Domination masculine. Patriarcat
 Marie-Victoire Louis

Politique

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 10/09/2019
date de publication : 10 septembre 2019
mise en ligne : 10/09/2019
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À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 9.486 items et 23 rubriques : I. « Culture » (448) ; II. Droit (69) ; III. Êtres humains (508) ; IV. Corps (243) ; V. Enfants (121) ; VI. Femmes (1543) ; VII. Hommes (619) ; VIII. Relations entre êtres humains (382) ; IX. Famille (308) ; X. Féminisme (309) ; XI. Justice (455) ; XII. Langage (566) ; XIII. Patriarcat (397) ; XIV. Penser (757) ; XV. Politique (1169) ; XVI. Pornographie (98) ; XVII. Proxénétisme (230) ; XVIII. « Sciences » sociales (238) ; XIX. Démographie (36) ; XX. Économie (351) ; XXI. Histoire (167) ; XXII. Sexes [Sexualité, Sexisme…] (118) ; XXIII. Violences (266) … et continuera d’évoluer.

10 septembre 2019

XV. Politique

En noir, items nouveaux (et modifiés)

I. Politique : Politique (Abus) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12) ; Politique (Admiration) (1) ; Politique (Allégorie. Deraismes Maria) ; Politique (Analyse) (1, 2, 3) ; Politique (Amour) ; Politique (Anarchisme) (1, 2, 3, 4) ; Politique (Anarchiste / Libertaire) ; Politique (Animalisation du monde) (1, 2) Par ordre chronologique (3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 61, 62, 63) ; Politique (Associations) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8) ; Politique (Autodestruction) ; Politique (Autogestion) (1, 2, 3, 4) ; Politique (Autorité) (1, 2, 3) Par ordre chronologique (4, 5) ; Politique (Avant-garde) ; Politique (Beaupin Alex) ; Politique (Bien commun) (1, 2) ; Politique (Bureaucratie) ; Politique (Calcul) ; Politique (Calomnie) (1, 2) ; Politique (Care) ; Politique (« Cause perdues ») ; Politique (Céder) (1, 2, 3, 4) Par ordre chronologique (5, 6, 7, 8, 9) ; Politique (Changer le monde) ; Politique (Chansons réalistes) ; Politique (Charité) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5) ; Politique (Choix) ; Politique (Civilisation) ; Politique (Cohérence) ; Politique (Colonialisme) (1, 2, 3) ; Politique (Coluche) ; Politique (« Communauté internationale ») (1, 2, 3) ; Politique (Communication) ; Politique (Complaisance) ; Politique (« Complot. Théorie du ») (1, 2, 3) Par ordre chronologique (4, 5) ; Politique (Concept) ; Politique (Conciliation [concession, compromis, médiation, négociation, transaction]) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5, 6, 7) ; Politique (Connaissance de soi) ; Politique (Consentement) (1, 2, 3) Par ordre chronologique (4, 5) ; Politique (Conservatisme) (1, 2) ; Politique (Constituante) ; Politique (Consul à vie. Comment devenir…) ; Politique (Contingences) ; Politique (Contradiction) (1, 2) ; Politique (Contrat) (1, 2) Par ordre chronologique (3, 4) ; Politique (Convention) ; Politique (Contre-pouvoirs) ; Politique (Corruption) (1, 2, 3) Par ordre chronologique (4) ; Politique (Cri du cœur) ; Politique (Critique) (1, 2) ; Politique (Différence) (1, 2) ; Politique (Dignité) ; Politique (Discipline) Par ordre chronologique (1, 2) ; Politique (« Diversité ») ; Politique (Division) ; Politique (Doctrine) ; Politique (Écologie) (1, 2, 3, 4, 5) Par ordre chronologique (6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13) ; Politique (Église catholique) ; Politique (Élite) (1, 2) Par ordre chronologique (3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) ; Politique (Émigration) ; Politique (ENA. École Nationale d’Administration) ; Politique (Engagement) ; Politique (Europe) (1, 2, 3, 4) ; Politique (Espoir) (1, 2, 3) ; Politique (Évolution) ; Politique (Exception) ; Politique (Exemple) (1) Par ordre chronologique ( 2, 3, 4) ; Politique (« Expert ») ; Politique (Fascisme) ; Politique (Femmes) ; Politique (Ferrand, Richard) ; Politique (Francophonie) ; Politique (Front National) (1, 2, 3) Par ordre chronologique (4, 5, 6, 7, 8, 9) ; Politique (Frontières) (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Politique (Gagner) ; Politique (Gauche) (1, 2) ; Politique (Géopolitique) (1, 2, 3) ; Politique (Global. Attac) ; Politique (Goldman Emma) ; Politique (Gouvernance) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4) ; Politique (Harmonisation) ; Politique (Hiérarchie) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8) Par ordre chronologique (8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22) ; Politique (Hommes) ; Politique (Honnêteté) ; Politique (Hugo Victor) ; Politique (Idéal) ; Politique (Identité) ; Politique (Idéologie) (1, 2, 3, 4) Par ordre chronologique (5, 6, 7, 8) ; Politique (Imaginaire) ; Politique (Injuste) (1, 2) ; Politique (Institutions) ; Politique (Insulte) ; Politique (Intérêt) (1, 2, 3) ; Politique (Inventer) ; Politique (Jouissance) ; Politique (Laïcité. France) ; Politique (Langage) ; Politique (Légitimité) ; Politique (Libéralisme) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7); Politique (Libido) ; Politique (Machiavel) (1, 2) ; Politique (Macron Emmanuel) ; Politique (Manière Philippe) ; Politique (Mensonge) (1, 2) ; Politique (Mépris) (1, 2) ; Politique (Minorités) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) ; Politique (Mise au silence) ; Politique (Mondialisation) ; Politique (Morale) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) Par ordre chronologique (8, 9, 10, 11, 12, 13, 14) ; Politique (Moro Aldo) ; Politique (« Moyenne ») ; Politique (« Narratif ») ; Politique (Nationalisme. France) (1, 2, 3) Par ordre chronologique (4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15) ; Politique (Nécessité) ; Politique (Nous) ; Politique (« Nuit du 4 août 1789 ») (1, 2) ; Politique (ONG) ; Politique (Opposition) ; Politique (Oppression. Beauvoir Simone de) ; Politique (Panégyrique) ; Politique (Passions) ; Politique (Parité) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8) ; Politique (Patrie) (1, 2) ; (Pauvreté) ; Politique (Pédagogie) ; Politique (Penser) (1, 2) ; Politique (Perrineau Pascal) ; Politique (Pessimisme) ; Politique (Philippe Édouard) (1, 2) ; Politique (Politicien-nes) ; Politique (Pouvoir) (1, 2, 3, 4, 5 , 6, 7, 8, 9) Par ordre chronologique (10, 11, 12, 13, 14) ; Politique (« Premier pas ») ; Politique (Principe) (1, 2) ; Politique (« Principe de précaution ») ; Politique (Profit) ; Politique (Projet) ; Politique (Propagande) ; Politique (Propriété sociale) ; Politique (Provocation) (1, 2) ; Politique (Queuille Henri) (1, 2) ; Politique (Radicalité) ; Politique (Rapport de force) ; Politique (Réalité) (1, 2) Par ordre chronologique (3, 4, 5, 6) ; Politique (Récompense) ; Politique (Réforme) (1, 2, 3) ; Politique (Réformisme) ; Politique (Règles) ; Politique (Républicains) ; Politique (République) (1) Par ordre chronologique (2, 3) ; Politique (Résignation) ; Politique (Résistance) (1, 2, 3) Par ordre chronologique (4) ; Politique (Responsabilité) (1, 2) ; Politique (Rêves) ; Politique (Révolte) (1, 2, 3) Par ordre chronologique (4, 5, 6) ; Politique (Révolution) (1, 2, 3) Par ordre chronologique (4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) ; Politique (Ruses […]) (1, 2) ; Politique (Russie Soviétique) ; Politique (Sartre Jean-Paul) ; Politique (Scandale) ; Politique (Sciences-po) (1, 2) ; Politique (Sécurité) (1, 2) ; Politique (Sentiment) ; Politique (Services secrets) (1, 2) ; Politique (Sondages d’opinion) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8) Par ordre chronologique (9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18) ; Politique (Sport) ; Politique (Stratégie) ; Politique (Syndicat) ; Politique (Système) (1, 2, 3) Par ordre chronologique (4, 5, 6) ; Politique (Tabous) ; Politique (Terrorisme) (1, 2, 3, 4, 5) Par ordre chronologique (6, 7, 8, 9, 10, 11) ; Politique (Tolérance) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5, 6) ; Politique (Tout) (1, 2, 3) ; Politique (Transcendance) ; Politique (Transmettre) ; Politique (Transparence) (1, 2, 3, 4, 5) Par ordre chronologique (6, 7) ; Politique (Trop) ; Politique (Trump Donald. Élection de) ; Politique (« Une tempête dans un verre d’eau ») ; Politique (Universel) ; Politique (Utilitarisme) (1, 2, 3, 4) ; Politique (Utopie) (1, 2) Par ordre chronologique (3, 4, 5) ; Politique (Valeur) (1, 2, 3) ; Politique (Vérité) (1) Par ordre chronologique (2, 3) ; Politique (Vertu) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5) ; Politique (Victimes. Parole de) ; Politique (Violences) (1, 2) ; Politique (Visibilisation) ; Politique (Vengeance) ; Politique (Voltaire) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5) ; (564)

II. Politique. Démocratie : Politique Démocratie (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 10, 11, 12, 13, 14) ; Démocratie (Abstention) ; Démocratie (Attali Jacques) (1, 2) ; Démocratie (Avortement Femmes) ; Démocratie (Citoyen) (1, 2) ; Démocratie (Citoyen « bon ») (1, 2) ; Démocratie (Crimes) ; Démocratie (Dictature) ; Démocratie (Directe) ; Démocratie (Élections) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) Par ordre chronologique (11, 12, 13, 14, 15, 16, 17) ; Démocratie (Europe) (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Démocratie (Génocide Rwandais) ; Démocratie (Mandat) ; Démocratie (Mandat. Cumul) ; Démocratie (Michelin François) ; Démocratie (Modes de scrutin) ; Démocratie (Morale) ; Démocratie (Neill A.S) ; Démocratie (Parti politique) (1, 2, 3) Par ordre chronologique (4) ; Démocratie (Patriarcat. Asquith Lord) ; Démocratie (Patriarcat. Brion Hélène) ; Démocratie (Peuple) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8) Par ordre chronologique (9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20) ; Démocratie (Sans voix) ; Démocratie (Slogan) ; Démocratie (Social-démocratie) (1, 2) ; Démocratie (Suffrage universel) (1, 2, 3) ; Démocratie (Suffrage universel. Critique anarchiste du) ; Démocratie (Suffrage universel. Parlement européen) ; Démocratie (Sujet) ; Démocratie (Theilhard de Chardin Pierre) ; Démocratie (Truman Harry) ; Démocratie (Vérité) ; Démocratie (Volonté générale) (1, 2) ; Démocratie (Vote) (1, 2, 3) ; Démocratie (Vote des femmes) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5) ; Démocratie (Weil Simone) ; Démocratie (Zinoviev Alexandre) (1, 2) ; (108)

III. Politique. Égalité : Politique. Égalité (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) ; Égalité (Apartheid) ; Égalité (Bentham Jeremy) ; Égalité (Bernis. Cardinal de) ; Égalité (Boigne comtesse de) ; Égalité (Burke Edmond) ; Égalité (Castoriadis Cornelius) ; Égalité (d’Ormesson Jean) ; Égalité (des « chances ») (1, 2, 3) Par ordre chronologique (4, 5) ; Égalité (des « opportunités ») ; Égalité (Ferrante Elena) ; Égalité (Gide André) ; Égalité (Inanité) ; Égalité (Lang Jack) ; Égalité (Napoléon) ; Égalité (« Nous ne demandons pas la lune. Nous exigeons juste l‘égalité » ) ; Égalité (Promotion de certaines femmes) ; Égalité (Revendiquer) ; Égalité (Révolution française) ; Égalité (Salaires hommes / femmes) (1, 2, 3) Par ordre chronologique (4, 5, 6) ; Égalité (Sand George) ; Égalité (Sexes) ; Égalité (Voile islamique) ; Égalité (Voltaire) Par ordre chronologique (1, 2, 3) ; Égalité (Zana Leyla) ; (45)

