Domination masculine. Patriarcat
 Marie-Victoire Louis

Etres humains

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 05/07/2017
date de publication : 05 juillet 2017
mise en ligne : 05/07/2017
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Extrait de l’Abécédaire féministe

À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 4264 items et 23 rubriques : I. «Culture» (178) ; II. Droit (90) ; III. Êtres humains (149) ; IV. Êtres humains. Corps (60) ; V. Êtres humains. Enfants (48) ; VI. Êtres humains. Femme-s (816) ; VII. Êtres humains. Homme-s (334) ; VIII. Êtres humains. Relations entre êtres humain-es (186) ; IX. Famille (183) ; X. Féminisme-s. Féministe-s (195) ; XI. Justice (203) ; XII. Langage (144) ; XIII. Patriarcat (200) ; XIV. Penser (334) ; XV. Politique (455) ; XVI. Pornographie (52) ; XVII. Proxénétisme (166) ; XVIII. «Sciences» sociales (79) ; XIX. «Sciences» Sociales (Démographie) (23) ; XX. «Sciences» sociales (Économie) (84) ; XXI. «Sciences» sociales (Histoire) (59) ; XXII. Sexe-s [Sexualité, Sexisme] (62) ; XXIII. Violences (164)… et continuera d’évoluer.

5 juillet 2017

III. Être-s humain-es

En noir. Items nouveaux (et modifiés)

I. Être humain : Être humain : Un préalable méthodologique ; Être humain (1,2,3) ; Être humain (Appartenance. Sentiment d’) ; Être humain (Autocritique. Bernhardt Sarah) ; Être humain (Autoritaire) (1,2) ; Être humain (Bernanos Georges) ; Être humain (Bourdieu Pierre) ; Être humain (Comment les faire disparaître) ; Être humain (Conscience) (1,2,3,4,5,6,7,8,9,10) ; Être humain (Conservateur) ; Être humain (Culpabilité) (1,2,3,4) ; Être humain (Désir) (1,2,3,4,5,6) ; Être humain (Domination. Jouissance de la) ; Être humain (Domination. Crainte de perdre son pouvoir) ; Être humain (Écologie) ; Être humain («Erreurs de ciblage») ; Être humain (Femme) ; Être humain (Femmes) (1,2,3) ; Être humain (Grossir/Maigrir) ; Être humain (Honnête) ; Être humain (Identité) ; Être humain (Indépendant-e) ; Être humain (Intuitions) ; Être humain (Lang Jack) ; Être humain (Macron Emmanuel) ; Être humain (Marchandisé) ; Être humain (Mémoire) ; Être humain (Miroir) ; Être humain (Mise à nu) ; Être humain (Mode) (1,2,3) ; Être humain (Mode. Histoire) (1,2) ; Être humain (Mode. Mort) (1,2) ; Être humain («Monde entier») ; Être humain (Mort) (1,2) ; Être humain (Nature) ; Être humain («Pâte humaine») ; Être humain (Pensée) ; Être humain («Personnalité») ; Être humain (Prestige) ; Être humain (Prise) ; Être humain (Qualificatif) ; Être humain (Saint-e) ; Être humain (Personne sans domicile fixe) (5) ; Être humain (Sens, sensible, sensuel) ; Être humain (Singulier) (1,2) ; Être humain (Vêtements) ; Être humain Visconti Lucchino)(76) ;

II. Être humain. Soi : Absence à (soi) ; Soi (Affirmation de) (1,2) ; Soi (André Christophe) ; Soi (Besoin de reconnaissance) (1,2) ; Soi (Compréhension de) ; Soi (Critique de) ; Soi (Conscience de) ; Soi (Dépression) ; Soi (Devenir) ; Soi (Don de) ; Soi (Écrits) ; Soi (Émotion) ; Soi (Émotions) (1,2) ; Soi (Erreur) ; Soi (Évidence de) ; Soi (Fierté de) ; Soi (Hugo Victor) ; Soi (Identité de) (1,2,3) ; Soi (Lacan) ; Soi (Monde) ; Soi (Monde intérieur) ; Soi (Négation de) (1,2) ; Soi (Notoriété) ; Soi («Nous») ; Soi (Orgueil) (1,2) ; Soi (Parler publiquement de / écrire sur) (1,2,3,4,5) ; Soi (Reconnaissance de) (1,2,3) ; Soi (Refoulement) (1,2) ; Soi (Représentation) ; Soi (Revenir à) ; Soi (Sénèque) ; Soi («T’es qui, toi ?») (1,2) ; Soi («Tout seul») ; Soi («Pas seul») ; Soi (Weil Simone) (49) ;

III. Être-s humain-es. Vie-s : Vie (1,2,3) ; Vie (Lutte) ; Vie (Mort) ; Vie. Mort (Nelson Mandela) ; Vie (Perdre sa vie à la gagner) ; Vie - dite - privée (1,2,3,4) ; Vie (Droit à la vie - dite - privée) ; Vie-dite-privée (Hommes politique français (1,2,3) ; Vie - dite - privée (Human’s Rights Watch) ; (Vie - dite - privée. Lénine) ; (Vie - dite - privée. Mill Stuart) ; Vie - dite - privée) et code civil ; Vie - dite - privée) et démocratie ; Refaire (sa) (21) ; .

IV. Être-s humain-s. Corps (10) : (Cf. Item : (Corps) : http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1217&mode=last ;

V. Être-s humain-es. Enfant-s (20)  (Cf. Item (Enfants) : http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1218&mode=last ;

VI. Être-s humain-es. (Femmes) (329) : http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1204&mode=last ; (Cf. Item: Femmes) ;

VII. Être-s humain-es. (Hommes) (162) : http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1205&mode=last (Cf. Item : Hommes) ;

VII. Êtres humains (Relations entre êtres humaines) (82) http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1219&mode=lastI (Cf. Item : Relations entre êtres humains)

5 juillet 2017 : 149 Items

I. Être humain :

Être humain. Un préalable méthodologique : Ce qui, pour moi, lie les êtres humains, irréductibles à aucun autre et identiques à tous les autres, entre eux n’est ni dieu, ni la raison, ni l’histoire, ni la science, ni le progrès, ni l’histoire, ni la nation, ni l’état, ni le droit, ni ‘le sexe’…; ce qui lie les êtres humains entre eux, c’est le fait d’être des êtres humains pensants [et non des «sujets pensants», ni des «individus dépositaires de la raison»], le qualificatif étant consubstantiel au substantif. Poser donc, non pas : «Je pense donc je suis», mais : «Nous sommes tous et toutes des êtres humains pensants», ce qui incidemment, exclue dès lors, le qualificatif de penseurs-euses, d’intellectuel-les.
- Ce postulat posé, implique d’isoler donc rigoureusement les «êtres humains pensants», des «êtres vivants», des «êtres sexués», ce qui a pour conséquence de nous différencier et de la «nature» et des «animaux». Et bien évidemment des biens.
- Ce postulat posé, implique donc - concernant la pensée féministe - non pas de partir d’une interrogation sur «les femmes», mais de préalablement rechercher ce que les femmes auraient, en tant que partie prenantes de la communauté des êtres humain-es, en commun avec les hommes, et ce en quoi elles doivent en être différenciées.
- Ce postulat posé, nous savons que, depuis des millénaires, les êtres humains, hommes et femmes sont issus de, ont été formés et structurés par des sociétés qui se sont historiquement différenciées et qui ont créés des modalités de vies spécifiques. Ce sont bien ces structures qui sont à l’origine et au fondement de toute contraintes, celle de vivre, de se reproduire, de produire. Les pouvoirs que ces structures - toutes de domination, incarnées par les religions, les États, les puissances économiques, et intériorisées et vécues par chacun-e d’entre nous ont progressivement construits doivent sans cesse modeler, dominer, contrôler, formater les êtres humains, canaliser leurs pensées, leurs aspirations, au gré et en fonction de ses intérêts, de manière, pensent-ils, à rendre leur pouvoirs sinon légitimes, du moins non radicalement contestés. À ces pouvoirs, les êtres humain-es tout à la fois s’adaptent et résistent. Aussi, si aucun-e être humain-e ne peut être pris en compte indépendamment de ces rapports de domination, aucun-e n’est pour autant réductible aux sociétés au sein desquelles il/elle vit et meurt.
- Ce postulat posé, il est alors possible de proposer une analyse féministe qui affirme - et recherche en quoi, comment, pourquoi - que le patriarcat est au fondement et au cœur de toutes ces structures.
- Il importe enfin de penser les conséquences de ce postulat : rechercher d’abord et prendre en compte ce qui nous lie, en tant qu’êtres humains pensants, ce que nous avons donc tous et toutes en commun, pour dans un second temps, interroger ce qui nous différencie, nous oppose, collectivement et singulièrement, n’est pas simple jeu de mots. (Cf. Êtres humains. Corps, Patriarcat, Politique, Proxénétisme, Sexe-s […] ) (À prolonger, reprendre)

Être humain (1) : Pour les libéraux (entre autres…) : «capital humain», «potentiel créatif», «profil intéressant», «part de marché», «producteur», «agent» [de l’État, de sécurité…], «agent économique, mais aussi «agent démocratique», «acteur», «client», «consommateur», «source», «produit», «cas», «dossier», «problème», «victime», «facteur» [variable], «donnée» [statistique, virtuelle, inscrite dans des flux], «opportunité», «fraction [d’une foule]» (entendu 26 juin 2015] …c’est selon. Et, in fine, un «obstacle» au libre échange, devenu couteux, superflu, inutile ? Et dont on ne sait plus que faire…
* Ajout. 27 février 2015. En sus : «auteur», «opérateur», «collaborateur», «associé», «salarié», «leader», «sponsor», «parrain», «chef [religieux, tribal]», «donateur», «actionnaire», «médiateur», mais aussi, considéré comme gênant, dont on ne sait que faire, dangereux, voire ‘inutile’ : «indigène», «étranger», «migrant», «réfugié», «demandeur d’asile», «dissident », «looser», «sans droit», «cible», dès lors, plus aisément, «déplacé», «naufragé», «disparu», «abattu», «trafiqué»… (Cf. Culture, Langage. «Cas», Politique. Démocratie, «Sciences» sociales. Économie)

Être humain (2) : Réintégrer le sexe dans le corps qu’il n’aurait jamais dû quitter ; réintégrer le corps dans l’être humain dont il n’aurait jamais dû être dissocié. (Cf. Être humain. Corps, Patriarcat, «Sciences» sociales. Psychanalyse, Sexe-s)

Être humain (3) : Le dualisme cartésien avait construit une opposition binaire entre le corps et l’esprit (en rupture avec «l’âme»). Le libéralisme vend, loue, prête, échange, charcute, s’approprie l’être humain, soit en totalité, soit à la découpe, pour tel ou tel organe, telle ou telle fonction. Et pour ce faire il se doit de légitimer la séparation de l’être humain et de son corps. (Cf. Être humain. Corps, Proxénétisme)

Être humain (Appartenance sentiment d’) : Erri De Luca, évoquant ses relations avec la ville de Naples et ses habitant-es, distingue le «sentiment d’appartenance» du «sentiment de provenance» 1 : une distinction intéressante, mais aisément et dangereusement utilisable dans la cadre du processus politique au sein duquel nous vivons, qui n’a de cesse d’isoler, de séparer, d’atomiser, d’opposer entre eux les êtres humains.

