Abécédaire
 Marie-Victoire Louis

Etres humains

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 02/01/2018
date de publication : 02 janvier 2018
mise en ligne : 02/01/2018
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Extrait de l’Abécédaire féministe

À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 5412 items et 23 rubriques : I. «Culture» (242) ; II. Droit (103) ; III. Êtres humains (233) ; IV. Êtres humains. Corps (96) ; V. Êtres humains. Enfants (70) ; VI. Êtres humains. Femme-s (987) ; VII. Êtres humains. Homme-s (398) ; VIII. Êtres humains. Relations entre êtres humain-es (240) ; IX. Famille (221) ; X. Féminisme-s. Féministe-s (237) ; XI. Justice (280) ; XII. Langage (212) ; XIII. Patriarcat (240) ; XIV. Penser (414) ; XV. Politique (566) ; XVI. Pornographie (72) ; XVII. Proxénétisme (191) ; XVIII. «Sciences» sociales (114) ; XIX. «Sciences» Sociales (Démographie) (24) ; XX. «Sciences» sociales (Économie) (131) ; XXI. «Sciences» sociales (Histoire) (81) ; XXII. Sexe-s [Sexualité, Sexisme…] (74) ; XXIII. Violences (190)… et continuera d’évoluer.

2 janvier 2018

III. Être-s humain-es

En noir. Items nouveaux (et modifiés)

I. Être humain : Être humain : Un préalable méthodologique ; Être humain (1, 2, 3, 4) ; Être humain («Acteur») ; Être humain (Ambition) ; Être humain (Appartenance. Sentiment d’) ; Être humain («Arrondir à l’unité») ; Être humain (Autocritique. Bernhardt Sarah) ; Être humain (Autoritaire) (1, 2, 3) ; Être humain (Bernanos Georges) ; Être humain (Bourdieu Pierre) (1, 2) ; Être humain (Capitalisme international. France) ; Être humain (Comment les faire disparaître) ; Être humain (Conscience) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11) ; Être humain (Conservateur) ; Être humain (Culpabilité) (1, 2, 3, 4, 5) ; Être humain (Custine Astolphe de) ; Être humain (Désir) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) ; Être humain (Domination. Jouissance de la) (1, 2) ; Être humain (Domination. Crainte de perdre son pouvoir) ; Être humain (Écologie) ; Être humain («Éléments objectifs extérieurs des personnalités») ; Être humain («Erreurs de ciblage») ; Être humain (Folie. Sand George) ; Être humain (Garapon Antoine) ; Être humain (Grossir/Maigrir) ; Être humain (Honnête) ; Être humain (Identité) ; Être humain (Indépendant-e) ; Être humain (Intuitions) ; Être humain (Lang Jack) ; Être humain (Lègue) ; Être humain (Macron Emmanuel) ; Être humain (Marchandisé) ; Être humain (Masochisme) ; Être humain «Matière première») ; Être humain (Mémoire) ; Être humain (Miroir) (1, 2, 3) ; Être humain (Mise à nu) ; Être humain (Mode) (1, 2, 3) ; Être humain (Mode. Histoire) (1, 2) ; Être humain (Mode. Mort) (1, 2, 3) ; Être humain («Monde entier») ; Être humain (Mort) (1, 2) ; Être humain (Nature) ; Être humain (Nié) ; Être humain («Pâte humaine») (1, 2, 3) ; Être humain (Pensée) ; Être humain («Personnalité») ; Être humain (Personne sans domicile fixe) (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Être humain (Poids) ; Être humain (Pouvoir) ; Être humain (Prestige) ; Être humain (Prise) ; Être humain (Qualificatif) ; Être humain (Rentable) ; Être humain (Résister) ; Être humain (Saint-e) ; Être humain (Sens, sensible, sensuel) ; Être humain (Sexe, sexuel, sexualité…) ; Être humain (Singulier) (1, 2) ; Être humain (Smith Adam) ; Être humain («Substance humaine») (1, 2) ; Être humain («Tissu humain») ; Être humain (Valeur marchande) ; Être humain (Vente) ; Être humain (Vêtements) (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; (119)

II. Être humain. Soi : Soi (Absence à (soi) ; Soi (Affirmation (de soi) (1, 2) ; Soi (André Christophe) ; Soi (Badinter (Robert) (1, 2) ; Soi (Beaumarchais) ; Soi (Besoin de reconnaissance (de soi) (1, 2) ; Soi (Bloch Marc) ; Soi (Compréhension de soi) ; Soi (Critique de soi) ; Soi (Conscience de soi) ; Soi (Custine Astolphe de) ; Soi (De Gaulle Charles) (1, 2, 3) ; Soi (Dépression) ; Soi (Devenir) ; Soi (Don de soi) ; Soi (Écrits) ; Soi (Émotion) ; Soi (Émotions) (1, 2) ; Soi (Erreur) ; Soi (Espace à soi) ; Soi (Évidence de soi) ; Soi (Fierté de soi) ; Soi (Green Julien) ; Soi (Hugo Victor) ; Soi (Identité de soi)) (1, 2, 3) ; Soi (Lacan) ; Soi (Monde) ; Soi (Monde intérieur) ; Soi (Négation de soi) (1, 2, 3) ; Soi (Nin Anaïs) ; Soi (Notoriété) ; Soi («Nous») ; Soi (Orgueil) (1, 2) ; Soi (Parler publiquement (de / écrire sur soi) (1, 2, 3, 4, 5) ; Soi («Pas seul-e») ; Soi («Possessif») ; Soi (Reconnaissance de soi) (1, 2, 3) ; Soi (Refoulement de soi) (1, 2) ; Soi (Réfugié) ; Soi (Représentation de soi) ; Soi (Revenir à soi) ; Soi (Retz Cardinal de) ; Soi (Rousseau Jean-Jacques) (1, 2, 3) ; Soi (Sand George) (1, 2) ; Soi (Sénèque) ; Soi (Staël Madame de) ; Soi («T’es qui, toi ?») (1, 2) ; Soi («Tout seul») ; Soi (Turpitude) ; Soi (Vérité) ; Soi (Voltaire) ; Soi (Weil Simone) ; (74)

III. Être-s humain-es. Vie-s : Vie (1, 2, 3, 4) ; Vie (Lutte) ; Vie (Mort) ; Vie (Mort. Mandela Nelson) ; Vie (Mort) : Vie (Perdre sa vie à la gagner) ; Vie - dite - privée (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9) ; Vie - dite - privée (Alain) ; Vie - dite - privée (Camus Albert) ; Vie - dite - privée (De Gaulle) (1, 2) ; Vie - dite - privée. Duncan Isodora) ; Vie - dite - privée (Hommes politique français (1, 2, 3) ; Vie - dite - privée (Human’s Rights Watch) ; Vie - dite - privée (Lénine) ; Vie - dite - privée (Mill Stuart) ; Vie - dite - privée (Woolf Virginia) ; Vie - dite - privée (et code civil) ; Vie - dite - privée (et démocratie) ; «Refaire» (sa vie) (1, 2) ; (35)

IV. Être-s humain-s. Corps (10) : (Cf. Item : (Corps) : http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1217&mode=last ;

V. Être-s humain-es. Enfant-s (20)  (Cf. Item (Enfants) : http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1218&mode=last ;

VI. Être-s humain-es. (Femmes) (329) : http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1204&mode=last ; (Cf. Item: Femmes) ;

VII. Être-s humain-es. (Hommes) (162) :

http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1205&mode=last (Cf. Item : Hommes) ;

VII. Êtres humains (Relations entre êtres humaines) (82) : http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1219&mode=lastI (Cf. Item : Relations entre êtres humains)

2 janvier 2018 : 233 Items

I. Être humain :

Être humain. Un préalable méthodologique : Ce qui, pour moi, constitue et lie les êtres humains entre eux, irréductibles à aucun autre et identiques à tous les autres, ce n’est ni dieu, ni la raison, ni l’histoire, ni la science, ni le progrès, ni l’histoire, ni la nation, ni l’état, ni le droit, ni ‘le sexe’…; ce qui lie les êtres humains entre eux, c’est le fait d’être, chacun pour leur part, des êtres humains pensants [et non des «sujets pensants», ni des «individus dépositaires de la raison», ni des «gens qui pensent, dont les comportements, les attitudes, les pratiques sont habités par une pensée» 1...], le qualificatif étant consubstantiel au substantif.
Poser donc, non pas : «Je pense donc je suis», pas même : «je pense, je suis», mais : «Nous sommes tous et toutes des êtres humains pensants».
- Ce postulat posé implique d’isoler donc rigoureusement les «êtres humains pensants», des «êtres de nature», des «êtres vivants», des «êtres sexués», excluant donc d’emblée toute référence au «spécisme».
- Ce postulat posé, implique donc - concernant la pensée féministe - non pas de partir d’une interrogation sur «les femmes», ce qui les en isoleraient, les constitueraient comme des êtres humains «à part», mais de préalablement rechercher ce que les femmes auraient, en tant que partie prenantes de la communauté des êtres humain-es pensants, et en commun avec les hommes pensants, et ce en quoi elles doivent en être différenciées.
- Ce postulat posé - lequel doit donc rester un socle intangible de la pensée - nous savons que, depuis des millénaires, les êtres humains, hommes et femmes sont issus de, ont été formés et structurés par des sociétés qui se sont historiquement différenciées et qui ont créés des modalités de vies spécifiques.
- Ce sont bien ces structures qui sont à l’origine et au fondement de toute contraintes, celle de vivre, de se reproduire, de produire.
- Les pouvoirs que ces structures - toutes de domination, incarnées par les religions, les États, les puissances économiques, et intériorisées et vécues par chacun-e d’entre nous ont progressivement tous et toutes construit-es.
- Pour perdurer, ils doivent sans cesse modeler, dominer, contrôler, formater les êtres humains, canaliser leurs pensées, leurs aspirations, au gré et en fonction de ses intérêts, de manière, pensent-ils, à rendre leur pouvoirs sinon légitimes, du moins non frontalement, radicalement contestés.
- À ces pouvoirs, les êtres humain-es tout à la fois s’adaptent et résistent.
- Aussi, si aucun-e être humain-e ne peut être pris-e en compte indépendamment de ces rapports de domination, aucun-e n’est pour autant réductible aux sociétés au sein desquelles il/elle vit et meurt. Sortir donc de l’absurde opposition entre responsabilité individuelle et collective, et, pour ce faire, poser quelques repères : prioriser l’analyse portant sur le second terme de l’alternative ; ne jamais l’invoquer aux fins de nier le premier.
- Ce postulat posé, il est alors possible de proposer une analyse féministe qui s’assigne pour projet de rechercher ce qu’est le patriarcat, en quoi réside sa spécificité, comment il s’explique, comment il a été construit, pourquoi il perdure, quelles sont ses innombrables modalités s’expressions.
- Il importe enfin de penser les conséquences de ce postulat : rechercher d’abord et prendre en compte ce qui nous lie, en tant qu’êtres humains pensants, ce que nous avons donc tous et toutes en commun, pour dans un second temps, interroger ce qui nous différencie, nous oppose, collectivement et singulièrement, n’est pas simple jeu de mots. (Cf. Êtres humains. Corps, Patriarcat, Politique, Proxénétisme, Sexe-s […]) (À prolonger, reprendre)

Être humain (1) : Pour les libéraux (entre autres…) : «capital humain», «potentiel créatif», «profil intéressant», «part de marché», «producteur», «agent» [de l’État, de sécurité…], «agent économique, mais aussi : «agent démocratique», «acteur», «client», «consommateur», «source», «produit», «cas», «dossier», «problème», «victime», «facteur» [variable], «donnée» [statistique, virtuelle, inscrite dans des flux], «opportunité», «fraction [d’une foule]» (entendu 26 juin 2015] …c’est selon. Et, in fine, un «obstacle» au libre échange, devenu couteux, superflu, inutile ? Et dont on ne sait plus que faire…
* Ajout. 27 février 2015. En sus : «auteur», «opérateur», «collaborateur», «associé», «salarié», «leader», «sponsor», «parrain», «chef [religieux, tribal]», «donateur», «actionnaire», «médiateur», mais aussi, considéré comme gênant, dont on ne sait que faire, dangereux, voire ‘inutile’ : «indigène», «étranger», «migrant», «réfugié», «demandeur d’asile», «dissident », «looser», «sans droit», «cible», dès lors, plus aisément, «déplacé», «naufragé», «disparu», «abattu», «trafiqué»… (Cf. Culture, Langage. «Cas», Politique. Démocratie, «Sciences» sociales. Économie)

Être humain (2) : Dénoncer la marchandisation de l’être humain ne suffit pas car elle ne remet pas en cause la conception même de l’être humain sur laquelle ladite marchandisation a pu être greffée. Au premier chef, celle de la prééminence du corps sur l’être. (Cf. Êtres humains. Corps)

Être humain (3) : Le dualisme cartésien avait construit une opposition binaire entre le corps et l’esprit (lui-même en rupture avec «l’âme»).
Le libéralisme, pour sa part, s’approprie l’être humain, soit en totalité, soit à la découpe, pour tel ou tel organe du corps, telle ou telle fonction qu’il vend, loue, prête, échange, charcute. Pour ce faire, son grand ‘apport’ est d’avoir légitimé la séparation de l’être humain et de son corps. Et s’il a pu le faire, c’était que la pensée de l’être humain l’avait rendu possible.
* Ajout. 2 janvier 2018. Cf. notamment, la conception du corps chez Maurice Merleau-Ponty [1908-1961]) (Prolonger) (Cf. Être humain. Corps, Proxénétisme)

Être humain (4) : Réintégrer le sexe dans le corps qu’il n’aurait jamais dû quitter ; réintégrer le corps dans l’être humain dont il n’aurait jamais dû être dissocié. Reconstituer la totalité de l’être humain et tout repenser en fonction de cette totalité. (Cf. Être humain. Corps, Patriarcat, «Sciences» sociales. Psychanalyse, Sexe-s)

Être humain («Acteur») : 2017. J’entends pour la première fois, au lieu et place de «pacifiste», l’expression d’«acteur de paix» 2 Le terme d’«acteur» - fut-il féminisé : acteure, actrice.._ gagne sans cesse du terrain : acteur de sa vie, acteur de sa santé, acteur de sa carrière, acteur de la croissance, «acteurs des procès d’assises», 3 acteur de son avenir, acteur de progrès, de transformation, acteur de premier plan.... Bientôt ? : acteur de guerre, de mort, de violence…
Le terme d’acteur, porteur sans doute encore trop d’inutiles énergies, est, me semble t-il, de plus en plus remplacé par «agent», incontestablement plus passif. (Cf. Langage)

Être humain (Ambition) : 1833. George Sand [1804-1876], auteure, dans Lélia, de : «L’ambition, seul ressort d’une époque sans croyance […]» 4

Être humain (Appartenance sentiment d’) : 2010. Erri De Luca, évoquant ses relations avec la ville de Naples et ses habitant-es, distingue le «sentiment d’appartenance» du «sentiment de provenance» 5 : une distinction intéressante, mais aisément et dangereusement utilisable dans le cadre du processus politique au sein duquel nous vivons, qui n’a de cesse d’isoler, de séparer, d’atomiser, d’opposer entre eux les êtres humains.

