Abécédaire
 Marie-Victoire Louis

"Sciences" sociales

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 04/09/2018
date de publication : 04 septembre 2018
mise en ligne : 04/09/2018
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Extrait de l’Abécédaire féministe

À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 7.174 items et 23 rubriques : I. «Culture» (342) ; II. Droit (126) ; III. Être humain (345) ; IV. Êtres humains. Corps (154) ; V. Êtres humains. Enfants (94) ; VI. Êtres humains. Femme-s (1224) ; VII. Êtres humains. Homme-s (488) ; VIII. Êtres humains. Relations entre êtres humains (321) ; IX. Famille (270) ; X. Féminisme-s. Féministe-s (273) ; XI. Justice (367) ; XII. Langage (408) ; XIII. Patriarcat (303) ; XIV. Penser (559) ; XV. Politique (756) ; XVI. Pornographie (83) ; XVII. Proxénétisme (214) ; XVIII. «Sciences» sociales (173) ; XIX. «Sciences» Sociales (Démographie) (36) ; XX. «Sciences» sociales (Économie) (204) ; XXI. «Sciences» sociales (Histoire) (112) ; XXII. Sexe-s [Sexualité, Sexisme…] (92) ; XXIII. Violences (230)… et continuera d’évoluer.

4 septembre 2018

XVIII. «Sciences» sociales (Et / ou humaines)
En noir : Items’ nouveaux’ (et modifiés)

I. «Sciences» Sociales (Et / ou humaines) : «Sciences» sociales (et / ou humaines) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11) ; Cardinal (Marie) ; CNRS ; Cooper (David) ; Eribon Didier ; Foucault (Michel) ; Freud (Sigmund) ; Michaud (Ginette) ; Miller (Alice) ; Morale ; Présomption ; Quantification ; Recherches sur contrat (1, 2, 3) ; Reclus (Élisée) ; Révolutions ; Sand (George) ; Taylor (Anne-Christine) ; (30)

II. Ethnologie. Anthropologie : Par ordre chronologique «Sciences» sociales. « Ethnologie. Anthropologie) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11) ; (11)

III. Philosophie : Philosophie (1, 2, 3, 4) ; Philosophie (Aron Raymond) ; Philosophie (Barrès Maurice) ; Philosophie (Birnbaum Jean) ; Philosophie (Castoriadis Cornelius) (1, 2, 3, 4) ; Philosophie (Conche Marcel) ; Philosophie (David-Neel Alexandra) ; Philosophie (Gavi Philippe) ; Philosophie (Gide André) (1, 2) ; Philosophie (Einthoven Raphaël) ; Philosophie (Goethe Catharina Elisabeth) ; Philosophie (Hegel) ; Philosophie (Leclerc Annie) ; Philosophie (Lefort Claude) ; Philosophie (Lucrèce) ; Philosophie (Marc-Aurèle) ; Philosophie (Pascal Blaise) ; Philosophie (Pessoa Fernando) ; Philosophie (Pradeau Jean-François) ; Philosophie (Rochefort Christiane) ; Philosophie (Rolin Gabrielle) ; Philosophie (Rousseau Jean-Jacques) ; Philosophie (Schopenhauer Arthur) (1, 2) ; Philosophie (Serre Michel) ; Philosophie (Staël Madame de) (1, 2) ; Philosophie (Stein Édith) ; Philosophie (Voltaire) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17) ; (52)

IV. Psychanalyse : Psychanalyse (1, 2, 3, 4) ; Psychanalyse (Abraham Karl) (1, 2) ; Psychanalyse (Cardinal Marie) ; Psychanalyse (Castoriadis Cornelius) ; Psychanalyse (Critique) ; Psychanalyse (Dolto Françoise) ; Psychanalyse («Fantasmes») ; Psychanalyse (Freud Sigmund) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) ; Psychanalyse (Gratuité) ; Psychanalyse (Groddeck Georg) ; Psychanalyse (Inconscient) (1, 2) ; Psychanalyse (Inconscient collectif. Femmes) (1, 2) ; Psychanalyse (Instinct) ; Psychanalyse (Jung Carl Gustav) ; Psychanalyse (Kraus Karl) ; Psychanalyse (Lacan Jacques) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5) ; Psychanalyse (Prévert Jacques) ; Psychanalyse (Psychanalyste) ; Psychanalyse (Reich Wilhelm) ; Psychanalyse (Schizophrénie) ; Psychanalyse (Serge Victor) ; Psychanalyse (Rêve) (1, 2) ; (Stern Anne-Lise) ; Psychanalyse («Transfert») ; Psychanalyse (Vailland Roger) ; Psychiatrie (1, 2) ; (47)

V. Sociologie : Sociologie (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14) ; Sociologie (Aron Raymond) (1, 2) ; Sociologie (Castoriadis Cornelius) ; Sociologie (Comte Auguste) (1, 2) ; Sociologie (Durkheim Émile) ; Sociologie (Elle. 1970) ; Sociologie (Gramsci Antonio) ; Sociologie (Liogier Raphaël) ; Sociologie (Mauss Marcel) ; Sociologie (Monde Diplomatique Le) (1, 2) ; Sociologie (Nin Anaïs) ; Sociologie («Nous») ; Sociologie (Todd Emmanuel) ; (Wright Mills Charles) ; (30)

VI. Démographie
http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1220&mode=last ;

VII. Économie
Économie http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1220&mode=last ;

VIII. Histoire : http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1216&mode=last ;

4 septembre 2018 : 173 Items

I. «Sciences» Sociales (Et / ou humaines) :

«Sciences» sociales (Et / ou humaines) (1) : Ne sont pas des «sciences», à moins de considérer - pour emprunter les termes de Claude Bernard [1813-1878] - que les sciences ne sont que des «fragments de vérité». Ce qui est déjà beaucoup… [La citation exacte étant :
«Le savant monte toujours en cherchant la vérité, et s’il ne le trouve jamais tout entière, il en découvre néanmoins des fragments très importants, et ce sont précisément ces fragments de la vérité générale qui constituent la science.»] 1
* Ajout. 8 juin 2015. En sus, pour dissuader de l’emploi même de l’expression de «vérité scientifique» : avoir en tête l’emploi fait pendant plus d’un siècle de l’expression de «socialisme scientifique» ; lire la liste des professions qualifiées de «scientifiques» (Wikipédia) ; penser aux critères de sélection dans la recherche et à l’Université ; connaître les modes de financements des projets ; s’interroger sur les logiques marchandes des publications ; s’inquiéter des critères de fonctionnalité en matière d’accès aux médias… (Cf. Penser. Vérité)

«Sciences» sociales (Et / ou humaines) (2) : Les «sciences» sociales (et /ou humaines), la sociologie au premier chef, m’apparaissent si souvent si déliées du monde que je ne peux plus, sauf exceptions, les lire qu’en fonction de leurs précautions, leurs confusions, leurs incohérences, leurs refoulements, leurs justifications, leurs digressions… Quant à la fonction politique qu’elles jouent, je n’ai qu’à me souvenir des précautions prises pour qu’aucune recherche institutionnelle ne soit, politiquement, ne serait-ce que dérangeante. La politique d’une «recherche sur contrats» - dont j’ai connu la césure - les a, en sus, structurellement liés aux lois du marché. (Cf. Sciences» Sociales. Recherches sur contrat)

«Sciences» sociales (Et / ou humaines) (3) : L’idée même de «discipline» spécifiques que les injonctions institutionnelles à l’interdisciplinarité n’ont pas détruit est une négation de l’idée même de pensée.
Pourquoi ? Parce qu’en enfermant a priori la pensée du monde dans un cadre institutionnellement limité, circonscrit, elle en bloque nécessairement le développement.
Il faudrait pouvoir remplacer les «disciplines» par la présentation des systèmes de pensées, d’analyses, d’interprétations ; les critiquer, chacun pour leur part, et comparés entre eux.
Mais, pour cela, ceux /celles chargé-es de construire, de présenter ces systèmes, ces ensembles devraient nécessairement situer, clairement, leurs propres engagements en la matière.
En effet, comment en effet croire à la validité d’un raisonnement si celui / celle qui, après l’avoir réfléchi, pensé, construit, n’est pas à même de présenter et son extériorité et sa proximité par rapport à lui.
Vaste projet…
* Ajout. 20 août 2017. L’évocation, devenue si classique, d’avoir à «penser contre soi-même» ne résous rien. Juste, une protection de soi ? (Cf. Penser)

«Sciences» sociales (Et / ou humaines) (4) : Chaque «sciences» sociales et /ou humaine, prise en elle-même, me paraît être un décor de pièce de théâtre - qui le déforme et ne peut que le déformer - sur et dans la scène du monde. Aide-t-elle néanmoins à mieux comprendre le monde ? Oui, parfois.

«Sciences» sociales (Et / ou humaines) (5) : Si l’on retirait des publications en «sciences» sociales et ou humaines tout ce qui relève, ou a relevé, de la valeur accordée en son temps à leur-es auteur-es, qu’en resterait-il, ou plus précisément que resterait-il de la validité accordée en leur temps à leurs méthodes, leurs résultats, leur travail ? : beaucoup d’arguments d’autorité qui, nécessairement, perdent avec le temps, de leur pertinence, de leur validité.

«Sciences» sociales (Et / ou humaines) (6) : Nul-le ne peut s’autoriser de la science, d’une science, fusse pour critiquer ce qui fut [est] ainsi désigné sous ce vocable.

«Sciences» sociales (Et / ou humaines) (7) : Celui ou celle qui accepte d’être présenté-e en fonction de, défini-e par la discipline à laquelle il est censé être rattaché-e [ce qui fut aussi, pas toujours, mon cas, lorsque j’étais au CNRS] entérine un enfermement. En effet, si la finalité d’une réflexion est d’élargir le champs, l’espace, le temps des connaissances, alors nécessairement une discipline la limite.

«Sciences» sociales (Et / ou humaines) (8) : 1979. Jean-Louis Bory [1919-1979] se souvient de la première émission sur l’homosexualité, en 1969, à laquelle il avait participé :
« [Michel]Lancelot m’avait téléphoné : ‘Europe 1 veut faire un «’Campus’, très grosse écoute, sur l’homosexualité. Il y aura naturellement des médecins, des avocats, il y aura des curés, des psychiatres, des psychanalistes, mais j’aimerais bien tout de même qu’il y ait au moins un homosexuel […] » 2

«Sciences» sociales (Et / ou humaines) (9) : 2018. Une émission de France Culture, opposant un « sociologue » Alain Caillé et un « philospophe » Patrice Maniglier, était censée interroger la crise de la sociologie, «  ses dérives militantes et idéologiques de la discipline », de répondre à la question : « Qu’est-ce que la sociologie et à quoi sert-elle ? », et, plus globalement, de « s’interroger sur les sciences sociales ».
Celles-ci ayant été analysées justement comme étant notamment victimes de leur « hyper spécialisation », pourtant très vite la question fut considérée comme « un faux débat » par Alain Caillé. Et il fut alors question de « thérapeutique » et du dialogue - aujourd’hui considéré comme « impossible » - entre « sciences sociales », et ce après avoir cité positivement Marcel Mauss [1872-1950], selon lequel : «  Il n’y a pas de sciences sociales. Il y a une science sociale. »
Dès lors, l’hypothèse que ces disciplines puissent être considérées comme des « sciences » - ce qu’affirma pourtant sans ambiguïté au cours de cette même émission, Claude Lévi-Strauss [1908-2009] interrogé en 1984 par Bernard Pivot - ne pouvait être traitée.
Il est dès lors fort hypothétique, sur le maintien de ce socle bien fragile, que les spécialisations, les carcans, les frontières, les limites, la légitimité des auteurs « tous très connus et renommés dans leur parties » fut-il évoqué à deux reprises - des dites « sciences sociales » soient remis en cause.
En conclusion de ce débat - d’une extrême confusion, sans rigueur, sans confrontation - il fut question, après la sempiternelle critique de « la morale et du moralisme », de « la recherche - dépassée ou non - des invariants », des big datas - jugés « vraiment nouveaux », d’un « dialogue avec les algorithmes » et d’une réforme institutionnelle qui demanderait des diplômes nouveaux dans deux des dites disciplines…
Quant aux critiques féministes, comment pouvaient-elles même êtres pensables ? 3 (Cf. Patriarcat. Maniglier Patrice, Penser. Algorithme, Sociologie)

«Sciences» sociales (Et / ou humaines) (10) : 1977. Raymond Jean [1925-2012], dans un Colloque de Cerisy consacré au poète Francis Ponge, évoqua «la science du langage et celle du sexe». 4 (Cf. Langage, Sexe-s […])

«Sciences» sociales (Et / ou humaines) (11) : 2018. Jean-Claude Ameisen, auteur de : « […] Ce que j’ai toujours trouvé le plus riche dans un comité d’éthique […], c’est lorsque…déjà, d’élaborer un langage commun : le langage du philosophe, le langage du juriste, le langage du sociologue, le langage de la biologiste ou du médecin pour décrire le même objet, la même approche est très différent. Il faut déjà se comprendre. […] Déjà commencer à élaborer un langage commun, c’est commencer à voir la question de manière différente, d’une nouvelle manière. […] » 5 (Cf. Langage)

«Sciences» sociales (Et / ou humaines. Cardinal Marie) : 1980. Marie Cardinal [1929-2001] auteure, en 1980, de :
«Je ne suis ni poète ni philosophe malheureusement - ou heureusement je ne sais pas - mon livre ne passera donc pas par les sommets de ces arts ; comme tous mes autres livres, il passera par le quotidien, le banal, la matière, c’est là qu’est la source de ma force. Force fragile qui veut s’aventurer sur les grands chemins embourbés de l’existence sans s’appuyer sur les béquilles de ce qui est déjà théorisé, déjà scientifiquement prouvé, déjà déterminé par les humains.
Il n’y a pas de déjà, rien n’est acquis, tout est en perpétuel devenir. Il faut être une femme pour sentir dans sa chair même, dans ce qu’il y a de plus évident et cependant de plus mystérieux, la meurtrissure des amarres de l’humanité. Aborder les mythes, mais cette fois avec une tête et des yeux de femme, telle est ce que je veux bien appeler mon invraisemblable prétention. Pourtant je sais que c’est avec la plus grande humilité que je dois plonger dans ce courant
6 (Cf. Penser)

«Sciences» Sociales (Et / ou humaines. France. CNRS) : 2008. Quelques critiques (Issues de mon expérience qui, pour ma part, s’est terminée en 2008) :
- La logique dominante de la quantification des recherches qui pousse à écrire, à publier, à dire [presque] n’importe quoi, n’importe où, avec n’importe qui, et donc à se répéter, ce qui contribue à la délégitimation déjà fort avancée des ‘intellectuel-les’ et des ‘expert-es’ (plus spécifiquement en sciences dites sociales).
- L’arbitraire des catégories de partage et d’intitulés des commissions CNRS, leur composition, les solidarités entre mandarins, le rôle on ne peut moins clair des syndicats, le poids de la peoplisation.
- Le ‘concept’ de jugement par ses pair-es qui, en sus d’interdire toute originalité et de bloquer toute spécificité novatrice, a fortiori toute pensée révolutionnaire, permet (par exemple) à n’importe-quel-sociologue-de-n’importe-quoi de juger «non scientifique» une pensée féministe dont il ignore tout.
- La logique du classement des ‘productions’ au sein de «commissions» et dans le cadre des catégories construites et figée selon des critères qui ont peu à voir avec les pensées critiques novatrices, et en fonction de normes qui interdisent toute vision un tant soit peu élargie.
- En sus du fait que quasiment nul-le ne lit - c’est tout simplement impossible - aucun des ‘rapports d’activité’ envoyés au CNRS, la seule question qui n’est pas posée au CNRS (and Co, Université comprise) est la suivante : ‘Sur quels fondements peut-on juger une recherche ?’ Faute de pouvoir y répondre, on impose des normes (notamment quantitatives) absurdes dont la fonction essentielle est de masquer la question. L’utilitarisme, pas même défini, à très courte vue, est le seul gagnant. Fonctionnel, efficace pour les pensées dominantes.

