut mieux ne pas mettre sa signature sur un texte public.
Que Le Monde n’a pas à se vanter d’avoir publié.
N.B. La suite de l’article démontre qu’elle ne connait pas non plus le-s « féminisme-s» 210 (Cf. Féminisme. Antiféminisme, Penser. « Réseaux sociaux », Psychanalyse)

Violences à l’encontre des femmes (Rues de Paris) : 2000-2002. Vécu : pendant ces deux années, un homme, dans les rues de Paris, m’avait dit : « Tu es moche » ; un autre m’avait donné, sans mot dire, un violent coup sur le corps ; un troisième cracha sur moi et un quatrième, enfin, m’avait traitée de «salope». Tout cela, sans échange verbal et sans me connaître.

Violences à l’encontre des femmes (Sand George) : George Sand [1804-1876] écrivit à Marie d’Agoult [1805-1876] concernant son mari - dont elle cherche auprès de la « justice » à divorcer - qu’« il a[vait] eu l’heureuse idée de vouloir me tuer un soir qu’il était ivre. » (Cf. Justice. Juges. Sand George) 211
* Ajout. 4 avril 2020. Michelle Perrot ne peut donc qualifier Casimir Dudevant de « brave homme ». 212 Il faudrait à cet égard reprendre précisément les luttes que George Sand a dû mener, notamment mais non pas exclusivement sur un plan juridique, pour se libérer de lui, de ses contraintes, menaces, pressions concernant notamment la garde des enfants, et des avantages matériels dont il espérait devoir bénéficier. (Cf. Famille. Mariage. Divorce)

Violences à l’encontre des femmes. Schiappa Marlène :

Violences à l’encontre des femmes (Schiappa Marlène) (1) : Cf. Femme « Politique ». Schiappa Marlène)

Violences à l’encontre des femmes (Schiappa Marlène) (2) : (30 octobre) 2019. Lu dans Le Canard enchaîné :
« Marlène Schiappa avait été initialement conviée par le chef de l’état à La Réunion pour animer avec lui un Grenelle des violences conjugales, sujet majeur sur l’île (sic). Mais lorsque que la sous-ministre a réalisé que le Président n’assisterait pas finalement au dit Grenelle lors de son passage sur l’Ile entre le 23 et le 25 octobre, elle lui a écrit pour … annuler son déplacement. Schiappa ne se voyait pas faire le voyage pour se contenter de remettre, aux côtés du chef de l’état, une médaille à un figure féministe locale, Thérèse Baillif.
Macron, furax, l’a tout de même appelée depuis l’île pour lui indiquer qu’elle devait impérativement organiser le fameux Grenelle sur place, sous trois semaines. Moralité : il se tiendra du 6 au 8 novembre 2019.
Bon voyage ! » 213

Violences à l’encontre des femmes (Schiappa Marlène) (3) : (29 octobre) 2019. Lu dans La Croix :
« Après deux mois de réflexion, le Grenelle des violences conjugales doit rendre publiques ses propositions ce mardi 29 octobre. La secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, dévoile dans La Croix les pistes qui ont retenu son attention. » Ainsi, en toute transparence, en toute bonne conscience, en toute sereine légitimité, en toute compétence, en toute collégialité, Marlène Schiappa décide, en un jour, des pistes qui, du haut de sa grandeur, « ont retenu son attention ».
Chacun-e pourra noter que pas une ne coûte un sou. 214
*Ajout. 30 octobre 2019. L’article du Monde consacré aux rapport des groupe de travail du Grenelle des violences conjugales se termine par la constat suivant :
« Parmi [?] les soixante propositions des groupes de travail, aucun chiffre n’est précisé ».215
Quant aux hommes violents, il sont hors sujet. (Cf. Violences à l’encontre des femmes. Philippe Édouard)

Violences à l’encontre des femmes (Schiappa Marlène) (4) : (7 novembre) 2019. Marlène Schiappa, par tweet, auteure de :
« Nous allons expulser les étrangers condamnés pour violences sexuelles. » Cette prise de position politique - au nom de qui parle-t-elle ? - est par ailleurs sur le fond scandaleuse : elle est la porte grande ouverte, sous tous les autres fondements , à toutes les expulsions d’étrangers.
Le féminisme affiché de Marlène Schiappa risque fort un jour, avec ce type de décision, de devenir ce qu’il n’a déjà trop de tendance à être : un bouc émissaire. 216 (CF. Langage, Mot. Critique de mot. Scandale)
* Ajout. 20 septembre 2020. La lutte contre les violences à l’encontre des femmes est, dans la confusion dans laquelle elle s’est inscrite, installée, devenue une politique de maintien de l’ordre public, ici à l’encontre des étrangers. Mais la notion d’ordre public est vaste…

Violences à l’encontre des femmes. Silence des femmes :

Violences à l’encontre des femmes (Silence des femmes) (1) : Les femmes s’épuisent à maintenir les façades (depuis longtemps fissurées) d’un fonctionnement de conventions sociales considérées comme devant être la norme (laquelle n’a jamais existé) ; elles se ruinent à tenter et si souvent réussissent à cacher le spectacle que les hommes violents (maris, compagnons, amants, enfants, agresseurs..) peuvent ou non présenter et donner d’eux-mêmes, et dès lors aussi d’elles-mêmes. Leur mise à mort progressive, si souvent efficace, dans le droit fil des violences qui leur sont infligées, n’a souvent pas d’autres explications à leur poursuite que leur volonté de les cacher. Et c’est ainsi que, en dépit de tant de hurlements, la mise au silence des femmes perpétue le règne de la terreur. (Cf. Femmes. Silence, Norme, Politique. Mise au Silence)

Violences à l’encontre des femmes (Silence des femmes) (2) : (7 décembre) 2020. A propos de « la solitude, de l’isolement » et donc du silence des femmes violées, Mathilde Forget, Marcia Burnier, Baptiste de Cazenove, Sol Brun, autrices de :
« On n’est pas censées en parler en public ; on n’est pas censées en parler en soirée ; on n’est pas censées en parler à des inconnu-es ; on n’est pas censées en parler aux gens à qui on en a déjà parlé, parce que ce serait un peu trop dur pour eux ; on est censées en parler un petit peu, mais pas trop… Pas faire de blagues ; pas raconter les détails ; il ne faut pas trop pleurer parce que ça déstabilise ; il ne faut pas trop être joyeuses parce que, du coup, les gens oublient qu’on est traumatisées…Tout ça fait que, du coup, on n’a plus le droit jamais de prononcer ce mot. » 217

Violences à l’encontre des femmes (Simpson O. J) : (novembre) 2029. Lu dans Le Monde Diplomatique - à l’occasion de la sortie en France du film (coffret de 5 DVD) O.J : Made in America, fondé sur des « milliers d’archives télévisées » - cette analyse concernant les liens entre le racisme et l’acquittement d’O.J Simpson (noir) du meurtre de son épouse (blanche) :
« Centré sur le clivage racial, le film rappelle que celui que le boxeur Mohamed Ali [1942-2016] qualifiait de ‘sportif contre-révolutionnaire’ vivait dans le quartier le plus chic et le plus blanc de Los Angeles et claironnait : ‘Je ne suis pas noir. Je suis O.J’. Pourtant ses avocats jouèrent la carte raciale et réussirent à arracher l’acquittement, malgré un faisceau d’indices [preuves] accablantes. La réalisateur ne s’intéresse pas vraiment à la psychologie du personnage ; il est ici un héros américain déchu devenu l’instrument qui permet à la communauté noire de Los Angeles une revanche symbolique sur la police - la quelle la maltraitait impunément depuis les émeutes de Watts en 1965. » 218 Une brillante synthèse. (Cf. Viol. Racisme)

Violences à l’encontre des femmes (Steinem Gloria) : 2015. Gloria Steinem, dans Ma vie sur la route. Mémoires d’une icône féministe, présente à la manifestation pour les droits civiques du 28 août 1963 de Washington écrit :
« Si Rosa Parks [1905-2013], Fannie Lou Hamer [1917-1977] et d’autres avaient parlé il y a cinquante ans - si les femmes avaient représenté la moitié des orateurs en 1963 - on aurait peut être entendu que le mouvement des droits civiques était aussi une protestation contre le viol rituel et la terreur exercée contre les femmes noires par les hommes blancs. On aurait peut-être appris que Rosa Parks avait été chargée par la NAACP d’enquêter sur le viol d’une Noire par des Blancs - qui l’avaient laissée pour morte près d’un arrêt de bus de Montgomery - avant le célèbre boycott. On aurait peut-être appris que le chiffre qui permettrait le plus sûrement de déterminer sir le niveau de violence était élevé à l’intérieur d’un pays - ou s’il serait enclin à [utiliser] des armes contre une autre nation -, ce n’était ni le niveau de pauvreté, ni la quantité de ressources naturelles, ni la religion, ni même de degré de démocratie, mais la violence envers les femmes. Elle banalise toutes les formes de violence. » 219 (Cf. Femme. Parks Rosa, Politique. Racisme, Pornographie, Histoire. Patriarcale)

Violences à l’encontre des femmes (Sylvestre Anne) : 2011. Dernières strophes de la chanson d’Anne Sylvestre [1934-2020] : Maison douce :
[…] La maison, depuis ce crime, n'a plus d'âme ni de nom,
Mais elle n'est pas victime, c'est de sa faute, dit-on.
Il paraît qu'elle a fait preuve d'un peu de coquetterie
Avec sa toiture neuve et son jardin bien fleuri.
D'ailleurs, une maison sage ne reste pas isolée :
Celles qui sont au village se font toujours respecter.
Quand on n'a pas de serrure, il faut avoir un gardien.
C'est chercher les aventures que de fleurir son jardin.
Si vous passez par la route et si vous avez du cœur,
Vous en pleurerez sans doute, c'est l'image du malheur.
Mais rien, pas même vos larmes, ne lui portera secours.
Elle est loin de ses alarmes, elle est fermée pour toujours.
Si j'ai raconté l'histoire de la maison violentée,
C'est pas pour qu'on puisse croire qu'il suffit de s'indigner.
Il faut que cela s'arrête, on doit pouvoir vivre en paix,
Même en ouvrant sa fenêtre, même en n'ayant pas de clé.
Non, non, je n'invente pas. Moi, je dis ce que je dois.

Violences à l’encontre des femmes (Trump Donald) : (10 février) 2018. Donald Trump écrit dans un tweet, après que deux conseillers de la Maison Blanche aient été accusés de violences par leurs ex-épouses : « Des gens voient leur vie détruite et brisée par de simples accusations. Certaines sont vraies et certaines sont fausses. Certaines sont vieilles et certaines sont récentes. Quelqu’un qui est faussement accusé ne peut pas s’en remettre, sa vie et sa carrière sont finies. Il n’existe donc plus de procédures équitables ? » 220 (Cf. Justice, Patriarcat. Affaire Weinstein, Politique)

Violences à l’encontre des femmes (Victorine) : 2005. Victorine [1911-2010], auteure de :
« […] Habituée à avoir des coups. Tu t’attends à un autre… » 221
N.B. France Culture n’a pas cru bon donner son nom.

Violences à l’encontre des femmes. Voltaire :

Violences à l’encontre des femmes (Voltaire) (1) : (21 novembre) 1770. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée, à Joseph Vasselier [1735-1778] concernant la mort d’une jeune femme assassinée à Lyon, Claudine Rouge écrit :
« On dit qu’il n’est pas rare qu’à Lyon on jette les filles dans le Rhône après avoir couché avec elles. » 222
N.B. Le 25 juin 1767, une jeune fille de 18 ans, Claudine Rouge, disparaît à Lyon. Cinq jours plus tard, à environ neuf lieues de Lyon, sur les bords du Rhône, des pêcheurs découvrent le corps déjà en partie décomposé d'une jeune fille. Bien qu'alertés, ni les officiers d'état civil, ni les autorités religieuses, ne daignent se déranger pour constater le décès et prendre les mesures nécessaires pour disposer du corps ; le soir, les pêcheurs décident donc de l'enterrer eux-mêmes là où ils l'ont trouvé, sur la plage, au pied d'un saule. Pour la suite, Cf. Alain Nabarra, ‘Les rapports que nous font les hommes’. Voltaire et l’affaire Lerouge. 223 (Cf. Justice)
* Ajout. 4 mai 2018. (7 juin) 1771. Voltaire, dans une lettre adressée à Élie de Baumont, [1732-1786] écrit que : « jeter [un] corps dans le Rhône est assez commun à Lyon », puis, dans une lettre écrite vers décembre 177I à un inconnu, il écrit : […] [que] « jeter [un] cadavre dans le Rhône, ce qui n’est que trop commun dans la ville de Lyon. » 224 (Cf. Corps. Cadavre)

Violences à l’encontre des femmes (Voltaire) (2) : (25 février) 1774. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au comte d’Argental [1700-1788], concernant Beaumarchais [1732-1799], accusé ‘d’avoir assassiné deux femmes’, écrit :
« Un homme vif, passionné, impétueux, peut donner un soufflet à sa femme, et même deux soufflets à ses deux femmes, mais il ne les empoisonne pas. »
Beaumarchais, en possession de cette lettre, publie cette note :
« Je certifie que ce Beaumarchais-là, battu quelques fois par des femmes, comme la plupart de ceux qui les ont bien aimées, n’a jamais eu le tort honteux de lever la main sur aucune. » 225
Brevet de ‘bonne conduite’ envers les femmes. Entre hommes. Sur quels fondements ? quelle connaissance ? (Cf. Patriarcat)

Violences à l’encontre des femmes (Zola Émile) : (20 août) 1878. Émile Zola, [1840-1902] dans une lettre à Léon Hennique [1850-1935] critique son livre La Dévouée édité chez Charpentier dans la série intitulée « les héros modernes », dans lequel un homme Jeoffrin tue ses deux filles, empoisonne l’une et accuse l’autre du crime, laquelle est guillotinée :
« S’il tuait ses filles pour manger leur argent, ce serait un vulgaire scélérat, mais il serait humain ; il les tue pour construire son ballon [aérostat], et on dit : ‘ C’est un fou’. D’autant plus qu’on se demande si, avant d’en arriver au crime, il n’aurait pas pu dépouiller ses filles sans entrer dans le gros drame.[…] » 226

VIII. Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage :

Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage :

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage) (1) : « Elles y passaient toutes […] », entendait-on, sans excès de révolte…
- Et si tout [ou presque…], en matière de compréhension du monde, n’était qu’une question de point de vue, d’analyse, et était donc lisible - et donc dénonçable - par le langage ? (Cf. Langage, Patriarcat, Penser)

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage) (2) : Dès lors qu’il s’agit - dans l’esprit de celui en droit ou en fait de l’exiger - d’un droit, il s’agit alors pour celle sur laquelle le dit droit s’exerce d’un dû. La question, pour lui, du consentement, comme du refus, est hors sujet. Et ce n’est que le refus - aux mille formes d’expressions et de manifestations - qui le contraint à s’interroger sur sa légitimité à y prétendre. (Cf. Penser. Consentement)

Par ordre alphabétique. Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage :

Droit de cuissage (Aragon) : 1936. Louis Aragon [1897-1982] dans Les beaux quartiers, auteur de :
- « Victorine était la bonne que Madame avait mise à la porte quand elle s’était aperçue que Monsieur couchait avec. »
- « […] Il n’avait pas le sou, couchait avec l’une des filles de cuisine du lycée qui lui raccommodait ses chaussettes […]. » 227

Droit de cuissage (Assiette de porcelaine) : Années 1930 [?]. J’ai une petite assiette de Badonviller [Lunéville] représentant une bonne à l’apparence stupide s’adressant à une grosse dame à l’apparence obtuse et suffisante, derrière laquelle se cache un mari maigrelet et sournois et sous laquelle on peut lire :
« L’on m’a dit qu’il n’y avait rien à faire et que monsieur était gentil avec les bonnes. »

Droit de cuissage (Aubry Martine) : 1970. Martine Aubry raconte son stage à France soir - elle est alors en seconde année de licence - et comment elle fut reçue par Pierre Lazareff [1907-1972] :
« Il m’a dit : ‘Ici, il faut coucher avec les hommes du marbre [les typographes] et ça se termine par moi’. J’ai découvert une ambiance incroyable, les filles se faisaient pincer les fesses, la misogynie était terrible et gauloise, certaines en jouaient, comme ailleurs, encore plus qu’ailleurs. Cette coquetterie masochiste donne une très mauvais image de la presse, ces femmes journalistes nous font du mal à toutes ; elles entretiennent le machisme. » 228 (Cf. Patriarcat)

Droit de cuissage (Auguste) : Lu, concernant Auguste, empereur Romain [63 avant J-C- 14 après J-C], dans Suétone (écrit entre 112 et 122 après J-C) :
« […] Quant aux plaisirs, il y fut toujours attaché, et plus tard même, dit-on, sa passion fut de déflorer les jeunes filles, que sa femme elle-même faisait venir pour lui d’un peu partout .» 229 (Cf. Famille, Proxénétisme)

Droit de cuissage. Balzac. Honoré de :

Droit de cuissage (Balzac. Honoré de) (1) : 1837-1843. Honoré de Balzac [1799-1850], dans les Illusions perdues, auteur de :
« […] Cerizet avait importé les mœurs du gamin de Paris dans la capitale de l’Angoumois. Son esprit vif et railleur, sa malignité l’y rendaient redoutable. […] Cerizet était devenu, mais à l’insu de son tuteur, le don Juan en casquette de trois ou quatre petites ouvrières et s’était dépravé complètement. Sa moralité, fille des cabarets parisiens, prit l’intérêt personnel pour unique loi. » Puis, plus loin, il évoque, toujours le concernant, « les petites ouvrières dont il était le Don Juan et qu’il gouvernait en les opposant les unes aux autres. » 230

Droit de cuissage (Balzac. Honoré de) (2) : (7 octobre) 1845. Honoré de Balzac [1799-1850] écrit à Madame Hanska [1801-1882] :
« Chez Rothschild, c’est allé comme de cire ; seulement en apprenant que je me mêlais du trousseau d’une D[emoise]lle, il m’a fait la délicate plaisanterie de me demander (comme il l’avait fait pour Lirette [Henriette Boriel, devenue religieuse] si j’avais le droit du Seigneur, et alors je lui ai dit :
- Vous parlez ainsi de gens qui sont au-dessus de nous comme le soleil est au-dessus de vos écus ! …
Il a senti sa bêtise et a ordonné de faire mes affaires le plus avantageusement possible. Cet homme n’a pas la conscience de ce qu’il dit, dès lors qu’il est hors de son commerce. » 231 (Cf. Économie)

Droit de cuissage (Balzac. Honoré de) (3) : 1846. Honoré de Balzac [1799-1850], dans La cousine Bette, auteur de :
« […] Si je ne viens pas dîner, il [son mari] dîne très bien avec le bonne, car la bonne est toute à monsieur […]. » 232

Droit de cuissage (Belgique. 1966) : 1966. En Belgique, à l’usine Herstal - la F.N. - une ouvrière se rappelle les régleurs :
« Quand elles ne voulaient pas, ils mettaient sa machine en panne et elles ne touchaient que le minimum. » Une autre se rappelle les chefs « qui gueulaient ».
Il n’en faut souvent pas plus - et souvent moins - pour licencier, sauf si l’on était ‘gentilles’…233

Droit de cuissage (Bistula Maria) : (21 septembre) 1931. Lettre adressée par Maria Bistula, « bonne de ferme » Polonaise en Indre et Loire à Julie Duval, inspectrice de la main d’œuvre immigrée (Ministère de l’Agriculture) :
« […] Il y a un malentendu entre moi et le fils du patron. Je travaille ici depuis sept mois et, pour la chose, il ne m’a pas laissé tranquille du tout, mais il est venu chez moi et moi je n’ai pas réussi à le repousser, il m’a prise de force en me criant dessus et il m’a violée. Qu’est-ce que je vais devenir maintenant, pauvre de moi, je vais me pendre et me noyer. Parce que je n’ai pas d’autre issue. Où aller ? Et lui, ça l’a fait rire quand je lui ai dit. Le 20 octobre il part à l’armée et moi je reste. Que vais-je faire ? […] » 234 Y a t-il tragédie plus grande ?

