Domination masculine. Patriarcat
 Marie-Victoire Louis

Histoire

date de rédaction : 21/06/2017
date de publication : 21 juin 2017
mise en ligne : 21/06/2017
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Histoire

Extrait de l’Abécédaire féministe

À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 4192 items et 23 rubriques : I. «Culture» (175) ; II. Droit (89) ; III. Êtres humains (143) ; IV. Êtres humains. Corps (56) ; V. Êtres humains. Enfants (44) ; VI. Êtres humains. Femme-s (809) ; VII. Êtres humains. Homme-s (329) ; VIII. Êtres humains. Relations entre êtres humain-es (183) ; IX. Famille (176) ; X. Féminisme-s. Féministe-s (193) ; XI. Justice (202) ; XII. Langage (143) ; XIII. Patriarcat (197) ; XIV. Penser (326) ; XV. Politique (451) ; XVI. Pornographie (52) ; XVII. Proxénétisme (158) ; XVIII. «Sciences» sociales (78) ; XIX. «Sciences» Sociales (Démographie) (23) ; XX. «Sciences» sociales (Économie) (83) ; XXI. «Sciences» sociales (Histoire) (57) ; XXII. Sexe-s [Sexualité, Sexisme] (61) ; XXIII. Violences (164)… et continuera d’évoluer.

21 juin 2017

XXI. «Sciences» sociales. Histoire

En noir. ‘Nouveaux’ items

Histoire (1,2) ; Histoire (Anachronisme) ; Histoire (Biographies) ; Histoire (Critiques) ; Histoire (des Femmes) ; Histoire (du féminisme) ; Histoire (Féministe) (1,2) ; Histoire (Hugo Victor) ; Histoire (Orale) ; Histoire (Symboles. Relativité des) ; Histoire (Tacite) (1,2) ; (14)

I. Révolution française : Bastille (Prise de la) ; Cahier de doléances et réclamations des femmes aux États généraux) (1,2) ; Constitution (Bonheur) ; Gouges (Olympe de) (1,2) ; Femmes (Liberté) ; Femmes («Poissardes») ; Legros (Madame) ; Marat (1,2) ; Robespierre (1,2,3) ; Roland (Madame) (1,2,3) ; Saint-Just ; Vigée Lebrun (Élisabeth) ; (19)

II. Historiographie patriarcale : Historiographie (Patriarcale) (1,2,3,4) ; Arte. 2017 ; De Beauvoir Simone ; Dommanget Maurice ; Dosse François ; «Droits de l’homme» ; Duby (Georges) ; Foucault (Michel) ; Hitler ; Martin-Fugier Anne ; Leys (Simon) ; Lubin (Georges) ; Morin (Edgar) ; Poisson (Martial» ; Sous titre ; Viennot (Éliane) ; Walter (Gérard) ; Wikipédia (1,2,3) ; Winock (Michel) ; Ziegler (Jean) ; (25)

21 juin 2017 : 57 items

«Sciences» sociales. Histoire (1) : L’Histoire : toujours-nécessaire-afin-d’éviter-que-les-drames-ne-se-reproduisent. À l’exception de celle du patriarcat.

«Sciences» sociales. Histoire (2) : Dans tout recours (retour) à l’histoire, Il existe toujours la menace (le risque) d’une régression erronée du fait d’un passé en grande partie mythique.

«Sciences» sociales. Histoire (Anachronisme) : Refuser légitimement les anachronismes ne signifie pas refuser l’analyse de l’histoire au prisme de pensées d’aujourd’hui. On ne peut en effet que penser l’histoire à la lumière du présent (si possible, plus pertinemment). Évident, certes, mais nous avons lu tant de dénis de cette évidence…(Cf. Violences contre les femmes. Harcèlement sexuel)

«Sciences» sociales. Histoire (Biographies) : «Que d’hommes en un homme» disait justement - si l’on y ajoute les femmes - Michelet des hommes de la Révolution française. 1
- Les biographies devraient plus s’inspirer des kaléidoscopes, afin de détruire l’idée même d’un être humain unidimensionnel. Mais il reste que la fragmentation n’est pas une solution ; une avancée ?
* Ajout. 19 mars 2014. N’est ce pas jouer avec des mots ?

«Sciences» sociales. Histoire (Critiques) : Les acquis :
* Cf. le jugement du Comte de Saint Simon [1870-1825], en 1819-1820 : «Jusque vers le milieu du dernier siècle, l’histoire n’a presque jamais été qu’une biographie du pouvoir.» 2
* Cf., aussi le jugement de Michelet [1798-1874] concernant l’histoire (sous la royauté) : «L’histoire, docile esclave des seigneurs qui la payait.»[…] 3
* Cf., enfin, sur ce sujet - inépuisable - celui de Soljenitsyne [1918-2009] : «Nous gardons en mémoire ce qui a été, non pas l’histoire, mais seulement les pointillés que l’on a voulu nous graver dans la mémoire à force de nous les seriner à coups de burin.» 4

«Sciences» sociales. Histoire (des femmes) : Première étape nécessaire pour permettre, non pas de critiquer l’«histoire des hommes», mais d’aborder l’histoire du patriarcat. Doit donc être dépassé. L’a été. Mais le «genre» devenu hégémonique, a mis un coup d’arrêt brutal au processus. (Cf. Féminisme, Langage. Genre)

«Sciences» sociales. Histoire (du féminisme) : Si l’on définit le terme de «trahison» par : «Briser la loyauté, tromper la confiance de personnes, de groupes», le dépôt en 1979 par Antoinette Fouque du sigle MLF à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) peut être qualifié comme tel. Ce dépôt à l’INPI signifie, en sus, que ce déni de l’histoire - au risque du ridicule - a, en toute logique libérale, des conséquences financières pour ses exclusives bénéficiaires. En ce sens, pour moi, les termes d’«appropriation abusive», d’«imposture», de «détournement» s’ils ne sont pas faux, sont insuffisants.
* Il est intéressant de noter qu’à l’écoute de l’émission de France Culture de 1972 (ré-écoutable en 2014) intitulée Variation sur la femme, on entend une voix, qui semble plus que probablement, tant elle est reconnaissable, être celle d’Antoinette Fouque affirmer d’emblée : «Le MLF n’a été créé par personne». 5 (À confirmer)

«Sciences» sociales. Histoire (Féministe) (1) : Il ne s’agit pas d’écrire une histoire féministe, pour tenter de retrouver des preuves d’une pensée féministe, d’actions féministes au prisme d’analyses ultérieures, et donc inappropriées, fausses, sous les chapes de plomb patriarcales, mais de chercher, avec nos grilles d’analyses d’aujourd’hui, ce qui a pu permettre de construire dans toutes ses composantes et ses si diverses modalités d’expression, le féminisme en tant qu’actions, pensées…; et, comment il a donc pu être exclu de l’histoire. Il s’agit de tenter de comprendre comment, depuis toujours, le patriarcat a été fondé, s’est maintenu, s’est adapté selon des modalités différenciées, à tous les modes de production, à tous les systèmes politiques, religieux. Sans transformer le patriarcat en un pouvoir immanent, mais en lui reconnaissant la force, la logique et les incohérences d’un système de domination. (Cf. Patriarcat)