Être humain (Autocritique. Bernhardt Sarah) : Sarah Bernhardt [1844-1923], auteure dans ses Mémoires de : «[…] Furieuse contre ma prétentieuse coquetterie, honteuse de ma faiblesse qui me faisait ronronner aux flatteries basses et mensongères des gens qui se moquaient de moi, je résolus de rester ainsi (habillée dans un suroit de caoutchouc imposé pour s’approcher les chutes du Niagara) pour calmer mon orgueil stupide2
- L’analyse à laquelle procède Sarah Bernhart dépasse l’objet dérisoire de sa décision. (Cf. Femme. Artiste, Penser. Pensée. Bernhardt Sarah)

Être humain (Autoritaire) (1) : Un être humain autoritaire : un être humain dépourvu d’autorité ; qui plus est, le dévoilant.

Être humain (Autoritaire) (2) : [Un homme, en l’occurrence] Il nomme, il choisit, il exclue, il licencie. Il décide des séquences, rectifie une intonation, récuse une information, dénonce une idée, arrête un argumentaire. Il reprend les réponses, réinterprète les analyses, crée le doute met en contradiction, reformule, corrige, répète, insiste. Il donne, retire, coupe la parole, fait les synthèses. Il ramène au sujet, le redéfinit, le modifie. Il reformule un commentaire pertinent s’il n’en est pas l’auteur. Il prescrit, donne des ordres, c’est selon, et peut même formuler, comme si elles étaient dépourvues de toute signification, de terrifiantes menaces. Pris sur le fait, il se prémunit de toute critique, et s’excuse d’une erreur mineure pour mieux mettre en valeur sa capacité à reconnaître ses fautes, ce qu’il ne fait jamais, bien sûr. Mais la menace est toujours là. Lorsque l’adversaire doit être ménagé ou ne peut être contesté, il ronge son frein ; on l’entend souffrir. Il lui arrive de fondre inopinément comme un oiseau de proie sur un cobaye soit pour lui extorquer un assentiment impossible, en l’état, à refuser. Tout ceci dépend bien entendu de la valeur qu’il accorde à la personne qui parle. Il balaie les doutes que pourraient susciter ses affirmations aussi brutales qu’infondées, par la répétition, le haussement de ton, l’humiliation si nécessaire. Il aime mettre en défaut. Il impose son vocabulaire, ses citations, ses auteurs, ses livres, ses préférences, ses goûts, ses souvenirs, ses idées. Pour cela, quelques paradoxes, quelques fortes originalités qui laissaient sans voix s’avèrent fort utiles. Relevant de la même tactique, il parsème, comme si elles relevaient de l’évidence, l’affirmation de ses analyses politiques, qu’il est exclu de reprendre, a fortiori d’interroger, et donc hors champ de toute critique. Tout cela est possible au simple prix de quelques cajoleries pour les plus faibles, aussi fausses qu’il est odieux. Et, bien évidemment, tout enfin s’accompagne d’un immense mépris des femmes, d’une insondable grossièreté, en rien pour lui incompatible avec ce qu’il considère comme émanant d’un homme censé incarner la courtoisie.
-Il m’arrive souvent de penser à la vie de son épouse et de ses enfants.

Être humain (Bernanos Georges) : Georges Bernanos [1888-1948], auteur dans le Journal d’un curé de campagne [1936] de : «Je crois, je suis sûr que beaucoup d’hommes n’engagent jamais leur être, leur sincérité profonde. Ils vivent à la surface d’eux mêmes ; et le sol humain est si riche que cette mince couche superficielle leur suffit pour une maigre moisson, qui donne l’illusion d’une véritable destinée.» 3

Être humain (Bourdieu Pierre) : Pierre Bourdieu [1930-2002], auteur de : «On ne nait pas le sujet de ses pensées. On devient le sujet de ses pensées à condition [il évoque alors aussi «la psychanalyse, etc.»] de se réapproprier la connaissance de ses déterminismes.» 4 Après avoir lu Bourdieu ? (Cf. «Sciences» Sociales. Sociologie)

Être humain (Comment les faire disparaître) : Entendu le 4 juillet 2017 : «Ce pays est pourri de dettes et de chômeurs.» 5

Être humain (Conscience) (1) : Et si - aussi occupée, accaparée, annexée, intoxiquée, exploitée, confisquée, dominée soit-elle, toute imprégnée donc de patriarcat, de libéralisme, de rationalisme, de nationalisme - la recherche de la vérité n’était-elle pas d’abord à rechercher dans la conscience de chacun-e, conscience de soi mais surtout conscience de soi dans le monde ?
Cette analyse (cette évidence ?) n’exclue en rien celles fondées sur des approches en termes de «systèmes» politiques, économiques, linguistiques, historiques.
La «reconquête d’une intériorité perdue, sclérosée par le dogme» 6 et la compréhension de soi dans le monde et du monde en soi sont indissociables. (À prolonger). (Cf. Êtres humains. Enfants. Conscience de soi, Politique. Loi. Patriarcat. Crise de conscience)
* Ajout. 14 juin 2015. «Éclairs à jamais momentanés / Illuminez ces clairs replis de la conscience». (Boris Pasternak ? source non retrouvée)
* Ajout. 17 mai 2017. Je lis : «En avril 1837, la société royale de Norvège mit au concours la question suivante : ‘Le libre arbitre peut-il être démontré par le témoignage de la conscience ?’ » 7

Être humain (Conscience) (2) : [Suite] Tout être humain a une conscience. Nécessairement singulière. C’est elle, le joyau de l’être, qu’il faut chercher…la sienne, nécessairement indissociable de celle de l’autre.
- Grandiloquent…Le laisse pour autant en l’état, en attendant…

Être humain (Conscience) (3) : Madame de Staël [1766-1817], auteure de : «Il est une fermeté d’âme que la conscience seule peut donner.» 8

Être humain (Conscience) (4) : Jacques Masia, présenté comme «l’un des dernier survivants de la French connection, spécialiste du transport maritime de l’héroïne», auteur, au terme de sa vie, de : «La morale, moi, je connais pas la morale…[…] À l’école, on n’apprenait pas la morale […], Je sais pas, je sais pas….La morale, avec qui la morale ? Comment je peux sentir la morale ? Vous sentez quoi dans la morale ? […] Je sais pas ..La mauvais conscience, je sais pas, j’ai jamais eu ça…On m’a jamais dit si j’avais la conscience ou pas la conscience...» 9

Être humain (Conscience) (5) : A.S. Neill [1883-1973], dans le Journal d’un instituteur de campagne, le livre qui a précédé Libres enfants de Summerhill, auteur de : «Dans mon Utopie, l’examen de conscience sera le seul examen qui comptera.» 10 (Cf. Êtres humains. Enfants, Penser)

Être humain (Conscience) (6) : [Suite] La recherche de l’inconscient ne mène pas à la recherche de la conscience. (À prolonger) (Cf. Psychanalyse)

Être humain (Conscience) (7) : [Suite] La recherche de sa conscience n’est pas synonyme, ni même équivalente à celle de la recherche de sens (de la vie, de donner sens à sa vie, du monde…) (À prolonger)

Être humain (Conscience) (8) : [Suite] Comment [tenter de] dissocier sa propre conscience de la conscience de soi, et, elles deux, de la représentation, consciente inconsciente, de soi ? Insoluble, mais poser le problème n’est pas inutile…

Être humain (Conscience) (9) : Affirmer «la liberté de conscience» est-ce exclure la nécessité de la libération (de la recherche ?) de la conscience ? En grande part, oui. (À prolonger)

Être humain (Conscience) (10) : Henri Guillemin [1903-1992], attaché culturel à l’Ambassade de France à Berne (C.H) se souviens : «[…] Peu à peu les choses sont devenues compliquées parce qu’il y a eu la guerre d’Algérie. […] Comme j’allais dans le monde, on me posait des questions. Nous avions ordre de dire que la France garderait perpétuellement en Algérie. Ce qui était contraire à mes idées. Alors c’était très, très embêtant. Lorsqu’on m’interrogeait et j’étais obligé de répondre contre ma conscience. J’ai été très content de me retirer en 1963.» 11

Être humain (Conservateur) : Confronté-e à la possibilité d’un choix qui pouvait lui permettre un autre futur, il/ elle n’avait de cesse de chercher dans le, dans son passé tout ce qui pouvait en invalider l’éventualité.
Les exemple, par centaines, apparaissaient afin de justifier le maintien du statu quo.
Et si il/elle n’en cherchait pas les raisons, son inconscient s’en chargeait.
- Est-il nécessaire de préciser que nous sommes tous et toutes concerné-es ?

Être humain (Culpabilité) (1) : On peut se sentir coupable de crimes que l’on n’a pas commis, et même d’avoir été victime ; de n’avoir pas empêché un crime ; d’avoir survécu ; de n’avoir pas su, de n’avoir pas dénoncé ; de parler, de ne pas pouvoir, de ne pas savoir parler ; de comprendre et de ne pas comprendre ; de transmettre et de ne pas transmettre à d’autres ; d’oublier et de ne pas oublier ; d’avoir encore espoir et de n’en plus avoir ; de vivre et de ne pas vivre (au mieux, au moins mal)…
La charge de clarifier cette complexité incombe à tous /toutes.
Aussi, pour [se] sortir de ces poids inutile et injuste, nécessité d’y voir plus clair dans ces confusions. (Cf. Justice, Penser)

Être humain (Culpabilité) (2) : Se sentir coupable interdit de poser clairement la question de sa propre responsabilité. Et donc de celle d’autrui. Se sentir coupable n’est nuisible qu’à soi. Se sentir coupable, déresponsabilise, ce qui n’est pas le moindre de ses dangers…

Être humain (Culpabilité) (3) : Transférer aux seules victimes - qui, si souvent, se ‘sentent’ coupables - la responsabilité de leur situation juge celui/celle qui les en responsabilise. Il faut cesser de poser le lien entre victime et culpabilité. Pour cela, il faut repenser et le droit et la justice et la morale…(à poursuivre, à reprendre) (Cf. Justice. Jacqueline Sauvage (19) Penser)

Être humain (Culpabilité) (4) : Alice Miller [1923-2010], auteure de : «Il est plus facile, il est toujours, malgré tout, plus facile, de se vivre comme coupable que de savoir et de ressentir que l’on est une victime innocente qui doit s’attendre à la torture et à la persécution.» 12 Ou, plus couramment, au déni et à l’humiliation…
- Mais est ce si sûr que cela ?

