Abécédaire
 Marie-Victoire Louis

Femmes

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 15/06/2018
date de publication : 15 juin 2018
mise en ligne : 15/06/2018
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À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 6.542 items et 23 rubriques : I. «Culture» (300) ; II. Droit (120) ; ; III. Êtres humains (282) ; IV. Êtres humains. Corps (139) ; V. Êtres humains. Enfants (81) ; VI. Êtres humains. Femme-s (1142) ; VII. Êtres humains. Homme-s (454) ; VIII. Êtres humains. Relations entre êtres humain-es (292) ; IX. Famille (250) ; X. Féminisme-s. Féministe-s (264) ; XI. Justice (357) ; XII. Langage (346) ; XIII. Patriarcat (272) ; XIV. Penser (508) ; XV. Politique (690) ; XVI. Pornographie (82) ; XVII. Proxénétisme (208) ; XVIII. «Sciences» sociales (146) ; XIX. «Sciences» Sociales (Démographie) (32) ; XX. «Sciences» sociales (Économie) (178) ; XXI. «Sciences» sociales (Histoire) (99) ; XXII. Sexe-s [Sexualité, Sexisme…] (84) ; XXIII. Violences (217)… et continuera d’évoluer.

15 juin 2018

VI. Êtres humain-es. Femmes

En noir. Nouveaux Items (et modifiés)

I. Femme : Femme (Qu’est-ce qu’une femme ?) ; Femme (Achat) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5) ; Femme (Adultère) ; Femme (Apparence) ; Femme (Antisémite) ; Femme (Avare) ; Femme («Avoir» une) ; Femme («Au minimum») ; Femme (Avortement) ; Femme («Bégueule») ; Femme («Bonne sœur») ; Femme (Bouquets) (1, 2) ; Femme (Caïn) ; Femme («Chef d’œuvre») ; Femme (Collin Françoise) ; Femme (Conscience de classe. Aristocratie) (1, 2, 3) ; Femme (Conscience de classe. Bourgeoisie) ; Femme (Conscience de classe. Ouvrière) ; Femme (Conscience de classe. Absence de) ; Femme («Convenances») ; Femme («Coût») ; Femme («Cul») ; Femme (Définition) ; Femme («Démodée») ; Femme (Dépendante) ; Femme (Devenir une) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) ; Femme (Dignité) ; Femme (Distraction) ; Femme (Don) ; Femme («Dure») ; Femme (Femme de Saint Cloud La) ; Femme (Égérie) ; Femme («Égoïsme») ; Femme (Elle) ; Femme («Embonpoint») ; Femme («Emplette») ; Femme (Enceinte) ; Femme (Être) ; Femme (Être humain) (1, 2, 3, 4, 5) ; Femme (Expiation) ; Femme («Facile») ; Femme (Faire-Valoir) ; Femme (Féminin) (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Femme (Féminisation) ; Femme (Fierté) ; Femme (Flèche) ; Femme («Forte») ; Femme (Gentille) ; Femme (« Gagne-pain ») ; Femme (Grisette) (1, 2) ; Femme («Garçonne») ; Femme («Hommasse») (1, 2) ; Femme (Honneur) ; Femme (Humble) ; Femme («Hystérique») (1, 2) ; Femme («Intérieur d’») ; Femme (Jalouse) ; Femme (Jeune fille. 2017) ; Femme (Khmers rouges) ; Femme («L’Encyclopédie») ; Femme (Libération) ; Femme (Licenciée) (1, 2) ; Femme (Lit) ; Femme (Maitresse) ; Femme (Maquillage) (1, 2, 3) ; Femme (Martyre chrétienne) ; Femme (Masochisme) (1, 2) ; Femme (Moi) ; Femme («Moche») ; Femme (Mort peine de) (1, 2) ; Femme («Négresse») ; Femme (Orgueil) ; Femme («Perdue») (1, 2) ; Femme (Peur) ; Femme (Portait) ; Femme («Présent») ; Femme (Procréation) ; Femme (Pygmalion) ; Femme (Qu’une…) ; Femme (Racine) ; Femme (Renoncement) ; Femme (Respectée) ; Femme (Revanche) (1, 2) ; Femme («Rien») (1, 2) ; Femme (Rolls-Royce) ; Femme («Salope». Marie-Claire. 2016) ; Femme (Secret) ; Femme (Sénèque) ; Femme (Sensibilité) ; Femme («Seule») Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5) ; Femme (Sotte) (1, 2) ; Femme («Soutenir») ; Femme (Suicide) ; Femme (Symbole) (1, 2) ; Femme (Territoire) ; Femme («Une femme ou un noir)» ; Femme (Vénale) (1, 2) ; Femme (Vengeance) (1, 2, 3, 4) ; Femme («Vénéneuse») ; Femme (Vie de…(1, 2) ; Femme (Vierge) ; (144)

II. Femme (Artiste) : Adjani (Isabelle) ; Akerman (Chantal) ; Alain (Marie-Claire) ; Arletty ; Bacall (Lauren) ; Barbara (1, 2, 3) ; Bardot (Brigitte) (1, 2) ; Bell (Marie) ; Bellon (Yannick) ; Bernhardt (Sarah) ; Bonheur (Rosa) (1, 2) ; Boulanger (Nadia) ; Bourgeois (Louise) ; Callas (Maria) ; Capri (Agnès) ; Carol (Martine) ; Casarès (Maria) ; Chanteuses françaises (d'antan) ; Claudel (Camille) (1, 2, 3) ; Claudel (Camille) / Rodin (Auguste) ; Damia ; Dietrich (Marlène) (1, 2, 3) ; Dorval (Marie) ; Dubost (Paulette) ; Duc (Hélène) ; Duncan (Isadora) ; Dupré (Catherine, dite Mademoiselle de Seine) ; Duse (Eleonora) ; Fernandez Esperanza ; Feuillère (Edwige) ; Fontaine (Brigitte) ; Fréhel ; Gardin (Blanche) ; Goya (Chantal) ; Grimaud (Hélène) ; Guy (Alice) ; Holliday (Billie) ; Juliette ; Kauffmann (Angelica) ; Khaltoum (Oum) ; Khalo (Frida) ; La Malibran ; Lens (Aline de) ; Lubin (Germaine) ; Mairesse (Valérie) ; Makeba (Myriam) ; Mercouri (Melina) ; Mergault (Isabelle) ; Monroe (Marilyn) ; Moréno (Marguerite) ; Morisot (Berthe) ; Neher (Carola) ; Piaf (Édith) (1, 2, 3) ; Rama (Carol) (1, 2) ; Renaud (Madeleine) ; Saint Phalle (Niki de) (1, 2) ; Salomon (Charlotte) ; Sauvage (Catherine) ; Séraphine Louis (ou : Séraphine de Senlis) ; Seydoux (Laura) ; Seyrig (Delphine) ; Schumann (Clara) ; Solidor (Suzy) ; Sorel (Cécile) ; Sylvestre (Anne) ; Vaucaire (Cora) ; Varda (Agnès) ; Vigée-Lebrun (Élisabeth) (1, 2, 3) ; Yamina (84) ;

III. Femme (Écrivaine) : Allart de Méritens (Hortense) (1, 2) ; Aubenas (Florence) ; Audoux (Marguerite) ; Austen (Jane) (1, 2, 3) ; Azzedine (Saphia) ; Barthélémy-Madaule (Madeleine) ; Bernard (Catherine) ; Bespaloff (Rachel) ; Brontë (Charlotte) ; Cardinal (Marie) ; Charles-Roux (Edmonde) ; Chauvey (Marie) (1, 2) ; Colet (Louise) (1, 2) ; Colette ; Colette (et Willy) (1, 2) ; Delay (Florence) ; Desbordes-Valmore (Marceline) ; Dickinson (Emily) ; Fitzgerald (Zelda) ; Fouillée (Augustine) ; France Culture (2015) ; Huber (Marie) ; Lagerlöf (Selma) ; Lambert (Madame de) (1, 2) ; Launoy (Marie-Catherine de) ; Mallet-Joris (Françoise) ; Malraux (Clara) ; Pore[t]te (Marguerite) ; Rachilde ; Rochefort (Christiane) ; Sarraute (Nathalie) ; Sévigné (Madame de) ; Shelley (Mary) ; Staël (Madame de) (1, 2, 3) ; Toussaint-Samson (Adèle) ; Tsvetaieva (Marina) (1, 2, 3) ; Vilmorin (Louise de) ; Wharton (Edith) ; Phillis Wheatley (1, 2) (52) ;

IV. Femme (Épouse (de) : Femme (Épouse) (1, 2, 3, 4) : Agacinski (Sylviane) ; Agutte (Georgette) ; Aron (Suzanne) (1, 2, 3) ; Bernanos (Jeanne) ; Beuve-Méry (Prénom inconnu) ; Blanqui (Suzanne-Amélie) ; Bloy (Anne-Marie) ; Boudet (Paulette) ; Bourbon-Siciles (Marie-Amélie) ; Brossolette (Gilberte) ; Ceausescu (Elena) ; Chirac (Bernadette) (1, 2) ; Claudel (Reine) ; Gaulle De (Yvonne) ; Dolto (Françoise) ; Dreyfus (Lucie) ; Fillon (Penelope) (1, 2, 3) ; Freud (Martha) ; Galese (Marie de) ; Gide (Madeleine) (1, 2, 3) ; Gisserot (Hélène) ; Gorbatchev Raïssa) ; Gramsci (Iulca) ; Groult (Benoîte) ; Guérin (Marie) ; Guilloux (Renée) ; Hegel (Maria) ; Hitchcock (Alma) ; Hugo (Adèle) ; Janin (Adèle) ; Juppé (Isabelle) ; Kroupskaïa (Nadejda) (1, 2) ; Laclos (Marie-Solange de) ; Lévi Strauss (Dina) ; Linder (Ninette) ; Littré (Pauline) ; Maitron (Marcelle) ; Macron (Brigitte) ; Malraux (Clara) ; Michelet (Athénaïs) ; Montaigne (Chassaigne Françoise de) ; Pasteur (Prénom inconnu) ; Péguy (Charlotte, Françoise) (1, 2) ; Pompidou (Claude) ; Quinet (Hermione) ; Reagan (Nancy) ; Régnier de (Marie) ; Rocard (Michèle) ; Roland (Madame) ; Rolland (Maria) ; Roosevelt (Eleanor) ; Ruiz (Valeria) ; Soljenitsyne (Natalia) ; Tirole (Nathalie) ; Tocqueville (Marie de) (1, 2) ; Tolstoï (Sophie) ; Trotsky (Natalia) (1, 2, 3) ; Verlaine (Mathilde) ; Wilde (Constance) ; Woolf (Virginia) ; Zola (Alexandrine) (76) ;

V. Femme (Journaliste) : Femme journaliste (1, 2) ; Femme journaliste (Adler Laure) ; Femme Journaliste (Caster Sylvie) ; Femme Journaliste (Giroud Françoise) (1, 2, 3) ; Femme Journaliste (Manceaux Michèle) ; Femme Journaliste (Ockrent Christine) (1, 2) ; Femme Journaliste (Taro Gerda) (11) ;

VI. Femme (Mère-s) : Femme (Mère) (1, 2) ; Mères (Abderrhaim Souad) ; Mère (Akerman Chantal) ; Mère (Agout Marie d’) ; Mère (Agrippine) ; Mère (Assistance publique) ; Mère. (Berr Hélène) ; Mère (Blanqui Auguste) ; Mère (Blum Léon) ; Mère (Brigitte) ; Mère (Burkhart Christiana) ; Mère (Calamity Jane) ; Mère (Catherine II) ; Mère (Céline Louis-Ferdinand) ; Mère (Charlotte de Prusse) ; Mère (Chine. Début du XXème siècle) ; Mère (Claudel Louise-Athanaïse) ; Mère (Collin Françoise) ; Mère (De Gaulle Charles) ; Mère (Dhavernas Odile) ; Mère (Darlan Eva) ; Mère (Duc d’Enghien) ; Mère (Duncan Isadora) ; Mère (Eichmann Adolf) ; Mère (Fillon Penelope) ; Mère (Hugo Victor) ; Mère (Kazan Elia) ; Mère (Khalo Frida) ; Mère (Lacordaire Jean-Baptiste Henri) ; Mère (Léautaud Paul) ; Mère (Le Goff Jacques) ; Mère (Le Pen Marine) ; Mère (le Vasseur Thérèse) (1, 2) ; Mère (Marie-Antoinette) ; Mère (Martyre) ; Mère (Mauriac François) ; Mère (Monica. ‘Sainte’ Monique) ; Mère (Napoléon) ; Mère (Oldenbourg Zoe) ; Mère (pour Le Monde) ; Mère (Péguy Charles) ; Mère (Rilke Rainer Maria) ; Mère (Rocancourt Christophe) ; Mère (Roosevelt Eleanor) ; Mère (Rougeot André) ; Mère (Rousseau Jean-Jacques) ; Mères (Rousseau Jean-Jacques) ; Mère (Sackville-West Lady) ; Mère (Sand George) ; Mère (Schumann Clara) ; Mère. (Sévigné Madame de) ; Mère (Staël Madame de) ; Mère (Georges Simenon) ; Mères (Sœur Emmanuelle) ; Mère (Staline Joseph) (57) ;

VII. Femme (Nom) : Femmes (Nom) (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Agoult (Marie d') ; Colette ; Crazy Horse (Danseuses) ; David-Neel (Alexandra) ; Genlis (Madame de) ; Girardin (Delphine de) ; Girod (Marie-Louise) ; Goebbels (Magda) ; Hugo (Victor) ; Mademoiselle ; Malher (Alma) ; Malraux (Clara) ; Mendes-France (Marie-Claire) ; Mitterrand (Danielle) ; Personnes-dites-prostituées ; Sade ; Stein (Édith) ; Mère séparée du père ; Prénom (1, 2, 3, 4) (28)

VIII. Femme (Politique) XXème siècle) : Femmes (Politique) ; Femmes (Politiques) ; Addams Jane ; Alliot-Marie (Michèle) (1, 2) ; Aubry (Martine) (1, 2, 3) ; Autain (Clémentine) ; Batho (Delphine) (1, 2) ; Algérie. Benghebrit (Nouria) ; Bouchardeau (Huguette) (1, 2) ; Colette ; Coutelle (Catherine) ; Cresson (Édith) (1, 2, 3, 4) ; Duflot (Cécile) ; Garaud (Marie-France) ; Giroud (Françoise) (1, 2, 3) ; Guigou (Élisabeth) ; Joly (Eva) ; Kosciusco-Morizet (Nathalie) ; Kustener (Brigitte) ; Lagarde (Christine) (1, 2, 3, 4) ; Lepage (Corinne) ; Le Pen (Marine) ; Lienemann (Marie-Noëlle) ; May (Theresa) ; Mégret (Catherine) ; Panafieu (Françoise de) ; Pelletier (Monique) ; Piat (Yann) ; Pau-Langevin (George) ; Roudy (Yvette) ; Royal (Ségolène) ; Rudd Amber ; Saunié-Séité (Alice) ; Schiappa (Marlène) (par ordre chronologique) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34) ; Sid Cara (Nafissa) ; Taubira (Christiane) ; Veil (Simone) (1, 2) ; États-Unis. Warren (Elizabeth) ; Weiss (Louise) ; Zana (Leyla) (87) ;

IX. Femme (Remarquable) : Albaret (Céleste) ; Ambapali ; Arthaud (Florence) ; Avila (Thérèse d’) (1, 2, 3) ; Ayoub (Mouna) ; Baker (Joséphine) ; Barín Kobané ; Bashkirtseff (Marie) (1, 2) ; Benziane (Sohane) ; Bidault (Suzanne) ; Bonaparte (Marie) ; Boudicca ; Bourlier (Colette) ; Brettignies (Louise de) ; Catherine II de Russie ; Ceaușescu (Elena) ; Clerc (Thérèse) ; Cléopâtre ; Christine de Suède ; Collombel-Pagnol (Joséphine-Marie) ; Colman (Lucy) ; Curie (Marie) ; Craven (Elisabeth) ; Daschkoff Princesse ; Daubresse (Marie) ; David-Neel (Alexandra) ; Davis (Angela) ; Decker (Marie-Laure de) ; De Cleyre Voltairine (1, 2) ; Delange (Frédérique) ; Demuth (Hélène) ; Desroches Noblecourt (Christiane) ; Dooh Bunya (Lydie) ; Drouet (Juliette) (1, 2) ; Du Deffand (Madame) ; Du Chatelet (Émilie) (1, 2, 3) ; Dulac Geneviève ; Duncan (Isadora) ; Eltahawy (Myriam) ; Eve ; Fallaci (Oriana) (1, 2) ; Faye (Safi) ; Ferrand (Élisabeth) ; Gellhorn (Martha) ; Gorbanevskaïa (Natalia) ; Grouzdieva (Olga) ; Hébuterne (Jeanne) ; Hemmings (Sally) ; Herman (Liselotte) ; Holiday (Billie) ; Humbert (Thérèse) ; Jablonowska (Maria-Anna-Louisa) ; Jacquemart (Justine) ; Jeanne d’Arc ; Kahina (La) ; Kautsky (Louise) ; Kiki de Montparnasse ; Klarsfeld (Beate) ; Kollontaï (Alexandra) ; Kowalewski (Sofia, Sophie, Sonia) ; Labourbe Jeanne ; Lacasse (Victoire) ; Lacoin (Élisabeth) (1, 2) ; Lafargue (Laura) (1, 2, 3) ; La Rochejaquelein (Marquise de) ; Lefort (Gertrud von) ; Leguay (Catherine) ; Léo (André) (1, 2) ; Lou Andreas-Salomé (1, 2, 3) ; Luxembourg (Rosa) (1, 2, 3) ; Luxembourg (Rosa) & Zetkin (Clara) ; Macciocchi (Maria. A) ; Mallet (Isabelle) ; Manchu (Rigoberta) ; Marie ; Mademoiselle Mars ; Mère Teresa ; Michel (Louise) ; Michel (Louise. Enterrement) ; Missy (Mathilde de Morny) ; Mladic (Anna) ; Mnouchkine (Ariane) ; Monica ; Morawiecki (Laurence) ; Morgenstern (Sophie) ; Mota (Gisela) ; Necker (Suzanne) ; Nin (Anaïs) ; Ninon de Lenclos ; Noailles (Madame de) ; Noël (Marie) (1, 2) ; Pahlavi (Farah) ; Marquise de Païva ; Parks (Rosa) ; Pascal (Jacqueline) (1, 2, 3) ; Pathé (Odile) ; Paz (Magdeleine) (1, 2, 3) ; Perrot (Michelle) ; Pingeot (Anne) (1, 2, 3) ; Pizzey (Erin) ; Phoolan Devi ; Planiol (Thérèse) ; Pougy (Liane de) ; Princesse Mathilde Bonaparte ; Rachel ; Réal (Griselidis) ; Récamier (Madame de) ; Rendu (Sœur Rosalie) ; Riffaud (Madeleine) ; Robert (Marthe) ; Roland (Pauline) ; Romilly Jacqueline de (1, 2) ; Roosevelt (Eleanor) ; Rykiel (Sonia) ; Saartjie Baartman ; Sand (George) (1, 2, 3) ; Schloss (Simone) ; Schopenhauer (Adèle) ; September (Dulcie) ; Sharawi (Huda) ; Souvestre (Marie) ; Staël (Madame de) (1, 2, 3) ; Stein (Édith) ; Sullerot (Evelyne) ; Tabouis (Geneviève) ; Taratouta (Olga) ; Tillion (Germaine) ; Traore (Assa) ; Tristan (Flora) ; Verny (Françoise) ; Vida Movahed, Narges Hosseini… ; Viollis Andrée (1, 2, 3, 4) ; Voronianskaïa (Élisabeth) ; Weil (Simone) ; Walentynowicz (Anna) ; Woodhull (Victoria) ; Zassoulitch (Véra) (1, 2, 3) (169) ;

X. Femmes : Femmes (1, 2) ; Femmes (Abêtissement) (1, 2) ; Femmes (Africaines) ; Femmes (Âge) ; Femmes (Aiguilles) ; Femmes (Allaitement) ; Femmes (Alcoolisme) ; Femmes (Algériennes) (1, 2) ; Femmes (Anarchistes individualistes) ; Femmes (Amants) ; Femmes (Amies) (1, 2) ; Femmes (Amoureuses) ; Femmes (Animalisation) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11) ; Femmes (Apparence) ; Femmes (Appel de Coluche) ; Femmes (Assassinées) ; Femmes (Assassinées. Chateaubriand) ; Femmes (Assassinées, violées, harcelées, battues) ; Femmes (Attirance pour les hommes courageux) ; Femmes (Attirance pour les hommes ‘forts’) (1, 2, 3) ; Femmes (Attirance pour les hommes incarnant des idées progressistes) ; Femmes (Attirance pour les hommes politiques) ; Femmes (Autisme) ; Femmes (Autodéfense) ; Femmes («Au foyer») ; Femmes («Bas bleus») (1, 2) ; Femmes (Bagnes) ; Femmes (Beauté) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8) ; Femmes (Besoin d’être aimées) ; Femmes (Biens) (1, 2) ; Femmes («Bonne-à-tout-faire», employée de maison, gouvernante, femme-de-chambre, femme de ménage …) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Femmes («Bons Pasteurs») ; Femmes (Bouleversées) ; Femmes (Bourgeoises) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) ; Femmes («Bouteilles») ; Femmes (Charité) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) ; Femmes («Cheval») ; Femmes («Chiennes») ; Femmes («Cent millions deux fois)» ; Femmes (CICR. Comité international pour la Croix Rouge) ; Femmes (Chefs) ; Femmes (Chômage) ; Femmes (Colère) ; Femmes (Comment les faire disparaître) (1, 2) ; Femmes («Communes à tous») (1, 2) ; Femmes (Communistes) ; Femmes (Comparaison entre femmes. David Neel-Alexandre) ; Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 4, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27) ; Femmes («Compétences» politiques) ; Femmes («Comptes») ; Femmes (Confucius) ; Femmes (Concurrence entre elles) ; Femmes («Connasses») ; Femmes («Consentantes») ; Femmes («Contemplatives») ; Femmes (Criminelles) ; Femmes (Culpabilité) ; Femmes («De pouvoir») ; Femmes («Défaite Historique») ; Femmes (Défense des) ; Femmes («Délicates») ; Femmes (Dénis) ; Femmes (Dénis de grossesse) (1, 2) ; Femmes (Déportées dans les camps Staliniens) ; Femmes («D’exception») (1, 2, 3) ; Femmes (Diderot) ; Femmes (Dignité) (1, 2) ; Femmes («Distinguées») ; Femmes (Échange des femmes) Par ordre chronologique (1, ,2, 3, 4, 5, 6) ; Femmes (Écrits de) ; Femmes (Église catholique.1989) ; Femmes (Enfant-s) ; Femmes (Esclavage) ; Femmes (Esclaves. France Culture) ; Femmes (Espionnes) ; Femmes (Estime) ; Femmes (État) ; Femmes (Excréments) ; Femmes (Et) ; Femmes (Face cachée des hommes) ; Femmes («Faibles») (1, 2) ; Femmes (Favorites des rois) ; Femmes («Femelles») ; Femmes (Formation) ; Femmes («[un] formidable moteur scénaristique et un accélérateur émotionnel») ; Femmes («au Foyer») ; Femmes (Fouque Antoinette) ; Femmes («Fragiles» et/ou «vulnérables») ; Femmes (Françaises) (1, 2, 3) ; Femmes («Frigides») (1, 2, 3) ; Femmes (Fumier) ; Femmes (Fusils) (1, 2, 3) ; Femmes (Ghiliak) ; Femmes (Gitanes) ; Femmes (Gloire) ; Femmes (Grégoire Ménie) ; Femmes («Grosses») ; Femmes (Grossesses) ; Femmes (Héroïnes) ; Femmes (Hiérarchie. Entre elles) (1, 2) ; Femmes (Identités) ; Femmes (Images d’elles-mêmes) ; Femmes (Imaginaire) ; Femmes (Impuissantes) ; Femmes («Inactives») ; Femmes («Intellectuelles») ; Femmes («Intelligentes») (1, 2, 3, 4, 5) ; Femmes (Jouir) ; Femmes (Lâcheté) ; Femmes (Lesbiennes) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15) ; Femmes (Lesbiennes assimilées aux ‘gays’) ; Femmes (de Lettres) ; Femmes (Livres de) ; Femmes («Machines») (1, 2) ; Femmes («Maitresses») ; Femmes (Maitresses de maison) ; Femmes («Mal baisées») ; Femmes (Malédiction) ; Femmes (Manager de) ; Femmes («Market women») ; Femmes (Mauvaise foi) ; Femmes («Médaille des évadés») ; Femmes (Ménagères) ; Femmes (Menteuses) (1, 2) ; Femmes (Mineures George Sand) ; Femmes (Ministres) ; Femmes («Misérables») ; Femmes (Mission) ; Femmes («Mission historique») ; Femmes («Mulets») ; Femmes (Nationalisme) ; Femmes (Nombre) ; Femmes («Nous les…») ; Femmes (Occultation) ; Femmes (ONU. Commission de la condition de la femme) ; Femmes (Orgasme) ; Femmes («Ornements décoratifs») Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17) ; Femmes (Paraître) ; Femmes (Paroles) (1, 2) ; Femmes (Pas ennemies des hommes) ; Femmes (Perte de temps) ; Femmes («Pétroleuses») (1, 2) ; Femmes (Pieds bandés) ; Femmes («Pisseuses») ; Femmes (Plafond de verre) (1, 2, 3, 4) ; Femmes (Plaisirs) (1, 2) ; Femmes (Pleurs) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) ; Femmes (Plus de…) (1, 2, 3) ; Femmes (Potentiel) ; Femmes (Pour Le Monde) (1, 2) ; Femmes (Pour Libération) ; Femmes (Poussette) ; Femmes (Pouvoirs sur les hommes) ; Femmes («Préférées») ; Femmes («Propriétés des hommes») ; Femmes (Propriété morale des…) ; Femmes (Protéger) (1, 2, 3, 4) ; Femmes (Psychiatrie) ; Femmes (Puritaines) ; Femmes (Quantité) ; Femmes (Quartiers populaires aux périphéries des villes) ; Femmes (Rebelles) ; Femmes (Regards) ; Femmes (Règles) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) ; Femmes (Réparations dues aux…) ; Femmes («Repos du guerrier») ; Femmes («Repoussoir») ; Femmes («Réputation») ; Femmes (Respect) ; Femmes (Résistantes) (1, 2) ; Femmes (Retraites) (1, 2, 3) ; Femmes (Révolution française) ; Femmes (Roses) ; Femmes (Rousseau Jean-Jacques) ; Femmes (Salaires) ; Femmes (Salons) ; Femmes (Saoudiennes) (1, 2) ; Femmes (Scientifiques) ; Femmes («Séduisantes») ; Femmes (Servantes) ; Femmes (Sexe) ; Femmes (Shakespeare) ; Femmes (Sicile. Années [19]50) ; Femmes (Sida) (1, 2, 3) ; Femmes (Sida. Essais thérapeutiques) ; Femmes (Sida Risques) ; Femmes (Silence) (1, 2, 3) ; Femmes (Syphilis) ; Femmes (Solidaires) (1, 2, 3, 4) ; Femmes (Sororité) (1, 2, 3) ; Femmes (Souffrance) (1, 2, 3) ; Femmes (Stendhal) ; Femmes (S.T.O) ; Femmes (Syndicalistes) ; Femmes (Tabliers) ; Femmes («Tombées») ; Femmes (Tondues à la Libération) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) ; Femmes (Traitées de «putes») ; Femmes (Travail. France. 1928) ; Femmes (Travail. France. Servantes de fermes Polonaises. 1938) ; Femmes (Travail. France. Infirmières. 1995) ; Femmes (Travail. France. 2017) ; Femmes (Travail. Martinique. Autour de 1930) ; Femmes (Travail. Russie. Moscou. 1988) ; Femmes (Travail. Saïgon. 1924) ; Femmes (Travail - dit - ménager) ; Femmes (Trotsky) ; Femmes (Valeur) ; Femmes (Validité des jugements sur…) ; Femmes («Valises») ; Femmes (Vertu) (1, 2, 3, 4) ; Femmes (Veuves) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9) ; Femmes (Vie de femmes) ; Femmes (Vie des femmes) ; Femmes (Vieillesse) ; Femmes (Violées. Zoo) ; Femmes («Voilées») (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) ; Femmes (Volcans) ; Femmes (Yeux fermés) ; (409)

XI. Femmes /Hommes (Comparaison) : Femmes / Hommes (Comparaison) (1, 2) ; Femmes / Hommes (Comparaison…et inversement) ; Arletty ; Astell (Mary) ; Badinter (Élisabeth) ; Chamfort ; Confiance ; Conte (Paulo) ; David-Neel (Alexandra) ; Finkelkraut (Alain) ; Gentz (Friedrich) ; Giacometti (Alberto) ; Hugo (Victor) ; La Bruyère ; La Fontaine ; Marquez (Gabriel Gárcía) ; Novalis ; Pivot (Bernard) ; Prévert (Jacques) ; Robert (Paul) ; Sévigné (Madame de) ; Société des membres de la Légion d’honneur ; (23)

15 juin 2018. 1142 items

I. Femme :

Femme (Qu’est ce qu’une femme ?) : 1982. Pour Anne Quéré [1936-1995], théologienne féministe protestante :
«Quand vous étudiez la représentation de la femme à travers la littérature, à travers les âges, à travers les mentalités, vous êtes épouvantés. Qu’est-ce que c’est qu’une femme ? D’abord, ce n’est jamais une femme. C’est un démon, disent les Pères de l’Église. C’est un ange, répondent les romantiques. C’est une bête, mais allez savoir laquelle. Une poule, une grue, une tigresse, une chatte si elle aime, une vache si elle enseigne, un chameau si elle administre, une lapine si elle enfante, si elle est pieuse une punaise de sacristie, et presque toujours une dinde ou une bécasse. Un véritable zoo.» 1 (Cf. Femmes. Animalisation)

Femme (Achat) (1) : 1675-1677. Lu dans les Mémoires, rédigées autour de 1662, du Cardinal de Retz [1613-1679] :
«Peu après que je fus sorti de collège (1625) [le] valet de chambre de mon gouverneur qui était mon tercero [en espagnol : intermédiaire, entremetteur] me trouva chez une misérable épinglière une nièce de 14 ans qui était d’une beauté surprenante. Il l’acheta pour moi cent cinquante pistoles, après me l’avoir fait voir ; il lui loua une petite maison à Issy, il mit sa sœur auprès d’elle ; et j’y allais le lendemain qu’elle y fut logée. Je la trouvais dans un abattement extrême, et je n’en fus point surpris, parce que je l’attribuais à la pudeur. […]»
- La suite : Ayant admiré «son esprit» et «sa vertu», il eut «honte» pour lui même, la mena chez sa tante «qui la mit dans une religion ou elle mourut huit ou dix ans après, en odeur de sainteté.» 2 (Cf. Proxénétisme)

Femme (Achat) (2) : 1785. On lit dans Les cent Vingt Journées de Sodome de Sade [1740-1814] :
«Une de nos marcheuses (‘racoleuses’ pour les clients des bordels), aux aguets d’une jeune fille qu’une de mes pratiques me demandait dans le même goût de celle que m’avait demandée le marquis de Mesanges, c’est à dire à acheter pour n’en jamais entendre parler (c.à.d. pour la tuer, après tortures), une de nos marcheuses, dis-je, vint me rapporter, comme j’étais au lit avec Lucile, qu’elle avait trouvé une petite fille de quinze ans, très sûrement pucelle, extrêmement jolie, et ressemblant disait-elle comme deux gouttes d’eau à mademoiselle Lucile, mais qu’elle était dans un tel état de misère, qu’il faudrait la garder quelques jours pour l’empâter avant de la vendre. […]» 3 (Cf. Enfants, Proxénétisme, Violences à l’encontre des enfants)

Femme (Achat) (3) : (Après) 1941. Algérie. Un Sicilien pendant la seconde Guerre mondiale, après divers (méfaits’, se retrouve intégré à la Légion étrangère - on lui demande simplement d’être ‘un bon soldat français’ à Sidi bel Abbès. Interviewé en 1957, il décrit notamment :
«Nous achetions les femmes au marché arabe algérien pour 47 francs, 52 francs tout au plus [leur paie, dit-il était ‘misérable’, ‘42 francs par jour’]. Les femmes étaient voilées. Il y en avait de belles et il y en avait de laides. Parfois pour savoir si elles étaient bien, nous faisions semblant de nous jeter sur elles avec nos poignards, et nous apercevions vite par leurs regards si elles avaient peur de nous autres légionnaires. Si une femme était laide, les légionnaires la frappaient car c’était de l’argent jeté. Si elles savaient qu’elles étaient laides, elles se refusaient pour ne pas être frappées après. Je m’achetai aussi quelques jeunes filles pour qu’elles lavent mon linge. […]
Nous pouvions acheter des femmes, mais la police de la légion nous empêchait d’aller au bordel.
Le prix le plus bas aux enchères était de 47 francs, mais il pouvait monter jusqu’à 100 francs. J’arrivais, je disais ‘46 francs’, un autre ‘50, 52, etc..’ Le prix montait toujours. On regardait surtout la tournure de la jeune fille. Mais cet argent n’était pas pour elle ; nous le versions aux hommes qui dénichaient les filles. La femme ne touchait rien, car elle trouvait un homme qui la nourrissait, l’habillait et lui donnait même un peu d’argent. Des enfants naissaient ; elles-mêmes en désiraient. Elles étaient âgées de 21 à 35 ans. Pas moins de 21 ans : les filles mineures vont dans les harems. La loi prescrit que celui qui prend une fille mineure doit l’épouser
.
L’un de nous achetait une femme, un autre, deux. Elles avaient des toukouls, sorte de huttes de paille et de boue. Le légionnaire devait faire savoir à son commandement où il était logé. Parfois, la nuit, la ronde de la Légion venait voir si on était bien là. À la Légion, nous avions trop de nourriture et nous l’apportions aux femmes
. Lorsqu’il fallait partir pour quelque ratissage en plein Sahara, comme on ignorait si l’on reviendrait, on renvoyait les femmes.
Nous parlions français avec elles. Elles n’étaient pas mécontentes de s’en aller parce qu’elles se faisaient acheter à nouveau par des légionnaires qui revenaient
. […]
Ceux qui coulaient une vie heureuse au Maroc et en Tunisie se naturalisaient et parfois se mariaient avec une fille qu’ils avaient achetée4 (Cf. Politique. État. Guerre, Proxénétisme, Violences à l’encontre des femmes)

Femme (Achat) (4) : 2018. Entendu le 1Er janvier 2018, une archive d’une émission Les mardis de la mémoire (s.d) de l’historien Pierre Chaunu [1723-2009] sur Radio Courtoisie (radio d’extrême droite), au cours de laquelle il se souvenait d’une phrase d’une chanson de l’entre deux guerres [que je n’ai retrouvée] :
«Je l'achetais à son père grâce à la baisse du dollar.»
Et ce souvenir, remémoré d’un ton fort plaisant(Cf. «Sciences» sociales. Histoire)

Femme (Achat) (5) : 2018. Entendu le 3 janvier 2018 sur Radio Courtoisie [radio d’extrême droite) la chanson intitulée Avec un peu d’argent, des Troubadours (s.d.), mais avant 1947) dont le refrain est :
«Avec un peu d'argent, la vie est belle / On peut s'offrir ce qu'on veut ou ce qu'on n'a pas / On peut même se payer une femme fidèle / Tout aussi facilement qu'un bout d'nougat.»

Femme (Adultère) : 1830. Stendhal [1783-1842], dans Le rouge et le noir, auteur (concernant Madame de Rênal) de :
«Aucune hypocrisie ne venait altérer la pureté de cette âme naïve, égarée par une passion qu’elle n’avait jamais éprouvée. Elle était trompée, mais à son insu, et cependant un instinct de vertu était effrayé. Tels étaient les combats qui l’agitait quand Julien parut au jardin. […]
Madame de Rênal ne put fermer l’œil. Il lui semblait n’avoir pas vécu jusqu’à ce moment. Elle ne pouvait distraire sa pensée du bonheur de sentir Julien couvrir sa main de baiser enflammés. Tout à coup l’affreuse parole : adultère, lui apparut. Tout ce que la plus vile débauche peut imprimer de dégoûtant à l’idée de l’amour des sens se présenta en foule à son imagination. […]
Elle se voyait méprisable. Ce moment fut affreux. […]» 5
Pour la suite, lire le livre…(Cf. Hommes. Adultère, Famille. Adultère, Langage. Mot)

Femme (Antisémite) : 1938. Agnès Capri [1907-1976] se remémore :
«[En 1938] J‘avais un contrat avec Pathé Marconi…un contrat à vie ; ils avaient créé une collection pour moi. Et puis, il y a eu la guerre, l’invasion, les nazis. Et on a supprimé les artistes juifs de Pathé Marconi. Et, quand je suis revenue, après Alger, en 1944, Il y avait la même secrétaire. Alors, elle a accepté de retirer mes disques, à condition que je les paie. Et puis, comme j’ai mis huit jours de plus pour aller les chercher - j’avais très peu d’argent - elle les a envoyés à la casse en disant au directeur que ça ne se vendait pas. Et on a tout cassé6 (Cf., Chanteuses françaises d’antan)

Femme (Apparence) : 2017. Dans un article du Monde Diplomatique de décembre 2017, consacré à l’«invisible pénibilité du travail féminin», je lis :
«Mme Sylvie T., blonde pimpante, raconte son quotidien de femme de ménage dans une institution culturelle.» 7
C’est, dès lors, pour moi, tout l’article qui est, peu ou prou, décrédibilisé. (Cf. Femmes. Apparence. Travail, Patriarcat)

Femme («Au minimum») : Anastasia Collisimo, le 5 janvier 2018, auteure de : «Bertrand Cantat, qui a tué une femme, au minimum, fait la Une des Inrockuptibles, et…» 8(Cf. Être-s humain-s)

Femme (Avare) : Années (19]50. Maurice Mességué [1921-2017] raconte :
«J’ai soigné très longtemps [Maurice] Utrillo [1883-1965]. Il était marié avec Lucie Valore [1878-1955] [qui] était extrêmement avare. À l’époque, il y a 15 ou 18 ans (milieu des années [19] 50), je prenais (pour sa consultation) 5000 anciens francs et Lucie Valore trouvait que c’était trop cher. ‘Aussi, disait-elle, allez chercher les crayons de couleur de vos enfants, Maurice va vous faire des dessins.’ Et c’est ainsi que je possède un nombre incalculable de dessins d’Utrillo, car jamais elle n’a voulu payer le prix de mes consultations.» 9 (Cf. Femme. Épouse de)

Femme («Avoir» une) : 1978. Christiane Rochefort [1917-1989], auteure de :
«Si j’avais une femme elle répondrait au téléphone aux lettres aux huissiers aux persécuteurs elle remplirait les formulaires règlerait les factures classerait le courrier organiserait mes rendez-vous ferait réparer la machine à laver changerait les abat-jours déferait les parquets surveillerait les plantations jouerait avec les chats balayerait sous le lit irait au marché chercherait les charters, pendant que moi j’écrirai Les Sœurs Karamazovna.
Mais je ne peux pas avoir une femme, parce que, je ne pourrais pas laisser tout le sale boulot à quelqu’un pour qui j’aurais un minimum de sympathie. Et quelqu’un pour qui je n’aurais pas le minimum, comment pourrais-je le supporter en permanence à la maison ? Je me demande comment ils font.» 10 (Cf. Hommes, Féminisme, Langage. Verbe. Avoir)

Femme (Avortement) : Aucune femme ne veut avorter. Les femmes ne veulent pas avoir un enfant qui décidera de toute leur vie alors qu’elles ne l’ont pas voulu. Au risque de leur vie.

Femme («Bégueule») : Elle riait, à leur instar, de leurs ‘plaisanteries’ obscènes : qualifié de : «pas bégueule», elle fut intégrée à leurs bordées. À moins que ce ne fut l’inverse…

Femme («Bonne sœur») : Un homme au fils de sa compagne : «Ta mère, c’est pas une bonne sœur».

Femme (Bouquets) (1) : 2012. Une femme anonyme, auteure de :
«Certains se réalisent dans le combat politique ; d’aucuns ont la fibre d’écrivain, tels aiment les enfants et se réalisent dans la famille. Moi, finalement, ce qui m’aura le plus plu et ce que j’aurais fait le mieux, sur cette petite terre rigolote, ce sont les bouquets : bouquets de poèmes, bouquets de fleurs, peut être bouquets de visages sur certaines photos, c’est ce que j’aimerais qu’on grave sur ma tombe, si jamais on m’enterre au lieu de m’incinérer, comme c’est la mode en ce moment. On dira : ‘Elle ne savait pas faire grand’ chose, mais Dieu ! Ce qu’elle faisait de jolis bouquets !» 11 (Cf. Femme. Artiste. Séraphine Louis)

Femme (Bouquets) (2) : Madame Constance Wilde, épouse d’Oscar Wilde, née sous le nom de Constance Llyod, auteure de :
«Je pense que joncher une nappe de fleurs coupées est une habitude peu sensée et, semble-t-il, cruelle.» 12 (Cf. Femme. Épouse)

Femme (Caïn) : Caïn était dans la tombe et regardait sa femme….13

Femme («Chef d’œuvre») : 2012. Lucien Michelot [1850-1929] à Marie Dormoy [1886-1974] : «J’estime que mon plus beau chef d’œuvre, c’est toi.» 14

Femme (Collin Françoise) : Françoise Collin [1928-2012], auteure de :
«Je suis une femme, mais ‘je’ n’est pas une femme.»
Valable aussi pour : «féministe», pour «femme [qualifiée de, considérée comme, se définissant comme] lesbienne»… 15 La question ainsi considérablement complexifiée peut alors être prolongée : Qu’est-ce que signifie : «je» [soi], «une femme», «des femmes», «être», «lesbienne» autant de termes, autant de qualificatifs, de questions qui peuvent, qui doivent, alors se complexifier à leur tour. (Cf. Être humain. Soi, Femmes. Lesbienne, Féminisme, Langage. Être)

Femme (Conscience de classe. Aristocratie) (1) : 1789. Talleyrand [1754-1838], évêque d’Autun, député aux États Généraux, lors de la première insurrection de Paris, apprend que Madame de Brionne est sur le point de s’enfuir et de quitter la France. Il l’en dissuade et lui conseille «d’aller quelque temps, dans une petite ville de province où elle ne serait point connue». La réponse de Madame de Brionne fut :
«Une petite ville de province, Fi ! Monsieur de Périgord ! Paysanne tant qu’on voudra, bourgeoise, jamais16

Femme (Conscience de classe. Aristocratie) (2) : 1922. Lu dans le Journal de l’abbé Mugnier [1853-1944], à la date du 17 juillet 1922 :
«La comtesse d’Hinnisdäl [1878-1959], petite fille de Sully [1559-1641] me disait à table [à l’occasion de ses noces d’or] qu’on ne trouvait plus de blanchisseuses à la campagne. Et elle blâme l’instruction que les gens de la campagne ont reçue et qu’il ne fallait pas leur donner, à quoi bon, disait-elle, leur apprendre l’histoire de France à laquelle ils ne comprennent rien.» 17

Femme (Conscience de classe. Aristocratie) (3) : 2001. Dans ses Mémoires, Jean-Claude Brialy raconte le tournage du film, Les malheurs de Sophie [d’après le livre de la comtesse de Ségur. 1981] qui avait eu lieu dans un château où résidait la propriétaire, «très ancien régime».
Jean-Claude Brialy présente à la propriétaire les interprètes du film suivi de la présentation du rôle qu’ils devaient interpréter : Ainsi, «Sophie Deschamps, la mère, qui joue Madame de Réan…» Et il poursuit :
«Lorsque j’arrivais devant Annie Savarin, je dis à la châtelaine : ‘Annie Savarin, qui joue la bonne‘. Et là, elle ne bougea pas, ne lui serra pas la main parce qu’elle jouait la bonne ! Sans aucune méchanceté, instinctivement, elle ne toucha pas la main d’une domestique. J’avoue que, pendant quelques minutes, Annie et moi, restâmes confondus18 (Cf. Culture. Cinéma, Corps, Êtres humains. Domestiques)

Femme (Conscience de classe. Bourgeoisie) : 2008. Christine Lagarde, déclara, en 2008, pour valoir argument de son absence de complaisance dans l’arbitrage de la ministre de finances qu’elle était alors concernant les 400 millions accordés à Bernard Tapie :
«Est-ce que croyez que j’ai une tête à être copine de Bernard Tapie ?» 19 (Cf. Femmes. Bourgeoises)

Femme (Conscience de classe. Ouvrière) : 1976. Domitila Barrios de Chungara [1937-2012] lors de la Conférence de l’Année internationale de la Femme à Mexico en 1976, s’adressant à la présidente de la délégation du Mexique, après que celle-ci lui ait dit :
«Nous vous avons déjà suffisamment écoutée. Il faut parler de nous, de vous et de moi… c’est à dire de la femme», auteure de :
«Eh bien, parlons donc de nous deux.
Mais si vous me permettez, je vais commencer par moi. Madame, cela fait une semaine que je vous connais. Tous les matins, vous arrivez avec une robe différente ; moi pas. Tous les matins, vous arrivez coiffée et maquillée et ça montre que vous avez le temps d’aller dans un salon de beauté élégant et de l’argent à dépenser. Moi pas. Et à voir comment vous vous présentez ici, je suis sûre que vous avez une maison très élégante, dans un quartier aussi très élégant.
Nous, les femmes de mineurs, nous n’avons qu’un petit logement prêté, et si notre mari meurt ou s’il est malade ou s’il est licencié de l’entreprise, nous avons quatre vingt dix jours pour quitter notre logement et nous nous retrouvons à la rue.
Et maintenant, madame, qu’est ce que votre situation a à voir avec la mienne ? Et ma situation avec la vôtre ? Alors de quelle égalité allons-nous parler ? Si vous et moi nous ne nous ressemblons pas, si nous sommes si différentes, nous ne pourrons pas pour l’instant être égales, même en tant que femmes, vous ne croyez pas ?» 20 (Cf. Culture. Ernaux Annie, Politique. Égalité, Patriarcat)

Femme (Conscience de classe. Absence de) : 2013. Élisabeth Badinter, auteure de : «Il faut mettre en lumière ce qui nous unit, tous et toutes, plutôt que ce qui nous distingue.» (Vérifier l’exactitude la phrase.) 21
Toutes les femmes réunies autour de (derrière ?) Élisabeth Badinter ?
- Il importe ici de ne pas oublier qu’en tant que fille / héritière de Marcel Bleustein-Blanchet, elle est présidente du Conseil de surveillance de Publicis, à ce titre, était rémunérée, en 2012, pour la somme de 240.000 euros par an 22, et que, d’après Wikipédia, elle fut classée par le Magazine Forbes, même année, la 13ème personne la plus riche de France. 23 (Cf. Femmes. Bourgeoises, Féminisme Bourgeois)

Femme («Convenances») : Elle avait failli aux «convenances» ; pleine d’ambitions, elle se retrouva, sans avoir bien compris comment, et encore moins pourquoi, à jouer, seule, avec un bébé, dans un triste jardin public, devant un bac à sable. (Cf. Famille)

Femme («Coût») : 2001. «Le coût estimé pour rapatrier (de France en Moldavie) le corps d’une femme décédée coûte entre 4 et 5.000 dollars», tandis que «les femmes (Ukrainiennes) sont ‘vendues’ 24 (en Serbie) de 400 à 15000 dollars, puis, ‘rendues’ en Serbie, elles sont à nouveau ‘vendues’ de 1.5000 à 3.000 dollars».
Ainsi, une jeune fille - destinée à être «prostituée» - «coûte» entre deux et dix fois moins cher que, ne coûte, morte [si souvent, assassinée], le rapatriement de son cercueil. 25 (Cf. Êtres Humain-es. Corps, Proxénétisme)

Femme («Cul») : 2016. Un banquier à sa femme, mariée avec lui depuis 30 ans, universitaire, laquelle invoquait ses «droits», alors qu’il voulait qu’elle «dégage» :
«Ton cul, tu crois que c’est une tirelire ?» [Février 2014] (Cf. Droit, Mariage, «Plan ‘Cul’»)

Femme (Définition) : 2002. Sylviane Agacinski, auteure de :
«Je serais bien incapable de définir ce qu’est une femme et n’ai pas besoin de le faire. Mais je sais d’un savoir certain, et quelle que soit ma part de virilité, que je ne suis pas un homme.» 26
- Plus pertinent qu’il ne m’est apparu au premier abord : Femme, tentez de vous imaginer homme ; homme, tentez de vous imaginer femme…J’ai essayé : exercice impossible.

Femme (Démodée) : Une femme démodée : une femme cohérente, sinon avec elle-même, du moins avec son passé ? bien dans ses vêtements ? insouciante au regard des autres ? refusant les assignations ?
Valable aussi pour les hommes, à ceci près que jamais «la mode» n’a joué pour les hommes le rôle, la fonction, la dépendance, la contrainte qui fut la sienne pour les femmes. Jusqu’à ce qu’elles l’ignorent… (Cf. Être-s humain-es. Mode)

Femme (Dépendante) : 1976. Jean-Paul Sartre [1905-1980] (concernant sa mère), auteur de :
«Je vois le rapport à l’argent qu’à eu ma mère ; elle a d’abord reçu de l’argent de son mari, puis de son père, puis elle a été demandée en mariage par un autre homme, mon beau-père, qui l’a entretenue jusqu’à ce qu’il meure ; à la fin de sa vie, elle a vécu en partie de ce que mon beau-père lui avait laissé, et en partie de certaines sommes que je lui donnais. Elle a été, d’un bout à l’autre de sa vie, entretenue par des hommes et elle n’a eu aucun rapport direct avec le capital27
- Mais, dans le même livre, je lis :
«Une fois, ma mère m’a donné douze millions pour payer mes impôts», suivi de : «Je venais de découvrir que je n’avais plus d’argent. C’est là, je crois, que ma mère m’avais donné douze millions pour payer mes impôts». 28
- Relativise heureusement le qualificatif de «philosophe», ainsi que celui de «femme dépendante». (Cf. Homme. Avortement, «Sciences» sociales. Philosophie)

Femme (Devenir une) (1) : Quand une petite fille devient-elle «une femme» ? Quand elle a ses règles pour la première fois ? Quand elle attire des regards relevant d’un désir de séduction ? Quand sa poitrine est visible ? Quand son hymen est brisé ? Quand elle a des relations sexuelles pour la première fois ? Quand elle se marie ? Quand elle est majeure ? Quand elle est mère ? Quand elle est supposée «découvrir» le «plaisir», appréhender ses «sentiments », ses «sensations», ses «sens» ? Ne «devient»-elle «une femme» que du seul fait de ses relations à la reproduction et / ou aux hommes, et donc niée en elle même ? (Poursuivre)

Femme (Devenir une) (2) : 1833. George Sand [1804-1876] écrit dans Lélia :
«Mes sens, loin d’être appauvris, étaient donc renouvelés. […] Je ressentis tous les aiguillons de l’inquiétude, des désirs vagues et impuissants. Il me sembla que je devenais femme, que je reprenais à la vie, que je pourrais encore aimer et désormais sentir ?» 29 (Cf. Femmes. Désirs, Plaisirs)  

Femme (Devenir une) (3) : 1862. Victor Hugo [1802-1885] dans Les misérables, auteur de :
«[...] Il lui parut [à Marius] que ce n’était plus la même fille [Cosette]. La personne qu’il voyait maintenant était une grande et belle créature ayant toutes les formes les plus charmantes de la femme à ce moment précis où elles se combinent avec toutes les grâces les plus naïves de l’enfant ; moment fugitif et pur que peuvent seuls traduire ces deux mots : quinze ans. […]
En six mois, la petite fille était devenue une jeune fille ; voilà tout. Rien n’est plus fréquent que ce phénomène. Il y a un instant où les filles s’épanouissent en un clin d’œil et deviennent des roses tout à coup. Hier, on les a laissées enfant, aujourd’hui, on les retrouve inquiétantes. […]» 30 (Cf. Êtres humains, Corps, Enfants. Jouets, Hommes. Patriarcat)

Femme (Devenir une) (4) : 1929. Jeannette Vermeersch [1910-2001], compagne, puis épouse de Maurice Thorez [1900-1964], secrétaire général du parti communiste français, dans ses Mémoires, La vie en rouge, évoque son premier voyage et URRS [en 1929] et sa participation à «quelques réunions de l’Internationale Communiste» :
«En arrivant en Union soviétique, je n’étais encore qu’une jeune fille timide et réservée, une petite ouvrière qui rougissait dès que l’on posait un regard sur elle, très romanesque, toute préoccupée par sa vie intérieure. Les grèves, le groupe des jeunesses communistes, m’avaient déjà un peu sortie de mon cocon, mais ce séjour en URSS me libéra vraiment.
En quelques mois, au contact de la révolution, je devins littéralement une autre personne, capable de m’extérioriser, de ‘prendre du poids’.
Et pas seulement intellectuellement, en six ou sept mois, j’ai vécu une véritable transformation physique. [...]
En fait, plus je m’épanouissais moralement, plus je m’épanouissais physiquement. Je quittais définitivement le romantisme de l’adolescence et devenais une femme31

Femme (Devenir une) (5) : 1949. Lu, dans le livre autobiographique de Chow Ching Lie, Le palanquin des larmes, ce passage où, à Shanghai, en 1949, alors fiancée contre sa volonté, à 13 ans, elle décrit sa nouvelle vie, dans l’attente du mariage : «Pour moi, dans mon existence coutumière - l’école, le piano, les études - une seule nouveauté, j’étais censée faire mon apprentissage de femme. Les rudiments n’avaient pas changé : surveiller mon langage, ne pas rire à gorge déployée, ne pas parler fort, ni marcher à grands pas. Ces règles observées, on était déjà, paraît-il, une femme.» 32

Femme (Devenir une) (6) : 1982. Lu dans le livre de Paul Thorez, racontant son enfance :
«[…] Anita avait 15 ans, deux de plus que moi. C’était une grande fille, brune, solide. Elle était faite. Elle était femme.» 33

Femme (Devenir une) (7) : 2007. Michelle Martin, épouse de Marc Dutroux, condamnée à en 2004, à 30 ans de prison, auteure en 2007, de :
«Je voyais bien que je partais avec un homme aux antipodes de tout ce qui avait compté pour moi, des valeurs. […] Mais il me rendait femme.» 34

Femme (Dignité) : Anatole France [1844-1922], amant de Madame de Caillavet [1844-1910], informé d’anciennes relations amoureuses de sa maîtresse par l’un de ses ex-amants, lui avait écrit :
«[…] Ah ! s’il ne s’agissait que d’essuyer les crachats que tu as reçus, avec quelle pitié je le ferais. Quel bonheur ce serait pour moi de les effacer sous mes baisers. Mais la souillure est en toi, comment l’effacer jamais ? Voudrais-tu encore me redonner ce que tu as donné à un autre ? Voudrais-tu encore que nous soyons tous deux ce que tu étais avec ce misérable ?»
- Madame de Caillavet lui répondit […] :
«Je ne puis supporter que tu me soupçonnes de faiblesse parce que tu mets en doute ma fierté - sans doute je suis souillée par ces horribles calomnies, mais la souillure est involontaire. Je ne suis pas flétrie, et je te défends, oui, je te défends de me le dire. Tu peux t’éloigner de moi, je ne te permets pas de me mépriser…Et puis, tu sais autre chose, je veux te gronder : il est mal à toi de me tenir pour moins précieuse parce que j’ai été insultée par un indigne.» 35
Arguments, à moderniser, à réutiliser… (Cf. Violences à l’encontre des femmes)

Femme (Distraction) : 1833. Alfred de Musset [1810-1857] dans Les caprices de Marianne, met dans la bouche de Marianne cette analyse :
«Qu’est-ce après tout qu’une femme ? L’occupation d’un moment, une ombre vaine qu’on fait semblant d’aimer pour le plaisir de dire qu’on aime. Une femme ! c’est une distraction. Ne pourrait-on dire quand on en rencontre une : ‘ Voilà ma belle fantaisie qui passe ?’ […] » 36

Femme (Don) : 1988. Je lis dans la chronologie de la vie de Beaumarchais dans la publication de ses Œuvres publiées par la Pléiade en 1988, concernant l’année 1764 : «Séjour en Espagne brillant et agité. Vie commune avec la marquise de La Croix, qu’il donne au roi comme maîtresse37 (Hommes, Famille, Patriarcat)

Femme («Dure») : 1936. Lu dans le Journal d’un curé de campagne de Georges Bernanos [1888-1948] :
«’Ta mère était une ‘dure’, aime à répéter mon oncle Ernest. Pour les pauvres gens, je crois que cela signifie une ménagère infatigable, jamais malade et qui coûte pas cher pour mourir.»
- Pour comparaison, neuf pages plus loin, Bernanos évoquant «M. le comte», écrit : «On le dit assez dur envers ses fermiers.» 38. (Cf. Homme «Dur»)

Femme de Saint Cloud (La) : [Chanson. Souvenir d’enfance] :
«En revenant de la foire (bis) – De la foire de Saint Cloud (bis) – J’ai rencontré un brave homme (bis) – Je lui dis : que portez-vous ? (bis) – C’est ma femme que je porte (bis) – Je vous la laisse à cinq sous (bis) – Et de cinq, je passe à quatre (bis) – Et de quatre à rien du tout (bis) – Et si elle vous embarrasse (bis) – Mettez la dans un grand trou (bis) – Et remplissez-le de paille (bis) – Et mettez le feu dessous (bis) – Et dites au voisinage (bis) – Venez voir brûler le loup (bis) – Ce n’est pas le loup qui brûle (bis) – C’est la femme de Saint Cloud (bis)»
* Un autre souvenir d’une chanson d’enfance dont le dernier couplet se terminait par : «Vive les vacances ! Fini les pénitences ! Les cahiers au feu ! Et la maitresse au milieu !» (Cf. Êtres humains. Enfants)

Femme (Égérie) : Vous ne voulez pas reconnaître les qualités intellectuelles et / ou politiques d’une femme, qualifiez-la d’«égérie». Ce qualificatif (entendu concernant Susan George) évite de la lire, de la critiquer, de la considérer selon ses mérites. Vous pouvez poursuivre et assimiler les plus belles d’entre elles à des publicités vivantes pour Lancôme, Chanel, ou elles en sont que paraître.
Terme qui a remplacé celui de «muse», trop ‘daté’ …
- Analyse valable aussi pour : «icône» (entendu concernant Alice Schwarzer en février 2014, concernant Rosa Luxembourg [1871-1919] en mars 2014, Gloria Steinem en novembre 2016 (Le Monde Diplomatique]).
- Analyse valable aussi pour «Femme Remarquable», que j’emploie et utilise : ?

Femme («Egoïsme») : 1864. Caroline B. [Brame] [1847-1892], auteure, le 5 décembre 1864, dans son Journal intime, de :
«Ah ! L’égoïsme est un affreux défaut et cependant, on est tenté de dire : Et moi ?» 39 (Cf. Êtres humains. Soi)

Femme (Elle) : [Hebdomadaire. Groupe Lagardère, vendeur d’armements entre autres...] Qu’Elle - publication le moins à même de l’incarner - puisse, même ponctuellement, se revendiquer du féminisme : quel mépris des femmes, en toute cohérence des anti-valeurs qu’incarne et défend ce journal.
- Que les médias puissent inviter les responsables de ce journal (de plus en plus souvent remplacées cependant par la presse people) pour commenter l’actualité dès lors qu’une femme «connue» a, au sens propre du terme, défrayé la chronique révèle leur politique, fondée notamment sur le principe de privatiser le public, dépolitiser le politique et imposer le règne de l’apparence et de la consommation.
- Pour sourire (jaune) : Question N° 1 posée à un test d’Elle :
«Pour vous, être féministe signifie» : a) Ne pas avoir d’humour et râler dès que quelqu’un fait une réflexion sexiste. b) Se battre contre le plafond de verre. c) Militer pour les droits des femmes afghanes.» (Cf. Femmes. Plafond de verre, Féminisme)

Femme («Embonpoint») : 1801. Choderlos de Laclos [1741-1803] dans une lettre datée du 14 avril 1801 à son épouse, respectée et aimée (et réciproquement) :
«Je suis bien aise de ce que tu me mandes de ta santé, et même de ton embonpoint. De toi, bonne chère amie, plus il y en a et mieux c’est.» 40 (Cf. Homme. Remarquable. Laclos Choderlos de)

Femme («Emplette») : 1759. Voltaire [1694-1778] dans une lettre à François Chennevières, le 15 décembre 1759, concernant Mademoiselle de Bazincour qui, sortie du couvent, séjourna une année [oct. 1759-nov. 1760] chez Voltaire [1694-1778] et Madame Denis [nièce et compagne de Voltaire 1712-1790], écrit :
«Melle de Bazincour est une bonne emplette, et de bonne emplette : je peux en parler ainsi sans conséquences, à mon âge.»
- Madame Denis avait écrit pour sa part : «Cette fille a de l’esprit. [Elle publiera en 1768 un Abrégé historique des figures de la Bible mis en vers français.] Je voudrai pouvoir lui faire du bien. […] [et] la faire venir auprès de moi». (Cf. Langage)
- Voltaire emploiera, à nouveau, le terme d’«emplette» concernant «un petit garçon de douze ans, Bussi» qu’il recommande afin qu’il puisse entrer à l’Opéra Comique. 41

Femme (Enceinte) : 1773. Voltaire [1694-1778] écrit le 5 juillet 1773 à Alexandre-Marie-François de Paule de Dompierre d’Hornoy [1742-1828] :
«  Mon cher Picard, ceux qui se portent bien ont pu vous faire leurs compliments sur l’embryon de l’âme immortelle logée depuis deux mois entre la vessie et le rectum de Madame d’Hornoy, mais ceux qui traînent les restes d’un vie languissante [lui] n’ont pu être si diligents. Ils n’en prennent pas moins intérêt à la petite machine à peine organisée que vos deux machines ont produite sans savoir comment. Je souhaite au fœtus toutes sortes de prospérités dans le monde ridicule qu’il habitera, et que je vais bientôt quitter. Il est fort vraisemblable que je ne verrais jamais ce monsieur  [… ].
NB. Charlotte-Marie-Sophie naquit le 8 janvier 1774. 42 (Cf. Corps, Enfants)

Femme (Être) : Se savoir être, c’est ne jamais être seule. (Cf. Êtres Humains, Femme «seule»)

Femme (Être humain) (1) : 1975. Une femme, n’est ni un sexe, ni un corps, ni un visage, ni un foyer, ni une plante, ni … Toute définition d’un seule d’entre ces expressions nie sa qualité première : celle d’être, comme chaque homme, un être humain pensant.
[Après avoir vu : «Qu’est-ce qu’être une femme ? Réponses de femmes (Notre corps, notre sexe)», dans le «Ciné tract» d’Agnès Varda. 1975] (Cf. Culture. Cinéma, Être humain, Femmes, Patriarcat. Paternalisme)

Femme (Être humain) (2) : 1772. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 16 décembre 1772, évoque un Monsieur de Florian. Il écrit :
«M. De Florian nous restera : il est enchanté de sa femme et de sa maison. Mais sa maison ne vaut pas sa femme43 (Cf. Être humain)

Femme (Être humain) (3) : 1906. Le chroniqueur du Journal écrivit le lendemain de la première conférence inaugurale à la Sorbonne, le 5 novembre 1906, présentée par une femme, Marie Curie [1867-1934] :
«Si la femme est admise à donner l’enseignement supérieur aux étudiants de deux sexes, où sera désormais la prétendue supériorité de l’homme mâle ? En vérité je vous le dit : le temps est proche où les femmes deviendront des êtres humains44 - À lire non pas seulement comme une aberration (jugée anachronique), mais comme une vérité (au moins partielle) afin d’enrichir la réflexion du fait des questions que cette phrase pose. …(Cf. Être humain, Femmes, Patriarcat, «Sciences» humaines)

Femme (Être humain) (4) : 1984. Lu dans le livre de Marie-Claire Hook-Demarle, La femme au temps de Goethe :
«Peu à peu, entre Goethe [1749-1832] et les femmes de son temps s’est crée une osmose où les femmes réelles puisent des modèles dans une œuvre qu’elles ont souvent inspirée. Elles se retrouvent à travers des héroïnes telles qu’elles voulaient être et non telles qu’elles furent. Elles s’intéressaient à ses personnages féminins comme s’il y allait d’êtres humains. […]» 45 (Cf. Être humain, Patriarcat. Filliation)

Femme (Être humain) (5) : 1997. Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, dans leur livre, Femmes en tête, concernant Nicole Le Douarin (chercheuse en biologie du développement et en embryologie), écrivent :
«Sa conviction profonde acquise dès l’enfance a toujours été qu’une femme est un être humain comme un autre, indépendant, qui en doit jamais se trouver devant l’obligation de demander de l’argent à son mari». 46
Un «être humain» se suffit à lui, à elle-même ; le «comme un autre» est de trop…(Cf. Être humain, Femmes, Patriarcat, «Sciences» humaines)

Femme (Expiation) : 1973. Madame Marthe Massenet, dans un livre intitulé Madame Veuve, rapporte la prière qu’elle fit, après la mort de son mari, à son Dieu :
«À celui qui voit les cœurs, je dis simplement : ‘Pierre croyait en Toi, Seigneur. C’était un juste, un homme de vérité et de bonté. Fais qu’il soit heureux. S’il s’est trompé, s’il a commis des fautes, qu’elles retombent sur moi, qu’elles soient expiées par ma douleur. Aie pitié, Seigneur, puisque j’accepte…» 47
Terrible…(Cf. Relations entre êtres humains. Compassion)

Femme («Facile») : 1782. Dans Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos [1741-1803], la Marquise de Merteuil juge sévèrement la jeune Sophie de Volanges :
«Je me désintéresse entièrement de son compte. J’avais eu quelque envie d’en faire au moins une intrigante subalterne, et de la prendre pour jouer les seconds sous moi : mais je vois qu’il n’y a pas d’étoffe. Elle a une sotte ingénuité […] et c’est selon moi la maladie la plus dangereuse qu’une femme puisse avoir. Elle dénote surtout une faiblesse de caractère […] de sorte que, tandis que nous [Valmont et elle-même] nous occuperions de former cette petite fille pour l’intrigue, nous n’en ferions qu’une femme facile.
Or, je ne connais rien de si plat que cette facilité de bêtise, qui se rend sans savoir ni comment ni pourquoi, uniquement parce qu’on l’attaque et qu’elle ne sait pas résister. Ces sortes de femmes ne sont absolument que des machines à plaisir.» 48

Femme (Faire valoir) : 1924. Gina Lombroso [1872-1944] (fille de son père) sans doute la femme la plus antiféministe de l’entre deux guerres, dont les livres eurent un énorme succès, auteure, en 1924, de :
«[…] Une femme élégante, une maison élégante donnent assurément au mari et aux personnes qu’il reçoit l’illusion du bonheur, de la richesse, et par conséquent lui donne du lustre, illusion et lustre auxquelles l’homme est extrêmement sensible.
Il tolère en effet parfaitement que la femme tienne plus ou moins bien la maison, qu’elle soit plus ou moins riche, plus ou moins intelligente, qu’elle soit plus ou moins bien vêtue quand il est seul avec elle, si, au moment opportun, elle sait présenter une maison qui paraisse belle, des enfants qui paraissent bien élevés, si elle sait paraître riche, bien vêtue, heureuse, si elle sait lui faire bonne figure devant les étrangers, si elle représente une valeur que les autres lui envient, si elle sait mettre au bon jour les autres biens qu’elle possède et lui en donner conscience à lui-même49 (Cf. Être humain. Soi, Femmes. Aiguilles, Langage. Verbe. Être)

Femme (Féminin) (1) : Le «féminin» - et le «masculin» - sont des constructions patriarcales. Un débat construit sur les fondements de ces deux termes reproduit nécessairement les mythes liant le féminin au foyer, à la fécondité, à la nature…et le masculin, à la force, le pouvoir, la virilité…
Le seul emploi de l’un d’entre ces deux adjectifs est d’emblée signifiant ; dès lors, tout débat engagé qui entérine leur emploi, entérine aussi leurs présupposés. (Cf. Langage)

Femme (Féminin) (2) : Pour disqualifier ce terme à tout jamais, Cf.,:
- Sigmund Freud [1856-1939] à Lou Andreas-Salomé [1861-1937] : «Pour la première fois, j’ai été frappé de ce qu’il y a d’exquisément féminin dans votre travail intellectuel.» 50
- René Barjavel [1911-1985] : «La femme n’est pas un être humain, c’est un être féminin». 51
- Michel Houellebecq : «Je suis de plus en plus féminin.» 52
(Cf. Être humain, Langage. Verbe. Être, Politique. Mythe, «Sciences» humaines. Psychanalyse)

Femme (Féminin) (3) : 2015. Entendu, lu, deux jours de suite (23 et 24 août 2015) :
«Les menstrues, quelque chose de très féminin» ;
«La peur des souris, c’est féminin» ;
«Le tout féminin qu’on appelle la pudeur...»,
Mais aussi : «Son travail est féminin, agressif ; c’est un poison
Le «féminin», après avoir relevé, nous a t-on assuré, de la nature, de la culture, de la norme, relève, en réalité, de l’injonction, de l’arbitraire. Comme «le masculin»…

Femme (Féminin) (4) : 1876. Flaubert [1821-1880], dans une lettre à Tourgueniev [1818-1883], après l’enterrement de George Sand [1804-1876], auteur, le 25 juin 1876, de :
«Il fallait la connaître comme je l’ai connue, pour savoir tout ce qu’il y avait de féminin dans ce grand homme. […]» 53

Femme (Féminin) (5) : 2016. À l’occasion, à la Fête de l’Humanité, en 2016, d’une exposition des bijoux créés par Elsa Triolet, Christiane Taubira la qualifia comme étant l’«un des grands esprits féminins qui ont marqué nos arts […]».
Pour ses bijoux ? Il eut été, semble-t-il, bien de défaire le lien, de lever les ambiguïtés - si tant est que l’on puisse, au vu de l’intitulé de l’article de L’HumanitéLes parures d’Elsa»…] employer ce terme - entre les «bijoux d’Elsa» et Elsa Triolet. … 54 (Cf. Culture, Relations entre êtres humains, Flagornerie)

Femme (Féminin) (6) : 2016. Lu ce matin (28 septembre 2016), rue de Bièvre, apposés sur une vitrine, une affiche sur laquelle on pouvait lire : «Cherche modèles féminins». Pour ne pas avoir à écrire : «Cherche femmes…modèles» ?

Femme (Féminisation) : 2014. Élections du Sénat de septembre 2014 : La Chaîne TV. Sénat se félicite de la «féminisation» du Sénat, qualifiée cependant par certain-es, plus scrupuleux-ses, de «légère».
Le résultat : 25 % de femmes. (Cf. Langage. Féminisation, Politique. Parité)

Femme (Fierté) : 1855. George Sand [1804-1876] écrit, évoquant sa rupture, alors adolescente, avec Dieu, dans son Histoire de ma vie :
«[…] Je ne voulais pas descendre dans son respect en risquant de l’irriter.
Je ne sais pas si j’ai raison de regarder la fierté comme un des principaux devoirs de la femme, mais il n’est pas en mon pouvoir de ne pas mépriser la passion qui s’acharne.
Il me semble qu’il y a là un attentat contre le ciel, qui seul donne et reprend les vraies affections.
On ne doit pas plus disputer la possession d’une âme que celle d’un esclave.[…]» 55 Mais tout le passage concernant sa décision est passionnant. (Cf. Être humain)

Femme (Flèche) : 1994. Hubert Juin [1926-1987], en conclusion de sa Préface à L’Art d’aimer d’Ovide, auteur de :
«[…] C’est là que se mesure le génie d’Ovide, la femme est la flèche dont le poème est la cible.»
- Et ce, quelques lignes après avoir écrit : «Son génie (celui d’Ovide), je crois, fut de mettre le monde au féminin : c’est ce qui le fait inoubliable.» 56 (Cf. Êtres humains. Aimer. L’art d’aimer d’Ovide, Femme. Féminin)

Femme («Forte») : Il ne cessait de tenter de se faire reconnaître par elle - qui n’en avait cure - et avait, pour ce faire, tout essayé : l’admiration inconditionnelle, le pseudo-consensus, les tentatives d’arraisonnement, les colères, les menaces, les appels au secours. Il s’y épuisait. En vain. Elle était ailleurs.
Avec d’autres, il avait jusqu’alors obtenu que son ego-toritarisme ne soit pas contesté. Là, il perdait pied.
Pourquoi s’acharner à tenter d’imposer un rapport de forces, qui n’intéressait que lui, voué ici à une succession ininterrompue d’échecs ?
Par besoin d’attribuer à l’autre, pour tenter de s’en délester, le confus refoulé de soi ? Parce qu’il avait été structuré par les pouvoirs dont il s’était forgé une carapace, mais qui, pour elle, dépourvus de toute légitimité, fondaient, comme neige au soleil ?
Mais, plus fondamentalement, dès lors que les rapports de pouvoir étaient, par elle, d’emblée, récusés, c’était lui-même, qui, faute de pouvoir les exprimer, faute d’alternative, s’effondrait.
Ce qui épuise, ce qui détruit les hommes de pouvoir (et au delà tout être ‘de pouvoir’), c’est leur impuissance à être, à vivre indépendamment de ce qui les a si profondément structurés.
Et les femmes «fortes» ne sont souvent fortes que de cette conscience, et / ou de leur refus de se soumettre à eux. Ce qui n’a rien à voir avec l’origine sociale. (Cf. Être-s humain-s. Conscience, Homme-s, Patriarcat)

Femme (« Gagne-pain ») : 1966. Couplet de la chanson Pigalle :
« P´tit´s femm´s qui vous sourient / En vous disant : "Tu viens chéri " / Et Prosper qui dans un coin / Discrèt´ment surveill´ son gagn´ pain », chantée par Georges Ullmer, Les Compagnons de la chanson, Dumont, Patachou…
Fin : « ‘Mais au monde, il n’y a qu’un seul Pigalle ! » (Cf. Culture. Patriarcale. Cinéama. Tenue de soirée, Proxénétisme. Chansons)

Femme («Garçonne») : 2012. Monique, interviewée dans le film Les invisibles ([2012] 57 : «Si on prend des airs de garçons, ce n’est pas parce qu’on est des ‘garçonnes’ ; c’est pour plaire aux femmes
Quel plaisir de lire de telles évidences…Même si, sans doute, les réalités sont un peu plus complexes…(Cf. Culture. Cinéma, Femme. Lesbienne)

Femme (Gentille) : 2017. Lu ou entendu (je ne me souviens plus) :
«C'est pas pour dire du mal, mais être gentille à ce point... je ne pensais pas que c'était possible.»

Femme («Grisette») (1) : Sade [1740-1814], auteur de :
«Les grisettes ont une réputation de mœurs légères». 58

Femme («Grisette») (2) : 1781-1788. Louis Sébastien Mercier [1740-1814] dans son livre : Tableau de Paris (publié entre 1781 et 1788, souvent réédité depuis), auteur de :
«On appelle grisette la jeune fille qui, n’ayant ni naissance, ni bien, est obligée de travailler pour vivre, et n’a d’autre soutien que l’ouvrage de ses mains. Ce sont les monteuses de bonnets, les couturières, les ouvrières en linge, etc., qui forment la partie la plus nombreuse de cette classe.» 59

Femme («Hommasse») (1) : 2012. L’Express décrivait Marie Dormoy [1886-1974] comme : «plutôt hommasse». 60

Femme («Hommasse») (2) : 2016. Dans une émission de France Culture consacrée à Rosa Bonheur [1822-1899], l’expression d’«hommasse» est employée. 61 (Cf. Femme. Remarquable. Bonheur Rosa, Sexe-s […])

Femme (Honneur) : 1935. Lu, dans le Journal [particulier] de Paul Léautaud un article du Quotidien, en date du 27 juillet 1935, reproduit en note :
«Drame. Une jeune fille attache son fiancé à un arbre et le poignarde.
Vigo, 26 juillet [1935]. Une jeune fille a tué son fiancé dans des circonstances vraiment particulières où elle a mis la ruse au service de la jalousie. Elena Amos et Jésus Filloy, fiancés depuis plusieurs mois, se promenaient dans un bois de pins, près du village d’Estreda. Faisant semblant de jouer, Elena attacha Jésus à un arbre, à l’aide d’une corde. Toujours en jouant, elle lui banda les yeux. Puis sortant un couteau de son corsage, elle le planta dans la gorge du jeune homme et s’enfuit. Jésus réussi à se détacher mais mourut avant d’arriver à l’hôpital. La meurtrière, arrêtée, a déclaré qu’elle avait voulu défendre son honneur car elle savait que son fiancé avait deux maitresses. Elle employa le stratagème de la corde et du couteau afin que le jeune homme ne puisse pas lui échapper62
- Renouvelle les réflexions sur l’honneur patriarcal ? A moins qu’il en s’agisse d’un réécriture patriarcale d’un toute autre réalité…(Cf. Patriarcat. Honneur, Violences)

Femme (Humble) : Madame Carrère d’Encausse, le 16 octobre 1987, future Académicienne, élue en 1990, s’adressa à M. Lépold Sédar Senghor [1906-2011], ancien Président de la République du Sénégal, membre de l’Académie française, en ces termes :
«Ma question est la suivante, que m’inspire d’ailleurs, je dois dire tout à fait humblement, votre propre expérience, Monsieur le Président […]» 63 (Cf. Langage. Académie française)

Femme («Hystérique») (1) : Une femme hystérique ? Non, une femme épuisée, à bout, au bout du rouleau, qui n’en peut plus, qui explose à la moindre émotion, qui ne peut plus que hurler son angoisse, son impuissance ; une femme écrasée la vie qui n’a pas (encore) pu trouver la compréhension de la nécessité de la révolte…Et donc le chemin de l’apaisement.
- Employer ce terme, c’est, en sus, cautionner l’usage qu’en a fait - et à quels ‘coûts’ humains notamment pour les femmes - la psychanalyse et la psychiatrie. (Cf. «Sciences» sociales. Psychanalyse)

Femme («Hystérique») (2) : 1977. Débat, en 1977, avec Michel Foucault [1926-1984] :
- Question de G. Wajeman : «Pourriez-vous préciser ce que vous dites de Freud [1856-1939] et de Charcot [1825-1893]
- Réponse : «Freud arrive chez Charcot. Il y voit des internes qui font faire des inhalations de nitrate d’amyle à des femmes qu’ils conduisent ainsi imbibées devant Charcot. Les femmes prennent des postures, disent des choses. On les regarde, on les écoute, et puis, à un moment, Charcot déclare que ça devient très vilain. On a donc là un truc superbe, où la sexualité est effectivement extraite, suscités, incitée, titillées de mille manières, et Charcot, tout à coup, dit : ‘ ca suffit’. Freud, lui, va dire : ‘Et pourquoi cela suffirait-il ?’ Freud n’a pas eu besoin d’aller chercher quelque chose d’autre que ce qu’il avait vu chez Charcot. La sexualité était là, sous ses yeux, présentée, manifestée, orchestrée par Charcot et ses bonshommes…» 64
- «Un truc superbe !» : des femmes droguées, photographiées, exhibées, manipulées dont la médecine provoque ce que l’on nomme l’hystérie et que l’on va nommer - et tant d’elles, après - : «des femmes hystériques»…
- G. Wajeman, dit par ailleurs, sans ambiguïté, après cette réponse de Foucault, que «Charcot faisait se produire des crises hystériques, par exemple la posture en arc de cercle»
- Quant à Foucault, évoquer «une sexualité extraite, suscitée, incitée, titillée de mille manières» ne lui pose lui pas de problème. Pas plus qu’une «sexualité […] présentée, manifestée, orchestrée par Charcot et ses bonshommes…» ne l’interroge, ni ne l’inquiète…
Et Foucault continue à être invoqué, considéré, y compris par des féministes, comme le spécialiste de la question (!) Quelles responsabilités ! (Cf. Hommes. Intellectuels. France, Patriarcat, «Sciences» sociales. Psychanalyse, Sexe-s)
* Ajout. 16 juillet 2017. 1983. Ultérieurement, Foucault évoquera «tout le tapage qui a été fait autour d’ hystérie féminine.» 65

Femme («Intérieur d’») : 2016. Entendu évoquer, en juillet 2016, lors de la visite (fort intéressante) de la Maison de la Beurière à Boulogne-sur-mer, les femmes de marins comme étant : «des femmes d’intérieur au travail à l’extérieur».
- On découvre dans ce petit musée que ces femmes travaillaient notamment comme «ramandeuses», «laceuses», «moulières», «sautrières», «verrotières».
- Sur le site internet de cette Maison de la Beurière, est évoqué : «le travail à quai et le labeur sans cesse renouvelé de la femme, de son travail en bord de mer ou en atelier [nécessaire à] à la subsistance du ménage et l'éducation des enfants...»
- Entendu aussi que l’on ne devient «matelote» que lorsqu’on épouse un matelot.
(Cf. Femmes. Travail)

Femme (Jalouse) : 1877. Anna Karénine, dans le livre du même nom de Léon Tolstoï [1828-1910], auteure de :
«Je ne suis pas jalouse, je suis insatisfaite […]» 66

Femme (Jeune Fille. 2017) : 2017. Une jeune fille interrogée par Cyril Hanouna dans l’émission Touche pas à mon Poste : «C’est quoi ton type de mec ?» répondit : «N’importe». 67

Femme (Khmers rouges) : 2011. Entendu dans le film de Rythy Pan, Duch, le maitre des forges de l’enfer, qu’au Cambodge, sous le régime des Khmers rouges au pouvoir [1975-1979], on n’employait pas le mot «femme» car il «avait une connotation sexuelle» ; on employait le mot «famille» qui, lui, «avait une connotation révolutionnaire».
De fait, le régime Khmer tout à la fois imposait des mariages selon leur conception de «la révolution» et, en recomposant leur conception de «la famille» détruisait hommes, femmes, enfants. C’était moins «la connotation sexuelle» évoquée qui était combattue, c’était la singularité dont était aussi porteuse l’évocation de «la femme». (Cf. Culture. Cinéma, Femmes. Famille, Sexe-s […])

Femme («L’Encyclopédie») : 1763. Voltaire [1694-1778] dans une lettre écrite à Adrien Blin de Sainmore [?-?], le 28 février 1763, écrit :
«Vous m’étonnez beaucoup d’aimer l’article Femme 68 dans l’Encyclopédie ; cet article n’est fait que pour déshonorer un ouvrage sérieux.» 69
N.B. Repris de Wikipédia : L’Encyclopédie est un ouvrage majeur du XVIIIème siècle et la première encyclopédie française. Par la synthèse des connaissances du temps qu’elle contient, elle représente un travail rédactionnel et éditorial considérable pour cette époque et fut menée par des encyclopédistes [dont Voltaire] constitués en ‘société de gens de lettres’. Enfin, au-delà des savoirs qu’elle compile, le travail qu’elle représente et les finalités qu'elle vise, en font un symbole de l’œuvre des Lumières, une arme politique et à ce titre, l’objet de nombreux rapports de force entre les éditeurs, les rédacteurs, le pouvoir séculier et ecclésiastique.» (Cf. «Sciences» sociales. Histoire)
* Ajout. 29 mars 2018. 1766. Voltaire écrit le 12 mai 1766 un comte [1700-1788] et à la comtesse [1703-1774] d’Argental, concernant l’Encyclopédie : «L’ouvrage est en général un coup de massue porté au fanatisme [en réalité la religion] ; l’ex-jésuite [lui, Voltaire] lui porte quelques fois des coups de stylet.» 70 (Cf. Penser. Critique. Voltaire)

Femme (Libération) : L’une des décisions de sa vie qu’elle pouvait qualifier de libératoire, bien que / quoique spontanée, impensée (ou presque…), fut de lui proposer un rendez-vous pour lui demander s’il voulait bien être son amant.
Il refusa intelligemment (et donc élégamment) ce qui paracheva un processus de libération dont sa requête était alors l’incarnation.

Femme (Licenciée) (1) : 1977. Cours d’assises de Paris, lors d’un procès intenté en Mai 1977, à un père violeur de sa fille, le responsable de la Coop où travaillait la jeune femme, par ailleurs battue, témoigne. Je lis :
«Pas de faute professionnelle. Ni retard, ni absence. Des marques sur le corps, là où les clients pouvaient les voir. Le chef de service avait remarqué des traces, plusieurs fois. ‘Pour les clients, ça faisait mauvais effet.’ C’est ce qu’il a dit quand il a témoigné. Il fallait la licencier.» 71 (Justice)

Femme (Licenciée) (2) : 2017. Une femme, ancienne collaboratrice d’un député socialiste (non réélu) fait, en novembre 2017, «une offre de service» à un député En marche. Elle est embauchée, «lui ouvre toutes les portes», lui «apprend le fonctionnement et les codes» [de l’Assemblée Nationale], puis il la «vire». Elle réagit : «J’ai l’impression qu’il me jalouse. Il m’a dit : ‘Je te vire parce que c’est moi le député’.» 72
- La question que cet instantané me pose est la suivante : Pourquoi l’explication d’un licenciement du fait de la jalousie [de l’envie, la crainte de la comparaison, le sentiment mis à nu de ne pas être à la hauteur] - tant elle est fréquente - n’est-elle pas inscrite dans le code du travail ? Parce que la hiérarchie l’en empêche et légitime, ici conforte, les rapports d’autorité, inscrits par ailleurs dans le contrat de travail.
- Et si vous y ajoutez les causes de licenciements liées au harcèlement sexuel…

Femme (Lit) : «Il a eu un enfant d’un premier lit». À comparer avec : «Il a eu un enfant d’un premier mariage», avec : «Il a eu un enfant de sa première femme», avec «sa femme et lui ont eu un enfant». Puis, comparer les trois expressions en remplaçant le : «Il» par «Elle». Et enfin, en remplaçant «il» / «elle», par le nom des parents de l’enfant évoqué.

Femme (Maîtresse) : Pourquoi : «Elle était la maîtresse de Monsieur X» est-il beaucoup plus fréquent que : «Il était l’amant de Madame Y» ? Facile…

Femme (Maquillage) (1) : Tromperie sur l’identité. Antinomique avec la vérité [de l’être]. (Cf. Être-s humain-es. Mode)

Femme (Maquillage) (2) : 1976. Jane Fonda, interviewée dans le film de Delphine Seyrig, Sois belle et tais-toi, raconte comment elle fut, pour la première fois, coiffée, maquillée par les maquilleurs des plus grands studios d’Hollywood…et, après avoir été ainsi transformée pour les besoins d’un film, elle conclut :
«Je me suis regardée dans la glace : Je ne savais plus qui j’étais
- Il importe ici de rappeler que Jane Fonda, longtemps après, est devenue l’«égérie» de Loréal : Triste, inquiétant, signifiant... (Cf. Culture. Cinéma, Femme. Égérie)

Femme (Maquillage) (3) : Sinon, refuser le maquillage, du moins dénoncer la fonction qu’il joue.

Femme (Martyre chrétienne) : 1969. Je lis dans un Dictionnaire des femmes célèbres, publié en 1969 :
«Blandine (Sainte), jeune esclave chrétienne martyrisée à Lyon, sous le règne de Marc-Aurèle […] survécut sans se plaindre aux fauves, au gril rouge, à un taureau furieux, et qu’il fallut l’achever». 73
N’était plus ou moins ce que l’on apprenait encore au catéchisme dans les années [19]50 [et avant]. Plutôt aux petites filles ?

Femme (Masochisme) (1) : 1669. Lu dans les Lettres d’une religieuse portugaise dont l’auteur serait le chevalier de Guilleragues :
«[…] Adieu, je n’en puis plus. Adieu, aimez-moi toujours, et faites-moi souffrir encore plus de maux.» 74

Femme (Masochisme) (2) : 1857. Emma Bovary, après que Rodolphe lui eut refusé les 3000 francs qu’elle lui demandait lui dit :
«Mais, moi, je t’aurais tout donné, j’aurais tout vendu, j’aurais travaillé de mes mains, j’aurais mendié sur les routes, pour un sourire, pour un regard, pour t’entendre dire : ’‘Merci !’ […]» 75

Femme (Moi) : 1774. Mademoiselle de Lespinasse [1732-1776], auteure, en 1774, de :
«Ce moi dont parle Fénelon est encore une chimère : je sens positivement que je ne suis point moi.
Je suis vous ; et pour être vous, je n’ai aucun sacrifice à faire.
Votre intérêt, vos affections, votre bonheur, vos plaisirs, ce sont là, mon ami, le moi qui m’est cher et qui m’est intime.
Tout le reste m’est étranger : vous seul dans l’univers pouvez m’occuper et m’attacher.
Ma pensée, mon âme ne peuvent désormais être remplies que par vous et des regrets déchirants. […].» 76 (Cf. Être humain-es. Soi, Êtres humain-es Relations entre. Amour, Patriarcat)

Femme («Moche») : 1977. Marie Cardinal [1928-2001], auteure de :
«Tu connais une femme vraiment moche qui a réussi à faire entendre sa voix en France ? Moi, je n’en connais pas […].» 77
Aujourd’hui, l’adjectif choque, mais la vérité du constat - les si rares exceptions confirment la règle - est toujours valide. (Cf. Femme. Beauté)

Femme (Mort. Peine de) (1) : 1884. Véra Figner [1852-1942], révolutionnaire russe, condamnée à mort en 1884, puis sa peine ayant été commuée en travaux forcés à perpétuité, elle fut enfermée 20 ans dans les prisons du Tsar, dont elle fut libérée en 1905. Elle écrivit dans ses Mémoires en 1884 :
«M’attendais-je à être exécutée ? Non. L’exécution de Sophie Pérovskaïa [en 1881], première exécution d’une femme, avait produit une déplorable impression. L’exécution des femmes n’était pas encore ‘entrée dans les mœurs’.» 78 (Cf. Justice, Mœurs)

Femme (Mort. Peine de) (2) : Au nom de l’égalité, en toute logique, que des femmes soient, comme les hommes, condamnées à mort devrait-il être considéré comme une avancée des droits des femmes ? (Cf. Justice, Politique. Égalité, Penser)

Femme («Négresse») : Années [19]50. Billie Holiday, à une connaissance qui lui demandait, dans les années [19]50, comment elle allait, lui répondit :
«Comme tu vois, toujours négresse». 79 (Cf. Femme. Artiste. Holiday Billie)

Femme (Orgueil) : 1922. Marie Bashkirtseff [1858-1884] propose, à 22 ans, de son propre chef, son «amitié» à un homme. Elle en explicite les conditions et, dans la lettre qu’elle lui adresse, poursuit :
«Mais, êtes vous digne de tout cela ? Et les choses ne tournant pas selon vos désirs, ne m’en voudrez-vous pas bêtement de m’avoir aimée ?» Suivi de :
«Je vous trouve audacieux de porter des regards à la hauteur où je me suis placée, mais le proverbe ne dit-il pas que le soldat qui aspire à devenir maréchal de France n’est qu’un mauvais soldat. Je m’aperçois, à la fin, que ce que j’exige de vous est insensé. Ce serait changer tout l’homme.» 80 (Cf. Relations entre êtres humains. Admiration)
- N.B. Le mépris n’est pas nécessaire à l’orgueil.

Femme («Perdue») (1) : Elle s’était ‘donnée’ à lui ; elle devient une «femme perdue». (Cf. Langage)

Femme («Perdue») (2) : Une «femme perdue» ne se retrouve pas : elle est [doit être] «sauvée», «réhabilitée», «relevée»… D’un autre siècle ? (Cf. Langage)

Femme (Peur) : Elle découvrit subitement que sa vie avait été structurée, modelée, limitée, atrophiée du fait de sa peur de déplaire à un homme pour lequel elle n’existait pas.
- Souvent vrai aussi pour les femmes qui ont été «heureuses» de plaire à un homme.

Femme (Portait) : On a tant assimilé, tant réduit, tant défini les femmes par leur apparence, qu’une femme qui veut simplement exister, être appréciée, être jugée par elle-même, en elle-même, doit, pour se conformer aux canons en vigueur, se défier de son image et même de toute représentation d’elle même. (Cf. Femme. Maquillage)

Femme («Présent») : 1761. Voltaire [1694-1788], le 5 février 1761, écrit à la duchesse de Saxe-Gotha [1719-1772] :
«On prétend Madame que la princesse votre fille fera le bonheur d’un prince d’Angleterre, c’est assurément le plus présent qu’on puisse faire à cette nation81 (Cf. Famille. Mariage)

Femme (Procréation) : Tant qu’une femme mettra au monde un enfant, la ‘fonction d’usage’ de toutes les femmes sera perpétuée. À moins que…? Jusqu’à ce que…? Plus utile pour la réflexion féministe que la fallacieuse pseudo égalité. (Cf. Démographie, Front national. Le Pen Jean-Marie)

Femme (Pygmalion) : 1909. Un exemple de femme «Pygmalion» : Ruth Morse dans Martin Eden de Jack London [1876-1916], Mabel Happelgarth dans ‘sa’ vie.