IV. Politique. État : Politique État (1, 2, 3, 4, 5) Par ordre chronologique (6) ; État (Armée) ; État (Autoritaire) ; État (Blake Daniel) ; État (Cleyre Voltairine de) ; État (Critique) ; État (De Gaulle) ; État (Démocratie) ; État (Dumont Charles-Henri) ; État (« État de droit ») (1, 2) Par ordre chronologique (3 4, 5, 6, 7, 8) ; État (Expertise) ; État (« Humanité » l’) ; État (Impôts) ; État (Indépendance) ; État (Institutions) (1, 2) ; État (Institutions. France. Assemblée nationale) ; État (Institutions. France. Constitution française de la 5ème République) ; État (Institutions. France. Présidents de la République) ; État (Institutions. France. Sénat) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5, 6, 7, 8) ; État (Institutions. France. Sénateurs) (1, 2) ; État (Institutions. France. Sénatrice. Comment devenir...) ; État (Institutions. France. État. Séparation de l’Église et de l’État) ; État (Institutions. France. Séparation des pouvoirs) (1, 2) ; État (Kropotkine Pierre) (1, 2) ; État (Mafia) ; État (Malraux André) ; État (Michelin François) ; État (Mirabeau) ; État (Nogal Mickaël) ; État (Politique migratoire) ; État (Policier) (1, 2) ; État (Nietzsche) ; État (Raison d’) (1, 2) ; État (Répression) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) Par ordre chronologique (8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24) ; État (Subtilité) ; État (Vérité) ; État (Voltaire) (1, 2) ; État (Zénon d’Elée) ; (90)

V. Politique. Gilets jaunes : « Gilets jaunes » (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30) ; « Gilets jaunes ». « Grand débat national » (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23) ; « Gilets jaunes ». Révolution française (1) Sans ordre (2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16) ; (69)

VI. Politique. Guerre : Politique. Guerre (1, 2, 3, 4, 5) ; Par ordre alphabétique. Guerre (Abolition) ; Guerre (Algérie) ; Guerre (Ali Mohammed) ; Guerre (Analyse) ; Guerre (Antiféminisme) ; Guerre (Antimilitarisme) ; Guerre (Armes nucléaires) ; Guerre (Armée) ; Guerre (Armée Israélienne) ; Guerre (Armurerie) ; Guerre (Bodin Louise) ; Guerre (Bossuet) ; Guerre (« Bourrage de crâne ») (1, 2) ; Guerre (Briand Aristide) ; Guerre (Brion Hélène) ; Guerre (Catherine II) ; Guerrre (Chostakovitch Dimitri) ; Guerre (Clausewitz Carl von) ; Guerre (« Complexe militaro-industriel ») ; (Guerre. Congo) ; Guerre (Conseillers) ; Guerre (D’annunzio. Gabriel) ; Guerre (Daech) (1, 2) ; Guerre (Danton) ; Guerre (David-Neel Alexandra) (1, 2) ; Guerre (De Gaulle) (1, 2) ; Guerre (Drone) (1, 2, 3, 4) ; Guerre (Femmes) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14) ; Guerre (Femmes et enfants) (1, 2) ; Guerre (France) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Guerre (Galbraith. J.K) ; Guerre (Gide André) (1, 2) ; Guerre (Grande Duchesse de Gerolstein) ; Guerre (Guibert comte de) ; Guerre (Grève. France. 2015) ; Guerre (Habib Claude) ; Guerre (Hiroshima) ; Guerre (Histoire Écriture de l’Histoire) ; Guerre (Illusions) ; Guerre (Imbécile) ; Guerre (Intelligence) ; Guerre (J’accuse) ; Guerre (Langage) ; Guerre (Lavilliers Bernard) ; Guerre (Léautaud Paul) ; Guerre (Légion étrangère) ; Guerre (Le Maire Bruno) ; Guerre (Leprest Alain) ; Guerre (Leopardi Giacomo) ; Guerre (Le Corbusier) ; Guerre (Lois de la guerre) ; Guerre (Louis. XIV) ; Guerre (« [L’]humanitaire ») (1, 2) ; Guerre (Macron Emmanuel) (1, 2, 3) ; Guerre (Mères de famille) (1, 2) ; Guerre (Métaphores militaires) ; Guerre (Mitterrand François) ; Guerre (Monde Diplomatique Le) ; Guerre (Montesquieu) ; Guerre (Morale) ; Guerre (Négation) ; Guerre (Palestine) ; Guerre (Péguy Charles) ; Guerre (Pères. Kipling Rudyard) ; Guerre (Pères. Remarque Eric Maria) ; Guerre (Péret Benjamin) ; Guerre (Politique française au Moyen-Orient) ; Guerre (« Rafle du Vel d’hiv ») Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4) ; Guerre (Réarmer) ; Guerre (Refus) (1, 2) ; Guerre (Remarque Erich Maria) ; Guerre (Rémusat Madame de) ; Guerre (Rousseau Jean-Jacques) ; Guerre (« Sacrifice du soldat ») ; Guerre (Saint Just) ; Guerre (Syrie) ; Guerre (Teilhard de Chardin Pierre) (1, 2) ; Guerre (Trump Donald) (1, 2, 3, 4) ; Guerre (Vente d’armes) (1, 2) ; Guerre (Vian Boris) ; Guerre (Viols) ; Guerre (Viviani René) ; Guerre (Voltaire) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20) ; (149)

VII. Politique. Lois : Lois (1, 2, 3, 4) ; Par ordre alphabétique : Lois (Américaines) ; Lois (Beccaria Cesare) ; Lois (Codes) ; Lois (Blum Léon) ; Lois (Castaner Chrisophe) ; Lois (Custine. Marquis de) ; Lois (Garcia Marquez Gabriel) ; Lois (Goldman Emma) ; Lois (Hugo Victor) ; Lois (Miller Alice) ; Lois (Mœurs) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5) ; Lois (Mandela Nelson) ; Lois (Michelet Jules) ; Lois (Montesquieu) (1, 2) ; Lois (More Thomas) ; Lois (Orwell George) ; Lois (Pascal Blaise) ; Lois (Pétain) ; Lois (Prévert Jacques) ; Lois (Reclus Élisée) ; Lois (Sand George) ; Lois (Sénèque) ; Lois (Thatcher Margaret) ; Lois (Tolstoï Léon) ; Lois (Voltaire) ; (34)

VIII. Politique. Lutte : Lutte (1, 2) ; Lutte (EHPAD) ; Lutte (Idée) ; Luttes (des femmes) (1, 2) ; Par ordre alphabétique. Luttes (des femmes. Autonomie) ; Luttes de femmes (Algérie) ; Luttes (des femmes. Beaumarchais) ; Luttes (de femmes. Blanqui Auguste) ; Luttes (de femmes. États-Unis. 1902) ; Luttes (de femmes. Iran. 1979) ; Lutte (Personnalisation) ; Luttes (Sartre Jean-Paul) ; Luttes (Vie) ; (15)

IX. Politique (Médias) : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11) Par ordre chronologique (12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 61) ; (61)

X. Politique. Prison : Prison (1, 2, 3, 4, 5) ; Prison (Bracelet électronique) ; Prison (Clairvaux) ; Prison (Femmes) (1, 2, 3, 4) ; Prison (« Fouille à corps ») ; Prison (Fourgon cellulaire) ; Prison Gérard (Nicole) ; Prison (Guantanamo) ; Prison (Juges) ; Prison (Mendès-France Pierre) ; Prison (Parloir) ; Prison (Pédophile en prison) ; Prison (Pelletier Madeleine) ; Prison (Petite Roquette) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4) ; Prison (Saint Lazare) (1, 2) ; Prison (Suicide) ; Prison (Taubira Christiane) (1, 2) ; Prison (Union Soviétique) ; Prison (Valenciennes. Années 2010) ; Prison (Victoire) (33)

XI. Politique. Vie : Cf. Êtres humains. Vie.

10 septembre 2019: 1169 Items

I. Politique :

Politique (Abus) (1) : Se référer à un « abus », dénoncer un « abus », vouloir réformer sur le fondement de la critique des « abus », c’est légitimer la norme, les normes qui les fondent ; c’est dès lors cautionner les systèmes politiques, économiques dont ils sont indissociables.
- Dénoncer toujours plus d’ « abus », c’est, tout en maintenant les pratiques, les dires, les agissements, les critiques, au sein des normes dominantes, en justifier de nouvelles, et ouvrir la voie à d’autres dépossessions, d’autres injonctions, d’autres dépendances…
- Valable pour « la loi », mais aussi pour « l’excès », « le dévoiement », « le manquement », « la dérive », « l’outrance », « le seuil critique », « la démesure » , « l’exception », « la discrimination »…(Cf. Droit. Discrimination, Justice. Droit. Amnesty International, Langage. Mot. Critique de Mot, Patriarcat, Penser, Sexes […], Économie)

Par ordre chronologique. Politique. Abus :

Politique (Abus. Voltaire) (2) : 1751. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée le 14 septembre 1751 au duc D’Uzès [1707-1762], écrit :
« […] Des gens de lettres ont quelques fois abusé de leurs talents ; mais de quoi n’abuse-t-on pas ? » 1 (Cf. Penser)

Politique (Abus. Voltaire) (3) : 1758. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée le 23 septembre 1758 à Charles de Brosses [1709-1777], écrit :
« J’avoue, Monsieur, qu’il y a des abus dans les républiques, comme dans les monarchies. […] » 2 (Cf. Politique. État)

Politique (Abus. Voltaire) (4) : 1761. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée, le 3 octobre 1761 adressée à M. Pierre Joseph Thoulier d’Olivet [1682-1768] (membre de l’Académie française), auteur de :
« L’Académie dira peut-être, vous abusez de notre patience. Non messieurs j’en use. » 3 (Cf. Langage. Académie française)

Politique (Abus. Voltaire) (5) : 1774. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée, le 10 octobre 1774, à M. l’abbé de Voisenon [1708-1775], concernant un livre qu’on lui impute - dit-il, à tort, mais dont il est bien l’auteur - écrit :
« Il y a, à la fin de cet ouvrage, une satire sanglante de tout le clergé, que je trouve très condamnable. Il ne faut jamais outrager un corps, et surtout le premier du royaume. On peut s’élever contre des abus, mais on doit toujours respecter le premier ordre de l’État. » 4 (Cf. Êtres humains, Corps)
À prendre avec une distance toute Voltairienne…

Politique (Abus. Calonne) (6) : 1853. Lu dans L’Histoire de la Révolution française de Michelet [1798-1874] :
« Calonne [1734-1802. ministre et contrôleur général des finances de Louis XVI entre 1783 et 1787)] dit un mot admirable quand il avoua le déficit, montra le gouffre qui s’ouvrait : ‘Que reste-t-il pour le combler ? Les abus.’ » 5 (Cf. Penser. Économie, Histoire)
* Ajout. 1er janvier 2019. 1876. Cf. la suite du discours du 23 février 1784 lu dans Les origines de la France contemporaine d’Hippolyte Taine [1828-1893] :
« Les abus qu’il s’agit aujourd’hui d’anéantir pour le salut public, ce sont les plus considérables, les plus protégés, ceux qui ont les racines les plus profondes et les branches les plus étendues. Tels sont les abus dont l’existence pèse sur la classe productive et laborieuse ; les abus des privilèges pécuniaires : les exemptions à la loi commune et tant d’exemptions injustes qui ne peuvent affranchir une partie des contribuables qu’en aggravant le sort des autres ; l’inégalité générale dans la répartition de subsides et l’énorme disproportion qui se trouve entre les contributions des différentes provinces et entre les charges des sujets du même souverain ; la rigueur et l’arbitraire dans la perception de la taille ; les bureaux de traites intérieures et des barrières qui rendent les diverses parties du royaume étrangères les unes aux autres ; les droits qui découragent l’industrie ; ceux dont le recouvrement exige des frais excessifs et des préposés innombrables. » 6 (Cf. Abus. Taine Hippolyte, Économie « Gilets jaunes », Histoire. Révolution française)

Politique (Abus. Chamfort) (7) : 1795. On lit dans les Maximes et pensées de Nicolas de Chamfort [1740-1794] (sans date) :
« Les courtisans et ceux qui vivent des abus monstrueux qui écrasaient la France (avant la Révolution) sont sans cesse à dire qu’on pouvait réformer les abus sans détruire comme on a détruit. Ils auraient bien voulu qu’on nettoyât l’étable [l’écurie] d’Augias avec un plumeau. » 7 (Cf. Langage. Politique. Histoire. Révolution française)

Politique (Abus. Staël Madame de) (8) : 1818. Madame de Staël [1766-1817], dans les Considérations sur la Révolution française, auteure de :
« Des injustices de tout genre ont signalé ce siècle de Louis XIV, objet de tant de madrigaux ; et personne n’a réclamé contre les abus d’une autorité qui était elle-même un abus continuel. » 8 (Cf. Politique. Autorité, Histoire)

Politique (Abus. Vauvenargues) (9) : 1857. Vauvenargues [1715-1745], auteur de :
« Avant d’attaquer un abus ; il faut voir si l’on peut ruiner ses fondements. » 9 Fort pertinent.