Droit de cuissage (Caserio Sante Geronimo) : (3 août) 1894. Sante Geronimo Caserio [1873-1894], anarchiste, après avoir assassiné Sadi Carnot, président de la République, le 24 juin 1894, lors de son procès, lut une déclaration à Messieurs les jurés, non « pour [sa] défense » mais pour exposer [son] acte ». En voici un extrait :
Après avoir évoqué « le si grand nombre de personnes qui souffrent de faim et de froid et voient souffrir leurs enfants » opposés à la richesse qu’il constate, il poursuit :
« Tandis que d’autre part je voyais des milliers et des milliers de personnes ne faisant rien et ne produisant rien, vivre du travail des ouvriers et dépenser tous les jours des milliers de francs pour leurs amusements et leurs plaisirs, déflorer les jeunes filles du pauvre peuple, posséder des palais de 40 et 50 chambres, 20 ou 30 chevaux, et de nombreux domestiques, en un mot, tous les plaisirs de la vie. Combien, hélas ! je souffrais en voyant cette vile société si mal organisée ! […] ». 235 Il sera guillotiné le 13 jours plus tard.

Droit de cuissage (Charrière Isabelle de) : 1784. Isabelle de Charrière [1740-1805] dans les Lettres Neuchâteloises, traite du droit de cuissage, le terme n’étant pas par ailleurs prononcé :
« Quant à Julianne …, la cousette, elle a son mot à dire sur patrons et gens bien. Si elle n’est plus intacte, elle le doit à son premier maître qui a abusé d’elle. Si elle est dans le dénuement, c’est que ses employeuses l’ont chassée en la traitant de coureuse. » 236

Droit de cuissage (Chaunu Pierre) : 1982. L’historien Pierre Chaunu [1923-2009], présente un gentleman farmer, célibataire, un hobereau exploitant ses terres, entre Valogne et Cerbour, Gilles de Gouberville qui laissa un journal quotidien et qui fut l’objet par lui d’un travail historique de recherches, présenté sur France Culture en 1982.
Interrogé par Jean Montalbetti (dont la question n’est pas reprise) il s’explique en la matière :
- Réponse : « Là, il faut bien le noter, nous sommes avant la réforme catholique. Naturellement, la réforme catholique ne va pas modifier totalement et fondamentalement les mœurs et les comportements… Parce que ça… bon…l’attirance de l’être humain pour l’autre sexe fait partie de notre nature biologique et avant même… fait partie de notre nature sociale.
Mais il est inconstatable que… devant ces problèmes…Encore que, encore que…je vous fait remarquer justement qu’entre la verdeur et la pudeur du bocage, je choisis la pudeur du bocage. Car je vous fait remarquer que Gouberville parle de ces choses, de ces accrocs avec beaucoup de pudeur.
- Réaction. Mais en même temps, il y a des scènes de débauche, en compagnie de Simonet.
- Réponse : Oui, non, mais, écoutez, il le note, il le note d’une phrase et en caractère grec.. Oui, il est allé foutre, etc.,…selon l’expression. Oui, l’expression est très verte, qu’est-ce que vous voulez, mais il dit bien ce qu’il a fait. Il est mort à 57 ans et demi et, mon dieu, bien qu’il n’ait pas été marié, ce malheureux Gouberville, n’a pas vécu comme un moine idéal du Désert de la Thébaïde.
Question / constat : Il exerce aussi un droit de cuissage sur les paysannes de son village…
Réponse : Un silence…Écoutez, modérément….Autant qu’on puisse le savoir, modérément…Et vraisemblablement avec …Non, écoutez, ce n’est pas un droit de cuissage généralisé. Disons, qu’il a eu quelques amours ancillaires.
C’est quand même pas…. Vous avez noté qu’il ne frappe pas les femmes. De toutes façons, Gouberville n’est pas un faune déchaîné…Les quelques scènes dans les fossés, c’est pas lui qui est directement en cause. Bon, écoutez, il a le comportement d’un homme de son temps, et d’un homme - vous me permettrez l’expression, je le mettrais avec des gros guillemets - mais enfin c’est un homme normal. C’est quelqu’un qui a une nature, qui n’est peut-être pas volcanique, mais enfin, bon, c’est un mâle. Enfin, c’est un homme. D’autre part, Il ne se contrôle pas toujours. Il reconnaît qu’il a eu des accrocs. Enfin, il laisse passer ces accrocs…Mais, justement, nous sommes en 1450…1560. C’est vraisemblablement le fait majeur, le fait presque troublant, le fait presque hallucinant de la réforme catholique. C’est finalement le fantastique effort qui a été fait - entre en gros en 1580, 1590 et 1670, 1680 - pour contrôler les pulsions sexuelles. Et vous avez alors là vu chuter d’un manière très considérable, les naissances illégitimes. Mais là, nous sommes avant. Alors, ça ne veut pas dire encore une fois que c’est considéré comme une chose bien, remarquable. On n’en est pas très fier. Mais, ça existe et on n’en fait pas un drame. Par conséquent, voilà la situation ou est Gouberville. » 237 (Cf. Histoire. Historiographie. Patriarcale)

Droit de cuissage (Colet Louise) : 1853-1856. Louise Colet [1810-1876], auteure de :
« Nous sommes un débris de l’antique esclavage / l’Homme a toujours gardé sur nous le droit d’outrage / De joug qu’il nous impose, il se fait l’insulteur / Comme il traitait l’esclave avant le rédempteur. » 238 (Cf. Êtres humains, Femme. Écrivaine. Colet Louise, Relations entre êtres humains. Amour. Flaubert Gustave)

Droit de cuissage (Comminges Comte de) : 1933. Le comte Marie-Bernard-Elie de Comminges [1831-1894] écrit ses Souvenirs d’enfance et de régiment. Il évoque, à Saint-Lary [Haute-Garonne, 700 habitants vers 1845], au milieu du XIXème siècle, la permanence de « l’exécrable ‘dîme’ », de « la non moins hideuse ‘corvée’ » et poursuit :
« À l’occasion des mariages [des ’paysans’, des ‘villageois’], la noce venait se promener dans le parc [du château] et l’épousée offrait un bouquet. Je ne sache pas que mon père ait jamais poussé l’amour des vieilles coutumes jusqu’à exiger d’autres droits du seigneur… »
- Plus loin, il évoque « les Caspers à Montbardon, une nichée de gentilshommes campagnards » :
« Cette maison était le royaume de la gauloiserie : un hôte de Montbardon rencontrant une jeune fille dans le vestibule, la trousse et lui maintenant les jupes au-dessus de la tête, la pousse à reculons dans le salon. Elle avait dix-huit ans. Il y avait bien de quoi tuer le farceur, n’est-ce pas ? On trouvait cela très drôle dans ces temps-là. La nuit, les hommes allaient percer la porte de ces dames et les seringuaient au moment où elles grimpaient dans leur lit, etc. C’était délicieux et très à la mode d’ailleurs dans tout le midi. » 239 (Cf. Histoire)

Droit de cuissage (Debré Robert) : 1974. Robert Debré [1882-1978] dans son « Livre. Témoignage », « L’honneur de vivre », évoquant l’évolution positive de la société française écrit, au terme de sa vie :
« J’ai le souvenir de domestiques de ferme qui couchaient à l’étable. Je ne parle pas des filles de ferme, bonnes à tout faire. » 240

Droit de cuissage (Dolto Françoise) : 1985. Françoise Dolto [1908-1988], dans La cause des enfants, auteure de :
« Au XIXème siècle [...] nombre de garçons ont fait leurs premières armes sexuelles avec les servantes de la famille, et pas seulement dans les milieux bourgeois, mais aussi à la ferme. » 241
- ‘armes sexuelles’ : ? (Cf. Enfants, Hommes, Famille, Langage. Verbe. Faire, Politique. Guerre, Sexes)

Droit de cuissage (Fielding Henry) : 1749. Henry Fielding [1707-1754], dans l’Histoire de Tom Jones, auteur de :
« Cet insuccès dans sa profession [l’armée] n’était pas uniquement dû au fait qu’il ne comptait pas d’amis parmi les gens au pouvoir. Il avait eu l’infortune de s’attirer le courroux de son colonel, qui conserva pendant de nombreuses années le commandement de ce régiment. Et il ne devait pas la malveillance implacable que lui portait cet homme à quelque négligence ou faute commise en tant qu’officier, ni même à aucune faute personnelle, mais bien uniquement à l’imprudence de sa femme qui était fort belle et qui, en dépit du très grand amour qu’elle portait à son matri, n’avait pas voulu payer son avancement de certaines faveurs que le colonel exigeait d’elle.
Le pauvre lieutenant était d’autant plus malheureux que, tout en ressentant les effets de l’hostilité de son colonel, il ne savait et ne soupçonnait pas même que celui-ci la lut portât. Il ne pouvait, en effet, imaginer une malveillance à laquelle il n’était pas conscient d’avoir offert de motif et sa femme par crainte de ce qu’aurait pu occasionner le souci scrupuleux de son mari quant à l’honneur, s’était contentée de conserver sa vertu sans jouir du triomphe de sa victoire ». Quelle merveilleuse intelligence… 242

Droit de cuissage (France. Révolution. 1789) : 1978. Dans un livre consacré à La Nuit du 4 août, son auteur cite, évoque et analyse les Cahiers des États généraux, rédigés par des représentants du Tiers État. Il écrit :
« On passerait à côté de l’essentiel toutefois si l’on ne voyait que ce désir d’égalité fiscale n’est qu’un aspect d’une évidente soif de justice et de dignité. Avec plus ou moins d’éloquence, les ‘pauvres habitants’ disent leur colère devant la liste interminable de vexations dont le sens ne leur apparait pas ou plus. »
Et à l’appui de ce constat, l’auteur reproduit l’un de ces Cahiers qui cite et dénonce « cette nuë de droits » qui accablent les « peuples » - dont le droit de « gambage ». Dans le lexique à ce terme, la définition qui en est donnée est : « Droit payé au seigneur par les brasseurs de bière ». Mais n’est-ce pas plutôt une autre formulation du droit de «jambage» ? 243 (Cf. Penser. Éloquence, Économie. « Pauvres (Les) »)

Droit de cuissage. Giroud Françoise :

Droit de cuissage (Giroud Françoise) (1) : 1990. Françoise Giroud, [1916-2003], dans Leçons particulières, concernant le milieu du cinéma en France dans les années 30], auteure de :
« […] Techniciens et ouvriers de plateau mis à part, le milieu était infect. Pourri par le droit de cuissage. Les régisseurs traitaient les figurantes comme du cheptel, choisissant le matin celle qui passerait dans leur lit. Si elle refusait, la rebelle se trouvait sur une liste noire. Les metteurs en scène…Il y en avait de décents, bien sûr. Mais il y avait aussi celui auquel toutes les candidates à un rôle important devaient d’abord montrer ce qu’elles savaient faire dans une autre spécialité. Pendant qu’elles opéraient dans son bureau, il ne fermait même pas la porte, heureux que quelqu’un puissent les voir, là, à genoux, humiliées jusqu’à l’os. » 244 (Cf. Culture. Cinéma)

Droit de cuissage (Giroud Françoise) (2) : 2003. Françoise Giroud, [1916-2003], dans Françoise Giroud. Une ambition française, interrogée par Christine Ockrent, décrit la même réalité :
« Dans les milieux du cinéma d’avant-guerre, on faisait comme on pouvait. Il fallait bien percer, passer d’un film à l’autre, obtenir un cachet… On était soumis au bon vouloir des producteurs, des directeurs de production… Vous n’imaginez pas les mœurs. À part les actrices, il n’y avait que des hommes, qui à tous les niveaux exerçaient leur droit de cuissage. On couche, on fait son chemin comme on peut, on serre les dents. » 245

Droit de cuissage (Guillaumin Émile) : 1905. Émile Guillaumin, dans La vie d’un simple, écrit concernant Fauconnet, « le fermier riche, conscient de sa puissance, envié de tous, respecté des marchands, salué bas par les travailleurs » :
« En dehors des foires et des tournées au chef- lieu, il allait dans ses domaines pour donner des ordres, combiner les ventes prochaines ou serrer de près quelque jeune métayère point trop farouche, qui, au maître, n’osait rien refuser… » 246

Droit de cuissage. Hugo Victor :

Droit de cuissage (Hugo Victor) (1) : 1832. Triboulet dans Le roi s’amuse de Victor Hugo [1802-1885] concernant Blanche, sa fille, violée par le roi :
« Oh, l’infâme. Elle aussi ! » [Acte III. Scène III]

Droit de cuissage (Hugo Victor) (2) : 1862. Victor Hugo [1802-1885] dans Les misérables, évoquant les étapes de la déchéance de Fantine, abandonnée, sans emploi, car mère d’une enfant, en recherche de logement, écrit :
« Le propriétaire auquel elle devait son loyer, lui avait dit : ‘Vous êtes jeune et jolie, vous pouvez payer’. » 247

Droit de cuissage (Hugo Victor) (3) : 1992. Lu dans un Dictionnaire des femmes célèbres, concernant Juliette Drouet, présentée ainsi « née Gauvain. Française. 1808-1883. » :
« Malgré ses infidélités ancillaires, le poète ne cessa jamais de l’aimer […] ». 248
Quel euphémisme patriarcal ! Lui, totalement déresponsabilisé. Quant à l’épouse…

Droit de cuissage (Interdiction de recherche de paternité) : 1977. Je lis dans le livre d’Yvonne Knibielher et de Catherine Fouquet, Histoire des mères du Moyen-Âge à nos jours, concernant l’article 340 du code civil Napoléonien :
« La recherche de paternité est interdite : «Cette disposition […] a surtout assuré l’impunité des fils de famille qui jetaient leur gourme avec une servante, ou celle des chefs d’atelier qui s’intéressaient aux jeunes ouvrières .» 249
- « Jeter sa gourme », « s’intéresser »…

Droit de cuissage (Janin Jules) : (30 décembre) 1840. Astolphe de Custine [1790-1857], dans une lettre adressée à Karl-August Varnhagen [1785-1858], écrit :
« Janin [Jules. 1804-1874] est le pacha des coulisses et quand les demoiselles de théâtre ne le paient ni de leur argent ni de leur personne, il se croit offensé et les traite en sujets révoltés. » 250
Jules Janin, pendant 40 ans critique au Journal des Débats fut, pour reprendre Wikipédia, « du fait de son autorité, surnommé le ‘prince des critiques’ ». (Cf. Culture, Femme. Artiste. Épouse. Janin Adèle)

Droit de cuissage (Kapuscinski Ryszard) : 2000. Ryszard Kapuscinski [1932-2007], dans Ébène. Aventures africaines, concernant Samuel Doe [1951-1990. Président du Libéria de 1980 à 1990], auteur de :
« Il passe aussi beaucoup de temps dans la cour où les épouses de sa garde présidentielle préparent à manger sur des feux et font la lessive. Il leur fait la conversation, plaisante, de temps en temps en prend une dans son lit. ». 251