Femme («Qu’une»…) : 1750. Arthénice, dans La colonie de Marivaux [1688-1763], auteure de :
«[…] Vous n’êtes qu’une femme, dites-vous ? Hé, que voulez-vous donc être pour être mieux ?» 82 

Femme (Racine) : 1691. Racine [1639-1699], auteur dans Athalie, de :
«[…] La peur d’un vain remords trouble cette grande âme / Elle flotte, elle hésite, en un mot, elle est femme» (Acte III, Scène III).

Femme (Renoncement) : Elle crut devoir renoncer à elle pour ‘être’ à lui. Elle se fit carpette. Il s’y couchât sur ce qu’il considéra - à juste titre - comme un don, plus tard, comme un dû : après usage, il l’épousseta, la plia, la rangea, remercia et s’en alla choisir une autre…carpette.

Femme (Respectée) : 1997. Odile Quintin, «ancien chef de Bureau unité égalité des chances à la Commission européenne», concernant Marcelle Devaud [1908-2008], dans les années 1980, «son mentor dans les problématiques d’égalité [des chances dans les politiques européennes», auteure, en 1997, de :
«[…] Elle est très respectée des hommes, parce qu’elle ne prend pas un ton de revendication. Elle a une approche d’affirmation, de valorisation du rôle que peuvent jouer les femmes dans la vie économique et sociale. Elle ne crie pas. Elle discute et négocie.» 83 (Cf. Politique. Égalité des chances)

Femme (Revanche) (1) : Début années [19]60. Lu, dans Le guide des jeunes ménages, dans le chapitre intitulé : ‘Rapports sociaux. Loisirs’, à la rubrique : ‘Invitations’, dans la sous rubrique : ‘Tenue’, ceci :
«Afin de permettre à la plus modeste des invitées, de faire son petit effet, il faudra avoir une tenue aussi simple que possible, sans toutefois être négligée. Vous prendrez votre revanche lorsque vous serez invitée à votre tour.» 84 (Cf. (Cf. Être-s humain-es. Mode, Patriarcat, Sororité)

Femme (Revanche) (2) : 2017. Agnès Varda, évoquant l’un de ses derniers documentaires consacrés aux veuves de Noirmoutier raconte qu’elle leur avait posé la question suivante :
«Comment dormez-vous dans le lit depuis que vous êtes veuve ?» L’une d’elle lui répond :
«Comme lui [à sa place attirée] était en face d’une petite fenêtre, il voyait un arbre. Maintenant, c’est moi qui voit l’arbre
La réaction d’Agnès Varda fut qu’«elle était un peu revancharde85 (Cf. Femmes. Veuves)

Femme («Rien») (1) : Lorsqu’un homme aspirant à, espérant se justifier d’avoir «trompé» sa femme, lui déclare : «Mais, ce n’était rien» ou : «Mais, cela ne signifiait rien pour moi», que les femmes soient solidaires de la femme ainsi lâchement évoquée. Toutes les femmes, sont aussi, alors, ce «rien».

Femme («Rien») (2) : 2014. Annie Ernaux, à qui l’on demandait pourquoi, elle qui avait écrit L’événement, n’avait pas signé le Manifeste des 343 [femmes ayant déclaré avoir avorté], répondit :
«En 1971, il était pour moi, hors de question de le faire. C’était impensable. Je n’étais rien. De plus, j’étais mariée à un cadre et déclarer publiquement avoir avorté aurait eu l’effet d’une bombe.» 86
On peut noter que les arguments ne sont pas de même nature. (Cf. Femme. Auteure. Ernaux Annie)
* Ajout. 28 février 2016. (Aux fins de comparaison). 1946. En réponse à une question concernant son silence de l’occupation française de l’Indochine, en 1946, Raymond Aron répondit :
«Ce n’était pas tellement difficile, c’était surtout tout à fait inefficace. En 1946 ou en 1947, je n’étais rien. […]» 87
- Rappel : le contraire de «rien», c’est quelque chose, et non pas quelqu’un-e.

Femme (Rolls-Royce) : 2016. Guillaume Galienne, au terme de l’émission écoutée le 27 août 2016 : Un peu de lecture, ça peut pas faire de mal, auteur de :
«Merci à mes Rolls-Royce de cette émission…» suivent les noms des femmes qui travaillent, avec lui, pour lui, dans ‘son’ émission. 88

Femme («Salope». Marie-Claire. 2016) : 2016. Lu dans Marie-Claire l’interview d’une jeune actrice, en mars 2016. Voici l’une des questions à laquelle elle dut répondre :
«Vous avez l’air de quelqu’un de chouette. Vous avez dit que si l’on vous demandait de jouer la pire des salopes, il faudrait que vous trouviez un peu de cela en vous. Vous avez déjà agi comme une salope ?» 89 (Cf. Culture, Injure)

Femme (Secret) : Lors d’une rencontre fortuite, qui ne devait donc pas se reproduire, elle lui confia deux de ses secrets : dans sa grande maison, elle se couchait tous les soirs à 20 heures et elle détestait sa mère.

Femme (Sénèque) : 1er siècle après J.C. Sénèque [4 avant J.C, 65 après J.C], dans ses La constance du sage, auteur de :
- «Il y a des gens assez déraisonnables pour s’imaginer qu’une femme pourrait les offenser.» Et de :
«[…] La femme est toujours un être inconsidéré qui, à moins d’être devenue savante et très instruite, est rétive et ne peut résister à ses désirs.» 90

Femme (Sensibilité) : 1922. Katherine Mansfield [1888-1938], auteure, le 26 janvier 1922, de :
«J’ai un esprit d’une sensibilité effroyable, qui accueille toutes les impressions ; voilà la raison pour laquelle je suis si complètement entraînée et vaincue91
À méditer…

Femme («Seule») (1) : Une femme qui a eu deux arrière-grands-pères, deux grands-pères, un père, quantité de cousins et de neveux, des frères, un ou des maris, un ou des amants, des amis, des patrons, des collègues, des voisins, des enfants - sans même évoquer les femmes ayant partagé sa vie - peut être qualifie de femme «seule»…
- Variante : «Elle vit sans homme»….dans l’attente qu’elle «refasse sa vie».

Femme («Seule») (2) : Elle disait ne pas vouloir rompre, de crainte d’être «seule» ; elle ne pouvait /voulait pas voir que rompre était justement la condition pour ne pas l’être. Ou, plus justement, que la question n’était pas celle de la solitude, mais celle de la dépendance.

Femme («Seule») (3) : 1833. Lu dans Lélia de George Sand [1804-1876] :
«Cruelle Lélia ! Que vous êtes heureuse d’avoir ainsi l’âme libre et de pouvoir rêver seule, aimer seule, vivre seule ! » 92

Femme («Seule») (4) : 1917. Camille Claudel [1864-1943], in, Lettre de l’Asile. 25 février 1917] auteure de :
: «On me reproche, (ô crime épouvantable d’avoir vécu toute seule)…» 93 (Cf. Femme. Remarquable. Claudel Camille)

Femmes («Seules») (5) : XXIème siècle. Au pluriel : douze participantes à la Marche - non mixte - de nuit des femmes ont entendu :
«Qu’est ce que vous faites ici seules le soir ?» 94

Femme (Sotte) (1) : 1830. Stendhal [1783-1842], dans Le rouge et le noir, auteur de : «Nous ne dissimulerons pas qu’elle [Mme de Rênal] passait pour sotte aux yeux de leurs dames [des notables de Verrières] parce que sans nulle politique à l’égard de son mari, elle laissait échapper les plus belles occasions de se faire acheter de beaux chapeaux de Paris ou de Besançon. […]» 95 (Cf. Politique)

Femme (Sotte) (2) : 1830. Stendhal [1783-1842], dans Le rouge et le noir, auteur de : «Vous parlez là comme une sotte que vous êtes s’écria M. de Rênal d’une voix terrible. Quel bon sens peut-on espérer d’une femme ? jamais vous ne prêtez attention à ce qui est raisonnable ; Comment sauriez-vous quelque chose ? Votre nonchalance, votre paresse ne vous donnent d’activité que pour la chasse aux papillons, êtres faibles et que nous sommes heureux d’avoir dans nos familles !
Mme de Rênal le laissait dire, et il dit longtemps :
il passait sa colère, c’était le mot du pays.» 96 (Cf. Patriarcat)

Femme (Soutenir) : Début années [19]60. Lu dans Le Guide des jeunes ménages, dans le chapitre intitulé : ‘Habillement’, à la rubrique : ‘Pour Madame’, dans la sous rubrique ‘Gaines et Soutien-gorge’ :
«Dans toutes les occasions de la vie journalière, la femme a besoin d’être soutenue […]» 97 (Cf. Être-s humain-es. Mode, Patriarcat, Proxénétisme)

Femme (Suicide) : 1881. Lettre de Séverine [1855-1929], jeune, désespérée, à Jules Vallès [1832-1885], après que ses parents lui eurent refuser de le rejoindre à Londres, et écrite avant de se tirer une balle dans la poitrine :
«Je meurs de ce qui vous fait vivre. De révolte. Je meurs de n’avoir été qu’une femme alors que brûlait en moi une pensée virile et ardente. Je meurs d’avoir été une réfractaire. Aimez-moi un peu pour cela et gardez en cet esprit que j’ai si fort aimé et si profondément compris une place à votre navée petite amie.»
- Heureusement elle ne mourut pas et sa famille, résignée, la laissa désormais agir à sa guise. Et elle devint : Séverine. 98

Femme (Symbole) (1) : 1959. Voici, dans ses Mémoires de Guerre, comment Charles De Gaulle [1890-1970] présente l’Allemagne nazie comme une femme amoureuse, soumise…et vaincue :
«Cet homme [Hitler], parti de rien, s’était offert à l’Allemagne au moment où elle éprouvait le désir d’un amant nouveau. Lasse de l’empereur tombé, des généraux vaincus, des politiciens dérisoires, elle s’était donnée au passant inconnu qui représentait l’aventure, promettait la domination et dont la voix passionnée remuait ses instincts secrets. D’ailleurs, en dépit de la défaite enregistrée naguère à Versailles, la carrière s’ouvrait largement à ce couple entreprenant. […]
Hitler, s’il était fort, ne laissait pas d’être habile. Il savait leurrer et caresser. L’Allemagne, séduite au plus profond d’elle même, suivit son Führer d’un élan. Jusqu’à la fin, elle lui fut soumise, le servant de plus d’efforts qu’aucun peuple, jamais, n’en offrit à aucun peuple.[…]»
Et j’ajoute à cette extraordinaire analyse symbolique, cette conclusion :
«L’entreprise d’Hitler fut surhumaine et inhumaine.» 99 (Cf. Patriarcat, «Sciences» sociales. Histoire)

Femme (Symbole) (2) : 1941. Dans ses Mémoires, Charles De Gaulle [1890-1970], évoque «notre dame la France», expression qu’il emploiera à deux reprises. 100
Un autre symbole de femme…

Femme (Territoire) : 1933. Anaïs Nin [1903-1977], auteure, en février 1933, de :
«Le territoire de la femme est ce que laisse intact le désir direct de l’homme. L’homme attaque le centre vital. La femme remplit la circonférence.» 101
Confus, mais puissant ? (Cf. Politique. Frontières)

Femme («Une femme et un Noir») : 2009. Noam Chomsky (à propos de la compétition entre Barak Obama et Hillary Clinton à la présidence des États-Unis) auteur, en 2009, de :
«Je crois que ce qui a été assez marquant dans la campagne démocrate, c’est qu’il y a eu une femme et un noir.» 102 Non : il y a eu une femme qualifiée de blanche et un homme qualifié de noir, c’est à dire deux êtres humains (un homme et une femme) qualifiés l’un par la seule couleur de sa peau, l’autre par le seul fait d’être une ‘femme’. L’inanité - apolitique - d’une telle opposition mérite d’autant plus d’être notée qu’elle émane d’un penseur - politique - tant vanté… (Cf. «Oui» ou «Non»)
* Ajout. 30 novembre 2015. 2015. Du même Noam Chomsky, en 2015, auteur de :
«Si vous allez dans le hall du MIT [Massachusetts Institute of Technology, où il a enseigné] aujourd’hui, vous verrez parmi les personnes une moitié composée de femmes, peut-être un tiers de minorités103 (Cf. Droit. Minorités, Hommes. Intellectuels, Patriarcat, Politique. Minorités)
* Ajout. 26 janvier 2018. Nelson Mandela [1918-2013] évoquant l’Université Sud africaine de Johannesburg - dont il était à la faculté de droit en 1943 «le seul étudiant africain» - écrit dans son autobiographie :
«Notre professeur de droit, Mr. Hahlo, était un intellectuel strict qui ne tolérait pas beaucoup l’indépendance des ses étudiants. Il avait une curieuse conception du droit quand on en est arrivé aux femmes et aux Africains : ni les uns ni les autres, a t-il dit ne pouvaient devenir avocats. Ils considérait que la loi était une science sociale et que les femmes et les Africains n’étaient pas suffisamment disciplinés pour en maitriser la complexité.» 104(Cf. Droit, Justice, Homme. Politique, Patriarcat, «Sciences» sociales)

Femme (Vénale) (1) : 1773. Voltaire [1694-1778], dans une lettre écrite le 12 novembre 1773 à un « destinataire inconnu» évoque une jeune femme en ces termes : :
«  Elle est assez jolie, elle est jeune, elle est femme, elle peut trouver des ressources. » 105 Est-ce elle qui serait vénale ou Voltaire qui la juge telle, sans même sans doute s’en rendre compte ?
Mais plus justement, le qualificatif même est-il approprié ? Non.

Femme (Vénale) (2) : 1935. Un modèle de femme vénale dans la chanson « Faut-il que je vous fasse un petit dessin ? » chantée par Mireille [1906-1996]. (Cf. Culture)

Femme (Vengeance) (1) : 2004. Une femme «de qualité», sans doute la comtesse de Cayla [1785-1852], raconte qu’elle reçut, un jour, nouvellement mariée par ailleurs, un paquet qui s’avéra un bel et gros enfant accompagné de la lettre suivante : «Citoyenne, Puisque vous êtes la femme d’un homme qui devait être mon époux, prenez la charge de nourrir une créature innocente qui lui doit le jour.» Signé : Rosalie.
- Sur ce, elle fit venir son mari et lui dit :
«Monsieur, quand on fait des enfants, on tâche de les placer ailleurs que chez moi ; voici un des vôtres que l’on m’adresse, vous plairait-il d’en prendre soin ?». Elle gagna (notamment) de cette répartie sa liberté à vie à son égard. 106
- Á la relecture : pas une vengeance, une saine et légitime réaction. (Cf. Culture. Cinéma. La Fiancée du pirate. La mariée était en noir, Êtres humains. Relations entre êtres humains. Vengeance, Politique. Vengeance)

Femme (Vengeance) (2) : 1886. Louise Michel [1830-1905], auteure de :
«Quand une honnête femme, calomniée ou poursuivie tue le drôle qui la pourchasse, bravo ! Elle débarrasse les autres d’un danger, elle les venge ; il n’y en a pas assez qui prennent ce parti-là.» 107 Rarement cité…(Cf. Femmes. Assassinées, Hommes. Solidaires des femmes en lutte, Êtres humains. Relations entre êtres humains. Vengeance, Justice. Légitime défense, Violences contre les femmes)

Femme (Vengeance) (3) : 2005-2007. Une vengeance de femme : Lisbeth Salander dans les trois livres de Stieg Larsson, Millenium 1, 2, 3. Un modèle ? (Cf. Relations entre êtres humains. Vengeance)

Femme (Vengeance) (4) : 2001. Jean-Claude Brialy [1933-2007] dans ses Mémoires raconte le tournage du Bal du Comte d’Orgel [1969] qui eut lieu dans la somptueuse propriété à Montfort-L’amaury d’un «marquis, milliardaire chilien». Son chauffeur lui raconte la vie de «Germaine», «l’une des femmes de chambre du marquis» :
«Cela fait 45 ans qu’elle est à son service. Elle a été amoureuse de lui et lui ne l’a jamais regardée. Il l’a fait souffrir, il l’a tourmentée. Et maintenant qu’il est à moitié paralysé, elle se venge. Quand il lui demande un peu d’eau, elle lui dit : ‘On va voir’.» 108 (Cf. Relations entre êtres humains. Vengeance)

Femme («Vénéneuse») : 2012. Lu, à la recherche sur le net du synonyme de «sulfureux» : «Au sens figuré : Qui évoque l’enfer, l’hérésie, le démon qui sent le souffre. Se dit d’une femme ‘vénéneuse’.» 109 (Cf. Langage. Féminisation du Langage)

Femme (Vie de…) (1) : Une «vie - dite de - de femme», c’est vivre une vie-dite-de couple (ou non), une vie dite-sexuelle (ou non), une vie dite-professionnelle (ou non), une vie dite-d’épouse (ou non), une vie dite-de mère (ou non), et même une vie de femme «multi-casquettes». (Cf. Vie - dite - privée, Vie. Refaire sa)

Femme (Vie de…) (2) : Une femme ayant vécu «une vie - dite - de femme» peut vivre, en sus, une vie généralement considérée comme celle dévolue aux «hommes». Un homme, s’il conteste, s’il récuse, s’il veut échapper à la vie telle qu’elle lui fut imposée, telle que généralement considérée comme dévolue aux hommes, n’aura jamais vécu qu’une vie d’homme. (Cf. Homme-s, Patriarcat)

Femme (Vierge) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les misérables évoquant la «servante» de Monsieur Maboeuf, «une variété de l’innocence», écrit :
«La pauvre bonne vieille femme était vierge110 (Cf. Corps, Langage. Féminisation du langage. Hugo Victor)

II. Femme (Artiste) :

Femme (Artiste. Adjani Isabelle) : 2018. Lu :
«  L’Oréal vient de recruter comme ‘ambassadrice‘ Isabelle Adjani. Un contrat estimé, selon les pros à 400.00 euros qui a fait retrouver à l’actrice son apparence d’antan ».111 (Cf. Corps, « Sciences » sociales. Économie )

Femme (Artiste. Akerman Chantal) : Écouter les nombreux documents sonores concernant Chantal Akerman [1950-2015], lors de la nuit de France Culture qui lui fut consacrée, le 10/11 février 2018, et notamment l’interview d’elle, le 7 novembre 2013, par le regretté Alain Veinstein, pour la publication de son livre, Ma mère rit. [2013] 112

Femme (Artiste. Alain Marie-Claire) : 2013. Marie-Claire Alain [1926-2013] organiste «avoua» à Marie-Louise Girod [1915-2014], elle-même organiste :
«Savez-vous que ce jour-là [lors d’un récital pendant la guerre], vous m’avez donné l’espoir de devenir une virtuose de l’orge en dépit du fait que j’étais une femme ! » 113
De la vertu de l’exemple…

Femme (Artiste. Arletty) : 1987. Arletty [1898-1992], auteure de :
«Je pouvais me balader dans dîner où il y avait beaucoup de monde, personne ne me pinçait les fesses, j’aime autant vous le dire, métier ou pas métier…» (Rires) (Cf. Comparaison Femmes / Hommes, Violences à l’encontre les femmes)
- Auteure aussi de : «L’argent, c’est fait pour les fadas…» 114 (Cf. «Sciences» sociales. Économie)

Femme (Artiste. Bacall Lauren) : 1979. Lauren Bacall [1924-2014], auteure de :
«[…] Bon, le passé est le passé. Il m’a formée, m’a appris beaucoup de choses, mais le présent m’importe davantage. Je lutte pour acquérir le droit à mon identité propre ; je ne veux pas qu’on m’identifie pour l’éternité à un rôle joué à dix-neuf ans. Jusqu’à présent, j’ai toujours plus ou moins perdu cette bataille. Peut être ne la gagnerai-je jamais. Mais je ne cesserai jamais le combat.» 115 (Cf. Patriarcat. Filliation (2)

Femme (Artiste. Barbara) (1) : Barbara [1930-1997], auteure, compositrice, interprète de chansons inoubliables, dont trois, plus particulièrement, évoquent les violences de son père à son encontre : Au cœur de la nuit, L’aigle noir, Nantes. (Cf. Violences à l’encontre des enfants)

Femme (Artiste. Barbara) (2) : Barbara [1930-1997] déclara :
«Je ne suis pas une chanteuse, je suis une femme qui chante». 116

Femme (Artiste. Barbara) (3) : 1998. Barbara [1930-1997], dans ses Mémoires interrompus, écrit concernant son père :
«[…] Je garderai longtemps le souvenir du mélange de fascination, de peur, de mépris, de haine et d’immense désespoir que je ressentirai lorsque je le retrouvais mort, à Nantes, vingt ans plus tard (sans nouvelles de lui)…» 117 (Cf. Violences incestueuses)

Femme (Artiste. Bardot Brigitte) (1) : 2012. Brigitte Bardot, auteure de :
«J’ai toujours fait ce qui m’a plu […] Je sais que j’ai plus de couilles que beaucoup d’hommes. Ils pourraient prendre exemple sur moi. J’ai toujours assumé ce que j’ai fait ou ce que j’ai dit.» 118
- De la fragilité des mythes : un seul jugement pertinent les fait éclater comme une bulle de savon (Cf. Corps, Mythe)

Femme (Artiste. Bardot Brigitte) (2) : 2017. Brigitte Bardot, auteure, le 10 mars 2017, de : «J’ai été prisonnière de moi-même toute ma vie.» 119
* Ajout. 11 mars 2017. Marine Le Pen, le 4 mars 2017, aux fins de justifier son refus du «port du voile dans l’espace public» avait déclaré : «La France, c’est Brigitte Bardot.» 120
- De la fragilité des comparaisons…

Femme (Artiste. Bell Marie) : 2001. Jean-Claude Brialy [1933-2007] se souviens de Marie Bell [1900-1985] et écrit notamment :
«Elle avait été sociétaire à la Comédie française à l’époque où les femmes pouvaient y entrer grâce à un ministre ou à un ami influent […]».
- Il rapporte aussi l’une de ses réactions adressée à Félicien Marceau [1913-2012], auteur et metteur en scène de la pièce de théâtre, Madame Princesse dans laquelle elle jouait :
«Dis donc, Félicien, Claudel et Racine ne m’ont jamais emmerdée. Ce n’est pas toi qui va commencer121

Femme (Artiste. Bellon Yannick) : 1996. Yannick Bellon, au terme d’un interview, affirma, en 1996 :
«[…] Nous (les femmes ou : les femmes cinéastes ?) n’avons plus rien à prouver122 (Cf. Femmes. Nous les femmes)

Femme (Artiste. Bernhardt Sarah) : 1923. Sarah Bernhardt [1844-1923], après avoir, à la Comédie Française, évoqué l’«un des plus beaux triomphe de sa carrière», auteure de :
«Quelques artistes furent très contents, les femmes surtout, car il est une chose à remarquer dans notre art : les hommes jalousent les femmes beaucoup plus que les femmes ne se jalousent entre elles. J’ai rencontré beaucoup d’ennemis parmi les hommes comédiens, et très peu parmi les femmes comédiennes. […]» 123 (Cf. Être humain. Autocritique, Patriarcat, Penser. Pensée. Bernhardt Sarah)

Femme (Artiste. Bonheur Rosa) (1) : 1898. Rosa Bonheur [1822-1855], dans sa «Lettre testament » datée du 28 novembre 1898, écrit notamment :

«[…] Nous avons le droit, étant libres et célibataires toutes deux (concernant Anna Klumpke [1856-1942] et elle-même), de nous donner par notre travail les jouissances du confortable avec l’argent que nous gagnons par notre travail.

Ma famille m’ayant toute ma vie assez mal jugée en mon droit de vivre librement, après avoir d’abord fait mon devoir envers elle et ayant droit après à l’indépendance de toute personne majeure gagnant elle même sa vie…
Je suis libre de faire ce qu’il me plaît et de défendre une bonne fois pour toutes l’honneur des autres (Nathalie) et le mien.

Je n’ai donc rien à me reprocher envers ma famille, et j’ai pensé que maintenant j’avais le droit de vivre pour moi et de disposer à mon gré de mon bien personnel, n’ayant eu ni enfant, ni tendresse pour le sexe fort, si ce n’est pour une franche et bonne amitié pour ceux qui avaient tout mon estime. […]
Quant à mes deux neveux, ce sont des hommes solides et bien portants, ils n’ont qu’à faire comme moi, car les hommes ayant la force physique ne doivent pas, s’ils sont fiers et braves, compter sur l’héritage d’une femme dont le travail a souvent été interrompu par les conditions de son sexe et qui ont fait avec raison penser aux hommes justes et dignes de ce titre, que l’homme est fait pour travailler pour la femme et les enfants ; mais hélas ! les femmes ont souvent été obligées de les remplacer quant ils manquent à leur devoir.

Je termine cette longue lettre explicative de ma volonté et de ma justice de tester en faveur d’une compagne artiste comme moi, gagnant noblement sa vie comme moi, désirant ainsi que moi continuer de travailler en paix, continuer sa carrière d’artiste et m’accompagner loyalement jusqu’au dernier jour de mon voyage en ce monde124 (Cf. Femme. Lesbienne, Famille)

Femme (Artiste. Bonheur Rosa) (2) : 1909. Rosa Bonheur [1822-1889] (concernant Nathalie Micas, avec laquelle elle vécut jusqu’à la mort de cette dernière, en 1889) auteure de :
«Souvent je me suis enfermée dans la chambre de Nathalie [après sa mort] pour songer aux côtés tragiques de ma vie. Quelle aurait été mon existence sans le dévouement et l’existence de mon amie ! Et pourtant on a cherché à rendre suspecte l’affection que nous éprouvions l’une pour l’autre. Il semblait extraordinaire que nous fassions bourse commune, que nous nous soyons légué réciproquement tous nos biens. Si j’avais été un homme, je l’aurais épousée et l’on n’eut pu inventer toutes ces sottes histoires. Je me serais créé une famille, j’aurais en des enfants qui auraient hérité de moi et personne n’aurait eu le droit de réclamer.» 125 (Cf. Relations entre êtres humaines. Amour, Femme. Lesbienne, Famille, Mariage pour tous)

Femme (Artiste. Boulanger Nadia) : 1979. Ned Rorem, l’un des élèves de Nadia Boulanger [1887-1979], compositrice, chef d’orchestre et enseignante, déclara la concernant en 1979 :
«Pour ce qui concerne la pédagogie musicale - et par extension la création musicale - elle est la personne la plus influente qui ait jamais vécu.»
Elle fut, toujours selon lui, «le plus grand maître depuis Socrate». 126

Femme (Artiste. Bourgeois Louise) : Louise Bourgeois [1911-2010], auteure de :
«Pour exprimer des tensions familiales insupportables, il fallait que mon anxiété s'exerce sur des formes que je pouvais changer, détruire et reconstruire.» 127
Parmi ses œuvres : La Destruction du père (1974) et Maman (2005).
* Ajout. 13 octobre 2014. Sans oublier le terrifiant Fillette [1968]. Le concernant - il s’agit de la représentation d’un monstrueux phallus transpercé par un câble - il faut lire les aberrant-es présentations, commentaires, interprétations qui en ont été faites afin d’en masquer l’évidence, à savoir qu’un phallus a terrifié une petite fille. Et que Louise Bourgeois ait peu ou prou participé à en masquer la signification, n’invalide pas le jugement. (Cf. Violences Incestueuses)

Femme (Artiste. Callas Maria) : 1959. Maria Callas [1923-1976], auteure de :
«Je suis libre parce que je ne fais pas de concession128 (Cf. Penser.Liberté, Politique. Céder)

Femme (Artiste. Capri Agnès) : Agnès Capri, [1907-1976], auteure de :
«Je voulais des gens propres». Se sont exprimé-es dans son café théâtre : Caura Vaucaire, Germaine Montero, Serge Reggiani, Jean Sablon, Juliette Gréco, Marc Ogeret, Catherine Sauvage, Pierre Louki, Georges Moustaki, les Frères Jacques…129 Chapeau l’artiste !

Femme (Artiste. Carol Martine) : 1966. Martine Carol [1920-1967], auteure, au terme de sa vie, à 46 ans, après quatre mariages, de :
«[Enfant], j’ai toujours préféré les garçons. Quoique, maintenant, j’ai des très bonnes amies filles. Et je les préfère. Enfin, c’est moins dangereux. Maintenant je préfère être avec des femmes qu’avec des hommes.» 130

Femme (Artiste. Casarès Maria) : 1949. Maria Casarès [1922-1996], auteure de :
«Soyez donc une femme. Luttez !» 131 (Cf. Culture. Cinéma, Politique. Lutte)

Femme (Artistes. Chanteuses françaises (d’antan) : Yvette Guilbert [1865-1944], Anna Thibaud [1861-1948], Damia [1889-1978], Berthe Sylva [1885-1941], Fréhel [1891-1951], Colette Renard [1924-2010], Yvonne George [1896-1930], Mistinguett [1875-1956], Germaine Montero [1909-2000], Agnès Capri [1907-1976], Marie Dubas [1894-1972], Lisette Jambel [1921-1976], Lys Gauty [1900-1994], Lucienne Boyer [1901-983], Germaine Béria [1891-1950], Marianne Oswald [1901-1985], Suzy Solidor [1900-1983], Lucienne Delyle [1913-1962], Jacqueline François [1922-2009], Jeanne Aubert [1900-1988], Lucienne Dugard [1901-1968], Arletty [1898-1992], Germaine Sablon (considérée comme la seule artiste résistante) [1899-1985], Catherine Sauvage [1929-1998], Mireille [1906-1996], Cora Vaucaire [1918-2011], MIrane Esbly [?-?], Gribouille [1941-1968], Cora Madou [1891-1971], Rina Ketty [1911-1996], Annette Lajon [1901-1984], Colette Magny [1926-1997], Édith Piaf [1915-1963], Patachou [1918-2015], Simone Bartel [1922-?], Georgette Plana [1917-2013], Claire Leclerc [1915-2009], Léo Marjane [1912-2016], Pia Colombo [1934-1986], Michèle Bernard [1947-], les sœurs (Louise et Odette) Étienne [1924-2016, 1928-2013] Yvonne Printemps [1894-1977], Monique Morelli [1923-1993], Danielle Messia [1956-1985], Joséphine Baker [1906-1975], Renée Lebas [1917-2009], Nicole Louvier [1933-2003], Dalida [1933-1987], Magali Noël [1931-2015], Christine Sèvres [1931-1981], Rosalie Dubois [1932-], Colette Chevrot [?-?], Annie Fratellini [1932-1997], Odette Laure [1917-2004], Michèle Arnaud [1917-1998], Lina Margy [1909-1973], Jeanne Moreau [1928-2017], Nita-Jo / Nitta-Jô [Jeanne Daflon. [1890- ?], Ginette Garcin [1928-2010], Rose Avril [1920-1973], Yvette Giraud [1916-2014], Maurane [1960-2018]…
Sans oublier Mado Robin [1918-1960] qui, extraordinaire cantatrice, ne méprisait pas les chansons («Le temps des cerises)».
- Et, parmi celles qui, bien que toujours d’antan (pour moi…), n’en sont pas moins toujours présentes : Mama Béa, Catarina Valenta, Marie Josée Neuville, Simone Réal, Mick Micheyl, Hélène Martin, Catherine Bardin, Nana Mouskouri (Grecque de nationalité), Marie Laforêt, Valérie Lagrange, Suzy Delair, Alice Dona, Georgette Lemaire, Francesca Solleville, Dominique Grange, Marie-Paule Belle, Zizi Jeanmaire, Simone Langlois, Françoise Hardy, Nicoletta, Nicole Croisille, Hélène Delavault, Véronique Pestel, Isabelle Aubret, Sabine Viret, [2018] …
- Et enfin, bien sûr, Brigitte Fontaine, Sapho, Juliette Gréco et Anne Sylvestre et ses inoubliables chansons féministes. Sans oublier la compositrice Marguerite Monnot. [10 juillet 2015]
- Que de merveilles, de destins ! Que de pertes de mémoire, que l’on peut néanmoins au moins partiellement se remémorer…lorsque des archives existent.
- Une précision : Si je ne cite pas les jeunes chanteuses, les chanteuses contemporaines, à l’exception d’Agnès Bihl, la seule explication est celle de ma méconnaissance, de mon incompétence donc.

Femme (Artiste. Claudel Camille) (1) : «(À partir de) 1913. Camille Claudel [1864-1943], internée, auteure de :
- [À sa mère. Mars 1913] : «Cela va t-il durer longtemps cette plaisanterie-là ? Y en a-t-il pour longtemps ? Je voudrais bien le savoir. Après avoir tant souffert. C’est une drôle de surprise. »
- [À M. Pinard. Mars 1913] : «Je me trouve par suite de combinaisons machiavéliques enlevée et internée de force à Ville Evrard. Si vous pouviez dire un mot pour moi, je vous en serais reconnaissante.»
- [À Henriette de Vertus. Automne 1913] : «J’ai été enlevée par un cyclone moi et mon atelier, mais par un singulier effet de la tornade, mes plâtras ont filé directement dans la poche de Rodin et consorts, tandis que mon infortunée personne s’est trouvée transportée délicatement dans un enclos grillagé en compagnie de plusieurs aliénés. Je fais mon possible pour figurer honorablement dans cette aimable corporation : je n’y fais pas trop mauvaise figure.»
- [À son frère, Paul Claudel. 1915] : «J’aimerais mieux une place de bonne que continuer à vivre ainsi.»
- [À son frère Paul Claudel. Mars 1927] : «Ce n’est pas ma place au milieu de tout cela, il faut me retirer de ce milieu : après 14 ans aujourd’hui d’un vie pareille, je réclame la liberté à grands cris.»
- [À son frère, Paul Claudel. Mars 1930] : «Cela fait 17 ans que Rodin et les marchands d’objets d’art m’ont envoyé faire pénitence dans un asile d’aliénés. Après s’être emparés de l’œuvre de toute ma vie en se servant de B. (Note : probablement Philippe Berthelot), pour exécuter leur sinistre projet, ils me font faire des années de prison qu’ils auraient si bien mérité eux-mêmes... Tout cela au fond sort du cerveau diabolique de Rodin. Il n’avait qu’une idée c’est que lui, étant mort, je prenne mon essor comme artiste et que je devienne plus que lui : il fallait qu’il me tienne dans ses griffes après sa mort comme pendant sa vie
- [À son frère, Paul Claudel. 1932/33] : «Dis-toi bien, Paul, que ta sœur est en prison. En prison et avec des folles qui hurlent toute la journée, font des grimaces et sont incapables d’articuler trois mots sensés. Voilà la traitement que, depuis près de vingt ans, on inflige à une innocente.»
- [Á son frère, Paul Claudel. Nov./déc. 1938], elle signe : «Ta sœur en exil».
* En octobre 1943, Camille Claudel est inhumée dans le cimetière de l’asile d’aliéné-es de Monfavet, celle à qui Rodin écrivait en 1897 : «Un génie comme vous est rare132 (Cf. Femme. Seule, Fitzgerald Zelda, Pelletier Madeleine, Séraphine Louis)

Femme (Artiste. Claudel Camille) (2) : 1987. Henri Guillemin [1903-1992] écrit, en 1987, concernant la santé mentale de Camille Claudel [1964-1943], internée :
«Le dossier médical de Camille, qui nous a été révélé par Reine-Marie Paris (une petite fille de Claudel) parle de ‘bouffées délirantes’ dont elle était victime. Mais les quelques lettres que nous avons d’elle témoignent toutes (en italique) d’un indéniable et douloureux équilibre mental. Elle conjure, elle supplie qu’on la délivre de son ‘exil’, de son martyre. Elle dit : ‘Je n’ai pas mérité cela’.» 133
Mais la suite du texte d’Henri Guillemin, concernant la responsabilité d’Auguste Rodin jugée «bien injuste» est d’évidente mauvaise foi, aisément lisible. (Cf. Histoire. Historiographie patriarcale)

Femme (Artiste. Claudel Camille) (3) : 2016. Je lis sur Wikipédia concernant Paul Claudel :
«En septembre 1913, la sculptrice Camille Claudel, sœur de Paul, est internée en asile d’aliénés à la demande de la famille et à l'instigation de son frère Paul qui décide d'agir immédiatement après la mort de leur père. En trente ans d'hospitalisation, Paul Claudel ne va voir sa sœur qu'à douze reprises. Lors de la rétrospective qui lui fut consacrée en 1934, des témoins ont rapporté que Paul Claudel s'emporte : il ne veut pas qu'on sache qu'il a une sœur folle. À la mort de celle-ci, en 1943, Paul Claudel ne se déplace pas : Camille est inhumée au cimetière de Montfavet accompagnée du seul personnel de l'hôpital ; quelques années plus tard, ses restes sont transférés dans une fosse commune, ni Paul ni les membres de la famille Claudel n'ayant proposé de sépulture.»

Femme (Artiste. Claudel Camille / Rodin Auguste) : 1894. Lu dans le Journal des Goncourt, le 10 mai 1894 :
«Marx (Roger, critique d’art) me parle ce matin, de la sculpteuse Claudel, de son collage 134 un moment avec Rodin, collage pendant lequel il les a vus travailler ensemble, amoureusement, tout comme devait travailler Prud’hon et Melle Mayer. Puis un jour, pourquoi, on ne le sait, elle a quelque temps échappé à cette relation, puis l’a reprise, puis l’a brisée complètement. Et quand c’est arrivé, Marx voyait entrer chez lui Rodin tout bouleversé, qui lui disait en pleurant qu’il n’avait plus aucune autorité sur elle.» 135 (Cf. Homme Remarquable. Rodin Auguste, Patriarcat)

Femme (Artiste. Damia) : Damia [1889-1973], bouleversante, dénommée «la tragédienne de la chanson».

Femme (Artiste. Dietrich Marlène) (1) : Marlène Dietrich [1901-1992], une femme généreuse, courageuse. L’entendre chanter «La vie en rose» réconcilierait avec ‘l’amour’. 136 (Cf. Relations entre êtres humains. Amour)

Femme (Artiste. Dietrich Marlène) (2) : 1984. Dans les souvenirs de Marlène Dietrich, on peut lire :
«[…] Je n’ai jamais reproché à von Sternberg [Joseph von. 1894-1969] son ton cinglant. Il avait tous les droits. Parce qu’il était l’homme qui me protégeait. Parce qu’il était aussi mon ami. Ses paroles étaient toujours justes. Il avait toujours raison. Je ne lui rendrai jamais assez grâce. […] Un maître.» 137

Femme (Artiste. Dietrich Marlène) (3) : 1990. Marlène Dietrich [1901-1992], auteure de : «C’est Sternbeg [Joseph von. 1894-1969] qui m’a découverte alors que je n’étais rien. Il crut en moi, m’a fait travailler, me donna tout mon savoir, son expérience, son énergie et créa ainsi mon succès.» (Sans date) 138
- Je lis ensuite sur Wikipédia : «Dans ses souvenirs, Sternberg affirmera avoir créé de toutes pièces le mythe de Marlène et minimisera le rôle de son interprète, qui protestera. (Sans source)» (À retrouver)

Femme (Artiste. Dorval Marie) : 1848. Marie Dorval [1798-1849], comédienne, en 1848, dans une lettre à George Sand [1804-1876], qualifie sa «profession» de «haïssable». 139

Femme (Artiste. Dubost Paulette) : 1992. Écouter Paulette Dubost [1910-2011] évoquer sa vie : une bouffée de bonheur. 140

Femme (Artiste. Duc Hélène) : 2005. Hélène Duc [1917-2014], auteure de :
«Les blessures que nous font les metteurs en scène, parfois simplement en ne nous choisissant pas, ne cicatrisent jamais. Si l’on peut tout supporter quand on se sent aimé, on s’écroule quand on ne l’est pas assez.» 141 (Cf. Culture, Êtres humains. Relations entre. Aimer)

Femme (Artiste. Duncan Isadora) : 1927. Isadora Duncan, [1877-1927] auteure de :
- «Mon art était déjà en moi quand j’étais petite fille, et c’est grâce à l’esprit héroïque et aventureux de ma mère qu’il ne fut pas étouffé
- «Mon idée, en fait de danse, était qu’il fallait exprimer les sentiments et les émotions de l’humanité
- «Je méditais sur les différences étranges qui séparent l’Art de la Vie, et je me demandais si une femme peut vraiment être une artiste, car l’Art est un maître exigeant qui réclame tout pour lui seul, et une femme qui vit donne tout à la vie. Quoi qu’il en soit, pour la seconde fois, [enceinte], j’était immobilisée, séparée de mon art.»
- «Donnez la beauté, la liberté et la force aux enfants. Donnez l’art au peuple qui le demande. La grande musique ne doit pas être plus longtemps gardée pour la bonheur de quelques privilégiés cultivés ; elle doit être donnée gratuitement aux masses ; elle leur est aussi nécessaire que l’air et le vin, car elle est le vin spirituel de l’humanité.»
- «Dans ce théâtre, j’espérais réaliser mon rêve de ramener les arts de la musique, de la tragédie et de le danse à leurs formes les plus pures.»
- «L’Art donne unité et harmonie à ce qui, dans la vie, est chaos et discorde.»
- «L’impulsion de mon art était trop forte. Je ne pouvais l’arrêter même pour plaire à celui que j’aimais.» 142 (Cf. Culture, Femme. Remarquable)

Femme (Artiste. Dupré Catherine, dite Mademoiselle de Seine) : 1732. Voltaire [1694-1778] écrit, le 18 avril 1732, à [1695-1758] :
«Vous avez que la petite Dufresne [?-1783] (nom de son mari), in articulo mortis [à l’article de la mort] a signé un billet conçu en ses termes : «Je promets à dieu et à M. le curé de Saint-Sulpice de ne jamais remonter sur le théâtre.» Elle ne tint pas sa promesse et remonta sur les planches en 1733. 143
- En souvenir de toutes les avanies imposées par l’Eglise catholique aux artistes, comédiens, comédiennes.

Femme (Artiste. Duse Eleonora) : 1927. Concernant Eleonora Duse [1858-1924], Isadora Duncan [1877-1927] qui fut son amie, écrivit cet hommage :
«[…] Eleonora Duse était un être exceptionnel. Son cœur était si grand qu’il pouvait contenir toute la tragédie du monde, son esprit était le plus radieux qui ait jamais lui à travers les sombres tristesses de cette terre.» Ce, après avoir écrit :
«[…] La Duse n’aimait pas qu’on la dévisageât. Elle prenait les petites allées, les sentiers, pour éviter d’être vue pas la foule. Elle n’aimait pas comme moi la pauvre humanité. Elle considérait la plupart de ces gens comme de la canaille, alors qu’ils la regardaient de tous les yeux éblouis. Cela tenait à sa nature avant tout exagérément sensible. Elle s’imaginait que les gens la critiquaient. Quand elle avait personnellement affaire au peuple, personne ne montrait plus qu’elle de douceur et de bonté.»
- Et aussi : «Eleonora n’était qu’une femme, malgré tout son génie [...]»144

Femme (Artiste. Feuillère Edwige) : 2005. Hélène Duc [1917-2014], la présente ainsi :
«On a beaucoup écrit sur Edwige Feuillère [1907-1998], mais quelle que soit la qualité de l’analyse et de l’approche, c’est dans son livre, Les feux de la mémoire, qu’elle se découvre et qu’on la découvre le mieux. Elle ne se livre pas, mais elle donne beaucoup d’elle même. Avec élégance et mesure, comme toujours. […]
Elle allie à sa passion intérieure une superbe intelligence et un sens critique vis à vis d’elle-même. Jamais une bavure, jamais le ‘flou’, jamais de procédé pour esquiver une difficulté de mouvement ou de texte. Elle soulève la montagne en souriant. Tous ses rôles sont des festivals de virtuose. […]
Elle est passée du cinéma au théâtre et du réalisme au lyrisme et à la pure poésie de Claudel avec simplicité et naturel, non pas sans effort sans doute, mais comme si de rien n’était, comme s’il lui était imparti de donner toutes les nuances, la force, les subtilité au texte. […]
Edwige est à mes yeux la plus symbolique, la plus variée, la plus complète des actrices de ces temps. Peut être aussi la plus pure, car elle semble n’avoir jamais été entachée d’aucune complaisance, d’aucune intrigue, ni d’aucune mesquinerie. Mais elle était sans doute, comme tous les élus, solitaire dans son âme.» 145

Femme (Artiste. Fernandez Esperanza) : 2002. Esperanza Fernandez, en 2002, auteure de :
«[…] Mon premier disque, j’ai attendu très longtemps avant de le faire, car je voulais murir comme artiste et comme femme. Je ne regrette pas de ne pas avoir enregistré ce disque plus tôt. Aujourd’hui, je suis très heureuse car j’ai fait ce que je souhaitais sans être manipulée par personne. Dans ce disque se reflète tout ce que j’ai fait durant ma carrière. Je chante déjà depuis 20 ans […].» 146

Femme (Artiste. Fontaine (Brigitte) : Une fois encore, ‘on’ fera semblant de découvrir, après la disparition de Brigitte Fontaine, l’importance de son oeuvre.

Femme (Artiste. Fréhel) : Fréhel [1891-1951], auteure de :
«Fermez vos gueules. J’ouvre la mienne» [au public du Bœuf sur le toit]. 147
La vie bouleversante d’une femme bouleversante…

Femme (Artiste. Gardin Blanche) : 2017. Blanche Gardin, le 29 mai 2017, lors de la 29ème cérémonie des Molière, concernant les artistes accusés de viols, d’agressions, de harcèlements, en réaction à l’injonction si souvent entendue, citée par elle : «Il faut savoir séparer l’homme de l’artiste», auteure (courageuse) de cette forte conclusion :
«D'ailleurs c'est bizarre cette indulgence qui ne s'applique qu'aux artistes. Par exemple, on ne dit pas d'un boulanger : ‘Oui, d'accord, c'est vrai, il viole un peu des gosses dans le fournil mais bon, il fait des baguettes extraordinaires ! » 148

Femme (Artiste. Goya Chantal) : 1962. Chantal Goya, concernant le tournage de Masculin Féminin [1962], se souvient :
«J’avais 18 ans. […] Godard voulait que je sois à poil dans la salle de bains et j'ai dit non. Je me suis cachée sous le lavabo. Marlène (Jobert) s'est déshabillée, m'a dit de ne pas m'en faire, qu'elle passerait à deux reprises devant la caméra de façon à faire croire qu'il s'agissait de moi une fois. Tu parles ! Godard avait bien vu. Il m'a dit : vous ne serez jamais une star. Je lui ai répondu : la seule «Vedette» [en synonyme de Star] que j'ai, c'est ma machine à laver.» 149 (Femmes. Nudité)
Ce sont aussi par ce type de réactions, jamais, en tant que telles, politiquement analysées, que les femmes s’opposent, résistent aux hommes. Nul-le n’est besoin pour cela d’être qualifiée de féministe, encore moins d’intellectuelle. (Cf. Culture. Cinéma, Violences à l’encontre des femmes. Godard Jean-Luc)

Femme (Artiste. Grimaud Hélène) : 2003. Dans un livre autobiographique, la musicienne Hélène Grimaud rapporte le message que lui avait transmis, au terme d’une master class, le pianiste et chef d’orchestre, Léon Fleischer :
«[…] Restez à l’écart tant que vous n’avez pas trouvé votre propre système […] On m’a dit que vous vouliez continuer seule. C’est une entreprise tout à fait louable et vous avez tout ce qui faut pour parvenir. Allez-y
- Elle y évoque aussi le regard que l’on portait sur elle :
«‘Trop belle pour être intelligente’, par exemple. Ou : ‘Ravissante comme elle l’est, elle n’a pas besoin de travailler’ Ou : ‘Combien dites-vous d’heures de travail par jour ?’ et je comprenais que mon interlocuteur convertissait ces heures en un gigantesque gâchis, du pur gaspillage eu égard à la frivolité d’une existence à laquelle mes cheveux blonds et mes yeux bleus me donnaient droit.» 150

Femme (Artiste. Guy Alice) : 2018. Alice Guy [1873-1968] : première femme réalisatrice [française] de cinéma [elle le fut de plus de mille films] ; certains disent avant George Mélies ; sa Fée aux choux datant du début de l’année 1896. 151

Femme (Artiste. Holiday Billie) : 1939. Billie Holiday [1915-1959] chanta pour la première fois Strange fruit, l’un des premiers chants antiraciste, en 1939, 16 ans avant que Rosa Parks [1913-2005] refusa de laisser son siège dans un bus : relevé par Julie Gacon dans les émissions de France Culture qu’elle consacrées à Billie Holiday. 152 (Cf. Femme Remarquable. Parks Rosa)

Femme (Artiste. Juliette) : 1997. Juliette, merveilleuse interprète de : Rimes féminines. Entre autres chansons…

Femme (Artiste. Kauffmann Angelica) : 1792. Élisabeth Vigée-Lebrun [1755-1842] raconte dans ses Souvenirs, sa rencontre avec Angelica Kauffmann [1741-1807], qu’elle considère comme l’«une des gloires de notre sexe» :
«J’ai été voir Angelica Kauffmann que j’avais un extrême désir de connaître. Je l’ai trouvée bien intéressante, à part son beau talent, par son esprit et ses connaissances. C’est une femme qui peut avoir cinquante ans, très délicate, sa santé s’étant altérée par suite du malheur qu’elle a eu d’épouser d’abord un aventurier qui l’avait ruinée. Elle s’est remariée depuis à un architecte qui est pour elle un homme d’affaires. Elle a causé avec moi beaucoup et très bien, pendant les deux soirées que j’ai passées chez elle. Sa conversation est douce ; elle a prodigieusement d’instruction, mais aucun enthousiasme, ce qui, vu mon peu de savoir, ne m’a point électrisée (peu clair).
Angelica possède quelques tableaux des plus grands maîtres, et j’ai vu chez elle plusieurs de ses ouvrages ; ses esquisses m’ont fait plus de plaisir que ses tableaux, parce qu’elles sont d’une couleur Titianesque. […]» 153

Femme (Artiste. Khaltoum Oum) : 1985. Lu sur Wikipédia concernant la mort d’Oum Khaltoum [1878-1985] :
«Des stars du cinéma, des poètes, des hommes d'affaires, des ambassadeurs, des ministres ainsi que de nombreux anonymes ont formé un cortège de plus d'1,5 km (pour environ trois millions de personnes vivant au Caire) formant le deuxième plus grand rassemblement d'Égypte, après les funérailles de Nasser. Les Cairotes se sont emparés du cercueil et l'ont promené pendant trois heures dans les rues du Caire avant de le conduire à la mosquée al-Sayyid Husayn, une des favorites d'Oum Kalthoum.» 154

Femme (Artiste. Khalo Frida) : 2017. Entendu concernant Frida Khalo [1907-1954] : «Elle a construit sa légende [...], son personnage […], son positionnement […].»
- Non. Elle a vécu, comme elle a pu et comme elle a voulu. 155 (Cf. Femme. Mère)

Femme (Artiste. La Malibran) : La Malibran [1808-1836] :
«Merveille des merveilles» disait d’elle Chopin. Morte à 29 ans.

Femme (Artiste. Lens Aline R. de) : Aline R. de Lens [1881-1925], auteure, dans son Journal [1902-1924], de :
«Maintenant, j'ai l'enthousiasme, l'ambition, les joies du travail. Je suis au début, j'ai le droit d'espérer, de faire des rêves.
Je me sens fière vis à vis des hommes. Pour les uns, je suis seulement une rivale, pour les autres, je suis une égale puisque je travaille comme eux pour me faire une position comme eux. Je suis entrée dans une école [Les Beaux-Arts] qui leur était primitivement destinée, en concourant avec eux…
Ils n'ont pas le droit de ne voir en moi qu'une femme comme les autres, sœurs de toutes celles qui ne vivent que pour eux, par eux, instrument d'amour…L'amour, je le supplie de m'épargner.
Je n'ai jamais aimé l'amour, jamais aimé aucun homme. Je suis calme, je suis tranquille, toute à mon travail. L'amour serait un grand malheur pour moi, il briserait tout ce qui fait ma vie, je n'y pense pas, je ne le cherche pas, je le redoute…Ah! que l'amour m'oublie ! Je me suis garée du mariage, des toquades de jeunes filles…Mais il y a l'amour-passion, l'amour souverain, l'amour fou. […]
Il passerait sur moi comme un cyclone en ne laissant que des ruines. […]
Moins on y pense, moins on a de chances qu'il vienne. Et puis, j'ai vraiment bien autre chose à faire !» 156 (Cf. Êtres humains. Amour)

Femme (Artiste. Lubin Germaine) : 1965. Germaine Lubin [1890-1979], interrogée sur sa carrière d’artiste lyrique, débuta ainsi :
«Je ne serai pas modeste. J’ai eu du succès tout de suite. […] » 157

Femme (Artiste. Mairesse Valérie) : 2016. Découvrir, ce jour, que Valérie Mairesse a été la seule actrice française ayant travaillé avec Andreï Tarkovski [1932-1986], l’avoir entendue évoquer cette expérience 158, se remémorer qu’elle avait joué dans le film d’Agnès Varda, L’une chante, l’autre pas [1977] et concomitamment se souvenir du rôle qu’elle avait dû jouer dans les émissions de télé de Laurent Ruquier (ce que Wikipédia nomme : «rejoindre la bande de Laurent Ruquier») juge une société ; et incidemment sa conception de la «culture» (Cf. Culture)

Femme (Artiste. Makeba Myriam) : 2010. Lu dans le livre de Ryszard Kapuscinski [1932-2007] consacré au Négus [1894-1975] que lors de la création de l’OUA (Organisation de l’unité africaine) en 1963, l’empereur d’Éthiopie «fit venir Myriam Makeba [1932-2008] de Hollywood pour un cachet de 25.000 dollars afin qu’à l’issue du banquet, elle charme les oreilles des dirigeants africaines de chants Zoulous.»
- En lisant le livre cité concernant la situation de l’Éthiopie d’alors, on comprend mieux la signification politique de cette invitation et le responsabilité politique de Myriam Makeba. 159

Femme (Artiste. Mercouri Mélina) : 1974. Mélina Mercouri [1920-1994], dans son livre : Je suis née Grecque, dans lequel elle relate le rôle (important) qu’elle a joué contre la dictature des colonels en Grèce [1967-1994], auteure de :
«[…] Il faut qu’une chose reste : ma colère. Ma colère est la raison d’être de ce livre.» 160 (Cf. Femme. Colère. «Politique»)

Femme (Artiste. Mergault Isabelle) : 2017. Isabelle Mergault, en 2017, auteure de :
«Plus je suis libre, mieux je me porte.» 161 Bien vu…

Femme (Artiste. Moréno Marguerite) : 1907. Lu dans le Journal [littéraire] de Paul Léautaud [1872-1956], le 21 décembre 1907 :
« Valette [Henri. 1858-1935] me racontait ce soir cet autre mot de Moréno [Marguerite. 1871-1948], à propos de son mariage avec le cabot Jean Daragon. Quelqu’un s’étonnait qu’elle épousât ce garçon qui n’a pour lui que sa carrure et son physique, alors qu’elle avait connu des hommes comme Mendès [Catulle. 1841-1909] et comme Schwob [Maurice. 1859-1928] et vécu avec eux : ‘Ah, vous savez, j’en ai assez des cerveaux’, répondit-elle. » 162
- Cette réaction me rappelle l’une de mes amies qui venait de divorcer et qui me disait : «  Je cherche un pombier ». Sans mépris…, mais je doute qu’elle l’ai vraiment cherché.

Femme (Artiste. Monroe Marilyn) : Marilyn Monroe [1926-1962], auteure de :
«À Hollywood, on vous donnait 1.000 dollars pour un baiser et cinquante cents pour votre âme.» 163 Constat valant profonde analyse politique.

Femme (Artiste. Morisot Berthe) : 1895. Le certificat de décès Berthe Morisot [1841-1895] portait la mention : «sans profession». 164

Femme (Artiste. Neher Carola) : Carola Neher [1900-1942] fut notamment l’interprète de Polly, l’épouse du bandit Mackie, dans L’Opéra de quat’ sous [1931] [G W Pabst. 1885-1967]. Elle fut, selon George Sadoul, «fusillée par Hitler». 165
* Ajout. 6 octobre 2016. Je découvre par Wikipédia, qu’après avoir signé une pétition, avec d’autres artistes en 1933 contre Hitler, Carola Neher fuit l’Allemagne nazie, émigre en Russie, est arrêtée, le 25 juillet 1936, avec son mari, dénoncé comme Trotskiste, séparée de son fils, puis condamnée à dix ans de camp où elle décède du typhus. Sur les mensonges et les diverses lâchetés, notamment communistes, la concernant, lire Wikipédia (France) qui reprend Wikipédia (Allemagne).

Femme (Artiste. Piaf Edith) (1) : 1963. Un souvenir personnel concernant Édith Piaf [1915-1963] : j’entre [le 10 octobre 1963], dans le prisunic du Boulevard du Roule à Neuilly : toutes les vendeuses pleuraient : elles avaient appris la mort d’Édith Piaf.

Femme (Artiste. Piaf Edith) (2) : 2001. Édith Piaf [1915-1963] à Jean-Claude Brialy [1933-2007], rapporté par lui :
«Au fond, tu vois l’idéal, pour moi, ce serait de sortir en ville avec Delon [Alain] parce qu’il est le plus beau, de rire avec toi parce que tu es le plus drôle, et de rentrer le soir avec Belmondo [Jean-Paul] parce qu’il doit être un champion au lit.» 166

Femme (Artiste. Piaf Edith) (3) : 2017. J’écoute Edith Piaf chanter l’émouvante chanson de Marguerite Moreno : C’était un jour de fête et dont la chute, concernant l’amant qui l’avait abandonné est : «C’était un sale dégoûtant». Or, je ne la retrouve dans aucune des transcriptions des paroles telles que lisibles sur internet. (Cf. Culture, Féminisme. Censure)

Femme (Artiste. Rama Carol) (1) : 1996. Rama Carol [1918- ], auteure de :
«Je peins par instinct ; je peins par passion et par colère, et par violence et par tristesse et par un certain fétichisme, et par joie et par mélancolie mêlées, et surtout par rage.» (Entretien de 1996). 167

Femme (Artiste. Rama Carol) (2) : 2015. Dans un article du Monde la concernant, l’artiste italienne, Carol Rama, est qualifiée de : «vieille dame indigne», de «mamie indigne», […] «qui a toujours préféré l’écart : «anomalie sauvage, excentrique, animale».
- Concernant le fait qu’elle et ses œuvres aient été ignorées jusqu’à l’âge de 85 ans, on lit : «Était-on vraiment passé à côté de quelque chose ?».
- On lit aussi que «son parcours n’obéit qu’à un ordre : celui, scandaleux du corps».
- On évoque l’un de ses «amis» qui «au cœur de l’Italie fasciste des années 1930» l’a décrite comme «maitresse, diable et putain», tandis que l’appartement de l’«inconnue des berges du Pô» […] est présenté comme «l’antre d’une sorcière, quasi : un musée hors d’âge, qui rappelle que Turin, avec Londres et San Francisco, serait l’une des pointes de la magie noire»….
- L’encart est ainsi rédigé : «Apogée, sans doute, ses années 1960 ne sont qu’éclaboussures, goudron et menstrues, glue apocalyptique, moisissure et éclat atomique» tandis que les deux sous-titres de l’article s’intitulent : «Prothèse et démembrement» et «Magie noire».
- On comprend mieux, à la lecture de ce texte immonde, dont l’intégralité serait à dénoncer, comment on en est venu à brûler les sorcières. 168

Femme (Artiste. Renaud Madeleine) : 1966. Madeleine Renaud [1900-1994], en 1966, concernant son «premier mari, Charles Granval» [1882-1943), auteure de :
«Il était un grand homme de théâtre, Il était de l’école au fond de Jean Louis [Barrault], il était pour la Comédie Française de cette époque, un grand anarchiste. […] C’était absolument un homme admirable au point de vue esprit, intelligence. Et je lui dois surtout d’avoir été très sévère avec moi. Et comme [quand] il m’a épousée, j’avais à peine 20 ans, ça m’a servi d’avoir un maître sévère à côté de moi.» 169 (Cf. Famille. Mariage, Politique. Pouvoir, Patriarcat, Violences à l’encontre des femmes)

Femme (Artiste. Saint Phalle Niki de) (1) : 2010. Niki de Saint Phalle [1930-2002], auteure de :
«Je veux être une première. Un défi.»
Son mari, Jean Tinguely : «Tu fais du boulot de salle de bains170

Femme (Artiste. Saint Phalle Niki de) (2) : 2010. Niki de Saint Phalle [1930-2002], auteure de :
«J’ai écrit ce livre - Mon secret - d’abord pour moi-même, pour tenter de me délivrer enfin de ce viol qui a joué un rôle si déterminant dans ma vie. Je suis une rescapée de la mort, j’avais besoin de laisser la petite fille en moi parler enfin...
J’ai longtemps pensé que j’étais une exception, ce qui m’isolait encore plus ; aujourd’hui j’ai pu parler à d’autres victimes d’un viol : les effets calamiteux sont tous les mêmes : désespoir, honte, humiliation, angoisse, suicide, maladie, folie, etc.
Le scandale a enfin éclaté ; tous les jours des révélations jaillissent sur ce secret si jalousement gardé pendant des siècles : le viol d’une multitude d’enfants, filles ou garçons, par un père, un grand-père, un voisin, un professeur, un prêtre, etc.
Après le Secret j’ai l’intention d’écrire un autre livre adressé aux enfants, afin de leur apprendre à se protéger : parce que l’éducation qu’on leur donne les laisse sans défense contre l’adulte...» 171 (Cf. Êtres humains. Enfants, Violences Incestueuses)

Femme (Artiste. Salomon Charlotte) : 2016. Je lis ceci concernant Charlotte Salomon [1917-1943], sur France Culture :
«Lorsqu'en 1940, à 23 ans, Charlotte Salomon apprend par son grand-père un lourd secret familial - toutes les femmes de sa famille, dont sa mère, ont mis fin à leur vie -, elle décide pour conjurer cette fatalité de créer ‘quelque chose de vraiment fou et singulier’ et s'attelle à son œuvre...[…]
La jeune artiste juive allemande a fui Berlin un an auparavant pour se réfugier dans le sud de la France, à Villefranche, auprès de ses grands-parents. Charlotte Salomon fait face à la fois à l'avancée inexorable de la guerre et à la terrible révélation. Elle se met fiévreusement à l'ouvrage. En moins de deux ans, elle crée une œuvre complexe mêlant peinture, écriture et musique. Un cheminement fulgurant de 1325 gouaches, depuis la première image, celle du suicide de sa tante en 1913, dont elle porte le prénom, jusqu'à celle où, en 1940, elle choisit de vivre, de devenir artiste et se représente face à la mer, portant sur son corps le titre de son œuvre : ‘Leben ? oder Theater ?’ Vie ? ou Théâtre ?. ‘C'est toute ma vie’, dit-elle au médecin de Villefranche lorsqu'elle lui confie son œuvre en 1943. Quelques mois plus tard, Charlotte Salomon est déportée à Auschwitz où elle meurt dès son arrivée.» 172
N.B . On n’«arrive» pas à Auschwitz…

Femme (Artiste. Sauvage Catherine) : 1985. Catherine Sauvage [1929-1998], auteure de :
«Je crois que finalement j’ai réussi ma vie.» 173 (Cf. Femmes. Chanteuses. d’antan)

Femme (Artiste. Séraphine Louis ou Séraphine de Senlis) : Séraphine Louis [1864-1942], auteure de :
«Ça, des fleurs et des fruits qui n’existent pas ? Des fleurs de folle, ils disent… Mais elles existent puisque je les vois.» 174
- Elle aussi, jugée folle, meurt dans un asile psychiatrique.
* 1855. Cf., aussi : George Sand [1804-1876], dans son Histoire de ma vie, auteure de :
«Les enfants, comme les poètes sont amoureux de ce qui n’existe pas.» 175
* 1912. Cf., aussi : Alexandra David-Neel [1868-1969], dans une lettre écrite de Kalimpong, à son mari, en date du 14 avril 1912, auteure de :
«Ce sont les enfants et les êtres à la mentalité grossière qui croient que les visions et les rencontres spirituelles se voient avec les yeux et se présentent sous une forme matérielle.» 176
* 1933 Cf., aussi : Anaïs Nin, en mars 1933, dans son Journal :
«[…] J’ai accepté un moi sans limites. Ce que j’imagine est aussi vrai que ce qui est.» 177
- Un tout autre regard sur les dites ‘maladies mentales’, un autre regard sur le monde, sur «la culture»… (Cf. Êtres Humains. Soi)

Femme (Artiste. Seydoux Laura) : 2017. Laura Seydoux, auteure, le 11 octobre 2017, dans The Guardian de :
«Je rencontre des hommes comme Harvey Weinstein, tous les jours. Le cinéma est ma vie : j’ai joué dans de nombreux films au cours des 10 dernières années. Je connais donc toutes les façons par lesquelles l’industrie du film traite les femmes avec mépris. […]
La première fois qu’un réalisateur m’a fait une remarque déplacée, j’avais environ 20 ans. Je respectais beaucoup son travail. Nous étions seuls et il m’a dit : ‘J’aimerais pouvoir faire l’amour avec toi. J’aimerais pouvoir te baiser.’
Il a dit cela d’une manière d’une manière mi-enjouée, mi-sérieuse. J’étais très en colère : j’essayais de faire mon travail et il m’a rendu très mal à l’aise.
Il avait eu des relations sexuelles avec toutes les actrices qu’il avait filmées.
Un autre réalisateur avec qui j’ai travaillé filmait de très longues scènes de sexe qui duraient des jours. Il rejouait les scènes encore et encore dans une sorte de stupeur. C’était très grossier.
Un autre réalisateur a essayé de m’embrasser. Comme Weinstein, j’ai dû le repousser physiquement. Il a agi comme un fou, hors de lui car je ne voulais pas avoir de relations sexuelles avec lui178 (Cf. Culture. Hollywood (1,2), Patriarcat. Weinstein Harvey, Violences à l’encontre des femmes)

Femme (Artiste. Seyrig Delphine) : 1972. Delphine Seyrig [1932-1990], auteure, au procès dit de Bobigny, en 1972, de :
- «J’ai avorté plusieurs fois, mais j’ai également accouché. J’ai un enfant qui a maintenant 16 ans, que j’ai eu à une époque où je n’avais pas vraiment les moyens d’élever un enfant. J’étais alors économiquement faible. […]
- J’ai choisi d’avorter parce que j’ai estimé que c’était mon droit de ne plus avoir d’enfant. […]
- Cela a été un choix purement personnel, je n’ai demandé l’avis de personne ni pour avoir un enfant, ni pour ne pas en avoir.
- J’estime que le choix en revient à moi-même puisque c’est moi qui le porte et qui l’élève.
- Je dois dire par ailleurs, que je suis complice d’avortements, quotidiennement, soit en donnant de l’argent, soit en donnant des adresses, soit en prêtant ma maison pour que l’on pratique des avortements, ce qui s’est produit avant-hier pour la dernière fois.»
- Réaction de Me Gisèle Halimi : «Monsieur le Procureur, j’aime mieux être à ma place qu’à la vôtre ! …» 179 (Cf. Justice. Juge)

Femme (Artiste. Schumann Clara) : Clara Schumann [1819-1896], auteure dans une lettre écrite à son futur mari de :
«Mon art, c’est toi.» (Cf. Culture, Femme. Epouse, Femme. Mère. Schumann Clara) 180

Femme (Artiste. Solidor Suzy) : 1978. 213 peintres [dont Jean Cocteau, Marie Laurencin, Raoul Dufy, Maurice de Vlaminck, Yves Brayer, Francis Picabia, Kees Van Dongen Man Ray, Francis Bacon, Tamara de Lempika…] ont peint la (grande) chanteuse Suzy Solidor [1900-1983].
Elle se remémore : «Quand je les revois comme ça (les tableaux d’elle), c’est pas moi que je vois, c’est tous les artistes…Je revois Kissing, je revois Foujita, je revois tous les copains ; c’est ça qui m’apporte beaucoupNon, moi, ça m’intéresse pas, moi, je me connais par cœur, hélas…»
Je lis aussi la concernant :
- Elle a aidé dans son cabaret à apprendre à chanter de nombreuses jeunes personnes, dont Charles Trenet.
- Elle fut la première à chanter des chansons et à réciter, «en y mettant beaucoup de soi-même, sans grandiloquence, comme on parle», des poèmes.
- Elle rapporte (notamment) une phrase de Cocteau à Jean Marais la concernant : «Tu vois Solidor, quand elle est nue, eh bien ! c’est un gentleman !…»
- Et elle commente : «C’est merveilleux !…Il n’y a que Cocteau qui pouvait dire des choses comme cela, et que ce soit charmant, et pas gênant…» 181 (Cf. Femmes. Chanteuses française d’antan)

Femme (Artiste. Sorel Cécile) : Deuxième guerre mondiale. Cécile Sorel [1873-1966] accusée d’avoir fréquenté des Allemands pendant la guerre, réagit en ces termes : «Les allemands n’auraient jamais mis les pieds chez moi si vous ne les aviez pas laissée entrer.» 182 (Cf. Politique. Guerre)

Femme (Artiste. Sylvestre Anne) : 2017. Anne Sylvestre, auteure, le 26 septembre 2017, de :
«Je crois que je ne me suis jamais vraiment prise au sérieux. Mais je prends au sérieux ce que je fais. Je sais ce que je fais, je sais ce que j’écris. Je sais la valeur de ce que je fais.» 183

Femme (Artiste. Varda Agnès) : 1962. Agnès Varda, à propos de son film, Cléo de 5 à 7, auteure de :
«En ce moment, la mode consiste à dire qu’il n’y a pas de communication possible […] C’est une notion qu’Antonioni cultive avec ferveur, Resnais aussi. […] Moi, je ne suis pas d’accord [...]
Je crois aux ‘rencontres’. Suivant leurs possibilités, les gens se rencontrent un instant, une minute ou une vie. Ils ont une rencontre ou dix rencontres dans leur existence, ou ils n’en ont aucune. Mais tout le monde a besoin, peu ou prou, de ça. Ceux qui le savent sont déjà moins malheureux que ceux qui ne le savent pas. […] Ce besoin est essentiel. Il faut le dire d’une façon presque primaire, parce que c’est très important. […]» 184 (Cf. Culture. Cinéma, Êtres humains. Relations entre êtres humains)

Femme (Artiste. Vaucaire Cora) : 1971. Cora Vaucaire [1918-12011], après avoir constaté : «On ne s’est pas pris beaucoup au sérieux», se souvient, en 1971, de ses débuts dans la chanson Rive gauche (St Germain des pré) :
«J’étais la plus solitaire et je reste la plus solitaire de toutes les actrices, ou les artistes de ce métier, parce que je n’ai appartenu à aucun milieu, à aucun cercle, à aucune chapelle. À rien. Et cela me gêne beaucoup. Je le regrette. […]
Et elle poursuit : «On était - en évoquant Mouloudji, Catherine Sauvage - plutôt des francs tireurs185 (Cf. Chanteuses françaises d’antan)

Femme (Artiste. Vigée-Lebrun Élisabeth) (1) : 1789-1792. Élisabeth Vigée-Lebrun [1755-1842], dans ses Souvenirs, auteure de :
«Mon travail ne me privait point du plaisir journalier de parcourir Rome et ses environs. J’allais toujours seule visiter les palais qui renfermaient des collections de tableaux et de statues afin de n’être point distraite de ma jouissance par des entretiens ou des questions souvent insipides.» 186

Femme (Artiste. Vigée-Lebrun Élisabeth) (2) : 1792. Élisabeth Vigée-Lebrun [1755-1842], dans ses Souvenirs, auteure de :
Après avoir évoqué la visite à Parme de sept à huit élèves peintres], elle leur montre son tableau nommé La Sybille, elle poursuit :
«Tous témoignèrent d’abord une surprise bien plus flatteuse pour moi que n’auraient pu l’être les plus gracieuses paroles ; plusieurs s’écrièrent qu’ils avaient cru que ce tableau avait été fait par un des maitres de leur école, et l’un d’eux de jeta à mes pieds les larmes aux yeux. Je fus d’autant plus touchée, d’autant plus ravie de cette épreuve, que ma Sybille a toujours été un des mes ouvrages de prédilection.
Si mes lecteurs, en lisant ce récit, m’accusent de vanité, je les supplie de réfléchir qu’un artiste travaille toute sa vie pour avoir deux ou trois moments pareils à celui dont je parle.»
187

Femme (Artiste. Vigée-Lebrun Élisabeth) (3) : 1795. Élisabeth Vigée-Lebrun [1755-1842], dans ses Souvenirs, écrit :
«[…] Un orgueil que je ne crois pas blâmable m’a toujours fait craindre que l’on puisse attribuer à la protection les succès que je désirais obtenir ; soit à tort, soit à raison, je n’ai jamais voulu devoir qu’à ma palette ma réputation et ma fortune.» 188

Femme (Artiste. Yamina) : 1931. Colette, lors d’un voyage dans le sud Marocain (en 1931), auteure de :
«Notre guide et la femme indistincte échangèrent quelques répliques en arabe. […]. Je compris qu’elle protestait vivement et qu’il insistait sur un ton rude. Enfin, elle s’effaça et nous pria d’entrer. […]
- ‘Elle est Yamina’, présenta le guide arabe. […]
Pendant qu’elle préparait le thé vert, nous la suivions de notre curiosité offensante d’étrangers. […]
Elle ne parlait français, mais savait recevoir. […]
Elle nous rangea, assis, contre la muraille […] et dansa pour nous. […]
Elle dansa comme toutes les Ouleds-Naïl, avec ses bras et ses mains, les charmants pieds inquiets ne faisant que tâter le sol comme un dalle brulante. Elle dansa aussi avec ses reins, et avec les muscles de son petit ventre énergique. Puis, elle se reposa un moment […]
Le guide réclamait qu’elle dansa nue. Nue, elle revint au milieu de la chambre, entre nous et les deux musiciens qui maintenant lui tournait le dos. […]
Elle dansa, n’en sachant pas d’autres, les mêmes danses. Mais comme elle était nue, elle cessa de rire et nous reprit son regard qui ne daigna plus, désormais, rencontrer les nôtres. Son regard s’en alla, franchissant nos têtes, chargé d’une gravité et d’un mépris souverains, rejoindre, au loin, le désert invisible189 (Femmes. Dignité)

III. Femme (Écrivaine) :

Femme (Écrivaine. Allart de Méritens (Hortense de) (1) : Hortense Allart de Méritens [1801-1879] Rééditer ses écrits.

Femme (Écrivaine. Allart de Méritens (Hortense de) (2) : 1855. Voici le portrait d’Hortense Allart [1801-1879] par George Sand [1804-1876] :
«Madame Hortense Allart, écrivain d’un sentiment très élevé et d’une forme très poétique, femme savante toute jolie et toute rose, disait Delatouche [Henri de 1785-1851] ; esprit courageux, indépendant ; femme brillante et sérieuse, vivant à l’ombre avec autant de recueillement et de sérénité qu’elle saurait porter de grâce et d’éclat dans le monde ; mère tendre et forte, entrailles de femme, fermeté d’homme190

Femme (Écrivaine. Aubenas Florence) : 2010. Florence Aubenas, auteure d’un beau, juste et noble livre : Le quai de Ouistreham 191 ; un livre qui en dévoilant les mensonges dont nous sommes quotidiennement abreuvé-es, m’a fait l’effet d’un détergent ; un livre qui prolonge les belles enquêtes de Marcelle Capy et Aline Valette (mais aussi les écrits de Marguerite Audoux et de Madeleine Riffaud) ; un livre qui conduit à s’interroger sur la finalité, la fonction, l’apport, en réalité sur l’appauvrissement de la sociologie [du travail] par rapport à [la complexité de] la réalité, telle qu’ici présentée. (Cf. «Sciences sociales». Sociologie)

Femme (Écrivaine. Audoux Marguerite) : 1991. Marguerite Audoux [1863-1937], romancière, auteure notamment de Marie-Claire et de L’atelier de Marie-Claire.
- Son biographe, enfermé dans une fausse alternative et faute de vouloir / pouvoir trancher entre «la couturière» et «la femme de lettres», l’appela : «La couturière des lettres». 192

Femme (Écrivaine. Austen Jane) (1) : 2016. Selon Alain Jumeau, Jane Austen [1775-1817] a inventé «le style indirect libre en tant que technique narrative» ; elle fut, toujours selon lui, à ce titre, une «pionnière» qui «ouvrit la voie au roman moderne». 193

Femme (Écrivaine. Austen Jane) (2) : 1818. Jane Austen [1775-1817], auteure, dans Persuasion (Chapitre 23), de :
«[…] Les livres, tous écrits par les hommes […] Oui, s’il vous plait, pas de références à des exemples tirés de livres. Les hommes en racontant leurs histoires ont eu sur nous tous les avantages. Ils ont eu une éducation tellement supérieure à la nôtre. Ce sont eux qui ont eu la plume à la main. Je ne reconnais pas aux livres la propriété de prouver quoi que ce soit.» 194
- Une si réelle radicalité, si mal analysée, voire si déformée par le journaliste comme par le spécialiste dans l’émission évoquée en note.

Femme (Écrivaine. Austen Jane) (3) : 1932. Lu dans le Journal de Julien Green [1900-1998], concernant Jane Austen [1775-1817] :
«Le procédé de Jane Austen consiste à opposer entre elles les qualités morales qu’elle s’efforce de personnifier, et si je trouve ce procédé un peu mécanique, je me rends au charme d’un écrivain dont le sourire n’est jamais une grimace et à qui l’émotion n’arrache jamais un cri, car les personnes bien élevées ne crient pas.
Jane Austen reste toujours un peu en deçà de ce qu’elle veut dire, avec une réserve exquise qui n’est qu’à elle, mais son trait n’en est pas moins d’une netteté admirable. Auprès d’elle, Charlotte Brontë apparaît quelqu’un d’échevelé.» 195(Cf. Femme. Écrivaine. Brontë Charlotte)

Femme (Écrivaine. Azzeddine Saphia) : 2007. Saphia Azzedine, auteure de Confidences à Allah 196 : un grand (petit) livre qui explose tout sur son passage.

Femme (Écrivaine. Barthélémy-Madaule Madeleine) : 1992. Henri Guillemain [1903-1992] est interrogé par Jean Lacouture [1921-2015] sur les raisons pour lesquelles il n’a pas écrit ‘son’ livre sur Marc Sangnier [1873-1950].
Il répond : «Parce qu’il a été très bien fait par Madame Barthélémy-Madaule. [1911-2001] Je n’avais donc rien à dire.» 197

Femme (Écrivaine. Bernard Catherine) : 2017. Concernant Catherine Bernard [1663 (?) -1712], dont j’ignorais tout jusqu’à ce jour, je ne peux que renvoyer à l’émission que France Culture lui a consacrée et à la présentation qui en est faite et publiée. Pour ma part, plus sans doute que son exclusion de la sphère intellectuelle française depuis plus de trois siècles - et pourtant ! - c’est sa radicalité qui m’a frappée. Je pense notamment à la lecture qui nous y est présentée de son Riquet à la houppe. 198

Femme (Écrivaine. Bespaloff Rachel) : 2006. Pour connaître Rachel Bespaloff [1895-1949], lire les quatre pages que Maurice Nadeau [1911-2013], qui tient notamment ses sources de Jean Wahl [1888-1974], lui consacre.
«Simone Weil, Hanna Arendt, Rachel Bespaloff» évoque t-il. 199
* Ajout. 18 octobre 2016. 2003. Lire aussi l’Introduction de Monique Jutrin des Lettres [de Rachel Bespaloff] à Jean Wahl. 1937-1947 : «Sur le fond le plus déchiqueté de l’histoire». 200

Femme (Écrivaine. Brontë Charlotte et Emily) : 1970. Lu dans le Journal de Julien Green [1900.1989], concernant Charlotte Brontë [1816-1855] :
«Relu une partie de Jane Eyre, simplement pour ne pas oublier ce que c’est qu’un grand roman. J’aime les maladresses de ce livre, ce mélange de gaucherie et d’audace, l’intraitable sérieux de l’auteur.» Suivi de :
- «Ce que je reproche à Charlotte Brontë, c’est de ne pas avoir osé autant qu’elle l’aurait pu. Cette femme si souvent hardie avait d‘étranges timidités lorsqu’il s’agissait de transposer, alors qu‘Emily [Emily Brontë. 1818-1848] elle, se jetait dans l’imaginaire avec la fougue du génie. Pourtant, il y a de belles invraisemblances dans Jane Eyre [1847], mais dans Villette [1853], on a trop souvent l’impression que chaque personnage a son modèle et chaque situation sa contrepartie dans la vie réelle, ce qui me gêne.» 201 (Cf. Femme. Écrivaine. Austen Jane) (2))

Femme (Écrivaine. Cardinal Marie) : 1975. Marie Cardinal [1928-2001], auteure de l’inoubliable (pour moi et tant d’autres) : Les mots pour le dire. 202 Un livre dont l’écriture a refondé sa vie ; un livre dont la lecture peut bouleverser radicalement, positivement donc, la nôtre ; un livre magistral. (Cf. Famille. Cardinal Maria, Famille Divorce. Église catholique, «Sciences» sociales. Psychanalyse)

Femme (Écrivaine. Charles-Roux Edmonde) : 1971. Question de Jacques Chancel en 1971 à Edmonde Charles-Roux [1920-2016] : «Féministe ?»
- Réponse : «Moi ? féministe ! Ah dieu, non ! Ah, ça, vraiment pas ! Là, vous tombez mal ! Non, non, Pourquoi être féministe ? C’est tout à fait inutile. C’est dépassé. On n’est pas en Arabie Saoudite, dans des pays où les femmes sont tenues en tutelle…Il faut être des femmes d’abord. Et ça suffit largement. En tout ça, moi, ça me suffit !» 203 (Cf. Féminisme)

Femme (Écrivaine. Chauvet Marie) (1) : 1960. 2005. Concernant Marie Chauvet [1916-1973], lu, dans Le Monde Diplomatique concernant son livre, écrit en 1960, Amour, Colère et folie ceci :
«Un roman est une histoire. Celui-ci a d’abord une histoire. Aussi tragique que ces années 1960, celles du Duvaliérisme, qui fracassent la société haïtienne. Il a donc une histoire, celle de sa livraison. Marie Vieux-Chauvet publie son livre en 1968 chez Gallimard. Une charge terrible contre les monstres, ou les monstruosités, qu’engendre un régime bestial. La famille de l’auteure, déjà inquiétée, prend peur. La police politique a eu vent du brûlot. Le mari rachète les exemplaires arrivés à Port-au-Prince et finalement, à Paris, tout le stock de Gallimard. On ne trouvera plus le livre que sous le manteau. L’auteure respectera l’omerta, mais ne pardonnera pas à sa famille et continuera aux États-Unis, quelques années durant, sa carrière de romancière. L’ouvrage est enfin publié en 2005.» (Éditions Soley) 204
- Après lecture : un grand, grand livre…

Femme (Écrivaine. Chauvet Marie) (2) : 2015. Le livre de Marie Chauvet [1916-1973] Amour, colère et folie, réédité en 2015, est alors précédé d’une préface signée de Marilyse Charlier, Régine Charlier, Pierre Chauvet, présentant une autre version de la genèse de ce livre. On lit notamment :
«[…] La famille de l’auteur, déjà éprouvée par l’exécution arbitraire de trois de ses membres craint de nouvelles représailles. Lors d’un séjour en France, Pierre Chauvet, le mari de l’auteur est alerté par un diplomate haïtien de cette nouvelle menace qui pèse sur la famille. Rentrant d’urgence à Port-au Prince, il rachète les exemplaires déjà distribués sur place et les détruit. De son côté, Marie Vieux-Chauvet obtient de l’éditeur qu’il sursoie à la distribution de l’ouvrage. Quelques années plus tard, ses enfants rachètent l’intégralité du stock restant et le mettent discrètement en vente. Jusqu’à son épuisement en 2000, le livre est vendu à certains particuliers ainsi que dans deux librairies, l’une à New York, l‘autre en Haïti.
Ces précisions nous paraissent nécessaires, et viennent en réponse aux allégations de certains esprits en quête de sensationnel.
La famille de l’auteur n’a jamais eu honte de ses écrits.
Marie Vieux-Chauvet n’a pas été non plus une martyre ou une femme désabusée, elle qui se définissait simplement comme : «Un élément de la nature». Les épreuves n’ont fait que renforcer sa détermination à la lutte, sa joie de vivre, se générosité, et l’optimisme qui lui a permis de surmonter l’étouffement de sa plus belle ouvre.
Marie Vieux-Chauvet peut bouleverser, choquer parfois, mais faire pitié ? Jamais ! Ni sainte, ni martyre, elle fut simplement une femme qui détestait par dessus tout le cynisme, la veulerie et l’injustice.» 205 (Cf. Famille)

Femme (Écrivaine. Colet Louise) (1) : Pour une juste appréciation des relations de Flaubert [1821-1880] et Louise Colet [1810-1876], lire la Correspondance de Flaubert, ainsi que L’Indomptable Louise Colet [1986] qui réhabilite justement cette femme, «obstinément victime de la muflerie masculine» selon le critique Albert Thibaudet. 206
- Concernant ses propres écrits [que je n’ai pas lus], lire la présentation qui en fut faite par Thierry Poyet, Relire Louise Colet, évidemment [2015] qui en donne l’envie. 207 (Cf. Relations entre êtres humains. Amour. Flaubert Gustave, Sciences sociales. Histoire. Historiographie patriarcale)

Femme (Écrivaine. Colet Louise) (2) : 1931. Lu dans le Journal de Julien Green [1900-1998] à la date du 5 janvier 1931 :
«Lecture des lettres de Flaubert […] Liaison toute traversée d’orages (avec Louise Colet). Toute occasion lui semble bonne pour contredire et rabrouer cette femme qu’il devait détester autant qu’il la désirait. Quel mépris, il y a dans cette phrase : ‘Tâche un peu d’employer quelque chose de ton esprit dans les rapports que tu as avec moi.’ (I. 343]» 208

Femme (Écrivaine. Colette) : 1996. Colette [1873-1932], auteure de :
«Ce plaisir, qu'elle [‘la femme’] réclame avec tant d'efforts, tant de violence, tant de lyrisme quelquefois, si elle ne découvre pas qu'elle pourrait s'en passer, je la plains !» 209 (Cf. Sexe-s [...])

Femme (Écrivaine. Colette et Willy) (1) : Willy, [1859-1931] premier mari de Colette. Retrouvant les cahiers des manuscrits des premières Claudine, abandonnés dans un tiroir, il déclara :
«Nom de Dieu, je ne suis qu’un con !» On sait en effet l’usage qu’il fit de sa découverte. Colette, se rappelant cet épisode, poursuit :
«Et c’est comme ça que je suis devenue écrivain.» Et lui aussi…
- Concernant la période où, mariée, elle a vécu avec lui, Colette la décrit ainsi :
«Ma séquestration n’avait lieu qu’à la campagne. Il fallait que je sois un peu bouclée, car le chantage était partout autour de moi.»
Puis : «J’étais un peu cloîtrée - le mot ‘séquestrée’ dépasserait ma conception et surtout ma discrétion.» Et enfin :
«Je crois que beaucoup de femmes errent d’abord, comme moi, avant de prendre leur place, qui est en de ça de l’homme.» 210
* Ajout. 16 septembre 2015. J’achète hier une édition datée de 1931 d’un livre de Colette, Claudine s’en va, signé Willy et Colette Willy. J’y lis en page de garde ceci : «La collaboration, Willy-Colette ayant pris fin, il devenait indispensable de rendre à chacun la part qui lui est due, et de remplacer la signature unique de ces volumes [par Willy donc] par celle de WILLY et COLETTE WILLY. Des motifs purement typographiques ont voulu que mon nom fût placé avant celui de Colette Willy, alors que toutes les raisons, littéraires et autres, eussent exigé que son nom fût à la première place. WILLY.» 211
- Ajout. 22 octobre 2016. J’achète aujourd’hui un livre signé Colette Willy : La Vagabonde (Paul Ollendorf. 51ème édition.1910) et un autre signé Colette (Colette Willy) : Chéri (Arthème Fayard. Copyright by Colette. 1920) Et sur la page de garde, on lit : Ouvrages du même auteur (11 titres) suivi de : En «collaboration» avec Willy : Claudine à l’école, Claudine à Paris, Claudine en ménage. Claudine s’en va. (Cf. Femmes. Noms des femmes)

Femme (Écrivaine. Colette et Willy) (2) : 2016. Entendu ce jour 26 juillet 2016, sur France Culture, évoquant Willy : «un homme qui lui fit découvrir l’amour et la littérature212 (Cf. Culture, Patriarcat)

Femme (Écrivaine. Delay Florence) : Florence Delay, académicienne, fille d’académicien (sans la réduire à ce statut, mais sans considérer qu’il soit secondaire), à la question : «Est-ce qu’il y a des fois, dans votre vie ou vous vous êtes sentie féministe, où vous vous êtes dites féministe ?», elle répondit :
«Ici, je crois que le travail est fait, même s’il y a encore des inégalités. Dans d’autres pays que le mien, oui…» Le déni et le nationalisme ne sont pas morts…213 (Cf. Féminisme, Langage. Académie française)

Femme (Écrivaine. Desbordes-Valmore Marceline) : 1825. Marceline Desbordes-Valmore [1786-1859], auteure de :
«L’orage de tes jours a passé sur ma vie / J’ai plié sous ton sort, j’ai pleuré de tes pleurs / Ou ton âme a monté, mon âme l’a suivie / Pour aider tes chagrins, j’en ai fait mes douleurs». Début du poème intitulé : Dors, lequel se termine par :
«Moi, je suis l’humble lampe émue à ton coté.» 214

Femme (Écrivaine. Dickinson Emily) : Emily Dickinson [1830-1886] :
«Elle n’a presque jamais quitté sa maison et elle a tout compris» a t-on dit d’elle. 215
Ouvre de larges horizons…

Femme (Écrivaine. Fitzgerald Zelda) : 1930. Zelda Fitzgerald [1900-1948], épouse de Francis Scott Fitzgerald], auteure, alors internée, dans les années [19]30, de :
«Je suis ce petit poisson qui nage sous le requin et qui vit de ses restes. C’est ce que je suis216 Vampirisée par son mari. 217 (Cf. Femme. Épouse de)

Femme (Écrivaine. Fouillée Augustine) : 1877. Augustine Fouillée [1833-1923] fut, sous le pseudonyme de G. Bruno, l’auteure du livre (publié en 1877) sans doute le plus lu en France, Le tour de la France par deux enfants : 500 éditions, environ 9 millions d’exemplaires vendus. 218 Concernant ses analyses morales et politiques, voici quelques une de ses «leçons» :
- «Le nom d’un père honoré est une fortune pour les enfants» (p.7) ;
- «O mon frère, marchons toujours la main dans la main, unis par un même amour pour nos parents, notre patrie et notre devoir» (p.9) ;
- «Les enfants d’une même patrie doivent s’aimer et se soutenir comme les enfants d’une même mère» (p.13) ;
- «Le courage ne consiste pas à ne point être ému en face d’un danger, mais à surmonter son émotion ; c’est pour cela qu’un enfant peut être aussi courageux qu’un homme» (p.20) ;
- «Le vrai bonheur est dans la maison de la famille» (p.125) ;
- «Il y a eu parmi nos pères et nos mères dans le passé des hommes et des femmes héroïques : le récit de ce qu’ils ont fait élève le cœur et excite à les imiter» (p.132) ;
- «Comme ils sont heureux ceux qui ont un père, une mère, un foyer auquel viennent s’asseoir, après la travail, tous les membres de la famille unis par la même affection !» (p.156) ;
- «Soumettons-nous à la loi, même quand elle nous parait dure et pénible» (p.210) ;
- «Une famille unie par l’affection possède la meilleure des richesses» (p.254) ; «Le courage rend égaux les riches et les pauvres, les grands et les petits dans la défense de la patrie» (p.262) ;
- «Nous jouissons tous les jours, et souvent sans le savoir, de l’œuvre des grands hommes : c’est un bienfait perpétuel qu’ils laissent après eux» (p.266). (Cf. Culture, Famille, Patriarcat)

Femme (Écrivaine. France Culture. 2015) : 2015. Entendu sur France Culture :
«Lydie Salvayre brosse sept portraits intimistes et enlevés des plus grandes figures littéraires et féminines du début du XXe siècle. Emily Brontë, Djuna Barnes, Sylvia Plath, Colette, Marina Tsvetaïeva, Virginia Woolf et Ingeborg Bachmann». Il est question de «sept folles» (deux fois), «sept allumées», «sept insensées», «sept imprudentes»…Sans oublier : «sept destins malheureux» 219 Terrifiant…

Femme (Écrivaine. Huber Marie) : XVIIIème siècle. Marie Huber [?-?] est citée dans une note de la Correspondance de Voltaire, comme étant l’auteure de : «Lettres sur la religion essentielle à l’homme distingué de ce qui n’en est que l’accessoire (Amsterdam. 1738)» 220
Qui sait peut être cette référence pourra t-elle permettre de découvrir un texte, une femme méritant de ne pas tomber dans l’oubli ?

