Domination masculine. Patriarcat
 Marie-Victoire Louis

Famille

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 29/06/2017
date de publication : 29 juin 2017
mise en ligne : 29/06/2017
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À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 4238 items et 23 rubriques : I. «Culture» (177) ; II. Droit (90) ; III. Êtres humains (144) ; IV. Êtres humains. Corps (60) ; V. Êtres humains. Enfants (48) ; VI. Êtres humains. Femme-s (813) ; VII. Êtres humains. Homme-s (333) ; VIII. Êtres humains. Relations entre êtres humain-es (185) ; IX. Famille (180) ; X. Féminisme-s. Féministe-s (195) ; XI. Justice (203) ; XII. Langage (143) ; XIII. Patriarcat (199) ; XIV. Penser (330) ; XV. Politique (453) ; XVI. Pornographie (52) ; XVII. Proxénétisme (164) ; XVIII. «Sciences» sociales (78) ; XIX. «Sciences» Sociales (Démographie) (23) ; XX. «Sciences» sociales (Économie) (84) ; XXI. «Sciences» sociales (Histoire) (58) ; XXII. Sexe-s [Sexualité, Sexisme] (62) ; XXIII. Violences (164)… et continuera d’évoluer.

29 juin 2017

IX. Famille

En noir. ‘nouveaux’ items (et modifiés)

I. Famille : Famille (1,2,3) ; Famille (Autogestion) ; Famille (Cardinal Marie) ; Famille (Castoriadis Cornelius) ; Famille (Catholicisme) ; Famille (Clerc Thérèse) ; Famille (Clinton Hillary) ; Famille (Codes de la…) ; Famille («Concubinage». Contrat. Moyen Âge. Corse) ; Famille (Contraintes politiques) ; Famille (Couple) (1,2) ; Famille (Crémieux Benjamin) ; Famille (Détachement) ; Famille (Dolto Françoise) ; Famille (Empire / pouvoir des femmes) ; Famille (Enfant handicapé) ; Famille (Ferrer Nino) ; Famille (France. Normandie. 1953) ; Famille (France. Police. 2017) ; Famille (France. Université. Janvier 2017) ; Famille (Frère et sœur) (1,2,3,4,5) ; Famille (Guéhenno Jean) ; Famille (Héritage) (1,2) ; Familles (Juives. Paris. 1942) ; Famille («Magma») ; Famille (Histoire. Margueritte Paul et Victor) ; Famille («Monoparentale») ; Famille (Mouvement français pour le Planning Familial. MFPF. 2017) ; Famille (Nombreuse) (1,2,3) ; Famille (Orwell George) ; Famille (Politique familiale. France. 1977) ; Famille (Pétain) (1,2,3) ; Famille (Princesse Mathilde Bonaparte) ; Famille (Propriété) ; Famille (Reproduction) ; Famille («Sacré») ; Famille (Sénèque) ; Famille (Sheeman CIndy) ; Famille (Talleyrand) ; Famille Mariage (Travail Ménager) ; Famille Mariage (Travail salarié) ; Famille (Vie-dite-privée) (1,2,3,4,5) (58) ;

II. Mariage : Famille Mariage ; Famille Mariage (Abolition. Sand George) ; Famille Mariage (Adultère) (1,2) ; Famille Mariage (Adultère. Barrault Jean-Louis) ; Famille Mariage (Adultère. Constant Benjamin) ; Famille Mariage (Adultère. Catholicisme) (1,2) ; Famille Mariage (Adultère. Smith Adam) ; Famille Mariage (Adultère «Révolution Nationale») ; Famille Mariage (Âge du) (1,2,3,4) ; Famille Mariage (’Agoult Marie d’) ; Famille Mariage. (Antisémitisme. Nazisme) ; Famille Mariage (Argent) (1,2) ; Famille Mariage (Article 213 du Code civil français) ; Famille Mariage (Article 475 du Code pénal marocain) ; Famille Mariage (Balzac) ; Famille Mariage (Becker Paula) ; Famille Mariage (Blum Léon) ; Famille Mariage (Bussy-Rabutin, Comte de) ; Famille (Mariage. Catholique) ; Famille Mariage (Céline Louis Ferdinand) ; Mariage (Chine, Proverbes. 1950) ; Famille Mariage (Comtesse de Ségur) ; Famille (Mariage. Constant Benjamin) (1,2) ; Famille Mariage (Contrat) (1,2) ; Famille Mariage (Contrat Mill Stuart) (1,2) ; Famille Mariage (Contrat Portalis) ; Famille Mariage (De Cleyre Voltairine) ; Famille Mariage (Dot) ; Famille Mariage (Dot. Lafargue Madame) ; Famille (Mariage. Dot. Bashkirtseff Marie) ; Famille (Dot. Nationalité française) ; Famille Mariage (Espoir) ; Famille Mariage (Évolution du droit) ; Famille Mariage (Expiation Bashkirtseff Marie) ; Famille Mariage (Femme complaisante) ; Mariage (Fillon François et Penelope. 2017) ; Famille Mariage (Football) ; Famille Mariage («Forcé») (1,2) ; Famille Mariage (Fourier Charles) ; Famille Mariage (Gilliard-Malherbe Marie) ; Famille Mariage (Héritage. Chamfort) ; Famille Mariage (Liberté) ; Famille Mariage («Maris voyous») ; Famille Mariage (Marivaux) ; Famille Mariage («Moi») ; Famille Mariage (Morale. Chamfort) ; Famille Mariage (Musulman) ; Famille Mariage (Novalis) ; Famille Mariage (Obéir) ; Famille Mariage («Oui») (1,2,3,4) ; Famille Mariage («Pacte Faustien») ; Famille Mariage (Pape François) ; Famille Mariage (Pornographie) ; Famille Mariage («Pour tous») ; Famille Mariage (Princesse Palatine) ; Famille. Mariage (Pozzi Catherine) ; Famille Mariage (Propriété conférée à l’épouse par le mariage) ; Famille Mariage (Revendication) ; Famille Mariage (Russie. XIXème siècle) (1,2) ; Famille (Mariage. Russie. Révolution) ; Famille (Mariage. Scudéry Mademoiselle de) ; Famille (Mariage. Simenon Georges) (76) ;

III. Divorce : Famille Divorce (1,2) ; Famille Divorce (Bourguiba Habib) ; Famille Divorce (Clémenceau) ; Famille Divorce (Église catholique) (1,2) ; Famille Divorce (Gratuit) (1,2,3,4) ; Famille Divorce (Histoire) (1,2,3) ; Famille Divorce (Liberté) ; Famille Divorce (Licenciements) ; Famille Divorce (Montaigne) ; Famille Divorce (Pensions alimentaires) (1,2,3,4,5,6,7) ; Famille Divorce (Sanson Véronique) ; Famille Divorce (Violences masculines) (1,2) (26) ;

IV. Polygamie : Famille Polygamie ; Famille Polygamie (Afghanistan. Années 90) ; Famille Polygamie (Arabie Saoudite) ; Famille Polygamie (Ben Laden) ; Famille Polygamie (Derrida Jacques) ; Famille Polygamie (Diderot) ; Famille Polygamie (Église catholique. France. 1987) ; Famille Polygamie (Elle) ; Famille Polygamie (Fassin Éric) ; Famille Polygamie (Femme) ; Famille Polygamie (Jaulin Robert) ; Famille Polygamie (Kessel Joseph) ; Famille Polygamie (Latournerie Dominique.1987) ; Famille Polygamie (Lévi-Strauss Claude) ; Famille Polygamie (Lombard Paul) ; Famille Polygamie (Monarchie Marocaine) ; Famille Polygamie (Onfray Michel) ; Famille Polygamie (Schweitzer Albert) ; Famille Polygamie (Touraine Alain) ; Famille Polygamie (Wikipédia) (20)

29 juin 2017 : 180 Items

I. Famille :

Famille (1) : La plus vieille structure politique du monde ; celle sur laquelle tous les États s’appuient et la seule unanimement cautionnée. Pourtant, la moins politiquement analysée, la moins interrogée, la moins critiquée : il faudrait pour cela remettre en cause le pouvoir politique conféré à chaque homme dans cette institution ainsi que la caution politique, à peine ébréchée, que leur confèrent les États. L’institutionnalisation du «mariage pour tous» (!) a permis de repousser cette réflexion.
- Progressivement cependant remplacée par «foyer» [fiscal] et «ménage» [pour l’État et les économistes]…(Poursuivre) (Cf. Hommes, Patriarcat, Politique. Libéralisme)

Famille (2) : Les femmes, assimilées aux enfants, n’ont jamais pu s’y voir reconnaître leur individualité. On peut ainsi lire : «Famille retrouvée morte dans un gîte des Ardennes. L’homme était dépressif» 1 ou : «Un Jordanien exécute toute sa famille».
- Les hommes les y rejoignent : «Une famille est en prison.» 2

Famille (3) : Le propre d’une ‘famille’, c’est que l’on peut en retirer, ajouter l’une ou l’autre des personnes qui la composent, elle reste toujours telle qu’en elle-même : «une famille».
* On entend ainsi : «Je dois consacrer plus de temps à ma famille» ; on peut lire : «Blanc-Mesnil ; autopsie de la famille tuée» 3 [alors que tout indique, par ailleurs, que le père et tué sa femme et ses deux filles], ainsi que : «Afghanistan : un journaliste et sa famille tués.» [Comprendre : un homme (journaliste), son épouse et leurs deux enfants ont été tués]. 4
* Ajout. 8 septembre 2014. Lu : «Quatre famille de délinquants risquent l’expulsion de leur HLM». 5 En d’autres termes et plus précisément, quatorze personnes sont concernées. L’expulsion, dont je ne sais si elle a eu lieu, était fondée sur règlement intérieur qui stipule que le titulaire du bail est responsable des actes commis «par tous les ayant droit vivant sous son toit» ; par ailleurs, selon la presse, le trafic de drogue avait eu lieu en 2009, les jeunes concernés avaient purgé leur peine et ne vivaient plus dans la cité.
* Ajout. 15 Novembre 2014. Lu : «Intempéries : une famille emportée dans un cours d'eau des Cévennes» 6 En d’autres termes : Le corps d’un enfant de 4 ans a été retrouvé noyé, sa mère et un autre enfant d’un an enfermés dans la voiture ont disparus dans les eaux, tandis que le père a été sauvé. 7
* Ajout. 25 juin 2015. Lu : «Normandie. Le grand père a t-il tué sa famille avant de se suicider ?» 8 Plus précisément : l’épouse, la fille, le petit fils ont été tués, le fils ne l’a pas été.
* Ajout. 1er juillet 2015. Un avion militaire s’écrase en Indonésie sur «une zone habitée». Sont évoquées, concernant les victimes, «des membres de familles de militaires et des femmes». 9
* Ajout. 15 juin 2016. Lu, concernant le film Japonais Kiku et Isamu [Tadashi Imai.1959] : «À 200 kilomètres au nord de Tokyo, vivent dans un village deux enfants nés d’un Noir américain». 10
* Ajout. 22 juin 2016. Lu : «Drame familial à Anglet. Le Parquet évoque des difficultés financières et familiales» 11 En d’autres termes, le père a tué sa femme âgée de 43 ans et ses deux filles âgées de 12 et 16 ans.
* Ajout. 22 octobre 2016. Lu : «Espagne : un Brésilien avoue avoir tué sa famille» En l’occurrence, «son oncle, de sa tante et de leurs deux enfants de un et quatre ans». 12 (Cf. Violences)
* Ajout. 23 février 2017. Lu dans les «extraits exclusifs» publiées par le JDD (Journal du dimanche) du livre de Jacqueline Sauvage, Je voulais juste que ça s’arrête (Fayard. 246p) : «Samedi dernier [avant la mort de son mari et de son fils le même jour], nous étions six. Nous ne sommes plus que quatre [Jacqueline Sauvage et ses trois filles].» 13 (Cf. Justice. Procès Jacqueline Sauvage. Juger la justice)

Famille (Autogestion) : Question ‘naïve’ : pourquoi les débats politiques sur l’autogestion - ou ceux concernant la démocratie directe - ont-ils si peu gagné la réflexion sur la famille ?

Famille (Cardinal Marie) : Marie Cardinal [1928-2001], auteure de : «Ma famille, je me suis amputée d’elle depuis longtemps maintenant. Amputée, le mot n’est pas trop fort. Certaines des coupures que j’ai effectué m’ont fait souffrir terriblement. Je suis née de ça, de cette partition. Je me suis mise à exister à ce prix et je ne le regrette pas. Au contraire, j’y ai puisé une force et un plaisir de vivre que je ne connaissais pas auparavant. Je sais parfaitement cependant qu’on ne peut jamais se séparer totalement de sa famille. Je la laisse donc flotter en moi, dans la mesure où elle ne me dérange plus.» 14 (Cf. Famille. Divorce. Église catholique, Femme. Écrivaine. Cardinal Marie, «Sciences» sociales. Psychanalyse)

Famille (Castoriadis Cornelius) : Cornelius Castoriadis [1922-1997]
- En 1989, lors de son hommage rendu au révolutionnaire Grec Spiros Stinas [1900-1987], il évoque «la vie» d’un homme «que n’ont adoucie ni femme ni enfants.[…].» 15
- En 1996, lors d’un interview à la Radio suisse romande, il décrit ainsi ce qu’il nomme «le mouvement de privatisation des individus dans la société contemporaine» : «Chacun revient chez soi, se renferme dans sa coquille et essaie de régler sa petite vie comme il le peut, avec sa femme, ses enfants, etc.[…]» 16
- Une femme - indissociablement liée aux enfants - soit adoucit la vie d’un homme, soit est partie intégrante de sa vie.. adoucie ? (Cf. Homme «Intellectuel». France. XXème siècle, Patriarcat)

Famille (Catholicisme) : [Radio Notre Dame. France. 2014. Débat entre le père Jacques de Longeaux, président de la Faculté de théologie Notre Dame, Jean-Marie Andrès, responsable national au sein de l’Association Catholique des Familles (ACF] du secteur «Conjugalité et politique familiale» et d'Anne Lannegrace, psychanalyste et experte auprès du département Famille de la CEF (Conférence des évêques de France)] On y entend notamment : «Il faut progresser sur cette politique de l'amour» ; «La famille, c'est d'abord un couple qui s'aime et s'engage dans une alliance pour créer une nouvelle cellule de société». On entend aussi définir la famille comme une «communion de personnes», mais aussi comme «la communion de ceux qui sont en manque», suivi de : «c'est précisément sur cette communion que nous enseigne l'Église». On entend enfin que [la société] mais pas la religion - «a fait irruption dans l'espace privé de chacun.»…
- La confusion de la pensée : un délicat euphémisme. Ou : comment maintenir le fiction de la signification de termes sans n’avoir plus avoir d’autres justificatifs que le maintien de leur perpétuation. 17 (Cf. Patriarcat. Pères. Paternité)

Famille (Clerc Thérèse) : Thérèse Clerc, [1927- 2016], auteure de : «Le couple est le tombeau des femmes et la famille leur cimetière.» 18

Famille (Clinton Hillary) : Hilary Clinton, auteure, lors d’un débat public avec Donald Trump, le 15 octobre 2016, de : «J’ai toujours défendu les enfants et les familles».

Famille (Codes de la famille) : Les codes de la famille sont aussi appelés, à la suite du vote du code algérien l’après indépendance, en 1965, 19 «codes de l’infamie». Les abroger tous, ainsi que tous les codes civils, pénaux, toutes les lois politiques, toutes les lois religieuses, qui d’une manière ou d’une autre, légitiment, légalisent le plus léger traitement différencié entre les hommes et les femmes, quelque soit leur âge. Une belle et si simple revendication - non négociable, va sans dire - qui devrait unir toutes les femmes de la terre. En attendant les autres exigences à venir.
- Toute revendication partielle légitime le bien fondé de la perpétuation du principe fondateur des législation patriarcales familialistes.
- Un exemple parmi cent, mille…: la lutte des femmes Palestiniennes présentée comme «centrée sur la question de l’héritage» (Source oubliée). (Cf. Droit. CEDAW, Politique. Démocratie. Lois, Patriarcat)

Famille (Contraintes politiques) : Lu dans Les passions d’Henri Guillemin, ces deux anecdotes concernant François Mauriac [1985-1970] qu’Henri Guillemin [1903-1992] a bien connu, ainsi que son fils, Claude Mauriac [1914-1996] :
- [Juillet 1939] Une rencontre a lieu entre François et Claude Mauriac, André Gide [1869-1951], Henri Guillemin et son épouse [ ?- ?]. La discussion lancée par François Mauriac concernant un article paru dans Le Figaro par Paul Claudel «un ardent ami de Franco» contre Jacques Maritain [1882-1973] «qui avait [notamment] pris parti pour les républicains espagnols», tous les deux catholiques par ailleurs. Henri Guillemin raconte : «Nous sommes tous d’accord pour défendre Maritain […] Il conviendrait de répondre à Claudel. Mais Mauriac se récuse : ‘Les filles de Claudel et les miennes se voient beaucoup. Je ne peux pas les brouiller.’»
- [Printemps 39] À l’occasion de l’élection de Charles Maurras [1868-1952] à l’Académie Française, «Mauriac écrira un article cinglant […] Mais il ne publiera pas ce texte rude, parce qu’il le brouillerait avec son frère Pierre, le grand médecin bordelais qui lui a pratiquement sauvé la vie, naguère, en décelant, le premier, son cancer à la gorge, et qui reste un maurassien fervent.» 20 (Cf. Hommes. Courage, Langage. Académie Française)

Famille (Contrat. Moyen Âge. Corse) : Dans un acte du notaire Corse Nicola De Porta, Génois de Bonifacio, daté du 8 décembre 1287, on peut lire : «Moi, Giovannetta Oliveti, m’engage auprès de toi, Marco Bertane, Vénitien, à demeurer avec toi, comme ta femme de service et concubine pour six ans et à te suivre dans tous les lieux et terres où tu te rendras et voudras m’emmener afin de remplir tous les services pour ta personne ou dans ta maison. Je promets de te protéger et de te garder, toi et tes biens, en bonne foi et sans fraude et de ne pas te servir sans autorisation jusqu’au terme fixé. Tu me donneras nourriture et vêtement appropriés, et à la fin des six années, si tu désires me laisser, tu me donneras en récompense et gratitude, dix livres de Gênes. D’autre part, moi, Marco, m’engage auprès de toi Giovannetta, de te tenir pour femme de service et concubine jusqu’au terme échu et de te conduire avec moi dans tous les lieux et terres ou je me rendrais, de te donner nourriture et vêtement appropriés convenables et de te garder et protéger saine et malade jusqu’au terme du contrat. Et si à la fin, tu ne veux plus demeurer avec moi, je te donnerais dix livres de Gênes21
- Bouleverse bien des concepts, mais maintient celui de patriarcat…(Cf. Famille. Contrat, «Mariage pour tous», Politique, «Sciences» sociales. Histoire)

Famille (Couple) (1) : Quand «un couple» doit être interrogé, quelles qu’en soient les circonstances, la nature du problème, …chacun-e - censée en faire partie - doit l’être séparément, puis, après réflexions et accords séparés, conjointement, ou non. (Cf., notamment Justice)

Famille (Couple) (2) : Un couple, est-ce : 1+1 = 2 , ou : 1+1 = 2-1 ; ou : 1+1 = 1 ;
ou est-ce : 2-1, ou : 1-1 ?

