Domination masculine. Patriarcat
 Marie-Victoire Louis

Penser

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 12/10/2018
date de publication : 12 octobre 2018
mise en ligne : 12/10/2018
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Extrait de l’Abécédaire féministe

À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 7.377 items et 23 rubriques : I. « Culture » (348) ; II. Droit (125) ; III. Être humain (359) ; IV. Êtres humains. Corps (156) ; V. Êtres humains. Enfants (103) ; VI. Êtres humains. Femme-s (1256) ; VII. Êtres humains. Homme-s (506) ; VIII. Êtres humains. Relations entre êtres humains (327) ; IX. Famille (275) ; X. Féminisme-s. Féministe-s (278) ; XI. Justice (375) ; XII. Langage (433) ; XIII. Patriarcat (315) ; XIV. Penser (573) ; XV. Politique (777) ; XVI. Pornographie (86) ; XVII. Proxénétisme (214) ; XVIII. « Sciences » sociales (176) ; XIX. « Sciences » Sociales (Démographie) (36) ; XX. « Sciences » sociales (Économie) (212) ; XXI. « Sciences » sociales (Histoire) (113) ; XXII. Sexe-s [Sexualité, Sexisme…] (100) ; XXIII. Violences (234) … et continuera d’évoluer.

12 octobre 2018

XIV. Penser

En noir. Items ‘nouveaux’ (et modifiés)

I. Pensée : Pensée (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20) ; Pensée (Abstraction) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8) ; Pensée (Abstraction. Deraismes Maria) ; Pensée (Abstraction. Stendhal) ; Pensée («Adversaire») ; Pensée (Akerman Chantal) ; Pensée (A priori) ; Pensée (Argument) ; Pensée (Argumentaire) ; Pensée («Atténuée». Roland Romain) ; Pensée (Bernhardt Sarah) ; Pensée (Binaire) (1, 2, 3, 4, 5) ; Pensée (Bonheur) ; Pensée (Caricature) ; Pensée (Changer le monde. Sartre Jean-Paul) ; Pensée (Claire) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9) ; Pensée (Clarification) ; Pensée (Concision) (1, 2) ; Pensée (Contradiction) ; Pensée (Contraires) ; Pensée (Contre) (1, 2) ; Pensée (Débats) (1, 2) ; Pensée (Diverse) ; Pensée (Dogmatique) ; Pensée (Écrits) ; Pensée («Effets pervers») ; Pensée (Effort. Sorel Georges) ; Pensée (Équivalence) ; Pensée (Expertise) ; Pensée («Faiblesse». Marx Karl) ; Pensée (Faille) (1, 2) ; Pensée (Féministe) ; Pensée (Féministe. Silence) ; Pensée (Fin) ; Pensée (Fonction) ; Pensée (Force) ; Pensée (Guilloux Louis) ; Pensée (Hypothèse [théorique]) (1, 2) ; Pensée (Indignation) (1, 2) ; Pensée (Individualiste. Critique) ; Pensée (Irrécuparable) ; Pensée (Léautaud Paul) ; Pensée («Levier») ; Pensée (Libérée) ; Pensée (Lucide) ; Pensée (Manichéenne) ; Pensée (Michelet) ; Pensée (Morin Edgar) ; Pensée (Mort de) ; Pensée (Nombre) ; Pensée (Non dit) ; Pensée (Norme) (1, 2) ; Pensée (Nourrissante) ; Pensée (Péguy Charles) ; Pensée (Personnelle) ; Pensée (Pertinence) ; Pensée (Politique) ; Pensée (Pouvoir) (1, 2, 3, 4) ; Pensée (Pragmatisme) ; Pensée (Processus d’une pensée totalitaire) (1, 2) ; Pensée (Progrès) ; Pensée (Progression) ; Pensée (Puissance. Hugo Victor) ; Pensée (Radicale) ; Pensée (Rêve) ; Pensée («Second, troisième…degré») ; Pensée (Sens) ; Pensée (Sens commun et/ou Bon sens) ; Pensée (Sensible) ; Pensée (Soi) (1, 2, 3, 4, 5) ; Pensée (Statut de la parole) ; Pensée (Synthèse) ; Pensée (Varnhagen Rahel) ; Pensée (Vide-pensées) ; Pensée (Weil Simone) ; (128)

II. Pensée. Idée : Idée (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24) ; Idée (Action française) ; Idée (Balzac Honoré de) ; Idée (Beccaria Cesare) ; Idée (Berl Emmanuel) ; Idée (Castoriadis Cornelius) ; Idée (Catherine II de Russie) ; Idée (Constant Benjamin) ; Idée (D’Holbach) ; Idée (Du Bos Charles) ; Idée (Feyerabend Paul) ; Idée (Freud Sigmund) ; Idée (Gourmont Rémy de) ; Idée (Grève. Femmes) ; Idée (Guéhenno Jean) (1, 2) ; Idée (Hegel) ; Idée (Hugo Victor) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5) ; (Idée. Intérêts) ; Idée (Joly Eva) ; Idée (Keynes John Maynard) ; Idée (Léautaud Paul) ; Idée (Macron Emmanuel) ; Idée (Magny Colette) ; Idée (Mirabeau) ; Idée (Mitterrand François) ; Idée (Monde Le) ; Idée (Neuve) ; Idée («Pierre d’attente») ; Idée (Ponthier Georges) ; Idée (Reclus Elisée) ; Idée (Retz Cardinal de) ; Idée (Roman) ; Idée (Sand George) ; Idée (Stendhal) (1, 2) ; Idée (Voltaire) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4) ; Idée (Woolf Virginia) ; (68)

III. Pensée. Méthode : Méthode (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13) ; Méthode (Abécédaire) ; Méthode (Bayet Alfred) ; Méthode (Comparaison) (1, 2) ; Méthode (Critique) ; Méthode (Critique modérée) ; Méthode (Critiques) ; Méthode (Exemple) ; Méthode (Freud Sigmund) ; Méthode (Korczak Janusz) (1, 2) ; Méthode (Pascal Blaise) ; Méthode (Rilke Rainer Maria) ; Méthode (Séverine) ; Méthode (Wright Mills Charles) ; (28)

IV. Penser : Penser (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18) ; Penser (Agir. Sand George) ; Penser (Algorithme) ; Penser (Analyses) ; Penser (Ambition) (1, 2, 3) ; Penser (Anonymes) ; Penser (Apprendre) ; Penser (Balibar Françoise) ; Penser (Berdiaev Nicola) ; Penser (Castoriadis Cornelius) (1, 2, 3) ; Penser (Catherine II) ; Penser (Cause) ; Penser (Causes / Effets) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Penser (Chalamov Varlam) ; Penser (Choisir) ; Penser (Citations) ; Penser (Comment) ; Penser (Commentaire) (1, 2, 3, 4) ; Penser (Comparaison) (1, 2) ; Penser (Compétences) ; Penser (Comprendre) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9) ; Penser (Concept) (1, 2, 3, 4) ; Penser (Conflit) ; Penser (Consentement) (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Penser (Conservatisme) ; Penser (Constant Benjamin) ; Penser (Contradiction) (1, 2) ; Penser (Critique) (1, 2, 3) ; Penser (Critique. D’Alembert) ; Penser (Critique Bernanos Georges) ; Penser (Critique. Gide André) ; Penser (Critique. Léautaud Paul) ; Penser (Critique. Malatesta Errico) ; Penser (Critique. MFPF) ; Penser (Critique. Voltaire) (1, 2, 3) ; Penser (Croyance. Alain) ; Penser (D’Alembert) ; Penser (Déni) ; Penser (Désapprendre Dostoïevski Fédor) ; Penser (Désapprendre. Sorel Georges) ; Penser (Doctrine) ; Penser (Domination) ; Penser (Du Deffand Madame) ; Penser (Écrit) ; Penser (Enquêtes) ; Penser (Erreur) (1, 2, 3) ; Penser («Esprits faibles») ; Penser (Étapes) ; Penser (État) ; Penser (Exceptionnel) ; Penser (Fait) (1, 2) ; Penser (Fantasme) ; Penser (Femmes) ; Penser (Femmes. Bloy Léon) ; Penser (Femmes. Journal général de la littérature Française) ; Penser (Femmes. Peters Otto) ; Penser (Femmes. Staël Madame de) ; Penser (Fin) ; Penser (Foucault Michel) ; Penser (Futur du monde. Friedman Milton) ; Penser (Gorbatchev) ; Penser (Gramsci Antonio) ; Penser (Grille de lecture) ; Penser (Historicité) ; Penser (Hugo Victor) (1, 2) ; Penser (Hypothèse) ; Penser (Idéologie) ; Penser (Imagination) (1, 2, 3) ; Penser (Instinct) ; Penser (Intellectuel-les) (1, 2) ; Penser (Intelligence) ; Penser (Intérêt) ; Penser (Intuition) ; Penser (Jouir) ; Penser (Juger) (1, 2, 3) ; Penser (Juger. Custine) ; Penser (Justification) ; Penser (Kubrick Stanley) ; Penser (Lancelin Aude) ; Penser (Lassalle Ferdinand) ; Penser (Limites) ; Penser (Modestie) ; Penser (Mossadegh Mohammad) ; Penser («Mythes») (1, 2) ; Penser (Nahoum-Grappe Véronique) ; Penser (Nationalisme) ; Penser («No comment») ; Penser (Nous) ; Penser (Objet) ; Penser (Objectivité) ; Penser (Opinion) (1, 2) ; Penser («Pas de côté») ; Penser (Penseur / Penseuse) ; Penser (Perception. Novalis) ; Penser (Personne) ; Penser (Politique. Saint Simon) ; Penser (Ponge Francis) ; Penser (Pour ou contre) ; Penser (Préalable) ; Penser (Prémisses) ; Penser (Projet) ; Penser (Prolongement de soi) ; Penser (Questions) (1, 2, 3) ; Penser (Question / Réponse) (1, 2, 3, 4) ; Penser (Raison) ; Penser (Réalisme) ; Penser (Réalisme. Denis Marie) ; Penser (Réalisme. Rouart Jean-Marie) ; Penser (Reclus Élisée) (1, 2) ; Penser (Réfléchir. Bernis Cardinal de) ; Penser (Réfléchir. Verne Jules) ; Penser (Religion) ; Penser (Rire) ; Penser (Rivière Jacques) ; Penser (Sand George) ; Penser (Savoir) ; Penser (Sentiments [bons]) ; Penser (Serge Victor) ; Penser (Sévigné Madame de) ; Penser (Silence) ; Penser (Spinoza) ; Penser (Staël Madame de) ; Penser (Stalinisme) ; Penser (Stendhal) ; Penser (Stéréotype) (1, 2) ; Penser (Suivisme. Sartre Jean-Paul) ; Penser (Tabou) ; Penser (Temps) ; Penser (Théorie) (1, 2, 3) ; Penser (Tolérance) ; Penser (Trump Donald) ; Penser (Universalisme) ; Penser (Utilitarisme) ; Penser (Valeur) (1, 2) ; Penser (Vinci Léonard de) ; Penser (Vivre) ; Penser (Voltaire) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12) ; Penser (Yourcenar Marguerite) ; Penser (Wittgenstein Ludwig) ; (221)

V. Penser. Liberté : Penser Liberté (1, 2, 3) ; Liberté (Besse François) ; Liberté (Cassez Florence) ; Liberté (France Culture) ; Liberté (Malraux Clara) ; Liberté (Pamuk Orhan) ; Liberté (Stirner Max) ; Liberté (Varnhagen Rahel) ; Liberté (Vaujour Michel) ; Liberté (d’Expression) (1, 2, 3) ; Liberté (de la presse) (1, 2) ; Liberté (Voltaire) ; (17)

VI. Penser. Morale : Penser (Morale) (1, 2, 3, 4) ; Morale (Antonyme) ; Morale (Aspiration à la) ; Morale (Beccaria Cesare) ; Morale (Bloch Marc) ; Morale (Codes d’éthique) ; Morale (Condorcet) ; Morale (Critique) ; Morale (d’Agoult Marie) ; Morale (De Gaulle) ; Morale (Féminisme) ; Morale (Gandhi) ; Morale (Justice) ; Morale (Kant) ; Morale (Lévy Élisabeth) ; Morale (Moraliste) ; Morale (Mnouchkine Ariane) ; Morale (Novalis) ; Morale (Patriarcat) ; Morale (Richesse) ; Morale (Soi) ; Morale (Staël Madame de) ; Morale (Voltaire) ; Morale (Weber Max); (27)

VII. Penser. Obéir : Penser. Obéir (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Obéir (Castaner Christophe) ; Obéir (David-Néel Alexandra) ; Obéir (Diderot) ; Obéir (Hœss Rudolf) ; Obéir (Retz cardinal de) ; Obéir (Staël Madame de) ; Obéir (Voltaire) ; (17)

IX. Penser. Principe : Penser. Principe (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9) ; Principe (Badinter Robert) ; Principe (Bakounine) ; Principe (Cicéron) ; Principe (Conrad Joseph) ; Principe (Constant Benjamin) (1, 2, 3, 4) ; Principe (Gide André) ; Principe (Ozouf Mona) ; Principe (Rosanvallon Pierre) ; Principe (Winock Michel) ; (21)

VII. Penser. Vérité : Penser Vérité (1, 2, 3, 4, 5) ; Vérité (Berdiaev Nicola) ; Vérité (Bardot Brigitte) ; Vérité (Bernanos Georges) ; Vérité (Butler Samuel) ; Vérité (Laclos Choderlos de Pierre) ; Vérité (Constant Benjamin) (1, 2) ; Vérité (Custine Astophle de) ; Vérité (D'Agoult Marie) ; Vérité (Descartes René) ; Vérité (De Gaulle Charles) ; Vérité (Ferré Léo) ; Vérité (Ferry Luc) ; Vérité (Fillon François) ; Vérité (Frédéric II de Prusse) ; Vérité (Gide André) ; Vérité (Garçon Maurice) ; Vérité (Gary Romain) ; Vérité (Gramsci Antonio) ; Vérité (Abbé Grégoire) ; Vérité (Lamartine Alphonse de) ; Vérité (Lessing Doris) ; Vérité (Malraux André) ; Vérité (Malaurie Jean) ; Vérité (Mill Stuart) (1, 2) ; Vérité (Morin Edgar) ; Vérité (Nietzsche Frédéric) ; Vérité (Onfray Michel) ; Vérité (Pascal Blaise) ; Vérité (Pelloux Patrick) ; Vérité (Retz Cardinal de) ; Vérité (Russier Gabrielle) ; Vérité (Sand George) (1, 2) ; Vérité (Schœlcher Victor) ; Vérité (Voltaire) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4) ; Vérité (Zinoviev Alexandre) ; (46)

12 octobre 2018 : 573 items

I. Pensée :

Pensée (1) : Une pensée propre, singulière, autonome, ôte, interdit même la pensée d’une opposition, d’une division entre ‘adversaires’ ; et, dès lors, fait disparaître l’une des armes, banale certes, mais si efficace mise en œuvre par tous les pouvoirs, depuis Mathusalem.

Pensée (2) : Une pensée, étant nécessairement singulière, ne peut donc avoir vocation à être transmise : elle ne peut qu’être éclairante pour féconder, par la critique, d’autres pensées. Les notions mêmes d’‘école‘, de maître-sse et d’élève, d’émule, de disciple - et donc de pédagogie ? - sont en conséquence contradictoires avec la singularité de toute pensée. Toute référence à la fidélité, l’engagement, la dépendance, l’allégeance à quiconque est dès lors exclue ; et par là même, celle de contrat, de rupture, de dissidence, a fortiori de trahison.
* Ajout. 31 octobre 2017. Georg Groddeck [1866-1934], auteur de :
« […] Si vous voulez vraiment me succéder, regardez la vie par vous-même et dites honnêtement au monde ce que vous voyez. » 1

Pensée (3) : Comment nommer « pensée singulière » la somme individuelle de réflexions - lucides, novatrices, comme contradictoires, confuses, peu importe - alors qu’elle n’a pu être élaborée que par et dans l’histoire qui l’a précédée et l’a nourrie ? (Cf. Penser. Castoriadis Cornelius. «Propriété intellectuelle», Histoire)

Pensée (4) : Une pensée est nécessairement constituée, fécondée, nourrie par l’héritage des pensées antérieures, mais elle peut, elle doit rompre avec elles pour, en les dépassant, en constituer une autre. Découverte d’une évidence ? Chacun-e d’entre nous est en effet porteur-euse du conscient et de l’inconscient collectif que l’histoire a, ou non, relayé, occulté. Comment en élargir la conscience afin d’ouvrir la voie à son dépassement, là serait l’ambition ? Pour ce faire, clarifier les liens et donc les contradictions entre : ruptures, dépassements et recompositions ? (Cf. Politique. Conscience, Langage)
* Ajout. 22 juin 2018. Combien de circonvolutions sont-elles nécessaires afin d’éviter d’être confronté-es à l’inconscient collectif ? Et combien de révolutions ?

Pensée (5) : Dépersonnaliser, dé-singulariser les idées, c’est les délester, les apurer des erreurs, des faiblesses, des contradictions, comme des vérités (à repenser) des hommes et des femmes qui les ont peu ou prou incarnées ; c’est aider à la critique. (Cf. Politique. Admiration)

Pensée (6) : La lucidité s’oppose à la peur, laquelle empêche la pensée qui seule nourrit l’espoir.

Pensée (7) : Une pensée assassine peut-elle être tuée par une autre pensée ? Absurde ? Dans l’attente d’y voir plus clair, cette question me fait penser à : «guerre à la guerre» des sociaux-démocrates en 1914, slogan qui ne permet de rien comprendre et donc ne peut rien résoudre.

Pensée (8) : Quel-le qu’en soit l’auteur-e, quel que soit le sujet, l’objet, le style, la nature, la modalité d’expression ou de silence…une pensée - qu’elle soit fulgurante, évidente, encore confuse, souterraine, trébuchante, cheminante…- se reconnaît à ce qu’elle est à même d’en susciter d’autres ; et donc à ce qu’elle crée les conditions de l’apprentissage de sa propre réfutation…

Pensée (9) : Une pensée n’a pas à être mise en pratique, ni même à être jaugée sur sa capacité à l’être. Si tel était le cas, le terme n’aurait aucun sens.

Pensée (10) : Une pensée qui, à tort ou à raison, est présentée comme relevant du domaine du ‘général’, ne saurait être une pensée invoquée à l’encontre des agissements de quiconque en particulier. Et inversement…(Poursuivre)

Pensée (11) : Une pensée propre ne peut ni être partagée, ni avoir d’adversaire. Juste ? Non (Poursuivre)

Pensée (12) : Une pensée peut être une source d’inspiration ; jamais une doctrine.

Pensée (13) : La richesse d’une pensée provient d’elle-même. Mais elle est aussi faite des liaisons, des articulations qu’elle tisse avec les pensées au sein desquelles elle s’insère, des ruptures qu’elle opère, des ouvertures qu’elle permet.

Pensée (14) : Toute pensée risque la mort faute de critique interne à elle-même et par elle-même.

Pensée (15) : Une pensée n’apparait que grâce à un processus d’accumulation de pensées antérieures.
* Ajout. 1er mai 2018. Une pensée a besoin d’hypothèses, d’engagements, de projets, de critiques, d’oppositions, lesquelles n’ont pas nécessairement besoin d’être exprimées par leurs auteur-es pour être prises en compte.

Pensée (16) : La pensée, c’est la liberté que chacun-e s’accorde à lui/elle-même.

Pensée (17) : Pour, aisément, présenter une pensée personnelle, quelques conditions sont requises : lui conférer une certaine valeur ; la considérer comme valide pour soi, et donc, éventuellement, valable pour d’autres ; l’estimer toujours évolutive ; et, surtout, ne réclamer en sa faveur aucune adhésion.

Pensée (18) : Une pensée baignée de silence… ; un silence ouvrant droit à la pensée…

Pensée (19) : Il en est des pensées non étayées comme des maisons non construites selon les normes parasismiques dans les zones soumises aux tremblements de terres ; lors des secousses, elles se couchent ou s’effondrent et souvent tuent. Malheureusement, sur leurs ruines, beaucoup sont reconstruites à l’identique.

Pensée (20) : Sa seule présence était une gêne, pour certain-es rédhibitoire, à la discussion. Il / elle se retira. Avec raison.
Un-e autre s’imposa : sa présence fut refusée. Avec raison.

Pensée (Abstraction) (1) : Plus une pensée est abstraite, plus elle révèle son incapacité à comprendre le monde. (Cf. Penser. Politique)

Pensée (Abstraction) (2) : Pour empêcher, assécher, retarder, interdire les pensées [des rapport de domination], enfermer les expressions de la réalité du monde dans des unités, des termes, des ‘concepts’ abstraits tels que : le sexe, le genre, la liberté, la laïcité, la république, la démocratie, le marché, l’art, la culture, la bourgeoisie, l’Europe, l’Occident, la presse, le terrorisme, le monde musulman (ou arabe), la paix (sociale, dans les familles…), les Lumières, le pacifisme, le langage, la France, la sécurité, la prostitution, le libéralisme, internet, les réseaux sociaux, l’opinion publique, le féminisme, le ‘mouvement féministe’, la violence …est d’une terrifiante efficacité.
En conséquence, les contradictions sont évacuées, les failles sont colmatées, les ambiguïtés sont confortées, et /ou laissées en l’état, ou, plus justement, tout ceci, abordés à la marge.
- Mille débats ont, en ces termes, pourtant lieu….
* L’écriture de cet abécédaire devrait - ou, du moins, ai-je ce risque en tête - prémunir de ces dangers les réflexions sur le patriarcat, et donc sur l’anatomie de notre monde. (Cf. Langage, Méthode, Patriarcat. Précaution de méthode)

Pensée (Abstraction) (3) : L’abstraction fait disparaître le sujet, l’objet, la finalité, le réel. Efficace pour tuer la pensée.

Pensée (Abstraction) (4) : L’abstraction, c’est créer les conditions de la confusion.

Pensée (Abstraction) (5) : L’abstraction se nourrit de généralisations qui ne laissent que peu ou pas de place aux singularités. (Poursuivre)

Pensée (Abstraction) (6) : Et, pourtant, nous avons besoin d’abstractions, de généralisations et de singularités. (Poursuivre)

Pensée (Abstraction. Deraismes Maria) (7) : 1883. Maria Deraismes [1828-1884], auteure, de :
«Il est à remarquer que toutes les iniquités, tous les forfaits plus ou moins juridiques, plus ou moins légaux, ont été accomplis, en histoire, au nom d’une entité quelconque, d’un être abstrait, un mythe : Dieu, la Foi, la Patrie, la raison d’État, érigés en tyrans. » 2
Une pensée philosophie politique d’envergure. (Cf. Philosophie)

Pensée (Abstraction. Stendhal) (8) : 1839. Stendhal [1783-1842] écrivit, sur l’exemplaire dit Chapier, de La Chartreuse de Parme le commentaire suivant : « Jamais de mot abstrait ». 3

Pensée (Abstraction. Nizan Paul) (9) : 1932. Paul Nizan dans Les chiens de garde, concernant « la philosophie », écrit :
« Elle ne sert point le Vrai qui n’existe pas, l’Universel qui n’existe pas, l’Éternel qui n’existe pas. […] » 4 (Cf. Philosophie)

Pensée («Adversaire») : Penser sur les fondements des arguments de la critique d’« adversaires » révèle une paresse de l’esprit et s’avère une régression ; et y ajouter « adversaires outranciers » ne change rien à l’analyse.
Comprendre les fondements de ces pensées, là sont les avancées.

Pensée (Akerman Chantal) : 2013. Chantal Akerman [1950-2015], auteure de :
« On ne peut ouvrir le monde que par la pensée. » 5

Pensée (A priori) : Il / elle assurait n’avoir pas d’a priori ; il / elle s’imposait telle qu’en lui-même, en elle-même, sans aucune distanciation donc.

Pensée (Argument) : Ne pas avoir d’argument à opposer ne signifie pas avoir tort. Variante : Ne pas être à même de démontrer un argument, certes, affaiblit son auteur-e, ne rend pas faux pour autant ce qu’il / elle énonce.

Pensée (Argumentaire) : Dans un argumentaire, lors d’une discussion - si l’on souhaite y réponde - c’est le postulat de la pensée de chacun-e qu’il faut d’abord chercher à comprendre. Et comme il est le plus souvent refoulé, inconscient, et si souvent absent faute d’être fondé sur une quelconque analyse, l’immense majorité des débats ne mènent à rien et / ou ne créent encore qu’un peu plus de confusion.
Lorsqu’ils sont pertinent, percutants, neufs, lorsqu’ils ouvrent des horizons, quel bonheur !

Pensée (« Atténuée ». Rolland Romain) : 1939. Romain Rolland [1866-1944], le 20 octobre 1939, dans son Journal, en N.B., à la suite d’une lettre critique adressée au rédacteur de la revue communiste Commune écrit :
« Ma première rédaction de cette réponse (retranscrite) était beaucoup plus catégorique encore et plus précise, en ce qui concerne ‘les autres questions connexes qui ont amené la scission dans nos rangs’, et je déclarais qu’il me serait impossible de collaborer avec une revue qui ne se prononcerai pas nettement contre la collusion de Moscou avec Hitler. Mais, outre qu’il n’eût pas été prudent pour mon correspondant d’attirer sur lui et ses collaborateurs les soupçons de la censure postale, - je ne suis plus libre entièrement. J’ai un otage, à Moscou [II s’agit du fils de sa femme qui y vit]. Je crains de l’exposer, en parlant. Il me faut mesurer mes paroles. Non que je trahisse ma pensée. Rien au monde ne le pourrait faire. Mais j’en atténue l’expression. » 6 (Cf. Femme. Épouse de. Rolland Maria)

Pensée (Bernhardt Sarah) : 1907. Sarah Bernhardt [1844-1923], auteure de :
« […] Nous logeons en nous notre plus terrible ennemi : ‘la pensée’, laquelle est sans cesse en contradiction avec nos actes ; laquelle se dresse parfois, terrible, perfide, méchante, et que nous essayons de chasser sans y réussir. Nous ne lui obéissons pas toujours, grâce à Dieu ! mais elle nous poursuit, nous lancine, nous fait souffrir. Que de fois les plus mauvaises pensées nous assaillent ! Et quel combat il faut livrer contre ces filles de notre cerveau ! La colère, l’ambition, la vengeance, font naître les plus détestables pensées, dont on rougit comme d’une tare, qui ne sont pas des nôtres, car nous ne les avons pas appelées, mais qui souillent quand même, et qui nous laissent désespérés de n’être pas seuls maîtres de notre âme, de notre cœur et de notre cerveau. » 7 (Cf. Femme. Artiste)

Pensée (Binaire) (1) : 1789. Mirabeau [1749-1791], dans un discours en date du 16 juillet 1789, auteur de :
« Vous n’admettez aucun intervalle entre un morne silence et une dénonciation sanguinaire. Se taire ou punir, obéir ou frapper, voilà votre système. Et moi, j’avertis avant de dénoncer ; je récuse avant de flétrir […]. » 8

Pensée (Binaire) (2) : Quelques applications de la pensée binaire (en vrac) :
Le profane / le sacré ; la chair / l’esprit ; le droit / le courbe ; l’orient / l’occident ; la nature / la culture ; l’instinct / la raison ; sage / fou ; bon / méchant ; privé / public ; jeune / vieux ; l’enfant / l’adulte ; juste / injuste ; blanc / noir ; normal / anormal ; clair / foncé ; sec / humide ; français (ou autre) / étranger ; dedans / dehors ; l’âme / le corps ; dur / mou ; cru / cuit ; dieu / diable ; le paradis / l’enfer ; qualité / défaut ; la comédie / la tragédie ; malade / en bonne santé ; sur / sous ; absolu / relatif ; vrai / faux ; homo / hétéro ; le ying / le yang ; avant / après ; léger / lourd ; maigre / gros ; gai / triste ; dicible / indicible ; grossier / subtil ; matérialisme/ idéalisme ; visible / invisible ; inné / acquis ; fini / infini ; lourd / léger ; riche / pauvre ; haut / bas ; eros / thanatos ; froid / chaud ; début / fin ; cause / effet ; intérieur / extérieur ; lumière / obscurité ; bon / mauvais ; grand / petit ; vide / plein [le verre à moitié plein / le verre à moitié vide] ; honnête / malhonnête ; abstraction / figuration ; esprit / lettre ; oral / écrit ; sensible / intellect ; instinct / raison ; terre / ciel ; fiction / réel ; mer / montagne ; orthodoxe / hétérodoxe ; mortel / immortel ; force / faiblesse ; partir / arriver ; absolu / relatif ; ressemblance / différence ; évènement / non-évènement ; permis / toléré ; interdit / autorisé ; concret / abstrait ; addition / soustraction ; légal / Illéga l ; possible / impossible ; croyable / incroyable ; faillible / infaillible ; vie / mort ; attaque / défense ; science / conscience ; paix / guerre ; sabre /goupillon ; vérité / mensonge ; belle / bête ; marié-e /célibataire ; vessie / lanterne ; sale / propre ; question / réponse ; droit / devoir ; feu / glace ; faim / soif ; inférieur / supérieur ; sens / non-sens ; majoritaire / minoritaire ; pour / contre ; père / mère ; garçon / fille ; ordre / désordre ; eau / vin ; tout / rien ; réalité / apparence ; thèse / antithèse ; point / virgule ; nouveau / ancien ; pot de terre / pot de fer ; torchon / serviette ; peste / choléra ; marteau / enclume ; actif / inactif ; salarié / chômeur ; loup / bergerie ; arbre / écorce ; présidentiel / parlementaire ; charybde / Scylla ; David / Goliath ; Samson / Dalila ; Horace / Curiace ; Montaigu / Capulet ; Duquesnois / Groseille ; Hitler / Staline ; De Gaulle / Pétain ; aristocrates / bourgeois ; bourgeois / classe ouvrière ; résistants / collaborateurs ; royalistes / républicains ; victimes / bourreaux ; zéro / infini ;
- De deux choses l’une…

- Et tout ceci devant être critiqué à l’aune de pensées anti [patriarcale]s. Dur, dur…
* Au vu de ce déballage, assurément non exhaustif, je me demande si, quand, dans quelles conditions, le monde a-t-il pu raisonner, penser autrement que sur la base de ces oppositions… binaires ? (Cf. Patriarcat. Penser) 9
* Ajout. 12 octobre 2018. Quel statut dès lors, sur cette réalité, accorder à la critique de la « pensée manichéenne » ?

Pensée (Binaire) (3) : 1813. Madame de Staël [1766-1817], dans son livre De l’Allemagne, auteure de :
« […] car, en toute chose, les contrastes sont piquants, mais les extrêmes opposés fatiguent. » 10
Pensée (Binaire) (4) : La comparaison épuise l’entendement ; et ce d’autant que les termes ne sont pas préalablement définis et resitués dans leur contexte. Dès lors, la discussion construite sur du sable, ne peut mener qu’à l’enlisement du débat. Un préalable défini de concert élargit l’horizon.

Pensée (Binaire) (5) : 2018. Entendu : « [En France], quand on n’est pas d’accord, on est contre. » Quel lien avec la pensée binaire ?

Pensée (Bonheur) : Charles De Gaulle [1890-1970], auteur de [rapporté par André Malraux. 1901-1976] :
« L’Illusion du bonheur, [en s’adressant à] d’Astier [de la Vigerie.1900-1969], c’est fait pour les crétins ! » 11 (Cf. Être humain. Bonheur)

Pensée (Caricature) : Caricaturer [déformer, simplifier, réduire] une pensée qui vous serait opposée, c’est révéler l’inaboutissement de la sienne.
- Un exemple [repris dans Michel Foucault, car c’est en le lisant que cette idée m’est venue, mais qui bien évidemment me concerne aussi] :
« Il y a des schémas tout faits : quand on parle de pouvoir, les gens pensent immédiatement à une structure politique, un gouvernement, une classe sociale dominante, le maître face à l’esclave, etc.,…Ce n’est pas du tout à cela que je pense quand je parle de relations de pouvoir. [...] »
Certes, mais il faut alors expliciter sa pensée, laquelle ne m’est pas parue, chez lui, très claire ; à dire vrai fort confuse.…12

Pensée (Changer le monde. Sartre Jean-Paul) : 1946. Jean-Paul Sartre [1905-1980], auteur de :
« […] Tout projet de changer le monde est inséparable d’une certaine compréhension qui dévoile le monde du point de vue du changement que l’on veut y réaliser. » 13 Oui. (Cf. Patriarcat. Concept. Saussure)

Pensée (Claire) (1) : Une pensée claire ne s’interprète pas. Elle se prolonge dans d’autres qui la complexifie.

Pensée (Claire) (2) : L’un des grands avantages d’une pensée claire est qu’elle révèle l’obscurité de celles auxquelles elle peut être comparée.
Tautologique, certes…un peu…

Pensée (Claire) (3) : Une pensée peu claire, obscure, confuse…contraint peu ou prou celui/celle qu’elle concerne à s’interroger sur sa propre impossibilité à la comprendre. Peu respectueux…

Pensée (Claire) (4) : Dans la confusion [de la pensée], une clarté se lit.

Pensée (Claire) (5) : On ne dira jamais assez à quel point la confusion d’une pensée est favorable à, aide à la naissance, à l’avancée, à la renommée d’une carrière ; et à quel point cette confusion contribue au maintien du pouvoir de domination des Intellectuel-es. (Cf. Patriarcat. Domination Masculine, Politique)

Pensée (Claire) (6) : 1750. Voltaire [1694-1778] dans une lettre en date du 19 février 1750, adressée au marquis des Issarts [1716-1754] auteur de :
« Rien ne marque mieux un esprit juste et droit que de s’exprimer clairement. Les expressions ne sont confuses que quand les idées le sont. » 14 Évident ?