Femme (Écrivaine. Lagerlöf Selma) : 1940. Lu dans le Journal de Vézelay [mars 1940] de Romain Rolland [1866-1944] :
«Notre voyage coïncide avec les tristes jours des négociations de paix désastreuse de la Finlande, mal soutenue par l’Angleterre et la France, et trahie par ses voisines Suède et Norvège. La noble Selma Lagerlöf [1858-1940] expirera de douleur, au lendemain de la paix lamentable, qui livre au colosse Russe une partie de l’héroïque Finlande.» 221 Elle fut la première femme Prix Nobel de littérature [1909].

Femme (Écrivaine. Lambert Madame de) (1) : Madame de Lambert [1647-1733] auteure, notamment, de ces Maximes :
- «Il y a des princes de naissance, il y a des princes de mérite» ;
- «Rien de plus heureux qu’un homme qui jouit d’une considération qu’il ne doit qu’à lui ; rien de plus triste qu’un grand seigneur accablé d’honneurs et de respect qu’on ne rend qu’à sa dignité» ;
- «Avec de grands emplois et des principes vulgaires, on est toujours agité parce qu’on est toujours médiocre» ;
- «C’est par les sentiments qu’il faut se distinguer du peuple ; J’appelle peuple tout ce qui pense bassement et communément : la Cour en est remplie» ;
- «Qu’est ce que des courtisans ? des glorieux qui font des bassesses et des mercenaires qui se font payer». Une pensée pré-révolutionnaire. 222

Femme (Écrivaine. Lambert Madame de) (2) : 1886. Lu, dans le livre d’Octave Gréard [1886] consacré à «l’éducation des femmes par les femmes», concernant Madame de Lambert [1647-1733] :
«Il est peu de femmes qui aient pris à cœur la cause des femmes avec autant d’ardeur que la marquise de Lambert. Quand Fénelon réclame en leur faveur, au nom de la famille, de la société et de la religion, sa réclamation ne trahit que l’émotion généreuse d’un philosophe et d’un chrétien. Cette émotion, chez Madame de Lambert, s’anime de toute la vivacité du sentiment personnel froissé.
Sa dignité souffre à la pensée ‘qu’on ne travaille que pour les hommes, comme s’ils formaient une espèce à part, tandis que les femmes sont sacrifiées, abandonnées, réduites à néant : dans leur jeunesse, on ne les occupe à rien de solide ; au cours de la vie, elles ne peuvent se charger ni du soin de leur fortune, ni de la conduite de leurs affaires ; elles sont livrées sans défense au monde, aux préjugés, à l’ignorance, au plaisir ; il suffit qu’elles soient belles, on ne leur demande rien de plus : on les tient quittes de tout le reste.’
Madame de Lambert ne se borne pas à établir une fois ses griefs : il n’est pas un écrit où elle n’y revient : elle les développe, les retourne en tous les sens, les aiguise. Elle essaye bien par moment de rendre dédain pour dédain : ‘Après tout, les hommes auront beau faire, ils n’ôteront jamais aux femmes la gloire d’avoir formé ce que les temps passé ont compté de plus honnêtes gens’ ; elle se répète ‘qu’il y a bien peu d’hommes qui soient en état de comprendre les femmes’.
Mais cette vengeance intime ne la satisfait point. Une telle inégalité de condition - que la nature n’a point créé et qui est l’œuvre de la force - l’humilie et l’irrite. Elle crie à l’usurpation, à l’injustice : ‘Quelle tyrannie que celle des hommes ! Ils prétendent que nous ne fassions aucun usage de notre intelligence ni de nos sentiments : ils veulent que la bienséance soit aussi blessée quand nous ornons notre esprit que quand nous livrons notre cœur ; en vérité c’est étendre trop loin leurs droits’ […]» 223 (Cf. Droit-s)

Femme (Écrivaine. Launoy Marie-Catherine de) : 1752. Voltaire [1694-1778], dans une lettre, en anglais, adressée le 27 mars 1752 à Sir Edwards Fawkener, évoque «parmi les meilleurs livres [français] connaissant l’histoire», l’ouvrage de Marie-Catherine Le Jumel de Barneville, baronne d’Aulnoy [1650-1705], intitulé Mémoires de la cour d’Espagne, [Paris, 1690 [?] qu’il considère comme «le seul livre d’histoire où l’on trouve les coutumes espagnoles224
Autre titre : Relation du voyage d’Espagne en 1691 de Madame d’Aulnoy. (Cf. «Sciences» sociales. Histoire)

Femme (Écrivaine. Mallet-Joris Françoise) : 1983. Françoise Mallet-Joris [1930-2016], auteure de :
«[…] C’est au fond une démarche assez saine d’oublier ce qu’on a fait. Parce qu’on a une fraîcheur…pour se remettre en route. C’est terrible si on se sent propriétaire de ce qu’on a fait. Je crois qu’il faut oublier, il faut recommencer…» 225

Femme (Écrivaine. Malraux Clara) : 1966. Clara Malraux [1897-1982], après avoir rencontré André Malraux, auteure de :
«De retour à la maison, je dis à ma mère : ‘C’est agréable d’être intelligente, car on plait aux hommes intelligents’. Curieuse constatation qui ne trouve sa preuve qu’en soi, ma propre intelligence me portant garante de l’intelligence d’un autre. […]
- Puis, se remémorant ces premières rencontres, elle poursuit ainsi :
Il (André Malraux) me parla de l’éternel féminin que je croyais réservé aux poèmes de Laforgue [Jules. 1860-1887], il me révéla l’existence de la misogynie, révélation qui, je dois bien le reconnaître me porta un fier coup.
Comment ce n’était pas en moi-même que j’étais jugée ?
Je m’étais à peu près résignée à ce que ce fût, partiellement, en tant que juive, que demi-étrangère, mais quoi il me faudrait désormais tenir compte, par dessus le marché d’une sous-estimation de principe opérée par une moitié de l’humanité et que je devrais vaincre pour parvenir à l’égalité avec ceux-là peut être qui ne me valaient pas ?
J’étais stupéfaite.
Depuis peu, je me savais plus vivante, intellectuellement, que mon frère aîné, depuis longtemps plus intelligente que mon jeune frère. Et puis, il y avait cette sorte de privilège accordé aux filles de ma famille.
Au demeurant, je n’avais qu’à regarder autour de moi pour constater que, vraiment, les femmes de mon entourage, étaient sinon plus intelligentes, du moins plus cultivées que leurs compagnons, absorbés, eux, par la nécessité de gagner de l’argent. […]» 226 Si souvent juste…

Femme (Écrivaine. Pore[t]te Marguerite) : XIII-XIVème siècle. Marguerite Porette [1250-1310] : «Femme de lettre mystique et chrétienne, née vers 1250, brûlée le 1er juin 1310. […] Marguerite Porette, béguine, exprime son mysticisme dans un livre intitulé Mirouer des simples âmes anéanties. Il présente l'Amour de l'âme touchée par Dieu, et fait parler l'Amour et la Raison en des dialogues allégorique. Rapidement ce livre et sa doctrine feront scandale. Son procès fut conduit en faisant appel à une double consultation des universitaires parisiens. Une commission de théologiens se prononça sur une liste d'une quinzaine d'extraits que leur présenta l'inquisiteur, qui demanda parallèlement à un groupe de canonistes de se prononcer sur le comportement de Marguerite, qui devait être jugée relapse, pour avoir enfreint la première condamnation. Rassemblant ces deux expertises, Guillaume de Paris prononça simultanément la condamnation du livre et de son auteur. Remise au bras séculier, elle fut brûlée le 1er Juin 1310 en place de Grève à Paris.» (Wikipédia) 227

Femme (Écrivaine. Rachilde) : 1911. Lu, concernant Rachilde [1860-1953], le récit d’une rencontre au Mercure de France, le 14 février 1911, avec Guillaume Apollinaire [1880-1918] qu’il a retranscrit dans son Journal Intime :
«Au Mercure, il y a une dame en jupe culotte, Madame Judith Gérard [ ? ], Rachilde [dont il reprend les analyses] : ‘Ça m’a été commode d’être habillée en garçon pendant six ans. Mon directeur m’avait dit : ‘200 fr. par mois et en homme ou à la porte‘. Je n’avais pas à choisir. Et que d’économie de toilette. […]
J’allais parfois au poste pour port d’habit masculin. Au commissariat, j’exhibais l’autorisation du préfet de police [obtenue en 1885]…
La première fois que mon mari (M. Vallette, directeur du Mercure de France) m’a vue, j’étais à Bullier ayant au bras une superbe putain. Samain me présenté à Vallette qui se détourne en disant : ‘Oh non ! pas ça !’ Je le trouvais godiche. Mais le pantalon m’a fait une réputation que je ne méritais pas. Il a nui à mes livres.» 228

Femme (Écrivaine. Rochefort Christiane) : 1982. Après lecture du livre de Christiane Rochefort [1917-1998], Quand tu vas chez les femmes, 229 les liens, les différences avec Histoire d’O ne peuvent qu’être effectués. (Cf. Patriarcat. Littérature, « Sciences » sociales. Philosophie. Christiane Rochefort)

Femme (Écrivaine. Sarraute Nathalie) : Nathalie Sarraute [1900-1999] publia son dernier livre, Ouvrez, à 97 ans. (Cf. Femme. Mère)

Femme (Écrivaine. Sévigné Madame de) : 1811. Concernant Madame de Sévigné [1626-1696], voici qu’en écrivait Madame de Genlis [1746-1830] :
«Il n’est dans la langue française, qu’un seul ouvrage que l’on ait jamais critiqué et qui, sans exciter l’envie, ait dans tous les temps réuni tous les ouvrages, et cet ouvrage fut écrit par une femme. Les Lettres de Madame de Sévigné offrent toujours un modèle parfait du style épistolaire, et un modèle unique, non seulement par le naturel, la grâce, l’esprit, l’imagination et la sensibilité qui les rendent si brillantes et si supérieures à tout ce que l’on connaît dans ce genre, mais encore par l’intérêt qu’inspirent et la femme estimable et charmante qui les écrivit, et les temps qu’elle retrace et les personnages dont elle parle.» 230 (Cf. Famille. Mariage. Madame de Sévigné)
* Ajout. 30 août 2017. Après relecture de certaines de ces lettres, leur valeur ne me paraît pas mériter tant d’éloges…

Femme (Écrivaine. Shelley Mary) : 1834. Mary Shelley, [1797-1851] la fille de Mary Wollstonecraft, morte à sa naissance, et de William Godwin, épouse de Percy B. Shelley ; trois de ses quatre enfants étant morts jeunes, auteure [en sus en autres, de Frankenstein…], le 2 décembre 1834, de :
«La solitude a été la malédiction de mon existence. Qu’aurais-je fait si mon imagination n’avait pas été ma compagne ? […] Oh, mais pourtant mes rêves, mes chers rêves ensoleillés ! Ils ont peuplé le cimetière où j’ai été si jeune assignée à errer.» 231

Femme (Écrivaine. Staël Madame de) (1) : 1943. Jean Guéhenno, dans son Journal, le 3 décembre 1943, fait lire à ses élèves De l’Allemagne (1810) de Madame de Staël [lesquels «n’ont rien compris à cet éloge dithyrambique de l’Allemagne et ne concevaient pas qu’elle ait pu être si différente de ce qu’elle est aujourd’hui»]. Il écrit, la concernant :
«[…] C’est notre honneur que, dans le temps même où Napoléon, trahissant et confisquant la Révolution, tentait d’asservir l’Allemagne et l’Europe, un écrivain de chez nous ait écrit cet éloge d’un peuple étranger et, au nom même de la Révolution, ait reconnu les divers peuples dans leur singularité et leur grandeur et fourni le principe d’une fédération européenne.» 232 (Cf. Femme. Remarquable Staël Madame de, Politique. Nationalisme)

Femme (Écrivaine. Staël Madame de) (2) : Madame de Staël [1766-1817], auteure (s.d, source ?) de :
«Ils (les écrivains) croient se mettre à la portée de leurs lecteurs ; mais il ne faut jamais supposer à ceux qui vous lisent des facultés inférieures aux vôtres ; il convient mieux d’exprimer ses pensées telles qu’on les a conçues. On ne doit pas se mettre au niveau du plus grand nombre, mais tendre au plus haut terme de perfection possible : le jugement du public est toujours, à la fin, celui des hommes [et des femmes] les plus distingués de la nation233
- Sans la référence aux «plus distingués», fort juste analyse, mise, en outre, en œuvre par elle. (Cf. Femme. Remarquable. Staël Madame de)

Femme (Écrivaine. Staël Madame de) (3) : 2017. Madame de Staël [1766-1817] est publiée - en 2017 ! - dans La Pléiade [Gallimard].
Sont publiés deux romans : Corinne ou l'Italie [1807], Delphine [1802] (aisément déjà disponibles) et De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales [1800], ses textes les plus connus.
- Ne sont notamment publiés ni : De l’Allemagne, ni Considérations sur la révolution française, ni Dix années d’exil, ni ses Réflexions sur le procès de la Reine [Marie-Antoinette], ni ses Réflexions sur la paix intérieure, ni De l’influence des passions sur le bonheur des individus et des nations, ni ses Réflexions sur le suicide, ni, ni ..… Sans évoquer sa remarquable et immense correspondance [publiée en 7 tomes chez Slatkine).
- Une femme qui pense, a fortiori lorsqu’elle pense le Politique, courageuse qui plus est, était alors dangereuse ; cela est toujours vrai, dans l’édition, en France, en 2017. (Cf. Culture. Patriarcat, Femme. Remarquable. Staël Madame de. d’Avila Thérèse, Patriarcat, Littérature, Politique)
* Ajout. 29 avril 2017. Pour rappel, les Mémoires de Saint Simon dans La Pléiade comportent huit tomes et la seule Correspondance de Voltaire, treize tomes.

Femme (Écrivaine. Toussaint-Samson Adèle) : 1883. Adèle Toussaint-Samson [1826-1911], concernant le Brésil où elle vécut 12 ans (elle s’y installa avec son mari en 1849), se souvient, en 1883 :
«Ce spectacle de l’esclavage fut pendant les premières années de mon séjour au Brésil un des supplices de ma vie et ne contribua pas peu à me donner la nostalgie dont je pensais mourir.
À chaque moment, mon âme se révoltait ou saignait quand je passais devant ces leilões (encans) où de pauvres nègres montés sur une table étaient mis aux enchères et examinés aux dents et aux jambes comme des chevaux ou des mules ; quand je voyais l’enchère se couvrir et qu’une jeune négresse était livrée au fazendeiro qui la réservait à son service intime, tandis que son petit nègre était quelques fois vendu à un autre maître.
Devant toutes ces scènes de barbarie, mon cœur se soulevait de généreuses colères bouillonnaient en moi, et j’étais obligée de me faire violence pour ne pas crier à tous ces hommes qui faisaient commerce de chair humaine : «Carascos !» (Bourreaux) comme je l’avais crié à ma voisine espagnole.
À peine était parvenue à me calmer que je rencontrais quelques pas plus loin un pauvre Noir portant un masque de fer ; c’était encore de cette façon que l’on punissait l’ivrognerie chez l’esclave. Ceux qui buvaient étaient condamnés à porter un masque de fer qui s’attachait derrière la tête avec un cadenas et qu’on ne leur enlevait qu’à l’heure des repas. On peut imaginer l’impression que causait ces hommes à tête de fer ! C’était effrayant ! Et jugez quel supplice sous cette chaleur tropicale.
Ceux qui avaient fuis étaient attachés par une jambe à un poteau ; d’autres portaient au cou un grand carcan, espèce de joug comme celui qu’on met aux bœufs ; d’autres étaient envoyés à la correcão (prison pénitentiaire) […] quarante, cinquante, quelques fois soixante coups de fouet leur étaient administrés en plusieurs fois. Quand le sans coulait, on s’arrêtait ; leurs blessures étaient pensés avec du vinaigre et le jours suivant, on recommençait.»
Puis, malheureusement, après, elle justifie après l’esclavage pour, notamment, en dédouaner l’Empereur du Brésil. 234 (Cf. «Sciences» sociales. Histoire)

Femme (Écrivaine. Tsvetaieva Marina) (1) : Marina Tsvetaieva [1892-1941], auteure (s.d) de :
«Je refuse de vivre comme les loups.» 235

Femme (Écrivaine. Tsvetaieva Marina) (2) : 1980. Voici, en 1980, l’analyse féministe de Janna Ivina concernant Marina Tsvetaieva [1892-1941] :
«Tsvetaieva a enduré jusqu’au bout ce vide immense, cette crispation immobile, celle absence de stimulation, et elle a dû boire jusqu’à la lie la coupe inépuisable du quotidien.
Elle, que l’on qualifie de ‘poète important de son époque’ a passé sa vie, comme mille autres femmes, à faire la soupe, à raccommoder des chaussettes, à élever ses enfants.
Ni le mariage, ni le ‘milieu littéraire’ n’ont pu lui épargner cette pesanteur des tâches.
La société et la famille exigeaient d’elle qu’elle s’y consacre avant tout, comme toutes les femmes.
Le poète qui était en elle a dû se frayer une voie vers la lumière comme un arbre dans le bitume.
Si je raconte cette vie de Tsvetaieva, ce n’est pas pour m’en servir de prétexte afin de faire des reproches aux femmes que des conditions de vie aussi insoutenables empêchent de réaliser leurs potentialités créatrices ; c’est bien plutôt pour que cet exemple (exemple unique ‘envers et contre tous’) attire l’attention et la sympathie des maris et de la société…
Le destin tragique de Marina Tsvetaieva n’est qu’une preuve des capacités inouïes que peut recéler une femme, et non une dénonciation des insuffisances féminines.» 236 (Cf. Vie-dite-privée)

Femme (Écrivaine. Tsvetaieva Marina) (3) : 2003. Voici, dans ses Portraits de femmes, l’analyse de Pietro Citati concernant le poids des contraintes de la vie quotidienne (à Paris de 1925 à 1939), celles au sein des quelles vécut Marina Tsvetaieva [1892-1941] :
«La vie quotidienne, qu’elle avait toujours farouchement détestée, la tuait. Sans cesse, il fallait balayer, aller chercher de l’eau, laver le linge, monter le charbon, allumer le poêle, faire cuir une infecte viande de cheval, laver la vaisselle, descendre les ordures. Il n’y avait jamais d’argent pour rien : la note de gaz, du charbon, de la lumière, celle du laitier, du boulanger, excédait ses maigres ressources. Elle n’avait pas de place. Pas de temps. Elle n’avait pas de chaussures pour marcher. Tout était sale.
‘Je suis éternellement au milieu de la saleté, éternellement les brosses et le balai à la main, éternellement pressée, éternellement au milieu des fagots, du charbon et des cendres : un dépotoir vivant ! À genoux, je fais la servante - dont ne sait quoi ! je suis toute tachée de cendres, j’ai des mains de charbonnier - je ne parviens pas à faire partir le noir.’» 237 (Cf. Vie-dite-privée)

Femme (Écrivaine. Vilmorin Louise de) : 1987. Louise de Vilmorin [1902-1969] confia, au terme de sa vie, à Jean Chalon, «son mal de vivre», lequel le rapporte ainsi : «J’ai vécu et je suis triste de vivre. On m’a souvent offensée, blessée, abattue, mais j’ai refusé de prendre le parti du mal que l’on m’a fait, et des insultes que j’ai endurées. Folie que d’oublier le meilleur pour le pire.» 238
Une face cachée de la femme présentée comme frivole, mondaine…
- 2008. Le titre raffiné, délicat, respectueux de L’Observateur (21 mars 2008) à sa mort fut : «Louise de Vilmorin, la machine à plaire».
On peut y lire en sus : «L’admiration que Malraux porte à l’écrivain s’adresse aussi à la femme.» (Féminisme. Antiféminisme)

Femme (Écrivaine. Wharton Edith) : 1904. Dans l’une de ses lettres d’Edith Wharton [1862-1937] écrite, en juin 1904, à William C. Brownell des Éditions Scribner, on lit :
«Je vous retourne ci-joint les comptes rendus (de The Descent of man. La descendance de l’homme) avec mes remerciements.
Je n’ai jamais été beaucoup affectée par les critiques […] mais m’entendre dire continuellement que je ne suis qu’un écho de Mr. James [Henry] (si j’apprécie grandement l’homme en lui, je suis incapable de lire ce que l’écrivain a produit depuis dix ans) [...] ne manque pas de me démoraliser quelque peu.» 239 (Féminisme. Antiféminisme)

Femme (Écrivaine. Wheatley Phillis) (1) : 1773. Phillis Wheatley [1753-1784], esclave, née au Sénégal, achetée à Boston [États-Unis] par John et Susannah Wheatley. Toujours esclave, elle apprit l’anglais, le latin et le grec. Elle publia notamment à Londres en 1773, ses Poems on Various Subjects, Religious and Moral. Elle est considérée comme la première poétesse noire Américaine, le premier poète noir Américain.

Femme (Écrivaine. Wheatley Phillis) (2) : 1774. Voltaire [1694-1778], un an après, le 11 avril 1774, écrit la concernant, sans la citer néanmoins :
«Fontenelle [1657-1757] avait tort de dire qu'il n'y aurait jamais de poètes chez les nègres. Il y actuellement une négresse qui fait de très bons vers anglais240

IV. Femme (Épouse - compagne - de) :

Femme (Épouse) (1) : Après plus de quarante années de mariage avec un mari odieux, après avoir abandonné toutes les tentatives, non plus même de le quitter, mais d’agir comme bon lui semblait, cinq enfants après, elle était, méconnaissable, devenue l’ombre de la femme qu’elle avait été. Confrontée à des situations qui exigeaient son autonomie de pensée, elle ne pouvait plus être que la triste caricature de son mari.

Femme (Épouse) (2) : Mariée à un homme qu’elle n’avait pas choisi, devenue sa moitié, dépossédée de sa langue et ignorant celle qui lui était dorénavant nécessaire, vivant dans un pays dont elle ignorait l’essentiel, enfermée chez elle, devenue aphasique, elle fut, de nombreux tests à l’appui, caractérisée et considérée comme «bipolaire». Ce fut la seule fois de sa vie où elle se vit gratifiée d’un : deux : «la phase maniaque et la phase dépressive».

Femme (Épouse) (3) : Elle avait une forte personnalité. Son mari aussi. L’une et l’autre pensaient qu’il ou elle vivrait le dernier / la dernière. Cette compétition les maintinrent en vie longtemps.

Femme (Épouse) (4) : Louis Alliot, après avoir présenté son livre Madame Céline - Lucette Destouches, épouse de Céline [1894-1961] - conclut sa présentation par cette phrase : «Ce livre, c’est un peu l’envers du décor.» 241

Femmes (Épouse de. Agacinski Sylviane) : 1998. Épouse de Lionel Jospin, alors Premier ministre, auteure de :
«Quant à profiter de l’intimité, pour faire passer mes idées, ce n’est vraiment pas mon style. Sur aucun de sujets que l’on cite généralement, je n’ai développé ma position dans l’espoir de faire changer mon mari d’avis. Je crois que les femmes ne peuvent pas jouer sur tous les tableaux : avoir une activité propre et entretenir un pouvoir occulte. La modernité, ce n’est pas d’être épouse. C’est d’être femme et citoyenne.» 242
Comment une femme, une citoyenne peuvent elles occulter l’épouse ? (Cf. Etres humains)

Femme (Épouse de. Agutte Georgette) : 1922. Georgette Agutte [1867-1922], peintre et sculptrice, épouse de Marcel Sembat. Après sa mort brutale, elle se suicida, après avoir écrit sur un billet :
«[…] Je sais que je ne peux vivre sans lui. Voilà douze heures qu’il est parti. Je suis en retard.» 243

Femme (Épouse de. Aron Suzanne) (1) : Suzanne Aron. Née sous le nom de Suzanne Gauchon [1907-1997]. La concernant, voici que Raymond Aron [1905-1983], interrogé sur les ambitions politiques qu’il aurait pu avoir répondit :
«[…] à un ou deux moments, j’ai eu le désir de l’action politique. Mais, fort heureusement, ma femme, ma compagne est une personne intelligente et beaucoup plus raisonnable que moi, m’a toujours dit que j’étais fait pour beaucoup de choses mais pas pour être un homme politique.» 244
- Et pourtant ce n’est pas la place qu’il lui accorde dans ses Mémoires qui révélerait ni son ‘intelligence’, ni sa ‘raison’. 245
* Ajout. 31 juillet 2016. Dans ses Mémoires, Raymond Aron donne des explications beaucoup plus crédibles de son refus de devenir un «homme politique», que celles présentées comme relevant de l’influence de son épouse, notamment, concernant son adhésion au RPF. 246 (Cf. Homme. Intellectuel. Aron Raymond)

Femme (Épouse de. Aron Suzanne) (2) : 1997. Je lis deux textes, dans le revue Commentaire, la concernant, écrit après sa mort.
- Le premier d’Albert Palle, intitulé Un professeur d’énergie, dont la conclusion est : «Suzanne Aron aurait pu, elle aussi, exercer une profession, écrire des livres, laisser une œuvre. Elle a choisi d’être la femme, la compagne, la mère. Un choix qui touche au plus profond de l’être. Il semble qu’elle ait toujours bien distingué entre le faire et l’être et refusé d’admettre qu’on n’est pas si on ne fait pas. Elle a été Suzanne Aron.» 247
- Le second, signé Nicolas Baverez, intitulé Éloge funèbre, qui se termine ainsi :
«[…] Elle ne dévia jamais de la ligne de conduite qu’elle s’était tracée : soutenir, à travers l’homme qu’elle aimait, la construction d’une œuvre qui la dépassait.» 248

Femme (Épouse de. Aron Suzanne) (3) : 1957. Je lis dans les Mémoires de Pierre Vidal-Naquet [1930-2006] concernant la création et les premières actions du Comité Maurice Audin [1932-1957] :
«Qui était présent ce soir-là, en dehors de Michel Croizet et de moi, je ne saurais le dire. Je me souviens cependant qu’il fut beaucoup question d’une pétition de femmes, signée notamment par Suzanne Aron, l’épouse de Raymond, visant à éviter la guillotine à une jeune Algérienne, Djamila Bouhired.» 249

Femme (Épouse de. Bernanos Jeanne) : 1986. Je relève dans le livre écrit par l’un des fils de Georges Bernanos [1888-1948], concernant son épouse, Jeanne Talbert d'Arc [1893-1960], ceci :
- «[…] Puis vint le départ pour le Brésil. Le cœur gros, ma mère confia son vieux père à un ami d’alors qui promit de s’en occuper, mais à qui la mort de celui-ci le laissa enterrer dans la vie commune.» […]
- «La vie quasi primitive menée à Vassouras et à Pirapora, dans un climat qu’elle supportait mal. Une alimentation à décourager le plus coriace des tubes digestifs. Six déménagements en sept ans (une trentaine au cours de leur existence). L’éternel tailleur bleu marine à lignes blanches qu’elle mettait lors des brefs séjours à Belo-Horizonte et Rio de Janeiro où son mari l’emmenait, pour lui faire plaisir, bien sûr, mais aussi parce qu’il ne pouvait pas se passer de sa présence.» […]
- «Les blouses merveilleusement brodées, véritables œuvres d’art, destinées à être vendues pour boucler les fins de mois. Les problèmes de santé : phlébite, épuisement nerveux, opération de la vésicule, d’une hernies, infection généralisée de la mâchoire, asthme.» […]»
- «Pensez un instant à ce qu’était l’angoisse quotidienne de ma mère : d’abord son fils qui, à 16 ans et demi, s’engage dans de sanglants combats, puis manque de justesse d’être fusillé pour désertion. À cette heure, c’est son mari qu’elle guette, craint pour sa vie, et cependant, pas un instant elle ne se plaint, consciente qu’elle est du sens de l’honneur qui anime son mari et qu’elle partage avec une fidélité sans faille. Il en sera toujours ainsi. […] Mon père le savait bien qui disait souvent : ‘Ma femme a toujours pensé comme moi sur la question’. Peut être même en abusa-t-il.»[…]
- «De 1948 au 6 août 1960, où elle alla le rejoindre dans la ‘profonde éternité’, ma mère, au lieu de jouer les ‘glorieuses’, respectera la tradition, refusant honneurs et avantages, se tenant à l’écart de toute vie mondaine. Après avoir vécu 32 ans dans l’ombre d’un génie, elle s’abstiendra de profiter de son éclat.» 250

Femme (Épouse de. Blanqui Suzanne-Amélie) : 1971. Suzanne-Amélie Blanqui [1814-1841] mourut à 26 ans, le 31 janvier 1841, «après une longue maladie et une agonie d’un an», alors de Blanqui [1805-1881] était enfermé au Mont Saint Michel [de 1840 à 1844].
Dans le livre de Maurice Dommanget consacré à Auguste Blanqui, je lis :
«Quand, égrenant ses souvenirs, [en 1880] Blanqui évoque le passé, c’est de sa femme qu’il parle le plus souvent. Et alors - suave vision qui illumine sa physionomie si parlante et si active - apparaît la silhouette de celle qui porta sept ans son nom et lui avait dit un jour :’Je sais bien que tu n’aimeras jamais que moi au monde !’ Il en fut ainsi en effet et Blanqui rappelait avec attendrissement qu’il avait été pour la dernière fois au théâtre avec elle près d’un demi siècle auparavant.[…]» Il est aussi question dans ce livre d’un portait peint par elle. 251
- N.B. Une notice lui est consacrée dans Le Maitron.

Femme (Épouse de. Beuve-Méry Hubert. Prénom inconnu) : 1997. Je me souviens avoir lu dans sa nécrologie, (date exacte non retrouvée), dans Le Monde :
«Je n’ai pas eu de mari, mes enfants n’ont pas eu de père, mais Le Monde a eu un directeur.» 252
* Ajout. 2 décembre 2016. Pour Françoise Giroud [1916-2003], «cette phrase fut probablement inventé, de toutes pièces, par l’un des journalistes de Beuve.» 253
- L’a t-elle dite, écrite ? Leurs enfants pourraient le confirmer ou l’infirmer. Il faudrait aussi retrouver l’article du Monde annonçant son décès.

Femme (Épouse de. Bloy Anne-Marie) : Anne Marie Bloy, [? -?], auteure de : «Après Dieu, c’est à Léon Bloy [1846-1917] que je dois le bonheur inouï d’appartenir à l’Eglise catholique romaine. […]» 254

Femme (Épouse de. Boudet Paulette) : 1988. Paulette Boudet [1922-2007], catholique, dans son livre Ce combat n’est pas le tien, «raconte sa propre histoire, celle d’une épouse qui découvre que son mari entretient une liaison et qui chemine, dans la foi, jusqu’au pardon.» 255
- Son livre lui est dédicacé en ces termes :
«À mon mari, en le remerciant pour l’aide qu’il ma apportée et le nihil obstat 256qu’il m’a généreusement accordé257
Difficile à lire, trente ans après…

Femme (Épouse de. Bourbon-Siciles Marie-Amélie) : 1848. Marie-Amélie de Bourbon-Siciles [1782-1866], épouse de Louis Philippe [1773-1850]. Alors que celui-ci, au troisième jour de la Révolution de 1848, le 24 février, était abandonné des derniers politiques qui l’entouraient et rédigeait son acte d’abdication, son épouse déclara :
«Vous ne connaissez pas le roi, c’est le plus honnête homme du royaume». 258

Femme (Épouse de. Brossolette Gilberte) : 1946. Gilberte Brossolette [1905-2004], résistante, députée à l’assemble Constituante, sénatrice, vice-présidente du Sénat de 1946 à 1954, épouse, puis veuve de Pierre Brossolette, résistant [1903-1944], auteure de :
- «[…] J’étais très bien accueillie par les hommes. J’étais la veuve de Pierre, ils avaient tous beaucoup de respect, ils projetaient sur moi l’admiration qu’ils avaient pour Pierre. J’étais en quelque sorte l’émanation de Pierre.»
- Suivi de (concernant les femmes députées à la Libération) : «Il y avait la veuve de Machin, la veuve de Truc, les communistes surtout ont su jouer de cette fibre-là et très peu de femmes avaient su professer leur indépendance.» 259 (Cf. Femmes Veuves)

Femme (Épouse de. Ceausescu Elena) : 1997. Lu dans les Mémoires de Gorbatchev :
«Elena Ceausescu [1916-1989] me confia un jour, et pas sur un ton de la plaisanterie, que la Roumanie était trop petite pour un dirigeant de sa stature de son mari.» 260

Femme (Épouse de. Chirac Bernadette) (1) : 2001. Bernadette Chirac, auteure de :
- «[…] Si je l’avais écouté (son mari), je n’aurais jamais rien fait !»
- Et de : «[…] Je me suis constamment ajustée à ce qu’il pouvait souhaiter de la part de son épouse.»
- Et, aussi, de : «[…] Chez les crocodiles, les femelles montent la garde cependant que les mâles restent disponibles pour attaquer. Et c’est tout à fait symbolique de notre vie de couple». 261 (Femmes. «Femelles»)

Femme (Épouse de. Chirac Bernadette) (2) : 2016. Bernadette Chirac, auteure de :
«Je ne veux pas être prétentieuse… mais les gens vous disent : ‘Madame Chirac, si vous n’aviez pas été là, il (Jacques Chirac) n’aurait jamais été Président de la république’.» 262

Femme (Épouse de Claudel. Reine) : 1940. Concernant Reine Sainte-Marie Perrin [1880-1973], épouse de Paul Claudel et mère de leurs cinq enfants, je lis dans le Journal de Vézelay [1866-1944] de Romain Rolland en 1940 :
«Entre sa femme légitime et lui (Paul Claudel), peu de sympathie. Il faut avouer qu’elle a bien des raisons de rancune. Il dit qu’elle ne lit pas ce qu’il écrit, qu’elle ne l’a jamais compris. Mais il rend hommage à la dignité avec laquelle elle a toujours rempli ses devoirs de mère et d’épouse, dans une pénible vie qu’elle n’aimait pas. Il ne semble pas qu’il l’ait beaucoup aidée. Avec la naïveté de son égoïsme dont il se targue quelques fois, il dit que, quand l’intérieur domestique était trop triste, et plein d’enfants malades ou d’ennuis, il préférait s’en aller de la maison, ‘parce qu’il avait le cœur trop sensible’.
À quoi sa femme répliquait que c’était par égoïsme. Il discutait encore là-dessus avec nous, avec une pointe d’humour paradoxal. […]» 263 (Cf. Femme. Artiste. Claudel Camille)

Femme (Épouse de. Gaulle De Yvonne) : 1940. 1958. 1967. Charles De Gaulle [1890-1970] dans ses Mémoires, évoque son épouse Yvonne De Gaulle [1900-1979] en ces termes:
- Le 18 juin 1940, avant son départ en Angleterre, il écrit :
«Je priais monsieur de Margerie [1899-1980] d’envoyer sans délai à ma femme et à mes enfants, qui se trouvaient à Carantec, les passeports nécessaires pour gagner l’Angleterre.»
- En 1958, puis, pendant trois ans et demi, chef de l’État, De Gaulle évoque toutes ses visites en France et écrit :
«Pendant le même temps, ma femme, en toute discrétion, est allée voir quelques trois cents hôpitaux, maternités, maisons de retraite, orphelinats, centres d’enfants
malades ou handicapés
».
- Il écrit aussi :
«La résidence du Président est naturellement le cadre de continuelles visites, invitations et cérémonies. Comme tout compte, s’il s’agit du prestige de l’État, je tiens pour important qu’à cet égard, les choses se passent avec ampleur et mesure, bonne grâce et dignité. C’est bien aussi ce que veut la maîtresse de maison, ma femme.»
- Il rapporte enfin la teneur de la réception au Vatican par Jean XXIII, qu’il termine ainsi :
«C’est à cela qu’il [le Pape] va consacrer son pontificat. Ma femme ayant été introduite, Jean XXIII nous bénit. Nous ne le reverrons plus264 (Cf. Famille)
N.B. Madame Yvonne De Gaulle ne fait pas partie des 76 pages de l’index (deux colonnes par page) des Mémoires telles que publiées par la Pléiade.

Femme (Épouse de. Dolto Françoise) : 1992. Dans l’Autoportrait d’une psychanalyste de Françoise Dolto [1908-1988], on lit cet échange qui a eu lieu entre elle et son mari, quinze jours avant sa mort, «un viatique d’amour» :
«Il m’a dit : «Alors, c’est vrai, tu ne m’as jamais trompé ?» C’était extraordinaire ! «Comment voulais-tu que je te croie ? Une femme comme toi ! Je ne t’arrivais pas à la cheville !». Et moi : «Mais, c’est moi qui ne t’arrivais pas à la cheville ! Tu ne te rends pas compte !» 265

Femme (Épouse de. Dreyfus Lucie) : 1894-1897. Voici quelques éléments de lettres adressées par Lucie Dreyfus [1869-1945] à son mari, Alfred Dreyfus [1859-1935] :
- 23 décembre 1894 : «Quel malheur, quelle torture, quelle ignominie ! Nous en sommes tous terrifiés, anéantis. Je sais comme tu es courageux, je t’admire. Tu est un malheureux martyr. Je t’en supplie, supporte encore vaillamment ces nouvelles tortures. Notre vie, notre fortune à tous sera sacrifiée à la recherche des coupables. Nous les trouverons, il le faut. Tu seras réhabilité.»
- 26 décembre 1894 : «Je te demande un immense sacrifice, celui de vivre pour moi, pour nos enfants, de lutter jusqu’à la réhabilitation.»
- 31 décembre 1894 : «Supporte vaillamment cette triste cérémonie [la dégradation], relève la tête et crie ton innocence, ton martyre à la face de tes exécuteurs
- 13 janvier 1895 : «Je suis fière de porter ton nom.» […]
- 22 janvier 1895 : Elle évoque «les efforts surhumains que nous faisons pour trouver dans notre pauvre intelligence la clé de l’énigme.» […]
- 27 janvier 1895 : «Nous n’aurons le droit de mourir que lorsque notre tâche sera accomplie, lorsque notre nom sera lavé de cette souillure.» […]
- 16 mars 1897 : «Puisque nous sommes malheureusement appelés à remplir un devoir sacré par respect pour notre nom, pour celui que porte nos enfants, élevons-nous à la hauteur de notre mission et ne nous abaissons pas à envisager toutes ces misères. Si nous sommes anéantis par la chagrin, ayons au moins la satisfaction du devoir accompli, raidissons-nous dans la tranquillité de notre conscience, et gardons toute notre énergie, toute notre force à mener à bien notre réhabilitation.» […]
- Dreyfus sera «réhabilité» le 22 juillet 1906. 266 (Cf. Justice. Procès)

Femme (Épouse de. Fillon Penelope) (1) : 1981. Concernant son épouse, Penelope Fillon, François Fillon, en 1981, auteur de :
«Lorsque je l’ai rencontrée, ma femme votait travailliste [en Grande-Bretagne]. J’ai du un peu l’influencer, elle est devenue proche du nouveau parti social-démocrate. [Avant que celui-ci ne fusionne avec les Libéraux britanniques’267

Femme (Épouse de. Fillon Penelope) (2) : 2017. Ségolène Royal défend Penelope Fillon, «une femme très digne, une mère de famille très respectable», «victime d’un dispositif qu’elle ignorait». 268 Ségolène Royal ne pouvait-elle pas dire aussi que Penelope Fillon est, plus simplement, d’abord victime de son mari ? (Cf. Droit, Femme «Politique». Ségolène Royal. Homme «Politique» Fillon François, Famille, Patriarcat)

Femme (Épouse de. Fillon Penelope) (3) : 2017. Lu dans Le Canard Enchainé (Journal de Penelope F.) : «Heureusement que je peux m’exprimer dans «Le Canard» ! Car pour le moment, il n’y a que François qui cause. Je ne peux même pas présenter mes excuses, ça devient gênant. God Dam ! Ce n’est pas parce que je m’appelle Penelope que je dois faire tapisserie ! Oui j’en ai gros sur la potatoe. Quant Ségolène dit de moi : Elle était victime d’un dispositif qu’elle ignorait manifestement», je passe pour une quiche. Et si j’osais le féminisme ?» 269
- L’humour du Canard. Mais la souffrance que doit vivre cette femme me terrifie. Et j’oubliais leur dernier fils de 15 ans, à l’école, avec ses copain-es. (Cf. Femme. Mère. Fillon Penelope)

Femme (Épouse de. Freud Martha) : 2006. Lu, dans un livre consacré à l’épouse de Freud (sans source citée), Martha Freud [1861-1951] :
«Elle ressent douloureusement le fait que son mari ait laissé quatre sœurs sous la menace nazie : Dolfi, Mitzi. Paula et Rosa. Elle ignore bien sûr que toutes quatre périront en déportation; malgré les efforts de Marie Bonaparte pour les faire sortir d’Autriche. Seule l’ainée, Anna… survivra à l’holocauste.» 270
- Et lui, leur frère, qu’a-t-il «ressenti»?
- Quant à Freud, délicat, il écrivit : «Le destin m’a été bon qui m’a octroyé la présence d’une telle femme. Je parle d’Anna (sa fille), bien sûr.» (Cf. «Sciences» sociales. Psychanalyse, Sigmund Freud)
* Ajout. 5 mai 2016. Pour mémoire, le titre réjouissant du livre de Françoise Xenakis, Zut, on a encore oublié Madame Freud, premier (et seul ?) livre à avoir réhabilité les épouses de… (Freud, Socrate, Hugo, Marx, Mahler) 271

Femme (Épouse de. Galese Marie de) : Marie de Galese [1864-1954], épouse de Gabriel d’Annunzio de 1883 à 1891, auteure de (au terme de sa vie) :
- «Lorsque j’ai épousé mon mari, j’ai cru épouser la poésie. J’aurais mieux fait d’acheter pour trois francs cinquante, chacun des volume de vers qu’il a publiés».
- «Si je lui ai fait, lorsque nous nous sommes rencontrés, une grande impression, c’est qu’avant moi, il n’avait connu que des femmes à cinq francs». 272 (Cf. Proxénétisme)

Femme (Épouse de. Gide Madeleine) (1) : Madeleine Rondeaux [1869-1951], bien des années avant qu’elle ait épousé André Gide [1869-1951], lui écrit :
«À un moment, j’ai eu le sentiment très vif et très triste que nous aurions dorénavant chacun des sentiers séparés quand il s’agit du but. Dieu veuille qu’il n’en soit jamais rien… J’ai été attristée, effrayée de sentir combien - plus que jamais - tu étais à toi-même ton seul but - ton seul souci - ton seul amour - qui t’envahit. André !» 273

Femme (Épouse de. Gide Madeleine) (2) : 1895. Au retour de leur voyage de noces [sans aucune relation sexuelle entre eux], dans le train, André Gide caressa les bras nus de trois écoliers qui s'amusaient à les lui tendre par la fenêtre du compartiment voisin, sous le regard même de Madeleine. Il écrit dans son Journal qu’il était «haletant, pantelant, goûtant de suppliciants délices.» Elle lui dira à l’arrivée à la gare : «Tu avais l'air ou d'un criminel ou d'un fou274

Femme (Épouse de. Gide Madeleine) (3) : 1918. Madeleine Gide [1869-1951], informée en 1918 des amours de son mari pour Marc Allégret [1900-1973], brûle toutes les lettres qu’il lui avait adressé jusqu’alors, provoquant chez Gide [1869-1951], un réel bouleversement.
- En réponse à l’une de ses lettres, elle lui avait alors écrit :
«André Cher, tu te méprends. Je n’ai pas de doutes sur ton affection. Et lors même que j’en aurais, je n’aurais pas à me plaindre. Ma part a été très belle. J’ai eu le meilleur de ton âme, la tendresse de ton enfance [Madeleine et André étaient cousin/cousine] et de ta jeunesse. Et je sais que, vivante ou morte, j’aurais l’âme de ta vieillesse. / J’ai toujours compris aussi tes besoins de déplacement et de liberté. Que de fois, dans tes moments de souffrances nerveuses, qui sont la rançon de ton génie, j’ai eu sur les lèvres de te dire : ‘Mais, pars, va, tu es libre, il n’y a point de porte à la cage où tu n’es pas retenu’. […]
Ce qui m’angoisse - et tu le sais sans te l’avouer - c’est la voie où tu t’es engagé, et qui te mènera à la perdition toi et les autres. Ne crois pas, là encore, que je te dise cela avec un sentiment de condamnation. Je te plains autant que je t’aime. C’est une terrible tentation qui s’est dressée devant toi et armée de toutes les séductions. Résister. / Adieu, au revoir. / Ta Madeleine’» 275

Femme (Épouse de. Gisserot Hélène) : 1986. Hélène Gisserot, concernant les conditions dans les quelles elle a été nommée, dans le gouvernement de Jacques Chirac, «déléguée à la condition féminine» se souvient :
«[…] Le décret du 4 avril 1986 indiquait que Philippe Séguin, ministre des Affaires sociales et de l'Emploi, recevait ‘les attributions précédemment dévolues au ministre des droits des femmes’, mais c'était tout. […]
C'est dans ce contexte qu'un mardi, fin mars ou début avril, à 13 heures, j'ai reçu un coup de téléphone de Philippe Séguin me demandant si j'acceptais de prendre la responsabilité de déléguée à la Condition féminine. J'ai eu un instant d'hésitation. J'allais demander, par prudence, quelques heures de réflexion, quand mon mari, qui était là, m'a dit : ‘Accepte’. Je n'ai même pas demandé le temps de réflexion nécessaire ! Peut-être était-ce de l'imprudence de ma part, mais aujourd'hui je me félicite de l'avoir fait.» 276 (Cf. Femme. Politique)

Femme (Épouse de. Gorbatchev Raïssa) : 1991. Raïssa Gorbatchev [1932-1999] lors d’un séjour avec son mari Mikhaïl Gorbatchev à Latché, dans la maison de campagne de M. et Madame Mitterrand, en présence de Christine Ockrent qui rapporte ses phrases, déclara :
« Il faut le ménager, vous savez, sans lui, ce serait le cahos, personne n’y a intérêt, personne.[…]
Il faut que la Perestroïka aboutisse, et après, nous pourrons, Mikhaïl et moi, peut-être dans une maison à nous, enfin vivre sans cette pression. Il faut qu’il puisse continuer son travail. La situation est terrible, chez nous. Trop de gens sont perdus et cherchent à se raccrocher à une autorité, n’importe laquelle, à un pouvoir fort. On sait bien que le fascisme naît dans ce lit-là, dans la misère, dans les promesses et dans le nationalisme. » 277

Femme (Épouse de. Gramsci Iulca, Giulia, Julca) : 1933. Antonio Gramsci [1891-1937] écrivit, le 27 février 1933, à sa belle sœur, Tania, la sœur de son épouse, Iulca, [Giulia, Julca], ceci :
«[…] Tu connais ma façon de penser : ce qui est écrit acquiert une valeur ‘morale’ et pratique, laquelle va bien au delà du simple fait d’être écrit, qui n’est cependant qu’une chose purement matérielle….Ma conclusion, pour résumer est la suivante : j’ai été condamné le 4 juin 1928 - mais il fut arrêté le 8 novembre 1926 - par le Tribunal spécial, c’est à dire par un collège bien défini d’hommes que l’on pourrait indiquer par leur nom, leur adresse et leur profession dans la vie civile. Mais cela est une erreur. Ce qui m’a condamné c’est un organisme beaucoup plus vaste, dont le Tribunal spécial n’a été que la manifestation extérieure et matérielle, qui a rédigé l’acte de condamnation légal.
Je dois dire que parmi ces ‘condamnateurs’, je crois et je suis même fermement convaincu qu’il y a eu aussi Iulca, inconsciemment, et une autre série de personnes moins inconscientes.
C’est du moins ma conviction, une conviction désormais ancrée en moi parce que c’est la seule qui explique une série de faits successifs et concordants. […]
Ne vas pas croire que mon affection pour Iulca ait diminué.
D’après ce que je peux en juger moi-même, elle me paraît avoir plutôt augmenté, du moins dans un certain sens. Je connais par expérience le milieu où elle vit, sa sensibilité et la façon dont un changement a pu intervenir en elle. […]
Il m’est arrivé de penser que toute ma vie a été une grande (grande pour moi) erreur, une énorme bévue. […]» 278
- L’épouse de Gramsci résidait en Russie où il se sont connus. Elle n’est revenue en Italie qu’une seule fois avec leur premier fils en 1925, puis repartit en Russie. Depuis la condamnation de son mari, ni elle, ni ses enfants n’ont revu leur mari et père, avant sa mort, en mai 1937. Il a pour sa part maintenu le contact pendant toutes ces années avec beaucoup de recherches de vérités, et beaucoup d’élégance. Quel rôle a joué la Russie soviétique, puis stalinienne ? Les historien-nes italien-nes ont sûrement la réponse. En tout état de cause, l’explication donnée par Sergi Caprioglio qui a co-traduit et présenté les Lettres de prison de Gramsci, n’est pas, en l’état, acceptable : «Elle rentra à Moscou en 1926 (à quelle date ?) et fut atteinte d’une grave maladie nerveuse qui l’empêcha de retourner en Italie pour revoir son mari.» (p.10)
- Dans Wikipedia, elle n’est pas citée ; elle n’existe pas.

Femme (Épouse de. Groult Benoîte) : 2016. Dans les chroniques nécrologiques qui ont paru à la mort de Benoîte Groult [1920-2016], on lit dans Le Monde :
- «Paul Guimard et Benoîte Groult furent des proches de François Mitterrand.» 279
On lit, dans Libération [après avoir évoqué son mari, Paul Guimard «un écrivain à succès et proche de Mitterrand dont il fut brièvement le conseiller en 1981]» :
- «[…] Mitterrand, elle le connut bien, elle aussi - entre les parties de pêche en Irlande et les grandes tablées - il fut un ami fidèle et un amant passager.» 280

Femme (Épouse de. Guérin Marie) : 2017. Daniel Guérin [1904-1988] épouse en 1934 Marie Fortwängler [?-1974], militante communiste lorsqu’il la connut.
Elle n’apprendra, de nombreuses années après son mariage, aux alentours de 1968, qu’il était «bi-sexuel», comme il se nomme lui-même.
Leur fille, Anne, née en 1936, écrit :
«S’il ne cohabite plus depuis des lustres avec sa femme, ils restent profondément attachés l’un à l’autre, sans toujours bien s’entendre. Marie milite avec lui dans des organisations libertaires. Daniel l’entoure de ses soins. La mort de Marie en 1979 le laisse désemparé.» 281
- Wikipédia ne la nomme même pas. Il ne fut donc pas même, pour Wikipédia, père…[mai 2017]

Femme (Épouse de. Guilloux Renée) : 1997. Mona Ozouf se remémore l’épouse de Louis Guilloux [1899-1980], Renée Tricoire [?- ?] «qui avait été, pour [elle] en quatrième, à Saint Brieuc, un éblouissant professeur dont les explications d’Iphigénie [lui] restent encore très présentes.» 282
- La biographie de Louis Guilloux, telle que présentée par La société des amis de Louis Guilloux, ne fait référence la concernant qu’en donnant la date de leur mariage 1924, à Toulouse.
* Ajout. 22 décembre 2017. Je lis dans la Correspondance Jean Guéhenno-Louis Guilloux à la suite d’une note évoquant l’adresse des «beaux-parents de Louis Guilloux» : «Il a épousé René Tricoire en août 1924.»
- Elle est évoquée, dans une lettre (de mi-septembre 1928 ?) ainsi :
«Ma femme est nommée à Angers, où nous serons avant le premier octobre. Nous sommes ravis. Belle ville. Excellent climat pour moi, etc… Nous déménageons. Il est possible que nous ayons une maison toute de suite. Cela retarde un peu Proudhon. […] Écris […] à l’École normale de filles d’Angers à l’adresse de ma femme283

Femme (Épouse de. Hegel Maria) : 1811. Maria Hegel [1791-1855], nouvellement mariée, écrivait, le 13 juillet 1811, entre les lignes, d’une lettre de Hegel à Caroline Paulus :
«Hegel est aussi de ces gens dépourvus d’espoir qui n’attendent rien, qui ne désirent rien», puis rappelle, à six reprises, toujours écrit entre les lignes, que bien que non nommée par lui, elle existe. Enfin elle ajoute dans un post-scriptum :
«...Aussi longuement que s’étende mon seigneur et maitre dans son épitre, et aussi humble que soit le petit coin qu’il m’assigne, je sais que la bonne Caroline Paulus ne me perd pas du regard. J’ai déjà auparavant élevé ma petite voix pendant le discours de mon maître, mais, à chaque fois, je ne me suis de nouveau respectueusement tue, quoi que j’eusse volontiers confirmé encore plus longuement bien des choses […]» 284
- Huit ans plus tard, elle écrit, dans un post-scriptum d’une lettre de Hegel Î1770-1831] à Niethammer, en date du 26 mars 1819 de : «Je vois mon Hegel satisfait de son métier, gai avec moi et avec les enfants et apprécié à sa valeur - ce qui vaut mieux que tout pour une bonne épouse285 Domestiquée ?
- On peut lire aussi, toujours dans sa Correspondance, deux poèmes d’amour qu’Hegel, fiancé, lui a adressée en 1811. 286

Femme (Épouse de. Hitchcock Alma) : Alma Revile [1899-1989], scénariste, monteuse, assistante - elle travaillait dans le cinéma bien avant de connaître Alfred Hitchcock, et alors qu’il n’était qu’au début de sa carrière.
- Il déclara après leur mariage : «En bon Britannique, je ne pouvais pas supporter l'idée qu'une femme occupe des fonctions supérieures aux miennes».
- Lorsqu’il reçu un prix pour l’ensemble de son œuvre, il a tenu à mentionner «quatre personnes» particulièrement précieuses pour lui : «La première est monteuse, la deuxième scénariste, la troisième est la mère de ma fille, Pat, et la quatrième est une merveilleuse cuisinière qui fait toujours des miracles. Elles se nomment Alma Reville.» 287
- On lit dans Wikipédia qu’elle «apparaît aux génériques des films de son mari, et à l’occasion d’autres réalisateurs», qu’elle est «la scénariste attitrée de plusieurs œuvres de son mari» mais, après Le grand alibi [1950] qu’«elle ne sera plus créditée au générique des films qu’il réalise.»
- Dans le film Truffaut-Hitchcock, on entend : «Hitchcock n’a jamais fait un film sans consulter sa femme.» 288
- Qui saura jamais ce que les films d’Hitchcock lui doivent ?

Femme (Épouse de. Hugo Adèle) : 1868. Victor Hugo [1802-1885] fit graver sur la tombe de son épouse Adèle [1803-1868] (à l’enterrement de laquelle, il ne put, exilé, assister) : «Adèle, Femme de Victor Hugo». 289 (Cf. Famille. Mariage)

Femme (Épouse de. Janin Adèle) : 1973. Adèle Janin [1820-1976], épouse de Jules Janin [1804-1874] reçut de son mari 735 lettres pendant leur trente-trois ans de mariage. On lit dans la présentation de la publication intégrale des lettres de Jules Janin par Monsieur et Madame Mergier-Bourdex (2500 pages, 3 tomes) ceci :
«On pourrait également regretter de n’avoir pas les réponses de Mme Janin, mais les quelques lettres d’elle que nous possédons ne présentent aucun intérêt, d’autant plus qu’elles ne sont jamais datées et qu’aucun fait saillant ne permet de le faire.»
- Adèle Janin, «légataire universelle» de son mari, dans son testament de 1874, légua «à l’Académie française tous les ouvrages composant la bibliothèque de Monsieur Jules Janin, mon bien aimé mari et comprenant ses autographes […].» 290 (Cf. Langage. Académie française, Femmes ‘Comment les faire disparaître’)

Femme (Épouse de. Juppé Isabelle) : Bruno Lemaire, dans son livre Jours de pouvoir, écrit à la date du 1er décembre 2010 :
«  Déjeuner avec Alain Juppé à l’hôtel de Brienne. Le jugement de sa femme Isabelle le conforte dans son choix de retourner au gouvernement : ‘Isabelle trouve que je n’ai jamais été si détendu, donc, c’est que ce ça doit être bien’. » 291

Femme (Épouse de. Kroupskaïa Nadejda) (1) : 1930. 1898. Dans le livre de Nadeja Kroupskaïa [1869-1939] épouse de Lénine [1870-1924], Souvenirs sur Lénine, la nature de leurs relations est à peine évoquée. 292
- Une petite indication la concernant : Le 14 octobre 1898, dans une lettre adressée à la mère de Lénine, Maria Alexandrovna Oulianova, celle-ci écrit :
«Volodia (Lénine) se demande toujours où je trouve la matière pour d’aussi longues lettres ; mais lui, dans ses lettres, ne parle que de choses ayant un intérêt pour toute l’humanité, tandis que moi je raconte toutes choses sans importance.» 293

Femme (Épouse de. Kroupskaïa Nadejda) (2) : Concernant Nadejda Kroupskaïa [1869-1939], épouse de Lénine [1870-1924], je lis sur Wikipédia :
«Ses cendres reposent à Moscou, au pied du Kremlin, sur la place Rouge, à côté du mausolée de Lénine.» 294 Selon que vous serez mari ou femme…

Femme (Épouse de. Laclos Marie-Soulange de) : Marie-Solange Duppéré ]1759-1932]. Lu : «Laclos [1741-1803] n’épousa ni une marquise de Merteuil, ni une Cécile de Volanges, mais Marie-Solange Dupperé, fille d’un fonctionnaire, receveur des tailles à La Rochelle. Ils vécurent fort pauvrement, eurent trois enfants et ne cessèrent jamais de s’aimer tendrement295
- De nombreuses lettres sont publiées dans le livre d’Emile Dard, consacré au général Laclos. 296, ainsi que dans le volume de la Pléiade des Œuvres complètes [1979] de Laclos. (Cf. Homme. Féminisme. Laclos Choderlos de)

Femme (Épouse de. Lévi Strauss Dina) : Dina Lévi-Strauss [1911-1999]. Dans le film consacré par Arte, en 2016, à Claude Lévi-Strauss, le film de 1935-1936 réalisé dans l’État de Matogrosso (son intitulé) était présenté comme ayant comme auteur(s)e les «Professeurs Dina et Claude Lévi-Strauss». Les photos qui en furent ultérieurement montrées n’étaient pourtant plus formellement signées - chacune pour leur part - qu’étant celles de «Claude Lévi-Strauss». 297
- Je lis ultérieurement par ailleurs sur Wikipédia :
«En 1937, des objets collectionnés auprès des Bororo sont montrés à Paris dans une exposition dont le titre «Indiens du Mato-Grosso (Mission Claude et Dina Lévi-Strauss)» reconnaissait la contribution scientifique des époux. Pourtant, après leur séparation, Dina ne publiera plus rien en ethnologie, et sa contribution aux recherches de terrain, les seules que Claude ait jamais entreprises, sera largement oubliée. Dans Tristes Tropiques, Claude Lévi-Strauss ne mentionne son ex-compagne qu'une seule fois, pour son départ de l'expédition ; dans son album Saudades do Bresil il exclut toutes les photographies qui la représentent. Ce n'est qu'en 2001 que paraissent enfin des documents photographiques de l'expédition attestant le travail de terrain de Dina.» (Cf. «Sciences» sociales. Ethnologie, Patriarcat)

Femme (Épouse de. Linder Ninette) : Je lis sur Wikipédia concernant l’épouse de Max Linder, Ninette Linder [1883-1925] :
« […] En 1921, il rencontre une jeune fille mineure de 16 ans, Ninette Peters, dans un palace de Chamonix où il se repose. Sa mère refusant la demande en mariage, il enlève la jeune femme et l'emmène à Monte-Carlo. La mère cède à sa demande à la suite du scandale médiatique qu'il a soulevé : le 23 août 1923, il l'épouse à l’église Saint Honoré d’Eylau à Paris. Le 23 février 1924, rongé par la jalousie envers sa femme, il s'empoisonne au Gardénal mais est sauvé à temps. En juillet 1924 naît leur fille Maud, dite Josette, qui sera recueillie par ses grands-parents maternels. […] Il abandonne brusquement tous ses projets, en proie à des crises de jalousie de plus en plus fréquentes. À l'âge de 41 ans, le 31 octobre 1925, il se suicide dans sa chambre d'hôtel (le Baltimore, avenue Kléber à Paris). On le retrouve aux côtés de son épouse, âgée de 20 ans, morte elle aussi, leurs artères du poignet gauche sectionnées. Tous deux meurent plus tard dans la soirée de la suite de leurs blessures.»
On lit ensuite : «Mathilde Peters, la belle-mère de Max, par la menace d’un procès envers Maurice [frère de Max Linder] obtient la garde de Maud mais la famille Leuville [nom de famille de Max Linder] se dispute pendant des années, par procès interposé, la garde de l'orpheline légataire pour s'emparer de la fortune de son père.» 298 (Cf. Femme. Remarquable. Linder Maud, Homme Remarquable. Zweig Stefan)

Femme (Épouse de. Littré Pauline) : [ ?- ?] Sait-on que l’immense travail effectué par Émile Littré concernant son magistral Dictionnaire, le fut aussi avec l’aide de son épouse et de sa fille Sophie ? 299 On lit, signée de lui, la lettre suivante [juillet 1854] après que M. Hachette lui ai proposé d’«accepter un ou plusieurs associés qui soulagerait le poids d’une aussi lourde tâche» :
«Mon cher Hachette, J’ai, comme tu le penses bien, beaucoup réfléchi à ce dont nous avons parlé à Plessis-Piquet […] Or, le résultat de toutes mes réflexions a été que le secours que tu mets à ma disposition ne peut pas m’être fort utile tel qu’il se présente d’après notre conversation avec M. Beaujon. Il n’a peut-être pas tout le temps nécessaire à me donner ; mais surtout j’ai besoin de quelqu’un qui soit perpétuellement à ma disposition et dont je puisse user sans aucun scrupule pour toute sorte de menus détails. Or, avec la personne que j’ai vue chez toi, je n’aurais ni ces facilités, ni cette liberté. Si ce travail lui offrait de l’intérêt en quelques parties, en d’autres, ce ne serait qu’affaire de manœuvre.
Je reviens donc à la proposition dont je t’ai parlé.
Ma femme et ma fille sont disposées à m’aider dans ce travail qui ne leur déplait pas. Elles pourront me donner chacune deux heures et demi à trois heures, ce qui fera six heures par jour. Cela, je crois est suffisant.
Tu mettrais un millier de francs à ma disposition par an pour le temps que durera l’impression ; et je t’en rendrai compte. Dans tous les cas, si, après essai, la chose n’allait pas, nous seront toujours à temps de recourir à une aide extérieure. […]
Ton vieil ami. E. Littré»
- «Finalement Littré dû céder (à l’insistance de Hachette). Hachette accepta de payer 1.220 francs pour l’aide de Madame et mademoiselle Littré. Mais trois collaborateurs ; Beaujon, Jullien et Sommers furent engagés».
- On peut noter que le paragraphe dans lequel j’ai puisé ces informations s’intitule : La passion du travail solitaire.

Femme (Épouse de. Macron Brigitte) : 2013. Laurence Masurel, journaliste à Paris Match, auteure d’un livre intitulé La France est ingouvernable l’adresse à Brigitte Macron qui lui réponds en ces termes :
«Je vous remercie infiniment pour votre message d’encouragement [non reproduit] et pour votre livre ‘la France est ingouvernable’ mais, vous le savez, nous sommes prêts à relever tous les défis.» 300
- Le Canard enchaîné évoque un «nous» royal qui vaut son pesant de modestie.
Un «Nous» de couple eut été plus approprié ?
À moins d’évoquer un exécutif bicéphale ?

Femme (Épouse de. Maitron Marcelle) : 1997. Dans une présentation de la carrière de Françoise Maitron-Davydoff, fille de Jean Maitron [1910-1987] et de Marcelle Maitron [1911-2003], je lis que Marcelle Maitron «a toujours secondé son mari dans ses travaux. ‘Ils donnaient l’image d’un couple très uni, qui partageait toutes les tâches’.» Y compris celles concernant la rédaction du Maitron ? Qu’en disent les rédacteurs du Maitron ? 301
- La réponse : Dans la présentation, rédigée par Claude Pennetier, de Jean Maitron, dans le Dictionnaire biographique Mouvement ouvrier, mouvement social, je lis :
«Son épouse, Marcelle Maitron, resta attachée à l’œuvre de Jean Maitron et en facilita les prolongements. Elle mourut le 2 décembre 2003 à Fresnes, chez sa fille Françoise302 C’est tout.

Femme (Épouse de. Malraux Clara) (1) : 1996. Clara Malraux [1897-1982], se remémorant ses Vingt ans et sa vie d’alors avec André Malraux [1901-1976], auteure de :
«[…] Un jour, ce sera pire, pour moi, du moins. Un jour, je ne le sais pas encore, je serais juive, un jour, je serai l’ex-épouse d’un homme puissant, et ce sera une autre façon d’être solidement embêtée303

Femme (Épouse de. Malraux Clara) (2) : 2016. Dans la longue présentation faite sur Wikipédia d’André Malraux [1901-1976], aucun écrit de Clara Malraux n’est cité. La concernant, il n’est fait référence qu’à un livre de Dominique Bona intitulé : Clara Malraux. Nous avons été deux. [2010] (Cf. Culture. Patriarcale)

Femme (Épouse de. Michelet Athénaïs) : 1898. 1899. Athénaïs Michelet [1826-1899], concernant son grand homme de mari, auteure de :
«[…] J’étais tout pour lui, et lui, tout pour moi, oh, nous nous sommes bien aimés, mais il y avait dans mon amour beaucoup de maternité. L’homme a besoin de retrouver dans l’épouse les soins de la mère qui a ouaté de tendresses douces l’enfance, endormi les douleurs sous ses baisers, séché ses pleurs sous ses caresses. Que de fois, je me suis surprise appelant Michelet : «mon fils, mon enfant» et dans ces moments là, il me semblait vraiment qu’il était l’être de ma chair, le petit sorti de mes entrailles. Les étrangers étaient étonnés, et des yeux cherchaient le fils, l’enfant à qui je m’adressais.»
- La même écrivait aussi : «Je ne suis que par lui, je ne vis que pour lui, rien de ce qui n’est Lui ne me touche304
- Ses Mémoires d’une enfant [1867] qui expriment «l’itinéraire d’une enfant mal aimée [est] un témoignage rare [et bouleversant] - sur la solitude et les angoisses de l’enfance.» 305

Femme (Épouse de Montaigne) : L’épouse de Montaigne [1533-1592], Françoise de la Chassaigne [1545-1602], mariée à 20 ans, donna naissance à six filles, dont cinq moururent en bas âge [à deux mois, sept semaines, trois mois, un mois, quelques jours]. Seule Lénor survécut.
- Philippe Ariès [1914-1984] pour sa part, écrit (sans source. Dans Les essais ?) que «Montaigne était incapable d’établir le compte exact de ses enfants et de toutes les couches de sa femme306

Femme (Épouse de. Pasteur Louis (Prénom inconnu) : [?- ?] Pour le biographe de Louis Pasteur, René Vallery-Radot, «Madame Pasteur sut, dès les premiers jours, non seulement admettre, mais approuver que le laboratoire passât avant tout.» 307

Femme (Épouse de Péguy Charles) (1) : 1914. Isabelle Rivière [1889-1971] écrit à Jacques Rivière [1886-1925], prisonnier en Allemagne, le 28 octobre 1914 : «Le pauvre Péguy [1873-1914] a été tué [le 5 septembre 1014], sa femme attend un quatrième enfant, elle est dans la misère308

Femme (Épouse de. Péguy Charles) (2) : 1919. Dans le livre de textes de Charles Péguy [1873-1914] de Romain Vaissermann, intitulé L’écrivain et le politique, on lit, à la date du 25 février 1919 :
«Par jugement du tribunal civil de la Seine, la Nation adopte les enfants mineurs de Charles Péguy, à savoir Germaine, Pierre et Charles- Pierre
Préalablement, la seule information, la concernant, à la date du 28 octobre 1897, est la suivante : «Mariage civil avec Charlotte Françoise Baudoin, âgée de 18 ans, mairie du Vème arrondissement (Témoins : Paul Collier, Georges Weulersse ; Charles Abel Baudoin, Albert Lévy)». 309 (Cf. Enfants, Famille)

Femme (Épouse de. Pompidou Claude) : 1997. Claude Pompidou [1912-2007], auteure de :
«[…] Pour moi, je m’adaptais. J’ai toujours fait une confiance absolue à mon mari et je n’ai jamais discuté ses choix, ni ses décisions même si je n’étais pas toujours emballée.» Et de :
«De toutes manières, il s’agissait de son choix et il ne m’appartenait pas de m’en mêler. Je peux être aussi soumise qu’indépendante, disons… une indépendante soumise ! Et en cette circonstance [nomination de son mari à la Banque Rothschild], et comme toujours, je lui fis confiance.» 310

Femme (Épouse de. Quinet Hermione) : 1869. Madame Edgard Quinet [? -?], auteure en 1869 de :
«Heureuse de me rendre utile aux travaux de mon mari, écrivant pour lui toute la journée dans une petite chambre au-dessus de la sienne, vers deux heures, j’entendais le bruit de ses pas ; c’était le signal de la réunion. Puis, après la visite des amis, la promenade, on se retrouvait seuls, au coin du feu. […]
Maint disciple fidèle enviait celle qui entendait chaque soir dans l’intimité ces paroles qui ne retentissaient plus devant l’auditoire du Collège de France, ni à la tribune. Ah ! du moins, elle les conservait religieusement. Comme l’abeille qui dépose le miel des fleurs dans l’alvéole, chaque jour, la compagne de l’exil renfermait dans une page intime les pensées recueillies dans les entretiens du maître chéri. Depuis 17 ans, j’amasse pieusement ces pensées, pour les restituer un jour aux amis lointains, surtout pour en nourrir éternellement mon âme. Si je n’ai pu conserver à ces entretiens leur forme, les mots textuels, du moins suis-je sûre d’en avoir gardé le véritable esprit, l’inspiration. […]
Renfermant mon horizon dans la pensée et les travaux de mon mari, l’exil ne me paraissait nullement comme une épreuve ; la vie n’était pas une science, mais une félicité. […]
Je n’étais nullement pressée de voir terminer une œuvre à qui nous devions tant de nobles illusions à défaut de bonheur public. Assez de luttes et d’âpres pensées venaient arracher l’auteur à cet abri de paix. Mon humble tâche consistait à mettre au net les chapitres achevés, et quand j’avais rempli chaque matin de mon écriture une vingtaine de pages, mon esprit et mon cœur étaient pleins de délices ; je me réjouissais en songeant que le lendemain serait un jour semblable. […]
Cette vie active et idéale était mon bonheur. Marchant sur les traces du guide, le disciple glanait les épis qu’on lui abandonnait. Une tâche chérie lui était réservée. Le maître lui demandait son appréciation sur chacun des livres dans des notes critiques. […]
Aux fonctions de critique et de secrétaire, se joignent celle de copiste. Vivant si loin de l’imprimerie, ne recevant qu’une seule épreuve ou deux tout au plus, l’auteur est tenu d’envoyer un manuscrit irréprochable. [...]
En prévision de la perte d’un manuscrit envoyé à Paris, il faut, le plus souvent, double copie. Si on s’amusait à additionner les milliers de pages recopiées depuis seize ans pour chacun des vingt ouvrages publiés en exil, on arriverait à consommation formidable de bouteilles d’encre et de rames de papier, ou plutôt de ballots. […]
Je reçus une lettre où l’on me demandait une biographie d’Edgar Quinet, des notes sur ses ouvrages ; on préférait s’adresser à moi, sachant qu’il éprouvait une grande répugnance à parler de lui-même. Dans la situation faite aux proscrits, j’ai cru qu’il m’était permis de résumer les livres et la vie de mon mari. Vraiment, il est trop dur de brimer toujours son cœur et sa pensée. Voilà pourquoi aujourd’hui encore j’écris ces pages, comme si elles ne paraissaient pas de mon vivant. L’exil n’est-il pas frère de la mort ? […]
Les œuvres complètes de mon mari étaient enfin réimprimées. Je les avais maintenant sous les yeux, rangés sur ma petite table ; c’était ma bibliothèque à moi, mes auteurs favoris, le trésor et l’ornement de mon sanctuaire. Aujourd’hui encore, en les regardant, une pensée m’attriste ; la dirais-je à haute voix ? (même nos bienveillants amis vont sourire) ‘O mes livres chéris ! que ne puis-je vous emporter avec moi au delà de cette vie !’». 311

Femme (Épouse de. Reagan Nancy) : 1990. Nancy Reagan [1921-1989], auteure de : «Ronnie est un homme affable et sociable qui a plaisir à se trouver avec des gens mais, contrairement à la plupart d’entre nous, leur compagnie ou leur approbation ne lui sont pas indispensables. Comme il me l’a dit lui-même, il semble n’avoir besoin que d’une personne : moi.» 312

Femme (Épouse de. Régnier de Marie) : 2003. Je lis dans le Journal en public de Maurice Nadeau (janvier 2003) concernant l’épouse de Henri de Régnier [1864-1936], que celle-ci, Marie de Régnier [1875-1963] avait, après sa mort, déposé à la Bibliothèque Nationale sept Carnets de son mari «qu’il n’avait jamais eu l’intention de publier.» La suite :
«Mais la veuve, les avait même un peu caviardés, obligée qu’elle était de céder au chantage du secrétaire de Pierre Louÿs [1870-1925], détenteur après la mort de son patron d’une correspondance […] révélée il y a quelques mois. Marie de Régnier ne tenait pas à ce qu’on sache comment à peine mariée, vendue en somme par son père, le poète et joueur malheureux José Maria de Héradia, au plus offrant, elle devint la maitresse, photos à l’appui, dudit Pierre Louÿs et comment elle s’était fait faire par lui en enfant [grossièreté respectée] dont Henri de Régnier assurait la paternité313 (Cf., Femmes. Veuves)

Femme (Épouse de. Rocard Michèle) : 1987. Michèle Rocard écrit dans un livre où, à 45 ans, en 1987, elle raconte sa vie en ce qu’elle est notamment liée à celle de son mari Michel Rocard [1930-2016] et de leurs deux enfants, auteure de :
«Mes opinions politiques ne sont pas un mystère ; elles sont ce que me dicte ma totale solidarité avec Michel.»
- Elle intitule aussi l’un chapitre de son livre : «Le plus important des deux est bien celui qu’on pense». 314 Pour justifier qui ? Pour justifier quoi ? Pour [se] protéger [de] qui ? Pour [se] protéger [de] quoi ? (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Question / Réponse)

Femme (Épouse de. Roland Madame) : 1793. Concernant Madame Roland [1754-1793], le Comte Beugnot écrivit, en 1793 :
«Elle me disait, en me parlant de l’union des cœurs vertueux, en vantant l’énergie qu’elle inspire : ‘La froideur des Français m’étonne. Si j’avais été libre et qu’on eût conduit mon mari au supplice, je me serais poignardée aux pieds de l’échafaud ; et je suis persuadée que, quand Roland apprendre ma mort, il se percera le cœur’. Elle ne se trompait pas.»
- Note : Madame Roland fut guillotinée le 8 novembre 1793 ; son mari, alors en liberté près de Rouen, se suicida le 10 novembre. 315 (Cf. «Sciences» sociales. Histoire. Révolution française. Roland Madame)

Femme (Épouse de. Rolland Maria) : Maria Koudatcheva [1895-1985], seconde épouse de Romain Rolland [1866-1944] - le mariage eut lieu en 1934 - fut, selon Victor Serge [1890-1947], une agente du Guépéou. 316
* Ajout. 1er Septembre 2016. On peut lire, la concernant, une notice biographique circonstanciée dans l’édition établie par Jean Lacoste du Journal de Vézelay.1938-1944 de Romain Rolland. 317 (Cf. Penser. Pensée. «Atténuée»)

Femme (Épouse de. Roosevelt Eleanor) : 2014. Eleanor Roosevelt [1884-1962], auteure, au terme de sa vie de :
«Tous les êtres humains ont des failles, tous les êtres humains ont des besoins, des tentations, des émotions. Les hommes et les femmes qui vivent de longues années côte à côte apprennent à connaître leurs faiblesses respectives, mais aussi ce qui les rend dignes de respect et d’admiration. […]
Il (Franklin Roosevelt) aurait pu être plus heureux avec une épouse dépourvue de sens critique. Ce que je n’ai jamais été capable d’être, il lui fallu le trouver chez d’autres…» 318 (Cf. Femme Remarquable. Femme. Mère)

Femme (Épouse de. Ruiz Raoul. Valeria Samento) : Valeria Samento [1941-2011], auteure de :
«J’ai monté autour de 70 films de Raoul (sur 120), plus de la moitié. Pour Raoul, c’était beaucoup plus facile de faire le montage avec moi, parce que, le soir, dès fois, il se rappelait des choses : il me disait : ‘Fais ça, ça, ça, ça, ça…’. Je pouvais arriver tôt dans la table de montage et changer beaucoup de choses. Donc c’était très commode pour lui de m’avoir à côté (rires) pour faire le montage. Mais c’est comme ça…c’était notre échange. Il écrivait le scénario pour moi ou on écrivait ensemble le scénario et je faisais le montage de ce film.…
Je suis réalisatrice et monteuse. J’essayais toujours de faire mes films aussi à côté. Donc, c’était me laisser une espèce de parcelle de liberté. Si j’avais un tournage, je partais. S’il avait un tournage, il partait. Mais toujours, c’était des contacts par téléphone, tous, tous, tous les jours. Et on essayait toujours de se voir, même pendant un tournage, s’échapper un week-end…Nous avons passé ensemble plus de 40 années, 42…» 319
* Ajout. 4 mai 2016. 2016. Dans Le Monde Diplomatique de mai 2016, une quasi pleine page est consacrée à Raoul Ruiz : aucune référence n’est faite à Valeria Samento. Et on l’on peut même lire :
«[…] Ruiz restera celui qui s’est débrouillé, pendant toute son existence, pour parvenir à faire du cinéma tout le temps.» 320 (Cf. Culture. Cinéma)

Femme (Épouse de. Soljenitsyne Natalia) : 1940.1956. Le 27 avril 1940, mariage d’Alexandre Soljenitsyne et de Natalia Alexeïevna Rechetovskaïa. Le 7 juillet 1945, son mari ayant été condamné à huit ans de prison pour activités ‘contre révolutionnaires’, elle est renvoyée en 1948 de l’Université de Moscou, et doit divorcer en 1952 en tant qu’épouse d’un ‘ennemi du peuple’ afin de retrouver un emploi. Alexandre Soljenitsyne, ayant été réhabilité en 1956, il et elle se remarieront le 2 février 1957. En 1972, ils divorceront à nouveau.
- Je lis dans le livre de Nina et Jean Kéhayan, Rue du prolétaire rouge [1978] qui vivaient à Moscou lors de la dénonciation de Soljenitsyne :
«Pendant des semaines, tout ce que l’Union soviétique comptait de journaux, de stations de radio et de télévision s’est mobilisé pour faire la preuve de la malfaisance d’un homme. […] L’agence de presse Novosti retrouva même sa première femme et lui tint la plume pour la rédaction de ses mémoires. […] La mobilisation était totale. […]» 321

Femme (Épouse de. Tirole Nathalie) : 2017. Nathalie Tirole déclara en Suède à un journaliste après l’attribution à son mari, Jean Tirole, du prix Nobel de sciences économiques :
J’ai beaucoup investi dans mon mari. Là, c’est le retour sur investissement.
Et Bernard Cassen du Monde Diplomatique, qui cite cette phrase, poursuit : «On a connu des visions plus poétiques des relations de couple. Madame donnait ainsi raison à Karl Marx [1818-1883] : l’auteur, avec Friedrich Engels [1820-1895], du Manifeste Communiste [1848] disait de la bourgeoisie qu’elle avait noyé toute sentimentalité dans ‘les eaux glacés du calcul égoïste’»… 322 (Cf. Homme. Modeste, «Sciences» sociales. Économie)

Femme (Épouse de. Tocqueville Marie de) (1) : 1843. [1799-1864, née sous le nom de Marie Mottley]
Alexis de Tocqueville [1805-1859] écrit à Louis de Kergolay, l’un des ses meilleurs amis, le 27 septembre 1843 concernant Marie, qu’il «a trouvé dans un état d’exaspération véritablement désespérant» :
«[…] Écris nous souvent à moi et à Marie à laquelle tes lettres font du bien. Tu es le seul homme qui ait quelque influence sur elle. Encore, est-ce limité. Car elle a un de ces esprits qui ne cèdent que par l’effet de leur propre volonté et qui ne puisent guère qu’en eux seuls les principes et les motifs de cette volonté.» 323
Quel hommage !

Femme (Épouse de. Tocqueville Marie de) (2) : 1843. Marie de Tocqueville, souvent ‘trompée’ par son mari, bouleversée de ses infidélités [«Le moindre écart de ma part lui parait le dernier et le plus affreux des malheurs»], Louis de Kergolay [1804-1880] accepta de jouer le rôle d’intermédiaire entre eux deux. Il avait tenté, le 30 août 1843, de lui prêcher l’indulgence, sur le fondement de cet argument :
«Je vous dirais sans hésitation que vous confondez toujours deux choses, l’infidélité des mauvaises habitudes et l’infidélité du cœur. Vous raisonnez sur les mœurs des hommes avec les sensations d’une femme.» 324 (Cf. Politique. État, Loi, Morale, Patriarcat, Tocqueville Alexis de, Vie-dite-privée)

Femme (Épouse de. Tolstoï Sophie) : Il aura fallu, en France, attendre 1980 pour la publication du Journal intime de Sophie Tolstoï [1844-1919], pour enfin connaître cette femme exceptionnelle et détruire les mensongères accusations dont elle a été, toute sa vie et bien après sa mort, l’objet. Soit environ un siècle. Le prix à payer pour que soient connues les femmes dont la vie détruise le mythe des ‘grands hommes’ ? 325
* Ajout. 13 juin 2017. Je lis dans Les passions d’Henri Guillemin [1903-1992] :
«Le 28 octobre 1910, Tolstoï accomplit l’acte qui lui a posé problème depuis près de trente ans [quitter après 48 ans de vie conjugale, sa femme et sa résidence d’Iasnaïa Polonia, et mourir dans une petite gare de la ligne Moscou-Rostov]. Non seulement sa femme Sophie ne l’a pas suivi dans son évolution morale, mais […]» 326 (Cf. Histoire. Historiographie Patriarcale)

Femme (Épouse de. Trotsky. Natalia Ivanova) (1) : 1942. Deux ans après l’assassinat de Trotsky (le 21 août 1940), Victor Serge [1890-1947] rencontre, en janvier 1942, Natalia Ivanovna [1882-1962], son épouse, dorénavant veuve :
«Pauvre femme, toute menue, vêtue de laine grise dont la souffrance a ravagé le visage. Elle semble tout le temps sur le point d’éclater en sanglots, mais les sanglots même de sont éteints, elle vit ainsi – ombre. Elle a un très bon regard, on la sent très droite et très bonne.»
Puis, il évoque des désaccords politiques entre eux et écrit :
«Nous aurions trop à répondre et il est évident que, fidèle à la mémoire du Vieux (Trotsky) jusque dans l’erreur, cela ne servirait qu’à la peiner. […]» Il conclut enfin : «Nous nous quittons amicalement, sans pouvoir conclure. Nous avons passé une triste heure de crépuscule à discuter avec l’ombre inquiétante du Vieux.» 327

Femme (Épouse de. Trotsky. Natalia Ivanova) (2) : 1942. Dans les mêmes Carnets de Victor Serge, lit plus loin l’appréciation qu’Alice Rühle [1894-1943], épouse d‘Otto Rühle [1874-1943], psychanalyste adlérienne, écrivaine et militante féministe porte sur l’épouse de Trotsky : à savoir qu’elle lui «trouve meilleure mine maintenant que du vivant de Vieux» mais aussi «qu’elle était totalement inhibée par la puissante personnalité du Vieux. Silencieuse, effacée, n’intervenant jamais en rien… Elle est beaucoup plus vivante aujourd’hui.» 328[…] (Cf. Femme. Veuve)

Femme (Épouse de Trotsky. Natalia Ivanova) (3) : 1949. Une lettre de Cornelius Castoriadis [1922-1997] du 18 mai 1949, que celui-ci adressa à Natalia Ivanovna [1882-1962] dévoile son rôle politique et /ou la déférence qui serait due à la-veuve-du-grand-homme :
«Le courage moral et la clairvoyance avec lesquels vous avez pris plusieurs fois position contre l’opportunisme et la direction actuelle de la IVème internationale (Trotskyste) nous font attribuer une importance exceptionnelle à vos appréciations et nous permettent d’espérer que nous aurons votre soutien dans notre lutte (celle de Socialisme ou Barbarie).» 329

Femme (Épouse de Verlaine. Mathilde) : 1951. Concernant Madame Mathilde Verlaine [Née sous le nom de Mathilde Meauté. 1853- ?], épouse de Paul Verlaine [1844-1896], on lit dans les Entretiens de Paul Léautaud :
«C’est très joli d’être la femme d’un grand poète, mais d’être celle d’un ivrogne qui pourrait vous donner un coup de couteau, tout de même, c’est à considérer ! Il y a des gens qui sont portés à dire que, quand on est l’épouse d’un grand homme, il faut tout supporter avec lui. Ce sont ceux qui ne vivent pas avec lui !» 330
- Les Mémoires de ma vie présentés comme signés par Ex Madame Paul Verlaine ont été réédités en 2014. [Éditions Champ Vallon. 256p]

Femme (Épouse de. Wilde Constance) : 1985. Lire la concernant, le livre d’Anne Clark Amor, Madame Oscar Wilde. 331
Un livre documenté, respectueux de ce que fut la vie de Constance Mary LLyod [1858-1898], épouse d’Oscar Wilde [1854-1900], mais dont malheureusement, quelques (rares) références masquent mal des partis-pris non justifiés. Trois exemples de phrases qui m’ont mises mal à l’aise :
- (Concernant la sortie de la prison d’Oscar Wilde) :
«Le jour suivant, peu après 6 heures du matin, il fut remis en liberté, tandis qu’à ce moment précis Constance commettait une erreur très grave. Ce qu’elle aurait dû faire de toute évidence, c’était d’attendre son mari à la porte de la prison pour le suivre dans son exil. […]» (p.269)
- «Vis à vis de ses deux fils, elle a joué un rôle capital. Toutefois, elle n’a jamais égalé son remarquable époux [...]» (p.293)
- (Dernière phrase du livre) : «Certes, elle aurait souhaité éviter, dans la mesure du possible, ses innombrables motifs de chagrin, mais jamais au détriment de sa vive et durable passion (comprendre : son mari) ; son rôle essentiel tout au long de l’existence, ne fut-il pas tout simplement d’être madame Oscar Wilde ?» (p.299)

Femme (Épouse de. Woolf Virginia) : 1941. Lettre de Virginia Woolf [1882-1941] à son mari, Leonard Woolf [1880-1969], écrite, le 28 mars 1941, avant son suicide :
«Mon chéri, J’ai la certitude que je vais devenir folle à nouveau : je sens que nous ne pourrons pas supporter une nouvelle fois l’une de ces horribles périodes. Et je sens que je ne m’en remettrai pas cette fois-ci. Je commence à entendre des voix et je ne peux pas me concentrer.
Alors, je fais ce qui semble être la meilleure chose à faire. Tu m’as donné le plus grand bonheur possible. Tu as été pour moi ce que personne d’autre n’aurait pu être. Je ne crois pas que deux êtres eussent pu être plus heureux que nous jusqu’à l’arrivée de cette affreuse maladie. Je ne peux plus lutter davantage, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler. Et tu travailleras, je le sais.
Vois-tu, je ne peux même pas écrire cette lettre correctement. Je ne peux pas lire. Ce que je veux dire, c’est que je te dois tout le bonheur de ma vie. Tu t’es montré d’une patience absolue avec moi et d’une incroyable bonté. Je tiens à dire cela - Tout le monde le sait. Si quelqu'un avait pu me sauver, cela aurait été toi. Je ne sais plus rien si ce n'est la certitude de ta bonté. Je ne peux pas continuer à gâcher ta vie plus longtemps. Je ne pense pas que deux personnes auraient pu être plus heureuses que nous l'avons été.
Si quelqu’un avait pu me sauver, cela aurait été toi. Je ne sais plus rien si ce n’est la certitude de ta bonté. Je ne peux pas continuer à gâcher ta vie plus longtemps. Je ne pense pas que deux personnes auraient pu être plus heureuses que nous l’avons été
332
* Ajout. 25 octobre 2017. 1941. Lu cette analyse d’Anaïs Nin [1903-1977], après qu’elle eut, dans son Journal, en avril 1941, reproduit une partie de cette lettre de Virginia Woolf :
«Étonnamment direct et simple de la part d’un écrivain qui a exploré toutes les ambiguïtés de la langue anglaise, dont l’écriture était si abstraite et labyrinthique. Simple, direct, comme toute vraie souffrance. C’était la première fois qu’elle s’exprimait comme un être humain.» 333

Femme (Épouse de. Zola Alexandrine) : 1997. Je ne peux que renvoyer au livre passionnant, précis, rigoureux, juste d‘Évelyne Bloch-Dano, Madame Zola. [1839-1925]
Deux petites remarques critiques : l’emploi des termes d’«inquisitrice», de «victime agressive» (p.244) et de «veuve abusive» (p.302) ne sont pas, dans le contexte dans lequel ils furent employés, appropriés. 334

V. Femme (Journaliste) :

Femme (Journaliste) (1) : [Une journaliste de retour d’enquête] :
«Encore une fois, j'ai rencontré des femmes remarquables.»

Femme (Journaliste) (2) : 2018. Entendu une ex-journaliste déclarer :
«  J’ai douté de l’utilité du journalisme quand j’ai découvert de l’on ne pouvait pas s’exprimer librement. »

Femme (Journaliste. Adler Laure) : 2017. Laure Adler, le 26 septembre 2017, s’adressant à Anne Sylvestre, auteure de :
«Vous savez que c'est ringard de se dire féministe ?» 335

Femme (Journaliste. Caster Sylvie) : 1985. Sylvie Caster, venue de Charlie Hebdo, première femme permanente embauchée en 1985 au Canard Enchaîné (créé à la Libération) était en charge d’une rubrique intitulée : Calamity Caster (dont l’intitulé lui fut imposé). Elle témoigne :
«Il y a une femme qui écrit dans le Canard, et c’est une calamité. […] C’est évidemment intéressant, parce que c’est signaler ouvertement, et s’en rendre compte, qu’on a un problème avec les femmes.» 336
Il faut savoir qu’avant elle, les articles antérieurs signés Jeanne-la-Cane et Valentine de Coincoin étaient écrits par des journalistes hommes du Canard.
- Pour une analyse antérieure nettement plus critique, lire le chapitre 28 intitulé : «Une citadelle sans les femmes» du livre de Karl Laske et Laurent Valdiguié, Le vrai Canard. 337

Femme (Journaliste. Giroud Françoise) (1) : 1980. Lu sous la plume de Michèle Manceaux [1933-2015] l’une des journalistes qui a travaillé avec Françoise Giroud [1916-2003] à L’Express [qu’elle quitte en tant que directrice de rédaction en 1974] :
«Les femmes que Françoise Giroud avaient réunies n’étaient pas des féministes militantes mais d’instinct, elles visaient à se créer, à créer. On peut se demander si elle agissait ainsi dans l’intérêt des femmes ou dans l’intérêt du journal, mais les femmes du journal y trouvaient leur compte. Elles étaient propulsées plutôt que barrées. Comme on leur faisaient confiance, elles ne se méfiaient pas les unes des autres. Elles ne se jalousaient pas. Elles se racontaient leurs aventures et leurs soucis. Pas un mois où nous n’avions à résoudre collectivement un problème posé par un avortement (la pilule n’existait pas), par un divorce, un chèque sans provision, un déménagement à la cloche de bois, un enfant malade. Nous ne comptions pas sur les hommes338 (Cf. Femme. Politique. Giroud Françoise. Femmes. Solidarité. Sororité)

Femme (Journaliste. Giroud Françoise) (2) : 1997. Lu dans le livre de Christine Ockrent, La mémoire du cœur, elle-même journaliste :
«[…] On se préoccupe toujours moins de ce que pensent les femmes. À l’exception des vraies professionnelles, de celles qui sont passées entre les mains habiles de Madame Giroud, ravissantes et malignes péronnelles lâchées dans le milieu journaliste pour y butiner à loisir. Elles y ont toutes fait carrière, continuant à briller de leurs feux et faisant des émules.» 339 (Cf. Femme. Politique. Giroud Françoise. Femmes. Solidarité. Sororité)

Femme (Journaliste. Giroud Françoise) (3) : 2003. Selon Françoise Giroud [1916-2003] concernant Pierre Mendes-France [1907-1982], «il n’existait pas de traces de misogynie chez cet homme. Il respectait les femmes et cela ne l’étonnait nullement de me voir m’intéresser à la politique. Le contraire lui aurait apparu anormal.» 340
- «Moi-je-en-politique» : la norme sur laquelle fonder un jugement ? (Cf. Femme. Politique. Giroud Françoise, Homme. Politique. Mendes-France Pierre)

Femme (Journaliste. Manceaux Michèle) : 1980. Michèle Manceaux [1933-2015], auteure, en 1980, concernant le traitement par les hommes des femmes journalistes en France :
«Sauf quelques cas isolés, promus au rang d’exception, c’est à dire d’alibis qui permettent d’autant mieux de refuser les autres, on se méfie des femmes. Leurs idées ne sont pas considérées comme politiques, surtout quand elles choquent, c’est à dire quand elles le sont341 (Cf. Penser. Idées. Patriarcat)

Femme (Journaliste. Ockrent Christine) (1) : 1991. En conclusion d’une présentation de Clarence Thomas [Juge à la Cour Suprême], accusé de harcèlement sexuel par Anita Hill, Christine Ockrent écrivit en 1991:
«  On ne saura jamais si Anita Hill a menti, ni pourquoi Clarence Thomas a été confirmé à deux voix près. Le poids du vote noir [pour rappel : Anita Hill avait, elle aussi, la peau noire] et le calcul politique l’ont emporté. Mais l’Amérique a honte d’avoir tant appris sur elle-même ( sic), et d’avoir dans la confusion des genres et des valeurs, tant fouillé sa conscience ( !). La télévision jusqu’à la caricature a rempli sa fonction de montrer au plus grand nombre les jeux du cirque politique ( !).
Nos chaînes ont beau jouer à l’Amérique ( ?), nos mœurs ne sont pas encore les siennes ; en matière de sexe, de politique et de mensonges, nos scénarios sont différents ( !). Au moment où ici on s’interroge avec beaucoup de raison et un peu d’hypocrisie, sur les dérapages de l’information-spectacle, en voici un qu’il vaut mieux s’épargner, tant pis sur l’audimat. » 342 (Cf. Patriarcat. ‘Affaire’ Weinstein, Politique. Nationalisme, Violences à l’encontre des femmes. Harcèlement sexuel)

Femme (Journaliste. Ockrent Christine) (2) : 2018. À l’occasion de la visite en France en avril 2018 du dirigeant d’Arabie saoudite depuis son coup d’état réussi Mohammed ben Salmane, Christine Ockrent, auteure du Livre noir de la condition des femmes (XO Éditions. 2006] animait une rencontre au Musée des Arts et métiers, le 9 avril, avec deux «députées» de la monarchie islamique sur le thème : «L’évolution du rôle des femmes dans la société Saoudienne.» 343
Il est probable qu’elle n’y ait vu aucune contradiction. Pas même une dissonance ?

