Violences des hommes à l’encontre des femmes
 Marie-Victoire Louis

Violences

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 16/02/2017
mise en ligne : 16/02/2017
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À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 3605 items et 23 rubriques : I. «Culture» (148) ; II. Droit (75) ; III. Êtres humains (114) ; IV. Êtres humains. Corps (46) ; V. Êtres humains. Enfants (40) ; VI. Êtres humains. Femme-s (697) ; VII. Êtres humains. Homme-s (291) ; VIII. Êtres humains. Relations entre êtres humain-es (155) ; IX. Famille (148) ; X. Féminisme-s. Féministe-s (174) ; XI. Justice (165) ; XII. Langage (108) ; XIII. Patriarcat (166) ; XIV. Penser (275) ; XV. Politique (397) ; XVI. Pornographie (47) ; XVII. Proxénétisme (149) ; XVIII. «Sciences» sociales (59) ; XIX. «Sciences» Sociales (Démographie) (22) ; XX. «Sciences» sociales (Économie) (68) ; XXI. «Sciences» sociales (Histoire) (51) ; XXII. Sexe-s [Sexualité, Sexisme] (59) ; XXIII. Violences (151)… et continuera d’évoluer.

30 janvier 2017

XXIII. Violences

En noir. Items nouveaux (et modifiés)

I. Viol : Viol (1,2) ; Viol Correctionnalisation (du) ; Viol (Culture) ; Viol (Déni patriarcal) ; Viol (Impuissance des femmes) ; Viol (Fan) ; Viol (Hymen) ; Viol (Langage) (1,2,3,4,5,6) ; Viol (Naouri Aldo) ; Viol (Racisme) ; Viol (Romans anglais. XIXème siècle) ; Viol (Tentative de) ; Viol (Tulard Jean) ; Viol (Vallet Odon) ; Viol (Vergès Jacques) ; Viols (et vol) ; Viols («en série» (en bande organisée, en réunion, collectifs) ; Viol Violeur (Dénégation) ; Viol Violeur (Dr Tordjman (Gilbert) ; Viol (Violeurs «en série» (en bande organisée, en réunion, collectifs» (26) ;

II. Violence-s : Violence (1,2,3) ; Violence («Conjugale») ; Violences (Cologne. 31 décembre 2015) ; Violence (Conséquence) ; Violence («Cycle de la…») ; Violence (Respect) ; Violence (Rousseau) ; Violence («Stress post traumatique») ; Violences (Breton André) ; Violences (Loi…) ; Violences (Lois religieuses…) (1,2,3) ; Violences («Dix commandements») ; Violences («Encyclique Rerum Novarum») (17) ;

III. Violences. Sade : Violence Sade (1,2,3) ; Violence Sade (Apollinaire); Violence Sade (France Culture) ; Violence Sade (Jeangène Vilmer Jean-Baptiste) ; Violence Sade (Le Monde) ; Violence Sade (Miller Alice. Critique de) ; Violence Sade (Nadeau Maurice) ; Violence Sade (Prix) ; Violence Sade (Sacher-Masoch Leopold von) ; Violence Sade (Winock Michel) (12) ;

IV. Violences à l’encontre des enfants : Violences à l’encontre des enfants («Fantasme») ; Violences à l’encontre des enfants (Interdiction de la loi) ; Violences à l’encontre des enfants («Pédophiles») (3) ;

V. Violences à l’encontre des enfants. Infanticides : Infanticide (Beccaria (Cesare) ; Infanticide (Chine. Shanghai. Années 50) : Infanticide (Mère) ; Infanticide (Mère. Esclavage) ; Infanticide (Michelet) ; Infanticide (Père) (1,2,3) ; Infanticide (Procès. Tunisie (autour de 1914) ; Infanticide (Revendication) (9) ;

VI. Violences à l’encontre des enfants. Inceste : Violences incestueuses (Inceste) ; Violences incestueuses (Dolto Françoise) ; Violences incestueuses (Ferré Léo) ; Violences incestueuses (Langage) (1,2,3) ; Violences incestueuses («Lolita») ; Violences incestueuses (Mythe) ; Violences incestueuses (Négation de. Freud Sigmund ; Violences incestueuses (Père «attachement excessif» au) (10) ;

VII. Violences à l’encontre des femmes : Violences à l’encontre des femmes (1,2) ; Violences à l’encontre des femmes (Brésil. XIXème siècle) ; Violences à l’encontre des femmes (Coutume) ; Violences à l’encontre des femmes (Création d’un «Observatoire») ; Violences à l’encontre des femmes («Crimes d’honneur») ; Violences à l’encontre des femmes (Criminels de paix) ; Violences à l’encontre des femmes Dire (1,2) ; Violences à l’encontre des femmes (Dumas Alexandre, fils) (1,2) ; Violences à l’encontre des femmes (Enquêtes) (1,2) ; Violences à l’encontre des femmes (Équivalence) ; Violences à l’encontre des femmes («Erreur») ; Violences à l’encontre des femmes («Fantasmes») ; Violences à l’encontre des femmes (Frémiot Luc) ; Violences à l’encontre des femmes (France. Années [19]20) ; Violences à l’encontre des femmes (France. 3 juin 1944) ; Violences à l’encontre des femmes (France. 20 octobre 2016) ; Violences à l’encontre des femmes (Front National) ; Violences à l’encontre des femmes (Gifle) ; Violences à l’encontre des femmes (Guy Gilbert) ; Violences à l’encontre des femmes (Landru) ; ; Violences à l’encontre des femmes (Martin-Fugier Anne) ; Violences à l’encontre des femmes (Message au répondeur de Là-bas si j’y suis) ; Violences à l’encontre des femmes (Meyer Daniel) ; Violences à l’encontre des femmes (Mutilations sexuelles) ; Violences à l’encontre des femmes (Nationalisme / Impérialisme) ; Violences à l’encontre des femmes (Négation / Négationnisme) (1,2) ; Violences à l’encontre des femmes (Pardon) ; Violences à l’encontre des femmes (Rues de Paris) ; Violences à l’encontre des femmes (Sand George) ; Violences à l’encontre des femmes (Silence des femmes) (35) ;

VIII. Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage : Droit de cuissage ; Droit de cuissage (Auguste) ; Droit de cuissage. Belgique. Années 1960 ; Droit de cuissage (Comminges Comte de) ; Droit de cuissage (Colet Louise) ; Droit de cuissage (Dolto Françoise) ; Droit de cuissage (France. Révolution. 1789) ; Droit de cuissage (Giroud Françoise) ; Droit de cuissage (Hugo Victor) ; Droit de cuissage (Interdiction de recherche de paternité) ; Droit de cuissage (Knobelspiess Roger) ; Droit de cuissage (Luther) ; Droit de cuissage (Marx Karl et Engels Friedrich) ; Droit de cuissage (Michelet) ; Droit de cuissage (Pétain) ; Droit de cuissage («Prime de mariage») ; Droit de cuissage (France. Université, CNRS) ; Droit de cuissage (Russie 1928) ; Droit de cuissage (Russie 1929) ; Droit de cuissage (Sartre Jean-Paul) ; Droit de cuissage (Simenon Georges) ; Droit de cuissage (Vaillant Roger) ; Droit de cuissage (Zinoviev Alexandre) (23) ;

IX. Violences à l’encontre des femmes. Harcèlement sexuel : Harcèlement ; Harcèlement sexuel. Anachronisme ; Harcèlement sexuel (Appel. Levons l’omerta. 10 mai 2016) ; Harcèlement sexuel (Avocat général. 2002) ; Harcèlement sexuel (Lanzman Claude) ; Harcèlement sexuel (Lewinski (Monica) ; Harcèlement sexuel (Lois) ; Harcèlement sexuel (Question prioritaire de constitutionnalité) ; Harcèlement sexuel (Vallaud-Belkacem Najet) (9) ;

X. Violences patriarcales : Violences patriarcales (1,2,3,4,5) ; Violences patriarcales (Pédagogie) ; Violences patriarcales (Résistance) (7) ;

30 janvier 2017 : 151 items

I. Viol :

Viol (1) : Le viol est au patriarcat - et donc au proxénétisme - ce que le fouet (et le viol) est à l’esclavage.

Viol (2) : Le viol est sans doute si déstructurant non pas tant parce qu’il attaque, fracture l’intime - équivalent au, synonyme du : «sexe» - mais parce qu’il attaque, qu’il fracture la séparation de l’être humain et du monde. En détruisant les frontières physiques, mentales, imaginaires nécessaires à la construction de soi dans le monde, le viol détruit l’idée même d’un être-pour-soi. La préservation de soi, la protection de soi ayant été fracturées, la construction de soi doit être rebâtie sur d’autres fondements. Comprendre ces violences dans leur complexité et en politiser la dénonciation en est sans doute le meilleur moyen.

Viol (Correctionnalisation du) : Négation du crime.

Viol (Culture) : En France, en 1960, au terme de la journée de bizutage de l’École Vétérinaire de Maison Alfort, lors d’un défilé dans la ville, «dans une atmosphère de franche rigolade, un étudiant de quatrième année harangua ainsi la foule : ‘70 nouveaux vont être lâchés dans la ville. Maris, serez vos femmes, Femmes, serez vos filles. Filles, serez les fesses’». 1 (Cf. Culture, Patriarcat)

Viol (Déni patriarcal) : Jean-Paul Sartre raconte en 1974 : «J’ai un ami qui parlait dans un meeting communiste en province. Il a dit : ‘Il ne faut pas violer les foules’. Le dirigeant communiste lui a reproché à la sortie : ‘Tu n’aurais pas dû prononcer le mot de ‘violer’, il y avait des femmes.» Et l’explication que Sartre en donne est que : «Les communistes sont puritains». 2 Ainsi, viols = femmes = puritanisme (selon le langage commun, non contesté par lui). Exit les hommes, leurs violences et le patriarcat. (Cf. Femmes. Puritaines, Patriarcat)

Viol (Impuissance des femmes) : Devant l’impuissance des femmes si souvent tétanisées, confrontées aux hommes qui les violent, les battent, les agressent, il y a l’ancestrale permanence de la logique sacrificielle toute patriarcale dont aucune femme ne peut se considérer comme indemne. (Cf. «Sciences» sociales. Psychanalyse. «Inconscient collectif», «Sciences» sociales. Histoire)

Viol (Fan) : Lu : «Inculpé de viol, il a remercié ses fans de leur soutien»…

Viol (Hymen) : Un chirurgien Brésilien, élève de Ivo Pitanguy, nommé «le père de la chirurgie esthétique», en réponse à une question sur «la chirurgie de l’hymen», auteur de : «C’est une intervention qu’on demande souvent à des chirurgiens dans les cas de viol. Alors c’est l’État qui règle la facture. Comme une compensation financière.» 3 Une «compensation», pour qui ? de quoi ? (Cf. Patriarcat. Hymen)

Viol (Langage) (1) : Un livre paraît en 2005, intitulé : Le scandale des ‘tournantes’. Dérives médiatiques, contre-enquête sociologique’. Ce qui est, pour moi, scandale c’est l’emploi du terme de «tournante», qui, dès lors qu’il est sanctionné par la ‘sociologie’ est légitimé et promis à un brillant avenir. (Cf. Langage. «Sciences» sociales. Sociologie)
* Ajout. 11 septembre 2016. Lu, à l’occasion du procès de 2015 dit du Carlton : «Elle a raconté comment une partie fine organisée dans un restaurant de Lambersart avait pris des allures de tournante.» 4(Cf. Langage, Proxénétisme. Procès)

Viol (Langage) (2) : Entendu, le 26 décembre 2014, une jeune femme africaine évoquant le viol commis par l’homme qui l’avait violée : «Il a fait ce qu’il avait à faire.» 5 (Langage. Verbe. Faire)

Viol (Langage) (3) : Madeleine Jacob [1896-1985] alors chroniqueuse judicaire à L’Humanité et à l’Humanité Dimanche fait état, en 1970, de l’enlèvement et du viol d’une jeune fille de 17 ans «mongolienne», par deux «pères de famille» de 20 et 30 ans. On lit : «Ils la firent monter dans leur voiture, une fourgonnette, et là… Oui… Vous avez compris. Ils l’emmenèrent à leur hôtel… Et puis, à 120 kilomètres de Paris. Et cela, pendant 10 jours.. C’était en août. Ils la maintinrent de force sous une tente. Et ils continuèrent ce qu’ils avaient commencé.» 6 Pour la fin de l’histoire, comparus libres, ils furent condamnés par un tribunal correctionnel, au sein duquel ils «devisaient très souriants et très détendus» à des peines de prison avec sursis. (Cf. Femmes. Silence, Langage, Viol. Déni patriarcal)

Viol (Langage) (4) : Le viol : Encore ? toujours ? de plus en plus ? présenté, analysé comme un «fait», un «acte », un «cas», un «agissement», une «affaire», un «dérapage», un «débordement», un «accident», un «passage à l’acte» - dont on décrit le «mode opératoire» - un «drame»... Autant de termes qui nient la violence et donc les viols. Analyse aussi valable pour les autres crimes, de toutes sortes. 7 (Cf. Langage)

Viol (Langage) (5) : «On pille, on tue, on viole» : l’atteinte à la propriété est assimilée à l’assassinat, lesquels subsument et/ou sont subsumée dans le viol, lequel est, en sus, dissocié de l’assassinat.

Viol (Langage) (6) : Entendu sur France Culture : «un abus de faiblesse…un viol» 8 (Cf. Politique. Abus)

Viol (Naouri Aldo) : Aldo Naouri, auteur de : «Mais violez la, Monsieur !» Injonction adressée à un mari concernant sa femme, laquelle, à l’écoute de ce ‘conseil’ donné à son mari, avait, selon lui, «un sourire jusqu’aux oreilles». Une précision : Il ne s’agit pas, lu dans un article, d’une «apologie du viol conjugal», mais d’une apologie, d’une légitimation du viol. (Cf. Langage. Adjectif)
- Explication de texte d’Aldo Naouri (critique du comportement du mari insuffisamment exigeant, selon lui) : «Il attendait qu’elle veuille bien. Elle lui demandait rien, donc il y va pas» ( ! ) Et il poursuit, je n’ose dire, analyse : «…c’est à dire quelque chose qui véritablement remet en place la différence des sexes, avec leur fonctionnement qui est totalement différent. Le fait qu’il y ait éventuellement du désir ou pas du désir, est toujours problématique... »
Comprenne qui pourra. Traduction : Cf. plus haut.
* Précision : cette histoire vraie était racontée par lui - qui en était «tout à fait tranquille» - juste après avoir justifié qu’il fallait «apprendre à l’enfant à réprimer ses pulsions». 9 Et cet homme a été considéré par les médias pendant des années, comme un «expert». (Cf. Êtres humains. Enfants)…
* Ajout. 17mai 2016. Je découvre, à son nom, ceci, dans Wikipédia : «D'autres de ses propos sur le viol parus dans un ouvrage en 1998 ont aussi suscité polémique et l'ont ‘totalement disqualifié’ pour Janine Mossuz-Lavau qui a décidé de ne plus le citer lors de ses dîners en ville.» (Cf. Proxénétisme. Janine Mossuz-Lavau)

Viol (Racisme) : Une interprète en pachtoune, dans la «jungle» de Calais, a été le 17 octobre 2016, violée par un Afghan.
- Je lis sur Paris Luttes.info : «[...] Face à la répression qui tente de rameuter à sa cause, nous ne pouvons pas laisser la tribune aux idéologies stigmatisantes et simplificatrices. Le jour où le racisme sera mort et que nous banniront l’imaginaire de la race, nous étudierions enfin les cascades d’oppressions complexes qui dégueulent jusqu’à cette femme interprète.»
- Et ses auteur[e?]) osent signer : «Contre les frontières, les nations et le patriarcat !» 10
- Oseraient-ils le lire à la jeune femme ?
- À l’extrême gauche, la priorité à la lutte de classes - ici prolongée et reconvertie en lutte antiraciste - que l’on espérait révolue, n’est toujours pas morte…

Viol (Romans anglais. XIXème siècle) : Le viol est au cœur de deux grands livres de la littérature anglaise, Tess d’Uberville de Thomas Hardy [1891] et La route des Indes - A passage to India - de E.M. Forster [1924]. Dans le premier, le viol n’est que très allusivement évoqué (en son temps, le court passage concernant le viol, et ce alors que je n’étais pas consciente de ce qui était écrit, était pourtant resté, caché, vivace, dans ma mémoire) ; dans le second, l’auteur laisse planer l’ambiguïté sur sa réalité [ce qui n’est pas le cas du film du même nom de David Lean. 1984]. (Cf. Culture. Cinéma)

Viol (Tentative de) : Est qualifié ainsi le fait que la personne ait pu s’échapper au violeur, qu’il ait été contraint de fuir, ou que le violeur n’ait pas bandé ? La cour de Cassation (Chambre Criminelle. 10 janvier 1996 n° 95-89284) a considéré que : «Commet une tentative de viol celui qui, après avoir mis un préservatif pour pénétrer la victime, renonce à son acte en raison d’une déficience physique momentanée.» Mais comment distinguer, en terme de responsabilité de l’auteur du crime, ce qui relève d’une «déficience physique momentanée» dont le violeur ne serait pas maître, qu’il n’aurait pas voulu, d’une décision de sa part, après avoir voulu violer sa victime, de cesser ses agissements criminels ?