Pensée (Claire) (7) : 1813. Madame de Staël [1766-1817], dans De l’Allemagne, auteure de :
« […] L’obscurité dans l’analyse des choses de la vie prouve seulement qu’on ne les comprend pas. » 15 Fort clair…

Pensée (Claire) (8) : 1926. André Gide [1869-1951], dans son Journal, écrit ler 26 septembre 1926 :
« Je relis Les caractères [1688] de Labruyère [Jean de.1645-1696]. Si claire est l’eau de ces bassins, qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur. » 16

Pensée (Claire) (9) : 1977. Michel Foucault [1926-1984], auteur de :
« L’obscurité est souvent une lâcheté théorique » et, ajoute, confusément, « serait l’envers de la terreur ». 17

Pensée (Clarification) : La clarification d’une pensée n’est pensable qu’après le dévoilement et la mise à nu des complexités qui la composaient. Tautologie ? Non : Précaution. (Cf. Langage, Penser)

Pensée (Concision) (1) : 1804. Pour moi, son chef d’œuvre, l’article 1382 du Code civil : « Tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. » (Cf. Droit)

Pensée (Concision) (2) : Pour appréhender la concision du latin par rapport au français, visualiser la page de gauche des Confessions de Saint-Augustin [354-430] (livre trouvé hier, tout griffonné, dans la poubelle d’un libraire) de la page de droite.
* Ajout. 27 juillet 2018. André Gide [1869-1951], dans son Journal, en mai 1948 (s.d.), auteur de :
« L’admirable concision du latin laissera toujours l’explicitation inévitable du français loin derrière. » 18 Cité pour la « concision du latin », pas pour la conséquence de Gide qui suit, qui lui appartient en propre et je suis incapable de juger.

Pensée (Contradiction) : Une contradiction ne se dépasse pas : elle se pose, se résout et se dissout ; et ce, afin de reformuler la pensée au sein duquel elle était préalablement exprimée de manière inappropriée.

Pensée (Contraires) : Sans contraires, il n’y aurait pas d’oppositions ; sans oppositions, il n’y aurait pas de dépassements ; sans dépassements, il n’y aurait pas d’avancées. D’où la pertinence des analyses posant le nécessaire dévoilement des contradictions au sein des sociétés.
Pour ce simple constat de bon sens, il n’est pas nécessaire de citer Hegel, ni même de l’avoir lu et compris.
En revanche l’idée même de «contraire» est à remettre en cause. (Cf. Politique. Céder, Conciliation)

Pensée (Contre) (1) : Il n’y a pas de pensée « contre ».
- Vrai aussi donc pour : « Penser à contre-emploi », « Penser à contre-courant », « Penser à contretemps » ; « Penser contre soi » (à la mode actuellement) …
En conséquence, prendre garde de ne pas se construire en fonction des attaques, des critiques, sur la base donc des défenses auxquelles l’on s’oppose.

Pensée (Contre) (2) : 2016. Sur une banderole de la manifestation du 26 mai 2016, on lisait : « Pour l’unité, il faut des ennemis communs. » 19 (Cf. Politique)

Pensée (Débats) (1) : Il y a des débats (nombreux) qu’il faut savoir (et donc apprendre à) refuser ; il en existe tant qui sont autant d’enfermements, de pièges, de cautions implicites, qui révèlent autant de rapports de force indus et de régressions de la pensée… (Cf. Penser. Questions)

Pensée (Débats) (2) : Par moments, il m’arrive de penser que la participation des invitées aux médias est proportionnelle à leur utilité fonctionnelle.
Il faut savoir donc apprécier à leur juste valeur ceux et celles, rares, qui dérogent à la règle…Avant de réfléchir à ce qui fonde les paroles des…autres : passionnant… (Cf. Penser. Intellectuel-les)

Pensée (Diverse) : Une pensée diverse ne peut être résumée, synthétisée, formalisée, conceptualisée… Et c’est très bien ainsi.

Pensée (Dogmatique) : Une pensée dogmatique : une pensée dont le point de départ mène au point d’arrivée et dont, du point d’arrivée on peut déduire le point de départ ; les chemins de traverse fréquents masquant plus ou moins clairement le fil d’Ariane qui les lie.

Pensée (Écrits) : 1789. Mirabeau [1749-1791], dans un discours en date du 18 août 1789, auteur de :
« De toutes les choses humaines, je n’en connais qu’une où le despotisme soit non seulement bon, mais nécessaire ; c’est la rédaction : et ces mot : Comité et rédaction [concernant la rédaction de la Déclaration des droits de l’homme] hurlent d’effroi de se voir accouplés. » 20 (Cf. Langage, Penser. Consensus)

Pensée («Effets pervers») : Il n’y a pas d’« effets pervers ». Il n’y a que des pensées inappropriées. (Poursuivre)

Pensée (Effort. Sorel Georges) : 1910. Georges Sorel [1847-1922], auteur de :
« […] Je soumets à mes lecteurs l’effort d’une pensée qui cherche à échapper à la contrainte de ce qui a été antérieurement construit pour tout le monde, et qui veut trouver du personnel. Il me semble vraiment intéressant de noter sur mes cahiers ce que je n’ai pas rencontré ailleurs. […] » 21
Un référent positif… (Cf. Penser. Désapprendre)

Pensée (Équivalence) : L’équivalence de tout avec tout : la réhabilitation du rien. De l’un-e avec l’autre : s’en approche…

Pensée (Expertise) : L’expertise tue la pensée [féministe incluse]. La spécialisation aussi. (Cf. Féminisme. Penser. Rivière Jacques, « Sciences » sociales)

Pensée («Faiblesse». Marx Karl) : 1849. Karl Marx [1818-1883] écrivait, fort justement, concernant la philosophie :
« C’est sa propre déficience interne qu’elle combat à l’extérieur ; c’est en découvrant les faiblesses de son adversaire au cours de la lutte qu’elle révèle ses propres faiblesses ; elle ne peut dépasser ses faiblesses qu’après les avoir éprouvées en elle-même. [...] » 22 (Cf. Philosophie)

Pensée (Faille) (1) : Utiliser à son profit les failles de l'argumentaire de la personne et / ou de l’idée critiquée ne rend pas le sien plus juste. Évident, certes, mais si appliqué, pourrait sans doute alléger nombre de plateaux de télé et/ou émissions de radio.

Pensée (Faille) (2) : Chaque faille d’une pensée est un cadeau offert à celle qu’elle est censée critiquer, et / ou avec celle de la personne avec laquelle on est censé-e ‘débattre’. Mais…cf. plus haut.

Pensée (Féministe) : Les pensées féministes ne se limitent pas, ne s’enferment pas dans l’analyse et la critique du patriarcat, fussent-elles, disons…largement appréhendées. (Poursuivre)
- Par comparaison, enfermer les critiques socialistes, communistes dans l’analyse et la critique du capitalisme fut l’une des failles majeures de ces pensées critiques. (Cf. Féminisme. Patriarcat. Penser le patriarcat)

Pensée (Féministe. Silence) : Il est des silences, notamment publics, qui sont des triomphes. Plus modestement [?], il m’arrive de penser à la phrase de Mirabeau adressée à ses adversaires à l’Assemblée : «Répondez si vous pouvez […] !» 23 (Cf. Féminisme, Patriarcat)

Pensée (Fin) : Les moyens sont censés construire la fin. Mais, quelle est-elle ? Et dès lors, quels sont-ils ? (Cf. Penser. Changer le monde)

Pensée (Fonction) : Aucune pensée ne peut être justifiée par l’identité, le statut, la fonction de celui/celle qui l’exerce ; elle ne peut qu’aider - certes, souvent très utilement - à en éclairer les fondements. (Cf. Être humain. Soi. ‘T’es qui, toi’ ?)
- Pourrait utilement être lu par beaucoup, au premier chef, par exemple, par Jacques Attali, si peu conscient de la caricature, qu’en la matière, il incarne si souvent. (méchant ? utile ?)

Pensée (Force) : La force principale d’une pensée est dans sa capacité à intégrer sa propre critique interne, dans l’incessante recherche donc de sa propre faiblesse. On peut y adjoindre la lucide conscience de son bien-fondé, la fierté de sa légitimité, la volonté affichée, vécue, de combattre l’injustice à laquelle elle est censée remédier. (Cf. Féminisme)

Pensée (Guilloux Louis) : 1931. Louis Guilloux [1899-1980] dans une lettre adressé à Jean Guéhenno [1890-1978], le 4 mars 1931, écrit :
« […] Les hommes que nous sommes devenus ne savent plus combattre ces [les] mensonges, parce qu’ils croient toujours y découvrir une part de vérité, et aussi parce qu’ils sont appris à respecter tout ce qui se présente sous le nom de pensée. » 24 Doublement lumineux. (Cf. Culture. Guilloux Louis)

Pensée (Hypothèse [théorique]) (1) : Une hypothèse [théorique] n’est construite que dans un contexte politique donné, ainsi que sur les fondements d’un projet politique (quel qu’il soit).
Comme Monsieur Jourdain, nous avons tous et toutes des hypothèses [théoriques] en tête : comment, dans le cadre relatif donc qui est leur, les en faire ressortir afin de pouvoir les exprimer ?… (Cf. Penser. Abstraction, Patriarcat. Théorie)

Pensée (Hypothèse [théorique]) (2) : Sans hypothèse, il n’y a pas de pensée. Ou, plutôt, plus justement, sans point de vue préalable - qui ne peut être que personnel - aucune vue n’est possible ; ou plutôt, la vue n’est que reflet de … :
- Sans hypothèse de départ, un raisonnement n’est qu’un commentaire. (Poursuivre…)

Pensée (Indignation) (1) : Une pensée ne naît pas d’indignations, mais, pour moi, il n’y a pas de pensée sans indignation. On peut remplacer indignation par « colère »…qui n’est pas - seulement - ressenti personnel…. (Cf. Femmes. Colère, Langage)

Pensée (Indignation) (2) : 2017. Jean-Louis Bourlanges, présenté comme « essayiste », auteur de :
« L’indignation ne mène nulle part », suivi, quelques minutes plus tard, de :
« […] L’indignation ne débouche pas sur des améliorations concrètes. » (Cf. Homme « Politique » Bourlanges Jean-Louis) 25

Pensée (Individualiste. Critique) : 1979. Nicola Berdiaev [1874-1948], auteur de :
- « Mes capacités ne se manifestaient que lorsque le processus mental prenait sa source en moi, et quand je me trouvais dans un état actif et créateur ; par contre, toutes les fois que le processus mental m’arrivait du dehors et qu’il fallait assimiler passivement et retenir, je me sentais impuissant. » Et de :
- « Au fond, je n’aspirai ni à l’égalité, ni à la domination, mais uniquement à la construction de mon monde particulier. » Et enfin de :
- « […] On appelait cela mon ‘individualisme’, mais je crois ce terme inexact. Je passe du moi non seulement au monde des idées, mais aussi au monde social. » 26
Profond ou superficiel ? (Cf. Être humain. Soi, Politique)

Pensée (Irrécupérable) : Être irrécupérable [c’est à dire ne pas être intégrable dans une analyse qui n’est pas sienne] par quiconque : belle ambition.
Être récupérable : une faute / une erreur d’analyse s’est nichée quelque part, doit être débusquée et corrigée et /ou supprimée. (Cf. Être humain. Intègre)

Pensée (Léautaud Paul) : 1951. Paul Léautaud [1872-1956], auteur de :
« La pensée ! Il ne faut pas employer des mots comme ça ! ... » 27 (Cf. Homme. Remarquable. Léautaud Paul)

Pensée (« Levier de ») : 2018. Entendu : Il débuta par : « une laïcité mal comprise », il poursuivit par : « une fausse laïcité », et puis évoqua la nécessité de « la critique du ‘laïcisme ». Vint, alors, sans transition, « le clash des civilisations », pour finir par : « Soyons français » suivi de : « À Rome fait comme les Romains28

Pensée (Libérée) : Une pensée, libérée des défenses intellectuelles inculquées, sans même requérir son avis, et encore moins son accord, à l’être qui l’exprimait, révèle des forces considérables. (Poursuivre)

Pensée (Lucide) : Entendu la fin de la chanson de Léo Ferré [1916-1993], La solitude :
« La lucidité se tient dans mon froc ! Dans mon froc ! » (Cf. Féminisme. Antiféminisme, Homme. Grossier, Patriarcat)

Pensée (Manichéenne) : 1958. Maurice Merleau-Ponty [1908-1961] donne un exemple d’une pensée non manichéenne :
« Marx [1818-1883] […] n’était pas manichéen. Il pensait que le capitalisme est en décadence, mais qu’il a été une grande chose, qu’il faut détruire la philosophie, mais qu’il faut aussi le réaliser, que la révolution est une rupture avec le passé, mais qu’elle en est aussi l’accomplissement. » 29 (Cf. Pensée. Binaire, Philosophie)

Pensée (Michelet Jules) : 1847-1853. Jules Michelet [1798-1874], dans son Histoire de la Révolution française, auteur de :
« Quand on songe par quels degrés, quelles difficultés, quels obstacles, surgit toute grande pensée, on s’étonne moins de voir les humiliations, les bassesses où peut descendre, pour la sauver, celui qui l’eut une fois…
Qui nous donnera de pouvoir suivre, des profondeurs à la surface, l’ascension d’une pensée ?
Qui dira les formes confuses, les mélanges, les formes funestes qu’elle subit pendant des siècles ?
Combien, de l’instinct au rêve, à la rêverie, et au-delà au clair-obscur poétique, elle a lentement cheminé !
Comme elle a erré longtemps entre les enfants et les simples, entre les poètes et les fous !
Et un matin, cette folie s’est trouvée le bon sens de tous ! mais cela ne suffit pas.
Tous pensent, personne n’ose dire… Pourquoi ? […] » 30 (Cf. Histoire)

Pensée (Morin Edgar) : 2005. Edgar Morin, dans Le Monde, le 11 mai 2005, concernant la diffusion du projet de constitution européenne - le vote, qui s’avéra négatif, devant avoir lieu le 25 mai - auteur - de :
« C’est un vice de pensée que de se concentrer exclusivement sur un texte. »
- Et ce, après avoir affirmé que :
« La distribution à profusion du texte du projet de Constitution européenne ne va qu’accroitre la confusion et la perplexité. » 31
- Il faut oser écrire que : ne pas savoir est mieux que : savoir. (Cf. Homme. « Intellectuel », Penser. Vérité. Morin Edgar, Politique. Démocratie)

Pensée (Mort de la pensée) : [Dans le cadre d’une pensée qui se pose comme « rationnelle », « universelle » et donc, croit-elle d’emblée, « légitime »] : la perception d’une «réalité» considérée comme telle > la recherche d’une cause > qui ouvre la voie à une explication > laquelle nécessite un moyen > en vue d’un but plus ou moins explicité > traduit par une inscription dans la loi > laquelle cautionne et ou détruit les impositions préalables > et ce selon que vous serez hommes et femmes, riches ou pauvres, forts ou faibles, adultes ou enfants…(Reprendre)

Pensée (Neutralité) : 2018. Le président du comité national d’éthique, auteur, le 18 janvier 2018, de :
« On va être aussi neutres que possible… » 32

Pensée (Nombre) : Une pensée fait peu de cas du nombre. Ou plutôt : une pensée ne peut, ne doit pas faire cas du nombre ?

Pensée (Non-dit) : Faute de pouvoir s’exprimer adéquatement sur ce qu’il souhaitait transmettre, il expliquait doctement que l’essentiel était lisible dans le non-dit.

Pensée (Norme) (1) : Tout pouvant être qualifié de « norme », ne pas être dans la norme, critiquer la norme, ne peut signifier que l’expression d’un malaise personnel mal défini. Il en est de même concernant la critique de la « pensée dominante », de « politiquement correct », de la « bien pensance », et même des « belles âmes », autant de confusions intellectuelles qui pourtant fondent tant de débats…(Poursuivre)

Pensée (Norme) (2) : S’opposer à la norme, c’est la conforter. Il en est de même de « l’inversion des normes ».

Pensée (Nourrissante) : Elle se régalait de la pensée dont elle se nourrissait et qui lui conférait du poids.

Pensée (Péguy Charles) : 2017. En exergue du Site officiel de Charles Péguy [1873-1914], on lit :
« Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise pensée. C’est d’avoir une pensée toute faite. » 33 Facile ? sur quoi se fonde une telle hiérarchie ? Qui décide de la « norme » ? (Cf. Pensée. Norme)

Pensée (Personnelle) : Il qualifia la lettre qu’il avait reçu d’elle de : « très personnelle » ; elle, pourtant, n’y avait exprimé que sa pensée. Qu’en déduire ? Que, pour lui, sa pensée n’était pas même prise en compte ; elle se dissolvait en sa personne. Si fréquent…

Pensée (Pertinence) : La pertinence d’une pensée (d’une action) se juge a postériori et sur le long terme. Devrait inquiéter les utilisateurs / trices de twitter…

Pensée (Politique) : Toute pensée est politique en ce sens qu’elle engage nécessairement un être, homme ou femme, marqué-e par une histoire, une nation, une culture, un milieu, une classe, singulières ou plurielles.
Elle l’est, qui plus est, lorsqu’elle s’assigne pour finalité de rendre compte, de réfléchir sur l’une ou l’autre des composantes de sociétés, passée ou présentes, proches ou lointaines.
Elle l’est, a fortiori, lorsqu’elle se projette, plus ou moins consciemment, plus ou moins volontairement, plus ou moins lucidement, dans l’avenir et aspire à participer à sa [re]construction.
- Cette approche, telle qu’ici présentée, n’a alors que peu - rien ? - à voir avec celles censées opposer « objectivité » et « subjectivité », « engagement » et « prise de distance », « réalisme » et « utopie » ou « révolution »… (Cf. Féminisme. Patriarcat. Pensée. Binaire, Penser le, Politique, « Sciences » sociales)

Pensée (Pouvoir) (1) : Le principal avantage du pouvoir (dans ses multiples manifestations) est d’emblée de s’estimer être, sinon en mesure, du moins en droit, de délégitimer l’auteur-e d’une pensée (action) : efficace, car cela a pour effet, sinon pour fonction, de diminuer le nombre des postulant-es et de restreindre le champ de la critique. Concerne, tous systèmes de domination, et, principalement, au premier chef, les hommes concernant leurs rapports aux femmes.

Pensée (Pouvoir) (2) : Lorsqu’un pouvoir croit pouvoir affirmer, afficher son mépris pour une personne, pour une pensée critique, il n’imagine que rarement - sauf à s’interroger sur lui-même - que celle-ci l’avait d’emblée déjà récusé. Là, réside sa faiblesse. (Cf. Politique. Mépris)

Pensée (Pouvoir) (3) : Lorsqu’un pouvoir est contesté, comme c’est curieux - lui qui est censé tout gérer, tout décider, et espère-t-il qu’on le croit, tout comprendre - il ne comprend plus rien…
* Ajout. 26 août 2018. Cette analyse est valable aussi pour ceux et celles qui ne se pose pas même la question de leur plus ou moins grande proximité à l’égard du pouvoir.
Un exemple : Thierry Pech, ce jour, évoquant le discours de Jean-Luc Mélenchon la veille à Marseille dont il était vraiment difficile de reconnaitre qu’il n’était ni brillant, ni percutant, ni intelligent, ni politiquement crédible, ni fondé sur des analyses à tout le moins plus justes que celles qui nous sont présentées depuis si longtemps, affirma avec assurance : « On ne comprend rien à ce qu’il propose ».
Certes, ce jugement n’était censé concerner que « l’émigration », mais on pouvait penser, sans trop défigurer cette ‘ analyse’, qu’il concernait l’ensemble du discours, dont ni lui, ni aucune membre de l’émission, ne parla pas autrement.
Et les journalistes, commentateurs/trices, semblent s’étonner d’être si peu crédibles et respectés…. (Cf. Langage. Possessif, Politique. Médias)

Pensée (Pouvoir) (4) : Dans l’éternelle lutte entre le pouvoir et sa critique, à court terme, le pouvoir est toujours gagnant.

Pensée (Pragmatisme) : Toute référence - et si souvent, toute assignation - au pragmatisme - concrètement : s’adapter au monde tel qu’il fonctionne et donc au seul possible - interdit toute pensée, toute politique, tout imaginaire, toute utopie.

Pensée (Processus d’une pensée totalitaire) (1) : Je pense que… ; j’espère que… ; je crois que… ; Je veux que…; Je sais que…. Pour terminer par : «Ceci est».

Pensée (Processus d’une pensée totalitaire) (2) : Pour [tâcher de] s’en prémunir, s’interroger en préalable sur son statut : est-ce un présupposé ? un instinct ? une intuition ? une hypothèse ? une opinion ? un avis ? un conseil ? une croyance ? une idée ? une aspiration ? une certitude ? ; et concernant une personne : un rejet ? un mépris ? une peur ? une attirance ? un penchant vers ? un besoin de ? une demande à …

Pensée (Progrès) : Lorsque l’on veut voir le progrès, on s’interdit d’analyser le monde. Il y manque en effet les erreurs, les échecs, les régressions et les renaissances (autrement…) Bref, la complexité. Concerne nombre d’analyses féministes…

Pensée (Progression) : « Je ne comprends rien » ; puis : « Comprenne qui peut» ; puis : « C’est incompréhensible » ; et enfin : « Cela n’est qu’incompréhension, dont la responsabilité incombe à l’auteur-e lui/elle-même. » (Cf. Penser. Comprendre)

Pensée (Puissance. Hugo Victor) : 1864. Victor Hugo [1802-1885], auteur de :
- « Où est la pensée, là est la puissance. […] »
- « Qu’est l’invasion des royaumes comparée à l’ouverture des intelligences ? […] » 34
Éternelle question, jamais résolue, mais là, sans doute, mal posée : comment comparer une armée et des écoles ? D’autant que dans les deux cas, l’État en est en règle générale le maître d’œuvre…

Pensée (Radicale) : Une pensée radicale ne se divise pas. Elle doit avoir pour ambition de s’approcher de l’ensemble dans lequel elle s’inscrit.

Pensée (Rêve) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les misérables, auteur de :
« Il y a de la volonté dans la pensée, il n’y en a pas dans le rêve. » 35

Pensée («Second, troisième…degré») : Invoquer le « second - troisième…- degré » brise toute aspiration à la cohérence, à la clarté. Et, si souvent, est employée pour justifier le droit d’invalider une parole, jugé nécessaire du fait des réactions provoquées. Avant toute référence au « second degré », se poser la simple question : Le « second degré » de l’un-e est-il celui de l’autre ? Et préalablement : « ça veut dire quoi, le premier degré ? »

Pensée (Sens) : Une parole pour être entendable doit être sens. Comme les écrits. Comme la vie. Renvoie nécessairement à des valeurs. [À expliciter]. Lieu commun ? (Cf. Langage, Politique)

Pensée (Sens commun et/ou Bon sens) : Albert Einstein [1879-1955] aurait défini (cité sans source) le « sens commun » et /ou le « bon sens », comme : « la collection de préjugés acquis à l’âge de 18 ans. » 36

Pensée (Sensible) : Entendu : « Le sensible est de l’intelligible confus. » (Poursuivre)

Pensée (Soi) (1) : Après « une chambre à soi », une pensée à soi. Plus complexe qu’il n’y paraît. (Cf. Être humain. Soi)
* Ajout. 12 février 2018. Avant Une chambre à soi [1929], de Virginia Wolf [1882-1941, Ovide [43 avant J.C-17/18 après J.C] avait écrit :
« Les poèmes requièrent de ceux qui les écrivent une retraite et des loisirs. » [Tristes, Livre I, N° 1, v.41]

Pensée (Soi) (2) : Pour penser, réfléchir, il faut partir de soi ; ramener à soi invalide le processus. (Cf. Être humain. Soi)

Pensée (Soi) (3) : [Excès d’] orgueil ? Ou plutôt : exigence [minimale] ? (Cf. Être humain. Soi)

Pensée (Soi) (4) : Plus la pensée est sienne, mieux elle peut s’ouvrir à celle de l’autre. Non : faux (Poursuivre)

Pensée (Soi) (5) : Le refoulement de ses propres pensées, écrasées, étouffées par les «maitres» de tous acabits qui l’habitent détruit la possibilité même de la croyance en la pensée d’un autre. Il ne reste plus alors que la pensée de la reproduction. C’est cette chape de plomb qu’il faut lever.

Pensée (Statut de la parole) : Le positionnement du statut du sujet du discours est un préalable à toute pensée. (Cf. Être humain. Soi. « T’es qui, toi ? »)

Pensée (Synthèse) : Les synthèses dénaturent. Toute synthèse est trahison.

Pensée (Temps) : Le temps n’est ni gagné, ni perdu ; il est vécu.

Pensée (Varnhagen Rahel) : Rahel Varnhagen [1771-1833] appelait ses pensées :
« des essences distillées dans [ses] larmes. » (s.d., sans source) 37 (Cf. Femmes. Pleurs, Penser. Liberté. Varnaghen Rahel)

Pensée (Vide-Pensées) : Plus utile qu’un vide-poche. Une idée vous vient, une idée vous gêne, une idée vous met en colère, une idée mérite d’être sauvée de l’oubli, une idée vous pèse, une idée vous capte, une idée vous éclaire : Un abécédaire (à soi), vous en libère en vous permettant de les dépasser ; il permet en effet de déposer les scories qui occupent l’espace, de s’alléger de ce qui étouffe et de faire place plus nette...
Pour laisser à cet exercice son exactitude stricto sensu personnelle, je me suis, depuis son tout début, interdite de retirer un quelconque item à cet Abécédaire. J’ai, en revanche, pu modifier certains d’entre eux, eu égard à l’évolution de ma réflexion. (Cf. Homme. Remarquable. Dostoïevski, Pensée. Méthode. Abécédaire, Psychanalyse)

Pensée (Weil Simone) : 1942. Simone Weil [1909-1943], auteure, le 26 mai 1942, de : « J’ai besoin de me dire ces choses pour n’avoir pas peur de mes propres pensées. » 38

II. Pensée. Idées :

Pensée (Idée) (1) : Extirper les idées des carcans des fonctions qui les ont étouffées pour les replonger dans le réel. Et mieux penser sur d’autres fondements….

Pensée (Idée) (2) : Il y a ceux et celles qui, d’une idée, rejettent le tout et ceux et celles qui, dans le tout, trouvent l’idée. Il y a aussi ceux et celles qui enferment le réel dans l’idée et ceux et celles qui savent, qu’avec des idées ancrées dans le réel, on change le monde.

Pensée (Idée) (3) : Les idées ne sont à personne. Elles appartiennent au « patrimoine [culturel immatériel] de l’humanité ». Que faire alors du « droit à la propriété intellectuelle » ? : le transformer en un bien commun à échanger, à partager, permettant de s’enrichir de concert, par-delà les frontières, gratuitement. (Droit. « Droit à la propriété intellectuelle »)

Pensée (Idée) (4) : Une idée : une épreuve de vérité.

Pensée (Idée) (5) : Une idée est pièce à conviction. Elle doit être pensée, pesée, appréciée à sa juste valeur, conséquences incluses. Concerne tout le monde, « humoristes », « caricaturistes » inclus, sans exceptions.

Pensée (Idée) (6) : Une pensée n’est forte que si elle fait vaciller le socle sur lequel elle repose et dont elle est issue, et, par ondes de chocs, si elle n’ébranle donc pas tout son environnement.

Pensée (Idée) (7) : Une idée n’a pas [vocation] à être mise en œuvre. Elle peut l’être, mais ce n’est pas sa finalité, encore moins sa fonction.
* Ajout. 14 novembre 2017. Variante : Le moyen le plus efficace de tuer une idée - et même plus sur l’idée d’une idée - est de s’interroger, sitôt émise, sur son applicabilité.

Pensée (Idée) (8) : Lorsque l’on défend des idées, il ne faut pas les incarner. Rédhibitoire.

Pensée. Idée (9) : Incarner une idée, à fortiori [se] l’approprier, c’est en sus de la malhonnêteté et de l’absurdité du projet, la détruire.

Pensée (Idée) (10) : Une personne qui croit à des idées ne peut accepter d'être présentée intuitu personae ; elle se met en effet alors en situation d’être réduite à elle-même.

Pensée (Idée) (11) : Penser, ressentir qu’une idée est - selon soi, pour soi - juste, nouvelle… procure un sentiment de jouissance, de pouvoir, de plaisir. Si l’on croit à la force d’une idée….

Pensée (Idée) (12) : Pour - simplement - entendre un argument, encore faut-il croire à la valeur d’une idée, d’une parole, d’un engagement. Et à la valeur - j’emploie ce terme, faute d’un autre adéquat - de la personne qui l’émet. La «raison» qui refuse à s’y confronter bute alors sur ce qui lui demeure incompréhensible. Se raidit, se sclérose.

Pensée (Idée) (13) : Une idée ne doit jamais être présentée (proposée ?), prise en compte, analysée, critiquée que pour ce qu’elle est, pour sa valeur intrinsèque : relative, stérile ou féconde, c’est selon chacun-e. Mais encore faut-il au préalable qu’elle soit reconnue comme telle et ne relève pas du postulat, du principe, de l’exemple, de l’hypothèse, de l’argument d’autorité….

Pensée (Idée) 14) : Vouloir faire valoir ses idées, c’est en nier la valeur. (Cf. Être humain. Soi. Penser. Pensée. Parler publiquement de / Écrire sur soi)

Pensée (Idée) 15) : Si les idées doivent avoir une force supérieure à celle du pouvoir, ne doivent-elles pas s’imposer d’elles-mêmes ? (Cf. Être humain. Soi. Penser. Pensée. Parler publiquement de / Écrire sur soi)

Pensée (Idée) (16) : Qu’importe la forme, si l’idée est juste…Des pleurs, un cri, un hurlement, et tant de silences doivent être compris sinon comme un raisonnement, du moins comme aussi signifiants.

Pensée (Idées) (17) : Les structure sociales, mentales, intellectuelles etc., sont suffisamment solides et à même, du seul fait de leur pesanteur, de se reproduire pour qu’en sus il ne soit pas demandé aux idées de s’adapter à elles.

Pensée (Idées) (18) : Idées et prosélytisme sont deux termes incompatibles.

Pensée (Idée) (19) : Attendre un résultat d’une idée, c’est nier sa qualité d’idée.

Pensée (Idée) (20) : Servir, se mettre au service d’une idée, mais ne pas se servir d’une idée. Déjà exprimé mille fois, mais…

Pensée (Idée) (21) : Il existe des idées qui sont comme des grenades dégoupillées : on n’ose y être confronté-es, de peur qu’elles ne vous explosent à la figure.

Pensée (Idée) (22) : Certain-es allaient à la chasse aux papillons ; d’autres à la chasse aux idées.

Pensée (Idée) (23) : Il fut, paraît-il, un temps où l’on avait des idées, certain-es même y croyaient, se battaient pour les faire reconnaître, tentaient de les convertir en projets, et même, mourraient pour elle ; aujourd’hui, on «affiche des postures».

Pensée (Idée. Action Française) : « Notre force, c’est d’avoir raison » était l’une des maximes de l’Action Française [mouvement d’extrême droite nationaliste, royaliste]. Toujours donc se défier de la ‘force’ des idées, fondées sur, justifiées par la seule supposée «raison», d’où qu’elles viennent.

Pensée (Idée. Balzac Honoré de) : 1834. Honoré de Balzac [1799-1850] écrit le 26 octobre 1834 à Madame Hanska [1801-1882] :
« Ma vie n’est variée que par les idées ; physiquement, elle est monotone. » 39

Pensée (Idée. Beccaria Cesare) : 1764. Cesare Beccaria [1738-1794], auteur, dans Des délits et des peines, de :
« Il est démontré que la liaison des idées est le ciment qui maintient tout l’édifice de l’entendement humain. » 40 Analyse riche en elle-même et de ses dépassements. (Cf. Patriarcat)

Pensée (Idée. Berl Emmanuel) : 1971. Emmanuel Berl [1892-1974], auteur de :
« Là où il n’y a pas d’idées, mon intérêt faiblit très vite. » 41

Pensée (Idée. Castoriadis Cornelius) : 1962. Cornelius Castoriadis [1922-1997], auteur en 1962 de :
« Il faut comprendre que l’expression et la formulation d’une idée, même fragmentaire, inachevée ou erronée, peut conduire à son dépassement, tandis que son refoulement ne conduit qu’à la névrose politique. » 42

Pensée (Idée. Catherine II de Russie) : 1773. Catherine II, de Russie [1729-1796] dans une lettre en date du 11 septembre 1773, écrit à Voltaire - ce qui peut aisément être considéré comme une critique qu’elle lui adresse, lui, ne cesse de la pousser à la guerre contre les Turcs - :
« Il y a des gens qui n’aiment que ce qu’ils ont inventé et qui sacrifient tout à leurs idées une fois reçues. […] » 43 (Cf. Politique. Guerre. Voltaire)

Pensée (Idée. Constant Benjamin) : 1803. Benjamin Constant [1767-1830], auteur, en 1803, dans son Journal intime, de :
« J’ai terminé mon chapitre sur l’allégorie, j’en suis content. Il est rempli d’idées. […] » 44

Pensée (Idée. D’Holbach) : 1770. Paul Henry Thiry d’Holbach [1723-1789], dans son Essai sur les préjugés. Ou : De l’influence des opinions sur les mœurs et le bonheur des hommes, auteur de :
« Il est évident que la faculté de communiquer ses idées est un des plus grands avantages que la Nature ait donné aux êtres de l’espèce humaine. » 45 (Cf. Être humain)

Pensée (Idée. Du Bos Charles) : 1921-1923. Charles Du Bos [1882-1935], auteur dans son Journal, de :
« Leurs idées ne sont que des instincts pensées. » 46 (Cf. Penser. Instinct)

Pensée (Idée. Feyerabend Paul) : 1998. Paul Feyerabend [1924-1994], auteur de :
« Il est rare qu’une idée soit totalement sans mérite. […] » 47

Pensée (Idée. Freud Sigmund) : 1914. Sigmund Freud [1856-1939] dans une lettre adressée à Karl Abraham [1877-1925] lui écrit le 11 décembre 1914 :
« Avant, ma manière de travailler était autre ; j’avais l’habitude d’attendre qu’une idée [Einnfall] me vienne. Maintenant je vais à sa rencontre ; je ne sais pas si je la trouverai plus vite pour autant. » 48

Pensée (Idée. Gourmont Rémy de) : (avant) 1915. Paul Léautaud [1872-1956], le 16 mars 1940, le jour d’une soutenance d’une thèse à la Sorbonne concernant Rémy de Gourmont [1858-1915], ce « sceptique passionné » se souvient de :
« J’écris pour clarifier une idée. » 49

Pensée (Idée. Grève. Femmes) : 2017. Une ouvrière se remémorant la lutte des CIP (Textile du Nord. 1975-1978) :
« On a eu une organisation du tonnerre. […] On cherchait des manifestations qui n’avaient jamais été faites […] L’AG donnait des idées […] En AG, les filles quelques fois donnaient des idées mais on se demandait où elles avaient été les chercher (sur un ton d’admiration). Et, après on se demandait si on pouvait le faire. Et, si on pouvait, on se donnait le moyen de le faire. Et on le faisait. » 50
Quel plaisir de savoir que ceci a été dit, fait, et que l’on puisse le lire aujourd’hui … Comme de savoir que tous les jours, tant agisssent ainsi. (Cf. Politique. Autogestion. Démocratie, Sociologie)

Pensée (Idée. Guéhenno Jean) (1) : Jean Guéhenno [1890-1970], auteur de :
« On ne peut pas plus contre une idée que contre le ciel et les astres. » 51 La réfuter ?

