Abécédaire
 Marie-Victoire Louis

Histoire

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 21/09/2019
date de publication : 21 septembre 2019
mise en ligne : 21/09/2019
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Histoire

Extrait de l’Abécédaire féministe

À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 9.559 items et 23 rubriques : I. « Culture » (455) ; II. Droit (171) ; III. Êtres humains (511) ; IV. Corps (243) ; V. Enfants (122) ; VI. Femmes (1552) ; VII. Hommes (621) ; VIII. Relations entre êtres humains (383) ; IX. Famille (312) ; X. Féminisme (310) ; XI. Justice (458) ; XII. Langage (570) ; XIII. Patriarcat (398) ; XIV. Penser (762) ; XV. Politique (1173) ; XVI. Pornographie (98) ; XVII. Proxénétisme (233) ; XVIII. « Sciences » sociales (240) ; XIX. Démographie (36) ; XX. Économie (352) ; XXI. Histoire (172) ; XXII. Sexes [Sexualité, Sexisme…] (118) ; XXIII. Violences (268) … et continuera d’évoluer.

21 septembre 2019

XXI. « Sciences » sociales. Histoire

En noir. ‘Nouveaux’ items (et modifiés)

Histoire (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8) ; Histoire (Anachronisme) (1, 2) ; Histoire (Archives) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12) ; Histoire (Aron Jean-Paul) ; Histoire (Aron Raymond) ; Histoire (Bannon Steve) ; Histoire (Berr Hélène) ; Histoire (Biographie) (1, 2) ; Histoire (de Boigne. Comtesse) ; Histoire (Boucheron Patrick) ; Histoire (Burke Edmund) ; Histoire (Castoriadis Cornelius) ; Histoire (Clémenceau Georges) ; Histoire (Costelle Daniel) ; Histoire (Émotion) ; Histoire (des Femmes) ; Histoire (du féminisme) ; Histoire (Féministe) (1, 2) ; Histoire (Foucault Michel) ; Histoire (Goldman Emma) ; Histoire (Houte Arnaud) ; Histoire (Hugo Victor) (1, 2) ; Histoire (Ingrao Christian) ; Histoire (Léautaud Paul) ; Histoire (Macron Emmanuel) (1, 2) ; Histoire (Michelet Jules) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13) ; Histoire (Onfray Michel) (1, 2) ; Histoire « Objective ») ; Histoire (Orale) ; Histoire (Pareto Vilfredo) ; Histoire (Pitrou Agnès) ; Histoire (Prévert Jacques) ; Histoire (Révolution) ; Histoire (Saint-Simon) ; Histoire (Soljenitsyne Alexandre) ; Histoire (Symboles. Relativité des) ; Histoire (Tacite) (1, 2) ; Histoire (Taine Hippolyte) ; Histoire (Thoreau H.D) ; Histoire (Varnhagen Rahel) ; Histoire (Voltaire) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13) ; (87)

I. Révolution française : Révolution Française (1, 2, 3) ; Constitution (Bonheur) ; Cahier de doléances et réclamations aux États généraux) (1, 2) ; Corday (Charlotte) (1, 2) ; Femmes. Par ordre alphabétique : Femmes. Custine (Astolphe) ; Femmes (Liberté) ; Femmes (Pain) ; Femmes (« Poissardes ») ; « Gilets Jaunes » ; Gouges (Olympe de) (1, 2) ; Jacobins ; Lacombe Rose (1, 2) ; (Legros Madame) (1, 2) ; Méricourt (Théroigne de. Anne-Josephe) (1, 2) ; Marat) (1, 2, 3) ; Robespierre (1, 2, 3, 4, 5) ; Roland (Madame) (1, 2, 3) ; Rousseau (Jean-Jacques) ; Saint Just ; « Terreur (La) » ; Vigée Lebrun (Élisabeth) ; Voltaire ; (38)

II. Historiographie patriarcale (et critique) : Historiographie (Patriarcale) (1, 2, 3) ; Par ordre alphabétique. Arte ; Aron (Raymond) ; Colet (Louise) ; De Beauvoir (Simone) ; Dommanget (Maurice) ; Dosse François ; « Droits de l’homme » ; Duby (Georges) (1, 2) ; Fontane (Theodore) ; Foucault (Michel) (1, 2) ; Garbit (Philippe) ; Guillemin (Henri) ; Guitton (Jean) ; Hitler ; Hobsbawm Eric (1, 2, 3, 4) ; Jaurès (Jean) ; La Découverte (Éditions) ; Leys (Simon) ; Lubin (Georges) ; Martin-Fugier (Anne) ; Michelet (Jules) (1, 2) ; Morin (Edgar) ; Noiriel (Gérard) ; Ory (Pascal) ; Perrot (Michèle) (1, 2) ; Poisson (Martial) ; Sous-titre ; Taine (Hippolyte) ; Viennot (Éliane) ; Voltaire ; Walter (Gérard) ; Wikipédia (1, 2, 3) ; Winock (Michel) (1, 2, 3, 4) ; Ziegler (Jean) ; (46)

21 septembre 2019 : 172 items

« Sciences » sociales. Histoire (1) : L’Histoire : toujours-nécessaire-afin-d’éviter-que-les-drames-ne-se-reproduisent. À l’exception de celle du patriarcat, hors l’histoire.

Histoire (2) : Dans tout recours (retour) à l’histoire, il existe toujours la menace (le risque) d’une régression erronée du fait d’un passé en grande partie mythique.

Histoire (3) : Croire que « l’histoire » en elle-même existe, c’est oublier que l’histoire est surtout - je n’ose écrire : avant tout - l’histoire écrite par celui/celle qui en fait le récit.
Sinon, comment comprendrait-on la diversité des regards des historien-nes sur une censée « même » réalité ?
- Une autre position : (9 septembre) 2019. Pour Gérard Noiriel, un historien s’assumant pourtant comme politiquement « engagé », le rôle est de l’historien est « de se tenir à distance du jugement de valeur. » 1
Une fois cela dit, que fait-on, comment fait-on ?
Et comment expliquer qu’il ait fallu tout ce temps pour penser une histoire écrite quasi exclusivement par des hommes, peu soucieux de s’interroger sur cette donnée, pourtant peu mineure ?

Histoire (4) : C’est nécessairement en fonction de soi, de ses croyances, de ses intérêts, de ses passions, de ses croyances, de ses espoirs, de ses craintes, que chacun-e porte un jugement sur le passé, sur l’histoire.
Taine et Michelet sont tous les deux, sans conteste, des historiens.
Le dire, l’affirmer, l’expliciter, et donc mieux le comprendre, ce n’est faire preuve ni d’humilité, ni d’orgueil ; c’est simplement reconnaitre une évidence.
Et n’est-ce pas faire preuve d’honnêteté intellectuelle concernant les vicissitudes, les limites mais aussi les fulgurances de toute écriture nécessairement personnelle que de le dire, et donc de mieux se connaître, se comprendre.
Et mieux connaitre, comprendre comment on pense, on écrit, on réfléchit.

Ce n’est pas s’inscrire dans l’ego-histoire, c’est s’interroger sur l’histoire en tenant compte de soi, de réfléchir - en premier lieu ? - sur la signification que l’on accorde au statut des êtres humains, comme à celle de la pensée.
C’est peut-être l’une des conséquences les plus notables de ce que la critique féministe de l’histoire nous aura apporté. (Cf. Êtres humains, Penser)
Histoire (5) : La rigueur serait-elle atteinte, diminuée, si l’écriture notamment celle de l’histoire, était clairement déclarée partielle, partiale, subjective ? Ce qu’elle est en réalité déjà. La singularité, la modestie affichée de cette approche, mais aussi la responsabilité qu’elle implique, ne pourra qu’enrichir le regard sur le monde.
Histoire (6) : Affirmer écrire une histoire au nom de l'Histoire, d'une pseudo-méthodologie, d'une fausse et absurde objectivité, d'une vaine tentative de théorisation « scientifique », d'une conservatrice et paresseuse inscription dans une « école » n’est plus crédible.
Depuis longtemps, en histoire : « méthode, objectivité, science » ont été confondues. Et puis on découvre, lentement…- que les méthodes évoluent, changent, s’opposent ; que l’objectivité est un leurre ; que la science épouse les partis-pris des auteur-es.
Ne peut-on sinon l’admettre, le reconnaître - ou au moins, le discuter ?
Les historien-nes « patenté-es » n’y perdraient rien, plus encore, tandis que tous et toutes les autres se sentiraient probablement allégé-es du poids que ces trois mots : « méthode, objectivité, science » font peser sur eux /elles. (Cf. Penser. Méthode)
Histoire (7) : Il n’y a pas d’« éternel retour ». Il n’y pas même de « retour » pensable.

Histoire (8) : L’histoire, c’est le passé, le présent, le futur.

Histoire (Anachronisme) (1) : Refuser légitimement les anachronismes ne signifie pas refuser l’analyse de l’histoire au prisme de pensées d’aujourd’hui. On ne peut en effet que penser l’histoire à la lumière du présent (si possible, plus pertinemment) et par le prisme de son propre regard. Évident, certes, mais tant de dénis de cette évidence ont été affirmés (Poursuivre) (Cf. Penser. Méthode, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Harcèlement sexuel)

Histoire (Anachronisme) (2) : (23 avril) 1830. Jules Michelet [1798-1830] dans son Journal, concernant la tableau La sainte famille du Titien [1490-1576], dans lequel « le petit pêcheur est vêtu à la moderne », écrit :
« L‘anachronisme si fréquent du costume fait sentir la généralité du sujet et montrer que ce n’est pas un fait limité dans le temps, mais une idée éternelle. » 2 (Poursuivre)

Histoire (Archives) (1) : La question des archives est une question politique qui se manifeste de nombreuses manières. Évident, mais peut être rappelé.
Et, concernant les archives féministes, la triste histoire de la Bibliothèques Marguerite Durand, - qu’il faudrait écrire - en est l’une des éclairantes manifestations. (Cf. Féminisme. Féministes. Archives)

Histoire (Archives) (2) (23 novembre) 2017. Je reçois ce jour l’annonce d’un colloque (ainsi qu’un appel à contributions daté du 6 novembre) intitulé non pas : « Les archives féministes » [ce qu’il eut pu être, compte tenu des graves menaces qui pèsent sur elles aujourd’hui], mais « Les féministes et leurs archives [1968-2018] », lequel doit avoir lieu le 1er décembre 2017 à Angers.
Je lis :
- Je lis : « Le caractère politique de la constitution des fonds d’archives apparaît donc évident. » Non, actuellement, il n’est, en rien, évident. Et c’est bien l’actuelle situation qui doit être entièrement repensée, au vu notamment des innombrables confusions politiques que l’introduction du pseudo concept de « genre » - accolé à féminisme comme si cela relevait de l’évidence - a légitimées.
- Je lis aussi : « L’anonymat, l’insistance sur le collectif, le refus des institutions, le caractère parfois éphémère des groupes ou encore la continuité de l’engagement jusqu’à nos jours semblent avoir été des obstacles à la constitution de fonds féministes ». Cette présentation, dissolvant les critiques théoriques, politiques, sous la dénomination caricaturale de «refus des institutions», dans un ensemble pour le moins composite, est inacceptable.
- Je lis aussi que les Archives Recherches Cultures Lesbiennes « circonscrivent le périmètre mémoriel dans lequel elles souhaitent s’inscrire ». Que fait cette critique nominative (mal déguisée) dans le cadre de ce colloque ?
- Je lis enfin : « Comment faire avec les conflits militants qui modèlent également la documentation et l’accès aux sources ? » Que font ces ‘conflits militants’ dans le cadre de ce colloque ? Et sur quels fondements, sur quelle légitimité, ce colloque serait-il à même de prendre positon ?
- Mais surtout : Qu’en est-il des autres débats, autrement plus signifiants politiquement, mais singulièrement absents, concernant la situation actuelle et future des archives féministes ? (Cf. Féminisme)

Par ordre chronologique : Histoire. Archives :

Histoire (Archives) (3) : (4 juillet) 1837. Jules Michelet [1798-1874] écrit, dans son Journal, concernant M. Varcliter, archiviste de la ville d’Anvers :
« Je le soupçonne de déprécier à dessein un dépôt dont il veut avoir l’exploitation exclusive. » 3

Histoire (Archives) (4) : (13 juillet) 1837. Jules Michelet [1798-1874] écrit, dans son Journal, concernant les archives de la cathédrale et de la province d’Utrecht « le vrai centre de l’ancienne histoire de Hollande » :
« On disait à La Haye qu’on craignait de [les] montrer, de crainte qu’on n’y trouvât des armes pour le catholicisme. » 4

Histoire (Archives) (5) : (29 juin) 1840. Jules Michelet [1798-1874] écrit, dans son Journal, concernant l’archiviste de la ville d’Ypres, écrit :
« Le pauvre vieux Lambin est la digne archiviste d’une ville mourante. Il n’a pas formé d’élèves ; il a soixante-dix ans et cette ville emploie les derniers jours du savant homme, qui pouvait faire seul son histoire, à écrire des comptes d’hospices. Les vieilles haines de famille [nobles, comprend-on plus loin] ont empêché qu’il n’eut aucune place. Déjà nommé à Bruxelles, il a fallu biffer la nomination. […] » 5

Histoire (Archives) (6) : (11 août) 1850. Jules Michelet [1798-1874] écrit, dans son Journal : « J’ai repris les sources de notre histoire populaire. Pauvres sources, sous quelles masses effroyables de mensonges, d’erreurs, de fausse et vaine histoire, elles se trouvent ensevelies ! Elles subsistent pourtant, elles courent sous terre, elles vivent, salutaires et fécondes, et elles donneront la vie. » 6

Histoire (Archives) (7) : 1852. Jules Michelet [1798-1874], refusant de prêter serment à l’Empire est licencié, et / ou perd son emploi, et / ou est forcé de quitter son poste, et / ou se retire des Archives Nationales.
Le 4 juin 1852, il écrit sobrement dans son Journal :
« Je déménage des Archives : vingt-deux ans ; entré en octobre 1830. » 7

Histoire (Archives) (8) : 1931. Emma Goldman [1869-1940] dans Vivre ma vie, raconte :
« (chargée avec d’autres de participer à la création d’un musée de la révolution). Elle est à Kiev, découvre de précieuses archives concernant « le pogrom organisé par [Anton] Denekine » [1872-1947] en 1919, mais le bibliothécaire - qu’elle qualifie de « nationaliste fanatique » - de la Bibliothèque publique refuse de les lui donner. Selon Emma Goldman, ici de mauvaise foi, il « compr[it] le ridicule et le déshonneur qu’il risquait si on venait à savoir en Amérique qu’il avait préféré laisser ces documents inestimables nourrir les rats dans son sous-sol plutôt que de les confier au musée de la révolution pour les générations futures. » 8

Histoire (Archives) (9) : 1990. Henri Langlois [1914-1977], fondateur et directeur de la Cinémathèque (Paris), concernant la question du choix des films devant être gardés au titre d’archives, auteur de :
« Il faut essayer de tout conserver, de tout sauver, de tout maintenir, de renoncer à jouer à l’amateur de classique. Nous ne sommes pas Dieu ; nous n’avons pas le droit de croire à notre infaillibilité. Il y a l’art et il y a le document. Il y a de mauvais films qui restent de mauvais films, mais qui avec le temps peuvent devenir extraordinaires. [...] Comment nous permettre de juger ? Seul le recul a rétabli la véritable échelle des valeurs pour les grands maitres du passé. Seul le temps doit décider. […] »
Cette belle analyse est, bien évidemment, valable concernant les archives féministes, lesquelles si leur socle, leur périmètre, leur ambition doivent être définies et présentées comme telles, ne peuvent être soupçonnées du moindre engagement politique - au sens de : liées à un parti, un engagement caché - lequel détruit l’idée même d’archives. 9 (Cf. Féminisme. Féministes. Archives)

Histoire (Archives) (10) : (20 juin) 2019. Entendu lors d’une série d’émissions consacrée aux témoignages dans l’émission La fabrique de l’Histoire de France Culture :
« Les femmes sont un peu les absentes de l’histoire ». 10 (Cf. Femmes, Féminisme. Archives, Langage. Adverbe, Penser. Euphémisme)

Histoire (Archives) (11) : 2018-2019. Deux tentatives infructueuses, quasi concomitantes, du « don » (terme officiel) de mes archives personnelles - archives politiques féministes, incluses bien sûr - de facto refusées - à deux institutions archivistiques publiques françaises peuvent aider à penser la permanence de l’absence des femmes dans l’histoire. Les raisons invoquées méritent d’être publiées ; en réalité, doivent être connues. (Poursuivre) (Cf. Droit, Femmes, Féminisme. Féministes. Archives, Penser, Historiographie Patriarcale)
* Ajout. 6 août 2019. Je réalise soudainement : j’ai failli laisser en garde mes archives à des institutions qui, me concernant, se sont avérées ne pas être dignes de confiance (Poursuivre)
* Ajout. 17 août 2019. Poursuite de la réflexion : Pourquoi la première institution, après un quasi accord, a-t-elle changé d’avis ? Pourquoi a telle dû me raconter des histoires ? Pourquoi [m’] a-t-elle demandé des absurdités juridiques ? Pourquoi ces incohérences ? Pourquoi l’évolution des arguments avancés ? Pourquoi ces gênes patentes ? Pourquoi ces institutions n’ont-elles pas pu / voulu m’écrire leur refus ? (Poursuivre)
* Ajout. 20 septembre 2019. Entendu sur France Culture, dans Le cours de l’histoire, concernant les Archives départementales et un appel pour y déposer des archives :
« On dépose sans aucun problème ». 11 (Cf. Plus haut) (Poursuivre)