Être humain (Désir) (1) : Léonard de Vinci [1452-1519], auteur de : «De même que la nourriture prise sans appétit est nuisible à la santé, ainsi l’étude sans désir altère la mémoire et l’empêche d’assimiler ce qu’elle absorbe13 Juste critique, notamment de l’Éducation nationale, ou plutôt, plus largement, toute pédagogie...

Être humain (Désir) (2) : Claire Denis, réalisatrice, auteure de : «Le désir, c’est une chose ; la réalisation du désir, c’est autre chose.» 14 Simple, mais juste. (Cf. Culture. Cinéma)

Être humain (Désir) (3) : Lu dans le Journal de l’abbé Mugnier [1853-1944], à la date du 20 juin 1914, un échange entre Jean Cocteau [1889-1963] et lui : «Il m’a dit des mots charmants. Je cite : ‘On voudrait s’ouvrir aux êtres, comme une grenade’. Et moi, je lui dit l’impossibilité de la chose. ‘Il n’y a que le désir, ajoutais-je, parce que, dans le désir, il n’y a que soi tandis que dans la possession on est deux. C’est le pluriel qui est l’obstacle.’» 15 Profond.
- Ou plutôt, relativise, pour le moins - en réalité détruit - les analyses fondées sur «le désir»..

Être humain (Désir) (4) : Chaque désir réalisé, c’est une porte qui s’ouvre pour les suivants …

Être humain (Désir) (5) : Elias Canetti [1905-1994], auteur de : «L’homme le plus bas : celui dont tous les désirs ont été rassasiés.» 16

Être humain (Désir) (6) : Un monde fondé sur le désir : un lâcher de hyènes…(Cf. Politique)

Être humain (Domination. Jouissance de la) : Jouissance de faibles (d’esprit). Entre autres…
- Pour complexifier, affiner le constat, Cf. George Sand [1804-1876] : «On est dominé toujours par les êtres faibles.» 17 Ouvre de très larges perspectives critiques, notamment pour les femmes dénonçant les violences patriarcales. Enrichit le ‘concept’ de victime. (Cf. Homme (Remarquable. Dudevant Casimir, Féminisme. Victimaire, Violences. Patriarcales)

Être humain (Domination. Crainte de perdre son pouvoir) : Deux exemples entendus sur France Culture à une semaine d’intervalle (17 et 23 juillet 2016) :
- Un (ex) ambassadeur de France, présenté généralement comme le spécialiste de son ‘sujet’, participe à un débat au cours duquel une femme est spécifiquement invitée en tant que spécialiste ‘patentée’ dudit sujet. Il était de coutume, à ce double titre, dans cette émission de débats, que la déférence lui était due. Une discussion, pourtant fort contrôlée en termes de prise de parole, s’engage [se prolonge ?] entre elle et la troisième invitée. On entend alors l‘ex-Ambassadeur, évoquer sa «modestie» pour mieux marquer l’incongru de sa situation, prendre la parole ainsi : «Si je puis donner mon modeste avis dans cette conversation, je donne tout à fait raison à ...»18
- Autre émission de France Culture, l’animateur, se sentant sans doute un peu dépassé par ses deux invités, reprend, lui aussi la parole après avoir - honnêtement ? - dit : «Pour ne pas être tout à fait laissé en rade […]» 19

Être humain (Écologie) : Naomi Klein, à l’occasion de la sortie de son livre Tout peut changer, évoque : «les soins apportés à la personne» comme étant «peu consommateurs de carbone». 20 Des risques d’une vision exclusive et donc totalisante du monde, ici écologique… (Cf. Femmes. Care, Politique)

Être humain («Erreurs de ciblage») : Nous sommes tous et toute devenu-es de potentielles «erreurs de ciblage». Écrit à la suite des premiers ‘arguments’ invoqués par les armés - dites ‘forces armées’ - dites de ‘la coalition’, en d’autres termes par l’OTAN, suite au bombardements de l’hôpital MSF (Médecins sans frontières) de Kunduz en Afghanistan le 3 octobre 2015.

Être humain (Femme) : Un femme n’est ni un sexe, ni un corps, ni un visage, ni, ni … Toute définition d’un seule d’entre ces expressions nie sa qualité première : celle d’être, comme chaque homme, un être humain pensant. [Après avoir vu : «Qu’est-ce qu’être une femme ? Réponses de femmes (Notre corps, notre sexe)», dans le «Ciné tract» d’Agnès Varda. 1975] (Cf. Culture. Cinéma, Femmes, Patriarcat. Paternalisme)

Être humain (Femmes) (1) : Lors de la première conférence inaugurale à la Sorbonne, le 5 novembre 1906, présentée par une femme, Marie Curie [1867-1934], le chroniqueur du Journal écrivit le lendemain : «Si la femme est admise à donner l’enseignement supérieur aux étudiants de deux sexes, où sera désormais le prétendue supériorité de l’homme mâle ? En vérité je vous le dit : le temps est proche où les femmes deviendront des êtres humains21 À lire non pas seulement comme une aberration (jugée anachronique), mais comme une vérité (au moins partielle) afin d’enrichir la réflexion du fait des questions que cette phrase pose. …(Cf. Femmes, Patriarcat, «Sciences» humaines)

Être humain (Femmes) (2) : Concernant Nicole Le Douarin (chercheuse en biologie du développement et en embryologie), lu dans le livre de Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête : «Sa conviction profonde acquise dès l’enfance a toujours été qu’une femme est ‘un être humain comme un autre, indépendant, qui en doit jamais se trouver devant l’obligation de demander de l’argent à son mari». 22
Un «être humain» se suffit à lui, à elle-même ; le «comme un autre» est de trop……(Cf. Femmes, Patriarcat, «Sciences» humaines)

Être humain (Femmes) (3) : Lu dans le livre de Marie-Claire Hook-Demarle, La femme au temps de Goethe : «Peu à peu, entre Goethe [1749-1832] et les femmes de son temps s’est crée une osmose où les femmes réelles puisent des modèles dans une œuvre qu’elles ont souvent inspirée. Elle se retrouvent à travers des héroïnes telles qu’elles voulaient être et non telles qu’elles furent. Elles s’intéressaient à ses personnages féminins comme s’il y allait d’êtres humains. […]» 23 (Cf. Patriarcat. Filliation)

Être humain (Grossir / Maigrir) : S’exprimer, faute de savoir, de pouvoir parler, d’être entendu-e, compris-e, respecté-e, encouragé-e, aimé-e.
- À toutes fins utiles, le moyen le plus efficace pour perdre des kilos considérés comme malséants est de se lancer dans la quête d’un-e amant-e. Résultats non garantis…

Être humain (Honnête) : Il est fréquent que l’on ne soit «honnête» que par couardise.

Être humain (Identité) : La logique du marché est qu’après avoir fragmenté l’«identité» à l’infini, afin de la rendre la plus fonctionnelle possible, il ne soit plus possible de la recomposer. Mais, si l’on est conscient des processus que l’on veut nous imposer, on peut bien sûr récuser cette fragmentation. (Cf. Être humain. Corps, Penser (Ambition) (3))

Être humain (Indépendant-e) : S’affirmer, se considérer comme «indépendant-e» (et/ou libre) ; c’est nier tous les rapports de pouvoir. Une circonstance aggravante pour une féministe ?

Être humain (Intuitions) : Les intuitions : l’émergence de l’inconscient qui aspire à se faire entendre.
- Les intuitions des femmes, lorsqu’évoquées, le sont le plus souvent pour dévaluer, récuser la «raison» des femmes. Cet argument patriarcal exclu, il serait bien de ré-apprendre à reconnaître, à comprendre, avec respect et circonspection, nos intuitions ; et, bien sûr, à les critiquer, notamment dans le décryptage de la construction de leur historicité. Il faut redécouvrir la validité des intuitions, et pour cela apprendre à libérer, et donc à choisir, sélectionner, hiérarchiser les différentes strates de chapes de plombs qui les ont étouffées (leurs contradictions donc bien sûr) et dévoiler la richesse de leurs potentialités.

Être humain (Lang Jack) : Jack Lang (ancien ministre de la Culture), interrogé sur les menaces de destruction concernant des ruines romaines de Palmyre (Syrie) et les morts dans cette même ville (plus de cent mort-es), du fait de son occupation militaire par Daech, en mai 2015, auteur de : «Les monuments et les êtres humains, c’est la même chose.» 24 (Cf. Culture, Homme «Politique» France)

Être humain (Macron Emmanuel) : Emmanuel Macron a opposé, le 29 juin 2017, «les gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien». 25 Et certain-es ont considéré qu’il exprimait ainsi une réaction, une morgue «de classe»…

Être humain (Marchandisé) : Lu dans Le Figaro : «On apprend que Doyen Sports, dirigé par une fratrie d'oligarques kazakho-turcs, a recours à des prostituées, aux paradis fiscaux et aux commissions occultes pour parvenir à vendre des joueurs en effectuant de grosses plus-values.» 26 (Cf. Langage. Proxénétisme, «Sciences» sociales. Économie)

Être humain (Mémoire) : Pierre Chaunu [1923-2900], historien, auteur de : «J’ai cru longtemps que la mémoire servait à se souvenir, je sais maintenant qu’elle sert surtout à oublier.» 27 Intéressant…ou : banal ? ou : du fait de sa généralisation : faux ? (Cf. «Sciences» sociales. Histoire)

Être humain (Miroir) : «Il y a des miroirs pour le visage, mais il n’y en a point pour l’esprit.» Puis, du même Baltasar Graciàn [1601-1658] : «Que le sage se mire tous les jours au miroir de sa réflexion.» 28 Intéressant, là encore… (Cf. Femmes. Beauté, Penser)

Être humain (Mise à nu des êtres) : La mise à nu des êtres - afin notamment de connaître leurs failles et d’être à même de les utiliser contre eux - est une nécessité pour notre monde libéral-proxénète, lequel ne considère pas pour autant qu’il puisse, de ce fait, être délégitimé lorsqu’il se fait le parangon de la dénonciation du voile islamique, pourtant deux versants de la domination patriarcale. (Cf. Êtres Humains. Corps. Nudité, Femme. Star, Proxénétisme, Sexe)

Être humain (Mode) (1) : La mode a pour effet de transformer les femmes en moutons de Panurge, bêlants, mais frisottés. Les hommes les rejoignent.
Beaucoup, heureusement, échappent à, refusent ces assignations par l’apparence. (Cf., Femme. Démodée. Femmes. Beauté. Voilées)

