Domination masculine. Patriarcat
 Marie-Victoire Louis

Féminisme

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 12/12/2017
date de publication : 12 décembre 2017
mise en ligne : 12/12/2017
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À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 5272 items et 23 rubriques : I. «Culture» (237) ; II. Droit (103) ; III. Êtres humains (221) ; IV. Êtres humains. Corps (89) ; V. Êtres humains. Enfants (70) ; VI. Êtres humains. Femme-s (952) ; VII. Êtres humains. Homme-s (413) ; VIII. Êtres humains. Relations entre êtres humain-es (235) ; IX. Famille (215) ; X. Féminisme-s. Féministe-s (237) ; XI. Justice (268) ; XII. Langage (206) ; XIII. Patriarcat (236) ; XIV. Penser (399) ; XV. Politique (549) ; XVI. Pornographie (71) ; XVII. Proxénétisme (190) ; XVIII. «Sciences» sociales (104) ; XIX. «Sciences» Sociales (Démographie) (23) ; XX. «Sciences» sociales (Économie) (113) ; XXI. «Sciences» sociales (Histoire) (81) ; XXII. Sexe-s [Sexualité, Sexisme…] (71) ; XXIII. Violences (187)… et continuera d’évoluer.

12 décembre 2017

X. Féminisme-s, Féministe-s, Antiféminisme-s

En noir. Items nouveaux (et modifiés)

I. Féminisme : Féminisme (1, 2, 3, 4) ; Féminisme (Acquis) ; Féminisme (Actuel) ; Féminisme (Almanach ‘Femmes et Russie’) ; Féminisme (Amalgame) ; Féminisme (Ambition) ; Féminisme (Avancées) ; Féminisme (Avant-garde) ; Féminisme (Bourgeois) (1, 2) ; Féminisme (Censure) (1, 2) ; Féminisme («Combien de divisions ? ») ; Féminisme (Concepts) ; Féminisme (Critique des Anarchistes) ; Féminisme (Critique des hommes) ; Féminisme (Critiques faites au féminisme, aux féministes) ; Féminisme (Début de définition) ; Féminisme (Défaite) ; Féminisme (d’État) (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Féminisme (d’État. Hocquenghem Guy) ; Féminisme (Dénégation. Mauriac François) ; Féminisme (Duras Marguerite) ; Féminisme (Édition/Réédition des écrits) ; Féminisme (Élections) (1, 2) ; Féminisme (Facile. Noguez Dominique) ; Féminisme (Faiblesses) ; Féminisme (Ferrante Elena) ; Féminisme (Finalité) ; Féminisme (Fondement) ; Féminisme (dit Français. French féminism) ; Féminisme (Haine) ; Féminisme (Haine du) ; Féminisme (Histoire) (1, 2, 3) ; Féminisme (Huit mars) ; Féminisme (Humanisme) ; Féminisme (Humour) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) ; Féminisme (Impudence) ; Féminisme (Individualisme) (1, 2) ; Féminisme (Institutionnalisation) ; Féminisme (International) ; Féminisme (Justification) (1, 2, 3) ; Féminisme (Incompatible avec le Marxisme) ; Féminisme (Langage) (1, 2) ; Féminisme (Libéral) (1, 2) ; Féminisme («Mainstream») ; Féminisme (Médias) (1, 2) ; Féminisme (Mères) ; Féminisme («Mouvement») (1, 2) ; Féminisme (Non mixité) (1, 2, 3) ; Féminisme («Nuit Debout») ; Féminisme (Overdose) ; Féminisme (Patriarcat) (1, 2) ; Féminisme (Pensée) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18) ; Féminisme (Pensée. Fange) ; Féminisme (Pensée. Régression) ; Féminisme (Penser le) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14) ; Féminisme (Politique) (1, 2, 3) ; Féminisme (Négation / Négationnisme ; Féminisme (Post-moderne) ; Féminisme (Prise de conscience) (1, 2) ; Féminisme (Qualificatifs) ; Féminisme (Radical) (1, 2) ; Féminisme (Réformiste) ; Féminisme (Regret) ; Féminisme (Silence) ; Féminisme (Slogans) ; Féminisme (Socialisme) ; Féminisme (Stéréotypes) (1, 2, 3) ; Féminisme (Tabous) ; Féminisme (Toilettes publiques) ; Féminisme (Universitaire. Critique) ; Féminisme («Victimaire») (1, 2, 3) ; (142)

II. Féministe : Féministe (1, 2, 3, 4, 5) ; Féministe (Agitation) ; Féministe (Analyse) ; Féministe (Antimilitariste) ; Féministe («Brillante») ; Féministe (Devenir) ; Féministe (Édition) ; Féministe (Dworkin Andrea) ; Féministe (Être) ; Féministe (Femme) (1, 2) ; Féministe (Fourest Caroline) ; Féministe («Guillemets») (1, 2) ; Féministe (Groult Benoîte) ; Féministe (Historicité) (1, 2) ; Féministe (Hommage) (1, 2) ; Féministe (Iconoclaste) ; Féministe (Mais…) ; Féministe (Nécessité / signification d’une pensée politique) ; Féministe (Participation à la construction d’une pensée, d’une politique, d’une société féministe) ; Féministe (Pelletier Madeleine) (1, 2) ; Féministe (Radicale) (1, 2, 3) ; Féministe (Radicale. Stein Édith) ; Féministe («Reconnue») ; Féministe (Relève) ; Féministe (Revendication) (1, 2) ; Féministe (Solanas Valérie) ; Féministe (Solidarité) ; Féministe («Spécialiste de la question») ; Féministe (Théorie); Vote (pour Emmanuel Macron) ; (42)

III. Féministes : Féministes ; Féministes (Archives) ; Féministes (Associations) (1, 2, 3) ; Féministes (Ayant quitté les associations féministes) ; Féministes («Bostoniennes») ; Féministes (Conquêtes) ; Féministes (Critique des hommes) ; Féministes («Intellectuelles») ; Féministes («Intellectuelles-de-gauche») ; Féministes (Maitron Le) ; Féministes (Occidentales) ; Féministes (Prison) ; Féministes (Projets politiques) ; Féministes (Raison Avoir) ; Féministes (Reconnues) ; Féministes (Sciences-po) ; Féministes (Silence) (1, 2) ; Féministes (Unies) ; (21)

IV. Antiféminisme : Antiféminisme (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8) ; Antiféminisme (Arendt Hannah) ; Antiféminisme (Aristote) (1, 2) ; Antiféminisme (Baillargeon Normand) ; Antiféminisme (Bigard Jean-Marie) ; Antiféminisme (Bombardier Denise) ; Antiféminisme (Castoriadis Cornelius) ; Antiféminisme (Charge de la preuve) ; Antiféminisme (Critique de l’) ; Antiféminisme (Dénonciation) (1, 2) ; Antiféminisme (Dénonciation. Pisan Christine de) ; Antiféminisme (Engels Friedrich) ; Antiféminisme (Ferré Léo) ; Antiféminisme (Finkielkraut Alain) ; Antiféminisme (Kauffmann Sylvie) ; Antiféminisme (Kollontaï Alexandra) ; Antiféminisme (Le Bris Michel) ; Antiféminisme (Lesbophobie) ; Antiféminisme (Nietzsche) ; Antiféminisme (Nougaro Claude) ; Antiféminisme (Permanence) ; Antiféminisme (Propriété privée) ; Antiféminisme (Souchon Alain) (32) ;

12 décembre 2017 : 237 items

I. Féminisme :

Féminisme (1) : Lui appliquer l’analyse de :
* Tocqueville [1805-1859] (concernant la démocratie) 1 :
«Ce qui jette le plus de confusion dans l’esprit, c’est l’emploi qu’on fait de ces mots : démocratie, institutions démocratiques, gouvernement démocratique. Tant qu’on n’arrivera pas à les définir clairement et à s’entendre sur leur définition, on vivra dans une confusion d’idées inextricables.»
* Saint Just [1767-1794] :
«Précisez tellement tous les principes, toutes les idées, qu’on ne les travestisse plus [...].» 2 (Cf. Politique. Démocratie, Penser. Méthode, Patriarcat. Méthode d’analyse)

Féminisme (2) : Le féminisme n’appartient pas aux féministes. Évident certes, mais peut permettre de salutaires modesties et de nécessaires rigorismes.

Féminisme (3) : Pour moi, être féministe, c’est faire en sorte que chacun-e devienne à même de se déterminer comme être humain-e singulier-ère. Pour ce faire, sur les fondements d’une réalité humaine qui, à la naissance, a différencié des hommes et des femmes, c’est dénouer, dénoncer - et donc comprendre - les rapports de pouvoirs qui les [qui nous] ont historiquement, culturellement, nationalement, politiquement, constitué-es homme-s et femme-s. Pour ce faire, nos avons besoin de nommer le cadre de référence - le patriarcat - au sein du quel ces rapports de pouvoir ont été construits, afin de faire disparaître ceux exercés par les uns sur les autres et donc, en définitive, par chacun-e sur soi. (Cf. Êtres humains) (Prolonger, poursuivre)

Féminisme (4) : Interroger le monde d’un point de vue féministe (à définir préalablement) et interroger les féminismes sur ce qu’ils ont à dire sur le monde relève d’un même questionnement.

Féminisme (Acquis) : Deux féministes de plus de 60 ans, interviewées par deux féministes de 25 ans, leur demandent quelles sont leurs propres aspirations. L’une d’elles répond : «Conserver les acquis». Étonnement des plus âgées, un bref instant rajeunies, mais vraiment inquiètes.

Féminisme (Actuel) : Sa force, réelle - dans l’extrême diversité de ses modalités d’expression, et sans doute, plus encore, du fait des silences étouffés de toutes les femmes - est très massivement sous-estimée. Il n’en est que plus craint.

Féminisme (Almanach ‘Femmes et Russie’) : [1979] Publication féministe, «la première en 62 ans de pouvoir soviétique», détruite, tandis que nombre de ses courageuses rédactrices furent réprimées, par le KGB. Heureusement, certaines nous ont été transmises par les Éditions des femmes. 3 (Cf. Femmes. Communisme, Fouque Antoinette)

Féminisme (Amalgame) : Élisabeth Leibovici, dans son livre intitulé Ce que le sida m’a fait [2017], évoque concomitamment «le sida, le féminisme, l’antipsychiatrie». 4 (Cf. Féminisme. Penser)

Féminisme (Ambition) : Le constat d’une responsable d’une association de «femmes handicapées» se félicitant ainsi : «On a un tout petit alinéa dans la loi, mais on y est» est révélatrice d’une faiblesse d’ambition politique, si souvent liée à une dépendance politique à l’égard de l’État. 5

Féminisme (Avancées) : Nous n’avons pas d’aune globale valide - la question des critères n’étant, en règle générale, même pas posée - permettant d’appréhender, d’évaluer, et donc de juger les avancées, indissociables des régressions, des pensées comme des actions féministes. Ou, plus justement, nous n’avons aucun élément permettant d’appréhender la valeur relative de chaque «aune».
L’éternel argument des passéistes afin d’évacuer toute prolongation d’une réflexion féministe : «Mais la société a avancé depuis, n’est-ce pas ?» n’a donc aucune validité [théorique].

Féminisme (Avant-garde) : Les féministes doivent rompre avec toute idée d’avant-garde, tout à la fois absurde, totalitaire, fausse et méprisante ; ce n’est qu’à cette condition (parmi d’autres) que le fossé existant entre elles et «les femmes» pourra se combler. Si tant est qu’une telle opposition puisse être ainsi posée…

Féminisme (Bourgeois) (1) : Les critiques concernant le «féminisme bourgeois» ont été si longtemps et si souvent utilisées par la gauche et l’extrême gauche pour disqualifier le féminisme qu’il est maintenant clair qu’elles avaient d’abord pour fonction de se prémunir de toute autocritique.
Ceci étant - et devant être - préalablement affirmé, cette critique doit être faite. En d’autres termes. (Cf. Femmes. Bourgeoises, Féminisme. Antiféminisme)

Féminisme (Bourgeois) (2) : Pascal Pia [1903-1979], dans la Quinzaine Littéraire, concernant un roman (non cité et sans date) de Simone de Beauvoir [1908-1986] évoque «la bourgeoisie un peu snob qui a jusqu’ici constitué le principal de sa clientèle». Le 1er décembre 2000 Maurice Nadeau [1911-2013], son directeur, s’évitant, pensait-il, toute remise en cause, qualifie cette «remarque [d’] ironique». 6 (Cf. Culture, Femme. Beauvoir Simone de, Homme «intellectuel», Patriarcat)

Féminisme (Censure) (1) : La censure, l’étouffement, la déformation auxquels les pensées féministes sont confrontées révèlent aussi l’impossibilité morale, historique, théorique, politique de contester le principe même du féminisme. Analyser cette impossibilité et en tirer les conséquences : les silences, généralement présentés et vécus comme relevant essentiellement du mépris, sont, surtout ( ? ), impuissance à la critique. (Cf. Féminisme. Antiféminisme, Mépris, Silence)

Féminisme (Censure) (2) : France Culture consacra du 17 au 21 août 2015 une série d’émissions (cinq de deux heures chacune) à Simone de Beauvoir [1908-1986]. 7 Lorsqu’on en fut venu aux critiques que Nelson Algren [1909-1981] fit de Simone de Beauvoir lorsque dans Les Mandarins, puis dans La force des choses, elle évoqua leurs relations, ne nous furent retransmises que les critiques des féministes invitées (souvent hagiographes) qui le critiquait : «Il a écrit des choses horribles sur elle et sur leur liaison» ; il a réagi «bizarrement» ; il fut «hargneux, hostile» ; il a parlé d’elle d’une manière «très violente», puis fut évoquée «son horrible critique des Mandarins» ai-je pu entendre. Mais ce que furent ses critiques ne fut pas cité (à l’exception d’une citation peu brillante de lui) : «Ce n’était pas la critique d’un bon coup («fuck») mais d’un mauvais bouquin.» Les critiques de Nelson Algren méritaient pourtant que l’on y réfléchisse ; mais pour cela, encore eut-il été nécessaire de les connaître. Et, en dix heures d’émissions, on avait le temps…

Féminisme («Combien de divisions» ?) : Les féministes entre elles ne sont pas exemptes de cette question : «Combien de divisions» ? laquelle, réduisant toute pensée à la force, nie même l’hypothèse du féminisme comme pensée. (Cf. Penser)

Féminisme (Concept) : L’abstraction, frôlant la casuistique, de tant de débats actuels : autant de d’écrans empêchant de voir, de lire, de comprendre et donc d’analyser et de critiquer le réel patriarcal. Tautologie ? (Cf. Langage, Penser. Abstraction, Patriarcat)

Féminisme (Critique des anarchistes) : Dans le livre d’Anne Steiner, Rirette Maîtrejaen : Une femme libre à la Belle époque, Marguerite F., anarchiste, concernant les anarchistes à Lyon dans l’entre deux guerres, s’exprime en ces termes, lesquels, au delà de l’anarchisme, relèvent d’une critique politique :
- «J’ai souvent dit à mon mari : les anarchistes sont contre l’autorité des autres pour imposer la leur dans leur foyer.»
- «Il y avait quelques femmes comme Madeleine Vernet [1878-1949], tout le monde la respectait. Mais il fallait vraiment être le dessus du panier pour qu’on en tienne compte, comme Rirette Maîtrejean [1887-1968] 8. Mais les compagnes normales elles étaient pas tellement respectées.»
- «Dans les réunions, point d’opposition explicitée à la parole des femmes mais c’est plutôt dans les foyers : la femme faisait ce qu’elle a toujours fait, ménage, la cuisine, élever les enfants sans beaucoup d’aide du côté du mari.»
- «Il est possible que mon mari me considérait comme son égale, n’empêche qu’entre nous, il voulait toujours avoir raison. […]» 9 (Cf. Patriarcat, Politique, «Sciences» sociales. Histoire)

Féminisme (Critique des hommes) : Une avancée majeure de la pensée féministe serait sans doute de spécifier en matière de critique «des hommes» ce qui relève de l’homme, du citoyen, de l’époux, du mari, du passant, du politique, du patron, du collègue, du voisin…Sans abandonner la prétention d’une approche systémique nécessairement globalisante, sans procéder à une atomisation de la pensée, mais afin de créer les conditions qui permettent de distinguer, au sein d’une prise en compte première du patriarcat, les divers systèmes de domination dans lesquels ils sont partie prenante. Ou non. (Cf. Patriarcat)

Féminisme (Critiques faites au féminisme, aux féministes) : Dans les critiques faites aux féminisme, aux féministes, tâcher de dépasser l’énervement, la colère, voire la fureur - ou du moins, les vivre, puis les faire décanter - pour s’interroger sur ce qu’elles peuvent contenir de véracité, en se situant au delà de la mauvaise foi, de la volonté de nuire.
Efficace pour éviter scléroses, régressions, replis sur soi, autosatisfactions.

Féminisme (Début de définition) : Le féminisme (dans toutes ses composantes), critique, dévoile, dénonce, «théorise» (?) les logiques, présentes dans toutes les sociétés, mises en œuvre par le patriarcat, la domination masculine n’étant que l’une de ses manifestations.
- Définition élémentaire, sommaire : cet abécédaire ayant notamment pour finalité d’avancer dans cette réflexion… (Cf. Hommes «Intellectuels». Bourdieu Pierre, Femme. Collin Françoise, Patriarcat. Domination masculine)

Féminisme (Défaite) : Il n’y a de défaite que dans l’illusion d’une victoire.

