Harcèlement sexuel. Droit de cuissage
Livre : Le droit de cuissage
 Marie-Victoire Louis

Hommages et remerciements
Préface de Michelle Perrot

Le droit de cuissage
France- 1860 -1930
Les Editions de l'Atelier
Février 1984

date de rédaction : 01/10/1983
mise en ligne : 16/10/2006 (texte déjà présent sur la version précédente du site)
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De nombreuses personnes m'ont tout au long de ce travail aidée, encouragée, critiquée : André Akoun, Christine Bard, Sylvie Braibant, Huguette Chandez, Sylvie Cromer, Olivier Filieul. Deborah Glassman, Mohammed Harbi, Odile Krakovitch, Madeleine Lafue Véron, Bernadette Louis, Roger Louis - qui aurait été heureux de voir ce livre publié de son vivant - Janine Mossuz-Lavau, Annie Stora-Lamarre, Claude Servan-Schreiber, Marie Hélène Zylberberg-Hocquard.

Qu'ils et qu'elles en soient ici remercié-es.

Je souhaite aussi rendre hommage à Madeleine Guilbert, Colette Guillaumin, Danièle Kergoat, Patrick Nicoleau . Sans leurs travaux, ce livre n'aurait pas existé.

Michelle Perrot m'a assurée depuis près de dix ans de son soutien vigilant.

Je souhaite enfin dédier ce livre à cette femme dont - comme tant d'autres -l'histoire n'aura retenu que ce court entrefilet; publié le l7 mai 1982, dans le Quotidien de Paris: " Une ouvrière de l'Indre est morte brûlée vive par son mari, samedi soir. La jeune femme, âgée de 23 ans, venait de lui raconter que son employeur l'avait violée dans la journée. Furieux, son mari la ligota, l'aspergea de kérosène, avant d'y mettre le feu ".

Depuis lors, son souvenir ne m'a pas quitté.

***

Préface
Michelle Perrot


Le corps est au centre de toute relation de pouvoir. Mais le corps des femmes l'est de manière immédiate et spécifique. Leur apparence, leur beauté, leurs formes, leurs vêtements, leurs gestes, leur façon de marcher, de regarder, de parler et de rire (provoquant, le rire ne sied pas aux femmes, on les préfère en larmes) font l'objet d'un perpétuel soupçon. Il vise leur sexe, volcan de la terre. Les enfermer serait la meilleure solution : dans un espace clos et contrôlé, à tout le moins sous un voile qui masque leur flamme incendiaire. Toute femme en liberté est à la fois un danger et en danger, l'un légitimant l'autre. S'il lui arrive malheur, elle n'a que ce qu'elle mérite.

Le corps des femmes ne leur appartient pas. Dans la famille, il appartient à leur mari qui se doit de les "posséder" de sa puissance virile, plus tard à leurs enfants qui les absorbent toutes entières. Dans la société, il appartient au Maître. Les femmes esclaves étaient pénétrables à merci. Le système féodal établit des distinctions de temps et de classe. Le seigneur a droit au pucelage des filles serves. Ce "droit de cuissage" ou de "jambage" est attesté par des textes divers dans de nombreux pays d'Europe, avec des possibilités de rachat, pour les barons impécunieux. On discute de la réalité des pratiques et des travaux en cours - on attend à ce sujet l'ouvrage d'Alain Boureau 1 nous éclaireront sur la construction sociale de cette étrange relation de sexes.

Mais qu'un tel principe, voire une telle représentation, aient pu exister n'en demeure pas moins significatif. Georges Duby nous apprend que si l'amour courtois protégeait la Dame, de plus en plus exigeante sur les manières d'aimer "le courtois était autorisé à traquer à sa guise la masse des vilaines pour en faire brutalement sa volonté".2 Dans les demeures seigneuriales, prostituées, bâtardes et servantes étaient livrées sans entrave à la concupiscence des jeunes mâles, admis à les forcer. Et la domesticité de la Cour fournissait ordinairement une réserve sexuelle au bon plaisir du Prince.3