Femme (Journaliste. Taro Gerda) : XXème siècle. Gerda Taro (Gerta Pohorylle) [1910-1937], première femme reporter de guerre, «tuée dans l’exercice de ses fonctions», en soutien à la République espagnole et aux brigades internationales. Elle meurt à 27 ans, dans la guerre d’Espagne, écrasée par un char dans d’«affreuses souffrances».
«Quand je pense à tous les gens extraordinaires qui sont mort dans cette guerre, j’ai l’impression qu’il n’est pas juste que je sois encore en vie»
écrira t-elle avant sa mort. 344
- Concernant ses relations avec l’agence de presse CAPA, je lis dans le Monde 345 la critique de la biographie allemande [2006] qui lui a été consacrée :
« […] Mais pourquoi son travail a t-il été occulté ? C'est là que le livre d'Irme Schaber devient passionnant. Cette femme libre a d'abord été transformée, dès sa mort, en icône antifasciste par le parti communiste français. Sa disparition fait les gros titres de la presse du PCF. Pas moins de 10 000 personnes accompagnent sa dépouille au Père-Lachaise sur fond de Marche funèbre de Chopin. Paul Nizan et Louis Aragon font son éloge alors que sa tombe est sculptée par Giacometti. De plus, Capa [Robert Capa.1913-1959], écrit Schaber était ‘habitué à considérer comme siennes les images de Gerda’. Elle montre comment, en onze mois d'Espagne, les photos de Taro ont été publiées sous la signature ‘Capa’, puis ‘Capa/Taro’, et enfin ‘Taro’ seule. Mais sa disparition brutale et la notoriété du photographe hongrois ont fait que des ‘photos Taro’ sont devenues des ‘photos Capa’ et que ce dernier a ‘favorisé ces transformations’. [...]» 346 (Cf. Femmes. Nom des)

VI. Femme (Mère) :

Femme (Mère) (1) : Aux mères mortes sur l’autel de la famille, la patrie amnésique…

Femme (Mère) (2) : Il y a tant de mères qui n’aiment pas leurs enfants, ou l’un-e ou l’autre plus particulièrement ; tant de mères dont les enfants ne comblement pas leur vie et/ou ont brisé leurs espoirs de vie ; tant de mères qui sont d’abord et avant tout épouses, amantes ; tant de mères qui transfèrent sur leurs enfants, l’image détestée du père ; tant de mères, qui, plus largement, ne peuvent construire la place d’un-e autre dans leur vie ; tant de mères enfin qui le sont devenues sans même comprendre ni comment, ni pourquoi, et - la norme - qui n’avaient aucune conscience des conséquences ; tant de mères qui ne peuvent l’être «n’ayant jamais été enfant» 347
Constat, dont les effets ravageurs seraient sans aucun doute moindres si l’imposition de la norme jamais définie (et pour cause) : «être une bonne mère» - qui libérerait l’inconscient, la parole, le vécu si souvent insupportables - était moins écrasante, moins étouffante, moins invivable. (Cf. Homme. Père, Famille. Mère)

Femme (Mères. Abderrhaim Souad) : Souad Abderrhaim, responsable du parti Tunisien Ehhadda, alors parlementaire, avait déclaré le 9 novembre 2011 que :
« Les mères célibataires ne devaient pas aspirer à un cadre légal qui protège leurs droits » Et que :
« La famille ne doit pas être formée en dehors des liens du mariage ». 348 (Cf. Femme. Politique, Famille)

Femme (Mère. Akerman Chantal) : Chantal Akerman [1950-2015], après évoqué son père gantier qui, ayant commencé à travailler à 15 ans, avait (lui aussi) des ambitions qu’il n’a pu réaliser, poursuit :
«Ma mère voulait, avec sa mère qui, elle, peignait, faire une maison de haute couture. Et puis… Rien...
[Un jour] elle m’a dit : «Tu sais j’ai travaillé avec ton père, mais je n’en avais pas envie. Si j’ai fait ça, c’est pour aider. Mais ce n’était pas ce dont j’avais envie349 N.B. Cette citation ne révèle en rien la complexité des rapports entre Chantal Akerman et sa mère, déportée à l’âge de 15 ans et demi, abordés dans leur complexité, notamment dans l’interview sus évoqué. (Cf. Femmes. Travail, Féminisme. Mère)

Femme (Mère. Agout Marie d’) : 1806. 1833. Marie d’Agout [1805-1876], auteure dans Mes souvenirs de :
«Je ne voulais pas éloigner de moi les enfants qui m’étaient nés (hors mariage) dans des conditions où, selon la loi française, je ne pouvais rien être pour eux. Ni mon nom n’avait pu leur être donnés, ni ma fortune ne devait leur appartenir ; d’autant plus tenais-je à leur garder toute ma tendresse et à ne jamais paraître désavouer une maternité contre la quelle conjuraient ensemble toutes les sévérités de la loi et de l’opinion.»
Ses trois enfants, qui lui furent «ôtés brutalement», s’appelaient Blandine Listz, Cosima Listz et Daniel Listz. Il importe aussi de noter que lorsqu’elle a quitté son mari (avec lequel elle avait eu deux enfants dont l’une été décédée) pour vivre avec Listz, elle «perdait tous ses droits maternels» et donc la garde de Claire Christine d’Agoult. 350 (Cf. Enfants, Famille, Patriarcat)

Femme (Mère. Agrippine) : Agrippine, auteure de :
«Qu’il [son fils, Néron] me tue, pourvu qu’il règne351 Ce qu’il fit.

Femme (Mère. Assistance publique) : 2015. Un enfant «placé» entendit de sa mère déclarer avant sa décision (pour la justifier) :
«L’assistance publique n’est pas faite pour les chiens.
» 352

Femme (Mère. Berr Hélène) : 1943. Hélène Berr [1921-1945], auteure de :
«Je comprends le tourment de maman, sa souffrance est décuplée, elle est multipliée par le nombre de vies qui dépendent d’elle353 (Cf. Femme. Mère)

Femme (Mère. Blanqui Auguste) : 1887-1900. Lu dans Choses vues de Victor Hugo [1802-1885] concernant Auguste Blanqui [1805-1881] :
«En 1848, quand Blanqui sortit de prison - où il est enfermé depuis 1840 - (Hôpital de Tours), il vint sur le champ à Paris. Sa vieille mère qui l’adorait se mit à sa recherche, allant chez lui cinq ou six fois par jour sans le trouver. Le troisième jour de son arrivée, il alla à La Réforme et dit à Ribeyrolles ‘J’ouvre un club. Annonce-le’. - J’annonce tous les clubs, dit Ribeyrolles. J’annoncerai le tien. As-tu vu ta mère ? - Il s’agit bien de ma mère, dit Blanqui, il s’agit de mon club.» (Conté par Ribeyrolles, hier 18 mars 1857 à Guernesey).» 354 (Cf. Homme. Politique, Famille, Langage. Possessif, Politique. Lutte de femmes. Blanqui)

Femme (Mère. Blum Léon) : 2003. Jean Lacouture [1921-2015] présente Adèle Marie Alice Picart [1841- ?] comme la «mère courageuse [de Léon Blum.1852-1950] qui coupe les pommes en tranches strictement égales pour que personne n’ait une meilleure part que l’autre […].» 355 

Femme (Mère. Brigitte) : 2007. Brigitte [nom non dévoilé], auteure de :
«Je suis née près de Blois, en août 1961. Pour ma mère, ce fut bien trop tôt. Ma naissance est son drame. […] Je serai donc à vie l’enfant de trop.» 356 (Cf. Enfants)

Femme (Mère. Burkhart, Christiana) : 1817. Dans l’Index des noms de personnes citées et présentées dans le Tome II de la Correspondance de Hegel, on lit :
«Burkhart, Christiana, Charlotte, Johanna, née Fischer (née en 1778), mère du fils naturel de Hegel, Ludwig Fischer». 357
- La concernant, voici ce que l’on lit dans la Correspondance de Hegel, le 19 avril 1817 :
«Voss a depuis amené ici Ludwig [Hegel]. Je lui ai fais connaître la mort de sa mère. Elle l’a plus affecté que moi. Il y a longtemps que mon cœur en a fini avec elle ; je ne pouvais plus encore que craindre des contacts désagréables entre elle et Ludwig - et aussi indirectement avec ma femme - et, pour moi, des choses extrêmement désagréables. A t-elle été à Iéna ? Ludwig est pour moi et ma femme (Marie von Trucher) un sujet de joie.» [à reprendre]
- On lit sur Wikipedia concernant Hegel :
«En 1811, il (Hegel) épouse Marie von Trucher qui appartient à une famille patricienne de la ville. Ils ont deux fils : Karl Hegel (1813-1901] qui deviendra historien, et Immanuel Hegel (1814-1891). (Cf. Êtres humains. Enfant, Femme. Épouse. Hegel Maria)

Femme (Mère. Calamity Jane) : Dommage que les Lettres à sa fille de Calamity Jane [1856-1803] [Martha Jane Cannary] se soit avérées un faux (elle ne savait ni lire ni écrire) : elles sont en effet crédibles et touchantes et attachantes.
La fin : «Pardonne-moi et songe que j’étais solitaire». 358

Femme (Mère. Catherine II) : L’époux de la future Catherine II de Russie [1729-1789, née Sophie Frédérique Augusta d'Anhalt-Zerbst], le futur éphémère Pierre III, informé, en septembre 1758, qu’elle était enceinte (après 13 ans de mariage, plusieurs fausses couches et deux enfants) déclara :
«Dieu sait où ma femme prend ses grossesses ; je ne sais trop si cet enfant est à moi et s’il faut que je le prenne sur mon compte.»
- Informée par son amant, Léon Narychkine, auquel, avec d’autres, ce «propos tout chaud» venait d’être adressé, et, bien qu’«effrayée» elle-même, l’impératrice écrit dans ses Mémoires avoir dit :
«Vous êtes tous des étourdis ; exigez de lui un serment comme quoi il n’a pas couché avec sa femme, et dites-lui que, s’il prête ce serment, toute de suite vous irez en faire part à Alexandre Chouvalov (homme ‘fort’ du régime de l’impératrice comme au grand inquisiteur de l’empire».
- La réaction du père putatif fut : «Allez-vous en au diable et ne me parlez plus de cela359 (Cf. Femme. Remarquable. Catherine II de Russie, Homme. Père)

Femme (Mère. Céline Louis-Ferdinand) : 1944. Céline [1894-1961] s’enfuit, en 1944, pour l’Allemagne, puis, en 1944, part avec un visa d’Allemagne pour le Danemark : il écrit alors à Marie Canavaggio, qui avait été sa secrétaire à Paris avant pour lui demander des nouvelles de sa mère qu’il a quittée à la mi-juin 1944. Marie Canavaggio lui apprend que sa mère est morte. Il lui répond :
«Chère amie, vous pensez si vos deux lettres, reçues ce jour, m’ont bouleversé. Ma pauvre mère. Elle me hante. Je ne pense guère à autre chose. C’était elle la plus faible, la plus innocente. Elle a payé pour tout le monde… Je me repens effroyablement de mes duretés envers elle… Je ne pense plus qu’au Père Lachaise et à me retrouver avec elle… je la vois encore, nous quittant comme un pauvre chien congédié, au coin de l’avenue Junot […].» 360

Femme (Mère. Charlotte de Prusse) : 1839. Concernant Charlotte de Prusse [1798-1860], Alexandra Feodorovna, épouse de Nicolas 1er, empereur de Russie [1796-1855], mère de dix enfants, Astolphe de Custine [1790-1857] écrivit en 1839 :
«Elle n’appartient plus à la terre : c’est une ombre. Elle n’a jamais pu se remettre des angoisses qu’elle a ressenties le jour de son avènement au trône [tentative de coup d’état le 14 décembre 1825 qui fut réprimée par l’armée] : le devoir conjugal a consumé le reste de sa vie. Elle a donné trop d’idoles à la Russie, trop d’enfants à l’Empereur. ‘S’épuiser en grands ducs, quelle destinée’, disait [d’elle] une grande dame polonaise...» 361
- Pour une toute autre perception de cette femme, on peut se reporter aux Mémoires de la baronne d’Oberkirch dont elle fut la grande amie. 362

Femme (Mère. Chine. Début XXème siècle) : 1985. Lu dans le livre-récit-autobiographique de Xie Bingying [1906-2002] :
«
[...] - Maman, ça fait trop mal d’avoir les pieds bandés, je ne pourrais plus marcher. Ne fais pas ça, lui dis je en sanglotant de terreur
- Si je te bande les pieds, c’est parce que je t’aime. Si je ne le faisais pas, c’est que je te voudrais vraiment du mal. Réfléchis, comment marier une fille aux grands pieds ?
[…]
- De ce jour, je fus obligée de rester assise au coin du feu à filer ou bien à me promener tout doucement dans la maison.
[…]
- Le jour de la fête des fleurs, ma mère profita de ce que j’étais profondément endormie pour percer un trou dans chacune des mes oreilles : Je fus brutalement arrachée à mes rêves par la douleur. Déjà elle avait glissé des fils de soie rouge dans mes deux oreilles.
- Bien ! Maintenant, j’ai déjà réglé deux de tes trois grandes affaires, me dit ma mère, joyeusement. Elle pensait que les trois grandes affaires d’une jeune fille, c’était : 1. Bander les pieds. 2 / Percer les oreilles. 3. Donner en mariage.
- Oui, il ne te reste plus qu’à régler ma mort, lui répondis-je furieuse, ce qui me valut une nouvelle fois, de subir sa colère.»
363 (Cf. Corps, Femmes. Pieds bandés. «Sciences» sociales. Histoire, Violences à l’encontre des femmes)

Femme (Mère. Claudel Louise-Athanaïse) : Lu sous la plume d’Henri Guillemin [1903-192], que la mère de Camille Claudel [1864-1943] «n’ira pas la voir une seule fois de 1913 [date de l’internement de Camille] à 1929 [date de sa mort].» 364 Information importante mais bien courte… (Cf. Femme. Artiste Claudel Camille)

Femme (Mère. Collin Françoise) : 1977. Françoise Collin [1928-2012], auteure, en 1977, de :
«Le dégagement [des femmes] par rapport à la maternité biologique ou même pédagogique ne nous paraît pas suffisant. La maternité n’est pas qu’un fait pour les femmes, elle est une attitude profondément ancrée en elles par l’éducation. Il est temps que les femmes cessent de jouer seules les mères universelles, en particulier les mères des hommes, celles qui les alimentent physiquement et moralement toute leur vie sans que jamais soit même reconnue cette origine. Car les femmes ne mettent pas une fois les hommes au monde, elles les y mettent et les remettent tout le temps. C’est auprès d’elles et en elles qu’ils viennent constamment refaire leurs forces pour aller ‘construire’ leur monde et produire, chacun à ses manières, leurs œuvres. C’est auprès d’elles et en elles qu’ils viennent s’abriter et se consoler de la violence et de l’horreur de ce monde même : ils vident les femmes de leur propre substance, de leur vie. […]» Lire tout le texte, important. 365 (Cf. Hommes, Famille. Patriarcat)

Femme (Mère. Darlan Eva) : 2016. Eva Darlan concernant sa mère :
«[…] Partout, j’entendais d’elle : ta mère est une sainte. Je ne comprenais pas pourquoi. Je soupçonnais qu’il était question de mon père. Comme une imbécile qui ne connaît rien à la vie, je pensais qu’elle était maso. Je l’entendais soupirer à longueur de temps et chantonner d’une drôle de façon, mezza voce, comme pour se bercer elle-même. Je sais maintenant qu’elle a vécu un enfer, chaque jour, et que ses seules consolations ont été ses enfants petits et la religion. Maigre consolation pour une vie de cauchemar. Mais peut être que d’autres n’ont pas eu ça. […]» 366

Femme (Mère. De Gaulle) : 1940. Charles De Gaulle [1890-1970] parmi les témoignages qui «afflu[ent]» à Londres de soutien à la France Libre, évoque «l’image d’une tombe, couverte des fleurs innombrables que des passants y avaient jetées ; cette tombe était celle de ma mère [Jeanne Maillot. 1860-1940], morte à Paimpont, le 16 juillet [1940], en offrant à Dieu ses souffrances pour el salut de sa patrie et la mission de son fils367

Femme (Mère. Dhavernas Odile : 1981. Odile Dhavernas, auteure, concernant sa mère, de :
«Femme merveilleuse, habitée d’une force, d’une foi intarissable. Femme pressurée, vampirisée, esclave de l’intendance jamais finie, elle prend une revanche terrible. Dans le seul domaine où elle ait un pouvoir, elle l’exerce avec tyrannie, époux et fille, époux et filles pareillement soumis à sa férule. Elle est sûre de ses privilèges, contrepartie misérable de sa réclusion et de ses travaux forcés. […] Elle pourvoit à tout, elle se répand, rayonnante, prodigieuse, excessive, imprévisible, écrasante. Son despotisme domestique est à la mesure des contraintes dans lesquelles s’inscrit sa vie. […] » 368 (Poursuivre concernant la critique du terme de «pouvoir») (Cf. Droit)

Femme (Mère. Duc d’Enghien) : 1808. Madame de Staël [1766-1817] écrit à Maurice O’Donnell [1780-1843], le 12 juillet 1808 :
«Savez vous que la Duchesse de Bourbon [1750-1822], (exilée alors en Espagne) la mère du duc d’Enghien [1772-1804] a écrit à Napoléon pour lui demander de revenir en France : quelle bassesse !».
- Le 8 juillet, elle avait, déjà, dans une lettre au prince de Ligne, évoqué cette lettre de la mère du duc d’Enghien «à l’Empereur pour lui dire que la providence le conduit et la lettre se finit par : ‘Votre très humble servante et sujette’. […] 369
- Pour rappel, le duc d’Enghien fut enlevé, «jugé» et fusillé par [la police de] Napoléon.
- Pour précision : Les lettres de la mère du duc d’Enghien à Napoléon resteront sans réponse et elle ne pourra regagner le France qu’après sa chute.

Femme (Mère. Duncan Isadora) : 1927. Isadora Duncan [1877-1927], auteure de : «Comme nous payons cher la gloire d’être mères !» 370

Femme (Mère. Eichmann Adolf) : 1961. Joseph Kessel [1898-1979] invité, à son retour de Jérusalem, du procès Eichmann, en avril 1961, à qui l’on demandait ce qu’il avait pensé du «monstre», répondit :
«Je pense qu’il n’a pas été suffisamment aimé par sa mère371 Le père ? Le Nazisme ? (Cf. Êtres Humains. Enfant. Miller Alice)

Femme (Mère. Fillon Penelope) : 2017. Lors de l’interview que Penelope Fillon avait accordé au Sunday Telegraph en mai 2007, redécouvert en février 2017, elle dit à la journaliste :
«J’ai réalisé que mes enfants ne me connaissaient que comme une mère. Je leur dis pourtant que je suis diplômée de français, que je suis juriste, que je ne suis pas stupide !». Quel aveu - qui n’a rien à voir avec la discrétion qu’évoque Le Monde ! - quelle tristesse, et sans doute, quels regrets… 372 (Cf. Femme. Épouse de. Fillon Penelope)

Femme (Mère. Hugo Victor) : 1850. Victor Hugo [1802-1885], le 18 décembre 1850, auteur de :
«Je veux remédier à un ensemble de faits sociaux qui font fatalement du malheureux un misérable, et sous le poids desquels tant d’infortunées mères mettent au jour des filles pour le lupanar et des fils pour le bagne373 (Cf. Famille, Politique. Prison, Proxénétisme)

Femme (Mère. Kazan Elia) : 1985. Elia Kazan [1909-2003], auteur de :
« […] Si j’ai une si grande dette à l’égard de ma mère, c’est qu’elle a tout fait pour que je sois meilleur que la société d’où j’étais issu. C’est elle aussi qui m’a donné des livres et m’a fait lire. […]
Ma mère venant d’une famille plus instruite [que celle de son mari] a tenté de faire de moi le genre de personne que n’était pas son mari. » 374 Combien…

Femme (Mère. Khalo Frida) : Frida Khalo [1907-1957], dans une lettre à Diego Rivera [1886-1957], après un avortement :
«Diego, je n’ai pas été capable de faire un trésor de ta graine. Cette épave de femme n’a même pas été capable de te donner un fils.» 375 (Cf. Femme. Artiste)

Femme (Mère. Lacordaire Jean-Baptiste Henri) : Jean-Baptiste Henri Lacordaire, en religion Père Henri-Dominique Lacordaire [1802-1861], auteur lors de ses Conférences à Notre Dame, en chair donc, de :
«Le jeune homme, quand il regarde le monde, peut douter de la femme. Il ne le peut plus quand il regarde sa mère.» 376 (Cf. Patriarcat)

Femme (Mère. Léautaud Paul) : 1951. Paul Léautaud [1872-1956], concernant sa mère qui l’avait «abandonné trois jours après sa naissance» et qu’elle est venue voir «une huitaine de fois», auteur, à 78 ans, de :
«Quand elle partait, j’étais enchanté. Quand ma bonne m’annonçait : ‘Ta maman va venir...’Ah ! Non ! Ça ne me réjouissait pas ! Et quand elle était là, je lui disais : ‘oui, Madame, non, madame…’ Elle était une étrangère, pour moi, cette femme. […] Je n’ai souffert à aucun moment (de ce ‘manque’).» 377
- Du même (relevé par Robert Mallet) :
«Je n’ai jamais eu de chance avec les femmes. J’étais à peine né que ma mère me plantait là.» (Cf. Homme Remarquable. Léautaud Paul, Patriarcat. Père. Léautaud Paul)

Femme (Mère. Le Goff Jacques) : 1992. Jacques Le Goff [1924-2014], auteur de :
«[…] J’aimais passionnément ma mère, mais je m’aperçus plus tard que je n’avais jamais opéré de transfert affectif entre la mère du Christ et ma propre mère.» 378

Femme (Mère. Le Pen Marine) : Marine Le Pen, Présidente du Front national, lors du divorce de ses parents et des échanges publics qui s’en suivirent, dit de sa mère, Pierrette Lalanne :
«Une mère, ça fait partie d’un jardin secret, pas d’une décharge publique.»
379 (Cf. Famille. Divorce. Politique. Front National)
* Ajout. 26 mars 2017. Je lis, quelques jours après, des Bonnes feuilles issues du livre intitulé : Les politiques ont aussi une mère [Bernard Pascuito, Olivier Biscaye. Albin Michel. 224p. 2017] présentant une analyse, resituée dans leur histoire, de leurs relations. J’en cite la réconciliation, telle que présentée - et publiée - par sa mère :
«Donc, nous n’arrivions pas à reprendre pied. Ni l’une ni l’autre. Jusqu’au jour où elle a décidé que ça avait trop duré. Au détour d’une conversation, elle s’est approchée et m’a dit, comme une chose qu’on avait oubliée et qui vient de vous revenir : ‘Écoute, mamoune, on va oublier tout ça, je t’aime comme avant‘. C’est tout. Deux secondes et c’était fini. Le malaise avait disparu pour toujours.» 380

Femme (Mère. le Vasseur Thérèse) (1) : Thérèse le Vasseur [1721-1801], épouse de Jean-Jacques Rousseau (mariage le 11 septembre 1768 à Bourgoin) ; ils vécurent ensemble pendant 22 ans et demi.
De tous ceux et celles qui ont débattu de l’abandon par Rousseau de ses cinq enfants aux enfants-trouvés, la seule qui n’eut jamais la parole, ou plus exactement dont l’histoire n’a pas retenu ni ses sentiments, ni ses propres dires, fut leur mère… (Cf. Patriarcat. Père. Rousseau Jean-Jacques)

Femme (Mère. le Vasseur Thérèse) (2) : 1814. Madame de Staël [1766-1817] écrit dans une note dans ses Lettres sur les écrits et le caractère de J.-J. Rousseau ceci : «Un Genevois [François Coindet [1734-1809], secrétaire de Necker, longtemps ami de Rousseau. Madame de Staël le connaissait depuis son enfance et le voyait souvent. Note de Simone Balayé] qui a vécu avec Rousseau pendant les vingt dernières années de sa vie, dans la plus grande intimité, m’a peint souvent le caractère abominable de sa femme. Les sollicitations atroces que cette mère dénaturée lui fit pour mettre ses enfants à l’hôpital, ne cessant de lui répéter que tous ceux qu’il croyait ses amis, s’efforceraient d’inspirer à ses enfants une haine mortelle contre lui ; tâchant enfin de le remplir, par ses calomnies et ses feintes frayeurs, de douleur et de défiance. C’est une grande folie sans doute d’écouter et d’aimer une telle femme ; mais cette folie supposée, toutes les autres sont vraisemblables.» 381

Femme (Mère. Marie-Antoinette) : 1822. Les Mémoires de Madame Campan [première femme de chambre de la reine Marie-Antoinette.1752-1822] nous transmettent les conditions dans laquelle, à la naissance de son premier enfant, une fille, Marie Antoinette [1755-1793l l’accueillit :
«On présenta la jeune princesse à la reine. Elle le pressa sur son cœur vraiment maternel : ‘Pauvre petite, lui dit-elle, vous n’étiez pas désirée mais vous ne m’en serez pas moins chère. Un fils eût plus particulièrement appartenu à l’État. Vous serez à moi ; vous aurez tous mes soins ; vous partagerez mon bonheur et vous adoucirez mes peines’.» 382

Femme (Mère. Martyre) : 1986. Extrait d’une Correspondance anonyme, signée Maman, publiée par Les Cahiers du Grif, en 1986 :
«L’autre visage de l’ange est celui du martyre. Et au cours de mon adolescence, j’en suis venue à voir ma mère comme le Martyre en personne, pleine de ressentiment souterrain à cause de la ‘récompense‘ qui n’est jamais venue. Comment pourrait-il y avoir une récompense pour l’abdication infinie de soi dans l’intérêt présumé de sa famille, pour l’étranglement de ses propres émotions et désirs jusqu’à ce qu’on ne sache plus ce qu’on veut, ni ce qu’on espère, ni ce qu’on aime vraiment ? Je ne voulais pas lui ressembler : je ne voulais pas être celle qui prend toujours la plus petite tranche de gâteau, celle qui reste seule au salon chaque matin, embrassant les autres tandis qu’ils se dépêchent pour rejoindre le monde extérieur, celle qui était coincée dans la soumission aux humeurs imprévisibles - et à la retraite léthargique de plus en plus fréquente - d’un homme profondément malheureux383

Femme (Mère. Mauriac François) : 1962. François Mauriac [1885-1970], auteur de : «J’étais le dernier fils d’un mère devenue veuve très jeune, entrée dans le veuvage comme on entre en religion, très scrupuleuse, et qui se considérait comme chargée à la lettre de mon destin éternel.» Suivi de :
«Et si ma pieuse mère m’a marqué à jamais du signe chrétien, sa religion formaliste, vétilleuse, a très tôt alerté les refus de ma raison.»
384 (Cf. Enfants. Mauriac François, Femmes. Veuves)

Femme (Mère. Monica. Sainte Monique) : IVème siècle. Monica [331-387], mère de Saint Augustin, auteure à son fils de :
«Mon fils, pour moi, plus rien n’a de charme dans cette vie. Que pourrais-je encore faire ici-bas ? Pourquoi y suis-je encore ? Je n’ai plus rien à attendre de ce siècle. Une seule chose me fait désirer m’attarder encore dans cette vie : te voir chrétien catholique avant ma mort. Dieu me l’a accordé avec surabondance : tu es allé jusqu’à mépriser les félicités de la terre, et je te vois devenu son serviteur. Que fais-je donc ici ?» 385 Deux semaines plus tard, à 65 ans, elle mourut. (Cf. Famille. Mariage)

Femme (Mère. Napoléon) : Maria Letizia Ramolino [1750-1836], épouse de Charles Bonaparte [1746-1785], fut mariée à 14 ans, (son mari avait 18 ans), veuve à 35 ans, mère de 14 enfants, dont deux moururent à la naissance et trois en bas âge. Mère de Napoléon.

Femme (Mère. Oldenbourg Zoe) : 1988. Zoe Oldenbourg [1916-2002], auteure de :
«Que l’on ne croit pas qu’une femme, fût-elle la meilleure des mères, peut se consoler de son échec personnel en se réjouissant des succès de ses enfants. [Mais un enfant qui réussit, c’est tout de même mieux que rien.386

Femme (Mère. Pour Le Monde) : 2016. Début de la présentation par Le Monde - quasi pleine page - du livre de Fawzia Zouari, Le corps de ma mère [Joëlle Losfeld. 240p. 2016], sous le chapeau suivant :
«Les mères sont des dictateurs comme les autres», phrase définitive suivie de : «Ou presque».
Le billet qui l’accompagne s’intitule : «La langue française en partage». 387

Femme (Mère. Péguy Charles) (1) : 1974. Je lis dans le «Témoignage» de Robert Debré, L’honneur de vivre [1974] ce témoignage / souvenir, concernant Cécile Quéré [1846-?] la mère de Charles Péguy [1873-1914] :
«’Madame Péguy était une paysanne qui était habillée avec un caraco, un petit bonnet frisé sur la tête, un tablier à carreaux noirs et blancs ; mais rien ne l’intimidait : qu’elle soit dans le grand monde ou qu’elle soit dans le petit monde, madame Péguy était à son aise partout. C’était même extraordinaire qu’une femme de cette époque-là eût un aisance aussi parfaite’. Telle était, vue par Thérèse Bonnard [cuisinière de Madame ?], la rempailleuse de chaise orléanaise qui, veuve de bonne heure, avait élevé et formé son enfant.» 388
- De Péguy lui-même : «J’ai vu toute mon enfance rempailler les chaises exactement du même esprit et du même cœur et de la même main, que ce même peuple avait taillé ses cathédrales389

Femme (Mère. Rilke Rainer Maria) : 1904. Lou Andréas Salomé [1861-1937] publie dans Ma vie, un extrait d’une lettre qui lui fut adressée par Rilke [1875-1926] le 15 avril 1904, concernant sa propre mère :
«Ma mère est venue à Rome et est encore ici. Je ne la vois que rarement, mais - tu le sais - chaque rencontre avec elle est une sorte de rechute. Quand il me faut voir cette femme égarée, irréelle, qui n’est rattachée à rien et ne peut vieillir, je sens combien j’ai souhaité dès mon enfance m’éloigner d’elle, et je crains au fond de moi de ne pas être encore assez loin d’elle après ces années d’allées et venues, d’avoir encore quelque part en moi des mouvements qui sont l’autre moitié de ses gestes rabougris, des bribes des souvenirs brisés qu’elle promène partout avec elle ; alors sa pitié distraite me fait horreur, sa foi têtue, toutes ces caricatures et ces déformations auxquelles elles s’est accrochée, vide d’elle même comme un vêtement, fantomatique et effrayante. Et dire que je suis son enfant ; et que dans ce mur délavé qui ne fait partie de rien, une porte dérobée, à peine visible, a permis mon entrée dans ce monde ! – (à supposer que cette entrée puisse vraiment ouvrir sur le monde…)»
Et Lou Andréas Salomé poursuit : «[…] Après que nous nous fûmes trouvés un jour réunis tous trois à Paris, quelques années plus tard, il faut vraiment stupéfait que sa mère ne me fasse pas horreur d’emblée et qu’elle m’ait seulement paru extrêmement sentimentale. Sa répulsion tournait au désespoir car il ne pouvait s’empêcher de vois dans sa mère un reflet ridiculement déformé de lui-même […]» 390 (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Haine des hommes à l’encontre des femmes, Femme. Vagin)

Femme (Mère. Rocancourt Christophe) : 2003. «Quelqu’un s’est chargé de lui expliquer que sa mère se prostituait» écrit Christophe Rocancourt, «orphelin, playboy, taulard :
«Ma mère…Une prostituée…Mon cauchemar. Le jour où on me l’a révélé, on ne m’a pas seulement humilié, on m’a privé de l’indispensable naïveté de l’enfance et du droit de croire en l’honnêteté, en la pureté. […] J’ai eu la conviction qu’il ne me serait plus possible d’accorder ma confiance. Ce jour là, on m’a violé, au sens plein du terme.»
- Il rapporte aussi les propos du directeur d’un orphelinat «qui a [selon lui] le mieux résumé la situation. Il l’a fait sans précaution de langage, mais la réalité est celle-là. Il a dit ‘Pour nos garçons, toutes les femmes sont des putes, sauf leur mère. Alors imaginez ce qu’il peut y avoir dans la tête d’un enfant dont la mère se prostitue’.» 391 […] (Cf. Proxénétisme)

Femme (Mère. Roosevelt Eleanor) : 2014. Lu dans un livre consacré à Eleanor Roosevelt [1884-1962] :
«’Mes enfants seraient plus heureux sans moi’ confia un jour Eleanor à Joseph Lash [Joseph Lash, A world of love. p.387]. Contrairement à Franklin, père complaisant et ludique, guère empressé à leur inculquer la discipline, Eleanor s’est toujours reprochée d’avoir été trop peu tendre, trop sévère avec ses enfants, élevés par des gouvernantes depuis leur plus jeune âge. Trop lointaine aussi à partir du moment où elle est entrée en politique. Avec le temps, devenue une grand-mère très attentive qui emmène ses petits enfants en Europe, elle a compris combien il avait pu être difficile pour des adolescents d’avoir des parents plus préoccupés du monde que de leur destinée. Ainsi, les divergences, les incompréhensions et même les conflits n’ont pas manqué. Eleanor s’est souvent sentie responsable des échecs de leur vie privée.» 392 (Cf. Femme. Épouse de. Remarquable)

Femme (Mère. Rougeot André) : 2008. André Rougeot, journaliste au Canard Enchaîné raconte :
«Ma famille était communiste. Chez moi on avait fait de la Résistance dans la SNCF, et le jour de la mort de Staline, j’ai pleuré avec mon père, en lisant l’Huma. Ma mère nous a ramené sur terre en disant : ‘Regardez-moi ces deux imbéciles’.» 393 (Cf. Femme «Politique». Piat Yann, Famille)

Femme (Mère (de) Rousseau Jean-Jacques) : 1782. Jean-Jacques Rousseau [1712-1788], auteur, dans les Ébauches des Confessions :
«Je coûtai la vie à la meilleure des mères [Bernard Suzanne.1673-1712]. Ma naissance fut ma première infortune.» Transformé dans Les confessions par :
«Je coûtais la vie à ma mère, et ma naissance fut le premier de mes malheurs.» 394

Femme (Mères. Rousseau Jean-Jacques) : XVIIIème siècle. Lu dans les Mémoires de Jean-François Marmontel [1723-1799] :
«Ma femme avait du faible pour Rousseau : elle lui savait un gré infini d’avoir persuadé aux femmes de nourrir leurs enfants et d’avoir pris soin de rendre heureux ce premier âge de la vie. ‘Il faut, disait-elle, pardonner quelque chose à celui qui nous a appris à être mères.’» 395

Femme (Mère. Sackville-West Lady) : Lady Sackville-West [1862-1936], mère de Victoria Sackville- West [1882-1962] inscrivit au dos d’une photo de Virginia Wolf [1882-1941] : «  Le terrible visage d’une femme dont le vœu insensé, qui malheureusement a abouti, est de séparer les gens qui s’aiment. Je hais cette femme qui a transformé ma Vita et l’a éloignée de moi. » 396

Femme (Mère. Sand George) : George Sand [1804-1876], auteure de :
«Ce qui m’a fait vouloir et accomplir cette immolation anticipée à ma vie de femme, c’est l’amour maternel».
Pour comprendre partiellement ce qu’elle entendait par ce constat, mais aussi afin de savoir comment ne pas élever une fille, lire la longue lettre de George Sand à Emmanuel Arago le 26 juillet 1847, véritable scalpel acéré dans sa ‘vie de famille’…
- La réponse que lui a faite Arago ne manque ni de justesse, ni de courage :
«Tu manquerais à tes devoirs si tu te laissais être mère quand tu dois être juge.» 397 (Cf. Homme. Père, Famille. Mère)

Femme (Mère. Sarraute Nathalie) : 1983. Dans Enfance, le livre très largement autobiographique de Nathalie Sarraute [1900-1999], on lit que «la bonne» de sa nouvelle «petite sœur», la regarde «d’un air de grande pitié» et lui dit :
«Quel malheur quand même de ne pas avoir de mère».
- La concernant, écrira plus tard :
«Je n’avais sur terre qu’une seule mère, et elle n’était pas encore morte398
- À propos de l’écriture de ce livre. Nathalie Sarraute explique :
«Quand on veut parler de soi-même, de ses sentiments, de sa vie, c’est tellement simplifié qu’à peine cela dit, cela paraît faux […] On finit donc par construire quelque chose qui est faux pour donner une image de soi. J’ai essayé de l’éviter.» 399 (Cf. Êtres humains. Soi, Femme. Écrivaine)

Femme (Mère. Schumann Clara) : Clara Schumann [1819-1896] a eu, en treize ans de mariage, huit enfants et a eu à vivre deux fausses couches.

Femme (Mère. Sévigné Madame de) : 1671. Madame de Sévigné [1626-1696], écrit à sa fille, Madame de Grignan [1646-1705], le 21 octobre 1671 :
«Mon Dieu, ma bonne, que votre ventre me pèse, et que vous n’êtes pas seule qu’il fait étouffer» 400 et, le 29 décembre 1688 :
«La bise [le mistral] de Grignan, qui vous fait avaler la poudre de tous les bâtiments de vos prélats, me fait mal à votre poitrine401 (Cf. Êtres humains. Soi. Enfants. Sévigné Madame de, Famille)

Femme (Mère. Staël Madame de) : 1980. Lu, la concernant :
«Il est certain que Germaine [de Staël] [1766-1817] cherchait un gendre qui puisse à la fois faire le bonheur de sa fille, consolider sa propre situation sociale, partager ses idées et prolonger son action politique.» 402
Elle le trouva (ainsi que l’argent ‘nécessaire’ au mariage et dont il était dépourvu) en la personne du duc de Broglie.
Et il convint à sa fille Albertine [1797-1838]. (Cf. Êtres humains. Enfants, Famille)

Femme (Mère. Simenon Georges) : 1974. Georges Simenon [1903-1989], dans sa Lettre à ma mère, Henriette Brüll [?-1970] (écrite trois ans après sa mort), auteur de :
«[...] Je me souviens qu’un jour tu m’as regardé longuement, avec un attention soutenue et tu as prononcé cette phrase que je n’ai pas pu oublier : ‘Comme c’est dommage, Georges, que c’est Christian (son frère cadet, mort à 41 ans) qui soit mort.’ Cela ne voulait il, pas dire que dans ton esprit, selon ton cœur, c’est moi qui aurait du partir le premier ? Tu as d’ailleurs ajouté : ‘Il était si tendre, si affectueux’. Sans doute ne l’étais-je pas, Mère, ou évitais-je de le montrer.» 403

Femme (Mère. Sœur Emmanuelle) : 2008. Concernant les «chiffonnières» des bidonvilles du Caire, avec lesquelles Sœur Emmanuelle [1908-2008] a vécu et pour lesquel-les elle a mis en oeuvre de nombreuses actions, celle-ci écrivit :
«À mes yeux de Française, mes sœurs chiffonnières sont de misérables esclaves. J’essaie de toutes mes forces de hâter leur libération. Il me paraît essentiel qu’elles ne soient pas enceintes tous les dix ou douze mois. Ces grossesses répétées les vieillissent en effet prématurément. À quarante ans ce sont de vieilles grands mères. Cependant j’ai dû reconnaître au fil des jours que la plupart sont loin d’être malheureuses. Elles rayonnent même d’une plus grande joie que leurs sœurs d’Europe ou d’Outre-Atlantique. La maternité ininterrompue coule comme une source de nature qui les épanouit au plus secret de l’être. Elles sont comblées par cela qui représente à leurs yeux le sens de la vie. Heureusement qu’elles ont cela, car elles n’ont rien d’autre. […]
La racine de leur bien être se cacherait-elle au creux de leurs entrailles ? Chercherais-je alors à tarir leur principale cause de joie ? Attention, il y a la mère, mais il y a l’enfant. Ils sont, eux, les victimes des familles trop nombreuses. […]» 404

Femme (Mère. Staline Joseph) : 1967. Lu dans le livre de Svetlana Allilluyeva [1926-2011], la fille de Staline ’1878-1953] :
[Staline] «aimait et vénéra sa mère [Ekaterina Gueorguievna Gueladzé 1858-1937]. C’était, disait-il, une femme très intelligente. Il voulait désigner par là ses qualités spirituelles et non sa culture, car elle savait à peine griffonner son propre nom. Il nous racontait parfois comment elle le rossait, quand il était enfant, sans parler des corrections que lui infligeait son père qui aimait bien boire (mon grand père paternel mourut au cours d’une rixe de soulards, frappé d’un coup de couteau). Sa mère était d’un caractère sévère et décidé ce qui enthousiasmait mon père. Bientôt veuve, elle devint plus dure encore. Elle avait eu beaucoup d’enfants, tous morts en bas âge ; seul mon père avait survécu. Très croyante, elle rêvait de voir son fils devenir prêtre. Elle resta profondément religieuse jusqu’à ces derniers jours, et lorsque mon père alla lui rendre visite peu de temps avant sa mort, elle lui dit : ‘C‘est quand même dommage, que tu ne sois pas devenu prêtre !...’. Il répétait ces paroles avec enthousiasme : le mépris de sa mère pour sa réussite immédiate, pour sa gloire sur terre, pour toutes ces vanités, le ravissait405
- Staline ne se rendra pas à son enterrement. (Cf. Femmes. Veuves)

VII. Femme (Nom) :

Femme (Nom) (1) : Perdre son nom - élément majeur définissant l’identité d’une personne - (à son mariage), c’est perdre une partie de soi-même. 406 Devrait être strictement, formellement interdit.
- Pour être honnête, lorsque je me suis mariée, j’avais hâte de changer de nom. Pour changer de statut ? Pour affirmer une décision ? En tant que rite de passage ? Par conservatisme ? par aliénation ? Ou, plutôt, pour tout cela à la fois.

Femme (Nom) (2) : Il était «connu». Il était marié. Il n’éprouva ni le besoin, ni la nécessité de divorcer. Il déclara, généreux : «Je lui laisse (le droit de conserver) mon nom». (Cf. Femme. Nom. Malraux Clara)

Femme (Nom) (3) : 1760. (Aux fins de comparaison) Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 11 janvier 1760, écrit au comte d’Argental [1700-1788] :
«Je ne croyais pas qu’avec de l’argent, vous eussiez besoin d’un pouvoir. Votre nom seul est pouvoir», tandis qu’il écrit, le 29 mars 1760 à Jean Robert Tronchin que «l’on s’en reportera bien à [sa] signature, car [son] nom vaut une cérémonie.» 407

Femme (Nom) (4) : 2017. Lu dans Le Figaro, le 11 avril 2017 : «Madame Alain Duplessis-Fourcaud, née Jeanne de Passemar de Saint André» ; «Madame Henri Potez, née Jeanine Delarue» ; «Madame Yann de Givré, née Françoise Paulange» ; «Mireille Castellani, née Coutellier» ; «Madame Bauchet, née Chantal Delalande» ; «Madame Jean Ravel, née Myriam Neyret» ; «Odile Rouyer, née Delacourt» ; «Professeur Véronique Gournay, née Toulemonde». 408

Femme (Nom) (5) : Georges Orwell [1903-1950] tente après la naissance de sa fille, de dissuader un ami d’«d’infliger à la pauvre petite môme un nom de type celtique que personne n’est capable d’épeler. Elle deviendra psychotique en grandissant ou quelque chose de ce genre»].
Et il poursuit : «Les gens finissent toujours par devenir leur nom en grandissant.» 409 Pas toujours….

Femme (Nom) (6) : Elle s’appelait Jeanne ; une demi-heure après, elle était «le coup du siècle».

Femme (Nom. Agoult Marie d’) : 1880. On lit dans les Mémoires de Marie d’Agoult [1805-1876] comment celle-ci en vint à prendre le pseudonyme de Daniel Stern.
Émile de Girardin [1802-1881], directeur de La Presse, souhaitait publier ses écrits. Un jour, l’un d’entre eux lui plut, il le prend et lui dit :
«Vous n’avez pas signé me dit Monsieur de Girardin. – Mais non – Il faut signer – Je ne peux pas – Pourquoi ? – Je ne peux pas disposer d’un nom qui ne m’appartient pas à moi seule ; je ne veux pas demander d’autorisation. Si je dois être critiquée dans les journaux, je veux que personne ne soit engagé d’honneur à me défendre – C’est juste, s’écria Monsieur de Girardin. Eh bien alors prenez un pseudonyme. – Lequel ? – Essayez un nom. […] »
Et puis, elle raconte comment elle en vint à choisir celui de Daniel Stern. 410

Femme (Nom. Colette) : 1907. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal [littéraire] note le 9 janvier 1907 que Colette [1873-1954] va publier « la dernière Claudine », «  signée de son nom ». 411 Elle en avait déjà publié six.

Femme (Nom. Crazy Horse) : 2016. Crazy Horse. France. Les danseuses - dénudées - du cabaret Crazy Horse, lesquelles gagnent royalement 2000 euros par mois (mars 2016) - se voient attribuer un nom «qui leur colle à la peau» dixit la directrice générale, Andrée Dissenberg 412. Elles ont le droit d’en refuser un seul, le second leur est obligatoirement attribué.
En voici un florilège, dont on notera le raffinement : Lova Moor ; Psykko Tico ; Rosa Fumetto ; Polly Underground ; Diva Terminus ; Misse bisou ; Fifi Standby ; La magazineuse ; Loulou de Paris ; Lulla Ultimatum, Azy Nenuphar ; Loa Vahina.
Et l’on apprend sur le site du Crazy Horse que «le baptême de leur nom de scène s’effectue le soir de leur première apparition sur scène». (Cf. Femme (Nom. Personnes-dites-prostituées, Proxénétisme)

Femme (Nom. David-Neel Alexandra) : 1904. 1919. Alexandra David-Neel [1869-1969], née sous le nom de Alexandra David, écrit à son mari [le mariage ayant eu lieu le 4 août 1904] :
- Le 11 novembre 1904 : «[…] Je ne t’ai forcé à me donner aucun nom. Celui que je porte dans mes relations littéraires est un pseudonyme. Tu le sais aussi bien que moi. Mon cher ami, je quitterais mon pseudonyme si tu peux y trouver un grand plaisir. Je crois seulement que cela peut m’être préjudiciable au moment où je commence à peine à être connue d’un petit noyau. D’autre part, j’estime que, pour toi-même, ta position, tes relations, il est mieux que ton nom ne figure pas au bas des articles que je peux être amenée à écrire dans des journaux et même dans des revues. Tout le monde n’a pas les mêmes idées politiques et religieuses. Il vaut mieux que je garde une personnalité absolument et très ouvertement distincte de la tienne. Que l’on sache que tu n’es pour rien dans ce que je dis ou écris et que, même, la grande masse de ceux qui t’entourent n’établissent aucun rapport entre Alexandra Myrdal [sous le nom duquel elle a publié ses premiers textes féministes], journaliste et femmes de lettres, et Philippe Néel, ingénieur des Chemins de Fer
- Le 12 janvier 1919 : «À propos d’articles que je vais publier, je tiens à te demander si tu préfères que je fasse suivre mon nom du tien dans ma signature. Je dois à ton amitié dévouée le séjour en Asie qui me permet d’écrire ces articles et si tu peux y trouver l’ombre d’un plaisir quelconque, il n’est que trop juste que ton nom figure au bas de ceux-ci.» 413

Femme (Nom. Genlis Madame de) : 1824-1825. On lit dans les Mémoires de Madame de Genlis [1746-1830] qu’elle «compose un petit ouvrage intitulé L’Ami des talents et des arts». Elle poursuit :
«Le nom d’une femme n’aurait pu que diminuer le poids de mes réflexions ; je cachais mon nom.» 414 (Cf. Femme. Écrivaine)

Femme (Nom. Girardin Delphine de) : Delphine de Girardin [1804-1855] a écrit sous les pseudonymes suivants : Vicomte Charles Delaunay, Charles de Launay, Vicomte de Launay, Léo Lespès, Léa Sepsel. (Wikipédia)

Femme (Nom. Girod Marie-Louise) : 2003. Dans un livre consacré à Marie-Louise Girod [1915-2014], organiste, concernant son mariage en 1960, je lis :
«Les voilà mariés, mais André Parrot tient à ce qu’elle garde son nom d’organiste, elle reste donc Marie-Louise Girod : ’Quand je en serai plus là, tu joindras mon nom au tien, comme ça je ne te quitterai jamais’. Ce qu’elle a fait.» 415

Femme (Nom. Goebbels Maria) : Magda Goebbels [1901-1945] s’est successivement appelée [ou plutôt aurait pu s’appeler] Magda Behrend (nom de son grand père paternel et donc celui de sa mère, celle ci ayant été mère sans être mariée), puis Magda Friedländer (nom du mari de sa mère) puis Magda Ritschel (nom de son père biologique qui l’avait ultérieurement «reconnue»), puis Magda Quandt (nom de son premier mari), puis Maria Goebbels. 416

Femme (Nom. Hugo Victor) : 1862. Victor Hugo [1802-1885] dans Les misérables, évoque Cosette, le jour de son mariage avec Marius :
«Cosette se penchant tout contre Marius, lui caressa l’oreille de ce chuchotement angélique : - C’est donc vrai. Je m’appelle Marius. Je suis madame Toi.»
- Tandis que Jean Valjean, confessant son passé à Marius, expliquant pourquoi il se refusait dorénavant à se «servir» du nom de Fauchelevent : - «Il a pu me le donner, je n’ai pas pu le prendre» - lui dit : «Un nom, c’est un moi.» 417

Femme (Nom. Mademoiselle) : 1948. Les Presses Universitaires de France publient en 1948 une série de petits livres insérés dans une «Collection du Centenaire de la révolution de 1848
Sur la quatrième de couverture de celui publié par Édith Thomas, Les femmes en 1948, seule femme, elle est la seule dont le nom est précédé par celui de son statut civil. On lit : Les femmes en 1848 par Melle Édith Thomas. 418

Femme (Nom. Malher Alma) : Alma Malher [1879-1964] est née sous le nom d’Alma Schindler, puis épousa Malher et après sa mort, Walter Gropius et Franz Werfel. Et, pourquoi, en l’occurrence, ne pas évoquer le nom de celui de ses amants ?

Femme (Nom. Malraux Clara) : André Malraux [1901-1976] dira de son épouse, Clara Malraux [1897-1982], dont elle a gardé le nom :
«C’est un nom qu’elle n’a pas volé.» 419

Femme (Nom. Mendes France Marie-Claire) : 1996. Marie-Claire Mendes-France [1921-2004], dans un livre consacré à la défense et à la libération de Sarah Balabagan, écrit :
«Activiste, je le suis sans doute, non sans une bonne dose de prudence car je porte un nom qui m’empêche d’agir à légère et de m’engager pour des causes douteuses.» 420
- Du poids, pour une épouse qui a perdu son nom, de celui du mari… (Cf. Politique. Mendes-France Pierre)

Femme (Nom. Mitterrand Danielle) : 1998. Madame Danielle Mitterrand [1924-2011] qui, du fait de son mariage, avait perdu son propre nom : Danielle Gouze, décide de créer, après que son mari ait été son élu Président de la République, une fondation qu’elle veut intituler : Frances-Libertés, Fondation Danielle Mitterrand.
Raphaël Doueb, secrétaire de l’association, celui qu’elle considère comme son ‘conseiller’ lui répond : «Encore faut-il que le président soit d’accord pour que vous utilisiez son nom». Celui-ci, après avoir laissé planer le doute, répond :
«C’est convenu, cette fondation portera notre nom [et je contribuerait personnellement à la constitution du capital.
- Il importe par ailleurs de noter que c’est bien à François Mitterrand, dans une lettre qui lui fut transmise par Danielle Mitterrand, que Raphaël Doueb, après un «incident» (fin 1989) adressa sa démission [que le Président refusa]. 421
- En résumé, en se mariant, elle a perdu son nom, s’y est substitué celui de son mari, censé être le sien, mais qui ne le fut jamais en bien propre. Il est vrai aussi que cette Fondation n’eut sans doute pas existé si elle n’avait pas épousé son mari…et prit son nom…

Femme (Nom. Personnes-dites-prostituées) : 1930. Noms affectés, imposés aux femmes dites prostituées dans les bordels de Fort de France (Martinique) relevés dans les années trente : «Emilienne chic, Blanche Cupamal, Génisse Cupidon, Ginette Goingoincoin, Siara Exana Rosella, Chérubin Saint Ange, Solitude Auvat, Modestine Modeste, Laurencia Soupir, Ange Batard.»
Ces appellations ne sont, pour reprendre les termes de l’auteur du livre dans lequel je les ai relevées, ni «fantaisistes», ni «prétentieuses», ni «poétiques», ni «amères» 422 : elles sont dégradantes parce qu’elles leur dénient leurs propres noms et donc les dépossèdent de toute identité. (Cf. Femme. Nom. Crazy Horse, Proxénétisme)

Femme (Nom. Sade) : 1785. On lit, dans Sade [1740-1814], concernant une femme, nommée «La Duclos» ou «Duclos», laquelle raconte sa vie dans un bordel :
«[…] Telle est l’origine, Messieurs, qui me valu le nom de Duclos : il était d’usage que chaque fille adoptait le nom du premier avec qui elle avait eu affaire, et je me soumis à leur mode.» 423 (Cf. Proxénétisme)

Femme (Nom. Stein Édith) : Édith Stein [1891-1942], devenue Carmélite en 1933, fut renommée du fait de son entrée en religion Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Tout en prenant en compte la diversité de ses interlocuteurs / trices (religieux, laïcs, personnels, intellectuels, familiaux, institutionnels, hommes et femmes), du fait des précautions à prendre par rapport aux persécutions antisémites nazis, j’ai ressenti un certain malaise à la lecture de sa signature depuis sont entrée au Carmel. On lit : (le plus fréquent) Votre sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Ocd (ocd signifiant : ordre des carmes déchaux)
Mais on lit aussi : Votre Sœur T[hérèse] Bénédicte de la Croix ocd ; Votre Sœur Bénédicte ; Votre Sœur T[hérèse] Bénédicte ; Votre T[hérèse] B[énédicte de la C[roix] ; Votre très petite sœur T[hérèse] Bénédicte ; Votre Sœur T[hérèse] Bénédicte  de la Croix ; Votre sœur Bénédicte de la Croix. Ocd ; Votre sœur T[hérèse] Bénédicte ; Votre très petite sœur B[énédicte] ; Votre très petite soeur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Ocd ; Votre très petite sœur reconnaissante T[hérèse] B[énédicte de la] C[croix] ; Votre Édith ; Votre B[énédicte] ; Votre sœur Bénédicte ; Votre cousine sœur Thérèse-Bénédicte ; Votre tante sœur T[hérèse] Bénédicte ; Ta sœur T[hérèse] ; Ta tante sœur Bénédicte ; Ta sœur T[hérèse] B[énédicte de la] C[roix] ; Ta tante Édith ; Ta soeur T[hérèse] Bénédicte de la Croix. ocd ; Votre très petite sœur B[énédicte] ; Ton Édith, alias sœur Bénédicte ; Ta B[énédicte] ; Sœur Bénédicte ; Sœur Bénédicte de la Croix. Ocd ; Sœur Thérèse Bénédicte de la Croix ocd ; Sœur T[hérèse] Bénédicte de la Croix ocd ; Sœur T[hérèse] Bénédicte ; Sœur T[hérèse] B[énédicte] de la C[roix] ; Ind[igne] Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Ocd ; Votre B[énédicte] reconnaissante ; B[énédicte] ; Bénédicte de la Croix. Ocd ; Thérèse-Bénédicte de la Croix ; Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix ocd ; Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix ; Ind[igne] sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Ocd…424 (Cf. Femme (Remarquable), Stein Edith)

Femme (Nom. Mères séparées du père) : 2017. Dans le Carnet du Monde annonçant le 2 février 2017, la mort de l’avocat Thierry Lévy, le nom des «mères» de ses trois enfants ne sont pas cités, tandis que l’est celui de sa compagne. L’expression d’un refus ? Une marque de respect ?

Femme (Prénom) (1) : 2016. À l’écoute ce jour [2 octobre 2016] d’un débat sur France Culture : Quand on nomme un homme par son nom et son prénom, il n’est pas acceptable de nommer un femme par son prénom, fut-elle sa meilleure amie (ce qui en l’occurrence n’était pas le cas).

Femme (Prénom) (2) : 1951. Dans les ateliers du couturier Jean Dessès, en 1951, deux coutières étaient prénommées Germaine. Dès lors, pour les distinguer, l’une fut appelée Germaine «Flou» et la seconde : Germaine «Tailleur». 425

Femme (Prénom) (3) : 2012. Annie Stora, dans un texte intitulé : «Femmes juives d’Algérie : émancipation et transmission» évoque la question de la transmission par le prénom :
«À ma naissance, ma mère a imposé à son mari le prénom d’Annie qui lui semblait plus moderne que celui de sa belle-mère prénommée Julie. J’imagine que c’était à certains égards, une façon pour elle de prendre son autonomie en choisissant le prénom de sa fille aînée ; ce qui ouvrait une brèche de modernité en opérant une coupure dans la lignée de sa belle-mère même si ce n’était qu’une forme modeste de contestation. Julie est mon second prénom426

Femme (Prénom) (4) : 1973. Raymonde Courrière, témoignant de ses premiers engagements au MLF :
«La première partie de la réunion [sur le Nomadic, bateau amarré sur la Seine en 1973 qui «fait partie des plus belles heures de ma vie»] était animé par Sylvana et Florence. Longtemps, je n’ai connu que les prénoms : il nous fallut des années pour que notre identité ne soit plus un prénom associé à une ville, Irène de Marseille, Maryse de Tarbes, Françoise de Lille…427 (Cf. Femmes. solidarité entre femmes. Féminisme)

VIII. Femme («Politique») :

Femme («Politique») : Et si les femmes dites «politiques», auxquelles on peut ajouter les femmes dites «de pouvoir», n’étaient que les villages Potemkine 428 du patriarcat ?
En tout état de cause, le fait que certaines femmes accèdent de plus en plus aux pouvoirs politiques, économiques…et sont de plus en plus utilisées comme justificatifs du patriarcat, est-il un changement de paradigme politique ?
Dans la majorité des critiques féministes de la démocratie, leur progression est peu ou prou considérée comme un progrès, une avancée… Vers ?
S’il faut reconnaître que leur nombre grandissant modifie la vision du rôle que les femmes jouent dans le monde, à s’y focaliser, le risque majeur que le féminisme soit perçu - et c’est déjà largement la situation prévalant - comme synonyme d’une caution (bourgeoise ? élitiste ? occidentale ?... ) donnée au monde actuel qui lui confère un surplus de légitimité. (Cf. Politique. Démocratie, Patriarcat)

Femmes («Politique») : 1878. Le cardinal de Bernis [1715-1794], auteur dans ses Mémoires de :
«Les femmes, qui ont toujours eu l’ambition de gouverner les États […].» 429
Quelle que soit la signification qu’il en donne, je n’ai jamais lu une assertion affirmée, avec une telle évidence ; et ce, de la part d’un homme qui avait eu à connaître l’État dans toutes ses composantes et à en vivre tous ses aléas. (Cf. Politique)
- Suite : Faute de quoi, dans l’attente, des femmes se limitèrent à, se contentèrent de, s’habituèrent à tenter de gouverner les hommes qui avaient les rennes du pouvoir. Et, ce que l’on a appelé «la corruption des mœurs» fut sans doute l’un des ressorts et l’une des majeures conséquences de ce processus - interdisant toute référence toute morale - de critique de la perversion du pouvoir politique. (Cf. Mœurs)

Femme («Politique». États-Unis. Addams Jane : 1915. Jane Addams, [1860-1935], participa au Congrès international des femmes en 1915 à La Haye dont le mot d’ordre était :
«Nous, femmes […] nous protestons contre la folie et les horreurs de la guerre qui mènent à un sacrifice inconsidéré de vies humaines.»
La Ligue internationale pour la paix et la liberté [WILPF] naquit de ce Congrès et obtint le prix Nobel de la paix en 1931. 430

Femme («Politique». France. Alliot-Marie Michèle) (1) : 2002. De Michèle Alliot-Marie, nommée ministre de la Défense, Jean Marie Le Pen a déclaré : «J'ai toujours aimé les cantinières», 431 tandis que Jacques Chirac aurait dit à Sarkozy : «Le ministre de la Défense, c’est moi». 432
- Pionnières, vous avez dit : pionnières ? À quel prix ? Dans quelles conditions réelles ? Plus profondément, de quelle valeur politique sont-elles les symboles ?

Femme («Politique». France. Alliot-Marie Michèle) (2) : 2011. Michèle Alliot-Marie restera sans doute dans l’histoire du fait de sa proposition à l’Assemblée Nationale, le 12 janvier 2011, que «le savoir-faire, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité, permette de régler des situations sécuritaires de ce type», afin d’éteindre la révolution tunisienne commençante, ledit «savoir-faire» s’adressant aussi à l’Algérie. 433
* Ajout. 7 mars 2015. Quatre ans après : la presse évoque la livraison d’«armes françaises pour la Tunisie». 434

Femme («Politique». France. Aubry Martine) (1) : 2008. Martine Aubry s’est adressée à Adeline Hazan, ex-présidente du Syndicat de la magistrature, maire de Reims, ville invitante, en découvrant une araignée sur son pupitre, devant les milliers de participant-es socialistes en ces termes :
«Franchement, Adeline, le ménage aurait pu être fait depuis hier !» 435 (Cf. Féminisme. Antiféminisme. Fabius Laurent, Homme politique. Fabius Laurent)

Femme («Politique». France. Aubry Martine) (2) : 2011. Compte tenu de la gravité des prises de position de l’ensemble des responsables socialistes lorsqu’ils/elles ont été au courant des agressions sexuelles dont D. Strauss-Kahn est l’auteur, Martine Aubry est responsable d’un parti [poste quitté en septembre 2012] qui doit s’interdire d’invoquer la morale à l’encontre de quiconque. Que reste t-il alors de la politique ? L’accès au pouvoir ? …pouvoir alternatif d’autant moins crédible que Martine Aubry a, notamment, pu se prononcer le 21 mai 2011 en faveur d’une candidature de Christine Lagarde (Ministre de N. Sarkozy) à la direction générale du Fonds Monétaire International. 436

Femme («Politique». France. Aubry Martine) (3) : 2017. Martine Aubry, après l’échec du PS aux élections présidentielles de mai 2017 et l’élection d’Emmanuel Macron, auteure de :
«J’ai 66 ans, aujourd’hui j’ai l’impression que tout ce que j’ai fait est abîmé et cassé.» 437 Courageux ? Lucide ? Mais n’est-ce pas toute une génération de politiques qui pourraient se retrouver, au moins partiellement, dans ce diagnostic encore bien flou cependant ?

Femme («Politique». France. Autain Clémentine) : 2016. Clémentine Autin, interrogée sur la difficulté de gouverner, elle évoqua «la difficulté de la tâche». 438 De la «tâche» ?

Femme («Politique». France. Batho Delphine) (1) : 2013. Delphine Batho, ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie du gouvernement Ayrault, a été «relevée de ses fonctions» - traduction : licenciée - du gouvernement, pour avoir qualifié de «mauvais» le budget de son ministère, pour avoir déclaré qu’il y avait une «déception à l'égard du gouvernement» et avoir posé la question : l’écologie «est-elle bien une priorité.» 439
«Ni une erreur, ni une faute», déclara-t-elle plus tard justement ; une affirmation d’autorité, le choix d’un fusible, jugé alors nécessaire, au sein d’un gouvernement qui ne fut jamais écolo… 440
* Ajout. 9 août 2017. Le «départ» du chef d’état major des armées, le général de Villiers le 21 juillet 201 [la décision de se séparer de lui étant semble t-il déjà prise par Emmanuel Macron] - s’inscrit lui aussi suite à une dénonciation de la baisse du budget des armées, mais elle, non pas publique, mais lors de la Commission de la défense et des forces armées, à huis clos, au Parlement.

Femme («Politique». France. Batho Delphine) (2) : 2018. Delphine Batho, qui souhaitait se présenter au poste de Premier/ère secrétaire du Parti socialiste déclara : «Je conteste de A à Z les modalités d'organisation de ce congrès de confiscation, dans ce qui n'est plus un parti mais une petite mafia politique avec ses parrains, ses lieutenants, ses exécutants. J'ai découvert qu'il y avait eu un traficotage des statuts au dernier moment pour changer les règles du jeu, dans l'objectif de reconduire la même aristocratie politique. Je ne peux pas être complice d'un congrès illégitime441 Après ce constat, quatre hommes décidèrent néanmoins de rester en lice.

Femme («Politique». Algérie. Benghebrit Nouria) : 2016. Nouria Benghebrit, Ministre de l’Éducation nationale Algérienne), si l’on en croit, faute d’autres sources, ce qu’en dit Jeune Afrique, réhabiliterait l’idée même de Politique. 442
* Ajout. 18 mai 2017. Mais peut on réhabiliter le Politique, en cautionnant un régime militaire, dictatorial, ayant étouffé un pays, ayant justifié tous les enfermements ? Non. On ne peut que le cautionner. D’où sans doute l’article de Jeune Afrique…

Femme («Politique». France. Bouchardeau Huguette) (1) : 1981. La découverte du livre d’Huguette Bouchardeau, Tout le possible, publié en 1981, rappelle qu’il fut un temps où la gauche pensait gouverner tout en ayant une vision politique alternative. 443

Femme («Politique». France. Bouchardeau Huguette) (2) : 1977.1984. Huguette Bouchardeau qui avait aussi notamment publié : Pas d’histoire les femmes en 1977, a créé et dirigé de 1978 à 1984 la collection Mémoires des femmes chez Syros qui [nous] a permis de connaître les textes de ces femmes formidables que furent Madeleine Pelletier, Nelly Roussel, Hélène Brion, Emma Goldmann, Aline Valette, Marcelle Capy, Paule Minck, Bettina Brentano von Arnim, Maria Deraisme….
Ces découvertes furent essentielle dans la période de renaissance du féminisme dans les années soixante-dix, quatre-vingt : Les femmes avaient des ancêtres prestigieuses, ce dont elles n’avaient auparavant pas la moindre idée.

Femmes («Politique». Colette) : 1914. Colette [1873-1954], à la Chambre des députés, le 9 mars 1914, auteure de :
«[…] La plupart des celles (les femmes) qui sont ici (dans les tribunes) n’ont pas besoin de feindre l’intérêt pour les débats parlementaires. Même si elles ne suivent pas passionnément le mari, l’amant, l’ami ou le parent jeté sous leurs yeux dans la cuve (l’hémicycle), elles obéissent à un goût sincère et tortueux pour les choses de la politique, où on les voit si vite informées, lucides, familières, prêtes d’avance à tous les mandats, à toutes les responsabilités - et à toutes les inconséquences.» 444 (Cf. Femme. Écrivaine. Colette, Politique, «Sciences» sociales. Histoire)

Femme («Politique». Coutelle Catherine) : 2017. Catherine Coutelle, ex-députée socialiste, ancienne présidente de la Délégation de l'Assemblée nationale aux droits des femmes et à l'égalité des chances, auteure, le 12 juin 2017 de :
«Les députées sont des femmes et des mères avant tout.» 445 (Cf. Politique. Égalité des chances)

Femme («Politique». France. Cresson Édith) (1) : 1991. Le lendemain de la nomination d’Édith Cresson au poste de Première ministre, le 15 mai 1991, le titre de Libération fut :
«Et dieu [surnom donné à F. Mitterrand] crée la femme».

Femme («Politique». France. Cresson Édith) (2) : 1993. Édith Cresson, premier ministre [15 mai 1991-2 avril 1992] : une tragédie politique.
- Lire le livre d’Élisabeth Schemla, Édith Cresson. La femme piégée. 446

Femme («Politique». France. Cresson Édith) (3) : 1993. Édith Cresson, interrogée par Élisabeth Schemla, pour la rédaction de son livre : Édith Cresson, la femme piégée, après avoir évoqué «le trouble» qui l’avait saisie après l’alliance, en 1972, de François Mitterrand avec George Marchais [PCF] explique les raisons de sa «dissimulation» [de son silence] :
«Je ne pouvais pas contester un seul instant le fondement même de sa stratégie [celle de Mitterrand] sur laquelle la victoire [de la gauche] reposait. J’ai toujours été très certaine, en observant les autres qui ne lui arrivaient pas à la cheville, que lui seul sait comment agir. Pour m’en sortir, je me demandais ce que mon père, s’il était toujours vivant, en penserait. […]» 447

Femme («Politique». France. Cresson Édith) (4) : 2006. Édith Cresson, en 2006, auteure de :
«Les hommes politiques français sont persuadés qu’ils ont un irrésistible pouvoir de séduction - ce qui, malheureusement pour eux - est loin d’être toujours le cas et que l’élection leur donne le droit de régner sur une sorte de troupeau dont font partie les femmes, lesquelles, comme sous un tchador virtuel, pourraient accomplir certaines tâches, subalternes, cela va de soi. […]
Être femme en politique n’est pas simple. Les obscénités sur elles ne trouvent leur place que dans un système de concurrence, en vue d’éliminer l’adversaire. […]
En France, la classe politique se demandera toujours si une femme est comme ils disent ‘compétente’. Pour un homme, jamais.» 448 (Cf. Homme. Politique. Mitterrand François)

Femme («Politique». France. Duflot Cécile) : 2017. Cécile Duflot, députée Europe Écologie-Les Verts, ex-ministre du Logement de François Hollande, auteure, le 5 juin 2017, de :
«Je porte le flambeau féministe pour les futures générations449
* Ajout. 8 août 2017. 2014. Cécile Duflot avait déclaré, le 31 mars 2014, en quittant le gouvernement Ayrault :
«Je me met à la disposition de la gauche, de la France.», déclaration jugée, néanmoins, ultérieurement par elle «un peu trop grandiloquente». 450 (Cf. Langage. Possessif)

Femme («Politique». France. Garaud Marie-France) : 2006. Marie-France Garaud, alors conseillère avec Pierre Juillet à l’Elysée (Georges Pompidou, Président), raconte la nomination de Jacques Chirac comme ministre de l’Agriculture du Gouvernement Messmer :
«[…] Les députés venaient dans ces temps-là se plaindre à l’Elysée autant de lui que du premier ministre. Pompidou se taisait, mais n’était pas content, et, en 1972, le nom de Chirac ne figurait pas sur la liste du gouvernement Messmer tel qu’il était formé. On le vit alors rôder dans les couloirs, inquiet de ce silence. Juillet, qui avait pour lui toutes les indulgences, eut pitié. ‘Bon, si vous y tenez, trouvez-lui quelques chose’ lâcha le Président. Et c’est ainsi que Jacques Chirac, après avoir tordu le nez sur le portefeuille de l’Industrie, devint ministre de l’Agriculture. […]» 451 (Cf. Hommes Politiques. France. XXIème siècle, Chirac Jacques, Élites)

Femme («Politique». France. Giroud Françoise) (1) : Françoise Giroud [1916-2003], auteure de :
- «Quoi qu’on fasse, y compris la putain, il faut le faire bien.»
- Et de : «Je me suis heurtée à des salopards, j’ai travaillé avec des caractériels, j’ai supporté des imbéciles. Mais dans l’ensemble, leur présence m’a plutôt été épargnée, aucun des représentants des dites catégories ne m’a laissé plus de trace qu’une brûlure d’ortie. En revanche, par le hasard de métiers mirobolants, j’ai été fabriquée, formée, instruite, construite par des hommes qui n’étaient pas indifférents».
- Elle évoque ensuite sa mère […] Puis, elle écrit : «Donc, j’ai été pour une large part faite par des hommes. Comme sur de la cire, ils ont laissé leur emprunte, leur trace, le plus souvent à leur insu.» 452 (Cf. Femme. Journaliste. Giroud Françoise)

Femme («Politique». France. Giroud Françoise) (2) : 1974. On lit dans le livre de Françoise Giroud [1916-2003], Les Françaises face au chômage [1974], ses réactions :
- Concernant la possibilité légale de se constituer parties civiles qui auraient été rendues possibles aux associations de femmes/féministes) :
«Françoise Giroud (Secrétaire d’État à la Condition féminine) s’est toujours opposée à formuler cette demande, me confie M. Jean-Jacques Dupeyroux, professeur de droit à Paris Assas, ces associations, disait-elle, se mettraient aussitôt à attaquer les hommes…» [Reconnu depuis : Cf. article 2,2 du Code de procédure pénale)
- Concernant le chômage :
«Que les femmes sont donc contrariantes ! Le chômage menace ? Qu’elles restent donc à la maison et en un trait de plume, le nombre des demandeurs d’emploi diminuerait de moitié. Qu’elles cèdent la place aux hommes et les offres d’emplois se multiplieraient.» (F. Giroud. L’Express.16 décembre 1974) 453
- Que pèse dès lors la question, en 1974, de la nomination d’une femme-de-gauche dans un gouvernement-de-droite, par rapport à l’adéquation de Françoise Giroud aux normes patriarcales dominantes ? Pas grand’ chose…454 (Cf. Femme. Journaliste. Giroud Françoise)

Femme («Politique». France. Giroud Françoise) (3) : 1975. Françoise Giroud [1916-2003], alors Secrétaire d’État à la Condition féminine, refusa de recevoir les femmes prostituées, lors de leur révolte et de l’occupation de l’Église’ Saint Nizier, à Lyon, en juin 1975. Sa réaction :
«Je trouve que les prostituées doivent être considérées comme tout être humain et qu’il n’y a aucune raison d’exprimer à leur égard d’autre(s ?) sentiments (s ?). Cela dit, les prostituées s’insurgent contre la répression et la répression, comme je l’ai déjà dit, est du ressort du Ministre de l’Intérieur.»
Question : «Si les prostituées se sont adressées à vous, ce n’est pas un hasard» Réponse : «Quand je leur ai dit que je ne pouvais rien faire pour elles, et que cela ne me concernait pas, elles se sont adressées ailleurs.» 455
N.B. L’expression de «travailleuse du sexe» employée dans cette émission est un déni de vérité : ces femmes de présentaient comme «mères» et revendiquaient d’être considérées comme des «femmes». (Cf. (Cf. Femme. Journaliste. Giroud Françoise, Proxénétisme)

Femme («Politique». France. Guigou Élisabeth) : 1997. Élisabeth Guigou, ancienne ministre, concernant les femmes politiques (ou : en Politique) auteure de : «[…] Leur langage, concret, vient du cœur, ce qui ne les empêche pas de théoriser, d’être capables de vues plus abstraites ou plus idéologiques.» 456
Essentialiste, maternalisme, régressif, méprisant, absurde. Sans doute, renierait-elle aujourd’hui cette ‘analyse’, mais dans l’attente, elle reste cautionnée.

Femme («Politique». France. Kosciusco-Morizet Nathalie) : 2017. Nathalie Kosciusco-Morizet, candidate aux élections législatives, auteure de :
«[…] dans dix jours ma voix peut s'éteindre457
- A t-elle pensé à toutes les voix qui ne se sont jamais «allumées»?

Femme («Politique». France. Kustener Brigitte) : 2016. Lu, dans Le Monde, en 2016 :
«Brigitte Kustener, ancienne collaboratrice de l’ex-députée et adjointe à la mairie de Paris Françoise de Panafieu, a du attendre cette années pour obtenir enfin une investiture dans la capitale. En 2012, elle était partie en dissidence contre Bernard Debré. Elle voulait être candidate, le médecin lui proposait d’être sa numéro deux. ‘Est-ce que le féminin de député, c’est suppléante ?‘ avait-elle alors ironisé. Pour 2017, Bernard Debré a enfin accepté de lui laisser son siège. À 57 ans, elle s’estime heureuse : ‘J’ai sa bénédiction cette fois, c’est très élégant de sa part.’» 458 (Cf. Femme. Politique. De Panafieu Françoise)

Femme («Politique». France. Joly Eva) : 2012. Eva Joly, candidate écologiste à l’élection présidentielle de 2012, auteure de :
«On a le droit de m'écraser moi, de m'injurier, mais on n’a pas le droit d'injurier l'écologie.» 459
À désespérer : Les Chiennes de garde défendaient les femmes politiques victimes d’injures, lesquelles souvent faisaient effectivement appel à elles ; aujourd’hui l’une d’entre elles en exclue même l’éventualité et confère en outre un permis d’injure. (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Injure)

Femme («Politique». France / FMI. Lagarde Christine) (1) : 2011. Christine Lagarde [Ex-ministre des finances de Nicolas Sarkozy], nouvelle présidente du Fond Monétaire international - acteur et garant de toutes les dominations impérialistes - a qualifié sa nomination de «victoire pour les femmes». 460 Son salaire annuel (en 2011) : 551.700 dollars, soit environ 31.700 euros par mois, net d’impôts. 461 (Cf. Femme. Conscience de classe. Bourgeoise, «Sciences» sociales. Économie)

Femme («Politique». France / FMI. Lagarde Christine) (2) : 2015. Concernant le roi Abdallah d’Arabie Saoudite, décédé le 23 janvier 2015, Christine Lagarde, Présidente du FMI, auteure de :
«De manière très discrète, il était un vrai défenseur des femmes.» 462 On lit aussi :
«C'était très progressif. Mais j'ai abordé cette question avec lui à plusieurs reprises et il y croyait fermement.» De plus, «il avait mis en place beaucoup de réformes». 463 Traduction : Peu importe [entre autres charmantes pratiques politiques de ce pays] la charia, Abdallah était un fidèle soutien des États-Unis et de l’Occident et cela suffit. Rarement, le mépris des femmes, le cynisme libéral n’a été si clairement affirmé. Le plus grave : que cette déclaration n’ait pas eu pour conséquence son départ du FMI. Pas même son éventualité.

Femme («Politique». France / FMI. Lagarde Christine) (3) : 2015. Christine Lagarde, toujours au FMI, en 2015, déclare :
«Il ne faut jamais lâcher la cause des femmes.» 464

Femme («Politique». France / FMI. Lagarde Christine) (4) : 2015. Christine Lagarde, le 17 avril 2015, a refusé la demande du gouvernement Grec concernant un «report de paiement» assurant que les précédents n'avaient pas été suivis de «résultats productifs». Elle a déclaré qu’Athènes devait donc payer un milliard d'euros à ses créanciers à partir du 6 mai et que le FMI n’accorderait aucun délai de paiement. Vue et entendue, lors de sa déclaration à la télé : terrible sentiment d’inhumanité. 465 (Cf. «Sciences» sociales. Économie. Grèce)

Femme («Politique». France. Corinne Lepage) : 2017. Corinne Lepage faisant, le soir même de l’élection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la république, ses offres de services pour un poste de ministre : quelle tristesse de gâcher ainsi un itinéraire écologique de valeur…
- À sa décharge (?) elle n’est pas la seule «politique» à chercher à se vendre ainsi publiquement.

Femme («Politique». Le Pen Marine) : 2017. Marine Le Pen, quatre jours avant le second tour de l’élection présidentielle, et au lendemain du débat où elle s’était (notamment) montrée particulièrement grossière, s’affirme sans apparente gêne comme «la représentante du peuple» et explique «qu’elle fait exactement ce que le peuple attendait d’elle». 466 Comme Jeanne d’Arc ? Ses propos deviennent délirants… (Cf. Politique. Front National. Peuple)
* Ajout. 8 mai 2017. Pour nuancer la critique : Emmanuel Macron, le soir de son élection, auteur de : «La France l’a emporté»… (Cf. Politique. Démocratie. Élections. 7 mai 2017)

Femme («Politique». France. Lienemann Marie-Noëlle) : 2002. Dans le livre de Marie-Noëlle Lienemann (sénatrice, ancienne députée européenne, ministre, conseillère générale, secrétaire nationale du parti socialiste…) Ma part d’inventaire, publié en 2002, elle qui, selon son éditeur, «n’a pas peur de regarder la réalité en face pour mieux préparer l’avenir» (quatrième de couverture) réussit l’exploit de ne pas écrire une seule fois le mot : «femme». 467

Femme («Politique». Grande-Bretagne. May Theresa) : 2017. George Osborne, ancien ministre des Finances de David Cameron, actuel rédacteur en chef de l’Evening Standard, auteur de :
«Je ne serai tranquille que lorsqu’elle sera dans mon congélateur, découpée en morceaux dans des sachets.»
Et le Canard enchainé qui reproduit cette citation, après avoir écrit qu’il «la flinguait à bout portant plusieurs fois par semaine» le juge «très cash». 468
N.B. Définition du Larousse : Cash : Familier. Sincère. Franc. (Cf. Langage)

Femme («Politique». France. Megret Catherine) : 1997. La première phrase de Catherine Mégret, épouse de Bruno Mégret, nouvellement élue Front National à la Mairie de Vitrolles, en 1997, fut :
«Je voudrais souligner combien notre victoire est d’abord celle de mon mari.» Ce qui en l’occurrence est vrai : Bruno Mégret frappé d’inéligibilité, a, en son lieu et place «fait élire sa femme».
- Il n’est pas inintéressant de se remémorer que, deux ans après, en 1999, pour barrer la voie au dit Bruno Mégret, N° 2 du parti, Jean-Marie Le Pen avait déclaré, à son tour, que s’il était déclaré inéligible, il ferait conduire la liste FN aux élections européennes par sa nouvelle épouse Jany Le Pen, qui incidemment avait déclaré qu’elle était «parfaitement ignare en politique». (Cf. Politique. Front National)

Femme («Politique». France. Panafieu Françoise de) : 2012. Françoise de Panafieu, [UMP] raconte en juin 2012 :
«Bien des hommes m'avaient dit à voix basse qu'ils militeraient pour elle (pour Brigitte Kuster, élue, remplacée par les instances de l’UMP par Bernard Debré). Mais à la commission d'investiture, il n'y avait plus personne... Quand je suis sortie de là, je me suis dit : Waouh ! S'ils se planquent sous la table ici, en temps de guerre, dans la cave de qui j'irais me réfugier si j'étais poursuivie ?»
- De la même : «Nous ne respectons pas la loi que nous avons nous-mêmes élaborée et votée (concernant la «parité») et on s'étonne que les citoyens ne nous respectent pas !» Sur 577 candidatures présentées par l'UMP aux élections législatives de juin 2012, 72 % sont des hommes. 469
- Elle avait par ailleurs, aussi justifié, en 2002, la réouverture des bordels.
Il existe des termes, celui de «respect» par exemple, que sa première déclaration aurait légitimée mais, qui à la lumière de cette dernière prise de position, doivent être employés avec circonspection. (Cf. Femme. «Politique». France. Kustener Brigitte)

Femme («Politique». France. Pau-Langevin George) : 1987. Madame George Pau Langevin, le 13 octobre 1987, alors avocate, présidente du MRAP (Mouvement contre la racisme et pour l’amitié entre les peuples), auteure de :
«[…] Nous, hommes d’Outremer» […] 470
Elle sera, en 2014, nommée «ministre des Outremer». (Cf. Enfant, Crime d’État. France, Langage. Sujet)

Femme («Politique». France. Pelletier Monique) : 1978. 2016. Monique Pelletier, alors qu’elle était, en 1978, «ministre déléguée à la condition féminine», évoquant un jeune et brillant médecin, nommé par elle - qui soignait son mari devenu hémiplégique et aphasique - écrit en 1995 :
«Je le soupçonne de faire des ravages parmi le personnel féminin du service.» 471
- Ce qui importe sans doute, c’est de noter que cette femme attachante n’aurait pas écrit cela si elle n’eut pas considéré que ce fut un compliment qu’elle lui adressait ; et encore moins qu’il put, comme «le personnel féminin» en prendre ombrage…
- Ce qui importe sans doute plus encore, c’est qu’en 2016, elle écrivit : «Ministre des femmes en 1979, j’ai été agressée par un sénateur. Honte à moi de mon silence. » 472 (Cf. Droit. Violences. Droit de cuissage)

Femme («Politique». France. Piat Yann) : 1994. Yann Piat [1949-1994], femme politique française, filleule de Jean Marie le Pen, députée du Var Front National, en 1986, puis en 1988, date à laquelle elle est exclue du Front national ; elle sera alors réélue sous l’étiquette UDF, en 1993. À l’Assemblée Nationale, elle fut membre de la commission d’enquête sur les tentatives de pénétration de la mafia en France. Assassinée le 25 février 1994, en raison de ses dénonciations des liens entre les milieux maffieux et politiques. Première députée assassinée en France.

Femme («Politique». France. Roudy Yvette) : 1995. Yvette Roudy, auteure, en 1995, de : «[…] Faut-il s’étonner que les hommes politiques français puissent si facilement se débarrasser des rares féministes françaises qui s’obstinent à rester dans les partis ? Ils préfèrent traiter, au moment des élections, avec des personnalités extérieures, plus faciles à écarter quand elles ne servent plus. Seules sont retenues les femmes qui ne dérangent ni leurs règles, ni leurs jeux, ni les mœurs. […]» 473
Oui, il faut le dire : les critères de choix (des femmes) en politique sont encore si souvent la soumission, la dépendance, la malléabilité, l’incompétence, les faibles exigences…tempérées par l’ambition ? Certes, elles n’en ont pas le monopole. Mais taire cela est faire injure aux femmes qui décident de faire «de la politique» : elles devront, comme les hommes, avaler les couleuvres et vivre avec leur impuissance. (Cf. Politique. Parité, Sénatrice. Comment devenir..)