«Sciences» sociales (Et / ou humaines. Cooper David) : 1978. David Cooper [1931-1986], auteur de :
«De nombreuses ‘autorités’ parmi les chercheurs en sciences humaines semblent victimes d’un besoin obsessionnel de réduire la réalité des transactions entre personnes à des abstractions globales qui cachent plus qu’elles ne dévoilent.» 7 Si juste, mais pas uniquement pour les «transactions»…

«Sciences» sociales (Et / ou humaines. Eribon Didier) : 2018. Didier Eribon, « sociologue, philosophe », intreviewé dans le cadre d’une émission intitulée : Avoir raison avec Claude Lévi-Strauss, cite, évoque Georges Braque [1882-1963], Picasso [1881-1973], Roman Yakobson [1896-1982], Claude Lévi-Strauss [1908-2009], Georges Dumezil [1898-1986], Pierre Bourdieu [1930-2002], Michel Foucault [1926-1984], Jean-Paul Sartre [1905-1980], Jacques Derrida [1930-2004], Geoffroy de la Gasnnerie ; traite d’« ânneries », certaines assertions de Françoise Héritier, elle-même suivie, selon lui, par « beaucoup de femmes se réclamant du féminisme ».
Et puis, pour [en] finir [avec les femmes] ? : Christine Boutin. (Cf. Patriarcat, Penser)
N.B. Pour rappel, Didier Eribon fut le rssponsable du Dictionnaire des cultures gay et lesbiennes. [Larousse. 2003]

«Sciences» sociales (Et / ou humaines. Foucault Michel) : Michel Foucault [1926-1984], auteur de :
«Sur fond d’un décor grêle que la philosophie, l’économie politique et tant d’autres sciences avaient planté, voilà que des fous se sont levés, et des malades, des femmes, des enfants, des emprisonnés, des suppliciés et des morts par millions.[...]» 8 (Cf. Homme. « Intellectuel »)

«Sciences» sociales (Et / ou humaines. Freud Sigmund) : 1883. Sigmund Freud [1856-1939] écrit le 6 octobre 1883 à sa fiancée Martha Bernays [1861-1951] :
« Mes premiers articles médicaux ont paru aujourd’hui, sans signature naturellement ; plus j’avance dans la médecine, plus je trouve difficile de publier mes travaux. Non à cause de l’obligation de me plier à certaines exigences qui seraient devenues plus grandes depuis quelques années, mais parce que la plupart des publications impliquent tant de difficultés à surmonter. Si les auteurs étaient plus capables de se critiquer eux-mêmes, les neuf-dixième d’entre eux renonceraient à écrire. Il me faut lire un grand nombre d’articles sans intérêts, et un nombre plus grand encore d’articles erronés ; il m’est évidemment impossible d’écrire des choses comme cela. En médecine, on a besoin de la majeure partie de son intelligence pour laisser de côté ce qui est inutilisable, mais c’est là une manière discrète d’être intelligent. […] » 9 (Cf. Penser. Méthode. Freud)

«Sciences» sociales (Et / ou humaines. Michaud Ginette) : 1967. Lors du Congrès international sur les psychoses tenu à Paris en octobre 1967, Ginette Michaud, psychanalyste, présentant sa communication, depuis écrite, s’interroge : «Cet article, j’ai failli ne pas l’écrire. Dans le petit groupe de travail de la S.P.I.P. [Société de Psychothérapie institutionnelle de Paris] auquel je participe, on a tenté de me démontrer que je ne pouvais écrire un travail scientifique avec le peu de matériel dont je disposais ; quelques bandes magnétiques, quelques notes et mes souvenirs. Mais je reste persuadée que ce témoignage peut éveiller un écho à certaines oreilles, à défaut d’avoir la prétention d’emporter la conviction des néophytes. Cela serait le propre d’un travail scientifique et ce n’est pas ce que je cherche à faire. Cependant le doute est permis…
Qu’est-ce qu’une méthode ‘scientifique’ dans le domaine des sciences humaines qui nous occupe ?» 10 (Cf. Enfants, Penser. Méthode, «Sciences» sociales. Psychanalyse)

«Sciences» sociales (Et / ou humaines. Miller Alice) : 1990. Alice Miller [1923-2010], auteure, en 1990, de :
«‘C’est ma vie que vous racontez dans ce livre [Le drame de l’enfant doué], d’où la connaissiez-vous?’ m’a-t-on souvent demandé.
D’où je la connaissais ? Je n’ai plus de difficulté à répondre à cette question.
Aujourd’hui, je le sais : ce ne sont pas les livres, ni mes maîtres, ni mes études de philosophie ou ma formation de psychanalyste qui m’ont apporté ce savoir.
Au contraire : leur conceptualisation mystificatrice, leur refus de regarder la réalité en face ne m’ont empêchée que trop longtemps de comprendre la vérité.
C’est curieusement l’enfant jadis condamné au mutisme, l’enfant maltraité, exploité et fossilisé en moi et lui seul qui a fini par trouver ses sentiments, et par là même son langage, et m’a raconté douloureusement son histoire […] et beaucoup d’autres que moi y ont vu leur propre histoire comme un miroir.» 11
- Un bouleversement de la pensée, auprès duquel une «rupture épistémologique» pèse bien peu…

«Sciences» sociales (Et / ou humaines. Morale) : La chaire qu’occupa Jules Michelet [1798-1874] au Collège de France de 1838 à 1851 s’intitlait s’intitulait : la « chaire d’histoire et de morale ». (Cf. Histoire)

«Sciences» Sociales (Et / ou humaines. Présomption) : 1967. Jean Luc Godard, auteur de, à la sortie de La chinoise [1967] :
«Si je n’aime pas tellement Foucault [1926-1984], c’est parce qu’il nous dit : ‘À telle époque, les gens pensaient ceci ou cela et, puis, à partir de cela, on a pensé que…‘. Moi je veux bien, mais est-ce qu’on peut en être si sûr ? C’est justement pour cela que nous tentons de faire des films, pour que les Foucault futurs ne puissent affirmer de telles choses, avec autant de présomption.» 12
- Ne concerne pas que Godard, ni Foucault, ni le cinéma…

«Sciences» Sociales (Et / ou humaines. Quantification) : Toute quantification, toute classification même, nie ipso facto, nécessairement, les réalité humaines, sociales, politiques qui seules peuvent permettre de, partiellement, les comprendre et contribue à retarder toute recherche qui souhaiterait en approcher les complexités, les contradictions, les processus de reproduction…

«Sciences» Sociales (Et / ou humaines. Reclus Élisée : 1902. Élisée Reclus [1830-1905], auteur de :
«Nous voulons savoir. Nous n’admettons pas que la science soit un privilège. […]
Nous n’acceptons pas de vérité promulguée : nous la faisons nôtre d’abord par l’étude et par la discussion, et nous apprenons à rejeter l’erreur, eut-elle un millier d’estampilles et de brevets. […]» 13 (Cf. Penser. Reclus Élisée. Vérité)

«Sciences» Sociales (Et / ou humaines. Recherches sur contrat) (1) : Les recherches sur contrat pour un-e chercheur-e équivalent à un travail de commande pour un-e artiste : sauf exceptions, ils / elles ne maitrisent ni le sujet, ni la problématique, ni la méthode, ni les conditions de publication, ni les conclusions pouvant en être tirées. Elles sont même souvent réécrites, le chercheur / la chercheuse se trouvant dès lors en situation d’avoir simplement été des pourvoyeurs / euses d’informations…

«Sciences» Sociales (Et / ou humaines. Recherches sur contrat) (2) : En sus, concernant les recherches «européennes» - celles passant sous les fourches caudines des institutionnel-les de l’Union européenne qui lancent leurs appels d’offres - contraignent ceux et celles qui y répondent, à chercher, à trouver, d’autres partenaires, dans d’autres pays, que, le plus souvent, ils / elles ne connaissent que peu, ou pas du tout. Au final, au terme nécessairement de tant et tant de concessions, d’ajustements, de refoulements de questions risquant de faire ‘capoter’ le projet, d’emplois de termes, de concepts au mieux ambigus sinon opposés, il ne reste souvent plus que de la bouillie pour les chats. Et ce, dans la quasi totalité des cas, pour justifier des politiques, en règle générale, préalablement décidées.
Je me souviens notamment lorsque l’Union Européenne avait décidé, en liaison avec les stratégies politiques menées pendant des années par la Hollande, de ses offensives libérales proxénètes, il suffisait que le terme même de prostitution - et non pas même d’abolition - soit inscrit dans en réponse à un projet européen pour qu’il aille directement à la poubelle. (Cf. Proxénétisme)

«Sciences» Sociales (Et / ou humaines. Recherches sur contrat) (3) : 2017. Je reçois, en anglais, le 22 décembre 2017, l’annonce, en sept pages, d’«un appel à projets transnationaux intitulé Gender-Net plus qui réunit 16 partenaires de 13 pays, dont la France représentée par le CNRS (coordinateur) et l’ANR [Agence nationale de la recherche]» Je défie quiconque de pouvoir imaginer que les questions posées - si tant est qu’elles soient compréhensibles - puissent en quoi que ce soit, disons…pour ne pas être trop ambitieuse …améliorer la situation des femmes (ni des hommes d’ailleurs) dans le monde.
- Si ce texte a été bien évidemment le produit de nombreuses discussions, concessions, compromis, transactions…, on peut imaginer ce que deviendront la lecture des réponses à l’appel d’offres, dans la mesure, en sus, où «les projets devront réunir des partenaires d’au moins trois pays du consortium [?]]». Officiellement, voici néanmoins ce qui en est attendu : «Possible impacts can be to contribute to a better understanding of the gender aspects of the issues, e.g. relating to life choices, lock-in effects and distribution of power, and/or to promote policymaking and legislation, societal interventions and actions, and to contribute to women’s participation and leadership at all levels in society.»
- Le plus triste c’est que des dizaines de chercheurs-euses vont être contraints, de par leur statut, de s’adapter à ce verbiage abscond, et pour certain-es de travailler dans ces termes. Et la déconsidération de l’idée même de recherche ira en se poursuivant.

«Sciences» Sociales (Et / ou humaines. Révolutions) : Entendu évoquer «l’ascension aux extrêmes dans toute révolution» avec pour exemples : la révolution française de 1789, russe de 1917, chinoise de Mao.
- Ce processus ne serait-il pas simplement le révélateur des effets d’une rupture brusque sur l’empilement pendant des siècles de strates de scléroses sociales, éconmiques, politiques, religieuses, toutes aussi injustes les unes que les autres ? (Cf. Histoire)

«Sciences» Sociales (Et / ou humaines. Sand George) : George Sand [1804-1876], auteure de : «[…] Les savants généralisent trop, selon moi14

«Sciences» Sociales (Et / ou humaines. Taylor Anne-Christine) : 2018. Anne-Christine Taylor, « ethnologue américaniste, directrice de recherche émérite au CNRS » interrogée sur Claude Lévi-Strauss [1908-2009], auteure de :
«  Lévi-Strauss a parfois eu tort, on le sait, sur certains points, mais il a toujours eu tort d’une façon incroyablement féconde. Donc, qu’il ait eu tort, qu’il ait eu raison, d’une certaine façon, il a toujours eu raison. Parce que même quand il a pris des chemins, dont on a su par la suite ou dont on a montré par la suite, que c’était un peu des culs de sacs, il l’a fait de telle sorte que ça ne pouvait que féconder la pensée anthropologique. » 15 (Cf. Homme. « Intellectuel », Patriarcat. Permanence, Penser. Vérité, Anthropologie. Ethnologie. Lévi-Strauss Claude)

II. Anthropologie, Ethnologie :

«Sciences» sociales (Anthropologie, Ethnologie) (1) : Que l’on cherche - et trouve ! - dans l’interprétation (toute personnelle) d’un-e ethnologue sinon la clé, ou du moins une clé, pour penser le monde contemporain m’a toujours paru le comble de l’aberration.
Certes, les ethnologues qui nous proposent leur vision de mondes - qui nous sont inconnus - et à ce titre, ils/elles peuvent contribuer à penser autrement le monde contemporain, mais la dite vision ne peut «offrir des solutions», 16 sauf à notamment s’interdire - faute de sociétés féministes [que tant s’acharnent à confondre avec les sociétés matriarcales et/ou matrilinéaires] toute pensée féministe.
- Le patriarcat ne peut donc être que conforté par les ethnologues. Claude Lévi-Strauss, Maurice Godelier, Marc Abélès, Paul Jorion, Bruno Latour, Le Bulletin du Mauss 17 l’ont-ils critiqué ?
- Si Françoise Héritier [1933-2017] peut et doit être légitimement être invoquée pour partiellement invalider cette assertion, je m’interroge néanmoins. Celle-ci a certes posé la question essentielle des liens entre les chercheurs/euses et leurs engagements politiques, citoyens. Mais, est-ce par ce qu’elle est anthropologue qu’elle nous propose ses analyses concernant la différence des sexes, sur ‘la valeur différentielle des sexes’, ou parce qu’elle-même porte son propre regard sur notre société ?
- Un exemple : est-ce en tant qu’ethnologue qu’elle prend position concernant son refus de la pénalisation des «clients» [«La punition du client n’est pas envisageable comme moyen éducatif tant que rien n’est fait pour faire comprendre aux intéressés qu’user, contre argent, du corps de quelqu’un est un abus de pouvoir.»] 18 ? Question banale, certes, mais…
- Je précise enfin que si je me permets d’écrire ceci, c’est par ce que, me concernant, j’ai fait état, fait valoir pendant des années mon statut de sociologue [du CNRS] (exigé par ledit statut par ailleurs) pour valider mes analyses féministes qui n’avaient sinon rien, du moins pas grand-chose à y voir.
- In fine, mon insuffisante culture anthropologique risque fort d’invalider cette critique ; je la maintiens cependant pour sa part de vérité.
* Ajout. 24 décembre 2014. Pour rappel : cet abécédaire a notamment pour projet d’interroger les ethnologues [mais aussi les sociologues, les historien-nes, les philosophes…], y compris donc celles qui s’affirment féministes, moi-même donc, nécessairement incluse.

Anthropologie, Ethnologie (2) : L’anthropologie peut-elle se libérer du patriarcat européano-centriste colonialiste au sein duquel elle a vu le jour ?

Anthropologie, Ethnologie (3) : Dans la présentation de l’anthropologie comme explicative de l’aujourd’hui, c’est l’histoire - notamment - qui est niée.

Anthropologie, Ethnologie (4) : L’anthropologie peut-elle justifier son domaine, en arguant qu’elle permettrait un décentrement du regard de par l’éloignement du sujet ? Non, sauf à radicalement remettre en cause sa genèse. (Cf. Féminisme, Polygamie. Lévi-Strauss Claude, Sociologie, Patriarcat)

Anthropologie, Ethnologie (5) : Pour une position contraire, Jean Malaurie, penseur et fondateur de la si heureuse collection «Terres Humaines» (Plon), à elle seule, si elle souhaitait s’inscrire dans le champs de l’anthropologie, la réhabiliterait. (Cf. Penser. Vérité)

Anthropologie, Ethnologie (6) : Si l’on décide de figer le passé de certains peuples - qui est leur présent - qui plus est, à l’aide de ses propres catégories incritiquables par les dites populations en général mourantes - la responsabilité de celle de l’ethnologue et du pays qui est le sien devant être posée au premier chef, et après - en règle générale - les avoir pillées, la moindre des honnetetés intellectuelles, politiques, est de n’en tirer aucune conclusion pour sa propre société, elle contemporaine et, qui plus est, qui, elle, s’affirme un avenir.

