Parité
 Marie-Victoire Louis

Sommaire, Présentation du Numéro

Projets Féministes Nos 4-5
Actualité de la parité
p. 3 à 9
Séminaire en neuf rencontres introduit et animé par Marie-Victoire Louis
Séminaire du 4 Octobre 1994

date de rédaction : 01/02/1996
date de publication : Février 1996
mise en ligne : 07/11/2006 (texte déjà présent sur la version précédente du site)
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Présentation, Marie-Victoire Louis


1 - Mixité ou parité, Geneviève Fraisse, Josette Trat, Michèle Riot-Sarcey, Françoise Duroux

2 - Les enjeux juridiques de la parité, Danièle Lochak, Mariette Sineau, Anne Le Gal!, Françoise Gaspard `

3 - Bilan des élections européennes, Monique Dental, Janine Mossuz-Lavau, Jacqueline Sag

4 - Comment obtenir la parité ? Périodisation, méthodes et stratégies

5 - Parité et universalisme (1), Pierre Rosanvallon, Françoise Collin, Alain Lipietz

6 - Parité et universalisme (2), Jean Vogel, Danielle Haase-Dubosc, Marie- Victoire Louis

7 - La parité, pour quoi faire ? Françoise Duriez, Florence Montreynaud, Monique Minaca, Éliane Viennot

8 - Parti socialiste et parité - Histoire et actualité, Denise Cacheux, Odile Krakovitch, Gisèle Stievenard

9 - Parité: Quelles stratégies politiques ? Françoise Gaspard


Bibliographie

Annexes

I.- Manifeste des 577, Le Monde, 10 Novembre 1993
I.- Propositions de lois concernant la parité
III.- Slogans de la manifestation du 2 octobre 1993
IV.-La continuité... d'une nomination à l'autre
(la division sexuée du pouvoir)
V.- Marie-Victoire Louis, "Droits de l'homme, moins les femmes", Libération, 12 septembre 1995.

Trois ans après la parution du livre de Françoise Gaspard, Anne Le Gall, Claude Servan-Schreiber : "Au pouvoir, citoyennes, Liberté, égalité, Parité" (Paris Le Seuil, 1992) , la revendication de parité s'impose dorénavant comme un élément incontournable du débat politique. Plusieurs associations s'assignent comme projet l' obtention de la parité hommes / femmes en politique, des listes européennes ont été paritaires, trois propositions de lois ont été déposées en ce sens. L'hypothèse d'un référendum a été évoquée.

Le séminaire publié ici s'est tenu au cours de l'année universitaire 1994-1995 dans le cadre des activités de la Maison des Sciences Humaines.

Son objectif était de capitaliser les questionnements, les réflexions, en partant des divergences actuelles et donc en intégrant ceux et celles qui s'interrogent sur le bien fondé de la parité comme ceux et celles qui sont convaincu-es de la nécessité et / ou de l'inéluctabilité de cette revendication. Il s'agissait donc de ne pas figer la coupure entre les "pour" et les "contre" et ce, d'autant moins, que nous nous posons tous et toutes des questions identiques et que les positions de chacun-es sont, le plus souvent, ambivalentes.

L'objectif de ce séminaire était aussi de renouer des contacts entre participantes et de prolonger les débats insuffisamment poussés à leur terme par la coexistence depuis 1992 entre questionnements abstraits et urgences liées à la lutte politique à court terme (au sein des associations, des partis, de l'État, à l'occasion de la constitution de listes électorales...).

Aussi riches ces interpénétrations ont-elles pu être, elles n'ont pas souvent procuré la distance nécessaire pour discuter avec suffisamment de temps des divers arguments des protagonistes.
D'autant que les clivages sont nombreux.
Citons, au sein même de la revendication de parité :

- Réforme de la loi ou de la constitution ?
- Parité ou "seuil de parité" ?
- Obligation de moyens ou de résultats ?
- Parité conditionnelle ou non négociable...

Les personnes que j'ai contactées pour ce séminaire ont milité, se sont engagées, ont réfléchi sur ce thème.

Je n'ai procédé à aucune exclusion sur la base de positions politiques. S'il n'y a pas de représentant-es de partis de droite ou du parti communiste, ce n'est pas de mon fait.

Le problème de "l'ouverture" de ce séminaire a été posé ; ne me sentant pas habilitée à le "fermer", chacun-e a été libre de venir : il n'était limité que par le nombre de chaises.