Être humain («Arrondir à l’unité») : 2017. Dans le Manuel de maths à destination des élèves de terminale L (Littéraire) et ES (Économique et social), on pouvait lire l’énoncé du problème suivant sous le présentation suivante :
«Des migrants fuient le guerre et atteignent une île en Méditerranée : ‘La première semaine, il arrive 100 migrants. Puis, chaque semaine, le nombre de nouveaux migrants augmente de 10 %. Par combien est multipliée une quantité quand elle augmente de 10 % ?’
Et ce, suivi de : «En déduire le nombre total de migrants qui sont arrivés dans cette île au bout de huit semaines. Arrondir à l’unité.»
Les Éditions Nathan ont décidé de retirer le manuel. 6

Être humain (Autocritique. Bernhardt Sarah) : 1923. Sarah Bernhardt [1844-1923], auteure, dans ses Mémoires, de :
«[…] Furieuse contre ma prétentieuse coquetterie, honteuse de ma faiblesse qui me faisait ronronner aux flatteries basses et mensongères des gens qui se moquaient de moi, je résolus de rester ainsi (habillée dans un suroit de caoutchouc imposé pour s’approcher les chutes du Niagara) pour calmer mon orgueil stupide7
- L’analyse à laquelle procède Sarah Bernhart dépasse l’objet dérisoire de sa décision. (Cf. Femme. Artiste, Penser. Pensée. Bernhardt Sarah)

Être humain (Autoritaire) (1) : Un être humain autoritaire : un être humain dépourvu d’autorité ; qui plus est, le dévoilant.

Être humain (Autoritaire) (2) : 2017. [Un homme, en l’occurrence] Il nomme, il choisit, il exclue, il licencie. Il décide des séquences, rectifie une intonation, récuse une information, dénonce une idée, arrête un argumentaire. Il reprend les réponses, réinterprète les analyses, crée le doute, met en contradiction, reformule, corrige, répète, insiste. Il donne, retire, coupe la parole, fait les synthèses. Il ramène au sujet, le redéfinit, le modifie. Il reformule un commentaire pertinent s’il n’en est pas l’auteur. Il prescrit, donne des ordres, c’est selon, et peut même formuler, comme si elles étaient dépourvues de toute signification, de terrifiantes menaces. Pris sur le fait, il se prémunit de toute critique, et s’excuse d’une erreur mineure pour mieux mettre dévoiler sa capacité à reconnaître ses fautes, ce qu’il ne fait jamais, bien sûr. Mais la menace est toujours là. Lorsque l’adversaire doit être ménagé ou ne peut être contesté, il ronge son frein ; on l’entend souffrir. Il lui arrive de fondre inopinément comme un oiseau de proie sur un cobaye soit pour lui extorquer un assentiment impossible, en l’état, à refuser. Tout ceci dépend bien entendu de la valeur qu’il accorde à la personne qui parle. Il balaie les doutes que pourraient susciter ses affirmations aussi brutales qu’infondées, par la répétition, le haussement de ton, l’humiliation si nécessaire. Il aime mettre en défaut. Il impose son vocabulaire, ses citations, ses auteurs, ses livres, ses préférences, ses goûts, ses souvenirs, ses idées. Pour cela, quelques paradoxes, quelques fortes originalités qui laissaient sans voix s’avèrent fort utiles. Relevant de la même tactique, il parsème, comme si elles relevaient de l’évidence, l’affirmation de ses analyses politiques, qu’il est exclu de reprendre, a fortiori d’interroger, et donc hors champ de toute critique. Tout cela est possible au simple prix de quelques cajoleries pour les plus faibles, aussi fausses qu’il est odieux. Et, bien évidemment, tout enfin s’accompagne d’un immense mépris des femmes, d’une insondable grossièreté, en rien pour lui incompatible avec ce qu’il considère comme émanant d’un homme censé incarner la courtoisie.
- Il m’arrive souvent de penser à la vie de son épouse et de ses enfants. (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Grossièreté)

Être humain (Autoritaire) (3) : 2017. [Un homme, en l’occurrence] Toutes ses analyses politiques étaient présentés comme relevant de l’ordre de l’évidence. Son ton, monocorde, univoque, cachait mal le mépris qu’il avait pour ses interlocuteurs / trices. Ce qu’il ne disait pas, c’est ce qui fondait son assurance. De fait, il apparaissait assez vite qu’il se devait apparaître d’autant plus cassant qu’il tentait en réalité de se prémunir des interrogations, des accusations (graves) qui le concernaient personnellement. Dès lors, ses réactions n’apparaissaient qu’ayant pour finalité que de déconsidérer ceux /celles qui dès lors devenaient moins ses adversaires que ceux /celles qu’il devait dominer. Ses analyses, fussent-elles ponctuellement pertinentes, n’étaient plus audibles : il les avaient déconsidérées.

Être humain (Bernanos Georges) : 1936. Georges Bernanos [1888-1948], auteur dans le Journal d’un curé de campagne, de :
«Je crois, je suis sûr que beaucoup d’hommes n’engagent jamais leur être, leur sincérité profonde. Ils vivent à la surface d’eux mêmes ; et le sol humain est si riche que cette mince couche superficielle leur suffit pour une maigre moisson, qui donne l’illusion d’une véritable destinée.» 8

Être humain (Bourdieu Pierre) : 1986. Pierre Bourdieu [1930-2002], auteur, dans : À voix nue [France Culture], en 1986, de :
«On ne nait pas le sujet de ses pensées. On devient le sujet de ses pensées à condition [il évoque alors notamment «la psychanalyse, etc.»] de se réapproprier la connaissance de ses déterminismes.» 9 Après avoir lu Bourdieu ? (Cf. «Sciences» Sociales. Sociologie)

Être humain (Bourdieu Pierre) : 1987. Pierre Bourdieu [1930-2002], dans Choses dites, auteur de :
«[…] Je n’ai pas besoin de dire que beaucoup de choses qui ont joué un rôle déterminant dans mon ‘itinéraire intellectuel’ me sont tombés dessus par hasard. Ma contribution propre, liée sans doute à mon habitus, ayant consisté essentiellement à en tirer parti, tant bien que mal (je pense, par exemple, que j’ai saisi beaucoup d’occasions que beaucoup de gens auraient laissé passer).» 10 (Cf. Homme. «Intellectuel», «Sciences» sociales. Sociologie)

Être humain (Capitalisme international. France) : 2017. Le directeur de l’usine Semperit d’Argenteuil, programmée pour partir en Pologne [et occupée le 28 septembre 2017], auteur, à un ouvrier de l’usine, de :
«Monsieur, pour un salaire ici, on a trois Polonais et on a huit Chinois.» 11 («Sciences» sociales. Économie)

Être humain (Comment les faire disparaître) : 2017. Trois exemples :
* 4 juillet 2017. «Ce pays est pourri de dettes et de chômeurs.» 12
* 7 juillet 2017. «La pollution que représente Daesch» 13
* 8 juillet 2017. «Onfray sulfate Macron» (Poursuivre) 14 (Cf. Langage)

Être humain (Conscience) (1) : Et si - aussi occupée, accaparée, annexée, intoxiquée, exploitée, confisquée, dominée soit-elle, toute imprégnée donc de patriarcat, de libéralisme, de rationalisme, de nationalisme - la recherche de la vérité n’était-elle pas d’abord à rechercher dans la conscience de chacun-e, conscience de soi mais surtout conscience de soi dans le monde ?
Cette analyse (cette évidence ?) n’exclue en rien celles fondées sur des approches en termes de «systèmes» politiques, économiques, linguistiques, historiques.
La «reconquête d’une intériorité perdue, sclérosée par le dogme» 15 et la compréhension de soi dans le monde et du monde en soi sont indissociables. (À prolonger). (Cf. Êtres humains. Enfants. Conscience de soi, Politique. Loi. Patriarcat. Crise de conscience)
* Ajout. 14 juin 2015. «Éclairs à jamais momentanés / Illuminez ces clairs replis de la conscience». (Boris Pasternak ? source non retrouvée)

Être humain (Conscience) (2) : [Suite] Tout être humain a une conscience. Nécessairement singulière. C’est elle, le joyau de l’être, qu’il faut chercher…la sienne, nécessairement indissociable de celle de l’autre.
- Grandiloquent…Le laisse pour autant en l’état, en attendant…

Être humain (Conscience) (3) : 1837. Je lis, en mai 2017, qu’ «en avril 1837, la société royale de Norvège mit au concours la question suivante : ‘Le libre arbitre peut-il être démontré par le témoignage de la conscience ?’ » 16
- Telle que présentée, cette question présente l’avantage de dévoiler les limites d’une interrogation abstraite, singulière, déliée du monde.

Être humain (Conscience) (4) : La recherche de l’inconscient ne mène pas à la recherche de la conscience. (À prolonger) (Cf. Psychanalyse)

Être humain (Conscience) (5) : La recherche de sa propre conscience n’est pas synonyme, ni même équivalente à celle de la recherche de sens (de la vie, de donner sens à sa vie, du monde…) (À prolonger)

Être humain (Conscience) (6) : Comment [tenter de] dissocier sa propre conscience de la conscience de soi, et, elles deux, de la représentation, consciente inconsciente, de soi ? (Confus. Poursuivre)

Être humain (Conscience) (7) : Affirmer «la liberté de conscience» est-ce exclure la nécessité de la libération (de la recherche ?) de la conscience ? En grande part, oui. (Confus. Poursuivre)

Être humain (Conscience) (8) : 1818. Madame de Staël [1766-1817], auteure de :
«Il est une fermeté d’âme que la conscience seule peut donner.» 17

Être humain (Conscience) (9) : 1985. Henri Guillemin [1903-1992], attaché culturel à l’Ambassade de France à Berne (C.H) se souviens :
«[…] Peu à peu les choses sont devenues compliquées parce qu’il y a eu la guerre d’Algérie. […] Comme j’allais dans le monde, on me posait des questions. Nous avions ordre de dire que la France garderait perpétuellement en Algérie. Ce qui était contraire à mes idées. Alors c’était très, très embêtant. Lorsqu’on m’interrogeait et j’étais obligé de répondre contre ma conscience. J’ai été très content de me retirer en 1963.» 18 (Cf. Politique. Principe)

Être humain (Conscience) (10) : 2017. Jacques Masia, présenté comme «l’un des dernier survivants de la French connection, spécialiste du transport maritime de l’héroïne», auteur, au terme de sa vie, de :
«La morale, moi, je connais pas la morale…[…] À l’école, on n’apprenait pas la morale […], Je sais pas, je sais pas….La morale, avec qui la morale ? Comment je peux sentir la morale ? Vous sentez quoi dans la morale ? […] Je sais pas... La mauvais conscience, je sais pas, j’ai jamais eu ça…On m’a jamais dit si j’avais la conscience ou pas la conscience...» 19
La conscience, un luxe de riches ? (Cf. Politique. Morale)

Être humain (Conscience) (11) : 1915. A.S. Neill [1883-1973], dans le Journal d’un instituteur de campagne, le livre qui a précédé Libres enfants de Summerhill [1971] auteur de :
«Dans mon Utopie, l’examen de conscience sera le seul examen qui comptera.» 20 (Cf. Êtres humains. Enfants, Penser)

Être humain (Conservateur) : Confronté-e à la possibilité d’un choix qui pouvait lui permettre un autre futur, il/ elle n’avait de cesse de chercher dans le, dans son passé tout ce qui pouvait en invalider l’éventualité. Et prolonger le présent, aussi insatisfaisant soit-il. Les exemples, par centaines, apparaissaient afin de justifier le maintien du statu quo. Et s’il/elle n’en cherchait pas les raisons, son inconscient s’en chargeait.

Être humain (Culpabilité) (1) : On peut se sentir coupable de crimes que l’on n’a pas commis, et même d’avoir été victime ; de n’avoir pas empêché un crime, un suicide, un décès ; d’avoir survécu ; de n’avoir pas su, de n’avoir pas dénoncé ; de parler, de ne pas pouvoir, de ne pas savoir parler ; de comprendre et de ne pas comprendre ; de transmettre et de ne pas transmettre à d’autres ; d’oublier et de ne pas oublier ; d’avoir encore espoir et de n’en plus avoir ; de vivre et de ne pas vivre (au mieux, au moins mal)…
La charge de clarifier cette complexité incombe à tous /toutes.
Aussi, pour [se] sortir de ces poids inutile et injuste, nécessité d’y voir plus clair dans ces confusions. (Cf. Justice, Penser)

Être humain (Culpabilité) (2) : Se sentir coupable interdit de poser clairement la question de sa propre responsabilité. Se sentir coupable déresponsabilise, individualisse, psychologise. Se sentir coupable n’est nuisible qu’à soi.

Être humain (Culpabilité) (3) : Transférer aux seules victimes - qui, si souvent, se ‘sentent’ coupables - la responsabilité de leur situation juge celui/celle qui les en responsabilise. Il faut cesser de poser le lien entre victime et culpabilité. Pour cela, il faut repenser et le droit et la justice et la morale…(à poursuivre) (Cf. Justice. Jacqueline Sauvage (19) Patriarcat, Penser)

Être humain (Culpabilité) (4) : Évoquer le sentiment de «culpabilité», de «honte» des femmes [à dénoncer les violences des hommes à leur encontre] ça suffit !

Être humain (Culpabilité) (5) : Alice Miller [1923-2010], auteure de :
«Il est plus facile, il est toujours, malgré tout, plus facile, de se vivre comme coupable que de savoir et de ressentir que l’on est une victime innocente qui doit s’attendre à la torture et à la persécution.» 21 Ou, plus couramment, au déni et à l’humiliation…
- Mais cette opposition, par trop binaire, dont les termes de l’alternative ne sont pas comparables, est-elle acceptable ?

Être humain (Custine Astolphe de) : 1839. Astolphe de Custine [1790-1857], en 1839, après avoir notamment, décrit les conditions de travail des ouvriers sur le chantier de Saint-Pétersbourg et découvert le coût en hommes (60.000 ?) pour sa construction écrit :
«On se sent mal à l’aise à l’idée de la force qu’il a fallu exercer contre les créatures intelligentes, pour parvenir à en faire des choses22
Si, notamment, la philosophie s’était d’emblée penchée sur la question posée ici par Custine, sans doute, le monde serait-il - un peu - différent… (Cf. «Sciences» sociales. Philosophie)

Être humain (Désir) (1) : Chaque désir réalisé, c’est une porte qui s’ouvre pour les suivants …

Être humain (Désir) (2) : Un monde fondé sur le désir : un lâcher de hyènes…(Cf. Politique)

Être humain (Désir) (3) : XVème siècle. Léonard de Vinci [1452-1519], auteur de :
«De même que la nourriture prise sans appétit est nuisible à la santé, ainsi l’étude sans désir altère la mémoire et l’empêche d’assimiler ce qu’elle absorbe23
Juste critique, applicable actuellement, notamment à l’Éducation nationale, ou plutôt, plus largement, toute pédagogie... (Cf. Enfants. Pédagogie)

Être humain (Désir) (4) : 1754. Voltaire, dans une lettre en date du 27 janvier 1754 à sa nièce et compagne, évoque un «coup de foudre bien accablant» le concernant. Une note précise : «Madame Denis [nièce et compagne de Voltaire. 1712-1786] avait écrit à madame de Pompadour [1721-1764] à la requête de Voltaire [1694-1778], et s’était vu répondre que le roi [Louis XVI] ne souhaitait pas le retour de Voltaire à Paris. Certes, il ne s’agissait pas d’un exil comme l’aurai signifié une lettre de cachet, mais le désir du roi, dans le cas d’un homme public comme Voltaire, était l’équivalent d’un ordre.» 24

Être humain (Désir) (5) : 1914. Lu dans le Journal de l’abbé Mugnier [1853-1944], à la date du 20 juin 1914, un échange entre Jean Cocteau [1889-1963] et lui :
«Il m’a dit des mots charmants. Je cite : ‘On voudrait s’ouvrir aux êtres, comme une grenade’. Et moi, je lui dis l’impossibilité de la chose.
‘Il n’y a que le désir, ajoutais-je, parce que, dans le désir, il n’y a que soi tandis que dans la possession on est deux. C’est le pluriel qui est l’obstacle.’» 25
Sous couvert d’évidence naïve, profond.
- Qui plus est, relativise, pour le moins - en réalité détruit - les analyses fondées sur le seul «désir».