Famille (Crémieux Benjamin) : Benjamin Crémieux [1888-1944] , auteur de : «Bien des fois, j’ai pleuré de rage parce que mon père était pauvre et que ma mère n’était pas belle.» 22

Famille (Détachement) : Apprendre à se détacher de la famille, c’est apprendre - car cela peut «s’apprendre» - à s’en libérer. Et à se libérer. Voire, dans la meilleure des hypothèses, à libérer les autres, de vous…Demande souvent du temps…

Famille (Dolto Françoise) : Françoise Dolto [1908-1988], auteure, en 1981, de : «[…] Il y a une chose que je voudrais dire aux pères qui sont ici à propos de l’inscription à l’état civil. J’ai vu beaucoup de pères qui ont été frustrés de ce qui est l’acte social originel de la paternité, lequel est fierté en même temps qu’angoisse. Je veux parle de l’évènement très important pour eux, qui est d’aller déclarer eux mêmes l’enfant à la mairie. Le père qui n’a pas pu faire cette démarche est un père dont on a éradiqué le premier geste de la sa fierté parentale. Il faut penser à cela, parce que, par commodité, les services sociaux prennent la place du père. C’est certainement pas quelque chose qu’il ne faut pas faire, à moins, bien sûr, que le père refuse catégoriquement d’y aller. Si c’est la mère qui vous («les services sociaux») le demande, sachez attendre que le père vienne. Sinon, vous direz alors devant la mère au bébé : ‘Ton père, qui a un enfant si beau, il n’ose pas venir pour te déclarer lui-même ; alors nous allons déclarer ta naissance à la mairie’. […] C’est un beau moment de virilité symbolique qui ‘source’ la paternité. Paternité d’un enfant qui naît de lui, paternité d’un enfant qu’il reconnaît parce qu’il aime la femme qui mis au monde ce bébé et que, l’ayant aimée enceinte, il a, par amour de cette femme, accepté de donner son nom à l’enfant. Une femme n’a pas du tout le même besoin qu’on reconnaisse légalement sa maternité. C’est en accouchant et en vivant sa montée de lait que la femme a déclaré sa maternité ; d’ailleurs, les femmes, en général, ont très rarement le besoin, quelque soit le domaine, qu’on reconnaisse leur ‘paternité’, paternité d’une idée qu’elles ont émises par exemple, pas plus qu’elles n’ont besoin que leur enfant porte leur nom pour savoir vraiment qu’il est le leur, ou que l’enfant sache qu’elle est leur mère. […]» 23 (Lire la suite) (Cf. Droit. Code civil, Femmes. Mères. Nom, Féminisme. Antiféminisme, Patriarcat. Pères, Penser. Idée, «Sciences» sociales. Psychanalyse)

Famille (Empire / pouvoir des femmes) : Le pouvoir, l’empire des femmes dans la famille, si, génériquement, évoqué tel que, sans autre précision concernant le cadre politique, juridique, historique dans lequel il s’insère : grossier mensonge dont la fonction est de cautionner la perpétuation des droits des hommes dans et sur ‘la famille’ et donc sur et contre les femmes. Innombrables exemples, dans la littérature notamment…

Famille (Enfant handicapé) : Extrait d’un dialogue en 2015 entre une journaliste et une mère d’enfant handicapée, Eglantine Eméyé.
- Question de la journaliste :Cette histoire qui s’est passée il y a quelques semaines dont on a beaucoup parlé, la petite Méline…avec cette maman qui a choisi d’abréger les souffrances de sa fille de 8 ans, polyhandicapée ou très handicapée, pour, je cite : «elle le vit comme un acte d’amour parce qu’elle ne voyait pas d’issue heureuse». Elle a été condamnée à 5 ans de prison avec sursis. Je ne vous demande pas de commenter la décision de justice, évidemment. Mais est ce que vous pouvez comprendre le geste de cette mère ?
- Réponse : Pour parler crument. 1. Je comprends le geste de cette mère. 2. Je pense que c’est la société qu’il faut condamner.»
- Question de la journaliste : Pourquoi ?
- Réponse : On n’imagine pas la douleur que c’est. Vous avez parlé de la solitude….Les médecins ne nous tendent pas assez la main. J’ai cherché des solutions. Je suis journaliste ; je sais où frapper, je sais quelles portes aller ouvrir. Je me suis sentie extrêmement seule. Il y a un manque de structures. Dans mon cas, Samy ne dormait jamais, jamais plus de trois heures. Et les réveils, c’était d’un violence insoutenable. Moi, je suis sa maman ; lutter physiquement contre mon fils toutes les nuits, c’est quelque chose qui est inimaginable. Et quand parfois je demandais : mais bon sang ! aidez moi ! jamais personne, jamais aucun médecin, jamais aucune éducatrice, jamais personne n’a suggéré un seule fois de me relayer une nuit. Comment voulez vous, humainement, physiquement qu’on tienne. J’ai tenu, je ne sais pas par quel miracle. Je comprends que certains craquent24
- Un visage vrai de notre société. (Cf. Êtres humains. Enfants, Femmes, Justice)

Famille (Ferrer Nino) : Nino Ferrer [1934-1998], auteur de : «Mon père était ingénieur, ma mère ne faisait rien». 25

Famille (France. Normandie. 1953) : Denise Cacheux, alors assistante sociale à Caudebec en Caux (Normandie), en 1953, raconte : «J’avais à peu près six décès par semaine d’enfants de méningite tuberculeuse. […] C’était des masures au toit de chaume, à terre battue, pièce unique, une seule chambre, un seul lit où couchait le père, le grand père, le fille, la cousine, elles passaient à la casserole avec tous les mecs qui étaient dans le lit, et on ne savait pas qui était le père du bébé qu’elles attendaient ; elles étaient incapables de le dire. […]» 26 (Cf. Patriarcat, Êtres humains. Enfants, Violences incestueuses, Violences contre les femmes)

Famille (France. Police. 2017) : Lu dans la présentation par Le Canard enchaîné du livre de Pascal Dupont, Le retour impossible. À nos enfants égarés (Édition First. 2017] consacrés aux parents des enfants partis en Syrie : «Pascal Dupont, journaliste, nous dit avoir pris ‘une claque’ en rencontrant, de Molenbeek à Sevran, les parents affolés, désemparés de ces gamins qui, ont filé vers le djihad. Il dit leur désespoir, et leur amertume aussi de se sentir délaissés, méprisés, parfois même accusés par les autorités. ‘Silence, à terre !‘ ont jeté les flics antiterroristes à une mère dont la fille, partie en Syrie était mariée à un djihadiste, tué au combat. Comme si elle y était pour quelque chose, elle qui se ronge de l’absence et du sort fait au femmes dans les rangs terroristes…Celui d’un bout de viande consacré à la reproduction.» 27 (Cf. Femme. Mères, Patriarcat, Politique. État, Violences à l’encontre des femmes)

Famille (France. Université. Janvier 2017) : Lu dans Le Monde. 14 Janvier 2017 concernant l’entrée à l’Université : «[...] Un projet d’arrêté du ministère, qui précise les critères appliqués lors de la répartition des candidats en licence effectuée par l’algorithme d’APB, sera examiné par les élus de la communauté universitaire lors du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche, mardi 17 janvier. D’après ce texte, la priorité sera toujours donnée aux candidats de l’Académie d’obtention du bac et de résidence, puis en fonction de l’ordre des vœux, et enfin en tenant compte de la situation de famille, ce qui est nouveau : une priorité sera accordée à ceux qui sont mariés, pacsés, en concubinage ou ont une ou plusieurs personnes à charge, ce qui ne devrait avoir qu’un impact limité pour ces jeunes28
- Réaction de Patricia Mercader : «Une décision est en train de se prendre, dans la plus grande indifférence, au sujet de l’entrée à l’université, et sous prétexte de ne surtout pas recourir à une sélection quelconque. Cette décision d’une perversité consternante est une véritable insulte à tous les idéaux universitaires. Ainsi donc, au lieu de dire à nos jeunes en terminale de travailler dur pour avoir une bonne mention au bac et de meilleures chances pour construire leur avenir, nous pourrons toujours les inviter 1/ à rester dans leur ville de naissance, 2/ à se marier ou mettre en couple au plus vite et 3/ tout bien pesé, à se résigner à subir un destin qui leur échappe, puisque la décision finale relève d'un tirage au sort.» 29

Famille (Frère et sœur) (1) : La comtesse d’Agoult (Daniel Stern) [1805-1876] évoquant dans ses Mémoires, les relations entre elle et son frère écrit : [ …] «Bien qu’il fut un peu timide d’esprit, il prenait goût aux hardiesses du mien, et se bornait à dire, en souriant, que la nature apparemment s’était trompée en faisant de lui le frère et de moi, la sœur. Les rôles changés, ajoutait-il, tout eut été au mieux, aucune difficulté ne fut survenue, et nos destinées à tous deux eussent été parfaites30
- Constat personnel et politique qui vaut pour tant…

Famille (Frère et sœur) (2) : On lit dans les Mémoires d’Édith Stein [1891-1942] : «Il était courant dans ces temps là que les sœurs travaillent dur pour permettre à leurs frères de faire des études à l’Université.» 31
- Constat valable pas uniquement pour les familles juives, aisées, allemandes du début du XXème siècle…

Famille (Frère et sœur) (3) : Dans Ma vie de Lou Andreas Salomé [1861-1937] –elle était seule fille de la famille qui comportait en outre cinq frères - rapporte qu’à la mort de leur mère, en 1913 [elle avait donc 52 ans] ses frères «doublèrent sa part d’héritage». «Quand je leur réclamai énergiquement le testament, ils me répondirent que cela ne me regardais nullement : n’étais-je pas une fois pour toutes leur ‘petite sœur d’autrefois’ ?» 32 (Cf. Patriarcat, «Sciences» sociales. Économie)

Famille (Frère et sœur) (4) : Adam Smith [1723-1790], dans son livre, Théorie des sentiments moraux [1759] concernant les familles où règnent «l’amour et l’estime mutuels» en précise les conditions, et notamment «qu’aucune opposition d’intérêt ne divise les frères et qu’aucune rivalité de succès ne sépare les sœurs». 33
- Que reste t-il aujourd’hui de cette différenciation dans la réalité des familles et dans les diverses consciences collectives, en matière d’«intérêts» et de «jalousies mutuelles» (évoquées quelques lignes plus loin) ? (Cf. Famille. Héritage)

Famille (Frère et sœur) (5) : Lu dans une lettre de Benjamin Constant [1767-1830] adressée, le 3 février 1791, à Madame X (inconnue) : «Je suis sûr que Léopold [’empereur Léopold II d’Autriche.1747-1792] souffre pour sa sœur [Marie-Antoinette. 1755-16 octobre 1793], mais tant qu’elle ne sera pas en lieu de sureté, je doute qu’il se hasarde à prendre sa défense haut la main34

Famille (Guéhenno Jean) : Jean Guéhenno [1890-1978], auteur de : «On me mit en nourrice. M’élever à la maison était impossible. Mes parents travaillaient tout le jour. mon père était cordonnier, ma mère était piqueuse. […]» 35

Famille (Héritage) (1) : En tentant de clore l’héritage familial, les enfants tentaient de se libérer du poids, jugé trop lourd pour eux, de leurs parents. Et se révélaient à eux-mêmes : légers…

Famille (Héritage) (2) : Isadora Duncan [1877-1227], auteure de : «Quand j’entends des pères de famille dire qu’ils travaillent pour laisser quelque chose à leurs enfants, je me demande s’ils se rendent compte qu’ils retirent ainsi de la vie de ces enfants tout esprit d’aventure. Chaque dollar qu’ils leur laisse contribue à les rendre plus faibles. Le meilleur héritage qu’on puisse laisser à un enfant est de lui permettre de faire son chemin tout seul.» 36(Cf. Femme. Remarquable, Êtres humains. Enfants, «Sciences» sociales. Économie)

Familles (Juives. Paris. 1942) : Hélène Berr [1921-1945] écrit, dans son Journal, à la date du 23 Juillet 1942 (après la rafle du Vel d’hiv) : «J’ai travaillé de 2 heures à 5 h 30 hier, et de 9 heures à 12 heures ce matin, [29] rue de la Bienfaisance [Bureau de l’UGIF. Union générale des Israélites de France, créé le 29 novembre 1941] […] Toute la journée, c’est un défilé ininterrompu de femmes qui ont perdu leurs enfants, d’hommes qui ont perdu leurs femmes, d’enfants qui ont perdu leurs parents, de personnes qui viennent demander des nouvelles d’enfants et de femmes, d’autres qui viennent proposer d’en recueillir. Des femmes pleurent. Une s’est évanouie hier. […] Hier soir, il est arrivé un train entier d’enfants de Bordeaux et de Belfort ; des trains comme pour des colonies de vacances, mais c’est horrible. Il y a à Drancy, des femmes en chemise de nuit. Une petite fille est venue dire que l’on avait emmené son père et sa mère, elle n’avait plus personne37

Famille («Magma») : Emmanuel Berl [1892-1976], évoquant sa «famille», emploie l’expression de «magma» ; puis, évoquant plus précisément sa ‘famille maternelle’, il utilise l’expression intéressante de «famille coagulée». Et pourtant ce ne sont pas les fortes individualités qui manquaient à cette ‘famille’… Qu’en dire alors des autres ? 38

Famille (Histoire. Margueritte Paul et Victor) : En 1906, Paul [1860-1918] et Victor [1866-1942] Margueritte publièrent un texte de 31 pages, édité par la Société d’éducation et d’action féministes, dans lequel ils revendiquaient une loi concernant le divorce fondée sur des principes beaucoup plus larges que ceux défendue par la loi Alfred Naquet (du 27 juillet 1884). On y lit notamment une critique très forte du code civil, suivie par plusieurs propositions de revendications législatives. J’en cite un passage : «Disons le vite, la plupart des lois françaises qui régissent la famille, pour ne parler que d’elle, est à l’étroit, éclate dans cette armature rigide qu’est le Code civil, promulgué en 1804 et vieux, en 1906, non point de deux cents ans, mais de deux mille ans. Fait au bénéfice de la seule famille bourgeoise, de celle qui possède, notre code a le souci du patrimoine, privilège d’une caste, beaucoup plus que le culte de la patrie heureuse, de la patrie source unique de fortune pour toutes les classes. Il consacre trop d’inégalités, trop d’injustices. On devine à chaque ligne la dure main de celui qui tenait la plume - non ces conseillers d’État, ex-révolutionnaires devenus pénitents, diables faits ermites - mais celle du maitre, de Napoléon. Le code civil respire, d’un bout à l’autre, l’âpre égoïsme bourgeois, le culte de l’argent et de la force. On y sent trop le mépris des faibles, de la femme. Il verrouille, sur l’héritage, comme le saint des saints, trop de portes. Il ne songe pas assez à la foule, qui n’hérite pas et qui a faim, à la foule de ceux qui souffrent. Il faut, si l’on ne veut pas que la Révolution se charge de déblayer ce qui, dans ce code prématurément vieilli, tombe en ruines, une évolution prompte, une réfection sans retard. Substitution, dans le régime légal, de la séparation des biens à la communauté, mariage licite à 21 ans, suppression de toutes les formalités qui l’encombrent à l’entrée, élargissement de celles qui l’étranglent à la sortie, abrogation des lois pénales en matière d’adultère, liberté de tester, recherche de paternité, abrogation des mesures iniques contre les enfants naturels, ceux dits adultérins surtout, c’est toute une (blanc)nération prompte, indispensable, de notre législation familiale !» […] 39 Forte critique, prémonitoire par ailleurs…(Cf. Droit, Famille. Divorce, Hommes. Féminisme, Patriarcat)

Famille (Monoparentale) : La formulation : «famille parentale» a, notamment, remplacé l’ancienne formulation de «filles mères». La famille dite «monoparentale», aujourd’hui, le plus souvent, concerne «une famille» dans laquelle l’homme a abandonné à une femme la [quasi] seule responsabilité des enfants ; il a pu aussi avoir été mis dehors ou jugé inutile : rarement présenté sous cet angle. La famille «monoparentale» concerne aussi enfin, les femmes qui ont estimé qu’elles pouvaient élever un enfant sans père. Là encore, comment maintenir un terme pour occulter la prise en compte de l’évolution de la société et donc empêcher son analyse la plus appropriée ? (Cf. Langage) .
* Ajout. 10 janvier 2014. Entendu : «un couple monoparental» 40 (Cf. Famille. Mariage. Pensions alimentaires, Langage, «Sciences» sociales. Sociologie)

Famille (Mouvement Français pour le Planning Familial. MFPF. 2017) : Après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, je lis parmi ses revendications, toutes aussi critiquables, lorsqu’elles ne sont pas truismes, confusions et sophismes : «Enfin, la reconnaissance pleine et entière de toutes les familles devra être effective […]» 41 (Cf. Droit. Patriarcal, Famille. Mariage pour tous)

Famille (Nombreuse. France. 1938) (1) : «Henry Bordeaux (de l’Académie française) [1870-1963], évoque, en 1938, l’existence d’un prix de 25.000 francs remis à des «familles de neuf enfants» (et plus).
En réalité, c’est aux pères de famille que cette somme est donnée.
- Voici en effet comment il fait part de l’une de ces remise de prix : «À Novalaise en Savoie, le père, coquetier de son état - c’est un métier qui consiste à courir les villages pour rassembler les œufs et les revendre en gros - bon et joyeux compagnon, a laissé le gouvernement à sa femme qui s’en acquitte à merveille et qui dirige un troupeau de seize enfants. Quand je lui demande : ‘Qu’allez vous faire de ce magot ?’ Il me montre sa femme qu’il vénère et redoute un peu et me réplique, mi grave, mi plaisant : ‘Le remettre à madame pour qu’elle s’achète une paire de culottes’42 (Cf. Culture. Académie française, Patriarcat. Père)

Famille (Nombreuse. France. 1950) (2) : Lu, évoqué, concernant la France des années 1950 : «[...] [la] sœur aînée qui n’a pu aller en classe ‘rapport au petit’.» 43 Si fréquent…
- Combien de ‘filles ainées’, ou considérées comme telles, les garçons étant exclus de l’hypothèse, dont la vie ont été sacrifiée pour s’occuper - délicat euphémisme - des suivant-es…

Famille (Nombreuse. Guadeloupe. 1964) (3) : Témoin de moralité au procès dit de Bobigny, en 1973, Madame Jacqueline Manicom, épouse Letourneur, auteure de : «J’ai fondé le centre du Planning familial en 1964 parce que j’étais affolée par le problème des naissances en Guadeloupe. J’étais bien placée pour le savoir. Je suis sage-femme et l’aînée d’une famille de 20 enfants. Ma mère a eu 20 gosses en 20 ans. Donc je connais le problème. J’ai accouché des femmes de 35 ans de leur 16ème ou de leur 20ème enfant. Le gouvernement français estimait que là-bas le Planning familial était tout à faire nécessaire.[...]» (Cf. Démographie) 44 

Famille (Orwell George) : L’épouse de George Orwell [1903-1950], Eileen O'Shaughnessy, avec laquelle il avait adopté un petit garçon de deux mois, Richard, meurt brutalement d’un cancer à 39 ans, le 30 mars 1945. Lui même, malade depuis longtemps, élèvera l’enfant avec l’aide d’une nurse, puis de sa sœur.
- Il propose à une femme amie, Anne Popham, de partager sa vie et lui écrit notamment, le 18 avril 1946 : «Ce que je vous demande en réalité, c’est si vous aimeriez être le veuve d’un homme de lettres. Si les choses restent plus ou moins comme elles sont à présent, cela peut présenter un certain intérêt, car vous verriez sans doute arriver des droits d’auteur et vous apprécieriez peut être aussi le travail de préparer des textes inédits pour la publication, etc., […]». Mais il poursuit : «Vous êtes jeune et en bonne santé et vous méritez quelqu’un de meilleur que moi. […] Je vous ai parlé directement parce que je pense que vous êtes quelqu’un d’exceptionnel.» Elle déclinera son offre. 45
- Orwell épousera, trois mois avant sa mort, le 13 octobre 1949, Sonia Brownell [1918-1980], laquelle créa (avec David Astor et Richard Rees) la George Orwell Archive et participa à l’édition en quatre volumes de ses Œuvres. (Cf. Femme. Épouse de)

Famille (Pétain) (1) : Pétain [1856-1951], auteur de : «Les familles françaises resteront les dépositaires d’un long passé d’honneur. Elles ont le devoir de maintenir, à travers les générations, les anciennes vertus qui font les peuples forts. Les disciplines familiales seront sauvegardées.» 46
Aucune politique dite familiale n’a vraiment rompu avec les fondements de cette analyse : elles se sont adaptées à certaines des évolutions de la société. (Cf. Famille. Mariage. Adultère. «Révolution nationale»)

Famille (Pétain) (2) : Le 24 septembre 1941, trois communistes ont été guillotinés. Maurice Garçon [1889-1976] rapporte, le 3 octobre 1941, dans son Journal, une discussion avec Guillaume Hanoteau [1908-1967] «qui avait vécu l’affaire heure par heure» : «Le matin de l’exécution, les magistrats avaient des gueules fausses et honteuses. Les accusés avaient meilleur air. Ils s‘exhortaient l’un l’autre au courage et n’avaient pas besoin d’exhortation. Comme les sergents de La Rochelle, ils ont demandé à s’embrasser. L’un d’eux a dit au Commissaire du gouvernement : ‘J’ai deux enfants…Leurs photos sont sur moi…Voulez vous les faire parvenir au Maréchal ? Il paraît qu’il s’intéresse aux familles’…Le commissaire a répondu oui avec gêne. Un autre a regardé les magistrats en face : Vous rendez vous compte que vous êtes des assassins ? Les magistrats ont détourné les yeux.» 47 (Cf. Droit, Justice)