«Sciences» sociales. Histoire (Féministe) (2) : Dans le cadre donc d’une analyse du système patriarcal (concept à redéfinir sans cesse), il faut sans cesse redéfinir le féminisme dans toutes ses composantes [à expliciter pour chacu-ne] afin d’apprendre à lire les forces et les faiblesses, les avancées et les reculs, les blocages, les alliances, les contradictions au sein du féminisme, entre féminismes, entre féministes. Seules ces analyses, jamais acquises, jamais définitives, peuvent permettre d’avancer dans l’analyse. (Cf. Patriarcat, Proxénétisme)

«Sciences» sociales. Histoire (Hugo Victor) : Victor Hugo [1802-1885], auteur, en 1864, de : «Que l’histoire soit à refaire, cela est évident. Jusqu’à l’époque où nous sommes, l’histoire a fait sa cour ; elle ferme les yeux quand un altesse lui dit : Histoire, ne regarde pas. Elle a pour principe l’obéissance ; et à qui doit-on obéir ? Au succès : le roi paye, le peuple ne paie point. Voilà à peu près tout le secret de ce genre d’Histoire, l’admirable étant d’être payé successivement par Pour et par Contre, et, comme Fontanes [1757-1821], d’être fait sénateur par l’idolâtrie et pair de France pour le crachat sur l’idole […] Il est temps que l’Histoire entre dans la voie des aveux.» 6 (Cf. Penser. Politique. Obéir)

«Sciences» sociales. Histoire (Orale) : Le drame de l’histoire des femmes : l’oralité. Cette oralité imposée aux femmes est aussi - à l’exception de ceux et celles qui s’en sont soucié 7 - très largement condamnation de l’historiographie dominante.
Les féministes ont grandement contribué à l’écriture de cette oralité ; et ce ne fut pas leur plus secondaire apport à la pensée.

«Sciences» sociales. Histoire (Symboles. Relativité des) : George Orwell [1903-1950], évoquant ‘sa’ guerre d’Espagne - ainsi que celle de son épouse [1905-1945] : «Eileen a été merveilleuse» - écrit, le 31 juillet 1937, à un ami : «Nous avons commencé par être des défenseurs héroïques de la démocratie et nous avons terminé en traversant la frontière en catimini avec la police à nos trousses.» 8

«Sciences» sociales. Histoire (Tacite) (1) : Tacite [58-120], auteur de : «Mon dessein n’est pas de rapporter toutes les opinions ; je me borne à celles que signale leur noblesse ou un caractère particulier d’avilissement, persuadé que le principal objet de l’histoire est de préserver les vertus de l’oubli, et d’attacher aux paroles et aux actions perverses la crainte de la postérité et de l’infamie9 Tacite a l’honnêteté intellectuelle de clarifier la question de sa méthode, d’expliciter son approche et de [se] revendiquer [d’] une morale : position d’une autre envergure que celle des historien-nes qui se targuent d’objectivité et / ou qui vouent «la morale» aux gémonies.. (Cf. Penser. Méthode, Politique. Morale)

«Sciences» sociales. Histoire (Tacite) (2) : Tacite [58-120] [en réaction à Tibère [42 avant J-C, 34 après J-C] qui avait «répété à plusieurs reprises ‘que les honneurs accordés aux femmes devaient avoir des bornes’»] écrivit : «La vérité est que son inquiète jalousie voyait dans l’élévation d’une femme (sa mère, Augusta, en l’occurrence) son propre abaissement.» 10 Pertinent.
- On peut aussi, eu égard à la rigueur de la réfutation, se référer aux critiques qu’il reproduit de l’«avis» de Sévérus Cécina «qu’il fut interdit à tout magistrat chargé d’une province d’y emmener sa femme avec lui.» Nombre d’arguments avancés par lui sont toujours valables. 11 (Cf. Patriarcat, Penser)

I. Histoire. Révolution française :

«Sciences» sociales. Histoire (Révolution française) : Chateaubriand [1768-1848], auteur de : «La colère brutale faisait des ruines, et sous cette colère était cachée l’intelligence qui jetait parmi ces ruines les fondements du nouvel édifice.» 12 Valable pour toutes les révolutions. (Cf. Penser, Politique)

«Sciences» sociales. Histoire (Révolution française. Cahier de doléances et réclamations des femmes aux États généraux) (1) : [1789] «Notre devise sera t-elle toujours : Travailler, obéir et se taire ?» 13
- Peut, doit être comparé à : «Liberté, égalité, fraternité» (Cf. Droit. Droits de l’homme, Politique. Démocratie, Obéir)

«Sciences» sociales. Histoire (Révolution française. Cahier de doléances et réclamations des femmes aux États généraux) (2) : [1789] «Comment récompensez-vous dans votre constitution sociale le plus sacré des devoirs, celui de produire, de soigner, d’instruire, d’élever les enfants qui réparent le monde ?» 14 Question toujours non résolue, le plus souvent, pas même posée…

«Sciences» sociales. Histoire (Révolution française. Constitution. Bonheur) : Article 1er de la constitution de 1793 : «Le but de la société est le bonheur commun. […]» Tout est dit ?
* Ajout. 2 octobre 2015. Lu : «C’est moins la forme du gouvernement qui rend les peuples heureux que les Lois qui règlent la fortune des citoyens.» [1787] 15

«Sciences» sociales. Histoire (Révolution française. Gouges (Olympe de) (1) : Olympe de Gouges [1748-1793], auteure de : «Homme, es-tu capable d'être juste ? C'est une femme qui t'en fait la question ; tu ne lui ôteras pas du moins ce droit. Dis-moi ? Qui t’a donné le souverain empire d'opprimer mon sexe ? Ta force ? Tes talents ? [...] L’homme seul s'est fagoté un principe de cette exception. Bizarre, aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré, dans ce siècle de lumières et de sagacité, dans l'ignorance la plus crasse, il veut commander en despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles ; il prétend jouir de la Révolution, et réclamer ses droits à l’égalité, pour ne rien dire de plus. [...]»
- Suivi, en note, de : «De Paris au Pérou, du Japon à Rome, le plus sot animal, à mon avis, c’est l’HOMME. » (Cf. Droit. Droits de l’homme, Patriarcat) 16

«Sciences» sociales. Histoire (Révolution française. Gouges (Olympe de) (2) : Alors que, en 2013, suite à une consultation officielle - à laquelle 30715 personnes y avaient participé en septembre 2013 - ouverte sur le site des Monuments Historiques, Olympe de Gouges (devançant Germaine Tillion, Louise Michel et Simone de Beauvoir) était la première sur la liste des personnes devait «entrer au Panthéon», François Hollande l’a écartée.
- Aujourd’hui (21 février 2014) date à laquelle l’annonce officielle des quatre personnes choisies par lui sera effectuée, la page internet concernant cette consultation «n’existe plus». Qui aurait gardé ces archives et pourrait les publier ? Ont finalement été choisies deux hommes et deux femmes Résistant-es. La parité contre le féminisme.
- La liste des «personnalités auditionnées» dans le Rapport intitulé : Pour faire entrer le peuple au Panthéon, remis à François Hollande par M. Philippe Bélaval, mérite la lecture : elle peut provoquer un instant le rire, si ce n’était si malheureusement signifiant de la France «officielle» en 2014. Et si triste… (Cf. Hommes politiques. Hollande (François))

«Sciences» sociales. Histoire (Révolution française. Femmes. Liberté) : «À Bayeux [lors de la fête de l’Être suprême. 8 juin 1794] une jeune fille qui représentait la Liberté portait sur la poitrine ou sur le dos : ‘Ne me tournez pas en licence’.» [Cité par Taine [1828-1893], «raconté par Gustave Flaubert [1821-1880], d’après des souvenirs de famille»]. 17 (Cf. Politique. Liberté)