Droit de cuissage (Knobelspiess Roger) : 1960. Roger Knobelspiess [1947-2017], dans Voleur de poules. Une histoire d’enfant, évoquant ses souvenirs d’enfance en Normandie, dans les années 1960 :
« […] Le maire du village, gros propriétaire terrien employait Sandra dans ses champs. Il lui ordonnait d’aller l’attendre dans sa cabane de chasse pour lui remettre son salaire. Quand elle refusait qu’il profite d’elle, il ne voulait pas lui donner sa paye : ‘Le maire est vieux, il est mou et prend son temps. J’avais froid.’ Elle nous racontait ça et semblait contente de sa nouvelle vie à Elbeuf. [...] » 252

Droit de cuissage (Lefèvre Frédéric) : 1988. Alice Sapritch [1916-1990], racontant sa vie évoque ses premiers jours à Paris, à 16 ans, écrit :
« [Après une rencontre sans suite, avec André Breton] J’ai rencontré alors Frédéric Lefevre [1889-1949], directeur des Nouvelles Littéraires. Il m’a convoquée un samedi, dans son bureau. Naïvement, j’ai accepté. Au bout d’une enfilade de couloirs, je me suis vue face à une espèce de gros porc, à demi dévêtu, qui me détaillait comme un maquignon et s’est jeté sur moi. Abominable ! J’ai pu me sauver sans consommer. Malgré tout, j’avais dû l’émouvoir » 253 conclue-telle, peu marquée par une analyse féministe, en 1986. (Cf. Femme. Artiste)

Droit de cuissage (Luther) : Luther [1483-1546], auteur de :
« […] « Le troisième cas de divorce est celui où l’un des conjoints, refusant de lui rendre le devoir conjugal et de rester auprès de lui, comme il arrive souvent lorsqu’on trouve une femme butée, qui s’entête et ne veut rien savoir, dût son mari tomber dix fois dans l’impureté. Dans ce cas, il est temps que le mari dise : ‘Si tu ne veux pas, une autre veut bien ; si la dame refuse, que vienne la servante’. La mari doit auparavant l’admonester deux ou trois fois et l’avertir, et le faire savoir à d’autres, afin que l’entêtement de la femme soit connu publiquement et sanctionné par la communauté : si elle continue à refuser, répudie-là : laisse-toi donner une Esther et chasse la Vashi, comme le fit le roi Assuérus. »
Notons que le Concile de Trente [1545-1563] condamna les positions de Luther sur le mariage, tout en sanctionnant la légitimité de la séparation de corps, sans référence - sous réserves d’analyses plus compétentes - à l’évocation de la situation sus évoquée. (Cf. Famille. Mariage. Divorce, Violence des lois religieuses) 254

Droit de cuissage (Mann Thomas) : 1901. Thomas Mann [1875-1955] dans Les Buddenbrook évoque longuement la découverte par Madame Tony Permander des relations qu’entretient son mari avec la cuisinière Babette. Il est question de « paroles de résistance […] de lutte » ; il écrit aussi : « Elle avait essayé d’échapper et s’était défendue. »
- J’ai relevé - après sa décision de retour définitif à la maison familiale et de divorcer - les arguments invoqués, en vain, par sa mère, puis son frère, le chef de famille, pour tenter de la dissuader de quitter sans retour cet « homme abject, abject ».
- « Je vois à présent qu’on t’a réellement fait du chagrin… que tu as des raisons de te plaindre. Mais était-ce nécessaire de manifester si violement tes griefs ? […] Puisque tu es ici, c’est bien. Tu pourras soulager ton cœur et me raconter tout ; ensuite nous verrons comment arranger les choses avec de l’indulgence, de la charité, et en pesant les torts. »
- « Permets-moi de prendre la chose un peu trop à la légère, puisque toi tu la prends un peu trop à cœur, et tu verras que nous nous complétons avantageusement. […] Ne jouons pas à la tragédie. […] C’est un sottise, mon enfant. […] Permander a eu une conduite très répréhensible, il faut l’avouer, et je me charge de le lui faire savoir, sois en persuadée. […] À tout prendre, on ne peut pas d’ailleurs, lui refuser les circonstances atténuantes. Un ami célébrait sa fête, il rentre à la maison très animé, un peu trop gai, et il se laisse aller à un petit écart inconvenant. […] Tu as surpris ton mari dans un moment de faiblesse, tu l’a vu un peu ridicule … cela ne devrait pas t’indigner si fort, mais plutôt t’amuser un peu et te rapprocher humainement de lui. […] Tu ne pouvais pas, naturellement approuver sa conduite par un sourire et le silence. Dieu m’en préserve. Tu es partie : c’était une manifestation un peu vive, peut-être, une punition trop sévère, je ne voudrais pas la voir en ce moment, triste et seul, chez lui ; mais malgré tout, c’était justice. Je te prie seulement d’envisager les choses avec un peu moins d’indignation et un peu plus de diplomatie. Nous parlons entre nous. Il faut que je te dise quelque chose ; dans un mariage, il n’est pas indifférente de savoir de quel côté on se trouve… se trouve la supériorité morale… Tu me comprends Tony ? Ton mari t’a donnée prise sur lui, il n’y a aucun doute la dessus. Il s’est compromis, s’est rendu un peu ridicule… justement parce que sa faute est innocente, si peu grave au fond… bref, sa dignité n’est plus sacrée, tu as de ton côté une certaine supériorité et suppose que tu saches t’en servir avec adresse, ton bonheur est assuré… […] Tony, tu ne vas pas faire un scandale ! […] Tu n’es qu’une enfant, Tony. […] Toutes tes paroles sont de l’enfantillage. Ne veux-tu pas, si je t’en prie, daigner considérer un instant, les choses comme une personne adulte ? Ne t’aperçois-tu donc pas que tu agis comme si tu avais éprouvé quelque chose de grave et de pénible, si ton mari t’avait cruellement trompée, t’avais accablée d’outrages en public ? Réfléchis donc un peu qu’il n’y a rien eu. […] Retourne chez Permender en toute tranquillité, tout au plus d’un air moqueur… Tu ne nuiras en rien à ta dignité et à la nôtre, au contraire ! Ce qui y nuira, ce sera de ne pas le faire, de transformer en scandale, cette bagatelle. » 255

Droit de cuissage (Marat) : Marat [1743-1793], auteur de :
« [Les princes] doivent à leurs peuples l’exemple des bonnes mœurs et des vertus ; ne sont-ils pas inexcusables lorsqu’ils ne donnent que celui des vices, lorsqu’ils s’abandonnent aux voluptés les plus honteuses, et qu’ils sont les premiers à débaucher les femmes, à débaucher leurs sujets ? » 256 (Cf. Politique. Démocratie, Histoire. Révolution française)
N.B. Écrit entre 1770 et 1772, publié en 1848.

Droit de cuissage (Marx Karl et Engels Friedrich) : 1848. Karl Marx [1818-1883] et Friedrich Engels [1820-1895], dans le Manifeste du parti communiste [1848], auteurs de :
« Nos bourgeois, non contents d’avoir à leur disposition les femmes et les filles de leurs prolétaires, sans parler de la prostitution officielle, trouvent un plaisir singulier de se cocufier mutuellement. » 257
- Marx, seul, écrivait en septembre 1847 :
« Tout comme alors [dans l’État romain], nos sœurs et nos filles doivent servir à assouvir les passions bestiales de riches débauchés. » 258
- Ces citations ne doivent pas faire oublier que Marx a eu un enfant avec Hélène Demuth et qu’il a demandé à Engels d’en être ‘le père’. (Cf. Femme. Remarquable. Demuth Hélène, Homme. Remarquable. Engels, Famille)
* Ajout. 5 mai 2021. Daniel Guérin [1904-1988], dans une Postface à son livre l’Anarchie, après étude des Procès-verbaux des séances du Conseil général de la Première internationale, dans un texte intitulé Marx et Engels militants, auteur, concernant ce dernier, de : « Il fait preuve d’un goût inné pour les basses besognes. » 259 (Cf. Patriarcat. Pères)

Droit de cuissage. Michelet Jules :

Droit de cuissage (Michelet Jules) (1) : 1853. Lu dans L’Histoire de la révolution française de Jules Michelet [1798-1874] :
« Comment serai-je juste envers la Révolution, comment la ferai-je comprendre, si préalablement je ne fais connaître le Moyen-Âge, cette terreur de mille ans ! » … [Puis, en note] :
« Le servage, qu’on le sache bien, est un communisme effroyable, le viol en habitude, en droit. La famille y est impossible. Le serf blanc est plus malheureux en ceci que l’esclave nègre. Celui-ci distingue très bien à la peau les enfants qui sont du maître. En Russie et autres pays semblables, nul signe qui accuse la différence : le père infortuné ne sait jamais qui sont les siens. Un ministre protestant m’a assuré avoir vu, vers 1800, sur la cote allemande de la Baltique, une jeune fille enchaînée par une chaine de fer dans une loge à chien, pour n’avoir pas voulu payer le droit du seigneur à l’intendant qui régissait la terre – Nos seigneurs français du dix-huitième siècle usaient plus largement de ces privilèges que ne firent jamais leurs aïeux ; leur fils, par libertinage ou par insolence, couraient tout le village, et qui n’eut pas fermé les yeux aurait été persécuté. L’homme d’affaires aussi, alors comme aujourd’hui, mettait souvent aux délais qu’il accordait pour payements de honteuses conditions, etc., etc. La femme payait tout. Elle eût dû être, en vérité, plus révolutionnaire que l’homme. » 260
Analyses ouvrant la voie à de nombreux commentaires critiques. (Cf. Êtres humains. Serfs-Serves)

Hommes. « Libertins », Patriarcat, Histoire)

Droit de cuissage (Michelet Jules) (2) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, auteur de :
« Le marchand de Lyon, républicain de principes, n’en était pas moins le maître, le tyran de l’ouvrier et, qui pis est, le maître de sa femme et de sa fille. Notez que le travail, à Lyon, se faisant en famille, la famille y est très forte ; ce n’était nullement un lien détendu, flottant, comme dans les villes de manufactures. L’ouvrier lyonnais est très sensible, très vulnérable en sa famille et c’est justement là qu’il est blessé.
La prostitution non publique mais infligée à la famille comme condition de travail, c’était le caractère déplorable de la vie lyonnaise. » 261 (Cf. Homme, Femme, Enfant, Famille)

Droit de cuissage (Montaigne) : 1580. Montaigne [1533-1592] dans Les essais, Livre I. Chapitre 23, évoquant le relativité de « la raison humaine » et des « opinons et des mœurs » écrit : « […] Et ailleurs, si c’est un marchand qui se marie, tous les marchands conviés à la noce couchent avant lui ; et plus il y en a, plus elle a d’honneur et de recommandation de fermeté et de capacité ; si un officier se marie, il en va de même ; de même, si c’est un noble, et ainsi des autres, sauf si c’est quelqu’un du bas peuple ; alors c’est au seigneur de la faire. […] » Et Montaigne évoque plus loin :
« les femmes qui n’osent épouser, qu’elles n’aient offert à leur roi s‘il veut de leur pucelage. » 262

Droit de cuissage (Mugnier Abbé) : (13 octobre) 1919. L’abbé Mugnier [1853-1954] écrit dans son Journal : « Visite de Melle Marquet [Mary. 1895-1979]. Elle m’a dit son amour pour Rostand [Edmond. 1868-1918] et ce qu’il avait été pour elle pendant près de trois ans. […] Melle Marquet m’a dit l’horreur du monde des théâtres, ce par quoi il fallait passer pour arriver à jouer un rôle. » 263 (Cf. Femme. Artiste)

Droit de cuissage (Perrault Gilles) : 1990. Gilles Perrault, dans Notre ami le roi, auteur de :
- « Le jeune Sultan Sidi Mohammed [futur Mohammed V. 1909-1961] s’ennuie dans son palais. […] Les femmes sont sa distraction. Conformément à la tradition alaouite, il fait aux tribus l’honneur d’accueillir les plus belles filles dans son lit. »
- « Les femmes occupent beaucoup le roi [Hassan II. 1929-1999] qui est avec elles Kennedy et Louis XI. Kennedy, dans la mesure où il fit abondante et rapide consommation de starlettes, petites chanteuses, professionnelles de haut vol expédiées d’Europe par les maquerelles spécialisées dans les plaisirs des grands. Louis XV, car, pour chaque courtisan, glisser sa femme dans le lit royal fait avancer de plusieurs cases dans la faveur du souverain. Comme à Versailles, toute femme honorée par le roi, fût-ce furtivement au coin d’un couloir, publie sa bonne fortune pour la capitaliser en crédit et en influence : quel ministre refusera ce passe-droit à un courtisan dont la femme a servi au plaisir du roi. […]
Puis il évoque « le harem ». Et ensuite :
« Un jour qu’il est allé chasser dans le Moyen Atlas, le roi remarque la beauté d’une fille de notable, près du village de Mrirt. Elle est mariée, mère de deux enfants. Un voiture vient la chercher le lendemain avec ses enfants. Un ordre du roi ne se discute pas. Le malheureux mari tentera vainement à récupérer au moins sa progéniture. Pour lui aussi, d’une heure à l’autre, c’était comme si sa famille avait disparu de la surface de la terre. » 264

Droit de cuissage (Pétain Philippe) : 1940-1944. Lu, concernant Philippe Pétain [1856-1951] : « Il passait son temps à séduire toutes les femmes qui s’approchaient de lui. Toutes les serveuses de l’hôtel, à Vichy, sont passées par son lit. » Vrai ? 265
* Ajout. 19 avril 2021. Philippe de Gaulle, dans De Gaulle, mon père, décrit Pétain, dans sa vieillesse, en reprenant entre guillemets les formulations de son père « victime de sa vanité, comme ‘un vieux Don Juan [Il avait eu même tardivement beaucoup de succès auprès des femmes] et qui continue à croire qu’il est irrésistible.’ » 266 (Cf. Homme. Âgé, Famille, Relations entre êtres humains. Vanité)

N. B. « Avoir beaucoup de succès auprès des femmes » : aujourd’hui, la traduction est aisée.

Droit de Cuissage (Phoolan Devi) : 1996. Phoolan Devi concernant l’Inde, auteure de :
« Lorsqu’ils [les propriétaires terriens] avaient envie d’une femme d’une basse caste, ils disaient: ‘Telle femme, elle me plait’ et ils étaient obligés d’envoyer la femme. »
Eh, oui, c’est aussi simple que cela : combien a-t-il fallu de dénis, de contournements, d’occultations, de détournement des yeux et des pensées, de théories, de pressions, de mensonges, pendant si longtemps, pour occulter cette évidence ?
Ils prennent les femmes comme ils prennent les terres. Souvent en sus…267 (Cf. Femme. Remarquable. Phoolan Devi, Histoire)

Droit de cuissage (« Prime de mariage ») : 1960. Lu dans un livre publié par les Éditions sociales concernant une entreprise employant des femmes de la région de Millau dans les années 1960 :
« Il y a aussi dans telle usine un prime de mariage de 5.000 francs. C’est mieux que rien. Mais il faut aller la demander au patron. Pour qu’on sache que ce n’est pas un droit, mais une royale faveur. Rien de plus : venir la chercher. Au grand maximum, une caresse bon papa sur les cheveux. Mais parfois on préfère ne pas s’y abaisser - «C’est un reste du droit de cuissage ! Un petit reste, mais tout de même… » 268

Droit de cuissage. Richardson Samuel :

Droit de cuissage (Richardson Samuel) (1) : 1740. 4ème de couverture du Pamela de Samuel Richardson [1689-1761] : « À la mort de sa maitresse, Paméla, jeune domestique d’une grande beauté, doit subir et repousser les assauts de son nouveau maitre, M.B.. pris d’une violente passion pour elle. Farouchement décidée à conserver sa vertu, la jeune fille va user de tous les subterfuges pour échapper aux séductions, menaces et manigances de M.B , et le conduire à un extrémité inattendue. »
Confronté à ses refus, j’ai relevé les qualificatifs, les termes qu’il employa à son encontre : « petite sotte », « petite salope », « petite artificieuse », « vanité, suffisance, orgueil », « petite sotte », « fine matoise », « insolente », « effrontée », « arrogante », « insolente », « jolie petite folle », « pareille sotte », « babillarde et mal avisée », « effrontée », « impertinente », « perverse », « hypocrite », « sorcière », « paresseuse », « souillon », « sorcière », « petite infâme », « hypocrite », « misérable », « sorcière », « impertinente », « folle », « voleuse », « ingrate », « impertinente », « ingrate », « insolente », « méchante fille », « ingrate », « impertinente », « orgueilleuse », « fière », « impertinente »… 269 (Cf. relations entre êtres humains. Injures. Injures à l’encontre des femmes)

Droit de cuissage (Richardson Samuel) (2) : (16 septembre) 1762. Denis Diderot [1713-1784] écrit à Sophie Volland [1716-1784] :
« Combien petitement vous voyez le sujet de Paméla ! Cela fait pitié ! Non. Mademoiselle, non. Ce n’est pas l’histoire d’une femme de chambre tracassée par un jeune libertin. C’est le combat de la vertu, de la religion, de l’honnêteté, de la vérité, de la bonté, sans force, sans appui, avilie, s’il est possible qu’elle le soit, dans toutes les circonstances imaginables, par la dépendance, l’abjection, la pauvreté, contre la grandeur, l’opulence, le vide et toutes ses puissances infernales. » Diderot, à lui seul, par cette seule analyse, par cet engagement, fait honte, plus spécifiquement, à tous les hommes qui ont passé sous silence, justifié, légitimé les violences patriarcales. 270 (Cf. Homme, « Féminisme ». Hommes. « Libertins »)

Droit de cuissage (Richardson Samuel) (3) : (29 mai) 1769. Voltaire [1694-1778] dans une lettre à Nicolas-Claude Thieriot [1697-1772], écrit :
« Dans les six tomes de Paméla, il n’y a rien. Ce n’est qu’une petite fille qui ne vaut pas coucher avec son maître à moins qu’il ne l’épouse. » 271