Famille (Pétain) (3) : Le 17 novembre 1941, Pétain définit en seize points les principes de la Révolution Nationale. On y lit :
1° : «L’homme tient de la nature ses droits fondamentaux, mais ils ne lui sont garantis que par la communauté qui l’entoure : la famille qu’il élève, la profession que le nourrit, la nation qui le protège.» […]
12° : «L’école est le prolongement de la famille. Elle doit faire comprendre à l’enfant les bienfaits de l’œuvre humanitaire qui l’encadre et le soutient. Elle le rendra sensible à la bonté, à la grandeur, à la continuité de la patrie. Elle doit lui enseigner le respect des croyances religieuses, en particulier celles que la France a parfaites, depuis son origine, dans son existence nationale.» 48
- Un siècle et demi après la révolution française(Cf. Politique)

Famille (Politique familiale. France. 1977) : Françoise Giroud [1916-2003], auteure de : «Qu’est-ce qu’une politique familiale ? C’est une expression qui consiste à faire croire que l’on peut donner de l’argent aux uns sans le prendre aux autres, le tout enrobé de confiture par quoi maris adultères et pères démissionnaires soulagent leur conscience en exaltant le rôle sacré des mères de famille.» 49

Famille (Princesse Mathilde Bonaparte) : À 43 ans, cousine de Napoléon III, Mathilde Bonaparte [1820-1904] heureuse d’avoir reçu une médaille d’or pour ses peintures admises au Salon [de l’Académie Royale de peinture et de sculpture] de 1863, dit, en 1963 : «Enfin, je me sens quelque chose en dehors de ma famille 50

Famille (Propriété) : George Sand [1804-1876], auteure en 1848 : «Il est étrange que les conservateurs de l’ordre ancien, accolent toujours avec affectation dans leur devise menteuse ces mots de famille et de propriété, puisque l’acte de mariage tel qu’ils l’administrent et le proclament, brise absolument les droits de propriété de tout un sexe. Ou la propriété n’est pas une chose sacrée comme ils l’affirment, ou le mariage n’est pas une chose également sacrée, et réciproquement. Deux choses sacrées ne peuvent se détruire l’une l’autre.» 51
Comment une analyse d’une si fondamentale importance a t-elle pu être considérée comme (quasi) nulle et non avenue par les pensées politiques, philosophiques, par l’économie, par l’histoire des idées ? (Cf. Femme Écrivaine, Remarquable. Femme s. Mineures. George Sand, Famille. Mariage, Patriarcat, Sexe-s)

Famille (Reproduction) : La vie de cette femme a été sinon sacrifiée, du moins amputée au nom de des valeurs, qu’elles n’a pu dépasser, attachées à «la famille» dont on lui avait généreusement, sans lui demander son avis, confié la responsabilité de la gestion matérielle des tâches, sans pouvoir, ni gratification, ni reconnaissance : comment ne pas comprendre, que structurée par elles, elle les reproduisent ? Si tristement…

Famille («Sacré») : Régis Debray, en juillet 2016, a qualifié, sans plus s’y appesantir, la famille de : «noyau dur du sacré». On apprend ultérieurement qu’il qualifie «le sacré» comme exprimant ? manifestant ? , signifiant ?, symbolisant ? la «cohésion d’un collectif». 52 (Cf. Famille. Pétain, Homme «Intellectuel». France, Patriarcat)
* Ajout. 17 septembre 2016. Le même Régis Debray, en septembre 2016, ayant ainsi qualifié le sacré : «Ce qui est sacré, c’est ce qui interdit le sacrilège et rend nécessaire le sacrifice» ; ayant précisé que «c’est réapprendre à mourir, quand il le faut» ; ayant constaté qu’: «il y a des moments de l’histoire, où il y a du sacré, dans d’autres il n’y en a plus» ; après en avoir exclu «les religions» - comprenne qui pourra - , dans la poursuite d’une discussion avec Jean Claude Guillebaud, propose son analyse et affirme doctement : «Au 18ème siècle, le corps du roi était sacré ; au 19ème siècle, ce fut le corps du roi, la nation. Au 21ème, on chercherait en vain le sacré… peut être la famille. Est-ce qu’on meurt pour la famille ? C’est possible. En tout cas, dans la paix et la guerre entre les nations (Thème du débat), ce n’est pas discriminant..» 53
- Les familles, toutes égales, équivalentes, comparables, légitimes ? En tout état de cause, à le suivre, la défense de «la famille» pour R. Debray, pourrait légitimement justifier «la guerre». Qui mettrait-il en première ligne ?

Famille (Sheeman Nancy) : Nancy Sheeman, après la mort de son fils Casey, 24 ans, en Irak, avait décidé d’occuper un lieu à Crawford - qui devint «le camp Casey» - près de la résidence de George Bush afin de lui demander pourquoi son fils était mort. Lors de ce mois d’août 2005, qui fut l’un de moments forts de la lutte pacifiste contre la guerre en Irak, elle appris par internet que son mari, Pat, avait «demandé le divorce» [il lui dit qu’il «avait demandé à son avocat de ne pas rendre public ce divorce tant qu’elle n’aurait pas quitté le camp Casey»], tandis que la famille de son mari [«Grands parents, tantes, oncles et nombreux cousins de Casey Sheehan»] publièrent un communiqué de presse la désavouant et affirmant leur soutien à : «nos troupes, notre pays, et notre présidence, en silence, avec nos prières et notre respect.» Quelque temps après, une épouse d’un des cousins de son mari déclara à une radio locale que Casey «s’était engagé dans l’armée pour fuir [sa mère]» et qu’elle avait toujours été «une féministe libérale qui déteste les hommes». 54

Famille (Sénèque) : Sénèque, [4 avant J.C- 65 après J.C], auteur de : «Nous disons couramment que nous n’avons pas eu le choix de nos parents, que le hasard nous a donnés : mais il nous est possible de naître à notre guise ; les très grands esprits fondent les familles : choisis celle à laquelle tu veux t’agréger.»
- Valide pour tous et toutes. Moderne, là encore, à la condition de ne pas reproduire les structures familiales traditionnelles et les innombrables dépendances qu’elles créent.

Famille (Talleyrand) : Talleyrand [1754-1838], étant tombé d'une commode à l'âge de quatre ans, devient handicapé («pied-bot») ses parents décident alors de la destituer de son droit d’ainesse et aux fonctions militaires y afférentes et de le destiner à une carrière ecclésiastique. Il écrit dans ses Mémoires : «Cet accident a influé sur tout le reste de ma vie ; c'est lui qui, ayant persuadé à mes parents que je ne pouvais être militaire, ou du moins l'être sans désavantagé, les a portés à me diriger vers une autre profession. Cela leur parut plus favorable à l'avancement de la famille. Car dans les grandes maisons, c'était la famille que l'on aimait, bien plus que les individus, et surtout que les jeunes individus que l'on ne connaissait pas encore. Je n'aime point m'arrêter sur cette idée… je la quitte.» 55

Famille (Travail ménager) : Lu, dans un livre traduit de l’américain, publié en France en 1979, Votre première année de mariage. Guide des fiancés et des jeunes mariés : «Je me rappelle, écrit l’auteur, une jeune fille d’une famille aisée qui avait épousé un garçon d’un milieu plus simple : chez ses parents, il y avait une employée ; chez lui, sa mère ne disposait que rarement de l’aide d’une femme de ménage. Cette jeune femme fut très péniblement surprise de constater que son mari s’attendait à la voir faire le ménage et vider la poubelle : «Lui demander, à elle, de faire ça ! C’était impossible ! » Le mari, lui, estima que sa femme était une enfant incroyablement gâtée, et lui demanda quand elle deviendrait une grande personne…» À lier l’analyse féministe (aisée) avec une analyse en terme des classes sociales…56 (Cf. Patriarcat. Division sexuelle du travail)

Mariage (Travail salarié) : Entendu ce jour (10 septembre 2015) la formule, fréquente m’a t-il été dit, dans le milieu des femmes salariées africaines en France : «Le travail, c’est ton premier mari».
* Ajout. 13 février 2013. Charles Aznavour, auteur de : «Comme dit ma femme: ‘Mon métier, c’est ma maîtresse’. Je la trompe tous les jours.» 57 Un poncif ? (Cf. Patriarcat. Division sexuelle du travail)

Famille (Vie - dite - privée) (1) : Les termes de «vie» et de «privé» ne peuvent coexister : ils ressortissant de sphères d’analyse différents. (Cf. Politique. Vie-dite-privée)

Famille (Vie - dite - privée) (2) : Encore trop souvent, on reproduit, par le langage, les schémas selon les quels les hommes auraient une vie dite-privée et les femmes, une vie dite-de-famille. Non sans contradictions, car «la famille» est censée être le lieu, la sphère, la structure du «privé»…(Cf. Langage, Politique. Vie - dite - privée)

Famille (Vie - dite - privée) (3) : Alain [1866-1951], peut-on lire, épousa le 30 décembre 1945, à 77 ans, une femme autrefois aimée «afin de mettre un terme au désordre de sa vie privée.» 58 (Cf. Homme. Intellectuels, Mariage, Politique. Vie-dite-privée)

Famille (Vie - dite - privée) (4) : Lu sur Wikipédia : «La vie privée d'Isadora Duncan comporte de nombreux drames, spécialement après la noyade dans la Seine de Deirdre et Patrick [ses deux enfants] lors d'un accident survenu le 19 avril 1913.»
- Décidément, c’est le terme même et ce qu’il charrie de confusions qu’il faut revoir de fond en comble.

Famille (Vie - dite - privée) (5) : Lu dans le livre d’un des fils de Georges Bernanos consacré à son père : «Signe d’estime et de confiance, de Gaulle tint à présenter à mon père, sa fille, Anne, handicapée59

II. Mariage :

Famille (Mariage) : La critique la plus fondamentale du mariage…et de ses avatars : il subsume l’un-e dans le deux. Dès lors, l’idée même de «couple» à égalité, devient impensable. (Cf. Famille, Mariage «pour tous»)

Famille (Mariage. Abolition. Sand George) (1) : George Sand [1804-1876], auteure dans Jacques [1834] de ces (supposés) échanges épistolaires :
- À Jacques : «Toi, songer au mariage ! cela me paraît si extraordinaire ! Vous êtes si peu fait pour la société ! Vous détestez si cordialement ses droits, ses usages et ses préjugés ! Les éternelles lois de l’ordre et de la civilisation, vous les révoquez encore sans doute, et vous n’y cédez que parce que vous n’êtes pas absolument sûr que vous deviez les mépriser ; et avec ces idées, avec votre caractère insaisissable et votre esprit indompté, vous allez faire acte de soumission à la société, et contracter avec elle un engagement indissoluble ; vous allez jurer d’être fidèle éternellement à une femme, vous ! Vous allez lier votre honneur et votre conscience au rôle de protecteur et de père de famille ! [...]»
- Réponse de Jacques : «[…] Je n’ai pas changé d’avis, je ne suis pas réconcilié avec la société, et le mariage est toujours, selon moi, une des plus barbares institutions qu’elle ait ébauché. Je ne doute pas qu’il soit aboli, si l’espèce humaine fait quelque progrès vers la justice et la raison ; un lien plus humain et moins sacré remplacera celui-là et saura assurer l’existence des enfants qui naîtront d’un homme et d’une femme, sans enchaîner à jamais la liberté de l’un et de l’autre. […]»
- Lettre de Jacques à sa future femme : «J’ai à vous faire un serment ; je vous prie de l’enregistrer et de relire cette lettre toutes les fois que les propos du monde ou les apparences de ma conduite vous feront craindre quelque tyrannie de ma part. La société va vous dicter une formule de serment. Vous allez jurer de m’être fidèle et de m’être soumise, c’est à dire de n’aimer jamais que moi et de m’obéir en tout. L’un de ces serments est une absurdité, l’autre une bassesse. Vous ne pouvez pas répondre de votre cœur, même quand je serais le plus grand et le plus parfait des hommes ; vous ne devez pas me promettre de m’obéir, parce que ce serait nous avilir l’un et l’autre. […]» 60
* Alfred Naquet [1834-1916] initiateur de la loi sur le divorce du 27 juillet 1884, en exergue de son livre, La loi du divorce [1903], mit dans la bouche de George Sand ce qu’elle avait mis dans la bouche de Jacques : «Le mariage est selon moi une des plus barbares institutions que la société ait ébauchées. Je ne doute pas qu’il soit aboli, si l’espèce humaine fait quelques progrès vers la justice et la raison ; un lien plus humain et non moins sacré remplacera celui-là et saura assurer l’existence des enfants qui naitront d’un homme et d’une femme, sans enchaîner à jamais la liberté de l’un et de l’autre.» 61
- La revendication de l’abolition du mariage, toujours essentielle, toujours d’actualité, a été étouffée, retardée par le mariage dit «pour tous». (Cf. Famille. Mariage pour tous)

Famille (Mariage. Adultère) (1) : Très bien vu par les hommes d’en vanter publiquement les mérites ; supportent beaucoup moins bien la réalité quand elle les concerne. Banal certes, mais peut être rappelé. (Cf. Femme. Adultère)

Famille (Mariage. Adultère) (2) : En supprimant l’institution mariage, on supprime l’adultère. On ne supprime ni la tromperie, ni le mensonge, ni la douleur, ni les réflexions sur la liberté, la dépendance, et le consentement. Ni surtout l’idée même de fidélité et ses multiples composantes…

Famille (Mariage. Adultère. Barrault Jean-Louis) : Jean-Louis Barrault [1910-1994] se souvient d’une discussion entre lui, son frère et sa mère («très libre»), en présence de sa grand-mère concernant «l’acte charnel» : «Ma grand-mère était une sainte femme, distinguée, réservée, sensible. […] De honte, elle rougissait un peu, puis tout à coup, entre deux cliquetis d’aiguilles, elle nous décrocha d’une voix très douce : ‘Eh bien moi, mes enfants ! Si je n’avais pas trompé votre grand-père, je n’aurais jamais joui de ma vie’. Et elle se remit au chandail qu’elle me destinait pour l’hiver.» 62

Famille (Mariage. Adultère. Catholicisme) (1) : «Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre.» À généraliser. 63

Famille (Mariage. Adultère. Catholicisme) (2) : Évangile selon Saint Mathieu. [V.27,28] : «Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur» ; suivi de (V.31, 32) : «Il a été dit également : Si quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de répudiation. Eh bien ! Moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère ; et si quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère.»

Famille (Mariage. Adultère. Constant Benjamin) : Benjamin Constant [1767-1830], dans son Journal intime, en 1804, concernant sa critique de La mère coupable de Beaumarchais [1732-1799], auteur de : «Il est presque impossible de faire paraître un époux trompé dans la genre noble, à moins que ce ne soit dans la tragédie, parce qu’il peut tuer l’infidèle et que la mort relève tout.» 64 (Cf. Violences à l’encontre des femmes)

Famille (Mariage. Adultère. Smith Adam) : Adam Smith [1723-1786], auteur de : «L’adultère imagine qu’il ne fait pas de mal quand il corrompt la femme d’un ami, pourvu qu’il mette son intrigue à l’abri des soupçons du mari, et que cela ne dérange pas la paix de la famille. Dès lors que nous nous autorisons de tels raffinements, il n’y a pas de crime si grand dont nous ne puissions nous rendre coupable.» 65
- Y voit-on plus clair ? Oui, concernant la première critique, au moins, un peu. (Cf. Politique. Morale)

Famille (Mariage. Adultère. «Révolution nationale») : Décision de justice (s.d., mais avant 1943) : «Attendu… que la femme P. qui, pour satisfaire ses passions, a abandonné son mari et ses six enfants, et le dénommé D. qui n’a pas hésité à détourner une épouse et une mère de famille à ses devoirs naturels, méritent l’un et l’autre une sanction sévère ; que ce serait une pernicieuse erreur de considérer l’adultère comme étant uniquement, ou même principalement, un délit d’ordre privé ; qu’au contraire, en détruisant les foyers, il ébranle les fondements mêmes de la société ; que les efforts actuellement entrepris pour diminuer le nombre de divorces, assurer la protection de l’enfance ou réprimer l’avortement et l’infanticide ne produiront leurs effets que dans la mesure où l’on attaquera le mal à la racine ; l’indiscipline des mœurs ; / que la rénovation de la famille française ne saurait se concilier avec une indulgence excessive pour un délit dont les répercussions sociales sont suffisamment graves ; / par ces motifs, condamne la femme P. à une peine d’un mois d’emprisonnement, condamne D. à un mois de prison et 1000 francs d’amende(Cf. Famille. Pétain)
En 1975, environ trente ans après Pétain, en plein épanouissement des bouleversements féministes, cette citation a été présentée par le psychanalyste auteur du livre Les pousse-au-jouir du maréchal Pétain [d’où cette décision de justice est extraite] en ces termes : «Quand le dénommé D. monte sur la femme P., le nouvel ordre social tremble sur ses bases66
On appréciera la délicatesse de l’analyse et la compréhension des enjeux politiques de ce jugement… (Cf. Féminisme. Antiféminisme, Patriarcat)

Famille (Mariage. Âge du) (1) : Du 27 mars 1804 au 5 avril 2006, l’article 144 du Code civil était rédigé ainsi : «L'homme avant dix-huit ans révolus, la femme avant quinze ans révolus, ne peuvent contracter mariage
- Du 5 avril 2006 au 19 mai 2013, le code civil pose que : «L'homme et la femme ne peuvent contracter mariage avant dix-huit ans révolus.»
- Depuis le 19 mai 2013, on lit : «Le mariage ne peut être contracté avant dix-huit ans révolus.» Qu’en conclure ? Une avancée de l’égalité entre hommes et femmes ? Ou, plutôt, un amoindrissement des rapports de domination des hommes sur les femmes. Mais, alors, quelle signification notamment accorder à la disparition de «l’homme et la femme»? (Cf. Politique. Égalité, Patriarcat)

Famille (Mariage. Âge du) (2) : Benjamin Constant [1767-1830] dans son Journal intime, auteur en 1804 de : «J’ai vu la jeune Laure d’Arens. Si j’avais à me marier, j’épouserais une fille de seize ans. Il y aurait profit clair de trois à quatre ans pendants lesquels une femme de cet âge ne peut prendre une existence indépendante. Ensuite, cela revient peut être au même, mais on a joui d’un moment de répit. Gain positif et puis on a la chance d’influer sur le caractère qui se forme en lui donnant la direction que l’on désire. Je ne donne pas cette dernière chance comme très probable, mais en épousant un caractère formé, il n’existe plus de doute. Car ce caractère qui existe déjà, vous ne le connaissez même pas. Dans une fille de seize ans on voir le caractère se former et l’ennemi étant vu à son arrivée, vous pouvez d’autant mieux prendre vos précautions. […]» 67
- On ne peut pas reprocher à Benjamin Constant de faiblesse d’analyse en matière de logique utilitariste. (Cf. Patriarcat)

Famille (Mariage. Âge du) (3) : En lisant un Dictionnaire des femmes célèbres, j’ai été frappée par la jeunesse de l’âge du mariage de nombre d’entre elles : Aïcha (l’une des épouses de Mahomet) [614-678] : 9 ans ; Aliénor d’Aquitaine [1122-1204] : 15 ans ; Anne de Bretagne [1477-1514] : 15 ans ; Laure de Berny [1777-1836] : 16 ans ; Marie Letizia Ramolino (mère de Bonaparte) [1750-1835] : 14 ans ; Catherine Parr (sixième épouse d’Henri II) [1512-1545] : «enfant» ; Christine de Pisan [1364 ? -1430] : 15 ans ; Princesse Anne de Mendoza y la Cerda (maitresse de Philippe II) [1540-1592] : 15 ans ; Isabelle (reine de Portugal) [1271-1336] : 12 ans ; Elisabeth d’Autriche [1554-1592] : 16 ans ; Elisabeth de Hongrie (sainte) [1207-1231] : 14 ans ; Béatrice [1475-1497] : fiancée à 5 ans, mariée à 14 ans ; Comtesse de Genlis [1746-1830] ; 16 ans ; Olympe de Gouges [1748-1793] : veuve à 16 ans ; Madame de Guyon de Chesnoy [1648-1717] : 16 ans ; Isabeau de Bavière [1371-1435] : 15 ans ; Isabelle de France (reine d’Angleterre) [1389-1409] : 6 ans ; Jeanne d’Albret [1528-1572] : 12 ans ; Julie (fille d’Auguste et de Scribonie) [39 avant J.C - 14 après J.C] : 14 ans ; Louise de Savoie (régente de France) [1476-1531] : 12 ans ; Eliza Lynch (régente du Paraguay) [1835-1886] : 16 ans ; Duchesse du Maine [1676-1753] : 16 ans ; Marie Stuart [1542-1587] : fiancée à 5 ans, mariée à 15 ans ; Marie-Antoinette [1755-1793] : 15 ans ; Marquise de Sablé [1599-1678] : 15 ans ; Catherine Sforza [1462-1509] : 15 ans ; Marie Wollstonecraft Shelley [1797-1851) : 15 ans ; Madame Tallien [1783-1835] : 16 ans ; Princesse de la Trémoille [1642-1722) : 15 ans…68