Pensée (Idée. Guéhenno Jean) (2) : 1941. Jean Guéhenno [1890-1970], alors professeur de lettres en Khâgne, convoqué le 2 octobre 1941 par «un administrateur» (de l’Éducation nationale), se souvient :
« On m’a prié d’ailleurs gentiment de donner à mon enseignement un tour plus technique et plus pratique. […] L’histoire des idées est désormais suspecte. Que ne parlais-je plutôt de la règle des participes. […] » 52 (Cf. Langage, Histoire. Philosophie)

Pensée (Idée. Hegel) : Hegel [1770-1831], auteur de :
« Le travail théorique - je m’en convaincs chaque jour d’avantage - apporte au monde davantage que le travail pratique ; si le domaine des idées est révolutionné, la réalité ne peut demeurer telle qu’elle est. » 53
La question du temps est cependant posée. (Cf. Histoire)

Pensée (Idée. Hugo Victor) (1) : 1849. Victor Hugo [1802-1885], auteur, dans Choses vues, le 28 février 1849, de :
« Quand s’occupera-t-on des idées qui sont dans les têtes et non des bonnets qui sont dessus ? » 54 (Cf. Être humain)

Pensée (Idée. Hugo Victor) (2) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les Misérables, écrit :
« On n’empêche pas plus la pensée de revenir à une idée que la mer de revenir à un rivage. » 55

Pensée (Idée. Hugo Victor) (3) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], auteur, dans Les Misérables, de :
« […] Quels flots que les idées ! Comme elles couvrent vite tout ce qu’elles ont mission de détruire et d’ensevelir, et comme elles font promptement d’effrayantes profondeurs ! » 56

Pensée (Idée. Hugo Victor) (4) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les Misérables, concernant l’association « les amis de l’ABC » présentant Combeferre « le philosophe » écrit :
« Il voulait que la société travaillât sans relâche à l’élévation du niveau intellectuel et moral, au monnayage de la science, à la mise en circulation des idées. […] » 57

Pensée (Idée. Hugo Victor) (5) : 1872. Victor Hugo [1802-1885], auteur, dans Choses vues, le 4 octobre 1872, de :
« Une idée est un germe dont le peuple est le sillon. » 58

Pensée (Idée. Intérêts) : Nombreux-euses sont ceux et celles qui ne semblent avoir que les idées de leurs intérêts, quels qu’en soit la nature et les manifestations.
Mais il apparaît vite que, réduits à la seule prise en compte de leurs propres intérêts, et donc, se mutilant de leur essentiel, ils/elle ne peuvent plus avoir d’idées.
Et c’est pourquoi, si souvent, tant et tant agissent, sans être à même de s’en rendre compte, contre leurs intérêts, dissociés d’eux/elles-mêmes.

Pensée (Idée. Joly Eva) : 2004. Eva Joly, auteure, en 2004, de :
« Ces idées sont largement aujourd’hui minoritaires - elles n’en sont que plus précieuses à mes yeux. Car il suffit parfois de trois fois rien, d’un simple événement, pour rompre un ordre des choses apparemment immuable. » 59

Pensée (Idée. Keynes John Maynard) : 1936. J.M. Keynes [1883-1946], auteur, en 1936, de :
« Nous sommes convaincus qu’on exagère grandement la force des intérêts constitués par rapport à l’empire qu’acquièrent progressivement les idées. […]
Ce sont les idées et non les intérêts constitués qui, tôt ou tard, sont dangereuses pour le bien comme pour le mal. » 60
- Question d’importance : comment lier, comment lier, dissocier « idées » et « intérêts » ? (Cf. Pensée. Idées, Intérêts, Économie)

Pensée (Idée. Léautaud Paul) : 1897. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal [littéraire] écrit le 15 octobre 1897 :
« [...] Parfois ma chambre est trop étroite pour l’excitation que me donnent les idées. » 61

Pensée (Idée. Macron Emmanuel) : 2017. La session parlementaire est terminée, les ministres partent, le 9 août 2017, en vacances, Emmanuel Macron, alors en chute libre dans les sondages, les problèmes non réglés s’accumulent auxquels s’ajoutent les nouveaux. Je lis :
« Au gouvernement cette année, pas de vacances sans devoirs. Emmanuel Macron a appelé ses troupes à faire le bilan de ces trois premiers mois à la tête du pays et à revenir avec deux, trois idées qui pourraient être débattues dès la rentrée. » 62 (Cf. Homme. «Politique». Macron Emmanuel, Politique)

Pensée (Idée. Magny Colette) : XXème siècle. Colette Magny [1926-1997], auteure de :
« Moi, ce qui m’intéresse, ce sont mes idées. » 63 (Cf. Femmes. Artiste. Chanteuses françaises d’antan)

Pensée (Idée. Mirabeau) : 1789. Mirabeau [1749-1791], dans son discours en date du 8 juillet 1789, auteur de :
« Le peu de moments que j’ai eu pour rassembler mes idées ne me permettra pas sans doute de leur donner tout le développement nécessaire : mais j’en dirai assez pour éveiller votre attention, et vos lumières suppléeront à mon insuffisance. » 64

Pensée (Idée. Mitterrand François) : 2011. Bruno Lemaire, dans son livre Jours de pouvoir, à la date du 7 février 2011, rapporte la demande de François Mitterrand à Claude Allège, alors son conseiller pour son second mandat :
« Mitterrand me disait : ’Quand tu as une bonne idée, Claude, tu la gardes et tu me la donnes, et, les autres, tu en parles à tout le monde. » 65
Quelle misère… ou : quel misérable ? (Cf. Homme. « Politique ». Mitterrand François, Politique)

Pensée (Idée. Monde Le) : 2017. Lu dans un commentaire du Monde consacré au massacre de Manchester, le 22 mai 2017 :
« Quoi de mieux que les idées, pour nier le monde ? » 66
Pour y participer, le construire aussi… (Cf. Politique. Terrorisme)

Pensée (Idée. Neuve) : George Orwell [1903-1950] concernant un historien britannique :
« C’est un conservateur ordinaire, ‘intelligent‘, malin-idiot dont la technique habituelle est de se débarrasser de toute idée nouvelle en indiquant qu’on l’a déjà entendue. » 67

Pensée (Idée. « Pierre d’attente ») : 1739. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée vers le 1er novembre 1739, à Frédéric, prince héritier de Prusse [1712-1786] évoque des « vers » qu’il nomme des « pierres d’attente ». 68
Ne pourrait-on en dire de même pour les idées, non abouties, en attente….

Pensée (Idée. Ponthier Georges) : 2016. Mgr Georges Ponthier, archevêque de Marseille, président de la conférence des évêques de France, auteur, le 23 décembre 2016, de :
« […] Les débats d’idées sont voués à opposer […]. » 69 Plutôt dissuasif…

Pensée (Idée. Reclus Élisée) : 1902. Élisée Reclus [1830-1905], auteur de :
« […] Il est [cependant] des esprits timorés qui croient honnêtement à l’évolution des idées, qui espèrent vaguement dans une transformation correspondante des choses, et qui, néanmoins, par un sentiment de peur instinctive, presque physique, veulent, au moins de leur vivant, éviter toute révolution.
Ils l’évoquent et la conjurent en même temps ; ils critiquent la société présente et rêvent de la société future comme si elle devait apparaître soudain, par une sorte de miracle, sans que le moindre craquement de rupture se produise entre le monde passé et le monde futur.
Êtres incomplets, ils n’ont que le désir sans avoir la pensée ; ils imaginent, mais ils ne savent point vouloir. » 70

Pensée (Idée. Retz Cardinal de) : 1675-1677. Le Cardinal de Retz [1613-1679], concernant M. de Longueville [ ?- ?], dans ses Mémoires, écrit :
« Il ne fut jamais qu’un homme médiocre, parce qu’il eut toujours des idées qui furent infiniment au-dessus de sa capacité. » 71

Pensée (Idée. Romans) : Aussi souvent mauvais romans sont ceux dont les personnages sont créés comme des « idées personnifiés » (dont le Lélia - celui de 1833 et de 1839 - de George Sand [1804-1876] pourrait être le symbole), ils ont cependant le grand mérite de traiter d’idées et de tenter de les faire valoir. 72

Pensée (Idée. Sand George) : 1855. George Sand [1804-1876] écrit concernant les religieuses du couvent dans lequel elle avait été élevée et dans lequel elle revient des années plus tard :
« Elles vivent d’une idée et n’attachent une véritable importance qu’aux conditions extérieures qui sont le cadre nécessaire à cette idée. Tout ce qui trouble l’arrangement d’une méditation qui a besoin d’un ordre immuable et de sécurité absolue est un événement terrible, ou tout au moins, une crise difficile. […] » 73
Une analyse valide pour tous et toutes.

Pensée (Idée. Stendhal) (1) : 1839. Stendhal [1783-1842], dans La Chartreuse de Parme, évoquant la marquis del Dongo (le père de Fabrice) écrit :
« Le marquis professait une haine vigoureuse pour les Lumières : ce sont les idées, disait-il, qui ont perdu l’Italie […]. »
- Puis, passant du général au particulier, il précise qu’il « méprisait [l’Abbé Blanès] tout simplement parce qu’il raisonnait trop pour un homme de si bas étage. » 74

Pensée (Idée. Stendhal) (2) : 1839. Stendhal [1783-1842], dans La Chartreuse de Parme, suite à la réaction réitérée d’une cantinière concernant l’achat et la perte de son cheval lors de la bataille de Waterloo, transmet ainsi la pensée de Fabrice :
« Pourquoi répéter si souvent, se disait Fabrice, ce que nous connaissons tous trois parfaitement bien ? Il ne savait pas encore que c’est ainsi qu’en France les gens du peuple vont à la recherche des idées. » 75

Penser (Idée. Voltaire) (1) : 1752. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 17 novembre 1752 à Johann Samuel König [1712-1757] concernant la « manière de penser » de Leibntiz [1646-1716], évoque « son style profond, mais un peu diffus et embarrassé, sa coutume de jeter des idées, ou plutôt des semences d’idées, qui excitent à les développer. » 76

Pensée (Idée. Voltaire) (2) : 1760. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 7 janvier 1760, à Madame d’Épinay [1726-1783], auteur de :
« Quand j’ai mal dormi ou mal digéré je n’ai point d’idées. » 77 (Cf. Être humain, Corps)

Pensée (Idée. Voltaire) (3) : 1763. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 11 mai 1763, adressée au comte [1700-1788] et à la comtesse [1702-1774] d’Argental, écrit :
« Quand il vient une idée, on s’en sert et on remercie Dieu, car les idées viennent, Dieu sait comment. » 78

Pensée (Idée. Voltaire) (4) : 1770. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au comte d’Argental [1700-1788], vers le 30 avril 1770, écrit :
« Il faut avoir les idées nettes. » 79

Pensée (Idée. Woolf Virginia) : 1939. Virginia Woolf [1882-1941], auteure, en 1939, de : « Et, pour la centième fois, je répète qu’il y a plus de réalité dans une idée que dans n’importe quelle accumulation de malheurs dus à la guerre. » 80 (Cf. politique. Guerre)

III. Pensée. Méthode :

Pensée (Méthode) (1) : Aucune méthode ne justifie la validité, la pertinence même d’une pensée. Évident, certes, mais peut être rappelé.

Pensée (Méthode) (2) : « Apprendre », remplacer par : « comprendre » ?
Et, dans la foulée, remplacer « connaître » par : « réfléchir» ?

Pensée (Méthode) (3) : [Se] répéter, c’est dévoiler l’arrêt de sa pensée.
* Ajout. 30 juin 2017. Se répéter, c’est aussi déprécier la valeur de sa parole. (Cf. Politique. Autorité)

Pensée (Méthode) (4) : La spécialisation ouvre des horizons mais ferme toute hypothèse concernant [l’approche de] la justesse d’une analyse, nécessairement – et, c’est une lapalissade - plus large.

Pensée (Méthode) (5) : Aiguiser la pensée comme on taille la mine d’un crayon. Classer les idées comme on range une armoire. Nettoyer, laver, aérer, dépoussiérer les idées comme on fait le ménage dans une maison. Agrandir, amplifier, enrichir les idées comme on construit, aménage, améliore une maison, sa vie.

Pensée (Méthode) (6) : Ne jamais permettre d’opposition entre « conceptuel » et « narratif », « littéraire » et « réaliste », « colère » et « rigueur », « raison » et « imagination », « historique » et « contemporain »…

Pensée (Méthode) (7) : Créer soi-même ses conditions (de vie) afin de ne pas être assuré-e, afin d’être surpris-e, dépassé-e, remis-e en cause.

Pensée (Méthode) (8) : Il n’y a pas de commencement, pas de début, pas d’«année zéro». Toute recherche qui s’affirme telle est potentiellement, tendanciellement totalitaire. (Cf. Histoire)

Pensée (Méthode) (9) : Là où il n’y a pas d’empathie, aucune méthode n’est valide.

Pensée (Méthode) (10) : Une méthode n’a pas à être explicitée. Si elle est pertinente, elle s’imposera d’elle-même ; quant à son - éventuel - intérêt, il réside dans la recherche du processus qui y mène, qui ne peut qu’être spécifique, singulier. - Arguer d’une « méthode » est une assurance sans risque, une béquille, qui tue si souvent la spontanéité. On peut n’avoir aucune «méthode» et dire des choses fort justes ; c’est même, heureusement, fort fréquent.

Pensée (Méthode) (11) : In fine, l’imposition, le respect d’une méthode n’interdit-elle pas la pensée ? Tout simplement, parce qu’en pérennisant l’acquis (rien n’étant pérenne, par ailleurs), qui plus est, en l’enfermant a priori, n’interdit-elle pas toute pensée propre, originale, nouvelle ? (Cf. Être humain. Soi)

Pensée (Méthode) (12) : Qu’importe les méthodes ! Qu’importe les débats sur les invariants et les structures, les prolongements et les ruptures, les émotions, les intuitions et les pseudo exigences de la rigueur ! Tout est valable : les silences étouffés, les cris inarticulés, les non-dits, les journaux intimes, les petites annonces, les romans, les films porno, les Leçons inaugurales au Collège de France, les publicités, les graffitis, les discussions entre ami-es, etc.…Ce qui importe afin de [mieux] comprendre le monde, c’est que des idées produisent des effets aux fins de le rendre mieux vivable. Et nul-le ne sait, ne peut savoir quand, et dès lors…peu importe.
* Ajout. 5 août 2018. Concernant les « invariants » j’ai modifié mon regard. Évoquer – - simplement - des invariants, c’est nier toute pensée [historique]. C’est figer ad vitam aeternam le statu quo. C’est absurde. (Cf. « Sciences » sociales)

Pensée (Méthode) (13) : Affirmer les principes, les valeurs, les engagements, les aspirations auxquel-les on se réfère. Dès lors les faiblesses, les contradictions de sa propre pensée apparaissent plus clairement ; et c’est non seulement très bien ainsi, mais en plus nécessaire à la critique.

Pensée (Méthode. Abécédaire) : En réfléchissant à l’évolution de cet abécédaire, voici ce que je peux, avec un certain recul, en dire. Je pense qu’il ne s’agit en rien d’une méthode, mais de l’évolution, de la progression d’un enchainement de processus commencé en 2010, au début duquel, je voulais m’inspirer du Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert [1821-1880].
- J’y ai écris, je continue à y écrire, ce qui me vient à l’esprit, en vrac, le seul «ordre» étant, à l’origine, par simple commodité, alphabétique, tandis que le seul critère explicite était que je ne devais jamais me contraindre à écrire quoi que ce soit.
- Si ennui, gêne, blocage, confusion il y avait, cela devait rester où cela était (dans le refoulé) jusqu’à ce que les raisons en émergeant [ou non] dans la conscience.
- Dès lors que ce que je lisais, regardais, pensais me paraissait pour moi neuf, pertinent, tout pouvait donc être inscrit, formulé, dans l’attente de l’achèvement [ou non] d’un processus de réflexion.
- J’y ai donc écris ce qui m’a marquée, étonnée, fait réfléchir ; ce que j’ignorais, ce que j’ai appris, d’une manière ou d’une autre.
- Soit une idée est suscitée par les livres et les journaux que je lis, par les films que je regarde, les émissions que j’écoute, les discussions auxquelles j’ai participé ou non, les souvenirs qui me reviennent à l’esprit, soit une idée vient d’elle-même.
- Puis, ces «choses» lues, vues, entendues, vécues, souvenues - pour moi, matières à idée, plus ou moins avancées - une fois posées à plat, ont été regroupées, à plusieurs reprises, en fonction des thèmes, qui ont eux-mêmes évolué.
- Le résultat premier était que je me sentais tout à la fois libérée, allégée, sécurisée, enrichie.
- Progressivement, en réalité sans cesse, j’ai relu ces items dans le cadre d’une recherche d’une certaine cohérence, la mienne. Alors se sont dégagées progressivement les finalités auxquelles, plus ou moins consciemment, personnellement, intellectuellement, politiquement, j’aspirais atteindre par, grâce à l’écriture de cet Abécédaire.
- C’est la raison pour laquelle modifier, faire évoluer chaque apport, c’est nécessairement déstabiliser l’ensemble, ce qui nécessite donc, souvent, inévitablement, de nouvelles interrogations.
- Ce que je sais, ce que j’ai appris, c’est que cette écriture me fait du bien - qui plus est - m’est plaisir, souvent même jubilation ; que je sens, je sais, que je vois plus clair dans nombre de domaines ; mais surtout que tous ces mots, ces items, ces thématiques, ces classements, sont tous liés indissociablement entre eux.
- Le processus se poursuit et continue d’évoluer, sans savoir clairement où je vais, au-delà de la finalité, elle, explicitée depuis quelque temps, de penser le patriarcat, de tenter d’expliciter sinon son unité, du moins sa logique et les raisons de son extraordinaire permanence, et pour cela tenter d’intégrer son historicité, ses cohérences, ses contradictions. (À poursuivre, approfondir.) (Cf. Patriarcat. À la recherche du patriarcat, Penser. Vide-pensées)
* Ajout. 18 février 2018. Voltaire [1694-1778], dans une lettre à l’abbé d’Olivet [1682-1768], le 24 août 1735, lui écrit :
(Concernant l’écriture de son Siècle de Louis XIV) :
« Tout peut trouver sa place. […]
J’ai du plaisir même à préparer les instruments dont je dois me servir ; la manière dont je recueille mes matériaux est un amusement agréable. Il n’y a point de livres où je ne trouve des traits dont je peux faire usage. […]
Je ressemble à la Flèche [personnage de L’Avare de Molière] qui fait son profit de tout. » 81

Pensée (Méthode. Bayet Albert) : Stéphane Hessel [1919-2013], concernant de son année d’hypokhâgne au lycée Louis le Grand, en 1935, écrit :
« Pour la première fois, j’ai l’impression d’apprendre à penser » ; il se souvient notamment de son professeur, Albert Bayet :
« Albert Bayet [1880-1961] nous fit lire la première Provinciale de Pascal [1623-1662] qu’il connaissait par cœur, et nous démontra la pertinence de cette implacable mise en pièces de la théorie jésuitique de la grâce. La première heure de cours achevée, il nous fit sortir pour la récréation, puis il consacra la seconde heure à nous démontrer avec la même aisance l’incontestable supériorité des arguments avancés par les jésuites. Magnifique exercice pour la formation de l’esprit critique ! » 82 (Cf. Pensée. Méthode. Comparaison)

Pensée (Méthode. Comparaison) (1) : Toute comparaison qui implique confrontation, concurrence, ne serait-ce que pour s’en démarquer, mais n’est valide qu’à équivalence de sens. Mais [le qui étant incomparable à quoi], qui peut-on comparer à qui ? Que peut-on comparer à quoi ?
* Ajout. 4 juillet 2015. Avoir honte de sa pauvreté et être fier-ère de sa richesse ne sont pas les deux faces contradictoires d’une même facette.

Pensée (Méthode. Comparaison) (2) : 1953. Albert Camus [1913-1960] (concernant « la littérature prolétarienne ») auteur de :
« [...] il est vrai que la belote au bistrot vaut bien le cocktail mondain. Mais, précisément, le cocktail mondain ne vaut rien. Pourquoi donc comparer ? […] » 83

Pensée (Méthode. Critique) : Se rendre compte que la critique juge d’abord et avant tout la personne qui l’émet et non pas celle à laquelle elle est destinée est la marque d’un grand progrès dans la connaissance de soi. (Cf. Être humain. Soi)

Pensée (Méthode. Critique modérée) : Une critique ‘modérée’ : une contradiction dans les termes. Et assurément incompatible avec « rigueur intellectuelle ». (Cf. Langage. Adjectif)

Pensée (Méthode. Critiques) : Toutes les bienvenues, y compris les ‘pires’ : permet de mieux réfléchir.

Pensée (Méthode. Exemple) : Aucun exemple ne peut justifier ou invalider quoi que ce soit (un principe, une idée, une méthode, un argument, une position) ; il ne peut qu’éclairer ce qui est avancé, proposé. Vrai aussi pour : «critique», «caution», «satisfaction», «accord», «remerciement», «applaudissement», «félicitations», «injure» …

Pensée (Méthode. Freud Sigmund) : Sigmund Freud [1856-1939], auteur de :
« […] Il est facile pour un auteur de transformer une résistance interne en réfutation logique. » 84 C’est effectivement souvent mis en pratique, mais il n’est pas si facile d’en cacher le subterfuge… (Cf. « Sciences » sociales)

Pensée (Méthode. Korczak Janusz) (1) : 1929. Janusz Korczak [1878-1942], écrit concernant son livre Comment aimer un enfant écrit :
« Je compte au nombre de mes mérites le fait de ne pas avoir répondu par des chiffres aux questions ci-dessus. » 85

Pensée (Méthode. Korczak Janusz) (2) : 1929. Janusz Korczak [1878-1942], écrit concernant son livre Comment aimer un enfant écrit :
« Je n’ai qu’une crainte : celle que le lecteur n’adopte trop vite mes conclusions, car, en ce cas, sa lecture aurait été préjudiciable. Je préviens donc : le chemin que j’ai choisi de poursuivre pour atteindre mon but n’est ni le plus court, ni le plus commode ; pourtant il est le meilleur pour moi, car c’est le mien. » 86 (Cf. Être Humain, Enfants)

Pensée (Méthode. Pascal Blaise) : 1669. Blaise Pascal [1623-1662], dans les Pensées, [1670] auteur de :
« J’écrirai ici mes pensées [découvertes après sa mort] sans ordre et non pas peut-être dans une confusion sans dessein. C’est le véritable ordre et qui marquera toujours mon objet par le désordre même.
Je ferai trop d’honneur à mon sujet si je le traitais avec ordre puisque je veux montrer qu’il en est incapable. » 87 (Cf. Patriarcat)

Pensée (Méthode. Rilke Rainer Maria) : 1903-1908. Rainer Maria Rilke [1875-1926], auteur, dans, Lettre à un jeune poète, de :
« Nous savons peu de choses, mais qu’il faille nous tenir au difficile, c’est là une certitude qui ne doit pas nous quitter. […]
Qu’une chose soit difficile doit nous être une raison de plus de nous y tenir. »

Pensée (Méthode. Séverine) : 1896. Séverine [1855-1929], auteure de :
« Et j’en apprends tant et tant chaque jour ; et de si étranges, de si invraisemblables constatations s’imposent que, sincèrement, j’en arrive à peu près à tout comprendre, sinon tout excuser.
Certes, s’il n’y avait que moi pour allumer des mèches (évocation des attentats anarchistes), les architectes et les vitriers n’attraperaient pas de courbatures ; mais il est impossible, en toute bonne foi, de ne pas reconnaître qu’on semble prendre à tâche d’alimenter les fièvres, de fomenter les haines, d’exaspérer les indignations.
Je ne romantise pas, je vous assure ; je ne menace pas non plus... rien de plus bête ! Et je pontifie encore moins, nul, sauf idiotie, ne pouvant se targuer d’influer sur le cours des choses ; de tenir au bout d’un fil, la révolution sociale. D’ailleurs, si on me l’avait confiée, je l’avoue ingénument : il y a belle lurette qu’elle aurait pris son vol !
Beaucoup d’humilité, la conscience de sa parfaite impuissance, un brin de philosophie - avec cela on peut regarder passer les événements.
Non que je manque de partialité : j’en suis pétrie ! Mais, en telle matière, l’étalage de sa propre conviction me semble importer moins que la mise en valeur, la mise en lumière des ambiances qui la peuvent servir.
Dire d’un adversaire : ‘C’est un coquin !’ prouve seulement qu’on n’est pas d’accord. Et le public blasé, édifié, las de se voir ‘battre comtois’ [être traité comme un niais] passe, haussant les épaules. Ne vaut-il pas mieux exhiber la coquinerie… avec un bout de toilette, mais sans se prononcer ?
L’auditoire, alors, devient tribunal. Il juge lui-même.
Et le cœur de l’homme est ainsi fait qu’il attache une bien autre importance à son propre verdict qu’à votre personnelle opinion, en quelque estime qu’il vous puisse tenir.
Il a raison : la sienne est la meilleure !
Plus instinctive, plus neuve, elle a encore cet avantage de ne pas résumer l’impression d’une unité, de se multiplier à l’infini.
Comme la calomnie dont parle Bazile [Jules Guesde] mais pour le bien, elle fait avalanche, elle fait torrent, gonfle, gronde.
Alors c’est l’Opinion - qui entraîne les rois, renverse les ministres, casse les arrêts de justice... et le juge avec ! » 88
Quelles leçons ! (Cf. Femme. Remarquable, Justice, Penser. Instinct, Politique. Morale, Philosophie)

Pensée (Méthode. Wright Mills Charles) : 1959. Charles Wright Mills [1916-1962], dans L’imaginaire sociologique [1959. Traduction française. 1967], écrit :
« Mais, direz-vous, comment les idées vous viennent-elles ? Comment presser l’imagination de rassembler faits et images, de rendre les images pertinentes, et de donner un sens aux faits ? Je ne le sais pas très bien ; tout ce que je peux faire, c’est évoquer les conditions générales et les techniques simples qui permettent d’accrocher les idées. » 89 (Cf. Pensée. Idées, Sociologie)

IV. Penser :

Penser (1) : Hic et nunc. Ici et maintenant.

Penser (2) : Dénoncer les préjugés, récuser les tabous, critiquer les lieux communs, s’attaquer aux clichés, aux poncifs, aux stéréotypes, autant de miroirs aux alouettes, c’est rester à la surface du monde et ne pouvoir y échapper. (Cf. Féminisme. Stéréotype. Tabou, Penser. Stéréotype. Tabou)

Penser (3) : Le besoin de croire tue la nécessité de penser.

Penser (4) : Penser à contrainte données, c’est en accentuer les rigueurs.

Penser (5) : Penser, c’est s’inscrire dans le lignage de longues luttes intellectuelles et y apporter sa quote-part.

Penser (6) : Chaque porte poussée permet à la suivante de s’entrouvrir…

Penser (7) : On ne pense pas le monde par le prisme des grilles de lectures de ses penseur-es. Ils/elles aident à penser par soi-même.

Penser (8) : Aller, tant que l’on peut, au plus complexe et / ou : rechercher (d’abord) la complexité ? Mais faire attention : rendre tout plus complexe contribue aussi à masquer la compréhension de l’essentiel, souvent d’emblée aveuglant..

Penser (9) : Beaucoup s’assignent à créer la confusion, afin d’empêcher la compréhension de la complexité du monde.

Penser (10) : Convaincre, c’est, souvent, perdre le droit fil de sa pensée.

Penser (11) : Tâcher, lorsque cela est possible, de s’interroger sur les intérêts, les déconvenues que l’on peut avoir à penser de telle ou telle manière. Évite souvent les transferts inappropriés sur des personnes qui ne sont par ailleurs que peu ou pas concernées.

Penser (12) : Il /elle ouvrit une brèche ; il /elle s’arrêta au milieu du gué ; Il /elle fut emporté-e par les flots.

Penser (13) : Desserrer les contraintes, défaire les nœuds, retirer les étais, alléger les entraves, déraciner les attaches…Doucement, lentement, à temps…
Néanmoins, des événements personnels, politiques peuvent subitement tout bouleverser.

Penser (14) : Penser, c’est chercher à voir derrière les miroirs.

Penser (15) : On ne peut invoquer l’exception pour condamner la règle, car toute règle comporte des exceptions.

Penser (16) : Lu ce jour [7 juin 2018] peint sur le trottoir de la rue du Sommerard : « Demain commence aujourd’hui ».

Penser (17) : Ne pas penser « sans maître », penser en soi.

Penser (18) : Invalider une pensée (une analyse) par la critique (possible) de ses conséquences (éventuelles) est absurde.

Penser (Agir. Sand George) : George Sand [1804-1876], auteure de :
« On ne peut en même temps initier et mettre en pratique. » 90 Trouver la justesse et la faille du raisonnement. Reformuler autrement son assertion.

Penser (Algorithme) : Si j’ai bien compris, le propre des algorithmes, c’est qu’ils créent eux-mêmes leurs règles de fonctionnament dont nul-le ne comprend la logique de fonctionnement. Personne (ou quasi, je ne sais) ne peut les lire, ni les décrypter, ni les comprendre, ni les penser. Ni donc les critiquer.

Penser (Ambition) (1) : Éclairer les zones obscurcies et tenter d’en saisir les significations ; approfondir, élargir, re-conceptualiser pour poser de nouvelles grilles de lecture éclairantes de la réalité du monde. Et en dévoiler les contradictions.

Penser (Ambition) (2) : Sans cesse, complexifier la pensée. (Cf. Pensée. Claire)

Penser (Ambition) (3) : Retrouver partout les traces perdues de la pensée, alors considérées comme non ou peu signifiantes, leur conférer une valeur - celle que l’on n’a pas su, pas voulu, pas pu leur conférer - et sur ces éclats, autant de joyaux, autant de fondements, recomposer la signification à leur accorder. Et, alors, mieux, savoir lire le présent. (Cf. Être humain. Identité, Histoire)

Penser (Analyses) : Certains dénonçaient des « généralisations abusives », quand d’autres en déduisaient des « analyses structurantes ».

Penser (Anonymes) : 99 % des personnes qui résistent sont anonymes. Alors… (Cf. Politique, Démocratie. Peuple, Patriarcat)

Penser (Apprendre) : Apprendre à [mieux] penser, c’est à dire au mieux de soi-même, c’est élargir le champ de la critique. C’est alors, créer les conditions pour que chacun-e soit à même de penser au plus près de soi-même, et donc au plus près de la critique du monde. D’où la nécessité de tant d’institutions dont la fonction est bien de délégitimer toute pensée propre. (Cf. Culture)

Penser (Balibar Françoise) : 1997. Françoise Balibar, auteure de :
« J’ai connu des moments où j’ai eu une impression de comprendre absolument fulgurante et de pouvoir expliquer les choses dans les termes de tous les jours. Cela m’est arrivé une dizaine de fois en tout : ce sont des moments de souvenirs de maitrise du monde et aussi de grand bonheur. Luxe, calme et volupté. » 91

Penser (Berdiaev Nicola) : 1940. Nicola Berdiaev [1974-1948], dans son Essai d’autobiographe spirituelle, auteur de :
« […] Je m’étais toujours nourri de la pensée universelle, j’en recevais des impulsions intellectuelles, je suis très obligé aux penseurs et aux écrivains que j’ai lu toute ma vie, et je suis également reconnaissant à mes proches. Mais, en passant par ma liberté, tout entrait profondément en ’moi’ et c’est de là que tout me venait. Je n’acceptais aucune influence intellectuelle sans l’adhésion de ma liberté. Je suis par conséquent, l’homme le moins traditionnaliste du monde. Je n’avais même pas à rompre avec telle ou telle autorité, car pour moi, il n’en existait point. » 92
Quelle forte assurance…crédible ? Difficilement.

Penser (Castoriadis Cornelius) (1) : 1996. Cornelius Castoriadis [1922-1997], auteur de :
« La société apprend à l’individu - d’une façon totale dans les sociétés anciennes, de façon un peu moins complète aujourd’hui - à penser ce que la société lui dit de penser. » 93
- Brutal, sans grandes nuances - qu’il exprime ailleurs - mais à ne jamais oublier…

Penser (Castoriadis Cornelius) (2) : Dénoncer « l’apathie » d’une société - ce que Cornelius Castoriadis [1922-1997], affirme et dénonce à de nombreuses reprises concernant et la société soviétique et la société occidentale moderne - c’est révéler son incapacité à la comprendre et l’enfermer dans une logique d’éternelle répétition. C’est clore l’histoire. C’est aussi, en s’autorisant un tel diagnostic, révéler ce qu’il révèle de la surestimation du rôle de l’intellectuel, apte à lui seul de juger de la vie des autres, fussent-ils des dizaines de millions…. (Cf. Homme. «Intellectuel», Sociologie)

Penser (Castoriadis Cornelius) (3) : 1981. Cornelius Castoriadis [1922-1997], auteur de :
« […] Finalement la question de savoir : ‘Qu’est ce qui, dans ce que l’on pense, vient de celui qui pense, et qu’est ce qui vient de ce qui est pensé, cette question restera à jamais indécidable comme question ultime. Et ce paradoxe est lui-même paradoxalement, le lest, le seul, de la pensée. » 94 Pertinent…Mais la question a-t-elle un intérêt ? (Cf. Penser. Pensée)

Penser (Catherine II) : 1773. Catherine II, [1729-1796] impératrice de Russie, dans une lettre adressée à Voltaire [1694-1778], le 1er novembre 1773, lui écrit :
« Nous avons (avec M. Grimm [1723-1897]) beaucoup parlé de vous. Je lui ai dit ce que vous avez oublié peut-être, c’est que ce sont vos ouvrages qui m’ont accoutumée à penser. » 95

Penser (Cause) : Il y a, à tout, pour tout, une multiplicité de causes, qui produisent elles-mêmes, pour chacune d’entre elles, une multiplicité de conséquences et d’effets, invisibles dans l’immense majorité des cas. En sus, rien - ou presque ? - ne permet d’établir de relations de cause-s et à effet-s. Et, enfin, sur quels fondements, avec quelle certitude, ou même sur quelle hypothèse, peut décider que ceci ou cela relèverait du statut de «cause» ? [Après avoir écouté Hubert Reeves] 96 (Cf. « Sciences » sociales)

Penser (Cause-s. Effet-s) (1) : Analyser, dévoiler, dénoncer, réfléchir sur les «causes» d’une «réalité», c’est - faute de les remettre en cause - nécessairement conforter les principes qui l’ont constituée, justifier les fondements qui seuls l’explique et lui donne son sens. Toutes analyses causales confortent donc les systèmes au sein desquels, nécessairement, elles se situent. Dès lors, fonder un raisonnement sur des rapports de «causes à effets», quels qu’ils soient, est nécessairement voué à l’échec.
- Qui plus est, nombreux/euses sont ceux/celles qui évoquent des effets sans causes ni explications, tandis que d’autres allèguent d’effets pour conforter de pseudo causes et justifier ainsi de pseudo explications, et qu’il est même fréquent de vouloir des effets, sans causes… (Cf. [pour Bossuet] Homme. Macho, Politique. Abus, Penser, Patriarcat. Méthode d’analyse, Principe)

Penser (Cause-s. Effet)s) (2) : Penser en termes de cause-s / effet-s, c’est [tenter d’] expliquer. Ce n’est pas [tenter de] comprendre.

