Violences des hommes à l’encontre des femmes
 Marie-Victoire Louis

Violences

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 26/11/2018
date de publication : 26 novembre 2018
mise en ligne : 26/11/2018
Augmenter la taille du texteDiminuer la taille du texteImprimer le texteRecommander ce texte par mail

À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 7.649 items et 23 rubriques : I. « Culture » (357) ; II. Droit (130) ; III. Êtres humains (382) ; IV. Êtres humains. Corps (174) ; V. Êtres humains. Enfants (112) ; VI. Êtres humains. Femme-s (1310) ; VII. Êtres humains. Homme-s (528) ; VIII. Êtres humains. Relations entre êtres humains (331) ; IX. Famille (276) ; X. Féminisme-s. Féministe-s (279) ; XI. Justice (385) ; XII. Langage (457) ; XIII. Patriarcat (325) ; XIV. Penser (593) ; XV. Politique (804) ; XVI. Pornographie (87) ; XVII. Proxénétisme (214) ; XVIII. « Sciences » sociales (179) ; XIX. « Sciences » Sociales (Démographie) (36) ; XX. « Sciences » sociales (Économie) (231) ; XXI. « Sciences » sociales (Histoire) (114) ; XXII. Sexe-s [Sexualité, Sexisme…] (104) ; XXIII. Violences (241) … et continuera d’évoluer.

26 novembre 2018

XXIII. Violences

En noir. Items nouveaux (et modifiés)

I. Viol : Viol (1, 2) ; Viol (Brassens Georges) ; Viol Correctionnalisation (du) ; Viol (Culture) (1, 2) ; Viol (Déni) (1, 2) ; Viol (Impuissance des femmes) ; Viol (Fan) ; Viol (« Hélas ») ; Viol (Hymen) ; Viol (Langage) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8) ; Viol (Langage. « Tournantes ») ; Viol (Naouri Aldo) ; Viol (« Orgie ») ; Viol (Racisme) ; Viol (Romans anglais. XIXème siècle) ; Viol (Tentative de) ; Viol (Tulard Jean) ; Viol (Vallet Odon) ; Viol (Vergès Jacques) ; Viols (et vol) ; Viols (« en série » (en bande organisée, en réunion, collectifs) ; Viol Violeur (Dénégation) ; Viol Violeur (Dr Tordjman (Gilbert) ; (33)

II. Violence-s : Violence-s (1, 2) ; Violence-s (Breton André) ; Violence-s (Churchill Winston) ; Violence-s (« Conjugale-s ») (1, 2) ; Violence-s (Conséquence) ; Violence (« Cycle de la violence ») ; Violence-s (David-Neel Alexandra) ; Violence-s (Diderot) ; Violence-s (« Dix commandements ») ; Violence-s (Loi…) ; Violence-s (Lois religieuses…) (1, 2, 3) ; Violence-s (« Encyclique Rerum Novarum ») ; Violence-s (Nin Anaïs) ; Violences (Regrets) ; Violence-s (Respect) ; Violence-s (Rousseau) ; Violence-s (« Stress post traumatique ») ; Violence-s (Suicide après assassinat[s]) ; Violence-s (Symbolique-s) ; (23)

III. Violences. Sade : Violences Sade (1, 2, 3) ; Violences Sade (Apollinaire) (1, 2) ; Violences. Sade (Deforges Régine) ; Violences Sade (France Culture) ; Violences Sade (Jeangène Vilmer Jean-Baptiste) ; Violences Sade (Le Monde) ; Violences Sade (Miller Alice. Critique de) ; Violences Sade (Nadeau Maurice) ; Violences Sade (Prix) ; Violences Sade (Sacher-Masoch Leopold von) ; Violences Sade (Winock Michel) ; (14)

IV. Violences à l’encontre des enfants : Violences à l’encontre des enfants (Béjart Maurice) ; Violences à l’encontre des enfants (Bernanos Georges) ; Violences à l’encontre des enfants (Bruckner Pascal, Finkielkraut Alain) ; Violences à l’encontre des enfants (Buchenwald. 1945) ; Violences à l’encontre des enfants (« Fantasme ») ; Violences à l’encontre des enfants (Fessée) ; Violences à l’encontre des enfants (Gide. André) ; Violences à l’encontre des enfants (Langage) ; Violences à l’encontre des enfants (Léautaud Paul) ; Violences à l’encontre des enfants (Le Vasseur Thérèse) ; Violences à l’encontre des enfants (Loi) ; Violences à l’encontre des enfants (Lou Andréas Salomé) ; Violences à l’encontre des enfants («Pédophiles») ; Violences à l’encontre des enfants (Prêtres) ; Violences à l’encontre des enfants (Prytanée) ; Violences à l’encontre des enfants (Réunionnais en France) ; Violences à l’encontre des enfants (Sand George) ; Violences à l’encontre des enfants (Trump Donald) ; Violences à l’encontre des enfants. Vallès Jules ; (19)

V. Violences à l’encontre des enfants. Infanticides : Infanticide (Beccaria (Cesare) ; Infanticide (Chine. Shanghai. Années 50) ; Infanticides (Frédéric II, roi de Prusse) ; Infanticide (Gramsci Antonio) ; Infanticide (Histoire) ; Infanticide (Mère) ; Infanticide (Mère. Esclavage) ; Infanticide (Michelet) ; Infanticide (Père) (1, 2, 3) ; Infanticide (Procès. Tunisie (autour de 1914) ; Infanticide (Revendication) ; (13)

VI. Violences à l’encontre des enfants. Inceste : Violences incestueuses (Inceste) ; Violences incestueuses (Dolto Françoise) ; Violences incestueuses (Ferré Léo) ; Violences incestueuses (Langage) (1, 2, 3) ; Violences incestueuses (« Lolita ») ; Violences incestueuses (Mythe) (1, 2) ; Violences incestueuses (Négation de. Freud Sigmund ; Violences incestueuses (Père « attachement excessif » au père) ; Violences incestueuses (Saint-Phalle Niki de) ; (12)

VII. Violences à l’encontre des femmes : Violences à l’encontre des femmes (1, 2, 3) ; Violences à l’encontre des femmes (Aditayanath Yogi) ; Violences à l’encontre des femmes (Brésil. XIXème siècle) ; Violences à l’encontre des femmes (Buckingham Duc de) ; Violences à l’encontre des femmes (Collomb Gérard) (1, 2) ; Violence-s (Cologne. 31 décembre 2015) (1, 2) ; Violences à l’encontre des femmes (Coutume) ; Violences à l’encontre des femmes (Création d’un « Observatoire ») ; Violences à l’encontre des femmes (« Crimes d’honneur ») ; Violences à l’encontre des femmes (Criminels de paix) ; Violences à l’encontre des femmes (David-Neel Alexandra) ; Violences à l’encontre des femmes (Dire) (1, 2) ; Violences à l’encontre des femmes (Dumas Alexandre, fils) (1, 2) ; Violences à l’encontre des femmes (Enquêtes) (1, 2) ; Violences à l’encontre des femmes (Équivalence) ; Violences à l’encontre des femmes (« Erreur ») ; Violences à l’encontre des femmes (« Fantasmes ») ; Violences à l’encontre des femmes (Frémiot Luc) (1, 2) ; Violences à l’encontre des femmes Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4) ; Violences à l’encontre des femmes (Front National) ; Violences à l’encontre des femmes (Gifle) ; Violences à l’encontre des femmes (Godard Jean-Luc) ; Violences à l’encontre des femmes (Guy Gilbert) ; Violences à l’encontre des femmes (Hugo Victor) (1, 2, 3) ; Violences à l’encontre des femmes (Landru) ; Violences à l’encontre des femmes (Manifestation du 24 novembre 2018) ; Violences à l’encontre des femmes (Martin-Fugier Anne) ; Violences à l’encontre des femmes (Message au répondeur de Là-bas si j’y suis) ; Violences à l’encontre des femmes (Meyer Daniel) ; Violences à l’encontre des femmes (Mutilations sexuelles) ; Violences à l’encontre des femmes (Nationalisme / Impérialisme) ; Violences à l’encontre des femmes (Négation / Négationnisme) (1, 2) ; Violences à l’encontre des femmes (Pardon) ; Violences à l’encontre des femmes (Polanski Roman) ; Violences à l’encontre des femmes (Robin Muriel) ; Violences à l’encontre des femmes (Roudinesco Élisabeth) ; Violences à l’encontre des femmes (Rues de Paris) ; Violences à l’encontre des femmes (Sand George) ; Violences à l’encontre des femmes (Silence des femmes) ; Violences à l’encontre des femmes (Trump Donald) ; Violences à l’encontre des femmes (Voltaire) (1, 2) ; (55)

VIII. Violences à l’encontre des femmes. « Droit de cuissage » : « Droit de cuissage » ; Par ordre alphabétique : Aubry (Martine) ; Auguste ; Balzac (Honoré de) ; Barbara ; Belgique (Années 1960) ; Bistula (Maria) ; Chaunu (Pierre) ; (Comminges Comte de) ; Colet (Louise) ; Debré (Robert) ; Dolto (Françoise) ; France (Révolution. 1789) ; Giroud (Françoise) ; Hugo (Victor) (1, 2) ; Interdiction de recherche de paternité ; Janin (Jules) ; Knobelspiess (Roger) ; Lefèvre (Frédéric) ; Luther ; Marat ; Marx (Karl) et Engels (Friedrich) ; Michelet ; Pétain ; « Prime de mariage » ; Ferdinando IV (roi de Naples et de Sicile) ; Russie (1928) ; Russie (1929) ; Sartre (Jean-Paul) ; Université, CNRS ; Sicile (1, 2) ; Simenon (Georges) ; Sinclair (Anne) ; Tolstoï (Léon) ; Tulard (Jean) ; Vaillant (Roger) ; Droit de cuissage (Voltaire) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) ; Zinoviev (Alexandre) ; (49)

IX. Violences à l’encontre des femmes. Harcèlement sexuel : Harcèlement ; Harcèlement sexuel (Akerman Chantal) ; Harcèlement sexuel. Anachronisme ; Harcèlement sexuel (Appel. Levons l’omerta. 10 mai 2016) ; Harcèlement sexuel (Avocat général. 2002) ; Harcèlement sexuel (Fonction) ; Harcèlement sexuel (Gide André) ; Harcèlement sexuel (Lanzmann Claude) (1, 2) ; Harcèlement sexuel (Lewinski (Monica) ; Harcèlement sexuel (Lois) ; Harcèlement sexuel (Macron Emmanuel) ; Harcèlement sexuel (Question prioritaire de constitutionnalité) ; Harcèlement sexuel (Vallaud-Belkacem Najet) ; (14)

X. Violences patriarcales : Violences patriarcales (1, 2, 3, 4, 5) ; Violences patriarcales (Pédagogie) ; Violences patriarcales (Résistance) ; Weinstein Harvey ; (8)

25 novembre 2018 : 241 items

I. Viol :

Viol (1) : Le viol est au patriarcat - et donc au proxénétisme - ce que le fouet (et le viol) est à l’esclavage.

Viol (2) : Le viol est sans doute si déstructurant non pas tant parce qu’il attaque, fracture «l’intime» - si souvent, synonyme de «sexe» - mais parce qu’il attaque, qu’il fracture la séparation de l’être humain et du monde, et donc les relations entre eux.
En détruisant les frontières physiques, mentales, imaginaires nécessaires à la construction de soi dans le monde, le viol détruit l’idée même d’un être-pour-soi.
La préservation de soi, la protection de soi ayant été fracturées, la construction de soi doit être rebâtie sur d’autres fondements.
Comprendre ces violences dans leur complexité et en politiser la dénonciation en est sans doute le meilleur moyen de se reconstruire et de construire un autre monde. (Cf. Êtres humains, Politique. Frontières)

Viol (Brassens Georges) : 1972. Pendant des dizaines d’années, nous avons été des millions, ravie-s, sans n’y voir aucun mal, de chanter Le gorille de Georges Brassens et à trouver légitime que le viol d’un juge ait été préféré par le gorille à une « vieille décrépite ».

Viol (Correctionnalisation du) : Négation du crime.

Viol (Culture) (1) : 1760. Voltaire [1694-1778] lors de ce qui fut appelé la «Guerre de Sept ans [1756-1763]» évoque de l’entrée des Russes à Berlin le 11 octobre 1760. Voici les deux présentations qu’il en fait à ses interlocuteurs français:
- le 26 octobre 1760 à Jean-Robert Tronchin [1710-1793] :
« Les Russes ont pris pour eux à Berlin toutes les vieilles. Soixante et dix, quatre-vingt, nonante, nul âge ne les rebutait. Tout était bon. Ils disaient qu’il fallait laisser les jeunes aux Autrichiens qui ne sont pas si robustes que les Russes. Mon Dieu, que je suis loin d’être russe ! et que vous en êtes près ! »
- Le 5 novembre 1760 au seigneur d’Hermenches [1722-1785] :
« Les Russes ont pris pour eux toutes les vieilles, et ont laissé les jeunes aux Autrichiens comme à des gens faibles qui n’auraient pas pu venir à bout des décrépites. Voilà la seule espèce de bravoure dont vous ne vous piqueriez pas. »
- Et ce, tandis qu’à son interlocuteur Russe, il écrit :
- le 7 novembre 1760 à Ivan Ivanovitch Schouvalov [1727-1797] :
« Je ne peux finir cette lettre sans vous dire combien votre nation à acquis d’honneur par la capitulation de Berlin ; on dit que vous avez donné l’exemple de la plus exacte discipline, qu’il n’y a eu ni meurtre, ni pillage ; le peuple de Pierre le Grand eut autrefois besoin de modèle, et aujourd’hui il en sert aux autres. »
- le 15 novembre 1760 au même :
« Je vous fait encore mes compliments sur l’exemple de l’ordre, de l’observation du droit des gens, et de toutes les vertus civiles et militaires que vos compatriotes ont donné à la prise de Berlin. » 1 (Cf. Femmes, Hommes. Un homme à Berlin, Politique. Guerre, Histoire)

Viol (Culture) (2) : 1960. En France, en 1960, au terme de la journée de bizutage de l’École Vétérinaire de Maison Alfort, lors d’un défilé dans la ville, « dans une atmosphère de franche rigolade, un étudiant de quatrième année harangua ainsi la foule : ‘70 nouveaux vont être lâchés dans la ville. Maris, serez vos femmes, Femmes, serez vos filles. Filles, serez les fesses’. » 2 (Cf. Culture, Patriarcat, Histoire)

Viol (Déni) (1) : 1995. Je lis dans le Guide des films. 1895-1985. L-Z, coordonné par Jean Tulard), à la présentation du film de Roman Polanski, Tess d’Uberville [1979], que Tess « se fait engrosser par […] sir Alec. » 3 (Cf. Culture. Cinéma, Viols. Romans anglais)

Viol (Déni) (2) : 1974. Jean-Paul Sartre raconte, en 1974 :
« J’ai un ami qui parlait dans un meeting communiste en province. Il a dit : ‘Il ne faut pas violer les foules’. Le dirigeant communiste lui a reproché à la sortie : ‘Tu n’aurais pas dû prononcer le mot de ‘violer’ : il y avait des femmes. »
L’explication que Sartre en donne est que : « Les communistes sont puritains. » 4
Ainsi, pour lui, selon le langage commun, ici, qu’ici il conforte : viols = femmes = puritanisme (exit les hommes, leurs violences et le patriarcat) (Cf. Femmes. Puritaines, Langage, Patriarcat)

Viol (Impuissance des femmes) : Devant l’impuissance des femmes si souvent tétanisées, confrontées aux hommes qui les violent, les battent, les agressent, il y a l’ancestrale permanence de la logique sacrificielle toute patriarcale dont aucune femme ne peut se considérer comme indemne. (Cf. Femmes, Hommes, Patriarcat, Histoire, Psychanalyse. « Inconscient collectif »)

Viol (Fan) : 2016. Lu : «Inculpé de viol, il a remercié ses fans de leur soutien»…

Viol (Hélas ,) : 1997. Edgard Morin, en 1997, auteur de :
« Au cours de ce processus [de la guerre dans l’ex-Yougoslavie], il n’y a pas eu que les bombardements massifs, les exactions multiples, les atrocités, les massacres, les viols qui surviennent, hélas, de part et d’autre dans tous les conflits où la guerre est à la fois ethnique, civile, religieuse […]. » 5

Viol (Hymen) : 2015. Un chirurgien Brésilien, en 2015, élève de Ivo Pitanguy, nommé « le père de la chirurgie esthétique », en réponse à une question sur « la chirurgie de l’hymen », auteur de :
« C’est une intervention qu’on demande souvent à des chirurgiens dans les cas de viol. Alors c’est l’État qui règle la facture. Comme une compensation financière. » 6 Est-ce véridique ? Et une « compensation» , pour qui ? de quoi ? (Cf. Patriarcat. Hymen, Politique. État)

Viol (Langage) (1) : Le viol : Encore ? toujours ? de plus en plus ? présenté, analysé comme un « fait », un « acte », un « cas », un « agissement », une « affaire », un « dérapage », un « débordement », un « accident », un « passage à l’acte » - dont on décrit le « mode opératoire » - un « drame »... Autant de termes qui nient la violence et donc les viols. Analyse aussi valable pour les autres crimes, de toutes sortes. 7 (Cf. Langage)

Viol (Langage) (2) : « On pille, on tue, on viole » : l’atteinte à la propriété est assimilée à l’assassinat, lesquels subsument et/ou sont subsumés dans le viol, lequel est, en sus, dissocié de l’assassinat. (Cf. Langage)

Viol (Langage (3) : 1776. Voltaire [1694-1778], dans une lettre écrite le 18 décembre 1776 au marquis de Thibouville [1710-1784] concernant l’héroïne de sa dernière pièce de théâtre, Irène, écrit :
« C’est une femme amoureuse à la fureur du meurtrier de son mari, et qui finit par se tuer au lieu de se laisser violer par son cher amant. » 8
- On lit, dans une lettre au comte d’Argental [1700-1788] en date du 15 décembre 1776, une autre présentation  :
« J’ai bien peur qu’on ne se moque d’une femme qui se tue de peur de coucher avec le vainqueur et le meurtrier de son mari, quand elle n’aime pas son mari et adore ce meurtrier. Cela ressemble aux vierges chrétiennes de la Légende dorée qui se coupaient la langue avec leurs dents, et la jetaient aux nez des païens pour ne pas être violées par eux. » (Cf. Langage)

Viol (Langage) (4) : 1970. Madeleine Jacob [1896-1985] alors chroniqueuse judicaire à L’Humanité et à l’Humanité Dimanche fait état, en 1970, de l’enlèvement et du viol d’une jeune fille de 17 ans «mongolienne», par deux «pères de famille» de 20 et 30 ans. On lit :
« Ils la firent monter dans leur voiture, une fourgonnette, et là… Oui… Vous avez compris. Ils l’emmenèrent à leur hôtel… Et puis, à 120 kilomètres de Paris. Et cela, pendant 10 jours… C’était en août. Ils la maintinrent de force sous une tente. Et ils continuèrent ce qu’ils avaient commencé. » 9
- Pour la fin de l’histoire - dont le mot viol étant est ici absent - dont leurs auteurs ont comparus libres, ils furent condamnés par un tribunal correctionnel, au sein duquel ils « devisaient très souriants et très détendus » à des peines de prison avec sursis. (Cf. Femmes. Silence, Justice, Langage, Viol. Déni patriarcal)

Viol (Langage) (5) : 2014. Même déni, ou plutôt, même difficulté à nommer le viol, entendu, le 26 décembre 2014, une jeune femme africaine évoquant le viol commis par l’homme qui l’avait violée :
« Il a fait ce qu’il avait à faire. » 10 (Cf. Langage. Verbe. Faire)

Viol (Langage) (6) : 2017. Entendu, dans le cadre d’une émission consacrée à la « justice restaurative », présentée comme à même d’instaurer un dialogue entre condamnés et victimes, une femme qui avait été violée, se présentant en ces termes : « J’ai eu mon histoire… » 11 (Cf. Langage. Verbe. Avoir)

Viol (Langage) (7) : 2017. Entendu sur France Culture : « un abus de faiblesse…un viol » 12 (Cf. Politique. Abus)

Viol (Langage) (8) : 2018. Entendu sur Radio Courtoisie (radio d’extrême droite) concernant une femme violée, évoquer - en lieu et place - : « une féminité bafouée. » (Poursuivre : riche d’analyses)

Viol (Langage. «Tournantes») : 2005. 2016. 2017. Un livre paraît en 2005, intitulé : Le scandale des ‘tournantes’. Dérives médiatiques, contre-enquête sociologique’. Ce qui est, pour moi, scandale c’est l’emploi du terme de «tournante», qui, dès lors qu’il est sanctionné par la ‘sociologie’ est légitimé et promis - ce qu’il fut - à un brillant avenir. (Cf. Langage, Sociologie)
* Ajout. 11 septembre 2016. Lu, à l’occasion du procès de 2015 dit du Carlton :
« Elle a raconté comment une partie fine organisée dans un restaurant de Lambersart avait pris des allures de tournante. » 13 (Cf. Justice, Langage, Proxénétisme)
* Ajout. 8 avril 2017. Lu :
« Aujourd’hui, et jusqu’à demain soir, se déroulera le procès de plusieurs jeunes, accusés d’avoir violé ‘en tournante’ une jeune fille de 16 ans. » 14 (Cf. Justice, Langage)

Viol (Naouri Aldo) : 2013. Aldo Naouri, «pédiatre et spécialiste des relations intrafamiliales selon Wikipédia [août 2017]», auteur de :
«Mais violez la, Monsieur !»
- Il s’agissait d’une injonction adressée à un mari concernant sa femme, laquelle, à l’écoute de ce ‘conseil’ donné à son mari, avait, selon lui, «un sourire jusqu’aux oreilles».
- Une précision : Il ne s’agit pas, tel que je l’ai lu dans un article, d’une «apologie du viol conjugal», mais d’une légitimation du viol. (Cf. Langage. Adjectif)
- Explication du contexte par Aldo Naouri (critique du comportement du mari insuffisamment exigeant, selon lui) : «Il attendait qu’elle veuille bien. Elle lui demandait rien, donc il y va pas». ( ! ) Et il poursuit, je n’ose dire, analyse : «…c’est à dire quelque chose qui véritablement remet en place la différence des sexes, avec leur fonctionnement qui est totalement différent. Le fait qu’il y ait éventuellement du désir ou pas du désir, est toujours problématique...».
N’est-ce pas, plus justement, le «désir» de l’épouse, qui, lui, serait «problématique» ? Non, car, en tout état de cause, le désir n’a rien à voir avec un viol.
* Précision : cette histoire vraie était racontée par lui - qui en était «tout à fait tranquille» - après avoir justifié qu’il fallait «apprendre à l’enfant à réprimer ses pulsions». 15
Et c’est ce même homme qui a été considéré par les médias pendant des années, comme un «expert» des enfants et de la famille. (Cf. Êtres humains, Enfants)
* Ajout. 17 mai 2016. À son nom, je lis sur Wikipédia :
« D'autres de ses propos sur le viol parus dans un ouvrage en 1998 ont aussi suscité polémique et l'ont ‘totalement disqualifié’ pour Janine Mossuz-Lavau qui a décidé de ne plus le citer lors de ses dîners en ville. » [Phrase supprimée en août 2017]. (Cf. Proxénétisme. Janine Mossuz-Lavau)

Viol (« Orgie ») : 1926. Le 25 mai 1926, Samuel Schwartzbard assassina à Paris Simon Petlioura, ancien chef des armées de la ‘République populaire d’Ukraine’, qu’il accusait d’avoir organisé les pogromes et les massacres de la population juive en 1918-1920.
Lors du procès qui eut lieu en 1927, plusieurs personnes furent appelées à témoigner par l’avocat de Schwartzbard, Henry Torrès. Parmi eux, M. Goldstein, président de la «Commission d’enquête sur les pogromes d’Ukraine», qui déclara notamment :
« [À Ovrourtch], on fit venir « les rabbins, les vieillards à barbe blanche, les religieux […] On leur rase la barbe. Puis on les fait danser et chanter leurs chants religieux. Après quoi commence l’orgie. Pour l’orgie, sont amenées les femmes et les filles de ces Juifs, leurs sœurs ; tout est possible : on viole ces femmes et ces jeunes filles sous les yeux de leurs maris, de leurs pères, de leurs frères. Et le matin, quand l’orgie est finie, on tue ces malheureuses, pas une ne reste vivante. » 16 (Cf. Langage, Histoire)

Viol (Racisme) : 2016. Une interprète en pachtoune, dans la «jungle» de Calais, a été, le 17 octobre 2016, violée par un Afghan.
- Je lis sur Paris Luttes.info : « [...] Face à la répression qui tente de rameuter à sa cause, nous ne pouvons pas laisser la tribune aux idéologies stigmatisantes et simplificatrices. Le jour où le racisme sera mort et que nous banniront l’imaginaire de la race, nous étudierions enfin les cascades d’oppressions complexes qui dégueulent jusqu’à cette femme interprète. »
- Et ses auteur[e?]) osent signer : « Contre les frontières, les nations et le patriarcat ! » 17
- Oseraient-ils lire leur texte à la jeune femme ?
- À l’extrême gauche, la priorité à la lutte de classes - ici prolongée et reconvertie en lutte antiraciste - que l’on espérait révolue, n’est toujours pas morte…

Viol (Romans anglais. XIXème siècle) : 1891. 1924. Le viol est au cœur de deux grands livres de la littérature anglaise, Tess d’Uberville de Thomas Hardy et La route des Indes - A passage to India - de E.M. Forster. Dans le premier, le viol n’est que très allusivement évoqué (en son temps, le court passage concernant le viol, et ce alors que je n’étais pas consciente de ce qui était écrit, était pourtant resté, caché, vivace, dans ma mémoire) ; dans le second, l’auteur laisse planer l’ambiguïté sur sa réalité [ce qui n’est pas le cas du film du même nom de David Lean. 1984]. (Cf. Culture. Cinéma)

Viol (Tentative de) : 1996. Est qualifié ainsi le fait que la personne ait pu s’échapper au violeur, qu’il ait été contraint de fuir, ou que le violeur n’ait pas bandé et / ou n’ait pas éjaculé ? Sans répondre à cette question, la cour de Cassation (Chambre Criminelle. 10 janvier 1996 n° 95-89284) a considéré que :
« Commet une tentative de viol celui qui, après avoir mis un préservatif pour pénétrer la victime, renonce à son acte en raison d’une déficience physique momentanée. » Mais comment distinguer, en termes de responsabilité de l’auteur du crime, ce qui relève d’une «déficience physique momentanée» dont le violeur ne serait pas maître, qu’il n’aurait pas voulu, d’une décision de sa part, après avoir voulu violer sa victime, de cesser ses agissements criminels ? (Prolonger) (Cf. Droit)

Viol (Tulard Jean) : 1991. Jean Tulard dans son Dictionnaire du cinéma [1991], présente ainsi l’actrice Julie Christie :
« Née aux Indes, elle a suivi à Londres des cours d’art dramatique avant d’être révélée au cinéma par Schlesinger. Elle entame une carrière qui la conduira de l’héroïne romantique (Docteur Jivago, Loin de la foule déchaînée) et les personnages les plus ambigus (Ne vous retournez pas et Le Messager) à la femme moderne (Petulia, Shampoo) qui finira même par être violée par un robot (Demon seed). Heureux robot ! »
- Du même Jean Tulard, dans son même Dictionnaire du Cinéma concernant l’actrice Wray Fay :
« Très belle, elle fut parmi les stars celle qui était toujours préposée au rôle de victime […] Que de cris n’a-t-elle pas poussés ! La terreur se lisait dans ses yeux, son corps se convulsait tandis que le monstre s’approchait et commençait ses assauts. Hélas ! Elle était toujours sauvée des pires sévices au dernier moment. » 18
- Jean Tulard est présenté par Wikipédia en ces termes : « Il est l'un des spécialistes français de Napoléon 1er et de l'époque napoléonienne, ainsi que de l'histoire du cinéma. Jean Tulard a contribué à plus d'une cinquantaine d'ouvrages, comme auteur unique, en collaboration ou en tant que directeur de la publication. »
- Jean Tulard fut nommé, en 2016 entre autres ‘distinctions’, commandeur de la Légion d’honneur. (Cf. Culture. Cinéma, Histoire)