Féminisme (d’État) (1) : Une contradiction dans les termes, sauf à considérer comme équivalentes les pressions politiques exercées par des féministes sur l’État [patriarcal] avec la subversion de ses fondements et de ses (non) valeurs. Contester l’un ou l’autre des effets de la domination patriarcale sans en remettre en cause l’État, c’est éternellement recréer les conditions de sa perpétuation.
La référence à «l’égalité» est actuellement l’une de ses principales manifestations de cette non prise en compte. (Cf. Droit, Politique. Égalité, Penser. État)

Féminisme (d’État) (2) : Le féminisme d’État : c’est intégrer des femmes, choisies pour leur fonctionnalité, considérées comme une «[forte] valeur ajoutée» à l’appareil d’État, au sens le plus large du terme, et donc au patriarcat. (Cf. Penser. État)
- À cet égard, le soutien peu distancié, voire la connivence des certaines associations féministes qui se sont exprimés lors de la baisse drastique annoncée du budget du Secrétariat d’Etat chargé de l’égalité entre les hommes et les femmes pose problème. (Cf. Femmes «Politique». Schiappa Marlène, Féminisme d’État (5))

Féminisme (d’État) (3) : Toute demande faite à l’État d’intervenir, de légiférer cautionne sa légitimité à le faire et lui en reconnaît donc le droit. Elle cautionne donc l’État, tel qu’en l’état, mais aussi l’impuissance, l’inaptitude de celles (et ceux) qui se situent dans sa dépendance. Et la légitiment.
- La marge de manœuvre est étroite et l’alternative n’est pas aisée. Le danger pour une association, dès qu’elle est l’«interlocutrice privilégiée» de l’État, d’être sa caution, sa légitimation, au risque de n’être plus crédible, doit sans cesse être interrogé. (Cf. Féminisme. Institutionnalisation, Penser. État)

Féminisme (d’État) (4) : L’État patriarcal souvent nomme «féministe» ce qu’il devra nécessairement faire ultérieurement pour durer, s’adapter, se conserver.
- Idée empruntée à Cornelius Castoriadis [1922-1997] :
«Être de gauche consiste à présenter aujourd’hui comme anticapitaliste ce que le capitalisme fera demain.» À une nuance près : si l’on considère et le patriarcat (antériorité oblige..) et le capitalisme comme indépassables. 10

Féminisme (d’État) (5) : Lors d’un débat sur France Culture, le 26 juillet 2017, intitulé : L’égalité hommes /femmes peut elle se passer de la loi ? étaient présentes en sus du journaliste, une chercheuse CNRS, une présidente d’association féministe, une députée En marche.
- Quelques termes, expressions, en vrac, relevées au cours de l’écoute. D’abord le cadre d’analyse, si tant est qu’il puisse être ainsi dénommé : «L’égalité fait du chemin», «l’égalité n’est pas une idée neuve», «nous avançons», «les femmes ont un rôle dans la constitution de la politique», «tout est lié», suivi cependant par l’évocation d’«avancées à obtenir», des «niches [dans lequel le législateur doit interférer]», afin de «rendre le droit plus performant»…
- Et ce, accompagné suivi de ces expressions : «logiciel de complémentarité», «socialisation très genrée», «état de lieux», «incubateurs d’idées», «ancrage sur le terrain», «[…] auprès des populations», «mutualisation des compétences», «problématique d’impact», «critères d’efficience» et «critères d’efficacité» [dont il faudrait que les associations se justifient, ce qui est semble t-il en doute], «contractualisation», «interministérialité», «approche intégrée» [traduction de «gender mainstreaming»], «répercussions différentielles», «logique systémique», «indicateur qualitatif», «mutualisation des compétences», «conventions», «plan violences», «problématiques économiques», «datas», «scories [dans le droit]», «déconstruction [qui est de la dentelle]», «leviers d’action», «amendement»…
- Quant à l’une des questions du journaliste, j’ai relevé plus spécifiquement celle-ci : «Comment comprendre la persistance de l’inégalité de fait dans la société ?»
- Ça suffit ! Tout ce verbiage ne veut rien dire !
- Ces pseudo débats n’ont d’autre signification que de dévoiler leur inconsistance, leur incohérence, leur non sens, et je n’en vois pour ma part pour principal résultat que d’accélérer, de banaliser encore un peu plus le rejet de toute pensée, de toute lutte féministe. Pour ma part, je n’en ai ressenti que du dégout, en me suis, à cette occasion, souvenue de la ténacité mise par tous les différents gouvernements depuis les années 80 afin de «professionnaliser» les actions et donc les pensées féministes. Voilà le résultat. 11
- Pour rappel, le budget 2017 du Secrétariat d’état était de 29, 6 millions d’euros, soit 0,006 % du budget de l’Etat et il a été décidé, le 20 juillet 2017, sous Emmanuel Macron de l’amputer de 7, 5 millions, soit 25 %, diminution dont seraient, est-il affirmé, épargnées les associations «luttant contre les violences sexuelles et sexistes.» (Cf. Femmes. Abêtissement des, Féminisme d’État (2), Féminisme. Langage, Langage. Genre, Patriarcat, Politique. État)

Féminisme (d’État) (6) : À la veille de la probable réélection pour le quatrième fois d’Angela Merkel au poste de Chancelière, Alice Schwarzer, présentée comme «la fondatrice et rédactrice en chef du magazine Emma» suivi de : «C'est la grande figure du féminisme en Allemagne» est interviewée par Le Figaro.
À la première question : «Qu'a fait Angela Merkel pour l'égalité entre les sexes? », elle répond : «Par son existence seulement elle a fait beaucoup. Maintenant les petites filles en Allemagne peuvent s'imaginer devenir coiffeuse ou chancelière ! […] L'Allemagne n'était nullement prête à avoir une femme à sa tête. Et aujourd'hui, on l'appelle ‘la femme la plus puissante du monde’». 12
À la question, elle ne répond tout simplement pas.
- Le stade ultime du féminisme d’état. Difficilement dépassable.
Politiquement, intellectuellement, terrifiant. La suite logique : la démocratie ?

Féminisme (d’État. Hocquenghem Guy) : Guy Hocquenghem [1946-1988], dans son livre, Lettre à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary - une critique de nombre de soixante-huitards - les juge en ces termes :
«[…] dans [la revendication] : le socialisme au pouvoir, c’était le pouvoir qui vous attirait […]». 13
Les féministes, et/ou, plus souvent, celles et ceux qui s’en prévalent, doivent se poser la question en ces termes. Et, après y avoir répondu, la complexifier.

Féminisme (Dénégation. Mauriac François) : François Mauriac [1885-1970] présente, en 1959, le livre de Henry James [1883-1916], les Bostoniennes [1886] en ces termes :
«Si nous nous en rapportons à la prière d’insérer des Bostoniennes, Henry James a voulu ici nous introduire dans un groupe féministe de la société de Boston, durant les années 80, alors que la mode était de se passionner pour l’émancipation des femmes. Il n’y a rien là, convenons-en, qui puisse retenir un lecteur d’aujourd’hui ; et si en fait ce roman excite fort notre intérêt, c’est pour des raisons où le féminisme n’a rien à voir.» 14
- «Convenons-en» : de l’autoritarisme politique antiféministe justifié par l’autorité que confère la littérature. (Cf. Culture, Homme «Intellectuel», «Sciences» sociales. Histoire)

Féminisme (Duras Marguerite) : Marguerite Duras [1914-1996], interviewée, en 1967, auteure de :
«Les femmes pour leur émancipation s’alignent sur les hommes ; c’est ça que je trouve très regrettable. J’aime pas du tout les suffragettes, les femmes du Deuxième sexe. Je trouve que la femme est encore à la proto histoire de la femme. Elle a tout à faire. Son histoire est à venir. Mais s‘aligner sur l’homme pour faire reconnaître ses droits, c’est marquer le coup. C’est stupide. Comme si l’homme était le critère de l’individualité, d’un vrai naturel […]. [Le] naturel opprimé, ce n’est plus le naturel. C’est [inaudible] à partir de notions très élémentaires comme l’éducation, en laissant grandir les filles comme les garçons que la femme récupérera son naturel ; elle l’a perdu, à cause de l’homme. Tout ça sont des valeurs grossières qui ont fait le pouvoir de l’homme, c’est les valeurs guerrières, le courage, etc.. Il faut nettoyer tout ça15

Féminisme (Édition/, Réédition des écrits) : La thèse de Laurence Klejman et de Florence Rochefort : L’égalité en marche. Histoire du mouvement féministe en France (1868-1914), 1987, (3 tomes), publiée en 1989 par la Fondation Nationale des Sciences politiques amputée de toutes les citations et de son iconographie doit être réédité in extenso.
- Doivent aussi être rééditées les œuvres (quasi ?) complètes de Maria Deraismes, celles de Madeleine Pelletier, Germaine Dulac, Marguerite Durand, Séverine, Madame de Staël, Léon Richer, Joséphine Butler, Emma Goldman, Louise Michel, Mary Wollstonecraft, André Léo, Harriet Taylor, Bettina von Arnim, Bertha von Suttner, Stuart Mill (Autobiographie), Malwida von Meysenburg, Clara Malraux, Hortense Allart de Méritens, Andrée Viollis, Eleanor Roosevelt, Jessica Mitford, Marie-Catherine Desjardins, dite de Villedieu, Sarah Bernhardt, Rahel Varnagen (Journal et Correspondance)…. (Cf. Femmes. Dénis de l’histoire des femmes et du féminisme)

Féminisme (Élections) (1) : Je découvre (10 décembre 2017) cette «affiche à propos des élections de mars 1973», intitulée : «Nous sommes des femmes. Nous ne votons pas».
- À droite de l’affiche, on lit : Dans un état capitaliste, impérialiste, patriarcal. Voter, c’est renforcer le pouvoir. Les ouvriers votent pour les patrons. Les noirs votent pour les blancs. Les femmes votent pour les hommes. De droite, de gauche.
- Dans le corps du texte, en gras, on lit : «Nous ne donnons pas nos voix à ceux qui ont le pouvoir sur nous, à ceux qui font des lois, la loi. Nous ne sommes pas représentables. Nous luttons ensemble en dehors de la loi pour renverser le pouvoir capitaliste, impérialiste, patriarcal, pour que les femmes et toutes les forces opprimées, toutes et tous, pussent agir, penser, parler, faire.»
- Signé : Des femmes du mouvement de libération des femmes. 16 (Cf. Politique. Démocratie. Élections, «Sciences» sociales. Histoire)

Féminisme (Élections) (2) : Je découvre (12 décembre 2017), un tact daté du 7-8 mars 1981, intitulé : «Le Mouvement de Libération des Femmes et les élections», signé MLF mais en réalité émanant du seul «Psy et Po» appelant à voter Mitterrand au premier tour. Il révèle une grande confusion, beaucoup de gênes et se terminait par : «[…] Nous nous considérons comme partenaires politiques à part entière.» Dans l’entre deux tours, un affiche, toujours de «Psy et Po» est beaucoup plus claire : «Avec Mitterrand Président, Vive le MLF !» 17

Féminisme («Facile». Noguez Dominique) : Dominique Noguez, auteur de Montaigne au bordel et autres surprises [2011] à Christine Goémé, productrice à France Culture :
«Vous n’allez pas faire du féminisme facile !» 18

Féminisme (Faiblesses) : Le féminisme souffre, selon moi, :
- de ne pas se rendre compte suffisamment de la valeur et de l’importance de ses apports. Et d’en tirer les conséquences.
- de ne pas analyser avec suffisamment de rigueur la gravité de la banalité de l’occultation, du mépris et la haine des femmes. Et d’en tirer les conséquences.
- de se contenter trop souvent (sous prétexte de serrer les rangs, mais trop souvent par paresse et/ou du fait de la crainte des risques de remises en cause) de l’adjectif, la qualificatif de «féministe» qui si souvent se suffit à lui-même et joue un rôle de viatique. Et d’en tirer les conséquences.
- de n’avoir pas rompu avec le postulat (non-dit et si prégnant) selon lequel la critique entre féministes est un affaiblissement du féminisme. Et d’en tirer les conséquences.
- de ne pas savoir politiquement utiliser l’immense peur qu’il provoque. Et d’en tirer les conséquences.

Féminisme (Ferrante Elena) : Elena Ferrante, auteure de :
«J'ai aimé et j'aime le féminisme en raison de la pensée complexe qu'il a su produire en Amérique, en Italie et dans de nombreuses régions du monde. J'ai grandi avec l'idée que si je ne me laissais pas absorber autant que possible par le monde des hommes remarquables, si je n'apprenais pas de leur excellence culturelle, si je ne réussissais pas brillamment tous les examens auquel ce monde me soumettait, ce serait comme si je n'existais pas.
Puis j'ai lu des livres qui mettaient la différence féminine en exergue et ma perception a basculé. J'ai compris que je devais adopter une stratégie diamétralement opposée ; je devais partir de moi et de mes relations avec les autres femmes - c'est un principe fondamental - si je voulais véritablement donner une forme à moi-même.
Aujourd'hui, je lis tout ce qui est écrit par des femmes. Cela m'aide à porter un regard critique sur le monde, sur moi même et sur les autres femmes. Mais aussi, cela stimule mon imagination, m'incite à réfléchir sur la fonction de la littérature.
Voilà les femmes à qui je dois beaucoup : Shulamith Firestone, Carla Lonzi, Luce Irigaray, Luisa Muraro, Andriana Cavarero, Elena Cagliasso, Dona Araway, Judith Butler, Rosi Baidotti. En bref, je suis une lectrice passionnée de la pensée féministe, quoiqu'il m'arrive d'adopter des positions divergentes19

Féminisme (Finalité) : Il n’y a pas de finalité du féminisme, ni de finalité au féminisme ; il y a des inversions du regard, des ruptures, des permanences, des utopies, des espérances, des luttes, des dépassements, des contradictions, des dé-constructions inséparables des reconstructions, des réactions, et surtout des subversions le plus souvent cachées, invisibles et invisibilisées (Cf. Féminisme. Projets, Penser. Politique. Projet. Utopie)
* Ajout. 5 Octobre 2017. Alphonse de Chateaubriand [1748-1848], dans les Mémoires d’Outre-tombe, cité par De Gaulle [1890-1970] dans ses Mémoires, évoque l’accès «par le haut», «à la réalité par les songes». 20 [citation librement reprise, sans la dénaturer, me semble t-il]

Féminisme (Fondement) : C’est la conscience qu’offenser, violenter une femme, c’est offenser, violenter toutes les femmes ; qu’offenser, violenter «les femmes», c’est offenser, violenter chacune d’entre elles.
- Pour paraphraser Rousseau [1712-1778] dans Le Contrat Social : «Il y a oppression contre [les femmes], lorsqu’un[e seule d’entre elles] est opprimée. Il y a oppression contre chacune d’entre elles, lorsque [les femmes] sont opprimé[es].» (Cf. Patriarcat)

Féminisme (dit-Français. French Feminism) : Plus connu sous le nom de French Feminism par les universités Américaines, puis transféré en France : une escroquerie intellectuelle et politique.

Féminisme (Haine des) : Les Femen, auteures, en 2015, de :
«Notre féminisme, une haine assumée et revendiquée envers un système au service des intérêts masculins, non pas une haine envers les hommes eux mêmes […]». 21
- En se fondant sur la haine, en légitimant la haine, rien de bon peut - non, ne doit - être attendu…(Cf., Êtres humain-es. Relations entre. Haine)

Féminisme (Haine du) : Deux commentaires, émanant du même homme, le 19 avril 2017, à la suite d’un article consacré à l’acquittement d’un diplomate français accusé du viol de sa fille :
«Les féministes, menteuses manipulatrices» et «Foutez en taule pour perpette toutes ces menteuses» Signé : «Masculinisme» 22 (Cf., Êtres humain-es. Relations entre. Haine, Féminisme. Antiféminisme)

Féminisme (Histoire) (1) : [1996] Lu sur l’ancien site des Chiennes de garde (de son origine) :
«Je fais partie des ‘nouvelles’ femmes du féminisme et, à mon grand regret, j'ai grandi très loin du féminisme (éducation fortement marquée par la religion). Pour moi la transmission est donc importante et elle passe, aussi, par l'aveu des tiraillements au sein du groupe. C'est au moins aussi important que la continuation, aujourd'hui, du combat. Les subtilités des positions de chacune me racontent l'histoire que je n'ai pas vécue. Chaque détail de cette histoire, chaque hésitation, chaque heurt est précieux. La transmission est un patchwork mouvant, kaléidoscopique, où chacune d'entre nous trouve ses marques, ajuste son positionnement. Comment se construire sans ça ? Pourquoi vouloir cacher une partie, même peu glorieuse, de cette histoire ? Le silence a été longtemps dévolu aux femmes, il est temps de l'ouvrir ! Et puis que signifie de vouloir donner une image lisse du mouvement pour ne pas effrayer "les femmes qui pourraient rejoindre le féminisme" ? Je trouve quelque peu suspecte cette volonté de lifting. Il serait peut-être temps de faire confiance à celles qui arrivent, à leur intelligence, et de les accompagner sur ce terrain, au lieu de tenter de les préserver en leur cachant une part de la réalité. […] Continuons à débattre tant que nous en avons les moyens. Et à bas le silence ! Salutations féministes23 Plus que pertinent : juste, essentiel. (Cf. Féministe. Historiographie, Féministes. Ayant quitté les associations féministes, «Sciences» sociales. Histoire)

Féministe (Histoire du féminisme) (2) : Si l’on définit le terme de «trahison» par cette seule définition : «Briser la loyauté, tromper la confiance de personnes, de groupes», le dépôt en 1979 par Antoinette Fouque du sigle MLF à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) peut être qualifié comme tel. Ce dépôt à l’INPI signifie, en sus, que ce déni de l’histoire - au risque du ridicule - a, en toute logique libérale, des conséquences financières pour ses exclusives bénéficiaires. En ce sens, pour moi, les termes d’«appropriation abusive», d’«imposture», de «détournement» s’ils ne sont pas faux, sont insuffisants.
- On peut, à cet égard, rappeler qu’au début de ce courant les textes étaient superbement signés : : Des femmes ?
- Faut-il préciser que ce jugement concernant cet acte ne vaut pas jugement des actions, réflexions, initiatives - multiples - portées par ce courant de libération des femmes, autour notamment d’Antoinette Fouque et de tant d’autres ?
- Enfin, il est intéressant de noter qu’à l’écoute de l’émission de France Culture de 1972 (ré-écoutable en 2014) intitulée Variation sur la femme, on entend une voix, qui semble plus que probablement, tant elle est reconnaissable, être celle d’Antoinette Fouque affirmer d’emblée : «Le MLF n’a été créé par personne». 24 (À confirmer) (Cf. Patriarcat, «Sciences» sociales. Histoire)

Féministe (Histoire du féminisme) (3) : Anne de Bascher, auteure, en 2008 de : «[…] Il reste que si nous avons beaucoup œuvré pour notre libération, collectivement ou non, malheureusement dans nos campagnes [où elle vit] et même ailleurs, nombre de jeunes filles attribuent les libertés qu’elles ont acquises à la seule mansuétude de nos parlementaires ! D’autres femmes pensent, elles, que le féminisme a commencé avec Le deuxième sexe ! Consternant et rageant !.
Il est donc grand temps d’inscrire l’histoire des luttes de femmes au programme des études secondaires, comme il est impératif de rameuter aujourd’hui toutes les rebelles, pour éviter que notre effacement en cours en sombre dans l’oubli de nos devancières, et surtout, repartir, sabre au clair, à l’assaut de ce monde
25 (Cf. Patriarcat, «Sciences» sociales. Histoire)

Féminisme (Huit mars) : Échangerais abandon du 8 mars - humiliation publique universelle pour toutes les femmes - contre reconnaissance politique du patriarcat comme donne politique universelle. (Cf. Droits des femmes. ONU)

Féminisme (Humanisme) : Pour plagier [et détourner l’assertion de] Terence, Montaigne, et même de Marx : «Je suis féministe, rien de ce qui est humain-e ne m’est étranger.» Mais, pour le féminisme, faire référence à «l’humain-e», fut-il féminisé, exige une critique des fondements, des racines ayant permis pendant des siècles de légitimer les fondements «humanistes» du patriarcat [qui si souvent ont servi de cache sexe de l’homme occidental blanc]. Il exige donc de dévoiler les fondements du concept même de «l’humain», de l’être humain, de l’humanité, de l’humanisme [qui se réduit pas à la défense de l’intérêt de l’homme occidental blanc]. Faute de quoi, sans cesse, «l’humanisme», tel qu’en son histoire, renaîtra en légitimant le patriarcat. (Cf. Hommes. Humanistes, Langage)

Féminisme (Humour) (1) : Lu dans les Pensées de Antoine de Rivarol [1753-1801] : «- Eh quoi, vous baillez ? dit le mari. Vous ennuyez vous avec moi ? - Ce n’est pas cela, dit la femme ; mais comme vous et moi ne faisons qu’un, je m’ennuie quand je suis seule.» 26

Féminisme (Humour) (2) : Lu dans les Considérations sur la Révolution française [1881] de Madame de Staël [1766-1817] :
«Je l’ai vu [Bonaparte° un jour s’approcher d’une Française très connue par sa beauté, son esprit et la vivacité de ses opinions ; il se plaça tout droit devant elle comme le plus roide [raide] des généraux allemands, et lui dit : ‘Madame, je n’aime pas que les femmes se mêlent de politique’.
- ‘Vous avez raison, général, lui répondit-elle : mais dans un pays où on leur coupe la tête, il est naturel qu’elles aient envie de savoir pourquoi’. Bonaparte alors ne répliqua rien. C’est un homme que la résistance verbale apaise […].» 27(Cf. Femme. Écrivaine, Féministe. Humour)

Féminisme (Humour) (3) : [1976. Québec] «Maman a réfléchit pas, a trop d’affaires à penser». 28
Et aussi : «Môman travaille pas, a trop d’ouvrage !» pièce de théâtre écrite et jouée par le théâtre des cuisines, premier livre des Éditions du Remue-ménage. 29
- Une vraie analyse politique.

