Domination masculine. Patriarcat
 Marie-Victoire Louis

Penser

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 04/08/2017
date de publication : 04 août 2017
mise en ligne : 04/08/2017
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Extrait de l’Abécédaire féministe

À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 4367 items et 23 rubriques : I. «Culture» (181) ; II. Droit (91) ; III. Êtres humains (152) ; IV. Êtres humains. Corps (61) ; V. Êtres humains. Enfants (49) ; VI. Êtres humains. Femme-s (839) ; VII. Êtres humains. Homme-s (334) ; VIII. Êtres humains. Relations entre êtres humain-es (192) ; IX. Famille (187) ; X. Féminisme-s. Féministe-s (201) ; XI. Justice (212) ; XII. Langage (147) ; XIII. Patriarcat (205) ; XIV. Penser (345) ; XV. Politique (462) ; XVI. Pornographie (53) ; XVII. Proxénétisme (167) ; XVIII. «Sciences» sociales (81) ; XIX. «Sciences» Sociales (Démographie) (24) ; XX. «Sciences» sociales (Économie) (86) ; XXI. «Sciences» sociales (Histoire) (67) ; XXII. Sexe-s [Sexualité, Sexisme] (65) ; XXIII. Violences (168)… et continuera d’évoluer.

4 août 2017

XIV. Penser

En noir. Items ‘nouveaux’ (et modifiés)

I. Pensée : Pensée (1,2,3,4,5,6,7,8,9,10,11,12,13,14,15,16,17) ; Pensée (Abstraction) (1,2,3,4,5) ; Pensée (Abstraction. Deraismes Maria) ; Pensée («Adversaire») ; Pensée (Argument) ; Pensée (Argumentaire) ; Pensée («Atténuée») ; Pensée (Bernhardt Sarah) ; Pensée (Caricature) ; Pensée (Changer le monde. Sartre Jean-Paul) ; Pensée (Claire) ; Pensée (Clarification) ; Pensée (Concision) ; Pensée (Contradiction) ; Pensée (Contraires) ; Pensée (Contre) (1,2) ; Pensée (Débats) ; Pensée (Dogmatique) ; Pensée (Effort. Sorel Georges) ; Pensée (Équivalence) ; Pensée (Expertise) ; Pensée («Faiblesse». Marx Karl) ; Pensée (Faille) (1,2) ; Pensée (Féministe) ; Pensée (Féministe. Silence) ; Pensée (Fin) ; Pensée (Fonction) ; Pensée (Force) ; Pensée (Hypothèse théorique) ; Pensée (Indignation) ; Pensée (Individualiste. Critique) ; Pensée (Léautaud Paul) ; Pensée (Libérée) ; Pensée (Mort de) ; Pensée (Nombre) ; Pensée (Non dit) ; Pensée (Norme) ; Pensée (Péguy Charles) ; Pensée (Personnelle) ; Pensée (Pertinence) ; Pensée (Politique) ; Pensée (Pouvoir) (1,2,3,4) ; Pensée (Pragmatisme) ; Pensée (Processus d’une pensée totalitaire) (1,2) ; Pensée (Progrès) ; Pensée (Progression) ; Pensée (Puissance. Hugo Victor) ; Pensée (Radicale) ; Pensée («Second, troisième…degré») ; Pensée (Sens) ; Pensée (Soi) (1,2,3,4,5) ; Pensée (Statut de la parole) ; Pensée (Synthèse) ; Pensée (Varnhagen Rahel) ; Pensée (Vide-pensées) ; Pensée (Weil Simone) (85) ;

II. Pensée. Idées : Idée (1,2,3,4,5,6,7,8,9,10,11,12,13,14,15,16,17,18,19,20,21,22,23,24) ; Idée (Beccaria Cesare) ; Idée (Berl Emmanuel) ; Idée (Castoriadis Cornelius) ; Idée (Constant Benjamin) ; Idée (Du Bos Charles) ; Idée (Feyerabend Paul) ; Idée (Guéhenno Jean) (1,2) ; Idée (Hegel) ; Idée (Hugo Victor) (1,2) ; (Idée. Intérêts) ; Idée (Joly Eva) ; Idée (Keynes John Maynard) ; Idée (Magny Colette) ; Idée (Neuve) ; Idée (Ponthier Georges) ; Idée (Woolf Virginia) (42) ;

III. Pensée. Méthode : Méthode (1,2,3,4,5,6,7,8,9,10,11,12,13) ; Méthode (Abécédaire) ; Méthode (Comparaison) ; Méthode (Comparaison) (1,2) ; Méthode (Critique) ; Méthode (Critique modérée) ; Méthode (Critiques) ; Méthode (Exemple) ; Méthode (Freud Sigmund) ; Méthode (Rilke Rainer Maria) ; Méthode (Séverine) (23) ;

IV. Penser : Penser (1,2,3,4,5,6,7,8,9) ; Penser (Agir. Sand George) ; Penser (Alain) ; Penser (Ambition) (1,2,3) ; Penser (Anonymes) ; Penser (Apprendre) ; Penser (Balibar Françoise) ; Penser (Berdiaev Nicola) ; Penser (Castoriadis Cornelius) (1,2,3) ; Penser (Cause) ; Penser (Causes / Effets) (1,2,3) ; Penser (Chalamov Varlam) ; Penser (Choisir) ; Penser (Commentaire) (1,2) ; Penser (Comparaison) ; Penser (Compétences) ; Penser (Comprendre) (1,2,3,4,5) ; Penser (Conflit) ; Penser (Conservatisme) ; Penser (Contradiction) (1,2) ; Penser (Critique) (1,2) ; Penser (Critique. Malatesta Errico) ; Penser (Croyance. Alain) ; Penser (Doctrine) ; Penser (Domination) ; Penser (Écrit) ; Penser (Erreur) ; Penser («Esprits faibles») ; Penser (Étapes) ; Penser (État) ; Penser (Fait) ; Penser (Fantasme) ; Penser (Femmes. Bloy Léon) ; Penser (Femmes. Peters Otto) ; Penser (Fin) ; Penser (Foucault Michel) ; Penser (Futur du monde. Friedman Milton) ; Penser (Gorbatchev) ; Penser (Grille de lecture) ; Penser (Historicité) ; Penser (Hugo Victor) (1,2) ; Penser (Hypothèse) ; Penser (Imagination) (1,2,3) ; Penser (Intelligence) ; Penser (Juger) ; Penser (Juger. Custine) ; Penser (Justification) ; Penser (Lancelin Aude) ; Penser (Limites) ; Penser (Mossadegh Mohammad) ; Penser («No comment») ; Penser (Nous) ; Penser (Objet) ; Penser (Objectivité) ; Penser (Opinion. Hume David) ; Penser (Perception. Novalis) ; Penser (Personne) ; Penser (Politique. Saint Simon) ; Penser (Ponge Francis) ; Penser (Pour ou contre) ; Penser (Préalable) ; Penser (Prémisses) ; Penser (Projet) ; Penser (Prolongement de soi) ; Penser (Question) ; Penser (Questions) ; Penser (Raison) ; Penser (Rapports de domination) ; Penser (Réalisme. Denis Marie) ; Penser (Réalisme. Rouart Jean-Marie) ; Penser (Réfléchir. Bernis Cardinal de) ; Penser (Religion) ; Penser (Rire) ; Penser (Savoir) ; Penser (Suivisme. Sartre Jean-Paul) ; Penser (Sentiments [bons]) ; Penser (Serge Victor) ; Penser (Théorie) (1,2) ; Penser (Trump Donald) ; Penser (Universalisme) ; Penser (Valeur) ; Penser (Vinci Léonard de) ; Penser (Vivre) ; Penser (Penseur / Penseuse) ; Penser (Wittgenstein Ludwig) ; Penser (Yourcenar Marguerite) (110) ;

V. Penser. Liberté : Penser (Liberté) (1,2,3) ; Penser (Liberté. Besse François) ; Penser (Liberté. Cassez Florence) ; Penser. Liberté (France Culture) ; Penser (Liberté. Malraux Clara) ; (Liberté. Stirner Max) ; Penser (Liberté Varnhagen Rahel) ; Penser (Liberté. Vaujour Michel) ; Penser (Liberté d’Expression) ; Penser (Liberté de la presse) (1,2) (13) ;

VI. Penser. Morale : Penser (Morale) (1,2,3,4) ; Penser (Morale. Antonyme) ; Penser (Morale. Aspiration à la) ; Penser (Morale. Beccaria Cesare) ; Penser (Morale. Codes d’éthique) ; Penser (Morale. Condorcet) ; Penser (Morale. Critique) ; Penser (Morale. Agoult Marie d’) ; Penser (Morale. Féminisme) ; Penser (Morale. Gandhi) ; Penser (Morale. Justice) ; Penser (Morale. Kant) ; Penser (Morale. Moraliste) ; Penser (Morale. Novalis) ; Penser (Morale. Patriarcat) ; Penser (Morale. Richesse) ; Penser (Morale. Soi) ; Penser (Morale. Staël Madame de) ; Penser (Morale. Vérité. Bloch Marc) ; Penser (Morale. Weber Max) (23) ;

VII. Penser. Obéir : Penser (Obéir) (1,2,3) ; Penser (Obéir. David-Néel Alexandra) ; Penser (Obéir. Diderot) ; Penser (Obéir. Hœss Rudolf) ; Penser (Obéir. Sénèque) ; Penser (Obéir. Springtein Bruce) ; Penser (Obéir. Stein (Edith) ; Penser (Obéir. Non) (10) ;

IX. Penser. Principe : Penser (Principe. Cicéron) ; Penser (Principe) (1,2,3,4) ; Penser (Principe non contestable) ; Penser (Principe. Constant Benjamin) (1,2) ; Penser (Principe. Ozouf Mona) ; Penser (Principe. Rosanvallon Pierre) ; Penser (Principe. Winock Michel) (11) ;

VII. Penser. Vérité : Penser (Vérité) (1,2) ; Penser (Vérité. Berdiaev Nicola) ; Penser (Vérité. Bernanos Georges) ; Penser (Vérité. Butler Samuel) ; Penser (Vérité. Constant Benjamin) (1,2) ; Penser (Vérité. Custine Astophle de) ; Penser (Vérité. D'Agoult Marie) ; Penser (Vérité. Descartes René) ; Penser (Vérité. Ferré Léo) ; Penser (Vérité. Fillon François) ; Penser (Vérité. Gramsci Antonio) ; Penser (Vérité Abbé Grégoire) ; Penser (Vérité Lessing Doris) ; Penser (Vérité. Malraux André) ; Penser (Vérité. Malaurie Jean) ; Penser (Vérité. Mill Stuart) (1,2) ; Penser (Vérité. Nietzsche Frédéric) ; Penser (Vérité. Onfray Michel) ; Penser (Vérité. Russier Gabrielle) ; Penser (Vérité. Sand George) (1,2) ; Penser (Vérité. Schœlcher Victor) ; Penser (Vérité. Zinoviev Alexandre) (26)

4 août 2017 : 345 items

I. Pensée :

Pensée (1) : Une pensée propre, singulière, autonome, ôte, interdit même la pensée d’une opposition, d’une division entre ‘adversaires’ ; et, dès lors, fait disparaître l’une des armes, banale certes, mais si efficace mise en œuvre par tous les pouvoirs, depuis Mathusalem.

Pensée (2) : Une pensée, étant nécessairement singulière, ne peut donc avoir vocation à être transmise : elle ne peut qu’être éclairante pour féconder, par la critique, d’autres pensées. Les notions mêmes d’‘école‘, de maître-sse et d’élève, d’émule, de disciple - et donc de pédagogie ? - sont en conséquence contradictoires avec la singularité de toute pensée. Toute référence à la fidélité, l’engagement, la dépendance, l’allégeance à quiconque est dès lors exclue ; et par là même, celle de contrat, de rupture, de dissidence, a fortiori de trahison.

Pensée (3) : Comment nommer «pensée singulière» la somme individuelle de réflexions - lucides, novatrices, comme contradictoires, confuses, peu importe - alors qu’elle n’a pu être élaborée que par et dans l’histoire qui l’a précédée et l’a nourrie ? (Cf. Penser. Castoriadis Cornelius) (3), «Propriété intellectuelle», «Sciences» sociales. Histoire)

Pensée (4) : Une pensée est nécessairement constituée, fécondée, nourrie par l’héritage des pensées antérieures, mais elle peut, elle doit  rompre avec elles pour, en les dépassant, en constituer une autre. Découverte d’une évidence ? Chacun-e d’entre nous est en effet porteur-euse du conscient et de l’inconscient collectif que l’histoire a, ou non, relayé, occulté. Comment en élargir la conscience afin d’ouvrir la voie à son dépassement, là serait l’ambition ? Pour ce faire, clarifier les liens et donc les contradictions entre : ruptures, dépassements et recompositions ? (Cf. Politique. Conscience, Langage)

Pensée (5) : Dépersonnaliser, dé-singulariser les idées, c’est les délester, les apurer des erreurs, des faiblesses, des contradictions, comme des vérités (à repenser) , des hommes et des femmes qui les ont peu ou prou incarnées ; c’est aider à la critique. (Cf. Politique. Admiration)

Pensée (6) : La lucidité s’oppose à la peur, laquelle empêche la pensée qui seule nourrit l’espoir.
* Ajout. 6 mai 2017. Entendu la fin de la chanson de Léo Ferré [1916-1993], La solitude : «La lucidité se tient dans mon froc ! Dans mon froc !»

Pensée (7) : Une pensée assassine peut-elle être tuée par une autre pensée ? Absurde ? Dans l’attente d’y voir plus clair, ma question me fait penser à : «guerre à la guerre» des sociaux démocrates en 1914.

Pensée (8) : Quel qu’en soit l’auteur-e, le sujet, l’objet, le style, la nature, la modalité d’expression ou de silence…une pensée - qu’elle soit fulgurante, évidente, encore confuse, souterraine, trébuchante, cheminante…- se reconnaît à ce qu’elle est à même d’en susciter d’autres ; et donc à ce qu’elle crée les conditions de l’apprentissage de sa propre réfutation…

Pensée (9) : Une pensée n’a pas à être mise en pratique, ni même à être jaugée sur sa capacité à l’être. Si tel était le cas, le terme n’aurait aucun sens.

Pensée (10) : Une pensée qui, à tort ou à raison, est présentée comme relevant du domaine du ‘général’, ne saurait être une pensée invoquée à l’encontre des agissements de quiconque en particulier. Et inversement…(Poursuivre)

Pensée (11) : Une pensée propre ne peut ni être partagée, ni avoir d’adversaire. Juste ?

Pensée (12) : Une pensée peut être une source d’inspiration ; jamais une doctrine.

Pensée (13) : La richesse d’une pensée provient d’elle même. Mais elle est aussi faite des liaisons, des articulations qu’elle tisse avec les pensées au sein des quelles elle s’insère, des ruptures qu’elle opère, des ouvertures qu’elle permet.

Pensée (14) : Toute pensée risque la mort faute de critique interne à elle-même et par elle-même.

Pensée (15) : Une pensée baignée de silence…Un silence ouvrant droit à la pensée…

Pensée (16) : Une pensée n’apparait que grâce à un processus d’accumulation de pensées antérieures.

Pensée (17) : La pensée, c’est la liberté que chacun-e s’accorde à lui/elle-même.

Pensée (Abstraction) (1) : Plus une pensée est abstraite, plus elle révèle son incapacité à comprendre le monde. (Cf. Penser. Politique)

Pensée (Abstraction) (2) : Pour empêcher, assécher, retarder, interdire les pensées [des rapport de domination], enfermer les expressions de la réalité du monde dans des unités, des termes, des ‘concepts’ abstraits tels que : le sexe, le genre, la liberté, la laïcité, la république, la démocratie, le marché, l’art, la culture, la bourgeoisie, l’Europe, l’Occident, la presse, le terrorisme, le monde musulman (ou arabe), la paix (sociale, dans les familles…), les Lumières, le pacifisme, le langage, la France, la sécurité, la prostitution, le libéralisme, internet, les réseaux sociaux, l’opinion publique, le féminisme, le ‘mouvement féministe’ …est d’une terrifiante efficacité.
En conséquence, les contradictions sont évacuées, les failles sont colmatées, les ambiguïtés sont confortées, et /ou laissées en l’état, ou, plus justement, tout ceci, abordés à la marge.
- Mille débats ont, en ces termes, pourtant lieu….
* L’écriture de cet abécédaire devrait - ou, du moins, ai-je ce risque en tête - prémunir de ces dangers les réflexions sur le patriarcat. (Cf. Langage, Méthode, Patriarcat. Précaution de méthode)

Pensée (Abstraction) (3) : L’abstraction, c’est la confusion.

Pensée (Abstraction) (4) : L’abstraction fait disparaître le sujet, l’objet, la finalité, le réel. Efficace…

Pensée (Abstraction) (5) : L’abstraction se nourrit de généralisations qui ne laissent que peu ou pas de place aux singularités.

Pensée (Abstraction) (6) : Et, pourtant, nous avons besoin d’abstractions, de généralisations et de singularités. (Poursuivre)

Pensée (Abstraction. Deraismes Maria) : Maria Deraismes [1828-1884], auteure, en 1883, de : «Il est à remarquer que toutes les iniquités, tous les forfaits plus ou moins juridiques, plus ou moins légaux, ont été accomplis, en histoire, au nom d’une entité quelconque, d’un être abstrait, un mythe : Dieu, la Foi, la Patrie, la raison d’État, érigés en tyrans.» 1 Une pensée philosophie politique d’envergue.(Cf. Penser. Abstraction, Politique)

Pensée («Adversaire») : Penser sur les fondements des arguments de la critique d’«adversaires» : révèle une paresse de l’esprit et s’avère une régression ; et y ajouter «adversaires outranciers» ne change rien à l’analyse.
Comprendre les fondements de ces pensées, là sont les avancées.

Pensée (Argument) : Ne pas avoir d’argument à opposer ne signifie pas avoir tort. Variante : Ne pas être à même de démontrer un argument, certes, affaiblit son auteur-e, ne rend pas faux pour autant ce qu’il / elle énonce.

Pensée (Argumentaire) : Dans un argumentaire, lors d’une discussion - si l’on souhaite y réponde - c’est le postulat de la pensée de chacu-ne qu’il faut d’abord chercher à comprendre. Et comme il est le plus souvent refoulé, inconscient, et si souvent absent faute d’être fondé sur une quelconque analyse, l’immense majorité des débats ne mènent à rien et / ou ne créent encore qu’un peu plus de confusion.
Lorsqu’ils sont pertinent, percutants, neufs, lorsqu’ils ouvrent des horizons, quel bonheur !