«Sciences» sociales. Histoire (Révolution française. Femmes. «Poissardes») : Rivarol [1753-1801], dans son Journal politique national écrit en 1789, nomme les femmes révolutionnaires «les poissardes» précédé ou non d’«armée de» (p.945) ou de «phalange» (p.956). Je l’ai relevé à 30 reprises.
Elles sont soient seules évoquées, soit liées, assimilées aux «patriotes et assassins» (p.945), à «quelques assassins» (p.848), aux «forts de la halle» (p.952,971), aux «brigands» (p.954, p.960, p.965, p.968, p.973, p.985), aux «assassins» (p.954), aux «Mirabeau» (p.962), aux «crocheteurs» (p.971), aux «ouvriers» (p.977). Il est aussi question du «délire inhumain des poissardes» (p.982) dont il écrit qu’elles «vomissaient des acclamations» (p.987). 18 (Cf. Langage)
* Ajout. 2 novembre 2016. Le même terme est, en 2003, encore employé, suivi par «cornards éméchés». 19 Pour ‘faire peuple’ ?

«Sciences» sociales. Histoire (Révolution française. Legros Madame) : Pour Michelet [1798-1874] : «Il faut dire vrai ; si quelqu’un eût la gloire de la renverser (la Bastille), c’est cette femme intrépide qui si longtemps travailla à la délivrance de Latude [1725-1805, enfermé pendant 37 ans notamment à la Bastille] contre toutes les puissances du monde». Et il poursuit en la qualifiant ainsi : «celle qui avait pour ainsi dire forcé les prisons d’État», pour conclure : «Cette femme avait pris la Bastille». 20
* Taine [1828-1893] cite lui aussi, mais en d’autres termes, Madame Legros : il évoque : «l’épicière qui ‘depuis trois années a remué ciel et terre’ pour délivrer le prisonnier.» (Latude) 21

«Sciences» sociales. Histoire (Révolution française. Marat) (1) : Marat [1743-1793], traitant de «l’imposture du despotisme éclairé», évoque Catherine II de Russie [1729-1796] et la juge notamment eu égard «à la vanité et l’instinct imitatif naturel à son sexe». 22

«Sciences» sociales. Histoire (Révolution française. Marat) (2) : Après avoir découvert le Plan de législation criminelle de Marat [1743-1793], plus particulièrement la cinquième section, intitulée : Des crimes contre les mœurs (plus spécifiquement les pages 108 à 116,) ainsi que la sixième section : Des crimes contre l’honneur (plus spécifiquement les pages 135 à 139), il m’apparaît que Marat est, parmi les hommes révolutionnaires, celui qui a, sans conteste, le plus intimement traité de et surtout celui qui a le mieux compris, critiqué avec force et dénoncé ce que nous appellerions aujourd’hui la «domination masculine». En conséquence, sa conception novatrice, originale du droit en matière de «mœurs» est en entièrement marquée, sans pour autant abandonner son analyse en termes d’opposition de «classes». 23 C’est de cet exemple qu’il faudrait s’inspirer pour repenser un nouveau code pénal. (Cf. Droit patriarcal)

«Sciences» sociales. Histoire (Révolution française. Robespierre) (1) : Robespierre [1758-1794], auteur de : «Nous voulons substituer dans notre pays, la morale à l’égoïsme, la probité à l’honneur, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, l’empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à l’insolence, la grandeur d’âme à la vanité, l’amour de la gloire à l’‘amour de l’argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l’intrigue, le génie au bel esprit, la vérité à l’éclat, le charme du bonheur aux ennuis de la volupté, la grandeur de l’homme à la petitesse des grands». 24
Et ce serait (notamment) de son fait - lui qui fut appelé «l’incorruptible» - que «la vertu» serait indissociablement liée à «la terreur» ? Et ce serait (notamment) de son fait, lui qui ne fondait la démocratie que sur «la vertu», que celle-ci, en politique, serait d’emblée suspecte, récusée, illégitime ? La révolution ne réside t-elle pas justement en ce qu’une telle phrase pût être prononcée ?
- Ces interrogations ne sauraient évacuer sa déclaration le 12 août 1793 : «Que le glaive de la loi, planant avec une rapidité terrible sur la tête des conspirateurs, frappe de terreur leurs complices ! Que ces grands exemples anéantissent les séditions par la terreur qu’ils inspireront à tous les ennemis de la patrie !», ainsi que la loi dite des suspects du 17 septembre 1793. Mais elles ne peuvent l’y réduire.
* Ajout. 12 août 2014. Opposition binaire, et plus largement, question mal posée. Par ailleurs, peut-on porter un jugement sur un homme politique singulier, isolé du contexte politique dans lequel son action est compréhensible ? Non. (Cf. Histoire. Biographies, Politique. Loi. Morale)
* Ajout. 12 mai 2017. Ne jamais oublier, en critiquant de la Terreur, qu’en 1993, la révolution était et attaquée sur toutes ses frontières et menacée à l’intérieur par les contre-révolutionnaires, les aristocrates français étant à la fois à l’intérieur et à l’étranger.

«Sciences» sociales. Histoire (Révolution française. Robespierre) (2) : Robespierre [1758-1794], auteur de : «Ce qui est immoral est impolitique, ce qui est corrupteur est contrerévolutionnaire». 25 Le débat - à complexifier, à bouleverser - ainsi ouvert n’a jamais été refermé. Et ne doit pas l’être. (Cf. Politique. Morale)

«Sciences» sociales. Histoire (Révolution française. Robespierre) (3) : Robespierre [1758-1794] : combien de fois a t-il prononcé, dans ses discours, dans ses écrits, le mot «femme» et celui de «citoyenne» ? Je n’en ai relevé aucune. (Cf. Marat, Saint Just)

«Sciences» sociales. Histoire (Révolution française. Roland Madame) (1) : Madame Rolland [1754-1793], auteure, selon Michelet, de : «Passez le premier, j’aurais le courage d’attendre» : phrase qu’elle aurait dite, au pied de la guillotine, à Lamarche, ancien directeur général de la fabrication des assignats, qui «en route se montrait fort abattu»]. La même, toujours au pied de l’échafaud aurait dit, en se tournant vers la statue de la Liberté, 26 «avec une grave douceur, sans reproche : «Ô Liberté, que de crimes commis en ton nom».
- Une grande dame, une femme politique, auteure d’un grand livre, ses Mémoires, 27 écrites, puis récrites en prison, sous la menace (effectivement mis en oeuvre) de la guillotine. (Cf. Femme. Épouse de. Roland Madame)