Droit de cuissage (Roi de Naples et de Sicile) : 1792. Après un portait élogieux de la reine de Naples [Marie-Caroline [1752-1840], sœur de Marie-Antoinette et « meilleur[e] ennemi[e] » de Napoléon Élisabeth Vigée-Lebrun [1755-1842] écrit dans ses Souvenirs :
« La reine de Naples avait un grand caractère et beaucoup d’esprit. Elle seule portait tout le fardeau du Gouvernement. Le roi [Ferdinando. 1751-1825] ne voulait point régner ; il restait presque toujours à Caserte, occupé de manufactures [de soie], dont les ouvrières, disait-on, lui composait un sérail. » 272

Droit de cuissage (Rousseau Jean-Jacques) : 1762. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778] dans L’Émile, auteur de :
« Un célèbre auteur de ce siècle [L’abbé de Saint-Pierre. 1658-1743] dont les livres sont plein de grands projets et de petites vues, avait fait vœu, comme tous les prêtres de sa communion, de n’avoir pointe de femme en propre ; mais se trouvant plus scrupuleux que les autres sur l’adultère, on dit qu’il prit le parti d’avoir de jolies servantes, avec lesquelles il réparait de son mieux l’outrage qu’il avait fait à son espèce par ce téméraire engagement. Il regardait comme un devoir du citoyen d’en donner d’autres à la patrie, et du tribut qu’il lui en payait en ce genre il peuplait la classe des artisans. […] » 273

Droit de cuissage. Russie :

Droit de cuissage (Russie) (1) : (28 mai) 1928. Lu dans le Journal de Russie. 1928-1929, de Pierre Pascal [1890-1983] :
« Le Troud [Journal des syndicats] ces jours-ci fourmille de scandales. À Smolensk ce sont des choses à peine croyables : on renvoie des ouvriers pour refuser de payer à boire au contremaître, des ouvrières pour refuser de coucher avec lui, les fonctionnaire syndicaux ou bien ignorent les faits, ou bien agissent de même. Quand ces ouvriers signalent un abus, on les menace. […] Le syndicat reste muet. Et cela dans toutes les branches, dans toute la province. […] ». 274

Droit de cuissage (Russie) (2): (24 août) 1929. Lu dans le Journal de Russie. 1928-1929, de Pierre Pascal [1890-1983] :
« Le procureur Pavlov qu’on vient de juger et de condamner à 7 ans de prison pour avoir favorisé des ci-devant femmes en se faisant payer en nature (en plein bureau, porte à peine poussée), était un ouvrier ‘sorti du rang’. » 275

Droit de cuissage (Sartre Jean-Paul) : 1944. Évoquant une pièce de Lope de Vega [1562-1635], Sartre [1905-1980], dans Situations II, écrit :
« Il n’est pas jusqu’au seigneur des Amants de Galice [autre intitulé : Le meilleur alcade est le roi] qui, jusque dans ses violences, ne soit assuré d’avoir raison : la femme qu’il a enlevée n’est-elle pas une villageoise vivant sur ‘ses’ terres ? N’exerce-t-il pas, en la violant, son droit seigneurial ? » 276

Droit de cuissage. Sicile :

Droit de cuissage (Sicile) (1) : [19]50. Danilo Dolci [1924-1997], dans son Enquête à Palerme, rapporte le récit d’un interlocuteur anonyme :
« Il y a une autre coutume qui tend à disparaître : dans de nobles familles, on prend des enfants pour en faire de valets de pied. On leur met une livrée rayée les jours de visite ou de fête. L’enfant grandit sans toucher de salaire, il devient une sorte d’objet de famille qui se transmet de père en fils, comme les meubles et autres biens. Ces gens-là se donnent l’air d’agir en bienfaiteurs, ou en dames de charité. Souvent ces garçonnets deviennent pédérastes ou service de leurs maîtres dégénérés.
Puis, il y a les ‘femmes de chambre à dot’, des fillettes pauvres qu’on élève dans la famille noble à la place du petit garçon dont j’ai parlé. Dès qu’elle est pubère, le maître en profite, la fait avorter ou envoie l’enfant à l’Assistance publique. Puis il force un des régisseurs de ses domaines à l’épouser et lui donne en guise de dot une vache ou un lambeau de terre. Un tel seigneur est considéré comme un bienfaiteur ; mais le mari de l’ancienne femme de chambre se met souvent à boire, prétend que sa femme est une prostituée car de toute façon aux yeux de monde il est cocu. Le maître c’est le bienfaiteur ; lui, c’est le cocu
. » 277 (Cf. Enfants, Femmes, Famille. Mariage. Dot)

Droit de cuissage (Sicile) (2) : [19]50. Danilo Dolci [1924-1997], dans son Enquête à Palerme, rapporte le récit d’un journalier Sicilien :
« Dans notre province, pour glaner des gens viennent de Modica [sur la côte sud, alors que l’interviewé évoque la situation prévalant au nord-ouest]. Ils arrivent par petits groupes et les surveillants de la ferme à condition que les hommes leur donnent un coup de main (sic), laissent les femmes et les enfants ramasser les épis tombés. Les glaneurs arrivent par familles entières, couchent à la belle étoile et parfois même acceptent que les intendants profitent de leurs femmes.
Dans l’industrie, pour être embauchés, les ouvriers doivent signer une traite de vingt à trente mille lires au profit de l’agent d’embauche et ceci pour travailler quelques mois, au maximum six mois. Les agents leur prennent leur argent et parfois même les cocufient
. » 278

Droit de cuissage (Simenon Georges) : 1961. Georges Simenon [1903-1989], dans ses Mémoires intimes, auteur de :
« Un matin, je trouve Teresa (la « femme de chambrepersonnelle’» de son épouse) seule, penchée sur la coiffeuse du boudoir, un vif désir d’elle me saisit et je le trousse, sans qu’elle bouge ou proteste. Jamais de ma vie, je l’affirme, je n’ai forcé une femme, d’une façon ou d’une autre à accepter mes avances. Je n’ai pas non plus pratiqué ce que les grands bourgeois appellent dédaigneusement ‘les amours ancillaires’ auxquels ils se livrent d’ailleurs les premiers en s’arrogeant ce que les grands seigneurs de jadis appellent ‘le droit de cuissage’.
Pour moi, une femme et une femme, digne de respect, quelles que soit ses fonctions et ce qu’on appelle d’un mot que je déteste, ‘sa situation sociale’.
J’ignorais le catéchisme que D. (son épouse) avait dû enseigner à la nouvelle venue. Elle m’a entendu entrer, m’approcher, sent ma main sur ses hanches et ne réagit pas quand je relève sa robe. J’en garde le souvenir dans ses moindres détails. A peine l’ai-je pénétrée que je sens sa jouissance et, la mienne proche, je me retire à temps.
La pilule existait-t-elle déjà ? Je n’en sais rien et, l’aurais-je su, j’ignorais si elle l’avait prise.
Elle me regarde ensuite d’un regard sans expression et je sors de la pièce, à la fois confus et heureux.
Le soir même, après le ‘rapport’, Teresa s’attardera pour mettre D., fort honnêtement, au courant de ce qui s’est passé. ‘Je suis prête à partir dès maintenant si vous le désirez.’ D. rit : ‘Sachez, ma fille, que si j’étais jalouse de ‘Monsieur’, il y a longtemps que je ne vivrais plus avec lui.’ - ‘Et s’il recommence ? ‘ – ‘Si cela ne vous gêne pas…Quant à moi, cela ne me regarde pas et vous pouvez continuer si cela vous amuse’. Marie-Jo (leur fille) est entrée et D. la met au courant. » 279

Droit de cuissage (Sinclair Anne) : 1997. Anne Sinclair, auteure de :
« Quant au fameux cliché qui veut que les femmes doivent coucher avec un rédacteur en chef pour avoir un émission, ça existe bien sûr, mais ce droit de cuissage est moins fréquent que dans l’entreprise et surtout, ça ne dure pas longtemps, si l’émission ne marche pas, on te renvoie… » 280
- Le journalisme sait aller à l’essentiel…

Droit de cuissage (Sylvestre Anne) : (31 décembre) 2003. Anne Sylvestre évoquant les promenades qu’elle faisait avec son grand-père en Bourgogne sur les terres du domaine où ses ancêtres avaient été « serfs », en se reportant dans ce passé, auteure de :
« Moi, je n’aurais pas été princesse, j’aurais porté des seaux d’eau et je me serais sans doute fait culbuter derrière un buisson par le châtelain. » 281

Droit de cuissage (Thackeray William Makepeace) : 1848. William Makepeace Thackeray [1811-1863], dans La foire aux vanités, auteur de :
« […] [Sir Pitt Crawley] était d’humeur assez sociable et assurément loin d’être fier. Il préférait la société d’un fermier et d’un maquignon à celle d’un homme comme milord son fils. Il prenait son plaisir à boire, à jurer et à lutiner les filles des fermiers. […]
Ses prévenances pour le beau sexe avaient déjà été notées par miss Rebecca Sharp ; en un mot, parmi tous les baronnets, les pairs et les roturiers de l’Angleterre, il n’y avait pas un être plus bas, plus égoïste, plus bête et plus mal famé que ce vieux ladre. » 282 (Cf. Relations entre êtres humains. Vanité)

Droit de cuissage. Tolstoï Léon :

Droit de cuissage (Tolstoï Léon) (1) : 1877. Léon Tolstoï [1828-1910] dans Anna Karénine retranscrit un échange entre Oblonski et Lévine :
« - […] Tu prends un mauvais pli avec ta femme. J’ai remarqué l’importance que tu attachais à obtenir son autorisation pour t’absenter pendant quarante-huit heures. Cela peut être charmant à titre d’idylle, mais cela ne saurait pas durer toute la vie. L’homme doit maintenir son indépendance, il a ses intérêts à lui, conclut Oblonski, en ouvrant la porte.
- Lesquels ? ceux de courir avec les filles de ferme.
- Pourquoi pas si cela l’amuse ? Ça ne tire pas à conséquence. Ma femme ne s’en trouvera pas plus mal. Respectons seulement le domicile conjugal ; mais pour le reste, ne nous laissons pas lier les mains.
[…] » 283

Droit de cuissage (Tolstoï Léon) (2) : 1899. Léon Tolstoï [1828-1910] dans Résurrection, auteur de :
Après avoir été séduite et abandonnée par le séducteur - le prince Nekhlioudov qui sera le sujet du livre, Katioucha, après avoir reçu 100 roubles de lui, est « jetée dehors » par ses tantes chez qui elle était employée. Puis elle « entra en qualité de femme de chambre chez commissaire, un homme de plus de 50 ans qui se mit dès le second mois à lui faire la cour. Un jour qu’il se montrait particulièrement pressant, elle le traita de brute et de vieux diable, et le repoussa si fort qu’il tomba. On la renvoya pour insolence. » Elle accouche d’un enfant qui meurt. […] Elle trouve alors à s’engager chez un garde forestier. Il était marié, mais dès le premier jour, comme le commissaire, il se mit à faire la cour à la jeune servante. Celle-ci d’abord, essaya d’échapper à ses poursuites, car elle tenait à garder la place. Mais il avait plus d’expérience et plus de ruse qu’elle, et surtout, il était le maître, pouvant lui commander ce qui lui plaisait. Après avoir guetté l’instant propice, il se jeta sur elle et la posséda. Sa femme ne tarda pas à en être informée. Un jour, surprenant son mari seul dans une chambre avec Katiouchka, elle frappa la servante au visage jusqu’à la faire saigner et la congédia sans lui payer ses gages. […] »
Puis Nekhlioudov revoie Katioucha : « Le souvenir de cette scène le torturait comme l’eut fait une vraie blessure. Mais que faire ? Puisque tout le monde agissait ainsi…. N’était-ce pas ainsi qu’avait agi Chenbok à l’égard de cette gouvernante son on lui avait parlé. Et l’oncle Gricha ? Et son père, au temps où il habitait la campagne quand il avait eu un fils illégitime, ce Mitienka qui vivait encore ? Puisque tout le monde agissait de cette façon, il devait faire de même ! Il cherchait à se rassurer grâce à ces raisonnements, sans jamais y parvenir. […]
Dans le fond, dans le coin le plus profond de son cœur, il sentait qu’il avait agi d’une façon si indigne, si abjecte, si cruelle, qu’il avait perdu non seulement le droit de juger les autres, mais encore de regarder le monde en face.
[…] » 284

Droit de cuissage (Tolstoï Léon) (3) : 1951. Pierre Pascal [1890-1983] écrit concernant l’écriture par Léon Tolstoï [1828-1910] de Résurrection :
« Tolstoï […] se débat au milieu de conflits qui l’épuisent : comment mettre d’accord les idées et les actes ? Ses disciples le poussent au renoncement total. Sa femme le retient. Peut-être aussi son propre passé l’embarrasse-t-il. Il avait lui aussi, comme il le confessera plus tard à son biographe, séduit une jeune bonne, nommée Gacha, qui travaillait chez sa tante et qui, comme Rosalie s’étant perdue (sic). Il lui faut alors intégrer ses souvenirs personnels dans l’histoire de Katiouchka. Ils n’ont pas cessé de vivre en lui. » Et en note, on lit :
« À propos de cette Gacha, sa femme écrivait le 13 novembre 1898 :
‘Je souffre de ce que Lev Nicolaïevicth, vieillard sentimental, se délecte particulièrement, tout comme un gastronome jouit d’un met succulent, à la description du roman d’amour entre la bonne et l’officier. Je sais, car il me l’a raconté lui-même, que Lev Nicolaïvitch [Tolstoï], dans ces scènes, décrit sa propre liaison avec la femme de chambre de sa sœur à Pilogiv. J’ai vu cette Gacha, par la suite, elle est maintenant une vieille femme de 70 ans, il me l’a montrée lui-même, à mon grand désespoir et à mon grand dégoût. » (Journal de S.A. Tolstoï, 1897-1909. Éditions coopérative ‘Nord’. Moscou. 1932, p. 81) 285

Droit de cuissage (Tulard Jean) : 1995. Lu dans Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. L-Z, concernant :
- Seigneur de la guerre (Le) [1965. Franklin J. Schaffner] : « Au XIème siècle, Chrysagon repousse les Frisons et se taille (sic) une principauté. Au cours d’une chasse, il remarque une jeune paysanne fiancée à un jeune homme, Marc. Le jour du mariage, il fait valoir le droit de cuissage et, au petit jour, part avec la femme, abandonnant sa principauté. Il sera tué. Curieux et attachant film historique : scènes de bataille et scènes érotiques font ici bon ménage. A voir. »
- Un amour désespéré [1950. William Wyler] : « Petite campagnarde, Carrie part pour Chicago et y trouve un emploi d’ouvrière. Blessée, elle est licenciée. Éperdue, elle demande à Charlie, un commis voyageur rencontré dans un train, de lui procurer un emploi. Il lui ne trouve un, mais la prie, en échange, de devenir sa maîtresse. Carrie accepte, tout en n’aimant pas Charlie. […] » 286 (Cf. Culture. Cinéma)

Droit de cuissage (Université. CNRS. France) : (6 avril) 2016. Commentaire lu suite à un article du Figaro :
« Si l'on veut vraiment faire une loi qui lutte contre la prostitution […] on pourrait aussi réprimer pénalement l'attribution de postes et de grades contre faveurs sexuelles dans la fonction publique ? Pour avoir passé suffisamment de temps dans les labos du CNRS, je peux témoigner que certaines mais aussi certains ont obtenu leur bourse de thèse où leur poste d'ATER (attaché-e temporaire d’enseignement et de recherches) contre faveur… » 287 (Cf. « Sciences » sociales, Proxénétisme)
- Ce constat me remémore un souvenir : une amie enseignante dans une Faculté de province, au début des campagnes en faveur de la parité, me disant en parlant de ses collègues hommes : « Ils sont en train de constituer leur harem. » (Cf. Politique. Parité)

Droit de cuissage (Vaillant Roger) : 1957. Dans La loi, roman-vérité de Roger Vaillant [1907-1965] dont l’action a lieu au milieu du XXème siècle dans le sud d’une Italie quasi féodale (les Pouilles), on lit, concernant le seigneur des lieux, Don Cesare :
« Les hommes faisaient semblant de ne pas savoir qu’il faisait l’amour à leurs filles et à leurs sœurs ; lui, pour les faire venir à la maison, prenait toujours prétexte d’un travail : lessive, couture, épluchage du maïs, séchage des figues ; ainsi l’honneur des hommes était sauf. Quand la fille, la première nuit passée, lui plaisait, il l’engageait comme servante ; on ne lui fit jamais de chantage, parce qu’il est dans la tradition des seigneurs du marais d’Uria de témoigner de l’amitié aux filles et aux femmes de leur maison. Quand une jeune fille ne lui plaisait plus, il mariait. Il garda Julia après l’avoir mariée, parce qu’elle cuisinait bien et que son mari prenait grand soin des antiques (qu’il collectionnait) : chargé de l’entretien des collections, il ne cassa pas un seule pièce en dix ans. Ensuite, il la garda à cause de ses filles. » 288

Par ordre chronologique. Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage. Voltaire :

Droit de cuissage (Voltaire) (1) : (26 août) 1752. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Charles-Jean-François Hénault, [1685-1770] écrit :
« J’aime assez les anecdotes des rois et des servantes. » 289

Droit de cuissage (Voltaire) (2) : (13 octobre) 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à la marquise du Deffand [1697-1780], lui écrit :
« J’aime les mœurs des patriarches, non pas parce qu’ils couchaient tous avec leurs servantes, mais parce qu’ils cultivaient la terre comme moi. » 290

Droit de cuissage (Voltaire) (3) : 1761. Voltaire [1694-1788], écrivit une « comédie en vers », publiée à Genève, intitulée : Le droit du seigneur. 291

Droit de cuissage (Voltaire) (4) : (9 janvier) 1761. Voltaire [1694-1778] écrit au comte d’Argental [1700-1788], lui demande de lui renvoyer un manuscrit et lui écrit :
« J’attends aussi ce Droit du seigneur que vous n’aimez point et que j’ai le malheur d’aimer. » 292

Droit de cuissage (Voltaire) (5) : (11 juillet) 1761. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Etienne-Noël Damilaville [1723-1768] lui écrit :
« […] Je crois qu’il serait bon de joindre le titre du Droit du seigneur, à celui de L’Écueil du sage, car les Bellecourt [comédien] et ejusdem farinae homines [et les gens de même farine] ne savent pas qu’autrefois les seigneurs séculiers et les prêtres avaient dans leurs domaines le droit de cuissage, le droit de prélibation ; cette partie du sujet ignorée des comédiens perd de son piquant aux yeux de ceux qui n’en sont pas instruits. » 293

Droit de cuissage (Voltaire) (6) : (19 octobre) 1761. Denis Diderot [1713-1784] écrit à Sophie Volland [1716-1784] :
« On ne jouera point Le droit du seigneur. Crébillon [censeur dramatique de la police de la librairie. 1674-1762], qui n’aime pas de Voltaire (?), trouve l’ouvrage indécent. » 294
N.B. La pièce sera finalement jouée en janvier 1762.

