Abécédaire
 Marie-Victoire Louis

Penser

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 06/11/2019
date de publication : 06 novembre 2019
mise en ligne : 06/11/2019
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Extrait de l’Abécédaire féministe

À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 9.810 items et 23 rubriques : I. « Culture » (460) ; II. Droit (177) ; III. Êtres humains (522) ; IV. Corps (246) ; V. Enfants (133) ; VI. Femmes (1583) ; VII. Hommes (631) ; VIII. Relations entre êtres humains (389) ; IX. Famille (324) ; X. Féminisme (317) ; XI. Justice (467) ; XII. Langage (589) ; XIII. Patriarcat (402) ; XIV. Penser (788) ; XV. Politique (1202) ; XVI. Pornographie (100) ; XVII. Proxénétisme (237) ; XVIII. « Sciences » sociales (257) ; XIX. Démographie (36) ; XX. Économie (366) ; XXI. Histoire (186) ; XXII. Sexes [Sexualité, Sexisme…] (118) ; XXIII. Violences (281) … et continuera d’évoluer.

6 novembre 2019

XIV. Penser

En noir. Items ‘nouveaux’ (et modifiés)

I. Pensée : Pensée (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26) ; Pensée (Abstraction) (1, 2, 3, 4, 5, 6) Par ordre chronologique (7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17) ; Pensée (« Adversaire ») ; Pensée (Akerman Chantal) ; Pensée (A priori) ; Pensée (Argument) ; Pensée (Argumentaire) ; Pensée (« Atténuée ») ; Pensée (Bernhardt Sarah) ; Pensée (« Bêtises ») ; Pensée (Binaire) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9) Par ordre chronologique (10, 11, 12, 13, 14, 15, 16 , 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43) ; Pensée (Bonheur) ; Pensée (Caricature) ; Pensée (Changer le monde. Sartre Jean-Paul) ; Pensée (Claire) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12) ; Pensée (Clarification) ; Pensée (Concision) (1, 2, 3) ; Pensée (Contradiction) ; Pensée (Contraire) (1, 2) ; Pensée (Contre) (1, 2) ; Pensée (Débats) (1, 2) ; Pensée (Déni) ; Pensée (Détail) ; Pensée (Diverse) ; Pensée (Dogmatique) ; Pensée (« Effets pervers ») ; Pensée (Effort. Sorel Georges) ; Pensée (Équivalence) ; Pensée (État) ; Pensée (Expertise) ; Pensée (« Faiblesse ». Marx Karl) ; Pensée (Faille) (1, 2) ; Pensée (Féministe) ; Pensée (Féministe. Silence) ; Pensée (Fin) ; Pensée (Fonction) ; Pensée (Force) ; Pensée (Guilloux Louis) ; Pensée (Hypothèse [théorique]) (1, 2) ; Pensée (Indignation) (1, 2) ; Pensée (Individualiste. Critique) ; Pensée (Irrécupérable) ; Pensée (Léautaud Paul) ; Pensée (« Levier ») ; Pensée (Libérée) ; Pensée (Lucide) ; Pensée (Manichéenne) ; Pensée (Michelet) ; Pensée (Morin Edgar) ; Pensée (Mort de) ; Pensée (Nerval Gérard de) ; Pensée (Nombre) ; Pensée (Non-dit) ; Pensée (Norme) (1, 2) ; Pensée (Nourrissante) ; Pensée (Péguy Charles) ; Pensée (Personnelle) ; Pensée (Pertinence) ; Pensée (Politique) ; Pensée (Pouvoir) (1, 2, 3, 4) ; Pensée (Pragmatisme) ; Pensée (Préjugé) ; Pensée (Processus d’une pensée totalitaire) (1, 2) ; Pensée (Progrès) ; Pensée (Progression) ; Pensée (Puissance. Hugo Victor) ; Pensée (« Queer ») ; Pensée (Radicale) ; Pensée (Rêve) ; Pensée (« Second, troisième…degré ») ; Pensée (Sens) ; Pensée (Sens commun et/ou Bon sens) ; Pensée (Sensible) ; Pensée (Simple) ; Pensée (Soi) (1, 2, 3, 4, 5) ; Pensée (Statut de la parole) ; Pensée (Synthèse) ; Pensée (Varnhagen Rahel) ; Pensée (Vide-pensées) ; Pensée (Weil Simone) ; (193)

II. Pensée. Idée : Idée (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28) ; Par ordre alphabétique : Idée (Action française) ; Idée (Balzac Honoré de) ; Idée (Beccaria Cesare) ; Idée (Berl Emmanuel) ; Idée (Castoriadis Cornelius) ; Idée (Catherine II de Russie) ; Idée (Constant Benjamin) ; Idée (De Gaulle) ; Idée (D’Holbach) ; Idée (Du Bos Charles) ; Idée (Feyerabend Paul) ; Idée (Freud Sigmund) ; Idée (Gombrowicz Witold) ; Idée (Gourmont Rémy de) ; Idée (Grève. Femmes) ; Idée (Guéhenno Jean) (1, 2) ; Idée (Guitton Jean) ; Idée (Hegel) ; Idée (Hugo Victor) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5) ; (Idée. Intérêts) ; Idée (Joly Eva) ; Idée (Keynes John Maynard) ; Idée (Léautaud Paul) ; Idée (Macron Emmanuel) ; Idée (Magny Colette) ; Idée (Michelet Jules) (1, 2, 3) ; Idée (Mirabeau) ; Idée (Mitterrand François) ; Idée (Monde Le) ; Idée (Neuve) ; Idée (« Pierre d’attente ») ; Idée (Ponthier Georges) ; Idée (Reclus Elisée) ; Idée (Retz Cardinal de) ; Idée (Roman) ; Idée (Rousseau Jean-Jacques) ; Idée (Sand George) ; Idée (Stendhal) (1, 2) ; Idée (Stuart Mill John) ; Idée (Voltaire) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5) ; Idée (Woolf Virginia) ; (81)

III. Pensée. Méthode : Méthode (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14) ; Par ordre alphabétique : Méthode (Abécédaire) (1, 2) ; Méthode. (Analogie) ; Méthode (Anachronisme) ; Méthode (Bayet Alfred) ; Méthode (Burke Edmund) ; Méthode (Comparaison) (1, 2) ; Méthode (Critique) ; Méthode (Critique modérée) ; Méthode (Critiques) ; Méthode (Exemple) ; Méthode (Freud Sigmund) ; Méthode (Korczak Janusz) (1, 2) ; Méthode (Machiavel) ; Méthode (Pascal Blaise) ; Méthode (Rilke Rainer Maria) ; Méthode (Rhétorique) ; Méthode (Scolastique) ; Méthode (Séverine) ; Méthode (Wright Mills Charles) ; (36)

IV. Penser : Penser (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42) ; Par ordre alphabétique : Penser (Agir. Sand George) ; Penser (Algorithme) ; Penser (Analyses) ; Penser (Ambition) (1, 2, 3) ; Penser (Anonymes) ; Penser (Apprendre) ; Penser (Argument) ; Penser (Aron Raymond) ; Penser (Balibar Françoise) ; Penser (Berdiaev Nicola) ; Penser (Castoriadis Cornelius) (1, 2, 3) ; Penser (Catherine II) ; Penser (Cause) (1, 2) ; Penser (Causes / Effets) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Penser (Chalamov Varlam) ; Penser (Choisir) ; Penser (Citations) (1, 2, 3) ; Penser (Comment) ; Penser (Commentaire) (1, 2, 3, 4) Par ordre alphabétique (5, 6) ; Penser (Comparaison) (1, 2) ; Penser (Compétences) ; Penser (Comprendre) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) Par ordre chronologique (8, 9, 10, 11, 12) ; Penser (Concept) (1, 2, 3) Par ordre chronologique (4, 5) ; Penser (Conflit) ; Penser (Consentement) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8) ; Penser (Conservatisme) ; Penser (Constant Benjamin) ; Penser (Contradiction) (1, 2) ; Penser (Courage) ; Penser (Critique) (1, 2, 3, 4, 5) Par ordre alphabétique (6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14) ; Penser (Croyance. Alain) ; Penser (D’Alembert) ; Penser (Déni) ; Penser (Désapprendre Dostoïevski Fédor) ; Penser (Désapprendre. Sorel Georges) ; Penser (D’Holbach Paul Thiry) ; Penser (Dialogue) ; Penser (Doctrine) ; Penser (Domination) ; Penser (Du Deffand Madame) ; Penser (Écrit) ; Penser Emerson (Ralph Waldo) ; Penser (Enquêtes) ; Penser (Erreur) (1, 2, 3) ; Penser (« Esprits faibles ») ; Penser (Étapes) ; Penser (État) ; Penser (Exceptionnel) ; Penser (Fait) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5, 6, 7) ; Penser (Fantasme) ; Penser (Femmes) ; Penser (Femmes. Bloy Léon) ; Penser (Femmes. Journal général de la littérature Française) ; Penser (Femmes. Peters Otto) ; Penser (Femmes. Staël Madame de) ; Penser (Fin) ; Penser (Foucault Michel) ; Penser (Futur du monde. Friedman Milton) ; Penser (Gide André) ; Penser (« Gilets jaunes ») (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) ; Penser (Gorbatchev) ; Penser (Gramsci Antonio) ; Penser (Grille de lecture) ; Penser (Historicité) ; Penser (Hugo Victor) (1, 2) ; Penser (Hypothèse) ; Penser (Imagination) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5) ; Penser (Imbroglio) ; Penser (Instinct) ; Penser (Institutions) ; Penser (Intellectuel-les) (1, 2) ; Penser (Intelligence) (1, 2) Par ordre chronologique (3, 4, 5, 6, 7) ; Penser (Intérêt) ; Penser (Intuition) ; Penser (Jouir) ; Penser (Juger) (1, 2 ) Par ordre chronologique (3, 4, 5, 6) ; Penser (Justification) ; Penser (Kubrick Stanley) ; Penser (Lancelin Aude) ; Penser (Lassalle Ferdinand) ; Penser (Limites) ; Penser (Littérature) ; Penser (Manière Philippe) ; Penser (Maury (Jean-Siffrein) ; Penser (Michelet Jules) ; Penser (Mirabeau) ; Penser (Modestie) ; Penser (Mossadegh Mohammad) ; Penser (« Mythes ») (1, 2, 3, 4) Par ordre chronologique (5) ; Penser (Nahoum-Grappe Véronique) ; Penser (Nationalisme) ; Penser (« No comment ») ; Penser (Nous) ; Penser (Objet) (1, 2) ; Penser (Objectivité) ; Penser (Opinion) (1, 2) ; Penser (« Pas de côté ») ; Penser (Penseur ) / Penseuse) (1, 2, 3) ; Penser (Perception. Novalis) ; Penser (Permission) ; Penser (Personne) ; Penser (Politique. Saint Simon) ; Penser (Ponge Francis) ; Penser (Postulat) (1, 2, 3) ; Penser (Pour ou contre) ; Penser (Préalable) ; Penser (Prémisses) ; Penser (Projet) ; Penser (Prolongement de soi) ; Penser (Quantitativisme) ; Penser (Questions) (1, 2, 3) ; Penser (Question / Réponse) (1, 2, 3, 4) ; Penser (Raison) (1, 2, 3) ; Penser (« Raton laveur (Le) ») ; Penser (Réalisme) ; Penser (Réalisme. Denis Marie) ; Penser (Réalisme. Rouart Jean-Marie) ; Penser (Reclus Élisée) (1, 2) ; Penser (Réfléchir. Bernis Cardinal de) ; Penser (Réfléchir. Verne Jules) ; Penser (Religion) ; Penser (Rire) ; Penser (Rivière Jacques) ; Penser (Rousseau Jean-Jacques) ; Penser (Sand George) ; Penser (Savoir) ; Penser (Scientisme) ; Penser (Sentiments [bons]) ; Penser (Serge Victor) ; Penser (Sévigné Madame de) ; Penser (Silence) ; Penser (Sophisme) ; Penser (Soupiot Alain) ; Penser (Spinoza) ; Penser (Staël Madame de) ; Penser (Stalinisme) ; Penser (Steiner George) ; Penser (Stendhal) ; Penser (Stéréotype) (1, 2) ; Penser (Suivisme. Sartre Jean-Paul) ; Penser (Tabou) (1, 2, 3) ; Penser (Temps) (1, 2) ; Penser (Théologie) ; Penser (Théorie) (1, 2) Par ordre chronologique (3, 4, 5, 6) ; Penser (Trump Donald) ; Penser (Universalisme) ; Penser (Utilitarisme) (1, 2) ; Penser (Valeur) (1, 2, 3) ; Penser (Vinci Léonard de) ; Penser (Vivre) ; Penser (Voltaire) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13) ; Penser (Wharton Edith) ; Penser (Yourcenar Marguerite) ; Penser (Wittgenstein Ludwig) ; (327)

V. Penser. Liberté : Penser Liberté (1, 2, 3, 4) ; Par ordre alphabétique. Liberté (Besse François) ; Liberté (Cassez Florence) ; Liberté (France Culture) ; Liberté (Malraux Clara) ; Liberté (Mirabeau) ; Liberté (Pamuk Orhan) ; Liberté (Stirner Max) ; Liberté (Varnhagen Rahel) ; Liberté (Vaujour Michel) ; Liberté (d’Expression) (1, 2, 3) ; Liberté (de la presse) (1, 2, 3, 4) ; Liberté (Voltaire) (1, 2) ; (22)

VI. Penser. Morale : Penser (Morale) (1, 2, 3, 4, 5) ; Par ordre alphabétique. Morale (Antonyme) ; Morale (Aspiration à la) ; Morale (Beccaria Cesare) ; Morale (Bloch Marc) ; Morale (Codes d’éthique) ; Morale (Condorcet) ; Morale (Critique) ; Morale (d’Agoult Marie) ; Morale (De Gaulle) ; Morale (Féminisme) ; Morale (Gandhi) ; Morale (Justice) ; Morale (Kant) ; Morale (Lévy Élisabeth) ; Morale (Moraliste) ; Morale (Mnouchkine Ariane) ; Morale (Novalis) ; Morale (Pareto Vilfredo) ; Morale (Patriarcat) ; Morale (Richesse) ; Morale (Soi) ; Morale (Staël Madame de) ; Morale (Voltaire) ; Morale (Weber Max) ; (29)

VII. Penser. Obéir : Penser. Obéir (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9) Par ordre alphabétique (10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22) ; (22)

VIII. Penser. Principe : Penser. Principe (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9) ; Par ordre alphabétique : Principe (Badinter Robert) ; Principe (Bakounine) ; Principe (Cicéron) ; Principe (Conrad Joseph) ; Principe (Constant Benjamin) (1, 2, 3, 4) ; Principe (Gide André) ; Principe (Ozouf Mona) ; Principe (Rosanvallon Pierre) ; Principe (Winock Michel) ; (22)

IX. Penser. Vérité : Penser Vérité (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) ; Par ordre alphabétique : Vérité (Berdiaev Nicola) ; Vérité (Bardot Brigitte) ; Vérité (Bernanos Georges) ; Vérité (Butler Samuel) ; Vérité (Chaplin Charlie) ; Vérité (Constant Benjamin) (1, 2) ; Vérité (Custine Astophle de) ; Vérité (D'Agoult Marie) ; Vérité (Descartes René) ; Vérité (De Gaulle Charles) ; Vérité (D’Holbach Paul Thiry) ; Vérité (Ferré Léo) ; Vérité (Ferry Luc) ; Vérité (Fillon François) ; Vérité (Frédéric II de Prusse) ; Vérité (Gide André) ; Vérité (Garçon Maurice) ; Vérité (Gary Romain) ; Vérité (Goldman Emma) ; Vérité (Gramsci Antonio) ; Vérité (Grégoire Abbé) ; Vérité (Laclos Choderlos de Pierre) ; Vérité (Lamartine Alphonse de) ; Vérité (Lessing Doris) ; Vérité (Lounguine Liliana) ; Vérité (Macron Emanuel) ; Vérité (Malraux André) ; Vérité (Malaurie Jean) ; Vérité (Mill Stuart) (1, 2) ; Vérité (Morin Edgar) ; Vérité (Nietzsche Frédéric) ; Vérité (Onfray Michel) ; Vérité (Pascal Blaise) ; Vérité (Pelloux Patrick) ; Vérité (Pléiade La) ; Vérité (Retz Cardinal de) ; Vérité (Russier Gabrielle) ; Vérité (Sand George) (1, 2) ; Vérité (Schœlcher Victor) ; Vérité (Voltaire) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5) ; Vérité (Weil Simone) ; Vérité (Zinoviev Alexandre) ; (55)

6 novembre 2019 : 788 items

I. Pensée :

Pensée (1) : Une pensée propre, singulière, autonome, ôte, interdit même la pensée d’une opposition, d’une division entre ‘adversaires’ ; et, dès lors, fait disparaître l’une des armes, banale certes, mais si efficace mise en œuvre par tous les pouvoirs, depuis Mathusalem.

Pensée (2) : Une pensée, étant nécessairement singulière, ne peut donc avoir vocation à être transmise : elle ne peut qu’être éclairante pour féconder, par la critique, d’autres pensées. Les notions mêmes d’‘école‘, de maître-sse et d’élève, d’émule, de disciple - et donc de pédagogie ? - sont en conséquence contradictoires avec la singularité de toute pensée. Toute référence à la fidélité, l’engagement, la dépendance, l’allégeance à quiconque est dès lors exclue ; et par là même, celle de contrat, de rupture, de dissidence, a fortiori de trahison.
* Ajout. 31 octobre 2017. Georg Groddeck [1866-1934], auteur de :
« […] Si vous voulez vraiment me succéder, regardez la vie par vous-même et dites honnêtement au monde ce que vous voyez. » 1 (Cf. Philosophie)

Pensée (3) : Comment nommer « pensée singulière » la somme individuelle de réflexions - lucides, novatrices, comme contradictoires, confuses, peu importe - alors qu’elle n’a pu être élaborée que par et dans l’histoire qui l’a précédée et l’a nourrie ? (Cf. Penser. Castoriadis Cornelius. « Propriété intellectuelle », Histoire)

Pensée (4) : Une pensée est nécessairement constituée, fécondée, nourrie par l’héritage des pensées antérieures, mais elle peut, elle doit rompre avec elles pour, en les dépassant, en constituer une autre. Découverte d’une évidence ? Chacun-e d’entre nous est en effet porteur-euse du conscient et de l’inconscient collectif que l’histoire a, ou non, relayé, occulté. Comment en élargir la conscience afin d’ouvrir la voie à son dépassement, là serait l’ambition ? Pour ce faire, clarifier les liens et donc les contradictions entre : ruptures, dépassements et recompositions ? (Cf. Politique. Conscience, Langage)
* Ajout. 22 juin 2018. Combien de circonvolutions sont-elles nécessaires afin d’éviter d’être confronté-es à l’inconscient collectif ? Et combien de révolutions ?
* Ajout. 19 novembre 2018. 1865-1869. Léon Tolstoï [1828-1910] dans l’une de ses interrogations sur l’histoire exprimées dans La guerre et la paix, écrit :
« […] Seuls les actes inconscients arrivent à maturité et l’homme qui joue un rôle dans un évènement historique n’en comprendra jamais la signification. Dès qu’il chercher à le pénétrer, il le stérilise. » 2
- « Seuls les actes inconscients arrivent à maturité » : sibyllin, mais riche d’interprétations nouvelles, me semble-t-il. (Cf. Êtres humains. Conscience. Volonté, Penser. Agir. Fait, « Sciences sociales ». Psychanalyse. Histoire)

Pensée (5) : Dépersonnaliser, dé-singulariser les idées, c’est les délester, les apurer des erreurs, des faiblesses, des contradictions, comme des vérités (à repenser) des hommes et des femmes qui les ont peu ou prou incarnées ; c’est aider à la critique.

Pensée (6) : La lucidité s’oppose à la peur, laquelle empêche la pensée qui seule nourrit l’espoir.

Pensée (7) : Une pensée assassine peut-elle être tuée par une autre pensée ? Absurde ? Dans l’attente d’y voir plus clair, cette question me fait penser à : « guerre à la guerre » des sociaux-démocrates en 1914, slogan qui ne permet de rien comprendre et donc ne peut rien résoudre.

Pensée (8) : Quel-le qu’en soit l’auteur-e, quel que soit le sujet, l’objet, le style, la nature, la modalité d’expression ou de silence…une pensée - qu’elle soit fulgurante, évidente, encore confuse, souterraine, trébuchante, cheminante…- se reconnaît à ce qu’elle est à même d’en susciter d’autres ; et donc à ce qu’elle crée les conditions de l’apprentissage de sa propre réfutation…

Pensée (9) : Une pensée n’a pas à être mise en pratique, ni même à être jaugée sur sa capacité à l’être. Si tel était le cas, le terme n’aurait aucun sens.

Pensée (10) : Une pensée qui, à tort ou à raison, est présentée comme relevant du domaine du ‘général’, ne saurait être une pensée invoquée à l’encontre des agissements de quiconque en particulier. Et inversement…(poursuivre)

Pensée (11) : Une pensée propre ne peut ni être partagée, ni avoir d’adversaire. Juste ? Non (poursuivre)

Pensée (12) : Une pensée peut être une source d’inspiration ; jamais une doctrine.

Pensée (13) : La richesse d’une pensée provient d’elle-même. Mais elle est aussi faite des liaisons, des articulations qu’elle tisse avec les pensées au sein desquelles elle s’insère, des ruptures qu’elle opère, des ouvertures qu’elle permet.

Pensée (14) : Toute pensée risque la mort faute de critique interne à elle-même et par elle-même.

Pensée (15) : Une pensée n’apparait que grâce à un processus d’accumulation de pensées antérieures.
* Ajout. 1er mai 2018. Une pensée a besoin d’hypothèses, d’engagements, de projets, de critiques, d’oppositions, lesquelles n’ont pas nécessairement besoin d’être exprimées par leurs auteur-es pour être prises en compte.

Pensée (16) : La pensée, c’est la liberté que chacun-e s’accorde à lui / elle-même.

Pensée (17) : Pour, aisément, présenter une pensée personnelle, quelques conditions sont requises : lui conférer une certaine valeur ; la considérer comme valide pour soi, et donc, éventuellement, valable pour d’autres ; l’estimer toujours évolutive ; et, surtout, ne réclamer en sa faveur aucune adhésion.

Pensée (18) : Une pensée baignée de silence… ; un silence ouvrant droit à la pensée…

Pensée (19) : Il en est des pensées non étayées comme des maisons non construites selon les normes parasismiques dans les zones soumises aux tremblements de terres ; lors des secousses, elles se couchent ou s’effondrent et souvent tuent. Malheureusement, sur leurs ruines, beaucoup sont reconstruites à l’identique.

Pensée (20) : Sa seule présence était une gêne, pour certain-es rédhibitoire, à la discussion. Il / elle se retira. Avec raison.
Un-e autre s’imposa : sa présence fut refusée. Avec raison.

Pensée (21) : La pensée fait fi de toutes les permissions, de toutes les autorisations. Elle n’a nul besoin de validation. Elle se suffit à elle-même. Mais tout, absolument tout, de la plus légère émotion furtive - pas même ressentie - à la tyrannie quotidienne peut la faire disparaître, pour un temps, le plus souvent pour la vie.

Pensée (22) : Si l’on pense qu’une pensée doit être mise en œuvre par celui / celle qui l’exprime alors on comprend mieux la crainte - alors légitime- qu’elle ne peut que susciter.
Mais la crainte est vaine car le postulat est faux. (Poursuivre)

Pensée (23) : Plutôt que d’espérer la diffusion de ses propres idées, ne serait-il pas plus judicieux d’espérer la multiplication de toutes les idées ?

Pensée (24) : Combien de pensées n’attendent-elles pour s’exprimer [le plus petit] moment de faiblesse de l’autre ?

Pensée (25) : Il n’y a pas de pensée « irréductible ». Y faire référence, c’est employer un argument que l’on veut massue.

Pensée (26) : Toute pensée, ambitieuse ou non, savante ou non, politique ou non, étant personnelle est nécessairement partiale et partielle.

Pensée (Abstraction) (1) : Plus une pensée est abstraite, plus elle révèle son incapacité à comprendre le monde. (Cf. Penser. Politique)

Pensée (Abstraction) (2) : Pour empêcher, assécher, retarder, interdire les pensées [des rapport de domination], enfermer les expressions de la réalité du monde dans des unités, des termes, des ‘concepts’ abstraits tels que : le sexe, le genre, la liberté, la laïcité, la république, la démocratie, le marché, l’art, la culture, la bourgeoisie, l’Europe, l’Occident, la presse, le terrorisme, le monde musulman (ou arabe), la paix (sociale, dans les familles…), les Lumières, le pacifisme, le langage, la France, la sécurité, la prostitution, le libéralisme, internet, les réseaux sociaux, l’opinion publique, le féminisme, le ‘mouvement féministe’, la violence …est d’une terrifiante efficacité.
En conséquence, les contradictions sont évacuées, les failles sont colmatées, les ambiguïtés sont confortées, et /ou laissées en l’état, ou, plus justement, tout ceci, abordés à la marge.
- Mille débats ont, en ces termes, pourtant lieu….
* L’écriture de cet Abécédaire devrait - ou, du moins, ai-je ce risque en tête - prémunir de ces dangers les réflexions sur le patriarcat, et donc sur l’anatomie de notre monde. (Cf. Langage, Méthode, Patriarcat. Précaution de méthode)

Pensée (Abstraction) (3) : L’abstraction fait disparaître le sujet, l’objet, la finalité, le réel. Efficace pour tuer la pensée.

Pensée (Abstraction) (4) : L’abstraction, c’est créer les conditions de la confusion.

Pensée (Abstraction) (5) : L’abstraction se nourrit de généralisations qui ne laissent que peu ou pas de place aux singularités. (Poursuivre)

Pensée (Abstraction) (6) : Et, pourtant, nous avons besoin d’abstractions, de généralisations et de singularités. (Poursuivre)

Par ordre chronologique. Pensée. Abstraction :

Pensée (Abstraction. Burke Edmund) (7) : 1790. Edmund Burke [1729-1797], dans ses Réflexions sur la Révolution de France, auteur de :
« […] Je ne saurais prendre sur moi de distribuer la louange et le blâme à rien de ce qui a trait aux actions ou aux affaires humaines en ne regardant que la chose elle-même, dénuée de tout rapport avec ce qui l’entoure, dans la nudité et l’isolement d’une abstraction métaphysique. Quoi qu’en disent certains, ce sont les circonstances qui donnent à tout principe de politique sa couleur distinctive et son effet caractéristique. […] » 3 (Cf. Droit. Jurisprudence, Êtres humains. Soi. Burke Edmund, Politique. Burke Edmund, Philosophie, Histoire)

Pensée (Abstraction. Burke Edmund) (8) : 1791. Edmund Burke [1729-1797], dans son texte Appel des whigs modernes aux whigs anciens, écrit :
« J’ai autant d’indulgence que personne pour les effusions qu’inspire l’amour général de la liberté ? Ce zèle est non seulement louable, mais doit même être encouragé tant que la question est générale. […]
Mais dans une question où il s’agit de savoir si telle Constitution est un n’est pas un plan raisonnable de liberté, ces fleurs de rhétorique, en faveur de la liberté en général, sont un peu déplacées. C’est supposer vrai ce qui est en question, et chanter la victoire avant la bataille. » 4

Pensée (Abstraction. Constant Benjamin) (9) : 1797. Benjamin Constant [1767-1830] dans son Livre Des réactions politiques, auteur de :
« […] Dire que les principes abstraits ne sont que de vaines et inapplicables théories, c'est énoncer soi-même un principe abstrait. Car cette opinion n'est pas un fait particulier, mais un résultat général. C'est donc énoncer un principe abstrait contre les principes abstraits, et, par cela seul, frapper de nullité son propre principe. […] » 5 Fort pertinent. (Cf. Penser. Théorie, Principe)

Pensée (Abstraction. Tolstoï Léon) (10) : 1865-1869. Léon Tolstoï [1828-1910] dans La guerre et la paix, lors d’une réflexion sur les errements de l’histoire, écrit :
« L’activité spirituelle, l’instruction, la civilisation, la culture, l’idée, tout cela sont des notions abstraites, indéterminées, sous le couvert desquelles il est extrêmement facile d’employer des mots encore plus obscurs, que l’on peut par conséquent accorder avec n’importe quelles théories. » 6 (Cf. Langage. Mots, Penser. Théorie, Philosophie, Histoire)

Pensée (Abstraction. Deraismes Maria) (11) : 1883. Maria Deraismes [1828-1884], auteure, de :
« Il est à remarquer que toutes les iniquités, tous les forfaits plus ou moins juridiques, plus ou moins légaux, ont été accomplis, en histoire, au nom d’une entité quelconque, d’un être abstrait, un mythe : Dieu, la Foi, la Patrie, la raison d’État, érigés en tyrans. » 7
Une pensée philosophie politique d’envergure. (Cf. Penser. Mythe, Philosophie)

Pensée (Abstraction. Stendhal) (12) : 1839. Stendhal [1783-1842] écrivit, sur l’exemplaire dit Chapier, de La Chartreuse de Parme le commentaire suivant :
« Jamais de mot abstrait ». 8

Pensée (Abstraction. Nizan Paul) (13) : 1932. Paul Nizan dans Les chiens de garde, concernant « la philosophie », écrit :
« Elle ne sert point le Vrai qui n’existe pas, l’Universel qui n’existe pas, l’Éternel qui n’existe pas. […] » 9 (Cf. Philosophie)

Pensée (Abstraction. Gombrowicz Witold) (14) : 1953. Witold Gombrowicz [1904-1969] dans son Journal, auteur de :
« Quand donc en finirons-nous avec la tyrannie des mannequins de l’abstraction pour apercevoir à nouveau le monde concret ? » 10

Pensée (Abstraction. Castoriadis Cornelius) (15) : 1990. Cornelius Castoriadis [1922-1997] dans Quelle démocratie ?, auteur de :
« Dans Du contrat social, [Jean-Jacques Rousseau. 1762], la définition de la démocratie est limpide - et intenable, car procédant du pur jeu de notions abstraites. […] » 11 (Cf. Politique. Démocratie)

Pensée (Abstraction. Steiner George) (16) : 1995. George Steiner dans un Entretien paru dans Les logocrates, auteur de :
« Rien n’est plus sot, plus sec, plus émasculé, plus châtré que ce qui s’écrit aujourd’hui dans l’université américaine sur l’école de Francfort, l’œuvre de gens qui n’ont jamais entendu une foule dans la rue, qui n’ont jamais humé l’odeur d’une prison, qui n’ont jamais su ce qu’est un camp de concentration, qui ne savent rien du fait que ces hommes ont vécu leurs abstractions dans leurs os, dans leur chair et dans leur sang, dans leurs tripes, qu’ils ont vécu leur siècle comme jamais nos mandarins fats ne le feront. » 12 (Cf. Hommes. « Intellectuels », Philosophie)

Pensée (Abstraction. Mélenchon Jean-Luc) (17) : (18 octobre) 2018. Lorsque Jean-Luc Mélenchon, furieux, à juste titre, d’être exclu, à l’occasion d’une méga-perquisition, sans conteste politique, des locaux du principal parti d’opposition de gauche, Les Insoumis - a hurlé : « La République, c’est moi ! » [en tant que député], il a sans doute moins été victime de son ego que d’une abstraction. (Cf. Homme « Politique ». Mélenchon Jean-Luc)

Pensée (« Adversaire ») : Penser sur les fondements des arguments de la critique d’« adversaires » révèle une paresse de l’esprit et s’avère une régression ; et y ajouter « adversaires outranciers » ne change rien à l’analyse.
Comprendre les fondements de ces pensées, là sont les avancées.

Pensée (Akerman Chantal) : 2013. Chantal Akerman [1950-2015], auteure de :
« On ne peut ouvrir le monde que par la pensée. » 13

Pensée (A priori) : Il / elle assurait n’avoir pas d’a priori ; il / elle s’imposait telle qu’en lui-même, en elle-même, sans aucune distanciation donc.

Pensée (Argument) : Ne pas avoir d’argument à opposer ne signifie pas avoir tort. Variante : Ne pas être à même de démontrer un argument, certes, affaiblit son auteur-e, ne rend pas faux pour autant ce qu’il / elle énonce.

Pensée (Argumentaire) : Dans un argumentaire, lors d’une discussion - si l’on souhaite y réponde - c’est le postulat de la pensée de chacun-e qu’il faut d’abord chercher à comprendre. Et comme il est le plus souvent refoulé, inconscient, et si souvent absent faute d’être fondé sur une quelconque analyse, l’immense majorité des débats ne mènent à rien et / ou ne créent encore qu’un peu plus de confusion.
Lorsqu’ils sont pertinent, percutants, neufs, lorsqu’ils ouvrent des horizons, quel bonheur ! (Cf. Penser. Postulat)

Pensée (« Atténuée ». Rolland Romain) : (20 octobre) 1939. Romain Rolland [1866-1944] dans son Journal, en N.B., à la suite d’une lettre critique adressée au rédacteur de la revue communiste Commune écrit :
« Ma première rédaction de cette réponse (retranscrite) était beaucoup plus catégorique encore et plus précise, en ce qui concerne ‘les autres questions connexes qui ont amené la scission dans nos rangs’, et je déclarais qu’il me serait impossible de collaborer avec une revue qui ne se prononcerai pas nettement contre la collusion de Moscou avec Hitler. Mais, outre qu’il n’eût pas été prudent pour mon correspondant d’attirer sur lui et ses collaborateurs les soupçons de la censure postale, - je ne suis plus libre entièrement. J’ai un otage, à Moscou [II s’agit du fils de sa femme qui y vit]. Je crains de l’exposer, en parlant. Il me faut mesurer mes paroles. Non que je trahisse ma pensée. Rien au monde ne le pourrait faire. Mais j’en atténue l’expression. » 14 (Cf. Femme. Épouse de. Rolland Maria)

Pensée (Bernhardt Sarah) : 1907. Sarah Bernhardt [1844-1923], dans ses Mémoires, auteure de :
« […] Nous logeons en nous notre plus terrible ennemi : ‘la pensée’, laquelle est sans cesse en contradiction avec nos actes ; laquelle se dresse parfois, terrible, perfide, méchante, et que nous essayons de chasser sans y réussir. Nous ne lui obéissons pas toujours, grâce à Dieu ! mais elle nous poursuit, nous lancine, nous fait souffrir. Que de fois les plus mauvaises pensées nous assaillent ! Et quel combat il faut livrer contre ces filles de notre cerveau ! La colère, l’ambition, la vengeance, font naître les plus détestables pensées, dont on rougit comme d’une tare, qui ne sont pas des nôtres, car nous ne les avons pas appelées, mais qui souillent quand même, et qui nous laissent désespérés de n’être pas seuls maîtres de notre âme, de notre cœur et de notre cerveau. » 15 (Cf. Femme. Artiste)

Pensée (« Bêtises ») : « Ne dis pas de bêtises ! » : Combien d’idées, d’espérances, de curiosités, de fulgurances, de radicalités ont-elles été sacrifiées sur l’autel de cette injonction ?
Et, dans le prolongement, combien d’entre elles ont-elles été brisées par un :
« Arrêtez ! », « Taisez-vous ! », « Ça suffit ! », « C’est moi qui parle ! », « Répondez à ma question ! », « Vous n’avez pas la parole ! », « Vous avez épuisé votre temps de parole », « Il vous reste 5 minutes » …

Pensée (Binaire) (1) : Quelques applications de la pensée binaire (en vrac) :
homme / femme ; Adam / Ève ; père / mère ; garçon / fille ; âme / corps ; chair / esprit ; psychique / organique ; bien / mal ; sujet / objet ; eux / nous ; moi / toi ; moi / soi ; individu / société ; humain / non-humain ; physique / moral ; juste / injuste ; jeune / vieux ; enfant / adulte ; ami / ennemi ; privé / public ; homo / hétéro ; père / mère ; marié-e / célibataire ; riche / pauvre ; honnête / malhonnête ; civil / militaire ; mortel / immortel ; gentil-le / méchant-e ; salarié-e / chômeur-se ; sage / fou ; bon / mauvais ; concordance / discordance ; gai-e / triste ; grossier / subtil ; génétique / social ; malade / en bonne santé ; symétrie / dissymétrie ; qualité / défaut ; optimiste / pessimiste ; vie / mort ; normal / anormal ; français (ou autre) / étranger ; orient / occident ; marxisme / [néo] libéralisme ; fermeté / modération ; nature / culture ; ange / démon ; génie / talent ; trône / autel ; dedans / dehors ; avant / après ; froid / chaud ; intérieur / extérieur ; visible/ invisible ; inférieur / supérieur ; état / société civile ; microcosme / macrocosme ; structurel / conjoncturel ; mythe / réalité ; déterminisme / liberté ; signifiant / signifié ; droit / courbe ; unité / diversité ; intrinsèque / extrinsèque ; rire / pleurer ; immanence / transcendance ; clitoris / pénis ; égoïsme / altruisme ; comique / tragique ; amour / haine ; considération / déconsidération ; [esprit de] finesse / [de] géométrie ; envers / endroit ; lâche / tendu ; haut / bas ; longitude / latitude ; pesanteur / grâce ; animé / inanimé ; abstrait / figuratif ; lois / mœurs ; lumière / obscurité ; calme / tempête ; blanc / noir ; grand / petit ; maigre / gros ; psychose / névrose ; vide / plein ; peste / choléra ; actif / passif ; actif / inactif ; savoir / pouvoir ; aujourd’hui / demain ; sabre / goupillon ; aiguille / botte de foin ; chêne / roseau ; urbain / rural ; victoire / défaite ; abstraction / figuration ; terre / ciel ; flux / reflux ; poison / contrepoison ; majuscule / minuscule ; vivre / mourir ; passé / futur ; passé / présent ; minimal / maximal ; désir / possession ; ainé / puiné ; lourd / léger ; sec / humide ; dur / mou ; force / faiblesse ; cru / cuit ; productif / improductif ; dieu / diable ; bonus / malus ; pire / meilleur ; paradis / enfer ; clérical / anticlérical ; sabre / goupillon ; optimisme / pessimisme ; pile / face ; esprit / lettre ; degré / nature ; oral / écrit ; constater / critiquer ; corrélation / causalité ; convergent / divergent ; ignorer / critiquer ; identité / modernité ; vulgaire / distingué-e ; stable / mouvant ; singulier / pluriel ; comédie / tragédie ; sur / sous ; amont / aval ; proue / poupe ; gai / triste ; moderne / antimoderne ; naturaliste / réaliste ; achat / vente ; homogène / hétérogène ; naitre / mourir ; largeur / longueur ; positif / négatif ; espace / temps ; ville / campagne ; optimiste / pessimiste ; réussite / échec ; avantage / inconvénient ; minceur / épaisseur ; simple / complexe ; court / long ; mémoire / oubli ; alpha / oméga ; wait / see ; porte / fenêtre ; conscience / inconscience ; matrilinéaire / patrilinéaire ; économique / social ; absolu / relatif ; début / fin ; être / néant ; être / non-être ; être / avoir ; ouvert / fermé ; croyance / connaissance ; individuel / collectif ; hasard / nécessité ; progrès / réaction ; consensus / dissensus ; frein / accélérateur ; révolution / contrerévolution ; rose / épine ; écrou / boulon ; autonomie / hétéronomie ; faucon / colombe ; instinct / raison ; cause / effet ; esprit / lettre ; vers / prose ; spécifique / générique ; curatif / préventif ; incitatif / désincitatif ; analogie / antilogie ; simple / compliqué ; sciences exactes / sciences humaines ; macro-économie / micro-économie ; lent / rapide ; meilleur / pire ; minimum / maximum ; bonheur / malheur ; favorable / défavorable ; prodigue / avare ; concret / abstrait ; gite / couvert ; audible / inaudible ; sommet / contre-sommet ; patron / ouvrier ; salarié-e / usager-ère ; concordant / discordant ; homogène / hétérogène ; premier-ère / dernier-ère ; nulle part / partout ; central / périphérique ; insurrection / contre-insurrection ; implicite / explicite ; connaissance / croyance ; absolu / relatif ; manifeste / latent ; incarné / désincarné ; accusation / défense ; charge / contre-charge ; ancien / moderne ; soit / soit ; pesanteur / grâce ; rouge / noir ; jeune / vieux-ielle ; jamais / toujours ; fond / forme ; complet / incomplet ; fin / moyen ; fou / normal ; centré / décentré ; recette / débit ; action / réaction ; input / output ; faune / flore ; ordre / désordre ; glace / feu ; sage / saint ; créature / créateur; optimisme / pessimisme ; attaché / détaché ; gite / couvert ; sucré / salé ; brun-e / blond-e ; nain / géant ; utopie / dystopie ; sur / sous ; communion / désunion ; bête / intelligent ; théorie / pratique ; solidarité / insolidarité ; rêve / cauchemar ; gendarme / voleur ; prisonnier-ère / surveillant-e ; ordre / désordre ; maître / esclave ; fascisme / communisme ; exploiteur / exploité ; conservateur-trice / progressiste ; droite / gauche ; sympathique / antipathique ; sommet / base ; inductif / déductif ; objectif / subjectif ; névrose / psychose ; diachronique / synchronique ; inné / acquis ; totem / tabou ; châteaux / chaumières ; paix / guerre ; Mars / Vénus ; oser / redouter ; admirer / mépriser ;; aurore / crépuscule ; ponant / levant ; sensible / intellect ; juif-ve / goy ; avancée / recul ; défensif / offensif ; parallèle / perpendiculaire ; militaire / civil ; GPA / PMA ; science / conscience ; thèse / antithèse ; corbeau / renard ; centrifuge / centripète ; absolu / relatif ; culture / contre-culture ; clé / serrure ; profane / sacré ; orthodoxe / hétérodoxe ; rationnel / irrationnel ; introverti / extraverti ; moyen / fin ; matérialisme / idéalisme ; dicible / indicible ; vrai / faux ; pile / face ; ying / yang ; fini / infini ; création / destruction ; utile / nuisible ; eros / thanatos ; racisme / antiracisme ; fiction / réel ; tout / rien ; force / faiblesse ; gagner / perdre ; nouveau / ancien ; sueur / larmes ; chair / os ; partout / nulle part ; nord / sud : est / ouest ; mer / montagne ; partir / arriver ; ressemblance / différence ; gagnant / perdant ; évènement / non-évènement ; permis / toléré ; interdit / autorisé ; addition / soustraction ; ombre / lumière ; légal / illégal ; endogène / exogène ; possible / impossible ; gain / perte ; croyable / incroyable ; faillible / infaillible ; état / société civile ; vérité / mensonge ; rupture / continuité ; belle / bête ; vessie / lanterne ; chèvre / chou ; sale / propre ; question / réponse ; obéir / désobéir ; droit / devoir ; feu / glace ; faim / soif ; eau / vin ; sens / non-sens ; vice / vertu ; coupable / innocent ; majoritaire / minoritaire ; réalité / apparence ; point / virgule ; pot de terre / pot de fer ; torchon / serviette ; lard /cochon ; peste / choléra ; marteau / enclume ; chien / loup ; chat / souris ; lièvre / tortue ; loup / agneau ; carpe / lapin ; proie / ombre ; liberté / sécurité ; liseron / volubilis ; vessie / lanterne ; arbre / écorce ; fil / aiguille ; mouche / marteau-pilon ; présidentiel / parlementaire ; individualisme / collectivisme ; ordre / désordre ; réforme / révolution ; révolte / répression ; révolution / contre-révolution ; de facto / de jure ; ver de terre / étoile ; manifester / débattre ; phrase / antiphrase ; monter / descendre ; cercle / carré ; métaphore / métonymie [ ? ] ; introduction / conclusion ; mouche / gobe-mouche ; carotte / bâton ; top / flop ; Jean qui rit / Jean qui pleure ; France d’en haut / France d’en bas ; Capitole / roche tarpéienne ; Don Quichotte / Sancho Pança ; Grecs / Romains ; Hutus / Tutsis ; Chiites / Sunnites ; FTP / FFI ; Corneille / Racine ; Shéhérazade / sultan ; Psyché / Cupidon ; Vénus / Adonis ; Icare / Prométhée ; Caïn / Abel ; Antigone / Créon ; Pallas / Minerve ; Camus / Sartre ; Aristophane / Sophocle ; Remus / Romulus ; Samson / Dalila ; Charybde / Scylla ; David / Goliath ; Samson / Dalila ; Daphnis / Chloé ; Sodome / Gomorrhe ; Judith / Holopherne ; Orphée / Eurydice ; Esméralda / Quasimodo ; Ulysse / Cyclope ; Hector / Achille ; Mickey / Minie ; Horace / Curiace ; Orphée / Eurydice ; Montaigu / Capulet ; Duquesnois / Groseille ; Hitler / Staline ; Babar / la vieille dame ; Bécassine / la marquise de Grand air ; De Gaulle / Pétain ; Héraclite / Démocrite ; Platon / Aristote ; Trump / Clinton ; Macron / Le Pen ; Héloïse / Abélard ; Roméo / Juliette ; Blanche-neige / prince charmant ; Petit Poucet / ogre ; Héloïse / Abélard ; Laure / Pétrarque ; Électre / Oreste ; Saint Georges / dragon ; aristocrates / bourgeois ; capital / travail ; bourgeois / classe ouvrière ; résistants / collaborateurs ; royalistes / républicains ; Bolchéviques / Menchéviks ; Girondins / Jacobins ; état / société civile ; peuple / élites ; Gilets jaunes / casseurs versus Gilets jaunes / C.R.S ; économique / social ; victimes / bourreaux ; coût / bénéfice ; risque / avantage ; zéro / infini ; godillots / frondeurs ; Brexit (Yes) / Brexit (No) ; bads guys / good guys ; somewhere / anywhere [David Goohart] ; vaginales / clitoridiennes ; anthropocène / holocène ; criminel / enfant de chœur ;
- De deux choses l’une…
- Face à face…
- Dos à dos…
- Tête à tête…
- Dialogue.
Et tout ceci devant être critiqué, en soi, et à l’aune de pensées [anti] patriarcales. Dur, dur…
* Au vu de ce déballage, assurément non exhaustif, je me demande si, quand, dans quelles conditions, le monde a-t-il pu raisonner, penser autrement que sur la base de ces oppositions… binaires ?
- Penser donc à ce relevé avant de répondre à la question : Êtes-vous : pour ou contre ?
Ou : pour et contre ? en même temps ? et/ou réciproquement ? (Cf. Patriarcat. Penser) 16
* Ajout. 12 octobre 2018. Quel statut, dès lors, sur cette réalité si diverse, accorder à la critique de la « pensée manichéenne » ? (Cf. Pensée. Abstraction. Manichéenne)

Pensée (Binaire) (2) : La comparaison épuise l’entendement ; et ce d’autant que les termes ne sont pas préalablement définis et resitués dans leur contexte. Dès lors, la discussion construite sur du sable, ne peut mener qu’à l’enlisement du débat. Un préalable défini de concert élargit l’horizon. Mais pour cela, les termes du débat ne peuvent être « binaires ». CQFD.

Pensée (Binaire) (3) : Entendu : « [En France], quand on n’est pas d’accord, on est contre. » Quel lien avec la pensée binaire ?
* Ajout. 31 décembre 2018. Pierre Desproges [1939-1988], auteur de :
« Je n’ai rien contre les racistes. Au contraire. »

Pensée (Binaire) (4) : Entre les « climato sceptiques » et ceux et celles qui croient au réchauffement de la planète et de ses dangers, quelle place accorder à la si nécessaire critique de la fonction politique et économique que joue actuellement la si nécessaire lutte contre le réchauffement de la planète ? (Cf. Politique. Écologie)

Pensée (Binaire) (5) : Une pensée binaire - dont se nourrisse les débats qui nous sont quotidiennement proposés, imposés - oppose une pensée féministe à une pensée antiféministe. Au lieu et place de : nombre de pensées féministes. (Insuffisant. Poursuivre)

Pensée (Binaire) (6) : Pensée binaire ; pensée sommaire ; pensée fausse…

Pensée (Binaire) (7) : « En même temps » : le contraire d’une pensée - censée politique - binaire ? (Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel)

Pensée (Binaire) (8) : « Où placer le curseur ? » : formule de plus en plus banale. Ne veut rien dire. Crée et maintient la confusion. Ne remet en aucun cas une pensée binaire.