Famille (Mariage. Âge du) (4) : Je lis dans Imperium de Ryszard Kapuscinski [1932-2007] le récit de l’un de ses voyages en Turkménie (soviétique) (s.d. autour des années 1960 ?) concernant le partage de l’eau, et donc sa répartitions par les canaux [aryk] dans les champs, «un événement aussi important qu’une déclaration de guerre ou qu’une armistice». «Les riches avaient des grands aryks, les pauvres des petits aryks […] L’eau était un objet de spéculation, un produit côté au marché noir. Il existait une bourse de l’eau, des hausses de l’eau, des krachs de l’eau. Sur elle, les hommes édifiaient des fortunes, à cause d’elle, ils faisaient faillite. L’eau engendra diverses coutumes que seule la révolution (soviétique) réussit à faire disparaître. La femme n’était guère concernée par le partage. Seuls les hommes mariés pouvaient prétendre à l’eau. Le père qui venait d’avoir un garçon, mariait le nouveau né à une jeune fille adulte. En tant qu’homme marié, le bébé recevait sa part d’eau. Pour les hommes qui avaient beaucoup de garçons, c’était un moyen de s’enrichir. Ce n’est qu’en 1925 que le premier Congrès des soviets de Turkménie, par un décret révolutionnaire interdit les mariages des nouveaux nés et accorda aux femmes le droit à l’eau.» 69 (Cf. Politique. Égalité, Patriarcat, «Sciences» sociales. Économie)

Famille (Mariage. D’Agoult Marie) (1) : Pour une présentation critique des mariages aristocratiques, qui marquèrent fortement de leur empreinte les mariages bourgeois, au XIXème siècle, lire les chapitre XIV à XVII des Souvenirs et Mémoires de la Comtesse d’Agoult [1805-1876] : «Mariages à la française». En voici le début : «On sait que, dans l’opinion française, un mariage d’inclination est réputé sottise ou folie, pis que cela, chose malséante et de petit monde. Le mariage, aux yeux des Français, c’est un arrangement, un calcul : deux fortunes qui se joignent pour créer une fortune plus grande, deux crédits qui s’associent pour fournir un crédit plus grand. Les deux plus grandes fortunes et les deux plus grands crédits réunis, c’est l’idéal. […]» 70 (Cf. «Sciences» sociales. Histoire)

Famille (Mariage. Antisémitisme. Nazisme) : Loi du 15 septembre 1935 pour «la protection du sang allemand et de l’honneur allemand» : «Pénétré de la conscience que la pureté du sang allemand est la prémisse de la perpétuation du peuple allemand et inspiré de la volonté indomptable d’assurer l’avenir de la nation allemande, le Reichstag a adopté à l’unanimité le loi suivante, qui est proclamé par els présentes :
&1.- Les mariages entre Juifs et sujets de sang allemand ou assimilés sont interdits.
& 2.- Le rapport extra-marital entre Juifs et sujets de sang allemand ou assimilés est interdit
.» […] 71 (Cf. Politique. Élections. Nation. Sexe-s []»

Famille (Mariage. Argent. France. Début XXème siècle) (1) : Lu dans un livre paru en 1980 : «À ma naissance, mes parents habitaient Béziers. Mon père avait suivi son meilleur ami, avec qui il avait fait ses études de médecine et qui avait épousé la fille d’un grand chirurgien de là-bas. Il paraît qu’il y avait une grosse clinique dans la corbeille de mariage. Mariage conclu grâce à une petite annonce parue dans un journal médical. Le beau-père avait fait un lot, la fille et la clinique. Le gendre avait pris le tout, bien que la fille ne soit pas son genre. Il aimait les grandes blondes, elle était petite et brune. […] Dans cette société provinciale, lorsqu’une jeune fille se mariait, on disait seulement : ‘Combien vaut la bague ?’» 72

Famille (Mariage. Argent. Inde. 2013) (2) : Dans le film indien, The lunch box, [2013] une fille évoque avec sa mère l’aide de son mari afin qu’elle puisse continuer de prendre en charge les frais médicaux de leur père et mari. Sa mère refuse, avec cet argument : «Une femme qui demande à son mari, tu trouves ça convenable ?».
- On peut noter par ailleurs l’absence de complément d’objet direct au verbe «demander». (Cf. Culture, Cinéma)

Famille (Mariage. Article 213 du Code civil français) : L’article 213 du Code civil, prescrivit depuis 1804 l’«obéissance» de la femme à son mari, puis évoqua le «chef de famille», et fut enfin remplacé par : «Les époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille». Penser que la nouvelle rédaction dudit article a fait disparaître la domination patriarcale relève de la pensée magique. Savoir qu’il n’en est rien et n’en rien faire relève de la pensée utilitariste et/ou cynique, la distinction entre les deux termes étant faible. (Cf. Droit, Femmes. Imaginaire, Famille. Mariage. Obéissance, Justice, Politique. Obéissance, Patriarcat)

Famille (Mariage. Article 475 du Code pénal marocain) : L’article 475 du code pénal Marocain a été dénoncé avec force par des femmes marocaines après le suicide d’Amina, 16 ans, contrainte d’épouser l’homme qui l’avait violée. Le voici : «Quiconque, sans violences, menaces ou fraudes, enlève ou détourne, ou tente d'enlever ou de détourner, un mineur de moins de dix-huit ans est puni de l'emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 200 à 500 dirhams. Lorsqu'une mineure nubile ainsi enlevée ou détournée a épousé son ravisseur, celui-ci ne peut être poursuivi que sur la plainte des personnes ayant qualité pour demander l'annulation du mariage et ne peut être condamné qu'après que cette annulation du mariage a été prononcée.»
Article à supprimer de toute urgence, mais en précisant que cet article ne concerne pas le viol, défini par l’article 486 ainsi : «Le viol est l'acte par lequel un homme a des relations sexuelles avec une femme contre le gré de celle-ci.»
* Ajout. 22 Janvier 2014. L’alinéa de cet article 274 a été supprimé le 22 janvier 2014. Pour Fatima Maghnaou, «responsable d'une ONG soutenant les victimes de violences» : «C'est un pas très important, mais qui n'est pas suffisant [...]. Nous appelons à une révision complète du code pénal pour les femmes». 73 (Cf. Famille. Codes de la famille, Patriarcat, Violences contre les femmes)

Famille (Mariage. Balzac) : La morale / conclusion du livre de Balzac [1799-1850] Mémoires de deux jeunes mariés [1840] : «[…] Oui, la femme est un être faible qui doit, en se mariant, faire un entier sacrifice de sa volonté à l’homme, qui lui doit en retour le sacrifice de son égoïsme. Les révoltes et les pleurs que notre sexe a élevées et jetées dans ces dernières temps avec tant d’éclat sont des niaiseries qui nous méritent le nom d’enfants que tant de philosophes nous ont donné.»
- Au delà, mais en lien, ce livre est construit sur la question de savoir si le mariage peut / doit «avoir pour base la passion, ni même l’amour.» 74 La réponse donnée est négative. (Cf. Homme. Remarquable. Balzac, Féminisme. Antiféminisme)

Famille (Mariage. Becker Paula) : Paula Becker [1876-1907], auteure de : «L'expérience m'a enseigné que le mariage ne rend pas plus heureuse. Il ôte l'illusion, autrefois omniprésente dans tout l'espace, qu'il existe une âme sœur. Le sentiment d'incompréhension est doublé, car toute la vie antérieure au mariage avait consisté à trouver un espace de compréhension. J'écris ceci dans mon livre de cuisine, le dimanche de Pâques 1902. Je suis assise dans ma cuisine et je prépare un rôti de veau.» 75 (Cf. Femme. Artiste)

Famille (Mariage. Blum Léon) : Léon Blum [1972-1950] auteur, en 1905, de : «Les plus pitoyables victimes du mariage sont les femmes qui en ont le plus loyalement accepté les clauses76 Renouvelle le concept de «contrat». (Cf. Politique. Concept. Contrat)

Famille (Mariage. Bussy-Rabutin, Comte de) : Le comte de Bussy-Rabutin [1618-1693], auteur de : «Pour moi, que me trouvais fort rebuté par la fortune […] je résolus de chercher de la subsistance dans un mariage. Je le haïssais naturellement, parce que j’étais ennemi de toute contrainte ; mais je haïssais encore plus la pauvreté.» 77 Certains savent d’emblée aller à l’essentiel…(Cf. «Sciences» sociales. Économie, Patriarcat)

Famille (Mariage. Catholique) : Lu dans un livre de 1959 consacré aux «missions catholiques en milieu ouvrier» (communément nommés : les «prêtres ouvriers»), au chapitre «Mariage» : «Les mêmes précautions jouent : là plus qu’ailleurs, l’affirmation de la foi doit être exigée des futurs puisqu’on sait bien qu’ils engagent leurs enfants à venir. Que l’on rende beaucoup plus concrète l’enquête canonique prévue. Au lieu de dire par exemple : ‘Savez vous bien que le mariage exige l’unité et l’indissolubilité et donc défend l’infidélité et le divorce ?’ – Proposez : ‘En vous mariant à l’Eglise, renoncez vous au droit au divorce que vous donne la mairie ?’. ‘Savez vous que l’avortement est un crime et un assassinat, etc.,» 78 (Cf. Violences à l’encontre des enfants. Fessée)

Famille (Mariage. Céline Louis Ferdinand) : Céline [1894-1961], dans une lettre de 1926, adressée à sa femme qui avait «entamé une procédure de divorce») lui écrit : […] «Il faut que tu découvres quelque chose pour te rendre indépendante à Paris. Quant à moi, il m’est impossible de vivre avec quelqu’un - je ne veux pas te traîner pleurarde et miséreuse derrière moi, tu m’ennuies, voilà tout - ne te raccroche pas à moi. J’aimerais mieux me tuer que de vivre avec toi en continuité - car sache-le bien et ne m’ennuie plus jamais avec l’attachement, la tendresse - mais bien plutôt arrange ta vie comme tu l’entends. J’ai envie d’être seul, seul, seul, ni dominé, ni en tutelle, ni aimé, libre. Je déteste le mariage, je l’abhorre, je le crache ; il me fait l’impression d’une prison où je crève.» […]
- En note de ce texte, il est écrit dans La Pléiade : «Cette lettre injurieuse, écrite sans doute dans le cadre de cette procédure (de divorce) comme c’était la coutume à l’époque pour justifier la demande de l’épouse, figure dans le dossier79
Pourquoi ainsi, sans preuve, déresponsabiliser, si aisément, si légèrement, Céline de cet écrit ? Tandis que la référence à «la coutume» ne fait pas de place à l’analyse critique du droit en vigueur. (Cf. Droit, Patriarcat)

Famille (Mariage. Chine, Proverbes. 1950) : «Dans le lit, femme et mari» ; «Hors du lit, maître et servante» ; «Épouser un chien, suivre un chien ; Épouser un coq, suivre un coq» ; «La femme mariée est semblable au contenu d’un seau ; Quand on a jeté l’eau on ne peut plus la ramasser» (ce qui signifie que les filles, une fois mariées, ne font plus partie de la maison de leurs parents, quelque soit la manière dont elle est traitée par son mari et/ou sa belle-famille). 80

Famille (Mariage. Comtesse de Ségur) : La comtesse de Ségur [1799-1844] écrit, dans un lettre adressée à son fils aîné, Gaston, le 6 décembre 1854 : «On m’a écrit ici que M. de B. épousait Y de S. Elle fait bien et il ne fait pas mal. Il est bête, elle est bonne. Cela ira très bien.» 81

Famille (Mariage. Constant Benjamin) (1) : Benjamin Constant [1767-1830], dans son Journal intime, en 1794, après avoir évoqué une «description charmante» qui lui a été transmise d’un projet de mariage d’une jeune femme de sa connaissance, poursuit : «Hélas, derrière les rideaux qui vont s’entrouvrir, elle ne trouvera qu’un lit, qui aura bien son prix pendant quelques temps, un mari en bonnet de nuit qui s’ennuiera bientôt d’elle, puis la monotonie, le vide, le commérage et le manque de but qui distingue le meilleur des mondes82 (Cf. Famille. Mariage. Âge du)

Famille (Mariage. Constant Benjamin) (2) : Benjamin Constant [1767-1830], dans son Journal intime, en 1806, auteur de : «[…] Sauf votre respect, ma chère tante, je ne puis en démordre sur le mariage. Que des hommes vieux et laids, veufs et peu fortunés, comme on m’a peint M. de Bolnay, épousent de jeunes, riches et jolies personnes, cela prouve bien plus de penchant pour l’hymen dans celles-ci que dans ceux-là. Au reste, j’en suis charmé, car si avec le démon de la prédestination qui me domine, j’arrive à réunir ces diverses qualités, je serais charmé de me trouver encore épousable.» 83 (Cf. Famille. Mariage Âge du. Morale)

Famille (Mariage. Contrat) (1) : Le mariage : un contrat ? Non. L’institutionnalisation d’une mise en dépendance, d’une subordination, d’une obéissance obligée d’une personne (une femme) à une autre (un homme). En outre, les personnes riches, ayant des biens à garantir, faisaient, devant notaire, la veille du mariage (civil, religieux) un véritable contrat précis, écrit, concernant la propriété respective des biens. Les autres se contentaient d’un «oui» devant le maire. Permanence de la supériorité de l’argent sur la loi civile, elle, mise en œuvre par l’État… (CF. Politique. État, Loi)

Famille (Mariage. Contrat) (2) : Le code Napoléon en 1804 du fait du seul «oui» dit le jour du mariage, non seulement dépossédait les seules femmes, mais leur interdisait, à l’exception des «marchandes», le droit de contracter, «contrat» pourtant au fondement théorique du libéralisme. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? (Cf. Politique. Libéralisme, Patriarcat, Contrat)

Famille (Mariage. Contrat. Mill Stuart) (1) : L’analyse de Stuart Mill [1806-1876] concernant l’impossibilité théorique d’un contrat d’esclavage s’applique aussi au pseudo-contrat de mariage. La voici : «Un contrat d’esclavage est nul et non avenu. En se vendant comme esclave, un homme abdique sa liberté ; par cet acte unique, il renonce à tout usage futur de sa liberté. Il détruit donc dans son propre cas, le but même qui justifie la permission de disposer de lui-même. Ce n’est pas la liberté que d’avoir la permission d’aliéner sa liberté.» 84

Famille (Mariage. Contrat. Mill Stuart) (2) : Voici la déclaration de Stuart Mill [1806-1876] à l’occasion de son mariage avec Harriet Taylor [1807-1858] [Statement on mariage. 6 mars 1851] : «Étant sur le point, si j’ai le bonheur de recevoir son consentement, de m’unir par les liens du mariage avec la seule femme que j’aie jamais voulu épouser et étant donné que nous sommes tous deux en désaccord complet et absolu avec la nature du mariage tel qu’il est défini par la loi, et ce pour de nombreuses raisons dont le fait qu’il confère juridiquement à l’une des deux parties signataires du contrat l’autorité et le pouvoir sur l’autre partie, c’est-à-dire sa personne, ses biens et sa liberté d’action, indépendamment de ses désirs et de sa volonté, et n’ayant à ma disposition aucun moyen légal de me soustraire à ces pouvoirs odieux (ce que je ferais assurément si un engagement en ce sens avait une valeur légale), je pense qu’il est de mon devoir de donner acte de ma protestation contre les lois régissant le mariage et qui confèrent ces pouvoirs et de faire la promesse solennelle que je n’en userai jamais, quelles que soient la situation ou les circonstances. Je déclare que mon intention, ma volonté et la condition même de notre engagement, si Madame Taylor et moi-même devons nous marier, sont qu’elle garde une liberté d’action la plus totale ainsi qu’une liberté de disposer d’elle-même et de tous ses biens actuels ou futurs, identique à celle qu’elle aurait sans ce mariage ; je nie et rejette absolument toute prétention à des droits que j’aurais prétendument acquis par cette union.» 85

Famille (Mariage. Contrat. Portalis) : Portalis [1747-1807], le «père du code civil» qualifiait le mariage de «contrat perpétuel par destination» 86 En creuser la signification…

Famille (Mariage. De Cleyre Voltairine) : Voltairine de Cleyre [1862-1912], auteure, en 1907, de : «[…] Mais aujourd’hui, ce n’est ni au mariage civil, ni au mariage religieux que je me réfère lorsque j’affirme : ‘Le mariage est une mauvaise action’. La cérémonie elle-même n’est qu’une forme, un fantôme, une coquille vide. Par mariage, j’entends son contenu réel, la relation permanente entre un homme et une femme, relation sexuelle et économique qui permet de maintenir la vie de couple et la vie familiale actuelle. Je me moque de savoir s’il s’agit d’un mariage polygame, polyandre ou monogame. Peu m’importe qu’il soit célébré par un prêtre, un magistrat, en public ou en privé, ou qu’il n’y ait pas le moindre contrat centre les époux. Non, ce que j’affirme, c’est qu’une relation de dépendance permanente nuit au développement de la personnalité et c’est cela que je combats. Maintenant, mes opposants savent sur quel terrain je me situe87 […] Lire la suite… (Cf. Femme . Remarquable. De Cleyre Voltairine, Famille. Mariage pour tous, Penser. Méthode)

Famille (Mariage. Dot) : Nombreux sont les hommes qui ont épousé - qui épousent toujours - des dots, leurs femmes étant les garanties de leur versement.

Famille (Mariage. Dot. Lafarge Madame) : Madame Lafarge [1816-1852], auteure de : «Je ne me croyais pas assez riche pour être marchandée, et quand je donnais ma vie, on me prenait ma dot : on m’escomptait comme le zéro qui suis le chiffre qu’il centuple. Plus tard, c’est la cupidité, c’est elle qui m’a calomniée, dénoncée, livrée…Elle qui a demandé à la justice le prix de mon sang […].» 88 (Cf. Justice. Madame Lafarge. Histoire. Historiographie patriarcale. Wikipédia)

Famille (Mariage. Dot. Bashkirtseff Marie) : Marie Bashkirtseff [1858-1884] rapporte, en 1880, dans un lettre à son frère les échanges savoureux et si lucides qu’elle a eu avec une homme («un prince») qui la demandait en mariage. Aucun de ses arguments, notamment celui, pour elle, essentiel, de devenir peintre, n’ayant dissuadé son ‘amoureux’, elle écrit […] : «Et je me mets à vanter la vie d’atelier, je lui parle de ma dot, disant qu’elle entre beaucoup dans son amour. Naturellement il fait l’indigné.» 89 Il abandonnera sa demande…

Famille (Dot. Nationalité française) : Lu, lors des auditions publiques concernant la réforme de la nationalité française), en 1987, M. Roccichiolli, consul de France (un temps consul à Pondichéry), auteur de : «[…] On ne doit pas se leurrer, je sais qu’à Pondichéry, soyons brutal, le fait d’apporter la nationalité française dans une dot est quand même pour une fille française de Pondichéry un atout considérable !» 90 Analyse promise à un dramatique avenir….

Famille (Mariage. Duncan Isadora) : Isadora Duncan [1877-1927], auteure, dans les années (19)20, de : «Toute femme intelligente qui lit son acte de mariage et qui accepte encore de se marier mérite toutes les conséquences de son geste (!). Personnellement, j’estime que le mouvement féministe ne pourra jamais s’appeler mouvement d’indépendance tant que les membres de jureront pas, avant tout, d’abolir le mariage91 (Cf. Femme. Remarquable, Famille. Mariage ‘pour tous’, Féminisme, Patriarcat)

Famille (Mariage. Espoir) : «Vous qui entrez ici, laissez toute espérance» lit-on dans L’Enfer de Dante [1265-1321]. A l’opposé, la force du mariage ne réside t-elle pas dans l’espoir que, malgré tout, et en dépit de toute crainte, il suscite : il est en effet porteur, créateur d’une autre vie…Combien ne s’y sont-ils/elles pas précipitées simplement pour fuir leur vie ?