Droit de cuissage (Voltaire) (7) : (8 janvier) 1762. Voltaire [1694-1778] écrit à nouveau au comte [1700-1788] et à la comtesse d’Argental [1703-1774] :
« Mon Dieu que j’aime Cassandre et Le droit du seigneur ! » 295

Droit de cuissage (Voltaire) (8) : (26 janvier) 1762. Voltaire [1694-1778], écrit au duc de Richelieu [1696-1788] dont Wikipédia note « ses innombrables conquêtes féminines » :
« Je vous exhorte à voir Le Droit du seigneur qu’on a sottement appelé L’Écueil du sage. On dit qu’on (la police) en a retranché beaucoup de bonnes plaisanteries, mais qu’il en reste assez pour amuser le seigneur de France qui a le plus usé de ce beau droit. » Puis, deux paragraphes plus bas, il l’invite chez lui et poursuit :
« Je vous avertis que Melle Corneille [qu’il présente à d’autres comme sa « fille », sa « pupille »] est une laideron extrêmement piquante et que si vous vouliez jouir du droit du seigneur avant qu’on la marie, il faut faire un petit tour au Délices (résidence de Voltaire, sa nièce Madame Denis [1712-1790] et la petite nièce de Corneille] […]. » 296 (Cf. Femme. « Féminin »)

Droit de cuissage (Voltaire) (9) : (22 novembre) 1762. Voltaire [1694-1778], écrit à M. Bernard-Louis Chauvelin [1716-1773] qui lui avait demandé l’envoi de sa pièce, le Droit du seigneur :
« Le titre en est beau je l’avoue, mais je tiens avec vous, Monsieur l’Ambassadeur, qu’il vaut mieux être possesseur de Madame de Chauvelin que d’avoir le droit des prémices de toutes les filles du village. » 297

Droit de cuissage (Voltaire) (10) : (23 décembre) 1762. Voltaire [1694-1778], écrit au comte [1700-1788] et à la comtesse d’Argental [1703-1774] :
« En attendant, il faut que je vous parle de Mlle d’Épinay ou de l’Épinay ; ce n’est pas pour la marier. M. le maréchal de Richelieu [1696-1788] paraît avoir usé de ses droits de premier gentilhomme de la chambre [du roi] avec cette infante. Il veut la payer en partie par les rôles [de comédienne] qu’avait Melle Gaussin dans les pièces de votre serviteur. Il me demande une déclaration en faveur de la demoiselle, et même au détriment de l’enfant Hus. Dites-moi […] ce que je dois faire. […]» En note, je lis :
« Si ce que dit Voltaire est vrai, le véritable père de sa fille, Élisabeth Félicité, née le 23 juillet 1760, peut avoir été Richelieu. » 298 (Cf. Homme. Trompeur de femmes ». Proxénétisme. « Clients »)

Droit de cuissage (Voltaire) (11) : (25 février) 1763. Voltaire [1694-1778], écrit au comte [1700-1788] et à la comtesse d’Argental [1703-1774], après avoir critiqué ses deux pièces, Adelaïde et Zulime :
« J’aime assez Le droit du seigneur, je vous l’avoue, mais je voudrais qu’il y eût un peu plus de ces honnêtes libertés que le sujet comporte, et que les dames aiment beaucoup quoi qu’elles en disent. » 299
N.B. Une ambiguïté quant à la signification que Voltaire accorde au terme de « libertés ».

Droit de cuissage (Voltaire) (12) : (vers le 25 mars) 1763. Voltaire [1694-1778], écrit à Jean Ribote-Charron [?-?.‘jeune commerçant protestant’] :
« Si vous pouviez […] dire aussi à vos ministres [ ? ] qu’ils fassent le plus d’enfants qu’ils pourront aux servantes [sans donc ‘dommage’, ni risque pour eux], mais que d’ailleurs [par ailleurs] ils soient infiniment circonspects [sans doute avant le terme définitif de ‘l’affaire Calas’]. Il est question de leur faire du bien pourvu qu’ils ne l’empêchent pas. » 300

Droit de cuissage (Voltaire) (13) : (20 février) 1764. Voltaire [1694-1778], écrit au comte [1700-1788] et à la comtesse d’Argental [1703-1774] :
« Je serais fort aise qu’on jouât Le droit du seigneur, quoi que je ne suis guère homme à jouir d’un si beau droit. Vous pensez bien que je ne connais Mlle d’Épinay que par le droit que les premiers gentilshommes ont sur les actrices. » 301
- Là encore, ambigu…

Droit de cuissage (Zinoviev Alexandre) : 1978. Dans L’avenir radieux d’Alexandre Zinoviev [1922-2006], celui-ci évoque une soirée en présence de Canarille, directeur de l’institut de philosophie dans lequel il travaille, prototype de l’apparatchik soviétique des années 1950/60. On lit :
« Canarille était là, et il passa toute la soirée à prodiguer des compliments larmoyants sur mon talent et la beauté de Tamara. Sans doute a-t-il eu vent de des rumeurs selon lesquelles nous nous acheminions vers le divorce et il me chantait sur tous les tons que je devais conserver ce trésor qu’était ma femme, pestaient contre les écervelées modernes (ces «rapaces»), lançait des trémolos sur la morale du savant soviétique. Et lui, ce salaud, il s’est marié trois fois et il a couché avec toutes les femmes de ménage, les expéditionnaires de tous les organismes qu’il a dirigés. » 302

Droit de cuissage. Zola Émile :

Droit de cuissage (Zola Émile) (1) : 1883. Émile Zola, [1840-1902] dans Au bonheur des dames, évoque concernant Mouret, la patron du Bonheur des dames, « les filles ramassées par lui dans les rayons », puis « les filles ramassées dans les coulisses des petits théâtres et dans les restaurants de nuit ». 303

Droit de cuissage (Zola Émile) (2) : 1887. Émile Zola, [1840-1902] dans La terre rapporte de la lecture lors d’une veillée par le caporal du livre Les malheurs et le triomphe de Jacques Bonhomme, et comment le dénommé Jésus-Christ « rigolait dans sa barbe. » Et Zola poursuit : « Il voulut insister sur les droits polissons, auquel le petit livre se contentait de faire une allusion pudique.
- Et le droit de cuissage, dites donc ? Ma parole ! le seigneur fourrait le cuisse dans le lit de la mariée et la première nuit, il lui fourrait….
On le fit taire, les filles, Lise elle-même avec son gros ventre, étaient devenues toutes rouges, et les deux galopins, le nez tombé par terre, se collaient les poings dans la bouche, pour ne pas éclater.
» 304

Droit de cuissage (Zola Émile) (3) : 1887. Émile Zola, [1840-1902] dans La terre, auteur de : « Hourdequin, carré des épaules, avec sa large face haute en couleur, n’ayant gardé que des mains petites de son affinement bourgeois, avait toujours été un mâle despotique pour ses servantes. Même du temps de sa femme, toutes étaient prises ; et cela naturellement, sans autre conséquences ; comme une chose due. Si les filles de paysans pauvres qui vont en couture, se sauvent parfois, pas une de celles qui s’engagent dans les fermes, n’évite l’homme, les valets ou le maître. » 305

IX. Violences à l’encontre des femmes. Harcèlement sexuel :

Violences à l’encontre des femmes. Harcèlement sexuel :

Violences à l’encontre des femmes (Harcèlement sexuel) : L’expression de harcèlement sexuel a toujours été employée pour euphémiser la gravité des «violences» ; les meurtres, assassinats, viols y sont dorénavant inclus. Encore une avancée féministe dévoyée, détournée ; encore des contresens.
Exemple : (17 février) 2015. Cf. Turquie : après le meurtre d’une étudiante, des femmes dénoncent le harcèlement. 306
À nouveau, après L’Express, Le Monde : (9 juin) 2015. « En février, le décès d’Özgecan Aslan, une étudiante de 20 ans violée puis tuée à coups de barre de fer par un chauffeur de bus, avait incité des milliers de femmes à prendre la parole sur le harcèlement sexuel. » 307 (Cf. Langage)

Par ordre alphabétique. Violences à l’encontre des femmes. Harcèlement sexuel :

Harcèlement sexuel (Akerman Chantal) : 2013. Chantal Akerman [1950-2015], après avoir dit que sa mère [qui avait été déportée à 15 ans et demi] comprenait très bien ses films, en donne l’exemple suivant : « Quand elle a vu le film que j’ai fait sur Pina Bausch [1940-2009], elle a vu une femme qu’on tripotait et puis, après, il y avait une danse. Ma mère m’a dit : ‘Tu vois, c’est ça les camps, on pouvait tout vous faire.’ » 308 (Cf. Êtres humains, Corps, Femme. Mère, Féminisme)

Harcèlement sexuel (Anachronisme) : 2008. Lu dans le livre de Michelle Perrot, Mon histoire des femmes, concernant le travail des femmes dans les usines :
« Le harcèlement sexuel fait partie des motifs de grève. » 309 Trop allusif ? rapide ? anachronique ? (Cf. Histoire)

Harcèlement sexuel (Appel. Levons l’omerta. 10 mai 2016) : (11 mai) 2016. Dans Le Canard enchaîné, sous l’intitulé : Duflot et Mélenchon à la manœuvre, on apprend qu’un courriel daté du 4 mai « circule discrètement sur les réseaux sociaux qu’utilisent les amis de Cécile Duflot et de Jean-Luc Mélenchon, les deux candidats putatifs de la gauche de la gauche, pourtant brouillés et rivaux. Ce courriel prévient ses destinataires de la parution ‘dans deux grands médias français, d’enquêtes complémentaires approfondies sur la question des violences et harcèlement sexuels en politiques’. Sans citer précisément le cas Baupin, il invite les destinataires à signer un appel qui ‘sera publié après la révélation dans les médias de ces affaires, pour apporter notre soutien aux femmes qui ont courageusement accepté de témoigner’. » 310.
Six jours après l’envoi de ce mail, seront publiés notamment par Libération, le 10 mai 2016, et la dénonciation des agissements de Denis Baupin (Vert, époux d’Emmanuelle Cosse, ministre verte qui soutient François Hollande) et le texte intitulé : « Levons l’omerta » miraculeusement « signé par plus de 500 militant-es et élu-es » contre le harcèlement sexuel et le sexisme dans le monde politique.
- En résumé : une manip politique anti-Hollande ? ; ce qui pour autant, bien sûr, ne lave pas T. Baupin des accusations portées à son encontre.
- Quant aux réactions des femmes politiques interrogées, il faudrait une par une, en montrer l’impudence, l’irresponsabilité, le mépris de la loi et des femmes qu’elles révélaient. Qu’ont-elles donc fait depuis toutes ces années en soutien avec les femmes harcelées, agressées avant qu’elles-mêmes, dans le contexte rappelé, affirment collectivement, dorénavant vouloir être dorénavant respectées ?
- Certes, certaines revendications législatives ont été évoquées, mais quelle crédibilité leur conférer ? Plus grave, de quelle morale politique peuvent-elles se prévaloir ? (Cf. Homme « Politique ». Mélenchon Jean-Luc, Penser. « Réseaux sociaux », Politique. Remerciements, Proxénétisme. Vert-es.)
- (19 mai) 2016. « Après l’affaire Baupin, le groupe écolo se disloque à l’Assemblée Nationale » 311
- (24 mai) 2016. « Le groupe socialiste a regagné sa majorité absolue à l’Assemblée après que six députés écologistes ‘réformistes’ eurent décidé jeudi dernier de le rejoindre. ‘Nous sommes désormais 291» a dit mardi Bruno Leroux lors de sa conférence de presse avec trois des six députés écologistes qui ont sonné le glas de leur groupe déchiré en deux camps en se ralliant aux socialistes. » 312
- (9 mars) 2017. Après classement sans suite de la plainte ouverte pour harcèlement sexuel et agression sexuelle portée à l’encontre de Denis Baupin pour prescription, celui-ci annonce son intention de déposer quatre plainte « pour dénonciation calomnieuse contre [ses] accusatrices » et, une autre, contre EELV « pour diffamation ». Honte à lui, à son avocat, au droit et à la justice… 313 (Cf. Justice. Prescription)

Harcèlement sexuel (Avocat général) : 2002. Procès en appel d’une victime harcelée puis violée. En substance, l’avocat général déclara :
« Nous ne sommes pas dans la séduction, ce n'est donc pas du harcèlement sexuel. Nous sommes dans la goujaterie et celle-ci n'est pas pénalisable. » (transmis par la partie civile). (Cf. Justice)

Harcèlement sexuel (Diderot Denis) : (2 septembre) 1762. Denis Diderot [1713-1784], dans une lettre à Sophie Volland [1716-1784], auteur de :
« Un jeune libertin se promène au Palais-Royal. Il voit un petit nez retroussé, des lèvres riantes, un œil éveillé, une démarche délibérée, et il s’écrie : ‘ Oh, qu’elle est charmante !’ Moi, je tourne le dos avec dédain et j’arrêt mon regard sur un visage où je lis de l’innocence, de la candeur, de l’ingénuité, de la noblesse, de la dignité, de la décence. Croyez-vous qu’il soit bien difficile de décider qui a tort du jeune homme ou de moi ? Son goût se résume à ceci : J’aime le vice. Et le mien à ceci : J’aime la vertu. Et ainsi de presque tous les autres jugements. Ils se résolvent en dernier à l’un ou l’autre de ces mots. » (Cf. Femmes, Hommes. « Libertins », Justice, Langage. Mot, Penser. Pensée binaire)
N.B. Cette citation de Denis Diderot révèle toute l’ambiguïté des termes de « harcèlement sexuel ». (Poursuivre)

Harcèlement sexuel (Fonction) : Si tant est que l’on puisse penser que l’émergence de l’expression « harcèlement sexuel » puisse être expliqué par la fonction qu’il remplirait, on peut émettre celle-ci - optimiste - à savoir qu’il permettrait de révéler à la conscience de leurs auteurs la perception de leurs déficiences.