Pensée (Binaire) (9) : L’introduction d’un troisième terme [exemple : le purgatoire entre l’enfer et le paradis] atténue certes l’opposition des deux termes de cette pensée, mais il ne la supprime pas.

Par ordre chronologique. Pensée binaire :

Pensée (Binaire) (10) : 1717. Le cardinal de Retz [1613-1679] dans ses Mémoires, cite :
« […] la maxime qui nous ordonne de nous pas si fort choquer des fautes de ceux qui sont unis avec nous, que nous en donnions de l’avantage à ceux contre lesquels nous agissons. » 17

Pensée (Binaire) (11) : (16 juillet) 1789. Mirabeau [1749-1791], auteur de :
« Vous n’admettez aucun intervalle entre un morne silence et une dénonciation sanguinaire. Se taire ou punir, obéir ou frapper, voilà votre système. Et moi, j’avertis avant de dénoncer ; je récuse avant de flétrir […]. » 18

Pensée (Binaire) (12) : (3 décembre) 1792. Discours de Robespierre [1758-1794] sur la mort du roi :
« Louis doit mourir, parce qu’il faut que la patrie vive. » (Cf. Justice. Peine de mort, Politique)

Pensée (Binaire) (13) : (janvier) 1796. Edmund Burke [1729-1797], dans sa Lettre à un noble Lord, auteur de :
« Le cœur humain n’est pas fait pour les contraires, et la nature ne lui a pas donné la faculté de s’attendrir toute à la fois sur l’oppresseur et sur l’opprimé. » 19

Pensée (Binaire) (14) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, concernant sa méthode, écrit avec justesse :
« Nous n’avons jamais donné un jugement total, indistinct, nul portrait proprement dit ; tous presque tous sont injustes, résultant d’une moyenne qu’on prend en tel et tel moment du personnage, entre le bien et le mal, neutralisant l’un par l’autre, et les rendant faux tous les deux. Nous avons jugé les actes, à mesure qu’il se présentent, jour par jour et heure par heure. Nous avons datés nos injustices ; et cela nous a permis de louer souvent des hommes que plus tard il faudra blâmer. Le critique oublieux et dur condamne trop souvent des commencements louables en vue de la fin qu’il connait, qu’il envisage d’avance. Mais nous ne voulons pas la connaitre cette fin ; quoi que cet homme puisse faire demain, nous notons à son avantage le bien qu’il fait aujourd’hui; le mal viendra assez tôt : laissons-lui son jour d’innocence, écrivons-le soigneusement au profit de sa mémoire. » (Cf. Penser. Méthode, Histoire)

Pensée (Binaire) (15) : (mai) 1804. Paul-Louis Courier [1772-1825], alors chef d’escadron écrit à A.M.N :
« […] Ce matin, d’Anthouard [colonel du 1er régiment d’artillerie à cheval] nous assemble et nous dit de quoi il s’agissait, mais tout bonnement, sans préambule, ni péroraison. Un empereur ou la République, lequel est le plus à votre goût ? Comme on dit rôti ou bouilli, potage ou soupe, que voulez-vous ? […] » (Lire la suite) 20

Pensée (Binaire) (16) : (juillet) 1807. Paul-Louis Courier [1772-1825] écrit à Monsieur de Sainte-Croix [Guillaume. 1747-1809] :
« […] Maître et bon, maître et juste, ces mots s’accordent-ils ? Oui, grammaticalement, comme honnête larron, équitable brigand. » 21 (Cf. Langage. Adjectif, Politique. Hiérarchie)

Pensée (Binaire) (17) : 1873. John Stuart Mil [1806-1873], dans son Autobiographie, auteur de :
« Considérer que les principes du Bien et du Mal s’affrontent éternellement permet d’éviter le problème central de la théodicée chrétienne, celui de l’existence du mal dans un monde créé par un Dieu bienveillant et tout puissant. » 22

Pensée (Binaire) (18) : 1876. Hippolyte Taine [1823-1893], dans Les origines de la France contemporaine, auteur de :
- (Concernant les aristocrates après 1789) : « Ce n’est point contre l’ordre nouveau, c’est contre le désordre brutal qu’ils se liguent. »
- (Concernant les jacobins) : « Au contraire [du puritain], chez le Jacobin, la première injonction n’est pas morale, mais politique ; ce ne sont pas ses devoirs mais ses droits qu’il exagère, et sa doctrine, au lieu d’être un aiguillon pour la conscience, est une flatterie pour l’orgueil. »
- (Concernant « le programme jacobin de Paris) » : « La séparation des Français en deux classes, la spoliation de l’une, le despotisme de l’autre, l’écrasement des gens aisés, rangés et probes sous la dictature de gens qui ne le sont pas. » 23 (Cf. Politique. « Gilets jaunes » Révolution française, Histoire. Révolution française)

Pensée (Binaire) (19) : 1917. Vilfredo Pareto [1848-1923], dans son Traité de sociologie générale, auteur de :
« Qui attaque Machiavel [1469-1527] l’accuse de prêcher aux princes de devenir des tyrans ; qui l’excuse répond qu’il a seulement montré comment on peut atteindre ce but, mais qu’il n’a pas recommandé ce but.
L’accusation et l’excuse peuvent subsister toutes les deux, mais elles sont étrangères à la question de savoir comment les faits se passeront, en certains cas hypothétique
. » 24

Pensée (Binaire) (20) : 1932. Edith Wharton [1862-1937], dans Les chemins parcourus. Autobiographie, écrit :
« Je me souviens d’avoir dit une fois que je n’avais pas de succès à Boston (où nous allions régulièrement dans la famille de mon mari), parce qu’on y pensait que j’étais trop mondaine pour être intelligente, et que je n’avais pas de succès à New York parce qu’on craignait que je ne fusse trop intelligente pour être mondaine. » 25 (Cf. Femme. Écrivaine. Wharton Edith, Femmes. Intelligentes, Patriarcat)

Pensée (Binaire) (21) : 1953. Witold Gombrowicz [1904-1969], dans son Journal, concernant le livre de Dionys Mascolo [1916-1997] Le communisme. Révolution et communication ou la dialectique des valeurs et des besoins [Gallimard. 1953], auteur de :
« Ce texte me fait une impression étrange. D’une gravité absolue et d’absolu enfantillage. D’une sincérité absolue et d’un absolu mensonge. D’une connaissance absolue et d’une absolue ignorance de la réalité. » 26

Pensée (Binaire) (22) : 1956. Witold Gombrowicz [1904-1969], dans son Journal, après des analyses perspicaces de la personne et de l’œuvre de Simone Weil [1909-1943], auteur de :
« Il n’est pas d’attitude spirituelle qui, conséquente et dûment menée jusqu’à son terme, ne soit respectable.
On peut trouver de la force dans la faiblesse, de la conséquence dans l’inconséquence et de la grandeur dans la mesquinerie. Couardise vaillante, mollesse d’acier, fuite offensive et d’agression. » 27

Pensée (Binaire) (23) : 1956. Raymond Aron [1905-1983], dans un texte intitulé : Le fanatisme, la prudence et la foi, auteur de
« […] Quant il s’agit du statut de la propriété, du fonctionnement de l’économie, de parti unique ou de partis multiples, la description sociologique apporte plus d’enseignements que la phénoménologie transcendantale. » 28 (Cf. Philosophie, Sociologie)
- Et quand, en sus, les éléments de la comparaison ne sont pas comparables….

Pensée (Binaire (24) : 1986. Lu dans la préface de François Léger du livre d’ Hippolyte Taine [1828-1893], Les origines de la France contemporaine [1876], concernant les controverses historiques sur la Révolution française :
« […] Gabriel Monod [1844-1912] […] maintient que ‘la grandeur de la révolution l’emporte sur ses crimes.’» 29 (Cf. Histoire. Révolution française)

Pensée (Binaire) (25) : 1997. George Steiner, dans Errata, auteur de :
« Ce qu’on ne pardonne pas au Juif, ce n’est pas d’avoir tué Dieu, mais de l’avoir ‘engendré’. » 30

Pensée (Binaire) (26) : 2018. Mark Lilla, dans son livre, La gauche identitaire. L’Amérique en miettes, après un constat critique de la pensée de gauche régressant dans « l’identité » propose ses propres analyses :
« Les trois premières s’articulent autour des priorité : ‘Donner la priorité à la politique institutionnelle plus tôt qu’à l’action militante ; à la persuasion démocratique plutôt qu’à l’expression vaine de soi ; et à la citoyenneté plutôt qu’à l’identité d’un groupe ou d’une personne. […] » 31
Quel simplisme… et que de mauvaises questions… (Cf. Êtres humains. Identité, Politique. Identité)

Pensée (Binaire) (27) : (20 octobre) 2018. Gilles Kepel, « responsable de la chaire Moyen-Orient- Méditerranée à l’École Normale Supérieure », évoque l’héritier du trône d’Arabie Saoudite, Mohammed Ben Salman [dit BMS], « dans toutes ses dimensions », et, sans transition, poursuit : « que l’on soit pour ou contre [lui] » 32

Pensée (Binaire) (28) : (2 décembre) 2018. La maire socialiste de Lille, Martine Aubry a dénoncé « la politique injuste » de l'exécutif, qui menace selon elle de faire prospérer « la mortifère opposition » entre « justice sociale » et « transition écologique ». 33 (Cf. Politique. Écologie)

Pensée (Binaire) (29) : (3 décembre) 2018. Lu concernant le livre de Michelle Obama Devenir. [Fayard] retweeté par Marlène Schiappa :
« Cette femme ne laisse personne indifférent : ceux qui l’aiment vont aimer le livre, ceux qui la détestent y trouveront tout ce qu’ils veulent pour la critiquer. » (Cf. Femme. « Politique ». Schiappa Marlène)

Pensée (Binaire) (30) : (4 décembre) 2018. Daniel Cohn-Bendit, auteur de :
« On n’est pas dans une période révolutionnaire. On est dans une période de tentation autoritaire. » 34
Pensée (Binaire) (31) : (7 décembre) 2018. Entendu sur France Culture poser cette question :
« Gilets jaunes : une démocratie malade ou en rémission ? » 35 (Cf. Politique. État. « Gilets jaunes », Économie « Gilets jaunes »)

Pensée (Binaire) (32) : (7 décembre) 2018. Entendu sur France Culture poser cette question :
« Les Gilets jaunes veulent-ils plus ou moins de démocratie ? » 36 Il serait, à cet égard, possible d’y joindre une nombre fort important des débats animés par Hervé Gardette, sur France Culture, sans évoquer des critiques politiques plus signifiantes. (Cf. Homme. Journaliste, Politique. État. « Gilets jaunes », Médias, Économie « Gilets jaunes »)

Pensée (Binaire) (33) : (9 décembre) 2018. J’entends, après notamment la journée du 8 décembre, que les conseillers d’Emmanuel Macron seraient partagés entre « ceux qui demandent l’augmentation des impôts » et « ceux qui demandent la diminution des dépenses » 37 : ! ! !
- Mais en transcrivant cela, je me rends mieux compte que cette critique - somme toute formelle de la binarité de cette pensée - est sinon dérisoire, du moins radicalement insuffisante. (Cf. Économie. Impôts)

Pensée (Binaire) (34) : (22 décembre) 2018. Question posée à 19 heures par la chaîne C. News au terme de la sixième journée de mobilisation des « Gilets jaunes » :
« Trêve des confiseurs ou baroud d’honneur ? » (Cf. Politique. État. « Gilets jaunes». Médias)

Pensée (Binaire) (35) : (7 janvier) 2019. Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, à l’école militaire de Paris, auteur de :
« À l’ultra-violence, nous opposerons l’ultra-fermeté. » 38 (Cf. Politique. État. « Gilets jaunes ». Répression)
* Ajout. 23 février 2019. Entendu sur BFM.TV [17h40] :
« Des individus issus de l’ultra-violence ». (Cf. Êtres humains, Langage, Politique. Médias, Sociologie. Wieviorka Michel)

Pensée (Binaire) (36) : (19 janvier) 2019. Débat de C. News :
« Faut-il débattre ou manifester ? » (Cf. Politique « Gilets jaunes ». Médias)
- Sur BFM.TV, même jour, on lit : « Manifester ou débattre ?»

Pensée (Binaire) (37) : (22 janvier) 2019. Débat de C. News :
« Les retraités : vrais pauvres ou nouveaux riches ? » Suivi de :
« Les retraités sont moins pauvres que les autres ? » et de :
« Est-ce ce plus difficile pour les femmes seules ? » (Cf. Politique. État. « Gilets jaunes ». Médias)

Pensée (Binaire) (38) : (26 janvier) 2019. Sur C. News (ou LCI ?), débat entre un représentant LR et une représentante socialiste, opposant « la lutte contre la pauvreté » à « la lutte contre les inégalités ». (Cf. Politique. « Gilets jaunes », Médias, Économie)

Pensée (Binaire) (39) : (1er février) 2019. Sur des tee-shirts de certains militants travaillistes :
« J’adore Corbyn [leader du parti]. Je hais le Brexit. » 39 (Relations entre êtres humains. Aimer. Haine, Politique)

Pensée (Binaire) (40) : (1er février) 2019. Lu dans Le Monde Diplomatique, une critique qui évoque les travaux de Jonathan Israel, historien des Lumières qui aurait opposé les « Lumières modérées (John Locke, Montesquieu, Voltaire…) » aux « Lumières radicales (Diderot, d’Holbach. Helvétius. Thomas Paine…) » 40 (Cf. Histoire)

Pensée (Binaire) (41) : (20 février) 2019. Nicole Belloubet, ministre de la Justice, auteure de : « Ce n’est pas une justice sous pression. C’est même l’inverse. »
N.B. Pour précision : Je n’ai retrouvé dans aucun article cette seconde phrase entendue ce jour par moi (sur BFM.TV ?) lors de sa réaction à l’assemblée nationale, après le remise du rapport du Sénat sur « l’affaire Benalla ». (Cf. Possessif. Langage. Belloubet Nicole)

Pensée (Binaire) (42) : (17 mai) 2019. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale commentant le succès électoral du Rassemblement national sur le parti d’Emmanuel Macron, auteur de :
« Être contre, on peut tous le faire. Nous, on est pour. » 41

Pensée (Binaire) (43) : (27 juillet) 2919. Question posée dans l’émission Les idées claires - qui « démêle le vrai du faux », qui « remet de l’ordre autour d’une idée reçue » de France Culture : « Existe-t-il un lobby L.G.B.T ? » D’emblée, la réponse est donnée : « Non. Il n’existe pas de lobby L.G.B.T. » 42 Ouf ! J’ai eu peur… (Cf. Penser. Pensée. Claire)

Pensée (Bonheur) : Charles De Gaulle [1890-1970], auteur de (rapporté par André Malraux. [1901-1976]) :
« L’Illusion du bonheur, [en s’adressant à [Emmanuel] d’Astier [de la Vigerie.1900-1969], c’est fait pour les crétins ! » 43 (Cf. Êtres humains. Bonheur)

Pensée (Caricature) : Caricaturer (déformer, simplifier, réduire) une pensée qui vous serait opposée, c’est révéler l’inaboutissement de la sienne.
- Un exemple [repris dans Michel Foucault [1926-1984], car c’est en le lisant que cette idée m’est venue, mais qui bien évidemment me concerne aussi] :
« Il y a des schémas tout faits : quand on parle de pouvoir, les gens pensent immédiatement à une structure politique, un gouvernement, une classe sociale dominante, le maître face à l’esclave, etc.,…Ce n’est pas du tout à cela que je pense quand je parle de relations de pouvoir. [...] »
Certes, mais il faut alors expliciter sa pensée, laquelle ne m’est pas parue, chez lui, très claire ; à dire vrai fort confuse.…44

Pensée (Changer le monde. Sartre Jean-Paul) : (juin) 1946. Jean-Paul Sartre [1905-1980], dans Matérialisme et révolution, auteur de :
« […] Tout projet de changer le monde est inséparable d’une certaine compréhension qui dévoile le monde du point de vue du changement que l’on veut y réaliser. » 45 Oui. (Cf. Patriarcat. Concept. Saussure Ferdinand de)

Pensée (Claire) (1) : Une pensée claire ne s’interprète pas. Elle se critique et se prolonge dans d’autres qui la complexifie.

Pensée (Claire) (2) : L’un des grands avantages d’une pensée claire - qui n’est en rien, ni de près ni de loin, équivalente à, comparable même à ‘pensée juste’- qui, elle-même… - est qu’elle révèle l’obscurité de celles auxquelles elle peut être comparée.
Tautologique, certes…un peu…

Pensée (Claire) (3) : Une pensée peu claire, obscure, confuse…contraint peu ou prou celui/celle qu’elle concerne à s’interroger sur sa propre impossibilité à la comprendre. Peu respectueux…

Pensée (Claire) (4) : Dans la confusion [de la pensée], une clarté se lit.

Pensée (Claire) (5) : On ne dira jamais assez à quel point la confusion d’une pensée est favorable à, aide à la naissance, à l’avancée, à la renommée d’une carrière ; et à quel point cette confusion contribue au maintien du pouvoir de domination de ceux et celles que l’on qualifie d’ « intellectuel-les ». (Cf. Patriarcat. Domination Masculine, Politique)

Pensée (Claire) (6) : Deux expressions à la mode nous sont régulièrement offertes pour nous aider à voir plus clair, en nous, dans le monde : les « injonctions paradoxales» et les « dissonances cognitives et /ou les biais cognitifs », lesquelles prolongent : les « ruptures sémantiques », les « prophéties auto-réalisatrices », le « rationalisme discursif », « l’inversion du stigmate », la « construction en abîme »…
Chacun de ces termes, éclairant en lui-même, aident-ils, alors qu’ils sont si généreusement exprimés, à l’élaboration créatrice d’un nouvel imaginaire ? (Cf. Langage, Politique)

Par ordre chronologique. Pensée. Claire :

Pensée (Claire) (6) : (19 février) 1750. Voltaire [1694-1778] dans une lettre adressée au marquis des Issarts [1716-1754] auteur de :
« Rien ne marque mieux un esprit juste et droit que de s’exprimer clairement. Les expressions ne sont confuses que quand les idées le sont. » 46 Évident ?

Pensée (Claire) (7) : 1813. Madame de Staël [1766-1817], dans De l’Allemagne, auteure de :
« […] L’obscurité dans l’analyse des choses de la vie prouve seulement qu’on ne les comprend pas. » 47 Fort clair…
* Ajout. 20 octobre 2018. 1813. Madame de Staël [1766-1817], dans De l’Allemagne, auteure de :
« […] car, en toute chose, les contrastes sont piquants, mais les extrêmes opposés fatiguent. » 48

Pensée (Claire) (8) : 1865-1869. Léon Tolstoï [1828-1910] dans La guerre et la paix, concernant le prince André Bolkonski auteur de :
« Il avait reçu et transmis les ordres concernant la bataille du lendemain. Il ne lui restait plus rien à faire. Mais les pensées les plus simples, les plus claires et par conséquent les plus angoissantes ne cessaient de l’assaillir. » 49

Pensée (Claire) (9) : (26 septembre) 1926. André Gide [1869-1951], dans son Journal, écrit :
« Je relis Les caractères [1688] de La bruyère [Jean de. 1645-1696]. Si claire est l’eau de ces bassins, qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur. » 50

Pensée (Claire) (10) : (janvier) 1958. Jean Guitton [1901-1999] dans le Journal de ma vie, en présentant les éléments de « préparation d’un cours sur Dieu pour la Sorbonne », écrit :
« Un centre doit être obscur pour tous les points qui ne sont pas présents à ce centre. » 51 (Cf. Langage. Obscur)

Pensée (Claire) (11) : 1977. Michel Foucault [1926-1984], auteur de :
« L’obscurité est souvent une lâcheté théorique » et, ajoute-t-il, confusément, « serait l’envers de la terreur ». 52

Pensée (Clarification) : La clarification d’une pensée n’est pensable qu’après le dévoilement et la mise à nu des complexités qui la composaient. Tautologie ? Non : Précaution. (Cf. Langage, Penser)

Pensée (Concision) (1) : 1804. Pour moi, son chef d’œuvre, l’article 1382 du Code civil :
« Tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. » (Cf. Droit)

Pensée (Concision) (2) : Pour appréhender la concision du latin par rapport au français, visualiser la page de gauche des Confessions de Saint-Augustin [354-430] (livre trouvé hier, tout griffonné, dans la poubelle d’un libraire) de la page de droite.
* Ajout. 27 juillet 2018. (mai) 1948. André Gide [1869-1951], dans son Journal, écrit :
« L’admirable concision du latin laissera toujours l’explicitation inévitable du français loin derrière. » 53
Cité pour la « concision du latin », pas pour la comparaison qu’il en tire dont je refuse la pensée hiérarchisante.
Pensée (Concision (3) : Autres exemples de la concision du latin :
- (8 juillet) 1772. Lu dans une lettre de Voltaire [1694-1778] , concernant une phrase de Cicéron [106 avant J.C-43 avant J.C] :
« Vir probus didendi peritus ». Traduction : « Homme de probité, habile dans l’art de parler. » 54

- 1853. Lu dans l’Histoire de la Révolution de Michelet [1798-1874] :
« Impavidum ferient ruinae ». Traduction : « Que le monde croule, les ruines le frapperont sans l’effrayer » 55 (Cf. Culture, Langage)
- 1861. Lu dans L’utilitarisme de John Stuart Mill [1806-1873] :
« Volenti non fit injuria ». Traduction : « Ce qui est fait avec le consentement de la personne qu’on suppose lésée par l’acte en question n’est pas injuste. » 56 (Cf. Êtres humains, Justice)

Pensée (Contradiction) : Une contradiction ne se dépasse pas : elle se pose, se résout et se dissout ; et ce, afin de reformuler la pensée au sein duquel elle était préalablement exprimée de manière inappropriée.

Pensée (Contraire) (1) : Sans contraires, il n’y aurait pas d’oppositions ; sans oppositions, il n’y aurait pas de dépassements ; sans dépassements, il n’y aurait pas d’avancées. D’où la pertinence des analyses posant le nécessaire dévoilement des contradictions au sein des sociétés.
Pour ce simple constat de bon sens, il n’est pas nécessaire de citer Hegel, ni même de l’avoir lu et compris.
En revanche l’idée même de « contraire » est à remettre en cause. (Cf. Politique. Céder, Conciliation)

Pensée (Contraire) (2) : Le « renversement de la dialectique » ne rend pas « la dialectique » plus fondée.

Pensée (Contre) (1) : Il n’y a pas de pensée « contre ».
- Vrai aussi donc pour : « Penser à contre-emploi », « Penser à contre-courant », « Penser à contretemps » ; « Penser contre soi » (à la mode actuellement) …
En conséquence, prendre garde de ne pas se construire en fonction des attaques, des critiques, sur la base donc des défenses auxquelles l’on veut s’opposer.

Pensée (Contre) (2) : (26 mai) 2016. Sur une banderole de la manifestation, on lisait :
« Pour l’unité, il faut des ennemis communs. » 57 (Cf. Politique)

Pensée (Débats) (1) : Il y a des débats (nombreux) qu’il faut savoir (et donc apprendre à) refuser ; il en existe tant qui sont autant d’enfermements, de pièges, de cautions implicites, qui révèlent autant de rapports de force indus et de régressions de la pensée… (Cf. Penser. Questions)

Pensée (Débats) (2) : Par moments, il m’arrive de penser que la participation des invitées aux médias est proportionnelle à leur utilité fonctionnelle.
Il faut savoir donc apprécier à leur juste valeur ceux et celles, rares, qui dérogent à la règle…Avant de réfléchir à ce qui fonde les paroles des…autres : passionnant… (Cf. Penser. Intellectuel-les)

Pensée (Déni) : 1876. Hippolyte Taine [1828-1893], dans Les origines de la France contemporaine, écrit concernant « l’incurable infirmité de l’esprit jacobin » :
« Considérez en effet les monuments authentiques de sa pensée, le journal des Amis de la constitution, les gazettes de Loustalot, Desmoulins, Brissot, Condorcet, Fréron et Marat, les opuscules et les discours de Robespierre, les débats de le Législative et de la Convention, les harangues, adresses et rapports des Girondins et des Montagnards, ou, pour abréger les quarante volumes d’extraits compilés par Buchez et Roux. Jamais on n’a tant parlé pour si peu dire ; le verbiage creux et l’emphase ronflante y noient toute vérité sous leur monotonie et leur enflure. […]
Tout son vocabulaire consiste en une centaine de mots, et toutes le idées se ramènent à une seule, celle de l’homme en soi
[...]. » 58 (Cf. Droit, Langage, Penser. Déni, Politique. État. « Gilets jaunes », Histoire. Révolution française)

Pensée (Détail) : Il qualifia la pensée qu’il était censé critiquer de « détail doctrinaire ».

Pensée (Diverse) : Une pensée diverse ne peut être résumée, synthétisée, formalisée, conceptualisée… Et c’est très bien ainsi.

Pensée (Dogmatique) : Une pensée dogmatique : une pensée dont le point de départ mène au point d’arrivée et dont, du point d’arrivée, on peut déduire le point de départ ; les chemins de traverse fréquents masquant plus ou moins clairement le fil d’Ariane qui les lie.

Pensée (« Effets pervers ») : Il n’y a pas d’« effets pervers ». Il n’y a que des pensées inappropriées. (Poursuivre)

Pensée (Effort. Sorel Georges) : 1910. Georges Sorel [1847-1922], dans ses Réflexions sur la violence, auteur de :
« […] Je soumets à mes lecteurs l’effort d’une pensée qui cherche à échapper à la contrainte de ce qui a été antérieurement construit pour tout le monde, et qui veut trouver du personnel. Il me semble vraiment intéressant de noter sur mes cahiers ce que je n’ai pas rencontré ailleurs. […] » 59
Un référent positif… (Cf. Penser. Désapprendre)

Pensée (Équivalence) : L’équivalence de tout avec tout : la réhabilitation du rien. De l’un-e avec l’autre : s’en approche…

Pensée (État) : On sait depuis des lustres que toute religion est une entrave à la pensée ; mais il en est de même de l’État. (Cf. Politique. État)

Pensée (Expertise) : L’expertise tue la pensée [féministe incluse]. La spécialisation aussi. (Cf. Féminisme. Penser. Rivière Jacques, « Sciences » sociales)

Pensée (« Faiblesse ». Marx Karl) : 1849. Karl Marx [1818-1883] écrivait, fort justement, concernant la philosophie :
« C’est sa propre déficience interne qu’elle combat à l’extérieur ; c’est en découvrant les faiblesses de son adversaire au cours de la lutte qu’elle révèle ses propres faiblesses ; elle ne peut dépasser ses faiblesses qu’après les avoir éprouvées en elle-même. [...] » 60 (Cf. Philosophie)

Pensée (Faille) (1) : Utiliser à son profit les failles de l'argumentaire de la personne et / ou de l’idée critiquée ne rend pas le sien plus juste. Évident, certes, mais si appliqué, pourrait sans doute alléger nombre de plateaux de télé et/ou émissions de radio.

Pensée (Faille) (2) : Chaque faille d’une pensée est un cadeau offert à celle qu’elle est censée critiquer, et / ou avec celle de la personne avec laquelle on est censé-e ‘débattre’. Mais…cf. plus haut.

Pensée (Féministe) : Les pensées féministes ne se limitent pas, ne s’enferment pas dans l’analyse et la critique du patriarcat, fussent-elles, disons…largement appréhendées. (Poursuivre)
- Par comparaison, enfermer les critiques socialistes, communistes dans l’analyse et la critique du capitalisme fut l’une des failles majeures de ces pensées critiques. (Cf. Féminisme. Patriarcat. Penser le patriarcat)

Pensée (Féministe. Silence) : Il est des silences, notamment publics, qui sont des triomphes. Plus modestement [?], il m’arrive de penser à la phrase de Mirabeau adressée à ses adversaires à l’Assemblée : « Répondez si vous pouvez […] ! » 61 (Cf. Féminisme, Patriarcat)

Pensée (Fin) : Les moyens sont censés construire la fin. Mais, quelle est-elle ? Et dès lors, quels sont-ils ? (Cf. Penser. Changer le monde)

Pensée (Fonction) : Aucune pensée ne peut être justifiée par l’identité, le statut, la fonction de celui/celle qui l’exerce ; elle ne peut qu’aider - certes, souvent très utilement - à en éclairer les fondements. (Cf. Êtres humains. Soi. ‘T’es qui, toi’ ?)
- Pourrait utilement être lu par beaucoup, au premier chef, par exemple, par Jacques Attali, si peu conscient de la caricature, qu’en la matière, il incarne si souvent. (méchant ? utile ?)

Pensée (Force) : La force principale d’une pensée est dans sa capacité à intégrer sa propre critique interne, dans l’incessante recherche donc de sa propre faiblesse. On peut y adjoindre la lucide conscience de son bien-fondé, la fierté de sa légitimité, la volonté affichée, vécue, de combattre l’injustice à laquelle elle est censée remédier. (Cf. Féminisme)

Pensée (Guilloux Louis) : (4 mars) 1931. Louis Guilloux [1899-1980] dans une lettre adressée à Jean Guéhenno [1890-1978], écrit :
« […] Les hommes que nous sommes devenus ne savent plus combattre ces [les] mensonges, parce qu’ils croient toujours y découvrir une part de vérité, et aussi parce qu’ils sont appris à respecter tout ce qui se présente sous le nom de pensée. » 62 Doublement lumineux. (Cf. Culture. Guilloux Louis)

Pensée (Hypothèse [théorique]) (1) : Une hypothèse [théorique] n’est construite que dans un contexte politique donné, ainsi que sur les fondements d’un projet politique (quel qu’il soit).
Comme Monsieur Jourdain, nous avons tous et toutes des hypothèses [théoriques] en tête : comment, dans le cadre relatif donc qui est leur, les en faire ressortir afin de pouvoir les exprimer ?… (Cf. Penser. Pensée. Abstraction, Patriarcat. Penser. Théorie)

Pensée (Hypothèse [théorique]) (2) : Sans hypothèse, il n’y a pas de pensée. Ou, plutôt, plus justement, sans point de vue préalable - qui ne peut être que personnel - aucune vue n’est possible ; ou plutôt, la vue n’est que reflet de … :
- Sans hypothèse de départ, un raisonnement n’est qu’un commentaire. (Poursuivre…)

Pensée (Indignation) (1) : Une pensée ne naît pas d’indignations, mais, pour moi, il n’y a pas de pensée sans indignation. On peut remplacer indignation par « colère »…qui n’est pas - seulement - ressenti personnel… (Cf. Femmes. Colère, Langage)

Pensée (Indignation) (2) : (8 janvier) 2017. Jean-Louis Bourlanges, présenté comme « essayiste », auteur de :
« L’indignation ne mène nulle part », suivi, quelques minutes plus tard, de :
« […] L’indignation ne débouche pas sur des améliorations concrètes. » (Cf. Homme « Politique » Bourlanges Jean-Louis) 63

Pensée (Individualiste. Critique) : 1979. Nicola Berdiaev [1874-1948], dans son Essai d’autobiographie spirituelle, auteur de :
- « Mes capacités ne se manifestaient que lorsque le processus mental prenait sa source en moi, et quand je me trouvais dans un état actif et créateur ; par contre, toutes les fois que le processus mental m’arrivait du dehors et qu’il fallait assimiler passivement et retenir, je me sentais impuissant. » Et de :
- « Au fond, je n’aspirai ni à l’égalité, ni à la domination, mais uniquement à la construction de mon monde particulier. » Et enfin de :
- « […] On appelait cela mon ‘individualisme’, mais je crois ce terme inexact. Je passe du moi non seulement au monde des idées, mais aussi au monde social. » 64
Profond ou superficiel ? (Cf. Êtres humains. Soi, Politique)

Pensée (Irrécupérable) : Être irrécupérable [c’est à dire ne pas être intégrable dans une analyse qui n’est pas sienne] par quiconque : belle ambition.
Être récupérable : une faute / une erreur d’analyse s’est nichée quelque part, doit être débusquée et corrigée et /ou supprimée. (Cf. Êtres humains. Intègre)

Pensée (Léautaud Paul) : 1951. Paul Léautaud [1872-1956], dans ses Entretiens avec Robert Mallet, auteur de :
« La pensée ! Il ne faut pas employer des mots comme ça ! ... » 65 (Cf. Homme. Remarquable. Léautaud Paul)

Pensée (« Levier de ») : 2018. Entendu : Il débuta par : « une laïcité mal comprise », il poursuivit par : « une fausse laïcité », et puis évoqua la nécessité de « la critique du ‘laïcisme’ ». Vint, alors, sans transition, « le clash des civilisations », pour finir par : « Soyons français » suivi de : « À Rome fait comme les Romains. » 66

Pensée (Libérée) : Une pensée, libérée des défenses intellectuelles inculquées, sans même requérir son avis, et encore moins son accord, à l’être qui l’exprimait, révèle des forces considérables. (Poursuivre)

Pensée (Lucide) : Entendu la fin de la chanson de Léo Ferré [1916-1993], La solitude :
« La lucidité se tient dans mon froc ! Dans mon froc ! » (Cf. Féminisme. Antiféminisme, Homme. Grossier, Patriarcat)

Pensée (Manichéenne) : 1958. Maurice Merleau-Ponty [1908-1961] interrogé par Madeleine Chapsal, donne un exemple d’une pensée non manichéenne :
« Marx [1818-1883] […] n’était pas manichéen. Il pensait que le capitalisme est en décadence, mais qu’il a été une grande chose, qu’il faut détruire la philosophie, mais qu’il faut aussi le réaliser, que la révolution est une rupture avec le passé, mais qu’elle en est aussi l’accomplissement. » 67
Pas vraiment convaincant…à tout le moins … (Cf. Penser. Pensée. Binaire, Philosophie)

Pensée (Michelet Jules) : 1853. Jules Michelet [1798-1874], dans son Histoire de la Révolution française, auteur de :
« Quand on songe par quels degrés, quelles difficultés, quels obstacles, surgit toute grande pensée, on s’étonne moins de voir les humiliations, les bassesses où peut descendre, pour la sauver, celui qui l’eut une fois…
Qui nous donnera de pouvoir suivre, des profondeurs à la surface, l’ascension d’une pensée ?
Qui dira les formes confuses, les mélanges, les formes funestes qu’elle subit pendant des siècles ?
Combien, de l’instinct au rêve, à la rêverie, et au-delà au clair-obscur poétique, elle a lentement cheminé !
Comme elle a erré longtemps entre les enfants et les simples, entre les poètes et les fous !
Et un matin, cette folie s’est trouvée le bon sens de tous ! mais cela ne suffit pas.
Tous pensent, personne n’ose dire… Pourquoi ? […] » 68 (Cf. Histoire)

Pensée (Morin Edgar) : (11 mai) 2005. Edgar Morin, dans Le Monde, concernant la diffusion du projet de constitution européenne - le vote, qui s’avéra négatif, devant avoir lieu le 25 mai - auteur - de :
« C’est un vice de pensée que de se concentrer exclusivement sur un texte. »
- Et ce, après avoir affirmé que :
« La distribution à profusion du texte du projet de Constitution européenne ne va qu’accroitre la confusion et la perplexité. » 69
- Il faut oser écrire que : ne pas savoir est mieux que : savoir. (Cf. Homme. « Intellectuel », Penser. Vérité. Morin Edgar, Politique. Démocratie)

Pensée (Mort de la pensée) : [Dans le cadre d’une pensée qui se pose comme « rationnelle », « universelle » et donc, croit-elle d’emblée, « légitime »] : la perception d’une «réalité» considérée comme telle > la recherche d’une cause > qui ouvre la voie à une explication > laquelle nécessite un moyen > en vue d’un but plus ou moins explicité > traduit par une inscription dans la loi > laquelle cautionne et ou détruit les impositions préalables > et ce selon que vous serez hommes et femmes, riches ou pauvres, forts ou faibles, adultes ou enfants…(Reprendre)

Pensée (Neutralité) : (18 janvier) 2018. Le président du Comité national d’éthique, auteur, de : « On va être aussi neutres que possible… » 70 (Cf. Penser. Morale. Codes d’éthique)

Pensée (Nerval Gérard de) : 1855. Gérard de Nerval [18080-1855], dans Aurélia ou Le rêve et la vie, auteur de :
« […] Mes livres, amas bizarre de la science de tous les temps, histoire, voyages, religions, cabale, astrologie à réjouir les ombres de Pic de la Mirandole, du sage Meursius et de Nicolas de Cusa, - la tour de Babel en deux cents volumes, - on m’avait laissé tout cela !
Il y avait de quoi rendre fou un sage ; tâchons qu’il y ait aussi de quoi rendre sage un fou. » 71 

Pensée (Nombre) : Une pensée fait peu de cas du nombre. Ou plutôt : une pensée ne peut, ne doit pas faire cas du nombre ?

Pensée (Non-dit) : Faute de pouvoir s’exprimer adéquatement sur ce qu’il souhaitait transmettre, il expliquait doctement que l’essentiel était lisible dans le non-dit.

Pensée (Norme) (1) : Tout pouvant être qualifié de « norme », ne pas être dans la norme, critiquer la norme, ne peut signifier que l’expression d’un malaise personnel mal défini. Il en est de même concernant la critique de la « pensée dominante », de « politiquement correct », de la « bien pensance », et même des « belles âmes », autant de confusions intellectuelles qui pourtant fondent tant de débats…(Poursuivre)

Pensée (Norme) (2) : S’opposer à la norme, c’est la conforter. Il en est de même de « l’inversion des normes ».

Pensée (Nourrissante) : Elle se régalait de la pensée dont elle se nourrissait et qui lui conférait du poids.

Pensée (Péguy Charles) : 2017. En exergue du Site officiel de Charles Péguy [1873-1914], on lit :
« Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise pensée. C’est d’avoir une pensée toute faite. » 72 Facile ? sur quoi se fonde une telle hiérarchie ? Qui décide de la « norme » ? (Cf. Pensée. Norme)

Pensée (Personnelle) : Il qualifia la lettre qu’il avait reçu d’elle de : « très personnelle » ; elle, pourtant, n’y avait exprimé que sa pensée. Qu’en déduire ? Que, pour lui, sa pensée n’était pas même prise en compte ; elle se dissolvait en sa personne. Si fréquent… (Cf. Langage. Adverbe)

Pensée (Pertinence) : La pertinence d’une pensée (d’une action) se juge a postériori et sur le long terme. Devrait inquiéter les utilisateurs / trices de twitter…

Pensée (Politique) : Toute pensée est politique en ce sens qu’elle engage nécessairement un être, homme ou femme, marqué-e par une histoire, une nation, une culture, un milieu, une classe, singulières ou plurielles.
Elle l’est, qui plus est, lorsqu’elle s’assigne pour finalité de rendre compte, de réfléchir sur l’une ou l’autre des composantes de sociétés, passée ou présentes, proches ou lointaines.
Elle l’est, a fortiori, lorsqu’elle se projette, plus ou moins consciemment, plus ou moins volontairement, plus ou moins lucidement, dans l’avenir et aspire à participer à sa [re]construction.
- Cette approche, telle qu’ici présentée, n’a alors que peu - rien ? - à voir avec celles censées opposer « objectivité » et « subjectivité », « engagement » et « prise de distance », « réalisme » et « utopie » ou « révolution »… (Cf. Féminisme. Patriarcat. Penser. Pensée. Binaire, Penser. le Politique, « Sciences » sociales)

Pensée (Pouvoir) (1) : Le principal avantage du pouvoir (dans ses multiples manifestations) est d’emblée de s’estimer être, sinon en mesure, du moins en droit, de délégitimer l’auteur-e d’une pensée (action) : efficace, car cela a pour effet, sinon pour fonction, de diminuer le nombre des postulant-es et de restreindre le champ de la critique. Concerne, tous systèmes de domination, et, principalement, au premier chef, les hommes concernant leurs rapports aux femmes.

Pensée (Pouvoir) (2) : Lorsqu’un pouvoir croit pouvoir affirmer, afficher son mépris pour une personne, pour une pensée critique, il n’imagine que rarement - sauf à s’interroger sur lui-même - que celle-ci l’avait d’emblée déjà récusé. Là, réside sa faiblesse. (Cf. Politique. Mépris)

Pensée (Pouvoir) (3) : Lorsqu’un pouvoir est contesté, comme c’est curieux - lui qui est censé tout gérer, tout décider, et espère-t-il qu’on le croit, tout comprendre - il ne comprend plus rien…
* Ajout. 26 août 2018. Cette analyse est valable aussi pour ceux et celles qui ne se pose pas même la question de leur plus ou moins grande proximité à l’égard du pouvoir.
Un exemple : Thierry Pech, ce jour, évoquant le discours de Jean-Luc Mélenchon la veille à Marseille dont il était vraiment difficile de reconnaitre qu’il n’était ni brillant, ni percutant, ni intelligent, ni politiquement crédible, ni fondé sur des analyses à tout le moins plus justes que celles qui nous sont présentées depuis si longtemps, affirma avec assurance : « On ne comprend rien à ce qu’il propose ».
Certes, ce jugement n’était censé concerner que « l’émigration », mais on pouvait penser, sans trop défigurer cette ‘ analyse’, qu’il concernait l’ensemble du discours, dont ni lui, ni aucune membre de l’émission, ne parla pas autrement.
Et les journalistes, commentateurs/trices, semblent s’étonner d’être si peu crédibles et respectés…. (Cf. Langage. Possessif, Politique. Médias)

Pensée (Pouvoir) (4) : Dans l’éternelle lutte entre le pouvoir et sa critique, à court terme, le pouvoir est toujours gagnant.

Pensée (Pragmatisme) : Toute référence - et si souvent, toute assignation - au pragmatisme concrètement signifie s’adapter au monde tel qu’il fonctionne et donc au seul possible et interdit toute pensée, toute politique, tout imaginaire, toute utopie. (Cf. Politique. Utopie)

Pensée (Préjugé) : 1790. Edmund Burke [1729-1797], dans ses Réflexions sur la Révolution de France - dans un raisonnement ayant pour finalité de re-légitimer les préjugés - écrit :
« Un préjugé donne à la raison qu’il contient le motif qui fait sa force agissante et l’attrait qui assure sa permanence. En cas d’urgence, le préjugé est toujours prêt à servir ; il a déjà déterminé l’esprit à ne s’écarter jamais de la voie de la sagesse et de la vertu ; si bien qu’au moment de la décision, l’homme n’est pas abandonné à l’hésitation, travaillé par le doute et par la perplexité. Le préjugé fait de la vertu une habitude et non une suite d’actions isolées. »
Autant d’arguments pour délégitimer les préjugés…73 (Cf. Patriarcat. Préjugé)

Pensée (Processus d’une pensée totalitaire) (1) : Je pense que… ; j’espère que… ; je crois que… ; Je veux que…; Je sais que…. Pour terminer par : « Ceci est ».

Pensée (Processus d’une pensée totalitaire) (2) : Pour [tâcher de] s’en prémunir, s’interroger en préalable sur son statut : est-ce un présupposé ? un instinct ? une intuition ? une hypothèse ? une opinion ? un avis ? un conseil ? une croyance ? une idée ? une aspiration ? une certitude ? ; et concernant une personne : un rejet ? un mépris ? une peur ? une attirance ? un penchant vers ? un besoin de ? une demande à …

Pensée (Progrès) : Lorsque l’on veut voir le progrès, on s’interdit d’analyser le monde. Il y manque en effet les erreurs, les échecs, les régressions et les renaissances (autrement…) Bref, la complexité. Concerne nombre d’analyses féministes…

Pensée (Progression) : « Je ne comprends rien » ; puis : « Comprenne qui peut » ; puis : « C’est incompréhensible » . Et enfin : « Cela n’est qu’incompréhension, dont la responsabilité incombe à l’auteur-e lui/elle-même. » (Cf. Penser. Comprendre)

Pensée (Puissance. Hugo Victor) : 1864. Victor Hugo [1802-1885], dans Les misérables, auteur de :
- « Où est la pensée, là est la puissance. […] » (page ?)
- « Qu’est l’invasion des royaumes comparée à l’ouverture des intelligences ? […] » 74
Éternelle question, jamais résolue, mais là, sans doute, mal posée : comment comparer une armée et des écoles ? D’autant que dans les deux cas, l’État en est en règle générale le maître d’œuvre… (Cf. Penser. Intelligence)

« Pensée » (Queer) : (21octobre) 2019. Entendu sur France Culture dans une série d’émissions consacrée aux champignons :
« […] Ce qui m’intéresse avec les champignons, c’est une certaine poésie, pour moi, plus une poésie queer que féministe. Ce qui est queer pour moi, avec les champignons…avec tout l’aspect symbiotique des champignons, c’est cette question de l’effacement des frontières, des catégories, des transgression entre espèces. Je vois du queer dans les symbioses…parce qu’il y a cette transgressions entre les catégories.…On ne sait plus si c’est une plante ou un champignon. Ce qui est très beau, très queer là-dedans, c’est qu’ils se fichent complètement des catégories que nous on a établi. Ils font leur petite tambouille à eux. Ils rentrent dans ces interactions….J’y vois un certain érotisme trans-espèce, quelque chose d’extrêmement charnel, d’extrêmement érotique de ce mélange entre espèces différentes qui fait complètement exploser la conception qu’on dans les liens entre espèces. » 75 À citer, à profusion… (Cf. notamment Culture « Queer »)

Pensée (Radicale) : Une pensée radicale ne se divise pas. Elle doit avoir pour ambition de s’approcher de l’ensemble dans lequel elle s’inscrit.

Pensée (Rêve) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les misérables, auteur de :
« Il y a de la volonté dans la pensée, il n’y en a pas dans le rêve. » 76

Pensée (« Second, troisième…degré ») : Invoquer le « second - troisième…- degré » brise toute aspiration à la cohérence, à la clarté. Et, si souvent, est employée pour justifier le droit d’invalider une parole, jugé nécessaire du fait des réactions provoquées. Avant toute référence au « second degré », se poser la simple question : Le « second degré » de l’un-e est-il celui de l’autre ? Et préalablement : ça veut dire quoi, le premier degré ?

Pensée (Sens) : Une parole pour être entendable doit être sens. Comme les écrits. Comme la vie. Renvoie nécessairement à des valeurs. [À expliciter]. Lieu commun ? (Cf. Langage, Politique)

Pensée (Sens commun et/ou Bon sens) : Albert Einstein [1879-1955] aurait défini (cité sans source) le « sens commun » et /ou le « bon sens », comme : « la collection de préjugés acquis à l’âge de 18 ans. » 77

Pensée (Sensible) : Entendu : « Le sensible est de l’intelligible confus. » (Poursuivre)

Pensée (Simple) : 1865-1869. Léon Tolstoï [1828-1910] dans La guerre et la paix, concernant la politique militaire du général Koutouzov [1745-1813] durant la retraite [le repli, la fuite] française de Russie en 1812, auteur de :
« […] Tout ce que Koutouzov disait de la nécessité d’attendre des vivres, du manque de bottes pour les hommes, tout cela était d’une simplicité si enfantine en face de leurs propositions compliquées et savantes que de toute évidence Koutouzov était une vieille baderne, et eux des hommes de guerre de génie, hélas impuissants. » 78 (Cf. Politique. Guerre)

Pensée (Soi) (1) : Après « une chambre à soi », une pensée à soi. Plus complexe qu’il n’y paraît. (Cf. Êtres humains. Soi)
* Ajout. 12 février 2018. Avant Une chambre à soi [1929], de Virginia Wolf [1882-1941, Ovide [43 avant J.C-17/18 après J.C] avait écrit :
« Les poèmes requièrent de ceux qui les écrivent une retraite et des loisirs. » [Tristes, Livre I, N° 1, v.41] (Cf. Êtres humains. Soi)

Pensée (Soi) (2) : Pour penser, réfléchir, il faut partir de soi ; ramener à soi invalide le processus. (Cf. Êtres humains. Soi)

Pensée (Soi) (3) : [Excès d’] orgueil ? Ou plutôt : exigence [minimale] ? (Cf. Êtres humains. Soi)

Pensée (Soi) (4) : Plus la pensée est sienne, mieux elle peut s’ouvrir à celle de l’autre. Non : faux. (Poursuivre) (Cf. Êtres humains. Soi)

Pensée (Soi) (5) : Le refoulement de ses propres pensées, écrasées, étouffées par les « maîtres » de tous acabits qui l’habitent détruit la possibilité même de la croyance en la pensée d’un autre. Il ne reste plus alors que la pensée de la reproduction. C’est cette chape de plomb qu’il faut lever. (Cf. Êtres humains. Soi)

Pensée (Statut de la parole) : Le positionnement du statut du sujet du discours est un préalable à toute pensée. Pas uniquement l’être singulier : l’être dans le monde. (Cf. Êtres humains. Soi. « T’es qui, toi ? »)

Pensée (Synthèse) : Les synthèses dénaturent. Toute synthèse est trahison.