Viol (Tulard Jean) : Présenté par Wikipédia ainsi : «Il est l'un des spécialistes français de Napoléon 1er et de l'époque napoléonienne, ainsi que de l'histoire du cinéma. Jean Tulard a contribué à plus d'une cinquantaine d'ouvrages, comme auteur unique, en collaboration ou en tant que directeur de la publication.»
Il est aussi l’auteur, en 1991, dans son Dictionnaire du cinéma, concernant sa présentation de l’actrice Julie Christie de : «Née aux Indes, elle a suivi à Londres des cours d’art dramatique avant d’être révélée au cinéma par Schlesinger. Elle entame une carrière qui la conduira de l’héroïne romantique (Docteur Jivago, Loin de la foule déchaînée) et les personnages les plus ambigus (Ne vous retournez pas et Le Messager) à la femme moderne (Petulia, Shampoo) qui finira même par être violée par un robot (Demon seed). Heureux robot !»
- Du même Jean Tulard, dans son même Dictionnaire du Cinéma, nommé, en 2016 entre autres ‘distinctions’, commandeur de la Légion d’honneur, concernant l’actrice Wray Fay : «Très belle, elle fut parmi les stars celle qui était toujours préposée au rôle de victime […] Que de cris n’a t-elle pas poussés ! la terreur se lisait dans ses yeux, son corps se convulsait tandis que le monstre s’approchait et commençait ses assauts. Hélas ! Elle était toujours sauvée des pires sévices au dernier moment11 (Cf. Culture. Cinéma, «Sciences» sociale. Histoire)

Viol (Vallet Odon) : [2002. Philanthrope, il a donné la fortune dont il avait hérité), ‘spécialiste’ des religions], auteur en 2002, de : «Entre viols et ‘tournantes’, tourisme sexuel et pédophilie, la justice nationale et mondiale est un tribunal des mœurs. Le légal et le moral ne font qu’un entre les mains des juges et des procureurs, qui ont remplacé prêtres et confesseurs pour défendre le bien et pourfendre le mal. Que les hommes de robe défendent les femmes et les enfants est justifié, mais le bras séculier de la puissance publique leur donne les armes redoutables du procès et de la prison : la moitié des crimes condamnés en France sont des crimes sexuels. [...] On se féliciterait de ce récent intérêt de la justice pour les victimes d'agressions sexuelles si cette sévérité n'avait de graves inconvénients pour la défense des libertés et n'était de faible utilité pour la prévention des agressions. […]» 12
- Conclusion : Légiférer, condamner ne sert à rien ? à pas grand chose ? Est, en tout cas, «redoutable». (Cf. Homme « Intellectuel ». France, Mœurs, Viol)

Viol (Vergès Jacques) : Jacques Vergès [1925-2013] Concernant l’un de ses ‘clients‘, auteur, en 1988, de : […] «Il m’appelle au secours ; il était en prison pour viol. Je répondis évidemment à son appel et vins le soir dans sa prison. J’allais voir le juge et le dossier. – Monsieur le Juge, le viol implique un refus du rapport sexuel. Dans ce dossier, je vois bien l’hémorragie, mais pas le refus – Cette femme, maître, vous le savez, est plus jeune que lui de trente cinq ans. Il a abusé de sa supériorité intellectuelle – Sur ce plan, je pourrais vous opposer Baudelaire : «Maudit soit à jamais le rêveur inutile / Qui voulut le premier dans sa stupidité / S’éprenant d’un problème insoluble et stérile / Aux choses de l’amour mêler l’honnêteté» - Votre jugement moral a sa valeur, il ne peut remplacer la loi. – Qui sait ?»
Et Jacques Vergès conclut : «Ainsi, dans notre société prétendument permissive, le stérilet à la main de nouveaux Savonarole enferment les adorateurs de Civa. » 13 (Cf. Culture, Consentement, Justice, Morale, Patriarcat)

Viol (et Vol) : Ne pas radicalement dissocier un viol d’un vol, qui plus est, considérer qu’un «braquage tourne au viol» 14 c’est assimiler un être humain et une carte de crédit (avec ou sans son code).

Viol («en série», en bande organisée, en réunion, collectifs) : Victimes et violeurs indissociés. Inapproprié, invalide donc.
* Ajout. 26 novembre 2016. Le commentaire ci-dessus n’est pas approprié et n’est donc pas juste :
- L’expression de «viols en série» assimile les victimes à des produits et à ce titre ne peut être considérée comme pouvant être comparée assimilée à aucune autre.
- L’expression de «viols en réunion» qui se réfère aux circonstances dans lequel le viol a été commis est par ailleurs trompeuse car sa signification juridique ne correspond pas à la signification courante.
- L’expression de «viol de bande organisée» qui se réfère à l’intentionnalité des auteurs des «infractions» [et non pas à des crimes], s’inscrit dans une définition du code pénal proposée pour de tous autres crimes.
- L’expression de «viols collectifs» qui certes signifie que la victime a été violée par plusieurs hommes mais la singularité de chaque violeur est noyée dans le «collectif». (Poursuivre)

Viol (Violeur. Dénégation) : Docteur Hazout [19 Février 2014], auteur de : «Je ne suis pas un violeur, je n'ai jamais violé personne.» Accusé de viol et agressions sexuelles sur six femmes, dont cinq se sont constituées partie civile, tandis que trente autre n’ont pu se joindre à elles, du fait de la loi en matière de délit de prescription. Condamné à huit ans de prison pour viols et agressions sexuelles et arrêté à l’audience. 15 (Cf. Justice. Imprescriptibilité (des crimes en matière de violences à personnes)

Viol. Violeur (Gilbert Tordjman) : Gilbert Tordjman [1927-2009], considéré comme «le pape de la sexologie française», un «sexologue de renommée internationale», médecin gynécologue, pédiatre, Président de l'Association mondiale pour la sexologie, auteur de nombreux livres, Gilbert Tordjman a été mis en examen en 2002, accusé de viols, d’agressions sexuelles et d’attouchement sexuels par quarante patientes.
Or, que lisait-on dans le livre intitulé La femme et son plaisir, publié en 1989 ? Quelques citations :
- «Il est remarquable à quel point certaines femmes ignorent tout de leur anatomie. Elles ignorent notamment que l’orgasme est une série de contractions musculaires involontaires dont on facilite le déclanchement par une participation active et rythmée.» ;
- Dans un paragraphe intitulé : L’affirmation de soi : «Sous hypnose, nous apprenons à la consultante à moduler ses émotions de colère, de jalousie, d’excitation érotique ou de joie profonde. La femme anorgasmique, en effet, tend à inhiber l’expression de ses émotions. Nous lui apprenons aussi à aimer son corps.» ;
- Dans un paragraphe intitulé : La désensibilisation de l’angoisse : «Mieux que la relaxation, l’hypnose permet un déconditionnement de l’angoisse sexuelle, et des différentes phobies qui grèvent la comportement de la femme anorgasmique.» ;
- Dans un paragraphe intitulé : Parfaire l’éveil sensoriel : « Nous avons été surpris par la fréquence selon laquelle nos consultantes se révèlent inaptes à prendre conscience de leur état de désir, ou d’excitation érotique. L’hypnose peut leur faciliter cette prise de conscience, et les aider surtout à reconnaitre le lien entre leurs fantasmes et leurs réactions physiologiques.».
Et même : «Le cerveau est et reste notre organe sexuel essentiel.»
16 Moralité : Apprendre à bien lire, à temps.

Viol (Violeurs «en série» (en bande organisée, en réunion, collectifs) : Victimes disparues et/ou subsumées dans des «séries», des «collectifs», des «communautés», au sein des «bandes», lors de «réunions»… Inacceptable donc. (Cf. Viol. «en série», en bande organisée, en réunion, collectifs)

II. Violence-s :

Violence (1) : Avant toute dénomination, spécification et donc analyse de la violence, des violences, partir de ses prémisses : la violence, où qu’elle soit mise en œuvre et qu’elle qu’en soit les auteur-es, est utilisée afin de perpétuer et /ou de changer un rapport de forces, et/ou d’empêcher que le dit changement n’advienne.

Violence (2) : Diderot [1713-1784] auteur de : «Ce n’est pas à celui qui frappe, c’est à celui qui est frappé à estimer la violence du coup» (Cf. Justice) 17 Essentielle inversion de l’analyse, considérablement, dès lors, complexifiée.

Violence (3) : Winston Churchill [1874-1965] dans son discours du 4 juin 1940, auteur de «We shall never surrender».

Violences (Breton André) : André Breton [1896-1966], dans le Second Manifeste du surréalisme [1946], auteur de : «[…] C’est même du bouillonnement de ces représentations vides de sens que naît et s’entretient le désir de passer outre à l’insuffisance, à l’absurde distinction du beau et du laid, du vrai et du faux , du bien et du mal. Et comme c’est du degré de cette résistance que cette idée du choix rencontre que dépend l’envol plus ou moins sûr de l’esprit vers un monde enfin habitable, on conçoit que le surréalisme n’ait pas craint de se faire un dogme de la révolte absolue, de l’insoumission totale, du sabotage en règle, et qu’il n’attend encore rien que de la violence. L’acte surréaliste le plus simple consiste, révolvers aux poing, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu’on peut dans la foule. Qui n’a pas eu, au moins une fois, envie d’en finir de la sorte avec le petit système d’avilissement et de crétinisation en vigueur a sa place toute marquée dans la foule, ventre à la hauteur du canon.» [Suit une longe note qui se veut d’interprétation de ce qu’il vient d’écrire…] 18

Violences (Cologne. 31 décembre 2015) : Des étrangers, non : des hommes étrangers ; des réfugiés, non : des hommes réfugiés ; des Maghrébins non ; des hommes Maghrébins ; des Arabes, non  des hommes Arabes… (Cf. Patriarcat)

Violences («Conjugale») : Sur France Culture, Dounia Bouzar en 2016 est interrogée par Alain Lewkovicz et évoque ses parents qui «se séparent dans un contexte de violences conjugales». L’interviewer poursuit : «Vous parlez d’une violence conjugale. Vous savez pourquoi votre père et votre mère se tapaient dessus ?» Si la grossièreté de ce langage est inacceptable, sémantiquement, l’interprétation qui est donné de l’expression utilisée - ne distinguant ni l’auteur ni la violence, indissociablement mêlés - n’est malheureusement pas erronée. 19 (Cf. Violences patriarcales)

Violences (Conséquence) : Dénoncer une violence au nom de ses conséquences, c’est en légitimer le principe, dès lors, fondé.

Violence («Cycle de la») : Pour relativiser ce qui est présenté comme étant «le cycle de la violence» [exercée par les hommes à l’encontre des femmes], entendu dans le film de Carlos Saura, La chasse [1974] : «Plus l’ennemi se défend, meilleure est la chasse.» Pour relativiser l’analyse ou, plutôt, pour l’invalider ? (Cf. Culture. Cinéma)

Violence (Respect) : Concernant la lutte des Conti[nental], Xavier Mathieu, ancien délégué syndical CGT, auteur de «À partir du moment où on a montré qu’on était méchants, on a été respectés.» 20

Violence (Rousseau) : Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], dans La nouvelle Héloïse, justifie les violences paternelles. Julie après avoir été frappée par son père, scène qui fut suivie de «regrets de son emportement», écrit à Claire, sa confidente : «Pour moi, je lui ai dit, et je le pense, je serais trop heureuse d’être battue tous les jours au même prix et qu’il n’y a point de traitement si rude qu’une seule de ses caresses n’efface au fond de mon cœur.» 21 (Cf. Patriarcat)

Violence («Stress post traumatique». Critique) : Ne pas oublier de penser à la signification et la fonction politique de l’emploi de ce nouveau ‘concept’ : Stress post traumatique. En effet, en évacuant la question de la responsabilité, il peut être employé ‘à égalité’ concernant l’auteur ou les auteurs et la ou les victime d’une violence. Il peut en outre concerner tout à la fois indifféremment les conséquences d’une guerre, d’une torture, d’un accident, d’un choc, d’un événement climatique, d’un viol…

Violences (Loi) (1) : Le vice rédhibitoire de la pensée juridique : elle ne peut aborder la question des violences intrinsèques à la loi, la violence étant inhérente à tout système de domination politique. (Cf. Politique. Loi)

Violences (Loi) (2) : La pensée juridique féministe doit à la fois tenir compte de la critique du droit libéral et de la critique patriarcale : complexe. (Cf. Droit, Justice, Politique. Loi, Patriarcat)

Violences (Lois religieuses) (1) : Animistes, bouddhistes, chrétiennes, hindouistes, juives, musulmanes, etc.., toutes patriarcales, toutes injustes, toutes à abolir. Ceci posé, on peut alors poursuivre dans l’analyse des distinguos entre elles. Et dans leur condamnation. Pas avant. (Cf. Famille, Politique. État)

Violences (Lois religieuses. Islam) (2) : Ce n’est pas parce que les violences commises au nom de l’Islam sont contraires aux «valeurs-de-la-République» qu’elles doivent être condamnées, mais parce qu’elles sont inhumaines. Rappeler un telle évidence [me] met mal à l’aise. (Poursuivre)

Violences (Lois religieuses. Islam) (3) : Dès lors que l'Islam est religion d'état, toute législation, et plus spécifiquement tous les codes de la famille, ne peut en être que dépendante ; dès lors toute politique faisant, dans ces états, référence aux droits des femmes, à quelconque égalité entre les hommes et les femmes, à une lutte contre les violences faites aux femmes repose sur une contradiction indépassable en l’état..
Lire en ce sens l’incohérence et surtout l’absurdité du communiqué de la Présidence de la République Algérienne, à l’occasion d’une modification du code pénal algérien : «Notre pays démontre encore une fois son attachement au respect de la dignité humaine qui est au centre de nos valeurs spirituelles et figure aussi parmi les priorités du droit international contemporain» apparait alors au grand jour. Mais il permet aussi de dévoiler que le droit dit international se satisfait fort bien de la permanence de ces lois religieuses. En droit, donc en fait, il les cautionne, les entérine, les légitime. 22 (Cf. Droit. CEDAW, Famille, Femmes, Patriarcat, Politique. État)

Violences des lois religieuses («Dix commandements») : «Tu ne violeras pas» n’en fait pas partie. Et «la femme» fait partie, au même titre que «la maison», du «bien du prochain». (Cf. Patriarcat)

Violences des lois religieuses (Encyclique «Rerum Novarum») : [1891] [Considérée comme l’Encyclique qui posa les fondements dits ‘progressistes‘ de la ‘doctrine sociale’ de l’Église catholique]. On y lit : «Il est des travaux moins adaptés à la femme que la nature destine plutôt aux ouvrages domestiques ; ouvrages d'ailleurs qui sauvegardent admirablement l'honneur de son sexe et répondent mieux, par nature, à ce que demandent la bonne éducation des enfants et la prospérité de la famille.» (Cf. Famille, Femmes, Patriarcat, Politique. État)

III. Violence. Sade :

Violence (Sade) (1) : Lire, de Sade [1740-1814], les Lettres à sa femme 23 pour être définitivement convaincu-e de l’ignominie du personnage. Un tel jugement n’épuise pas l’homme. (Vrai pour tout l’Abécédaire…)
* Ajout. 8 août 2016. Peuvent être utilement comparées avec les lettres adressées à sa femme par Choderlos de Laclos [1741-1803], y compris celles rédigées en prison. 24

Violence (Sade) (2) : Sade [1740-1814] est à la justification du patriarcat ce que Marx est à la critique du capitalisme.