Famille (Mariage. Évolution du droit) : Marie Lamarche, évoquant un «accès au mariage libéralisé», présentant «l’individualisme qui marque l’évolution du droit de la famille en général» (citant pour ce faire, un juriste dans un texte de 1994), et «l’histoire du droit du mariage», comme celle d’une «libération continue» (citant un juriste dans un texte datant de 1982), en conclue, après avoir inséré dans ces constats «l’ouverture du mariage au personne de même sexe» que ces mesures ne font que «traduire les transformations de l’ordre public matrimonial»... Une idée cependant intéressante dans ce texte d’une incroyable confusion historique, conceptuelle…la distinction faite entre «le droit du mariage» et «le droit au mariage»… Mais, à sa décharge, c’est toute l’analyse juridique qui manque de fondement conceptuel. 92 (Cf. Droit, Justice)

Famille (Mariage. Expiation. Bashkirtseff Marie) : Marie Bashkirtseff [1858-1884], dans une lettre adressée à un ami en 1879 donne concernant les hommes son analyse, du mariage : elle considère, ou plutôt constate qu’«[…] un homme qui a inspiré tant de passions, dépravé tant de cœurs, brisé tant de fidélités, doit fatalement se marier. C’est l’expiation.» 93 Voulait-elle signifier que l’épouse devient le prix (le coût ? , le moyen ? la condition ?) du repentir du mari pour avoir fait souffrir toutes celles qui l’on précédée ? Et que l’institution ‘sacrée’ du mariage absout le mari de ses fautes, de ses crimes ? Intéressant… (Cf. Famille. «Sacré». Debray Régis)

Famille (Mariage. Femme complaisante) : Denise Grey, actrice, [1896-1996] évoque, soixante ans après, les souvenirs du père de son enfant, mais marié par ailleurs, «avec qui elle vécu les grandes heures de [sa] vie», Henri Bara, décédé en 1919 : «La mort d’Henri, outre la peine atroce que j’en éprouvais, me valait tout un lot de difficultés que je n’avais pas soupçonnées. Je me retrouvais seule, à vingt-trois ans, avec la responsabilité d’une fille et d’une maman. Henri n’avait pas eu le temps de m’épouser comme il en avait l’intention. Lorsque je l’avais connu, il vivait avec une autre femme dont il avait un enfant. Je me souviens qu’un jour je l’avais accueilli, du haut de nos marches, en lui disant : ‘Toi, tu viens de te marier ! / Comment le sais-tu ? / Je le sens.
Conscient de ses responsabilités à l’égard de cette femme et de sa fille, il avait voulu régulariser leur situation, afin que ses parents pussent s’occuper d’elles. Il aurait ensuite divorcé pour m’épouser ! …L’annonce de ce mariage m’avait porté un coup terrible, mais je respectais ses décisions. Cette mort prématurée l’empêchait hélas de mettre à exécution la seconde partie de son projet.» 94 (Cf. Femme. Artiste, Polygamie)

Famille (Mariage. Fillon François et Penelope. 2017) : Lu, le 23 février 2017, : Penelope Fillon est prête à parler, mais son mari ne veut pas qu’elle s’exprime pour l’instant. Des négociations seraient en cours, après M6, avec Elle». 95 Le lendemain, François Fillon, dans Match : «Penelope est prête à parler, mais pour l'instant je ne suis pas pour, c'est à moi de monter en première ligne
- Et c’est le même homme qui est censé décider des lois qui (notamment) me concernerait ; c’est le même qui devrait incarner la liberté, déclinée sous toutes ses formes, en France, en 2017.(Cf. Hommes Politique. Fillon François), Femme (Mère. Fillon Penelope)

Famille (Mariage. Football) : Une jeune footballeuse Sénégalaise [2011] : «Un jour, un garçon m’a dit : ‘Si je t’épouse, tu arrêtes le football‘. Je lui ai raccroché au nez.» (Rires). Percutant, suffisant. 96

Famille (Mariage Forcé) (1) : Réhabilite le mariage comme institution «libre» (et/ou non contraint, non imposé, non obligé, non obligatoire…).
- Ce jugement est aussi valable concernant le «travail», «la prostitution», «l’emprunt», «l’achat», «les rapports sexuels», la «grossesse», la «procréation»…
- Et c’est ainsi que, sous couvert de liberté, on cautionne tous les systèmes de domination.
- En sus, une question utile : Qui n’a pas été contraint-e à faire, à dire quelque chose qui n’avait pas été voulu, désiré, pensé ? C’est, donc le concept même de «forcé» qui doit être récusé. (Cf. Langage. Adjectif)

Famille (Mariage Forcé) (2) : Après lecture du livre, publié en 2004, intitulé Mariée de force, 97 il apparaît clairement que Leila, son auteure, a été privée de toute liberté et de tout contrôle de sa vie ; d’extrêmes et multiples violences traditionnelles, religieuses, familiales, institutionnelles, toutes patriarcales, étant mises en œuvre pour ce faire. L’ajout au seul terme de ‘mariage’ du seul adjectif de ‘forcé’ apparaît dès lors particulièrement dommageable, du fait de la focalisation sur le seul mariage.
* Ajout. 10 juin 2015. Idée: comparer les analyses, jugements, traitements, législations concernant les mariages dits forcés, les mariages dits précoces avec celles et ceux concernant les services militaires (En Israël, en Erythrée, par exemple…) (Cf. Langage. Adjectif, Politique. Choix, État, Liberté)

Famille (Mariage. Fourier Charles) : Charles Fourier [1772-1837], auteur de : «La jeune fille n’est elle pas une marchandise exposée en vente à qui en veut négocier l’acquisition et la propriété exclusive ? Le consentement qu’elle donne au consentement conjugal n’est-il pas dérisoire et forcé par la tyrannie des préjugés qui l’obsèdent depuis l’enfance ? On veut lui persuader qu’elle porte des chaînes tissées de fleurs ; mais peut-elle se faire illusion sur son avilissement, même dans les régions boursoufflées de philosophie, telles que l’Angleterre, où les hommes jouissent du droit de conduire leur femme au marché, la corde au cou, et la livrer comme une bête de somme à qui veut en payer le prix ?» 98 (Cf. Hommes, Féminisme, Politique. Consentement)

Famille (Mariage. Gilliard-Malherbe Marie) : Marie Gilliard-Malherbe [1848-1911], mère de dix enfants, auteure dans : À l'étroit dans ma peau de femme [1900], de : «Bien souvent, je lui ai dit (à son mari) : ‘Oh, mon cher ami, quel beau ménage nous aurions fait si j’avais été un homme et toi une femme !‘. Je me suis toujours sentie entravée par mon sexe qui mettait partout des barrières que j’aurais voulu franchir ; je me trouvais à l’étroit dans ma peau de femme et lui, avec son indécision, son horreur de conclure, ayant si souvent pensé que son enveloppe d’homme était trop large pour lui. C’est ainsi que, clopin-clopant, l’un soutenant l’autre à tour de rôle, nous avons traversé la vie.» 99

Famille (Mariage. Héritage) : Chamfort [1740-1794], auteur dans ses Petits dialogues Philosophiques de celui-ci :
«A : ‘Vous aimez Melle…elle sera un riche héritière’.
B : ‘Je l’ignorais. Je croyais seulement qu’elle serait un riche héritage.’» 100 (Cf. Être humain, Langage. Verbe. Être)

Famille (Mariage. Liberté) : Le droit a traité de «la liberté du mariage», jamais de la liberté «dans le mariage». Et pour cause…
Le mariage est présenté, vécu, codifié comme un acte juridique singulier entre deux personnes, voire plus (si polygamie), par lequel les femmes donnent, par un simple consentement verbal, leur adhésion totale à un statut patriarcal étroitement codifié par une multiplicité de lois et de coutumes patriarcales depuis des siècles. Le mariage est toujours un rapport de dépendance imposé par la loi - ne serait-ce que par la difficulté de s’en libérer - mais, à chaque mariage, ce rapport, cautionné oralement, est re-légitimé. (Cf. Droit. Patriarcal, Famille. Divorce, «Oui». Répondre, Polygamie, Vie-dite-privée)

Famille (Mariage. Maris «voyous») : La Cour d'appel de Paris a confirmé, le 6 juillet 2012, les peines de prison ferme infligées en première instance aux deux repreneurs de l'usine Samsonite d'Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, pour avoir sciemment provoqué la faillite de l'entreprise en 2007. Ils avaient été qualifiés de «patrons voyous» par le représentant du Parquet en première instance. 101
À quand le procès - et déjà l’emploi de l’expression… - des «maris voyous» (détenteurs de comptes à l‘étranger, patrons, commerçants, artisans, paysans, fonctionnaires, professions libérales, politiques…) qui se déclarent insolvables (ou équivalent) pour ne pas avoir à payer de pensions alimentaires, grâce aux libéralités généreusement offertes par le droit. Les cabinets d’avocat-es regorgent de ces pratiques. Des femmes peuvent, certes, agir de même, mais très rarement : la représentation des divorces des «stars» américaines sont d’une redoutable efficacité afin d’éviter les comparaisons en France notamment entre le statut des maris et celui de leurs épouses. (Cf. Famille monoparentale, Pensions alimentaires)

Famille (Mariage. Marivaux) : On lit dans Toinette dans la première pièce, jamais représentée, de Marivaux [1688-1763], écrite à 18 ans en 1706, Le père prudent et équitable, ceci : «Moi, Devenir sa femme ! ah ! ah ! quelle figure ! / Marier un objet, chef d’œuvre de nature / Fi donc ! Avec un singe aussi vilain que lui [...] / Cher papa, non, j’en mourrais d’ennui. / Je suis, vous le savez, sujette à la migraine ; / L’aspect de ce magot le rendrait quotidienne. / Que je le hais déjà ! Je ne le puis souffrir. / S’il devenait mon époux, ma vertu va finir ; / Je ne réponds de rien…» 102

Famille (Mariage. «Moi») : [France. 2014] Après 50 ans de mariage, un mari, dans un échange écrit avec son épouse, signe : «Moi» (Cf. Langage. Possessif, Êtres humains. Soi)

Famille (Mariage. Morale) : Chamfort [1740-1794], auteur de : «Nous avons vu des hommes réputés honnêtes, des sociétés considérables, applaudir au mariage de Mlle… jeune personne, spirituelle, vertueuse, qui obtenait l’avantage de devenir l’épouse de M…, vieillard malsain, repoussant, malhonnête, imbécile, mais riche. Si quelque chose caractérise un siècle infâme, c’est un pareil sujet de triomphe, c’est le ridicule d’une telle joie, c’est ce renversement de toute les idées morales et naturelles.» 103 (Cf. Famille. Mariage. Constant Benjamin (2), Politique. Morale)

Famille (Mariage. Musulman) : Une jeune femme mineure mariée par un imam le 15 décembre 2011, répudiée le 2 janvier 2012… 104 (Cf. Charia, Famille. Codes. Divorce. Polygamie, Proxénétisme, Violences des lois religieuses)

Famille (Mariage. Novalis) : Novalis [1772-1801], auteur de : «L’éducation de la jeune fille en privé, loin du monde, est surtout favorable au bonheur et à la vie domestique parce que l’homme avec lequel elle sera par la suite unie aussi intimement, produit sur elle une impression unique et d’autant plus profonde ; ce qui est indispensable pour le mariage. La première impression est la plus puissante et la plus fidèle, celle qui revient toujours, même si elle a l’air de s’effacer pendant un certain temps.»
- Pour rappel : Novalis, âgé de 22 ans, rencontra Sophie Von Kühne alors qu’elle avait 12 ans et demi ; ils furent fiancés alors qu’elle avait 13 ans mais elle mourut à l’âge de 15 ans.
- Voici ce qu’il écrit dans un portrait qu’il fit d’elle : «Son comportement avec moi. Sa peur du mariage. Il faut que je la questionne à fond sur ses particularités. - De même M.. (Sans doute, Mademoiselle Danscourt, sa gouvernante, amie et confidente) […] Elle a mal pris que je me sois si vite déclaré à ses parents, que je me sois trop tôt laissé découvrir en général. Elle aime écouter, entendre raconter des histoires. Elle ne veut pas se laisser gêner par mon amour. Souvent mon amour lui pèse. Elle est généralement froide.» 105 (Cf. Femmes. Comparaison Femmes / Hommes. Novalis)

Famille (Mariage. Obéir) : «La femme doit obéissance à son mari» : un crime contre l’humanité.
* Combien de dizaines de millions de femmes vivent-elles encore aujourd’hui sous ce commandement ? Et combien ont-elles pu faire accéder les multiples expressions de celui-ci à la conscience ? Et combien vivent-elles, après avoir dû obéir à cette négation non dissimulée d’elles-mêmes, dans des États considérés comme «démocratiques» ? (Cf. Enfants Obéir, Famille. Mariage. Article 213 du Code civil français, Penser. Obéir, Patriarcat. Politique)

Famille (Mariage. Oui) (1) : Qui sait vraiment à quelles aliénations de sa liberté ce petit «oui» engage, le jour d’un mariage ? Qui a t-on précisément, clairement informé des engagements, des conséquences auxquels il engage ? Et pourtant, qui n’est pas persuadé-e que cela ne la/le concerne pas ? Qui n’a pas pour projet dans le mariage d’invalider, d’inverser, de récuser les hiérarchies de pouvoirs ? Mais, la loi, le droit sont, tapies dans l’ombre, autant d’épée de Damoclès. (Cf. Famille. Divorce, Mariage. Contrat)

Famille (Mariage. Oui) (2) : Comme dans la maffia, un accord oral - recouvrant les monstrueuses injustices dont rien n’est dit lors de son ‘acceptation’ - est censé être valide et légitime. Et durer. La plus grande escroquerie, couverte du voile de la loi, du patriarcat ? (Cf. Justice)

Famille (Mariage. Oui) (3) : Lu : [...] «Les époux n’étaient pas autorisé à dire «non» pour dissoudre ce qu’un «oui» avait scellé.» 106 Ce jugement qui concernait la France avant les lois sur le divorce de 1975, est - en France et dans le monde - toujours valide.

Famille (Mariage. Oui) (4) : Lu, dans le Journal de Caroline B. [Brame] [1847-1892], trois jours avant d’avoir rencontré au Louvre pour la première fois Monsieur Ernest, son futur mari qu’elle n’avait pas ‘choisi’, le 25 février 1866, ceci : «Ma destinée est pour ainsi dire suspendue par un cheveu, et il me reste à prononcer un premier «oui» dont j’ignore les conséquences.» Douze jours après, il lui «a remis la bague de fiançailles», le mariage eut lieu deux mois après, le 19 avril 1866. 107

Famille (Mariage. Pacte Faustien) : Rechercher ce qui, dans le mariage, peut, doit, ou non être mis en relation avec un «pacte Faustien». [Définition : «Un accord dans lequel une personne abandonne ses valeurs spirituelles ou principes moraux afin d'obtenir la richesse ou des bénéfices.»]

Famille (Mariage. Pape François) : Pape François, auteur (sur Facebook) de :
- «Le cheminement ensemble d’un homme et d’une femme, dans lequel l’homme a la tâche d’aider son épouse à être davantage femme, et la femme a la tâche d’aider son mari à être davantage homme. C’est la tâche que vous avez entre vous. ‘Je t’aime, et par cela je te fais plus femme’ – ‘Je t’aime, et par cela je te fais plus homme’. C’est la réciprocité des différences. Ce n’est pas un chemin simple, sans conflits, non, il ne serait pas humain. C’est un voyage exigeant, parfois difficile, parfois aussi conflictuel, mais c’est la vie.» [15 septembre 2014].
- «Le mariage est symbole de la vie, de la vie réelle, ce n’est pas une ‘fiction’ ! C’est le sacrement de l’amour du Christ et de l’Église» [11 septembre 2014].
- «Les époux, au moment du mariage, ne savent pas ce qui arrivera, ils ne savent pas quelles joies et quelles peines les attendent. Ils partent, ils se mettent en route ensemble. Et c’est cela le mariage ! Partir et marcher ensemble, main dans la main, s’en remettant entre les mains du Seigneur, toujours et pour toute la vie !» [26 octobre 2013].
- «Vous êtes courageux, je vous le dis, parce qu'il faut avoir du courage pour se marier aujourd'hui ; voilà les courageux !» [3 septembre 2013 ou 2014 ?].
- «Un chrétien qui ne perçoit pas la Vierge Marie comme une mère est un orphelin.» [2 septembre 2013 ou 2014]…(Cf. Patriarcat, «Sciences» sociales. Démographie. Pape François)
- Quel concentré d’absurdités, d’incohérences, d’aberrations, d’inepties, de commentaires de comptoir…

Famille («Mariage pour tous») : [Dans l’attente d’un argumentaire plus poussé] J’ai de plus en plus le sentiment que et les arguments «pour» et ceux «contre» justifient le patriarcat. Je peux, dans l’attente, reprendre à mon compte, le titre et largement l’argumentaire du texte d’une féministe catholique de gauche, Christine Pedotti : «Mariage pour tous, les femmes vont se réveiller avec une ‘sacrée’ gueule de bois.» - Si j’adhère globalement à cet argumentaire, les raisons pour lesquelles le dit mariage me pose toujours problème, n’est pas encore clair dans ma tête, compte tenu de la multiplicité et de l’extrême complexité des enjeux. 108
En effet, cette re-légitimation, si souvent caricaturale du mariage, ne peut en l’état que contribuer à l’occultation du mariage comme symbole et réalité de la première et plus fondamentale structure d’oppression. Faut il rappeler que, pour des millions et des millions de femmes (et d’elles seules), dans le monde, le mariage signifie dominations, exploitations, enfermements, exclusions, peurs, pièges, violences, et pour tant encore, tortures, à vie ?
- Le vice de raisonnement de fond des arguments «pour» me semble le suivant : En sus de la réhabilitation de l’institution par excellence du patriarcat, le «mariage pour tous» assimile la soit-disante «égalité» entre êtres humains - singuliers - et l’«égalité» des couples - et donc du deux - entre eux : c’est en effet dans leur rapport au mariage que les «couples» dits homosexuels sont considérés comme étant censés, comme devant être égaux aux couples dits hétérosexuels. «Le mariage pour tous» est parvenu à poser, sous couvert d’égalité, le couple comme la norme.
- Dès lors, lire que «la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels envoie […] un message d'égalité entre les hommes et les femmes de ce pays», comme l’a estimé l'inter-LGBT vendredi 17 mai 2013 après la validation de la loi par le Conseil constitutionnel 109 n’est pas acceptable, sauf à considérer que le terme de «message» n’a que peur de signification et n’engage à rien.
- Réfléchir à la mutation du vocabulaire : la proposition de loi enregistrée le 24 juillet 2012 «visait à ouvrir le droit au mariage à tous les couples, sans distinction de sexe ni de genre», tandis que le projet de loi du 7 novembre 2012 «ouvrait le mariage aux couples de personnes de même sexe», ce qui bien évidemment n’a pas du tout la même signification….Et ces confusions, dissoutes dans «le mariage pour tous», lequel sinon ouvre la voie, entre autres, stricto sensu, à la légitimation de l’inceste, du moins à la levée de son interdiction.
- Ce qui est pour moi toujours un problème non résolu - sans doute l’essentiel - est le suivant : comment articuler le droit que je ne conteste pas au mariage entre deux femmes, entre deux hommes, à l’adoption (que je ne conteste pas non plus depuis longtemps) par eux, par elles, d’enfants avec mes critique ci-dessus ? Mais ce qui m’apparaît sûr, c’est que nombre de questions, de critiques posées par les opposant-es au mariage dit «pour tous» ne peuvent être traitées comme elles l’on été par les partisans du dit mariage : à l’aune de l’enfermement de ses opposant-es dans «la réaction» et de la critique de l’homophobie …
Le mariage entre personnes de même sexe bouleverse les normes dominantes. Y réfléchir encore…(Cf. Égalité, Famille, Femmes, Genre, Hommes, Sexe, Sexualité)
* Ajout. 14 février 2016. Édith Stein [1891-1943], auteure, en 1930, de : «On ne peut assurément s’exprimer de manière concise et satisfaisante qu’après de longues recherches.» 110

Famille (Mariage. Pornographie) : Reçu ce jour (19 octobre 2015) une publicité pour un site pornographique dont voici la teneur : «Et oui, plus j’aime mon mari, plus je le trompe. Et apparemment, je suis pas la seule. On s’est retrouvés, toute une communauté sur le site X. Ce qui est bien, c’est que ce sont des gens classes, pas lourds, qui présentent bien. Le bonheur quoi. Venez tromper votre conjoint avec l’un ou l’une d’entre nous si vous êtes aussi une personne de caractère (obsédés et paumés s’abstenir)
- Reçu ce jour (25 octobre 2015) du même site : «Je ne me définirais pas comme libérée, j’emmerde les féministes, je suis juste une jouisseuse. Voilà l’endroit où des femmes post-modernes comme moi sévissent.» (Cf. Féminisme. Antiféminisme. Pornographie)