Harcèlement sexuel (Gide André) : (7 juillet) 1930. André Gide [1869-1951], dans son Journal, écrit, sous le curieux intitulé : « Projet de sermon » :
« Mais, le plein embrassement de la Vérité, mes frères, nous est refusé ; et du reste il donnerait à notre âme une satisfaction moins vive que la recherche ; de même que souvent le libre accès d’un corps nu déçoit la main qui prenait tant de joie à s’insinuer entre chair et robe. » 314

Harcèlement sexuel (Grahn Lucile) : 1992. Lu dans un Dictionnaire de femmes célèbres concernant Lucile Grahn « danseuses danoise. 1819-1907 » :
« Grande et mince, blonde aux yeux bleus, cette élève d’August Bournonville [1805-1879] fit des débuts remarqués au Théâtre royal de Copenhague en 1834. C’est aussi pour échapper aux assiduités de son maître qu’elle accepta un contrat de trois ans à l’Opéra de Paris après le succès du Carnaval de Venise (Milan), en 1838. […] » 315

Harcèlement sexuel. Lanzmann Claude :

Harcèlement sexuel (Lanzmann Claude) (1) : (8 février) 2012. Claude Lanzmann [1925-2018] s’est souvent targué [vanté ?] d’avoir été le dernier amant de Simone de Beauvoir.
Arrêté (brièvement) et interrogé pour cause d’accusation de harcèlement sexuel par et sur une employée de sécurité qu’il aurait touchée ? embrassée ? harcelée ? contre son gré à l’aéroport de Tel-Aviv. 316
- À son arrivée dans l’avion [qui avait attendu qu’il soit ‘relâché’], Claude Lanzmann aurait déclaré : « Vous rendez-vous compte ? Me faire ça à moi, 86 ans, moi qui ai tant fait pour Israël…» 317 (Cf. Homme. « Intellectuel ». Lanzmann Claude, Pornographie. « Ce n’était pas une partouze »)

Harcèlement sexuel (Lanzmann Claude) (2) : (7 juillet) 2018. Alice Coffin, après avoir cité les accusations de harcèlement, de violences à l’encontre de Claude Lanzmann - dont la presse française ne fait pas état - a relevé la manière dont elle l’a qualifié : dans Le Monde : « un séducteur insatiable » ; dans Libération : un « séducteur brusque et enflammé », dans Le Parisien : un « galant et séducteur envers les femmes », dans Les Inrockuptibles : « un séducteur narcissique». Lire l’intégralité de son texte. 318 

Harcèlement sexuel (Lewinski Monica) : (12 mai) 2014. Dans un interview à Vanity Fair, Monica Lewinski déclare qu’elle « regrette profondément » ce qui s’est passé.
« Il est clair que mon patron a profité de moi, écrit-elle. Mais je serai toujours ferme sur un point : c’était une relation consensuelle ». S’il y a eu abus, ça a été après, « quand on s’est servi de moi comme bouc émissaire pour protéger son pouvoir », dit-elle. 319

Harcèlement sexuel (Lois) : N’ont que rarement été considérées comme devant être mises au crédit des féministes. Un progrès qu’il ne puisse plus l’être à leur débit ?
* Ajouts. 5 Mai, 4 juin 2012. Mon questionnement était encore trop optimiste : le Conseil Constitutionnel, réunion de barbon-nes, surpayé-es, certain-es, condamné-es ou méritants de l’être, donc certains ont nommés à vie - dont dire qu’ils sont illégitimes est encore leur faire trop d’honneur - vient de supprimer les lois concernant le harcèlement sexuel. Une information qui devrait, en elle-même, casser cette décision : quatre des membres du conseil constitutionnel « connaissaient » G. Ducray, l’agresseur à l’origine de la QPC. Il n’en fut rien pour autant. 320
- La décision de l’AVFT de porter plainte, le 5 mai 2012, au commissariat du 1er arrondissement contre le Conseil constitutionnel en la personne morale de son président, M. Debré, fils de son père : toute la hiérarchie des normes juridiques - sur lesquelles se fondent le patriarcat - est [pour la première fois ?], mise sens dessus dessous. Le dépôt de plainte lui-même - qui ne fut pas « symbolique » - suite à la manifestation Place Colette : un grand moment féministe, joyeux et dynamique. Radical. (Cf. Politique. État. Conseil constitutionnel. Lois)

Harcèlement sexuel (Macron Emmanuel) : (25 novembre) 2017. Emmanuel Macron, dans son discours «à l'occasion de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et du lancement de la grande cause du quinquennat» auteur de :
« Le lieu de travail doit ainsi être un endroit où les victimes se sentent protégées et écoutées. Hélas ! Le lieu de travail est parfois un lieu de la violence faite aux femmes aussi. »
- On pourra apprécier la profondeur du champs historique du président de la République, sa connaissance de la société française, de celle de l’État et de ses lois, comme de celle des « lieux de travail » et donc des entreprises…
- La minute de silence qu’il a imposé à ‘son’ auditoire « en hommage aux femmes battues, violées, et tuées », vécue par moi comme une grossière manipulation, révèle ainsi les dénis que son texte, confus, démagogique, verbeux, exprime.
- Quant à son mépris des femmes [travailleuses], il est redoublé par son refus politique - criant de vérité - de toute référence au féminisme, aux féministes. (Cf. Homme. « Politique». Macron Emmanuel)

Harcèlement sexuel (Question prioritaire de constitutionnalité. QPC) : Sous couvert de conférer à toute personne le droit de contester la constitutionnalité d’une loi, les QPC autorisent et légitiment la remise en cause des fondements mêmes du droit. Il serait plus rapide de dire : jetons, en fonction de nos intérêts, ce qui nous gêne dans le droit actuel, tant sont nombreux les articles pouvant peu ou prou être qualifiés comme tels : être «mal définis».
Concernant la définition du harcèlement sexuel, l’argument selon lequel « les éléments constitutifs de l'infraction [ne] so[i]ent [pas] suffisamment définis », ce qui a été traduit par la presse comme étant une définition « trop floue » : une (sinistre) plaisanterie qui ne justifie en rien l’abolition du texte de loi la concernant.
C’était à l’État de procéder à une nouvelle rédaction sans préjudice aucun pour les plaignantes.
La position de 1988 de la Cour européenne des droits de l’homme, analysée par Coralie Ambroise-Castérot mérite, en la matière, d’être citée : La Cour « a souligné l’impossibilité d’arriver à une exactitude absolue dans la rédaction des lois» et elle a pu juger que «beaucoup de lois, en raison de la nécessité d’éviter une rigidité excessive et de s’adapter aux changements de situation, se servent par la force des choses de formules plus ou moins vagues. (Müller C: Suisse. 24 mai 1988. Série A. n°133, & 29). La matière pénale conduit, bien évidemment à plus de prudence que dans d’autres domaines, mais il n’est pas souhaitable, sinon à paralyser la répression et à conduire à une inflation de législation encore plus grande, d’exiger une rigidité plus absolue ». 321
- Dans la foulée : à quand la QPC concernant la définition du proxénétisme ? de la notion de ‘client’, dès lors qu’il serait question de le pénaliser ? 322 (Cf. Droit)
* Ajout. 30 août 2017. 2017. Ma question était prémonitoire. Je lis dans Le Parisien du 29 août 2017 qu’à l’occasion d’un procès d’un «client», devenu « fer de lance du combat des associations hostiles à la pénalisation du texte législatif, le bus des femmes et le Strass (Syndicat du travail sexuel) », son avocat. Me Gardères a demandé une QPC. Certes le Parquet de jugé que cette demande était dépourvue de « caractère sérieux » et a été repoussée. Mais ce n’est, pour eux, sûrement que partie remise. 323
* Ajout. 20 septembre 2018. Mon hypothèse s’est révélée avérée juste. Une QPC, défendue par le Strass, Acceptess. T, Médecins du monde a été déposée à l’encontre de la loi dite de pénalisation des clients. Cette QPC après avoir été annoncée comme « information », non critiquée par Marlène Schiappa, est la semaine suivante, soutenue par Le Canard enchaîné. 324 (Cf. Femme « Politique ». Schiappa Marlène, Proxénétisme)

Harcèlement [sexuel] (« de rue ») : 1883. Émile Zola [1840-102], dans Au bonheur des dames, auteur de : « […] Mais elle souffrait davantage encore des importunités de la rue, de la continuelle obsession des passants. Elle ne pouvait descendre acheter une bougie, sur ces trottoirs boueux où rôdaient la débauche des vieux quartiers (sic) sans entendre derrière elle un souffle ardent, des paroles crues de convoitises ; et les hommes la poursuivaient jusqu’au fond de l’allée noire, encouragées par l’aspect sordide de la maison. Pourquoi donc n’avait-elle pas un amant ? » 325

Harcèlement sexuel (Vallaud-Belkacem Najat) : (14 juin) 2012. Najet Vallaud-Belkacem, [ministre des droits des femmes et porte-parole du gouvernement Ayrault, ce qui donne la mesure de son autonomie politique en matière de dénonciation des violences à l’encontre des femmes…], auteure de (ou du moins l’« un des membres de son cabinet ») :
« L’AVFT est une association très technique, qui a une lecture très juridique de la loi, ce qui est très bien. Mais elle est moins politique, a moins conscience de l’importance de valoriser un tel projet de loi pour que les magistrats s’en emparent. » L’aune de la politique, c’est, pour elle, la conscience que les juges auraient du droit, comme de la légitimité des seuls député-es à voter la loi.…
- Pour mieux délégitimer l’AVFT, la qualifier de n’être « pas assez politique »…: il faut oser… L’action de l’AVFT depuis plus de 30 ans : à la poubelle… 326

Harcèlement [sexuel] (Vergès jacques) : (24 août) 2005. Jacques Vergès [1924-2013], dans son Journal, concernant la prison comme « pourrissoir », « déchetterie », auteur de :
« Ayant reçu la plainte d’une gardienne (qui se suicidera) contre un collège pour harcèlement, le procureur la classe au motif que l’infraction n’est pas caractérisée, mais il adresse au gardien mis en cause un avertissement où il attire son attention ‘sur [son] comportement fréquemment grossier, méprisant, voire injurieux à l’égard de cette fonctionnaire féminine’, ce qui est la définition même du harcèlement ! » 327

X. Violences patriarcales :

Violences patriarcales :

Violences patriarcales (1) : Focaliser les critiques féministes sur « les violences faites aux femmes » (elles-mêmes de plus en plus atomisées, plus en plus fréquemment dissoutes dans les violences qualifiées de «sexuelles» et ou «sexistes»), c’est - faute de précisions plus rigoureuses - ne focaliser l’attention que sur certaines des modalités d’expression des violences [dans le patriarcat]. Et, dès lors, c’est sinon s’interdire, du moins, étroitement limiter, circonscrire les analyses en termes de violences du patriarcat, lui-même adossé sur les violences, légales comprises, inhérentes à tous les systèmes de domination.
* Ajout. 10 juin 2021. George Eliot [1819-1880], dans Félix Holt, le radical, auteure de :
« Bien sûr, bien sûr, je suis radical. Je suis radical seulement lorsqu’il s’agit d’éradiquer les injustices. […] Je retire les poutres qui sont pourries, dit Harold, secrètement amusé et je les remplace par du chêne neuf, c’est tout. » 328

Violences patriarcales (2) : Une critique féministe des « violences faites aux femmes » doit avoir pour ambition d’empêcher qu’elles ne soient dissoutes dans le cadre des violences politiques, sociales, étatiques, inhérentes à, consubstantielles à tout système de domination. Le processus est d’ores et déjà extrêmement avancé.

Violences patriarcales (3) : Ces violences à l’encontre des femmes ne sont pas des expressions, des manifestations pathologiques, explicables, sinon excusables, mais les expressions, les manifestations sinon normales, cohérentes, logiques, du moins incompréhensibles si elles ne sont pas resituées dans ce contexte patriarcal qui seul leur donne sens et significations. Quant à l’expression elle-même - une avancée majeure eu égard à « violences faites aux femmes » - elle n’est pas, pour autant, adéquate ; elle permet en effet que soient amalgamées les violences des États et celles des hommes [patrons, religieux, pères, maris, amants, inconnus, proxénètes…] et donc que les différents systèmes de domination [familialistes, capitalistes, religieux, proxénètes…] soient amalgamés. Dès lors la confusion qui est à son comble contraint à se poser la question : le terme de « violence » est-il un concept rigoureux, approprié donc ? Non. Lorsque l’on peut invoquer les « violences à Gaza » et les « violences dans le couple », ou « les violences faites aux femmes et aux noirs », etc.…329 c’est que le terme est inadéquat. Doit-il être abandonné ? Oui. Mais pour cela, il faut définir ce qu’est le patriarcat et clarifier ce que l’on doit précisément définir par violences patriarcales.
Afin d’en retarder l’échéance, on nous impose « la violence genrée »… et « le fémi[ni]cide ». -

Violences patriarcales (4) : Cesser de s’interroger sur le degré de conscience que les hommes auraient - ou non - de leurs violences ; s’interroger, les interroger sur les droits qu’ils estiment légitimes de s’attribuer, et sur les fondements qui les légitimeraient. Seule un analyse fondée sur la prise en compte première de patriarcat est à même d’y parvenir ; et c’est là que réside la spécificité des violences à des hommes à l’encontre des femmes et si souvent, en sus, des enfants ; elles ne prennent leur signification et ne peuvent donc cesser que lorsque l’on reconnaitra que le monde est patriarcal. (Cf. Droit. « Droits de l’homme »)

Violences patriarcales (5) : En règle - quasi - générale, lorsqu’une femme tue un homme, elle dénonce, révèle le patriarcat, la domination masculine et les innombrables violences qui leur sont consubstantielles ; lorsqu’un homme tue une femme, il conforte comme toujours, révèle - mais encore si peu -, le patriarcat, la domination masculine et les innombrables violences qui leur sont consubstantielles.

Violences patriarcales (6) : Les hommes violentent les femmes et les enfants parce qu’ils les ont sous la main, parce qu’ils se contentent de ce qu’ils ont à se mettre sous la dent, parce que les boucs émissaires sont tout près, parce que les dangers de contestations sont faibles, parce que pendant des siècles ils ont en eu le droit.

Violences patriarcales (7) : Dénoncer les violences du patriarcat, ce n’est pas dénoncer le patriarcat. Ce peut même s’interdire de l’analyser.

Par ordre chronologique. Violences patriarcales :

Violences patriarcales (Tchékhov Anton) : 1889. 1892. 1894. Anton Tchekhov [1860-1904] écrit
- le 2 janvier 1889, à son frère Alexandre :
« Je te demande de te souvenir ce qu’est le despotisme et le mensonge qui ont ruiné la jeunesse de notre mère. Le despotisme et le mensonge ont défiguré notre enfance à un point qu’il est écœurant et effrayant d’évoquer. Souviens-toi de l’horreur et du dégoût que nous éprouvions quand notre père faisait une histoire pendant le dîner trop salé, ou traitait notre mère d’imbécile. Le despotisme est triplement criminel. Souviens-toi qu’il vaut mieux être victime que bourreau. »
- Tchékhov lui écrira aussi :
« Notre grand père était battu par les seigneurs et le dernier des fonctionnaires pouvait lui casser la gueule. Notre père était battu par notre grand père et nous par notre père. De quels serfs, de quel sang avons-nous hérité ! »
- le 9 mars 1892, Tchékhov écrit, dans une lettre à I. Chtcheglov, concernant son père :
« Je me souviens qu’il commença à faire notre éducation, ou plus simplement, à me battre, quand je n’avais pas encore 5 ans. En me réveillant, chaque matin, je pensais avant tout : Serais-je battu aujourd’hui ? »
- le 27 mars 1894, Tchékhov écrira enfin, dans une lettre à Souvarine [1895-1984] :
« La morale tolstoïenne a cessé de me toucher jusqu’au fond de l’âme, je n’ai plus de sympathie pour elle, ce qui, sans doute, est injuste. Mais c’est parce que le sang qui coule dans mes veines est un sang de moujik et qu’on ne peut pas m’étonner avec des vertus de moujik. Dès mon enfance, j’ai appris à croire au progrès et n’aurait pas pu ne pas y croire car la différence entre l’époque où on me fouettait et celle où on avait cessé de me fouetter était terrible. […] » 330 (Cf. Hommes, Famille, Patriarcat. Père)

Violences patriarcales (Pédagogie) : 2003. Pendant longtemps, le seule pédagogie enseignée pour s’en prémunir, dans la famille et dans la rue, aux petites filles (dans la bourgeoisie ?) fut celle rapportée par Marie-Louise Girod [1915-2014], au début du XXème siècle. Elle rappelle les propos de son frère :
« Mademoiselle sort toute seule ! Tu n’as pas peur des vilains messieurs ? Attention, n’accepte pas de bonbons…» et ceux de sa mère :
« Surtout ne parle à personne ! Et surtout ne t’arrête pas devant une bijouterie, un monsieur inconnu pourrait te dire : ’Choisissez mademoiselle !’ » 331 (Cf. Enfants. Pédagogie)

Violences patriarcales (Résistance) : (15 août) 1905. Cf. Georges Clemenceau [1841-1929], auteur, dans L’Aurore, de :
« […] Qui vit, résiste ; qui ne résiste pas se laisse dépecer par morceaux. » 332

Violences patriarcales (Weinstein Harvey) : Cf. Patriarcat. Weinstein Harvey

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Notes de bas de page

1 Le Monde, Patrick et Isabelle Balkany, Les amis du Président. 29 juin 2009

2 Le Figaro, Isabelle Balkany, L’indéfectible épouse, pour le meilleur et pour le pire. 13 mai 2019

3 Georges Bataille, Ma mère, 10/18. Jean-Jacques Pauvert. 1966. p.126

4 France Culture, Brigitte Bardot. 13 août 2020

5 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.54, 72, 75, 76, 86

6 Panoramiques, Bizutages. Arléa-Corlet.231p. 1994. p.50

7 Alexis de Tocqueville, Voyages en Angleterre et en Irlande. Idées. Gallimard. 376p. 1967. p.312

8 Gavi / Sartre / Victor, On a raison de se révolter. La France sauvage. Gallimard. 378p. 1974, p.116

9 Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z, 1479p. 1995. p.1045

10 Source oubliée de noter

11 Matthieu Galey, Journal Intégral. 1953-1986. Bouquins. Robert Laffont. 983p. 2017. p.424

12 Lucienne Mazenod, Ghislaine Schoeller, Dictionnaires des femmes célèbres. De tous les temps et des tous les pays. Bouquins. Robert Laffont. 932p. 1992. p.573

13 Edgard Morin, Au rythme du monde. Un demi siècles d’articles dans Le Monde. Archipoche. 588p. 2015. p.332

14 France Culture, Chirurgie réparatrice au Brésil. 16 septembre 2015

15 TV5. Monde, 12 Janvier 2018

16 Cf. Marie-Victoire Louis, Les mots du viol. Le langage, révélateur de la légitimation de la violence sexuelle http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=451&themeid=450

17 Bernard Lemettre, Je veux juste qu’elles s’en sortent. Mon combat pour briser les chaînes de la prostitution. Michel Lafon. 253p. 2015. p.133

18 Radio. Free. Dom, Nouvelle session d’Assises : Viol en tournante d’une adolescente de 16 ans après une soirée sur la plage de Saint-Pierre. 3 avril 2017

19 Voltaire, Correspondance. XII. (janvier 1775-juin 1777). La Pléiade. 1361p. 1987. p.722, 718

20 In : Denis Langlois, Les dossiers noirs de la Justice française. Combats. Le Seuil. 222p. 1974. p.93, 94

21 R.F.I, Priorité santé. Violences faites aux femmes. 26 décembre 2014

22 France Culture, Condamnés / victimes : un dialogue possible. Une histoire de la justice restaurative. 20 novembre 2017

23 France Culture, 2 septembre 2015. 06h. 20

24 Le Canard enchaîné, Et Macron créa un nouveau délit ! 21 octobre 2020. p.2

25 Guy de Maupassant, Une vie. p.50 (sur le net)

26 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. II. La Pléiade. 1308p. 1939. p.173