Être humain (Désir) (6) : 1972. Avant d’invoquer toute référence au «désir», penser à cette phrase publiée en 1972 [Le torchon brûle. N°4. Le viol. Juin 1972] :
«J’ai fait taire mes désirs de peur d’éveiller ceux des autres.» 26

Être humain (Désir) (7) : 1973. Elias Canetti [1905-1994], auteur de :
«L’homme le plus bas : celui dont tous les désirs ont été rassasiés.» 27

Être humain (Désir) (8) : 2008. Michelle Muller, après notamment ses rencontres avec Marguerite Duras et mai 68 auteure de :
«[…] Je me sentais exister [Elle reprend des études et devient ingénieure du son et monteuse] Cela a duré cinq ans. Puis j’ai du chercher ma voie propre. Que choisir ? Vers quoi me diriger ? Je m’étais approché de mon désir, mais je ne m’autorisais pas à aller au-delà28

Être humain (Désir) (9) : 2016. Claire Denis, réalisatrice, auteure de :
«Le désir, c’est une chose ; la réalisation du désir, c’est autre chose.» 29 Simple, mais juste. (Cf. Culture. Cinéma)

Être humain (Désir) (10) : 2017. Gilles Lipovetsky, le 5 décembre 2017, auteur de :
«Être l’objet du désir de quelqu’un est une jouissance de la vie30 Pour lui ?

Être humain (Domination. Jouissance de la) (1) : Jouissance de faibles (d’esprit). Entre autres…

Être humain (Domination. Jouissance de la) (2) : 1849. George Sand [1804-1876] auteure de :
«On est dominé toujours par les êtres faibles.» 31
Ouvre de très larges perspectives critiques, notamment pour les femmes dénonçant les violences patriarcales. Enrichit le ‘concept’ de victime. (Cf. Homme (Remarquable. Dudevant Casimir, Féminisme. Victimaire, Violences. Patriarcales)

Être humain (Domination. Crainte de perdre son pouvoir) : 2016. Deux (petites ?) manifestations entendues sur France Culture à une semaine d’intervalle (17 et 23 juillet 2016) :
- Un (ex) ambassadeur de France, présenté généralement comme le spécialiste de son ‘sujet’, participe à un débat au cours duquel une femme est spécifiquement invitée en tant que spécialiste ‘patentée’ dudit sujet. Il était de coutume, à ce double titre, dans cette émission de débats, que la déférence lui était due. Une discussion, pourtant fort contrôlée en termes de prise de parole, s’engage [se prolonge ?] entre elle et la troisième invitée. On entend alors l‘ex-Ambassadeur, évoquant sa «modestie» pour mieux marquer l’incongru de sa situation, prendre la parole en ces termes: «Si je puis donner mon modeste avis dans cette conversation, je donne tout à fait raison à ...»32 Et reprendre la main qui lui avait échappée.
- Autre émission de France Culture, l’animateur, se sentant sans doute un peu dépassé par ses deux invités, reprend, lui aussi la parole après avoir - honnêtement ? - dit : «Pour ne pas être tout à fait laissé en rade […]» 33 (Cf. Patriarcat)

Être humain (Écologie) : 2015. Naomi Klein, à l’occasion de la sortie de son livre Tout peut changer, évoque : «les soins apportés à la personne» comme étant «peu consommateurs de carbone». 34 Des risques d’une vision exclusive et donc totalisante du monde, ici écologique… (Cf. Femmes. Care, Politique)

Être humain («Éléments objectifs extérieurs des personnalités») : 2017. L’article 10 de la loi votée le 2 octobre 2017 «renforçant le sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme» [elle même reprise dans les mêmes termes, d’un amendement proposé par Manuel Valls, alors Ministre de l’Intérieur, et votée le 8 novembre 2012] «étend dans le temps et dans l’espace le contrôle aux frontières et permet aux forces de l’ordre d’interpeller ‘les personnalités dont l’origine étrangère peut être déduite d’éléments objectifs extérieurs à la personne même de l’intéressé’.» 35
L’apparence comme fondement de l’identité. Le dépeçage du concept d’«être humain» se poursuit. Et le racisme s’institutionnalise. (Cf. Droit)

Être humain («Erreurs de ciblage») : 2015. Nous sommes tous et toute devenu-es de potentielles «erreurs de ciblage». Écrit à la suite des premiers ‘arguments’ invoqués par les armés - dites ‘forces armées’ - dites de ‘la coalition’, en d’autres termes par l’OTAN, pour tenter de justifier le bombardements de l’hôpital MSF (Médecins sans frontières) de Kunduz en Afghanistan le 3 octobre 2015.

Être humain (Folie) : 1855. George Sand [1804-1876], auteure, dans Histoire de ma vie, de :
«Tant que durera le monde, il y aura des fous occupés à regarder par terre sans se douter qu’il y a un ciel sur leurs têtes, et des fous qui, regardant trop le ciel, ne tiendront pas assez compte de ceux qui ne voient que leurs pieds.
Il y a donc une sagesse qui manque à tous les hommes, une sagesse qui doit embrasser la vue de l’infini et celle du monde fini où nous sommes.
Ne la demandons pas aux fous du positivisme, mais ne prétendons pas la leur donner avant de l’avoir trouvée36
- Une vraie philosophie de vie. (Cf. Femmes. Artistes, «Sciences» sociales. Philosophie, Psychanalyse)

Être humain (Garapon Antoine) : 1997. Je lis dans le livre du juriste Antoine Garapon, Bien juger, les termes de : «matière humaine» et de : «troupeau humain» :
- «Si l’on répugne à s’y intéresser [«au mal, à la cruauté des hommes, à la résistance des faits ( ! ), à la fragilité des preuves, la forclusion de la vérité»], c’est peut être parce que précisément la justice est au prise avec la matière humaine brute, avec l’aspiration de l’homme au juste […].»
- À propos des «affaires d’inceste» et de «l’évolution de le sensibilité collective» : «Mais cette nouvelle demande politique est d’autant plus déroutante que le générationnel intéresse la structuration du troupeau humain, c’est à dire son niveau pré-politique, antérieur à toute association politique37 (Cf. Droit, Justice)

Être humain (Grossir / Maigrir) : S’exprimer, faute de savoir, de pouvoir parler, d’être entendu-e, compris-e, respecté-e, encouragé-e, aimé-e.
- À toutes fins utiles, le moyen le plus efficace pour perdre des kilos considérés comme malséants est souvent de se lancer dans la quête d’un-e amant-e. Résultats non garantis…

Être humain (Honnête) : Il est fréquent que l’on ne soit «honnête» que par un effet de la couardise.

Être humain (Identité) : La logique du marché est qu’après avoir fragmenté l’«identité» à l’infini, afin de la rendre la plus fonctionnelle possible, il ne soit plus possible de la recomposer. Mais, si l’on est conscient des processus que l’on veut nous imposer, on peut bien sûr récuser cette fragmentation. Il le faut même. (Cf. Être humain. Corps, Penser. Ambition) (3))

Être humain (Indépendant-e) : S’affirmer, se considérer comme «indépendant-e» (et/ou libre) ; c’est nier tous les rapports de pouvoir. Une circonstance aggravante pour une féministe ?

Être humain (Intuitions) : Les intuitions : l’émergence de l’inconscient qui aspire à se faire entendre.
- Les intuitions des femmes, lorsqu’évoquées, le sont, le plus souvent, pour dévaluer, récuser la «raison» des femmes.
Mais, sans oublier cette réalité, il serait bien de ré-apprendre à reconnaître, à comprendre, avec respect et circonspection, nos intuitions ; et, bien sûr, à les critiquer, notamment dans le décryptage de la construction de leur historicité. Il faut redécouvrir la validité des intuitions, et pour cela apprendre à libérer, et donc à choisir, sélectionner, hiérarchiser les différentes strates de chapes de plombs qui les ont étouffées (leurs contradictions donc bien sûr) et dévoiler la richesse de leurs potentialités. Que révèlent les «intuitions»…

Être humain (Lang Jack) : 2015. Jack Lang, ancien ministre de la Culture, interrogé sur les menaces de destruction concernant des ruines romaines de Palmyre (Syrie) et les morts dans cette même ville (plus de cent mort-es), du fait de son occupation militaire par Daech, en mai 2015, auteur de :
«Les monuments et les êtres humains, c’est la même chose.» 38 (Cf. Culture, Homme «Politique» France)

Être humain (Lègue) : 1855. George Sand [1804-1976], dans son Histoire de ma vie, évoque : «les vieux domestiques, tendres et insupportables tyrans que m’avait légués ma grand mère.» 39
N.B. Léguer : Transmettre par testament, ici donc, persistance langagière de la féodalité, biens et personnes assimilées.

Être humain (Macron Emmanuel) : 2017. Emmanuel Macron a opposé, le 29 juin 2017, «les gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien». 40
Et certain-es ont considéré qu’il n’exprimait ainsi qu’une morgue «de classe»…

Être humain (Marchandisé) : 2016. Lu dans Le Figaro :
«On apprend que Doyen Sports, dirigé par une fratrie d'oligarques kazakho-turcs, a recours à des prostituées, aux paradis fiscaux et aux commissions occultes pour parvenir à vendre des joueurs en effectuant de grosses plus-values.» 41 (Cf. Langage. Proxénétisme, «Sciences» sociales. Économie) (Poursuivre)

Être humain (Masochisme) : 2008. Sylvina Boissonnas, auteure, en 2008, de :
«[…] J’apprends […] qu’être masochiste, ce n’est pas seulement être victime, c’est être aussi complice de l’oppression et du sadisme, et ça, c’est encore une prise de conscience, fondamentale42 Absolument fondamentale… (Cf. Pornographie. Sadomasochisme, Violences. Sade)

Être humain («Matière première») : 2017. Philippe Nemo, dans son émission, Le Monde la philosophie, de Radio Courtoisie (extrême droite) en évoquant les élèves de 16 /17 ans de deux professeurs de philosophie invités par lui, emploie l’expression de «matière première».
L’un d’entre eux affirme par ailleurs : «On n’a pas affaire à des Rolls Royce ou à des Ferrari. » 43 (Cf. «Sciences» sociales. Philosophie)

Être humain (Mémoire) : 1987. Pierre Chaunu [1923-2900], historien, auteur de :
«J’ai cru longtemps que la mémoire servait à se souvenir, je sais maintenant qu’elle sert surtout à oublier.» 44 Intéressant…ou : banal ? Ou : faux, du fait de sa généralisation ? (Cf. «Sciences» sociales. Histoire, Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage)

Être humain (Miroir) (1) : 1647. Baltasar Graciàn [1601-1658], dans L’Homme de cour, auteur de :
«Il y a des miroirs pour le visage, mais il n’y en a point pour l’esprit.» Et de :
«Que le sage se mire tous les jours au miroir de sa réflexion.» 45 (Cf. Femmes. Beauté, Penser)

Être humain (Miroir) (2) : 1932. Antonio Gramsci [1891-1937], en prison depuis six ans, auteur, dans une lettre à sa femme, le 24 octobre 1932, de :
«À présent j’ai beaucoup de cheveux blancs et le manque de dents doit avoir beaucoup modifié mes traits (je ne puis en juger exactement parce que depuis quatre ans et demi je ne me suis pas vu dans une glace et dans ce laps de temps, j’ai dû beaucoup changer).» 46 (Cf. Êtres humains. Corps)

Être humain (Miroir) (3) : 2000. Dans le livre de Robert Badinter, L’Abolition, je lis concernant Patrick Henry dont il était l’avocat :
«Entre son crime et lui, tel qu’il était assis calmement de l’autre côté du miroir, aucune correspondance n’apparaissait.» 47

Être humain (Mise à nu des êtres) : La mise à nu des êtres - afin notamment de connaître leurs failles et d’être à même de les utiliser contre eux - est une nécessité pour notre monde libéral-proxénète, lequel ne considère pas pour autant qu’il puisse, de ce fait, être délégitimé lorsqu’il se fait aussi le parangon de la dénonciation du voile islamique, pourtant deux versants de la domination patriarcale. (Cf. Êtres Humains. Corps. Nudité, Femme. Star, Proxénétisme, Sexe)

Être humain (Mode) (1) : La mode a pour effet de transformer les femmes en moutons de Panurge, bêlants, mais frisottés. Les hommes les rejoignent.
Beaucoup, heureusement, échappent à, refusent ces assignations par l’apparence. (Cf., Femme. Démodée. Femmes. Beauté. Voilées)

Être humain (Mode) (2) : 1983. Yves Saint Laurent [1936-2008], auteur, en 1983, de : «Rien n'est plus beau qu'un corps nu. Le plus beau vêtement qui puisse habiller une femme, ce sont les bras de l'homme qu'elle aime. Mais pour celles qui n'ont pas eu la chance de trouver ce bonheur, je suis là». 48
L’énormité de l’affirmation peut provoquer une logique de sidération…(Cf. Êtres Humains. Corps. Nudité, Homme. Modeste, Patriarcat)

Être humain (Mode) (3) : «C’est à la mode» ; «C’est démodé» : autant de pseudo constats qui sont autant d’injonctions qui mithridatisent les effets de l’autoritarisme et du suivisme et qui contribuent à la perpétuation de l’évidence de la négation de soi…
- À cet égard, mais à bien d’autres aussi, l’émission de M6 Les reines du shopping de Cristina Córdula, est une émission éminemment politique. [Autorité incontestée et incontestable, injonctions normatives non justifiées, infantilisation, abêtissement, dramatisation d’enjeux dérisoires, arbitraire laissé à l’appréciation de chacun-e, mise en concurrence systématique, appât du gain, jeux de rôles contraints…]

Être humain (Mode. Histoire) (2) : 1946. Pour relativiser, historiciser, relativiser ce que l’on appelle «la mode», sans omettre les effets de la guerre, voici ce dont se souviens Marie-Madeleine Dienesch [1914-1998], Résistante, membre de la première Assemblée consultative, lorsque elle a pénétré avec Marianne Verger [? - ?] et Gilberte Brossolette [1905-2004], la première fois pour des femmes - à l’Assemblée :
«Nous avions une réunion de groupe, c’est là que j’ai vu tous les anciens députés qui nous regardaient avec un sourire désabusé, d’autant plus qu’en ces temps-là, autant que je m’en souvienne, nous étions mal habillées : moi, j’avais des chaussettes de coton, c’était la guerre, je n’avais pas de bas, ma tant de Lisieux m’avait tricoté une paire de chaussettes qui me montaient au moins jusqu’aux genoux, c’était déjà un miracle ! Je me rappelle que j’avais une jupe marron qui n’était pas trop longue, qui faisait juste la jonction avec les chaussettes, et je portais une blouse confectionnée par une de mes amies qui avait de vieilles pièces de tissu qui lui restaient. À la Libération, les femmes n’avaient pas grand-chose, on n’avait même rien du tout.» 49 (Cf. Femmes. Politiques, Hommes. Politiques, Politique. Guerre, «Sciences» sociales. Histoire)

Être humain (Mode. Histoire) (2) : 1990. Dominique Veillon, concernant Vichy, la guerre et l’après guerre, dans un texte intitulé «La mode comme pratique culturelle», écrit notamment ceci :
«Lorsque s’achève le conflit, la mode n’a plus la même signification qu’en 1939 : elle a amorcé un tournant que souligne l’apparition d’une ‘mode de guerre’ bien particulière. Avec un trois fois rien de tissu, des semelles de bois, des chapeaux de papier, la femme sut rester coquette malgré tout. […]
À la Libération […] La robe rallonge, c’est le retour à une féminité épanouie que traduisent les jupes larges comme des coroles et des corsages bustiers.
À partir de 1947, la guerre est bien finie, le new look peut triompher50
- Des femmes et de la mode et des effets de leurs mise en relation, lorsque l’on en privilégie la seconde sur les premières…(Cf. Culture, Politique. Guerre, «Sciences» sociales. Histoire)