Certes, avec le temps, l'intériorisation des valeurs religieuses, les progrès de civilité, la montée du sentiment amoureux lié à un usage des plaisirs qui suppose le souci de soi, les choses ont changé. Mais lentement, incomplètement et inégalement selon les milieux sociaux. La virilité repose sur la présentation d'un désir mâle, naturel, irrépressible, auquel il faut un exutoire. Au XIXe siècle, la prostitution vénale est considérée comme une hygiène nécessaire qu'il suffit de réglementer4 Et le recours à la servante de ferme (voyez  Maupassant) ou à la petite bonne dans les milieux bourgeois, comme un moindre mal.
Forme de dépendance héritée de l'Ancien Régime, la domesticité reste fortement marquée de servitude corporelle.5 Et de manière générale, les "services", secteur d'emplois largement féminins, comportent l'idée d'un engagement physique. Comme si une femme ne pouvait pas vendre seulement sa force de travail, assignée à l'usage, sans faculté de parvenir à la relative liberté de l'échange.

Cet enracinement des femmes dans le territoire de leur corps est une des clefs de leur extrême difficulté à accéder au salariat, même ouvrier. Car la révolution industrielle n'apporte pas pour elles d'abord de bouleversement, sinon l'extension de leur servitude élargie du cercle familial à l'atelier et à l'usine avec les mêmes caractères de non qualification, de précarité d'emploi et de dépendance sexuelle. L'embauche, la promotion, les gratifications sont aux mains d'une direction et d'un encadrement masculins, fortement tentés d'user de leurs prérogatives pour en tirer tout le plaisir possible. D'autant plus que la main-d'oeuvre est jeune - on est ouvrière de onze douze ans à vingt cinq ans -, fraîche, vierge et sans défense.

Or le XIXe siècle a plutôt aggravé la sujétion des filles. De même que la loi Le Chapelier avait aboli jurandes et maîtrises et toutes les formes de protection lentement élaborées par les artisans, de même ont été supprimées les mesures qui, sous l'Ancien régime, autorisaient les filles séduites à rechercher leur suborneur. Il existait, dans les communautés villageoises, un quasi devoir d'épouser la fille enceinte, évidemment mal supporté par des hommes de plus en plus mobiles. Le Code Napoléon met ces hommes à l'abri des récriminations féminines en interdisant la recherche de paternité, qui ne sera autorisée à nouveau qu'au début du XXe siècle. Conséquence : voilà le renard libre dans le poulailler (soi-disant) libre, pour reprendre la célèbre formule de List appliquée au libre-échange. Et la courbe des naissances illégitimes bondit, avec celle des abandons d'enfants. Comme les prolétaires dépourvus de droits sociaux, les femmes, les filles surtout, sont livrées à l'exploitation du plus fort. Lorsque de surcroît il est le patron et le chef, tout est possible.

De cette surexploitation des filles, le XIX e siècle, fût-il ouvrier, n'a pris pourtant qu'une conscience tardive, à la dimension de la méconnaissance, voire du mépris de leur souffrance, quantité négligeable. Certes, les moralistes, catholiques surtout, dénoncent l'immoralité des usines et leurs douteuses promiscuités. C'est un thème majeur de l'économie sociale et des enquêtes comme celle du Docteur Louis René Villermé. Mais ils stigmatisent la sexualité ouvrière, taxée de bestiale, jamais celle des employeurs. Et ils représentent les femmes comme excitantes, voire excitatrices, plus souvent que comme victimes. La solution qu'ils proposent, c'est la non-mixité, hantise d'un temps soucieux de séparer en tout et partout les sexes, réalisée dans les usines couvents de la région lyonnaise; ou encore le travail à domicile dont Jules Simon se fait l'apôtre. Le retrait, la soustraction, donc, et finalement l'enfermement dans la maison protectrice. Le mouvement ouvrier n'est pas loin de penser de même. Mais c'est le droit au travail des femmes, et leur liberté individuelle, qui sont ainsi contestés.