Pensée (Varnhagen Rahel) : Lu dans le livre de Georges Solovieff consacré à Rahel Varnhagen [1771-1833] qu’elle appelait ses pensées :
« des essences distillées dans [ses] larmes. » (sans date, ni source) 79 (Cf. Femmes. Pleurs, Penser. Liberté. Varnhagen Rahel)

Pensée (Vide-Pensées) : Plus utile qu’un vide-poche. Une idée vous vient, une idée vous gêne, une idée vous met en colère, une idée mérite d’être sauvée de l’oubli, une idée vous pèse, une idée vous capte, une idée vous éclaire : Un Abécédaire (à soi), vous en libère en vous permettant de les dépasser ; il permet en effet de déposer les scories qui occupent l’espace, de s’alléger de ce qui étouffe et de faire place plus nette...
Pour laisser à cet exercice son exactitude stricto sensu personnelle, je me suis, depuis son tout début, interdite de retirer un quelconque item à cet Abécédaire. J’ai, en revanche, pu modifier certains d’entre eux, eu égard à l’évolution de ma réflexion. (Cf. Homme. Remarquable. Dostoïevski, Pensée. Méthode. Abécédaire, Psychanalyse)

Pensée (Weil Simone) : (26 mai) 1942. Simone Weil [1909-1943], auteure de :
« J’ai besoin de me dire ces choses pour n’avoir pas peur de mes propres pensées. » 80

II. Pensée. Idées :

Pensée (Idée) (1) : Extirper les idées des carcans des fonctions qui les ont étouffées pour les replonger dans le réel. Et mieux penser sur d’autres fondements….

Pensée (Idée) (2) : Il y a ceux et celles qui, d’une idée, rejettent le tout et ceux et celles qui, dans le tout, trouvent l’idée. Il y a aussi ceux et celles qui enferment le réel dans l’idée et ceux et celles qui savent, qu’avec des idées ancrées dans le réel, on change le monde.

Pensée (Idée) (3) : Les idées ne sont à personne. Elles appartiennent au « patrimoine [culturel immatériel] de l’humanité ». Que faire alors du « droit à la propriété intellectuelle » ? : le transformer en un bien commun à échanger, à partager, permettant de s’enrichir de concert, par-delà les frontières, gratuitement. (Droit. « Droit à la propriété intellectuelle », Politique. Frontières)

Pensée (Idée) (4) : Une idée : une épreuve de vérité. (Cf. Penser. Vérité)

Pensée (Idée) (5) : Une idée est pièce à conviction. Elle doit être pensée, pesée, appréciée à sa juste valeur, conséquences incluses. Concerne tout le monde, « humoristes », « caricaturistes » inclus, sans exceptions.

Pensée (Idée) (6) : Une pensée n’est forte que si elle fait vaciller le socle sur lequel elle repose et dont elle est issue, et, par ondes de chocs, si elle n’ébranle donc pas tout son environnement.

Pensée (Idée) (7) : Une idée n’a pas [vocation] à être mise en œuvre. Elle peut l’être, mais ce n’est pas sa finalité, encore moins sa fonction.
* Ajout. 14 novembre 2017. Variante : Le moyen le plus efficace de tuer une idée - et même plus sur l’idée d’une idée - est de s’interroger, sitôt émise, sur son applicabilité.

Pensée (Idée) (8) : Lorsque l’on défend des idées, il ne faut pas les incarner. Rédhibitoire.

Pensée. Idée (9) : Incarner une idée, à fortiori [se] l’approprier, c’est en sus de la malhonnêteté et de l’absurdité du projet, la détruire.

Pensée (Idée) (10) : Une personne qui croit à des idées ne peut accepter d'être présentée intuitu personae ; elle se met en effet alors en situation d’être réduite à elle-même.

Pensée (Idée) (11) : Penser, ressentir qu’une idée est - selon soi, pour soi - juste, nouvelle… procure un sentiment de jouissance, de pouvoir, de plaisir. Si l’on croit à la force d’une idée….

Pensée (Idée) (12) : Pour - simplement - entendre un argument, encore faut-il croire à la valeur d’une idée, d’une parole, d’un engagement. Et à la valeur - j’emploie ce terme, faute d’un autre adéquat - de la personne qui l’émet. La «raison» qui refuse à s’y confronter bute alors sur ce qui lui demeure incompréhensible. Se raidit, se sclérose.

Pensée (Idée) (13) : Une idée ne doit jamais être présentée (proposée ?), prise en compte, analysée, critiquée que pour ce qu’elle est, pour sa valeur intrinsèque : relative, stérile ou féconde, c’est selon chacun-e. Mais encore faut-il au préalable qu’elle soit reconnue comme telle et ne relève pas du postulat, du principe, de l’exemple, de l’hypothèse, de l’argument d’autorité…. (Poursuivre)

Pensée (Idée) 14) : Vouloir faire valoir ses idées, c’est en nier la valeur. (Cf. Êtres humains. Soi. Penser. Pensée. Parler publiquement de / Écrire sur soi)

Pensée (Idée) 15) : Si les idées doivent avoir une force supérieure à celle du pouvoir, ne doivent-elles pas s’imposer d’elles-mêmes ? (Cf. Êtres humains. Soi. Penser. Pensée. Parler publiquement de / Écrire sur soi)

Pensée (Idée) (16) : Qu’importe la forme, si l’idée est juste…Des pleurs, un cri, un hurlement, et tant de silences doivent être compris sinon comme un raisonnement, du moins comme aussi signifiants.
* Ajout. 26 juillet 2019. 1838. Ralph Waldo Emerson [1803-1882], concernant son engagement antiesclavagiste, écrit dans son Journal :
« Au fond ce n’est qu’un simple cri ; mais parfois un cri vaut mieux qu’une thèse. » 81

Pensée (Idées) (17) : Les structure sociales, mentales, intellectuelles etc., sont suffisamment solides et à même, du seul fait de leur pesanteur, de se reproduire pour qu’en sus il ne soit pas demandé aux idées de s’adapter à elles.

Pensée (Idées) (18) : Idées et prosélytisme sont deux termes incompatibles.

Pensée (Idée) (19) : Attendre un résultat d’une idée, c’est nier sa qualité d’idée.

Pensée (Idée) (20) : Servir, se mettre au service d’une idée, mais ne pas se servir d’une idée. Déjà exprimé mille fois, mais…

Pensée (Idée) (21) : Il existe des idées qui sont comme des grenades dégoupillées : on n’ose y être confronté-es, de peur qu’elles ne vous explosent à la figure.

Pensée (Idée) (22) : Certain-es allaient à la chasse aux papillons ; d’autres à la chasse aux idées.

Pensée (Idée) (23) : Il fut, paraît-il, un temps où l’on avait des idées, certain-es même y croyaient, se battaient pour les faire reconnaître, tentaient de les convertir en projets, et même, mourraient pour elle ; aujourd’hui, on « affiche des postures ».

Pensée (Idée) (24) : Pour « avoir » des idées, encore faut-il « avoir » les mots qui permettent de les exprimer et ne pas être sous le joug de ceux et celles qui se les sont appropriés, de ceux et celles qui les formatent. (Cf. Culture, Langage. Mots)
- Cf. Guy Boley, auteur de « Quand dieu boxait en amateur » [Grasset. 2018], et auteur de :
« II y a un accès à la parole auquel les catégories humbles, disons-le comme ça […] ne se sentent pas le droit d’avoir accès […] Dans ma famille […] ils ne se sentaient pas en droit de penser. […] Ils ne pensaient pas qu’ils pouvaient exprimer une pensée avec les mots de pauvres qu’ils avaient. » 82 (Cf. Langage. Mots)

Pensée (Idée) (25) : Une idée ouvre la voie à une autre idée, qui ouvre la voie à une seconde, puis à une troisième, puis…
L’important est de croire à la première, quelle qu’en soit la validité, pour ne pas parler de valeur….

Pensée (Idée) (26) : (8 avril) 2019. Entendu lors de la restitution officielle du « grand débat national » que : « 720.000 idées ont été exprimées par les français-es ». 83

Pensée (Idée) (27) : La question est moins de s’interroger pour savoir d’où proviennent les idées, quel-les en sont les auteur-es, que de tenter de comprendre comment elles cheminent, ou plutôt pourquoi certaines, et pas d’autres, cheminent.

Pensée. Idée. Par ordre alphabétique :

Pensée (Idée. « Action Française ») : « Notre force, c’est d’avoir raison » était l’une des maximes de l’Action Française [mouvement d’extrême droite nationaliste, royaliste, fondée en 1898].
Toujours donc se défier de la ‘force’ des idées, fondées sur, justifiées par la seule supposée « raison », qui n’est que celle de celui/celle qui s’en prévaut. D’où qu’elles viennent donc. (Cf. Patriarcat. Raison. Avoir)

Pensée (Idée. Balzac Honoré de) : (26 octobre) 1834. Honoré de Balzac [1799-1850] écrit à Madame Hanska [1801-1882] :
« Ma vie n’est variée que par les idées ; physiquement, elle est monotone. » 84

Pensée (Idée. Beccaria Cesare) : 1764. Cesare Beccaria [1738-1794], dans Des délits et des peines, auteur de :
« Il est démontré que la liaison des idées est le ciment qui maintient tout l’édifice de l’entendement humain. » 85
Analyse riche en elle-même et de ses dépassements. (Cf. Penser. Beccaria, Patriarcat)

Pensée (Idée. Berl Emmanuel) : 1971. Emmanuel Berl [1892-1974], interviewé sur la Chaine Histoire, auteur de :
« Là où il n’y a pas d’idées, mon intérêt faiblit très vite. » 86

Pensée (Idée. Castoriadis Cornelius) : 1962. Cornelius Castoriadis [1922-1997], dans Quelle démocratie ? auteur de :
« Il faut comprendre que l’expression et la formulation d’une idée, même fragmentaire, inachevée ou erronée, peut conduire à son dépassement, tandis que son refoulement ne conduit qu’à la névrose politique. » 87

Pensée (Idée. Catherine II de Russie) : (11 septembre) 1773. Catherine II, de Russie [1729-1796] écrit à Voltaire - ce qui peut être aisément considéré comme une critique qu’elle lui adresse, lui qui ne cesse de la pousser à la guerre contre les Turcs - :
« Il y a des gens qui n’aiment que ce qu’ils ont inventé et qui sacrifient tout à leurs idées, une fois reçues. […] » 88 (Cf. Politique. Guerre. Voltaire)

Pensée (Idée. Constant Benjamin) : 1803. Benjamin Constant [1767-1830], dans son Journal intime, auteur de :
« J’ai terminé mon chapitre sur l’allégorie, j’en suis content. Il est rempli d’idées. […] » 89

Pensée (Idée. De Gaulle Charles) : Charles de Gaulle [1890-1970], dans ses Mémoires, concernant le maréchal Juin [1888-1967], auteur de :
« Il lui donnait (concernant le plan de la manœuvre) comme axe une seule idée, mais assez nette pour éclairer les siens;, assez juste pour qu’il n’eut pas à la changer en cours d’action, assez forte pour s’imposer en fin de compte à l’ennemi. » 90

Pensée (Idée. D’Holbach) : 1770. Paul Henry Thiry d’Holbach [1723-1789], dans son Essai sur les préjugés. Ou : De l’influence des opinions sur les mœurs et le bonheur des hommes, auteur de :
« Il est évident que la faculté de communiquer ses idées est un des plus grands avantages que la Nature ait donné aux êtres de l’espèce humaine. » 91 (Cf. Êtres humains, Hommes. Féminisme, Penser. Théologie. Vérité)

Pensée (Idée. Du Bos Charles) : 1921-1923. Charles Du Bos [1882-1935], dans son Journal, écrit :
« Leurs idées ne sont que des instincts pensées. » 92 (Cf. Penser. Instinct)

Pensée (Idée. Feyerabend Paul) : 1998. Paul Feyerabend [1924-1994], dans Contre la méthode. Esquisse d’une théorie anarchiste de la connaissance, auteur de :
« Il est rare qu’une idée soit totalement sans mérite. […] » 93

Pensée (Idée. Freud Sigmund) : (11 décembre) 1914. Sigmund Freud [1856-1939] dans une lettre adressée à Karl Abraham [1877-1925] lui écrit :
« Avant, ma manière de travailler était autre ; j’avais l’habitude d’attendre qu’une idée [Einnfall] me vienne. Maintenant je vais à sa rencontre ; je ne sais pas si je la trouverai plus vite pour autant. » 94

Pensée (Idée. Gombrowicz Witold) : 1960. Witold Gombrowicz [1904-1969], dans son Journal, auteur de :
« […] Il est tellement farci d’idées qu’il perdu le goût, l’ouïe, l’odorat, la vue et le toucher.
Pis : Il a cessé de se sentir lui-même. » 95

Pensée (Idée. Gourmont Rémy de) : (16 mars) 1940. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal [littéraire, se souvient de la soutenance d’une thèse à la Sorbonne concernant Rémy de Gourmont [1858-1915], ce « sceptique passionné » et écrit :
« J’écris pour clarifier une idée. » 96

Pensée (Idée. Grève. Femmes) : 2017. Une ouvrière se remémorant la lutte des CIP (Textile du Nord. 1975-1978) :
« On a eu une organisation du tonnerre. […] On cherchait des manifestations qui n’avaient jamais été faites […] L’AG donnait des idées […]
En AG, les filles quelques fois donnaient des idées mais on se demandait où elles avaient été les chercher (sur un ton d’admiration).
Et, après on se demandait si on pouvait le faire. Et, si on pouvait, on se donnait le moyen de le faire.
Et on le faisait. » 97
Quel plaisir de savoir que ceci a été dit, fait, et que l’on puisse le lire aujourd’hui … Comme de savoir que tous les jours, tant agissent ainsi. (Cf. Politique. Autogestion. Démocratie, Luttes, Sociologie)

Pensée (Idée. Guéhenno Jean) (1) : Jean Guéhenno [1890-1970], dans son Journal des années noires, auteur de :
« On ne peut pas plus contre une idée que contre le ciel et les astres. » 98 La réfuter ?

Pensée (Idée. Guéhenno Jean) (2) : (2 octobre) 1941. Jean Guéhenno [1890-1970], alors professeur de lettres en Khâgne, convoqué par « un administrateur » (de l’Éducation nationale), se souvient :
« On m’a prié d’ailleurs gentiment de donner à mon enseignement un tour plus technique et plus pratique. […] L’histoire des idées est désormais suspecte. Que ne parlais-je plutôt de la règle des participes. […] » 99 (Cf. Langage, Histoire. Philosophie)

Pensée (Idée. Guitton Jean) : (5 septembre) 1966. Jean Guitton [1901-1999] rapporte dans le Journal de ma vie, une discussion qu’il eut avec le pape Paul VI [1897-1978] dont j’extrais l’analyse suivante :
« […] Souvent, c’est la praxis [la pratique] qui devance l’idée ; on agit sans savoir les motifs de son action, et c’est en réfléchissant sur les motifs de son action qu’on retrouve la théorie qui a inspiré cette action. […] » 100 Pertinent…Original ? (Cf. Pensée. Théorie, Philosophie)

Pensée (Idée. Hegel) : Friedrich Hegel [1770-1831], (date à retrouver) auteur de :
« Le travail théorique - je m’en convaincs chaque jour d’avantage - apporte au monde davantage que le travail pratique ; si le domaine des idées est révolutionné, la réalité ne peut demeurer telle qu’elle est. » 101
La question du temps est cependant posée. (Cf. Philosophie. Hegel, Histoire)

Pensée (Idée. Hugo Victor) (1) : (28 février) 1849. Victor Hugo [1802-1885], dans Choses vues, auteur de :
« Quand s’occupera-t-on des idées qui sont dans les têtes et non des bonnets qui sont dessus ? » 102 (Cf. Êtres humains)

Pensée (Idée. Hugo Victor) (2) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les Misérables, écrit :
« On n’empêche pas plus la pensée de revenir à une idée que la mer de revenir à un rivage. » 103

Pensée (Idée. Hugo Victor) (3) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les Misérables, auteur de :
« […] Quels flots que les idées ! Comme elles couvrent vite tout ce qu’elles ont mission de détruire et d’ensevelir, et comme elles font promptement d’effrayantes profondeurs ! » 104

Pensée (Idée. Hugo Victor) (4) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les Misérables, concernant l’association « les amis de l’ABC » présentant Combeferre « le philosophe » écrit :
« Il voulait que la société travaillât sans relâche à l’élévation du niveau intellectuel et moral, au monnayage de la science, à la mise en circulation des idées., à la croissance de l’esprit dans la jeunesse […]. » 105

Pensée (Idée. Hugo Victor) (5) : (4 octobre) 1872. Victor Hugo [1802-1885], dans Choses vues, auteur de :
« Une idée est un germe dont le peuple est le sillon. » 106

Pensée (Idée. Intérêts) : Nombreux-euses sont ceux et celles qui ne semblent avoir que les idées de leurs intérêts, quelles qu’en soit la nature et les manifestations.
Mais il apparaît vite que, réduits à la seule prise en compte de leurs propres intérêts, et donc, se mutilant de leur essentiel, ils/elle ne peuvent plus avoir d’idées.
Et c’est pourquoi, si souvent, tant et tant agissent, sans être à même de s’en rendre compte, contre leurs intérêts, dissociés d’eux/elles-mêmes.

Pensée (Idée. Joly Eva) : 2004. Eva Joly, dans son livre Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ? auteure de :
« Ces idées sont largement aujourd’hui minoritaires - elles n’en sont que plus précieuses à mes yeux. Car il suffit parfois de trois fois rien, d’un simple événement, pour rompre un ordre des choses apparemment immuable. » 107 (Cf. Femme « Politique ». Joly Eva)

Pensée (Idée. Keynes John Maynard) : 1936. J.M. Keynes [1883-1946], dans sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, auteur de :
« Nous sommes convaincus qu’on exagère grandement la force des intérêts constitués par rapport à l’empire qu’acquièrent progressivement les idées. […]
Ce sont les idées et non les intérêts constitués qui, tôt ou tard, sont dangereuses pour le bien comme pour le mal. » 108
- Question d’importance : comment lier, comment lier, dissocier « idées » et « intérêts » ? (Cf. Pensée. Idée, Intérêts, Économie)

Pensée (Idée. Léautaud Paul) : (15 octobre) 1897. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal [Littéraire] écrit :
« [...] Parfois ma chambre est trop étroite pour l’excitation que me donnent les idées. » 109

Pensée (Idée. Macron Emmanuel) : (10 août) 2017. La session parlementaire est terminée, les ministres partant en vacances, Emmanuel Macron, alors en chute libre dans les sondages, les problèmes non réglés s’accumulent auxquels s’ajoutent les nouveaux. Je lis :
« Au gouvernement cette année, pas de vacances sans devoirs. Emmanuel Macron a appelé ses troupes à faire le bilan de ces trois premiers mois à la tête du pays et à revenir avec deux, trois idées qui pourraient être débattues dès la rentrée. » 110 (Cf. Homme. « Politique ». Macron Emmanuel, Politique)

Pensée (Idée. Magny Colette) : Colette Magny [1926-1997], auteure de :
« Moi, ce qui m’intéresse, ce sont mes idées. » 111 (Cf. Femmes. Artiste. Chanteuses françaises d’antan)

Pensée (Idée. Michelet Jules) (1) : (27 février) 1842. Jules Michelet [1798-1874] dans son Journal, écrit :
« Mes évènements, chose étrange, ce sont mes idées. » 112 Pourtant, fort compréhensible….

Pensée (Idée. Michelet Jules) (2) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, évoquant l’Assemblée constituante en août 1789, écrit :
« Le caractère de cette Assemblée prise en masse, son originalité, comme celle de l’époque, c’était une foi singulière en la puissance des idées. […] » 113

Pensée (Idée. Michelet Jules) (3) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, évoquant la France lors du vote de la mort de Louis XVI [janvier 1793], écrit :
« Quelle était l‘idée morale de la France ? … Tous nos fameux politiques sourient, remuent la tête à ce mot d’idée. Qu’ils sachent que le glorieux ennemi des idéologues a péri faute d’une idée. Ceux qui vivent, vivent d’une idée ; les autres ce sont les morts. » 114
N.B. Pour Michelet, cette idée était : la « justice ». (Cf. Justice, Politique)

Pensée (Idée. Mirabeau) : (8 juillet) 1789. Mirabeau [1749-1791], auteur de :
« Le peu de moments que j’ai eu pour rassembler mes idées ne me permettra pas sans doute de leur donner tout le développement nécessaire : mais j’en dirai assez pour éveiller votre attention, et vos lumières suppléeront à mon insuffisance. » 115

Pensée (Idée. Mitterrand François) : (7 février) 2011. Bruno Lemaire, dans son livre Jours de pouvoir, rapporte la demande de François Mitterrand à Claude Allège, alors son conseiller, concernant son second mandat :
« Mitterrand me disait : ’Quand tu as une bonne idée, Claude, tu la gardes et tu me la donnes, et, les autres, tu en parles à tout le monde. » 116
Quelle misère… ou : quel misérable ? (Cf. Homme. « Politique ». Mitterrand François, Politique)

Pensée (Idée. Monde Le) : (24 mai) 2017. Lu dans un commentaire du Monde consacré au massacre de Manchester [16 août 1819] :
« Quoi de mieux que les idées, pour nier le monde ? » 117
Pour y participer, pour le construire aussi… (Cf. Politique. Médias. Terrorisme)

Pensée (Idée. Neuve) : George Orwell [1903-1950] concernant un historien britannique (date à retrouver), écrit :
« C’est un conservateur ordinaire, ‘intelligent‘, malin-idiot dont la technique habituelle est de se débarrasser de toute idée nouvelle en indiquant qu’on l’a déjà entendue. » 118 (Cf. Histoire)

Pensée (Idée. « Pierre d’attente ») : (vers le 1er novembre) 1739. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Frédéric, prince héritier de Prusse [1712-1786] évoque des « vers » qu’il nomme des « pierres d’attente ». 119
Ne pourrait-on en dire de même pour les idées, non abouties, en attente….

Pensée (Idée. Ponthier Georges) : (23 décembre) 2016. Mgr Georges Ponthier, archevêque de Marseille, président de la conférence des évêques de France, auteur de :
« […] Les débats d’idées sont voués à opposer […]. » 120 Tel que, plutôt dissuasif…

Pensée (Idée. Reclus Élisée) : 1902. Élisée Reclus [1830-1905], dans L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique, auteur de :
« […] Il est [cependant] des esprits timorés qui croient honnêtement à l’évolution des idées, qui espèrent vaguement dans une transformation correspondante des choses, et qui, néanmoins, par un sentiment de peur instinctive, presque physique, veulent, au moins de leur vivant, éviter toute révolution.
Ils l’évoquent et la conjurent en même temps ; ils critiquent la société présente et rêvent de la société future comme si elle devait apparaître soudain, par une sorte de miracle, sans que le moindre craquement de rupture se produise entre le monde passé et le monde futur.
Êtres incomplets, ils n’ont que le désir sans avoir la pensée ; ils imaginent, mais ils ne savent point vouloir. » 121

Pensée (Idée. Retz Cardinal de) : 1675-1677. Le Cardinal de Retz [1613-1679], concernant M. de Longueville [?-?], dans ses Mémoires, écrit :
« Il ne fut jamais qu’un homme médiocre, parce qu’il eut toujours des idées qui furent infiniment au-dessus de sa capacité. » 122

Pensée (Idée. Romans) : Aussi souvent pauvres romans sont ceux dont les personnages sont créés comme des « idées personnifiés » (dont le Lélia - celui de 1833 et de 1839 - de George Sand [1804-1876] pourrait être le symbole), ils ont cependant le grand mérite de traiter d’idées et de tenter de les faire valoir. 123

Pensée (Idée. Rousseau Jean-Jacques) : 1665-1670. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], dans Les confessions, auteur de :
« Non seulement les idées me coûtent à rendre, elles me coûtent même à recevoir. J’ai étudié les hommes et je me crois assez bon observateur. Cependant je ne sais rien voir de ce que je vois ; je ne vois bien que ce que je me rappelle, et je n’ai d’esprit que dans mes souvenirs. De tout ce qu’on dit, de tout ce qui se passe en ma présence, je ne sens rien, je ne pénètre rien. […]
Si peu maître de mon esprit seul avec moi-même, qu’on juge de ce que je dois être dans la conversation, où, pour parler à propos, il faut penser à la fois et sur le champ à mille choses. […] » (Livre 3) 124

Pensée (Idée. Sand George) : 1855. George Sand [1804-1876], dans son Histoire de ma vie, concernant les religieuses du couvent dans lequel elle avait été élevée et dans lequel elle revient des années plus tard, écrit :
« Elles vivent d’une idée et n’attachent une véritable importance qu’aux conditions extérieures qui sont le cadre nécessaire à cette idée.
Tout ce qui trouble l’arrangement d’une méditation qui a besoin d’un ordre immuable et de sécurité absolue est un événement terrible, ou tout au moins, une crise difficile. […] » 125
Une analyse valide pour tous et toutes. (Cf. Femmes. Religieuses)

Pensée (Idée. Stendhal) (1) : 1839. Stendhal [1783-1842], dans La Chartreuse de Parme, évoquant la marquis Del Dongo (le père de Fabrice) écrit :
« Le marquis professait une haine vigoureuse pour les Lumières : ce sont les idées, disait-il, qui ont perdu l’Italie […]. »
- Puis, passant du général au particulier, il précise qu’il « méprisait [l’Abbé Blanès] tout simplement parce qu’il raisonnait trop pour un homme de si bas étage. » 126

Pensée (Idée. Stendhal) (2) : 1839. Stendhal [1783-1842], dans La Chartreuse de Parme, à la suite à la réaction réitérée d’une cantinière concernant l’achat et la perte de son cheval lors de la bataille de Waterloo [18 juin 1815], transmet ainsi la pensée de Fabrice Del Dongo :
« Pourquoi répéter si souvent, se disait Fabrice, ce que nous connaissons tous trois parfaitement bien ? Il ne savait pas encore que c’est ainsi qu’en France les gens du peuple vont à la recherche des idées. » 127

Pensée (Idée. Stuart Mill John) : 1863. John Stuart Mill [1806-1873], dans L’utilitarisme, auteur de :
« Quand nous nous engageons dans une recherche une idée claire et précise de ce que nous recherchons semblerait devoir être la première chose dont nous avons besoin et non la dernière à laquelle il nous faille aspirer ? » 128 Que c’est juste ! (Cf. « Sciences » sociales)

Pensée (Idée. Voltaire) (1) : (17 novembre) 1752. Voltaire [1694-1778], dans une lettre à Johann Samuel König [1712-1757] concernant la « manière de penser » de Leibniz [1646-1716], évoque « son style profond, mais un peu diffus et embarrassé, sa coutume de jeter des idées, ou plutôt des semences d’idées, qui excitent à les développer. » 129

Pensée (Idée. Voltaire) (2) : (7 janvier) 1760. Voltaire [1694-1778], dans une lettre à Madame d’Épinay [1726-1783], écrit :
« Quand j’ai mal dormi ou mal digéré je n’ai point d’idées. » 130 (Cf. Êtres humains, Corps)

Pensée (Idée. Voltaire) (3) : (11 mai) 1763. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au comte [1700-1788] et à la comtesse [1702-1774] d’Argental, écrit :
« Quand il vient une idée, on s’en sert et on remercie Dieu, car les idées viennent, Dieu sait comment. » 131

Pensée (Idée. Voltaire) (4) : (vers le 30 avril) 1770. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au comte d’Argental [1700-1788], écrit :
« Il faut avoir les idées nettes. » 132

Pensée (Idée. Voltaire) (5) : (6 novembre) 1770. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au marquis Marc-René d’Argenson [1722-1782], écrit :
« […] Il faudrait des volumes, non pas pour commencer à s’éclaircir, mais pour commencer à s’entendre : il faudrait bien savoir quelle idée nette on s’attache à chaque mot qu’on prononce. Ce n’est pas encore assez, il faudrait savoir quelle idée ce mot fait passer dans la tête de votre adverse partie.
Quand tout cela est fait, on peut disputer pendant toute sa vie sans convenir des rien. »
Forte et si juste analyse. 133 (Cf. Langage. Mot, Penser. Méthode)

Pensée (Idée. Woolf Virginia) : (6 septembre) 1939. Virginia Woolf [1882-1941], dans son Journal, auteure de :
« Et, pour la centième fois, je répète qu’il y a plus de réalité dans une idée que dans n’importe quelle accumulation de malheurs dus à la guerre. » 134 (Cf. Politique. Guerre)

III. Pensée. Méthode :

Pensée (Méthode) (1) : Aucune méthode ne justifie la validité, la pertinence même d’une pensée. Évident, certes, mais peut être rappelé.

Pensée (Méthode) (2) : « Apprendre », remplacer par : « comprendre » ?
Et, dans la foulée, remplacer « connaître » par : « réfléchir» ?

Pensée (Méthode) (3) : [Se] répéter, c’est dévoiler l’arrêt de sa pensée.
* Ajout. 30 juin 2017. Se répéter, c’est aussi déprécier la valeur de sa parole. (Cf. Politique. Autorité)

Pensée (Méthode) (4) : La spécialisation ouvre des horizons mais ferme toute hypothèse concernant [l’approche de] la justesse d’une analyse, nécessairement – et, c’est une lapalissade - plus large.

Pensée (Méthode) (5) : Aiguiser la pensée comme on taille la mine d’un crayon. Classer les idées comme on range une armoire. Nettoyer, laver, aérer, dépoussiérer les idées comme on fait le ménage dans une maison. Agrandir, amplifier, enrichir les idées comme on construit, aménage, améliore une maison, sa vie.

Pensée (Méthode) (6) : Apprendre à dissocier les informations de la gangue analytique qui nécessairement les structurent est fondamental : cela nécessite donc diverses grilles de lecture et donc un enrichissement de la lecture (du regard….) vue à travers plusieurs lunettes.
Et puis, l'exercice s'affinant, on découvre que les deux approches sont en réalité indissociables. Alors, progressivement, on construit la sienne.... (Poursuivre)

Pensée (Méthode) (7) : Ne jamais permettre d’opposition entre « conceptuel » et « narratif », « littéraire » et « réaliste », « colère » et « rigueur », « raison » et « imagination », « historique » et « contemporain »… (Cf. Penser. Pensée. Binaire)

Pensée (Méthode) (8) : Créer soi-même ses conditions (de vie) afin de ne pas être assuré-e, afin d’être surpris-e, dépassé-e, remis-e en cause.

Pensée (Méthode) (9) : Il n’y a pas de commencement, pas de début, pas d’«année zéro». Toute recherche qui s’affirme telle est potentiellement, tendanciellement totalitaire. (Cf. Histoire)

Pensée (Méthode) (10) : Là où il n’y a pas d’empathie, aucune méthode n’est valide.

Pensée (Méthode) (11) : Une méthode n’a pas à être explicitée. Si elle est pertinente, elle s’imposera d’elle-même ; quant à son - éventuel - intérêt, il réside dans la recherche du processus qui y mène, qui ne peut qu’être spécifique, singulier. - Arguer d’une « méthode » est une assurance sans risque, une béquille, qui tue si souvent la spontanéité. On peut n’avoir aucune «méthode» et dire des choses fort justes ; c’est même, heureusement, fort fréquent.

Pensée (Méthode) (12) : In fine, l’imposition, le respect d’une méthode n’interdit-elle pas la pensée ? Tout simplement, parce qu’en pérennisant l’acquis (rien n’étant pérenne, par ailleurs), qui plus est, en l’enfermant a priori, n’interdit-elle pas toute pensée propre, originale, nouvelle ? Comment une personne qui invente - quel que soit le domaine - peut-elle se référer à une quelconque méthode ? (Cf. Êtres humains. Soi)

Pensée (Méthode) (13) : Qu’importe les méthodes ! Qu’importe les débats sur les invariants et les structures, les prolongements et les ruptures, les émotions, les intuitions et les pseudo exigences de la rigueur ! Tout est valable : les silences étouffés, les cris inarticulés, les non-dits, les journaux intimes, les petites annonces, les romans, les films porno, les Leçons inaugurales au Collège de France, les publicités, les graffitis, les discussions entre ami-es, etc.…Ce qui importe afin de [mieux] comprendre le monde, c’est que des idées produisent des effets aux fins de le rendre mieux vivable. Et nul-le ne sait, ne peut savoir quand, et dès lors…peu importe.
* Ajout. 5 août 2018. Concernant les « invariants » j’ai modifié mon regard. Évoquer - simplement - des invariants, c’est nier toute pensée [historique]. C’est figer ad vitam aeternam le statu quo. C’est absurde. (Cf. « Sciences » sociales)

Pensée (Méthode) (14) : Affirmer les principes, les valeurs, les engagements, les aspirations auxquel-les on se réfère. Dès lors les faiblesses, les contradictions de sa propre pensée apparaissent plus clairement ; et c’est non seulement très bien ainsi, mais en plus nécessaire à la critique, à toute critique, y compris de ceux et celles qui se réfèrent à une méthode.

Par ordre alphabétique. Pensée. Méthode :

Pensée. Méthode. Pensée (Méthode. Abécédaire) (1) : En réfléchissant à l’évolution de cet Abécédaire, voici ce que je peux, avec un certain recul, en dire. Je pense qu’il ne s’agit en rien d’une méthode, mais de l’évolution, de la progression d’un enchainement de processus commencé en 2010, au début duquel, je voulais m’inspirer du Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert [1821-1880].
- J’y ai écris, je continue à y écrire, ce qui me vient à l’esprit, en vrac, le seul «ordre» étant, à l’origine, par simple commodité, alphabétique, tandis que le seul critère explicite était que je ne devais jamais me contraindre à écrire quoi que ce soit.
- Si ennui, gêne, blocage, confusion il y avait, cela devait rester où cela était (dans le refoulé) jusqu’à ce que les raisons en émergeant [ou non] dans la conscience.
- Dès lors que ce que je lisais, regardais, pensais me paraissait pour moi neuf, pertinent, tout pouvait donc être inscrit, formulé, dans l’attente de l’achèvement [ou non] d’un processus de réflexion.
- J’y ai donc écris ce qui m’a marquée, étonnée, fait réfléchir ; ce que j’ignorais, ce que j’ai appris, d’une manière ou d’une autre.
- Soit une idée est suscitée par les livres et les journaux que je lis, par les films que je regarde, les émissions que j’écoute, les discussions auxquelles j’ai participé ou non, les souvenirs qui me reviennent à l’esprit, soit une idée vient d’elle-même.
- Puis, ces «choses» lues, vues, entendues, vécues, souvenues - pour moi, matières à idée, plus ou moins avancées - une fois posées à plat, ont été regroupées, à plusieurs reprises, en fonction des thèmes, qui ont eux-mêmes évolué.
- Le résultat premier était que je me sentais tout à la fois libérée, allégée, sécurisée, enrichie.
- Progressivement, en réalité sans cesse, j’ai relu ces items dans le cadre d’une recherche d’une certaine cohérence, la mienne. Alors se sont dégagées progressivement les finalités auxquelles, plus ou moins consciemment, personnellement, intellectuellement, politiquement, j’aspirais atteindre par, grâce à l’écriture de cet Abécédaire.
- C’est la raison pour laquelle modifier, faire évoluer chaque apport, c’est nécessairement déstabiliser l’ensemble, ce qui nécessite donc, souvent, inévitablement, de nouvelles interrogations.
- Ce que je sais, ce que j’ai appris, c’est que cette écriture me fait du bien - qui plus est - m’est plaisir, souvent même jubilation ; que je sens, je sais, que je vois plus clair dans nombre de domaines ; mais surtout que tous ces mots, ces items, ces thématiques, ces classements, sont tous liés indissociablement entre eux.
- Le processus se poursuit et continue d’évoluer, sans savoir clairement où je vais, au-delà de la finalité, elle, explicitée depuis quelque temps, de penser le patriarcat, de tenter d’expliciter sinon son unité, du moins sa logique et les raisons de son extraordinaire permanence, et pour cela tenter d’intégrer son historicité, ses cohérences, ses contradictions. (À poursuivre, approfondir.) (Cf. Patriarcat. À la recherche du patriarcat, Penser. Vide-pensées)
* Ajout. 18 février 2018. (24 août) 1735. Voltaire [1694-1778], dans une lettre à l’abbé d’Olivet [1682-1768], concernant l’écriture de son Siècle de Louis XIV lui écrit :
« Tout peut trouver sa place. […]
J’ai du plaisir même à préparer les instruments dont je dois me servir ; la manière dont je recueille mes matériaux est un amusement agréable. Il n’y a point de livres où je ne trouve des traits dont je peux faire usage. […]
Je ressemble à la Flèche [personnage de L’Avare de Molière] qui fait son profit de tout. » 135
Pensée. Méthode. Pensée (Méthode. Abécédaire) (2) : Sans relire ce que j’ai précédemment écrit sur la méthode de cet Abécédaire, il m’apparait aujourd’hui, que je n’en ai aucune : j’y écris ce qui m’apparait intéressant.
- …Et ce que j’estime pouvant être intéressant pour d’autres que moi. (Cf. Êtres humains. Soi)

Pensée (Méthode. Analogie) : La pensée par analogie bloque l’argumentaire mais ouvre des horizons.

Pensée (Méthode. Anachronisme) : Cf. Histoire. Anachronisme.

Pensée (Méthode. Bayet Albert) : 2011. Stéphane Hessel [1919-2013], dans son livre Danse avec le siècle. Souvenirs, concernant de son année d’hypokhâgne au lycée Louis-le-grand, en 1935, écrit :
« Pour la première fois, j’ai l’impression d’apprendre à penser » ; il se souvient notamment de son professeur, Albert Bayet :
« Albert Bayet [1880-1961] nous fit lire la première Provinciale de Pascal [1623-1662] qu’il connaissait par cœur, et nous démontra la pertinence de cette implacable mise en pièces de la théorie jésuitique de la grâce. La première heure de cours achevée, il nous fit sortir pour la récréation, puis il consacra la seconde heure à nous démontrer avec la même aisance l’incontestable supériorité des arguments avancés par les jésuites. Magnifique exercice pour la formation de l’esprit critique ! » 136 (Cf. Pensée. Méthode. Comparaison)

Pensée (Méthode. Burke Edmund) : 1790. Edmund Burke [1729-1797], dans ses Réflexions sur la Révolution de , auteur de :
« […] Souffrez donc, je vous prie, que je jette sur le papier mes pensées et mes sentiments à mesure qu’ils me viendront à l’esprit, sans trop me soucier de les classer avec méthode. » 137

Pensée (Méthode. Comparaison) (1) : Toute comparaison qui implique confrontation, concurrence, ne serait-ce que pour s’en démarquer, mais n’est valide qu’à équivalence de sens. Mais [le qui étant incomparable à quoi], qui peut-on comparer à qui ? Que peut-on comparer à quoi ?
* Ajout. 4 juillet 2015. Avoir honte de sa pauvreté et être fier-ère de sa richesse ne sont pas les deux faces contradictoires d’une même facette.

Pensée (Méthode. Comparaison) (2) : (8 août) 1953. Albert Camus [1913-1960] (concernant « la littérature prolétarienne ») dans une lettre écrite à Maurice Lime [1905-1998], auteur de :
« [...] il est vrai que la belote au bistrot vaut bien le cocktail mondain. Mais, précisément, le cocktail mondain ne vaut rien. Pourquoi donc comparer ? […] » 138

Pensée (Méthode. Critique) : Se rendre compte que la critique juge d’abord et avant tout la personne qui l’émet et non pas celle à laquelle elle est destinée est la marque d’un grand progrès dans la connaissance de soi. (Cf. Êtres humains. Soi)

Pensée (Méthode. Critique modérée) : Une critique ‘modérée’ : une contradiction dans les termes. Et assurément incompatible avec « rigueur intellectuelle ». (Cf. Langage. Adjectif)

Pensée (Méthode. Critiques) : Toutes les bienvenues, y compris les ‘pires’ : permet de mieux réfléchir.

Pensée (Méthode. Exemple) : Aucun exemple ne peut justifier ou invalider quoi que ce soit (un principe, une idée, une méthode, un argument, une position) ; il ne peut qu’éclairer ce qui est avancé, proposé. Vrai aussi pour : « critique », « caution », « satisfaction », « accord », « remerciement », « applaudissement », « félicitations », « injure » …

Pensée (Méthode. Freud Sigmund) : Sigmund Freud [1856-1939], dans une lettre écrite à Wilhelm Fliess [1858-1928], auteur de :
« […] Il est facile pour un auteur de transformer une résistance interne en réfutation logique. » 139 C’est effectivement souvent mis en pratique, mais il n’est pas si facile d’en cacher le subterfuge… (Cf. « Sciences » sociales)

Pensée (Méthode. Korczak Janusz) (1) : 1929. Janusz Korczak [1878-1942], concernant son livre Comment aimer un enfant écrit :
« Je compte au nombre de mes mérites le fait de ne pas avoir répondu par des chiffres aux questions ci-dessus. » 140

Pensée (Méthode. Korczak Janusz) (2) : 1929. Janusz Korczak [1878-1942], concernant son livre Comment aimer un enfant écrit :
« Je n’ai qu’une crainte : celle que le lecteur n’adopte trop vite mes conclusions, car, en ce cas, sa lecture aurait été préjudiciable. Je préviens donc : le chemin que j’ai choisi de poursuivre pour atteindre mon but n’est ni le plus court, ni le plus commode ; pourtant il est le meilleur pour moi, car c’est le mien. » 141 (Cf. Êtres Humains, Enfants)

Pensée (Méthode. Machiavel) : 1532. Machiavel [1469-1527] dans Le prince, auteur de :
« Reste maintenant à voir quelles doivent être les manières et façons du Prince envers ses sujets et amis. […]
Mais, étant mon intention d’écrire des choses profitables à ceux qui les entendront, il m’a semblé plus convenable de suivre la vérité effective de la chose que son imagination. » 142

Pensée (Méthode. Pascal Blaise) : 1670. Blaise Pascal [1623-1662], dans les Pensées, auteur de :
« J’écrirai ici mes pensées [découvertes après sa mort] sans ordre et non pas peut-être dans une confusion sans dessein. C’est le véritable ordre et qui marquera toujours mon objet par le désordre même.
Je ferai trop d’honneur à mon sujet si je le traitais avec ordre puisque je veux montrer qu’il en est incapable. » 143 (Cf. Patriarcat)

Pensée (Méthode. Rilke Rainer Maria) : 1929. Rainer Maria Rilke [1875-1926], dans, Lettre à un jeune poète, écrit :
« Nous savons peu de choses, mais qu’il faille nous tenir au difficile, c’est là une certitude qui ne doit pas nous quitter. […]
Qu’une chose soit difficile doit nous être une raison de plus de nous y tenir. »

Pensée (Méthode. Rhétorique) : (15 décembre) 1759. Voltaire [1694-1778] dans une lettre à d’Alembert [1717-1783] lui pose des questions, puis écrit : « quis, quid, ubi, quibus, auxiliis, cur, quomodo, quando ».
Traduction : « Qui, quoi, où, avec quels concours, pourquoi, comment quand ? »
Une note de La Pléiade précise :
« Telles étaient les questions auxquelles la rhétorique enseignait à répondre pour nourrir un développement. » 144

Pensée (Méthode. Scolastique) : (mai) 1854. Lu dans le Journal de Jules Michelet [1798-1874] : « Je crains la scolastique, où se heurte l’esprit sans comprendre. » 145

Pensée (Méthode. Séverine) : 1896. Séverine [1855-1929], dans son livre En marche, auteure de :
« Et j’en apprends tant et tant chaque jour ; et de si étranges, de si invraisemblables constatations s’imposent que, sincèrement, j’en arrive à peu près à tout comprendre, sinon tout excuser.
Certes, s’il n’y avait que moi pour allumer des mèches (évocation des attentats anarchistes), les architectes et les vitriers n’attraperaient pas de courbatures ; mais il est impossible, en toute bonne foi, de ne pas reconnaître qu’on semble prendre à tâche d’alimenter les fièvres, de fomenter les haines, d’exaspérer les indignations.
Je ne romantise pas, je vous assure ; je ne menace pas non plus... rien de plus bête ! Et je pontifie encore moins, nul, sauf idiotie, ne pouvant se targuer d’influer sur le cours des choses ; de tenir au bout d’un fil, la révolution sociale. D’ailleurs, si on me l’avait confiée, je l’avoue ingénument : il y a belle lurette qu’elle aurait pris son vol !
Beaucoup d’humilité, la conscience de sa parfaite impuissance, un brin de philosophie - avec cela on peut regarder passer les événements.
Non que je manque de partialité : j’en suis pétrie ! Mais, en telle matière, l’étalage de sa propre conviction me semble importer moins que la mise en valeur, la mise en lumière des ambiances qui la peuvent servir.
Dire d’un adversaire : ‘C’est un coquin !’ prouve seulement qu’on n’est pas d’accord. Et le public blasé, édifié, las de se voir ‘battre comtois’ [être traité comme un niais] passe, haussant les épaules. Ne vaut-il pas mieux exhiber la coquinerie… avec un bout de toilette, mais sans se prononcer ?
L’auditoire, alors, devient tribunal. Il juge lui-même.
Et le cœur de l’homme est ainsi fait qu’il attache une bien autre importance à son propre verdict qu’à votre personnelle opinion, en quelque estime qu’il vous puisse tenir.
Il a raison : la sienne est la meilleure !
Plus instinctive, plus neuve, elle a encore cet avantage de ne pas résumer l’impression d’une unité, de se multiplier à l’infini.
Comme la calomnie dont parle Bazile [Jules Guesde] mais pour le bien, elle fait avalanche, elle fait torrent, gonfle, gronde.
Alors c’est l’Opinion - qui entraîne les rois, renverse les ministres, casse les arrêts de justice... et le juge avec ! » 146
Quelles leçons ! (Cf. Femme. Artiste. Remarquable, Justice, Penser. Indignation. Instinct, Politique. Morale, Philosophie)

Pensée (Méthode. Wright Mills Charles) : 1959. Charles Wright Mills [1916-1962], dans L’imaginaire sociologique [Traduction française. 1967], écrit :
« Mais, direz-vous, comment les idées vous viennent-elles ? Comment presser l’imagination de rassembler faits et images, de rendre les images pertinentes, et de donner un sens aux faits ? Je ne le sais pas très bien ; tout ce que je peux faire, c’est évoquer les conditions générales et les techniques simples qui permettent d’accrocher les idées. » 147 (Cf. Penser. Pensée. Idée, Sociologie)

IV. Penser :

Penser (1) : Hic et nunc. Ici et maintenant.

Penser (2) : Dénoncer les préjugés, récuser les tabous, critiquer les lieux communs, s’attaquer aux clichés, aux poncifs, aux stéréotypes, autant de miroirs aux alouettes, c’est rester à la surface du monde et ne pouvoir y échapper. (Cf. Féminisme. Stéréotype. Tabou, Penser. Stéréotype. Tabou)

Penser (3) : Le besoin de croire tue la nécessité de penser.

Penser (4) : Penser à contrainte données, c’est en accentuer les rigueurs.

Penser (5) : Penser, c’est s’inscrire dans le lignage de longues luttes intellectuelles et y apporter sa quote-part.

Penser (6) : Chaque porte poussée permet à la suivante de s’entrouvrir…

Penser (7) : On ne pense pas le monde par le prisme des grilles de lectures de ses penseur-es. Ils/elles aident à penser par soi-même.