Violence (Sade) (3) : Sade [1740-1814], auteur de (dans la bouche de Madame Delbène, Supérieure de l’Abbaye de Panthémont, à Juliette) : «Quand tu auras badiné quelques années avec ce que les sots appellent ses lois (celles de « la nature»), quand pour te familiariser avec leur infraction, tu te seras plu à les pulvériser toutes, tu verras la mutine, ravie d’avoir été violée, s’assouplissant sous tes désirs nerveux, venir d’elle même s’offrir à tes ferste présenter les mains pour que tu les captives ; devenue ton esclave, au lieu d’être ta souveraine, elle enseignera finement à ton cœur la façon de l’outrager encore mieux, comme si elle se plaisait dans l’avilissement, et comme si ce n’était réellement qu’en t’indiquant de l’insulter à l’excès, qu’elle eut l’art de te mieux réduire à ses lois.» 25

Violence (Sade. Apollinaire) : Guillaume Apollinaire [1880-1918], auteur de : «Le marquis de Sade, cet esprit le plus libre qui ait encore existé, avait sur la femme des idées particulières et la voulait aussi libre que l’homme. Ces idées que l’on dégagera un jour, ont donné naissance à un double roman : Justine et Juliette. Ce n’est pas par hasard que le marquis a choisi des héroïnes et non des héros. Justine, c’est l’ancienne femme, asservie, misérable et moins qu’humaine ; Juliette au contraire représente la femme nouvelle qu’il entrevoyait, un être dont on n’a pas encore idée, qui se dégage de l’humanité, qui aura des ailes et qui renouvellera l’univers.»
- En ayant notamment cette analyse en tête, il faut lire Justine et Juliette. 26 (Cf. Homme («Intellectuel» France. XIXème, XXème siècle.

Violence (Sade. France Culture) : [2013] Marc Voinchet, (responsable de l’émission quotidienne du matin) à Jouamana Haddad, féministe, pour son livre : Superman est arabe], avoir affirmé qu’elle ne «nuançait pas», auteur de : «Je crois savoir que (dans les pays arabes) vos livres se lisent un peu - comme les livres du marquis de Sade - sous le manteau ; ça doit vous faire très plaisir…» 27 (Cf. Féminisme. Antiféminisme , Homme. Journalistes)

Violence (Sade. Jeangène Vilmer Jean-Baptiste) : Jean-Baptiste Vilmer [2010] présenté comme «philosophe, juriste et politiste français», concernant Sade, auteur de :
- «Un examen attentif des différentes affaires qui ont conduit à son enfermement, et dont certaines sont bien connues (les débauches outrées de 1763), l’affaire Rose Keller de 1768 et l’affaire de Marseille de 1772) établit que les faits sont très minces : blasphème, violences, sodomie). Rien que de très banal, finalement et personne n’en est mort. »
- Et de : «C’est parce que, dans sa vie, rien ne justifie la violence dont il est victime que Sade, dans son œuvre, pourra à son tour être violent, pour rien.» 28
- Pour avoir une lecture féministe de la vie et des écrits de Sade, lire Intercourse et Pornography. Men possessing women 29 d’Andrea Dworkin. (Cf. Féministes. Dworkin Andrea, Proxénétisme. Personne dite prostituée)

Violence (Sade. Le Monde) : Jean Birnbaum, responsable du Monde des Livres, auteur, sous l’intitulé : Sade ou l’érotisme de la pensée, auteur de : «Le marquis de Sade n'était pas qu'un simple écrivain de la débauche mais un philosophe de la vérité : le ‘Divin Marquis’ donnait du corps aux idées et ‘allumait’ la philosophie30 Écouter la suite : tout serait à citer en matière de [tentatives de] réhabilitation. (Cf. Pornographie. Niel Xavier. Torture)

Violence (Sade. Miller Alice. Critique de) : Alice Miller [1923-2010], auteure de : «Chaque être doit trouver sa forme d’agressivité s’il ne veut pas se changer en docile marionnette entre les mains des autres. Seuls les êtres qui ne se laissent pas réduire au statut d’instrument d’une volonté étrangère peuvent imposer leurs besoins personnels et défendre leurs droits légitimes.» 31

Violence (Sade. Nadeau Maurice) : Maurice Nadeau [1911-2013], évoque concernant les Lettres de Sade, dans un texte publié par Combat en décembre 1949, republié en 2002, «ses idées audacieusement modernes», «la fougue de ses instincts exacerbés par la claustration», «sa magnifique santé intellectuelle qu’entament à peine quelques excusables bizarreries de comportements», «la singularité de sa nature», [ses] «souffrances endurées pour ce qu’il juge être des peccadilles», de «banales affaires de mœurs», son «ardent tempérament»…
- On lit aussi : «Il n’est pas une de ses lettres qui ne soit un chef d’œuvre d’impétuosité, de verve, de force ou d’élégance, qui ne porte les marques confondues d’un écrivain de race et d’un type supérieur d’humanité.» Universel négationnisme…
- Le même Maurice Nadeau dans un article intitulé Honneur à Machiavel, poursuit dans le N°1 des Lettres Nouvelles en mars 1953, en évoquant «les aventures de sa vie dissolue», en la qualifiant d’être «imaginatif et visionnaire», pour enfin le juger, comme Machiavel, digne de «notre admiration» pour avoir affirmé «la vérité sur l’homme et la société» […], méritant d’être honorés pour leur lucidité, leur courage et l’exemple qu’ils donnent, paradoxalement sans doute, d’une humanité supérieure.»
- Enfin, dans le Mercure de France, en mai 1957, Sade est traité par lui d’«individu singulier» : une prise de conscience ? 32

Violence (Sade. Prix) : 2012. Christine Angot, auteure notamment de L’inceste, a obtenu - et accepté - le prix Sade. Celui-ci récompense «un auteur singulier et honnête homme, selon la définition de son siècle. Un authentique libéral qui sera parvenu, par delà les vicissitudes de la Révolution et l'emprise de l'ordre moral, à défaire les carcans de la littérature comme ceux de la politique». Il existe le prix Sade du premier roman, celui de l’Essai, celui du Livre d’art, celui du Jury, celui du Document. Emmanuel Pierrat (auteur notamment de : La justice pour les nuls) en est président. Juré-es : Catherine Millet, Marie L, Fredéric Begbeder, Ruwen Ogien (Auteur notamment de : Penser la pornographie), Catherine Robbe-Grillet, Laurence Viallet, Catherine Corringer, Marcella Iacub, Jean Streff et Pierre Leroy.
* Ajout. 30 octobre 2016. Je lis que le livre de Ruwen Ogien, Penser la pornographie, a lui aussi, en 2004, obtenu le prix Sade. (Cf. Pornographie)

Violence (Sade. Sacher-Masoch Leopold von) : Léopold von Sacher Masoch [1836-1893] «Profondément marqué par la violence des insurrections polonaises que son père (Préfet de police) dut réprimer en 1846 et 1848 […]». Toujours y penser lorsque l’on évoque le [sado]masochisme. 33

Violences (Sade. Winock Michel) : Je lis dans un livre publié par lui en 2003 alors qu’il se remémore sa vie d’enfant, sa mère, sa famille ouvrière habitant à Arcueil, autour des années 1940, évoquer «la mémoire du regretté marquis de Sade qui y faisait subir en son temps d’autres supplices» 34 (que ceux - considérés comme équivalents infligés aux étudiant-es, à la Maison des examens, elle aussi sise à Arcueil).
- Quand cesseront enfin ces réactions irréfléchies qui sont autant de légitimation de la violence, ici nommés pourtant par son auteur, sans ambiguïtés : «supplices», sans pour autant que ce terme ne délégitime le qualificatif de «regretté»
Par qui et pourquoi Sade devrait-il être regretté ? … (Cf. Langage)

IV. Violences à l’encontre des enfants :

Violences faites aux enfants («Fantasme») : Dans un texte de 19 pages de Freud [1856-1939], daté de 1919, intitulé : Un enfant est battu, j’ai relevé 115 fois le mot : «fantasme». Le texte à l’avenant… (Cf. Langage, «Sciences» sociales. Psychanalyse)

Violences faites aux enfants. (Loi) : Des député-es, lit-on ce jour, 20 avril 2016, veulent interdire toute forme de violence faites aux enfants, mais «sans imposer de sanctions envers les contrevenants». «Il ne s’agit pas de mettre les parents en prison» mais de «poser une interdiction symbolique, éthique.» Suivi de : «Quant à la ministre des familles et de l’enfance, elle a interdit de légiférer sur ce sujet sensible, préférant faire ‘la promotion d’une éducation sans violence’.» 35 (Cf. Politique. État)

Violences faites aux enfants («Pédophile») : Un «pédophile» signifie une personne qui aime les enfants. Remplacer par criminel. La permanence de l’emploi de ce terme : une caution politique d’un déni. (Cf. Famille, Politique, Violences)

V. Violences à l’encontre des enfants. Infanticides :

Violences à l’encontre des enfants. Infanticide (Beccaria Cesare) : Cesare Beccaria [1738-1774], auteur, en 1744, de : «L’infanticide est le résultat inéluctable de l’alternative où est placée une femme qui a succombé par la faiblesse ou qui a été victime de la violence. Entre la honte et la mort d’un être incapable d’en ressentir les atteintes, comment ne choisirait-elle pas ce dernier parti plutôt que d’être exposée, avec son malheureux enfant, à une misère certaine ? La meilleure manière de prévenir ce délit serait de protéger par des lois efficaces la faiblesse contre la tyrannie, qui accuse bien haut les vices qu’on ne peut pas couvrir du manteau de la vertu.» […] 36 Rarement cité dans les éloges de Beccaria. (Cf. Politique. Lois. Vertu, Violences contre les femmes)

Violences à l’encontre des enfants. Infanticide. Chine. Shanghai. Années 50) : Lu : «Avant la prise de pouvoir communiste, la municipalité de Shanghai avait un service de voirie spécial constitué de voitures chargées du ramassage régulier de cadavres abandonnés. En ce qui concerne les cadavres d’enfants, les statistiques des années trente à quarante en mentionnaient de cinq à six mille par ans. Une organisation protestante, la Société de Bienfaisance de Shanghai s’était spécialisée dans la recherche de bébés non désirés qu’on trouvait enveloppés dans des chiffons ou de vieux journaux. On parvenait à en réanimer quelques uns. D’autre part, l’orphelinat de la Société de Bienfaisance comportait une sorte de «boite à bébés » [En France, elles étaient nommés «tours »] qui permettait à ceux [et celles] qui ne voulaient pas de leur progéniture d’éviter de les tuer en les déposant dans la boîte. Cela fait, on tirait une clochette et quelqu’un venait recueillir l’enfant sans demander d’explication.»
L’article 13 de la loi de mai 1950 promulguée par Mao postulait : «Il est strictement interdit de noyer les nouveaux nés ou de commettre d’autres crimes similaires.» (Cf. Droit, Femmes. Charité, Famille, Patriarcat, Violence-s) 37

Violences à l’encontre des enfants. Infanticide (Mère) : Comment une société peut-elle oser condamner une femme, souvent une toute jeune fille, alors qu’elle a porté l’enfant d’un autre pendant neuf mois, si souvent seule à elle-même, et à laquelle n’a été présentée d’autre alternative que celle d’être réduite à tuer son propre enfant, à sa naissance ?
* Ajout. 15 octobre 2014. Une jeune lycéenne de 18 ans, ayant accouché seule dans l’appartement où elle vivait avec sa famille, a «jeté» le bébé «né viable» par la fenêtre. «Elle dit qu'elle a eu un trou noir. Elle se souvient d'avoir tenu l'enfant mais ne sait plus ce qui s'est passé après». Elle a été mise en examen pour «homicide sur mineur de moins de 15 ans, placée sous mandat de dépôt et écrouée». 38 Dernière touche de l’ignominie, on lit, dans cet article, ce constat qui valait condamnation, que «dans l'après-midi [après l’accouchement], elle est ensuite allée «faire du shopping dans un centre commercial avec sa mère et sa sœur». On note par ailleurs qu’il n’est question dans cette dépêche ni de son père, ni du père du bébé, pas plus que de la responsabilité de quiconque. Coupable, absolument seule coupable, en prison, toujours seule, quelques jours après avoir accouché. À 18 ans. (Cf. Femmes. Seules, Famille. Mariage)

Violences à l’encontre des enfants. Infanticide (Mère. Esclavage) : Lu dans Les Lettres sur l’esclavage ‘écrites entre 1840 et 1850, de l’Abbé Casimir Dugoujon [? -?] : «En passant par le Pointe-à-Pitre, j’ai rencontré dans la rue une sorte de rassemblement ; l’arrestation d’une négresse qui venait de noyer ses deux petits enfants à elle y avait donné lieu. Le capitaine du bateau qui m’a transporté à la Basse Terre m’a beaucoup parlé de ce tragique événement. Il m’a dit que la mère a noyé ses deux petites créatures dans un endroit où il n’y avait presque autre chose que de la vase ; qu’elle les a retenues sous ses genoux jusqu’à ce qu’elles soient asphyxiées, et qu’elle-même se serait noyée si on n’était pas arrivé assez à temps pour l’en empêcher. Quel motif, demandez vous, a pu porter une mère à une action si atroce ? On ne m’a rien dit de précis sur ce point, et les interrogatoires qu’elle a subis n’ont rien produit de clair. Quant à moi, je pense que ce double infanticide est le fruit de l’amour maternel mal entendu. La négresse du P. Dutertre refusa de devenir épouse de crainte de devenir mère, disant : «Je me contente d’être misérable dans ma personne, sans mettre au monde des enfants qui seraient peut être plus malheureux que moi et dont les peines me seraient plus sensibles que les miennes propres.» Celle-ci, ayant eu la malheur de devenir mère, a cru que le plus grand service qu’elle pouvait rendre à ses enfants serait de leur arracher la vie que son sein maudit leur avait donnée.» […] (Pour la suite, lire la note 1.) 39

Violences à l’encontre des enfants. Infanticide (Michelet) : Michelet [1798-1874) nommait, en 1863, l’infanticide : «le crime monastique». 40
* Ajout. 4 juin 2014. Lu dans Le Monde. 4 juin 2014 : «Près de 800 squelettes de bébés découverts dans un ancien couvent en Irlande». Et dans Le Figaro, 4 juin 2014 : «Les restes de 800 enfants localisés dans une fosse commune en Irlande. Le dit couvent était «géré» par les Sœurs catholiques du Bon Secours qui «accueillait» des «filles mères et leurs bébés nés hors mariage». (Cf. Femmes. Avortements, Bons Pasteurs)

Violences à l’encontre des enfants. Infanticide (Père) (1) : Depuis des siècles, il est postulé que le père de l’enfant n’est pas concerné. Le terme n’est d’ailleurs que rarement employé lorsque les pères assassinent leurs enfants ; il est vrai que ‘leur’ femme est souvent alors, elle aussi, assassinée. Et lorsqu’il tue femme et enfants, le terme d’infanticide n’est pas employé. (Cf. Famille)

Violences à l’encontre des enfants Infanticide (Père) (2) : Une mère, en 2014, a été condamnée à 15 ans de prison pour infanticide. Elle est accusée d’avoir tué un enfant de 2 mois et d’avoir frappé son autre enfant, un an plus tard, victime de plusieurs fractures. A la fin de la dépêche AFP, on lit : «Le père, un militaire d'un régiment de Dieuze (Moselle), avait pour sa part fini par accuser sa compagne lorsqu'il avait été entendu par les enquêteurs, en affirmant qu'elle aurait été «capable» de se livrer à des violences sur leurs enfants.» 41

Violences à l’encontre des enfants Infanticide (Père) (3) : En Australie, une mère, accusée d’avoir tué sept de ses huit enfants (âgés de 18 mois à 15 ans), ainsi qu’une de ses nièces, a été arrêtée. À la fin de l’article du Figaro, on lit pour toute analyse : «Le compagnon de la femme, qui ne serait pas le père des enfants, vit au même domicile, selon Sky News Australia dont la présentatrice a fondu en larmes à l'annonce de ce fait divers.» 42

Violences à l’encontre des enfants (Infanticide. Procès. Tunisie (Autour de 1914) : Annie Goldmann évoquant la vie de trois générations de femmes juives Tunisiennes, évoque sa grand-mère mère, Juliette, née en 1880, première avocate Tunisienne, qui, autour de 1914 (mais sans date précise), «avait fait gagner (acquitter) une femme qui avait tué son bébé parce qu’elle n’avait pas de mari». 43 (Cf. Justice. Procès, Justice. Patriarcale, «Sciences» sociales, Histoire)