Viol (Vallet Odon) : 2002. [Philanthrope, il a donné la fortune dont il avait hérité), ‘spécialiste’ des religions], auteur en 2002, de :
« Entre viols et ‘tournantes’, tourisme sexuel et pédophilie, la justice nationale et mondiale est un tribunal des mœurs. Le légal et le moral ne font qu’un entre les mains des juges et des procureurs, qui ont remplacé prêtres et confesseurs pour défendre le bien et pourfendre le mal. Que les hommes de robe défendent les femmes et les enfants est justifié, mais le bras séculier de la puissance publique leur donne les armes redoutables du procès et de la prison : la moitié des crimes condamnés en France sont des crimes sexuels. [...] On se féliciterait de ce récent intérêt de la justice pour les victimes d'agressions sexuelles si cette sévérité n'avait de graves inconvénients pour la défense des libertés et n'était de faible utilité pour la prévention des agressions. […] » 19
- Conclusion : Légiférer, condamner ne sert à rien ? à pas grand-chose ? Est, en tout cas : «redoutable». (Cf. Justice)

Viol (Vergès Jacques) : 1988. Jacques Vergès [1925-2013], concernant l’un de ses ‘clients‘, rapporte cet échange, en 1988, entre le juge et lui :
« […] Il (son client) m’appelle au secours ; il était en prison pour viol. Je répondis évidemment à son appel et vins le soir dans sa prison. J’allais voir le juge et le dossier.
- Monsieur le Juge, le viol implique un refus du rapport sexuel. Dans ce dossier, je vois bien l’hémorragie, mais pas le refus
- Cette femme, maître, vous le savez, est plus jeune que lui de trente-cinq ans. Il a abusé de sa supériorité intellectuelle
- Sur ce plan, je pourrais vous opposer Baudelaire :Maudit soit à jamais le rêveur inutile / Qui voulut le premier dans sa stupidité / S’éprenant d’un problème insoluble et stérile / Aux choses de l’amour mêler l’honnêteté’»
- Votre jugement moral a sa valeur, il ne peut remplacer la loi.
- Qui sait ? »
Et Jacques Vergès conclut : « Ainsi, dans notre société prétendument permissive, le stérilet à la main de nouveaux Savonarole enferment les adorateurs de Civa [Shiva]. » 20 (Cf. Culture, Droit, Justice, Patriarcat, Politique. Morale)

Viol (et Vol) : 2014. Ne pas radicalement dissocier un viol d’un vol, qui plus est, considérer qu’un « braquage tourne au viol » 21 c’est assimiler un être humain et une carte de crédit (avec ou sans son code). (Cf. Langage)

Viol («en série», en bande organisée, en réunion, collectifs) : 2015. 2016. Victimes et violeurs indissociés. Inapproprié, invalide donc.
* Ajout. 26 novembre 2016. Le commentaire ci-dessus n’est pas approprié et n’est donc pas juste. Pourquoi ? Parce qu’en ne critiquant pas les termes employés, ma critique les conforte. Ainsi :
- L’expression de « viols en série » assimile des produits « en série » à des victimes « singulières ».
- L’expression de « viols en réunion » - qui se réfère aux circonstances dans lequel le viol a été commis - non critiquée est légitimée : or, elle est trompeuse car sa signification juridique ne correspond pas à la signification courante.
- L’expression de « viol de bande organisée » occulte les auteurs du crime, subsumés dans leurs « bandes ».
- L’expression de « viols collectifs », certes signifie que la victime a été violée par plusieurs hommes mais la singularité de chaque violeur est noyée dans le «collectif». (Cf. Langage)

Viol (Violeur. Dénégation) : 2014. Docteur André Hazout, auteur, le 19 février 2014, de : « Je ne suis pas un violeur, je n'ai jamais violé personne. » Accusé de viol et agressions sexuelles sur six femmes, dont cinq se sont constituées partie civile, tandis que trente autre n’ont pu se joindre à elles, du fait de la loi en matière de délit de prescription. Condamné à huit ans de prison pour viols et agressions sexuelles et arrêté à l’audience. 22 L’usure de l’argument de la dénégation ? (Cf. Femmes. Silence. Justice. Imprescriptibilité des crimes en matière de violences à personnes)

Viol. Violeur (Gilbert Tordjman) : 1989. 2002. Gilbert Tordjman [1927-2009], considéré comme « le pape de la sexologie française », un « sexologue de renommée internationale », médecin gynécologue, pédiatre, Président de l'Association mondiale pour la sexologie, auteur de nombreux livres, a été mis en examen en 2002, accusé de viols, d’agressions sexuelles et d’attouchement sexuels par quarante patientes.
- Or, que lisait-on dans le livre intitulé La femme et son plaisir, publié en 1989, soit 20 ans auparavant ? Quelques citations :
- « Il est remarquable à quel point certaines femmes ignorent tout de leur anatomie. Elles ignorent notamment que l’orgasme est une série de contractions musculaires involontaires dont on facilite le déclanchement par une participation active et rythmée. » ;
- Dans un paragraphe intitulé : L’affirmation de soi : « Sous hypnose, nous apprenons à la consultante à moduler ses émotions de colère, de jalousie, d’excitation érotique ou de joie profonde. La femme anorgasmique, en effet, tend à inhiber l’expression de ses émotions. Nous lui apprenons aussi à aimer son corps. » ;
- Dans un paragraphe intitulé : La désensibilisation de l’angoisse : « Mieux que la relaxation, l’hypnose permet un déconditionnement de l’angoisse sexuelle, et des différentes phobies qui grèvent la comportement de la femme anorgasmique. » ;
- Dans un paragraphe intitulé : Parfaire l’éveil sensoriel : « Nous avons été surpris par la fréquence selon laquelle nos consultantes se révèlent inaptes à prendre conscience de leur état de désir, ou d’excitation érotique. L’hypnose peut leur faciliter cette prise de conscience, et les aider surtout à reconnaitre le lien entre leurs fantasmes et leurs réactions physiologiques. » ;
Et même : « Le cerveau est et reste notre organe sexuel essentiel. »
23 Moralité : Apprendre à bien lire, à temps.

II. Violences :

Violences (1) : Avant toute dénomination, spécification et donc analyse de la violence, des violences, partir de ses prémisses : la violence, où qu’elle soit mise en œuvre et qu’elle qu’en soit les auteur-es, est utilisée afin de perpétuer et /ou de changer un rapport de forces, et/ou d’empêcher que le dit changement n’advienne.
* Ajout. 20 août 2017. Pour la critique de l’emploi du terme, cf. notamment « Violences à l’encontre des femmes ». (À poursuivre)

Violences (2) : Le lien entre pauvreté / banlieues, émigrés / étrangers, violences / sexuelles / à l’encontre des femmes, et ce, en lieu avec « peur », « sécurité », « nationalisme » ne cesse de se renforcer. Sans cesse, briser le nœud coulant.

Violences (Breton André) : 1946. André Breton [1896-1966], dans le Second Manifeste du surréalisme, auteur de :
« […] C’est même du bouillonnement de ces représentations vides de sens que naît et s’entretient le désir de passer outre à l’insuffisance, à l’absurde distinction du beau et du laid, du vrai et du faux, du bien et du mal. Et comme c’est du degré de cette résistance que cette idée du choix rencontre que dépend l’envol plus ou moins sûr de l’esprit vers un monde enfin habitable, on conçoit que le surréalisme n’ait pas craint de se faire un dogme de la révolte absolue, de l’insoumission totale, du sabotage en règle, et qu’il n’attend encore rien que de la violence. L’acte surréaliste le plus simple consiste, révolvers au poing, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu’on peut dans la foule. Qui n’a pas eu, au moins une fois, envie d’en finir de la sorte avec le petit système d’avilissement et de crétinisation en vigueur a sa place toute marquée dans la foule, ventre à la hauteur du canon. » [Suit une longe note qui se veut d’interprétation de ce qu’il vient d’écrire…] 24 (Cf. Culture)

Violences (Churchill) : Winston Churchill [1874-1965] dans son discours du 4 juin 1940, auteur de :
« We shall never surrender ».

Violences (Cologne. 31 décembre 2015) (1) : 2015. Des étrangers, non : des hommes étrangers ; des réfugiés, non : des hommes réfugiés ; des Maghrébins non ; des hommes Maghrébins ; des Arabes, non ; des hommes Arabes….
Du nécessaire oubli des «hommes»…
Sans préjuger de la validité de l’accusation concernant les auteurs de ces violences.
(Cf. Hommes, Langage, Patriarcat)

Violences (Cologne. 31 décembre 2015) (2) : 2017. Je lis dans un interview d’Alice Schwarzer que 624 femmes ont porté plainte pour agressions sexuelles.
Son analyse : « Les hommes étaient mus par un mélange d’idées patriarcales et d’islam politique. » 25 (Cf. Violences à l’encontre des femmes)

Violences (« Conjugales ») (1) : 2016. Sur France Culture, Dounia Bouzar, en 2016, interrogée par Alain Lewkovicz évoque ses parents qui « se séparent dans un contexte de violences conjugales ».
L’interviewer poursuit : « Vous parlez d’une violence conjugale. Vous savez pourquoi votre père et votre mère se tapaient dessus ? »
Si la grossièreté de ce langage est inacceptable, sémantiquement, la clarification de l’expression utilisée par Donia Bouzar - ne distinguant ni l’auteur ni la violence, indissociablement mêlés - n’est pas erronée. 26 En revanche, dans les deux cas, l’auteur des violences n’est pas nommé. (Cf. Violences. Patriarcales)

Violences (« Conjugales ») (2) : (octobre) 2018. Un clip gouvernemental : Une femme : « Je suis victime de violences conjugales ». Non. Elle est la victime des violences de son mari/compagnon.

Violences (Conséquence) : Dénoncer une, des violences au nom de ses conséquences, c’est en légitimer le principe, dès lors, fondé.

Violence (« Cycle de la violence ») : Pour relativiser ce qui est présenté comme étant «le cycle de la violence» [exercée par les hommes à l’encontre des femmes], entendu dans le film de Carlos Saura, La chasse [1974] :
« Plus l’ennemi se défend, meilleure est la chasse. » Pour relativiser l’analyse ou, plutôt, pour l’invalider ? (Cf. Culture. Cinéma)

Violences (David-Neel Alexandra) : 1915. Alexandra David-Neel [1868-1969] « bastonne » en Inde ses deux « domestiques » [surpris par elle à « lui voler la petite moitié d’un petit sac d’orge » âgés de 20 et 22 ans, et ce après avoir précisé qu’elle « ne leur donne pas d’argent, mais seulement de la nourriture et des vêtements. »]
Elle écrit alors que « chacun des deux coupables ne tentent pas même d’esquiver les coups sentant qu’ils les ont mérités » et s’étonne qu’après « leur bonne volée » - « C’est drôle, n’est-ce pas ? », écrit-elle à son mari - qu’ils « ont été d’une docilité et d’une attention remarquable à [son] service. »
Et, « philosophe », elle poursuit ses réflexions, d’un certain intérêt, me semble-t-il, sans en être pourtant assurée donc. :
« Mais le plus singulier, pour le philosophe que je suis, c’est d’avoir constaté que cette exécution commencée très froidement, peu à peu, éveillait la colère en moi ; parfois, voire le même le plus souvent, le mouvement de l’esprit déclenche la geste physique qui lui correspond : on est en colère, alors on cogne. Mais, ici, c’était le contraire, le geste physique allait réveiller des centres nerveux correspondant à un sentiment mental : je cognais et je sentais la colère se produire […]. » 27

Violences (Diderot) : 1767. Diderot [1713-1784] auteur, en octobre 1767, de :
« Ce n’est pas à celui qui frappe, c’est à celui qui est frappé à estimer la violence du coup ». (Cf. Justice) 28 Essentielle inversion de l’analyse, considérablement, dès lors, complexifiée.

Violences (Loi) (1) : Le vice rédhibitoire de la pensée juridique : elle ne peut aborder la question des violences intrinsèques à la loi, la violence étant inhérente à tout système de domination politique. (Cf. Droit, Justice, Politique. État, Loi)

Violences (Loi) (2) : La pensée juridique féministe doit à la fois tenir compte de la critique du droit libéral et de la critique patriarcale : complexe. (Cf. Droit, Justice, Politique. État. Loi, Patriarcat)

Violences (Lois religieuses) (1) : Animistes, bouddhistes, chrétiennes, hindouistes, juives, musulmanes, etc.., toutes patriarcales, toutes injustes, toutes à abolir. Ceci posé, on peut alors poursuivre dans l’analyse des distinguos entre elles. Et dans leur condamnation. Pas avant. (Cf. Famille, Politique. État)

Violences (Lois religieuses. Islam) (2) : Ce n’est pas parce que les violences commises au nom de l’Islam sont contraires aux «valeurs-de-la-République» qu’elles doivent être condamnées, mais parce qu’elles sont inhumaines. Rappeler une telle évidence [me] met mal à l’aise. (Poursuivre)

Violences (Lois religieuses. Islam) (3) : 2014. Dès lors que l'Islam est religion d'état, toute législation, et plus spécifiquement tous les codes de la famille, ne peut en être que dépendante ; dès lors toute politique faisant, dans ces états, référence aux droits des femmes, à quelconque égalité entre les hommes et les femmes, à une lutte contre les violences faites aux femmes repose sur une contradiction indépassable en l’état… .
- Lire en ce sens l’incohérence et surtout l’absurdité du communiqué de la Présidence de la République Algérienne, à l’occasion d’une modification du code pénal algérien :
« Notre pays démontre encore une fois son attachement au respect de la dignité humaine qui est au centre de nos valeurs spirituelles et figure aussi parmi les priorités du droit international contemporain » apparait alors au grand jour. Mais il permet aussi de dévoiler que le droit dit international se satisfait fort bien de la permanence de ces lois religieuses. En droit, donc en fait, il les cautionne, les entérine, les légitime. 29 (Cf. Droit. CEDAW, Famille, Femmes, Patriarcat, Politique. État)

Violences (Lois religieuses. «Dix commandements») : « Tu ne violeras pas » n’en fait pas partie. Et « la femme » fait partie, au même titre que « la maison », du « bien du prochain ». (Cf. Patriarcat)

Violences (Lois religieuses. Encyclique «Rerum Novarum») : 1891. L’Encyclique Rerum Novarum est considérée comme l’Encyclique qui posa les fondements dits ‘progressistes‘ de la «doctrine sociale» de l’Église catholique. On y lit :
« Il est des travaux moins adaptés à la femme que la nature destine plutôt aux ouvrages domestiques ; ouvrages d'ailleurs qui sauvegardent admirablement l'honneur de son sexe et répondent mieux, par nature, à ce que demandent la bonne éducation des enfants et la prospérité de la famille. » (Cf. Famille, Femmes, Patriarcat, Politique. État. Lois)
* Ajout. 19 mai 2017. Dans le Journal d’un curé de campagne [1936] de Georges Bernanos [1888-1948], un prêtre plus âgé que ledit curé de campagne lui demande de « se rappel[er] l’histoire ! » et il en donne comme exemple « la fameuse Encyclique de Léon XIII, Rerum Novarum » :
« Vous (les prêtres d’alors, en 1936, donc) lisez cela tranquillement, du bord des cils, comme un manquement de carême quelconque. À l’époque, mon petit, nous avons cru sentir la terre trembler sous nos pieds. Quel enthousiasme ! J’étais, pour lors, curé de Norenfontes, en plein pays de mines. Cette idée si simple que le travail n’est pas une marchandise, soumise à la loi de l’offre et de la demande, qu’on ne peut pas spéculer sur les salaires, sur la vie des hommes, comme sur le blé, le sucre et le café, ça bouleversait les consciences crois-tu ? Pour l’avoir expliquée en chaire à mes bonshommes, j’ai passé pour un socialiste et les paysans bien-pensants m’ont fait envoyer en disgrâce à Montreuil. […] » 30 (Cf. Patriarcat, Histoire)
- En retranscrivant ce texte, je me rends mieux compte de l’importance qu’eut pu avoir une Encyclique concernant le proxénétisme et toutes les manifestations de la marchandisation des êtres humains. (Cf. Proxénétisme)

Violences (Nin Anaïs) : 1940. Anaïs Nin [1903-1977], dans son Journal, écrit en avril 1940 :
« Je ne crois plus que le marxisme offre une solution aux misères du monde, parce qu’il ne guérit pas l’homme de la violence» ; elle évoque aussi «l’atrophie des sentiments qui crée des criminels. » 31

Violences (Regrets) : (22 juillet) 2018. Dans un article, intitulé : « Alexandre Benalla, avant la révélation de l’affaire : ‘J’ai pété les plombs’ » dont la présentation est : « Quelques semaines après son intervention (sic) auprès (sic) des CRS, lors des manifestations du 1er mai, Alexandre Benalla aurait confié ses regrets sur son comportement à un haut-fonctionnaire, selon le Journal du Dimanche’ », que lit-on en matière de « regrets» :  
« J’ai une merde sur le dos. Je suis allé sur la manif. C’était chaud. Les CRS en prenaient plein la gueule. J’ai pété les plombs. » 32 (Cf. Homme. Politique. Macron Emanuel. « Une tempête dans un verre d’eau », Langage)

Violences (Respect) : 2016. Concernant la lutte des Conti[nental], Xavier Mathieu, ancien délégué syndical CGT, auteur de :
« À partir du moment où on a montré qu’on était méchants, on a été respectés. » 33

Violences (Rousseau Jean-Jacques) : 1761. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], dans La nouvelle Héloïse, justifie les violences paternelles. Julie, après avoir été frappée par son père, scène qui fut suivie de « regrets de son emportement », écrit à Claire, sa confidente :
« Pour moi, je lui ai dit, et je le pense, je serais trop heureuse d’être battue tous les jours au même prix et qu’il n’y a point de traitement si rude qu’une seule de ses caresses n’efface au fond de mon cœur. » 34 (Cf. Patriarcat)

Violences («Stress post traumatique». Critique) : Ne pas oublier de penser à la signification et la fonction politique de l’emploi de ce nouveau ‘concept’ : Stress post traumatique. En effet, en évacuant la question de la responsabilité de l’auteur - fut-il un État - de l’agression, il peut être employé ‘à égalité’ concernant l’auteur ou les auteurs et la ou les victimes d’une violence. Il peut en outre concerner tout à la fois indifféremment les conséquences d’une guerre, d’une torture, d’un accident, d’un choc, d’un événement climatique, d’un viol…

Violences (Suicide après assassinat[s]) : 2017. Lu la présentation du livre de Pierre Adrian, Des âmes simples [Les Équateurs. 2017] dans Le Monde. Critique. Littérature :
« […] Il est des terribles drames qui foudroient les cœurs et qui meurtrissent les consciences. Comme le suicide de ce père de famille incapable de supporter son divorce et qui a entrainé dans la mort son fils de 8 ans et sa fille de 3 ans. ‘Je me souviens de trois cercueils dans l’Église’… » 35
Il tue ses deux enfants : ce père assassin est, tel que présenté ici, dédouané par la justice, réhabilité par la presse, lavé de tout péché par l’église catholique. (Cf. Justice. Suicide après assassinat)

Violences (Symbolique-s) : Attention, la référence aux violences dites « symboliques » ont souvent pour objet, sinon pour fonction de masquer les violences…disons réelles ; en attendant une meilleure formulation.
- Pierre Bourdieu [1930-2002], dans La domination masculine [1998] en fut un bon exemple. (Cf. Homme. «Intellectuel». Bourdieu Pierre)

III. Violences. Sade :

Violences (Sade) (1) : Lire, de Sade [1740-1814], les Lettres à sa femme 36 pour être définitivement convaincu-e de l’ignominie du personnage. Un tel jugement n’épuise pas l’homme. (Vrai pour tout l’Abécédaire…)
* Ajout. 10 février 2017. 1917. Lu dans le Journal de l’abbé Mugnier [1853-1944] que Madame de Chévigné [1859-1936], « arrière-petite-fille de Laure de Noves, petite nièce du marquis de Sade» avait, le 25 juin 1917, au cours d’un dîner chez Cocteau, dit qu’il « adorait sa femme et que sa correspondance avec elle étaient des lettres d’amour. » 37
* Ajout. 8 août 2016. Les Lettres de Sade à sa femme peuvent être utilement comparées avec, par antithèse, les lettres rédigées, elles aussi en prison, que Choderlos de Laclos [1741-1803], avaient écrites à son épouse. 38

Violences (Sade) (2) : Sade [1740-1814] est à la justification du patriarcat ce que Marx est à la critique du capitalisme.

Violences (Sade) (3) : 1801. Sade [1740-1814], dans la bouche de Madame Delbène, Supérieure de l’Abbaye de Panthémont, à Juliette, auteur de :
« Quand tu auras badiné quelques années avec ce que les sots appellent ses lois [celles de «la nature»], quand, pour te familiariser avec leur infraction, tu te seras plu à les pulvériser toutes, tu verras la mutine, ravie d’avoir été violée, s’assouplissant sous tes désirs nerveux, venir d’elle-même s’offrir à tes ferste présenter les mains pour que tu les captives ; devenue ton esclave, au lieu d’être ta souveraine, elle enseignera finement à ton cœur la façon de l’outrager encore mieux, comme si elle se plaisait dans l’avilissement, et comme si ce n’était réellement qu’en t’indiquant de l’insulter à l’excès, qu’elle eut l’art de te mieux réduire à ses lois. » 39

Violences (Sade. Apollinaire) (1) : 1907. Guillaume Apollinaire [1880-1918], dans Les onze mille vierges, auteur de :
« Le marquis de Sade, cet esprit le plus libre qui ait encore existé, avait sur la femme des idées particulières et la voulait aussi libre que l’homme. Ces idées que l’on dégagera un jour, ont donné naissance à un double roman : Justine et Juliette. Ce n’est pas par hasard que le marquis a choisi des héroïnes et non des héros. Justine, c’est l’ancienne femme, asservie, misérable et moins qu’humaine ; Juliette au contraire représente la femme nouvelle qu’il entrevoyait, un être dont on n’a pas encore idée, qui se dégage de l’humanité, qui aura des ailes et qui renouvellera l’univers. »
- En ayant notamment cette analyse en tête, il faut lire Justine et Juliette. 40
- Lire aussi d’Apollinaire l’ignoble Les onze mille verges [1907]. 41 (Cf. Hommes. Héros)

Violences (Sade. Apollinaire) (2) : 2005. Le Dictionnaire de la pornographie, pour sa part, présentation de l’homme Apollinaire ainsi : « un étourdissant pornographe, mêlant virtuosité littéraire et perversion avec un génie inégalé depuis le XVIIIème siècle » et vanté l’importance de son « œuvre » pornographique.
- Il faut lire Les onze mille verges pour apprécier à leur juste valeur les jugements suivants : « Sade accommodé à la sauce rabelaisienne », « débauches d’éruditions, de jeux de langage et d’humour burlesque » et leur apothéose : « roman de l’amour moderne ». Une critique cependant, le concernant, dans ce Dictionnaire de la pornographie : Apollinaire n’arrive pas à la hauteur de Sade (et des ambitions de la pornographie ?) : il « ne génère guère d’enjeux philosophies explicites, ce qui constitue une des différences majeures avec Sade ».
- Il est enfin incidemment noté, sans plus d’inquiétude, que « l’inceste et la pédophilie y sont omniprésents. » 42 (Cf. Homme. «Intellectuel», Pornographie)

Violences (Sade. Deforges Régine) : 1978. Régine Deforges [1935-2014], auteure, en 1978, de :
« Il y a un humour dans Sade mais les femmes ne peuvent ou ne veulent le percevoir : il est dirigé contre elles, elles en sont victimes. Encore que cela ne me dérange absolument pas qu’il y ait des victimes et des bourreaux. » 43
La cohérence de la pensée de la domination…
- Sur Wikipédia, on peut notamment lire la concernant :
« […] D'un ton très libre, voire libertin, ses romans sont souvent des plaidoyers féministes défendant le droit des femmes à s’assumer seules. […] » (Cf. Femmes. Humour. Victimes, Pornographie)

Violences (Sade. France Culture) : 2013. Marc Voinchet, (responsable de l’émission quotidienne du matin) à Jouamana Haddad, féministe, pour son livre : Superman est arabe], avoir affirmé qu’elle ne « nuançait pas », auteur de :
« Je crois savoir que (dans les pays arabes) vos livres se lisent un peu - comme les livres du marquis de Sade - sous le manteau ; ça doit vous faire très plaisir… » 44 (Cf. Culture, Féminisme. Antiféminisme, Homme. Journaliste)

Violences (Sade. Jeangène Vilmer Jean-Baptiste) : 2010. Jean-Baptiste Vilmer, dans le Dictionnaire de la violence, publié aux Presses universitaires de France (PUF), présenté comme « philosophe, juriste et politiste français », auteur, concernant Sade, de :
- « Un examen attentif des différentes affaires qui ont conduit à son enfermement, et dont certaines sont bien connues (les débauches outrées de 1763), l’affaire Rose Keller de 1768 et l’affaire de Marseille de 1772) établit que les faits sont très minces : blasphème, violences, sodomie). Rien que de très banal, finalement et personne n’en est mort. » Et de :
« C’est parce que, dans sa vie, rien ne justifie la violence dont il est victime que Sade, dans son œuvre, pourra à son tour être violent, pour rien. » 45
- Pour avoir une lecture féministe de la vie et des écrits de Sade, lire Intercourse et Pornography. Men possessing women 46 d’Andrea Dworkin. (Cf. Féministes. Dworkin Andrea, Proxénétisme. Personne dite prostituée, « Sciences » sociales)

Violences (Sade. Le Monde) : 2014. Jean Birnbaum, responsable du Monde des Livres, en 2014, sous l’intitulé : Sade ou l’érotisme de la pensée, auteur de :
« Le marquis de Sade n'était pas qu'un simple écrivain de la débauche mais un philosophe de la vérité : le ‘Divin Marquis’ donnait du corps aux idées et ‘allumait’ la philosophie. » 47 Écouter la suite : tout serait à citer en matière de [tentatives de] réhabilitation. (Cf. Homme. Journaliste, Pornographie. Niel Xavier. Torture)

Violences (Sade. Miller Alice. Critique de) : 1984. Alice Miller [1923-2010], dans C’est pour ton bien, auteure de :
« Chaque être doit trouver sa forme d’agressivité s’il ne veut pas se changer en docile marionnette entre les mains des autres. Seuls les êtres qui ne se laissent pas réduire au statut d’instrument d’une volonté étrangère peuvent imposer leurs besoins personnels et défendre leurs droits légitimes. » 48 (Cf. Êtres humains, Enfants. Miller Alice)