Être humain (Mode) (2) : Yves Saint Laurent [1936-2008], auteur, en 1983, de : «Rien n'est plus beau qu'un corps nu. Le plus beau vêtement qui puisse habiller une femme, ce sont les bras de l'homme qu'elle aime. Mais pour celles qui n'ont pas eu la chance de trouver ce bonheur, je suis là». 29
Commentaire superflu ? à moins que l’on ne soit confronté-es à l’énormité de l’affirmation laquelle provoque souvent une logique de sidération…(Cf. Êtres Humains. Corps. Nudité, Homme. Modeste, Patriarcat)

Être humain (Mode) (3) : «C’est à la mode» ; «C’est démodé» : autant de pseudo constats qui sont autant d’injonctions politiques qui mithridatisent les effets de l’autoritarisme et du suivisme et qui contribuent à la perpétuation de l’évidence de la négation de soi…
- À cet égard, mais à bien d’autres aussi, l’émission de M6 Les reines du shopping de Cristina Córdula, est une émission éminemment politique. [Autorité incontestée et incontestable, injonctions normatives non justifiées, infantilisation, abêtissement, dramatisation d’enjeux dérisoires, arbitraire laissé à l’appréciation de chacun-e, mise en concurrence systématique, appât du gain, jeux de rôles contraints…]

Être humain (Mode. Histoire) (1) : Dominique Veillon, dans un texte intitulé «La mode comme pratique culturelle», concernant Vichy, la guerre et l’après guerre, écrit notamment ceci : «Lorsque s’achève le conflit, la mode n’a plus la même signification qu’en 1939 : elle a amorcé un tournant que souligne l’apparition d’une ‘mode de guerre’ bien particulière. Avec un trois fois rien de tissu, des semelles de bois, des chapeaux de papier, la femme sut rester coquette malgré tout. […] À la Libération […] La robe rallonge, c’est le retour à une féminité épanouie que traduisent les jupes larges comme des coroles et des corsages bustiers. À partir de 1947, la guerre est bien finie, le new look peut triompher30
- Des femmes et de la mode et des effets de leurs mise en relation…(Cf. Culture, Politique. Guerre, «Sciences» sociales. Histoire)

Être humain (Mode. Histoire) (2) : Pour relativiser, historiciser, relativiser ce que l’on appelle «la mode», sans omettre les effets de la guerre, voici ce dont se souviens Marie-Madeleine Dienesch [1914-1998], Résistante, membre de la première Assemblée consultative, lorsque elle a pénétré avec Marianne Verger [? - ?] et Gilberte Brossolette [1905-2004], la première fois pour des femmes - à l’Assemblée : «Nous avions une réunion de groupe, c’est là que j’ai vu tous les anciens députés qui nous regardaient avec un sourire désabusé, d’autant plus qu’en ces temps-là, autant que je m’en souvienne, nous étions mal habillées : moi, j’avais des chaussettes de coton, c’était la guerre, je n’avais pas de bas, ma tant de Lisieux m’avait tricoté une paire de chaussettes qui me montaient au moins jusqu’aux genoux, c’était déjà un miracle ! Je me rappelle que j’avais une jupe marron qui n’était pas trop longue, qui faisait juste la jonction avec les chaussettes, et je portais une blouse confectionnée par une de mes amies qui avait de vieilles pièces de tissu qui lui restaient. À la Libération, les femmes n’avaient pas grand-chose, on n’avait même rien du tout.» 31 (Cf. Femmes. Politiques, Hommes. Politiques, Politique. Guerre, «Sciences» sociales. Histoire)

Être humain (Mode. Mort) (1) : Lu le 23 avril 2016 : «Le 24 avril 2013, l’effondrement de l’immeuble Rana Plaza, dans les faubourgs de Dacca capitale du Bengladesh, avait provoqué la mort de 1136 ouvrièr-es du textile, parmi lesquels une majorité de femmes, et fait près de 1500 blessé-es. Ce drame fut le pire accident industriel de l’histoire du pays et l’un des plus graves qui se soit produit dans le monde. Cette tragédie a montré au grand jour les conditions de travail déplorables des 4 millions d’ouvrièr-es du secteur textile alors que le Bengladesh, deuxième plus grand exportateur mondial du secteur, fabrique à tour de bras des vêtements pour les distributeurs occidentaux : Auchan, Carrefour, Benetton, Mango, Primark, HM et Walmark. Ces marques vendent à une clientèle occidentale des vêtements confectionnés dans des conditions de grande insécurité. Les pressions pour minimiser les coûts de production, pour augmenter les marges bénéficiaires, pour faire baisser les prix, ont un coût la, vie des travailleur-ses pauvres du textile. 41 responsables ont été inculpés, un Fonds d’indemnisation mis en place sous l’égide de l’OIT est estimé à 40 millions de dollars. Des associations - Sherpa, Peuples Solidaires, Collectif Ethique sur Etiquette - se sont portées parties civiles afin de déposer une plainte pour pratiques commerciales trompeuses contre Auchan et ses soit disant engagements éthiques. Malgré tout cela, la situation ne s’est pas beaucoup améliorée : les salaires excessivement bas – 68 dollars par mois) ont été très insuffisamment augmentés ; les travaux de rénovation tardent a être réalisés ; dans de nombreuses usines les travailleur-ses ne peuvent pas évacuer les lieux en sécurité en cas d’incendie ou d’accident ; les machines sont hautement inflammables. Depuis le drame du Rana Plaza, les incendies et les explosions continuent de dévaster le secteur. Plusieurs témoignages de salarié-es attestent que les machines à coudre sont dangereuses, brûlantes, et prennent feu. D’autres informent que 700 personnes par étage travaillent dans leur usine. Cette logique des marges bénéficiaires démesurées au détriment de la santé, de la sécurité et de la vie des femmes et des hommes qui travaillent, est mortifère et criminelle.»[…] 32

Être humain (Mode. Mort) (2) : Lu sur une pancarte dans une manifestation suite à l’effondrement le 24 avril 2013 au Bengladesh du Rana Plaza : «No one should die for fashion» [«Personne ne devrait mourir pour la mode»).

Être humain («Monde entier») : Entendu, lors du reportage de l’ORTF, le 30 janvier 1965 concernant les funérailles de Churchill [1874-1965], évoquer «un parterre de rois, de princes, de présidents, d’hommes politiques, de diplomates. Bref le monde entier. 113 pays en tout cas…». Si souvent, ces si évidents et grossiers amalgames sont le présupposé de tant d’analyses, dites politiques. (Politique. État. Peuple, Patriarcat) 33

Être humain (Mort) (1) : La mort ouvre la voie au pardon ? à l‘oubli ? au regret ? à la clairvoyance ? à la régression ? , à la culpabilité ? à l’expiation ? au souvenir ?, à la libération ? , à la joie ? …

Être humain (Mort) (2) : Les mort-es, pas plus que les vivant-es, n’appartiennent à personne.

Être humain (Nature) : Faire référence à la «nature» d’emblée récuse toute explication analytique d’un être humain, d’une femme plus spécifiquement. Rousseau et Sade (entre autres) s’y réfèrent pourtant pour fonder leurs analyses.

Être humain («Pâte humaine») : Un financier, gestionnaire de fonds privés en 2016 sur Radio Courtoisie [Radio d’extrême droite] : «C’est la pâte humaine qui m’intéresse.» 34 (Cf. «Sciences» sociales. Économie)
* Ajout. 16 janvier 2017. La même expression est employée par Léon Poliakov dans son Bréviaire de la haine : il évoque «la pâte humaine» [qu’Hitler «travaillait»], puis celle de «substance humaine». Mais le terme officiel qu’utilisait les Nazis était : «matériel humain» [«Menschenmaterial»]. 35

Être humain (Pensée) : C’est d’abord, et avant tout, la pensée, qu’ils ont en commun, qui lie les êtres humains entre eux/elles. Dès lors, l’idée même d’intellectuel-le, dépourvue de sens, doit être récusée. Tout le monde pense et réfléchit. Aussi, la place exorbitante conférée aux «intellectuel-les», à ceux et celles censée-es «penser», est une place retirée à tous les autres, tout aussi légitimes qu’eux à parler… (Cf. Être humain. Un préalable méthodologique. Penser)

Être humain («Personnalité») : Lu sur France Culture, le lendemain de l’élection présidentielle (7 mai 2017) : Sous l’intitulé : Penser la France, on lit annoncé : «Lundi 8 mai. Penser la France. 15 personnalités ouvrent le quinquennat
Les noms avancés n’importent plus. C’est l’idée même de «personnalités» [qui ont remplacé les intellectuel-les] qui doit disparaître.
- France Culture, et plus globalement les médias ont fort à faire….
- Les profonds bouleversements actuels de la société français ne concernent pas que «la politique»…qui, elle-même, n’en est qu’un reflet. 36

Être humain (Prestige) : Il n’y aucun prestige, aucune fierté à être [devenu-e]. (Juste ?) (Cf. Être humain. Identité. Soi. Langage. Verbe. Être)

Être humain (Prise) : Ne jamais laisser prise. En totale confiance : donner prise ? Non. À comparer avec les si fréquentes et irresponsables injonctions à «lâcher prise» qui donne tout pouvoir à celui/celle qui veut exercer un pouvoir sur l’autre.

Être humain (Qualificatif) : Tout ajout d’un qualificatif (‘féministe’ inclus) à celui censé qualifier un être humain court le risque de tuer la pensée d’un être humain pensant. Exemple : Un homme «intelligent»…

Être humain (Saint-e) : Entre la canonisation et le bûcher, l’entre deux est mince. Comme en politique, on passe très vite du statut de ‘grand’ homme à celui de renégat, de traitre, de salaud....

Être humain (Personne sans domicile fixe) (1) : Tout regard détourné d’une personne sans domicile fixe : une humanité prise en défaut ; une capacité d’analyse dévoyée. Vrai aussi pour migrant-es, sans papiers-ères, réfugié-es…
* Ajout. 30 septembre 2016. Une fois écrit cela, comment penser, vivre avec les assassinats quotidiennement perpétrés à Alep ?