Histoire (Archives) (12) : (12 septembre) 2019. Alain Corbin, évoquant son travail d’historien aux archives départementales, ainsi que l’écriture de son livre : Le monde perdu de Louis-François Pinagot. Sur les traces d’un inconnu. 1798-1874 [Flammarion. 1998], interrogé sur l’éventualité d’un livre consacré à une femme anonyme, répondit :
« Si j’avais pris une femme [comme objet d’études], je ne pouvais pas [l’écrire]….Il y avait très peu [d’archives] … En dehors de la naissance, du mariage et de la mort, il n’y a rien…» Rires…gênants. 12

Histoire (Aron Jean-Paul) : 1984. Jean-Paul Aron [1925-1988], dans Les modernes, auteur de : « […] La nouveauté n’est jamais où l’on croit. L’histoire qui affleure est déjà périmée. Celle qui invente le futur parle encore indistinctement aux sensibilités qu’elle ébranle. » 13
Une grande leçon d’histoire, réellement bouleversante. (Cf. Penser)

Histoire (Aron Raymond) : 1969. Raymond Aron [1905-1983], dans son livre, La philosophie critique de l’histoire, écrit :
« […] Ces brèves analyses nous suffisent pour dégager deux idées essentielles qui domineront notre études : d’abord, la tâche que l’on se propose n’est jamais de transformer l’histoire en une science, mais de prendre conscience des caractères spécifiques de la recherche historique. […] » 14
- Si son souci de ne pas transformer l’histoire en « science » est toujours valide - je me demande même comment cette idée a pu être un jour défendue -, mais la référence aux « caractères spécifiques de la recherche historique » est bien abstraite. (Cf. Penser. Pensée. Abstraction, Économie. Aron Raymond)

Histoire (Bannon Steve) : (9 mai) 2019. Steve Bannon, conseiller politique de Donald Trump, puis renvoyé par lui, défenseur du « national-populisme », en réalité ultra-libéral et grand mais pas uniquement manipulateur d’opinion, auteur de :
« L’histoire est de notre côté » ; « L’histoire est avec nous ». 15

Histoire (Berr Hélène) : 1942. Hélène Berr [1921-1945], dans son Journal, en 1942, auteure de :
« En ce moment, nous vivons l’histoire. Ceux qui la réduiront en paroles […] pourront bien faire les fiers. Sauront-ils ce qu’une ligne de leur exposé recouvre des souffrances individuelles ? Ce qu’il y a eu, en dessous, de vie palpitante, de larmes, de sang, d’anxiété ? » 16
Une grande leçon d’histoire. (Cf. Penser, Violences)

Histoire (Biographie) (1) : (7 octobre) 1842. Henry David Thoreau [1817-1862], dans son Journal, écrit :
« Nous apprenons peu des livres savants, mais beaucoup plus des livres vrais, sincères et humains, des biographies honnêtes et bienveillantes. Qu’on me permette de savoir ce qu’un homme pensait, décidait, quand il hésitait, réussissait ou échouait, ce qu’il faisait et s’empêchait de faire. Je veux juste en savoir davantage de la vie d’un homme - de n’importe quel homme. Dans une véritable biographie, n’importe qui serait grand et n’importe qui petit. » 17 (Cf. Êtres humains)

Histoire (Biographie) (2) : 1853. « Que d’hommes en un homme » disait justement - si l’on y ajoute les femmes - Jules Michelet [1798-1874] des hommes de la Révolution française. 18
- Les biographies devraient plus s’inspirer des kaléidoscopes, afin de détruire l’idée même d’un être humain unidimensionnel. Mais il reste que la fragmentation n’est pas une solution ; une avancée ?
* Ajout. 19 mars 2014. N’est-ce pas jouer avec des mots ?
* Ajout. 17 août 2019. (12 septembre) 1839. Jules Michelet, dans son Journal, écrivait :
« Hélas ! chaque homme est toute une histoire universelle, un monde. Cette fausse petite universalité est en face d’une grande et dévorante universalité du tout. » 19 (Cf. Êtres humains)

Histoire (de Boigne comtesse) : XVIIIème siècle. La comtesse de Boigne [1781-1866], dans ses Mémoires écrit simplement, justement, honnêtement - le terme d’indépendance étant néanmoins sujet à caution - ceci :
« Je vais entrer dans le récit de la Restauration. Jetée par ma position dans l’intimité de beaucoup de gens influents, j’ai vu depuis ce temps, les évènements de plus près. Je ne sais si je les rendrai avec impartialité ; c’est une qualité dont tout le monde se vante et qu’au fond personne ne possède. On est plus ou moins influencé, fort à son insu, par sa position et son entourage. Du moins, je parlerai avec indépendance et dirai la vérité telle que je la crois. Je ne puis m’engager à davantage. » 20 (Cf. Penser. Méthode, Politique. Vérité)

Histoire (Boucheron Patrick) : 2018. Patrick Boucheron, auteur de :
«
On doit refuser l’arrogance du présent. » Certes… Et de :
«
Toute chronologie est mensongère. » 21 Certes…
* Ajout. 19 juillet 2019. Entendu évoquer, plus fortement, plus significativement, « la tyrannie de la chronologie ».

Histoire (Burke Edmund) : 1797. Edmund Burke [1729-1797] dans son texte : Première lettre sur les ouvertures de paix » auteur de :
« Les évènements de cette époque paraissent d’une importance que les révolutions de notre temps ont réduite à celle d’une querelle paroissiale : les débats qui agitaient alors la nation sont aujourd’hui, à nos yeux, des discussions de marguilliers. » 22
Salutaire analyse, toujours valable pour chacun-e… (Cf. Penser)

Histoire (Castoriadis Cornelius) : 1991. Cornelius Castoriadis [1922-1997], dans Réponse à Richard Rotry, auteur de :
« L’histoire n’a jamais été et ne sera jamais saisissable. » 23

Histoire (Clemenceau Georges) : (29 janvier )1891. Georges Clémenceau [1841-1920, auteur à l’Assemblée nationale de :
« La révolution française est un bloc dont on ne peut rien distraire. » (Cf. Histoire. Révolution française)

Histoire (Costelle Daniel) : (novembre) 2018. Daniel Costelle, co-auteur avec Isabelle Clarke de la série documentaire télévisée Apocalypse, La paix impossible, 1918-1926 traitant de la première guerre mondiale, auteur de :
« Nous n'avons aucune interprétation de l'histoire […] » 24
Comment alors peut-on écrire l’histoire ? Et affirmant décrire des « faits » et en croyant ainsi se soustraire de toute idéologie ?

Histoire (Émotion) : 2019. Emmanuel Laurentin, producteur depuis 20 ans de l’émission quotidienne de France Culture, La fabrique de l’histoire est interrogé sur les « 5 évènements forts de son expérience de journaliste radio d’histoire. » Il évoque notamment un voyage avec des « survivants du génocide » Rwandais et déclare :
« On se retrouve embarqués, presque ‘embedded’, comme disent les journalistes de guerre, avec des survivants d’un génocide comme celui-ci, tout en gardant notre libre arbitre, en évitant de nous laisser piéger par l’émotion. » Et pourquoi donc faudrait-il « ne pas se laisser piéger par l’émotion » ? Et, comment fait-on ? En se blindant ? En devenant insensible ? inhumain ? En visant à la schizophrénie ? En refusant d’écouter les témoignages ? En appuyant sur le bouton : On et Off de son identité ?
Il poursuit : « Mais elle est là, forcément, et à un certain moment, elle vient nous dépasser, nous submerger. » 25
Mais quid alors de tous les moments de vie et de pensée où « l’émotion » que chacun-e, historien-ne ou non, ressent, devrait d’emblée, selon lui, être exclue ?
Ce serait donc ce titre, à ce prix, à cette condition que « le libre-arbitre » - formulation bien impudente - de l’historien-ne pourrait s’exercer ?
On comprend peut-être mieux alors pourquoi les violences commises, subies ont été si longtemps hors champ de l’histoire ? (Cf. Êtres humains, Penser, Histoire. « Objective », Violences)

Histoire (des femmes) : Première étape nécessaire pour permettre, non pas de critiquer l’« histoire des hommes », mais d’aborder l’histoire du patriarcat. Doit donc être dépassé. L’a été. Mais le « genre » devenu hégémonique, a mis un coup d’arrêt brutal au processus. (Cf. Féminisme, Langage. Genre)

Histoire (Féministe) (1) : Il ne s’agit pas - aujourd’hui - d’écrire une impossible histoire féministe, mais de tenter de retrouver et d’analyser les manifestations de pensées féministes, d’actions féministes (à définir préalablement).
Il s’agirait dès lors de rechercher - avec nos grilles d’analyse (nécessairement personnelles) d’aujourd’hui - ce qui a pu permettre de construire dans toutes ses composantes et ses si diverses modalités d’expression, le féminisme en tant qu’actions, pensées, et, donc, comment il a donc pu être exclu de l’histoire.
Il s’agirait alors de tenter de comprendre comment, depuis toujours, le patriarcat a été fondé, s’est maintenu, s’est adapté selon des modalités différenciées, à tous les modes de production, à tous les systèmes politiques, religieux. Sans transformer le patriarcat en un pouvoir immanent, mais en lui reconnaissant la force, la logique et les [in]cohérences d’un système de domination. (Cf. Patriarcat)

Histoire (Féministe) (2) : Dans le cadre donc d’une analyse du système patriarcal (concept à redéfinir sans cesse), il faudrait alors sans cesse redéfinir le féminisme dans toutes ses composantes [à expliciter pour chacun-e] afin d’apprendre à lire les forces et les faiblesses, les avancées et les reculs, les blocages, les alliances, les contradictions au sein du féminisme, entre féminismes, entre féministes. Seules ces analyses, jamais acquises, jamais définitives, peuvent permettre d’avancer dans l’analyse. (Cf. Patriarcat, Proxénétisme)

Histoire (Foucault Michel) : Comment est-il possible de dégager « la substantifique moelle » des écrits historiques - dits par certain-es théoriques - de Michel Foucault sur la prison, sur la folie, sur…lorsque les liens entre ses analyses / assertions / jugements / hypothèses est si dissociée de ses sources, pas même explicitées, ni donc vérifiables. Les bibliographies citées par lui ne peuvent en tenir lieu. (Cf. Penser. Méthode)

Histoire (Goldman Emma) : 1924. Emma Goldman [1869-1940], dans son livre L’agonie de la révolution. Mes deux années en Russie (1920-1921), chargée par les Bolchéviques de collecter des archives en Russie concernant la révolution, écrit :
« Nous partîmes à Pétrograd livrer au musée notre précieux chargement de documents récoltés dans le sud. Mais le plus précieux avait été l’expérience vécue par les membres de l’expédition, expérience qui nous avait enrichis à travers les contacts personnels noués avec des gens de toutes opinions, ou même sans opinion, et les impressions qu’ils avaient laissées en nous, jour après jour, le vaste panorama social déroulé sous nos yeux.
C’était un trésor de bien plus grande valeur que quelques document que ce soit.
» 26 (Cf. Langage. Mots, Histoire. Archives)

Histoire (Houte Arnaud) : (31 juillet) 2019. Arnaud Houte, historien, sur France Culture, auteur de :
« L’historien a tendance à être prudent. » 27

Histoire (Hugo Victor) (1) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], auteur, dans Les misérables, de :
« […] Nul n’est bon historien de la vie patente, visible, éclatante et publique des peuples, s’il n’est en même temps, dans une certaine mesure, historien de leur vie profonde et cachée ; et nul n’est bon historien du dedans, s’il ne sait être, toutes les fois que besoin est, historien du dehors.
L’histoire des mœurs et des idées pénètre l’histoire des évènements et réciproquement.
Ce sont deux ordres de faits différents qui se répondent, qui s’enchaînent toujours et s’engendrant souvent.
Tous les linéaments que la province trace à la surface d’une nation ont leur parallèles sombres, mais distincts dans le fond, et toutes les convulsions du fond produisent des soulèvements à la surface.
La vraie histoire étant mêlée à tout, le véritable historien se mêle de tout. » 28

Histoire (Hugo Victor) (2) : 1864. Victor Hugo [1802-1885], dans Les misérables, auteur de :
« Que l’histoire soit à refaire, cela est évident. Jusqu’à l’époque où nous sommes, l’histoire a fait sa cour ; elle ferme les yeux quand un altesse lui dit : Histoire, ne regarde pas. Elle a pour principe l’obéissance ; et à qui doit-on obéir ? Au succès : le roi paye, le peuple ne paie point. Voilà à peu près tout le secret de ce genre d’Histoire, l’admirable étant d’être payé successivement par Pour et par Contre, et, comme Fontanes [Louis de. 1757-1821], d’être fait sénateur par l’idolâtrie et pair de France pour le crachat sur l’idole […]
Il est temps que l’Histoire entre dans la voie des aveux. » 29 (Cf. Penser. Politique. Obéir)

Histoire (Ingrao Christian) : (8 août) 2019. Christian Ingrao, historien, auteur de :
« Mon maître, c’est mon maître, quand il parle, j’obéis. » 30
- Les interviews, entretiens, à la radio, à la télévision - avatars d’une psychanalyse, mais publique et en outre totalement formatés - sont pour ceux et celles qui en acceptent le principe et qui n’y prennent pas garde - certes des mises en valeur personnelles, si souvent flagorneuses, mais que cachent, si souvent mal, autant de pièges. (Cf. Politique. Médias)

Histoire (Léautaud Paul) : (25 août) 1944. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal [Littéraire], écrit :
« Il y a quelques semaines, je relisais des chapitres de l’ouvrage de Daniel Mornet sur Les origines intellectuelles de la Révolution française.
C’est lui, je crois, qui a fait cette remarque (sic) qu’il est faux d’attribuer comme on l’a fait à un groupe d’écrivains du temps, précurseurs de la Révolution française, une telle influence sur l’esprit du public français, le vrai peuple, dans son ensemble, sachant à peine lire, et même ne sachant pas du tout. […] » 31 Juste ? Peut-on même répondre à cette question, somme toute binaire ?

Histoire (Macron Emmanuel) (1) : (25 novembre) 2017. On lit dans le Discours du Président de la République à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et du lancement de la grande cause du quinquennat, ceci :
« Le sentiment d’horreur et de honte que suscite cette situation, je dois le dire, a pris une épaisseur toute particulière en effet il y a un peu plus d’un an parce que c’est bien de la honte dont il s’agit lorsqu’on est à la fois un homme et lorsqu’on est décideur public.
J’étais alors candidat, je suis maintenant Président de la République et on ne peut pas considérer que ce dont nous parlons aujourd’hui est quelque chose de banal, d’acceptable, dont on pourrait accepter même la moindre part ou le début d’ambigüité.
Je dis un peu plus d’un an parce que même comme beaucoup de nos concitoyens, ce sujet m’avait à plusieurs reprises interpellé, il était, il faut bien le dire, beaucoup moins dit, beaucoup moins raconté ; il y avait une part épaisse de silence.
Et lorsque candidat, j'avais lancé cette grande marche à laquelle plusieurs d'entre vous ont participé, qui consistait à faire remonter du terrain les préoccupations des Françaises et des Français - l'insécurité, le chômage, beaucoup de choses sont remontées - et une, au-dessus des autres, ce sujet des violences faites aux femmes, c'était la première. […]
Je ne pensais pas, je vous l’avoue, une seule seconde, que ça pouvait être le premier sujet. [...]
Quelques semaines après, je me rendais au Mans, Monsieur le Maire, cher ami et il me disait : j'ai quelqu'un de formidable dans mon équipe qui est engagé ; les gens trouvent que ce n'est pas un sujet extrêmement important ce qu'elle fait au Mans mais moi, elle m'a bluffé, va voir son association. J'y suis allé : c’était Marlène SCHIAPPA. […]
Alors en un an, quelque chose s'est passé qui est une immense libération en effet de la parole ; un immense appel des femmes pour que leur cause soit enfin au cœur du débat public. »
- Qu’en déduire concernant les connaissances historiques de M. Macron ? Qu’elles ne dépassent pas, en l’occurrence, l’année 2016 ?
- Qu’en déduire concernant les conséquences politiques de ce constat, si constat il y a, : que c’est en fonction de ses temporalités, de ses prises de conscience, de son inculture féministe, de ses choix (ici, celui de Marlène Schiappa) qui devrait décider de nos vies ? (Cf. Femme. « Politique ». Schiappa Marlène, Féminisme, Patriarcat, Politique. État)

Histoire (Macron Emmanuel) (2) : (6 décembre) 2017. Interpellé par un jeune Algérien dans les rues d’Alger qui notamment demandait que « la France assume son passé colonial vis à vis de l’Algérie », Emmanuel Macron lui répondit :
- « Qui évite quoi ? J'évite de venir vous voir ? J'évite de dire ce qui s'est passé ? Mais il s'est passé des choses, comme je l'ai dit. […]
On a cette histoire entre nous, mais moi je n'en suis pas prisonnier. Mais vous, vous avez quel âge? »
- « J'ai 25 ans », a répondu le jeune homme. »
- « Mais vous n'avez jamais connu la colonisation ! Qu'est-ce que vous venez m'embrouiller avec ça ? Vous, votre génération, elle doit regarder l'avenir. » 32
L’histoire, « ça embrouille » … .
* Ajout. 13 mai 2018. (7 mai) 2018. Le même Emmanuel Macron, auteur de :
« […] L’histoire de notre pays est une histoire d’absolu. » 33 (Cf. Homme. « Politique ». Macron Emmanuel)