Penser (Cause-s. Effet-s») (3) : Qui décide de la cause, qui en déduit l’effet, qui analyse la relation entre la cause et l’effet ? Sur quels fondements ? Comment relier le lien entre la / les cause-s et l’ / les effet-s ? Comment isoler et la /les cause-s et l’ /les effet-s sans préalabement les intégrer dans le cadre d’une analyse, fut-elle partielle, partiale, d’un sytème qui explique - au moins au départ du questionnement - et l’un et l’autre et les unes et les autres?

Penser (Causes. Effets) (4) : 1669. Blaise Pascal [1623-1662], dans les Pensées [1670], auteur de :
« Toutes ces personnes ont vu les effets mais ils n’ont pas vu les causes. Ils sont à l’égard de ceux qui ont découvert les causes comme ceux qui n’ont que les yeux à l’égard de ceux qui ont l’esprit. Car les effets sont comme sensibles et les causes sont visibles seulement à l’esprit. […] » 97

Penser (Cause-s. Effet-s) (5) : 1871. Mikhaïl Bakounine [1814-1876], auteur, dans La nature, cette totalité, de :
« Ne nous en prenons pas aux effets, attaquons toujours les causes. » 98 Invalide l’item précédent ? (Cf. Penser. Comparaison)

Penser (Causes. Effets) (6) : 1989. Cornelius Castoriadis [1922-1997], auteur de :
« Pointer les causes ou les conditions d’un phénomène, n’en épuise pas la signification ni n’en circonscrit les effets. » 99

Penser (Chalamov Varlam) : 1954-1973. Varlam Chalamov [1907-1982], auteur, de retour de la Kolyma, de :
« Pas une fois, je m’attardai sur une pensée. Le seul fait de l’essayer me causait une douleur vraiment physique. » 100
Constat / analyse essentielle : permet de comprendre tant de silences, sur lesquels prospèrent tous les non-dits qui fondent les sociétés… (Femmes. Silence, Politique)

Penser (Choisir) : Penser, c’est choisir. C’est à dire désigner, décider, s’engager.
Un «conflit de loyautés» : l’antithèse.

Penser (Citations) : Lier une pensée à une citation, c’est peu ou prou, en positif et négatif, s’inscrire dans le cadre de pensée dont on est redevable.
- Dès lors qu’une citation est liée à une pensée, il importe d’en préciser la source afin que l’on puisse s’y référer et y lire sinon un détournement de sens, du moins la possibilité d’une autre interprétation.
- Il importe aussi de situer les citations dans leur temps afin d’éviter d’inutiles répétitions, et de mieux appréhender la valeur de toutes celles qui, si elles avaient été mieux entendues, comprises, prises en compte, auraient peut-être pu aider à une meilleure compréhension du monde.
- Il importe enfin de rigoureusement distinguer les citations de ses propres réflexions afin de mieux appréhender les processus historiquement mis en œuvre dans l’élaboration d’une réflexion.

Penser (Comment) : 1935. André Gide [1869-195], dans son Journal, à la date du 29 juillet 1934, auteur de :
« Remplacer, chaque fois qu’il se peut, le « pourquoi ? » par le « comment ?», c’est faire un grand pas vers la sagesse. » 101
- Mais, ne pas oublier que le « comment ? » permet aussi d’oublier le « pourquoi ? ».

Penser (Commentaire) (1) : Faute de prise de position préalable quant aux présupposés qui structurent une analyse politique, tout commentaire est caution. (Cf. Politique. Médias)

Penser (Commentaire) (2) : Le commentaire, si souvent, étouffe, détourne, dénature ; et même, si souvent, sans aucun respect, tue la pensée de l’autre.
- Pour poursuivre cette réflexion, Cf. Vauvenargues [1715-1747]:
« Ce que l’on conçoit nettement, on n’a pas besoin de le commenter », suivi de :
« Mais ce qu’on ne fait qu’entrevoir, ou ce qu’on imagine faiblement, on l’allonge plus aisément qu’on ne l’explique.» 102 (Cf. Être humain. Écrit, « Sciences » sociales)

Penser (Commentaire) (3) : Le commentaire est au texte commenté ce que le fard est au visage : jamais sa vérité.

Penser (Commentaire) (4) : Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au comte d’Argental [1700-1788], le 28 août 1772, écrit :
« […] Jaime mieux Molière que des réflexions sur Molière. » 103

Penser (Comparaison) (1) : Rien n’est comparable à rien ; rien n’est assimilable à rien. Tout peut faire penser à tout. Tout peut agir sur tout. (Cf. Penser. Causes. Effets)

Penser (Comparaison) (2) : « Comparaison n’est pas raison », certes, mais une comparaison peut jeter un éclairage cinglant sur une analyse partielle et / ou partiale. [Écrit après avoir lu ce dialogue dans Les misérables [1862] de Victor Hugo [1802-1885] entre un « Conventionnel » et Monseigneur Bienvenu opposant « Marat battant des mains à la guillotine » et « Bossuet chantant le Te Deum sur les dragonnades ».] 104

Penser (Compétences) : 1949. Raymond Aron [1905-1993], auteur, dans la Revue de métaphysique et de morale, de :
« Entre observateurs compétents, qui se sont donné la peine de poursuivre les études nécessaires, une large mesure d’accord s’obtient assez aisément sur ce qui est possible à l’intérieur d’un système économique. » 105
- Quant aux personnes qui ne se seraient pas « donné la peine de poursuivre les études nécessaires », dès lors incompétentes et celles qui penseraient et voudraient agir «à l’extérieur du système économique», on ne sait quelle place Aron leur accorde…Que de suffisance, que de mépris, que de naïveté, que de bêtise… (Cf. Homme. «Intellectuel»)
Me fait penser - en pire - au vers de Victor Hugo : « Mais pour les pauvres gens, ces choses-là sont dures, il faut pour les comprendre avoir fait des études. »

Penser (Comprendre) (1) : Gabriel Marcel [1889-1973], auteur de :
« On est toujours libre de ne rien comprendre à rien. » 106

Penser (Comprendre) (2) : Ils / elles affirmaient, avec force répétitions, « ne rien comprendre » pour s’épargner le risque, l’ennui, le coût, d’avoir à comprendre. Et cela durait depuis des dizaines d’années ;

Penser (Comprendre) (3) : On comprend, en règle générale, ce que l’on cautionne, le plus souvent sans même le savoir. Une rupture de ce lien est nécessaire pour penser.

Penser (Comprendre) (4) : Au lieu de s’acharner à tenter d’expliquer, à trouver souvent coûte que coûte une explication, il vaut souvent bien mieux reconnaitre que l’on ne comprend pas. Mieux : que cela est incompréhensible.

Penser (Comprendre) (5) : Je ne comprends pas mais je comprends qu’un-e autre comprenne. Mais c’est très difficile et je n’y parviens pas toujours. Et de loin…

Penser (Comprendre) (6) : 1955. Dans un texte intitulé : Merleau-Ponty et le pseudo-Sartrisme, Simone de Beauvoir [1908-1986] reproche à (Maurice) Merleau-Ponty [1908-1961], comme à tant d’autres, de « n’avoir pas compris » [Jean-Paul. Sartre [1905-1980]. 107 N’est-ce pas signifier qu’une pensée devrait, pourrait, à elle seule, imposer sa logique, son évidence ? ; que celle-ci serait exempte de confusions, de contradictions ? Une pensée n’est-elle pas nécessairement lisible en fonction de diverses grilles de lecture ? ; n’est-elle pas à même d’ouvrir la voie à différentes interprétations ? Ne le doit-elle pas ?
Les idées, les analyses n’ont pas à être «comprises» ; elles peuvent être interrogées. Les voies par lesquelles elles se diffusent - ou non - sont nombreuses.

Penser (Comprendre) (7) : 1978. Pierre-Bernard Marquet, auteur de L’enseignement ne mène à rien, hier comme aujourd’hui [1978] cite cette phrase de Valéry [1871-1945] - publiée dans Mauvaises pensées et autres [1942] - qu’il juge « lumineuse » :
« Les gens qui comprennent ne comprennent pas que l’on ne comprenne pas. […] » Et il en poursuit pertinemment l’analyse. 108

Penser (Comprendre) (8) : 1997. Caroline Eliacheff, après avoir évoqué sa famille dans laquelle « on avait le devoir avant tout d’être intelligente », poursuit :
« Je savais que je devais avoir l’air de tout comprendre parce que je pensais que c’était le critère de l’intelligence », interroge :
« Comment avoir l’air intelligent sans rien comprendre » et enfin conclut :
« En se taisant ! » 109 (Cf. Femmes. Silence, Psychanalyse)

Penser (Comprendre) (9) : 2005. Mona Chasserio, auteure de :
« Longtemps, j’avais raisonné pour comprendre. […] » 110
Oui, une telle découverte - celle des limites d’une pensée fondée sur le raisonnement, sur ‘la raison’ - peut ouvrir l’esprit au monde…

Penser (Concept) (1) : Il n’est pas nécessaire de maitriser les concepts, ni même de savoir que des concepts existent pour penser. Et penser juste. Ce qui ne signifie pas que la recherche de concept ne puisse être un enrichissement pour la pensée.

Penser (Concept) (2) : Aucun concept ne peut enfermer une réalité ; aucun ne peut ni justifier, ni invalider un jugement de valeur qui lui est par ailleurs préexistant.

Penser (Concept) (3) : « Éthique », « morale », « rationalité », « beauté », « art », « universel », « civilisation », tous ces termes et bien d’autres sont relatifs. Comment alors pourraient-il être qualifiés de « concept » ? (Cf. « Sciences » sociales)

Penser (Concept) (4) : 2018. Lu, dans Le Monde diplomatique :
« De quel secours sont les théories qui partent des concepts plutôt que de l’état des choses ? » 111

Penser (Conflit) : Refuser les polémiques ; réhabiliter les conflits ; élaborer une culture des confrontations afin de récuser, de repousser la mise en œuvre de la violence.

Penser (Consentement) (1) : Derrière toute référence au "consentement", il y a - inexorablement - la question du consentement à la domination qui nécessairement en légitime et les fondements et les modalités d'expression.
Derrière toute référence au «consentement»,  il y a le : «Et s'il me plait à moi d'être battue? » de Molière.
Derrière toute référence au «consentement», il y a le Discours de la servitude volontaire de la Boétie.
Et le : «Céder n’est pas consentir» [1991] de Nicole-Claude Mathieu [1937-2014] n’invalide pas le concept de « consentement » : Il le confirme.
Concernant notamment les violences à l’encontre de mineur-es, la question du consentement - depuis quelques mois si généreusement retransmise - se substitue à celle de l’interdit. En tout état de cause, consentement et violences sont une contradiction dans les termes. (Cf. Droit. Violences)

Penser (Consentement) (2) : Il n’est conceptuellement pas plus pensable de comparer des «systèmes de dominations» et un être humain singulier, pas plus que comparer «Dieu» [pour ceux et celles qui y croient] et soi… (Cf. Homme. «Intellectuel». Godelier Maurice, Politique. Consentement)

Penser (Consentement) (3) : Aucune structure domination - au sein desquels nous vivons - ne peut se justifier par un supposé monstrueux «consentement» à la domination.
Concernant le patriarcat, le dit consentement est alors souvent masqué par des «gratifications» qui seraient «reçues en échange».
Le regard porté sur l’auteur de la violence est alors transféré à celui de l’accord de sa victime.
On peut alors s’interroger sans trop de scrupules, sur le «désir», la «jouissance», l’«amour», l’«identification», le «soulagement», la «résignation», le «complicité», la «ratification», la «sujétion», la «sécurité», la «soumission», la «protection», la «pactisation», la «reproduction», la «complicité» de la dite victime.…112

Penser (Consentement) (4) : Un exemple : Une jeune fille âgée de 14 ans est violée en septembre 2011 par sept jeunes hommes, âgé de 15 à 20 ans. Le 23 mars 2017, ils sont acquittés.
- Lu (tardivement) dans L’Express :
«’Toute la question du procès est celle du consentement’ estime un avocat du dossier, cité par Le Parisien : ‘Du consentement et de l'intention qu'avaient les accusés, ou non, de violer la jeune fille.’» 113 (Cf. Politique. Consentement, Violences. Viol)

Penser (Consentement) (5) : De même… : Lu, dans un article dénonçant les ‘traitement indignes’ au CHU de Saint-Étienne que sur vingt patients relevant de la psychiatrie en attente de place que «sept d’entre eux, sans signe d’agitation, ni de véhémence, étant attachés au niveau des pieds et d’une ou deux mains» et que «deux étaient en soins libres, les autres en soins sans consentement.» 114
Le consentement est opposé à la liberté, dont il cautionne le postulat. (Cf. Politique. Consentement, Violences. Viol)

Penser (Consentement) (6) : De même… : Lu, dans le commentaire publié dans Le Point du 6 mars 2018 du film significativement intitulé : «Sexe sans consentement» diffusé même jour sur France 2, il est notamment question de : «revendiquer l'égalité des désirs». 115

Penser (Conservatisme) : Rien n’est plus difficile que de tenter de discerner ce qui dans un refus, une critique, un jugement relève de [est inspiré, s’explique par…] le conservatisme. Se conserver soi-même, consciemment ou non, peu importe, ne relève-t-il pas d’un certain universel ? (Être humain. Conservateur, Politique. Conservatisme)

Penser (Constant Benjamin) : 1814. Benjamin Constant [1773-1830], auteur de :
«Il y a des axiomes qui paraissent clairs, parce qu’ils sont courts. Les hommes rusés les jettent, comme pâture à la foule ; les sots s’en emparent parce qu’ils leur épargnent la peine de réfléchir et ils les répètent pour se donner l’air de les comprendre.
Des propositions dont l’absurdité nous étonne, quand elles sont analysées, se glissent ainsi dans mille têtes, sont redites par mille bouches et l’on est réduit sans cesse à démontrer l’évidence». 116
- Jusqu’au jour où l’on où l’on se refuse à penser sur le terrain de la justification, et donc à refuser de «démontrer» quoi que ce soit qui ne soit pas fondé sur sa propre analyse. Et là, on a fait une grande avancée conceptuelle et donc politique. (Cf. Féminisme. Justification)

Penser (Contradiction) (1) : Il est des contradictions qui détruisent la pensée au sein de laquelle elles s’inscrivent et, souvent, bien au-delà ; il en est qui la complexifient ; il en est qui permettent de la dépasser.
- Mais elles sont toutes révélatrices de leur-es auteur-es et de ses failles ; et, en cela, passionnantes.

Penser (Contradiction) (2) : Il est possible, nécessaire, de constater des contradictions dont un raisonnement, un parti, un régime…serait porteur ou dont il se réclame. Il est possible, nécessaire, de s’y opposer sur ce fondement. Mais on ne construit pas d’alternatives sur la critique d’une contradiction.

Penser (Critique) (1) : Relever, comparer, apprécier, juger un-e auteur-e en fonction de son ‘œuvre’, de sa vie, de l’histoire…présente certes un intérêt, mais limité.
- En effet la critique en privilégiant l’une ou l’autre d’entre elles, tout à la fois révèle, dévoile un pan de l’analyse, et l’appauvrit l’analyse ; mais l’auteur-e critique apparaît alors tel qu’en elle/lui-même, passionnant-e ou non…

Penser (Critique) (2) : Lorsqu’une pensée critique n’offre plus de prise à la critique telle que conçue par les normes politiques dominantes, le silence est généralement de mise.

Penser (Critique) (3) : Ce sont les incessantes critiques et remises en cause - lesquelles sont le l[m]ot de tous et toutes - du monde tel qu’en l’état, dans organisation, dans ses structures actuelles en qui résident les seules alternatives crédibles de sa reconstruction.

Penser (Critique. Bernanos Georges) : 1927. Georges Bernanos [188-1948], écrit au cours de l’été 1927 à Marcel Lobet [1907-1992] :
«  Ne vous mettez pas en peine de me plaire ou de me déplaire. Dites ce que vous sentez. Je ne vous en aimerai que mieux. » 117

Penser (Critique. D’Alembert) : 1761. D’Alembert [1717-1783], dans une lettre à Voltaire [1674-1778], lui écrit, le 8 septembre 1761 :
«Dans les endroits où vous critiquez Corneille [1606-1684], il faut que vous ayez si évidemment raison que personne ne puisse être d’un avis contraire.
Dans les autres, il faut ou ne rien dire ou ne parler qu’en doutant118 Sage…

Penser (Critique. Gide André) : 1926. André Gide [1869-1951] écrit dans son Journal, le 26 août 1926 :
«  Il y a, pour qui consent à bien lire et sans parti pris, la critique du livre dans le livre lui-même, ainsi qu’il sied. » 119 Ce qui est vrai pour la lecture critique d’un livre, l’est bien audelà : dans la lecture criique du monde, du politique, du patriarcat…

Penser (Critique. Léautaud Paul) : 1929. À la suite de la publication d’un article critique de son livre, Passe-temps dont il note ses observations (critiques) dans son Journal Littéraire le 8 mars 1929, Paul Léautaud [1872-1956] écrit qu’il en remerciera l’auteur, et conclue :
«  Discuter, contredire, rectifier, je ne me donnerai jamais ce sot aspect. » 120

Penser (Critique. Malatesta Errico) : 1931. L’hommage critique d’Errico Malatesta [1853-1932] à Kropotkine [1842-1921] : (sans faire référence à une quelconque analyse féministe) : un modèle. 121 À Lire.

Penser (Critique. MFPF) : 1979. Au terme de la préface du petit livre du Mouvement français pour le planning Familial, Apprenons à faire l’amour, il est écrit :
«Plus que partout ailleurs, on apprend et on découvre à tout âge.
Aussi bien ce qui est écrit est le reflet de l’état des auteurs de ce livre, sur le plan de leur propre sexualité ; en avance sur les uns, en retard sur les autres, ils ont leurs limites ; et puisqu’en écrivant, ils apprennent, ils peuvent continuer.
» 122 (Cf. Relations entre êtres humains. Amour. « Faire l’amour »)

Penser (Critique. Voltaire) (1) : 1732. Voltaire [1674-1778] dans une lettre, en date du 21 décembre 1732, adressée à M. de Fromont [?-?], après avoir rappelé ces vers de Boileau [1636-1711] :
«Tous les jours à la cour, un sot de qualité / Peut juger de travers en toute impunité» [Satires, N° IX, V. v.173 ], revendiquant sa liberté de parole, d’édition, de pensée, poursuit justement sur ce constat :
«Qui ne fait que des critiques générales n’offense personne123 (Cf. Penser. Voltaire)

Penser (Critique. Voltaire) (2) : 1736. Voltaire [1674-1778] dans une lettre, en date du 9 novembre 1736, adressée à M. de Mairan [1678-1771] il lui écrit :
«J’ai trop tardé à vous remercier des lumières et du plaisir que je vous dois. Avec quelle netteté vous exposez les raisons de vos adversaires ! Vous les mettez dans toute leur force, pour ne leur laisser aucune ressource lorsque, ensuite vous les détruisez. Vous démêlez toutes les idées, vous les rangez chacune à leur place […]» 124 (Cf. Penser. Voltaire)

Penser (Critique. Voltaire) (3) : 1773. Voltaire [1674-1778], dans une lettre, en date du 16 juin 1773, à d’Alembert [1717-1783], écrit :
«Je ne connais que Spinoza [1632-1677] qui ait bien raisonné, mais personne ne peut le lire. Ce n’est point par la métaphysique qu’on détrompera les hommes ; il faut prouver la vérité par les faits. Nous avons quantité de bons livres en ce genre depuis environ trente ans, ils font nécessairement beaucoup de bien.
Le progrès de la raison est rapide dans nos cantons ; mais dans votre pays (la France], et dans l’Espagne et dans l’Italie, les gens vous répondent : ‘Nous avons cent mille écus de rentes et des honneurs, nous ne voulons pas les perdre pour vous faire plaisir ; nous sommes de votre avis, mais nous vous ferons brûler à la première occasion pour vous apprendre à dire votre avis’.» 125 (Cf. Penser. Faits. Vérité. Voltaire)

Penser (Croyance. Alain) : XIX-XXème siècle. Alain [1858-1952], auteur de :
«Croyance : c’est le mot qui désigne toute certitude sans preuve. […]» 126 Mais qui décide de la preuve ? Et sur quels fondements ? Un argument d’autorité. (Cf. Homme. « Intellectuel ». Alain, Justice. Preuve)

Penser (D’Alembert) : 1765. D’Alembert [1717-1783], dans une lettre en date du 12 novembre 1765, écrit à Voltaire [1694-1788] :
«Je voudrais bien servir la raison, mais je désire encore plus d’être tranquille.» 127

Penser (Déni) : Le déni : une amputation de la pensée ; une béquille de l’être.

Penser (Désapprendre. Dostoïevski Fédor) (1) : 1862. Fédor Dostoïevski [1821-1881], auteur de :
«Ce qu’il faut, c’est désapprendre tout. Et, là, ça prend du temps.» 128
Juste. Et une vie n’y suffit jamais.

Penser (Désapprendre. Sorel Georges) (2) : 1907. Georges Sorel [1847-1922], dans son Introduction à ses Réflexions sur la violence, auteur de :
«Pendant vingt ans, j’ai travaillé à me délivrer de ce que j’avais retenu de mon éducation : j’ai promené ma curiosité à travers les livres, moins pour apprendre que pour nettoyer ma mémoire des idées qu’on lui avait imposées.
Depuis une quinzaine d’années, je travaille vraiment à apprendre ; mais je n’ai point trouvé de gens pour m’enseigner ce que je voulais savoir : il m’a fallu être mon propre maître et, en quelque sorte, faire la classe pour moi-même. […]» 129 (Cf. Pensée. Effort. Sorel George)

Penser (Doctrine) : Les doctrines aident à penser mais tuent la pensée.

Penser (Domination) : À contraintes données - concrètement sans prise en compte des rapports domination - tout est justifiable.

Penser (Du Deffand. Madame) : 1774. Madame du Deffand [1697-1780], dans une lettre adressée à Voltaire [1694-1778] lui écrit, le 3 août 1774 :
« Je suis désolée d’être vieille non pas assurément que je regrette de ne pouvoir pas être longtemps témoin de tout ce que je blâme, mais par ce que je n’ai plus la vivacité et la force qu’il me faudrait pour vous peindre avec énergie toute mon indignation. » 130

Penser (Enquêtes) : « Toutes les enquêtes démontrent que … » : Dernier - ou premier - argument de celui / celle qui n’en a pas, ou qui n’en n’a plus…

Penser (Écrit) : Tout écrit est dépassé dès lors qu’il l’est.

Penser (Erreur) (1) : Invoquer une «erreur» dans un monde injuste, c’est le cautionner.

Penser (Erreur) (2) : Il n’est pas si difficile que cela de récuser ce que l’on a vanté, - certes un peu plus de critiquer ce que l’on a adoré et, un peu plus encore, de dénoncer ce à quoi l’on a pris part - : il suffit de reconnaitre son erreur.
Et d’expliquer pourquoi ; c’est cela qui manque le plus souvent.

Penser (Erreur) (3) : 1924. André Gide [1869-1951] écrit dans son Journal, à la date du 8 décembre 1924 :
«  Je lis dans les lettres de Diderot [1713-1784] à Falconet 1716-1791] : ‘…On doit quelques fois plus à une erreur singulière qu’à une vérité commune  (p.166). » 131 Souvent expérimenté…

Penser («Esprits faibles») : 1997. Maurice Nadeau [1911-2013], auteur, le 1er juin 1997, dans la Quinzaine littéraire de :
«Je ne nie pas l’existence d’esprits faibles, ils sont légion, mais comme disait Sade [1740-1830] : ‘Je ne m’adresse qu’à des gens capables de m’entendre ; ceux-là me liront sans danger.’» 132
Mépris des ‘autres’ et irresponsabilité des écrivains, conjuguées… (Cf. Culture, Violences. Sade)

Penser (Étapes) : Découvrir, comprendre, dévoiler, dénoncer, analyser et in fine ne retenir que ce qui, dans chez les autres, en soi, dans le monde est refusé : première étape de la pensée. Ce qui déstabilise l’analyse est la seconde étape. Les lier ensemble…d’emblée, est-ce possible ? pensable ? Mais, surtout, comment éviter la sclérose de la première étape. (Cf. Féminisme)

Penser (État) : 1983. Je lis dans les Mémoires de Raymond Aron [1905-1983] :
«Si la politique d’Alain me tentait, c’est qu’elle m’épargnait la peine de connaître la réalité, d’imaginer à la place des dirigeants une solution aux problèmes posés. […] [J’étais] toujours enclin à me demander : qu’est-ce que je pourrais faire à la place de celui qui gouverne ?» 133
- Se mettre «à la place de celui qui gouverne», c’est s’identifier à l’État, c’est nier ses capacités cognitives ; c’est se nier soi-même. (Cf. Homme. « Intellectuel ». Alain, Féminisme. d’État, Politique. État)
* Ajout. 30 juillet 2016. Je lis plus loin (p.136), à l’appui d’une critiques des «penseurs» :
«Il est facile de penser le politique, mais à une condition : en discerner les règles et s’y soumettre. […]» Le «et» dit beaucoup de la pensée politique de Raymond Aron ; et, sinon, en grande partie l’invalide, du moins en dévoile une grille de lecture majeure. (Cf. Homme. « Intellectuel ». Aron Raymond. Politique)

Penser (Exceptionnel) : Distinguer l’exceptionnel qui révèle de celui qui dérange ; et s’interroger sur les raisons qui décideraient de privilégier l’un ou l’autre.

Penser (Faits) (1) : 1789. Mirabeau [1749-1791], le 17 août 1789, dans son discours concernant la Déclaration des droits de l’homme, dont « vingt projets » ont été présentés, évoque la difficulté de « les fondre ensemble pour en extraire un résultat utile à la masse générale d’un peuple préparé à la liberté par l’impression des faits, et non par des raisonnements. » Et il poursuit :
« Cependant, Messieurs, il a fallu vous obéir : heureusement, nous étions éclairés par les réflexions de cette Assemblée sur l’esprit d’un tel travail. Nous avons cherché cette forme populaire qui rappelle au peuple non ce qu’on a étudié dans les livres ou dans les méditations abstraites, mais ce qu’il a lui-même éprouvé ; en sorte que la déclaration des droits, dont une association politique ne doit jamais s’écarter, soit plutôt le langage qu’il tiendrait s’il avait l’habitude d’exprimer ses idées, qu’une science qu’on se propose de lui enseigner. 
Cette différence, messieurs, est capitale ; et comme la liberté ne fut jamais le fruit d’une doctrine travaillée en déduction philosophies, mais de l’expérience de tous les jours et des raisonnement simples que les faits excitent, il s’en suit que nous serons mieux entendus à proportion que nous nous rapprocherons d’avantage de ces raisonnement. […] »  134
Sans être dupe du probable mépris du « peuple », auquel Mirabeau se référère ici, ni de l’utilisation politique conjoncturelle de ce raisonnement qu’il en escompte, son analyse, dans sa part indubitable de justesse, ne cesse de m’interroger.
Et si Le siècle des lumières, dont la révolution française aurait été au moins partiellement l‘incarnation, avait certes procédé à une indiscutable maturation de la pensée politique, mais avait aussi, de par la maitrise du langage politique que les intellectuels possédaient quasiment seuls, le moyen concommittant de déposséder le peuple de sa propre analyse, fondée elle plus sur l’analyse des « faits » que sur les « raisonnements » censés les interpréter ?
Et si cette lecture de l’histoire, aux innombrables conséquences, n’était pas toujours la nôtre ? (À prolonger) (Cf. Homme. « Intellectuel », Politique, Patriarcat, « Sciences » sociales)

Penser (Faits) (2) : Des limites du fact checking : les faits n’existent que via les systèmes de représentation qui seuls leur donnent leur sens, lesquels par ailleurs n’ont qu’un rapport - à [dé]construire - avec ce qui est nommé «le réel», lequel lui-même n’existe que par la pensée qui lui est conféré.
- Avec les - seuls - faits, dans le domaine de la pensée, on ne fait rien. (Cf. Langage. Critique du mot : «Fait»)

Penser (Fantasme) : Évoquer un «fantasme» sans s’interroger sur les fondements du terme et sur la part de réel que nécessairement il implique ou cache, c’est conforter le statu quo. Nécessairement conservateur donc, et le plus souvent réactionnaire.
* Ajout. 8 août 2018. Très insuffisant ; évoquer un « fantasme », c’est cautionner ce terme et ce qu’il charrie de normes psychanalytiques. (Poursuivre)

Penser (Femmes) : Que les femmes pensent par elles-mêmes, seules, en faisant confiance en leurs intelligences, leurs sensibilités, leurs intuitions, leurs multiples connaissances de la vie, au lieu de penser le monde à travers le prisme des analyses féministes, et la pensée féministe aura fait un immense pas en avant…
- Écrit après avoir lu Stendhal, qui, le 1er octobre 1805 à sa sœur Pauline, après avoir vanté Saint-Simon, Duclos, Chamfort, Marmontel, Voltaire lui écrit :
«  Les hommes ont examiné, au lieu de croire pieusement les livres de ceux qui avaient examiné. » 135 (Cf. Féminisme)

Penser (Femmes. Bloy Léon) : 1889. Lettre de Léon Bloy [1946-1917] à sa fiancée (31 octobre 1889). Il a 43 ans :
«Le défaut, l’unique défaut peut être de ton éducation est d’avoir mis en toi une confiance trop grande dans les spéculations de l’esprit, et je t’avoue que cela m’inquiète et m’attriste parfois quand j’y pense. Je voudrais que tu vécusses beaucoup plus par le cœur que par la pensée, parce que c’est ainsi que j’ai toujours fait et qu’alors nous serons plus unis. […]
Chère amie de mon cœur, tu répètes les leçons de ton enfance et tu ne sais pas ce que tu dis. Si tu le savais, je serais percé de désespoir et forcé de renoncer à toi.» 136 (Cf. Homme. Grossier, Féminisme. Antiféminisme, Patriarcat)

Penser (Femmes. Journal général de la littérature Française) : 1833. 1960. Dans la critique faite au Lélia [1833] de George Sand [1804-1876] par un critique en 1833 du Journal général de la littérature française, on y lit notamment :
«[Ce livre] ne plaira peut être point au femmes ni au commun des lecteurs, mais à tous ceux qui ont l’habitude de penser et de réfléchir
- Il faut noter que cette analyse sans ambiguïté quant à l’exclusion des femmes de la pensée et de la réflexion fut jugé en 1960 par M. Reboul, qui a «établi, présenté, et annoté» Lélia pour les Classiques Garnier [réédité en 2003 par Folio Classique] ne fut pas relevée par lui ; il se contenta de juger la critique du livre par le Journal général de la Littérature française comme - simplement - manifestant «plus de réserve» le concernant que la précédente citée par lui. 137 (Cf. Patriarcat. Permanence, Penser. Idée, Roman)

Penser (Femmes. Peters Otto) : 1848. Otto Peters (Louise) [1819-1895], auteure de : «[…] Les femmes se verront oubliées si elles cessent de penser à elles-mêmes138 Et donc si elles cessent de penser. (Cf. Femmes, Féminisme, Patriarcat)

Penser (Femmes. Staël Madame de) : 1814. Madame de Staël [1766-1817], dans sa seconde préface à ses Lettres sur les écrits et le caractère de J.-J. Rousseau [1712-1778], auteure de :
«Tout marche vers le déclin dans la destinée des femmes, excepté la pensée, dont la nature immortelle est de s’élever toujours139

Penser (Fin) : Les moyens sans la fin la cautionne.

Penser (Foucault Michel) : 1984. Michel Foucault [1926-1984], auteur de : «Travailler, c’est entreprendre de penser autre chose que ce qu’on pensait avant140 Banal ?

Penser (Futur du monde. Friedman Milton) : 1982. Milton Friedman [1912-2006], auteur de :
«Seule une crise - réelle ou ressentie - produit de véritables changements. Quand cette crise intervient, les actions entreprises dépendent des idées présentes alentour. C’est là, je pense, notre fonction essentielle : développer des alternatives aux politiques existantes, les maintenir vivantes et disponibles jusqu’à ce que le politiquement impossible devienne politiquement inévitable.» 141
Réhabilite l’optimisme politique ; rien n’empêche en effet que l’analyse de Milton Frideman a utilisée avec les dramatiques succès que l’on connait de s’appliquer dans un tout autre contexte avec de tous autres projets. (Cf. Histoire. Révolution Française. Bastille. Prise de la, Économie)

Penser (Gorbatchev) : 1997. Mikhaïl Gorbatchev, auteur de :
«Tant que je n’ai pas saisi la logique interne d’un sujet, il m’est impossible de le traiter142
Mais on n’en est pas moins, tous et toutes, lui sans doute au premier chef, dépassé-es par l’histoire mise en mouvement… (Cf. Histoire)

Penser (Gramsci Antonio) : 1924. Lors du procès intenté à Antonio Gramsci [1891-1937] en 1924, sur ordre de Mussolini, le Procureur déclara :
«Nous devons empêcher ce cerveau de fonctionner pendant 20 ans.» 143 Il fut condamné à 20 ans de prison et ne fut libéré qu’en 1937. Trois jours après, il mourut. (Cf. Justice, Pensée. Vérité. Gramsci Antonio)

Penser (Grille de lecture) : Une grille de lecture ne peut devenir une lecture du monde.