Penser (8) : Aller, tant que l’on peut, au plus complexe et / ou : rechercher (d’abord) la complexité ? Mais faire attention : rendre tout plus complexe contribue aussi à masquer la compréhension de l’essentiel, souvent d’emblée aveuglant..

Penser (9) : Beaucoup s’assignent à créer la confusion, afin d’empêcher la compréhension de la complexité du monde.

Penser (10) : Convaincre, c’est, souvent, perdre le droit fil de sa pensée.

Penser (11) : Tâcher, lorsque cela est possible, de s’interroger sur les intérêts, les déconvenues que l’on peut avoir à penser de telle ou telle manière. Évite souvent les transferts inappropriés sur des personnes qui ne sont par ailleurs que peu ou pas concernées.

Penser (12) : Il /elle ouvrit une brèche ; il /elle s’arrêta au milieu du gué ; il /elle fut emporté-e par les flots.

Penser (13) : Desserrer les contraintes, défaire les nœuds, retirer les étais, alléger les entraves, déraciner les attaches…Doucement, lentement, à temps…
Néanmoins, des événements personnels, politiques peuvent subitement tout bouleverser.

Penser (14) : Penser, c’est chercher à voir derrière les miroirs. Tout le monde y a sa part.

Penser (15) : On ne peut invoquer l’exception pour condamner la règle, car toute règle comporte des exceptions.

Penser (16) : Lu ce jour [7 juin 2018] peint sur le trottoir de la rue du Sommerard :
« Demain commence aujourd’hui ».

Penser (17) : Ne pas penser « sans maître », penser en soi.

Penser (18) : Invalider une pensée (une analyse) par la critique (possible) de ses conséquences (éventuelles) est absurde.

Penser (19) : Présenter des analyses, des approches diverses n’exclut pas de présenter, en lien avec elles, la sienne : elles ne peuvent, fusse en y étant opposées, que l’enrichir.

Penser (20) : Penser ‘dans’ [le cadre de], penser [en tant que], [du point de vue de], c’est une pensée circonstanciée, limitée, contrainte, dépendante.

Penser (21) : Rien n’est jamais achevé ; tout doit toujours être dépassé.

Penser (22) : Ceux et surtout celles qui ont pensé sans oser exprimer leurs pensées sont infiniment plus nombreux / ses que celles et surtout ceux qui les ont exprimées.

Penser (23) : Oser créer un monde.

Penser (24) : Soyez positif / ve : une injonction destructrice.

Penser (25) : Penser avec ce qui est là.

Penser (26) : Chacun-e se constitue une encyclopédie personnelle, nécessairement composite, fusse-t-elle toute petite, que la vie nécessairement lui apporte. De bien plus grande valeur que toutes celles existantes, il importe de s’en rendre compte, de la valoriser, l’entretenir, l’enrichir, la confronter, la faire évoluer, la remettre en cause.
Il faut juste une première pierre et un arc-boutant. Après s’élabore le projet qui lui donne sens.

Penser (27) : Toute analyse qui s’identifie, qui s’incarne en une personne, perd ipso facto son statut d’analyse.

Penser (28) : C’est la vérité d’une personne - et non la force de sa pensée - qui fait la pertinence de sa pensée.
- Pour en éviter l’hypothèse, éviter toute question gênante : au lieu et place de :
« Qu’en pensez-vous ? » : « Est-ce que cela vous parle ? » « C’est quoi le message ? » ; et étouffant le « je » dans le « nous » : « Qu’est-ce que ce livre à nous dire ? »

Penser (29) : La justification qu’il / elle avait trouvé pour oser affirmer penser, était de ne jamais s’en prévaloir.

Penser (30) : Une pensée propre perd son temps à récuser ceux et celles qui la critiquent. Pourquoi ? Parce que ceux et celles qui la critiquent fondent leurs critiques sur de tous autres fondements que les siens. Elle doit en revanche sans cesse penser la validité de ces critiques. Juste ?

Penser (31) : Chacun-e a le droit de penser, de dire et d’écrire : « ceci est incompréhensible » ; « ceci ne veut rien dire », au lieu et place de : « je ne comprends pas » : et si tel avait été plus souvent le cas, le poids des philosophes, des intellectuels - en en ce qu’il délégitime a priori si souvent la possible justesse de pensée de chacun-e - aurait été moindre.

Penser (32) : Compte tenu de la complexité du monde, des innombrables, des incommensurables strates de contradictions sur lesquelles il repose, la solution la plus aisée pour la pensée est de ne pas / plus [y] penser.
D’où l’immense succès du retour à la nécessité de revenir au « réalisme ». (Cf. Politique. Réalisme)
- D’où aussi, la nécessité de tout remettre en cause : ?

Penser (33) : Fonder sa pensée sur le fondement des concepts philosophiques, élaborés par d’autres donc, c’est poser un filtre nécessairement déformant entre soi et le monde ; c’est reconnaître la primauté d’une pensée extérieure à soi ; c’est ne pas penser.

Penser (34) : La pensée arrive pas à pas. L’important est de commencer à marcher, de savoir que l’on peut marcher, d’apprendre à marcher, à tomber, de trouver plaisir à marcher ; et de savoir que le monde est grand et que l’on peut apprendre à le connaitre, seul-e.

Penser (35) : Ne pas oublier de retirer, lorsque devenus inutiles, les échafaudages nécessaires à la construction de l’ensemble, souvent oubliés en l’état.
* Ajout. 15 août 2019. (15 décembre) 1759. Voltaire [1694-1778] dans une lettre à François de Chennevières [1699-1779], écrit :
« Mais la raison parle en vain, l’ancienne erreur domine toujours. » 148

Penser (36) : Lire dans le livre du monde, celui à notre portée et, au-delà, si possible…

Penser (37) : À entendre tant de débats, notamment et a fortiori qualifiés de « philosophiques », il me vient une idée simple, mais vivifiante : si je ne comprends rien, ce n’est pas parce que ma culture est insuffisante, inappropriée, défaillante, c’est que cela ne veut rien dire, et /ou est mal exprimée par, chez son auteur-e.
Pensée libératrice du terrorisme exercé par la référence à « la culture », « la pensée », aux « intellectuel-les » …

Penser (38) : Penser, sans attente de résultats, de conclusions, de reconnaissance ; la poursuite - ou non - d’un processus, au gré de sa propre vie…

Penser (39) : Les disciplines, les écoles, les courants, les typologies, les styles, les concepts, etc… sont autant de carcans de la pensée. (Cf. « Sciences » sociales)

Penser (40) : Fonder une critique d’une pensée qui s’affirme sinon novatrice, du moins nouvelle, au nom de la [d’une] réalité présente est une contradiction de la pensée.
C’est nier l’hypothèse même d’une maturation d’une conscience sociale, d’une conscience politique ;
c’est nier l’hypothèse d’une influence des évènements sur une structure sociale, politique, sur un système, quel qu’il soit ;
c’est nier le dépassement des contradictions ;
c’est nier l’influence du mondialisme ;
c’est nier l’histoire.
C’est pourtant l’exercice récurrent dans les médias. (Cf. Politique. Médias, Pensée. Conservatrice, Histoire)

Penser (41) : Vouloir se démarquer, c’est se nier soi-même.

Penser (42) : L’ajout d’une nuance, dans le cadre d’une confrontation entre deux positions, n’invalide en rien leur opposition ; elle peut être le début d’une prise de conscience que celles-ci ne sont pas conciliables.

Par ordre alphabétique. Penser :

Penser (Agir. Sand George) : George Sand [1804-1876], auteure de :
« On ne peut en même temps initier et mettre en pratique. » 149 Trouver la justesse et la faille du raisonnement. Reformuler autrement son assertion ?

Penser (Algorithme) : Si j’ai bien compris, le propre des algorithmes, c’est qu’ils créent eux-mêmes leurs règles de fonctionnement dont nul-le ne comprend la logique de fonctionnement. Personne (ou quasi, je ne sais) ne peut les lire, ni les décrypter, ni les comprendre, ni les penser. Ni donc les critiquer. On sait, tout au plus plus, pour sûr, c’est qu’ils ont été créés par des êtres humains.

Penser (Ambition) (1) : Éclairer les zones obscurcies et tenter d’en saisir les significations ; approfondir, élargir, re-conceptualiser pour poser de nouvelles grilles de lecture éclairantes de la réalité du monde. Et en dévoiler les contradictions.

Penser (Ambition) (2) : Sans cesse, complexifier la pensée. (Cf. Pensée. Claire)

Penser (Ambition) (3) : Retrouver partout les traces perdues de la pensée, alors considérées comme non ou peu signifiantes, leur conférer une valeur - celle que l’on n’a pas su, pas voulu, pas pu leur conférer - et sur ces éclats, autant de joyaux, autant de fondements, recomposer la signification à leur accorder. Et, alors, mieux, savoir lire le présent. (Cf. Êtres humains. Identité, Histoire)

Penser (Analyses) : Certains dénonçaient des « généralisations abusives », quand d’autres en déduisaient des « analyses structurantes ».

Penser (Anonymes) : 99 % des personnes qui résistent sont anonymes. Alors… (Cf. Politique, Démocratie. Peuple, Patriarcat)

Penser (Apprendre) : Apprendre à [mieux] penser, c’est à dire au mieux de soi-même, c’est élargir le champ de la critique. C’est alors, créer les conditions pour que chacun-e soit à même de penser au plus près de soi-même, et donc au plus près de la critique du monde. D’où la nécessité de tant d’institutions dont la fonction est bien de délégitimer toute pensée propre. (Cf. Culture)

Penser (Argument) : 1775. Beaumarchais [1732-1799], dans Le barbier de Séville, auteur de :
- Bartholo : Comment, Bazile ! vous avez signé ?
- Bazile : Que voulez-vous ? Ce diable d’homme a toujours ses poches pleines d’arguments irrésistibles. » 150

Penser (Aron Raymond) : 1956. Raymond Aron [1905-1983] dans un texte intitulé Le fanatisme, la prudence et la foi, auteur de :
« […] Comment nous acquitter de notre dette, nous autre privilégiés ? Je n’ai jamais connu qu’une seule personne que la misère des autres empêchât de vivre : Simone Weil [1909-1943]. Elle a suivi sa voie, finalement en quête de sainteté. Nous, que la misère des hommes n’empêche pas de vivre, qu’elle ne nous empêche pas du moins de penser. Ne nous croyons pas tenus de déraisonner pour témoigner de nos bons sentiments. » 151 (Cf. Femme. Remarquable. Weil Simone, Philosophie, Sociologie, Économie)
- Pas vraiment un référent moral, ni un modèle de rigueur de la pensée…

Penser (Balibar Françoise) : 1997. Françoise Balibar, auteure de :
« J’ai connu des moments où j’ai eu une impression de comprendre absolument fulgurante et de pouvoir expliquer les choses dans les termes de tous les jours. Cela m’est arrivé une dizaine de fois en tout : ce sont des moments de souvenirs de maitrise du monde et aussi de grand bonheur. Luxe, calme et volupté. » 152

Penser (Berdiaev Nicola) : 1940. Nicola Berdiaev [1974-1948], dans son Essai d’autobiographe spirituelle, auteur de :
« […] Je m’étais toujours nourri de la pensée universelle, j’en recevais des impulsions intellectuelles, je suis très obligé aux penseurs et aux écrivains que j’ai lu toute ma vie, et je suis également reconnaissant à mes proches. Mais, en passant par ma liberté, tout entrait profondément en ’moi’ et c’est de là que tout me venait. Je n’acceptais aucune influence intellectuelle sans l’adhésion de ma liberté. Je suis par conséquent, l’homme le moins traditionnaliste du monde. Je n’avais même pas à rompre avec telle ou telle autorité, car pour moi, il n’en existait point. » 153
Quelle forte assurance…crédible ? Difficilement.

Penser (Castoriadis Cornelius) (1) : 1996. Cornelius Castoriadis [1922-1997], dans Quelle démocratie ?, auteur de :
« La société apprend à l’individu - d’une façon totale dans les sociétés anciennes, de façon un peu moins complète aujourd’hui - à penser ce que la société lui dit de penser. » 154
- Brutal, sans grandes nuances - qu’il exprime ailleurs - mais à ne jamais oublier…

Penser (Castoriadis Cornelius) (2) : Dénoncer « l’apathie » d’une société - ce que Cornelius Castoriadis [1922-1997], affirme et dénonce à de nombreuses reprises concernant et la société soviétique et la société occidentale moderne - c’est révéler son incapacité à la comprendre et l’enfermer dans une logique d’éternelle répétition. C’est clore l’histoire. C’est aussi, en s’autorisant un tel diagnostic, révéler ce qu’il révèle de la surestimation du rôle de l’intellectuel, apte à lui seul de juger de la vie des autres, fussent-ils des dizaines de millions…. (Cf. Homme. « Intellectuel », Sociologie)

Penser (Castoriadis Cornelius) (3) : 1981. Cornelius Castoriadis [1922-1997], dans Nature et valeur de l’égalité, auteur de :
« […] Finalement la question de savoir : ‘Qu’est ce qui, dans ce que l’on pense, vient de celui qui pense, et qu’est ce qui vient de ce qui est pensé, cette question restera à jamais indécidable comme question ultime. Et ce paradoxe est lui-même paradoxalement, le lest, le seul, de la pensée. » 155 Pertinent…Mais la question a-t-elle un intérêt ? (Cf. Penser. Pensée)

Penser (Catherine II) : (1er novembre) 1773. Catherine II, [1729-1796] impératrice de Russie, dans une lettre adressée à Voltaire [1694-1778], lui écrit :
« Nous avons (avec M. Grimm [1723-1897]) beaucoup parlé de vous.
Je lui ai dit ce que vous avez oublié peut-être, c’est que ce sont vos ouvrages qui m’ont accoutumée à penser. » 156

Penser (Cause) (1) : Il y a, à tout, pour tout, une multiplicité de causes, qui produisent elles-mêmes, pour chacune d’entre elles, une multiplicité de conséquences et d’effets, invisibles dans l’immense majorité des cas. En sus, rien - ou presque ? - ne permet d’établir de relations de cause-s et à effet-s. Et, enfin, sur quels fondements, avec quelle certitude, ou même sur quelle hypothèse, peut décider que ceci ou cela relèverait du statut de « cause » ? [Après avoir écouté Hubert Reeves] 157 (Cf. « Sciences » sociales)

Penser (Cause) (2) : Privilégier une analyse causale, c’est s’interdire une analyse structurelle.

Penser (Cause-s. Effet-s) (1) : Analyser, dévoiler, dénoncer, réfléchir sur les « causes » d’une « réalité », c’est - faute de les remettre en cause - nécessairement conforter les principes qui l’ont constituée, justifier les fondements qui seuls l’explique et lui donne son sens. Toutes analyses causales confortent donc les systèmes au sein desquels, nécessairement, elles se situent. Dès lors, fonder un raisonnement sur des rapports de «causes à effets», quels qu’ils soient, est nécessairement voué à l’échec.
- Qui plus est, nombreux/euses sont ceux/celles qui évoquent des effets sans causes ni explications, tandis que d’autres allèguent d’effets pour conforter de pseudo causes et justifier ainsi de pseudo explications, et qu’il est même fréquent de vouloir des effets, sans causes…

Penser (Cause-s. Effet)s) (2) : Penser en termes de cause-s / effet-s, c’est [tenter d’] expliquer. Ce n’est pas [tenter de] comprendre.

Penser (Cause-s. Effet-s») (3) : Qui décide de la cause, qui en déduit l’effet, qui analyse la relation entre la cause et l’effet ? Sur quels fondements ? Comment relier le lien entre la / les cause-s et l’ / les effet-s ? Comment isoler et la /les cause-s et l’ / les effet-s sans préalablement les intégrer dans le cadre d’une analyse, fut-elle partielle, partiale, d’un système qui explique - au moins au départ du questionnement - et l’un et l’autre et les unes et les autres ?

Penser (Causes. Effets) (4) : 1670. Blaise Pascal [1623-1662], dans les Pensées, auteur de :
« Toutes ces personnes ont vu les effets mais ils n’ont pas vu les causes. Ils sont à l’égard de ceux qui ont découvert les causes comme ceux qui n’ont que les yeux à l’égard de ceux qui ont l’esprit. Car les effets sont comme sensibles et les causes sont visibles seulement à l’esprit. […] » 158

Penser (Cause-s. Effet-s) (5) : 1871. Mikhaïl Bakounine [1814-1876], dans La nature, cette totalité, auteur de :
« Ne nous en prenons pas aux effets, attaquons toujours les causes. » 159 Invalide l’item précédent ? (Cf. Penser. Comparaison)

Penser (Causes. Effets) (6) : 1989. Cornelius Castoriadis [1922-1997], dans Le monde morcelé, auteur de :
« Pointer les causes ou les conditions d’un phénomène, n’en épuise pas la signification ni n’en circonscrit les effets. » 160

Penser (Chalamov Varlam) : 1954-1973. Varlam Chalamov [1907-1982], dans Récits de la Kolyma, de retour de la Kolyma, auteur de :
« Pas une fois, je m’attardai sur une pensée. Le seul fait de l’essayer me causait une douleur vraiment physique. » 161
Constat / analyse essentielle : permet de comprendre tant de silences, sur lesquels prospèrent tous les non-dits qui fondent les sociétés… (Femmes. Silence, Politique)

Penser (Choisir) : Penser, c’est choisir. C’est à dire désigner, décider, s’engager.
Un « conflit de loyautés » : l’antithèse.

Penser (Citations) (1) : Lier une pensée à une citation, c’est peu ou prou, en positif et négatif, s’inscrire dans le cadre de pensée dont on est redevable.
- Dès lors qu’une citation est liée à une pensée, il importe d’en préciser la source afin que l’on puisse s’y référer et y lire sinon un détournement de sens, du moins la possibilité d’une autre interprétation.
- Il importe aussi de situer les citations dans leur temps afin d’éviter d’inutiles répétitions, et de mieux appréhender la valeur de toutes celles qui, si elles avaient été mieux entendues, comprises, prises en compte, auraient peut-être pu aider à une meilleure compréhension du monde.
- Il importe enfin de rigoureusement distinguer les citations de ses propres réflexions afin de mieux appréhender les processus historiquement mis en œuvre dans l’élaboration d’une réflexion.

Penser (Citation) (2) : Une citation peut éclairer un mot, une pensée, une explication, un raisonnement : elle ne peut les justifier.

Penser (Citations) (3) : 1961. Witold Gombrowicz [1904-1969] dans son Journal, auteur de :
« Pourquoi ne se trouve- t-il personne pour oser dénoncer le fléau de la citation ?» 162

Penser (« Comment ? ») : (29 juillet) 1935. André Gide [1869-195], dans son Journal, écrit :
« Remplacer, chaque fois qu’il se peut, le « pourquoi ? » par le « comment ?», c’est faire un grand pas vers la sagesse. » 163
- Mais, ne pas oublier que le « comment ? » permet aussi d’oublier le « pourquoi ? ».

Penser (Commentaire) (1) : Faute de prise de position préalable quant aux présupposés qui structurent une analyse politique, tout commentaire est caution. (Cf. Politique. Médias)

Penser (Commentaire) (2) : Le commentaire, si souvent, étouffe, détourne, dénature ; et même, si souvent, sans aucun respect, tue la pensée de l’autre, au profit de la sienne…qu’il s’agit principalement de mettre en valeur.
Penser (Commentaire) (3) : Le commentaire est au texte commenté ce que le fard est au visage : jamais sa vérité.

Penser (Commentaire) (4) : Le commentaire exclut-il la si nécessaire indignation morale ? (Cf. Penser. Indignation. Morale)

Par ordre alphabétique. Penser. Commentaires :

Penser (Commentaire) (5) : Vauvenargues [1715-1747], auteur de :
« Ce que l’on conçoit nettement, on n’a pas besoin de le commenter », suivi de :
« Mais ce qu’on ne fait qu’entrevoir, ou ce qu’on imagine faiblement, on l’allonge plus aisément qu’on ne l’explique. » 164 (Cf. Êtres humains. Écrit, « Sciences » sociales)

Penser (Commentaire) (6) : (28 août) 1772. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au comte d’Argental [1700-1788], écrit :
« […] J’aime mieux Molière que des réflexions sur Molière. » 165
- Cette simple phrase ne tue-t-elle pas l’idée même de « commentaire », ou du moins, ne lui situe-elle pas des limites ?

Penser (Comparaison) (1) : Rien n’est comparable à rien ; rien n’est assimilable à rien. Tout peut faire penser à tout. Tout peut agir sur tout. (Cf. Penser. Causes. Effets)

Penser (Comparaison) (2) : « Comparaison n’est pas raison », certes, mais une comparaison peut jeter un éclairage cinglant sur une analyse partielle et / ou partiale.
[Écrit après avoir lu ce dialogue dans Les misérables [1862] de Victor Hugo [1802-1885] entre un « Conventionnel » et Monseigneur Bienvenu opposant « Marat battant des mains à la guillotine » et « Bossuet chantant le Te Deum sur les dragonnades ».] 166 (Cf. Penser. Pensée. Binaire)

Penser (Compétences) : 1949. Raymond Aron [1905-1993], dans la Revue de métaphysique et de morale, auteur de :
« Entre observateurs compétents, qui se sont donnés la peine de poursuivre les études nécessaires, une large mesure d’accord s’obtient assez aisément sur ce qui est possible à l’intérieur d’un système économique. » 167
- Quant aux personnes qui ne se seraient pas « donné la peine de poursuivre les études nécessaires », dès lors incompétentes et celles qui penseraient et voudraient agir «à l’extérieur du système économique», on ne sait quelle place Aron leur accorde…Que de suffisance, que de mépris, que de naïveté, que de bêtise… (Cf. Homme. « Intellectuel », Philosophie, Économie)

Penser (Comprendre) (1) : On comprend, en règle générale, ce que l’on cautionne, le plus souvent sans même le savoir. Une rupture de ce lien est nécessaire pour penser.

Penser (Comprendre) (2) : Ils / elles affirmaient, avec force répétitions, « ne rien comprendre » pour s’épargner le risque, l’ennui, le coût, d’avoir à comprendre.

Penser (Comprendre) (3) : Au lieu de s’acharner à tenter d’expliquer, à trouver souvent coûte que coûte une explication, il vaut souvent bien mieux reconnaitre que l’on ne comprend pas. Mieux : que cela est incompréhensible.

Penser (Comprendre) (4) : Je comprends, mais je ne comprends pas qu’un-e autre ne comprenne pas. C’est très difficile et je n’y parviens pas toujours. Rarement, même…

Penser (Comprendre) (5) : Une pensée pour mieux comprendre : comprendre ce que l’on connait déjà et qui vous permet de mieux penser ; si possible mieux, plus loin, plus large, plus profondément…

Penser (Comprendre) (6) : Vouloir être compris-e est absurde. Chacun-e interprète ce qu’il / elle lit, entend, comme il / elle le ressent. Comment donc pourrait-il en être autrement ?

Par ordre chronologique. Penser. Comprendre :

Penser (Comprendre) (7) : 1955. Dans un texte intitulé : Merleau-Ponty et le pseudo-Sartrisme, Simone de Beauvoir [1908-1986] reproche à Maurice Merleau-Ponty [1908-1961], comme à tant d’autres, de « n’avoir pas compris » [Jean-Paul Sartre. 1905-1980]. 168
N’est-ce pas signifier qu’une pensée devrait, pourrait, à elle seule, imposer sa logique, son évidence ? ; que celle-ci serait exempte de confusions, de contradictions ? Une pensée n’est-elle pas nécessairement lisible en fonction de diverses grilles de lecture ? ; n’est-elle pas à même d’ouvrir la voie à différentes interprétations ? Ne le doit-elle pas ?
Les idées, les analyses n’ont pas à être « comprises » ; elles peuvent être interrogées. Les voies par lesquelles elles se diffusent - ou non - sont nombreuses.

Penser (Comprendre) (8) : 1978. Gabriel Marcel [1889-1973], auteur de :
« On est toujours libre de ne rien comprendre à rien. » 169

Penser (Comprendre) (9) : 1978. Pierre-Bernard Marquet, dans son livre L’enseignement ne mène à rien, hier comme aujourd’hui cite cette phrase de Valéry [1871-1945] - publiée dans Mauvaises pensées et autres [1942] - qu’il juge « lumineuse » :
« Les gens qui comprennent ne comprennent pas que l’on ne comprenne pas. […] » Et il en poursuit pertinemment l’analyse. 170 (Cf. plus haut)

Penser (Comprendre) (10) : 1997. Caroline Eliacheff, après avoir évoqué sa famille dans laquelle « on avait le devoir avant tout d’être intelligente », poursuit :
« Je savais que je devais avoir l’air de tout comprendre parce que je pensais que c’était le critère de l’intelligence », interroge :
« Comment avoir l’air intelligent sans rien comprendre » et enfin conclut :
« En se taisant ! » 171 (Cf. Femmes. Silence. Intelligentes, Psychanalyse)

Penser (Comprendre) (11) : 2005. Mona Chasserio, dans son livre, Cœur de femme. De l’inexistence à l’existence. Mon engagement aux côté des femmes de la rue, auteure de :
« Longtemps, j’avais raisonné pour comprendre. […] » 172
Oui, une telle découverte - celle des limites d’une pensée fondée sur le raisonnement, sur ‘la raison’ - peut ouvrir l’esprit au monde…

Penser (Comprendre) (12) : Alan Greanspan, Président de la Federal reserve bank américaine [de 1997 à 2006], auteur [présumé] (sans source, sans date) de :
« Si vous m’avez compris, c’est que je me suis mal exprimé. »

Penser (Concept) (1) : Il n’est pas nécessaire de maitriser les concepts, ni même de savoir que des concepts existent pour penser. Ce qui ne signifie pas que la recherche de concept ne puisse être un enrichissement pour la pensée.

Penser (Concept) (2) : Aucun concept ne peut enfermer une réalité ; aucun ne peut ni justifier, ni invalider un jugement de valeur qui lui est par ailleurs préexistant.

Penser (Concept) (3) : « Éthique », « morale », « rationalité », « beauté », « art », « universel », « civilisation », tous ces termes et bien d’autres sont relatifs. Comment alors pourraient-il être qualifiés de « concept » ? (Cf. « Sciences » sociales)

Par ordre chronologique. Penser. Concept :

Penser (Concept) (4) : (septembre) 2018. Lu, dans Le Monde Diplomatique :
« De quel secours sont les théories qui partent des concepts plutôt que de l’état des choses ? » 173 (Cf. Penser. Pensée. Binaire)

Penser (Concept) (5) : (25 octobre) 2019. Gaspar Koening, dans Les chemins de la philosophie, sur France Culture, auteur de :
« C’est facile de faire du concept. » (Cf. Philosophie)

Penser (Conflit) : Refuser les polémiques ; réhabiliter les conflits ; élaborer une culture des confrontations afin de récuser, de repousser la mise en œuvre de la violence.

Penser (Consentement) (1) : Derrière toute référence au « consentement », il y a - inexorablement - la question du consentement à la domination qui nécessairement en légitime et les fondements et les modalités d'expression.
Derrière toute référence au « consentement », il y a le : « Et s'il me plait à moi d'être battue ? » de Molière [1622-1673].
Derrière toute référence au « consentement », il y a le Discours de la servitude volontaire d’Etienne de La Boétie [1530-1563].
Et le : « Céder n’est pas consentir» [1991] de Nicole-Claude Mathieu [1937-2014] n’invalide pas le concept de « consentement » : il le confirme.
Concernant notamment les violences à l’encontre de mineur-es, la question du consentement - depuis quelques mois si généreusement retransmise - se substitue à celle de l’interdit.
Consentement et violences sont une contradiction dans les termes. (Cf. Droit. Homme. Remarquable. La Boétie de Étienne, Politique. Consentement, Violences)

Penser (Consentement) (2) : Il n’est conceptuellement pas plus pensable de comparer - de poser un même critère d’analyse - des « systèmes de dominations » et un être humain singulier, pas plus que comparer « dieu » [pour ceux et celles qui y croient] et « soi »… (Cf. Homme. « Intellectuel ». Godelier Maurice, Politique. Consentement)

Penser (Consentement) (3) : Aucune structure domination - au sein desquels nous vivons - ne peut se justifier par un supposé monstrueux « consentement » à la domination.
Concernant le patriarcat, le dit consentement est alors souvent masqué par des « gratifications » qui seraient « reçues en échange ».
Le regard porté sur l’auteur de la violence est alors transféré à celui de l’accord de sa victime.
On peut alors s’interroger sans trop de scrupules, sur le « désir », la « jouissance », l’« amour », l’« identification », le « soulagement », la « résignation », la « complicité », la « ratification », la « sujétion », la « sécurité », la « soumission », la « protection », la « pactisation », la « reproduction », la « complicité » de la dite victime.…174

Penser (Consentement) (4) : (23 mars) 2017. Un exemple : Une jeune fille âgée de 14 ans est violée en septembre 2011 par sept jeunes hommes, âgé de 15 à 20 ans.
Le 23 mars 2017, ils sont acquittés.
- Lu (tardivement) dans L’Express, un avant le jugement :
« Toute la question du procès est celle du consentement’ estime un avocat du dossier, cité par Le Parisien : ‘Du consentement et de l'intention qu'avaient les accusés, ou non, de violer la jeune fille. » 175 (Cf. Justice. Preuve, Politique. Consentement, Violences. Viol)

Penser (Consentement) (5) : (1er mars) 2018. De même… : Lu, dans un article dénonçant les ‘traitement indignes’ au CHU de Saint-Étienne que sur vingt patients relevant de la psychiatrie en attente de place que « sept d’entre eux, sans signe d’agitation, ni de véhémence, étant attachés au niveau des pieds et d’une ou deux mains » et que « deux étaient en soins libres, les autres en soins sans consentement. » 176
Le consentement est ici opposé à la liberté, dont il cautionne le postulat. (Cf. Penser. Postulat, Politique. Consentement, Violences. Viol)

Penser (Consentement) (6) : (6 mars) 2018. De même… : Lu, dans le commentaire publié dans Le Point du 6 mars 2018 du film significativement intitulé : « Sexe sans consentement » diffusé même jour sur France 2, il est notamment question de : « revendiquer l'égalité des désirs ». 177 (Cf. Politique. Égalité, Sexes)

Penser (Consentement) (7) : Et si l’on remplaçait la question du « consentement » par celle de la - si souvent - « nécessaire soumission aux plus forts » comme condition de la [su]vie ?

Penser (Consentement) (8) : (2 février) 1965. Jean Guitton [1901-1999] reproduit dans le Journal de ma vie ce « proverbe arabe cité par Massignon [Louis. 1883-1962] » :
« L’homme qui se tait refuse ; la femme qui se tait consent. » 178
Ouvre de larges horizons à la réflexion. Y adjoindre : les hommes parlent, les femmes se taisent…. (Poursuivre) (Cf. Femmes. Comparaison Hommes / Femmes, Patriarcat, Violences)

Penser (Conservatisme) : Rien n’est plus difficile que de tenter de discerner ce qui dans un refus, une critique, un jugement relève de [est inspiré, s’explique par…] le conservatisme. Se conserver soi-même, consciemment ou non, peu importe, ne relève-t-il pas d’un certain universel ? (Êtres humains. Conservateur, Politique. Conservatisme)

Penser (Constant Benjamin) : 1814. Benjamin Constant [1773-1830], dans De l’esprit de conquête, auteur de :
« Il y a des axiomes qui paraissent clairs, parce qu’ils sont courts. Les hommes rusés les jettent, comme pâture à la foule ; les sots s’en emparent parce qu’ils leur épargnent la peine de réfléchir et ils les répètent pour se donner l’air de les comprendre.
Des propositions dont l’absurdité nous étonne, quand elles sont analysées, se glissent ainsi dans mille têtes, sont redites par mille bouches et l’on est réduit sans cesse à démontrer l’évidence. » 179
- Jusqu’au jour où l’on où l’on se refuse à penser sur le terrain de la justification, et donc à refuser de « démontrer » quoi que ce soit qui ne soit pas fondé sur sa propre analyse. Et là, on a fait une grande avancée conceptuelle et donc politique. (Cf. Féminisme. Justification)

Penser (Contradiction) (1) : Il est possible, nécessaire, de constater des contradictions dont un raisonnement, un parti, un régime…serait porteur ou dont il se réclame. Il est possible, nécessaire, de s’y opposer sur ce fondement. Mais on ne construit pas d’alternatives sur la critique d’une contradiction.

Penser (Contradiction) (2) : Il est des contradictions qui détruisent la pensée au sein de laquelle elles s’inscrivent et, souvent, bien au-delà ; il en est qui la complexifient ; il en est qui permettent de la dépasser.
- Elles sont toutes révélatrices de leur-es auteur-es et de ses failles ; et, en cela, passionnantes.
- Elles tuent néanmoins sans appel un raisonnement.

Penser (Courage) : (12 janvier) 1758. Voltaire [1694-1778] dans une lettre à Théodore Tronchin [1703-1781], auteur de :
« Que ceux qui pensent comme Socrate parlent comme Socrate, et qu’ils ne craignent point la cigüe. » 180
* Ajout. 4 octobre 2019. (31 août) 2019. Dans le même sens, Vàclav Havel [1936-2011], auteur de :
« Ils veulent l’air frais, mais ils ont peur des courants d’air. » 181

Penser (Critique) (1) : Relever, comparer, apprécier, juger un-e auteur-e en fonction de son ‘œuvre’, de sa vie, de l’histoire…présente certes un intérêt, mais limité.
- En effet la critique en privilégiant l’une ou l’autre d’entre elles, tout à la fois révèle, dévoile un pan de l’analyse, et l’appauvrit l’analyse ; mais l’auteur-e critique apparaît alors tel qu’en elle/lui-même, passionnant-e ou non…

Penser (Critique) (2) : Lorsqu’une pensée critique n’offre plus de prise à la critique telle que conçue par les normes politiques dominantes, le silence est généralement de mise.

Penser (Critique) (3) : Ce sont les incessantes critiques et remises en cause - lesquelles sont le l[m]ot de tous et toutes - du monde tel qu’en l’état, dans organisation, dans ses structures actuelles en qui résident les seules alternatives crédibles de sa reconstruction.

Penser (Critique) (4) : Avant de critiquer ce qui est, penser à ce qui aurait pu être. Après, c’est bien aussi…

Penser (Critique) (5) : En critiquant une personne de qualités qu’elle n’a pas eu, en lui conférant des défauts qu’elle n’a pas non plus, c’est encore vous - celle qui juge - qui êtes jugée-e…de vos qualités, de vos défauts ; et du reste aussi…

Par ordre alphabétique. Penser. Critique :

Penser (Critique. Bernanos Georges) (6) : (été) 1927. Georges Bernanos [1888-1948], écrit à Marcel Lobet [1907-1992] :
« Ne vous mettez pas en peine de me plaire ou de me déplaire. Dites ce que vous sentez. Je ne vous en aimerai que mieux. » 182

Penser (Critique. D’Alembert) (7) : (8 septembre) 1761. D’Alembert [1717-1783], dans une lettre à Voltaire [1674-1778], lui écrit :
« Dans les endroits où vous critiquez Corneille [1606-1684], il faut que vous ayez si évidemment raison que personne ne puisse être d’un avis contraire.
Dans les autres, il faut ou ne rien dire ou ne parler qu’en doutant. » 183 Sage…

Penser (Critique. Gide André) (8) : (26 août) 1926. André Gide [1869-1951], dans son Journal, écrit :
« Il y a, pour qui consent à bien lire et sans parti pris, la critique du livre dans le livre lui-même, ainsi qu’il sied. » 184 Ce qui est vrai pour la lecture critique d’un livre, l’est bien au-delà : dans la lecture critique du monde, du politique, du patriarcat…

Penser (Critique. Léautaud Paul) (9) : (8 mars) 1929. À la suite de la publication d’un article critique de son livre, Passe-temps dont Paul Léautaud [1872-1956] note ses observations (critiques) dans son Journal [Littéraire], écrit qu’il en remerciera l’auteur, et conclut :
« Discuter, contredire, rectifier, je ne me donnerai jamais ce sot aspect. » 185

Penser (Critique. Malatesta Errico) (10) : 1931. L’hommage critique d’Errico Malatesta [1853-1932] à Kropotkine [1842-1921] : (sans faire référence à une quelconque analyse féministe) : un modèle d’honnêteté. 186 À lire. (Cf. Justice. Malesta Errico)

Penser (Critique. MFPF) (11) : 1979. Au terme de la préface du petit livre du Mouvement français pour le planning Familial, Apprenons à faire l’amour, il est écrit :
« Plus que partout ailleurs, on apprend et on découvre à tout âge.
Aussi bien ce qui est écrit est le reflet de l’état des auteurs de ce livre, sur le plan de leur propre sexualité ; en avance sur les uns, en retard sur les autres, ils ont leurs limites ; et puisqu’en écrivant, ils apprennent, ils peuvent continuer.
» 187 (Cf. Relations entre êtres humains. Amour. « Faire l’amour »)

Penser (Critique. Voltaire) (12) : (21 décembre) 1732. Voltaire [1674-1778] dans une lettre adressée à M. Formont [?-1758], après avoir rappelé ces vers de Boileau [1636-1711] :
« Tous les jours à la cour, un sot de qualité / Peut juger de travers en toute impunité » [Satires, N° IX, V. v.173 ], revendiquant sa liberté de parole, d’édition, de pensée, poursuit justement sur ce constat :
« Qui ne fait que des critiques générales n’offense personne. » 188 (Cf. Penser. Voltaire)

Penser (Critique. Voltaire) (13) : (9 novembre) 1736. Voltaire [1674-1778] dans une lettre adressée à M. de Mairan [1678-1771] écrit :
« J’ai trop tardé à vous remercier des lumières et du plaisir que je vous dois. Avec quelle netteté vous exposez les raisons de vos adversaires ! Vous les mettez dans toute leur force, pour ne leur laisser aucune ressource lorsque, ensuite vous les détruisez. Vous démêlez toutes les idées, vous les rangez chacune à leur place. […] » 189 (Cf. Penser. Voltaire)

Penser (Critique. Voltaire) (14) : (16 juin) 1773. Voltaire [1674-1778], dans une lettre adressée à d’Alembert [1717-1783], écrit :
« Je ne connais que Spinoza [1632-1677] qui ait bien raisonné, mais personne ne peut le lire. Ce n’est point par la métaphysique qu’on détrompera les hommes ; il faut prouver la vérité par les faits. Nous avons quantité de bons livres en ce genre depuis environ trente ans, ils font nécessairement beaucoup de bien.
Le progrès de la raison est rapide dans nos cantons ; mais dans votre pays (la France], et dans l’Espagne et dans l’Italie, les gens vous répondent : ‘Nous avons cent mille écus de rentes et des honneurs, nous ne voulons pas les perdre pour vous faire plaisir ; nous sommes de votre avis, mais nous vous ferons brûler à la première occasion pour vous apprendre à dire votre avis’. » 190 (Cf. Penser. Faits. Vérité. Voltaire, Philosophie)

Penser (Croyance. Alain) : Alain [1858-1952], auteur de :
« Croyance : c’est le mot qui désigne toute certitude sans preuve. […] » 191
Mais qui décide de la preuve ? Et sur quels fondements ? Un argument d’autorité. (Cf. Homme. « Intellectuel ». Alain, Justice. Preuve)

Penser (D’Alembert) : (12 novembre) 1765. D’Alembert [1717-1783] écrit à Voltaire [1694-1788] :
« Je voudrais bien servir la raison, mais je désire encore plus d’être tranquille. » 192
A la grand mérite de l’honnêteté. (Cf. Philosophie)

Penser (Déni) : Le déni : une amputation de la pensée ; une béquille de l’être. (Cf. Pensée. Déni)

Penser (Désapprendre. Dostoïevski Fédor) (1) : 1862. Fédor Dostoïevski [1821-1881], dans Souvenirs de la maison des morts, auteur de :
« Ce qu’il faut, c’est désapprendre tout. Et, là, ça prend du temps. » 193
Juste. Et une vie n’y suffit jamais. (Cf. Penser. Temps)

Penser (Désapprendre. Sorel Georges) (2) : 1907. Georges Sorel [1847-1922], dans son Introduction à ses Réflexions sur la violence, auteur de :
« Pendant vingt ans, j’ai travaillé à me délivrer de ce que j’avais retenu de mon éducation : j’ai promené ma curiosité à travers les livres, moins pour apprendre que pour nettoyer ma mémoire des idées qu’on lui avait imposées.
Depuis une quinzaine d’années, je travaille vraiment à apprendre ; mais je n’ai point trouvé de gens pour m’enseigner ce que je voulais savoir : il m’a fallu être mon propre maître et, en quelque sorte, faire la classe pour moi-même. […] » 194 (Cf. Pensée. Effort. Sorel George)

Penser (D’Holbach Paul-Thiry) : 1769. Paul Thiry d’ Holbach [1723-1789], dans l’Essai sur les préjugés, auteur de :
« Les hommes ne sont dans le doute que parce qu’on les empêche de faire des expériences, ou parce que ceux qui les instruisent n’osent point en faire eux-mêmes et craignent de leur dire la vérité. » 195

Penser (Dialogue) : (22 octobre) 2019. Entendu ce jour :
- « J’ai deux questions à vous poser… » Suivent les dites questions. Réponse :
- « Vous posez trois questions…» Suivent les dites réponse, puis la discussion, après déni du dialogue, se poursuit. (Cf. Pensée autoritaire)

Penser (Doctrine) : Les doctrines aident à penser mais tuent la pensée.

Penser (Domination) : À contraintes données - concrètement sans prise en compte des rapports domination - tout est justifiable.

Penser (Du Deffand. Madame) : (3 août) 1774. Madame du Deffand [1697-1780], dans une lettre adressée à Voltaire [1694-1778] lui écrit :
« Je suis désolée d’être vieille non pas assurément que je regrette de ne pouvoir pas être longtemps témoin de tout ce que je blâme, mais par ce que je n’ai plus la vivacité et la force qu’il me faudrait pour vous peindre avec énergie toute mon indignation. » 196 (Cf. Penser. Indignation)

Penser (Emerson Ralph Waldo) : 1929. Lu dans un livre de M. Dugard, Ralph Waldon Emerson. Sa vie et son œuvre [1803-1882] :
« ‘Il n’y a pas de pont qui puisse aller d’un esprit qui est dans un état à un esprit qui est dans un autre’. Si en montrant la vérité, telle qu’il la voit, le penseur n’a pu communiquer aux autres sa conviction, le raisonnement ne réussira pas d’avantage.
Dans le besoin d’être compris sur l’heure et personnellement, Emerson voyait d’abord une marque d’incrédulité et d’égoïsme. Nous devons nous borner à parler selon la vérité et avoir assez de foi en son évidence pour croire qu’elle fera son chemin sans nous, en se prouvant d’elle-même. Aussi se refusa-t-il toujours à la discussion de ses idées..
[…] » 197 (Cf. Relations entre êtres humains, Penser. Vérité)

Penser (Enquêtes) : « Toutes les enquêtes démontrent que …» : dernier - ou premier - argument de celui / celle qui n’en a pas, ou qui n’en n’a plus…

Penser (Écrit) : Tout écrit est dépassé dès lors qu’il l’est.

Penser (Erreur) (1) : Invoquer une « erreur » dans un monde injuste, c’est le cautionner. (Cf. Politique)

Penser (Erreur) (2) : Il n’est pas si difficile que cela de récuser ce que l’on a vanté, - certes un peu plus de critiquer ce que l’on a adoré et, un peu plus encore, de dénoncer ce à quoi l’on a pris part - : il suffit de reconnaitre son erreur.
Et d’expliquer pourquoi ; c’est cela qui manque le plus souvent.

Penser (Erreur) (3) : (8 décembre) 1924. André Gide [1869-1951] écrit dans son Journal :
« Je lis dans les lettres de Diderot [1713-1784] à Falconet 1716-1791] : ‘…On doit quelques fois plus à une erreur singulière qu’à une vérité commune (p.166). » 198 Souvent expérimenté…

Penser (« Esprits faibles ») : (1er juin) 1997. Maurice Nadeau [1911-2013], dans la Quinzaine littéraire auteur de :
« Je ne nie pas l’existence d’esprits faibles, ils sont légion, mais comme disait Sade [1740-1830] : ‘Je ne m’adresse qu’à des gens capables de m’entendre ; ceux-là me liront sans danger.’ » 199
Mépris des ‘autres’ et irresponsabilité des écrivains, conjuguées… (Cf. Culture, Violences. Sade)

Penser (Étapes) : Découvrir, comprendre, dévoiler, dénoncer, analyser et in fine ne retenir que ce qui, dans chez les autres, en soi, dans le monde est refusé : première étape de la pensée. Ce qui déstabilise l’analyse est la seconde étape. Les lier ensemble…d’emblée, est-ce possible ? pensable ? Mais, surtout, comment éviter la sclérose de la première étape. (Cf. Féminisme)

Penser (État) : 1983. Je lis dans les Mémoires de Raymond Aron [1905-1983] :
« Si la politique d’Alain [1868-1951] me tentait, c’est qu’elle m’épargnait la peine de connaître la réalité, d’imaginer à la place des dirigeants une solution aux problèmes posés. […]
[J’étais] toujours enclin à me demander : qu’est-ce que je pourrais faire à la place de celui qui gouverne ? » 200
- Se mettre « à la place de celui qui gouverne », c’est s’identifier à l’État, c’est nier ses capacités cognitives ; c’est se nier soi-même. (Cf. Homme. « Intellectuel ». Alain, Féminisme. d’État, Politique. État)
* Ajout. 30 juillet 2016. Je lis plus loin (p.136), à l’appui d’une critiques des « penseurs » :
« Il est facile de penser le politique, mais à une condition : en discerner les règles et s’y soumettre. […] » Le « et » dit beaucoup de la pensée politique de Raymond Aron ; et, sinon, en grande partie l’invalide, du moins en dévoile une grille de lecture majeure. (Cf. Homme. « Intellectuel ». Aron Raymond. Politique)

Penser (Exceptionnel) : Distinguer l’exceptionnel qui révèle de celui qui dérange ; et s’interroger sur les raisons qui décideraient de privilégier l’un ou l’autre.

