Campagne pour la libération de Véronique Akobé
 Marie-Victoire Louis

«Documents de la campagne de l’AVFT pour la grâce de Véronique Akobé sans expulsion du territoire français. 1995-1997.»

date de rédaction : 03/12/1996
date de publication : 26 avril 2008
mise en ligne : 29/04/2008
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1) 30 octobre 1995. Communiqué de l’AVFT envoyée à l’AFP : Justice pour Sarah Balabagan, justice pour Véronique Akobé !

Aujourd’hui Sarah Balabagan, violée à 15 ans par son employeur, a été condamnée à sept ans années de prison.

L’AVFT condamne ce jugement inique et se joint à toutes les initiatives menées pour la faire libérer.

L’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail appelle toutes les personnes qui se sont mobilisées en faveur de Sarah Balabagan à demander la libération de Véronique Akobé condamnée, le 1er février 1990, par le tribunal de Nice, à 20 ans de prison, dont deux tiers incompressibles, pour le même crime.

Cette jeune ivoirienne de 23 ans, en situation irrégulière, avait elle aussi été violée à trois reprises par son employeur, Georges Scharr, 63 ans, industriel, et son fils, 22 ans. "L’un me tenait, l’autre me violait et me sodomisait" a-t-elle déclaré lors de son procès. Véronique Akobé, catholique pratiquante, décrite comme "un petit bout de femme toute douce, gentille, réservée, toute menue" a tué le fils et blessé le père. "Ils ont tué quelque chose en moi, quelque chose de ma vraie personnalité" a-t-elle déclaré.

Une psychologue a récusé l’existence de tendances affabulatoires chez Véronique Akobé; elle a précisé en outre que les tests et les entretiens correspondaient à ceux recueillis habituellement auprès des femmes violées. Un rapport médical établi sept mois après le crime a indiqué que les troubles fonctionnels qu’elle décrit avec précision résulteraient d’un viol ; l’examen clinique permettait de voir des séquelles d’un viol anal.

Même l’avocat général lui-même avait écarté le mobile du vol, thèse défendue par la partie civile. "Pour voler se serait-elle livré à ce massacre ? Non ce n’est pas sérieux". Il a pourtant demandé 15 ans d’emprisonnement.

C’est au nom d’un « complexe de persécution nourri par la condition d'émigrée clandestine, crime d’une femme perdue, crime de l’inadaptation et de la solitude morale" que Véronique Akobé, sur des préjugés de classe, de sexe, de race a été condamnée. Ses paroles :"Pourquoi ne me croyez-vous pas" "J’ai tué pour laver mon honneur" n’ont pesé d’aucun poids face à la convergence des intérêts.

Véronique Akobé avait été défendue notamment par maître Peyrat, représentant à l’époque du Front National à Nice qui n’a pas plaidé la légitime défense et n’a pas retenu l’hypothèse du viol. "Nous sommes dans les domaines inconnus du psychisme" a-t-il déclaré.

Véronique a été condamnée sur ces préjugés de race, de classe et de sexe.

Elle est actuellement en prison à Rennes et a obtenu une réduction de peine de 6 ans.

Un pourvoi en cassation a été rejeté le 24 janvier 1991. Elle est libérable en 2001.

- L’AFP ne publie pas le communiqué, ni ne fait mention de l’initiative.

2) 30 octobre 1995. Texte de la pétition du Comité de soutien pour la grâce de Véronique Akobé sans expulsion du territoire français. C/O AVFT

Le 31 janvier 1990, Véronique Akobé, jeune ivoirienne de 23 ans, employée de maison sans titre de séjour, a été condamnée à 20 ans de prison par la Cour d’Assises de Nice, dont les deux - tiers incompressibles. Alors qu’elle avait été séquestrée, elle a été, à plusieurs reprises, violée par son patron et le fils de son patron. Le 3 août 1997, blessée au cours du troisième viol collectif, elle a tué le fils et tenté de tuer le père.

Véronique Akobé n’a pas été défendue. Son avocat, commis d’office, a refusé de fonder sa défense sur les viols, alors que les éléments matériels du dossier les démontraient.
Un comité de soutien s’est créé après le procès, mais n’a pas été entendu.

Elle est en prison depuis 8 ans.

Étant donnée la longueur de ce texte, il doit être présenté en PDF (415Ko).

Pour une version au format Word, disponible sur demande par mail adressée à
Marie-Victoire Louis (mvl@marievictoirelouis.net).


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