Penser (Historicité) : Aucun système de domination n’est éternel : ni le capitalisme, ni le colonialisme, ni le nationalisme, ni l’apartheid, ni donc le patriarcat…. Il s’agit moins de rappeler une évidence que de se rappeler de ne pas l’oublier… (Cf. Politique. Colonialisme. Nationalisme)

Penser (Hugo Victor) (1) : 1869. Victor Hugo [1802-1885], en 1869, à son éditeur, concernant l’insuccès de l’Homme qui rit, auteur de :
«[…] J’ai voulu forcer le lecteur à penser à chaque ligne. De là, une sorte de colère du public contre moi.» 144

Penser (Hugo Victor) (2) : 1874. Victor Hugo [1802-1885], dans Quatre-Vingt-treize, auteur de :
«À toute idée, il faut une enveloppe visible, à tout principe, il faut une habitation ; […] à tout dogme, il faut un temple145 (Cf. Penser. Idée, Principe)

Penser (Hypothèse) : Hypothèse : seule la conscience de l’existence d’une hypothèse de base - qui vous soit propre ou non - permet de la dépasser ; qui plus est de la remettre en cause. Mais ladite hypothèse ne vient-elle pas si souvent sinon en bout de course, du moins au terme de longues réflexions ? Ne doit pas dissuader pour autant de la rechercher…

Penser (Idéologie) : 1991. Alexandre Zinoviev [1922-2006] à qui l’on posait la question : «La société du communisme accompli peut-il devenir une réalité ?» répondait ainsi : «Cela dépend essentiellement de l’interprétation des prophéties, ce qui est une prérogative de l’idéologie.» 146 (Cf. Politique. Idéologie)

Penser (Imagination) (1) : 1924. André Breton [1896-1966], dans Le manifeste du Surréalisme, écrit, justement (?) :
«L’imagination est peut-être sur le point de reprendre ses droits. Si les profondeurs de notre esprit recèlent d’étranges forces capables d’augmenter celles de la surface, ou de lutter victorieusement contre elles, il y a tout intérêt à les capter, à les capter d’abord, pour les soumettre ensuite, s’il y a lieu, au contrôle de la raison. Les analystes eux-mêmes n’ont qu’à y gagner147

Penser (Imagination) (2) : 1790. William Blake [1757-1827] auteur, dans Le mariage du ciel et de l’enfer, de :
«What is now proved was once only imagined» [Ce qui est maintenant prouvé fut préalablement imaginé].

Penser (Imagination) (3) : 1929. Paul Claudel [1868-1955] dans le prologue du Soulier de satin, auteur de :
«L’ordre est le plaisir de la raison, mais le désordre est le délice de l’imagination.»

Penser (Instinct) : 2017. Donald Trump, concernant la politique américaine en Afghanistan, auteur, en août 2017, de :
«D’ordinaire je suis mon instinct148 (Cf. Politique, Psychanalyse. Instinct)

Penser (Intellectuel-les) (1) : Tout-e intellectuel-le plongé-e dans les médias s’y révèle et s’y dissout.

Penser (Intellectuel-les) (2) : La lisibilité du monde a peu à voir avec la visibilité dans les médias. (Cf. Politique)

Penser (Intelligence) : 1913. Maxime Gorki [1868-1936] se souvenant des analyses de sa si gentille grand-mère concernant son si violent grand-père :
«Vois-tu, à ce moment-là, c’était un très brave homme, ton grand-père ; mais il est devenu méchant et bête du jour où il s’est mis dans la tête qu’il était plus intelligent que tout le monde.» […]
«Ah, il parlait bien, grand-père quand il voulait ! C’est seulement plus tard, par bêtise, qu’il a verrouillé son cœur.» 149

Penser (Intérêts) : Quand on a pour finalité et / ou pour fonction de défendre des intérêts, a-t-on besoin d’idées [tactiques nécessaires à la prise et à la garde du pouvoir exclues] ?
- Vrai aussi pour l’empirisme ? le réalisme ? le conservatisme ? la transmission… ? (Cf.Économie)

Penser (Intuition) : 2017. Raphaël Enthoven, «philosophe», analysant «l’amour» chez Vladimir Jankélévitch [1903-1989] affirme :
«S’il fallait résumer la pensée de Jankélévitch : c’est même plus qu’une idée, c’est une intuition […]» 150 (Cf. Philosophie)

Penser (Jouir) : 1761. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée le 20 janvier 1761, au marquis d’Argence [?- ?], après avoir opposé le bonheur des «sots» et celui des «philosophes», auteur de :
«[….] Plus vous vous éclairez et plus vous jouissez.» 151

Penser (Juger) (1): Penser, c’est juger ; juger, c’est s’engager. (Cf. Justice. Juger)
* Ajout. 23 août 2017. 2017. Hier (22 août) j’entends sur France Culture, Michel Onfray opposer «juger» et «comprendre».

Penser (Juger) (2) : Il jugeait des erreurs des autres avec une assurance qui n’assurait que lui.

Penser (Juger) (3) : (Septembre) 2018. [Au terme d’un débat sur France Culture] : Entendu : « c’est assez confus » ; « l’ambiguité peut poser des problèmes » ; « l’hypothèses peut être intéressante » ; «  c’est assez convainquant » ; « ce n’est pas vraiment neuf » ; « c’est une question assez étrange », « c’est critiquable » ; « cela peut être discuté »…
Pourquoi est-il si difficile - quasi impossible - d’affirmer : « C’est faux. Et voici pourquoi…»

Penser (Juger. Custine) : 1843. Astolphe de Custine (Marquis de) [1790-1857], dans ses Lettres de Russie, auteur de :
«[…] Tel est mon droit d’exposition, droit acquis à tout observateur véridique ; mais je l’avoue, à tort ou à raison, je vais plus loin encore : je condamne ou je loue ce que je vois ; ce n’est pas assez de peindre, je veux juger.» 152 À raison… (Cf. Justice. Juger)

Penser (Justification) : Toute justification - qui situe nécessairement sur le terrain de la pensée de l’autre - est invalidation de la pertinence de sa propre pensée.

Penser (Kubrick Stanley) : 1968. Stanley Kubrick [1928-1999] à propos de son film 2001. L’odyssée de l’espace, auteur de
«  Vous êtes libres de vous interroger tant que vous voulez sur le sens philosophique et allégorique du film. Une telle interrogation est une indication qu’il a réussi à amener le public à un niveau avancé. Mais je ne veux pas donner une grille de lecture précise pour 2001 que tout spectateur de sentirait obligé de suivre de peur de ne pas en saisir la signification. » 153

Penser (Lancelin Aude) : 2016. Lu dans le Journal du Dimanche (9 octobre 2016), Aude Lancelin, auteure de : 

- «[…] Il faut quel les gens sachent comment se fabriquent les idées qu'on essaie de leur faire penser, il faut qu'ils sachent comment se nouent concrètement les liens entre éditorialistes, grands capitalistes et puissance publique. Il est important de leur dire, par exemple, qu'aujourd'hui, un président de la république peut alerter un actionnaire de presse au sujet de l'orientation politique d'une journaliste, ainsi que de sa vie privée, en pensant que la chose restera dans l'ombre.» […]

- «Il y a eu un véritable trou d'air, un spectaculaire affaissement de la vie intellectuelle française depuis une trentaine d'années et les médias y ont largement contribué. Pendant les années 1990-2000 notamment, la plupart ont entièrement truqué les éléments du débat au profit d'imposteurs et poussé toute sorte d'énergumènes toujours violemment réactionnaires sur le devant de la scène […] Les journalistes étouffent, nous sommes nombreux à ne plus supporter être les hochets de géants des télécoms instrumentalisant la presse à leur propre fins.» […] 154
- Analyse valable aussi concernant la pensée féministe, telle qu’elle nous est «servie», présentée comme devant être considérés comme telle, depuis tant et tant d’années…

Penser (Lassalle Ferdinand) : XIXème siècle. Ferdinand Lassalle [1825-1864], auteur de :
« Toute grande action commence par l’expression de ce qui est. »
Juste analyse, laquelle nécessite cependant un corpus adéquat : concernant le patriarcat, même les sociétés occidentales n’en ont pas même encore reconnu son existence. 155 (Cf. Patriarcat)

Penser (Limites) : 1992. Penser, comme Cornelius Castoriadis [1922-1997] en 1992, que « l’esclavage et le statut des femmes », outre l’incohérence politique de la comparaison, relèveraient des « limites » de la démocratie Athénienne, 156 c’est cautionner et l’esclavage et le patriarcat. Plus encore, en accordant au Politique, tel que pensé alors à Athènes, un statut premier, suprême, souverain, c’est condamner la vie des êtres humains à n’être que secondaire, accessoire, superfétatoire… (Cf. Homme. «Intellectuel». Castoriadis Cornelius, Patriarcat, Politique. Démocratie, Philosophie. Limites)

Penser (Modestie) : Il était si modeste quant à ses écrits - pourtant de grande valeur - qu’il accordait d’autant plus de valeur aux recherches, aux apports, aux interprétation dont il n’était pas l’auteur.

Penser (Mossadegh Mohammad) : 2010. Je lis dans le livre de Ryszard Kapuscinski [1932-2007], Le Shah, concernant Mohammad Mossadegh [1882-1987], premier ministre du Shah d’Iran, expulsé du pouvoir par un coup d’état de la CIA pour avoir notamment nationalisé le pétrole Iranien :
« Mossy [son surnom donné à Mossadegh par les Anglais] disait que la terre que nous foulons nous appartient et que tout ce qui se trouve nous appartient aussi. Dans ce pays, personne avant lui n’avait formulé une idée pareille. ‘Que tout le monde dise ce qu’il pense ! Que tout le monde prenne la parole ! Je veux entendre vos pensées’, tel était son message. Après deux mille cinq cents ans d’asservissement despotique, il nous a rappelé que l’homme est un être pensant. Aucun souverain perse ne l’avait jamais fait ! Les propos de Mossy sont gravés dans les mémoires, ils sont entrés à jamais dans nos têtes et vivent encore en nous aujourd’hui. Les paroles qui ouvrent les yeux sur le monde sont celles que nous nous rappelons le mieux. » 157

Penser (Mythes) (1) : Les mythes étouffent la pensée.

Penser (Mythes) (2) : 1984. Jean-Paul Aron [19225-1988], dans Les modernes, auteur de :
« J’aime que, du piédestal ou l’anthropologie les élève, Barthes [Roland. 1915-1980] descende les mythes dans la rue. » Puis, il critique l’impact négatif final du formalisme structuraliste sur sa pensée. Et poursuit :
« Quant à moi, je m’obstine à préserver au mythe sa différence, à le soustraire, coûte que coûte, au réductionnisme et à l’impérialisme des sémiologues. » 158

Penser (Nationalisme) : Le nationalisme tue l’intelligence.

Penser (Nahoum-Grappe Véronique) : 2018. Véronique Nahoum-Grappe critique justement ceux et celles qui « prennent la pensée de l’autre à sa faille et non à son point d’excellence. » 159

Penser (« No comment») : Michel Foucault [1926-1984] répond ainsi à une question : « Comme les présidents américains, quand une question les embarrasse, je répondrai ‘no comment’… »
- Idéalement, il faudrait mieux répondre : « je ne veux pas répondre » et / ou : « je ne peux pas répondre » et / ou : « je ne sais pas répondre ». Et, si possible, en expliciter les raisons. ….
- Il en est de même pour : « Je n’ai pas l’intention de critiquer Sartre. » […ce que, dans un autre texte, et sans doute ailleurs, il avait exprimé…] 160

Penser (Nous) : Dès lors de le « Nous » se substitue au « Je », la [liberté de] la pensée s’estompe. Ou : s’invalide ? (Cf. Femmes. «Nous les femmes», Langage. Genre. «Comme nous disons…»)

Penser (Objet) : 2002. Maurice Nadeau [1911-2013], auteur de :
« C’est l’objet qui compte, non celui qui le montre. » 161 Facile ? (Cf. Êtres humain. Soi)
* Ajout. 22 août 2017. En latin, en plus large, en mieux : « Quidquid recipitur, ad modem recipientis, recipitur ». Traduction : « Ce que l’on reçoit du dehors est reçu en fonction la qualité de celui qui reçoit. »

Penser (Objectivité) : Que l’on puisse accuser un-e autre de ne pas être objectif-ve [m’]étonne toujours. N’est-ce pas, en effet, si souvent au nom de « la science », nier la validité de son propre raisonnement ?
- Valable aussi pour « neutre » et, même, « indépendant ». (Cf. Être humain. Soi. «T’es qui, toi ?»)

Penser (Opinion. Hume David) : 1757. David Hume [1711-1776], auteur, dans son livre, Enquête sur les principes de la morale, de :
« Pour ce qui est de mes opinions, vous savez que je ne défends aucune d’entre elles de manière absolue ; je propose simplement mes doutes, là où je suis assez infortuné pour ne pas partager la même conviction que le reste de l’humanité. » 162

Penser (Opinion. Voltaire) : 1774. Voltaire [1694-1778], dans une lettre écrite le 25 juillet 1774, au marquis d’Ormesson, intendant des finances de Louis XIV, auquel il présente une « requête » [d’aide financière] lui écrit :
« […] Il ne m’appartient pas d’avoir une opinion. Je n’ai d’autre intérêt dans l’établissement de Ferney [qu’il nomme « sa colonie »] que celui de mériter votre protection ; et je dois m’en rapporter à vos lumières. » 163 (Cf. Penser. Voltaire)

Penser (« Pas de côté ») : Dans les débats [publics] elle/ il revendiquait le droit de faire « un pas de côté ». Ce qui lui permettait de ne pas répondre à la question posée, de ne pas réagir à ses interlocuteiurs/trices, et surtout - insaisissable - de poursuivre son soliloque, qu’à la longue, elle / il n’était plus que la /le seul-e à comprendre.
- Faire « un pas de côté », c’est n’être pas « hors-jeu » ; c’est aussi être toujours « dans le jeu ».

Penser (Perception. Novalis) : Novalis [1772-1801], auteur de :
« Apercevez-vous un géant ? Vérifiez d’abord la position du soleil et prenez garde que ce ne soit l’ombre d’un pygmée. » 164 (Cf. Être humain. Admirer)

Penser (Personne) : Personne ne pense pour personne. Ou : Nul-le ne doit penser pour autrui.
* Ajout. 10 juin 2015. Entendu une responsable d’association se présentant comme féministe parler d’« éduquer les jeunes à la responsabilisation » et de « donner des clés de compréhension en matière d’égalité hommes/femmes ». Que d’égotismes, de prétentions, de régressions…

Penser (Penseur / penseuse) : Peut être considéré comme tel/le, celui /celle qui, y compris bien sûr, opposé-e à vos propres pensées, vous permet de mieux le/la critiquer, tout en vous donnant les outils utiles, nécessaires à votre [auto]-critique. Nul-le n’est, tant s’en faut ! pour cela, besoin d’être [considéré-e comme] philosophe. À l’inverse, s’en prévaloir, délégitime d’emblée celui / celle qui se présente (ou qui accepte d’être présenté-e) comme tel-le.
* Laisser venir à soi les pensées des autres… (Cf. Être humain. Soi, «Sciences» sociales, Méthode. Abécédaire)

Penser (Ponge Francis) : Ponge Francis [1899-1988], poète, auteur de :
« À bas le mérite intellectuel » (1937) et de :
« On dit tant de bêtises. […] » 165 Pertinent, sans être méprisant…

Penser (Politique. Saint Simon) : Saint Simon [1760-1825], auteur de :
« Les grandes pensées sont le résultat des grandes fermentations politiques. » L’inverse étant juste aussi…166

Penser (Pour ou contre) : Opposer le pour et le contre interdit de penser le pourquoi et le comment, a fortiori le vrai et le juste…à justifier, bien sûr, c’est à dire à expliciter le socle qui justifie ce qui est considéré comme tel, lequel peut et doit évoluer… (Cf. Penser. Commentaire)

Penser (Préalable) : Avant de critiquer le dolorisme, comprendre la douleur.

Penser (Prémisses) : Si les prémisses sont fausses, tout ce qui en découle l’est aussi. Il ne sert donc à rien, ou du moins, pas à grand-chose, de se battre contre des conséquences…Lapalissade ? Néanmoins, une conséquence à en tirer : si l’analyse du monde doit nécessairement préalablement prendre en compte ses fondements patriarcaux, que reste-t-il des analyses qui en font fi ? (Cf. Patriarcat)

Penser (Projet) : Avoir un projet sans savoir où l’on va(Cf. Abécédaire)

Penser (Prolongement de soi) : Être sensible au moment où l’on se sent se prolonger soi-même, et ce d’autant plus que cela relève rarement d’une volonté consciente. (Cf. Être humain. Soi)

Penser (Question) (1) : 2017. Un journaliste américain, concernant la politique extérieure de Donald Trump, après avoir affirmé :
« Je suis content que ce soit lui qui s'occupe de gérer la situation en Corée du Nord. […] Je veux éviter une guerre nucléaire, et j'ose espérer que le président des États unis nous entraine dans le bon sens », poursuit, en déclarant à Michael Moore, invité à s’exprimer :
« Comment même peut-on penser l'inverse ? » 167 (Cf. Penser. Trump Donald)

Penser (Questions) (2) : À contraintes données, nul-le n’est tenu-e de répondre aux questions posées. Mais, n’est-ce pas la norme de l’impensé des médias ? (Cf. Politique. État)

Penser (Questions) (3) : Combien de fois ai-je entendu lors des débats dans les médias, du fait des journalistes, commentateurs-trices, expert-es, les universitaires… : « Ce n’est pas la question… » ; « La question principale est [ou n’est pas]… » ; « La vraie question est [ou n’est pas]… » ; « La question centrale est [ou n’est pas]… » ; « La question que l’on doit se poser est [ou n’est pas]… », « La seule vraie question est [ou n’est pas]… » : Et même :
« La question des questions n’est pas... » [Maurice Merleau-Ponty.1908-1961] … (Cf. Politique, « Sciences » sociales)

Penser (Question / réponse) (1) : Entendu : « La réponse est le malheur de la question ». Et réciproquement…

Penser (Question / réponse) (2) : 1929. André Gide [1869-1951] écrit dans son Journal à la date du 14 mai 1929 :
« Je me demande si…Mais non, je ne me demande rien du tout. Le monde entier, à commencer par moi-même, n’est que réponses à des questions que, à tout bien prendre, il n’est pas bien nécessaire, ni même expédient, de poser. Puisque la question ne peut jamais venir qu’après coup.
Comprendre c’est se poser telle question à quoi ce que l’on comprend devienne la très exacte réponse. » 168

Penser (Question / réponse) (3) : 1949. Amalgamer questions et réponses est fréquent, dans les médias notamment.
In fine, la logique conséquence est exprimée dans le 1984 d’Orwell [1903-1950] :
« Je vais vous donner la réponse à ma question. » 169 (Cf. Politique. Médias)

Penser (Question / Réponse) (4) : 1987. Lu ce dialogue dans le livre écrit par Michèle Rocard, alors épouse de Michel Rocard [1930-2016], laquelle s’interroge sur l’écriture d’un livre qui la concernerait :
« Il n’était pas question que je me lance dans un tel projet sans en parler à Michel. […] Lorsque je [l’]interrogeai, la réponse fut une question - j’aurais dû m’en douter : ‘Tu en as envie ? / Je ne sais, peut être… / Si tu en as envie, fais-le.’
Que faire après cela ? M’exécuter, et vite encore, car les vacances ne sont pas éternelles.
» 170 M’exécuter… (Cf. Femme. Épouse de. Rocard Michèle)

Penser (Raison) : Il dénommait : « vote de raison » : l’« alliance des réformistes ». 171 (Cf. Politique. Démocratie)

Penser (Réalisme) : Lors d’une discussion, vous entendez récuser une pensée, un argument, au nom du « réalisme », inutile, sur ce fondement, de la poursuivre… (Vrai aussi pour : « faits », « statistiques », « recherches »…)

Penser (Réalisme. Denis Marie) : 1995. Marie Denis [1920-2006], auteure de :
« Il faudra pourtant qu’un jour l’humanité remette en question son image du réel. Il faudra qu’elle cesse de se donner des lois qui la paralysent. Et qu’oubliant statistiques et coefficients, elle s’invente un monde selon son cœur. » 172

Penser (Réalisme. Rouart Jean-Marie) : 2015. Jean-Marie Rouart (de l’Académie française), auteur de :
« Penser en dehors du réalisme, c’est penser inutilement. » 173
Pourrait être la pensée du libéralisme…si tant est que « le réalisme », comme « le libéralisme », signifient quoi de que soit de rigoureux. (Cf. Langage. Académie française. Rouart Jean-Marie)

Penser (Reclus Élisée) (1) : 1902. Élisée Reclus [1830-1905], auteur de :
« La forme extérieure de la société doit changer en proportion de la poussée intérieure : nul fait d’histoire n’est mieux constaté. C’est la sève qui fait l’arbre et qui lui donne ses feuilles et ses fleurs ; c’est le sang qui fait l’homme ; ce sont les idées qui font la société. » 174 (Cf. Histoire)

Penser (Reclus Élisée) (2) : 1902. Élisée Reclus [1830-1905], auteur de :
« Pour l’homme repu, tout le monde a bien dîné. » 175

Penser (Réfléchir. Bernis cardinal de) : 1878. Le cardinal de Bernis [1715-1794], auteur, dans ses Mémoires [1715-1758] de :
« Le caractère distinctif de mon esprit a donc été la réflexion ; j’ai réfléchi aussitôt que j’ai pensé. » 176 Le distinguo fait réfléchir.

Penser (Réfléchir. Verne Jules) : 1865. Extrait d’un dialogue du livre de Jules Vernes [1828-1905], De la terre à la lune : [Le contexte : Michel Ardan propose de projeter un projectile en creux - au lieu du boulet plein prévu par Barbacane - dans lequel il pourrait prendre place pour aller sur la lune]
« […] Ainsi, dit Barbicane, sans autre entrée en la matière, vous êtes décidé à partir ? / Absolument décidé ! / Rien ne vous arrêtera ? / Rien. Avez-vous modifié votre projectile ainsi que l’indiquait ma dépêche ? / J’attendais votre arrivée. Mais demanda Barbicane, à nouveau, vous avez bien réfléchi ? / Réfléchir ! Est-ce que j’ai du temps à perdre ? Je trouve l’occasion d’aller faire un tour ans la lune. J’en profite et voilà tout. Il me semble que cela ne mérite pas tant de réflexions. » 177

Penser (Religion) : 1993. Cornelius Castoriadis [1922-1997], auteur de :
« Toute transcendance au sens religieux est une création imaginaire des humains. » 178
Il est des analyses qui, en allant d’emblée à l’essentiel, font gagner beaucoup de temps…
* Ajout. 4 avril 2017. Un complément, un constat, moins pensé, moins radical, mais néanmoins de valeur : Pierre Corneille [1606-1684], auteur, dans La mort de Pompée [1642], de :
« Le ciel sur nos souhaits ne règle pas les choses. » 179

Penser (Rire) : Je ne désire rire ni de l’autre, ni du monde, ni de moi. Je peux rire seule ou avec…

Penser (Rivière Jacques) : 1916. Jacques Rivière [1886-1925], alors prisonnier en Allemagne, le 11 mai 1916, auteur de :
« J’étudie enfin l’histoire dans les manuels afin de combler les lacunes énormes, impardonnables, dont je n’avais pas eu encore eu l’esprit d’avoir honte. Mon Dieu, que j’étais spécialiste ! Et quel tort ! Arriverai-je à la réparer à temps ? Que de bêtises j’eusse évitées, en étant un peu moins ‘littérateur’ ! Mais rien ne remplace l’expérience. Et pensais-je inventer ce dont je n’avais pas encore souffert ? » 180 (Cf. « Sciences » sociales)

Penser (Sand George) : 1833. George Sand [1804-1876], dans Lélia [1833] écrit :
« J’avais méprisé jadis la règle dans les études. En me l’imposant dans ma retraite, je m’étais flattée que mes pensées perdraient de leur vigueur. Elles redoublèrent de force en s’organisant mieux dans mon cerveau. En s’isolant les unes des autres, elles prirent des formes plus complètes ; après avoir erré longtemps dans un monde de vagues perceptions, elles se développèrent en remontant à la source de chaque chose et prirent une singulière énergie dans l’habitude et le besoin des recherches. » 181

Penser (Savoir) : Penser c’est comprendre ce que l’on sait sans avoir préalablement su qu’on le savait parce que tout a été fait pour qu’on ne le comprenne pas. (clair ?)

Penser (Sentiments) : À marteler que les « bons sentiments » font [de] la mauvaise littérature, que pensez-vous qu’il advint ? Devoir laisser la norme littéraire aux cyniques…? (Cf. Culture. Gide André : «On ne fait pas de bonne littérature avec des bons sentiments»)

Penser (Serge Victor) : 1943. Victor Serge [1890-1947] écrit, le 25 janvier 1943, dans ses Carnets :
« Ne pas chercher à ‘être personnel’ : c’est le dernier moyen de l’être. Une dame me dit : ‘Je tiens que ce genre d’art ne vaut rien, etc.. Je pense que…’ J’ai envie de lui répondre : C’est très bien que vous pensiez, Madame, mais il serait plus important de penser juste. Car ce n’est pas votre pensée - en admettent que ce soit de la pensée - qui vaut à cause de vous, mais vous qui devez valoir par votre pensée. En toutes choses, il y a une vérité qui ne nous est nullement personnelle, qui exprime des nécessités indépendantes de nous et c’est cela qu’il faut pénétrer, comprendre pour se prononcer ensuite. Les petits partis pris des uns et des autres n’ont rien à voir avec cette réalité-vérité impersonnelle. » 182
- Une grande intelligence, émanant d’un homme qui a tant vécu et tant compris…
N.B. J’ai cependant un peu regretté dans son analyse une pointe de mépris, inutile.

Penser (Sévigné Madame de) : 1679. Madame de Sévigné [1626-1696], le 8 décembre 1679, dans un lettre à sa fille, Madame de Grignan [1646-1705], écrit :
« Je penserais comme vous si j’étais à votre place. […] » 183 (Cf. Femme Écrivaine. Mère)

Penser (Silence) : Ludwig Wittgenstein [1889-1951], auteur de :
« […] sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence. » 184 (Cf. Penser. Wittgenstein Ludwig)

Penser (Spinoza) : Voici le texte - tel que reproduit par André Gide [1869-1951], le 30 juin 1948, dans son Journal - de l’excommunication prononcée le 2 juillet 1656 contre Spinoza [1632-1677] :
« Qu’il soit maudit le jour et maudit la nuit… Dieu puisse ne lui pardonner jamais (sic). Nous ordonnons que nul n’ait commerce avec lui, par la parole ou par l’écrit, que nul jamais en lui donne la moindre marque d’amitié, ne l’approche ou n’habite sous le même toit que lui, que nul ne lise aucun ouvrage écrit ou composé par lui. » 185

Penser (Staël Madame de) : 1813. Madame de Staël [1766-1817], dans les Observations générales qui précèdent son livre De l’Allemagne, auteure de :
« Les opinions qui diffèrent de l’esprit dominant, quel qu’il soit, scandalisent toujours le vulgaire : l’étude et l’examen peuvent seuls donner cette libéralité de jugement, sans laquelle il est impossible d’acquérir des lumières nouvelles ou de conserver même celles que l’on a.
Car on se soumet à de certaines idées reçues, non comme à des vérités, mais comme au pouvoir ; et c’est ainsi que la raison humaine s’habitue à la servitude dans le champ même de la littérature et de la philosophie
. » 186 (Cf. Femme. Auteure. Remarquable, Penser. Morale, « Sciences » sociales)

Penser (Stalinisme) : Liliana Lounguine [1920-1997] dans son livre Mot à mot. Une vie dans le siècle soviétique, concernant la pensée dans l’Union soviétique de Staline pendant la seconde guerre mondiale, en décrit ainsi son analyse :
« Le réalisme soviétique se caractérisait pas une sorte d’approche primaire de la réalité : ce qui est complexe n’est pas univoque, or tout doit être univoque.
Les idéologues veillaient scrupuleusement à la transparence du style, indispensable au maintien de leur pouvoir. Cela correspondait en outre au niveau intellectuel des personnes chargées du respect de l’idéologie. Il fallait veiller à l’évidence la plus primaire, la plus élémentaire. Le moment de l’interprétation était dangereux. […]
C’était évidemment la victoire de la médiocrité de la pensée, médiocrité, sans la moindre trace d’obscurité ou de mystère. […]
Tout ce qui prêtait à questionnement et pouvait être considéré sous plusieurs angles était rejeté. […] » 187 

Penser (Stendhal)  : 1830. Stendhal [1783-1842], dans Le rouge et le noir, évoque les difficultés de Julien au séminaire :
« Ce fut vers ce temps que Julien crut pouvoir tirer parti pour sa considération du livre Du pape, par M. de Maistre, mais ce fut encore un malheur. Il leur déplut en exposant mieux qu’eux-mêmes leurs propres opinions. M. Chélan avait été imprudent pour Julien comme il l’était pour lui-même. Après lui avoir donné l’habitude de raisonner juste et de ne pas se laisser payer de vaines paroles, il avait négligé de lui dire que, chez l’être peu considéré, cette habitude est un crime ; car tout bon raisonnement offense. » 188

Penser (Suivisme. Sartre Jean-Paul) : 1950. Jean-Paul Sartre [1905-1980], auteur de :
« […] au moment où je croyais qu’il me montrait la route (Jdanov [1896-1948]…), je me suis aperçu qu’il s’égarait. » […]. 189
Ne suivre la route de personne…

Penser (Stéréotype) (1) : L’emploi du terme de «stéréotype» - centré sur la représentation d’un sujet, d’un objet - telle qu'elle y est habituellement admise et véhiculée interdit toute prise en compte de ruptures, d’évolution, de modification, d’inversion des valeurs.
- Un exemple : un homme politique anglais affirmait que des enfants [se] demandaient à la fin du ‘règne’ de Margaret Thatcher «si un homme pouvait devenir Premier Ministre». 190 (Cf. Féminisme. Stréotypes, Penser. Réalité, Patriarcat, Sexe-s […]. Sexisme)

Penser (Stéréotype) (2) : Ce sont moins les stéréotypes qu’il faut interroger, critiquer - car ils ont nécessairement leur part de vérité - que l’usage qui en est fait, que la fonction qui leur est attribué ; et donc que le cadre dans lequel ils s’insèrent.

Penser (Tabou) : Révéler, dénoncer un tabou, n’est une garantie ni de vérité, ni de transgression, ni de progressisme ; en effet : ne prémunit d’aucun préjugé.

Penser (Théorie) (1) : Une théorie : souvent, une arme massive de protection [de soi]. Mais aussi, un bâton d’aide à la marche, une béquille, voire une canne blanche [pour aveugles et mal voyants]. Une prothèse ? Un apport [magistral] à déconstruire ? (Cf. Patriarcat. Théorie)

Penser (Théorie) (2) : 1810. Benjamin Constant [1767-1830], auteur de :
« […] La théorie n’est le plus souvent que l’explication de l’apologie d’une pratique qu’on n’avoue pas ; c’est comme la poétique dont chaque auteur de tragédie fait précéder son poème ; il cherche à faire des règles générales pour motiver [cacher ?] ses défauts particuliers. » 191 Pertinent…

Penser (Théorie) (3) : 1930. André Gide [1869-1951], dans son Journal, à la date du 22 juin 1930, auteur de :
« [Concernant Maurice Barrès. 1862-1923] Cette théorie, on ne peut pas dire précisément qu’elle soit fausse ; mais comme toutes les théories, au bout d’un certain temps et une fois accompli le petit progrès qu’elles étaient susceptibles de permettre à l’esprit, elles n’invitent plus celui-ci qu’à la paresse et bientôt travaillent à empêcher son développement. » 192 Pertinent, mais…superficiel ?

Penser (Tolérance) : Prêcher [justement, efficacement] la tolérance ne prémunit pas de l’intolérance. Les jugements, la vie de Voltaire [1694-1778] en sont une bonne illustration. (Cf. Relations entre êtres humains. Injures. Haine. Voltaire)

Penser (Trump Donald) : 2017. Donald Trump, après avoir élu à la présidence des États-Unis et prêté serment sur deux Bibles - présentés à lui par son épouse - auteur de :
« Le temps des paroles creuses est fini. » The time for empty talk is over.») 193 Grave, si grave. Fait froid dans le dos. Terrifiant… (Cf. Politique)

Penser (Universalisme) : Récuser, exclure a priori toute idée, toute pensée, toute revendication de, toute aspiration à l’universalisme, sauf à reprendre des truismes, souvent nationalistes par ailleurs. En écrivant cela, je m’étonne de l’évidence - pour moi, du moins - de cette assertion. Une précaution (nécessaire ?) : le relativisme n’est pas le contraire de l’universalisme. (Poursuivre)

Penser (Utilitarisme) : Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Frédéric II, Landgrave de Hesse-Cassel [1720-1785] le félicite de « son heureux mariage » (avec la nièce de Frédéric II, roi de Prusse. [1712. 1786]) et poursuit :
« Le roi de Prusse m’a fait un portrait charmant de Madame la Landgrave. Il dit que c’est de toutes ses nièces la plus belle et la plus aimable. Jouissez de votre bonheur ; vous avez trouvé l’agréable et l’utile. ».
La femme, « par nature », belle, aimable, agréable ; « par destination », utile ? 194 (Cf. Femme. Famille. Mariage, Langage. Féminisation du langage, Patriarcat, Politique. Utilitarisme)

Penser (Valeur) (1) : Nécessité de - d’emblée - différencier toute pensée de la valeur (indissociable de celle de dignité) des êtres humains de celle relatives aux choses, aux biens, aux marchandises, à la monnaie, aux animaux, à la nature. Et établir entre les deux approches un mur infranchissable. (Cf. Politique. Libéralisme. Critique, Économie)

Penser (Valeur) (2) : Si des intérêts sont, dans un monde libéral, par définition, négociables, dans aucun monde, des valeurs ne devraient l’être.

Penser (Vinci Léonard de) : Léonard de Vinci [1452-1519], auteur de :
« Rien ne peut être inscrit comme étant le résultat de recherches nouvelles. » 195 Utile, afin d’éviter d’accorder une importance indue à ses propres recherches.