Violences à l’encontre des enfants (Infanticide. Revendication) : Ne plus jamais condamner, envoyer en prison une jeune femme qui, accouchant seule, tue à la naissance l’enfant qu’elle a mise au monde. Je n’ai pas actuellement en tête les arguments qui fondraient, qui légitimeraient cette revendication, mais je la ressens sinon comme juste, du moins comme relevant de la simple humanité, pour ne pas employer le terme plus faible et politiquement critiquable de compassion. Qui, en effet en imaginant - faute de pouvoir entendre, de pouvoir écouter ces femmes - les conditions dans lesquelles celle-ci ont été enceintes, puis ont accouché, peut prétendre à autre chose que de tenter d’abord de les comprendre ? Il faudrait alors poser toutes les responsabilités qui seules expliquent cette naissance, et ce, à tous les niveaux où elles doivent l’être. Mais, à y réfléchir plus avant, la nécessité de la condamnation de ces jeunes filles, de ces jeunes femmes ne s’explique t-elle justement pas par ces refus de poser les questions politiques et morales concernant ces ‘crimes’ ? Il faut les condamner par effet, par nécessité de cache, et ce d’autant plus il s’agit bien d’un ‘crime’ commis par les seules femmes. (27 octobre 2014) (Cf. Droit, Patriarcat)
* Ajout. 10 mars 2016. Peut-on employer le même terme : «infanticide» pour une mère qui, le plus souvent seule, y compris à en subir les immenses conséquences, dans le bouleversement que représente un accouchement, tue, à la naissance, un nouveau né - qui faisait partie d’elle même, qui était elle même - et le meurtre, l’assassinat d’un enfant ? Non. (Poursuivre)

VI. Violences à l’encontre des enfants. Violences incestueuses :

Violences incestueuses (Inceste) : Terme évacuant toute idée même de violence.
- Évoquer «un père incestueux» ? Non : «un père ayant violé sa fille».
- Peut être vanté sur France Culture sans provoquer de réaction du Parquet.
- Entendu (19 août 2012) : «Une relation incestueuse qui se transforme en viol.» (Cf. Langage. Sujet)

Violences Incestueuses (Dolto Françoise) : Réponses, en 1979, de Françoise Dolto [1908-1988] à Choisir :
- Choisir : Mais enfin, il y a bien des cas de viol ? F. Dolto : «Il n’y a pas de viol du tout. Elles sont consentantes.»
- Choisir : Quand une fille vient vous voir et qu’elle vous raconte que, dans son enfance, son père a coïté avec elle , que lui répondez vous ? F. Dolto : «Elle ne l’a pas ressenti comme un viol. Elle a simplement compris que son père l’aimait et qu’il se consolait avec elle, parce que sa femme ne voulait pas faire l’amour avec lui.» […]
- Choisir : D’après vous, il n’y a pas de père vicieux et pervers ? F. Dolto : «Il suffit que sa fille refuse de coucher avec lui, en disant que ça ne se fait pas, pour qu’il la laisse tranquille.»
- Choisir : Il peut insister ? F. Dolto : «Pas du tout, parce qu’il sait que l’enfant sait que c’est défendu. Et puis le père incestueux a tout de même peur que sa fille en parle. En général, la fille ne dit rien, enfin pas tout de suite44

Violences Incestueuses (Ferré Léo) : Entendu ce jour sur Radio Libertaire 45 une chanson ignoble de Léo Ferré intitulé Petite et dont le premier couplet était : «Tu as des yeux d'enfant malade / Et moi j'ai des yeux de marlou / Quand tu es sortie de l'école / Tu m'as lancé tes petits yeux doux / Et regardé pas n'importe où / Et regardé pas n'importe où» et le dernier était : «Ah! petite Ah! Petite / Tu peux reprendre ton cerceau / Et t'en aller tout doucement / Loin de moi et de mes tourments / Tu reviendras me voir bientôt / Tu reviendras me voir bientôt / Le jour où ça ne m'ira plus / Quand sous ta robe il n'y aura plus / Le Code pénal». Et cette «Petite» fut suivie d’une autre chanson dont le refrain, répété, était : «On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre… et les cuisses de la fermière» : étant rajouté in fine - au nom de l’égalité, sans doute …- «et les cuisses du fermier, alors !» dit par ailleurs sur une haute fausse voix d’un supposé homosexuel.
- Les Anars, les libertaires tapent avec aisance et souvent si justement sur tout le monde (ou presque) ; peu, sinon jamais, sur la si grossière et si conservatrice, réactionnaire, phallocratie régnant en leur sein, assumée avec si peu d’inquiétudes. Aujourd’hui, pour moi, odieuse.
- Quant à briser leur admiration (si peu critique) pour une malheureuse chanson… (Cf. Culture. Patriarcat)

Violences Incestueuses (Langage) (1) : Lu, à l’annonce d’une intervention (20 novembre 2014) dans une Faculté : «Les incesteurs incestent [...]». (Cf. Langage)

Violences Incestueuses (Langage) (2) : Lu : «Elle aimait son papa, mais pas au point qu’il l’inceste. L’inceste avec papa, c’est pas vrai.» 46
De la signification politique, notamment, de l’emploi d’un verbe intransitif. Et ce, aggravé par la réalité du terme d’«inceste» qui, en lui-même n’est porteur d’aucun jugement de valeur, n’est signifiant d’aucune violence, d’aucun rapport de domination. (Cf. Langage)

Violences Incestueuses (Langage) (3) : Un-e enfant-e n’est pas «né d’un inceste» : il/elle est l’enfant d’une mère violée par son père (ou grand père, ou…) (Cf. Langage)

Violences Incestueuses (Lolita) : Lolita, auteure, dans le livre du même nom, de : «Le mot juste est inceste.» 47

Violences incestueuses (Mythe) : L’interdit de l’inceste : un mythe, donc faux. Cette assertion légitimée, avec tant de légèreté et tant d’assurance, par tant d’ethnologues, de psychanalystes, a eu pour effet, sinon pour fonction d’en cacher la réalité, d’en détourner l’attention, d’invalider la parole des victimes, de perpétuer le pouvoir des agresseurs. (Cf., Politique. Mythe, Patriarcat, «Sciences» sociales. Anthropologie, Psychanalyse)

Violences Incestueuses (Négation. Freud Sigmund) : Jeffrey Masson, auteur de : […] : «Pendant des années, Freud [1856-1939] a pensé que ses patientes avaient été victimes d'abus sexuels pendant leur enfance. Devenues femmes, elles enduraient les séquelles de ce traumatisme. Il a appelé "théorie de la séduction" l'hypothèse suivant laquelle ces souffrances (il utilisait le terme "hystérie") étaient la conséquence de traumatismes sexuels précoces. Nous savons depuis les années 1980 que ce n'est pas seulement une hypothèse, mais une triste réalité qui affecte la vie de très nombreux enfants.
Puis, quelque part entre 1897 et 1903 (date de la première rétractation publique de l'hypothèse de la séduction), Freud a changé d'avis. Ces abus, affirmait-il, n'ont pas eu lieu et ne sont que le fruit de l'imagination, des "pulsions", de fantasmes d'abus traduisant un désir inconscient. Ainsi, l'adulte était innocent. Ou du moins c'est ce qu'il se disait. Cette nouvelle doctrine a autant plu aux confrères de Freud que la précédente leur avait déplu. Ce revirement a permis à Freud de sortir de son isolement professionnel et de connaître la gloire. Des années plus tard, Freud a déclaré que la psychanalyse troublait le sommeil du monde. Possible. Pourtant, en niant la réalité des traumatismes sexuels, Freud a permis au monde de garder les yeux clos sur ce point...Pourquoi s'est-il rétracté ? Les psychanalystes, en accord avec de nombreux critiques de la psychanalyse, avancent que c'est parce qu'il a compris que ses patientes n'avaient en fait jamais subi d'abus sexuels. Mon livre raconte une tout autre histoire : contrairement à ce qu'il affirmait publiquement, Freud a longtemps continué à croire en la réalité des abus sexuels. J'ai eu la chance qu'Anna Freud, sa fille, me laisse lire des lettres de Freud à Fliess jusque-là tenues secrètes, qui démontrent sans équivoque ce que Freud pensait. Pourquoi est-il passé de "je crois les enfants" à "je crois que les enfants inventent des histoires" ? Nous n'aurons sans doute jamais de réponse définitive. Pour ma part, je crois que Freud s'est trouvé dans une position trop inconfortable vis-à-vis de ses collègues, et de toute la société viennoise d'ailleurs. Il aurait fallu un courage formidable pour demeurer du coté des victimes innocentes face à leurs agresseurs, un courage que personne n'avait jamais eu à cette époque.
[…]» 48 (Cf. «Sciences» sociales. Psychanalyse)

Violences incestueuses (Pères) : Combien de viols incestueux, tapis dans l’ombre, sous couvert de l’expression d’«attachement excessif au père» ?

VII. Violences à l’encontre des femmes :

Violences à l’encontre des femmes (1) : Cette formulation qui, un temps, s’avéra une grande avancée, s’est révélée, insuffisante, inappropriée ; en effet, elle n’évoque que des victimes (nommées) ; dès lors, faute de nommer les auteurs, elle peut justifier que ces violences soient une succession d’effets sans cause. On comprend mieux dès lors que, sous ce couvert, dans cette confusion, tant d’analyses, tant de [projets de] lois les ont confortées. 49
Par ailleurs, en aucun cas, il n’est possible de considérer que des lois présentées comme devant lutter contre les violences faites aux femmes puissent être synonymes de lois concernant «la violence de genre».
La loi espagnole de 2004 «relative aux mesures de protection intégrale contre la violence de genre», si souvent vantée notamment par les féministes françaises (mais l’ont-elles vraiment, précisément, rigoureusement lue ?) est une loi extrêmement dangereuse [au spectre d'autant plus large que le terme de «genre» ne veut rien dire et ne peut donc être défini] laquelle, entre autres innombrables critiques, enferme toutes les femmes dans un statut juridique spécifique, hors champs de la loi commune, du droit commun… (Cf. Justice (Droit), Langage. Genre, Violences patriarcales)

Violences à l’encontre des femmes (2) : On a dit : «Mort aux juifs» et hommes, femmes et enfants juifs furent tués. On ne dit pas «Mort aux femmes», mais elles sont tuées quand même.

Violences à l’encontre des femmes (Brésil. XIXème siècle) : Madame Toussaint-Samson [1826-1911], dans son livre, Une Parisienne au Brésil, raconte qu’elle avait rencontré à Rio (vers 1850) un Français de 35 ans, pianiste, fort «pâle», bien que non malade. Il lui est dit qu’il avait tué à bout portant, sa femme, française elle aussi, chanteuse au Théâtre de Rio, laquelle courtisée par un jeune docteur de la ville, Français lui aussi, devint sa maitresse. La fin de l’histoire’ (vraie), telle que vécue par l’auteure du livre : «Il fut se constituer prisonnier. Après avoir subi un jugement, absous de par la loi, il était demeuré dans le pays, où il rencontrait à chaque pas celui qui l’avait déshonoré. Il avait eu le triste courage de tuer la femme et n’avait pas celui de tuer l’homme. Tout souillé de son crime, portant depuis, comme un stigmate éternel, cette pâleur cadavérique, il continuait cependant à venir jouer chaque soir des quadrilles et des polkas pour faire danser la jeunesse brésilienne, son crime l’ayant en quelque sort, mis à la mode. […] ». Et elle poursuit : «Ce récit me glaça ; mes yeux ne pouvaient se détacher de cet homme qu’on plaignait généralement, tandis que moi, je ne trouvais pour lui, en le regardant, que cette seule parole : «Lâche !» […] 50 (Cf. Femme. Auteure. Adèle Toussaint-Samson, Droit, Justice, Patriarcat, «Sciences» sociales. Histoire)

Violences à l’encontre des femmes (Coutume) : A tué plus de femmes que tous les assassins considérés comme tels depuis des siècles. Plus que la loi ?

Violences à l’encontre des femmes (Création d’un «Observatoire») : Un déni / un mépris des recherches féministes jusqu’alors effectuées ; une injure faite aux femmes, faite aux associations ; une justification des dites violences auxquelles la réponse donnée est : résignez vous à ce que l’on vous viole, vous frappe, vous injurie, vous assassine, jusqu’à nouvel ordre. Vous, continuez à mourir. Nous, on [vous] observe.

Violences à l’encontre des femmes («Crime d’honneur») : Ne concernerait, à en croire la presse, que les hommes des pays arabes/musulmans. À croire que ‘les autres’ ne commettraient pas de crime et/ou n’auraient pas d’honneur ; à moins qu’ils ne les qualifient autrement : de ‘passionnels’, par exemple ? N’aurait donc rien à voir avec l’un quelconque des crimes dont les femmes sont quotidiennement les victimes en Occident.
Par ailleurs, cet dénomination - sans relation, à ma connaissance, avec aucun code pénal existant - est, en sus, une caution de facto de tous les codes de statut personnel, de toutes les lois ‘familiales’, toutes les lois patriarcales, toutes les lois religieuses, l’exception confirmant la règle. (Cf. Droit. Patriarcal, Famille. Code de la famille)

Violences à l’encontre des femmes (Criminels de paix) : Infiniment plus nombreux que les criminels de guerre.

Violences à l’encontre des femmes (Dire…) (1) : Dire les violences, ce n’est pas les dénoncer ; dénoncer ce n’est pas demander justice ; demander justice, ce n’est pas obtenir justice ; obtenir justice ce n’est pas dénoncer ce qui produit ces violences. On peut longtemps parler «dans le vide», pas même celui même du son d’un écho…
Le monde des «psy», du moins celui qui se limite à cette demande de «parole», n’est, sauf exceptions, ni féministe, ni pacifiste ; en retarde t-il l’avènement ?

Violences à l’encontre des femmes (Dire…) (2) : Ce ne sont pas tant les violences infligées qui sont les plus difficiles à dire que celles subies et tues. Les premières relèvent en effet de l‘exclusive responsabilité de celui / celle qui les imposent ; dans les secondes, les victimes, volens nolens, en sont nécessairement partie prise, partie prenantes ; en subissant ces violences, elles en deviennent, peu ou prou, malgré elles, à leur encontre victimes et parties prenantes. (À prolonger)

Violences à l’encontre des femmes (Dumas. Alexandre, fils) (1) : Alexandre Dumas, fils [1824-1895], auteur [à un homme] en 1872, de : «Et maintenant, si malgré tes précautions, tes renseignements, ta connaissance des hommes et des choses, ta vertu, ta patience et ta bonté, si tu as été trompé par des apparences ou des duplicités; si tu as associé à ta vie une créature indigne de toi ; si, après avoir vainement essayé d’en faire l’épouse qu’elle doit être, tu n’as pu la sauver par la maternité cette rédemption terrestre de son sexe ; si, ne voulant plus t’écouter, ni comme père, ni comme ami, ni comme maître, non seulement elle abandonne tes enfants, mais va, avec le premier venu, en appeler à d’autres dans la vie, lesquels continueront sa race maudite en ce monde ; si rien ne peut empêcher de prostituer ton nom avec son corps, si elle te limite dans ton mouvement humain ; si elle t’arrête dans ton action divine ; si la loi qui s’est donné le droit de lier s’est interdit celui de délier et se déclare impuissante, déclare toi, personnellement, au nom de ton Maître, le juge et l’exécuteur de cette créature. Ce n’est pas la femme, ce n’est même pas une femme ; elle n’est pas dans la conception divine, elle est purement animale : c’est la guenon du pays de Nod, c’est la femelle de Caïn ; - tue-là51
- Du même, concernant les Communardes : «Nous ne dirons rien de leurs femelles, par respect pour nos femmes à qui elles ressemblent quand elles sont mortes.» 52 (Cf. Êtres humains. Relations entre. Haine des femmes. Hommes. Proudhon, «Sciences» sociales. Histoire, Sexe-s)
- Ni cité, ni évoqué par Wikipédia.

Violences à l’encontre des femmes (Dumas. Alexandre, fils) (2) : Lu ce jugement de la Princesse de Metternich le concernant : Il «voyait le monde plus laid qu’il ne l’est réellement, il s’acharnait à découvrir sous toute action un mobile bas, les femmes lui semblaient dénuées de toute élévation de sentiments et il avait pour le genre humain en général un profond mépris. […] Il creusait à plaisir dans le cœur humain et n’en retirait que des déchets». 53

Violences à l’encontre des femmes (Enquêtes) (1) : Toutes fausses. 54 Le plus grave est que l’on ait pu penser qu’elles pussent ne pas l’être. Plus grave encore : chaque violence passée au tamis d’une quantification - impossible - efface un peu plus encore la mémoire des victimes. C’est à chacune d’entre elles qu’il faut redonner vie.
* Ajout. 22 juin 2015. Pour élargir, approfondir le constat, Cf. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778] : «Les quantités morales manquant de mesures précises, fût-on d’accord sur le signe, comment l’être sur l’estimation ?» 55

Violences à l’encontre des femmes (Enquêtes) (2) : Lu, concernant les violences conjugales, sous l’intitulé : Nécessité de cerner l’ampleur du phénomène : «L’absence de données statistiques homogènes et fiables constitue une entrave à la prise de décision publique en matière d’aide aux victimes et de prévention». 56
- Et l’absence de connaissance du nombre ‘homogène et fiable’ des victimes des guerres dans le monde a t-elle gêné, retardé, handicapé, interdit les pensées et les mobilisations pacifistes ?