Féminisme (Humour) (4) : Yvette Chassagne [1922-2007], première femme nommée ‘Préfet’, en 1981 aurait répondu à un homme ‘de haut rang’ qui lui avait demandé avant d’ouvrir une séance :
«’Madame, puis-je vous appeler monsieur ?’ : ‘Je vous en prie, monsieur, je vous appellerai donc, madame’.» 30

Féminisme (Humour) (5) : Les Marie Pas Claire, auteures de :
«Le féminisme est cette théorie extrémiste qui consiste à considérer les femmes comme des êtres humains.» 31 (Cf. Êtres humains)

Féminisme (Humour) (6) : [Anonyme] Concernant les rapports hommes/ femmes :
- Sa version à elle : Il était tout bizarre quand je suis arrivée au bar. J'ai d'abord pensé que c'était parce que j'étais légèrement en retard mais il n'a fait aucune remarque à ce sujet. La conversation était difficile et j'ai pensé que ce serait une bonne idée d'aller dans un endroit plus intime où l'on pourrait discuter plus tranquillement. Nous sommes donc allés au restaurant mais ça n'a pas changé grand chose. J'ai essayé de le dérider mais rien n'y faisait et je me suis demandée si ce n'était pas de ma faute. Je lui ai demandé, il m'a répondu que non, mais franchement, je n'étais pas convaincue. Quoi qu'il en soit, au retour, je lui ai dit que je l'aimais et pour toute réponse, il a mis son bras autour de mes épaules. Comment interpréter cela ? J'étais tellement inquiète quand on est arrivé chez lui que j'ai voulu lui demander s'il voulait rompre mais il s'est affalé devant la télé. En désespoir de cause, je suis allée me coucher. Il est venu me rejoindre 10 minutes plus tard, on a fait l'amour mais il avait toujours l'air distrait. J'avais presque envie de partir mais je me suis finalement endormie, les larmes aux yeux. Je ne sais vraiment pas ce qu'il a dans la tête... si ça se trouve, il a même rencontré quelqu'un d'autre...
- Sa version à lui : L'OM s'est pris une branlée face à Lyon au Stade Gerland, 4-0, une humiliation à l'extérieur. Bref une journée merdique. Seul point positif, j'ai baisé.
-
Une vraie analyse politique.

Féminisme (Humour) (7) : En réponse à la question de savoir ce «qui l’énerve depuis cinq ans», l’humoriste Anne Roumanoff répond :
«Dans le JDD (Journal du Dimanche), c’est vous qui écrivez vos chroniques toute seule ?»
Elle poursuit et explique sa réaction : «‘Ah bon ? Vraiment toute seule ?»
Je serre les dents et je réponds en souriant : ‘Oui bien sûr, Pourquoi vous me demandez ça ?’
Prendre sur soi, avaler des couleuvres.
Parfois, à force, on a l’impression d’avoir un vivarium dans l’estomac.
» 32

Féminisme (Humour) (8) : La collaboratrice d’un parlementaire raconte :
«Je suis la seule femme. L’un deux (lors d’une réunion dans un ministère) me dit : ‘Pendant que nous commençons le tour de table ; si vous alliez nous chercher un café ?’ - J’ai répondu : ‘Excellente idée. Pour moi, ce sera un thé’.»
- Une autre, en réunion avec un député :
«Tu sais, c’est marrant. Je n’ai jamais couché avec une Arabe» / «C’est marrant, moi je n’ai giflé un député33

Féminisme (Humour) (9) : L’une des innombrables plaisanteries concernant le couple Hillary et Bill Clinton :
«Lui : ‘Si tu ne m’avais pas rencontré, Hillary, tu serais restée collée à ton copain garagiste, dans un trou de province.». Elle : «Toi, tu serais encore dans l’Arkansas et c’est le garagiste qui serait à la Maison Blanche.» 34
* Ajout. 22 août 2017. À la relecture, pas vraiment drôle…

Féminisme (Humour) (10) : L’humour féministe ne serait-il être que le dévoilement du réel ? Et l’humour noir que sa réalisation ?

Féminisme (Impudence) : «[…] Après avoir utilement désigné les femmes comme victimes, le féminisme doit les inviter à la responsabilité’» : cette phrase, écrite par une féministe, Présidente de la Ligue du droit des femmes relève t-elle de l’impudence ? Ou du mépris [des femmes] ?
- Sans même évoquer que les deux termes de «victimes» et de «responsabilité» qui, en eux-mêmes posent d’immenses problèmes sémantiques, sources d’immenses confusions, ne relèvent pas du même registre de la pensée et ne peuvent donc être comparés. 35

Féminisme (Individualisme) (1) : Le féminisme comme toute pensée à prétention globalisante a des difficultés concernant la place à reconnaître aux individualités.
- D’où, souvent, concernant l’une ou l’autre d’entre elles, une pensée plus ou moins refoulée : elle ne peut avoir raison contre toutes, donc elle a tort. Ou, du moins, occultons la…

Féminisme (Individualisme) (2) : L’individualisation, la personnalisation des critiques est si souvent utilisée pour refouler les questions, elles globales, posées ; compréhensible, car c’est plus facile…

Féminisme (Institutionnalisation) : Dévoiler, se prémunir de tout danger d’institutionnalisation du féminisme, partout, y compris – surtout ? - dans les associations, les rencontres, les colloques féministes, pour autant qu’il en reste, absorbé-es, rapté-es, passé-es à la trappe, comme ils/elles l’ont été, notamment par l’institutionnalisation du «genre» et toutes les régressions politiques qu’il a permises.
- «Accueillons, encourageons toutes les protestations, flétrissons toutes les exclusions, tous les mysticismes ; ne regardons jamais une question comme épuisée» disait Proudhon à Marx. 36 (Cf. Féminisme. d’État, Langage. Genre)

Féminisme (International) : Il n’est pas plus possible de penser la nécessaire internationalisation d’une pensée, d’une politique féministe qui fasse abstraction des enjeux internationaux tels qu’actuellement posés par le patriarcat, qu’il n’était possible à la Russie révolutionnaire - et, avant elle, au socialisme - de penser la construction du socialisme ‘dans un seul pays’. (Cf. Droit. CEDAW)

Féminisme (Justification) (1) : Que le féminisme et les féministes - et bien sûr les femmes - cessent de se justifier :
«Les féministes ne sont pas des hystériques» ; «Le féminisme n’a jamais eu d’ambition castratrice» ; «Mais de quoi ont-ils peur ?» ; «Le féminisme n’est pas un gros mot» ; «Le féminisme n’a jamais tué personne» ; «[Il faut renouveler la classe politique], les femmes sont aussi légitimes que les hommes» ; «Être féministe, ce n’est pas dire : ‘attention, on arrive avec nos gros sabots’» (etc., etc.)
* Ajout. 5 décembre 2017. Penser à Voltaire [1694-1778] écrivant, le 17 mars 1749, à Frédéric II de Prusse [1712-1786] :
«Ne me dites pas, Sire, que je vous parle en courtisan.» 37

Féminisme (Justification) (2) : En 2014, Emma Watson (actrice, mannequin, «ambassadrice de l’ONU») a, pour sa part, pu déclarer :
«Le féminisme n’est pas une dictature. […]» 38

Féminisme (Justification) (3) : En 1997, Christine Ockrent, auteure de :
«[…] Le temps n’est-il pas venu de croire qu’une femme, quelque soit le talent du compagnon qu’elle s’est choisi, peut tout à fait penser par elle même ?»39
- Là, c’est carrément, le retour à la préhistoire…

Féminisme (Incompatible avec le Marxisme) : Analyse de Marx [1818-1883], en 1868, dans L’idéologie Allemande :
«La première condition de l’existence humaine, donc de toute histoire, c’est que les hommes doivent être en mesure de vivre pour être capables de ‘faire l’histoire’. Or, pour vivre, il faut avant tout manger et boire, se vêtir et maintes choses encore. Le premier acte historique, c’est donc la création des moyens pour satisfaire ces besoins, la production de la vie matérielle elle-même. En vérité, c’est là un acte historique, un condition fondamentale de toute histoire que l’on doit, aujourd’hui tout comme il y a des milliers d’années, remplir jour par jour, heure par heure, rien que pour maintenir les hommes en vie. […]
La deuxième condition préalable, c’est qu’une fois satisfait le premier besoin lui-même, le geste de le satisfaire et l’instrument créé à cette fin conduisent à de nouveaux besoins - et c’est cette production de nouveaux besoins qui constituent le premier acte historique. […]
La troisième relation qui intervient ici dès l’origine dans le développement historique est que les hommes, tout en renouvelant quotidiennement leur propre vie, commencent à créer d’autres hommes, à se reproduire, - c’est la relation ente l’homme et la femme, entre parents et enfants, c’est la famille.» 40
- On peut aisément contester cette hiérarchisation historique, faisant de «la production», «pour satisfaire les besoins», assimilés «à la vie matérielle» la source première de l’histoire. Que Marx en savait-il ? Par ailleurs, cette vision, strictement, étroitement, matérialiste apparaît - avec du recul, certes - plus comme un postulat qui lui était nécessaire que comme une démonstration historique. En tout état de cause, poser que «la reproduction», dans la quelle il intègre sans plus de précautions, en réalité, sans aucune rigueur, «la relation entre l’homme et la femme, entre parents et enfants» non seulement légitime «la famille», mais la pose, dérivée de la production, comme historiquement seconde, secondaire donc. Là, réside sans doute la principale opposition entre marxisme et féminisme.
- En sus, outre, de facto, légitimer que «les femmes», puisqu’elles sont seules, là, nommément citées, soient affectées aux seules fonctions reproductives, les excluant dès lors d’emblée de l’«histoire», est absurde : comment «l’existence humaine», «la vie» - [assimilée aux «besoins», et donc à une vision exclusivement «matérielle» du monde] pourrait-elle considérée comme étant antérieure à la question de «la reproduction» ? (Cf. Patriarcat, Proxénétisme. Marxisme, «Sciences» sociales. Démographie)

Féminisme (Langage) (1) : Se mêlent dorénavant, sans apparemment excès d’ inquiétude, concomitamment les termes suivants : le féminisme comme «thème», «cause», «dossier», «sujet», «phénomène», «corps de doctrine», «problème», «solution», «écoute», «suivi», «prise en charge», «sensibilité», «sensibilisation», «éducation», «posture», «mise en réseau», sans oublier qu’il est lié à «égalité», «sexe», «sexisme», «sexualité», «genre», «violences», «patriarcat» [six derniers termes entendus citer en moins d’une heure par une association féministe, après hommage rendu aux organismes financeurs. Juin 2015] … (Cf. Féminisme. d’Etat, Langage)

Féminisme (Langage) (2) : [Dans l’engagement féministe, au sein du MLF), Raymonde Courrière, auteure, en 2008, de :
«Nous avons appris la rigueur des mots et des concepts. Nous les avons relayés auprès de nos familles, de nos ami-es, de nos collègues, de la population, des médias. Les effets s’en font encore sentir.» 41 (Cf. Langage)

Féminisme (Libéral) (1) : Savoir lire et comprendre tout ce qui, depuis quelques décennies, progressivement détache le féminisme de ses sources et aspirations radicales pour le transformer en instrument de soutien des classes dirigeantes. (Cf. Féminisme. Bourgeois, Patriarcat. Politique. «Sciences» économiques)
* Ajout. 4 octobre 2017. J’entend, ce jour, pour la première fois, l’expression employée par une invitée - et dont la validité est justifiée - de «féministes de marché» lors de l’émission Femmes Libres de Radio Libertaire. Sans réaction, ni donc critique.

Féminisme (Libéral) (2) : Jindi Mehat, en 2015, auteure de :
«Le féminisme libéral élabore un point de vue individualiste sur les droits des femmes qui a pour but ultime l’égalité avec les hommes. Le féminisme libéral se concentre sur l’amélioration de la place des femmes dans les institutions existantes et croit que ce que veulent les femmes dans leur vie est ce que les hommes veulent et ont déjà obtenu pour eux-mêmes42 (Cf. Politique. Égalité)

Féminisme («Mainstream») : Souvenir d’un début de discussion avec une féministe américaine (mais aurait pu être dit par d’autres…) : alors que, dans une instance internationale, je lui faisais part de mon analyse, sa réaction lapidaire, définitive, qui tint lieu de réponse et clôt le débat, fut la suivante : «You are not in (on ?) the mainstream».
- Il est des phrases qui vous font plus réfléchir que des années passées en bibliothèque…

Féminisme (Médias) (1) : Ce ne sont pas les pensées - ni les actions, avancées, reculs, débats…- féministes qui sont exprimées dans les médias : ce sont les pensées - actions, avancées, reculs, débats…- que les médias décident de considérer comme tels, au moindre risque donc de perpétuer de la société sur ses bases.
On comprend mieux alors pourquoi tant de pensées si étroites, si confuses, si souvent incompréhensibles, voire aberrantes, souvent si passéistes, si conservatrices, peuvent s’y exprimer. La question est alors souvent moins de savoir pourquoi telles ou telles féministes sont invitées que de savoir pourquoi elles acceptent de l’être…
- Vrai pour toute pensée radicale. (Cf. Féminisme. Langage)

Féminisme (Médias) (2) : Le 20 janvier 2017, France Culture consacre une journée qu’elle intitule : La longue marche des femmes : 9 voix du féminisme à redécouvrir. Les voici : «Simone Veil», «Simone de Beauvoir», «Delphine Seyrig», «Benoite Groult», «Élisabeth Badinter», «Christiane Taubira», «une journaliste ‘anonyme’», «Michelle Obama». (Cf. Féminisme. Penser le) (8)

Féminisme (Mères) : Annie Schmitt, après avoir notamment évoqué la vie de sa mère, et ses premiers engagements féministes, écrit :
«Nous étions nombreuses à être là à cause de ce regard attentif et attristé sur la vie de nos mères : celles qui n’avaient pas le droit de sortir, qui ne savaient pas lire, qui ne parlaient pas, qui ne s’autorisaient que de la place assignée. Nous étions jeunes alors, entre 25 et 30 ans, nous avions peu vécu nos vies de femmes et c’est surtout celle de nos mères qui servaient de moteur à nos questions. […]» 43 (Cf. Femme. Mères)

Féminisme («Mouvement») (1) : Christine Delphy, auteure [en 1984, texte réédité en 2002, en introduction d’un article intitulé : Les femmes et l’État] de :
«Les femmes et l’État : sujet large, qu’il convient dès l’abord de réduire. Je réduirai donc l’un des termes, les femmes, sans autre forme de procès, au mouvement féministe.» 44 Sans doute, sinon un procès, du moins un argumentaire, eut été souhaitable. Mais encore eut il fallu qu’il soit plaidable…

Féminisme («Mouvement») (2) : Dès lors que l’on réfléchit en termes de (seule) fonction du supposé ‘mouvement’ féministe’, d’autant moins défini qu’il ne peut être définissable, on s’interdit toute pensée critique. Question valable pour tout système de pensée en monde clos. Mais pour participer à la construction de pensées critiques, ne faut-il pas d’abord connaître de l’intérieur ce dont on parle ? ; en d’autres termes, ne faut-il pas avoir vécu, peu ou prou, dans son sein, pour justifier une critique ? Si, bien sûr.
* Ajout. 14 septembre 2017. En paraphrasant Pierre Bourdieu, dans Choses dites :
«L’appartenance à un groupe […] exerce un effet de censure qui va bien au delà des contraintes institutionnelles ou personnelles : il y a des questions que l’on ne pose pas, que l’on ne peut pas poser, parce qu’elles touchent aux croyances fondamentales qui sont au fondement» 45 de la pensée qu’il est censé incarner.

Féminisme (Non mixité) (1) : Régine Sellier, évoquant sa participation, dans les années [19]70, aux «premières réunions non mixtes» de femmes exprime son «sentiment d’une sécurité retrouvée» les qualifie de «notre premier territoire […].» 46

Féminisme (Non mixité) (2) : Victoria Thérame se souvient, en 2008, des premières assemblées de femmes : «Dans toutes les assemblées de femmes - sans hommes, car les hommes venaient pour insulter, ricaner, freiner ce mouvement révolutionnaire et leur présence rendait muettes certaines femmes habituées à plier devant eux -, dans toutes ces assemblées, chacune racontait, pleurait, criait sa souffrance, les abcès se crevaient, et la misère, l’oppression de la vie féminine montait, comme une vague énorme que rien, désormais ne pourrait arrêter. […]» 47

Féminisme (Non mixité) (3) : Janine Manuceau, se souvient, en 2008, avoir dit à Antoinette Fouque, qu’au MLF, «elle se sentait sous les balles». 48

Féminisme («Nuit Debout») : Le «31 mars» 2016, place de la République, une dizaine de femmes réunies dans le cadre d’une commission «Féminisme» qu’elles ont créée propose pour le soir à la discussion une «Charte féministe» en cinq points. Le dernier, le plus novateur :
«La prise de conscience féministe nécessite un effort intellectuel constant» me plait vraiment. 49

Féminisme (Overdose) : Plus les féministes - du moins celles qui sont gênantes et méritent ce qualificatif - sont contraintes au silence, plus le discours féministe est censé être obsédant. La plus petite timide remarque faite par une femme dans un océan de déni et des femmes et du féminisme est si souvent suivie par : «Ah non, pas encore le féminisme !» Variante (selon le contexte) : «Alors, les féministes, vous vous taisez ? On ne vous entend plus !». (Cf. Féministes. Silence)
- Un progrès néanmoins à noter ? : avant ( ? ) on appelait ça : des «problèmes de bonnes femmes». [Dépassé en 2016 ?]