Être humain (Mode. Mort) (1) : 2016. Lu le 23 avril 2016 :
«Le 24 avril 2013, l’effondrement de l’immeuble Rana Plaza, dans les faubourgs de Dacca capitale du Bengladesh, avait provoqué la mort de 1136 ouvrièr-es du textile, parmi lesquels une majorité de femmes, et fait près de 1500 blessé-es. Ce drame fut le pire accident industriel de l’histoire du pays et l’un des plus graves qui se soit produit dans le monde.
Cette tragédie a montré au grand jour les conditions de travail déplorables des 4 millions d’ouvrier-ères du secteur textile alors que le Bengladesh, deuxième plus grand exportateur mondial du secteur, fabrique à tour de bras des vêtements pour les distributeurs occidentaux : Auchan, Carrefour, Benetton, Mango, Primark, HM et Walmark.
Ces marques vendent à une clientèle occidentale des vêtements confectionnés dans des conditions de grande insécurité. Les pressions pour minimiser les coûts de production, pour augmenter les marges bénéficiaires, pour faire baisser les prix, ont un coût la, vie des travailleur-ses pauvres du textile. 41 responsables ont été inculpés, un Fonds d’indemnisation mis en place sous l’égide de l’OIT est estimé à 40 millions de dollars. Des associations - Sherpa, Peuples Solidaires, Collectif Ethique sur Etiquette - se sont portées parties civiles afin de déposer une plainte pour pratiques commerciales trompeuses contre Auchan et ses soit disant engagements éthiques.
Malgré tout cela, la situation ne s’est pas beaucoup améliorée : les salaires excessivement bas – 68 dollars par mois) ont été très insuffisamment augmentés ; les travaux de rénovation tardent a être réalisés ; dans de nombreuses usines les travailleur-ses ne peuvent pas évacuer les lieux en sécurité en cas d’incendie ou d’accident ; les machines sont hautement inflammables.
Depuis le drame du Rana Plaza, les incendies et les explosions continuent de dévaster le secteur. Plusieurs témoignages de salarié-es attestent que les machines à coudre sont dangereuses, brûlantes, et prennent feu. D’autres informent que 700 personnes par étage travaillent dans leur usine. Cette logique des marges bénéficiaires démesurées au détriment de la santé, de la sécurité et de la vie des femmes et des hommes qui travaillent, est mortifère et criminelle.»[…] 51

Être humain (Mode. Mort) (2) : 2013. Lu sur une pancarte dans une manifestation suite à l’effondrement le 24 avril 2013 au Bengladesh du Rana Plaza :
«No one should die for fashion» [«Personne ne devrait mourir pour la mode»].

Être humain («Monde entier») : 1965. Entendu, lors du reportage de l’ORTF, le 30 janvier 1965 concernant les funérailles de Churchill [1874-1965], évoquer «un parterre de rois, de princes, de présidents, d’hommes politiques, de diplomates. Bref le monde entier. 113 pays en tout cas…». Si souvent, ces si évidents et grossiers amalgames sont le présupposé de tant d’analyses, dites politiques. (Politique. État. Peuple, Patriarcat) 52

Être humain (Mort) (1) : La mort de l’autre ouvre t-elle la voie au pardon ? à l‘oubli ? au regret ? à la clairvoyance ? à la régression ? , à la culpabilité ? à l’expiation ? au souvenir ?, à la libération ? , à la joie ? …

Être humain (Mort) (2) : Les mort-es, pas plus que les vivant-es, n’appartiennent à personne.

Être humain (Mort) (3) : 2017. Entendu : «Sa mort porte à douze le nombre de palestiniens tués…[…]» 53 (Prolonger) (Cf. Langue. Sujet)

Être humain (Nature) : Faire référence à la «nature» d’emblée récuse toute explication analytique d’un être humain, d’une femme plus spécifiquement. Rousseau et Sade (entre autres) s’y réfèrent pourtant pour fonder leurs analyses.

Être humain (Nié) : 2017. Lors que je lis dans Le Figaro du 16 octobre 2017, que, le 30 septembre 2017, «Christine Angot et Sandrine Rousseau s’écharpaient sur le plateau» 54 d’On n’est pas couché, je constate que deux êtres humains, deux femmes en l’occurrence, sont niées, que les questions soulevées par leur antagonisme, sont exclues de la pensée, que les responsabilités politiques de tous les protagonistes [Laurent Ruquier et Catherine Barma un premier chef] sont occultées. Et que Le Figaro peut ainsi de ne pas prendre position, ce qui s’avère fort utile en des jours où les femmes dénoncent si fortement les hommes qui depuis si longtemps, les nient. (Cf. Homme. Journaliste. Ruquier Laurent)

Être humain («Pâte humaine») (1) : 1951. Léon Poliakov [1910-1997] dans son Bréviaire de la haine évoque «la pâte humaine» [qu’Hitler «travaillait»], puis il emploie l’expression de «substance humaine».
N.B. Le terme officiel qu’utilisait les nazis était : «matériel humain» [«Menschenmaterial»]. 55 (Cf. Être humain. Substance humaine)

Être humain («Pâte [humaine]») (2) : 1940. Charles De Gaulle [1890-1970], dans ses Mémoires, en évoquant Churchill en 1940, écrit :
«En politique éprouvé, il jouait de ce don angélique et diabolique pour remuer la lourde pâte anglaise aussi bien que pour frapper l’esprit des étrangers.» 56

Être humain («Pâte humaine») (3) : 2016. Un financier, gestionnaire de fonds privés, en 2016, sur Radio Courtoisie [Radio d’extrême droite] :
«C’est la pâte humaine qui m’intéresse.» 57 (Cf. «Sciences» sociales. Économie)

Être humain (Pensée) : C’est d’abord, et avant tout, la pensée, qu’ils ont en commun, qui lie les êtres humains entre eux/elles. Dès lors, l’idée même d’intellectuel-le, dépourvue de sens, doit être récusée. Tout le monde pense et réfléchit. Aussi, la place exorbitante conférée aux «intellectuel-les», à ceux et celles censée-es «penser», est une place retirée à tous les autres, tout aussi légitimes qu’eux / elles à parler… (Cf. Être humain. Un préalable méthodologique. Penser)

Être humain («Personnalité») : 2017. Lu sur France Culture, le lendemain de l’élection présidentielle (7 mai 2017), sous l’intitulé : Penser la France : «Lundi 8 mai. Penser la France. 15 personnalités ouvrent le quinquennat
Les noms avancés importent peu : les «personnalités» [qui ont remplacé les intellectuel-les, trop déconsidérés] maintiennent la domination du pouvoir des «élites», considérées comme étant seules légitimes à penser.58

Être humain (Personne sans domicile fixe) (1) : Tout regard détourné d’une personne sans domicile fixe : une humanité prise en défaut ; une capacité d’analyse dévoyée. Vrai aussi pour migrant-es, sans papiers-ères, réfugié-es…
* Ajout. 30 septembre 2016. Une fois écrit cela - sans aucun risque, sans aucune initiative - comment penser, vivre avec les assassinats quotidiennement perpétrés à Alep ?

Être humain (Personne sans domicile fixe) (2) : 1999. John Berger [1926-2017], concernant son roman King, auteur de :
«La nouvelle pauvreté n’est pas un phénomène marginal du nouvel ordre économique mondial, mais au contraire absolument central. En Europe, où les SDF en sont l’expression la plus extrême, la plus visible, personne ne peut l’ignorer. Bien sûr, on peut fermer les yeux. Mais si on ferme les yeux, c’est qu’on a déjà vu quelque chose qu’on ne veut pas voir...[...]
Le fossé entre ces idéaux éthiques et la nouvelle pauvreté est si énorme, que je ne comprends pas pourquoi tous les écrivains ne s’emparent pas du sujet. Je ne comprends pas comment on peut éviter une réalité aussi écrasante.» 59

Être humain (Personne sans domicile fixe) (3) : 2012. Un homme très riche, catholique, en 2012, concernant les SDF avec lesquels, «pour répondre à l’appel de notre cardinal» il mangeait, dormait quelques nuits dans la crypte chauffée de sa paroisse, «de la mi-décembre à ma mi-mars», auteur de :
«[…] C’est différent du confort d’un hôtel particulier. […] Ce que j’espère donner, c’est du réconfort à cette personne en lui montrant que, pour nous aussi, c’est un humain. On va dormir avec elle, comme vous tiendriez la main à quelqu’un qui souffre. Ca relève de la solidarité, en termes chrétien de la charité de…l’amour de dieu, l’amour du prochain.» 60
- Pour information, pour lui, concomitamment, la fiscalité «pour les très riches» est «monstrueu[se]». Il pense aussi, au nom de sa vision de «la vraie solidarité» que l’impôt - qui «s’exprime de façon autoritaire» - devrait être «volontaire». C’est-à-dire facultative. (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Charité, Femmes. Charité, Penser. SDF, «Sciences» sociales. Économie)

Être humain (Personne sans domicile fixe) (4) : 2007. Lu dans le livre de Brigitte J’habite en bas de chez vous, qui vécu trois ans dans la rue :
«Devant un sans abri, je m’arrête toujours, même si je ne peux rien lui donner. Je ne le rejette pas. Je me renie pas. Dire ‘Bonjour’, serrer la main, ne pas hésiter à le regarder dans les yeux : c’est une forme de respect, je le sais trop bien. […]» 61 (Cf. Être humain. SDF)

Être humain (Personne sans domicile fixe) (5) : 2017. 4 juin. Je reviens du marché. Un homme me demande de l’argent, pour l’«aider». Je refuse, sans raison. Il me traite d’«égoïste». Il avait raison. (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Injure)

Être humain (Personne sans domicile fixe) (6) : 2017. Lu gravé sur une tombe [Clip d’Olsen. Rap] : «SDF. A du attendre la mort pour trouver un toit62

Être humain (Poids) : Lucchino Visconti [1906-1976], auteur de :
«L’expérience m’a enseigné que le poids de l’être humain, sa présence, sont les seules choses qui comptent vraiment sur l’écran.» 63 (Cf. Culture. Cinéma)

Être humain (Pouvoir) : Il / elle ne cessait d’invoquer la fin des querelles, de mettre un terme aux divisions ; il / elle ne cessait de préconiser l’unité, d’exhorter à l’entente. Ce qu’il / elle ne disait pas, c’était la place qu’il s’accordait dans le futur dont vantait les mérites. Et dont dont il pavait la voie.

Être humain (Prestige) : Il n’y aucun prestige, aucune fierté à être [devenu-e]. (Juste ?) (Cf. Être humain. Identité. Soi. Langage. Verbe. Être)

Être humain (Prise) : Ne jamais laisser prise. En totale confiance : donner prise ? Non. À comparer avec les si fréquentes et irresponsables injonctions à «lâcher prise» qui donne tout pouvoir à celui/celle qui veut exercer un pouvoir sur l’autre.

Être humain (Qualificatif) : Tout ajout d’un qualificatif (‘féministe’ inclus) à celui censé qualifier un être humain court le risque de tuer la pensée d’un être humain pensant. Exemple : Un homme «intelligent»…

Être humain (Rentable) : Pour lui, un être humain qui meurt jeune était un - potentiel - manque à gagner pour l’économie, pour lui, synonyme de profit. Dès lors, l’hypothèse qu’il puisse être chômeur était exclu de son analyse ; il en restait néanmoins la logique du «calcul». (Cf. «Sciences» sociales. Économie)

Être humain (Résister) : À sans cesse résister, on s’épuise. Dans certains cas, notamment dans le cadre de rapports interindividuels, une analyse coûts-avantages peut s’avérer utile.

Être humain (Saint-e) : Entre la canonisation et le bûcher, l’entre deux est mince. Comme en politique, on passe très vite du statut de ‘grand’ homme à celui de renégat, de traitre, de salaud....

Être humain (Sens, sensible, sensuel…) : Subsumer les sens, le sensible, le sensuel au sein du ‘sexuel’ est criminel. Plus fondamentalement, c’est un déni de l’être. (Cf. Sexe-s […])

Être humain (Sexe, sexuel, sexualité…) : Ce que l’on impute comme relevant du «sexe», du «sexuel», de la «sexualité» est autant de retiré à la compréhension de l’être humain pensant en société. (Cf. Sexe-s […])

Être humain (Singulier) (1) : Il / elle estimait n’avoir ni à être jugée par, ni à être comparé-e à autrui. Il / elle estimait ni se singulariser, ni n’être singulier-ère, pas même être jugé-e seul-e (de sa «catégorie»). Juste un être humain.

Être humain (Singulier) (2) : Vouloir être admis, c’est s’abaisser ; vouloir s’intégrer, c’est disparaître ; vouloir s’assimiler, c’est se nier.

Être humain (Smith Adam) : 1790. Adam Smith [1723-1790], auteur, en 1790, dernière édition de sa Théorie des sentiments moraux, de :
«Il est très facile de se faire une fausse idée d’une personne en considérant une action particulière ; mais il est presque impossible de se tromper ainsi en considérant sa ligne de conduite générale64
- Mais, n’est-ce pas du premier cas que les médias nous entretiennent chaque jour ? que l’on nous force donc à penser en ces termes?

Être humain («Substance humaine») (1) : 1959. Dans les Mémoires de De Gaulle [1890-1970], celui-ci en évoquant «l’ambition mondiale communiste» [qui «rassemble déjà un milliard d’hommes dans le monde»] écrit que le communisme :
«[…] grâce aux moyens de la dictature a l’avantage de pouvoir prélever ce qu’il veut sur la substance humaine de ses sujets en vu de son armement ou bien d’entreprises de prestige comme la conquête de l’espace65

Être humain («Substance humaine») (2) : 1997. Blandine Kriegel, auteure de :
«La féminité n’est pas un attribut parmi d’autres : c’est la modalité finie de la substance humaine, puisque, avant toute chose, on naît homme ou femme.» 66

Être humain («Tissu humain») : 2017. Lionel Naccache, chercheur en neurosciences cognitives, concernant la situation des malades qu’il soigne, auteur de : «La situation est surtout tragique pour le tissu humain [...] [l’entourage des patient-es]». 67 (Cf. Famille, Langage)

Être humain (Valeur marchande) : 2017. Les laboratoires Servier dont le Médiator serait responsable de 1500 à 2100 décès, ont proposé 38.000 euros aux parents de l’une des victimes décédées - 27.000 euros à une victime dont la santé est «saccagée» 68 - en échange bien sûr de toute poursuite pénale. 69
Ils sont actuellement poursuivis en justice pour «tromperie aggravée, escroquerie, blessures et homicides involontaires et trafic d’influence».

Être humain (Vente) : 1942. Hélène Berr [1921-1945], auteure, dans son Journal, le dimanche 19 juillet 1942, de :
«Voici, à peu près, ce qui s’est passé jeudi : Les ouvriers français refusant de partir pour l’Allemagne, Laval [Pierre. 1883-1945], a alors vendu les juifs polonais et russes, pensant que personne ne protesterait. Les ouvriers, révoltés, veulent encore moins partir. Il y a encore une troisième contingent de juifs (Turcs, Grecs, Américains) et, après, ce seront les Françaises70 (Cf. Proxénétisme)

Être humain (Vêtements) (1) : Devraient servir à (mieux) se sentir bien, à l’intérieur de soi. Non : en soi.