Violences à l’encontre des femmes (Équivalence) : Entendu hier (29 septembre 2016) sur France Culture : «[…] Le déferlement de violences peut être aussi le fait des femmes» ; [...] «Les hommes souffrent d’avantage sinon plus que les femmes» ; […] «Les femmes sont responsables aussi, beaucoup, de la violence des hommes » […] 57 Comparer les dominé[e]s avec les dominant[e]s, c’est nier la domination. (Cf. Patriarcat. Domination masculine)

Violences à l’encontre des femmes («Erreur») : Après dénonciation par la droite, F.N incluse, Yacine Chouat, nommé par Jean-Christophe Cambadélis, le 20 juin 2015, secrétaire national adjoint du PS en charge de l’intégration, démissionne, le 21 juin. Il avait été condamné en 2010, puis en 2011 en appel, pour «violences conjugales aggravées sur conjointe». Il déclare «avoir commis une erreur» - et non une faute, une condamnation, une violence qu’il aurait pu regretter - affirme que «la justice est passée» et «avoir payé sa dette». Quelle est la nature de cette «dette» ? À qui l’aurait-il payé ? La justice lui aurait-elle signé une reconnaissance de dette ? Une condamnation vaut-elle excuse, engagement ? Où est enfin l’analyse politique ? Et il termine ainsi : «C'est avec tristesse que je constate que dans la France d'aujourd'hui on n'a pas droit à une deuxième chance quand on est musulman». Quel amalgame honteux ! 58 (Cf. Justice, Patriarcat)
- Le Parisien évoque pour sa part «une erreur de casting». 59

Violences à l’encontre des femmes («Fantasmes») : Peut aisément remplacer les ‘pulsions’. Très utiles, surtout pour les avocat-es des assassins. (Cf. Violences à l’encontre des enfants. «Fantasme»)

Violences à l’encontre des femmes (France. Années 1920) : Lu, dans le livre intitulé Histoire de Michèle : «[…] Les cris, les coups, dans le quartier, personne ne s’en inquiétait… on disait : ‘Tiens, c’est la mère machin qui dérouille’, et puis.. c’est tout. Personne ne se mêlait des affaires des autres.» 60

Violences à l’encontre des femmes (France. 3 juin 1944) : Jean Guéhenno [1890-1978] note dans son Journal : «Hier Paulhan [1884-1968] nous a conduit à Luna-Park (parc d’attraction situé près de la Porte Maillot). Si l’on peut juger d’un monde aux plaisirs qu’il se donne, celui où nous vivons est affreux. […] Nous nous promenions parmi les jeux de balles ou d’anneaux, quand soudain, voici ce que nous avons vu : sur un lit, à peine recouvert d’un drap, une femme à peu près nue ; elle nous regardait approcher ; elle avait l’air d’un bête ; elle est là, couchée tout le jour. Au dessus d’elle une cible ; le plus habile, en lançant une balle, se fait reverser le lit et tomber la femmes. C’est là, ce qu’on peut voir, à Paris, en 1944. […] Comme nous nous en allions, la femme est sortie de son lit, s’est habillée, et a traversé la place en dansant une gigue égrillarde. Nous avons pu voir que c’est une pauvre idiote. Je ne saurais dire si cela a augmenté ou diminué notre dégoût.» 61

Violences à l’encontre des femmes (France. 20 octobre 2016) : Info Le Parisien, relayée par l’AFP, reprise par Le Figaro sous le titre : «Une lycéenne dépouillée et jetée dans la Seine» : «Une lycéenne de 17 ans a été violemment agressée puis poussée dans la Seine vers 21h mercredi soir à Paris alors qu'elle était en train de pique-niquer, révèle le Parisien. Alors qu'elle était en train de pique-niquer sur un banc du quai d'Orléans, sur l'île Saint-Louis, cinq jeunes, quatre garçons et une fille, l'ont abordée. Ces derniers lui ont d'abord demandé une cigarette puis de l'argent avant de devenir de plus en plus agressifs. La jeune femme raconte avoir été ‘giflée’ puis avoir reçu ‘des coups de poing et des coups de pied’. À terre, l'un des agresseurs lui volent son sac tandis que les autres la poussent dans la Seine. Puis partent en courant. La lycéenne parvient à sortir de l'eau et a composé le numéro des pompiers. Mais son portable ayant pris l'eau, la conversation est rapidement coupée. Elle sera finalement aidée par une passante. Transportée à la Pitié Salpêtrière, la jeune femme a porté plainte jeudi. Les cinq agresseurs ont disparu, non sans lui avoir volé son sac à dos avec ses cours mais aussi son portefeuille avec ses papiers d’identité, ses cartes bancaires, de cantine, de bibliothèque. Ils sont toujours recherchés62

Violences à l’encontre des femmes (Frémiot Luc) : [Procureur] Auteur (à Alexandra lange qui fut, après son réquisitoire, et les plaidoiries de ses avocates, acquittée de l’accusation de crime (de son mari) après avoir défendu son droit à sa vie et à celle de ses enfants) de : «C’est la guerre que vous avez vécue…» ; «C’est cela être juge : se mettre à la place des autres» ; «Elle a toujours été seule. Aujourd’hui, je ne veux pas le laisser seule» ; «Vous n’avez rien à faire dans une cour d’assises, Madame.» 63
- À quand la poursuite de ceux et celles qui l’ont laissée «seule», avec ses enfants, sous les coups et les tortures pendant plus dix ans ? Non : à quand la mise en œuvre de réelles ruptures politiques afin que, plus jamais, pour quiconque, aucune vie ne puisse ressembler à la sienne et à celle vécue par ses enfants ?
* Ajout. 20 janvier 2014. Du même Luc Frémiot, concernant les violences qu’il nomme «intrafamiliales» : «En 2003, cela n’intéressait personne.» 64
Par quels processus en arrivons-nous si souvent à nier ce qui ne nous concerne pas personnellement ?
* Ajout. 4 janvier 2017. Du même Luc Frémiot, concernant le procès de Jacqueline Sauvage : «Ce n’est pas le droit qui doit évoluer, ce sont les consciences.» 65
Triste, si triste que la parole d’un magistrat qui un jour prit une position neuve et courageuse, et dont la parole a d’autant plus de valeur, de l’entendre justifier l’injustifiable, à savoir que le droit doit rester tel qu’en lui même.…(Cf. Droit, Femmes. Dénis de l’histoire des femmes et du féminisme, Hommes. Solidaires des femmes en lutte, Justice, Légitime défense, Sauvage Jacqueline. Juger la justice, Violences contre les femmes)

Violences à l’encontre des femmes (Front National) : Frédéric Boccaletti, responsable du Front National, proche de Marion Maréchal Le Pen, a dénoncé, dans un communiqué, la participation de Joe Starr à la deuxième édition du Pointû Festival le 21 juin prochain, sur l'île du Gaou. On lit : «Cet artiste, dont la violence n'a d'égale que la lâcheté, a été condamné à de multiples reprises pour avoir battu plusieurs femmes [...) Joey Starr, engagé politiquement à l'extrême gauche et grand donneur de leçons devant l'Éternel, n'est autre qu'une honte pour sa profession et une insulte vivante pour toutes les femmes victimes de violences». 66
Un jour ou l’autre, les silences / cautions de la gauche, de la droite, des médias et de tous ceux et celles qui justifient les violences contre les femmes, politiquement, se paient et sont utilisés par le Front National. Faut-il notamment rappeler la responsabilité de Joey Starr, en tant que membre du Groupe NTM (Nique ta mère) ? Quant à la liste de ce que Wikipedia nomme ses «démêlés avec la justice», pour violence ou incitation à la violence, elle est impressionnante.
Tant que, en la matière, ces silences ne seront pas dénoncés, tant que toutes les cautions qui ont été depuis si longtemps apportés à tant d’écrivains, d’artistes, de politiques ne seront pas dénoncés, les attaques contre le Front National, qui ouvre ici un nouveau front, dont les féministes au premier chef devraient s’inquiéter, seront très largement inopérantes. (Cf. Droits de femmes (5), Politique. Front National)

Violences à l’encontre des femmes (Gifle) : «Partez à la première gifle» entendons-nous régulièrement. Non : c’est trop tard. Quand alors ? Quelques exemples : Quand il boude sans explications ; Quand il vous manifeste son agacement suite à un échec qui lui est propre ; Quand il hausse le ton ; Quand il ouvre la porte de votre chambre (ou de la chambre commune alors que vous y êtes) sans frapper ; Quand il est servi sans dire merci ; Quand il ne vous écoute, ni ne vous entend, ni ne vous répond (ou vous renvoie la question, ou vous répond ‘à côté’) ; Quand il ne se rend pas compte de votre fatigue ; Quand il vous fait des compliments qui sonnent (sont) faux ; Quand il vous dissuade sans argument de prendre des initiatives ; Quand il vous laisse démunie dans une situation difficile ; Quand il vous laisse seule organiser un projet censé commun ; Quand il vous fait remarquer le coût de la faveur qu’il vous accorde ; Quand il vous fait une remarque désobligeante ; Quand il fait des commentaires (critiques) sur votre corps, votre apparence, vos vêtements ; Quand il n’est pas heureux de vos succès ; Quand il ne se soucie pas de la contraception que vous avez choisie ; Quand il fait des promesses qu’il ne tient pas ; Quand il vous fait travailler pour lui, comme si cela était normal ; Quand il est en retard, s’absente sans vous prévenir, sans vous en informer ; Quand il raconte à d’autres, sans votre accord, un de vos échecs ; Quand il suggère une décision qui ne vous laisse que peu de choix ; Quand il prend une décision qui vous concerne sans en avoir discuté préalablement et avoir obtenu votre agrément ; Quand il vous compare à sa mère, à votre mère ; Quand il vous parle sans précautions de son, de ses ex compagnes ; Quand il dénigre vos ami-es (et/ou quand vous vous rendez compte que vous les voyez plus) ; Quand il juge, jauge une autre femme sur des critères qui vous déplaisent car ils sont, selon vous, blessants ; Quand il critique (bêtement) les féministes ; Quand il se décharge sur vous de la gestion du quotidien ; Quand il vous impose son menu, son émission, son projet ; Quand il vit sur votre dos ; Quand il ment ; Quand il vous interdit quoi que ce soit, fût-ce une ‘futilité’ ; Quand il fait état sans honte, sans regret, sans engagement ultérieur de relations avec des personnes prostituées. D’autres exemples ? À suivre…
N.B. Ces illustrations (à l’exception du dernier) valent pour chaque partenaire d’un couple (femme incluse), et quelle que soit la nature, la durée dudit couple.

Violences à l’encontre des femmes (Guy Gilbert) : Guy Gilbert, auteur de : «J’ai été très heureux, enfant. J’ai eu quelque chose de souverain : j’ai été aimé par un homme et par une femme. Mon père, un homme très strict, un peu macho, un peu…Les branlées de mon père, je m’en souviens ! Ma mère (15 enfants), une femme pleine d’amour, de miséricorde, de patience. Un équilibre de l’homme et de la femme très important...» 67
- «Les branlées», «l’amour», et «l’équilibre»…

Violences à l’encontre des femmes (Landru) : Colette, chroniqueuse judiciaire, assistant le 8 novembre 1921 au procès de Landru [1869-1922], accusé de l’assassinat d’au moins onze femmes, auteure de : «A t-il tué ? S’il a tué, je jugerais que c’est avec ce soin paperassier, un peu manique, admirablement lucide, qu’il apporte au classement de ses notes, à la rédaction de ses dossiers. A t-il tué ? Alors, c’est en sifflotant un petit air, et ceint d’un tablier par crainte de taches. Un fou sadique, Landru ? Que non. Il est bien plus impénétrable, du moins pour nous. Nous imaginons à peu près ce qu’est la fureur, lubrique ou non, mais nous demeurons stupides devant le meurtrier tranquille et doux, qui tient un carnet des victimes et qui peut-être se reposera, dans sa besogne, accoudé à la fenêtre et donnant du pain aux oiseaux. Je crois que nous ne comprendrons jamais rien à Landru, même s’il a tué
- En 2016, on comprend mieux…(Cf. Justice)

Violences à l’encontre des femmes (Martin-Fugier Anne) : Intituler en 2009 un livre concernant l’assassinat en 1847 de la duchesse de Choiseul-Praslin, «Une nymphomane vertueuse» est, sans même évoquer la rigueur intellectuelle, choquant : une injure - une de plus - faite à une femme, mère de dix enfants, humiliée, massacrée par un mari odieux.
- Et l’éternel argument que, si souvent, l’on évoque en la matière : «c’est l’éditeur qui l’a décidé/imposé» ne peut être invoqué ; sauf à s’abstraire de toute référence à la liberté individuelle d’accepter ou de refuser un titre, comme à toute analyse politique. 68 (Cf. Femme. Remarquable. Choiseul-Praslin. Duchesse de, Histoire. Historiographie Patriarcale)

Violences à l’encontre des femmes (Message au répondeur de Là-bas si j’y suis) : «J’ai horreur du lynchage, mais horreur !… […] Parfois je me dis que si j’avais vécu pendant la seconde guerre mondiale, et, qu’en mon absence, ma femme avait couché avec un allemand, avec des allemands, j’aurais certainement eu envie de la tuer. C’est humain. Mais je crois que j’aurais encore eu plus envie de tuer ceux qui ont tondu des femmes à la Libération. […]» (Cf. Homme. Journaliste, Mermet Daniel) 69

Violences à l’encontre des femmes (Meyer Daniel) : Daniel Meyer [1909-1996], interrogé en 1985 sur son itinéraire politique évoque son embauche à 24 ans au Populaire, journal du parti socialiste : «Le 24 juillet 1933, un ouvrier d’Argenteuil a tué sa femme. C’est la première affaire…On faisait les chiens écrasés… C’est la première affaire dont je me suis occupé. […]». 70
- C’est donc après avoir été Président de la Ligue des droits de l’homme [De 1958 à 1975] puis de la FIDH [De 1977 à 1985] et Président du Conseil Constitutionnel [De 1983 à 1985], qu’il pourra toujours évoquer les assassinats de femmes comme relevant de la rubrique «chiens écrasés».

Violences à l’encontre des femmes (Mutilations sexuelles) : Entendu ce jour (31 octobre 2016) qualifier les mutilations sexuelles de : «coutume ancestrales violentes». 71 Au lieu et place de : «tortures patriarcales» ? (Cf. Sexuel-les, Violences. Patriarcales)

Violences à l’encontre des femmes (Nationalisme / Impérialisme) : En Occident, en France en l’occurrence, la carte de la dénonciation des violences faites aux femmes dans le monde ressemble étrangement à celle des États sur lesquels l’Occident, la ont jeté jeté leur dévolu. (Cf. Féministes. Occidentales, Femmes. Voilées, Politique. Nationalisme)

Violences à l’encontre faites aux femmes (Négation / Négationnisme) (1) : Dans Libération, en juin 2014, Philippe Grangereau présente la lutte de femmes, de féministes Chinoises en soutien à Lu-i Yan. Celle-ci, violentée par son mari l’avait tué. Condamnée à mort en 2011, une décision en cassation avait cassé le jugement]. Il écrit ensuite : «À titre comparatif, en France, une trentaine d’hommes qui abusaient leurs conjointes ont été assassinées par celles-ci (statistiques de 2006). Mais en Chine, c’est un véritable problème de société. […]» 72. (Cf. Hommes. Journalistes, Politique. Nationalisme)

Violences à l’encontre des femmes (Négation / Négationnisme) (2) : Alexandre Zinoviev [1922-2006] dans son livre Les confessions d’un homme en trop [1988] décrit ainsi la pénétration de l’Armée soviétique en Allemagne, à la fin de la Deuxième guerre mondiale : «L’Allemagne nous fit la plus heureuse impression également par le nombre de femmes prêtes à nous accorder leurs faveurs, des fillettes d’une douzaine d’années aussi bien que des vieilles femmes. On prétend aujourd’hui que l’armée soviétique s’est rendue coupable d’un nombre considérable de viols en Allemagne. D’après ce que j’ai pu voir de mes propres yeux, l’affirmation est absurde. Lorsque nous entrâmes en Allemagne, les Allemandes avaient déjà été presque toutes violées, si tant est qu’elles aient réellement résisté. Pour la plupart, elles avaient des maladies vénériennes. Dans notre armée, le viol était sanctionné de la cour martiale. Les wagons des syphilitiques étaient verrouillés de l’extérieur et les ouvertures fermées de fil de fer barbelé. Dans un village où nous étions logés chez l’habitant, le maître de maison vint personnellement mettre à notre disposition sa fille et sa petite fille. Il tenait à la main une feuille où avait déjà été signalé ceux qui avaient bénéficié de son ‘hospitalité’. Les allemands se sentaient complices d’Hitler et coupables de crimes perpétrés par leur armée en Union soviétique et s’attendaient au même comportement de la part des Soviétiques. Leurs complaisances, sans bornes, commençaient par le corps de leurs femmes. Et nos soldats ne laissèrent pas échapper les occasions, à tel point que le nombre de ceux qui furent contaminées est impossible à établir.» 73
- En sus de l’ignominie de ce texte, il importe ici de noter que, dans la préface de l’édition française, Zinoviev est présenté, sans autre commentaire, comme «un des grands logiciens contemporains». (Cf. Homme «Un homme à Berlin»)

Violences à l’encontre des femmes (Pardon) : En Algérie, en date du 4 mars 2015, le projet de loi (voté) portant amendement du code pénal pour renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes discuté à l’Assemblée Nationale Algérienne (APN) prévoit «des sanctions envers l’époux coupable de violences contre son conjoint ayant entraîné une incapacité temporaire, un handicap permanent ou une amputation», mais les poursuites sont abandonnées, «si la victime décide de pardonner à son conjoint». Cette loi, et cet article qui ouvre la voie à toutes les pressions exercées sur l’épouse qui eut un temps, la force, le courage de dénoncer les violences exercées sur elle, fut votée en l’état. Lu sur le courrier des lecteurs/trices d’El Watan : «Qui sont ces députés qui résistent au projet ? et... à qui appartiennent ces voix qui se sont élevées pour encourager le pardon, la docilité en cas de violences conjugales? On veut les noms de ces adeptes de la violence et qui, ironie du sort, siègent à l'APN.» 74 (Cf. Justice. Pardon, Politique. Élections)

Violences à l’encontre des femmes (Rues de Paris) : Vécu : Entre 2000 et 2002, un homme, dans les rues de Paris, m’avait dit : «Tu es moche» ; un autre m’avait donné, sans mot dire, un violent coup sur le corps ; un troisième cracha sur moi et un quatrième, enfin, m’avait traitée de «salope». Tout cela, sans échange verbal et sans me connaître.

