Louise de Chaumont

La Marseillaise des cotillons

Paroles : Louise de Chaumont (1848)
Musique : Claude Rouget de Lisle (1792)

La Mémoire des chansons. 1200 chansons du Moyen-Age à 1919, réunies par Martin Pénet, Omnibus/France culture, Oct 2001, 1568 p., p. 485.

date de rédaction : 30/06/1848
date de publication : 30 juin 1848
mise en ligne : 15/10/2010
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Tremblez, tyrans portant culotte !
Femmes, notre jour est venu ;
Point de pitié, mettons en vote
Tous les torts du sexe barbu !
Voilà trop longtemps que ça dure,
Notre patience est à bout,
Debout, Vésuviennes, debout,
Et lavons notre vieille injure.

Refrain
Liberté, sur nos fronts
Verse tes chauds rayons,
Tremblez, tremblez, maris jaloux,
Respect aux cotillons.

L’homme, ce despote sauvage,
Eut soin de proclamer ses droits.
Créons des droits à notre usage,
A nous usages ayons des lois !
Si l’homme, en l’an quatre-vingt-seize,
Eut soin de ne songer qu’à lui,
Travaillons pour nous aujourd’hui
Faisons-nous une « Marseillaise » !

Au refrain

Jusqu’à ce jour, dans ce triste monde,
Tout était borgne et de travers ;
Partout, sur la machine ronde,
La femme essuyait des revers ;
Qu’un pareil chaos se débrouille.
A nous de battre le tambour !
Et vous, messieurs, à votre tour,
Filez, filez notre quenouille.

Au refrain

Combien de nous furent vexées
Depuis le matin jusqu’au soir !
Nos pauvrez paupières lassées,
De pleurs étaient un réservoir,
Prenons, prenons notre revanche,
Que le sexe battu jadis
Aujourd’hui batte les maris,
Ainsi nous serons manche à manche.

Au refrain

On dit qu’Eve, notre grand-mère,
N’avait ni chemise ni maillot,
Supprimons notre couturière,
Oui, la couturière est de trop !
La liberté, chaste amazone,
N’admet ni voiles ni verrous ;
A la barbe de nos époux,
Luttons, comme à Lacédémone.

Au refrain

La France à chaque nation
En tout temps ;servit d’exemple :
Comme le disait napoléon,
Tout’ l’Europe nous contemple.
Avec les rois embêtés,
Faudra peut être en découdre ;
Que nos nouveaux députés
N’craignent pas l’odeur de la poudre.

Au refrain

Viendront des gueux en secret
Marchander nos voix, j’parie ;
Honte à celui qui s’vendrait :
C’est un traître à la Patrie.
Gardons toute notre dignité,
Mais si s’rencontre un’canaille
Qui s’vende à perpétuité,
Qu’on lui colle un bouchon d’paille.

Au refrain


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