Anthropologie, Ethnologie (7) : 1925. 1926. André Gide [1869-1951] dans son Voyage au Congo, invoque positivement à l’appui de son « analyse » à deux reprises les thèses de Lucien Lévy-Bruhl [1857-1939]
- Le 3 novembre 1925, Gide écrit :
«  Il semble que les cerveaux de ces gens soient incapables d’établir un rapport de cause à effet (et ceci, j’ai pu le constater maintes fois, dans la suite de ce voyage. » Suivi en note de :  
« Ce que confirme, commente et explique fort bien Lévy-Bruhl, dans son livre La mentalité primitive, que je ne connaissais pas encore.»
- Le 1er ou 2 février 1926, évoquant une assertion concernant le danger des crocodiles, Gide écrit en note :
«  C’est du moins ce qu’affirment les indigènes. Mais Lévy-Bruhl me met en garde (La Mentalité Primitive, Chap.1, 4). Pour l’indigène, l’accidentel n’existe pas ; la notion même de fortuit ne peut l’atteindre ; le crocodile est ‘naturellement inoffensif’ et s’il lui arrive de croquer un homme, c’est qu’un sorcier le lui a livré. » 19
(Cf. Penser. Cause à effet)

Anthropologie, Ethnologie (8) : 1958 [ ?] [s.d] Claude Lévi-Strauss [1908-2009], à la question de Madeleine Chapsal :
«  En quoi les Indiens de Californie, par exemple, peuvent-ils intéresser les psychanalystes ? » répondit :
«  Je pense d’abord à ce que les psychanalystes appelleraient sans doute leur ‘ caractère anal. [ …] »  20
- Certes, les absurdités, les énormités, ici les monstruosités d’un auteur ne jugent pas une ‘science’, néanmoins… (Cf. Psychanalyse)

Anthropologie, Ethnologie (9) : 2016. Discussion en juin 2016 avec une jeune femme conductrice de taxi en Bretagne :
«J’ai fait des études d’anthropologie. J’ai arrêté. Depuis je suis devenue chauffeure de taxi. Maintenant, je fais mon anthropologie toute seule. C’est passionnant.»

Anthropologie, Ethnologie (10) : 2018. J’entends Claude Lévi-Strauss [1908-2009], employer l’expression de : «populations ethnologiques.» (Archives INA. sans source. sans date [s.d]) 21 (Cf. Être humain)

Anthropologie, Ethnologie (11) : 2018. Éliane de Latour, concernant le Laboratoire d’anthropologie sociale, dirigé par Claude Lévi-Strauss [1908-2009], auquel Françoise Héritier [1933-2007] succéda, le décrit - au début des années 80 - comme un lieu où il y avait «beaucoup de mâles dominants». 22

III. Philosophie :

«Sciences» Sociales (Philosophie) (1) : Combien parmi ceux et celles [enseignant-es de philosophie, écrivain-es sur la philosophie et /ou sur les philosophes, journalistes présentant des émissions de philosophie…] présenté-es comme «philosophes» ont-ils/elles cru bon rectifier cette présentation d’eux mêmes, d’elles mêmes ?

Philosophie (2) : La philosophie peut-elle justifier de sa spécificité, laquelle exigerait que lui fut reconnue son autonomie ?

Philosophie (3) : Penser, c’est donner à penser. Et tout donne à penser… (Cf. Penser)

Philosophie (4) : Il n’y a pas et ne peut y avoir de philosophie féministe qui ne pourrait être que totalisante et donc totalitaire : il y a des féministes qui critiquent les fondements patriarcaux de la philosophie et qui utilisent la philosophie comme outil, parmi d’autres, de la pensée critique.

Philosophie (Aron Raymond) : 1969. Raymond Aron [1905-1983], dans son livre La philosophie critique de l’histoire, auteur de :
«Puisque les philosophes ont perdu la naïveté de croire à leurs systèmes […]» 23

Philosophie (Barrès Maurice) (1) : 1907. Paul Léautaud [1872-1956] juge, en 1907, la philosophie de Maurice Barrès [1862-1923] en ces termes :
«  Peut-on se plaire aux idées dont Barrès s’est fait le champion, dont il s’est fait, pour parler plus justement, un tremplin ces dernières années ? La leçon des morts, l’enseignement des morts, l’obéissance au morts, la terre et les morts, la petite patrie, etc.. Idées inintelligentes, philosophie d’esclave […] » 24 (Cf. Politique. Nationalisme)

Philosophie (Barrès Maurice) (2) : 1934. André Gide [1869-1951], dans son Journal, le 23 juillet 1934, auteur de :
«  Ce sont les doctrines mêmes de Barrès [Maurice. 1862-1923] qui s’épanouissent aujourd’hui en Allemagne. Ce n’est pas d’hier que j’en dénonçais les dangers. Et rien ne sert de dire que le hitlérisme les pousse à l’absurde ou que ces doctrines, bonnes pour la France, sont mauvaises pour l’étranger. C’est à cela qu’elles doivent nécessairement mener dès qu’elles ne rencontrent plus une opposition suffisante, dès qu’elles triomphent de cette opposition. Les barrésistes d’hier ont mauvaise grâce à ne pas le reconnaître et se sont enlevé tout droit de blâmer hier ce qu’ils souhaitaient qu’il arrivât en France. […]
Barrès aussi ne s’est-il pas fait l’apologiste de certaine justice opportune que prône Hitler aujourd’hui ?
Et n’était-il pas aisé de prévoir que ces belles théories, dès qu’autrui s’en emparerait, risqueraient de se retourner contre nous ?
Hitler a-t-il jamais promulgué rien de plus révoltant que ce que Barrès enseignait à son fils, en lui parlant de sa gouvernante : que les allemands n’ont point d’âme ? c’est-à-dire apparemment qu’on peut les tuer sans scrupules ? […]
De telles paroles ne risquaient-elles pas de précipiter ce jeune esprit dans la révolte ? contre sa gouvernante, peut-être ; - ou contre son père, ce qui eut beaucoup mieux valu. » 25 (Cf. Justice, Homme. « Intellectuels », Politique. Nationalisme, Histoire)

Philosophie (Birnbaum Jean) : 2017. Jean Birnbaum, journaliste, directeur du Monde des livres, auteur, le 11 février 2017, de :
«Philosophe de renommée internationale, Étienne Balibar est l’un des rares intellectuels français dont les textes sont traduits et discutés aux États-Unis26
- Les États-Unis qui sont aussi peu ou prou ceux de Trump (élu le 8 novembre 2016) : la référence pour les intellectuels français ? Qui plus est, pour vanter «l’universel qui exclut» ? (Cf. Homme. « Intellectuel ». Balibar Étienne)

Philosophie (Castoriadis Cornelius) (1) : 1982. Cornelius Castoriadis [1922-1997], auteur de :
«La philosophie ne peut pas fonder une politique - elle ne peut d’ailleurs rien ‘fonder’ du tout. En matière politique, en particulier, tout ce que la philosophie peut dire c’est : ‘si vous voulez la philosophie, il vous faut aussi vouloir une société dans laquelle la philosophie soit possible’.» 27 Facile ? Non. (Cf. Féminisme, Penser, Politique)

Philosophie (Castoriadis Cornelius) (2) : 1988. Cornelius Castoriadis [1922-1997], auteur de :
«Philosopher, c’est essayer d’être libre dans le domaine de la pensée.» 28 (Cf. Féminisme, Penser, Politique)

Philosophie (Castoriadis Cornelius) (3) : 1996. Cornelius Castoriadis [1922-1997], auteur de :
«[Ainsi considérée], la politique est un moment et une expression du projet d’autonomie ; elle n’accepte pas passivement et aveuglement ce qui est déjà là, ce qui a été institué, mais le remet en question. Et ce qui est remis en cause peut être ‘la Constitution’ ou un ensemble de lois. Cela peut être aussi les représentations collectives dominantes sur le monde, la société, les vérités ou les valeurs. Dans le deuxième cas, la remise en cause n’est autre que la philosophie dans son sens premier. La création de la politique et la création de la philosophie, en tant qu’expression du projet d’autonomie, vont de pair, comme cela s’est effectivement passé dans l’histoire, en Grèce [du VIIIème au Vème siècle avant J.C] et en Europe Occidentale.» 29 (Cf. Féminisme, Penser, Patriarcat)

Philosophie (Castoriadis Cornelius) (4) : 2013. Cornelius Castoriadis [1922-1997], auteur de :
«À quoi sert la philosophie ? À vous apprendre qu’appeler un chat un chat est une petitio principii (pétition de principe)».
C’est simple mais (et ?) ça me plait. 30 (Cf. Langage)

Philosophie (Conche Marcel) : 2015. Marcel Conche, auteur de :
«Entre la philosophie et ma femme, je choisirai la philosophie et elle le sait31

Philosophie (David-Neel Alexandra) : 1913. Alexandra David-Neel [1868-1969], écrit le 19 janvier 1913, du Népal, à son mari, et après avoir évoqué «le ciel, le climat et les pics des Himalayas [qui forment] le fond du paysage» elle poursuit :
«Une philosophie ne descend pas du ciel, elle naît dans le cerveau des humains et ce cerveau est fils de son milieu….Je t’assure que lorsqu’on rumine les théories hindoues dans la jungle où elles sont nées, on les voit sous un tout autre jour que les éminents chers maîtres qui ne les ont jamais connues que dans un cabinet de travail européen32 Valable dans tous les domaines…

Philosophie (Einthoven Raphaël) : 2016. Raphaël Einthoven, en 2016, dans un émission d’Arte intitulée Philosophie consacrée à Simone de Beauvoir, intitulée Comment penser la condition féminine, auteur, au cours de cette émission de :
«On ne peut pas comparer un poireau et une tomate» ;
«Faire tourner les machines (à laver), c’est quand même bien pratique» ;
«Simone de Beauvoir, elle est pour la machine à laver ?» Quel lamentable rigolo…33 (Cf. Femme. « Féminin »)
* Ajout. 21 août 2017. Quand je l‘écoute, j’ai peur qu’un jour, il soit absorbé - qu’il se noie ? - dans sa logorrhée, à laquelle je ne peux pas croire que lui-même s’y retrouve un tant soit peu. Mais le peut-il encore ? 34

Philosophie (Gavi Philippe) : 1974. Philippe Gavi, l’un des fondateurs de Libération, dans le livre écrit avec Jean-Paul Sartre [1905-1980] et Victor [Benny Lévy. 1945-2003], On a raison de se révolter, auteur de :
«Qui appelle-t-on aujourd’hui un philosophe ? Quelqu’un, presque toujours un homme, et ce n’est pas un hasard, qui écrit des choses bien abstraites sur la vie, la pensée, l’histoire des autres. Pour cela, il faut du temps, et beaucoup d’arrogance. Eh bien ! dans une société socialiste, cette capacité de synthèse sera partagée par tous puisque le travail sera organisé de telle manière que tout le monde puisse avoir le temps et la force de réfléchir.» 35

Philosophie (Gide André) (1) : 1926. André Gide [1869-1951], dans son Journal, évoque, le 29 août 1926, les Entretiens de Pontivy auxquels il participe. Il écrit :
«  Terrible fatigue. Les Entretiens se spécialisent de plus en plus. Seuls les philosophe de métier peuvent y participer.
J’admire la force de subtilité de ceux qui, sans aucun pouvoir créateur, usent l’inquiétude de leur forte intelligence dans l’examen et l’analyse critique des œuvres d’autrui.
Pour avoir en quelques mots cherché à ramener Montaigne un peu plus près de la réalité, de
sa réalité, pour avoir cherché à descendre un peu de ces régions abstraites où l’air devenait à peu près irrespirable pour nombre d’entre nous, voici que je passe pour un ennemi de la philosophie. » 36 (Cf. Penser. Critique)

Philosophie (Gide André) (2) : 1932. André Gide [1869-1951] - piqué au vif, mais conscient de son importance - dans son Journal, réagit, le 19 juillet 1932, à la publication du livre Les chiens de garde [1932] de Paul Nizan [1905-1940] :
« […] Le livre est mal fait, plein de redites, et l’on a trois fois compris ce qu’il veut dire qu’il continue encore à parler. Mais, tel qu’il est, ce livre est un signe des temps. Le jeu n’est plus permis, fut-il celui de l’intelligence. Que Nizan ne cite-t-il la phrase de Renan [1823-1892] , que je citais jadis : ‘L’on ne peut penser librement que si l’on est bien convaincu que ce que l’on écrit ne tire pas à conséquences’ (Je cite de mémoire et peut être inexactement. Or, Nizan cherche à nous prouver que toute philosophie ‘tire à conséquences’, sous peine de n’être qu’un vain jeu de l’esprit.
Cette déficience de la philosophie, je la dénonçais dans mon Immoraliste [1902], et certains chapitres du livre de Nizan pourrait porter en épigraphe les phrases que je prêtais à Ménalque : ‘Savez-vous ce qui fait de la poésie aujourd’hui, et de la philosophie surtout, lettres mortes ? C’est qu’elles sont séparées de la vie… Aujourd’hui… la sagesse opère à part. » 37 (Cf. Penser)

Philosophie (Goethe Catharina Elisabeth) : 1784. Lu, dans le livre de Marie-Claire Hook-Demarle, La femme au temps de Goethe, concernant Catharina Elisabeth Goethe [1731-1808], la mère de Goethe [1749-1832] :
«Veuve à 50 ans, elle va pendant un quart de siècle observer les divers mouvements de son temps. Sa philosophie - car il s’agit bien de cela - s’affirme au fur et à mesure que décroissent les forces de son époux et que se desserre le carcan domestique qui étouffait se personnalité.» Plus loin, on lit :
«Elle se crée une philosophie toute en nuances, solide et de bonne composition comme de bon ton.» ;
«Je me réjouis d’une existence, écrit-elle en 1784, tant que luit encore la petite lampe : je ne cherche pas les épines, j’attrape au vol les petites joies et si les portes sont basses, je me courbe, si je peux écarter la pierre qui est sur mon chemin, je le fais et si elle est trop lourde, j’en fais le tour.» 38 (Cf. Femme. Veuve)

Philosophie (Hegel) : 1806. Hegel [1770-1831], auteur de :
«J’ai vu l’Empereur (Napoléon) - cette âme du monde - sortir de la ville pour aller en reconnaissance : c’est effectivement une sensation merveilleuse de voir un pareil individu qui, concentré ici sur un point, assis sur un cheval, s’étend sur le monde et le domine.» 39
Comment tant de philosophes marxistes ont-ils pu se revendiquer de Hegel, en occultant la signification politique de ce que cette phrase révèle ? (Cf. Politique)

Philosophie (Leclerc Annie) : 1974. Annie Leclec [1940-2006] auteure de :
«[…] Je fus prise d’un goût furieux pour la philosophie, tant que j’ai cru qu’elle lèverait mon malheur. J’eux d’exquises envolées, de sublimes extases40

Philosophie (Lefort Claude) : 1977. Claude Lefort [1924-2010], auteur de :
«Qu’est-ce qu’une interrogation sans frontières, sinon l’interrogation philosophique ?» 41 (Cf. Penser. Nationalisme, Politique. Nationalisme)

Philosophie (Lucrèce) : 1er siècle avant J.C. Lucrèce [94 avant J.C (?)- 54 avant J. C), dans De natura Rerum [De la nature II. 7-10], auteur de :
«Mais rien n’est plus doux que d’occuper solidement des hauts lieux fortifiés par la sagesse des philosophes, région sereine ou l’on peut voir les autres hommes errer à l’aventure42
- Exemplaire manifestation de l’impérialisme méprisant de la philosophie.