Pensée («Atténuée») : Romain Rolland, le 20 octobre 1939, dans son Journal, en N.B., à la suite d’une lettre adressée au rédacteur de la revue communiste Commune : «Ma première rédaction de cette réponse (retranscrite) était beaucoup plus catégorique encore et plus précise, en ce qui concerne ‘les autres questions connexes qui ont amené la scission dans nos rangs’, et je déclarais qu’il me serait impossible de collaborer avec une revue qui ne se prononcerai pas nettement contre la collusion de Moscou avec Hitler. Mais, outre qu’il n’eût pas été prudent pour mon correspondant d’attirer sur lui et ses collaborateurs les soupçons de la censure postale, - je ne suis plus libre entièrement. J’ai un otage, à Moscou [II s’agit du fils de sa femme qui y vit]. Je crains de l’exposer, en parlant. Il me faut mesurer mes paroles. Non que je trahisse ma pensée. Rien au monde ne le pourrait faire. Mais j’en atténue l’expression2 (Cf. Femme. Épouse de. Rolland Maria)

Pensée (Bernhardt Sarah) : Sarah Bernhardt [1844-1923], auteure de : «[…] Nous logeons en nous notre plus terrible ennemi : ‘la pensée’, laquelle est sans cesse en contradiction avec nos actes ; laquelle se dresse parfois, terrible, perfide, méchante, et que nous essayons de chasser sans y réussir. Nous ne lui obéissons pas toujours, grâce à Dieu ! mais elle nous poursuit, nous lancine, nous fait souffrir. Que de fois les plus mauvaises pensées nous assaillent ! Et quel combat il faut livrer contre ces filles de notre cerveau ! La colère, l’ambition, la vengeance, font naître les plus détestables pensées, dont on rougit comme d’une tare, qui ne sont pas des nôtres, car nous ne les avons pas appelées, mais qui souillent quand même, et qui nous laissent désespérés de n’être pas seuls maîtres de notre âme, de notre cœur et de notre cerveau3 (Cf. Femme. Artiste)

Pensée (Caricature) : Caricaturer [déformer, simplifier, réduire] une pensée qui vous serait opposée, c’est révéler l’inaboutissement de la sienne.
- Un exemple [repris dans Michel Foucault, car c’est en le lisant que cette idée m’est venue, mais qui bien évidemment me concerne] : «Il y a des schémas tout faits : quand on parle de pouvoir, les gens pensent immédiatement à une structure politique, un gouvernement, une classe sociale dominante, le maître face à l’esclave, etc.,…Ce n’est pas du tout à cela que je pense quant je parle de relations de pouvoir. [...]» 4

Pensée (Changer le monde. Sartre Jean-Paul) : Jean-Paul Sartre [1905-1980], auteur de : «[…] Tout projet de changer le monde est inséparable d’une certaine compréhension qui dévoile le monde du point de vue du changement que l’on veut y réaliser.» 5 Oui. (Cf. Patriarcat. Concept. Saussure)

Pensée (Claire) : Une pensée claire ne s’interprète pas. Elle se prolonge dans d’autres qui la complexifie.

Pensée (Clarification) : La clarification d’une pensée n’est pensable qu’après le dévoilement et la mise à nu des complexités qui la composaient. Tautologie ? Non : Précaution. (Cf. Langage, Penser)

Pensée (Concision) : Pour moi, son chef d’œuvre, l’article 1382 du Code civil : «Tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer.» (Cf. Droit)

Pensée (Contradiction) : Une contradiction ne se dépasse pas : elle se pose, se résout et se dissout ; afin de reformuler la pensée au sein duquel elle était préalablement exprimée de manière inappropriée.

Pensée (Contraires) : Sans contraires, il n’y aurait pas d’oppositions ; sans oppositions, il n’y aurait pas de dépassements ; sans dépassements, il n’y aurait pas d’avancées. D’où la pertinence des analyses posant le nécessaire dévoilement des contradictions au sein des sociétés.
Pour ce simple constat de bon sens, il n’est pas nécessaire de citer Hegel, ni même de l’avoir lu et compris.
En revanche l’idée même de «contraire» est à remettre en cause. (Cf. Politique. Céder, Conciliation)

Pensée (Contre) (1) : Il n’y a pas de pensée «contre».
- Vrai aussi donc pour : «Penser à contre-emploi», «Penser à contre-courant», «Penser à contretemps»…

Pensée (Contre) (2) : Sur une banderole de la manifestation du 26 mai 2016, on lisait : «Pour l’unité, il faut des ennemis communs» 6 (Cf. Politique)

Pensée (Débats) : Il y a des débats (nombreux) qu’il faut savoir (et donc apprendre à) refuser ; il en existe tant qui sont autant d’enfermements, de pièges, de cautions implicites, qui révèlent autant de rapports de force indus et de régressions de la pensée…Par moments, il m’arrive de penser que la participations aux médias est proportionnelle à leur utilité fonctionnelle ; savoir donc apprécier à leur juste valeur ceux et celles, rares, qui dérogent à la règle…

Pensée (Dogmatique) : Une pensée dogmatique : une pensée dont le point de départ mène au point d’arrivée et dont, du point d’arrivée on peut déduire le point de départ, les chemins de traverse fréquents masquant plus ou moins clairement le fil d’Ariane qui les lie.

Pensée (Effort. Sorel Georges) : Georges Sorel [1847-19922], auteur de : […] «Je soumets à mes lecteurs l’effort d’une pensée qui cherche à échapper à la contrainte de ce qui a été antérieurement construit pour tout le monde, et qui veut trouver du personnel. Il me semble vraiment intéressant de noter sur mes cahiers ce que je n’ai pas rencontré ailleurs […]».7 Un référent positif…

Pensée (Équivalence) : L’équivalence de tout avec tout : la réhabilitation du rien. De l’un-e avec l’autre : s’en approche…

Pensée (Expertise) : L’expertise tue la pensée (notamment féministe). La spécialisation aussi. (Cf. Féminisme)

Pensée («Faiblesse». Marx Karl) : Karl Marx [1818-1883] écrivait fort justement concernant la philosophie : «C’est sa propre déficience interne qu’elle combat à l’extérieur ; c’est en découvrant les faiblesses de son adversaire au cours de la lutte qu’elle révèle ses propres faiblesses ; elle ne peut dépasser ses faiblesses qu’après les avoir éprouvées en elle-même. [...]» 8 (Cf. «Sciences» sociales. Philosophie)

Pensée (Faille) (1) : Utiliser à son profit les failles de l'argumentaire de la personne et / ou de l’idée critiquée ne rend pas le sien plus juste. Évident, certes, mais si appliqué, pourrait sans doute alléger nombre de plateaux de télé et/ou émissions de radio.

Pensée (Faille) (2) : Chaque faille d’une pensée est un cadeau offert à celle qu’elle est censée critiquer, et/ ou avec celle de la personne avec laquelle on est censé-e ‘débattre’…

Pensée (Féministe) : Les pensées féministes ne se limitent pas, ne s’enferment pas dans l’analyse et la critique du patriarcat, fussent-elles, disons…largement appréhendées. (Poursuivre)
- Par comparaison, enfermer les critiques socialistes, communistes dans l’analyse et la critique du capitalisme fut l’une des failles majeures de ces pensées. (Cf. Féminisme. Patriarcat. Penser le)

Pensée (Féministe. Silence) : Il est des silences, notamment publics, qui sont des triomphes. Plus modestement [ ? ], il m’arrive de penser à la phrase de Mirabeau adressée à ses adversaires à l’Assemblée : «Répondez si vous pouvez […] !» 9 (Cf. Féminisme, Patriarcat)

Pensée (Fin) : Les moyens sont censés construire la fin. Mais, quelle est-elle ? Et dès lors, quels sont-ils ? (Cf. Penser. Changer le monde)

Pensée (Fonction) : Aucune pensée ne peut être justifiée par l’identité, le statut, la fonction de celui/celle qui l’exerce ; elle ne peut qu’aider - certes, souvent très utilement - à en éclairer les fondements. (Cf., Êtres humains. Soi. ‘T’es qui, toi ?)
- Pourrait utilement être lu par beaucoup, au premier chef, par exemple, par Jacques Attali, si peu conscient de la caricature, en la matière, qu’il incarne si souvent. (Méchant ? Utile ?)

Pensée (Force) : La force principale d’une pensée est dans sa capacité à intégrer sa propre critique interne, dans l’incessante recherche donc de sa propre faiblesse. On peut y adjoindre la lucide conscience de son bien fondé, la fierté de sa légitimité, la volonté affichée, vécue, de combattre l’injustice à laquelle elle est censée remédier. (Cf. Féminisme)

Pensée (Hypothèse théorique) : Sans hypothèse théorique, il n’y a pas de pensée. Ou, plutôt, sans point de vue préalable, aucune vue n’est possible ; ou plutôt, elle n’est que reflet. Et l’hypothèse théorique n’est elle-même construite que dans un contexte politique donné, mais aussi sur les fondements d’un projet politique (quel qu’il soit). Comme Monsieur Jourdain, nous avons tous et toutes des hypothèses théoriques en tête : comment les en faire ressortir, afin de pouvoir les exprimer ? …(Cf. Penser. Abstraction, Patriarcat. Théorie) (Poursuivre…)

Pensée (Indignation) : Une pensée ne naît pas d’indignations, mais, pour moi, il n’y a pas de pensée sans indignation. On peut remplacer indignation par «colère»…qui n’est pas - seulement - ressenti personnel…. (Cf. Femmes. Colère, Langage)
* Ajout. 8 janvier 2017. Jean-Louis Bourlanges «essayiste», auteur de : «L’indignation ne mène nulle part», suivi, quelques minutes plus tard, de : «[…] L’indignation ne débouche pas sur des améliorations concrètes.» (Cf. Homme Politique. Bourlanges Jean-Louis) 10

Pensée (Individualiste. Critique) : Nicola Berdiaev [1874-1948], auteur de :
- «Mes capacités ne se manifestaient que lorsque le processus mental prenait sa source en moi, et quand je me trouvais dans un état actif et créateur ; par contre, toutes les fois que le processus mental m’arrivait du dehors et qu’il fallait assimiler passivement et retenir, je me sentais impuissant
- Et de : «Au fond, je n’aspirai ni à l’égalité, ni à la domination, mais uniquement à la construction de mon monde particulier11
- Et enfin de : «[…] On appelait cela mon ‘individualisme’, mais je crois ce terme inexact. Je passe du moi non seulement au monde des idées, mais aussi au monde social.» (Cf. Être humain. Soi, Politique. Obéir)

Pensée (Léautaud Paul) : Paul Léautaud [1872-1956], auteur de : «La pensée ! Il ne faut pas employer des mots comme ça !...» 12 (Cf. Homme. Remarquable. Léautaud Paul)

Pensée (Libérée) : Une pensée libérée des défenses intellectuelles qui lui ont été inculquées sans même requérir son avis, et encore moins son accord, révèle des forces considérables.

Pensée (Mort de) : [Dans le cadre d’une pensée qui se pose comme «rationnelle», «universelle» et donc, croit-elle d’emblée, «légitime»] : la perception d’une «réalité» considérée comme telle > la recherche d’une cause > qui ouvre la voie à une explication > laquelle nécessite un moyen > en vue d’un but plus ou moins explicité > traduit par une inscription dans la loi > laquelle cautionne et ou détruit les impositions préalables > et ce selon que vous serez hommes et femmes, riches ou pauvres, forts ou faibles, adultes ou enfants…(Reprendre)

Pensée (Nombre) : Une pensée fait peu de du nombre. Ou plutôt : une pensée ne peut, ne doit pas faire cas du nombre ?

Pensée (Non dit) : Faute de pouvoir exprimer adéquatement sur ce qu’il souhaitait transmettre, il expliquait doctement que l’essentiel était lisible dans le non-dit.

Pensée (Norme) : Tout pouvant être qualifié de norme, ne pas être dans la norme, critiquer la norme, n’est en soi, pas «subversif». Et ce d’autant qu’il n’existe pas de «norme» au singulier, pas plus que de «pensée dominante», pas plus que d’«air du temps», de «politiquement correct», de «parler vrai», ou de «bien pensance»…(Poursuivre)

Pensée (Péguy Charles) : Charles Péguy [1873-1914], auteur de : «Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise pensée. C’est d’avoir une pensée toute faite13

Pensée (Personnelle) : Il qualifia sa lettre de «très personnelle» ; elle, pourtant, y avait exprimé sa pensée. Qu’en déduire ? Que, pour lui, sa pensée n’était pas même prise en compte ; elle se dissolvait en sa personne. Si fréquent…

Pensée (Pertinence) : La pertinence d’une pensée (d’une action) se juge a postériori, et sur le long terme. Devrait inquiéter les utilisateurs / trices de twitter…

Pensée (Politique) : Toute pensée est politique en ce sens qu’elle engage nécessairement un être, homme ou femme, marqué-e par une histoire, une nation, une culture, un milieu, une classe, singulières ou plurielles. Elle l’est, qui plus est, lorsqu’elle s’assigne pour finalité de rendre compte, de réfléchir sur l’une ou l’autre des composantes de sociétés, passée ou présentes, proches ou lointaines. Elle l’est, a fortiori, lorsqu’elle se projette, plus ou moins consciemment, plus ou moins volontairement, plus ou moins lucidement, dans l’avenir et aspire à participer à sa [re]construction.
- Cette approche, telle qu’ici présentée, a alors peu à voir avec celles censées opposer objectivité et subjectivité, engagement et prise de distance, réalisme et utopie ou révolution. (Cf. Féminisme. Patriarcat, Penser le, «Sciences» sociales)

Pensée (Pouvoir) (1) : Le principal avantage du pouvoir (dans ses multiples manifestations) est d’emblée d’être en mesure de délégitimer l’auteur-e d’une pensée (action) : ce qui a pour effet, sinon pour fonction et de diminuer le nombre des postulant-es et de restreindre le champ de la critique. Concerne, tous systèmes de domination, principalement les hommes concernant leurs rapports aux femmes.

Pensée (Pouvoir) (2) : Lorsqu’un pouvoir croit pouvoir affirmer, afficher son mépris pour une personne, pour une pensée critique, il n’imagine que rarement - sauf à s’interroger sur lui-même - que celle-ci l’avait d’emblée déjà récusé. Là, réside sa faiblesse.

Pensée (Pouvoir) (3) : Lorsqu’un pouvoir est contesté, comme c’est curieux - lui qui est censé tout gérer, tout décider, et espère t-il qu’on le croit, tout comprendre - il ne comprend plus rien….

Pensée (Pouvoir) (4) : Dans l’éternelle lutte entre le pouvoir et la pensée, à court terme, le pouvoir est gagnant.

Pensée (Pragmatisme) : Toute référence - et si souvent, toute assignation - au pragmatisme - concrètement s’adapter au monde tel qu’il fonctionne et donc au seul possible - interdit toute pensée, toute politique, tout imaginaire, toute utopie.

Pensée (Processus d’une pensée totalitaire) (1) : Je pense que… ; j’espère que… ; je crois que…; Je veux que…; Je sais que…. Pour terminer par : «Ceci est».

Pensée (Processus d’une pensée totalitaire) (2) : Pour [tâcher de] s’en prémunir : concernant une assertion qui se veut critique, s’interroger en préalable sur son statut : est-ce un présupposé ? une intuition ? une hypothèse ? une opinion ? un avis ? un conseil ? une croyance ? une idée ? une aspiration ? une certitude ?; et concernant une personne : un rejet ? un mépris ? une peur ? une attirance ? un penchant vers ? un besoin de ? une demande à …

Pensée (Progrès) : Lorsque l’on veut voir le progrès, on s’interdit d’analyser le monde. Il y manque en effet les erreurs, les échecs, les régressions et les renaissances (autrement…) Bref, la complexité. Concerne nombre d’analyses féministes…

Pensée (Progression) : «Je ne comprends rien» ; puis : «Comprenne qui peut» ; puis : «C’est incompréhensible» ; puis : «Cela n’est qu’incompréhension émanant de l’auteur-e lui/elle même».  

Pensée (Puissance. Hugo Victor) : Victor Hugo [1802-1885], auteur de : «Où est la pensée, là est la puissance. […] Qu’est l’invasion des royaumes comparée à l’ouverture des intelligences ? […] » 14 Éternelle question, jamais résolue, mais là, sans doute, mal posée : comment comparer une armée et des écoles ? D’autant que dans les deux cas, l’État en est le maître d’œuvre…

Pensée (Radicale) : Une pensée radicale ne se divise pas. Elle doit avoir pour ambition de s’approcher l’ensemble.

Pensée («Second, troisième…degré») : Invoquer le «second - troisième…- degré» brise toute aspiration à la cohérence, à la clarté. Et, si souvent, est employée pour justifier le droit d’invalider une parole, jugé nécessaire du fait des réactions provoquées. Avant toute référence au «second degré», se poser la simple question : Le «second degré» de l’un-e est-il celui de l’autre ?

Pensée (Sens) : Une parole pour être entendable doit être sens. Comme les écrits. Comme la vie. Renvoie nécessairement à des valeurs. [À expliciter]. Lieu commun ? (Cf. Langage, Politique)

Pensée (Soi) (1) : Après «une chambre à soi», une pensée à soi. Plus complexe qu’il n’y paraît. (Cf. Être-s humain-es. Soi)

Pensée (Soi) (2) : Pour penser, réfléchir, il faut partir de soi ; ramener à soi invalide le processus. (Cf. Être-s humain-es. Soi)

Pensée (Soi) (3) : [Excès d’] orgueil ? Ou plutôt : exigence [minimale] ? (Cf. Être-s humain-es. Soi)

Pensée (Soi) (4) : Plus la pensée est sienne, mieux elle peut s’ouvrir à celle de l’autre.

Pensée (Soi) (5) : Le refoulement de ses propres pensées, écrasées, étouffées par les «maitres» de tous acabits qui l’habitent détruit la possibilité même de la croyance en la pensée d’un autrui autre. Il ne reste plus alors que la pensée de la reproduction. C’est cette chape de plomb qu’il faut lever.

Pensée (Statut de la parole) : Le positionnement du statut du sujet du discours est un préalable à toute pensée. (Cf. Être humain. Soi. «T’es qui, toi ?»)

Pensée (Synthèse) : Les synthèses dénaturent. Toute synthèse est trahison.

Pensée (Varnhagen Rahel) : Rahel Varnhagen [1771-1833] appelait ses pensées «des essences distillées dans mes larmes.» (s.d., sans source) 15 (Cf. Penser. Liberté. Varnaghen Rahel)

Pensée (Vide-Pensées) : Plus utile qu’un vide-poche. Une idée vous vient, une idée vous gêne, une idée vous met en colère, une idée mérite d’être sauvée de l’oubli, une idée vous pèse, une idée vous capte, une idée vous éclaire : Un abécédaire (à soi), vous en libère en vous permettant de les dépasser ; il permet en effet de déposer les scories qui occupent l’espace, de s’alléger de ce qui étouffe et de faire place plus nette...16 (Cf. Pensée (Méthode. Abécédaire), Homme (Remarquable. Dostoïevski, «Sciences» sociales. Psychanalyse)

Pensée (Weil Simone) : Simone Weil [1909-1943], auteure, le 26 mai 1942, de : «J’ai besoin de me dire ces choses pour n’avoir pas peur de mes propres pensées.» 17

II. Pensée. Idées :

Pensée (Idée) (1) : Extirper les idées des carcans des fonctions qui les ont étouffées pour les replonger dans le réel.

Pensée (Idée) (2) : Il y a ceux et celles qui, d’une idée, rejettent le tout et ceux et celles qui, dans le tout, trouvent l’idée. Il y a aussi ceux et celles qui enferment le réel dans l’idée et ceux et celles qui savent, qu’avec des idées ancrées dans le réel, on change le monde.

Pensée (Idée) (3) : Les idées ne sont à personne. Elles appartiennent au «patrimoine [culturel immatériel] de l’humanité». Que faire alors du «droit à la propriété intellectuelle» ? : le transformer en un bien commun à échanger, à partager, permettant de s’enrichir de concert, par delà les frontières, gratuitement. (Droit. «Droit à la propriété intellectuelle»)

Pensée (Idée) (4) : Une idée : une épreuve de vérité.

Pensée (Idée) (5) : Une idée est pièce à conviction. Elle doit être pensée, pesée, appréciée à sa juste valeur, conséquences incluses. Concerne tout le monde, «humoristes» «caricaturistes» inclus, sans exceptions.

Pensée (Idée) (6) : Une pensée n’est forte que si elle fait vaciller le socle sur lequel elle repose et dont elle est issue, et, par ondes de chocs, si elle n’ébranle donc pas tout son environnement.

Pensée (Idée) (7) : Une idée n’a pas [vocation] à être mise en œuvre. Elle peut l’être, mais ce n’est pas sa finalité, encore moins sa fonction.