«Sciences» sociales. Histoire. Révolution française. Roland Madame) (2) : Une autre manifestation du courage de Madame Rolland [1754-1793] émane du Comte Beugnot, enfermé avec elle à la Conciergerie en 1793. Il évoque le départ de la prison de Madame Rolland pour le tribunal qui devait la condamner à mort : […] : «Une foule de femmes se pressaient pour la baiser. Celles qui étaient mieux instruites du sort qui l’attendaient sanglotaient autour d’elle et la recommandaient en tout cas à la Providence. Rien ne peut rendre ce tableau : il faut l’avoir vu. Madame Roland répondait à toutes avec une affectueuse bonté ; elle ne leur promettait pas son retour ; elle ne leur disait pas qu’elle allait à la mort, mais les dernières paroles qu’elle leur adressait étaient autant de recommandations touchantes. Elles les invitaient à la paix, au courage, à l’espérance, à l’exercice des vertus qui conviennent au malheur. Un vieux geôlier nommé Fontenay, dont le bon cœur avait résisté à trente ans d’exercice de son cruel métier, vint lui ouvrir la grille en pleurant. Je m’acquittais au passage de la commission de Clavières (lequel « avait considéré qu’une entrevue entre elle et lui un pareil jour pourrait nuire à tous deux ») ; elle me répondit en peu de mots d’un ton ferme. Elle commençait une phrase lorsque deux guichetiers de l’intérieur l’appelèrent pour le tribunal. À ce cri, terrible pour tout autre qu’elle, elle s’arrêta et me dit, en me serrant la main : ‘Adieu, Monsieur, faisons la paix, il est temps. En levant les yeux au ciel, elle s’aperçut que je repoussais mes larmes, et que j’étais violemment ému ; elle y parut sensible, mais n’ajouta que ces deux mots : ‘Du courage !’» 28 (Cf. Femme. Épouse de. Roland Madame)

«Sciences» sociales. Histoire (Révolution française. Roland Madame) (3) : Madame Rolland [1754-1793], auteure de : «Il faut une grande expérience du monde et des affaires pour apprécier la rareté de ce qu’on peut appeler un homme, il fallait même celle de la révolution pour démontrer l’indigence de notre nation à cet égard.» 29 Il est dommage qu’elle n’ait pas été plus explicite, ou plutôt, qu’elle n’ait pas prolongé son analyse… (Cf. Femme remarquable. Luxembourg (Rosa) & Zetkin (Clara), Homme-s, Patriarcat)

«Sciences» sociales. Histoire (Révolution française. Saint-Just) : Saint Just [1767-1794], (concernant «les femmes») auteur de : «Laissez-leur toujours leurs désirs» ; «Ceux qui s’aiment sont époux » ; «Celui qui trompera une fille sera banni» ; «Celui qui frappe une femme est banni.»… (Cf. Robespierre) 30

«Sciences» sociales. Histoire (Révolution française. Vigée Lebrun Élisabeth) : Élisabeth Vigée Lebrun [1755-1842], auteure de : «[…] Au reste, il est devenu fort difficile aujourd’hui de donner une idée de l’urbanité, de la gracieuse aisance, en un mot des manières aimables qui faisaient, il y a quarante ans, le charme de la société de Paris. Cette galanterie dont je vous parle, par exemple, a totalement disparu. Les femmes régnaient alors, la révolution les a détrônées31
Une analyse en termes de «classes sociales» serait nécessaire pour relativiser, historiciser son jugement. (Cf. Femmes. Conscience de classe)

II. Historiographie patriarcale :

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale) (1) : Si l’un des critères communément considéré comme permettant de juger les régimes totalitaires est la falsification de l’histoire, comment qualifier, en la matière, dans tant de domaines, la France de 2014 ? (et des années suivantes…)

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale) (2) : Il y a souvent des hommes très ordinaires confrontées à des histoires très exceptionnelles ; il y a, plus souvent encore, des femmes très extraordinaires confrontées à des histoires très ordinaires. (Facile ?)

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale) (3) : Il est des présentations concernant «l’histoire des femmes et du genre» se voulant synthétiques dont le refus de prendre position, de s’engager expliquent la confusion sémantique. On ne concilie pas l’inconciliable. On ne gomme pas les oppositions en les présentant comme s’inscrivant dans un même champs. On ne mêle pas des termes qui chacun pour leur part exige clarifications.

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Arte) : Entendu dans le documentaire d’Arte consacré à l’Histoire de l’anarchisme : [Lors de la Commune] «Les femmes s’éduquent, votent et disposent de leurs corps.» 32
- Comment une telle grossièreté a t-elle pu s’incruster dans ce travail ?

«Sciences» sociales. Histoire. (Historiographie patriarcale. De Beauvoir Simone) : Simone de Beauvoir [1908-1986], auteure de : «L’action des femmes n’a jamais été qu’une agitation symbolique ; elles n’ont gagné que ce que les hommes ont bien voulu leur concéder ; elles n’ont rien pris : elles ont reçu.» 33
- Sur un autre fondement, eut été qualifié de négationnisme. En réalité, en relève.

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Dommanget Maurice) : Maurice Dommanget [1888-1976] fut le biographe incontesté de Sylvain Maréchal, lequel fut (notamment) l’auteur d’un «Projet de loi portant défense d’apprendre à lire aux femmes». 34 Concernant ce texte, que l’on peut légitimement considérer comme l’un des plus violents, des plus radicaux dans la construction de la pensée patriarcale, Maurice Dommanget écrivit simplement, sans autre commentaire, en 1950 ceci : «En dépit du bruit causé par son apparition, [il] n’était qu’un hors-d’oeuvre aux yeux de Sylvain, préoccupé de choses autrement graves35
* Ajout. Albertine Clément-Hémery dans un texte publié en 1801 intitulé : Les femmes vengées de la sottise d’un philosophe du jour 36 a critiqué le livre de Sylvain Maréchal.

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Dosse François) François Dosse, auteur, dans son livre Castoriadis. Une vie [1922-1997], de : «Le surnom donné à Périclès [494-429 avant J.C], l’«Olympien», pour ses qualités d’éloquence, pourrait tout aussi bien s’appliquer à Castoriadis. L’analogie peut même se prolonger dans la sphère privée, où l’un et l’autre ont multiplié les conquêtes féminines tout en traversant de des périodes de grande passion amoureuse […]» 37

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. «Droits de l’homme») : On lit dans le Dictionnaire des droits de l’homme, [2008] sous l’item : «Révolution française» ceci : «Avec la Déclaration des droits (de 1789) l’égalité juridique devient une prérogative du citoyen. Serfs, juifs, protestants et même provisoirement esclaves sont regroupés dans une catégorie unique, celle de citoyen». 38 (Droits de l’homme)

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Duby Georges) : Quelle fut la part de travail effectif légitimant le fait que Georges Duby [1919-1996] cosigne avec Michelle Perrot la publication des 5 tomes de l’Histoire des femmes en Occident publiée en 2002 chez Plon ?
- Le concernant, je me souviens, par ailleurs, de nombre d’exclamations ébahies, peu amènes, du public lorsque, à la Sorbonne, il prit la parole, lors de la présentation de ce livre organisée par Michelle Perrot (laquelle avait - d’une rare honnêteté - invité des intervenant-es chargé-es de le critiquer).