Vers la fin du siècle, pourtant, le ton change. La lubricité des directeurs d'usines et surtout des contremaîtres, ces "valets", ces "chiens couchants du capital", haïs à la mesure de leur trahison de leurs frères de galère, est un thème récurrent des journaux ouvriers, notamment dans la presse socialiste du Nord de la France où les "tribunes des abus" du Forçat, Cri du Forçat, Revanche du Forçat etc. qui se succèdent dans les années 1885-1890, retentissent d'indignation devant leurs attentats à la pudeur des femmes et des filles de la classe ouvrière, atteinte dans son honneur et dans sa dignité par ce "droit de cuissage" que s'octroient ces "nouveaux seigneurs ". Qu'il entre dans cette désignation une part d'imaginaire politique et social, sans doute. La République naissante forge son identité sur le thème de la Révolution libératrice, destructrice des anciens privilèges y compris pour les femmes. Socialisme et mouvement ouvrier se coulent dans ces représentations. Les capitalistes sont les "nouveaux féodaux" dont le pouvoir est pire encore ; l'usine est un fief qui réduit les travailleurs au servage et livre aux patrons le sexe des filles. 6

Il faut pourtant se garder de ne voir là que métaphore de la lutte sociale. Il est probable même que la croyance à l'analogie du propos a servi de voile commode à la brutalité des choses. Pourquoi se soucier de ce qui ne serait que discours ? De même qu'on nie le viol des femmes devant le tribunal sous prétexte que tout se passe dans leur tête, voire dans leur désir fantasmé, de même on a sous-estimé l'exploitation sexuelle réelle dont les femmes, et singulièrement les filles du peuple ont été la proie et que migrations, urbanisation, industrialisation ont dans un premier temps accrue, en affaiblissant les liens sociaux traditionnels. Pourtant, on a beaucoup parlé de paupérisation, mais pas de sexualisation.

Peu de travaux historiques ont abordé ce sujet. L'histoire de la sexualité est longtemps demeurée taboue. Celle de la violence exercée sur les femmes plus encore. Les hommes la perçoivent peu ; ils ont tendance à la minimiser. Les femmes se sont attachées aux héroïnes positives, aux femmes actives, rebelles et créatrices, plutôt qu'aux victimes. Encore ont-elles préféré l'analyse des souffrances de la maternité 7 à celle du viol ou du harcèlement sexuel.

Les sources, d'autre part, sont difficiles d'accès. Les archives judiciaires sont à cet égard les plus riches ; mais elles sont doublement sélectives. D'une part parce qu'elles s'appuient d'abord sur l'évidence de crimes ou de délits réalisés et constatés, la plupart du temps hors d'un commun qui, faute de plaintes, demeure caché. Ensuite parce que le recours à la justice suppose un courage qui s'appuie sur la conscience de son droit et l'espoir d'être entendu. Et ce geste se développe, en effet, au XIXe siècle, jusque dans les campagnes du Gévaudan, comme l'ont montré les travaux d'Elisabeth Claverie et Pierre Lamaison qui y voient le signe d'une progressive individualisation.8 Mais les femmes et les jeunes filles sont malgré tout les dernières à y recourir. Il n'est pas surprenant que celles qui l'osent s'affirment comme des rebelles, féministes à leur manière, ainsi nombre de celles qu'Anne-Marie Sohn a retrouvées au terme d'une longue et captivante quête dans les dossiers judiciaires de la Troisième République.9 Encore ces femmes s'insurgent-elles dans le cadre privé et familial. Dans l'entreprise, c'est presque impossible. Elles savent bien ce qu'elles risquent : la moquerie, l'opprobre, le renvoi, l'obligation de fournir des preuves alors que la parole d'une fille séduite, ou harcelée, pèse peu devant celle d'un homme honorable puisque justement le patron ou le chef. D'où le silence résigné qui enveloppe la sujétion, l'humiliation quotidienne, la gêne, la peur, l'angoisse, le secret emporté parfois dans la fuite, voire dans le suicide. Ce silence originel est un obstacle à la connaissance du citoyen comme de l'historien.