Famille (Mariage. Pozzi Catherine) : Catherine Pozzi [1882-1934], auteure, quatre ans après son mariage à 25 ans, avec Édouard Bourdet ‘auteur dramatique ‘à succès’, dans son Journal : «Édouard et moi ! Moi, les premiers temps : un cheval stupéfait à qui on veut mettre un mors, là-bas aux Amériques. Tout entier révolté, cabré, ruant, ensuite, soumis en apparence. Édouard, supportant mal ma personne enflée, dans mon corps mince dont il n’avait jamais assez ; exaspéré de ce que j’avais lu, pensé, espéré, dit, voulu, exaspéré des barrières contre lesquelles il se cassait le nez dans ma belle âme. Et puis j’ai appris à me taire quand il le fallait. […]
Nous apprenons le mariage. Que dis-je ? J’apprends. J’apprends à faire ce que je ne veux pas faire, et à ‘aller’, comme l’apôtre, où je ne veux pas aller. J’apprends à avoie envie d’abord de ce dont il a envie. J’apprends à travailler - si habituellement que ça devient machinal - à le rendre content. Je n’existe plus, qu’à peine. Puis-je dire je ? S’il rentre et que je lise, je laisse mon livre. S’il m’appelle, je viens. S’il veut sortir, je prends l’air. Si quelque chose m’intéresse et ne l’intéresse pas, je le lâche. Ses amis qui m’embêtent, deviennent mes amis, et je les embête. Son travail, qui m’est étranger, devient mon travail, et je le bégaie, jusqu’à ce que mes larmes de ‘scènes’ prennent un air arrivé, un air de métier, alors ça l’agace, lui. [Son mari, Édouard Bourdet est un auteur dramatique ‘à succès’] Je m’habille comme il veut. Je ‘fais des frais’ pour ses gens utiles. Tout est subordonné à son humeur. […]
Avant le succès (de la seconde pièce de théâtre de son mari), il faut que je tienne quelque chose qui restera, qui me restera. Avant l’abandon, il faut que je sois redevenue…une qui n’a pas peur d’être seule. […]» (Cf. Femme. Seule. Femme. Remarquable) 111

Famille (Mariage. Princesse Palatine) : Duchesse d’Orléans, Princesse palatine [1652-1722], belle-sœur de Louis XIV, auteure de : «Cela est bien vrai que le célibat est le meilleur état : le meilleur mari ne vaut pas le diable112

Famille (Mariage. Propriété conférée à l’épouse par le mariage) : Entendu, dans une comédie américaine des années 50/60 (titre oublié), une critique féministe de ses limites :
* «Tu m’avais dit que ta maison serait à moi»
* «Je t’ai dit que la maison serait à toi en échange du mariage. Maintenant que tu es mariée, la maison est à moi à nouveau.» De fait, c’était le droit.
Encore si souvent perçu, analysé, vécu ainsi par tant de maris…(Cf. Culture. Cinéma)

Famille (Mariage. Revendication) : Supprimer le principe du mariage à vie ; remplacer par un contrat précis (dont les clauses doivent être précisément explicitées) à durée déterminée, sans tacite reconduction. Les interdits doivent être rigoureux ; à la première rupture de l’un d’entre eux, le mariage doit être rompu à la première et seule demande d’un des co-contractant-es, à effet immédiat. Dans l’hypothèse de regret, d’erreur, repartir à la case départ…Comme au Monopoly.
- Faire attention ! : cette position ne peut, sans plus d’exigences, être décidée aux fins de remplacer la situation actuelle, ce qui ne ferait que substituer le contrat à la loi et à faire disparaître les quelques garanties de la loi commune…

Famille (Mariage. Russie. XIXème siècle) : En 1863, dans la Russie d’Alexandre II., le gouverneur de Sibérie, Mouraviev décida de poursuivre l’exploitation et l’occupation de la Sibérie du Nord, notamment le long du fleuve Amour. Ayant pour ce faire, besoin de main d’œuvre (gratuite ou quasi) il affranchit des forçats libérés (y compris des prisonniers politiques) qui, au terme de leur peine, étaient devenus serfs dans les mines impériales. Puis, il libéra des hommes condamnés aux travaux forcés et les établit comme ‘hommes libres’. Nombre d’entre eux étaient suivis par leurs femmes. On lit ensuite dans les Mémoires de Kropotkine [1842-1921] : «Mais ceux qui n’en avaient (Il évoque les femmes) pas firent observer à Mouraviev : ‘Est ce que l’agriculture est possible sans les femmes ?’. Alors Mouraviev ordonna de mettre en liberté toutes les femmes condamnées aux travaux forcés et détenues en prison (une centaine) et leur fit choisir l’homme dont elle voudraient être l’épouse et la compagne. Cependant, il y avait peu de temps à perdre ; les hautes eaux commençaient à baisser ; les radeaux devaient partir, et Mouraviev dit aux hommes et aux femmes de se placer, couple par couple, sur la rive. Il les bénit en disant : «Je vous marie, mes enfants. Soyez bons les uns pour les autres. Mais ne maltraitez pas vos femmes. Soyez heureux !». 113

Famille (Mariage. Russie. XIXème siècle) : Baboulia Alexandra, paysanne, raconte, à 86 ans, sa vie avant la révolution russe : «[...] Je ne savais ni lire, ni écrire, je savais seulement qu’il fallait obéir à l’homme et le soigner après les régulières beuveries de vodka. Me taire surtout et souffrir.» 114

Famille (Mariage. Russie. Révolution) : Lu dans Ma vie de Isadora Duncan (qui a vécu en Russie de 1921 à 1923]) : «L’une des meilleurs réformes qu’ait faites le gouvernement des Soviets a été d’abolir le mariage. Deux êtres écrivent leur nom sur un livre et sous la signature est imprimée cette phrase : «Cette signature n’implique aucune responsabilité pour l’une et l’autre des parties et peut être annulée sur la simple demande de l’une d’entre elles.» 115
- Son jugement globalement positif sur cette décision et sur ses effets, mériterait sans doute des analyses plus nuancées. (Cf. Femme Remarquable, Famille. Mariage, Patriarcat)

Famille (Mariage. Scudéry Mademoiselle de) : Mademoiselle de Scudéry [1607-1701], dans la bouche de Sapho de son roman Artamène ou le Grand Cyrus, auteure de : «Si je surprenais dans mon cœur un simple désir d’épouser quelqu’un, j’en rougirais comme d’un crime.» 116

Famille (Mariage. Simenon Georges) : Georges Simenon [1903-1989], dans sa Lettre à ma mère (écrit après sa mort), auteur de : «Je t’ai souvent entendu prononcer : ‘Vois-tu, nous vivons avec le strict nécessaire’... ces mots : ‘strict nécessaire,’ m’ont hanté, lorsque j’étais tout enfant. J’ai considéré ces mots comme une insulte à mon père. Car si mon père t’avait épousée et fondé une famille, c’est qu’il était capable de prendre ses responsabilités.» 117 (Cf. Homme. Écrivain. Simenon, Patriarcat)

III. Divorce :

Famille (Divorce) (1) : Demandé par les femmes le plus souvent. N’est jamais mis à leur actif, les causes étant, en toute logique patriarcale, rarement analysées, plus rarement encore explicitées, jamais ou presque valorisées. Un vaste chantier…
Par ailleurs, combien de femmes ont-elles dû payer la fin de la dépendance maritale de leur pauvreté, de leur appauvrissement ? Le prix de leur liberté. Mais pourquoi faudrait-il payer un prix pour être, sinon libre, du moins libéré-e de contraintes illégitimes ? (Cf. Famille, Mariage)

Famille (Divorce) (2) : Pourquoi le terme de «divorce» au lieu et place de celui de «démariage» ? Pour en empêcher l’équivalence, la comparaison ?

Famille (Divorce. Bourguiba Habib) : Habib Bourguiba [1903-200], Président de la République Tunisienne, auteur, le 11 août 1986, au téléphone, à Washington où elle se soignait, à son épouse, Wassila Ben Ammar [souvent présentée comme «le seul homme du gouvernement»] de : «Tu es divorcée». 118
- Une autre source (Tahar Belkhodja) évoque, pour le même jour, la publication d’un communiqué.
- À mettre sur le compte de la vieillesse ? Non. Sur celui de la loi. En tout état de cause, le vieillesse n’excuse rien.
* Ajout. 24 Septembre. Par comparaison, lire les propos de Bourguiba tenus, 21 ans auparavant, le 13 août 1965, journée de la femme Tunisienne, reproduits dans le livre de Fadéla M’Rabet, Les Algériennes : Bourguiba, Un homme de progrès. 119 (Cf. Famille. Code la famille, Mariage)

Famille (Divorce. Clémenceau) : Concernant le divorce de Clémenceau [1841-1929], lu dans le Journal des Goncourt [25 février 1894] : «[Ernest Daudet] nous racontait la manière toute autocratique dont Clémenceau, en ce prétendu pays de l’égalité, avait pu mener, accélérer, emporter son divorce. Il faisait suivre sans résultat sa femme ; une de ses filles, oui, une de ses filles lui dit : ‘Tu n’arriveras à rien, c’est son amant qu’il faut faire suivre.’ Enfin, sur cette indication filiale, on surprend le couple amoureux. La femme est menée à la préfecture de police où le préfet de police - qui était, je crois, Lozé - lui déclare que si elle ne donne pas son consentement à un divorce, il la fait conduire à Saint Lazare. Elle consent nécessairement. On la fait embarquer pour les États-Unis (Elle était «d’origine américaine» lit-on en note), en lui concédant d’avoir pour compagnon de voyage son amant, qui se trouvait être un jeune normalien. Et elle arrivait à New-York que déjà nos magistrats avaient prononcé le divorce.» (Cf., Droit patriarcal, Politique. Prison. Saint Lazare, «Sciences» sociales. Histoire. Historiographie Patriarcale. France. XXème siècle. Winock Michel) 120

Famille (Divorce. Église catholique. France. Années 1970) (1) : Lu : «[...] Alors j’ai pensé à Dieu pour m’aider. Je suis d’abord allée voir le prêtre de mon enfance, celui qui m’avait baptisée, mariée la première fois ; il lui était impossible de m’entendre en confession à l’église puisque j’étais divorcée. Mais il pouvait m’écouter et m’absoudre hors des lieux consacrés. Il l’a fait, puis nous avons décidé de te (son enfant gravement malade à la veille d’une opération comportant de réels risques de décès) mettre sous la protection de la Sainte Vierge.» 121

Famille (Divorce. Église catholique. Algérie. Années 1950) (2) : Marie Cardinal [1928-2001] voulant divorcer, rapporte les paroles de sa mère dans les années 50 : «Tu sais que le divorce est interdit par l’Église, sauf dans les cas de force majeure. Tu sais que pour rien au monde, nous ne devons nous éloigner du Seigneur qui est mort pour nous sur la croix. Tu sais qu’il est toujours auprès de nous quand bien même nous ne le voyions pas. Avec notre ange gardien il essaye de nous protéger…Il m’a fallu du courage pour demander le divorce. Je suis allée voir l’archevêque d’Alger et je n’ai pris ma décision qu’après qu’il m’a assurée que, à la condition de na jamais me remarier, je pourrais divorcer tout en continuant à pratiquer ma religion et à recevoir les sacrements. On peut braver l’opinion publique avec l’aide de Dieu et l’assurance de son amour.» 122 (Cf. Femme. Auteure. Cardinal Marie)

Famille (Divorce. France. 1902) : Lu dans le Journal de Jules Renard [1864-1910] : «[…] Elle devient enragée. Elle a de mauvais éclairs dans les yeux. Elle ne demande plus qu'à crever. Les petits ne seront pas plus mal avec d'autres qu'avec elle. Ce qui l'exaspère le plus, c'est le ricanement des laveuses à la rivière : à coups de son battoir, elle leur écrabouillerait la figure. 
’On dit que je suis méchante, dit-elle. Bien sûr ! Qu'on se mette donc à ma place !’ Et je ne le suis pas encore assez. 
Elle a demandé la séparation. Le Parquet de Clamecy a écrit au maire, qui a répondu qu'elle n'est pas commode, que son mari est parti, mais qu'il reviendra. Le maire n'a pas ajouté que cette femme’ pas commode’ nourrit toute seule ses cinq enfants, et le Parquet, mal renseigné par des gendarmes qui s'adressent au maire, a fait entendre à la malheureuse que son affaire est classée. 
Elle rentre de laver. Elle trouve ses petits dehors, trempés. Elle ne peut que les déshabiller et les coucher. La comtesse lui donne quinze livres de pain. Marinette va lui donner des langes et cent sous par mois. 
Elle paie aussi son loyer, quatre francs par mois. La propriétaire, une vieille qui n'est pas riche non plus, vit dans les transes et, de temps en temps, lui fait dire qu'elle trouve à louer plus cher. C'est faux, mais ça la tient en haleine. Le mari ne veut pas de la séparation. Quand elle aura élevé ses enfants, et qu'ils pourront se placer, de douze à vingt ans, il aura droit à la moitié de leurs gages.» 123 (Cf. Droit, Justice, Patriarcat)

Famille (Divorce. Gratuit) (1) : Le mariage est gratuit. Le divorce doit l’être aussi. Sinon, c’est reconnaître que la société a intérêt à maintenir les chaînes conjugales. CQFD.

Famille (Divorce. Gratuit) (2) : (Avec du recul) Cette revendication : la gratuité du divorce est tout à fait insuffisante. Le mariage doit pouvoir être déclaré dissous, sans délai, par la simple volonté des parties, libres à elles, en cas d’accord, d’en décider des termes et des conditions. Lapidaire, à creuser, à nuancer…

Famille (Divorce. Gratuit) (3) : Entendu une psy : [concernant une femme qui disait vouloir quitter son mari, sans y parvenir] : «C’est un-e avocat-e qu’elle doit aller voir». Pourquoi un-e avocat-e ? Comment peut on expliquer, justifier que l’expression d’une volonté personnelle, celle qui probablement, engage au plus près l’essentiel de sa liberté personnelle, ne puisse se suffire à elle même ?

Famille (Divorce. Gratuit) (4) : Pour rappel : En 2016, en France, il est toujours impossible à deux personnes, même sans enfants, même d’accord entre elles, de divorcer, sans avocat et donc sans frais. (En application de l’article 751 du Code de procédure civile). Interroge, à, tout le moins, la «Déclaration des droits de l’homme», tout en relativisant, à tout le moins, le progressisme de «mariage pour tous». (Cf. Famille. Mariage pour tous)

Famille (Divorce. Histoire (1) : Exposé des motifs de la Loi sur le divorce du 20 septembre 1792 : «L’Assemblée nationale, considérant combien il importe de faire jouir les Français de la faculté du divorce, qui résulte de la liberté individuelle dont un engagement indissoluble serait la perte 124 ; considérant que déjà plusieurs époux n’ont pas attendu, pour jouir des avantages de la disposition constitutionnelle suivant laquelle le mariage n’est qu’un contrat civil, que la loi eût réglé le mode et les effets du divorce, décrète ce qui suit :
* Article Ier. Le mariage se dissout par le divorce.
* Article 2. Le divorce a lieu par le consentement mutuel des époux
* Article 3. L’un des époux peut faire prononcer le divorce, sur la simple allégation d’incompatibilité d’humeur ou de caractère.
* Article 4. Chacun des époux peut également faire prononcer le divorce sur des motifs déterminés ; 1° sur la démence, la folie ou la fureur de l’un des époux ; 2° sur la condamnation de l’un d’eux à des peines afflictives ou infâmantes ; 3° sur les crimes, sévices ou injures graves de l’un envers l’autre ; 4° sur le dérèglement de mœurs notoires ; 5° sur l’abandon de la femme par le mari ou du mari par la femme, pendant deux ans au moins ; 6°sur l’absence de l’un d’eux, sans nouvelles, au moins pendant cinq ans ; 7° sur l’émigration dans les cas prévus par la loi, notamment par le décret du 8 avril 1792.
* Article 5. Les époux maintenant séparés de corps par jugement exécuté ou en dernier ressort, auront mutuellement la faculté de faire prononcer leur divorce. [...]» (Analyser) (Cf. Droit, Histoire. Révolution)

Famille (Divorce. Histoire) (2) : Julie-Victoire Daubié [1824-1874], auteure, dans La femme pauvre au XIXème siècle [1864] de : «En général, les hommes de mauvaises mœurs ne sentent pas la nécessité du divorce, qui leur imposerait, dans leurs unions irrégulières, des devoirs dont ils savant s’affranchir. Ainsi, sur les 2240 demandes en séparation de corps dont les tribunaux furent saisis en 1864, 2160 étaient faites par les femmes.»
- L’histoire longue des résistances, des luttes de femmes dans le patriarcat et contre le patriarcat. 125 (Cf. «Sciences» sociales. Histoire)

Famille (Divorce. Histoire) (3) : Je découvre par hasard (ou presque) le travail, les livres et les engagements rigoureux, courageux, de Céline Rolin pour analyser, critiquer, dénoncer le statut - dramatique - des femmes «séparées», puis divorcées. 126 Notre histoire est toujours faite de la réalité que, bien que (parce que ?) catholique, elle dénonçait il y a 50 ans.

Famille (Divorce. Liberté) : Simone Veil, lors du vote de la loi sur l’IVG avait affirmé que c’était à la femme seule d’être juge de sa décision. Ce qui est affirmé comme un principe en matière de décision d’avoir ou non un enfant, doit aussi l’être en matière de mariage et donc de divorce. Immense rupture, vaste débat : car poser la liberté de décision implique aussi de remettre en cause leurs conséquences. Et obligerait de voir que les femmes ne sont pas «libres» à l’instar des hommes…. ce qui ne signifie pas, qu’eux, le soient…(Cf. Politique. Liberté, Patriarcat. Hommes)

Famille (Divorce. Licenciements) : Suite à la décision en 2009 de fermer l’usine Continental de Clairoix pour la transférer en Roumanie : 1113 licenciements, suivie d’une lutte de plusieurs années et 253 divorces. 127

Famille (Divorce. Montaigne) : Montaigne [1533-1592], auteur de : […] «Quant aux mariage, outre que c’est un marché qui n’a que l’entrée de libre…».128
Mais on omet souvent la suite : («sa durée étant contrainte et forcée, dépendant d’ailleurs que de notre vouloir […] »
Bon vouloir de qui ? Et dans quelles conditions, notamment juridiques ?

Famille (Divorce. Pensions alimentaires) (1) : Quand le scandale des pensions alimentaires si souvent absentes, ridiculement faibles, non ou irrégulièrement payées sera t-il enfin dénoncé ? Et des solutions, qui ne soient pas dérisoires, seront-elles proposées pour y mettre effectivement fin ?
- Si toutes les femmes qui ont «cédé» - à l’occasion d’une volonté de séparation - sur la défense de leurs intérêts «pour avoir enfin la paix» ou, plus justement, en croyant qu’ainsi elles l’auraient, se donnaient la main, elles feraient plusieurs fois le tour du monde.
- Qui ne connait autour de soi tant et tant de femmes (gravement) lésées ?

Famille (Divorce. Pensions alimentaires) (2) : Le programme commun du gouvernement du parti communiste et du parti socialiste (1972) posait que : «Les pensions alimentaires seront indexées. Le recouvrement et le versement des pensions alimentaires seront garantis». 129 «Indexées» à ? «Garanties» par qui ? comment, avec quelles mises en œuvre effectives ? Ces approximations ne sont que mépris…

Famille (Divorce. Pensions alimentaires) (3) : Dans le livre d’Yvette Roudy, Mais de quoi ont-ils peur ? [1995], on lit justement : «Bien qu’amélioré, le système des pensions alimentaires permet à certains pères d’organiser leur insolvabilité.» Qu’a fait effectivement - depuis 20 ans - l’État français sur ce détournement majeur - parmi tant d’autres - du principe affiché par les lois sur le recouvrement des pensions élémentaires ? 130

Famille (Divorce. Pensions alimentaires) (4) : En 2014, Najet Vallaud Belkacem qui est alors «ministre des droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse est des Sports», appelle les hommes qui ne paient pas leur pension alimentaire, qui se dégagent de leur propre chef de toute responsabilité, sans le moindre souci humain de ce qu’il advient de leur compagne, de leur-s enfant-s, en violation de tout respect d’un contrat, au mépris de la loi et si souvent de décisions de justice : «les débiteurs défaillants». 131 Encore une régression, et de taille…

Famille (Divorce. Pensions alimentaires) (5) : Cf. Circulaire du 7 août 2014 132 […] : «[...] 2. Le paiement de la pension alimentaire par virement bancaire. L’article 28 de la loi modifie les dispositions du code civil relatives à la contribution à l’entretien et l’éducation de l’enfant en cas de séparation des parents en complétant le deuxième alinéa de l’article 373-2-2 du code civil afin de préciser que la convention homologuée visée à l’article 373-2-7 du code civil, ou à défaut le juge, peut prévoir que le versement de la pension alimentaire peut se faire par virement bancaire. Cette précision apportée par la loi ne change toutefois pas l’état du droit, puisqu’une telle possibilité pouvait déjà être prévue par les parties ou le juge. Toutefois le Parlement a souhaité qu’une disposition expresse figure à cet égard dans le code civil souhaitant ainsi mettre en valeur les outils juridiques pouvant permettre, notamment en cas de violences conjugales, d’éviter les contacts entre conjoints autant que possible.»