Féminisme (Patriarcat) (1) : Le féminisme est au patriarcat ce que le socialisme est au capitalisme : nécessairement, comme toute pensée, comme toute action, comme tout projet, comme toute utopie, divers.
À chacun-e d’en définir les limites, les contours, les refus. (Cf. Patriarcat, Politique. Gauche)

Féminisme (Patriarcat) (2) : Si l’on considère que le patriarcat relève du réel, qu’il est en lui même un système fondé sur des rapports spécifiques de domination, alors le féminisme qui, lui, relève de la pensée critique peut plus aisément en être différencié. Concrètement, la conséquence en est alors que l’on peut donc lire, que l’on peut donc produire une analyse féministe - mais aussi antiféministe - du patriarcat. Sur cette base, la diversité des courants de pensées et d’actions qui se réfèrent au féminisme peuvent plus aisément être décryptés. (Cf. Patriarcat)

Féminisme (Pensée) (1) : Toute pensée devient fausse dès lors que l’on s’en satisfait, que l’on s’en contente, qu’on la prend pour acquise. (Cf. Penser)

Féminisme (Pensée) (2) : La pensée féministe est là où on la cherche : partout. Il faut juste vouloir la lire et la comprendre. Ceci posé, on la trouve alors sans même la chercher. On découvre alors sans cesse une toute autre grille de lecture de la pensée [politique], dès lors mise à nue, dans sa vérité patriarcale. Demande un peu de bonne volonté, de bonne foi, de bon sens et donc d’intelligence.
- Les enjeux et les risques politiques de son dévoilement sont d’une telle importance que le débat est généralement clos dès lors, le plus souvent même avant, qu’il n’existe un risque que la question puisse être réellement abordée et traitée.
- La conséquence de cet enfouissement des réels enjeux du débat - qui exigerait qu’ils soient au préalable débattus - est d’affaiblir encore un peu plus l’assurance, la croyance des femmes en leurs propres pensées, en elles-mêmes donc. (Cf. Féminisme, Patriarcat, Vide-Pensée)

Féminisme (Pensée) (3) : Qui dira ce que la volonté de regroupement, de coordination d’associations féministes [mais ce fut aussi le cas dans la Recherche, à l’Université] a coûté à l’élaboration des pensées féministes et donc à la mise en œuvre d’un féminisme politique ? La recherche d’un plus petit dénominateur commun - rarement présentée comme telle, il est vrai - aurait dû provoquer plus de colère, d’indignation, de refus, tandis que la focalisation des revendications à demander, à arracher à l’État, aurait dû demander plus de recul, plus de critiques, plus d’interrogations sur la société à reconstruire.
- C’est la spontanéité, la richesse du vécu, du partage, de l’échange, du cumul de réflexions et de travail qui furent sacrifiés, au profit d’une mise en dépendance de tant d’associations vis à vis de l’État, des partis, des syndicats, et de tant de groupes d’intérêts, si souvent cachés. D’ou les régressions actuelles de la pensée des associations féministes et l’alignement progressif de tant d’entre elles sur les positions gouvernementales. (Cf. Politique. Association)
- Qui veut tisser des fibres molles ne récolte que charpie.

Féminisme (Pensée) (4) : Il en est de la pensée féministe comme de toute pensée : certain-es ne s’en prévalent, ne s’en revendiquent que pour, en son sein, et donc plus efficacement, en saper la pertinence. Et pour donc la pervertir, la salir, la délégitimer. Si la subversion des idées subversives est aussi vieille que le monde, le processus n’est pas pour autant condamné à se prolonger. (Cf. Penser)

Féminisme (Pensée) (5) : Combien de féministes ont elles, ne seraient-ce que pensé qu’elles aussi étaient infiltrées, subverties, pénétrées, manipulées, utilisées, orientées, aiguillées, incitées à, dirigées vers…? (Cf. Penser)

Féminisme (Pensée) (6) : La pensée féministe doit éviter deux écueils, celui de l’hagiographie régressive, intellectuellement illégitime et celle de la dénonciation des grossièretés antiféministes, souvent une paresse de l’esprit. …(Cf. Penser)

Féminisme (Pensée) (7) : Dès lors que l’on pense en termes de patriarcat, ce n’est plus lui qui peut être qualifié d’«universaliste», «égalitaire», «complémentaire», «essentialiste», «différentialiste», «naturaliste», «maternaliste», «culturaliste», «libérale», «marxiste», etc., mais la pensée féministe qui [se] cherche. (Poursuivre) (Cf. Patriarcat, Penser)

Féminisme (Pensée) (8) : La pensée féministe actuelle, du moins, celle - et la nuance est de taille - qui nous est présentée par les médias comme telle, s’inscrit peu ou prou dans le cadre ponctuel des politiques immédiates, sans, dès lors, les remettre en cause et tout s’inscrivant, si souvent, peu ou prou dans le cadre de la légitimation de l’«austérité». Sans grandes ambitions, elle devient suiviste, dépendante ; elle s’affaiblit, se dilue, se perd et n’a plus que des contacts contingents, ponctuels, et si souvent symboliques, avec le réel. (Cf. Féminisme. d’Etat (5), Médias, Penser)

Féminisme (Pensée) (9) : La pensée féministe n’a pas (seulement ?) à freiner, à résister, à faire contrepoids, à critiquer, à proposer ; elle a, comme toute pensée, à fournir les jalons d’une autre pensée du monde. (Cf. Penser, Politique)

Féminisme (Pensée) (10) : La pensée féministe est [trop] souvent censée légitimée par la [seule] réalité qu’elle dénonce.

Féminisme (Pensée) (11) : La ‘bonne conscience’ lorsque l’on se sent, se vit, se pense du bon côté de l’histoire (progressiste en marche), procure un confort intellectuel, politique, personnel qui aide considérablement à contrebalancer les inconvénients inhérents à l’affirmation féministe. La facilité de la pensée est là…

Féminisme (Pensée) (12) : La pensée féministe ne peut être composée que d’éternelles interrogations. Rien - ou si peu - n’est définitivement acquis. Les prémisses elles-mêmes ne le sont pas.

Féminisme (Pensée) (13) : Cesser de parler de divisions ; parler diversités, singularités, irréductibilités, jaillissements créatifs, élargissements de la conscience critique, libérations, indépendances d’esprit, air frais…

Féminisme (Pensée) (14) : Lorsque la pensée féministe ne sera plus caricaturée, elle aura vécu.

Féminisme (Pensée) (15) : La pensée sauvage disait Claude Lévi-Strauss [1908-2009] n’est pas la pensée des sauvages. La pensée féministe n’est pas la pensée des féministes.

Féminisme (Pensée) (16) : Pour la quasi totalité des intellectuels (français), la pensée féministe est une langue étrangère. Ils ne l’ont pas apprise, ni appris à l’apprendre et sentent, plus ou moins confusément, qu’ils n’ont pas vraiment intérêt à l’apprendre. De toutes façons, pris par leur propre pensée, ils n’ont pas le temps…

Féminisme (Pensée) (17) : Passer sous silence une pensée féministe, c’est reconnaître que l’on préfère, aux fins de maintenir le statu quo, sinon le mensonge, du moins le déni. (Cf. Féminisme. Censure)

Féminisme (Pensée) (18) : Entendu, le 30 août 2017, une discussion entre deux féministes. L’une s’inquiétant de l’engagement de l’autre, crut bon s’enquérir de la justesse de ses engagements féministes. Et, pour ce faire, explicita ses référents en la matière : «Être contre les inégalités et pour le féminisme.»

Féminisme (Pensée. Fange) : C’est aussi, souvent, nécessairement, dans la «fange» de leur (notre) quotidien que les femmes prennent conscience, élaborent la pensée féministe et, qu’en la dénonçant, elles retrouvent leur identité. Le risque est que cette pensée, entachée par, mais aussi née, nourrie de cette fange, n’en soit apurée et que, dès lors, elle en soit nécessairement salie, appauvrie. (Cf. Penser)

Féminisme (Pensée. Régression) : Je reçois, en vue des élections présidentielles [23 avril et 17 mai 2017], la présentation d’une «soirée-débat organisée par les associations féministes» [«des» eut été rigoureux et moins méprisant, sans même évoquer le tragique que cet article révèle] qui doit avoir lieu le 31 mars 2017 intitulée : «Élections et féminisme : incompatibles
- Par quelles régressions en est-on arrivées là ?
N.B. Ce n’est qu’en posant ce type de questions qu’il sera possible de les dépasser. Ce qui nécessite sans doute aussi, dans un premier temps, de les interroger et donc de s’interroger soi même.

Féminisme (Penser le) (1) : Pour - globalement - reprendre l’alternative posée par Alain Caillé concernant l’écologie politique 50 en l’appliquant à la pensée politique féministe : peut-on construire une politique, une philosophie, une morale en partant du féminisme (si tant est qu’il soit une pensée), ou ne faut-il pas plutôt penser les problèmes que pose - et ne pose pas - le féminisme dans le cadre d’une réflexion plus générale concernant la société à venir, à construire, à vivre ? Que disent, que pensent, qu’écrivent les féministes concernant la fin du travail, le chômage, l’Europe, l’État, la décroissance, l’aliénation, l’autonomie, la mondialisation, l’économie, la guerre, l’idée de frontière, l’impérialisme, la politique étrangère des États Unis, de la France etc., etc..? Vaste chantier…(Cf. Penser)

Féminisme (Penser le) (2) : Pour ce faire, sortir de l’entre soi ; s’obliger à traiter des non-dits, des questions gênantes (partir des critiques fussent-elles les plus grossières, les plus bêtes, les plus violentes, peut être un bon point de départ) ; s’extraire de l’imaginaire dominant ; faire sauter les carcans mentaux. Refuser toute logique binaire, toute inversion des questionnements. Interroger tous les termes, les agencements de phrases. Et ne pas oublier ce fondement incontournable de la pensée politique, à savoir la violence de l’État. Et ce, dans un monde capitaliste, libéral, financier, non moins violent…(Cf. Amnesty International, Loi, Patriarcat, Penser, Violences contre les femmes)

Féminisme (Penser le) (3) : Il manque au féminisme des pensées (renouvelées) du patriarcat mondial actuel. Pour ce faire, il manque au féminisme des pensées du socle dont sont issues ses diverses composantes, ses diverses modalités d’expression.
Ce sont ces pensées - diverses, nécessairement complexes - qui non seulement peuvent permettre de penser les antagonismes politiques entre féministes.
Ce sont elles et elles seules qui peuvent légitimer le refus de l’appropriation du terme «féministe» par certains courants de pensée, au premier chef, les libéraux-proxénètes.
En lieu et place, on entend : «les féministes sont divisées», assimilant pensées et engagements politiques circonstanciés, ponctuels, sans s’interroger plus avant. (Cf. Patriarcat, Penser, Proxénétisme)

Féminisme (Penser le) (4) : Pour ce faire, il faut chercher, interroger, dénoncer les expressions concrètes des innombrables modalités de la domination patriarcale, et donc de toutes les aliénations dont elles sont porteuses et - concomitamment - chercher, interroger, dénoncer toutes les constructions intellectuelles, langagières, symboliques par lesquelles elles ont été construites et se perpétuent. (Cf. Penser)

Féminisme (Penser le) (5) : La pensée féministe doit précisément dénouer les liens historiques que la pensée disons, ‘de gauche’ a, depuis les Lumières, construit entre matérialisme, athéisme, critique de l’État et la morale (dans ses multiples acceptions et notamment dans la critique, rarement pensée, des «mœurs»). (Cf. Penser)

Féminisme (Penser le) (6) : Il y a tant et tant de manifestations si aisément visibles du patriarcat que ce que les féministes doivent le plus craindre est sans doute la facilité de la critique qui vaudrait jugement. (Cf. Penser)

Féminisme (Penser le) (7) : Il est plus difficile, mais plus pertinent, à une féministe, plus qu’à quiconque d’autre, de critiquer le féminisme, car il contraint peu ou prou à - et nécessite peu ou proue de - se couper du «milieu» féministe. Mais ce constat ne relève t-il pas de l’évidence ? Et ce qui importe, ce n’est pas l’auteur-e, mais la pertinence de la critique. (Cf. Penser)

Féminisme (Penser le) (8) : Comment freiner les avancées de la pensée féministe ? Concernant la France : vous arrêtez la critique féministe à Simone de Beauvoir, le militantisme à l’IVG, le courage à Simone Veil, la revendication politique à une demande d’égalité et la littérature à Benoîte Groult. Alors, vous pouvez focaliser toute votre attention sur les femmes arabes et musulmanes mais seulement sur celles qui luttent dans les pays que les occidentaux combattent (ou soutiennent). En évitant dès lors nécessairement tout ce qui lient femmes occidentales et femmes arabes et musulmanes, à savoir le patriarcat. (Cf. Féminisme. Médias, Penser)

Féminisme (Penser le) (9) : Il n’y pas plus de vraie, de juste pensée féministe qu’il n’y aurait de vraie, de juste pensée socialiste, marxiste, libérale…

Féminisme (Penser le) (10) : Participer à l’élaboration de la pensée féministe n’est qu’une des modalités d’expression, importante certes, des luttes des femmes, des luttes féministes dont l’immense, voire la quasi totalité, nous sont inconnues, qui adviennent depuis des temps immémoriaux, qui se manifestent sur une multiplicité de scènes, de sphères, dans d’innombrables lieux.

Féminisme (Penser le) (11) : De quelles idées hardies, de quelles pensées neuves les féministes sont-elles porteuses ? Déconstruire est éclairant. Proposer de nouveaux projets est nécessaire. Est-ce suffisant ? Non. Le féminisme ne se projette plus, radicalement, positivement, heureusement, dans l’avenir.

Féminisme (Penser le) (12) : Coupée de la vie militante, la pensée féministe perd sa substance, sa force, sa pertinence, sa légitimité. (Poursuivre)

Féminisme (Penser le) (13) : Toute pensée - se pensant, se voulant, s’affirmant, ou non, féministe - qui prend le qualificatif de «féminisme» pour acquis, sans en interroger ses fondements, sans exposer des propres référents, paralyse ses propres capacités d’analyses, d’interprétations, de critiques donc.

Féminisme (Penser le) (14) : Sortir des dénonciations de, des réactions à, des théories sur, qui ont progressivement étouffé la pensée féministe.

Féminisme (Politique) (1) : La pensée politique féministe s'épuise vite lorsqu’on ne peut, ni ne veut attaquer ni les hommes, ni le capital, ni les syndicats, ni l'État... ni «les copines». Analyse vécue. (Cf. Patriarcat, Politique)

Féminisme (Politique) (2) : Pour que le féminisme se diffuse (mieux) dans la conscience de chacun-e, dans la société, si les débats d’idées (critiques) le concernant sont nécessaires, la question de leur intégration critique au sein des évolutions en œuvre dans le monde, le sont sans doute plus. En réalité, les deux sont indissociables. (Cf. notamment, Proxénétisme)

Féminisme (Politique) (3) : La crainte des scissions politiques (lesquelles devaient souvent ménager amours-propres, rapports de pouvoirs institutionnels et/ou symboliques et appartenances à des groupements divers et variés, le plus souvent occultes) a pesé lourd dans l’explication des régressions de la pensée féministe. Ce qui n’était pas suffisamment vu, c’était la richesse, ne serait ce qu’en termes de dévoilement des contradictions, dont les pensées iconoclastes [en réalité, chacun-e était l’iconoclaste de l’autre] étaient porteuses. Il fallait, trop souvent, rester entre soi, se tenir chaud, se protéger des agressions du monde. Et donc évacuer les critiques gênantes, émanant en premier lieu des féministes…

Féminisme (Politique. Négation / Négationnisme) : Thierry Pech, directeur général du think tank Terra Nova (proche du parti socialiste) auteur du fort limitatif mais non moins péremptoire : «La seule idée politique neuve depuis 1945 est l’écologie politique.» 51
* Ajout. 8 août 2017. Cécile Duflot reprend la même analyse : «L’écologie politique restera pour moi la seul idée neuve depuis 1945.» 52
- Afin d’éviter tout ambiguïté : je ne pense pas que le terme de «féminisme» fusse t-il qualifié de «politique» puisse, ni doive remplacer celui d’écologie. Mais en occulter radicalement l’importance relève bien de la négation, voire du négationnisme. (Cf. Femme. Politique. Duflot Cécile)

Féminisme (Post-moderne) : Je ne peux faire mieux que de reproduire ce slogan des années 80 : «Je serai post-moderne dans le post-patriarcat.» À ceci près, qu’aujourd’hui, «moderne» s’intitulerait «libéral», et que l’on voit encore mal le post-libéralisme…

Féminisme (Prise de conscience) (1) : Pour freiner la prise de conscience féministe : effacer, réécrire l’histoire, dévaluer, tourner en dérision les formes d’expressions des féministes, attaquer intuiti personnae leurs auteures - plus souvent d’ailleurs, les nier, c’est moins fatiguant - personnaliser et dépolitiser les enjeux, endormir la vigilance, évacuer et /ou tenir pour nulles et non avenues les questions gênantes, lancer de faux débats, détourner la combattivité, créer des associations idoines, promettre (le moins possible) et ne pas tenir ses promesses, corrompre si nécessaire, lancer dans le débat public des thématiques totalement dépassées et inappropriées… Bref, que du classique, à ceci près que les critiques féministes concernent les fondements de l’organisation humaine. Ce qui ne signifie pas qu’elles doivent être seules prises en compte.

Féminisme (Prise de conscience) (2) : Les chemins d’une prise de conscience féministe sont innombrables et ne sont pas nécessairement disons…«féministes» : ce peut être une chanson, un souvenir d’enfance, une phrase entendue, inopinément ou non, un flashback, un mot, un film, un livre, un tableau, une musique ; souvent une critique de soi, par l’autre, par soi…

Féminisme (Qualificatifs) : Que le féminisme soit considéré comme «juste», «nécessaire», «utile», «inéluctable», «réformiste», «élitiste», «positif», «intersyndical», «religieux», «subversif», «inter-sectionnel», «libéral» etc.,…renvoie à autant de philosophies différentes, souvent radicalement opposées. Mais ce qui importe ce n’est pas l’adjectif…(Cf. Langage. Adjectif)

Féminisme (Radical) (1) : Pléonasme.

Féminisme (Radical) (2) : Devenu en quelques années, par on ne sait quelle opération du saint-esprit, synonyme de «conformiste» et «réactionnaire»... sauf si, après avoir été ainsi qualifié, il affirme justifier le proxénétisme, la pornographie et tutti quanti. Que les choses soient claires : nous sommes à mille lieux en deçà d’une critique radicale du patriarcat. Et à la genèse de son analyse. (Cf. Féministe. Radicale, Patriarcat. Radicalité, Proxénétisme)

Féminisme (Réformiste) : Ses protagonistes devraient, me semble t-il, intégrer dans leurs stratégies le fait que le féminisme dit radical est leur meilleur allié politique : pour mieux récuser / écraser le premier, le second sera nécessairement réhabilité. Demanderait aussi un certain cynisme ? Non, une analyse politique. (Cf. Politique. Réformisme)

Féminisme (Regret) : Elle regrettait ses engagements féministes qui lui avaient valu nombre de déboires, sans voir qu’elle dévoilait ainsi la faible valeur qu’elle leur accordait ; a fortiori, sans donc s’interroger sur le fait de savoir si ses ambiguïtés ne pouvaient pas, au moins pour partiellement, permettre de comprendre certains de ses déboires.