Philosophie (Marc Aurèle) : IIème siècle. Marc Aurèle [121 après J-C-180 après J.C], auteur, dans Soliloques [Pensées], de :
«[...] La philosophie consiste à conserver notre génie intérieur exempt de tout affront et de toute souillure, supérieur aux plaisirs et aux peines ; à ne rien faire au hasard, à ne jamais mentir, ni feindre ; à ne dépendre en rien de ce que les autres peuvent faire ou ne pas faire. Il faut, en outre, accepter ce qui nous arrive, la part qui nous est attribuée comme venant d’où nous sommes venus nous-mêmes. Surtout, il faut attendre la mort avec sérénité […]» 43 

Philosophie (Pascal Blaise) : 1669. Blaise Pascal [1623-1662], dans les Pensées [1670] , auteur de :
« Se moquer de la philosophie, c’est vraiment philosopher. » 44

Philosophie (Pessoa Fernando) : 1932. Fernando Pessoa [1888-1935], auteur, en 1932, de ce poème :
«Il ne suffit pas d’ouvrir la fenêtre
/ Pour voir les champs et la rivière.
/ Il n’est pas suffisant de ne pas être aveugle
/ Pour voir les arbres et les fleurs.
/ Il faut n’avoir aucune philosophie.
/ Quand il y a philosophie, il n’y a pas d’arbres : il y a des idées sans plus.
Il n’y a que chacun de nous, à la manière d’une cave.
/ Il n’y a qu’une fenêtre fermée, avec le monde entier au-dehors ;
/ Ainsi qu’un rêve de ce qui pourrait être vu si la fenêtre s’ouvrait,
/ et qui n’est jamais ce qui est vu lorsque s’ouvre la fenêtre.» 45 (Cf. Culture. Pessoa Fernando)

Philosophie (Pradeau Jean-François) : 2009. Jean-François Pradeau dirige une Histoire de la philosophie, publiée au Seuil en 2009. Je relève 55 «auteurs», parmi lesquels quatre femmes. Dans l’«Index des notions», à la lettre «F», ni Femme, ni Féminisme ; à la lettre «H»: 70 références à «Homme», dont plus de 20 renvoyant à plusieurs pages, consacrées donc à la «notion»: «Homme».
Je lis la fin de son introduction :
«Cette Histoire collective réunit des contributeurs de dix nationalités distinctes, parmi les meilleurs spécialistes d’une tradition philosophique qui se poursuit et qui aura l’avenir dont son histoire est la condition.» 46
Plût au ciel, qu’en ces termes, cette histoire s’arrête, afin de réfléchir sur elle-même.

Philosophie (Rochefort Christiane) : 1978. Christiane Rochefort [1917-1998], auteure de :
«Je ne sais pas qui a dit […] que la philosophie se fait en partant de zéro et pour tout le monde. […]» 47 …Que dire de plus ? De «soi» au lieu et place de «zéro» ?

Philosophie (Rolin Gabrielle) : 1978. Sur la quatrième de couverture du livre, peu recommandable, Chères menteuses, Gabrielle Rolin [1927-2013] est représentée avec son chat, suivi du commentaire suivant :
«Son chat ne désespère pas de lui apprendre la philosophie». 48
Puis, je découvre qu’elle était (notamment) très proche de la revue Commentaire, fondée par Raymond Aron [1905-1983] et qu’elle avait traduit avec Pierre Hassner et Jean-Claude Casanova, La Théorie pure de la politique de Bertrand de Jouvenel. 49

Philosophie (Rousseau Jean-Jacques) : 1976-1978. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], auteur de :
«Leur philosophie [celles des «philosophes modernes»] est pour les autres ; il m’en fallait une pour moi.» 50

Philosophie (Schopenhauer Arthur) (1) : 1819. Arthur Schopenhauer [1788-1860], auteur de :
«Être philosophe, c’est donc être capable de s’étonner des événements habituels, des choses de tous les jour, de se poser comme sujet d’études, ce qu’il y a de plus général et de plus ordinaire.» 51

Philosophie (Schopenhauer Arthur) (2) : Arthur Schopenhauer [1788-1860], auteur de :
«Notre vie pratique, réelle, dès que les passions ne l’agitent pas, est ennuyeuse et fade : quand elles l’agitent, elle devient bientôt douloureuse […]» 52
Si les philosophes, entre autres, pouvaient s’abstenir du «nous», cela serait non seulement plus honnête, mais, en sus, leur ferait sans doute gagner du temps… et à leurs lecteurs / trices, peut être aussi (Cf. «Nous»)
* Ajout. 21 août 2017. Sans aucun doute, ai-je aussi employé moi-même ce «nous», mais cela n’invalide pas ma critique, qui simplement me concerne aussi.

Philosophie (Serres Michel) : 2015. Michel Serres, auteur de :
«[…] Le philosophe est généraliste. Il doit passer partout. J'ai essayé de le faire. J'ai eu comme programme cette espèce de tour du monde. […] Mon programme, ma croix - car il est véritablement impossible à faire - a été d'essayer de faire un programme relativement universel. Cette universalité, c'est mon métier. C'est le métier de la philosophie.» […]
- Puis, plus tard : «Les anciennes appartenances sont mortes, ou à peu près toutes […] Elles sont en train de se déliter. […]
La vraie question c'est : ‘Comment créer de nouvelles appartenances ?’ Ça, c'est un problème, une question enthousiasmante qui est notre métier, notre travail. Nous avons à créer de nouvelles appartenances…de nouvelles manières d'associer les individus. C'est tout simple. Mais c'est un travail philosophique extraordinairement intéressant53
En toute distance, en toute spécialité, en toute modestie… (Cf. Homme. «Intellectuel»)

Philosophie (Staël Madame de) (1) : 1813. Madame de Staël [1766-1817], dans De l’Allemagne, auteure de :
« […] Le fait a précédé l’observation du fait. […] » 54 (Cf. Penser. Fait)

Philosophie (Staël Madame de) (2) : 1813. Madame de Staël [1766-1817], dans De l’Allemagne, auteure de :
« Les spéculations philosophiques ne conviennent qu’à un petit nombre de penseurs, et loin qu’elles servent à lier ensemble une nation, elles mettent trop de distance entre les ignorants et les hommes éclairés. » 55

Philosophie (Stein Édith) : 1918. Édith Stein [1891-1943], assistante, en 1918, du philosophe Edmund Husserl [1859-1938], alors malade [et son épouse étant «sans femme de service»] s’installe chez eux. Elle écrit à un ami, Roman Ingarden :
«Les dix jours pendant lesquels j’ai veillé sur la maison et le malade m’ont naturellement arraché à tout [notamment ses travaux intellectuels] et cela coûte maintenant quelque effort pour retrouver la concentration nécessaire. Soins domestiques et philosophie ne font pas bon ménage.» Et elle poursuit : «Madame Husserl a toutefois constaté que je suis une femme de service tout à fait convenable et que je devrais laisser tomber la philosophie. Mais de nature, j’appartiens pourtant sans hésitation possible à l’espèce des cigales et je préfère de beaucoup laisser quelques braves fourmis veiller sur moi plutôt que de me charger moi-même de ce malheureux côté pratique.» 56 (Cf. Femme. Épouse de)

Philosophie (Tchékhov Anton) : XIXème siècle. Anton Tchekhov [1860-1904], auteur de :
«Que le diable emporte la philosophie des grands de ce monde ! Tous les grands sages sont aussi despotiques que des généraux et aussi peu polis et aussi peu délicats qu’eux, car ils sont sûrs de leur impunité. Diogène crachait à la figure des gens sachant qu’il ne risquait rien en le faisant ; Tolstoï traite les médecins de scélérats et fait preuve d’insolence envers les grands problèmes, car il est lui aussi un Diogène qu’on ne peut ni conduire au poste, ni attaquer dans les journaux. Donc, au diable, la philosophie des grands de ce monde ! Elle ne vaut pas toute entière… une seule des jugements de Kholstemer (titre d’une nouvelle de Tolstoï).» 57

Philosophie (Voltaire) (1) : 1741. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 1er août 1741, adressée à Willem Jacob’s Gravesande [1688-1742], après avoir évoqué sa méconnaissance de ce que des philosophes dénomment «entendement humain», «âme», «matière», «premiers principes des choses» poursuit :
«Les philosophes qui font de [un] système sur la secrète construction de l’univers, sont comme nos voyageurs qui vont à Constantinople et qui parle du sérail : ils n’en ont vu que les dehors, et ils prétendent savoir ce que fait le sultan avec ses favorites.» 58

Philosophie (Voltaire) (2) : 1756. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 22 décembre 1756, adressée à Jean-Robert Tronchin [1710-1793], lui écrit :
«Les tracasseries civiles de France embarrassent. Les guerres civiles d’Allemagne font trembler. Les horreurs des prétendus gens de lettres me désespèrent. Les grands dîners me tuent ; il faut être philosophe par l’esprit et par l’estomac.» 59 (Cf. Être humain, Corps. Voltaire)

Philosophie (Voltaire) (3) : 1758. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 3 février 1758, écrit à d’Alembert [1717-1783] :
«[…] Pourquoi cette rage contre la philosophie ? Je ne m’accoutume pas à voir les sages écrasés par les sots. J’ai le cœur navré60

Philosophie (Voltaire) (4) : 1760. Voltaire [1694-1778], dans une lettre, en date du 25 avril 1760 écrit à d’Alembert [1717-1783] :
«Je vous avoue que je suis aussi en colère contre les philosophes qui se laissent faire que contre les marauds qui les oppriment.» 61

Philosophie (Voltaire (5) : 1760. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 22 mai 1760, écrit à Louise-Marie-Madeleine Dupin [1706-1799] : «[…] Je crois qu’on peut être philosophe avec les aisances de la vie.» 62

Philosophie (Voltaire) (6) : 1760. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 16 juillet 1760, écrit à Helvétius [1715-1771] :
«[…] Il faut savoir oser ; la philosophie mérite bien qu’on ait du courage. Il serait honteux qu’un philosophe n’en eut point quand les enfants de nos manœuvres vont à la mort pour 40 sous par jour. [...]» 63

Philosophie (Voltaire) (7) : 1764. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 3 février 1764, écrit à M. Damilaville [1723-1768] :
«De tous les contes [que Voltaire écrivait] j’ai choisi le plus court et le plus philosophique [Macare et Thélème] pour l’envoyer à mon cher frère. Les dames n’y entendront rien, mais les philosophes entendront [comprendront] plus qu’on ne leur

Philosophie (Voltaire) (8) : 1764. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 7 novembre 1764, écrit à M. Damilaville [1723-1768] :
«[…] On a donc beaucoup plus d’obligation aux philosophes qu’on ne pense ; eux seuls ont changé les bêtes en hommes64 (Cf. Politique. Animalisation du monde)

Philosophie (Voltaire) (9) : 1765. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 25 juin 1765, écrit au comte [1700-1788] et à la comtesse d’Argental [1703-1774] :
«Il paraît que la philosophie est si mal accueillie à présent qu’il faut se réduire à avoir du plaisir.» 65

Philosophie (Voltaire) (10) : 1765. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 28 août 1765 écrit, concernant Jean- Jacques Rousseau. 1712-1778], écrit à d’Alembert [1717-1783] :
«[…] Ce sont de tels philosophes qui ont rendu la philosophie odieuse et méprisable à la Cour. C’est parce que Jean-Jacques [Rousseau] a encore des partisans que les véritables philosophes ont des ennemis. […]» 66

Philosophie (Voltaire) (11) : 1766. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 27 janvier 1766 écrit au comte [1700-1788] et à la comtesse d’Argental [1703-1774] :
«[...] L’opinion gouverne le monde et les philosophes à la longue gouvernent l’opinion des hommes67

Philosophie (Voltaire) (12) : 1766. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 11 février 1766, adressée à M. André Contant d’Orville, [1730?-1800?] écrit :
«Jamais la philosophie n’a été plus répandue, et jamais cependant elle n’a essuyé de plus cruelles injustices.» 68

Philosophie (Voltaire) (13) : 1766. Voltaire [1694-1778], dans une lettre, en date du 26 juin 1766, à d’Alembert [1717-1783] écrit :
«[…] Tous les philosophes - après les avoir qualifiés de «sages» auxquels il «manque l’enthousiasme, l’activité» - sont trop tièdes ; ils se contentent de rire des erreurs des hommes, au lieu de les écraser.» Et il poursuit :
«Les missionnaires courent la terre et les mers ; il faut au moins que les philosophes courent les rues ; il faut qu’ils aillent semer le bon grain de maisons en maisons69

Philosophie (Voltaire) (14) : 1766. Voltaire [1694-1778], termine sa lettre adressée à Philippe-Antoine de Claris, marquis de Florian [1707- ?], le 28 juillet 1766, par cette phrase :
«Il est doux de cultiver son jardin, mais il me semble qu’on y jette de grosses pierres70

Philosophie (Voltaire) (15) : 1773. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 16 juin 1773, écrit à d’Alembert [1717-1783] :
«[…] Je ne connais que Spinoza [1632-1677] qui ait bien raisonné ; mais personne ne peut le lire. Ce n’est point par la métaphysique qu’on détrompera les hommes ; il faut prouver la vérité par les faits71 (Cf. Penser. Faits. Vérité)

Philosophie (Voltaire) (16) : 1774. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 25 février 1774, écrit à d’Alembert [1717-1783] :
«[…] Je m’enveloppe autant que je le puis, du manteau de la philosophie, mais ce manteau est si étriqué, si percé de trous que la bise y entre de tous côtés72

Philosophie (Voltaire) (17) : 1776. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 17 mars 1776 au comte de Tressan, dans le cadre politique de sa campagne pour la suppresion des corvées, après avoir évoqué la « suppression de toutes les gabelles et de tous les commis qui désolaient mon petit pays [de Gex] » poursuit : « l’expérience est belle, et est de la vraie philosophie ». 73(Cf. « Sciences » sociales. Économie)

IV. Psychanalyse :

« Sciences » sociales (Psychanalyse) (1) : D’abord se poser la question : en quoi la parole, voire le silence, d’une personne qui n’a souvent d’autre statut que celui que ses pairs lui ont reconnu aurait-elle plus de valeur que sa propre réflexion ?
- Par ailleurs, s’interroger sur la raison pour laquelle la question du «sexe de l’analyste» en relation avec celui de l’analysé-e n’est pas considérée comme méritant d’être centralement prise en compte.
- Réfléchir en sus à la signification de s’«allonger» sur un divan et donc d’emblée accepter un rapport de domination, a fortiori alors que la personne à laquelle vous êtes censée vous adresser ne vous est pas visible. A certes évolué, est souvent récusé - remplacé par le «face à face» - peut certes être critiqué au nom d’une vision jugée caricaturale de la psychanalyse freudienne, celle de ses débuts, mais reste néanmoins l’un de ses péchés originels.
- Sans évoquer l’homme Freud et ses relations avec sa femme, sa belle-sœur, ses filles, ses sœurs, mortes en camp de concentration, ses ‘analysées’. Et le reste...
- Le chapitre que C.G Jung [1875-1961] lui consacre dans : Ma vie m’est, en sus, en lui-même, un jugement plus que suffisant ; y adjoindre néanmoins en sus les appréciations, souvenirs, critiques, jugements de W. Reich [1897-1957]. Et plus encore, ceux de Karl Kraus [1874-1936]. 74

Psychanalyse (2) : La psychanalyse a élargi la sphère de la marchandise par l’intégration de ce qui n’en avait jamais fait partie : la parole humaine.
La psychanalyse a mis un coup d’arrêt aux analyses politiques globalisantes par une légitimation de la recherche de solutions individualisantes.
La psychanalyse a rabaissé la pensée au niveau du «sexe» ; ou plus justement a réduit l’être pensant à n’être qu’un être sexuel [y compris dans sa plus large définition de l’eros, de l’énergie fondamentale de l’être humain vivant].
La psychanalyse a re-légitimé les mythes (anciens) dans un monde moderne en ébullition.
La psychanalyse, in fine, propose, peu ou prou, une même grille de lecture censée être valable pour chacun-e, sans exigence, sans prétention, ni même si souvent souci de ‘résultat’.