Histoire (Michelet Jules) (1) : (27 août) 1835. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, écrit :
« Je rêvais sur la route. Il me semblait que l’histoire et l’historien, aujourd’hui que l’histoire est si complexe et si absorbante, sont comme la fiancée de Corinthe et son jeune homme [poème de Goethe] : la morte sur le vivant et buvant sa vie…Le malheureux veut, du fil simple d’une vie individuelle, refiler le fil complexe des générations passées. Il a beau mettre le sien en double…» 34

Histoire (Michelet Jules) (2) : (janvier) 1839. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, auteur de :
« Aimer les morts, c’est une immortalité. » 35

Histoire (Michelet Jules) (3) : (11mars) 1841. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, auteur de :
« C’est aujourd’hui aussi que j’ai arrêté, ce matin, le plan si difficile, si complexe des cent dernières pages du cinquième volume [de l’Histoire de France]. J’y ai mis, je crois, plus de moralité, d’intimité : j’ai tâché de faire justice aux choses qui se sont trouvées condamnées par le temps. » 36

Histoire (Michelet Jules) (4) : (25 mars ) 1841. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, auteur de :
« Vécu 42 ans, enseigné 50 ans. […] Et, dans mes études, vécu cinquante siècles. » 37

Histoire (Michelet Jules) (5) : (18 juin) 1841. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, auteur de :
« L’Histoire : violente chimie morale, où mes passions individuelles tournent en généralités, où mes généralité deviennent passions, où mes peuples se font moi, où mon moi retourne animer les peuples. » 38
Histoire (Michelet Jules) (6) : (30 janvier) 1842. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, auteur de :
« Il faut entendre les mots qui ne furent jamais dits, qui restèrent au fond des cœurs (fouillez le vôtre, ils y sont) ; il faut faire parler les silences de l’histoire, ces terribles points d’orge, où elle ne dit plus tien et qui sont justement ses accents les plus tragiques. » 39

Histoire (Michelet Jules) (7) : (18 février) 1842. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, auteur de :
« De quoi l’histoire s’est-elle faite, sinon de moi ? De quoi l’histoire se referait-elle, se raconterait-elle, sinon de moi ? » 40

Histoire (Michelet Jules) (8) : (5 août) 1843. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, auteur de :
« […] C’est bien, mes amis, délivrez -nous du passé. Forcez-vous d’aller de l’avant, de chercher dans l’avenir. Les dégradations du vent, de la pluie, de l’herbe, de la mousse, ne faisaient qu’ajouter à votre vénération. Mais ce que la pluie, le vent n’auraient pas fait en mille ans, vous le ferez, mes amis.
Ardents travailleurs pour l’avenir, qui faites du passé table rase, je vous salue ; à vous l’honneur du l’avoir tué sans retour.
[ …] » 41

Histoire (Michelet Jules) (9) : (13 août ) 1850. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, auteur de :
« […] L’Histoire, comme toutes les sciences de la vie, est dominée par la loi générale des sexes. » 42 (Cf. Patriarcat, « Sciences » sociales)

Histoire (Michelet Jules) (10) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, concernant l’histoire (sous la monarchie), auteur de :
« L’histoire, docile esclave des seigneurs qui la payait… » 43

Histoire (Michelet Jules) (11) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, auteur de :
« Nous, croyants de l’avenir […] » 44

Histoire (Michelet Jules) (12) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, auteur de :
« […] Je suis seul ici, je le sais, les historiens sont contre moi. Que m’importe ! L’histoire est pour moi. Je n’entends par ce mot, histoire, rien autre chose que les actes du temps, les témoignages sérieux. » 45

Histoire (Michelet Jules) (13) : (16 août) 1856. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, écrit :
« Langueur, excessive langueur. […] Je ne trouve pas en moi la verte vigueur et le nerf d’acier que j’admirais dans Lamennais [1782-1854]. Il avait vécu en héros, toujours l’épée à la main. Moi, j’ai traversé tant d’histoires et vu tant de choses ! Cela n’ôte pas sans doute le mépris des choses basses, mais fait tort à la pureté, principale source de la force. » 46 (Cf. Penser)

Histoire (« Objective ») : Sans oser se l’avouer, beaucoup d’historien-nes - comme nombre de chercheur-ees en « sciences » sociales - aspirent à une histoire qui serait « objective » et, dès lors, dans leur imaginaire, d’autant plus crédible qu’elle ferait abstraction d’eux / elles-mêmes ; mais surtout les libéreraient de l’angoissante question de la part d’eux / elles-mêmes qu’ils / elles charrient leurs recherches. (Cf. Penser. Méthode, « Sciences » sociales)

Histoire (Onfray Michel) (1) : 2018. Michel Onfray, auteur de :
« […] Ce fantasme de l’homme nouveau - on aura l’occasion de le voir au moment de la révolution française et de la matrice de la révolution française - qui donnera par la suite, le bolchévisme, le fascisme, etc., le bolchévisme d’abord et le fascisme comme une réponse au bolchévisme ensuite. Jusqu’à la transgénèse. […] » 47
- Pourquoi s’embarrasser de détails, de nuances inutiles ?
* Ajout. 29 juillet 2108. Michel Onfray précisera son analyse « historique » :
« le fascisme et le nazisme sont des réactions au bolchévisme. » 48
À l’équivalence, sans spécificité, sans autonomie propre, donc.

Histoire (Onfray Michel) (2) : 2018. Michel Onfray, auteur de la Brève encyclopédie du monde, et de :
« Qui pense aujourd’hui en termes de millénaires ? » Lui ? 49 (Cf. Homme. « Intellectuel ». Onfray Michel)

Histoire (Orale) : Le drame de l’histoire des femmes : l’oralité. Cette oralité imposée aux femmes est aussi - à l’exception de ceux et celles qui s’en sont soucié 50 - très largement condamnation de l’historiographie dominante.
Les femmes, les féministes ont grandement contribué à l’écriture de cette oralité ; et ce ne fut pas leur plus secondaire apport à la pensée.

Histoire (Pareto Vilfredo) : 1917. Vilfredo Pareto [1848-1913], dans son Traité de sociologie générale, auteur de :
« […] L’histoire a pour but exclusif ou du moins principal de décrire les faits réels et leurs rapports. »
Il précise ultérieurement que les faits « exercent une grand influence sur la partie principale du phénomène dont [on] recherche les uniformités […] »
Ce qui ne l’empêche pas d’être seul juge des dits faits, ni de s’autoriser nombre de jugements de valeurs comme d’analyses propres, souvent fort pertinentes.
Quant aux pensées auxquelles il n’adhère pas, il les renvoient à ce qu’il nomme des « dérivations », démontrant par là-même leur rôle dans l’écriture de l’histoire. (Cf. Penser) 51

Histoire (Pitrou Agnès) : 1977. Agnès Pitrou [1924-2012], sociologue, concernant les comparaisons historiques en matière d’évolution de la famille et du statut des femmes « à la maison », auteure de :
« Il faut toujours se méfier des références historiques. Le passé, c’est probablement ce qui se passait dans la classe bourgeoise au début du siècle. Nos références ne vont pas beaucoup plus loin. » 52 (Cf. Sociologie)

Histoire (Prévert Jacques) : 1975. Jacques Prévert [1900-1977], auteur de :
« L’histoire va vite, mais les historiens traînent. » 53

Histoire (Révolution) : On explique, en règle générale, l’échec des révolutions par leurs faiblesses internes. Si, d’emblée, dans ces analyses, on intégrait, sans les dissocier, les forces, les puissances des forces nationales et internationales qu’elles remettaient en cause et qui s’acharnaient à les détruire - pour de fort mauvaises raisons les plus souvent - les leçons de l’histoire seraient sans doute plus progressistes. (Cf. Politique, Histoire. Révolution française)

Histoire (Saint Simon) : 1819-1820. Saint Simon [1870-1825], auteur de :
« Jusque vers le milieu du dernier siècle, l’histoire n’a presque jamais été qu’une biographie du pouvoir. » 54 (Cf. Histoire. Biographie)

Histoire (Soljenitsyne) : 1974. Alexandre Soljenitsyne [1918-2009], dans L’Archipel du Goulag, auteur de :
« Nous gardons en mémoire ce qui a été, non pas l’histoire, mais seulement les pointillés que l’on a voulu nous graver dans la mémoire à force de nous les seriner à coups de burin. » 55

Histoire (Symboles. Relativité des) : (31 juillet) 1937. George Orwell [1903-1950], évoquant ‘sa’ guerre d’Espagne - ainsi que celle de son épouse [« Eileen a été merveilleuse ». 1905-1945], écrit à un ami :
« Nous avons commencé par être des défenseurs héroïques de la démocratie et nous avons terminé en traversant la frontière en catimini avec la police à nos trousses. » 56 (Cf. Langage. Penser. Symboles, Politique. Guerre)

Histoire (Tacite) (1) : 1er siècle après J. C. Tacite [58-120], dans Les Annales, auteur de :
« Mon dessein n’est pas de rapporter toutes les opinions ; je me borne à celles que signale leur noblesse ou un caractère particulier d’avilissement, persuadé que le principal objet de l’histoire est de préserver les vertus de l’oubli, et d’attacher aux paroles et aux actions perverses la crainte de la postérité et de l’infamie. » 57
Tacite a l’honnêteté intellectuelle de clarifier la question de sa méthode, d’expliciter son approche et de [se] revendiquer [d’] une morale : position d’une autre envergure que celle des historien-nes qui se targuent d’objectivité et / ou a fortiori, ceux et celles qui vouent « la morale » aux gémonies. (Cf. Penser. Méthode, Politique. Morale)

Histoire (Tacite) (2) : 1er siècle après J. C. Tacite [58-120], dans Les Annales, [en réaction à Tibère [42 avant J-C-34 après J-C] qui avait « répété à plusieurs reprises ‘que les honneurs accordés aux femmes devaient avoir des bornes’ »] écrivit :
« La vérité est que son inquiète jalousie voyait dans l’élévation d’une femme (sa mère, Augusta, en l’occurrence) son propre abaissement. » 58Pertinent.
- On peut aussi, eu égard à la rigueur de la réfutation, se référer aux critiques qu’il reproduit de l’« avis » de Sévérus Cécina « qu’il fut interdit à tout magistrat chargé d’une province d’y emmener sa femme avec lui. » Nombre d’arguments avancés par lui sont toujours valables. 59 (à reprendre et préciser) (Cf. Femme. Mère, Patriarcat, Penser)

Histoire (Taine Hippolyte) : 1876. Après avoir lu les chapitres consacrés à la Révolution dans Les origines de la France contemporaine d’Hippolyte Taine [1828-1893], j’ai certes appris beaucoup sur la Révolution, mais j’ai surtout que pu juger Taine et son mépris, sa haine de tant et tant de membres du peuple.
En relever les termes, les qualificatifs, [me] donne la nausée. Peut-être le ferai-je…60 (Cf. Langage. Peuple, Histoire. Historiographie. Patriarcale)
* Ajout. 26 janvier 2018. Un avant-goût : « esprits bornés », « plèbe aboyante, grossière », « mégères », « talents avortés », « brute colossale », « cerveaux avariés », « populace à piques », « perturbateurs de profession », « brigands », « fanatiques », « scélérats de tous ordres », « indigents hardis et armés », « va-nu-pieds », « gens de sac et de corde », « brigands », « canaille », « femelles », « coquins », « plèbe brute et misérable », « poissardes », « cannibales », « émeutier de profession », « scribe inepte », « basse plèbe », « dernière plèbe », « plèbe jacobine », « réfractaires et parasites de l’armée sociale », « énergumènes », « gens sans aveu », « tapageurs nocturnes », « drôlesse », « grosse masse égoïste », « pauvres cervelles », « ennemis nés du travail », « barbares », « voleurs », « cannibales », « cerveaux bruts », « intelligence courte », « créature dénaturée », « bêtes fauves », « coquins », « mauvais sujets », « bêtes féroces », etc., etc.. (à poursuivre)

Histoire (Thoreau H.D) : (9 août) 1841. Henry-David Thoreau [1817-1862], auteur de :
« […] Le passé ne peut pas être réanimé : nous ne pouvons pas savoir ce que nous ne sommes pas. Car un voile recouvre le passé, le présent et le futur. Et c’est du domaine de l’historien de trouver non pas ce qui a été mais ce qui est. […] » 61

Histoire (Varnhagen Rahel) : (3 novembre) 1919. Rahel Varnhagen [1771-1833], dans son Journal, auteure, de :
« […] Ceux qui lisent l’histoire plus qu’ils ne la vivent eux-mêmes ne veulent toujours que mettre en scène, ou faire mettre en scène une histoire puisée dans les livres, d’où cet enthousiasme plat, ces projets creux, et avec tout cela, ce qu’ils ont de forcé ; car la marche générale de la vie est comme une plante : elle ne peut être ni étouffée, ni recourbée vers le sol, mais elle s’élève selon le décret céleste qui lui est propre, en s’arc-boutant de toutes ses forces contre toute tentative de l’exploiter autrement. […]
On en viendra bientôt à distinguer et à classer sous d’autres rubriques les historiens qui ne regardent la vie que par les lunettes de l’histoire et ceux qui saisissent et représentent l’histoire en partant de la vie actuelle. […] » 62 Puissant.

Histoire (Voltaire) (1) : (15 janvier) 1738. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée au prince royal de Prusse [futur Frédéric II. 1712-1786] lui écrit :
« […] Je voudrais qu’on eût jeté au fond de la mer toutes les histoires qui ne nous retracent que les vices et les fureurs des rois. À quoi servent ces registres de crimes et d’horreurs qu’à encourager quelque fois un prince faible à des excès dont ils aurait honte, s’il n’en voyait des exemples ? » 63

Histoire (Voltaire) (2) : (26janvier) 1740. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée au marquis d’Argenson [1694-1757], préfigurant l’Essai sur les mœurs [1756], auteur de :
« Encore une idée. On n’a fait que l’histoire des rois, mais on n’a point fait celle de la nation. Il semble que, pendant 1.400 ans, il n’y ait eu dans les Gaules que des rois, des ministres et des généraux, mais nos mœurs, nos lois, nos coutumes, notre esprit, ne sont-ils donc rien ? » 64

Histoire (Voltaire) (3) : (29 mai) 1759. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée à Ivan Ivanovitch Schouvalov [1717-1797] avec lequel il est en relations concernant son livre consacré à Pierre le Grand [1672-1724], lui écrit :
« Si l’expérience m’a pu donner quelque connaissance dans l’art décrire, je l’emploierai à augmenter si je le puis le respect qu’on doit à Pierre le Grand et à votre empire, sans flatter personne. »
- le 20 juin 1759, Voltaire écrit à George Keate [1729-1797] qu’il est « chargé par la cour de Petersbourg de faire l’histoire de Pierre le Grand. »
- le 29 juin 1759, Voltaire écrit au comte d’Argental [1700-1788] :
« Je me mêle de plaire à l’autocratrice de toutes les Russies [Élisabeth. 1ère.1709-1762] Il me faut une impératrice au moins dans mes intérêts. […] » 65 (Cf. Penser. Vérité. Voltaire)

Histoire (Voltaire) (4) : (11 septembre) 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Ivan Ivanovitch Schouvalov [1727-1797] :
« Vous savez qu’on ne peut donner du crédit aux belles actions qu’en ne dissimulant rien ; mais qu’en disant la vérité on peut toujours la présenter sous un jour favorable. » 66 (Cf. Penser. Vérité. Voltaire)

Histoire (Voltaire) (5) : (18 septembre) 1759. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée à Ivan Ivanovitch Schouvalov [1727-1797] (concernant toujours l’écriture de l’histoire de Pierre le Grand) lui écrit :
« […] Il n’y a que les vérités de l’histoire qui puissent forcer l’esprit à croire et à admirer. » 67 (Cf. Penser. Vérité. Voltaire)

Histoire (Voltaire) (6) : (22 novembre) 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Ivan Ivanovitch Schouvalov [1727-1797] lui écrit :
« La triste fin du Csarovits [1690-1718] m’embarrassera un peu. Je n’aime pas à parler contre ma conscience, l’arrêt de mort m’a toujours paru trop dur. Il y a beaucoup de royaumes où il n’eut pas permis d’en user ainsi (sic). »
Puis Voltaire conteste les conditions dans lesquelles eut lieu le procès du tsarévitch Alexis Petrovitch et sa condamnation à mort, et il conclut :
« Je tâcherai de me tirer de ce pas glissant (sic) en faisant prévaloir dans le cœur du csar l’amour de la patrie sur les entrailles du père (sic). » 68 (Cf. Penser. Vérité. Voltaire)

Histoire (Voltaire) (7) : (18 décembre) 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée Saverio Bettinelli [1718-1808] lui présente sa conception de l’histoire, celle de « la nouvelle édition de l’Histoire générale » [1ère édition. 1757] :
« […] Histoire de l’esprit humain beaucoup plus que des horreurs de la guerre, et des fourberies de la politique ; je parlerai des gens de lettres beaucoup plus long que dans les premières [éditions] ; parce qu’après tout, ce sont eux qui ont civilisé le genre humain ; l’histoire qu’on appelle civile et religieuse n’est que le tableau de la sottise et des crimes. » 69

Histoire (Voltaire) (8) : (22 avril) 1760. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée à Ivan Ivanovitch Schouvalov [1717-1797] lui écrit :
« […] Je suis toujours aux ordres de Votre Excellence. Le plus grand de mes plaisirs dans ma vieillesse est de travailler au monument que vous érigez au plus grand homme du siècle passé [Pierre le grand]. La multitude épouvantable de livres qui s’accumulent de tous côtés, ne permet peut être pas qu’on entre dans beaucoup de détails ; l’esprit philosophique qui règne de nos jours, permet encore moins de fade panégyrique ; le milieu entre ces deux extrémités est difficile à garder ; mais je ne désespère de rien /monsieur, quand je serai aidé de vos conseils et de vos lumières ; ce sera par votre seul moyen que je pourrai parvenir à ne blesser ni la vérité ni la délicatesse de votre cour, ni le goût des gens de lettres qui seuls décident, à la longue, de la bonté d’un ouvrage. Je souhaite surtout que votre histoire de Pierre le grand dans laquelle je ne suis que votre copiste puisse servir de réponse aux calomnies répandues contre votre nation et contre votre auguste souveraine [Catherine II. 1729. 1796] dans le recueil qui vient de paraître. [sous la signature de Voltaire] » 70