Violences (Sade. Nadeau Maurice) : 1949. 1953. 1957. Maurice Nadeau [1911-2013], notamment directeur des Lettres nouvelles, évoque concernant les Lettres de Sade, dans un texte publié par Combat en décembre 1949, republié en 2002, « ses idées audacieusement modernes », « la fougue de ses instincts exacerbés par la claustration », « sa magnifique santé intellectuelle qu’entament à peine quelques excusables bizarreries de comportements », « la singularité de sa nature », [ses] « souffrances endurées pour ce qu’il juge être des peccadilles », de « banales affaires de mœurs », son « ardent tempérament »…
- On lit aussi : « Il n’est pas une de ses lettres qui ne soit un chef d’œuvre d’impétuosité, de verve, de force ou d’élégance, qui ne porte les marques confondues d’un écrivain de race et d’un type supérieur d’humanité. »
Universel négationnisme…
- Le même Maurice Nadeau dans un article intitulé Honneur à Machiavel, poursuit dans le N°1 des Lettres Nouvelles en mars 1953, en évoquant « les aventures de sa vie dissolue », [celle de Sade] en la qualifiant d’être « imaginatif et visionnaire », le juger, comme Machiavel, digne de « notre admiration » pour avoir affirmé « la vérité sur l’homme et la société » […], méritant d’être honorés pour leur lucidité, leur courage et l’exemple qu’ils donnent, paradoxalement sans doute, d’une humanité supérieure. »
- Enfin, dans le Mercure de France, en mai 1957, Sade est traité par lui d’« individu singulier » : un très léger début de prise de conscience, d’inquiétude ? 49 (Cf. Culture)

Violences (Sade. Prix) : 2012. Christine Angot, auteure notamment de L’inceste, a obtenu - et accepté - le prix Sade. Celui-ci récompense « un auteur singulier et honnête homme, selon la définition de son siècle. Un authentique libéral qui sera parvenu, par-delà les vicissitudes de la Révolution et l'emprise de l'ordre moral, à défaire les carcans de la littérature comme ceux de la politique. »
- Il existe le prix Sade du premier roman, celui de l’Essai, celui du Livre d’art, celui du Jury, celui du Document. Emmanuel Pierrat (auteur notamment de : La justice pour les nuls) en est président. Juré-es : Catherine Millet, Marie L, Fredéric Beigbeder, Ruwen Ogien [1949-2017] (auteur notamment de : Penser la pornographie), Catherine Robbe-Grillet, Laurence Viallet, Catherine Corringer, Marcella Iacub, Jean Streff et Pierre Leroy.
* Ajout. 30 octobre 2016. Je lis que le livre de Ruwen Ogien [1949-2017], Penser la pornographie, a, lui aussi, en 2004, obtenu le prix Sade. (Cf. Pornographie)

Violences (Sade. Sacher-Masoch Leopold von) : XIXème siècle. Léopold von Sacher Masoch [1836-1893] fut « profondément marqué par la violence des insurrections polonaises que son père (Préfet de police) dut réprimer en 1846 et 1848 […]. »
Toujours y penser lorsque l’on évoque le [sado]masochisme. 50

Violences (Sade. Winock Michel) : 2003. Je lis dans un livre publié par Michel Winock en 2003 alors qu’il se remémore sa vie d’enfant, sa mère, sa famille ouvrière habitant à Arcueil, autour des années 1940, il y évoque « la mémoire du regretté marquis de Sade qui y faisait subir en son temps d’autres supplices » 51 …[que ceux - considérés comme équivalents infligés aux étudiant-es, à la Maison des examens, elle aussi sise à Arcueil].
- Quand cesseront enfin ces réactions irréfléchies qui sont autant de légitimation de la violence, ici nommés pourtant par son auteur, sans ambiguïtés : « supplices », sans pour autant que ce terme ne délégitime le qualificatif de « regretté »
Par qui et pourquoi Sade devrait-il être regretté ? …
Pourquoi tant de d’éloges ?
Pour se justifier de qui, de quoi ?
Pour faire allégeance à qui ? à quoi ? (Cf. Langage, Patriarcat)

IV. Violences à l’encontre des enfants :

Violences à l’encontre des enfants (Béjart Maurice) : 1977. Maurice Béjart [1927-2007], en réaction à une question concernant la dureté et la sévérité des professeur-es de danse, répond, en 1977 :
« Oui, les professeurs de danse étaient très sévères à cette époque-là [celle de son enfance]. Ils le sont encore, d’ailleurs par rapport aux autres. Moi, à l’époque où j’ai commencé la danse, mon professeur me battait. Et (je vais vous surprendre), je trouve que ce n’était pas si mal que ça ! Par exemple, un jour, à la barre, je ne prêtais pas vraiment attention à ce que je faisais. Mon professeur est venu par derrière. Je travaillais le jambes nues : il m’a envoyé un coup de badine sec. J’ai eu pendant un mois une raie noire sur la jambe et je me suis vraiment souvenu du pas que je ne comprenais pas. » 52

Violences à l’encontre des enfants (Bernanos Georges) : 1936. Georges Bernanos [1888-1948], dans le Journal d’un curé de campagne [1936] évoque [des] « marmots souillés, mais non corrompus ». 53
- Je n’arrive pas à expliciter mon malaise…Ou, à l’écrire ?
* Ajout. 21 mai 2017. Quelques lignes plus loin, Bernanos oppose des « maniaques inoffensifs » et « des fous dangereux » : ces oppositions binaires dont on sait aujourd’hui à quel point elles sont fausses et ont été si utiles pour légitimer les violences imposées aux enfants, nous permettent-elles de mieux appréhender le chemin parcouru, près de 80 ans après ?
Mais surtout de ne pas oublier toutes les violences justifiées, tous les adultes cautionnés dans leur bon droit et leur bonne conscience à détruire des enfants… Pour leur bien…

Violences à l’encontre des enfants (Bruckner Pascal, Finkielkraut Alain) : 1982. Lu dans, Au coin de la rue, le livre de Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut ceci :
« L’ordre collectif ancienne manière ne renaît que pour faire la chasse aux amours pédérastiques. Lisez Quand Mourut Jonathan, très simple histoire d’une passion innocente et condamnée entre un jeune peintre et un enfant. C’est parce qu’il est un auteur absolument scandaleux que Tony Duvert [1985-2008] pu écrire un roman d’amour absolument classique. Il est, en tant que pédophile, l’héritier des grands mythes amoureux. Regrettez-vous ces temps barbares et lointains où la foi faisait violence à l’amour ? Désirez-vous connaître l’intensité des passions impossibles ? Une seule solution : éprenez-vous d’un(e) enfant. » 54 (Cf. Penser. Mythe)

Violences à l’encontre des enfants (Buchenwald. 1945) : 1945. Robert Debré [1882-1978], au printemps 1945, désigné [?] comme médecin, ‘visite’ les camps de Buchenwald, Bergen-Belsen et Mauthausen. Il écrit notamment sans s’interroger plus avant :
« À Buchenwald, nous fûmes reçus, si je puis dire, par une fanfare composée de mignons qui faisaient les délices des gardiens : ces garçonnets en uniforme se mettent en rang et veulent nous honorer en jouant un morceau de leur répertoire. » 55

Violences à l’encontre des enfants («Fantasme») : 1919. Dans un texte de 19 pages de Freud [1856-1939], daté de 1919, intitulé : Un enfant est battu, j’ai relevé 115 fois le mot : «fantasme». Le texte à l’avenant… (Cf. Langage, Psychanalyse. Freud)

Violences à l’encontre des enfants (Fessée) : 1959. Lu dans un livre de 1959 consacré aux « missions catholiques en milieu ouvrier » (communément nommés : les « prêtres ouvriers ») :
« Au pseudo-croyant, comme au pseudo convaincu de la mission, il faut administrer des preuves, mais un peu comme on administre une fessée à un gosse : il faut que ça lui entre dans la peau. » 56 (Cf. Famille. Mariage. Catholique)

Violences à l’encontre des enfants (Gide André) : 2017. Éric Marty, éditeur du Journal d’André Gide [1869-1951], dans La Pléiade [Gallimard], auteur de :
« Aujourd’hui, Gide serait en prison. » 57
Une pensée critique claire, qui, libérée du refoulement, de l’hypothèque du non-dit, du conformisme littéraire si mal à l’aise concernant le dénonciation de ses vaches sacrées, peut alors s’autoriser une analyse ample, complexe, subtile, passionnante. (Cf. Culture)
* Ajout. 24 juillet 2018. 1941. Lu dans le Journal de Gide, à la date du 26 juillet 1941 :
« Je sors ravi de ce cours de danse de Catherine [sa fille. 1923-2013] auquel je viens d’assister. […]
Je serais maître de ballet, j’irais racoler sur la plage quelques-uns de ces petits Italiens (Français peut-être), au corps bronzé, que je contemplais hier sur la plage, dont j’admirais la nage élégante et rythmée. Entraînés à la danse, ils paraîtraient si provocants que, par souci des bonnes mœurs, on n’oserait plus les ‘produire’. » 58
* Ajout. 25 juillet 2018. 1942. Gide, dans son Journal, à la date du 3 aout 1942, - il a 73 ans - se remémore « deux nuits de plaisir » vécues à Tunis en juin [1941] avec un jeune homme de 15 ans et qui « n’en parait pas davantage ».
Je n’ai pas l’envie, le courage d’en reproduire le passage. Juste retranscrire ce que Gide écrit : « Tout son être chantait merci.» 59
Dégoût, Honte… (Cf. Êtres humains. Déchets, Enfants. Gide, Prostitution)
* Ajout. 29 juillet 2018. À la relecture de mes notes du Journal de Gide, je retrouve, au cours notamment de l’année 1923, des références à ses relations avec des enfants. Mon malaise, mon dégoût, ma colère l’emportent sur mon désir de vérité, de dénonciation. En voici les dates cependant : 21, 29 juillet, 23 août 1923. (Publié plus tard) (Cf. Enfants. Gide André)

Violences à l’encontre des enfants (Gramsci Antonio) : 1928. Le 5 mars 1928, dans une lettre de prison à sa femme, Antonio Gramsci [1891-1937], après avoir évoqué deux procès à l’encontre d’un père et d’un mère en Italie au début du XXème siècle, «d’une épouvantable cruauté» poursuit, concernant les violences à l’encontre des enfant :
« Il y a là un type de crime qui, dans le temps, était considéré, dans les statistiques annuelles de criminalité comme une singulière exception. Le Sénateur Garofalo considérait la moyenne de cinquante condamnations par an pour de tels délits comme la simple indication d’une tendance criminelle ; les parents coupables réussissaient le plus souvent à échapper à toute sanction, car l’habitude est de porter peu attention à l’hygiène et à la santé des bébés et il y a là un fatalisme religieux fort répandu qui porte à considérer comme une particulière faveur du ciel l’ascension de nouveaux petits anges à la Cour de Dieu. Cette croyance n’est que trop répandue ; et il n’y a rien d’étonnant à la retrouver encore ne serait-ce que sous des formes atténuées et adoucies dans les villes les plus avancées et les plus modernes. » 60 Analyse valable bien au-delà de l’Italie… (Cf. Droit, Enfants, Famille, Justice, Violences Incestueuses. Gramsci Antonio)

Violences à l’encontre des enfants (Langage) : 1758. Ceux que Voltaire [1694-1778] qualifie dans une lettre adressée à Diderot [1713-1784] vers le 5 janvier 1758 de « prêtres sodomites » 61, nous les nommerions aujourd’hui «prêtres violeurs ; agresseurs d’enfants». (Cf. Enfants, Langage, Sexe-s […])

Violences à l’encontre des enfants (Léautaud Paul) : 1926. Paul Léautaud [1872-1956], le 24 décembre 1926, dans son Journal [Littéraire], concernant André Gide [1869-1951] affirme que celui-ci a « toujours dédaigné les ‘honneurs vulgaires’, a toujours visé plus haut. » Et il poursuit :
« Il semble bien qu’on ait voulu à un moment le décorer et qu’il a refusé discrètrement, sans que personne ne le sache. Après cela, Gide est libre de coucher avec des petits garçons si cela lui plait, il est libre de le raconter si cela lui plait également. De là prétendre que c’est ainsi qu’on doit être ? … (ce que je doute fort qu’il y ait dans l’ouvrage de Gide), non, non, non […] » 62 (Cf. Proxénétisme. Léautaud Paul)

Violences à l’encontre des enfants (Le Vasseur Thérèse) : 1765-1770. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778] évoque dans Les Confessions l’enfance de Thérèse le Vasseur [1721-1801] :
« Thérèse était en proye à sa famille [la proie de] […] Il était singulier que la cadette des enfants de madame le Vasseur, la seule qui n’eut point été dotée était la seule qui nourrissait son père et sa mère, et qu’après avoir été longtemps battue par ses frères, par ses sœurs, même par ses nièces, cette pauvre fille était maintenant pillée sans qu’elle pût mieux se défendre de leurs vols que de leurs coups. » 63
On peut, dès lors sans grande crainte de se tromper, qu’elle fut battue aussi par ses parents. (Livre 7) (Cf. Enfants. Rousseau Jean-Jacques, Femme. Mère. Le Vasseur Thérèse)

Violences à l’encontre des enfants (Loi) : 2016. Des député-es, lit-on ce jour, 20 avril 2016, veulent interdire toute forme de violence faites aux enfants, mais « sans imposer de sanctions envers les contrevenants ».
« Il ne s’agit pas de mettre les parents en prison » mais de «poser une interdiction symbolique, éthique. »
Suivi, dans la dépêche de l’AFP, de :
« Quant à la ministre des familles et de l’enfance [Laurence Rossignol], elle a interdit de légiférer sur ce sujet sensible, préférant faire ‘la promotion d’une éducation sans violence’. » 64 (Cf. Politique. État)

Violences à l’encontre des enfants (Lou Andreas Salomé) : 1937. À deux reprises, Lou Andreas Salomé [1861-1937] dans Ma vie, livre qu’elle rédigea au terme de la sienne (entre 1931 et 1937, après donc ses échanges avec Freud), celle-ci Lou évoque les violences à son encontre :
- « […] J’étais souvent une ‘vilaine’ petite fille et j’eus pour cette raison souvent à tâter d’une terrible baguette de bouleau, ce dont je ne manquais jamais de me plaindre avec ostentation au Bon Dieu. Il s’avérait qu’il était tout à fait de mon avis et il était même si courroucé que parfois, dans mes très rares moments de générosité [est ce la bonne traduction du terme ?], je le priais instamment de laisser mes parents se servir de cette baguette. »
- « Encore toute petite, j’avais été momentanément dans l’incapacité de marcher à cause d’un mal passager appelé ‘maladie de croissance’ ; [….] j’étais fière comme une reine d’être portée par mon père, à tel point que cela se termina mal : quand je cessais d’avoir mal, je me gardais bien de le signaler, et mon tendre père, le cœur lourd, mais inflexible, fit usage d’une bonne baguette sur cette même partie de mon corps qui s’était blottie dans ses bras. » 65 (Cf. Êtres humains, Enfants. Miller Alice)

Violences à l’encontre des enfants (Mœurs) : 1978. Lu : « J… 30 ans. […] «victime des faits de mœurs de la part de son père. » 66 (Cf. Langage. Critique de mots. « Faits », Politique. Loi. Mœurs)

Violences à l’encontre des enfants («Pédophile») : Un « pédophile » signifie une personne qui aime les enfants. Remplacer par criminel. La permanence de l’emploi de ce terme : une caution politique d’un déni. (Cf. Famille, Langage, Politique)

Violences à l’encontre des enfants (Prêtres) : (Juillet) 2018. Encore 300 prêtres et plus de 1000 enfants victimes en Pennsylvanie [États-Unis].
Un raz de marée mondial, et pourtant la face immérgée de l’iceberg.
Je pense notamment aux prêtres, dits «missionnaires » dans les pays ex-colonisés.

Violences à l’encontre des enfants (Prytanée) : 2001. Jean Claude Brialy [1933-2007] dont le père était militaire fut pensionnaire au Prytanée [N.B. « Le Prytanée national militaire est l’un des six lycées de la Défense français ». Wikipédia] à la Flèche en 1946. Il avait donc 13 ans et il raconte :
« L’école était dirigée par un colonel et chaque compagnie par un capitaine et un lieutenant. Il y avait des sous officiers, adjudants ou adjudants chefs et des sergents qui faisaient régner l’ordre et la discipline, sans aucune différence entre les enfants et les soldats. Lors de la deuxième année [en 1947], les conditions de scolarité s’étaient durcies. Les punitions et les brimades pleuvaient sur nous et les bizutages par les plus grands étaient fréquents. Nous eûmes droits aux humiliations les plus variées, de la bite au cirage aux coups de ceinturons en passant par l’enfermement au cadenas dans des armoires en fer. » Et aujourd’hui ? 67 (Cf. Politique. Guerre. Tortures)

Violences à l’encontre des enfants Réunionnais en France : Années 1960. 1970. 1980. Un garçon violé par l’homme qui, avec sa femme, l’avait « adopté », concernant son « silence », auteur de :
« J’aurais reçu des coups de pieds au cul des gendarmes si j’avais voulu porter plainte. » 68 (Cf. Enfants. Crime d’état, Famille, Justice, Violences. Viols)

Violences à l’encontre des enfants (Sand George) : 1855. George Sand [1804-1876], dans son Histoire de ma vie, près avoir évoqué les violences exercées sur elle par sa mère, par sa «bonne», écrit :
« Je ne reviendrai plus sur cet insipide sujet ; qu’il me suffise de dire que pendant trois ou quatre ans je ne passai guère de jours sans recevoir à l’improviste quelque horion qui ne me faisait pas toujours grand mal, mais qui chaque fois me causait un saisissement cruel et me replongeait, moi nature confiante et tendre, dans un roidissement de tout mon être moral. » 69

Violences à l’encontre des enfants (Trump Donald) : 2018. Suite à la politique de fermeture des frontières amaricaines décidée par Donald Trump ayant pour conséquences en juin 2018 de séparer environ 2000 enfants, (y compris des enfants de moins de 5 ans) de leurs parents, 70, l’article de Libération intituté Enfants Migrants. Trump face à la honte [20 juin 2018] présente une image des contraditions - et le terme est faible - des décisions incohérentes et terrifiantes de Donald Trump.

Violences à l’encontre des enfants (Vallès Jules) : 1879. Dédicace de Jules Vallès [832-1885] dans Jacques Vingtras (publié sous le pseudonyme de Jean La Rue, en 1879) :
« À tous ceux qui crèvent d’ennui au collège, ou qu’on fit pleurer dans la famille, qui, pendant leur enfance, furent tyrannisés par leurs maîtres ou rossés par leurs parents. » (Cf. Êtres humains, Enfants)

V. Violences à l’encontre des enfants. Infanticides :

Infanticide (Beccaria Cesare) : 1744. Cesare Beccaria [1738-1774], auteur, dans son livre Des délits et des peines, de :
« L’infanticide est le résultat inéluctable de l’alternative où est placée une femme qui a succombé par la faiblesse ou qui a été victime de la violence.
Entre la honte et la mort d’un être incapable d’en ressentir les atteintes, comment ne choisirait-elle pas ce dernier parti plutôt que d’être exposée, avec son malheureux enfant, à une misère certaine ?
La meilleure manière de prévenir ce délit serait de protéger par des lois efficaces la faiblesse contre la tyrannie, qui accuse bien haut les vices qu’on ne peut pas couvrir du manteau de la vertu. » […] 71
- Écrit donc il y a près de quatre siècles. Que n’a t-il été entendu !
- Rarement - sinon jamais - cité dans les éloges de Beccaria. (Cf. Politique. Lois. Vertu, Violences à l’encontre des femmes)

Infanticide (Chine. Shanghai) : Années [19]50. Lu :
« Avant la prise de pouvoir communiste, la municipalité de Shanghai avait un service de voirie spécial constitué de voitures chargées du ramassage régulier de cadavres abandonnés. En ce qui concerne les cadavres d’enfants, les statistiques des années trente à quarante en mentionnaient de cinq à six mille par ans. Une organisation protestante, la Société de Bienfaisance de Shanghai s’était spécialisée dans la recherche de bébés non désirés qu’on trouvait enveloppés dans des chiffons ou de vieux journaux. On parvenait à en réanimer quelques uns. D’autre part, l’orphelinat de la Société de Bienfaisance comportait une sorte de «boite à bébés» [En France, elles étaient nommées «tours»] qui permettait à ceux [et celles] qui ne voulaient pas de leur progéniture d’éviter de les tuer en les déposant dans la boîte. Cela fait, on tirait une clochette et quelqu’un venait recueillir l’enfant sans demander d’explication. »
L’article 13 de la loi de mai 1950 promulguée par Mao postulait : « Il est strictement interdit de noyer les nouveaux nés ou de commettre d’autres crimes similaires. » (Cf. Droit, Femmes. Charité, Famille, Patriarcat) 72

Infanticides (Frédéric II, roi de Prusse) : 1777. Frédéric II, roi de Prusse [1712-1786], écrit le 11 octobre 1777 à Voltaire [1694-1778] pour lui faire part de ses idées concernant la justice pénale ; il affirme notamment qu’il « valait mieux empêcher et prévenir les crimes que de les punir. »
Il poursuit, après avoir précisé qu’en 1777, il n’y a eu « que quatorze, tout au plus quinze arrêts de morts » [5.220.000 habitants en Prusse, la France en comptant alors 20 millions] :
« Parmi ces délinquants, la plus part sont des de[s] filles qui ont tué leurs enfants, peu de meurtres, encore moins de vol de grands chemins. Mais parmi ces créatures qui en usent si cruellement envers leur postérité, ce ne sont que celles dont on a pu avérer le meurtre (sic) qui sont exécutées. J’ai fait ce que j’ai pu pour empêcher ces malheureuses de se défaire de leur fruit […] Il y des maisons dans chaque province, où elles peuvent accoucher, et où l’on se charge d’élever leurs enfants. […]
Je suis même maintenant occupé de l’idée d’abolir la honte jadis attachée à ceux qui épousaient des créatures qui étaient mères sans être mariées. […] » 73 (Cf. Droit, Justice, Femmes. Mères, Patriarcat. Hommes. Pères, Violences à l’encontre des femmes)

Infanticide (Histoire) : 1979. Une intervenante (non nommée) lors du colloque organisé par Choisir : Choisir de donner la vie, auteure, le 5 octobre 1979, de :
« Quand on fait de l’infanticide une pratique des femmes pauvres, seules et misérables, et en tout cas les historiens hommes font ce travail-là et je crois qu’on peut citer Monsieur Flandrin [Jean-Louis. 1931-2001] parmi ceux-là, on crée parallèlement l’image de la femme mariée, honnête et bonne, et essentiellement bonne mère, c’est à dire, celle qui ne tue pas son enfant. » 74 Pas faux, mais rapide ? (Cf. Histoire, Historiographie. Patriarcale)

Infanticide (Mère) : 2014. Comment une société, une justice…peuvent-elles oser condamner une femme, souvent une toute jeune fille, alors qu’elle a porté l’enfant d’un autre pendant neuf mois, si souvent seule à elle-même, et à laquelle n’a été présentée d’autre alternative que celle d’être réduite à tuer son propre enfant, à sa naissance ?
* Ajout. 15 octobre 2014. Une jeune lycéenne de 18 ans, ayant accouché seule dans l’appartement où elle vivait avec sa famille, a « jeté » le bébé « né viable » par la fenêtre. « Elle dit qu'elle a eu un trou noir. Elle se souvient d'avoir tenu l'enfant mais ne sait plus ce qui s'est passé après. » Elle a été mise en examen pour « homicide sur mineur de moins de 15 ans, placée sous mandat de dépôt et écrouée ». 75 Dernière touche de l’ignominie, on lit, dans cet article, ce constat qui valait condamnation, que « dans l'après-midi [après l’accouchement]» elle est ensuite allée « faire du shopping dans un centre commercial avec sa mère et sa sœur.»
On note par ailleurs qu’il n’est question dans cette dépêche ni de son père, ni du père du bébé, pas plus que de la responsabilité de quiconque. Coupable, absolument seule coupable, en prison, toujours seule, quelques jours après avoir accouché. À 18 ans. (Cf. Femmes. Seules, Famille. Mariage, Justice)

Infanticide (Mère. Esclavage) : 1840-1850. Lu dans Les Lettres sur l’esclavage ‘écrites entre 1840 et 1850, de l’Abbé Casimir Dugoujon [? -?] :
« En passant par le Pointe-à-Pitre, j’ai rencontré dans la rue une sorte de rassemblement ; l’arrestation d’une négresse qui venait de noyer ses deux petits enfants à elle y avait donné lieu. Le capitaine du bateau qui m’a transporté à la Basse Terre m’a beaucoup parlé de ce tragique événement. Il m’a dit que la mère a noyé ses deux petites créatures dans un endroit où il n’y avait presque autre chose que de la vase ; qu’elle les a retenues sous ses genoux jusqu’à ce qu’elles soient asphyxiées, et qu’elle-même se serait noyée si on n’était pas arrivé assez à temps pour l’en empêcher. Quel motif, demandez-vous, a pu porter une mère à une action si atroce ? On ne m’a rien dit de précis sur ce point, et les interrogatoires qu’elle a subis n’ont rien produit de clair. Quant à moi, je pense que ce double infanticide est le fruit de l’amour maternel mal entendu. La négresse du P. Dutertre refusa de devenir épouse de crainte de devenir mère, disant : «Je me contente d’être misérable dans ma personne, sans mettre au monde des enfants qui seraient peut-être plus malheureux que moi et dont les peines me seraient plus sensibles que les miennes propres.» Celle-ci, ayant eu la malheur de devenir mère, a cru que le plus grand service qu’elle pouvait rendre à ses enfants serait de leur arracher la vie que son sein maudit leur avait donnée. » […] (Pour la suite, lire la note 1.) 76

Infanticide (Michelet) : 1863. 2014. Jules Michelet [1798-1874) nommait, dans La sorcière, l’infanticide : « le crime monastique ». 77
* Ajout. 4 juin 2014. Lu dans Le Monde. 4 juin 2014 : « Près de 800 squelettes de bébés découverts dans un ancien couvent en Irlande ».
Et, dans Le Figaro, 4 juin 2014 : « Les restes de 800 enfants localisés dans une fosse commune en Irlande. Le dit couvent était «géré» par les Sœurs catholiques du Bon Secours qui ‘accueillait’ des ‘filles mères et leurs bébés nés hors mariage’. » (Cf. Femmes. Avortements, Bons Pasteurs, Famille)

Infanticide (Père) (1) : Depuis des siècles, il est postulé que le père de l’enfant n’est pas concerné par l’infanticide de la mère. Le terme n’est d’ailleurs que rarement employé lorsque les pères assassinent leurs enfants ; il est vrai que ‘leur’ femme est souvent alors, elle aussi, assassinée. Et lorsqu’il tue femme et enfants, le terme d’infanticide est rarement employé. (Cf. Famille, Langage, Patriarcat. Père)

Infanticide (Père) (2) : 2014. Une mère, en 2014, a été condamnée à 15 ans de prison pour infanticide. Elle est accusée d’avoir tué un enfant de 2 mois et d’avoir frappé son autre enfant, un an plus tard, victime de plusieurs fractures. À la fin de la dépêche AFP, on lit :
« Le père, un militaire d'un régiment de Dieuze (Moselle), avait pour sa part fini par accuser sa compagne lorsqu'il avait été entendu par les enquêteurs, en affirmant qu'elle aurait été ‘capable’ de se livrer à des violences sur leurs enfants. » 78 (Cf. Patriarcat. Père)

Infanticide (Père) (3) : 2014. En Australie, une mère, accusée d’avoir tué sept de ses huit enfants, âgés de 18 mois à 15 ans, ainsi qu’une de ses nièces, a été arrêtée. À la fin de l’article du Figaro, on lit pour toute analyse :
« Le compagnon de la femme, qui ne serait pas le père des enfants, vit au même domicile, selon Sky News Australia dont la présentatrice a fondu en larmes à l'annonce de ce fait divers. » 79 (Patriarcat. Père)