Être humain (Vêtements) (2) : 1776. Diderot [1713-1784], auteur de : «Je vis beaucoup dans ma robe de chambre» ; «Je suis trois à quatre jours de suite enfermé dans la robe de chambre.» 71
- Voltaire aussi…

Être humain (Vêtements) (3) : 1772. Voltaire [1694-1778] dans une lettre adressée à Anne-Madeleine de la Tour du Pin de Saint Julien, le 21 septembre 1772, lui écrit : «Vous passez donc votre vie, madame, à tuer des perdrix et à rendre des bons offices ? Vous êtes essentielle et discrète. Ce n’est pas pour rien que vous vous habillez si souvent en homme. Vous avez toutes les bonnes qualités des deux sexes.» 72 (Cf. Femmes. Comparaison Femmes/Hommes)

Être humain (Vêtements) (4) : 1910. Dans le roman autobiographique de Marguerite Audoux [1863-1937], Marie-Claire, celle-ci écrit concernant Sœur Désirée-des-Anges, à l’orphelinat de l’Hôpital général de Bourges, ceci :
«Une seule chose lui paraissait ennuyeuse dans la vie : c’était son costume de religieuse. Elle le trouvait lourd et incommode ; elle disait avec une expression de lassitude : ‘Quand je m’habille, il me semble que je me mets dans une maison où il fait toujours noir’. Elle s’en débarrassait très vite le soir, et elle était tout heureuse de marcher dans la chambre en costume de nuit. Elle disait avec sa petite moue : «’Je commence à m’y faire, mais dans les premiers temps, la cornette m’écorchait la joue, et la robe me tirait les épaules en bas’73

Être humain (Vêtements) (5) : 1914. Alexandra David-Neel [1868-1969], le 27 mars 1914, écrit à son mari d’Inde, où elle vit :
«[…] Je ne cache pas que l’idée du retour à la vie occidentale m’angoisse. Quitter, en même temps que ma robe de Yogui, l’invisible vêtement fait de paix qui m’enveloppe. Être de nouveau ‘une dame’ - une vieille dame cette fois - assumant la corvée de choisir des chapeaux abritant un visage chaque jour plus ridé, et créant, si possible une ombre d’illusion. Donner et me rendre à des thés […].» 74

Être humain (Vêtements) (6) : 2017. Françoise Nyssen, ministre de la Culture évoquant le 18 novembre 2017, évoque le couturier Azzedine Alaïa, décédé, en ces termes : «Cet amour de la féminité, c'est extraordinaire. Cette capacité à faire virevolter la femme, quelque chose de tout à fait original qui était nouveau75(Cf. Culture, Féminité)

Être humain (Voltaire) : 1774. Voltaire [1694-1778], dans une lettre, en date du 2 mars 1774, à Catherine II, impératrice de Russie [1729-1796], lui écrit, après avoir évoqué «sa [celle de Catherine II] supériorité sur les autres êtres pensants» poursuit - sans que je ne comprenne le «car» - : «car je compte les autres êtres pour rien.» 76
- En tout état de cause, je découvre ici la filiation politique entre Emmanuel Macron et Voltaire. Pas la plus brillante…

II. Être humain (Soi) :

Être humain (Soi. Absence à) : Vouloir conformer l’autre (le monde) à sa volonté (son désir..) révèle l’absence à soi.

Être humain (Soi. Affirmation de) (1) : Chercher à s’affirmer, c’est afficher l’insécurité de ses engagements.

Être humain (Soi. Affirmation de) (2) : S’afficher, se monter, se mettre en avant exprime la [une ?] dissociation de soi par rapport au monde. La solidarité de destin est d’emblée exclue ? malmenée ?, inappropriée ? Interrogée tout au moins…

Être humain (Soi. André Christophe) : 2017. Christophe André est notamment présenté par France Culture (du 3 au 7 avril 2017) ainsi :
«Depuis une vingtaine d'années, il est l'auteur de nombreux livres qui traitent de l'estime de soi, du bonheur, de la sagesse ; mais aussi des méthodes qu'il emploie au sein de son service (la méditation ou la psychologie positive).» 77
- Il est aussi l’auteur sur son blog, le 31 mars 2017, concernant un moine qui l’avait «subjugué», de :
«Je me demande à quoi ressemble l’estime de soi de Frère Guillaume ? Aucune idée, ou plutôt si : il est au-delà de ça. Il a des années-lumière d’avance sur nous, mon ami, moi-même et sans doute bon nombre de personnes du public, qui chante de bon cœur. Il s’est débarrassé de lui-même. Je ne sais pas si son modèle est accessible pour nous autres, qui n’avons pas embrassé la carrière religieuse. Mais il est inspirant et éclairant78
- L’ultime épanouissement de soi : la disparition de soi… (Cf. Êtres humains. Corps. Émotion)
* Ajout. 30 juillet 2017. «Restez connecté-es avec vous-mêmes» marque le terme de sa chronique quotidienne cet été [2017] sur France Culture, l’une d’entre elles ayant été préalablement été intitulée: «Réfléchir avec son corps». [2016] (Cf. Êtres humains. Corps)

Être humain (Soi. Badinter Robert) (1) : 2000. Dans le livre de Robert Badinter, L’Abolition [2000], il y a trop de : «Je». 79 (Cf. Homme. Politique, Justice. Peine de mort, Penser. Principe)

Être humain (Soi. Badinter Robert) (2) : 2000. Dans le livre de Robert Badinter, L’Abolition, concernant ses plaidoiries lors des procès dans lesquels il défendait son engagement contre la peine de mort, je lis :
« […] Un autre, en ces instants, m’habitait tout entier. Cette voix, ces mots, de quelle angoisse refoulée dans la vie ordinaire jaillissaient-ils ? »
Je lis enfin :
« […] Entre la guillotine et moi, c’était devenu un marche au finish80

Être humain (Soi. Beaumarchais) : 1781. Beaumarchais [1732-1797], dans un lettre au roi Louis XVI, daté de mars ou avril 1781, tentant de lever les interdictions, censures pesant sur Le mariage de Figaro écrit :
«[…] Je me suis examiné, Sire, avec plus de sévérité que ne le pourraient faire vos magistrats les plus exercés ; dans ces jours de douleur, mais non d’avilissement (qui ne peut naître que du sentiment du crime) auxquels m’a livré l’ordre de Votre majesté, j’ose dire avec vérité que je n’ai rien trouvé en moi qui m’ait attiré ma disgrâce. […]» (Cf. Justice)

Être humain (Soi. Besoin de reconnaissance) (1) : Le besoin de reconnaissance (par les autres) qui révèle une faiblesse de soi ne se résous que par un retour sur soi (dans le monde). (Cf. Soi. Reconnaissance)

Être humain (Soi. Besoin de reconnaissance) (2) : Toute sa vie, il / elle avait aspiré à une reconnaissance dont il / elle estimait ne pas avoir bénéficié. Faute d’en avoir conscience, un jour, pensant l’obtenir, il / elle brisa tout ce qui l’entourait : il / elle n’obtint que la reconnaissance de sa capacité de nuisance.

Être humain (Soi. Bloch Marc) : 1940. Marc Bloch [1886-1944], auteur, au début de son livre L’étrange défaite de :
« […] Avant même de faire le point de ce que j’ai pu voir, il convient de dire avec quels yeux je l’ai vu.» 81 (Cf. Penser. Morale. Vérité. Bloch Marc)
- Honnête. Lucide.

Être humain (Soi. Compréhension de) : Croire que l’on est compris-e est le comble du mépris de l’autre ; ou plutôt, moins violemment, signifie la non prise en compte de l’autre ?

Être humain (Soi. Critique de) : Toute critique de l’autre est [nécessairement] critique de soi. Pourrait, si consciente, permettre de freiner la croissance des injures… (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Injure)

Être humain (Soi. Conscience de) : Pour s’approcher de la conscience de soi, nécessité de libérer en soi la conscience de soi par l’autre.

Être humain (Soi. Custine Astolphe de) : 1843. Astolphe de Custine [1790-1857], auteur de :
«En bien, comme en mal, rien de ce qui ne regarde que nous-mêmes n’est aussi important que nous le pensons.» 82 Peut s’avérer reposant…

Être humain (Soi. De Gaulle Charles) (1) : 1945. De Gaulle, en novembre 1945, écrit concernant son futur politique :
«[...] Après que l’Assemble eut porté Félix Gouin à sa présidence, il s’agissait pour elle d’élire le président du gouvernement. Je me gardais bien entendu de poser ma candidature, ni de rien dire au sujet de mon éventuel programme. On me prendrait comme j’étais, ou on ne me prendrait pas.» 83

Être humain (Soi. De Gaulle Charles) (2) : 1962. Charles De Gaulle [1870-1970], dans ses Mémoires, auteur de :
« […] C’est trait de ma nature et une règle de ma fonction de ne point me livrer […]»
- André Malraux [1901-1976] écrira, pour sa part : «Il n’y a pas de Charles dans les Mémoires». 84 (Cf. Vie-dite-Privée)

Être humain (Soi. De Gaulle Charles) (3) : Dans les Mémoires de Charles De Gaulle, il y a trop de De Gaulle parlant de lui à la troisième personne. 85

Être humain (Soi. Dépression) : Combien de diagnostics de «dépressions» au lieu et place de la simple reconnaissance du besoin de repli sur soi, en soi, de s’isoler, de se retirer - un temps ? - du monde, de se construire un refuge, de signifier :
«Je ne ‘joue’ plus», «Je ne veux plus, je ne peux plus me battre», «Je voudrais juste de la tranquillité» ; «J’ai envie d’oublier, que l’on m’oublie…». Mais aussi, «Je veux prendre le temps», «Je veux digérer, absorber, intégrer en moi ce qui est arrivé», «J’ai besoin de distance, de recul, de temps pour accéder à la lucidité nécessaire à une autre, une nouvelle définition de moi-même dans le monde.»… (Cf. «Sciences» sociales. Psychanalyse)
* Ajout. 17 mai 2017. Et, en sus : «Les douleurs dont ma vie est faite sont trop lourdes pour moi» ; «elles dépassent mes forces» ; «Je n’y vois aucune solution» ; «Je lâche les amarres» ; «Je me déleste de tous les poids qui m’étouffent et m’empêchent de vivre» ; «Je me retire là où cela est, pour moi, le moins insupportable»…
Dans l’attente de …

Être humain (Soi. Devenir) : Avancer sur le projet de parvenir au plus plein de soi en faisant sa juste place à la nécessité de faire le vide en soi de tant de scories accumulées et intériorisées depuis des siècles. S’invisibiliser pour voir ? ; se taire pour entendre ? ; se retirer pour comprendre ? À ces questions, la recherche d’une reconnaissance de soi par l’autre est dirimante.

Être humain (Soi. Don de) : 1805. Madame de Rémusat [1780-1821], se remémorant sa vie avant d’épouser son mari auquel elle est toujours très attachée lui écrit en 1805 :
«Il me semblait qu’en te donnant mon affection, c’était te donner ton bien86 Terrifiant…

Être humain (Soi. Écrits) : 1977. Francis Ponge [1899-1988] invité à parler dans un colloque qui lui était consacré, répondit :
«Je m’excuse [Excusez-moi] mais je ne parlerai pas. Mes textes parlent pour moi.» Sage. 87

Être humain (Soi. Émotion) : Le spectacle de l’émotion remplace le vécu de la sensibilité. Banal, certes, mais politiquement éclairant… Ceci dit, de plus en plus, les médias créent ce spectacle, et souvent même, créent, avec l’image, avec le texte ( celui privilégié, celui qui sur l’écran, doit être lu) le commentaire - de l’émotion - sur l’image…Auxquels on peut ajouter, jeux de mots…
Tout pour empêcher toute perception propre.

Être humain (Soi. Émotions) (1) : Sans capacité d’émergence de ses propres émotions, il n’y a pas d’intelligence possible. Si ce constat est juste, il doit alors relativiser le ‘concept’ même d’intelligence - qui a fondé tant de hiérarchies et légitimé tant d’erreurs, tant d’horreurs - et qui fut pensé, imposé sans même que cette question ne soit posée. (Cf. Êtres humains. Corps. Émotions, Politique. Valeur)

Être humain (Soi. Émotions) (2) : 2017. Lu : «Nous avons entrouvert la porte à nos émotions. Nous avons baissé la garde
Ou comment recomposer le mythe de l’homme fort, et dès lors de l’être humain dépourvu d’émotions, de sensibilité et donc d’intelligence…(Cf. Êtres humains. Corps. Émotions) (Poursuivre)

Être humain (Soi. Erreur) : Barbara [1930-1997], auteure de : «Il faut faire ses erreurs soi-même. » Plus que sage : condition nécessaire préalable à toute avancée personnelle. 88

Être humain Soi (Espace (à soi) : Si vous occupez un espace, du fait de la fonction qui vous a été dévolue, l’eusse t-il été, selon vous, légitimement, l’eusse t-il été acquis de haute, de longue lutte, vous empêchez d’autres de l’occuper. Quittez le vite. Mieux : Ne l’occupez jamais. (Poursuivre)

Être humain (Soi. Évidence de) : L’évidence de soi : nécessairement, l’impensé du monde.

Être humain (Soi. Fierté de) : La fierté de soi anéantit le mépris. (Cf. Politique. Mépris)

Être humain (Soi. Hugo Victor) : 1887-1900. Victor Hugo, auteur de :
«C’est au-dedans de soi qu’il faut regarder le dehors.» 89 Puissant ?

Être humain (Soi. Identité de) (1) : Aucune identité ne peut justifier une quelconque fierté.

Être humain (Soi. Identité) (2) : 2014. Le patron d’Apple, Tim Cook se déclare «fier d’être gay». 90

Être humain (Soi. Identité) (3) : 2012. Manuel Valls, alors ministre de l’intérieur, auteur de : «Les juifs de France peuvent porter avec fierté leur kippa. » 91

Être humain (Soi. Green Julien) : 1932. Julien Green [1900-1998], auteur dans son Journal, le 19 septembre 1932 :
«[…] J’ai eu quelques fois la sensation flatteuse de m’élever au dessus de moi-même. D’humiliantes dégringolades sont venues tout remettre en ordre.» 92 En ordre ?

Être humain (Soi. Lacan) : 1968. En réaction à l’assertion - totalitaire ? autocratique ? stupide ? infantile ? - de Jacques Lacan [1901-1981] : «Le psychanalyste ne s’autorise que de lui même» 93 : on ne peut ‘s’autoriser de soi’ que vis-à-vis de soi, et ce, compte tenu des «autres». En d’autres termes : apprendre à dire «Je», dans le monde. (Cf. «Sciences» sociales. Psychanalyse)

Être humain (Soi. Monde) : Un être humain, fusse t-il le plus ‘ouvert’ au monde, ne peut pas comprendre en quoi, comment, pourquoi, sur quels fondements le monde construit, façonne, unit, oppose les êtres humains entre eux, pourquoi les guerres ne cessent pas…etc., etc..
- Il/elle ne peut que tatonner, chercher, repousser des limites, ponctuellement critiquer, avancer ds hypothèses, présenter ses assurances, pour les soummettre à la critique.
- Reconnaître et donc rechercher ses limites prémunit de la présomption intellectuelle.

Être humain (Soi. Monde intérieur) : En delà et au deçà des relations, des oppositions entre conscience et inconscience, ne faudrait-il pas poser les relations, les oppositions entre monde extérieur [à soi] et monde intérieur [de soi] ? : une évidence ? une banalité ? (Confus. Poursuivre)

Être humain (Soi. Négation de) (1) : La négation de soi a été - et est encore largement - la culture, la norme, la morale imposée aux femmes dans le monde, lesquelles étaient censées pleinement s’y réaliser.
Argument qui, pour aussi aberrant soit-il, a largement fait ses preuves en termes d’efficacité.