Femme («Politique». France. Royal Ségolène) : Avoir enduré avec hauteur la somme d’injures et d’ignominies dont Ségolène Royal a été l’objet impose le respect. L’analyse politique féministe est toujours manquante. 474
- Plus récemment, ses prises de position concernant le fait qu’elle souhaite, sans autre forme de procès, «tourner la page» (le 20/5/2011, avant même toute décision judiciaire concernant D. Strauss-Kahn), l’a rangée de facto dans le camp des cautions d’un agresseur sexuel. De plus récentes déclarations n’effacent pas la faute.
* Deux «leçons» de son magistral échec aux élections législatives de juin 2012 : nul-le n’est au-dessus des lois (du P.S) et : la présomption est un vilain défaut.
* Ajout. 16 janvier 2013. Concernant la première assertion, une question me vient à l’esprit : pourquoi aurait-elle dû ‘endurer’ toutes ces injures ? Pourquoi n’a-t-elle pas d’emblée affirmé qu’elle ne les accepterait plus et ne s’en est-elle pas donné les moyens ? Si tel avait été sa décision, elle aurait certes du affronter l’ensemble de la classe politique et prendre un risque politique réel (pas perdu pour autant). Mais elle aurait fait faire aux femmes et donc à la société française un immense pas en avant. Plus important que son (éventuelle) élection (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Injure, Hommes «Politiques». Strauss-Kahn Dominique)

Femme («Politique». Grande-Bretagne. Rudd Amber) : 2018. Amber Rudd, ministre de l’Intérieur britannique avait déclaré, concernant son collègue Boris Johnson, ministre des Affaires étrangères, qu’il n’était pas «le genre d’homme qu’on choisirait pour se faire raccompagner en voiture à la fin d’une soirée475

Femme («Politique». France. Saunié-Séité Alice) : 1974. Échange de mots en 1974, retranscrits et publiés par Françoise Giroud, entre elle et Alice Saunié-Seité qui assistait à son premier Conseil des ministres (Présidence de Giscard d’Estaing] : «Chère Alice, vous doutiez-vous qu’un Conseil des ministres peut être aussi ennuyeux ?»
Réponse : «Chère Françoise, oui, car j’ai toujours constaté l’insondable puérilité du sexe masculin.»
- Si Alice Saunié-Seité n’avait pas été si souvent définie par son statut de [probable] ‘maîtresse de’…, aurais-je moi-même retranscrit cet échange ? 476

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (1) : 2010. Marlène Schiappa, dans son livre, Osez l’amour des rondes, écrit notamment :
- «Soyez drôles, mais pas trop. La femme grosse a l’obligation d’être marrante, mais ne doit pas oublier que sa priorité doit toujours rester sa soumission totale à l’homme. Elle préférera donc rire aux blagues pourries de son compagnon plutôt que de se lancer dans un récital de vannes. »
- «La levrette: Il s’agit ici de mettre en avant le meilleur visage de la grosse : son cul».
- «Sodomie mensongère : il s’agit ici de faire croire à votre amant qu’il vous sodomise alors qu’il s’introduit seulement entre vos deux miches. Technique usitée par la plus vieille profession du monde depuis des siècles. Merci pour cet aimable rappel de notre condition, Marlène.» etc.,… 477

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (2) : 2014. Le site Atlantico publie le 24 mai 2017, les «dix suggestions pour vous faire prescrire un arrêt de travail pathologique» - proposées par Marlène Schiappa, avant sa nomination au gouvernement sur son blog Maman Travaille - fondées sur la simulation, le mensonge, la manipulation, la séduction, l’abêtissement, les modalités de détournement de la loi.
- Commentaire d’Atlantico : «À coup sûr, les employeurs apprécieront les prochaines sorties de la ministre sur la discrimination hommes-femmes dans les entreprises… et les prochaines sorties du Président et de son équipe sur l’exemplarité des élus.» 478

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (3) : (avril) 2017. Marlène Schiappa, responsable d’un réseau intitulé «Maman travaille», «référente égalité femmes-hommes d’Emmanuel Macron» présente, dans l’entre deux tours de l’élection Présidentielle de mai 2017, les projets d’Emmanuel Macron s’il est élu. J’ai relevé :
- «Son programme, qui est très caricaturé, est de libérer l’économie en ouvrant plus de droits» et :
- «Il est convaincu que l’émancipation, c’est permettre à chacune de faire les choix qu’elle veut, comme si elle était un homme, ni plus ni moins. C’est à dire pouvoir sortir dans la rue à 3h du matin, si elle en a envie, avoir accès à l’IVG ou se rendre à la fac avec son voile479
- Effectivement, avec de telles ambitions, on ne peut que la croire : «Avec Emmanuel Macron, la vie des femmes va changer.» (Cf. Homme «Politique. Macron Emmanuel, Politique. Démocratie. Élections présidentielles. 7 mai 2017)

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (4) : (24 mars) 2017. Lors d’un débat au cours duquel Emmanuel Macron et Marlène Schiappa s’étaient engagés publiquement à la création d’un Ministère des droits des femmes, Marlène Schiappa a déclaré : «Le féminisme est aussi un courant économiste.» 480 Cette petite phrase, ouvre un boulevard aux thèses et politiques économiques libérales, proxénètes nécessairement incluses. (Cf., Féminisme, «Sciences» Sociales. Économie)

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (5) : (18 mai) 2017. Marlène Schiappa est nommée non pas ministre, mais «Secrétaire d'État en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes» du gouvernement Édouard Philippe.
- J’apprends qu’elle avait «travaillé aux côtés de Laurence Rossignol au ministère des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes» et qu’elle a collaboré quelques mois aux Nouvelles News, fort peu critique, par ailleurs, la concernant…(Cf. Schiappa Marlène, «Sciences» sociales. Économie)

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (6) : (22 mai) 2017. Marlène Schiappa est interrogée par les Nouvelles News :
- Question : «Un mot d’abord sur la déception qu’a pu causer la dénomination de votre rôle. Vous n’êtes pas à la tête d’un ministère, mais d’un secrétariat d’État, certes rattaché au Premier ministre. N’est-ce pas un mauvais signal ?», Marlène Schiappa
- Réponse : «Au contraire. Avoir un secrétariat d’État rattaché à Matignon, c’est le pilotage politique que j’avais proposé à Emmanuel Macron. Car lors de mes discussions durant la campagne présidentielle avec des expertes, des associations… toutes me disaient qu’elles étaient globalement satisfaites des actions menées ces dernières années par le ministère des Droits des femmes, mais s’il fallait un point d’amélioration à leurs yeux, c’était un besoin de transversalité. […]» 481

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (7) : (22 mai) 2017. Marlène Schiappa s’estime, le 22 mai 2017, en droit de conférer des labels de véracité «féministe» à ses collègues. :
«[…] Mais je peux déjà dire que dans ce gouvernement, il y a beaucoup de vraies féministes. La ministre du Travail, de la Culture, des Transports, des Sports, des Armées… sont des femmes très engagées sur ces questions.»
- Marlène Schiappa, du fait de sa fonction ministérielle, délivrant des brevets de «vraies féministes» : un bel exemple d’enfermement institutionnel. 482

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (8) : (24 mai) 2017. Marlène Schiappa, nommée par Emmanuel Macron «Secrétaire d'État en charge de l'Égalité entre les femmes et les hommes» du gouvernement Édouard Philippe, invitée par Radio Alpa, affirme :
«Je me situe plutôt dans un mouvement féministe qu'on appelle pro sex aux États-Unis, et qui demande un statut du travailleur sexuel, que ce soit pour les animateurs de sites X, les performers érotiques, les assistants sexuels pour personnes handicapées... Le mouvement pro sex pense qu'on ne peut pas partir du point de départ que toutes les prostituées sont contraintes.»
- Et ce, suivi de la non moins fulgurante analyse :
«Néanmoins, je ne crois pas non plus qu'on puisse partir du point de départ que toutes les personnes prostituées seraient consentantes. Il est bon parfois de s'éloigner des dogmes pour entrer dans le concret, de voir comment ça se passe pour les principales concernées. […]» 483 (Cf. Homme «Politique». Macron Emmanuel, Pornographie, Proxénétisme)

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (9) : (3 août) 2017. Marlène Schiappa déclare que «le corps n’est pas un bien public». 484 Si l’on accepte la grille de lecture de la dénégation selon laquelle il s’agit du procédé par lequel, tout en formulant une pensée, un désir - ici une réalité - jusqu'ici refoulée, une personne s'en défend, en niant qu'il lui appartienne, et de fait l’exprime, alors de riches conclusions politiques doivent en être tirées.
Mais, plus précisément, à quoi donc engage - et que peut bien signifier l’emploi du terme de «bien public» - que nul-le ni juridiquement, ni politiquement - n’utilise. Qui, dans le monde, pourrait affirmer : «Le corps est un bien public» ?
- Cette assertion est indigne, car elle a pour moyen le leurre et pour finalité la tromperie. (Cf. Proxénétisme)

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (10) : (3 août) 2017. Marlène Schiappa évoque, devant la Délégation aux droits des femmes au Sénat, incidemment, qu’elle est «aussi en charge» des «LGBT». 485
Ainsi dorénavant l’égalité femmes-hommes (un concept) est comparable ? équivalente ? aux «LGBT» (des êtres humains, qualifié sans que l’on sache sur quels fondements, arbitrairement donc, comme tels) (Cf. LGBT)
* Ajout. 22 novembre 2017. Cf. article 1 du décret 2017-N°1066 du 24 mai 2017 relatif à ses attributions :
«Par délégation du Premier ministre, Mme Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, prépare, anime et coordonne le travail gouvernemental en matière de parité et d'égalité entre les femmes et les hommes, ainsi qu'en matière de lutte contre la haine envers les personnes lesbiennes, gays, bi et trans». […] Lire la suite…

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (11) : (12 septembre) 2017. Marlène Schiappa revendique la PMA pour toutes les femmes, afin qu’elles puissent toutes devenir mères 486, sans que les enfants n’aient de pères. Les hommes, ou plutôt, certains rares d’entre eux, réduits à leur sperme, lui-même devenu un objet du marché. Désavouée par le ministre de l’Intérieur, elle devra retirer son projet. (Cf. Être humain. Corps. Sperme, Politique. Égalité)

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (12) : (16 octobre) 2017. Marlène Schiappa, en sus d’une nouvelle loi sur le harcèlement sexuel [de rue], qu’elle annonce, c’est, selon elle, de la critique des précédentes qui ne sont pas, ou mal, ou si difficilement mises en œuvre, que les femmes ont besoin.
Et si l’on veut vraiment que les choses changent, radicalement, si l’on veut vraiment que des siècles d’injustice soient dénoncées et que ces violences cessent, ce dont les femmes - celles qui ont parlé et toutes celles les plus nombreuses qui n’ont pas parlé - ont besoin, c’est d’abord et avant tout - d’une nouvelle police, mais surtout d’une nouvelle justice. 

La parole, là aussi, de toutes les injustices, de tous les scandales de la justice, de toutes les hontes commises à l’encontre des femmes par la «Justice», doit se libérer. (Cf. Droit, Justice, Patriarcat. Weinstein Harvey, Violences à l’encontre des femmes)

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (13) : (18 octobre) 2017. Je lis dans l’organigramme de la composition du cabinet de la Secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, que celui-ci est composé de 5 personnes. L’une d’entre elles est «conseillère en charge des droits des femmes
- Ainsi, si l’on pense que le terme de «droits des femmes» a un sens, il faut savoir qu’une seule personne est officiellement en France, chargée de «gérer», de suivre, de critiquer, d’innover, les dits droits de 34, 5 millions femmes, en France. 487

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (14) : (22 octobre) 2017. Marlène Schiappa affirme, dans le JDD :
«Je suis très proche de Brigitte [Macron]. Elle me demande des conseils
- Commentaire du Canard enchaîné :
«Et le génie Schiappa consent à lui en donner ? » 488

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (15) : (22 novembre) 2017. Je lis dans Le Canard enchaîné :
«La plupart des orateurs au Congrès de Lyon [1er conseil national de La république en marche où fut adoubé Christophe Castaner, après qu’il ait été nommé par Emmanuel Macron] ont vanté les immenses efforts (sic) du président Macron et de son mouvement au service de l’égalité femmes-hommes : parité au gouvernement, 43 % des députées, etc., (sic). Mais, à l’exception notable de Marlène Schiappa, tous les orateurs principaux étaient des hommes […] Il y avait bien des femmes sur la tribune et au micro, mais c’était pour assurer l’ambiance. […] Dans le jargon du métier, cela s’appelle ‘faire des ménages’. Mais, là, ce n’était même pas payé.» 489

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (16) : (25 novembre) 2017. Après le discours lamentable d’Emmanuel Macron du 25 novembre 2017 à l'occasion de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et du lancement de la grande cause du quinquennat : «words, words, words» ; despise, despise, despise - à quelle politique Marlène Schiappa peut-elle dès lors se référer ?… (Cf. Homme. Politique. Macron Emmanuel, Patriarcat. Weinstein Harvey)

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (17) : (27 novembre) 2017. Un document en date du 27 novembre 2017, intitulé : Décryptage du budget dédié à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles du Secrétariat d’État montre qu’«aucun budget supplémentaire» n’a été programmé pour lutter contre les violences. Le terme de mépris est insuffisant, c’est d’une attaque frontale contre les femmes de ce pays qu’il s’agit. Les femmes, je le pense, n’oublieront pas. Et Emmanuel Macron devra - et sera - personnellement jugé responsable des violences contre les femmes qui dorénavant seront perpétrés contre les femmes. Et ce sera juste. 490

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (18) : 2018. Faute de crédits, dans le cadre institutionnel, politique, économique français, Marlène Schiappa a [pris] le pouvoir que la valeur de sa parole singulière lui confère, ou non.

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (19) : (7 février) 2018. Lu dans Le Canard enchaîné, le jugement d’Emmanuel Macron concernant Marlène Schiappa :
«Elle a créé son fonds de commerce. Elle s’installe dans le rôle de la passionaria du combat de l’égalité entre les femmes et les hommes. Je la laisse faire parce que j’en ai fait la grande cause de mon quinquennat. Il faut bien qu’en dépit de quelques excès une figure qui l’incarne.» Et Le Canard conclue :
«Sans oublier que Schiappa est intouchable en raison de sa proximité avec Brigitte. Existe-t-il meilleur soutien en Macronie ?» 491
- Les femmes - car c’est bien d’elles, de nous qu’il s’agit - mises en position d’être qualifiés de «fonds de commerce» de Marlène Schiappa, apprécieront la valeur que leur accorde le président de la République… (Cf. Homme. «Politique». Macron Emmanuel)

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (20) : (10 février) 2018. La reprise en mains institutionnelle est dorénavant effective : après les révélations de réalités de violences commises à l’encontre des femmes par Nicolas Hulot, N° 2 du gouvernement, Marlène Schiappa écrit :
«Le Premier ministre a parlé au nom de tout le gouvernement en étant très clair : le gouvernement fait confiance à Nicolas Hulot. Qu'ajouter ? Je pourrais répéter cela. Je pourrais ajouter que c'est ‘un homme charmant’ (c'est le cas), ‘respectueux’ (c'est le cas), que je pense à son épouse et ses enfants (c'est le cas), qu'il porte un combat majeur pour l'avenir de la planète (c'est le cas) ; mais en quoi cela apporterait-il quoi que ce soit, dans un sens ou dans un autre ?» 492
La messe est dite… pour ceux et celles qui y croyaient…
Le danger était trop important, la reprise en mains peut commencer.
* Ajout. 16 février 2018. L’enquête pour viol visant le ministre Gérard Darmanin est classée sans suite par le Parquet de Paris 493
* Ajout. 3 mars 2018. Gérard Damanin dépose plainte pour dénonciation calomnieuse à l’encontre de la femme qui avait déposé plainte pour ‘abus de faiblesse’. 494
* Ajout. 6 mars 2018. Nicolas Hulot a, le 2 mars, déposé plainte en diffamation contre le magazine Ebdo ‘qui avait fait état d’un plainte pour viol et d’une rumeur de harcèlement sexuel495

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (21) : (8 mars) 2018. Marlène Schiappa, le 8 mars 2018 déclara sur TPMP (Touche pas à mon poste) :
«Il est très beau Cyril Hanouna, on ne peut pas dire le contraire. Il est très bienveillant. Je trouve que c’est un gentleman. C’est quelqu’un qui se comporte très bien avec les femmes496
Eh, oui, cela fut dit…
Mais cela ne fut pas relevé, pas cité dans la revue de presse du Service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Officiellement donc, Marlène Schiappa n’a pas «félicité» Cyril Hanouna, ni ne l’a complimenté pour le «respect» dont il fait - c’est évident - quotidiennement preuve auprès de près de trois millions de téléspectateur/trices…497

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (22) : (8 mai) 2018. Je découvre sur internet que Marlène Schiappa, alors déjà secrétaire d’état, a reçu le 8 décembre dernier le prix spécial laïcité du Grand Orient de France. Dans un tweet daté du 8 décembre 2017, elle s’affirme « honorée de recevoir le prix spécial Laïcité du GODF [Grand Orient de France] qu’elle « prend pour un encouragement. ».

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (23) : (9 mai) 2018. Lu sur Le Canard enchaîné : «  La secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes publie : Si souvent éloignée de vous’, ainsi présenté en quatrième de couverture : ‘Telle une Madame de Sévigné moderne, Marlène Schiappa écrit à ses filles […] Aux confins de l’intime et du politique, ce récit à la fois exceptionnel et universel nous dévoile le cœur d’une mère au service du gouvernement. ».
Pour son prochain ouvrage, un autre sujet vendeur : Madame de sévigné féministe ? » 498

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (24) : (9 mai) 2018. Le 9 mai 2018, Muriel Pénicaud, ministre du Travail et Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, conclurent les réunions de concertation sur l’égalité salariale au ministère du Travail, en présence de tous les syndicats. 499
Le soutien à l'AVFT, publiquement exprimé, fut porté par la CGT, mais avait fait l'objet d'un consensus trans-syndicats, CGT, la CFDT, la CGC, la CFTC, FO, la FSU, SOLIDAIRES et l'UNSA.
Marlène Schiappa, à nouveau donc interpellée, a répondu que l'AVFT avait arrêté son activité, que l'État n'avait pas à faire de mécénat avec les associations et qu'il faisait déjà preuve de mansuétude en ne supprimant pas entièrement la subvention de l'AVFT, maintenue intégralement [Pour 2018 en tout cas].
Les deux termes de mécénat et de mansuétude méritent une analyse politique.
N.B. Marlène Schiappa peut-elle expliquer pourquoi elle menace si clairement l’AVFT et affiche si clairement son soutien, y compris financier, au Collectif féministe contre le Viol ? Et qu’en pense le CFCV ?
* Ajout. 31 mai 2018. 48.000 femmes victimes de violences au travail en 2016.
En février 2018, 32 % des femmes declaraient avoir été victimes d’une forme de hracèlement sexuel au cours de leur carrière. 500

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (25) : (11 mai) 2018. Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes a une telle confiance en la justice de la justice française qu’en matière de harcèlement sexuel au travail, qu’elle a décidé - de concert avec le président de la République, le premier ministre, sa consœur, ministre de la justice  - de n’en rien changer.
Alors que le monde entier est encore si profondément bouleversé par les conséquences de «l’affaire Harvey Weinstein », l’efficacité de la justice française, pour la permanence du patriarcat et la domination masculine était-elle par trop probante  ? 501
NB. Pour rappel : Non seulement les « ordonnances Macron » ont, en droit du travail, restreint les droits des femmes la matière ; non seulement, les femmes pâtiront, comme tous les justiciables, de la réforme actuelle de la justice initiée par Emmanuel Macron ; mais, en sus, la lutte contre le harcèlement sexuel ne fait pas partie des réformes présentées avec la ministre du travail, comme relevant de l’égalité professionnelle hommes-femmes. [Repris dans  Justice. Schiappa Marlène] (Cf. Femme. Politique. Schiappa Marlène, Justice. Macron Emmanuel, Patriarcat. Weinstein Harvey, Violences à l’encontre des femmes. Harcèlement sexuel)

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (26) : (11 mai) 2018. Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes a une telle confiance en la justice de la justice française qu’en matière de harcèlement sexuel au travail, qu’elle a décidé - de concert avec le président de la République, le premier ministre, ses consœur, ministre de la justice et du travail - de former ceux et celles qu’elle nomme avec dignité, respect et élégance, « les personnels de standard » et ce, « en quelques semaines. », qui seront chargé-es de répondre savamment aux personnes qui appelleront ledit standard. 502
- En faisant fi, elle qui ne s’affirme féministe que depuis un an, des 33 ans d’initiatives législatives, d’avancées jurisprudentielles, de compétences juridiques, d’innombrables procès préparés, défendus, plaidés par l’AVFT ?
- « L’État doit reprendre la main » ainsi, a-t-elle justifié sa décision, et ce, après un jugement politique dépourvu de toute ambiguïté. 503
- S’est-elle vraiment rendue compte de l’énormité politique, a tant de titres, d’un telle assertion ? [Repris dans Justice. Marlène Schiappa]

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (27) : (11 mai) 2018. Après que Marlène Schippa ait donc refusé d’augmenter le financement public de l’AVFT [235. 000 euros par an] et semble attendre de la reconnaissance qu’elle ne l’ait pas diminué, elle décide d’utiliser, là encore [semble-t-il seule ?], l’argent de l’État et de dépenser :  «quatre millions pour un plan de communications » et « un million pour un nouveau dispositif contre les violences au travail. » 504

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (28) : (14 mai) 2018. Questionnée sur le nombre d’inspecteurs[trices] du travail - dont le nombre ne cesse de baisser - chargés de contrôler les 7000 entreprises en matière d’égalité salariale , Marlène Schippa eut cette réponse dont la dernière phrase, hallucinante est fort inquiétante, là encore, à tant de titres, :
«’C’est tout à fait absorbable. En France, on a un nombre d’inspecteurs au-dessus des normes de l’Organisation internationale du travail. Le sujet n’est donc pas le nombre, mais la priorité fixée ». 505
- N’y a-t-il donc personne qui relise ses interviews ?

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (29) : (14 mai) 2018. Interrogée sur son absence sur les marches du Festival de Cannes, le 12 mai 2018, alors que 82 femmes affirmaient au nom de « l’égalité » dédier cette manifestation «aux femmes du cinéma »  Marlène Schiappa qui a décidément reponse à tout répondit :
qu’elle n’avait pas voulu « s’inviter », suivi de :
« Ce n’est pas ma place, je ne suis pas actrice ». 506
N.B. Dans Le Canard enchaîné, il est écrit que : « Françoise Nyssen [ministre de la Culture]  était la seule ministre autorisée par le Château [l’Élysée] à monter les marches du Palais des festivals. » 507 (Cf. Culture, Politique. Égalité)

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (30) : (30 mai) 2018. Marlène Schiappa publie un livre, intitulé Si souvent éloignée de vous, dans lequel elle croit bon préciser qu’il n’est «  ni une communication gouvernementale ni un bilan d’action politique, mais un récit purement personnel, partiel et parfois romancé. »
Il fut pourtant rendu public par un courriel émanant du Secrétariat d’État. Le président d’Anticor ayant saisi la Commission nationale de l’informatique et des libertés, ainsi que le premier ministre, Marlène Schiappa a évoqué «  une maladresse » qui «  ne se reproduira plus ».
L’article du Monde, qui en fait état, après avoir parlé d’un livre « parfois [d’] un registre de littérature de gare » qui évoque cet épisode en conclue :
«  Ce qui pourrait passer chez Marlène Schiappa pour de la naïveté, ou une volonté puérile de se donner en exemple, pourrait bien révéler au contraire une maitrise parfaite des codes de la société du spectacle. » 508
- Certes, ce livre était un objet politique, mais Le Monde ne serait-il pas plus crédible, plus honorable, s’il avait pris au sérieux sa politique, qui, elle, ne relève pas de « la société du spectacle » ?

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (31) : (11 juin) 2018. Je reçois La Veille de l’actualité du Service du droit des femmes et de l’égalité entre les hommes et les femmes. Il n’est curieusement plus fait état d’aucune initiative de la ministre et «  l‘action gouvernementale » est réduite à sa plus simple expression.

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (32) : (12 juin) 2018. Lors d’un énième interview - à Terrafémina - Marlène Schiappa, tentant en vain, une énième fois, de se justifier concernant la politique du gouvernement concernant l’AVFT déclare  :
« L'AVFT a décidé de fermer son standard. L'État serait en droit dans n'importe quel contrat commercial ou contrat de partenariat de dire : "OK, vous ne remplissez pas la mission pour laquelle vous touchez une subvention, on arrête la subvention". Or, nous, ce n'est pas ce que l'on a dit. »
Et ce, suivi d’un inénarrable :
«  On vous demande de faire moins de choses  […] ». 509
Ce qui mérite bien un prix de l’humour (ou de l’inconscience ?) politique ?

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (33) : (13 juin) 2018. A la suite de la honteuse déclaration d’Emmanuel Macron selon lequel «  les aides sociales, coûtent un maximum de pognon », Marlène Schiappa croit bon nous expliquer ce que sans doute elle estime que nous ne pourrions comprendre sans son analyse, ou que nous comprendrions peut-être mieux avec son aide :
« Toucher 550€ de RSA/mois ne permet pas de sortir de la pauvreté s’il n’y a pas d’accompagnement efficace vers le travail. Un vrai travail, un vrai salaire: voilà le projet du gouvernement ! « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes » (K.Marx) » (Cf. Sciences sociales. Économie. Macron Emmanuel)

Femme («Politique». France. Schiappa Marlène) (34) : (15 juin) 2018. Au nom de quoi, sur quels fondements, devrais-je - devrions-nous - supporter que de telles analyses, de telles politiques, de telles incohérences, une telle suffisante liée à une telle médiocrité  ? Quelle est la légitimité de Marlène Schiappa ? Jusqu’à quand ’estimera-t-elle son intelligence suffisamment éclairante pour parler au lieu et place de la moitié de la population vivant en France ? Jusqu’à quand les femmes, les féministes, les associations féministes, supporteront-elles cette situation ? Jusqu’à quand tant de médias poursuivront- ils sans honte leur complaisance ?

Femme («Politique». France. Sid Cara Nafissa) : 1959. Nafissa Sid Cara [1910-2002] fut la seule femme ministre lors du premier gouvernement Michel Debré de la Vème République [1959-1962] plus justement, elle fut Secrétaire d’État «chargée des questions sociales en Algérie et de l'évolution du statut personnel de droit musulman». 510 Réfléchir à sa signification…

Femme («Politique». France. Taubira (Christiane) : 2015. Christiane Taubira, en réponse, à l’Assemblée Nationale, à une critique d’un député de droite (extrême), Eric Ciotti, auteure de :
- «Monsieur le député, j'avoue que malgré toutes ces années passées, vous conservez pour moi quelque chose de mystérieux. Je me demande si lorsque vous affirmez certaines choses vous y croyez vraiment. Si c'était du temps de ma fringante jeunesse, j'aurais supposé un sentiment contrarié. Mais cet hémicycle tout entier a déjà constaté à quel point je vous obsède dans toute votre expression publique, avec une constance qui appelle quand même l'admiration.»
- Et elle poursuivit (concernant l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs) : «’Vous vous livrez à une exercice solitaire lorsque vous prétendez qu'elle était efficacesuscitant à nouveau les rires de nombreux parlementaires, y compris à droite511
Une sexualisation sous le mode de l’humour, inappropriée de la politique ? (Cf. Féminisme. Humour, Patriarcat. Proudhon Joseph / Taubira Christiane)

Femme («Politique». France. Veil Simone) (1) : 1974. Simone Veil, alors ministre de la Santé, débuta son célèbre discours sur l’interruption volontaire de grossesse, à l’Assemblée Nationale, le 26 novembre 1974 par ces phrases si souvent citées :
«Je voudrais vous faire partager une conviction de femmes. Je m’excuse de le faire devant une Assemblée constituée quasi exclusivement d’hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement.»
Je n’ai jamais compris de quoi devait -elle «s’excuser» ? D’être femme ? De partager sa «conviction» [Est elle la sienne ou celle des femmes ?] avec des hommes ? D’aborder la question de l’IVG devant des hommes ? D’avoir à réfuter - à l’avance - leurs arguments ?

Femme («Politique». France. Veil Simone) (2) : En lisant le livre d’Élisabeth Guigou, Être femme en politique, évoquent les «colères mémorables» de Simone Veil (p.178) je me suis souvenue de l’épisode suivant :
- Trois présidentes d’associations de lutte contre les violences faites aux femmes (Je me souviens de la présence de Simone Iff, présidente du Collectif féministe contre le viol, qui la connaissait personnellement, la troisième dont j’ai oublié le nom étant sans doute la présidente de la Fédération Solidarité femmes (Lutte contre les violences ‘conjugales’) avions demandé un RV pour contester je ne sais plus quoi concernant sa politique.
- Le RV a été très bref, à peine avions nous abordé de sujet dont nous souhaitions lui parler, la ministre s’est mise très violement en colère, nous a injuriées et mises à la porte, sans autre forme de procès. Je ne me souviens plus de la teneur exacte de ses propos, mais je me souviens très bien de ma réaction lorsque, ébahies, ahuries, sans avoir bien compris ce qui nous était arrivé, nous nous sommes retrouvées dans un taxi : «Dans un autre pays, ce soir, nous étions en prison.», ai-je alors dit [ou pensé] ?
- Et lorsque, tout de même très marquée par cet épisode scandaleux j’en ai parlé autour de moi parmi des personnes qui travaillaient dans son ministère, il m’a été répondu que ce type d’agissements de sa part était très connu. Le pire, sans doute, c’est que cela était présenté comme relevant d’une donnée, de l’«acquis».

Femme («Politique». États-Unis. Warren Elizabeth) : 2016. Elizabeth Warren, sénatrice démocrate du Massachusetts, auteure, en 2016, de :
«Si Trump et le parti Républicain essayent de lâcher la bride des grandes banques afin qu’elles puissent une fois de plus jouer avec notre économie et tout mettre par terre, alors nous allons les combattre à chaque étape du chemin.» 512 (« Sciences » sociales. Économie)

Femme («Politique». France. Weiss Louise) : La lecture de la vie de Louise Weiss, [1893-1983] femme si exceptionnelle, si critiquable, et si peu sympathique devrait dissuader quiconque de toute recherche d’honneur, d’hommage et de reconnaissance officielles, qui apparaissent, la concernant, de manière si flagrante, si dommageables et si tristes. 513

Femme («Politique». Turquie. Zana Leyla) : Leyla Zana, députée, femme politique kurde, condamnée à 15 ans de prison en 1994. Libérée le 8 juin 2004. Puis condamnée à nouveau à des années de prison Son immunité parlementaire est levée en juin 2016, comme celle des autres membres du HDP. (Parti démocratique des peuples).
Voici un passage d’un interview d’elle [qui fut mariée à 14 ans par son père à un homme de 35 ans] réalisé par Chris Kutschera, en 1994 :
«[…] Dans le monde entier, la femme est maltraitée par les hommes. Mais chez les Kurdes, c’est particulier : elle n’est même pas traitée comme une domestique, la femme est un objet, un animal. Dans ma famille, par exemple, mon père, il dormait du matin au soir. Le soir, il se réveillait, et alors il voyait ses amis, il parlait avec eux. Ma mère, c’était le contraire : elle s’occupait des animaux, elle était dehors toute la journée, elle travaillait. Et malgré cela, le soir, quand elle rentrait à la maison, mon père la battait. Il fallait qu’elle fasse tout ce qu’il voulait, comme une esclave.
Ma mère était restée 12 ans après son mariage sans avoir d’enfant : après, elle a eu quatre filles, coup sur coup. Personne ne lui parlait, surtout pas la famille de mon père. Quand une de mes petites sœurs pleurait la nuit, cela dérangeait mon père : il prenait ma mère et la fillette, et il les jetait dehors, quel que soit le temps.
Une fille, ce n’est rien pour un Kurde. Il n’y a pas longtemps, j’ai eu la visite de mon père, qui m’a dit : ‘je veux marier ton frère’. Je lui ai demandé pourquoi. Il m’a dit : ‘Si un jour nous réussissons à faire un Kurdistan, je veux avoir un petit-fils’. Je lui ai dit : ‘Mais tu en as un, mon fils’. Mon père a répondu : ‘Non, celui-là ne m’intéresse pas, il ne porte pas mon nom’.
J’aime beaucoup mon père, mais il a une des originalités des Kurdes : quand il rentre à la maison, il imite la violence qu’il voit à l’extérieur, la violence des gendarmes, des policiers
. […]» 514 (Cf. Politique. Égalité. Zana Leyla)

IX. Femme (Remarquable) :

Femme (Remarquable. Albaret Céleste) : 1991. Je lis dans le livre que Céleste Albaret [1891-1984] a consacré à Monsieur Proust ceci, qui m’a particulièrement touchée :
- «Il y a maintenant soixante ans que je l’ai vu pour la première fois, et pourtant, c’était comme si c’était hier. Souvent il me disait : ‘Quand je serai mort, vous penserez toujours au petit Marcel, car vous n’en trouverez jamais d’autre comme lui.’» […]
- «Quand la vie s’est arrêté pour lui, elle s’est aussi arrêté pour moi
- «Jamais il ne m’a abandonnée. Chaque fois, dans la vie, que j’ai eu à accomplir une démarche, j’ai trouvé un admirateur de Monsieur Proust qui aplanissait pour moi les difficultés, et c’était comme si, dans la mort, il avait continué à me protéger.» 515

Femme (Remarquable. Ambapali) : Voici la présentation de cette femme, «la belle courtisane propriétaire de ‘bois de manguiers’» disciple du Bouddha, telle que présentée par Alexandra David-Neel [1868-1969] :
«C’est la Magdeleine de l’Évangile bouddhiste, mais une Magdeleine d’un tout autre caractère, sans passion, sans sentimentalité : Ambapali était une intellectuelle, une lettrée, une Aspasie hautement honorée, ‘la gloire de la ville de Vaiçali. Le Bouddha fut son hôte et c’est à elle qu’on a fait dire : ‘Rares sont les femmes capables de comprendre la profondeur et la subtilité de la doctrine…’ Et il la traite en auditeur valable ; c’est la seule femme avec Vissika la riche matrone qui apparaissent dans les Écritures comme ayant été appréciés par le Bouddha pour leurs capacités intellectuelles et Amballi qui savait tant de langues, tant d’arts et connaissaient les systèmes philosophiques a le pas sur Vissika. Elle devint religieuse sans fracas, sans croire qu’elle avait rien à expier, à déplorer, comme une reine qui aurait compris la vanité des choses. On lui attribue des vers délicieux516

Femme (Remarquable. Arthaud Florence) : Florence Arthaud [1957-2015], interrogée concernant ses craintes à la veille d’un départ en solitaire pour la Route du Rhum, répondit :
«Plus le départ approche, moins je suis angoissée et plus j’ai le moral.»
- Contrant l’éternel stéréotype la concernant, Yann Queffelec, lui aussi marin, s’exprimait ainsi :
«On disait d’elle qu’elle était ‘la petite fiancée de l’Atlantique’…à moins qu’elle n’ait été le grand amour de tous les océans […], l’épouse unique de tous ces horizons qu’elle avait à cœur de conquérir, l’un après l’autre, de charmer et de ne pas décevoir. […]» 517

Femme (Remarquable. Avila Thérèse d’) (1) : XVIème siècle. Thérèse d’Avila [1515-1582] : quelle femme ! Complexe, subtil et fascinant alliage de masochisme et d’estime de soi, de réalisme et d’extases, de valorisation de l’intelligence et de croyance au diable, de respect (exigé) de l’autorité et de rébellions, de candeur, de lucidité et de sensualité et enfin, d’une immense volonté de puissance (réalisée). Et ce, sous le règne de l’Inquisition. Fine politique. Sa force de caractère remplit d’admiration.
- Relativisme le mysticisme en l’humanisant, mais, dès lors, le démystifie. 518 (Cf. Êtres humain-es. Soi. Négation de)

Femme (Remarquable. Avila Thérèse d’) (2) : Après lecture, dans le Livre des fondations [1573-1582] de Thérèse d’Avila [1515-1582] des règles, humainement, politiquement terrifiantes, imposées dans les monastères qu’elle créait, l’appréciation précédente est remise en cause. Une véritable pensée totalitaire de la destruction de soi (des autres serait plus juste…), laquelle, comme toute pensée, a fortiori effectivement mise en œuvre, a largement dépassé et pour longtemps les seules communautés religieuses de femmes. (Cf. Être humain Soi. Négation de)

Femme (Remarquable. Avila Thérèse d’) (3) : 2012. Pour La Pléiade, Thérèse d’Avila ne se suffisait pas à elle-même : Gallimard l’a ‘mariée’ en esprit et en intelligence avec «Saint Jean de la Croix», dont les écrits ont été conjointement avec les siens publiés en un seul volume. Dès lors «Thérèse» et «Jean» [dépossédé-es de leur nom] ayant été fusionnés, le féminin a disparu, subsumé, englobé dans le masculin. On lit :
«Ces deux maîtres spirituels, Thérèse (1515-1582) et Jean (1542-1591), sont aussi deux écrivains de premier plan. Ils furent deux individus engagés dans leur siècle, liés dans la contemplation comme dans l'action, et résolus, pour réformer le Carmel, à affronter le monde auquel ils appartenaient.»
On peut aussi noter l’inanité - ou la banalité ? - de la phrase. 519 (Cf. Culture. Patriarcat, Penser. Pensée. Synthèse)

Femme (Remarquable. Ayoub Mouna) : 2000. Mouna Ayoub, auteure de :
«Je ne suis pas une passionaria de la cause des femmes, le féminisme militant m’intéresse moins que mon féminisme quotidien. Quand je me lève le matin je me regarde, je vois une femme et je me répète : ‘Je ne serai jamais humiliée par un homme’. La plupart des problèmes de ma vie ont été causés par des hommes : mon père, les maris de mes tantes, mon mari plus tard.» […]
Les États, notamment l’Arabie Saoudite et le Liban qui les ont justifiés auraient sans doute pu être cités, en sus, par elle.
- Pour rappel : Si elle obtint beaucoup d’argent en conséquence de son divorce, elle «dut» perdre ses cinq enfants. 520

Femme (Remarquable. Barín Kobané) : 2018. Céline Pina écrit sa page Facebook : «Elle s’appelait Barín Kobané. Elle était Kurde. Capturée vivante par les Turcs, elle a été torturée, assassinée, ses seins ont été découpés. Et autour de son corps atrocement mutilé, les soldats hurlent de joie et crient Allah Akbar. […]
Voilà ce que font les soldats d’Erdogan et ses alliés. Voilà ce que cautionnent de fait nos dirigeants en faisant semblant d’ignorer les crimes des turcs. […]
Voilà comment on traite celles et ceux qui ont fait rempart de leur corps pour nous protéger de l’État Islamique. Voilà comment a été traité cette jolie femme qui vous regarde521

Femme (Remarquable. Baker Joséphine) : 2001. Je lis dans les Mémoires de Jean Claude Brialy [1933-2007] l’échange qui eut lieu entre Joséphine Baker [1906-1975] et De Gaulle [1890-1970]. Après son expulsion en 1946 de Milandes, petit château dans lequel elle vivaient avec son mari et les douze enfants qu’elle avait adoptés, Joséphine Baker, voici ce qu’il écrit :
- «C’est à cette époque [s.d] que le Général De Gaulle l’invita à venir le voir. Il n’oubliait pas que Joséphine avait été une grande résistante dans la Deuxième DB et avait obtenu la croix de guerre et la légion d’honneur à titre militaire. […]
- «Madame, je sais que vous avez des problèmes d’argent avec votre propriété de Milandes. La France va vous donner la main. Nous pouvons vous soutenir.»
- Mais Joséphine lui répondit d’un sourire : «Merci beaucoup, mon général, mais j’ai fait des bêtises et la France n’a pas à payer pour mes bêtises
- Et Jean-Claude Brialy conclut : «Je ne connais pas beaucoup de gens qui auraient réagi ainsi. Elle ne s’est d’ailleurs jamais vantée de cette attitude exemplaire, elle était trop pudique, ce n’est que bien plus tard que j’ai appris cette anecdote.» 522 (Cf. Femme. Artiste)

Femme (Remarquable. Bashkirtseff Marie) (1) : 1873. Pensant qu’il soit peu probable que soit cité ce que Marie Bashkirtseff [1858-1884] écrivait des hommes dans son célèbre Journal, voici ce que l’on peut notamment lire, le 17 juillet 1873 :
«Je regarde les hommes d’une telle hauteur, je suis charmante pour eux, car il ne sied pas de mépriser ceux qui sont si bas. je les regarde comme un lièvre regarderait une souris.» À 15 ans…523 (Cf. Femme. Orgueil, Homme-s, Relations entre êtres humains. Admiration)

Femme (Remarquable. Bashkirtseff Marie) (2) : 1876. Marie Bashkirtseff [1858-1884], auteure, le 3 juillet 1876, concernant son Journal, de :
«Ce pauvre journal qui contient toutes ces aspirations vers la lumière, tous ces élans qui seraient estimés comme des élans d’un génie emprisonné, si la fin était couronnée par le succès, et qui seront regardés comme le délire vaniteux d’une créature banale, si je moisis éternellement !
Me marier et avoir des enfants ! Mais chaque blanchisseuse peut en faire autant. À moins de trouver un homme civilisé et éclairé ou faible et amoureux.
Mais qu’est-ce que je veux ? Oh ! vous le savez bien. Je veux la gloire ! Ce n’est pas ce journal qui me la donnera. Ce journal ne sera publié qu’après ma mort, car j’y suis trop nue pour me montrer de mon vivant. D’ailleurs, il ne serait que le complément d’une vie illustre.» 524 (Cf. Femme. Orgueil, Homme-s, Relations entre êtres humains. Admiration, Famille. Mariage)

Femme (Remarquable. Benziane Sohane) : 2002. Sohane Benziane fut brulée vive, en France, à 17 ans, le 4 octobre 2002, dans un local à poubelles à Vitry sur Seine par Djemal Derrar. L’analyse de Kahina, sa sœur ainée, qui la dénomma «la jeanne d’Arc de banlieue» doit être écoutée, entendue. 525

Femme (Remarquable. Bidault Suzanne) : 1972. Suzanne Bidault [1904-1955], née sous le nom de Suzanne Borel, elle fut la première femme et seule pendant l’entre-deux-guerres nommée au Quai d’Orsay (attachée d’Ambassade, affectée au Service des Oeuvres).
D’elle - et cité par elle - M. Fernand Pila, qui fut plus tard ambassadeur au Japon (1935-36), disait :
«Elle n’est pas très intelligente, elle n’est pas belle et elle n’a pas le sou, elle ne présente aucun intérêt.» Le commentaire de Suzanne Bidault fut :
«Je n’ai pas besoin de dire que son attitude changea du tout au tout quand je fus devenue femme de ministre».
- Sa description de la vie au Quai d’Orsay est particulièrement précise.
Elle raconte notamment comment fut pris (en 1929) le décret qui permis à une femme, mais non pas à toutes les femmes, de se présenter au concours pour l’admission dans les carrières diplomatiques et consulaires :
«Il ne faut pas croire que ce décret fut le fait d’un ministre libéral et généreux désireux de frayer une voie nouvelle aux ambitions féminines. Non, comme il arrive souvent en France cette mesure administrative n’était qu’une manifestation de favoritisme. Monsieur Louis Marin [1871-1960] avait une pupille, Mlle Camuzet, jeune fille parfaitement honorable d’ailleurs, qui souhaitait entrer dans la diplomatie. Il demanda à Philippe Berthelot [1866-1934] de combler les vœux de cette aimable personne. Il paraît - ce qui est curieux pour quiconque a connu les deux hommes - que Philippe Berthelot ne pouvait rien refuser à Louis Marin. Mlle Camuzet eut donc son décret.» 526
Suzanne Bidault poursuit : En 1931, ce décret «était allongé d’une petite phrase bien innocente : ‘Les candidats devront avoir la plénitude des droits politiques. ‘On ne disait pas : ‘Les femmes ne sont pas admises au concours’ mais en fait elles en était écartées
Pour rappel : Exclues du droit de vote, les femmes n’avaient donc pas - admirable euphémisme - «la plénitude des droits politiques»…
- On apprend aussi que «les secrétaires étaient recrutées en grande partie par cooptation : c’était d’une part de veuves de consuls et des nièces d’ambassadeurs, d’autre part de sœurs d’huissiers et des filles de facteurs de la valise (diplomatique)».
- On lit enfin en quatrième de couverture de son livre Par une porte entrebâillée ou Comment les françaises entrèrent dans la carrière :
«Par son exemple de force morale et de courage, le livre de Suzanne Bidault se situe parmi les ouvrages les plus authentiques consacrés à la condition féminine contemporaine.»
Non, c’est un «authentique» ouvrage consacré à l’analyse de la vie au Quai d’Orsay avant la guerre et, notamment, à la phallocratie qui y régnait. Elle ne la dénonce pas, bien au contraire : [comment eut-elle pu le faire ?], elle affirme même haut et fort son antiféminisme, mais son témoignage est une dénonciation imparable du patriarcat. (Cf. Justice. Droit, Patriarcat, Politique. Parité, «Sciences» sociales. Histoire)

Femme (Remarquable. Bonaparte Marie) : 1937. Marie Bonaparte [1882-1962] auteure, dans une lettre adressée à Freud [1856-1939], de :
«Vous-même […] n’avez peut-être pas le sentiment de toute votre grandeur. […]»
- Le contexte : cette phrase fut écrite en janvier 1937, après que celle-ci eut acheté la correspondance entre Fliess et Freud, ce dernier étant fort inquiet de ce qu’elles pourraient publiquement révéler, à juste titre d’ailleurs. 527 (Cf. Relations entre êtres humains. Flagornerie)

Femme (Remarquable. Boudicca) : On lit, dans Tacite [58-120 après J.C], concernant Boudicca [entre 59 et 62 après J.C] :
«Sous la conduite de Boudicca [épouse du roi des Lycéens, Prasutagus] femme de sang royal (les Bretons [de Grande Bretagne] ne font pas de différence entre les sexes dans l’exercice du commandement), ils [Les Brigantes] prirent tous les armes. Ils traquèrent les soldats [romains] disséminés dans les fortins, ils soumirent les garnisons, ils envahirent la colonie [Camulodunum (Colchester)] considérée comme le siège de la tyrannie. Dans leur colère et leurs succès, ils n’omirent aucune des cruautés propres aux natures barbares.» […]
«Si le succès ne les avait pas engourdi, ils auraient pu se débarrasser du joug romain.» 528
- On apprend aussi (dans un autre texte de Tacite) qu’elle fut «battue de verges et ses filles déshonorées
- Tacite nous retransmet aussi ses paroles avant le combat :
«Boudicca, montée sur un char, avait devant elle ses deux filles et parcourait le front des nations réunies, en protestant que, si les Bretons avaient l’habitude de combattre sous les ordres de femmes, elle ne venait pas, pour l’instant, en qualité de reine issue de nobles ancêtres, réclamer son royaume et ses richesses ; non, elle voulait comme une simple femme, venger sa liberté perdue, son corps déchiré de verges, l’honneur de ses filles odieusement violé. Les Romains s’étaient vus emportés par leurs passions jusqu’à ne laisser sans souillures ni les corps, ni même la vieillesse ou la virginité. Mais les dieux étaient là prêts à assurer une juste vengeance. […]
Qu’on songeait au nombre de combattants et aux causes de la guerre ; on verrait qu’il fallait vaincre sur ce champ de bataille ou y périr. ‘Femme, c’était son destin arrêté : libre aux hommes de vivre et d’être esclaves.’»
- Qu’advint-il de cette bataille ? : 40.000 mort-es chez les Bretons, 400 chez les Romains. Quant à Boudicca, elle «finit sa vie par le poison.»
* Boudicca, ancêtre des luttes féministes contre le viol ? Mais, surtout, grâce à Tacite, la découverte de cette femme, plus de vingt siècles après sa mort, pose une question plus large : ne nous révèle t-elle pas en sus tous les autres dénis concernant «les femmes» que «l’histoire» nous a cachés ? (Cf. «Sciences» sociales. Histoire, Violences contre les femmes)

Femme (Remarquable. Bourlier Colette) : 2016. Colette Bourlier, née en 1925, a soutenu en 2016, une thèse de géographie sur les travailleurs immigrés à Besançon dans la seconde moitié du XXe siècle. Elle a notamment déclaré :
«J’ai mis du temps, parce que j’ai fait des pauses […].» 529

Femme (Remarquable. Brettignies Louise de) : 2013. Lu dans la présentation d’un livre qui fut consacrée à Louise de Brettignies [1880-1918] :
«Louise de Brettignies fait partie de ces ‘inconnues célèbres’. Qui était-elle vraiment ? Pour les Allemands, dangereuse espionne au service des Anglais ; pour les Français, ardente patriote ; pour les Britanniques, femme de tête et organisatrice exceptionnelle du réseau Ramble ; pour les catholiques, mystique et martyre ; pour sa famille, fille aimante et tante adorée ; pour son entourage, femme élégante, subtile, cultivée, complexe et drôle.» Et si elle était tous ces jugements à la fois ? 530

Femme (Remarquable. Catherine II de Russie) : XVIIIème siècle. Catherine II (de Russie) [1729-1795], avant son accession au trône, auteure de :
«J’ai mené pendant dix huit ans une vie dont dix autres auraient pu devenir folles, et vingt autres à ma place mourir de chagrin.» 531 Plus que crédible… (Cf. Femme. Mère. Catherine II ? de Russie)
* Ajout. 17 avril 2018. 1951. Dans les Notes et variantes de la publication par la Pléiade en 1951 des Misérables [1862] de Victor Hugo [1802-1885], on lit la concernant :
«Catherine II la Grande [1729-1796], femme de Pierre III, impératrice de Russie après le meurtre de son mari et femme des mœurs déréglées.» 532 (Cf. «Sciences sociales. Histoire)

Femme (Remarquable. Ceaușescu Elena) : 1989. Elena Ceaușescu [1916-1989] auteure de : «Je vous ai éduqué comme une mère !».
- Ce fut la phrase qu’elle adressa aux militaires du ‘tribunal’ qui venait de la condamner à mort, ainsi que son mari Nicolae [1918-1989], alors qu’elle refusait que l’on leur attache les mains pour les conduire au peloton d’exécution. 533 (Cf. Femmes. Mères, Patriarcat)

Femme (Remarquable. Clerc Thérèse) : 2007. Thérèse Clerc [1927-2006], auteure de : «J’ai une vie merveilleuse. Je ne fais que ce que j’aime mais j’aime tout ce que je fais […]» 534 (Cf. Femme. Lesbienne, Famille. Clerc Thérèse)

Femme (Remarquable. Cléopâtre) : Un siècle avant J.C. Lire ce que Plutarque [45-120 après J.C] écrit de Cléopâtre [-69-30 avant J.C], dans le chapitre passionnant consacré à Antoine. On découvre la femme de pouvoir, la femme politique, par ailleurs polyglotte. On découvre aussi, notamment, Octavie. 535

Femme (Remarquable. Christine de Suède) : XVIIème siècle. Christine de Suède [1626-1689] était officiellement «Roi de Suède», mais elle fut plus connue sous la dénomination de : «Reine de Suède».
- Auteure de : «Je suis née libre, je vis libre et je mourrai libérée.» 536

Femme (Remarquable. Collombel-Pagnol Joséphine-Marie) : 2016. Joséphine-Marie Collombel-Pagnol [1861-1943, tante paternelle de Marcel Pagnol [1855-1974], directrice de l’École supérieure de jeunes filles de Marseille [1887 à 1918] «mets en place des sections de quartier pour que ‘des ménagères et travailleuses absorbées par de multiples besognes puissent s’éclairer sur l’utilité du bulletin de vote avec le minimum de dérangement.» (sans date)
- Je poursuis la lecture : «En 1928, au premier tour des élections cantonales dans son quartier de l’Estaque, elle se présente, quoique non électrice et encore moins éligible, recueille une cinquantaine de voix, masculine bien sûr537

Femme (Remarquable. Colman Lucy) : XIXème siècle. Lu : «Lors d’une réunion du mouvement pour le droit de vote des femmes, face à une motion de Frederick Douglass [Auteur de Mémoires d’un esclave. 1817-1885], qui affirmait candidement : ‘Le sacrifice de soi est une valeur positive qui doit être enseignée à toutes les femmes’, Lucy Coleman [1817-1891, elle-même anti-esclavagiste] lui demanda :
‘Pourquoi n’avez vous pas appliqué vous-même cette vertu quand vous étiez esclave ?’.
- Et la résolution de Lucy Coleman qui prônait le droit des femmes à ‘ne plus croire en l’autorité mais à leur seule raison’ fut adoptée.» 538

Femme (Remarquable. Craven Élisabeth) : 1992. Élisabeth Craven [1750-1828], auteure de :
«On nous oppose des devoirs, on nous prive de l’estime publique, en exigeant de nous des vertus dont on nous impute à crime de nous en faire honneur.» 539 Puissant. Tous ses écrits seraient sans doute à traduire et à rééditer.
- Ses Mémoires - malheureusement partiellement gâchés par les partis-pris masculinistes innombrables de l’introduction de ce livre, remplis d’incompréhensions patriarcales et de dénigrements de cette femme remarquable - sont passionnantes.
L’éditeur doit la remplacer.

Femme (Remarquable. Curie Marie) : Je lis concernant Marie Curie [1867-1934] ceci :
«[Pendant la première guerre mondiale] Marie Curie crée la première Ecole d’aides-manipulatrices en radiologie. Aucun diplôme n’est requis pour intégrer l’école : ‘Peut devenir manipulatrice toute personne réfléchie, soigneuse, adroite de ses mains et pourvue d’une culture moyenne’ écrit-elle dans son tract appelant au recrutement des femmes’. Et l’auteure ajoute :
«Après la guerre, elle retrouvera sans doute l’emploi de ses connaissances dans les hôpitaux civils, les dispensaires, les maisons de santé, les sanatoria’. Les demandes affluent des quatre coins de la France : plus de 180 manipulatrices seront formées dans son école. L’organisation de cet enseignement est en relation étroite avec l’Ecole des infirmières militaires ouverte à l’hôpital Édith Cavell sous la direction de Nicole Girard-Mangin [1878-1919], la première [la seule…] femme médecin au front. C’est elle qui se charge de l’enseignement de l’anatomie.» 540

Femme (Remarquable. Daschkoff Princesse) : La princesse Daschkoff [1729-1810] joua, très jeune, tel que nous le révèle ses Mémoires, passionnantes, un rôle important quant à l’organisation de la «conspiration» ayant permis l’arrivée de Catherine II au trône de Russie. Incontestable femme politique, auteure de :
«Tout ardu qu’était le dessein, je n’étais pas femme à me laisser arrêter par des considérations d’obstacles ordinaires
- Quant à ses arguments pour justifier la nécessité de ladite «conspiration», voici ce qu’elle répond à M. Panine (gouverneur du Grand Duc, devenu Pierre III, celui qui devait ‘disparaître’) lequel avait des «scrupules» :
«Agissons d’abord, lui répondis-je, et pas une personne sur cent n’assignera à cet évènement d’autres causes que les abus écrasants dont le redressement n’était possible que par un changement dans le pouvoir.» 541 Puissant….

Femme (Remarquable. Daubresse Marie) : 1904. Marie Daubresse [?-?] «critique, professeur[e] de musique et sociologue fonde au mois de mars 1904 l’Union des femmes professeurs et compositeurs de musique qu’elle présidera jusqu’à sa démission pour raisons de santé au mois de janvier 1907. Son initiative ne doit rien au hasard ; le ministre de l’Instruction publique, Joseph Chaumié, venait en effet de signer un décret limitant à quatre le nombre d’élèves femmes dans les classes de violon, d’alto, de violoncelle et de contrebasse du Conservatoire de Paris. […]
- Le but de l‘U.F.P.C.M est de regrouper les femmes artistes pour mieux défendre leurs intérêts, d’établir entre elles de liens de solidarité et de mettre à leur disposition les appuis matériels et moraux nécessaires à l’exercice de leur profession. [...]
- À la fin de l’année 1911, l’association est forte de 800 adhérentes et compte suffisamment d’éléments qualifiés pour permettre la création d’un orchestre symphonique. Une cinquantaine d’instrumentistes, 52 exactement, sont choisies. […] » [lire la suite] 542
* Cf. aussi, Daubresse Michel [Melle], Comment fonder des syndicats de musiciennes [Revue musicale SIM. N° 7. 15 juillet 1911] ainsi que trois articles d’elle cités dans la bibliographie du le site : Les compositrices en France au XIXème siècle. (Cf. Culture, Homme. Féminisme. Magnard Albéric)

Femme (Remarquable. David-Neel Alexandra) : 1912. Alexandra David-Neel [1868-1969], écrit d’Inde, le 23 mai 1912, à son mari :
«[…] Telle qu’elle fut, avec tant d’heures pénibles, tant d’heures de luttes, je ne me plains pas de ma vie. J’aurais pu être une commerçante enrichie, une artiste célèbre. Beni soit ‘cela’ (sa conversion, sans doute, au Bouddhisme et les voyages et les recherches qui s’en sont suivies) qui m’a préservé des routes banales, qui m’a fait gravir les Himalaya et ces invisibles Himalayas de la pensée si infiniment plus élevés que les autres543 (Cf. Penser)

Femme (Remarquable. Davis Angela) : 1971. Jacques Prévert [1900-1977] dans un texte écrit en août 1971 publia un texte nommé Angela Davis - alors emprisonnée - pour réclamer sa libération. On y lit notamment :
«[…] Angela Davis, c’est la générosité, la lucidité, la vie vraie. Il ne faut absolument pas qu’elle puisse être condamnée. Quand on la jugera, des témoins viendront, c’est connu d’avance, des témoins achetés, vendus ou loués comme on en loue pour les mariages à la porte des mairies, et ils jureront sur une bible de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Angela Davis, elle dira - si on la laisse parler - la liberté, toutes les libertés, pour ses frères et sœurs de couleur. […]
Il faut libérer Angela Davis - en attendant le jour où seront condamnées toutes les portes derrière lesquelles la vie noire est enfermée544 (Cf. Justice)

Femme (Remarquable. Decker Marie-Laure de) : 2013. Marie-Laure de Decker, photographe. ‘grand’ reporter’, auteure de :
«Je me suis toujours dit : ‘au pire, je meurs ! ’» 545 Libérateur…

Femme (Remarquable. De Cleyre Voltairine) (1) : 1914. Voltairine de Cleyre [1866-1912], dans son essai, Comment je devins anarchiste, auteure de :
«J’ai réussi finalement en sortir [du couvent] et j’étais une libre penseuse lorsque j’en suis partie, trois ans plus tard, même si dans ma solitude, je n’avais jamais lu un seul livre ni entendu une seule parole qui m’ait aidée. J’ai traversé la vallée de l’Ombre de la Mort, et mon âme porte encore de blanches cicatrices, là où l’Ignorance et la Superstition m’ont brûlée de leur feu infernal, durant cette sinistre période de ma vie. […]
- À côté de cette bataille de ma jeunesse, tous les autres combats que j’ai dû mener ont été faciles, car, quelles que soient les circonstances extérieures, je n’obéis désormais plus qu’à ma seule volonté intérieure.
- Je ne dois prêter allégeance à personne et ne le ferai jamais plus ; je me dirige lentement vers un seul but : la connaissance, l’affirmation de ma propre liberté, avec toutes les responsabilités qui en découlent.
- Telle est, j’en suis convaincue, la raison essentielle de mon attirance pour l’anarchisme546 (Cf. Êtres humains. Enfants, Famille, Féminisme, Penser, Politique)

Femme (Remarquable. De Cleyre Voltairine) (2) : 2012. Paul Avrich, biographe de Voltairine de Cleyre [1866-1912] écrit :
«Toute la vie de Voltairine de Cleyre exprime sa révolte contre le système de la domination masculine qui, comme toutes les formes de tyrannie et d’exploitation s’opposait à son esprit anarchiste.» 547 (Cf. Féminisme. Antiféminisme. Baillargeon Normand)

Femme (Remarquable. Delange Frédérique) : 1970. Frédérique Delange, étudiante, membre de la Gauche Prolétarienne, par anticapitalisme, avait participé à l’opération de «prise sur le tas», le 8 mai 1970, aux fins de redistribution dans les bidonvilles et foyers de Saint Denis, Nanterre et Ivry dans les magasins Fauchon (symbole des épiceries de luxe).
Présentée comme un «Robin des bois des pauvres», elle fut condamnée, le 19 mai 1970, pour «vol» à 13 mois de prison. 548
- Les slogans étaient : «Récupérons sur les patrons le fruit de notre travail», «On a raison de voler les voleurs».
- Commentaire de La Cause du peuple du 23 mai : «Et depuis le procès scandaleux, l’action chez Fauchon est un exemple à un autre titre : notre camarade Frédérique a manifesté un courage très simple. Elle a donné une image claire du jeune partisan.»
- Bien que condamnée par un tribunal correctionnel, elle ‘bénéficia’ discrétionnairement du «régime spécial favorable aux prisonniers» en prison que René Pleven, ministre de la Justice, avait ‘accordé’ aux condamnées par la Cour de sureté de l’État, en réaction à la grève de la faim que, prisonnier-ères, ils et elles avaient effectuée (durée : 25 jours), reconnaissant par là même de facto la dimension politique de l’action contre Fauchon. 549 (Cf. Justice, Politique)

Femme (Remarquable. Demuth Hélène) : Hélène Demuth [1820-1890] était employée comme domestique chez le père de Jenny von Wesphalen.
Lorsque celle-ci épousera Karl Marx, Hélène la suit, s’installe chez le couple qu’elle ne quittera plus jusqu’à la mort de Marx.
En 1851 elle met au monde un enfant, Frederick Demuth [1851-1929], fils de Marx.
Il fut séparé de sa mère - qui jamais ne l’élèvera - et placé dans une famille Londonienne. Plus tard, Engels, décidera d’en reconnaître la paternité, mais ne le mentionna pas dans son héritage.
C’est lui qui, semble-t-il, proposa qu’elle fut enterrée dans le caveau où reposent Karl Marx et sa femme et qu’une inscription la concernant fut, avec l’accord des filles de Marx, ajoutée sur la tombe [Lettre à Laura Lafargue 5 et 10 février 1891, 12 juillet 1891].
Hélène Demuth a joué un rôle indiscutablement important, dans la vie de ‘la famille Marx’, puis, après la mort de Marx, dans celle de ‘la famille Engels’. Après son enterrement, Engels évoque «la pauvre Nimmy». [Lettre à Laura Lafargue. 14 mars 1892] 550
* Ajout. 24 mai 2015. Sur les questions concernant la paternité de cet enfant, les conséquences de sa naissance sur les familles Marx et Engels, et concernant sa vie, un texte fait le point. 551

Femme (Remarquable. Desroches Noblecourt Christiane) : 2009. Christiane Desroches Noblecourt [1913-2011], auteure de :
- «Je n’ai pas de rancune, j’ai simplement appris à me battre. On n’arrive à rien sans lutter, vous savez. Si je suis devenue une bagarreuse, c‘est par nécessité.»
- Et c’est, concernant cette femme remarquable, que son éditeur écrivit dans la préface de son livre, Sous le regard des dieux, stupidement :
«Cette grande égyptologue aura mieux servi la cause des femmes qu’une armée de suffragettes.» 552 Sans doute pensait-il l’honorer ; ce n’était qu’injures. (Cf. Féminisme. Antiféminisme)
* Ajout. 29 décembre 2017. 2011. À l’écoute des émissions À voix nue de France Culture qui lui été consacrées en 2011, j’ai été particulièrement d’être frappée par son refus non seulement de rendre quoi que ce soit des trésors Égyptiens au Louvre à l’Egypte, mais surtout de son remarquable mutisme quant aux moyens utilisés pour les y faire parvenir, cautionnant dès lors toutes les appropriations, les plus scandaleuses - les moins contestables incluses - des Occidentaux en Egypte. 553 Et, dès lors, partout ailleurs.

Femme (Remarquable. Dooh Bunya Lydie) : [1933 - ?] Lydie Dooh Bunya, fondatrice du MODEFEM (Mouvement pour la défense des droits de la femme noire, créé en 1981). Lire des interviews d’elle dans Hommes et Migrations (Septembre-Octobre 2005) La condition des femmes noires en France, 554, dans Amina (Juillet 1978), enfin une interview réalisée par Toby Susannah Watkins (Juin 1995). 555

Femme (Remarquable. Drouet Juliette) (1) : 1860. 1862. Voici, après le coup dÉtat de Louis Napoléon Bonaparte du 2 décembre 1851, ce que Victor Hugo écrivit concernant le rôle joué par Juliette Drouet [1806-1883]
- Le 1er janvier 1860 : «L’ordre de me fusiller, si j’étais pris, avait été donné dans les journées de décembre 1851. […]
Si je n’ai pas été pris, par conséquence, fusillé, si je suis vivant à cette heure, je le dois à Mme Juliette Drouet qui, au péril de sa propre liberté et de sa propre vie, m’a préservé de tout piège, a veillé sur moi sans relâche, m’a trouvé des asiles sûrs et m’a sauvé, avec quelle admirable intelligence, avec quel zèle, avec quelle héroïque bravoure, Dieu le sait et l’en récompensera ! Elle était sur pied la nuit comme le jour, errait seule à travers les ténèbres dans les rues de Paris, trompait les sentinelles, dépistait les espions, passait intrépidement les boulevards au milieu de la mitraille, devinait toujours où j’étais et, quand il s’agissait de me sauver, me rejoignait toujours. Un mandat d’amener a été lancé contre elle et elle paie aujourd’hui, de l’exil, son dévouement. Elle ne veut pas que l’on parle de toutes ces choses, mais il faut pourtant que cela soit connu. Je la supplie de me permettre de lui rendre ici respectueusement témoignage, du fond de mon cœur et de mon âme et de trouver bon que je dépose ce livre à ses pieds.»
- Puis, à nouveau, en septembre 1862 : «J.J [Juliette Drouet] m’a aimé puis m’a sauvé, au 2 décembre. Elle m’a donné d’abord sa vie, puis la mienne.» 556

Femme (Remarquable. Drouet Juliette) (2) : 1851. 1878. Juliette Drouet [1806-1883] fut, on le sait, une femme sans cesse ‘trompée’, à laquelle Victor Hugo - tout en se repaissant de ses incessantes déclarations d’amour, en acceptant une véritable adoration qu’il n’a jamais remise en cause, contestée ou refusée - n’a cessé de lui mentir.
- À la lecture d’un livre publiant certaines lettres inédites (parmi les 22.000 qu’elle lui écrivit), voici trois expressions de la souffrance de la trahison :
- Le 28 juin 1851, après avoir reçu de Léonie Birard, les lettres d’amour que Hugo lui avait adressées, le 13 juillet 1851, elle écrit à Hugo :
«[…] Je voudrais absorber tout mon être dans ta contemplation jusqu’à oublier cette vie pour la quelle je ne suis plus faite puisque tu as pu en aimer une autre que moi.»
- Le 12 septembre 1851, elle lui écrit à nouveau :
«J’ai passé une partie de la nuit à relire toutes tes lettres, celles de mai 1844, et j’ai versé plus de larmes sur ces tendresses profanées, sur cet amour souillé, que tu n’as donné de baisers à cette femme, et prodigué d’adorations pendant sept années de trahison que se sont écoulées.»
- Le 6 novembre 1878, alors qu’elle avait découvert en juillet dans un Carnet la liaison de V. Hugo avec une «jeune domestique, Blanche Lanvin», elle lui écrit :
«Je te remercie, mon grand bien-aimé, de m’avoir rassurée encore une fois. Tu ne sauras jamais le faire trop, tu ne sauras jamais le faire assez pour raffermir ma confiance si profondément ébranlée pour effacer tous les cruels souvenirs qui me torturent le cœur depuis quatre mois, pour cicatriser toutes les peines vives de mon âme557 (Cf. Êtres humains. Relations entre. Aimer, Homme. Remarquable. Hugo Victor, Famille. Mariage. Adultère)

Femme (Remarquable. Du Chatelet Émilie) (1) : Voltaire [1694-1778], après la mort de Madame du Chatelet [1706-1749], la présente à ses différents interlocuteurs et interlocutrices en ces termes :
- le 23 septembre 1749, au comte d’Argental [1700-1788] : il évoque
«ce grand homme et cette malheureuse femme» […]» 
- le 23 septembre 1749, à Marie-Louise Denis [1712-1786] :
«Je ne regrette point une maitresse, il s’en faut beaucoup. Je regrette un ami et un grand homme
- le 12 octobre 1749 à Madame du Bocage [1710-1802] :
«Il est d’une âme aussi belle que la vôtre de regretter une femme telle que Madame du Châtelet. Elle faisait comme vous la gloire de son sexe et de la France. Elle était en philosophie ce que vous êtes dans les belles-lettres ; et cette même personne qui venait de traduire et d’éclaircir Neuton (Newton), c’est à dire de faire ce que trois ou quatre hommes au plus, en France, aurait pu entreprendre, cultivait sans cesse, par la lecture des ouvrages de goût, cet esprit sublime que la nature lui avait donné […].»
- le 14 octobre 1749, à François-Thomas-Marie De Baculard d’Arnaud [1718-1805] :
«une femme qui a traduit et éclairci Neuton (Newton) et qui avait fait une traduction de Virgile, sans laisser soupçonner dans la conversation qu’elle avait fait ces prodiges, une femme qui n’a jamais dit du mal de personne et qui n’a jamais proféré un mensonge, une amie attentive et courageuse dans l’amitié, en un mot un très grand homme que les femmes ordinaires ne connaissaient que par ses diamants et la cavagnole (un jeu) […]»
- le 15 octobre 1749, à Frédéric II, roi de Prusse [1712-1786] :
«J’ai perdu un ami de vingt-cinq années qui n’avait de défaut que d’être femme.» Puis il évoque : «une femme qui a été capable de traduire Neuton (Newton) et Virgile et qui avait toutes les vertus d’un honnête homme […].»
- en février 1752, à Jean-Henri-Samuel Formey [1711-1797] :
«Voici l’éloge d’un grand homme qui portait des jupes
- le 21 mars 1752, à Jean-Henri-Samuel Formey [1711-1797] :
«Je vous remercie […] d’avoir donné l’éloge de Mme du Chatelet, femme digne des respects et des regrets de tous ceux qui pensent.»
- le 17 novembre 1752, à Johann Samuel König [1712-1757] :
«une dame d’un génie étonnant et digne d’être instruite par vous dans les mathématiques.» 558
* Ajout. 18 Février 2018. 1736. Le 5 août 1736, Voltaire avait déjà écrit dans une lettre à M. Cideville [1693-1776] :
«[…] Je suis entre Neuton [Newton.1643-1727] et Émilie ; ce sont deux grands hommes, mais Émilie est bien au-dessus de l’autre. Neuton ne savait pas plaire.» 559
* Ajout. 20 février 2018. 1737. Voltaire écrit, le 2 mai 1737, au prince royal de Prusse [futur Frédéric II. [1712-1786] :
«[…] Madame du Chatelet, qui, je vous assure, a toutes les vertus d’un grand homme, avec les grâces de son sexe […].» 560

Femme (Remarquable. Du Chatelet Émilie) (2) : 1736. 1739. Voici trois jugements intéressants de Voltaire [1694-1778] concernant ses relations en 1739 avec Madame Émilie du Chatelet [1706-1749] :
- le 4 mars 1736, il écrit à M.Thieriot [1696-1792] :
«[…] Enfin, morbleu, Émilie ordonne, obéissons
- [vers le 20 août 1739], il écrit à Madame de Chambonin [?-?] :
«Elle est plus savante que jamais, et si sa supériorité lui permet encore de baisser les yeux sur moi, ce sera une belle action à elle, car elle est bien haute.»
- le 16 décembre 1739, il écrit à Antoine Ferriol, comte de Pont-de-Veyle [1697-1774] : «Madame du Chatelet va vous écrire mais je l’ai devancée afin d’avoir un avantage sur elle une fois en ma vie561 (Cf. Femmes. Gloire, Patriarcat. Homme / Femme)

Femme (Remarquable. Du Chatelet Émilie) (3) : 1845. Un document de 33 pages rédigé par Louise Colet [1810-1876], intitulé Madame du Chatelet [1706-1749], paru dans Le Revue des deux mondes en 1845 est un document historique de valeur.
Louise Colet écrit justement : «Nous avons voulu la faire connaître plutôt que la juger. C’est là, nous le croyons, le premier devoir du biographe562 (Cf. Femme. Écrivaine. Colet Louise, «Sciences» sociales. Historiographie patriarcale)

Femme (Remarquable. Du Deffand madame du) : 1766. Voltaire [1694-1788] écrit le 20 janvier 1766 à Madame du Deffand [1697-1780] ceci :
«[…] Je crois vous entendre quand je vous lis. Jamais personne n’a eu l’esprit plus vrai que vous ; votre âme se peint toute entière dans tout ce qui vous passe par la tête ; c’est la nature elle-même avec un esprit supérieur, point d’art, point de tour, point d’envie de se faire valoir, nul artifice, nul déguisement, nulle contrainte. Tout ce qui n’est pas dans ce caractère me glace et me révolte. Je vous aime, Madame, parce que j’aime le vrai. […]» 563 (Cf. Êtres humains. Soi)
N.B. Voltaire dans ce beau compliment ne décrit-il pas en positif ce que ses propres lettres sont si peu ?

Femme (Remarquable. Dulac Geneviève) : Concernant Geneviève Dulac [1882-1942], on lit dans Wikipédia :
«Considérée comme sensible, généreuse, indépendante, possédée par la passion de la recherche et du neuf, Germaine Dulac est parmi les premières en France à envisager le cinéma comme un grand art auquel elle va se consacrer dès 1916.»
- Geneviève Dulac - qui écrivit notamment dans La Française jusqu’en 1913 - fut la seule à être qualifiée, en 1990, par Georges Sadoul dans son Dictionnaire des cinéastes de «journaliste, féministe militante». La présentation d’elle sus-évoquée fut malheureusement précédé d’un peu rigoureux : «D’abord», qui ne permet pas de savoir dans quelle mesure son engagement féministe perdura ou non dans sa vision du cinéma, ni quelle part il en eut. 564 (Cf. Culture. Cinéma, Femme. Artiste)

Femme (Remarquable. Duncan Isadora) : 1827. Isadora Duncan [1877-1927], auteure de :
«Il y a des jours où ma vie me semble une légende dorée parsemée de pierres précieuses, un champs printanier où chatoient une multitude de fleurs à peine écloses, un matin radieux dont les heures sont parsemées d’amour et de joie ; il y a des jours où je ne trouve pas de mots pour exprimer mon extase et ma joie de vivre ; des jours où mon école me semble un rayon de génie, où je crois que son succès, bien qu’impalpable, est immense, où mon art est une résurrection.
Mais il y a des jours au contraire où passant en revue mon existence, je ne suis remplie que d’un dégoût profond, d’une sensation de vide absolu. Le passé ne me semble qu’une série de catastrophes, l’avenir une calamité fatale et mon école une hallucination enfantée par un cerveau de démente.
» (Cf. Femme Artiste)
- Lire, pour mieux comprendre ce constat lucide, la vie extraordinaire de cette femme extraordinaire. 565 .
- Et quel dommage que sa mort ne lui ait pas permis de rédiger en complément à ses Mémoires, le récit de ses «Deux années en Russie Bolchévique» [1921-1923]. (Cf. Femme. Artiste, Famille. Mariage. Russie, Féminisme)

Femme (Remarquable. Eltahawy Myriam) : 2015. Myriam Eltahawy, auteure de :
«Je suis une femme très en colère et j’en suis fière.» 566

Femme (Remarquable. Eve (oui, celle d’Adam et...) : 2015. Lu dans le Huffington Post [17 septembre 2015] dans l’article intitulé : Le Pape prend la défense d’Ève contre Adam ceci :
«‘La femme tentatrice ? Voilà une idée blessante !’. Il suffit parfois de quelques mots, prononcés par la bonne personne, pour mettre à mal un préjugé vieux de plusieurs millénaires. C’est exactement ce qui s’est produit lors du dernier discours du pape François, consacré à Adam et Ève : ‘La femme tentatrice ? Voilà une idée blessante !’ Une petite phrase qui démolit avec une simplicité désarmante la construction culturelle selon laquelle la femme serait l’instrument du diable, un être dangereux à traiter avec méfiance, voire une franche hostilité567
Mais il manque l’analyse et la dénonciation des conséquences historiques – qui perdurent - de cette image des femmes concernant laquelle l’église catholique porte une très lourde responsabilité. (Cf. Femme Remarquable. Jeanne d’Arc)

Femme (Remarquable. Fallaci Oriana) (1) : 1981. Oriana Fallaci [1929-2006], auteure de ce qui fut, pour moi, un livre inoubliable : Un homme, consacré à la vie mais surtout à la compréhension d’un homme exceptionnel, Alekos Panagoulis, par une femme qui a vécu avec lui et réfléchi avec, pour, contre, sans lui. Un grand, vrai, livre politique. 568

Femme (Remarquable. Fallaci Oriana) (2) : 1997. Concernant Oriana Fallaci, [1929-2006], lire le chapitre intitulé La Fallaci, que Christine Ockrent lui a consacré dans son livre La mémoire du cœur. 569

Femme (Remarquable. Faye Safi) : Safi Faye, première réalisatrice sénégalaise, auteure de nombreux films, dont La Passante (1972), Revanche (1973), Kaddu Beykat (Lettre paysanne) (1975), Fad'jal (Premier arbre), Goob na nu (La Récolte est finie) (1979), Man Sa Yay (Moi, ta mère) (1980), Les Âmes au soleil (1981), Selbé (1983), 3 ans 5 mois (1983), Ambassades Nourricières (1984), Racines noires (1985), Tesito (1989), Mossane (1996), Regards de femmes (2005)…

Femme (Remarquable. Ferrand Élisabeth) : 1754. Condillac [1714-1780], dans son Traité des sensations, concernant Élisabeth Ferrand [1700-1752], écrit :
«Il y a sans doute bien des difficultés à surmonter tout ce système [développé dans son livre]. Et j’ai souvent éprouvé combien une pareille entreprise était au dessus de mes forces. Mademoiselle Ferrand m’a éclairé sur les principes, sur le plan et sur les moindres détails, et j’en dois être d’autant plus reconnaissant que son projet n’était ni de m’instruire, ni de faire un livre. Elle ne s’apercevait pas qu’elle devenait auteur, et elle n’avait d’autre dessein que de s’entretenir avec moi des choses auxquelles je prenais quelque intérêt.»
- Cet écrit ne peut être présenté comme il l’est dans le Journal Parisien.1797-1799 de Wilhelm von Humboldt comme signifiant «les remerciements [de Condillac] pour ses conseils et ses observations.» 570
- …pas plus qu’il ne peut l’être concernant la présentation sur Wikipédia du Traité des Sensations :
«Il [Condillac] raconte comment il a été amené à revoir les postulats de Locke : c’est la critique de Mlle Ferrand qui lui fit remettre en question la doctrine du philosophe anglais, selon laquelle les sens nous donnent une connaissance intuitive des objets
- En revanche toujours sur Wikipédia, la présentation d’Élisabeth Ferrand concernant sa «contribution» au Traité des sensations est abordé et traité en tant que tel, citations à l’appui.

Femme (Remarquable. Gellhorn Martha) : 2015. Martha Gellhorn [1908-1998], journaliste reporter de guerre, auteure de La guerre en face et Mes saisons en enfer, Cinq Voyages cauchemardesques, publiés en France en 2015, a considéré que sa mère qu’elle était «la seule personne qui ne [l’]ait jamais possédée
- France Culture, pour sa part, dans la présentation-chapeau qui est faite d’elle - alors qu’elle a, affrontant tous les dangers, couvert presque toutes les guerres du XXème siècle, la présente ainsi : «Troisième épouse d’Hemingway, elle sera la seule à oser lui demander le divorce.»
- Puis, après l’avoir décrite comme «une femme forte, volontaire à qui rien ne résiste» [pas même les guerres?] France Culture, compassionnel, s’interroge : «Quelle fêlure cache cette quête d’intensité permanente ?» 571 (Cf. Femme. Mère, Patriarcat, Politique. Guerre)

Femme (Remarquable. Gorbanevskaïa Natalia) : 1968. Natalia Gorbanevskaïa [1936-2013] fut l’une des sept personnes qui, le 25 août 1968, pénétrèrent sur la place Rouge à Moscou déroulant des banderoles telles que ‘Pour notre liberté à tous’ et ‘Honte aux occupants’ pour dénoncer l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’armée Soviétique. Arrêtée le 24 décembre 1969, elle sera internée dans un hôpital psychiatrique de 1969 à 1972. 572

Femme (Remarquable. Grouzdieva Olga) : 2002. Je lis dans Le Journal en public de Maurice Nadeau [1911-2013], en mars 2002 :
«Les ‘héros positifs’ d’aujourd’hui, c’est par exemple Olga Grouzdieva qui, tout simplement, a demandé à ne plus être citoyenne russe, tout en gardant les droits de vivre dans son pays. Mère de cinq enfants, ‘je ne suis ni anarchiste, ni révolutionnaire’, dit-elle, mais elle ne veut pas qu’un de ses fils aille se battre en Tchétchénie, et elle en a par dessus la tête de se heurter à la bureaucratie pour les autres gosses, allocations familiales, cantines scolaires et le reste.
Aux fonctionnaires de Vologda, elle explique : ‘Si je suis mécontente de mon mari, s’il me maltraite, je suis en droit de demander le divorce et de porter plainte. Avec l’État, c’est la même chose.’ Et elle intente un procès à l’État. Les juges sont déboussolés, Olga a toute sa tête. Déboutée, elle remet ça et cela dure des années. À la fin, ‘un oukase du président russe Eltsine autorise Olga Grouzdieva et ses enfants à sortir de la citoyenneté russe.’ 573 (Cf. Famille. Divorce, Justice. Politique. État. Guerre)

Femme (Remarquable. Hébuterne Jeanne) : 1898-1920. Jeanne Hébuterne compagne et modèle de Modigliani [1884-1920] le surlendemain de sa mort, enceinte de huit mois de leur deuxième enfant, décide de se tuer en se jetant par la fenêtre de l’appartement de ses parents. Le 27 janvier 1920, Modigliani est enterré, «entouré par des artistes de Montmartre et de Montparnasse».
Elle, le 28, «au petit jour, dans l’intimité.» En 1930, les deux tombes seront rejointes. [Wikipédia]

Femme (Remarquable. Hemmings Sally) : [? - ?]. Sally Hemmings fut l’esclave noire appartenant au Président Thomas Jefferson [1743-1826] : de leurs relations, sept enfants seraient nés.
- Lu, le concernant : «Le grand homme [possesseur de 200 esclaves] en fait n'hésitait pas à faire fouetter ses esclaves, se plaignait de leur ‘puanteur’ et refusait de les émanciper, par crainte d'un ‘métissage qui ouvrirait la voie à la dégénérescence’574

Femme (Remarquable. Herman Liselotte) : 1938. Lu concernant Herman Liselotte [1906-1938] :
«Jeune étudiante communiste et jeune mère, elle proteste ouvertement contre la prise du pouvoir par Hitler, ce qui lui vaut son renvoi de l'université de Berlin. Elle s'installe alors dans le Wurtemberg et participe à différentes actions de résistance. Avec des amis, elle parvient à faire passer à l'étranger des informations sur le réarmement national-socialiste. Elle est arrêtée en décembre 1935 et condamnée à mort avec deux de ses amis en été 1937. Elle est exécutée le 20 juin 1938 à la prison de Berlin-Plötzensee, malgré des protestations du monde extérieur. Elle est la première mère exécutée.» 575 (Cf., Femmes. Mères, Patriarcat, Politique)

Femme (Remarquable. Holiday Billie) : 1915-1959. Billie Holiday : une grande dame. Qui, du FBI ou de «ses» hommes (souvent liés entre eux, par ailleurs) lui ont fait le plus de mal ? Concernant son mari, proxénète, John Levy, quelques années après leur séparation, elle aurait déclaré, apprenant sa mort :
«C’est la meilleure nouvelle que j’ai entendue depuis longtemps.» 576
- Concernant ses rapports aux hommes, lire et l’entendre chanter les paroles de «Treat me well», injustement dénommé - un détournement de sens - «Fine and mellow» les révèlent, au moins partiellement. (Cf. Femme. Artiste, Proxénétisme)

Femme (Remarquable. Humbert Thérèse) : 1959. Je lis dans la préface du livre de l’avocat René Floriot [1902-1975] Au banc de la défense la présentation de Thérèse Humbert [1855-1918] dont il fut le défenseur :
«Cette étonnante Thérèse qui réussit avec un brio extraordinaire, à extorquer un peu plus d’un milliard d’anciens francs à de puissants hommes d’affaires aussi importants qu’avertis. Remarquable par son importance, cette escroquerie l’est encore par sa durée. Les victimes de Thérèse ont mis dix-sept ans à comprendre qu’on les avait dupées. Et pendant, dix-sept ans, cette femme charmante, apparemment insouciante et gaie, traitait le Tout-Paris dans son somptueux hôtel de l’avenue de la Grande-Armée, dont le Préfet de police était un familier577

Femme (Remarquable. Jablonowska Maria-Anna-Louisa, princesse de Talmont) : 1771. Maria-Anna-Louisa, Jablonowska, princesse de Talmont [1711-1773 écrit, le 4 juin 1771, à Voltaire [1694-1778] cette lettre.
N.B. il importe de rappeler que le soutien sans faille de Voltaire à Catherine II, impératrice de Russie [1729-1796] faisait aisément le sacrifice de la Pologne.
« Il a été envoyé à Monsieur de Voltaire un in-4° des malheurs de l’infortunée Pologne, dans l’espérance qui lui, qui sent ou qui devine si bien la générosité et l’humanité, serait touché de l’état où la noble et généreuse nation est réduite en défendant sa liberté et ses lois.
Et j’apprends, dans le moment, qu’il vient encore d’employer sa plume pour donner aux Polonais des torts sur le respect qu’ils doivent à celle qui les opprime, à qui ils ne doivent que leur haine et pis encore ; quel malheur pour la Pologne d’avoir à craindre et à respecter une puissance qu’elle a dédaigné et refusé de dominer autrefois ! Et ne doit-on pas pardonner ce qui peut échapper à un si juste ressentiment contre leur tyran ?
Je me plains, Monsieur, de votre rigueur et de votre dureté pour une nation où vous êtes estimé. Le feu roi de Pologne Stanislas [1677-1766] vous a témoigné estime et amitié, aussi bien que tous les Polonais qui étaient ou passaient à sa cour. Cela devait vous prévenir un peu pour eux.
Pour moi, Monsieur, aussi fidèle et soumise sujette du Roi [Louis XV], que fière et indomptée Polonaise, je sais combien on peut sentir et penser différemment dans deux nations différentes.
Ne jugez donc pas en Français des Polonais, et n’ajoutez pas à leur malheur l’improbation de tous les ignorants qui confondent les genres de gouvernement et l’état réel des choses, dont le nombre est déjà fort grand.
Et pourquoi en voulez-vous être, vous qui n’avez pas les mêmes raisons ?
La gloire de votre héroïne [Catherine II] a-t-elle besoin de ce laurier d’iniquité encore ? Vous me trouverez d’une témérité bien punissable, mais j’avoue que je ne peux ni penser ni parler de votre héroïne sans un frémissement. Devait-elle succéder à Henri IV et à Charles XII ([dont Voltaire avait vanté les mérites].
- On doit noter que Madame Jablonowska fut l’une des rares personnes [avec notamment le président de Brosses] à avoir tenu tête à Voltaire, ici tant de fierté et de hauteur.
- La réponse de Voltaire en date du 15 juin 1771, fut lamentable et honteuse. Il lui présenta notamment Catherine II comme étant comme elle «  une personne de [son] sexe et de [sa] naissance » qui, dès lors, devrait être digne de son estime, alors même qu’elle renforçait le joug de la Russie sur la Pologne . Celle en date du 23 septembre 1771 ne le fut pas moins, cynisme et mépris des femmes en plus. Il évoque notamment «  […] le chagrin de [sa] belle âme de voir les peines de vos compatriotes »… 578

Femme (Remarquable. Jacquemart Justine) : 1860. Melle Jacquemart, [ ?- ?] dite «la chanoinesse de Kopsel», après avoir été institutrice en Russie, avoir vécu «dans le monde» à Vienne (Autriche), puis en Crimée, a vécu comme une ermite, «dans l’isolement le plus absolu», soumise à de «nombreuses attaques», pendant plus d’un dizaine d’années, dans «une modeste chaumière composée d’une seule pièce».
- «Elle n’admettait dans sa chaumière que ceux dont les goûts, la réputation et la vie aventureuse ont quelque analogie avec la sienne».
- Au terme d’une rencontre, Adèle Hommaire de Helle écrit la concernant :
«N’y a t-il pas une vraie satisfaction à se garder soi-même, à se créer, au milieu des soins vulgaires de la vie, des jouissances intellectuelles que personne ne peut lui enlever ?» 579
- Elle fut ’découverte’ par Adèle Hommaire de Helle [1819-1883], connue aussi sous les noms Adèle Hommaire, Adèle Hériot, Louise Adèle Hériot, Jeanne Louise Adelaïde Hériot, auteure de Voyage dans les steppes de la mer Caspienne et dans la Russie Méridionale. [1860]

Femme (Remarquable. Jeanne d’Arc) : 1920. Jeanne d’Arc [1412-1431], brulée vive en 1431, suite à un procès religieux pour «hérésie», fut canonisée en 1920.
L’Église catholique prend son temps… (Cf. Femme Remarquable. Eve)

Femme (Remarquable. Kahina La) : 2004. Kateb Yacine [1929-1989] dans la superbe pièce écrite concernant La Kahina (reine berbère guerrière. VIIIème siècle), lui fait dire :
«[…] Je suis tout simplement la voix des femmes libres / Le souffle inattendu d’un peuple qui fait appel à ses dernières ressources / Trop de nos hommes sont tombés. Que les femmes prennent la relève !» 580

Femme (Remarquable. Kautsky Louise) : 1864-1944. Louis Kautsky épouse divorcée de Karl Kautsky [1854-1938], penseur socialiste, devint la gouvernante-secrétaire d’Engels jusqu’à sa mort. Celui-ci écrit, à l’occasion de la très profonde révision de son livre L’origine de la famille pour sa 4ème réédition :
«Mon inspiratrice a été, dans une large mesure, Louise, qui est pleine d’idées claires, limpides, originales sur le sujet». 581 «Inspiratrice»?
- «Inspiratrice» ? C’est trop ou trop peu ; ce n’est donc pas intellectuellement honnête.

Femme (Remarquable. Kiki de Montparnasse) : 2005. Kiki de Montparnasse [1901-1953], en réalité Alice Ernestine Prin, auteure, concernant un éventuel amant très riche, auteure de :
«C’était pourtant un homme charmant, et que j’aurais pu aimer peut-être, s’il n’avait eu tout ce fric ! Pouah ! Faire ça pour de l’argent ! Au milieu de toutes mes orgies, de mes nuits de folie, c’est la seule chose que je n’ai jamais salie, l’amour ! Je suis restée la fille très sentimentale et pleine d’affection que j’ai dû comprimer toute ma jeunesse.» 582
- Chaque femme qui parle d’elle et qui, dès lors, sort du discours - quel qu’il soit - tenu sur elle, des représentations faites d’elle par les hommes [et, la concernant, ils furent légion] fait avancer et sa vérité et l’analyse féministe du monde.

Femme (Remarquable. Klarsfeld Beate) : 1968. 2015. Beate Klarsfeld, après avoir, en 1968, au Bundestag, qualifié Kurt-Georg Kissinger, ministre-président de Bade-Wurtemberg qui se présentait à la Chancellerie de «nazi» et demandé sa démission, elle l’a giflé.
- Son mari, Serge Klarsfeld, dépolitisant son initiative, a malheureusement évoqué une «gifle de la fille à son père». 583

Femme (Remarquable. Kollontaï Alexandra) : 1992. Il est impossible de résumer la vie d’Alexandra Kollontaï [1872-1952]. Lire, la concernant, le livre d’Arkadi Vaksberg. 584 On peut noter cependant que dans ce livre, le rôle plus strictement étroitement politique, à savoir les analyses, les actions d’Alexandra Kollontaï sont plus rigoureuses que celles concernant «l’amour libre», «les femmes»…et ne sont pas comparables avec celles concernant la femme dite «amoureuse».
Il importe aussi de noter qu’Alexandra Kollontaï, après avoir été, en 1922, l’une des responsables de l’opposition de gauche, dut vivre et mourut…stalinienne. Mais n’est-il pas facile de porter a postériori, hors contexte, un jugement ? Je ne sais. En tout état de cause, elle ne saurait être simplement qualifiée comme telle. Évident ? (Cf. Femmes. Bourgeoises, Féminisme. Antiféminisme, Histoire. Biographies)

Femme (Remarquable. Kowalewski Sofia, Sophie, Sonia) : 1890. Sofia Kowalewski [1850-1891] : mathématicienne russe, première femme d’Europe à occuper une chaire d’Université (en Suède), rédactrice et éditrice de la revue Acta Mathematica. Parmi tant d’évènement notables de sa vie (elle a notamment soigné les blessés de la Commune), elle a rédigé un roman partiellement autobiographique Nihilist Girl, en 1890. Elle fut qualifiée de «femme de génie» par F. Engels [1820-1895]. 585

Femme (Remarquable. Labourbe Jeanne) : Concernant Jeanne Labourbe [1877-1919], je lis dans trois sources, ici reproduites :
1) 1929. Vers l’autre flamme, de Panait Istrati [1884-1935] :
«Je dois à un ouvrier roumain l’horrible récit de l’assassinat par les troupes blanches de l’institutrice Jeanne Labourbe, crime entre mille autres dont le prolétariat et les instituteurs français doivent un jour demander des comptes aux impérialistes de leurs pays.» 586
2) 1920. En Communisme de Pierre Pascal [1890-1983], en date du 1er avril 1920 un article publié par lui paru dans Le Bulletin Communiste N°3 qui faisait état de Groupe Communiste français de Moscou concernant Jeanne Labourbe qu’il nommait «la fondatrice du groupe.» :
«Jeanne Labourbe était un précurseur. Dans sa jeunesse laborieuse, elle avait gardé les troupeaux dans son village de Bourgogne. [Elle est née à Lapalisse dans l’Allier]. Puis, elle entre en service à la ville, jusqu’au jour la lettre d’une compagne fut l’occasion de son départ pour la Russie. Installée dans une famille polonaise, elle dut y jouer le rôle douloureux d’institutrice et de servante. Il lui permit cependant, tout en enseignant à son élève sa langue maternelle de compléter sa propre éducation.
Lorsqu’éclata la révolution de 1905, son grand cœur, son courage viril, son dévouement absolu à toutes les causes justes la lancèrent dans le mouvement libérateur. Elle se donna à lui certainement toute entière, comme nous l’avons vu parmi nous ne vivre que pour le Groupe et pour le communisme.
On sait comment elle est morte la 2 mars 1919, lâchement assassinée dans la nuit, au fond d’un faubourg d’Odessa, par un groupe d’officiers français et russe sous la présidence d’un général Borius. Aussitôt arrivés dans la ville, les succès de sa propagande parmi les troupes d’occupation avaient effrayé le commandement. Il fallait à tout prix la faire disparaître. On n’osa pas l’exécuter. Le tout puissant général préféra la faire assassiner secrètement, avec un certain nombre d’autres communistes français d’Odessa, et le lendemain une note officielle attribuait le crime à des brigands anonyme.
À peine le Groupe communiste créé à Moscou, Jeanne Labourbe avait voulu fonder un journal. Elle rechercha les conseils de ceux qu’elle estimait le plus capable de mener l’œuvre à bien. Elle vit Lénine qui lui donna son consentement. Le commissariat des Affaires étrangères lui fournit le papier, l’imprimerie, un rédacteur politique, le camarade Niourine. Le capitaine Sadoul, qu’elle connaissait de nom pour son rôle à la fois diplomatique et révolutionnaire à la Mission Militaire, promit sa collaboration active. Elle-même avec son activité dévorante, accomplit le travail absorbant et ingrat des démarches multiples à faire à travers Moscou. Mais surtout, elle redouble ses efforts de propagande.»
Puis Pierre Pascal présente les nombreuses activités du Refuge français de Moscou. 587
3) 2016. Wikipédia :
«Elle meurt en mars 1919 à Odessa, vraisemblablement exécutée par la police locale aux ordres des Russes Blancs
Un timbre soviétique a commémoré le 110ème anniversaire de sa naissance, le 8 avril 1877.

Femme (Remarquable. Lacasse Victoire) : 1898. Victoire Lacasse fut la seule femme rescapée du naufrage du Bourgogne, le 2 juillet 1898 qui assurait la liaison entre Le Havre et New York : 700 personnes étaient à bord, dont 125 femmes. L’historienne Dagmar Bellmann qui rapporte ces chiffres poursuit en déclarant que les femmes «ne faisaient pas le poids face aux hommes».
Et elle conclut que «lors des naufrages, les rescapés sont presque exclusivement des hommes588
- Jean-Paul Bossugue a publié un roman intitulé 700 hommes à la mer [Éditions du Rocher. 2011] dans lequel il revient sur les réactions des hommes et des femmes lors de ce naufrage.