Famille (Divorce. Pensions alimentaires) (6) : Dans un article du Monde intitulé : Les femmes d’avantage pénalisées financièrement lors des séparations, on lit : «Leurs conditions de vie sont in fine ‘moins favorables’ avec un revenu moyen des familles monoparentales établi à 1.240 euros par mois, quand celui des couples avec enfant(s) atteint 1.880 euros en moyenne. Et ce, malgré l’effet des transferts sociaux fiscaux et du versement d’une pension alimentaire.» 133
- Des pensions alimentaires, il n’est pas question. Vous ne voulez pas traiter d’une question gênante, vous l’évacuez de la discussion. Aussi simple que cela…

Famille (Divorce. Pensions alimentaires) (7) : A l’occasion de la création d’une Agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires (ARIPA) qui doit voir le jour le 1er janvier 2017, on apprend, selon des chiffres officiels (donc inférieurs à la réalité) que «40% des pensions alimentaires - qui «représentent en moyenne un cinquième du revenu des familles monoparentales [traduire femmes]» - ne sont pas payées, ou le sont irrégulièrement.» Le gouvernement estime que l'agence permettra de «lutter contre ce phénomène» et contribuera à «réduire la pauvreté de ces familles». L’agence devra jouer un rôle d’«intermédiation» sur décision d'un juge «en cas de violence ou de menace sur le créancier». Combien de drames…134 (Cf. Droit, Patriarcat, Violences)

Famille (Divorce. Véronique Sanson) : Invitée sur un plateau de télévision, la chanteuse Véronique Sanson, en réponse à une question de l’animateur, déclare qu’elle avait pensé à faire tuer son ex mari (américain) par un tueur à gages. Et le public de rire, de s’ébaudir, de s’exclamer, de s’esclaffer. Mais ce qu’elle révélait était tragique, à savoir qu’aucune autre solution ne s’offrait à elle, ne lui apparaissait, comme, n’était possible, pensable, imaginable, crédible. Quant à évoquer d’éventuelles, de probables violences, menaces, chantages de son mari, sans même traiter de la question de la loi américaine pour une étrangère, mariée avec un Américain, ayant en sus un enfant, il n’en fut pas question. Fut alors évoqué, sans plus de précision, un divorce «incroyable», «tumultueux», «digne d’un polar» [dont elle parle sans doute dans son livre : Les années américaines, que je n’ai pas lu]. 135

Famille (Divorce. Violences masculines) (1) : Stuart Mill [1806-1976], auteur, en 1867, de : «Tant qu’une condamnation pour voies de fait, ou si l’on veut, pour une récidive, ne donnera pas à la femme, ipso facto, droit au divorce, ou au moins à la séparation judiciaire, les efforts pour réprimer les ‘sévices graves’ par des pénalités resteront sans effet, faute d’un plaignant ou faute d’un témoin». 136
- Cette proposition de Stuart Mill doit être modernisée : Le divorce doit être, sans frais, immédiatement, prononcé à la seule demande de la femme violentée, sans [et en tous cas, avant] passage par la case : Justice. Et sans avocat-es.
Pour les femmes violentées, seulement ? Non.

Famille (Divorce. Et violences masculines) (2) : Lu, évoqué par Me Lombard [1927-2017], l’histoire d’un homme, marié, père de deux garçons qui tua sa maitresse et son épouse, dont voici le terme : «Devant les Assises, son père, cité comme témoin et cherchant à l’excuser, eut ce mot terrible : ‘Dans ma famille, on ne divorce pas.’» 137

IV. Polygamie :

Famille (Polygamie) : À entendre le nombre de reportages où l’on donne la parole à des hommes (le plus souvent en Afrique..) la légitimant, et/ou l’absence de réaction politique, voire sa justification, lorsqu’il est fait référence à un homme polygame, rien n’exclue que celle-ci ne puisse un jour être réhabilitée. Le proxénétisme l’a bien été, sans excès de difficultés.
Parmi les formulations quasi quotidiennes, légitimant sans commentaires, la polygamie : «un Guinéen et ses deux épouses», «le père et ses deux épouses»…138 (Cf. Famille. Mariage)

Famille (Polygamie. Afghanistan. Années 90) : Lu dans le Journal d’une infirmière en Afghanistan l’histoire de vie suivante : Une femme mariée est médecin dans un hôpital. Le frère de son mari est tué à Kaboul et la «coutume» veut que le frère épouse la femme du frère décédé. Cette dernière, selon l’infirmière allemande, est «séduisante et fortunée» tandis que «l’époux du médecin est chômeur, après avoir perdu son emploi d’agent de police à Kaboul».
Elle poursuit : «Que pourrait-il lui arriver de mieux que d’avoir une charmante seconde femme auprès de lui puisque la première travaille et est absente la plupart du temps ? Il pourrait vivre comme un coq en pâte.»
La fin de l’histoire : «Sans son accord (celui de la femme médecin, menacée de vivre avec un mari polygame), il n’y aura pas de deuxième épouse, et comme c’est elle qui gagne l’argent du ménage, son mari devra s’incliner. Elle cherche donc un autre poste de médecin, dans un hôpital à bonne distance de la ville pour s’y installer avec son mari et ses deux enfants - très loin de sa belle sœur.» 139

Famille (Polygamie. Arabie Saoudite) : Après la mort du roi Abdallah d’Arabie Saoudite, Le Monde présente, sans commentaire, un organigramme des hommes de la famille d’Ibn Saoud, fondateur du royaume d’Arabie Saoudite. On y lit : «Saoud, fils de la 1ère épouse. Roi de 1953 à 1964 [1902-1969] ; Faycal, fils de la 3ème épouse. Roi de 1964 à 1975 [1904-1975] ; Khaled, fils de la 2ème épouse (Roi de 1975 à 1982 [1912-1982] ; Fahd, fils de la 6ème épouse. Roi de 1982 à 2005 [1921-2005) ; Abdallah, fils de la ème épouse. Roi de 2005 à 2015 [1924-2015] ; Roi Salman, fils de la 6ème épouse (Né en 1935) (4 fils nommés : Abdel Azziz, Sultan, Fayçal, Mohammed) ; Prince Muqrin, fils de la 18ème épouse (Né en 1945) ; Prince Sultan fils de la 6ème épouse) [1924-2011] ; Prince Nayef, (fils de la 6ème épouse) [1934-2012]» 140
- Sans commentaire du Monde ? Pas tout à fait. On y lit les intertitres suivants : «Devenu ministre de la Défense et héritier en second, puis dauphin, il accède logiquement au pouvoir» ainsi que : «La perspective longtemps repoussée du saut générationnel se profile désormais maintenant». (Cf. Femmes Politiques. France. Lagarde Christine (2), Femmes Saoudiennes (1,2), Famille. Polygamie. Monarchie Marocaine)

Famille (Polygamie. Ben Laden) : Que Ben Laden soit polygame a t-il été intégré dans les analyses politiques le concernant ? Je n’en ai pas lu. Comme s’il s’agissait d’une réalité gênante à dénoncer. Pourquoi ? Pour qui ? Ne serait-ce que, tout simplement - sauf à amalgamer la polygamie au seul Islam - il serait alors nécessaire de penser concomitamment la vie-dite-privée et l’analyse politique entre l’Occident et le Moyen Orient. Et risquer de dévoiler dès lors ce qui, au delà des oppositions politiques, lie, dans un monde patriarcal, les hommes entre eux.

Famille (Polygamie. Derrida Jacques) : Jacques Derrida [1930-2004], auteur de : «Si j’étais législateur, je proposerais tout simplement la disparition du mot et du concept de ‘mariage’ dans un code civil et laïque. Le ‘mariage’, valeur religieuse, sacrale, hétérosexuelle - avec vœu de procréation, de fidélité éternelle, etc…- c’est une concession de l’Etat laïc à l’Eglise chrétienne – y compris dans son monoganisme qui n’est ni juif […], ni, on le sait, musulman. En supprimant le mot et le concept de mariage [...] on le remplacerait par une ‘union civile’ contractuelle, une sorte de pacs généralisé, amélioré, raffiné, souple et ajusté entre des partenaires de sexe ou de nombre non imposé. Quant à ceux qui veulent, au sens strict, se lier par un mariage - pour lesquels mon respect est d’ailleurs intact - ils pourraient le faire devant l’autorité religieuse de leur choix. […]». 141 (Analyser et critiquer, notamment eu égard à la référence au «nombre non imposé»). (Cf. Homme. Intellectuel. France. XXème siècle)

Famille (Polygamie. Diderot) : Auteur de : «Il n’est pas dans la nature qu’un homme n’épousera qu’une femme142 Un autre regard sur Diderot.

Famille (Polygamie. Église catholique. France. 1987) : Le 2 octobre 1987, dans la cadre des auditions publiques (télévisées) la commission de la nationalité, M. Pierre-Patrick Kaltenbach [Conseiller référendaire à la Cour des comptes, Président du FAS (Fonds social des travailleurs migrants, Président du Conseil d’administration de l’l’INED (Institut national d’études démographiques)], pose à Mgr Delaporte [Archevêque de Cambrai, président de la commission épiscopale des migrants] les questions suivantes : «Peut-on être étranger polygame en France ? Peut-on être français et polygame en France ? En matière de plaisanterie, je dirais : êtes vous plutôt contre ou pour la polygamie ?»
- Sa réponse : «Qu’on soit étranger présent sur la sol de la France ou français, il me semble qu’il y a des lois civiles qu’il importe d’appliquer. Je ne vois pas pourquoi on donnerait des lois particulières143
- Un peu court quant à sa position de principe qu’il avait pourtant précisé sur d’autres fondements.

Famille (Polygamie. Elle) : On lit dans Elle, en 2014, dans un «reportage» intitulé : «Un mari pour deux» : «Pour les féministes sénégalaises, c’est un vrai recul. Mais pour certaines femmes, devenir la seconde épouse est un choix qui préserve leur liberté. Explication. […] » 144
- La polygamie comme ouvrant la possibilité de la liberté des femmes…(Cf. Elle, Liberté, Mariage, Patriarcat)

Famille (Polygamie. Fassin Éric) : Sociologue, auteur de : «L’ouverture du mariage nous invite à réfléchir sur ce qui le constitue : dans quelle mesure doit-il aujourd’hui être défini par la sexualité, à la fois obligatoire et exclusive, ou encore par la cohabitation, ou sinon par quel autre critère ? Les attaques homophobes contre la polygamie ne doivent pas davantage occulter une interrogation sur le polyamour : la conjugalité renvoie-t-elle nécessairement au couple ? […]» 145
- De toute cette confusion, ce que j’en ai compris, c’est que la polygamie était, à tout le moins, une option. Démenti, justifié, bienvenu (Cf. Langage. Genre, «Sciences» sociales. Sociologie)

Famille (Polygamie. Femme) : On veut nous faire croire que dans certaines régions du continent Indien, les femmes seraient polygames. Non : les hommes étant trop pauvres pour épouser une seule femme, doivent la partager.

Famille (Polygamie. Jaulin Robert) : On lit dans un article de Robert Jaulin [1929-1996] intitulé La distribution des femmes et des biens chez les Mara (Ex-Tchad), écrit l’été 1962, ceci : «Ngabra (dont Robert Jaulin était l’hôte), d’un tempérament fataliste, était un homme charmant, et un époux faible. Pour qu’il eut laissé l’une de ses femmes chasser les neuf autres, il fallait néanmoins qu’il y tint ou aimât son amour et sa violence. J’assistai, au sein d’autres ménages, à plusieurs scènes dont la jalousie féminine était fréquemment le motif, mais le couple Ngabra-Balebale battait sur ce chapitre, le record de fréquence et de violence ; enfin, contrairement à l’usage, il ne se gênait guère devant témoins. On ne saurait donc d’aucune façon en déduire que les histoires sont monnaie courante et que la polygamie est source de drames ; au contraire, les comportements exclusifs de l’épouse unique (craignant peut être de ne pas le rester) ou exclusif, et non ceux de l’épouse du polygame (qui n’éprouve pas la crainte précédente) sont généralement la cause de telles scènes.» 146 Je renonce à tenter de trouver l’ombre d’une cohérence de cette citation. La seule ne réside t-elle pas dans la volonté d’accuser les femmes, seules, de tous les maux et, au déni de toute prise en compte réelle de la polygamie et de ses effets nécessairement opposés entre les époux et les épouses (qui, elles, doivent le partager) de justifier la polygamie ? (Cf. «Sciences» sociales. Ethnologie)

Famille. Polygamie. Kessel Koseph : Joseph Kessel [1898-1979] en 1967 raconte un film tourné en Afghanistan et son impossibilité à trouver une seule femme pour y figurer. Un gouverneur qui souhaite l’aider, propose la libération (du moins, c’est ce qu’il déclare) à une femme était en prison pour 10 ans pour avoir tué son mari.
La réaction de Joseph Kessel, informé de la cause de la détention de cette femme, est la suivante: «[…] ce qui, entre parenthèse, m’a un peu déçu sur les facilités de la polygamie. Je croyais, qu’au moins, eux, les musulmans, avaient la chance de régler leur problème de la polygamie, sans jalousie. Or, il s’est trouvé une femme qui par jalousie d’une autre femme… de son mari l’a tué.» 147

Famille (Polygamie. Latournerie Dominique) : Dominique Latournerie, le 29 septembre 1987 Directeur des libertés publiques et des Affaires juridiques au ministère de l’Intérieur [Président de la République : François Mitterrand, Premier Ministre : Jacques Chirac, Ministre de l’Intérieur : M. Albin Chalandon], interrogé sur la question des problèmes posés par la polygamie en matière d’acquisition de nationalité, répondit : «La difficulté est que, au stade où l’étranger remplit sa demande, il lui est demandé d’indiquer quelle est sa famille. Il indique le nom de sa femme et de ses enfants. Il peut se produire qu’il ne déclare pas toutes ses épouses et tous les enfants qu’il a eu de ses épouses. Si, par exemple, il a eu trois enfants de sa première épouse, il va les déclarer, puis comme la législation prévoir l’effet collectif de l’acquisition de la nationalité française, tous les enfants, y compris les enfants qui n’ont pas été déclarés frauduleusement, peuvent prétendre à la nationalité française. Alors, là il y a un problème de fraude à la loi, qui est un problème difficile, d’autant plus que chacune a conscience que la France n’a pas à imposer au monde entier, ses propres conceptions du mariage, et que, somme toute, pour des étrangers qui sont mariés dans leur culture à l’étranger, sous le régime de la polygamie, la souveraineté française n’avait rien à dire. Il y a un problème à partir du moment où l’arrivée en France juxtapose eux législations.» 148
- Qu’en est-il en 2017 ? (à retrouver) (Cf. Droit. Patriarcat)

Famille (Polygamie. Lévi-Strauss Claude) : À la question posée à Claude Lévi-Strauss [1908-2009] : «[...] Le féminisme, non plus, ne vous aime pas beaucoup. D'abord par ce que vous avez écrit, dans Les Structures, que la polygamie était naturelle à l'homme. Cela vous a abondamment été reproché.», il répondit : «C'est possible, bien que cela me semble assez évident149 (Cf. Hommes. Intellectuels. XXème siècle. France, «Sciences» humaines. Anthropologie)

Famille (Polygamie. Lombard Paul) : Paul Lombard [1927-2017], avocat, auteur, en 1975, de : «L’homme de feu la société de consommation (?), monogame par nécessité, polygame par nature, a donc recours à l’une ou l’autre des trois institutions reines de notre temps : le cinq-à-sept, la psychanalyse.. et le divorce.» 150 Et l’assassinat ?

Famille (Polygamie. Onfray Michel) : Michel Onfray, concernant Otto Gross [1877-1920], auteur de : «Polygame, ça, c’est sympathique !» (Cf. Hommes. Intellectuels. France. XXIème siècle. Onfray Michel) 151

Famille (Polygamie. Monarchie Marocaine) : C’est en lisant le livre de Malika Oufkir (et Michèle Fitoussi), La prisonnière, 152 qui, avant d’être emprisonnée avec sa mère, ses frères, ses sœurs, Myriam, Maria, Soukhaïna pendant vingt ans par Hassan II, avait longuement vécu dans les palais de la monarchie Marocaine que j’ai compris que le terme de «polygamie» était insuffisant, plus encore, inapproprié, pour rendre compte des structures patriarcales, ici en sus féodales. En effet, Mohammed V [1909-1961] était non seulement polygame, mais possédaient de nombreuses concubines [«une quarantaine»] - qui, elles-mêmes «adoptaient» des orphelines qu’elles «formaient». Ces jeunes filles, en sus des «esclaves», «cloitrées», devenues des «femmes sans identité», étaient enlevées à leur famille et / ou «choisies» par le Palais «parmi les meilleurs élèves» et / ou «pour leur beauté» ; elles étaient toutes, «soumises au pouvoir d’un monarque absolu de droit divin», toutes «assujetties au pouvoir d’un même homme». Certaines étaient «mariées par trois ou quatre au roi», sans avoir en principe le droit de procréer. Toutes pouvaient être bien sûr répudiées, bannies, «disparues», frappées, violentées, notamment «à coups de nerfs de bœuf» délivrés par le roi lui-même. Il en fut de même concernant Hassan II, et sans aucun doute du roi actuel. Bref, que signifie le terme de «polygamie» limité à la seule prise en compte du nombre d’épouses dites légitimes ? (À prolonger)

Famille (Polygamie. Schweitzer Albert) : Albert Schweitzer [1875-1965], prix Nobel de la paix en 1952. Le colonialisme d’Albert Schweitzer a souvent été dénoncé ; beaucoup moins, sinon pas, ses analyses patriarcales. Voici son véritable plaidoyer en faveur de la polygamie, «une grave question sociale», en Afrique bien sûr : «Les missionnaires luttent par tous les moyens contre la polygamie et demandent en maints endroits au Gouvernement de l’interdire par une loi. D’autre part, nous tous qui sommes ici devons avouer qu’elle est liée très intimement aux conditions économiques et sociales du pays. Là où la population vit dans ces cases en bambou et où la société n’est pas organisée de manière à permettre aux femmes de gagner leur vie par un travail indépendant, il n’y a pas de place pour la femme célibataire. Or, la polygamie est la condition première du mariage de toutes les femmes. De plus, il n’y a dans la forêt vierge ni vaches, ni chèvres laitières. La mère est donc obligée de nourrir son enfant pendant longtemps au sein, pour qu’il ne périsse pas. La polygamie respecte le droit de l’enfant. Après l’avoir mis au monde, la femme a le droit et le devoir de ne vivre que pour son enfant pendant trois ans. Elle n’est plus épouse avant tout, mais mère. Elle passe même souvent la majeure partie de son temps chez ses parents. Au bout de trois ans, on célèbre la fête du sevrage, et la femme rentre alors comme épouse dans la case de son mari, mais on ne peut concevoir cette période consacrée à l’enfant que si l’homme a pendant ce temps une ou plusieurs femmes pour s’occuper du ménage et des plantations. Encore un point. Chez ces peuples primitifs, on ne rencontre jamais une veuve ou un orphelin délaissé. Le plus proche parent hérite du défunt et doit l’entretenir, ainsi que ses enfants. Elle devient de droit sa femme, mais peut ensuite, avec son consentement, épouser un autre homme. Ebranler les fondements de la polygamie chez les peuples primitifs équivaudrait à faire chanceler tout leur édifice social. Avons nous le droit de le faire, sans être en mesure d’établir en même temps un nouvel ordre social adapté aux circonstances ? La polygamie ne continuerait-elle pas d’exister en fait avec cette seule différence que les femmes de seconde main, jusqu’alors légitimes, seraient considérées comme illégitimes ? Cette question préoccupe fort les missionnaires. Plus les conditions économiques s’amélioreront, plus la lutte contre la polygamie sera aisée. […] La Mission doit assurément faire de la polygamie un idéal et une exigence du christianisme. Mais l’État commettrait une erreur en prétendant l’imposer par voie légale. Pour autant que je puisse en juger, jusqu’à maintenant, ce serait également une erreur d’identifier la lutte contre l’immoralité avec la lutte contre la polygamie. Les femmes d’un même mari vivent généralement en bonne harmonie. La femme noire n’aime pas être le seule épouse, car elle doit alors pourvoir seule à l’entretien de la plantation qui est du ressort de la femme. L’entretien de la plantation est très pénible, parce qu’elle se trouve à l’ordinaire loin du village, dans un endroit écarté. […] Par mes conversations avec les blancs les plus compétents et les plus expérimentés de cette région, j’en suis venu à la conviction que nous ne devons améliorer les lois et les mœurs existantes, et n’y rien changer sans nécessité.» 153 (Cf. «Sciences» sociales. Anthropologie, Sociologie, Patriarcat, Proxénétisme (pour les ‘arguments’ invoqués pour justifier l’injustifiable)

Famille (Polygamie. Touraine Alain) : Auteur de : «Je persiste à ne pas voir au nom de quel principe la polygamie doit être interdite, même si je reconnais qu'elle rend plus difficile l'intégration des femmes africaines et renforce ainsi l'exclusion qui les menace en leur facilitant l'enfermement dans la vie domestique et l'analphabétisme154 Je laisse aux Africain-es le soin de critiquer ce qui les concerne. Avec tant de violences et de mépris. (Cf. «Sciences» sociales. Sociologie)

Famille (Polygamie. Wikipédia.2017) : Concernant Jean Renoir, je lis sur Wikipédia : «Jean Renoir est un réalisateur et scénariste français, né à Paris le 15 septembre 1894 et mort à Beverly Hills le 12 février 1979.» Suivi de la fiche indicative suivante : «Distinctions et récompenses» […] ; «Épouses» […], «Livres» […]» : son capital ?