Penser (Vivre) : Ce qui n’est pas vécu, ce qui exige de refouler ses émotions, ses colères, ses intuitions, ses assurances, ses contradictions, ne peut être pensé. Tout refoulement est perpétuation et caution du monde, délesté de toute possibilité de sa critique. (Cf. Hommes. Pervers narcissiques, Psychanalyse)

Penser (Voltaire) (1) : 1751. Voltaire [1674-1778], dans une lettre en date du 31 août 1751 adressée au duc de Richelieu [1696-1788] écrit, concernant son livre, à paraître, Le siècle de Louis XIV :
« […] Je me suis constitué de mon autorité privée juge des rois, des généraux, des parlements, de l’église, des sectes qui la partagent. Voilà ma charge. Tout barbouilleur de papier qui se fait historien en use ainsi. […] »
Il évoque alors les sujets difficiles qu’il a néanmoins traités et il poursuit :
« J’ai dû et j’ai osé remplir tous ces devoirs, peut être dangereux, en disant ainsi la vérité, j’ose me flatter jusqu’à présent (car je peux me détromper) que j’ai élevé à la gloire de Louis XIV un monument plus durable que toutes les flatteries dont il a été accablé pendant sa vie. » 196 (Cf. Penser. Critique. Voltaire. Vérité, Histoire)

Penser (Voltaire) (2) : 1752. Voltaire [1674-1778], dans une lettre en date du 23 juin 1752 adressée à Charlotte-Sophie von Altenberg, comtesse Bentick [1715-1800], lui écrit :
« […] Il faut philosopher avec des personnes comme vous. Le vulgaire ne mérite pas qu’on pense à l’éclairer. » *
- Voltaire exprime, dans une lettre, dans une lettre en date du 5 septembre 1752, adressée à Frédéric II roi de Prusse, [1712-1786], une idée proche :
« Il serait à souhaiter que ces opinions se répandissent de plus en plus sur la terre. Mais combien d’hommes ne méritent pas d’être éclairés ! » 197 (Cf. Penser. Critique. Voltaire)

Penser (Voltaire) (3) : 1759. Voltaire [1674-1778], dans une lettre, en date du 1er octobre 1759 au marquis d’Argence [1703-1772], lui écrit :
« Vous avez grande raison de rejeter toutes les idées populaires. Jamais les sages n’ont pensé comme le peuple. » 198

Penser (Voltaire) (4) : 1759. Voltaire [1674-1778], dans une lettre, en date du 13 octobre 1759, à la marquise du Deffand [1697-1780] lui écrit :
« […] Que j’aime les gens qui disent ce qu’ils pensent ! C’est ne vivre qu’à demi que n’oser penser qu’à demi ! » 199 (Cf. Penser. Critique. Voltaire)

Penser (Voltaire) (5) : 1760. Voltaire [1674-1778], dans une lettre, en date du 18 février 1760 à la marquise du Deffand, [1697-1780], lui écrit :
« […] Un ouvrage, quel qu’il soit est toujours assez passable quand il donne occasion de penser. » 200 (Cf. Penser. Critique. Voltaire)

Penser (Voltaire) (6) : 1763. Voltaire [1674-1778], dans une lettre, en date du 20 janvier 1763, à Jacob Vernes [1728-1791], auteur de :
« La crainte de déplaire est l’éteignoir de l’imagination201 (Cf. Penser. Critique. Voltaire)

Penser (Voltaire) (7) : 1765. Voltaire [1674-1778], dans une lettre en date du 19 novembre 1765 à M. Damilaville [1723-1768], écrit :
« Détruisez les plates déclamations, les misérables sophismes, les faussetés historiques, les contradictions, les absurdités sans nombre ; empêchez que des gens de bon sens ne soient les esclaves de ceux qui n’en ont point. » 202 (Cf. Penser. Critique. Voltaire, Histoire)

Penser (Voltaire) (8) : 1766. Voltaire [1674-1778], dans une lettre en date du 1er avril 1766 à M. Damilaville [1723-1768], écrit :
« […] J’entends par peuple la populace qui n’a que ses bras pour vivre. Je doute que cet ordre de citoyens ait jamais le temps ou la capacité de s’instruire, ils mourraient de faim avant de devenir philosophes, il me paraît essentiel qu’il y ait des gueux ignorants. Si vous faisiez valoir comme moi une terre, et si vous aviez des charrues vous seriez bien de mon avis, ce n’est pas le manœuvre qu’il faut instruire, c’est le bon bourgeois, c’est l’habitant des villes, cette entreprise est assez forte et grande.
[…] Aussi doit-on prêcher la vertu au plus bas peuple. […]
Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu.»
- Et Voltaire poursuit, le 13 avril 1766 :
« Le bas peuple en vaudra certainement mieux quand les principaux citoyens cultiveront la sagesse et la vertu. Il sera contenu par l’exemple qui est la plus belle et la plus forte des vertus. […]
L’exemple seul fait [un honnête homme] et c’est la seule manière d’instruire l’ignorance des villageois. Ce sont donc les principaux citoyens qu’il faut d’abord éclairer. […]
Il faut que la lumière descende par degrés ; celle du bas peuple sera toujours fort confuse. Ceux qui sont occupés à gagner leur vie ne peuvent l’être d’éclairer leur esprit. il leur suffit de l’exemple de leurs supérieurs. »
- Enfin, le 28 avril 1766, il conclue concernant un ouvrage de Fréret [1688-1749]
« Ceux qui l’ont vu me disent qu’il est très bien raisonné. C’est un grand service rendu aux gens qui veulent être instruits. Les autres ne méritent pas qu’on les éclaire. Il est très certain que la raison fait de grands progrès, mais ce n’est jamais que chez un petit nombre de sages. […] » 203 (Cf. Culture, Homme. « Intellectuel », Politique. Démocratie. État, Morale, Peuple, Penser. Critique. Voltaire, Philosophie. Voltaire)
- On comprend mieux l’obsession haineuse de Voltaire contre Rousseau, et mieux ce qui nous a été présenté comme et ce que signifie aussi : « le siècle de Voltaire », comme celui de l’Encyclopédie et des Lumières.
- Et pourquoi pas la pseudo « théorie du ruissellement » qu’Emmanuel Macron fait sienne ? (Cf. Économie)

Penser (Voltaire) (9) : 1770. Voltaire [1674-1778], dans une lettre en date du 20 décembre 1770 à Charles Dupaty [1746-1788], auteur de :
« Si vous voulez venir chez moi, vous me rendrez la vie, car vous me ferez penser. » 204

Penser (Voltaire) (10) : 1772. Voltaire [1674-1778], dans une lettre en date du 25 janvier 1772 à Jacques Mallet du Pan [1749-1800], auteur de :
« Par quelle fatalité malheureuse les hommes en sont-ils venus au point de craindre qu’on ne pense ? » 205

Penser (Voltaire) (11) : 1773. Voltaire [1674-1778], dans une lettre en date du 1er novembre 1773, écrit à Madame du Deffand [1697-1780] - qui, le 15 novembre 1773 « admirait sa patience de lire les ouvrages les plus ennuyeux du monde » - lui avait écrit : :
« Je passe ma vie à chercher des pierres précieuses dans du fumier, et quand j’en rencontre, je les mets à part et j’en fais mon profit. » 206

Penser (Voltaire) (12) : 1775. Voltaire [1674-1778], dans une lettre en date du 22 mars 1775, au comte de Tressan [1705-1783], écrit :
« […] Tout vers, toute phrase qui a besoin d’explication ne mérite pas qu’on l’explique. […] » 207 Radical. (Cf. Langage)

Penser (Wittgenstein Ludwig) : Ludwig Wittgenstein [1889-1951], auteur de :
« La pensée contient la possibilité de la situation qu’elle pense. Ce qui est pensable est également possible. » 208 Fondamental. (Cf. Penser. Silence)
* Ajout. 4 avril 2014. À penser avec :
« Ce qui est pensé est pensable. Ce qui est pensé est. » [Parménide] 209

Penser (Yourcenar Marguerite) : 1977. Marguerite Yourcenar [1903-1987], auteure dans Archives du Nord, de :
« […] Agir et penser comme tout le monde n’est jamais une recommandation ; ce n’est pas toujours une excuse. À chaque époque, il est des gens qui ne pensent pas comme tout le monde, c’est-à-dire qui ne pensent pas comme ceux qui ne pensent pas. » 210 Sévère…

V. Penser. Liberté :

Penser (Liberté) (1) : Tout manque à qui manque de liberté. Assertion ontologique, grandiloquente, présomptueuse, vaine donc (au mieux), certes. Et pourtant, je ne peux l’enlever. Je la maintiens donc, dans l’attente…
* Ajout. 30 avril 2014. Et si ce commentaire révélait tout simplement l’inanité des ‘grands mots’ dont l’emploi à satiété, par accumulations, par sédimentations successives, par exclusions incessantes de leurs contradictions, sclérosent toute pensée que d’emblée, ils étouffent ?

Penser (Liberté) (2) : Toute référence à la « liberté » d’une personne qui ne se précise pas : « à contraintes données » - ce qui ne signifie pas « immuables, ni immodifiables - ne peut que cautionner les dites contraintes.

Penser (Liberté) (3) : En d’autres termes, plus clairs : à contraintes données, non contestées, tout - absolument tout - est justifiable. [Après avoir lu un ‘argument’ censé être fondé sur celui « du moindre mal ».]

Penser (Liberté. Besse François) : 2002. François Besse - auto-qualifié de « bandit d’honneur » - lors du procès d’Assises le 5 juin 2002, auteur de :
« Le libre arbitre est une illusion. Quand les évènements extérieurs sont les plus forts, le peu que vous avez en vous est submergé. » 211 (Cf. Justice. Procès)

Penser (Liberté. Cassez Florence) : 2014. Florence Cassez, auteure (après sept ans de prison au Mexique) de :
« Je ne me suis jamais battue pour ma liberté [...] Mon combat, toujours été le même : mon innocence. » La distinction est d’importance. 212
* Ajout. 27 janvier 2015. 2015. Florence Cassez « a entamé une action en justice pour obtenir des dommages et intérêts d'un montant de 36 millions de dollars. » 213 (Cf. Justice)

Penser (Liberté. France Culture) : 2017. Le 4 mai 2017, au matin, sur le site de France Culture, une annonce s’affichait pleine page (dont la taille fut réduite en fin de journée) : « France Culture. Mort de Ruwen Ogien, penseur de la liberté ».
France Culture prostitue « la liberté ». (Cf. Culture, Proxénétisme, Violences. Sade)
* Ajout. 18 mai 2017. Le Monde, pour sa part, qui le présente comme « philosophe » écrit : « Il proposait une réflexion ouverte et radicale sur la liberté. »
- De l’art de cautionner sans avoir à prendre position…. 214

Penser (Liberté. Malraux Clara) : 1935. Clara Malraux [1897-1982] rapporte lors du Congrès international des écrivains pour la défense de la culture à Paris, en juin 1935, une discussion qu’elle eut avec Waldo Franck 1889-1967] :
« Au cours d’un repas où nous fûmes voisins, je lui dis mon angoisse concernant l’Allemagne, le peu d’intérêt que le fascisme suscitait en URSS, mes doutes sur la communisme dans un seul pays. Dès que nous fûmes seuls, André [Malraux] me dit : ‘Pourquoi avez-vous tenu des propose trotskistes à Waldo Franck, ce qui était de la provocation envers moi ?’ Je ne m’étais pas rendue compte que mes propos étaient trotskystes, je ne savais même pas que Waldo Franck - dont j’aimais les livres - l’était. Mais surtout, je ne savais pas que je possédais plus le droit de m’exprimer selon moi-même. » 215 (Cf. Politique. Provocation, Patriarcat)
- De l’essentiel, toujours efficacement caché….

Penser (Liberté. Pamuk Orhan) : 2017. Orhan Pamuk, après avoir notamment évoqué ses amis en prison dans la Turquie d’Erdogan, auteur, en septembre 2017, de : « On se sent coupable d’être libre. » 216 (Cf. Politique. État. Prison, Économie. Erdogan)

Penser (Liberté. Stirner Max) : 1844. Max Stirner [1806-1856], auteur de :
« La liberté vous dit seulement : ‘Libérez-vous, délivrez-vous de tout ce qui vous est à charge !’. Elle ne vous apprend pas qui vous êtes vous-même. » 217 Puissant. (Cf. Psychanalyse)

Penser (Liberté. Varnhagen Rahel) : 1825. Rahel Varnhagen [1771-1833], auteure, dans son Journal, en 1825, de :
« La liberté n’est que ce dont nous avons besoin pour pouvoir devenir ce qu’au fond nous devrions être et pour avoir ce qu’au fond nous devrions avoir… À cette considération se rattache aussitôt celle qui constitue le fondement de tous les mensonges. Le manque essentiel de liberté consiste dans la défense de dire ce que l’on souhaite et ce qui nous fait défaut. […] » 218 (Cf. Culture, Pensée. Varnhagen Rahel)

Penser (Liberté. Vaujour Michel) : Michel Vaujour, après 27 ans de prison, dont 17 à l’isolement, surnommé « le roi de l’évasion », auteur de :
« Ne me libérez pas, je m’en charge. »
* Ajout. 16 octobre 2015. À découvrir cette revendication, le 14 octobre 2015, affichée par la manifestation de ceux et celles qui s’intitulent « sex workers », je comprends mieux comment cette phrase - qui m’avait si fort marquée lorsqu’entendue exprimée à la télévision, par Michel Vaujour - peut être utilisée pour justifier tout et n’importe quoi. Concernant son interprétation, tout dépend - pour qui la reprend à son compte - de qui l’exprime, dans quelle conjoncture, avec quelle finalité. (Cf. Proxénétisme)

Penser (Liberté. Expression d’) (1) : Si la liberté d’expression est posée en postulat, si elle est considérée comme devant être garantie, si elle est l’archétype de tous les «droits», et donc au fondement du «Droit», elle fait potentiellement de chaque être humain un démiurge et détruit toute idée du Politique.
- À propos, quelle est la différence avec la «liberté d’opinion» ?

Penser (Liberté. Expression d’) (2) : 1772. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Pierre-Michel Hennin [1728-1807], le 13 septembre 1772, auteur de :
« [...] Il faut en tout pays laisser parler la canaille. Il vaudrait mieux qu’elle ne parlât pas ; mais on ne peut lui arracher la langue. » 219

Penser (Liberté. Expression d’) (3) : Frédéric II, roi de Prusse [1712-1786], termine la lettre qu’il a écrite à Voltaire [1694-1778], le 25 janvier 1774 ainsi :
« Conservez cet esprit rajeuni, et dussiez-vous faire ma satire en vers sanglants à l’âge de cent ans, je vous réponds d’avance que je ne m’en fâcherais point et que le patriarche de Ferney [Voltaire] peut dire tout ce qui lui plait du philosophe de Sans-Souci.» [Frédéric II]. Il lui écrit
- le 10 février 1774 : « […] Et quoi qu’ayant encouru votre haine et votre disgrâce, je prie Apollon et Esculape son fils, dieu de la médecine, de vous conserver dans leur sainte garde. »
- le 16 février 1774 : « Et que vous m’aimiez ou que vous ne m’aimiez pas, je ne vous souhaite pas moins longue vie et prospérité. »
- le 26 avril 1774 : « Demeurez jeune longtemps, haïssez-moi encore longtemps, déchirez les pauvres militaires, décriez ceux qui défendent leur patrie, et sachez que cela ne m’empêchera pas de vous aimer. » 220 (Cf. Relations entre êtres humains. Aimer. Voltaire)

Penser (Liberté. de la Presse) (1) : Terme valable, y compris pour la presse possédée par les marchands de canons et les banquiers ? Par les États (totalitaires ou non) ? Par l’argent tout simplement, alors que la presse est par ailleurs si injustement subventionnée [ou non] par l’État, par les entreprises, puisque, en l’état, elle ne peut vivre sans publicité ? Dans ces hypothèses, qu’en est-il de la liberté des journalistes eu égard à leurs propriétaires de patrons, si l’on exclue la possibilité individuelle de faire appel à ‘la clause de conscience’?
À n’aborder abstraitement que «la liberté de la presse», on omet tout simplement sa contradiction avec le droit de propriété des médias. Qu’en est-il par ailleurs de la liberté des citoyen-nes confronté-es quotidiennement à des infléchissements, de inversions, des dénis de sens, des mensonges émanant de la presse ? (Cf. Politique. Liberté d’expression, Pornographie)
* Ajout. 24 octobre 2017. À l’écoute des ‘analyses’ du ‘journaliste‘ Christophe Barbier, je doute qu’aucun porte-parole du gouvernement puisse, en termes d’efficacité, lui arriver à la cheville. (Cf. Homme. Journaliste)

Penser (Liberté. de la Presse) (2) : 1949. C’est notamment, en appel, en 1949, au nom de «la liberté de la presse», que Me André Wurmser [1899-1984] tentera de justifier les accusations à l’encontre de Kravtchenko [1905-1966], telles qu’elles furent exprimées par les Lettres françaises, journal communiste, dans lequel fut publié l’article : Comment fut fabriqué Kravtchenko. 221 Terme à sans cesse clarifier donc…

Penser (Liberté. Voltaire) : 1775. Voltaire [1694-1778] dans une lettre adressée à Madame de Saint-Julien [ ?-1820], le 14 novembre 1775, tente, par son intermédiaire, d’obtenir un abaissement des sommes que le pays de Gex doit payer pour se libérer des contraintes des contrôleurs généraux nationaux (notamment la suppression des corvées). Il lui écrit, non sans humour :
« L’abbé Morellet m’a mandé que M. Le Contrôleur général était résolu de nous faire acheter notre liberté trente mille livres par an pour l’indemnité de la ferme générale. Je sais bien que cette liberté n’a pas de prix ; mais je représente humblement que si on pouvait nous la faire payer un peu moins cher, on nous la rendrait encore plus précieuse. » 222

VI. Penser. Morale :

Penser (Morale) (1) : Il y a des morales individuelles, familiales, religieuses…mais il y a aussi impossibilité de penser une morale qui ferait fi du monde. (Poursuivre)

Penser (Morale) (2) : Sans morale (à définir), rien n’est acceptable ; c’est de cette contradiction indépassable à faire converger morale et politique que meurent les civilisations. (Cf. Féminisme. Morale)

Penser (Morale) (3) : Le mot d'ordre des corrompu-es de tous acabits :
« Que l'on cesse de confondre morale et politique ! » ;
« Il ne faut pas confondre le droit et la morale » [entendu le 22 mai 2014], etc..
Dans le même sens :
« La vertu, cette catastrophe... » (Cf. Être humain. Vie-dite-privée, Politique. Lois. Mœurs, Patriarcat, Histoire. Robespierre)

Penser (Morale) (4) : S’affirmer « moraliste » et détester « la morale » : un beau projet, nécessaire, ambitieux, difficile.
Mais, n’est-ce pas jouer sur les mots ?

Penser (Morale. Antonyme) : Le contraire de la morale, ce n’est pas l’immoralité ou l’immoralisme, c’est le rapport de forces. (Cf. Féminisme. Morale, Proxénétisme)

Penser (Morale. Aspiration à la) : Juger toute morale (philosophie, politique...) à l’aune dont celui/celle qui la défend ou la critique la vit effectivement - sans l’y réduire - donnerait à la morale (à la philosophie, la politique...) beaucoup d’air. (Cf. Être humain. Vie-dite-privée, Penser. Cri du cœur, « Sciences » sociales)

Penser (Morale. Beccaria Cesare) : 1764. Cesare Beccaria [1738-1794], auteur, dans son Traité des délits et des peines, de :
« […] Cette opposition entre les lois fondamentales de la société et de la famille est une source abondante d’autres contradictions entre la morale publique et la morale domestique et engendre un conflit perpétuel dans l’âme de chaque homme. La morale domestique inspire la soumission et la crainte, l’autre le courage et la liberté : la première enseigne à restreindre le dévouement à un petit nombre de personnes qu’on n’a même pas choisies, la seconde à l’étendre à toutes les classes d’hommes ; l’une exige le sacrifice continuel à une vaine idole qu’on appelle le bien de la famille qui n’est souvent le bien d’aucun de ses membres, l’autre conseille de suivre son intérêt sans contrevenir aux lois, mais peut inciter l’homme à s’immoler pour la patrie, en le récompensant par l’enthousiasme qui précède l’actions. De telles contradictions dégoutent les hommes de suivre la vertu, à cause de l’obscurité qui enveloppe les idées morales comme les objets passés. […] »
Pourquoi les analystes, les thuriféraires de Beccaria, enfermé dans le droit, n’ont-ils pas relevé l’importance de cette analyse ? Poser la question, c’est y répondre. (Cf. Être humain. Vie-dite-privée, Hommes, Patriarcat, Politique. Vérité) 223
* Ajout. 28 octobre 2017. 1976. Lire l’analyse revigorante de Casamayor [1911-1988] du Traité des délits et des peines de Beccaria. 224

Penser (Morale. Bloch Marc) : 1941. Marc Bloch [1886-1944], dans son Testament spirituel, auteur de :
« Je tiens la complaisance envers le mensonge, de quelques prétextes qu’elle puisse se parer, pour la pire lèpre de l’âme. » 225 (Cf. Être humain. Soi. Bloch Marc, Relations entre êtres humains. Complaisance)

Penser (Morale. Codes d’éthique) : Chacun-e y met ce qu’il veut. Et chacun-e est censé-e être satisfait-e de l’avancée. Se substitue progressivement et efficacement à toute référence à la loi, qu’elle peut ainsi modeler lorsque nécessaire.
* Ajout. 16 octobre 2014. 1995. J’apprends que l’armée israélienne a un «code d’éthique» depuis le milieu des années 90. L’exemple se suffit à lui-même : toute critique du terme est dès lors inutile. 226 (Cf. Politique. Guerre. Drone)

Penser (Morale. Condorcet) : 1781. Condorcet [1743-1794], auteur de :
« Quiconque a réfléchi sur l’histoire de la morale n’a pu s’empêcher de remarquer que l’honnêteté ne consiste, dans chaque nation, qu’à ne pas faire, même en étant sûr du secret, ce qui serait déshonorant s’il était connu du public. » 227 (Cf. Être humain. Vie-dite-privée)
Si Condorcet avait pu dire vrai…

Penser (Morale. Critique) : Ce qui est criminel dans les incessantes attaques contre «la morale» - sans vergogne, assimilée au «moralisme» - c’est que la nécessaire recherche par chacun-e de sa propre morale, de ses propres valeurs et donc de ses propres idées est, elle aussi, déconsidérée. Que reste-t-il alors ? (Cf. Féminisme. Morale)
* Ajout. 19 février 2018. Il serait rigoureux de la part de ceux qui vilipendent « morale », « vertu » et tutti quanti qu’il s’assignent pour tâche d’expliquer ce par quoi ils souhaitent remplacer ces termes. Et donc d’expliciter la nature du monde qu’ils construisent et auquel ils aspirent. Du renversement de la preuve…

Penser (Morale. D’Agoult Marie) : 1836. Marie d’Agoult [1805-1865], auteure, dans une lettre du 15 janvier 1836 à George Sand, de :
« […] La morale publique […] se compose de quelques millions d’immoralités individuelles formant une morale publique d’après le même principe que veut que deux négations valent une affirmation. Convenu que l’on protestera en pensées paroles et actions contre ladite morale publique… » 228

Penser (Morale. De Gaulle) : 1943. André Gide [1869-1951] dans son Journal, à la date du 26 juin 1943, fait état d’une discussion qui eut la veille entre le Général de Gaulle [1890-1970] et lui-même :
« [Après une discussion concernant André Maurois [1887-1967] : « Il se trompe, parce qu’il est trompé » selon Gide] Nous parlâmes ensuite, de l’opportunité de créer une nouvelle revue qui groupât les forces intellectuelles et morales de la France libre ou combattant pour l’être. Mais ceci non plus ne fut pas poussé très loin. Il me dit alors combien il souffrait du manque d’hommes. » 229

Penser (Morale. Féminisme) : Tant que la pensée de la nécessité morale personnelle et publique ne prendra pas la place première qui doit être la sienne, le féminisme (au singulier comme au pluriel) continuera d’être gangréné par ceux et celles qui utilisent ce terme pour justifier libéralisme, proxénétisme, pornographie, patriarcat…
- À cet égard, la responsabilité de la recherche (en « sciences » sociales, humaines notamment) est immense. Et l’une des questions majeures que je me pose est la suivante : par quels processus la recherche a-t-elle si aisément et en si peu de temps été en mesure de justifier libéralisme, proxénétisme, pornographie, patriarcat ? Et ce, soit au nom du féminisme, soit de l’antiféminisme, l’emploi du terme de «genre» dissolvant la différence entre les deux. Les chercheurs-euses, les enseignant-es n’ont-ils/elles aucun «cas de conscience» moraux qui mériteraient d’être publiquement posés aux «sciences» sociales, telles que pratiquées, financées ? Et pourquoi les entendons-nous si peu ? (Cf. «Sciences» sociales)

Penser (Morale. Gandhi) : 1929. Gandhi [1869-1948], dans son autobiographie, auteur de :
« La morale est le fondement de tout et la vérité est le fondement de la morale. » 230 Il est des analyses qui prennent de la valeur du fait de la valeur de celui/celle qui les énoncent. (Cf. Relations entre êtres humains. Engagement)

Penser (Morale. Justice) : Sans morale, la justice est impensable. Sans justice, aucune société n’est possible. (Cf. Justice)

Penser (Morale. Kant) : Emmanuel Kant [1724-1804] est souvent évoqué, me semble-t-il, dans les débats dits «de fond», cité, pour intimider. Il m’est apparu qu’un moyen fort efficient de faire cesser le poids de cet argument est de questionner la personne qui l’invoque de la /la questionner sur la signification et les fondements de l’« impératif moral catégorique » Kantien. Et, alors récuser cet argument d’autorité et simplement parler de « morale ». Et donc la définir. Autrement plus difficile que de faire appel à une citation.

Penser (Morale. Lévy Élisabeth) : 2013. Élisabeth Lévy pose à Edwy Plenel cette question : « On a souvent le sentiment, en vous entendant, que votre but est de réformer la démocratie et de la rendre plus morale. Cela semble fort louable, mais cette prééminence de la morale ne signe-t-elle pas la mort de la politique ? »
La réponse d’Élisabeth Lévy à la question qu’elle pose - et les conclusions concrètes qu’elle en tirerait concernant ses propres et nombreuses prises de positions politiques - - m’intéresserait. 231
Si tant est que la question, enserrée entre deux grossières abstractions, en l’état, donc, soit pertinente…

Penser (Morale. Moraliste) : Être qualifié-e de « moraliste » est censé être la preuve irréfragable de la stupidité d’une personne, qualificatif qui, en sus, adressée à une féministe, devient une injure. Ladite ‘critique’ a le grand avantage d’exonérer la personne qui en est l’auteur-e de toute réflexion la concernant. ‘Jugement’ particulièrement prisée par les défenseurs-euses du système proxénète, qui - sans en avoir le monopole - peuvent sans excès d’inquiétudes, considérer toute idée même de morale comme un vieil oripeau démodé. Le vent tourne. (Cf. Féminisme. Morale. Injure, Proxénétisme)

Penser (Morale. Mnouchkine Ariane) : 1986. Ariane Mnouchkine, à la question : « Distinguer le bien du mal est-ce si facile ? », répond : « Ce n’est pas toujours si compliqué que ça ! Et c’est pervers de ne jamais vouloir faire la différence. » 232 (Cf. Penser. Obéir)

Penser (Morale. Novalis) : Novalis [1772-1801], auteur de :
« […] La morale ne dit rigoureusement rien de déterminé. Elle est la conscience - juge pur sans nulle loi. Elle oblige immédiatement, mais toujours isolément, individuellement. Elle est résolution intégrale ; rigoureusement exacte et droite représentation de la conscience. Les lois sont l’opposé absolu de la morale. » 233 (Cf. Politique. Lois)

Penser (Morale. Patriarcat) : Dans le processus en cours de la reconstruction d’une morale, d’une éthique politique, nécessairement mondiale, la nouveauté - historique - est que la prise en compte - centrale - de la critique anti-patriarcale ne peut plus être évacuée. (Cf. Être humain. Vie - dite - privée, Homme. «Politique», Patriarcat)

Penser (Morale. Richesse) : Et si l’un des phénomènes le plus notable de notre époque était que la richesse - et le pouvoir, qui en règle générale l’accompagne - ne jouissait plus d’estime [morale] ? Qui plus est, la richesse n’étant plus porteuse ni de signification, ni de sens, ni de mérite, ni d’une quelconque culture, aléatoire qui plus est, n’est-elle pas - heureusement - devenue l’incarnation de l’injustice du monde ? Le fait que l’image que notre société tente de donner d’elle-même soit aux antipodes de cette analyse, le fait qu’elle ne cesse avec un acharnement suspect de tenter de nous assurer du contraire, plaiderait en ce sens. (Cf. Économie)

Penser (Morale. Soi) : La morale, ce n’est pas porter un jugement sur d’autres [« faire la morale »] ; c’est réfléchir, poser, en soi, pour soi, pour le monde, les critères selon lesquels des jugements peuvent être posés. C’est expliciter les fondements de ses propres jugements, ce qui exige que l’on s’autorise préalablement à porter le dit jugement, que l’on se reconnaisse donc une valeur qui le légitime. Ce qui n’implique rien en termes de leur validité… (Cf. Être humain. Soi)

Penser (Morale. Staël Madame de) : 1818. Madame de Staël [1766-1817], dans ses Considérations sur la révolution française, auteure de :
« Les fautes causées par la passion dénotent assez souvent des facultés distinguées ; mais la corruption et l’intrigue tiennent à un genre de médiocrité qui ne permet d’être utile à rien qu’à soi-même. On serait plus près de la vérité en considérant comme incapable des affaires publiques un homme qui a consacré sa vie au ménagement artificieux des circonstances et des personnes. » 234
- Quel bonheur de lire une analyse si claire, si fondamentale, si définitive ! (Cf. Homme. « Intellectuel », Politique)

Penser (Morale. Voltaire) : 1758. Voltaire [1694-1778] dans une lettre en date du 14 octobre 1758 à Charles Debrosses [1709-1777] lui écrit :
« Laissons, Monsieur […] le cynique, moral et comique Jean-Jacques [Rousseau.1712-1778] écrire contre la comédie. » 235 (Cf. Relations entre êtres humains. Injure)

Penser (Morale. Weber Max) : 1919. Première exigence de toute morale (à reconstruire) : dénoncer la distinction faite par Max Weber [1864-1920] dans Le savant et le politique entre «l’éthique de responsabilité» et «l’éthique de conviction» dont l’une des conclusions est :
« Il n’existe aucune éthique au monde qui puisse négliger ceci : pour atteindre des fins ‘bonnes’, nous sommes la plupart du temps obligés de compter avec, d’une part des moyens moralement malhonnêtes ou pour le moins dangereux, et d’autre part la possibilité ou encore l’éventualité de conséquences fâcheuses. » 236

VII. Penser (Obéir) :

Penser (Obéir) (1) : Ouvrir dès le plus jeune âge les débats sur les fondements de l’obéissance et donc sur les valeurs qui légitiment ou non sa nécessité, afin de clarifier, le plus tôt possible, les distinctions entre il-légalisme, in-justice, im-moralité, il-légitimité… (Cf. Être humain, Enfants. Penser. Obéir)

Penser (Obéir) (2) : Pour mieux élargir et approfondir la réflexion sur l’obéissance, et sur sa nécessité au sein de tous les rapports de domination (et donc sur leurs fondements spécifiques en fonction de leur propres logiques), penser la question - concrètement - entre supposés égaux.

Penser (Obéir) (3) : Les multiples manifestations de l’obéissance progressivement à nous tous et toutes imposées dans la cadre des rapports de domination contribuent, du seul fait de leur nombre, à la naturalisation de l’idée même de domination. (Cf. Politique, Patriarcat)

Penser (Obéir) (4) : L’ordre n’a pas besoin d’être exprimé pour exiger d’être obéi. (Cf. Femmes. Silence, Relations entre êtres humains, Famille. Mariage, Politique, Violences. Viols)

Penser (Obéir) (5) : Entendu : « désobéir, c’est compliqué ». Pourquoi ? Parce c’est être à même de justifier sa décision - ce que ne demande pas nécessairement la révolte - d’en comprendre les risques et d’en assumer d’emblée les éventuelles conséquences. C’est donc plutôt que « compliqué » : risqué, inquiétant, dangereux, coûteux. Et libérateur. (Cf. Penser. Morale. Mnouchkine Ariane)

Penser (Obéir) (6) : À qui ? pourquoi ? à quel prix ? à quelles conditions ? dans quel délai ? avec quels recours ? sur quels fondements ? dans quel but ?