Histoire (Voltaire) (9) : (24 mai) 1761. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée à Ivan Ivanovitch Schouvalov [1717-1797] lui écrit :
« […] Aidé de tous ces matériaux [Archives envoyées de Russie], j’en ai supprimé tout ce qui pouvait être défavorable, et j’en ai tiré ce qui pouvait relever la gloire de votre patrie. » 71

Histoire (Voltaire) (10) : (18 septembre) 1763. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée à Bernard-Louis Chauvelin [1716-1773], lui écrit :
« […] On vous a dépêché un petit paquet [enveloppe], qui contient, je crois, un peu d’histoire. Vous y verrez quelque chose du temps présent, mais non pas tout ; car malheur à celui qui dirait tout. Il faut qu’un Français passe rapidement sur les dernières années. […] » 72 (Cf. Politique. Vérité)

Histoire (Voltaire) (11) : (mai) 1764. Voltaire [1694-1788], dans une lettre à la Gazette Littéraire de l’Europe, écrit notamment concernant « [les]manque[ments] » des « auteurs [non cités] des histoires anciennes » :
« […] Ils répètent et ils allongent des harangues qui ne furent jamais prononcées, plus soucieux de faire parade d’une éloquence déplacée que de discuter des vérités utiles. Les exagérations souvent puériles, les fausses évaluations des monnaies de l’Antiquité et de la richesse des États, induisent en erreur les ignorants et font peine aux hommes instruits. […]
Les histoires plus anciennes sont encore écrites avec moins d’attention. La saine critique y est plus négligée ; le merveilleux, l’incroyable y domine ; il semble qu’on ait écrit pour des enfants plutôt que pour des hommes ; le siècle éclairé ou nous vivons exige dans les auteurs une raison plus cultivée. » 73 (Cf. Penser. Méthode)

Histoire (Voltaire) (12) : (20 juin) 1764. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée à la marquise du Deffand [1697-1780] écrit :
« Les Welches [terme dénégateur pour : Français] sont continuellement gênés et garrottés par trois sortes de chaînes, celles de la cour, celle de l’Église, et celle des tribunaux appelés parlement. On écrit l’histoire en France comme on fait un compliment à l’Académie française, on cherche à arranger ses mots de façon qu’ils ne puissent choquer personne. » 74 (Cf. Langage. Académie française. Mot, Penser, « Sciences » sociales)

Histoire (Voltaire) (13) : (23 avril) 1767. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée à François Baron de Tott [1733-1793], écrit :
« La véritable histoire est celle des mœurs, des lois, des arts, et des progrès de l’esprit humain. » 75

I. Histoire. Révolution française :

Histoire (Révolution française) (1) : 1849-1850. Chateaubriand [1768-1848], dans les Mémoires d’outre-tombe, auteur de :
« La colère brutale faisait des ruines, et sous cette colère était cachée l’intelligence qui jetait parmi ces ruines les fondements du nouvel édifice. » 76
[Brillante] analyse valide pour toutes les révolutions. (Cf. Penser, Politique)

Histoire (Révolution française) (2) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les misérables, concernant « le conventionnel » auteur de :
« La Révolution a eu beaucoup de ces hommes proportionnés à l’époque. » (Cf. Histoire. Révolution française. Roland Madame) (3) 77

Révolution française (3) : 1928. Pierre Gaxotte « de l’Académie française » [1895-1982] historien, dans La Révolution française, auteur de :
« La France d’avant la Révolution n’était point malheureuse. Elle avait sujet de se plaindre, non de se révolter. » 78

Révolution française (Constitution. Bonheur) : 1793. Article 1er de la constitution de 1793 :
« Le but de la société est le bonheur commun. […] »
Tout est dit ? Tout est à construire.
* Ajout. 2 octobre 2015. Lu [1787] : « C’est moins la forme du gouvernement qui rend les peuples heureux que les Lois qui règlent la fortune des citoyens. » 79 (Cf. Politique. Lois)

Révolution française (Cahiers de doléances et réclamations aux États généraux) (1) : 1789.
« Notre devise sera-t-elle toujours : Travailler, obéir et se taire ? » 80
- Peut, doit être comparé à : « Liberté, égalité, fraternité » (Cf. Droit. « Droits de l’homme », Politique. Démocratie, Obéir)

Révolution française (Cahiers de doléances et réclamations aux États généraux) (2) : 1789.
« Comment récompensez-vous dans votre constitution sociale le plus sacré des devoirs, celui de produire, de soigner, d’instruire, d’élever les enfants qui réparent le monde ? » 81 Question toujours non résolue, le plus souvent, pas même posée… (Cf. Famille, Féminisme. Patriarcat, Politique)

Révolution française (Charlotte Corday) (1) : Je lis dans les notes de Gérard Walter [1896-1974] de l’édition de La Pléiade de l’Histoire de la Révolution française [1853] de Jules Michelet [1798-1874] que Charlotte Corday [1768-1793], qui assassinat Marat [1743-1793] à l’âge de 25 ans, « resta au couvent jusqu’à l’âge de 22 ans », « un couvent [L’Abbaye aux dames] - très mondain » précise-t-il. 82

Révolution française (Charlotte Corday) (2) : Je lis sur Wikipédia :
« À sa mort, les accusateurs jacobins de Charlotte Corday pensent qu'elle a agi par amour pour un homme, aussi font-ils vérifier sa virginité. À leur grand dam, elle est déclarée virgo intacta. »
Lire sur Wikipédia les explications, fort sensées, qu’elle a données au crime qu’elle a commis.
Une fois encore, une femme fut déniée de toute pensée et de toute action politique et réduite, là encore, stricto sensu, à son sexe. 83 (Cf. Femmes. Sexes […])
* Ajout. 30 mars 2019. Lire aussi les belles pages que Michelet lui a consacrées. 84 (Cf. Histoire. Patriarcale. Michelet Jules)

Par ordre chronologique. Révolution française. Femmes :

Révolution française. Femmes (Custine Astolphe de) : 1843. Astolphe de Custine [1790-1857], dans son livre, La Russie en 1839, à propos de Delphine de Sabran [1770-1826], évoque : « les annales d’une révolution où l’héroïsme des femmes a bien souvent racheté l’horreur qu’inspiraient à trop juste titre le fanatisme et la férocité des hommes. » 85
* Ajout. 20 mai 2019. (Sans date) Louise Michel [1830-1905], auteure de :
« L’héroïsme n’existe pas. Ce n’est qu’un sens impérieux du devoir ou une conviction passionnée. Je ne lui donne pas non plus le nom de vertu qu’à l’amour ou au fanatisme. » 86 (Cf. Homme. Héros)

Révolution française. Femmes (Liberté) : 1794. « À Bayeux [lors de la fête de l’Être suprême. 8 juin 1794] une jeune fille qui représentait la Liberté portait sur la poitrine ou sur le dos : ‘Ne me tournez pas en licence’. » [Cité par Taine. 1828-1893], « raconté par Gustave Flaubert [1821-1880], d’après des souvenirs de famille » ]. 87 (Cf. Politique. Liberté)

Révolution française. Femmes (Pain) : Dès lors que des femmes demandaient du « pain », comment peut-on qualifier, sans plus de scrupules, la révolution de « bourgeoise » ? (Cf. Femmes. Bourgeoises)

Révolution française. Femmes. (« Poissardes ») : 1789. Rivarol [1753-1801], dans son Journal politique national nomme [lais il n’est pas le seul..] les femmes révolutionnaires « les poissardes » précédé ou non d’« armée de » (p.945) ou de « phalange » (p.956). Je l’ai relevé à 30 reprises.
- Les « poissardes » sont soient seules évoquées, soit liées, assimilées aux « patriotes et assassins » (p.945), à « quelques assassins » (p.848), aux « forts de la halle » (p.952, p.971), aux « brigands » (p.954, p.960, p.965, p.968, p.973, p.985), aux « assassins » (p.954), aux « Mirabeau » (p.962), aux « crocheteurs » (p.971), aux « ouvriers » (p.977). Il est aussi question du « délire inhumain des poissardes » (p.982) dont il écrit qu’elles « vomissaient des acclamations » (p.987). 88 (Cf. Langage. Critique de mot)
* Ajout. 2 novembre 2016. 2003. Le même terme est, en 2003, encore employé, suivi par « cornards éméchés ». 89 Pour ‘faire peuple’ ?

Révolution française (« Gilets jaunes ») : 2018. 2019. Cf. Politique, État, « Gilets jaunes »

Révolution française (Gouges. Olympe de) (1) : 1791. Olympe de Gouges [1748-1793], dans sa Lettre à Marie-Antoinette, écrit :
« Homme, es-tu capable d'être juste ? C'est une femme qui t'en fait la question ; tu ne lui ôteras pas du moins ce droit. Dis-moi ? Qui t’a donné le souverain empire d'opprimer mon sexe ? Ta force ? Tes talents ? [...]
L’homme seul s'est fagoté un principe de cette exception. Bizarre, aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré, dans ce siècle de lumières et de sagacité, dans l'ignorance la plus crasse, il veut commander en despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles ; il prétend jouir de la Révolution, et réclamer ses droits à l’égalité, pour ne rien dire de plus. [...] »
- Suivi, en note, de : « De Paris au Pérou, du Japon à Rome, le plus sot animal, à mon avis, c’est l’HOMME. » (Cf. Droit. « Droits de l’homme », Femme. Remarquable, Patriarcat) 90

Révolution française (Gouges. Olympe de) (2) : 2013. Alors qu’en 2013, suite à une consultation officielle - à laquelle 30715 personnes avaient participé en septembre 2013 - ouverte sur le site des Monuments Historiques, Olympe de Gouges (devançant Germaine Tillion, Louise Michel et Simone de Beauvoir) était la première sur la liste des personnes devait « entrer au Panthéon », François Hollande l’a écartée.
- Aujourd’hui (21 février 2014) date à laquelle l’annonce officielle des quatre personnes choisies par lui sera effectuée, la page internet concernant cette consultation « n’existe plus ». Qui aurait gardé ces archives et pourrait les publier ? Ont finalement été choisies deux hommes et deux femmes résistant-es. La parité contre le féminisme.
- La liste des « personnalités auditionnées » dans le Rapport intitulé : Pour faire entrer le peuple au Panthéon, remis à François Hollande par M. Philippe Bélaval, mérite la lecture : elle peut provoquer un instant le rire, si ce n’était si malheureusement signifiant de la France «officielle» en 2014. Et si triste… (Cf. Femme. Remarquable. Homme. « Politique ». Hollande François)

Révolution française (Jacobins) : 1951. Albert Camus [1913-1960] dans L’homme révolté, auteur de :
« Les Jacobins croyaient aux principes et à la vertu ; ils sont morts d’avoir [eu ?] à les nier. » 91 (Cf. Penser. Morale)

Révolution française (Lacombe Rose) (1) : (25 juillet) 1792. Rose Lacombe [1765-1795 (?)] prononce un bref discours à l’Assemblée Nationale :
« Née avec le courage d'une Romaine et la haine des tyrans, je me tiendrais heureuse de contribuer à leur destruction. Périsse jusqu'au dernier despote, intrigants, vifs esclaves, des Néron et des Caligula, puissé-je tous vous anéantir. Et vous, mères de famille, que je blâmerais de quitter vos enfants pour suivre mon exemple, pendant que je ferai mon devoir en combattant les ennemis de la patrie, remplissez le vôtre en inculquant à vos enfants les sentiments que tout français doit avoir en naissant, l'amour de la liberté et l'horreur des despotes. Ne perdez jamais de vue que sans les vertus de Véturie, Rome aurait été privé du grand Coriolan. » 92 (Cf. Femme. Remarquable, Politique. État, Violences)

Révolution française (Lacombe Rose) (2) : 1793. Hippolyte Taine 1828-1893], dans Les origines de la France contemporaine cite ce passage d’un discours de Rose (Claire) Lacombe [1765-1795 (?)] aux Jacobins, extrait du Patriote Français (30 mars 1793), lui-même cité par Buchez et Roux [XXV, 156] :
« Il faut s’assurer des aristocrates, les faire marcher au-devant des ennemis que Dumouriez [1739-1823] amène sur Paris, nous leur signifierons que s’ils trahissent, leurs femmes et leurs enfants seront égorgés, et leurs propriétés incendiées…
Je ne veux pas que les patriote sortent, je veux qu’ils gardent Paris ; et, si nous succombons, le premier qui hésitera à mettre le feu, sera poignardé à l’instant.
Je veux que les propriétaires, qui ont tout accaparé pour exaspérer le peuple, tuent les tyrans ou qu’ils périssent.» (applaudissements) » 93 (Cf. Femme. Remarquable, Politique. État, Violences)

Révolution française (Méricourt Théroigne de) : 1792. Théroigne de Méricourt [1762-1817], auteure de :
« Brisons nos fers, il est temps enfin que les femmes sortent de leur honteuse nullité où l’ignorance, l’orgueil et l’injustice des hommes les tiennent asservies depuis si longtemps. » 94

Révolution française (Legros Madame) (1) : 1853. Michelet [1798-1874], dans son Histoire de la Révolution française, auteur de :
« Il faut dire vrai ; si quelqu’un eût la gloire de la renverser (la Bastille), c’est cette femme intrépide qui si longtemps travailla à la délivrance de Latude [1725-1805, enfermé pendant 37 ans notamment à la Bastille] contre toutes les puissances du monde. » Et il poursuit en la qualifiant ainsi : « celle qui avait pour ainsi dire forcé les prisons d’État », pour conclure :
« Cette femme avait pris la Bastille. » 95 (Cf. Femme. Remarquable)

Révolution française (Legros Madame) (2) : 1878. Hippolyte Taine [1828-1893] dans Les origines de la France contemporaine, cite, lui aussi, mais en d’autres termes, Madame Legros. Il écrit :
« Lorsque Latude [1725-19805] sort de Bicêtre, Mme de Luxembourg, Mme de Bouflers et Madame de Staël veulent dîner avec Mme Legros, l’épicière qui depuis trois années a remué ciel et terre’ pour délivrer le prisonnier. » 96 (Cf. Femme. Remarquable)

Révolution française (Marat) (1) : Marat [1743-1793], traitant de « l’imposture du despotisme éclairé », évoque Catherine II de Russie [1729-1796] et la juge notamment, eu égard « à la vanité et l’instinct imitatif naturel à son sexe. » 97

Révolution française (Marat) (2) : 1780. Après avoir découvert le Plan de législation criminelle de Marat [1743-1793], plus particulièrement la cinquième section, intitulée : Des crimes contre les mœurs (plus spécifiquement les pages 108 à 116,) ainsi que la sixième section : Des crimes contre l’honneur (plus spécifiquement les pages 135 à 139), il m’apparaît que Marat est, parmi les hommes révolutionnaires, celui qui a, sans conteste, le plus intimement traité de et surtout celui qui a le mieux compris, critiqué avec force et dénoncé ce que nous appellerions aujourd’hui la « domination masculine ». En conséquence, sa conception novatrice, originale du droit en matière de « mœurs » est en entièrement marquée, sans pour autant abandonner son analyse en termes d’opposition de «classes». 98 C’est de cet exemple qu’il faudrait s’inspirer pour repenser un nouveau code pénal. (Cf. Droit. Patriarcal, Patriarcat. Domination masculine)

Révolution française (Marat) (3) : Jules Michelet [1798-1874] dans l’Histoire de la révolution française, écrit dans une note que, dans L’Ami du peuple du 30 décembre 1790, Marat « met en contraste l’énergie de ces femmes [celles qui participaient aux réunions du Club des Jacobins] et le bavardage de l’aristocratie jacobine. » 99

Révolution française (Robespierre) (1) : Robespierre [1758-1794], auteur de :
« Nous voulons substituer dans notre pays, la morale à l’égoïsme, la probité à l’honneur, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, l’empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à l’insolence, la grandeur d’âme à la vanité, l’amour de la gloire à l’‘amour de l’argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l’intrigue, le génie au bel esprit, la vérité à l’éclat, le charme du bonheur aux ennuis de la volupté, la grandeur de l’homme à la petitesse des grands. » 100
Et ce serait (notamment) de son fait - lui qui fut appelé « l’incorruptible » - que « la vertu » serait indissociablement liée à « la terreur » ? Et ce serait (notamment) de son fait, lui qui ne fondait la démocratie que sur « la vertu », que celle-ci, en politique, serait d’emblée suspecte, récusée, illégitime ? La révolution ne réside-t-elle pas (aussi) justement en ce qu’une telle phrase pût être prononcée ?
- Ces interrogations ne sauraient évacuer sa déclaration le 12 août 1793 :
« Que le glaive de la loi, planant avec une rapidité terrible sur la tête des conspirateurs, frappe de terreur leurs complices ! Que ces grands exemples anéantissent les séditions par la terreur qu’ils inspireront à tous les ennemis de la patrie ! », ainsi que la loi dite des suspects du 17 septembre 1793. Mais elles ne peuvent l’y réduire.
* Ajout. 12 août 2014. Opposition binaire, et plus largement, question mal posée. Par ailleurs, peut-on porter un jugement sur un homme dit politique singulier, isolé du contexte politique dans lequel son action est compréhensible ? Non. (Cf. Politique. Loi. Morale, Histoire. Biographies)
* Ajout. 12 mai 2017. Ne jamais oublier, sans pour autant justifier, en critiquant de la Terreur, qu’en 1993, la révolution était et attaquée sur toutes ses frontières et menacée à l’intérieur par les contre-révolutionnaires, les aristocrates français étant à la fois à l’intérieur et à l’étranger.
* Ajout. 30 juillet 2017. Ne pas oublier non plus que si l’on ne peut juger de quiconque indépendamment de la prise en compte de son environnement, il s’agissait ici, le concernant, comme de tant d’autres, de l’organisation et de la conduite d’une force politique dans un contexte révolutionnaire, et ce, dans un contexte qui dépassait, transcendait les frontières d’un seul pays, en l’occurrence, la France. (Cf. Êtres humains, Politique. Frontières)

Révolution française (Robespierre) (2) : Robespierre [1758-1794], auteur de :
« Ce qui est immoral est impolitique, ce qui est corrupteur est contrerévolutionnaire. » 101 Le débat - à complexifier, à bouleverser - ainsi ouvert n’a jamais été refermé. Et ne doit pas l’être. (Cf. Politique. Morale)

Révolution française (Robespierre) (3) : Robespierre [1758-1794] : combien de fois a-t-il prononcé, dans ses discours, dans ses écrits, le mot « femme » et celui de « citoyenne » ? Je n’en ai relevé aucune. (Cf. Histoire. Révolution française. Marat, Saint Just)

Révolution française (Robespierre) (4) : 1839. Astolphe de Custine [1790-1857] considérait, en 1839, qu’en en France, « la tyrannie révolutionnaire » [fut] « un mal de transition ». 102 Qu’en déduire ?