Psychanalyse (3) : 1986. En lisant les commentaires critiques des Œuvres autobiographiques de Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], publiés dans La Pléiade, je lis : «tendance à la schizophrénie» (p.1819), «disposition bipolaire» (p.1822), «disposition cyclothymique» (p.1696), «cyclothymisme» (p.1679), «cyclothymie» (p.1821), «agoraphobie» (p. 1717, 1822), «phantasmes» (p.1765) …
Qu’apportent ces termes, choquants, anachroniques par ailleurs, à une meilleure compréhension de Rousseau ? Quel mal font-ils à sa pensée ?
Pour y répondre, il suffit de comparer ces termes et la vie de Rousseau, notamment, mais non exclusivement, telle qu’il l’a écrite. 75

Psychanalyse (4) : Une psychanalyse est une recherche de la vérité de sa propre vie. Ou : Une psychanalyse n’est qu’une recherche de la vérité de sa propre vie ? (Sens ?)
* Ajout. 1er août 2018. Ne trouvant pas le sens de cette question, je lui en substitue une autre : et si la recherche de ce qui lie l’analyste et l’analysé-e était plus libérateur pour les deux protagonistes que ce qui est censé les différencier ?

Psychanalyse (Abraham Karl) (1) : 1909. Karl Abraham [1877-1925] écrit à Sigmund Freud [1856-1939], le 7 avril 1909 :
« Encore une observation concernant notre petite fille [Hilda. C. Abraham], qui a 2 ans et 4 mois. J’ai dû lui administrer 2 fois un lavement à la glycérine. Depuis, elle me déclare tous les jours qu’elle ne veut avoir aucune injection, mais elle le dit sans véritable affect et même, la plupart du temps, avec un sourire coquin. Elle souhaite donc manifestement l'injection. Á part cela, elle ne montre aucune sorte d’inclinations érotiques anales. » 76 (Cf. Corps, Enfants)

Psychanalyse (Abraham Karl) (2) : 1915. Karl Abraham [1877-1925] écrit à Sigmund Freud [1856-1939] :
- le 26 avril 1915 : « Vous me demandiez [dans votre dernière lettre] comment mes enfants avaient réagi à mon départ. J’ai de très jolies choses à vous raconter au sujet de notre petit gars. Certes, ma fille [Hilda, qui deviendra psychanalyste, après avoir été analysée par son père] aussi était ravie par l’uniforme que je portais déjà à Berlin depuis un certain temps ; le salut des soldats, en particulier lui en imposait. Conformément à son sexe et à son âge, le petit bonhomme a pris la chose d’une toute autre façon. C’est l’épée qui lui avait tapé dans l’œil. Je lui assurait qu’il aurait un jour, lui aussi, le droit de porter l’épée. Et lorsque je l’eus ceint de l’arme, il en fut tout muet de bonheur. [...]
Les jours suivants, il fut ensuite d’une grande tendresse ; mais il y avait dans son comportement quelque chose qui m’a expliqué la psychologie du vasselage. […] » Depuis la collation de l’épée, il s’est manifestement identifié à moi. »
- le 12 novembre 1916 : « Mes deux enfants vont actuellement à l’école ici ; le garçon autorise de grands espoirs. »
- le 10 décembre 1916 : « [notre petit garçon] s’est enquis aujourd’hui avec beaucoup d’insistance de la question de savoir si l’on peut épouser sa sœur. »
- le 18 mars 1917 : «  Notre garçon - 6 ans et demi - a récemment donné à ma femme l’assurance apaisante qu’au cas où je mourrais, il l’épouserait. » 77
(Cf. Enfants. Éducation, Patriarcat. Domination masculine, Politique. Guerre)

Psychanalyse (Cardinal Marie) : 1975. La force du livre Les mots pour le dire 78 de Marie Cardinal [1929-2001] elle telle qu’elle peut se substituer, selon moi, en nettement plus positif, à une psychanalyse. Excellent rapport qualité / prix, donc
- Ce qui est formidable, c’est qu’en dévoilant le processus psychanalytique tel qu’elle l’a vécu, en le faisant partager, elle en fait bénéficier celles qui, en la lisant, l’ont vécu avec elle.
La lire peut les en prémunir ; ceci dit, il faut dire qu’elle reconnaît sans ambiguïté à un «docteur», à un psychanalyste, sa renaissance…sans doute aussi beaucoup à elle-même…(Cf. Femme. Écrivaine. Cardinal Marie)

Psychanalyse (Castoriadis Cornelius) : 1986. Cornelius Castoriadis, [1922-1997] - qui fut lui-même psychanalyste - auteur de :
«[En psychanalyse] ce qui nous intéresse au premier chef [est] le sujet humain proprement dit, le sujet qui est à la fois le milieu, le moyen et la fin (la finalité) de la cure. Ce sujet n’est pas simplement réel, il n’est pas donné, il est à faire et il se fait moyennant certaines conditions et dans certaines conditions. La fin de l’analyse, c’est de le faire advenir79 Mais n’est-ce pas faire de l’analyste un démiurge ?
- Plus globalement, les tentatives de Castoriadis de lier Marxisme et Freudisme et plus largement de dépasser les ‘oppositions’ entre individu-e et collectif ne me sont jamais parues ni pertinentes, ni donc convaincantes. 80

Psychanalyse (Critique) : 1806. Joseph Joubert [1754-1824], auteur, en 1806, de :
«Pour descendre en nous-même, il faut d’abord nous élever.» 81
Élève effectivement la réflexion et modifie les termes du débat.

Psychanalyse (Dolto Françoise) : 2005. Dans Le livre noir de la psychanalyse, Jacques van Rillaer écrit que chez Françoise Dolto [1901988] :
«Le Moi des femmes est la plupart du temps plus faible que celui des hommes» et que «leur Sur-Moi est rudimentaire (sauf les cas de névroses)» [...]
«C'est parce qu'elle n'a pas de Sur-Moi - parce qu'elle en a moins - que la femme apparaît pleine de grâce, c'est-à-dire de présence. Remarquez comment l'enfant qui n'a pas de Sur-Moi est lui aussi plein de grâce». (Lu sur Wikipédia. Vérifier) (Cf. Enfants. Dolto Françoise)

Psychanalyse (Fantasme) : En quoi un fantasme, conscient ou inconscient, a-t-il un quelconque lien avec un désir ? En quoi serait-il légitime (ou non) de le réaliser ? Au-delà, que signifie un fantasme ? Aucun-e psychanalyste (pour le peu que je les connais) n’a pas pour moi, répondu clairement à ces questions. Mais je dois reconnaître que ma culture en la matière - faute d’intérêt - est faible. (Cf. Désir. Freud)

Psychanalyse (Freud Sigmund) (1) : Que Freud [1856-1939], ce patriarche Autrichien, bourgeois, égocentriste, autoritaire, peu soucieux de lier psychanalyse et réelle interrogation sociale et politique, «résigné» 82, ce phallocrate en dernière instance, ait pu si longtemps être considéré comme progressiste, voire révolutionnaire (de la pensée !), est l’une des grandes erreurs politiques du XXème siècle. Quelles terribles régressions n’a-t-il pas légitimées…(Poursuivre)

Psychanalyse (Freud Sigmund) (2): 1882. Sigmund Freud [1856-1939] dans une lettre du 23 juillet 1882 à sa fiancée, Martha Bernays [1861-1951] lui écrit, évoquant son père [Berman Bernays. 1826-1879] :
«[…] personnage sérieux, taciturne saisit la vie plus profondément que ne le peuvent la science et l’art : il fut avant tout humain et créa de nouveaux trésors au lieu simplement de commenter les anciens. Honneur à la mémoire de celui qui m’a donné ma petite Martha ! » 83 (Cf. Patriarcat. Père)

Psychanalyse (Freud Sigmund) (3) : 1883. Sigmund Freud [1856-1939], dans une lettre en date du 16 septembre 1883, adressée à sa fiancée et future épouse, Martha Bernays [1861-1951], encore bouleversé par le suicide de son ami Nathan Weiss, un mois après son mariage, évoque sa vie et partiellement explique sa mort. 84
- À la lecture de cette très remarquable, riche, subtile, intelligente analyse, à la fois personnelle, sociale, familiale, je n’ai pu m’empêcher de penser, en regard, à la pauvreté des concepts analytiques de la psychanalyse.

Psychanalyse (Freud Sigmund. Fils de son père) (4) : 1897. Sigmund Freud [1856-1939], auteur de :
«Malheureusement, mon propre père a été l’un de ces pervers et a été responsable de l’hystérie de mon frère (dont les états correspondent tous à une identification) et de celles de quelques-unes de mes plus jeunes sœurs. La fréquence de cette relation me donne souvent à penser.» 85
Freud évoquera, sept mois plus tard, de «graves soucis qui l’ont privé de [sa] jeunesse.» 86 (Cf. Patriarcat. Père. Freud Sigmund])

Psychanalyse (Freud Sigmund) (5) : 1912. Sigmund Freud [1856-1939], le 3 juin 1912 concernant un texte que Karl Abraham [1877-1925] lui avait soumis, critique son emploi de la dénomination de « névrosé »:
« […] Ces complexes, en effet, nous les avons tous et nous devons veiller à ne pas tous nous appeler névrosés. Si nous avons su nous en défendre, le nom [le terme ? ] devrait nous en être épargné. […] » 87

Psychanalyse (Freud Sigmund) (6) : 1913. Sigmund Freud [1856-1939] écrit le 1er juin 1913 à Karl Abraham [1877-1925] qui lui posait une question sur les honoraires à demander concernant une femme [docteure] divorcée lui répond :
«  Être mêlé à un divorce, comme cela m’a été imposé une fois, voilà qui est fort peu réjouissant ! » Obligerait au [risque de] prendre position ?
- Et dans la même lettre, il écrit aussi : « Je suis heureux de penser que votre mariage prouve que la psychanalyse ne doit pas nécessairement conduire au divorce. » 88 (Cf. Famille. Mariage. Divorce)

Psychanalyse (Freud Sigmund) (7) : 1920. Sigmund Freud [1856-1939] écrit le 14 mai 1920 à Karl Abraham [1877-1925] :
«  Faudra t-il donc que je me fasse au rôle du vieillard dorloté à qui chacun offre un beau cadeau le jour de son anniversaire (le 6 de ce mois) ? » Il eut suffi de les refuser.
* Ajout. 11 août 2018. Freud écrit, l’année suivante, au même interlocuteur, dans une lettre en date du 8 mai 1921 :
«  À force d’être gratifié de vœux, on devient conscient de son âge et, à force d’être gratifié de cadeaux, on devient infantile, ce qui, nest-ce pas, va très bien ensemble. » 89

Psychanalyse (Freud Sigmund) (8) : 1924. André Gide [1869-1951] écrit dans son Journal à la date du 19 juin 1924 :
«  Ah ! que Freud est gênant ! Et qu’il me semble qu’on fût bien arrivé sans lui à découvrir l’Amérique ! Il me semble que ce dont je lui doive être le plus reconnaissant, c’est d’avoir habitué ses lecteurs à entendre traiter certains sujets sans avoir à récrier, ni à rougir. Ce qu’il nous apporte le plus, c’est de l’audace ; ou plus exactement, il écarte de nous certaine fausse et gênante pudeur. 
Mais que de choses absurdes, chez cet imbécile de génie ! » 90
Lapidaire mais assez bien vu, bien que la reconnaissance de la puissance intellectuelle de l’homme Freud eut mérité un tout autre jugement.

Psychanalyse (Freud Sigmund) (9) : 1925. Freud [1856-1939], dans Ma vie et la psychanalyse, écrit :
«En 1886, à l’automne, je m’établis comme médecin à Vienne et j’épousais la jeune fille (sans nom) qui depuis plus de quatre ans m’avait attendu dans une ville lointaine (par rapport à lui, sans doute). Je ferai un retour en arrière en racontant que ce fut de la faute de ma fiancée si je ne suis pas devenu célèbre en ces jeunes années.»
Il explique pourquoi […] :
«Comme j’étais plongé dans ces travaux (les siens), s’offrit alors la possibilité d’un voyage me permettant de revoir ma fiancée dont j’avais été séparé deux années (elle aussi, l’avait été). Il les «conclus à la hâte», publie ses recherches et annonce leur prolongement. Quand il «revint de congé», il apprend qu’un de ses amis avait fait des «expériences décisives» et les avaient «présentés» lors d’un Congrès.
Et Freud en conclue : «Cependant je n’ai pas gardé rancune à ma fiancée de l’occasion perdue alors.» Elle n’en reste pas moins «faut[ive]». 91 (Cf. Femme. Mère. Freud Martha, Homme. Irresponsable, Patriarcat. Père. Freud Sigmund)

Psychanalyse (Freud Sigmund. Père de son fils) (10) : 1975. Martin Freud [1889-1967], l’un de ses fils, auteur de :
«Je me souviens cependant que quelque temps avant cet incident choquant [avec un ami, Martin, ‘adolescent’, il a, sur la plage, ‘jeté un rapide coup d’œil par le hublot’ sur des jeunes filles dénudées et ‘le maître de plage menace de tout raconter aux parents’], nous avions parlé en famille des bêtes d’élevage et père s’était rendu compte qu’aucun de ses enfants ne savait la différence entre un bœuf et un taureau. ‘Il faut que je vous parle de ces choses» s’était-il alors exclamé ; mais, suivant en cela la conduite de la majorité des pères, il n’en avait rien fait. Si le maître de plage était venu raconter nos frasques, il aurait peut-être été obligé de s’exécuter.» 92 (Cf. Être humain, Enfants. Miller Alice, Patriarcat. Père. Freud Sigmund)

Psychanalyse (Gratuité) : Je n’ai jamais oublié le choc que j’ai ressenti lorsque, dans une réunon féministe (dans les années 70) une jeune femme (je ne me souviens plus de la nature de ses rapports avec l’« analyse ») présenta comme relevant de l’évidence qu’en aucun cas, un quelconque paiement n’était nécessaire à une « analyse ». Son évidente assurance m’ouvrit une voie royale à la remise en cause de bien d’autres soi-disantes évidences…

Psychanalyse (Groddeck Georg) : 1923. Georg Groddeck [1866-1934], auteur dans Le livre du ça, de :
«Ève débauche Adam ; c’est ainsi, a été et sera toujours ainsi.» 93

Psychanalyse (Inconscient) (1) : Si l’inconscient est l’expression non libérée du refoulé historique, politique, religieux, patriarcal etc…tel qu’intériorisé par chacun-e, en fonction de l’histoire, en fonction de son histoire, il est donc l’expression refoulée de tous les rapports de pouvoir ayant structuré le psychisme de chacun-e. Dès lors, la meilleure solution pour y voir clair, pour s’en délester, pour s’en libérer, ne seraient-ce pas les luttes individuelles et collectives qui les dévoilent ? En ce sens, rien n’est meilleur pour l’équilibre personnel et pour la santé que de découvrir (entre autres…) le féminisme. Et le vivre. (Cf. Féminisme, Patriarcat)

Psychanalyse (Inconscient) (2) : Si l’on peut concevoir [ce qui relève d’une certaine évidence] que notre identité soit conditionnée par notre substrat infantile, et qu’il soit légitime que la psychanalyse ait pour fonction, pour finalité de le faire advenir à la conscience, il n’est pas juste de penser que ce dévoilement puisse nous permettre de comprendre le monde dans lequel nous vivons. Il peut, tout au plus, nous relier à notre passé, tandis que se maintiennent les rapports de domination (qui structurent notre inconscient) dès lors qu’ils restent inchangés, maintenus dans les limbes de l’histoire. Et se perpétuent.