Féminisme (Silence) : Le silence imposé au féminisme (indissociable des décisions de privilégier telle ou telle forme de ses modalités d’expression) est politique. Banal, certes, mais le rappeler peut éviter des auto-dévalorisations individuelles de féministes (du fait de la non prise en compte de tant de leurs modalité d’expression et manifestations) qui, elles-mêmes, se greffent si aisément sur l’ancestrale, la faible confiance en soi des femmes. (Cf. Femmes. Silence, Pensée. Féministe. Silence)

Féminisme (Slogans) : Dans la répétition des slogans, si souvent justes, attention au risque de catéchisme…

Féminisme (Socialisme) : Le socialisme n’a pas, par définition, pu intégrer la critique du patriarcat dans ses critiques anticapitalistes. Tout au plus, du fait des femmes socialistes, en a t-il critiqué certaines manifestations, en a t-il dévoilé certaines contradictions, et, quelques rares fois, affirmé l’idée selon laquelle le patriarcat était en lui-même un système de domination. Le plus souvent, le socialisme a conforté, cautionné le patriarcat, en a même souvent aggravé les modalités d’expression et si souvent, formellement justifié les manifestations les plus scandaleuses. En tout état de cause, la pensée socialiste et son avatar communiste, n’a pu en tirer les nécessaires conclusions, à savoir la critique nominative des associations, partis, syndicats, qui s’inscriv[ai]ent dans le cadre d’une pensée socialiste, communiste. Le féminisme, en revanche, du moins dans certaines de ses composantes, a cherché - et cherche toujours - à articuler anti-patriarcat et anti-capitalisme. (Cf. Féminisme. Incompatible avec le marxisme)

Féminisme (Stéréotypes) (1) : Yves Deloison, auteur du «Manifeste pour un nouveau mâle» et de : «[…] Être féministe, c’est lutter contre les stéréotypes qui enferment les femmes comme les hommes dans des carcans. […]» 53 Non. Car il y a autant de stéréotypes que d’analyses ; lutter contre des apparences, c’est rester à la surface du monde ; enfin, hommes et femmes sont l’objets de stéréotypes et en pâtissent. Dès lors assigner aux féministes ce projet de «lutte», c’est, en les y enfermant, les nier.

Féminisme (Stéréotypes) (2) : L’emploi du terme de «stéréotype» - centré sur la représentation d’un sujet, d’un objet - telle qu'elle y est habituellement admise et véhiculée interdit toute prise en compte de ruptures, d’évolution, de modification, d’inversion des valeurs.
- Un exemple : un homme politique anglais affirmait que des enfants [se] demandaient à la fin du ‘règne’ de Margaret Thatcher «si un homme pouvait devenir Premier Ministre». 54 (Cf. Réalité, Patriarcat, Sexe-s. Sexisme)

Féminisme (Stéréotypes) (3) : De régressions en régressions, de reculs en reculs, de confusions en confusions, de verbiages et verbiages, de cautions en cautions, autant de dénis du réel, sous couvert de «stéréotypes», que l’on se garde bien, sauf manifestations primaires [du type bleu pour les garçons, rose pour les filles ou : dinettes pour les filles et construction de camions pour les garçons] de définir participe de la régression du féminisme.
- Joint au terme inapproprié de «sexisme», on est loin de la clarification de ce que l’on dénonce. Cf., «Sexisme : Des féministes envahissent un magasin de jouets pour lutter contre les stéréotypes» 55
- Joint à celui de «mentalités», on s’interdit toute avancée politique. Cf., Najet Vallaud Belkacem, Ministre des droits des femmes, en 2014, auteure de : «Contre les stéréotypes et le sexisme 'd’habitude', il faut agir sur les mentalités». (Cf. Sexisme)

Féminisme (Tabous) : Le féminisme partage nécessairement les tabous de la société au sein de laquelle il est né et dont il partage nombre de valeurs.
La question est celle de savoir si l’on peut penser l’une ou l’autre des modalités d’expression du patriarcat sur les fondements de la «lutte contre les tabous» ?
La réponse est : non. Qu’un interdit (rituel, religieux, moral, politique…) soit dévoilé, révélé, mis à nu, dénoncé n’augure en rien ni les fondements sur lesquels il l’est, ni donc ce sur quoi il pourra être remplacé.
Dénoncer un tabou, et s’y limiter, c’est s’interdire d’en rechercher les causes qui seules l’explique. (Cf. Féminisme. Stéréotypes, Patriarcat)

Féminisme (Toilettes Publiques) : Françoise Barret-Ducrocq se souvient d’un voyage à Amsterdam en mai 1970 avec Gille et Monique Wittig et de leur rencontre avec «un mouvement déjà bien constitué», les Dolle Mina, dont «les militantes s’étaient rendues célèbres en exhibant des ‘pissotières’ sur des camions dans les rues de la ville pour réclamer le droit à des toilettes publiques pour les femmes.» 56

Féminisme (Universitaire. Critique) : Une analyse critique fort pertinente (mai 2015), du féminisme universitaire, découverte ce jour [2 janvier 2016] émanant de Montreal Sisterhood qui se présente ainsi : «un collectif composé de femmes provenant d’une diversité de milieux, ayant des parcours et expériences très différentes l’une de l’autre.
Notre objectif est de politiser les femmes de nos scènes contre-culturelles tout en assurant une présence féministe dans le milieu antifasciste et les contre-cultures. Nous sommes féministes radicales, mais nos réflexions politiques ne sont pas toutes au même niveau et nous ne sommes pas toutes d’accord sur certains sujets
Et voici un passage nécessairement limité dans le cadre de ce travail qui m’est apparu particulièrement important : «Cette réflexion a commencé lorsque des membres du groupe, qui sont aussi étudiantes, ont exprimées le fait qu’elles ne se retrouvent pas souvent dans le féminisme universitaire. En effet, celui-ci est peu accessible et gagnerait davantage à être ancré dans la réalité plutôt que dans la théorie. Pour nous, être féministes, ce n’est pas connaître des auteur.e.s, ni des théories, ce n’est pas étudier en études féministes, mais plutôt de simplement reconnaître l’oppression patriarcale et désirer abattre celle-ci. Depuis des années déjà, nous sentons un rapport de pouvoir entre les féministes ayant beaucoup de connaissances théoriques s’organisant en milieu universitaire et les autres. Il arrive que nous sentions une pression, qu’on s’attend de toutes les féministes qu’elles maîtrisent des concepts qui ne sont pas accessibles à toutes, on s’attend à ce qu’on ne fasse pas d’erreur, et que l’on réponde à un modèle spécifique de féminisme. Sinon le mouvement féministe au complet risque de te ramasser. Les critiques fusent de tous les bords, la compétition est forte. Pour avoir des alliées, certaines ont l’impression de devoir devenir ce qu’elles ne sont pas, de devoir tout connaître pour pouvoir participer à des discussions sans avoir honte de ses opinions ou de ses idées. Les rapports de domination sont tellement ancrés que certaines féministes ne se sentent pas confortable dans certains endroits, activités, etc. Par ailleurs, le fait de posséder des savoirs théoriques et d’étudier à l’université est en soi une forme de privilège. […] Cet élitisme dont nous parlons se réfère à une intellectualisation des concepts et des vécus.» […] Lire tout le texte. 57

Féminisme («Victimaire») (1) : Soit le féminisme dit «victimaire» veut rien dire, soit c’est une contradiction dans les termes. En tout état de cause, il s’agit d’une attaque politique : l’expression signifierait en effet que les féministes entretiendraient les femmes dans leur statut de victimes du patriarcat, ce dont elles devraient, dès lors être tenues responsables. La seule formulation, de par son manque de rigueur, révèle les présupposés de son auteur-e.
- Affirmer être «contre» favorise les carrières [et facilite l’accès aux médias]. (Cf. Langage. Victime)
* Ajout. 14 octobre 2017. Richard Ferrand, le 13 octobre 2017, dont le Parquet a classé sans suite - flagrante injustice - les accusations indéniables et graves à son encontre, auteur de : ‘J’ai vécu une épreuve que je ne souhaite à personne’. […] J’ai tout subi […] 58

Féminisme («Victimaire») (2) : À l’écoute ce jour [29 juillet 2017] de Mona Ozouf présentant sa vision des femmes des femmes selon Germaine de Staël [Entre autres citations : «La femme est d’origine une victime»] je comprends mieux que c’est le patriarcat - et non pas le féminisme - qui a construit, fondé, perpétué l’image - et la réalité - des femmes victimes…dont on ne précise alors pas, en règle générale, qu’elles sont d’abord et avant victimes des hommes. 59

Féminisme («Victimaire») (3) : Si la fonction politique de l’emploi de ce terme ne fait guère de doute, c’est à la critique de la genèse de la ou des signification-s du terme qu’il faut revenir, faute de quoi un doute persistera quant à l’appréciation de la légitimité de son emploi. Or, «victimaire» signifierait, si j’en crois ce que je lis sur le net, soit : «relatif à la position de victime», soit : «se dit d’une personne qui se croit victime de la société et réclamerait des réparations». (Poursuivre)

II. Féministe :

Féministe (1) : Ce n’est pas moi qui «suis» féministe, c’est le monde qui «est» patriarcal : affirmer cela interdit toute justification et place la réflexion là où elle doit se situer.

Féministe (2) : Qui peut se prévaloir, comment peut-on se prévaloir d’«être» féministe ? C’est absurde. Tout au plus, grâce à la vie, à la réflexion, au savoir, peut-on s’exercer à, s’engager [dans un processus] vers, avancer vers ce qui peut s’apparenter à une pensée du monde, à une philosophie de l’être humain, à un art de vivre, libéré-e des carcans du patriarcat, et donc de tous les systèmes de domination, sans maîtres-ses, ni modèles, nui «mères spirituelles» mais grâce à la vie, à l’histoire, aux exemples et aux réflexions propres à chacun-e. (Cf. Langage. Verbe. Être, Politique. Projet, Patriarcat)

Féministe (3) : Le risque - le danger ? - de s’affirmer, avec fierté, «être féministe» et / ou de regretter que tant d’autres ne le soient pas, est de s’en contenter, de s’en satisfaire. De s’y reconnaitre. De s’en construire une identité qui se suffit à elle-même.

Féministe (4) : Je ne m’exprime pas, n’agis pas, ne prend pas position, «en tant que féministe» mais parce que j’estime que mes engagements relèvent de ma responsabilité de citoyenne (française), d’être humain-e…vivant dans un monde globalisé.

Féministe (5) : Aucune féministe n’est «une vaincue de l’histoire» ; ce constat [entendu ce jour. 30 septembre 2017] subsumant les idées qu’elle défend de sa seule personne les nie donc. Et l’histoire par là même.

Féministe (Agitation) : Geneviève Fraisse, concernant les années [19]80, après avoir positivement évoqué la pratique du Collège international de Philosophie, poursuit en constatant, durant ces années, «un certain ralentissement de l’agitation féministe». Certes, elle affirme que «l’agitation» est, pour elle, un «terme noble», néanmoins, historiquement, cette analyse, injustifiée, est pour moi, dès lors infondée. 60

Féministe (Antimilitariste) : Gabrielle Petit [1860-1952], après sa condamnation par le Cour d’Assises de Nancy pour propagande antimilitariste, le 21 novembre 1907, auteure de :
«J’ai déclaré à l’instruction que j’étais antimilitariste parce que le militarisme intéresse les femmes plus que les hommes. C’est facile à comprendre : jeunes filles, la caserne prend notre fiancé, ensuite c’est le mari pour les 28 et 13 jours, à 40 ans, nos fils, à 60, nos petits fils, elles prend tous les valides, mais elle ne les rend pas tous ; une fois morts, ils ne souffrent plus ; mais les fiancées, les mères, les grands mères en souffrent toute leur vie. […]» 61 (Cf. Justice. Procès)

Féministe (Analyse. Austen Jane) : Échange entre le capitaine Harville et Anne Eliott, dans Persuasion [1818] de Jane Austen [1775-1817] :
* «[…] Capitaine Harville : «Je ne crois pas avoir jamais ouvert de livre qui n’eut quelque chose à dire sur l’inconstance des femmes. Les chansons et les proverbes ne parlent que de l’humeur volage des femmes. Mais peut être allez vous me dire qu’ils ont tous été écrits par des hommes.»
* Anne Eliott : «Peut être, en effet…oui, s’il vous plait, pas de références à des exemples tirés des livres. Les hommes, en racontant leur histoire, ont eu, sur nous, tous les avantages. Ils ont eu une éducation tellement supérieure à la nôtre ; se sont eux qui ont la plume en main. Je ne reconnais pas aux livres la propriété de prouver quoi que ce soit.»
* Capitaine Harville : «Mais alors, comment prouver quelque chose ?»
* Anne Eliott : «Nous ne prouvons jamais rien. Nous ne devons pas nous attendre à prouver quoi que ce soit sur ce point. C’est une différence d’opinion qui ne souffre pas de preuves. Il y a probablement, à l’origine, un petit partis-pris qui nous fait interpréter en faveur de notre sexe tous les faits que nous avons vu se produire autour de nous et dont beaucoup (peut être les cas, justement, qui nous frappent le plus) sont précisément ceux qu’on ne peut citer sans trahir un secret ou qu’il ne convient pas de mentionner pour certaines raisons. […]» 62
Des réflexions à prolonger…(Cf. Féminisme. Antiféminisme)

Féministe («brillante») : Qualifier la personne de «brillante» pour ne pas avoir à juger de la validité - ou non - de ses analyses.

Féministe (Devenir) : On naît, sinon «femme», du moins «[petite] fille» ; on devient féministe. Mais, préalablement, on nait, comme les hommes, être humain-e. (Cf. Êtres humains. Femme-s)

Féministe (Dworkin Andrea) : Penseuse féministe d’envergure dont plusieurs textes n’ont été publiés en français que grâce aux Éditions Québécoises Sisyphe 63 (Travail de traduction poursuivi par Tradfem. Collective de traduction de textes féministes radicaux]) 64 : juge l’édition française et dévoile, révèle sa fonction politique.
- Auteure de : «We have the right to fight back». À remplacer par : «We must» ? (Cf. Édition/Réédition, Sade)

Féministe (Édition) : Au terme de la relecture du livre de Sibilla Aleramo [1876-1960] : Une femme [1906], 65 traduit de l’italien, publié aux Éditions des femmes en 1974, je lis la quatrième de couverture que voici : «Les femmes se révoltent, se mettent en mouvement, luttent… Nous prenons la parole : notre parole est remise dans l’ordre, intégrée, récupérée par les institutions. Nous pensons notre lutte de femmes : les théoriciens de la ‘question féminine’, en nous censurant, reprennent et s’approprient notre travail. Nous écrivons notre révolte : nous sommes exploitées et patronnées par les éditeurs capitalistes qui s’enrichissent sur nos corps et nos textes. Conscientes d’être particulièrement opprimées dans leur rapport à la lecture, à l’écriture, à l’objet-livre et à tout ce qui touche à une culture et un savoir monopolisé de tous temps per les hommes, beaucoup de femmes maintenant prennent la plume : nous la prendront d’autant plus facilement qu’il n’y aura pas à demander d’autorisation, à avoir des idées séduisantes et commerciales, à passer des examens d’écriture. Nous publierons et diffuserons le plus largement possible, sans censure, ce que les femmes inscriront de leur révolte à travers le mouvement international de libération. Vive la lutte des femmes - Vive la lutte des classes. Des femmes du M.L.F. éditent.»

Féministe (Être) (1) : Entendu (août 2015) :
«À l’écoute de sa vie, je comprends mieux pourquoi elle est féministe».
Non, elle est féministe parce qu’elle a pris conscience qu’elle vivait dans un monde patriarcal. (Cf. Patriarcat)

Féministe (Être) (2) : Question posée à Julie Gayet, «marraine de la campagne lancée par le gouvernement pour lutter contre le machisme», intitulée : «Sexisme. Pas notre genre» : «Êtes vous féministe ?» Réponse :
«Je le suis par essence : être femme, c’est être féministe, qu’on le veuille ou non. […]» 66 (Cf. Femmes, Sexisme)

Féministe (Femme) (1) : Je lis, dans le livre Génération MLF, édité, en 2008, par les Éditions des femmes, Antoinette Fouque [découvert en décembre 2017] critiquer le «vieux projet féministe présent dès les premières années du mouvement qui voulait substituer au terme «femme», celui de «féministe», lequel peut en effet caractériser aussi bien une femmes qu’un homme67
Certains débats s’éclairent un peu mieux…

Féministe (Femme) (2) : Natalie Mei se souvient, notamment, en 2008, de son mal être dans le couple, dans la gauchisme, au début des années [19]70 :
«Dans mon journal de l’époque, je lis toujours une impression de vide, d’angoisse, de culpabilité, de peur de ne pas être comprise, de solitude. J’écrivais que je voulais, pour un homme, n’être ni une épouse, ni une mère, ni une sœur. Je voulais être une femme. Quand je disais cela à mon mari, il me disait : ‘Tu te fais des idées sur ce qu’est l’oppression des femmes. Tu t’inventes des histoires.’» 68(Cf. Famille, Patriarcat)

Féministe (Fourest Caroline) : Caroline Fourest, présentée sur son blog comme «essayiste, éditorialiste, scénariste, réalisatrice, co-fondatrice de la revue ProChoix (féministe, antiraciste et laïque) et chroniqueuse à Marianne», le 15 octobre 2017, définit ainsi ‘son’ féminisme :
«Il y a une rééducation du libertinage à faire. Moi j’appartiens à un féminisme qui n’est pas puritain, qui est un féminisme libertaire et qui croit à la vraie liberté qui est celle de la séduction. […] Le prédateur c’est l’inverse du séducteur […], du désir.» 69 (Cf. Femme. Journalistes, Homme. Galant. Libertin, Pornographie, Proxénétisme)
* Ajout. 16 octobre 2017. Le lendemain, toujours un peu…ébaudie par «la liberté» qui serait «celle de la séduction», j’entends Yanis Varoufakis, ex-ministre des finances du gouvernement Tsipras, fièrement affirmer : «Je ne crois pas à la séduction. Je crois au pouvoir du raisonnement cartésien.» 70 (Cf. «Sciences» sociales. Économie. Grèce)

Féministe (Guillemets) (1) : Il / elle eut à écrire le mot de féministe ; Il / elle y ajouta des guillemets. Que souhait-il / elle signifier ? : une défiance ? une mise à distance ? une crainte ? un refus ? des scrupules ? un déni ?, un refus ? Mais de qui ? De quoi ? : du terme, de ses multiples significations ? de celle à qui son envoi était adressé ?

Féministe (Guillemets) (2) : Dans le Tome I, paru en 2016, de La vie intellectuelle en France. Des lendemains de la Révolution à 1914, trois pauvres pages sont consacrées au féminisme et traitées sous la curieuse question : «Un féminisme européen? » 71 Et, dans ce texte, sans aucune justification, les féministes sont citées - à quatre reprises, page 341 - entre guillemets. Un déni, une négation de l’histoire. (Cf. Féministe (Historicité), «Sciences» sociales. Histoire. Historiographie Patriarcale)

Féministe (Groult Benoîte) : Benoîte Groult, auteure de : «Naître en tant que féministe, c’est un peu comme naître tout court.» 72 Permet, en tout état de cause, une toute autre et plus beaucoup large vision du monde…

Féministe (Historicité) (1) : Dans le Tome II, paru en 2016, de La vie intellectuelle en France. De 1914 à nos jours, il faut attendre la quatrième partie, intitulée : Le temps des crises (de 1962 à nos jours) pour que quatre pauvres pages, coincées entre : «Orthodoxie et hétérodoxie économiques» et «La Nouvelle droite» fassent le point - les interrogations étant manquantes - sur «Les idées féministes en mouvement».
On y lit sans le sous chapitre intitulé : Une nouvelle constatation [de ‘la rupture des années 70] : «Tandis que la notion de rapports sociaux de sexe insistait sur la dimension matérielle de la structure sociale inégalitaire, le genre, sans la nier, place au cœur de sa perspective la dimension symbolique et discursive de la construction sociale de la différences des sexes.» Comprenne qui pourra…
- Et ce, sans aucune liaison, suivi de : «Il (le genre, sans doute) ouvre ainsi la voie aux théories queer».
- À nouveau, comprenne qui pourra, et suivi de : «Enfin, le concept d’intersectionnalité […] interroge les revendications féministes dans un monde traversé par d’autres rapports de domination, de classe, de sexualité ou de race.»
- La suite, toujours : comprenne qui pourra. Pas moi….
- En tout état de cause, ce n’est pas dans ce livre que l’apport des féministes à la «vie intellectuelle» - si tant est que cette expression soit signifiante - devra être recherchée. 73 (Cf. Langage. Genre)

Féministe (Historicité) (2) : Evelyne Sullerot [1924-2017], interrogée en 2012, auteure de : «[…] Vers 1970, au moment où toutes ces femmes s’agitaient tellement […] j’ai voulu faire du travail sérieux, un peu, à côté de leurs cris […]» 74

Féministe (Hommages) (1) : Ils disaient vouloir lui rendre «hommage» : «Hommage» de quoi ? pour quoi ? En réalité, l’emploi de ce terme n’est que, trop souvent, l’expression d’une faiblesse que l’on n’ose reconnaître, d’une faillite que l’on ne veut admettre, d’une confusion que l’on ne veut creuser.