Pensée (Idée) (8) : Lorsque l’on défend des idées, il ne faut pas les incarner. Rédhibitoire.

Pensée. Idée (9) : Incarner une idée, à fortiori [se] l’approprier, c’est en sus de la malhonnêteté et de l’absurdité du projet, la détruire.

Pensée (Idée) (10) : Une personne qui croit à des idées ne peut accepter d'être présentée intuiti personae ; elle se met en effet alors en situation d’être réduite à elle-même.

Pensée (Idée) (11) : Penser, ressentir qu’une idée est - selon soi, pour soi - juste, nouvelle… procure un sentiment de jouissance, de pouvoir, de plaisir. Si l’on croit à la force d’une idée….

Pensée (Idée) (12) : Pour - simplement - entendre un argument, encore faut-il croire à la valeur d’une idée, d’une parole, d’un engagement. Et à la valeur - j’emploie ce terme, faute d’un autre adéquat - de la personne qui l’émet. La «raison» qui refuse à s’y confronter bute alors sur ce qui lui demeure incompréhensible. Se raidit, se sclérose.

Pensée (Idée) (13) : Une idée ne doit jamais être présentée (proposée ?), prise en compte, analysée, critiquée que pour ce qu’elle est, pour sa valeur intrinsèque : relative, stérile ou féconde, c’est selon chacun-e. Mais encore faut-il au préalable qu’elle soit reconnue comme telle et ne relève pas du postulat, du principe, de l’exemple, de l’hypothèse, de l’argument d’autorité….

Pensée (Idée. 14) : Vouloir faire valoir ses idées, c’est en nier la valeur. (Cf. Pensée, Soi, Parler publiquement de / Écrire sur… )

Pensée (Idée. 15) : Si les idées doivent avoir une force supérieure à celle du pouvoir, ne doivent-elles pas s’imposer d’elles-mêmes ? (Cf. Idem)

Pensée (Idée) (16) : Qu’importe la forme, si l’idée est juste…Des pleurs, un cri, un hurlement, et tant de silences doivent être compris sinon comme un raisonnement, du moins comme aussi signifiants.

Pensée (Idées) (17) : Les structure sociales, mentales, intellectuelles etc., sont suffisamment solides et à même, du seul fait de leur pesanteur, de se reproduire pour qu’en sus il ne soit pas demandé aux idées de s’adapter à elles.

Pensée (Idées) (18) : Idées et prosélytisme sont deux termes incompatibles.

Pensée (Idée) (19) : Attendre un résultat d’une idée, c’est nier sa qualité d’idée.

Pensée (Idée) (20) : Servir, se mettre au service d’une idée, mais ne pas se servir d’une idée. Déjà exprimé mille fois, mais…

Pensée (Idée) (21) : Il existe des idées qui sont comme des grenades dégoupillées : on n’ose y être confronté-es, de peur qu’elles ne vous explosent à la figure.

Pensée (Idée) (22) : Lu dans un commentaire du Monde consacré au massacre de Manchester, le 22 mai 2017 : «Quoi de mieux que les idées, pour nier le monde ?» 18 (Cf. Politique. Terrorisme)

Pensée (Idée) (23) : Une ouvrière se remémorant la lutte des CIP en 1975 : «On a eu une organisation du tonnerre. […] On cherchait des manifestations qui n’avaient jamais été faites […] L’AG donnait des idées […] En AG, les filles quelques fois donnaient des idées mais on se demandait où elles avaient été les chercher (sur un ton d’admiration). Et, après on se demandait si on pouvait le faire. Et, si on pouvait, on se donnait le moyen de le faire. Et on le faisait.» 19 (Cf. «Sciences» sociales. Sociologie (10)

Pensée (Idée) (24) : Certain-es allaient à la chasse aux papillons ; d’autres à la chasse aux idées.

Pensée (Idée. Beccaria Cesare) : Cesare Beccaria [1738-1794], auteur de : «Il est démontré que la liaison des idées est le ciment qui maintient tout l’édifice de l’entendement humain» 20 Analyse riche en elle-même et de ses dépassements. (Cf. Patriarcat)

Penser (Idée. Berl Emmanuel) : Emmanuel Berl [1892-1974], auteur de : «Là où il n’y a pas d’idées, mon intérêt faiblit très vite21

Penser (Idée. Castoriadis Cornelius) : Cornelius Castoriadis [1922-1997], auteur en 1962 de : «Il faut comprendre que l’expression et la formulation d’une idée, même fragmentaire, inachevée ou erronée, peut conduire à son dépassement, tandis que son refoulement ne conduit qu’à la névrose politique.» 22

Penser (Idée. Constant Benjamin) : Benjamin Constant [1767-1830], auteur, en 1803, dans son Journal intime, de : «J’ai terminé mon chapitre sur l’allégorie, j’en suis content. Il est rempli d’idées. […]» 23

Pensée (Idée. Du Bos Charles) : Charles Du Bos [1882-1935], auteur de : «Leurs idées ne sont que des instincts pensées.» 24 En prendre de la graine…critique…

Pensée (Idée. Feyerabend Paul) : Paul Feyerabend [1924-1994], auteur de : «Il est rare qu’une idée soit totalement sans mérite […].» 25

Pensée (Idée. Guéhenno Jean) (1) : Jean Guéhenno [1890-1970], auteur de : «On ne peut pas plus contre une idée que contre le ciel et les astres26

Pensée (Idée. Guéhenno Jean) (2) : Jean Guéhenno [1890-1970], alors professeur de lettres en Khâgne, est convoqué le 2 octobre 1941 par «un administrateur» (de l’Education nationale), se rappelle : «On m’a prié d’ailleurs gentiment de donner à mon enseignement un tour plus technique et plus pratique. […] L’histoire des idées est désormais suspecte. Que ne parlé-je plutôt de la règle des participes. […]» 27 (Cf. Langage, «Sciences» sociales. Histoire. Philosophie)

Pensée (Idée. Hegel) : Hegel [1770-1831], auteur de : «Le travail théorique - je m’en convaincs chaque jour d’avantage - apporte au monde davantage que le travail pratique ; si le domaine des idées est révolutionné, la réalité ne peut demeurer telle qu’elle est28

Pensée (Idée. Hugo Victor) (1) : Victor Hugo [1802-1885], auteur, le 28 février 1849, de : «Quand s’occupera t-on des idées qui sont dans les têtes et non des bonnets qui sont dessus ?» 29 (Cf. Êtres humains)

Pensée (Idée. Hugo Victor) (2) : Victor Hugo [1802-1885], auteur, le 4 octobre 1872, de : «Une idée est un germe dont le peuple est le sillon». 30

Pensée (Idée. Intérêts) : Nombreux-euses sont ceux et celles qui ne semblent avoir que les idées de leurs intérêts, quels qu’en soit la nature et les manifestations. Mais il apparaît vite que, réduits à la seule prise en compte de leurs propres intérêts, et donc, se mutilant de leur essentiel, ils/elle ne peuvent plus avoir d’idées. Et c’est pourquoi, si souvent, tant et tant agissent, sans être à même de s’en rendre compte, contre eux-elles mêmes.

Pensée (Idées. Joly Eva) : Eva Joly, auteure, en 2004, de : «Ces idées sont largement aujourd’hui minoritaires - elles n’en sont que plus précieuses à mes yeux. Car il suffit parfois de trois fois rien, d’un simple événement, pour rompre un ordre des choses apparemment immuable.» 31

Pensée (Idée. Keynes John Maynard) : J.M. Keynes [1883-1946], auteur, en 1936, de : «Nous sommes convaincus qu’on exagère grandement la force des intérêts constitués par rapport à l’empire qu’acquièrent progressivement les idées. […] Ce sont les idées et non les intérêts constitués qui, tôt ou tard, sont dangereuses pour le bien comme pour le mal.» 32
- Question d’importance : comment lier, comment dissocier idées et intérêts ? (Cf. «Sciences» sociales. Économie)

Pensée (Idée. Magny Colette) : Colette Magny [1926-1997], auteure de : «Moi, ce qui m’intéresse, ce sont mes idées.» 33 (Cf. Chanteuses d’antan)

Pensée (Idée. Neuve) : George Orwell[ 1903-1950] concernant un historien britannique : «C’est un conservateur ordinaire, ‘intelligent‘, malin-idiot dont le technique habituelle est de se débarrasser de toute idée nouvelle en indiquant qu’on l’a déjà entendue.» 34

Pensée (Idée. Ponthier Georges) : Mgr Georges Ponthier, archevêque de Marseille, président de la conférence des évêques de France, auteur, le 23 décembre 2016, de : «[…] Les débats d’idées sont voués à opposer […].» 35

Pensée (Idée. Woolf Virginia) : Virginia Woolf [1882-1941], auteure, en 1939, de : «Et, pour la centième fois, je répète qu’il y a plus de réalité dans une idée que dans n’importe quelle accumulation de malheurs dus à la guerre.» 36

III. Pensée. Méthode :

Pensée (Méthode) (1) : Aucune méthode ne justifie la validité, la pertinence même d’une pensée. Évident, certes, mais peut être rappelé.

Pensée (Méthode) (2) : Apprendre, remplacer par : «comprendre» ? Et, dans la foulée, remplacer «connaître» par : «réfléchir» ?

Pensée (Méthode) (3) : [Se] répéter, c’est dévoiler l’arrêt de la pensée.
* Ajout. 30 juin 2017. Se répéter, c’est aussi déprécier la valeur de sa parole. (Cf. Politique. Autorité)

Pensée (Méthode) (4) : La spécialisation ouvre des horizons mais ferme toute hypothèse concernant [l’approche de] la justesse d’une analyse, nécessairement - et c’est une lapalissade - plus large.

Pensée (Méthode) (5) : Aiguiser la pensée comme on taille la mine d’un crayon. Classer les idées comme on range une armoire. Nettoyer, laver, aérer, dépoussiérer les idées comme on fait le ménage dans une maison. Agrandir, amplifier, enrichir les idées comme on construit, aménage, améliore une maison, sa vie.

Pensée (Méthode) (6) : Ne jamais permettre d’opposition entre «conceptuel» et «narratif», «littéraire» et «réaliste», «colère» et «rigueur», «raison» et «imagination», «historique» et «contemporain»…

Pensée (Méthode) (7) : Créer soi-même ses conditions (de vie) afin de ne pas être assuré-e, afin d’être surpris-e, dépassé-e, remis-e en cause.

Pensée (Méthode) (8) : Il n’y a pas de commencement, pas de début, pas d’«année zéro». Toute recherche en ce sens est potentiellement, tendanciellement totalitaire. (Cf. «Sciences» sociales. Histoire)

Pensée (Méthode) (9) : Là où il n’y a pas d’empathie, aucune méthode n’est valide.

Pensée (Méthode) (10) : Une méthode n’a pas à être explicitée. Si elle est pertinente, elle s’imposera d’elle-même ; quant à son - éventuel - intérêt, il réside dans la recherche du processus qui y mène, qui ne peut qu’être spécifique, singulier. Arguer de «la méthode» est une assurance sans risque, une béquille, qui tue si souvent la spontanéité. On peut n’avoir aucune «méthode», et dire des choses fort justes ; c’est même heureusement fort fréquent.

Pensée (Méthode) (11) : In fine, l’imposition, le respect d’une méthode n’interdit-elle pas la pensée ? Tout simplement, parce qu’en pérennisant l’acquis (rien n’étant pérenne, par ailleurs), qui plus est, en l’enfermant a priori, n’interdit-elle pas toute pensée propre, originale, nouvelle ? (Cf. Êtres humains. Soi)

Pensée (Méthode) (12) : Qu’importe les méthodes ! Qu’importe les débats sur les invariants et les structures, les prolongements et les ruptures, les émotions, les intuitions et les pseudo exigences de la rigueur ! Tout est valable : les silences étouffés, les cris inarticulés, les non-dits, les journaux intimes, les petites annonces, les romans, les films porno, les Leçons inaugurales au Collège de France, les publicités, les graffitis, les discussions entre ami-es, etc…Ce qui importe afin de [mieux] comprendre le monde, c’est que des idées produisent des effets aux fins de le rendre mieux vivable. Et nul-le ne sait, ne peut savoir quand, et dès lors…peu importe.

Pensée (Méthode) (13) : Affirmer les principes et les valeurs auxquels on se réfère.

Pensée (Méthode. Abécédaire) : En réfléchissant à l’évolution de cet abécédaire, voici ce que je peux, avec un certain recul, en dire. Je pense qu’il ne s’agit en rien d’une méthode, mais de l’évolution, de la progression d’un enchainement de processus commencé en 2010. J’y ai écris, je continue à y écrire, ce qui me vient à l’esprit, en vrac, le seul «ordre» étant, à l’origine, par simple commodité, alphabétique, tandis que le seul critère explicite était que je ne devais jamais me contraindre à écrire quoi que ce soit. Si ennui, gêne, blocage, confusion, il y avait, cela devait rester où cela était (dans le refoulé) jusqu’à ce que les raisons en émergeant [ou non] dans la conscience. Dès lors que ce que je lisais, regardais pensais me paraissait neuf, pertinent, tout pouvait donc être inscrit, formulé, dans l’attente de l’achèvement [ou non] d’un processus de réflexion. J’y ai donc écris ce qui m’a marquée, étonnée, fait réfléchir ; ce que j’ignorais, ce que j’ai appris, d’une manière ou d’une autre.
- Soit une idée est suscitée par les livres et les journaux que je lis, par les films que je regarde, les émissions que j’écoute, les discussions auxquelles j’ai participé ou non, les souvenirs qui me reviennent à l’esprit, soit une idée vient d’elle-même.
- Puis, ces «choses» lues, vues, entendues, vécues, souvenues - pour moi, matières à idée, plus ou moins avancées - une fois posées à plat, ont été regroupées, à plusieurs reprises, en fonction des thèmes, qui ont eux-mêmes évolué.
- Le résultat premier était que je me sentais tout à la fois libérée, allégée, sécurisée, enrichie.
- Progressivement, en réalité sans cesse, j’ai relu ces items dans le cadre d’une recherche d’une certaine cohérence, la mienne. Alors se sont dégagées progressivement les finalités auxquelles, plus ou moins consciemment, personnellement, intellectuellement, politiquement, j’aspirais atteindre par, grâce à l’écriture de cet Abécédaire.
- C’est la raison pour laquelle modifier, faire évoluer chaque apport, c’est nécessairement déstabiliser l’ensemble, ce qui nécessite donc, souvent, inévitablement, de nouvelles interrogations.
- Ce que je sais, ce que j’ai appris, c’est que cette écriture me fait du bien - qui plus est - m’est plaisir, souvent même jubilation ; que je sens, je sais, que je vois plus clair dans nombre de domaines ; mais surtout que tous ces mots, ces items, ces thématiques, ces classements, sont tous liés indissociablement entre eux.
- Le processus se poursuit et continue d’évoluer, sans savoir clairement où je vais, au delà de la finalité, elle, explicitée depuis quelque temps, de penser le patriarcat, de tenter d’expliciter sinon son unité, du moins sa logique et les raisons de son extraordinaire permanence, et pour cela tenter d’intégrer son historicité, ses cohérences, ses contradictions. (À poursuivre, approfondir.) (Cf. Patriarcat. À la recherche du…, Penser. Vide-pensées)

Pensée (Méthode. Comparaison) (1) : Toute comparaison implique confrontation, concurrence, ne serait-ce que pour s’en démarquer, mais n’est valide qu’à équivalence de sens. Mais que peut-on comparer à quoi ?
* Ajout. 4 juillet 2015. Avoir honte de sa pauvreté et être fier-e de sa richesse ne sont pas les deux faces contradictoires d’une même facette.

Penser (Méthode. Comparaison) (2) : Albert Camus [1913-1960] (concernant «la littérature prolétarienne») auteur de : «[...] il est vrai que la belote au bistrot vaut bien le cocktail mondain. Mais, précisément, le cocktail mondain ne vaut rien. Pourquoi donc comparer ? […]» 37  

Pensée (Méthode. Critique) : Se rendre compte que la critique juge d’abord et avant tout la personne qui l’émet et non pas celle à laquelle elle est destinée est la marque d’un grand progrès dans la connaissance de soi. (Cf. Être humain. Soi)

Pensée (Méthode. Critique modérée) : Une critique ‘modérée’ : une contradiction dans les termes. Et assurément incompatible avec «rigueur intellectuelle».

Pensée (Méthode. Critiques) : Toutes les bienvenues, y compris les ‘pires’ : permet de mieux réfléchir.

Pensée (Méthode. Exemple) : Aucun exemple ne peut justifier ou invalider quoi que ce soit (un principe, une idée, une méthode, un argument, une position) ; il ne peut qu’éclairer ce qui est avancé, proposé. Vrai aussi pour : «critique», «caution», «satisfaction», «accord», «remerciement», «applaudissement», «félicitations», «injure» …

Pensée (Méthode. Freud Sigmund) : Sigmund Freud [1856-1939], auteur de : [...] «Il est facile pour un auteur de transformer une résistance interne en réfutation logique.» 38 C’est effectivement souvent mis en pratique, mais il n’est pas si facile d’en cacher le subterfuge… (Cf. notamment, Hommes. Intellectuels. Politiques)

Pensée (Méthode. Rilke Rainer Maria) : Rainer Maria Rilke [1875-1926], auteur, dans, Lettre à un jeune poète, de : «Nous savons peu de choses, mais qu’il faille nous tenir au difficile, c’est là une certitude qui ne doit pas nous quitter. […] Qu’une chose soit difficile doit nous être une raison de plus de nous y tenir

Pensée (Méthode. Séverine) : Séverine [1855-1929], auteure de : «Et j’en apprends tant et tant chaque jour ; et de si étranges, de si invraisemblables constatations s’imposent que, sincèrement, j’en arrive à peu près à tout comprendre, sinon tout excuser. Certes, s’il n’y avait que moi pour allumer des mèches (évocation des attentats anarchistes), les architectes et les vitriers n’attraperaient pas de courbatures ; mais il est impossible, en toute bonne foi, de ne pas reconnaître qu’on semble prendre à tâche d’alimenter les fièvres, de fomenter les haines, d’exaspérer les indignations. Je ne romantise pas, je vous assure ; je ne menace pas non plus... rien de plus bête ! Et je pontifie encore moins, nul, sauf idiotie, ne pouvant se targuer d’influer sur le cours des choses ; de tenir au bout d’un fil, la révolution sociale. D’ailleurs, si on me l’avait confiée, je l’avoue ingénument : il y a belle lurette qu’elle aurait pris son vol !
Beaucoup d’humilité, la conscience de sa parfaite impuissance, un brin de philosophie - avec cela on peut regarder passer les événements. Non que je manque de partialité : j’en suis pétrie ! Mais, en telle matière, l’étalage de sa propre conviction me semble importer moins que la mise en valeur, la mise en lumière des ambiances qui la peuvent servir.
Dire d’un adversaire : ‘C’est un coquin !’ prouve seulement qu’on n’est pas d’accord. Et le public blasé, édifié, las de se voir ‘battre comtois’ [être traité comme un niais] passe, haussant les épaules. Ne vaut-il pas mieux exhiber la coquinerie… avec un bout de toilette, mais sans se prononcer ?
L’auditoire, alors, devient tribunal. Il juge lui-même. Et le cœur de l’homme est ainsi fait qu’il attache une bien autre importance à son propre verdict qu’à votre personnelle opinion, en quelque estime qu’il vous puisse tenir.
Il a raison : la sienne est la meilleure ! Plus instinctive, plus neuve, elle a encore cet avantage de ne pas résumer l’impression d’une unité, de se multiplier à l’infini. Comme la calomnie dont parle Bazile [Jules Guesde] mais pour le bien, elle fait avalanche, elle fait torrent, gonfle, gronde. Alors c’est l’Opinion - qui entraîne les rois, renverse les ministres, casse les arrêts de justice.. et le juge avec !» 39 Quelles leçons ! (Cf. Femme. Remarquable, Justice, Politique. Morale)

IV. Penser :

Penser (1) : Dénoncer les préjugés, récuser les tabous, critiquer les lieux communs, s’attaquer aux clichés, aux poncifs, aux stéréotypes, autant de miroirs aux alouettes, c’est rester à la surface du monde et ne pouvoir y échapper.