Révolution française (Robespierre) (5) : 1910. Georges Sorel [1847-1922], auteur, dans ses Réflexions sur la violence, de :
« Pendant la Terreur, les hommes qui versèrent le plus de sang, furent ceux qui avaient le plus vif désir de faire jouir leurs semblables de l’âge d’or qu’ils avaient rêvé, et qui avaient le plus de sympathies pour les misères humaines : optimistes, idéalistes et sensibles, ils se montraient d’autant plus inexorables qu’ils avaient une plus grande soif du bonheur universel. » 103

Révolution française (Roland Madame) (1) : 1793. Madame Roland [1754-1793], au pied de l’échafaud aurait dit, selon Michelet [1798-1874], en se tournant vers la statue de la Liberté, « avec une grave douceur, sans reproche :
‘Ô Liberté, que de crimes commis en ton nom’. »
- Elle aurait aussi, selon une note de Gérard Walter dans son édition de l’Histoire de la révolution Française [1853] de Michelet [1798-1874], dit : « Passez le premier, j’aurais le courage d’attendre », au pied de la guillotine, à Lamarche, ancien directeur général de la fabrication des assignats, qui « en route, se montrait fort abattu ». 104
- Une grande dame, une femme politique, auteure d’un grand livre, ses Mémoires, 105 écrites, puis récrites en prison, sous la menace (effectivement mis en œuvre) de la guillotine. (Cf. Femme. Écrivaine. Épouse de. Remarquable)
Révolution française (Roland Madame) (2) : 1793. Une autre manifestation du courage de Madame Roland [1754-1793] émane du comte Beugnot, enfermé avec elle à la Conciergerie en 1793. Il évoque le départ de la prison de Madame Rolland pour le tribunal qui devait la condamner à mort :
« [...] Une foule de femmes se pressaient pour la baiser. Celles qui étaient mieux instruites du sort qui l’attendaient sanglotaient autour d’elle et la recommandaient en tout cas à la Providence. Rien ne peut rendre ce tableau : il faut l’avoir vu. Madame Roland répondait à toutes avec une affectueuse bonté ; elle ne leur promettait pas son retour ; elle ne leur disait pas qu’elle allait à la mort, mais les dernières paroles qu’elle leur adressait étaient autant de recommandations touchantes. Elles les invitaient à la paix, au courage, à l’espérance, à l’exercice des vertus qui conviennent au malheur.
Un vieux geôlier nommé Fontenay, dont le bon cœur avait résisté à trente ans d’exercice de son cruel métier, vint lui ouvrir la grille en pleurant. Je m’acquittais au passage de la commission de Clavières (lequel ‘avait considéré qu’une entrevue entre elle et lui un pareil jour pourrait nuire à tous deux’) ; elle me répondit en peu de mots d’un ton ferme. Elle commençait une phrase lorsque deux guichetiers de l’intérieur l’appelèrent pour le tribunal. À ce cri, terrible pour tout autre qu’elle, elle s’arrêta et me dit, en me serrant la main : ‘Adieu, Monsieur, faisons la paix, il est temps. En levant les yeux au ciel, elle s’aperçut que je repoussais mes larmes, et que j’étais violemment ému ; elle y parut sensible, mais n’ajouta que ces deux mots : ‘Du courage !’ » 106 (Cf. Femme. Écrivaine. Épouse de. Remarquable)

Révolution française (Roland Madame) (3) : Madame Roland [1754-1793], auteure de :
« Il faut une grande expérience du monde et des affaires pour apprécier la rareté de ce qu’on peut appeler un homme, il fallait même celle de la révolution pour démontrer l’indigence de notre nation à cet égard. » 107
Il est dommage qu’elle n’ait pas été plus explicite, ou plutôt, qu’elle n’ait pas prolongé son analyse, dont on peut penser cependant qu’elle s’inscrit, en la matière, dans la lignée des jugements d’Edmund Burke [1729-1797], ainsi que de ceux d’Hippolyte Taine [1828-1893].
(Cf. Femme. Écrivaine. Remarquable. Luxembourg Rosa & Zetkin Clara, Hommes, Patriarcat)
* Ajout. 18 août 2018. (Aux fins de comparaison) 1758. Voltaire [1694-1778] écrivit à la marquise du Deffand [1697-1780] le 27 décembre 1758 :
« Par ma foi, notre siècle est un pauvre siècle après celui de Louis XIV. Mille raisonneurs et pas un seul homme de génie, plus de grâces, plus de gaité. La disette d’hommes en tout genre fait pitié. » 108 (Poursuivre)

Révolution Française (Rousseau Jean-Jacques) : 1765-1770. Jean Jacques Rousseau [1712-1778], dans Les confessions [citant une de ses lettres de 1762] évoquant « la constitution déclinante [qui] menaçait la France d’un prochain délabrement », cite plusieurs des dangers encourus et écrit : « [...] s’il arrivait que la grande machine vint à crouler, comme cela paraissait à craindre dans l’état actuel des choses. […] » 109 (Cf. Politique. État, Histoire. Révolution française. Voltaire)

Révolution française (Saint Just) : Louis-Antoine de Saint-Just [1767-1874] auteur de :
- « On ne peut point régner innocemment. »
- « Les malheureux sont les puissances la terre. Ils ont le droit de parler en maîtres aux gouvernements qui les négligent. » 110 (Cf. Hommes. Féminisme. Saint Just, Politique. Hiérarchie)

Révolution française (« Terreur La») : 1862. Victor Hugo [1802-1885] dans Les misérables met dans la bouche du « Conventionnel » , lors du dialogue concernant la Révolution entre Mgr Bienvenu et lui, ce jugement :
« Ah, Vous y voilà ! 93 ! J’attendais ce mot-clé. Un nuage s’est formé pendant quinze cents ans. Au bout de quinze siècles, il a crevé. Vous faites le procès au coup de tonnerre. » 111
Si cette analyse n’a plus cours, elle a le mérite de poser la question de la nécessité, avant tout jugement, de prendre en compte le moment historique - long - sans lequel un évènement ne peut être expliqué et donc compris.

Révolution française (Vigée Lebrun Élisabeth) : XVIIIème siècle. Élisabeth Vigée Lebrun [1755-1842], auteure de :
« […] Au reste, il est devenu fort difficile aujourd’hui de donner une idée de l’urbanité, de la gracieuse aisance, en un mot des manières aimables qui faisaient, il y a quarante ans, le charme de la société de Paris. Cette galanterie dont je vous parle, par exemple, a totalement disparu. Les femmes régnaient alors, la révolution les a détrônées. » 112
Une analyse en termes de «classes sociales» serait nécessaire pour historiciser son jugement. (Cf. Femme. Artiste. Femmes. Conscience de classe)

Révolution française (Voltaire) : 1771. Voltaire [1694-1778] écrit :
- le 22 juin 1771 à Antoine-Jean Amelot de Chaillou [1732-1795] concernant Ferney et ses environs : « La disette est un de nos plus grands maux » , puis, il évoque « plusieurs ouvriers […] qui meurent de faim avec leurs familles. »
- en juillet 1771, à Gabriel Cramer : [1723-1793] : « La fermentation est plus grande que jamais. »
- le 28 décembre 1771, à Claude Perret [1720-1788], après avoir dénoncé deux droits féodaux (celui de mainmorte et d’échute) : « Je ne veux ni être serf, ni avoir des serfs» pour enfin conclure : « Presque toute notre ancienne jurisprudence est ridicule, barbare, contradictoire. […] Toutes nos coutumes ne sont bonnes qu’à jeter au feu. » 113 (Cf. Histoire. Révolution française. Rousseau Jean-Jacques)

II. Historiographie patriarcale (et critique) :

Histoire (Historiographie. Patriarcale) (1) : Si l’un des critères communément considéré comme permettant de juger les régimes totalitaires est la falsification de l’histoire, comment qualifier, en la matière, dans tant de domaines, la France de 2014 ? (et des années suivantes…)

Historiographie. Patriarcale (2) : Il y a souvent des hommes très ordinaires confrontées à des histoires très exceptionnelles ; il y a, plus souvent encore, des femmes très exceptionnelles confrontées à des histoires très ordinaires. Facile ? Non, je ne le pense pas.

Historiographie. Patriarcale (3) : Il est des présentations concernant « l’histoire des femmes et du genre » se voulant synthétiques dont le refus de prendre position, de s’engager expliquent la confusion sémantique. On ne concilie pas l’inconciliable. On ne gomme pas les oppositions en les présentant comme s’inscrivant dans un même champs. On ne mêle pas des termes qui chacun pour leur part exige clarifications. (Cf. Langage. Genre)

Historiographie. Patriarcale (4) : 1987. En exergue du livre de Marie-Claire Hook-Demarle, La femme au temps de Goethe :
« Je ne vois pas pourquoi nous devons toujours nous occuper des hommes et même de leurs batailles ; l’histoire des femmes est, en général bien plus intéressante. » [Theodore Fontane [1819-1898], Unwiederbringlich. 1891] 114

Par ordre alphabétique. Histoire. Historiographie. Patriarcale :

Historiographie. Patriarcale (Aron Raymond) : (juin) 1941. Raymond Aron [1905-1983] dans un texte intitulé Naissance des tyrannies, évoque « les cités Grecques, peuplées de quelques milliers, tout au plus quelques milliers de citoyens qui, par droit de naissance, commandaient à de nombreux esclaves […] » 115 (Cf. Histoire. Aron Raymond)

Historiographie. Patriarcale (Arte) : 2017. Entendu dans le documentaire d’Arte consacré à l’Histoire de l’anarchisme :
« (Lors de la Commune) Les femmes s’éduquent, votent et disposent de leurs corps. » 116
- Comment une telle grossièreté a-t-elle pu s’incruster dans ce travail ? (Cf. Êtres humains, Corps, Politique. Anarchisme)

Historiographie. Patriarcale (Burke Edmund) : (9 février) 1790. Edmund Burke [1729-1797], dans son Discours à la Chambre des Communes sur La situation actuelle de la France, aux fins de décrire la révolution française, auteur de :
« […] Son but était de soulever les soldats contre les officier, les valets contre leurs maîtres, les fournisseurs contre leurs pratiques, les artisans contre ceux qui les emploient, les censitaires contre les propriétaires, les curés contre leurs évêques, les enfants contre leurs pères. »
Puis il interroge, les « Messieurs», ses collègues députés, sur leurs réactions, s’ils étaient [...] « forcés, avec vos femmes et vos enfants », comme en France, à se réfugier à l’étranger. 117

Historiographie. Patriarcale (Colet Louise) : 1845. Louise Colet [1810-1876], qui savait de quoi elle parlait, du fait notamment de ses relations avec Victor Cousin, Alfred de Musset, Vigny, Victor Hugo, et surtout Gustave Flaubert - écrit justement en 1845 dans un article consacré à Madame du Chatelet [1706-1749] :
« […] Il y a presque toujours dans la vie des grands hommes une attrayante figure de femme dont les biographes attachés à la principale figure dédaignent de s’occuper, ou qu’ils ne nous rendent qu’imparfaitement. N’est-ce pas aux femmes qui tiennent une plume de revendiquer ces touchantes et nobles mémoires trop souvent méconnues par la postérité ? Les femmes sont un peu traitées par les historiens et par les moralistes comme on traite les nations vaincues, c’est-à-dire que leur personnalité s’efface, disparaît, ou tout au moins se confond dans celle de l’homme qui les a dominées. Ce qu’elles eurent d’originalité, de grandeur, et quelquefois de génie, ne leur est reconnu que comme un reflet de l’esprit de l’homme célèbre qu’elles ont aimé. » 118 (Cf. Femme. Écrivaine. Colet Louise. Femme Remarquable. Du Chatelet Madame, Hommes. « Grands »)

Historiographie. Patriarcale (De Beauvoir Simone) : 1949. Simone de Beauvoir [1908-1986], dans Le deuxième sexe, auteure de :
« L’action des femmes n’a jamais été qu’une agitation symbolique ; elles n’ont gagné que ce que les hommes ont bien voulu leur concéder ; elles n’ont rien pris : elles ont reçu. » 119
- Sur un autre fondement, eut été qualifié de négationnisme. En réalité, en relève.

Historiographie. Patriarcale (Dommanget Maurice) : 1950. Maurice Dommanget [1888-1976] fut le biographe incontesté de Sylvain Maréchal [1750-1803] lequel fut (notamment) l’auteur d’un «Projet de loi portant défense d’apprendre à lire aux femmes». 120
Concernant ce texte, que l’on peut légitimement considérer comme l’un des plus violents, des plus radicaux dans la construction de la pensée patriarcale, Maurice Dommanget écrivit simplement, sans autre commentaire, en 1950 ceci :
« En dépit du bruit causé par son apparition, [il] n’était qu’un hors-d’œuvre aux yeux de Sylvain, préoccupé de choses autrement graves. » 121
* Ajout. 1801. Albertine Clément-Hémery dans un texte publié en 1801 intitulé : Les femmes vengées de la sottise d’un philosophe du jour 122 a critiqué le livre de Sylvain Maréchal.

Historiographie. Patriarcale (Dosse François) : 2014. François Dosse, dans son livre Castoriadis. Une vie [1922-1997], auteur de :
« Le surnom donné à Périclès [494-429 avant J.C], l’«Olympien», pour ses qualités d’éloquence, pourrait tout aussi bien s’appliquer à Castoriadis. L’analogie peut même se prolonger dans la sphère privée, où l’un et l’autre ont multiplié les conquêtes féminines tout en traversant de des périodes de grande passion amoureuse. […] » 123 (Cf. Êtres humains. Vie-die-privée, Femme. « Féminin », Homme « Intellectuel », Relations entre êtres humains. Flagornerie, Penser. Pensée. Méthode. Analogie)

Historiographie. Patriarcale (« Droits de l’homme ») : 2008. On lit dans le Dictionnaire des droits de l’homme, sous l’item : « Révolution française » ceci :
« Avec la Déclaration des droits (de 1789) l’égalité juridique devient une prérogative du citoyen. Serfs, juifs, protestants et même provisoirement esclaves sont regroupés dans une catégorie unique, celle de citoyen. » 124
Quant aux femmes, en cohérence avec le titre du Dictionnaire, elles attendront encore…(Cf. Droit. « Droits de l’homme »)

Historiographie. Patriarcale (Duby Georges) (1) : 2002. Quelle fut la part de travail effectif légitimant le fait que Georges Duby [1919-1996] cosigne avec Michelle Perrot la publication des 5 tomes de l’Histoire des femmes en Occident publiée en 2002 chez Plon ?
- Le concernant, je me souviens, par ailleurs, de nombre d’exclamations ébahies, peu amènes, du public lorsque, à la Sorbonne, il prit la parole, lors de la présentation de ce livre organisée par Michelle Perrot (laquelle avait - d’une rare honnêteté intellectuelle - invité des intervenant-es chargé-es de le critiquer). (Cf. Perrot Michelle, Femme. Remarquable, Historiographie. Patriarcale. Perrot Michelle)

Historiographie. Patriarcale (Duby Georges) (2) : (4 décembre) 1970. À l’écoute de sa leçon inaugurale au Collège de France - deux ans et demi après mai 1968 - et dont l’ambition était notamment de lier « histoire sociale » et « histoire des mentalités », je me rends compte que l’« histoire » de George Duby, n’est le fait que d’hommes…des hommes, des hommes, que des hommes…. 125
Pas une femme n’est évoquée, pas même un terme féminin n’est employé. Le mot n’existe pas. Les femmes, non plus donc.
C’est donc en toute cohérence qu’il peut affirmer :
« L’homme en société constitue l’objet final de la recherche historique. » (Cf. Êtres humains, Corps. Duby Georges)

Historiographie. Patriarcale (Fontane Theodore) : 1987. En exergue du livre de Marie-Claire Hook-Demarle, La femme au temps de Goethe :
« Je ne vois pas pourquoi nous devons toujours nous occuper des hommes et même de leurs batailles ; l’histoire des femmes est, en général bien plus intéressante. » [Theodore Fontane [1819-1898], Unwiederbringlich. 1891] 126