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Foucault Michel) : Dans son livre, issu d’un séminaire au Collège de France, intitulé : Moi, Pierre Rivière ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère 39, Michel Foucault, [1926-1984] il écrit que Pierre Rivière avait «entrepris de tuer la moitié de sa famille» (p.266).
Cette simple formulation interdit de poser les questions (nombreuses) telles que pourtant clairement posées par l’auteur des crimes.
Que dit en effet Pierre Rivière dans le Mémoire que celui-ci écrivit pour expliquer les trois crimes, intitulé : Détail et explication de l’événement arrivé le 3 juin [1835] à Aulnay, village de la Fauctrie, écrite par l’auteur de l’action :
- «[…] J’avais surtout un horreur de l’inceste et cela faisait que je ne voulais pas approcher des femmes de ma famille […]» (p.125)
- «J’avais lu dans l’histoire romaine et j’avais vu que les lois des romains donnaient au mari, droit de vie et de mort sur sa femme et sur ses enfants.» (p.129)
- «Je ne peux délivrer mon père qu’en mourant pour lui». (p.130) «Je pris donc cette affreuse résolution et je me déterminais à les tuer tous les trois : les deux premières (sa mère, enceinte de 6 mois et demi et sa sœur de 18 ans) parce qu’ils s’accordaient pour faire souffrir mon père, pour le petit (son frère de 7 ans) j’avais deux raisons, l’une parce qu’il aimait ma mère et ma sœur, l’autre parce que je craignais qu’en ne tuant que les deux autres, que mon père, quoi que en ayant une grande horreur ne me regretta encore lorsqu’il saurait que je mourut pour lui, je savais qu’il aimait cet enfant qui avait de l’intelligence, je pensais il aura une telle horreur de moi qu’il se réjouira de ma mort, et, par là, exempt de regret, il vivra plus heureux.»
- Il importe enfin de préciser que dans la présentation que Rivière fait des «peines» [ que] son de son père» a infligées par sa mère, pas une fois, alors qu’il en fait état des raisons qu’elle exprime pour défendre ses propres droits, il ne donne raison à sa mère. Les auteur-es de ce livre, un siècle et demi après, en occultant toute prise en compte, pourtant explicite, de l’analyse patriarcale de ce crime, dissoute dans le terme de «famille», s’inscrive dans cette lignée et la conforte. (Cf. Êtres humains. Hommes. Intellectuels. France, Famille, Violences contre les femmes)

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Guillemin Henri) : Henri Guillemin [1903-1992] présente les Mémoires de Madame Sadate «pleine de vie, de courage et d’ardeur, toujours belle et sur la brèche» comme étant «un ouvrage qui force le respect, tant la sincérité y éclate, tant s’y affirme une loyauté courageuse». Ou, comment louer les mérites d’une épouse «à la peau très blanche» pour mieux justifier le soutien politique à son mari, «audacieux, mais humain, mais intelligent» et «sombrement basané».
Henri Guillemin note cependant en conclusion, que Sadate fut un mari «irréprochable, mais rarement tendre» et qui ne lui dira «pas une seule fois : ‘Je t’aime’.» 40

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Hitler) : J’entends dans un documentaire consacré à Eva Braun, diffusé sur la Chaîne de l’Assemblée nationale : «Hitler a remporté les élections grâce notamment au vote des femmes, fascinées par son charisme41

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Leys Simon) : Simon Leys [1935-2014], dans son livre Les habits neufs du président Mao (1975) écrit, concernant les positions officielles conférées (en septembre/octobre 1969) de Jiang Qing (épouse de Mao) et de Ye Qun (épouse de Lin Biao) ceci : «Cette montée au pouvoir des épouses est d’ailleurs un signe inquiétant pour la santé du régime ; elle indique d’une part la crise de confiance qui sévit au sommet ; faute d’adjoints sûrs, les dirigeants en viennent à s’appuyer sur leur compagne d’oreiller, un peu comme ces empereurs des périodes de décadence qui, voyant la trahison partout, ne se fiaient plus qu’à leurs eunuques ; et d’autre part l’exemple est maintenant donné à la tête de promotions non plus effectives sur la base de compétences objectives, mais allouée par faveur privée
Sans s’arrêter aux jugements portés sur le statut conféré à ces femmes «compagnes d’oreiller», ni à l’analogie faite avec les «eunuques» des «empereurs des périodes de décadence» par Simon Leys, on peut, sans être spécialiste de la Chine, considérer comme pertinente, et universalisable, l’analyse politique avancée. Mais Simon Leys n’a jamais évoqué le fait que la quasi totalité des politiques dont il parle tout au long de son livre étaient justement…des hommes. 42

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Lubin Georges) : George Lubin [1904-200] est celui grâce auquel nous avons pu accéder à l’immense Correspondance de George Sand, celui que nous ne remercierons jamais assez. Et c’est, (avec l’«aide» de son épouse), cet homme qui a consacré «quarante ans» de sa propre vie «passionnant[e]» à George Sand, cette femme exceptionnelle, dont il connaissait tout ou presque, dont il comprenait intimement les moindres réactions, qu’il a «aim[ée]» et qui, néanmoins put se demander, concernant une simple divergence d’analyses, si celle de George Sand ne relevait pas de «l’illogisme féminin». 43
- Les pesanteurs de l’idéologie…
* Concernant son épouse, dans le dernier tome de cette Correspondance (24ème) publié sous la responsabilité de George Lubin, on peut lire : «Voilà que nous arrivons au terme du voyage. La dernière lettre est là, qui débouche sur le vide. Dans cette lettre, ma femme ne put longtemps se résoudre à faire la copie, destinée à l’impression»… Sans doute - mais je souhaiterais être démentie - cette référence au travail de sa femme à ses côtés fut-elle la seule…Quant à la présentation finale de son propre immense et si rigoureux travail, Georges Lubin (aujourd’hui décédé) ne s’est autorisé qu’une «Introduction» de trois pages. (Cf. Femme. Épouse de)

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Martin-Fugier Anne) : Dans le livre d’Anne Martin-Fugier, La place des bonnes. La domesticité féminine à Paris en 1900, un passage a retenu mon attention. Citant un passage (compte tenu de son intérêt, malheureusement réduit) du Journal de Jules Renard (en date du 12 septembre 1902), elle rapporte l’histoire d’une femme, séparée de son mari, élevant seule ses cinq enfants, et dont le procureur, sur les seuls renseignements du maire a refusé la séparation légale, car «le mari ne la désire pas». Puis elle écrit : «On arrive ainsi à cette situation paradoxale : [et là, elle reprend le texte de Jules Renard] ‘Quand elle aura élevé ses enfants, et qu’ils pourront se placer, de douze à vingt ans, il aura droit à la moitié de leurs gages.» C’est tout, et ce n’est pas un «paradoxe».
- Il faut aussi noter que cet exemple est présenté ainsi : «La main mise paternelle sur la force de travail de l’enfant, reconnue par la loi, peut prendre des formes scandaleuses.» 44 (Cf. Droit, Famille, Politique. Paradoxe)

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Morin Edgar) : Edgar Morin, auteur, concernant l’histoire de Mai 68, dans un article paru dans Le Monde du 1er juin 1978 et réédité en septembre 2015 de : «[De 1970 à 1975] La conscience néo-féminine surgit en fondant sa revendication sur l’identité propre de la femme. […] Ces surgissements se manifestent à la fois sous forme d’une onde de choc dure, percutante, et d’une onde large, qui se diffuse et plus ou moins s’intègre. Ainsi le mouvement féminin a son fer de lance MLF, mais en même temps les grands magazines comme Elle et Marie-Claire, qui offraient les solutions préfabriquées de la culture de masse, s’ouvrent aux aspirations de la nouvelle féminité.» 45
Comment peut on afficher, sans honte, un tel mépris de l’histoire, une telle inculture historique, un tel manque de rigueur ? Et rééditer, sans scrupules, sans gêne, de telles inepties, en 2015 ? (Cf. Homme. Intellectuel. France. XXIème siècle. Morin Edgar)