Penser (Obéir. Castaner Christophe) : 2017. Christophe Castaner, à la veille d’un remaniement ministériel, actuel ministre mais et ‘patron’ [nommé] depuis peu, du parti majoritaire, La République en marche, interrogé sur son avenir, déclare :
«[…] quelle que soit la décision qu'ils [MM. Macron et Philippe] prendront, elle sera la bonn e».
- À ce degré de dépendance, il est difficile de progresser. 237

Penser (Obéir. David-Neel (Alexandra) : Alexandra David-Neel [1868-1969], auteure de :
« L’obéissance, c’est la mort. Chaque instant dans lequel l’homme se soumet à une volonté étrangère est un instant retranché de sa vie. » 238

Penser (Obéir. Diderot) : Diderot [1713-1784], auteur de :
« Rien n’est plus difficile que de se défaire de l’habitude de commander, si ce n’est celle d’obéir […]. » 239

Penser (Obéir. Hœss Rudolf) : 1945. Rudolf Hœss [1900-1947] au docteur Gilbert, psychiatre de la prison de Nuremberg, auteur de :
« Il est certain que ce n’était pas un plaisir de voir ces amoncellements de cadavres et de sentir l’odeur des fours…Mais Himmler l’avait ordonné et je n’avais pas à me demander si c’était juste ou non. […] La pensée de désobéir à un ordre ne pouvait même pas venir à l’esprit. Quel qu’ait été cet ordre... Vous ne pouvez pas comprendre notre monde à nous… Je devais obéir et j’en dois subir les conséquences. » 240

Penser (Obéir. Retz Cardinal de) : 1675-1677. Le cardinal de Retz [1613-1679], dans ses Mémoires, réfléchissant au «voile qui couvre le mystère de l’État», auteur, concernant la France, de :
« [Ce voile] consiste dans cet espèce de silence religieux et sacré dans lequel on ensevelit, en obéissant presque toujours aveuglement aux rois, le droit que l’on ne veut croire avoir de s’en dispenser que dans les occasions où il ne serait pas même de leur service que de leur plaire. »
- Et il poursuit, lucidement, en considérant que « lever ce voile » serait « d’une conséquence plus dangereuse et plus funeste que la liberté que les peuples ont prise, depuis quelques temps, de voir à travers. » 241
- Subtile analyse, assurément fondée sur une réelle connaissance de la Cour, mais toujours néanmoins valide en démocratie. (Cf. Politique. État)

Penser (Obéir. Sénèque) : 1er siècle après J.C. Sénèque [4 avant J-C-65 après J.C], auteur de :
« Quiconque se plaint, pleure et gémit, est contraint d’agir d’après la force qui le commande et se trouve entraîné malgré lui à l’obéissance. » 242
Formidable pensée… (Cf. Famille. Mariage. Article 213 du Code civil, Féminisme. Perte de temps, Résistance)

Penser (Obéir. Springsteen Bruce) : 2012. Bruce Springsteen, auteur de :
« […] Quand ils m'ont dit : ‘assieds-toi’…Je me suis levé. » 243 (Cf. Femme. Remarquable. Parks Rosa)

Penser (Obéir. Staël Madame de) : 1813. Madame de Staël [1766. 1817], dans son livre De l’Allemagne, concernant Frédéric II de Prusse [1712-1786], auteure de :
« Frédéric voulait que ses soldats fussent des machines militaires, aveuglément soumises, et que ses sujets fussent des citoyens éclairés capables de patriotisme. […] et cependant, il souhaitait qu’il y eut assez d’esprit de liberté dans son empire pour que l’obéissance y parut volontaire. » 244 (Cf. Politique. Démocratie. État. Guerre)  

Penser (Obéir. Stein Édith) : 1918. Édith Stein [1891-1943], concernant ses relations avec Husserl [1859-1938] - «le Maitre» - dont elle était l’assistante, auteure, en 1918, de :
« Dans le fond, c’est l’idée de me tenir à la disposition de quelqu’un que je ne peux supporter. Je peux me mettre au service d’une cause et rendre à quelqu’un toutes sortes de services par amour, mais me tenir que service de quelqu’un, en un mot obéir, je ne le peux pas. Et si Husserl ne s’habitue pas à me traiter comme une collaboratrice en pratique - c’est ainsi que j’ai toujours considéré notre relation et lui aussi, en théorie - alors nous devrons nous séparer. » 245
Elle quitta effectivement son poste auprès de lui, sans que leurs relations ne cessent pour autant. (Cf. Femme. Remarquable. Stein Édith)

Penser (Obéir. Non) : Pour savoir / pouvoir / apprendre à dire « non », il faut d’abord tenter de comprendre pourquoi et comment on nous appris à obéir si aisément à une simple demande, à céder à l’injonction si souvent même anticipée, car si profondément intériorisée.
Un souvenir marquant : Lors d’un procès, le geste de la main d’un avocat (à l’époque, années 80, responsable de La Ligue des droits de l’homme), à sa consœur par ailleurs féministe, en haut des marches d’un palais de Justice signifiant qu’il voulait lui parler et attendant qu’elle monte les marches pour le rejoindre. Ce qu’elle fit.

Penser (Obéir. Voltaire) : 1737. 1759, 1773. Voltaire [1694-1778] écrit dans une lettre en date du :
- vers le 1er janvier 1737 adressée à Frédéric II, prince royal de Prusse [1712-1786] : « J’obéirai puisque c’est vous qui ordonnez. » 246
- 9 février 1759, adressée à Frédéric II, roi de Prusse [1712-1786] :
« Si Votre majesté dit : J’ordonne, j’obéirai […]. » 247
- 5 mai 1773, adressée au duc de Richelieu [1696-1788] :
« […] Je n’irai pas voir le spectacle [de sa pièce] à Lyon. Les suites de ma maladie ne me le permettent pas. Mais quand il s’agira d’obéir à vos ordres, je trouverai des ailes, et je volerai. » 248
- De telles formulations obscurcissent, ou à tout le moins, relativisent, complexifient, la nature des engagements de Voltaire. (Cf. Relations entre êtres humains. Aimer. Voltaire)

VIII. Penser. Principe :

Penser (Principe) (1) : L’affirmation d’un principe ne vaut rien en elle-même ; l’invocation d’un principe ne vaut pas grand’ chose. Et pourtant, nous avons besoin de principes.

Penser (Principe) (2) : Rien n’est possible sans principe, à charge pour celui/celle qui s’en prévaut de l’expliciter. Et de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une béquille, d’un cautère sur une jambe de bois.

Penser (Principe) (3) : Ce qui pose problème, et n’est pas acceptable, ce n’est pas leur rigidité (définie par qui ?), mais l’affirmation de leur exclusivité et leur prétention à s’imposer à d’autres que soi comme la norme.

Penser (Principe) (4) : Dès lors qu’un principe est posé et affirmé, «le combat pour l’imposer» ne peut, au nom du ‘réalisme’, le contredire. Ou alors les raisons qui ont exigé qu’il soit récusé doivent être, si elles sont possibles, affirmées.
Condorcet, notamment dans ses Réflexions sur l’esclavage des Nègres 249, est un excellent exemple des contradictions entre l’affirmation d’un principe et la volonté de leur auteur de vouloir mettre en œuvre ici «par degrés» (Cf. Chapitre IX) le processus qui, politiquement, y mènerait, sur le déni donc dudit principe.
- Vrai aujourd’hui pour tant d’analyses - toutes ? - présentées comme devant ‘abolir la prostitution’… (Cf. Politique. Morale. Opposition, Proxénétisme. Abolitionnisme)

Penser (Principe) (5) : Comment reconnaître les principes politiques gangrenés par les intérêts de ceux qui le défendent ? Les lier avec ceux qui s’en réclament, et donc avec soi-même, est un bon début…

Penser (Principe ) (6) : Un principe ne vaut que par sa définition.

Penser (Principe) (7) : Un principe n’a pas de cause ; il a des conséquences.

Penser (Principe) (8) : Eu égard aux exigences induites par l’affirmation de [ses] principes, être parcimonieux/euse quant à son usage.
Il en est de même eu égard aux principes que l’on accuse certaines-es de trahir.

Penser (Principe) (9) : Faire attention : Invoquer, se référer à un principe peut servir à évacuer l’idée même d’un débat.

Penser (Principe. Badinter Robert) : 2000. Robert Badinter, dans son livre, L’Abolition, écrit :
- François Mitterrand [1916-1996] « garde des sceaux de 1956 à 1957, avait accepté l’usage de la guillotine pendant la guerre d’Algérie » [45 hommes guillotinés lors qu’il était Garde des Sceaux 250]
- « Le président [Valéry Giscard d’Estaing] avait envoyé à l’échafaud Ranucci. [1954-1976] »
- Il s’interroge enfin sur la position concernant la peine de mort, en mars 1976 d’Alain Peyrefitte : « J’attendais avec curiosité de voir comment le nouveau garde des Sceaux allait concilier le service de César et le culte de Minerve.» 251 (Cf. Justice. Peine de mort)

Penser (Principe. Bakounine) : 1872. En réaction à la Résolution du Congrès de La Haye de septembre 1872 d’exclure Bakounine [1814-1876] et ses soutiens de l‘Association internationale des Travailleurs, l’un de ses membres réagit ainsi :
« ‘Il faut payer ces gens (les ‘marxistes’) de leur propre monnaie ; ils calomnient, calomnions-les aussi’. »
Bakounine, selon Malatesta [1853-1932], « se secoua comme un lion blessé, foudroya du regard celui qui venait de faire une telle proposition, se dressa de sa taille de géant et s’écria :
‘Que dis-tu là, malheureux ! Non, plutôt être mille fois calomnié, même si la calomnie devait être écoutée, que de s’abaisser, vis-à-vis de soi-même, à être un calomniateur.’ Je revois encore le geste magnifique », conclu-t-il. 252 (Cf. Être humain, Relations entre êtres humains. Injure, Politique. Morale)

Penser (Principe. Cicéron) : 45 avant J.C. Cicéron [106 avant J.C-43 avant J.C], auteur de :
« Je ne m’attache pas à une infinité de questions ; je me borne à considérer la question des principes dont toutes les choses sont formées. » 253
Belle ambition, louable méthode… (Cf. Penser. Cause, Méthode, Réalisme, Question)

Penser (Principe. Conrad Joseph) : 1899. Joseph Conrad [1857-1927], dans sa nouvelle Au cœur des ténèbres, au terme d’une réflexion sur « la vérité, dépouillée des oripeaux du temps », écrit :
« Des principes ?…Non, des principes ne suffiraient pas. Ce ne sont là qu’acquisition, déguisement, élégante friperie qui s’envolerait à la première secousse un peu rude. […] » 254

Penser (Principe. Constant Benjamin) (1) : 1797. Benjamin Constant [1767-1830], auteur notamment de [mais c’est tout le chapitre VIII de son livre, Des réactions politiques qu’il faut lire] :
« Un principe, reconnu vrai, ne doit donc jamais être abandonné, quels que soient ses dangers apparents. Il doit être décrit, défini, combiné avec tous les principes circonvoisins, jusqu'à ce qu'on ait trouvé le moyen de remédier à ses inconvénients, et de l'appliquer comme il doit l'être.
La doctrine opposée est absurde dans son essence et désastreuse dans ses effets.
Elle est absurde, parce qu'elle prouve trop, et qu'en prouvant trop, elle se détruit elle-même.
Dire que les principes abstraits ne sont que de vaines et inapplicables théories, c'est énoncer soi-même un principe abstrait. Car cette opinion n'est pas un fait particulier, mais un résultat général.
C'est donc énoncer un principe abstrait contre les principes abstraits, et, par cela seul, frapper de nullité son propre principe.
C'est tomber dans l'extravagance de ces sophistes de Grèce, qui doutaient de tout et finissaient par n'oser pas même affirmer leur doute.
Outre cette absurdité, cette doctrine est désastreuse, parce qu'elle précipite inévitablement dans l'arbitraire le plus complet.
Car, s'il n'y a pas de principes, il n'y a rien de fixe : il ne reste que des circonstances, et chacun est juge des circonstances. On marchera de circonstances en circonstances, sans que les réclamations puissent trouver même un point d'appui.
Là où tout est vacillant, aucun point d'appui n'est possible.
Le juste, l'injuste, le légitime, l'illégitime, n'existeront plus, car toutes ces choses ont pour bases les principes, et tombent avec eux.
Il restera les passions qui pousseront à l'arbitraire, la mauvaise foi qui abusera de l'arbitraire, l'esprit de résistance qui cherchera à s'emparer de l'arbitraire, comme d'une arme pour devenir oppresseur à son tour : en un mot, l'arbitraire, ce tyran aussi redoutable pour ceux qu'il sert que pour ceux qu'il frappe, l'arbitraire régnera seul. » 255 Très, très juste. (Cf. Politique. Morale)

Penser (Principe. Constant Benjamin) (2) : 1872, 1815. Benjamin Constant [1767-1830], auteur d’un magistral Cours de Politique constitutionnelle, 256 a opéré sans doute le plus rapide reniement politique de l’histoire.
- Benjamin Constant écrit fièrement le 11 mars 1815 un article (ou deux selon M. Gauchet) féroce contre Napoléon [1769-1821], publié 19 mars 1815 dans lequel on peut lire :
« Je n'irai pas, misérable déserteur, me traîner d'un pouvoir à l'autre, couvrir l'infamie par le sophisme, et bégayer des paroles profanées pour racheter une existence honteuse. »
Mais, dans la nuit même, Napoléon de retour de l’Ile d’Elbe arrive à Paris et Louis XVIII abandonne la capitale.
Craignant une répression politique à son encontre, Benjamin Constant s’enfuit en Vendée du 13 au 27 mars.
Le 30 mars, il rencontre Napoléon et écrit le 4 avril 1815 « un article anonyme qui vaut ralliement ».
Il le rencontre à nouveau le 14, [« C’est un homme étonnant »], le 15, 18, 19 avril, et in fine rédige pour lui un projet de constitution.
Le 20 avril 1814, il est nommé conseiller d’État.
Le 2 mai 1814, il écrit, sans gêne :
« Il me faut d’ici au plus court temps possible un ouvrage politique qui rétablisse ma réputation et constate mes principes. (sic) » 257

Penser (Principe. Constant Benjamin) (3) : La Comtesse de Boigne [1781-1866] fit un récit de revirement / reniement. Le voici :
L’article où il annonçait son « hostilité éternelle à l’Empereu r» fut imprimé dans Le Moniteur du 19 mars 1814. Constant fut « terrorisé » [du retour de Napoléon], se cacha, mais fut retrouvé par Fouché, « le lendemain ». 258 Il lui annonça que l’Empereur voulait le voir « sur le champ. »
« […] L’empereur l’accoste de la mine la plus gracieuse, le fait asseoir et entame la conversation en lui assurant que l’expérience n’a pas été vaine pour lui. Pendant les longues veilles de l’Ile d’Elbe, il a beaucoup réfléchi à sa situation et aux besoins de l’époque ; évidemment les hommes réclament des institutions libérales. Le tort de son administration a été de trop négliger les publicistes comme Monsieur Constant. Il faut à l’Empire une constitution et il s’adresse à ses hautes lumières pour la rédiger. Benjamin passa en une demi-heure de la crainte d’un cachot à la joie d’être appelé à faire le petit Solon et de voir s’accomplir le rêve de toute sa vie, pensa se trouver mal d’émotion. Il fut transporté d’admiration pour le grand Empereur qui rendait si amplement justice au mérite de Benjamin Constant. Et l’article de l’auteur du Moniteur du 19 était, le 22, Conseiller d’État et prôneur en titre de Bonaparte. […] Toutes ces variations l’avaient fait tomber dans un mépris universel », conclut-elle… 259 (Cf. Politique. Conciliation [...]. Libéralisme)

Penser (Principe. Constant Benjamin) (4) : 2004. Dans la préface de 110 pages de Marcel Gauchet, intitulée : Benjamin Constant : l’illusion lucide du libéralisme (suivie d’un avertissement de 6 pages) aux Écrits politiques de Benjamin Constant [1767-1830] (Folio. Essais) on ne peut que constater que cet épisode pourtant historiquement mémorable et si important pour comprendre les Écrits Politiques de Benjamin Constant ne soit abordé qu’en notes dans ce livre.
- Marcel Gauchet y évoque simplement « une palinodie » (note 1. Principes de politiques. p.790 à 792), transformée en « revirement spectaculaire qui l’a brièvement rapproché de sa bête noire. » (note 1, Chapitre XX. p.828).
- Marcel Gauchet écrit même, sans crainte de contradictions :
« Les volte-face du politicien et l’incohérence de l’individu dans la conduite de son existence s’allient avec une inébranlable fermeté doctrinale. » (p.792)
- Une lecture attentive des - passionnants - Écrits politiques de Benjamin Constant ne me permet en aucun cas d’en juger ainsi. 260

Penser (Principe. Gide André) : 1930. André Gide [1869-1951] écrit dans son Journal le 8 avril 1930 :
« Lanson [Gustave. 1857-1934], dans sa très bonne étude sur l’influence du cartésianisme (p.89) cite l’étonnante déclaration de Montesquieu [1689-1755. s.d. sans source] :
‘J’ai posé des principes et j’ai vu des cas particuliers s’y plier comme d’eux-mêmes…
Quand j’ai découvert ces principes, tout ce que je cherchais est venu à moi.’
C’est donc qu’il ne cherchait que ce qu’il avait trouvé par avance. Effroyable limitation !
[…]
Le cartésien n’accepte pas de pouvoir être jamais surpris. Somme toute, il n’accepte pas de se laisser instruire.
» 261

Penser (Principe. Halphen Éric) : 2004. Éric Halphen, juge d’instruction, auteur de : « La vie n’est qu’une suite à peine interrompue de complaisances, de reniements, d’arrangements, d’une pratique qui ne peut que contredire la plus ferme des théories, de telle sorte que ceux qui, par rigidité ou par maladie, obstination ou maladresse, s’entêtent à ne pas dévier de leurs principes, à n’accepter aucune transaction, sont au mieux des emmerdeurs, au pire, des marginaux, de toute manière insatisfaits ou malheureux. » 262 (Cf. Justice. Juge. Halphen Éric)

Penser (Principe. Ozouf Mona) : 2017. Mona Ozouf, auteure, concernant le roman Delphine [1802] de Madame de Staël, auteure de :
« Le drame de Delphine est d’avoir épousé un homme à préjugés. C’est du reste quelque chose qui résume les fictions de Madame de Staël : c’est que les femmes supérieures s’éprennent toujours d’hommes à principe…ou à préjugés…ce qui est la même chose. » 263

Penser (Principe. Rosanvallon Pierre) : 2015. Interrogé sur les « grands principes de la république» [«Laïcité», «Liberté», «Égalité»] et devant répondre à la question : « Au-delà des mots, comment trouver des remèdes ? », Pierre Rosanvallon répondit :
« Le problème, justement, ce n’est pas les grands principes, c’est de faire vivre les choses […]. »
Puis, interrogé sur « la non représentation des minorités », sur la non mise en œuvre par la gauche de « sa promesse fondamentale du vote des étrangers », il répondit : « La citoyenneté, elle n’est pas seulement un bulletin de vote ; elle est un statut. […] » 264 Peu rigoureux, ambigu ? Pour le moins… (Cf. Homme. «Intellectuel». Rosanvallon Pierre, Politique. Démocratie. Peuple)

Penser (Principe. Sand George) : 1855. George Sand [1804-1876], dans son Histoire de ma vie raconte son émergence, à partir de 17 ans, à la vie intellectuelle. Elle lit « Mably, Locke, Condillac, Montesquieu, Bacon, Bossuet, Aristote, Leibnitz, pascal, Montaigne […] La Bruyère, Pope, Milton, Dante, Virgile. » Et enfin, vint Rousseau.
Concernant le philosophe Mably [1709-1785], qu’il l’« avait fort mécontentée », elle en explique les raisons :
« Pour moi, c’était une déception personnelle que ces élans de franchise et de générosité, arrêtés sans cesse par le découragement en face de l’application. ‘À quoi bon ces beaux principes, me disais-je, s’ils doivent être étouffés par l’esprit de modération ?’ Ce qui est vrai, ce qui est juste doit être observé et appliqué sans limites’. J’avais l’ardeur intolérante de mon âge. » 265 conclue-t-elle.

Penser (Principe. Tocqueville Alexis de) : 1838. Alexis de Tocqueville [1805-1859], dans un lettre à Gustave de Beaumont [1802-1866] en date du 22 avril 1838, lui écrivit :
« Je ne puis vous dire, mon cher ami, le dégoût que j’éprouve en voyant comment les hommes publics de nos jours trafiquent, suivant les plus petits intérêts du moment, de choses aussi sérieuses et aussi sacrées à mes yeux que les principes. » 266

Penser (Principe. Voltaire) : 1765. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée le 15 novembre 1765, au Baron Von Grimm [1723-1807], auteur, après avoir critiqué Jean-Jacques Rousseau [1712-1778] , de :
« […] car il ne faut se brouiller avec les rois que quand on peut se passer d’eux. » 267

Penser (Principe. Winock Michel) : 1964. Lu dans le Journal politique. 1958-1981 de Michel Winock, à la date du 23 octobre 1964 :
« Sartre a refusé le prix Nobel de littérature qui lui était décerné : ‘Un écrivain ne doit pas de laisser transformer en institution’ a-t-il déclaré. Une attitude qui ne manque pas de gueule. Mais il aurait pu empocher les millions du prix pour ses bonnes œuvres révolutionnaires. […] » 268

IX. Penser (Vérité) :

Penser (Vérité) (1) : Il y a plus de vérité politique dans le cri à la mort d’une vieille femme Ukrainienne du Donbass, dont la vie, dont l’environnement, dépend de tirs venant d’elle ne sait où, lancés par elle ne sait qui, et signifiant elle ne sait quoi, que dans toute ‘l’intelligence’ des ‘stratèges’. (Cf. Politique. Guerre)

Penser (Vérité) (2) : Toute prétention - de quiconque - de s’approcher d’une vérité, doit préalablement être précédée par l’affirmation, sans ambiguïté, du refus de tout lien pensable entre celle-ci vérité et celle censée être, en tout impérialisme étatique, dite par «la justice». (Cf. Justice)

Penser (Vérité) (3) : Penser la partialité sauve de la vérité.

Penser (Vérité) (4) : (29 mars) 2017. Entendu ce matin :
« C’est con de dire ça, mais c’est pas faux. »

Penser (Vérité) (5) : Dire : « Il / elle n’éxagère pas », au lieu et place de : « Il / elle dit la vérité », c’est s’interdire de penser à la vérité.

Penser (Vérité) (Bardot Brigitte) : 2017. Brigitte Bardot, [qui confirme par ailleurs qu’elle votera Front National], le 11 mars 2017, affirme :
« À part moi, je ne vois pas qui d’autre dit la vérité. » 269

Penser (Vérité. Berdiaev Nicola) : 1979. Nicola Berdiaev [1874-1948], auteur de :
« Je croyais à la vérité que je cherchais. […] » 270

Penser (Vérité. Bernanos Georges) : 1936. Georges Bernanos [1888-1948], dans le Journal d’un curé de campagne, auteur de :
« Nos fautes cachées empoisonnent l’air que d’autres respirent […]. » 271 Bien vu… (Cf. Politique. Mensonge)

Penser (Vérité. Butler Samuel) : 1890. Samuel Butler [1774-1839], auteur (autour de 1890, mais publié en 1903) de :
« […] Il est non seulement permis, mais […] moral de la part de ceux qui prétendent être les gardiens et les dispensateurs par excellence de la vérité, et qui se font payer pour cela, d’organiser la conspiration du silence contre les choses dont la vérité apparaitrait immédiatement à tout investigateur désintéressé. » 272

Penser (Vérité. Constant Benjamin) (1) : 1804. Benjamin Constant [1767-1830] après avoir lu Xénophon [-430,-355 avant J.C], auteur de :
« Il y a des traces de vanteries dans sa relation de la Marche des Dix mille et de l’exagération sur le rôle qu’il a joué. On remarque pourtant malgré lui que ce rôle était assez subalterne et de l’exagération sur le rôle que Cléarque [qui dirigea la retraite] y a joué, car on remarque, malgré lui, que ce rôle était assez subalterne, le général Lacédémonien le traitait fort cavalièrement. » Et Benjamin Constant en conclut justement :
«La vérité est une chose bien puissante puisqu’elle se fait jour à travers tous les déguisements de l’amour-propre, dans un auteur qui a écrit il y a deux mille an. » 273 (Cf. Être humain. Cacher. Inutile de)

Penser (Vérité. Constant Benjamin) (2) : 1804. Benjamin Constant [1767-1830], auteur, à la suite d’un dîner, de :
« Je jouais la comédie, mais je me suis aperçu que cela donnait du soupçon sur mon caractère de véracité, ce qui serait injuste, car on ne peut me contester d’être l’homme le plus vrai du monde. » 274

Penser (Vérité. D’Agoult Marie) : Marie d’Agoult (Daniel Stern) [1805-1876], auteure de :
« […] Pour une vérité qui se dit de siècle en siècle au monde, combien d’erreurs monstrueuses, absurdes, s’accréditent chaque jour ! Que de préjugés inqualifiables s’établissent ! Que de mensonges sociaux jouissent d’un droit de prescription et se couvrent, avec le temps, d’une rouille sacrée qui les rend en quelques sorte indestructibles ! » 275 (Cf. Femme. Nom)

Penser (Vérité. Custine) : 1839. Astolphe de Custine [1790-1857], auteur de :
« […] Considérez que, dans l’ordre physique comme dans l’ordre moral, la vérité n’est qu’un assemblage de contrastes tellement criants, qu’on dirait que la nature et la société n’ont été créés que pour faire tenir ensemble des éléments qui, sans elles, devraient s’abhorrer et s’exclure… » 276
- Texte cité, moins pour l’argumentaire que pour dissuader de tout impérialisme de « la vérité ».

Penser (Vérité. De Gaulle Charles) : 1945. Charles De Gaulle [1890-1970], dans ses Mémoires, auteur de : « Il n’y a de réussite qu’à partir de la vérité. » 277

Penser (Vérité. Descartes René) : 1637. René Descartes [1596-1650, dans le Discours de la méthode [1637], auteur de :
« Ne recevoir jamais une chose pour vraie que je ne la connusse évidemment comme telle. » 278 Exigence jamais dépassée… si «la vérité» a un sens….

Penser (Vérité. Ferry Luc) : 2017. Luc Ferry, ancien ministre de l’Éducation Nationale, « philosophe », soutien affiché de François Fillon déclare que Mélenchon est « excellent dans le verbe sophistique radicalement indifférent à la vérité » 279…que François Fillon, Brigitte Bardot et lui considèrent légitime d’incarner…

Penser (Vérité. Fillon François) : 2017. François Fillon, mis en examen, auteur, le 1er mars 2017, de :
« Je me rendrai à la convocation des juges. […] Je leur dirai ma vérité, qui est la vérité. » 280 (Cf. Droit, Justice, Homme. «Politique»)
* Ajout. 30 mars 2017. 2017. François Fillon, sur RTL, auteur de :
« Je vous le dis dans les yeux. Jamais les juges ne pourront démontrer que l’emploi de mon épouse était fictif. Jamais. » 281 En toute cohérence avec sa conception de « la » vérité : la négation de l’idée même de « justice », institution incluse (Cf. Justice)

Penser (Vérité. Garçon Maurice) : Paul Léautaud [1872-1956] dans son Journal [littéraire], à la date du 5 septembre 1944, après la libération et la défaite allemande donc, évoque [l’avocat] Maurice Garçon [1889-1967], selon lequel :
« on doit taire le bien qu’on trouve chez l’ennemi [et] on doit être à son égard de mauvaise foi. » 282

Penser (Vérité. Gramsci Antonio) : Antonio Gramsci [1892-1937], auteur de :
« J’ai toujours été d’avis que la vérité porte en soi son propre remède. […] » 283 Profond, ambitieux. (Cf. Penser. Gramsci Antonio)

Penser (Vérité. Grégoire Abbé) : 1822. L’abbé Grégoire [1750-1831] abolitionniste de l’esclavage, évoquant « quelques écrivains, quelques orateurs courtisans », auteur de :
« Ont-ils émis un reproche trop mérité, une proposition courageuse ? Vite, ils s’efforcent de l’atténuer par des compliments, comme si la vérité n’était qu’un badinage. » 284

Penser (Vérité. Ferré Léo) : Une strophe de Léo Ferré [1916-1993] dans Les temps sont difficiles (mais à écouter pour lui conférer sa vérité) :
« Pour faire face à la vérité / J'ai poussé jusqu'à la télé / Où l'on m'a dit ‘Vous demandez qui’ ? La vérité ? C'est pas ici !’ Les temps sont difficiles ! »

Penser (Vérité. Frédéric II de Prusse) : 1771. Frédéric II, roi de Prusse [1712-1786], dans une lettre, en date du 16 mars 177I, écrite à Voltaire [1694-1778], auteur de :
« Ce n’est qu’à force de réflexions et de raisonnements que l’erreur se filtre, et se sépare de la vérité ; peu de personnes donnent leur temps à un examen aussi pénible, et qui demande une attention suivie. Avec quelle clarté qu’on leur expose leurs erreurs, ils pensent qu’on veut les séduire ; et, en abhorrant les vérités qu’on leur expose, ils détestent l’auteur qui les annonce. » 285 Fine analyse….

Penser (Vérité. Gary Romain) : XXème siècle (s.d). Romain Gary [1914-1980], auteur de : « La vérité consiste à ne pas se faire prendre. » 286

Penser (Vérité. Gide André) : 1935. André Gide [1869-1951], dans son Journal, le 29 mai 1935, auteur de :
« Je crois qu’il y a dans la sincérité d’un aveu plus d’éloquence et d’enseignement que dans les plus savantes feintes de l’éloquence. » 287

Penser (Vérité. Laclos Choderlos de Pierre) : 1782. Pierre Choderlos de Laclos [1741-1803], dans Les liaisons dangereuses [1782] met dans la bouche de Madame de Merteuil, qui avait déclaré qu’elle était «née pour venger [s]on sexe et maîtriser le vôtre...» les phrases suivantes :
« Entrée dans le monde dans le temps où, fille encore, j'étais vouée par état au silence et à l'inaction, j'ai su en profiter pour observer et réfléchir. Tandis qu'on me croyait étourdie ou distraite, écoutant peu à la vérité les discours qu'on s'empressait à me tenir, je recueillais avec soin ceux qu'on cherchait à me cacher.
Cette utile curiosité, en servant à m'instruire, m'apprit encore à dissimuler [...].
Je n'avais pas quinze ans, je possédais déjà les talents auxquels la plus grande partie de nos politiques doivent leur réputation… » 288 Tout lire…(Cf. Enfants, Femme. « Politique », Homme. « Politique », Féminisme, Patriarcat)

Penser (Vérité. Lamartine) : 1893. Alexis de Tocqueville [1805-1859], dans ses Souvenirs, porte ce terrible jugement sur Alphonse de Lamartine [1790-1869], notamment concernant son rôle politique en 1848 :
« […] Je n’ai jamais connu [non plus] d’esprit moins sincère qui eût un mépris plus complet pour la vérité. Quand je dis qu’il l’a méprisait, je me trompe ; il ne l’a jamais assez honorée pour s’occuper d’elle d’aucune manière. […] » 289 (Cf. Relations entre êtres humains. Mépris)

Penser (Vérité. Lessing) : Gotthold Ephraïm Lessing [1729-1781], auteur de :
« Ce n’est pas tant la vérité qui importe, que de garder l’incessant élan vers la vérité. » 290

Penser (Vérité. Malaurie Jean) : 2004. Jean Malaurie, auteur de :
« J’ai voulu, pour être plus proche de la vérité, construire ma pensée. »
Oui, nécessaire pour quiconque... (Cf. Ethnologie. Anthropologie) 291

Penser (Vérité. Malraux André) : 1935. André Malraux [1901-1976], cité par Magdeleine Paz [1889-1973], le 25 juin 1935, lors du Congrès international des écrivains pour la défense de la culture :
«Défense de la vérité. L’homme et les masses y ont droit… Je tiens la vérité pour une condition de santé intellectuelle et morale. » 292 (Cf. Femme. Remarquable. Paz Magdeleine)

Penser (Vérité. Mill John Stuart) (1) : 1859. Stuart Mill [1806-1873], dans son livre De la liberté, auteur de :
« […] La vérité bénéficie encore plus des erreurs d’un homme qui, après les études et la préparation nécessaire, pense par lui-même, que des opinions vraies de ceux qui les détiennent uniquement parce qu’ils s’interdisent de penser. Non pas que la liberté de penser soit exclusivement nécessaire aux grands penseurs. Au contraire, elle est aussi indispensable - sinon plus indispensable - à l’homme du commun pour lui permettre d’atteindre la stature intellectuelle dont il est capable. Il y a eu de, et il y aura encore peut-être, de grands penseurs individuels dans une atmosphère générale de d’esclavage intellectuel. Mais, il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais dans une telle atmosphère de peuple intellectuellement actif. » 293

Penser (Vérité. Mill John Stuart) (1) : 1873. John Stuart Mill [1806-1873], dans son autobiographie, auteur de :
« […] C’est à peine si j’ai trouvé un être qui insista autant que moi pour examiner la défense de toutes les opinions, quelle que fut leur nouveauté ou leur ancienneté, convaincus que les erreurs elles-mêmes doivent reposer sur un substrat de vérité et qu’en tout état de cause, l’analyse de ce qui les rend vraisemblable profite à la vérité. » 294

Penser (Vérité. Morin Edgar) : 1978. Edgar Morin, le 1er juin 1978, dans Le Monde, auteur de :
« Malraux [André. 1901-1976] n’avait pas tort de diagnostiquer en Mai 68 une ‘crise de civilisation’. Ce terme de civilisation manque de précision, mais c’est dans ce manque de précision que réside la vérité. » 295 (Cf. Langage. Patriarcal. Morin Edgar, Penser. Morin Edgar)

Penser (Vérité. Nietzsche Frédéric) : 1878. Frédéric Nietzsche [1844-1900] :
« Lorsque nous plaçons la vérité sur la tête, nous ne nous apercevons généralement pas que notre tête, non plus, n’est pas placée là où elle devrait être. » 296 Facile ?

Penser (Vérité. Onfray Michel) : 2017. Michel Onfray, auteur en 2017 de :
« Je préfère la vérité historique à la falsification hystérique et aux mythologies. […] Je suis un homme libre. » 297 (Cf. Être humain. Soi, Penser. Liberté)

Penser (Vérité. Pascal Blaise) : 1699. Blaise Pascal [1623-1662], dans les Pensées [1670], auteur de :
- [864] « La vérité est si obscurcie en ce temps et le mensonge si établi qu’à moins d’aimer la vérité on ne saurait la connaître. »
- [583] « Les (malins) sont gens qui connaissent la vérité mais qui ne la soutiennent qu’autant que leur intérêt s’y rencontre, mais hors de là, ils l’abandonnent. »
- [108] « Quoique les personnes n’aient point d’intérêt à ce qu’elles disent, il ne faut pas conclure de là absolument qu’ils ne mentent point car il y a des gens qui mentent simplement pour mentir. » 298
Qui définit le mensonge ? la vérité ? l’intérêt ?