Penser (2) : Aller, tant que l’on peut, au plus complexe et / ou : rechercher (d’abord) la complexité ?

Penser (3) : Penser, c’est s’inscrire dans le lignage de longues luttes intellectuelles et y apporter sa quote-part.

Penser (4) : On ne pense pas le monde par le prisme des grilles de lectures de ses penseur-es. Ils/elles, plus simplement, aident à penser par soi-même.

Penser (5) : Le besoin de croire tue la nécessité de penser.

Penser (6) : Convaincre, c’est perdre le fil de sa pensée.

Penser (7) : Tâcher, lorsque cela est possible, de s’interroger sur les intérêts, les déconvenues que l’on peut avoir à penser de telle ou telle manière. Évite souvent les transferts inappropriées sur les mauvaises personnes.

Penser (8) : Chaque porte poussée permet à la suivante de s’entrouvrir…

Penser (9) : Rendre tout plus complexe n’aide pas à la recherche de la compréhension de l’essentiel, souvent, d’emblée, aveuglant de vérité.

Penser (Agir. Sand George) : George Sand [1804-1876], auteure de : «On ne peut en même temps initier et mettre en pratique.» 40 Trouver la justesse et la faille du raisonnement. Reformuler autrement son assertion.

Penser (Alain) : Alain [1868-1951], «philosophe, journaliste, essayiste et professeur de philosophie, rationaliste, individualiste et critique» (Wikipédia), auteur, en 1927, de : «Je crois à propos d’éclairer ce que cet auteur (Auguste Comte) a dit du sexe actif et du sexe affectif, ainsi que des règles de leur société. Il n’est pas mauvais de suivre d’abord cette idée que l’homme est naturellement fait pour conquérir les choses, les transformer, et se les approprier. Il y a de la destruction dans ce travail, de l’invention aussi, toujours violence et soumission mêlées, sans égard ni respect ; ce qui paraît au coup de pioche et au coup de fouet.
[Suivent un certain nombre d’assertions difficilement compréhensibles]
Ces remarques mises au jour, et illustrées par des milliers d’exemples que chacun trouvera aisément font déjà non ridicule l’idée que la femme pense naturellement plus que l’homme. J’accorde que les femmes tombent aisément dans un bavardage vide ou faible ; d’abord parce qu’elles vivent d’égards et de politesses, qui sont des formes sans contenu : aussi parce que le souci de l’inférieur, nourriture, propreté, repos qui sont leur lot, ramène souvent leur pensée au niveau de l’animal. Mais il faut comprendre aussi qu’un certain nombre de rêves ou de chimères accompagne naturellement le travail féminin, toujours recommençant et machinal. Je dois chimères en ce sens que ces pensées n’expriment point le monde en ses sévères exigences. Mais elles ne peuvent être étrangères à cette fonction féminine de conserver le forme humaine, de la protéger, comme aussi, ce qui en est la suite, de remettre toujours en forme cet intérieur de la maison, ce lieu des égards, de la sécurité, du sommeil. […] Cette pratique du gouvernement domestique, toujours réglé d’après des maximes, dispose au jugement moral, et à la contemplation de ce qui devrait être. Il ne faut pas oublier non plus que le pouvoir moral, toujours respectueux de la forme humaine, suppose un art de persuader et de deviner, d’où un genre de pénétration et de ruse qui ne ressemble nullement aux précautions et à la dextérité de l’artisan. Couper un arbre, scier une branche, creuser la roche, sont de l’homme ; risquer la forme humaine à cela, c’est maxime de guerre, et c’est maxime d’homme. C’est pourquoi la guerre est tellement étrangère à la femme que peut être elle n’arrivera jamais à en rien penser […].
- Confusions, incohérences, absurdités, inhumanité, ne sont pas seulement le fait d’un ou de plusieurs (ici, Alain) et ne doivent donc pas être critiquée sur ce seul fondement ; confusions, incohérences, absurdités, inhumanité sont intrinsèquement, nécessairement, partie prenante de la [non] pensée patriarcale. 41 (Cf. Homme. «Intellectuel». Alain, Féminisme, Patriarcat, Sexe-s, «Sciences» sociales. Sociologie. Comte Auguste)

Penser (Ambition) (1) : Éclairer les zones obscurcies et tenter d’en saisir les significations ; approfondir, élargir, re-conceptualiser pour poser de nouvelles grilles de lecture éclairantes de la réalité du monde. Et en dévoiler les contradictions.

Penser (Ambition) (2) : Sans cesse, complexifier la pensée. (Cf. Pensée. Claire)

Penser (Ambition) (3) : Retrouver partout les traces perdues de la pensée, alors considérées comme non ou peu signifiantes, leur conférer une valeur - celle que l’on n’a pas su, pas voulu, pas pu leur conférer - et sur ces éclats, autant de joyaux, autant de fondements, recomposer la signification à leur accorder. Et alors, mieux, savoir lire le présent. (Cf. Être humain. Identité, «Sciences» sociales. Histoire)

Penser (Anonymes) : 99 % des personnes qui résistent sont anonymes. Alors… (Cf. Politique, Démocratie. Peuple, Patriarcat)

Penser (Apprendre) : Apprendre à [mieux] penser, c’est à dire au mieux de soi-même, c’est élargir le champs de la critique. C’est alors, créer les conditions pour que chacun-e soit à même de penser au plus près de soi-même, et donc au plus près de la critique du monde. D’où la nécessité de tant d’institutions dont la fonction est bien de délégitimer toute pensée propre. (Cf. Culture)

Penser (Balibar Françoise) : Françoise Balibar, auteure de : «J’ai connu des moments où j’ai eu une impression de comprendre absolument fulgurante et de pouvoir expliquer les choses dans les termes de tous les jours. Cela m’est arrivé une dizaine de fois en tout : ce sont des moments de souvenirs de maitrise du monde et aussi de grand bonheur. Luxe, calme et volupté42

Penser (Berdiaev Nicola) : Nicola Berdiaev [1974-1948], dans son Essai d’autobiographe spirituelle [1940], auteur de : «[…] Je m’étais toujours nourri de la pensée universelle, j’en recevais des impulsions intellectuelles, je suis très obligé aux penseurs et aux écrivains que j’ai lu toute ma vie, et je suis également reconnaissant à mes proches. Mais, en passant par ma liberté, tout entrait profondément en ’moi’ et c’est de là que tout me venait. Je n’acceptais aucune influence intellectuelle sans l’adhésion de ma liberté. Je suis par conséquent, l’homme le moins traditionnaliste du monde. Je n’avais même pas à rompre avec telle ou telle autorité, car pour moi, il n’en existait point.» 43 Quelle forte assurance…

Penser (Castoriadis Cornelius) (1) : Cornelius Castoriadis [1922-1997], auteur de : «La société apprend à l’individu - d’une façon totale dans les sociétés anciennes, de façon un peu moins complète aujourd’hui - à penser ce que la société lui dit de penser.» 44
- Brutal, sans grandes nuances - qu’il exprime ailleurs - mais à ne jamais oublier…

Penser (Castoriadis Cornelius) (2) : Dénoncer «l’apathie» d’une société - ce que Cornelius Castoriadis [1922-1997], affirme et dénonce à de nombreuses reprises concernant et la société soviétique et la société occidentale moderne - c’est révéler son incapacité à la comprendre et l’enfermer dans une logique d’éternelle répétition. C’est clore l’histoire. C’est aussi, en s’autorisant un tel diagnostic, révéler ce qu’il révèle de l’incroyable surestimation du rôle de l’intellectuel, apte à lui seul de juger de la vie des autres, fussent-ils des dizaines de millions….(Cf. Hommes «Intellectuels»)
- Incidemment, analyser une société est un exercice impossible, impensable même(Cf. «Sciences» sociales. Sociologie)

Penser (Castoriadis Cornelius) (3) : Cornelius Castoriadis [1922-1997], auteur de : «[…] finalement la question de savoir : ‘Qu’est ce qui, dans ce que l’on pense, vient de celui qui pense, et qu’est ce qui vient de ce qui est pensé, cette question restera à jamais indécidable comme question ultime. Et ce paradoxe est lui-même paradoxalement, le lest, le seul, de la pensée45 Pertinent…(Cf. Penser. Pensée)

Penser (Cause) : Il y a, à tout, pour tout, une multiplicité de causes, qui produisent elles-mêmes, pour chacune d’entre elles, une multiplicité de conséquences et d’effets, invisibles dans l’immense majorité des cas. En sus, rien - ou presque ? - ne permet d’établir de relations de cause-s et à effet-s. Et, enfin, sur quels fondements, avec quelle certitude, ou même sur quelle hypothèse, peut décider que ceci ou cela relèverait du statut de «cause» ? [Après avoir écouté Hubert Reeves] 46 (Cf. «Sciences» sociales)

Penser (Cause-s. Effets) (1) : Analyser, dévoiler, dénoncer, réfléchir sur les «causes» d’une «réalité», c’est - faute des les remettre en cause - nécessairement conforter les principes qui l’ont constituée, justifier les fondements qui seuls l’explique et lui donne son sens. Toutes analyses causales confortent donc les systèmes au sein desquels, nécessairement, elles se situent. Dès lors, fonder un raisonnement sur des rapports de «causes à effets», quels qu’ils soient, est nécessairement voué à l’échec.
- Qui plus est, nombreux/euses sont ceux/celles qui évoquent des effets sans causes ni explications, tandis que d’autres allèguent d’effets pour conforter de pseudo causes et justifier ainsi de pseudo explications, et qu’il est même fréquent de vouloir des effets, sans causes… (Cf. [pour Bossuet] Homme. Macho (1), Politique. Abus, Penser, Patriarcat. Méthode d’analyse, Principe)
* Ajout. 21 mars 2017. En sus, en reprenant l’analyse de Cornelius Castoriadis [1922-1997] : «Pointer les causes ou les conditions d’un phénomène, n’en épuise pas la signification ni n’en circonscrit les effets.» 47

Penser (Causes. Effets) (2) : Mikhaïl Bakounine [1814-1876], auteur, en 1871, de : «Ne nous en prenons pas aux effets, attaquons toujours les causes». 48 Invalide l’item précédent ? (Cf. Penser. Comparaison)

Penser (Causes. Effets) (3) : Penser en termes de causes / effets, c’est [tenter d’] expliquer. Ce n’est pas [tenter de] comprendre.

Penser (Chalamov Varlam) : Varlam Chalamov [1907-1982], auteur, de retour de la Kolyma, de : «Pas une fois, je m’attardai sur une pensée. Le seul fait de l’essayer me causait une douleur vraiment physique.»49 Analyse essentielle : permet de comprendre tant de silences, sur lesquels prospèrent tous les non dits qui fondent les sociétés… (Femmes. Silence, Politique)

Penser (Choisir) : Penser, c’est choisir. C’est à dire désigner, décider, s’engager.
Un «conflit de loyautés» : l’antithèse.

Penser (Commentaire) (1) : Faute de prise de position préalable, tout commentaire est caution. Pour poursuivre cette réflexion, Cf., Vauvenargues : «Ce que l’on conçoit nettement, on n’a pas besoin de le commenter», suivi de : «Mais ce qu’on ne fait qu’entrevoir, ou ce qu’on imagine faiblement, on l’allonge plus aisément qu’on ne l’explique.» 50 (Cf. Être humain. Écrit, «Sciences» sociales)

Penser (Commentaire) (2) : Le commentaire, si souvent, étouffe, détourne, dénature ; et même, si souvent, sans aucun respect, tue la pensée de l’autre.

Penser (Comparaison) : Rien n’est comparable à rien ; rien n’est assimilable à rien. Tout peut faire penser à tout. Tout peut agir sur tout. (Cf. Penser. Causes. Effets)

Penser (Compétences) : Raymond Aron [1905-1993], auteur, en 1949, de : «Entre observateurs compétents, qui se sont donné la peine de poursuivre les études nécessaires, une large mesure d’accord s’obtient assez aisément sur ce qui est possible à l’intérieur d’un système économique51
- Quant aux personnes qui ne se seraient pas «donné la peine de poursuivre les études nécessaires», dès lors incompétentes et celles qui penseraient et voudraient agir «à l’extérieur du système économique», on ne sait quelle place Aron leur accorde…Que de suffisance, que de mépris, que de naïveté, que de bêtise… (Cf. Homme «Intellectuel»)

Penser (Comprendre) (1) : Gabriel Marcel [1889-1973], auteur de : «On est toujours libre de ne rien comprendre à rien52

Penser (Comprendre) (2) : Ils / elles affirmaient, avec force répétitions, «ne rien comprendre» pour s’épargner le risque d’avoir à comprendre.

Penser (Comprendre) (3) : On comprend, en règle générale, ce que l’on cautionne, le plus souvent sans même le savoir. Un rupture de ce lien est nécessaire pour penser.

Penser (Comprendre) (4) : Mona Chasserio, auteure de : «Longtemps, j’avais raisonné pour comprendre […]» 53 Oui, une telle découverte peut ouvrir l’esprit au monde…

Penser (Comprendre) (5) : Caroline Eliacheff, après avoir évoqué sa famille dans la quelle «on avait le devoir avant tout d’être intelligente», poursuit : «Je savais que je devais avoir l’air de tout comprendre parce que je pensais que c’était le critère de l’intelligence», interroge : «Comment avoir l’air intelligent sans rien comprendre» et conclut : «En se taisant !» 54(Cf. Femmes. Silence, «Sciences» sociales. Psychanalyse)

Penser (Concepts) : Il n’est pas nécessaire de maitriser les concepts, ni même de savoir que des concepts existent pour penser. Et penser juste. Ce qui ne signifie pas que la recherche de concept ne puisse être - et ne pas être - un enrichissement pour la pensée.

Penser (Conflit) : Refuser les polémiques ; réhabiliter les conflits ; élaborer une culture des conflits afin de récuser, de repousser la mise en œuvre de la violence.

Penser (Conservatisme) : Rien n’est plus difficile que de tenter de discerner ce qui dans un refus, une critique, un jugement relève de [est inspiré, s’explique par…] le conservatisme, ne serait ce que de soi-même, conscient ou inconscient, peu importe. (Être humain. Conservateur, Politique. Conservatisme)

Penser (Contradiction) (1) : Il est des contradictions qui détruisent la pensée au sein de laquelle elles s’inscrivent et, souvent, bien au delà ; il en est qui la complexifient ; il en est qui permettent de la dépasser.
- Mais elle sont toutes révélatrices de leur auteur-e et de ses failles ; et, en cela, passionnantes.

Penser (Contradiction) (2) : Il est possible, nécessaire, de constater des contradictions dont un raisonnement, un parti, un régime…serait porteur ou dont il se réclame. Il est possible, nécessaire, de s’y opposer sur ce fondement. Mais on ne construit pas d’alternatives sur ce seul fondement.

Penser (Critique) (1) : Relever, comparer, apprécier, juger un-e auteur-e en fonction de son ‘œuvre’, de sa vie, de l’histoire…présente certes un intérêt, mais limité.
En effet la critique en privilégiant l’une ou l’autre d’entre elles, appauvrit l’analyse ; mais l’auteur-e critique apparaît alors tel qu’en lui-même, passionnant ou non…

Penser (Critique) (2) : Lorsqu’une pensée critique n’offre plus de prise à la critique telle que conçue par les normes politiques dominantes, le silence est généralement de mise.

Penser (Critique. Malatesta Errico) : L’hommage critique d’Errico Malatesta [1853-1932] à Kropotkine [1842-1921] : (sans faire référence à une quelconque analyse féministe) : un modèle. 55

Penser (Croyance. Alain) : Alain [1858-1952], auteur de : «Croyance : c’est le mot qui désigne toute certitude sans preuve. […]» 56 Mais qui décide de la preuve ? Et sur quels fondements ? Un argument d’autorité. (Cf. Homme. Intellectuel, Justice (Preuve), Penser. Alain)

Penser (Doctrine) : Les doctrines aident à penser, mais tuent la pensée.

Penser (Domination) : À contraintes données - concrètement sans prise en compte des rapports domination - tout est justifiable.

Penser (Écrit) : Tout écrit est dépassé dès lors qu’il l’est.

Penser (Erreur) : Invoquer une «erreur» dans un monde injuste, c’est le cautionner.

Penser («Esprits faibles») : Maurice Nadeau [1911-2013], auteur, le 1er juin 1997, dans la Quinzaine littéraire de : «Je ne nie pas l’existence d’esprits faibles, ils sont légion, mais comme disait Sade : ‘Je ne m’adresse qu’à des gens capables de m’entendre ; ceux-là me liront sans danger.’» 57 Mépris des ‘autres’ et irresponsabilité des écrivains, conjuguées… (Cf. Culture, Sade)

Penser (Étapes) : Découvrir, comprendre, dévoiler, dénoncer, analyser et in fine ne retenir que ce qui, dans chez les autres, en soi, dans le monde est refusé : première étape de la pensée. Ce qui déstabilise l’analyse est la seconde étape. Les lier ensemble…d’emblée, est-ce possible ? pensable ? Mais, surtout, comment éviter la sclérose de la première étape. (Cf. Féminisme)

Penser (État) : Je lis dans les Mémoires de Raymond Aron : «Si la politique d’Alain me tentait, c’est qu’elle m’épargnait la peine de connaître la réalité, d’imaginer à la place des dirigeants une solution aux problèmes posés. […] [J’étais] toujours enclin à me demander : qu’est-ce que je pourrais faire à la place de celui qui gouverne ?» 58 Se mettre «à la place de celui qui gouverne», c’est s’identifier à l’Etat, c’est donc le nier, notamment concernant ses capacités coercitives. (Cf. Féminisme. d’Etat, Politique)
* Ajout. 30 juillet 2016. Je lis plus loin (p.136), à l’appui d’une critiques des «penseurs» : «Il est facile de penser le politique, mais à une condition : en discerner les règles et s’y soumettre. […]» Le «et» dit beaucoup de la pensée politique de Raymond Aron ; et , sinon, en grande partie l’invalide, du moins en dévoile une grille de lecture majeure.

Penser (Faits) : Des limites du fact checking : les faits n’existent que via les systèmes de représentation qui seuls leur donnent leur sens, lesquels par ailleurs n’ont qu’un rapport - à [dé]construire - avec ce qui est nommé «le réel», lequel lui même n’existe que par la pensée qui lui est conféré.
- Avec les - seuls - faits, dans le domaine de la pensée, on ne fait rien.

Penser (Fantasme) : Évoquer un «fantasme» sans s’interroger sur les fondements du terme et sur la part de réel que nécessairement il implique ou cache, c’est conforter le statu quo. Nécessairement conservateur donc.

Penser (Femmes. Bloy Léon) : Lettre de Léon Bloy [1946-1917] à sa fiancée (31octobre 1889). Il a 43 ans : «Le défaut, l’unique défaut peut être de ton éducation est d’avoir mis en toi une confiance trop grande dans les spéculations de l’esprit, et je t’avoue que cela m’inquiète et m’attriste parfois quand j’y pense. Je voudrais que tu vécusses beaucoup plus par le cœur que par la pensée, parce que c’est ainsi que j’ai toujours fait et qu’alors nous serons plus unis. […] Chère amie de mon cœur, tu répètes les leçons de ton enfance et tu ne sais pas ce que tu dis. Si tu le savais, je serais percé de désespoir et forcé de renoncer à toi.» 59 (Cf. Féminisme. Antiféminisme, Patriarcat)

Penser (Femmes. Peters Otto) : Otto Peters (Louise) [1819-1895], auteure en 1848, de : […] «Les femmes se verront oubliées si elles cessent de penser à elles-mêmes60 Et donc si elles cessent de penser. (Cf. Femmes, Féminisme, Patriarcat)

Penser (Fin) : Les moyens sans la fin la cautionne.