Politique (Abus. Taine Hippolyte) (10) : 1876. Hippolyte Taine [1828-1893], dans Les origines de la France contemporaine, concernant les prémisses annonciatrices de la Révolution française, auteur de :
- « Par un entrainement naturel, avec les abus de la propriété, ils attaquent le propriété elle-même. »
- « De ce que dans leurs domaines et auprès du gouvernement, la place des privilégiésclergé et noblesse »] était abusive, il ne s’en suivait pas qu’il eut fallu leur ôter dans leurs domaines toute sécurité et toute propriété, ou dans le gouvernement toute influence ou tout emploi. » 10
- Une contradiction signifiante qui révèle les fondements de la pensée de Taine. (Cf. Langage. Politique. Révolution française, Histoire. Révolution française)

Politique (Abus. Beauvoir Simone de) (11) : 1960. Simone de Beauvoir [1908-1986], concernant la torture exercée par l’armée français en Algérie sous De Gaulle, auteure, en 1960, de :
« […] Il serait vain de s’indigner : protester aujourd’hui au nom de la morale contre des ‘excès’ et des ‘abus’, c’est une aberration qui ressemble à de la complicité. Il n’y a nulle part d’abus ou d’excès, mais partout un système. […] » 11
- Juste analyse, à ceci près, concernant Simone de Beauvoir, que le patriarcat, et non pas le seul colonialisme, relève, lui aussi, d’une analyse en termes de « système » … (Cf. Patriarcat)

Politique (Abus. Google) (12) : (18 juillet) 2018. Google est accusé et condamné par la Commission Européenne pour « abus de position dominante » [« pour empêcher la concurrence »] : manque de rigueur, confusion dans les termes, et donc dans l’analyse : impossibilité donc d’une critique pertinente. 12 (Cf. Économie)

Politique. Admiration : Cf. Relations entre êtres humains. Admiration.

Politique (Allégories. Deraismes Maria) : 1882. Maria Deraismes [1828-1894], auteure de :
« En regardant cette République, représentée sous les traits d’une femme, et d’une femme qui pense, le souvenir de femmes illustres qui ont contribué, dans une si large mesure, à l’établissement d’un ordre nouveau, s’offre à mon esprit, et je constate de singulières inconséquences.
En effet, toutes les fois qu’il s’agit de personnifier artistiquement un grand sentiment, une grande idée, on emprunte, de préférence à toute autre, la forme féminine, la considérant comme la plus propre à exprimer, avec le plus de pureté et d’élévation, le sublime, l’idéal.
Eh bien ! Par une contradiction étrange, cette femme qui figure la Justice, n’obtient pas la justice ; cette femme qui figure la Liberté ne jouit pas de la liberté ; cette femme qui figure la Loi a contre elle, la loi. » 13
Très forte pensée politique qui contraint heureusement à une inversion du regard concernant et les incarnations des symboles politiques, et en révélant leurs effets de cache. (Cf. Culture, Femmes, Patriarcat, Politique. République)

Politique (Amour) : L’amour ne peut être invoqué ni pour justifier le mariage entre personnes de même sexe, ni pour justifier la G.P.A (« gestation pour autrui »). Ni pour les invalider. (Cf. Êtres humains. Comment faire disparaître les êtres humains, Corps. Marchandisation du Corps. G.P.A, Relations entre êtres humains. Amour)

Politique (Analyse) (1) : (8 décembre) 2018. Une jeune doctorante, Marion, qui participait à la manifestation le 8 décembre 2018, sur les grands boulevards, auteure de :
« La casse, ça a permis de se faire entendre. Maintenant l’idée, c’est que la masse prenne le relai, pour montrer à quel point sa politique elle est injuste, à quel point on ne veut plus de cette politique.
La politique de Macron, mais aussi de la politique de l’ensemble des néo-libéraux qui ont fait la casse sociale depuis 30 ans. Les gens veulent se masser contre ça. Il y a un moment, ça suffit.
À chaque élection, c’est un piège. À chaque élection, on essaie d’instrumentaliser les classes moyennes, en fait, pour les faire voter contre les classes populaires, en leur disant que sinon, ça va être Le Pen, que sinon, ça va être…
On instrumentalise les droits des minorités. On instrumentalise tous ces gens-là. Et là, ces gens-là se lèvent. Il y a une partie des classes moyennes qui n’est pas d’accord avec ça, qui a décidé de rejoindre les classes populaires. Et Macron pète de trouille dans son Élysée. Il n’a peur que d’une chose, c’est qu’on aille le chercher, qu’on le mette dans sa voiture de fonction et qu’on lui dise : ‘maintenant tu dégages’. » 14
- Quelle belle, claire, percutante analyse politique…. (Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel, Politique. Minorités, État. « Gilets jaunes »)

Politique (Analyse) (2) : (8 décembre) 2018. Le général Bertrand Cavalier (analyste ?, consultant ?, commentateur ?, représentant de l’armée ?, de la police ?, des services de renseignements ? de l’état ?, de lui-même ? ) sur BFM.TV auteur de :
« Je ne comprends pas qu’ils (les manifestant-es) ne comprennent pas qu’ils compliquent l’action des forces de l’ordre (en ne quittant pas la manifestation). » 15 (Cf. Politique. Médias, Sociologie. Wieviorka Michel)

Politique (Analyse) (3) : Ce n’est pas à la nature d’une analyse qu’il faut juger une politique ; c’est aux moyens énoncés pour y remédier.

Politique (Anarchisme) (1) : Si l’on pose au fondement de la pensée anarchiste / libertaire, la conquête de la liberté la plus large possible de chacun-e, alors proposer les modalités concrètes pour y parvenir (association, fédération, révolution…) s’avère une contradiction. (Cf. Patriarcat. Anarchisme)
Politique (Anarchisme) (2) : Un-e anarchiste / libertaire devrait, sinon hiérarchiser ses refus de « dieu », « l’état », « l’armée », « le capitalisme », « le patriarcat », etc…, du moins ne pas les appréhender comme relevant d’analyses comparables, équivalentes.
Le seul fait de citer ces termes, les uns à la suite des autres, peut attirer l’attention sur la question de l’effacement des frontières entre eux, au profit d’une logique de leur indifférenciation. (Pas claire. Poursuivre) (Cf. Patriarcat. Anarchisme, Politique. Concept)

Politique (Anarchisme) (3) : Et si les années 2018-2019 s’avéraient l’expression au plan mondial d’une réalisation de l’anarchisme ? :
« Les gilets jaunes » : refus des chefs, des leaders, des porte-paroles…,
Idem concernant le « hirak » (soulèvement) en Algérie,
Idem concernant les manifestations de Hong-Kong…,
Idem…

Politique (Anarchisme) (4) : 1894. Émile Henry [1872-1894], auteur de :
« La liberté absolue que nous revendiquons, développe sans cesse nos idées, les élève vers des horizons nouveaux (au gré des cerveaux des divers individus) et les rejette hors des cadres étroits de toute réglementation et de toute codification. » 16

Politique (Animalisation du monde) (1) : Cette phrase de Nietzsche [1844-1900], dans La volonté de puissance est celle qui m’a fait découvrir l’importance de l’enjeu politique de l’animalisation du monde, ses racines, ses auteurs (responsables), ses expressions, ses cibles, ses victimes, ses immenses dangers :
« Le danger de retourner à l’animalité est réel. » 17 (Cf. Êtres humains, Femmes. Animalisation des femmes)

Politique (Animalisation du monde) (2) : À défendre la nécessité d’humaniser le monde animal, l’animalisation des êtres humains poursuit son ‘avancée’. (Cf. Êtres humains, Femmes. Animalisation des femmes)

Par ordre chronologique. Politique. Animalisation du monde :

Politique (Animalisation du monde) (3) : 1739-1768. Hippolyte Taine [1823-1896], dans Les origines de la France contemporaine, concernant l’état de « misère » de la France prérévolutionnaire - citant le marquis d’Argenson [1694-1757] en 1739 - rapporte cet échange : « Le roi [louis XV. 1710-1774] interrogeant l’évêque de Chartres sur l’état de ses peuples, celui-ci a répondu que la famine et la mortalité était telle que les hommes mangeaient l’herbe comme des moutons et crevaient comme des mouches. »
- Taine cite aussi ce constat du Parlement de Normandie en 1768 :
« Des hameaux entiers manquant des choses les plus élémentaires à la vie étaient obligés, par le besoin, à se réduire aux aliments de bêtes… […] »
- Taine décrit pour sa part concernant le paysan « l’esprit rétréci, et pour ainsi dire, racorni par la misère » :
« Sa condition est presque celle de son bœuf ou de son âne, et il a les idées de sa condition. » 18 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (4) : 1749. Georges-Louis Leclerc de Buffon [1707-1788] dans son Histoire naturelle, écrit :
« La première vérité qui sort de cet examen sérieux de la nature est une vérité peut être humiliante pour l’homme, c’est qu’il doit se ranger lui-même dans la classe des animaux auxquels il ressemble par tout ce qu’il a de matériel et même leur instinct lui paraitrait peut être plus sûr que sa raison et leur industrie plus sure que les arts. » 19 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (5) : 1750. 1760. 1763. 1764. 1776. Je lis dans la correspondance de Voltaire [1694-1778] :
- le 24 juillet 1750 [concernant les paysans qu’il a vus en Westphalie] :
« Dans de grandes huttes qu’on appelle maisons, on voit des animaux qu’on appelle hommes qui vivent le plus cordialement du monde pêle-mêle avec d’autres animaux domestiques. Une certaine pierre dure, noire et gluante, composée à ce qu‘on dit d’une espèce de seigle, est la nourriture des maîtres de la maison. » 20
- Le 18 novembre 1758 :
« Je suis persuadé, Monsieur, que votre humanité et votre générosité me prêteront leur secours, pour tâcher de changer en hommes utiles, des sujets qu’on a rendus des bêtes inutiles. » 21
- le 7 janvier 1760 (concernant un impôt dans le pays de Gex où il réside) :
« On a proposé une taxe, une espèce de capitation sur chaque individu, homme ou bétail […] » 22
- Le 26 avril 1760 :
« […] Il faudrait faire travailler aux grands chemins, tous ces animaux-là, jésuites, jansénistes, avec un collier de fer au cou, et qu’on donnât l’intendance de l’ouvrage à quelques brave et honnête déiste, bon serviteur de Dieu et du roi. […] » 23
- le 17 octobre 1763 : (Concernant la censure de la pensée en Italie) :
« J’aimerais mieux vivre dans un village d’Angleterre, que de demeurer à Rome. Vos oies du Capitole sont aujourd’hui des dominicains qui donnent l’alarme contre ceux qui pensent. Aussi, quand il passe des moines par mes terres, je leur propose d’aller s’accoupler avec les bœufs qui labourent chez moi. »
- le 26 juillet 1764 (à la marquise du Deffand [1697-1780]) :
« N’êtes-vous pas effrayée de l’excès de la sottise de notre nation, et ne voyez-vous pas que c’est une race de singes dans laquelle il y a eu quelques hommes ? » 24
- le 12 mars 1766, il évoque « ces renards de jésuites » et « ces loups de jansénistes ». 25
- le 30 mai 1766 : […] « Votre tante [Madame Denis] et moi sommes au rang des meilleurs cultivateurs du royaume et nous manquons de manœuvres. Nous attèlerions d’un côté six bœufs et, de l’autre, six moines, et nous verrions qui labourerait le mieux. » 26 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (6) : 1762. Jean-Jacques Rousseau [ 1712-1778], dans Émile ou de l’éducation, auteur de :
« […] Qu’on me montre un autre animal sur terre qui sache faire usage du feu, et qui sache admirer le soleil. Quoi ! Je puis observer, connaitre les êtres et leurs rapports ? Je puis sentir ce que c’est qu’ordre, beauté, vertu ; je puis contempler l’univers, m’élever à la main qui le gouverne ; je puis aimer le bien le faire ; et je me comparerais aux bêtes !
Âme abjecte, c’est ta triste philosophie qui te rend semblable à elle : ou plutôt tu veux en vain t’avilir, ton génie dépose contre tes principes, ton cœur bienfaisant dément ta doctrine, et l’abus même de tes facultés prouve leur excellence en dépit de toi. » 27 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (7) : (2 juin) 1793. Jean-Denis Lanjuinais [1753-1827] rapporte que, menacé physiquement à la Convention par Louis Legendre [1752-1797], il réagit en ces termes :
« Fais décréter que je suis un bœuf, alors tu m’assommeras. » 28 (Cf. Êtres humains)

Êtres humains (Animalisation du monde) (8) : 1817. Jules Anglès [1778-1828], préfet de police de Paris remit à Louis XVIII [1755-1824] une note sur les faubourgs de Paris qui se terminait ainsi :
« Tout bien considéré, il n’y a rien à craindre de ces gens-là. Ils sont insouciants et indolents comme des chats. […] Ce sont de tous petits hommes. […] Le peuple des faubourgs […] n’est pas dangereux. En somme, c’est de la canaille, bonne. » 29 (Cf. Êtres humains)