Violences à l’encontre des femmes (Sand George) : George Sand [1804-1876] écrivit à Marie d’Agoult [1805-1876] concernant son mari - dont elle cherche auprès de la «justice» à divorcer - qu’«il a[vait] eu l’heureuse idée de vouloir me tuer un soir qu’il était ivre» […]. (Cf. Justice. Juges. Sand George) 75

Violences à l’encontre des femmes (Silence des femmes) : Les femmes s’épuisent à maintenir les façades (depuis longtemps fissurées) d’un fonctionnement de conventions sociales considérées comme devant être la norme (laquelle n’a jamais existé) ; elles se ruinent à tenter et si souvent réussissent à cacher le spectacle que les hommes violents (maris, compagnons, amants, enfants, agresseurs..) peuvent ou non présenter et donner d’eux-mêmes, et dès lors aussi d’elles-mêmes. Leur mise à mort progressive, si souvent efficace, dans le droit fil des violences qui leur sont infligées, n’a souvent pas d’autres explications à leur poursuite que leur volonté de les cacher. Et c’est ainsi que, en dépit de tant de hurlements, la mise au silence des femmes perpétue le règne de la terreur. (Cf. Femmes. Silence, Norme)

VIII. Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage :

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage) : «Elles y passaient toutes […]», entend-t-on, sans excès de révolte… Et si tout [ou presque…], en matière de compréhension du monde, n’était qu’une question de point de vue, d’analyse, et n’était donc lisible - et donc dénonçable - par le langage ? (Cf. Langage, Patriarcat)

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. Auguste) : Lu, concernant Auguste, empereur Romain [63 avant J-C- 14 après J-C], dans Suétone (écrit entre 112 et 122 après J-C) : «[…] Quant aux plaisirs, il y fut toujours attaché, et plus tard même, dit-on, sa passion fut de déflorer les jeunes filles, que sa femme elle même faisait venir pour lui d’un peu partout.» 76 (Cf. Famille, Proxénétisme)

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. Belgique. Années 1960) : En Belgique, à l’usine Herstal - la F.N. - une ouvrière se rappelle les régleurs : «Quand elles ne voulaient pas, ils mettaient sa machine en panne et elles ne touchaient que le minimum.» Une autre se rappelle les chefs «qui gueulaient».
Il n’en faut souvent pas plus - et souvent moins - pour licencier, sauf si…77

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. Colet Louise) : Louise Collet [1870-1876], auteure de : «Nous sommes un débris de l’antique esclavage / l’Homme a toujours gardé sur nous le droit d’outrage / De joug qu’il nous impose, il se fait l’insulteur / Comme il traitait l’esclave avant le rédempteur.» 78 (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Amour. Flaubert Gustave)

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. Comminges Comte de) : Le comte Marie-Bernard-Elie de Comminges [1831-1894] écrit ses Souvenirs d’enfance et de régiment. Il évoque, à Saint-Lary [Haute-Garonne, 700 habitants vers 1845], au milieu du XIXème siècle, la permanence de «l’exécrable ‘dîme’», de «la non moins hideuse ‘corvée’» et poursuit : «À l’occasion des mariages [des ’paysans’, des ‘villageois’], la noce venait se promener dans le parc [du château] et l’épousée offrait un bouquet. Je ne sache pas que mon père ait jamais poussé l’amour des vieilles coutumes jusqu’à exiger d’autres droits du seigneur…»
- Plus loin, il évoque «les Caspers à Montbardon, une nichée de gentilshommes campagnards» : «Cette maison était le royaume de la gauloiserie : un hôte de Montbardon rencontrant une jeune fille dans le vestibule, la trousse et lui maintenant les jupes au-dessus de la tête, la pousse à reculons dans le salon. Elle avait dix-huit ans. Il y avait bien de quoi tuer le farceur, n’est ce pas ? On trouvait cela très drôle dans ces temps-là. La nuit, les hommes allaient percer la porte de ces dames et les seringuaient au moment où elles grimpaient dans leur lit, etc. C’était délicieux et très à la mode d’ailleurs dans tout le midi.» 79 (Cf. «Sciences» sociales. Histoire)

Violences à l’encontre des femmes. (Droit de cuissage. Dolto Françoise) : Françoise Dolto [1908-1988], auteure de : «Au XIXème siècle [...] nombre de garçons ont fait leurs premières armes sexuelles avec les servantes de la famille, et pas seulement dans les milieux bourgeois, mais aussi à la ferme.» 80
- «Armes sexuelles» ? (Cf. Enfants, Hommes, Famille, Langage. Verbe. Faire, Politique. Guerre, Sexe-s […] )

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. France. Révolution. 1789) : Dans un livre consacré à La Nuit du 4 août, son auteur cite, évoque et analyse les Cahiers des États généraux, rédigés par des représentants du Tiers État. Il écrit : «On passerait à côté de l’essentiel toutefois si l’on ne voyait que ce désir d’égalité fiscale n’est qu’un aspect d’une évidente soif de justice et de dignité. Avec plus ou moins d’éloquence, les ‘pauvres habitants’ disent leur colère devant la liste interminable de vexations dont le sens ne leur apparait pas ou plus.»
Et à l’appui de ce constat, l’auteur reproduit l’un de ces Cahiers qui cite et dénonce «cette nuë de droits» qui accablent les «peuples», les «cerfs», dont le droit de «gambage».
Dans le lexique à ce terme, la définition qui en est donnée est : «Droit payé au seigneur par les brasseurs de bière». Mais n’est-ce pas plutôt une autre formulation du droit de «jambage» ? 81

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. Giroud Françoise) : Françoise Giroud, [1916-2003], auteure, concernant le milieu du cinéma en France dans les années 30] de : […] «Techniciens et ouvriers de plateau mis à part, le milieu était infect. Pourri par le droit de cuissage. Les régisseurs traitaient les figurantes comme du cheptel, choisissant le matin celle qui passerait dans leur lit. Si elle refusait, la rebelle se trouvait sur une liste noire. Les metteurs en scène…Il y en avait de décents, bien sûr. Mais il y avait aussi celui auquel toutes les candidates à un rôle important devaient d’abord montrer ce qu’elles savaient faire dans une autre spécialité. Pendant qu’elles opéraient dans son bureau, il ne fermait même pas la porte, heureux que quelqu’un puissent les voir, là, à genoux, humiliées jusqu’à l’os.» 82 (Cf. Culture. Cinéma)

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. Hugo Victor) : Triboulet dans Le roi s’amuse de Victor Hugo concernant Blanche, sa fille, violée par le roi : «Oh, l’infâme. Elle aussi !» [Acte III. Scène III]

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. Interdiction de recherche de paternité) : Je lis dans le livre d’Yvonne Knibielher et de Catherine Fouquet, Histoire des mères du Moyen-Age à nos jours, publié en 1977, concernant l’article 340 du code civil Napoléonien : «La recherche de paternité est interdite : «Cette disposition […] a surtout assuré l’impunité des fils de famille qui jetaient leur gourme avec une servante, ou celle des chefs d’atelier qui s’intéressaient aux jeunes ouvrières.» 83
- «Jeter sa gourme», «s’intéresser»…

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. Knobelspiess Roger) : Roger Knobelspiess, évoquant ses souvenirs d’enfance en Normandie, dans les années 1960 : «[…] Le maire du village, gros propriétaire terrien employait Sandra dans ses champs. Il lui ordonnait d’aller l’attendre dans sa cabane de chasse pour lui remettre son salaire. Quand elle refusait qu’il profite d’elle, il ne voulait pas lui donner sa paye : ‘Le maire est vieux, il est mou et prend son temps. J’avais froid.’ Elle nous racontait ça et semblait contente de sa nouvelle vie à Elbeuf. [...]» 84

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. Luther) : Luther [1483-1546], auteur de : «[…] «Le troisième cas de divorce est celui où l’un des conjoints, refusant de lui rendre le devoir conjugal et de rester auprès de lui, comme il arrive souvent lorsqu’on trouve une femme butée, qui s’entête et ne veut rien savoir, dût son mari tomber dix fois dans l’impureté. Dans ce cas, il est temps que le mari dise : ‘Si tu ne veux pas, une autre veut bien ; si la dame refuse, que vienne la servante’. La mari doit auparavant l’admonester deux ou trois fois et l’avertir, et le faire savoir à d’autres, afin que l’entêtement de la femme soit connu publiquement et sanctionné par la communauté : si elle continue à refuser, répudie-là : laisse toi donner une Esther et chasse la Vashi, comme le fit le roi Assuérus.»
Notons que le Concile de Trente [1545-1563] condamna les positions de Luther sur le mariage, tout en sanctionnant la légitimité de la séparation de corps, sans référence - sous réserves d’analyses plus compétentes - à l’évocation de la situation sus évoquée. (Cf. Famille. Mariage. divorce, Violence des lois religieuses) 85

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. Marx Karl et Engels Friedrich) : Auteurs, dans le Manifeste du parti communiste [1848] de : «Nos bourgeois, non contents d’avoir à leur disposition les femmes et les filles de leurs prolétaires, sans parler de la prostitution officielle, trouvent un plaisir singulier de se cocufier mutuellement86
- Marx, seul, écrivait en septembre 1847 : «Tout comme alors [dans l’État romain], nos sœurs et nos filles doivent servir à assouvir les passions bestiales de riches débauchés87
* Ces citations ne doivent pas faire oublier que Marx a eu un enfant avec Hélène Demuth et qu’il a demandé à Engels d’en être ‘le père’. (Cf. Femme. Remarquable. Demuth Hélène, Homme remarquable. Engels, Famille)

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. Michelet) : Lu dans Michelet [1798-1874] : «Comment serai-je juste envers la Révolution, comment la ferai-je comprendre, si préalablement je ne fais connaître le Moyen-Age, cette terreur de mille ans !» … [Puis, en note] : «Le servage, qu’on le sache bien, est un communisme effroyable, le viol en habitude, en droit. La famille y est impossible. Le serf blanc est plus malheureux en ceci que l’esclave nègre. Celui-ci distingue très bien à la peau les enfants qui sont du maître. En Russie et autres pays semblables, nul signe qui accuse la différence : le père infortuné ne sait jamais qui sont les siens. – Un ministre protestant m’a assuré avoir vu, vers 1800, sur la cote allemande de la Baltique, une jeune fille enchaînée par une chaine de fer dans une loge à chien, pour n’avoir pas voulu payer le droit du seigneur à l’intendant qui régissait la terre – Nos seigneurs français du dix-huitième siècle usaient plus largement de ces privilèges que ne firent jamais leurs aïeux ; leur fils, par libertinage ou par insolence, couraient tout le village, et qui n’eut pas fermé les yeux aurait été persécuté. L’homme d’affaires aussi, alors comme aujourd’hui, mettait souvent aux délais qu’il accordait pour payements de honteuses conditions, etc., etc. La femme payait tout. Elle eût dû être, en vérité, plus révolutionnaire que l’homme.» 88 Analyses ouvrant la voie à de nombreux commentaires critiques. (Cf. Histoire, Libertinage, Patriarcat)

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. Pétain) : Lu, concernant Philippe Pétain [1856-1951] : «Il passait son temps à séduire toutes les femmes qui s’approchaient de lui. Toutes les serveuses de l’hôtel, à Vichy, sont passées par son lit.» Vrai ? 89

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. «Prime de mariage») : Lu dans un livre publié par les Éditions sociales concernant une entreprise employant des femmes de la région de Millau dans les années 1960 : «Il y a aussi dans telle usine un prime de mariage de 5.000 francs. C’est mieux que rien. Mais il faut aller la demander au patron. Pour qu’on sache que ce n’est pas un droit, mais une royale faveur. Rien de plus : venir la chercher. Au grand maximum, une caresse bon papa sur les cheveux. Mais parfois on préfère ne pas s’y abaisser – «C’est un reste du doit de cuissage ! Un petit reste, mais tout de même…» 90

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. Russie 1928) : Lu dans le Journal de Russie. 1928-1929, de Pierre Pascal [1890-1983], à la date du 28 mai 1928 : «Le Troud [Journal des syndicats] ces jours-ci fourmille de scandales. À Smolensk ce sont des choses à peine croyables : on renvoie des ouvriers pour refuser de payer à boire au contremaître, des ouvrières pour refuser de coucher avec lui, les fonctionnaire syndicaux ou bien ignorent els faits, ou bien agissent de même. Quand ces ouvriers signalent un abus, on les menace. […] Le syndicat reste muet. Et cela dans toutes les branches, dans toute la province. […]. 91

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. Russie 1929) : Lu dans le Journal de Russie. 1928-1929, de Pierre Pascal [1890-1983], à la date du 24 août 1929 : «Le procureur Pavlov qu’on vient de juger et de condamner à 7 ans de prison pour avoir favorisé des ci-devant femmes en se faisant payer en nature (en plein bureau, porte à peine poussée), était un ouvrier ‘sorti du rang’.» 92

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. Université. CNRS. France. 2016) : Commentaire lu suite à un article du Figaro, le 6 avril 2016 : «Si l'on veut vraiment faire une loi qui lutte contre la prostitution […] on pourrait aussi réprimer pénalement l'attribution de postes et de grades contre faveurs sexuelles dans la fonction publique ? Pour avoir passé suffisamment de temps dans les labos du CNRS, je peux témoigner que certaines mais aussi certains ont obtenu leur bourse de thèse où leur poste d'ATER (Attaché-e temporaire d’enseignement et de recherches) contre faveur…» 93 (Cf. Proxénétisme)
- Ce constat me remémore un souvenir : une amie enseignante dans une Faculté de province, au début des campagnes en faveur de la parité, me disant en parlant de ses collègues hommes : «Ils sont en train de constituer leur harem(Cf. Politique. Parité)

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. Sartre Jean-Paul) : Évoquant une pièce de Lope de Vega [1562-1635], Sartre [1905-1980] en 1944 : «Il n’est pas jusqu’au seigneur des Amants de Galice [autre intitulé : Le meilleur alcade est le roi] qui, jusque dans ses violences, ne soit assuré d’avoir raison : la femme qu’il a enlevée n’est-elle pas une villageoise vivant sur ‘ses’ terres ? N’exerce t-il pas, en la violant, son droit seigneurial ?» 94