Penser (Faits) (1) : Des limites du fact checking : les faits n’existent que via les systèmes de représentation qui seuls leur donnent leur sens, lesquels par ailleurs n’ont qu’un rapport - à [dé]construire - avec ce qui est nommé « le réel », lequel lui-même n’existe que par la pensée qui lui est conféré.
- Avec les - seuls - faits, dans le domaine de la pensée, on ne fait rien. Vrai aussi pour les « sciences» sociales. (Cf. Langage. Critique du mot : « Fait », « Sciences » sociales)

Par ordre chronologique. Penser. Faits :

Penser (Faits) (2) : 1649. Lu dans La conjuration du comte Jean Louis de Fiesque du cardinal de Retz, [1613-1679], la prise de position au Parlement de Gondi, archevêque de Paris, oncle du cardinal de Retz :
« Il n’y a que les âmes basses et sans courage qui peuvent se résoudre à accepter les faits. » Une vraie analyse politique ; une vraie hauteur de vue. Méprisante ? 201 (Cf. Politique. Réalité)
Penser (Faits) (3) : 1755. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, auteur de :
« Commençons donc par écarter tous les faits, car ils ne touchent point à la question. Il ne faut pas prendre les recherches, dans lesquelles on peut entrer sur ce sujet, pour des vérités historiques, mais seulement pour des raisonnements hypothétiques et conditionnels; plus propres à éclaircir la nature des choses qu'à en montrer la véritable origine, et semblables à ceux que font tous les jours nos physiciens sur la formation du monde. » 202

Penser (Faits) (4) : (17 août) 1789. Mirabeau [1749-1791], dans son discours concernant la Déclaration des droits de l’homme, dont « vingt projets » ont été présentés, évoque la difficulté de « les fondre ensemble pour en extraire un résultat utile à la masse générale d’un peuple préparé à la liberté par l’impression des faits, et non par des raisonnements. » Et il poursuit :
« Cependant, Messieurs, il a fallu vous obéir : heureusement, nous étions éclairés par les réflexions de cette Assemblée sur l’esprit d’un tel travail. Nous avons cherché cette forme populaire qui rappelle au peuple non ce qu’on a étudié dans les livres ou dans les méditations abstraites, mais ce qu’il a lui-même éprouvé ; en sorte que la déclaration des droits, dont une association politique ne doit jamais s’écarter, soit plutôt le langage qu’il tiendrait s’il avait l’habitude d’exprimer ses idées, qu’une science qu’on se propose de lui enseigner.
Cette différence, messieurs, est capitale ; et comme la liberté ne fut jamais le fruit d’une doctrine travaillée en déduction philosophiques mais de l’expérience de tous les jours et des raisonnement simples que les faits excitent, il s’ensuit que nous serons mieux entendus à proportion que nous nous rapprocherons d’avantage de ces raisonnement. […] » 203
Sans être dupe du probable mépris du « peuple », auquel Mirabeau se réfère ici, ni de l’utilisation politique conjoncturelle de ce raisonnement qu’il en escompte, son analyse, dans sa part indubitable de justesse, ne cesse de m’interroger.
Et si Le siècle des lumières, dont la révolution française aurait été au moins partiellement l‘incarnation, avait certes procédé à une indiscutable maturation de la pensée politique, mais avait aussi, de par la maitrise du langage politique que les intellectuels possédaient quasiment seuls, le moyen concomitant de déposséder le peuple de sa propre analyse, fondée elle plus sur l’analyse des « faits » que sur les « raisonnements » censés les interpréter ?
Et si cette lecture de l’histoire, aux innombrables conséquences, n’était pas toujours la nôtre ? (À prolonger) (Cf. Homme. « Intellectuel », Penser. Obéir, Politique, Patriarcat, « Sciences » sociales)

Penser (Faits) (5) : 1863. Ernest Renan [1823-1892], dans sa Vie de Jésus, auteur de :
« Quand nous avons deux récits d’un même fait, il est extrêmement rare que les deux récits soient d’accord. N’est-ce pas une raison, quand on n’en a qu’un seul, de concevoir bien des perplexités ? On peut dire que parmi les anecdotes, les discours, les mots célèbres rapportés par les historiens, il n’y en a pas un de rigoureusement authentique. Y avait-il des sténographes pour fixer ces paroles rapides ? Y avait-il un annaliste toujours présent pour noter les gestes, les allures, les sentiments des acteurs ? Qu’on essaye d’arriver au vrai sur la manière dont s’est passé tel ou tel fait contemporain ; on n’y réussira pas. Deux récits d’un même événement faits par des témoins oculaires diffèrent essentiellement.
Faut-il pour cela renoncer à toute la couleur des récits et se borner à l’énoncé des faits d’ensemble ?
Ce serait supprimer l’histoire. » 204 (Cf. Histoire)
Penser (Faits) (6) : 1939. Simone Weil [1909-1943], dans un « Fragment » de texte, après avoir considéré que « l’essence » de « l’humiliation », c’est « l’abaissement de la pensée devant la puissance du fait », poursuit :
« Quand il s’agit d’un fait humain, on ne peut se consoler. On éprouve que les hommes ont le pouvoir, s’ils le veulent, d’arracher nos pensées aux objets auxquels nous les appliquions, et de les amener, non pas quelques-unes, mais toutes, non pas par intervalles, mais continuellement, à quelque obsession que nous n’avons pas choisie.
La puissance du fait est telle ; elle n’est pas moindre.
Elle se soumet toutes nos pensées, et quand elle n’en change pas le contenu, elle en change la couleur. » 205

Penser (Faits) (7) : (24 octobre) 2018. Relevé par Le Canard enchaîné : Après avoir évoqué la nécessité pour les député-es de La République en marche de « faire la pédagogie de leur vote », la députée de l’Isère, Cendra Motin, a eu ce mot magnifique : ‘On demande aux gens de nous croire sur parole. Or, ils ne croient que les actes…’». 206 (Cf. Politique)

Penser (Fantasme) : Évoquer un « fantasme » sans s’interroger sur les fondements du terme et sur la part de réel que nécessairement il implique ou cache, c’est conforter le statu quo. Nécessairement conservateur donc, et le plus souvent réactionnaire.
* Ajout. 8 août 2018. Très insuffisant ; évoquer un « fantasme », c’est cautionner ce terme et ce qu’il charrie de normes psychanalytiques. (Poursuivre) (Cf. Psychanalyse)

Penser (Femmes) : Que les femmes pensent par elles-mêmes, seules, en faisant confiance en leurs intelligences, leurs sensibilités, leurs intuitions, leurs multiples connaissances de la vie, au lieu de penser le monde à travers le prisme des analyses féministes, et la pensée féministe aura fait un immense pas en avant…
- (1er octobre) 1805 Écrit après avoir lu Stendhal, qui écrit à sa sœur Pauline, après avoir vanté Saint-Simon, Duclos, Chamfort, Marmontel, Voltaire :
« Les hommes ont examiné, au lieu de croire pieusement les livres de ceux qui avaient examiné. » 207 (Cf. Féminisme)

Penser (Femmes. Bloy Léon) : (31 octobre) 1889. Lettre de Léon Bloy [1946-1917] à sa fiancée. [Il a 43 ans] :
« Le défaut, l’unique défaut peut être de ton éducation est d’avoir mis en toi une confiance trop grande dans les spéculations de l’esprit, et je t’avoue que cela m’inquiète et m’attriste parfois quand j’y pense. Je voudrais que tu vécusses beaucoup plus par le cœur que par la pensée, parce que c’est ainsi que j’ai toujours fait et qu’alors nous serons plus unis. […]
Chère amie de mon cœur, tu répètes les leçons de ton enfance et tu ne sais pas ce que tu dis. Si tu le savais, je serais percé de désespoir et forcé de renoncer à toi. » 208 (Cf. Homme. Grossier, Féminisme. Antiféminisme, Patriarcat)

Penser (Femmes. Journal général de la littérature Française) : 1833. 1960. Dans la critique faite au Lélia [1833] de George Sand [1804-1876] par un critique du Journal général de la littérature française, on lit notamment :
« [Ce livre] ne plaira peut être point au femmes ni au commun des lecteurs, mais à tous ceux qui ont l’habitude de penser et de réfléchir. »
- Il faut noter que cette analyse [reproduite dans l’édition de 2060 de Lélia] sans ambiguïté quant à l’exclusion des femmes de la pensée et de la réflexion fut jugé en 1960 par M. Reboul, qui a « établi, présenté, et annoté » Lélia pour les Classiques Garnier [réédité en 2003 par Folio Classique] ne fut pas relevée par lui ; il se contenta de juger la critique du livre par le Journal général de la Littérature française comme - simplement - manifestant « plus de réserve » le concernant que la précédente citée par lui. 209 (Cf. Culture, Patriarcat. Permanence, Penser. Pensée. Idée. Roman)

Penser (Femmes. Peters Otto Louise) : 1848. Louise Otto Peters [1819-1895], auteure de :
« […] Les femmes se verront oubliées si elles cessent de penser à elles-mêmes. » 210 Et donc si elles cessent de penser. (Cf. Femmes, Féminisme, Patriarcat)

Penser (Femmes. Staël Madame de) : 1814. Madame de Staël [1766-1817], dans sa seconde préface à ses Lettres sur les écrits et le caractère de J.-J. Rousseau [1712-1778], auteure de :
« Tout marche vers le déclin dans la destinée des femmes, excepté la pensée, dont la nature immortelle est de s’élever toujours. » 211

Penser (Fin) : Les moyens sans la fin la cautionne.

Penser (Foucault Michel) : 1984. Michel Foucault [1926-1984], dans Dits et écrits, auteur de : « Travailler, c’est entreprendre de penser autre chose que ce qu’on pensait avant. » 212 Banal ? Absurde ?

Penser (Futur du monde. Friedman Milton) : 1982. Milton Friedman [1912-2006], dans Le capitalisme et la liberté, auteur de :
« Seule une crise - réelle ou ressentie - produit de véritables changements. Quand cette crise intervient, les actions entreprises dépendent des idées présentes alentour. C’est là, je pense, notre fonction essentielle : développer des alternatives aux politiques existantes, les maintenir vivantes et disponibles jusqu’à ce que le politiquement impossible devienne politiquement inévitable. » 213
Réhabilite l’optimisme politique ; rien n’empêche en effet que l’analyse de Milton Friedman a utilisée avec les dramatiques succès que l’on connait de s’appliquer dans un tout autre contexte avec de tous autres projets. (Cf. Histoire. Révolution Française. Bastille. Prise de la, Économie)

Penser (Gide André) : (19 juillet) 1932. André Gide [1869-1951], dans son Journal, écrivait justement :
« Et je n’ai pas besoin de ne pas être moi-même un rentier pour juger un système social qui crée et protège les rentiers, pour le juger très déplorable. » 214
Analyse appliquée à ce constat, imparable ; à ceci près que d’autres plus critiques ne se seraient pas limité-es à la seule critique des « rentiers » et auraient sans doute employé un autre verbe que « déplorer ». (Cf. Femmes. Conscience de classe)

Penser (« Gilets jaunes ») (1) : La force de la pensée et des revendications des « Gilets jaunes » n’est-elle pas une forte illustration de l’idée selon laquelle c’est sinon l’extérieur d’un système, du moins à sa frontière - être tout à la fois à l’intérieur pour en comprendre le monde de fonctionnement et à l’extérieur pour appréhender la cohérence qui vous en exclue - que celui-ci peut être le plus efficacement compris et combattu ?
A l’opposé des supposées « minorités ». (Cf. Politique. « Gilets jaunes », Économie « Gilets jaunes »)

Penser (« Gilets jaunes ») (2) : 2019. Un slogan :
« On pense, donc on ne vous suit plus. » (Cf. Politique. « Gilets jaunes »)

Penser (« Gilets jaunes ») (3) : (30 janvier) 2019. Un « gilet jaune » de Commercy, auteur de : « Nous, on mise sur l’intelligence collective ». 215 (Cf. Penser. Intelligence, Politique. « Gilets jaunes »)

Penser (« Gilets jaunes ») (4) : (14 février) 2019. Un « gilet jaune » à la Maison du peuple de Saint-Nazaire :
« Ici mon cerveau s’est remis à fonctionner ». 216 (Cf. Politique. « Gilets jaunes »)

Penser (« Gilets jaunes ») (5) : (26 mars) 2019. En lisant dans l’autobiographie d’Arthur Miller, Au fil du temps, cette phrase : « Avec mon irrésistible tendance à idéaliser tout ce qui défiait le système », j’ai ressenti que j’étais concernée par son analyse concernant [notamment] ma perception des « Gilets jaunes ». 217 Ce qui n’enlève rien à mon « irrésistible » soutien. (Cf. Politique. « Gilets jaunes »)

Penser (« Gilets jaunes ») (6) : (11 avril) 2019. Une femme « Gilet jaune » à l’Assemblée générale des Gilets jaunes à Saint Nazaire :
« […] Petit à petit, je suis entrée dans la réflexion. » ; un homme :
« Ici, il n’y a que des gens qui réfléchissent ». 218 (Cf. Politique. « Gilets jaunes »)

Penser (Gorbatchev Mikhaïl ) : 1997. Mikhaïl Gorbatchev, dans ses Mémoires, auteur de :
« Tant que je n’ai pas saisi la logique interne d’un sujet, il m’est impossible de le traiter. » 219
Mais on n’en est pas moins, tous et toutes, lui sans doute au premier chef, dépassé-es par l’histoire mise en mouvement…sans logique interne… (Cf. Histoire)

Penser (Gramsci Antonio) : 1924. Lors du procès intenté à Antonio Gramsci [1891-1937] sur ordre de Mussolini [1883-1945], le Procureur déclara :
« Nous devons empêcher ce cerveau de fonctionner pendant 20 ans. » 220
Gramsci fut condamné à 20 ans de prison et ne fut libéré qu’en 1937. Trois jours après, il mourut. (Cf. Justice, Pensée. Vérité. Gramsci Antonio)

Penser (Grille de lecture) : Une grille de lecture ne peut devenir une lecture du monde.

Penser (Historicité) : Aucun système de domination n’est éternel : ni le capitalisme, ni le colonialisme, ni le nationalisme, ni l’apartheid, ni donc le patriarcat….
Il s’agit moins de rappeler une évidence que de se rappeler de ne pas l’oublier… (Cf. Politique. Colonialisme. Nationalisme)

Penser (Hugo Victor) (1) : 1869. Victor Hugo [1802-1885], en 1869, à son éditeur, concernant l’insuccès de l’Homme qui rit, auteur de :
« […] J’ai voulu forcer le lecteur à penser à chaque ligne. De là, une sorte de colère du public contre moi. » 221

Penser (Hugo Victor) (2) : 1874. Victor Hugo [1802-1885], dans Quatre-Vingt-treize, auteur de :
« À toute idée, il faut une enveloppe visible, à tout principe, il faut une habitation ; […] à tout dogme, il faut un temple. » 222 (Cf. Penser. Pensée. Idée. Principe)

Penser (Hypothèse) : Hypothèse : seule la conscience de l’existence d’une hypothèse de base - qui vous soit propre ou non - permet de la dépasser ; qui plus est de la remettre en cause. Mais ladite hypothèse ne vient-elle pas si souvent sinon en bout de course, du moins au terme de longues réflexions ? Ne doit pas dissuader pour autant de la rechercher…

Par ordre chronologique. Penser. Imagination :

Penser (Imagination) (1) : 1790. William Blake [1757-1827], dans Le mariage du ciel et de l’enfer, auteur de :
« What is now proved was once only imagined » [Ce qui est maintenant prouvé fut préalablement imaginé].

Penser (Imagination) (2) : 1924. André Breton [1896-1966], dans Le manifeste du Surréalisme, écrit :
« L’imagination est peut-être sur le point de reprendre ses droits. Si les profondeurs de notre esprit recèlent d’étranges forces capables d’augmenter celles de la surface, ou de lutter victorieusement contre elles, il y a tout intérêt à les capter, à les capter d’abord, pour les soumettre ensuite, s’il y a lieu, au contrôle de la raison. Les analystes eux-mêmes n’ont qu’à y gagner. » 223

Penser (Imagination) (3) : 1929. Paul Claudel [1868-1955] dans le prologue du Soulier de satin, auteur de :
« L’ordre est le plaisir de la raison, mais le désordre est le délice de l’imagination. »

Penser (Imagination) (4) : (mars) 1933. Anaïs Nin [1903-1977], dans son Journal, auteure de : « […] J’ai accepté un moi sans limites. Ce que j’imagine est aussi vrai que ce qui est. » 224 (Cf. Êtres humains. Soi, Penser. Vérité)
Penser (Imagination) (5) :
(5 août) 2019. Marie-Aude Murail, auteure de :
« L’imagination change le monde. » 225

Penser (Imbroglio) : Un apprenti sorcier, sur une corde raide, dans une fuite en avant, se pense au futur antérieur…

Penser (Instinct) : (22 août) 2017. Donald Trump, concernant la politique américaine en Afghanistan, auteur de :
« D’ordinaire je suis mon instinct. » 226 (Cf. Politique, Psychanalyse. Instinct)

Penser (Institutions) : Les structures institutionnelles, en elles-mêmes, quelles qu’elles soient, sont antinomiques avec les [débats d’] idées, qui ne peuvent être vécus qu’en tant que de sources d’affaiblissement. Comment y remédier ?

Penser (Intellectuel-les) (1) : Tout-e intellectuel-le plongé-e dans les médias s’y révèle et s’y dissout. (Cf. Politique. Médias)

Penser (Intellectuel-les) (2) : La lisibilité du monde a peu à voir avec la visibilité dans les médias. (Cf. Politique. Médias)

Penser (Intelligence) (1) : La preuve que l’idée d’intelligence est liée au pouvoir (dans toutes ses composantes), c’est que lorsque celui-ci change de mains, la conception de ce que l’intelligence peut, doit signifier, ses formes, ses signes d’expressions, changent aussi.
Et dans les rupture les plus radicales, en supprime même l’idée.
S’en targuer n’est donc pas signe d’intelligence.

Penser (Intelligence) (2) : Certain-es pensaient que l’émergence d’une intelligence collective pouvait contribuer à changer positivement le monde. Au lieu et place certain-es leur imposèrent ce qu’ils appelèrent l’intelligence artificielle, qui n’était qu’un artifice dépourvu d’intelligence…

Par ordre chronologique. Penser. Intelligence :

Penser (Intelligence) (3) : 1865-1869. Léon Tolstoï [1828-1910] dans La guerre et la paix, écrit (à propos du général Koutouzov [1745-1813]) :
« L’intelligence qui tendance à grouper les faits, était remplacée chez lui par la simple capacité de contempler les évènements en toute sérénité. » 227 (Cf. Penser. Faits)

Penser (Intelligence) (4) : 1913. Maxime Gorki [1868-1936], dans son livre Enfance, se souvenant des analyses de sa si gentille grand-mère concernant son si violent grand-père :
« Vois-tu, à ce moment-là, c’était un très brave homme, ton grand-père ; mais il est devenu méchant et bête du jour où il s’est mis dans la tête qu’il était plus intelligent que tout le monde. » […]
« Ah, il parlait bien, grand-père quand il voulait ! C’est seulement plus tard, par bêtise, qu’il a verrouillé son cœur. » 228 (Cf. Violences)

Penser (Intelligence) (5) : (14 novembre) 1957. Jean Guitton [1901-1999], dans le Journal de ma vie, retranscrit les paroles d’un « disciple d’Heidegger » [Martin. 1889-1976] :
« […] Lorsqu’il parle, on a une impression extraordinaire d’intelligence, mais après, on ne peut pas dire ce qu’il vous a dit. » 229
À cette aune, combien….?

Penser (Intelligence) (6) : (17 décembre) 2018. Gilles Legendre, président du Groupe La république en marche à l’assemblée nationale, a reconnu deux « erreurs » du gouvernement dont voici la seconde :
« […] le fait d’avoir probablement été trop intelligents, trop subtils, trop techniques dans les mesures de pouvoir d’achat. » 230

Penser (Intelligence) (7) : (avril) 2019. Slogan d’un manifestant Algérien adressé aux dirigeants :
« On ne vous permet pas d’insulter notre intelligence ». Universel. (Cf. Êtres humains, Politique)

Penser (Intérêts) : Quand on a pour finalité et / ou pour fonction de défendre des intérêts, a-t-on besoin d’idées [tactiques nécessaires à la prise et à la garde du pouvoir exclues] ?
- Vrai aussi pour l’empirisme ? le réalisme ? le conservatisme ? la transmission… ? (Cf. Économie)

Penser (Intuition) : (11 août) 2017. Raphaël Enthoven, « philosophe », analysant « l’amour » chez Vladimir Jankélévitch [1903-1989] affirme :
« S’il fallait résumer la pensée de Jankélévitch : c’est même plus qu’une idée, c’est une intuition. […] » 231 (Cf. Philosophie)

Penser (Jouir) : (20 janvier) 1761. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée au marquis d’Argence [1703-1772], après avoir opposé le bonheur des « sots » et celui des « philosophes », auteur de :
« [….] Plus vous vous éclairez et plus vous jouissez. » 232 (Cf. Penser. Pensée. Binaire)

Penser (Juger) (1): Penser, c’est juger ; juger, c’est s’engager. (Cf. Justice. Juger)
Penser (Juger) (2) : Il jugeait des erreurs des autres avec une assurance qui n’assurait que lui.

Par ordre chronologique. Penser. Juger :

Penser (Juger) (3) : 1843. Astolphe de Custine [1790-1857], dans ses Lettres de Russie, auteur de :
« […] Tel est mon droit d’exposition, droit acquis à tout observateur véridique ; mais je l’avoue, à tort ou à raison, je vais plus loin encore : je condamne ou je loue ce que je vois ; ce n’est pas assez de peindre, je veux juger. » 233 À raison… (Cf. Justice. Juger)

Penser (Juger) (4) : Voltaire [1694-1778], dans une lettre à d’Alembert 1717-1783] écrit concernant une éventuelle candidature de Condorcet [1743-1794] à l’Académie française :
« Il n’a rien fait, dira-t-on; tant mieux : nous avons plus besoin de gens qui jugent que de gens qui fassent. » 234

Penser (Juger) (5) : (22 août) 2017. J’entends sur France Culture, Michel Onfray opposer « juger » et « comprendre ». (Cf. Homme « Intellectuel », Penser. Pensée. Binaire)

Penser (Juger) (6) : (septembre) 2018. [Au terme d’un débat sur France Culture] : Entendu : « c’est assez confus » ; « l’ambiguïté peut poser des problèmes » ; « l’hypothèse peut être intéressante » ; « c’est assez convainquant » ; « ce n’est pas vraiment neuf » ; « c’est une question assez étrange », « c’est critiquable » ; « cela peut être discuté »…
Pourquoi est-il si difficile - quasi impossible - d’affirmer : « C’est faux. Et voici pourquoi…» ? 235

Penser (Justification) : Toute justification - qui situe nécessairement sur le terrain de la pensée de l’autre - est invalidation de la pertinence de sa propre pensée.

Penser (Kubrick Stanley) : 1968. Stanley Kubrick [1928-1999] à propos de son film 2001. L’odyssée de l’espace, auteur de
« Vous êtes libres de vous interroger tant que vous voulez sur le sens philosophique et allégorique du film. Une telle interrogation est une indication qu’il a réussi à amener le public à un niveau avancé. Mais je ne veux pas donner une grille de lecture précise pour 2001 que tout spectateur de sentirait obligé de suivre de peur de ne pas en saisir la signification. » 236 (Cf. Culture. Cinéma)

Penser (Lancelin Aude) : (9 novembre) 2016. Lu dans le Journal du Dimanche : Aude Lancelin, auteure de :
- « […] Il faut quel les gens sachent comment se fabriquent les idées qu'on essaie de leur faire penser, il faut qu'ils sachent comment se nouent concrètement les liens entre éditorialistes, grands capitalistes et puissance publique. Il est important de leur dire, par exemple, qu'aujourd'hui, un président de la république peut alerter un actionnaire de presse au sujet de l'orientation politique d'une journaliste, ainsi que de sa vie privée, en pensant que la chose restera dans l'ombre. » […]

- « Il y a eu un véritable trou d'air, un spectaculaire affaissement de la vie intellectuelle française depuis une trentaine d'années et les médias y ont largement contribué. Pendant les années 1990-2000 notamment, la plupart ont entièrement truqué les éléments du débat au profit d'imposteurs et poussé toute sorte d'énergumènes toujours violemment réactionnaires sur le devant de la scène […] Les journalistes étouffent, nous sommes nombreux à ne plus supporter être les hochets de géants des télécoms instrumentalisant la presse à leur propre fins. » […] 237
- Analyse valable aussi concernant la pensée féministe, telle qu’elle nous est «servie», présentée comme devant être considérés comme telle, depuis tant et tant d’années…

Penser (Lassalle Ferdinand) : Ferdinand Lassalle [1825-1864], auteur de :
« Toute grande action commence par l’expression de ce qui est. »
Juste analyse, laquelle nécessite cependant un corpus adéquat : concernant le patriarcat, même les sociétés occidentales n’en ont pas même encore reconnu son existence. 238 (Cf. Patriarcat)

Penser (Limites) : 1992. Penser, comme Cornelius Castoriadis [1922-1997], dans La démocratie Athénienne : fausse et vraies questions, que « l’esclavage et le statut des femmes », outre l’incohérence politique de la comparaison, relèveraient des « limites » de la démocratie Athénienne, 239 c’est cautionner et l’esclavage et le patriarcat.
Plus encore, en accordant au Politique, tel que pensé alors à Athènes, un statut premier, suprême, souverain, c’est condamner aujourd’hui, la vie des êtres humains à n’être que secondaire, accessoire, superfétatoire… (Cf. Homme. « Intellectuel ». Castoriadis Cornelius, Patriarcat, Politique. Démocratie, Philosophie. Limites)

Penser (Littérature) : Penser, interroger, analyser, critiquer une œuvre « d’un point de vue littéraire », qu’est-ce que cela peut bien vouloir signifier ?
- Il en est de même pour « philosophiquement parlant », etc…

Penser (Manière Philippe) : (17 février) 2019. Philippe Manière, régulièrement invité sur France Culture, dans l’émission L’esprit public, auteur de :
- Concernant la « réforme de l’hôpital » en France : « L’argent ne pousse pas sur les arbres » ; « Il faut tenir compte de la psychologie (des gens) » ; « Il faut regarder cette réalité en face » ; « Il ne faut pas trop dauber là-dessus » ; « Il ne faut pas tomber à côté du cheval »
- Concernant la « diplomatie » : « Ce conflit moyen-Oriental est d’une très grande complexité » ; « tout ça est cousu de fil blanc » ; « tout est très compliqué » ; « tout ça n’a pas grand intérêt » ; « Il y a des progrès qui sont faisables, d’autres, pas accessibles. » 240 (Cf. Homme. Journaliste. Manière Philippe, Langage. Possessif, Économie. Grèce. Manière Philippe)

Penser (Maury Jean-Siffrein) : 1791. L’abbé Jean-Siffrein Maury [1746-1817], député du clergé, l’un des orateurs de la droite de l’Assemblée Nationale, menacé d’être pendu ‘à la lanterne’, répondit à la foule :
« Eh bien, quand j’y serai, y verrez-vous plus clair ? » 241 Puissant. (Cf. Justice, Violences)

Penser (Michelet Jules) : (18 mai) 1852. Michelet [1798-1874], après avoir refusé de prêter serment à l’empire de Napoléon III [1808-1973], est révoqué du Collège de France, licencié de son poste aux Archives nationales, et doit quitter son appartement. Il écrit dans son Journal :
« Ce que j’avais le plus à craindre, c’est la stérilité de la routine, c’est l’endormante uniformité des études bureaucratiques, c’est l’encombrement de la science, de l’érudition.
J’ai souvent comparé les âmes des savants à ces îles, verdoyantes d’abord, que le corail envahit, belle et riche production pour laquelle on recherche ces îles ; mais par le progrès du temps, ce corail a tout couvert d’une surface sèche, dure, encombrante : pas un brin d’herbe ne pousse.
Ces pensées me firent supporter mieux que je n’aurais cru un si grand changement. […] » 242 (Cf. Hommes. « Intellectuels », Histoire. Archives)

Penser (Mirabeau) : (22-23 mars) 1791. Mirabeau [1749-1791], dans un discours à l’Assemblée Nationale, après avoir précisé que son « avis » - sur la question évoquée - « n’est pas fait », auteur de :
« Messieurs, je répondrai en homme que les battements de mains n’étonnent pas plus que les murmures (Bruit prolongé) ; je répondrai seulement en homme qui estime singulièrement les objections fortes et qui estime même les spécieuses, parce qu’elles forcent à se replier sur soi et à penser. » 243 (Cf. Relations entre êtres humains. Applaudissements)

Penser (Modestie) : Il / elle était si modeste quant à ses écrits - pourtant de grande valeur - qu’il / elle accordait d’autant plus de valeur aux recherches, aux apports, aux interprétation dont il / elle n’était pas l’auteur-e.

Penser (Mossadegh Mohammad) : 2010. Je lis dans le livre de Ryszard Kapuscinski [1932-2007], Le Shah, concernant le premier ministre du Shah d’Iran [1919-1980], Mohammad Mossadegh [1882-1987], expulsé du pouvoir par un coup d’état de la CIA pour avoir notamment nationalisé le pétrole Iranien :
« Mossy [le surnom donné à Mossadegh par les Anglais] disait que la terre que nous foulons nous appartient et que tout ce qui se trouve nous appartient aussi.
Dans ce pays, personne avant lui n’avait formulé une idée pareille.
Que tout le monde dise ce qu’il pense ! Que tout le monde prenne la parole ! Je veux entendre vos pensées’, tel était son message.
Après deux mille cinq cents ans d’asservissement despotique, il nous a rappelé que l’homme est un être pensant. Aucun souverain perse ne l’avait jamais fait !
Les propos de Mossy sont gravés dans les mémoires, ils sont entrés à jamais dans nos têtes et vivent encore en nous aujourd’hui.
Les paroles qui ouvrent les yeux sur le monde sont celles que nous nous rappelons le mieux. » 244 (Cf. Êtres humains, Homme « Politique », Politique)

Penser (Mythe) (1) : Les mythes étouffent la pensée.

Penser (Mythe) (2) : Toute référence à un mythe conforte le monde auquel il se réfère.

Penser (Mythe) (3) : Tout mythe est mystification. Toute identification, tout recours explicatif à un mythe est enfermement dans une norme nécessairement passéiste, Donc réactionnaire. (Cf. Justice, Penser)

Penser (Mythe) (4) : Détruire un mythe, c’est aussi légitimer le mythe.

Par ordre chronologique. Penser. Mythe :

Penser (Mythe) (5) : 1984. Jean-Paul Aron [19225-1988], dans Les modernes, auteur de :
« J’aime que, du piédestal ou l’anthropologie les élève, Barthes [Roland. 1915-1980] descende les mythes dans la rue. » Puis, il critique l’impact négatif final du formalisme structuraliste sur sa pensée. Et poursuit :
« Quant à moi, je m’obstine à préserver au mythe sa différence, à le soustraire, coûte que coûte, au réductionnisme et à l’impérialisme des sémiologues. » 245
Mais, comment faire ? Est-ce même possible ? pensable ?

Penser (Nationalisme) : Le nationalisme tue l’intelligence.

Penser (Nahoum-Grappe Véronique) : (12 juillet) 2018. Véronique Nahoum-Grappe, sur France Culture, critique justement ceux et celles qui « prennent la pensée de l’autre à sa faille et non à son point d’excellence. » 246

Penser (« No comment ») : 2001. Michel Foucault [1926-1984], dans Dits et écrits, répond ainsi à une question :
« Comme les présidents américains, quand une question les embarrasse, je répondrai ‘no comment’… »
- Idéalement, il faudrait mieux répondre : « je ne veux pas répondre » et / ou : « je ne peux pas répondre » et / ou : « je ne sais pas répondre ». Et, si possible, en expliciter les raisons ….
- Il en est de même pour : « Je n’ai pas l’intention de critiquer Sartre. » [ce que, dans un autre texte, sans doute ailleurs, il avait déjà exprimé…] 247

Penser (Nous) : Dès lors de le « Nous » se substitue au « Je », la [liberté de] la pensée s’estompe. Ou : s’invalide ? (Cf. Femmes. « Nous les femmes », Langage. Genre. « Comme nous disons…»)

Penser (Objet) (1) : Le monde des objets [y penser, en rêver, les désirer, les détester, décider de ne pas s’en préoccuper et penser à changer de vie, les acheter (cash ou en crédit, avec ou sans argent) les placer, les remplacer…] prend beaucoup de temps. Il peut occuper une vie. Beaucoup s’appliquent à l’en remplir. (Cf. Économie)

Penser (Objet) (2) : 2002. Maurice Nadeau [1911-2013], dans son livre Serviteur. Un itinéraire critique à travers livres et auteurs depuis 1945, écrit :
« C’est l’objet qui compte, non celui qui le montre. » 248 Facile ? (Cf. Êtres humains. Soi)
* Ajout. 22 août 2017. En latin, en plus large, en mieux : « Quidquid recipitur, ad modem recipientis, recipitur ». Traduction : « Ce que l’on reçoit du dehors est reçu en fonction la qualité de celui qui reçoit. »

Penser (Objectivité) : Que l’on puisse accuser un-e autre de ne pas être objectif-ve [m’]étonne toujours. N’est-ce pas, en effet, si souvent au nom de « la science », nier la validité de son propre raisonnement ?
- Valable aussi pour « neutre » et, même, « indépendant », « rationnel »... (Cf. Êtres humains. Soi. «T’es qui, toi ? », « Sciences sociales ». Objectivité. Sociologie, Histoire)

Penser (Opinion. Hume David) : 1757. David Hume [1711-1776], dans son livre, Enquête sur les principes de la morale, auteur de :
« Pour ce qui est de mes opinions, vous savez que je ne défends aucune d’entre elles de manière absolue ; je propose simplement mes doutes, là où je suis assez infortuné pour ne pas partager la même conviction que le reste de l’humanité. » 249

Penser (Opinion. Voltaire) : (25 juillet) 1774. Voltaire [1694-1778], dans une lettre écrite au marquis d’Ormesson [1711-1774], intendant des finances de Louis XV [1710-1774], auquel il présente une « requête » [d’aide financière] lui écrit :
« […] Il ne m’appartient pas d’avoir une opinion. Je n’ai d’autre intérêt dans l’établissement de Ferney [qu’il nomme « sa colonie »] que celui de mériter votre protection ; et je dois m’en rapporter à vos lumières. » 250 Quelle bassesse…(Cf. Penser. Voltaire)

Penser (« Pas de côté ») : Dans les débats [publics] elle / il revendiquait le droit de faire « un pas de côté ». Ce qui lui permettait de ne pas répondre à la question posée, de ne pas réagir à ses interlocuteurs/trices, et surtout - insaisissable - de poursuivre son soliloque, qu’à la longue, elle / il n’était plus que la / le seul-e à comprendre.
- Faire « un pas de côté », c’est n’être pas « hors-jeu » ; c’est être toujours « dans le jeu », sans savoir à expliquer quoi que ce soit de l ‘explication de l’esquive.

Penser (Perception. Novalis) : Novalis [1772-1801], auteur de :
« Apercevez-vous un géant ? Vérifiez d’abord la position du soleil et prenez garde que ce ne soit l’ombre d’un pygmée. » 251 (Cf. Êtres humains. Admirer)

Penser (Permission) : (4 juillet) 2019. Chantal Delsol, philosophe, auteure de :
« Si vous me permettez de dire ce que je pense…» 252 (Cf. Politique. Médias, Philosophie)

Penser (Personne) : Personne ne pense pour personne. Ou : Nul-le ne doit penser pour autrui.
* Ajout. 10 juin 2015. Entendu une responsable d’association se présentant comme féministe parler d’« éduquer les jeunes à la responsabilisation » et de « donner des clés de compréhension en matière d’égalité hommes/femmes ». Que d’égotismes, de prétentions, de régressions…

Penser (Penseur / penseuse) (1) : Peut être considéré comme tel/le, celui /celle qui, y compris bien sûr, opposé-e à vos propres pensées, vous permet de mieux le/la critiquer, tout en vous donnant les outils utiles, nécessaires à votre [auto]-critique. Nul-le n’est, tant s’en faut ! pour cela, besoin d’être [considéré-e comme] philosophe. À l’inverse, s’en prévaloir, délégitime d’emblée celui / celle qui se présente (ou qui accepte d’être présenté-e) comme tel-le.
* Laisser venir à soi les pensées des autres… (Cf. Êtres humains. Soi, « Sciences » sociales, Méthode. Abécédaire)

Penser (Penseur / penseuse) (2) : Il / Elle pensait, faute d’avoir été critiqués, ses arguments imparables. Il / elle, assuré-e de son bon droit, les répétait donc depuis des années. Ce qui n’avait pas été entré en ligne de compte, c’est que sa seule assurance - mâtinée du peu de sympathie qu’il/ elle inspirait - avait depuis longtemps ôté l’envie à quiconque de toute discussion.

Penser (Penseur / penseuse) (3) : Lu : « Qu’est-ce que l’histoire des penseurs, sinon celle des idées de leur époque ? » Globalement juste.
On comprend mieux alors l’intérêt politique qu’il y a à focaliser l’attention sur l’une- ou l’autre, l’un-e et l’autre, les un-es et les autres des dit-es penseurs / penseuses. (Cf. Politique. Histoire)

Penser (Politique. Saint Simon) : Saint Simon [1760-1825], auteur de :
« Les grandes pensées sont le résultat des grandes fermentations politiques. » L’inverse étant juste aussi…253 (Cf. Politique, Histoire)

Penser (Ponge Francis) : Ponge Francis [1899-1988], poète, auteur de :
« À bas le mérite intellectuel » (1937) et de :
« On dit tant de bêtises. […] » 254 Pertinent, sans être méprisant…

Penser (Postulat) (1) : Un postulat ne peut être démontré, mais il est néanmoins le socle nécessaire à la construction d’une analyse. Et c’est justement parce qu’un postulat ne peut être expliqué qu’il doit être présenté, exposé, et qu’il peut alors être critiqué, sans être pour autant, en tant que postulat, d’emblée récusé.

Penser (Postulat) (2) : Son postulat affirmé, il passa sa vie à le conforter, à chercher ce qui s’en écartait, s’y opposait, le fragilisait. Jusqu’au jour où il dut reconnaitre que son postulat était erroné. Alors, il eut le choix entre s’effondrer et s’en libérer.

Penser (Postulat) (3) : (10 mai) 1922. Dans le Journal de ma vie, Jean Guitton [1901-1999] rapporte une réaction d’un « physicien », Pierre Ternier [1859-1930] qui, après lui avoir lui dit n’avoir pas compris à ce qu’Einstein [1879-1955] venait de présenter au Collège de France, avait néanmoins poursuivi :
« Il a renversé ce que nous savions en montrant que nos lois sont fondées sur des postulats. Mais son système se fonde à son tour sur d’autres postulats qui sont, comme les premiers indémontrables. » 255

Penser (Pour ou contre) : Opposer le pour et le contre interdit de penser le pourquoi et le comment, a fortiori le vrai et le juste…à justifier, bien sûr, c’est à dire à expliciter le socle qui justifie ce qui est considéré comme tel, lequel peut et doit évoluer… (Cf. Penser. Commentaire. Pensée. Binaire)

Penser (Préalable) : Avant de critiquer le dolorisme, comprendre la douleur.

Penser (Prémisses) : Si les prémisses sont fausses, tout ce qui en découle l’est aussi. Il ne sert donc à rien, ou du moins, pas à grand-chose, de se battre contre des conséquences…
Lapalissade ?
Néanmoins, une conséquence à en tirer : si l’analyse du monde doit nécessairement préalablement prendre en compte ses fondements patriarcaux, que reste-t-il des analyses qui en font fi ? (Cf. Patriarcat)

Penser (Projet) : Avoir un projet sans savoir où l’on va(Cf. Penser. Abécédaire)

Penser (Prolongement de soi) : Être sensible au moment où l’on se sent se prolonger soi-même, et ce d’autant plus que cela relève rarement d’une volonté consciente. (Cf. Êtres humains. Soi)

Penser (Quantitativisme) : La domination du nombre, y compris en la matière, est telle qu’il suffit souvent qu’une pensée soit unique pour que, hors sujet, qu’elle soit, d’emblée, disqualifiée. Mais il est des exceptions qui confirment la règle : celles de Donald Trump…

Penser (Question) (1) : (29 avril) 2017. Un journaliste américain, concernant la politique extérieure de Donald Trump, après avoir affirmé :
« Je suis content que ce soit lui qui s'occupe de gérer la situation en Corée du Nord. […] Je veux éviter une guerre nucléaire, et j'ose espérer que le président des États unis nous entraine dans le bon sens », poursuit, en déclarant à Michael Moore, invité à s’exprimer :
« Comment même peut-on penser l'inverse ? » 256 (Cf. Penser. Trump Donald)

Penser (Questions) (2) : À contraintes données, nul-le n’est tenu-e de répondre aux questions posées. Mais, n’est-ce pas la norme de l’impensé des pratiques des médias ? (Cf. Politique. Médias)

Penser (Questions) (3) : Combien de fois ai-je entendu lors des débats dans les médias, du fait des journalistes, commentateurs-trices, expert-es, les universitaires… :
« Ce n’est pas la question… » [ou le problème…] ; « La question principale est [ou n’est pas]… » ; « La vraie question est [ou n’est pas]… » ; « La question centrale est [ou n’est pas]… » ; « La question que l’on doit se poser est [ou n’est pas]», « La seule vraie question est [ou n’est pas]… »…
Et même : « La question des questions n’est pas... » [Maurice Merleau-Ponty. 1908-1961] … (Cf. Politique, « Sciences » sociales)

Penser (Question / réponse) (1) : Entendu : « La réponse est le malheur de la question ».
Et réciproquement…

Penser (Question / réponse) (2) : (14 mai) 1929. André Gide [1869-1951] écrit dans son Journal :
« Je me demande si…Mais non, je ne me demande rien du tout. Le monde entier, à commencer par moi-même, n’est que réponses à des questions que, à tout bien prendre, il n’est pas bien nécessaire, ni même expédient, de poser. Puisque la question ne peut jamais venir qu’après coup. Comprendre c’est se poser telle question à quoi ce que l’on comprend devienne la très exacte réponse. » 257 Pertinent.

Penser (Question / réponse) (3) : 1949. Amalgamer questions et réponses, induire les réponses par les questions : la norme dans les médias notamment.
In fine, la logique conséquence est exprimée dans le 1984 d’Orwell [1903-1950] :
« Je vais vous donner la réponse à ma question. » 258 (Cf. Politique. Médias)

Penser (Question / Réponse) (4) : 1987. Lu ce dialogue dans le livre écrit par Michèle Rocard [Legendre. 1941-2010], Au four et au moulin, alors épouse de Michel Rocard [1930-2016], laquelle s’interroge sur l’écriture d’un livre qui la concernerait :
« Il n’était pas question que je me lance dans un tel projet sans en parler à Michel. […]
Lorsque je
[l’]interrogeai, la réponse fut une question - j’aurais dû m’en douter : ‘Tu en as envie ? / Je ne sais, peut être… / Si tu en as envie, fais-le.’
Que faire après cela ? M’exécuter, et vite encore, car les vacances ne sont pas éternelles.
» 259 M’exécuter… (Cf. Femme. Épouse de. Rocard Michèle)

Penser (Raison) (1) : 2017. Il dénommait : « vote de raison » : l’« alliance des réformistes ». 260 (Cf. Politique. Démocratie)

Penser (Raison) (2) : (20 janvier) 2019. Sur France Culture, Sylvie Kauffmann, directrice éditoriale du Monde après avoir opposé les partis qui sont « pour le débat » et ceux qui sont « contre » [Le Rassemblement national et les « Gilets jaunes »], oppose la « France de la raison », celle « qui connait la valeur et la vertu du débat » et la « France de la radicalité ».
Ce qui ne l’empêche pas de dénoncer Marine Le Pen qui « dit des choses complètement fausses. » 261 (Cf. Politique. Médias. État. « Gilets jaunes »)

Penser (« Raton laveur (Le) ») : 2019. Avec du recul : avoir, enfant, entendu, écouté, fredonné, chanté, grâce aux Frères Jacques (notamment), Le raton laveur, mais aussi La pêche à la baleine ; En sortant de l’écol ; Debout devant le zinc, sous le coup de dix heures, une grand plombier zingueur habillé en dimanche, et pourtant c’est lundi… et bien d’autres [Jacques Prévert.1900-1977], ne peut qu’avoir été - certes aux lointains effets - une aide précieuse.
De quoi ? En quoi ?

Penser (Réalisme) : Lors d’une discussion, si vous entendez récuser une pensée, un argument, au nom du « réalisme », inutile, sur ce fondement, de la poursuivre…
Valable aussi pour : « faits », « statistiques », « recherches »…

Penser (Réalisme. Denis Marie) : 1995. Marie Denis [1920-2006], dans son livre La rose des vents, auteure de :
« Il faudra pourtant qu’un jour l’humanité remette en question son image du réel. Il faudra qu’elle cesse de se donner des lois qui la paralysent. Et, qu’oubliant statistiques et coefficients, elle s’invente un monde selon son cœur. » 262

Penser (Réalisme. Rouart Jean-Marie) : (16 octobre) 2015. Jean-Marie Rouart (de l’Académie française), sur LCI, auteur de :
« Penser en dehors du réalisme, c’est penser inutilement. » 263
Pourrait être la pensée du libéralisme économique …si tant est que « le réalisme », comme « le libéralisme », signifient quoi de que soit de rigoureux. (Cf. Langage. Académie française. Rouart Jean-Marie)

Penser (Reclus Élisée) (1) : 1902. Élisée Reclus [1830-1905], dans son livre L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique, auteur de :
« La forme extérieure de la société doit changer en proportion de la poussée intérieure : nul fait d’histoire n’est mieux constaté. C’est la sève qui fait l’arbre et qui lui donne ses feuilles et ses fleurs ; c’est le sang qui fait l’homme ; ce sont les idées qui font la société. »
Pensées stimulantes 264 (Cf. Histoire)

Penser (Reclus Élisée) (2) : 1902. Élisée Reclus [1830-1905], dans son livre L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique, auteur de :
« Pour l’homme repu, tout le monde a bien dîné. » 265
Combien, chaque jour, vérifié…

Penser (Réfléchir. Bernis cardinal de) : 1878. Le cardinal de Bernis [1715-1794], dans ses Mémoires [1715-1758], auteur de :
« Le caractère distinctif de mon esprit a donc été la réflexion ; j’ai réfléchi aussitôt que j’ai pensé. » 266 Le distinguo fait réfléchir.

Penser (Réfléchir. Verne Jules) : 1865. Extrait d’un dialogue du livre de Jules Vernes [1828-1905], De la terre à la lune : [Le contexte : Michel Ardan propose de projeter un projectile en creux - au lieu du boulet plein prévu par Barbacane - dans lequel il pourrait prendre place pour aller sur la lune]
« […] Ainsi, dit Barbicane, sans autre entrée en la matière, vous êtes décidé à partir ? / Absolument décidé ! / Rien ne vous arrêtera ? / Rien. Avez-vous modifié votre projectile ainsi que l’indiquait ma dépêche ? / J’attendais votre arrivée. Mais demanda Barbicane, à nouveau, vous avez bien réfléchi ? / Réfléchir ! Est-ce que j’ai du temps à perdre ? Je trouve l’occasion d’aller faire un tour dans la lune. J’en profite et voilà tout. Il me semble que cela ne mérite pas tant de réflexions. » 267

Penser (Religion) : 1993. Cornelius Castoriadis [1922-1997], dans Une société à la dérive, auteur de :
« Toute transcendance au sens religieux est une création imaginaire des humains. » 268
Il est des analyses qui, en allant d’emblée à l’essentiel, font gagner beaucoup de temps…
* Ajout. 4 avril 2017. Un complément, un constat, moins pensé, moins radical, mais néanmoins de valeur : Pierre Corneille [1606-1684], auteur, dans La mort de Pompée [1642], de :
« Le ciel sur nos souhaits ne règle pas les choses. » 269

Penser (Rire) : Je ne désire rire ni de l’autre, ni du monde, ni de moi. Je peux rire seul-e ou avec…

Penser (Rivière Jacques) : (11 mai) 1916. Jacques Rivière [1886-1925], alors prisonnier en Allemagne, auteur de :
« J’étudie enfin l’histoire dans les manuels afin de combler les lacunes énormes, impardonnables, dont je n’avais pas eu encore eu l’esprit d’avoir honte. Mon Dieu, que j’étais spécialiste ! Et quel tort ! Arriverai-je à la réparer à temps ? Que de bêtises j’eusse évitées, en étant un peu moins ‘littérateur’ ! Mais rien ne remplace l’expérience. Et pensais-je inventer ce dont je n’avais pas encore souffert ? » 270 (Cf. « Sciences » sociales)

Penser (Rousseau Jean-Jacques) : 1762. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], dans Émile ou de l’éducation, auteur de :
« […] Et quoi qu’en dise la philosophie, j’oserai prétendre à l’honneur de penser. » 271 (Cf. Philosophie)

Penser (Sand George) : 1833. George Sand [1804-1876], dans Lélia [1833] écrit :
« J’avais méprisé jadis la règle dans les études. En me l’imposant dans ma retraite, je m’étais flattée que mes pensées perdraient de leur vigueur. Elles redoublèrent de force en s’organisant mieux dans mon cerveau. En s’isolant les unes des autres, elles prirent des formes plus complètes ; après avoir erré longtemps dans un monde de vagues perceptions, elles se développèrent en remontant à la source de chaque chose et prirent une singulière énergie dans l’habitude et le besoin des recherches. » 272 (Cf. Penser. Méthode)

Penser (Savoir) : Penser c’est comprendre ce que l’on sait sans avoir préalablement su qu’on le savait parce que tout a été fait pour qu’on ne le comprenne pas. (clair ?)

Penser (Scientisme) : Le « scientisme » ne peut être le fait de scientifiques…pas plus que le dogmatisme ne peut être le fait de personnes qui ont l’ambition de penser par elles-mêmes.