Êtres humains (Animalisation du monde) (9) : 1830. Stendhal [1783-1842], dans Le rouge et le noir, concernant les sentiments de Julien, précepteur des enfants de Mr et Madame de la Mole, écrit : « Les caresses du plus jeune qu’il aimait beaucoup calmèrent un peu sa cuisante douleur. Celui-là ne me méprise pas encore, pensa Julien. Mais bientôt il se reprocha cette diminution de douleur comme une nouvelle faiblesse. Ces enfants me caressent comme ils caresseraient le jeune chien de chasse qu’on leur a acheté hier. »
Et, concernant M. de la Mole étonné de ses relations avec Julien :
« On s’attache bien à un bel épagneul, se disait le marquis, pourquoi ai-je tant de honte à m’attacher à ce petit abbé ? Il est original. Je le traite comme un fils ; eh bien ! où est l’inconvénient ? Cette fantaisie, si elle dure, me coûtera un dimant de cinq cent louis dans mon testament. […] » 30 (Cf. Êtres humains)

Êtres humains (Animalisation du monde) (10) : (mai) 1853. Jules Michelet [1798-1874], dans son Histoire de la révolution française, évoque :
« cette grande foule bruyante, ce monstre à mille têtes, que du dedans l’on entendait, non sans terreur, rugir au dehors, pouvait -elle entrer cette foule [dans la salle des Tuileries] ? » 31 (Cf. Êtres humains, Politique. Peuple, Histoire. Révolution française)

Êtres humains (Animalisation du monde) (11) : 1853. Jules Michelet [1798-1874], dans son Histoire de la révolution française, écrit concernant Danton [1759-1794] :
« Ceux qui connaissent les portraits de Danton, spécialement les esquisses qu’en surprit David dans les nuits de la Convention, n’ignorent pas comment l’homme peut descendre du lion au taureau, que dis-je ? tomber au sanglier, type sombre, abaissé, désolant de sensualité sauvage ? » 32 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (12) : 1865-1869. Léon Tolstoï [1828-1910] dans La guerre et la paix, évoque, un dénommé Ilaguine « un gentilhomme de belle prestance et de parfaites manières » […] « qui avait cédé, en échange de [sa] chienne, surnommé Trépidante, l’année précédente, à l’un de ses voisins, trois familles de serfs domestiques… » 33 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (13) : 1865-1869. Léon Tolstoï [1828-1910] dans La guerre et la paix, auteur de :
« Cette prophétie avait beaucoup frappé Pierre [Bezoukhov].
Il se demandait bien souvent qui mettrait un terme à la puissance de la bête, autrement dit de Napoléon. » 34 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (14) : XIXème siècle. Louise Michel [1830-1905], auteure de :
« Au fond de ma révolte contre les forts, je trouve du plus loin qu’il me souvienne l’horreur des tortures infligées aux bêtes. » 35 (Cf. Êtres humains, Politique. Révolte)

Politique (Animalisation du monde) (15) : (27 mars) 1913. Sigmund Freud [1856-1939], dans une lettre à Karl Abraham [1877-1925], lui écrit :
« Jung [Carl. Gustav. 1875-1961] est en Amérique, mais seulement pour cinq semaines, ce qui veut dire qu’il va rentrer bientôt. Dans tous les cas, il fait plus pour lui que pour la psychanalyse. Je suis terriblement revenu de lui, et je n’ai plus aucune pensée amicale pour lui. Ses mauvaises théories ne sont pas faites pour me dédommager de son caractère désagréable. Il prend la suite d’Adler [Alfred. 1870-1937] sans être aussi conséquent que cet autre animal nuisible. » 36 (Cf. Êtres humains, Psychanalyse)

Politique (Animalisation du monde) (16) : 1919. Paul Valéry [1871-1945] dans La crise de l’esprit clôt sa Première lettre - celle commencée par : « Nous autres civilisations nous savons maintenant que nous sommes mortelles » - ainsi :
« Adieu, fantômes ! Le monde n’a plus besoin de vous. Ni de moi. Le monde, qui baptise du nom de progrès sa tendance à une précision fatale, cherche à unir aux bienfaits de la vie les avantages de la mort. Une certaine confusion règne encore, mais encore un peu de temps et tout s’éclaircira ; nous verrons enfin apparaître le miracle d’une société animale, une parfaite et définitive fourmilière. » 37 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (17) : (26 mars) 1926. André Gide [1869-1951], dans Le retour du Tchad, écrit concernant Adoum, « [son] boy », « ce brave garçon » dont [Gide] « à travers lui, sent toute une humanité souffrante, une pauvre race opprimée, dont nous n’avons mal su comprendre la beauté, la valeur » : […] « Je ne vois en lui que d’enfantin, de noble, de pur et d’honnête. Je n’ai jamais douté de lui. » Et il poursuit :
« Mais partout et toujours c’est de la bêtise des nègres dont on (sic) parle. Quant à sa propre incompréhension, comment le ‘blanc’ en aurait-il conscience ? Et je ne veux point faire le noir plus intelligent qu’il n’est ; mais sa bêtise, quand elle serait, ne saurait être, comme celle de l’animal que naturelle. Celle du blanc à son égard, et plus il lui est supérieur, a quelque chose de monstrueux. » Puis, le 28 mars, il écrit :
« Subite et inexplicable pudeur des femmes. Elle en se contentent pas de s’envelopper dans leurs boubous traînant à terre, couvrant jusqu’aux pieds. Elles tournent le dos et se cachent à la façon des lapins, la tête enfoncée dans un coin, dans un trou. »
Tandis que le 2 mai, il évoque, à nouveau : « un indigène, assis en lapin […]. »
- Que vaut, dès lors, le : « J’admire et plains nos pauvres porteurs. » ? 38 (Cf. Êtres humains, Politique. Colonialisme, Patriarcat)

Politique (Animalisation du monde) (18) : 1941. Pancarte de la grève des employé-es des studios Walt Disney :
« Sommes-nous des souris ou des animaux ? » 39 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (19) : 1958. Alfred Hitchcock [1899-1980] concernant son film : Sueurs froides, a déclaré :
«
Les comédiens sont du bétail. Dans un bon film, le talent du metteur en scène compte pour 95 %, il reste 5 % pour les interprètes. » 40 (Cf. Culture. Cinéma, Femme. « Cire », Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (20) : 1963. 1967.
-
Un livre : La planète des singes. [1963. Pierre Boulle]
- Un film :
La planète des singes [1967. Franklin F. Schaffner], puis d’autres…(Cf. Culture. Cinéma, Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (21) : 1966. Georges Bataille [1897-1962], dans Ma mère, écrit :
« […] Je me sentais perdu, je me souillais devant les cochonneries où mon père - et peut être ma mère - s’étaient vautrés. C’était bon pour la salaud que je deviendrais, né de l’accouplement du porc et de la truie. » 41 (Cf. Êtres humains, Famille)

Politique (Animalisation du monde) (22) : 1973. Ne pas oublier que Konrad Lorenz [1903-1989] occupa en 1940 la chaire d’Emmanuel Kant [1724-1804] à l’université de Königsberg et qu’il reçut avec deux autres chercheurs le prix Nobel de physiologie et de médecine pour leurs découvertes concernant « l'organisation et la mise en évidence des modes de comportement individuel et social’ ». Fondé notamment sur l’analyse du comportement des animaux. 42 (Cf. Êtres humains, « Sciences » sociales)

Politique (Animalisation du monde) (23) : 1973. Présentation du film américain SSSSnake de Bernard Kowalski :
« Un savant fou transforme les êtres humains en cobras et les vend ensuite à un forain spécialisé dans les montres. Son nouvel assistant ignore que le savant lui inocule le produit qui fera de lui un reptile. Une bonne série B, avec une scène finale atroce (les pleurs de l’homme-serpent qui réalisé l’horreur de sa condition). » 43 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (24) : 1976. Bruno Bettelheim [1903-1990], dans son livre Psychanalyse des contes de fées, auteur de :
« L’homme est un animal terrestre, comme l’est le chien. » 44 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (25) : 1981. Dans le film Elephant man [David Lynch], John Merrick, poursuivi par des enfants, acculé dans les toilettes publiques de la gare de Londres par des hommes qui le poursuivent, crie :
« Je ne suis pas un éléphant ! Je ne suis pas un animal ! Je suis un être humain ! Je suis un homme ! » (Cf. Culture. Cinéma, Êtres humains))

Politique (Animalisation du monde) (26) : 1993-1994. Au Rwanda, la radio des mille collines traitait des « cancrelats » et de « cafards » les Tutsis.
Une estimation ‘basse’ du génocide des Tutsis : 800.000 morts. (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (27) : 1994. Nelson Mandela [1918-2013], après sa libération de prison, découvrant, après un nouveau massacre le 22 juillet 1990, « les corps de gens tués à coups de hache ; on avait coupé les seins d’une femme à la machette » en conclut :
« Ces criminels ne pouvaient être que des animaux. » 45 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (28) : 1997. Cornelius Castoriadis [1922-1997], dans Fait et à faire, auteur de :
- « […] (C’est une ânerie traditionnelle de dire que l’homme est un animal raisonnable’ ; il est beaucoup moins raisonnable que les animaux) » Et de :
- (Concernant « l’auto-création de la société ») » :
« Cette création a lieu une fois pour toutes - L’animal humain se socialise […] » 46
Nul-le n’est exempt-e de contradictions… (Cf. Êtres humains, Castoriadis Cornelius)

Politique (Animalisation du monde) (29) : (septembre) 1998. Dans la publicité « Guerlain Homme », on pouvait lire sur une gigantesque photo de Sébastien Chabal [joueur de rugby] :
« Pour l’animal qui dort en vous », concernant par ailleurs la marque censée incarner le raffinement, la distinction et la richesse...
- Y adjoindre les innombrables reportages animaliers, dans des paysages le plus souvent dépourvus de tout être humain, et leurs incessantes «luttes pour la vie», indissociables de leurs sempiternels « mâles dominants » et « maîtres du harem »....
Et aussi le - de plus en plus fréquent - ? : « On n’est pas des chiens ! » et le : « arrêtez de nous prendre pour des ânes. » ...
Et, enfin, dernièrement [2013], entendu, à propos des sèches :
« La mission de leur vie est de procréer. » 47 (Cf. Êtres humains, Femmes. Animalisation. Qu’est-ce qu’une femme ?, Économie. Publicité)

Politique (Animalisation du monde) (30) : 2002. Alain Tarrius, dans son livre : « La mondialisation par le bas. Les nouveaux nomades de l’économie souterraine » - préfacé par Michel Wieviorka - pour désigner les personnes qui sont l’objet de sa recherche et de sa thèse, emploie les termes de « fourmis » [Immigrés Maghrébins, Turcs, Européens de l’est, Africains Sahariens…». 48 (Cf. Êtres humains, Économie, Sociologie)

Politique (Animalisation du monde) (31) : 2004. Une institutionnalisation de ce processus d’animalisation du monde est lisible dans la constitution Européenne. Cf. L’article III-121 :
« L’Union et les États membres tiennent pleinement compte des exigences du bien-être des animaux en tant qu’êtres sensibles […] » et l’article III-154 qui évoque […] :
« la protection de la santé et de la vie des personnes et des animaux […] ». (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (32) : 2008. L’acronyme P.I.G.S (« cochons ») employé pour la première fois en 2008 par des journalistes libéraux économiques américains et anglais désignait quatre pays européens : Portugal, Italie, Grèce et Espagne [Spain] considérés comme ‘les mauvais élèves’ Européens.
Le terme, tombé en désuétude en 2018, fut souvent repris sans même que sa signification ne soit interrogée. (Cf. Êtres humains, Langage)

Politique (Animalisation du monde) (33) : (2 mai) 2016. Sous l’intitulé : Un enfant découvert parmi les déchets, je lis dans une dépêche de l’AFP :
« Une jeune femme a été placée en garde à vue ce lundi au Havre, en Seine-Maritime, pour avoir laissé son enfant de trois ans seul dans son appartement au milieu de détritus, d'excréments et de cadavres d'animaux. […]
Si elle devait être mise en examen, elle risquerait sept ans de prison pour délaissement d'enfant et deux ans pour les actes de cruauté envers ses animaux. » 49
L’intitulé comparé des peines : « délaissement » versus « cruauté » doit être analysé à la mesure de sa gravité. (Cf. Êtres humains, Enfants. Justice. Valeurs)

Politique (Animalisation du monde) (34) : (15 juillet) 2016. Régis Debray, auteur de :
« L’espèce animale dont fait partie l’espèce humaine » … 50 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (35) : 2016. J’achète, le 26 novembre 2016, une huile de bain de la marque Kneipp (produits dits de beauté dits ‘naturels’). Sur l’emballage, après « tolérance cutanée confirmée par des dermatologues », je lis :
« Kneipp s’engage pour le bien être des hommes et des animaux. »
Un astérisque accolé à ‘animaux’ clarifier la signification à donner à ces termes : « Les tests sur animaux pour les produits cosmétiques sont interdits au sein de l’UE [Union Européenne]. » (Cf. Êtres humains, Femmes. Animalisation du monde, Économie. Publicité)