Psychanalyse (Inconscient collectif. Femmes) (1) : L’inconscient collectif des femmes : une béance de la pensée historique. (Cf. Féminisme, Histoire)
* Ajout. 21 juillet 2018. En est-il de même de l’inconscient collectif des hommes concernant…les femmes ?

Psychanalyse (Inconscient collectif. Femmes) (2) : 1981. Je découvre avec tristesse cette phrase - si bête - de Françoise Giroud concernant Madame [Henriette] Poincaré [1858-1943] :
«Comme souvent les femmes sottes, elle exprimait l’inconscient collectif.» 94 (Cf. Femmes. Épouse de, Féminisme. Antiféminisme)

Psychanalayse (Instinct) : 1908. Sigmund Freud [1956-1939] écrit 9 janvier 1908 à Karl Abraham [1877-1925] :
«  Mon jugement sur votre femme respose sur ce qu’on appelle une reconnaissance instinctive des êtres humains. » 95
Citer cette phrase / analyse n’a pas pour seule finalité de critiquer nombre de fondements de la psychanalyse ; je subodore, puis-je écrire, je pense ? - instinctivement - que « l’instinct » relève de l’inconscient collectif, donc de l’histoire, et à ce titre, doit être réhabilité, c’est-à-dire pris au sérieux, mais sans doute de bien d’autres « choses » [terme employé, en attendant mieux] plus stictement personnelles. (Cf. Penser. Instinct)
* Ajout. 8 août 2018. À la suite d’une - courte - visite de son épouse chez Karl Abraham et son épouse, Freud lui écrit le 29 mai 1908 :
« Ma femme m’a rapporté bien des choses du cordial accueil qu’elle a trouvé chez vous. Il me semble qu’en ce qui concerne votre vie domestique, j’aie établi un bon diagnostic. » 96 (Cf. Vie-dite-privée. Famille)

Psychanalyse (Jung Carl Gustav) : 1957. Carl Gustav Jung [1875-1961], auteur de : «Pour moi, la chose essentielle a toujours été que soit dit ce que j’avais à dire. J’ai le sentiment d’avoir fait ce qui m’était possible. […]» Juste ? En sus, comment interpréter : «que soit dit», sans sujet ? Et que signifie : «possible» (notamment dans l’Allemagne Hitlérienne) ? (Cf. Penser. Vérité) 97

Psychanalyse (Kraus Karl) : Karl Kraus [1874-1936], auteur de :
«La psychanalyse est cette maladie de l’esprit dont elle prétend être la thérapie.»
La suite, à l’avenant, laquelle ne manque pas, du fait de sa radicalité, d’intérêt. 98

Psychanalyse (Lacan Jacques) (1) : XXème siècle (s.d). Est-il vrai, selon Sollers, que Lacan [1901-1981] aurait dit à des femmes dont il était l’analyste : «Donnez-moi ce que vous avez dans votre sac» ? 99 Si oui, (me) suffit pour déconsidérer et l’homme et sa ‘pensée’ : un exemple parmi d’autres paroles et agissements malhonnêtes, et qui ne sont de mise que dans une secte, malgré les maladroites tentatives, aujourd’hui encore, pour dédouaner les Lacanien-nes de cette accusation. (Penser. Morale)

Psychanalyse (Lacan Jacques) (2) : XXème siècle (s.d). Françoise Dolto [1908-1988] se remémorant une discussion avec Jacques Lacan [1901-1981], après qu’elle lui ai dit qu’elle ne comprenait pas tout ce qu’il disait, mais que, lorsqu’elle le comprenait, c’était «illuminant d’une multitude de cas», lui répond :
«Mais ce n’est pas étonnant que tu ne comprennes pas et ça n’a aucune importance, parce que, toi, tu fais ce que je théorise100 Quel mépris ! (Cf. Être humain. Mépris. Penser, Patriarcat, Violences. Dolto Françoise)

Psychanalyse (Lacan Jacques) (3) : 1989. Lu dans le livre de Pierre Rey [1930-2006], Une saison chez Lacan [1901-1981] :
«Entre temps, rue de Lille, rien n’allait plus. Nos rapports devenaient de plus en plus tendus. Par honnêteté intellectuelle, pour qu’il ne s’imagine pas que je puisse le rouler d’un fragment de son temps, je le prévenais avant la séance que je n’avais pas de quoi le payer. Parfois, il ne bronchait pas. – Oui ? disait-il comme si je n’avais rien dit. La sueur au front, je passais rapidement à autre chose. Au bout de plusieurs semaines, quand les séances dues s’accumulaient, je sentais venir la crise. Les deux premières années, elle éclata à deux ou trois reprises avec une violence qui me terrifia. Avec des mots très durs, Lacan me menaça de mettre fin à ma cure si je ne trouvais pas le moyen de régler mes dettes101

Psychanalyse (Lacan Jacques) (4) : 1992. Voici ce que Louis Althusser [1918-1990] rapporte concernant Lacan [1901-1981] :
«Dans la conversation, il me disait souvent pis que pendre de certains de ses ‘analysants’ et surtout de leurs femmes qu’il lui arrivait d’analyser en même temps que leur mari». 102 Ce qui fut le cas concernant Monsieur et Madame Althusser. (Cf. Homme. « Intellectuel». Althusser Louis. Badiou Alain)

Psychanalyse (Lacan Jacques) (5) : 2008. Anne de Bascher, évoquant, en 2008, son parcours féministe militant, écrit :
«J’avais longtemps hésiter à me rendre dans ce cénacle [Psych et Po. Psychanalyse et Politique] car je ne m’intéressait pas à la psychanalyse, même après avoir suivi quelques séminaires de Lacan, dont je n’avais retenu que les cigares tordus, les cheveux passé au Miror-Argentil et les costumes bleus comme la peau d’un orvet.» 103

Psychanalyse (Prévert Jacques) : 1980. On lit dans Choses et autres de Jacques Prévert [1900-1977], ceci :
«Bien sûr, ils étaient gentils et bien attentionnés, mais je savais qu’ils me trouvaient curieuse tout en taisant leur curiosité. Des savants bien sûr, mais des hommes ! Et quand ils me parlaient de mon enfance, c’était pour moi des étrangers, des touristes, et le jour où je leur ai dit que si Freud avait été une petite fille, ça désexpliquerait beaucoup de choses, et que, si génial soit-il, il était peut-être, malgré tout un peu médicastrateur, ils n’ont pas été contents et très vite, ils m’ont dit que j’étais guérie. Mais le jour où je suis sortie, j’ai plutôt eu l’impression qu’ils me foutaient dehors.» 104

Psychanalyse (Psychanalyste) : Quel-le est le/la psychanalyste qui simplement donne au départ d’une analyse les éléments qui permettraient à tout un-e chacun-e, seul-e, de faciliter le passage de l’inconscient au conscient. Et les fondements moraux et politiques de son engagement. Mais, surtout, quel-elle est celui / celle qui se serait fait hara-kiri en avançant que l’hypothèse de l’auto-analyse, pourtant mise en œuvre par Freud, était une solution. La meilleure ?

Psychanalyse (Reich Wilhelm) : 1952. Wilhelm Reich [1857-1957], dans La fonction de l’orgasme, auteur (notamment) de :
- «Dans le champ de l’hygiène mentale, la grande tâche consiste à remplacer le chaos sexuel, la prostitution, la littérature pornographique et la débauche sexuelle par le bonheur naturel de l‘amour garanti par la société
- «Si les psychanalystes acceptent ces postulatssadisme masculin et masochisme féminin», «fantasme de viol»), c’est qu’ils ne pensent pas au-delà des structures sexuelles rencontrées en grand nombre chez les humains.»
- «L’évaluation habituelle de la sexualité se réfère à sa caricature et sa condamnation est justifiée.» 105
Que de confusions… (Poursuivre la critique de Reich) (Cf. Femme. « Féminin », Être humain, Relations entre êtres humains. Amour, Pornographie, Proxénétisme, Sexe-s […] )

Psychanalyse (Rêves) (1) : Ce ne sont pas nos rêves qui nous révèlent à nous-mêmes ; ce sont les mûrissements, les maturations de notre conscience (fut-elle ou non révélée de, par l’inconscient) qui nous permettent d’analyser nos rêves et de nous révéler - partiellement ! - à nous-mêmes.

Psychanalyse (Rêves) (2) : Les rêves sont aussi une aide à la prise de décision.

Psychanalyse (Serge Victor) : 1946. Victor Serge [1890-1947], écrit dans ses Carnets, le 9 septembre 1946, concernant le suicide d’un Suédois dénommé Lungdahl au Mexique dont il évoque la vie :
«Fritz [?] le soigna avec sympathie, mais c’est de la vie entière qu’il faudrait guérir les gens, et ça, c’est au-dessus des possibilités de la psychanalyse la plus affectueuse106

Psychanalyse (Stern Anne-Lise) : Anne-Lise Stern [1921-2013], auteure de :
«La psychanalyse concerne les sujets un par un, dans leur particularité. […]» 107 Pour ne pas oublier un essentiel… (Cf. Être humain, Politique, Histoire)

Psychanalyse (Schizophrénie) : Comment nommer, diagnostiquer un homme ou une femme : « schizophrène » sans s‘être préalablement interrogé-e sur la cohérence du monde ?
Valable aussi pour : « 
bi-polaire » et autres gracieux épithètes…
Et la liste peut s’allonger..

Psychanalyse («Transfert») : Le transfert (sur l’autre) est censé être la preuve de la réussite de l’opération du pouvoir du [de la] psychanalyste sur son client/patient. [sa cliente/patiente] ? Et le «contre-transfert», son rééquilibrage ? Absurde…

Psychanalyse (Vailland Roger) : Roger Vailland [1907-1965] auteur de :
«  La psychanalyse ne m’intéresse pas. Je vois très clair en moi. » 108

«Sciences» Sociales (Psychiatrie) (1) : Heureusement, compte tenu notamment de l’absence de réelle clarification entre psychanalyse et psychiatrie, pour sauver du naufrage la psychiatrie, il a existé et existe toujours la psychothérapie institutionnelle et la clinique de Laborde. Un autre monde, que j’ai eu la chance d’approcher (un tout petit peu). Par quels processus celle-ci a-t-elle si peu perduré ? Quels ont été ses effets sur la psychiatrie, celle qui est pratiquée aujourd’hui ? Comment peut-elle renaître ?

Psychiatrie (2) : 1967. Lors du Congrès international sur les psychoses tenu à Paris, en octobre 1967, des débats ont été retranscrits lors de la publication. L’un-e d’entre eux/elles [présenté comme XXX], travaillant dans un C.M.P.P.P [Centre médico psychopédagogique] explique comment «ce sont justement les remises en cause continuelles de l’organisation du groupe par les psychotiques eux-mêmes qui ont été un élément de psychothérapie109 Puissant.

V. Sociologie :

«Sciences» sociales. Sociologie (1) : Une sociologie aveugle au patriarcat : une sociologie borgne.

Sociologie (2) : «À la place de la sociologie, une doctrine des formations de la souveraineté110
- Et : «Au lieu de la ‘sociologie’, une théorie des systèmes de domination.» 111
Oui, mais quelle place alors accorder à l’individu-e ?
- Mais que cette question - certes grossière - puisse même être posée ne récuse-t-elle pas le concept même de sociologie…comme celui de «système» d’ailleurs ?

Sociologie (3) : Que la sociologie ait eu pour ambition de s’imposer dans les champs préalablement constitués de la philosophie, de la morale, de l’histoire, du politique, de la psychologie… - plus tard, l’économie (?) - révèle des manques, mais n’en légitime pas pour autant sa spécificité.
- Nombre de pontes de la sociologie ont toujours mal vécu le fait qu’elle fut vécue (y compris par eux) comme la petite dernière, la parente pauvre, jamais vraiment légitime, des «sciences» sociales.

Sociologie (4) : Si la sociologie est, au sens premier, l’analyse, l’étude de, la réflexion sur «les sociétés», alors, sur quels fondements la validité de la parole, de l’analyse d’un-e sociologue aurait-elle une légitimité supérieure à celle prévalant chez quiconque, ‘café du commerce’ inclus ?
- En quoi l’analyse d’un-e sociologue, le fait d’avoir lu des sociologues, de les citer, d’être agrégé-e de l’université, d’être embauché-e par le CNRS confèrerait -il, aurait-il, de par son seul statut, une valeur sinon supérieure, du moins plus légitime, plus valable que celle de n’importe quelle autre personne, singulière, elle aussi ?
- En quoi «être» sociologue garantit-il rigueur, justesse, pertinence, je n’ose dire vérité, en matière de raisonnement ?
- En quoi «être» sociologue prémunit-il des paradigmes non remis en cause, des présupposés, comme des engagements, et des blocages [personnels] ?
- Et pourquoi les sociologues sont-ils si souvent auto-exonéré-es des analyses concernant les mécanismes de la reproduction des classes dirigeantes ?
- Il importe d’expliciter que je suis, personnellement, concernée par cette critique, que j’ai, pendant une partie importante de ma vie, financièrement vécu grâce au salaire que me conférait ce statut, et qu’en tant que statutairement retraitée, je continue à exercer ma liberté d’écrit de ce fait. Pas une analyse, mais nécessaire. (Cf. «Sciences» sociales. CNRS)

Sociologie (5) : Aucune sociologie - par plus qu’aucun «fait» [fut-il qualifié de «fait social total»], aucune «réalité» (fut-elle qualifiée d’«analyseur de …»] - ne peut, ni ne doit justifier quoi que ce soit. Nul-le ne peut «tirer aucune conclusion» d’aucune recherche sociologique : elle peut, au mieux, aider à réfléchir. Tout argument, au nom de la recherche sociologique, est donc forfaiture. (31 août 2013)

Sociologie (6) : La sociologie qui enferme l’analyse dans un pseudo réel, lequel est nécessairement atomisé, parcellisé, fragmenté doit alors le créer de toutes pièces, et / ou sur les seuls fondements (considérés comme légitimes) d’écrits antérieurs ou concomitants. Lorsqu’il existe des exceptions, en toute rigueur, elles ne peuvent plus s’intituler sociologiques ; elles doivent rompre avec l’intitulé.

Sociologie (7) : La sociologie peut avoir pour projet d’aider à comprendre [une fraction de] la société, ainsi que le monde dans laquelle, elle s’insère. Mais elle ne peut revendiquer de particularité car cette recherche de compréhension est et ne peut être que le fait de tout un-e chacun-e.
Et ce n’est pas sa «méthode» - qui n’existe pas - qui légitimerait sa spécificité.
Mais ce qui est vrai pour la sociologie l’est aussi pour l’ensemble des «sciences» dites sociales et /ou humaines.
La recherche de «pluridisciplinarité», de «transdisciplinarité», si elle fut conscience de l’arbitraire des cloisonnements de disciplines, n’en a pas pour autant brisé les enfermements qui leur sont consubstantiels. (Cf. «Sciences» sociales)

Sociologie (8) : Les liaisons dangereuses, sinon rédhibitoires de la sociologie avec l’État et «le marché» lui sont devenues consubstantielles. S’en défaire, c’est rompre avec la discipline.