Infanticide (Procès. Tunisie) : 1914. Annie Goldmann évoquant la vie de trois générations de femmes juives Tunisiennes, évoque sa grand-mère mère, Juliette, née en 1880, première avocate Tunisienne, qui, autour de 1914 (mais sans date précise), « avait fait gagner (acquitter) une femme qui avait tué son bébé parce qu’elle n’avait pas de mari ». 80 (Cf. Justice. Procès, Justice. Patriarcale, Histoire)

Infanticide (Revendication) : Ne plus jamais condamner, envoyer en prison une jeune femme qui, accouchant seule, tue à la naissance l’enfant qu’elle a mise au monde. Je n’ai pas actuellement en tête les arguments qui fondraient, qui légitimeraient cette revendication, mais je la ressens sinon comme juste, du moins comme relevant de la simple humanité, pour ne pas employer le terme plus faible et politiquement plus critiquable [ ? ] de compassion. Qui, en effet en imaginant - faute de pouvoir entendre, de pouvoir écouter ces femmes - les conditions dans lesquelles celle-ci ont été enceintes, puis ont accouché, peut prétendre à autre chose que de tenter d’abord de les comprendre ? Si tel était le cas, il faudrait alors poser toutes les responsabilités qui seules expliquent cette naissance, et ce, à tous les niveaux où elles doivent l’être. Mais, à y réfléchir plus avant, la nécessité de la condamnation de ces jeunes filles, de ces jeunes femmes ne s’explique-t-elle justement pas par ces refus de poser les questions politiques et morales concernant ces ‘crimes’ ? Il faut les condamner par effet, par nécessité de cache, et ce d’autant plus il s’agit bien d’un ‘crime’ dans l’immense majorité des cas, commis par les seules femmes. (27 octobre 2014) (Cf. Droit, Patriarcat)
* Ajout. 10 mars 2016. Peut-on employer le même terme : «infanticide» pour une mère qui, le plus souvent seule, y compris à en subir les immenses conséquences, dans le bouleversement que représente un accouchement, tue, à la naissance, un nouveau-né - qui faisait partie d’elle-même, qui était-elle même - et le meurtre, l’assassinat d’un enfant ? Non. (Poursuivre)

VI. Violences à l’encontre des enfants. Violences incestueuses :

Violences incestueuses (Inceste) : Terme évacuant toute idée même de violence.
- Évoquer « un père incestueux » ? Non : « un père ayant violé sa fille ».
- Peut être vanté sur France Culture sans provoquer de réaction du Parquet.
- Entendu (19 août 2012) : « Une relation incestueuse qui se transforme en viol. » (Cf. Langage. Sujet)

Violences Incestueuses (Dolto Françoise) : 1979. Réponses, en 1979, de Françoise Dolto [1908-1988] à Choisir :
«- Choisir : Mais enfin, il y a bien des cas de viol ? F. Dolto : «Il n’y a pas de viol du tout. Elles sont consentantes.»
- Choisir : Quand une fille vient vous voir et qu’elle vous raconte que, dans son enfance, son père a coïté avec elle , que lui répondez-vous ? F. Dolto : «Elle ne l’a pas ressenti comme un viol. Elle a simplement compris que son père l’aimait et qu’il se consolait avec elle, parce que sa femme ne voulait pas faire l’amour avec lui.» […]
- Choisir : D’après vous, il n’y a pas de père vicieux et pervers ? F. Dolto : «Il suffit que sa fille refuse de coucher avec lui, en disant que ça ne se fait pas, pour qu’il la laisse tranquille.»
- Choisir : Il peut insister ? F. Dolto : «Pas du tout, parce qu’il sait que l’enfant sait que c’est défendu. Et puis le père incestueux a tout de même peur que sa fille en parle. En général, la fille ne dit rien, enfin pas tout de suite. » 81 (Relations entre êtres humains. Aimer. « Faire l’amour »)

Violences Incestueuses (Ferré Léo) : 1967. Entendu ce jour sur Radio Libertaire 82 une chanson ignoble de Léo Ferré intitulé Petite et dont le premier couplet était :
« Tu as des yeux d'enfant malade / Et moi j'ai des yeux de marlou / Quand tu es sortie de l'école / Tu m'as lancé tes petits yeux doux / Et regardé pas n'importe où / Et regardé pas n'importe où» et le dernier était : «Ah! Petite, Ah! Petite / Tu peux reprendre ton cerceau / Et t'en aller tout doucement / Loin de moi et de mes tourments / Tu reviendras me voir bientôt / Tu reviendras me voir bientôt / Le jour où ça ne m'ira plus / Quand sous ta robe il n'y aura plus / Le Code pénal ».
Et cette « Petite » fut suivie d’une autre chanson dont le refrain, répété, était :
« On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre… et les cuisses de la fermière» : étant rajouté in fine - au nom de l’égalité, sans doute …- « et les cuisses du fermier, alors !» dit par ailleurs sur une haute fausse voix d’un supposé homosexuel.
- Les anars, les libertaires tapent avec aisance et souvent si justement sur tout le monde (ou presque) ; peu, sinon jamais, sur la si grossière et si conservatrice, réactionnaire, phallocratie régnant en leur sein, assumée avec si peu d’inquiétudes. Aujourd’hui, pour moi, odieuse.
- Quant à briser leur admiration (si peu critique) pour une malheureuse chanson… (Cf. Culture. Patriarcat)

Violences Incestueuses (Gramsci Antonio) : 1934. Antonio Gramsci [1891-1937], dans un texte écrit en 1934, cite une enquête parlementaire faite en 1911 concernant le Sud de l’Italie (Les Abruzzes et la Basilicata) selon laquelle « on trouve l’inceste dans 30 % des familles » et il poursuit : « Il ne semble pas que cette situation ait changé jusqu’à ces dernières années. » 83 (Cf. Enfants, Famille, Justice)

Violences Incestueuses (Langage) (1) : 2014. Lu, à l’annonce d’une intervention, le 20 novembre 2014, dans une Faculté :
« Les incesteurs incestent [...] ». (Cf. Langage)

Violences Incestueuses (Langage) (2) : 2015. Lu dans Le Figaro en 2015 :
« Elle aimait son papa, mais pas au point qu’il l’inceste. L’inceste avec papa, c’est pas vrai. » 84
De la signification politique, notamment, de l’emploi d’un verbe intransitif. Et ce, aggravé par la réalité du terme d’« inceste » qui, en lui-même n’est porteur d’aucun jugement de valeur, n’est signifiant d’aucune violence, d’aucun rapport de domination. (Cf. Langage)

Violences Incestueuses (Langage) (3) : Un-e enfant-e n’est pas « né d’un inceste » : il/elle est l’enfant d’une mère violée par son père (ou grand père, ou…) (Cf. Langage)

Violences Incestueuses (Lolita) : 1955. Lolita, auteure, dans le livre du même nom, de : « Le mot juste est inceste. » 85
* Ajout. 19 février 2018. Curieusement, lors de l’émission de France Culture intitulée, Écrire l’amour, La rencontre, deux personnes, à la suite l’une de l’autre, affirment, sur un même ton laissant peu de doutes à la véracité de leur jugement, que Lolita est « le plus grand roman d’amour du XXème siècle » ; et sans grand rapport avec le sujet supposé de l’émission. 86

Violences incestueuses (Mythe) (1) : L’interdit de l’inceste : un mythe, donc faux. Cette assertion légitimée, avec tant de légèreté et tant d’assurance, par tant d’ethnologues, de psychanalystes, a eu pour effet, sinon pour fonction, d’en cacher la réalité, d’en détourner l’attention, d’invalider la parole des victimes, de perpétuer le pouvoir des agresseurs. (Cf. Penser. Mythe, Patriarcat, Anthropologie, Psychanalyse)

Violences incestueuses (Mythe) (2) : La pseudo règle-universelle-de-l’inceste présuppose que l’interdit soit respecté. Par ailleurs si le père ne devait pas épouser sa fille, rien n’interdise qu’il ne la violât ; et ce d’autant plus aisément que le système familial - patriarcal - est fondé sur l’appropriation des femmes et ne confère pas de statut à l’enfance. (Cf. Êtress humains, Enfants, Femmes, Famille, Patriarcat, Anthropologie. Ethnologie. Lévi-Strauss, Psychanalyse)

Violences Incestueuses (Négation. Freud Sigmund) : 2012. Jeffrey Masson, auteur, en 2012, de : […] :
« Pendant des années, Freud [1856-1939] a pensé que ses patientes avaient été victimes d'abus sexuels pendant leur enfance. Devenues femmes, elles enduraient les séquelles de ce traumatisme. Il a appelé "théorie de la séduction" l'hypothèse suivant laquelle ces souffrances (il utilisait le terme "hystérie") étaient la conséquence de traumatismes sexuels précoces. Nous savons depuis les années 1980 que ce n'est pas seulement une hypothèse, mais une triste réalité qui affecte la vie de très nombreux enfants.
Puis, quelque part entre 1897 et 1903 (date de la première rétractation publique de l'hypothèse de la séduction), Freud a changé d'avis. Ces abus, affirmait-il, n'ont pas eu lieu et ne sont que le fruit de l'imagination, des ‘pulsions’, de fantasmes d'abus traduisant un désir inconscient. Ainsi, l'adulte était innocent. Ou du moins c'est ce qu'il se disait. Cette nouvelle doctrine a autant plu aux confrères de Freud que la précédente leur avait déplu.
Ce revirement a permis à Freud de sortir de son isolement professionnel et de connaître la gloire. Des années plus tard, Freud a déclaré que la psychanalyse troublait le sommeil du monde. Possible.
Pourtant, en niant la réalité des traumatismes sexuels, Freud a permis au monde de garder les yeux clos sur ce point...
Pourquoi s'est-il rétracté ? Les psychanalystes, en accord avec de nombreux critiques de la psychanalyse, avancent que c'est parce qu'il a compris que ses patientes n'avaient en fait jamais subi d'abus sexuels.
Mon livre raconte une tout autre histoire : contrairement à ce qu'il affirmait publiquement, Freud a longtemps continué à croire en la réalité des abus sexuels. J'ai eu la chance qu'Anna Freud, sa fille, me laisse lire des lettres de Freud à Fliess jusque-là tenues secrètes, qui démontrent sans équivoque ce que Freud pensait. Pourquoi est-il passé de "je crois les enfants" à "je crois que les enfants inventent des histoires" ? Nous n'aurons sans doute jamais de réponse définitive.
Pour ma part, je crois que Freud s'est trouvé dans une position trop inconfortable vis-à-vis de ses collègues, et de toute la société viennoise d'ailleurs. Il aurait fallu un courage formidable pour demeurer du coté des victimes innocentes face à leurs agresseurs, un courage que personne n'avait jamais eu à cette époque.
[…] » 87 (Cf. Psychanalyse)

Violences incestueuses (Pères) : Combien de viols incestueux, tapis dans l’ombre, sous couvert de l’expression d’« attachement excessif au père » ? (Cf. Patriarcat. Pères)

Violences Incestueuses (Saint-Phalle Niki de) : 1994. Niki de Saint-Phalle [1930-2002], dans un livre intitulé Mon secret [1994. Éditions de la Différence], auteure de :
« Ce même été, mon père, il avait 35 ans, glissa sa main dans ma culotte comme ces hommes infâmes dans les cinémas qui guettent les petites filles. J’avais 11 ans […] » Après avoir évoqué les viols qui suivirent, elle écrit :
« Mon père avait sur moi le terrible pouvoir de l’adulte sur l’enfant. J’avais beau me débattre, il était plus fort que moi. Mon amour pour lui se tourna en mépris. Il avait brisé en moi la confiance en l’être humain. Que cherchait-il ? Là aussi, ce n’est pas simple. Le plaisir, il pouvait le trouver ailleurs. Non ! C’est l’interdit et c’est la tentation d’un pouvoir absolu sur un autre être qui exerçait un fascination vertigineuse sur lui. Il existe dans le cœur humain un désir de tout détruire. Détruire, c’est affirmer qu’on existe envers et contre tout. […] » 88 Tout lire. (Cf. Culture, Êtres humains, Patriarcat. Pères)

VII. Violences à l’encontre des femmes :

Violences à l’encontre des femmes (1) : Cette formulation qui, un temps, s’avéra une grande avancée, s’est révélée, insuffisante, inappropriée ; en effet, elle n’évoque que des victimes (nommées) ; dès lors, faute de nommer les auteurs, elle peut justifier que ces violences soient une succession d’effets sans cause. On comprend mieux dès lors que, sous ce couvert, dans cette confusion, tant d’analyses, tant de [projets de] lois les ont confortées. 89
Par ailleurs, en aucun cas, il n’est possible de considérer que des lois présentées comme devant lutter contre les violences faites aux femmes puissent être synonymes de lois concernant «la violence de genre».
La loi espagnole de 2004 «relative aux mesures de protection intégrale contre la violence de genre», si souvent vantée notamment par les féministes françaises (mais l’ont-elles vraiment, précisément, rigoureusement lue ?) est une loi extrêmement dangereuse [au spectre d'autant plus large que le terme de «genre» ne veut rien dire et ne peut donc être défini] laquelle, entre autres innombrables critiques, enferme toutes les femmes dans un statut juridique spécifique, hors champs de la loi commune, du droit commun… (Cf. droit, Justice, Langage. Genre, Violences. Patriarcales)

Violences à l’encontre des femmes (2) : On a dit : « Mort aux juifs » et hommes, femmes et enfants juifs furent tués. On ne dit pas « Mort aux femmes », mais les femmes sont néanmoins tuées. Partout.

Violences à l’encontre des femmes (3) : L’assassinat est la preuve ultime, la seule irréfutable, du pouvoir du meurtrier sur sa victime.

Violences à l’encontre des femmes (Aditayanath Yogi) : 2018. Emmanuel Macron fit une croisière en bateau le 12 mars 2018 à Bénarès avec le Yogi Aditayanath, moine-ministre Hindou de l’Uttar Pradesh ; le concernant, dans un reportage de Libération en date du 4 avril 2017, on lit :
« On voit sur la vidéo d'un meeting ses disciples appeler les Hindous à ‘déterrer les cadavres des femmes musulmanes pour les violer’. » 90
N.B. Cette injonction est considérée par Libération comme relevant de la « provocat[ion] »…

Violences à l’encontre des femmes (Brésil. XIXème siècle) : 1850. Madame Toussaint-Samson [1826-1911], dans son livre, Une Parisienne au Brésil, raconte qu’elle avait rencontré à Rio (vers 1850) un Français de 35 ans, pianiste, fort «pâle», bien que non malade. Il lui est dit qu’il avait tué à bout portant, sa femme, française elle aussi, chanteuse au Théâtre de Rio, laquelle courtisée par un jeune docteur de la ville, Français lui aussi, devint sa maitresse. La fin de l’histoire’ (vraie), telle que vécue par l’auteure du livre :
« Il fut se constituer prisonnier. Après avoir subi un jugement, absous de par la loi, il était demeuré dans le pays, où il rencontrait à chaque pas celui qui l’avait déshonoré. Il avait eu le triste courage de tuer la femme et n’avait pas celui de tuer l’homme. Tout souillé de son crime, portant depuis, comme un stigmate éternel, cette pâleur cadavérique, il continuait cependant à venir jouer chaque soir des quadrilles et des polkas pour faire danser la jeunesse brésilienne, son crime l’ayant en quelque sort, mis à la mode. […] ».
Et elle poursuit :
« Ce récit me glaça ; mes yeux ne pouvaient se détacher de cet homme qu’on plaignait généralement, tandis que moi, je ne trouvais pour lui, en le regardant, que cette seule parole : «Lâche ! » […] 91 (Cf. Femme. Auteure. Adèle Toussaint-Samson, Droit, Justice, Patriarcat, Histoire)

Violences à l’encontre des femmes (Buckingham Duc de) : 1675-1677. Je lis dans les Mémoires du Cardinal de Retz [1613-1679], rapportant ce que Madame de Chevreuse [1600-1679] lui avait dit, « elle, qui avait été la seule et véritable confidente de la jeunesse » [de la Reine Anne d’Autriche, 1601-1666, mère de Louis XIV, régente]. Selon Madame de Chevreuse :
« Le seul homme qu’elle [Anne d’Autriche] avait aimé avec passion avait été le duc de Buckingham [1592-1628] ; qu’elle lui avait donné rendez vous, [en 1625 ?] une nuit, dans le petit jardin du Louvre ; que Madame de Chevreuse qui était seule avec elle, s’était un peu éloignée, elle entendit du bruit comme de deux personnes qui se luttaient : que s’étant approché de la Reine, elle la trouva fort émue, et Monsieur de Buckingham à genoux devant elle ; que la Reine, qui s’était contentée ce soir, de lui dire, en remontant dans son appartement, que tous les hommes étaient brutaux et insolents, lui avait commandé, le lendemain au matin, de demander à Monsieur de Buckingham si i était bien assuré qu’elle en fut pas en danger d’être grosse ; que, depuis cette aventure, elle, Mme de Chevreuse, n’avait eu aucune lumière, d’aucune galanterie de la Reine […] ».
Plus loin, le Cardinal de Retz rapporte, toujours selon Mme de Chevreuse, que : « Buckingham lui avait dit autrefois qu’il avait aimé trois reines, qu’il avait été obligé de gourmer toutes trois. » 92 [Gourmer, selon Le Littré : Battre à coups de poings, faire souffrir, maltraiter, battre. Violer ? ]

Violences à l’encontre des femmes (Collomb Gérard) (1) : (23 août) 2018. Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, auteur (concernant un homme qui avait, le matin même, assassiné trois femmes, dont sa mère et sa sœur) :
« Il avait un problème psychiatrique important. » 93 (Cf. Psychanalyse. Psychiatrie, Violences. Déni, Patriarcales)

Violences à l’encontre des femmes (Collomb Gérard) (2) : (6 septembre) 2018. Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur - devant un tableau affichant une croissance de +23 % [sur les 7 premiers mois de 2018 par rapport à la même période en 2017] des « violences à l’encontre des femmes » - qui, dit-il, « explosent » - les présente comme étant des « violences non crapuleuses. » 94
Ce sont des dizaines d’années d’apports féministes à la pensée qui manquent à cet homme (comme à tant d’autres hommes «politiques ») d’un autre siècle. (Cf. Droit, Justice, Homme. «Politique», Féminisme, Penser

Violences à l’encontre des femmes (Coutume) : Ce que l’on nomme : «la coutume» - ou du moins, ce au nom de laquelle tant violences ont été commises - est responsable de plus de morts de femmes que tous les assassins considérés comme tels depuis des siècles. Plus que la loi ?

Violences à l’encontre des femmes (Création d’un « Observatoire ») : Proposer la création d’un observatoire des violences à l’encontre des femmes est un mépris des recherches féministes jusqu’alors effectuées ; une injure faite aux femmes, faite aux associations ; une justification des dites violences auxquelles la réponse donnée est : résignez vous à ce que l’on vous viole, vous frappe, vous injurie, vous assassine, jusqu’à nouvel ordre. Vous, continuez à mourir. Nous, on [vous] observe.

Violences à l’encontre des femmes (« Crime d’honneur ») : Ne concernerait, à en croire la presse, que les hommes des pays arabes/musulmans. À croire que ‘les autres’ ne commettraient pas de crime et/ou n’auraient pas d’honneur ; à moins qu’ils ne les qualifient autrement : de ‘passionnels’, par exemple ? N’aurait donc rien à voir avec l’un quelconque des crimes dont les femmes sont quotidiennement les victimes en Occident.
Par ailleurs, cet dénomination - sans relation, à ma connaissance, avec aucun code pénal existant - est, en sus, une caution de facto de tous les codes de statut personnel, de toutes les lois ‘familiales’, toutes les lois patriarcales, toutes les lois religieuses, l’exception confirmant la règle. (Cf. Droit. Patriarcal, Famille. Code de la famille)

Violences à l’encontre des femmes (Criminels de paix) : Infiniment plus nombreux que les criminels de guerre.

Violences à l’encontre des femmes (David-Neel Alexandra) : 1912. Alexandra David-Neel [1868-1969] dans une lettre à son mari, en date du 12 février 1912, évoque les violences à l’encontre des femmes universitaires françaises au tournant du XXème siècle, notamment à la Sorbonne :
« […] Tu ne vis pas dans ces milieux, tu ne peux pas te douter de quoi sont capables certains hommes, leur haine du féminisme gagnant chaque jour du terrain. Ceux qui, dans ma jeunesse, s’efforçaient, dans les couloirs étroites et les escaliers en tire-bouchons de la vieille Sorbonne, de nous serrer entre les portes et le mur ou de nous faire tomber du haut des marches, qui, gracieusement, enfonçaient dans le tête des jeunes filles assises devant eux leurs épingles de chapeaux et leur donnaient des coups de pieds quand ils se trouvaient les dominer sur un gradin supérieur de l’amphi, ceux-là ont grandi et certains ont persévéré dans le même esprit. Est-ce que la police n’a pas dû, plusieurs fois, en ces temps-là, charger pour protéger les étudiantes en médecine qu’on avait gentiment commencé à assommer à coups de pieds de bancs ? Tu as peut être toi-même entendu parler de ces choses, en ta jeunesse et peut être as tu trouvé drôle et réjouissant cette façon de traiter des femmes pas riches qui avaient l’impudente audace de vouloir demander leur gagne pain à autre chose qu’à leur sexe ? […] » 95 (Cf. Homme. «Intellectuel», Féminisme. Antiféminisme, Patriarcat)

Violences à l’encontre des femmes (Dire…) (1) : Dire les violences, ce n’est pas les dénoncer ; dénoncer, ce n’est pas demander justice ; demander justice, ce n’est pas obtenir justice ; obtenir justice, ce n’est pas dénoncer ce qui produit ces violences. On peut longtemps parler «dans le vide», pas même celui même du son d’un écho…
Le monde des «psy», du moins celui qui se limite à cette demande de « parole », n’est, sauf exceptions, ni féministe, ni pacifiste ; en retarde-t-il l’avènement ?

Violences à l’encontre des femmes (Dire…) (2) : Ce ne sont pas tant les violences infligées qui sont les plus difficiles à dire que celles subies et tues. Les premières relèvent en effet de l‘exclusive responsabilité de celui / celle qui les imposent ; dans les secondes, les victimes, volens nolens, en sont nécessairement partie prise, partie prenantes ; en subissant ces violences, elles en deviennent, peu ou prou, malgré elles, à leur encontre victimes et parties prenantes. (À prolonger)

Violences à l’encontre des femmes (Dumas. Alexandre, fils) (1) : 1872. Alexandre Dumas, fils [1824-1895], auteur [à un homme] en 1872, de :
« Et maintenant, si malgré tes précautions, tes renseignements, ta connaissance des hommes et des choses, ta vertu, ta patience et ta bonté, si tu as été trompé par des apparences ou des duplicités; si tu as associé à ta vie une créature indigne de toi ; si, après avoir vainement essayé d’en faire l’épouse qu’elle doit être, tu n’as pu la sauver par la maternité cette rédemption terrestre de son sexe ; si, ne voulant plus t’écouter, ni comme père, ni comme ami, ni comme maître, non seulement elle abandonne tes enfants, mais va, avec le premier venu, en appeler à d’autres dans la vie, lesquels continueront sa race maudite en ce monde ; si rien ne peut empêcher de prostituer ton nom avec son corps, si elle te limite dans ton mouvement humain ; si elle t’arrête dans ton action divine ; si la loi qui s’est donné le droit de lier s’est interdit celui de délier et se déclare impuissante, déclare toi, personnellement, au nom de ton Maître, le juge et l’exécuteur de cette créature. Ce n’est pas la femme, ce n’est même pas une femme ; elle n’est pas dans la conception divine, elle est purement animale : c’est la guenon du pays de Nod, c’est la femelle de Caïn ; - Tue-là. » 96
- Du même, concernant les Communardes : « Nous ne dirons rien de leurs femelles, par respect pour nos femmes à qui elles ressemblent quand elles sont mortes. » 97 (Cf. Culture, Êtres humains, Relations entre êtres humains. Haine des femmes, Femmes. « Femelles » Hommes. Proudhon, Histoire, Sexes […] )
- Ni cité, ni évoqué par Wikipédia.

Violences à l’encontre des femmes (Dumas. Alexandre, fils) (2) : Lu ce jugement de la Princesse de Metternich [1836-1921] concernant Alexandre Dumas fils [1824-1895] :
Il « voyait le monde plus laid qu’il ne l’est réellement, il s’acharnait à découvrir sous toute action un mobile bas, les femmes lui semblaient dénuées de toute élévation de sentiments et il avait pour le genre humain en général un profond mépris. […]
Il creusait à plaisir dans le cœur humain et n’en retirait que des déchets. » Puissant. (Cf. Êtres humains. « Déchets») 98

Violences à l’encontre des femmes (Enquêtes) (1) : Toutes fausses. 99 Le plus grave est que l’on ait pu penser qu’elles pussent ne pas l’être. Plus grave encore : chaque violence passée au tamis d’une quantification - impossible - efface un peu plus encore la mémoire des victimes. C’est à chacune d’entre elles qu’il faut redonner vie.
* Ajout. 22 juin 2015. Pour élargir, approfondir le constat, Cf. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778] :
« Les quantités morales manquant de mesures précises, fût-on d’accord sur le signe, comment l’être sur l’estimation ? » 100

Violences à l’encontre des femmes (Enquêtes) (2) : Lu, concernant les violences dites conjugales, sous l’intitulé : Nécessité de cerner l’ampleur du phénomène :
« L’absence de données statistiques homogènes et fiables constitue une entrave à la prise de décision publique en matière d’aide aux victimes et de prévention. » 101
- Et l’absence de connaissance du nombre ‘homogène et fiable’ des victimes des guerres dans le monde a t-elle gêné, retardé, handicapé, interdit les pensées et les mobilisations pacifistes ?