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Perrot Michelle) : Michelle Perrot, en 2000, dans L’Université de tous les savoirs (Volume 3) présente «l’avènement d’une histoire des femmes» comme relevant de trois «facteurs» :
- Dans les «facteurs scientifiques», sont nommés Paul Ricoeur [1913-2005], Michel Foucault [1926-1984], Georges Duby [1919-1996] dont l’œuvre est présentée comme «exemplaire», L’Ecole des Annales et Alain Corbin. C’est dès lors, faire d’eux les pères tutélaires de «l’histoire des femmes».
- Les «facteurs sociologiques» se limitent à la question de l’absence et de la présence des femmes «à l’Université».
- Les «facteurs politiques», «liés au mouvement de libération des femmes des années 70», nomment certaines ‘intellectuelles’ féministes, évoque les womens’ studies, oppose «les essentialistes» […] et les «universalistes» présenté comme «le courant majoritaire en France, s’appuyant sur l’œuvre de Simone de Beauvoir», et dont les protagonistes (non nommées) «revendiquaient l’égalité et insistait sur l’historicité du genre», affirme que «le contexte actuel n’est plus le même» et se termine par l’évocation de la «pensée queer».
La conclusion étant : «On mesure la richesse du débat intellectuel et existentiel qui sous tend le développement de l’histoire des femmes, sans quelles aient eu toujours clairement conscience des enjeux qui la traversaient46

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Poisson Martial) : Responsable, en 2002, de l’édition du Droit du Seigneur de Voltaire, Martial Poisson écrit dans son introduction, dans un paragraphe intitulé : «La construction d’un mythe littéraire : le mythe du bon seigneur» : «Si l’on sait aujourd’hui que le droit du seigneur n’a jamais réellement existé comme «fait social», on peut légitimement se demander pourquoi il a tant fait parler de lui et par quel mystère un thème sans objet a pu devenir un motif littéraire aussi important dans les littératures et notamment le théâtre de la plus part des pays européens».
Concernant la question qu’il pose, on ne saurait mieux l’exprimer….
- Mais, pour y répondre, il faudrait invalider l’assurance de sa première affirmation, à savoir qu’il s’agirait d’un «mythe».
Il suffit pour cela de se référer à ses propres annexes, fort utiles.
On lit, parmi ceux qui en ont affirmé l’existence, des textes de Voltaire, notamment dans l’article Taxes de son Dictionnaire philosophique, dans L’Essai sur les mœurs de l’esprit des nations (Chapitre 52), dans Défense de mon oncle (Chapitre II), dans Nanine ou le Préjugé vaincu (Acte I, Scène I) ; dans l’Encyclopédie, des textes du Chevalier de Jaucourt («Prélibation» et «Marchet») et de Boucher d’Argis («Droits abusifs», «Culage», «For-mariage») et de Chambers («Défloration»). Suivent ensuite plusieurs textes émanant de juristes. Il cite aussi ces citations de Beaumarchais, d’Olympe de Gouges, Montaigne, Montesquieu, Chateaubriand…47
- Martial Poisson tente, au déni des textes qu’il évoque, dans son introduction, avec de réelles difficultés aisément lisibles, de maintenir cette thèse indéfendable du «mythe» qu’aurait représenté «le droit de cuissage».
Et pourtant, il relève précisément dans sa préface les censures auxquelles Voltaire a du faire face et les réécritures qu’il a dû effectuer ; il cite de même Beaumarchais qui, concernant Le mariage de Figaro, lui aussi confronté à la censure, écrivait : «On espère qu’elle (la pièce) triomphera des scrupules de la censure et de la police, et que nous la verrons enfin représentée.» (p.189)
La permanence de l’historiographie patriarcale, au déni du réel, et de ses propres sources… (Cf. Violences contre les femmes. Droit de cuissage)

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Sous titre) : [2013] Michèle Dominici (pour Arte) a consacré un documentaire à l’histoire des luttes des Suffragettes britanniques jusqu’à leur succès final en 1928. Le titre était prolongé de ce sous-titre : «Ni paillassons, ni prostituées». Je doute fort qu’il ait été le choix libre de sa réalisatrice ; mais en tout état de cause, ce sous titre relève incontestablement d’une historiographie patriarcale. Comment ce sous titre fut décidé mériterait d’être connu. 48

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Viennot Éliane) : Éliane Viennot, après avoir évoqué ses découvertes historiques concernant les œuvres de Marguerite de Valois et, dans son environnement, l’importance des femmes au XVIIème siècle, auteure de : «Pourquoi, dans toute cette activité, de toutes ces femmes si importantes, les histoires de France ne disaient-elles rien ? C’est ce que j’ai compris peu à peu, en suivant la trace de quelques unes d’entre elles, jusqu’à aujourd’hui. Les textes rédigés depuis la Renaissance témoignent en effet non pas d’un oubli progressif, mais de véritables ‘batailles’ entre les gens qui écrivent l’histoire, les romans historiques, l’histoire littéraire… Certains étaient pour que ces femmes demeurent dans la mémoire collective des Français, au même titre qu’Henri IV ou Lafontaine. D’autres, plus nombreux et plus puissants, voulaient qu’elles en sortent : qu’elles laissent la place aux hommes, comme à l’Académie française, ou dans le Panthéon parisien, où à l’Assemblée nationale. C’est ainsi que la plupart des femmes qui ont fait l’histoire de France ont été rayées de la carte ; et que quiconque se plonge dans le passé de la France rencontre fatalement ces ‘emperières’, ces ‘femmes d’État’, ces ‘autrices’… mais aussi ces ‘champions des dames’ apostrophant les ‘misogynes’ ! […] Ma dernière découverte a été de comprendre que plusieurs filles de rois en France sont montées sur la trône, alors que les livres d’histoire ne le disent jamais, quand ils ne disent pas le contraire. Ce qui me confirme que nos ancêtres étaient moins misogynes que nous. J’e n’en suis pas encore tut à fait revenue49 (Cf. Féminisme, Langage. Patriarcat)

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Walter Gérard) : Gérard Walter [1896-1974], historien de la Révolution française, concernant le rôle que Michelet [1798-1874] attribue à Théroigne de Méricourt [1762-1817] 50 auteur de : «La réhabilitation de la ‘fameuse amazone’ tentée par Michelet fait honneur à ses sentiments de galant homme mais ne saurait être prise au sérieux.» Suivi de : «Les documents publiés dernièrement par O. Ernst dans son livre sur Théroigne de Méricourt sont accablants pour elle.»

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Wikipédia) (1) : Un exemple de parti-pris patriarcal parmi tant et tant d’autres. Voici le début de la présentation concernant Marie Lafarge par Wikipédia (découverte en décembre 2014) : «Marie Fortunée Capelle, connue sous le nom de Marie Lafarge (15 janvier 1816-7 novembre 1852), est une criminelle française.» […] Cette accusation, non fondée, non justifiée, légitime toutes les injustices du procès qui l’a rendue responsable de la mort de son mari. Plus encore, par ce seul constat, les doutes si nombreux qui n’ont cessé de peser sur le verdict sont effacées. Lire d’elle ses Mémoires, 51, ainsi qu’Heures de prison 52, très remarquables à plus d’un titre, rédigées en prison. (Cf. Famille. Mariage. Dot, Justice. Madame Lafarge, Violences contre les femmes)

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Wikipédia) (2) : Madame Goeffrin [1699-1777], Madame de Cavaillet [1844-1910] sont présentées comme : «salonnière française». (31 janvier 2016)
* Ajout. 12 novembre 2016. Marguerite Steinheil [1869-1954] est, pour sa part, présentée comme «salonnière et demi mondaine».
- On peut noter que l’emploi de ce qualificatif méprisant, sinon injurieux, qui ne tient compte ni de leur culture, de leur intelligence, de leur valeur, de leur rôle politique, de leur influence intellectuelle, ne disqualifie pour autant jamais les hommes qui participèrent à leurs «salons». Concernant Marguerite Steinheil, on lit : «Son salon est fréquenté par la bonne société : Gounod, Lesseps, Massenet, Coppée, Zola, font partie de ses invités.»
* Ajout. 15 mai 2017. Toujours sur Wikipédia, Madame Suzanne de Necker est elle présentée comme une «salonnière suisse».