Politique (Animalisation du monde) (36) : (11 avril) 2017. Je reçois l’annonce de la tenue d’une Journée d’étude, organisée par le Centre d’étude des normes juridiques-Institut Marcel Mauss qui doit se tenir à l’EHESS, le 10 mai 2017 intitulée : « La construction sociale du lait. Du lait de femme au lait de vache ».
- En voici la présentation : « Cette journée d’étude a pour but de faire se confronter les perspectives développées par différentes sciences humaines et sociales sur le lait afin d’appréhender les relations réciproques du politique et du social qui se développent autour de cette substance si riche en significations et controverses. »
- La session 1 s’intitule : « Le lait fluide : symbole, liens et parenté », la session 2 : « Une épistémologie trans-laitière : penser ensemble le lait humain et le lait animal », et la session 3 : « La production du lait : transactions et contestations ». (Cf. Êtres humains, Corps, Femmes. Animalisation du monde, « Sciences » sociales)

Politique (Animalisation du monde) (37) : (août) 2017. Michel Onfray [issu de son livre Cosmos. 2017. Titulaire du Prix Lire : « Le meilleur livre philosophique de l’année »], auteur de :
« Il faut accepter notre destin de mammifères. » 51 (Cf. Êtres humains. Homme « Intellectuel ». Onfray Michel)

Politique (Animalisation du monde) (38) : (30 octobre) 2017. Je reçois une publicité pour un site intitulé Le secret de Rocco Siffredi. Et je lis :
« Rocco Siffredi ‘La légende’ accepte de vous dévoiler le secret le mieux gardé des professionnels. » Suivi de :
« Je veux te partager le secret qui va te transformer en véritable taureau sexuel. » (Cf. Êtres humains, Hommes, Pornographie. Acteur. Porno, Sexes […], Économie. Publicité)

Politique (Animalisation du monde) (39) : (13 décembre) 2017. À l’écoute d’une émission de France Culture intitulée « Un autre humanisme pour demain », j’entends :
« Les animaux sont les nouveaux prolétaires du capitalisme », tandis que les êtres humains sont définis comme des « animaux parlants ». 52 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (40) : (30 avril) 2018. Récupéré (dans une poubelle) un numéro de L’Express intitulé : Intelligence : Les animaux nous épatent. Je lis :
- « Les découvertes de la science en matière de fonctionnement cérébral des bêtes, mais aussi en termes d’émotions, constituent une source d’émerveillements insoupçonnés. »
- « Ce que la science nous apprend. Les études le prouvent, nos amies les bêtes sont très loin de l’être. Les dernières avancées pourraient mettre fin à la ‘suprématie’ humaine. »
- « Petit bestiaire des plus grosses têtes. Éléphants organisateurs de rites funéraires, rats solidaires de leurs congénères en danger, Oiseaux stratèges… Tour d’horizon de l’intelligence animale. » etc.… 53 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (41) : (19 février) 2018. À l’occasion de la publication du Plan Loup par le gouvernement [prévoyant notamment l’abattage de 40 loups en 2018] le Journal de 17 heures de France Culture emploie, pour les qualifier, le terme d’« individus ». 54 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (42) : (30 avril) 2018. Une manifestation contre la réintégration des ours a lieu ce jour à Pau, après celles contre la réintégration des loups dans les Alpes. Jean-Marc Moriceau, interrogé sur les questions posées par ces politiques répond in fine : « Cela dépend des points de vue. La réponse est oui si l'on donne une priorité absolue à la faune sauvage ; non si l'on pense d'abord aux bergers. » 55 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (43) : (17 mai) 2018. Donald Trump, président des États-Unis, auteur de : « Ce ne sont pas des hommes, ce sont des animaux », concernant ceux et celles qu’il qualifie de « clandestins », qui veulent entrer aux États-Unis et qu’il veut renvoyer de l’autre côté de la frontière Mexicaine. « Nous les expulsons à un rythme jamais vu auparavant », a-t-il affirmé. 56 (Cf. Êtres humains, Politique. Guerre)

Politique (Animalisation du monde) (44) : (juillet) 2018. Titre du Monde Diplomatique :
« L’animal, un citoyen comme les autres ? » Poser la question, c’est déjà en supposer l’hypothèse ; et contribue à la banaliser, à en faire accepter l’idée, à nous mithridatiser.
- On y lit par ailleurs, « découverte surprenante », que : « les bonobos dénouent les conflits en copulant » … 57 Rien n’est perdu donc…(Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (45) : (17 septembre) 2018. Entendu dans le documentaire diffusé sur Public Sénat : Le pouvoir nuit-il gravement au cerveau ? dans lequel les agissements des hommes « politiques » [François Hollande, Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron] ne cessent d’être comparés aux comportements animaux :
« Nous qui sommes avant tout des animaux. »
En conclusion de la présentation, on lit : « Une expérience qui nous aide à mieux comprendre le mal dont semble souffrir notre démocratie. » 58 (Cf. Êtres humains, Politique. Démocratie)

Politique (Animalisation du monde) (46) : (26 septembre) 2018. Gilles Legendre, nouveau chef du groupe LaREM (La république en marche) estime dans Le Figaro que le dit groupe :
« est un repaire de talents formidables, une écurie de pur-sang à la robe frémissante. » 59
* Ajout. 28 octobre 2018. L’expression d’« écurie de pur-sang » a été répétée par lui un mois après 60, et ce, alors même qu’il a reconnu qu’elle n’avait pas été appréciée par les député-es : manifestement, sans qu’il ne comprenne pourquoi.
- Encore une brillante intelligence et un subtil diplomate … (Cf. Êtres humains, Homme. « Politique ». Macron Emmanuel)

Politique (Animalisation du monde) (47) : (20 octobre) 2018. J’apprends par un responsable de l’Auberge des migrants à Calais interrogé dans le cadre de l’émission Comme un bruit qui court [la seule réellement critique ?] sur ce qu’est devenue la « jungle », qu’après toutes les destructions, que : « l’espace a été replanté et a été transformé en espace écologique, un espace pour accueillir les oiseaux migrateurs. » 61 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (48) : (24 octobre) 2018. Lu dans Le Canard enchaîné : Lors du séminaire gouvernemental du 17 octobre 2018, Édouard Philippe, premier ministre auteur de :
« Arrêtez de considérer les ministres du budget comme vos ennemis. Ce ne sont pas des technocrates (sic). Vous avez à Bercy deux mecs, Gérald Darmanin et Olivier Dussopt, qui font le job. Ce sont deux animaux politiques, très complémentaires et qui j’ai une totale confiance. » 62 (Cf. Êtres humains, Justice. Classement sans suite, Économie. Darmanin Gérard)

Politique (Animalisation du monde) (49) : 2018. Dans Tout seul je vais vite, ensemble on va loin du chanteur Grand corps malade, on entend :
« Un homme est un animal fait pour vivre en meute. » (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (50) : (31 décembre) 2018. (3 janvier) 2019. Sur France Culture, une série de quatre émissions intitulées : Vers un nouveau pacte Homme / Animal :
1) La planète au régime Vegan
2) Chasser : une pratique en voie d’extinction ?
3) Savane, forêts, Villes : Partager son territoire
4) L’animal est-il une personne comme les autres ? 63 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (51) : (décembre) 2018. (février) 2019. Sur Arte, une série de deux films Paroles d’animaux qui commence ainsi :
« On ne doute plus que les animaux pensent. On admet aussi qu’ils sont capables d’émotions. Mais il reste une frontière à franchir. Comprendre de ce que disent les animaux. […] »
Mais tout est à écouter pour comprendre les arguments utilisés pour sinon supprimer, du moins pour effacer ladite « frontière ». Les intitulés :
1) Quand les animaux parlent aux animaux ;
2) Quand les animaux parlent aux humains. 64 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (52) : (9 janvier) 2019. Jean-Pierre Mignard, avocat socialiste devenu macronien, lors d’un débat sur la politique sécuritaire du gouvernement, évoquant le rôle de la peur dans les manifestations, auteur de :
« Nous sommes un peu des animaux. » 65 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (53): (19 mars) 2019. Le syndicat d’officiers de police, Synergie Officiers CFE.CGC, au lendemains de la manifestation du 16 mars 2019 dans un tract - quasi séditieux - d’une extrême violence [à l’encontre de l’état inclus] traite, notamment, les manifestants d’« essaims de cloportes ». 66 (Cf. Êtres humains, Politique. État. « Gilets jaunes »)

Politique (Animalisation du monde) (54) : (10 mai) 2919. Dans l’Uttar Pradesh (Inde) le leader du parti socialiste, selon ses propres dires, est traité de « serpent » et de « scorpion » par le BJP, le parti dominant nationaliste Hindou, particulièrement violent à l’égard des Dalits et des musulmans. 67 (Cf. Êtres humains)

Êtres humains (Animalisation du monde) (55) : (11 mai) 2919. Un historien, officier de réserve spécialiste du Sahel, sur BFM.TV, auteur de :
« La zone Sahélienne est mitée par le terrorisme. » 68 (Cf. Êtres humains, Politique. Médias. Terrorisme)

Politique (Animalisation du monde) (56) : (10 février) 2019. Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, évoquant les contestataires de LaREM, comparés aux frondeurs du parti socialiste déclare :
« Ils ne sont pas dans l’écurie […] » 69 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (57) : (24 juin) 2019. Entendu : « Erdogan - qui vient de perdre les élection de la mairie d’Istanbul - est une véritable bête politique. » 70 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (58) : (17 juillet) 2019. Entendu sur Radio Courtoisie (radio d’extrême droite) à propos de l’occupation du Panthéon le 12 juillet 2019 par plus d’une centaine de travailleurs sans papiers, expulsés par la police, évoquer « la faune des clandestins ». (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (59) : (27 juillet) 2019. Entendu sur France Culture, Claude Habib évoquer « une nuée de femmes voilées ». 71 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (60) : (30 juillet) 2019. Wadji Mouawad, sur France Culture, concernant les premiers lieux de culture où il a pu s’exprimer aisément auteur de :
« […] Je suis une poule de plein air. J’ai grandi en plein air. Je n’ai pas été boosté. » 72 (Cf. Culture, Êtres humains))

Politique (Animalisation du monde) (61) : (4 au 9 août) 2019. Sur France Culture, une série de cinq émissions dans la rubrique Matières à penser est intitulée :
« L’animal est l’avenir de l’homme ». (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (62) : (12 août) 2019. Entendu une femme - masquée - de lors des manifestations de Hong-Kong, dénoncer le traitement par la police des manifestant-es en termes de « cafards ». 73 (Cf. Êtres humains)

Politique (Animalisation du monde) (63) : (13 août) 2019. Claudine Raynaud dans une émission consacrée sur France Culture à Toni Morrison [1931-2019] note que « les métaphores animales concernant les esclaves sont très fréquentes » dans son œuvre. 74

Politique (Association) (1) : Concernant les associations, ONG…l’image d’un entonnoir - en tant que filtre, canalisation [d’idées, de revendications, de paroles, de dénonciations, d’analyses…] déformant - ne cesse de me venir à l’esprit. (Cf. Féminisme. Féministes. Associations)

Politique (Association) (2) : L’État se décharge sur les associations pour assumer, gérer, ce qu’il ne veut plus prendre en charge, et ce, au prix défiant toute concurrence de quelques maigres, et si souvent humiliantes, et toujours conditionnelles subventions.

Politique (Association) (3) : L’État, maître des finances, peut alors, politiquement, les contrôler, les vider de leur substance, en assécher les pensées neuves, originales, fécondes, sous couvert de la professionnalisation, en d’autres termes, aux fins d’obtenir leur normalisation ; ce qu’il réussit fort bien.
Ce contrôle est d’autant plus efficace, lorsqu’il en escompte et en engrange un important bénéfice politique : SOS racisme en étant l’incarnation.
- Concernant les associations récalcitrantes, un passage de la ministre et un contrôle des comptes est à attendre. (Vécu)
- Enfin, financer des projets au lieu et place des soutiens au fonctionnement des associations est le meilleur moyen de leur imposer d’assumer les projets gouvernementaux au lieu et place de la mise en œuvre de leur autonomie politique propre.