Violences à l’encontre des femmes (Équivalence) : 2016. Entendu hier (29 septembre 2016) sur France Culture :
« […] Le déferlement de violences peut être aussi le fait des femmes » ;
« [...] Les hommes souffrent d’avantage sinon plus que les femmes » ;
« […] Les femmes sont responsables aussi, beaucoup, de la violence des hommes ».
102 Comparer les dominé[e]s avec les dominant[e]s, c’est nier la domination.
Et tout ça cautionné au nom de la «culture»…(Cf. Culture, Patriarcat. Domination masculine)

Violences à l’encontre des femmes (« Erreur ») : 2015. Après dénonciation par la droite, F.N incluse, Yacine Chouat, nommé par Jean-Christophe Cambadélis, le 20 juin 2015, secrétaire national adjoint du PS en charge de l’intégration, démissionne, le 21 juin. Il avait été condamné en 2010, puis en 2011 en appel, pour «violences conjugales aggravées sur conjointe».
Il déclare « avoir commis une erreur » - et non une faute, une condamnation, une violence qu’il aurait pu regretter - affirme que « la justice est passée » et « avoir payé sa dette ».
Quelle est la nature de cette « dette » ? À qui l’aurait-il payé ? La justice lui aurait-elle signé une reconnaissance de dette ? Une condamnation vaut-elle excuse, engagement ? Où est enfin l’analyse politique ? Et il termine ainsi :
« C'est avec tristesse que je constate que dans la France d'aujourd'hui on n'a pas droit à une deuxième chance quand on est musulman.» Quel amalgame honteux ! 103 (Cf. Justice, Patriarcat)
- Le Parisien évoque pour sa part « une erreur de casting ». 104

Violences à l’encontre des femmes (« Fantasmes ») : Peut aisément remplacer les ‘pulsions’. Très utiles, surtout pour les avocat-es des assassins. (Cf. Violences à l’encontre des enfants. « Fantasme »)

Violences à l’encontre des femmes (France. Années 1920) (1) : 1972. Lu, dans le livre intitulé : Histoire de Michèle :
« […] Les cris, les coups, dans le quartier, personne ne s’en inquiétait… on disait : ‘Tiens, c’est la mère machin qui dérouille’, et puis.. c’est tout. Personne ne se mêlait des affaires des autres. » 105

Violences à l’encontre des femmes (France. 1944) (2) : (3 juin) 1944. Jean Guéhenno [1890-1978] note dans son Journal :
« Hier Paulhan [1884-1968] nous a conduit à Luna-Park (parc d’attraction situé près de la Porte Maillot). Si l’on peut juger d’un monde aux plaisirs qu’il se donne, celui où nous vivons est affreux. […] Nous nous promenions parmi les jeux de balles ou d’anneaux, quand soudain, voici ce que nous avons vu : sur un lit, à peine recouvert d’un drap, une femme à peu près nue ; elle nous regardait approcher ; elle avait l’air d’un bête ; elle est là, couchée tout le jour. Au dessus d’elle une cible ; le plus habile, en lançant une balle, se fait reverser le lit et tomber la femmes. C’est là, ce qu’on peut voir, à Paris, en 1944. […] Comme nous nous en allions, la femme est sortie de son lit, s’est habillée, et a traversé la place en dansant une gigue égrillarde. Nous avons pu voir que c’est une pauvre idiote. Je ne saurais dire si cela a augmenté ou diminué notre dégoût. » 106

Violences à l’encontre des femmes (France. 2016) (3) : (20 octobre) 2016. Info Le Parisien, relayée par l’AFP, reprise par Le Figaro sous le titre : «Une lycéenne dépouillée et jetée dans la Seine» :
« Une lycéenne de 17 ans a été violemment agressée puis poussée dans la Seine vers 21h mercredi soir à Paris alors qu'elle était en train de pique-niquer, révèle le Parisien. Alors qu'elle était en train de pique-niquer sur un banc du quai d'Orléans, sur l'île Saint-Louis, cinq jeunes, quatre garçons et une fille, l'ont abordée. Ces derniers lui ont d'abord demandé une cigarette puis de l'argent avant de devenir de plus en plus agressifs. La jeune femme raconte avoir été ‘giflée’ puis avoir reçu ‘des coups de poing et des coups de pied’. À terre, l'un des agresseurs lui volent son sac tandis que les autres la poussent dans la Seine. Puis partent en courant. La lycéenne parvient à sortir de l'eau et a composé le numéro des pompiers. Mais son portable ayant pris l'eau, la conversation est rapidement coupée. Elle sera finalement aidée par une passante. Transportée à la Pitié Salpêtrière, la jeune femme a porté plainte jeudi. Les cinq agresseurs ont disparu, non sans lui avoir volé son sac à dos avec ses cours mais aussi son portefeuille avec ses papiers d’identité, ses cartes bancaires, de cantine, de bibliothèque. Ils sont toujours recherchés. » 107

Violences à l’encontre des femmes (France. 2018) (4) : (1er août) 2018. AFP :
« Un homme a abattu hier sa compagne de 32 ans en pleine rue, à Saint-Christophe-les-Alès (Gard) avant de se suicider avec la même arme. […]
Il s’est écroulé à quelques mètres de sa compagne qui était aussi la mère de ses deux jeunes enfants. » 108 Sur France Inter (Journal de 15 heures), j’entends :
« Le couple était déjà connu pour des violences conjugales. »

Violences à l’encontre des femmes (Frémiot Luc) (1) : 2012. 2014. Luc Frémiot, Procureur, en s’adressant à Alexandra lange qui fut, après son réquisitoire, et les plaidoiries de ses avocates, acquittée de l’accusation de crime (de son mari) après avoir défendu son droit à sa vie et à celle de ses enfants, auteur de :
« C’est la guerre que vous avez vécue… » ; « C’est cela être juge : se mettre à la place des autres » ; « Elle a toujours été seule. Aujourd’hui, je ne veux pas la laisser seule » ; « Vous n’avez rien à faire dans une cour d’assises, Madame. » 109
- À quand la poursuite de ceux et celles qui l’ont laissée « seule », avec ses enfants, sous les coups et les tortures pendant plus dix ans ? Non : à quand la mise en œuvre de réelles ruptures politiques et donc traduites juridiquement, afin que, plus jamais, pour quiconque, aucune vie ne puisse ressembler à la sienne et à celle vécue par ses enfants ?
* Ajout. 20 janvier 2014. Du même Luc Frémiot, concernant les violences qu’il nomme « intrafamiliales » : « En 2003, cela n’intéressait personne. » 110
Par quels processus en arrivons-nous si souvent à nier ce qui ne nous concerne pas personnellement ?

Violences à l’encontre des femmes (Frémiot Luc) (2) : Luc Frémiot, concernant le procès de Jacqueline Sauvage déclara :
« Ce n’est pas le droit qui doit évoluer, ce sont les consciences. » 111
Triste, si triste que la parole d’un magistrat qui, un jour, prit une position neuve et courageuse, et dont celle-ci a alors d’autant plus de valeur, de l’entendre justifier l’injustifiable, à savoir que le droit doit rester tel qu’en lui-même.…(Cf. Droit, Femmes. Dénis de l’histoire des femmes et du féminisme, Hommes. Solidaires des femmes en lutte, Justice, Légitime défense, Sauvage Jacqueline. Juger la justice)

Violences à l’encontre des femmes (Front National) : 2016. Frédéric Boccaletti, responsable du Front National, proche de Marion Maréchal Le Pen, a dénoncé, dans un communiqué, la participation de Joe Starr à la deuxième édition du Pointû Festival le 21 juin prochain, sur l'île du Gaou. On lit :
« Cet artiste, dont la violence n'a d'égale que la lâcheté, a été condamné à de multiples reprises pour avoir battu plusieurs femmes [...] Joey Starr, engagé politiquement à l'extrême gauche et grand donneur de leçons devant l'Éternel, n'est autre qu'une honte pour sa profession et une insulte vivante pour toutes les femmes victimes de violences. » 112
Un jour ou l’autre, les silences / cautions de la gauche, de la droite, des médias et de tous ceux et celles qui justifient les violences contre les femmes, politiquement, se paient et sont utilisés par le Front National. Faut-il notamment rappeler la responsabilité de Joey Starr, en tant que membre du Groupe NTM (Nique ta mère) ? Quant à la liste de ce que Wikipedia nomme ses «démêlés avec la justice», pour violence ou incitation à la violence, elle est impressionnante.
Tant que, en la matière, ces silences ne seront pas dénoncés, tant que toutes les cautions qui ont été depuis si longtemps apportés à tant d’écrivains, d’artistes, de politiques ne seront pas dénoncés, les attaques contre le Front National, qui ouvre ici un nouveau front, dont les féministes au premier chef devraient s’inquiéter, seront très largement inopérantes. (Cf. Droit. Droits de femmes, Politique. Front National)

Violences à l’encontre des femmes (Gifle) : « Partez à la première gifle » entendons-nous régulièrement. Non : c’est trop tard. Quand alors ? Quelques exemples : Quand il boude sans explications ; Quand il vous manifeste son agacement suite à un échec qui lui est propre ; Quand il hausse le ton ; Quand il ouvre la porte de votre chambre (ou de la chambre commune alors que vous y êtes) sans frapper ; Quand il est servi sans dire merci ; Quand il ne vous écoute, ni ne vous entend, ni ne vous répond (ou vous renvoie la question, ou vous répond ‘à côté’) ; Quand il ne se rend pas compte de votre fatigue ; Quand il vous fait des compliments qui sonnent (sont) faux ; Quand il vous dissuade sans argument de prendre des initiatives ; Quand il vous laisse démunie dans une situation difficile ; Quand il vous laisse seule organiser un projet censé commun ; Quand il vous fait remarquer le coût de la faveur qu’il vous accorde ; Quand il vous fait une remarque désobligeante ; Quand il fait des commentaires (critiques) sur votre corps, votre apparence, vos vêtements ; Quand il n’est pas heureux de vos succès ; Quand il ne se soucie pas de la contraception que vous avez choisie ; Quand il fait des promesses qu’il ne tient pas ; Quand il vous fait travailler pour lui, comme si cela était normal ; Quand il est en retard, s’absente sans vous prévenir, sans vous en informer ; Quand il raconte à d’autres, sans votre accord, un de vos échecs ; Quand il suggère une décision qui ne vous laisse que peu de choix ; Quand il prend une décision qui vous concerne sans en avoir discuté préalablement et avoir obtenu votre agrément ; Quand il vous compare à sa mère, à votre mère ; Quand il vous parle sans précautions de son, de ses ex compagnes ; Quand il dénigre vos ami-es (et/ou quand vous vous rendez compte que vous les voyez plus) ; Quand il juge, jauge une autre femme sur des critères qui vous déplaisent car ils sont, selon vous, blessants ; Quand il critique (bêtement) les féministes ; Quand il se décharge sur vous de la gestion du quotidien ; Quand il vous impose son menu, son émission, son projet ; Quand il vit sur votre dos ; Quand il ment ; Quand il vous interdit quoi que ce soit, fût-ce une ‘futilité’ ; Quand il fait état sans honte, sans regret, sans engagement ultérieur de relations avec des personnes prostituées. D’autres exemples ? À suivre…
N.B. Ces illustrations (à l’exception du dernier) valent pour chaque partenaire d’un couple (femme incluse), et quelle que soit la nature, la durée dudit couple.

Violences à l’encontre des femmes (Godard Jean-Luc) : 1973. Jean-Luc Godard, auteur de :
« Moi, ce qui me gêne dans Le dernier tango à Paris, ce n’est pas du tout qu’on voit Marlon Brandon beurrer le cul de … comme ça.. Je trouve très bien. On devrait même le voir plus longtemps et mieux l’expliquer, pourquoi et comment, et comme ça… » 113 (Cf. Culture. Cinéma. Patriarcale, Enfants. Godard Jean-Luc, Femme. Artiste. Goya Chantal, Homme. Grossier)

Violences à l’encontre des femmes (Guy Gilbert) : 2013. Guy Gilbert, auteur de :
« J’ai été très heureux, enfant. J’ai eu quelque chose de souverain : j’ai été aimé par un homme et par une femme. Mon père, un homme très strict, un peu macho, un peu…Les branlées de mon père, je m’en souviens ! Ma mère (15 enfants), une femme pleine d’amour, de miséricorde, de patience. Un équilibre de l’homme et de la femme très important... » 114
- « Les branlées », « l’amour », et « l’équilibre »…L’amour…

Violences à l’encontre des femmes (Hugo Victor) (1) : 1859. Victor Hugo [1802-1885], dans Les pauvres gens, auteur de :
« J’ai mal fait. S’il me bat, je dirai : Tu fais bien. » 115

Violences à l’encontre des femmes (Hugo Victor) (2) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les misérables, évoque la mère Hucheloup qui se plaignait notamment de la démolition de son cabaret en juin 1848. Courfeyac lui promet de la « veng[er] ». Et Victor Hugo poursuit :
« La mère Huchloup, dans cette réparation qu’on lui faisait, ne semblait pas comprendre beaucoup son bénéfice. Elle était satisfaite à la manière de cette femme arabe qui, ayant reçu un soufflet de son mari, s’alla plaindre à son père, criant vengeance et disant : Père, tu dois à mon mari affront pour affront. Le père demanda : sur quelle joue as-tu reçu le soufflet ? - Sur la joue gauche. Le père souffleta la joue droite et dit : - Te voilà contente. Va dire à ton mari qu’il a souffleté ma fille, mais que j’ai souffleté sa femme. » 116 (Cf. Famille. Patriarcat. Permanence)

Violences à l’encontre des femmes (Hugo Victor) (3) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les misérables, le jour du mariage de Marius et de Cosette, rapporte les propos du grand bourgeois royaliste Mr. Guillenormand qui se souvient notamment de son passé :
« Ah ! vertu-bamboch ! qu’il y en avait donc de charmantes femmes, à cette époque-là, et des minois, et des tendrons ! J’y exerçais mes ravages. [...] »
N.B. Je lis, sans l’avoir vérifié dans le livre, qu’il « aurait eu deux bâtardes avec des servantes. » 117 (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage)

Violences à l’encontre des femmes (Landru Désiré) : 1921. Colette [1873-1954], chroniqueuse judiciaire, assistant le 8 novembre 1921 au procès d’André Désiré Landru [1869-1922], accusé de l’assassinat d’au moins onze femmes, auteure de :
« A-t-il tué ? S’il a tué, je jugerais que c’est avec ce soin paperassier, un peu manique, admirablement lucide, qu’il apporte au classement de ses notes, à la rédaction de ses dossiers. A t-il tué ? Alors, c’est en sifflotant un petit air, et ceint d’un tablier par crainte de taches. Un fou sadique, Landru ? Que non. Il est bien plus impénétrable, du moins pour nous. Nous imaginons à peu près ce qu’est la fureur, lubrique ou non, mais nous demeurons stupides devant le meurtrier tranquille et doux, qui tient un carnet des victimes et qui peut-être se reposera, dans sa besogne, accoudé à la fenêtre et donnant du pain aux oiseaux. Je crois que nous ne comprendrons jamais rien à Landru, même s’il a tué. »
- En 2016, on comprend mieux… (Cf. Justice)

Violences à l’encontre des femmes (Manifestation du 24 novembre 2018) : 2018. Pour une présentation de cette manifestation, à l’initiative de Nous toutes, cf. les 13 textes publiés par le Bulletin de la Marche Mondiale des femmes N° 361 le 23 novembre 2018, à laquelle ajouter le texte, publié le 24 novembre par le Huffigton Post, intitulé Pourquoi nous ne marcherons pas aux côtés de Nous toutes, dont le sous-titre était :
« Par notre absence à cette marche, nous souhaitons appeler chacune et chacun à éclaircir ses positions et ses soutiens. »
- Concernant la manifestation, la plus grande confusion politique délibérément entretenue dont les organisatrices sont responsables - n’a pu que logiquement favoriser les plus antiféministes, les soutiens du proxénétisme, le Strass au premier chef, qui ont pu défiler au-devant du cortège.
L’absence de toute critique de la politique menée par Emmanuel Macron, par Madame Belloubet, par Christophe Castener, par Marlène Schiappa, liée à l’absence de toute revendication, ne pouvaient que les réjouir.
- Les femmes victimes de violences se sont vues jeter, en guise de remerciements, le 25 novembre 2018, l’annonce du dépôt de plainte sur internet, présentée comme « le lancement d’une plateforme de signalement des violences sexuelles », déjà depuis longtemps évoquée - et par ailleurs, en aucun cas, une avancée. Plus encore, une décision, lourde de graves conséquences. Quant au premier ministre il a osé affirmer : Cette plateforme, « c'est le premier des jalons, technique et politique, pour éradiquer les violences sexistes et sexuelles. Désormais quelques clics peuvent aider chacune à prendre un nouveau départ : pour soi, pour sa famille. Et peut-être pour éviter le pire. » 118
N.B. Les liens entre les « Gilets jaunes » et les revendications féministes (définies sur une base claire) : la critique de l’injustice et celle de l’État ; l’exigence de dignité, de respect, de justice, la fin des privilèges, de tous les privilèges.

Violences à l’encontre des femmes (Martin-Fugier Anne) : 2009. Intituler en 2009 un livre concernant l’assassinat en 1847 de la duchesse de Choiseul-Praslin, « Une nymphomane vertueuse » est, sans même évoquer la rigueur intellectuelle, choquant : une injure - une de plus - faite à une femme, mère de dix enfants, humiliée, massacrée par un mari odieux.
- Et l’éternel argument que, si souvent, l’on évoque en la matière : « c’est l’éditeur qui l’a décidé/imposé » ne peut être invoqué ; sauf à s’abstraire de toute référence à la liberté individuelle d’accepter ou de refuser un titre, comme à toute analyse politique. 119 (Cf. Femme. Remarquable. Choiseul-Praslin. Duchesse de, Histoire. Langage. Adjectif, Historiographie. Patriarcale)

Violences à l’encontre des femmes (Message au répondeur de Là-bas si j’y suis) : 2013. « J’ai horreur du lynchage, mais horreur ! […] Parfois je me dis que si j’avais vécu pendant la seconde guerre mondiale, et, qu’en mon absence, ma femme avait couché avec un allemand, avec des allemands, j’aurais certainement eu envie de la tuer. C’est humain. Mais je crois que j’aurais encore eu plus envie de tuer ceux qui ont tondu des femmes à la Libération. […] »
De la non-valeur des équivalences…(Cf. Homme. Journaliste, Mermet Daniel) 120

Violences à l’encontre des femmes (Meyer Daniel) : 1985. Daniel Meyer [1909-1996], interrogé en 1985 sur son itinéraire politique évoque son embauche à 24 ans au Populaire, journal du parti socialiste :
« Le 24 juillet 1933, un ouvrier d’Argenteuil a tué sa femme. C’est la première affaire…On faisait les chiens écrasés… C’est la première affaire dont je me suis occupé. […] » 121
- C’est donc, après avoir été Président de la Ligue des droits de l’homme [De 1958 à 1975] puis de la FIDH [De 1977 à 1985] et Président du Conseil Constitutionnel [De 1983 à 1985], qu’il pourra toujours évoquer les assassinats de femmes comme relevant de la rubrique « chiens écrasés ».

Violences à l’encontre des femmes (Mutilations sexuelles) : 2016. Entendu ce jour (31 octobre 2016) qualifier les mutilations sexuelles de : « coutume ancestrales violentes ». 122 Au lieu et place de : « tortures patriarcales ». (Cf. Sexe-s […] Sexuel, Violences. Patriarcales)

Violences à l’encontre des femmes (Nationalisme / Impérialisme) : En Occident, en France en l’occurrence, la carte de la dénonciation occidentale des violences faites aux femmes dans le monde ressemble souvent étrangement à celle des États sur lesquels l’Occident a jeté son dévolu. (Reprendre, prolonger) (Cf. Féminisme. Féministes. Occidentales, Femmes. Voilées, Politique. Nationalisme)

Violences à l’encontre faites aux femmes (Négation / Négationnisme) (1) : 2014. Dans Libération, en juin 2014, Philippe Grangereau présente la lutte de femmes, de féministes Chinoises en soutien à Lu-i Yan. Celle-ci, violentée par son mari, l’avait tué. Condamnée à mort en 2011, une décision en cassation avait cassé le jugement]. Il écrit ensuite : « À titre comparatif, en France, une trentaine d’hommes qui abusaient leurs conjointes ont été assassinées par celles-ci (statistiques de 2006). Mais en Chine, c’est un véritable problème de société. […] » 123. (Cf. Homme. Journalistes, Politique. Nationalisme)

Violences à l’encontre des femmes (Négation / Négationnisme) (2) : 1988. Alexandre Zinoviev [1922-2006], dans son livre Les confessions d’un homme en trop, décrit ainsi la pénétration de l’Armée soviétique en Allemagne, à la fin de la Deuxième guerre mondiale :
« L’Allemagne nous fit la plus heureuse impression également par le nombre de femmes prêtes à nous accorder leurs faveurs, des fillettes d’une douzaine d’années aussi bien que des vieilles femmes. On prétend aujourd’hui que l’armée soviétique s’est rendue coupable d’un nombre considérable de viols en Allemagne. D’après ce que j’ai pu voir de mes propres yeux, l’affirmation est absurde. Lorsque nous entrâmes en Allemagne, les Allemandes avaient déjà été presque toutes violées, si tant est qu’elles aient réellement résisté. Pour la plupart, elles avaient des maladies vénériennes. Dans notre armée, le viol était sanctionné de la cour martiale. Les wagons des syphilitiques étaient verrouillés de l’extérieur et les ouvertures fermées de fil de fer barbelé. Dans un village où nous étions logés chez l’habitant, le maître de maison vint personnellement mettre à notre disposition sa fille et sa petite fille. Il tenait à la main une feuille où avait déjà été signalé ceux qui avaient bénéficié de son ‘hospitalité’. Les allemands se sentaient complices d’Hitler et coupables de crimes perpétrés par leur armée en Union soviétique et s’attendaient au même comportement de la part des Soviétiques. Leurs complaisances, sans bornes, commençaient par le corps de leurs femmes. Et nos soldats ne laissèrent pas échapper les occasions, à tel point que le nombre de ceux qui furent contaminées est impossible à établir. » 124
- En sus de l’ignominie de ce texte, il importe ici de noter que, dans la préface de l’édition française, Zinoviev est présenté, sans autre commentaire, comme « un des grands logiciens contemporains ». (Cf. Homme. « Un homme à Berlin »)

Violences à l’encontre des femmes (Pardon) : 2015. En Algérie, en date du 4 mars 2015, le projet de loi (voté) portant amendement du code pénal pour renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes discuté à l’Assemblée Nationale Algérienne (APN) prévoit « des sanctions envers l’époux coupable de violences contre son conjoint ayant entraîné une incapacité temporaire, un handicap permanent ou une amputation », mais les poursuites sont abandonnées, « si la victime décide de pardonner à son conjoint ». Cette loi, et cet article qui ouvre la voie à toutes les pressions exercées sur l’épouse qui eut un temps, la force, le courage de dénoncer les violences exercées sur elle, fut votée en l’état.
Lu sur le courrier des lecteurs/trices d’El Watan :
« Qui sont ces députés qui résistent au projet ? et... à qui appartiennent ces voix qui se sont élevées pour encourager le pardon, la docilité en cas de violences conjugales ? On veut les noms de ces adeptes de la violence et qui, ironie du sort, siègent à l'APN. » 125 (Cf. Justice. Pardon, Politique. Élections)

Violences à l’encontre des femmes (Polanski Roman) : 2017. Je lis en août 2017 qu’une « troisième femme accuse le réalisateur d’agression sexuelle ». Je souhaite [ou pense nécessaire, je ne sais] rappeler ce souvenir qui ne m’a jamais quittée.
En 1985, je passais des vacances en Tunisie, à Hammamet, dans la maison d’une amie cinéaste tunisienne. Pendant la journée, elle travaillait dans le cadre du film que tournait alors Roman Polanski, Pirates, un film franco-tunisien [présenté à Cannes en mai 1986]. Et le soir, lorsqu’elle revenait, elle nous disait, choquée, que des jeunes filles [« très jeunes » me souvient-il, sans en être totalement sûre] venues par avion des États-Unis arrivaient sur les lieux du tournage, lesquelles ne venaient pas pour les besoins du film, mais selon elle, pour lui… (Cf. Culture. Viol)

Violences à l’encontre des femmes (Robin Muriel) : (octobre) 2018. Muriel Robin, l’actrice qui incarna Jacqueline Sauvage dans le téléfilm intitulé Jacqueline Sauvage, C’était lui ou moi [TFI. 1er octobre 2018] fut à l’origine d’un appel - signé de 88 « personnalités du monde du spectacle » - au président de la République publié dans Le Journal du Dimanche, le 22 septembre 2018, intitulé : Sauvons celles qui sont encore vivantes, dont on peut noter qu’on a connu revendications plus subversives. Un appel était lancé pour une manifestation devant le Palais de Justice de Paris, le 6 octobre. On peut y lire :
« Je fais une confiance totale au Président de la République […] »
Je l’avais préalablement entendue lui demander de « mettre le dossier au-dessus de la pile ». Quant aux revendications, toutes déjà cent fois avancées : augmentation des budget des associations, formation obligatoire pour tous les métiers de loi, hébergement des femmes, refonte de la loi sur la légitime défense, médiation pénale… 126 Et une fois encore donc, l’essentiel est occulté. (Cf. Droit, Femme, « Politique ». Schiappa Muriel, Justice)

Violences à l’encontre des femmes (Roudinesco Élisabeth) : (novembre) 2018. Élisabeth Roudinesco, dans Le Monde, écrit notamment concernant Metoo :
« Que de sombres prédateurs (sic) aient été poursuivis en justice, voilà une belle victoire contre la barbarie. Mais cela ne doit pas nous interdire de critiquer les dérives d’un tel mouvement. Car la confession publique (sic) n’est jamais un progrès en soi.
Jamais une explosion de rage ( ! ) , fut-elle nécessaire ( ! ) ne doit devenir un modèle de lutte ( ! ) contre les inégalités ( ! ) et les maltraitances ( ! ).
Nul ( ! ) ne peut nier les exigences d’un droit fondé sur des preuves et le respect de l’intimité ( ! ).
Les usagers (sic) des réseaux sociaux ne sauraient se substituer ( ! ) aux magistrats ( ! ) pour jeter en pâture à l’opinion publique des bourreaux ou des criminels ( ! ) […]. »
- J’aurais aimé trouver la formulation la-plus-distante-subtile-non-méprisante-mais-néanmoins-critique : je ne l’ai pas trouvée. J’écris donc sans aucune distance : Lorsque l’on ne connait manifestement ni le droit, ni la justice, ni les hashtags (Balance ton porc ; Metoo) ce que l’on est censée condamner, ni les violences que ceux-ci expriment, il vaut mieux ne pas mettre sa signature sur un texte public.
Que Le Monde n’a pas à se vanter d’avoir publié.
N. B. La suite de l’article démontre qu’elle ne connait pas non plus le-s « féminisme-s» 127 (Cf. Féminisme. Antiféminisme, Psychanalyse)

Violences à l’encontre des femmes (Rues de Paris) : 2000-2002. Vécu : Entre 2000 et 2002, un homme, dans les rues de Paris, m’avait dit : « Tu es moche » ; un autre m’avait donné, sans mot dire, un violent coup sur le corps ; un troisième cracha sur moi et un quatrième, enfin, m’avait traitée de «salope». Tout cela, sans échange verbal et sans me connaître.