Ce séminaire a été, bien entendu, "ouvert" aux hommes.
Je suis en effet en faveur d'une position volontariste concernant leur participation accrue aux débats concernant les rapports de pouvoirs entre les sexes et donc sur la démocratie.
Tant que les hommes ne prendront pas position individuellement et collectivement sur les questions qui interpellent les femmes et les féministes, le rapport de force n'évoluera que lentement et la situation risque de rester en l'état.
Plus encore, il faut dire haut et fort que ces débats les concernent au premier chef, car ce dont il s'agit c'est de la critique des fondements de l'appropriation de la gestion de la Cité par les hommes du fait de leur sexe générique.
Dès lors, leur responsabilité personnelle et politique est posée.

Les débats menés au cours de ce séminaire se sont avérés passionnants ; entre l'apparente évidence pour certain-es de cette revendication et les bouleversements théoriques qui déstabilisent nombre "d'acquis théoriques" parmi ceux que nous croyions les plus solides, ils ont, en outre, ouvert plusieurs pistes de réflexion.

Ainsi, au cours de ce séminaire, la parité s'est révélée comme un outil pouvant servir d'analyseur de nombre de concepts, comme ceux de "catégories", de genre, de mixité, d'universalisme, de démocratie représentative, de droits de l'homme...

En tout état de cause, la question posée par le colloque organisé par Éliane Viennot en 1993 : "La démocratie à la française ou les femmes indésirables" concernant l'existence d'une spécificité française est plus que jamais d'actualité; elle a traversé tout ce séminaire.

La méthode de discussion fut fondée sur la proposition de neuf thèmes de discussions thématiques, qui ont eux-mêmes évolué au cours de l'année.

À chaque séance, plusieur-es intervenant-es étaient invitées à faire des présentations courtes afin de laisser du temps et de créer les conditions de débats élargis à l'ensemble des présent-es.

Les comptes-rendus des débats ont été systématiquement décryptés et envoyés, à chaque séance, aux participant-es ; chacun-e a donc pu suivre les arguments des autres tout au long de l'année.

Nombre d'interventions ont ainsi été aménagées, nuancées, corrigées, enrichies, voire réécrites.

La diversité des styles de ce compte-rendu est l'expression de ce processus.

J'ai supprimé de cette publication les interventions qui n'étaient pas, selon moi, en relation directe avec la parité, mais j'ai, en revanche, gardé certaines digressions qui ne m'apparaissaient qu'apparemment "hors sujet".

Cette publication est le fruit de ce travail collectif. Mais celui-ci n'aurait pas eu lieu sans la collaboration de Paule Gentot qui a permis l'intégration des recherches féministes au sein de la Maison des Sciences Humaines, et notamment dans la dimension internationale qu'elle a prise depuis plus de trois ans.
Je souhaiterais enfin remercier Josiane Ochoa qui a accepté avec beaucoup de gentillesse et d'efficacité de se charger du travail qu'a nécessité l'organisation de ce séminaire.

Faut-il enfin préciser que nombre de personnes s'étant exprimées ici étaient plus habilitées que moi à parler de la parité ?
Mon rôle s'est limité à créer les conditions pour que ce séminaire ait lieu.
Cette initiative représentait, pour moi, lorsque je l'ai proposée, ma "quote-part" à la lutte en faveur de la parité dont il n'est qu'un moment.

La poursuite de ce séminaire sous la responsabilité de Françoise Gaspard et de Janine Mossuz Lavau permettra ce nécessaire suivi.

Ce séminaire a cependant joué, en outre, pour moi - et je l'espère pour ces participant-es, le rôle positif - que j'attendais de lui : il m'a permis de mieux réfléchir et m'a aidé à voir plus clair sur nombre de questions.

Et notamment de mieux cerner les faiblesses politiques actuelles de cette revendication de parité, que je situe, pour ma part, à deux niveaux :

- La réflexion sur les moyens politiques d'y parvenir et sur les stratégies à mettre en oeuvre, laquelle, me semble-t-il, ne pourra faire l'impasse d'une analyse critique des féminismes actuels, en tant que mouvements intellectuels, sociaux et politiques.

- La réflexion sur l'articulation de la demande de parité avec celle de revendications posant l'analyse des rapports de pouvoirs entre les sexes comme élément fondamental du débat politique.

C'est-à-dire concrètement, la parité : oui, mais "comment" et "pourquoi" ?
Comment la demande de parité peut contribuer à l'élaboration d'une société plus démocratique, non sexiste et plus fondamentalement juste ne me paraît pas une question secondaire.
Les débats doivent se poursuivre, pour que les critiques soient entendues et que les engagements soient le plus efficients possible .