Féministe (Hommages) (2) : Inclure des femmes, des féministes au Panthéon, enlever le [devenu] ridicule slogan : «Aux grands hommes, la patrie reconnaissante» participe, sous couvert de le subvertir, perpétue les fondements de l’imaginaire politique qui l’a justifié et qui n’en resterait pas moins patriarcal.

Féministe (Iconoclaste) : Être [féministe] iconoclaste ne suffit pas : encore faut-il refonder ce que la pensée féministe détruit. (Cf. Penser)

Féministe (Intérêt) : S’interroger sur les raisons pour lesquelles une féministe a intérêt à être, à s’affirmer féministe (en termes de coûts, d’avantages, de risques, d’inconvénients, de statuts...) ne relève pas de la pense utilitariste. Un grand nombre de questions apparaissent alors, dont la moindre n’est sans doute pas d’interroger le terme même d’«intérêt». (Cf. Féministe. Être, Patriarcat. Penser)

Féministe (Mais…) : Qu’il ne soit pas dit d’une féministe : elle est «féministe mais»…comme on disait autrefois d’Elisée Reclus [1805-1905] : il est anarchiste, mais c’est un grand géographe ou de Kropotkine [1842-1921] : il est anarchiste, mais il a été prince…75
* Ajout. 24 juillet 2016. Par comparaison, entendu sur France Culture le 18 juillet 2016 : «Vous êtes issu d’une famille modeste, mais qui a toujours défendu ses idées…» 76

Féministe (Nécessité / signification d’une pensée politique) : Une forte réflexion de Gordon Schochet :
«Il est en soi malaisé et sans doute illusoire de donner à des opinions structurant une société la forme d’une idéologie et d’une théorie politique : les présupposés sur lesquels repose une société sont rarement reconnus ou pleinement compris par ceux (et celles) dont ils régissent l’existence et dont ils ordonnent l’expérience ; ils subsistent habituellement au niveau des croyances inconscientes et inarticulées. Lorsqu’ils s’élèvent jusqu’à un niveau manifeste de conscience, c’est en général que les normes fondamentales de la société sont soumises à des tensions, et peut être même menacées. Le seul fait de parler de présupposés fondamentaux, fut-ce en leur faveur, entraine le risque qu’ils soient remis en question ; on a rarement l’occasion de les expliciter à moins que les tensions au sein de la société ne soient suffisantes pour justifier qu’on soulève le problème des normes fondatrices. Le faire […] c’est augmenter la vitesse et l’intensité avec laquelle un débat public sur ces fondements prendrait place ; une fois imprimée et disponible pour la controverse, toute croyance reçue voit les éléments qui la composent devenir avec une âpreté croissante, sujet à définitions, discussions et remises en cause77
- On peut ajouter à cette si juste analyse le constat selon lequel la France (dans toutes ses instances dominantes) depuis des décennies tente d’empêcher - et jusqu’ici, globalement a réussi - l’émergence des conséquences de ce dévoilement. Mais la taupe…
- Une pensée féministe est pour le patriarcat - qui s’était approprié, sans être dénoncé ni donc réellement remis en cause, le monopole de dieu, de la raison, de la loi…- : son talon d’Achille. C’est avant tout là qu’il faut agir, sans pourtant en faire un quelconque préalable : toutes les contestations, les luttes sont nécessaires et contribuent aussi à l’élaboration d’une pensée critique. (Cf. Politique. Projet)

Féministe (Participation à la construction d’une pensée, d’une politique, d’une société féministe) : Ne peuvent y mener ni le don, ni le sacrifice de soi, ni le dévouement, ni la complaisance dans la souffrance. Ne peut en être partie prenante la justification, même sur un point considéré comme mineur, d’un quelconque statu quo. Et aucune légitimation, au nom d’un futur espéré plus positif, n’est acquise sur le fondement des buts que l’on assigne à la société. C’est maintenant que le féminisme doit être en chacun-e.

Féministe (Pelletier Madeleine) (1) : Madeleine Pelletier [1974-1939] : pour moi, si tant est qu’une hiérarchie soit pensable, la plus grande féministe française.
Meurt, comme Camille Claudel, Zelda Fitzgerald et Séraphine Louis, dans un asile d’aliéné-es. 78 Comme l’avait été, avant elles, Théroigne de Méricourt [1762-1817] internée pendant 23 ans à la Salpetrière et tant d’autres femmes anonymes enfermées sans autre crime que celui d’avoir été des victimes de crimes non reconnus comme tels. (Cf. Femmes. Claudel Camille. Fitzgerald Zelda. Séraphine Louis)

Féministe (Pelletier Madeleine) (2) : Au lieu et place de présenter Madeleine Pelletier comme «une femme de combat et de convictions», on peut lire dans la présentation de l’émission de France Culture qui lui est consacrée, le 30 septembre 2017 : «Tout en elle respire la femme la femme de combat et de convictions
Quant à la présentation de Michel Caire, «psychiatre et historien», le moins que l’on puisse dire, c’est que ses arguments sont difficilement acceptables. C’est triste.

Féministe (Radicale) (1) : Refuser d’être qualifiée de «féministe radicale» : c’est le système patriarcal qui est radicalement injuste, pas la personne qui, simplement, constate, analyse et critique ledit système.
- Qui plus est, qui peut être qualifiée d’«être» féministe ? Ne peut-on pas plutôt aspirer à progresser dans la réflexion, dans la critique (au premier chef, du qualificatif lui-même ?), dans l’agir féministes ?

Féministe (Radicale) (2) : Une féministe [radicale] n’est pas «injustement méconnue» : elle est logiquement déniée.

Féministe (Radicale) (3) : L’expression de «féminisme radical» et/ou de «féminisme libertaire» doit être selon moi récusé, sauf explicites clarifications : à savoir que ne peut en faire partie, toute pensée qui, peu ou prou, défende, justifie, légitime le proxénétisme, la pornographie…
* Mais, plus fondamentalement, à l’écoute de l’emploi de l’expression : «Islamiste radical», n’est-ce pas, en sus, l’emploi de «féminisme», celui de «radical» qui doit être soit récusé, soit clairement et sans ambiguïté, explicité ?
- Pour en démontrer l’incohérence, voire l’absurde, fondé sur le simple accolement de deux mots, quel serait le lien entre les pensées de Madeleine Pelletier, Valérie Solanas, Katharine Mac Kinnon, Andrea Dworkin, Anne Le Gall, Marie-Jo Bonnet, Christine Delphy, les Femen…etc., etc.,.? (Cf., Femme. Collin Françoise, Féminisme. Féminisme Radical (1,2), Langage. Verbe, Être)

Féministe (Radicale. Stein Édith) : Édith Stein [1891-1942], deux ans avant son entrée au Carmel, auteure, en 1931 de :
«Comme lycéenne et étudiante, j’ai été une féministe radicale. Ensuite, j’ai perdu tout intérêt pour la question. […]» 79 (Cf. Femmes. Nom. «Sciences» sociales. Histoire)

Féministe («Reconnue») : Une féministe «reconnue» : s’inquiéter…Une féministe «patentée» : fuir. Méchant ?
* Plus globalement, ne pas accepter d’être reconnu-e par quiconque ? Être, simplement, écoutée, apprécié-e, critiqué-e, lu-e, réfléchi-e, ou non…En son temps, ou plus tard…

Féministe (Relève) : Attendre, espérer la relève ; attendre pour voir émerger, arriver la «relève» [féministe], n’est ce pas prolonger l’histoire et en exclure les ruptures ; n’est ce pas, aussi, peu ou prou, aspirer à se prolonger soi-même ? N’est ce pas bien passéiste ?

Féministe (Revendication) (1) : La première revendication féministe : prendre les mots au pied de la lettre ? Sans doute alors, cesseraient-on de qualifier de «blague», d’«humour», de «second degré» - ce qui, incidemment, ne veut rien dire - les humiliations, les injures, les jugements dénégateurs, les torrents d’absurdités, les violences dont nous les femmes, les féministes, sommes, sans en avoir le monopole, quotidiennement les cibles ? Et cela, c’est pourtant clairement lisible : il faut juste vouloir le lire. (Cf. Femmes (Nous les…), Langage, Patriarcat)

Féministe (Revendication) (2) : Une revendication féministe simple et universelle, entendue hier dans la bouche du dessinateur Joann Sfar :
«Que les hommes cessent d’emmerder les femmes». 80 (Cf. Homme. Féminisme. Sfar Joann)
* Ajout. 5 octobre 2017. Me fait penser à la phrase de De Gaulle, souvent citée : «Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples81

Féministe (Solanas Valérie) : Après avoir écrit le Scum Manifesto et tiré sur et blessé Andy Warhol, le 3 juin 1968, Valérie Solanas [1936-1988] fut accusée de tentative de meurtre, attentat et de possession illégale d'une arme à feu. En août, elle fut déclarée irresponsable de ses actes et a été internée au Ward Island Hospital. Plus tard, à la suite d'une psychothérapie, et après avoir purgé une peine de prison pour coups et blessures volontaires, Solanas reniera le manifeste et déclaré que «c’était juste une figure de style». (Wikipédia) (À prolonger) (Cf. Femme Remarquable)

Féministe (Solidarité) : Un exemple, parmi tant et tant, de la solidarité féministe ayant permis, en 1973 / 1974, au Portugal, la levée de la saisie du livre Nouvelles lettres portugaises de Maria Isabel Barreno, Maria Teresa Horta, Maria Velho da Costa, sa traduction à l’étranger et leur acquittement des charges d’accusation «d’outrages à la morale publique et aux bonnes mœurs».
Évelyne Le Garrec et Monique Wittig, dans leur préface à ce livre, en font part. Elles écrivent en outre : «Les trois Maria avaient prévu qu’elles serraient en butte à des persécutions, non parce que, comme leurs juges le prétendent, ce livre est pornographique, mais parce qu’il est féministe, écrit par trois femmes, et à ce titre, dangereux. Écrit par une seule d’entre elles, peut être aurait-il été interdit aussi, mais il est peu probable qu’il y aurait eu des poursuites judiciaires. Car il serait entré dans le cadre de la création littéraire et individuelle, ce qui est acceptable. Mais trois femmes qui se réunissent pour écrire un livre dénonçant la condition féminine, c’est déjà un noyau d’organisation. Choses inacceptables. Menaces pour l’ordre établi.» 82 (Cf. Politique)

Féministe («Spécialiste de la question») : France inter nous informe qu’il existe des «spécialistes de la question féministe». Invitée : Janine Mossuz-Lavau. Question posée : «Nous allons essayer de voir où se situent les priorités.» 83 (Cf. Féminisme. Médias)

Féministe (Théorie) : Une contradiction dans les termes. (Cf. Patriarcat)

Féministe (Vote. Macron Emmanuel) : Le 29 avril 2017, 61 associations et ONG - sur le fondement du refus du vote Le Pen [«Le pire est malheureusement possible»] - appellent de facto à voter pour Emmanuel Macron.
Parmi elles, deux associations s’affirmant féministes : Osez le féminisme et le Planning familial. En voici le texte fondateur :
«À la veille de cette élection aux enjeux majeurs, nous, organisations de la société civile, souhaitons lancer un cri d’alarme pour défendre les valeurs qui nous animent et qui constituent le socle de la société dans laquelle nous voulons vivre. Ces valeurs sont celles de notre devise nationale : la liberté - de critiquer, de manifester, de penser autrement, de proposer des alternatives - ; l’égalité - bien réelle entre toutes et tous, face à l’emploi, aux aides sociales, à l’accès aux soins et au socle de droits - ; et la fraternité - c’est-à-dire la générosité et l’humanité envers tous comme le respect de notre environnement partagé84

III. Féministes :

Féministes : Ce qui manque trop souvent, c’est la force que donne la croyance en soi, c’est l’amour-propre nécessaire à l’affirmation de sa légitimité à s’exprimer. Certes, difficile lorsque l’on a été élevée, comme beaucoup d’entre nous, dans la ferme condamnation de «l’orgueil». Et, poison ultime, dans celle de «l’égoïsme».

Féministes (Archives) : Je reçois ce jour [23 novembre 2017] l’annonce d’un colloque (ainsi qu’un appel à contributions daté du 6 novembre) intitulé non pas : «Les archives féministes» [ce qu’il eut pu être, compte tenu des graves menaces qui pèsent sur elles aujourd’hui], mais «Les féministes et leurs archives [1968-2018]», lequel doit avoir lieu le 1er décembre 2017 à Angers.
Je lis :
- Je lis : «Le caractère politique de la constitution des fonds d’archives apparaît donc évident.» Non, actuellement, il n’est, en rien, évident. Et c’est bien l’actuelle situation qui doit être entièrement repensée, au vu notamment des innombrables confusions politiques que l’introduction du pseudo concept de «genre» - accolé à féminisme comme si cela relevait de l’évidence - a légitimées.
- Je lis aussi : «L’anonymat, l’insistance sur le collectif, le refus des institutions, le caractère parfois éphémère des groupes ou encore la continuité de l’engagement jusqu’à nos jours semblent avoir été des obstacles à la constitution de fonds féministes». Cette présentation, dissolvant les critiques théoriques, politiques, sous la dénomination caricaturale de «refus des institutions», dans un ensemble pour le moins composite, est inacceptable.
- Je lis aussi que les Archives Recherches Cultures Lesbiennes «circonscrivent le périmètre mémoriel dans lequel elles souhaitent s’inscrire». Que fait cette critique nominative (mal déguisée) dans le cadre de ce colloque ?
- Je lis enfin : «Comment faire avec les conflits militants qui modèlent également la documentation et l’accès aux sources ?» Que font ces ‘conflits militants’ dans le cadre de ce colloque ? Et sur quels fondements, sur quelle légitimité, ce colloque serait-il à même de prendre positon ?
Mais surtout : Qu’en est il des autres débats, autrement plus signifiants politiquement, mais singulièrement absents, concernant la situation actuelle et future des archives féministes ?

Féministes (Associations) (1) : Derrière toute volonté de regroupement des associations [féministes] entre elles, il y a une volonté d’hégémonie. S’interroger donc d’emblée sur les plaintes concernant l’éparpillement des associations [féministes…] laquelle serait, ne serait-ce que partiellement, responsable de la faiblesse de leur poids politique. On ne construit pas un projet politique féministe sur la base d’un agrégat composite de réflexions, d’actions, engagements ponctuels. Qui plus est, on [s’] interdit alors toute pensée globale du fait de la nécessaire recherche, dans cette logique, du plus petit dénominateur commun. La question, aussi difficile à poser que complexe, nécessairement évolutive, qui devrait être première et publiquement affirmée : une association féministe, sur quels fondements ? pour quoi faire ? pour quelle société ? L’entre-soi en retarde la nécessité, en recule l’échéance. (Cf. Politique. Associations)

Féministes (Associations) (2) : Aucune finalité ne demande d’être, de devenir, «rester uni-es». À l’inverse, «rester unies» justifie si souvent cautionner ce qu’individuellement, l’on réprouve, et, si souvent, légitimer ce contre quoi l’on affirme vouloir lutter. La grande crainte : moins sans doute être, de s’isoler, de rester ‘seule’, que risquer et pouvoir être mise au ban d’un milieu, lorsque ce n’est pas d’un revenu.

Féministes (Associations) (3) : L’addition de revendications émanant d’associations féministes n’exprime ni une pensée, ni n’incarne la défense des femmes, elle-même difficilement pensable.
Évident, mais ne pas l’oublier, les médias au premier chef…

Féministes (Ayant quitté les associations féministes) : Il nous manque de grandes historiennes, de grandes romancières, pour connaître, comprendre, tirer profit de toutes les réflexions des femmes ayant quitté les associations féministes. À l’instar, par exemple, de ce que Doris Lessing a magistralement analysé concernant les communistes et le parti communiste en ex-Rhodésie du Sud dans Le Carnet d’or. (Cf. Féminisme. Histoire du, Politique. Associations)

Féministes («Bostoniennes») : On lit dans Les Bostoniennes de Henry James [1843-1916], ce jugement critique effectué par Miss Prance des féministes Bostoniennes : «Elles estiment que les femmes sont les égales des hommes ; mais elles sont bien plus contentes quand c’est un homme qui se range à leurs idées que quand c’est une femme.» 85 Loin d’être toujours encore vrai, tant s’en faut, mais (Cf. Hommes. Féminisme)

Féministes (Conquêtes) : Écouté hier le constat que José Maria Branco concernant les luttes politiques actuelles au Portugal : «Les gens dépendent de ce qui a été conquis en 1974 [lors de la Révolution des œillets]. Ce n’est pas ce qui a été conquis qui dépend d’eux.» 86 Analyse politique valable pour le mouvement féministe actuel, mais, comme toute analyse lucide mais pessimiste, celle-ci n’est pas éternelle.

Féministes (Critique des hommes) : Les féministes, à force de critiquer - si souvent à juste titre ? - les hommes, doivent se prémunir du danger de leur ressembler. Et ce d’autant plus que l’on reproduit nécessairement ce que l’on combat et qu’hommes et femmes ont été construits par le même monde patriarcal.