27 France Culture, Une fois pour toutes, Interview d’Aldo Naouri. 6 avril 2013. 12h 30

28 Henri Torrès, Le procès des pogromes. Plaidoirie et Témoignages. 1927. Ressouvenances. 270p. 2010. p.80

29 Émile Zola, Correspondance. X. 1899-1902. Les Presses de l’Université de Montréal. Éditions du CNRS. 647p. 1995. p.198 et note 3

30 Paris Luttes. Info, ‘Une femme violée à Calais. Mastication féministe et antifasciste’. 21 octobre 2016

31 Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma. Les acteurs. Robert Laffont. Bouquins. 987p. 1991. p.193, 976

32 Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma. Les réalisateurs. Bouquins. Robert Laffont. 1008 p. 2003. p.78, 484

33 Le Monde, Odon Vallet, Le vice et la vertu. 6 juin 2002

34 Jacques Vergès, Beauté du crime. Plon. 214 p.1988. p.67, 68

35 Le Figaro, Deux hommes interpellés pour le braquage d’un couple qui a tourné au viol. 2 décembre 2014

36 Victor Hugo, Notre-Dame de Paris. Garnier Flammarion. 512p. 1967. p.428

37 Le Figaro, Procès d’André Hazout. 12 ans de prison requis. 19 février 2014 ; André Hazout : Je ne suis pas un violeur. 20 février 2014 ; Le gynécologue André Hazout, condamné à 8 ans de prison pour viols. 20 février 2014

38 Docteur Gilbert Tordjman, La femme et son plaisir. Les éditions de la Seine. Succès du livre. 1989. 395p. p.332, 333, 336, 338

39 Svetlana Alexievitch, La guerre n’a pas un visage de femme. J’ai lu, 415p. 2004. p.25

40 André Breton, Manifeste du surréalisme. Idées. Gallimard. 188p. 1973. p.78

41 Le Figaro, Angela Merkel n’a pas perçu la différence entre Islam et Islam politique. 23 septembre 2017

42 France Culture, À voix nue. Dounia Bouzar, envers et contre tous. 13 juin 2016

43 France Inter, La librairie francophone. 30 janvier 2021

44 Alexandra David-Neel, Correspondance avec son mari. Édition intégrale. 1904-1941. Plon. 943p. 2001. p.344

45 Diderot, Correspondance. Tome V. Bouquins. Robert Laffont. 1468 p. 1997. p.786

46 André Breton, Anthologie de l’humour noir. Jean-Jacques Pauvert. Le livre de poche. 1966. 446p. p.271, 272

47 Kropotkine, La morale anarchiste. 1889. p.22. Lisible sur Wikisource

48 In : Studs Terkel, Hard times. Histoires orales de la grande dépression. Éditions Amsterdam. 596p. 2009. p.488

49 George Bernanos, Journal d’un curé de campagne. Plon. 160ème mille. 366p. 1936. p.72, 73

50 El Watan, Violences contre les femmes : un bon projet, une loi inapplicable. 10 octobre 2014

51 In : Marat. Écrits. Présenté par Michel Vovelle. Messidor / Éditions sociales. 251p. 1988. p.69

52 Le Monde, Emma Thomson, le féminisme ‘comme un devoir’. 20 août 2019

53 Montesquieu, Considérations sur les causes de la grandeur des romains et de leur décadence. Garnier-Flammarion. 188p. 1968. p.117

54 Friedrich Nietzsche, Mauvaises pensées choisies. Tel. Gallimard. 612p. 2002. p.173

55 Anaïs Nin, Journal. 1939-1944. Le livre de poche. 508p. 1971. p.56, 57

56 Blaise Pascal, Pensées. Livre de vie. Éditions du Seuil. 442p. 1962. p.169

57 Vilfredo Pareto, Traité de sociologie générale. 1818p. 1968. Librairie Droz. p.1402. note 2191

58 Europe 1, Alexandre Benalla, avant la révélation de l’affaire : ‘J’ai pété les plombs’. 22 juillet 2018

59 France inter, Affaire sensibles. Le prix humain de la crise. 18 octobre 2016

60 Rousseau, Julie ou la Nouvelle Héloïse. Garnier Flammarion. 610p. 1967. p.119

61 In : Victoria Vanneau. La paix des ménages. Histoire des violences conjugales. XIXème-XXIème siècle. Anamosa. 363p. 2016. p.268, 269, 270

62 Le Monde, Un hiver dans la vallée d’Aspe. 24 mars 2017

63 Marquis de Sade, Lettres à sa femme. Les épistolaires. Choix, préface et notes de Marc Buffat. Actes Sud. février 1997

64 Journal de l’abbé Mugnier. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 639p. 2007. p.314

65 Laclos, Œuvres. NRF. Gallimard. La Pléiade. 1979. 1713p.

66 In : Le Point. 8 février 2020

67 Gilbert Lely, Sade. Idées. NRF. 375p. 1967. p.28

68 Gilbert Lely, Sade. Idées. NRF. 375p. 1967. p.185

69 Sade, Histoire de Juliette, In : Œuvres. II. La Pléiade. Gallimard. 1638p. 1998. p.194

70 L’œuvre du marquis de Sade, Introduction, essai bibliographique et notes par Guillaume Apollinaire. Bibliothèque des curieux. Collection. Les maîtres de l’amour. 1909. p.17, 88. In : Michel Delon, responsable de l’édition de Sade dans la Pléiade. Sade, Œuvres. III. 1638p. 1998. p.1383

71 Guillaume Apollinaire, Les onze mille verges. 1907. Wiki source. 50p.

72 Thomas Schlesser. In : Dictionnaire de la pornographie. (Sous la direction de Philippe Di Falco) PUF. 581p. 2005. p.36, 37

73 Georges Bataille, Critique, Emily Brontê. n°117. février 1957. In : Emily Brontë, Hurlevent. Folio. Classique. 620p. 2018. p.609

74 In : Gilbert Lely, Sade. Idées. NRF. 375p. 1967. p.275

75 André Breton, Anthologie de l’humour noir. Le livre de poche. 446p. 1970. p.39

76 Albert Camus, L’homme révolté. Idées. Gallimard. 372p. 1972. p.56, 58, 65

77 In : Marie-Françoise Hans, Gilles Lapouge, Les femmes, la pornographie, l’érotisme. Seuil. 391p. 1978. p.97

78 France Culture, Les vendredis de la philosophie. Libertins dans l’âme. 28 janvier 2005 [Rediffusion. 10 novembre 2020]

79 Andrea Dworkin, Pornography. Men possessing women. 1981. 1ère édition. The women’s press Ltd. 304p ; Andrea Dworkin, Intercourse. Arrow books. 1988. 326 p.

80 In: Gustave Flaubert, Correspondance. Index. La Pléiade. 485p. 2007. p.390

81 France Culture. Vers un printemps des femmes arabes. 5 février 2013

82 In : Gilbert Lely, Sade. Idées. NRF. 375p. 1967. p.42

83 Dictionnaire de la violence, Sous la direction de Michela Marzano. Item : Sade, Donatien Alfonse François, Marquis de, 1740-1814. PUF. 1546 p. 2011, p.1156, 1157

84 Gilbert Lely, Sade. Idées. NRF. 375p. 1967. p.280

85 Le Monde, Jean Birnbaum. Sade ou l‘érotisme de la pensée. 5 décembre 2014

86 In : La violence. Actes du colloque de Milan. Généalogie de la politique. 1977. 10/18. 376p. 1978. p.206, 213

87 Alice Miller, C’est pour ton bien. In : L’essentiel d’Alice Miller. Flammarion. 1002p. 2011. p.285

88 Maurice Nadeau, Serviteur ! Un itinéraire critique à travers livre et auteurs depuis 1945. Albin Michel. 423p. 2002. p.58 à 62, p.174 à 183, p.133

89 Nicolas Waquet, Introduction, La Vénus à la fourrure, Petite Bibliothèque Payot. Rivages. 2009. p.8

90 France Culture, Le bon plaisir. Jean Starobinski. 28 septembre 1985. [2ème diffusion. 23 janvier 2021]

91 Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma. Les réalisateurs. Bouquins. Robert Laffont. 1008 p. 2003. p.679, 680, 688

92 Raoul Vanegeim, Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations. Gallimard. 292p. 1975. p.215

93 Michel Winock, Jeanne et les siens. Seuil. 265p. 2003. p.11

94 Michel Leiris, Journal. 1922-1989. Quarto-Gallimard. 1052p. 2020. p.601

95 In : Pierre Desgraupes, Le mal du siècle. Grasset. 346p. 1977. p.240

96 George Bernanos, Journal d’un curé de campagne. Plon. 160ème mille. 366p. 1936. p.155

97 Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Au coin de l’aventure. Éditions du Seuil. Points. 275p. 1982. page 91. note 1

98 Robert Debré, Témoignage. L’honneur de vivre. Stock. Hermann. 462. 1974. p.260

99 Michel Leiris, L’âge d’homme, précédée de L’Afrique fantôme. La Pléiade. 1387p. 2014. p.224

100 Jacques Loew, Journal d’une mission ouvrière (1941-1959). Les Éditions du Cerf. 476p. 1959. p.31

101 Matthieu Galey, Journal Intégral. 1953-1986. Bouquins. Robert Laffont. 983p. 2017. p.376

102 France Culture, La compagnie des auteurs. André Gide. Le salut par le Journal. 25 mai 2017

103 André Gide, Journal. 1939-1949. Souvenirs. La Pléiade. 1280p. 1954. p.90

104 André Gide, Journal. 1939-1949. Souvenirs. La Pléiade. 1280p. 1954. p.

105 Antonio Gramsci, Lettres de prison, Éditions Sociales. 310p. 1953. p.119, 120

106 Journal de l’abbé Mugnier. 1879-1939. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 639p. 2007. p.106

107 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.16

108 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. Mercure de France. 1304p. 2013. p.459, 460

109 Jean-Jacques Rousseau, Les confessions, In : Œuvres complètes. I. La Pléiade. 1969p. 1986. p.340

110 AFP, Des députés veulent interdire toute forme de violence faite aux enfants. 20 avril 2016

111 Lou Andreas Salomé, Ma vie. PUF. Perspectives Critiques. 315p. 1978. p.11, 45

112 Le Canard enchaîné, Sorj Chalandon. Voleurs d’enfants. 20 mars 2019. p.7

113 Françoise Giroud, La rumeur du monde. Le livre de poche. Arthème Fayard. 284p. 1999. p.199

114 Leïla Sebbar, On tue les petites filles. Stock 2 / Voix de femmes. 357p. 1978. p.255 , 291

115 France Culture, Esprit de justice. Dans la tête d’un pédophile. 17 février 2021

116 Philippe De Gaulle, De Gaulle, mon père. ** Entretiens avec Michel Tauriac. Plon. 556p. 2004. p.332

117 Jean Claude Brialy, Le ruisseau des singes. Pocket. Robert Laffont. 510p. 2001. p.49, 55

118 France Inter, Affaires sensibles. Le grand préfet et les déracinés. 30 août 2018

119 George Sand, Histoire de ma vie. In : Œuvres autobiographiques. I. La Pléiade. 1418p. 1978. p.779

120 Libération, Enfants Migrants. Trump face à la honte. 20 juin 2018

121 Cesare Beccaria, Des délits et des peines. Genève, Droz, 1965. p.146. Édité plus tard par Garnier Flammarion en 1991

122 In : Chow Ching lie, Le palanquin des larmes. Dans la chine de Mao, l’échappée d’une femme. J’ai lu. 382p. 2001. p.257

123 In : Voltaire, Correspondance. XIII (juillet 1777-mai 1778). La Pléiade. 1203p. 1992. p.271

124 Choisir de donner la vie, Colloque international de Choisir, La cause des femmes des 5, 6, 7 octobre 1979 à l’Unesco. Idées. Gallimard. 566p. 1979. p.82

125 Le Figaro. AFP, Bébé jeté du 5ème étage : la lycéenne écrouée. 15 octobre 2014

126 Abbé Casimir Dugoujon, Lettres sur l’esclavage et l’abolition dans les colonies françaises, 1840-1850). Présentation de Nelly Schmidt, L’Harmattan. 254p. 2016. p.75, 76

127 Jules Michelet, La sorcière. GF. Flammarion. 309 p.1966. p.223, note 1

128 AFP, Une mère condamnée à 15 ans. 18 décembre 2014

129 Le Figaro. AFP. Reuters, Infanticide en Australie : la mère arrêtée. 20 décembre 2014

130 Annie Goldmann, Les filles de Mardochée. Histoire d’une émancipation. Denoël / Gonthier. 153p. 1979. p.44

131 Sources de Choisir (Revue de l’association Choisir la cause des femmes. Présidente : Gisèle Halimi) non vérifiées. In : Eva Thomas, Le viol du silence. Aubier. 230p. 1986. p.218

132 Radio Libertaire, 18 septembre 2014. 17h

133 Gramsci dans le texte. (Réalisé sous le direction de François Ricci) Éditions sociales. 717p. 1977. p.690

134 Le Figaro, Procès de l’octuple infanticide : le lourd secret de la famille Cottez. 26 juin 2015

135 Vladimir Nabokov, Lolita. Gallimard. 468 p. 2001. p.187

136 France Culture, LSD. Écrire l’amour, La rencontre. 19 février 2018

137 Huffington Post.fr, Jeffrey Masson, Ancien psychanalyste, ancien co-directeur des archives Freud. Ces psychanalystes qui nient l'inceste. 12 octobre 2012

138 Niki de Saint-Phalle, Tous les hommes sont des violeurs. In : Toi, mon père. Albin Michel. 316p. 2002. p.110 à 113

139 Cf. Marie-Victoire Louis, Violences des hommes à l’encontre des femmes. http://www.marievictoirelouis.net/index.php?id=331

140 Paris Match, Bonnes feuilles. 30 janvier 2020

141 Libération, Yogi Adityanath, un moine extrémiste à la tête du plus grand état de l’Inde. 4 avril 2017

142 Louis Aragon, Les voyageurs de l’impériale. Folio. Gallimard, 689p.1948. p.314

143 In : Michel Bakounine, Théorie générale de la révolution. Les nuits rouges. 383p. 2001. p.293

144 Honoré de Balzac, Illusions perdues. Garnier frères, 876p. 1969. p.250

145 Balzac, La femme de tente ans. Garnier-Flammarion. 242p. 1965. p.110

146 Adèle Toussaint-Samson, Une Parisienne au Brésil. Paris. Ollendorff. 233p. 1883. p.82 à 86

147 Cardinal de Retz, Mémoires, La Pléiade. 1003p. 1950. p.564, 565

148 Edmund Burke, Première lettre sur la paix régicide. In : Réflexions sur la révolution de France. Pluriel. 816p. 2011. p.518

149 BFMTV. 23 août 2018

150 BFM.TV. 6 septembre 2018. 11h 30

151 France Culture, LSD. Raconter le monde. Une littérature de voyages. 3 juin 2019

152 Dominique Fernandez, Mère Méditerranée. Grasset. 268p. 1969. p.62

153 France Culture, Le crime d’Orcival. 20 août 2020

154 Alexandra David-Neel, Correspondance avec son mari. Édition intégrale. 1904-1941. Plon. 943p. 2001. p.122, 123

155 France Culture, Cultures Monde. De Madrid à Beyrouth : combatte des violences sexistes. 10 mars 2021

156 Alexandre Dumas fils, Le dossier ‘Tue-la !’. Édouard Aubanel, Avignon. 227 p. 1969. p.135

157 In : Yvette Roudy, Mais de quoi ont-ils peur ? Un vent de misogynie souffle sur la politique. 218 p. 1995. p.89

158 Princesse de Metternich, ‘Je ne suis pas jolie, je suis pire’. Souvenirs 1859-1871. Le livre de poche. 286p. 2010. p.146

159 La Croix, Comment les catholiques de France traversent la crise. 7 juin 2019

160 Cf. notamment Marie-Victoire Louis, «Lettre à Dominique Fougeyrollas». http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=347&themeid=346

161 Jean-Jacques Rousseau, Du Contrat social. Folio Essais. Gallimard. Livre III. 535p. 1993. p.241

162 Maryse Jaspard, Les violences conjugales en Europe. In : Le livre noir de la condition des femmes (dirigé par Christine Ockrent). Document. XO Éditions. 954p. 2007. p.302

163 France Culture, Ping Pong. Nancy Huston & Chloé Delaume. - Sorcières et amazones. 29 septembre 2016

164 Le Monde, Condamné pour violences conjugales, le secrétaire à l’intégration démissionne. 22 juin 2015

165 Le Parisien, L’incroyable erreur de casting du PS. 22 juin 2015

166 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.294, 295

167 Histoire de Michèle. Fayard. 175p. 1972. p.11, 12

168 Jean Guéhenno, Journal des années noires. 1940-1944. Gallimard. 346p. 1947. p.325

169 Le Figaro, Une lycéenne dépouillée et jetée dans la Seine. 21 octobre 2016

170 Le Figaro. AFP, Un homme abat sa compagne et se suicide. 1er août 2018

171 Le Monde, Femmes battues : l’indifférence en procès aux Assises du Nord. 25/26 mars 2012 ; TF1. 8 avril 2012. 19 heures ; Depuis lors, un livre est paru qui, notamment, relate le procès : Alexandra Lange, Acquittée. ‘Je l’ai tué pour ne pas mourir’. Michel Lafon. Octobre 2012. (Cf. notamment chapitre I : ‘Acquittez-la !’) 295 p. Réédité dans ‘J’ai lu’. 2013