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. Simenon Georges) : Georges Simenon [1903-1989], auteur, en 1961, de : «Un matin, je trouve Teresa (la femme de chambre «personnelle» de sa femme) seule, penchée sur la coiffeuse du boudoir, un vif désir d’elle me saisit et je le trousse, sans qu’elle bouge ou proteste. Jamais de ma vie, je l’affirme, je n’ai forcé une femme, d’une façon ou d’une autre à accepter mes avances. Je n’ai pas non plus pratiqué ce que les grands bourgeois appellent dédaigneusement «les amours ancillaires» auxquels ils se livrent d’ailleurs les premiers en s’arrogeant ce que els grands seigneurs de jadis appellent «le droit de cuissage». Pour moi, une femme et une femme, digne de respect, quelles que soit ses fonctions et ce qu’on appelle d’un mot que je déteste, «sa situation sociale». J’ignorais le catéchisme que D. (sa femme) avait dû enseigner à la nouvelle venue. Elle m’a entendu entrer, m’approcher, sent ma main sur ses hanches et ne réagit pas quand je relève sa robe. J’en garde le souvenir dans ses moindres détails. A peine l’ai-je pénétrée que je sens sa jouissance et, la mienne proche, je me retire à temps. La pilule existait-t-elle déjà ? Je n’en sais rien et, l’aurais-je su, j’ignorais si elle l’avait prise. Elle me regarde ensuite d’un regard sans expression et je sors de la pièce, à la fois confus et heureux. Le soir même, après le «rapport», Teresa s’attardera pour mettre D., fort honnêtement, au courant de ce qui s’est passé. «Je suis prête à partir dès maintenant si vous le désirez.» D. rit : «Sachez, ma fille, que si j’étais jalouse de «Monsieur», il y a longtemps que je ne vivrais plus avec lui.» - «Et s’il recommence ? » - «Si cela ne vous gêne pas…Quant à moi, cela ne me regarde pas et vous pouvez continuer si cela vous amuse». Marie-Jo (leur fille) est entrée et D. la met au courant95

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. Vaillant Roger) : Dans La loi, roman-vérité de Roger Vaillant [1907-1965] dont l’action a lieu au milieu du XXème siècle dans le sud d’une Italie quasi féodale (les Pouilles), on lit, concernant le seigneur des lieux, Don Cesare : «Les hommes faisaient semblant de ne pas savoir qu’il faisait l’amour à leurs filles et à leurs sœurs ; lui, pour les faire venir à la maison, prenait toujours prétexte d’un travail : lessive, couture, épluchage du maïs, séchage des figues ; ainsi l’honneur des hommes était sauf. Quand la fille, la première nuit passée, lui plaisait, il l’engageait comme servante ; on ne lui fit jamais de chantage, parce qu’il est dans la tradition des seigneurs du marais d’Uria de témoigner de l’amitié aux filles et aux femmes de leur maison. Quant une jeune fille ne lui plaisait plus, il mariait. Il garda Julia après l’avoir mariée, parce qu’elle cuisinait bien et que son mari prenait grand soin des antiques (qu’il collectionnait) : chargé de l’entretien des collections, il ne cassa pas un seule pièce en dix ans. Ensuite, il la garda à cause de ses filles.» 96

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage. Zinoviev Alexandre) : Dans L’avenir radieux d’Alexandre Zinoviev [1922-2006], celui-ci évoque une soirée en présence de Canarille, Directeur de l’institut de philosophie dans lequel il travaille, prototype de l’apparatchik soviétique des années 1950/60. On lit : «Canarille était là, et il passa toute la soirée à prodiguer des compliments larmoyants sur mon talent et la beauté de Tamara. Sans doute a t-il eu vent de des rumeurs selon lesquelles nous nous acheminions vers le divorce et il me chantait sur tous les tons que je devais conserver ce trésor qu’était ma femme, pestaient contre les écervelées modernes (ces «rapaces»), lançait des trémolos sur la morale du savant soviétique. Et lui, ce salaud, il s’est marié trois fois et il a couché avec toutes les femmes de ménage, les expéditionnaires de tous les organismes qu’il a dirigés97

IX. Violences à l’encontre des femmes. Harcèlement sexuel :

Violences à l’encontre des femmes (Harcèlement) : L’expression de harcèlement sexuel a toujours été employée pour euphémiser la gravité des «violences» ; les meurtres, assassinats, viols y sont dorénavant inclus. Encore une avancée féministe dévoyée, détournée ; encore des contresens.
Exemple : Cf., Turquie : après le meurtre d’une étudiante, des femmes dénoncent le harcèlement. 98
À nouveau, après L’Express, Le Monde : «En février, le décès d’Özgecan Aslan, une étudiante de 20 ans violée puis tuée à coups de barre de fer par un chauffeur de bus, avait incité des milliers de femmes à prendre la parole sur le harcèlement sexuel.»99 (Cf. Langage)

Violences à l’encontre des femmes (Harcèlement sexuel. Anachronisme) : Lu dans un livre d’histoire sur le travail des femmes dans les usines : «Le harcèlement sexuel fait partie des motifs de grève100 Trop allusif ? rapide ? anachronique ? (Cf. «Sciences» sociales. Histoire)

Violences à l’encontre des femmes (Harcèlement sexuel. Appel. Levons l’omerta. 10 mai 2016) : Dans le Canard enchaîné du 11 mai 2016, sous l’intitulé : Duflot et Mélenchon à la manœuvre, on apprend qu’un courriel daté du 4 mai «circule discrètement sur les réseaux sociaux qu’utilisent les amis de Cécile Duflot et de Jean-Luc Mélenchon, les deux candidats putatifs de la gauche de la gauche, pourtant brouillés et rivaux. Ce courriel prévient ses destinataires de la parution ‘dans deux grands médias français, d’enquêtes complémentaires approfondies sur la question des violences et harcèlement sexuels en politiques’. Sans citer précisément le cas Baupin, il invite les destinataires à signer un appel qui ‘sera publié après la révélation dans les médias de ces affaires, pour apporter notre soutien aux femmes qui ont courageusement accepté de témoigner’.» 101.
Six jours après l’envoi de ce mail, seront publiés notamment par Libération, le 10 mai 2016, et la dénonciation des agissements de Denis Baupin (Vert, époux d’Emmanuelle Cosse, ministre Verte qui soutient F. Hollande) et le texte intitulé : «Levons l’omerta» miraculeusement «signé par plus de 500 militant-es et élu-es» contre le harcèlement sexuel et le sexisme dans le monde politique.
- En résumé : une manip politique anti-Hollande ? ; ce qui pour autant, bien sûr, ne lave pas T. Baupin des accusations portées à son encontre.
- Quant aux réactions des femmes politiques interrogées, il faudrait une par une, en montrer l’impudence, l’irresponsabilité, le mépris de la loi et des femmes qu’elles révélaient. Qu’ont elles donc fait depuis toutes ces années en soutien avec les femmes harcelées, agressées avant qu’elles-mêmes, dans le contexte rappelé, affirment collectivement, dorénavant vouloir être dorénavant respectées ?
- Certes, certaines revendications législatives ont été évoquées, mais quelle crédibilité leur conférer ? Plus grave, de quelle morale politique peuvent-elles se prévaloir ? (Cf. Homme «Politique». Mélenchon Jean-Luc, Politique. Remerciements, Proxénétisme. Vert-es.)
* Ajout. 19 mai 2016. «Après l’affaire Baupin, le groupe écolo se disloque à l’Assemblée Nationale» 102
* Ajout. 24 mai 2016. «Le groupe socialiste a regagné sa majorité absolue à l’Assemblée après que six députés écologistes ‘réformistes’ eurent décidé jeudi dernier de le rejoindre. ‘Nous sommes désormais 291» a dit mardi Bruno Leroux lors de sa conférence de presse avec trois des six députés écologistes qui ont sonné le glas de leur groupe déchiré en deux camps en se ralliant aux socialistes.» 103

Violences à l’encontre des femmes (Harcèlement sexuel. 2002. Avocat général) : Procès en appel d’une victime harcelée puis violée. En substance, l’avocat général déclara : «Nous ne sommes pas dans la séduction, ce n'est donc pas du harcèlement sexuel. Nous sommes dans la goujaterie et celle-ci n'est pas pénalisable.» (Transmis par la partie civile).

Violences à l’encontre des femmes (Harcèlement sexuel. Lanzmann Claude) : Dernier amant de Simone de Beauvoir : arrêté (brièvement) et interrogé pour cause d’accusation de harcèlement sexuel par et sur une employée de sécurité qu’il aurait touchée ? embrassée ? harcelée ? contre son gré à l’aéroport de Tel-Aviv.104 À son arrivée dans l’avion [qui avait attendu qu’il soit ‘relâché’], il aurait déclaré : «Vous rendez-vous compte ? Me faire ça à moi, 86 ans, moi qui ai tant fait pour Israël…» 105

Violences à l’encontre des femmes (Harcèlement sexuel. Lewinski Monica) : Dans un interview à Vanity Fair, Monica Lewinski déclare qu’elle «regrette profondément» ce qui s’est passé. «Il est clair que mon patron a profité de moi, écrit-elle. Mais je serai toujours ferme sur un point : c’était une relation consensuelle». S’il y a eu abus, ça a été après, «quand on s’est servi de moi comme bouc émissaire pour protéger son pouvoir», dit-elle. 106

Violences à l’encontre des femmes (Harcèlement sexuel. Lois) : N’ont que rarement été considérées comme devant être mises au crédit des féministes. Un progrès qu’il ne puisse plus l’être à leur débit ?
* Ajouts : 5 Mai, 4 juin 2012. Mon questionnement était encore trop optimiste : le Conseil Constitutionnel, réunion de barbon-nes, surpayé-es, certains, condamnés ou méritants de l’être, nommés à vie - dont dire qu’ils sont illégitimes est encore leur faire trop d’honneur - vient de supprimer les lois concernant le harcèlement sexuel. Une information qui devrait, en elle-même, casser cette décision : quatre des membres du conseil constitutionnel «connaissaient» G. Ducray, l’agresseur à l’origine de la QPC. 107
- La décision de l’AVFT de porter plainte, le 5 mai 2012, au commissariat du 1er arrondissement contre le Conseil constitutionnel en la personne morale de son président, M. Debré, fils de son père : toute la hiérarchie des normes juridiques - sur lesquelles se fondent le patriarcat - est [pour la première fois ?], mise sens dessus dessous. Le dépôt de plainte lui-même - qui ne fut pas «symbolique» - suite à la manifestation Place Colette : un grand moment féministe, joyeux et dynamique.

Violences à l’encontre des femmes (Harcèlement sexuel. Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) : Sous couvert de conférer à toute personne le droit de contester la constitutionnalité d’une loi, les QPC autorisent et légitiment la remise en cause des fondements mêmes du droit. Il serait plus rapide de dire : jetons, en fonction de nos intérêts, ce qui nous gêne dans le droit actuel, tant sont nombreux les articles pouvant peu ou prou être qualifiés comme tels : être «mal définis».
Concernant la définition du harcèlement sexuel, l’argument selon lequel «les éléments constitutifs de l'infraction [ne] so[i]ent [pas] suffisamment définis», ce qui a été traduit par la presse comme étant une définition «trop floue» : une (sinistre) plaisanterie qui ne justifie en rien l’abolition du texte de loi la concernant. C’était à l’État de procéder à une nouvelle rédaction sans préjudice aucun pour les plaignantes. La position de 1988 de la Cour européenne des droits de l’homme, analysée par Coralie Ambroise-Castérot mérite, en la matière, d’être citée : La Cour «a souligné l’impossibilité d’arriver à une exactitude absolue dans la rédaction des lois» et elle a pu juger que «beaucoup de lois, en raison de la nécessité d’éviter une rigidité excessive et de s’adapter aux changements de situation, se servent par la force des choses de formules plus ou moins vagues» (Müller C: Suisse. 24 mai 1988. Série A. N° 133, & 29). La matière pénale conduit, bien évidemment à plus de prudence que dans d’autres domaines, mais il n’est pas souhaitable, sinon à paralyser la répression et à conduire à une inflation de législation encore plus grande, d’exiger une rigidité plus absolue». 108
- Dans la foulée : à quand la QPC concernant la définition du proxénétisme ? de la notion de ‘client’, dès lors qu’il serait question de le pénaliser ? 109

Violences à l’encontre des femmes (Harcèlement sexuel. Vallaud-Belkacem Najat) : [Ministre des droits des femmes et Porte-parole du gouvernement Ayrault, ce qui donne la mesure de son autonomie politique en matière de dénonciation des violences à l’encontre des femmes…] Auteure de (ou du moins l’«un des membres de son cabinet») : «L’AVFT est une association très technique, qui a une lecture très juridique de la loi, ce qui est très bien. Mais elle est moins politique, a moins conscience de l’importance de valoriser un tel projet de loi pour que les magistrats s’en emparent.» L’aune de la politique, c’est, pour elle, la conscience que les juges auraient du droit…
- Pour mieux délégitimer l’AVFT, la qualifier de n’être pas assez politique…il faut oser… Mais efficace : l’action de l’AVFT depuis plus de 30 ans : à la poubelle… 110

X. Violences patriarcales :

Violences patriarcales (1) : Focaliser les critiques féministes sur «les violences faites aux femmes» (elles-mêmes de plus en plus atomisées, plus en plus fréquemment dissoutes dans les violences qualifiées de «sexuelles»), c’est - faute de précisions plus rigoureuses - focaliser l’attention sur certaines des modalités d’expression des violences [dans le patriarcat]. Et, dès lors, c’est sinon s’interdire, du moins, étroitement limiter, circonscrire les analyses en termes de violences du patriarcat, lui-même adossé sur les violences, légales comprises, inhérentes à tous les systèmes de domination.

Violences patriarcales (2) : Une critique féministe des violences faites aux femmes doit avoir pour ambition d’empêcher qu’elles ne soient dissoutes dans le cadre des violences politiques, sociales, étatiques, inhérentes à, consubstantielles à tout système de domination. Le processus est dores et déjà extrêmement avancé.

Violences patriarcales (3) : Ces violences à l’encontre des femmes ne sont pas des expressions, des manifestations pathologiques, explicables, sinon excusables, mais les expressions, les manifestations sinon normales, cohérentes, logiques, du moins incompréhensibles si elles ne sont pas resituées dans ce contexte patriarcal qui seul leur donne sens et significations. Quant à l’expression elle même - une avancée majeure eu égard à «violences faites aux femmes» - elle n’est pas, pour autant, adéquate ; elle permet en effet que soient amalgamées les violences des États et celles des hommes [patrons, religieux, pères, maris, amants, inconnus, proxénètes…] et donc que les différents systèmes de domination [familialistes, capitalistes, religieux, proxénètes…] soient amalgamés. Dès lors la confusion qui est à son comble contraint à se poser la question : le terme de « violence » est-il un concept rigoureux, approprié donc ? Non. Lorsque l’on peut invoquer les «violences à Gaza» et les «violences dans le couple», ou «les violences faites aux femmes et aux noirs», etc.…111 c’est que le terme est inadéquat. Doit-il être abandonné ? Oui. Mais pour cela, il faut définir ce qu’est le patriarcat et clarifier ce que l’ont doit précisément définir par violences patriarcales. Afin d’en retarder l’échéance, on nous impose «la violence genrée»… et le fémi[ni]cide.