Penser (Sentiments) : À marteler que les « bons sentiments » font [de] la mauvaise littérature, que pensez-vous qu’il advint ? Devoir laisser la norme littéraire aux cyniques…? (Cf. Culture. Gide André : « On ne fait pas de bonne littérature avec des bons sentiments »)

Penser (Serge Victor) : (25 janvier) 1943. Victor Serge [1890-1947] écrit dans ses Carnets :
« Ne pas chercher à ‘être personnel’ : c’est le dernier moyen de l’être.
Une dame me dit : ‘Je tiens que ce genre d’art ne vaut rien, etc.. Je pense que…’ J’ai envie de lui répondre : C’est très bien que vous pensiez, Madame, mais il serait plus important de penser juste. Car ce n’est pas votre pensée - en admettent que ce soit de la pensée - qui vaut à cause de vous, mais vous qui devez valoir par votre pensée.
En toutes choses, il y a une vérité qui ne nous est nullement personnelle, qui exprime des nécessités indépendantes de nous et c’est cela qu’il faut pénétrer, comprendre pour se prononcer ensuite. Les petits partis pris des uns et des autres n’ont rien à voir avec cette réalité-vérité impersonnelle. » 273 (Cf. Culture. Serge Victor, Êtres humains. Soi, Psychanalyse. Serge Victor)
- Une grande intelligence, émanant d’un homme qui a tant vécu et tant compris…
N.B. J’ai cependant un peu regretté dans son analyse une pointe de mépris, inutile.

Penser (Sévigné Madame de) : (8 décembre) 1679. Madame de Sévigné [1626-1696], dans un lettre à sa fille, Madame de Grignan [1646-1705], écrit :
« Je penserais comme vous si j’étais à votre place. […] » 274 (Cf. Femme Écrivaine. Mère)

Penser (Silence) : Ludwig Wittgenstein [1889-1951], auteur de :
« […] sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence. » 275 (Cf. Penser. Wittgenstein Ludwig)

Penser (Sophisme) : (31 octobre) 1821. Paul-Louis Courier [1772-1825], dans une lettre à son épouse [Herminie Clavier. 1795-1842] lui écrit :
« Tu as bien fait de ne pas aller au déjeuner. Il est sûr que tu as bien fait car ne voyant personne ordinairement, il eut été mal de voir du monde en mon absence. Cela aurait fait croire que je te tenais malgré toi dans la solitude. » 276

Penser (Soupiot Alain) : 2018. Alain Soupiot, auteur de :
« […] Je ne fais qu’analyser. Ne prenez rien de ce que je dis ici comme une critique ou des jugements normatifs. J’insiste beaucoup là-dessus et je ne plaisante pas en disant ça. Le problème est d’essayer de comprendre les transformations profondes qui sont à l’œuvre dans notre système juridique. Après, on peut avoir des opinions. […]
Il s’agit de trouver dans ces concepts juridiques [émanant du droit féodal] des clés d’analyses des bouleversements institutionnels qui sont à l’œuvre derrière la notion de critique de la globalisation. .
Encore un fois, mon propos n’est pas de porter un jugement de valeur sur ces bouleversements, mais plutôt d’essayer de les comprendre en usant de sources d’analyses juridiques.
Il n’est pas d’avantage de faire de ces bouleversements une lecture culturaliste qui consisterait à faire rentrer le nouveau dans l’ancien comme si l’histoire, en se faisant, ne donnait pas le jour à des configurations juridiques inédites.
[…]
Il y a tout à réinventer.
Nous sommes tous dans le même bateau. Il faut essayer de ramer ensemble après avoir un peu repéré les écueils.
» 277 (Cf. Droit, Patriarcat, Politique, Économie, Histoire)
N.B. Je ne crois pas à la méthode - dissociative - de pensée qu’il affirme ici, ni à l’unanimisme in fine rapidement évoqué. Mais ses innombrables - radicales - analyses sont souvent éblouissantes. Une seule phrase, resituée dans une analyse qui la structure et qui est posée comme telle, dévoile par elle-même, en elle-même, sa justesse explicative. Et fait fondre comme neige au soleil des monceaux d’analyses qui s’avèrent dès lors, de par sa seule force, inappropriés…Quels bonheurs que de l’écouter.

Penser (Spinoza) : 1656. Voici le texte - tel que reproduit par André Gide [1869-1951] dans son Journal - de l’excommunication prononcée le 2 juillet 1656 contre Spinoza [1632-1677] :
« Qu’il soit maudit le jour et maudit la nuit… Dieu puisse ne lui pardonner jamais. Nous ordonnons que nul n’ait commerce avec lui, par la parole ou par l’écrit, que nul jamais en lui donne la moindre marque d’amitié, ne l’approche ou n’habite sous le même toit que lui, que nul ne lise aucun ouvrage écrit ou composé par lui. » 278 Raté…

Penser (Staël Madame de) : 1813. Madame de Staël [1766-1817], dans les Observations générales qui précèdent son livre De l’Allemagne, auteure de :
« Les opinions qui diffèrent de l’esprit dominant, quel qu’il soit, scandalisent toujours le vulgaire : l’étude et l’examen peuvent seuls donner cette libéralité de jugement, sans laquelle il est impossible d’acquérir des lumières nouvelles ou de conserver même celles que l’on a.
Car on se soumet à de certaines idées reçues, non comme à des vérités, mais comme au pouvoir ; et c’est ainsi que la raison humaine s’habitue à la servitude dans le champ même de la littérature et de la philosophie
. » 279
N. B. Nous sommes tous et toutes peu ou prou parties prenantes du « vulgaire ». (Cf. Femme. Auteure. Remarquable, Penser. Morale, « Sciences » sociales. Philosophie)

Penser (Stalinisme) : 2017. Liliana Lounguine [1920-1997] dans son livre Mot à mot. Une vie dans le siècle soviétique, concernant la pensée dans l’Union soviétique de Staline [1878-1953] pendant la seconde guerre mondiale, en présente ainsi l’analyse :
« Le réalisme soviétique se caractérisait pas une sorte d’approche primaire de la réalité : ce qui est complexe n’est pas univoque, or tout doit être univoque.
Les idéologues veillaient scrupuleusement à la transparence du style, indispensable au maintien de leur pouvoir. Cela correspondait en outre au niveau intellectuel des personnes chargées du respect de l’idéologie. Il fallait veiller à l’évidence la plus primaire, la plus élémentaire. Le moment de l’interprétation était dangereux. […]
C’était évidemment la victoire de la médiocrité de la pensée, médiocrité, sans la moindre trace d’obscurité ou de mystère. […]
Tout ce qui prêtait à questionnement et pouvait être considéré sous plusieurs angles était rejeté. […] » 280 (Cf. Penser. Vérité, Politique. Idéologie)

Penser (Steiner George) : 1995. George Steiner, dans un Entretien paru dans Les logocrates, considère que :
« Penser est une entreprise solitaire, cancéreuse, autiste, folle : être capable de se concentrer profondément, d’aller au fond de soi. Très rares sont ceux qui savent penser. » 281

Penser (Stendhal) : 1830. Stendhal [1783-1842], dans Le rouge et le noir, évoque les difficultés de Julien au séminaire :
« Ce fut vers ce temps que Julien crut pouvoir tirer parti pour sa considération du livre Du pape, par M. de Maistre, mais ce fut encore un malheur. Il leur déplut en exposant mieux qu’eux-mêmes leurs propres opinions. M. Chélan avait été imprudent pour Julien comme il l’était pour lui-même. Après lui avoir donné l’habitude de raisonner juste et de ne pas se laisser payer de vaines paroles, il avait négligé de lui dire que, chez l’être peu considéré, cette habitude est un crime ; car tout bon raisonnement offense. » 282

Penser (Suivisme. Sartre Jean-Paul) : 1950. Jean-Paul Sartre [1905-1980], auteur de :
« […] au moment où je croyais qu’il me montrait la route (Jdanov [1896-1948]…), je me suis aperçu qu’il s’égarait. » […]. 283
Ne suivre la route de personne…

Penser (Stéréotype) (1) : L’emploi du terme de « stéréotype » - centré sur la représentation d’un sujet, d’un objet - telle qu'elle y est habituellement admise et véhiculée interdit toute prise en compte de ruptures, d’évolution, de modification, d’inversion des valeurs.
- Un exemple : un homme politique anglais affirmait que des enfants [se] demandaient à la fin du ‘règne’ de Margaret Thatcher « si un homme pouvait devenir Premier Ministre ». 284 (Cf. Féminisme. Stéréotypes, Penser. Réalité, Patriarcat)

Penser (Stéréotype) (2) : Ce sont moins les « stéréotypes » qu’il faut interroger, critiquer - car ils ont nécessairement leur part de vérité - que l’usage qui en est fait, que la fonction qui leur est attribué ; et donc que le cadre dans lequel ils s’insèrent. Et le regard de l’analysant-e. (Cf. Patriarcat. Histoire)

Penser (Tabou) (1) : Révéler, dénoncer un tabou, n’est une garantie ni de vérité, ni de transgression, ni de progressisme ; en effet : ne prémunit d’aucun préjugé.
Dénoncer un tabou ne permet pas de penser ce dont le tabou est - serait - l’objet de la réflexion.

Penser (Tabous) (2) : Affirmer vouloir « briser tous les tabous », sans distinction, c’est aussi, sous couvert de subversion, légitimer, faute d’analyse, la barbarie passée, présente, future. (Cf. Penser. Tabou)

Penser (Tabou) (3) : Tout pouvant être qualifié de tabou, tout peut revenir à l’équivalence et être traité comme tel.
* Ajout. 23 août 2019. Entendu ce jour sur Arte : La guerre en ex-Yougoslavie et la mort d’une sœur.

Penser (Temps) (1) : Le temps n’est ni gagné, ni perdu ; il est vécu.

Penser (Temps) (2) : 1953. Witold Gombrowicz [1904-1969], dans son Journal, auteur de :
« Après tant d’années, remplies malgré tout d’effort tendu et de labeur, qui suis-je donc ? Un petit employé assassiné par sept heures passées quotidiennement à brasser la paperasse, étranglé dans toutes ses entreprises d’écrivain. Rien, je ne puis rien écrire en dehors de ce Journal ! Tout s’effondre pour la seule raison que, chaque jour que Dieu fait, sept heures durant je suis en train de trucider mon propre temps. » 285 (Cf. Êtres humains. Soi, Homme. « Intellectuel », Économie)  

Penser (Théologie) : 1770. Paul Thiry D’Holbach [1723-1789], dans l’Essai sur les préjugés, auteur de :
« […] Cependant, quels fruits la théologie a-t-elle tiré de ses vaines recherches ? Hélas, elle n’a pu mettre aucun de ses principes à l’abri des plus fortes attaques ; on lui contesté jusqu’à l’existence du dieu qui lui sert de base. Elle a en effet rendu ce dieu méconnaissable et totalement impossible aux yeux de la raison et de la vertu par les fables qu’elle a débitées, par les qualités contradictoires et incompatibles qu’elle a entassées sur lui, par la conduite ridicule et bizarre qu’elle lui a prêtées, par les faux raisonnements qu’elle a faits sur sa nature et sa façon d’agir.
Ainsi de siècle en siècle, elle n’a fait que s’obscurcir et s’élancer dans ses propres filets, elle n’a fait qu’aveugler l’esprit humain, elle n’a produit que des querelles, des schismes, des animosités qui ont fait couler à grands flots le sang des mortels frénétiques qu’elle avait pris soin d’enivrer. » 286 (Cf. Hommes. Féminisme. Penser. Pensée. Idée. Vérité)

Penser (Théorie) (1) : Une théorie : souvent, une arme massive de protection [de soi]. Mais aussi, un bâton d’aide à la marche, une béquille, voire une canne blanche [pour aveugles et mal voyants]. Une prothèse ? Un apport [magistral] à déconstruire ? (Cf. Patriarcat. Théorie)

Penser (Théorie) (2) : Rompre radicalement avec l’idée selon laquelle « la théorie » serait « le stade suprême » de la pensée.

Par ordre chronologique. Penser. Théorie :

Penser (Théorie) (3) : (9 septembre) 1810. Benjamin Constant [1767-1830], dans une lettre à la comtesse de Nassau, [1789-1813], sa tante auteur de :
« […] La théorie n’est le plus souvent que l’explication de l’apologie d’une pratique qu’on n’avoue pas ; c’est comme la poétique dont chaque auteur de tragédie fait précéder son poème ; il cherche à faire des règles générales pour motiver [cacher ?] ses défauts particuliers. » 287 Pertinent…

Penser (Théorie) (4) : (22 juin) 1930. André Gide [1869-1951], dans son Journal, écrit :
« [Concernant Maurice Barrès. 1862-1923] Cette théorie, on ne peut pas dire précisément qu’elle soit fausse ; mais comme toutes les théories, au bout d’un certain temps et une fois accompli le petit progrès qu’elles étaient susceptibles de permettre à l’esprit, elles n’invitent plus celui-ci qu’à la paresse et bientôt travaillent à empêcher son développement. » 288 Pertinent, mais…superficiel ?

Penser (Théorie) (5) : 1994. George Steiner, dans un Entretien, publié dans Les logocrates, auteur de :
« […] La théorie nous épargne le temps de la réflexion. » 289

Penser (Théorie) (6) : 1997. George Steiner, dans son livre Errata, écrit :
« J’ai conduit ma vie affective, intellectuelle et professionnelle dans la méfiance de la théorie. » 290 (Cf. Penser. Pensée. Abstraction)

Penser (Trump Donald) : 2017. Donald Trump, après avoir élu à la présidence des États-Unis et prêté serment sur deux Bibles - présentés à lui par son épouse - auteur de :
« Le temps des paroles creuses est fini. » The time for empty talk is over.») 291 Grave, si grave. Fait froid dans le dos. Terrifiant… (Cf. Politique)

Penser (Universalisme) : Récuser, exclure a priori toute idée, toute pensée, toute revendication de, toute aspiration à l’universalisme, sauf à reprendre des truismes, souvent nationalistes par ailleurs. En écrivant cela, je m’étonne de l’évidence - pour moi, du moins - de cette assertion. Une précaution (nécessaire ?) : le relativisme n’est pas le contraire de l’universalisme. (Poursuivre)

Penser (Utilitarisme) : (31 mars) 1773. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Frédéric II, Landgrave de Hesse-Cassel [1720-1785] le félicite de « son heureux mariage » (avec la nièce de Frédéric II, roi de Prusse. [1712. 1786]) et poursuit :
« Le roi de Prusse m’a fait un portrait charmant de Madame la Landgrave. Il dit que c’est de toutes ses nièces la plus belle et la plus aimable. Jouissez de votre bonheur ; vous avez trouvé l’agréable et l’utile. ».
- La femme, « par nature », belle, aimable, agréable ; « par destination », utile ? 292 (Cf. Femme. Famille. Mariage, Langage. Féminisation du langage, Patriarcat, Politique. Utilitarisme)

Penser (Utilitarisme) (2) : (23 juillet) 1932. André Gide [1869-1951], dans son Journal écrit, fort pertinemment :
« Ils chercheront à supprimer tout ce dont ils ne comprendront pas aussitôt l’usage. » .293
Il s’agit même d’un processus mental qui nous concerne tous et toutes quotidiennement.

Penser (Valeur) (1) : Nécessité de - d’emblée - différencier toute pensée de la valeur (indissociable de celle de dignité) des êtres humains de celle relatives aux choses, aux biens, aux marchandises, à la monnaie, aux animaux, à la nature. Et établir entre les deux approches un mur infranchissable. (Cf. Politique. Libéralisme. Critique, Économie)

Penser (Valeur) (2) : Si des intérêts sont, dans un monde libéral, par définition, négociables, dans aucun monde, des valeurs ne devraient l’être.

Penser (Valeur) (3) : Rien n’est souvent plus insupportable à ceux et celles qui tiennent au maintien de leurs pouvoirs que d’entendre l’invocation, à leur encontre, de valeurs : ils /elles évoquent alors pour les délégitimer pressions psychologiques, endoctrinements, intérêts masqués, immaturités, incompétences…

Penser (Vinci Léonard de) : Léonard de Vinci [1452-1519], auteur de :
« Rien ne peut être inscrit comme étant le résultat de recherches nouvelles. » 294 Utile, afin d’éviter d’accorder une importance indue à ses propres recherches.

Penser (Vivre) : Ce qui n’est pas vécu, ce qui exige de refouler ses émotions, ses colères, ses intuitions, ses assurances, ses contradictions, ne peut être pensé. Tout refoulement est perpétuation et caution du monde, délesté de toute possibilité de sa critique. (Cf. Hommes. Pervers narcissiques, Psychanalyse)

Penser (Voltaire) (1) : Pourquoi les lettres de Voltaire [1674-1778] sont-elles si passionnantes ? Dans ses Lettres, Voltaire flatte, fait pitié, cajole, s’interpose, harcèle, se modestise, se fait tout petit, [se] vante, n’oublie rien, rappelle, s’écrase, échange, utilise, instrumentalise, menace, injurie, dénonce, s’inquiète, exprime ses craintes, ses espoirs, ses espérances, attend des ordres, se moque, ridiculise, embellit, analyse, décrit, regrette, informe, se vante, philosophe, seigneurise, plaisante, [se] contredit, s’arrange avec la vérité, ment, propose, dispose, offre, s’attriste, questionne, répond, informe, déforme, négocie, s’extasie, ridiculise, s’indigne, se vante, latinise, se met en valeur, versifie, s’attriste, s’amuse, pardonne, plaisante, fait la leçon, demande pardon, encourage, exagère, persécute, compare, hiérarchise, [se] justifie, imagine, suppute, historicise, conseille, moralise, transmet, embauche, décrie, marie, réforme, [se] moque, remue ciel et terre, accable, calcule, recommande, instruit, joue avec [sur] les mots, exprime sa honte, meurt sans cesse, s’oblige, jure le secret, pleure, prie, attend, suppose, gerroye, se souvient, estime, expérimente, jalouse, méprise, est fâché, importune, [se] console, prédit, joue la comédie [au propre et au figuré], sermonne, complimente, beaucoup, beaucoup, … (Poursuivre)
- Un puits sans fond. Une soif, me concernant, jamais apaisée.

Penser (Voltaire) (2) : (31 août) 1751. Voltaire [1674-1778], dans une lettre adressée au duc de Richelieu [1696-1788] écrit, concernant son livre, à paraître, Le siècle de Louis XIV :
« […] Je me suis constitué de mon autorité privée juge des rois, des généraux, des parlements, de l’église, des sectes qui la partagent. Voilà ma charge. Tout barbouilleur de papier qui se fait historien en use ainsi. […] »
Il évoque alors les sujets difficiles qu’il a néanmoins traités et il poursuit :
« J’ai dû et j’ai osé remplir tous ces devoirs, peut être dangereux, en disant ainsi la vérité, j’ose me flatter jusqu’à présent (car je peux me détromper) que j’ai élevé à la gloire de Louis XIV un monument plus durable que toutes les flatteries dont il a été accablé pendant sa vie. » 295 (Cf. Penser. Critique. Voltaire. Vérité, Politique. Autorité, Histoire)

Penser (Voltaire) (3) : (23 juin) 1752. Voltaire [1674-1778], dans une lettre adressée à Charlotte-Sophie von Altenberg, comtesse Bentick [1715-1800], lui écrit :
« […] Il faut philosopher avec des personnes comme vous. Le vulgaire ne mérite pas qu’on pense à l’éclairer. »
- le 5 septembre 1752. Voltaire exprime, dans une lettre adressée à Frédéric II roi de Prusse, [1712-1786], une idée - peu honorable - proche :
« Il serait à souhaiter que ces opinions se répandissent de plus en plus sur la terre. Mais combien d’hommes ne méritent pas d’être éclairés ! » 296 (Cf. Penser. Critique. Voltaire)

Penser (Voltaire) (4) : (1er octobre) 1759. Voltaire [1674-1778], dans une lettre au marquis d’Argence [1703-1772], lui écrit :
« Vous avez grande raison de rejeter toutes les idées populaires. Jamais les sages n’ont pensé comme le peuple. » 297

Penser (Voltaire) (5) : (13 octobre) 1759. Voltaire [1674-1778], dans une lettre à la marquise du Deffand [1697-1780] lui écrit :
« […] Que j’aime les gens qui disent ce qu’ils pensent ! C’est ne vivre qu’à demi que n’oser penser qu’à demi ! » 298 (Cf. Penser. Critique. Voltaire)

Penser (Voltaire) (6) : (18 février) 1760. Voltaire [1674-1778], dans une lettre à Madame du Deffand, [1697-1780], lui écrit :
« […] Un ouvrage, quel qu’il soit est toujours assez passable quand il donne occasion de penser. » 299 (Cf. Penser. Critique. Voltaire)

Penser (Voltaire) (7) : (20 janvier) 1763. Voltaire [1674-1778], dans une lettre à Jacob Vernes [1728-1791], auteur de :
« La crainte de déplaire est l’éteignoir de l’imagination. » 300 (Cf. Penser. Critique. Voltaire)

Penser (Voltaire) (8) : (19 novembre) 1765. Voltaire [1674-1778], dans une lettre adressée à M. Damilaville [1723-1768], écrit :
« Détruisez les plates déclamations, les misérables sophismes, les faussetés historiques, les contradictions, les absurdités sans nombre ; empêchez que des gens de bon sens ne soient les esclaves de ceux qui n’en ont point. » 301 (Cf. Penser. Critique. Voltaire, Histoire)

Penser (Voltaire) (9) : (1er avril) 1766. Voltaire [1674-1778], dans une lettre adressée à M. Damilaville [1723-1768], écrit :
« […] J’entends par peuple la populace qui n’a que ses bras pour vivre. Je doute que cet ordre de citoyens ait jamais le temps ou la capacité de s’instruire, ils mourraient de faim avant de devenir philosophes, il me paraît essentiel qu’il y ait des gueux ignorants. Si vous faisiez valoir comme moi une terre, et si vous aviez des charrues vous seriez bien de mon avis, ce n’est pas le manœuvre qu’il faut instruire, c’est le bon bourgeois, c’est l’habitant des villes, cette entreprise est assez forte et grande.
[…] Aussi doit-on prêcher la vertu au plus bas peuple. […]
Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu.»
- Et Voltaire poursuit, le (13 avril) 1766 :
« Le bas peuple en vaudra certainement mieux quand les principaux citoyens cultiveront la sagesse et la vertu. Il sera contenu par l’exemple qui est la plus belle et la plus forte des vertus. […]
L’exemple seul fait [un honnête homme] et c’est la seule manière d’instruire l’ignorance des villageois. Ce sont donc les principaux citoyens qu’il faut d’abord éclairer. […]
Il faut que la lumière descende par degrés ; celle du bas peuple sera toujours fort confuse. Ceux qui sont occupés à gagner leur vie ne peuvent l’être d’éclairer leur esprit. il leur suffit de l’exemple de leurs supérieurs. »
- Enfin, le 28 avril 1766, il conclue concernant un ouvrage de Fréret [1688-1749]
« Ceux qui l’ont vu me disent qu’il est très bien raisonné. C’est un grand service rendu aux gens qui veulent être instruits. Les autres ne méritent pas qu’on les éclaire. Il est très certain que la raison fait de grands progrès, mais ce n’est jamais que chez un petit nombre de sages. […] » 302 (Cf. Culture, Relations entre êtres humains. Exemple, Homme. « Intellectuel », Politique. Démocratie. État, Morale, Peuple, Penser. Critique. Voltaire, Philosophie. Voltaire)
- On comprend mieux l’obsession haineuse de Voltaire contre Rousseau, et mieux ce qui nous a été présenté comme et ce que signifie aussi : « le siècle de Voltaire », comme celui de l’Encyclopédie et des Lumières.
- Et pourquoi pas la pseudo « théorie du ruissellement » qu’Emmanuel Macron fait sienne ? (Cf. Économie)

Penser (Voltaire) (10) : (20 décembre) 1770. Voltaire [1674-1778], dans une lettre adressée à Charles Dupaty [1746-1788], auteur de :
« Si vous voulez venir chez moi, vous me rendrez la vie, car vous me ferez penser. » 303

Penser (Voltaire) (11) : (25 janvier) 1772. Voltaire [1674-1778], dans une lettre adressée à Jacques Mallet du Pan [1749-1800], auteur de :
« Par quelle fatalité malheureuse les hommes en sont-ils venus au point de craindre qu’on ne pense ? » 304

Penser (Voltaire) (12) : (1er novembre) 1773. Voltaire [1674-1778], dans une lettre écrite à Madame du Deffand [1697-1780] - qui « admirait sa patience de lire les ouvrages les plus ennuyeux du monde » - lui répond : :
« Je passe ma vie à chercher des pierres précieuses dans du fumier, et quand j’en rencontre, je les mets à part et j’en fais mon profit. » 305

Penser (Voltaire) (13) : (22 mars) 1775. Voltaire [1674-1778], dans une lettre au comte de Tressan [1705-1783], lui écrit :
« […] Tout vers, toute phrase qui a besoin d’explication ne mérite pas qu’on l’explique. […] » 306 Radical. (Cf. Langage)

Penser (Wittgenstein Ludwig) : Ludwig Wittgenstein [1889-1951], auteur de :
« La pensée contient la possibilité de la situation qu’elle pense. Ce qui est pensable est également possible. » 307 Fondamental. (Cf. Penser. Silence)
* Ajout. 4 avril 2014. À penser avec :
« Ce qui est pensé est pensable. Ce qui est pensé est. » [Parménide] 308

Penser (Wharton Edith) : 1932. Edith Wharton [1862-1937], dans Les chemins Parcourus. Autobiographie, jeune écrivaine, cite le pertinent conseil qui lui fut prodigué par son ami Walter Berry [1929-2000] :
« Ne vous inquiétez pas de savoir comment poursuivre. Contentez-vous d’écrire tout ce que vous avez envie d’exprimer. » 309 (Cf. Femme. Écrivaine. Wharton Edith)

Penser (Yourcenar Marguerite) : 1977. Marguerite Yourcenar [1903-1987], auteure dans Archives du Nord, de :
« […] Agir et penser comme tout le monde n’est jamais une recommandation ; ce n’est pas toujours une excuse. À chaque époque, il est des gens qui ne pensent pas comme tout le monde, c’est-à-dire qui ne pensent pas comme ceux qui ne pensent pas. » 310 Sévère…

V. Penser. Liberté :

Penser (Liberté) (1) : Tout manque à qui manque de liberté. Assertion ontologique, grandiloquente, présomptueuse, vaine donc (au mieux), certes. Et pourtant, je ne peux l’enlever. Je la maintiens donc, dans l’attente…
* Ajout. 30 avril 2014. Et si ce commentaire révélait tout simplement l’inanité des ‘grands mots’ dont l’emploi à satiété, par accumulations, par sédimentations successives, par exclusions incessantes de leurs contradictions, sclérosent toute pensée que d’emblée, ils étouffent ?

Penser (Liberté) (2) : Toute référence à la « liberté » d’une personne qui ne se précise pas : « à contraintes données » - ce qui ne signifie pas immuables, ni immodifiables - ne peut que cautionner les dites contraintes.

Penser (Liberté) (3) : En d’autres termes, plus clairs : à contraintes données, non contestées, tout - absolument tout - est justifiable. [Après avoir lu un ‘argument’ censé être fondé sur celui « du moindre mal ».]

Penser (Liberté) (4) : Sans compréhension - qui ne peut être que limitée, partielle, partiale, singulière et politique - des genèses de ce terme, son usage ne peut qu’induire en erreurs.

Par ordre alphabétique. Penser. Liberté :

Penser (Liberté. Besse François) : (5 janvier) 2002. François Besse - auto-qualifié de « bandit d’honneur » - lors de son procès d’assises, auteur de :
« Le libre arbitre est une illusion. Quand les évènements extérieurs sont les plus forts, le peu que vous avez en vous est submergé. » 311 (Cf. Justice. Procès)

Penser (Liberté. Cassez Florence) : (23 janvier) 2014. Florence Cassez, auteure (après sept ans de prison au Mexique) de :
« Je ne me suis jamais battue pour ma liberté [...] Mon combat, toujours été le même : mon innocence. » La distinction est d’importance. 312
* Ajout. 27 janvier 2015. (26 janvier) 2015. Florence Cassez « a entamé une action en justice pour obtenir des dommages et intérêts d'un montant de 36 millions de dollars. » 313 (Cf. Justice)

Penser (Liberté. France Culture) : (4 mai) 2017. Sur le site de France Culture, une annonce s’affichait pleine page (dont la taille fut réduite en fin de journée) : « France Culture. Mort de Ruwen Ogien, penseur de la liberté ».
France Culture prostitue « la liberté ». (Cf. Culture, Proxénétisme, Violences. Sade)
* Ajout. 18 mai 2017. Le Monde, pour sa part, qui le présente comme « philosophe » écrit :
« Il proposait une réflexion ouverte et radicale sur la liberté. »
- De l’art de cautionner sans avoir à prendre position…. 314

Penser (Liberté. Malraux Clara) : (juin) 1935. Clara Malraux [1897-1982] rapporte lors du Congrès international des écrivains pour la défense de la culture à Paris, une discussion qu’elle eut avec Franck Waldo [1889-1967] :
« Au cours d’un repas où nous fûmes voisins, je lui dis mon angoisse concernant l’Allemagne, le peu d’intérêt que le fascisme suscitait en URSS, mes doutes sur la communisme dans un seul pays. Dès que nous fûmes seuls, André [Malraux] me dit : ‘Pourquoi avez-vous tenu des propos trotskystes à Waldo Franck, ce qui était de la provocation envers moi ?’
Je ne m’étais pas rendue compte que mes propos étaient trotskystes, je ne savais même pas que Waldo Franck - dont j’aimais les livres - l’était.
Mais surtout, je ne savais pas que je possédais plus le droit de m’exprimer selon moi-même. » 315 (Cf. Politique. Provocation, Patriarcat)
- De l’essentiel, toujours efficacement caché….

Penser (Liberté. Mirabeau) : (28 septembre) 1790. Mirabeau [1749-1791] dans sa 28ème note secrète à la Cour, écrit :
« […] Dans le cours d’une seule année, la liberté a triomphé de plus de préjugés destructeurs du pouvoir, écrasé plus d’ennemis du trône, obtenu plus de sacrifices pour la prospérité nationale, que n’aurait pu le faire l’autorité royale pendant plusieurs siècles. J’ai toujours fait remarquer que l’anéantissement du clergé, des parlements, des pays d’états, de la féodalité, des capitulations de provinces, des privilèges de tout genre, est une conquête commune à la nation et au monarque. » 316
Ou comment une pensée-lige se mêle à une pensée libre… ; et des contradictions qui en découlent nécessairement. (Cf. Politique. Révolution, Histoire. Révolution française)

Penser (Liberté. Pamuk Orhan) : (13 septembre) 2017. Orhan Pamuk, après avoir notamment évoqué ses amis en prison dans la Turquie d’Erdogan, auteur de :
« On se sent coupable d’être libre. » 317 (Cf. Politique. État. Prison, Économie. Erdogan)

Penser (Liberté. Stirner Max) : 1844. Max Stirner [1806-1856], auteur de :
« La liberté vous dit seulement : ‘Libérez-vous, délivrez-vous de tout ce qui vous est à charge !’. Elle ne vous apprend pas qui vous êtes vous-même. » 318 Puissant. (Cf. Psychanalyse)

Penser (Liberté. Varnhagen Rahel) : 1825. Rahel Varnhagen [1771-1833], auteure, dans son Journal, de :
« La liberté n’est que ce dont nous avons besoin pour pouvoir devenir ce qu’au fond nous devrions être et pour avoir ce qu’au fond nous devrions avoir… À cette considération se rattache aussitôt celle qui constitue le fondement de tous les mensonges. Le manque essentiel de liberté consiste dans la défense de dire ce que l’on souhaite et ce qui nous fait défaut. […] » 319 (Cf. Culture, Pensée. Varnhagen Rahel)

Penser (Liberté. Vaujour Michel) : (15 octobre) 2015. Michel Vaujour, après 27 ans de prison, dont 17 à l’isolement, surnommé « le roi de l’évasion », auteur de :
« Ne me libérez pas, je m’en charge. »
À découvrir cette revendication, le 14 octobre 2015, affichée par la manifestation de ceux et celles qui s’intitulent « sex workers », je comprends mieux comment cette phrase - qui m’avait si fort marquée lorsqu’entendue exprimée à la télévision, par Michel Vaujour - peut être utilisée pour justifier tout et n’importe quoi. Concernant son interprétation, tout dépend - pour qui la reprend à son compte - de qui l’exprime, dans quelle conjoncture, avec quelle finalité. (Cf. Proxénétisme)

Penser (Liberté. Expression d’) (1) : Si la liberté d’expression est posée en postulat, si elle est considérée comme devant être garantie, si elle est l’archétype de tous les «droits», et donc au fondement du «droit», elle fait potentiellement de chaque être humain un démiurge et détruit toute idée du Politique.
- À propos, quelle est la différence avec la «liberté d’opinion» ? (Cf. Penser. Postulat)

Penser (Liberté. Expression d’) (2) : (13 septembre) 1772. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Pierre-Michel Hennin [1728-1807], auteur de :
« [...] Il faut en tout pays laisser parler la canaille. Il vaudrait mieux qu’elle ne parlât pas ; mais on ne peut lui arracher la langue. » 320

Penser (Liberté. Expression d’) (3) : 1774. Frédéric II, roi de Prusse [1712-1786], écrit à Voltaire [1694-1778] :
- le 25 janvier 1774 : « Conservez cet esprit rajeuni, et dussiez-vous faire ma satire en vers sanglants à l’âge de cent ans, je vous réponds d’avance que je ne m’en fâcherais point et que le patriarche de Ferney [Voltaire] peut dire tout ce qui lui plait du philosophe de Sans-Souci.» [Frédéric II]. Il lui écrit
- le 10 février 1774 : « […] Et quoi qu’ayant encouru votre haine et votre disgrâce, je prie Apollon et Esculape son fils, dieu de la médecine, de vous conserver dans leur sainte garde. »
- le 16 février 1774 : « Et que vous m’aimiez ou que vous ne m’aimiez pas, je ne vous souhaite pas moins longue vie et prospérité. »
- le 26 avril 1774 : « Demeurez jeune longtemps, haïssez-moi encore longtemps, déchirez les pauvres militaires, décriez ceux qui défendent leur patrie, et sachez que cela ne m’empêchera pas de vous aimer. » 321 (Cf. Relations entre êtres humains. Aimer. Voltaire)

Penser (Liberté. de la Presse) (1) : Terme valable, y compris pour la presse possédée par les marchands de canons et les banquiers ? Par les États (totalitaires ou non) ? Par l’argent tout simplement, alors que la presse est par ailleurs si injustement subventionnée [ou non] par l’État, par les entreprises, puisque, en l’état, elle ne peut vivre sans publicité ? Dans ces hypothèses, qu’en est-il de la liberté des journalistes eu égard à leurs propriétaires de patrons, si l’on exclue la possibilité individuelle de faire appel à ‘la clause de conscience’?
À n’aborder abstraitement que « la liberté de la presse », on omet tout simplement sa contradiction avec le droit de propriété des médias. Qu’en est-il par ailleurs de la liberté des citoyen-nes confronté-es quotidiennement à des infléchissements, de inversions, des dénis de sens, des mensonges émanant de la presse ? (Cf. Politique. Liberté d’expression, Pornographie, Économie. Publicité)
* Ajout. 24 octobre 2017. À l’écoute des ‘analyses’ du ‘journaliste‘ Christophe Barbier, je doute qu’aucun porte-parole du gouvernement puisse, en termes d’efficacité, lui arriver à la cheville. (Cf. Homme. Journaliste)

Penser (Liberté. de la Presse) (2) : 1949. C’est notamment, en appel, au nom de « la liberté de la presse », que Me André Wurmser [1899-1984] tentera de justifier les accusations à l’encontre de Kravtchenko [1905-1966], telles qu’elles furent exprimées par les Lettres françaises, journal communiste, dans lequel fut publié l’article : Comment fut fabriqué Kravtchenko. 322
Terme à sans cesse clarifier donc…

Penser (Liberté de la presse) (3) : Ils ne créent pas impunément de confusions lorsqu’ils mêlent liberté de penser, d’opinion, de parole, d’expression, de manifester, de la presse..

Penser (Liberté de la presse) (4) : Il déclara que l’article 1 de la loi du 29 juillet 1881 qu’il affirmait : « La presse est libre », alors sur l’on y lit :
« L’imprimerie et la librairie sont libres. »
Et, dans la foulée, sans relever la contradiction, il dénonçait la concentration des organes de presse contrôlées par une poignée de capitalistes… (Cf. Politiques. Médias)

Penser (Liberté. Voltaire) (1) : (16 juillet) 1770. Voltaire [1694-1778] dans une lettre adressée à l’économiste Pierre Dupont de Nemours [1739-1817] lui écrit :
« Liberté de commerce et liberté de conscience, voilà les deux pivots de l’opulence d’un État petit ou grand. » 323
Si l’on peut considérer que Voltaire gérait le pays de Gex - qu’il nomme « [sa] colonie » dont il est le « seigneur » - comme un « petit » état, on pourrait traduire son analyse ainsi : je veux en France, dire ce que je pense, sans risquer d’être embastillé et je veux bénéficier de ma fortune, investie dans le monde…esclavage, agiotage, piratage inclus.
- Du pouvoir hypnotique d’un mot - ici « Liberté » - indissociable de toutes les confusions dont il est porteur. (Cf. Langage. Mot)

Penser (Liberté. Voltaire) (2) : (14 novembre) 1775. Voltaire [1694-1778] dans une lettre adressée à Madame de Saint-Julien [?-1820], tente, par son intermédiaire, d’obtenir un abaissement des sommes que le pays de Gex doit payer pour se libérer des contraintes des contrôleurs généraux nationaux (notamment la suppression des corvées). Il lui écrit, non sans humour :
« L’abbé Morellet m’a mandé que M. Le Contrôleur général était résolu de nous faire acheter notre liberté trente mille livres par an pour l’indemnité de la ferme générale. Je sais bien que cette liberté n’a pas de prix ; mais je représente humblement que si on pouvait nous la faire payer un peu moins cher, on nous la rendrait encore plus précieuse. » 324 (Cf. Économie)

VI. Penser. Morale :

Penser (Morale) (1) : Il y a des morales individuelles, familiales, religieuses…mais il y a aussi impossibilité de penser une morale qui ferait fi du monde. (Poursuivre)

Penser (Morale) (2) : Sans morale (à définir), rien n’est acceptable ; c’est de cette contradiction indépassable à faire converger morale et politique que meurent les civilisations. (Cf. Féminisme. Morale)

Penser (Morale) (3) : Le mot d'ordre des corrompu-es de tous acabits :
« Que l'on cesse de confondre morale et politique ! » ;
« Il ne faut pas confondre le droit et la morale » [entendu le 22 mai 2014], etc..
Dans le même sens :
« La vertu, cette catastrophe... » (Cf. Êtres humains. Vie-dite-privée, Politique. Lois. Mœurs, Patriarcat, Histoire. Robespierre)

Penser (Morale) (4) : S’affirmer « moraliste » et détester « la morale » : un beau projet, nécessaire, ambitieux, difficile.
Mais, n’est-ce pas jouer sur les mots ?

Penser (Morale) (5) : Critiquer la morale, toute morale est, à chacune de ses références, nécessaire. Faute de clarification de ce qui fonde et « la critique » et « la morale », le résultat est toujours le même : repousser, rejeter, refouler toute réflexion sur la nécessité d’une morale.

Par ordre alphabétique. Penser. Morale :

Penser (Morale. Antonyme) : Le contraire de la morale, ce n’est pas l’immoralité ou l’immoralisme, c’est le rapport de forces. (Cf. Féminisme. Morale, Proxénétisme)

Penser (Morale. Aspiration à la) : Juger toute morale (philosophie, politique...) à l’aune dont celui/celle qui la défend ou la critique la vit effectivement - sans l’y réduire - donnerait à la morale (à la philosophie, la politique...) beaucoup d’air. (Cf. Êtres humains. Vie-dite-privée, Penser. Cri du cœur, « Sciences » sociales)

Penser (Morale. Beccaria Cesare) : 1764. Cesare Beccaria [1738-1794], dans son Traité des délits et des peines, auteur de :
« […] Cette opposition entre les lois fondamentales de la société et de la famille est une source abondante d’autres contradictions entre la morale publique et la morale domestique et engendre un conflit perpétuel dans l’âme de chaque homme. La morale domestique inspire la soumission et la crainte, l’autre le courage et la liberté : la première enseigne à restreindre le dévouement à un petit nombre de personnes qu’on n’a même pas choisies, la seconde à l’étendre à toutes les classes d’hommes ; l’une exige le sacrifice continuel à une vaine idole qu’on appelle le bien de la famille qui n’est souvent le bien d’aucun de ses membres, l’autre conseille de suivre son intérêt sans contrevenir aux lois, mais peut inciter l’homme à s’immoler pour la patrie, en le récompensant par l’enthousiasme qui précède l’actions. De telles contradictions dégoutent les hommes de suivre la vertu, à cause de l’obscurité qui enveloppe les idées morales comme les objets passés. […] »
Pourquoi les analystes, les thuriféraires de Beccaria, enfermé dans le droit, n’ont-ils pas relevé l’importance de cette analyse ? Poser la question, c’est y répondre. (Cf. Êtres humains. Vie-dite-privée, Hommes, Patriarcat, Penser. Morale. Beccaria, Politique. Beccaria. Vérité) 325
* Ajout. 28 octobre 2017. 1976. Lire l’analyse revigorante de Casamayor [1911-1988] du Traité des délits et des peines de Beccaria. 326

Penser (Morale. Bloch Marc) : 1941. Marc Bloch [1886-1944], dans son Testament spirituel, auteur de :
« Je tiens la complaisance envers le mensonge, de quelques prétextes qu’elle puisse se parer, pour la pire lèpre de l’âme. » 327 (Cf. Êtres humains. Soi. Bloch Marc, Relations entre êtres humains. Complaisance)

Penser (Morale. Codes d’éthique) : Chacun-e y met ce qu’il veut. Et chacun-e est censé-e être satisfait-e de l’avancée. Se substitue progressivement et efficacement à toute référence à la loi, qu’elle peut ainsi modeler lorsque nécessaire.
- L’éthique, tout aussi relative que la morale, mais un sous-produit qui lui serait néanmoins - en termes de ‘valeur’ accordée au mot - subordonné ? (Cf. Penser. Concept, Langage. Critique de « Mot »)
* Ajout. 16 octobre 2014. 1995. J’apprends que l’armée israélienne a un « code d’éthique » depuis le milieu des années 90. L’exemple se suffit à lui-même : toute critique du terme est dès lors inutile. 328 (Cf. Politique. Guerre. Armée Israélienne. Drone)
* Ajout. 22 novembre 2018. 2018. Le point 20 des propositions le livre de Jacques Attali : Comment nous protéger des prochaines crises ? est :
« Instaurer et faire respecter une charte éthique pour une intelligence artificielle au service de tous. » 329 (Cf. Êtres humains. Robot)

Penser (Morale. Condorcet) : 1781. Condorcet [1743-1794], dans ses Réflexions sur l’esclavage des noirs, auteur de :
« Quiconque a réfléchi sur l’histoire de la morale n’a pu s’empêcher de remarquer que l’honnêteté ne consiste, dans chaque nation, qu’à ne pas faire, même en étant sûr du secret, ce qui serait déshonorant s’il était connu du public. » 330 (Cf. Êtres humains. Vie-dite-privée)
Si Condorcet avait pu dire vrai…

Penser (Morale. Critique) : Ce qui est criminel dans les incessantes attaques contre «la morale» - sans vergogne, assimilée au «moralisme» - c’est que la nécessaire recherche par chacun-e de sa propre morale, de ses propres valeurs et donc de ses propres idées est, elle aussi, déconsidérée. Que reste-t-il alors ? (Cf. Féminisme. Morale)
* Ajout. 19 février 2018. Il serait rigoureux de la part de ceux qui vilipendent « morale », « vertu » et tutti quanti qu’il s’assignent pour tâche d’expliquer ce par quoi ils souhaitent remplacer ces termes. Et donc d’expliciter la nature du monde qu’ils construisent et auquel ils aspirent. Du renversement de la preuve…

Penser (Morale. D’Agoult Marie) : (15 janvier) 1836. Marie d’Agoult [1805-1865], dans une lettre à George Sand [1804-1876], auteure de :
« […] La morale publique […] se compose de quelques millions d’immoralités individuelles formant une morale publique d’après le même principe que veut que deux négations valent une affirmation. Convenu que l’on protestera en pensées paroles et actions contre ladite morale publique… » 331

Penser (Morale. De Gaulle) : (26 juin) 1943. André Gide [1869-1951] dans son Journal, fait état d’une discussion qui eut la veille entre le Général de Gaulle [1890-1970] et lui-même :
« [Après une discussion concernant André Maurois [1887-1967] : « Il se trompe, parce qu’il est trompé » [selon Gide] Nous parlâmes ensuite, de l’opportunité de créer une nouvelle revue qui groupât les forces intellectuelles et morales de la France libre ou combattant pour l’être. Mais ceci non plus ne fut pas poussé très loin. Il me dit alors combien il souffrait du manque d’hommes. » 332 (Cf. Êtres humains, Politique. Guerre)

Penser (Morale. Féminisme) : Tant que la pensée de la nécessité morale personnelle et publique ne prendra pas la place première qui doit être la sienne, le féminisme (au singulier comme au pluriel) continuera d’être gangréné par ceux et celles qui utilisent ce terme pour justifier libéralisme, proxénétisme, pornographie, patriarcat…
- À cet égard, la responsabilité de la recherche (en « sciences » sociales, humaines notamment) est immense. Et l’une des questions majeures que je me pose est la suivante : par quels processus la recherche a-t-elle si aisément et en si peu de temps été en mesure de justifier libéralisme, proxénétisme, pornographie, patriarcat ? Et ce, soit au nom du féminisme, soit de l’antiféminisme, l’emploi du terme de «genre» dissolvant la différence entre les deux. Les chercheurs-euses, les enseignant-es n’ont-ils/elles aucun « cas de conscience » moraux qui mériteraient d’être publiquement posés aux « sciences » sociales, telles que pratiquées, financées ? Et pourquoi les entendons-nous si peu ? (Cf. « Sciences » sociales)

Penser (Morale. Gandhi) : 1929. Gandhi [1869-1948], dans son autobiographie, auteur de :
« La morale est le fondement de tout et la vérité est le fondement de la morale. » 333 Il est des analyses qui prennent de la valeur du fait de la valeur de celui/celle qui les énoncent. (Cf. Relations entre êtres humains. Engagement)

Penser (Morale. Justice) : Sans morale, la justice est impensable. Sans justice, aucune société n’est possible. (Cf. Justice)

Penser (Morale. Kant) : Emmanuel Kant [1724-1804] est souvent évoqué, me semble-t-il, dans les débats dits «de fond», cité, pour intimider. Il m’est apparu qu’un moyen fort efficient de faire cesser le poids de cet argument est de questionner la personne qui l’invoque de la /la questionner sur la signification et les fondements de l’« impératif moral catégorique » Kantien. Et, alors récuser cet argument d’autorité et simplement parler de « morale ». Et donc la définir. Autrement plus difficile que de faire appel à une citation.