Penser (Foucault Michel) : Michel Foucault [1926-1984], auteur, en 1984, de : «Travailler, c’est entreprendre de penser autre chose que ce qu’on pensait avant61

Penser (Futur du monde. Friedman Milton) : Milton Friedman [1912-2006], auteur de : «Seule une crise - réelle ou ressentie - produit de véritables changements. Quand cette crise intervient, les actions entreprises dépendent des idées présentes alentour. C’est là, je pense, notre fonction essentielle : développer des alternatives aux politiques existantes, les maintenir vivantes et disponibles jusqu’à ce que le politiquement impossible devienne politiquement inévitable.» 62 Réhabilite l’optimisme politique. (Cf. «Sciences» sociales. Histoire. Révolution Française. Bastille (Prise de la), «Sciences» sociales. Économie. Bourses)

Penser (Gorbatchev) : Mikhaïl Gorbatchev, auteur de : «Tant que je n’ai pas saisi la logique interne d’un sujet, il m’est impossible de le traiter63 Mais on n’en est pas moins, tous et toutes, lui sans doute au premier chef, dépassé-es par l’histoire mise en mouvement… (Cf. «Sciences» sociales. Histoire)

Penser (Grille de lecture) : Une grille de lecture ne peut devenir une lecture du monde.

Penser (Historicité) : Aucun système de domination n’est éternel : ni le capitalisme, ni le colonialisme, ni le nationalisme, ni l’apartheid, ni le patriarcat…. Il s’agit moins de rappeler une évidence que de se rappeler de ne pas l’oublier…

Penser (Hugo Victor) (1) : Victor Hugo [1802-1885], en 1869, à son éditeur, concernant l’insuccès de l’Homme qui rit, auteur de : […] J’ai voulu forcer le lecteur à penser à chaque ligne. De là, une sorte de colère du public contre moi.» 64

Penser (Hugo Victor) (2) : Victor Hugo [1802-1885], dans Quatre-Vingt treize, auteur de : «À toute idée, il faut une enveloppe visible, à tout principe, il faut une habitation ; […] à tout dogme, il faut un temple65 (Cf. Penser. Idée, Principe)

Penser (Hypothèse) : Hypothèse : seule la conscience de l’existence d’une hypothèse de base - qui vous soit propre ou non - permet de la dépasser ; qui plus est de la remettre en cause. Mais ladite hypothèse ne vient-elle pas si souvent sinon en bout de course, du moins au terme de longues réflexions ? Ne doit pas dissuader pour autant de la rechercher…

Penser (Imagination) (1) : André Breton [1896-1966], en 1924, dans Le manifeste du Surréalisme, écrit, justement : «L’imagination est peut être sur le point de reprendre ses droits. Si les profondeurs de notre esprit recèlent d’étranges forces capables d’augmenter celles de la surface, ou de lutter victorieusement contre elles, il y a tout intérêt à les capter, à les capter d’abord, pour les soumettre ensuite, s’il y a lieu, au contrôle de la raison. Les analystes eux-mêmes n’ont qu’à y gagner66

Penser (Imagination) (2) : William Blake [1757-1827] auteur, dans Le mariage du ciel et de l’enfer, de : «What is now proved was once only imagined» [Ce qui est maintenant prouvé fut préalablement imaginé].

Penser (Imagination) (3) : Paul Claudel [1868-1955] dans le prologue du Soulier de satin [1929], auteur de : «L’ordre est le plaisir de la raison, mais le désordre est le délice de l’imagination.»

Penser (Intelligence) : Maxime Gorki [1868-1936] se souvenant des analyses de sa si gentille grand-mère concernant son si violent grand-père : «Vois-tu, à ce moment là, c’était un très brave homme, ton grand-père ; mais il est devenu méchant et bête du jour où il s’est mis dans la tête qu’il était plus intelligent que tout le monde.» […] «Ah, il parlait bien, grand-père quand il voulait ! C’est seulement plus tard, par bêtise, qu’il a verrouillé son cœur.» 67

Penser (Juger) : Penser, c’est juger ; juger, c’est s’engager. (Cf. Justice. Juger)

Penser (Juger. Custine) : Custine (Marquis de) [1790-1857], dans ses Lettres de Russie, auteur de : «[…] Tel est mon droit d’exposition, droit acquis à tout observateur véridique ; mais je l’avoue, à tort ou à raison, je vais plus loin encore : je condamne ou je loue ce que je vois ; ce n’est pas assez de peindre, je veux juger.» 68 À raison… (Cf. Justice. Juger)

Penser (Justification) : Toute justification - qui situe nécessairement sur le terrain de la pensée de l’autre - est invalidation de la pertinence de sa propre pensée.

Penser (Lancelin Aude) : Lu dans le Journal du Dimanche (9 octobre 2016), Aude Lancelin, auteure de : 

- «[…] Il faut quel les gens sachent comment se fabriquent les idées qu'on essaie de leur faire penser, il faut qu'ils sachent comment se nouent concrètement les liens entre éditorialistes, grands capitalistes et puissance publique. Il est important de leur dire, par exemple, qu'aujourd'hui, un président de la république peut alerter un actionnaire de presse au sujet de l'orientation politique d'une journaliste, ainsi que de sa vie privée, en pensant que la chose restera dans l'ombre.» […]

- «Il y a eu un véritable trou d'air, un spectaculaire affaissement de la vie intellectuelle française depuis une trentaine d'années et les médias y ont largement contribué. Pendant les années 1990-2000 notamment, la plupart ont entièrement truqué les éléments du débat au profit d'imposteurs et poussé toute sorte d'énergumènes toujours violemment réactionnaires sur le devant de la scène […] Les journalistes étouffent, nous sommes nombreux à ne plus supporter être les hochets de géants des télécoms instrumentalisant la presse à leur propre fins.» […] 69
- Analyse valable aussi concernant la pensée féministe, telle qu’elle nous est «servie», présentée comme devant être considérés comme telle, depuis tant et tant d’années…

Penser (Limites) : Penser, comme Cornelius Castoriadis [1922-1997], en 1992, que «l’esclavage et le statut des femmes», outre l’incohérence politique de la comparaison, relèveraient des «limites» de la démocratie Athénienne, 70 c’est cautionner et l’esclavage et le patriarcat. Plus encore, en accordant au Politique, tel que pensé alors à Athènes, un statut premier, suprême, souverain, c’est condamner la vie des êtres humains à n’être que secondaire, accessoire, superfétatoire… (Cf. Hommes «Intellectuels». Castoriadis Cornelius, Patriarcat, Politique. Démocratie, «Sciences» sociales. Philosophie. Limites)

Penser (Mossadegh Mohammad) : Je lis dans le livre de Ryszard Kapuscinski [1932-2007], Le Shah, concernant Mohammad Mossadegh [1882-1987], premier ministre du Shah d’Iran, expulsé du pouvoir par un coup d’état de la CIA pour avoir notamment nationalisé le pétrole Iranien : «Mossy [son surnom donné par les Anglais] disait que la terre que nous foulons nous appartient et que tout ce qui se trouve nous appartient aussi. Dans ce pays, personne avant lui n’avait formulé une idée pareille. ‘Que tout le monde dise ce qu’il pense ! Que tout le monde prenne la parole ! Je veux entendre vos pensées’, tel était son message. Après deux mille cinq cents ans d’asservissement despotique, il nous a rappelé que l’homme est un être pensant. Aucun souverain perse ne l’avait jamais fait ! Les propos de Mossy sont gravés dans les mémoires, ils sont entrés à jamais dans nos têtes et vivent encore en nous aujourd’hui. Les paroles qui ouvrent les yeux sur le monde sont celles que nous nous rappelons le mieux.» 71

Penser («No comment») : Michel Foucault [1926-1984] répond ainsi à une question : «Comme les présidents américains, quand une question les embarrasse, je répondrai ‘no comment’…»
- Idéalement, il faudrait mieux répondre : «je ne veux pas répondre» et / ou : «je ne peux pas répondre» et / ou : «je ne sais pas répondre» Et, si possible, en expliciter les raisons. ….
- Il en est de même pour : «Je n’ai pas l’intention de critiquer Sartre.» […ce que, dans un autre texte, et sans doute ailleurs, il avait exprimé…] 72

Penser (Nous) : Dès lors de le «Nous» se substitue au «Je», la [liberté de] la pensée s’estompe. Ou : s’invalide ? (Cf. Femmes. «Nous les…», Langage. Genre. «Comme nous disons…»)

Penser (Objet) : Maurice Nadeau [1911-1013], auteur de : «C’est l’objet qui compte, non celui qui le montre.» 73 Facile ? (Cf. Êtres humain-es. Soi)

Penser (Objectivité) : Que l’on puisse accuser un-e autre de ne pas être objectif-ve [m’]étonne toujours. N’est ce pas, en effet, si souvent au nom de «la science», se nier soi-même ?
- Valable aussi pour «neutre» et même «indépendant». (Cf., Êtres humain-es. Soi. «T’es qui, toi ?»)

Penser (Opinion. Hume David) : David Hume [1711-1776], auteur, en 1757, de : «Pour ce qui est de mes opinions, vous savez que je ne défends aucune d’entre elles de manière absolue ; je propose simplement mes doutes, là où je suis assez infortuné pour ne pas partager la même conviction que le reste de l’humanité.» 74

Penser (Perception. Novalis) : Novalis [1772-1801], auteur de : «Apercevez vous un géant ? Vérifiez d’abord la position du soleil et prenez garde que ce ne soit l’ombre d’un pygmée.» 75 (Cf. Admirer)

Penser (Personne) : Personne ne pense pour personne. Ou : Nul-le ne doit penser pour autrui.
* Ajout. 10 juin 2015. Entendu une responsable d’association se présentant comme féministe parler d’«éduquer les jeunes à la responsabilisation» et de «donner des clés de compréhension en matière d’égalité hommes/femmes». Que d’égotismes, de prétentions, de régressions…

Penser (Penseur / penseuse) : Peut être considéré comme tel/le, celui /celle qui, y compris bien sûr, opposé-e à vos propres pensées, vous permet de mieux le/la critiquer, tout en vous donnant les outils utiles, nécessaires à votre [auto]-critique. Nul-le n’est, tant s’en faut ! pour cela, besoin d’être [considéré-e comme] philosophe. À l’inverse, s’en prévaloir, délégitime d’emblée celui / celle qui se présente (ou qui accepte d’être présenté-e) comme tel-le.
* Laisser venir à soi les pensées des autres…(Cf. Être humain. Soi, «Sciences» sociales, Méthode. Abécédaire)

Penser (Ponge Francis) : Ponge Francis [1899-1988], poète, auteur de : «À bas le mérite intellectuel» (1937) et de : «On dit tant de bêtises. […]» 76

Penser (Politique. Saint Simon) : Saint Simon [1760-1825], auteur de : «Les grandes pensées sont le résultat des grandes fermentations politiques.» L’inverse étant juste aussi…77

Penser (Pour ou contre) : Opposer le pour et le contre interdit de penser le pourquoi et le comment, a fortiori le vrai et le juste…à justifier, bien sûr, c’est à dire à expliciter le socle qui justifie ce qui est considéré comme tel. Qui peut et doit évoluer… (Cf. Penser. Commentaire)

Penser (Préalable) : Avant de critiquer le dolorisme, comprendre la douleur.

Penser (Prémisses) : Si les prémisses sont fausses, tout ce qui en découle l’est aussi. Il ne sert donc à rien, ou du moins, pas à grand chose, de se battre contre des conséquences…Lapalissade ? Néanmoins, une conséquence à en tirer : si l’analyse du monde doit nécessairement préalablement prendre en compte ses fondements patriarcaux, que reste t-il des analyses qui en font fi ? (Cf. Patriarcat)

Penser (Projet) : Avoir un projet sans savoir où l’on va(Cf. Abécédaire)

Penser (Prolongement de soi) : Être sensible au moment où l’on se sent se prolonger soi-même, et ce d’autant plus que cela relève rarement d’une volonté consciente. (Cf. Être humain. Soi)

Penser (Question) : Un journaliste américain, concernant la politique extérieure de Donald Trump, après avoir affirmé : «Je suis content que ce soit lui qui s'occupe de gérer la situation en Corée du Nord. […] Je veux éviter une guerre nucléaire, et j'ose espérer que le président des Etats unis nous entraine dans le bon sens», poursuit en déclarant à Michael Moore, invité à s’exprimer : «Comment même peut on penser l'inverse ?» 78

Penser (Questions) : À contraintes données, nul-le n’est tenue-e de répondre aux questions posées. Mais, n’est ce pas la norme de l’impensé des médias ? (Cf. Politique. État)

Penser (Raison) : Il dénommait «vote de raison» : l’«alliance des réformistes». 79 (Cf. Politique. Démocratie)

Penser (Rapports de domination) : Aucun rapport de domination ne peut se justifier par un supposé monstrueux «consentement» à la domination. Concernant la patriarcat, le dit consentement est souvent mis en relation avec des «gratifications» qui serait «reçues en échange». On lit alors «jouissance», «désir», «amour», «identification». Mais d’autres termes en dévoilent la fausseté : on lit aussi, dans des contextes différents : «soulagement», «résignation», «complicité», «ratification», «sujétion», «sécurité», «soumission», «protection», «pactisation», «reproduction»… 80 Plus fondamentalement il n’est conceptuellement pas pensable de comparer des «systèmes de dominations» et un être humain singulier…encore plus complexe que comparer «Dieu» [pour ceux et celles qui y croient] et soi…(Cf. Homme. «Intellectuel». Godelier Maurice, Politique. Consentement)

Penser (Réalisme. Denis Marie) : Marie Denis [1920-2006], auteure de : «Il faudra pourtant qu’un jour l’humanité remette en question son image du réel. Il faudra qu’elle cesse de se donner des lois qui la paralysent. Et qu’oubliant statistiques et coefficients, elle s’invente un monde selon son cœur.» 81

Penser (Réalisme. Rouart Jean-Marie) : Jean-Marie Rouart (de l’Académie française), auteur de : «Penser en dehors du réalisme, c’est penser inutilement.» 82 Pourrait être la pensée du libéralisme.

Penser (Réfléchir. Bernis cardinal de) : Le cardinal de Bernis [1715-1794], auteur de : «Le caractère distinctif de mon esprit a donc été la réflexion ; j’ai réfléchi aussitôt que j’ai pensé.» 83 Le distinguo fait réfléchir.

Penser (Religion) : Cornelius Castoriadis [1922-1997], auteur de : «Toute transcendance au sens religieux est une création imaginaire des humains.» 84
Il est des analyses qui, en allant d’emblée à l’essentiel, font gagner beaucoup de temps…
* Ajout. 4 avril 2017. Un complément : Pierre Corneille [1606-1684], auteur de : «Le ciel sur nos souhaits ne règle pas les choses». 85

Penser (Rire) : Je ne désire rire ni de l’autre, ni du monde, ni de moi. Je peux rire seule ou avec…

Penser (Savoir) : Penser c’est comprendre ce que l’on sait sans savoir qu’on le sait parce que tout a été fait pour qu’on ne le comprenne pas. (clair ?)

Penser (Sentiments) : À marteler que les «bons sentiments» font [de] la mauvaise littérature, que pensez vous qu’il advint ?

Penser (Serge Victor) : Victor Serge [1890-1947], auteur, en 1943, de : «Ne pas chercher à ‘être personnel’ : c’est le dernier moyen de l’être. Une dame me dit : ‘Je tiens que ce genre d’art ne vaut rien, etc.. Je pense que…’ J’ai envie de lui répondre : ‘C’est très bien que vous pensiez, Madame, mais il serait plus important de penser juste. Car ce n’est pas votre pensée - en admettent que ce soit de la pensée - qui vaut à cause de vous, mais vous qui devez valoir par votre pensée. En toutes choses, il y a une vérité qui ne nous est nullement personnelle, qui exprime des nécessités indépendantes de nous et c’est cela qu’il faut pénétrer, comprendre pour se prononcer ensuite. Les petits partis pris des uns et des autres n’ont rien à voir avec cette réalité-vérité impersonnelle.». 86 Quelle grande intelligence, émanant d’un homme qui a tant vécu et tant compris…

Penser (Suivisme. Sartre Jean-Paul) : Jean-Paul Sartre [1905-1980], auteur de : […] «au moment où je croyais qu’il me montrait la route (Jdanov [1896-1948]…), je me suis aperçu qu’il s’égarait.» […]. 87 Ne suivre la route de personne…

Penser (Théorie) (1) : Une théorie : souvent, une arme massive de protection [de soi]. Mais aussi, un bâton d’aide à la marche, une béquille, voire une canne blanche [pour aveugles et mal voyants]. Une prothèse ?

Penser (Théorie) (2) : Benjamin Constant [1767-1830], auteur de : «[…] La théorie n’est le plus souvent que l’explication de l’apologie d’une pratique qu’on n’avoue pas ; c’est comme la poétique dont chaque auteur de tragédie fait précéder son poème ; il cherche à faire des règles générales pour motiver [cacher ?] ses défauts particuliers.» 88 Pertinent…

Penser (Trump Donald) : Donald Trump, après avoir élu à la Présidence des Etats-Unis et prêté serment sur deux Bibles - présentés à lui par son épouse - auteur de : «Le temps des paroles creuses est fini.» («The time for empty talk is over.») 89 Grave, si grave, fait froid dans le dos, terrifiant…

Penser (Universalisme) : Récuser, exclure a priori toute idée, toute pensée, toute revendication de, toute aspiration à l’universalisme, sauf à reprendre des truismes, souvent nationalistes par ailleurs. En écrivant cela, je m’étonne de l’évidence - pour moi, du moins - de cette assertion. Une précaution (nécessaire ?) : Le relativisme n’est pas le contraire de l’universalisme. (Poursuivre)

Penser (Valeur) : Nécessité de - d’emblée - différencier toute pensée de la valeur (indissociable de celle de dignité) des êtres humains de celle relatives aux choses, aux biens, aux marchandise, à la monnaie, aux animaux, à la nature. Et établir entre les deux approches un mur infranchissable. (Cf. Politique. Libéralisme. Critique, «Sciences» sociales. Économie)

Penser (Vivre) : Ce qui n’est pas vécu, ce qui exige de refouler ses émotions, ses colères, ses intuitions, ses assurances, ses contradictions, ne peut être pensé. Tout refoulement est perpétuation et caution du monde, délesté de toute possibilité de sa critique. (Cf. Hommes. Pervers narcissiques, «Sciences» sociales. Psychanalyse)

Penser (Yourcenar Marguerite) : Marguerite Yourcenar [1903-1987], auteure de : «[…] Agir et penser comme tout le monde n’est jamais une recommandation ; ce n’est pas toujours une excuse. À chaque époque, il est des gens qui ne pensent pas comme tout le monde, c’est-à-dire qui ne pensent pas comme ceux qui ne pensent pas.» 90 Sévère…

Penser (Vinci Léonard de) : Léonard de Vinci [1452-1519], auteur de : «Rien ne peut être inscrit comme étant le résultat de recherches nouvelles.» 91 Utile, afin d’éviter d’accorder une importance indue à ses propres recherches.