Violences à l’encontre des femmes (Sand George) : George Sand [1804-1876] écrivit à Marie d’Agoult [1805-1876] concernant son mari - dont elle cherche auprès de la « justice » à divorcer - qu’« il a[vait] eu l’heureuse idée de vouloir me tuer un soir qu’il était ivre. » (Cf. Justice. Juges. Sand George) 128

Violences à l’encontre des femmes (Silence des femmes) : Les femmes s’épuisent à maintenir les façades (depuis longtemps fissurées) d’un fonctionnement de conventions sociales considérées comme devant être la norme (laquelle n’a jamais existé) ; elles se ruinent à tenter et si souvent réussissent à cacher le spectacle que les hommes violents (maris, compagnons, amants, enfants, agresseurs..) peuvent ou non présenter et donner d’eux-mêmes, et dès lors aussi d’elles-mêmes. Leur mise à mort progressive, si souvent efficace, dans le droit fil des violences qui leur sont infligées, n’a souvent pas d’autres explications à leur poursuite que leur volonté de les cacher. Et c’est ainsi que, en dépit de tant de hurlements, la mise au silence des femmes perpétue le règne de la terreur. (Cf. Femmes. Silence, Norme)

Violences à l’encontre des femmes (Trump Donald) : 2018. Donald Trump écrit dans un tweet, le 10 février 2018, après que deux conseillers de la Maison Blanche aient été accusés de violences par leurs ex-épouses :
« Des gens voient leur vie détruite et brisées par de simples accusations. Certaines sont vraies et certaines sont fausses. Certaines sont vieilles et certaines sont récentes. Quelqu’un qui est faussement accusé ne peut pas s’en remettre, sa vie et sa carrière sont finies. Il n’existe donc plus de procédures équitables ? » 129 (Cf. Justice, Patriarcat. Affaire Weinstein)

Violences à l’encontre des femmes (Voltaire) (1) : 1770. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée, le 21 novembre 1770, à Joseph Vasselier [1735-1778] concernant la mort de Claudine Rouge écrit :
« On dit qu’il n’est pas rare qu’à Lyon on jette les filles dans le Rhône après avoir couché avec elles. » 130
N.B. Le 25 juin 1767, une jeune fille de 18 ans, Claudine Rouge, disparaît à Lyon. Cinq jours plus tard, à environ neuf lieues de Lyon, sur les bords du Rhône, des pêcheurs découvrent le corps déjà en partie décomposé d'une jeune fille. Bien qu'alertés, ni les officiers d'état civil, ni les autorités religieuses, ne daignent se déranger pour constater le décès et prendre les mesures nécessaires pour disposer du corps ; le soir, les pêcheurs décident donc de l'enterrer eux-mêmes là où ils l'ont trouvé, sur la plage, au pied d'un saule. Pour la suite, Cf. Alain Nabarra, ‘Les rapports que nous font les hommes’. Voltaire et l’affaire Lerouge. 131 (Cf. Justice)
* Ajout. 4 mai 2018. 1771. Voltaire, dans une lettre en date du 7 juin 1770 adressée à Élie de Baumont, [1732-1786] écrit que : « jeter [un] corps dans le Rhône est assez commun à Lyon », puis, dans une lettre écrite vers décembre 177I à un inconnu, il écrit : […] [que] « jeter [un] cadavre dans le Rhône, ce qui n’est que trop commun dans la ville de Lyon.» 132

Violences à l’encontre des femmes (Voltaire) (2) : 1774. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée, le 25 février 1774, au comte d’Argental [1700-1788], concernant Beaumarchais [1732-1799], accusé ‘d’avoir assassiné deux femmes’, écrit :
« Un homme vif, passionné, impétueux, peut donner un soufflet à sa femme, et même deux soufflets à ses deux femmes, mais il ne les empoisonne pas. »
Beaumarchais, en possession de cette lettre, publie cette note :
« Je certifie que ce Beaumarchais-là, battu quelques fois par des femmes, comme la plupart de ceux qui les ont bien aimées, n’a jamais eu le tort honteux de lever la main sur aucune. » 133
Brevet de ‘bonne conduite’ envers les femmmes. Entre hommes. Sur quels fondements ? quelle connaissance ? (Cf. Patriarcat)

VIII. Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage :

Violences à l’encontre des femmes (Droit de cuissage) : « Elles y passaient toutes […] », entendait-on, sans excès de révolte…
- Et si tout [ou presque…], en matière de compréhension du monde, n’était qu’une question de point de vue, d’analyse, et était donc lisible - et donc dénonçable - par le langage ? (Cf. Langage, Patriarcat)

Par ordre alphabétique. Droit de cuissage :

Droit de cuissage (Aubry Martine) : 1970. Martine Aubry raconte son stage à France soir - elle est alors en seconde année de licence - et comment elle fut reçue par Pierre Lazareff [1907-1972] :
« Il m’a dit : ‘Ici, il faut coucher avec les hommes du marbre [les typographes] et ça se termine par moi’. J’ai découvert une ambiance incroyable, les filles se faisaient pincer les fesses, la misogynie était terrible et gauloise, certaines en jouaient, comme ailleurs, encore plus qu’ailleurs. Cette coquetterie masochiste donne une très mauvais image de la presse, ces femmes journalistes nous font du mal à toutes ; elles entretiennent le machisme. » 134 (Cf. Patriarcat)

Droit de cuissage (Auguste) : 1er siècle après J.) Lu, concernant Auguste, empereur Romain [63 avant J-C- 14 après J-C], dans Suétone (écrit entre 112 et 122 après J-C) :
« […] Quant aux plaisirs, il y fut toujours attaché, et plus tard même, dit-on, sa passion fut de déflorer les jeunes filles, que sa femme elle même faisait venir pour lui d’un peu partout .» 135 (Cf. Famille, Proxénétisme)

Droit de cuissage (Balzac. Honoré de) : 1845. Honoré de Balzac [1799-1850] écrit le 7 octobre 1845 à Madame Hanska [1801-1882] :
« Chez Rothschild, c’est allé comme de cire ; seulement en apprenant que je me mêlais du trousseau d’une D[emoise]lle, il m’a fait la délicate plaisanterie de me demander (comme il l’avait fait pour Lirette [Henriette Boriel, devenue religieuse]) si j’avais le droit du Seigneur, et alors je lui ai dit : - Vous parlez ainsi de gens qui sont au-dessus de nous comme le soleil est au-dessus de vos écus ! …
Il a senti sa bêtise et a ordonné de faire mes affaires le plus avantageusement possible. Cet homme n’a pas la conscience de ce qu’il dit, dès lors qu’il est hors de son commerce. » 136 (Cf. Économie)

Droit de cuissage (Belgique) : 1966. En Belgique, à l’usine Herstal - la F.N. - une ouvrière se rappelle les régleurs :
« Quand elles ne voulaient pas, ils mettaient sa machine en panne et elles ne touchaient que le minimum. » Une autre se rappelle les chefs « qui gueulaient ».
Il n’en faut souvent pas plus - et souvent moins - pour licencier, sauf si l’on était ‘gentilles’…137

Droit de cuissage (Bistula Maria) : 1931. Lettre adressée, le 21 septembre 1931, par Maria Bistula, «bonne de ferme» Polonaise en Indre et Loire à Julie Duval, inspectrice de la main d’œuvre immigrée (Ministère de l’Agriculture) :
« […] Il y a un malentendu entre moi et le fils du patron. Je travaille ici depuis sept mois et, pour la chose, il ne m’a pas laissé tranquille du tout, mais il est venu chez moi et moi je n’ai pas réussi à le repousser, il m’a prise de force en me criant dessus et il m’a violée. Qu’est ce que je vais devenir maintenant, pauvre de moi, je vais me pendre et me noyer. Parce que je n’ai pas d’autre issue. Où aller ? Et lui, ça l’a fait rire quand je lui ai dit. Le 20 octobre il part à l’armée et moi je reste. Que vais-je faire ? […] » 138

Droit de cuissage (Chaunu Pierre) : 1982. L’historien Pierre Chaunu [1923-2009], présente un gentleman farmer, célibataire, un hobereau exploitant ses terres, entre Valogne et Cerbour, Gilles de Gouberville qui laissa un journal quotidien et qui fut l’objet par lui d’un travail historique de recherches, présenté sur France Culture en 1982.
Interrogé par Jean Montalbetti (dont la question n’est pas reprise) il s’explique en la matière :
- Réponse : « Là, il faut bien le noter, nous sommes avant la réforme catholique. Naturellement, la réforme catholique ne va pas modifier totalement et fondamentalement les mœurs et les comportements… Parce que ça… bon…l’attirance de l’être humain pour l’autre sexe fait partie de notre nature biologique et avant même… fait partie de notre nature sociale.
Mais il est inconstatable que… devant ces problèmes…Encore que, encore que…je vous fait remarquer justement qu’entre la verdeur et la pudeur du bocage, je choisis la pudeur du bocage. Car je vous fait remarquer que Gouberville parle de ces choses, de ces accrocs avec beaucoup de pudeur.
- Réaction. Mais en même temps, il y a des scènes de débauche, en compagnie de Simonet.
- Réponse : Oui, non, mais, écoutez, il le note, il le note d’une phrase et en caractère grec.. Oui, il est allé foutre, etc.,…selon l’expression. Oui, l’expression est très verte, qu’est ce que vous voulez, mais il dit bien ce qu’il a fait. Il est mort à 57 ans et demi et, mon dieu, bien qu’il n’ait pas été marié, ce malheureux Gouberville, n’a pas vécu comme un moine idéal du Désert de la Thébaïde.
Question / constat : Il exerce aussi un droit de cuissage sur les paysannes de son visage…
Réponse : Un silence…Ecoutez, modérément….Autant qu’on puisse le savoir, modérément…Et vraisemblablement avec …Non, écoutez, ce n’est pas un droit de cuissage généralisé. Disons, qu’il a eu quelques amours ancillaires.
C’est quand même pas…. Vous avez noté qu’il ne frappe pas les femmes. De toutes façons, Gouberville n’est pas un faune déchaîné…Les quelques scènes dans les fossés, c’est pas lui qui est directement en cause. Bon, écoutez, il a le comportement d’un homme de son temps, et d’un homme - vous me permettrez l’expression, je le mettrais avec des gros guillemets - mais enfin c’est un homme normal. C’est quelqu’un qui a une nature, qui n’est peut être pas volcanique, mais enfin, bon, c’est un mâle. Enfin, c’est un homme. D’autre part, Il ne se contrôle pas toujours. Il reconnaît qu’il a eu des accrocs. Enfin, il laisse passer ces accrocs…Mais, justement, nous sommes en 1450…1560. C’est vraisemblablement le fait majeur, le fait presque troublant, le fait presque hallucinant de la réforme catholique. C’est finalement le fantastique effort qui a été fait - entre en gros en 1580, 1590 et 1670, 1680 - pour contrôler les pulsions sexuelles. Et vous avez alors là vu chuter d’un manière très considérable, les naissances illégitimes. Mais là, nous sommes avant. Alors, ça ne veut pas dire encore une fois que c’est considéré comme une chose bien, remarquable. On n’en est pas très fier. Mais, ça existe et on n’en fait pas un drame. Par conséquent, voilà la situation ou est Gouberville. » 139 (Cf. Histoire. Historiographie. Patriarcale)

Droit de cuissage (Colet Louise) : 1853-1856. Louise Colet [1810-1876], auteure de :
« Nous sommes un débris de l’antique esclavage / l’Homme a toujours gardé sur nous le droit d’outrage / De joug qu’il nous impose, il se fait l’insulteur / Comme il traitait l’esclave avant le rédempteur. » 140 (Cf. Êtres humains, Relations entre êtres humains. Amour. Flaubert Gustave)

Droit de cuissage (Comminges Comte de) : 1933. Le comte Marie-Bernard-Elie de Comminges [1831-1894] écrit ses Souvenirs d’enfance et de régiment. Il évoque, à Saint-Lary [Haute-Garonne, 700 habitants vers 1845], au milieu du XIXème siècle, la permanence de « l’exécrable ‘dîme’ », de « la non moins hideuse ‘corvée’ » et poursuit :
« À l’occasion des mariages [des ’paysans’, des ‘villageois’], la noce venait se promener dans le parc [du château] et l’épousée offrait un bouquet. Je ne sache pas que mon père ait jamais poussé l’amour des vieilles coutumes jusqu’à exiger d’autres droits du seigneur… »
- Plus loin, il évoque « les Caspers à Montbardon, une nichée de gentilshommes campagnards » :
« Cette maison était le royaume de la gauloiserie : un hôte de Montbardon rencontrant une jeune fille dans le vestibule, la trousse et lui maintenant les jupes au-dessus de la tête, la pousse à reculons dans le salon. Elle avait dix-huit ans. Il y avait bien de quoi tuer le farceur, n’est ce pas ? On trouvait cela très drôle dans ces temps-là. La nuit, les hommes allaient percer la porte de ces dames et les seringuaient au moment où elles grimpaient dans leur lit, etc. C’était délicieux et très à la mode d’ailleurs dans tout le midi. » 141 (Cf. Histoire)

Droit de cuissage (Debré Robert) : 1974. Robert Debré [1882-1978] dans son « Livre. Témoignage », « L’honneur de vivre », publié en 1974, évoquant l’évolution positive de la société française écrit, au terme de sa vie :
« J’ai le souvenir de domestiques de ferme qui couchaient à l’étable. Je ne parle pas des filles de ferme, bonnes à tout faire. » 142

Droit de cuissage (Dolto Françoise) : 1985. Françoise Dolto [1908-1988], auteure de :
« Au XIXème siècle [...] nombre de garçons ont fait leurs premières armes sexuelles avec les servantes de la famille, et pas seulement dans les milieux bourgeois, mais aussi à la ferme. » 143
- ‘armes sexuelles’ : ? (Cf. Enfants, Hommes, Famille, Langage. Verbe. Faire, Politique. Guerre, Sexe-s […] )

Droit de cuissage (France. Révolution. 1789) : 1978. Dans un livre consacré à La Nuit du 4 août, son auteur cite, évoque et analyse les Cahiers des États généraux, rédigés par des représentants du Tiers État. Il écrit :
« On passerait à côté de l’essentiel toutefois si l’on ne voyait que ce désir d’égalité fiscale n’est qu’un aspect d’une évidente soif de justice et de dignité. Avec plus ou moins d’éloquence, les ‘pauvres habitants’ disent leur colère devant la liste interminable de vexations dont le sens ne leur apparait pas ou plus. »
Et à l’appui de ce constat, l’auteur reproduit l’un de ces Cahiers qui cite et dénonce « cette nuë de droits » qui accablent les « peuples » - dont le droit de « gambage ». Dans le lexique à ce terme, la définition qui en est donnée est : « Droit payé au seigneur par les brasseurs de bière ». Mais n’est-ce pas plutôt une autre formulation du droit de «jambage» ? 144

Droit de cuissage (Giroud Françoise) : 1990. Françoise Giroud, [1916-2003], auteure, concernant le milieu du cinéma en France dans les années 30] de :
« […] Techniciens et ouvriers de plateau mis à part, le milieu était infect. Pourri par le droit de cuissage. Les régisseurs traitaient les figurantes comme du cheptel, choisissant le matin celle qui passerait dans leur lit. Si elle refusait, la rebelle se trouvait sur une liste noire. Les metteurs en scène…Il y en avait de décents, bien sûr. Mais il y avait aussi celui auquel toutes les candidates à un rôle important devaient d’abord montrer ce qu’elles savaient faire dans une autre spécialité. Pendant qu’elles opéraient dans son bureau, il ne fermait même pas la porte, heureux que quelqu’un puissent les voir, là, à genoux, humiliées jusqu’à l’os. » 145 (Cf. Culture. Cinéma)

Droit de cuissage (Hugo Victor) (1) : 1832. Triboulet dans Le roi s’amuse de Victor Hugo [1802-1885] concernant Blanche, sa fille, violée par le roi :
« Oh, l’infâme. Elle aussi ! » [Acte III. Scène III]

Droit de cuissage (Hugo Victor) (2) : 1862. Victor Hugo [1802-1885] dans Les misérables, évoquant les étapes de la déchéance de Fantine, abandonnée, sans emploi car mère d’une enfant, écrit :
« Le propriétaire auquel elle devait son loyer, lui avait dit : ‘Vous êtes jeune et jolie, vous pouvez payer’. » 146

Droit de cuissage (Interdiction de recherche de paternité) : 1977. Je lis dans le livre d’Yvonne Knibielher et de Catherine Fouquet, Histoire des mères du Moyen-Age à nos jours, publié en 1977, concernant l’article 340 du code civil Napoléonien :
« La recherche de paternité est interdite : «Cette disposition […] a surtout assuré l’impunité des fils de famille qui jetaient leur gourme avec une servante, ou celle des chefs d’atelier qui s’intéressaient aux jeunes ouvrières .» 147
- « Jeter sa gourme », « s’intéresser »…

Droit de cuissage (Janin Jules) : 1840. Astolphe de Custine [1790-1857], dans une lettre adressée à Karl-August Varnhagen [1785-1858], le 30 décembre 1840, écrit :
« Janin [Jules. 1804-1874] est le pacha des coulisses et quand les demoiselles de théâtre ne le paient ni de leur argent ni de leur personne, il se croit offensé et les traite en sujets révoltés. » 148
Jules Janin, pendant 40 ans critique au Journal des Débats fut, pour reprendre Wikipédia, « du fait de son autorité, surnommé le ‘prince des critiques ».

Droit de cuissage (Knobelspiess Roger) : 1960. Roger Knobelspiess [1947-2017], évoquant ses souvenirs d’enfance en Normandie, dans les années 1960 :
« […] Le maire du village, gros propriétaire terrien employait Sandra dans ses champs. Il lui ordonnait d’aller l’attendre dans sa cabane de chasse pour lui remettre son salaire. Quand elle refusait qu’il profite d’elle, il ne voulait pas lui donner sa paye : ‘Le maire est vieux, il est mou et prend son temps. J’avais froid.’ Elle nous racontait ça et semblait contente de sa nouvelle vie à Elbeuf. [...] » 149

Droit de cuissage (Lefèvre Frédéric) : 1988. Alice Sapritch [1916-1990], racontant sa vie évoque ses premiers jours à Paris, à 16 ans, écrit :
« [Après une rencontre sans suite, avec André Breton] J’ai rencontré alors Frédéric Lefevre [1889-1949], directeur des Nouvelles Littéraires. Il m’a convoquée un samedi, dans son bureau. Naïvement, j’ai accepté. Au bout d’une enfilade de couloirs, je me suis vue face à une espèce de gros porc, à demi dévêtu, qui me détaillait comme un maquignon et s’est jeté sur moi. Abominable ! J’ai pu me sauver sans consommer. Malgré tout, j’avais dû l’émouvoir » 150 conclue-telle, peu marquée par une analyse féministe, en 1986. (Cf. Femme. Artiste)

Droit de cuissage (Luther) : Luther [1483-1546], auteur de :
« […] «Le troisième cas de divorce est celui où l’un des conjoints, refusant de lui rendre le devoir conjugal et de rester auprès de lui, comme il arrive souvent lorsqu’on trouve une femme butée, qui s’entête et ne veut rien savoir, dût son mari tomber dix fois dans l’impureté. Dans ce cas, il est temps que le mari dise : ‘Si tu ne veux pas, une autre veut bien ; si la dame refuse, que vienne la servante’. La mari doit auparavant l’admonester deux ou trois fois et l’avertir, et le faire savoir à d’autres, afin que l’entêtement de la femme soit connu publiquement et sanctionné par la communauté : si elle continue à refuser, répudie-là : laisse-toi donner une Esther et chasse la Vashi, comme le fit le roi Assuérus. »
Notons que le Concile de Trente [1545-1563] condamna les positions de Luther sur le mariage, tout en sanctionnant la légitimité de la séparation de corps, sans référence - sous réserves d’analyses plus compétentes - à l’évocation de la situation sus évoquée. (Cf. Famille. Mariage. Divorce, Violence des lois religieuses) 151

Droit de cuissage (Marat) : Marat [1743-1793], auteur de :
« [Les princes] doivent à leurs peuples l’exemple des bonnes mœurs et des vertus ; ne sont-ils pas inexcusables lorsqu’ils ne donnent que celui des vices, lorsqu’ils s’abandonnent aux voluptés les plus honteuses, et qu’ils sont les premiers à débaucher les femmes, à débaucher leurs sujets ? » 152 (Cf. Politique. Démocratie, Histoire. Révolution française))

Droit de cuissage (Marx Karl et Engels Friedrich) : 1848. Karl Marx [1818-1883] et Friedrich Engels [1820-1895], auteurs, dans le Manifeste du parti communiste [1848] de :
« Nos bourgeois, non contents d’avoir à leur disposition les femmes et les filles de leurs prolétaires, sans parler de la prostitution officielle, trouvent un plaisir singulier de se cocufier mutuellement. » 153
- Marx, seul, écrivait en septembre 1847 :
« Tout comme alors [dans l’État romain], nos sœurs et nos filles doivent servir à assouvir les passions bestiales de riches débauchés. » 154
* Ces citations ne doivent pas faire oublier que Marx a eu un enfant avec Hélène Demuth et qu’il a demandé à Engels d’en être ‘le père’. (Cf. Femme. Remarquable. Demuth Hélène, Homme. Remarquable. Engels, Famille)

Droit de cuissage (Michelet) : 1853. Lu dans L’Histoire de la révolution française de Michelet [1798-1874] :
« Comment serai-je juste envers la Révolution, comment la ferai-je comprendre, si préalablement je ne fais connaître le Moyen-Age, cette terreur de mille ans ! » … [Puis, en note] :
« Le servage, qu’on le sache bien, est un communisme effroyable, le viol en habitude, en droit. La famille y est impossible. Le serf blanc est plus malheureux en ceci que l’esclave nègre. Celui-ci distingue très bien à la peau les enfants qui sont du maître. En Russie et autres pays semblables, nul signe qui accuse la différence : le père infortuné ne sait jamais qui sont les siens. Un ministre protestant m’a assuré avoir vu, vers 1800, sur la cote allemande de la Baltique, une jeune fille enchaînée par une chaine de fer dans une loge à chien, pour n’avoir pas voulu payer le droit du seigneur à l’intendant qui régissait la terre – Nos seigneurs français du dix-huitième siècle usaient plus largement de ces privilèges que ne firent jamais leurs aïeux ; leur fils, par libertinage ou par insolence, couraient tout le village, et qui n’eut pas fermé les yeux aurait été persécuté. L’homme d’affaires aussi, alors comme aujourd’hui, mettait souvent aux délais qu’il accordait pour payements de honteuses conditions, etc., etc. La femme payait tout. Elle eût dû être, en vérité, plus révolutionnaire que l’homme. » 155 Analyses ouvrant la voie à de nombreux commentaires critiques. (Cf. Patriarcat, Histoire)

Droit de cuissage (Pétain) : 1940-1944. Lu, concernant Philippe Pétain [1856-1951] :
« Il passait son temps à séduire toutes les femmes qui s’approchaient de lui. Toutes les serveuses de l’hôtel, à Vichy, sont passées par son lit. » Vrai ? 156

Droit de cuissage (« Prime de mariage ») : 1960. Lu dans un livre publié par les Éditions sociales concernant une entreprise employant des femmes de la région de Millau dans les années 1960 :
« Il y a aussi dans telle usine un prime de mariage de 5.000 francs. C’est mieux que rien. Mais il faut aller la demander au patron. Pour qu’on sache que ce n’est pas un droit, mais une royale faveur. Rien de plus : venir la chercher. Au grand maximum, une caresse bon papa sur les cheveux. Mais parfois on préfère ne pas s’y abaisser - «C’est un reste du doit de cuissage ! Un petit reste, mais tout de même… » 157

Droit de cuissage (Ferdinando IV de Naples et de Sicile). 1792. Après un portait élogieux de la reine de Naples [Marie-Caroline sœur de Marie-Antoinette et « meilleur[e] ennemi[e] » de Napoléon [1752-1840], Elisabeth Vigée-Lebrun écrit dans ses Souvenirs :
« La reine de Naples avait un grand caractère et beaucoup d’esprit. Elle seule portait tout le fardeau du Gouvernement. Le roi [1751-1825] ne voulait point régner ; il restait presque toujours à Caserte, occupé de manufactures [de soie], dont les ouvrières, disait-on, lui composait un sérail. » 158

Droit de cuissage (Russie 1928) : 1928. Lu dans le Journal de Russie. 1928-1929, de Pierre Pascal [1890-1983], à la date du 28 mai 1928 :
« Le Troud [Journal des syndicats] ces jours-ci fourmille de scandales. À Smolensk ce sont des choses à peine croyables : on renvoie des ouvriers pour refuser de payer à boire au contremaître, des ouvrières pour refuser de coucher avec lui, les fonctionnaire syndicaux ou bien ignorent les faits, ou bien agissent de même. Quand ces ouvriers signalent un abus, on les menace. […] Le syndicat reste muet. Et cela dans toutes les branches, dans toute la province. […]». 159

Droit de cuissage (Russie 1929) : 1929. Lu dans le Journal de Russie. 1928-1929, de Pierre Pascal [1890-1983], à la date du 24 août 1929 :
« Le procureur Pavlov qu’on vient de juger et de condamner à 7 ans de prison pour avoir favorisé des ci-devant femmes en se faisant payer en nature (en plein bureau, porte à peine poussée), était un ouvrier ‘sorti du rang’. » 160

Droit de cuissage (Sartre Jean-Paul) : 1944. Évoquant une pièce de Lope de Vega [1562-1635], Sartre [1905-1980] écrit en 1944 :
« Il n’est pas jusqu’au seigneur des Amants de Galice [autre intitulé : Le meilleur alcade est le roi] qui, jusque dans ses violences, ne soit assuré d’avoir raison : la femme qu’il a enlevée n’est-elle pas une villageoise vivant sur ‘ses’ terres ? N’exerce-t-il pas, en la violant, son droit seigneurial ? » 161

Droit de cuissage (Sicile) (1) : [19]50. Récit d’un interlocuteur anonyme :
« Il y a une autre coutume qui tend à disparaître : dans de nobles familles, on prend des enfants pour en faire de valets de pied. On leur met une livrée rayée les jours de visite ou de fête. L’enfant grandit sans toucher de salaire, il devient une sorte d’objet de famille qui se transmet de père en fils, comme les meubles et autres biens. Ces gens-là se donnent l’air d’agir en bienfaiteurs, ou en dames de charité. Souvent ces garçonnets deviennent pédérastes ou service de leurs maîtres dégénérés.
Puis, il y a les ‘femmes de chambre à dot’, des fillettes pauvres qu’on élève dans la famille noble à la place du petit garçon dont j’ai parlé. Dès qu’elle est pubère, le maître en profite, la fait avorter ou envoie l’enfant à l’Assistance publique. Puis il force un des régisseurs de ses domaines à l’épouser et lui donne en guise de dot une vache ou un lambeau de terre. Un tel seigneur est considéré comme un bienfaiteur ; mais le mari de l’ancienne femme de chambre se met souvent à boire, prétend que sa femme est une prostituée car de toute façon aux yeux de monde il est cocu. Le maître c’est le bienfaiteur ; lui, c’est le cocu
. » 162 (Cf. Enfants, Femmes, Famille. Mariage. Dot)

Droit de cuissage (Sicile) (2) : [19]50. Récit d’un journalier Sicilien :
« Dans notre province, pour glaner des gens viennent de Modica [sur la côte sud, alors que l’interviewé évoque la situation prévalant au nord-ouest]. Ils arrivent par petits groupes et les surveillants de la ferme à condition que les hommes leur donnent un coup de main (sic), laissent les femmes et les enfants ramasser les épis tombés. Les glaneurs arrivent par familles entières, couchent à la belle étoile et parfois même acceptent que les intendants profitent de leurs femmes.
Dans l’industrie, pour être embauchés, les ouvriers doivent signer une traite de vingt à trente mille lires au profit de l’agent d’embauche et ceci pour travailler quelques mois, au maximum six mois. Les agents leur prennent leur argent et parfois même les cocufient
. » 163

Droit de cuissage (Simenon Georges) : 1961. Georges Simenon [1903-1989], dans ses Mémoires intimes, auteur, en 1961, de :
« Un matin, je trouve Teresa (la femme de chambre ‘personnelle’ de sa femme) seule, penchée sur la coiffeuse du boudoir, un vif désir d’elle me saisit et je le trousse, sans qu’elle bouge ou proteste. Jamais de ma vie, je l’affirme, je n’ai forcé une femme, d’une façon ou d’une autre à accepter mes avances. Je n’ai pas non plus pratiqué ce que les grands bourgeois appellent dédaigneusement ‘les amours ancillaires’ auxquels ils se livrent d’ailleurs les premiers en s’arrogeant ce que les grands seigneurs de jadis appellent ‘le droit de cuissage’.
Pour moi, une femme et une femme, digne de respect, quelles que soit ses fonctions et ce qu’on appelle d’un mot que je déteste, ‘sa situation sociale’.
J’ignorais le catéchisme que D. (sa femme) avait dû enseigner à la nouvelle venue. Elle m’a entendu entrer, m’approcher, sent ma main sur ses hanches et ne réagit pas quand je relève sa robe. J’en garde le souvenir dans ses moindres détails. A peine l’ai-je pénétrée que je sens sa jouissance et, la mienne proche, je me retire à temps.
La pilule existait-t-elle déjà ? Je n’en sais rien et, l’aurais-je su, j’ignorais si elle l’avait prise.
Elle me regarde ensuite d’un regard sans expression et je sors de la pièce, à la fois confus et heureux.
Le soir même, après le ‘rapport’, Teresa s’attardera pour mettre D., fort honnêtement, au courant de ce qui s’est passé. ‘Je suis prête à partir dès maintenant si vous le désirez.’ D. rit : ‘Sachez, ma fille, que si j’étais jalouse de ‘Monsieur’, il y a longtemps que je ne vivrais plus avec lui.’ - ‘Et s’il recommence ? ‘ – ‘Si cela ne vous gêne pas…Quant à moi, cela ne me regarde pas et vous pouvez continuer si cela vous amuse’. Marie-Jo (leur fille) est entrée et D. la met au courant. » 164