Historiographie. Patriarcale (Foucault Michel) (1) : 1973. Dans son livre, issu d’un séminaire au Collège de France, intitulé : Moi, Pierre Rivière ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère 127, Michel Foucault [1926-1984] écrit que Pierre Rivière avait «entrepris de tuer la moitié de sa famille» (p.266).
Cette simple formulation interdit de poser les questions (nombreuses) telles que pourtant clairement posées par l’auteur des crimes.
Que dit en effet Pierre Rivière dans le Mémoire que celui-ci écrivit pour expliquer les trois crimes, intitulé : Détail et explication de l’événement arrivé le 3 juin [1835] à Aulnay, village de la Fauctrie, écrite par l’auteur de l’action :
- « […] J’avais surtout un horreur de l’inceste et cela faisait que je ne voulais pas approcher des femmes de ma famille. […] » (p.125)
- « J’avais lu dans l’histoire romaine et j’avais vu que les lois des romains donnaient au mari, droit de vie et de mort sur sa femme et sur ses enfants.» (p.129)
- «Je ne peux délivrer mon père qu’en mourant pour lui.». (p.130) «Je pris donc cette affreuse résolution et je me déterminais à les tuer tous les trois : les deux premières (sa mère, enceinte de 6 mois et demi et sa sœur de 18 ans) parce qu’ils s’accordaient pour faire souffrir mon père, pour le petit (son frère de 7 ans) j’avais deux raisons, l’une parce qu’il aimait ma mère et ma sœur, l’autre parce que je craignais qu’en ne tuant que les deux autres, que mon père, quoi que en ayant une grande horreur ne me regretta encore lorsqu’il saurait que je mourut pour lui, je savais qu’il aimait cet enfant qui avait de l’intelligence, je pensais il aura une telle horreur de moi qu’il se réjouira de ma mort, et, par-là, exempt de regret, il vivra plus heureux.» (p.?)
Que devinrent ces analyses pourtant claires, telles que présentées par leur auteur dans le livre de M. Foucault ? Elles n’y eurent pas de place.
- Il importe enfin de préciser que dans la présentation que Pierre Rivière fait des « peines » [que] son père » a infligées par sa mère, pas une fois, alors qu’il en fait état des raisons qu’elle exprime pour défendre ses propres droits, il ne donne raison à sa mère. Les auteur-es de ce livre, un siècle et demi après, en occultant toute prise en compte, pourtant explicite, de l’analyse patriarcale de ce crime, dissoute dans le terme de «famille», s’inscrive dans cette lignée et la conforte. (Cf. Êtres humains, Homme. « Intellectuel », Famille, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Historiographie. Patriarcale (Foucault Michel) (2) : 1977. Michel Foucault [1926-1984], dans Dits et écrits, est interrogé :
Question : « À propos de la masturbation des enfants, ne croyez-vous pas que vous ne valorisez pas assez la différence des sexes ? ou bien considérez-vous que l’institution pédagogique a opéré de la même façon pour les filles et les garçons ? »
Réponse : « À première vue, les différences m’ont paru faibles avant le XIXème siècle… » 128

Historiographie. Patriarcale (Garbit Philippe) : (22 juillet) 2017. Voici comment Philippe Garbit sur France Culture présente la « traversée du siècle » d’Yvonne Sadoul [Yvonne Mezzara. 1889-1956] :
« Son mari [Jacques Sadoul. 1881-1956] avait connu une vie de cow-Boy, rencontré Buffalo Bill, puis à son retour en France [des États-Unis] était devenu communiste. Elle, elle avait dîné avec Jean Jaurès, avec Lénine, avec Trotski, et c’est à son retour de Russie, qu’elle était devenue vraiment militante et avait préparé, avec d’autres, le Congrès de Tours. »
Aucune référence ne fut même faite à son livre : Tels qu’en mon souvenir. Renan, Jaurès, Lénine et tant d’autres. [Grasset. 1978]
- En regard, voici, notamment, après avoir évoqué, à deux reprises sa volonté, impossible, en 1907, en tant que jeune fille à satisfaire, - de « faire [sa] médecine », qu’Yvonne Sadoul déclara aussi dans ledit interview de 1990 :
« N’étant pas bachelière, je n’ai jamais toute ma vie rien pu faire de vraiment grand. » 129
- Celle-ci, par ailleurs, au déni de toute réalité, au risque du ridicule, fut présentée lors de cette même émission comme « la madone du bolchévisme ». (Cf. Femme. Épouse)

Historiographie. Patriarcale (Guillemin Henri) : 1994. Henri Guillemin [1903-1992] présente les Mémoires de Madame Sadate « pleine de vie, de courage et d’ardeur, toujours belle et sur la brèche» comme étant «un ouvrage qui force le respect, tant la sincérité y éclate, tant s’y affirme une loyauté courageuse. » Ou, comment louer les mérites d’une épouse [« à la peau très blanche »] pour mieux justifier le soutien politique à son mari, « audacieux, mais humain, mais intelligent » [et « sombrement basané »].
Henri Guillemin note cependant en conclusion, que Sadate fut un mari « irréprochable, mais rarement tendre » et qui ne lui dira «pas une seule fois : ‘Je t’aime’. » 130 (Cf. Femme. Épouse)

Historiographie. Patriarcale (Guitton Jean) : (29 janvier) 1952. Jean Guitton [1901-1999] rapporte une discussion avec Halévy [Daniel. 1872-1962] :
« Nous parlons de la Résistance qui est si mal connue, et il ajoute ‘qui ne le sera jamais.’ […] En France, dit-il, ces jeunes gens qui prenaient le maquis à l’insu des leurs, qui entraient dans des mouvements clandestins, on ne peut pas savoir ce qu’ils ont fait d’effectif. L’argent anglais et russe était considérable, grisant. Il y avait aussi des femmes. » 131 (Cf. Femmes, Patriarcat, Philosophie)

Historiographie. Patriarcale (Hitler) : (30 mai) 2017. J’entends dans un documentaire consacré à Eva Braun, [1912-1945] diffusé sur la Chaîne LCP, on ne peut plus officielle, ce sobre et définitif jugement historique :
« Hitler [1889-1945] a remporté les élections grâce notamment au vote des femmes, fascinées par son charisme. »
Et voilà pourquoi votre fille est muette [Sganarelle] … 132

Historiographie. Patriarcale (Hobsbawm Éric) (1) : 2000. Éric Hobsbawm [1917-2012], dans son livre, L’Ère des révolutions, auteur de :
« Le romantisme s’infiltra [cependant] dans la culture bourgeoise, peut-être surtout à cause du goût croissant pour la rêverie qui se répandait parmi la gent féminine, dans les familles bourgeoises. Faire la preuve que le chef de famille gagnait suffisamment sa vie pour les maintenir dans une oisiveté pleine d’ennui était une des principales fonctions de ces femmes ; un esclavage douillet constituant leur destin idéal. […] » 133 (Cf. Femme. « Féminin »)

Historiographie. Patriarcale (Hobsbawm Éric) (2) : 2005. Éric Hobsbawm [1917-2012], évoquant sa jeunesse, bien qu’il fut alors déjà communiste, dans l’armée, écrit - entre tirets - :
« Toute fille était une ‘garce’ dans notre jargon. » Sans autre commentaire. 134

Historiographie. Patriarcale (Hobsbawm Éric) (3) : 2005. Éric Hobsbawm [1917-2012], dans son Autobiographie, analysant Mai 68, auteur de :
« Ce qui a vraiment transformé le monde occidental, c’est la révolution culturelle des années soixante. L’année 1968 se révèlera peut être moins un tournant dans l’histoire du XXème siècle que 1965, qui ne revêt aucune signification politique : en effet, cette année-là, l’industrie textile a produit, pour la première fois, plus de pantalons pour femmes que de jupes, et le nombre de séminaristes de l’Église catholique romaine a commencé à s’effondrer. » 135

Historiographie. Patriarcale (Hobsbawm Éric) (4) : 2014. Un index de 32 pages (30 références environ par page) est publié à la fin du livre d’Éric Hobsbawm [1917-2012], Et le monde changea. Réflexions sur Marx et le marxisme de 1840 à nos jours. [2014. Traduction Française].
Les femmes cités sont au nombre de 8 : Colette (p.289), Marie Curie (p.234), Jeanne d’Arc (p.276), Irène Joliot-Curie (p.306), Rosa Luxembourg (p.214, 220, 255, 256, 3336, 366, 398, 407), Chantal Mouffe (p.355), Margaret Thatcher (p.419, 446), Véra Zassoulitch (p.92, 114, 171)
En sus, il faut ajouter : Émancipation des femmes (p.48, 283), Libération sexuelle (p.48, 245). 136

Historiographie. Patriarcale (Jaurès Jean) : 1901-1908. Jean Jaurès [1859-1914], dans son Histoire socialiste de la Révolution française, présente précisément longuement le Plan d’éducation national de Louis-Michel Lepeletier de Saint Fargeau [1760-20 janvier 1793] présenté aux Jacobins le 19 juillet 1793 par son frère Félix. On y lit :
« Je demande que vous décrétiez que, depuis l’âge de cinq ans jusqu’à douze pour les garçons et onze pour les filles, tous les enfants, sans distinction et sans exception, seront élevés en commun aux dépens de la république, et que tous, sous la sainte loi de l’égalité, recevront mêmes vêtements, même nourriture, même instruction, mêmes soins. »
Si ce distinguo n’est plus évoquée dans la présentation du texte par son auteur, et s’il n’est plus même fait référence qu’aux « douze ans », si toutes les références concernent les jeunes garçons, Jean Jaurès n’en relève rien et cautionne donc ce déni. 137

Historiographie. Patriarcale (La Découverte. Éditions) : 2012. Les Éditions La Découverte republie en poche l’Anthologie de l’anarchisme. Ni Dieu, ni maitre de Daniel Guérin [1904-1988], sans juger bon l’introduire, le présenter, l’adapter, l’annoter, le critiquer. Dans ce livre - négationniste ? - les femmes n’existent quasiment pas.
Un exemple parmi tant de cette écriture de l’histoire, de la pensée, de l’anarchisme : Emma Goldman [1869-1940], la grande penseuse anarchiste, a droit intuiti personnae à une note de bas de page de neuf lignes. 138 (Politique. Anarchisme)
N.B. Il n’est pas précisé, en sus, dans le titre que cette Anthologie s’arrête à la guerre d’Espagne.

Historiographie. Patriarcale (Leys Simon) : 1975. Simon Leys [1935-2014], dans son livre Les habits neufs du président Mao, écrit, concernant les positions officielles conférées (en septembre/octobre 1969) de Jiang Qing (épouse de Mao) et de Ye Qun (épouse de Lin Biao) ceci :
« Cette montée au pouvoir des épouses est d’ailleurs un signe inquiétant pour la santé du régime ; elle indique d’une part la crise de confiance qui sévit au sommet ; faute d’adjoints sûrs, les dirigeants en viennent à s’appuyer sur leur compagne d’oreiller, un peu comme ces empereurs des périodes de décadence qui, voyant la trahison partout, ne se fiaient plus qu’à leurs eunuques ; et d’autre part l’exemple est maintenant donné à la tête de promotions non plus effectives sur la base de compétences objectives, mais allouée par faveur privée. »
Sans s’arrêter aux jugements portés sur le statut conféré à ces femmes « compagnes d’oreiller », ni à l’analogie faite avec les « eunuques » des « empereurs des périodes de décadence » par Simon Leys, on peut, sans être spécialiste de la Chine, considérer comme partiellement pertinente, et universalisable, l’analyse politique avancée. Mais Simon Leys n’a jamais évoqué le fait que la quasi-totalité des politiques dont il parle tout au long de son livre étaient justement…des hommes. 139 (Cf. Femme. Épouse, Penser. Pensée. Méthode. Analogie)

Historiographie. Patriarcale (Lubin Georges) : 1972. George Lubin [1904-200] est celui grâce auquel nous avons pu accéder à l’immense Correspondance de George Sand, celui que nous ne remercierons jamais assez. Et c’est, (avec l’« aide » de son épouse), cet homme qui a consacré « quarante ans » de sa propre vie « passionnant[e] » à George Sand, cette femme exceptionnelle, dont il connaissait tout ou presque, dont il comprenait intimement les moindres réactions, qu’il a « aim[ée] » et qui, néanmoins put se demander, concernant une simple divergence d’analyses, si celle de George Sand ne relevait pas de « l’illogisme féminin ». 140
- Les pesanteurs de l’idéologie patriarcale…
* Concernant son épouse, dans le dernier tome de cette Correspondance (24ème) de George Sand, publiée sous la responsabilité de George Lubin, on peut lire :
« Voilà que nous arrivons au terme du voyage. La dernière lettre est là, qui débouche sur le vide. Dans cette lettre, ma femme ne put longtemps se résoudre à faire la copie, destinée à l’impression. »…
Sans doute - mais je souhaiterais être démentie - cette référence au travail de sa femme à ses côtés fut-elle la seule…
Quant à la présentation finale de son propre immense et si rigoureux travail, Georges Lubin (aujourd’hui décédé) ne s’est autorisé qu’une « Introduction » de trois pages. (Cf. Femme. « Féminin ». Épouse de)

Historiographie. Patriarcale (Martin-Fugier Anne) : 1979. Dans le livre d’Anne Martin-Fugier, La place des bonnes. La domesticité féminine à Paris en 1900, un passage a retenu mon attention. Citant un passage (compte tenu de son intérêt, malheureusement réduit) du Journal de Jules Renard (en date du 12 septembre 1902), elle rapporte l’histoire d’une femme, séparée de son mari, élevant seule ses cinq enfants, et dont le procureur, sur les seuls renseignements du maire a refusé la séparation légale, car « le mari ne la désire pas ».
Puis elle écrit : « On arrive ainsi à cette situation paradoxale : [et là, elle reprend le texte de Jules Renard] ‘Quand elle aura élevé ses enfants, et qu’ils pourront se placer, de douze à vingt ans, il aura droit à la moitié de leurs gages. » C’est tout, et ce n’est pas un « paradoxe ».
- Il faut aussi noter que cet exemple est présenté ainsi : « La main mise paternelle sur la force de travail de l’enfant, reconnue par la loi, peut prendre des formes scandaleuses. » 141 Pour le moins…(Cf. Droit, Femme. « Féminin », Famille, Politique. Paradoxe)

Historiographie. Patriarcale (Michelet Jules) (1) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, écrit :
- concernant l’émeute parisienne des Tuileries le 12 juillet 1789 :
« Le prince de Lambesc [1751-1825] […] répond par des coups de feu. Les femmes jettent des cris perçants ; les hommes se mettent à fermer les Tuileries derrière eux. »
- Concernant la révolte du 5 octobre 1789 :
« La cause réelle, certaine, pour les femmes, pour la foule la plus misérable, ne fut autre que la faim. […] Pour la majorité des hommes, la cause du mouvement fut l’honneur, l’outrage fait par la cour à la cocarde parisienne, adopté de la France entière (sic) comme signe de la révolution. » Et ce suivi de :
« Ce qu’il y a dans le peuple de plus peuple, je veux dire de plus instinctif, de plus inspiré, ce sont à coup sûr les femmes ».
Et on lit, à la suite la courte note suivante, sibylline, signifiante et définitive, de Georges Walter [1925-2014], responsable de l’édition : « Les femmes étaient plus faciles à gagner. » 142.(Cf. Historiographie. Patriarcale. Walter Georges)

Historiographie. Patriarcale (Michelet Jules) (2) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, écrit :
« (Concernant Charlotte Corday [1768-1793]) Les historiens romanesques ne tiennent jamais quitte leur héroïne, sans essayer de prouver qu’elle fut amoureuse. »
Critique toujours valide, pas seulement la concernant, pas seulement concernant les « historiens romanesques. » 143 (Cf. Patriarcat)

Historiographie. Patriarcale (Morin Edgar) : (1er juin) 1978. Edgar Morin, auteur, concernant l’histoire de Mai 68, dans un article paru dans Le Monde, réédité en septembre 2015 de :
« [De 1970 à 1975] La conscience néo-féminine surgit en fondant sa revendication sur l’identité propre de la femme. […]
Ces surgissements se manifestent à la fois sous forme d’une onde de choc dure, percutante, et d’une onde large, qui se diffuse et plus ou moins s’intègre. Ainsi le mouvement féminin a son fer de lance MLF, mais en même temps les grands magazines comme Elle et Marie-Claire, qui offraient les solutions préfabriquées de la culture de masse, s’ouvrent aux aspirations de la nouvelle féminité. » 144
Comment peut-on afficher un tel mépris de l’histoire, un tel manque de rigueur ? Et rééditer, sans scrupules, sans gêne, de telles comparaisons, de telles inepties, en 2015 ? (Cf. Femme. « Féminin », Homme. « Intellectuel ». Morin Edgar)

Historiographie. Patriarcale (Noiriel Gérard) : (août) 2018. Dans les Bonnes feuilles publiées par Le Monde Diplomatique du livre de Gérard Noiriel : Une histoire populaire de la France. De la guerre de Cent ans à nos jours. [Éditions Agone. 2018], tous les termes, absolument tous les termes sont au masculin.
À une exception près : il est question d’« une femme enterrée vivante pour avoir volé son maître. » 145 (Cf. Langage)

Historiographie. Patriarcale (Ory Pascal) : 1984. Pascal Ory, dans un article consacré aux livres de fils de collaborateurs, écrit :
« […] On peut aussi regretter que la règle du jeu exclue les paroles de femmes. » Imaginerait-on qu’une telle phrase puisse être écrite par un-e historien-ne concernant l’esclavage, le racisme, le colonialisme…et, en étant optimiste, plus de trente ans après, les femmes dans le patriarcat ? Non.
- Notons cependant qu’il propose une analyse intéressante sur le sujet, sur les fondements des livres de Marie Chaix, Les Lauriers du lac de Constance (1974], Le silence ou la vie d’une femme [1976] et d’Evelyne Le Garrec, La rive allemande de ma mémoire [1980]. 146