Penser (Vérité. Pelloux Patrick) : 2006. Patrick Pelloux, auteur de :
« Curieuse époque, où le verbe ‘étouffer’ peut s’appliquer aussi bien à l’air qu’à la vérité. » 299 (Cf. Langage)

Penser (Vérité. Retz Cardinal de) : 1675-1677. Le Cardinal de Retz [1613-1679], en s’adressant à la dame, à l’amie (non nommée, sans doute madame de Sévigné) à laquelle il a adressé ses Mémoires, auteur de :
« Je fis, à ce moment, une seconde faute, presque aussi grande que la première. […]
Je ne pourrais pas vous dire encore, à l’heure qu’il est, les raisons ou plutôt les déraisons, qui me purent obliger à une aussi méchante conduite. Je cherche dans les replis de mon cœur le principe qui fait que je trouve une satisfaction plus sensible à vous faire une confession de mes fautes, plus que je n’en trouverais assurément dans le plus juste panégyrique. » 300

Penser (Vérité. Russier Gabrielle) : Gabrielle Russier [1937-1969], auteure de :
« Peut-être qu’on ne voudra jamais me croire - et c’est si souvent que je me révolte à l’idée d’être enfermée pour rien - mais l’essentiel est de porter la vérité en soi. Elle était, elle est si simple. Tellement simple que personne ne la voit. Comme toutes les choses belles et simples. » 301 (Cf. Justice)

Penser (Vérité. Sand George) (1) : 1852. George Sand [1804-1876] :
« […] Parce qu’une vérité, n’eût-elle vécu qu’un jour, prend son rang et son droit dans l’histoire. » 302

Penser (Vérité. Sand George) (2) : 1874. George Sand [1804-1876], encore, au terme de sa vie :
« Nous sommes tous malades de vérités rentrées. » 303

Penser (Vérité. Schœlcher Victor) : Victor Schœlcher [1804-1893], auteur de :
« Calomnier un propriétaire d’esclaves ! À quoi bon ? La vérité suffit et au-delà. » 304 La vérité du combat anti-esclavagiste…La vérité, tout simplement… (Cf. Proxénétisme)

Penser (Vérité. Voltaire) (1) : 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Charles de Brosses [1709-177], le 3 juin 1759, a pu écrire :
« Ma modestie m’a perdu […] ». Sans crainte du ridicule, mais au grand dam de l’idée même de vérité.
- Même jour, à un autre interlocuteur, il qualifie même sa « modestie » de « funeste ». 305

Penser (Vérité. Voltaire) (2) : 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée le 15 octobre 1759 écrit à d’Alembert [1717-1783] :
« Luc [Frédéric II, roi de Prusse. 1712-1786] se débat violemment [à la guerre] mais Luc périra, je vous en réponds. C’est un autre fou dangereux, et c’est bien dommage. »
- Même jour, il écrit une lettre à Frédéric II qui comment par :
« Dans quelque état de vous soyez, il est très sûr que vous êtes un grand homme. » 306 (Cf. Relations entre êtres humains. Aimer. Voltaire)

Penser (Vérité. Voltaire) (3) : 1773. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au comte d’Argental [1700-1788], lui écrit :
« On saura la vérité, si on veut bien se donner un peu de peine. » 307

Penser (Vérité. Voltaire) (4) : 1985. Dans les notes du Tome IX de la Correspondance de Voltaire de la Pléiade, concernant ses accusations à l’encontre de La Beaumelle [1726-1773], je lis :
« Il est tout à fait dans la manière de Voltaire de répandre une fausse rumeur aux quatre coins de la France [et au-delà…] pour en faire une vérité universellement reconnue. » 308

Penser (Vérité. Zinoviev Alexandre) : 1978. Alexandre Zinoviev [1883-1936], dans L’Avenir radieux, auteur de :
« Ce que je prise [chez lui], ce n’est pas tant la vérité que sa révolte contre le mensonge et l’oppression. » 309

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Notes de bas de page

1 Wikipédia, Georg Groddeck

2 Fabienne Leloup, Maria Deraismes, riche, féministe et franc-maçonne. Michel De Maule. 300 p. 2015. p.250

3 Stendhal, La Chartreuse de parme. Folio. Gallimard. 700 p.1985. p. 655, 673

4 Paul Nizan, Les chiens de garde. Agone. 176p. 2012. p.109

5 France Culture, Du jour au lendemain, Chantal Akerman pour son livre : Ma mère rit. 7 novembre 2013. Réécoute, La nuit Chantal Akerman. 11 février 2018

6 Romain Rolland, Journal de Vézelay. 1938-1944. Bartillat. 1182p. 2012. p.282

7 Mémoires de Sarah Bernhardt, Ma double vie. Tome Deuxième. Dixième mille. Bibliothèque Charpentier. 283p. 1923. p.248

8 Mirabeau, Discours. Folio. Gallimard. 440p. 1973. p.84

9 Madame de Staël, De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p.173

10 Madame de Staël, De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p.173

11 In : Malraux, Les Chênes que l’on abat. Œuvres complètes. III. p.619. Cité dans Charles De Gaulle, Mémoires. La Pléiade. 1505p. 2000. Notes et variantes. p.1384

12 Michel Foucault, Dits et écrits. 1954-1988.II. 1976-1988. Quarto Gallimard. 1735 p. 2001. p.1538,1539

13 Jean-Paul Sartre, Matérialisme et révolution. Juin 1946. Repris dans Situations II. NRF. Gallimard. 474p. 2012. p.350

14 Voltaire, Correspondance. III. (janvier 1765-décembre 1753). La Pléiade. 1534p. 1975. p.165

15 Madame de Staël, De l’Allemagne. II. Garnier Flammarion 316p. 1968. p.180

16 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.826

17 France Culture, Michel Foucault. Entretien avec Paula Jacques. In : La nuit rêvée de Daniel Defert. 26 août 2018. [Ière diffusion. 11 janvier 1977]

18 André Gide, Journal. 1939-1949. Souvenirs. La Pléiade. 1280p. 1954. p.334

19 Site. Paris. Luttes. Info. 26 mai 2016

20 Mirabeau, Discours. Folio. Gallimard. 440p. 1973. p.100

21 Georges Sorel, Réflexions sur la violence. Introduction. Lettre à Daniel Halévy. (Deuxième édition) Marcel Rivière et Cie. 412p. 1910. p.4, 5

22 Karl Marx, Oeuvres choisies. Idées NRF. 373 p. 1963. Tome I (1849). p.24

23 Mirabeau, Discours. Folio. Gallimard. 338p.1973. p.229

24 Jean Guéhenno-Louis Guilloux, Correspondance (1927-1967). Les paradoxes d’une amitié. La part commune. 734p. 2011. p.356

25 France Culture, L’esprit public. 8 janvier 2017

26 Nicola Berdiaev, Essai d’autobiographie spirituelle. Buchet-Chastel. 429p. 1979. p.28, 35, 36

27 Paul Léautaud, Entretiens avec Robert Mallet. NRF. Gallimard. 397p. 1951. p.73

28 Radio Courtoisie (radio d’extrême droite). 5 juin 2018

29 Maurice Merleau-Ponty In : Madeleine Chapsal, Les écrivains en personne. 10 / 18. 316p. 1973. p.196

30 Michelet, Histoire de la Révolution française. I. La Pléiade. 1530p.1976. p.40

31 Edgar Morin, Au rythme du Monde. Un demi siècle d’articles du Monde. 588p. 2015. p.494

32 France 24, 18 janvier 2018. 09 h 30

33 Lisible sur le site «officiel» dédié à Charles Péguy. Mai 2017

34 Victor Hugo, William Shakespeare. In  Victor Hugo, Témoin de son siècle. J’ai lu. L’essentiel. 561p. 1962. p.463

35 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.732

36 The Times, Une période de transition. 13 novembre 2017 (Traduit par Tradfem)

37 Georges Solovieff, Rahel Varnhagen. Une révoltée féministe à l’époque romantique. Allemagne d’hier et d’aujourd’hui. L’Harmattan. 2000. 165p. p.55

38 Simone Weil, Dernières pensées. In, Œuvres. Quarto. Gallimard. 1277p. 1999. p.784

39 Honoré de Balzac, Lettres à Madame Hanska. . 1832-1844. Bouquins. Robert Laffont. 957p. 1990. p.201

40 Cesare Beccaria, Des délits et des peines. GF. Flammarion. 1991. 187p. p.109

41 Chaine Histoire, Emmanuel Berl. 1ère partie. Interview réalisé en 1971] 10 juillet 2016

42 Cornelius Castoriadis, Quelle démocratie ? I. Éditions du Sandre. 690p. 2013. p.92

43 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.1152

44 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.76

45 D’Holbach, Essai sur les préjugés. Ou : De l’influence des opinions sur les mœurs et le bonheur des hommes. Coda poche. 233p. 2007. p.15

46 Charles du Bos, Journal. 1921-1923. Éditions Corrêa. Paris. 412p. 1946. p.177

47 Paul Feyerabend, Contre la méthode. Esquisse d’une théorie anarchiste de la connaissance. Le Seuil. 350p. 1998. p.171

48 Sigmund Freud. Karl Abraham, Correspondance complète.1907-1925. Connaissance de l’inconscient. Gallimard. 790p. 2006. p.358

49 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. Mercure de France. 1304p. 2013. p.869

50 France Culture, La fabrique de l’histoire. Histoire du textile (2) Le temps des chemises, le temps d’une enquête. 23 mai 2017

51 Jean Guéhenno, Journal des années noires (1940-1944). NRF. Gallimard. 346p. 1947. p.25

52 Jean Guéhenno, Journal des années noires (1940-1944). NRF. Gallimard. 346p. 1947. p.153

53 Hegel, Correspondance. I.1785-1812. Gallimard. NRF. 439p. 1962. p.229

54 Victor Hugo, Choses vues.1849-1885. Folio. Gallimard. 2010.1014p. 2010. p.185, 184

55 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.260

56 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.661

57 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.689

58 Victor Hugo, Choses vues.1849-1885. Folio. Gallimard. 2010.1014p. 2010. p. 765

59 Eva Joly, Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ? Folio. Documents. 269p. 2004. p.261

60 Keynes (John Maynard), Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie. 1936. Exergue du livre de Zeev Sternhell, Mario Sznajder, Maia Ashérie, Naissance de l’idéologie fasciste. Folio Histoire. Gallimard. 556 p. 1994, p.11

61 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. Mercure de France. 1304p. 2013. p.15

62 RFI, France. les vacances studieuses des ministres. 10 août 2017

63 France Culture, Les nuits de France Culture. Colette Magny. 8 décembre 2015

64 Mirabeau, Discours. Folio. Gallimard. 440p. 1973. p.67

65 Bruno Lemaire, Jours de pouvoir. Récit. Gallimard. 427p. 2013. p.138

66 Le Monde, Attentat de Manchester : Un acte terroriste visant explicitement les femmes. 24 mai 2017

67 George Orwell, Une vie en lettres (Correspondance. 1903-1950). Agone. 666p. 2014. p.303

68 Voltaire, Correspondance. II. (janvier 1739-décembre 1748). La Pléiade. 1814p. 1977. p.264

69 Radio Notre-Dame, Face aux Chrétiens. 23 décembre 2016

70 Élisée Reclus, L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique. In : Écrits Sociaux. Feuilles d’herbe. Éditions Héros-Limte. 251p. 2012. p.22

71 Cardinal de Retz, Mémoires, La Pléiade. 1003p. 1950. p.153

72 George Sand, Lélia. Texte établi, présenté et annoté par Pierre Reboul. Classiques Garnier. 1960. 601p.

73 George Sand, Œuvres autobiographiques. II. Histoire de ma vie, La Pléiade. 1638p. 2001. p.134

74 Stendhal, La Chartreuse de parme. Folio. Gallimard. 700p.1985. p.36,37

75 Stendhal, La Chartreuse de parme. Folio. Gallimard. 700p.1985. p.86

76 Voltaire, Correspondance. III. (janvier 1765-décembre 1753). La Pléiade. 1534p. 1975. p.829

77 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.754

78 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.237

79 Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1985. p. 237

80 Virginia Wolf, 6 septembre 1939. In : Journal d’un écrivain. 10/18. Tome 2. 1977. p.227

81 Voltaire, Correspondance. I. (1704-1738). La Pléiade. 1735p. 1964. p.571

82 Stéphane Hessel, Danse avec le siècle. Souvenirs. Points. Éditions du Seuil. 412p. 2011. p.48, 49

83 Lettre du 8 août 1953 à Maurice Lime, reproduite In : Albert Camus, Écrits libertaires (1948-1960) Rassemblés et publiés par Lou Marin. 337p. 2013. p.284

84 Sigmund Freud, Lettres à Wilhelm Fleiss. 1897-1904. PUF. 763p. 2006. p.496

85 Janusz Korczak, Comment aimer un enfant. Robert Laffont. 352p. 1979. p.62

86 Janusz Korczak, Comment aimer un enfant. Robert laffont. 352p. 1979. p.158

87 Blaise Pascal, Pensées. Livre de vie. Éditions du Seuil. 442p. 1962. p.263

88 Séverine, En marche. H. Simonis Empis, Éditeur. 320 p.1896. p.82, 83

89 Charles Wright Mills, L’imaginaire sociologique. La Découverte. Poche. 229p. 2006. p.215

90 George Sand, Correspondance. Garnier Flammarion. Tome 11ème. p.179

91 In : Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. p.139

92 Nicola Berdiaev, Essai d’autobiographe spirituelle. Buchet-Chastel. 429p. 1979. p.67

93 Cornelius Castoriadis, Entretien. Radio suisse romande. 4 août 1996. Repris dans, Cornelius Castoriadis, Quelle démocratie ? II. Éditions du Sandre. 656p. 2013. p.623

94 Cornelius Castoriadis, Nature et valeur de l’égalité. Université de Genève. 1981. Repris dans : Domaines de l’homme. Les carrefours du labyrinthe. II. Seuil. 455p. 1986. p. 309

95 In : Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.1152

96 France Culture, Des racines et des ailes. 24 mai 2015

97 Blaise Pascal, Pensées. Livre de vie. Éditions du Seuil. 442p. 1962. p.273

98 Michel Bakounine, La nature, cette totalité. In : Théorie générale de la révolution. Les nuits rouges. 383p. 2001. p.61

99 Cornelius Castoriadis, Entretien. Le Débat. Nov. Déc. 1989. Repris dans, Le monde morcelé. Points Essais. Éditions du Seuil. 348p. 2000. p.209

100 Varlam Chalamov, Récits de la Kolyma. Editions Verdier. 1515 p. 2003. Préface. p. 8 et 9

101 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.1212

102 Vauvenargues, [Auteur notamment de : «La servitude abaisse les hommes jusqu'à s'en faire aimer»], in : Fragments. Cité dans, R.Thamin : Extraits de moralistes (XVII, XVIII, XIXème siècles). Hachette et Cie. 673 p. 1909. p.222

103 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.58

104 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.70

105 Raymond Aron, Histoire et politique, In, Revue de métaphysique et de morale, 1949.34 3-4. In : Raymond Aron, Penser la liberté, penser la démocratie. Quarto Gallimard. 1815p. 2005. p.525

106 Exergue de l’introduction du livre de David Cooper, Psychiatrie et antipsychiatrie. Points. Le Seuil. 187p. 1978. p.13

107 Simone de Beauvoir, Merleau-Ponty et le pseudo-Sartrisme. In, Faut-il brûler Sade ? Idées. Gallimard. 2005. 1972, p.187

108 France Culture, Olivier Messiaen, Réponses et éflexions. 20 juin 2018 [1ère diffusion. 16 décembre 1978]

109 In : Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. p.173

110 Mona Chasserio, Cœur de femme. De l’inexistence à l’existence. Mon engagement aux côtés des femmes de la rue. Louis Audibert. 224p. 2005. p.28

111 Le Monde Diplomatique, DVD. septembre 2018. p.26

112 Cf. Françoise Collin, No man’s land : Réflexion sur l’esclavage volontaire des femmes. In : Maria A. Macciocchi, Séminaire Paris VII. Vincennes. Les femmes et leurs maîtres. Christian Bourgois éditeur. 441p. 1978. p.141 à 158

113 L’Express, L’acquittement de sept hommes jugés pour un viol collectif déclanche un tollé. 23 février 2017

114 Ouest-France, Des ‘traitemennts indignes au CHU de Saint-Étienne. 1er mars 2018

115 Le Point, «Sexe sans consentement » : la zone grise en question. 6 mars 2018

116 Benjamin Constant, De l’esprit de conquête. In : Œuvres complètes. La Pléiade. p.1054

117 Georges Bernanos, Lettres retrouvées. 1904-1948. Plon. 517p. 1983. p.167

118 In : Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.1375, 1376 (note 4)

119 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.825

120 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. Mercure de France. 1304p. 2013. p.564

121 Errico Malatesta, Sur Pierre Kropotkine. Souvenirs et critiques d’un de ses vieux amis. 1931. Traduit et publié par la Bibliothèque Libertaire. (Disponible sur internet)

122 MFPF, Apprenons à faire l’amour. FM / François Maspero. 53p. 1979. p.9

123 Voltaire, Correspondance. I. (1704-1738). La Pléiade. 1735p. 1964. p.353

124 Voltaire, Correspondance. I. (1704-1738). La Pléiade. 1735p. 1964. p.793

125 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.383

126 Alain, Définitions. 1953 (Sur le net. Les Classiques des sciences sociales. Québec. p.70)

127 In : Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.1297

128 Dostoïevski, Souvenirs de la maison des morts. Babel. Actes sud. 544 p. 1999. p.361

129 Georges Sorel, Réflexions sur la violence. Introduction. Lettre à Daniel Halévy. (Deuxième édition) Marcel Rivière et Cie. 412p. 1910. p.3, 4

130 In : Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.1293

131 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.798

132 Maurice Nadeau, Journal en public. La Quinzaine littéraire. Maurice Nadeau. 317p. 2006. p.31

133 Raymond Aron. Mémoires. 50 ans de réflexion politique. Julliard. 778p. 1983. p.43

134 Mirabeau, Discours. Folio. Gallimard. 440p. 1973. p.92

135 Stendhal, Lettres à Pauline. L’école des lettres. Seuil. 1994. 645p. p.237

136 Léon Bloy, Lettres à sa fiancée. Éditions Stock. 142p. 1941. p.46, 48

137 George Sand, Lélia. Texte établi, présenté et annoté par Pierre Reboul. Classiques Garnier. 601p. 1960. p.584, 585

138 Bonnie Anderson, Les femmes de 1848 dans les États Allemands, in, Nouvelle Encyclopédie politique et historique des femmes (Sous la direction de Christine Fauré). Les Belles Lettres.1216 p. 2010. p.448

139 Madame de Staël, Lettres sur Rousseau. In, Oeuvres complètes. Série I. Honoré Champion. 2008. 420p. p.39

140 Michel Foucault, Dits et écrits. 1954-1988.II. 1976-1988. Quarto Gallimard. 1735 p. 2001. p.1587

141 Milton Friedman, dans la réédition de 1982 de : Le capitalisme et la liberté, Cité par par Naomi Klein, Pourquoi la droite aime les désastres. Los Angeles Times, 27 janvier 2008

142 Mikhaïl Gorbatchev, Mémoires. Éditions du Rocher. 941p. 1997. p. 311

143 Palmiro Togliatti, Antonio Gramsci, chef de la classe ouvrière italienne. Préface. Antonio Gramsci, Lettres de prison, Éditions Sociales. 310p. 1953. p.13

144 Victor Hugo, Choses vues. 1849-1885. Folio. Gallimard. 1014p. 2010. p.525

145 Victor Hugo, Quatre-Vingt treize. Bibliothèque Lattès. 542p. 1988. p.200

146 Alexandre Zinoviev, Les confessions d’un homme en trop. Folio. Gallimard. 696p. 1991. p.440

147 André Breton, Manifestes du surréalisme. Idées. Gallimard. 188p. 1973. p.19

148 Le Parisien. AFP, Afghanistan: Donald Trump change d'avis et va envoyer plus de soldats. 22 août 2017

149 Maxime Gorki, Enfance. Présenté par Louis Guilloux. Le livre de poche. 447p. 1970. p.350, 358

150 France Culture, Penser avec Vladimir Jankélévitch. L’amour. 11 août 2017

151 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.222

152 Astolphe de Custine, Lettres de Russie. Folio. Gallimard. 409p. 1975. p.272

153 France culture, ‘De 2001, l’odyssé de l’espace’ au ‘Fœtus astral  : analyse structurale du mythe cinématographique de Kubrick sorti en 1968. 20 mai 2018 [1ère diffusion. 17 décembre 1970]

154 Le Journal du Dimanche, «Il y a eu un trou d’air intellectuel, les médias y ont contribué». 9 octobre 2016

155 Cité (sans source) par Pierre Broué, Trotsky. Fayard. 1105p. 1988. p.749

156 Cornelius Castoriadis, La démocratie Athénienne : fausses et vraies questions. Colloque tenu à Beaubourg le 27 mars 1992. Repris dans La Montée de l’insignifiance. Points. Essais. Éditions du Seuil. 292p. 2007. p.231

157 Ryszard Kapuscinski, Le Shah. Flammarion. 241p. 2010. p. 66

158 Jean-Paul Aron, Les modernes, Gallimard. 314p. 1984. p.119

159 France Culture, Avoir raison avec Françoise Héritier. 12 juillet 2018

160 Michel Foucault, Dits et écrits. 1954-1988.II. 1976-1988. Quarto Gallimard. 1735 p. 2001. p.371, 531 et 671. Cf. aussi. p.1140

161 Maurice Nadeau, Serviteur. Un itinéraire critique à travers livres et auteurs depuis 1945. Albin Michel. 423p. 2002. p.8

162 Cité dans L’introduction de Philippe Saltel, In : David Hume, Enquête sur les principes de la morale. GF. Flammarion. 346p. 1991. p.10

163 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.736

164 Novalis, Œuvres complètes. II. Les Fragments. NRF. Gallimard. 455p. 1975. p.282

165 Francis Ponge, Colloque de Cerisy. UGE. 10 /18. 435p. 1977. p.21 et 128

166 Comte de Saint-Simon, Écrits politiques et économiques. Anthologie critique par J. Gance. Agora les Classiques. 560 p. 2005. p. 216

167 Huffington Post International, Le regard acerbe de Michael Moore sur les 100 premiers jours de Trump. 29 avril 2017

168 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.924

169 George Orwell, 1984. Folio. Gallimard. 408p. 2013. p.348

170 Michèle Rocard, Au four et au moulin. Albin Michel. 257p. 1987. p.10

171 France Culture, L’esprit public. 16 avril 19017

172 Marie Denis, La rose des vents, Quorum.171p. 1995. p.157

173 LCI, 16 octobre 2015. Midi-10

174 Élisée Reclus, L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique. In : Écrits Sociaux. Feuilles d’herbe. Éditions Héros-Limite. 251p. 2012. p.101

175 Élisée Reclus, L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique. In : Écrits Sociaux. Feuilles d’herbe. Éditions Héros-Limite. 251p. 2012. p.21

176 Mémoires du Cardinal de Bernis, Mercure de France. 375p. 1986. p.34

177 Jules Verne, De la terre à la lune. 361p. 1865. p.228 (Lisible sur le net)

178 Cornelius Castoriadis, Une société à la dérive, in L’autre Journal. N° 2. Mars 1993. Publié dans : Une société à la dérive. Points. Essais. Éditions du Seuil. 389p. 2011. p.327

179 Pierre Corneille, La mort de Pompée. Acte V, Scène II

180 In : Correspondances conjugales. 1914-1918. Dans l’intimité de la grande guerre. Robert Laffont. 1061 p. 2014. p.910

181 George Sand, Lélia. Texte établi, présenté et annoté par Pierre Reboul. Classiques Garnier. 601p. 1960. p.180

182 Victor Serge, Carnets (1936-1974). Agone. 836p. 2012. p.268, 269

183 Madame de Sévigné, Lettres choisies. Folio. Gallimard. 380p. 1994. p.161

184 Source à retrouver.

185 André Gide, Journal, II. 1926-1950. La Pléiade. Gallimard. 1697p. 1997. p.1066

186 Madame de Staël, De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p

187 Liliana Lounguine, Mot à mot. Une vie dans le siècle soviétique. Les éditions des quatre vivants. 398p. 2017. p.140, 141

188 Stendhal, Le rouge et le noir. Le livre de poche. Classiques de poche. 577p. 2009. p.190

189 Jean-Paul Sartre, Préface à L’artiste et sa conscience, de René Leibowitz, Ed. de l’Arche. 1950. Repris dans Situations, IV. NRF. Gallimard. 459p. 1964. p.36

190 Public Sénat (TV), Mais qui a tué Maggie ? Documentaire. Diffusé le 25 décembre 2012

191 Benjamin Constant, Lettre à la comtesse de Nassau. 9 sept.1810. In : Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p. 433, 434

192 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.989

193 AFP. Paris Match, Cf. L’intégralité du discours de Donald Trump. 20 janvier 2017

194 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.297

195 Les carnets de Léonard de Vinci. Tome I. Préface de Paul Valéry. 538 p. 1942. p.35

196 Voltaire, Correspondance. III. (janvier 1765-décembre 1753). La Pléiade. 1534p. 1975. p.470

197 Voltaire, Correspondance. III. (janvier 1765-décembre 1753). La Pléiade. 1534p. 1975. p.710, 780

198 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.624

199 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.638

200 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.796

201 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.51

202 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.258, 259

203 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p. 422, 434, 448

204 Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1985. p.529

205 Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1985. p.934

206 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.499, 1161

207 Voltaire, Correspondance. XII. (janvier 1775-juin 1777). La Pléiade. 1361p. 1987. p.73

208 C. Chauviré, L. Wittgenstein. Les Contemporains. Le Seuil. 1989. p.96

209 Source à retrouver

210 Marguerite Yourcenar, Archives du Nord. Gallimard. 376p. 1977. p.72, 73

211 Stéphane Durand-Soufflot, Frissons d’Assises. L’instant où le procès bascule. Denoël. 269p. 2012. p.70

212 BFM.TV, 23 janvier 2014. 10 h 40

213 AFP, Mexique : Florence Cassez veut 36 millions de dollars de dommages et intérêts. 26 janvier 2015

214 Le Monde, Disparition. Ruwen Ogien. Philosophe. 7/ 8 mai 2017

215 Clara Malraux, Le bruit de nos pas. V. La fin et le commencement. Grasset. 230p. 1976. p.108

216 France Culture, La grande table. 13 septembre 2017

217 Max Stirner, L’Unique et sa propriété. La table ronde. 412 p. 2000. p.178

218 In : Georges Solovieff, Rahel Varnhagen. Une révoltée féministe à l’époque romantique. Allemagne d’hier et aujourd’hui. L’Harmattan. 165p. 2000. p.126

219 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.71

220 In : Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p. 1199, 1219, 1222, 1242

221 Berberova, L’affaire Kravtchenko. (Traduit du russe). Actes sud. 289p. 1990. p.264

222 Voltaire, Correspondance. XII. (janvier 1775-juin 1777). La Pléiade. 1361p. 1987. p.306, 307

223 Cesare Beccaria, Des délits et de peines. 1764. GF. Flammarion. 187p. 1991. p.121

224 Casamayor, Beccaria, le démystificateur. In : À bas la vertu. Idée fixe. Julliard. 153p. 1976. p.127 à 153

225 Annales d’Histoire sociale, 1945. Hommage à Marc Bloch. Volume 8, N° 1. pp 6-9

226 Grégoire Chamayou, Théorie du drone. La fabrique. 363p. 2013. p.185

227 Condorcet, Réflexions sur l’esclavage des noirs [Terme original : ‘nègres’]. Les livres qui ont changé le monde. Le Monde Flammarion. 249 p. 2009. p. 74,75

228 Marie d’Agoult. George Sand, Correspondance. Bartillat. 301p. 1995. p.37

229 André Gide, Journal. 1939-1949. Souvenirs. La Pléiade. 1280p. 1954. P.248

230 France Culture, Les samedis de France Culture. Gandhi. 9 juillet 2015 [Rediffusion]

231 Causeur, 16 mai 2013

232 Ariane Mnouchkine, L’Art du présent. Entretiens avec Fabienne Pascaud. Babel Essai. 332 p. 2016. p.122

233 Novalis, Œuvres complètes. II. Les fragments. NRF. Gallimard. 1975. 468 p. p.422

234 Germaine de Staël, Considérations sur la révolution française. Tallandier. 693p. 1983. p.108

235 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.241

236 Max Weber, Le savant et le politique. Plon. 10/18. 1995. p. ? (à retrouver)

237 Le Point, Remaniement. Dussopt et Montchallin, nouveaux entrants au gouvernement. 23 novembre 2017

238 Alexandra David Néel, De l’autorité (s.d) Pour la vie et autres textes libertaires inédits. 1895-1907. Les nuits rouges. 1998. p.15

239 Diderot, Œuvres. Tome I. Philosophie. 1490 p.1994. p.1198

240 Léon Poliakov, Bréviaire de la haine. Le IIIème Reich et les juifs. Le livre de poche. 505p. 1974. p.317

241 Cardinal de Retz, Mémoires, La Pléiade. 1003p. 1950. p.124

242 Sénèque, De la vie heureuse. In : Les Stoïciens. Tel Gallimard. Tome II.1443p. 2003. p.738

243 Bruce Springsteen, «When they said ‘Sit down’… I stood up» C’est ça, grandir. «Growing up»

244 Madame de Staël, De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p.129

245 Édith Stein, Correspondance I. 1917-1933. Cerf - Editions du Carmel - Ad Solem. 767p. 2009. p.119

246 Voltaire, Correspondance. I. (1704-1738). La Pléiade. 1735p. 1964. p.824

247 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.361

248 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.337

249 Condorcet, Réflexions sur l’esclavage des Nègres. Les livres qui ont changé le monde. Le Monde Flammarion. 2009. 249 p.

250 Le Point, François Mitterrand, un guillotineur en Algérie. 4 novembre 2010

251 Robert Badinter, L’Abolition. Fayard. 237p. 2000. p.136, 143 et 145

252 Arthur Lehning, Michel Bakounine et les autres. UGE. 10/18. 434 p. 1976. p.316

253 Cicéron, Premiers académiques. In, Les Stoïciens. Tome I. Tel. Gallimard. 669p. 1997. p.241

254 Joseph Conrad, Jeunesse, suivi de Cœur des ténèbres. L’imaginaire. Gallimard. 255p. 1981. p.157

255 Benjamin Constant, Des réactions politiques. (Gallica) 1797. p.42, 43

256 Benjamin Constant, Cours de Politique constitutionnelle. (Gallica) 1872, 488p.

257 Souligné par moi.

258 Le lendemain de son retour à Paris de Vendée où il s’était caché ?

259 Mémoires de la Comtesse de Boigne. Tome I. Du règne de Louis XVI à 1820. Le Temps retrouvé. 765 p. 2008. p.497 à 500

260 Cf. Benjamin Constant, Écrits politiques. Textes choisis, présentés et annotés par Marcel Gauchet. Folio Essais. Gallimard. 870p. 2004.

261 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.981

262 Éric Halphen, Au lieu des larmes. Récit. Stock. 210p. 2004. p.96

263 France Culture, Madame de Staël et les femmes. 20 juillet 2017

264 France Culture, Le magazine de la rédaction : Après Charlie, le piège de la défiance. 23 janvier 2015

265 George Sand, Œuvres autobiographiques. I. Histoire de ma vie, La Pléiade. 1418p. 1978. p. 1051, 1055, 1056, 1060

266 Tocqueville, Lettres choisies. Souvenirs. Quarto, Gallimard. 1420p. 2003. p.413

267 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.254

268 Michel Winock, Journal politique. La république Gaullienne. 1958-1981. Éditions Thierry Marchaisse. 296p. 2015. p.136

269 Le Figaro, 11 mars 2017. Repris par Le Canard enchaîné. 15 mars 2017. p.5

270 Nicola Berdiaev, Essai d’autobiographie spirituelle. Buchet-Chastel. 429p. 1979. p.89

271 Georges Bernanos, Journal d’un curé de campagne. In, Œuvres romanesques complètes. II. La Pléiade. Gallimard. 1250p. 2015. p.321

272 Samuel Butler, Ainsi va toute chair. Folio. Gallimard. 2004. p.444

273 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.84, 85

274 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.122

275 Mémoires, souvenirs et journaux de la Comtesse Marie d’Agoult (Daniel Stern). II. Mercure de France. 383p. 1990. Le Temps retrouvé. p.152

276 Astolphe de Custine, Lettres de Russie. Folio. Gallimard. 409p. 1975. p.173

277 Charles De Gaulle, Mémoires. La Pléiade. 1505p. 2000. p.677

278 René Descartes, Discours de la méthode. Deuxième partie. (Lisible sur le net)

279 Le Figaro, Luc Ferry : ‘Pourquoi la droite doit viser la cohabitation avec Macron. 26 avril 2017

280 L’Echo, François Fillon. ‘Je leur dirai ma vérité, qui est la vérité’. 1er mars 2017

281 Le Parisien, François Fillon : «Jamais les juges ne pourront démontrer que l’emploi de mon épouse était fictif.» 30 mars 2017

282 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. Mercure de France. 1304p. 2013. p.1061

283 Antonio Gramsci, Lettres de prison. Collection Témoins. Gallimard. 620p. 1971. p.575

284 Abbé Henri Grégoire, Des peines infamantes à infliger aux négriers. Beaudoin Frères, Imprimeurs, 1822, extraits. In : Nelly Schmidt, Abolitionnistes de l’esclavage et réformateurs des colonies.1820-1851. Analyse et documents. Karthala. 1196p. 2001. p.408

285 Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1985. p.1379

286 Cité par Myriam Anissimov . In : France Culture, Romain Gary, L’incompris. 11 juillet 2018

287 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.1228

288 Pierre Choderlos de Laclos, Les liaisons dangereuses. J. Roze. 1869. Lettre 81. p.257. En PDF.

289 Alexis de Tocqueville, Lettres choisies. Souvenirs. Quarto. Gallimard. 1160p. 2003. P..838

290 In : Victor Serge, Carnets (1936-1947). Agone. 836p. 2012. p.306

291 France Culture, Jean Malaurie. 16 juin 2013. Retransmission de l’émission : Au bout du monde. 23 juin 2004

292 Cité dans : Magdeleine Paz, Je suis l’étranger. La Thébaïde. 395p. 2015. p.315

293 John Stuart Mill, De la liberté. Folio Essais. Gallimard. 242p. 1990. p.111

294 John Stuart Mill, Autobiographie. Aubier. 261p. 1993. p.206

295 Edgar Morin, Au rythme du monde. Un demi siècle d’articles dans Le Monde. Archipoche. 588p. 2015. p.134

296 Nietzsche, Humain, trop humain. Le Livre de poche. 2006. p.456

297 Le Figaro, Onfray par Onfray : Un autoportrait politique. 9 juin 2017

298 Blaise Pascal, Pensées. Livre de vie. Éditions du Seuil. 442p. 1962. p.312

299 Patrick Pelloux, Histoires d’urgences. Témoignage. J’ai lu. 346p. 2015. p.268

300 Cardinal de Retz, Mémoires, La Pléiade. 1003p. 1950. p.119

301 Gabrielle Russier, Lettres de prison. Points. Actuels. Le Seuil. 140p. 1970. p.96

302 George Sand, Correspondance. Lettre à Alphonse Fleury. 5 avril 1852. Garnier Flammarion. Tome 11ème. 851p. 1976. p.15

303 George Sand, Correspondance. Lettre à Henry Harisse. Juillet 1874. Garnier Flammarion. Tome 24ème. 751p. 1990. p.80

304 Nelly Schmidt, Abolitionnistes de l’esclavage et réformateurs des colonies.1820-1851. Analyse et documents. Karthala. 1196p. 2001. p.244

305 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.504, 508

306 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.641, 642

307 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.229

308 In : Voltaire, Correspondance. XIII (juillet 1777-mai 1778). La Pléiade. 1203p. 1992. p.1148

309 Alexandre Zinoviev, L’Avenir radieux. L’Age d’homme. 280p. 1978. p.115


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