Penser (Morale. Lévy Élisabeth) : (16 mai) 2013. Élisabeth Lévy pose à Edwy Plenel cette question :
« On a souvent le sentiment, en vous entendant, que votre but est de réformer la démocratie et de la rendre plus morale. Cela semble fort louable, mais cette prééminence de la morale ne signe-t-elle pas la mort de la politique ? »
La réponse d’Élisabeth Lévy à la question qu’elle pose - et les conclusions concrètes qu’elle en tirerait concernant ses propres et nombreuses prises de positions politiques - - m’intéresserait. 334
Si tant est que la question, enserrée entre deux grossières abstractions, en l’état, donc, soit pertinente… (Cf. Penser. Pensée. Abstraction)

Penser (Morale. Moraliste) : Être qualifié-e de « moraliste » est censé être la preuve irréfragable de la stupidité d’une personne, qualificatif qui, en sus, adressée à une féministe, devient une injure. Ladite ‘critique’ a le grand avantage d’exonérer la personne qui en est l’auteur-e de toute réflexion la concernant. ‘Jugement’ particulièrement prisée par les défenseurs-euses du système proxénète, qui - sans en avoir le monopole - peuvent sans excès d’inquiétudes, considérer toute idée même de morale comme un vieil oripeau démodé. Le vent tourne. (Cf. Féminisme. Morale. Injure, Proxénétisme)

Penser (Morale. Mnouchkine Ariane) : 1986. Ariane Mnouchkine, dans L’art du présent, à la question :
« Distinguer le bien du mal est-ce si facile ? », répond :
« Ce n’est pas toujours si compliqué que ça ! Et c’est pervers de ne jamais vouloir faire la différence. » 335

Penser (Morale. Novalis) : Novalis [1772-1801], auteur de :
« […] La morale ne dit rigoureusement rien de déterminé. Elle est la conscience - juge pur sans nulle loi. Elle oblige immédiatement, mais toujours isolément, individuellement. Elle est résolution intégrale ; rigoureusement exacte et droite représentation de la conscience. Les lois sont l’opposé absolu de la morale. » 336 (Cf. Politique. Lois)

Penser (Morale. Pareto Vilfredo) : 1917. Vilfredo Pareto [1848-1923], dans son Traité de sociologie générale, auteur de :
Évoquant la question de savoir qui d’Orloff [1787-1862] ou de Tieplof a tué l’empereur Pierre III de Russie [1728-1762], permettant à Catherine II [1729-1793] d’accéder au trône, Pareto conclut :
« Il importe beaucoup de résoudre ce problème pour porter un jugement éthique sur Catherine. Cela n’importe pas le moins du monde, pour porter un jugement sur l’utilité sociale des faits. Que le problème soit résolu, dans un sens ou dans un autre, on ne voit pas que cela puisse avoir le moindre rapport avec la prospérité de la Russie. » 337 (Cf. Politique. Histoire)

Penser (Morale. Patriarcat) : Dans le processus en cours de la reconstruction d’une morale, d’une éthique politique, nécessairement mondiale, la nouveauté - historique - est que la prise en compte - centrale - de la critique anti-patriarcale ne peut plus être évacuée. (Cf. Êtres humains. Vie - dite - privée, Homme. «Politique», Patriarcat)

Penser (Morale. Richesse) : Et si l’un des phénomènes le plus notable de notre époque était que la richesse - et le pouvoir, qui en règle générale l’accompagne - ne jouissait plus d’estime [morale] ? Qui plus est, la richesse n’étant plus porteuse ni de signification, ni de sens, ni de mérite, ni d’une quelconque culture, aléatoire qui plus est, n’est-elle pas - heureusement - devenue l’incarnation de l’injustice du monde ? Le fait que l’image que notre société tente de donner d’elle-même soit aux antipodes de cette analyse, le fait qu’elle ne cesse avec un acharnement suspect de tenter de nous assurer du contraire, plaiderait en ce sens. (Cf. Économie)

Penser (Morale. Soi) : La morale, ce n’est pas porter un jugement sur d’autres [« faire la morale »] ; c’est réfléchir, poser, en soi, pour soi, pour le monde, les critères selon lesquels des jugements peuvent être posés. C’est expliciter les fondements de ses propres jugements, ce qui exige que l’on s’autorise préalablement à porter le dit jugement, que l’on se reconnaisse donc une valeur qui le légitime. Ce qui n’implique rien en termes de leur validité… (Cf. Êtres humains. Soi)

Penser (Morale. Staël Madame de) : 1818. Madame de Staël [1766-1817], dans ses Considérations sur la révolution française, auteure de :
« Les fautes causées par la passion dénotent assez souvent des facultés distinguées ; mais la corruption et l’intrigue tiennent à un genre de médiocrité qui ne permet d’être utile à rien qu’à soi-même. On serait plus près de la vérité en considérant comme incapable des affaires publiques un homme qui a consacré sa vie au ménagement artificieux des circonstances et des personnes. » 338
- Quel bonheur de lire une analyse si claire, si fondamentale, si définitive ! (Cf. Homme. « Intellectuel », Politique)

Penser (Morale. Voltaire) : (14 octobre) 1758. Voltaire [1694-1778] dans une lettre à Charles Debrosses [1709-1777] lui écrit :
« Laissons, Monsieur […] le cynique, moral et comique Jean-Jacques [Rousseau.1712-1778] écrire contre la comédie. » 339 (Cf. Relations entre êtres humains. Injure)

Penser (Morale. Weber Max) : 1919. Première exigence de toute morale (à reconstruire) : dénoncer la distinction faite par Max Weber [1864-1920] dans Le savant et le politique entre « l’éthique de responsabilité » et « l’éthique de conviction » dont l’une des conclusions est :
« Il n’existe aucune éthique au monde qui puisse négliger ceci : pour atteindre des fins ‘bonnes’, nous sommes la plupart du temps obligés de compter avec, d’une part des moyens moralement malhonnêtes ou pour le moins dangereux, et d’autre part la possibilité ou encore l’éventualité de conséquences fâcheuses. » 340

VII. Penser (Obéir) :

Penser (Obéir) (1) : Ouvrir dès le plus jeune âge les débats sur les fondements de l’obéissance et donc sur les valeurs qui légitiment ou non sa nécessité, afin de clarifier, le plus tôt possible, les distinctions entre il-légalisme, in-justice, im-moralité, il-légitimité… (Cf. Êtres humains, Enfants. Penser. Obéir)

Penser (Obéir) (2) : Pour mieux élargir et approfondir la réflexion sur l’obéissance, et sur sa nécessité au sein de tous les rapports de domination (et donc sur leurs fondements spécifiques en fonction de leur propres logiques), penser la question - concrètement - entre supposés égaux.

Penser (Obéir) (3) : Les multiples manifestations de l’obéissance progressivement à nous tous et toutes imposées dans la cadre des rapports de domination contribuent, du seul fait de leur nombre, à la naturalisation de l’idée même de domination. (Cf. Politique, Patriarcat)

Penser (Obéir) (4) : L’ordre n’a pas besoin d’être exprimé pour exiger d’être obéi. (Cf. Femmes. Silence, Relations entre êtres humains, Famille. Mariage, Politique, Violences. Viols)

Penser (Obéir) (5) : Entendu : « désobéir, c’est compliqué ». Pourquoi ? Parce c’est être à même de justifier sa décision - ce que ne demande pas nécessairement la révolte - d’en comprendre les risques et d’en assumer d’emblée les éventuelles conséquences. C’est donc plutôt que « compliqué » : risqué, inquiétant, dangereux, coûteux. Et libérateur. (Cf. Penser. Morale. Mnouchkine Ariane)

Penser (Obéir) (6) : À qui ? pourquoi ? à quel prix ? à quelles conditions ? dans quel délai ? avec quels recours ? sur quels fondements ? dans quel but ?

Penser (Obéir) (7) : Pour savoir / pouvoir / apprendre à dire « non », il faut d’abord tenter de comprendre pourquoi et comment on nous appris à obéir si aisément à une simple demande, à céder à l’injonction si souvent même anticipée, car si profondément intériorisée.
Un souvenir : Lors d’un procès, le geste de la main d’un avocat (à l’époque, années 80, responsable de La Ligue des droits de l’homme), à sa consœur par ailleurs féministe, en haut des marches d’un palais de Justice signifiant qu’il voulait lui parler et attendant qu’elle monte les marches pour le rejoindre. Ce qu’elle fit.

Penser (Obéir) (8) : Entendu : « Il a obéi sans comprendre. »
Mais s’il avait compris, il n’aurait pas obéi…

Penser (Obéir) (9) : L’obéissance est contenue dans la fonction et /ou : La fonction implique l’obéissance.

Par ordre alphabétique. Penser. Obéir :

Penser (Obéir. Castaner Christophe) (10) : (23 novembre) 2017. Christophe Castaner, à la veille d’un remaniement ministériel, actuel ministre mais et ‘patron’ [nommé] depuis peu, du parti majoritaire, La République en marche, interrogé sur son avenir, déclare :
« […] quelle que soit la décision qu'ils [MM. Macron et Philippe] prendront, elle sera la bonne. ».
- À ce degré de dépendance, il est difficile de progresser. 341
- Depuis lors, il est devenu ministre de l’Intérieur. (Cf. Homme « Politique ». Politique)

Penser (Obéir. David-Neel (Alexandra) (11) : Alexandra David-Neel [1868-1969], dans un texte intitulé L’Autorité (sans date), auteure de :
« L’obéissance, c’est la mort. Chaque instant dans lequel l’homme se soumet à une volonté étrangère est un instant retranché de sa vie. » 342

Penser (Obéir. Diderot) (12) : Diderot [1713-1784], auteur de :
« Rien n’est plus difficile que de se défaire de l’habitude de commander, si ce n’est celle d’obéir […]. » 343

Penser (Obéir. Goldman Emma) : 1931. Emma Goldman [1869-1940], dans Vivre ma vie, auteure de :
« Je n’avais pas peur de la pauvreté ou du besoin, mais de l’obligation d’obéir à ceux qui étaient en mesure de me couper les vivres. » 344 (Cf. Économie. « Pauvres les »)

Penser (Obéir. Hœss Rudolf) (13) : 1945. Rudolf Hœss [1900-1947] au docteur Gilbert, psychiatre de la prison de Nuremberg, auteur de :
« Il est certain que ce n’était pas un plaisir de voir ces amoncellements de cadavres et de sentir l’odeur des fours…Mais Himmler l’avait ordonné et je n’avais pas à me demander si c’était juste ou non. […] La pensée de désobéir à un ordre ne pouvait même pas venir à l’esprit. Quel qu’ait été cet ordre... Vous ne pouvez pas comprendre notre monde à nous… Je devais obéir et j’en dois subir les conséquences. » 345 (Cf. Politique, Histoire)

Penser (Obéir. Napoléon) (14) : 1812. Proclamation de Napoléon [1769-1821] affichée dans Moscou occupée par l’armée française, citée par Léon Tolstoï [1828-1910] dans La guerre et la paix [1865-1869] - :
« A vous paisibles habitants de Moscou […]. Le calme revient dans la capitale et l’ordre y est rétabli. Vos concitoyens sortent sans crainte de leurs refuges, sûrs d’être respectés. Toute violence exercée soit contre eux, soit contre leurs biens est aussitôt réprimée. Sa Majesté l’empereur et roi les couvrent de sa protection et ne considère comme ennemis que ceux qui désobéissent à ses ordres. » 346 (Cf. Politique, Histoire)

Penser (Obéir. Retz Cardinal de) (15) : 1675-1677. Le cardinal de Retz [1613-1679], dans ses Mémoires, réfléchissant au « voile qui couvre le mystère de l’État », auteur, concernant la France, de :
« [Ce voile] consiste dans cet espèce de silence religieux et sacré dans lequel on ensevelit, en obéissant presque toujours aveuglement aux rois, le droit que l’on ne veut croire avoir de s’en dispenser que dans les occasions où il ne serait pas même de leur service que de leur plaire. »
- Et il poursuit, lucidement, en considérant que « lever ce voile » serait « d’une conséquence plus dangereuse et plus funeste que la liberté que les peuples ont prise, depuis quelques temps, de voir à travers. » 347
- Subtile analyse, assurément fondée sur une réelle connaissance de la Cour, mais toujours néanmoins valide en démocratie. (Cf. Politique. État, Histoire)

Penser (Obéir. Sénèque) (16) : 4 avant J-C-65 après J.C. Sénèque, dans De la vie heureuse, auteur de :
« Quiconque se plaint, pleure et gémit, est contraint d’agir d’après la force qui le commande et se trouve entraîné malgré lui à l’obéissance. » 348
Formidable pensée… (Cf. Famille. Mariage. Article 213 du Code civil, Féminisme. Perte de temps, Résistance)

Penser (Obéir. Springsteen Bruce) (17) : 2012. Bruce Springsteen, auteur de :
« […] Quand ils m'ont dit : ‘assieds-toi’…Je me suis levé. » 349 (Cf. Femme. Remarquable. Parks Rosa)

Penser (Obéir. Staël Madame de) (18) : 1813. Madame de Staël [1766. 1817], dans son livre De l’Allemagne, concernant Frédéric II de Prusse [1712-1786], auteure de :
« Frédéric voulait que ses soldats fussent des machines militaires, aveuglément soumises, et que ses sujets fussent des citoyens éclairés capables de patriotisme. […] et cependant, il souhaitait qu’il y eut assez d’esprit de liberté dans son empire pour que l’obéissance y parut volontaire. » 350 (Cf. Politique. Démocratie. État. Guerre, Histoire)  

Penser (Obéir. Stein Édith) (19) : 1918. Édith Stein [1891-1943], concernant ses relations avec Edmund Husserl [1859-1938] - « le Maître » - dont elle était l’assistante, écrit :
« Dans le fond, c’est l’idée de me tenir à la disposition de quelqu’un que je ne peux supporter. Je peux me mettre au service d’une cause et rendre à quelqu’un toutes sortes de services par amour, mais me tenir que service de quelqu’un, en un mot obéir, je ne le peux pas. Et si Husserl ne s’habitue pas à me traiter comme une collaboratrice en pratique - c’est ainsi que j’ai toujours considéré notre relation et lui aussi, en théorie - alors nous devrons nous séparer. » 351
Elle quitta effectivement son poste auprès de lui, sans que leurs relations ne cessent pour autant. (Cf. Femme. Remarquable. Stein Édith)

Penser (Obéir. Voltaire) (20) : 1737. 1759. 177. 1773. Lettres de Voltaire [1694-1778] :
- (vers le 1er janvier) 1737 adressée à Frédéric II, prince royal de Prusse [1712-1786] :
« J’obéirai puisque c’est vous qui ordonnez. » 352
- 9 février 1759 adressée à Frédéric II, roi de Prusse [1712-1786] :
« Si Votre majesté dit : J’ordonne, j’obéirai […]. » 353
- 7 avril 1771, adressée à Saint-Lambert [1716-1803] : « J’aime mieux obéir à un beau lion [le roi] qui est né beaucoup plus fort que moi, qu’à deux cents rats de mon espèce. » 354

- 5 mai 1773 adressée au duc de Richelieu [1696-1788] :
« […] Je n’irai pas voir le spectacle [de sa pièce] à Lyon. Les suites de ma maladie ne me le permettent pas. Mais quand il s’agira d’obéir à vos ordres, je trouverai des ailes, et je volerai. » 355
- De telles formulations complexifient, et en subvertissent encore plus, la nature des engagements politiques de Voltaire…et l’une des limites de « la philosophie des Lumières ». (Cf. Relations entre êtres humains. Aimer. Voltaire)

VIII. Penser. Principe :

Penser (Principe) (1) : L’affirmation d’un principe ne vaut rien en elle-même ; l’invocation d’un principe ne vaut pas grand’ chose. Et pourtant, nous avons besoin de principes.

Penser (Principe) (2) : Rien n’est possible sans principe, à charge pour celui/celle qui s’en prévaut de l’expliciter. Et de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une béquille, d’un cautère sur une jambe de bois.

Penser (Principe) (3) : Ce qui pose problème, et n’est pas acceptable, ce n’est pas la rigidité des principes affirmés (définis par qui ?), mais l’affirmation de leur exclusivité et leur prétention à les imposer à d’autres qu’eux-mêmes.

Penser (Principe) (4) : Dès lors qu’un principe est posé et affirmé, «le combat pour l’imposer» ne peut, au nom du ‘réalisme’, le contredire. Ou alors les raisons qui ont exigé qu’il soit récusé doivent être, si elles sont possibles, affirmées.
Condorcet, notamment dans ses Réflexions sur l’esclavage des Nègres 356, est un excellent exemple des contradictions entre l’affirmation d’un principe et la volonté de leur auteur de vouloir mettre en œuvre ici «par degrés» (Cf. Chapitre IX) le processus qui, politiquement, y mènerait, sur le déni donc dudit principe.
- Vrai aujourd’hui pour tant d’analyses - toutes ? - présentées comme devant ‘abolir la prostitution’… (Cf. Politique. Morale. Opposition, Proxénétisme. Abolitionnisme)

Penser (Principe) (5) : Comment reconnaître les principes politiques gangrenés par les intérêts de ceux qui le défendent ? Les lier avec ceux qui s’en réclament, et donc avec soi-même, est un bon début…

Penser (Principe ) (6) : Un principe ne vaut que par sa définition.

Penser (Principe) (7) : Un principe n’a pas de cause ; il a des conséquences.

Penser (Principe) (8) : Eu égard aux exigences induites par l’affirmation de [ses] principes, être parcimonieux/euse quant à son usage.
Il en est de même eu égard aux principes que l’on accuse certaines-es de trahir.

Penser (Principe) (9) : Faire attention : Invoquer, se référer à un principe peut servir à évacuer l’idée même d’un débat.

Par ordre alphabétique. Penser. Principe :

Penser (Principe. Badinter Robert) : 2000. Robert Badinter, dans son livre, L’Abolition, rappelle que :
- François Mitterrand [1916-1996] « garde des sceaux de 1956 à 1957, avait accepté l’usage de la guillotine pendant la guerre d’Algérie » [45 hommes guillotinés lors qu’il était garde des Sceaux 357]
- « Le président [Valéry Giscard d’Estaing] avait envoyé à l’échafaud Ranucci. [1954-1976] »
- Il s’interroge enfin sur la position concernant la peine de mort, en mars 1976 d’Alain Peyrefitte [1925-199] :
« J’attendais avec curiosité de voir comment le nouveau garde des Sceaux allait concilier le service de César et le culte de Minerve. » 358 (Cf. Justice. Peine de mort. Politique. Principe)

Penser (Principe. Bakounine) : (septembre) 1872. En réaction à la Résolution du Congrès de La Haye d’exclure Bakounine [1814-1876] et ses soutiens de l‘Association internationale des Travailleurs, l’un de ses membres réagit ainsi :
« ‘Il faut payer ces gens (les ‘marxistes’) de leur propre monnaie ; ils calomnient, calomnions-les aussi’. »
Bakounine, selon Malatesta [1853-1932], « se secoua comme un lion blessé, foudroya du regard celui qui venait de faire une telle proposition, se dressa de sa taille de géant et s’écria :
‘Que dis-tu là, malheureux ! Non, plutôt être mille fois calomnié, même si la calomnie devait être écoutée, que de s’abaisser, vis-à-vis de soi-même, à être un calomniateur.’ Je revois encore le geste magnifique », conclu-t-il. 359 (Cf. Êtres humains, Relations entre êtres humains. Injure, Politique. Morale)

Penser (Principe. Cicéron) : 45 avant J.C. Cicéron [106 avant J.C-43 avant J.C], auteur de :
« Je ne m’attache pas à une infinité de questions ; je me borne à considérer la question des principes dont toutes les choses sont formées. » 360
Belle ambition, louable méthode… (Cf. Penser. Cause, Méthode, Réalisme, Question)

Penser (Principe. Conrad Joseph) : 1899. Joseph Conrad [1857-1927], dans sa nouvelle Au cœur des ténèbres, au terme d’une réflexion sur « la vérité, dépouillée des oripeaux du temps », écrit :
« Des principes ?…Non, des principes ne suffiraient pas. Ce ne sont là qu’acquisition, déguisement, élégante friperie qui s’envolerait à la première secousse un peu rude. […] » 361

Penser (Principe. Constant Benjamin) (1) : 1797. Benjamin Constant [1767-1830], dans Des réactions politiques, auteur notamment de [mais c’est tout le chapitre VIII de son livre, Des réactions politiques qu’il faut lire] :
« Un principe, reconnu vrai, ne doit donc jamais être abandonné, quels que soient ses dangers apparents. Il doit être décrit, défini, combiné avec tous les principes circonvoisins, jusqu'à ce qu'on ait trouvé le moyen de remédier à ses inconvénients, et de l'appliquer comme il doit l'être.
La doctrine opposée est absurde dans son essence et désastreuse dans ses effets.
Elle est absurde, parce qu'elle prouve trop, et qu'en prouvant trop, elle se détruit elle-même.
Dire que les principes abstraits ne sont que de vaines et inapplicables théories, c'est énoncer soi-même un principe abstrait. Car cette opinion n'est pas un fait particulier, mais un résultat général.
C'est donc énoncer un principe abstrait contre les principes abstraits, et, par cela seul, frappée de nullité son propre principe.
C'est tomber dans l'extravagance de ces sophistes de Grèce, qui doutaient de tout et finissaient par n'oser pas même affirmer leur doute.
Outre cette absurdité, cette doctrine est désastreuse, parce qu'elle précipite inévitablement dans l'arbitraire le plus complet.
Car, s'il n'y a pas de principes, il n'y a rien de fixe : il ne reste que des circonstances, et chacun est juge des circonstances. On marchera de circonstances en circonstances, sans que les réclamations puissent trouver même un point d'appui.
Là où tout est vacillant, aucun point d'appui n'est possible.
Le juste, l'injuste, le légitime, l'illégitime, n'existeront plus, car toutes ces choses ont pour bases les principes, et tombent avec eux.
Il restera les passions qui pousseront à l'arbitraire, la mauvaise foi qui abusera de l'arbitraire, l'esprit de résistance qui cherchera à s'emparer de l'arbitraire, comme d'une arme pour devenir oppresseur à son tour : en un mot, l'arbitraire, ce tyran aussi redoutable pour ceux qu'il sert que pour ceux qu'il frappe, l'arbitraire régnera seul. » 362
Très, très juste. (Cf. Politique. Morale. Principe)

Penser (Principe. Constant Benjamin) (2) : 1872, 1815. Benjamin Constant [1767-1830], auteur d’un magistral Cours de Politique constitutionnelle, 363 a opéré sans doute le plus rapide reniement politique de l’histoire.
- Benjamin Constant écrit fièrement le 11 mars 1815 un article (ou deux selon M. Gauchet) féroce contre Napoléon [1769-1821], publié 19 mars 1815 dans lequel on peut lire :
« Je n'irai pas, misérable déserteur, me traîner d'un pouvoir à l'autre, couvrir l'infamie par le sophisme, et bégayer des paroles profanées pour racheter une existence honteuse. »
Mais, dans la nuit même, Napoléon de retour de l’Ile d’Elbe arrive à Paris et Louis XVIII abandonne la capitale.
Craignant une répression politique à son encontre, Benjamin Constant s’enfuit en Vendée du 13 au 27 mars 1814.
Le 30 mars 1814, il rencontre Napoléon et écrit le 4 avril 1815 « un article anonyme qui vaut ralliement ».
Il le rencontre à nouveau le 14, [« C’est un homme étonnant »], le 15, 18, 19 avril, et in fine rédige pour lui un projet de constitution.
Le 20 avril 1814, il est nommé conseiller d’État.
Le 2 mai 1814, il écrit, sans gêne :
« Il me faut d’ici au plus court temps possible un ouvrage politique qui rétablisse ma réputation et constate mes principes. (sic) » 364 (Cf. Politique. Principe)

Penser (Principe. Constant Benjamin) (3) : La Comtesse de Boigne [1781-1866] fit un récit de revirement / reniement. Le voici :
L’article où il annonçait son « hostilité éternelle à l’Empereur » fut imprimé dans Le Moniteur du 19 mars 1814. Constant fut « terrorisé » [du retour de Napoléon], se cacha, mais fut retrouvé par Fouché, « le lendemain ». 365 Il lui annonça que l’Empereur voulait le voir « sur le champ. » […] L’empereur l’accoste de la mine la plus gracieuse, le fait asseoir et entame la conversation en lui assurant que l’expérience n’a pas été vaine pour lui. Pendant les longues veilles de l’Ile d’Elbe, il a beaucoup réfléchi à sa situation et aux besoins de l’époque ; évidemment les hommes réclament des institutions libérales. Le tort de son administration a été de trop négliger les publicistes comme Monsieur Constant. Il faut à l’Empire une constitution et il s’adresse à ses hautes lumières pour la rédiger. Benjamin passa en une demi-heure de la crainte d’un cachot à la joie d’être appelé à faire le petit Solon et de voir s’accomplir le rêve de toute sa vie, pensa se trouver mal d’émotion. Il fut transporté d’admiration pour le grand Empereur qui rendait si amplement justice au mérite de Benjamin Constant. Et l’article de l’auteur du Moniteur du 19 était, le 22, Conseiller d’État et prôneur en titre de Bonaparte. […] Toutes ces variations l’avaient fait tomber dans un mépris universel », conclut-elle… 366 (Cf. Politique. Conciliation [...]. Libéralisme. Principe)

Penser (Principe. Constant Benjamin) (4) : 2004. Dans la préface de 110 pages de Marcel Gauchet, intitulée : Benjamin Constant : l’illusion lucide du libéralisme (suivie d’un avertissement de 6 pages) aux Écrits politiques de Benjamin Constant [1767-1830] [Folio. Essais] on ne peut que constater que cet épisode pourtant historiquement mémorable et si important pour comprendre les Écrits Politiques de Benjamin Constant ne soit abordé qu’en notes dans ce livre.
- Marcel Gauchet y évoque simplement « une palinodie » (note 1. Principes de politiques. p.790 à 792), transformée en « revirement spectaculaire qui l’a brièvement rapproché de sa bête noire. » (note 1, Chapitre XX. p.828).
- Marcel Gauchet écrit même, sans crainte de contradictions :
« Les volte-face du politicien et l’incohérence de l’individu dans la conduite de son existence s’allient avec une inébranlable fermeté doctrinale. » (p.792)
- Une lecture attentive des - passionnants - Écrits politiques de Benjamin Constant ne me permet en aucun cas d’en juger ainsi. 367 (Cf. Politique. Conciliation [...]. Libéralisme. Principe)

Penser (Principe. Gide André) : (8 avril) 1930. André Gide [1869-1951] écrit dans son Journal : « Lanson [Gustave. 1857-1934], dans sa très bonne étude sur l’influence du cartésianisme (p.89) cite l’étonnante déclaration de Montesquieu [1689-1755. sans date, sans source] :
«‘J’ai posé des principes et j’ai vu des cas particuliers s’y plier comme d’eux-mêmes…
Quand j’ai découvert ces principes, tout ce que je cherchais est venu à moi.’
C’est donc qu’il ne cherchait que ce qu’il avait trouvé par avance. Effroyable limitation !
[…]
Le cartésien n’accepte pas de pouvoir être jamais surpris. Somme toute, il n’accepte pas de se laisser instruire.
» 368

Penser (Principe. Halphen Éric) : 2004. Éric Halphen, juge d’instruction, dans son livre, Au lieu des larmes, auteur de :
« La vie n’est qu’une suite à peine interrompue de complaisances, de reniements, d’arrangements, d’une pratique qui ne peut que contredire la plus ferme des théories, de telle sorte que ceux qui, par rigidité ou par maladie, obstination ou maladresse, s’entêtent à ne pas dévier de leurs principes, à n’accepter aucune transaction, sont au mieux des emmerdeurs, au pire, des marginaux, de toute manière insatisfaits ou malheureux. » 369
Quelle charmante vision du monde….(Cf. Justice. Juge. Halphen Éric)

Penser (Principe. Ozouf Mona) : (20 juillet) 2017. Mona Ozouf, sur France Culture, auteure, concernant le roman Delphine [1802] de Madame de Staël, auteure de :
« Le drame de Delphine est d’avoir épousé un homme à préjugés. C’est du reste quelque chose qui résume les fictions de Madame de Staël : c’est que les femmes supérieures s’éprennent toujours d’hommes à principe…ou à préjugés…ce qui est la même chose. » 370

Penser (Principe. Rosanvallon Pierre) : 2015. Interrogé sur les « grands principes de la république» [«Laïcité», «Liberté», «Égalité»] et devant répondre à la question : « Au-delà des mots, comment trouver des remèdes ? », Pierre Rosanvallon, sur France Culture, répondit :
« Le problème, justement, ce n’est pas les grands principes, c’est de faire vivre les choses […]. »
Puis, interrogé sur « la non représentation des minorités », sur la non mise en œuvre par la gauche de « sa promesse fondamentale du vote des étrangers », il répondit :
« La citoyenneté, elle n’est pas seulement un bulletin de vote ; elle est un statut. […] » 371 Peu rigoureux, ambigu ? Pour le moins… (Cf. Homme. «Intellectuel». Rosanvallon Pierre, Politique. Démocratie. Minorités. Peuple)

Penser (Principe. Sand George) : 1855. George Sand [1804-1876], dans son Histoire de ma vie raconte son émergence, à partir de 17 ans, à la vie intellectuelle. Elle lit « Mably, Locke, Condillac, Montesquieu, Bacon, Bossuet, Aristote, Leibnitz, Pascal, Montaigne […] La Bruyère, Pope, Milton, Dante, Virgile. » Et enfin, vint Rousseau.
Concernant le philosophe Mably [1709-1785], qu’il l’« avait fort mécontentée », elle en explique les raisons :
« Pour moi, c’était une déception personnelle que ces élans de franchise et de générosité, arrêtés sans cesse par le découragement en face de l’application. ‘À quoi bon ces beaux principes, me disais-je, s’ils doivent être étouffés par l’esprit de modération ?’ Ce qui est vrai, ce qui est juste doit être observé et appliqué sans limites’. J’avais l’ardeur intolérante de mon âge. » 372 conclue-t-elle. Intolérante ?

Penser (Principe. Tocqueville Alexis de) : (22 avril) 1838. Alexis de Tocqueville [1805-1859], dans un lettre à Gustave de Beaumont [1802-1866] lui écrivit :
« Je ne puis vous dire, mon cher ami, le dégoût que j’éprouve en voyant comment les hommes publics de nos jours trafiquent, suivant les plus petits intérêts du moment, de choses aussi sérieuses et aussi sacrées à mes yeux que les principes. » 373 (Cf. Politique. Principe, Économie. Voltaire)

Penser (Principe. Voltaire) : (15 novembre) 1765. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au baron Von Grimm [1723-1807], après avoir critiqué Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], auteur de :
« […] car il ne faut se brouiller avec les rois que quand on peut se passer d’eux. » (Cf. Penser. Utilitarisme) 374

Penser (Principe. Winock Michel) : (23 octobre) 1964. Lu dans le Journal politique. 1958-1981 de Michel Winock :
« Sartre a refusé le prix Nobel de littérature qui lui était décerné : ‘Un écrivain ne doit pas de laisser transformer en institution’ a-t-il déclaré. Une attitude qui ne manque pas de gueule. Mais il aurait pu empocher les millions du prix pour ses bonnes œuvres révolutionnaires. […] » 375

IX. Penser (Vérité) :

Penser (Vérité) (1) : Il y a plus de vérité politique dans le cri à la mort d’une vieille femme Ukrainienne du Donbass, dont la vie, dont l’environnement, dépend de tirs venant d’elle ne sait où, lancés par elle ne sait qui, et signifiant elle ne sait quoi, que dans toute ‘l’intelligence’ des ‘stratèges’. (Cf. Politique. Guerre)

Penser (Vérité) (2) : Toute prétention - de quiconque - de s’approcher d’une vérité, doit préalablement être précédée par l’affirmation, sans ambiguïté, du refus de tout lien pensable entre celle-ci vérité et celle censée être, en tout impérialisme étatique, dite par «la justice». (Cf. Justice)

Penser (Vérité) (3) : Penser la partialité sauve de la vérité.

Penser (Vérité) (4) : (29 mars) 2017. Entendu ce matin :
« C’est con de dire ça, mais c’est pas faux. »

Penser (Vérité) (5) : Dire : « Il / elle n’exagère pas », au lieu et place de : « Il / elle dit la vérité », c’est s’interdire de penser à la vérité.

Penser (Vérité) (6) : Les erreurs, les fautes - les crimes mêmes - d’une personne n’invalident pas la vérité d’une pensée. Elles en amoindrissent la portée.

Penser (Vérité) (7) : Si l’on remplaçait l’idée de « vérité » par l’analyse de la « vérité » telle qu’exprimée par la personne qui s’en prévaut, loin de s’éloigner du processus de sa recherche, on l’enrichirait en en multipliant les points de vue, les facettes.

Par ordre alphabétique. Penser. Vérité :

Penser (Vérité) (Bardot Brigitte) : (11 mars) 2017. Brigitte Bardot, [qui confirme par ailleurs qu’elle votera Front National], affirme :
« À part moi, je ne vois pas qui d’autre dit la vérité. » 376

Vérité (Berdiaev Nicola) : 1979. Nicola Berdiaev [1874-1948], auteur de :
« Je croyais à la vérité que je cherchais. […] » 377

Vérité (Bernanos Georges) : 1936. Georges Bernanos [1888-1948], dans le Journal d’un curé de campagne, auteur de :
« Nos fautes cachées empoisonnent l’air que d’autres respirent […]. » 378 Bien vu… (Cf. Politique. Mensonge)

Vérité (Butler Samuel) : 1890. Samuel Butler [1774-1839], auteur [autour de 1890, mais publié en 1903] de :
« […] Il est non seulement permis, mais […] moral de la part de ceux qui prétendent être les gardiens et les dispensateurs par excellence de la vérité, et qui se font payer pour cela, d’organiser la conspiration du silence contre les choses dont la vérité apparaitrait immédiatement à tout investigateur désintéressé. » 379

Vérité (Chaplin Charlie) : 1952. Il y a plus de vérité dans un regard de Charlie Chaplin [1889-1977], y compris dans des sketchs absurdes, que dans des centaines de pages de philosophes, si souvent dénués de toute humanité. [Après voir vu Les Feux de la rampe] (Cf. Culture, Cinéma, Philosophie)

Vérité (Constant Benjamin) (1) : 1804. Benjamin Constant [1767-1830] après avoir lu Xénophon [-430,-355 avant J.C], dans son Journal intime, auteur de :
« Il y a des traces de vanteries dans sa relation de la Marche des Dix mille et de l’exagération sur le rôle qu’il a joué. On remarque pourtant malgré lui que ce rôle était assez subalterne et de l’exagération sur le rôle que Cléarque [qui dirigea la retraite] y a joué, car on remarque, malgré lui, que ce rôle était assez subalterne, le général Lacédémonien le traitait fort cavalièrement. » Et Benjamin Constant en conclut justement :
«La vérité est une chose bien puissante puisqu’elle se fait jour à travers tous les déguisements de l’amour-propre, dans un auteur qui a écrit il y a deux mille an. » 380 (Cf. Êtres humains. Cacher. Inutile de)

Vérité (Constant Benjamin) (2) : 1804. Benjamin Constant [1767-1830], dans son Journal intime, auteur, à la suite d’un dîner, de :
« Je jouais la comédie, mais je me suis aperçu que cela donnait du soupçon sur mon caractère de véracité, ce qui serait injuste, car on ne peut me contester d’être l’homme le plus vrai du monde. » 381

Vérité (Custine) : 1839. Astolphe de Custine [1790-1857], dans ses Lettres de Russie, auteur de :
« […] Considérez que, dans l’ordre physique comme dans l’ordre moral, la vérité n’est qu’un assemblage de contrastes tellement criants, qu’on dirait que la nature et la société n’ont été créés que pour faire tenir ensemble des éléments qui, sans elles, devraient s’abhorrer et s’exclure… » 382
- Texte cité, moins pour l’argumentaire que pour dissuader de tout impérialisme de « la vérité ».

Vérité (D’Agoult Marie) : Marie d’Agoult (Daniel Stern) [1805-1876], dans ses Mémoires, auteure de :
« […] Pour une vérité qui se dit de siècle en siècle au monde, combien d’erreurs monstrueuses, absurdes, s’accréditent chaque jour ! Que de préjugés inqualifiables s’établissent ! Que de mensonges sociaux jouissent d’un droit de prescription et se couvrent, avec le temps, d’une rouille sacrée qui les rend en quelques sorte indestructibles ! » 383 (Cf. Justice. Prescription)

Vérité (Descartes René) : 1637. René Descartes [1596-1650, dans le Discours de la méthode [1637], auteur de :
« Ne recevoir jamais une chose pour vraie que je ne la connusse évidemment comme telle. » 384 Exigence jamais dépassée… si « la vérité » a un sens….

Vérité (De Gaulle Charles) : 1945. Charles De Gaulle [1890-1970], dans ses Mémoires, auteur de :
« Il n’y a de réussite qu’à partir de la vérité. » 385

Vérité (D’Holbach Paul Thiry) : 1770. Paul Thiry d’Holbach [1723-1789], dans L’essai sur les préjugés, auteur de :
« Si les ouvrages de nos sages nous présentent des vérités nouvelles et des systèmes utiles, on y rencontre à chaque page des traces plus ou moins marquées des préjugés dominants.
D’ailleurs si les hommes les plus éclairés et les plus honnêtes ont rarement le courage de dire tout ce qu’ils pensent, ils ont plus rarement encore celui de faire un divorce complet avec les erreurs qu’ils voient universellement établies ou dont eux-mêmes éprouvent les influences à leur insu.
Les personnes les plus sages ont des préjugés, des faiblesses, des passions, des intérêts qui les empêchent de voir la vérité dans son entier et de sentir les inconséquences et les contradictions de leurs écrits ; que d’embarras pour la postérité quand elle voudra les juger !
» 386 (Cf. Hommes. Féminisme. Penser. Pensée. Idée. Théologie)

Vérité (Ferré Léo) : Une strophe de Léo Ferré [1916-1993] dans Les temps sont difficiles (mais à écouter pour lui conférer sa vérité) :
« Pour faire face à la vérité / J'ai poussé jusqu'à la télé / Où l'on m'a dit ‘Vous demandez qui’ ? La vérité ? C'est pas ici !’ Les temps sont difficiles ! »

Vérité (Ferry Luc) : 2017. Luc Ferry, ancien ministre de l’Éducation Nationale, « philosophe », soutien affiché de François Fillon déclare que Jean-Luc Mélenchon est « excellent dans le verbe sophistique, radicalement indifférent à la vérité » 387…que François Fillon et lui considèrent légitime d’incarner…

Vérité (Fillon François) : (1er mars) 2017. François Fillon, mis en examen, auteur de :
« Je me rendrai à la convocation des juges. […] Je leur dirai ma vérité, qui est la vérité. » 388 (Cf. Droit, Justice, Homme. «Politique»)
* Ajout. 30 mars 2017. 2017. François Fillon, sur RTL, auteur de :
« Je vous le dis dans les yeux. Jamais les juges ne pourront démontrer que l’emploi de mon épouse était fictif. Jamais. » 389 En toute cohérence avec sa conception de « la » vérité : la négation de l’idée même de « justice », institution incluse. (Cf. Justice)

Vérité (Frédéric II de Prusse) : (16 mars) 1771. Frédéric II, roi de Prusse [1712-1786], dans une lettre à Voltaire [1694-1778], auteur de :
« Ce n’est qu’à force de réflexions et de raisonnements que l’erreur se filtre, et se sépare de la vérité ; peu de personnes donnent leur temps à un examen aussi pénible, et qui demande une attention suivie. Avec quelle clarté qu’on leur expose leurs erreurs, ils pensent qu’on veut les séduire ; et, en abhorrant les vérités qu’on leur expose, ils détestent l’auteur qui les annonce. » 390 Fine analyse….

Vérité (Garçon Maurice) : (5 septembre) 1944. Paul Léautaud [1872-1956] dans son Journal [Littéraire], après la Libération et la défaite allemande donc, évoque [l’avocat] Maurice Garçon [1889-1967], selon lequel :
« On doit taire le bien qu’on trouve chez l’ennemi [et] on doit être à son égard de mauvaise foi. » 391 (Cf. Justice. avocat-e)

Vérité (Gary Romain) : Romain Gary [1914-1980], auteur de :
« La vérité consiste à ne pas se faire prendre. » 392 (Cf. Penser. Morale, Politique Morale)

Vérité (Gide André) : (29 mai) 1935. André Gide [1869-1951], dans son Journal, écrit :
« Je crois qu’il y a dans la sincérité d’un aveu plus d’éloquence et d’enseignement que dans les plus savantes feintes de l’éloquence. » 393

Vérité (Goldman Emma) : 1931. Emma Goldman [1869- 1940], dans Vivre ma vie, découvrant progressivement, douloureusement, en 1920 - déchirée entre son regard, son analyse, sa sensibilité anarchiste et le soutien à la révolution russe - les réalités de la Russie révolutionnaire, auteure de :
« Je refusais de voir avec mon regard intérieur la vérité qui était si visible de l’extérieur. J’étais abasourdie, décontenancée, le sol se dérobait sous mes pieds. Pourtant je m’accrochais, agrippée à un fil, tel un être qui se noie. […] » 394
Sa lucidité et sa capacité d’analyse politique lui revinrent vite.

Vérité (Gramsci Antonio) : Antonio Gramsci [1892-1937], dans ses Lettres de prison, auteur de :
« J’ai toujours été d’avis que la vérité porte en soi son propre remède. […] » 395 Profond, ambitieux. (Cf. Penser. Gramsci Antonio)

Vérité (Grégoire Abbé) : 1822. L’abbé Grégoire [1750-1831] dans son texte, Des peines infâmantes à infliger aux négriers, évoquant « quelques écrivains, quelques orateurs courtisans », auteur de :
« Ont-ils émis un reproche trop mérité, une proposition courageuse ? Vite, ils s’efforcent de l’atténuer par des compliments, comme si la vérité n’était qu’un badinage. » 396

Vérité (Laclos Choderlos de Pierre) : 1782. Pierre Choderlos de Laclos [1741-1803], dans Les liaisons dangereuses met dans la bouche de Madame de Merteuil, qui avait déclaré qu’elle était « née pour venger [s]on sexe et maîtriser le vôtre... » les phrases suivantes :
« Entrée dans le monde dans le temps où, fille encore, j'étais vouée par état au silence et à l'inaction, j'ai su en profiter pour observer et réfléchir. Tandis qu'on me croyait étourdie ou distraite, écoutant peu à la vérité les discours qu'on s'empressait à me tenir, je recueillais avec soin ceux qu'on cherchait à me cacher.
Cette utile curiosité, en servant à m'instruire, m'apprit encore à dissimuler [...].
Je n'avais pas quinze ans, je possédais déjà les talents auxquels la plus grande partie de nos politiques doivent leur réputation… » 397 Tout lire…(Cf. Enfants, Femme. « Politique », Homme. « Politique », Féminisme, Patriarcat)

Vérité (Lamartine) : 1893. Alexis de Tocqueville [1805-1859], dans ses Souvenirs, porte ce terrible jugement sur Alphonse de Lamartine [1790-1869], notamment concernant son rôle politique en 1848 :
« […] Je n’ai jamais connu [non plus] d’esprit moins sincère qui eût un mépris plus complet pour la vérité. Quand je dis qu’il l’a méprisait, je me trompe ; il ne l’a jamais assez honorée pour s’occuper d’elle d’aucune manière. […] » 398 (Cf. Relations entre êtres humains. Mépris)

Vérité (Lessing) : Gotthold Ephraïm Lessing [1729-1781], auteur de :
« Ce n’est pas tant la vérité qui importe, que de garder l’incessant élan vers la vérité. » 399

Vérité (Lounguine Lilina) : 2017. Liliana Lounguine [1920-1997], dans Mot à mot. Une vie dans le siècle soviétique, auteure de :
« Je n’apporte ici que des débris de vérité, mais d’une vérité authentique payée au prix de toute une vie. » 400 (Cf. Penser. Stalinisme)

Vérité (Macron Emmanuel) : (25 juillet) 2018. Emmanuel Macron, auteur de :
« Nous avons une presse qui ne cherche plus la vérité. » 401 (Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel, Politique. Médias)

Vérité (Malaurie Jean) : (23 juin) 2004. Jean Malaurie, auteur de :
« J’ai voulu, pour être plus proche de la vérité, construire ma pensée. »
Oui, nécessaire pour quiconque... (Cf. Ethnologie. Anthropologie) 402

Vérité (Malraux André) : (25 juin) 1935. André Malraux [1901-1976], cité par Magdeleine Paz [1889-1973], lors du Congrès international des écrivains pour la défense de la culture, auteur de :
« Défense de la vérité. L’homme et les masses y ont droit… Je tiens la vérité pour une condition de santé intellectuelle et morale. » 403 (Cf. Femme. Remarquable. Paz Magdeleine)

Vérité (Mill John Stuart John) (1) : 1859. John Stuart Mill [1806-1873], dans son livre De la liberté, auteur de :
« […] La vérité bénéficie encore plus des erreurs d’un homme qui, après les études et la préparation nécessaire, pense par lui-même, que des opinions vraies de ceux qui les détiennent uniquement parce qu’ils s’interdisent de penser. Non pas que la liberté de penser soit exclusivement nécessaire aux grands penseurs. Au contraire, elle est aussi indispensable - sinon plus indispensable - à l’homme du commun pour lui permettre d’atteindre la stature intellectuelle dont il est capable. Il y a eu de, et il y aura encore peut-être, de grands penseurs individuels dans une atmosphère générale de d’esclavage intellectuel. Mais, il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais dans et il n’y aura jamais dans une telle atmosphère de peuple intellectuellement actif. » 404

Vérité (Mill John Stuart John) (2) : 1873. John Stuart Mill [1806-1873], dans son Autobiographie, auteur de :
« […] C’est à peine si j’ai trouvé un être qui insista autant que moi pour examiner la défense de toutes les opinions, quelle que fut leur nouveauté ou leur ancienneté, convaincus que les erreurs elles-mêmes doivent reposer sur un substrat de vérité et qu’en tout état de cause, l’analyse de ce qui les rend vraisemblable profite à la vérité. » 405

Vérité (Morin Edgar) : (1er juin) 1978. Edgar Morin, dans Le Monde, auteur de :
« Malraux [André. 1901-1976] n’avait pas tort de diagnostiquer en Mai 68 une ‘crise de civilisation’. Ce terme de civilisation manque de précision, mais c’est dans ce manque de précision que réside la vérité. » 406 (Cf. Langage. Patriarcal. Morin Edgar, Penser. Morin Edgar)

Vérité (Nietzsche Frédéric) : 1878. Frédéric Nietzsche [1844-1900], dans Humain, trop humain, :
« Lorsque nous plaçons la vérité sur la tête, nous ne nous apercevons généralement pas que notre tête, non plus, n’est pas placée là où elle devrait être. » 407 Facile ?

Vérité (Onfray Michel) : (9 juin) 2017. Michel Onfray, dans Le Figaro, auteur de :
« Je préfère la vérité historique à la falsification hystérique et aux mythologies. […] Je suis un homme libre. » 408 Est-ce suffisant de l’affirmer ? (Cf. Êtres humains. Soi, Penser. Liberté)

Vérité (Pascal Blaise) : 1699. Blaise Pascal [1623-1662], dans les Pensées [1670], auteur de :
- « [864] La vérité est si obscurcie en ce temps et le mensonge si établi qu’à moins d’aimer la vérité on ne saurait la connaître. »
- « [583] Les (malins) sont gens qui connaissent la vérité mais qui ne la soutiennent qu’autant que leur intérêt s’y rencontre, mais hors de là, ils l’abandonnent. »
- « [108] Quoique les personnes n’aient point d’intérêt à ce qu’elles disent, il ne faut pas conclure de là absolument qu’ils ne mentent point car il y a des gens qui mentent simplement pour mentir. » 409
Qui définit le mensonge ? la vérité ? l’intérêt ?