Historiographie. Patriarcale (Perrot Michelle) (1) : 2000. Michelle Perrot, dans L’Université de tous les savoirs (Volume 3), présente « l’avènement d’une histoire des femmes » comme relevant de trois « facteurs » :
- Dans les « facteurs scientifiques », sont nommés Paul Ricoeur [1913-2005], Michel Foucault [1926-1984], Georges Duby [1919-1996] dont l’œuvre est présentée comme « exemplaire », L’École des Annales et Alain Corbin. C’est, dès lors, faire d’eux les pères tutélaires de « l’histoire des femmes ».
- Les « facteurs sociologiques » se limitent à la question de l’absence et de la présence des femmes « à l’Université ».
- Les « facteurs politiques », « liés au mouvement de libération des femmes des années 70 », nomment certaines ‘intellectuelles’ féministes, évoque les womens’ studies, oppose « les essentialistes » […] et les « universalistes » dont la pensée est présentée comme « le courant majoritaire en France, s’appuyant sur l’œuvre de Simone de Beauvoir », dont les protagonistes - qui ne sont pas nommées - « revendiquaient l’égalité et insistait sur l’historicité du genre ».
Michelle Perrot considère enfin que « le contexte actuel n’est plus le même » et termine sa présentation par l’évocation de la « pensée queer ».
- La conclusion étant : « On mesure la richesse du débat intellectuel et existentiel qui sous-tend le développement de l’histoire des femmes, sans qu’elles aient eu toujours clairement conscience des enjeux qui la traversaient. » 147

Historiographie. Patriarcale (Perrot Michelle) (2) : 2018. Comment comprendre la présentation par Michelle Perrot de Simone Veil [1927-2017] lors de son entrée au Panthéon ? : « […] Simone Veil ‘coche toutes les cases’ pourrait-on dire en souriant : elle est à la fois un ‘grand homme‘ et une ‘grande femme‘. Un grand homme parce qu’elle incarne les principaux combats du XXème siècle - l’égalité entre hommes et femmes, l’espérance européenne et la mémoire de la shoah - et parce qu’elle possède une renommée, que les révolutionnaires ( ! ) jugeaient indispensables à la panthéonisation. Une grande femme parce qu’elle a tout au long de sa vie, été une pionnière. »
En tout état de cause, inacceptable.
- Et, intentionnellement ou non de la part du Monde, cette analyse de Michelle Perrot fut située juste au-dessus d’un article intitulé : « Œuvrant pour l’égalité, Simone Veil refusait l’étiquette de féministe » [titre qui, en lui-même, vaut son pesant de cacahouètes]. 148

Historiographie. Patriarcale (Poisson Martial) : Responsable, en 2002, de l’édition du Droit du Seigneur de Voltaire, Martial Poisson écrit dans son introduction, dans un paragraphe intitulé : « La construction d’un mythe littéraire : le mythe du bon seigneur» : « Si l’on sait aujourd’hui que le droit du seigneur n’a jamais réellement existé comme ‘fait social’, on peut légitimement se demander pourquoi il a tant fait parler de lui et par quel mystère un thème sans objet a pu devenir un motif littéraire aussi important dans les littératures et notamment le théâtre de la plus part des pays européens. »
Concernant la question qu’il pose, on ne saurait mieux l’exprimer….
- Mais, pour y répondre, il faudrait invalider l’assurance de sa première affirmation, à savoir qu’il s’agirait d’un « mythe ».
Il suffit pour cela de se référer à ses propres annexes, fort utiles.
On lit, parmi ceux qui en ont affirmé l’existence, des textes de Voltaire, notamment dans l’article Taxes de son Dictionnaire philosophique, dans L’Essai sur les mœurs de l’esprit des nations (Chapitre 52), dans Défense de mon oncle (Chapitre II), dans Nanine ou le Préjugé vaincu (Acte I, Scène I) ; dans l’Encyclopédie, des textes du Chevalier de Jaucourt («Prélibation» et «Marchet») et de Boucher d’Argis («Droits abusifs», «Culage», «For-mariage») et de Chambers («Défloration»). Suivent ensuite plusieurs textes émanant de juristes. Il cite aussi ces citations de Beaumarchais, d’Olympe de Gouges, Montaigne, Montesquieu, Chateaubriand…149
- Martial Poisson tente, au déni des textes qu’il évoque, dans son introduction, avec de réelles difficultés aisément lisibles, de maintenir cette thèse indéfendable du « mythe » qu’aurait représenté « le droit de cuissage ».
Et pourtant, il relève précisément dans sa préface les censures auxquelles Voltaire a dû faire face et les réécritures qu’il a dû effectuer ; il cite de même Beaumarchais qui, concernant Le mariage de Figaro, lui aussi confronté à la censure, écrivait :
« On espère qu’elle (la pièce) triomphera des scrupules de la censure et de la police, et que nous la verrons enfin représentée. » (p.189)
La permanence de l’historiographie patriarcale, au déni du réel, et de ses propres sources… (Cf. Penser. Mythe, Violences. Violences à l’encontre les femmes. Droit de cuissage)

Historiographie. Patriarcale (Sous-titre) : 2013. Michèle Dominici (pour Arte) a consacré un documentaire à l’histoire des luttes des Suffragettes britanniques jusqu’à leur succès final en 1928. Le titre était prolongé de ce sous-titre :
« Ni paillassons, ni prostituées ». Je doute fort que ce dernier ait été le choix libre de sa réalisatrice ; en tout état de cause, ce sous-titre relève incontestablement d’une historiographie patriarcale. Comment il fut décidé mériterait d’être connu. 150

Historiographie. Patriarcale (Taine Hippolyte) : 1876. Hippolyte Taine [1828-1893] dans Les origines de la France contemporaine, auteur de :
« L’ébranlement [de la révolution française] est terrible, surtout dans la couche profonde qui jadis portait seule presque tout le poids du vieil édifice, parmi les millions d’hommes qui vient péniblement du travail de leurs bras, artisans, petits cultivateurs, métayers, manœuvres, soldats et aussi contrebandiers : Faux-sauniers, braconniers, vagabonds, mendiants et demi-mendiants, qui, taxés, dépouillés, rudoyés depuis des siècles, subissaient de père en fils la misère, l’oppression et le dédain. »151
- Une présentation patriarcale, historiquement 'chimiquement pure' ? (Cf. Histoire. Taine Hippolyte)

Historiographie. Patriarcale (Viennot Éliane) : Éliane Viennot, après avoir évoqué ses découvertes historiques concernant les œuvres de Marguerite de Valois [1553-1615] et, dans son environnement, l’importance des femmes au XVIIème siècle, auteure de :
« Pourquoi, dans toute cette activité, de toutes ces femmes si importantes, les histoires de France ne disaient-elles rien ? C’est ce que j’ai compris peu à peu, en suivant la trace de quelques-unes d’entre elles, jusqu’à aujourd’hui. Les textes rédigés depuis la Renaissance témoignent en effet non pas d’un oubli progressif, mais de véritables ‘batailles’ entre les gens qui écrivent l’histoire, les romans historiques, l’histoire littéraire…
Certains étaient pour que ces femmes demeurent dans la mémoire collective des Français, au même titre qu’Henri IV ou Lafontaine. D’autres, plus nombreux et plus puissants, voulaient qu’elles en sortent : qu’elles laissent la place aux hommes, comme à l’Académie française, ou dans le Panthéon parisien, où à l’Assemblée nationale.
C’est ainsi que la plupart des femmes qui ont fait l’histoire de France ont été rayées de la carte ; et que quiconque se plonge dans le passé de la France rencontre fatalement ces ‘emperières’, ces ‘femmes d’État’, ces ‘autrices’… mais aussi ces ‘champions des dames’ apostrophant les ‘misogynes’ ! […]
Ma dernière découverte a été de comprendre que plusieurs filles de rois en France sont montées sur le trône, alors que les livres d’histoire ne le disent jamais, quand ils ne disent pas le contraire. Ce qui me confirme que nos ancêtres étaient moins misogynes que nous. J’e n’en suis pas encore tout à fait revenue. » 152
- Nous devons toutes (et tous), comme Éliane Viennot, ne pas « revenir » de ce que nous lisons, nous regardons, nous voyons, nous écoutons…(Cf. Homme. Misogyne, Féminisme, Langage. Patriarcat, Penser)

Historiographie. Patriarcale (Voltaire) : (2 février) 1759. Voltaire [1694-1778], écrit à la comtesse de Lutzelbourg [1683-1765] :
« Les nouvellistes du pays que j’habite [lui, en l’occurrence] qui ont des correspondances dans toute l’Europe, disent toujours que la conspiration du Portugal n’est que la suite des amours du roi et de la jalousie d’un homme du vieux temps qui a trouvé mauvais d’être cocu.
Vous voyez mesdames ( !) que depuis Hélène vous êtes la cause des grands évènements. […] » 153 

Historiographie. Patriarcale (Walter Gérard) : Gérard Walter [1896-1974], historien de la Révolution française, concernant le rôle que Michelet [1798-1874] attribue à Théroigne de Méricourt [1762-1817] 154 auteur de :
« La réhabilitation de la ‘fameuse amazone’ tentée par Michelet fait honneur à ses sentiments de galant homme mais ne saurait être prise au sérieux. »
- La galanterie versus l’histoire…
- Il écrit aussi : « Les documents publiés dernièrement par O[tto]. Ernst dans son livre sur Théroigne de Méricourt [Payot. 1935] sont accablants pour elle. » Pourquoi ? Sur quels fondements ? À quels titres ?

Historiographie. Patriarcale (Wikipédia) (1) : Un exemple de parti-pris patriarcal parmi tant et tant d’autres. Voici le début de la présentation concernant Marie Lafarge par Wikipédia (découverte en décembre 2014) : « Marie Fortunée Capelle, connue sous le nom de Marie Lafarge (15 janvier 1816-7 novembre 1852), est une criminelle française. » […]
- Cette accusation, non fondée, non justifiée, légitime toutes les injustices du procès qui l’a rendue responsable de la mort de son mari. Plus encore, par ce seul constat, les doutes si nombreux qui n’ont cessé de peser sur le verdict sont effacées.
- Lire d’elle ses Mémoires, 155, ainsi qu’Heures de prison 156, très remarquables à plus d’un titre, rédigées en prison. (Cf. Famille. Mariage. Dot, Justice. Procès. Madame Lafarge, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Historiographie. Patriarcale (Wikipédia) (2) : Sur Wikipédia, Madame Geoffrin [1699-1777] et Madame de Cavaillet [1844-1910] sont présentées, l’une et l’autre, comme : « salonnière française ». (31 janvier 2016)
* Ajout. 12 novembre 2016. Marguerite Steinheil [1869-1954] est, pour sa part, présentée comme « salonnière et demi mondaine ».
- On peut noter que l’emploi de ce qualificatif méprisant, sinon injurieux, qui ne tient compte ni de leur culture, de leur intelligence, de leur valeur, de leur rôle politique, de leur influence intellectuelle, ne disqualifie pour autant jamais les hommes qui participèrent à leurs « salons ». Concernant Marguerite Steinheil, on lit : « Son salon est fréquenté par la bonne société : Gounod, Lesseps, Massenet, Coppée, Zola, font partie de ses invités. »
* Ajout. 15 mai 2017. Toujours sur Wikipédia, Madame Suzanne de Necker est, elle, présentée comme une « salonnière suisse ». (Cf. Langage)

Historiographie. Patriarcale (Wikipédia) (3) : Thérèse le Vasseur [1721-1801], épouse de Jean-Jacques Rousseau avec lequel elle vécut un quart de siècle, qui donna naissance à leur cinq enfants - qu’il décida d’abandonner - dont il parle à de très nombreuses reprises dans ses Confessions est présentée comme « une lingère française connue pour sa liaison avec Jean-Jacques Rousseau ». (31 janvier 2016) (Cf. Femme. Mère. le Vasseur Thérèse)

Historiographie. Patriarcale (Winock Michel) (1) : Dans sa biographie de Clémenceau, évoquant les relations de cet homme « avec les femmes », il évoque des « bonnes fortunes », « un carnet de bal », « des amourettes, des passades, des caprices d’un jour ». On comprend mieux pourquoi l’auteur du Siècle des intellectuels n’avait trouvé qu’une seule femme méritant, selon lui, d’y figurer [Simone de Beauvoir]. (Cf. Famille. Divorce. Clémenceau) 157
- Pour ma part, je considère que la responsabilité politique de tels auteurs et de tels éditeurs (nombreux) en matière de freins posés aux avancées, aux apports féministes et donc de régression intellectuelle et politique doit être posée.
* Je me dois - pour être honnête - de préciser que M. Winock est responsable de la non publication au Seuil de mon livre sur Le Droit de cuissage. Après signature d’un contrat, il m’avait ‘proposé’ de le publier - sans autre alternative que d’accepter qu’il soit entièrement réécrit. Et pour m’en convaincre, il avait entièrement réécrit, ou fait réécrire, par une autre, à sa demande, je n’ai jamais su, plus de cent pages [toujours en ma possession : un beau cas de figure dans l’histoire de la censure…] dégagées de sa grille de lecture féministe. Je n’ai pas accepté, j’ai fait un procès que j’ai gagné, mais malheureusement sur les fondements de la nature du contrat - qui ne m’importait pas - et non pas sur la seule chose qui m’importait : la censure d’un livre féministe et l’évidence du droit d’un éditeur à réécrire un manuscrit.
Ceci clarifié, je pense pouvoir dire que, sans cet ‘épisode’ de censure, mon jugement le concernant n’en aurait pas été modifié. Sans doute cependant, n’aurais-je, peut-être pas lu les écrits de M. Winock. (Cf. Culture. Censure, Féminisme. Féministes. Intellectuelles. Intellectuelles de gauche)

Historiographie. Patriarcale (Winock Michel) (2) : À la relecture plus précise ce matin du Siècles des Intellectuels 158 je découvre que Simone de Beauvoir, la seule intellectuelle française du XXème siècle pour Michel Winock, n’est même pas, en elle-même, spécifiquement citée. C’est en effet dans le chapitre III intitulé : « Les années Sartre » et dans une section 47 intitulée : « Deuxième sexe » que Simone de Beauvoir est traitée.
Qui plus est, on peut noter que, sous ce titre, à l’instar du jugement de Flaubert concernant George Sand, Michel Winock considère, dans cette même section, qu’elle appartenait (appartiendrait ?) au « troisième sexe » !
- L’inculture féministe dans ces quelques pages de Michel Winock est indécente, tout comme l’est la superficialité et la grossièreté de ses pseudo analyses.
- Le concernant, on lit sur Wikipédia : « […] Michel Winock mène par ailleurs une carrière dans l'édition : membre de la revue Esprit à partir de 1962, il devient conseiller puis directeur littéraire aux Éditions du Seuil. Il y crée les collections L’Univers Historique et Points Histoire (en 1971). Il contribue ainsi à ce qui peut être considéré comme un âge d'or de l'édition historique en France. »

Historiographie. Patriarcale (Winock Michel) (3) : Je lis dans le Journal politique de Michel Winock 159, qu’Elsa Triolet, « comme tant d’autres, ne veut pas vieillir », qu’Anne Villalaur [1923-2008] est « une sacré virago » […] (p.126), que « Beauvoir n’est pas un bon écrivain » (p.129), que l’épouse de Jean Lacouture, Simone est « plutôt revêche » (p.207), mais, plus loin, jugée « parfaite dans son rôle d’hôtesse » (p.404), que l’épouse de [X] est « franchement sotte » (p.328), qu’Han Suyin [1917-2012] et Marie-Antonietta Macciocchi [1922-2007] (du fait de leur Maoïsme), « se distinguent par leur bêtise extatique » (p.364).
Concernant cette dernière, il la nomme à trois reprises : « la Macciocchi » (à laquelle il se « plaint de l’avoir outrageusement pompé »)
(p.307, 394, 409), puis « la Napolitaine » (p.398).
- Évoquant ses étudiantes à l’Université de Vincennes, il est question d’une « pétroleuse intenable » (p.382), d’une « bourgeoise reconvertie (elle tenait un magasin de ‘décoration’» ) […] qui « se dit d’extrême gauche ») (p.371), d’une « passionaria d’amphithéâtre» (p.379).
Ce qui n’empêche pas Michel Winock, pour autant, de juger nombre d’autres hommes…mais pas en ces mêmes termes.
- Je lis aussi que Annie Kriegel, Madeleine Rebérioux, Michelle Perrot et Rolande Trempé étaient à la Sorbonne, « plaisamment », « dans nos rangs » appelées « les quatre filles du docteur Labrousse » (p.293). (Cf. Femme. Remarquable, Homme. « Intellectuel ». Labrousse Ernest)

Historiographie. Patriarcale (Winock Michel) (4) : (Juillet) 2017. Michel Winock [dont les présentations de Germaine de Staël lors des cinq émissions qui lui ont été confiées par France Culture, notamment la première, ont été, me concernant, presque constamment choquantes, peu fiables par ailleurs, tant les partis pris masculinistes sont en outre évidents] évoquant le salon de la mère de Germaine de Staël, Suzanne Curchot [1737-1794], explique qu’il eut lieu « grâce à la fortune de Necker. » 160
- Wikipédia, pour sa part, la qualifie de « femme de lettres et salonnière suisse » et de d’« écrivaine, salonnière, mondaine.» (Cf. Histoire Historiographie. Patriarcale. Wikipédia)