Sociologie (9) : La sociologie, du fait de ses prémices, interdit l’imagination, l’imaginaire. À ce seul titre, elle est critiquable.

Sociologie (10) : 2014. Lu :
«Des sociologues ont décrit la société française comme ‘une société de défiance’112 A ton besoin de «sociologues» pour énoncer un tel truisme ? Non. Alors, pourquoi ce besoin de se justifier par une autorité considérée, ici par un (ancien) ministre, comme plus valide que celle de son propre jugement ? Par crainte ? Mais de qui ? de quoi ? Assez simplement, de la peur de la force, la pertinence, sa seule propre pensée.

Sociologie (11) : 2017. J’écoute l’émission de France Culture consacré à la grève des ouvrières de la CIP (Confection industrielle du Nord-Pas-de-Calais) et au travail des sociologues du travail, Anni Borzeik et Margaret Maruani en 1975, lequel avait donné lieu à la publication d’un livre intitulé : Le temps des chemises [Syros. 1982]. 113
Cette émission centrée sur la grève avec occupation d’usine et reprise et «échange» (et non vente) de la production, sur les femmes grévistes, et leurs «parties de plaisir», sur l’autogestion, le changement dans les modes de travail, la baisse des cadences, la solidarité militante, les relations hommes / femmes a été heureusement élargie notamment aux réactions non moins passionnantes (et affligeantes) des syndicalistes mais aussi des sociologues.
- Pourquoi la sociologie du travail «qui ne s’intéresse pas tellement aux individu-es…, entend-on» dont ce travail est un remarquable exemple - dont l’une des finalités était de «sortir du jargon dans lequel on enferme les conflits sociaux» - est-elle devenue depuis si ennuyeuse, quasi illisible ? Quels processus ont-ils été mis en œuvre ? Quels intérêts étaient-ils en jeu ? Quelles alliances et quelles contradictions doivent-elles être révélées ? Un beau et nécessaire travail de sociologie à accomplir. (Cf. Femmes. Luttes de femmes) 114

Sociologie (12) : Si les sociologues s’étaient plus interrogés sur les liens entre leur ‘soi’ et la discipline nommée sociologie et, s’ils/elles en avaient tiré certaines conclusions, la sociologie existerait-elle ? Ou, du moins, n’en serait-elle pas profondément «autre» ? Évident ?

Sociologie (13) : Remplacer «sociologues» par : «observateur/trices [critiques] des sociétés» ? Mais dès lors, concerne chacun-e d’entre nous…
* Ajout. 15 octobre 2017. 2017. Sur France Culture, un sociologue est qualifié de «théoricien du social». 115

Sociologie (14) : Dans un débat, qu’apporte un-e sociologue ? Au nom de qui parle-t-il / elle ? Pourquoi a-t-il / elle été invité-e ? Quelle est sa position personnelle, politique concernant ce dont il / elle parle ? De qui prend -il / elle la place ?

Sociologie (Aron Raymond) (1) : 1962. Raymond Aron [1905-1983], auteur dans ses Dix-huit leçons sur la société industrielle (1962) de :
«Il m’a paru convenable de consacrer cette première leçon à des considérations générales sur la nature de la sociologie. Cette décision ne tient pas seulement à une coutume universitaire à laquelle je veux me conformer (il est normal que les sociologues soient respectueux des coutumes). Elle tient aussi à la nature de la discipline que je dois enseigner. […]» 116 (Cf. Politique. Libéralisme. Aron Raymond)

Sociologie (Aron Raymond) (2) : 1970. Raymond Aron [1905-1983], dans sa Leçon inaugurale au Collège de France, définit, le 1er décembre 1970, la sociologie comme «la science de la société moderne».
Mais comment peut-on dire de telles absurdités, dont l’ambition de la ‘discipline’ cependant rejaillit sur son auteur ? 117 (Cf. Politique. Libéralisme. Aron Raymond, «Sciences» sociales)

Sociologie (Castoriadis Cornélius) : 1974. Cornelius Castoriadis [1922-1997], auteur de :
«Même en sociologie, on peut faire beaucoup plus que de la description.» 118 Certes, mais, ce constat - de faible ambition - permet de s’interroger : comment la sociologie peut-elle, théoriquement, méthodologiquement, récuser le fait d’être qualifiée de «descriptive». Sur quelle spécificité, la sociologie peut-elle justifier ses fondements ? Et comment peut-elle faire une place à la diversité des présupposés et des ambitions de ses auteur-es, enfermés qu’ils/elles sont par ailleurs dans un statut dont ils/elles savent le peu de titres de gloire dont ils/elles peuvent se prévaloir ?

Sociologie (Comte Auguste) (1) : Saviez-vous qu’Auguste Comte [1798-1857], considéré, comme le père de la sociologie, comme celui du «positivisme», fondateur de «la religion de l’humanité» - une nouvelle religion sans Dieu, vouant un culte aux grands hommes et dont il se proclame le grand prêtre - connu pour son amour passionné mais chaste pour Clotilde de Viaux - - avait été marié pendant dix-sept ans avec Caroline Massin ?
- Concernant son épouse, qui pouvait notamment revendiquer une partie de son héritage, Auguste Comte - qui publiquement vantait les mérites de Clotilde de Vaux et disait tout le mal qu’il pensait de Caroline Massin - avait rédigé une «Addition secrète» à son testament dans lequel il déclara qu’elle avait été prostituée, que leur mariage avait permis de supprimer son nom du registre de la police des prostituées. Un vrai gentleman…Elle aurait fait un procès qu’elle aurait gagné. 119 (Cf. Famille, Hommes. « Intellectuels ». France, Proxénétisme, Vie-dite-privée)
* Ajout. 1er juin 2015. Lu dans Les idées et les âges d’Alain [1868-1951] dans le chapitre intitulé : Le couple, ceci :
«[…] Comte a dit là-dessus l’essentiel, mais il est seul. Hors de deuxième volume de la Politique Positive, qui est la Bible des ménages, je n’ai lu là-dessus que des pauvretés.» 120 (Cf. la suite du raisonnement dans : Penser. Gide André, Famille)

Sociologie (Comte Auguste) (2) : 1908. Lu dans le Journal de l’Abbé Mugnier - 1879-1939 -, à la date du 2 septembre 1908 :
«[Lors d’un déjeuner chez Madame de Caillavet) Anatole France [1844-1924] dit qu’Auguste Comte [1798-1857], était fou. Il avait gardé la religion, sauf la partie consolante. Il aimait Bossuet parce qu’autoritaire. Il n’admettait le divorce que dans un seul cas, si l’un des deux avait volé un caisse publique, parce que Clotilde de Vaux [1815-1846, amante d’Auguste Comte] s’était séparée d’un mari qui avait commis cette faute.» 121 (Cf. Famille. Divorce)

Sociologie (Durkheim Émile) : 1895. Émile Durkheim [1858-1917], auteur dans Les règles de la méthode sociologique [1895], de :
«La première règle et la plus fondamentale est de considérer les faits sociaux comme des choses […].» (Wikipédia) (Cf. Être humain)

Sociologie (Elle. 1970) : 1970. Le 15 novembre 1970, le journal Elle présente les États-Généraux de la Femme qui doivent se ternir les 20, 21, 22 novembre 1970. On y lit :
«[…] Dimanche après-midi à 15 heures : vote de la motion finale, conclusion des travaux et diverses communications faites par des grands sociologues sur la place de la femme dans le monde d’aujourd’hui.» 122

Sociologie (Gramsci Antonio) : XIXème siècle. Antonio Gramsci [1891-1937] auteur de :
«[…] Toute sociologie présuppose une philosophie, une conception du monde dont elle est un fragment subordonné123 Oui.

Sociologie (Liogier Raphaël) : 2018. Raphaël Liogier, sociologue, débute un article intitulé : Messieurs, changez de regard sur le corps des femmes, ainsi :
«Les nombreux messages que j’ai reçu depuis une semaine m’ont confirmé dans ma conviction que le cœur de l’inégalité des sexes est bien le regard dégradant que les hommes posent encore, parfois malgré eux, sur les corps des femmes. […]» 124
- J’avais une conviction, j’ai reçu des messages, ma sociologie est confirmée….
Et moi de même… (Hommes, Patriarcat, Penser)

Sociologie (Maffesoli Michel) : 2010. Après la lecture (fortuite) du livre d’entretien, Qui êtes-vous ? Michel Maffesoli, dont j’ignorais tout jusqu’alors (2018) : que d‘anathèmes, de mépris, de règlements de compte, d’injures, et même d’expressions de haine…
Et comment alors peut-on écrire :
«Je m’interdis de projeter mes valeurs sur les objets que j’analyse ou qui sont analyses par les chercheurs dont j’assure la direction» ? 125 (Cf. Langage. Possessif. Maffesoli Michel)

Sociologie (Mauss Marcel) : 1934. Marcel Mauss [1872-1950], auteur, dans Fragments d’un plan de sociologie générale descriptive, dans le paragraphe intitulé : Éducation. Instruction de :
«[…] Voici comment observer ces différents systèmes d’une même éducation. […] À l’intérieur de chaque société, les éducations se croisent et ne se mêlent pas. Deux divisions fondamentales coexistent et se recoupent : par sexe et par âge. La diversité des éducations par sexe comment à s’effacer chez nous ; ailleurs, elle conditionne tout. La division du travail et des droits, même la différence des idées, des pratiques et des sentiments est infiniment plus marquée entre les sexes qu’elle ne l’est chez nous. Nous sommes sûrs de cette affirmation, quoi que l’étude sociologique de la partie féminine de l’humanité toute entière n’ait pas encore été approfondie d’une façon suffisamment grande et suffisamment spécifique. La division par âge…[…]» 126 (Cf. Femme. « Féminin »)
Je n’ai pas lu par ailleurs dans le livre d’où est issu cette accablante citation d’autres références à «la division du travail et des droits entre les sexes».

Sociologie (Monde Diplomatique Le) (1) : 2018. Un article de Razmig Keucheyn, professeur de sociologie à Université de Bordeaux intitulé Ce que la bataille culturelle n’est pas est publié dans Le Monde Diplomatique de mars 2018. Dans un sous chapitre (le seul) intitulé : Identifier les vecteurs du changement, celui-ci identifie : «politiques redistributives et de reconnaissance des droits des femmes», «concédées» par la droite. Passons sur son analyse historique (fausse), passons sur cette curieuse assimilation, et venons-en à la présentation de cette grève victorieuse des travailleuses et travailleurs de cette entreprise sous-traitante de la SNCF, O’.net.
On sait que les femmes dont j’ai vu, lu, entendu et sais comment nombre d’entre elles jouèrent un rôle majeur dans cette grève des agent-es de nettoyage. Il suffit tout simplement de regarder YouTube.
Or, que lit-on dans ce texte : La grève a été menée par des «salariés», des «sous-traitants chargés de la propreté des gares», des «immigrés récents». On lit aussi qu’«ils ont obtenu satisfaction», qu’ «à force de persévérance, les grévistes et leurs délégués syndicaux ont gagné». Quant à la leçon politique devant être conclue, la voici : «La classe ouvrière n’a certes pas disparu ; elle est devenue plus diverse socialement, ethniquement et spatialement. Livrer la bataille des idées consiste à politiser ces nouvelles classes populaires, au moyen de luttes analogue à celle mené par les salariés d’Onet.»
Vient alors la conclusion de l’article :
«Ils ne le savent peut être pas mais les grévistes d’Onet sont les véritables héritiers de Gramsci». 127
Eh, oui ! Il faut lire cela, en France, dans Le Monde Diplomatique, en 2018….
Mais que serait-ce si «les droits des femmes» n’avaient pas été «concéd[és]» ! (Cf. Femmes. Lutte, Histoire. Sociologie)

Sociologie (Monde Diplomatique Le) (2) : 2018. Stéphane Beaud, sociologue, auteur dans un article du Monde Diplomatique d’avril 2018 intitulé : Une famille algérienne en France, après avoir fait état de ce que «les cinq filles de la famille étudiée sont toutes titulaires d’un diplôme d’enseignement supérieur, alors qu’aucun des garçons ne possède le baccalauréat général» écrit :
«Le destin social (?) de la famille corrobore ainsi (?) des faits établis par les enquêtes quantitatives sur les descendants d’immigrés maghrébins : poids décisif du diplôme (?), influence des conditions de socialisation (?), force (?) des dispositions (?) sexuées, avec notamment la mise au jour de l’effet bénéfique sur la scolarité des filles d’une liberté de circulation restreinte, et symétriquement, l’effet négatif des libertés éducatives (?) accordées (?) aux garçons.» 128 (Cf. Famille, Patriarcat, Penser)
- Conclusion «sociologique» : Enfermez les filles, c’est bon pour leurs études ?

Sociologie (Nin Anaïs) : 1940. Anaïs Nin [1903-1977], dans son Journal, en septembre 1940, écrit :
«Cette manie de n’observer que les mouvements historiques ou sociologiques et non pas un être humain particulier (obsession très bien portée ici [aux États-Unis]) est une erreur aussi grave que celle qui consisterait pour un médecin à ne pas s’intéresser à un cas individuel. Chaque cas individuel est une expérience qui peut être précieuse pour la compréhension de la maladie.
Il y a une opacité dans les relations personnelles et une insistance pour que l’écrivain établisse la relation de l’individuel à l’ensemble qui engendre une sorte d’hyper-métropie. Je crois tout le contraire. Chaque individu est représentatif de l’ensemble, est un symptôme et devrait être compris d’une manière intime : cela permettrait une compréhension bien meilleure des mouvements de masse et de la sociologie.
De plus, cette indifférence vis-à-vis de l’individuel, le manque total d’intérêt pour une connaissance intime de l’être humain, unique, isolé, atrophie les réactions humaines et l’humanisme. Trop de conscience sociale et aucune intuition des êtres.» […]
La relation constante avec des chiffres (des masses) semble détruire le sens de l’humanité - tout comme, j’imagine, un général ne voit plus un homme chez son soldat, mais un matricule dans une armée129 (Cf. Être humain, «Sciences» sociales)

Sociologie («Nous») : 2000. Comment peut-on, sociologue, écrire au nom d’un : «Nous», qui ne tolère aucune distance analytique entre «le social», les autres…, et «soi» ?
- Exemples : «Nous sommes loin de l’idée…» ; «nous regardons autour de nous…» ; «nous avons tous parlé…» ; «nous avons eu alors une vision…» ; «ensuite, nous avons vu…» ; «maintenant nous entrons…» ; «nous ne vivons plus…» ; «nous n’acceptons plus…» ; «une telle solution nous semble…» ; «partout, nous voyons…» ; «nous sommes éloignés…» ; «nous avons une vision…» ; «nous pensons…» ; «nous essayons…» ; etc.,… 130 (Cf. Être humain. Soi, Langage. Genre. «Comme nous disons…», Penser. Nous)

Sociologie (Todd Emmanuel) : 2017. Emmanuel Todd, «historien démographe, anthropologue», après avoir positivement évoqué le métier de sa mère, «une grande publicitaire», ainsi d’ailleurs que «la publicité»…, auteur de : «l’activité des publicitaires, c’est de la sociologie appliquée.» 131
Et ce, sans interrogation sur l’éventuelle critique de la sociologie que cette assimilation implique. (Cf. Homme. « Intellectuel ». Todd Emmanuel)