Penser (Wittgenstein Ludwig) : Ludwig Wittgenstein [1889-1951], auteur de : «La pensée contient la possibilité de la situation qu’elle pense. Ce qui est pensable est également possible.» 92 Fondamental.
* Ajout. 4 avril 2014. À penser avec : «Ce qui est pensé est pensable. Ce qui est pensé est.» [Parménide] 93

V. Penser. Liberté :

Penser (Liberté) (1): Tout manque à qui manque de liberté. Assertion ontologique, grandiloquente, présomptueuse, vaine donc (au mieux), certes. Et pourtant, je ne peux l’enlever. Je la maintiens donc, dans l’attente…
* Ajout. 30 avril 2014. Et si ce commentaire révélait tout simplement l’inanité des ‘grands mots’ dont l’emploi a satiété, par accumulations, par sédimentations successives, par exclusions incessantes de leurs contradictions, sclérosent toute pensée que d’emblée, ils étouffent ?

Penser (Liberté) (2) : Toute référence à la «liberté» d’une personne qui ne se précise pas : «à contraintes données» ne peut que cautionner les dites contraintes.

Penser (Liberté) (3) : En d’autres termes, plus clairs : à contraintes données, non contestées, tout - absolument tout - est justifiable. [Après avoir lu un ‘argument’ censé être fondé sur celui «du moindre mal».]

Penser (Liberté. Besse François) : François Besse - auto-qualifié de «bandit d’honneur» - lors du procès d’Assises le 5 juin 2002, auteur de : «Le libre arbitre est une illusion. Quand les évènements extérieurs sont les plus forts, le peu que vous avez en vous est submergé94 (Cf. Justice. Procès)

Penser (Liberté. Cassez Florence) : Florence Cassez, auteure (après sept ans de prison au Mexique) de : «Je ne me suis jamais battue pour ma liberté [...] Mon combat, toujours été le même : mon innocence.» La distinction est d’importance. 95
* Ajout. 27 janvier 2015. Florence Cassez «a entamé une action en justice pour obtenir des dommages et intérêts d'un montant de 36 millions de dollars». 96 (Cf. Justice)

Penser (Liberté. France Culture) : Le 4 mai 2017, au matin, sur le site de France Culture, une annonce s’affichait pleine page (dont la taille fut réduite en fin de journée) : «France culture. Mort de Ruwen Ogien, penseur de la liberté».
- France culture prostitue «la liberté». (Cf. Culture. Proxénétisme)
* Ajout. 18 mai 2017. Le Monde pour sa part qui le présente comme «Philosophe» écrit : «Il proposait une réflexion ouverte et radicale sur la liberté
- De l’art de cautionner sans avoir à prendre position…. 97

Penser (Liberté. Malraux Clara) : Clara Malraux [1897-1982] rapporte lors du Congrès international des écrivains pour la défense de la culture à Paris, en juin 1935, une discussion qu’elle eut avec Waldo Franck 1889-1967] : «Au cours d’un repas où nous fûmes voisins, je lui dit mon angoisse concernant l’Allemagne, le peu d’intérêt que le fascisme suscitait en URSS, mes doutes sur la communisme dans un seul pays. Dès que nous fûmes seuls, André [Malraux] me dit : ‘Pourquoi avez vous tenu des propose trotskistes à Waldo Franck, ce qui était de la provocation envers moi ?’ Je ne m’étais pas rendue compte que mes propos étaient trotskystes, je ne savais même pas que Waldo Franck - dont j’aimais les livres - l’était. Mais surtout, je ne savais pas que je possédais plus le droit de m’exprimer selon moi-même.» 98 (Cf. Politique. Provocation, Patriarcat)
- De l’essentiel, toujours efficacement caché….

Penser (Liberté. Stirner Max) : Max Stirner [1806-1856], auteur de : «La liberté vous dit seulement : ‘Libérez-vous, délivrez-vous de tout ce qui vous est à charge !’. Elle ne vous apprend pas qui vous êtes vous-même.» 99 Puissant. (Cf. «Sciences» sociales. Psychanalyse)

Penser (Liberté. Varnhagen Rahel) : Rahel Varnhagen [1771-1833], auteure, dans son Journal, en 1825, de : «La liberté n’est que ce dont nous avons besoin pour pouvoir devenir ce qu’au fond nous devrions être et pour avoir ce qu’au fond nous devrions avoir… À cette considération se rattache aussitôt celle qui constitue la fondement de tous les mensonges. Le manque essentiel de liberté consiste dans la défense de dire ce que l’on souhaite et ce qui nous fait défaut. […]» 100 (Cf. Culture, Pensée (Varnhagen Rahel)

Penser (Liberté. Vaujour Michel) : Michel Vaujour, auteur [après 27 ans de prison, dont 17 à l’isolement] de : «Ne me libérez pas, je m’en charge.» Souvent repris, à juste titre. et sans doute lui-même l’avait-il repris…
* Ajout. 16 octobre 2015. À découvrir cette revendication, le 14 octobre 2015, affichée par la manifestation de ceux et celles qui s’intitulent «sex workers», je comprends mieux comment cette phrase - qui m’avait si fort marquée lorsqu’entendue exprimée par Michel Vaujour - peut être utilisée pour justifier tout et n’importe quoi. Concernant son interprétation, tout dépend - pour qui la reprend à son compte - de qui l’exprime, dans quelle conjoncture, avec quelle finalité.

Penser (Liberté. Expression d’) : Si la liberté d’expression est posée en postulat, si elle est considérée comme devant être garantie, si elle est l’archétype de tous les «droits», et donc au fondement du «Droit», elle fait potentiellement de chaque être humain un démiurge et détruit toute idée du Politique.
- À propos, quelle est la différence avec la «liberté d’opinion» ?

Penser (Liberté. Presse (de la) (1) : Terme valable, y compris pour la presse possédée par les marchands de canons et les banquiers ? Par les États (totalitaires ou non) ? Par l’argent tout simplement, alors que la presse est par ailleurs si injustement subventionnée [ou non] par l’État, par les entreprises, puisque, en l’état, elle ne peut vivre sans publicité ? Dans ces hypothèses, qu’en est il de la liberté des journalistes eu égard à leurs propriétaires de patrons, si l’on exclue la possibilité individuelle de faire appel à ‘la clause de conscience’? À n’aborder abstraitement que «la liberté de la presse», on omet tout simplement sa contradiction avec le droit de propriété des médias. Qu’en est-il par ailleurs de la liberté des citoyen-nes confronté-es quotidiennement à des infléchissements, de inversions, des dénis de sens, des mensonges émanant de la presse ? (Cf. Politique. Liberté d’expression, Pornographie)

Penser (Liberté. Presse (de la) (2) : C’est notamment, en appel, en 1949, au nom de «la liberté de la presse», que Me André Wurmser [1899-1984] tentera de justifier les accusations à l’encontre de Kravtchenko, telles qu’elles furent exprimées par les Lettres françaises, journal communiste, dans lequel fut publié l’article : Comment fut fabriqué Kravtchenko. 101

VI. Penser. Morale :

Penser (Morale) (1) : Il y a des morales individuelle-s, familiale-s, religieuses…mais il y a aussi impossibilité de penser une morale qui ferait fi du monde. (Poursuivre)

Penser (Morale) (2) : Sans morale (à définir), rien n’est acceptable ; c’est de cette contradiction indépassable à faire converger morale et politique que meurent les civilisations. (Cf. Féminisme. Morale)

Penser (Morale) (3) : Le mot d'ordre des corrompu-es de tous acabits : «Que l'on cesse de confondre morale et politique !» ; «Il ne faut pas confondre le droit et la morale» [entendu le 22 mai 2014], etc.. Dans le même sens : «La vertu, cette catastrophe...» (Cf. Mœurs, Patriarcat, Robespierre, Vie-dite-privée)

Penser (Morale) (4) : S’affirmer «moraliste» et détester «la morale» : un beau projet, nécessaire, ambitieux, difficile.

Penser (Morale. Antonyme) : Le contraire de la morale, ce n’est pas l’immoralité ou l’immoralisme, c’est le rapport de forces. (Cf. Féminisme. Morale, Proxénétisme)

Penser (Morale. Aspiration à la) : Juger toute morale (philosophie, politique...) à l’aune dont celui/celle qui la défend ou la critique la vit effectivement - sans l’y réduire - donnerait à la morale (à la philosophie, la politique...) beaucoup d’air. (Cf. Cri du cœur, Vie-dite-privée)

Penser (Morale. Beccaria Cesare) : Beccaria [1738-1794], auteur, dans son Traité des délits et des peines, de : «[…] Cette opposition entre les lois fondamentales de la société et de la famille est une source abondante d’autres contradictions entre la morale publique et la morale domestique et engendre un conflit perpétuel dans l’âme de chaque homme. La morale domestique inspire la soumission et la crainte, l’autre le courage et la liberté : la première enseigne à restreindre le dévouement à un petit nombre de personnes qu’on n’a même pas choisies, la seconde à l’étendre à toutes les classes d’hommes ; l’une exige le sacrifice continuel à une vaine idole qu’on appelle le bien de la famille qui n’est souvent le bien d’aucun de ses membres, l’autre conseille de suivre son intérêt sans contrevenir aux lois, mais peut inciter l’homme à s’immoler pour la patrie, en le récompensant par l’enthousiasme qui précède l’actions. De telles contradictions dégoutent les hommes de suivre la vertu, à cause de l’obscurité qui enveloppe les idées morales comme les objets passés. […]» Pourquoi les analystes, les thuriféraires de Beccaria, enfermé dans le droit, n’ont ils pas relevé l’importance de cette analyse ? (Cf. Contraires, Hommes, Patriarcat, Vérité, Vie-dite-privée…) 102

Penser (Morale. Codes d’éthique) : Chacun-e y met ce qu’il veut. Et chacun-e est censé-e être satisfait-e de l’avancée. Se substitue progressivement et efficacement à toute référence à la loi, qu’elle peut ainsi modeler lorsque nécessaire.
* Ajout. 16 octobre 2014. J’apprends que l’armée israélienne a un «code d’éthique» depuis le milieu des années 90. L’exemple se suffit à lui-même : toute critique du terme est dès lors inutile. 103

Penser (Morale. Condorcet) : Condorcet [1743-1794], auteur de : «Quiconque a réfléchi sur l’histoire de la morale n’a pu s’empêcher de remarquer que l’honnêteté ne consiste, dans chaque nation, qu’à ne pas faire, même en étant sûr du secret, ce qui serait déshonorant s’il était connu du public104 (Cf. Vie-dite-privée)
Si Condorcet avait pu dire vrai…

Penser (Morale. Critique) : Ce qui est criminel dans les incessantes attaques contre «la morale» - sans vergogne, assimilée au «moralisme» - c’est que la nécessaire recherche par chacun-e de sa propre morale, de ses propres valeurs et donc de ses propres idées est, elle aussi, déconsidérée. Que reste t-il alors ? (Cf. Féminisme. Morale)

Penser (Morale. D’Agoult Marie) : Marie d’Agoult [1805-1865], auteure, dans une lettre du 15 janvier 1836 à George Sand, de : «[…] La morale publique […] se compose de quelques millions d’immoralités individuelles formant une morale publique d’après le même principe que veut que deux négations valent une affirmation. Convenu que l’on protestera en pensées paroles et actions contre ladite morale publique…» 105

Penser (Morale. Féminisme) : Tant que la pensée de la nécessité morale personnelle et publique ne prendra pas la place première qui doit être la sienne, le féminisme (au singulier comme au pluriel) continuera d’être gangréné par ceux et celles qui utilisent ce terme pour justifier libéralisme, proxénétisme, pornographie, patriarcat…
* À cet égard, la responsabilité de la recherche (en «sciences» humaines notamment) est immense. Et l’une des questions majeures que je me pose est la suivante : par quels processus la recherche a t-elle si aisément et en si peu de temps été en mesure de justifier libéralisme, proxénétisme, pornographie, patriarcat ? Et ce, soit au nom du féminisme, soit de l’antiféminisme, l’emploi du terme de «genre» dissolvant la différence entre les deux. Les chercheurs-euses, les enseignant-es n’ont-ils/elles aucun «cas de conscience» moraux qui mériteraient d’être publiquement posés aux «sciences» sociales, telles que pratiquées, financées ? Et pourquoi les entendons-nous si peu ? (Cf. «Sciences» sociales. France. XXème siècle)

Penser (Morale. Gandhi) : Gandhi [1869-1948], dans son autobiographie, auteur de : «La morale est le fondement de tout et la vérité est le fondement de la morale106 Il est des analyses qui prennent de la valeur du fait de la valeur de celui/celle qui les énoncent. (Cf. Relations entre êtres humains. Engagement)

Penser (Morale. Justice) : Sans morale, la justice est impensable. Sans justice, aucune société n’est possible. (Cf. Justice)

Penser (Morale. Kant) : Emmanuel Kant [1724-1804] est souvent évoqué, me semble t-il, dans les débats dits «de fond», cité, pour intimider. Il m’est apparu qu’un moyen fort efficient de faire cesser le poids de cet argument est de questionner la personne qui l’invoque de la /la questionner sur la signification et les fondements de l’«’impératif moral catégorique» Kantien. Et, alors récuser cet argument d’autorité et simplement parler de «morale». Et donc la définir. Autrement plus difficile que de faire appel à une citation.

Penser (Morale. Moraliste) : Être qualifié-e de «moraliste» est censé être la preuve irréfragable de la stupidité d’une personne, qualificatif qui, en sus, adressée à une féministe, devient une injure. Ladite ‘critique’ a le grand avantage d’exonérer la personne qui en est l’auteur-e de toute réflexion la concernant. ‘Jugement’ particulièrement prisée par les défenseurs-euses du système proxénète, qui - sans en avoir le monopole - peuvent sans excès d’inquiétudes, considérer toute idée même de morale comme un vieil oripeau démodé. Le vent tourne. (Cf. Féminisme. Morale, Injure, Proxénétisme)

Penser (Morale. Novalis) : Novalis [1772-1801], auteur de : «[…] La morale ne dit rigoureusement rien de déterminé. Elle est la conscience - juge pur sans nulle loi. Elle oblige immédiatement, mais toujours isolément, individuellement. Elle est résolution intégrale ; rigoureusement exacte et droite représentation de la conscience. Les lois sont l’opposé absolu de la morale.»107 (Cf. Politique. Lois)

Penser (Morale. Patriarcat) : Dans le processus en cours de la reconstruction d’une morale, d’un éthique politique, nécessairement mondiale, la nouveauté - historique - est que la prise en compte - centrale - de la critique anti-patriarcale ne peut plus être évacuée. (Cf. Hommes. «Politiques». France. XXème siècle, Patriarcat, Vie - dite - privée)

Penser (Morale. Richesse) : Et si l’un des phénomènes le plus notable de notre époque était que la richesse - et le pouvoir, qui en règle générale l’accompagne - ne jouissait plus d’estime [morale] ? Qui plus est, la richesse n’étant plus porteuse ni de signification, ni de sens, ni de mérite, ni d’une quelconque culture, aléatoire qui plus est, n’est-elle pas - heureusement - devenue l’incarnation de l’injustice du monde ? Le fait que l’image que notre société tente de donner d’elle-même soit aux antipodes de cette analyse, le fait qu’elle ne cesse avec un acharnement suspect de tenter de nous assurer du contraire, plaiderait en ce sens. (Cf. «Sciences» sociales. Économie)

Penser (Morale. Soi) : La morale, ce n’est pas porter un jugement sur d’autres [«faire la morale»] ; c’est réfléchir, poser, en soi, pour soi, pour le monde, les critères selon lesquels des jugements peuvent être posés. C’est expliciter les fondements de ses propres jugements, ce qui exige que l’on s’autorise préalablement à porter le dit jugement, que l’on se reconnaisse donc une valeur qui le légitime. Ce qui n’implique rien en termes de leur validité…. (Cf. Êtres humains. Soi)

Penser (Morale. Staël Madame de) : Madame de Staël [1766-1817], dans ses Considérations sur la révolution française, auteure de : «Les fautes causées par la passion dénotent assez souvent des facultés distinguées ; mais la corruption et l’intrigue tiennent à un genre de médiocrité qui ne permet d’être utile à rien qu’à soi-même. On serait plus près de la vérité en considérant comme incapable des affaires publiques un homme qui a consacré sa vie au ménagement artificieux des circonstances et des personnes108
- Quel bonheur de lire une analyse si claire, si fondamentale, si définitive ! (Cf. Homme. Intellectuel. France, Politique)

Penser (Morale. Vérité. Bloch Marc) : Marc Bloch [1886-1944], dans son Testament spirituel rédigé en 1941, auteur de : «Je tiens la complaisance envers le mensonge, de quelques prétextes qu’elle puisse se parer, pour la pire lèpre de l’âme.» 109 (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Complaisance)

Penser (Morale. Weber Max) : Première exigence de toute morale (à reconstruire) : dénoncer la distinction faite par Max Weber [1864-1920] dans Le savant et le politique entre «l’éthique de responsabilité» et «l’éthique de conviction» dont l’une des conclusions est : «Il n’existe aucune éthique au monde qui puisse négliger ceci : pour atteindre des fins ‘bonnes’, nous sommes la plupart du temps obligés de compter avec, d’une part des moyens moralement malhonnêtes ou pour le moins dangereux, et d’autre part la possibilité ou encore l’éventualité de conséquences fâcheuses.» 110

VII. Penser (Obéir) :

Penser (Obéir) (1) : Ouvrir dès le plus jeune âge les débats sur les fondements de l’obéissance et donc sur les valeurs qui légitiment ou non sa nécessité, afin de clarifier, le plus tôt possible, les distinctions entre il-légalisme, in-justice, im-moralité, il-légitimité… (Cf. Êtres humains. Enfants. Obéir)

Penser (Obéir) (2) : Pour mieux élargir et approfondir la réflexion sur l’obéissance, et sur sa nécessité au sein de tous les rapports de domination (et donc sur leurs fondements spécifiques en fonction de leur propres logiques), penser la question - concrètement - entre supposés égaux.

Penser (Obéir) (3) : Les multiples manifestations de l’obéissance progressivement à nous tous et toutes imposées dans la cadre des rapports de domination contribuent, du seul fait de leur nombre, à la naturalisation de l’idée même de domination. (Cf. Politique, Patriarcat)

Penser (Obéir. David-Neel (Alexandra) : Alexandra David-Neel [1868-1969], auteure de : «L’obéissance, c’est la mort. Chaque instant dans lequel l’homme se soumet à une volonté étrangère est un instant retranché de sa vie.» 111

Penser (Obéir. Diderot) : [1713-1784] Diderot, auteur de : «Rien n’est plus difficile que de se défaire de l’habitude de commander, si ce n’est celle d’obéir […].» 112

Penser (Obéir. Hœss Rudolf) : Rudolf Hœss [1900-1947] au docteur Gilbert, psychiatre de la prison de Nuremberg, auteur de : «Il est certain que ce n’était pas un plaisir de voir ces amoncellements de cadavres et de sentir l’odeur des fours…Mais Himmler l’avait ordonné et je n’avais pas à me demander si c’était juste ou non. […] La pensée de désobéir à un ordre ne pouvait même pas venir à l’esprit. Quel qu’ait été cet ordre... Vous ne pouvez pas comprendre notre monde à nous… Je devais obéir et j’en dois subir les conséquences.» 113

Penser (Obéir. Sénèque) : Sénèque [4 avant J-C-65 après J.C], auteur de : «Quiconque se plaint, pleure et gémit, est contraint d’agir d’après la force qui le commande et se trouve entraîné malgré lui à l’obéissance.» 114 (Cf. Féminisme. Mariage. Article 213 du Code civil, Perte de temps, Résistance)

Penser (Obéir. Springsteen Bruce) : Bruce Springsteen (chanteur américain), auteur de : […] «Quand ils m'ont dit : ‘assieds-toi’…Je me suis levé. » 115 (Cf. Femme. Remarquable. Parks Rosa)

Penser (Obéir. Stein Édith) : Édith Stein [1891-1943], concernant ses relations avec Husserl [1859-1938] – «le Maitre» - dont elle était l’assistante, auteure, en 1918, de : «Dans le fond, c’est l’idée de me tenir à la disposition de quelqu’un que je ne peux supporter. Je peux me mettre au service d’une cause et rendre à quelqu’un toutes sortes de services par amour, mais me tenir que service de quelqu’un, en un mot obéir, je ne le peux pas. Et si Husserl ne s’habitue pas à me traiter comme une collaboratrice en pratique - c’est ainsi que j’ai toujours considéré notre relation et lui aussi, en théorie - alors nous devrons nous séparer.» 116
Elle quitta effectivement son poste auprès de lui, sans que leurs relations ne cesseront pour autant. (Cf. Femme. Remarquable)

Penser (Obéir. Non) : Pour savoir / pouvoir / apprendre à dire «non», il faut d’abord tenter de comprendre pourquoi et comment on nous appris à obéir si aisément à une simple demande, à céder à l’injonction si souvent même anticipée, car si profondément intériorisée.
Un souvenir marquant : Lors d’un procès, le geste de la main d’un avocat (à l’époque, années 80, responsable de La Ligue des droits de l’homme), à sa consœur par ailleurs féministe, en haut des marches d’un palais de Justice signifiant qu’il voulait lui parler et attendant qu’elle monte le rejoindre. Ce qu’elle fit.