Droit de cuissage (Sinclair Anne) : 1997. Anne Sinclair, en 1997, auteure de :
« Quant au fameux cliché qui veut que les femmes doivent coucher avec un rédacteur en chef pour avoir un émission, ça existe bien sûr, mais ce droit de cuissage est moins fréquent que dans l’entreprise et surtout, ça ne dure pas longtemps, si l’émission ne marche pas, on te renvoie… » 165
- Le journalisme sait aller à l’essentiel…

Droit de cuissage (Tolstoï Léon) : 1877. Léon Tolstoï [1828-1910] dans Anna Karénine retranscrit un échange entre Oblonski et Lévine :
« - […] Tu prends un mauvais pli avec ta femme. J’ai remarqué l’importance que tu attachais à obtenir son autorisation pour t’absenter pendant quarantre-huit heures. Cela peut être charmant à titre d’idylle, mais cela ne saurait pas durer toute la vie. L’homme doit maintenir son indépendance, il a ses intérêts à lui, conclut Oblonski, en ouvrant la porte.
- Lesquels ? ceux de courir avec les filles de ferme.
- Pourquoi pas si cela l’amuse ? Ca ne tire pas à conséquence. Ma femme ne s’en trouvera pas plus mal. Respectons seulement le domicile conjugal ; mais pour le reste, ne nous laissons pas lier les mains.
[…] » 166

Droit de cuissage (Tulard Jean) : 1995. Lu dans Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. L-Z, concernant :
- Seigneur de la guerre (Le) [1965. Franklin J. Schaffner] : « Au XIème siècle, Chrysagon repousse les Frisons et se taille (sic) une principauté. Au cours d’une chasse, il remarque une jeune paysanne fiancée à un jeune homme, Marc. Le jour du mariage, il fait valoir le droit de cuissage et, au petit jour, part avec la femme, abandonnant sa principauté. Il sera tué. Curieux et attachant film historique : scènes de bataille et scènes érotiques font ici bon ménage. A voir. »
- Un amour désespéré [1950. William Wyler] : « Petite campagnarde, Carrie part pour Chicago et y trouve un emploi d’ouvrière. Blessée, elle est licenciée. Éperdue, elle demande à Charlie, un commis voyageur rencontré dans un train, de lui procurer un emploi. Il lui ne trouve un, mais la prie, en échange, de devenir sa maîtresse. Carrie accepte, tout en n’aimant pas Charlie. […] » 167 (Cf. Culture. Cinéma)

Droit de cuissage (Université. CNRS. France) : 2016. Commentaire lu suite à un article du Figaro, le 6 avril 2016 :
« Si l'on veut vraiment faire une loi qui lutte contre la prostitution […] on pourrait aussi réprimer pénalement l'attribution de postes et de grades contre faveurs sexuelles dans la fonction publique ? Pour avoir passé suffisamment de temps dans les labos du CNRS, je peux témoigner que certaines mais aussi certains ont obtenu leur bourse de thèse où leur poste d'ATER (Attaché-e temporaire d’enseignement et de recherches) contre faveur… » 168 (Cf. Proxénétisme)
- Ce constat me remémore un souvenir : une amie enseignante dans une Faculté de province, au début des campagnes en faveur de la parité, me disant en parlant de ses collègues hommes : « Ils sont en train de constituer leur harem. » (Cf. Politique. Parité)

Droit de cuissage (Vaillant Roger) : 1957. Dans La loi, roman-vérité de Roger Vaillant [1907-1965] dont l’action a lieu au milieu du XXème siècle dans le sud d’une Italie quasi féodale (les Pouilles), on lit, concernant le seigneur des lieux, Don Cesare :
« Les hommes faisaient semblant de ne pas savoir qu’il faisait l’amour à leurs filles et à leurs sœurs ; lui, pour les faire venir à la maison, prenait toujours prétexte d’un travail : lessive, couture, épluchage du maïs, séchage des figues ; ainsi l’honneur des hommes était sauf. Quand la fille, la première nuit passée, lui plaisait, il l’engageait comme servante ; on ne lui fit jamais de chantage, parce qu’il est dans la tradition des seigneurs du marais d’Uria de témoigner de l’amitié aux filles et aux femmes de leur maison. Quant une jeune fille ne lui plaisait plus, il mariait. Il garda Julia après l’avoir mariée, parce qu’elle cuisinait bien et que son mari prenait grand soin des antiques (qu’il collectionnait) : chargé de l’entretien des collections, il ne cassa pas un seule pièce en dix ans. Ensuite, il la garda à cause de ses filles. » 169

Par ordre chronologique. Droit de cuissage. Voltaire :

Droit de cuissage (Voltaire) (1) : 1752. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Charles-Jean-François Hénault, [1685-1770] écrit : « J’aime assez les anecdotes des rois et des servantes. » 170

Droit de cuissage (Voltaire) (2) : 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée le 13 octobre 1759 à la marquise du Deffand [1697-1780], lui écrit :
« J’aime les mœurs des patriarches, non pas parce qu’ils couchaient tous avec leurs servantes, mais parce qu’ils cultivaient la terre comme moi. » 171

Droit de cuissage (Voltaire) (3) : 1761. 1762.
Voltaire [1694-1788], écrivit en 1761, une « comédie en vers », publiée à Genève, intitulée : Le droit du seigneur. 172
- Voltaire, dans une lettre en date du 9 janvier 1761 adressée au comte d’Argental [1700-1788] lui demande de lui renvoyer un manuscrit et lui écrit :
« J’attends aussi ce droit du seigneur que vous n’aimez point et que j’ai le malheur d’aimer. » 173
- Voltaire, dans une lettre en date du 8 janvier 1762, adressée au comte [1700-1788] et à la comtesse d’Argental [1703-1774], leur écrit :
« Mon Dieu que j’aime Cassandre et Le droit du seigneur ! » 174

Droit de cuissage (Voltaire) (4) : 1761. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée le 11 juillet 1761 à M. Damilaville [1723-1768] lui écrit :
« […] Je crois qu’il serait bon de joindre le titre du Droit du seigneur, à celui de L’Écueil du sage, car les Bellecourt [comédien] et ejusdem farinae homines [et les gens de même farine] ne savent pas qu’autrefois les seigneurs séculiers et les prêtres avaient dans leurs domaines le droit de cuissage, le droit de prélibation ; cette partie du sujet ignorée des comédiens perd de son piquant aux yeux de ceux qui n’en sont pas instruits. » 175

Droit de cuissage (Voltaire) (5) : 1762. Voltaire [1694-1778], écrit, le 26 janvier 1762, dans une lettre adressée au duc De Richelieu [1696-1788] dont Wikipédia note « ses innombrables conquêtes féminines » :
« Je vous exhorte à voir Le Droit du seigneur qu’on a sottement appelé L’Écueil du sage. On dit qu’on (la police) en a retranché beaucoup de bonnes plaisanteries, mais qu’il en reste assez pour amuser le seigneur de France qui a le plus usé de ce beau droit. » Puis, deux paragraphes plus bas, il l’invite chez lui et poursuit :
« Je vous avertis que Melle Corneille [qu’il présente à d’autres comme sa «fille», sa «pupille»] est une laideron extrêmement piquante et que si vous vouliez jouir du droit du seigneur avant qu’on la marie, il faut faire un petit tour au Délices (résidence de Voltaire, sa nièce Madame Denis [1712-1790] et la petite nièce de Corneille] […]. » 176 (Cf. Femme. « Féminin »)

Droit de cuissage (Voltaire) (6) : 1762. Voltaire [1694-1778], écrit, le 22 novembre 1762 à M. Bernard-Louis Chauvelin [1716-1773] qui lui avait demandé l’envoi de sa pièce, le Droit du seigneur :
« Le titre en est beau je l’avoue, mais je tiens avec vous, Monsieur l’Ambassadeur, qu’il vaut mieux être possesseur de Madame de Chauvelin que d’avoir le droit des prémices de toutes les filles du village. » 177

Droit de cuissage (Voltaire) (7) : 1762. Voltaire [1694-1778], écrit, le 23 décembre 1762 au comte [1700-1788] et à la comtesse d’Argental [1703-1774] :
« En attendant, il faut que je vous parle de Mlle d’Epinay ou de l’Epinay ; ce n’est pas pour la marier. M. le maréchal de Richelieu [1696-1788] paraît avoir usé de ses droits de premier gentilhomme de la chambre [du roi] avec cette infante. Il veut la payer en partie par les rôles [de comédienne] qu’avait Melle Gaussin dans les pièces de votre serviteur. Il me demande une déclaration en faveur de la demoiselle, et même au détriment de l’enfant Hus. Dites-moi […] ce que je dois faire. […]» En note, je lis :
« Si ce que dit Voltaire est vrai, le véritable père de sa fille, Élisabeth Félicité, née le 23 juillet 1760, peut avoir été Richelieu. » 178 (Cf. Homme. «Trompeur de femmes». Proxénétisme. Clients)

Droit de cuissage (Voltaire) (8) : 1763. Voltaire [1694-1778], écrit, le 25 février 1763 au comte [1700-1788] et à la comtesse d’Argental [1703-1774], après avoir critiqué ses deux pièces, Adelaïde et Zulime :
« J’aime assez Le droit du seigneur, je vous l’avoue, mais je voudrais qu’il y eût un peu plus de ces honnêtes libertés que le sujet comporte, et que les dames aiment beaucoup quoi qu’elles en disent. » 179
N.B. Une ambiguïté quant à la signification que Voltaire accorde au terme de « libertés ».

Droit de cuissage (Voltaire) (9) : 1763. Voltaire [1694-1778], écrit (vers) le 25 mars 1763 à Jean Ribote-Charron [?- ?. ‘jeune commerçant protestant’] :
« Si vous pouviez […] dire aussi à vos ministres [ ? ] qu’ils fassent le plus d’enfants qu’ils pourront aux servantes [sans donc ‘dommage’, ni risque pour eux], mais que d’ailleurs [par ailleurs] ils soient infiniment circonspects [sans doute avant le terme définitif de ‘l’affaire Calas’]. Il est question de leur faire du bien pourvu qu’ils ne l’empêchent pas. » 180

Droit de cuissage (Voltaire) (10) : 1764. Voltaire [1694-1778], écrit, le 20 février 1764, au comte [1700-1788] et à la comtesse d’Argental [1703-1774] :
« Je serais fort aise qu’on jouât Le droit du seigneur, quoi que je ne suis guère homme à jouir d’un si beau droit. Vous pensez bien que je ne connais Mlle d’Épinay que par le droit que les premiers gentilshommes ont sur les actrices. » 181
- Là encore, ambigu…

Droit de cuissage (Zinoviev Alexandre) : 1978. Dans L’avenir radieux d’Alexandre Zinoviev [1922-2006], celui-ci évoque une soirée en présence de Canarille, Directeur de l’institut de philosophie dans lequel il travaille, prototype de l’apparatchik soviétique des années 1950/60. On lit :
« Canarille était là, et il passa toute la soirée à prodiguer des compliments larmoyants sur mon talent et la beauté de Tamara. Sans doute a-t-il eu vent de des rumeurs selon lesquelles nous nous acheminions vers le divorce et il me chantait sur tous les tons que je devais conserver ce trésor qu’était ma femme, pestaient contre les écervelées modernes (ces «rapaces»), lançait des trémolos sur la morale du savant soviétique. Et lui, ce salaud, il s’est marié trois fois et il a couché avec toutes les femmes de ménage, les expéditionnaires de tous les organismes qu’il a dirigés. » 182

IX. Violences à l’encontre des femmes. Harcèlement sexuel :

Violences à l’encontre des femmes (Harcèlement sexuel) : L’expression de harcèlement sexuel a toujours été employée pour euphémiser la gravité des «violences» ; les meurtres, assassinats, viols y sont dorénavant inclus. Encore une avancée féministe dévoyée, détournée ; encore des contresens.
Exemple : Cf. Turquie : après le meurtre d’une étudiante, des femmes dénoncent le harcèlement. 183
À nouveau, après L’Express, Le Monde : « En février, le décès d’Özgecan Aslan, une étudiante de 20 ans violée puis tuée à coups de barre de fer par un chauffeur de bus, avait incité des milliers de femmes à prendre la parole sur le harcèlement sexuel. » 184 (Cf. Langage)

Harcèlement sexuel (Akerman Chantal) : 2013. Chantal Akerman [1950-2015], après avoir dit que sa mère [qui avait été déportée à 15 ans et demi] comprenait très bien ses films, en donne l’exemple suivant :
« Quand elle a vu le film que j’ai fait sur Pina Bausch [1940-2009], elle a vu une femme qu’on tripotait et puis, après, il y avait une danse. Ma mère m’a dit : ‘Tu vois, c’est ça les camps, on pouvait tout vous faire.’ » 185 (Cf. Êtres humains, Corps, Femme. Mère, Féminisme)

Harcèlement sexuel (Anachronisme) : 2008. Lu dans un livre d’histoire sur le travail des femmes dans les usines :
« Le harcèlement sexuel fait partie des motifs de grève. » 186 Trop allusif ? rapide ? anachronique ? (Cf. Histoire)

Harcèlement sexuel (Appel. Levons l’omerta. 10 mai 2016) : 2016. Dans le Canard enchaîné du 11 mai 2016, sous l’intitulé : Duflot et Mélenchon à la manœuvre, on apprend qu’un courriel daté du 4 mai « circule discrètement sur les réseaux sociaux qu’utilisent les amis de Cécile Duflot et de Jean-Luc Mélenchon, les deux candidats putatifs de la gauche de la gauche, pourtant brouillés et rivaux. Ce courriel prévient ses destinataires de la parution ‘dans deux grands médias français, d’enquêtes complémentaires approfondies sur la question des violences et harcèlement sexuels en politiques’. Sans citer précisément le cas Baupin, il invite les destinataires à signer un appel qui ‘sera publié après la révélation dans les médias de ces affaires, pour apporter notre soutien aux femmes qui ont courageusement accepté de témoigner’. » 187.
Six jours après l’envoi de ce mail, seront publiés notamment par Libération, le 10 mai 2016, et la dénonciation des agissements de Denis Baupin (Vert, époux d’Emmanuelle Cosse, ministre verte qui soutient F. Hollande) et le texte intitulé : « Levons l’omerta » miraculeusement « signé par plus de 500 militant-es et élu-es » contre le harcèlement sexuel et le sexisme dans le monde politique.
- En résumé : une manip politique anti-Hollande ? ; ce qui pour autant, bien sûr, ne lave pas T. Baupin des accusations portées à son encontre.
- Quant aux réactions des femmes politiques interrogées, il faudrait une par une, en montrer l’impudence, l’irresponsabilité, le mépris de la loi et des femmes qu’elles révélaient. Qu’ont-elles donc fait depuis toutes ces années en soutien avec les femmes harcelées, agressées avant qu’elles-mêmes, dans le contexte rappelé, affirment collectivement, dorénavant vouloir être dorénavant respectées ?
- Certes, certaines revendications législatives ont été évoquées, mais quelle crédibilité leur conférer ? Plus grave, de quelle morale politique peuvent-elles se prévaloir ? (Cf. Homme « Politique ». Mélenchon Jean-Luc, Politique. Remerciements, Proxénétisme. Vert-es.)
* Ajout. 19 mai 2016. 2016. « Après l’affaire Baupin, le groupe écolo se disloque à l’Assemblée Nationale » 188
* Ajout. 24 mai 2016. 2016. « Le groupe socialiste a regagné sa majorité absolue à l’Assemblée après que six députés écologistes ‘réformistes’ eurent décidé jeudi dernier de le rejoindre. ‘Nous sommes désormais 291» a dit mardi Bruno Leroux lors de sa conférence de presse avec trois des six députés écologistes qui ont sonné le glas de leur groupe déchiré en deux camps en se ralliant aux socialistes. » 189
* Ajout. 9 mars 2017. 2017. Après classement sans suite de la plainte ouverte pour harcèlement sexuel et agression sexuelle portée à l’encontre de Denis Baupin pour prescription, celui-ci annonce son intention de déposer quatre plainte « pour dénonciation calomnieuse contre [ses] accusatrices » et, une autre, contre EELV « pour diffamation ». Honte à lui, à son avocat, au droit et à la justice… 190 (Cf. Justice. Prescription)

Harcèlement sexuel (Avocat général) : 2002. Procès en appel d’une victime harcelée puis violée. En substance, l’avocat général déclara :
« Nous ne sommes pas dans la séduction, ce n'est donc pas du harcèlement sexuel. Nous sommes dans la goujaterie et celle-ci n'est pas pénalisable. » (Transmis par la partie civile). (Cf. Justice)

Harcèlement sexuel (Fonction) : Si tant est que l’on puisse penser que le harcèlement sexuel puisse être expliqué par la fonction qu’il remplirait, on peut émettre celle-ci, à savoir qu’il permettrait de cacher à la conscience de leurs auteurs la perception de leurs déficiences.

Harcèlement sexuel (Gide André) : 1930. André Gide [1869-1951], dans son Journal, écrit le 7 juillet 1930, sous le curieux intitulé : « Projet de sermon» :
« Mais, le plein embrassement de la Vérité, mes frères, nous est refusé ; et du reste il donnerait à notre âme une satisfaction moins vive que la recherche ; de même que souvent le libre accès d’un corps nu déçoit la main qui prenait tant de joie à s’insinuer entre chair et robe. » 191

Harcèlement sexuel (Lanzmann Claude) (1) : 2012. Claude Lanzmann [1925-2018] s’est souvent targué [vanté ?] d’avoir été le dernier amant de Simone de Beauvoir.
Arrêté (brièvement) et interrogé pour cause d’accusation de harcèlement sexuel par et sur une employée de sécurité qu’il aurait touchée ? embrassée ? harcelée ? contre son gré à l’aéroport de Tel-Aviv. 192
- À son arrivée dans l’avion [qui avait attendu qu’il soit ‘relâché’], Claude Lanzmann aurait déclaré : « Vous rendez-vous compte ? Me faire ça à moi, 86 ans, moi qui ai tant fait pour Israël…» 193 (Cf. Homme. « Intellectuel ». Lazmann Claude, Pornographie. « Ce n’était pas une partouze »)

Harcèlement sexuel (Lanzmann Claude) (2) : 2018. Alice Coffin, après avoir cité les accusations de harcèlement, de violences à l’encontre de Claude Lanzmann - dont la presse française ne fait pas état - a relevé la manière dont elle l’a qualifié : dans Le Monde : « un séducteur insatiable » ; dans Libération : un « séducteur brusque et enflammé », dans Le Parisien : un « galant et séducteur envers les femmes », dans Les Inrockuptibles : « un séducteur narcissique». Lire l’intégralité de son texte. 194 

Harcèlement sexuel (Lewinski Monica) : 2014. Dans un interview à Vanity Fair, Monica Lewinski déclare qu’elle « regrette profondément » ce qui s’est passé.
« Il est clair que mon patron a profité de moi, écrit-elle. Mais je serai toujours ferme sur un point : c’était une relation consensuelle ». S’il y a eu abus, ça a été après, « quand on s’est servi de moi comme bouc émissaire pour protéger son pouvoir », dit-elle. 195

Harcèlement sexuel (Lois) : N’ont que rarement été considérées comme devant être mises au crédit des féministes. Un progrès qu’il ne puisse plus l’être à leur débit ?
* Ajouts. 5 Mai, 4 juin 2012. Mon questionnement était encore trop optimiste : le Conseil Constitutionnel, réunion de barbon-nes, surpayé-es, certain-es, condamné-es ou méritants de l’être, nommé-es à vie - dont dire qu’ils sont illégitimes est encore leur faire trop d’honneur - vient de supprimer les lois concernant le harcèlement sexuel. Une information qui devrait, en elle-même, casser cette décision : quatre des membres du conseil constitutionnel «connaissaient» G. Ducray, l’agresseur à l’origine de la QPC. Il n’en fut rien pour autant. 196
- La décision de l’AVFT de porter plainte, le 5 mai 2012, au commissariat du 1er arrondissement contre le Conseil constitutionnel en la personne morale de son président, M. Debré, fils de son père : toute la hiérarchie des normes juridiques - sur lesquelles se fondent le patriarcat - est [pour la première fois ?], mise sens dessus dessous. Le dépôt de plainte lui-même - qui ne fut pas «symbolique» - suite à la manifestation Place Colette : un grand moment féministe, joyeux et dynamique. Radical.

Harcèlement sexuel (Macron Emmanuel) : 2017. Emmanuel Macron, le 25 novembre 2017, dans son discours «à l'occasion de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et du lancement de la grande cause du quinquennat» auteur de :
« Le lieu de travail doit ainsi être un endroit où les victimes se sentent protégées et écoutées. Hélas ! Le lieu de travail est parfois un lieu de la violence faite aux femmes aussi. »
- On pourra apprécier la profondeur du champs historique du président de la république, sa connaissance de la société française, de celle de l’État et de ses lois, comme de celle des « lieux de travail » et donc des entreprises…
- La minute de silence qu’il a imposé à ‘son’ auditoire « en hommage aux femmes battues, violées, et tuées », vécue par moi comme une grossière manipulation, révèle ainsi les dénis que son texte, confus, démagogique, verbeux, exprime.
- Quant à son mépris des femmes [travailleuses], il est redoublé par son refus politique - criant de vérité - de toute référence au féminisme, aux féministes. (Cf. Homme. « Politique». Macron Emmanuel)

Harcèlement sexuel (Question prioritaire de constitutionnalité. QPC) : Sous couvert de conférer à toute personne le droit de contester la constitutionnalité d’une loi, les QPC autorisent et légitiment la remise en cause des fondements mêmes du droit. Il serait plus rapide de dire : jetons, en fonction de nos intérêts, ce qui nous gêne dans le droit actuel, tant sont nombreux les articles pouvant peu ou prou être qualifiés comme tels : être «mal définis».
Concernant la définition du harcèlement sexuel, l’argument selon lequel « les éléments constitutifs de l'infraction [ne] so[i]ent [pas] suffisamment définis », ce qui a été traduit par la presse comme étant une définition « trop floue » : une (sinistre) plaisanterie qui ne justifie en rien l’abolition du texte de loi la concernant.
C’était à l’État de procéder à une nouvelle rédaction sans préjudice aucun pour les plaignantes.
La position de 1988 de la Cour européenne des droits de l’homme, analysée par Coralie Ambroise-Castérot mérite, en la matière, d’être citée : La Cour « a souligné l’impossibilité d’arriver à une exactitude absolue dans la rédaction des lois» et elle a pu juger que «beaucoup de lois, en raison de la nécessité d’éviter une rigidité excessive et de s’adapter aux changements de situation, se servent par la force des choses de formules plus ou moins vagues. (Müller C: Suisse. 24 mai 1988. Série A. N° 133, & 29). La matière pénale conduit, bien évidemment à plus de prudence que dans d’autres domaines, mais il n’est pas souhaitable, sinon à paralyser la répression et à conduire à une inflation de législation encore plus grande, d’exiger une rigidité plus absolue ». 197
- Dans la foulée : à quand la QPC concernant la définition du proxénétisme ? de la notion de ‘client’, dès lors qu’il serait question de le pénaliser ? 198
* Ajout. 30 août 2017. 2017. Ma question était prémonitoire. Je lis dans Le Parisien du 29 août 2017 qu’à l’occasion d’un procès d’un «client», devenu « fer de lance du combat des associations hostiles à la pénalisation du texte législatif, le bus des femmes et le Strass (Syndicat du travail sexuel) », son avocat. Me Gardères a demandé une QPC. Certes le Parquet de jugé que cette demande était dépourvue de « caractère sérieux » et a été repoussée. Mais ce n’est, pour eux, sûrement que partie remise. 199
* Ajout. 20 septembre 2018. Mon hypothèse s’est révélée avérée juste. Une QPC, défendue par le Strass, Acceptess. T, Médecins du monde a été déposée à l’encontre de la loi dite de pénalisation des clients. Cette QPC après avoir été annoncée comme « information », non critiquée par Marlène Schiappa, est la semaine suivante, soutenue par le Canard enchainé. 200 (Cf. Femme « Politique ». Schiappa Marlène, Proxénétisme)

Harcèlement sexuel (Vallaud-Belkacem Najat) : 2012. Najet Vallaud-Belkacem, [ministre des droits des femmes et porte-parole du gouvernement Ayrault, ce qui donne la mesure de son autonomie politique en matière de dénonciation des violences à l’encontre des femmes…], auteure de (ou du moins l’«un des membres de son cabinet») :
« L’AVFT est une association très technique, qui a une lecture très juridique de la loi, ce qui est très bien. Mais elle est moins politique, a moins conscience de l’importance de valoriser un tel projet de loi pour que les magistrats s’en emparent. » L’aune de la politique, c’est, pour elle, la conscience que les juges auraient du droit, comme de la légitimité des seuls député-es à voter la loi.…
- Pour mieux délégitimer l’AVFT, la qualifier de n’être «pas assez politique»…: il faut oser… Mais efficace : l’action de l’AVFT depuis plus de 30 ans : à la poubelle… 201

X. Violences patriarcales :

Violences patriarcales (1) : Focaliser les critiques féministes sur « les violences faites aux femmes » (elles-mêmes de plus en plus atomisées, plus en plus fréquemment dissoutes dans les violences qualifiées de «sexuelles» et ou «sexistes»), c’est - faute de précisions plus rigoureuses - ne focaliser l’attention que sur certaines des modalités d’expression des violences [dans le patriarcat]. Et, dès lors, c’est sinon s’interdire, du moins, étroitement limiter, circonscrire les analyses en termes de violences du patriarcat, lui-même adossé sur les violences, légales comprises, inhérentes à tous les systèmes de domination.

Violences patriarcales (2) : Une critique féministe des « violences faites aux femmes » doit avoir pour ambition d’empêcher qu’elles ne soient dissoutes dans le cadre des violences politiques, sociales, étatiques, inhérentes à, consubstantielles à tout système de domination. Le processus est d’ores et déjà extrêmement avancé.

Violences patriarcales (3) : Ces violences à l’encontre des femmes ne sont pas des expressions, des manifestations pathologiques, explicables, sinon excusables, mais les expressions, les manifestations sinon normales, cohérentes, logiques, du moins incompréhensibles si elles ne sont pas resituées dans ce contexte patriarcal qui seul leur donne sens et significations. Quant à l’expression elle même - une avancée majeure eu égard à « violences faites aux femmes » - elle n’est pas, pour autant, adéquate ; elle permet en effet que soient amalgamées les violences des États et celles des hommes [patrons, religieux, pères, maris, amants, inconnus, proxénètes…] et donc que les différents systèmes de domination [familialistes, capitalistes, religieux, proxénètes…] soient amalgamés. Dès lors la confusion qui est à son comble contraint à se poser la question : le terme de « violence » est-il un concept rigoureux, approprié donc ? Non. Lorsque l’on peut invoquer les « violences à Gaza » et les « violences dans le couple », ou « les violences faites aux femmes et aux noirs », etc.…202 c’est que le terme est inadéquat. Doit-il être abandonné ? Oui. Mais pour cela, il faut définir ce qu’est le patriarcat et clarifier ce que l’ont doit précisément définir par violences patriarcales.
Afin d’en retarder l’échéance, on nous impose « la violence genrée »… et « le fémi[ni]cide ».