Être humain (Personne sans domicile fixe) (2) : John Berger [1926-2017], concernant son roman King, auteur de : «La nouvelle pauvreté n’est pas un phénomène marginal du nouvel ordre économique mondial, mais au contraire absolument central. En Europe, où les SDF en sont l’expression la plus extrême, la plus visible, personne ne peut l’ignorer. Bien sûr, on peut fermer les yeux. Mais si on ferme les yeux, c’est qu’on a déjà vu quelque chose qu’on ne veut pas voir...[...] Le fossé entre ces idéaux éthiques et la nouvelle pauvreté est si énorme, que je ne comprends pas pourquoi tous les écrivains ne s’emparent pas du sujet. Je ne comprends pas comment on peut éviter une réalité aussi écrasante.» 37

Être humain (Personne sans domicile fixe) (3) : Lu dans le livre de Brigitte J’habite en bas de chez vous, qui vécu trois ans dans la rue : «Devant un sans abri, je m’arrête toujours, même si je ne peux rien lui donner. Je ne le rejette pas. Je me renie pas. Dire ‘Bonjour’, serrer la main, ne pas hésiter à le regarder dans les yeux : c’est une forme de respect, je le sais trop bien. […]» 38 (Cf. Être humain. SDF)

Être humain (Personne sans domicile fixe) (4) : Un homme très, très riche, catholique, en 2012, concernant les SDF avec lesquels, «pour répondre à l’appel de notre cardinal» il mangeait, dormait quelques nuits dans la crypte chauffée de sa paroisse, «de la mi décembre à ma mi-mars», auteur de : «[…] C’est différent du confort d’un hôtel particulier. […] Ce que j’espère donner, c’est du réconfort à cette personne en lui montrant que, pour nous aussi, c’est un humain. On va dormir avec elle, comme vous tiendriez la main à quelqu’un qui souffre. Ca relève de la solidarité, en termes chrétien de la charité de la charité…l’amour de dieu, l’amour du prochain.» 39
- Pour information, pour lui, la fiscalité «pour les très riches» est «monstrueu[se]», et il pense, au nom de sa vision de «la vraie solidarité» que de l’impôt - qui «s’exprime de façon autoritaire» - devrait être «volontaire». C’est-à-dire facultatif. (Cf. Femmes. Charité, Penser. SDF, «Sciences» sociales. Économie)

Être humain (Personne sans domicile fixe) (5) : [4 juin 2017]. Je reviens du marché. Un homme me demande de l’aider. Je refuse. Il me traite d’«égoïste». Il avait raison. (Cf. Injure)

Être humain (Sens, sensible, sensuel) : Subsumer les sens, le sensible, le sensuel au sein du ‘sexuel’ est criminel. Plus clairement, un déni de l’être. (Cf. Sexe-s […])

Être humain (Singulier) (1) : Il / elle estimait n’avoir ni à être jugée par, ni à être comparé-e à autrui. Il / elle estimait ni se singulariser, ni n’être singulier-ère, pas même seul-e. Juste un être humain.

Être humain (Singulier) (2) : Vouloir être admis, c’est s’abaisser ; vouloir s’intégrer, c’est disparaître ; vouloir s’assimiler, c’est se nier.

Être humain (Vêtements) : Devraient servir à (mieux) se sentir bien, à l’intérieur de soi. Non : en soi.
- Cf. Diderot [1713-1784] : «Je vis beaucoup dans ma robe de chambre» ; «Je suis trois à quatre jours de suite enfermé dans la robe de chambre.» 40
- Cf. Sœur Désirée-des-Anges, à l’orphelinat de l’Hôpital général de Bourges, dans le roman autobiographique de Margueritte Audoux [1863-1937], Marie-Claire [1910] : «Une seule chose lui paraissait ennuyeuse dans la vie : c’était son costume de religieuse. Elle le trouvait lourd et incommode ; elle disait avec une expression de lassitude : ‘Quand je m’habille, il me semble que je me mets dans une maison où il fait toujours noir’. Elle s’en débarrassait très vite le soir, et elle était tout heureuse de marcher dans la chambre en costume de nuit. Elle disait avec sa petite moue : «’Je commence à m’y faire, mais dans les premiers temps, la cornette m’écorchait la joue, et la robe me tirait les épaules en bas’41

Être humain (Visconti Lucchino) : Lucchino Visconti [1906-1976], auteur de : «L’expérience m’a enseigné que le poids de l’être humain, sa présence, sont les seules choses qui comptent vraiment sur l’écran.» 42 (Cf. Culture. Cinéma)

II. Être humain (Soi) :

Être humain (Soi. Absence à) : Vouloir conformer l’autre (le monde) à sa volonté (son désir..) révèle l’absence à soi.

Être humain (Soi. Affirmation de) (1) : Chercher à s’affirmer, c’est afficher l’insécurité de ses engagements.

Être humain (Soi. Affirmation de) (2) : S’afficher, se monter, se mettre en avant exprime la [une ?] dissociation de soi par rapport au monde. La solidarité de destin est d’emblée exclue ? malmenée ?, inappropriée ? Interrogée tout au moins…

Être humain (Soi. André Christophe) : Christophe André est notamment présenté par France Culture (du 3 au 7 avril 2017) ainsi : «Depuis une vingtaine d'années, il est l'auteur de nombreux livres qui traitent de l'estime de soi, du bonheur, de la sagesse ; mais aussi des méthodes qu'il emploie au sein de son service (la méditation ou la psychologie positive).» 43 Il est aussi l’auteur sur son blog, le 31 mars 2017, concernant un moine qui l’avait «subjugué» : «Je me demande à quoi ressemble l’estime de soi de Frère Guillaume ? Aucune idée, ou plutôt si : il est au-delà de ça. Il a des années-lumière d’avance sur nous, mon ami, moi-même et sans doute bon nombre de personnes du public, qui chante de bon cœur. Il s’est débarrassé de lui-même. Je ne sais pas si son modèle est accessible pour nous autres, qui n’avons pas embrassé la carrière religieuse. Mais il est inspirant et éclairant44
- L’ultime épanouissement de soi : la disparition de soi… (Cf. Êtres humains. Corps. Émotion)

Être humain (Soi. Besoin de reconnaissance) (1) : Le besoin de reconnaissance (par les autres) qui révèle une faiblesse de soi ne se résous que par un retour sur soi (dans le monde). (Cf. Soi. Reconnaissance)

Être humain (Soi. Besoin de reconnaissance) (2) : Toute sa vie, il/ elle avait aspiré à une reconnaissance dont il/elle estimait ne pas avoir bénéficié. Faute d’en avoir conscience, un jour, pensant l’obtenir, il/elle brisa tout ce qui l’entourait : il/elle n’obtint que la reconnaissance de sa capacité de nuisance.

Être humain (Soi. Compréhension de) : Croire que l’on est compris-e est le comble du mépris de l’autre ; ou plutôt, moins violemment, signifie la non prise en compte de l’autre ?

Être humain (Soi. Critique de) : Toute critique de l’autre est [nécessairement] critique de soi. Pourrait, si consciente, permettre de freiner la croissance des injures… (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Injure)

Être humain (Soi. Conscience de) : Pour s’approcher de la conscience de soi, nécessité de libérer en soi la conscience de soi par l’autre.

Être humain (Soi. Dépression) : Combien de diagnostics de «dépressions» au lieu et place de la simple reconnaissance du besoin de repli sur soi, en soi, de s’isoler, de se retirer - un temps ? - du monde, de se construire un refuge, de signifier : «Je ne ‘joue’ plus», «Je ne veux plus, je ne peux plus me battre», «Je voudrais juste de la tranquillité» ; «J’ai envie d’oublier, que l’on m’oublie…». Mais aussi, «Je veux prendre le temps», «Je veux digérer, absorber, intégrer en moi ce qui est arrivé», «J’ai besoin de distance, de recul, de temps pour accéder à la lucidité nécessaire à une autre, une nouvelle définition de moi-même dans le monde.»… (Cf. «Sciences» sociales. Psychanalyse)
* Ajout. 17 mai 2017. Et, en sus : «Les douleurs dont ma vie est faite sont trop lourdes pour moi» ; «elles dépassent mes forces» ; «Je n’y vois aucune solution» ; «Je lâche les amarres» ; «Je me déleste de tous les poids qui m’étouffent  et m’empêchent de vivre» ; «Je me retire là où cela est, pour moi, le moins insupportable»…Dans l’attente de …

Être humain (Soi. Devenir) : Avancer sur le projet de parvenir au plus plein de soi en faisant sa juste place à la nécessité de faire le vide en soi de tant de scories accumulées et intériorisées depuis des siècles. S’invisibiliser pour voir ? ; se taire pour entendre ? ; se retirer pour comprendre ? À ces questions, la recherche d’une reconnaissance de soi par l’autre est dirimante.

Être humain (Soi. Don de) : Madame de Rémusat [1780-1821], se remémorant sa vie avant d’épouser son mari auquel elle est toujours très attachée lui écrit en 1805 : «Il me semblait qu’en te donnant mon affection, c’était te donner ton bien45 Terrifiant…

Être humain (Soi. Écrits) : Francis Ponge [1899-1988] invité à parler dans un colloque qui lui était consacré, répondit : «Je m’excuse, mais je ne parlerai pas. Mes textes parlent pour moi.» Sage. 46

Être humain (Soi. Émotion) : Le spectacle de l’émotion remplace le vécu de la sensibilité. Banal, certes, mais politiquement éclairant… Ceci dit, de plus en plus, les médias créent ce spectacle, et souvent même, créent, avec l’image, le commentaire - de l’émotion - sur l’image…

Être humain (Soi. Émotions) (1) : Sans capacité d’émergence de ses propres émotions, il n’y a pas d’intelligence possible. Si ce constat est juste, il doit alors relativiser le ‘concept’ même d’intelligence - qui a fondé tant de hiérarchies et légitimé tant d’erreurs, tant d’horreurs - et qui fut pensé, imposé sans même que cette question ne soit posée. (Cf. Êtres humains. Corps. Émotions, Politique. Valeur)

Être humain (Soi. Émotions) (2) : Lu : «Nous avons entrouvert la porte à nos émotions. Nous avons baissé la garde.» Ou comment recomposer le mythe de l’homme fort, et dès lors de l’être humain dépourvu d’émotions, de sensibilité et donc d’intelligence…(Cf. Êtres humains. Corps. Émotions) (Poursuivre)

Être humain (Soi. Erreur) : Barbara [1930-1997], auteure de : «Il faut faire ses erreurs soi-même. » Plus que sage : condition nécessaire préalable à toute avancée personnelle. 47

Être humain (Soi. Évidence de) : L’évidence de soi : nécessairement, l’impensé du monde.

Être humain (Soi. Fierté de) : La fierté de soi anéantit le mépris. (Cf. Politique. Mépris)

Être humain (Soi. Identité de) (1) : Aucune identité ne peut justifier une quelconque fierté.

Être humain (Soi. Identité) (2) : Le patron d’Apple, Tim Cook se déclare «fier d’être gay». 48

Être humain (Soi. Identité) (3) : Manuel Valls, alors ministre de l’intérieur, auteur de : «Les juifs de France peuvent porter avec fierté leur kippa. » 49

Être humain (Soi. Identité. Hugo Victor) : Victor Hugo, auteur de : «C’est au-dedans de soi qu’il faut regarder le dehors.» 50 Puissant ?