Féministes («Intellectuelles») : Les ‘intellectuel-les’, les universitaires, les journalistes…, en règle générale, lorsque véritablement contraint-es d’avoir à émettre une appréciation concernant l’une ou l’autre des femmes que l’on pourrait qualifier d’intellectuelles et donc d’avoir à se prononcer, préfèrent détourner l’attention, ou juger des personnes. Sinon, il faudrait lire et comprendre leurs écrits. Pire ! : porter un jugement au fond qui ne soit pas trop gênant pour leur réputation intellectuelle. Peu s’y risquent ; ceux/celles, rares, qui le font, vont, en règle générale, dans le sens du courant. Les autres, l’immense majorité, prudemment, se taisent. Sans oublier, ceux / celles qui, après avoir été cautionné-es par elles, sont devenus le fer de lance de l’antiféminisme. (Cf. Anti-féminisme, Égérie, Fraisse Geneviève, Hommes «Intellectuels», France Patriarcat. France)

Féministes («Intellectuelles-de-gauche») : Pour la presse, pour les ‘intellectuel-les’ etc.,..une féministe peut être ‘de gauche’, peut même être - rarement - qualifiée d’’intellectuelle’, mais elle ne peut être une ‘intellectuelle de gauche’. D’ailleurs, si elle l’était, elle ne pourrait être féministe. «Intellectuel», en sus, ne veut pas dire grand-chose et, en tout état de cause, peut cautionner des jugements les plus graves. 87 (Cf. Êtres humains, Hommes «Intellectuels». France. XXème siècle, Politique. Gauche, Patriarcat. France)

Féministes (Maitron Le) : À quand un Maitron 88 [1910-1987] des féministes, avant que tant de vies de militantes ne sombrent dans l’oubli ? Nécessite préalablement a minima la clarification du concept de féminisme. Dans l’attente, les féministes sont dissoutes dans l’anarchisme et dans l’histoire du mouvement ouvrier et syndicaliste. Alors que la clarification des liens historiques et des contradictions théoriques entre les analyses du monde anarchiste, libertaire, communiste, alter-mondialiste…et féministes n’ont jamais sans doute été si nécessaires, il existe un risque d’élargir, illégitimement, ces concepts pour y intégrer des femmes qui n’étaient ni féministes, ni libertaires. Pour en masquer les contradictions ? (Cf. la présentation récente de Madame Messali, Émilie Busquant, qualifiée à plusieurs reprises, à tort, comme «libertaire».)
- N.B. 5% de femmes citées dans le Dictionnaire Maitron des Anarchistes. (2014)

Féministes (Occidentales) : Les États les plus grossièrement, les plus violemment patriarcaux, emploient a satiété [je pense notamment aux débats concernant le code de la famille Algérien en 1984] l’argument selon lequel les femmes de ces pays ne doivent pas s’aligner sur les positions des féministes occidentales, caricaturées à plaisir. Il s’agit certes d’une réaction nationaliste, souvent religieuse, qui elle-même fait suite à une longue et dramatique histoire coloniale, impérialiste, laquelle fait fi et interdit tout échange, toute solidarité internationale des femmes.
Mais il n’est pas suffisant de s’arrêter à cette prise en compte de l’histoire.
Les féministes occidentales, dans toute leur diversité, vivent dans États dont les responsables vendent des armes dans le monde entier ; font la guerre partout (surtout en dehors de leurs frontières) dans le monde, lors qu’ils estiment devoir sauvegarder leurs intérêts ; reçoivent, négocient avec des chefs d’États dont, pour se limiter à l’islam, la charia est le fondement, etc, etc…
Dès lors, politiquement parlant, pour ne prendre que l’exemple le plus manifeste actuellement de la critique par les féministes de la religion musulmane, les féministes occidentales doivent, pour que leur critique féministe de l’islam politique soit entendue, soit crédible, préalablement affirmer clairement concomitamment leur claire dénonciation des politiques menées par les États occidentaux.
Sinon, en toute logique, sous couvert de critiques de l’Islam-isme, elles risquent fort d’exprimer aussi leur soutien aux politiques occidentales menées par les États au sein desquels elles vivent et dont elles deviennent les alliées et les cautions.
À cette occasion, rappeler que le concept politique d’«Occident» doit être critiqué et qu’il ne se réduit pas à la position des gouvernant-es des États qui le composent.

Féministes (Prison) : Combien de féministes françaises en prison pour leurs idées, pour leurs engagements féministes ? Et combien, pour les mêmes raisons, ont-elle été assassinées ? Devrait rendre modestes les féministes dites radicales ? (Cf. Femmes. Assassinées, Politique. Prisons)

Féministes (Projets politiques) : Les féministes doivent proposer des projets, des morales, des principes, des objectifs, des utopies ; pas seulement des objections au monde actuel, dont la refondation est impensable sans une libération de la parole des femmes, de toutes les femmes. Cette libération de la parole permet de dévoiler les chapes de plomb qui pèsent sur elles, sans laquelle leurs vécus, leurs analyses, leurs revendications ne peuvent que rester enfermé-es, enfoui-es, là où ils / elles sont tapi-es, mais elle ne saurait suffire. Pour ce faire, agir est mieux que réagir ; faire est mieux que dire de faire ; anticiper est mieux que freiner ; avoir une stratégie à long terme est mieux que d’avancer par tactique et alliances ; penser un autre avenir est mieux que concocter des programmes… Mais parler ne suffit pas ! (Cf. Politique. Projet)

Féministes (Raison. Avoir) : Je lis dans un dossier intitulé : «Des hommes féministes, est-ce possible ?» publié par La Gazette des femmes (Québec) concernant l’association Zéro macho : «Si on voulait résumer notre point de vue en une phrase, ce serait :Les féministes ont raison’.» […]. Par quels processus en est-on arrivé-es à ce degré zéro de la pensée politique ? Je dois cependant préciser que cette phrase est suivie d’une autre que voici : «Notre place n’est pas de prendre leur place, mais de réfléchir en tant que membre du groupe dominant, à ce que l’on peut faire pour participer à l’avancement vers une société plus égalitaire.» 89
On ne peut que constater l’évidente contradiction entre ce soutien inconditionnel aux «féministes» et cet appel à la réflexion de soi «en tant que membre du groupe dominant» ; on doit aussi noter la présentation spécifique qui est donnée du féminisme : «participer à l’avancement vers une société plus égalitaire».
* Une précision : la rédactrice de l’article n’ayant pas publié le nom de l’auteur qui évoque le «nous», je n’ai pas non plus cité le nom de l’auteur de la seconde phrase.

Féministes (Reconnues) : Tant que les féministes voudront être reconnues, aimées, intégrées, citées, nommées, promues, médaillées, invitées, flattées, avoir le sens de l’humour, être séduisantes, etc., tant qu’elles accepteront d’être définies par leur apparence, leur mode de vie, leur famille d’origine, leur supposée ‘sexualité’, leur âge, leurs maris / amant-es..., il n'y aura pas de féminisme politique. Au mieux, du colmatage de brèches.
- Mais comment avancer, en la matière, sans ego peu ou prou conforté ?
* Ajout. 29 septembre 2014. Attendre, aspirer à une reconnaissance, regretter de ne pas être reconnue, c’est reconnaître à certain-es le droit de vous reconnaître. C’est se reconnaître comme dépendante ; c’est reconnaître son aliénation ; c’est perpétuer les rapports de dépendance, dont la logique ultime a été (pour ne prendre qu’un exemple) exprimée par le roi Beaudoin lors de la cérémonie d’indépendance du Congo (30 juin 1960) : «C’est à vous qu’il appartient maintenant de démontrer que nous avons eu raison de vous faire confiance.» En radicale opposition, lire le discours de Lumumba.

Féministes (Sciences po) : Dans les années 80, l’association féministe de Sciences po (Paris) s’appelait Les sciences potiches se rebellent. En 2015, elle s’intitule : Garces (Groupe d'Action et de Réflexion Contre l'Environnement Sexiste) et s'inscrit dans la mouvance LGBT… (Cf. Sexe-s. Sexualités)

Féministes (Silence) (1) : Concernant, sur tel ou tel sujet, la critique du supposé silence des féministes - qui n’est en réalité qu’injonction ponctuelle à les faire parler et /ou à les maintenir sous le boisseau du silence -Cf. la réaction de Michel Foucault [1926-1984] au printemps 1983 : «Je n’avais jamais écrit tant d’articles dans les journaux depuis qu’on dit que je me tais.» Et ce, après avoir refusé «de prendre position, ni dire ce qu’a voulu dire [Deleuze]» et affirmé : «Les gens disent ce qu’ils veulent dire ou ce qu’ils peuvent dire.» 90 (Cf. Femmes. Silence, Féminisme. Overdose, Penser. No comment)

Féministes (Silence) (2) : Et si cette critique du soit disant silence des féministes n’était que le reflet, plus ou moins conscient, du silence de la société concernant «les femmes», ou plus justement de la conscience, plus ou moins inquiète, de la radicale inadéquation des discours portés sur elles ?
- Ne concerne pas que des féministes… (Cf. Femmes. Silence)
* Ajout. 28 novembre 2017. Le silence n’eut qu’un temps… Et il se déchira.

Féministes (Unies) : Entendu hier concernant la campagne : «Marre du rose», après l’énoncé des associations partenaires : «Toutes les féministes sont unies…» 91 Comment peut-on… ?

IV. Féminisme. Antiféminisme :

Féminisme (Antiféminisme) (1) : Ce sont moins les antiféministes qui sont stupides que le patriarcat qui est indéfendable. (Cf. Patriarcat)

Féminisme (Antiféminisme) (2) : L’antiféminisme n’est pas une opinion ; c’est une conception du monde. (Cf. Patriarcat)

Féminisme (Antiféminisme) (3) : Dévoiler, révéler, dénoncer les manifestations de l’antiféminisme ne suffit pas - tant s’en faut - à reconstruire un monde libéré du patriarcat. (Cf. Patriarcat)

Féminisme (Antiféminisme) (4) : Je me demande si la suffisance n’a pas beaucoup à voir avec les arguments antiféministes. Et, là, les classes sociales, pas plus que les diplômes et / ou ‘la culture’ n’ont rien à y faire…À moins que …(Cf. Culture, Patriarcat)

Féminisme (Antiféminisme) (5) : En caricaturant les féministes, soit les antiféministes ne veulent rien comprendre, soit ils/elles comprennent trop bien où sont leurs intérêts.

Féminisme (Antiféminisme) (6) : Les antiféministes ont actuellement deux moyens privilégiés d’agir : s’affirmer comme tel-les, s’affirmer féministes.
* Ajout. 24 novembre 2017. Variante : être pour ou contre La domination masculine. (Cf. Patriarcat)

Féminisme (Antiféminisme) (7) : Il y a sinon autant, du moins beaucoup à comprendre et à réfléchir chez les anti-féministes que chez les féministes. (Cf. Patriarcat)

Féminisme (Antiféminisme) (8) : Le principal (?) non-dit inconscient de l’antiféminisme : la crainte de contester et donc d’entrer en conflit avec tous les ordres conservateurs d’injustices que le patriarcat cautionne et justifie ; et, dès lors, d’avoir à être confronté-es à la construction de sa propre structuration psychique et donc politique. Si cette analyse est juste, alors les antiféministes, pas plus que quiconque d’ailleurs, ne peuvent, ni ne doivent être qualifiés de «stupides»…(Cf. Hommes. Ayant peur des femmes, Patriarcat)

Féminisme (Antiféminisme. Arendt Hannah) : Hannah Arendt [1906-1975], auteure, en 1970, de :
«Ces jeunes filles fort douées ont bien du mal à réfléchir posément à toutes ces questions féminines que le féminisme s’est entendu à embrouiller à merveille, d’autant plus difficilement qu’elles rechignaient à s’y prêter. Cette absurdité se déchaîne ici en allant de pair avec les mouvements de libération, et les étudiantes vous demandent comment on doit s’y prendre pour garder un homme. Si on leur répond : ‘bien faire la cuisine, il n’y a pas de honte à retrousser ses manches’, etc., les voilà toutes ébahies.» 92 (Cf. «Sciences» sociales. Histoire)

Féminisme (Antiféminisme. Aristote) (1) : Aristote [384-322 av. J.C], auteur de :
«La comparaison avec les bêtes pour établir que les femmes doivent avoir les mêmes fonctions que les hommes est absurde : «[les bêtes], elles, n’ont pas de maison à tenir.» 93 (Cf. Êtres humains, Femmes. Animalisation du monde, Penser, Politique. Animalisation du monde)

Féminisme (Antiféminisme. Aristote) (2) : Poulain de la Barre [1647-1725], auteur de : «Aristote à qui l’on conserve encore dans les Écoles le nom glorieux de Génie de la nature sur le préjugé qu’il l’a mieux connue qu’aucun autre Philosophe ; prétend que les femmes, ne sont que des Monstres. Qui ne le croirait, sur l’autorité d’un personnage si célèbre ? De dire que c’est une impertinence, ce serait trop ouvertement choquer ses suppôts. Si une femme quelque savante qu’elle fût, en avait écrit autant des hommes, elle perdrait tout son crédit, et l’on s’imaginerait avoir assez fait pour réfuter une telle sottise que de répondre que ce serait une femme, ou une folle qui l’aurait dit. Cependant, elle n’aurait pas moins de raison que ce Philosophe. […]» 94 

Féminisme (Antiféminisme. Baillargeon Normand) : Normand Baillargeon a préfacé le livre de Voltairine de Cleyre [1866-1912] intitulé De l’action directe [1912].
Si l’on ne savait que Voltairine de Cleyre était anarchiste et l’une des plus radicales féministes, la lecture de sa Présentation - dont l’un des paragraphes s’intitule pourtant Le parcours d’une insoumise - ne permettrait pas de le savoir. Le terme n’existe pas dans le livre ; aucune référence bibliographique n’est proposée.
Et c’est ainsi que certains anarchistes - «Nous anarchistes…» écrit-il - prolongent, par leur déni, l’antiféminisme. 95(Cf. Femme. Remarquable. De Cleyre Voltairine (1,2), Famille. Mariage, Patriarcat)

Féminisme (Antiféminisme. Bigard Jean-Marie) : Publicité pour le spectacle de Jean-Marie Bigard [auteur, entre autres, de : «Toutes des salopes»] sur les portes du métro : un slip d’homme dans lequel les formes d’un sexe d’homme (gros bien sûr) sont particulièrement mises en valeur. Compte tenu de la hauteur de cette pub, soit on (un-e enfant) a ledit sexe devant sa bouche, soit on (un-e adulte) le touche avec sa main. (Août 2001)
- Ce fut lui qui fut choisi pour incarner en décembre 2003, la série télévisée intitulée : «Mon prof, ce héros». (Téléfilm. TF1. 2006)
- Ce fut lui enfin qu’il fit partie - honte ultime ? - de la délégation officielle française lors de la première réception de Nicolas Sarkozy au Vatican (26 décembre 2007). (Cf. Êtres humains (Injures), Pornographie, Hommes politiques. France. XXème siècle (Sarkozy Nicolas), Sexe)
* Ajout. 30 décembre 2016. Lors du procès d’Émile Louis [1934-2013], accusé d’avoir tué sept jeunes femmes, son avocat, Me. Fraitag, le 17 novembre 2004, déclara :
«C’est vrai qu’il est exagérément grossier. Mais il était peut être en avance sur son temps : prenez Jean-Marie Bigard qui a fait un énorme succès avec un sketch, intitulé : ‘Le lâcher de salopes’.» 96

Féminisme (Antiféminisme. Bombardier Denise) : Denise Bombardier, auteure de : «L’histoire d’une femme, c’est avant tout l’histoire des hommes qui jalonnent sa vie.» [Première phrase de son livre : Nos hommes et de la Quatrième de couverture] - On y lit même : «Pour vaincre nos peurs de ces autres hommes, nous avons les nôtres, nos maris, nos amants, nos amis, nos frères et nos fils. Parce qu’ils nous aiment , ils refusent que nous soyons apeurées. Ils sont notre meilleur rempart contre les agresseurs97
Après : «Toutes des salopes, sauf ma mère» : «Tous des salauds, sauf mon père» ?

Féminisme (Antiféminisme. Castoriadis Cornelius) : Cornelius Castoriadis [1922-1997], associe en 1994 «des féministes fanatiques» aux partisans du «Proletkult» (culture prolétarienne en Russie entre 1917 et 1925 censée être déliée de toute influence bourgeoise) au nom de ce qu’il nomme «l’assignation à l’origine». Puis, dans le même texte, il dénonce à nouveaux les «nouveaux fanatiques d’aujourd’hui» et précise : «Suivant la logique de certains (sans : e) féministes, par exemple, je devrais jeter aux orties la Passion selon saint Jean, non seulement en tant que produit d’un mâle blanc et mort mais en tant qu’expression d’une foi religieuse à mes yeux aliénantes.» 98
- Triste caricature, en elle-même, à fortiori signée de lui… (Cf. Culture, Être humain. Haine des femmes. Du fait des femmes)

Féminisme (Antiféminisme. Charge de la preuve) : La charge de la preuve incombe aux antiféministes : toute justification féministe - en soi, déjà une faiblesse - est d’emblée donc à bannir. Mais pas la réflexion suscitée…. (Cf. Féminisme. Justification, Justice. Preuve)

Féminisme (Antiféminisme. Critique de l’) : Rousseau [1712-1778], auteur de : «J’admirais comment on pouvait écrire avec si peu de ménagements et nulle réflexion sur des matières que j’avais méditées presque toute ma vie sans avoir pu les éclairer suffisamment et j’étais surpris de ne pas trouver dans les écrits de mes adversaires une seule objection que je n’eusse vue et rebutée d’avance comme indigne d’attention.» 99
Avec nettement plus de réserves concernant la seconde partie de la phrase, j’ose reprendre à mon compte son jugement. En tout état de cause, une pensée positive fort revigorante.

Féminisme (Antiféminisme. Dénonciation) (1) : Sous couvert de - légitimement - dénoncer l’antiféminisme, les féministes se sont trop souvent prémunies d’interrogations salutaires, nécessaires, indispensables, lesquelles ont contribué à leur délégitimation.

Féminisme (Antiféminisme. Dénonciation) (2) : La meilleure dénonciation ? : que chacun-e sache que ce qui est critiqué [chez les femmes, les féministes] révèle, dévoile la vérité de soi.