Historiographie. Patriarcale (Ziegler Jean) : 2015. Jean Ziegler, dans Les nouveaux maîtres du monde, auteur de :
« La classe dirigeante de l’archipel (du Cap Vert) est composée essentiellement de métis, nés des amours entre Portugais et Africaines ».
De combien de viols le mot «amour» a t-il été le cache ? De quel déni des effets de l’esclavage des auteurs dont on ne peut dénier l’anti-impérialisme ont ils été les vecteurs ? Cette vision unisexuée de l’histoire nécessairement se perpétue : une filiation politique intellectuelle est indéniable entre ce déni des violences (et donc leur caution) entre Portugais et Africaines et ces autres constats pouvant apparaître à première lecture, comme peu signifiants et indignes d’être remarqués. L’auteur note ainsi incidemment au Brésil, sa réception par « un comité (de lutte) qui l’attend », composé d’anciens ouvriers licenciés, d’un libraire sans travail, des paysans sans terre, de « deux femmes, dont l’une d’une grande beauté en robe rouge ». On peut lire aussi ce lapidaire constat :
« Il a 28 ans, quatre enfants, une épouse usée par la misère.» 161 (Cf. Langage. Zeugma)

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Notes de bas de page

1 France Culture, 9 septembre 2019. 08 h

2 Jules Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p.70

3 Jules Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p.148

4 Jules Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p.275

5 Jules Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p.399

6 Jules Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p.701

7 Jules Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p.749

8 Emma Goldman, Vivre ma vie. Une anarchiste au temps des révolutions. L’échappée. 1095p. 2018. p. 917

9 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p.181

10 France Culture, La fabrique de l’histoire. 20 juin 2019

11 France Culture, Le cours de l’histoire. 20 septembre 2019

12 France Culture, A voix nue. Alain Corbin. 13 septembre 2019

13 Jean-Paul Aron, Les modernes, Gallimard. 314p. 1984. p.123

14 Raymond Aron, La philosophie critique de l’histoire. Points. Vrin, 313p. 1969. p.16

15 France 2, Envoyé spécial. Steve Bannon, le stratège de l’ombre. 9 mai 2019

16 Hélène Berr, Journal. Points. Tallandier. 329p. 2009. p.197

17 H.D. Thoreau, Journal. 7 janvier 1844-15 mai 1846. Finitude. 314 p. 2014. p.68

18 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. La Pléiade. Gallimard. Tome I. 1530p. 1976. p.290

19 Jules Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p.382

20 Mémoires de la comtesse de Boigne, I. Du règne de Louis XVI à 1820. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 765p. 2008. p.312

21 France Culture, Les master classes. Patrick Boucheron : ‘Écrire l’histoire, c’est donner à comprendre la manière dont un peu de temps se plie dans l’espace. 13 juillet 2018

22 Edmund Burke, Première lettre sur les ouvertures de paix. In : Réflexions sur la révolution de France. Pluriel. 816p. 2011. p.544

23 Cornelius Castoriadis, Réponse à Richard Rotry. In : Une société à la dérive. Entretiens et débats. 1974-1997. Seuil. Points. Essais. 389p. 2011. p.124

24 In : David Doucet, Les Inrockuptibles. 9 novembre 2018

25 France Culture, Emmanuel Laurentin, stupeurs et tremblements d’un journaliste d’histoire. 27 juillet 2019

26 Emma Goldmann, L’agonie d’une révolution. Mes deux années en Russie (1920-1921), Les nuits rouges. 336p. 2017. p.211, 212

27 In : France Culture, La police : la crise de confiance ? 31 juillet 2019

28 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.1031

29 Cité dans Les passions d’Henri Guillemin. À la Baconnière. 448p. 1994. p.404 (Source originelle non citée à retrouver)

30 France Culture, Christian Ingrao. 8 août 2019

31 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. Mercure de France. 1304p. 2013. p.1053

32 Le Figaro, Macron interpellé sur la coloniation par un jeune Algérien. 6 décembre 2017

33 France 3, Emmanuel Macron, la fin de l’innocence. 7 mai 2018

34 Jules Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p.185

35 Jules Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p.348

36 Jules Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p.431

37 Jules Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p.432

38 Jules Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p.437

39 Jules Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p.441, 442

40 Jules Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p.444

41 Jules Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p.485

42 Jules Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p. 704

43 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. II. La Pléiade.1695 p. 1989. p.15

44 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. I. La Pléiade. 1530p. 1976. p.412

45 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. II. La Pléiade. 1308p. 1939. p.323

46 Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p.809

47 France Culture, Brève encyclopédie du monde par Michel Onfray. Théorie de la circoncision des cœurs. 15 juillet 2018

48 France Culture, Brève encyclopédie du monde par Michel Onfray. L’ici-bas du royaume des cieux. 29 juillet 2018

49 France Culture, Brève encyclopédie du monde par Michel Onfray. Une esthétique de la propagande. 11 août 2018

50 Cf. notamment la collection Terre humaine (Plon) initiée et dirigée par Jean Malaurie.

51 Vifredo Pareto, Traité de sociologie générale. 1818p. 1968. Librairie Droz. p.1372

52 In : Pierre Desgraupes, Le mal du siècle. Grasset. 346p. 1977. p.122

53 Jacques Prévert, Choses et autres. Folio. Gallimard. 270p. 1975. p. 99

54 Comte de Saint Simon, Écrits politiques et économiques. Anthologie critique par J. Gange. Agora les Classiques. 560p. 2005. p.259

55 Soljenitsyne, L’archipel du goulag. Le Seuil. 1974. Tome I. p.219

56 George Orwell. Une vie en lettres (Correspondance. 1903-1950). Agone. 666p. 2014. p.116

57 Tacite, Annales. Garnier Flammarion. 499p. 1965. p.170

58 Ibid., p.45

59 Ibid., p 154-155

60 Hippolyte Taine, Les origines de la France contemporaine. Bouquins. Laffont. T.1. 839p. 1986. p.315 à 826

61 H.D. Thoreau, Journal 1er janvier 1841-21 novembre 1843. Finitude. 317p. 2013. p.117

62 In : Hannah Arendt, Rahel Varnhagen. La vie d’une juive allemande à l’époque du romantisme. Tierce. Littérales II. 382p. 1986. p.335, 336

63 Voltaire, Correspondance. I. (1704-1738). La Pléiade. 1735p. 1964. p.984

64 Voltaire, Correspondance. II. (janvier 1739-décembre 1748). La Pléiade. 1814p. 1977. p.288

65 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.501, 529, 534

66 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.600

67 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.609

68 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.685

69 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.724

70 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.875

71 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.391

72 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.376

73 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.701

74 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.744

75 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.1100

76 Alphonse de Chateaubriand, Mémoires d’Outre-tombe. Tome I. La Pléiade. Gallimard. 1232 p. 1996. p.169

77 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.65

78 Pierre Gaxotte, La Révolution française. Arthème Fayard. 501p. 1953. p.51

79 Charles Gosselin, Réflexions d’un citoyen adressées aux notables sur la question proposée par un grand Roi ; en quoi consiste le bonheur des peuples et quels sont les moyens pour y remédier. (Lisible sur Gallica) Paris. 1787. 76p.

80 Cité dans L’Ouvrière,12 janvier 1924. (Source primaire non citée)

81 Du sort actuel des femmes, Anonyme. Août 1791. In : Des femmes en 1789. Cahiers de doléances des femmes. Document. 1789. Cité dans Depuis 30 ans, des femmes éditent. 1974-2004. Des femmes. Antoinette Fouque. p.252

82 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. I. La Pléiade. 1530p. 1976. Note. p.1384

83 Wikipédia, Charlotte Corday. janvier 2019

84 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. II. La Pléiade. 1308p. 1939. p.652 à 669

85 Astolphe de Custine, Œuvres. La Russie en 1839. Classiques Garnier. 1168p. 2015. p.74

86 In : Margaret Goldsmith, Cinq femmes contre le monde. Gallimard. 201p. 1937. p.45

87 In : Hyppolite Taine, Les origines de la France contemporaine. Robert Laffont. Bouquins. 1707 p. 2001 (note 2). p.889

88 Antoine de Rivarol, Journal politique national (1789), in, Rivarol, Chamfort, Vauvenargues, L’art de l’insolence. Bouquins. Robert Laffont. 2016. 1517p. p.785 à 1056

89 Michel Winock, Jeanne et les siens. Seuil. 265p. 2003. p.15

90 In : Opinions de femmes. De la veille au lendemain de la Révolution française. Préface de Geneviève Fraisse. Editions Côté-femmes. 176p. 1989. p.50

91 Albert Camus, L’homme révolté. Idées NRF. 372p. 1970. p.271

92 Wikipédia, Rose Lacombe. 2018

93 Hippolyte Taine, Les origines de la France contemporaine. Bouquins. Laffont. T.1. 839p. 1986. Note1. p.789

94 Dominique Godineau, De la guerrière à la citoyenne. Porter les armes pendant l’ancien régime et la Révolution Française. Clio. Histoire, Femmes et Sociétés. 2004

95 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. La Pléiade. Gallimard. Tome I. 1530 p.1976. p.147 (+ Cf. aussi. p.74)

96 Taine (Hippolyte), Les origines de la France contemporaine. Bouquin, Laffont. 1707p. 2011. p.221

97 Marat, Les aventures du jeune comte Potowski. Cité dans Marat. Textes Choisis. Éditions sociales. Les Classiques du peuple. 251p. 1975. p. 61

98 Marat, Plan de législation criminelle. Bibliothèque sociale. Aubier Montaigne. 1974. 201p.

99 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. I. La Pléiade. 1530p. 1976. p.476

100 Gérard Walter, Robespierre. I. La vie. Gallimard. 483 p.1961. p.433

101 Ibid., p.434

102 Astolphe de Custine, Œuvres. La Russie en 1839. Classiques Garnier. 1168p. 2015. p.283

103 Georges Sorel, Réflexions sur la violence. Introduction. Lettre à Daniel Halévy. (Deuxième édition) Marcel Rivière et Cie. 412p. 1910. p.12

104 Jules Michelet, Histoire la Révolution française. Tome II. La Pléiade. Gallimard. 1695p. 1989. p. 620 + note de Gérard Walter. p.1111

105 Madame Roland, Mémoires. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 635p. 2004

106 Mémoires du Comte Beugnot .1779-1815. Notes et Introduction de Robert L-Gayet. Hachette. 349p. 1959. p 141 On peut aussi se référer plus largement à ce livre concernant le portrait (critique) qu’il donne d’elle ainsi que sa description en 1793 des femmes à la Conciergerie dans le chapitre V.

107 Madame Roland, Mémoires. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 635 p. 2004. p.193, 194

108 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.307

109 Jean-Jacques Rousseau, Œuvres complètes. I. Les Confessions. Autres œuvres autobiographiques. La Pléiade. 1969p. 1959. p.565

110 Saint-Just, Œuvres complètes. Folio Histoire. Gallimard. 2004. p.480, 668

111 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.67

112 Élisabeth Vigée-Lebrun, Souvenirs. I. Une édition féministe de Claudine Herrmann. Des Femmes. 360p. 1984. p.122

113 Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1986. p.764, 765, 781, 915

114 Marie-Claire Hoock-Demarle, La femme au temps de Goethe. Stock. 378p. 1987. p.1 

115 In : Raymond Aron, Croire en la démocratie. 1933-1944. Pluriel. 254p. 2017. p.111

116 Arte, Ni Dieu, ni maître. Une histoire de l’anarchisme. (1 / 2) 11 avril 2017

117 In : Edmund Burke, Réflexions sur la révolution de France. Pluriel. 816p. 2011. p.330

118 Louise Colet, Madame du Chatelet, Lettres inédites au Maréchal de Richelieu et à Saint Lambert. In : La Revue des deux mondes. II.1845. (Lisible sur le net)

119 Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe. Gallimard. Tome I. p.19

120 Sylvain Maréchal, Projet de loi portant défense d’apprendre à lire aux femmes. Ed. Mille et une nuits. N° 522. 2007. 109 p. Édition établie par Michelle Perrot.

121 Maurice Dommanget, Sylvain Maréchal, «L’homme sans Dieu» (1750-1803). Vie et oeuvre de l’auteur du Manifeste des égaux. Ed. Spartacus. 508 p. 1950. p.390

122 Albertine Clément-Hemery, Les femmes vengées de la sottise d’un philosophe du jour. In, Opinions de femmes. De la veille au lendemain de la Révolution française. Préface de Geneviève Fraisse. Édition Côté-femmes. 176p. 1989. 532p. 2014. p.81 à 128

123 François Dosse, Castoriadis. Une vie. La Découverte. 525p. 2014. p.380

124 Jacqueline Hoareau et Pascal Texier, Révolution française, In : Dictionnaire des Droits de l’homme. Sous la direction de Joël Andriantsimbazovina, Hélène Gaudin, Jean-Pierre Marguénaud, Stéphane Rials, Frédéric Sudre. PUF. 1074 p. 2008. p.860

125 France Culture, Les cours du Collège de France. Leçon inaugurale de Georges Duby. 27 août 2017.

126 Marie-Claire Hook-Demarle, La femme au temps de Goethe. Stock. 378p. 1987. p.1 

127 Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frèreUn cas de parricide au XIXème siècle, présenté par Michel Foucault. Collection Archives. Gallimard. Julliard. 350p. 1973

128 Michel Foucault, Dits et écrits. 1954-1988.II. 1976-1988. Quarto Gallimard. 1735 p. 2001. p.319

129 France Culture, Mémoires du siècle. Yvonne Sadoul. La madone du Bolchévisme. 22 juillet 2017 (1ère diffusion/ 13 août 1990)

130 Les passions d’Henri Guillemin. À la Baconnière. 448p. 1994. p.102 à 105

131 Jean Guitton, Œuvres complètes. Journal de ma vie. Desclée de Brouwer. 747p. 1976. p.238

132 LCP, Eva Braun épouse Hitler. 30 mai 2017

133 Eric Hobsbawm, L’Ère des révolutions. Éditions Complexe. 2000. 341p. p.347

134 Eric Hobsbawm, Franc-Tireur. Autobiographie. Ramsay, 521p. 2005. p.191

135 Eric Hobsbawm, Franc-Tireur. Autobiographie. Ramsay, 521p. 2005. p.314

136 Eric Hobsbawm, Et le monde changea. Réflexions sur Marx et le marxisme de 1840 à nos jours. Actes sud. 2014. 493p.

137 Jean Jaurès, Histoire socialiste de la révolution française. Tome VI. 544p. 1972. P.24

138 Daniel Guérin, Anthologie de l’anarchisme. Ni Dieu, ni maitre. La Découverte. / Poche. 768p. 2012. p.401

139 Simon Leys, Les habits neufs du président Mao. Chronique de la révolution culturelle. Bibliothèque asiatique. Editions Champs Libre. 3ème édition. 314 p. 1975. p.114

140 George Sand, Correspondance. Garnier Flammarion. Tome 9ème  1972. 1020 p. p.94 (note 2)

141 Anne Martin-Fugier, La place des bonnes. La domesticité féminine à Paris en 1900, Grasset. 382p. 1979. p.85, 86

142 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. I. La Pléiade. 1530p. 1976. p.137, 248, 1364

143 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. II. La Pléiade. 1308p. 1939. p.656

144 Edgar Morin, Au rythme du monde. Mondes, crises, révolutions : Edgar Morin décrypte un demi siècle d’histoire contemporaines. Archi Poche. 588p. 2015. p.130

145 Le Monde Diplomatique, Bonne feuilles. Gérard Noiriel. Histoire populaire de la rance. août 2018. p. 14, 15

146 Pascal Ory, «Tout le monde ne peut pas être orphelin…» In : Autrement. Pères et fils. Masculinités d’aujourd’hui. 228 p. juin 1984. p.120, 121

147 Michelle Perrot, L’Histoire saisi par le genre. Université des tous les savoirs. (Sous la direction d’Yves Michaud) Qu’est ce que la société ? Volume 3. Éditions Odile Jacob. 897p. 2000. p.277 à 287

148 Le Monde. Idées, ‘Cette panthéonisation est une exception’. 30 juin 2018. p. 2

149 Voltaire, Le droit du seigneur ou l’écueil du sage. Lampsaque. 2002. 249p.

150 Chaîne Toute l’histoire, Les suffragettes, ni paillassons, ni prostituées. 3 février 2016

151 Hippolyte Taine, Les origines de la France contemporaine. Bouquins. Laffont. T.1. 839p. 1986. p.643

152 Paroles de femmes, Sous la direction de Jean-Pierre Guéno. Radio France. 157p. 2009. p.16,17

153 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.351

154 In : Michelet, Histoire de la Révolution française. La Pléiade. Gallimard. Tome I. 1530p. 1976. Note de la page 994. p.1483

155 Madame Lafarge, «Dans le silence recueilli de ma prison». Mémoires. 1840. Tallandier. La bibliothèque d’Évelyne Lever. 2008. 391p.

156 Madame Lafarge, Heures de prison. Librairie nouvelle. 1854. 391p. (Lisible sur Gallica, Google books)

157 Michel Winock, Clemenceau. Perrin. 568p. 2007. p.115, 116

158 Michel Winock, Le siècle des intellectuels. Le Seuil. 1997. 706 p. p.441 à 448

159 Michel Winock, Journal Politique. La république Gaullienne. 1958-1981. Éditions Thierry Marchaisse. 2015. 496p.

160 France Culture, Michel Winock. Avoir raison avec Germaine de Staël. 17 Juillet 2017

161 Jean Ziegler, Les nouveaux maitres du monde. Et ceux qui leur résistent. Fayard. Points. Essais. 361p. 2015. p. 266, 267, 337, 339


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