VIII. Penser. Principe :

Penser (Principe. Cicéron) : Cicéron [106 avant J.C-43 avant J.C], auteur de : «Je ne m’attache pas à une infinité de questions ; je me borne à considérer la question des principes dont toutes les choses sont formées.» 117 Belle ambition, louable méthode…(Cf. Penser. Cause, Méthode, Réalisme, Question)

Penser (Principe) (1) : Comment reconnaître les principes politiques gangrenés par les intérêts de ceux qui le défendent ? Les lier avec ceux qui s’en réclament est un bon début…

Penser (Principe) (2) : Rien n’est possible sans principe, à charge pour celui/celle qui s’en prévaut de l’expliciter. Ce qui pose problème, et n’est pas acceptable, ce n’est pas leur rigidité (définie par qui ?), mais l’affirmation de leur exclusivité et leur prétention à s’imposer à d’autres que soi comme la norme.

Penser (Principe ) (3) : Un principe ne vaut que par sa définition.

Penser (Principe) (4) : Un principe n’a pas de cause ; il a des conséquences.

Penser (Principe non contestable) : Dès lors qu’un principe est posé et affirmé, «le combat pour l’imposer» ne peut, au nom du ‘réalisme’, le contredire. Où alors les raisons qui ont exigé qu’il soit récusé doivent être, si elles sont possibles, affirmées.
Condorcet, notamment dans ses Réflexions sur l’esclavage des Nègres 118, est un excellent exemple des contradictions entre l’affirmation d’un principe et la volonté de leur auteur de vouloir mettre en œuvre ici «par degrés» (Cf. Chapitre IX) le processus qui, politiquement, y mènerait, sur le déni donc dudit principe.
- Vrai aujourd’hui pour tant d’analyses - toutes ? - présentées comme devant ‘abolir la prostitution’… (Cf. Politique. Morale. Opposition, Proxénétisme. Abolitionnisme)

Penser (Principe. Constant Benjamin) (1) : Benjamin Constant [1767-1830], auteur notamment de [mais c’est tout le chapitre VIII de son livre, Des réactions politiques qu’il faut lire] : «Un principe, reconnu vrai, ne doit donc jamais être abandonné, quels que soient ses dangers apparents. Il doit être décrit, défini, combiné avec tous les principes circonvoisins, jusqu'à ce qu'on ait trouvé le moyen de remédier à ses inconvénients, et de l'appliquer comme il doit l'être. La doctrine opposée est absurde dans son essence et désastreuse dans ses effets. Elle est absurde, parce qu'elle prouve trop, et qu'en prouvant trop, elle se détruit elle-même. Dire que les principes abstraits ne sont que de vaines et inapplicables théories, c'est énoncer soi-même un principe abstrait. Car cette opinion n'est pas un fait particulier, mais un résultat général. C'est donc énoncer un principe abstrait contre les principes abstraits, et, par cela seul, frapper de nullité son propre principe. C'est tomber dans l'extravagance de ces sophistes de Grèce, qui doutaient de tout et finissaient par n'oser pas même affirmer leur doute. Outre cette absurdité, cette doctrine est désastreuse, parce qu'elle précipite inévitablement dans l'arbitraire le plus complet. Car, s'il n'y a pas de principes, il n'y a rien de fixe : il ne reste que des circonstances, et chacun est juge des circonstances. On marchera de circonstances en circonstances, sans que les réclamations puissent trouver même un point d'appui. Là où tout est vacillant, aucun point d'appui n'est possible. Le juste, l'injuste, le légitime, l'illégitime, n'existeront plus, car toutes ces choses ont pour bases les principes, et tombent avec eux. Il restera les passions qui pousseront à l'arbitraire, la mauvaise foi qui abusera de l'arbitraire, l'esprit de résistance qui cherchera à s'emparer de l'arbitraire, comme d'une arme pour devenir oppresseur à son tour : en un mot, l'arbitraire, ce tyran aussi redoutable pour ceux qu'il sert que pour ceux qu'il frappe, l'arbitraire régnera seul.» 119 (Cf. Politique. Morale)

Penser (Principe. Constant Benjamin) (2) : Benjamin Constant [1767-1830], auteur d’un magistral Cours de Politique constitutionnelle 120, a opéré sans doute le plus rapide reniement politique de l’histoire.
* Constant écrit fièrement le 11 mars 1815 un article (ou deux selon M. Gauchet) féroce contre Napoléon [1769-1821], publié 19 mars dans lequel on peut lire : «Je n'irai pas, misérable déserteur, me traîner d'un pouvoir à l'autre, couvrir l'infamie par le sophisme, et bégayer des paroles profanées pour racheter une existence honteuse». Mais, dans la nuit même, Napoléon de retour de l’Ile d’Elbe arrive à Paris et Louis XVIII abandonne la capitale. B. Constant s’enfuit en Vendée du 13 au 27 mars. Le 30 mars, il rencontre Napoléon et écrit le 4 avril 1815 «un article anonyme qui vaut ralliement». Il le rencontre à nouveau le 14, [«C’est un homme étonnant»], le 15, 18, 19 avril, et in fine rédige pour lui un projet de constitution. Le 20 avril 1814, il est nommé conseiller d’Etat. 121 Le 2 mai 1814, il écrit, sans gêne : «Il me faut d’ici au plus court temps possible un ouvrage politique qui rétablisses ma réputation et constate mes principes. 122»
* La Comtesse de Boigne fit un récit plus précis et plus féroce de celui de Marcel Gauchet sus évoqué. L’article où il annonçait son «hostilité éternelle à l’Empereur» fut imprimé dans Le Moniteur du 19 mars 1814. Constant fut «terrorisé» [du retour de Napoléon], se cacha, mais fut retrouvé par Fouché, «le lendemain» 123. Il lui annonça que l’Empereur voulait le voir «sur le champ.» [...] «L’empereur l’accoste de la mine la plus gracieuse, le fait asseoir et entame la conversation en lui assurant que l’expérience n’a pas été vaine pour lui. Pendant les longues veilles de l’Ile d’Elbe, il a beaucoup réfléchi à sa situation et aux besoins de l’époque ; évidemment les hommes réclament des institutions libérales. Le tort de son administration a été de trop négliger les publicistes comme Monsieur Constant. Il faut à l’Empire une constitution et il s’adresse à ses hautes lumières pour la rédiger. Benjamin passa en une demi heure de la crainte d’un cachot à la joie d’être appelé à faire le petit Solon et de voir s’accomplir le rêve de toute sa vie, pensa se trouver mal d’émotion. Il fut transporté d’admiration pour le grand Empereur qui rendait si amplement justice au mérite de Benjamin Constant. Et l’article de l’auteur du Moniteur du 19 était, le 22, Conseiller d’Etat et prôneur en titre de Bonaparte. […] Toutes ces variations l’avaient fait tomber dans un mépris universel», conclut-elle… 124 (Cf. Politique. Conciliation (...). Libéralisme)

Penser (Principe. Ozouf Mona) : Mona Ozouf, auteure, concernant le roman Delphine [1802] de Madame de Staël, auteure de : «Le drame de Delphine est d’avoir épousé un homme à préjugés. C’est du reste quelque chose qui résume les fictions de Madame de Staël : c’est que les femmes supérieures s’éprennent toujours d’hommes à principe…ou à préjugés…ce qui est la même chose.» 125

Penser (Principe. Rosanvallon Pierre) : Interrogé sur les «grands principes de la république» [«Laïcité», «Liberté», «Égalité»] et devant répondre à la question : «Au delà des mots, comment trouver des remèdes ?», Pierre Rosanvallon répondit : «Le problème, justement, ce n’est pas les grands principes, c’est de faire vivre les choses […].» Puis, interrogé sur «la non représentation des minorités», sur la non mise en œuvre par la gauche de «sa promesse fondamentale du vote des étrangers», il répondit : «La citoyenneté, elle n’est pas seulement un bulletin de vote ; elle est un statut. […]» 126 Peu rigoureux, ambigu ? Pour le moins…(Cf. Homme. «Intellectuel». France. XXIème siècle. Rosanvallon Pierre, Politique. Démocratie. Peuple (10))

Penser (Principe. Winock Michel) : Lu dans le Journal politique. 1958-1981 de Michel Winock, à la date du 23 octobre 1964 : «Sartre a refusé le prix Nobel de littérature qui lui était décerné : ‘Un écrivain ne doit pas de laisser transformer en institution’ a t-il déclaré. Une attitude qui ne manque pas de gueule. Mais il aurait pu empocher les millions du prix pour ses bonnes œuvres révolutionnaires. […]» 127

IX. Penser (Vérité) :

Penser (Vérité) (1) : Il y a plus de vérité politique dans le cri à la mort d’une vieille femme Ukrainienne du Donbass, dont la vie, dont l’environnement, dépend de tirs venant d’elle ne sait où, lancés par elle ne sait qui, et signifiant elle ne sait quoi, que dans toute ‘l’intelligence’ des ‘stratèges’. (Cf. Politique. Guerre)

Penser (Vérité) (2) : Entendu ce matin [29 mars 2017] : «C’est con de dire ça, mais c’est pas faux.»

Penser (Vérité. Berdiaev Nicola) : Nicola Berdiaev [1874-1948], auteur de : «Je croyais à la vérité que je cherchais.[…] » 128

Penser (Vérité. Bernanos Georges) : Georges Bernanos [1888-1948], dans le Journal d’un curé de campagne, auteur de : «Nos fautes cachées empoisonnent l’air que d’autres respirent […]» 129 Bien vu…

Penser (Vérité. Butler Samuel) : Samuel Butler [1774-1839], auteur (autour de 1890, mais publié en 1903) de : «[…] Il est non seulement permis, mais […] moral de la part de ceux qui prétendent être les gardiens et les dispensateurs par excellence de la vérité, et qui se font payer pour cela, d’organiser la conspiration du silence contre les choses dont la vérité apparaitrait immédiatement à tout investigateur désintéressé.» 130

Penser (Vérité. Constant Benjamin) (1) : Benjamin Constant [1767-1830] après avoir lu Xénophon [-430,-355 avant J.C], auteur de : «Il y a des traces de vanteries dans sa relation de la Marche des Dix mille et de l’exagération sur le rôle qu’il a joué. On remarque pourtant malgré lui que ce rôle était assez subalterne et de l’exagération sur le rôle que Cléarque [qui dirigea la retraite] y a joué, car on remarque, malgré lui, que ce rôle était assez subalterne, le général Lacédémonien le traitait fort cavalièrement.» Et Benjamin Constant en conclut justement : «La vérité est une chose bien puissante puisqu’elle se fait jour à travers tous les déguisements de l’amour-propre, dans un auteur qui a écrit il y a deux mille ans». 131 (Cf. Êtres humains. Cacher. Inutile de)

Penser (Vérité. Constant Benjamin) (2) : Benjamin Constant [1767-1830], auteur, à la suite d’un dîner, de : «Je jouais la comédie, mais je me suis aperçu que cela donnait du soupçon sur mon caractère de véracité, ce qui serait injuste, car on ne peut me contester d’être l’homme le plus vrai du monde.» 132

Penser (Vérité. D’Agoult Marie) : Marie d’Agoult (Daniel Stern) [1805-1876], auteure de : «[…] Pour une vérité qui se dit de siècle en siècle au monde, combien d’erreurs monstrueuses, absurdes, s’accréditent chaque jour ! Que de préjugés inqualifiables s’établissent ! Que de mensonges sociaux jouissent d’un droit de prescription et se couvrent, avec le temps, d’une rouille sacrée qui les rend en quelques sorte indestructibles !» 133 (Cf. Femme. Nom)

Penser (Vérité. Custine) : Astophle de Custine (Marquis de) [1790-1857], auteur de : «[…] Considérez que, dans l’ordre physique comme dans l’ordre moral, la vérité n’est qu’un assemblage de contrastes tellement criants, qu’on dirait que la nature et la société n’ont été créés que pour faire tenir ensemble des éléments qui, sans elles, devraient s’abhorrer et s’exclure…» 134
- Texte cité, moins pour l’argumentaire que pour dissuader de tout impérialisme de «la vérité».

Penser (Vérité. Descartes René) : René Descartes [1596-1650, dans le Discours de la méthode [1637], auteur de : «Ne recevoir jamais une chose pour vraie que je ne la connusse évidemment comme telle135 Exigence jamais dépassée.

Penser (Vérité. Fillon François) : François Fillon, mis en examen, auteur, le 1er mars 2017, de : «Je me rendrai à la convocation des juges. […] Je leur dirai ma vérité, qui est la vérité». 136 (Cf. Droit, Justice, Homme. «Politique»)
* Ajout. 15 mars 2017. Dix jours, après Brigitte Bardot [qui confirme par ailleurs qu’elle votera Front National] déclarait : «À part moi, je ne vois pas qui d’autre dit la vérité137
* Ajout. 30 mars 2017. François Fillon, sur RTL, auteur de : «Je vous le dis dans les yeux. Jamais les juges ne pourront démontrer que l’emploi de mon épouse était fictif. Jamais». 138 En toute cohérence avec sa conception de «la» vérité : la négation de l’idée même de «justice» (Cf. Justice)
* Ajout. 28 avril 2017. Luc Ferry, «philosophe», soutien affiché de François Fillon déclare que Mélenchon est «excellent dans le verbe sophistique radicalement indifférent à la vérité» 139…que Fillon, Bardot et lui considèrent légitime d’incarner…

Penser (Vérité. Gramsci Antonio) : Antonio Gramsci [1892-1937], auteur de : «J’ai toujours été d’avis que la vérité porte en soi son propre remède […]» 140 Profond.

Penser (Vérité. Grégoire Abbé) : L’abbé Grégoire [1750-1831] abolitionniste de l’esclavage, évoquant «quelques écrivains, quelques orateurs courtisans», auteur, en 1822, de : «Ont-ils émis un reproche trop mérité, une proposition courageuse ? Vite, ils s’efforcent de l’atténuer par des compliments, comme si la vérité n’était qu’un badinage.» 141

Penser (Vérité. Ferré Léo) : Une strophe de Léo Ferré [1916-1993] dans Les temps sont difficiles (mais à écouter pour lui conférer sa vérité) : «Pour faire face à la vérité / J'ai poussé jusqu'à la télé / Où l'on m'a dit ‘Vous demandez qui’ ? La vérité ? C'est pas ici !’ Les temps sont difficiles !

Penser (Vérité. Lessing Doris) : Doris Lessing [1729-1781], auteure de : «Ce n’est pas tant la vérité qui importe, que de garder l’incessant élan vers la vérité.» 142

Penser (Vérité. Malaurie Jean) : Jean Malaurie, auteur de : «J’ai voulu, pour être plus proche de la vérité, construire ma pensée.» Et c’est le même homme qui a aussi «pensé» la création de la merveilleuse collection «Terres Humaines» (Plon). 143

Penser (Vérité. Malraux André) : André Malraux [1901-1976], cité par Magdeleine Paz [1889-1973], le 25 juin 1935, lors du Congrès international des écrivains pour la défense de la culture : «Défense de la vérité. L’homme et les masses y ont droit… Je tiens la vérité pour une condition de santé intellectuelle et morale144 (Cf. Femme. Remarquable. Paz Magdeleine)

Penser (Vérité. Mill John Stuart) (1) : John Stuart Mill [1806-1873], auteur de : […] «C’est à peine si j’ai trouvé un être qui insista autant que moi pour examiner la défense de toutes les opinions, quelle que fut leur nouveauté ou leur ancienneté, convaincus que les erreurs elles-mêmes doivent reposer sur un substrat de vérité et qu’en tout état de cause, l’analyse de ce qui les rend vraisemblable profite à la vérité.» 145

Penser (Vérité. Mill John Stuart) (2) : Toujours Stuart Mill [1806-1873], en 1859, auteur de : […] «La vérité bénéficie encore plus des erreurs d’un homme qui, après les études et la préparation nécessaire, pense par lui-même, que des opinions vraies de ceux qui les détiennent uniquement parce qu’ils s’interdisent de penser. Non pas que la liberté de penser soit exclusivement nécessaire aux grands penseurs. Au contraire, elle est aussi indispensable - sinon plus indispensable - à l’homme du commun pour lui permettre d’atteindre la stature intellectuelle dont il est capable. Il y a eu de, et il y aura encore peut-être, de grands penseurs individuels dans une atmosphère générale de d’esclavage intellectuel. Mais, il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais dans une telle atmosphère de peuple intellectuellement actif.» 146

Penser (Vérité. Nietzsche Frédéric) : Frédéric Nietzsche [1844-1900] : «Lorsque nous plaçons la vérité sur la tête, nous ne nous apercevons généralement pas que notre tête, non plus, n’est pas placée là où elle devrait être.» 147 Facile ?