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Notes de bas de page

1 Titre du Parisien. 28 novembre 2011

2 AFP. Agression de policiers : Une famille en prison. 17 août 2010

3 AFP. Blanc Mesnil : autopsie d’une famille tuée. 29 décembre 2012

4 AFP. Afghanistan : un journaliste et sa famille tués. 21 mars 2014

5 Metro News. 8 septembre 2014

6 AFP. Un Jordanien exécute toute sa famille. 14 juin 2012

7 AFP. Le Monde. Une famille emportée dans un cours d’eau des Cévennes. 15 novembre 2014

8 Le Midi libre (AFP). Normandie. Le grand père a t-il tué sa famille avant de se suicider ? 20 juin 2015

9 AFP. Indonésie : le bilan du crash porté à 143 morts. 1er juillet 2015

10 Georges Sadoul, Dictionnaire des films. Microcosme. le Seuil. 383p. 1990. p.176

11 Le Figaro. AFP. Drame familial à Anglet. Le Parquet évoque des difficultés financières et familiales. 22 juin 2016

12 Le Figaro. AFP. Espagne : un Brésilien avoue avoir tué sa famille. 21 octobre 2016

13 Le Journal du dimanche, Jacqueline Sauvage, «J’ai fermé les yeux et tiré trois fois…» 26 février 2017. p.28

14 Marie Cardinal, Au pays de mes racines. Le livre de poche. 219p. 1980. p.41

15 Cornelius Castoriadis, Spiros Stanias, Anti. Athènes. 24 février 1989. Repris dans Cornelius Castoriadis, Quelle démocratie ? II. Éditions du Sandre. 656p. 2013. p.339

16 Cornelius Castoriadis, Radio suisse romande. 4 août 1996. Repris dans Cornelius Castoriadis, Quelle démocratie ? II. Éditions du Sandre. 656p. 2013. p.619

17 Radio Notre Dame. La famille, «une communion de personnes». 20 mars 2014

18 France Culture, Les pieds sur terre. Histoires de femmes, Thérèse, Maya, Madeleine et les autres…19 février 2016 (1ère diffusion. 3 octobre 2007)

19 Cf. Marie-Victoire Louis, Les Algériennes, la lutte http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=399&themeid=397

20 Les passions d’Henri Guillemin. À la Baconnière. 448p. 1994. p.140 et 413

21 V. Vitale, Documenti sui castello di Bonfacio, Genovoa. 1936. N°99. Pp 20. Cité par Didier Lett, Homme et femmes au Moyen-Age. Histoire du genre. XII-XVe siècle. Armand Colin. 222p. 2013. p.206

22 Benjamin Crémieux, Le premier de la classe. Roman. Grasset. 174 p. 1921. p.7

23 Françoise Dolto, Danielle Rapoport, Bernard This, Enfants en souffrance. Stock / Laurence Pernoud. 230p. 1981. p.189

24 France 2. On n’est pas couché. 17 octobre 2015

25 France Culture. Une vie une œuvre. Nino Ferrer, le mal entendu. (1934 -1998). 10 août 2010

26 France Inter, La marche de l’histoire. Le témoin du vendredi. Denise Cacheux, socialiste rieuse. 5 juin 2015

27 Le Canard enchaîné. Ils vous attendent. 15 mars 2017. p.6

28 Le Monde. Campus. Le gouvernement va graver dans le marbre le tirage au sort. 14 Janvier 2017. Mis à jour le 16 janvier 2017

29 EF-L ANEF. Patricia Mercadrer. Une parution qui j’espère pourra vous intéresser. 17 janvier 2017

30 Mémoires, souvenirs et journaux de la Comtesse d’Agoult . Daniel Stern. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 430p. 1990. Note. p.123

31 Édith Stein, Vie d’une famille juive. 1891-1942. Ad Solem - Cerf. 592p. 2001. p.164

32 Lou Andréas Salomé, Ma vie. PUF. Perspectives Critiques. 315p. 1978. p.42

33 Adam Smith, Théorie des sentiments moraux. Quadrige PUF. 469p. 2010. p.75

34 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.194

35 Jean Guéhenno, Journal d’un homme de 40 ans. Le livre de poche. 241p. 1968. p.19

36 Isadora Duncan, Ma vie. Folio. Gallimard. 447p. 2016. p.33

37 Hélène Berr, Journal. Points. Tallandier. 329p. 2009. p.115, 116

38 Chaine Histoire. Archives du XXème siècle. Emmanuel Berl. 1 ère partie. (Interview réalisées en 1971) 10 juillet 2016

39 Paul et Victor Margueritte, Mariage, divorce, union libre. Société d’éducation et d’action féministes (Lyon). 31 p. 1906.p.2. (Lisible sur Gallica)

40 France Culture. Sur la route. 10 janvier 2014. 17 h 50

41 MFPF. Élection d’ Emmanuel Macron. Le Planning reste vigilant et mobilisé. 8 mai 2017

42 Henry Bordeaux, Le foyer. Flammarion. 46p. 1937. p.41

43 Jacques Lœw, En mission prolétarienne. Le Seuil. Livre de vie. Économie et humanisme. 187p. 1961. p.98

44 Association Choisir, Avortement : une loi en procès. L’affaire de Bobigny. Idées Gallimard. 255p. 1973. p.89

45 George Orwell, Une vie en lettres. Correspondance (1903-1950). Agone. 666p. 2014. p. 402.

46 Message du 11 juillet 1940. Maréchal Pétain, La France nouvelle. Principes de la communauté, suivis de Appels et Messages. 17 juin 1940-17 juin 1941. Paris, Fasquelle, Editeurs. 172 p. Décembre 1941. p.31

47 Maurice Garçon. Journal. 1939-1945. Les Belles Lettres / Fayard. 702p. 2015. p.300

48 Maurice Garçon. Journal. 1939-1945. Les Belles Lettres / Fayard. 702p. 2015. p.316 et 317

49 Françoise Giroud, La comédie du pouvoir. Fayard. 361p.1977. p.156

50 Marguerite Castillon du Perron, La princesse Mathilde. Un règne féminin sous le Second Empire. Amiot*Dumont. Paris. 308p. 1958. p.186

51 George Sand, Correspondance. Tome VIII. Aux membres du Comité central (lettre non envoyée). Garnier Flammarion. 868 p. 1971. p.402

52 France Culture, Régis Debray. Allons aux faits. Réalités religieuses (2/5) Que faut-il entendre par religion ? 12 juillet 2016

53 France Culture. La culture de guerre en France. 17 septembre 2016

54 Cindy Sheehan, Peace mom. Le combat d’une mère américaine contre la guerre. Flammarion. 260p. 2007. p.199, 200 et 201

55 Talleyrand, Mémoires. (p. ?)

56 Dr Mc Ginnis, Votre première année de mariage. Guide des fiancés et des jeunes mariés. Éditions Resma. 185p. 1979. p.26

57 Ciné classique. Aznavour, Viens voir le comédien. 13 février 2016. 13 h 30

58 Alain, Portraits de famille. Association des Amis du Musée Alain et de Mortagne. 187p. 2007. Cf. Notes autobiographiques de 1946. p.184

59 Jean-Loup Bernanos, Georges Bernanos, à la merci des passants. Plon. 505p. 1986. p. 428

60 George Sand. Jacques (lisible sur le net). Calmann-Lévy. 353p. 1834. p.12,13, p.36, p.66,67

61 Cf. Alfred Naquet, La loi du divorce. Bibliothèque Charpentier. Eugène Fasquelle Editeur. I903. 331p. (Lisible sur Gallica)

62 Jean-Louis Barrault, Comme je le pense. Idées Gallimard. 252P. 1975. p.215

63 L’Évangile

64 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.65

65 Adam Smith, Théorie des sentiments moraux. PUF. 469p. 2010p.245.

66 Gérard Miller, Les pousse-au-jouir du maréchal Pétain. Le Seuil. 238p. 1975. p.169. Préface de Roland Barthes. Citation extraite du livre d’Anatole de Monzie, La saison des juges. Flammarion. 1943

67 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.59

68 A. Jourcin et Ph. Van Tieghem, Dictionnaires des femmes célèbres. Collection : Les dictionnaires de l’homme du XXème siècle. Larousse. 1969. 256 p.

69 Ryszard Kapuscinski, Imperium. 10 /18. 340p. 1999. p.76,77

70 Mémoires, souvenirs et journaux de la comtesse d’Agoult. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 2007. T.I. p.172 à 198

71 Léon Poliakov, Bréviaire de la haine. Le IIIème Reich et les juifs. Le livre de poche. 505p. 1976. p.19

72 Françoise Renaudot, Moi, j’irai à Dreux. Récit. Robert Laffont. 273p. 1980. p. 229

73 AFP (avec Le Figaro). Maroc. Loi sur le viol amendée. 22 Janvier 2014

74 Balzac (Honoré de), Mémoires de deux jeunes mariées. (Nouvelle édition). Édition et librairie Henri Beziat. Paris 1er. 255p. 1936. p.253 et 252

75 Wikipédia. Paula Modersohn Becker. Un exposition au Musée d’Art moderne de la ville de Paris lui est consacrée. (avril 2016)

76 Léon Blum, Du mariage. Écrit en 1905 ; publié en 1907 ; réédité en 1937. In, L’œuvre de Léon Blum, Éditions Albin Michel. 1905-1914. Du Mariage. 1962. 652 p.178

77 Mémoires du comte de Bussy-Rabutin, Le Temps retrouvé. Mercure de France. 372p. 2010. p.85

78 Jacques Loew, Journal d’une mission ouvrière (1941-1959). Les éditions du Cerf. 476p. 1959. p.157

79 Céline. Lettres. La Pléiade. Gallimard. 2034 p. 2009. p.278 et 1636

80 Chow Ching Lie, Le palanquin des larmes. Dans le Chine de Mao, l’échappée d’une femme. J’ai lu. 382p. 2001. p.226, 240 et 264/265

81 La comtesse de Ségur, Correspondance. Préface de Michel Tournier. Éditions Scala. 216p. 1993. p.34

82 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.260

83 Benjamin Constant, Lettre à Madame la comtesse de Nassau. In, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.416

84 John Stuart Mill, De la liberté. Folio. Essais. 242 p. 1990. p.221

85 Déclaration de Stuart Mill à l’occasion de son mariage avec Harriet Taylor. ENS. Openeditions.org. 2014.

86 Portalis, Discours préliminaire du premier projet de code civil. 1801. p.35. Les classiques des sciences sociales

87 Voltairine de Cleyre, Le mariage est une mauvaise action. Éditions du Sextant. 60p. 2009. p.38,39

88 Madame Lafarge, Heures de prison. Paris, Librairie Nouvelle. (Numérisé par Google) 314p. 1854. p.209

89 Marie Bashkirtseff, Lettres. Eugène Fasquelle, Éditeur. 282p. 1922. p.122 à 133

90 Être français aujourd’hui et demain. I. Rapport de la commission de la nationalité (M. Marceau Long. Président) 10/18. UGE. 769p. 1988. p.360

91 Isadora Duncan, Ma vie. Folio Gallimard. 447 p. 2016. p.232, 233

92 Cf. Mariage (Droit au), In, Dictionnaire des droits de l’homme. Sous la direction de Joël Andriantsimbazovina, Hélène Gaudin, Jean-Pierre Marguénaud, Stéphane Rials, Frédéric Sudre. PUF. 1074 p. 2008. p.679

93 Marie Bashkirtseff, Lettres. Eugène Fasquelle, Éditeur. 282p. 1922. p.112

94 Denise Grey, 70 ans sur les planches. Entracte. Plon. 196p. 1988. p.50,51

95 France Info. Penelope Fillon est prête à parler, mais son mari ne veut pas qu’elle s’exprime pour l’instant. 23 février 2017

96 Arte. Sénégal. Lady’s turn. Le foot au féminin. 8 septembre 2015

97 Leila, Mariée de force (Pour la première fois, une femme témoigne). J’ai lu. 2004. 251p.

98 Fourier, Textes choisis. Éditions Sociales. Les classiques du peuple. 166 p.1969. p.127

99 Marie Gilliard-Malherbe, À l’étroit dans ma peau de femme. Souvenirs. 1900. Éditions d’en bas. 2001. p.96. Cité dans, Paroles de femmes (Sous la direction de Jean-Pierre Guéno). Radio France. 157p. 2009. p.21,22

100 In, Rivarol, Chamfort, Vauvenargues, L’art de l’insolence. 1517p. 2016. p. 231,232

101 Le Monde. Prison ferme confirmée pour les «patrons voyous» de l’usine Samsonite. 6 juillet 2012

102 Marivaux, Le père prudent et équitable. In, Théâtre complet. Tome I . Classiques Garnier. Bordas. 1126p. 1968. p.27

103 Chamfort, Maximes et Pensées. In, Rivarol, Chamfort, Vauvenargues, L’art de l’insolence, Bouquins. Robert Laffont. 1517p. 2016. p.308

104 AFP. L’ex-épouse de Merah attaque Le Point. 7 juin 2012

105 Novalis, Œuvres complètes. II. Les Fragments. NRF. Gallimard. 458p. 1975. p.113, et 143,144

106 Paul Lombard, Divorcer. La Table ronde. 238p. 1975. p.10

107 Le journal de Caroline B. Enquête de Michelle Perrot et Georges Ribeill. Arthaud. Montalba. 253p. 1985. p.129

108 Christine Pedotti, Mariage pour tous, les femmes vont se réveiller avec une ‘sacrée’ gueule de bois. Blog. Huffington Post. 13 janvier 2013

109 AFP. Mariage homo adopté : «message d’égalité» pour l’inter LGBT. 18 mai 2013

110 Édith Stein, Correspondance. I. 1917-1933. 767p. 2009. p.455

111 Catherine Pozzi, Journal. 1913-1934. Ramsay. Pour mémoire. 676 p. 1987. p.22 à 24

112 Lettre à la Raugrave Louise. 4 septembre 1697. In, Lettres de la princesse Palatine. (1672-1722), Le Temps retrouvé. Mercure de France. 733p. 2009. p.212

113 Pierre Kropotkine, Mémoires d’un révolutionnaire. Autour d’une vie. 506p. 2008. p.195

114 Nina et Jean Kehayan, Rue du prolétaire rouge. Seuil. 222p. 1978. p.111

115 Isadora Duncan, Ma vie. Folio. Gallimard. 447p. 2016. p.28

116 Cité dans, Élisabeth de Fontenay, Pour Émile et par Émile, Sophie ou l’invention du ménage. In, Les Temps Modernes. Petites filles en éducation. Mai 1976. N° 358. p.1787. Je n’ai pas eu le courage de vérifier la source exacte dans les 10 tomes que comporte le roman de Mademoiselle de Scudéry. (Lisible sur Gallica)

117 France Inter. Ça peut pas faire de mal. Lettre à ma mère de Georges Simenon. 25 mars 2017

118 Nicolas Beau et Catherine Graciet, La régente de Carthage. Main basse sur la Tunisie. La Découverte. 178p.2009. p.22.

119 Fadéla M’Rabet, Les Algériennes. François Maspero. Cahiers Libres 103. 303p. 1967. p.286 à 291

120 Edmond et Jules de Goncourt, Journal. Mémoires de la vie littéraire. 1887-1896. Bouquins. Robert Laffont. 1461 p. 2004. p.925

121 Françoise Renaudot, Moi, J’irai à Dreux. Robert Laffont. 273p. 1980. p.240

122 Marie Cardinal, Les mots pour le dire. Grasset. 317p. 1975. p.142,143

123 Jules Renard. Journal. 12 septembre 1902

124 Souligné par moi.

125 Julie-Victoire Daubié, La femme pauvre au XIXème siècle. Éditions Côté-Femmes. 175p. 1992. Tome 1. Note 1, p.52

126 Céline Rolin, Femmes séparées. Flammarion, 1965.333 p. ; La femme devant le divorce. Casterman. 1968. 264 p.

127 France inter. Affaires sensibles. Les Conti, le prix humain de la crise. 10 février 2016

128 Montaigne, Les Essais. Livre I. De l’amitié. Chapitre XXVIII. Folio.I. 505p. 1985. 269

129 Le programme commun du gouvernement du parti communiste et du parti socialiste. 27 juin 1972. Éditions sociales. 192 p. 1972. p. 95

130 Yvette Roudy, Mais de quoi ont-ils peur ? Un vent de misogynie souffle sur la politique française. Albin Michel. 218p. 1995. p.177

131 Radio France Internationale, 7 milliards de voisins. 5 juin 2014

132 Circulaire du 7 août 2014 de présentation des dispositions de la loi n° 2014-873 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. BOMJ (Bulletin officiel du Ministère de la Justice) n°2014-08 du 29 août 2014

133 Le Monde, Les femmes d’avantage pénalisées financièrement lors des séparations. 16 décembre 2015

134 L’Indépendant. fr. Famille : Création d’une Agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires. 23 septembre 2016

135 France 2. On n’est pas couché. 24 janvier 2015

136 John Stuart Mill, De L’assujettissement des femmes. 1867. Éditions Avatar, 201 p. 1992. p.72

137 Paul Lombard, Divorcer. La Table ronde. 238p. 1975. p.151

138 Dictionnaire de la violence, Sous la direction de Michela Marzano. Quadrige PUF. [Item : Excision] 1546 p.2011. p.478

139 Karla Schefter, Journal d’une infirmière en Afghanistan. Traduit de l’allemand. Plon. 296p. 2002. p.227

140 Le Monde, Le nouveau roi Salman, Garant de la continuité. 24 janvier 2015

141 Le Monde, Jacques Derrida, Je suis en guerre contre moi-même. 19 aout 2004, Repris dans Le Monde du 12 octobre 2004

142 Diderot, Correspondance. Tome V. Lettre à Sophie Volland. 7 octobre 1761. Bouquins. Robert Laffont. 1468p. 1997. p. 362. Dans une note, il est fait référence à l’article «Indissoluble» de l’Encyclopédie (vol. Politique. p.51)

143 Être français aujourd’hui et demain. I. Rapport de la commission de la nationalité (M. Marceau Long. Président) 10/18. UGE. 769p. 1988. p.313 et 314

144 Elle. Un mari pour deux. 14 mai 2014

145 Médiapart. Blog d’Eric Fassin. [sociologue] Présentation de la Journée d’études ouverte au public, lundi 8 avril 2013. Au-delà du mariage. De l'égalité des droits à la critique des normes.

146 Robert Jaulin, La distribution des femmes et des biens chez les Mara. Cahiers d’études africaines. Année 1966. Vol 6. N° 23. p.460

147 Archives. INA. Joseph Kessel parle des femmes en Afghanistan. 20 Novembre 1967

148 Être français aujourd’hui et demain. I. Rapport de la commission de la nationalité (M. Marceau Long. Président) 10/18. UGE. 769p. 1988. p.247, 248.

149 L’Express. Claude Lévi-Strauss, un anarchiste de droite. 17 octobre 1986

150 Paul Lombard, Divorcer. La Table ronde. 353p. 1975. p.13

151 France Culture. 26 juillet 2011. 19 h 25

152 Malika Oufkir et Michèle Fitoussi, La prisonnière. Le livre de poche. 1999. 410p.

153 Albert Schweitzer, À l’orée de la forêt vierge. Récits et réflexions d’un médecin en Afrique Equatoriale française. Albin Michel. 216p. 1956. p.158 à 160, p.162

154 Une société fragmentée ? Le culturalisme en débat. Éditions La Découverte. 1996. p.304


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