Politique (Association) (4) : Si nombre d’associations ont dévoilé nombre de scandales, beaucoup en ont aussi souvent, faute de le pouvoir, faute de le vouloir, maintenu bien d’autres sous le boisseau. On ne peut, ni ne doit le leur reprocher ; nul-le n’étant à même d’avoir à assumer de nettoyer les écuries d’Augias, ni en mesure de détourner des fleuves… Simplement, ne pas oublier ses propres limites…

Politique (Association) (5) : Les associations, une fois constituées, sont un vivier pour les médias qui, en fonction de leur actualité, leur offrent chichement quelques opportunités, au filtre de l’acceptable politique ; c’est-à-dire sous une apparence ponctuelle, reformatée, assimilable, assagie, digérée du monde.
Les associations ne sont donc presque jamais pleinement maîtresses de leur langage, de leurs analyses, de leurs vérités, de l’ordre du jour ; l’importance qu’elles accordent aux sujets devant être abordés, traités, analysés, dénoncés n’est donc presque jamais pris en compte par les médias, à la mesure de leurs réalisations, de leurs aspirations, de leurs besoins. Les associations, sauf exceptions, perdent, du fait (notamment) de la fonction ‘médiatique’ qu’elles seraient amenées à jouer, progressivement avec la maitrise de leur langage, celle de leurs analyses, de leurs vérités. (Cf. Politique. Médias)

Politique (Association) (6) : Garder, au risque - qui doit être compris et donc politiquement assumé - de l’isolement politique ponctuel, en sus de son langage, la maitrise de ses hiérarchies, des sujets abordés, traités, analysés, dénoncés demande une vigilance de tous les instants.

Politique (Associations) (7) : À se délester, dans tous les domaines, des pouvoirs de gestion liés aux pouvoirs de constatation, et conférés peu ou prou aux associations, ONG, Fondations, etc. … l’État risque fort d’être confronté à terme à son inutilité et creuse alors sa propre tombe. Et si l’inefficience de l’État se lie avec les mensonges et la corruption des élites dirigeantes, c’est le concept même de démocratie qui risque fort d’être mis à terre. (Cf. Politique. Corruption. Élites. Démocratie. État)

Politique (Association) (8) : (21 mars) 2015. À l’écoute, sur Radio Libertaire, puis, à la lecture du texte important de Nadine et Thiery Ribaud, intitulé Fukushima. Cogérer l’agonie, j’ai pensé que cette analyse / dénonciation concernait aussi l’évolution du rôle et le fonction politique des associations [féministes] et devait nous faire réfléchir. J’en relève un passage :
« […] Cogérer les dégâts du désastre nucléaire aide à franchir la distance qui séparait le terrible de l’acquiescement au terrible. Cogérer les dégâts du désastre nucléaire amène à prendre part au dispositif permettant de consentir à la contamination, à apprendre aux hommes à vivre dans de mauvaises conditions d’existence et à faire pénétrer celle-ci dans la culture de masse. Cogérer les dégâts du désastre nucléaire, c’est s’inscrire dans le paradigme de l’ordre, non dans celui de la transformation. » 75 […]
- Certes, les associations [féministes] ne peuvent être toutes définies ainsi, et ce d’autant moins que le terme de cogestion ne les concerne pas stricto sensu pas, mais toutes sont, selon moi, concernées par cette analyse. (Cf. Féminisme. Féministes. Associations)

Politique (Autodestruction) : Il la voulait objet. Il n’était pas sujet. Les deux sombrèrent dans l’autodestruction. (Cf. Droit, Patriarcat)

Politique (Autogestion) (1) : L’autogestion [ou plutôt, la dynamique autogestionnaire] révèle les capacités, les compétences, les aspirations, mais aussi les blocages enfouis ; en réaménageant tous les rapports de pouvoir, l’autogestion [ou plutôt la dynamique autogestionnaire] permet toutes les avancées, tous les progrès, mais provoque aussi nécessairement réaménagements, et donc salutaires conflits, nécessaires ruptures, positives ou non, recompositions. Mais pour cela, il faut d’emblée savoir et accepter et la nécessité des conflits, des ruptures, et de leurs fructueux et si gratifiants apports.

Politique (Autogestion) (2) : Ne jamais oublier qu’un responsable nazi employa le terme d’« autogestion » concernant le ghetto de Varsovie. 76

Politique (Autogestion) (3) : Les liens entre l’autogestion [ou plutôt, la dynamique autogestionnaire] et l’auto-entreprenariat, les politiques libérales de gestion de la main d’œuvre et les processus mis en œuvre de dissolution du salariat doivent être sans cesse gardés en tête et réfléchis. D’emblée, les séparer. Pour ensuite, éventuellement, en distinguer certains éléments ponctuels, formels, communs.

Politique (Autogestion) (4) : 1980. Il s’affirmait le théoricien de l’autogestion. Mais lorsqu’il fut embauché dans un centre de recherches dans lequel l’égalité des salaires entre les salarié-es avait été demandée, acquise et mise en œuvre, il expliqua qu’il avait déjà discuté son salaire avec le directeur et qu’il n’était donc pas concerné. (Cf. Homme. « Intellectuel »)

Politique (Autorité) (1) : Au moment même où la personne qui s’en estime investi-e l’affirme, elle la perd. 77

Politique (Autorité) (2) : Le processus personnel (sans fin pensable) de libération de l’autorité : un préalable à / condition de / ambition pour toute [r]évolution [personnelle], [politique] ?

Politique (Autorité) (3) : La question politique première n’est pas celle des modalités de la mise en œuvre de l’autorité ; dès lors, ne serait-elle pas celle des fondements qui ouvrent - ou non - droit à sa légitimité à s’exercer. (À poursuivre)

Par ordre chronologique. Autorité :

Politique (Autorité) (4) : 1961. Hannah Arendt [1906-1975], dans La crise de la culture, auteure de :
« Puisque l’autorité requiert toujours l’obéissance, on la prend souvent pour une forme de pouvoir ou de violence. Pourtant l’autorité exclut l’usage des moyens extérieurs de coercition : là où la force est employée, l’autorité proprement dite a échoué. […] » 78

Politique (Autorité) (5) : (6 septembre) 2017. Lorsqu’Emmanuel Macron déclare à Philippe Besson :
« Si je manifeste le moindre doute, je suis mort » 79, comment ne se rend-il pas compte que du seul fait qu’il s’exprime en ces termes, il perd l’autorité à laquelle il aspire.
Et là - et se - décrédibilise. (Cf. Homme. « Politique ». Macron Emmanuel, Politique. État)

Politique (Avant-garde) : Comment expliquer que la [l’extrême] gauche soit, si souvent, à l’avant-garde de l’antiféminisme ? En reconnaissant, à leur juste place politique, les apports féministes, les personnes qui s’en réclament auraient dû alors radicalement rompre avec le concept même d’avant-garde dont ils acceptaient le principe et dont, en sus, ils /elles estimaient avoir le monopole. (Cf. Féminisme. Anti féminisme)
- Nombre de féministes - et nul-le n’en est prémunie - n’en pensent-elles pas aussi de même à l’égard « des femmes » ? (À prolonger…) 80

Politique (Baupain Alex) : (juin) 2019. Extrait de sa chanson Cours camarade :
« Cours, camarade, Le vieux monde est derrière toi
Cours, camarade, Le vieux monde sent la poussière
Cours, Camarade, Le vieux monde reprend son souffle
Cours, camarade
, Le vieux monde t'a rattrapé
Cours, camarade, Comme tu en crèves avec lui

Cours, camarade
, Le vieux monde est derrière toi.
Les barricades
, Les voltigeurs et puis quoi ? »

Politique (Bien commun) (1) : (17 août) 1789. Mirabeau [1749-1791] dans son discours à l’Assemblée, au cours duquel il présenta son projet de Déclaration des droits, auteur de :
« […] Article IV. Le bien commun de tous, et non l’intérêt particulier d’un homme ou d’une classe d’hommes quelconque, est le principe et le but de toutes les associations politiques. […] » 81 (Cf. Droit. Déclaration des droits. Penser. Pensée. Idée, Économie)

Politique (Bien commun) (2) : Conscience que le concept de « bien commun » n’est pas synonyme de « volonté générale ». (Poursuivre après avoir précisé les deux termes)

Politique (Bureaucratie) : La fonction de la bureaucratie : imposer dépendance, soumission, mise au pas, mise au silence, découragement, déprime… ; désarmer la colère
Mais surtout : séparer le bon grain de l’ivraie et dont exclure.. ceux et celles qui demandent de comprendre, qui pensent en termes de « droit », qui refusent d’être humilié-es, qui critiquent les normes que l’on veut leur imposer.
Et plus celles-ci sont injustifiables, contradictoires, incompréhensibles, absurdes, plus la bureaucratie s’alourdit. Et vice versa. (Cf. Politique. État)

*Ajout. 10 août 2019. Entendu évoquer une « pédagogie du renoncement ».

Politique (Calcul) : (24 septembre) 2017. Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI [Union des démocrates et indépendants], auteur de :
« Le Président aura besoin des centristes. Au Parlement, il a besoin de nos voix, et, s’il passe par le référendum, il aura besoin de notre soutien. Il va peut-être enfin décider de nous calculer. » 82
- Cf. Du gouvernement par les lois au gouvernement par le nombre, le Cours au Collège de France d’Alain Soupiot. (Cf. Penser. Soupiot Alain, Économie)

Politique (Calomnie) (1) : 1872. En réaction à la résolution du Congrès de La Haye de septembre 1872 d’exclure Bakounine [1814-1874] et ses soutiens de l‘Association internationale des Travailleurs, l’un de ses membres réagit ainsi :
« ‘Il faut payer ces gens (les ‘marxistes’) de leur propre monnaie ; ils calomnient, calomnions-les aussi’. » Bakounine, selon Malatesta [1853-1932] :
« se secoua comme un lion blessé, foudroya du regard celui qui venait de faire une telle proposition, se dressa de sa taille de géant et s’écria : ‘Que dis-tu là, malheureux ! Non, plutôt être mille fois calomnié, même si la calomnie devait être écoutée, que de s’abaisser, vis-à-vis de soi-même, à être un calomniateur.’ Je revois encore le geste magnifique. » conclue-t-il. 83 (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Injure, Justice. Loi du talion. Rendre la pareille)

Politique (Calomnie) (2) : Un jugement, une analyse politique n’a que faire de la calomnie (et de ses avatars). S’en plaindre c’est leur accorder une validité ; c’est une perte de temps inutile. Il importe plutôt de tenter une traduction politique d’une calomnie, personnelle ou non.

Politique (Care) : Terme anglo-saxon dont la fonction - principale ? - est de continuer à faire travailler les femmes (en avant-gardes...) pour rien ou pas grand-chose dans les fonctions dites de ‘service’, sous couvert de réhabiliter les valeurs (non marchandes) de la société (qui nous est présentée comme) future. (Cf. Femmes. Charité)
- Remplacer par : [métiers] de l’entraide, de la solidarité, de l’échange, du partage…

Politique (« Cause perdues ») : 1939. La leçon politique du film de Frank Capra [1897-1911], dans Mister Smith au Sénat :
« Les causes perdues sont les seules qui méritent d’être défendues. » (Cf. Culture. Cinéma)

Politique (Céder) (1) : B.A BA de la politique : lorsqu’un-e politique [vous] demande : « Sur quoi êtes-vous prêt-e-s à céder ? », répondre d’emblée : « Sur rien ». Valable aussi pour « négocier ».
* Ajout. 8 août 2018. Nelly Kaplan, auteure de : « Je n’ai jamais su négocier. » 84 (Cf. Femme. Artiste)

Politique (Céder) (2) : Une fois après avoir cédé, protester, retenir, négocier ne vaut.

Politique (Céder) (3) : Après : « Quand céder n’est pas consentir » [Nicole Claude Mathieu. 1984], ne jamais céder ?
- Question subsidiaire : que signifie : « consentement » ? (Cf. Politique. Consentement)
- Ajout. 9 mars 2017. Question supplémentaire : Réfléchir à la différence - et à ses conséquences - entre : désirer une relation sexuelle - qui émane de soi et consentir à une relation sexuelle - qui implique l’autre d’abord. (Cf. Sexes […])
- Ajout. 19 janvier 2019. (16 novembre) 2018. Un slogan inscrit sur un Gilet jaune en Normandie :
« Ne rien dire, c’est consentir »

Politique (Céder) (4) : 1979. Après lecture, ce matin, du livre de Samuel Pisar, Le sang de l’espoir, 85 je m’interroge : affirmer, comme je l’ai écrit plus haut, : ‘ne jamais céder’, n’est-elle pas un déni de ceux et celles pour qui l’idée même de « consentir » et donc de « céder » n’est pas même plus pensable, une injure faite aux damné-es du monde ? (À poursuivre) (Cf. Politique. Consentement)

Par ordre chronologique. Politique. Céder :

Politique (Céder. Voltaire) (5) : 1758. Voltaire [1694-1778] écrit :
- le
8 janvier 1758 à d’Alembert [1717-1783] : « Ne vous rétractez jamais […]. » ;
- le
8 janvier 1758 à Diderot [1713-1784], le 8 janvier 1758 : « Ne vous laissez entamer par personne […] » ;
- le
21 janvier 1758 à Nicolas-Claude Thierriot [1697-1772] : « Il ne faut pas que le Maréchal de Saxe quitte le commandement de l’armée parce qu’il y a des tracasseries à la cour. » 86

Politique (Céder. Voltaire) (6) : (6 avril) 1775. Voltaire [1694-1778], dans une lettre à Condorcet [1743-1794] cite ce vers de Virgile dans L’Énéide [VI, v. 9] :
«
Toi, ne cède pas aux méchants, mais va t’opposer à eux avec plus d’audace encore. » 87

Politique (Céder. Hegel) (7) : 1820. Hegel [1770-1831] dans ses Principes de la philosophie du droit, auteur de :
« Seul peut être forcé à quelque chose qui veut se laisser contraindre. » 88
Terrible. La question de la responsabilité, notamment en droit, est donc exclue. (Cf. Êtres humains, Droit. Justice. Patriarcat, Philosophie. Hegel, Violences)

Politique (Céder. Guéhenno Jean) (8) : (14 juin) 1941. Jean Guéhenno [1890-1978], auteur, dans son Journal des années noires, de :
« L’intime certitude que j’ai de ne céder jamais demeurera inutile tant qu’elle ne témoignera que de mon orgueil. » 89

Politique (Céder. Valéry Paul) (9) : 1942. Paul Valéry [1871-1945], auteur de :
« Qui nous cède, nous hait ; même cédant à la douceur et à la caresse. » 90

Politique (Changer le monde) : Il ne faut pas d’abord comprendre le monde pour le changer ; c’est en voulant le changer qu’on le comprend (mieux).