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Wikipédia) (3) : Thérèse Levasseur [1721-1801], épouse de Jean-Jacques Rousseau avec lequel elle vécu un quart de siècle, qui donna naissance à leur cinq enfants - qu’il décida d’abandonner - dont il parle à de très nombreuses reprises dans ses Confessions est présentée comme «une lingère française connue pour sa liaison avec Jean-Jacques Rousseau». (31 janvier 2016) (Cf. Femme. Mère. Levasseur Thérèse)

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Winock Michel) : Dans sa biographie de Clémenceau, évoquant les relations de cet homme «avec les femmes», il évoque des «bonnes fortunes», «un carnet de bal», «des amourettes, des passades, des caprices d’un jour». On comprend mieux pourquoi l’auteur du Siècle des intellectuels n’avait trouvé qu’une seule femme méritant, selon lui, d’y figurer [Simone de Beauvoir]. (Cf. Famille. Divorce. Clémenceau) 53
* Ajout. 3 septembre 2014. À la relecture plus précise ce matin du Siècles des Intellectuels 54 je découvre que Simone de Beauvoir, la seule intellectuelle française du XXème siècle pour Michel Winock, n’est même pas, en elle-même, spécifiquement citée. C’est en effet dans le chapitre III intitulé : «Les années Sartre» et dans une section 47 intitulée : «Deuxième sexe» que Simone de Beauvoir est traitée. Qui plus est, on peut noter que, sous ce titre, à l’instar du jugement de Flaubert concernant George Sand, Michel Winock considère, dans cette même section, qu’elle appartenait (appartiendrait ?) au «troisième sexe» !
- L’inculture féministe dans ces quelques pages de Michel Winock est indécente, tout comme l’est la superficialité et la grossièreté de ses pseudo analyses.
- Le concernant, on lit sur Wikipédia : «[…] Michel Winock mène par ailleurs une carrière dans l'édition : membre de la revue Esprit à partir de 1962, il devient conseiller puis directeur littéraire aux Éditions du Seuil. Il y crée les collections L’Univers Historique et Points Histoire (en 1971). Il contribue ainsi à ce qui peut être considéré comme un âge d'or de l'édition historique en France.»
- Pour ma part, je considère que la responsabilité politique de tels auteurs et de tels éditeurs (nombreux) en matière de freins posés aux avancées, aux apports féministes et donc de régression intellectuelle et politique doit être posée.
* Je me dois dire, à cet égard - pour être honnête - préciser que M. Winock est responsable de la non publication au Seuil de mon livre sur Le Droit de cuissage. Après signature d’un contrat, il m’avait ‘proposé’ de le publier - sans autre alternative que d’accepter qu’il soit entièrement réécrit. Et pour m’en convaincre, il avait entièrement réécrit, ou fait réécrire, par une autre, à sa demande, je n’ai jamais su, plus de cent pages [toujours en ma possession : un beau cas de figure dans l’histoire de la censure…] dégagées de sa grille de lecture féministe. Je n’ai pas accepté, j’ai fait un procès que j’ai gagné, mais malheureusement sur les fondements de la nature du contrat - qui ne m’importait pas – et non pas sur la seule chose qui m’importait : la censure d’un livre féministe et l’évidence du droit d’un éditeur à réécrire un manuscrit.
Ceci clarifié, je pense pouvoir dire que, sans cet ‘épisode’ de censure, mon jugement le concernant n’en aurait pas été modifié. Sans doute cependant, n’aurais-je, peut être pas lu les écrits de M. Winock. (Cf., Féministes. Intellectuelles, Féministes. Intellectuelles de gauche)
* Ajout. 21 octobre 2016. Je lis dans le Journal politique de Michel Winock 55, qu’Elsa Triolet, «comme tant d’autres, ne veut pas vieillir», qu’Anne Villalaur [1923-2008], «la patronne» de Durand (Claude ?) est «une sacré virago» […] ) (p.126), que «Beauvoir n’est pas un bon écrivain» (p.129), que l’épouse de Jean Lacouture, Simone est «plutôt revêche» (p.207), mais, plus loin, jugée «parfaite dans son rôle d’hôtesse» (p.404), que l’épouse de [X] est «franchement sotte» (p.328), qu’Han Suyin et Macciocchi (du fait de leur Maoïsme), «se distinguent par leur bêtise extatique» (p.364). Concernant cette dernière, il la nomme à trois reprises : «la Macciocchi» (à laquelle il se «plaint de l’avoir outrageusement pompé»)
(p.307, 394, 409), puis «la Napolitaine» (p.398).
- Évoquant ses étudiantes à l’Université de Vincennes, il est question d’une «pétroleuse intenable» (p.382), d’une «bourgeoise reconvertie (elle tenait un magasin de ‘décoration’ […] qui «se dit d’extrême gauche») (p.371), d’une «passionaria d’amphithéâtre» (p.379)
Ce qui ne l’empêche pas, pour autant de juger, nombre d’autres hommes…pas en ces mêmes termes.
- Je lis aussi que Annie Kriegel, Madeleine Rebérioux, Michelle Perrot et Rolande Trempé étaient à la Sorbonne, «plaisamment», «dans nos rangs» appelées «les quatre filles du docteur Labrousse» (p.293). (Cf. Femmes. Remarquables, Hommes «Intellectuels». Labrousse Ernest)

«Sciences» sociales. Histoire (Historiographie patriarcale. Ziegler Jean) : Jean Ziegler, dans un livre publié en 2015, intitulé Les nouveaux maîtres du monde, auteur de : «La classe dirigeante de l’archipel (du Cap Vert) est composée essentiellement de métis, nés des amours entre Portugais et Africaines». De combien de viols le mot «amour» a t-il été le cache ? De quel déni des effets de l’esclavage des auteurs dont on ne peut dénier l’anti-impérialisme ont ils été les vecteurs ? Cette vision unisexuée de l’histoire nécessairement se perpétue : une filiation politique intellectuelle est indéniable entre ce déni des violences (et donc leur caution) entre Portugais et Africaines et ces autres constats pouvant apparaître à première lecture, comme peu signifiants et indignes d’être remarqués. L’auteur note ainsi incidemment au Brésil, sa réception par «un comité (de lutte) qui l’attend», composé d’anciens ouvriers licenciés, d’un libraire sans travail, des paysans sans terre, de «deux femmes, dont l’une d’une grande beauté en robe rouge». On peut lire aussi ce lapidaire constat : «Il a 28 ans, quatre enfants, une épouse usée par la misère.» 56

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Notes de bas de page

1 Michelet, Histoire de la Révolution française. La Pléiade. Tome I. 1530p. 1976. p.290

2 Comte de Saint Simon, Écrits politiques et économiques. Anthologie critique par J. Gange. Agora les Classiques. 560p. 2005. p.259