Marie-Victoire Louis a voulu percer cette double chape de plomb, parce que, comme Marcelle Capy, elle est convaincue qu' "étaler au grand jour la peine des femmes est pour le moment la meilleure façon de leur être utile". Elle a mobilisé des sources extrêmement variées : judiciaires bien sûr, mais aussi parlementaires, ouvrières (presse, études des grèves), littéraires (Maupassant, mais aussi Léon Frapié, Victor Marguerite ont été sensibles à cette injustice), juridiques enfin. La question de la "séduction dolosive" a suscité l'intérêt des juristes, sollicités par les féministes, au tournant du siècle ; thèses de droit et interventions législatives se sont multipliées et le chapitre qu'elle leur consacre est d'un particulier intérêt. Donnant à "droit de cuissage" le sens d'atteintes à la dignité des femmes, Marie-Victoire Louis a traqué les gestes et les paroles qui tissent la violence ordinaire. Probe, soucieuse des nuances, son enquête n'a négligé aucune piste, aucun lieu, aucune profession, mais son apport le plus neuf concerne le monde des usines. Sans mélodrame ni complaisance, elle analyse les effets pervers de la domination sexuelle dans le travail qui transforme parfois les femmes en complices et en concurrentes. Le despotisme du sérail repose sur le consentement des victimes muées en rivales. Mais ce consentement extorqué est une négation supplémentaire de leur liberté. Elle montre les raisons du silence des unes et des autres, la tacite complaisance des hommes qui minimisent ces "histoires de femmes", rapidement reléguées au second plan dans les revendications de grèves dont elles ont été parfois le détonateur. Elle souligne la résignation des femmes habituées à supporter ce qu'on - à savoir leurs propres mères -leur a enseigné être leur inéluctable destin. Dans cette passivité, Madeleine Pelletier, lucide et indomptable, voyait la clef de voûte du malheur féminin. Qu'elle cesse et le système s'effondrera, pensait cette sympathisante du syndicalisme d'action directe.

Pourtant, au tournant du siècle, les femmes s'impatientent. Une aspiration générale au respect de soi traverse toute l'Europe ouvrière, jusque dans la lointaine Russie où les grèves dites de "dignité" se multiplient.10
Les travailleurs vailleurs refusent l'injure, l'interpellation grossière, et jusqu'au tutoiement. Ils exigent d'être traités avec politesse et civilité, de même qu'ils revendique des armoires pour changer de vêtement et des toilettes convenables. Ils ne supportent plus qu'on touche à leurs filles et à leurs femmes. Cet empiètement sur leur vie privée devient intolérable à la sensibilité libertaire qu'exprime Le Père Peinard. De son côté, le féminisme, en plein essor11, dénonce la sujétion du corps féminin. Après Flora Tristan et Julie Daubié, Marguerite Durand, Séverine, Marcelle Capy, Aline Valette etc. multiplient constats et protestations et se battent pour tous les droits - civils, économiques, politiques, sexuels mêmes - des femmes. Les résultats législatifs sont encore minces mais c'est le signe autant que le moyen d'une "conscience de genre" contagieuse.
Elle gagne en effet les femmes du peuple elles-mêmes, de plus en plus frémissantes, désireuses de respect et de propreté, avides de bonheur. Dans leur vie privée, selon la thèse d'Anne-Marie Sohn. Dans leur vie de travail , comme le montre Marie-Victoire Louis, en s'appuyant notamment sur les grèves de femmes où les revendications salariales sont souvent moins importantes que la durée du travail, les questions de discipline et de droit à la dignité. Fait de longue durée, mais qui s'accentue à l'aube du siècle nouveau. Signe des temps : la grève des porcelainiers de Limoges, en 1905, un des conflits les plus célèbres de la Belle Epoque par sa ténacité et sa violence (barricades et un tué dans la vieille cité limousine), dont Georges Clancier a fait la matière du Pain Noir, est une révolte contre le droit de cuissage qu'un certain Penaud, chef de fabrication chez Haviland, exerçait sur les ouvrières. Le mot est, ici, clairement employé et la chose, dénoncée, jusque dans des complaintes tragiques ou comiques. Cette fois le syndicat ouvrier local et, la CGT soutiennent les ouvrières. Les journaux, les députés évoquent ces pratiques qu'on découvre soudain assez générales. L'opinion s'insurge. Et la direction finira par exclure Penaud, après bien des hésitations. Marie-Victoire Louis analyse finement ce conflit exemplaire dont le syndicalisme comme les historiens ont eu par la suite tendance à gommer l'essentiel, tant ils ont du mal à admettre la réalité et l'illégitimité de la violence sexuelle exercée sur les femmes.