Féminisme (Antiféminisme. Dénonciation. Pisan Christine de) : Christine de Pisan [1364-1430], auteure, en 1405, de :
«[…] Qu’ils se taisent donc ! Qu’ils se taisent dorénavant ces clercs qui médisent sur les femmes ! Qu’ils se taisent, tous leurs complices et leurs alliés qui en disent du mal ou qui en parlent dans leurs écrits ou leurs poèmes ! Qu’ils baissent les yeux de honte d’avoir tant osé mentir dans leurs livres, quand on voit que la vérité va à l’encontre de ce qu’ils disent […]» 100 (Cf. Femme. Remarquable, Patriarcat, Politique. Vérité)

Féminisme (Antiféminisme. Engels Friedrich) : Friedrich Engels [1820-1895], auteur, le 2 octobre 1891, de :
«[…] Bebel [1840-1913] parle avec un immense enthousiasme de l’ardeur avec lequel les femmes travailleuses d’Allemagne rallient à présent le mouvement et, si tel est le cas, les ânesses désuètes et semi bourgeoises du féminisme ne tarderont pas à être reléguées à l’arrière-plan.» 101 (Cf. Féminisme. Incompatible avec le marxisme)

Féminisme (Antiféminisme. Ferré Léo) : Léo Ferré [1916-1993], auteur de :
«Ton style, c´est ton cul, c’est ton cul, c´est ton cul. Ton style, c´est ma loi quand tu t´y plies salope !» […] [Rajouté (?) à la fin : «Ton style c'est ton cœur, c'est ton cœur, c'est ton cœur»] 102 (Cf. Culture, Politique. Loi)

Féminisme (Antiféminisme. Finkielkraut Alain) : Alain Finkielkraut, le 12 septembre 2017, auteur de :
«Les femmes sont des sujets à part entière [On entend dans le studio un : «merci»] aujourd’hui , mais on peut vouloir, bien qu’elles soient les sujets, considérer encore et les traiter come des femmes.
Et je me réjouis de voir les femmes aujourd'hui accéder à toutes les professions, être présentes dans la sphère publique. Mais je crois en effet que certaines féministes continuent, comme si de rien n'était, à dénoncer la perpétuation, voire l'aggravation, de la domination masculine. Le mauvais joueur traditionnel, c'était celui qui ne reconnaissait pas sa défaite. Ces mauvaises joueuses d'un nouveau type ne reconnaissent pas leur victoire. C'est cela qui m'agace un tout petit peu.» [À le voir, il semble plutôt furieux...] 103
Mais quelle féministe a t-elle considéré qu’elle «jouait» avec lui ? Et qu’elle féministe l’a telle considéré comme un joueur valable ? (Cf. Femmes. Comparaison hommes / Femmes. Finkielkraut Alain, Patriarcat)

Féminisme (Antiféminisme. Kauffmann Sylvie) : Sylvie Kaufmann, journaliste au Monde et à France Culture, auteure, la 10 décembre 2017, dans une formulation peu claire, concernant l’enterrement de Johnny Halliday, de : «Johnny, c’est notre dernier grand macho - qui s’assumait, je crois - dans une période où tout ça est battu en brèche par la montée des revendications féministes. Ça nous rassure aussi en tout cas, ou du moins, une partie d’entre nous.» 104
Cette analyse, peu claire (au cœur d’injonctions contradictoires ?) peut être reçue comme antiféministe, à avoir qu’elle aurait été «rassurée» que l'enterrement de Johnny Halliday [en très grande pompe…], ait mis un frein «à la monté des revendications féministes». Quant à le qualifier de «dernier des machos»… (Cf. Femmes. Journalistes)

Féminisme (Antiféminisme. Kollontaï Alexandra) : Alexandra Kollontaï [1872-1952], auteure en 1920 dans un article circonstancié consacré à l’histoire du mouvement féminin ouvrier en Russie, de :
«[…] En 1905 et 1906, le poison du féminisme infecta non seulement les mencheviks et les socialistes-révolutionnaires mais aussi certains bolcheviks actifs.» 105 (Cf. Femme (Remarquable. Kollontaï Alexandra)

Féminisme (Antiféminisme. Le Bris Michel) : Dans son Manifeste pour un nouveau romantisme, Michel le Bris aspirait le 28 octobre 1978 à «un féminisme qui ne serait pas une resucée parisienne, un stalinisme bon chic.» ( ? ) 106

Féminisme (Antiféminisme. Lesbophobie) : Pourquoi dit-on : «antiféminisme» et «lesbophobie» ? Pourquoi les lesbiennes seraient-elles - ou non - plus l’objet d’une «phobie» que les féministes ? Par ailleurs, la «phobie» [des lesbiennes] - pas plus que de quiconque - est-elle un terme adéquat, approprié, dès lors qu’il est normalisé ? Non, car ce terme qui se réfère à des structurations psychiques, politiques, culturelles, ne peut être transposé tel qu’en lui-même en tant que ‘concept’ par le droit, par la loi ; et, sous couvert de la combattre, le terme légitime le concept de «[…] phobie». Nommer, c’est créer. (Cf. Êtres humains. Relations entre. Haine)

Féminisme (Antiféminisme. Nietzsche) : Nietzsche [1844-1900] a sa place parmi les plus stupides des antiféministes, mais, il est cependant, pour moi, le plus pertinent des penseurs (patentés…). En dépit de, en tenant compte de, en étant lucide sur ses flagrantes contradictions, ses cercles (de raisonnements) vicieux, ses absurdités, ses confusions, ses monstruosités, ses aberrations historiques, ses qualificatifs erronés, ses insupportables mépris, ses ignominies…, la force de ses fulgurances, de ses énigmes bouleversantes, de ses extrêmes qui vont au plus fondamental, des coups qu’il ose porter à ce qu’il considérait comme essentiel, son courage intellectuel (l’un de ses plus grands mérites) justifient néanmoins cette appréciation. Un penseur donc, pas un philosophe.
* Ajout. 21 octobre 2015. À la relecture, cette appréciation est critiquable : elle ne lie pas ladite pensée à son antiféminisme, qui n’en serait qu’un avatar secondaire et sous-estime gravement la portée et les dangers de l’affirmation de son antiféminisme. La ‘stupidité’ évoquée par moi ne relève pas par ailleurs d’une analyse.
* Ajout. 10 janvier 2017. Des années après la première rédaction. Les ruptures intellectuelles et politiques que Nietzsche ont opéré ont fait leur œuvre. J’en lis mieux et leurs apports et mes présupposés. Mais ce constat est valable pour toute pensée …dont ce serait l’apport majeur : être dépassée ?

Féminisme (Antiféminisme. Nougaro Claude) : Claude Nougaro [1929-2004], auteur de :
«Mieux encore que dans la chambre je t'aime dans la cuisine. Rien n'est plus beau que les mains d'une femme dans la farine. Quand tu fais la tarte aux pommes, poupée, tu es divine.» 107 (Cf. Culture)

Féminisme (Antiféminisme. Permanence) : Il est étonnant qu’après tant et tant d’hommes ‘intelligents’, ‘éclairés’, ‘rationalistes’, etc.… que leur antiféminisme a - historiquement - rangés dans le camp des ceux qui n’ont su que défendre leurs privilèges - tant d’autres poursuivent leur chemin, sans trop sembler s’inquiéter du sort que l’histoire leur réservera nécessairement.

Féminisme (Antiféminisme. Propriété privée) : La défense de la «propriété» inscrite dans la Déclaration des droits de l’homme (Article 2) de 1789 - est au cœur des attaques antiféministes, refoulées, impensées sur ce fondement pourtant capital de nos sociétés capitalistes. (Cf. «Sciences» sociales. Économie)

Féminisme (Antiféminisme. Souchon Alain) : Alain Souchon, auteur de :
«J'aime quand vous êtes sérieuses et extrêmement coquettes. Sérieuses dans les combats de femmes, que vous menez avec raison. Et coquettes parce que les filles trop féministes finissent par avoir les seins qui s'aplatissent, et c'est moche108 (Cf., Culture, Femme. «Moche»)

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Notes de bas de page

1 Tocqueville, Œuvres. La Pléiade. Tome III. Considérations sur la Révolution. p.61

2 Saint Just, Œuvres complètes. Folio/Histoire. 1248 p. 2004. p.726

3 Des femmes russes (Par des femmes de Leningrad et d’autres villes). Éditions des femmes. 1980. 173 p. Et : Femmes et Russie. 1981. Leningrad. Paris. (Par le collectif de rédaction de l’Almanach). Éditions des femmes. 1981. 238p. Je découvre une édition antérieure : Femmes et Russie. 1980 (Par le collectif de rédaction de l’Almanach et quelques autres). Éditions des femmes. 1980. 217p.

4 France Culture. Les années sida à l’épreuve. 22 août 2017

5 Radio Libertaire. Femmes Libres. 7 octobre 2015

6 Maurice Nadeau, Journal en public, La Quinzaine Littéraire. Maurice Nadeau. 317p. 2006. p.161

7 France Culture. Grande Traversée. Simone de Beauvoir. 21 août 2015

8 Cf. Anne Steiner, Rirette Maîtrejaen : Une femme libre à la Belle époque. La ville des gens. 2010

9 Claire Auzias, Mémoires libertaires. Lyon. 1919-1939. L’Harmattan. 316p. 1993. p.254

10 Cornelius Castoriadis, Illusion et vérité politiques. In, Quelle démocratie ? II. Éditions du Sandre. 656p. 2013. p.24

11 France Culture. L’égalité hommes /femmes peut elle se passer de la loi ? 26 juillet 2017

12 Le Figaro, Angela Merkel n’a pas perçu la différence entre islam et islamisme. 23 septembre 2017

13 Guy Hocquenghem, Lettre à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary. Nouvelle édition revue et augmentée. Agone. 203p. 2003. p.34

14 François Mauriac, Mémoires intérieurs. Le livre de poche. 382p.1966. p.348, 349

15 In, France Culture, La grande table. Rentré littéraire. Sophie Fontanel. 23 août 2017

16 Affiche reproduite, in, Génération MLF [1968-2008]. Des Femmes. Antoinette Fouque. 615p. 2008. p. 486

17 Génération MLF [1968-2008]. Des Femmes. Antoinette Fouque. 615p. 2008. p. 587 et 247

18 France Culture. La nuit rêvée de Dominique Noguez. 14 avril 2013

19 L'Obs. Culture. L'anonymat, le féminisme, la littérature : Elena Ferrante par elle-même. 24 décembre 2016

20 Charles De Gaulle, Mémoires. La Pléiade. 1505p. 2000. p.123, 1250

21 Le Figaro, «Notre féminisme, une haine assumée». 17 mars 2015

22 20 minutes, Inde, un diplomate français accusé du viol de sa fille, acquitté. 19 avril 2017

23 Je serais ravie de nommer la signataire de ce texte, si elle se fait connaître et le souhaite.

24 France Culture. Variations sur la femme. 17 décembre 2014

25 Anne de Bascher, Je leur dois de m’être sentie en accord avec mes pensées et mes actes. Génération MLF [1968-2008]. Des Femmes. Antoinette Fouque. 615p. 2008. p.83

26 Rivarol, Pensées. In, Rivarol, Chamfort, Vauvenargues, L’art de l’insolence. Bouquins. Robert Laffont. 1517p. 2016. p.1473

27 Madame de Staël, Considérations sur la Révolution française. Tallandier. Paris. 693p. 1983. p. 340

28 Yvon Deschamps. In, Les Têtes de pioche. Journal des femmes. N°3. Mai 1976

29 Les Têtes de pioche. Journal des femmes. N° 5. Septembre 1976

30 In, Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. p.287

31 Marie Pas Claire, Hystériques et … fières de l’être. Paroles de lesbiennes. 129p. 1997.p.16

32 Le JDD, Anne Roumanoff. Les sexistes et les machos. 8 mars 2015

33 L’OBS avec rue 89, Contre le sexisme, des Tumblr où les femmes témoignent. 23 octobre 2016

34 Christine Ockrent, La double vie d’Hillary Clinton. Pocket. 214p. 2001. p.88

35 Anne Zélinsky, Jacqueline Sauvage, Responsabilité ma sœur. Les femmes sont aussi responsables que victimes. Causeur. 3 janvier 2017

36 Lettre de Proudhon à Marx. 17 mai 1846

37 Voltaire, Correspondance. III. (janvier 1765-Décembre 1753). La Pléiade. 1534p. 1975. p.33

38 Elle, Emma Watson : ‘Le féminisme n’est pas une dictature’. 30 octobre 2014

39 Christine Ockrent, La mémoire du cœur. Fayard. 320p. 1997. p.250

40 Marx (Karl), Œuvres. III. Philosophie, La Pléiade. 1976 p. 1982. Idéologie allemande. p.1060

41 Raymonde Courrière, Partout en France, il y avait une femme connue ou inconnue pour m’accueillir. Génération MLF [1968-2008]. Des Femmes. Antoinette Fouque. 615p. 2008. p. 144

42 Jindi Mehat, Quelques concepts merdiques du féminisme libéral : la notion de «SWERF». 4 décembre 2015. Publié sur les blogs de Feminist progression et Feminist Current. Traduit par Tradfem.

43 Annie Schmitt, D’un corps de gymnaste à u corps de femme, d’un avortement à la naissance d’une fille. Génération MLF [1968-2008]. Des Femmes. Antoinette Fouque. 615p. 2008. p.101

44 Christine Delphy, L’Ennemi principal. 2. Penser le genre. Syllepse. Collection Nouvelles Questions féministes. 398 p. 2002. p.359

45 Pierre Bourdieu, Choses dites. Les Éditions de Minuit. 230p. 1987. p.18

46 Régine Sellier, De la décolonisation des peuples à la décolonisation de l’utérus et à la libération des femmes. Génération MLF [1968-2008]. Des Femmes. Antoinette Fouque. 615p. 2008. p. 201

47 Victoria Thérame, La déferlante généreuse, fiévreuse, joyeuse du Mouvement de Libération des Femmes. Génération MLF [1968-2008]. Des Femmes. Antoinette Fouque. 615p. 2008. p. 150

48 Janine Manuceau, La liberté de vivre avec un homme plus jeune. Génération MLF [1968-2008]. Des Femmes. Antoinette Fouque. 615p. 2008. p. 134

49 France Culture, Sur les docks. Jour et nuit debout. 12 avril 2016

50 France Culture. La Grande table. Alain Caillé, L’écologie politique introuvable. 10 décembre 2013

51 France Culture. L’Esprit Public. 5 juin 2016

52 Cécile Duflot, De l’intérieur. Voyage au pays de la désillusion. Fayard. 213p. 2014. p.213

53 L’Express, «Être féministe est une affaire d’hommes». 16 mai 2014. Interview d’Yves Deloison, auteur par ailleurs de L’homme, le nouveau sexe faible. Manifeste pour un nouveau mâle. Avril 2014

54 Public Sénat (TV). Mais qui a tué Maggie ? Documentaire. Diffusé le 25 décembre 2012

55 Au féminin. News. 14 décembre 2014

56 Françoise Barret-Ducrocq, Mouvement de Libération des Femmes : la découverte. Génération MLF [1968-2008]. Des Femmes. Antoinette Fouque. 615p. 2008. p.47

57 Montreal Sisterhood, Critique du féminisme universitaire. Paru et lisible sur le net dans : durerealite.wordpress.com. 10 décembre 2015. Publié en mai 2015 par le fanzine Casse sociale.

58 Le Figaro, Richard Ferrand : ‘J’ai vécu une épreuve que je ne souhaite à personne’. 13 octobre 2017

59 France Culture, Mona Ozouf, Madame de Staël et les femmes. 17 juillet 2017

60 France Culture, Geneviève Fraisse (3/5) De la démocratie exclusive au consentement : à l’œuvre ! 26 avril 2017

61 In, Madeleine Laude, Une femme affranchie. Gabrielle Petit l’indomptable. Éditions du Monde libertaire. 2010. Repris dans Les insoumises. La révolution féministe. (Une anthologie présentée par Christine Bard) 189p. 2013. p.49

62 Jane Austen, Persuasion. Christian Bourgois. 10/18. 254p. 1986. p. 218, 219

63 Cf. la page qui lui est consacrée : http://sisyphe.org/editions/Cinq-ecrits-d-Andrea-Dworkin

64 https://tradfem.wordpress.com

65 Sibilla Aleramo, Une femme. Éditions des femmes. 1974. 255 p.

66 Le Parisien Magazine, Julie Gayet : «Le sexisme perdure. Il faut être vigilant». 9 septembre 2016

67 Génération MLF [1968-2008]. Des Femmes. Antoinette Fouque. 615p. 2008. p.209

68 Natalie Mei, De l’écriture solitaire à l’oralité solidaire. Génération MLF [1968-2008]. Des Femmes. Antoinette Fouque. 615p. 2008. p. 122

69 France 5 , C. Politique. Le débat. 15 octobre 2017

70 France Culture, Entendez-vous l’éco? La négociation européenne. 16 octobre 2017.

71 Christophe Charle et Laurent Jeanpierre, La vie intellectuelle en France. I. Des lendemains de la Révolution à 1914, 653p. Seuil. 2016. p. 339 à 341

72 Benoîte Groult, Mon évasion. Autobiographie. Le livre de poche. 345 p. 2010. p.190

73 Christophe Charle et Laurent Jeanpierre, La vie intellectuelle en France. II. la vie intellectuelle en France. de 1914 à nos jours. Seuil. 911p. 2016. p.703 à 706

74 France Culture, Evelyne Sullerot, Le fait féminin (4/5) La famille démaillée. 13 avril 2017

75 Idée suggérée par la lecture du livre de Séverine, En marche… H. Simonis Empis. Éditeur. 320p. 1896. p.126

76 France Culture. À voix nue. Didier Daeninckx, 31 mars 2014

77 Gordon Schochet, De l’idée de sujétion naturelle à l’indifférenciation par convention ; les femmes dans la pensée politique de Sir Robert Filmer, de Thomas Hobbes et de John Locke. In, Nouvelle Encyclopédie des femmes (Sous la direction de Christine Fauré). Les Belles lettres. 1216p. 2010. p.94,95

78 Cf. 71 textes de Madeleine Pelletier http://www.marievictoirelouis.net/index.php?id=25
Cf. aussi, Marie-Victoire Louis, Les analyses de Madeleine Pelletier sur la sexualité et la prostitution. http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=496

79
Édith Stein, Correspondance. I. 1917-1933. Cerf. Éditions du Carmel - Ad Solem. 767p. 2009. p.142

80
France Inter, Vous avez dit classique ? 18 décembre 2015

81
Charles De Gaulle, Mémoires. La Pléiade. 1505p. 2000. p.145

82
Maria Isabel Barreno, Maria Teresa Horta, Maria Velho da Costa, Nouvelles lettres portugaises. Combats. Le Seuil. 310p. 1974. p.8

83
France inter. Une semaine en France. 30 septembre 2016

84
Le JDD. Europe1. «’Le pire est malheureusement possible’» : L’appel de 61 associations et ONG avant le second tour. 30 avril 2017

85
Henry James, Les Bostoniennes. Folio. 697p. 2007. p.551

86
France Culture, Des nouvelles du Portugal (3/4) José Maria Branco : Rêves d’avril. 26 avril 2017

87
Cf. Marie-Victoire Louis, Des intellectuels [médiatiques] ? Non http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=952

88
Auteur des magistraux Dictionnaires biographiques du mouvement ouvrier, mouvement social, œuvre poursuivie par Claude Pennetier

89
La Gazette des femmes. Des hommes féministes, est-ce possible ? 14 octobre 2015

90
Michel Foucault, Dits et écrits. 1954-1988.II. 1976-1988. Quarto Gallimard. 1735 p. 2001. p.1273 et 1264

91
Radio Libertaire. Femmes libres. 9 décembre 2015

92
Lettres d’Hannah Ardent à Martin Heidegger, 12 mars 1970. In, Lettres et autres documents. 1925-1975. Hannah Arendt. Martin Heidegger. NRF. Gallimard. 397p. 2001. p.195, 196

93
Aristote, Les politiques. Traduction et présentation par P. Pellegrin. GF. Flammarion. 575p. 2006. p.156

94
François Poulain de la Barre, De l‘égalité des deux sexes, Discours physique et moral, où l’on voit l’importance de se défaire des préjugés. 1679. Seconde édition. (Gallica) p.74

95
Normand Baillargeon présente De l’action Directe de Voltairien de Cleyre. Le passager clandestin. 74p.2009. p.11 à 25

96
Stéphane Durand-Soufflot, Frissons d’Assises. L’instant où le procès bascule. Denoël. 269p. 2012. p.136

97
Denise Bombardier, Nos hommes. Seuil. 155p.1995. p.10 et 80

98
Cornelius Castoriadis, La culture dans une société démocratique. In, Esprit. En mal de culture. Octobre 1994. Publié dans La montée de l’insignifiance. Points. Essais. Éditions du Seuil. 292p. 2007. p.236 et 238

99
Fragments autobiographiques, in, Œuvres complètes. I. La Pléiade. NRF. Gallimard. 1969p. 1986. p.1114

100
Christine de Pisan, La cité des dames. Texte traduit et présenté par Thérèse Moreau et Éric Hicks. Stock / Moyen Age. 291p.1992. p.108

101
Friedrich Engels, Paul et Laura Lafargue, Correspondance. Tome III. 1891-1895. Éditions Sociales. 594p.1959. p.103

102
Léo Ferré. Chanson intitulée : Ton style

103
France inter. 12 septembre 2017

104
France Culture, L’Esprit public. 10 décembre 2017

105
Alexandra Kollontaï, Pour une histoire du mouvement féminin ouvrier en Russie., In Revue Période. 1er février 2016

106
France Culture, Manifeste pour un nouveau romantisme. 28 octobre 1978. Rediffusion. Les nuits de France culture. 26 mai 2016.

107
Claude Nougaro, Les mains d’une femme dans la cuisine. 1969

108
L’Express. 7 mars 2005


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