Être humain (Soi. Négation de) (2) : XVIème siècle. Cf., une sélection des «Avis» de Thérèse d’Avila [1515-1582] «à ses religieuses» :
III. Quand vous serez avec plusieurs, parlez toujours peu.
IV. Conduisez vous avec une grande modestie dans toutes vos actions, dans tous vos rapports avec les autres.
V. Ne contestez jamais beaucoup, principalement en des choses importantes.
VIII. Ne reprenez jamais personne qu’avec discrétion et humilité, et avec une confusion secrète de vos propres défauts.
IX. Accommodez vous à l’humeur des personnes avec qui vous traiterez : soyez joyeuses avec celles qui sont dans la joie et tristes avec ceux qui sont dans la tristesse ; en fin , faites vous tout à tous pour les gagner tous.
XI. Ne vous excusez jamais, à moins qu’il n’y ait une grande raison de le faire.
XII. Ne parlez jamais de ce qui peut vous attirer quelques louange, comme de votre savoir, de vos vertus, de votre naissance, à moins que vous n’ayez sujet d’espérer que cela pourra être utile ; et alors il faut le faire avec humilité, et en vous souvenant que c’est de la main de Dieu que vous tenez ces dons.
XVI. Ne vous mêlez jamais de donner voter avis su quoi que ce soit, à moins qu’on ne vous le demande ou que la charité ne l’exige.
XIX. Gardez fidèlement votre cellule, et n’en sortez point sans sujet ; et lorsque vous serez obligées d’en sortit, demandez à Dieu de ne point l’offenser.
XXII. N’écoutez jamais dire du mal de personne et n’en dites jamais, si ce n’est de vous même ; lorsque vous prendrez plaisir à agir de la sorte, vous avancerez beaucoup.
XXIV. Lorsque vous serez dans la joie, ne vous laissez pas aller à des ris immodérés ; mais que votre joie soit humble, modeste, affable et édifiante.
XXVI. Soyez toujours prête à obéir, comme si Jésus-Christ lui-même vous commandait par l’organe de votre supérieur.
XXXIII. Fuyez toujours la singularité, autant qu’il vous sera possible, parce que c’est un grand mal dans une communauté.
XXXIV. Lisez souvent les constitutions et la règle de votre ordre et gardez les fidèlement.
XL. Lorsque vous êtes à table, ne parlez à personne et tenez les yeux modestement baissés sans regardez qui que ce soit […].
XLII. Ne faites jamais rien que vous en puissiez faire en présence de tout le monde.
XLIII. Ne faites point de comparaison entre les personnes parce que les comparaisons sont odieuses.
XLIV. Quand on vous reprend sur quelque point, recevez la correction avec une vraie humilité intérieure et extérieure, et priez Dieu pour la personne qui vous l’a faite.
XLV. Quand un supérieur vous commande une chose, ne dites pas qu’un autre a commandé le contraire ; mais pensez qu’ils ont tous de saintes intentions, et faites ce que l’on vous ordonne.
XLVI.
Évitez de parler ou de vous informer avec curiosité, des choses qui ne vous regardent point.
L. Ne cessez jamais de vous humilier, et de vous mortifier en toutes choses, jusqu’à la mort.
LIV. Soyez douce à l’égard de tout le monde, et sévère avec vous-même.
LVIII. Quand vous serez à la tête d’une maison, ne reprenez jamais personne avec colère, mais attendez qu’elle soit passée ; et, de cette manière, la correction sera utile.
LXVII. Ne parlez point de vos tentations et de vos fautes à celles de vos sœurs qui sont les moins avancées, parce que cela leur nuirait ainsi qu’à vous ; mais n’en parlez qu’aux plus parfaites.
LXVII. Souvenez vous que vous n’avez qu’une âme ; que vous ne devez mourir qu’une fois ; que vous n’avez qu’une vie, qui est courte ; et qu’il n’y a qu’une gloire, qui est éternelle ; et vous vous détacherez ainsi de bien des choses.
LXVIII. Que votre désir soit de voir Dieu ; votre crainte de le perdre ; votre douleur, de ne pas le posséder encore ; votre joie, de ce qui peut conduire à lui, et vous vivez dans une grande paix.» 94
- Des sources et des justifications de l’autoritarisme et des limites de sa spiritualité… (Cf. Femme Remarquable. Thérèse d’Avila, Stein Édith)

Être humain (Soi. Négation de) : 1973. Une triste expresion du déni de soi : Viens ! Viens ! chanté par Marie Laforêt. (Cf. Femmes)

Être humain (Soi. Nin Anaïs) : 1940. Anaïs Nin [1903-1977] , auteure, dans son Journal, en décembre 1940 de :
«Pour [X] la solution de tous ses problèmes est en dehors. Je vais jusqu’à l’autre extrême et je ne m’en prends qu’à moi-même et ne me considère jamais comme la victime de rien d’autre que ma propre faiblesse, mes propres failles.» 95

Être humain (Soi. Notoriété) : La notoriété satisfaite dévoile le vide qu’elle remplit.

Être humain (Soi. «Nous») : Il /elle disait «Nous». Qui était l’autre ?

Être humain (Soi. Orgueil) (1) : De l’orgueil ? Non : un jugement de valeur.

Être humain (Soi. Orgueil) (2) : Le défaut d’orgueil : un défaut de soi.

Être humain (Soi. Parler publiquement de / écrire sur) (1) : Incompatible avec la défense de ses idées. Tout affichage de soi [d’un soi réduit à soi?] délégitime les idées auxquelles on croit. (Cf. Penser. Idées. Force des)

Être humain (Soi. Parler publiquement de / écrire sur) (2) : Je ressens, sans pouvoir en exprimer clairement les raisons, qu’il y a quelque chose d’obscène à parler publiquement de soi. Mais, pourtant, n’est-ce pas, par des voies détournées, ce que je fais ici ? Et, ne me nourris-je pas quotidiennement des pensées, de la vie donc, telle que tant d’autres la vivent et [me] la présentent ? (Poursuivre)
* Ajout. 9 mars 2017. La conclusion, qu’en l’état, je dois tirer de cette contradiction serait-elle que la morale ne saurait être qu’individuelle ?
* Ajout. 26 juillet 2017. Olivier Faure, président du groupe parlementaire socialiste de l’Assemblée nationale, évoqua, concernant Emmanuel Macron, l’«indécence jouissance d’un pouvoir personnel». 96 (Poursuivre pour mieux comprendre le lien ici effectué)

Être humain (Soi. Parler publiquement de / écrire sur) (3) : Toute exposition de soi comporte nécessairement un coût personnel et, dans l’hypothèse où il est lié à un engagement (quel qu’il soit), un coût concernant le dit engagement. Un Coût ? ou plutôt une responsabilité qui engage.

Être humain (Soi. Parler publiquement de / écrire sur) (4) : Ne pas parler de soi ne signifie pas ne pas avoir de pensées personnelles.

Être humain (Soi. Parler publiquement de / écrire sur) (5) : Parler de soi est aussi (surtout ?) visible dans les lacunes, les manques, les contradictions, les non dits, les absences, les redondances, les confusions… (Cf. Penser. Contradiction)

Être humain (Soi. Parler publiquement de / écrire sur) (5) : La compréhension du monde est certes composé des [tentatives de] compréhensions de tout ce qui vit, mais elle n’est pas un agrégat de «soi[s]».

Être humain (Soi. «Pas seul») : 2016. Dans le cadre du débat organisé à la Sorbonne le 3 février 2016 : Qu’est ce qu’être Français, Alain Finkielkraut «philosophe et Académicien», auteur de :
«J’ose parler de moi, parce que je ne suis pas seul.» 97 (Cf. Homme «Intellectuel». France)

Être humain (Soi. Possessif) : Cf. Langage. «Possessif»

Être humain (Soi. Reconnaissance de) (1) : Aspirer à, espérer, croire en, attendre une reconnaissance, c’est se déconsidérer ; c’est, en sus, s’adapter aux conditions requises pour l’obtenir. Un long cheminement pour le comprendre.
* Ajout. 24 janvier 2015. François Mitterrand [1916-1996] concernant Jules Renard [1864-1910] : «Il n’a pas eu droit à la reconnaissance à laquelle il avait droit.» 98 Petit.

Être humain (Soi. Reconnaissance de) (2) : Aucune reconnaissance pour ‘service rendu’ n’est due.
* Ajout. 26 juin 2017. Lu cette appréciation de Julia Kristeva, en réaction à la question : «Est-il facile d’être une femme et d’être l’épouse de Philippe Sollers ?» : «Mon mari m’a aidée, il est sensible à ces problèmes. Il a su aider d’autres femmes qui lui doivent beaucoup99 (Cf. Homme. Intellectuel. Sollers Philippe)

Être humain (Soi. Reconnaissance de) (3) : Attendre [le plus souvent inconsciemment] une reconnaissance (de soi) - laquelle serait ou non censée être ‘due’ - ou plus fréquemment, ne pas savoir dissocier l’attente de sa réalisation, c’est fonder sa vie sur du sable mouvant qui, si souvent, engloutit.

Être humain (Soi. Refoulement) (1) : Ce n’est pas ‘la sexualité’, ni l’enfance, ni les traumatisme, ni les souvenirs, ni les actes, ni les pensées qui sont ‘refoulées’ (dans l’inconscient). C’est l’être humain, dans toutes ses composantes, ses aspirations, ses rêves, ses désirs, du fait de son histoire, son pays, sa religion ou non, sa famille, son origine sociale, son appartenance à l’être humain-e, homme ou femme, qui, contraint au monde, a dû s’y adapter et a donc dû refouler tout ce qui, en lui, en elle, ne pouvait, ne devait y trouver sa libre expression. (Cf. Politique, «Sciences» sociales. Psychanalyse)

Être humain (Soi. Refoulement) (2) : Le refoulement de soi ne supporte pas le réel de l’autre.

Être humain (Soi. Réfugié) : 2017. Un réfugié à Paris : «Quand on est tout sale, quand on est affamé, on se déteste soi même.» 100

Être humain (Soi. Représentation) : Se préserver de toute représentation de soi.

Être humain (Soi. Revenir à) : «Revenir à soi» : petitesse garantie ? Sauf concernant ceux et celles qui, en creusant, approfondissent le trou dans lequel ils / elles pénètrent - et en tachant de ne pas s’y perdre – tentent d’en élargir l’entrée ?

Être humain (Soi. Retz Cardinal de) : 1675-1677. Le Cardinal de Retz, [1613-1679], dans ses Mémoires, auteur de :
«[…] Un homme que ne se fie pas à soi-même ne se fie jamais véritablement à personne.» Et de :
«Il y a des gens qui préfèrent au succès la satisfaction qu’ils trouvent en eux mêmes» 101

Être humain (Soi. Rousseau Jean-Jacques) (1) : 1753. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], dans une lettre de «fin 1753» - «ni envoyée, ni imprimée» - adressée à Monsieur [Elie] Fréron [1718-1776] écrit :
«[…] Vous me reprochez, Monsieur, un crime dont je fais gloire et que je tâche d’aggraver de jour en jour. Il ne vous est pas sans doute aisé de concevoir comment on peut jouir de sa propre estime : mais afin, que vous ne fassiez pas faute [...], je vous déclare derechef très publiquement que je m’estime beaucoup ; et que je ne désespère pas de venir à bout de m’estimer beaucoup davantage. […]»
- Du même dans une lettre adressée, le 28 octobre 1754 à M. M [Perdriau] :
«[…] en toute chose, le blâme de l’univers entier me touche beaucoup moins que l’aveu de ma conscience.» 102 (Être humain. Conscience)

Être humain (Soi. Rousseau Jean-Jacques) (2) : 1762. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], dans une lettre à Malesherbes [1721-1794], en date du 28 janvier 1762, auteur de :
«Je ne [vous] déguiserai point que, malgré le sentiment des mes vices, j’ai pour moi une haute estime.» 103

Être humain (Soi. Rousseau Jean-Jacques) (3) : 1765-1767. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778] commence Les Confessions, en ces termes :
«Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple et dont l’exécution n’aura point d’imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de sa nature ; et cet homme, ce sera moi.
Moi seul. Je sens mon cœur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j’ai vus ; j’ose croire n’être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins, je suis autre.
[…]» 104

Être humain (Soi. Sand George) (1) : 1855. George Sand [1804-1876], auteure dans Histoire de ma vie, de :
- «Le mal que les autres peuvent me faire, à moi, je ne m’en suis jamais beaucoup aperçue.» :
- «La vie que je raconte ici était aussi bonne que possible à la surface. Il y avait pour moi du beau soleil pour mes enfants, sur mes amis, sur mon travail ; mais la vie que je ne raconte pas était voilée d’amertumes effroyables. Je me souviens d’un jour où, révoltée d’injustices sans nom qui, dans ma vie intime, m’arrivaient tout à coup de plusieurs côtés à la fois, je m’en allais pleurer dans le petit bois de mon jardin à Nohant […](Lire la suite où elle explique son refus de la «résignation».)
- «Ma vie, toujours active et rieuse à la surface, était devenue intérieurement plus douloureuse que jamais.» 105

Être humain (Soi. Sand George) (2) : 1855. George Sand [1804-1876], auteure de :
«[Concernant Balzac. 1799-1850] :
«Oui, oui, décidément, il aura tout l’avenir qu’il rêve : il comprend trop bien ce qui n’est pas lui, pour ne pas faire de lui-même une grand individualité106

Être humain (Soi. Sénèque) : 1er siècle après J.C. Lu dans Sénèque [4 avant J.C - 65 après J.C] : Évoquant une réponse du philosophe Stilpon (l’un des précurseurs du Stoïcisme) auquel il avait été demandé «s’il avait subi quelque perte», sa réponse fut :
«‘Non, j’ai tous mes biens avec moi.’»
Or, poursuit Sénèque, «son patrimoine [celui de Stilpon] faisait partie du butin, ses filles avaient été enlevées par l’ennemi, sa patrie tombait sous un joug étranger, et lui-même, un tyran environné de troupes victorieuses l’interrogeait du haut de son tribunal. […] Il avait conservé ses vrais biens, ceux dont nul ne peut se séparer.» 107
- Les ‘vertus’ du stoïcisme, au risque, ici exprimé, de la négation de tout (êtres et biens mêlés) ce qui n’est pas ‘soi’…

Être humain (Soi. Staël Madame de) : 1807. Madame de Staël [1766-1817], dans une lettre du 27 février 1807, à François Gautier-De Tournes, auteure de :
«[…] Je n’ai pas la moindre idée de moi relativement à moi.» 108 Intéressant…

Être humain (Soi. «T’es qui, toi ?») (1) :T’es qui, toi ? [Pour (me) parler ainsi] : excellente question. «À qui tu parles ?», aussi. Élargit considérablement le débat.
* Ajout. 3 octobre 2014. Peut aussi l’invalider : Lu ce jour, dans un débat sur l’Islam, aux fins de récuser un ‘adversaire’ : «Vous êtes quoi, un législateur universel qui décide de ce qui est bon ou non pour les autres peuples ?» (À poursuivre)
- Faire attention aux mots : le «quoi» qui remplace le «qui», le masculin qui exclue les femmes, le «peuple» non défini…

Être humain (Soi. «T’es qui, toi ?») (2) : 1987. René Rémond [1918-2007], historien, auteur de :
«Cette confiance dans l’objectivité (en histoire) a, il est vrai, subi des atteintes. […] Plus récemment l’esprit de 68 a radicalisé la critique : il n’est aucun de ceux qui ont eu alors des auditoires qui n’ait été sommé de s’expliquer sur ses «présupposés» : il leur a fallu indiquer, selon le jargon de l’époque fait d’emprunts à un pseudo vocabulaire philosophique ‘de quel lieu ils parlaient’.» 109
- Ce que René Rémond nomme «pseudo vocabulaire philosophique», n’était-ce pas plutôt une délégitimation de la prétention à «l’objectivité» ? un refus d’obéissance aux «savoirs» imposés ? une aspiration à une certaine idée de l’égalité ? Et dès lors, une exigence de rigueur, de méthode ? (Cf. Homme. Intellectuel. France. XXème siècle, «Sciences» sociales. Histoire)

Être humain (Soi. «Tout seul») : 2016. Dans le cadre de l’Université populaire de Caen, dans le cadre d’une séance publique consacrée au «temps» dans paragraphe consacré au «règne animal», concernant des «nymphes de cigales», Michel Onfray, auteur de :
«[…] Le cycle a lieu. Elles s’accouplent, elles copulent, elles pondent, elles meurent, elles s’accouplent à nouveau, elles copulent, elles pondent, elles meurent.» Un temps de pause : «Comme vous».
Un second temps de pause : «Pas comme moi.» [...] 110 (Cf. Homme «Intellectuel». Onfray Michel)

Être humain (Soi. Turpitude) : Nul ne doit se prévaloir de sa propre turpitude. Traduction du latin : «Nemo auditur propriam turpitudinem allegans».