Dimension majeure de l'histoire des rapports de sexes, la domination des hommes sur les femmes, rapport de forces inégales, s'exprime souvent par la violence. Le procès de civilisation l'a fait reculer sans l'abolir, la rendant plus subtile et plus symbolique. Il subsiste néanmoins de grands éclats d'une violence directe et sans fard, toujours prête à ressurgir, avec la tranquille assurance du droit de pouvoir disposer librement du corps de l'Autre, ce corps qui vous appartient. Cet ouvrage nous en donne un exemple proche. Il y en aurait bien d'autres sans doute. En cette fin de siècle tourmentée où les équilibres et les régulations patiemment élaborés semblent partout remis en cause, les failles des inégalités - celle des sexes et toutes les autres - peuvent jouer, encore et toujours. Comme s'il fallait tout inventer, le bonheur, la liberté et l'amour.

Le beau livre de Marie-Victoire Louis dissipe une part d'ombre de l'histoire des rapports entre les sexes que toujours menacent les ténèbres de la nuit.

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Notes de bas de page
1 A paraître en 1994 chez Albin Michel.
2 Histoire des femmes en Occident, tome II, Le Moyen Age, sous la direction de Christiane Klapisch-Zuber, Pal Plon, 1990, p. 269 (Georges Duby, "Le modèle courtois.)
3 Histoire des femmes en Occident, tome II, op. cit., Selon Claudia Opitz,. Contraintes et libertés (1250-1500) p.288.
4 Cf. les travaux d'Alain Corbin et de Jacques Solé, cités en bibliographie,
5 Anne-Martin Fugier, La place des bonnes. La domesticité féminine à Paris en 1900, Paris, Grasset, 1979, a spécialement analysé ces aspects.
6 Michelle Perrot, "Comment les ouvriers voyaient leurs patrons"., in Le patronat de la seconde industrialisation, sous la direction de Maurice Lévy-Leboyet, Cahiers du Mouvement Social, Paris, Editions Ouvrières, 1979,
7 Signalons sut ce point la thèse très éclairante de Nadia Maria Filippini, "La Naissance extraordinaire. La Mère, l'Enfant, le Prêtre, le Médecin face à l'opération césarienne (Italie, XVlIIè_XXè siècle)., Paris, EHESS, 1993 : les filles pauvres ont été un terrain d'expérimentation pour cette pratique dans laquelle elles mourraient pour les trois quarts.
8 Elisabeth Claverie et Pierre Lamaison, L'impossible mariage, Violence et parenté en Gévaudan, Paris, Hachette, 1982.
9 Anne-Marie Sohn, "Les rôles féminins dans la vie privée à l'époque de la Troisième République. Rôles théoriques, rôles vécus". Thèse de doctorat d'Etat, Université Paris l, sous la direction de Maurice Agulhon, 1993 ; résultat d'une recherche de vingt ans dans les archives judiciaires de tous les départements, cette thèse renouvelle notre connaissance des rapports de sexes, vus à travers les conflits, dans les milieux populaires. L'auteur insiste sur l'individualisation croissante des femmes, leur droit au refus s'exerçant .de plus en plus et, au bout du compte, sur le recul du patriarcat.
10 Ainsi aux célèbres usines Poutilov de Moscou, selon l'étude (inédite) de Léopold Haimson sur les grèves en Russie avant la Révolution.
11 Laurence Klejman et Florence Rochefort, L'Egalité en marche, Le féminisme sous la Troisième République. Paris, Fondation Nationale des Sciences Politiques/Des Femmes, 1989; Christine Bard, Les féminismes en France. Vers l'intégration des femmes dans la Cité, 1919-1940 , Thèse Université Paris VII, sous la direction de Michelle Perrot, 1993 (à paraître).

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