Être humain (Soi. Lacan) : En réaction à l’assertion - totalitaire ? autocratique ? stupide ? infantile ? - de Jacques Lacan [1901-1981] «Le psychanalyste ne s’autorise que de lui même» 51 : on ne peut ‘s’autoriser de soi’ que vis-à-vis de soi. En d’autres termes : apprendre à dire «Je». (Cf. Psychanalyse)

Être humain (Soi. Monde) : Un être humain, fusse t-il le plus ‘ouvert’ au monde, ne peut pas comprendre en quoi, comment, pourquoi, sur quels fondements le monde construit, façonne, unit, oppose les êtres humains entre eux, pourquoi les guerres ne cessent pas…etc., etc..…
Reconnaître et donc rechercher ses limites prémunit de la présomption intellectuelle.

Être humain (Soi. Monde intérieur) : En delà et au deçà des relations, des oppositions entre conscience et inconscience, ne faudrait-il pas poser les relations, les oppositions entre monde extérieur [à soi] et monde intérieur [de soi] ? Évidence ? banalité ?

Être humain (Soi. Négation de) (1) : La négation de soi a été - et est encore largement - la culture, la norme, la morale imposée aux femmes dans le monde, lesquelles étaient censées pleinement s’y réaliser.
Argument qui, pour aussi aberrant soit-il, a largement fait ses preuves en termes d’efficacité.

Être humain (Soi. Négation de) (2) : Cf., une sélection des «Avis» de Thérèse d’Avila [1515-1582] «à ses religieuses» :
III. Quand vous serez avec plusieurs, parlez toujours peu.
IV. Conduisez vous avec une grande modestie dans toutes vos actions, dans tous vos rapports avec les autres.
V. Ne contestez jamais beaucoup, principalement en des choses importantes.
VIII. Ne reprenez jamais personne qu’avec discrétion et humilité, et avec une confusion secrète de vos propres défauts.
IX. Accommodez vous à l’humeur des personnes avec qui vous traiterez : soyez joyeuses avec celles qui sont dans la joie et tristes avec ceux qui sont dans la tristesse ; en fin , faites vous tout à tous pour les gagner tous.
XI. Ne vous excusez jamais, à moins qu’il n’y ait une grande raison de le faire.
XII. Ne parlez jamais de ce qui peut vous attirer quelques louange, comme de votre savoir, de vos vertus, de votre naissance, à moins que vous n’ayez sujet d’espérer que cela pourra être utile ; et alors il faut le faire avec humilité, et en vous souvenant que c’est de la main de Dieu que vous tenez ces dons.
XVI. Ne vous mêlez jamais de donner voter avis su quoi que ce soit, à moins qu’on ne vous le demande ou que la charité ne l’exige.
XIX. Gardez fidèlement votre cellule, et n’en sortez point sans sujet ; et lorsque vous serez obligées d’en sortit, demandez à Dieu de ne point l’offenser.
XXII. N’écoutez jamais dire du mal de personne et n’en dites jamais, si ce n’est de vous même ; lorsque vous prendrez plaisir à agir de la sorte, vous avancerez beaucoup.
XXIV. Lorsque vous serez dans la joie, ne vous laissez pas aller à des ris immodérés ; mais que votre joie soit humble, modeste, affable et édifiante.
XXVI. Soyez toujours prête à obéir, comme si Jésus-Christ lui-même vous commandait par l’organe de votre supérieur.
XXXIII. Fuyez toujours la singularité, autant qu’il vous sera possible, parce que c’est un grand mal dans une communauté.
XXXIV. Lisez souvent les constitutions et la règle de votre ordre et gardez les fidèlement.
XL. Lorsque vous êtes à table, ne parlez à personne et tenez les yeux modestement baissés sans regardez qui que ce soit […].
XLII. Ne faites jamais rien que vous en puissiez faire en présence de tout le monde.
XLIII. Ne faites point de comparaison entre les personnes parce que les comparaisons sont odieuses.
XLIV. Quand on vous reprend sur quelque point, recevez la correction avec une vraie humilité intérieure et extérieure, et priez Dieu pour la personne qui vous l’a faite.
XLV. Quand un supérieur vous commande une chose, ne dites pas qu’un autre a commandé le contraire ; mais pensez qu’ils ont tous de saintes intentions, et faites ce que l’on vous ordonne.
XLVI.
Évitez de parler ou de vous informer avec curiosité, des choses qui ne vous regardent point.
L. Ne cessez jamais de vous humilier, et de vous mortifier en toutes choses, jusqu’à la mort.
LIV. Soyez douce à l’égard de tout le monde, et sévère avec vous-même.
LVIII. Quand vous serez à la tête d’une maison, ne reprenez jamais personne avec colère, mais attendez qu’elle soit passée ; et, de cette manière, la correction sera utile.
LXVII. Ne parlez point de vos tentations et de vos fautes à celles de vos sœurs qui sont les moins avancées, parce que cela leur nuirait ainsi qu’à vous ; mais n’en parlez qu’aux plus parfaites.
LXVII. Souvenez vous que vous n’avez qu’une âme ; que vous ne devez mourir qu’une fois ; que vous n’avez qu’une vie, qui est courte ; et qu’il n’y a qu’une gloire, qui est éternelle ; et vous vous détacherez ainsi de bien des choses.
LXVIII. Que votre désir soit de voir Dieu ; votre crainte de le perdre ; votre douleur, de ne pas le posséder encore ; votre joie, de ce qui peut conduire à lui, et vous vivez dans une grande paix.» 52 
- Des sources et des justifications de l’autoritarisme et des limites de sa spiritualité… (Cf. Femme Remarquable. Thérèse d’Avila, Stein Édith)

Être humain (Soi. Notoriété) : La notoriété satisfaite dévoile le vide qu’elle remplit.

Être humain (Soi. «Nous») : Il disait «Nous». Qui était l’autre ?

Être humain (Soi. Orgueil) (1) : De l’orgueil ? Non : un jugement de valeur.

Être humain (Soi. Orgueil) (2) : Le défaut d’orgueil : un défaut de soi.

Être humain (Soi. Parler publiquement de / écrire sur) (1) : Incompatible avec la défense de ses idées. Tout affichage de soi [d’un soi réduit à soi?] délégitime les idées auxquelles on croit. (Cf. Penser. Idées. Force des)

Être humain (Soi. Parler publiquement de / écrire sur) (2) : Je ressens, sans pouvoir en exprimer clairement les raisons, qu’il y a quelque chose d’obscène à parler publiquement de soi. Mais, pourtant, n’est-ce pas, par des voies détournées, ce que je fais ici ? Et, ne me nourris-je pas quotidiennement des pensées, de la vie donc, telle que tant d’autres la vivent et [me] la présentent ? (Poursuivre)
* Ajout. 9 mars 2017. La conclusion, qu’en l’état, je dois tirer de cette apparente contradiction est que la morale ne saurait être qu’individuelle.

Être humain (Soi. Parler publiquement de / écrire sur) (3) : Ne pas parler de soi ne signifie pas ne pas avoir de pensées personnelles.

Être humain (Soi. Parler publiquement de / écrire sur) (4) : Parler de soi est aussi (surtout ?) visible dans les lacunes, les manques, les contradictions, les non dits, les absences, les redondances, les confusions… (Cf. Penser. Contradiction)

Être humain (Soi. Parler publiquement de / écrire sur) (5) : La compréhension du monde est certes composé des [tentatives de] compréhensions de tout ce qui vit, mais elle n’est pas un agrégat de «soi[s]».

Être humain (Soi. Reconnaissance de) (1) : Aspirer à, espérer, croire en, attendre une reconnaissance, c’est se déconsidérer ; c’est, en sus, s’adapter aux conditions requises pour l’obtenir. Un long cheminement pour le comprendre.
* Ajout. 24 janvier 2015. François Mitterrand [1916-1996] concernant Jules Renard [1864-1910] : «Il n’a pas eu droit à la reconnaissance à laquelle il avait droit.» 53 Petit.

Être humain (Soi. Reconnaissance de) (2) : Aucune reconnaissance pour ‘service rendu’ n’est due.
* Ajout. 26 juin 2017. Lu cette appréciation de Julia Kristeva, en réaction à la question : «Est-il facile d’être une femme et d’être l’épouse de Philippe Sollers ?» : «Mon mari m’a aidée, il est sensible à ces problèmes. Il a su aider d’autres femmes qui lui doivent beaucoup54

Être humain (Soi. Reconnaissance de) (3) : Attendre [le plus souvent inconsciemment] une reconnaissance (de soi) - laquelle serait ou non censée être ‘due’ - ou plus fréquemment, ne pas savoir dissocier l’attente de sa réalisation, c’est fonder sa vie sur du sable mouvant qui, si souvent, engloutit.

Être humain (Soi. Refoulement) (1) : Ce n’est pas ‘la sexualité’, ni l’enfance, ni les traumatisme, ni les souvenirs, ni les actes, ni les pensées qui sont ‘refoulées’ (dans l’inconscient). C’est l’être humain, dans toutes ses composantes, ses aspirations, ses rêves, ses désirs, du fait de son histoire, son pays, sa religion ou non, sa famille, son origine sociale, son appartenance à l’être humain-e, homme ou femme, qui, contraint au monde, a dû s’y adapter et a donc dû refouler tout ce qui, en lui, en elle, ne pouvait, ne devait y trouver sa libre expression. (Cf. Politique, «Sciences» sociales. Psychanalyse)

Être humain (Soi. Refoulement) (2) : Le refoulement de soi ne supporte pas le réel de l’autre.

Être humain (Soi. Représentation) : Se préserver de toute représentation de soi.

Êtres humains (Soi. Revenir à) : «Revenir à soi» : petitesse garantie ? Sauf concernant ceux et celles qui, en creusant, approfondissent le trou dans lequel ils / elles pénètrent - et en tachant de ne pas s’y perdre – tentent d’en élargir l’entrée ?