Vérité (Pelloux Patrick) : 2006. Patrick Pelloux, dans son livre Histoires d’urgence, auteur de : « Curieuse époque, où le verbe ‘étouffer’ peut s’appliquer aussi bien à l’air qu’à la vérité. » 410 (Cf. Langage)

Vérité (Pléiade La) : 1986. Dans une note de la Pléiade accolée à un mensonge éhonté de Voltaire [1694-1778], tel qu’exprimé dans une lettre écrite le 14 juin 1771 à Mathieu Marchant de la Houilière [?-?], je lis :
« Une telle phrase ouvre des perspectives étonnantes sur les rapports entre la parole et la réalité chez Voltaire. » 411
- Les mythes se perpétueraient-ils aussi aisément sans ce type d’‘analyse’, de jugement, sans cette négation de l’idée même de vérité ; ici, concernant un « grand homme » ? (Cf. Histoire)

Vérité (Retz Cardinal de) : 1675-1677. Le Cardinal de Retz [1613-1679], dans ses Mémoires, en s’adressant à la dame, à l’amie (non nommée, sans doute madame de Sévigné) à laquelle il a adressé ses Mémoires, auteur de :
« Je fis, à ce moment, une seconde faute, presque aussi grande que la première. […]
Je ne pourrais pas vous dire encore, à l’heure qu’il est, les raisons ou plutôt les déraisons, qui me purent obliger à une aussi méchante conduite. Je cherche dans les replis de mon cœur le principe qui fait que je trouve une satisfaction plus sensible à vous faire une confession de mes fautes, plus que je n’en trouverais assurément dans le plus juste panégyrique. » 412

Vérité (Russier Gabrielle) : 1969. Gabrielle Russier [1937-1969], dans ses Lettres de prison, auteure de :
« Peut-être qu’on ne voudra jamais me croire - et c’est si souvent que je me révolte à l’idée d’être enfermée pour rien - mais l’essentiel est de porter la vérité en soi. Elle était, elle est si simple. Tellement simple que personne ne la voit. Comme toutes les choses belles et simples. » 413 (Cf. Justice)

Vérité (Sand George) (1) : (5 avril) 1852. George Sand [1804-1876] écrit à Alphonse Fleury [1809-1877] :
« […] Parce qu’une vérité, n’eût-elle vécu qu’un jour, prend son rang et son droit dans l’histoire. » 414

Vérité (Sand George) (2) : 1874. George Sand [1804-1876], encore, au terme de sa vie :
« Nous sommes tous malades de vérités rentrées. » 415

Vérité (Schœlcher Victor) : Victor Schœlcher [1804-1893], auteur de :
« Calomnier un propriétaire d’esclaves ! À quoi bon ? La vérité suffit et au-delà. » 416
La vérité sur laquelle repose le combat anti-esclavagiste… La vérité, tout simplement… (Cf. Proxénétisme)

Vérité (Voltaire) (1) : (3 juin) 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au comte d’Argental [1700-1788] a pu écrire :
« Ma modestie m’a perdu, ne n’ai pas eu la témérité de parer de moi. » Sans crainte du ridicule, mais au grand dam de l’idée même de vérité.
- Même jour, à un autre interlocuteur, il qualifie sa « modestie » de « funeste ». 417

Vérité (Voltaire) (2) : (15 octobre) 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre à d’Alembert [1717-1783] écrit : :
« Luc [Frédéric II, roi de Prusse. 1712-1786] se débat violemment [à la guerre] mais Luc périra, je vous en réponds. C’est un autre fou dangereux, et c’est bien dommage. »
- Même jour, il écrit une lettre à Frédéric II qui commence par :
« Dans quelque état de vous soyez, il est très sûr que vous êtes un grand homme. » 418 (Cf. Relations entre êtres humains. Aimer. Voltaire)

Vérité (Voltaire) (3) : (25 janvier) 1773. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à D’Alembert [1717-1783], auteur de :
« Ce pauvre avocat tremble. Il a les meilleures intentions du monde, il n’a dit que la vérité, et c’est pour cela qu’il tremble. » 419 (Cf. Justice. Avocat, Penser)

Vérité (Voltaire) (4) : (1er février) 1773. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au comte d’Argental [1700-1788], lui écrit :
« On saura la vérité, si on veut bien se donner un peu de peine. » 420

Vérité (Voltaire) (5) : 1985. Dans les notes du Tome IX de la Correspondance de Voltaire de La Pléiade, concernant ses accusations à l’encontre de La Beaumelle [1726-1773], je lis :
« Il est tout à fait dans la manière de Voltaire de répandre une fausse rumeur aux quatre coins de la France [et au-delà…] pour en faire une vérité universellement reconnue. » 421

Vérité (Weil Simone) : 2019. Robert Chenavier, philosophe, auteur de :
« Simone Weil [1909-1943] dit qu’au fond, toute sa vie a été consacrée à ce qu’elle appelle l’attente de la vérité mais elle dit toujours que la vérité est expérimentale, donc, si on veut parler d’elle, c’est toujours de la vérité de quelque chose et si on veut parler de la vérité du travail, et bien il faut se faire ouvrière, ce qu’elle a fini par faire. » 422

Vérité (Zinoviev Alexandre) : 1978. Alexandre Zinoviev [1883-1936], dans L’Avenir radieux, auteur de :
« Ce que je prise [chez lui], ce n’est pas tant la vérité que sa révolte contre le mensonge et l’oppression. » 423

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Notes de bas de page

1 Wikipédia, Georg Groddeck

2 Léon Tolstoï, La guerre et la paix, La Pléiade. Traduction de Pierre Pascal. 1654 p. 1945. p.1229 (Livre 4)

3 Edmund Burke, Réflexions sur la révolution de France. Pluriel. 816p. 2011. p.10

4 Edmund Burke, Appel des whigs modernes aux whigs anciens. In : Réflexions sur la révolution de France. Pluriel. 816p. 2011. P.396

5 Benjamin Constant, Des réactions politiques. 1797. Chapitre 8. Des Principes. p.37

6 Léon Tolstoï, La guerre et la paix, La Pléiade. Traduction de Pierre Pascal. 1945. 1654 p.1566 (Épilogue)

7 Fabienne Leloup, Maria Deraismes, riche, féministe et franc-maçonne. Michel De Maule. 300 p. 2015. p.250

8 Stendhal, La Chartreuse de parme. Folio. Gallimard. 700 p.1985. p. 655, 673

9 Paul Nizan, Les chiens de garde. Agone. 176p. 2012. p.109

10 Witold Gombrowicz, Journal. Tome I. 1953-1958. Folio. 690p. 1995. p.130

11 Cornelius Castoriadis, Quelle démocratie ? In : Figures du pensable. Seuil. Points. Essais. Les carrefours du labyrinthe. 6. 364p. 1999. p.175

12 In : George Steiner, Les logocrates. 10/18. 251p. 2013. P ?172, 173

13 France Culture, Du jour au lendemain, Chantal Akerman pour son livre : Ma mère rit. 7 novembre 2013. Réécoute, La nuit Chantal Akerman. 11 février 2018

14 Romain Rolland, Journal de Vézelay. 1938-1944. Bartillat. 1182p. 2012. p.282

15 Mémoires de Sarah Bernhardt, Ma double vie. Tome Deuxième. Dixième mille. Bibliothèque Charpentier. 283p. 1923. p.248

16 Madame de Staël, De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p.173

17 Cardinal de Retz, Mémoires, La Pléiade. 1003p. 1950. p.366

18 Mirabeau, Discours. Folio. Gallimard. 440p. 1973. p.84

19 Edmund Burke, Lettre de Monsieur Edmund Burke à un noble lord. In: Réflexions sur la révolution de France. Pluriel. 816p. 2011. p.508

20 Paul-Louis Courier, Œuvres complètes. La Pléiade. 1052p. 1951. p.678

21 Paul-Louis Courier, Œuvres complètes. La Pléiade. 1052p. 1951. p.749

22 John Stuart Mill, Autobiographie. Aubier. 261p. 1993. Note. p.60

23 Hippolyte Taine, Les origines de la France contemporaine. Bouquins. Laffont. T.1. 839p. 1986. p.523, 579, 740

24 Vilfredo Pareto, Traité de sociologie générale. 1818p. 1968. Librairie Droz. p.1254

25 Edith Wharton, Les chemins parcourus. Autobiographie. Flammarion. 300p. 1995. p.95

26 Witold Gombrowicz, Journal. Tome I. 1953-1958. Folio. 690p. 1995.p.165

27 Witold Gombrowicz, Journal. Tome I. 1953-1958. Folio. 690p. 1995.p.377

28 In : Raymond Aron, Marxismes imaginaires. D’une sainte famille à l’autre. 377p. 1970. p.121

29 Hippolyte Taine, Les origines de la France contemporaine. Bouquins. Laffont. 1707p. 20111. p. LI

30 George Steiner, Errata. Récit d’une pensée. Gallimard. 1231p. 997. p.84

31 Mark Lilla, La gauche identitaire. L’Amérique en miettes. Les Essais. Stock. 153p. 2018. p.116

32 France Culture, Affaires étrangères. Le chaos au Moyen-Orient. 20 octobre 2018

33 AFP. 2 décembre 2018

34 France Inter, 4 décembre 2018. 8h 27

35 France Culture, Gilets jaunes : une démocratie malade ou en rémission ? 7décembre 2018

36 France Culture, Les gilets jaunes veulent-ils plus ou moins de démocratie ? 7 décembre 2018

37 France Culture, L’esprit critique. 9 décembre 2018

38 L’Express, Castaner prône « l’ultra-fermenté » face à « l’ultra violence ». 7 janvier 2019

39 Le Monde Diplomatique, Brexit de gauche, une voie étroite. février 2019. p.1

40 Le Monde Diplomatique, Les enjeux critiques des Lumières. février 2019. p.25

41 France Culture, 17 mai 2019. 07h 30

42 France Culture, Les idées claires. Existe-t-il un lobby L.G.B.T ? 27 juillet 2019

43 In : Malraux, Les Chênes que l’on abat. Œuvres complètes. III. p.619. Cité dans Charles De Gaulle, Mémoires. La Pléiade. 1505p. 2000. Notes et variantes. p.1384

44 Michel Foucault, Dits et écrits. 1954-1988.II. 1976-1988. Quarto Gallimard. 1735 p. 2001. p.1538,1539

45 Jean-Paul Sartre, Matérialisme et révolution. juin 1946. Repris dans Situations II. NRF. Gallimard. 474p. 2012. p.350

46 Voltaire, Correspondance. III. (janvier 1765-décembre 1753). La Pléiade. 1534p. 1975. p.165

47 Madame de Staël, De l’Allemagne. II. Garnier Flammarion 316p. 1968. p.180

48 Madame de Staël, De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p.173

49 Léon Tolstoï, La guerre et la paix, La Pléiade. Traduction de Pierre Pascal. 1654 p. 1945. p.1003 (Livre 3)

50 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.826

51 Jean Guitton, Œuvres complètes. Journal de ma vie. Desclée de Brouwer. 747p. 1976. p.355

52 France Culture, Michel Foucault. Entretien avec Paula Jacques. In : La nuit rêvée de Daniel Defert. 26 août 2018. [Ière diffusion. 11 janvier 1977]

53 André Gide, Journal. 1939-1949. Souvenirs. La Pléiade. 1280p. 1954. p.334

54 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1987. p. 16, 927

55 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. I. La Pléiade. 1530p. 1976. p.139

56 John Stuart Mill, L’utilitarisme. Champs. Classiques. 181p. 1988. p.143

57 Site. Paris. Luttes. Info. 26 mai 2016

58 Hippolyte Taine, Les origines de la France contemporaine. Bouquins. Laffont. T.1. 839p. 1986. p.576, 577

59 Georges Sorel, Réflexions sur la violence. Introduction. Lettre à Daniel Halévy. (Deuxième édition) Marcel Rivière et Cie. 412p. 1910. p.4, 5

60 Karl Marx, Œuvres choisies. Idées. NRF. 373 p. 1963. Tome I (1849). p.24

61 Mirabeau, Discours. Folio. Gallimard. 338p.1973. p.229

62 Jean Guéhenno-Louis Guilloux, Correspondance (1927-1967). Les paradoxes d’une amitié. La part commune. 734p. 2011. p.356

63 France Culture, L’esprit public. 8 janvier 2017

64 Nicola Berdiaev, Essai d’autobiographie spirituelle. Buchet-Chastel. 429p. 1979. p.28, 35, 36

65 Paul Léautaud, Entretiens avec Robert Mallet. NRF. Gallimard. 397p. 1951. p.73

66 Radio Courtoisie (radio d’extrême droite). 5 juin 2018

67 Maurice Merleau-Ponty In : Madeleine Chapsal, Les écrivains en personne. 10 / 18. 316p. 1973. p.196

68 Michelet, Histoire de la Révolution française. I. La Pléiade. 1530p.1976. p.40

69 Edgar Morin, Au rythme du Monde. Un demi-siècle d’articles du Monde. 588p. 2015. p.494

70 France 24, 18 janvier 2018. 09 h 30

71 Gérard de Nerval, Aurélia ou Le rêve et la vie. 1855. Wikisource. p.105

72 Lisible sur le site «officiel» dédié à Charles Péguy. Mai 2017

73 Edmund Burke, Réflexions sur la révolution de France. Pluriel. 816p. 2011. p.110

74 Victor Hugo, William Shakespeare. In : Victor Hugo, Témoin de son siècle. J’ai lu. L’essentiel. 561p. 1962. p.463

75 France Culture, Les champignons sortent du bois. 21 octobre 2019

76 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.732

77 The Times, Une période de transition. 13 novembre 2017 (Traduit par Tradfem)

78 Léon Tolstoï, La guerre et la paix, La Pléiade. Traduction de Pierre Pascal. 1654 p. 1945. p.1442 (Livre 4)

79 Georges Solovieff, Rahel Varnhagen. Une révoltée féministe à l’époque romantique. Allemagne d’hier et d’aujourd’hui. L’Harmattan. 2000. 165p. p.55

80 Simone Weil, Dernières pensées. In, Œuvres. Quarto. Gallimard. 1277p. 1999. p.784

81 In : M. [Marie] Dugard, Ralph Waldo Emerson. Sa vie et son œuvre. Armand Colin. 418p. 1929. p.57

82 France Inter, Guy Boley. 7 décembre 2018

83 LCP, Restitution du grand débat national. 8 avril 2109

84 Honoré de Balzac, Lettres à Madame Hanska. . 1832-1844. Bouquins. Robert Laffont. 957p. 1990. p.201

85 Cesare Beccaria, Des délits et des peines. GF. Flammarion. 1991. 187p. p.109

86 Chaine Histoire, Emmanuel Berl. 1ère partie. Interview réalisé en 1971] 10 juillet 2016

87 Cornelius Castoriadis, Quelle démocratie ? I. Éditions du Sandre. 690p. 2013. p.92

88 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.1152

89 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.76

90 Charles De Gaulle, Mémoires, La Pléiade. 1505p. 2000. p.528

91 D’Holbach, Essai sur les préjugés. Ou : De l’influence des opinions sur les mœurs et le bonheur des hommes. Coda poche. PUF. 233p. 2007. p.15

92 Charles du Bos, Journal. 1921-1923. Éditions Corrêa. Paris. 412p. 1946. p.177

93 Paul Feyerabend, Contre la méthode. Esquisse d’une théorie anarchiste de la connaissance. Le Seuil. 350p. 1998. p.171

94 Sigmund Freud. Karl Abraham, Correspondance complète.1907-1925. Connaissance de l’inconscient. Gallimard. 790p. 2006. p.358

95 Witold Gombrowicz, Journal. Tome II. 1959-1969. Folio. 611p. 1995. p.136

96 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. Mercure de France. 1304p. 2013. p.869

97 France Culture, La fabrique de l’histoire. Histoire du textile (2) Le temps des chemises, le temps d’une enquête. 23 mai 2017

98 Jean Guéhenno, Journal des années noires (1940-1944). NRF. Gallimard. 346p. 1947. p.25

99 Jean Guéhenno, Journal des années noires (1940-1944). NRF. Gallimard. 346p. 1947. p.153

100 Jean Guitton, Œuvres complètes. Journal de ma vie. Desclée de Brouwer. 747p. 1976. p.552

101 Hegel, Correspondance. I. 1785-1812. Gallimard. NRF. 439p. 1962. p.229

102 Victor Hugo, Choses vues.1849-1885. Édition Hubert juin. Folio Classique. Gallimard. 2010.1014p. 2010. p.185, 184

103 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.260

104 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.661

105 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.689

106 Victor Hugo, Choses vues.1849-1885. Édition Hubert juin. Folio Classique. Gallimard. 2010. 1014p. 2010. p.765

107 Eva Joly, Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ? Folio. Documents. 269p. 2004. p.261

108 Keynes (John Maynard), Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie. 1936. Exergue du livre de Zeev Sternhell, Mario Sznajder, Maia Ashérie, Naissance de l’idéologie fasciste. Folio Histoire. Gallimard. 556 p. 1994, p.11

109 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. Mercure de France. 1304p. 2013. p.15

110 RFI, France. les vacances studieuses des ministres. 10 août 2017

111 France Culture, Les nuits de France Culture. Colette Magny. 8 décembre 2015

112 Jules Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p.447

113 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. I. La Pléiade. 1530p. 1976. p.208

114 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. II. La Pléiade. 1308p. 1951. p.225

115 Mirabeau, Discours. Folio. Gallimard. 440p. 1973. p.67

116 Bruno Lemaire, Jours de pouvoir. Récit. Gallimard. 427p. 2013. p.138

117 Le Monde, Attentat de Manchester : Un acte terroriste visant explicitement les femmes. 24 mai 2017

118 George Orwell, Une vie en lettres (Correspondance. 1903-1950). Agone. 666p. 2014. p.303

119 Voltaire, Correspondance. II. (janvier 1739-décembre 1748). La Pléiade. 1814p. 1977. p.264

120 Radio Notre-Dame, Face aux Chrétiens. 23 décembre 2016

121 Élisée Reclus, L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique. In : Écrits Sociaux. Feuilles d’herbe. Éditions Héros-Limite. 251p. 2012. p.22

122 Cardinal de Retz, Mémoires, La Pléiade. 1003p. 1950. p.153

123 George Sand, Lélia. Texte établi, présenté et annoté par Pierre Reboul. Classiques Garnier. 1960. 601p.

124 Jean-Jacques Rousseau, Œuvres complètes. I. Les Confessions. Autres œuvres autobiographiques. La Pléiade. 1969p. 1959. p.114, 115

125 George Sand, Œuvres autobiographiques. II. Histoire de ma vie, La Pléiade. 1638p. 2001. p.134

126 Stendhal, La Chartreuse de parme. Folio. Gallimard. 700p.1985. p.36,37

127 Stendhal, La Chartreuse de parme. Folio. Gallimard. 700p.1985. p.86

128 John Stuart Mill, L’utilitarisme. Champs. Classiques. 181p. 1988. P. 38, 39

129 Voltaire, Correspondance. III. (janvier 1765-décembre 1753). La Pléiade. 1534p. 1975. p.829

130 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.754

131 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.237

132 Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1986. p. 237

133 Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1986. p.468

134 Virginia Wolf, Journal d’un écrivain. 10/18. Tome 2. 1977. p.227

135 Voltaire, Correspondance. I. (1704-1738). La Pléiade. 1735p. 1964. p.571

136 Stéphane Hessel, Danse avec le siècle. Souvenirs. Points. Éditions du Seuil. 412p. 2011. p.48, 49

137 Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France. Pluriel. 816p. 2011. p.13

138 In : Albert Camus, Écrits libertaires (1948-1960) Rassemblés et publiés par Lou Marin. 337p. 2013. p.284

139 Sigmund Freud, Lettres à Wilhelm Fleiss. 1897-1904. PUF. 763p. 2006. p.496

140 Janusz Korczak, Comment aimer un enfant. Robert Laffont. 352p. 1979. p.62

141 Janusz Korczak, Comment aimer un enfant. Robert Laffont. 352p. 1979. p.158

142 Machiavel, Œuvres complètes. Le prince. La Pléiade. 1639p. 1952. p.335

143 Blaise Pascal, Pensées. Livre de vie. Éditions du Seuil. 442p. 1962. p.263

144 Voltaire, Correspondance. IV. (janvier 1754-décembre 1757). La Pléiade. 1655p. 1978. p.716, 1460

145 Jules Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p.770

146 Séverine, En marche. H. Simonis Empis, Éditeur. 320 p.1896. p.82, 83

147 Charles Wright Mills, L’imaginaire sociologique. La Découverte. Poche. 229p. 2006. p.215

148 Voltaire, Correspondance. IV. (janvier 1754-décembre 1757). La Pléiade. 1655p. 1978. p.718

149 George Sand, Correspondance. Garnier Flammarion. Tome 11ème. p.179

150 Beaumarchais, Le barbier de Séville. Acte IV. Scène VIII

151 In : Raymond Aron, Marxismes imaginaires. D’une sainte famille à l’autre. 377p. 1970. p.149, 150

152 In : Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. p.139

153 Nicola Berdiaev, Essai d’autobiographe spirituelle. Buchet/Chastel. 429p. 1979. p.67

154 Cornelius Castoriadis, Entretien. Radio suisse romande. 4 août 1996. Repris dans, Cornelius Castoriadis, Quelle démocratie ? II. Éditions du Sandre. 656p. 2013. p.623

155 Cornelius Castoriadis, Nature et valeur de l’égalité. Université de Genève. 1981. Repris dans : Domaines de l’homme. Les carrefours du labyrinthe. 2. Seuil. 455p. 1986. p.309

156 In : Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.1152

157 France Culture, Des racines et des ailes. 24 mai 2015

158 Blaise Pascal, Pensées. Livre de vie. Éditions du Seuil. 442p. 1962. p.273

159 Michel Bakounine, La nature, cette totalité. In : Théorie générale de la révolution. Les nuits rouges. 383p. 2001. p.61

160 Cornelius Castoriadis, Entretien. Le Débat. novembre-décembre. 1989. Repris dans, Le monde morcelé. Points. Essais. Éditions du Seuil. Les carrefours du labyrinthe. 3. 348p. 2000. p.209

161 Varlam Chalamov, Récits de la Kolyma. Éditions Verdier. 1515 p. 2003. Préface. p. 8 et 9

162 Witold Gombrowicz, Journal. Tome II. 1959-1969. Folio. 611p. 1995. p.167

163 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.1212

164 Vauvenargues, in : Fragments. Cité dans, R. Thamin : Extraits de moralistes (XVII, XVIII, XIXème siècles). Hachette et Cie. 673 p. 1909. p.222

165 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.58

166 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.70

167 Raymond Aron, Histoire et politique, In, Revue de métaphysique et de morale, 1949.34 3-4. In : Raymond Aron, Penser la liberté, penser la démocratie. Quarto Gallimard. 1815p. 2005. p.525

168 Simone de Beauvoir, Merleau-Ponty et le pseudo-Sartrisme. In, Faut-il brûler Sade ? Idées. Gallimard. 2005. 1972, p.187

169 Exergue de l’introduction du livre de David Cooper, Psychiatrie et antipsychiatrie. Points. Le Seuil. 187p. 1978. p.13

170 France Culture, Olivier Messiaen, Réponses et réflexions. 20 juin 2018 [1ère diffusion. 16 décembre 1978]

171 In : Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. p.173

172 Mona Chasserio, Cœur de femme. De l’inexistence à l’existence. Mon engagement aux côtés des femmes de la rue. Louis Audibert. 224p. 2005. p.28

173 Le Monde Diplomatique, DVD. septembre 2018. p.26

174 Cf. Françoise Collin, No man’s land : Réflexion sur l’esclavage volontaire des femmes. In : Maria A. Macciocchi, Séminaire Paris VII. Vincennes. Les femmes et leurs maîtres. Christian Bourgois éditeur. 441p. 1978. p.141 à 158

175 L’Express, L’acquittement de sept hommes jugés pour un viol collectif déclenche un tollé. 23 février 2017

176 Ouest-France, Des ‘traitements indignes au CHU de Saint-Étienne. 1er mars 2018

177 Le Point, ‘Sexe sans consentement’ ; la zone grise en question. 6 mars 2018

178 Jean Guitton, Œuvres complètes. Journal de ma vie. Desclée de Brouwer. 747p. 1976. p.505

179 Benjamin Constant, De l’esprit de conquête. In : Œuvres complètes. La Pléiade. p.1054

180 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. P.29

181 France Culture, En attendant Vàclav Havel. 31 août 2019

182 Georges Bernanos, Lettres retrouvées. 1904-1948. Plon. 517p. 1983. p.167

183 In : Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.1375, 1376 (note 4)

184 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.825

185 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. Mercure de France. 1304p. 2013. p.564

186 Errico Malatesta, Sur Pierre Kropotkine. Souvenirs et critiques d’un de ses vieux amis. 1931. Traduit et publié par la Bibliothèque Libertaire. (Disponible sur internet)

187 MFPF, Apprenons à faire l’amour. FM / François Maspero. 53p. 1979. p.9

188 Voltaire, Correspondance. I. (1704-1738). La Pléiade. 1735p. 1964. p.353

189 Voltaire, Correspondance. I. (1704-1738). La Pléiade. 1735p. 1964. p.793

190 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.383

191 Alain, Définitions. 1953 (Sur le net. Les Classiques des sciences sociales. Québec. p.70)

192 In : Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.1297

193 Dostoïevski, Souvenirs de la maison des morts. Babel. Actes sud. 544 p. 1999. p.361

194 Georges Sorel, Réflexions sur la violence. Introduction. Lettre à Daniel Halévy. (Deuxième édition) Marcel Rivière et Cie. 412p. 1910. p.3, 4

195 D’Holbach, Essai sur les préjugés. Ou : De l’influence des opinions sur les mœurs et le bonheur des hommes. Coda poche PUF. 233p. 2007. p.165

196 In : Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.1293

197 M. Dugard, Ralph Waldon Emerson. Sa vie et son œuvre. Armand Colin. 418p. 1929. p.100, 101

198 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.798

199 Maurice Nadeau, Journal en public. La Quinzaine littéraire. Maurice Nadeau. 317p. 2006. p.31

200 Raymond Aron. Mémoires. 50 ans de réflexion politique. Julliard. 778p. 1983. p.43

201 Cardinal de Retz, La conjuration du Comte Jean Louis de Fiesque, Pamphlets. In : Mémoires, La Pléiade. 1194 p. 1956. p. XXII

202 Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, (Sur internet. Les échos du maquis) p. 22

203 Mirabeau, Discours. Folio. Gallimard. 440p. 1973. p.92

204 Ernest Renan, Vie de Jésus. Michel Lévy Frères. 459p. UQAC. PDF. p.30, 31

205 Simone Weil, Écrits historiques et politiques. Gallimard. 413p. 1979. p.293

206 Le Canard enchaîné, Croyez-nous sur parole ! 24 octobre 2018. p.1

207 Stendhal, Lettres à Pauline. L’école des lettres. Seuil. 1994. 645p. p.237

208 Léon Bloy, Lettres à sa fiancée. Éditions Stock. 142p. 1941. p.46, 48

209 George Sand, Lélia. Texte établi, présenté et annoté par Pierre Reboul. Classiques Garnier. 601p. 1960. p.584, 585

210 Bonnie Anderson, Les femmes de 1848 dans les États Allemands, in, Nouvelle Encyclopédie politique et historique des femmes (Sous la direction de Christine Fauré). Les Belles Lettres.1216 p. 2010. p.448

211 Madame de Staël, Lettres sur Rousseau. In, Œuvres complètes. Série I. Honoré Champion. 2008. 420p. p.39

212 Michel Foucault, Dits et écrits. 1954-1988.II. 1976-1988. Quarto Gallimard. 1735 p. 2001. p.1587

213 Milton Friedman, dans la réédition de 1982 de : Le capitalisme et la liberté, Cité par Naomi Klein, Pourquoi la droite aime les désastres. Los Angeles Times, 27 janvier 2008

214 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.1140

215 Médiiapart live, En direct avec les ‘gilets jaunes’ de Commercy. 30 Janvier 2019

216 Basta, ‘Ce qui se passe ici, cette entraide, je n’avais jamais vu ça‘ : Reportage à la Maison du peuple de Saint Nazaire. 14 février 2019

217 Arthur Miller, Au fil du temps. Le livre de poche. 893p. 1988. p.338

218 France Culture, Les pieds sur terre. ’Assemblée des gilets jaunes : quelle suite pour le mouvement ? 11 avril 2019

219 Mikhaïl Gorbatchev, Mémoires. Éditions du Rocher. 941p. 1997. p. 311

220 Palmiro Togliatti, Antonio Gramsci, chef de la classe ouvrière italienne. Préface. In : Antonio Gramsci, Lettres de prison, Éditions Sociales. 310p. 1953. p.13

221 Victor Hugo, Choses vues. 1849-1885. Édition Hubert juin. Folio Classique. Gallimard. 1014p. 2010. p.525

222 Victor Hugo, Quatre-Vingt-treize. Bibliothèque Lattès. 542p. 1988. p.200

223 André Breton, Manifestes du surréalisme. Idées. Gallimard. 188p. 1973. p.19

224 Anaïs Nin, Journal. 1931-1934. I. Stock. Le livre de Poche. 506p. 1966. p.289, 290

225 France Culture, Marie-Aude Murail. 5 août 2019

226 Le Parisien. AFP, Afghanistan: Donald Trump change d'avis et va envoyer plus de soldats. 22 août 2017

227 Léon Tolstoï, La guerre et la paix, La Pléiade. Traduction de Pierre Pascal. 1654 p. 1945. p.973 (Livre 3)

228 Maxime Gorki, Enfance. Présenté par Louis Guilloux. Le livre de poche. 447p. 1970. p.350, 358

229 Jean Guitton, Œuvres complètes. Journal de ma vie. Desclée de Brouwer. 747p. 1976. p.342

230 Public Sénat. 17 décembre 2018

231 France Culture, Penser avec Vladimir Jankélévitch. L’amour. 11 août 2017

232 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.222

233 Astolphe de Custine, Lettres de Russie. Folio. Gallimard. 409p. 1975. p.272

234 Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1986. p.645

235 Date non notée.

236 France culture, ‘De 2001, l’odyssée de l’espace’ au ‘Fœtus astral  : analyse structurale du mythe cinématographique de Kubrick sorti en 1968. 20 mai 2018 [1ère diffusion. 17 décembre 1970]

237 Le Journal du Dimanche, «Il y a eu un trou d’air intellectuel, les médias y ont contribué». 9 octobre 2016

238 Cité (sans source) par Pierre Broué, Trotsky. Fayard. 1105p. 1988. p.749

239 Cornelius Castoriadis, La démocratie Athénienne : fausses et vraies questions. Colloque tenu à Beaubourg le 27 mars 1992. Repris dans La Montée de l’insignifiance. Points. Essais. Éditions du Seuil. Les carrefours du labyrinthe. 4. 292p. 2007. p.231

240 France Culture, L’esprit public. 17 février 2019

241 In : Edmund Burke, Réflexions sur la révolution de France. Pluriel. 816p. 2011. p.772. Note. 21

242 Jules Michelet, Journal. Folio Classique. 1144p. 2017. p.744

243 Mirabeau. Discours. Folio. Gallimard. 440p. 1973. p.382

244 Ryszard Kapuscinski, Le Shah. Flammarion. 241p. 2010. p. 66

245 Jean-Paul Aron, Les modernes, Gallimard. 314p. 1984. p.119

246 France Culture, Avoir raison avec Françoise Héritier. 12 juillet 2018

247 Michel Foucault, Dits et écrits. 1954-1988.II. 1976-1988. Quarto Gallimard. 1735 p. 2001. p.371, 531 et 671. Cf. aussi. p.1140

248 Maurice Nadeau, Serviteur. Un itinéraire critique à travers livres et auteurs depuis 1945. Albin Michel. 423p. 2002. p.8

249 Cité dans L’introduction de Philippe Saltel, In : David Hume, Enquête sur les principes de la morale. GF. Flammarion. 346p. 1991. p.10

250 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.736

251 Novalis, Œuvres complètes. II. Les Fragments. NRF. Gallimard. 455p. 1975. p.282

252 France Culture, Simone Weil, philosophe sur tous les fronts. 4 juillet 2019

253 Comte de Saint-Simon, Écrits politiques et économiques. Anthologie critique par J. Gance. Agora les Classiques. 560 p. 2005. p. 216

254 Francis Ponge, Colloque de Cerisy. UGE. 10 /18. 435p. 1977. p.21 et 128

255 Jean Guitton, Œuvres complètes. Journal de ma vie. Desclée de Brouwer. 747p. 1976. p.22

256 Huffington Post International, Le regard acerbe de Michael Moore sur les 100 premiers jours de Trump. 29 avril 2017

257 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.924

258 George Orwell, 1984. Folio. Gallimard. 408p. 2013. p.348

259 Michèle Rocard, Au four et au moulin. Albin Michel. 257p. 1987. p.10

260 France Culture, L’esprit public. 16 avril 2017

261 France Culture, L’esprit public. 20 Janvier 2019

262 Marie Denis, La rose des vents, Quorum.171p. 1995. p.157

263 LCI, 16 octobre 2015. Midi-10

264 Élisée Reclus, L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique. In : Écrits Sociaux. Feuilles d’herbe. Éditions Héros-Limite. 251p. 2012. p.101

265 Élisée Reclus, L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique. In : Écrits Sociaux. Feuilles d’herbe. Éditions Héros-Limite. 251p. 2012. p.21

266 Mémoires du Cardinal de Bernis, Le Temps retrouvé. Mercure de France. 375p. 1986. p.34

267 Jules Verne, De la terre à la lune. 361p. 1865. p.228 (Lisible sur le net)

268 Cornelius Castoriadis, Une société à la dérive, in L’autre Journal. N° 2. Mars 1993. Publié dans : Une société à la dérive. Entretiens et débats. 1974-1997. Points. Essais. Éditions du Seuil. 389p. 2011. p.327

269 Pierre Corneille, La mort de Pompée. Acte V, Scène II

270 In : Correspondances conjugales. 1914-1918. Dans l’intimité de la grande guerre. Robert Laffont. 1061 p. 2014. p.910

271 Jean-Jacques Rousseau, Émile ou de l’éducation. GF. Flammarion. 629p. 1966. p.352

272 George Sand, Lélia. Texte établi, présenté et annoté par Pierre Reboul. Classiques Garnier. 601p. 1960. p.180

273 Victor Serge, Carnets (1936-1974). Agone. 836p. 2012. p.268, 269

274 Madame de Sévigné, Lettres choisies. Folio. Gallimard. 380p. 1994. p.161

275 Source à retrouver.

276 Paul-Louis Courrier, Œuvres complètes. La Pléiade. 1052p. 1951. p.909

277 France Culture. Les cours du Collège de France, Alain Soupiot. Les figures de l’allégeance (4/9) La résurgence du gouvernement par les nombres. 1er novembre 2018

278 André Gide, Journal, II. 1926-1950. La Pléiade. Gallimard. 1697p. 1997. p.1066

279 Madame de Staël, De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p

280 Liliana Lounguine, Mot à mot. Une vie dans le siècle soviétique. Les éditions des quatre vivants. 398p. 2017. p.140, 141

281 In : George Steiner, Les logocrates. 10/18. 251p. 2013. p.149, 150

282 Stendhal, Le rouge et le noir. Le livre de poche. Classiques de poche. 577p. 2009. p.190

283 Jean-Paul Sartre, Préface à L’artiste et sa conscience, de René Leibowitz, Ed. de l’Arche. 1950. Repris dans Situations, IV. NRF. Gallimard. 459p. 1964. p.36

284 Public Sénat (TV), Mais qui a tué Maggie ? Documentaire. Diffusé le 25 décembre 2012

285 Witold Gombrowicz, Journal. Tome I. 1953-1958. Folio. 690p. 1995. p.321

286 D’Holbach, Essai sur les préjugés. Ou : De l’influence des opinions sur les mœurs et le bonheur des hommes. Coda poche PUF. 233p. 2007. p.154

287 In : Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p. 433, 434

288 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.989

289 In : George Steiner, Les logocrates. 10/18. 251p. 2013. p.194

290 George Steiner, Errata. Récit d’une pensée. Gallimard. 1231p. 997. p.16

291 AFP. Paris Match, Cf. L’intégralité du discours de Donald Trump. 20 janvier 2017

292 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.297

293 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.1142

294 Les carnets de Léonard de Vinci. Tome I. Préface de Paul Valéry. 538 p. 1942. p.35

295 Voltaire, Correspondance. III. (janvier 1765-décembre 1753). La Pléiade. 1534p. 1975. p.470

296 Voltaire, Correspondance. III. (janvier 1765-décembre 1753). La Pléiade. 1534p. 1975. p.710, 780

297 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.624

298 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.638

299 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.796

300 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.51

301 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.258, 259

302 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p. 422, 434, 448

303 Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1986. p.529

304 Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1986. p.934

305 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.499, 1161

306 Voltaire, Correspondance. XII. (janvier 1775-juin 1777). La Pléiade. 1361p. 1987. p.73

307 C. Chauviré, L. Wittgenstein. Les Contemporains. Le Seuil. 1989. p.96

308 Source à retrouver

309 Edith Wharton, Les chemins parcourus. Autobiographie. Flammarion. 300p. 1995. p.92

310 Marguerite Yourcenar, Archives du Nord. Gallimard. 376p. 1977. p.72, 73

311 Stéphane Durand-Soufflot, Frissons d’Assises. L’instant où le procès bascule. Denoël. 269p. 2012. p.70

312 BFM.TV, 23 janvier 2014. 10 h 40

313 AFP, Mexique : Florence Cassez veut 36 millions de dollars de dommages et intérêts. 26 janvier 2015

314 Le Monde, Disparition. Ruwen Ogien. Philosophe. 7/ 8 mai 2017

315 Clara Malraux, Le bruit de nos pas. V. La fin et le commencement. Grasset. 230p. 1976. p.108

316 In ; Préface de François Furet, Mirabeau. Discours. Folio. Gallimard. 440p. 1973. p.17

317 France Culture, La grande table. 13 septembre 2017

318 Max Stirner, L’Unique et sa propriété. La table ronde. 412 p. 2000. p.178

319 In : Georges Solovieff, Rahel Varnhagen. Une révoltée féministe à l’époque romantique. Allemagne d’hier et aujourd’hui. L’Harmattan. 165p. 2000. p.126

320 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.71

321 In : Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p. 1199, 1219, 1222, 1242

322 Berberova, L’affaire Kravtchenko. (Traduit du russe). Actes sud. 289p. 1990. p.264

323 Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1986. p.340

324 Voltaire, Correspondance. XII. (janvier 1775-juin 1777). La Pléiade. 1361p. 1987. p.306, 307

325 Cesare Beccaria, Des délits et de peines. 1764. GF. Flammarion. 187p. 1991. p.121

326 Casamayor, Beccaria, le démystificateur. In : À bas la vertu. Idée fixe. Julliard. 153p. 1976. p.127 à 153

327 Annales d’Histoire sociale, 1945. Hommage à Marc Bloch. Volume 8, N° 1. pp 6-9

328 Grégoire Chamayou, Théorie du drone. La fabrique. 363p. 2013. p.185

329 Breizh Info, Jacques Attali : ‘Comment nous protéger des prochaines crises ? (Vidéo) 20 novembre 2018

330 Condorcet, Réflexions sur l’esclavage des noirs [Terme original : ‘nègres’]. Les livres qui ont changé le monde. Le Monde Flammarion. 249 p. 2009. p. 74,75

331 Marie d’Agoult. George Sand, Correspondance. Bartillat. 301p. 1995. p.37

332 André Gide, Journal. 1939-1949. Souvenirs. La Pléiade. 1280p. 1954. P.248

333 France Culture, Les samedis de France Culture. Gandhi. 9 juillet 2015 [Rediffusion]

334 Causeur, 16 mai 2013

335 Ariane Mnouchkine, L’Art du présent. Entretiens avec Fabienne Pascaud. Babel Essai. 332 p. 2016. p.122

336 Novalis, Œuvres complètes. II. Les fragments. NRF. Gallimard. 1975. 468 p. p.422

337 Vilfredo Pareto, Traité de sociologie générale. 1818p. 1968. Librairie Droz. p.1376

338 Germaine de Staël, Considérations sur la Révolution française. Tallandier. 693p. 1983. p.108

339 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.241

340 Max Weber, Le savant et le politique. Plon. 10/18. 1995. p. ? (à retrouver)

341 Le Point, Remaniement. Dussopt et Montchallin, nouveaux entrants au gouvernement. 23 novembre 2017

342 Alexandra David Néel, De l’autorité (s.d) Pour la vie et autres textes libertaires inédits. 1895-1907. Les nuits rouges. 1998. p.15

343 Diderot, Œuvres. Tome I. Philosophie. Bouquins, Laffont. 1490 p.1994. p.1198

344 Emma Goldman, Vivre ma vie. Une anarchiste au temps des révolutions. L’échappée. 1095p. 2018. p.785

345 Léon Poliakov, Bréviaire de la haine. Le IIIème Reich et les juifs. Le livre de poche. 505p. 1974. p.317

346 Léon Tolstoï, La guerre et la paix, La Pléiade. Traduction de Pierre Pascal. 1654 p. 1945. p.1310. 1311 (Livre 4)

347 Cardinal de Retz, Mémoires, La Pléiade. 1003p. 1950. p.124

348 Sénèque, De la vie heureuse. In : Les Stoïciens. Tel Gallimard. Tome II.1443p. 2003. p.738

349 Bruce Springsteen, «When they said ‘Sit down’… I stood up» C’est ça, grandir. «Growing up»

350 Madame de Staël, De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p.129

351 Édith Stein, Correspondance. 1917-1933. Cerf - Editions du Carmel - Ad Solem. 767p. 2009. p.119

352 Voltaire, Correspondance. I. (1704-1738). La Pléiade. 1735p. 1964. p.824

353 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.361

354 Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1986. p.687

355 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.337

356 Condorcet, Réflexions sur l’esclavage des Nègres. Les livres qui ont changé le monde. Le Monde Flammarion. 2009. 249 p.

357 Le Point, François Mitterrand, un guillotineur en Algérie. 4 novembre 2010

358 Robert Badinter, L’Abolition. Fayard. 237p. 2000. p.136, 143 et 145

359 Arthur Lehning, Michel Bakounine et les autres. UGE. 10/18. 434 p. 1976. p.316

360 Cicéron, Premiers académiques. In, Les Stoïciens. Tome I. Tel. Gallimard. 669p. 1997. p.241

361 Joseph Conrad, Jeunesse, suivi de Cœur des ténèbres. L’imaginaire. Gallimard. 255p. 1981. p.157

362 Benjamin Constant, Des réactions politiques. (Gallica) 1797. p.42, 43

363 Benjamin Constant, Cours de Politique constitutionnelle. (Gallica) 1872, 488p.

364 Souligné par moi.

365 Le lendemain de son retour à Paris de Vendée où il s’était caché ?

366 Mémoires de la Comtesse de Boigne. Tome I. Du règne de Louis XVI à 1820. Le Temps retrouvé. 765 p. 2008. p.497 à 500

367 Cf. Benjamin Constant, Écrits politiques. Textes choisis, présentés et annotés par Marcel Gauchet. Folio Essais. Gallimard. 870p. 2004.

368 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.981

369 Éric Halphen, Au lieu des larmes. Récit. Stock. 210p. 2004. p.96

370 France Culture, Madame de Staël et les femmes. 20 juillet 2017

371 France Culture, Le magazine de la rédaction : Après Charlie, le piège de la défiance. 23 janvier 2015

372 George Sand, Œuvres autobiographiques. I. Histoire de ma vie, La Pléiade. 1418p. 1978. p. 1051, 1055, 1056, 1060

373 Tocqueville, Lettres choisies. Souvenirs. Quarto, Gallimard. 1420p. 2003. p.413

374 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.254

375 Michel Winock, Journal politique. La république Gaullienne. 1958-1981. Éditions Thierry Marchaisse. 296p. 2015. p.136

376 Le Figaro, 11 mars 2017. Repris par Le Canard enchaîné. 15 mars 2017. p.5

377 Nicola Berdiaev, Essai d’autobiographie spirituelle. Buchet-Chastel. 429p. 1979. p.89

378 Georges Bernanos, Journal d’un curé de campagne. In, Œuvres romanesques complètes. II. La Pléiade. Gallimard. 1250p. 2015. p.321

379 Samuel Butler, Ainsi va toute chair. Folio. Gallimard. 2004. p.444

380 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.84, 85

381 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.122

382 Astolphe de Custine, Lettres de Russie. Folio. Gallimard. 409p. 1975. p.173

383 Mémoires, souvenirs et journaux de la Comtesse Marie d’Agoult (Daniel Stern). II. Mercure de France. 383p. 1990. Le Temps retrouvé. p.152

384 René Descartes, Discours de la méthode. Deuxième partie. (Lisible sur le net)

385 Charles De Gaulle, Mémoires. La Pléiade. 1505p. 2000. p.677

386 D’Holbach, Essai sur les préjugés. Ou : De l’influence des opinions sur les mœurs et le bonheur des hommes. Coda poche PUF. 233p. 2007. p.158, 159

387 Le Figaro, Luc Ferry : ‘Pourquoi la droite doit viser la cohabitation avec Macron’. 26 avril 2017

388 L’Écho, François Fillon. ‘Je leur dirai ma vérité, qui est la vérité’. 1er mars 2017

389 Le Parisien, François Fillon : ‘Jamais les juges ne pourront démontrer que l’emploi de mon épouse était fictif.’ 30 mars 2017

390 Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1986. p.1379

391 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. Mercure de France. 1304p. 2013. p.1061

392 Cité par Myriam Anissimov . In : France Culture, Romain Gary, L’incompris. 11 juillet 2018

393 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.1228

394 Emma Goldman, Vivre ma vie. Une anarchiste au temps des révolutions. L’échappée. 1095p. 2018. p.836

395 Antonio Gramsci, Lettres de prison. Collection Témoins. Gallimard. 620p. 1971. p.575

396 Abbé Henri Grégoire, Des peines infamantes à infliger aux négriers. Beaudoin Frères, Imprimeurs, 1822, extraits. In : Nelly Schmidt, Abolitionnistes de l’esclavage et réformateurs des colonies.1820-1851. Analyse et documents. Karthala. 1196p. 2001. p.408

397 Pierre Choderlos de Laclos, Les liaisons dangereuses. J. Roze. 1869. Lettre 81. p.257. En PDF.

398 Alexis de Tocqueville, Lettres choisies. Souvenirs. Quarto. Gallimard. 1160p. 2003. p.838

399 In : Victor Serge, Carnets (1936-1947). Agone. 836p. 2012. p.306

400 Amazone.fr, Liliana Lounguine. Mot à mot, une vie dans le siècle soviétique. 2019

401 Pure Médias, Affaire Benalla : Emmanuel Macron critique une presse ‘qui ne cherche plus la vérité’. 25 juillet 2018

402 France Culture, Jean Malaurie. 16 juin 2013. Retransmission de l’émission : Au bout du monde. 23 juin 2004

403 In : Magdeleine Paz, Je suis l’étranger. La Thébaïde. 395p. 2015. p.315

404 John Stuart Mill, De la liberté. Folio Essais. Gallimard. 242p. 1990. p.111

405 John Stuart Mill, Autobiographie. Aubier. 261p. 1993. p.206

406 Edgar Morin, Au rythme du monde. Un demi-siècle d’articles dans Le Monde. Archipoche. 588p. 2015. p.134

407 Nietzsche, Humain, trop humain. Le Livre de poche. 2006. p.456

408 Le Figaro, Onfray par Onfray : Un autoportrait politique. 9 juin 2017

409 Blaise Pascal, Pensées. Livre de vie. Éditions du Seuil. 442p. 1962. p.312

410 Patrick Pelloux, Histoires d’urgences. Témoignage. J’ai lu. 346p. 2015. p.268

411 Voltaire, Correspondance. X. (octobre 1769-juin1772). La Pléiade. 1648p. 1986. p.748, 1410

412 Cardinal de Retz, Mémoires, La Pléiade. 1003p. 1950. p.119

413 Gabrielle Russier, Lettres de prison. Points. Actuels. Le Seuil. 140p. 1970. p.96

414 George Sand, Correspondance. Garnier Flammarion. Tome 11ème. 851p. 1976. p.15

415 George Sand, Correspondance. Lettre à Henry Harisse. Juillet 1874. Garnier Flammarion. Tome 24ème. 751p. 1990. p.80

416 In : Nelly Schmidt, Abolitionnistes de l’esclavage et réformateurs des colonies.1820-1851. Analyse et documents. Karthala. 1196p. 2001. p.244

417 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.504, 508

418 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.641, 642

419 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.223

420 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.229

421 In : Voltaire, Correspondance. XIII (juillet 1777-mai 1778). La Pléiade. 1203p. 1992. p.1148

422 France Culture, Simone Weil, philosophe sur tous les fronts. 1er juillet 2019 [1 ère diffusion ? 3 décembre 2018]

423 Alexandre Zinoviev, L’Avenir radieux. L’Age d’homme. 280p. 1978. p.115


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