Violences patriarcales (4) : Cesser de s’interroger sur le degré de conscience que les hommes auraient - ou non - de leurs violences ; s’interroger, les interroger sur les droits qu’ils estiment légitimes de s’attribuer, et sur les fondements qui les légitimeraient. Seule un analyse fondée sur la prise en compte première de patriarcat est à même d’y parvenir ; et c’est là que réside la spécificité des violences à des hommes à l’encontre des femmes et si souvent, en sus, des enfants ; elles ne prennent leur signification et ne peuvent donc cesser que lorsque l’on reconnaitra que le monde est patriarcal. (Cf. Droit. « Droits de l’homme »)

Violences patriarcales (5) : 1889. Anton Tchekhov [1860-1904] écrit à son frère Alexandre le 2 Janvier 1889 :
« Je te demande de te souvenir ce qu’est le despotisme et le mensonge qui ont ruiné la jeunesse de notre mère. Le despotisme et le mensonge ont défiguré notre enfance à un point qu’il est écoeurant et effrayant d’évoquer. Souviens toi de l’horreur et du dégoût que nous éprouvions quand notre père faisait une histoire pendant le dîner trop salé, ou traitait notre mère d’imbécile. Le despotisme est triplement criminel. Souviens-toi qu’il vaut mieux être victime que bourreau. »
- Tchékhov lui écrira aussi :
« Notre grand père était battu par les seigneurs et le dernier des fonctionnaires pouvait lui casser la gueule. Notre père était battu par notre grand père et nous par notre père. De quels serfs, de quel sang avons-nous hérité ! »
- Tchékhov écrira aussi, dans une lettre à I. Chtcheglov, le 9 mars 1892, concernant son père :
« Je me souviens qu’il commença à faire notre éducation, ou plus simplement, à me battre, quand je n’avais pas encore 5 ans. En me réveillant, chaque matin, je pensais avant tout : Serais-je battu aujourd’hui ? »
- Tchékhov écrira enfin, dans une lettre à Souvarine [1895-1984], le 27 mars 1894 :
« La morale tolstoïenne a cessé de me toucher jusqu’au fond de l’âme, je n’ai plus de sympathie pour elle, ce qui, sans doute, est injuste. Mais c’est parce que le sang qui coule dans mes veines est un sang de moujik et qu’on ne peut pas m’étonner avec des vertus de moujik. Dès mon enfance, j’ai appris à croire au progrès et n’aurait pas pu ne pas y croire car la différence entre l’époque où on me fouettait et celle où on avait cessé de me fouetter était terrible. […] » 203 (Cf. Hommes, Famille, Patriarcat. Père)

Violences patriarcales (Pédagogie) : 2003. Pendant longtemps, le seule pédagogie enseignée pour s’en prémunir, dans la famille et dans la rue, aux petites filles (dans la bourgeoisie ?) fut celle rapportée par Marie-Louise Girod [1915-2014], au début du XXème siècle. Elle rappelle les propos de son frère :
« Mademoiselle sort toute seule ! Tu n’as pas peur des vilains messieurs ? Attention, n’accepte pas de bonbons…» et ceux de sa mère : «Surtout ne parle à personne ! Et surtout ne t’arrête pas devant une bijouterie, un monsieur inconnu pourrait te dire : ’Choisissez mademoiselle !’ » 204

Violences patriarcales (Résistance) : 1905. Cf. Georges Clemenceau [1841-1929], auteur, dans L’Aurore, le 15 août 1905, de :
« […] Qui vit, résiste ; qui ne résiste pas se laisse dépecer par morceaux. » 205

Violences patriarcales (Weinstein Harvey) : Cf. Patriarcat. Weinstein Harvey

Retour en haut de page
Notes de bas de page

1 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.54, 72, 75, 76, 8§

2 Panoramiques, Bizutages. Arléa-Corlet.231p. 1994. p.50

3 Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z, 1479p. 1995. p.1045

4 Gavi / Sartre / Victor, On a raison de se révolter. La France sauvage. Gallimard. 378p. 1974, p.116

5 Edgard Morin, Au rythme du monde. Un demi siècles d’articles dans Le Monde. Archipoche. 588 p. 2015. p.332

6 France Culture, Chirurgie réparatrice au Brésil. 16 septembre 2015

7 Cf. Marie-Victoire Louis, Les mots du viol. Le langage, révélateur de la légitimation de la violence sexuelle http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=451&themeid=450

8 Voltaire, Correspondance. XII. (janvier 1775-juin 1777). La Pléiade. 1361p. 1987. p.722, 718

9 Cité dans Denis Langlois, Les dossiers noirs de la Justice française. Combats. Le Seuil. 222p. 1974. p.93, 94

10 RFI, Priorité santé. Violences faites aux femmes. 26 décembre 2014

11 France Culture, Condamnés / victimes : un dialogue possible (1/4) Une histoire de la justice restaurative. 20 novembre 2017

12 France Culture, 2 septembre 2015. 06 h. 20

13 Bernard Lemettre, Je veux juste qu’elles s’en sortent. Mon combat pour briser les chaînes de la prostitution. Michel Lafon. 253p. 2015. p.133

14 Radio. Free. Dom, Nouvelle session d’Assises : Viol en tournante d’une adolescente de 16 ans après une soirée sur la plage de Saint-Pierre. 3 avril 2017

15 France Culture, Une fois pour toutes, Dominique Souchier. Interview d’Aldo Naouri. 6 avril 2013. 12h 30

16 Henri Torrès, Le procès des pogromes. Plaidoirie et Témoignages. 1927. Ressouvenances. 270p. 2010. p.80

17 Paris Luttes. Info, «Une femme violée à Calais. Mastication féministe et antifasciste». 21 octobre 2016

18 Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma. Les acteurs. Robert Laffont. Bouquins. 987p. 1991. p.193, 976

19 Le Monde, Odon Vallet, Le vice et la vertu. 6 juin 2002

20 Jacques Vergès, Beauté du crime. Plon. 214 p.1988. p.67, 68

21 Le Figaro, Deux hommes interpellés pour le braquage d’un couple qui a tourné au viol. 2 décembre 2014

22 Le Figaro, Procès d’André Hazout. 12 ans de prison requis. 19 février 2014 ; André Hazout : Je ne suis pas un violeur. 20 février 2014 ; Le gynécologue André Hazout, condamné à 8 ans de prison pour viols. 20 février 2014

23 Docteur Gilbert Tordjman, La femme et son plaisir. Les éditions de la Seine. Succès du livre. 1989. 395p. p.332, 333, 336, 338

24 André Breton, Manifeste du surréalisme. Idées Gallimard. 188p. 1973. p.78

25 Le Figaro, Angela Merkel n’a pas perçu la différence entre Islam et Islam politique. 23 septembre 2017

26 France Culture, À voix nue. Dounia Bouzar, envers et contre tous. 13 juin 2016

27 Alexandra David-Neel, Correspondance avec son mari. Édition intégrale. 1904-1941. Plon. 943p. 2001. p.344

28 Diderot, Correspondance. Lettre à Madame d’Epinay. Bouquins. R. Laffont. 1468 p. 1997. p.786

29 El Watan, Violences contre les femmes : un bon projet, une loi inapplicable. 10 octobre 2014

30 George Bernanos, Journal d’un curé de campagne. Plon. 160ème mille. 366p. 1936. p.72, 73

31 Anaïs Nin, Journal. 1939-1944. Le livre de poche. 508p. 1971. p.56, 57

32 Europe 1, Alexandre Benalla, avant la révélation de l’affaire : ‘J’ai pété les plombs’. 22 juillet 2018 

33 France inter. Affaire sensibles. Le prix humain de la crise. 18 octobre 2016

34 Rousseau, Julie ou la Nouvelle Héloïse. Garnier Flammarion. 610p. 1967. p.119

35 Le Monde, Un hiver dans la vallée d’Aspe. 24 mars 2017

36 Marquis de Sade, Lettres à sa femme. «Les épistolaires». Choix, préface et notes de Marc Buffat. Actes Sud. février 1997

37 Journal de l’abbé Mugnier. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 639p. 2007. p.314

38 Laclos, Œuvres. NRF. Gallimard. La Pléiade. 1979. 1713p.

39 Sade, Histoire de Juliette, in, Œuvres. II. La Pléiade. Gallimard. 1638p. 1998. p.194

40 L’œuvre du marquis de Sade, Introduction, essai bibliographique et notes par Guillaume Apollinaire. Bibliothèque des curieux. Collection. «Les maitres de l’amour». 1909. p.17, 88. Cité par Michel Delon, responsable de l’édition de Sade dans la Pléiade. Sade, Œuvres. III. 1638p. 1998. p.1383

41 Guillaume Apollinaire, Les onze mille verges. 1907. Wiki source. 50p.

42 Thomas Schlesser. In : Dictionnaire de la pornographie. (Sous la direction de Philippe Di Folco) PUF. 581p. 2005. p.36, 37

43 In : Marie-Françoise Hans, Gilles Lapouge, Les femmes, la pornographie, l’érotisme. Seuil. 391p. 1978. p.97

44 Animateur des Matins de France Culture. Vers un printemps des femmes arabes. 5 février 2013

45 Dictionnaire de la violence, Sous la direction de Michela Marzano. Item : Sade, Donatien Alfonse François, Marquis de, 1740-1814. PUF. 1546 p. 2011, p.1156, 1157

46 Andrea Dworkin, Pornography. Men possessing women. 1981 (1ère édition) The women’s press Ltd. 304p ; Andrea Dworkin, Intercourse. Arrow books. 1988. 326 p.

47 Le Monde, Jean Birnbaum. Sade ou l‘érotisme de la pensée. 5 décembre 2014

48 Alice Miller, C’est pour ton bien. In : L’essentiel d’Alice Miller. Flammarion. 1002p. 2011. p.285

49 Maurice Nadeau, Serviteur ! Un itinéraire critique à travers livre et auteurs depuis 1945. Albin Michel. 423p. 2002. p.58 à 62, p.174 à 183, p.133

50 Nicolas Waquet, Introduction, La Vénus à la fourrure, Petite Bibliothèque Payot. Rivages. 2009. p.8

51 Michel Winock, Jeanne et les siens. Seuil. 265p. 2003. p.11

52 In : Pierre Desgraupes, Le mal du siècle. Grasset. 346p. 1977. p.240

53 George Bernanos, Journal d’un curé de campagne. Plon. 160ème mille. 366p. 1936. p.155

54 Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Au coin de l’aventure. Éditions du Seuil. Points. 275p. 1982. page 91 (note 1)

55 Robert Debré, Témoignage. L’honneur de vivre. Stock. Hermann. 462. 1974. p.260

56 Jacques Loew, Journal d’une mission ouvrière (1941-1959). Les Éditions du Cerf. 476p. 1959. p.31

57 France Culture, La compagnie des auteurs. André Gide (4). Le salut par le Journal. 25 mai 2017

58 André Gide, Journal. 1939-1949. Souvenirs. La Pléiade. 1280p. 1954. p.90

59 André Gide, Journal. 1939-1949. Souvenirs. La Pléiade. 1280p. 1954. p.

60 Antonio Gramsci, Lettres de prison, Éditions Sociales. 310p. 1953. p.119,120

61 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.16

62 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. Mercure de France. 1304p. 2013. p.459, 460

63 Jean-Jacques Rousseau, Les confessions, In : Œuvres complètes. I. La Pléiade. 1969p. 1986. p.340

64 AFP, Des députés veulent interdire toute forme de violence faite aux enfants. 20 avril 2016

65 Lou Andreas Salomé, Ma vie. PUF. Perspectives Critiques. 315p. 1978. p.11, 45

66 Leïla Sebbar, On tue les petites filles. Stock 2 / Voix de femmes. 357p. 1978. p.255 , 291

67 Jean Claude Brialy, Le ruisseau des singes. Pocket. Robert Laffont. 510p. 2001. p.49, 55

68 France Inter, Affaires sensibles. Le grand préfet et les déracinés. 30 août 2018

69 George Sand, Œuvres autobiographiques. I. Histoire de ma vie, La Pléiade. 1418p. 1978. p.779

70 Libération, Enfants Migrants. Trump face à la honte. 20 juin 2018

71 Cesare Beccaria, Des délits et des peines. Genève, Droz, 1965. p.146 (Edité plus tard par Garnier Flammarion en 1991)

72 In : Chow Ching lie, Le palanquin des larmes. Dans la chine de Mao, l’échappée d’une femme. J’ai lu. 382p. 2001. p.257

73 In : Voltaire, Correspondance. XIII (juillet 1777-mai 1778). La Pléiade. 1203p. 1992. p.271

74 Choisir de donner la vie, Colloque international de Choisir, La cause des femmes des 5,6,7 octobre 1979 à l’Unesco. Idées. Gallimard. 566p. 1979. p.82

75 Le Figaro. AFP, Bébé jeté du 5ème étage : la lycéenne écrouée. 15 octobre 2014

76 Abbé Casimir Dugoujon, Lettres sur l’esclavage et l’abolition dans les colonies françaises, 1840-1850). Présentation de Nelly Schmidt, L’Harmattan. 254p. 2016. p. 75,76

77 Jules Michelet, La sorcière. GF. Flammarion. 309 p.1966. p.223, note 1

78 AFP, Une mère condamnée à 15 ans. 18 décembre 2014

79 Le Figaro. AFP. Reuters, Infanticide en Australie : la mère arrêtée. 20 décembre 2014

80 Annie Goldmann, Les filles de Mardochée. Histoire d’une émancipation. Denoël / Gonthier. 153p. 1979. p.44

81 Sources de Choisir (Revue de l’association Choisir la cause des femmes Présidente : Gisèle Halimi) non vérifiées. In : Eva Thomas, Le viol du silence. Aubier. 230p. 1986. p. 218

82 Radio Libertaire, 18 septembre 2014. 17 heures

83 Gramsci dans le texte. (Réalisé sous le direction de François Ricci) Éditions sociales. 717p. 1977. p.690

84 Le Figaro, Procès de l’octuple infanticide : le lourd secret de la famille Cottez. 26 juin 2015

85 Vladimir Nabokov, Lolita. Gallimard. 468 p. 2001. p.187

86 France Culture, LSD. Écrire l’amour, La rencontre. 19 février 2018

87 Huffingtonpost.fr, Jeffrey Masson, Ancien psychanalyste, ancien co-directeur des Archives Freud. Ces psychanalystes qui nient l'inceste. 12 octobre 2012

88 Niki de Saint-Phalle, Tous les hommes sont des violeurs. In : Toi, mon père. Albin Michel. 316p. 2002. p.110 à 113

89 Cf. Marie-Victoire Louis, Violences des hommes à l’encontre des femmes. http://www.marievictoirelouis.net/index.php?id=331

90 Libération, Yogi Adityanath, un moine extrêmiste à la tête du plus grand Etat de l’Inde. 4 avril 2017

91 Adèle Toussaint-Samson, Une Parisienne au Brésil. Paris. Ollendorff. 233p. 1883. p.82 à 86

92 Cardinal de Retz, Mémoires, La Pléiade. 1003p. 1950. p.564, 565

93 BFMTV, 23 août 2018

94 BFM.TV, 11h 30. 6 septembre 2018

95 Alexandra David-Neel, Correspondance avec son mari. Édition intégrale. 1904-1941. Plon. 943p. 2001. p.122, 123

96 Alexandre Dumas fils, Le dossier «Tue-la !». Édouard Aubanel, Avignon. 227 p. 1969. p.135

97 In : Yvette Roudy, Mais de quoi ont-ils peur ? Un vent de misogynie souffle sur la politique. 218 p. 1995. p.89

98 Princesse de Metternich, «Je ne suis pas jolie, je suis pire». Souvenirs 1859-1871. Le livre de poche. 286p. 2010. p.146

99 Cf. notamment Marie-Victoire Louis, «Lettre à Dominique Fougeyrollas». http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=347&themeid=346

100 Jean-Jacques Rousseau, Du Contrat social. Folio Essais. Gallimard. Livre III. 535p. 1993. p.241

101 Maryse Jaspard, Les violences conjugales en Europe. In : Le livre noir de la condition des femmes (Dirigé par Christine Ockrent). Document. XO Éditions. 954p. 2007. p.302

102 France Culture, Ping Pong. Nancy Huston & Chloé Delaume. - Sorcières et amazones. 29 septembre 2016

103 Le Monde, Condamné pour violences conjugales, le secrétaire à l’intégration démissionne. 22 juin 2015

104 Le Parisien, L’incroyable erreur de casting du PS. 22 juin 2015

105 Histoire de Michèle. Fayard. 175p. 1972. p.11, 12

106 Jean Guéhenno, Journal des années noires. 1940-1944. Gallimard. 346p. 1947.p.325

107 Le Figaro, Une lycéenne dépouillée et jetée dans la Seine. 21 octobre 2016

108 Le Figaro. AFP, Un homme abat sa compagne et se suicide. 1er août 2018

109 Le Monde, Femmes battues : l’indifférence en procès aux Assises du Nord. 25/26 mars 2012 + TF1. 8 avril 2012. 19 heures + Depuis lors, un livre est paru qui, notamment, relate le procès : Alexandra Lange, Acquittée. «Je l’ai tué pour ne pas mourir» Michel Lafon. Octobre 2012. (Cf. Notamment chapitre I : «Acquittez-la !» 295 p. Réédité dans «J’ai lu» 2013.

110 Le Figaro.fr Madame, Luc Frémiot : «Il faut intervenir dès la première gifle». 20 janvier 2014

111 France Inter, 29 décembre 2016. 7 h 58

112 Le Figaro, Le Front National s’en prend à la venue de Joey Starr dans le Var. 14 mars 2016

113 France Culture, Clap sur Jeen-Luc Godard, cinq ans après mai 68. 20 mai 2018 [1ère diffusion. 5 mai 1973]

114 France Culture, Les racines du cielémission consacrée à la spiritualité»] Guy Gilbert, un parcours hors du commun. 7 avril 2013

115 Victor Hugo, Les pauvres gens. La légende des siècles.1859.

116 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.1150

117 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. P.1428

118 Europe 1. Le JDD, Violences sexuelles : Édouard Philippe et Marlène Schiappa répondent aux Nous toutes. 25 novembre 2018

119 Anne-Martin Fugier, Une nymphomane vertueuse. L’assassinat de la duchesse de Choiseul-Praslin. Fayard. 2009. 176p.

120 France Inter, Là-bas si j’y suis. 4 avril 2013

121 France Culture, Mémoires du siècle. Daniel Meyer. 2 août 1985. Rediffusion le 10 septembre 2015

122 France Info. TV, 31 octobre 2016. 11 h 50

123 Libération, Les féministes chinoises donnent de la voix. 26 juin 2014

124 Alexandre Zinoviev, Les confessions d’un homme en trop. Gallimard. Olivier Orban. Folio. Actuel. 696 p.1990. p.260, 261

125 El Watan (Algérie), Violences à l’égard des femmes : Que cesse l’impunité ! 4 mars 2015

126 Le Monde, Des milliers de femmes s’unissent « contre les violences » à l’appel de Muriel Robin. 6 octobre 2018 ; Sauvons celles qui sont encore vivantes. Publié dans le Bulletin de la Marche mondiale des femmes. N° 359. 5 octobre 2018

127 Le Monde, Élisabeth Roudinesco. #Metooo : ‘Jamais une explosion de rage ne doit devenir un modèle de lutte’. 2 novembre 2018

128 Marie d’Agoult, George Sand, Correspondance. Bartillat. 301p. 1995. p. 32, 33

129 Le Monde, Trump fustige ‘les fausses accusations’ de violencss conjugales à la Maison Blanche. 10 février 2018

130 Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1985. p.490

131 XVIIIème siècle, Alain Nabarra, ‘Les rapports que nous font les hommes’. Voltaire et l’affaire Lerouge. N° 39. 2007. (Lisible sur le net)

132 Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1985. p.743, 904

133 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.619, 1210

134 In : Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. p.363

135 Suétone, Vies des douze Césars. Folio. 1975. 497p. p.141

136 Voltaire, Lettres à Madame Hanska. II. 1845-1850. Bouquins. Robert Laffont. 1209p. 1990. p.87

137 Chaîne Histoire, [1996] Anne-Marie Thunissen, Femmes machines. Diffusé le 20 novembre 2016

138 France Culture, La Fabrique de l'histoire. Histoire des domestiques et de la domesticité. Catégorie T. Bonne de ferme. 11 avril 2017

139 France Culture, Les Inconnus de l’histoire. Gilles de Gouberville. 19 août 2017 (1ère diffusion. 15 janvier 1982)

140 Louise Colet, Le poème de La femme. 2ème récit. La Servante. Cité par Micheline Bood et Serge Grand, L’indomptable Louise Colet. Pierre Horay. 235p. 1986. p.142

141 Comte de Comminges, Souvenirs d’enfance et de régiment. 1831-1870-71. Plon. 249p. 1933. p.34, 39

142 Robert Debré, L’honneur de vivre. Stock. Hermann. 462p. 1974. p.435

143 Françoise Dolto, La cause des enfants. Le livre de poche. 638p. 1985. p.34

144 Jean Pierre Hirsch, La nuit du 4 août. Collection Archives. Gallimard/ Julliard. 283p. 1978. p.25, 26, 268

145 Françoise Giroud, Leçons particulières. Fayard. 260 p.1990. p.39, 40

146 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.212

147 Yvonne Knibielher et de Catherine Fouquet, Histoire des mères du Moyen-Âge à nos jours. Éditions Montalba. 359p. 1977. p.167

148 Astolphe de Custine, Lettres à Varnhagen. Stalkine Reprints. Genève. 1979. 509p. p.403

149 Roger Knobelspiess, Voleur de poules. Une histoire d’enfant. 193p. 1991. p.124

150 Alice Sapritch, Ma vérité. Femme-Public. Presses Pocket. 212p. 1988. p.30

151 Robert Grimm, Luther et l’expérience sexuelle. Sexe, célibat, mariage chez le réformateur. Histoire et société. N° 39. Labor et Fides. 431p. 1999. p.99, 378, 379

152 Marat, Les aventures du jeune comte Potowski (écrit entre 1770 et 1772, publié en 1848). In : Marat, Textes choisis. ES. Les classiques du peuple. 251p. 1975. p.65

153 Karl Marx et Friedrich Engels (Manifeste du parti communiste. février 1848

154 Karl Marx, «Prolétaires de tous les pays, unissez-vous» Kommunistische Zeitschrift. N° 1. In : Karl Marx, Œuvres politiques. I. La Pléiade, 1829 p. 1994. p.990

155 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. La Pléiade. Tome I. 1530 p. 1976. p.1169

156 Clarisse Feletin, Hélène Viannay, L’instinct de résistance. De l’Occupation à l’école des Glénans. Préface de René Rémond. Éditions Pascal. 254p. 2004. p.53

157 André Stil, Femmes, que vous êtes.. Éditions sociales. 94p. 1963. p.43

158 Élisabeth Vigée-Lebrun, Souvenirs. I. Une édition féministe de Claudine Herrmann. Des Femmes. 360p. 1984. p.227

159 Pierre Pascal, Journal de Russie. 1928-1929. Les Éditions Noir sur blanc. 766p. 2014. p.253

160 Pierre Pascal, Journal de Russie. 1928-1929. Les Éditions Noir sur blanc. 766p. 2014. p.644

161 Jean-Paul Sartre, Dullin et l’Espagne, In : Situations, II. NRF. Gallimard. 474p. 2012. p.17

162 Danilo Dolci, Enquête à Palerme. Les Temps modernes. Julliard. 336p. 1957. p.192

163 Danilo Dolci, Enquête à Palerme. Les Temps modernes. Julliard. 336p. 1957. p.242

164 Georges Simenon, Mémoires intimes. France Loisirs. 753p. 1982. p.468

165 In : Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. p.388

166 Léon Tolstoï, Anna Karénine. La Pléiadde. 1630p. 1951. p.637

167 Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z, 1479p. 1995. p.873, 1164

168 Le Figaro, Les cinq mesure phares de la loi qui veut révolutionner la lutte contre la prostitution. 6 avril 2016

169 Roger Vaillant, La Loi. NRF. Gallimard. 313p. 1957. p.71

170 Voltaire, Correspondance. III. (janvier 1765-décembre 1753). La Pléiade. 1534p. 1975. p.770

171 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p. 635

172 Voltaire, Le droit du seigneur. Imprimé à Genève. 1762. (Lisible sur Gallica)

173 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.193

174 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.750

175 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.466

176 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.775

177 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.1114

178 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.1445, 1578

179 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.130

180 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.186

181 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.581

182 Alexandre Zinoviev, L’avenir radieux. L’Age d’homme. 280p. 1978. p.180, 181

183 L’Express, 17 février 2015

184 Le Monde, Les femmes entrent en force au Parlement Turc. 9 juin 2015

185 France Culture, Du jour au lendemain, Chantal Akerman pour son livre : Ma mère rit. 7 novembre 2013. Réécoute, La nuit Chantal Akerman. 11 février 2018.

186 Michelle Perrot, Mon histoire des femmes. Éditions du Seuil. France Culture. 247p. 2008. p.161

187 Le Canard enchaîné, Duflot et Mélenchon à la manœuvre. (Lire aussi, La Hollandie harcelée par l’affaire Baupin) 11 mai 2016

188 Metronews, Après l’affaire Baupin, le groupe écolo se disloque à l’Assemblée Nationale. 19 mai 2016

189 Le Figaro, Le PS regagne sa majorité absolue à l’Assemblée Nationale. 24 mai 2016

190 Cf. notamment : Le Monde, Affaire Baupin. ‘Nos témoignages ont été validés par la justice’. 7 mars 2017

191 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.995

192 Le Figaro, Claude Lanzmann, arrêté pour harcèlement sexuel en Israël. 8 février 2012

193 JSSNews, 8 février 2012

194 Alice Coffin, Portrait de Claude Lanzmann en «  séducteur brusque » : la presse fançaise n’a rien appris de Metoo. 7 juillet 2018

195 Blog de Corinne Lesnes, Le Monde, Croquis d'Amérique. Quand Monica Lewinski se rappelle au bon souvenir des Clinton. 12 mai 2014

196 Le Monde, Harcèlement sexuel : quatre ‘sages’ connaissaient le requérant. 5 mai 2012

197 Dictionnaire des droits de l’homme. Sous la direction de Joël Andriantsimbazovina, Hélène Gaudin, Jean-Pierre Marguénaud, Stéphane Rials, Frédéric Sudre. PUF. 1074 p. 2008. p.605,606

198 Le Monde, Affaire du Carlton : L’incrimination du proxénétisme est extrêmement large. 22 mai 2012

199 Le Parisien, Le client puni se rebiffe. 29 août 2017

200 Le Canard enchaîné, Une histoire de QPC. 19 septembre 2018. p.5

201 Médiapart, Harcèlement sexuel : le projet de loin sera peaufiné au Parlement. 14 juin 2012

202 AFP. Le Monde, Triomphe du britannique Sam Smith aux Grammy Awards. 9 février 2015

203 Sophie Laffite, Tchekhov par lui-même. Éditions du Seuil. Écrivains de toujours. 191p. 1955. p. 13, 14, 136, 137

204 Marie-Hélène Luiggi, Marie-Louise Girod. La dame d’En Haut. Montauban, Impr. Lormand. 166p. 2003. p. 94, 95

205 In, Georges Sorel, Réflexions sur la violence. Deuxième édition. Paris, Marcel Rivière et Cie. 412 p. 1910. p. 86


Retour en haut de page