Être humain (Soi. Vérité) : 1855. George Sand [1804-1876], au terme de son Histoire de ma vie, écrit : «J’ai beaucoup songé à ce qui est vrai, et dans cette recherche, le sentiment du moi s’efface chaque jour d’avantage111 (Cf. Penser. Vérité)

Être humain (Soi. Voltaire) : 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée le 29 mai 1759 à Ivan Ivanovitch Schouvalov, écrit fort justement :
«À parler sérieusement tout ce qui tend à nous faire trop valoir nous met toujours au-dessous de ce que nous sommes.» 112

Être humain (Soi. Weil Simone) : 1934. Simone Weil, [1909-1943], auteure, en 1934, de :
«Réagir contre la subordination de l’individu à la collectivité implique qu’on commence par refuser de subordonner sa propre destinée au cours de l’histoire113 Si je pense comprendre le refus de l’historicité marxiste de l’époque ici récusée, cette pensée ne ressort-elle pas d’une pensée tautologique ? (Cf. Penser. Politique)

III. Êtres humains. Vie-s

Être humain (Vie) (1) : Aucun rapport de domination ne recouvre l’entièreté d’une vie. Aucun rapport de pouvoir non plus. Mais aucune vie ne peut être pensée sans prendre en compte, et si possible comprendre (au mieux) et l’un et l’autre. (Cf. Patriarcat)

Être humain (Vie) (2) : Vivre sa vie comme une expérience de vie dans le monde.

Être humain (Vie) (3) : Vivre enrichit.

Être humain (Vie) (4) : Elle n’en finissait pas d’imaginer une autre vie. Car, à la fin, il fallait, soit en inaugurer une autre, soit prolonger la précédente.

Être humain (Vie. Lutte) : 1853. Victor Hugo [1802-1885], auteur dans Les châtiments, de : «Ceux qui vivent sont ceux qui luttent.»
- 2009. Commentaire (sur le net) de cette phrase par Marie Zulda Dubois (Port-au-Prince), le 3 mars 2009 :
«En Haïti, on voit le contraire, car ceux qui vivent ne luttent pas et ceux qui luttent ne vivent pas. J'avais beaucoup aimé ce poème, mais j'observe le contraire chez moi.» (Cf. Femme. Lutte, Politique)

Être humain (Vie. Mort) : Mourir, c’est vivre jusqu’au bout.

Être humain (Vie. Mort. Mandela Nelson ) : 1964. Nelson Mandela [1918-2013], en 1964, avant le verdict du procès qui devait le condamner à la prison à vie, auteur de :
«J’étais prêt à mourir parce que je savais que ma mort inspirerait la cause pour laquelle je donnais ma vie. Ma mort - nos morts - ne serait pas vaine ; nous servirions encore plus notre cause dans la mort, comme martyres, que nous ne pouvions la servir dans la vie.» 114

Être humain (Vie. Perdre sa vie à la gagner) : Slogan toujours valide, à ceci près que, de plus en plus, sont ceux et celles qui la perdre sans la gagner, ni même y gagner quoi que ce soit. Et, même, si souvent, en y perdant la vie. On peut à cet égard réfléchir sur le nombre de décès dans le monde du fait d’accidents du travail et des critères pour les faire ‘reconnaître’ comme tels…lorsque même l’hypothèse qu’il en existe, en soit acceptée.

Être humain (Vie - dite - privée) (1) : Vie, jamais définie, dans laquelle notamment les droits des hommes sur les femmes sont prémunis de toute interférence juridique indue. Quant à rechercher dans la «vie - dite - privée» d’une femme tout ce que l’on peut utiliser contre elle : c’est, depuis des siècles, la norme. Le concept de «vie privée» - dont même les lettres personnelles, leurs propres revenus, etc. ne leur appartenaient pas, ne s’appliquait et ne s’applique toujours pas aux femmes. (Cf. Droit)

Être humain (Vie - dite - privée) (2) : Quelle est la «vie privée» des femmes (des milliards) enfermées dans, assignées à, définies par, subsumées dans leur assignation à la sphère qualifiée, pour d’autres qu’elles-mêmes, de «privée» ? (Cf. Politique)

Être humain Famille (Vie - dite - privée) (3) : Encore trop souvent, on reproduit, par le langage, les schémas selon les quels les hommes auraient une vie dite-privée et les femmes, une vie dite-de-famille. Non sans contradictions, car «la famille» est censée être le lieu, la sphère, la structure du «privé»… (Cf. Êtres humains, Langage, Politique. Vie - dite - privée)

Être humain Famille (Vie - dite - privée) (4) : Les termes de «vie» et de «privé» ne peuvent coexister : ils ressortissant de sphères d’analyse différents. (Cf. Êtres humains, Hommes. Politique)

Être humain (Vie-dite-privée) (5) : Poser les contradictions entre «le droit à la vie privée» et la «citoyenneté» fait exploser et la «démocratie» et la «république», et les «droits de l’homme». Une Bastille à détruire, un monde à reconstruire sur ses ruines. Sur quelles bases, à partir de quoi, sont sans doute les principales questions politiques …(Cf. Politique)

Être humain (Vie - dite - privée) (6) : Se référer à la (sa) «vie privée», c’est s’interdire la (sa) pensée politique.

Être humain (Vie - dite - privée) (7) : La protection de la vie privée est au patriarcat ce que le secret bancaire est (était ?) à la Suisse, ce que sont les paradis fiscaux aux capitalisme financier.

Être humain (Vie - dite - privée) (8) : Après la fondamentale avancée féministe : «Le privé est politique», étape 2 : faire disparaître le concept même de «privé». Et refonder, après intégration de critiques féministes, une toute autre conception de l’être humain et de ses rapports au monde. (Poursuivre)

Être humain (Vie - dite - privée) (9) : Pour mieux comprendre ce que révèle l’expression : «la vie privée», tenter de révéler les processus mis en œuvre, lesquels ont fait évoluer la les ‘petits-à-côtés-de-la-vie-des-grands hommes, souvent hors champs familial et plus ou moins cachés - quelques femmes ayant ont pu y être adjointes - à la subversion de l’un des présupposés du patriarcat : la séparation privé / public. (Cf. Êtres humains, Hommes. Politique)

Être humain (Vie - dite - privée. Alain) : 1945. Alain [1866-1951], peut-on lire, épousa le 30 décembre 1945, à 77 ans, une femme autrefois aimée «afin de mettre un terme au désordre de sa vie privée.» 115 (Cf. Homme. Intellectuels, Famille, Politique)

Être humain (Vie - dite - privée. Camus Albert) : 1959. Albert Camus [1913-1960], en 1959, auteur de :
«Je lis souvent, sous des plumes austères, que des hommes d’action ayant quitté la vie publique se sont réfugiés ou se sont abrités dans leur vie privée. Il y a un peu de mépris, ne trouvez vous pas ?, dans ces termes de refuge  ou d’abri. De mépris, et l’un ne va pas sans l’autre, de sottise. Pour ma part, je connais au contraire, beaucoup plus d’hommes qui se sont réfugiés dans la vie publique pour échapper à leur vie privée. Les puissants par exemple, sont souvent des ratés du bonheur. De là vient qu’ils ne soient pas tendres !» 116

Être humain (Vie - dite - privée. Gaulle De Charles) (1) : 1986. Lu, concernant De Gaulle, dans le livre d’un des fils de Georges Bernanos consacré à son père :
«Signe d’estime et de confiance, de Gaulle tint à présenter à mon père, sa fille, Anne, handicapée117 (Cf. Êtres humains, Famille, Politique)

Être humain (Vie - dite - privée. Gaulle De Charles) (2) : 1958. Charles De Gaulle [1890-1970], dans ses Mémoires, écrit :
«Le Chancelier [Adenauer. 1876-1967] demande à me voir. C’est à Colombey-les-Deux-Eglises que je le reçois, les 14 et 15 septembre 1958. Il me semble, en effet, qu’il convient de donner à la rencontre une marque exceptionnelle et que, pour l’explication historique que vont avoir entre eux, au nom de leurs deux peuples, ce vieux Français et ce très vieil Allemand, le cadre d’une maison familiale a plus de signification que n’en aurait le décor d’un palais. Ma femme et moi faisons donc au Chancelier les modestes honneurs de La Boisserie [nom de la maison de Charles et Yvonne De Gaulle].» 118 (Cf. Êtres humains, Famille, Politique)

Être humain Famille (Vie - dite - privée. Duncan Isodora): Lu sur Wikipédia :
«La vie privée d'Isadora Duncan comporte de nombreux drames, spécialement après la noyade dans la Seine de Deirdre et Patrick [ses deux enfants] lors d'un accident survenu le 19 avril 1913.»
- Décidément, c’est le terme même et ce qu’il charrie de confusions qu’il faut revoir de fond en comble. (Cf. Êtres humains. Femme. Artiste, Famille)

Être humain (Vie - dite - privée. Hommes politiques français) (1) : Quelques exemples : la vie cachée, mensongère de Mitterrand et donc celle imposée à la mère de Mazarine et à Mazarine, sa fille ; le divorce de Clémenceau ; le président du Sénat Le Troquer et «les ballets roses» [1959] ; les «soirées» de Giscard ; la rupture de François Hollande avec Valérie Trierweiller ; les circonstances de la mort de Félix Faure ; Chirac et les femmes avec lesquelles il ‘couchait’, que nécessairement, pour certaines d’entre elles, il payait, ou que quelqu’un cherchait, lui livrait et sans doute payait en son nom et place (sur des fonds publics sans doute) ; sans omettre touts les bruits, les accusations plus ou moins explicites concernant tel ou tel homme politique. Et l’on voudrait continuer à nous faire accepter, de plus en plus difficilement il est vrai, ce concept qui couvre et justifie proxénétisme, violences à l’encontre des femmes, des mineur-es, mépris, mensonges, hypocrisie…. (Cf. Hommes. «Politiques». France)

Être humain (Vie - dite - privée. Hommes politiques français) (2) : 1901. Jaurès [1859-1914], en 1901, concernant la communion de sa fille accumula mensonges, démentis, mauvaise foi (non sans belles analyses formelles et inappropriées) pour en responsabiliser, bassement, «les femmes catholiques de France», en réalité, son épouse [qui récusa son interprétation] 119. Il eut cependant le mérite de ne pas évoquer sa ‘vie privée’ pour ne pas avoir à réagir.
Les opposants de Jaurès s’en étant donné à cœur joie, sur le mode : «Eh bien quoi ! Jaurès, pendant que vous nous faites manger du curé, vous faites bouffer le bon Dieu à vot’ demoiselle ?» 120 (Cf. Homme «Politique». France)

Être humain (Vie - dite - privée. Hommes politiques français) (3) : 2001. Lionel Jospin, au lendemain de ses révélations du Monde sur son militantisme Trotskyste («Lambertiste», plus précisément) qu’il avait dénié à plusieurs reprises, déclara : «[…] Et, dans la vie sociale et politique, je crois que ce qui est important, c’est ce qu’on fait, ce que l’on construit, ce qu’on assume, ce n’est pas ce qu’on pense aussi en secret, parce que là, c’est le lieu de l’intimité, du privé121
Il faut oser considérer un engagement Trotskyste comme tel.
Non, plus probablement, et plus grave, c’est ne pas se rendre compte de ce que l’on dit…(Cf. Hommes politiques. France. XXème siècle, Intellectuels. France. XXème siècle)

Être humain (Vie - dite - privée. Human’s Rights Watch) : 2014. Lu dans le Rapport Mondial 2014 de Human’s right’s watch, dans un paragraphe intitulé : «Un concept apparaît : le droit d’être laissé tranquille» :
«De nombreux pays reconnaissent depuis longtemps les valeurs qui sous-tendent le droit légal à la vie privée - l’honneur, la réputation, et le caractère sacré du foyer et de la vie de famille. Mais c’est aux États-Unis que se sont cristallisés des droits privés d’action pour défendre la vie privée, à la suite de l’appel lancé par Warren et Brandeis. […]» 122
- Comment peut-on écrire une telle succession d’énormités dignes de celles d’Amnesty International ? (Droit. Droits humains, Patriarcat, Violences. Patriarcales)

Être humain (Vie - dite - privée. Lénine) : 1935. Lu dans le livre de Nicolas Berdiaev [1874-1948], Les sources et le sens du communisme russe :
«Dans sa vie privée, Lénine appréciait l’ordre et la discipline, il avait le sens de la famille, se plaisait à travailler à son foyer […]» 123

Être humain (Vie - dite - privée. Mill Stuart) : 1861. Stuart Mill [1806-1873], auteur de :
«Personne ne désire que la loi intervienne dans tout le détail de la vie privée ; et cependant, chacune reconnaît que, dans toute sa conduite journalière, une personne peut se montrer et se montre en fait juste ou injuste.» 124

Être humain (Vie - dite - privée. Woolf Virginia) : 1977. Dans la préface au livre de Virginia Woolf [1882-1941], dans Trois guinées, Viviane Forrester «suggère que l’univers de la vie privée et celui de la vie publique sont inséparablement liés. Et que les tyrannies de l’un sont aussi les tyrannies et les servilités de l’autre.» 125
- Virginia Woolf fut-elle la première à affirmer cette si forte, si fondamentale assertion ? Et combien de femmes préalablement ne l’ont-elle pensé ?
* Ajout. 1er janvier 2018. Mais ce lien, cette équivalence sont-ils bien posés ? Non.

Être humain (Vie - dite - privée. Et Code civil) : Il y aurait, paraît-il, une «vie» dite «privée», laquelle se distingue mal de la «vie domestique», de la «vie quotidienne», de la «vie intérieure», de la «vie intime», de la «vie personnelle», de la «vie familiale»…
- Et tout ceci, c’est à dire «la vie» tout court, de nature différente par ailleurs selon que l’on est homme ou femme, est censé être régi par cette seule assertion de l’article 9 du seul Code civil : «Chacun a droit au respect de sa vie privée […]».
- Sans même évoquer les ténues applications de cet article, ni la jurisprudence le concernant, il faut dire clairement que le droit et les juristes qui le considèrent comme crédibles se fichent de nous.
- De fait, cet article - ou plutôt le ‘concept ‘ qu’il légitime - couvre crimes, violences, notamment toutes celles qui ont lieu dans le cadre de la «famille»…
- Tout le droit doit être revu à l’aune de l’abolition de la notion même de vie privée : vaste chantier qui exige d’abord que les pensées soient déverrouillées et le tabou brisé. (Cf. Famille)

Être humain (Vie - dite - privée. Et démocratie) : Toute évocation de «la vie privée» interdit d’emblée toute référence à la citoyenneté, telle que devant être conçue. Et lorsqu’elle est maintenue, elle délégitime tout apport critique, présenté comme progressiste. Elle dévoile enfin les fondements patriarcaux de la démocratie. Quelle est en effet la «vie privée» des femmes (des milliards) enfermées dans, assignées à, définies, subsumées par leur assignation à la sphère qualifiée, pour d’autres qu’elles-mêmes, de «privée» ? (Cf. Politique)

Être humain Vie (Refaire sa...) (1) : Ne se dit en général pas pour une femme, célibataire, épanouie, qui a - ou non - (plein d’) des amant-es : ne concerne que les autres, celles qui se passent, une seconde fois, la corde au cou.