Femme (Remarquable. Lacoin Élisabeth) (1) : 1929. A la lecture de ses écrits, j’ai pensé qu’Élisabeth Lacoin (surnommée Zaza par son amie Simone de Beauvoir) [1907-1929] pouvait incarner le terrifiant statut imposé - contesté par certaines d’entre elles, les plus lucides - à des jeunes filles intelligentes, sensibles, catholiques, riches et bourgeoises au début du XXème siècle.
Élisabeth Lacoin en effet, notamment, écrit le 4 juillet 1929, quatre mois avant sa mort :
- «Nous avions un dîner essentiellement ‘bourgeois’ et ‘bien pensant’. J’ai regardé à un certain moment les dames assises les unes à côté des autres, avec la même physionomie tranquille et résignée, avec cet air irrévocablement honnête et vide. Serons-nous toutes comme cela un jour ? Ne peut-on être une femme honnête et chrétienne qu’au prix d’un étouffement pareil ? Est-ce cela l’éducation, ce lent endormissement qui fait des femmes, des jeunes filles bien, des êtres inoffensifs, bons mais si décourageants. […]»
- On lit aussi d’elle dans une lettre adressée à un ami, du 25 juin 1929 :
«Je ne comprends pas la vie comme vous la comprenez. Le bonheur tel que la plupart de gens le définisse, santé, fortune, affections de famille, plaisir, cela ne me fait pas envie du tout, cela me donne même l’envie de dormir. Pour avoir ce bonheur bête, il suffit, comme vous dites, d’accepter des ‘compromis’, mais cela je ne le veux pas. J’aime bien mieux être malheureuse qu’heureuse à ce prix là. ‘Il faut être raisonnable’, c’est la phrase du monde que je déteste le plus. En ce moment, on veut me faire épouser un garçon d’excellente famille, très intelligent, riche, qui a une très belle situation d’ingénieur. […]» 589 (Cf. Femmes. Bourgeoises)

Femme (Remarquable. Lacoin Élisabeth) (2) : 1958. Le jugement de Simone de Beauvoir, la concernant dans les Mémoires d’une jeune fille rangée :
«J'ai pensé longtemps que j'avais payé ma liberté de sa mort.» (à 22 ans) est difficilement oubliable. 590

Femme (Remarquable. Lafargue Laura) (1) : Laura Lafargue [1845-1911] l’une des filles de Karl Marx, fut une femme politique socialiste marxiste, traductrice de nombre de textes marxistes, épouse de Paul Lafargue, socialiste marxiste et auteur du livre : Le droit à la paresse [radicalement antimarxiste par ailleurs], une femme attachante qui se suicidera avec son mari.

Femme (Remarquable. Lafargue Laura) (2) : 1890.1892. Friedrich Engels [1820-1895] lui écrivit, le 8 janvier 1890 :
«Je crois vraiment que tu es à peu près la seule personne à Paris capable de conserver la tête froide et lucide : cette ville semble rendre les gens fous.» 591.
Ce jugement doit aussi être interprété comme étant une critique de la politique des socialistes français, et notamment de son mari.
* Ajout. 24 mai 2015. Engels prolongera ce jugement deux ans plus tard, le 27 mai 1892. Alors que Le Socialiste devait se transformer en quotidien, il écrira :
«Dans ce nouveau quotidien, tu es un élément absolument nécessaire. Si l’on veut faire quelque chose de supérieur à la moyenne courante des quotidiens français, il faut que quelqu’un suive attentivement au jour le jour le mouvement en Angleterre et en Allemagne, et en rende compte de temps en temps. Et tu es la seule personne dans toute la belle France qui en soit capable… Il faut que tu sois membre régulier de la rédaction et payée en conséquence. Paul [son mari] a trop du hidalgo pour penser à de telles questions ou pour exiger qu’on y pense, mais c’est indispensable. […]» Il n’en fut plus question et le quotidien ne vit pas le jour. 592

Femme (Remarquable. Lafargue Laura) (3) : 1979. Maria Antonietta Macciocchi [1922-2007] écria la concernant :
«Laure se mariera avec Lafargue, en 1868 et se suicidera avec lui, selon les récits de la presse, en 1911, sans laisser un mot, tandis que Lafargue laissa un testament retentissant à la cause du socialisme. Lénine, qui le 3 décembre 1911, prononça le discours funèbre, le dédia entièrement à Lafargue, en ne nommant Laura, seulement, en passant, au début, comme fille de Karl Marx593

Femme (Remarquable. La Rochejaquelein, Marquise de) : 1823. La marquise de La Rochejaquelein : fille, épouse, cousine de dirigeants de l’insurrection Vendéenne, ses Mémoires sont un remarquable document historique dans lequel, confrontée à d’innombrables événements elle fait notamment part avec un naturel incroyable de son courage. La révolution, la contre-révolution présentée par une femme qui les a, à plus d’un titre, vécues.
Elle était née sous le nom de Marie Louise Victoire de Donnissan, puis, à son premier mariage, elle fut nommée Marquise de Lescure, puis, à son second mariage, Marquise de La Rochejaquelein. 594 (Cf. Femmes. Noms)

Femme (Remarquable. Lefort Gertrud von) : 1931. Gertrud von Lefort [1876-1971] écrivait notamment, en 1931, la nouvelle intitulée La dernière à l’échafaud (Die Letze am Schaffot). Inspirée des manuscrits de Sœur Thérèse de l’Incarnation [Françoise-Geneviève Philippe [1731-1836] seule rescapée des seize carmélites guillotinées sous la Terreur à Paris, le 17 juillet 1794 et auteure du Récit des martyres des seize carmélites de Compiègne.
- Georges Bernanos s’en inspira [à vérifier par la comparaison des deux textes] en 1948 pour écrire le scénario d’un film qui, du fait de sa mort, ne sera pas réalisé, mais qui fut publié sous le titre le Dialogue des Carmélites, porté à la Scène au théâtre par Jacques Hébertot en 1952.
- Francis Poulenc [1899-1963] s’en inspira alors pour écrire le livret d’opéra, Le Dialogue des carmélites en 1957.
Deux films sous le même titre suivront.
- Très proche d’Édith Stein [1891. 1942], elle aussi convertie au catholicisme, leur correspondance a été publiée (en français) dans la correspondance de la première. Elle aurait choisi son nom : Von Le Fort en identification avec celui de Blanche de la Force. 595 (Cf. Femme. Remarquable. Stein Édith)

Femme (Remarquable. Leguay Catherine) : 1977. Catherine Leguay, fut la première femme à rejoindre le Comité d’action des prisonniers (CAP) fondé en 1977 par Serge Livrozet. Dans son livre, Prisonnières, écrit en 1978, alors qu’elles avaient 27 ans, avec Catherine Ehrel, et d’autres femmes emprisonnées, auteure de :
«La justice, la prison furent une permanence de ma vie. La valeur n’attend pas le nombre des années ; ainsi du haut de mes neuf ans, je devins une délinquante juvénile, au casier judiciaire couvert d’un ‘avertissement’ pour un vol d’enfant désœuvré […]
Rebelle à tout ce qui tentait de me normaliser, la prison finit par m’accueillir pour y fêter mes dix sept ans. […]
Les prisons d’Avignon, Versailles, Monte Carlo, la Roquette et Fleury-Mérogis m’accueillirent pour des détentions plus ou moins longues. Ces aller-retours auraient pu s’éterniser si, à vingt-trois ans, je n’avais fini par exploser, l’arbitraire et l’oppression de l’administration pénitentiaire me sortant par tous les pores de la peau. Mon impuissance à me révolter fut le déclic qui amorça ma prise de conscience, mon engagement politique. […]»
- Concernant les femmes en prison, en voici le constat :
«Écrasées, normalisées, dépersonnalisées, silencieuses, dépossédées, mutilées, asexuées, opprimées, réprimées, infantilisées, les femmes détenues continuent d’être sans exister, car il est lourd, le poids de cette oppression ; lourd, le poids de ce silence.» 596 (Cf. Femmes, Justice, Patriarcat, Politique. Prison)

Femme (Remarquable. Léo André) (1) : 1871. André Léo [1824-1900] écrivaine, romancière, journaliste, militante, Communarde, auteure, en 1871, de :
«de belles fortunes pétries de tes misères, de la souffrance de ta femme, de la mort de ton enfant…Vive la Bourse ! La France se meurt !» 597
- Pour connaître sa pensée, son action politique, se référer au site de l’association André Léo. 598 (Cf. Féminisme, «Sciences» sociales. Économie. Bourse)

Femme (Remarquable. Léo André) (2) : 1871. André Léo [1824-1900], auteure, aussi, le 8 mai 1871, dans un article (non lu intégralement) intitulé La révolution sans la femme 599 :
«Une fois de plus, les femmes n’ont rien à gagner à l’avenir immédiat de cette révolution [la Commune de Paris], car le but est l’émancipation des hommes, non des femmes. […]
On pourrait d’un certain point de vue écrire depuis 89 sous ce titre une ‘Histoire des inconséquences du parti révolutionnaire’.
La question des femmes en ferait le plus gros chapitre, et l’on verrait comment ce parti trouva moyen de faire passer du côté de l’ennemi la moitié de ses troupes qui ne demandait qu’à marcher avec lui.»
- Auteure aussi, citée dans le même article (sans source spécifiée) de :
«Beaucoup de républicains - je ne parle pas des vrais - n’ont détrôné l’Empereur et le bon Dieu […] que pour se mettre à leur place. Et naturellement, dans cette intention, il faut des sujets ou au moins de sujettes. La femme ne doit plus obéir aux prêtres ; mais elle ne doit pas non plus relever d’elle même. [Si] elle doit demeurer neutre et passive sous la direction de l’homme, elle n’aura fait que changer de confesseur.» (Cf. Droit-s. Droits de l’homme, Féminisme, Patriarcat, Politique. République, «Sciences» sociales. Révolution Française, Historiographie patriarcale)

Femme (Remarquable. Linder Maud) : Maud Linder, la fille de Max Linder [1883-1925], réalisatrice «s’est [notamment] distinguée par son travail de restauration et de mise en valeur de l’œuvre de son père.» (Wikipédia) (Cf. Culture. Cinéma, Femme. Épouse de. Linder Ninette)

Femme (Remarquable. Lou Andreas-Salomé) (1) : Lou Andreas Salomé [1861-1937] : Une femme d’une exceptionnelle intelligence, d’une exceptionnelle sensibilité. Riche d’elle-même, riche de ses relations avec ceux [et dans une moindre mesure, avec celles] avec lesquel-les elle a partagé des moments, des expériences de vie, sans être réductible à aucun d’entre eux. Avoir découvert, à 25 ans, sa [première] biographie est l’un des cadeaux de la vie.

Femme (Remarquable. Lou Andreas-Salomé) (2) : 1951. Lou Andreas Salomé [1861-1937], auteure, dans Ma vie, publié après sa mort, de :
«Je ne peux conformer ma vie à des modèles, ni ne pourrait jamais constituer un modèle pour qui que ce soit ; mais il est tout à fait certain en revanche que je dirigerai ma vie selon ce que je suis, advienne que pourra.» 600

Femme (Remarquable. Lou Andreas-Salomé) (3) : 1951. Lou Andreas Salomé [1861-1937] Que penser de cette phrase :
«Je suis éternellement fidèle aux souvenirs ; je ne le serai jamais aux hommes.» ? 601
- À la lecture, plus tard, de cette même phrase, non relevée de ma première lecture de Ma Vie, et dès lors resituée dans le cadre de ses réflexions concernant Rainer Maria Rilke [1875-1926] et de leurs relations, je comprends un peu mieux la signification de cette phrase «si crûment sincère». 602
- Jacques Nobécourt, dans sa Préface à Ma Vie de Lou Andreas Salomé présente son interprétation de cette phrase. 603

Femme (Remarquable. Luxembourg Rosa) (1) : Rosa Luxembourg [1871-1919], auteure de :
«L’épreuve de force entre l’homme et la femme [est un] problème purement académique, tiré par les cheveux qui n’existe pas dans la réalité. Car ou bien la femme est une personnalité - je ne veux pas dire une femme remarquable - mais un cœur plein de bonté et d’énergie intérieure [...] et alors elle s’impose et triomphe moralement, même si elle cède sur des détails. Ou bien, intérieurement, elle n’est rien - et alors le problème n’existe plus604
- Ce déni, cet impensable même, de toute pensée politique féministe, tel qu’ici exprimée par celle qui est présentée comme l’un-e des plus brillant-es théoricien-nes marxistes, qui plus est, l’«une des plus fortes personnalités du socialisme» selon Boris Souvarine, 605 permet de mieux appréhender l’incompatibilité théorique entre marxisme et féminisme. À la relecture, c’est d’elle qu’elle parle. (Cf. Marxisme incompatible avec le féminisme)

Femme (Remarquable. Luxembourg Rosa) (2) : 1916-1919. Rosa Luxembourg, [1871-assassinée le 15 janvier 1919], ses Lettres de prison : un joyau de philosophie politique. Lues par Anouck Grinberg : une merveille d’humanité, de sensibilité. 606

Femme (Remarquable. Luxembourg Rosa) (3) : 1919. Lu, écrit de Berlin, à la date du 16 mars 1919, dans Les Cahiers du comte Kessler [1868-1937], en vue d’une éventuelle alliance politique pour remplacer le régime actuel «discrédité, souillé de sang»] :
«Chez les communistes, on ne trouvera personne sur qui l’on puisse compter comme homme d’État. Rosa Luxembourg aurait été la seule personnalité politique du parti capable de gouverner l’Allemagne607

Femme (Remarquable. Luxembourg Rosa & Clara Zetkin) : Lors d’une réunion (retrouver la date) chez Auguste Bebel [1840-1913], avec d’autres socialistes, Rosa Luxembourg [1871-1919] et Clara Zetkin [1857-1933] se perdent en route et arrivent très en retard. Soulagés, ceux qui les attendaient s’amusent à rédiger des épitaphes en leur mémoire dont ils leur font part. Rosa Luxembourg les rejette toutes et en propose une autre de son cru :
«Ici sont enterrés les derniers hommes de la social-démocratie allemande.» 608 (Cf. «Sciences» sociales. Histoire. Révolution française. Roland Madame (3))

Femme (Remarquable. Macciocchi Maria-Antonietta) : 1971. À ma connaissance (actuelle, limitée et partielle), la [l’une des ?] critique féministe la plus pertinente du marxisme est lisible dans le petit texte de Maria-Antonietta Macchiocchi [1922-2007] : «Quelques thèmes autour du marxisme et du féminisme», en conclusion de la publication de son Séminaire de Vincennes en 1977-78. 609 (Cf. Femmes (Écrivaine. Macciocchi Maria Antonietta)

Femme (Remarquable. Mallet Isabelle) : 1927. Isabelle Mallet [?-?], atteinte de poliomyélite et paralysée, a créé, en 1927, La semaine de la bonté.
Lu, la concernant, sur le site officiel de cette association :
« [Elle] surmontait sa maladie et mettait toute son énergie et une partie de sa fortune pour créer [cette] association caritative pionnière de l'aide sociale, qui servira de modèle à de nombreuses autres institutions et qui sera reconnue d'utilité publique en 1955.»
L’une des premières initiatives faisant appel publiquement à la générosité privée ? (Cf. Femmes. Charité)

Femme (Remarquable. Manchu Rigoberta) : 2007. Rigoberta Manchu, Prix Nobel de la paix en 1992 et notamment membre du comité d'honneur de la Fondation Chirac, aurait, selon Le livre noir de la condition des femmes, déclaré (source non citée, à vérifier) que : «le féminisme était le dernier avatar du colonialisme». 610 (Cf. Féminisme)

Femme (Remarquable. Marie) : Marie, supposée mère du fils du dieu (chrétien), lorsqu’elle fut informée - nous dit-on - qu’elle devait l’enfanter, répondit :
«Je suis la servante du Seigneur. Qui me soit fait selon ta parole [ou : selon qu’il m’advienne]. Et l’ange (Gabriel) la quitta.» (La Bible) Ça commença mal…

Femme (Remarquable. Mademoiselle Mars) : 1849. Lu, concernant la comédienne Mademoiselle Mars [1779-1849], dans Choses Vues de Victor Hugo [1802-1885], présent à son enterrement le 26 mars 1849 :
«Elle laisse un fils…On n’a pas envoyé de billets de faire-part à cause de l’embarras de mettre : Mademoiselle Mars est morte. Son fils a l’honneur de vous en faire part.» 611
Victor Hugo note aussi que «pendant les discours, au cimetière, les prêtres sont remontés dans leur voiture pour ne point entendre l’éloge d’une comédienne.» (Cf. Femme. Artistes, Femmes. Noms, Famille. Mariage, Traités de savoir-vivre)

Femme (Remarquable. Mère Teresa) : 1993. Bernard Kouchner se souvient de Mère Teresa [1910-1997] :
«Au Guatemala, elle a été reçue dans un stade immense, elle est arrivée devant la foule, malade, coudée comme un vieil olivier, elle a touché les malades grabataires alignés devant elle. ‘Lève toi et marche’. Ils ne se sont pas levés ! Enfin, passons. Elle a alors commencé à parler très bas…Personne n’entendait. On croyait qu’elle allait rendre l’âme, mais elle s’est redressée, et à la fin, d’une voix fracassante, elle s’est mise à prêcher…Il y avait bien vingt mille personnes. Et que leur annonce t-elle ? ‘Le grand danger, au Guatemala, comme au Bengladesh, ce n’est pas la pauvreté, c’est l’avortement’. Inimaginable 612
- Elle fut canonisée le 4 septembre 2016.

Femme (Remarquable. Michel Louise) : 1886. Louise Michel [1830-1905] : pour connaître ses analyses féministes, on peut se reporter notamment aux pages 118 à 125 de ses Mémoires. 613

Femme (Remarquable. Michel Louise. Enterrement) : 1905. Louise Michel [1830-1905] meurt, le 9 janvier 1905, à l’hôtel L’Oasis à Marseille. Elle est enterrée le 22 janvier 1905 à Paris. On lit dans l’Humanité, le 23 janvier 1905 :
«Constatons que Monsieur Lépine (Le préfet de police) avait mis sous la protection (?) de 25 officiers de paix, 80 brigadiers, 880 sous brigadiers, 8000 sergents, sans bâton, mais avec sabre et probablement casse tête, 400 agents de la brigade des recherches, 350 inspecteurs de la Sûreté (alias agents de la Secrète qui, notamment lorsqu’ils sont déguisés en pékins, fleurent à dix lieux leur roussin), et de 100 agents de la mobile, plus des petits soldats ; en effet, trois bataillons d’infanterie et six escadrons de cavalerie sont disposés dans les rues adjacentes et toutes les troupes consignées l’arme au pied.» […] 614
Une reconnaissance policière qui vaut reconnaissance politique. (Cf. Politique. État, «Sciences» sociales. Histoire)
* Ajout. 16 mai 2014. 1930. Lu ultérieurement dans le livre de Jean Grave, Souvenirs d’un révolté :
«Son corps [celui de Louise Michel] ramené à Paris, la population lui fit de magnifiques funérailles. Comme d’habitude, la police avait fait un déploiement formidable de forces le long du cortège, Lépine et ses subordonnées déployant un zèle intempestif. Un fait significatif qui prouve que lorsque la foule est bien résolue à ne pas se laisser em…bêter, elle peut avoir le libre exercice de sa volonté. […]
Lépine nous jappait aux talons. Il ordonna à un peloton de gardes municipaux qui se trouvait là de mettre baïonnette au canon. Ce qui fut fait. Mais un cri formidable de ‘À bas les baïonnettes !’ sortit des rangs de la foule. Et les baïonnettes furent remises au fourreau, sans attendre l’ordre des chefs. Lépine sut se taire cette fois.» 615 (Cf. Politique. Démocratie. Peuple, «Sciences» sociales. Histoire)

Femme (Remarquable. Missy / Mathilde de Morny) : Mathilde de Morny [1863-1944] dénommée Missy fut celle à qui Colette [1873-1954] écrivit :
«C’est toi ma raison de vivre» ; celle qui écrivit à Henry de Jouvenel [1876-1935], son futur mari :
«Je vous confie Colette». 616
- Je découvre aussi qu’à la fin de sa vie Mathilde de Morny, aurait «subi» (?) «une hystérectomie (ablation de tout ou partie de l’utérus) et une ablation des seins».
- Que sait-on vraiment d’elle, au delà des stéréotypes, des platitudes concernant les femmes dites lesbiennes et / ou dites masculines ? [Elle s’habillait avec des vêtements d’hommes et se faisait appeler Monsieur]
Si l’habit ne fait ni l’homme, ni la femme, ne le révèle t-il un peu à eux / elles-mêmes ?

Femme (Remarquable. Mladic Ana) : 1994. Anna Mladic, fille de Ratko Mladic, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, qualifié de «bourreau de Srebrenica», étudiante en médecine s‘est suicidée, en mars 1994, avec l’arme de service de son père.

Femme (Remarquable. Monica) : IVème siècle après J.C. Monica ou (pour les Chrétien-nes) Sainte Monique [331-387], mère de Saint Augustin. La concernant, Voici notamment ce qu’en écrit Saint Augustin dans ses Confessions :
«Formée à la modestie et à la sagesse, plutôt soumise par vous (au dieu chrétien) à ses parents que par eux à vous, à peine nubile, elle fut remise à un homme qu’elle servit comme son maître ; jalouse de l’acquérir à votre épargne, elle n’employait, pour vous prouver à lui, d’autre langage que sa vertu.
Et vous (dieu chrétien) la rendiez belle de cette beauté qui lui gagna l’admiration et le respectueux amour de son mari.
Elle souffrit ses infidélités avec tant de patience que jamais nuage ne s’éleva entre eux à ce sujet.
Elle attendait que votre miséricorde lui donnât avec la foi la chasteté.
Naturellement affectueux, elle le savait prompt et irascible, et n’opposait à ses emportements que calme et silence.
Aussitôt qu’elle le voyait remis et apaisé, il le lui rendait à propos raison de sa conduite, s’il était arrivé qu’il eût cédé trop légèrement à sa vivacité.
Quand plusieurs des femmes de la ville, mariées à des hommes plus doux, portaient sur leur visage quelque trace des sévices domestiques, accusant, dans l’intimité de l’entretien, les mœurs de leurs maris, ma mère accusait leur langue, et leur donnait avec enjouement ce sérieux avis, qu’à dater de l’heure où lecture leur avait été faite de leur contrat de noces, elles avaient dû le regarder comme l’acte authentique de leur esclavage, et ce souvenir de leur condition devait comprimer en elles toute révolte contre leurs maîtres. Et comme ces femmes, connaissant l’humeur violente de Patricius, ne pouvaient témoigner assez d’étonnement qu’on n’eût jamais ouï dire qu’il eût frappé sa femme, ou que leur bonne intelligence eût souffert un seul jour d’interruption, elles lui en demandaient l’explication secrète ; et elle leur enseignait le plan de conduite dont je viens de parler. Celles qui en faisaient l’essai, avaient lieu de s’en féliciter ; celles qui n’en tenaient compte, demeuraient dans le servage et l’oppression.» 617
- On peut noter que Patricius, son mari, est présenté par Wikipédia, comme «un homme bon, affectueux et ouvert d’esprit» [29 février 2016]. (Cf. Femmes. Mariage, Patriarcat, Domination masculine, «Sciences» sociales. Histoire, Violences contre les femmes)

Femme (Remarquable. Morawiecki Laurence) : Jean Morawiecki [ ?- 2015] est le ‘fiancé’ auquel Hélène Berr [1921-1945] dédia son Journal et pour lequel, partiellement, elle l’écrivit.
Lorsque ce journal, après sa mort, fut publié, en 2008, celui-ci rédigea un petit texte intitulé : Ma vie avec le journal d’Hélène, dans lequel il écrit que, plusieurs années après l’avoir gardé pour lui seul, il le donna à lire, à Laurence Morawiecki [? - 1992] qui était son épouse depuis 1956.
Et il rapporte sa réaction : «Elle me le rendit en disant : ‘Qu’il était beau d’avoir ainsi été aimé par une personne de cette qualité.’» 618

Femme (Remarquable. Morgenstern Sophie) : 1940. Sophie Morgenstern [1875-1940], psychiatre et psychanalyste, fut l’une des premières à avoir initié en France la psychanalyse des enfants. Après, suite à une opération, avoir perdu sa fille unique et alors qu’elle savait que sa famille, juive, avait été massacrée à Lvov (Pologne), elle s’est suicidée, le 13 juin 1940, la veille de l’entrée des nazis à Paris.

Femme (Remarquable. Mota Gisela) : 2016. Mota Gisela [1987-2015] : maire de Temixco, dans le sud du Mexique, assassinée chez elle, à 33 ans, le 2 janvier 2016, après tant d’autres, d’après les ‘autorités’, par le Cartel de la drogue, Los Rojos, le lendemain de la prestation de serment au cours de laquelle elle s’était engagée à lutter contre la criminalité.

Femme (Remarquable. Mnouchkine Ariane) : 2016. Ariane Mnouchkine, auteure de : «L’immédiat handicape le futur.» 619 (Cf. Penser, «Sciences» sociales. Histoire)

Femme (Remarquable. Necker Suzanne) : 1818. Lu, concernant Madame Suzanne Necker, née Churchot [1737-1794], dans les Considérations sur la révolution française de Germaine de Staël [1766-1817], sa fille :
«L’hôpital, qui porte encore aujourd’hui le nom de Necker, fut crée à la fin de 1778 par Madame Necker. C’était alors un petit hôpital de 128 lits où tous les malades - grande innovation - étaient couchés seuls. Les soins y étaient dispensés par un médecin, deux chirurgiens et douze sœurs de Saint-Vincent de Paul. La mortalité y était plus faible que dans les autres hôpitaux parisiens620
- Elle est aussi l’auteure d’un Mémoire sur l’établissement des Hospices (1786) et des Réflexions sur le divorce (1794) et, enfin, bien sûr, outre l’épouse de son mari, Jacques Necker [1732-1804], et la mère de Madame de Staël.

Femme (Remarquable. Nin Anaïs) : 1944. Fragment de lettre adressée à Anaïs Nin [1903-1977] par Henry Miller [1891-1980], en janvier 1944 :
«[…] Tout ce que vous avez souhaité que je fasse, je l’ai fait. J’ai été mis à rude épreuve et j’en suis presque content. J’espère que vos luttes à vous se seront révélées aussi fécondes. J’aimerais bien le savoir, si cela ne vous fait rien. Toute ma force me venait de l’exemple que vous m’aviez donné. Il n’y a personne au monde que je vénère plus que vous. […]» 621

Femme (Remarquable. Ninon de Lenclos) : 1751. Voltaire [1694-1778), dans une lettre en date du 1er mai 1751 adressée au pasteur Jean Henri Samuel Formey [1711-1797] présente une longue, précise, passionnante et louangeuse biographie de Ninon de Lenclos [1620-1705]. Il considère comme «philosophe» celle généralement qualifiée de «courtisane».
Voltaire cite la concernant deux livres [pour lui, récents], celui de Antoine Bret, Mémoires sur la vie de Mlle de Lenclos (Amsterdam. 1751) et celui de Douxmenil, Mémoires et lettres pour servir à l’histoire de la vie de Mlle de Lenclos (Rotterdam. 1751)
- Sources non citées et donc à ajouter sur Wikipédia.
N. B. Dans une lettre, en date du 29 mai 1751, adressée au comte d’Argental [1700-1788], Voltaire considère - sans doute pour se protéger d’éventuelles attaques - sa lettre du 1er mai, sus-citée comme «un peu ordurière» [ce qu’elle n’est en rien] et affirme qu’elle fut écrite «pour apprivoiser les huguenots.» (!) 622

Femme (Remarquable. Noailles Madame de) : 1921-1923. Lu, concernant Madame de Noailles [1876-1933] sous le plume de Charles du Bos [1882-1939] :
«J’ai noté dans une de mes conférences sur Madame de Noailles cette tendance irrésistible qui la pousse à dresser sa personne et sa figure comme une sorte de Victoire de Samothrace, mais chez elle cela relève de l’expansion et de la force de la personnalité ; chez Shelley, au contraire […]» 623
Analyse, la concernant, dont je ne peux rien dire, mais, du moins en elle-même, signifiante. De…?

Femme (Remarquable. Noël Marie) (1) : 1976. Marie Noël [1883-1967], citée par François Mauriac [1885-1970], auteure de :
«Je fais des actions bonnes, je ne suis pas bonne, je suis domptée. Je reçois doucement ce qui m’est contraire, je ne suis pas douce, je suis tuée. En moi-même, je me révolte, je reverse, je frappe, je brise de toute ma violence. Mais tous les matins, le Christ m’encourage à ma destruction. Et je suis devenue tout comme une morte à force d’avoir bu avec lui son vin de condamné à mort.» 624
Terrible… de lucidité ?

Femme (Remarquable. Noël Marie) (2) : 1959. Marie Noël [1883-1967], après avoir rencontré De Gaulle, en 1959, qui appréciait son œuvre, dit, admirative :
«[…] C’est rare de voir un homme, un vrai, un vrai. Et celui-là, c’est un vrai. [...] Ça, c’est un homme, c’est vrai.» 625
- Un vrai accent de sincérité d’une femme qui avait si peu parlé et qui apparaissait, à 75 ans, savoir ce sur quoi elle se fondait pour être si affirmative…À moins que…(Cf. Homme-s)

Femme (Remarquable. Pahlavi Farah) : 2004. Je lis, épars, incidemment évoqué, dans les Mémoires de Farah Pahlavi écrites par la troisième épouse du Shah d’Iran ceci :
- [Avant l’arrivée au pouvoir de son époux, dans les années 1950] :
«Le taux d’alphabétisation n’atteint pas un homme sur cent, et les femmes n’ont aucun droit, pas même celui de fréquenter l’école.» (p.42) ;
- [Évoquant les (fastueuses) cérémonies du couronnement, le 26 octobre 1967 : «Puis, ce fut mon tour (d’être couronnée…par lui). Je vins m’agenouiller aux pieds du roi et, quand il eu déposé la couronne sur ma tête, il me sembla qu’il venait de consacrer toutes les femmes iraniennes. […]
Cette couronne effaçait des siècles d’humiliation ; plus sûrement que toutes les lois, elle affirmait solennellement, l’égalité de l’homme et de la femme.» (p.156) ;
- [Concernant l’avenir de l’Iran] :
«Je pense particulièrement aux femmes pour montrer le chemin. La monarchie leur avait pratiquement donné les mêmes droits qu’aux hommes.» (p.406). (Cf. Politique, Égalité)
* Tout en notant l’absence de toute critique politique, y compris concernant la Savak, jamais critiquée (Cf. p.266, 338), sans omettre les dénis, les silences, les mensonges, la naïveté, au fondement de cette lecture de l’histoire Iranienne, ces Mémoires sont passionnants.
- Je découvre que deux de leurs enfants se sont suicidés. 626

Femme (Remarquable. Païva Marquise de) : Marquise de Païva [1819-1884], née sous le nom d’Esther Lachmann, auteure - du moins, cela lui fut prêté - à son mari, le marquis de Païva, - avant de le quitter, le lendemain du mariage, en 1851 :
«Vous m'avez voulue, vous m'avez eue. Je voulais un nom, je l'ai. Nous sommes quittes.» 627 (Femme. Noms)

Femme (Remarquable. Parks Rosa) : Il fut rendu hommage Rosa Parks [1913-2005] dénommée «la mère du mouvement des droits civiques» en ces termes :
«La femme qui s’est levée [ou : tenue debout] en restant assise».
- Pour rappel historique : elle avait refusé, dans un bus ségrégationniste, de laisser son siège à un homme blanc. (Cf. Femme. Artiste. Holiday Billie, Penser. Obéir. Springsteen Bruce)

Femme (Remarquable. Pascal Jacqueline) (1) : 1661. Jacqueline Pascal [1625-1661], en religion, Jacqueline de Sainte Euphémie, sœur de Blaise Pascal. 628
Concernant l’ordre fait aux religieuses de Port-Royal de signer en 1661 le Formulaire d’Alexandre VII 629 qui s’opposait à leur foi, auteure de :
«Je sais le respect que je dois à MM les Evêques, mais ma conscience ne me permet pas de signer qu’une chose est dans un livre où je ne l’ai pas vue.» […]
Je sais bien que ce n’est pas à des filles de défendre la Vérité, quoique, si l’on peut dire, par une triste rencontre, que, puisque les Evêques ont le courage des filles, les filles doivent avoir le courage des Evêques ; mais si ce n’est pas à nous de défendre à la Vérité, c’est à nous à mourir pour la Vérité».
- La même écrivait : «Que craignons nous ? Le bannissement et la dispersion pour les Religieuses, la saisie du temporel, la prison et la mort, si vous le voulez ; mais n’est-ce pas notre gloire et ne doit-ce pas être notre joie ? Renonçons à l’Evangile ou suivons les maximes de l’Evangile, et estimons-nous heureux de souffrir quelque chose pour la justice. Mais peut être on nous retranchera de l’Église ? Mais qui ne sait que personne ne peut en être retranché malgré soi ? […].»
Quel courage …

Femme (Remarquable. Pascal Jacqueline) (2) : Sainte-Beuve [1804-1869] écrivit, la concernant :
«Cette sœur, comparée au frère, l’explique, le complète et peut être, à quelques égards, le surpasse…La sœur voilée de Pascal est son égal[e] pour le moins ; elle le précède presque en tout, elle le guide, même dans les âpres grandeurs de la mort630
N.B. Je suis incapable de porter un quelconque jugement critique sur cette analyse.

Femme (Remarquable. Pascal Jacqueline) (3) : 1980. Jacques Prévert [1900-1977], auteur du «dialogue» suivant :
«Sa sœur : ‘A quoi penses-tu, Blaise ?‘ / Pascal : ‘A rien’ / Sa sœur : ‘C’est bien ce que je pensais’.» 631

Femme (Remarquable. Pathé Odile) : 1946. George Orwell [1903-1950] après avoir évoqué le probable «boycott», en 1946, en Angleterre, de son livre, La ferme des animaux (une critique de la Russie Stalinienne), bien qu’il ait été «traduit en neuf langues» poursuit :
«Le plus difficile à organiser a été le français. Un éditeur a signé un contrat et a dit ensuite que c’était ‘impossible’ pour des raisons politiques ; d’autres ont fait des réponses semblables : néanmoins, j’ai arrangé ça avec une éditrice qui se trouve à Monte-Carlo et que se sent un peu plus à l’abri. C’est une femme, Odile Pathé [fille de Charles Pathé [?-?], qu’il ne faut pas oublier au cas où d’autres auraient des livres impopulaires à traduire, car elle me parait avoir du courage, ce qui n’est pas très courant en France en ce moment. (avril 1946)» 632
- Pour une analyse plus précise et donc plus rigoureuse, Cf. la présentation, par les Éditions Agone du livre George Orwell, entre littérature et politique [2011], des Éditions Odile Pathéun lieu où se retrouvait des anciens du POUM, de la Révolution Prolétarienne et de la gauche révolutionnaire»), de la revue Paru et des conditions de la publication en français de La ferme des animaux.

Femme (Remarquable. Paz Magdeleine) (1) : 2015. Après avoir évoqué «le courage d’une femme», on lit dans un livre qui est consacré à Magdeleine Paz [1889-1973] :
«Dans ses reportages et articles à son combat pour Victor Serge [1890-1947], le temps est amplement venu pour que Magdeleine Paz soit autre chose qu’un nom hâtivement cité dans les histoires des intellectuels et une inconnue sur une photo. Son parcours journalistique et militant donne à voir sans aucun doute une personnalité qui fit de la cohérence de ses écrits avec ses actes son credo, du don de soi au service de la solidarité son expression essentielles, de l’intransigeance sa ligne de conduite. […]
Retenons encore d’elle cette phrase de son ouvrage, Femmes à vendre [Reider. Paris] publié en 1936, véritable profession de foi tout en formulation pré-sartrienne : ‘Nous sommes responsables, je suis responsable : il ne m’est jamais arrivé de constater une misère ou une iniquité sans que cette pensée ne m’emplisse l’âme jusqu’au bord’. Il serait peut être bon que notre pâle époque en prenne de la pugnace graine.» (Non signé, mais sous la plume d’Anne Mathieu qui coordonne le livre passionnant qui lui est consacré). 633
- Notons qu’avant Femmes à vendre, elle avait publié en 1919 un livre (préfacé par Henri Barbusse), intitulé Femme. (Flammarion)
Plus largement, il faudrait publier ses écrits notamment féministes. (Cf. Proxénétisme. Abolitionnisme)

Femme (Remarquable. Paz Magdeleine) (2) : 1933. Magdeleine Paz [1889-1973], en rendant compte du dernier ouvrage de Panait Istrati [1884-1935] [l’un des tous premiers intellectuels ayant dénoncé l’évolution de la Russie postrévolutionnaire] La maison Thürigen, l’avait considéré, dans Le Monde, comme «un livre réactionnaire» et avait ajouté : «Ce n’est pas autre chose qu’une défense de la bourgeoisie que prononce Istrati.» .634

Femme (Remarquable. Paz Magdeleine) (3) : 2016. Christophe Patillon en présentation du livre de Magdeleine Paz [1889-1973] Je suis l’étranger :
«[…] L'un de ses grands combats : arracher des griffes du Guépéou Victor Serge [1890-1947], l''ex-anarchiste converti au bolchévisme, l'ardent défenseur de la Révolution russe devenu opposant au stalinisme, exilé loin de Moscou, aux confins de l'Oural. On craignait pour sa vie, à raison. Infatigable, Magdeleine Paz s'est démenée sans compter pour obtenir l'expulsion vers la France de Victor Serge. Tâche difficile puisque pour cela il lui fallait affronter tous les appareils de propagande du parti communiste pour qui, un opposant, même de gauche, à la dictature sur le prolétariat, ne pouvait être qu'un agent du fascisme et de la bourgeoisie. ‘Il faut une certaine vaillance pour aller contre le courant’ a-t-elle écrit en 1932. De vaillance, elle n'en a jamais manquée635
- À son actif, en outre, elle démissionne du Monde ou elle était responsable de la rubrique de Critique littéraire du 6 février 1932 au 15 juillet 1933, à la suite de la publication d’un article d’Henri Barbusse. Elle aurait aussi démissionné en 1938 de la Ligue des droits de l’homme qui refusait de condamner clairement l’URSS de Staline (source à retrouver).

Femme (Remarquable. Perrot Michelle) : 1987. Michelle Perrot, concernant les conséquences de [19]68, qu’elle analyse justement comme «une rupture majeure dont aujourd’hui encore nous n’avons épuisé ni le sens ni les effets», et ses conséquences sur son activité intellectuelle, écrit notamment :
«[…] Le souci de répondre aux ‘sollicitations du présent’ comme aussi cette nouvelle forme de culpabilisation des intellectuels qu’a été pour une large part, le maoïsme français, rendaient à la fois ouvert aux aspirations et aux idées nouvelles, et fragiles devant les modes. Je n’avais jamais eu la ‘conscience tranquille’. J’avais toujours été sensible à l’air du temps. La longue concentration de la thèse - mère protectrice ! - achevée, j’étais disponible. J’ai eu tendance à ‘éclater’ dans des directions multiples, à préférer le travail collectif à la poursuite d’une œuvre individuelle, au risque de me perdre car les ‘bonnes œuvres’ ne font pas une œuvre et ne servent parfois qu’à en masquer la carence.» 636 (Cf. «Sciences» sociales. Histoire)

Femme (Remarquable. Pingeot Anne) (1) : 2016. Anne Pingeot, compagne cachée de François Mitterrand et mère de leur fille Mazarine, elle aussi cachée, prit la parole pour la première fois sur France Culture. Après avoir rappelé son milieu bourgeois de province, de droite, peu évolué intellectuellement, patriarcal, ainsi que leur «vision de la femme : la femme est quelqu'un qui doit être soumis, qui ne doit avoir aucune vie intellectuelle» en conclue : «ça a compté beaucoup quand même». Puis elle évoque «[…] ce côté de soumission a fait que j’ai accepté au fond l’inacceptable…»
- Elle emploiera concernant François Mitterrand, le terme de «pygmalion», de «prédateur», puis de «chasseur séducteur»…et parlera de la naissance de Mazarine [bien qu’elle lui a ‘imposé’ sous peine de le quitter] comme son «seul acte altruiste».
- Elle évoque aussi, bien sûr, le rôle positif qu’il a joué pour elle, avec distance. J’ai noté : «Je ne me suis jamais ennuyée, au moins…» 637 (Cf. Homme. «Politique». Mitterrand François)

Femme (Remarquable. Pingeot Anne) (2) : 2016. Je lis dans un article de Catherine Nay, Les amours de Mitterrand, qu’il appelait Anne Pingeot : «ma fille», «ma merveilleuse fille», lui qui était l’ami de son père - lequel lui avait «demandé de veiller sur elle» - et qui aurait pu l’être. Il avait 33 ans de plus qu’elle. 638 (Cf. Homme «Politique». Mitterrand François)

Femme (Remarquable. Pingeot Anne) (3) : 2016. Je lis dans un article du Figaro, Dans le secret des lettres à Anne, que, dans ses Lettres à Anne (pas lues), «Mitterrand [lui] reprochait son caractère entier, son intransigeance» et ce, suivi, sans autres commentaires, de ce jugement : «émouvantes, ces missives…» 639 (Cf. Homme «Politique». Mitterrand François)

Femme (Remarquable. Pizzey Erin) : 1975. Erin Pizzey, créatrice en 1971 d’un refuge à Londres pour femmes et enfants battus (par les maris et les pères), auteure d’un livre pionner, remarquable et globalement toujours valide : Crie moins fort, les voisins vont t’entendre. 640

Femme (Remarquable. Phoolan Devi) : Phoolan Devi, [1963-2001], surnommée «la reine des bandits» auteure de :
«C’était parce que j’étais une femme que j’ai été humiliée au plus profond de mon âme. Je n’ai jamais admis cette condition. Je me suis révoltée.» […]
Elle écrit aussi, près avoir été mise à nue, violée, battue, torturée, empalée, jetée en pâture à la population masculine des castes supérieures de plusieurs villages : «J’étais enragée contre les hommes. Il fallait que je leur fasse subir tout ce qu’ils m’avaient fait subir […]
Détruire ce qui symbolise leur pouvoir. Anéantir le serpent. Et rire de les voir sauter comme des chevreaux castrés, pleurer comme des femmes, se rouler à mes pieds, supplier, supplier comme je l’avais fait. Les gens de ma caste le savaient tous. Si une mère voulait protéger sa fille, un mari, sa sœur, sa femme, Ils n’avaient qu’à dire au violeur : ‘Phoolan Devi te punira, et je le faisais’ […]
Je ne tue pas pour rien. Je punis. […]
Les journaux n’arrêtent pas de parler de moi. Si seulement ils avaient parlé de moi avant, quand on me maltraitait. On ne parle donc que des crimes des pauvres gens et jamais de leurs malheurs…».
- Et lorsqu’elle fit, à ses conditions, sa reddition, politiquement négociée (terres, emplois…), les gens pauvres ne voulaient pas qu’elle cède, tandis gens des hautes castes disaient :
- «Ce n’est pas Phoolan Devi que se rend au gouvernement, c’est le gouvernement qui cède à Phoolan Devi.» 641
- Elle disait aussi : «Je n’ai fait que rendre aux hommes ce qu’ils m’ont fait subir» ; «Si quelqu’un porte la main sur une femme, coupez-lui la main» ; et enfin : «Mon vœu le plus cher est que les femmes ne supportent pas ce que j’ai subi.» 642
* Que les féministes - dites radicales incluses - apparaissent, après cette lecture, timorées… (Cf. Patriarcat, Politique)

Femme (Remarquable. Planiol Thérèse) : 1995. Jean Bernard [1907-2006] présente ainsi, en préface de Une femme, Un destin, l’histoire de la vie de Thérèse Planiol [1914-2014] :
«Être abandonnée par sa mère à la naissance, connaître l’enfance rude, souvent cruelle, des pupilles de l’Assistance Publique, passer d’établissement scolaire en d’établissement scolaire, en affrontant tantôt l’injustice, tantôt différence, combattre longtemps sans succès pour être autorisée à commencer des études de médecine, se voir proposer, après avoir obtenu une licence es-sciences un poste d’aide laborantine, assumer tout à tout les fonctions de commis de bureau, de secrétaire adjointe, entrer enfin en médecine, trouver de nouvelles injustices, de nouvelles indifférences, en triompher, grâce à une valeur exceptionnelle, rencontrer un grand amour partagé qui éclaire enfin une vie longue et triste, sauter de succès en succès, de l’internat à l’agrégation, de l’agrégation au professorat, devenir en France et hors de France un des premiers biophysiciens de notre temps, retrouver tardivement sa généalogie en remontant jusqu’au XVème siècle, telle est, brièvement résumée, l’existence admirable et émouvant de Thérèse Planiol qu’avec une constante discrétion, elle nous conte tout au long de ce livre
Il poursuit : «Toute l’existence ce livre est une rébellion.» [...]
Et il termine ainsi : «C’est à la fois le portrait d’une personnalité de premier rang et l’image de notre société que nous apporte ce remarquable ouvrage.» Plus justement, «l’image de notre société», n’est vraiment pas brillante.
- Concernant sa jeunesse d’enfant «abandonné», elle écrit : «Une fois de plus je rencontrais la bêtise, l’injustice ; j’ignorais encore la misogynie. Après avoir vécu la condition d’enfant assistée, j’abordais les problèmes de la condition féminine». 643
- Toute sa vie, des mandarins de médecine qui n’ont cessé de bloquer ses recherches ne cesseront de les lui rappeler.

Femme (Remarquable. Pougy Liane de) : 1922. Lu dans le Journal de l’abbé Mugnier [1853-1944] à la date du 30 mai 1922 :
«J’ai fait la connaissance de la princesse Ghika, née Liane de Pougy [de son vrai nom Anne-Marie de Chasseigne. 1871-1950]. Elle disait avoir été en Grèce, en Égypte, à Constantinople, promenée son ‘chagrin d’aimer’. Elle racontait les coups qu’elle avait reçus de son premier mari.» 644
- Un autre regard sur la ‘célèbre courtisane’.
- Qui sait si sont destin n’eut pas été autre sans ce début dans sa vie de femme mariée avec un mari violent ? (Cf. Violences à l’encontre des femmes)

Femme (Remarquable. Princesse Mathilde Bonaparte) : 1953. Dans un livre concernant la princesse Mathilde Bonaparte [1820-1904] qui, pour partager nombre de ses valeurs, n’en est pas moins un livre de valeur, on lit ce jugement pertinent :
«[…] Elle cru pouvoir servir la cause de l’Empire tout en épanouissant sa personnalité dans le culte de l’intelligence. Marquée par le destin pour être à la fois la dépositaire la plus distinguée du souvenir Napoléonien et la protectrice de la pensée contemporaine, elle peut se demander si elle a réussi dans des rôles impliquant tant de contradictions.» (Écrit au terme du chapitre concernant ses relations avec Sainte- Beuve et leur rupture) 645 (Cf. Famille. Princesse Mathilde Bonaparte)

Femme (Remarquable. Rachel) : Pour Béatrix Dussane [1888-1969], Rachel [1827-1857], «une petite fille de génie» […] «qui ressuscita la tragédie».
On peut aussi écouter la présentation de Rachel faite par Pierre Janin. 646

Femme (Remarquable. Réal Grisélidis) : Grisélidis Réal [1929-2005], auteure de :
«Si au moins on [les personnes dites prostituées] était des bêtes, mais on est des humains déshumanisés qui ne sont même pas des bêtes647(Cf. Êtres humains. Politique. Animalisation du monde, Proxénétisme)

Femme (Remarquable. Récamier, Madame de) : La comtesse de Boigne [1781-1866] fit un remarquable portrait de Madame de Récamier [1777-1849], au sein du quel je relève :
«Tout le monde a fait des hymnes sur son incomparable beauté, son active bienfaisance, sa douce urbanité ; beaucoup de gens l’ont vantée comme très spirituelle. Mais peu de personnes ont su découvrir, à travers la facilité de son commerce habituel, la hauteur de son cœur, l’indépendance de son caractère, l’impartialité de son jugement, la justesse de son esprit. Quelques fois, je l’ai vue dominée, je ne l’ai jamais connue influencée. […]» 648

Femme (Remarquable. Rendu Sœur Rosalie) : Sœur Rosalie Rendu [1786-1856] : religieuse de la Congrégation des Filles de la Charité, vers 1833, participe avec Frédéric Ozanam à la création de la Société Saint Vincent de Paul.
Sur sa tombe est gravé :
«À la bonne mère Rosalie. Ses amis reconnaissants, les pauvres et les riches649 (Cf. Femmes. Charité)

Femme (Remarquable. Riffaud Madeleine) : 2004. Madeleine Riffaud, après avoir été responsable au sein du Front National des Étudiants du Quartier Latin, entre dans les FTP en mars 1944, participe à la préparation armée du soulèvement parisien d’août 1944, tue en plein jour un officier allemand [«Neuf balles dans mon chargeur / Pour venger tous mes frères / Ça fait mal de tuer / C’est la première fois / Sept balles dans mon chargeur / C’était si simple / L’homme qui tirait l’autre nuit / C’était moi.»], est capturée par un milicien, livrée à la Gestapo qui la torture rue des Saussaies, puis par des français à la Préfecture de police, ne parle pas, est condamnée à mort, mais n’est pas exécutée ; libérée mi août, reprend immédiatement son combat dans la Résistance où elle est affectée à la Compagnie Saint-Just avec le grade d'aspirant.
Lire, d’elle, durant la guerre, On l’appelait Rainer (1939-1945). 650
- On lit sur Wikipédia :
«Son engagement s'arrête à la fin des combats pour la Libération de Paris, l'armée régulière ne l'acceptant pas en tant que femme d'une part, mineure d'autre part.»
- La poursuite de sa longue vie fut non moins exceptionnelle que ses engagements dans la Résistance. Cette femme remarquable à tant de titres (journaliste de guerre, anticolonialiste, communiste, écrivaine…) a 90 ans. [en septembre 2014].
- Son livre : Les linges de la nuit [1974] est un document / reportage - vécu par elle - de grande valeur sur la vie des travailleuses dans les hôpitaux.

Femme (Remarquable. Robert Marthe) : 2016. Avoir entendu Marthe Robert [1914-1996] analyser le Don Quichotte de Cervantès réconcilierait avec la critique littéraire l’être qui en serait son plus fervent détracteur. Et permet de mieux appréhender ce qu’est la claire l’intelligence d’une œuvre, à l’opposé du titre de l’émission. 651

Femme (Remarquable. Roland Pauline) : 1855. George Sand [1804-1876] présente Pauline Roland en ces termes :
«cette tête exaltée et généreuse, cette femme qui avait les illusions d’un enfant et le caractère d’un héros, cette folle, cette martyre, cette sainte, Pauline Rolland.» 652

Femme (Remarquable. Romilly Jacqueline de) (1) : 2005. Jacqueline de Romilly [1913-2010], auteure de :
«Il est vrai que Thucydide a été l’homme de ma vie. II est vrai que je pouvais choisir plus mal653 (Cf. Langage. Académie française)

Femme (Remarquable. Romilly Jacqueline de) (2) : 2006. Jacqueline de Romilly [1913-2010], auteure de :
«Avoir été juive sous l'Occupation, finir seule, presque aveugle, sans enfants et sans famille, est-ce vraiment sensationnel ? Mais ma vie de professeur a été, d'un bout à l'autre, celle que je souhaitais.» 654

Femme (Remarquable. Roosevelt Eleanor) : Eleanor Roosevelt [1884-1962], auteure de :
«Great minds discuss ideas. Average minds discuss events. Small minds discuss people»Les grands esprits discutent des idées. Les esprits moyens discutent des événements. Les petits esprits discutent des gens.»]
La hiérarchie posée entre les personnes gâche une idée qui peut s’avérer intéressante par ailleurs.
- Ses écrits devaient être traduits et publiés. (Cf. Femme. Mère. Remarquable)

Femme (Remarquable. Rykiel Sonia) : 2016. Dans le carnet du Monde du 30 août 2016 annonçant le décès de Sonia Rykiel [1916-2016], on lit :
«À Sonia Rykiel, géniale créatrice, incessante révolutionnaire, depuis 1968, avec Antoinette Fouque, en mouvements. Notre infinie tendresse. Ses amies du MLF et des Éditions des Femmes.» Pourquoi ces hyperboles ? (Cf. Femmes. Fouque Antoinette)

Femme (Remarquable. Sand George) (1) : 1951. Nicolas Berdiaev [1874-1948], auteur de :
«Les romans de George Sand [1804-1876] ont joué un rôle décisif dans la formation de la vie émotionnelle russe, dans la position de la classe cultivée russe face aux problèmes sentimentaux, dans son horreur de la contrainte, de la convention et de l’insincérité.» 655 (Cf. Culture, Femme. Artiste, Écrivaine, Politique. Sand George)

Femme (Remarquable. Sand George) (2) : 1908. Lu dans le Journal de l’abbé Mugnier [1853-1944], à la date du 29 octobre 1908 :
«Été voir Pauline Viardot. […] La sœur de la Malibran [1808-1836] est très âgée, 87 ans. Elle m’a dit la bonté de George Sand [1804-1876] ‘bonté bourgeoise, bonté simple’. On parle toujours de son génie. On ne saura jamais combien elle était bonne. […]» 656
- C’était aussi l’opinion de Marie Dorval [1798-1849], de Gustave Flaubert [1821-1880] et de tant d’autres, dont sa vie et ses écrits témoignent. (Cf. Femme. Artiste, Écrivaine)

Femme (Remarquable. Sand George) (3) : 1876. Début de l’éloge funèbre de George Sand [1804-1876] par Victor Hugo [1802-1885], lu par M. Paul Meurice [1818-1905], le 10 juin 1876, à Nohant, le jour de ses obsèques :
«Je pleure une morte, et je salue une immortelle. Je l’ai aimée, je l’ai admirée, je l’ai vénérée ; aujourd’hui dans l’auguste sérénité de la mort, je la contemple. Je la félicite parce que ce qu’elle a fait est grand et je la remercie parce que ce qu’elle a fait est bon.
Je me souviens d’un jour où je lui ai écrit : ‘Je vous remercie d’être une si grande âme’. Est-ce que nous l’avons perdue ? Non.
Ces hautes figures disparaissent, mais ne s’évanouissent pas. Loin de là ; on pourrait presque dire qu’elles se réalisent. En devenant invisibles sous une forme, elles deviennent visibles sous l’autre. Transfiguration sublime. La forme humaine est une occultation. Elle masque le vrai visage divin qui est l’idée.
George Sand était une idée ; elle est hors de la chair, la voilà libre ; elle est morte, la voilà vivante. Patuit dea.
George Sand a dans notre temps une place unique. D’autres sont les grands hommes ; elle est la grande femme. Dans ce siècle qui a pour loi d’achever la Révolution française et de commencer la révolution humaine, l’égalité des sexes faisant partie de l’égalité des hommes, une grande femme était nécessaire. Il fallait que la femme prouvât qu’elle peut avoir tous les dons virils sans rien perdre de ses dons angéliques ; être forte sans cesser d’être douce. George Sand est cette preuve.
Il faut bien qu’il y ait quelqu’un qui honore la France, puisque tant d’autres la déshonorent.
George Sand sera un des orgueils de notre siècle et de notre pays. Rien n’a manqué à cette femme pleine de gloire.
Elle a été un grand cœur comme Barbès, un grand esprit comme Balzac, une grande âme comme Lamartine. […]» (Cf. Femme. Artiste, Écrivaine)

Femme (Remarquable. Saartjie Baartman) : De son vrai nom, Swatche, Saartjie Baartman [1789-19145] fut surnommée ignominieusement par la science française «La Vénus Hottentote», après, esclave, s’être vue attribuée le nom de son propriétaire.
- Après avoir fait «partie des collections de l'établissement public du Muséum national d'histoire naturelle», sa «dépouille mortelle» est remise à l’Afrique du Sud en 2002. (Cf. Êtres humains, Corps, Femmes. Nom)

Femme (Remarquable. Schloss Simone) : 1942. Simone Schloss [1920-2 juillet 1942] fut l’une des premières résistantes, communiste. Arrêtée, puis jugée par un tribunal de guerre nazi, avec ses 27 compagnons, après avoir été livré-es à lui par la police de Vichy.
Eux, seront fusillés au Mont Valérien ; elle, condamnée aussi à mort, mais graciée, «en tant que femme», sera décapitée, 3 mois après, en Allemagne. Une plaque à la Maison de la Chimie, 28 rue Saint Dominique (Paris VIIème) leur rend hommage.

Femme (Remarquable. Schopenhauer Adèle) : Adèle Schopenhauer [1797-1849], auteure dans un lettre à son frère Arthur Schopenhauer [1788-1860] :
- «J’ai trouvé moyen de supporter la vie sans être heureuse mais sans me plaindre […].
- Ici, nous (sa mère et elle) vivons tranquilles […].
- Nous resterons ici et cette perspective me laisse dans un calme indescriptible, ni gaie, ni triste, ni enjouée, mais tranquille […].
- Nul sentiment ne m’agite plus. Aucun espoir, aucun plan d’avenir, à peine un désir […].
- Je vis malgré moi, l’âge m’effraie. J’ai peur de la solitude qui m’attend sans doute. Je ne veux pas me marier parce que je trouverai difficilement un homme qui soit fait pour moi […].
- J’ai bien la force de supporter ma solitude, mais je serais profondément reconnaissante au choléra s’il voulait bien, sans trop de douleur, mettre fin à toute l’histoire […].» 657
- Je lis ensuite sur Wikipédia :
«Très douée, Adèle s'occupe de (sic) littérature et de poésie. Elle n'écrit pas seulement des histoires, des poèmes et des romans, elle est aussi un maître du papier découpé : ses remarquables silhouettes ainsi que son œuvre littéraire sont honorés principalement en langue anglaise658

Femme (Remarquable. September Dulcie) : 1988. Lu sur France Culture :
«Dulcie September [1935-1988] a été assassinée en plein Paris, 3 ans avant la fin de l’apartheid et la libération de Nelson Mandela. Presque 30 ans après les faits, que sait-on de ce meurtre politique sur lequel les autorités françaises de l’époque n’ont pas montré beaucoup d’empressement pour enquêter ? […]
Installée comme représentante de l’African National Congress en France en 1984, Dulcie September ne compte pas ses heures. Elle court le pays pour participer à des manifestations contre l’apartheid. Elle apporte des faits, des chiffres, la description crue du régime en place depuis 1948. Elle noue aussi des contacts plus discrets avec des personnes de l’ombre. C’est en tous cas, ce que développe le journaliste et chercheur sud-africain Hennie Van Vurren dans son livre - non traduit - «Apartheid, guns and money». Selon lui, Dulcie September s’apprêtait, au moment de sa mort, à dénoncer les relations étroites nouées par les gouvernements français successifs avec le régime sud-africain, lui permettant notamment de contourner l’embargo sur les armes. La militante de l’ANC en savait-elle trop sur des dossiers compromettants ?» 659
- La réponse est oui. Et la responsabilité du gouvernement français est évidente.

Femme (Remarquable. Sharawi Huda) : Revenant du Congrès de l’Alliance internationale des femmes, Huda Sharawi est considérée comme la première féministe Égyptienne se dévoilant publiquement en 1923 au Caire.
Pour connaitre l’histoire de sa vie, resituée dans son contexte, lire l’article de Sonia Dayan-Herzbrun, Féministe et nationaliste égyptienne : Huda Sharawi. 660

Femme (Remarquable. Souvestre Marie) : 1863. Marie Souvestre [1836-1905], avec Caroline Dussault - «avant Camille Sée, avant le collège Sévigné» - soutenue par Victor Duruy créa à Fontainebleau en 1863, l’école Les Ruches.
Destinée à des jeunes filles riches et étrangères (la plus ‘célèbre’ étant la jeune Eleanor qui devait plus tard épouser Roosevelt), l’enseignement non religieux, était ouvert sur le monde de l’époque.
Après une rupture avec Caroline Dussault, l’école fut transférée à Allenswood en Angleterre.
- Un exemple de la pédagogie appliquée :
«Les élèves écrivaient des rédactions sur des sujets donnés qu’elle déchirait rageusement en deux si elles n’atteignaient pas la qualité requise. Malheur à celle qui, dans une rédaction, se contentait de régurgiter ce qui avait été expliqué en classe. Eleanor se souviens de ses propos : ‘Vous me rendez ce que je vous ai donné et cela ne m’intéresse pas’ disait-elle.’ Pourquoi vous a t-on donné un cerveau sinon pour penser librement ?‘» 661
- Le livre de David Steel Marie Souvestre lui est consacré.

Femme (Remarquable. Staël Madame de) (1) : Madame de Staël [1766-1817], auteure de :
«[…] Nous sommes assez esclaves sans river nous-mêmes nos fers.»
Pourquoi cette assertion (parmi tant et tant d’autres) si forte, si puissante, si vraie, ne nous a t-elle jamais été transmise ? 662 (Cf. Femme. Écrivaine. Staël Madame de)

Femme (Remarquable. Staël Madame de) (2) : 1796. Madame de Staël [1766-1817] : De subtiles analyses féministes à lire dans : De l’influence des passions sur le bonheur des individus et des nations (p.124 à 129). 663 (Cf. Femme. Écrivaine. Staël Madame de)

Femme (Remarquable. Staël Madame de) (3) : L’intelligence de Madame de Staël ne doit pas occulter le fait qu’elle était fille de banquier [et non pas «banquière» comme la nomme Henri Guillemin 664] et épousa un baron.
- Ayant écrit ceci, je dois ici préciser, que - comparaison de fortune et de tout lien avec l’aristocratie mises à part - je suis moi aussi, une nantie, une privilégiée…Oh ! combien !
* Ajout. 30 juillet 2017. Pour atténuer la grossièreté de ce que j’ai plus haut écrit - mais que je maintiens - se référer à ce que Madame de Staël écrivait, le 30 mai 1808, à la grande duchesse Marie Paulovna (sœur du tsar Alexandre 1er) :
«Il me semble bien naturel de faire un long voyage pour y apercevoir une femme unique, dit-on, entre les femmes, quand son rang n’y ajouterai aucun prestige.» 665 (Cf. Femme. Écrivaine. Staël Madame de. Conscience de classe)

Femme (Remarquable. Stein Édith) : 1933. Édith Stein [1891-1943], après avoir demandé «audience privée» au pape qui lui fut refusée, adressa en avril 1933, une lettre à Pie XI qui lui fut remise par son «père spirituel», Dom Raphaël Walzer, «militant anti nazi convaincu».
- Dans cette lettre, lucidement alarmiste, «fille du peuple juif» et «fille de l’Église catholique», elle «ose exprimer devant le Père de la chrétienté ce qui accable des millions d’Allemands» :
«Depuis des semaines, nous voyons en Allemagne se produire des agissements qui témoignent d’un total mépris de toute justice et de toute humanité, sans parler de l’amour du prochain ? Des années durant, les chefs du national-socialisme ont prêché la haine des juifs. [Dans une lettre datée du 11 novembre 1919, elle avait évoqué «l’effroyable antisémitisme qui règne maintenant partout».] 666
- Elle évoque «une opinion publique bâillonnée», «le boycottage des magasins et institutions juives qui ôtent aux personnes leurs moyens d’existence, leur honneur de citoyen et leur patrie [et] en pousse beaucoup au désespoir».
- Et elle poursuit :
«Tout ce qui s’est produit et se déroule encore quotidiennement est le fait d’un gouvernement qui se déclare ‘chrétien’. Depuis des semaines, non seulement des juifs mais aussi des milliers de catholiques fidèles en Allemagne - et je pense dans le monde entier - attendent et espère que l’Église du Christ fasse entendre sa voix pour mettre un terme à cet abus du nom du Christ. Cette idolâtrie de la race et du pouvoir étatique - martelée chaque jour aux masses par la radio, n’est-elle pas une hérésie ouverte ? […]
Nous tous qui sommes les enfants fidèles de l’Eglise et qui, observons les évènements qui se déroulent en Allemagne sans fermer les yeux nous craignons le pire pour l’image de l’Église si jamais son silence durait encore.
Nous sommes aussi convaincus que ce silence ne sera pas en mesure d’acheter la paix face à l’actuel gouvernement allemand.
La lutte contre le catholicisme est provisoirement encore menée avec discrétion et sous des formes moins brutales que celle contre les juifs, mais elle n’en est pas moins systématique.
Sous peu, aucun catholique ne pourra plus exercer une charge sans avoir soustrait inconditionnellement à la nouvelle orientation. […]»
Édith Stein reçut un accusé de réception.
- Cette lettre fut mensongèrement déclarée perdue par le Vatican, puis refusée de publication et ce n’est qu’en février 2003, à la suite de l’ouverture d’archives du Vatican, qu’elle fut rendue publique.
- Rappelons aussi qu’Édith Stein avait préalablement été béatifiée par Jean Paul II en 1987.
- Rappelons enfin que devenue Carmélite, Édith Stein, déportée, mourut avec sa sœur Rosa, assassinée à Auschwitz en 1942. (Cf. Femme. Nom)

Femme (Remarquable. Sullerot Evelyne) : 2012. Evelyne Sullerot [1924-2017], concernant l’avortement et la contraception, en 2012, auteure de :
«Maintenant, vous avez une augmentation sans cesse chez les très jeunes, les 16,17, 18,19 ans de filles qui demandent, pour la deuxième, pour la troisième fois des avortements, parce qu’elles n’ont pas à se casser la tête. Alors que la pilule, il faut se prendre en main et assurer soi même cette maitrise. Et à ce moment là, la femme devient absolument responsable. Elle découvre une double liberté, la liberté de n’être enceinte que si elle le veut, donc de ne pas l’être si elle ne le veut pas, et la liberté de rechercher son épanouissement sexuel dans la sexualité par rapport à la procréation. […] 667 (Cf. Féminisme, «Sciences» sociales. Sociologie)

Femme (Remarquable. Tabouis Geneviève) : 1949. Jean Lacouture [1921-2015], concernant Geneviève Tabouis [1892-1985] : Au Quai d’Orsay, en 1949, «il y avait […] et surtout Geneviève Tabouis qui représentait tout et rien ; excentrique, toujours coiffée d’un petit chapeau multicolore, elle avait vu le monde entier et les ambassadeurs accourraient à sa table668 (Cf. Femme. Journaliste)

Femme (Remarquable. Taratouta Olga) : 1928. Lu dans le Journal de Russie 1928-1929, de Pierre Pascal [1890-1983], à la date du 1er février 1928 :
«Le Libertaire publie une lettre d’Olga Taratouta qui traite les dirigeants aussi librement que si elle était en sûreté ; or, elle est à Moscou, malade. On a trouvé chez elle les mêmes manifestes pour lesquels ont a arrêté Varchavski (militant anarchiste) : elle dit : ‘Lâches, arrêtez-moi aussi, je n’ai pas peur, je suis vieille… Être dans une petite prison ou dans une grande prison comme sous votre joug en Russie, il n’y a pas de différence.’»
- Et, dans une note, on lit : «Olga Taratouta, pseudonyme d’Olga Rouvinskaïa [1876-1938] : militante des groupes «anarchistes-communistes» avant la révolution, plusieurs fois emprisonnée. Malade, elle se retire de la vie politique en 1917 et s’engage à nouveau en 1920 pour protester contre les persécutions des anarchistes par la Tcheka, animant la «Croix-Rouge anarchiste». Torturée en prison, déportée en Sibérie, elle est relâchée au milieu des années 1920, puis disparaît dans les purges staliniennes.» 669

Femme (Remarquable. Tillion Germaine) : 1960. Germaine Tillon [1907-2008]. Concernant la dénonciation des tortures infligées à Djamila Boupacha par l’armée française, Gisèle Halimi fit un compte rendu d’un rendez-vous, le 25 juin 1960, chez M. Patin, président de la «Commission de sauvegarde».
- On lit : «Germaine Tillion parla la première : elle relata notre visite au Garde des Sceaux (Edmond Michelet), comme à ce dernier, elle expliqua la nécessité du dessaisissement (des tribunaux d'Algérie en France) : ‘J'ai vu beaucoup d'affaires de tortures, Monsieur le Président, dit-elle. Jamais les plaintes n'ont abouti. Elles ne sont pas instruites : les policiers et les magistrats d'Algérie étouffent les affaires.’
M. Patin semblait écouter et ponctuait de raclements de gorge discret l'exposé de Germaine Tillion. ‘Voyez-vous, Monsieur le Président, pendant six ans je n'ai rien voulu divulguer des innombrables cas de tortures que je connaissais… Aujourd'hui, en désespoir de cause, je m'associe au Comité pour Djamila Boupacha’.…
Le Président eut, à ce moment, un regard rapide sur chacun d'entre nous, pour voir de quelle manière était fait ce Comité. ‘Oui, conclut Germaine Tillion, l'ultime recours, c'est l'opinion publique.’» 670 (Cf. Justice)

Femme (Remarquable. Traore Assa) : 2016. Assa Traore, sœur d’Adama Traore, tué le 19 juillet 2016 par les gendarmes, concernant son livre Lettre à Adama (Le Seuil. 2017) : «Ce livre, je l’ai d’abord écrit pour rétablir l’honneur de mon frère. Les autorités se sont empressées d’écrire l’histoire d’Adama : il était malade, drogué, alcoolique, délinquant… Pour moi, c’est d’abord une victime. Victime de la violence des gendarmes, victime de la violence d’un système. La seule qui mérite d’être dénoncée, celle d’une société qui discrimine, criminalise les jeunes des quartiers populaires. C’est ce système qu’il faut casser671
- Sur France culture, le lendemain, concernant les classement sans suite, les non lieux décidés par la justice dès lors que les plaintes mettent en cause la police et la gendarmerie, elle déclara : «C’est comme si ils avaient un manuel», pour enfin conclure par cette si radicale critique : «Il faut se défendre comme des coupables672 (Cf. Justice)
* Ajout. 14 août 2017. Cf. le jugement M. de Lauzun [1632-1723], arrêté sur ordre du roi puis emprisonné de 1671 à 1681, tel que rapporté, le 23 décembre 1671, par Madame de Sévigné [1626-1696] : «Il dit qu’il est très innocent à l’égard du roi, mais que son crime est d’avoir des ennemis trop puissants.» 673

Femme (Remarquable. Tristan Flora) : 1843-1844. Flora Tristan [1803-1844], auteure, notamment, de :
«Mon Dieu, dites-moi donc à quoi servent les riches sur la terre ? […]
Jamais, je n’ai regretté ce que j’ai fait depuis 13 ans que j’ai abandonné la vie calme, sûre, tranquille, pour la vie agitée, précaire - Mais aujourd’hui, moins que jamais, je regrette le parti que j’ai pris. Si j’avais voulu, aujourd’hui, je serais (?) ; j’aurais des maisons, des terres, des rentes, mais je n’aurais point le bonheur, pas de vie, mon existence serait monotone.
Dieu soit loué, je suis pauvre mais j’ai du bonheur de la vie, une existence remplie, en un mot une position que je ne changerais pas pour aucune autre. […]
Je reconnais aussi une chose, c’est que je ne suis pas faite pour les choses matérielles, je n’y apporte pas la même grandeur et la même hardiesse que dans les choses morales et intellectuelles. C’est un tort dont il faut que je me corrige. […]
C’est singulier que je sois sans force pour les petites contrariétés quand au contraire j’ai une force invincible pour les grandes douleurs.
Quelle bizarrerie il y a dans l’organisation humaine ! Chargez-moi de remuer le monde - cela me va. - Si vous me chargez de remuer un imprimeur et marchand de papier - cela m’irrite, me désole, me rend malade. - Je suis désespérée d’être ainsi ! mais que faire ? Il faut pourtant s’accepter comme on est. - J’enrage tout en me résignant.» 674

Femme (Remarquable. Verny Françoise) : 1992. Françoise Verny [1928-2004], auteure de :
«Je suis grosse de tout ce que j’absorbe comme de tout ce que je mange. J’ai accepté mon poids, malgré la disgrâce qu’il implique, pour la stature qu’il me confère : Je m’impose par ma prestance autant que je séduis par mon intelligence.» 675 (Cf. Corps, Femme «Moche»)

Femme (Remarquable. Vida Movahed, Narges Hosseini…) : 2017. 2018. Fin décembre 2017, Vida Movahed, s’est tenue seule sans voile en silence sur un coffre électrique dans une rue très fréquentée de Téhéran le 27 décembre 2017. Interpellée et placée en détention, la jeune femme n’avait plus donné signe de vie depuis et a finalement été libérée mardi 30 janvier 2018. Le 29 janvier 2018, Narges Hosseini, montée tête nue sur une armoire électrique, la jeune femme a posé plusieurs minutes avec son foulard pendu au bout d’une perche pour dénoncer l’obligation de port du voile. D’autres femmes auraient mené le même jour une action similaire dans d’autres villes d’Iran. Le 29 février, 29 femmes dévoilées auraient été arrêtées. Quel courage …

Femme (Remarquable. Viollis Andrée) (1) : 1929. Je lis dans le Journal de Russie. 1828-1929 de Pierre Pascal, à la date du 27 novembre 1929 :
«Andrée Viollis [1870-1950] : Déjà âgée (elle a 59 ans), elle est d’une énergie étonnante : elle revient d’Afghanistan, elle a failli être massacrée à Caboul (Kaboul) où fuyards et vainqueurs ont pillé à qui mieux mieux, elle a traversé l’Hindoukouch dans le dernier avion de l’armée, à 5.500 m de hauteur, avec un prince Afghan qui en a pensé mourir, elle a vu Boukhara, Samarkand, Tachkent, couché dans les gares, les hôtels étant pleins, vécu de poisson sec, le cuisinier du wagon restaurant étant tombé malade du typhus, et elle vient enquêter sur ‘la jeunesse et l’amour’ selon la nouvelle morale communiste. Elle trouve que les transports ont empiré depuis son dernier voyage, il y a trois ans : moins de trains, moins de fiacres. Mais elle a vu un journaliste anglais enchanté du Kolkhoze et M. Rothstein [qui dirige alors le secteur d’information et de presse au Commissariat des Affaires étrangères de l’URSS] lui a raconté tant de merveilles du plan de 5 ans. Elle déborde de sympathie, aveugle ou perspicace, on verra plus tard.» 676

Femme (Remarquable. Viollis Andrée) (2) : Andrée Viollis [1870-1950] qui avait été journaliste à La Fronde, publiera (durant les années 1930) plusieurs livres issus de ses reportages : Seule en Russie, de la Baltique à la Caspienne, Gallimard, 1927 ; L'Inde contre les anglais, Éd. des portiques, 1930 ; Tourmente sur l'Afghanistan, Librairie Valois, coll. ‘Explorations du monde nouveau’, 1930Changhaï et le destin de la Chine, R.-A. Corrêa, coll. ‘Faits et gestes’, 1933 ; Le Japon et son empire, B. Grasset, coll. ‘Les Écrits’, 1933 ; Le Japon intime, F. Aubier, coll. ‘des Documents’, 1934 ; Indochine S.O.S, Gallimard, 1935 (Préface d’André Malraux) ; Le Conflit sino-japonais, M. Maupoint, 1938 (Conférence du Cercle Descartes donnée dans l'amphithéâtre Descartes à la Sorbonne, le 1er décembre 1938) ; Notre Tunisie, Gallimard, 1939. (Cf. Femme. Écrivaine)

Femme (Remarquable. Viollis Andrée) (3) : 1932. Andrée Viollis [1870-1950], à un officier japonais, furieux de sa présence lors violences Japonaises à Shanghai en 1932, qui lui avait demandé :
«Que faites-vous là ?», répondit : «Mon métier !» 677 (Cf. Femme. Journaliste)

Femme (Remarquable. Viollis Andrée) (4) : 2004. Présentation du livre d’Anne Renoult, publié en 2004 aux Presses universitaires de Rennes, Andrée Viollis, Une femme journaliste :
«Journaliste d'investigation, envoyée spéciale, correspondante de guerre, critique et chroniqueuse littéraire, romancière, essayiste, traductrice… Andrée Viollis se sera illustrée pendant plus d'un demi-siècle dans tous les domaines et sur tous les théâtres des opérations, de la guerre civile en Irlande à celle d'Espagne, de la Russie soviétique à l’Allemagne nazie, en passant par l'Inde en révolte, l'Afghanistan dans la tourmente, l'Indochine malmenée, la Chine et le Japon aux prises…» (Cf. Femme. Journaliste)

Femme (Remarquable. Voronianskaïa, Élisabeth) : [?-1973] Élisabeth Voronianskaïa fut «au cœur du dispositif» important caché de personnes qui aidèrent (frappe, relecture, informations, corrections…) Soljenitsyne [1918-2008] pour la rédaction de L’Archipel du Goulag. 678 Retrouvée par le KGB, elle se suicidera après avoir avoué sous la torture où se cachait le tapuscrit tant recherché, qu’elle avait enterré au fond de son jardin. Soljenitsyne s’en voudra longtemps, car son amie ignorait qu’il existait d’autres copies, cachées chez d’autres complices. En 1973, en apprenant la pendaison d’Élisabeth Voronianskaïa, il se décide à divulguer la nouvelle et à faire publier l’Archipel du Goulag à Paris.

Femme (Remarquable. Walentynowicz Anna) : Anna Walentynowicz [1929-2010] Fondatrice de Solidarnosc, avec Lech Walesa.

Femme (Remarquable. Weil Simone) : Qualifier Simone Weil [1909-1943] d’«être supérieur», c’est n’avoir rien compris d’elle. C’est la nier, nier sa vie, nier son œuvre, indissociables. 679

Femme (Remarquable. Woodhull Victoria) : 2016. Concernant Victoria Woodhull [1838-1927] première femme américaine à la présidence des États-Unis, lu dans Libération en 2016 :
«Victoria Woodhull [était une formidable aventurière. Elle a fait fortune sur les routes, comme voyante et magnétiseuse ambulante, avant de fonder une société d'agents de changes à Wall Street, et pour ses activités politiques un journal, le ‘Woodhull & Claflin's Weekly’.
Passionnée, elle a pris la défense de la classe ouvrière (c'est elle qui a, la première aux États-Unis, traduit ‘Le Manifeste du parti communiste’ de Friedrich Engels et Karl Marx), de la cause des femmes et de ‘l’amour libre’. Rappelons qu’à l’époque, il était d’usage que seuls les hommes aient des maîtresses, et qu'ils pouvaient même tranquillement violer leur femme.
Annoncée en 1870, sa candidature, près de 50 ans avant le droit de vote des femmes (1920), avait fait sensation.
Elle avait choisi comme candidat à la vice-présidence un autre aventurier célèbre, un ancien esclave qui avait réussi à s’instruire et à s’évader, l’écrivain abolitionniste Frederick Douglass.
Quelques jours avant l’élection de 1872, Victoria Woodhull était arrêtée par la police de New York pour ‘obscénité’. Son crime ? Avoir publié le récit d’une affaire adultérine impliquant un pasteur important, Henry Ward Beecher, qui, l'hypocrite, fustigeait dans ses sermons l’immoralité du mouvement pour l'amour libre. Le jour de l'élection, elle était en prison, donc. On ignore combien elle a eu de voix, probablement quelques milliers.
Même si cette élection s’est mal terminée pour elle, Victoria Woodhull gardera à jamais le titre de ‘première candidate à l’élection présidentielle américaine’. Les plus pointilleux notent que sa candidature n’était pas des plus régulière : si elle l'avait emporté, elle aurait eu 34 ans le jour de son inauguration comme présidente, alors que la constitution prévoit qu’il en faut au moins 35. Mais dans la vie tumultueuse de Victoria Woodhull, ce détail juridique est insignifiant.» 680

Femme (Remarquable. Zassoulitch Véra) (1) : 1878. Concernant, Véra Zassoulitch [1849-1919], Pierre Kropotkine écrit dans les Mémoires d’un révolutionnaire :
«[Le 24 janvier 1878] Une jeune fille, Véra Zassoulitch qui ne connaissait même pas personnellement Bogoloubov [un prisonnier politique, emprisonné, frappé, puis fouetté par Trépov, le chef de la police parce qu’il avait refusé de «quitter son chapeau pour saluer le satrape omnipotent»] prit un révolver, alla [chez lui] et tira sur lui. Trépov fut seulement blessé.
Alexandre II, qui vint visiter le blessé, se fit ouvrir la porte de la salle où l’on tenait Véra Zassoulitch arrêtée, et jeta un coup d’œil sur l’héroïque jeune fille. Elle dut faire impression sur lui, par l’extrême douceur de sa physionomie et la modestie de son maintien. Trépov avait tant d’ennemis à Pétersbourg qu’on réussit à porter l’affaire devant le jury de la Cour d’assises.
Là, Véra Zassoulitch déclara qu’elle n’avait recouru au révolver qu’après que tous les moyens employés pour porter l’affaire à la connaissance du public et obtenir réparation avaient été épuisés. […]
Maintenant que l’affaire était devenue publique, elle était très heureuse que Trépov n’avait été que légèrement blessé. Le jury l’acquitta et lorsque la police essaya de l’arrêter à nouveau, au moment où elle quittait le palais de justice, les jeunes gens de Pétersbourg, qui se tenaient aux alentours du palais, la sauvèrent des griffes des agents. Elle passa à l’étranger et bientôt, elle fut des nôtres. Cette affaire fit sensation dans toute l’Europe. […]» 681
* Clarification. Véra Zassoulitch prit ses distances avec l’anarchisme, puis, après notamment des échanges avec Karl Marx, rejoint progressivement le marxisme, auquel elle adhéra formellement en 1883.

Femme (Remarquable. Zassoulitch Véra) (2) : 1931-1937. Je lis dans Ma vie [écrit entre 1931 et 1937] de Lou Andreas Salomé [1861-1937], concernant son adolescence dans la Russie pré-révolutionnaire :
«Le seul indice de mon intérêt pour la politique fut que je conservai, caché dans mon bureau un portait de Vera Zassoulitch, qui fut en quelque sorte l’instigatrice du terrorisme en Russie : elle ira sur le capitaine Trépov, et, après acquittement des conjurés [...], elle fut portée en triomphe par une foule en délire ; elle s’enfuit à Genève et est peut être en vie aujourd’hui.» 682 (Cf. Femme Remarquable. Lou Andreas Salomé)

Femme (Remarquable. Zassoulitch Véra) (3) : 1951. Albert Camus [1913-1960], dans L’homme révolté, dans le paragraphe intitulé Les meurtriers délicats (!), écrit : «L’année 1878 est l’année de naissance du terrorisme russe. Une très jeune fille, Véra Zassoulitch, au lendemain du procès des 196 populistes, le 24 janvier, abat le général Trepov, gouverneur de Saint Petersbourg. Acquittée par les jurés, elle échappe ensuite à la police du Tsar. Ce coup de révolver déclenche une cascade de répressions et d’attentats, qui se répondent les uns les autres, et dont on devine que déjà la lassitude seule, peut y mettre fin.» 683
Une femme - certes «terroriste»…- serait seule cause des «répressions et attentats», et pourrait dès lors en être jugée responsable ….Quels manques de rigueur !

X. Femmes :

Femmes (1) : Êtres humains politiquement en devenir, souvent situé-es entre «la famille» et «la vie privée [des hommes]». Nouvel avatar : elles sont - nous sommes - dorénavant aussi situées «entre sexe et genre» 684, et même, dernièrement, entre «l’orientation sexuelle et l’identité de genre». 685 (Cf. Langage. Genre, Sexe-s […])

Femmes (2) : Dans un livre récent [2010] consacré aux «femmes» 686, j’ai relevé au singulier et/ou au pluriel, l’existence de femmes qualifiées de : mères, épouses, filles, fiancées, maitresses, amantes, concubines, mariées, célibataires, de qualité, maitresses de maison, ménagères, sœurs, veuves, chefs de famille, nobles, aristocrates, bourgeoises, républicaines, révolutionnaires, socialistes, démocrates, citoyennes, militantes, libre penseuses, oratrices, marginales, paysannes, domestiques, journalières, cantinières, ambulancières, ouvrières, servantes, domestiques, institutrices, libres penseuses, intellectuelles, guerrières, combattantes, engagées, plébéiennes, pétroleuses, criminelles, condamnées, oratrices, électrices, etc, etc.…
- Mais où était leur équivalent masculin qui aurait permis une comparaison terme à terme ? Tant que de telles comparaisons ne seront pas systématiquement explicitées et /ou la norme, les femmes demeureront l’exception - jamais justifiée donc toujours arbitraire - des impositions masculines, patriarcales, dès lors confortées. (Cf. Histoire. des femmes)

Femmes (Abêtissement) (1) : 2017. Dans le Figaro Madame du 7 mars 2017, je suis interpellée par le titre d’un article intitulé Doria Tillier [Miss Météo de Canal plus de 2012 à 2014 «un visage marquant de la chaîne payante» (Wikipédia)] : ‘Il m'arrive d'oublier le nom de François Hollande’. En sus de la grossière manipulation politique - poursuivre, lors d’une campagne électorale, le processus de dévaluation politique de François Hollande - voici les questions, lesquelles, elles-mêmes, renvoyaient à d’autres articles du Figaro Madame, qui furent posées à cette Doria Tillier :
- […] Vous en avez une, d'idole professionnelle ? ; […]
- Vous avez des fans qui hurlent sous vos fenêtres, vous ? […]
- Elle est dans quel état votre mémoire ? […]
- C’est quoi votre complexe physique ?
- [Penelope Fillon est prête à parler] Et vous, êtes-vous prête à parler de votre bulletin de vote ? […]
- Que retenez-vous de toute cette Trumpisation, vous ? […]
- Vous avez cet objet (celui qui ‘procure une étincelle de joie’] vanté dans les parages ? […]
- C’est quoi le truc le plus bizarre que vous ayez avalé ? […]
- Quel truc un peu dingue avez-vous fait pour une soirée (d’anniversaire) ?
- À la relecture, le terme d’«abêtissement» est, au plan de l’analyse, tout à fait insuffisant.
- Les organes de presse (internet inclus), ceux relevant de la presse dite féminine plus spécifiquement, institutionnellement pourrait-on dire, sont des organes de mystification massives, de véritablement foyers de détournements d’intelligences. (À prolonger) (Cf. Femmes. Féminin)

Femmes (Abêtissement) (2) : Je ressens le même sentiment d’abêtissement des femmes à l’écoute de ces paroles de la chanson intitulée : Le reste est sans importance de Lucienne Delyle [1913-1962] et donc voici un couplet :
«Le reste est sans importance / Puisqu'on est là tous les deux / On a toute l'existence / Pour s'aimer, c'est merveilleux / Près de moi quand tu t'avances / Le ciel gris devient tout bleu / Le reste est sans importance / Quand on s'aime on est heureux.» (Cf. Culture. Femmes. Chanteuses d’antan)

Femmes (Africaines) : 2014. La présidente d’un mouvement de femmes Gabonaises, auteure, en Juillet 2014, de :
«La condition des femmes sur le continent africain est inadmissible ; ce sont ces femmes là qui portent ce continent sur leur dos. […]» Universel, et ce, quels que soient les continents et la nature des régimes politiques. 687 

Femmes (Âge) : 2018. Michel Bozon, présenté par Le Monde Diplomatique, comme «directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques (INED), auteur notamment de Pratique de l’amour. Le plaisir et l’inquiétude. Payot. Paris. 2016», auteur de :
«[...] C’est un grand changement par rapport aux années 1950 et au début des années 1960 : les jeunes femmes étaient alors tenues de se préserver (sic) pour le mariage, tandis que les hommes pouvaient largement profiter de leur jeunesse (sic) avec des femmes plus âgées ou des prostituées.» 688 (Cf. Patriarcat, Proxénétisme, «Sciences» sociales. Sociologie)

Femmes (Aiguilles) : 1931. Gina Lombroso [1872-1944], [qui se qualifie d’«antiféministe convaincue» mais néanmoins fort intéressante], auteure dans son livre, traduit de l’Italien, La femme aux prises avec la vie : «[...]
- L’aiguille (et je comprends dans ce mot, le crochet, les aiguilles à tricoter, la navette et tous les instruments propres à réaliser l’antique travail féminin) l’aiguille est la gloire de la femme, son invention la plus importante. […]
- L’aiguille est le moyen le plus simple que la civilisation ait inventé pour faire une œuvre complète par elle-même, utilisable à l’instant même. […]
- Le maniement de l’aiguille est une immense supériorité que la femme possède sur l’homme. […]
- Avec elle, la femme peut calmer les angoisses les plus torturantes et transformer parfois la douleur en une magnifique œuvre d’art.» […]689
- Nous sommes toutes, quelle qu’ait été notre éducation, avec ou sans aiguilles, peu ou prou les filles de ces assignations à «l’aiguille»… (Cf. Femme. Faire valoir)

Femmes (Allaitement) : 1939. Lu dans Le guide de la jeune mère [1939. 2ème édition, la première datant de 1937. 150ème mille] :
- «Le lait de la mère est le seul qui conviennent à l’enfant (en italique). […]
- Il meurt trois ou quatre fois plus d’enfants au biberon que d’enfants au sein (en italique). Tous ceux qui s’occupent des tous petits reconnaissant que la première cause de mortalité du premier âge est l’abandon du lait maternel (en gras). […]
- Trop de mères ne se rendent pas compte du tort fait au nourrisson. […]
- Parmi les femmes bien portantes, il en est peu qui n’aient pas assez de lait pour nourrir leur enfant (en gras). […]
- Toutes les mères devraient comprendre le devoir d’allaiter leur enfant (en gras). […]
- Toute accouchée bien portante peut et doit allaiter (en italique). […]
- Il faut qu’elles comprennent ce grand devoir de l’allaitement, qu’elles aient plaisir et fierté à l’accomplir.»
- On lit aussi que concernant «l’aide sociale aux jeunes mères», «si, pour des raisons d’ordre médical, la femme est dans l’impossibilité d’allaiter son enfant, elle peut recevoir des bons de lait, dont la valeur ne peut dépasser 60 % de la Prime d’Allaitement.» 690

Femmes (Alcoolisme) : 1975. Marie Cardinal [1928-2001], auteure de :
«Je n’en pouvais plus. En sortant de ces séances (de psychanalyse), j’allais me soûler la gueule, me soûler à mort. Quand une femme emploi l’expression ‘se soûler la gueule’, ça fait vulgaire et bas, pour un homme, c’est moins vulgaire et ça sonne fort et triste. Une femme, ça se grise, ça s’enivre, au pire, ça boit. Je refuse d’employer ces mièvreries hypocrites. Je me soûlais : je me détruisais, je me perdais, je me méprisais, je me haïssais.
C’est que je n’avais plus aucune prise sur moi-même. J’étais personne. Je n’avais pas de désir, pas de volonté, pas de goût, pas de dégoût. J’avais été entièrement façonnée pour ressembler à un modèle humain que je n’avais pas choisi et qui ne me convenait pas.

Jour après jour, depuis ma naissance, on avait fabriqué : mes gestes, mes attitudes, mon vocabulaire.
On avait réprimé mes besoins, mes envies, mes élans, on les avait endigués, maquillés, déguisées, emprisonnés.
Après m’avoir décervelée, après avoir vidé mon crâne de moi, on l’avait bourré de la pensée adéquate qui m’allait comme un tablier à une vache. […]» 691 (Cf. Femme Remarquable. Cardinal Marie, Langage)

Femmes (Algériennes) (1) : Combien de femmes Algériennes ont-elles été violées par les Français pendant les 130 années de la colonisation de l’Algérie, et plus particulièrement pendant la guerre d’Algérie ? Combien d’entre elles ont-elles été prostituées dans les bordels d’Alger, Oran, Constantine et autres, sans oublier ceux de la Légion Etrangère, ainsi que les BMC (Bordels militaires de campagne) généreusement «approvisionnés», notamment dans l’Indochine coloniale, par l’armée française en femmes algériennes ?
- Quel silence ! Quand sera-t-il enfin brisé ?
* Ajout. 5 novembre 2014. 2014. Si vous voulez maintenir cette chape de plomb, organisez un colloque : Cf. notamment «La Guerre d’Algérie, le sexe et l’effroi», le 9 et 10 octobre 2014, organisé à la BNF-François Mitterrand et à l’Institut du Monde Arabe. 692 (Cf. Sexe-s […], Violence-s)

Femmes (Algériennes) (2) : 1962. Dans le cadre d’un film consacré aux Français-es resté-es en Algérie après l’indépendance, un Dominicain raconte que, le 4 juillet 1962, en tenue de moine, le jour de l’indépendance, à pied, heureux de l’événement, il est doublé par un camion dans lequel de nombreuses femmes, en liesse, lui font «un bras d’honneur». «Les écailles me sont tombées des yeux» raconte t-il honnêtement. 693

Femmes (Amants) : Avoir ‘eu’ suffisamment d’amants pour ne pas regretter de ne pas en avoir ‘eu’ plus ? (Cf. Êtres humain-es. Relations entre, Langage. Verbe. Avoir)

Femmes (Amies) (1) : Elle était tout à la fois, comme tant de femmes, forte mais aussi dépendante, dominée par son mari, dont elle avait abandonné tout espoir de le quitter. Ce dernier eut pour maitresse son amie. Il fit tout, efficacement, grossièrement, pour les séparer. En l’humiliant, c’était les deux femmes qu’il cherchait à atteindre. Elles se virent cependant, sans lui, et parlèrent. Mais, même absent, le mari faisait écran entre elles. À terme, cela ne fut plus possible. Elle demeura une amie…absente. (Cf. Famille, Hommes, Patriarcat)

Femmes (Amies) (2) : 1958. Colette dans le bel hommage qu’elle rendit à son amie, [Pour] Hélène Picard, écrit :
«[…] Elle meurt et je pense à elle. Combien d’amies ont passé, que je puisse nommer amies ? Bien peu. Dieu merci, bien peu. Sinon, à la rareté du joyau, comment mesurerait-on l’amitié ?» 694 (Cf. Colette. Femme Remarquable)

Femmes (Amoureuses) : Le nombre de femmes, remarquables, d’une manière ou d’une autre, amoureuses d’un type minable que nous offrent le cinéma, la littérature, la presse est incommensurable. (Cf. Culture. Cinéma. Shanghai Express)
- Ajout. 19 avril 2017. À la relecture, j’ai oublié : la vie !