172 Le Figaro.fr Madame, Luc Frémiot : ‘Il faut intervenir dès la première gifle’. 20 janvier 2014

173 France Inter, 29 décembre 2016. 7h 58

174 Le Figaro, Le Front national s’en prend à la venue de Joey Starr dans le Var. 14 mars 2016

175 France Culture, Une journée avec Serge Gainsbourg. 24 septembre 2020. [1ère diffusion. 3 novembre 1982]

176 France Culture, Clap sur Jean-Luc Godard, cinq ans après mai 68. 20 mai 2018 [1ère diffusion. 5 mai 1973]

177 France Culture, Les racines du cielémission consacrée à la spiritualité »] Guy Gilbert, un parcours hors du commun. 7 avril 2013

178 In : Gérard Davet, Fabrice Lhomme, « Un président ne devrait pas dire ça», Les secrets d’un quinquennat. Stock. 662p. 2016. p.423

179 Victor Hugo, Les pauvres gens. La légende des siècles.1859

180 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.1150

181 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.1428

182 Ivan Jablonka, Laëtitia. Éditions du Seuil. 2016. 436p.

183 Le Monde Diplomatique, En Russie, le fléau des violences conjugales. décembre 2019. p.17

184 Michel Leiris, L’âge d’homme, précédée de L’Afrique fantôme. La Pléiade. 1387p. 2014. p.105

185 In : Samuel Bamford, La vie d’un radical anglais au temps de Peterloo. Éditions sociales. 442p. 2019. p.8

186 Dominique Fernandez, Mère Méditerranée. Grasset. 268p. 1969. p.197

187 Europe 1. Le JDD, Violences sexuelles : Édouard Philippe et Marlène Schiappa répondent aux Nous toutes. 25 novembre 2018

188 Anne-Martin Fugier, Une nymphomane vertueuse. L’assassinat de la duchesse de Choiseul-Praslin. Fayard. 2009. 176p.

189 France Culture, Le cours de l’histoire. L’Iran à la confluence des passions. 21 janvier 2020

190 France Culture, Le cours de l’histoire. Au fin fond de la Sibérie. 7 février 2020

191 France Inter, Louise Mey : ‘La différence de traitement de femmes est systémique’. 6 février 2020

192 France Inter, Là-bas si j’y suis. 4 avril 2013

193 France Culture, Mémoires du siècle. Daniel Meyer. 2 août 1985 [Rediffusion le 10 septembre 2015]

194 France Culture, Fémincides. A quoi a servi le Grenelle contre les violences conjugales ? 9 juin 2021

195 France Info. TV. 31 octobre 2016. 11h 50

196 Libération, Les féministes chinoises donnent de la voix. 26 juin 2014

197 Alexandre Zinoviev, Les confessions d’un homme en trop. Gallimard. Olivier Orban. Folio. Actuel. 696 p.1990. p.260, 261

198 Hippolyte Taine, Les origines de la France contemporaine. Bouquins. Laffont. Tome.1. 839p. 1986. p.742, note 1. p.743

199 Fatéma Oufkir, Les jardins du roi. Le livre de poche. Michel Lafon. 254p. 2000. p.243

200 El Watan (Algérie), Violences à l’égard des femmes : Que cesse l’impunité ! 4 mars 2015

201 Femmes actuelles. 10 février 2021

202 Le Monde, Violences conjugales : Les premières mesures saluées. 5 septembre 2019

203 Edmund Burke, Réflexions sur la révolution de France. Pluriel. 816p. 2011. p.21

204 Médiapart. Blog de Coralie Miller : Nous accusons.12 novembre 2019

205 France Culture, Politique ! 10 avril 2021

206 Jean Renoir, Pierre-Auguste Renoir, mon père. Folio. 507p. 1981. p.218

207 Le Monde, Des milliers de femmes s’unissent ‘contre les violences’ à l’appel de Muriel Robin. 6 octobre 2018. Sauvons celles qui sont encore vivantes. In : Bulletin de la Marche mondiale des femmes. n° 359. 5 octobre 2018

208 Mary Robinson, Mémoires de Mistress Robinson. In : La fabrique de l’intime. Mémoires et journaux de femmes au XVIIème siècle. Bouquins. Robert Laffont. 1192p. 2013. p.717

209 Mary Robinson, Mémoires de Mistress Robinson. In : La fabrique de l’intime. Mémoires et journaux de femmes au XVIIème siècle. Bouquins. Robert Laffont. 1192p. 2013. p.789

210 Le Monde, Élisabeth Roudinesco. # Metoo : ‘Jamais une explosion de rage ne doit devenir un modèle de lutte’. 2 novembre 2018

211 Marie d’Agoult. George Sand, Correspondance. Bartillat. 301p. 1995. p.32, 33

212 France Culture, Actualité de George Sand. 4 avril 2020 [1ère diffusion. 17 décembre 2013]

213 Le Canard enchaîné, En attendant le Grenelle. 30 octobre 2019. p.2

214 La Croix, Marlène Schiappa : ‘Les violences conjugales ne sont pas des affaires privées’. 29 octobre 2019

215 Le Monde, Soixante mesures contre les violences conjugales. 30 octobre 2019

216 Marianne, Marlène Schiappa : ‘Nous allons expulser les étrangers condamnés pour violences sexuelles’. 7 novembre 2019

217 France Culture, Violé-es, Une histoire des domination. En venir aux mots. 7 décembre 2020

218 Le Monde Diplomatique, Vraies guerrières et faux héros. novembre 2019. p.26

219 Gloria Steinem, Ma vie sur la route. Mémoires d’une icône féministe. Harper Collins. 393p. 2019. p.92, 93

220 Le Monde, Trump fustige ‘les fausses accusations’ de violences conjugales à la Maison Blanche. 10 février 2018

221 France Culture, Victorine, la veille Bretonne. 6 août 2020 [1ère diffusion. 20 octobre 2005]

222 Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1986. p.490

223 XVIIIème siècle, Alain Nabarra, ‘Les rapports que nous font les hommes’. Voltaire et l’affaire Lerouge. N° 39. 2007. (Lisible sur le net)

224 Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1986. p.743, 904

225 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.619, 1210

226 Émile Zola, Correspondance. III. 1877-1880. Les Presses de l’Université de Montréal. Éditions du CNRS. 543p. 1982. p.211, 212. note 2, 4

227 Louis Aragon, Les beaux quartiers. Folio. Gallimard. 625p. 2012. p.62, 318

228 In : Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. p.363

229 Suétone, Vies des douze Césars. Folio. 1975. 497p. p.141

230 Honoré de Balzac, Illusions perdues. Garnier frères, 876p. 1961. p.559, 692

231 Honoré de Balzac, Lettres à Madame Hanska. II. 1845-1850. Bouquins. Robert Laffont. 1209p. 1990. p.87

232 Honoré de Balzac, La cousine Bette. Éditions Garnier frères. 496p. 1974. p.100

233 Chaîne Histoire, Anne-Marie Thunissen, Femmes machines. 20 novembre 2016 [1ère diffusion. 1996]

234 France Culture, La Fabrique de l'histoire. Histoire des domestiques et de la domesticité. Catégorie T. Bonne de ferme. 11 avril 2017

235 Pierre Truche, L’anarchiste et son juge. À propos de l’assassinat de Sadi Carnot. Fayard. 190p. 1994. p.162

236 Isabelle de Charrière, Lettres Neuchâteloises. In : Romans de femmes du XVIIIème siècle. Bouquins. Robert Laffont. 1085p. 1996. p.285

237 France Culture, Les Inconnus de l’histoire. Gilles de Gouberville. 19 août 2017 [1ère diffusion. 15 janvier 1982]

238 Louise Colet, Le poème de La femme. 2ème récit. La Servante. In : Micheline Bood et Serge Grand, L’indomptable Louise Colet. Pierre Horay. 235p. 1986. p.142

239 Comte de Comminges, Souvenirs d’enfance et de régiment. 1831-1870-71. Plon. 249p. 1933. p.34, 39

240 Robert Debré, L’honneur de vivre. Stock. Hermann. 462p. 1974. p.435

241 Françoise Dolto, La cause des enfants. Le livre de poche. 638p. 1985. p.34

242 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.399, 400

243 Jean Pierre Hirsch, La nuit du 4 août. Collection Archives. Gallimard. Julliard. 283p. 1978. p.25, 26, 268

244 Françoise Giroud, Leçons particulières. Fayard. 260 p.1990. p.39, 40

245 Christine Ockrent, Françoise Giroud. Une ambition française. Fayard. 364p. 2003. p.60

246 Émile Guillaumin, La vie d’un simple. In : Paroles de paysans. Présentés par Michel Ragon. Omnibus. 748p. 2005. p.169

247 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.212, 213

248 Lucienne Mazenod, Ghislaine Schoeller, Dictionnaires des femmes célèbres. De tous les temps et des tous les pays. Bouquins. Robert Laffont. 932p. 1992. p.254

249 Yvonne Knibielher et de Catherine Fouquet, Histoire des mères du Moyen-Âge à nos jours. Éditions Montalba. 359p. 1977. p.167

250 Astolphe de Custine, Lettres à Varnhagen. Stalkine Reprints. Genève. 509p. 1979. p.403

251 Ryszard Kapuscinski, Ébène. Aventures africaines. Plon. Pocket. 373p. 2002. P.282, 283

252 Roger Knobelspiess, Voleur de poules. Une histoire d’enfant. 193p. 1991. p.124

253 Alice Sapritch, Ma vérité. Femme-Public. Presses Pocket. 212p. 1988. p.30

254 Robert Grimm, Luther et l’expérience sexuelle. Sexe, célibat, mariage chez le réformateur. Histoire et société. n° 39. Labor et Fides. 431p. 1999. p.99, 378, 379

255 Thomas Mann, Les Buddenbrook. Le livre de poche. Fayard. 2019. 764p. p.380, 383, 386, 387, 388, 391

256 Marat, Les aventures du jeune comte Potowski. In : Marat, Textes choisis. ES. Les classiques du peuple. 251p. 1975. p.65

257 Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste. février 1848

258 Karl Marx, ‘Prolétaires de tous les pays, unissez-vous’ . Kommunistische Zeitschrift. n°1. In : Karl Marx, Œuvres politiques. I. La Pléiade, 1829 p. 1994. p.990

259 Daniel Guérin, L’anarchisme. Folio. Essais. 286p. 2019. p.226

260 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. La Pléiade. Tome I. 1530 p. 1976. p.1169

261 Jules Michelet, Histoire de la révolution française. II. La Pléiade. 1308p. 1939. p.670, 671

262 Montaigne, Essais. I. 10/18. Folio. 505p. 1962. p.179, 180, 181

263 Journal de l’abbé Mugnier. 1879-1939. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 639p. 2007. p.362

264 Gilles Perrault, Notre ami, le roi. Gallimard. 367p. 1990. p.18, 214

265 Clarisse Feletin, Hélène Viannay, L’instinct de résistance. De l’Occupation à l’école des Glénans. Préface de René Rémond. Éditions Pascal. 254p. 2004. p.53

266 Philippe De Gaulle, De Gaulle, mon père. ** Entretiens avec Michel Tauriac. Plon. 556p. 2004. p.384

267 France Culture, Entre histoire et légende. Métamorphoses du mythe de Phoolan Devi. 21 mars 2020 [1ère diffusion. 26 mars 1996]

268 André Stil, Femmes, que vous êtes. Éditions sociales. 94p. 1963. p.43

269 Samuel Richardson, Paméla où la vertu récompensée. 10/18. 2019. 480p.

270 Denis Diderot, Correspondance. Tome V. Bouquins. Laffont. 1468p. 1997. p.437

271 Voltaire, Correspondance IX (juillet 1767-septembre 1769). La Pléiade. 1601p. 1985. p.923

272 Élisabeth Vigée-Lebrun, Souvenirs. I. Une édition féministe de Claudine Herrmann. Des Femmes. 360p. 1984. p.227

273 Jean-Jacques Rousseau, Émile ou de l’éducation. GF. Flammarion. 629p. 1966. p.257

274 Pierre Pascal, Journal de Russie. 1928-1929. Les Éditions Noir sur blanc. 766p. 2014. p.253

275 Pierre Pascal, Journal de Russie. 1928-1929. Les Éditions Noir sur blanc. 766p. 2014. p.644

276 Jean-Paul Sartre, Dullin et l’Espagne, In : Situations, II. NRF. Gallimard. 474p. 2012. p.17

277 Danilo Dolci, Enquête à Palerme. Les Temps modernes. Julliard. 336p. 1957. p.192

278 Danilo Dolci, Enquête à Palerme. Les Temps modernes. Julliard. 336p. 1957. p.242

279 Georges Simenon, Mémoires intimes. France Loisirs. 753p. 1982. p.468

280 In : Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. p.388

281 France Culture, Anne Sylvestre. 21 janvier 2021 [1ère diffusion.31 décembre 2003]

282 William Makepeace Thackeray, La foire aux vanités. Folio. Classique. 1071p. 2005. p.151

283 Léon Tolstoï, Anna Karénine. La Pléiade. 1630p. 1951. p.637

284 Léon Tolstoï, Résurrection. Marabout Géant. 522p. (s,d) p.12, 13, 89

285 Léon Tolstoï, Anna Karénine. Résurrection. La Pléiade. 1630p. 1951. p.979, 1608

286 Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z. 1479p. 1995. p.873, 1164

287 Le Figaro, Les cinq mesure phares de la loi qui veut révolutionner la lutte contre la prostitution. 6 avril 2016

288 Roger Vaillant, La Loi. NRF. Gallimard. 313p. 1957. p.71

289 Voltaire, Correspondance. III. (janvier 1765-décembre 1753). La Pléiade. 1534p. 1975. p.770

290 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p. 635

291 Voltaire, Le droit du seigneur. Imprimé à Genève. 1762. (Lisible sur Gallica)

292 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.193

293 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.466

294 Denis Diderot, Correspondance. Tome V. Bouquins. Laffont. 1468p. 1997. p.367

295 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.750

296 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.775

297 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.1114

298 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.1445, 1578

299 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.130

300 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.186

301 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.581

302 Alexandre Zinoviev, L’avenir radieux. L’Age d’homme. 280p. 1978. p.180, 181

303 Émile Zola, Au bonheur des dames. Préface. Garnier Flammarion. 442p. 1971. p.318, 366

304 Émile Zola, La terre. Garnier-Flammarion. 506p. 1973. p.98

305 Émile Zola, La terre. Garnier-Flammarion. 506p. 1973. p.114

306 L’Express, 17 février 2015

307 Le Monde, Les femmes entrent en force au parlement Turc. 9 juin 2015

308 France Culture, Du jour au lendemain, Chantal Akerman pour son livre : Ma mère rit. 7 novembre 2013. [2ème écoute, La nuit Chantal Akerman. 11 février 2018]

309 Michelle Perrot, Mon histoire des femmes. Éditions du Seuil. France Culture. 247p. 2008. p.161

310 Le Canard enchaîné, Duflot et Mélenchon à la manœuvre ; Cf. aussi, La Hollandie harcelée par l’affaire Baupin. 11 mai 2016

311 Metronews, Après l’affaire Baupin, le groupe écolo se disloque à l’Assemblée Nationale. 19 mai 2016

312 Le Figaro, Le PS regagne sa majorité absolue à l’Assemblée Nationale. 24 mai 2016

313 Cf. notamment : Le Monde, Affaire Baupin. ‘Nos témoignages ont été validés par la justice’. 7 mars 2017

314 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.995

315 Lucienne Mazenod, Ghislaine Schoeller, Dictionnaires des femmes célèbres. De tous les temps et des tous les pays. Bouquins. Robert Laffont. 932p. 1992. p.366

316 Le Figaro, Claude Lanzmann, arrêté pour harcèlement sexuel en Israël. 8 février 2012

317 JSSNews, 8 février 2012

318 Alice Coffin, Portrait de Claude Lanzmann en ‘séducteur brusque’ : la presse française n’a rien appris de Metoo. 7 juillet 2018 (source à retrouver)

319 Blog de Corinne Lesnes, Le Monde, Croquis d'Amérique. Quand Monica Lewinski se rappelle au bon souvenir des Clinton. 12 mai 2014

320 Le Monde, Harcèlement sexuel : quatre ‘sages’ connaissaient le requérant. 5 mai 2012

321 Dictionnaire des droits de l’homme. Sous la direction de Joël Andriantsimbazovina, Hélène Gaudin, Jean-Pierre Marguénaud, Stéphane Rials, Frédéric Sudre. PUF. 1074 p. 2008. p.605, 606

322 Le Monde, Affaire du Carlton : L’incrimination du proxénétisme est extrêmement large. 22 mai 2012

323 Le Parisien, Le client puni se rebiffe. 29 août 2017

324 Le Canard enchaîné, Une histoire de QPC. 19 septembre 2018. p.5

325 Émile Zola, Au bonheur des dames. Préface. Garnier Flammarion. 442p. 1971. p.211

326 Médiapart, Harcèlement sexuel : le projet de loin sera peaufiné au Parlement. 14 juin 2012

327 Jacques Vergès, Journal. La passion de défendre. Éditions du Rocher. 403p. 2008. p.200

328 George Eliot, Felix Holt, le radical. Folio. Classique. 2021. 801p. p.98, 99

329 AFP. Le Monde, Triomphe du britannique Sam Smith aux Grammy Awards. 9 février 2015

330 Sophie Laffite, Tchekhov par lui-même. Éditions du Seuil. Écrivains de toujours. 191p. 1955. p.13, 14, 136, 137

331 Marie-Hélène Luiggi, Marie-Louise Girod. La dame d’En Haut. Montauban, Impr. Lormand. 166p. 2003. p.94, 95

332 In : Georges Sorel, Réflexions sur la violence. Deuxième édition. Paris, Marcel Rivière et Cie. 412 p. 1910. p.86


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