Politique (Chansons réalistes) : (4 août) 2018. Entendu sur France Culture :
« Il n’y a pas de pensée politique dans les chansons réalistes » suivi de (concernant l’analyse effectuée) : « C’est émotionnel, pas intellectuel ». 91 Comment peut-on dire de telles énormités ?
- Il faut à, l’inverse, analyser, dégager, dévoiler, comprendre, bref, savoir entendre et comprendre politiquement, émotionnellement, ce que se disait, se chantait, se hurlait dans les rues, les cours, les beuglants, les cafés, les bals musettes, les « gueulantes des faubourgs » ….
N.B. En dépit du titre [ambigu] de l’émission, Chantons sous la crise, aucune chanson concernant les effets de la « crise », ni même plus largement concernant la pauvreté, le chômage - sauf à lier leur croissance et celle de la « prostitution » - ne fut citée, ni diffusée.
Supprimons la représentation du réel, et par la même, le réel. Résolvons le problème par sa disparition… (Cf. Corps. Bruant Aristide)

Politique (Charité) (1) : La critique-de-gauche-de-la-charité [de la pitié, de la compassion…] - laquelle sert utilement de justification à l’égoïsme - a eu aussi pour fonction et pour effet d’enfermer dans l’infra-politique les engagements personnels, notamment religieux, des femmes - exclues du monde politique, faut-il le rappeler ? - et à occulter, à dénier dès lors leurs apports à l’aménagement mais aussi à la critique de la société.
- La charité, dévalorisée, ridiculisée, qualifiée sans nuance de « bourgeoise », il devient alors impossible de comprendre les liens, les passages entre ladite charité et la longue maturation historique des multiples manifestations de l’engagement des femmes, puis de l’émergence du féminisme.
- Si certes, la charité, en tant que politique, a historiquement contribué à la perpétuation du monde et a pu justifier l’injustifiable, la charité, difficilement dissociable de la philanthropie, ne peut être réduite à cette fonction, doit être interrogée dans ses multiples significations. La charité, signifiant a minima : « être avec », peut générer et justifier tout à la fois le « don de soi » [une spécialité ‘féminine’], le « caritatif », le « travail social », la « solidarité », l’« engagement », y compris politique.
- En tout état de cause, comment ne pas penser que les attributions « charitables » affectées, assignées aux femmes pendant des siècles n’aient pas contribué à leur compréhension, à leur ouverture aux ‘autres’, et n’aient pas eu d’effets progressistes dont tous et toutes bénéficièrent ? Et que, dès lors les femmes, et souvent elles seules, n’aient pas, profondément, modelées les sociétés ?
- Le déni, le mépris de la charité est indissociable du déni et du mépris des femmes. (Cf. Femme. « Féminin ». Charité, Politique. Care, Front National)

Par ordre chronologique. Politique. Charité :

Politique (Charité. A.S. Neill A.S) (2) : 1915. Alexander Sutherland Neill [1883-1976], à l’occasion d’une critique de Nietzsche [1844-1900], auteur de :
« […] Je crois que si la pitié et la charité sont erronées, tout ce qui est juste est alors erroné. » 92 (Cf. Femmes. Charité, Langage. Verbe. Faire)

Politique (Charité. Léautaud Paul) (3) : (19 février) 1931. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal [Littéraire], auteur de :
« À deux heures et demi, rue Dauphine, en retournant au Mercure [de France] après déjeuner, un homme et une femme d’aspect misérable au possible, l’homme tenant par la main, un malheureux enfant de trois ans environ, emmitouflé dans je ne sais quelles loques et grignotant un morceau de pain. J’ai mis deux francs dans la main du gosse en disant à l’homme : ‘Vous lui achèterez un petit quelque chose’. Je pouvais à peine parler tant j’avais d’émotion.
Il faudrait au moins lui donner un billet de 100 francs. » 93

Politique (Charité. Kouchner Bernard) (4) : 1993. Bernard Kouchner, dans ses discussions avec l’abbé Pierre, auteur, de :
« Faire la charité pour un homme de gauche, c’était refuser de changer la vie, renoncer à la révolution, ne pas chercher à prendre le pouvoir au nom de la justice. Politiquement, ce n’était pas bien d’aider les pauvres : il fallait d’abord jeter bas la vieille société et en reconstruire une autre. » 94 Et aujourd’hui, qu’en pense-t-il ? Comment réécrirait-il son analyse ? Avec quels autres termes, et sur quels autres fondements politiques ? (Cf. Femmes. Charité, Politique. Front National. Charité, Économie (Pauvres (Les) »)

Politique (Charité. Macron Emmanuel) (5) : (5 mai) 2018. Un slogan de la manifestation intitulée : « La fête à Macron » :
« Sœur Emmanuelle s’occupe des pauvres. Emmanuel s’occupe des riches. » 95 (Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel)

Politique (Choix) : Le maître mot du libéralisme. La prostitution : « un choix » ; le voile : « un choix » ; la contraception : « un choix » ; l’avortement : « un choix » ; la G.P.A (« Gestation pour autrui ») : « un choix » ; l’émigration : « un choix » ;
Bientôt ? Déjà ? : l’aliénation : « un choix » ; l’exploitation : « un choix » ; l’esclavage : « un choix » ; la morale : « un choix » (Abel Ferrara)
On peut remplacer « choix » par « liberté », « chance » et/ou « contrainte », déclinées sous toutes leurs formes...
- L’individualisme au service de la légitimation de tous les systèmes de domination. (À prolonger) (Cf. Droit. Choix, Langage. Critique du mot : « Choix »)
* Ajout. 23 septembre 2018. Monique Canto-Sperber « philosophe », qui se définit comme une « libérale », « non orthodoxe », auteure de :
« La capacité de choisir, c’est la première des libertés. » 96

Politique (Civilisations) : Ne pas oublier une vérité, si souvent déjà affirmée, à savoir que les civilisations « occidentales » sont « mortelles ». Aveuglées de leur propre évidence, elles n’ont que peu la lucidité et donc le courage d’analyser la signification politique des attaques de ceux qu’ils considèrent comme des « barbares » ; elles augmentent donc le risque, la probabilité, - la réalité actuelle - que ceux-ci ne leur imposent par la violence, la tyrannie des civilisations dont ils ont été si souvent leurs victimes pendant des siècles. (Cf. Politique. Terrorisme, Histoire)

Politique (Cohérence) : (9 décembre) 2018. Lors d’une émission de France Culture, Dominique Reynié, après avoir évoqué « les demandes parfois absurdes des revendications des « Gilets jaunes », affirme :
« Nous ne savons pas analyser » et :« Tout le monde est dans un grand désarroi ».
Et il est, juste après, suivi par Christine Ockrent qui évoque « les contradictions totales dans les demandes des ‘Gilets jaunes’ ». 97 (Cf. Penser, Politique. Démocratie. État. « Gilets jaunes », « grand débat national », Médias, Économie. « Gilets jaunes »)

Politique (Colonialisme) (1) : (août-septembre) 1974. Jean-Paul Sartre [1905-1980] considère « […] le colonialisme comme une brutalité anti-humaine, comme une action qui détruisait les hommes au profit d’intérêts matériels […] une abjection [qui] détruisait d’autres hommes en me constituant comme homme, et c’est pour cela que me constituer comme homme, c’était me dresser comme le colonialisme. » 98

Politique (Colonialisme) (2) : 1979. Lucien Bodard [1914-1998] dans La duchesse, auteur de : « Avant tout, la conquête avait été une boucherie. » 99 (Cf. Patriarcat. Colonialisme)

Politique (Colonialisme) (3) : (25 avril) 2019. Emmanuel Macron, auteur de :
« Nos Outremers ». (Répété deux fois) 100 (Cf. Homme. « Politique ». Macron Emmanuel, Langage. Possessif)

Politique (Coluche) : [date ?] Le sketch de Coluche [1944-1986] intitulé : Les politiques a été vu, le 20 janvier 2019, sur YouTube 1.890.660 fois (+ 458 commentaires) (Cf. Femmes. Appel de Coluche, Féminisation du langage, Politique. Médias)

Politique (« Communauté internationale ») (1) : Terme récemment apparu [après épuisement, de rejet de la « gouvernance [mondiale] ?»] que peu se précipitent de qualifier, d’interroger, de clarifier et encore moins de critiquer. Il nous est pourtant quotidiennement asséné, justement sans doute, parce que ne signifiant rien, il peut signifier tout…ce qui est ponctuellement très utile. Néanmoins, derrière la grossièreté du terme, de fait, celui-ci nomme les pays occidentaux, les plus riches et les plus guerriers, auxquels d’autres peuvent néanmoins être, ponctuellement, si nécessaire, adjoints.
- Incidemment, ce sont souvent les mêmes qui emploient ce terme et qui s’opposent avec force au « communautarisme », terme dont la définition n’est, elle-même, pas plus explicitée.

Politique (« Communauté internationale ») (2) : La référence à la « communauté internationale » se substitue à celle [déjà plus que confuse pour employer un euphémisme] de « droit international ». Mais, tout aussi peu rigoureux, et dès lors tout aussi fonctionnels, ces termes peuvent fort bien coexister. (Cf. Droit. Droit. International, Droits humains, Langage, Penser)

Politique (« Communauté internationale ») (3) : (10 novembre) 2012. Entendu sur France Culture, l’expression de « communauté économique internationale », sans que l’ajout du terme « économique », pourtant si politiquement signifiant, ne soit relevé.

Politique (Communication) : Avoir « une politique de communication », c’est nécessairement s’adresser aux plus influençables, aux plus faibles : ça ne rend pas plus intelligents ceux qui les pensent et les initient ; ça rend plus intelligents ceux qui l’étaient suffisamment déjà pour ne pas être sensibles à une « politique de communication. »

Politique (Complaisance) : (4 juillet) 1772. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au duc de Richelieu [1696-1788] nomme le coup d’état contre le mari de Catherine II de Russie [1729-1796], suivi de son assassinat une semaine après sa déposition (28-30 juin 1762), dont elle fut peu ou prou responsable : « une petite fredaine ».
Voltaire, après avoir évoqué « la pompe de la puissance, l’éclat de la victoire et toute la galanterie d’une femme de beaucoup d’esprit » écrit : « On ne peut mieux réparer la petite fredaine dont vous parlez et vous m’avouerez que cette petite fredaine a produit les plus grandes choses. »
- On peut aussi noter, en lien avec le jugement évoqué plus haut, que dans les lettres de Voltaire au roi de Prusse, Frédéric II [1712-1786], il la nomme, entre autres qualificatifs : « mon impératrice ». 101 Pour effet de compréhension…

Politique (« Complot. Théorie du ») (1) : Faire référence à une « théorie du complot » pour dénier la réalité qu’elle est censé expliquer a pour fonction essentielle d’invalider un raisonnement et, plus encore, d’empêcher toute analyse globale, systémique.
Efficace pour couper court, d’emblée, à toute hypothèse politiquement gênante.
- Plus éclairante que sa « réalité », aussi floue que confuse, rechercher d’abord ce que ceux / celles qui dénoncent ses ‘adeptes’ cherchent à cacher, s’avère plus que fructueux.
Nécessaire. Et, si souvent, aveuglant.

Politique (« Complot. Théorie du ») (2) : Ce sont les mêmes médias, les mêmes plateformes - ceux qui nous présentent à longueur de journées les faits et les analyses qu’ils veulent nous faire considérer comme vraies - qui, intellectuellement, politiquement, moralement, s’estiment en droit de nous apprendre à comprendre, à analyser, à dénoncer les « théories du complot », les « fake news ».
Et, pour certains, à s’estimer en droit, sans contre-pouvoirs, de les contrôler, d’en supprimer le droit à l’expression.
- Les médias qui tentent de retrouver des lecteurs/trices et de se refaire une légitimité, se transforment eux-mêmes en analyseurs critiques des nouvelles qu’ils produisent.
Ils savent mieux que d’autres, sans doute, ce dont ils parlent.