Femmes (Anarchistes individualistes) : 2008. Concernant les «femmes anarchistes individualistes», se référer à l’article d’Anne Steiner, Les militantes anarchistes individualistes ; des femmes libres à la Belle époque. 695

Femmes (Animalisation) (1) : 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Jean-Robert Tronchin, gestionnaire de ses intérêts, le 7 mai 1759, écrit :
«Je choisis mes juments comme on doit choisir sa femme, ni trop belle, ni trop laide, mais capable de faire des enfants. […]» 696 (Cf. Femmes. Servantes)

Femmes (Animalisation) (2) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les misérables, concernant la Jondrette, alias la Thénardier, la décrit en ces termes :
«C’était un truie avec le regard d’une tigresse.»
Il la décrit peu après comme «la mère louve», tandis que même page, son mari la présente en ces termes : «Ce n’est pas un femme, c’est un bœuf.»
Et Victor Hugo écrira ensuite : «La Thénardier obéit, comme la louve obéit au loup, avec un grondement.» 697
- C’est beaucoup d’animaux pour une même femme….

Femmes (Animalisation) (3) : 1874. Je lis dans le Quatre-vingt-treize de Victor Hugo [1802-1885], concernant Michelle Fléchard, à la recherche de ses trois enfants, qu’elle retrouve dans une maison en train de brûler :
«Elle jeta un cri effrayant. Ce cri de l’inestimable angoisse n’est donné qu’au mères. Rien n’est plus farouche ; et rien n’est plus touchant. Quand une femme le jette, on croit entendre une louve ; quand une louve la pousse, on croit entendre une femme.» 698

Femmes (Animalisation) (4) : 1931. Gramsci [1891-1937], dans une lettre à Tania, en date du 5 octobre 1931, cite ce «proverbe paysan : ‘Épouse et bœufs, qu’ils soient de ton village’699

Femmes (Animalisation) (5) : 1946. Témoignage de Marie-Claude Vaillant-Couturier, le 28 janvier 1946, au Tribunal de Nuremberg :
«En sortant d’Auschwitz, nous avons été envoyées à Ravensbruck. Là, nous avons été envoyées au bloc NN qui voulait dire Nacht und Nebel [Nuit et brouillard] c’est à dire ‘le secret’. Dans ce bloc, avec nous, il y avait des Polonaises portant le matricule 7.000 et quelques unes qu’on appelait ‘les lapins’ parce qu’elles avaient servi de cobayes. On choisissait dans leurs (sic) transports des jeunes filles ayant des jambes bien droites, et étant elles-mêmes bien saines, et on leur faisait subir des opérations. À certaines, on a enlevé des parties d’os dans les jambes, à d’autres, on a fait des injections, mais je ne saurais pas dire de quoi. Il y avait parmi les opérées une grande mortalité. […] Il y a des survivantes de ces ‘lapins’, elles souffrent encore énormément maintenant700

Femmes (Animalisation) (6) : 1997. Lu, concernant Christine Ockrent, journaliste : «Elle se déclare ‘intellectuellement’ hostile aux quotas dans la représentation politique. ‘À ce compte-là, pourquoi ne pas instituer des quotas pour les singes ?’.» 701 (Cf. Politique. Animalisation du monde)

Femmes (Animalisation) (7) : 2005. Lu, à la rubrique : «Orientation sexuelle» du Dictionnaire de la pornographie :
«La recherche de partenaires sexuels est une préoccupation importante pour les animaux et les humains qui veulent transmettre leurs gênes ! Toutes une série de mécanismes sont mis en jeu qui sont liés à l’interaction entre les sexes. 1/ Attractivité : c’est l’attirance du mâle pour la femelle. Elle est possible grâce à l’ensemble des signaux émis par la femelle. Ces signaux sont d’une variété extraordinaire dans le monde animal. Les femmes utilisent parfums, maquillage, vêtements et lingeries, parures, bijoux, tatouages, piercings, chant, vocalisation. […]» 702 (Cf. Femmes. «Femelles», Politique. Animalisation du monde, Pornographie. Dictionnaire de la pornographie, Sexe-s […])

Femmes (Animalisation) (8) : 2017. Geneviève Brisac, dans une série d’émissions de France Culture consacrées à Virginia Woolf, dans l’émission intitulée Du côté des bêtes, des poètes, des biographies inventées, présente l’émission comme étant «consacrée aux animaux, aux poètes et aux femmes». 703 (Cf. Politique. Animalisation du monde)

Femmes (Animalisation) (9) : 2017. Élisabeth de Fontenay, auteure, le 3 octobre 2017, de :
«Je n’ai jamais été très féministe… Je me suis plutôt occupée des bêtes que des femmes [Réaction du journaliste : ‘pas très féministe comme comparaison’] ; dans ma vie théorique et militante, j’étais plutôt de ce côté des bêtes que des femmes. […] » 704 (Cf. Politique. Animalisation du monde)

Femmes (Animalisation) (10) : 2018. Je dois, avec regret, insérer Les Chiennes de garde (association à laquelle j’ai participé à son tout début) et Balancetonporc dans cette rubrique.
- En antidote, Jean François Khan, dans un texte scandaleux d’amalgames, de négation de l’idée même d’histoire, de bêtises pour tout dire, auteur de :
«[…] Et puis il y a l'amalgame qui associe ces femmes aux porcs, comme Staline associait les trotskistes aux fascistes.» 705 (Cf. Féminisme, Antiféminisme)

Femmes (Animalisation) (11) : 2018. Dans le cadre d’une série documentaire de France Culture : Quatre femmes de sciences, voici le titre et présentation de l’émission en date du 21 mars 2018, consacrée à une professeure au Museum national d’histoire naturelle : Marie-Claude Bomsel - La lionne de la Ménagerie : «Chacun connaît cette vétérinaire du Muséum et sa crinière léonine - il arrive fréquemment que les professeurs du Muséum finissent par ressembler à leur sujet d’étude - maman putative de Nénette, la guenon orang-outan de la ménagerie du Jardin des Plantes, 48 ans environ [la guenon ou la chercheuse ?] Un franc-parler à nul autre pareil, et des convictions bien trempées. […]» 706

Femmes (Apparence) : 1762. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], dans Émile ou de l’éducation, met «l'apparence même au nombre des devoirs des femmes». 707 (Cf. Droit, Corps, Femme. Apparence)

Femmes (Appel de Coluche) : 1980. [30 octobre] «J'appelle les fainéants, les crasseux, les drogués, les alcooliques, les pédés, les femmes, les parasites, les jeunes, les vieux, les artistes, les taulards, les gouines, les apprentis, les Noirs, les piétons, les Arabes, les Français, les chevelus, les fous, les travestis, les anciens communistes, les abstentionnistes convaincus, tous ceux qui ne comptent pas pour les hommes politiques à voter pour moi, à s'inscrire dans leurs mairies et à colporter la nouvelle. Tous ensemble pour leur foutre au c…avec Coluche. Le seul candidat qui n’a aucune raison de vous mentir
- Conclusion : les «femmes» ne sont pas lesbiennes et les lesbiennes ne sont pas des «femmes», et elles ne sont ni «fainéantes», ni «crasseuses», ni «arabes», ni...

Femmes (Assassinées) : En France, des femmes sont quasi quotidiennement assassinées par des hommes sans que ces crimes ne fassent le plus souvent plus de bruit que celui de l’arrivée d’une dépêche sur un ordinateur. L’analyse dans la presse dépasse rarement celle du constat selon lequel l’homme était «inconnu des services de police», qu’il était dépressif, sans emploi, bon voisin, «ivre au moment des faits» 708, «venait d’un milieu social extrêmement défavorisé», qu’il avait été lui-même, violé, qu’il y avait eu une «dispute», un «conflit» (la quasi norme…), que sa femme l’avait quitté ou dont il était séparé…
Puis, le filon étant un peu épuisé, il reste alors à s’interroger - dans la recherche de son humanité - ou plutôt, de son bon droit ? - sur ses «motivations», sur la conscience qu’il avait ou non de son ‘acte’, de son ‘geste’.
- Mettre en relation le sexe de la victime avec celui du criminel est hors sujet.
- L’émotion politique - si souvent de commande - n’est de mise que si l’assassin est récidiviste, tandis que «les marches blanches» sont censées n’avoir aucune signification politique.
- Chaque assassinat (et/ou viol) transmet le message suivant : Quoi que vous pensiez, qui que vous soyez, je suis plus fort que vous, je suis maître de votre corps, de votre sexe, de votre vie, de vous, que je peux marquer à vie et /ou supprimer. Et voici la preuve de ma vérité, c’est celle de ma puissance.
- La société dans son ensemble, a fortiori le monde politique, sauf exceptions, globalement cautionne. Si, pour pouvoir agir, il faut a minima, pouvoir s’identifier à la souffrance de la victime, alors, les hommes continueront à tuer des femmes. Nous n’en sommes même pas là, tant s’en faut. 709 (Cf. Hommes. Intellectuels. France. XXème siècle. Althusser Louis, Patriarcat, Récidive, Violences faites aux femmes)

Femmes (Assassinées. Chateaubriand) : 1849. À méditer, cette puissante analyse de Chateaubriand : «Ils ne voulaient pas lâcher le crime, de peur de perdre la puissance.» 710

Femmes (Assassinées, prostituées, violées, harcelées, battues...) : Ces femmes paient de leur vie le prix de l’indépendance de toutes les femmes. (Cf. Violences faites aux femmes)

Femmes (Attirance pour les hommes courageux) : 1696. Comte de Bussy-Rabutin [1618-1693], auteur de :
«Les femmes ont naturellement de l’estime pour les actions de courage…»711

Femmes (Attirance pour les hommes ‘forts’) (1) : 1981. Lu, dans le Livre d’Oriana Fallaci, concernant Alekos Panagoulis [1939-1976] :
«[…] Je ne comprenais pas les femmes qui […] tombaient éperdument amoureuses, prêts à trahir leur mari, à s’humilier pour être malmenées cinq minutes contre un mur ou sur un lit, afin de pouvoir raconter aux autres ou à elles-mêmes qu’elle t’avait touché. […]» 712 (Cf. Fallaci Oriana. Femme. Écrivaine)

Femmes (Attirance pour les hommes ‘forts’) (2) : 1884. À l’opposé, Marie Bashkirtseff [1858-1884], auteure, en 1884, de :
«Vous n’êtes pas l’homme que je cherche. Je ne cherche personne, monsieur, et j’estime que les hommes ne doivent être que des accessoires pour les femmes fortes.» 713 (Cf. Femme. Orgueil. Remarquable, Relations entre êtres humains)

Femmes (Attirance pour les hommes ‘forts’) (3) : 1928. Isadora Duncan [1877-1927], auteure de :
«Et maintenant tout mon être aspirait au contact d’un mâle fort. Je vis en Stanislavsky [1863-1938] le mâle que je cherchais.» 714
- Il faut préciser qu’elle chercha et trouve bien d’autres ‘qualités’ chez d’autres hommes. (Cf. Femme. Remarquable, Famille. Mariage)

Femmes (Attirance pour les hommes incarnant des idées progressistes) : 1940. Je lis dans l’Essai d’autobiographie spirituelle de Nicola Berdiaev [1874-1948] :
«[En Russie] Comme un idéaliste romantique en 1840, de même en 1860 un matérialiste et un réaliste pensant, en 1870, un populiste se sacrifiant pour le bien et l’affranchissement du peuple, en 1890, un marxiste pouvait seul espérer les faveurs des belles dames.» 715 (Cf. Hommes «Intellectuels». France)

Femmes (Attirance pour les hommes politiques) : 1914. Lu dans le Journal de l’abbé Mugnier [1853-1944], à la date du 22 juin 1914, un échange entre lui et Madame Scheikévitch [1882-1966 ?] concernant Madame de Noailles [1876-1933] qu’elle «connaît bien» :
- «Comme je lui demandais pour quoi Madame de Noailles aime tant les hommes politiques, Madame Scheikévitch m’a répondu : ‘C’est le goût de l’esclavage’ […]».
- Et, à la date du 6 décembre 1923, neuf ans plus tard, l’abbé Mugnier évoquant la mort de Madame de Noailles, concernant Maurice Barrès («très cruel», «qui n’aimait qu’elle») cite ce jugement, mais émis par elle : «J’ai tout donné, comme une fille de l’Orient. J’étais une esclave716 (Cf. Hommes. Politiques)

Femmes (Autisme) : 2016. Josef Shovanec, auteur de Voyages en autistan [Plon. 2016] en évoquant «la problématique des viols» poursuit : «Il s’avérerait que la majorité des femmes autistes aient été violées.» 717 (Cf. Violences)

Femmes (Autodéfense) : Nécessaire.

Femmes (Au foyer) : Il est d’autant plus aisé au mari de la ‘femme au foyer‘ de [lui] mentir, de lui raconter n’importe quoi concernant ses rapports au monde extérieur, qu’elle n’a que peu ou pas d’éléments qui lui permettraient de confronter les paroles de son mari à la réalité. Ne pouvant voir le monde de ses propres yeux, elle ne peut le voir que par ce qu’il lui en représente ; si tant est qu’il lui parle, que peu ou prou il éprouve le besoin de lui rendre des comptes.
* En soi, et sur ce seul fondement, conforte la domination masculine. (Cf. Patriarcat)

Femmes («Bas bleus») (1) : Combien de génies, de talents, d’intelligences, de passions, combien de germes de pensées et de vies, étouffées, détruites du fait de l’emploi, aux seules femmes, de ce qualificatif ?
- N.B : «cuistre» n’est pas le masculin de «bas bleus».

Femmes («Bas-bleus») (2) : 1995. Je lis dans un livre publié au Seuil en 1995 : «Toute sa vie, Schopenhauer considéra sa mère comme un bas-bleu.» 718
(Cf. Femme. Mère, Langage, Patriarcat. Permanence du)

Femmes (Bagnes) : 1873. Henri Rochefort [1831-1913] écrit que, en partance pour le bagne en Nouvelle Calédonie à bord de «la Virginie», en 1873, sur 125 déporté-es, l’on comptait 22 femmes.
Parmi elles, Louise Michel, Madame Lemel «socialiste ardente, blessée sur les barricades lors de la ‘semaine sanglante’ [de la Commune de Paris], une des plus belles et des plus fortes intelligences que j’ai connu. L’éloquence et le bon sens, chez elle, sont égaux à la bravoure.» écrit-il.
Il évoque aussi «la grande Victorine» qui disait aux religieuses :
«Ah, je vous prie de croire, mes sœurs, que je ne suis pas ici pour avoir enfilé des perles ! […]», Madame Leroy et Madame Leblanc «dont l’odyssée était si particulièrement lamentable qu’il était impossible de la regarder sans que le cœur se serrât. L’histoire de Mme Leblanc justifiait amplement l’exclamation de la grande Victorine : Quelles crapules que ces Versaillais ! […]».
- Henri Rochefort constate que les 22 femmes étaient installées dans «une cage» […] «pas plus grande que [le lieu qui lui fut affecté][il était] seul». 719

Femmes (Beauté) (1) : Toute référence à la (supposée) beauté (ou non) d’une femme est - dois je ajouter : selon moi ? - une injure (grossière) à l’intégrité de sa personne, par là même niée. En sus, elle confirme le droit de celui qui la juge ainsi de son bon droit à la juger ainsi. Refuser d’emblée toute appréciation sur ce fondement : mieux, que l’hypothèse même en soit exclue. L’intelligence, notamment masculine, un moment déstabilisée, s’en trouverait fort bien, tandis que la concurrence entre femmes en serait d’autant allégée. Et la solidarité entre elles raffermie.

Femmes (Beauté) (2) : 1760. Déjà, en 1760, Diderot [1713-1784] évoquait «une belle femme qui porte une grande âme et qu’on loue de sa beauté. Elle vous remercie d’une manière si froide et dédaigneuse ! C’est comme si elle vous disait : ‘Vous vous en tenez à l’écorce’.» Pertinent. 720 (Cf. Femmes. Diderot)

Femmes (Beauté) (3) : 1772. En 1792, Mary Wollstonecraft [1759-1797] considérait déjà que :
«[…] si […] les femmes ne renoncent pas au pouvoir arbitraire de leur beauté, ce sera la preuve qu’elles sont moins intelligentes que les hommes721

Femmes (Beauté) (4) : 1796. Et, en 1796, Madame de Staël [1766-1817] écrivait :
«La figure d’une femme, quelle que soit la force ou l’étendue de son esprit, quelle que soit l’importance des objets dont elle s’occupe, est toujours un obstacle ou une raison dans l’histoire de sa vie ; les hommes l’ont voulu ainsi. Mais plus ils sont décidés à juger une femme selon les avantages ou les défauts de son sexe, plus ils détestent de lui voir embrasser une destinée contraire à la nature.» 722 (Cf. Compliment, Êtres Humains. Corps, Miroir, Personne. Belle, Sexe-s […])

Femmes (Beauté) (5) : (Fin XIXème siècle). Jules Janin [1804-1874] concernant Flora Tristan [1803-1844] :
«[…] Toute jeune qu’elle était, on comprenait tout de suite qu’elle ne s’inquiétait plus de plaire ou d’être trouvée belle ; c’était pour elle une émotion oubliée ou méprisée.» 723

Femmes (Beauté) (6) : XXème siècle. Hedy Lamarr [1914-2000], auteure de :
«[…] ma beauté comme un masque que je ne peux pas enlever.» 724 (Cf. Corps. Visage)

Femmes (Beauté) (7) : 1969. Lu dans le Dictionnaires des femmes célèbres concernant Marie-Louise d’Autriche [1791-1847], deuxième épouse de Napoléon : «Marie-Louise ne fut jamais populaire. Elle était cependant belle, svelte, blonde aux yeux bleus ; elle avait seulement contre elle la lèvre des Habsbourg et le teint un peu haut en couleur725 (Cf. Corps)

Femmes (Beauté) (8) : 1980. Jacques Prévert [1900-1977], auteur de :
«Sois belle et tais-toi !» Je souriais, j’étais belle et j’étais moi.» 726 (Cf. Être-s humain-es. Soi, Féminisme)

Femmes (Besoin d’être aimées) : Le besoin d’être aimées que l’on a si souvent reproché aux femmes n’était - n’est toujours, pour beaucoup d’entre elles - que l’expression nécessaire, exprimée selon les normes socialement acceptées, d’une sécurité matérielle, pour elles et leurs enfants, ou, plus justement, d’une croyance à ladite sécurité, affective et matérielle liées. En réalité : un leurre.
- Pour approfondir la réflexion, Cf. Joseph Joubert [1754-1824] :
«Les hommes prennent le parti d’aimer ceux qu’ils craignent afin d’en être protégés.» 727 Puissant. (Cf. Être humain. Relations entre. Amour, Famille. Mariage, Langage. Verbe. Protéger)

Femmes (Biens) (1) : 1982. Jean Cazeneuve [1915-2005], dans son livre, La vie dans la société moderne, auteur de :
- «Dans les sociétés primitives, par exemple chez les Peaux rouges, les jeux de hasard où l’on risquait tous ses biens, y compris ses épouses […]
- «Le rituel du potlatch fait s’affronter deux clans derrière leur chefs. Au risque de se ruiner, chacun tente d’écraser par ses largesses son rival, qui se trouve obligé d’accepter et de rendre, en faisant preuve de plus de générosité encore, sous peine de perdre la face. Aussi passent de mains en mains les biens matériels ou spirituels qui comptent dans la tribu : les couvertures, les objets de cuivre, les bijoux, les femmes, les blasons totémiques.» 728 (Cf. «Sciences» sociales. Anthropologie)

Femmes (Biens) (2) : 2002. Claude Lefort [1924-2010], présentant positivement les thèses de Marcel Mauss [1872-1950], dans son Essai sur le don, auteur en 2000, de : «Pas d’échanges de biens entre des individus ; les partenaires sont des collectivités. Ce ne sont pas seulement des biens plus ou moins précieux qui sont échangés, mais des fêtes, des festins, des politesses, des services militaire, des femmes729
Les femmes : ni des individues, ni même des biens… des échanges immatériels «plus ou moins précieux» ? (Cf. «Sciences» sociales. Anthropologie)

Femmes («Bonnes-à-tout-faire») (1) : Elles étaient considérées comme «bonnes à rien», elles furent donc logiquement affectées à être «bonnes à tout [faire]». Y compris à être violées. Il en fut peu ou prou de même pour les «filles de cuisines» (renvoyées par la Françoise de Proust), les «femmes-de-chambre», les «employées-de-maison», les «femmes-de-ménage», les «femmes-de-journée», les «femmes-de-peine»…) (Cf. Violences. Droit de cuissage)

Femmes («Bonnes-à-tout-faire») (2) : Quand on refuse le terme de «bonnes», de «femme de chambre»…, on ne peut que refuser celui de «valet de pied» (évoqués par Proust), de «valet» (dont j’ai découvert sa permanence, à l’occasion de la grève du Royal Monceau). 730 Comme celui d’«homme de ménage», d’«homme-à-tout-faire», comme d’«homme toutes mains», comme l’ai-je entendu une fois...

Femmes («Bonnes-à-tout-faire») (3) : 1906. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal [littéraire] évoquant Charles-Louis Philippe [1874-1909], écrit, le 22 décembre 1906 :
« Il avait une femme de ménage, sorte de forme vague, peu femme, une femme de ménage, quoi ! » 731 (Cf. Corps)

Femmes («Bonnes-à-tout-faire») (4) : 1935. Clara Malraux [1897-1982] évoquant, en 1935, l’appartement de Louis et Elsa Aragon écrit :
«Comparés avec eux, nous [elle et André Malraux] vivions dans le luxe. Leur appartement de la rue de la Sourdière, minuscule était dépourvu de bonne.» 732
- Disparaît le concept d’«être humain» et donc celui de femmes. (Cf. Femmes. Bourgeoises. Conscience de classe. Ornements décoratifs)

Femmes («Bonnes-à-tout-faire») (5) : 1974. Françoise Giroud [1916-2003], qui fut Secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargée de la Condition féminine entre juillet 1974 et août 1976, évoquait encore en 1974 : «[sa] servante», «[sa] fidèle servante», «[sa] soubrette».
- Elle écrivait aussi, dans le même livre : «Les rapports d’une homme, d’une femme avec les subalternes ne sont jamais insignifiants». Certes… 733 (Cf. Femme. Politique, Politique. Exploitation, Langage)

Femmes («Bonnes-à-tout-faire» (6) : 2014. Entendu : «Je suis à la fois la sonnette et la réponse à la sonnette.»
- Enrichit le concept d’exploitation ? 734

Femmes («Bons Pasteurs») : L’histoire et la dénonciation des tortures, enfermements, violences, sadismes, mépris, sans oublier le travail gratuit, etc.…qui ont été le quotidien de tant de femmes pendant des siècles par les institutions du Bon Pasteur reste à écrire. On peut se référer à l’article de Jacques Tremintin, l’Internationale de la maltraitance (26 avril 2010). La responsabilité l’église catholique, mais aussi de l’État français qui s’est totalement déchargé, sans contrôle, sur les Bons Pasteurs, est engagée. Pourquoi ce qui a été dénoncé concernant Casa Pia au Portugal, les Laveries de sœurs de Marie-Madeleine en Irlande, le scandale des «enfants enlevés» en Espagne ne l’est-il pas concernant les Bons Pasteurs en France ?
* Lire le chapitre concernant Marie Rose dans l’excellent livre de Maud Marin, Tristes plaisirs. 735

Femmes (Bouleversées) : Pourquoi ce qui bouleverse tant de femmes laisse t-il tant d’hommes - au mieux - indifférents ? (Cf. Mélo. Film, livre)

Femmes (Bourgeoises) (1) : 1921. Alexandra Kollontaï [1872-1952], lors d’une série de conférences, sous le titre de : La révolution des mœurs (publiées en 1923), à l’Université Sverdlocsk de Moscou, destinées aux futures militantes des organisations féminines, après avoir critiqué «ces dames de la bourgeoisie, récemment encore parasites» […] qui «faisaient des crises de nerfs si leur mari ne leur donnait pas d’argent pour acheter le nouveau chapeau de printemps ou une nouvelle paire de chaussures», poursuit :
«Il faut dire cependant, pour être juste, que les femmes de la ci-devant classe bourgeoise ont supporté parfois avec courage - avec plus de courage que leurs intellectuels de maris (sic) - toutes les peines de la période du communisme de guerre, apprenant à concilier leur travail et leur ménage, luttant contre les privations et la désorganisation perpétuelle de la vie. […]» 736 (Cf. Femme. Remarquable, Féminisme. Antiféminisme)

Femmes (Bourgeoises) (2) : 1938. Virginia Woolf [1882-1941], dans Trois guinées concernant celles qu’elle nomme : «les filles d’hommes cultivés» [ce qui n’est pas synonyme de «bourgeoises» mais permet de réfléchir] écrit :
«[…] Nous ne sommes pas seulement, et sans comparaison, plus faibles que les hommes de notre propre classe ; nous sommes plus faibles que les femmes de la classe ouvrière. Que les ouvrières de notre pays viennent à dire : ‘Si vous faites la guerre, nous refuserons de fabriquer des munitions ou d’aider à la production‘, les difficultés inhérentes à la guerre augmenteraient considérablement. Mais si toutes les filles d’hommes cultivés se mettaient en grève demain, cela ne changerait rien d’essentiel à la vie de la communauté ou à la conduite de la guerre. Notre classe est la plus faible de toutes les classes. Nous ne disposons d’aucune arme pour imposer notre volonté.»
Puis, elle récuse l’argument de «l’influence»…
Mais, Virginia Woolf, considère in fine, que ce n’est pas le droit de vote, mais «le droit de gagner leur vie» qui leur permet d’accéder sinon à une influence, du moins à la possibilité de «critiquer», de «détenir enfin une influence désintéressée» ; cependant, là encore, en rien comparables au pouvoir des hommes. 737

Femmes (Bourgeoises) (3) : 1960. Pierre Reboul, professeur à la faculté des lettres de Lille, spécialiste de George Sand [1804-1876], en commentaire d’une lettre dans laquelle celle-ci écrivait en 1836 qu’elle modifiait le personnage de Trenmor dans Lélia - de fait sans aucun rapport avec cette lettre - écrivait en 1960 :
«En son pharisaïsme de grande bourgeoise progressiste, elle s’effrayait de la bassesse de ses origines». 738 Ce qui est archi-faux par ailleurs.
- Le même écrivait, concernant toujours Lélia, concernant un passage du livre : «L’auteur [e] n’a même pas pris le peine de se documenter, voire de réfléchir.» […] suivi de :
«L’auteur[e] écrit au fil de la plume, selon les caprices de son imagination […]», crime effectivement insigne pour une romancière.
- Le lien entre ces deux citations permet de mieux saisir ce qui, si souvent, se cache de mépris des femmes, lorsque l’on dénonce les «femmes bourgeoises

Femmes (Bourgeoises) (4) : 1974. Lu dans les Nouvelles Lettres portugaises :
«Je réponds à qui dit que le problème de la femme est petit bourgeois, d’origine bourgeoise [qu’il] oublie que la bourgeoisie s’est installée sur une terre déjà faite à la sueur des femmes.» 739 Forte analyse. (Cf. Féminisme. Bourgeois. Marxisme «Sciences» sociales. Histoire. Révolution française. Femmes. Pain)

Femmes (Bourgeoises) (5) : 1974. Jean-Paul Sartre [1905-1980], auteur de :
«Il faudrait approfondir les rapports des femmes et des classes. Par exemple, beaucoup de femmes de bourgeois sont [vérifier le mot] par leur mari. J’en connais qui n’avaient d’autre argent que celui de leur mari et qui, après divorce, se sont retrouvées avec une pension de 600 francs par mois et deux enfants. Ça les mettait en dessous du S.M.I.C. Elles vivent encore avec ça, elles n’ont pas trouvé de métier.» 740 (Cf. Famille. Divorce. Pension alimentaire, Féminisme. Bourgeois)

Femmes (Bourgeoises) (6) : 1975. Erin Pizzey, dans son livre pionnier Crie moins fort, les voisins vont t’entendre, auteure de :
«Ce que je sais, c’est que si les femmes battues commencent à se faire entendre, c’est parce que, pour la première fois, une femme de classe moyenne a dit : ‘Ça m’est arrivé à moi’.» 741 (Cf. Violences à l’encontre des femmes)

Femmes (Bourgeoises) (7) : 2018. Mathieu Delormeau, dans l’émission de Cyril Hanouna Touche pas à mon poste (TPMP), le 18 avril 2018, auteur de :
«Les bourgeoises, c’est les plus chaudes.» 742

Femmes («Bouteilles») : 2018. Lu : «David Gréa, prêtre défroqué, aujourd’hui marié, défend dans son livre Une vie nouvelle (Les Arènes) la fin du célibat obligatoire. Il se souvient qu’au grand séminaire des formateurs mettaient en garde les futurs curés en ces termes (Le Monde. 14 avril 2018) : «Si vous vivez mal le célibat, il vaut mieux prendre une femme qu’une bouteille, car, avec une femme, vous avez un vis-à-vis, pas avec une bouteille.» 743

Femmes (Charité) (1) : La charité (assimilée aux «bonnes œuvres» dont les femmes auraient le monopole) fut si souvent la seule manifestation d’expression religieuse, sociale, politique laissée aux femmes qu’il serait injuste de les critiquer sur ce fondement. Ce constat ne valide pas, pour autant le terme, ni la fonction politique qu’il a joué et joue encore : il demande simplement une analyse historicisée, distinguée selon que le terme concerne soit les femmes soit les hommes, soit qu’il signifie une pratique individuelle, soit une politique d’État, ou religieuse, servant ou non à conforter, à légitimer l’ordre social et politique. (Cf. Politique. Charité, «Sciences» sociales. Histoire)

Femmes (Charité. (2) : 1772-1776. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], dans Rousseau juge Jean-Jacques, auteur de :
«J’ai toujours trouvé autant de bassesse que de fausseté dans cette maligne ostentation de bienfaisance, qui n’avait pour but que d’en avilir l’objet.» 744
N.B. Bien que ne concernant spécifiquement ni «les femmes», ni «la charité», il m’est apparu nécessaire de citer ce jugement si pertinent de Rousseau.

Femmes (Charité) (3) : 1787. Marie-Armande Gacon-Dufour [1753-1835], dans son livre, Mémoire pour le sexe féminin contre le sexe masculin, [1787], écrit à l’auteur de Réflexions d’un jeune homme [1786], ceci :
«Que le Chevallier de Feucher, pour se convaincre de ce que je dis, se fasse ouvrir les registres des paroisses où sont inscrites les personnes bienfaisantes ; et il verra s’il y en a d’autres que les femmes. […]» 745
Et, concernant les «jeunes gens», elle écrit :
«Ne risquez pas de leur parler de charité, vous courez le danger de les entendre s’écrier sottement : avons-nous trop d’argent pour nos plaisirs ? des jeunes gens n’ont-ils pas toujours de nouveaux besoins ? Et nos maîtresses ? Et nos habits ? et nos chevaux ? […]» (Cf. Hommes, Politique. Charité, Sexe-s […])

Femmes (Charité) (4) : 1790. Jules Michelet [1798-1874], évoquant diverses initiatives des femmes, en 1790, écrit :
«Souvent les femmes font faire un service funèbre aux morts de la Bastille. Ajoutez d’immenses charités, des distributions de vivres ; ou, bien mieux que la charité, la communauté des vivres, les tables ouvertes à tous746 (Cf. Politique. Charité, «Sciences» sociales. Histoire. Révolution française)

Femmes (Charité) (5) : 1843-1844. Flora Tristan [1803-1844], dans son Journal, à des femmes qui s’affirmaient : «femmes de charité», répondit :
«Non, mesdames, vous n’êtes que des femmes d’aumônes.» 747

Femmes (Charité) (6) : 1896. Séverine [1855-1929], auteure de :
- «[…] La charité, la douce, tendre, adorable Charité, sœur cadette de la Justice a fait sa tâche, donné jusqu’au sang de ses veines ; et aujourd’hui, se tort les mains, désespérée, devant l’échec de son effort, l’inutilité de son sacrifice, le néant de son abnégation. Sur le champ de bataille social, comme jadis, le même cri s’élève : «Ils sont trop» ! Ils sont trop, les sans-le-sou et les sans-pâture, les sans-souliers et les sans-gîte ; les mères au sein tari, les pères au cœur navré ; les enfants à bout de forces ; les vieux à bout de résignation ! […]
- La charité qui, ayant l’arbitraire pour base, laisse donc beaucoup à désirer, mais qui, somme toute, en attendant mieux, est encore la plus noble inspiration de l’âme humaine, parce qu’elle procède de l’esprit de justice, ne peut plus rien. Minime ou grandiose, elle est débordée : on n’aide plus les affamés qu’à prolonger leur agonie ! Jusqu’ici, ils se résignent ; et c’est tant mieux pour les possédants. Mais si, demain, ils se révoltaient ? […]
- Le grand Pan est mort - La Charité a vécu ! Est-ce à dire qu’on doit y renoncer ? - Jamais ! Tant qu’on n’aura pas changé l’ordre social. Il faut au contraire s’y adonner passionnément, éperdument ; mais reconnaître que l’unique Justice, l’espérée, l’attendue, peut seule, par une répartition plus égale des biens de ce monde, remédier au fléau. […]» 748

Femmes (Charité) (7) : Fin XIXème siècle. Je lis dans un livre consacré à Karen Blixen [1885-1962], concernant l’une des sœurs, à la fin du XIXème siècle, au Danemark, ceci :
«Elle avait hérité en grande partie de l’idéalisme de sa tante et d’un peu de sa lourdeur. Elle devint une jeune femme tourmentée et inquiète, à la recherche d’un idéal ou d’une cause qui aurait mérité qu’elle y consacrât sa vie - d’abord le socialisme, puis la reconquête du Sud du Jutland alors aux mains des Allemands. Dans le même esprit d’engagement, elle voulut faire plus tard de son improbable mariage une réussite et, devenue une riche mère de famille, elle se lança dans les bonnes œuvres en fournissant abris et nourriture aux chômeurs.»
- Là encore, le mépris, le déni de ses engagements politiques. 749 (Cf. Politique. Charité)

Femmes (Charité) (8) : 1940. Je lis dans le livre de Michel Winock concernant la vie de sa mère et son enfance à Arcueil, dans les années 1940 :
«Ces sœurs de Saint-Vincent-de-Paul exerçaient un vrai rôle social dans notre banlieue rouge. Outre l’assistance aux malades, l’école maternelle, elles offraient un des rares lieux de retraite pour les vieilles filles et les veuves nécessiteuses. […]» 750 (Cf. Femmes. Veuves)

Femmes (Charité) (9) : 1950. Je lis l’histoire suivante évoquée en 1950 :
«Lors d’un bombardement à Londres [pendant la Seconde guerre mondiale], une bombe avait balayé la maison d’une vieille dame ; celle-ci se tenait en face de l’employé du Bureau d’Assistance, les cheveux épars, entremêlés encore de morceaux de plâtre, ses vêtements couverts de poussière de la tête aux pieds. Mais, même là, après une terrible épreuve, cette femme hésitait avant de signer un reçu pour le secours qu’on allait lui verser et, regardant l’employé du Bureau d’Assistance, elle demanda : ‘Dites, ce n’est pas de la charité, n’est-ce pas ? ’ On l’assura que non, que ce n’était pas de la ‘charité’, que c’était un droit pour les gens de toutes classes, et elle signa la feuille, manifestement soulagée que, même une bombe, ne l’ait pas contrainte à accepter la charité.» 751 (Cf. Femme. Conscience de Classe. Bourgeoise)
- De la permanence des effets des humiliation inhérentes aux ancestrales pratiques de la charité et des obligations qui en découlaient, y compris, peut être ici, émanant d’une personne qui l’avait non pas reçue, mais prodiguée…

Femmes (Charité. Sullerot Evelyne) (10) : 2012. Lorsque Evelyne Sullerot [1924-2017] évoque ses activités de «terrain», «la pratique», elle le définit en ces termes : «essayer d’aider les femmes les plus défavorisées dans certains cas». 752
Là, s’exprime, notamment par la conditionnalité, l’un des liens historiques entre le féminisme et la charité ; là s’exprime, de manière flagrante, les graves limites des liens entre politique et charité. (Cf. Femmes. Charité, Féminisme. «Sciences» Humaines. Sociologie, Politique. Charité)

Femmes («Cheval») : 1967. José-Luis de Vilallonga [1920-2007], auteur en 1967 de :
- «Ça n’existe pas ‘les femmes’. Il y a une femme, puis une autre, et encore une autre. C’est comme les chevaux. J’en ai monté des centaines. […]»
- «Dans ma vie, j’ai passé beaucoup de temps à dîner avec des femmes du monde. Et je me suis souvent dit : ‘Quel dommage que l’on ne puisse pas dîner en tête à tête avec un cheval
- Il raconte enfin, alors qu’adolescent, il était «chez les jésuites, à Barcelone», «un vieil écuyer» lui avait dit : «Vois-tu, mon petit, un cheval, c’est comme une femme, il ne faut pas être plusieurs à le monter753(Cf. Êtres humains, Femmes. Animalisation, Politique. Animalisation du monde)

Femmes («Chiennes») : 1972. Léo Ferré [1916-1993], auteur, dans sa chanson : «Nous sommes des chiens» de :
«[…] Et nous ne sommes pas contre le fait qu´on laisse venir à nous certaines chiennes / Puisqu´elles sont faites pour ça et pour nous», et ce, quelques lignes après avoir écrit : «Des armes et des mots c´est pareil / Ça tue pareil». (Cf. Êtres humains. Femmes. Animalisation, Politique. Animalisation du monde)

Femmes («Cent millions. Deux fois») : 2012.
Entendu : «On sait qu’il y a, dans le monde, à peu près cent millions de femmes qui sont éliminées tous les ans, [par l’avortement des fœtus de petits filles, infanticides à la naissance, ou de négligence des filles au profit des garçons] 754 ; on sait qu’il y a dans le monde, à peu près cent millions de femmes sont excisées tous les ans. […]» 755
- Cent millions (deux fois) de femmes : une broutille. (Cf. Êtres humains. Enfants)

Femmes (CICR) : 2012. Frédéric Joly, [porte-parole du Comité International de la Croix Rouge, concernant la Syrie, auteur, le 7 juillet 2012, de :
«Ce qui est important, c’est que les belligérants (?) reconnaissent un espace humanitaire (?) dans lesquels sont protégés par nature (!), les blessés, les malades et tous les civils qui ne font pas partie du conflit (!), des violences (!) ; je pense essentiellement aux femmes, aux enfants et aux personnes âgées». Et il poursuit en souhaitant «pouvoir travailler en faveur des personnes qui n’ont rien à voir avec le développement des violences actuelles.» 756
- Les Syriennes, plus particulièrement, apprécieront.
- Il y a des institutions qui vieillissent vraiment mal…

Femmes (Chefs) : S’extasier de leurs exceptionnelles qualités. Évite d’avoir à s’interroger pour comprendre par quels processus les hommes se sont, en moins d’un siècle, accaparé quasi exclusivement le quasiment seul domaine - la cuisine - réservé aux femmes. Celui, en outre, où elles excellaient.

Femmes (Chômage) : 1932. Voici la description, dans l’entre deux guerres, en 1932, du congé d’un «fonctionnaire colonial» tel que présenté, dans les Carnets de Louis Guilloux :
«Boire, manger, dormir, voilà mon programme. De temps en temps, je fais une petite virée à Paris. Depuis qu’il y a du chômage, on a des femmes épatantes pour pas grand-chose.» 757 (Cf. «Sciences» sociales. Économie. Proxénétisme)

Femmes (Colère) : Si les femmes s’autorisaient plus de colère, et donc plus d’indignation, et donc plus de compréhension et d’intelligence d’elles-mêmes dans le monde, il y aurait beaucoup moins d’hommes violents, et les sociétés seraient plus et mieux vivables. La colère n’est pas qu‘émotion primaire, irréfléchie, immédiate, elle est aussi bonne conseillère, souvent nécessaire, contrairement à la fréquente affirmation contraire. (Cf., Politique. Indignation, «Sciences» sociales. Psychanalyse, Violences faites aux femmes)

Femmes (Comment les faire disparaître) (1) : 2017. George Sand [1804-1876] est qualifiée par France Culture de «métisse sociale [«écartelée entre eux mondes»]». 758 (Cf. Proxénétisme. Proxénètes. Clients. Comment les faire disparaître)

Femmes (Comment les faire disparaître) (2) : 2017. M. Pascal Perrinaud, évoquant une historienne américaine, la présente ainsi : «c’est un enfant d’un ouvrier blanc américain.» 759

Femmes (Communes à tous) (1) : À la genèse - plus ou moins refoulée - de toutes les pensées communistes (lesquelles n’en avaient pas pour autant l’exclusivité). Et de celles de tant d’hommes encore… (Cf. Femmes. Échange)

Femmes (Communes à tous) (2) : 1976. Lu, concernant une jeune fille qui était devenue mère après avoir ‘fait l’amour’ avec un homme de son village :
«‘Avec celle-là, il y a moyen’ : la brèche est faite, tous s’y pressent.» 760 (Cf. Êtres humains, Corps, Hommes, Politique. Frontières, Violences à l’encontre des femmes)

Femmes (Communistes) : En Russie en 1917, 2 % de femmes membres du parti bolchevik.
En France, en 1922, on comptait au parti communiste français : 20 femmes sur 1.100 cartes dans la Fédération du Gard, 5 sur 500 dans celle des Pyrénées Orientales, 30 sur 2500 dans le Rhône, 92 sur 1200 dans la ‘Seine-Inférieure’ et une sur 1600 dans la Corrèze, plusieurs autres fédérations n’ayant qu’un recrutement exclusivement composé d’hommes. 761
- Et l’on continue à écrire l’histoire (notamment) communiste, comme si cette réalité n’était pas politiquement fondamentale.

Femmes (Comparaison entre femmes. David-Neel Alexandra) : 1920. Alexandra David-Neel [1868-1969], le 26 juin 1920, qui revient d’une excursion de cinq jours au Tibet, écrit à son mari :
«Le but de ces excursions est de voir le pays, c’est évident, mais elles en ont une autre qui est d’éprouver mes forces. Eh bien ! je dois franchement confesser que le résultat de l’épreuve est loin de me satisfaire. Il ne me suffit pas de me dire que peu de femmes de mon âge et peu de femmes de n’importe quel âge, seraient capables de faire ce que je fais. Il n’est point question de concourir avec d’autres, mais d’être en état d’accomplir une chose donnée qui nécessite un effort donné, et comme, sous aucun prétexte, même si j’étais certaine d’avance que j’y resterais, je ne renoncerai à mon projet de voyage en Asie Centrale, je me chagrine un peu de me sentir un peu en dessous de ce qui est requis. [...]» 762
- La suite prouvera qu’elle fut, lors de ses futurs voyages, bien «en dessus» de ce qui fut requis.

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (1) : 1724. Voltaire [1694-1778] écrit le 26 septembre 1724, à Nicolas-Claude Thieriot [1697-1772] :
«Dites à Madame de Bernière les choses les plus tendres de ma part. […] Je fais plus de cas de son amitié que de celle des nos bégueules titrées de la cour auxquelles je renonce de bon cœur pour jamais par la faiblesse de mon estomac et par la force de ma raison763

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (2) : 1729. Voltaire [1694-1778] écrit (vers) février 1729, à Nicolas-Claude Thieriot [1697-1772], concernant les Mémoires de la Grande Mademoiselle, duchesse de Montpensier [1627-1693], imprimés en partie en 1718, puis interdits. :
«Par dieu, les princesses de sang écrivent comme des femmes de chambre. Je n’en suis pas étonné ; je n’ai jamais fait une grande différence entre les unes et les autres764

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (3) : 1729. Voltaire [1694-1778] écrit le 18 avril 1729, à Charlotte Clayton [?-1742] :
«Je souhaite pour l’honneur de Versailles et pour le progrès de la vertu et des lettres que nous puissions avoir ici quelques dames comme vous. Vous voyez que mes souhaits sont sans bornes765

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (4) : 1730. Voltaire [1694-1778] écrit le 12 décembre 1730 à Mademoiselle Dangeville [comédienne. 1714-1796] :
«Paraissez-y (dans son rôle) désespérée, et vous allez désespérer vos rivales766

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (5) : 1735. Voltaire [1694-1778] écrit le 3 novembre 1735, à M. Thieriot [1697-1772], concernant Madame du Chatelet [1706-1749]) :
«Ce qu’elle a fait pour moi dans l’indigne persécution que j’ai essuyée, et la manière dont elle m’a servi m’attacherait à son char pour jamais, si les lumières singulières de son esprit, et cette supériorité qu’elle a sur toutes les femmes ne m’avait déjà enchaîné767

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (6) : 1736. Voltaire [1694-1778] écrit le 8 décembre 1736, à M. de Cideville [169-1776] :
«Quand vous serez las de votre maîtresse, il faut venir voir l’héroïne [Madame du Chatelet. 1706-1749] et le palais de Cirey [...].» 768

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (7) : 1754. Voltaire [1694-1778] écrit le 27 octobre 1754, à Louise-Dorothée von Meinigen, duchesse de Saxe Gotha [1710-1767] :
«Votre Altesse Sérénissime daigne faire des compliments à ma nièce : elle ressent cette extrême bonté avec la plus respectueuse reconnaissance. Mais malgré tout l’héroïsme de son amitié pour moi, je lui sais mauvais gré d’être venue me consoler à Colmar. Elle y fait le bonheur de ma vie mais elle m’empêche d’être à votre cour. Elle me fait à la fois beaucoup de bien et beaucoup de mal769

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (8) : 1760. Voltaire [1694-1778] écrit le 17 novembre 1760 à d’Alembert [1717-1783] :
«Mille respects à Madame du Deffand [1697-1780]. Comptez qu’il y a peu de femmes qui aient autant d’esprit qu’elle770

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (9) : 1760. Voltaire [1694-1778] écrit le 16 décembre 1760, au comte [1700-1788] et à la comtesse d’Argental [1703-1774] :
«J’avoue que Madame d’Argental m’étonne toujours. Je ne crois pas qu’il y ait encore une dame dans Paris capable de faire ce qu’elle a fait […]» 771

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (10) : 1761. Voltaire [1694-1778] écrit le 2 janvier 1761 à M. Ponce-Denis Écouchard Le Brun [?-?] :
«Nous prenons soin de toutes les parties de son éducation (concernant la petite nièce de Corneille, âgée 17 ans) […] Elle apprend l’orthographe ; nous la faisons écrire ; vous voyez qu’elle forme bien ses lettres, et que ses lignes ne sont point en diagonale comme celles de quelques-unes de nos Parisiennes772

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (11) : 1761. Voltaire [1694-1778] écrit le 15 janvier à la marquise Du Deffand [1697-1780] :
«Je commence d’abord par vous excepter, Madame ; mais si je m’adressais à toutes les autres dames de Paris, je leur dirais, c’est bien à vous, dans votre heureuse oisiveté, à prétendre que vous n’avez pas un moment de libre !» La suite pour mieux vanter ses propres occupations… 773

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (12) : 1761. Voltaire [1694-1778] écrit le 16 août 1761, à Étienne de Lafargue [1728-1795], après avoir évoqué les «beaux vers» qui lui avait été envoyés par lui :
«Les belles (femmes) reçoivent froidement les cajoleries ; mais les laides y sont fort sensibles774

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (13) : 1764. Voltaire [1694-1778] écrit le 3 juillet 1764, à Anne-Marie Cholier, baronne de Verna [?-?] :
«Bien peu de dames cherchent à s’instruire ; c’est un grand avantage que vous avez sur elles.» 775

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (14) : 1764. Voltaire [1694-1778] écrit le 11 août 1764 à Anne-Marie Cholier, baronne de Verna [?-?] :
«Comptez Madame, que les vraies consolations sont dans la philosophie. Une malade pleine d’esprit et de raison est infiniment supérieure à une sotte qui crève de santé776

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (15) : 1764. Voltaire [1694-1778] écrit le 19 septembre 1764 à Marie-Anne Piquet du Bocage [1710-1802] :
«Je ne connaissais point vos agréables lettres sur l’Italie ; elles sont supérieures à celle de Madame de Montaigu. […]»
- Il la qualifie par ailleurs comme étant «la première personne de son sexe et de son siècle777

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (16) : 1765. Voltaire [1694-1778] écrit le 14 août 1765 au Baron von Grimm [1723-1807], évoquant Catherine II de Russie [1729-1749]) :
«Cette souveraine qui m’a daigné écrire une lettre aussi philosophique que charmante vient de se signaler par deux actions dont aucune de nos dévotes n’est capable778
N.B. Il avait, le 24 juillet 1765, écrit à Catherine II de Russie [1729-1796] qu’il l’«admirait [notamment] pour avoir su réduire les prêtres à être utiles et dépendants

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (17) : 1767. Voltaire [1694-1778] écrit le 16 mai 1767, à la marquise du Deffand [1697-1780] concernant Catherine II de Russie [1729-1796] qu’il nomme «ma Catherine» :
«Je m’imagine que les femmes ne sont pas fâchées qu’on loue leur espèce et qu’on les croit capables de grandes choses. […]
Il y a loin de l’impératrice de Russie à nos dames du Marais qui font des visites de quartier. J’aime tout ce qui est grand et je suis fâché que nos Velches
(terme dénégateur pour Français) soient si petits779

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (18) : 1770. Voltaire [1694-1778] écrit le 5 octobre 1770 à la duchesse de Choiseul [1734-1801], après l’avoir comparée à Catherine II, impératrice de Russie [1712-1796] :
«En attendant, Madame [les succès militaires de la seconde], vous serez toujours pour moi la première des Françaises780

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (19) : 1771. Voltaire [1694-1778] écrit le 21 juin 1771, à Jean-François Marmontel [1723-1799] :
« J’ai eu deux jours cette très étonnante princesse [Princesse d’Aschkoff. 1743-1810] à Ferney. Cela ne ressemble point à vos dames de Paris. J’ai cru voir Tomyris [« reine légendaire (?), célèbre pour avoir mis fin au règne de Cyrus le Grand ; considérée comme la dernière reine des Amazones »] 781 qui parle français. » 782

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (20) : 1771. Voltaire [1694-1778] écrit le 6 juillet 1771, à Catherine II, [1712-1796] :
« En vérité, Madame, vous voilà la première personne de l’univers, sans contredit.[…] » 783

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (21) : 1771. Voltaire [1694-1778] écrit le 11 novembre 1771, à Madame de Dompierre d’Hornoy  [1715- ?] :
« Pour vous, Madame, qui voulez nourrir votre enfant, je vous loue de ce beau dessein qui n’est pas commun chez les dames de Paris. » 784

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (22) : 1772. Voltaire [1694-1778] écrit le 1er février 1772, à la marquise d’Argens [?- ?] (dont le mari vient de mourir) : «  C’est un prodige bien singulier qu’une dame, aussi aimable que vous l’êtes, ait fait un étude particulière des deux langues savantes [le latin et le grec] qui dureront plus que toutes les autres langues de l’Europe. Vous avez la science de Mme Dacier [1645-1720] et elle n’avait point vos grâces. » 785

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (23) : 1774. Voltaire [1694-1778] écrit le 4 mars 1774, au duc de Richelieu [1696-1788], évoquant Catherine II de Russie [1729-1796] - qu’il nomme «ma Sémiramis du Nord» :
«C’est une dame unique ; elle se joue d’un empire de deux mille lieues, et fait mouvoir cette énorme machine aussi aisément qu’une autre femme fait tourner son rouet.» 786

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (24) : 1774. Voltaire [1694-1778] écrit le 26 mars 1774 à la marquise du Deffand [1697-1780] :
«  On parle français à la cour de l’Impératrice [Catherine II] plus purement qu’à Versailles, parce que nos belles dames ne se piquent pas de savoir la grammaire. » 787

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (25) : 1774. Voltaire [1694-1778] écrit le 6 juin 1774 à la marquise du Deffand [1697-1780] :
«  Soyez bien sûre que les sept ou huit jours que j’ai encore à vivre seront employés à vous aimer, à vous regretter, et à souhaiter qu’il y ait au moins dans Paris cinq ou six dames qui vous ressemblent. » 788

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (26) : 1774. Voltaire [1694-1778] écrit le 9 août 1774 à Catherine II [1729-1749], après s’être plaint d’«être en disgrâce» :
«Vous n’avez eu aucun égard pour ma vieillesse. Passe encore si Votre Majesté était une coquette française, mais comment une impératrice victorieuse et législatrice peut-elle être si volage ?»
- Ce à quoi Catherine II lui répondit :
« […] quoi qu’on vous dise, sur mon honneur, je ne suis ni volage, ni inconstante». 789

Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) (27) : 1774. Voltaire [1694-1778] écrit le 11 décembre 1774 au duc de Richelieu [1696-1788] évoquant une femme accusée d’avoir contrefait une écriture que «  la sienne était aussi mauvaise que celle de la plupart des femmes. » 790 (Cf. Corps. Voltaire, Femmes. Concurrence entre elles, Homme. Grossier. Remarquable. Voltaire, Patriarcat)

Femmes (Compétences politiques) : Et si les compétences politiques majeures et indépassables des femmes étaient leur connaissance des hommes ? On comprendrait mieux alors la nécessité des bâillonner. Et leur exclusion du Politique…

Femmes («Comptes») : Alors que l’on demande des comptes aux femmes, c’est si souvent - et le plus souvent - à elles d’en exiger. Mais, il n’est jamais trop tard.

Femmes (Confucius) : (Attribué à) Confucius :
«[…] Le roi Wu a dit qu’il avait lui-même dix ministres. Confucius dit :
«[…] Et le roi Wu n’avait que neuf ministres en fait, car l’un des dix était une femme.[…]» 791

Femmes (Concurrence entre elles) : 2015. Lu :
«La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, et la présidente du Front national, Marine Le Pen arrivent en tête du palmarès des femmes politiques avec respectivement 30% et 26% de voix, selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche.» 792
- La suite de la dépêche ressemble par ailleurs étrangement aux commentaires de l’arrivée du tiercé. (Cf. Femmes. Comparaison entre femmes. «Politiques», Politique. Front National. Parti, Sondages)

Femmes («Connasses») : 2013. Anne-Sophie Girard et Marie-Aldine Girard, auteures d’un livre publié dans la collection de poche J’ai lu, en 2013, intitulé : La femme parfaite est une connasse ! Sous-titre : Guide de survie pour les femmes ‘normales’.
- Imagine-t-on un livre intitulé : «Le juif parfait est un connard !». Sous-titre : «Guide de survie pour les juifs ‘normaux’» ?

Femmes («Consentantes») : 2016. Entendu sur France Culture, en 2016, le secrétaire national du Cégom, Collectif des États généraux de l'outre-mer, David Auberbach-Chiffrin :
«Notre jeunesse actuellement... je parle principalement par de la situation Antillaise…est bouffée par une espèce de modèle culturel États-Uniens pourri, pardonnez-moi l’expression, fondé sur l’économie de la drogue, qui est fondé sur la valorisation de l’argent facile, sur la valorisation de la possession de femmes, de jeunes femmes, toutes plus consentantes les unes que les autres, excusez-moi l’expression…Actuellement notre jeunesse est victime de ça..» 793 (Cf. Patriarcat, Politique, Proxénétisme)

Femmes («Contemplatives») : 1979. Un fort bon livre, celui de Catherine Baker, Les contemplatives, des femmes entre elles [1979] qui démontre que l’on peut conjuguer analyses, engagements féministes et respecter, comprendre et critiquer les religieuses dites «contemplatives» interrogées. [130 dans 170 monastères]. 794 (Cf. «Sciences» humaines. Sociologie)

Femmes (Criminelles) : Les femmes criminelles le sont devenues le plus souvent du fait des hommes. Constat primaire mais juste. Si reconnu, viderait considérablement le nombre de femmes en prison.

Femmes (Culpabilité) : 2006. Sabine Dardenne, l’une des victimes de Marc Dutroux, auteure de :
«La culpabilité est une arme aussi efficace qu’un révolver menaçant795 (Cf. Êtres humains. Relations entre. Culpabilité, Enfants. Conscience de soi)

Femmes («de chambre») : 1878. Le cardinal de Bernis [1715-1794] écrit dans ses Mémoires :
«[…] Rien n’est si dangereux pour les mœurs et peut-être pour la santé que de laisser les enfants [les garçons] trop longtemps sous la tutelle des femmes de chambres ou même dans la société des demoiselles élevées dans les châteaux. J’ajouterai que les plus sages d’entre elles ne sont pas toujours les moins dangereuses. On ose avec un enfant ce qu’on aurait honte de risquer avec un jeune homme. J’ai eu besoin de tous les sentiments de piété que ma mère avait gravés dans mon âme pour préserver ma jeunesse d’une trop grande corruption de mœurs796

Femmes («De pouvoir») : Les femmes - dites de - pouvoir ne font pas, quoi qu’en pensent certain-es, rêver les jeunes filles…À juste titre. De quelles vertus, de quelles qualités, de quelles ‘réussites’ peuvent-elles se prévaloir ? De quels modèles sont-elles porteuses ? Quelle vie, quel monde incarnent-elles ? C’est pourtant d’elles que les médias nous parlent, elles qu’ils nous vantent, sans cesse.
* Ajout. 27 juin 2017. Wishful thinking ?

Femmes («Défaite Historique des…») : Cause première de la violence du monde : ? En tout état de cause, une analyse d’Engels dont on ne tire jamais assez ni la pertinence, ni les enjeux, ni les conséquences. Ni ses limites analytiques…

Femmes (Défense des) : 2017. Plantu, caricaturiste et donc journaliste politique quasi quotidien du Monde depuis 1982, évoquant le discours d’Emmanuel Macron consacré aux violences contre les femmes, du 25 novembre 2107, s’exprime ainsi : «quand Macron avait parlé de la défense des femmes…». (Cf. Homme. Journaliste, Langage) 797 « La défense des femmes »?

Femmes («Délicates») : 1822. Stendhal [1783-1842], dans De l’amour, auteur de :
«La délicatesse des femmes tient à cette hasardeuse position où elles se trouvent placées de si bonne heure, à cette nécessité de passer leur vie au milieu d’ennemis cruels et charmants798
- Aujourd’hui, remplacer «femmes délicates» par «femmes séduisantes» et souhaiter que les tenant-es de la séduction-à-la-française-qui-fait-partie-de-notre-identité-et-que-le-monde-entier-nous-envie s’interrogent sur l’éventuelle pertinence de cette analyse de Stendhal.

Femmes (Dénis) : 1992. Colette Guillaumin [1934-2017], auteure de :
«Les femmes sont, en tant que groupe social, l’objet d’un déni de réalité : dès qu’il est visé en tant que tel, il n’existe plus, il se dissout dans les particularités.»
Les femmes n’étant pas un «groupe social», la suite de l’argumentation est-elle fausse ? Non. 799

Femmes (Dénis de grossesse) (1) : On ne comprend pas (si tant est que l’on puisse «comprendre» ce qui est si complexe) le déni de grossesse, indépendamment du déni de soi, du déni des femmes, du déni, de la méconnaissance, de la crainte, de la honte de leur corps, du déni de leurs souffrances (y compris du fait de la maternité, a fortiori en dehors des liens du mariage), du déni des violences du monde. Évident ? Banal ?

Femmes (Dénis de grossesse) (2) : Pour mieux appréhender ici la radicale opposition entre les hommes et les femmes, penser à la comparaison entre les «dénis de grossesses» et «les dénis de paternité». (Cf. Êtres humains. Corps. Patriarcat)

Femmes (Déportées dans les camps Staliniens) : 1939. Lu dans Déportée en Sibérie, le livre de Margaret Buber-Neumann [Après avoir été, communiste, arrêtée, avec son mari, en 1937 et déportée en Sibérie dans un camp de concentration, elle fut livrée par Staline à la Gestapo en 1940 et déportée à Ravensbrück jusqu’en avril 1945. 1901-1989] consacré aux camps Staliniens :
«[En 1939], Le nombre des ‘nouvelles’ s’accroissait de jour en jour. Des centaines de femmes arrivaient, victimes des lois récentes contre l’avortement. Elles étaient en général accueillies par des moqueries et des rires. » 800 Peu connu.

Femmes (D’exception) (1) : Cette formulation a le grand avantage de les isoler des autres femmes. Et de ne pas avoir à les comparer aux hommes.
* Ajout. 4 février 2015. Cette critique est aussi valable pour «Femme remarquable» que j’emploie.

Femmes (D’exception) (2) : 1979. Phyllis Chesler, auteure de :
«Les exceptions individuelles n’ont rien à voir avec la compréhension des règles et des forces auxquelles elles font exception. Le fait de se référer sans cesse à la doctrine des ‘exceptions individuelles’ ou de s’y raccrocher est généralement le propre de la lâcheté, de l’ignorance ou d’objectifs intéressés.» 801 Sévère et juste.

Femmes (D’exception) (3) : [Trois ans plus tard] : Le patriarcat ne se maintient qu’en singularisant - lorsque l’on ne peut plus les dénier - les femmes qui pensent la nécessité d’une pensée politique féministe anti-patriarcale. Afin de retarder l’émergence d’une contestation globale, ce qui est aussi le fait de toute pensée politique.

Femmes (Diderot) : 1769. Diderot [1713-1784], auteur de :
«S’il n’y avait point de femmes pour un méchant, il y aurait bien moins de méchants.» 802 La simplicité de l’expression n’exclue pas la profondeur de l’analyse… (Cf. Femmes. Beauté)

Femmes (Dignité) (1) : 1889. Bertha von Suttner [1843-1914], auteure, dans son roman, féministe, pacifiste, Bas les armes, en 1889, de :
«[…] Je prétendais ne donner mon cœur qu’à un homme digne de lui. […]» 803 (Cf. Femme. Remarquable)

Femmes (Dignité) (2) : 1986. Alice Sapritch [1916-1990], concernant son ex-mari Guillaume Hanoteau, auteure de :
«[…] Cet homme ne m’a pas mérité. […]. Il «ne s’est pas montré digne de recevoir ce que je lui apportais.» 804 (Cf. Femme. Artiste. Orgueil)

Femmes («Distinguées») : Dans sa jeunesse, il divisait les femmes en «femmes distinguées» et …les autres. En vieillissant, il eût été horrifié que l’on le lui rappelât.

Femmes (Échange des femmes. Voltaire) (1) : 1765. Voltaire [1694-1778] écrit, le 27 janvier 1765, au duc de Richelieu [1696-1788] pour lui recommander le fils d’un de ses amis, M. d’Hermanches :
«Il est actuellement dans votre service, et il a désiré comme de raison être présenté au général qui a le mieux soutenu la gloire de la France. Vous pouvez d’ailleurs le faire votre aide de camp auprès de Melle d’Épinay, ou de Melle Doligny, ou de Melle de Luzy, [comédiennes, présentées comme ayant été ses maitresses] attendu que vous ne pouvez pas tout faire par vous-même.» 805 (Cf. Homme. Grossier, Patriarcat, Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage)

Femmes (Échange des femmes. Voltaire) (2) : 1770. Voltaire [1694-1778] écrit, le 2 janvier 1770 à Catherine II, impératrice de Russie [1729-1796] dont les armées sont en guerre contre la Turquie. Voltaire, qui avait nombre d’informateurs, lui écrit :
«Il paraît un manifeste des Georgiens qui déclarent net qu’ils ne veulent plus fournir des filles à Moustapha [c’est ainsi qu’il nomme le chef de l’empire Ottoman]. Je souhaite que cela soit vrai et que toutes leurs filles soient pour vos braves officiers qui le méritent bien.» Et il termine par la leçon qu’il tire de cette légitimité des femmes comme butin de guerre :
«La beauté doit être la récompense de la valeur806
N.B. Il faudrait faire des recherches concernant la véracité de ce ‘manifeste’. (Cf. Politique. Guerre, «Sciences» sociales. Histoire)

Femmes (Échange des femmes. Gide André) (3) : 1928. André Gide [1869-1951], auteur, dans Le retour du Tchad [1928] de :
«Les Indigènes, d’après ce que nous dit Zigla (un des Noirs les plus intelligents que nous ayons rencontrés), auraient un plus grand nombre de femmes aujourd’hui, parce que, en cas de contestation, répudiation, ils trouvent facilement appui auprès du juge blanc pour se faire rendre la dot ; que d’autre part, ils n’ont plus à craindre les razzias ; et qu’enfin et surtout, si, pour payer l’impôt, le chef du village va trouver un indigène et lui dit : tu as plusieurs bœufs ; on va en vendre un pour parfaire la capitation, il ne peut opérer ainsi avec les femmes. Alors, il vaut mieux acheter une femme qu’un bœuf (Ajouter que l’indigène fait travailler la femme et ne fait pas travailler le bœuf.)» 807
Écrit, sans commentaire, ni jugement de Gide, l’anticolonialiste… (Cf. «Sciences» humaines. Anthropologie, Patriarcat)

Femmes (Échange des femmes. Guillaumin Colette) (4) : 1978. Après avoir écrit :
«On ne prend publiquement que ce qui vous appartient», Colette Guillaumin [1934-2017] poursuit :
«Pour approprier des hommes mâles, il faut une guerre… pas pour les hommes femelles, c’est à dire les femmes. Elles sont déjà propriété. Et lorsqu’on nous parle […] d’échange des femmes, on nous signifie cette vérité-là, car ce qui s’échange est déjà possédé ; les femmes sont déjà la propriété antérieurement de qui les échange.»
- Cette analyse s’avéra, pour moi, en son temps, une révélation. 808 (Cf. Femmes. «Femelles», Hommes. Concurrence entre eux)

Femmes (Échange des femmes. Sadoul Georges) (5) : 1990. Lu dans le Dictionnaire des films de Georges Sadoul [1904-1967] la présentation suivante de Sous les toits de Paris [René Clair. 1930] :
«Un chanteur des rues, après avoir été arrêté par erreur, se bat avec son meilleur ami qui lui a pris sa maitresse et, voyant qu’elle l’aime, le [la] lui abandonne.» 809 Simple comme bonjour…. (Cf. Culture. Cinéma)

Femmes (Échange des femmes. Kapuscinski Ryszard) (6) : 2002. Lu, dans le livre Ébène de Ryszard Kapuscinski [1932-2007], concernant «la culture africaine» :
«La culture africaine est une culture de l’échange. Si on me donne quelque chose, je dois le rendre. C’est un devoir, engageant ma fierté, mon honneur, ma qualité d’homme. C’est dans l’échange que les relations humaines prennent leur forme la plus noble. L’union de deux jeunes gens qui, à travers leur descendance, prolongent la présence de l’homme sur la terre et assurent sa pérennité, se fait précisément par le biais d’un échange entre deux clans : les femmes sont échangées contre des biens matériels indispensables à son clan. […]» 810
- Et c’est ainsi que la moitié de l’humanité africaine, fut, est toujours, sous couvert de description du réel, matérialisée, chosifiée. Ou plus justement, enfermée, confirmée, légitimée dans un statut d’objet ; sans interrogation, ni inquiétude. (Cf. Patriarcat)

Femmes (Écrits de) : Les écrits de femmes lus par un homme comédien : substitution, recouvrement, envahissement, mépris. Inconscience ? [Après avoir entendu Michael Lonsdale lisant une nouvelle de Virginia Woolf, dans laquelle le «je» est pourtant explicité] 811
- Vrai aussi pour les chansons évoquant la vie des femmes. Comparer Filles d’ouvriers de Jules Jouy chanté par Marc Ogeret, par Serge Utge-Royo avec l’interprétation de Michelle Bernard. (Cf. Culture, Femmes. Artistes)

Femmes (Église catholique.1989) : 1989. À la lecture du compte rendu de la rencontre organisée au Bourget de l’Action catholique général féminine (ACGF), les 21-22 octobre 1989, 117 femmes ont participé au Point-Rencontre intitulé : «Je suis mal à l’aise dans l’Église», j’ai relevé le constat de deux d’entre elles :
- «Le Pape dit si fort et si haut des choses qu’il n’y a plus rien à dire. Je pense que chaque personne a sa conscience
- «Dans l’Église, le Pape parle aux femmes d’atteinte à la vie dans la contraception. On ne combat pas aussi fort d’autres atteintes à la vie : Torture, régime totalitaire, armement nucléaire.» 812

Femmes (Enfant-s) : «Je ne veux pas, je ne veux plus d’enfant-s». Traduction notamment onusienne, modern-style : «Les femmes doivent être informées de [et /ou : faire valoir et / ou : exercer et/ ou lutter pour…] leurs droits reproductifs et sexuels». (Cf. Enfants, Langage)

Femmes (Esclavage) : 1975. Simone de Beauvoir [1908-1986], auteure de :
«Il me semble que, dans les siècles futurs, on regardera avec autant d’étonnement la manière dont les femmes sont traitées aujourd’hui dans notre société que nous regardons l’esclavage dans la démocratie athénienne, par exemple.» 813 Pertinent.

Femmes (Esclaves. France Culture) : 2017. Après avoir évoqué le livre : La mulâtresse solitude, signé de son mari., André Schwartz-Bart. 1972], Simone Schwartz-Bart, auteure de :
«L’Histoire de Solitude, c’est l’histoire de cette petite fille qui a été abandonnée par sa mère. Pourquoi ? Parce que sa mère avait été violée sur le navire qui l’emportait en Guadeloupe comme c’était la coutume. La coutume en en ces temps-là, c’était l’appareillade. Donc, les marins s’emparaient des femmes, violaient les femmes, les esclaves, qui se trouvaient dans les cales pour augmenter leur prix et qu’elles soient enceintes et qu’elles portent déjà un fruit dans leurs entrailles, un fruit qui pourrait déjà servir déjà de future main d’œuvre à l’acheteur.» 814
- Ce constat bouleversant, qui à lui seul bouleverse nombre de théories concernant l’esclavage et la patriarcat, fut sans transition, suivi par la phrase de Martin Quenehen : «Puisqu’on est dans les paysages…»
Comment ne pas être scandalisé-e de ce qu’un responsable, producteur, journaliste de tant d’émission à France Culture puisse dire cela, sans autre conséquence…
C’est grave, très grave… (Cf. Femme. Écrivaine. Homme. Journaliste, Violences à l’encontre des femmes)

Femmes (Espionnes) : 2017. Entendu, en 2017, sur France Culture :
«On disait jadis, qu’avec les traitres, les femmes faisaient d’excellents espionnes parce qu’elles savaient tirer les confidences, et, comme disait Béria [1898-1953], le n° 1 du NKVD, les hommes sont si petits au lit.» 815 (Cf. «Sciences» sociales. Histoire. Historiographie. Patriarcale)

Femmes (Estime) : Ce que la société pardonne le moins aux femmes, c’est qu’elles s’estiment. C’est logique : elles échappent non seulement aux jugements les concernant, mais aussi, potentiellement, à ceux portés sur toutes les femmes : dès lors, aucune critique concernant «les femmes» n’a potentiellement plus de prise. Et chacun-e sait que ce qu’un dominant - quel qu’il soit - ne peut accepter, c’est que l’on n’ait plus peur ni de lui, ni de son pouvoir ; ou, plus justement - mais là, cela nous concerne tous et toutes - c’est d’être confronté à un «soi» délesté de son, de ses pouvoir-s. Les féministes ne peuvent s’exclure, concernant les jugements qu’elles se portent entre elles, de cette réflexion. (Cf. Être humain. Soi, Homme. Pantalon, Féminisme)

Femmes (État) : 2015. Une femme, en juillet 2015, concernant le mari dont elle souhaitait se séparer, dit : «Il ne voulait pas s’en aller (de leur appartement). Il fallait donc que je parte.»
- Une autre voulait, en septembre 2015, demander 200 euros de dommages et intérêts concernant un homme poursuivi pour avoir photographié les femmes et les jeunes filles nues (dont sa fille) dans des douches d’un camping.
- Un trop grand nombre de femmes ont si peu conscience que l’État et donc la justice puisse personnellement les concerner que dès lors il leur difficile de penser que l’État donc la justice puissent contribuer à régler les questions auxquelles elles sont confrontées dans leur propre vie. Et si on ne peut que le regretter, c’est compréhensible : c’est sans elles et contre elles que l’État depuis des siècles s’est construit, et que le concept de «vie privée» qui les a politiquement juridiquement, niées, continue ses ravages. (Cf. Politique. État)

Femmes (Excréments) : 1974. Dans le film de Luis Bunel [1900-1983], Cet obscur objet du désir, repris du livre de Pierre Louÿs [1870-1925], La femme et le pantin [1898], le majordome de Mathieu Faber [André Stévenol dans le roman] «énonce cet axiome : ‘Les femmes […] ce sont des sacs d’excréments.» 816 (Cf. Culture. Cinéma)

Femmes (Et…) : Signe manifeste d’une absence de et/ou d’une insuffisante pensée féministe. 817

Femmes (Face cachée des hommes) : Les femmes, la face cachée des hommes ? D’où la nécessité de les contraindre au silence, pour les y maintenir…

Femmes (Faibles) (1) : Marivaux [1688-1763], auteur, dans l’une de ses pièces, de : «Mais que les hommes aient l’audace de nous mépriser comme faibles, pendant qu’ils prennent pour eux toute la commodités des vices, et qu’ils nous laissent toute la difficulté des vertus, en vérité, cela n’est-il pas absurde ?» 818
Faibles et vertueuses versus forts et vicieux… (Cf. Femmes. Vertu)

Femmes («Faibles») (2) : Qualifier les femmes de «faibles» [pauvres, précaires, etc..] c’est, sous couvert de constat, l’entériner et faire en sorte qu’elles le deviennent un peu plus. Aucune politique effective ne peut être fondée sur de pseudo constats qui ne sont que des conséquences de politiques mises en œuvre, légitimées par des siècles de rapports de domination.

Femmes («Favorites» des rois) : Rivarol [1753-1801], auteur de :
«On sait qu’il est de bonnes mœurs, en France, que les reines soient consolées des infidélités de leurs époux par la malveillance publique contre les favorites.» 819
Et c’est aussi, avec ces pseudo constats, ainsi que l’on nie les femmes. (Cf. Mœurs)

Femmes («Femelles») : 1993. Lu dans le livre d’Élisabeth Schemla, Édith Cresson. La femme piégée [1993] concernant les (multiples) raisons de la décision de nommer Édith Cresson, premier ministre : «Les conseillers en communication de Mitterrand lui répètent que les valeurs d’aujourd’hui sont femelles820
- À ne pas oublier lorsque quiconque évoque «les valeurs» de la République… (Cf. Femme. Politique. Cresson Édith, Politique)
* Ajout. 22 février 2018. «Mâle» n’est pas le contraire de «femelle».

Femmes (Formation) : 1970. Lu dans le Journal d’une assistante sociale en 1970 :
«Elle était sortie avec un C.A.P (Certificat d’aptitude professionnelle : premier diplôme d’enseignement dit technique) de couturière. Malheureusement dans la région, il n’y a pas de ces usines qui récupèrent les couturières aux doigts agiles pour les mettre au montage avec un salaire d’O.S (Ouvrièr-es spécialisé-es : traduire non qualifié-es) puisqu’elles n’ont pas le bon C.A.P de montage ou de bobinage qu’il leur faudrait pour mériter un meilleur salaire, le C.A.P qu’elles n’obtiendront jamais, puisqu’il n’existe pas, comme un fait exprès. Et du travail de couture, il n’y en a pas.» 821 Cette politique au cœur de la division sexuelle du travail fut délibérée et se perpétue, sans divers avatars…(Cf. Patriarcat. Division sexuelle du travail)

Femmes («[un] formidable moteur scénaristique et un accélérateur émotionnel») : 2017. Dans un film d’Arte, intitulé Pedro Almodóvar, Tout sur ses femmes, je lis :
«En près de quarante ans de carrière, Pedro Almodóvar a toujours offert à ses actrices des rôles très forts. Dans ce documentaire, Carmen Maura, Victoria Abril, Rossy de Palma, Bibiana Fernández, Emma Suárez et Adriana Ugarte brossent avec délicatesse un portrait tout en féminité du cinéaste espagnol. […]
Incarnant la femme par excellence, à l’instar d’une Ava Gardner ou d’une Rita Hayworth, Penélope Cruz, l’interprète principale de ce film, est celle pour laquelle il avoue avoir éprouvé la plus grande passion. Mais, chez Almodóvar, les femmes sont aussi imparfaites, travesties ou transsexuelles. Leur dénominateur commun : constituer un formidable moteur scénaristique et un accélérateur émotionnel822 (Cf. Culture. Cinéma)

Femmes (Fouque Antoinette) : 2008. Antoinette Fouque [1936-2014], auteure, en 2008, de :
«Globalement, les femmes s’en sortent bien823

Femmes («au Foyer») : 1931. Maria Montessori [1870-1952], lors d’une conférence donnée à la Faculté de médecine de Paris, le 2 avril 1931, dit justement :
«Ceux qui défendent à l’enfant de se mouvoir mettent des obstacles à la construction de sa personnalité.»
- Que dire alors des femmes dite «au foyer», si souvent enfermées, étouffées, dans le dit foyer, dans lequel si souvent les enfants, les filles d’abord et avant tout, étaient eux /elles aussi empêché-es de «se mouvoir824 (Cf. Enfants)

Femmes (Fragiles et / ou vulnérables et / ou précaires) : Remplace progressivement les «faibles femmes», trop connoté XIXème siècle. Signifie la même chose. Les hommes les rejoignent.

Femmes (Françaises) (1) : En France, il est ‘acquis’ que les femmes sont «libres». Le fait qu’à l’étranger, elles sont souvent qualifiées de «faciles» est rarement posé comme sujet de réflexions sémantiques. (Cf. Femmes Libres. Sarkozy Nicolas, Patriarcat)

Femmes (Françaises) (2) : Le mépris des femmes et son cortège de violences m’apparaît progressivement avec force comme le dernier rempart de l’identité française : sans pétrole, sans idées, un PIB en berne, une croissance nulle, une dette qui explose, un État dissous dans l’Europe et la mondialisation. Mais les femmes françaises sont toujours bien cotées sur le marché mondial : une valeur sûre, à entretenir, à valoriser lorsque les autres s’effondrent. (Cf., Être-s Humain-es. Mode. Luxe, Proxénétisme)

Femmes (Françaises) (3) : 1753. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Marie-Elisabeth de Dompierre de Fontaine [sœur de Madame Marie-Louise Denis, nièces de Voltaire] le 31 août 1753, [concernant les vols, agressions, et l’emprisonnement dont Madame Denis [1712-1790] fut victime à Francfort, alors qu’elle était munie d’un «passeport du roi de France», auteur de :
«Si on avait traité ainsi une anglaise, la nation ne le souffrirait pas, mais on fait aux françaises tout ce qu’on veut, et on ne s’en inquiète pas825 (Cf. Justice. Voltaire)

Femmes («Frigides») (1) : 1894. Freud [1856-1939], auteur de :
- «Il faudrait se demander comment il se fait que l’anesthésie [«absence de sentiment de volupté»] soit de façon aussi prépondérante, le trait distinctif des femmes. Un homme anesthésique renoncera bien tôt au coït ; la femme, elle, on ne lui demande pas son avis. […]
- Les femmes arrivent très souvent à l’acte sexué (se marient) sans amour. […]
- Elles sont ensuite frigides et le restent.» (17 décembre 1894) 826 (Cf. Violences. Gilbert Tordjman)

Femmes («Frigides») (2) : 1960. Pierre Reboul, dans son Introduction à au roman Lélia [1833, 1839] de George Sand [1804-1876], auteur de :
«Ne mâchons pas les mots : Lélia est frigide. Louise Vincent, André Maurois plus récemment, bien d’autres aussi, ont estimé que la confession (sic) de George Sand s’étendait à ce comportement (sic)». 827

Femmes («Frigides») (3) : 1981. Luce Irigaray, auteure de :
«[…] Quand une femme vient me trouver et me dit qu’elle est frigide, je lui dit : ‘Je ne sais pas ce que ça veut dire. Je ne crois pas une seconde à la frigidité des femmes.’» 828 (Cf. Sexe-s […])

Femmes (Fumier) : 1960. Une ouvrière, en Belgique, dans les années 1960, l’une de celle que l’on nommait «les femmes-machines» de l’usine de Herstall - la F.N - rapporte la phrase par laquelle les conducteurs de car faisaient le transport entre l’usine et leur domicile les qualifiaient. Ils disaient :
- (Traduit du Wallon) «Je vais chercher la charrette de fumier». 829

Femmes (Fusil) (1) : Deuxième guerre mondiale [Waffen SS.] :
«Ton fusil, c’est ta femme». 830 (Cf. Politique. Guerre)

Femmes (Fusil) (2) : À comparer avec : «This is my rifle / This is my gun (leur sexe). One’s for Killing / The other’s for fun» (Chanté, hurlé par les Marines américains) (Cf. Politique. Guerre, Sexe-s […])

Femmes (Fusil. Armes) (3) : 1965. Concernant les armes des combattant-es Viêt-Cong contre l’armée américaine, on lit dans le reportage de Madeleine Riffaud au Vietnam en 1965 831 :
«Toutes prises peu à peu sur l’armée américaine, les armes des compagnies étaient ainsi les ‘filles’ des uns des autres. Leurs servants les entretenaient avec des soins jaloux.» (Cf. Politique. Guerre, Sexe-s […]))

Femmes (Ghiliak) : 1890. [Ile de Sakhaline] Lu dans Tchékhov [1860-1904] :
«Quant aux femmes, elles sont toutes égales dans l’absence totale de droits, qu’il s’agisse de la grand-mère, de la mère ou d’une fillette au berceau ; on ne les respecte pas plus que les animaux domestiques, qu’un objet qu’on peut jeter ou vendre, ou qu’un chien qu’on chasse à coups de pieds. Encore que les chiens, les Ghiliak les caressent parfois, les femmes jamais. Ils attachent moins d’importance à une noce qu’à une banale ribote, en ne l’entourant d’aucun rite religieux ou païen. Le Ghiliak troque un épieu, une barque ou un chien contre une jeune fille qu’il emmène dans sa iourte et avec laquelle il s’étend sur une peau d’ours - un point, c’est tout.
La polygamie est admise mais ne semble pas très répandue, bien que les femmes soient apparemment plus nombreuses que les hommes.
Le mépris du Ghiliak envers la femme, considérée comme un être inférieur, atteint un tel degré qu’il ne trouve nullement répréhensible de la réduire en esclavage au sens le plus direct et le plus dur de ce mot. Selon le témoignage de Schrenck, ils emmènent souvent des femmes aïno en captivité ; il est probable que la femme est pour eux un objet de commerce au même titre que le tabac et le calicot832 (Cf. Droit, Famille. Polygamie, Justice, Patriarcat, Politique. Égalité)

Femmes (Gitanes) : 2012. Avoir entendu, le 11 septembre 2012, dans l’émission Les pieds sur terre (France Culture) celle, intitulée Les gitanes de Saint-Jacques, m’a laissée, un moment, sidérée. Et puis, le constat de l’impuissance de ces femmes - tant se révèlent dans leurs violences des siècles de domination non contestée - se fait jour. Évoquer, selon l’antienne féministe, le recours à la loi, apparaîtrait grossier, accusateur, indécent, irresponsable. Et l’on est en réduit-e à constater que si notre société n’a à ce jour rien fait pour faire cesser ces monstruosités, plus encore, elle ne fera rien à l’avenir. Que faire alors ? (Cf. Droit, Patriarcat, Violences contre les femmes)

Femmes (Gloire) : 1746. Madame du Chatelet [1706-1749], dans son Discours sur le bonheur [1744-1746], publié après sa mort, auteure de :
«[…] Il est certain que l’amour de l’étude est bien moins nécessaire au bonheur des hommes qu’à celui des femmes. Les hommes ont une infinité de ressources pour être aimé qui manquent entièrement aux femmes. ils ont bien d’autres moyens d’arriver à la gloire, et il est sûr que l’ambition de rendre ses talents utiles à son pays et de servir ses concitoyens, soit par son habileté dans l’art de la guerre ou par ses talents pour le gouvernement, ou les négociations, est fort au dessus de [celle] qu’on peut proposer pour l’étude ; mais les femmes sont exclues, par leur état, de toute espèce de gloire, et quand par hasard, il s’en trouve quelqu’une qui est née avec une âme assez élevée, il ne lui reste que l’étude pour la consoler de toutes les exclusions et de toutes les dépendances auxquelles elle se trouve condamnée par état
- Et c’est pourquoi, plusieurs siècle après, les filles réussissent mieux dans leurs «études» que les garçons… 833 (Cf. Femme. Remarquable. Madame du Chatelet, Patriarcat. Hommes / femmes)

Femmes (Grégoire Ménie) : 1965. Ménie Grégoire [1919-2014], en 1965, avant donc son rôle d’animatrice radio sur RTL, Allo Ménie ! de 1967à 1982], auteure de :
«[…] Une femme est un être sexué qui adopte, pour la réaliser, une image conforme aux normes de la société. Être une femme, c’est choisir un rôle, une place particulière, conforme aux représentations collectives de son époque et de son cadre. Les sociétés d’ailleurs sanctionnent la réussite ou l’échec de l’entreprise, disant de deux être identiques ou bien : ‘C’est une vraie femme’, ou bien : ‘ce n‘est pas une femme’834 Forte critique en 1965…. (Cf. Femmes. Lesbiennes)

Femmes («Grosses») : 1969. Je lis dans un Dictionnaire des femmes célèbres de 1969 que :
- L’actrice Louise Contat [1760-1813] «gagnée par un embonpoint fâcheux, dut se restreindre aux emplois de mère»,
- Mademoiselle Gorge 51787-1867], elle aussi actrice, «longtemps d’une beauté sculpturale, qui faisait d’elle la type même de la ‘reine de la tragédie‘ prit vite un embonpoint abusif [et] quitta la scène en 1849».
- «Les maternités incessantes de Madame de Montespan [1640-1707], contribuèrent à sa ruine : son teint s’était fripé et elle avait pris ‘une grosse vilaine taille’.»
- Marguerite de Valois [1553-1615], surnommée par son frère la Reine Margot, fut, lorsqu’elle reparut à la Cour en 1605 «accueillie par des rires ; elle avait conservée les modes de sa jeunesse, [et] était devenue obèse et chauve…» 835

Femmes (Grossesses) : 2017. Le 24 septembre 2017, je lis une publicité affichée sur la pharmacie de la rue des Ecoles : un test de grossesse (américain), est vendu 0,99 euros. En décembre, elle ne coutait plus que : 0,77 euros.

Femmes (Héroïnes) : 2004. Juliette Gréco, auteure de [en réponse à la question : «Vos héros dans la vie ?»] : «Toutes les femmes anonymes.» 836
- Dans le même sens, Sandrine Bonnaire concernant sa mère : «une héroïne de la vie». 837
- Mais à féminiser le qualificatif de «héros», le fondement sur lequel celui-ci s’est construit est re-légitimé, alors qu’il devrait être détruit. Processus de pensée fréquent dans les analyses féministes. (Cf. Femme. Mère, Hommes. Héros, Penser. Admiration, Politique.)

Femmes (Hiérarchie. Entre elles) (1) : 2015. Lu, dans le livre de Roselyne Bachelot, La petite fille la Vème, concernant l’épouse de Giscard d’Estaing :
« [En 1979] Invité un jour dans une de ces garden-parties élyséennes, je vis arriver Anne-Aymone Giscard d’Estaing, divinement habillée d’organdi blanc par Scherrer, avec capeline et fichu à la Marie-Antoinette, escortée à 50 centimètres par Ève Barre (épouse du premier ministre). Derrière elles trottinaient en se dandinant les épouses des ministres par ordre protocolaire : le spectacle était irrésistible. Un sénateur me glissa à l’oreille : ‘On se croirait à Versailles !» 838
- Irrésistible, peut être, mais qu’en est-il de la hiérarchie à laquelle elle même doit quotidiennement se plier ? (Cf., Femme. Épouse de. Femmes. Comparaison, Hommes. Politiques, Politique)

Femmes (Hiérarchie. Entre elles) (2) : 1997. Dans ses Mémoires, Gorbatchev, nouvellement nommé en 1980 au Comité Central du parti communiste écrit :
«Raïssa [son épouse.1932-1999] ne parvenait pas non plus à s’habituer à ce nouveau système de relations. En fait, elle n’a jamais pu trouver sa place dans le groupe des ’épouses du Kremlin’ et ne se lia intimement avec aucune d’entre elles. Ces réunions de femmes la frappèrent particulièrement par le climat qui y régnait, imprégné de morgue, de suspicion, de flagornerie, de sans-gêne. À quelques nuances féminines près, ce monde des ‘dames’ reflétait la hiérarchie des maris.[...]» 839
- Certes, mais qu’en est-il de la hiérarchie, de la flagornerie…comme principe structurant du monde notamment soviétique ? Notamment…(Cf. Femmes. Féminin, Femmes. Comparaison, Patriarcat, Hiérarchie, Politique)

Femmes (Identités) : 2017. Lu, écouté sur France Culture :
«Sœur, travailleuse, compagne, citoyenne, mère, artiste...’la femme moderne est susceptible d'une multiplicité de définitions’». 840
Ne définir les femmes que par une multiplicité d’identités, c’est s’interdire d’interroger les différents pouvoirs qui les assignent ou non à ces diverses fonctions, c’est s’interdire de dévoiler les structures politiques patriarcales qui définissent ces identités ; dès lors invisibilisées, elles ne peuvent plus être nommées, différenciées, analysées, dénoncées.
En sus, poser d’emblée ces identités multiples, c’est aussi, sinon nier, du moins rendre beaucoup plus difficile la recherche de la singularité de chaque femme.