Être humain (Soi. Sénèque) : Lu dans Sénèque [4 avant J.C - 4 après J.C] : Évoquant une réponse du philosophe Stilpon (l’un des précurseurs du Stoïcisme) auquel il avait été demandé «s’il avait subi quelque perte», sa réponse fut : «‘Non, j’ai tous mes biens avec moi.’»
Or, poursuit Sénèque, «son patrimoine [celui de Stilpon] faisait partie du butin, ses filles avaient été enlevées par l’ennemi, sa patrie tombait sous un joug étranger, et lui-même, un tyran environné de troupes victorieuses l’interrogeait du haut de son tribunal. […] Il avait conservé ses vrais biens, ceux dont nul ne peut se séparer.» 55
- Les ‘vertus’ du stoïcisme, au risque, ici exprimé, de la négation de tout (êtres et biens mêlés) ce qui n’est pas ‘soi’…

Être humain (Soi. «T’es qui, toi ?») (1) : [Pour (me) parler ainsi] : excellente question. «À qui tu parles ?», aussi. Élargit considérablement le débat.
* Ajout. 3 octobre 2014. Peut aussi l’invalider : Lu ce jour, dans un débat sur l’Islam, aux fins de récuser un ‘adversaire’ : «Vous êtes quoi, un législateur universel qui décide de ce qui est bon ou non pour les autres peuples ?» (À poursuivre)
Faire attention aux mots : le «quoi» qui remplace le «qui», le masculin qui exclue les femmes, le «peuple» non défini…

Être humain (Soi. «T’es qui, toi ?») (2) : René Rémond [1918-2007], historien, auteur de : «Cette confiance dans l’objectivité (en histoire) a, il est vrai, subi des atteintes. […] Plus récemment l’esprit de 68 a radicalisé la critique : il n’est aucun de ceux qui ont eu alors des auditoires qui n’ait été sommé de s’expliquer sur ses «présupposés» : il leur a fallu indiquer, selon le jargon de l’époque fait d’emprunts à un pseudo vocabulaire philosophique ‘de quel lieu ils parlaient’.» 56
- Ce que René Rémond nomme «Pseudo vocabulaire philosophique», n’était-ce pas plutôt une délégitimation de la prétention à «l’objectivité» ? un refus d’obéissance aux «savoirs» imposés ? une aspiration à une certaine idée de l’égalité ? Et dès lors, une exigence de rigueur, de méthode ? (Cf. Homme. Intellectuel. France. XXème siècle, «Sciences» sociales. Histoire)

Être humain (Soi. «Tout seul») : Dans le cadre de l’Université populaire de Caen, dans le cadre d’une séance publique consacrée au «temps» dans paragraphe consacré au «règne animal», concernant des «nymphes de cigales», Michel Onfray, auteur de : «[…] Le cycle a lieu. Elles s’accouplent, elles copulent, elles pondent, elles meurent, elles s’accouplent à nouveau, elles copulent, elles pondent, elles meurent.» Un temps de pause : «Comme vous».
Un second temps de pause : «Pas comme moi.» [...]
- Incroyable, mais vrai...57 (Cf. Homme «Intellectuel». France)

Être humain (Soi. «Pas seul») : Dans le cadre du débat organisé à la Sorbonne le 3 février 2016 : Qu’est ce qu’être Français, Alain Finkielkraut «philosophe et Académicien», auteur de : «J’ose parler de moi, parce que je ne suis pas seul.» 58 (Cf. Homme «Intellectuel». France)

Être humain (Soi. Weil Simone) : Simone Weil, [1909-1943], auteure, en 1934, de : «Réagir contre la subordination de l’individu à la collectivité implique qu’on commence par refuser de subordonner sa propre destinée au cours de l’histoire59 Si je pense comprendre le refus de l’historicité marxiste de l’époque ici récusée, cette pensée ne ressort-elle pas d’une pensée tautologique ? (Cf. Penser. Politique)

III. Êtres humains. Vie-s

Être humain (Vie) (1) : Aucun rapport de domination ne recouvre l’entièreté d’une vie. Aucun rapport de pouvoir non plus. Mais aucune vie ne peut être pensée sans prendre en compte, et si possible comprendre (au mieux) et l’un et l’autre. (Cf. Patriarcat)

Être humain (Vie) (2) : Vivre sa vie comme une expérience de vie dans le monde.

Être humain (Vie) (3) : Vivre enrichit.

Être humain (Vie. Lutte) : Victor Hugo [1802-1885], auteur dans Les châtiments, de : «Ceux qui vivent sont ceux qui luttent.»
- Commentaire (sur le net) de cette phrase par Marie Zulda Dubois (Port-au-Prince), le 3 mars 2009 : «En Haïti, on voit le contraire, car ceux qui vivent ne luttent pas et ceux qui luttent ne vivent pas. J'avais beaucoup aimé ce poème, mais j'observe le contraire chez moi.» (Cf. Femme. Lutte, Politique)

Être humain (Vie. Mort) : Mourir, c’est vivre jusqu’au bout.

Être humain (Vie. Mort. Nelson Mandela) : Nelson Mandela [1918-2013], en 1964, avant le verdict du procès qui devait le condamner à la prison à vie, auteur de : «J’étais prêt à mourir parce que je savais que ma mort inspirerait la cause pour laquelle je donnais ma vie. Ma mort - nos morts - ne serait pas vaine ; nous servirions encore plus notre cause dans la mort, comme martyres, que nous ne pouvions la servir dans la vie.» 60

Être humain (Vie. Perdre sa vie à la gagner) : Slogan toujours valide, à ceci près que, de plus en plus, sont ceux et celles qui la perdre sans la gagner, ni même y gagner quoi que ce soit. Et, même, si souvent, en y perdant la vie. On peut à cet égard réfléchir sur le nombre de décès dans le monde du fait d’accidents du travail et des critères pour les faire ‘reconnaître’ comme tels…lorsque même l’hypothèse qu’il en existe, en soit acceptée.

Être humain (Vie - dite - privée) (1) : Vie, jamais définie, dans laquelle notamment les droits des hommes sur les femmes sont prémunis de toute interférence juridique indue. Quant à rechercher dans la «vie - dite - privée» d’une femme tout ce que l’on peut utiliser contre elle : c’est, depuis des siècles, la norme. Le concept de «vie privée» - dont même les lettres personnelles, leurs propres revenus, etc. ne leur appartenaient pas, ne s’appliquait et ne s’applique toujours pas aux femmes. (Cf. Droit)

Être humain (Vie - dite - privée) (2) : Quelle est la «vie privée» des femmes (des milliards) enfermées dans, assignées à, définies par, subsumées dans leur assignation à la sphère qualifiée, pour d’autres qu’elles-mêmes, de «privée» ? (Cf. Politique)

Être humain (Vie - dite - privée) (3) : La protection de la vie privée est au patriarcat ce que le secret bancaire est (était ?) à la Suisse, ce que sont les paradis fiscaux aux capitalisme financier.

Être humain (Vie - dite - privée) (4) : Après la fondamentale avancée féministe : «Le privé est politique», étape 2 : faire disparaître le concept même de «privé». Et refonder, après intégration de critiques féministes, une toute autre conception de l’être humain et de ses rapports au monde. (Poursuivre)

Être humain (Vie - dite - privée) (5) : Se référer à la (sa) «vie privée», c’est castrer la (sa) pensée politique.

Être humain (Vie - dite - privée. Droit à la) : Poser les contradictions entre «le droit à la vie privée» et la «citoyenneté» fait exploser et la «démocratie» et la «république», et les «droits de l’homme». Une Bastille à détruire, un monde à reconstruire sur ses ruines. Sur quelles bases, à partir de quoi, sont sans doute les principales questions politiques …(Cf. Politique)

Être humain (Vie - dite - privée. Hommes politiques français) (1) : Quelques exemples : la vie cachée, mensongère de Mitterrand et donc celle imposée à la mère de Mazarine et à Mazarine, sa fille ; le divorce de Clémenceau ; le président du Sénat Le Troquer et «les ballets roses» [1959] ; les «soirées» de Giscard ; la rupture de François Hollande avec Valérie Trierweiller ; les circonstances de la mort de Félix Faure ; Chirac et les femmes avec lesquelles il ‘couchait’, que nécessairement, pour certaines d’entre elles, il payait, ou que quelqu’un cherchait, lui livrait et sans doute payait en son nom et place (sur des fonds publics sans doute) ; sans omettre touts les bruits, les accusations plus ou moins explicites concernant tel ou tel homme politique. Et l’on voudrait continuer à nous faire accepter, de plus en plus difficilement il est vrai, ce concept qui couvre et justifie proxénétisme, violences à l’encontre des femmes, des mineur-es, mépris, mensonges, hypocrisie…. (Cf. Hommes. «Politiques». France)

Être humain (Vie - dite - privée. Hommes politiques français) (2) : Jaurès [1859-1914], en 1901, concernant la communion de sa fille [Les ennemis de Jaurès s’en donnent à cœur joie (sur le mode : «Eh bien quoi ! Jaurès, pendant que vous nous faites manger du curé, vous faites bouffer le bon Dieu à vot’ demoiselle ?»] accumula mensonges, démentis, mauvaise foi (non sans belles analyses formelles et inappropriées) pour en responsabiliser, bassement, «les femmes catholiques de France», en réalité, son épouse [qui récusa son interprétation] 61. Il eut cependant le mérite de ne pas évoquer sa ‘vie privée’ pour ne pas avoir à réagir. 62 (Cf. Homme «Politique». France)

Être humain (Vie - dite - privée. Hommes politiques français) (3) : Lionel Jospin, au lendemain de ses révélations du Monde sur son militantisme Trotskyste («Lambertiste», plus précisément) qu’il avait dénié à plusieurs reprises, déclara : […] «Et, dans la vie sociale et politique, je crois que ce qui est important, c’est ce qu’on fait, ce que l’on construit, ce qu’on assume, ce n’est pas ce qu’on pense aussi en secret, parce que là, c’est le lieu de l’intimité, du privé63
Il faut oser considérer un engagement Trotskyste comme tel.
Non, plus probablement, et plus grave, c’est ne pas se rendre compte de ce que l’on dit…(Cf. Hommes politiques. France. XXème siècle, Intellectuels. France. XXème siècle)

Être humain (Vie - dite - privée. Human’s Rights Watch) : Lu dans le Rapport Mondial 2014 de Human’s right’s watch, dans un paragraphe intitulé : «Un concept apparaît : le droit d’être laissé tranquille» :
«De nombreux pays reconnaissent depuis longtemps les valeurs qui sous-tendent le droit légal à la vie privée - l’honneur, la réputation, et le caractère sacré du foyer et de la vie de famille. Mais c’est aux États-Unis que se sont cristallisés des droits privés d’action pour défendre la vie privée, à la suite de l’appel lancé par Warren et Brandeis. […]» 64
- Comment peut-on écrire une telle succession d’énormités dignes de celles d’Amnesty International ? (Droit. Droits humains, Patriarcat, Violences. Patriarcales)

Être humain (Vie - dite - privée. Lénine) : Lu dans le livre de Nicolas Berdiaev [1874-1948], Les sources et le sens du communisme russe [1935] : «Dans sa vie privée, Lénine appréciait l’ordre et la discipline, il avait le sens de la famille, se plaisait à travailler à son foyer […]» 65

Être humain (Vie - dite - privée. Mill Stuart) : Stuart Mill [1806-1873], auteur de : «Personne ne désire que la loi intervienne dans tout le détail de la vie privée ; et cependant, chacune reconnaît que, dans toute sa conduite journalière, une personne peut se montrer et se montre en fait juste ou injuste.» 66