3 Michelet, Histoire de la Révolution française. La Pléiade. Tome 2. 1695 p. 1989. p.15

4 Soljenitsyne, L’archipel du goulag. Le Seuil. 1974. Tome I. p.219

5 France Culture. Variations sur la femme. 17 décembre 2014

6 Cité dans Les passions d’Henri Guillemin. À la Baconnière. 448p. 1994. p.404

7 Cf. notamment la collection Terre humaine (Plon) initiée et dirigée par Jean Malaurie.

8 George Orwell. Une vie en lettres (Correspondance. 1903-1950). Agone. 666p. 2014. p.116

9 Tacite, Annales. Garnier Flammarion. 499p. 1965. p.170

10 Ibid. p.45

11 Ibid. p 154-155

12 Chateaubriand (Alfonse de), Mémoires d’Outre-tombe. La Pléiade. Tome I. 1232 p. 1996. p.169

13 Cité dans L’Ouvrière,12 janvier 1924. (Source primaire non citée)

14 Du sort actuel des femmes, Anonyme. Août 1791. In, Des femmes en 1789. Cahiers de doléances des femmes. Document. 1789. Cité dans Depuis 30 ans, des femmes éditent. 1974-2004. Des femmes. Antoinette Fouque. p.252

15 Charles Gosselin, Réflexions d’un citoyen adressées aux notables sur la question proposée par un grand Roi ; en quoi consiste le bonheur des peuples et quels sont les moyens pour y remédier. (Lisible sur Gallica) Paris. 1787. 76p.

16 In, Opinions de femmes. De la veille au lendemain de la révolution française. Préface de Geneviève Fraisse. Editions Côté-femmes. 176p. 1989. p.50

17 In, Hyppolite Taine, Les origines de la France contemporaine. Robert Laffont. Bouquins. 1707 p. 2001. note 2. p. 889

18 Antoine de Rivarol, Journal politique national (1789), in, Rivarol, Chamfort, Vauvenargues, L’art de l’insolence. Bouquins. Robert Laffont. 2016. 1517p. p.785 à 1056

19 Michel Winock, Jeanne et les siens. Seuil. 265p. 2003. p.15

20 Michelet, Histoire de la révolution française. La Pléiade. Tome I. 1530 p.1976. p.147 (+ Cf. aussi. p.74)

21 Taine (Hyppolyte), Les origines de la France contemporaine. Bouquin, Laffont. 1707p. 2011. p.221

22 Marat, Les aventures du jeune comte Potowski. Cité dans Marat. Textes Choisis. Éditions sociales. Les Classiques du peuple. 251p. 1975. p. 61

23 Marat, Plan de législation criminelle. Bibliothèque sociale. Aubier Montaigne. 1974. 201p.

24 Gérard Walter, Robespierre. I. La vie. Gallimard. 483 p.1961. p.433

25 Ibid. p.434

26 Michelet, Histoire la révolution française. Tome II. La Pléiade. 1695p. 1989. p. 620 + note de Gérard Walter. p.1111

27 Madame Roland, Mémoires. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 635p. 2004

28 Mémoires du Comte Beugnot .1779-1815. Notes et Introduction de Robert L-Gayet. Hachette. 349p. 1959. p 141 On peut aussi se référer plus largement à ce livre concernant le portrait (critique) qu’il donne d’elle ainsi que sa description en 1793 des femmes à la Conciergerie dans le chapitre V.

29 Madame Roland, Mémoires. Le temps retrouvé. Mercure de France. 635 p. 2004. p.193/194

30 Institutions républicaines. In, Saint Just. Œuvres complètes. Folio Histoire. 1248 p. 2004. pp.1132, 1119, 1102, 1143

31 Élisabeth Vigée-Lebrun, Souvenirs I. Une édition féministe de Claudine Herrmann. Des Femmes. Tome I. 360p. 1984. p.122

32 Arte, Ni Dieu, ni maître. Une histoire de l’anarchisme. (1 / 2) 11 avril 2017

33 Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe. Gallimard. Tome I. p.19

34 Sylvain Maréchal, Projet de loi portant défense d’apprendre à lire aux femmes. Ed. Mille et une nuits. N° 522. 2007. 109 p. Édition établie par Michelle Perrot.

35 Maurice Dommanget, Sylvain Maréchal, « L’homme sans Dieu » (1750-1803). Vie et oeuvre de l’auteur du Manifeste des égaux. Ed. Spartacus. 508 p. 1950. p.390

36 Albertine Clément-Hemery, Les femmes vengées de la sottise d’un philosophe du jour. In, Opinions de femmes. De la veille au lendemain de la révolution française. Préface de Geneviève Fraisse. Édition Côté-femmes. 176p. 1989. 532p. 2014. p.81 à 128

37 François Dosse, Castoriadis. Une vie. La Découverte. p.380

38 Jacqueline Hoareau et Pascal Texier, Révolution Française, In Dictionnaire des Droits de l’homme. Sous la direction de Joël Andriantsimbazovina, Hélène Gaudin, Jean-Pierre Marguénaud, Stéphane Rials, Frédéric Sudre. PUF. 1074 p. 2008. p.860

39 Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frèreUn cas de parricide au XIXème siècle, présenté par Michel Foucault. Collection Archives. Gallimard. Julliard. 350p. 1973

40 Les passions d’Henri Guillemin. À la Baconnière. 448p. 1994. p.102 à 105

41 LCP. Eva Braun épouse Hitler. 30 mai 2017

42 Simon Leys, Les habits neufs du président Mao. Chronique de la révolution culturelle. Bibliothèque asiatique. Editions Champs Libre. 3ème édition. 314 p. 1975. p.114

43 George Sand, Correspondance. Garnier Flammarion. Tome 9ème  1972. 1020 p. p.94, note 2

44 Anne Martin-Fugier, La place des bonnes. La domesticité féminine à Paris en 1900, Grasset. 382p. 1979. p.85,86

45 Edgar Morin, Au rythme du monde. Mondes, crises, révolutions : Edgar Morin décrypte un demi siècle d’histoire contemporaines. Archi Poche. 588p. 2015. p.130

46 Michelle Perrot, L’Histoire saisi par le genre. Université des tous les savoirs. (Sous la direction d’Yves Michaud) Qu’est ce que la société ? Volume 3. Éditions Odile Jacob. 897p. 2000. p.277 à 287

47 Voltaire, Le droit du seigneur ou l’écueil du sage. Lampsaque. 2002. 249p.

48 Chaîne Toute l’histoire. Les suffragettes, ni paillassons, ni prostituées. 3 février 2016

49 Paroles de femmes (Sous la direction de Jean-Pierre Guéno) Radio France. 157p. 2009. p.16,17

50 In, Michelet, Histoire de la Révolution française. La Pléiade. Tome I. 1530p. 1976. Note de la page 994. p.1483

51 Madame Lafarge, « Dans le silence recueilli de ma prison ». Mémoires. 1840. Taillandier. La bibliothèque d’Évelyne Lever. 2008. 391p.

52 Madame Lafarge, Heures de prison. Librairie nouvelle. 1854. 391p. Gallica, Google books

53 Michel Winock, Clemenceau. Perrin. 568p. 2007. p.115,116

54 Michel Winock, Le siècle des intellectuels. Le Seuil. 1997. 706 p. p.441 à 448

55 Michel Winock, Journal Politique. La république Gaullienne. 1958-1981. Éditions Thierry Marchaisse. 2015. 496p.

56 Jean Ziegler, Les nouveaux maitres du monde. Et ceux qui leur résistent. Fayard. Points. Essais. 361p. 2015. p. 266, 267, 337, 339


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