Sociologie (Wright Mills Charles) : Charles Wright Mills [1916-1962], dans son livre L’Imagination sociologique [1959. Traduction française. 1967], à l’appui d’exemples de biographies, écrit :
«On est l’enfant d’une certaine famille, le camarade de jeu d’un certain groupe d’enfants, on est étudiant, ouvrier, chez d’équipe, officier général, mère de famille.» 132

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Notes de bas de page

1 Claude Bernard, Introduction à l’étude de la médecine expérimentale. Garnier Flammarion. 318p. 1966, p.307

2 Jean-Louis Bory, Guy Hocquenghem, Comment nous appelez-vous déjà ? Ces hommes que l’ont dit homosexuels. Calmann-Lévy. 237p. 1977. p.18

3 France Culture, Peut-on faire le deuil du structuralisme ? 19 juin 2018

4 Colloque de Cerisy, Francis Ponge. UGE. 10/18. 435p. 1977. p.190

5 France Culture, Jean-Claude Ameisen : ‘Vivre c’est avoir réussi pendant un temps à ne pas déclencher son autodestruction. » 19 juillet 2018

6 Marie Cardinal, Au pays de mes racines. Le livre de poche. 219p. 1980. p.87

7 David Cooper, Psychiatrie et antipsychiatrie. Points Le Seuil. 187p. 1978. p.167

8 Michel Foucault, Dits et écrits. 1954-1988.II. 1976-1988. Quarto Gallimard. 1735 p. 2001. p.277

9 Freud, Correspondance. 1873-1939. NRF. Gallimard. 543p. 1979. p.77

10 Ginette Michaud, Poème antipédagogique ou : À propos d’une expérience de groupe chez les enfants débiles ou psychotiques, In : Enfance aliénée. 10/18. 310p. 1972. p.253

11 Alice Miller, La connaissance interdite. Affronter les blessures de l’enfance dans la thérapie. Aubier. 246p. 1990. p.12, 13

12 Georges Sadoul, Dictionnaire des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.70

13 Élisée Reclus, L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique. In : Écrits Sociaux. Feuilles d’herbe. Editions Héros-Limite. 251p. 2012. p.52, 53

14 George Sand, Œuvres autobiographiques. I. Histoire de ma vie, La Pléiade. 1418p. 1978. p.831

15 France Culture, Avoir raison avec Claude Lévi-Strauss. 14 août 2018

16 Cf. Pour prolonger la critique, Cf. Claude Lévi-Strauss, L’anthropologie face aux problèmes du monde moderne. La librairie du XXIème siècle. Éditions du Seuil. 2011. 146 p.

17 Le Bulletin du Mauss, (n° 39) intitulé : Que donnent les femmes ? ne permet pas d’invalider mon appréciation / jugement...lapidaire, certes, mais cet item n’est pas le lieu d’une telle critique.

18 Françoise Héritier, Le Point. La domination masculine est encore partout. 29 nov. 2007

19 André Gide, Voyage au Congo. In : Journal. 1939-1949. Souvenirs. La Pléiade. 1280p. 1954. p.752, 835

20 Claude Lévi-Strauss. In : Madeleine Chapsal, Les écrivains en personne. 10 / 18. 316p. 1973. p.165

21 France Inter, Ça peut pas faire de mal. Joseph Conrad. Au cœur des ténèbres. 17 février 2018

22 France Inter, Éliane De Latour, ‘C’est une terrienne, Françoise». 2 mai 2018

23 Raymond Aron, La philosophie critique de l’histoire. Le Seuil. Points. 313p. 1969. p.97

24 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. Mercure de France. 1304p. 2013. p.190

25 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.120ç, 1210

26 Le Monde, Philosophie. Quand l’universel exclut. 11 février 2017

27 Cornelius Castoriadis, Nature et valeur de l’égalité, In : L’exigence d’égalité. XXVIII èmes rencontres internationales de Genève. Éditions de la Baconnière, Neuchâtel. 320p. 1982. p.16

28 Cornelius Castoriadis, Individu, société, rationalité, histoire. Esprit. février 1988. Repris dans : Le monde moderne. Points. Essais. Éditions du Seuil. 348p. 2000. p.86

29 Cornelius Castoriadis, Héritage et révolution. 1996. Repris dans : Figure du pensable. Points. Essais. Éditions du Seuil. 364p. 2009. p.156

30 Cornelius Castoriadis, Quelle démocratie. I. Éditions du Sandre. 690p. 2013. p.686

31 France Culture, Les racines du ciel. 19 juillet 2015

32 Alexandra David-Neel, Correspondance avec son mari. Édition intégrale. 1904-1941. Plon. 943p. 2001. p.256

33 Arte, Simone de Beauvoir, Comment penser la condition féminine ? 5 septembre 2016

34 Dernier exemple : France Culture, Avoir raison avec Vladimir Jankélévitch. L’amour. 11 août 2017

35 Gavi / Sartre / Victor, On a raison de se révolter. La France sauvage. Gallimard. 378p. 1974. p.102

36 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.826

37 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948.p.1138, 1139

38 Marie-Claire Hook-Demarle, La femme au temps de Goethe. Stock. 378p. 1987. p.74, 75 

39 Hegel, Correspondance. Tome I. Lettre à Niethammer. 13 octobre 1806. Gallimard. Tel. 1990. p.114, 115

40 Annie Leclec, Parole de femme. Grasset. 196p. 1974. p.69

41 Claude Lefort, Maintenant. Libre. N°1. 1977. p.3

42 Cité dans Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.1462 (note 7)

43 Marc-Aurèle, Soliloques. Le livre de poche. 286 p. 1998. p.31

44 Blaise Pascal, Pensées. Éditions du Seuil. Livre de vie. 442p. 1962. p.258

45 Fernando Pessoa, 1932, Poesias Inéditas (1930-1935) - Ediçoes Atica, 1942 In, Le bonheur est dans le près. Poètes de langue Portugaise. Fernando Pessoa

46 Jean-François Pradeau, Histoire de la philosophie. Le Seuil. 800p. 2009. p.II

47 Christiane Rochefort, Ma vie, revue et corrigée par l’auteur. Stock. 359p. 1978. p.280

48 Gabrielle Rollin, Chères menteuses. Stock. 1978. 180p.

49 Pierre Hassner, En souvenir de Gabrielle Rolin. [1927-2013]. Commentaire. 2 / 2013. n° 142. p.391, 392

50 Jean-Jacques Rousseau, Les rêveries d’un promeneur solitaire. GF. Flammarion. 173p. 1964. p.63

51 In : Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, Paris. PUF. Cité dans Didier Raymond, Schopenhauer. Écrivains de toujours. Seuil. 187p. 1995. p.31

52 Didier Raymond, Schopenhauer, Écrivains de toujours. Seuil. 187p. 1995. p.127

53 France Culture, Les racines du ciel. 15 mars 2015

54 Madame de Staël, De l’Allemagne. II. Garnier Flammarion. 318p. 1968. p.162

55 Madame de Staël, De l’Allemagne. II. Garnier Flammarion. 318p. 1968. p.178

56 Édith Stein, Correspondance. I. 1917-1933. Cerf-Editions du Carmel- Ad Solem. 767p.2009. p.186, 189

57 Sophie Lafitte, Tchekhov par lui-même. Écrivains de toujours. Éditions du Seuil. 191p. 1955. p.136

58 Voltaire, Correspondance. II. (janvier 1739-décembre 1748). La Pléiade. 1814p. 1977. p.579

59 Voltaire, Correspondance. IV (janvier 1754-décembre 1757). La Pléiade. 1655p. 1978. p.910

60 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.56

61 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.877

62 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.916

63 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.1005

64 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.913

65 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.93

66 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.168

67 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.357

68 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.379

69 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.515

70 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.564

71 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.383

72 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.617

73 Voltaire, Correspondance. XII. (janvier 1975-juin 1977). La Pléiade. 1361p. 1987. p.477

74 Wilhelm Reich, Reich parle de Freud. Petite bibliothèque Payot.2012. 332 p.

75 Jean-Jacques Rousseau, Œuvres complètes. T.I. La Pléiade. NRF. Gallimard. 1986. 1919 p.

76 Sigmund Freud. Karl Abraham, Correspondance complète.1907-1925. Connaissance de l’inconscient. Gallimard. 790p. 2006. p.128

77 Sigmund Freud. Karl Abraham, Correspondance complète.1907-1925. Connaissance de l’inconscient. Gallimard. 790p. 2006. p.381, 382, 420, 421, 429

78 Marie Cardinal, Les mots pour le dire. Grasset. 1975. 316p.

79 Cornelius Castoriadis, L’état du sujet aujourd’hui. 1986. Repris dans : Le monde moderne. Points Essais. Editions du Seuil. 348p. 2000. p.241

80 Pour les connaître, se référer aux chapitres 8, 9 et 10 du livre de François Dosse, Castoriadis. Une vie. La Découverte. 2014. 532p.

81 Jospeh Joubert, Pensées. Choix et introduction par Georges Poulet. 10/18. 288p. 1966. p.202

82 Sur l’emploi de ce terme, Cf. Wilhelm Reich, Reich parle de Freud. Petite Bibliothèque Payot. 332 p. 2012. Notamment de la page p. 23 à 94

83 Sigmund Freud, Correspondance. 1873-1939. NRF. Gallimard. 543p. 1979. p.30

84 Sigmund Freud, Correspondance. 1873-1939. NRF. Gallimard. 543p. 1979. p.69 à 76

85 Sigmund Freud, Lettres à Wilhelm Fliess. 1887-1904. 763p. 2006. 8 février 1897. p.294

86 Ibid. 21 septembre 1897. p.336

87 Sigmund Freud. Karl Abraham, Correspondance complète.1907-1925. Connaissance de l’inconscient. Gallimard. 790p. 2006. p.201

88 Sigmund Freud. Karl Abraham, Correspondance complète.1907-1925. Connaissance de l’inconscient. Gallimard. 790p. 2006. p.237

89 Sigmund Freud. Karl Abraham, Correspondance complète.1907-1925. Connaissance de l’inconscient. Gallimard. 790p. 2006. p.521, 541

90 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.785

91 Sigmund Freud, Ma vie et la psychanalyse. Idées NRF. 184p. 1965. p.20

92 Martin Freud, Freud, mon père. Denoël. 274p. 1975. p.97

93 Georg Groddeck, Le livre du ça. Tel Gallimard. 326p. 1993. p.120

94 Françoise Giroud, Une femme honorable (Marie Curie). Fayard. 381p. 1981. p.261

95 Sigmund Freud. Karl Abraham, Correspondance complète.1907-1925. Connaissance de l’inconscient. Gallimard. 790p. 2006. p.52

96 Sigmund Freud. Karl Abraham, Correspondance complète.1907-1925. Connaissance de l’inconscient. Gallimard. 790p. 2006. P.77

97 Jung (C-G), Ma vie, Souvenirs, rêves et pensées. Folio. 712 p. 2010. p.356

98 Thomas Szasz, Karl Kraus et les docteurs de l’âme. Un pionnier et sa critique de la psychanalyse et de la psychiatrie. Hachette. 223p. 1985. p.137

99 France Culture, Jacques Lacan. 3 septembre 2011

100 France Culture, Françoise Dolto : ‘Moi, j’y crois au Père Noël. Je crois à un jour par an où nous donnons à tout le monde pour le plaisir de donner’. 9 juillet 2017 [1ère diffusion. 22 octobre 1989]

101 Pierre Rey, Une saison chez Lacan, Robert Laffont, 221p. 1989. p.102

102 Louis Althusser, L’avenir dure longtemps. Suivi de : Les faits. Autobiographies. Stock / IMEC. 356p. 1992. p.178

103 Anne de Bascher, Je leur dois de m’être sentie en accord avec mes pensées et mes actes. In : Génération MLF [1968-2008]. Des Femmes. Antoinette Fouque. 615p. 2008. p.80

104 Jacques Prévert, Choses et autres. Folio. Gallimard. 265p. 1980. p.254.

105 Wilhelm Reich, La fonction de l’orgasme. L’Arche Éditeur Paris. 299 p. 1967. p.18, 130, 152

106 Victor Serge, Carnets (1936-1947). Agone. 836p. 2012. p.675

107 France Culture, La psychanalyse et l’histoire. 4 février 2008. (Bonne source ?)

108 Roger Vailland. In : Madeleine Chapsal, Les écrivains en personne. 10 / 18. 316p. 1973. p.305

109 L’enfance aliénée. 10/18. 1972. 310p. p.206

110 Friedrich Nietzsche, Fragments posthumes. Œuvres philosophiques complètes. Automne 1887- Mars 1888. NRF. Gallimard. Octobre 1976. p.22

111 Freidrich Nietzsche, La volonté de puissance. Tome II. Tel Gallimard. 499p. 2004. p.20

112 Pascal Canfin, Imaginons…Les petits matins. 234p. 2014. p.202

113 France Culture, La fabrique de l’histoire. Histoire du textile (2) Le temps des chemises, le temps d’une enquête. 23 mai 2017

114 Cf. Marie-Victoire louis, Luttes de femmes

http://www.marievictoirelouis.net/index.php?id=548

115 France Culture, La grande table. 15 octobre 2017

116 Raymond Aron, Dix-huit leçons sur la société industrielle, In : Penser la liberté, penser la démocratie. Quarto Gallimard. 1815p. 2005. p.757

117 France Culture, Leçon inaugurale au Collège de France de Raymond Aron. 19 août 2017

118 Cornelius Castoriadis, Entretien réalisé le 26 janvier 1974 par l’APL (Agence de presse Libération) de Basse Normandie et réécrit par l’auteur. Pourquoi je ne suis plus marxiste. Repris dans : Une société à la dérive. Points. Essais. Éditions du Seuil. 389p. 2011. p.69

119 Auguste Comte / Caroline Massin. Correspondance inédite (1831-1851). Texte établi par Pascaline Gentil. L’Harmattan. 2006. 326p. Pour plus de précisions concernant les relations d’Auguste Comte de son épouse, on peut se référer à Jean Hamburger, Monsieur Littré (notamment les chapitres VII et IX). Flammarion. 1988. 307p.

120 Alain, Les idées et les âges. Gallimard. 443p. 1927. p.264

121 Journal de l’abbé Mugnier.1879-1939. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 639p. 2007. p.180

122 Lettre d’invitation de Elle. In : Génération MLF [1968-2008]. Des Femmes. Antoinette Fouque. 615p. 2008. p.428

123 Gramsci dans le texte (Sous la direction de François Ricci). Éditions sociales. 797p. 1977. p.311

124 Raphaël Liogier, Messieurs, changez de regard sur le corps des femmes. Le Journal du Dimanche. 18 mars 2018

125 Qui êtes vous ? Michel Maffesoli, Entretiens avec Christophe Bourseiller. Bourin Éditeur. 135 p. 2010. p.91

126 Marcel Mauss, Essais de sociologie générale. Points. Editions de Minuit. 252p. 1971. p.125, 126

127 Le Monde Diplomatique, Razmig Keucheyn, professeur de sociologie à Université de Bordeaux. Ce que la bataille culturelle n’est pas. mars 2018. p.3

128 Le Monde Diplomatique, Stéphane Beaud, Une famille algérienne en France. avril 2018. p.28

129 Anaïs Nin, Journal. 1939-1944. Le livre de poche. 508p. 1971. p.80, 81

130 Alain Touraine, Passé et présent du travail. In : Université de tous les savoirs (Sous la direction d’Yves Michaud) Qu’est ce que la société ? Volume 3. Éditions Odile Jacob. 897p. 2000. p. 384, 385

131 France Culture, Emmanuel Todd, profession Prophète. 2 octobre 2017

132 Charles Wright Mills, L’Imagination sociologique. La Découverte. Poche. 229p. 2006. p.165


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