Être humain Vie (Refaire sa...) (2) : 1804. Je lis dans le Journal intime de Benjamin Constant, en 1804 :
«Je reçois une lettre de Mme Dutertre [Charlotte de Hardenberg. 1769-1845]. En voilà une autre qui, avec un amour vif pour l’indépendance, ayant réussi à 25 ans à la reconquérir, et possédant avec cela une fortune considérable, s’empresse de regâter sa vie par un lien qui lui pèse aujourd’hui tout autant et plus que le premier. On ne voit que des gens qui ne savent pas tirer partie de leur situation
- Puis, le même Benjamin Constant, après qu’en 1808 il l’eut épousée (et après quelle eut, une seconde fois, divorcé) écrit en 1812 : «Pourquoi me suis-je remarié ? Sotte situation, sotte chaîne ! […]» 126
- Des limites de la lucidité… (Cf. Patriarcat. Mépris) (2)

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Notes de bas de page

1 Michel Foucault, Dits et écrits. 1954-1988.II. 1976-1988. Quarto Gallimard. 1735 p. 2001. p.1473

2 France Culture, Les pacifistes sont ils devenus inaudibles ? 3 août 2017

3 Le Monde Diplomatique. Éléments d’un verdict. Septembre 2017. p.26

4 George Sand, Lélia, D’un Lélia à l’autre. Garnier Flammarion. 601p. 1960. p.136

5 France Culture. Hors Champs. Erri De Luca. 7 octobre 2010.

6 Le Canard Enchaîné. Ça sert à quoi, que Nathan se décarcasse ? 20 septembre 2017. p.1

7 Ma double Vie. Mémoires de Sarah Bernhardt. Tome Deuxième. (Dixième mille) Bibliothèque Charpentier. 283p. 1923. p.269

8 George Bernanos, Journal d’un curé de campagne. Plon. 160ème mille. 366p. 1936. p.135

9 France Culture. À voix nue, Pierre Bourdieu. 2 février 1986. Réécoute le 8 mars 2016

10 Pierre Bourdieu, Choses dites. Les Éditions de Minuit. 230p. 1987. p.37

11 France Inter, Comme un bruit qui court. 30 septembre 2017

12 C.News. 4 juillet 2017. 17 h 50

13 France Culture. 7 juillet 2017. 06 h10

14 You Tube. 25 mai 2017

15 Expression de Christine Fauré concernant «la préoccupation calviniste» employée dans le cadre de sa présentation de Poulain de la Barre. In, Christine Fauré, La démocratie sans les femmes. Essai sur le libéralisme en France. P.U.F. 264 p. 1985. p.127

16 Didier Raymond, Schopenhauer, Écrivains de toujours. Seuil. 187p. 1995. p.84

17 Germaine de Staël, Considérations sur la révolution française. Tallandier. 693p. 1983. p.503

18 France Culture, Le bon plaisir d’Henri Guillemin. 1ère diffusion. 5 mai 1985. Réécoute, le 22 mai 2017

19 France Culture. Les pieds sur terre. La French connection. 16 mars 2017

20 A.S. Neill, Journal d’un instituteur de campagne. Petite bibliothèque Payot. 152p. 1975. p.101

21 Alice Miller, La connaissance interdite. Affronter les blessures de l’enfance dans la thérapie. Aubier. 246p. 1990. p. 97

22 Astolphe de Custine, Œuvres. La Russie en 1839. Classiques Garnier. 1168p. 2015. p.160

23 Les carnets de Leonard de Vinci. Préface de Paul Valéry. Tome 1. Gallimard. 532p. 1942. p.40

24 Voltaire, Correspondance. IV (janvier 1754-décembre 1757). La Pléiade. 1655p. 1978. p. 22 et p.1226 (Note)

25 Journal de l’abbé Mugnier.1879-1939. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 639p. 2007. p. 261, 262

26 Texte publié in extenso, in : Génération MLF [1968-2008]. Des Femmes. Antoinette Fouque. 615p. 2008. p.463 à 467

27 Elias Canetti, Le territoire de l’homme. In, Écrits autobiographiques. La Pochothèque. Albin Michel. 1492 p. 1998. p.971

28 Michelle Muller, ‘Pour la bibliothèque des voix’, devenir responsable, dit-elle. Génération MLF [1968-2008]. Des Femmes. Antoinette Fouque. 615p. 2008. p.145

29 Arte. Les salauds. Entretien avec Claire Denis. 14 décembre 2016

30 France Culture, Le règne de le séduction avec Gilles Lipovetsky. 5 décembre 2017

31 George Sand, Correspondance. Tome 9ème. Lettre à Pierre-Jules Hetzel, 29 décembre 1849. Garnier Flammarion. 1020p. 1972. p.389

32 France Culture, L’esprit public. Un bilan des huit ans de Barak Obama à la Maison Blanche. 17 juillet 2016

33 France Culture, Répliques. Poésie de la prose française. 23 juillet 2016

34 France Culture. Capitalisme et changement climatique. Terre à terre. 23 mai 2015

35 Le Canard enchaîné, Socialistes à indignation variable. 11 octobre 2017. é.2

36 George Sand, Œuvres autobiographiques. II. Histoire de ma vie, La Pléiade. 1638p. 2001. p.334

37 Antoine Garapon, Bien juger. Essai sur le rituel judiciaire. Éditions Odile Jacob. Opus. 355p. 1997. p.29, 242

38 Canal plus. Le grand journal. 19 juin 2015. 19 h 15

39 George Sand, Œuvres autobiographiques. I. Histoire de ma vie, La Pléiade. 1418p. 1978. p.773

40 France Info. 2 juillet 2017

41 Le Figaro. Prostitution, commissions occultes : les méthodes de Doyen Sports révélées par Football Leaks. 16 décembre 2016

42 Sylvina Boissonnas, Le pari de la maturation. Génération MLF [1968-2008]. Des Femmes. Antoinette Fouque. 615p. 2008. p.71

43 Radio Courtoisie. Le monde de la philosophie. 25 novembre 2017 (Ière diffusion : 3 septembre 2017)

44 Essais d’ego-Histoire. Réunis et présentés par Pierre Nora. NRF. Éditions Gallimard. 375p. 1987. p.62

45 Baltasar Graciàn [1601-1658], L’art de la prudence [anciennement dénommé : L’homme de cour], Rivage poche/ Petite bibliothèque. 300 p. 2010. p. 86 et 194

46 Antonio Gramsci, Lettres de prison. Les Éditions sociales. 310p. 1953. p.277,278

47 Robert Badinter, L’Abolition. Fayard. 237p. 2000. p.65, 66

48 Fondation Pierre Bergé

49 Entretien, octobre 1992. In, Laure Adler, Les femmes politiques. Points Actuels. Le Seuil. 278 p. 1994. p.137

50 Dominique Veillon, La mode comme pratique culturelle. In, (Sous la direction de Jean-Pierre Rioux), La vie culturelle sous Vichy. Éditions Complexe. 412p. 1990. p. 374, 375

51 Communiqué de la Marche Mondiale des femmes. Catastrophe du RANA PLAZA au Bengladesh. Trois ans après, nous n’oublions pas. 23 avril 2016

52 France Culture. Grande Traversée. À la recherche de Winston Churchill. 20 juillet 2015

53 France inter. Informations. 25 décembre 2017. 14 h.

54 Le Figaro, On n’est pas couché. Claire Chazal remplace Christine Angot le samedi 4 novembre 2017. 16 octobre 2017

55 Léon Poliakov, Bréviaire de la haine. Le IIIème Reich et les juifs. Le livre de poche. 505p. 1974. p.20, 96, 76 et 119

56 Charles De Gaulle, Mémoires. La Pléiade. 1505p. 2000. p.50

57 Radio Courtoisie. 22 décembre 2016. 19h 10.

58 France Culture, Lundi 8 mai. Penser la France. 15 personnalités ouvrent le quinquennat. 8 mai 2017

59 Périphéries. Gens de Bien. John Berger , écrivain britannique. «Le travail de l’écrivain, c’est de montrer qu’il n’y a pas un ‘eux’ et un ‘nous’ ». Octobre 1999

60 France Culture, Les pieds sur terre. Un millionnaire pour Noël. 19 décembre 2016. (1ère diffusion. 24 décembre 2012)

61 Brigitte, J’habite en bas de chez vous. Oh Éditions. France info. 268p. 2007. p. 266

62 France Culture, Touchés, Déshumanisés. 21 octobre 2017

63 Cité dans Georges Sadoul, Dictionnaire des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.291.

64 Adam Smith, Théorie des sentiments moraux. PUF. Quadrige. 469 p. 2010. p 235

65 Charles De Gaulle, Mémoires. La Pléiade. 1505p. 2000. p.1062

66 In, Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. p.74

67 France inter, Une semaine en France. 10 novembre 2017

68 Le Canard enchaîné. Médiator de se gêner. 25 octobre 2017. p.3

69 France Culture, Les pieds sur terre. Victime du Médiator. 24 octobre 2017

70 Hélène Berr, Journal. Points. Tallandier. 329p. 2009. p.111

71 Diderot, Correspondance. Lettre à Sophie Volland. 31 août 1776. Bouquins. Laffont. 1468p. 1997. p.966 et 973

72 Voltaire, Correspondance. XI. (Juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.79

73 Marguerite Audoux, Marie-Claire. Fasquelle. 214p. 1942. p.207,208

74 Alexandra David-Neel, Correspondance avec son mari. Édition intégrale. 1904-1941. Plon. 943p. 2001. p. 306

75 Yahoo. Actualité. Disparition du couturier Azzedine Alaï : ‘Il avait un amour de la féminité’ salue la ministre de la culture, Françoise Nyssen. 18 novembre 2017

76 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.624

77 France Culture, A voix nue. Christophe André. 3 au 7 avril 2017

78 Psycho-actif. Le blog de Christophe André. Grâce, sandales et chaussettes. 31 mars 2017

79 Robert Badinter, L’Abolition. Fayard. 2000. 237p.

80 Robert Badinter, L’Abolition. Fayard. 237p. 2000. p.65, 66, 187, 191

81 Marc Bloch, L’étrange défaite. 1940. E- booksgratits.com. p.1

82 Astolphe de Custine, Œuvres. La Russie en 1839. Classiques Garnier. 1168p. 2015. p.230

83 Charles De Gaulle, Mémoires. La Pléiade. 1505p. 2000. p.858

84 Charles De Gaulle, Mémoires. La Pléiade. 1505p. 2000. p.1168, 1231

85 Charles De Gaulle, Mémoires. La Pléiade. 2000. 1505p.

86 Lettres de Madame de Rémusat. 1804-1814. Tome I. 411p. 1881. p.124

87 Francis Ponge. Colloque de Cerisy. UGE.10 /18.1977. 435p. p.347

88 France Inter. Barbara en noir et blanc. 3 août 2012. 11 h 20

89 Victor Hugo, Choses vues. 1849-1885. Folio Gallimard. 1014p. 2010. p.454

90 Bloomberg Business Week, Tim Cook : «  I’m proud to be gay ». 30 octobre 2014

91 Le Point. Manuel Valls : «Les juifs de France peuvent porter avec fierté leur kippa.» 24 septembre 2012

92 Julien Green, Les années faciles. 1926-1934. Plon. 582p. 1970. p.329

93 Jacques Lacan, Propositions du 9 octobre. Silicet. N° 1. 1968. p.14,15

94 Œuvres de Sainte Thérèse, traduites sur les manuscrits originaux par le P. Marcel Bouix, de la compagnie de Jésus. 6ème édition, Tome II. Le livre des fondations. Paris. Librairie Victor Lecoffre. 515p.1884. p.49 à 502

95 Anaïs Nin. Journal. 1939-1944. Le livre de poche. 508p. 1971. p. 117

96 Le Canard enchaîné. 26 juillet 2017. p.2

97 France Culture, Les nouveaux chemins de la Connaissance. Qu’est ce qu’être Français, Rediffusion le 3 août 2016

98 France Culture. Une vie, une œuvre. Jules Renard. 11 novembre 1993. Rediffusé le 24 janvier 2015

99 In, Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. p.69

100 France Culture, Réfugiés : Le Paris fragmenté des réfugiés 2/5. 3 octobre 2017

101 Cardinal de Retz, Mémoires, La Pléiade. 1003p. 1950. p.508 et 751

102 Jean-Jacques Rousseau, Correspondance générale. Tome II. Classiques Garnier. 400p. 2012. p.53, 55, 130, 131

103 Jean-Jacques Rousseau, Lettres à Malesherbes. In Œuvres complètes. I. La Pléiade. NRF. Gallimard. 1969p. 1986. p.1143

104 Rousseau Jean-Jacques, Les Confessions. In, Œuvres complètes. I. La Pléiade. 1969 p. 1986. p.7

105 George Sand, Œuvres autobiographiques. II. Histoire de ma vie, La Pléiade. 1638p. 2001. p.95, 440, 447

106 George Sand, Œuvres autobiographiques. II. Histoire de ma vie, La Pléiade. 1638p. 2001. p.154

107 Source (oubliée) à retrouver.

108 Madame de Staël, Correspondance générale. Tome VI. Klincksieck. 671p. 1993. p.203

109 Essais d’ego-Histoire. (Sous la direction de Pierre Nora) N.R. F. Gallimard. 375p. 1987. p. 294, 295

110 France Culture, Brève encyclopédie du monde. Le pliage des forces et formes. 24 juillet 2016

111 George Sand, Œuvres autobiographiques. II. Histoire de ma vie, La Pléiade. 1638p. 2001. P.464

112 Voltaire, Correspondance. V. (Janvier 1758-Septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1988. p.500

113 Simone Weil, Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale. In, Œuvres. Quarto Gallimard. 1276p. 20003. p. 347

114 Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté. Le livre de poche. 767p. 200. p.453

115 Alain, Portraits de famille. Association des Amis du Musée Alain et de Mortagne. 187p. 2007. Cf. Notes autobiographiques de 1946. p.184

116 Archives INA. In, France Culture, Maria Casarès à Albert camus : ‘J’attends le miracle toujours renouvelé de ta présence. 10 novembre 2017

117 Jean-Loup Bernanos, Georges Bernanos, à la merci des passants. Plon. 505p. 1986. p. 428

118 Charles De Gaulle, Mémoires. La Pléiade. 1505p. 2000. p.1032

119 Entendu de la bouche d’un spécialistes de Jaurès, mais sans en trouver la source.

120 Site : Ranimer tous les soleils. Jaurès ou la nécessité du combats. Jaurès répond aux attaques sur la communion de sa fille.

121 Cité dans Edwy Plenel, Secrets de jeunesse. Stock. 250p. 2001. p.75

122 Human’s Right Watch. Rapport Mondial 2014 [Extraits en Français], Dina PoKempner, Le droit dont l’heure est revenue. Le respect de la vie privée à l’heure de la surveillance. 150p. 2014. p.19

123 Nicolas Berdiaev, Les sources et le sens du communisme russe. Idées NRF. 373p. 1963. p.226

124 Stuart Mill, L’utilitarisme. Champs Flammarion. 181p. 1988. p.128

125 Virginia Woolf, Trois Guinées. Des femmes. Préface de Viviane Forrester. 332p. 1977. p.260

126 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.64


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