Penser (Vérité. Onfray Michel) : Michel Onfray, auteur en 2017 de : «Je préfère la vérité historique à la falsification hystérique et aux mythologies. […] Je suis un homme libre». 148 (Cf. Êtres humains. Soi, Penser. Liberté)

Penser (Vérité. Russier Gabrielle) : Gabrielle Russier [1937-1969], auteure de : «Peut être qu’on ne voudra jamais me croire - et c’est si souvent que je me révolte à l’idée d’être enfermée pour rien - mais l’essentiel est de porter la vérité en soi. Elle était, elle est si simple. Tellement simple que personne ne la voit. Comme toutes les choses belles et simples.» 149 (Cf. Justice)

Penser (Vérité. Sand George) (1) : George Sand [1804-1876] : «[…] Parce qu’une vérité, n’eût-elle vécu qu’un jour, prend son rang et son droit dans l’histoire.» 150

Penser (Vérité. Sand George) (2) : George Sand [1804-1876], encore, au terme de sa vie : «Nous sommes tous malades de vérités rentrées.» 151

Penser (Vérité. Schœlcher Victor) : Victor Schœlcher [1804-1893], auteur de : «Calomnier un propriétaire d’esclaves ! À quoi bon ? La vérité suffit et au delà.» 152 oui, mais la vérité du combat anti-esclavagiste. (Cf. Proxénétisme)

Penser (Vérité. Zinoviev Alexandre) : Alexandre Zinoviev, dans L’Avenir radieux, auteur de : «Ce que je prise [chez lui], ce n’est pas tant la vérité que sa révolte contre le mensonge et l’oppression.» 153

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Notes de bas de page

1 Fabienne Leloup, Maria Deraismes, riche, féministe et franc-maçonne. Michel De Maule. 300 p. 2015. p.250

2 Romain Rolland, Journal de Vézelay. 1938-1944. Bartillat. 1182p. 2012. p.282

3 Mémoires de Sarah Bernhardt, Ma double vie. Tome Deuxième. Dixième mille. Bibliothèque Charpentier. 283p. 1923. p.248

4 Michel Foucault, Dits et écrits. 1954-1988.II. 1976-1988. Quarto Gallimard. 1735 p. 2001. p.1538,1539

5 Jean-Paul Sartre, Matérialisme et révolution. Juin 1946. Repris dans Situations II. NRF. Gallimard. 474p. 2012. p.350

6 Site. Paris. Luttes. Info. 26 mai 2016

7 Georges Sorel, Réflexions sur la violence. Introduction. Lettre à Daniel Halévy. (Deuxième édition) Marcel Rivière et Cie. 412p. 1910. p.4,5

8 Karl Marx, Oeuvres choisies. Idées NRF. 373 p. 1963. Tome I (1849). p.24

9 Mirabeau. Discours. Folio. 338p.1973. p.229

10 France Culture. L’Esprit public. 8 janvier 2017

11 Nicola Berdiaev, Essai d’autobiographie spirituelle. Buchet-Chastel. 429p. 1979. p.28, 35, 36

12 Paul Léautaud, Entretiens avec Robert Mallet. NRF. Gallimard. 397p. 1951. p.73

13 Lisible sur le site «officiel» dédié à Charles Péguy. Mai 2017

14 Victor Hugo, William Shakespeare. In, Victor Hugo, Témoin de son siècle. J’ai lu. L’essentiel. 561p. 1962. p.463

15 Georges Solovieff, Rahel Varnhagen. Une révoltée féministe à l’époque romantique. Allemagne D’hier et d’aujourd’hui. L’Harmattan. 2000. 165p. p.55

16 Pour conférer à cet exercice son exactitude, je me suis depuis son tout début, interdite de retirer un quelconque item. J’ai en revanche, pu modifier certains d’entre eux, eu égard à l’évolution de ma réflexion.

17 Simone Weil, Dernières pensées. In, Œuvres. Quarto. Gallimard. 1277p. 1999. p.784

18 Le Monde, Attentat de Manchester : Un acte terroriste visant explicitement les femmes. 24 mai 2017

19 France Culture, La fabrique de l’histoire. Histoire du textile (2) Le temps des chemises, le temps d’une enquête. 23 mai 2017

20 Cesare Beccaria, Des délits et des peines. GF. Flammarion. 1991. 187p. p.109

21 Chaine Histoire. Emmanuel Berl. 1ère partie. Interview réalisé en 1971] 10 juillet 2016

22 Cornelius Castoriadis, Quelle démocratie ? I. Éditions du Sandre. 690p. 2013. p.92

23 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.76

24 Charles du Bos. Journal. 1921-1923. Éditions Corrêa. Paris. 412p. 1946. p.177

25 Paul Feyerabend, Contre la méthode. Esquisse d’une théorie anarchiste de la connaissance. Le Seuil. 350p. 1998. p.171

26 Jean Guéhenno, Journal des années noires (1940-1944). NRF. Gallimard. 346p. 1947. p.25

27 Jean Guéhenno, Journal des années noires (1940-1944). NRF. Gallimard. 346p. 1947. p.153

28 Hegel. Correspondance. I.1785-1812. Gallimard. NRF. 439p. 1962. p.229.

29 Victor Hugo, Choses vues.1849-1885. Folio Gallimard. 2010.1014p. 2010. p.185,184

30 Victor Hugo, Choses vues.1849-1885. Folio Gallimard. 2010.1014p. 2010. p. 765

31 Eva Joly, Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ? Folio. Documents. 269p. 2004. p.261

32 Keynes (John Maynard), Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie. 1936. Exergue du livre de Zeev Sternhell, Mario Sznajder, Maia Ashérie, Naissance de l’idéologie fasciste. Folio Histoire 556 p. 1994, p.11

33 France Culture. Les nuits de France Culture. Colette Magny. 8 décembre 2015

34 George Orwell. Une vie en lettres (Correspondance. 1903-1950). Agone. 666p. 2014. P.303

35 Radio Notre-Dame. Face aux Chrétiens. 23 décembre 2016

36 Virginia Wolf, 6 septembre 1939. In Journal d’un écrivain. 10/18. Tome 2. 1977. p.227

37 Lettre du 8 août 1953 à Maurice Lime, reproduite dans, Albert Camus, Écrits libertaires (1948-1960). Rassemblés et publiés par Lou Marin. 337p. 2013. p.284

38 Sigmund Freud, Lettres à Wilhelm Fleiss. 1897-1904. PUF. 763p. 2006. p.496

39 Séverine, En marche. H. Simonis Empis, Éditeur. 320 p.1896. p.82,83

40 George Sand, Correspondance. Garnier Flammarion. Tome 11ème. p.179

41 Alain, Les idées et les âges. Gallimard. 443p. 1927. p.264, 265, 266

42 In, Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. p.139

43 Nicola Berdiaev, Essai d’autobiographe spirituelle. Buchet-Chastel. 429p. 1979. p.67

44 Cornelius Castoriadis. Entretien. Radio suisse romande. 4 août 1996. Repris dans, Cornelius Castoriadis. Quelle démocratie ? II. Éditions du Sandre. 656p. 2013. p.623

45 Cornelius Castoriadis, Nature et valeur de l’égalité. Université de Genève. 1981. Repris dans, Domaines de l’homme. Les carrefours du labyrinthe. II. Seuil. 455p. 1986. p. 309

46 France Culture. Des racines et des ailes. 24 mai 2015

47 Cornelius Castoriadis. Entretien. Le Débat. Nov. Déc. 1989. Repris dans, Le monde morcelé. Points Essais. Éditions du Seuil. 348p. 2000. p.209

48 Michel Bakounine, La nature, cette totalité. In, Théorie générale de la révolution. Les nuits rouges. 383p. 2001. p.61.

49 Varlam Chalamov, Récits de la Kolyma. Editions Verdier. 1515 p. 2003. Préface. p. 8 et 9

50 Vauvenargues, [Auteur notamment de : «La servitude abaisse les hommes jusqu'à s'en faire aimer»], in Fragments. Cité dans, R.Thamin, Extraits de moralistes (XVII, XVIII, XIXème siècles). Hachette et Cie. 673 p. 1909. p.222

51 Raymond Aron, Histoire et politique, In, Revue de métaphysique et de morale, 1949.34 3-4. In, Aron, Penser la liberté, penser la démocratie. Quarto Gallimard. 1815p. 2005. p.525

52 Exergue de l’introduction du livre de David Cooper, Psychiatrie et antipsychiatrie. Points. Le Seuil. 187p. 1978. p.13

53 Mona Chasserio, Cœur de femme. De l’inexistence à l’existence. Mon engagement aux côtés des femmes de la rue. Louis Audibert. 224p. 2005. p.28

54 In, Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. p.173

55 Errico Malatesta, Sur Pierre Kropotkine. Souvenirs et critiques d’un de ses vieux amis. 1931. Traduit et publié par la Bibliothèque Libertaire. (Disponible sur internet)

56 Alain. Définitions. 1953 (Sur le net. Les Classiques des sciences sociales. Québec. p.70)

57 Maurice Nadeau, Journal en public. La Quinzaine littéraire. Maurice Nadeau. 317p. 2006. p.31

58 Raymond Aron. Mémoires. 50 ans de réflexion politique. Julliard. 778p. 1983. p.43

59 Léon Bloy, Lettres à sa fiancée. Éditions Stock. 142p. 1941. p.46 et 48

60 Bonnie Anderson, Les femmes de 1848 dans les États Allemands, in, Nouvelle Encyclopédie politique et historique des femmes (Sous la direction de Christine Fauré). Les Belles Lettres.1216 p. 2010. p.448

61 Michel Foucault, Dits et écrits. 1954-1988.II. 1976-1988. Quarto Gallimard. 1735 p. 2001. p.1587

62 Milton Friedman, dans la réédition de 1982 de : Le capitalisme et la liberté, Cité par par Naomi Klein, Pourquoi la droite aime les désastres. Los Angeles Times, 27 janvier 2008

63 Mikhaïl Gorbatchev, Mémoires. Éditions du Rocher. 941p. 1997. p. 311

64 Victor Hugo, Choses vues. 1849-1885. Folio. Gallimard. 1014p. 2010. p.525

65 Victor Hugo, Quatre-Vingt treize. Bibliothèque Lattès. 542p. 1988. p.200

66 André Breton, Manifestes du surréalisme. Idées. Gallimard. 188p. 1973. p.19

67 Maxime Gorki, Enfance. Présenté par Louis Guilloux. Le livre de poche. 447p. 1970. p.350 et 358

68 Astolphe de Custine, Lettres de Russie. Folio. 409p. 1975. p.272

69 Le Journal du Dimanche, «Il y a eu un trou d’air intellectuel, les médias y ont contribué». 9 octobre 2016

70 Cornelius Castoriadis, La démocratie Athénienne : fausses et vraies questions. Colloque tenu à Beaubourg le 27 mars 1992. Repris dans La Montée de l’insignifiance. Points. Essais. Editions du Seuil. 292p. 2007. p.231

71 Ryszard Kapuscinski, Le Shah. Flammarion. 241p. 2010. p. 66

72 Michel Foucault, Dits et écrits. 1954-1988.II. 1976-1988. Quarto Gallimard. 1735 p. 2001. p.371, 531 et 671. Cf. aussi. p.1140

73 Maurice Nadeau, Serviteur. Un itinéraire critique à travers livres et auteurs depuis 1945. Albin Michel. 423p. 2002. p.8

74 Cité dans L’introduction de Philippe Saltel, In, David Hume, Enquête sur les principes de la morale. GF. Flammarion. 346p. 1991. p.10

75 Novalis. Œuvres complètes. II. Les Fragments. NRF. Gallimard. 455p. 1975. p.282

76 Francis Ponge, Colloque de Cerisy. UGE. 10 /18. 435p. 1977. p.21 et 128

77 Comte de Saint-Simon, Écrits politiques et économiques. Anthologie critique par J. Gance. Agora les Classiques. 560 p. 2005. p. 216

78 Huffington Post International. Le regard acerbe de Michael Moore sur les 100 premiers jours de Trump. 29 avril 2017

79 France Culture, L’esprit public. 16 avril 19017

80 Cf. ,Françoise Collin, No man’s land : Réflexion sur l’esclavage volontaire des femmes. in, Maria A. Macciocchi. Séminaire Paris VII. Vincennes. Les femmes et leurs maîtres. Christian Bourgois éditeur. 441p. 1978. p.141à 158

81 Marie Denis, La rose des vents, Quorum.171p. 1995. p.157

82 LCI. 16 octobre 2015. Midi-10

83 Cardinal de Bernis, Mémoires. Mercure de France. 375p. 1986. p.34

84 Cornelius Castoriadis, Une société à la dérive, in L’autre Journal. N° 2. Mars 1993. Publié dans Une société à la dérive. Points Essais. Éditions du Seuil. 389p. 2011. p.327

85 Pierre Corneille, La mort de Pompée. Acte V, Scène II

86 Victor Serge, Carnets (1936-1974). Agone. 836p. 2012. p.268/269

87 Jean-Paul Sartre, Préface à L’artiste et sa conscience, de René Leibowitz, Ed. de l’Arche. 1950. Repris dans Situations, IV. NRF. Gallimard. 459p. 1964. p.36

88 Benjamin Constant, Lettre à la comtesse de Nassau. 9 sept.1810. In, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p. 433,434

89 AFP. Paris Match. Cf. L’intégralité du discours de Donald Trump. 20 janvier 2017

90 Marguerite Yourcenar, Archives du Nord. Gallimard. 376p. 1977. p.72,73

91 Les carnets de Léonard de Vinci. Tome I. Préface de Paul Valéry.538 p. 1942. p.35

92 C. Chauviré, L. Wittgenstein. Les Contemporains. Le Seuil. 1989. p.96

93 Source à retrouver

94 Stéphane Durand-Soufflot, Frissons d’Assises. L’instant où le procès bascule. Denoël. 269p. 2012. p.70

95 BFM.TV. 23 janvier 2014. 10 h 40

96 AFP. Mexique : Florence Cassez veut 36 millions de dollars de dommages et intérêts. 26 janvier 2015

97 Le Monde. Disparition. Ruwen Ogien. Philosophe. 7/ 8 mai 2017

98 Clara Malraux. Le bruit de nos pas. V. La fin et le commencement. Grasset. 230p. 1976. p.108

99 Max Stirner, L’Unique et sa propriété. La table ronde. 412 p. 2000. p.178

100 In, Georges Solovieff, Rahel Varnhagen. Une révoltée féministe à l’époque romantique. Allemagne d’hier et aujourd’hui. L’Harmattan. 165p. 2000. p.126

101 Berberova, L’affaire Kravtchenko. (Traduit du russe). Actes sud. 289p. 1990. p. 264

102 Cesare Beccaria, Des délits et de peines. 1764. GF. Flammarion. 187p. 1991. p.121

103 Grégoire Chamayou, Théorie du drone. La fabrique. 363p. 2013. p.185

104 Condorcet, Réflexions sur l’esclavage des noirs. Les livres qui ont changé le monde. Le Monde Flammarion. 249 p. 2009. p. 74,75

105 Marie d’Agoult. George Sand. Correspondance. Bartillat. 301p. 1995. p.37

106 France Culture. Les samedis de France Culture. Gandhi. 9 juillet 2015 (Rediffusion)

107 Novalis. Œuvres complètes. II. Les fragments. NRF. Gallimard. 1975. 468 p. p.422

108 Germaine de Staël, Considérations sur la révolution française. Tallandier. 693p. 1983. p.108

109 Annales d’Histoire sociale. 1945. Hommage à Marc Bloch. Volume 8, N° 1. pp 6-9

110 Max Weber, Le savant et le politique. Plon. 10/18. 1995. p. ? (à retrouver)

111 Alexandra David Néel, De l’autorité (s.d) Pour la vie et autres textes libertaires inédits. 1895-1907. Les nuits rouges. 1998. p.15

112 Diderot, Œuvres. Tome I. Philosophie. 1490 p.1994. p.1198

113 Léon Poliakov, Bréviaire de la haine. Le IIIème Reich et les juifs. Le livre de poche. 505p. 1974. p.317

114 Sénèque, De la vie heureuse. In, Les Stoïciens. Tel Gallimard. Tome II.1443p. 2003. p.738

115 Bruce Springsteen : «When they said ‘Sit down’… I stood up» C’est ça, grandir. «Growing up»

116 Édith Stein, Correspondance I. 1917-1933. Cerf - Editions du Carmel - Ad Solem. 767p. 2009. p. 119

117 Cicéron. Premiers académiques. In, Les Stoïciens. Tome I. Tel. Gallimard. 669p. 1997. p.241

118 Condorcet, Réflexions sur l’esclavage des Nègres. Les livres qui ont changé le monde. Le Monde Flammarion. 2009. 249 p.

119 Benjamin Constant, Des réactions politiques. (Gallica) 1797. p.42, 43

120 Benjamin Constant, Cours de Politique constitutionnelle. (Gallica) 1872, 1818.1820. 488p.

121 Cf., Benjamin Constant, Écrits politiques. Textes choisis, présentés et annotés par Marcel Gauchet. Folio Essais. 870 p. 2004. (notamment p. 790,791 + chronologie. p.858) On ne peut que constater que cet épisode pourtant historiquement mémorable et si important pour comprendre les Écrits Politiques de B. Constant ne soit abordé qu’en notes dans ce livre. M. Gauchet y évoque simplement «une palinodie» (note 1. Principes de politiques. p.790 à 792) ainsi que «le revirement spectaculaire qui l’a brièvement rapproché de sa bête noire.» (note1, Chapitre XX. p.828). Il écrit même, sans excès d’inquiétudes en termes de cohérence : «Les volte-face du politicien et l’incohérence de l’individu dans la conduite de son existence s’allient avec une inébranlable fermeté doctrinale.» (p.792) Une lecture attentive des Écrits politiques de B. Constant ne me permet en aucun cas d’en juger ainsi.

122 Souligné par moi.

123 Le lendemain de son retour à Paris de Vendée où il s’était caché ?

124 Mémoires de la Comtesse de Boigne. Le Temps retrouvé. Tome I. 765 p. 2008. p.497 à 500

125 France Culture, Madame de Staël et les femmes. 20 juillet 2017

126 France Culture. Le magazine de la rédaction : Après Charlie, Le piège de la défiance. 23 janvier 2015

127 Michel Winock, Journal politique. La république Gaullienne. 1958-1981. Éditions Thierry Marchaisse. 296p. 2015. p.136

128 Nicola Berdiaev, Essai d’autobiographie spirituelle. Buchet-Chastel. 429p. 1979. p.89

129 Georges Bernanos, Journal d’un curé de campagne. In, Œuvres romanesques complètes. II. La Pléiade. Gallimard. 1250p. 2015. p.321

130 Samuel Butler, Ainsi va toute chair. Folio Gallimard. 2004. p.444

131 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.84 et 85

132 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p 122

133 Mémoires, souvenirs et journaux de la Comtesse Marie d’Agoult (Daniel Stern). II. Mercure de France. 383p. 1990. Le Temps retrouvé. p.152

134 Astolphe de Custine, Lettres de Russie. Folio. 409p. 1975. p.173

135 René Descartes, Discours de la méthode. Deuxième partie. (Lisible sur le net)

136 L’Echo, François Fillon. ‘Je leur dirai ma vérité, qui est la vérité’. 1er mars 2017

137 Le Figaro. 11 mars 2017. Repris par Le Canard enchaîné. 15 mars 2017. p.5

138 Le Parisien, François Fillon : «Jamais les juges ne pourront démontrer que l’emploi de mon épouse était fictif.» 30 mars 2017

139 Le Figaro, Luc Ferry : «Pourquoi la droite doit viser la cohabitation avec Macron». 26 avril 2017

140 Antonio Gramsci, Lettres de prison. Collection Témoins. Gallimard. 620p. 1971. p.575

141 Abbé Henri Grégoire, Des peines infamantes à infliger aux négriers. Beaudoin Frères, Imprimeurs, 1822, extraits. In, Nelly Schmidt, Abolitionnistes de l’esclavage et réformateurs des colonies.1820-1851. Analyse et documents. Karthala. 1196p. 2001. p. 408

142 Cité par Victor Serge, Carnets (1936-1947). Agone. 836p. 2012. p.306

143 Jean Malaurie. France Culture. 16 juin 2013. Retransmission de l’émission : Au bout du monde. 23 juin 2004

144 Cité dans, Magdeleine Paz, Je suis l’étranger. La Thébaïde. 395p. 2015. p.315

145 John Stuart Mill, Autobiographie. Aubier. 261p. 1993. p.206

146 John Stuart Mill, De la liberté. Folio Essais. 242p. 1990. p.111

147 Nietzsche, Humain, trop humain. Le Livre de poche. 2006. p.456

148 Le Figaro, Onfray par Onfray : Un autoportrait politique. 9 juin 2017

149 Gabrielle Russier, Lettres de prison. Points. Actuels. Le Seuil. 140p. 1970. p.96

150 George Sand, Correspondance. Lettre à Alphonse Fleury. 5 avril 1852. Garnier Flammarion. Tome 11ème. 851p. 1976. p.15

151 George Sand, Correspondance. Lettre à Henry Harisse. Juillet 1874. Garnier Flammarion. Tome 24ème. 751p. 1990. p.80

152 Nelly Schmidt, Abolitionnistes de l’esclavage et réformateurs des colonies.1820-1851. Analyse et documents. Karthala. 1196p. 2001. p.244

153 Alexandre Zinoviev, L’Avenir radieux. L’Age d’homme. 280p. 1978. p.115


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