Denise Cacheux : Ancienne députée. Ancienne adjointe au maire de Lille. Ancienne questeure de l'Assemblée Nationale.

Françoise Collin : Philosophe. Directrice de la publication des Cahiers du Grif.

Monique Dental *: Coordinatrice du Réseau Femmes Ruptures.

Françoise Duriez *: Economiste.

Françoise Duroux : Philosophe. Paris VIII.

Geneviève Fraisse : Philosophe. C.N.R.S. U.R.A. Philosophie politique et sociale.

Françoise Gaspard *: Ancienne Députée. Ancienne Maire. Sociologue. École des Hautes Études en Sciences sociales. (EHESS). C.A.DJ.S. (Centre d'analyse et d'intervention sociologique). Experte Européenne du Réseau: "Femmes dans la prise de décision".

Danielle Haase-Dubosc * : Historienne. Columbia University.

Odile Krakovitch * : Historienne. Conservatrice aux Archives Nationales.

Anne Le Gall * : Juriste.

Danièle Lochak : Juriste. Université Paris VII. CEDREF (Centre d'enseignement, de documentation et de recherches pour les études féministes)

Alain Lipietz : Économiste. C.N.R.S. CEPREMAP (Centre d'Etudes prospectives d'Économie mathématique appliquées à la planification). Conseil National desVerts.

Marie-Victoire Louis *: Sociologue. CNRS. CADIS.

Monique Minaca*  :Architecte. Urbaniste. Mouvement pour une démocratie paritaire.

Janine Mossuz-Lavau : Politologue. CNRS. FNSP (Fondation Nationale des Sciences Politiques) CEVIPOF (Centre d'étude de la vie politique française).

Florence Montreynaud : Ecrivaine.

Pierre Rosanvallon : Historien. École des Hautes Etudes en Sciences Sociales.

Claude Servan-Schreiber* : Journaliste. Directrice de publication de La lettre d'information de Parité-lnfos.

Gisèle Stievenard : Conseillère de Paris. Assemblée des femmes.

Mariette Sineau : Politologue. CNRS. FNSP. CEVIPOF.

Jacqueline Sag : Alliance des femmes pour la démocratie.

Josette Trat : Sociologue. Université Paris VII. Les Cahiers du féminisme.

Éliane Viennot * : Historienne. CEDREF. Université de Nantes.

Jean Vogel : Philosophe. Université libre de Bruxelles.


Ont également participé à ce séminaire


Sue11y Almeida. Sociologue. Université de Sao Paulo. Brésil.

Maya Béchard. * Coordinatrice du groupe du manifeste des 577 pour une démocratie paritaire.

Sylvie Braibant. Historienne. Journaliste TV 5 Europe.

Irène Bélier. Sociologue. C.N.R.S.

Annie Canel. Sociologue. École Nationale des Ponts et chaussées

Linda Cardinal. Sociologue. Université d'Ottawa. Canada.

Michèle Causse. Ecrivaine.

Nelly Chadirat. Conseil National des Femmes Françaises.

Cécile Dauphin. Historienne. Centre de recherches Historiques. EHESS.

Christine Delphy. Sociologue. CNRS. Nouvelles Questions Féministes.

Régine Dhoquois. Juriste. Paris VII. CEDREF.

Gisèle Donnart. * Historienne.

Eleonor Dooling. Boston University.

Françoise Duroux. Paris VIII.

Élisabeth Fagois. Alliance des femmes pour la démocratie.

Alice Hodgson. * Femmes et changements.

Rada Ivekovic. Philosophe. Paris VIII.

Françoise Laborie. Sociologue. CNRS. GEDISST. ( Groupe d'Etudes sur la Division Sociale et Sexuelle du Travail)

Paulette Laubie. Historienne. Conseil National des Femmes Françaises.

Pierrette Lebrun-Pézerat. Centre de Recherches Historiques. EHESSS.

Ginette Lemaître. * Sociologue. C.N.R.S.

Catherine Le Margueresse. Juriste. AVFT.

Marcelle Marini. Critique littéraire. Paris VII.

Nicole-Claude Mathieu. Anthropologue. Laboratoire d'anthropologie du Collège de France.

Françoise Picq. Politologue. Paris IX

Michelle Perrot. Historienne. Paris VII.

Évelyne Serdjeni an. Sociologue. Union Professionnelle Féminine.

Georges Simpson. Boston University.

Yannick Ripa. Historienne. Paris VIII.

Élisabeth Weissman. Journaliste.

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Notes de bas de page
1 Pour les publications, on pourra se reporter à la bibliographie.

* A fait partie du Réseau "Femmes pour la parité".

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