Violences patriarcales (4) : Cesser de s’interroger sur le degré de conscience que les hommes auraient - ou non - de leurs violences ; s’interroger, les interroger sur les droits qu’ils estiment légitimes de s’attribuer, et sur les fondements qui les légitimeraient. Seule un analyse fondée sur la prise en compte première de patriarcat est à même d’y parvenir ; et c’est là que réside la spécificité des violences à des hommes à l’encontre des femmes et si souvent, en sus, des enfants ; elles ne prennent leur signification et ne peuvent donc cesser que lorsque l’on reconnaitra que le monde est patriarcal. (Cf. Droits de l’homme)

Violences patriarcales (5) : Anton Tchekhov [1860-1904] écrit à son frère Alexandre le 2 Janvier 1889 : «Je te demande de te souvenir ce qu’est le despotisme et le mensonge qui ont ruiné la jeunesse de notre mère. Le despotisme et le mensonge ont défiguré notre enfance à un point qu’il est écoeurant et effrayant d’évoquer. Souviens toi de l’horreur et du dégoût que nous éprouvions quand notre père faisait une histoire pendant le dîner trop salé, ou traitait notre mère d’imbécile. Le despotisme est triplement criminel. Souviens-toi qu’il vaut mieux être victime que bourreau.»
- Tchékhov lui écrira aussi : «Notre grand père était battu par les seigneurs et le dernier des fonctionnaires pouvait lui casser la gueule. Notre père était battu par notre grand père et nous par notre père. De quels serfs, de quel sans avons-nous hérité !» »
- Tchékhov écrira dans une lettre à I. Chtcheglov, le 9 mars 1892, concernant son père : «Je me souviens qu’il commença à faire notre éducation, ou plus simplement, à me battre, quand je n’avais pas encore 5 ans. En me réveillant, chaque matin, je pensais avant tout : Serais-je battu aujourd’hui ?»
- Tchékhov écrira enfin, dans une lettre à Souverine, le 27 mars 1894 : «La morale tolstoïenne a cessé de me toucher jusqu’au fond de l’âme, je n’ai plus de sympathie pour elle, ce qui, sans doute, est injuste. Mais c’est parce que le sang qui coule dans mes veines est un sang de moujik et qu’on ne peut pas m’étonner avec des vertus de moujik. Dès mon enfance, j’ai appris à croire au progrès et n’aurait pas pu ne pas y croire car la différence entre l’époque où on me fouettait et celle où on avait cessé de me fouetter était terrible. […]» 112

Violences patriarcales (Pédagogie) : Pendant longtemps, le seule pédagogie enseignée pour s’en prémunir, dans la famille et dans la rue, aux petites filles (dans la bourgeoisie ?) fut celle rapportée par Marie-Louise Girod, au début du XXème siècle. Elle rapporte les propos de son frère : «Mademoiselle sort toute seule ! Tu n’as pas peur des vilains messieurs ? Attention, n’accepte pas de bonbons…» et ceux de sa mère : «Surtout ne parle à personne ! Et surtout ne t’arrête pas devant une bijouterie, un monsieur inconnu pourrait te dire : ’Choisissez mademoiselle !’.» 113

Violences patriarcales (Résistance) : Cf., Georges Clemenceau [1841-1929], auteur de : «Qui vit, résiste ; qui ne résiste pas se laisse dépecer par morceaux.» 114

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Notes de bas de page

1 Panoramiques, Bizutages. Arléa-Corlet.231p. 1994. p.50

2 Gavi / Sartre / Victor, On a raison de se révolter. La France sauvage. Gallimard. 378p. 1974, p.116.

3 France Culture. Chirurgie réparatrice au Brésil. 16 septembre 2015

4 Bernard Lemettre, Je veux juste qu’elles s’en sortent. Mon combat pour briser les chaînes de la prostitution. Michel Lafon. 253p. 2015. p.133

5 RFI. Priorité santé. Violences faites aux femmes. 26 décembre 2014

6 Cité dans Denis Langlois, Les dossiers noirs de la Justice française. Combats. Le Seuil. 222p. 1974. p.93, 94

7 Cf. Marie-Victoire Louis, Les mots du viol. Le langage, révélateur de la légitimation de la violence sexuelle http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=451&themeid=450

8 France Culture. 2 septembre 2015. 06 h. 20

9 France Culture. Une fois pour toutes, Dominique Souchier. Interview d’Aldo Naouri. 6 avril 2013. Midi 30

10 Paris Luttes. Info. : «Une femme violée à Calais. Mastication féministe et antifasciste». 21 octobre 2016

11 Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma. Les acteurs. Robert Laffont. Bouquins. 987p. 1991. p.193 et 976

12 Le Monde. Odon Vallet, Le vice et la vertu. 6 juin 2002

13 Jacques Vergès, Beauté du crime. Plon. 214 p.1988. p.67,68

14 Le Figaro. Deux hommes interpellés pour le braquage d’un couple qui a tourné au viol. 2 décembre 2014

15 Le Figaro, Procès d’André Hazout. 12 ans de prison requis. 19 février 2014 ; André Hazout : Je ne suis pas un violeur. 20 février 2014 ; Le gynécologue André Hazout, condamné à 8 ans de prison pour viols. 20 février 2014

16 Docteur Gilbert Tordjman, La femme et son plaisir. Les éditions de la Seine. Succès du livre. 1989. 395p. p.332, 333, 336, 338

17 Diderot, Correspondance. Lettre à Madame d’Epinay. octobre 1767. Bouquins. R. Laffont. 1468 p. 1997. p.786

18 André Breton, Manifeste du surréalisme. Idées Gallimard. 188p. 1973. p.78

19 France Culture. À voix nue. Dounia Bouzar, envers et contre tous. 13 juin 2016

20 France inter. Affaire sensibles. Le prix humain de la crise. 18 octobre 2016

21 Rousseau, Julie ou la Nouvelle Héloïse. Garnier Flammarion. 610p. 1967. p.119

22 El Watan, Violences contre les femmes : un bon projet, une loi inapplicable. 10 octobre 2014

23 Marquis de Sade, Lettres à sa femme. «Les épistolaires». Choix, préface et notes de Marc Buffat. Actes Sud. février 1997

24 Laclos, Œuvres. NRF. Gallimard. La Pléiade. 1979. 1713p.

25 Sade, Histoire de Juliette, in, Œuvres. II. La Pléiade. Gallimard. 1638p. 1998. p.194

26 L’œuvre du marquis de Sade, Introduction, essai bibliographique et notes par Guillaume Apollinaire. Bibliothèque des curieux. Collection. «Les maitres de l’amour». 1909. p.17,88. Cité par Michel Delon, responsable de l’ édition de Sade dans la Pléiade. Sade. Œuvres. III. 1638p. 1998. p.1383

27 Animateur des Matins de France Culture. Vers un printemps des femmes arabes. 5 février 2013

28 Dictionnaire de la violence, Sous la direction de Michela Marzano. Item : Sade, Donatien Alfonse François, Marquis de, 1740-1814. PUF. 1546 p. 2011, p.1156, 1157

29 Andrea Dworkin, Pornography. Men possessing women. 1981 (1ère édition) The women’s press Ltd. 304p. et Andrea Dworkin, Intercourse. Arrow books. 1988. 326 p.

30 Le Monde. Jean Birnbaum. Sade ou l‘érotisme de la pensée. 5 décembre 2014

31 Alice Miller, C’est pour ton bien. In, L’essentiel d’Alice Miller. Flammarion. 1002p. 2011. p.285

32 Maurice Nadeau, Serviteur ! Un itinéraire critique à travers livre et auteurs depuis 1945. Albin Michel. 423p. 2002. p.58 à 62 ; p.174 à 183 ; p.133

33 Nicolas Waquet, Introduction, La Vénus à la fourrure, Petite Bibliothèque Payot. Rivages. 2009. p.8

34 Michel Winock, Jeanne et les siens. Seuil. 265p. 2003. p.11

35 AFP. Des députés veulent interdire toute forme de violence faite aux enfants. 20 avril 2016

36 Cesare Beccaria, Des délits et des peines. Genève, Droz, 1965. p.146

37 In, Chow Ching lie, Le palanquin des larmes. Dans la chine de Mao, l’échappée d’une femme. J’ai lu. 382p. 2001. p. 257

38 Le Figaro avec AFP. 15 octobre 2014. Bébé jeté du 5ème étage : la lycéenne écrouée

39 Abbé Casimir Dugoujon, Lettres sur l’esclavage et l’abolition dans les colonies françaises, 1840-1850). Présentation de Nelly Schmidt, L’Harmattan. 254p. 2016. P. 75,76

40 Michelet, La sorcière. GF. Flammarion. 309 p.1966. p.223, note 1

41 AFP. 18 décembre 2014. Une mère condamnée à 15 ans.

42 Le Figaro avec AFP et Reuters. 20 décembre 2014. Infanticide en Australie : la mère arrêtée.

43 Annie Goldmann, Les filles de Mardochée. Histoire d’une émancipation. Denoël / Gonthier. 153p. 1979. p.44

44 Sources de Choisir (Revue de l’association Choisir la cause des femmes Présidente : Gisèle Halimi) non vérifiées. In, Eva Thomas, Le viol du silence. Aubier. 230p. 1986. p. 218

45 Radio Libertaire. 18 septembre 2014. 17 heures

46 Le Figaro, Procès de l’octuple infanticide : le lourd secret de la famille Cottez. 26 juin 2015

47 Vladimir Nabokov, Lolita. Gallimard. 468 p. 2001. p.187

48 Jeffrey Masson, Ancien psychanalyste, ancien co-directeur des Archives Freud, Ces psychanalystes qui nient l'inceste. Huffingtonpost.fr. 12 octobre 2012

49 Cf. Marie-Victoire Louis, Violences des hommes à l’encontre des femmes. http://www.marievictoirelouis.net/index.php?id=331

50 Adèle Toussaint-Samson. Une Parisienne au Brésil. Paris. Ollendorff. 233p. 1883. p.82 à 86

51 Alexandre Dumas fils, Le dossier «Tue-la !». Édouard Aubanel, Avignon. 227 p. 1969. p.135

52 In, Yvette Roudy, Mais de quoi ont-ils peur ? Un vent de misogynie souffle sur la politique. 218 p. 1995. p.89

53 Princesse de Metternich, «Je ne suis pas jolie, je suis pire». Souvenirs 1859-1871. Le livre de poche. 286p. 2010. p.146

54 Cf. notamment Marie-Victoire Louis, «Lettre à Dominique Fougeyrollas». http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=347&themeid=346

55 Jean-Jacques Rousseau, Du Contrat social. Folio Essais. Livre III. 535p. 1993. p. 241

56 Maryse Jaspard, Les violences conjugales en Europe. In, Le livre noir de la condition des femmes (Dirigé par Christine Ockrent). Document. XO Éditions. 954p. 2007. p.302

57 France Culture, Ping Pong. Nancy Huston & Chloé Delaume. - Sorcières et amazones. 29 septembre 2016

58 Le Monde, Condamné pour violences conjugales, le secrétaire à l’intégration démissionne. 22 juin 2015

59 Le Parisien, L’incroyable erreur de casting du PS. 22 juin 2015

60 Histoire de Michèle. Fayard. 175p. 1972. p.11,12

61 Jean Guéhenno, Journal des années noires. 1940-1944. Gallimard. 346p. 1947.p.325

62 Le Figaro. Une lycéenne dépouillée et jetée dans la Seine. 21 octobre 2016

63 Le Monde. Femmes battues : l’indifférence en procès aux Assises du Nord. 25/26 mars 2012 + TF1. 8 avril 2012. 19 heures + Depuis lors, un livre est paru qui, notamment, relate le procès : Alexandra Lange, Acquittée. «Je l’ai tué pour ne pas mourir» Michel Lafon. Octobre 2012. (Cf. Notamment chapitre I : «Acquittez-la !» 295 p. Réédité dans «J’ai lu» 2013.

64 Luc Frémiot : «Il faut intervenir dès la première gifle». Le Figaro.fr madame. 20 janvier 2014

65 France inter, 29 décembre 2016. 7 h 58

66 Le Figaro, Le Front National s’en prend à la venue de Joey Starr dans le Var. 14 mars 2016

67 France Culture. Les racines du ciel [«émission consacrée à la spiritualité»] Guy Gilbert, un parcours hors du commun. 7 avril 2013

68 Anne-Martin Fugier, Une nymphomane vertueuse. L’assassinat de la duchesse de Choiseul-Praslin. Fayard. 2009. 176p.

69 France Inter. Là-bas si j’y suis. 4 avril 2013

70 France Culture, Mémoires du siècle. Daniel Meyer. 2 août 1985. Rediffusion le 10 septembre 2015

71 France Info. TV. 31 octobre 2016. 11 h 50.

72 Libération. Les féministes chinoises donnent de la voix. 26 juin 2014

73 Alexandre Zinoviev, Les confessions d’un homme en trop. Gallimard. Olivier Orban. Folio. Actuel. 696 p.1990. p.260,261

74 El Watan (Algérie), Violences à l’égard des femmes : Que cesse l’impunité ! 4 mars 2015

75 Marie d’Agoult, George Sand, Correspondance. Bartillat. 301p. 1995. p. 32,33

76 Suétone, Vies des douze Césars. Folio. 1975. 497p. p. 141

77 Chaîne Histoire, [1996] Anne-Marie Thunissen, Femmes machines. 20 novembre 2016

78 Louise Colet, Le poème de La femme. 2ème récit. La Servante. Cité par Micheline Bood et Serge Grand, L’indomptable Louise Colet. Pierre Horay. 235p. 1986. p.142

79 Comte de Comminges, Souvenirs d’enfance et de régiment. 1831-1870-71. Plon. 249p. 1933. p.34 et 39

80 Françoise Dolto, La cause des enfants. Le livre de poche. 638p. 1985. p. 34

81 Jean Pierre Hirsch, La nuit du 4 août. Collection Archives. Gallimard/ Julliard. 283p. 1978. p.25, 26 et 268

82 Françoise Giroud, Leçons particulières. Fayard. 260 p.1990. p.39,40

83 Yvonne Knibielher et de Catherine Fouquet, Histoire des mères du Moyen-Age à nos jours. Editions Montalba. 359p. 1977, p.167

84 Roger Knobelspiess, Voleur de poules. Une histoire d’enfant. 193p. 1991. p. 124

85 Robert Grimm, Luther et l’expérience sexuelle. Sexe, célibat, mariage chez le réformateur. Histoire et société. N° 39. Labor et Fides. 431p. 1999. p.99 et p. 378, 379

86 Marx (Karl) et Engels (Friedrich), Manifeste du parti communiste. Février 1848

87 Karl (Marx) « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous » » Kommunistische Zeitschrift. N° 1. In, Karl Marx. Œuvres politiques. I  La Pléiade, 1829 p. 1994. p. 990

88 Michelet, Histoire de la Révolution française. La Pléiade. Tome I. 1530 p. 1976. p.1169

89 Clarisse Feletin, Hélène Viannay, L’instinct de résistance. De l’Occupation à l’école des Glénans. Préface de René Rémond. Éditions Pascal. 254p. 2004. p.53

90 André Stil, Femmes, que vous êtes.. Éditions sociales. 94p. 1963. p.43

91 Pierre Pascal, Journal de Russie. 1928-1929. Les Éditions Noir sur blanc. 766p. 2014. p.253

92 Pierre Pascal, Journal de Russie. 1928-1929. Les Éditions Noir sur blanc. 766p. 2014. p.644

93 Le Figaro, Les cinq mesure phares de la loi qui veut révolutionner la lutte contre la prostitution. 6 avril 2016.

94 Jean-Paul Sartre, Dullin et l’Espagne, In, Situations, II. NRF. Gallimard. 474p. 2012 ? p.17

95 Georges Simenon, Mémoires intimes. France Loisirs. 753p. 1982. p.468

96 Roger Vaillant, La Loi. NRF. Gallimard. 313p. 1957. p.71

97 Alexandre Zinoviev, L’avenir radieux. L’Age d’homme. 280p. 1978. p.180,181

98 L’Express. 17 février 2015

99 Le Monde. Les femmes entrent en force au Parlement Turc. 9 juin 2015

100 Michelle Perrot, Mon histoire des femmes. France Culture, Éditions du Seuil. 247p. 2008. p.161

101 Le Canard enchaîné. Duflot et Mélenchon à la manœuvre. (Lire aussi, La Hollandie harcelée par l’affaire Baupin) 11 mai 2016

102 Metronews, Après l’affaire Baupin, le groupe écolo se disloque à l’Assemblée Nationale. 19 mai 2016

103 Le Figaro, Le PS regagne sa majorité absolue à l’Assemblée Nationale. 24 mai 2016

104 Le Figaro. Claude Lanzmann, arrêté pour harcèlement sexuel en Israël. 8 février 2012

105 JSSNews. 8 février 2012

106 Blog de Corinne Lesnes, Le Monde. Croquis d'Amérique. Quand Monica Lewinski se rappelle au bon souvenir des Clinton. 12 mai 2014

107 Le Monde. Harcèlement sexuel : quatre ‘sages’ connaissaient le requérant. 5 mai 2012

108 Dictionnaire des droits de l’homme. Sous la direction de Joël Andriantsimbazovina, Hélène Gaudin, Jean-Pierre Marguénaud, Stéphane Rials, Frédéric Sudre. PUF. 1074 p. 2008. p.605,606

109 Le Monde. Affaire du Carlton : L’incrimination du proxénétisme est extrêmement large. 22 mai 2012

110 Médiapart. Harcèlement sexuel : le projet de loin sera peaufiné au Parlement. 14 juin 2012

111 AFP. Le Monde. Triomphe du britannique Sam Smith aux Grammy Awards. 9 février 2015

112 Sophie Laffite, Tchekhov par lui-même. Éditions du Seuil. Écrivains de toujours. 191p. 1955. p. 13,14 et p.136,137

113 Marie-Hélène Luiggi, Marie-Louise Girod. La dame d’En Haut. Montauban, Impr. Lormand. 166p. 2003. p. 94 et 95

114 L’Aurore, 15 août 1905. Cité dans Georges Sorel, Réflexions sur la violence. Deuxième édition. Paris, Marcel Rivière et Cie. 412 p. 1910. p. 86


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