Être humain (Vie - dite - privée. Et Code civil) : Il y aurait, paraît-il, une «vie» dite «privée», laquelle se distingue mal de la «vie domestique», de la «vie quotidienne», de la «vie intérieure», de la «vie intime», de la «vie personnelle», de la «vie familiale»…
- Et tout ceci, c’est à dire «la vie» tout court, de nature différente par ailleurs selon que l’on est homme ou femme, est censé être régi par cette seule assertion de l’article 9 du seul Code civil : «Chacun a droit au respect de sa vie privée […]».
- Sans même évoquer les ténues applications de cet article, ni la jurisprudence le concernant, il faut dire clairement que le droit et les juristes qui le considèrent comme crédibles se fichent de nous.
- De fait, cet article - ou plutôt le ‘concept ‘ qu’il légitime - couvre crimes, violences, notamment toutes celles qui ont lieu dans le cadre de la «famille»…
- Tout le droit doit être revu à l’aune de l’abolition de la notion même de vie privée : vaste chantier qui exige d’abord que les pensées soient déverrouillées et le tabou brisé. (Cf. Famille)

Être humain (Vie - dite - privée. Et démocratie) : Toute évocation de «la vie privée» interdit d’emblée toute référence à la citoyenneté, telle que devant être conçue. Et lorsqu’elle est maintenue, elle délégitime tout apport critique, présenté comme progressiste. Elle dévoile enfin les fondements patriarcaux de la démocratie. Quelle est en effet la «vie privée» des femmes (des milliards) enfermées dans, assignées à, définies, subsumées par leur assignation à la sphère qualifiée, pour d’autres qu’elles-mêmes, de «privée» ? (Cf. Politique)

Être humain Vie (Refaire sa...) : Ne se dit en général pas pour une femme, célibataire, épanouie, qui a - ou non - (plein d’) des amant-es : ne concerne que les autres, celles qui se passent, une seconde fois, la corde au cou.
* Ajout. 26 avril 2017. Je lis dans le Journal intime de Benjamin Constant, en 1804 : «Je reçois une lettre de Mme Dutertre [Charlotte de Hardenberg. 1769-1845]. En voilà une autre qui, avec un amour vif pour l’indépendance, ayant réussi à 25 ans à la reconquérir, et possédant avec cela une fortune considérable, s’empresse de regâter sa vie par un lien qui lui pèse aujourd’hui tout autant et plus que le premier. On ne voit que des gens qui ne savent pas tirer partie de leur situation
- Puis le même Benjamin Constant, après qu’en 1808 il l’eut épousée (et après quelle eut, une seconde fois, divorcé) écrit en 1812 : «Pourquoi me suis-je remarié ? Sotte situation, sotte chaîne ! […]» 67 Des limites de la lucidité… (Cf. Patriarcat. Mépris) (2)

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Notes de bas de page

1 France Culture. Hors Champs. Erri De Luca. 7 octobre 2010.

2 Ma double Vie. Mémoires de Sarah Bernhardt. Tome Deuxième. (Dixième mille) Bibliothèque Charpentier. 283p. 1923. p.269

3 George Bernanos, Journal d’un curé de campagne. Plon. 160ème mille. 366p. 1936. p.135

4 France Culture. À voix nue, Pierre Bourdieu. 2 février 1986. Réécoute le 8 mars 2016

5 C.News. 4 juillet 2017. 17 h 50

6 Expression de Christine Fauré concernant «la préoccupation calviniste» employée dans le cadre de sa présentation de Poulain de la Barre. In, Christine Fauré, La démocratie sans les femmes. Essai sur le libéralisme en France. P.U.F. 264 p. 1985. p.127

7 Didier Raymond, Schopenhauer, Écrivains de toujours. Seuil. 187p. 1995. p.84

8 Germaine de Staël, Considérations sur la révolution française. Tallandier. 693p. 1983. p.503

9 France Culture. Les pieds sur terre. La French connection. 16 mars 2017

10 A.S. Neill, Journal d’un instituteur de campagne. Petite bibliothèque Payot. 152p. 1975. p.101

11 France Culture, Le bon plaisir d’Henri Guillemin. 1ère diffusion. 5 mai 1985. Réécoute, le 22 mai 2017

12 Alice Miller, La connaissance interdite. Affronter les blessures de l’enfance dans la thérapie. Aubier. 246p. 1990. p. 97

13 Les carnets de Leonard de Vinci. Préface de Paul Valéry. Tome 1. Gallimard. 532p. 1942. p.40

14 Arte. Les salauds. Entretien avec Claire Denis. 14 décembre 2016

15 Journal de l’abbé Mugnier.1879-1939. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 639p. 2007. p. 261, 262

16 Elias Canetti, Le territoire de l’homme. In, Écrits autobiographiques. La Pochothèque. Albin Michel. 1492 p. 1998. p.971

17 George Sand, Correspondance. Tome 9ème. Lettre à Pierre-Jules Hetzel, 29 décembre 1849. Garnier Flammarion. 1020p. 1972. p.389

18 France Culture, L’esprit public. Un bilan des huit ans de Barak Obama à la Maison Blanche. 17 juillet 2016

19 France Culture, Répliques. Poésie de la prose française. 23 juillet 2016

20 France Culture. Capitalisme et changement climatique. Terre à terre. 23 mai 2015

21 Cité par Robert Reid, Marie Curie, derrière la légende. Le Seuil. Points Histoire. 345p.1983. p.157

22 Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. p.197

23 Marie-Claire Hook-Demarle, La femme au temps de Goethe. Stock. 378p. 1987. p.13

24 Canal plus. Le grand journal. 19 juin 2015. 19 h 15

25 France Info. 2 juillet 2017

26 Le Figaro. Prostitution, commissions occultes : les méthodes de Doyen Sports révélées par Football Leaks. 16 décembre 2016

27 Essais d’ego-Histoire. Réunis et présentés par Pierre Nora. NRF. Éditions Gallimard. 375p. 1987. p.62

28 Baltasar Graciàn [1601-1658], L’art de la prudence [anciennement dénommé : L’homme de cour], Rivage poche/ Petite bibliothèque. 300 p. 2010. p. 86 et 194

29 Fondation Pierre Bergé

30 Dominique Veillon, La mode comme pratique culturelle. In, (Sous la direction de Jean-Pierre Rioux), La vie culturelle sous Vichy. Éditions Complexe. 412p. 1990. p. 374, 375

31 Entretien, octobre 1992. In, Laure Adler, Les femmes politiques. Points Actuels. Le Seuil. 278 p. 1994. p.137

32 Communiqué de la Marche Mondiale des femmes. Catastrophe du RANA PLAZA au Bengladesh. Trois ans après, nous n’oublions pas. 23 avril 2016

33 France Culture. Grande Traversée. À la recherche de Winston Churchill. 20 juillet 2015

34 Radio Courtoisie. 22 décembre 2016. 19h 10.

35 Léon Poliakov, Bréviaire de la haine. Le IIIème Reich et les juifs. Le livre de poche. 505p. 1974. p.20, 96, 76 et 119

36 France Culture, Lundi 8 mai. Penser la France. 15 personnalités ouvrent le quinquennat. 8 mai 2017

37 Périphéries. Gens de Bien. John Berger , écrivain britannique. «Le travail de l’écrivain, c’est de montrer qu’il n’y a pas un ‘eux’ et un ‘nous’ ». Octobre 1999

38 Brigitte, J’habite en bas de chez vous. Oh Éditions. France info. 268p. 2007. p. 266

39 France Culture, Les pieds sur terre. Un millionnaire pour Noël. 19 décembre 2016. (1ère diffusion. 24 décembre 2012)

40 Diderot, Correspondance. Lettre à Sophie Volland. 31 août 1776. Bouquins. Laffont. 1468p. 1997. p.966 et 973

41 Marguerite Audoux, Marie-Claire. Fasquelle. 214p. 1942. p.207,208

42 Cité dans Georges Sadoul, Dictionnaire des films. Microcosme. Le seuil. 383p. 1990. p.291.

43 France Culture, A voix nue. Christophe André. 3 au 7 avril 2017

44 Psycho-actif. Le blog de Christophe André. Grâce, sandales et chaussettes. 31 mars 2017

45 Lettres de Madame de Rémusat. 1804-1814. Tome I. 411p. 1881. p.124

46 Francis Ponge. Colloque de Cerisy. UGE.10 /18.1977. 435p. p.347

47 France Inter. Barbara en noir et blanc. 3 août 2012. 11 h 20

48 Bloomberg Business Week, Tim Cook : «  I’m proud to be gay ». 30 octobre 2014

49 Le Point. Manuel Valls : «Les juifs de France peuvent porter avec fierté leur kippa.» 24 septembre 2012

50 Victor Hugo, Choses vues. 1849-1885. Folio Gallimard. 1014p. 2010. p.454

51 Jacques Lacan, Propositions du 9 octobre. Silicet. N° 1. 1968. p.14,15

52 Œuvres de Sainte Thérèse, traduites sur les manuscrits originaux par le P. Marcel Bouix, de la compagnie de Jésus. 6ème édition, Tome II. Le livre des fondations. Paris. Librairie Victor Lecoffre. 515p.1884. p.49 à 502

53 France Culture. Une vie, une œuvre. Jules Renard. 11 novembre 1993. Rediffusé le 24 janvier 2015

54 In, Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. p.69

55 Source (oubliée) à retrouver.

56 Essais d’ego-Histoire. (Sous la direction de Pierre Nora) N.R. F. Gallimard. 375p. 1987. p. 294, 295

57 France Culture, Brève encyclopédie du monde. Le pliage des forces et formes. 24 juillet 2016

58 France Culture, Les nouveaux chemins de la Connaissance. Qu’est ce qu’être Français, Rediffusion le 3 août 2016

59 Simone Weil, Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale. In, Œuvres. Quarto Gallimard. 1276p. 20003. p. 347

60 Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté. Le livre de poche. 767p. 200. p.453

61 Entendu de la bouche d’un spécialistes de Jaurès, mais sans en trouver la source.

62 Site : Ranimer tous les soleils. Jaurès ou la nécessité du combats. Jaurès répond aux attaques sur la communion de sa fille.

63 Cité dans Edwy Plenel, Secrets de jeunesse. Stock. 250p.2001. p.75

64 Human’s Right Watch. Rapport Mondial 2014 [Extraits en Français], Dina PoKempner, Le droit dont l’heure est revenue. Le respect de la vie privée à l’heure de la surveillance. 150p. 2014. p.19

65 Nicolas Berdiaev, Les sources et le sens du communisme russe. Idées NRF. 373p. 1963. p.226

66 Stuart Mill, L’utilitarisme. Champs Flammarion. 181p. 1988. p.128

67 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.64


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