Femmes (Images d’elles-mêmes) : Dans ce que les femmes reprochent aux hommes, se trouve aussi nécessairement l’image qu’elles se sont construites d’elles-mêmes, dont elles ont été dépendantes, dont elles ont payé le prix, en les ayant suivis, aimés, admirés, respectés, quittés. (Cf. Féminisme. Patriarcat)

Femmes (Imaginaire) : Dominé. Notamment par Bécassine, Delly, Berthe Bernage, Christophe (La famille Fenouillard), leurs prédécesseurs/euses et leurs avatars modernes. Curieusement - ou plutôt, non, dois-je dire par honnêteté - je n’arrive pas y intégrer la Comtesse de Ségur, tandis que, avec du recul, je m’interroge : Le Prince Éric (ne vivant qu’entouré de beaux jeunes hommes solidaires, et bien peu progressiste, pour employer un euphémisme) s’avéra-t-il un antidote ?
* Ajout. 27 juillet 2016. Je viens de relire Les petites filles modèles de la Comtesse de Ségur : Oh là là ! Que de dévoilements, que de refoulements…

Femmes (Impuissantes) : Les femmes, la moitié de la population, politiquement, en tant que telles, impuissantes. (Cf. Politique)
* Ajout. 18 février 2018. Je lis autrement, sous l’angle de ce prisme de vue, le titre du livre [2008] de Mariette Sineau : La force du nombre [Femmes et démocratie présidentielle]. 841 (Cf. Homme. Impuissant)

Femmes («Inactives») : 1835. Lettre d’Angélique Arnaud [1797-1884] à Caroline Simon [1802-?], le 1er avril 1835 :
«[…] Nous voulons bien souffrir, mais souffrir à notre manière. […] Toi, Caroline, tu aurais accepté les périls de la navigation, les privations qui t’auraient escorté sur la terre d’Égypte [projet Saint-simonien], les veilles d’un hospice de charité. Et l’inaction t’abat. Tu tournes contre toi même toute l’inactivité de ton esprit et de ton cœur. Je connais bien cette position, amie. J’ai eu des jours où j’aurais préféré les émotions de la persécution, la perspective de l’échafaud au calme plat qui m’environnait, où j’aurais changé la paix de mon existence contre la plus orageuses des destinées.» 842

Femmes (Intellectuelles) : Pour paraphraser J.J Rousseau [1712-1778] qui constatait, et sans doute entérinait, l’analyse selon laquelle : «[Les femmes] sont comme des courbes dont les sages sont les asymptotes ; ils s’en rapprochent sans cesse, mais n’y touchent jamais. » 843, on pourrait encore en France, en 2016, tout au moins dans la conscience d’un grand nombre d’entre eux, écrire : Les intellectuelles sont les asymptotes des intellectuels : elles s’approchent sans cesse d’eux mais ne les touchent jamais. (Cf. Féministes. Intellectuelles)

Femmes (Intelligentes) (1) : 1859. Stuart Mill [1806-1873], auteur, en 1859, de :
«Qui peut calculer ce que perd le monde dans cette multitude d’intelligences prometteuses doublées d’un caractère timide qui n’osent pas mener à terme un enchaînement d’idées hardies, vigoureux et indépendant de peur d’aboutir à une conclusion jugée irréligieuse ou immorale ?» 844 (Cf. Hommes. Féminisme)

Femmes (Intelligentes) (2) : 2015. Danielle Mérian, auteure, en 2015, de […] :
«Vous connaissez des femmes intelligentes qui ne sont pas féministes 845 (Cf. Féminisme)

Femmes (Intelligentes) (3) : 1897. Baudelaire [1821-1867], auteur de :
«L’amour des femmes intelligentes, un plaisir de pédéraste846 (Cf. Culture. Baudelaire)

Femmes (Intelligentes) (4) : 2017. Lu dans Le Monde, le 4 mars 2017 :
«Dans son ouvrage Les faiseuses d’histoire (La Découverte. 2011), la philosophe et mathématicienne, Laurence Bouquiaux raconte avec subtilité cette manière de se monter ‘soumise et docile’ pour faire oublier qu’on ne se sent pas tout à fait à sa place. Elle évoque ainsi, dans les milieux universitaires ‘les bonnes élèves, bosseuses, voire besogneuses, qui savent qu’elles sont tolérées pour autant qu’elles restent inoffensives.’
‘Nous [les femmes] laissons parler les hommes (dans les réunions, dans les colloques et même, peut être, dans les livres) parce que beaucoup de nos collègues ne nous pardonneront d’être intelligentes que si nous renonçons à être brillantes.» 847 (Cf. Homme «Intellectuel». France. Fraisse Geneviève)

Femmes (Intelligentes) (5) : 1656. Pierre Costar [1603-1660], archidiacre, correspondant, ami de Madame de Lafayette [1634-1693], dans une lettre qu’il lui adressa, en février 1656, écrit :
«Quelque fier que je sois naturellement, je n’aurais pas de peine à vous demander pardon d’avoir jugé si peu favorablement la force de votre esprit […]» 848
- Quatre siècles après, certains pourraient s’inspirer de cet hommage…peut être intéressé…

Femmes (Jouir) : 1791. On lit, en 1791, dans les Lettres bougrement patriotiques de la mère Duchêne, journal de femmes «patriotes», le seul défendant et soutenant la Révolution française, ceci :
«Le diable ne sera pas toujours à notre porte. Nous méritons bien jouir ; car nous avons bougrement souffert…» 849 (Cf. Homme. Jouir, Histoire. Révolution française)

Femmes (Lâcheté) : 1971. Doris Lessing [1919-2013], auteure, dans sa préface au Carnet d’or, de :
«Ce que les femmes disent entre femmes, quand elles grommellent dans leur cuisine, se plaignent, papotent, ou ce qu’elles manifestent clairement dans leur masochisme, c’est bien souvent la dernière chose au monde qu’elles articuleraient à voix haute – un homme pourrait les entendre. Cette lâcheté des femmes s’explique par leur condition de semi esclavages qui a duré si longtemps. Le nombre de femmes prêtes à se battre pour ce que vraiment elles pensent, éprouvent, vivent auprès d’un homme qu’elles aiment est vraiment infime. La plupart des femmes s’enfuient comme des petits chiens sous un jet de pierre dès qu’un homme leur dit : ‘Tu n’es pas féminine, tu es agressive, tu menaces ma virilité’.
Je crois fermement qu’en épousant, ou même en prenant au sérieux un homme qui use de ces menaces, une femme mérite tout ce qui peut lui arriver. Car cet homme là est une brute…[…]» 850
Critique, pertinente ; mais pour être légitime, progressiste, n’aurait-il pas fallu que les rapports de domination soient préalablement posés ?

Femmes (Lesbiennes) (1) : Consacrer 15 items (comme je fais ici) aux femmes dites lesbiennes, est-ce consacrer l’hétérosexualité comme norme ? Oui.
Aborder le lesbianisme comme je le fais ici ne permet pas d’aborder l’analyse de la question de la contrainte à l’hétérosexualité. Plus encore, elle l’évacue. Mais cet Abécédaire, en sa forme actuelle, le peut-il ?

Femmes (Lesbiennes) (2) : Une femme lesbienne à une amie hétérosexuelle : «Mais tu ne te rends pas compte de ce dont tu te prives !»
L’évidence de cette phrase m’a souvent interrogée, à plus d’un titre…

Femmes (Lesbiennes) (3) : Elle était poétesse, épouse de procureur, mère de six enfants, féministe, délicieuse : au cours d’une discussion, elle déclara si simplement que l’un des regrets de sa vie était de n’avoir pas vécu de relation lesbienne. Un bon et beau souvenir, plein de leçons…

Femmes (Lesbiennes) (4) : Elle refusait d’être qualifiée de féministe de crainte d’être reconnue comme lesbienne. D’un autre temps ? Pourtant vécu.

Femmes (Lesbiennes) (5) : C’est en lisant la correspondance d’Élisabeth Lacoin, dite Zaza [1907-1929], et notamment ses lettres écrites à ses deux amies Geneviève de Neuville et Simone de Beauvoir [1908-1996] que je me suis mieux rendue compte à quel point qualifier quelqu’un-e d’homosexuel-el / lesbienne [ou non] était certes grossier, mais surtout si terriblement restrictif, répressif ? ; et que, concernant les relations entre Simone de Beauvoir et Élisabeth Lacoin, les supputations, certes légitimes, autour d’«amours saphiques», à fortiori l’emploi du terme de «couple» paraissent de véritables contresens, trahissant leurs vies. 851 (Cf. Femme. Remarquable. Lacoin Elisabeth)

Femmes (Lesbiennes) (6) : S’interroger pour ‘savoir’ si Rosa Bonheur [1822-1899] était ou non lesbienne, pouvait ou non être qualifiée comme telle, ne m’intéresse que peu. Je m’interroge même si j’oserais porter un jugement en la matière. L’interrogation en revanche me permet de réfléchir plus avant sur la nature, les raisons et les significations de la question. (Cf. Femme (Remarquable. Bonheur Rosa), Sexe-s […])

Femmes (Lesbiennes) (7) : Lu sur Wikipédia concernant les relations entre Isadora Duncan [1877-1927] et Eleonora Duse [1858-1924] :
«[…] Elle passe [après la mort de ses deux enfants] plusieurs semaines dans un complexe au bord de la mer à Viareggo en compagnie de l'actrice Eleonora Duse. Le fait que Duse sortait tout juste d'une relation lesbienne avec la jeune rebelle féministe Lina Polletti alimenta les spéculations quant à la nature de la relation qui unissait Isadora à Duse. Néanmoins il ne fut jamais prouvé qu'elles furent engagées dans une relation amoureuse.»
- En d’autres termes, pour Wikipédia, la question non résolue - devant rester à jamais une «spéculation» - aurait été de savoir si ces deux femmes exceptionnelles auraient couché ensemble. Alors, elles mériteraient le qualificatif d’«amoureuses», et pourraient être qualifiées de lesbiennes, ou du moins de bi-sexuelles. Ignoble. (Cf. Femme Remarquable. Duncan Isadora. Duse Eleonora, Sexe-s […])

Femmes (Lesbiennes) (8) : 1971. 10 mars 1971. «Des femmes du MLF, choquées par le thème de l’émission radiophonique de Ménie Grégoire, ‘L’homosexualité, ce douloureux problème’, interviennent en direct et interrompent l’émission enregistrée en public. S’insurgeant contre la réduction de l’homosexualité à ‘un douloureux problème’, elles scandent : ‘Nous ne souffrons pas ! Liberté!’ […]» 852 (Cf. Femmes. Grégoire Ménie)

Femmes (Lesbiennes) (9) : 1997. Lu dans un «Questionnaire» (rédigé par Caroline, Sandra, Sarah. 1997), intitulé : «Quelle lesbienne êtes-vous», notamment sa cinquième question intitulée : «Votre vision de l’hétérosexualité» dont les sept alternatives étaient les suivantes : «a) : L’hétéro quoi ? / d) : un vice comme un autre / b) : de la collaboration pure et simple / f) : un déguisement qui vous colle à la peau depuis l’enfance / c) : une question personnelle, mais pas si politique que ça / e) Un homme qui couche avec une femme / g) Pour la procréation, une seule solution !» 853
- «Vice» ; «Collaboration» ; «Question» ; «Coucher» ; «Procréation»…

Femmes (Lesbiennes) (10) : 2007. Comme l’exprime et le critique justement Françoise Gaspard :
«Un couple de femmes devant nécessairement reproduire une alliance singeant l’hétérosexualité…» 854

Femmes (Lesbiennes) (11) : 2012. Thérèse Clerc [1927-2016], dans le film Les invisibles, auteure de :
«[…] Comment une vie bascule à travers une main qui s’aventure…» […] 855 (Cf. Femme. Remarquable)

Femmes (Lesbiennes) (12) : 2016. Benoîte Groult [1920-2016], auteure de :
«Je n’ai jamais été douée pour être lesbienne.» 856 (Cf. Femme. Épouse de)

Femmes (Lesbiennes) (13) : 2017. Marianne James, animatrice de télévision, auteure, d’après le titre de Elle, de :
«C’est mon drame de ne pas être lesbienne». 857
- À la lecture de l’article publié sur le net, je lis : «Aujourd’hui, elle reconnait même qu’elle aurait pu ‘être séduite par une femme bien dans son corps et sensuelle. […] Si j’avais été lesbienne, j’aurais pu avoir des enfants, une famille. Car je ne fais pas peur aux femmes’.»

Femmes (Lesbiennes) (14) : 2017. Entendu sur France Culture une appréciation concernant Audre Lorde [1934-1992] :
«Elle adorait les femmes». 858
Toutes les femmes ?

Femmes (Lesbiennes) (15) : 2017. Le 17 mai 2017, la liste EF-L ANEF («Liste Études féministes») informe du vernissage, le 1er juin 2017, à la Mairie du 4ème arrondissement de l’exposition intitulée : «Fières archives : documents autobiographiques d’homosexuels fin de siècle». Il n’est, sans ambiguïté, question que des «homosexuels» et de la «communauté homosexuelle». Je me suis demandée si cette liste dite «féministe» qui publiait avec autant d'assurance une info excluant ici formellement les femmes, ici les lesbiennes, était ou non une première…
- Une série de conférence suivra, dont l’une consacrés à «la mise en patrimoine des archives LGBT».
- À une question posée, même jour, concernant la présence de «documents sur les homosexuelles», la réponse fut : «À charge de regrouper les mémoires vivantes dans une commission de l'association Grey Pride, je confirme que des témoignages de femmes seniors LGBT+ sont actuellement enregistrées et archivés».
La réponse est claire : L’histoire des luttes homosexuelles - au grossier déni de l’histoire - est indissociable de la reconnaissance des dits LGBT. (Cf. Féminisme, Archives, «Sciences» sociales. Histoire)

Femmes (Lesbiennes assimilées aux ‘gays’) : Par quelles régressions féministes, les femmes [dites lesbiennes] qui aiment [sont plutôt attirées par] une ou des femmes ont-elles pu être assimilées aux hommes [dits gays] qui aiment [sont plutôt attirés par] - un ou des hommes ? : question à clarifier de toute urgence.
En l’état, et dans l’attente, délégitime bon nombre d’analyses d’associations gays, ainsi que les dits LGBT.

Femmes (de Lettres) : 1891. Lu dans le Journal de Jules Renard [1864-1910], à la date du 7 novembre 1891, lors d’une visite à Maurice Barrès [1862-1923], une répartie, notée par lui, de Willem Byvanck [1848-1925], lui, aussi présent :
«Il ne faut aimer les femmes de lettres que mortes.» (Cf. Haine des femmes)

Femmes (Livres de) : 1844. Flora Tristan [1803-1844], le 7 mai 1844, concernant les réactions, à Lyon, à la découverte de son livre L’union Ouvrière :
«On croit généralement que ce n’est pas moi qui suis l’auteur du petit livre. On le trouve trop bien écrit, trop bien pensé pour être l’ouvrage d’une femme - on pense donc que c’est un homme supérieur qui l’a fait, et qui n’osant pas se mettre en avant, je suis payée, moi, pour m’y mettre.» 859 (Cf. Penser, «Sciences» sociales. Histoire)

Femmes («Machines») (1) : 1830. Stendhal [1783-1842] dans Le rouge et le noir, met dans la bouche de M. Rénal, après que Madame de Rénal, «afin de pouvoir du moins pleurer en liberté» eut annoncé «un mal de tête affreux» :
«Voilà ce que c’est que les femmes, il y a toujours quelque chose de dérangé à ces machines compliquées.» 860

Femmes («Machines») (2) : 1966. En Belgique, le 16 février 1966, les ouvrières de la FN d’Herstal - appelées les «femmes-machines» - se lançaient dans un mouvement de grève de douze semaines. Considérée comme la première grève d’ampleur, cette lutte entra dans l’histoire comme la première grève sur la revendication : «à travail égal, salaire égal.» Mais, comme toutes les luttes, les enjeux étaient beaucoup plus complexes, beaucoup plus larges. (Cf. Luttes de femmes, «Sciences» sociales. Histoire)

Femmes («Maitresses») : 1773. Voltaire [1694-1778] dans une lettre en date du 19 mai 1773, accuse le cardinal de Richelieu [1696-1788] auquel il a dédié sa dernière pièce, les Lois de Minos - de «l’accable[r] de dégoût, et de le «traiter comme ses maitresses.» 861 (Cf. Être humain. Soi, Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage. Voltaire)

Femmes (Maitresses de maison) : 1954. Dans l’introduction d’un «Petit guide de sécurité familiale», intitulé, Les accidents à la maison publié en 1954 par les Éditions Sociales (maison d’édition du parti communiste français), je lis, sous la présentation : «Pour vivre heureux, vivez prudents» :
«Il suffit d’un oubli, d’une négligence, d’une seconde d’inattention pour que la maison familiale, symbole du bonheur quotidien, devienne le centre d’un drame. Une marche usée, un carreau descellé, une barre d’appui branlante et la maison trahit sa mission protectrice. Puis sont énumérés «les milles et un danger avec lesquels vous en devez prendre de risques inutiles, car votre sécurité, celle de vos enfants, se trouve entre vos mains.»
- Aussi, pour les éviter : «Il ne faut pour l’assurer, ni appareils compliqués, ni études très longues. Vous n’avez besoin que de mettre en œuvre les seules qualités qui sont les vôtres et celles de toutes les bonnes maitresses de maison : Ordre, Propreté, Soin, Bon sens, et d’appliquer inlassablement la même consigne : Prudence.» 862 (Cf. Famille, Patriarcat, Politique)

Femmes («Mal baisées») : 2015. Denise Cacheux, auteure de :
«J’ai été traitée de ‘mal baisée’, la première fois que je suis rentrée au PS, parce que j’avais dit qu’il n’y avait que des mecs à la tribune. Je leur ai répondu : «De la faute à qui, camarades ?» 863 Une réponse fondée et claire détruit la question. Et cloue le bec. (Cf. Femmes. Jouir)

Femmes (Malédiction) : La malédiction des femmes : la beauté ? la dot ? le mariage ? la maison ? l’intelligence ? la force ? l’indépendance ? les enfants ? un homme ? des hommes ? les hommes ? l’éducation ? le droit ? ... Chacun-e peut retirer, ajouter… (Cf. Patriarcat)

Femmes («Manager de femmes») : 2014. Maurice Lévy, «patron du Groupe Publicis», au Women’s Forum de Deauville [octobre 2014], auteur de :
«Je n’ai jamais été un bon manager de femmes [car j’ai toujours été intimidé par elles]».
Et il poursuit, pour récuser le principe des quotas, en se référant explicitement, positivement, à Élisabeth Badinter, «féministe», «Présidente du conseil de surveillance et deuxième actionnaire du Groupe(NDLR)» ; en d’autres termes, sa patronne. 864.
- L’expression de «manager de femmes» me fait penser à «dompteur de fauves», «gestionnaire de portefeuille», «responsable de plantation» et me fait froid dans le dos. Par analogie : «manager de juifs», «manager d’arabes»…(Cf. Femmes. «Connasses», «Sciences» sociales. Économie)

Femmes («Markets women») : 2017. Lu dans Le Monde, après l’échec d’Ellen Johnson Sirleaf aux élections présidentielles du 28 décembre 2017 :
«Les ‘market women’, qui s’étaient mobilisées pour faire élire la présidente en 2005, se sentent abandonnées par celle qui devait améliorer leur condition
Au lieu et place de «commerçantes» ? 865

Femmes (Mauvaise foi) : 1958. Simone de Beauvoir [1908-1986], à la question posée par Madeleine Chapsal : «  Dans Le deuxième sexe [1949], n’avez-vous pas dit que la plupart des femmes sont ou inconscientes ou de mauvaise foi ? » répondit : «  Non, je n’avais pas une si mauvaise opinion des femmes quand j’ai écrit Le deuxième sexe. Ce que j’ai dit, c’est qu’elles étaient ‘coincées’ , faites comme des rats ; alors évidemment, ça les accule à la mauvaise foi. » 866

Femmes (Médaille des évadés) : Il existe une «médaille des évadés» : la remettre ‘au goût du jour’ et l’instituer pour les femmes qui fuient leurs maris violents ? La «médaille de la résistance» pour celles qui les dénoncent ? Et la «croix de guerre» pour celles qui, après avoir été «occupées» par eux, les tuent ? (Cf. Politique. Frontières, Justice. Légitime défense)

Femmes (Ménagères) : 1950. Dans la Revue officielle du Salon des Arts ménagers, on lit :
- «Une maison bien et vivement tenue, n’est-ce pas pour nous, femme, la liberté ?» […]
- Titre de chapitres suivants : «Ménagères mais… ‘Mimi Pinson’» ; «Ménagère… mais ‘Artiste’ peintre» ; «Ménagère… mais toujours pressée» ; «Ménagère… mais souriante» ; «Ménagère… mais attrayante» ; «Ménagère… mais Musicienne, Poète, Fée» ; «Ménagère et… méthodique» ; «Ménagère et… Cordon bleu» ; «Ménagère et…adroite» ; «Ménagère et… économe». «Almanach des artistes ménagères».
- Et, en avant-propos : «Avant-première au salon des Arts ménagers. Les tablettes de Monsieur Ménage.» Tandis que l’éditorial de Marcelle Auclair s’intitule : «Ménagères mais.. Moralités ménagères». 867 (Cf. «Sciences» sociales. Économie Domestique)

Femmes (Menteuses) (1) : 1948. Au hasard des lectures, Nicola Berdiaev [1876-1948], en 1948, écrit :
«Les femmes sont plus menteuses que les hommes : le mensonge est une autodéfense qu’a engendré l’historique privation de droits de la femme [depuis que le patriarcat a succédée au matriarcat].» 868

Femmes (Menteuses) (2) : 2016. Juliette Rennes, en 2016, débute ainsi son article dans Le Monde diplomatique, intitulé Vieillir au féminin :
«Pourquoi les femmes mentent-elles davantage que les hommes sur leur âge ? Partant de cette question apparemment anodine, Susan Sontag […]. » 869

Femmes (Mineures. George Sand) : 1845-1850. En 1845, alors que la séparation des époux avait, en première instance, a été prononcée le 16 février 1836, George Sand [1804-1876] écrit :
«Aux termes de la loi, je ne peux emprunter ni pour un autre, ni pour moi-même, ni servir de caution puisque les femmes, mêmes celles de 40 ans, sont réputées mineures.» 870
- Il en est de même en 1846 :
«Je ne peux emprunter à un banquier à cause de ma qualité de femme mineure, c’est-à-dire de femme mariée.»
Et, en voici les conséquences concernant la propriété de ses propres écrits :
- Le 15 octobre 1845, son mari est toujours partie prenante du contrat qu’elle signa avec Giroud et Vialat pour Le péché de Saint Antoine 871, bien qu’il soit précisé qu’elle était «épouse judiciairement séparée de corps et de biens 872 d’avec François Casimir Dudevant».
- En 1847, l’absence de l’autorisation de son mari concernant la publication de La mare au Diable fut cause d’un conflit avec la Société des Gens de Lettres. Avant de pouvoir défendre son droit à la propriété de son œuvre, devant les Tribunaux, elle dut préalablement demander à son mari qu’il veuille bien l’autoriser de défendre son droit. Elle fournit ladite autorisation au Tribunal le 20 août 1847. 873
- En 1848, son mari - dans les mêmes termes - est toujours partie prenante du contrat qu’elle signe, le 15 août 1848, avec l’éditeur Paul Delavigne pour la publication de François le Champi. 874 Il en fut de même pour le contrat qu’elle signa avec Michel Lévy Frères pour La petite fadette, le 15 novembre 1848. 875
- Le nom de François Casimir Dudevant n’est en revanche plus cité dans le contrat qu’elle signa, le 18 et 20 octobre 1849 pour François le Champi, Le château des Désertes et La mare au diable avec Paul Delavigne éditeur. 876
- En 1850, George Sand écrit :
«Je ne suis pas dans la position des propriétaires aisés qui peuvent toujours emprunter tant qu’ils ont un petit capital au soleil. Je suis femme, c’est-à-dire mineure, séparée de mon mari légalement, et cependant toujours sous sa dépendance pour les affaires d’argent, tant les lois protègent mon sexe ! Je ne peux pas donner d’hypothèque sur ma propriété. Forcée d’emprunter pour les autres, dans les moments difficiles, je ne l’ai pu qu’en me servant pour sauver mes amis et mes parents pauvres, de la caution d’amis moins pauvres. Mais cette caution les expose à perdre leur argent si je meurs sans avoir payé. Mon mari et mon gendre n’auraient aucun scrupule d’invoquer la loi, et de leur laisser tout perdre.» 877
- Le droit de propriété au fondement de la France bourgeoise d’après 1789 : encore un mensonge…Il n’y a pas que le suffrage qui n’était pas universel…Quant à la liberté d’expression des femmes, elle aussi, une chimère, et encore un autre mensonge. (Cf. Droit. Patriarcal, Famille, Hommes, Justice)

Femmes (Ministres) : 1975. Maria De Lourdes Pintasilgo, Ministre Portugaise des Affaires sociales en 1974-1975, raconte :
«En 1975, Françoise Giroud avait organisé à Paris des Journées internationales de la femme. Elle y avait invité tout ce que le monde européen compte de femmes ministres ainsi que d’autres femmes exerçant des fonctions élevées dans l’administration, l’Université, etc.,…Quelques-unes des femmes ministres s’étaient déjà rencontrées ; on se voyait, on se passait des nouvelles rapidement : comment vas-tu ? que fais-tu ? etc.,
Soudain, la femme qui était à l’époque ministre de la Santé et de l’Environnement en Yougoslavie demande à une femme hollandaise, socialiste, elle aussi ministre de la Santé : «Et toi, que fais-tu ?». Elle lui répond : «A lot of nonsense ans a few nice things» («Une quantité de bêtises et quelques choses intéressantes.»
Démystifiant, donc utile. 878

Femmes (Misérables) : 1772. Mary Wollstonecraft [1759-1797], auteure, en 1792, de : «Si, quand une femme a trouvé un mari, elle considère qu’elle est arrivée à ses fins, et si, mesquine et fière, elle se contente d’une couronne aussi misérable, laissons la se traîner, satisfaite, aux pieds de son époux dans une situation qui l’élève à peine au-dessus des animaux.» 879
Difficile à lire, et donc à accepter, mais d’autant plus nécessaire. Peut être aisément modernisé en y incluant l’énergie mise par tant de femmes à «chercher», à «trouver» un amant, un compagnon, un homme, sans excès d’exigences, en y sacrifiant si souvent leur dignité, leur identité, leurs propres aspirations… (Cf. Femmes. Animalisation du monde, Politique. Animalisation du monde, Famille. Mariage)

Femmes (Mission) : 1869. Madame Edgar Quinet [? - ?], en 1869, auteure de :
«[…] La mission de l’homme est de lutter pour les principes, et la mission de la femme est de les mettre en pratique par des moyens modestes concentrées au foyer, d’où elles rayonnent au loin.» 880 (Cf. Femme. Épouse de. Edgard Quinet, Patriarcat)

Femmes («Mission Historique») : Pas plus que le prolétariat, pas plus que quiconque, les femmes ne sont investies d’aucune «mission historique». (Cf. Patriarcat)

Femmes («Mulets») : 2017. Sous le titre : Frontière de Ceuta : Décès dans une bousculade, je lis dans Le Figaro :
«’Ce matin, il y a eu une bousculade du côté marocain’, a expliqué un militant local, interrogé au téléphone depuis Rabat. Une femme d'une cinquantaine d'années est décédée, et quatre autres ont été blessées’, a précisé cet activiste, Mohamed Benaïssa, de l'Observatoire du nord des droits de l'Homme (ONDH). […]
‘Vers midi, commerçants et femmes-mulets qui traversent quotidiennement ont ensuite manifesté à Fnid'q pour dénoncer la situation’ au poste-frontière, selon Benaïssa. Fin mars, une autre ‘femme-mulet’ était décédée dans les mêmes circonstances, après avoir été piétinée. Les autorités de Ceuta avaient rénové fin février l'ancien poste-frontière, notamment pour améliorer les conditions de travail des porteurs de marchandises entre cette enclave espagnole et le Maroc, dont la très grande majorité sont des femmes. Elles avaient également annoncé un renforcement des mesures de contrôle, notamment le poids et les dimensions des colis portés par les travailleuses journalières. […]» 881 (Cf. Femmes. Animalisation du monde, Êtres humains, Politique. Animalisation du monde)

Femmes (Nationalisme) : 1999. Lu dans Imperium de Ryszard Kapuscinski [1932-2007] : «L’Europe occidentale s’étonnait de voir à la télévision de vieilles femmes misérables faisant la queue à Moscou devant une boulangerie et renonçant soudain à acheter du pain pour rejoindre les manifestants scandant : ‘Nous ne rendrons pas les Iles Kouriles !’ Mais de quoi s’étonner ? Les Iles Kouriles font partie de l’Imperium. L’Imperium fut bâti au prix de l’approvisionnement et de l’habillement de ces femmes, au prix de leurs bottes éculées et de leur appartement gelé, et ce qui est plus dramatique, au prix du sang et de la vie de leur mari et de leurs fils. Or, maintenant il faudrait rendre les ces îles (au Japon] ? Jamais.» 882 (Patriarcat, Politique. Nationalisme)

Femmes (Nombre) : 2014. Jean-Christophe Rufin, en 2014, lors de son intronisation à l’Académie française, auteur de :
«[…] On me dira que cette prestigieuse responsabilité occulte le fait que, du point de vue quantitatif, la présence féminine reste encore très minoritaire. C’est vrai. Pourtant, cette perception comptable du problème ne reflète en rien l’état d’esprit qui règne parmi nous. Les femmes, dans cette Compagnie ne sont pas un groupe, un nombre, un quota. Elles sont des personnalités singulières, chacune unique et précieuse, et leur apport ne se mesure pas à leur importance numérique. […]» 883 Une grossière entourloupe…(Cf. Langage. Académie française, Politique. Démocratie, Parité)

Femmes (Nous les…) : N’employer cette formulation qu’avec d’extrêmes précautions, en ayant préalablement pesé toutes les appropriations indues dont elle est porteuse et pris en compte toutes les conséquences politiques, qu’à chacun de ses usages, elle signifie et implique. Analyse valable concernant tous les «nous» : nous avons tous et toutes des identités multiples, évolutives. Et ajoutons que l’addition des innombrables «un-es» ne construit pas un «nous». (Cf. Langage. Genre. «Comme nous disons…», Penser. Nous)
* Ajout. 29 mai 2018. 1958. Pour comparaison. Simone de Beauvoir [1908-1986] en 1958, évoquant ses relations avec Jean-Paul Sartre dit : 
« Je ne peux parler de moi sans parler de lui. Et très souvent, je dis ‘nous’, à propos de voyages, ou de choses qui nous intéressaient ensemble.[…] Nous avons les mêmes souvenirs.» 884

Femmes (Occultation) : 1898. Lu dans les Mémoires d’un révolutionnaire de Pierre Kropotkine [1842-1921] concernant le Russie, dans les années 1860 :
«Tout ici était nouveau pour moi. C’était un village de ‘paysans de l’État’, c’est à dire de paysans qui n’avaient pas été serfs et jouissaient d’un bien être relatif, dû probablement au profit qu’ils retiraient de la toile tissée à la maison.» 885 (Patriarcat, «Sciences» sociales. Économie. Histoire)

Femmes (ONU. Commission de la condition de la femme. Débats annuels à la) : La plus forte concentration de confusions concernant «les femmes», à ce jour jamais égalée. À l’exception des études dites queer ? J’ai souvent pensé démontrer cette assertion. J’ai fini par y renoncer : il faut lire ces textes et tenter de les comprendre... 886 (Cf. Droit. CEDAW. Réserves)

Femmes (Orgasme) : 2017. Brigitte Lahaie, présentée par France Culture, comme «l’icône de l’âge d’or du X français», auteure de :
«Je défie toute femme, à peu près normale, de ne pas avoir un orgasme si elle tombe sur une très bonne langue.» 887 (Cf. Être humain. Corps, Homme. Plaisir, Pornographie. Corps, Sexe-s [...])
* Ajout. 4 février 2018. La même déclara, le 10 janvier 2018 :
«On peut jouir d’un viol», tandis que le 12 janvier, elle déclara en pleurs :
«Je regrette que ça a été mal comprise et surtout sorti de son contexte. C'est malheureusement une vérité. J'aurais peut-être dû ajouter ce 'malheureusement', en disant 'malheureusement, on peut jouir pendant un viol ce qui rend la reconstruction encore plus difficile'. Ce que je voulais dire - parce que je connais par cœur ces questions de sexualité, c'est que parfois, oui, le corps et l'esprit ne coïncident pas. C'est quand le corps et l'esprit ne coïncident pas que ça crée encore plus de difficultés.» 888
En l’écoutant, j’ai d’abord pensé aux médias - aujourd’hui silencieux - qui, pendant des dizaines d’années, lui ont conféré et laissé la responsabilité de l’«éducation sexuelle» des français-ses.

Femmes («Ornements décoratifs») (1) : 1754. Voltaire [1694-1778], dans une lettre à la comtesse de Lutzelbourg [1683-1765] en date du 23 septembre 1754, auteur de : «On mande que la langueur, la misère et la consternation sont dans Paris. Il y a toujours quelques belles dames qui vont parer les loges […].» 889

Femmes («Ornements décoratifs») (2) : 1755. Voltaire [1694-1778], dans une lettre à Marie-Élisabeth de Dompierre de Fontaine [1753-1810, nièce de Voltaire, sœur cadette de Madame Denis), le 4 mai 1755, lui écrit :
«Je suis excédé d’ouvriers : consolez-moi et embellissez ma maison par vos ouvrages. Ils me seront un gage que vous y viendrez l’années prochaine. Vous et vos dessins, vous serez l’ornement de ma retraite890 (Cf. Homme. Grossier. Voltaire)

Femmes («Ornements décoratifs») (3) : 1774. Voltaire [1694-1778], dans une lettre au comte d’Argental [1700-1788] en date du 30 décembre 1774, auteur de :
«Nos loges [de la Comédie française] sont parées de femmes qui ne savent jamais de quoi il s’agit, à moins qu’on ne parle d’amour891

Femmes («Ornements décoratifs») (4) : 1775. Voltaire [1694-1778], dans une lettre à Madame de Saint-Julien [1730-1820], le 1er octobre 1775, lui écrit :
«  Nous travaillons toujours à force, nous bâtissons réellement une ville [Ferney] dans l’espoir que vous viendrez l’embellir quelque fois de votre présence. »
- Voltaire avait préalablement écrit, la concernant, le 21 août 1775, au comte d’Argental [1700-1788] : «  Sa maison sera très jolie et fera le plus précieux ornement de notre colonie naissante. »892

Femmes («Ornements [décoratifs]») (5) : 1810. Lu dans les Mémoires de Fouché [1759-1820] concernant le mariage de Napoléon [1769-1821] avec Marie-Louise d’Autriche [1791-1847], le 1er avril 1810 :
«Le lendemain, la bénédiction nuptiale fut donnée à Napoléon et à Marie-Louise par le cardinal Fesch, dans une des salles du Louvre garnies de femmes resplendissantes de parures et de pierreries893

Femmes («Ornements [décoratifs]») (6) : 1822. Lu dans De l’amour de Stendhal [1783-1842] :
«Je n’ai de ma vie été frappé et intimidé de la présence de la beauté comme ce soir, à un concert que donnait Madame Pasta. Elle était environnée, en chantant, de trois rangs de jeunes femmes tellement belles, d’une beauté tellement pure et céleste, que je me suis senti baisser les yeux par respect, au lieu de les lever pour admirer et jouir894

Femmes («Ornements [décoratifs]») (7) : 1831. Lu dans Les lettres de Chateaubriand à Madame Récamier, une note concernant Delphine Gay [1804-1855] qui venait d’épouser Émile de Girardin [1806-1881] :
[Delphine Gay] «avait été l’un des ‘ornements‘ poétiques du salon de Madame Récamier où elle avait récité quelques-uns de ses premiers vers». 895

Femmes («Ornements [décoratifs]») (8) : 1833. George Sand [1804-1876], dans Lélia, évoquant la vie de Trenmor, le décrit notamment comme «celui qui volait sur les flots de la belle Venise, entouré de femmes, de parfums et de chants, dans sa gondole rapide896

Femmes («Ornements [décoratifs]») (9) : 1839. Lu dans les Lettres de Russie d’ Astolphe de Custine [1790-1857] concernant le mariage religieux de Nicolas 1er [1796-1855] avec la Grande duchesse Marie [1819-1876], le 14 juillet 1839 :
«Les premières dames de la cour de Russie et les femmes des ambassadeurs de toutes les Cours…garnissaient le tour de la chapelle […]» 897

Femmes («Ornements [décoratifs]») (10) : 1901. Lu dans le Journal de l’Abbé Mugnier [1853-1944], à la date du 16 mai 1901 :
«J’aime les beaux salons à boiseries dorées, à glaces, à lustres. J’aime les salles à manger parées de fleurs et de femmes. La mondanité est en moi, incorrigible898

Femmes («Ornements [décoratifs]») (11) : 1902. Dans le compte rendu du procès de Henri Vidal «le tueur de femmes», on lit dans Le Matin, le 5 novembre 1902 :
«En haut dans la tribune du fond de la salle, c’est une corbeille fleurie et abondante de femmes en toilettes de printemps», suivi, le lendemain, de : «Là-haut, dans les tribunes, les toilettes sont nombreuses, plus nombreuses de jour en jour». 899 

Femmes («Ornements [décoratifs]») (12) : 1939. Maurice Chevalier [1888-1972] dans Paris sera toujours Paris chante pendant la guerre :
« Paris sera toujours Paris / La plus belle fille du monde / Ah ! Ah, si vous pouviez voir la corbeille de jolies femmes que nous avons ce soir / Vous n’pensez pas que c’est encore une richesse naturelle du pays, ça  ? ! / Paris sera toujours Paris / On peut limiter ses dépenses / Sa distinction, son élégance / N’en ont alors que plus de prix  / Paris sera toujours Paris » (Cf. Culture. Patriacale, Proxénétisme. « Sciences » sociales. Économie )

Femmes («Ornements [décoratifs]») (13) : 1970. Barbara Koster, étudiante, citée par Daniel Cohn-Bendit, par engagement révolutionnaire, établie en usine en Allemagne en 1970 se souvient :
«C’était un monde très chaleureux. Je me sentais protégée et parfaitement à mon aise. Bien sûr, dans un atelier où les deux tiers des ouvriers étaient des hommes, j’étais confrontée au rôle toujours ambigu qu’on réserve aux femmes. D’un côté, elles améliorent le décor. C’est agréable pour les hommes, et l’ambiance s’en trouve tout de suite sexualisée. Par contre, c’était très nocif pour mon travail politique. […]» 900

Femmes («Ornements [décoratifs]») (14) : 1974. Lu, cité dans La traversée d’une vie de Françoise Rosay [1891-1974] :
«La salle [de théâtre] était d’une rare élégance, constellée de jolies femmes et de célébrités parisiennes.» 901

Femmes («Ornements [décoratifs]») (15) : 1995. Discours d’Alain Juppé, premier ministre, le 19 octobre 1995, lors de ‘l’installation’ à Matignon de l’«Observatoire de la parité entre les hommes et les femmes» :
«Vous l’avez sûrement constaté, j’ai voulu montrer la voie en prenant (sic) douze femmes dans mon gouvernement. C’est certes un symbole, mais c’est surtout un message clair adressé au pays : il faut rompre avec les conservatismes qui nous ont trop longtemps privés de tout ce que les femmes peuvent apporter à la vie politique. Ainsi, si j’ai choisi ces femmes, ce n’est pas pour mettre des touches de couleur sur les photos prises sur les perrons des palais nationaux, mais c’est parce que j’avais besoin d’elles pour m’aider à réformer notre pays, et le rendre plus juste et solidaire902
N.B. Deux mois plus tard, le 7 novembre 1995, six mois après la composition de son gouvernement, le 17 mai 1995, huit d’entre elles seront évincées….

Femmes («Ornements [décoratifs]») (16) : 2017. Lu dans un article consacré à la fille de Donald Trump en 2017 :
«Brillante femme d’affaires, mère de trois enfants, conseillère de son daddy : Ivanka Trump est la jolie vitrine de sa famille903

Femmes («Ornements [décoratifs]») (17) : [Pour comparaison]
- 1762. Voltaire, qui avait notamment récemment reçu à Ferney le maréchal de Richelieu, dans une lettre adressée à Élie Bertrand [1713-1797], écrit le 7 octobre 1762 :
«Ma cour a été suffisamment garnie de pairs, mon cher philosophe.»
- XVIIIème siècle. Le cardinal de Bernis [1715-1794] concernant le cardinal de Polignac [1661-1742] écrit, dans ses Mémoires :
«[…] cet homme, si distingué par sa naissance, son esprit et ses dignités fut réduit à faire l’ornement des académies904
- 1943. Lu dans À propos de la question coloniale…de Simone Weil [1909-1943] :
«Pour des Anglais vivant en Inde, pour les Français vivant en Indochine, le milieu humain est constitué par les blancs. Les indigènes font partie du décor.» 905
- 1911. Dans le même sens, Alexandra David-Neel, dans une lettre d’Inde adressée à son mari, évoque, le 19 novembre 1911, à Madras, une traversée en bateau «dans une barque pittoresquement garnie d’indigènes.» 906

Femmes (Paraître) : 1908. Malwida von Meysenburg [1816-1903], dans Le Soir de ma vie, suite des Mémoires d’une idéaliste, auteure de :
«Être est le meilleur remède au désir de paraître.» 907
Les femmes n’étant pas seules à [être accusées de] vouloir «paraître», valable aussi, bien sûr, pour les hommes. (Cf. Êtres humain-es, Langage. Verbe. Être)

Femmes (Paroles) (1) : Si les dires des femmes dans les cabinets d’avocat-es, et, plus largement, lors des discussions entre elles, concernant leurs (ex) maris et (ex) amants, leurs collègues et patrons, leurs voisins et amis, les hommes en général, étaient publics, il y aurait largement de quoi faire exploser toutes les sociétés. Et, qui sait ?, les révélations de Wikileaks ne pourraient-elles pas - à quel terme ? - apparaître comme de la roupie de sansonnet ? (Cf. Femmes. Silences)

Femmes (Paroles) (2) : 1772. Concernant le constat, si souvent entendu : «La parole des femmes s’est libérée», ne pas oublier, cité, le 13 septembre 1772, par Voltaire [1694-1778], «le mot du Cardinal de Mazarin [1602-1661] :
«‘Laissons-les dire et qu’ils [‘elles] nous laissent faire(Cf. Justice, Homme. Politique. Macron Emmanuel, Patriarcat. Weinstein Harvey, Violences à l’encontre des femmes) 908

Femmes (Pas ennemies des hommes) : À force de se tuer à dire que les féministes ne sont pas les ennemies des hommes, le fait que tant d’hommes tuent tant de femmes a plus que tendance à passer à l’as...(Cf. Féminisme. Justification, Violences contre les femmes)

Femmes (Perte de temps) : Calculer le temps que les hommes font perdre aux femmes, notamment en récriminations, colères, indignations, toutes aussi inutiles les unes que les autres. Un tel calcul renouvellerait les études sur les budgets temps. Et permettrait de mieux employer sa propre vie.
- Parler, non seulement ne suffit pas, mais, qui plus est, laisse si souvent accroire qu’en s’exprimant, on agit, on dénonce et que l’autre va entendre, comprendre, s’amender… L’espoir alors fait vivre, mais par procuration : encore du temps perdu…

Femmes («Pétroleuses») (1) : 1871. En lisant, en employant ce terme, ne pas oublier que 197 femmes accusées d’avoir participé à la Commune de Paris [1871] ont été fusillées sous ce qualificatif. (Cf. «Sciences» sociales. Histoire)
* Ajout. 19 octobre 2016. 1929. Je lis dans le Journal de Russie. 1928-1929 de Pierre Pascal [1890-1983] que : «1050 femmes ont été jugées par les Conseils de guerre» (après la Commune de Paris), et qu’il possédait un document présentant leur «condition sociale». 909

Femmes («Pétroleuses») (2) : 1871. Louise Michel [1830-1905], auteure de :
«Il n’y eut pas de ‘pétroleuses : les femmes se battaient comme des lionnes, mais je ne vis que moi criant : ‘Le feu ! le feu ! devant ces monstres !‘ Non pas des combattantes, mais de malheureuses mères de familles qui se croyaient protégées par quelque ustensile, faisant voir qu’elles allaient chercher de la nourriture pour leurs petits, étaient regardées comme des incendiaires, porteuses de pétrole et collées au mur !» 910 (Cf. Femme. Remarquable. Michel Louise, Langage, «Sciences» sociales. Histoire)

Femmes (Pieds bandés des) : 1831. On connaissait cette violence imposée aux femmes chinoises. Tocqueville [1805-1859] nous apprend qu’il en existait une similaire imposée aux femmes Indiennes aux États-Unis en 1831, celle des «pieds en dedans» :
«Leurs pieds étaient liés dès l’enfance, de telle sorte qu’à vingt ans, les deux pointes des pieds se trouvent vis à vis l’une de l’autre en marchant. Alors, elle enlève tous les hommages et est réputée des plus fashionable» conclue-t-il. 911

Femmes («Pisseuses») : 2016. Lors d’un reportage de France Culture, en août 2016, consacré aux dangers de l’extraction du sable, on entend évoquer des femmes pêcheuses dans la baie de Lannion, dont le bateau était nommé «la barque des pisseuses». 912 «Par dérision» affirme son auteur.
- Au mot «dérision», je lis : «Mépris mêlée de moquerie». «Le mépris», faute d’être dénoncé, n’est-il pas cautionné ? Et que ‘pèse’ alors «la moquerie» ?

Femmes («Plafond de verre») (1) : Terme - très à la mode - qui ne veut rien dire, mais qui a l’immense avantage de permettre de ne pas aborder, concernant les femmes, les coups bas, le harcèlement sexuel, les licenciements pour maternité, les temps partiels, les refus si souvent violents des remises en cause de l’identité masculine induites par le fait d’être commandé par une femme, tout l’arsenal qui permet de dénigrer ses concurrent-es au nom de l’éternel pousse-toi-de-là-que-je-m’y-mette. Modus vivendi dans lequel les hommes ont une nette avance sur les femmes.
- Et si on disait plutôt : ‘Les femmes sont maintenues au bas de l’échelle par les hommes’ : ou : ‘Les hommes ne tolèrent pas que les femmes soient supérieures à eux’ ne ce serait-ce pas plus simple, plus clair, plus compréhensible ?
Et, que, pour ce faire, des hommes les dévalueront, les dégraderont, les rétrograderont, et discréditeront celles qui ne plieront point, pour mieux promouvoir les femmes qui ne les gêneront pas (du moins, le croient-ils), celles qui sont, pour eux, un risque, celles dont ils peuvent tirer profit et qui peuvent en sus jouer un rôle, une fonction de ‘soupape de sûreté’.
- Je me souviens d’avoir entendu une universitaire, du temps où la parité (ou plutôt ce qui était présenté comme tel) était de mode, dire, concernant ses collègues hommes : «Ils sont en train de constituer leur harem».
* En son temps, Maria Deraismes [1828-1894] écrivait : «L’homme s’étant approprié les hautes positions est maître ; et toute femme qui veut parvenir doit lui céder ou renoncer.» 913 (Cf. Politique. Égalité. ENA. École nationale d’Administration, Sciences-po)
* Ajout. 2 octobre 2016. 1850. Victor Hugo [802-1885], dans Choses vues, auteur, en mai 1850 : «Bourgeois parvenus qui tirent l’échelle après eux et ne veulent pas laisser monter le peuple.» 914

Femmes («Plafond de verre») (2) : 2016. L’image du «plafond de verre» n’était pas suffisante : il lui fut adjointe une autre, entendue par moi pour la première fois en 2016, de «semelles de plomb»…

Femmes («Plafond de verre») (3) : 2017. Et ce jour (3 août 2017), Marlène Schiappa, Secrétaire d’état à l’égalité entre les hommes et les femmes, devant la délégation aux droits des femmes du Sénat, évoque à deux reprises «le plafond de mère».
- À crever, par chaque femme, lui aussi ? (Cf. Femme. Politique. Schiappa Marlène) 915

Femmes («Plafond de verre») (4) : 2018. Cette formulation outre l’immense avantage de renvoyer la responsabilité de rester «en dessous» à celles qui y sont et qui n’auraient pas la force de le briser, en sus, de renvoyer aux calendes Grecques et de transformer en mythe, l’espoir de ce que l’on appelait autrefois : ‘monter dans l’échelle sociale’.
- Dorénavant efficacement testé sur les femmes, l’expression peut s’universaliser.

Femmes (Plaisirs) (1) : [Après mûres réflexions] Seules les femmes peuvent en parler. Que tant d’hommes aient pu [eux qui, si souvent, ne les écoutaient même pas, encore moins souvent ne les entendaient, ne répondaient à leurs questions, et si souvent, ne les voyaient pas non plus], depuis si longtemps, se sentir légitimement à même de se substituer à leur parole, en la matière, donne la vraie valeur qu’ils leur accordaient. De la valeur qu’ils s’accordaient à eux-mêmes. Et de leur interprétation du plaisir…(Cf. Penser. Valeur, Sexe-s […])

Femmes (Plaisirs) (2) : Si l’on ne parle bien que de ce que l’on connaît, pour ne pas évoquer ce que l’on a vécu, que reste-t-il de ce que les hommes - et les femmes qui en furent dépendantes - ont pu écrire sur le sujet ? Rien ? Pas grand’ chose ? Quoi alors ?

Femmes (Pleurs) (1) : 1785. Sade [1740-1814], auteur de :
«Adélaïde pleura, c’était là toutes ses armes, et se laissa faire.» 916 (Cf. Hommes. Pleurs, Violences. Sade. Viols)

Femmes (Pleurs) (2) : 1811. Je lis dans la préface du livre Dix ans d’exil de Madame de Staël : [En juin 1811 lorsque l’ordre fut donné par la police de Napoléon à Mathieu de Montmorency [1727-1866], tuteur des enfants de ses enfants, et à Madame Récamier [1777-1849] de quitter Coppet [résidence de Madame de Staël] «elle les vit partir, épuisée de larmes qui firent le plus grand plaisir au Préfet.» 917

Femmes (Pleurs) (3) : 1880. La comtesse d’Agoult (Daniel Stern) [1805-1876], auteure de :
«Il me déplait que les femmes pleurent si abondamment. […]
Pleurez moins, ô mes chères contemporaines. La vertu ne se nourrit points de larmes. Quittez ces gestes, ces attitudes, ces accents de suppliantes. Redressez vous et marchez : marchez d’un pas ferme vers la vérité. Osez une fois la regarder en face et vous aurez honte de vos gémissements. Vous comprendrez que la nature de veut point de votre immolation stérile, mais qu’elle convie tous ses enfants à une libre expansion de la vie. Elle ne se sert de la douleur que comme d’un aiguillon du progrès. Votre inerte mélancolie, vos vains soupirs et vos douleurs futiles sont contraires à l’énergie de ses desseins. Encore une fois, séchez vos larmes. Prenez part de la science un peu amère et du travail compliqué de ce siècle. La société qui se transforme a besoin de votre concours. […]» 918 Puissant. (Cf. Féminisme, Hommes. Pleurs)

Femmes (Pleurs) (4) : 1930. Marie-Madeleine Clémenceau, née en 1886, auteure, après la guerre de 1914-1918, «à la veille des années 30», de :
«Si la femme doit jouer un rôle politique, c’est bien quand il s’agit de combattre la guerre et de travailler à assurer la paix et la fraternité internationale.
Si les femmes avaient su… si les femmes avaient voulu…
Ah ! , puissent-elles enfin savoir et vouloir !
Privée de moyens effectifs, devant l’homicide concerté, la femme, pendant des siècles, n’a eu que des larmes. Mais les pleurs ont le tort d’être sans efficacité, et le fleuve des larmes n’empêche pas le fleuve de sang.» Puissant, là encore. 919 (Cf. Politique. Guerre)

Femmes (Pleurs) (5) : 1983. Extrait de la chanson Désirée de Gilbert Bécaud [1927-2001] : «Désirée / Comme je t'aim'rais / Si tu savais pleurer»

Femmes (Pleurs) (6) : 1987. Marie Métrailler [1901-1979], auteure, en 1987, de :
«Dans tous les pays ultra catholiques, valaisans, Fribourgeois (Suisse) et autres, la femme a été ramenée à cette forme de passivité, d’obéissance à laquelle on la pliait, à laquelle elle devait se plier. Chaque fois que je rencontre ces vieilles paysannes de mon espèce - pour les jeunes tout a changé, je crois - j’ai un grand élan de compassion que je ne manifeste pas. Si je l’exprimais, je les ferais pleurer ; toute leur misère sortirait d’un coup comme un eau trop longtemps contenue. [...]» 920

Femmes (Pleurs) (7) : 2017. Kevyn O’Leray, candidat richissime à la direction du parti conservateur Canadien (considéré comme le Donald Trump Canadien) à une femme en pleurs : «Vos larmes n’ont aucune valeur [marchande ?]» 921 (Cf. «Sciences» sociales. Économie)

Femmes (Plus de…) (1) : Politiquement, revendiquer ‘plus de femmes’ dans les instances de pouvoir ne peut relever d’une pensée féministe ; ce serait confondre les systèmes de domination patriarcaux et les luttes des femmes pour s’en libérer. Ce serait confondre l’accès au pouvoir de quelques femmes avec la liberté de toutes les femmes. En sus, «+ zéro», «+ un», ne signifie rien. C’est «zéro», ou «un». Enfin, c’est considérer les femmes en fonction d’une quantité ; c’est les nier singulièrement. (Cf. Femmes. Quantité)

Femmes (Plus de…) (2) : «Plus de femmes» au pouvoir dans un monde de plus en plus inhumain, c’est déshumaniser plus de femmes et, qui plus est, rendre plus de femmes responsables de cette inhumanité. En conséquence, revendiquer ‘plus de femmes’ dans les instances de pouvoir, c’est interdire à tout jamais toute possibilité de liens entre éthique, morale et féminisme. (Cf. Femmes Politiques. France. XXème siècle. Quantité)

Femmes (Plus de…) (3) : 1762. Avant de «s’engager en politique», une femme (ou un homme) pourrait réfléchir à ce que Rousseau [1712-1778] écrivait, le 28 janvier 1762, dans une lettre à Malesherbes [1721-1794], concernant «les foules de petits intrigants dont Paris est plein, qui tous aspirent à l’honneur d’être des fripons en place.» 922

Femmes (Potentiel) : 2003. Hillary Clinton, auteure en 2003, de :
«Les femmes représentent un potentiel. Et l’accès au crédit est non seulement un moyen efficace de combattre la pauvreté, mais aussi un droit fondamental923
* Ajout. 21 septembre 2017. 2017. Donald Trump, auteur, lors d’un déjeuner avec plusieurs dirigeants Africains, de :
«L’Afrique a un potentiel économique énorme. J’ai plein d’amis qui vont dans vos pays pour essayer de devenir riches. Je vous félicite. Ils dépensent beaucoup d’argent.» 924 (Cf. Êtres humains, Langage, «Sciences» sociales. Économie)

Femmes (Pour Le Monde) (1) : 1995. Découvrir que la personne chargée, pour Le Monde, de ‘couvrir’ la conférence de l’ONU de 1995 «sur les femmes» était celle chargée de «la mode» - pour moi, une révélation dont l’onde de choc n’a jamais cessé de produire ses effets. Cette découverte m’a permis de mieux comprendre ce qui est politiquement signifiant pour la presse patriarcale et donc la validité à accorder à ses ‘analyses’. (Cf. Être-s humain-es. Mode)

Femmes (Pour Le Monde) (2) : Mettre un acte politique, même fondamental, au crédit des féministes [sauf s’il a plus de 40 ans, et encore !], alors même que la plus élémentaire vérité historique l’exigerait, est insupportable pour ce journal : cela n’a donc - tout simplement - pas lieu.
Une vie ne suffirait pas à relever la persistance de ses analyses de dénis, de mépris des femmes, des féministes, de caricature.
- Hier, 5 mai 2016, j’ai entendu sur Radio Libertaire, nommer Le Monde, «la Pravda du capitalisme». Comment le qualifier concernant ses postulats patriarcaux ?

Femmes (Pour Libération) : 2012. Titre de Libération : «En banlieue, Hollande compte sur les femmes», suivi de : «Le candidat socialiste à l’Elysée marche dans les pas de Ségolène Royal en faisant des mères de famille le cœur de son message envers les banlieues
- Commentaire d’un-e lecteur/trice : «En résumé, femme = mère de famille. On est en 2012 et vous êtes sur Libé !» 925

Femmes («Poussette») : 2016. Titre d’article de 20 Minutes : «Bois-Colombes: Un chauffeur de VTC [exploitant ou conducteur de voiture avec chauffeur] fauche deux femmes et une poussette».
- Puis, on lit dans le corps de l’article sous l’intitulé : «Le nourrisson s’en sort indemne» : «La mère du nourrisson a été amputée des jambes. Le petit s’en sort, lui, indemne. Quant à la femme enceinte, de six mois, elle a été transportée en urgence absolue à l’hôpital de La Salpêtrière, ses jours ne sont plus en danger.»
- On lit enfin : «Le conducteur a été mis en examen et placé en détention provisoire pour blessures involontaires aggravées et écroué dans la foulée. Les premiers dépistages de stupéfiants se sont révélés positifs.» 926

Femmes (Pouvoir sur les hommes) : Invoquer le pouvoir des femmes (sur les hommes) pour relativiser, récuser la réalité du droit [patriarcal] est absurde : le pouvoir des hommes sur les femmes est au fondement du droit. Nécessite donc, encore et toujours, une critique fondamental du terme - en aucun cas un concept - de «pouvoir» (Cf. Droit, Famille, Patriarcat)

Femmes («Préférées») : Pourquoi tant de femmes se contentent-elles, certaines s’en glorifiant, d’être «la préférée », justifiant dès lors tous les abandons ? Et cela, si souvent, sans autre ‘preuve’ que le fait d’être ainsi qualifiée…
- Une permanence du statut de «favorites» [des rois] ?

Femmes (Propriété des hommes) : Roland Barthes [1915-1980], concernant Le Mariage de Figaro de Beaumarchais [1732-1799] :
«[…] Dans cette pièce […] l’ancien seigneur, témoin anachronique d’un âge passé, menace encore de déposséder l’homme nouveau d’une propriété imprescriptible : sa femme.» 927 Ne pas critiquer, n’est-ce pas prendre pour acquis ? (Cf. Violences. Droit de cuissage)

Femmes (Propriété morale des) : 2015. Lu : «La pilule RU 486 tire son nom des lettres RU, acronyme du laboratoire Roussel-Uclaf qui l’a mise sur le marché, et les trois chiffres 4-8-6 (numéro d’ordre de la synthèse de la molécule). Devant les oppositions religieuses et politique de la fin des années 1980, le laboratoire Roussel-Uclaf renonce en 1988 à l’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) qu’elle venait d’obtenir pour le RU486. Il fallut l’intervention personnelle du Ministre de la Santé de l’époque, Claude Évin, affirmant que : ‘Le RU est la propriété morale des femmes’, et proposant de le confier à un autre laboratoire, pour que Roussel-Uclaf décide finalement d’assumer et d’exploiter son produit.» Expression à diffuser ? sans doute trop confuse ? 928

Femmes (Protéger) (1) : 2008. Jacques Attali, digne successeur du Napoléon de l’infâme Code civil de 1804, évoquait en 2008 la nécessité de «protéger les faibles, les minorités, les femmes». 929
Aujourd’hui, affirmer vouloir ‘protéger les femmes’ ne choque pas grand monde, pas même les femmes ministres et/ou candidates à l’élection présidentielle.
- Protéger : à l’origine, pouvoir garder son bien des incursions extérieures et être à même de démontrer la réalité de son pouvoir à le faire.
Progressivement, la notion de «protection» - antithèse de la notion même de sujet [de droit], interdisant toute autonomie de l’être - s’est universalisée et tend à devenir aujourd’hui la norme pour tous et toutes.
Puis, de fil en aiguille, on en est même venu à justifier des guerres au nom de l’argument selon lequel un chef d’État, l’Otan, une milice, une armée, etc.… ne ‘protégeait’ pas sa population…
- Entendre le terme de «protection des femmes», me fait penser à cette question lisible sur une pancarte lors d’une manifestation anticapitaliste (s.d.) : «Qui protège les banquiers ?» Ne relève pas d’une critique justifiée, mais remet les questions sur de meilleurs rails… (Cf. Droit-s. Protéger, Homme. «Intellectuel» France. XXIème siècle. Attali Jacques, Langage. Protéger, Politique. Minorités, Patriarcat)

Femmes (Protéger) (2) : 1974. Lu dans Alexandre Soljenitsyne [1918-2008] :
«S’il [un homme menacé par la police] n’avait craint que pour lui-même, il n’aurait pas faibli. Mais il se représentait sa femme, sa fille dans les conditions des camps, dans ces baraques où la fornication ne se cache même pas derrière les rideaux, et où rien ne peut protéger une femme de moins de soixante ans. Et il fut ébranlé.» 930
Qu’en penser ?

Femmes (Protéger) (3) : 2017. Entendu le 3 août 2017, Marlène Schiappa, Secrétaire d’état à l’égalité entre les hommes et les femmes, devant la délégation aux droits des femmes du Sénat, évoquer, comme relevant de l’évidence, le besoin de «protéger les femmes les plus fragiles économiquement». 931 (Cf. Femme. Politique. Schiappa Marlène)

Femmes (Protéger) (4) : 1958. De Gaulle [1890-1970], dans ses Mémoires, (concernant les relations entre l’Europe de l’Ouest et l’OTAN, en 1958), auteur de :
«Dès lors que l’efficacité de la protection est douteuse, pourquoi confierait-on son destin au protecteur ?» 932

Femmes (Psychiatrie) : 1936. Fin 1935-début 1936, Françoise Dolto [1908-1988], externe des hôpitaux, embauchée à sa demande pour un remplacement à l’Hôpital psychiatrique dit de «Maison Blanche» à Neuilly sur Marne, était «seule interne pour 1200 femmes». Elle se souvient :
«Les années qui suivirent la crise de 1929, ce fut une époque où il y avait tous les jours des entrantes qui étaient des débiles séniles placées par la famille parce que les gens n’avaient plus de place dans les appartements. Et je devais assurer, non seulement, l’accueil, le traitement des gens, mais tout le reste ! J’ai fait au moins dix autopsies pour trouver de quoi certaines de ces femmes étaient mortes. Et j’étais seule ! Je faisais des autopsies toute seule, puis le rapport d’autopsie. C’était très curieux, toutes ces femmes mourraient d’athérome. Elles avaient toutes les artères bourrées de saloperies blanches, tout le long des parois. Alors, j’en concluais qu’elles étaient mortes d’athérome. Mais allez savoir de quoi elles étaient mortes ces pauvres femmes… Il y en a tout de même une qui est morte d’une appendicite que le patron n’a pas voulu prendre en considération, disant que c’était samedi, qu’on attendrait lundi. Elle est morte de péritonite. Et moi qui était médecin des hôpitaux, je me suis sentie terriblement coupable et je me suis dit : ‘Je ne reste pas dans un endroit pareil, c’est épouvantable !’ Pour couronner le tout, il y avait l’esprit de salle de garde : c’était l’esprit de gendarmerie de province ! Ça ne ressemblait pas du tout, du tout, aux hôpitaux de Paris. Si bien que je n’ai pas voulu passer le concours.» 933 (Cf. «Sciences» sociales. Histoire, «Sciences» sociales. Psychanalyse. Psychiatrie)

Femmes (Puritaines) : Terme historiquement employé essentiellement pour les femmes, signifiant qu’elles étaient «frigides», frustrées, «mal baisées», qualificatifs employés pendant des siècles sans que les hommes se sentent le moins du monde concernés. Ce terme, progressivement, s’est universalisé.
Aujourd’hui, traiter une personne - homme et femme - de «puritaine», c’est vouloir signifier qu’elle est contre-le-sexe, et donc pour «la prostitution» : voici l’un des niveaux d’analyse où nous sommes tombées grâce notamment aux défenseurs si zélés, si écoutés, si publiés, si choyés du système proxénète.
Et le processus d’inversion des valeurs et des normes mis en oeuvre à l’encontre des abolitionnistes se poursuit et s’élargit : les personnes qualifiées de «puritain-es» sont assimilé-es, entre autres manifestations, aux «bien pensants que veulent [nous] rééduquer». Comment peut-on écrire de telles absurdités ? Malgré de nombreux et constants efforts, j’ai toujours beaucoup de mal à le comprendre. Néanmoins, ce que je comprends, c’est qu’il faut refuser la première assignation. Après, c’est trop tard… 934 (Cf. Femme. «Frigide», Proxénétisme, Sexe-s […] )

Femmes (Quantité) : 2017. Dans un article faisant état du «récit recueilli» par un journaliste, Arnaud Ardouin, celui de Daniel Le Conte «son dernier compagnon de route» je lis :
«Les femmes, justement. Elles étaient l’une des passions de Jacques Chirac, grand coureur de jupons. Arnaud Ardoin revient sur ces infidélités à répétition, si nombreuses que ‘la quantité a pris le pas sur la qualité. Il invite dans son avion une femme tout juste croisée lors d’un voyage à la Réunion ; rejoint chaque semaine une conquête rue de la Convention ; se rend régulièrement dans une garçonnière dans le même immeuble que le siège départemental parisien du RPR935 (Cf. Femmes. Plus de, Homme Politique’. Chirac Jacques, Proxénétisme)

Femmes (Quartiers populaires aux périphéries des villes) : Dans la grande majorité de ces quartiers - pudiquement qualifiés par certain-es de ‘sensibles’ (pour qui ?) et même, pour d’autres, de ‘compliqués’ (Plantu) - les initiatives constructives, innovantes, originales, solidaires ayant lieu - seules - ou quasiment - des femmes sont présentes. (Cf. Démocratie)

Femmes (Rebelles) : L’expression de «femmes rebelles» permet d’éviter d’avoir à employer le qualificatif de féministe et d’en dissoudre le terme ; et ce au profit d’un terme qui peut signifier tout et son contraire : la révolution et la contre révolution, le modernisme et le refus du modernisme, les avancées et les réactions, et peut même être utilisé pour qualifier des personnes que certain-es qualifient de terroristes... Efficace pour son effet de confusion intellectuelle. (Cf. Politique. Terrorisme)

Femmes (Regards) : Les femmes doivent regarder droit devant elles, ou, plus justement, loin au-delà d’elles-mêmes, a fortiori loin au-delà des hommes. Ou, plus justement, loin au-delà du patriarcat. Question : comment le dépasser en se remettant en cause et sans se renier ?

Femmes (Règles) (1) : 1762. Voltaire [1694-1788] écrivit le 14 février 1762 à la comtesse de Lutzelbourg [1683-1765], évoquant (en plaisantant) une femme suisse âgée de 104 ans (elle, réelle) dont les «règles lui sont revenues à 102 ans». Une notre précise que «le mot ‘règle’ a été remplacé par l’éditeur par des points», puis «restitué». 936

Femmes (Règles) (2) : 1880. Lu dans Mes souvenirs, de la Comtesse Marie d’Agoult (Daniel Stern) [1805-1876] :
«Depuis deux ans déjà, la nature avait opéré en moi la crise par laquelle la constitution des jeunes filles achève de se former pour la maternité. À partir du moment où je quittais la maison maternelle, sa douce liberté, ses soins exquis, il se fit en moi un arrêt subit de ce mouvement régulier de la circulation. […]» 937 Plus raffiné, plus juste (dans le contexte de l’époque) que l’expression : avoir ses règles.

Femmes (Règles) (3) : 1797-1799. Lu dans le Journal parisien. 1797-1799 de Wilhelm von Humboldt [1767-1835] :
«Au nombre des mauvais traitements infligés à la famille royale (pendant la révolution) s’ajoutent les coups que le Dauphin eut souvent à subir et la faim infligée à la reine (Marie-Antoinette) pour l’affaiblir et la fatiguer au terme de son procès. Le jour de son exécution, elle eut une hémorragie. On ne lui donna point même de linge pour la diminuer quelque peu, de sorte qu’on pût voir qu’elle perdait du sang. On cherchait ainsi à affaiblir la reine encore davantage938 Autres sources ?
* Ajout. 3 janvier 2018. Je lis, concernant Marie-Antoinette, le jour de son exécution, dans un texte daté de 1794, intitulé : La marche à l’échafaud. Impression d’un témoin oculaire :
«[…] Sa figure était pâle et très abattue, par la suite d’une perte qu’elle a eu dans sa prison […]». 939

Femmes (Règles) (4) : 1918. Alexandra David-Neel, après avoir - sans forfanterie - décrit dans une lettre à son mari, le 21 juin 1918 ses conditions de transport, de vie, dans une Chine en pleine guerre civile poursuit :
«Où sont les beaux faiseurs de discours sur la fragilité féminine, ‘l’éternelle blessée’ de ce bon M. Michelet [1798-1874]… Quelles âneries ! Comme si la santé était une affaire de sexe. Es-ce que certains n’ont pas prétendu qu’une femme était incapable d’être député à cause de ses périodes mensuelles…» 940

Femmes (Règles) (5) : 1932. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal [littéraire], en date du 13 août 1932, évoquant les difficultés à renconter une femme qui accepterait (aimerait) « les façons [qu’il] aime dans l’amour », poursuit :
«  Les trouver ? Pas sûr ! Ensuite, avec une jeune femme, la question des règles, pour lesquelles j’ai un telle répugnance. » 941

Femmes (Règles) (6) : 1970. Barbara Kostner, établie en usine en Allemagne en 1970, se remémorant en 1985 «le travail très dur et même insoutenable pour les femmes», poursuit :
«[…] Je me souviendrai toute ma vie de ces femmes qui avaient leurs règles et dont le sang coulait sur les jambes sans qu’elles puissent se nettoyer parce qu’il leur était interdit de quitter leur poste (de travail) ne serait-ce qu’une minute. […]» 942 (Êtres humain-es. Corps, Femmes. Division sexuelle du travail)

Femmes (Règles) (7) : 2008. Judith C. en 2008, évoque «la puberté vécue comme une révoltante amputation de [son] individualité943

Femmes (Règles) (8) : 2010. Lu dans un livre publié en 2010 dans la collection Folio Classique de Gallimard les règles des femmes qualifiée d’«incommodités mensuelles féminines». 944 (Cf. Êtres humains. Corps, Femmes. Féminin)

Femmes (Règles) (9) : 2016. Lu : «Une entreprise britannique (en 2016) autorise les congés pour règles douloureuses». 945 Juste réaction d’une féministe :
«[…] On nous renvoie à nos ovaires».

Femmes (Règles) (10) : 2017. Vladimir Poutine, en juin 2017, en réaction à la question d’Oliver Stone : «Est-ce qu’il vous arrive de vous énerver ? Vous n’êtes jamais dans un mauvais jours ?» répondit : «Je ne suis pas une femme, je n’ai pas de mauvais jours.» […] «Je ne veux insulter personne. La nature est ainsi faite […] 946

Femmes (Réparations dues aux) : Oui, comme les esclaves, les femmes, toutes les femmes doivent obtenir réparation. La différence d’importance avec l’esclavage, c’est que le patriarcat n’a jamais encore été reconnu comme criminel. (Cf. Hommes. Criminels de paix, Patriarcat)

Femmes (Repos du guerrier) : Territoire légitimement occupé ? Champ d’action ? d’expression ?, de défoulement ? (Cf. Être humain. Corps, Hommes, Frontières)

Femmes («Repoussoir») : 2017. À la recherche d’un synonyme de «repoussoir», j’ai lu ceci : «Personne ou chose qui en fait valoir une autre par le contraste. 1er exemple présenté (repris du Dictionnaire de l’Académie française) : «Une femme laide sert de repoussoir à sa voisine.»
On peut noter que cette définition (et son exemple) n’existait dans Le Dictionnaire de l’Académie française ni en 1762, ni dans celui de 1798, pas plus que dans celui de 1835. Il apparaît dans celui de 1932 et, depuis lors, n’a pas été modifié. 947 

Femmes («Réputation») : 1981. Françoise Giroud [1916-2003], considère que la «réputation» des femmes est «le seul bien qu’on leur reconnaisse en propre». 948 Un bien curieux «bien» qui dépend du jugement que d’autres portent sur elles, selon des critères qu’elles n’ont pas été autorisées à décider, mais auxquels elles doivent s’adapter, fusse au sacrifice de leur vie.

Femmes (Résistantes) (1) : 1939-1945. Lu, dans le livre, Mille Visages, un seul combat. Les femmes dans la Résistance, publié en 1974 :
«Voici quelques titres de journaux féminins, nés des Comités Féminins, ou de l’initiative de tel ou tel groupe, et conservés jusqu’aujourd’hui comme des reliques : Femmes Françaises et Assistance Française, Zone Nord ; La Voix des femmes, Zone Sud ; La Voix des Lilas, région parisienne ; Les Mariannes, Nord et Pas de Calais ; Femmes, de l’Eure et Loir ; Le Trait d’union, Voix des femmes, de Normandie ; La Commune de Paris ; Femmes Varoises ; Femmes du Loir-et-Cher ; Le Journal des Marraines de[s] FTP ; Espérance, de l‘Allier ; Femmes d’Auvergne ; L’Appel des Femmes de Toulouse ; La Ménagère de Villejuif ; La Ménagère de l’Aisne ; Femmes à l’action, de l’Hérault ; La Vivandière ; Quatre-vingt Treize ; Le Carnet de la Ménagère, région parisienne ; La Ménagère de Gentilly ; La Patriote Française ; La Ménagère de Paris ; La Voix des Femmes de la Seine ; La Parisienne Patriote ; Le Cri d’Alarme, région Parisienne… Et sortis des prisons :
Le Trait d’union des Beaumettes, Marseille ; La Patriote Enchaînée de la Roquette et La Vie à la Roquette, à Paris ; Le patriote de Romainville…[…] 949(Cf. Politique, Prison. Femmes, «Sciences» sociales. Histoire)

Femmes (Résistantes) (2) : 1945. En avril 1945, neuf jeunes femmes déportées, poussées sur les routes allemandes par les SS à l’approche des Américains, s’échappent du convoi qui les menaient à la mort. Au terme de neuf jours d’errance, elles parviennent saines et sauves à retrouver les Américains et la liberté.
Suzanne Maudet, l’une d’entre elles, écrit ce récit, Neuf filles jeunes qui ne voulaient pas mourir (rédigé sans doute en 1946, publié en 2004). J’y ai notamment lu ceci : «[…] Il ne semble pas très nécessaire d’insister sur le fait que la plupart d’entre nous avaient une part active dans la Résistance (Renseignements, transferts d’armes, de faux papiers, etc..). Ces paysans du fond de la Saxe n’y croiraient pas, n’en comprendrait pas l’utilité et notre apparence actuelle ne rend guère les choses plausibles. (Ce sera d’ailleurs toujours la réaction des prisonniers de guerre français que nous rencontrerons ; les plus aimables se moqueront gentiment de nous, et les autres sous-entendront très nettement que nous avons été plus ou moins volontaires pour équiper les bordels des travailleurs libres ou même des SS. Bien sûr, ce n’est pas de leur faute ; rien ne peut leur prouver que nous avons presque toutes risqué plusieurs fois la mort en transportant des armes, en décodant des messages, en logeant et en ravitaillant des suspects, ou même seulement en ‘patinant’ dans notre soutien-gorge des papiers d’identité trop neufs - seul point croustillant de l’histoire. Mais cette réaction des PG [prisonniers de guerre français] sera sûrement la plus grande honte que nous ayons subie en Allemagne.» 950 (Cf. Proxénétisme, «Sciences» sociales. Histoire)

Femmes (Respect) : 2003. Samira Bellil [concernant certains jeunes des banlieues] auteure de :
«C’est seulement quand ils voient qu’ils n’ont aucune chance qu’ils te respectent. Maintenant j’ai de l’entrainement, je ne me laisse plus faire. […] J’ai compris le comportement à avoir pour être respectée, ce n’est pas ma nature, mais j’y excelle. Je suis dure, sans pitié, grande gueule. J’attaque la première pour qu’on me foute la paix. J’ai compris qu’il faut faire à l’autre, ce que l’on ne veut pas qu’il vous fasse […].» 951 Dur, dur…

Femmes (Retraites) (1) : 2013. En France, en 2013, selon le 12ème rapport du Conseil d’orientation des retraites, les femmes touchent 600 euros de moins que les hommes (1552 euros pour les hommes, moins de 900 euros pour les femmes), soit 43 % de différence.
En France, en 2013, une femme mérite de vivre deux fois moins qu’un homme. 952 (Cf. «Sciences» sociales. Économie. Redistribution)

Femmes (Retraites) (2) : 2017. Discussion avec la dame vendeuse de pommes et de poires au Marché Monge (24 septembre 2017) : Elle va prendre sa retraite dans un an, elle touchera 300 euros. Elle travaille depuis l’âge de 14 ans, a été épouse de commerçant «derrière le comptoir» et n’a été déclaré que depuis qu’elle «fait les marchés» avec son mari, soit 12 ans d’activité professionnelle sur la base des quelles sa retraite a été calculée. Elle conclut : «Je trouve que ce n’est pas juste». Et termine par un tranquille constat, comme relevant de l’évidence de la solution : «La révolution».

Femmes (Retraites) (3) : 2017. Entendu (novembre 2017) une femme touchant une retraite de 940 euros :
«Je ne vis plus que pour essayer de ne pas me retrouver à la rue

Femmes (Révolution française) : Cf. «Sciences» sociales. Histoire. Révolution française

Femmes (Roses) : 2018. Entendu, le 23 janvier 2018, sur Radio Courtoisie (radio d’extrême droite) dans l’émission consacrée au respect de la langue française «manipulée pour détruire la France» [concernant la distinction à établir entre «il en va» et «il y va»] proposer l’exemple suivant :
«Il en va des jeunes filles comme des roses, elles se fanent.» 953

Femmes (Rousseau Jean-Jacques) : 1761. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778] auteur de :
«On ne saurait dire, à quel point, dans ce pays si galant, les femmes sont tyrannisées par les lois. Faut-il s’étonner qu’elles s’en vengent si cruellement par leurs mœurs ?» 954
Une autre analyse (bien courte, certes) de Rousseau, laquelle n’efface ni Émile ni Sophie… (Cf., Êtres humains, Enfants. Rousseau, Patriarcat)

Femmes (Salaires) : 2016. Entendu, en 2016, lors d’un reportage d’Arte concernant les jardins du Prince von Pückler-Muskau [situés à la frontière germano-Polonaise, désigné «patrimoine mondial» de l’UNESCO] détruits pendant la seconde guerre mondiale, dans la bouche du jardinier qui les avaient fait travailler, qu’ils avaient été reconstruits en grande partie par le travail de femmes. Son analyse : «Elles avaient besoin de mettre un peu d’argent de côté pour survivre.» 955
Aujourd’hui, dans le reportage, on ne voit plus dans ce film que des hommes jardiniers. (Cf. «Sciences» sociales. Histoire)

Femmes (Salons) : 1890. Ferdinand Brunetière [1849-1906], auteur de :
«Si vous voulez savoir pourquoi Racine et Molière, par exemple, n’ont pas toujours atteint cette profondeur de pensée que nous trouvons dans un Shakespeare, ou dans un Goethe, pourquoi certaines questions, comme celle de la destinée, qui sont enveloppées dans un Hamlet ou dans un Faust, semblent leur être demeurées étrangères, ‘cherchez la femme’, et vous trouverez que la faute en est à l’influence des salons et des femmes. Ils ont voulu plaire ; et pour plaire, ils se sont efforcés de s’accommoder au monde. Ils ont accordé, ils ont concédé quelque chose à la mode […]». 956 (Cf. Culture, Être-s humain-es. Mode, Femmes. Comment les faire disparaître, Féminisme. Antiféminisme)

Femmes (Saoudiennes) (1) : 2013. Toujours (notamment) interdites de conduite, et d’enregistrement sur les listes électorales aux élections municipales, et donc de droit de vote, dans un pays considéré comme le principal allié au Moyen Orient des États-Unis et, plus largement, de l’Occident. Toute comparaison avec la déploration occidentale du statut des femmes Afghanes est la bienvenue. (Octobre 2013) 957 (Cf. Culture. Accord Franco-Saoudien)

Femmes (Saoudiennes) (2) : 2017. Le «conseil des femmes» Saoudiennes de la province d’Al-Qassim a été installé le samedi 11 mars 2017. On lit dans le Canard Enchainé :
«Face à la presse, le gouverneur était entouré de 12 hommes, tandis que les membres du futur conseil étaient reléguées dans un pièce voisine, reliée par vidéo, à l’abri des regards958 (Cf. Femmes «Politique». Lagarde Christine (2), Famille. Polygamie)

Femmes (Scientifiques) : 1888. Jules Renard, dans son Journal, en février 1888 :
«À quoi bon tant de science pour une cervelle de femme ! Que vous jetiez l'Océan ou un verre d'eau sur le trou d'une aiguille, il n'y passera toujours qu'une goutte d'eau.» (Cf. Corps, Femmes. Intelligentes, Féminisme. Antiféminisme)

Femmes (Séduisantes) : Des femmes pensent encore que les hommes les aiment séduisantes. Mais n’est-ce pas d’abord l’image d’hommes séducteurs que leur supposée séduction leur renvoie qu’ils aiment et la dépendance des femmes à leur égard qu’elle révèle et confirme. C’est dans ce jeu de miroirs que les si nombreuses manifestations du patriarcat et son cortège de violences se perpétue. Que gagnent les femmes ? De perpétuer leur aliénation ? Pas uniquement…

Femmes (Servantes) : 1759. Voltaire [1694-1778] écrit, la 7 mai 1759, à Jean Robert Tronchin, qui gère ses intérêts, après avoir comparé les femmes à des juments, poursuit :
«[…] Je veux que mes juments en fassent [des enfants] puisque mes servantes n’en font point ; si donc vous trouvez deux créatures convenables à mon sérail, noires et jeunes comme la maitresse du roi Salomon, vous me ferez grand plaisir de me les envoyer à votre aise, à votre loisir, surtout si elles en sont pas extrêmement chères(Cf. Femmes. Animalisation, Patriarcat, Économie. Capitalisme)
NB. Voltaire est très soucieux des «livrées de [ses] domestiques [dont je ne sais si les «servantes» en font, pour lui, partie].» 959

Femmes (Sexe) : 1754. Voltaire [1694-1778] dans une lettre en date du 27 octobre 1754 à la Duchesse de Saxe-Gotha [1719-1772], lui demandant d’intervenir en sa faveur, auprès de son frère, le roi de Prusse, Frédéric II, lui écrit :
«Enfin, Madame, qui sait mieux que Votre Altesse Sérénissime que votre sexe est fait pour réparer les torts du nôtre ? Il y a des dieux cruels, les déesses sont plus indulgentes.» 960 (Cf. Patriarcat, Sexes-s […])

Femmes (Shakespeare) : 1611. Hermione, dans Le conte d’hiver de Shakespeare [1564-1616], s’exprime en ces termes :
«Rassasiez-moi d’éloges, et engraissez m’en comme un oiseau domestique ; une bonne action qu’on laisse mourir, sans en parler, en tue mille autres qui seraient venues à la suite ; les louanges sont notre salaire : vous pouvez avec un seul doux baiser nous faire avancer plus de cent lieues, tandis qu’avec l’aiguillon vous ne nous feriez pas parcourir un seul acre961 (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Flatterie) (1)

Femmes (Sicile. Années [19] 50) : 1951. Éric Hobsbawm [1917-2012] note lors d’un séjour en Sicile, à Piana Degli Albanesi, en 1951 :
«Je m’aperçus, ce que tout le monde considérait comme normal, que les femmes silencieuses vêtues de noir qui étaient assises dans la rue restent toujours tournées vers l’intérieur de leur maison
- 1954. Il note, quatre ans plus tard :
«Les choses changent, me dit-on. Nous sommes en train de copier de plus en plus ceux du Nord ; par exemple, nous laissons les femmes sortir toutes seules. Je pense qu’un jour nous seront comme eux962

Femmes (Sida) (1) : 1992. Dans un reportage de France Culture consacré aux soignant-es du service accueillant les malades du sida de l’hôpital Béclère de Clamart, il est présenté de ces termes : «60 % des sidéens, dont 40 % de toxicomanes et 30 % des femmes963

Femmes (Sida) (2) : 1994. Michèle Barzach, ministre de la santé et de la famille [1986-1988], auteure, en 1994, de :
«Il a fallu attendre 1990 pour que la Journée mondiale du sida soit consacrée aux femmes séropositives ou malades. Dix ans de silence, de complicité, de honte. Il a fallu attendre que des millions de femmes soient malades, que des centaines de femmes soient mortes avant de s’émouvoir. Il a fallu attendre que des millions d’entre elles vivent l’horreur de la grossesse coupable de donner la vie et la mort en même temps. Dix ans pour comprendre que la politique à travers le monde était faite une fois de plus par les hommes et pour les hommes. [...]
C’est tout cela qu’évoquait pour moi le regard soumis et inquiet des femmes africaines aperçues au fond de leurs cases sombres. C’est tout cela que leur mutisme angoissant me transmettait.» 964 (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Sida. Transmission, Sexe. Préservatif)

Femmes (Sida) (3) : 2014. Lu, dans le livre publié en 2014, 10 femmes contre le sida :
«La première campagne de prévention à destination des femmes date de 1997. Pourtant, dès 1984, elles faisaient bien partie des malades ! Quand on constate que de plus en plus de femmes nouvellement contaminées ont plus de cinquante ans, il y a de quoi être en colère ; elles sont passées à travers tous les messages de prévention par ce qu’ils ne leur étaient pas destinées ! Si aujourd’hui, après un divorce ou une séparation, elles sont contaminées, c’est aussi par ce qu’elles ne se sont pas senties concernées par le sujet et c’est aussi une conséquence directe de la politique irresponsable de prévention qui n’a raisonné et communiqué qu’en termes de ‘population à risques’.» 965
«Pas senties concernées»? (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Sida. Transmission, Sexe. Préservatif)

Femmes (Sida. Essais thérapeutiques) : 2014. Lu dans le même livre, 10 femmes contre le sida, concernant les trithérapies :
«Le problème vient de ce que ces traitements sont très mal supportés par un grand nombre de femmes…parce qu’elles ne sont pas des hommes. C’est une réalité, les femmes ne représentent en moyenne que 5 à 10 % des sujets inclus dans les essais thérapeutiques, et nous ne disposons donc que de très peu de données d’efficacité et de tolérance sur leur organisme. […] Parce qu’elles supportent mal leurs médicaments, les femmes changent plusieurs fois de ligne de traitement et l’observance est moins bonne chez elles que chez les hommes. Quand on sait que ces traitements doivent être pris à vie, il est aisé de comprendre que ces obstacles constituent réellement un frein aux soins966
Il faudrait poursuivre et notamment savoir si les industries pharmaceutiques ont depuis lors radicalement changé leurs essais ; mais cela n’efface pas leur responsabilité d’avoir mis sur le marché pendant des dizaines d’années des médicaments inappropriés pour les femmes.

Femmes (Sida. Risques) : «Groupes à risques», «pratiques à risque», «partenaires à risques» : dans tous ces appellations qui ont fondé - et fondent encore - les politiques publiques, les femmes, à l’exception de quelques femmes dites prostituées [souvent transformées en dispensatrices de préservatifs (avec un café chaud et des paroles compréhensives…)], mais a fortiori concernant les femmes mariées, ont été et sont exclues. 967 (Cf. Sexe. Préservatif)

Femmes (Silence) (1) : Si, si souvent, les femmes se taisent, c’est qu’elles savent bien que, si souvent, la plainte est inutile, stérile et inefficace. Sur tant et tant de fondements si efficacement mis en œuvre par la «Justice». (Pas clair) (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Plainte, Famille. Silence, Justice, Politique. État. Patriarcat)

Femmes (Silence) (2) : Apprendre - car cela s’apprend - à comprendre le silence des femmes, de chaque femme, c’est aussi comprendre le silence gêné de tant d’hommes du fait de la conscience plus ou moins refoulée de la culpabilité à leur encontre que tant ressentent sans pouvoir l’exprimer.

Femmes (Silence) (3) : 1849. George Sand [1804-18756], auteure de :
«J’ai assez de vertu pour me taire, je n’en aurais pas assez pour parler toujours avec douceur et charité. […]» 968 (Cf. Femmes. Vertu, Penser, Patriarcat)

Femmes (Syphilis) : 1905. 2000. Jean-Marie Déguignet, dans ses Mémoires d’un paysan Bas-Breton, soldat, à l’hôpital militaire, concernant «la salle militaire» où il se trouve, écrit :
«La plupart, notamment ces sous-offs, étaient là pour le malé muliérum cupides venusis […]».
- Dans une note de 2000, à cette expression, on peut lire : «Male milieu cupides venusis : c’est un mal qui vient des femmes lorsque l’on est trop avide de vénus969

Femmes (Solidaires) (1) : 2008. [Entendu dans un restaurant, février 2008] Une femme parle de contacts avec l’association : «Femmes solidaires». Un homme : «Femmes solidaires ou femmes solitaires ?» Une autre femme : «À mon avis, dans : «Femmes solidaires», il y a beaucoup de femmes solitaires.»
De l’importance du regard de sa fenêtre sur la validité d’un jugement…

Femmes (Solidaires) (2) : 1649. Élisabeth de Bohème [1618-1680] à Descartes [1596-1650], auteure, en 1649, de :
«Ne croyez pas toutefois qu'une description si avantageuse [de la Reine de Suède] me donne matière de jalousie, mais plutôt de m'estimer un peu plus que je ne faisais avant qu'elle m'ait fait avoir l’idée d'une personne si accomplie qui affranchit notre sexe de l'imputation d'imbécillité et de faiblesse que MM. les pédants lui voulaient donner.» 970
Si chacun-e pouvait penser en ces termes…

Femmes (Solidaires) (3) : 1977. Sa meilleure traduction [en chanson] : «Petit bonhomme» d’Anne Sylvestre ? Mais tant d’elle est à savourer.

Femmes (Solidaires) (4) : 2017. Sophie Fontanel, en 2017, raconte que, jeune journaliste débutante, elle avait accompagné un journaliste «en majesté», qui connaissant Marguerite Duras [1914-196] pour l’interviewer. Chez elle, Il l’avait «complètement oubliée» et «n’a parlé qu’à Marguerite Duras.».
- Sophie Fontanel poursuit : «Elle tout de suite vu....À chaque fois qu’il lui posait une question, elle se tournait vers moi et disait : «Je sais pas…J’ai dit ça ?... ‘Qu’est-ce que t’en penses, toi ?’ Et toutes les questions, toutes les foutues questions, elle les a retournées vers moi.’ C’est un truc que j’ai jamais oublié de ce qu’une femme est capable de faire pour une autre femme.» 971

Femmes (Sororité) (1) : 1849. Terme employé [pour la première fois ?], à ma connaissance, en 1849, par George Sand. [1804-1876] 972
- Dans les années 19[70], terme trop systématiquement employé, puis trop vite oublié.

Femmes (Sororité) (2) : La «sororité» n’est ni le complément, ni le substitut, ni le contraire de la «fraternité».

Femmes (Sororité) (3) : 2018. Rossy de Palma, à la question : «Croyez-vous en la solidarité des femmes ?», répond :
«Mieux que cela : je crois en la sororité ! J’en vois la force et l’incroyable beauté. Entre les femmes, pas de besoin de masques, d’artifices, de mensonges. On est transparentes. Spirituellement connectées. Et ça donne une merveilleuse liberté. Je me suis toujours méfiée des femmes qui disaient : ‘Je n’ai pas trop de copines, je m’entends mieux avec les mecs.’ Moi, mes copines sont essentielles et viennent à mon secours au bout du monde. Il faut développer ce lien entre femmes. La sororité nous donne des ailes.» 973 (Cf. Féministe. De Palma Rossy)

Femmes (Souffrance) (1) : La souffrance des femmes est si souvent incommensurable. À l’instar de leur force de caractère. Sur ce point, je refuse d’avoir à expliciter cette assertion : à chacun-e de regarder autour de soi et donc de réfléchir.

Femmes (Souffrance) (2) : Madame de Staël [1766-1817], auteure de :
«Les femmes ont tant souffert qu’elles s’entendent toujours à la douleur et la peignent avec vérité.» 974 (Cf. Culture. Gide : ‘On ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments’)

Femmes (Souffrance) (3) : Évoquer sa souffrance à celui qui en est la cause, est-ce le conforter dans son pouvoir de la prolonger ? On peut, pour mieux y réfléchir, penser à cette phrase de Julie de Lespinasse [1732-1776] :
«Il y a de la bassesse à vouloir être plainte et soulagée par celui qui vient de vous frapper975 (Cf. Relations entre êtres humains. Plainte)

Femmes (Stendhal) : Stendhal [1783-1842], auteur de : «Les femmes aiment les amants qui les battent» ;
- «Ce n’est pas dans ma nature d’être aimable pour les femmes» ;
- et enfin : «Je n’ai nulle sensibilité à ce qui fait le plaisir des autres.»
- Quelle signification alors accorder à cette phrase : «Il n’y a que les femmes à grand caractère qui puissent faire mon bonheur.» ? 976 (Cf. Violences à l’encontre des femmes)

Femmes (STO) : 1942. Je découvre que, contrairement à ce que je pensais savoir, le STO (Service du Travail Obligatoire) concernait aussi les femmes.
Le décret du 4 Septembre 1942 stipulait en effet que :
«tous les hommes âgés de 18 à 52 ans et les femmes célibataires âgées de 21 à 35 ans étaient mobilisables pour effectuer tous les travaux que le gouvernement [de Vichy] jugera utiles dans l’intérêt supérieur de la nation (c’est à dire des Allemands). » 977

Femmes (Syndicalistes) : 1977. Jeannette Laot [conseillère de François Mitterrand de 1981 à 1986] évoquant son passé de femme syndicaliste, auteure de :
«Pour nous, le plus pénible était que les militants s’appuyaient sur les arguments de leur femme pour nous contredire. Certains auraient même voulu qu’elles viennent donner leur point de vue à la commission féminine, ce qui est très significatif : sur les problèmes des femmes, ils estimaient que l’avis individuel de leur épouse valait bien celui des responsables syndicales élues par les travailleurs et les travailleuses pour défendre leurs intérêts collectifs…» 978

Femmes (Tabliers) : Il est des femmes sans tabliers comme des ministres sans portefeuilles.

Femmes («Tombées») : Dans l’attirance de certains hommes pour les femmes «tombées», peut entrer en ligne de compte le fait que, par le statut social qu’ils étaient à même de leur conférer, ils pouvaient se rehausser à leurs propre yeux…Du moins, un temps…

Femmes (Tondues à la Libération) (1) : Le jour où plus aucune analyse ne pourra dissocier les violences dont elles ont été les victimes et celles des hommes, français et allemands, avec lesquelles elles ont été (ou non) en relation - un pan du patriarcat sera tombé.

Femmes (Tondues à la Libération) (2) : 1944. Cf., les concernant, le poème de Paul Éluard [1895-1952] intitulé «Comprenne qui voudra» dont l’exergue