Politique (« Complot. Théorie du ») (3) : Les « théories du complot », les fake news ne sont pas toujours - loin de là - des aberrations ; elles puisent leur crédibilité dans les - souvent incessants mensonges - au sein desquels elles ont surgi.

Par ordre chronologique. Politique. « Théorie du complot » :

Politique (« Complot. Théorie du ». Rivarol) (4) : 1808. Je lis dans l’analyse de Rivarol [1753-1801] recherchant les « causes premières et secondes » de la Révolution française, ceci :
« C’est ici le temps, je pense, de parler hautement des véritables et secrets moteurs de la révolution présente ; de fixer les soupçons ; de donner une base aux conjectures et de démasquer l’hypocrisie. Il faut quitter un moment la scène pour descendre sous le théâtre où sont cachés les ressorts qui font mouvoir tant d’acteurs différents. » 102 N’est-ce pas plus éclairant, ainsi formulé ?
Mais les analyses deviennent alors nécessairement beaucoup plus complexes…et donc plus intéressantes, plus pertinentes. (Cf. Penser. Méthode, Histoire. Révolution française)

Politique (« Complot. Théorie du ») (5) : (15 mars) 2015. Lu :
« Des fonds de la CIA ont servi à financer Al-Qaïda » 103 : un exemple, entre autres incessants « complots » mis en œuvre, élaborés par les États dont l’histoire est constituée, et dont le progressif dévoilement nous laisse deviner le nombre de ceux qui nous été et restent cachés….
- Une précision : Même si beaucoup est encore caché, et si beaucoup d’explications officielles restent non crédibles, point n’est besoin de « théorie du complot » pour comprendre ce qui s’explique très largement du fait des arcanes de la politique américaine mise en œuvre depuis Reagan en Afghanistan.
Pour ne prendre qu’un exemple, ici, Américain, mais sans oublier, bien sûr, la Russie, Israël, la France, et tant et tant d’autres… 104

Politique (Concept) : Chaque système de domination exige ses propres concepts. Ils ne peuvent pas dès lors être employés hors contexte, ne créant alors que la confusion. Cf. par exemple : « pornographie de la pauvreté », « esclavage du prolétariat », « féodalité de la finance » … (Cf. Langage, Patriarcat. Concept, Politique, Proxénétisme)
* Ajout. 22 juin 2015. L’emploi par moi employé du terme de « droit de cuissage » pour le XIXème siècle est-elle une contradiction de cette assertion ? En partie, oui. (Cf. Violences, Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage)

Politique (Conciliation, concession, compromis, médiation, négociation, transaction...) (1) : Légitimation quasi inéluctable de la loi du/de la plus fort-e qui, lui/elle, a posé les règles du jeu. Délègue la responsabilité et légitime qu’un-e autre parle en votre nom et à votre place. Révèle la faiblesse et accroit la dépendance de l’autre. Crée malentendus et confusions. Facilite ruses et stratagèmes. Ne résout rien. Ne satisfait personne. Ajourne les solutions nécessaires. Interdit toute aspiration, toute recherche de vérité et de justice. Absolument nécessaire au « maintien de l’ordre public ». Et donc au chaos. (Cf. Politique. Céder)

Par ordre chronologique. Politique. Conciliation, concession, compromis, médiation, négociation, transaction... :

Politique (Conciliation, concession, compromis, médiation, négociation, transaction...) (2) : 1789. Mirabeau [1749-1791], dans son discours en date du 18 septembre 1789, auteur de :
« Parlons clairement : posons et discutons nos prétentions et nos doutes ; disons osons nous dire mutuellement : - Je veux aller jusque-là ; je n’ira pas plus loin. - Vous n’avez droit d’aller que jusqu’ici et je ne souffrirai pas que vous outrepassiez votre droit. Ayons la bonne foi de tenir ce langage. […] » 105 
Je sens confusément que ce principe de discussion [politique] possède un réel mérite et ne peux être qualifié de « concession », voire qu’il en est l’opposé. Mais je ne suis pas à même d’en analyser les raisons. Serait-ce parce que Mirabeau reconnait d’emblée le rapport de forces et le pose comme pouvant être interprété selon les mêmes critères par les deux parties, au départ de la discussion ? Alors que, justement, ce qui émerge dans un conflit, au départ, c’est un regard, un point de vue, une analyse différente ? Et un rapport de forces. (Poursuivre) (Cf. Histoire. Révolution française. Mirabeau)

Politique (Politique (Conciliation, concession, compromis, médiation, négociation, transaction....) (3) : 1790. Edmund Burke [1729-1797], dans ses Réflexions sur la Révolution de France, considère que « le compromis implique par nature la modération ». 106

Politique (Conciliation, concession, compromis, médiation, négociation, transaction.... Constant Benjamin) (4) : 1829. Benjamin Constant [1767-1830], dans Mélanges de littérature et de politique, auteur de :
« Pourvu que l’ordre soit maintenu, les jouissances de la civilisation subsistent pour un temps plus ou moins long sous n’importe quel maître ; or, les transactions, les capitulations, les concessions sont des moyens plus sûrs pour que l’ordre ne soit pas détruit, que des résistances qui, surmontées, amènent des violences, et qui, même victorieuses, entraînent un état transitoire d’anarchie. » 107
- Maintenir l’ordre social : premier et ultime principe politique.

Politique (Conciliation, concession, compromis, médiation, négociation, transaction… De Gaulle Charles) (5) : 1944. Charles de Gaulle [1890-1970], dans ses Mémoires, évoquait « les recettes de l’empirisme et du compromis. » 108

Politique (Conciliation, concession, compromis, médiation, négociation, transaction...Winock Michel) (6) : (10 novembre) 1969. Michel Winock, dans son Journal, auteur de :
« [...] Il faut, à gauche, réhabiliter la politique, c’est-à-dire la politique du compromis. Sans compromis, il n’y aura pas d’unification socialiste. »
- Et ce après avoir, toujours dans son Journal, le 23 avril 1969, condamné Pierre Mendès-France [1907-1982], après qu’il ait refusé d’être « candidat à la présidence dans un système du genre de celui que nous avons » […], pour son « purisme suicidaire, son entêtement qui sape sa légende ».
L’analyse de Michel Winock : Mendès-France a « préfér[é] la posture au vrai combat politique » ; dès lors, contrairement à François Mitterrand, il n’est pas « un stratège ». 109
- « Compromis » signifie ici, prosaïquement, l’acceptation inchangée des règles du jeu politique, et donc de l’État, tel qu’en lui-même. (Cf. Homme. « Politique ». Mendès-France Pierre, Patriarcat, Politique. État. Morale. Principe)

Politique (Conciliation, concession, compromis, médiation, négociation, transaction.... Bourlanges Jean-Louis) (7) : (6 juin) 2016. Jean-Louis Bourlanges, ‘centriste’, soutien d’Alain Juppé (en 2016), après avoir cité et mêlé Foucault et Althusser, Marx et Ricardo, auteur de :
« Il faut une théorie du compromis », laquelle distinguée - on ne sait selon quel fondement - de « l’opportunisme, dénué de toute dignité ».
Et ce suivi de : « Le libéralisme et l’économie de marché, ce sont des valeurs de gauche. » 110
- Faut-il penser que c’est justement du fait des fondements réels de leurs engagements - ici : « le compromis » - que ces rigolos-beaux-parleurs ont été, dans les plus grandes confusions, si longtemps les invités des médias ? (Cf. Penser. Indignation, Économie)

Politique (Connaissance de soi) : La capacité à [s’] analyser politiquement doit s’appuyer sur la connaissance de ses propres apports et limites afin de tenter d’intégrer l’analyse (critique) de son propre vécu à celle de son analyse (critique) du monde. (verbiage ? à reprendre) (Cf. Êtres humains, Soi, Penser. Critique)

Politique (Consentement) (1) : Que justifie un « consentement » ? Qui serait juge d’un « consentement » ? Et, un « consentement » à quoi ? Comment penser l’idée même d’un « consentement » au sein des multiples rapports de domination qui structurent si fortement, si fondamentalement nos vies ? Toute référence à un quelconque « consentement », quel que soit le champ de son application (contrat notamment), ne peut que justifier tous les rapports de domination.
La critique du concept de « consentement », aujourd’hui décliné sous toutes ses formes (choix…etc.,) est toujours valide. (Cf. Penser. Consentement, Politique. Céder, Contrat)

Politique (Consentement) (2) : Si le « consentement » devait, pour être valide, en matière notamment mais pas uniquement de contrat, être préalablement explicité, formalisé, la conséquence en serait que toute rupture devrait nécessairement l’être aussi. Aucun silence n’aurait alors une quelconque valeur. Aucune imposition du silence ne pourrait alors, dénuée de toute légitimité, être recherchée. (pas clair. à reprendre) (Cf. Penser. Consentement)

Politique (Consentement) (3) : Le terme de « consentement » est un terme de philosophie morale et politique [Cf. notamment Le discours de la servitude volontaire d’Etienne de La Boétie. 1576 ; Nicole-Claude Mathieu : Quand céder n’est pas consentir. 1984 ; Noam Chomsky et Edward Herman, La fabrique du consentement. 2002..] : il ne peut être introduit dans le vocabulaire juridique, sans mille précautions… Si tant est qu’il puisse l’être.
- En tout état de cause, intégrer le terme de « consentement » au sein d’une législation pénale concernant « les violences » pose d’immenses questions et risque fort de détourner le regard de la réalité des dites violences à celui de la nature des relations entre agresseurs et victimes. Alors que la crise du concept de libéral de « consentement » est patente, les féministes ne doivent pas le re-légitimer. (Cf. Penser. Consentement)

Par ordre chronologique. Politique. Consentement :

Politique (Consentement) (4) : 1957. Raymond Aron [1905-1983], auteur, dans Penser la liberté, de :
« La liberté n’est pas […] le consentement à la nécessité, mais le droit en même temps que la possibilité matérielle de protester contre ceux qui se donnent pour les interprètes de la nécessité. » 111 Texte de Raymond Aron écrit en réaction contre les « Occidentaux », marxistes, « philosophes » notamment qui légitimaient l’écrasement par l’Union Soviétique de la « révolution Hongroise » de 1986. (Cf. Politique. Céder)
NB. « Possibilité matérielle » : limitation bien matérialiste… (Cf. Langage. Adjectif)

Politique (Consentement) (5) : (28 septembre) 2014. Le gouverneur de l’État de Californie, Jerry Brown a signé tard dimanche, la nouvelle loi, surnommée « Yes means yes » (« Oui, signifie oui »), une première aux États-Unis.
Selon ce texte, d’après l’AFP, les ‘partenaires sexuels’ doivent donner « leur accord explicite, conscient et volontaire » avant toute relation sexuelle. En sus, « l'accord explicite ne peut être donné par quelqu'un d'endormi, d'inconscient », ou s'il ou elle est « sous l'influence de drogues, d'alcool ou de médicaments », stipule le texte de loi 967 sur les agressions sexuelles sur les campus. »
Une révolution ? Non. Mais je ne peux expliquer pourquoi. 112 (Cf. Penser. Consentement, Sexes […])

Politique (Conservatisme) (1) : Pour justifier le statu quo : « C’est dommage, mais c’est comme ça » ; « C’est regrettable, mais… » ; « C’est déjà bien » ; « C’est déjà ça » ; « C’était pire avant » ; « Ce serait pire si… » ; « Tout ce qui sera mieux que rien, sera mieux » ; « C’est mieux qu’ailleurs » ; « En attendant… » ; « C’est un début » ; « C’est [déjà] un progrès » ; « C’est toujours bon à prendre »; « Ça s’améliore » ; « Les choses avancent » ; « Il faut savoir être patient-es » ; « Tout n’est pas parfait, mais.. » ; « Après tout, pourquoi pas ? » ; « Quel mal y a-t-il à ça ? » ; « Faute de grives, on mange des merles » ;
- Pour dissuader les initiatives : « C’est impossible » ; « C’est la crise » ; « Où trouverez-vous l’argent ? » ; « Les caisse sont vides » ; « L’Europe l’exige » ; « Il n’y a pas d’alternatives […] d’autres choix » ; « Qui pensez-vous convaincre ? » ; « Vous n’avez pas encore compris que le monde a changé » ; « Vous vous faites des idées » ; « À quoi ça va servir ? » ; « À qui ça va être utile ? » ; « Ça se discute » ; « Une étude a démontré que… » ; « Mais ça ne peut pas durer…votre idée, projet… » ; « Vous croyez encore à ça ? » ; « On n’est pas dans un monde de bisounours » ; « Il faut retomber sur terre » ; « Vous croyez que les gens pensent comme vous… » ; « Ne demandez que ce que vous pensez pourvoir obtenir. » ; « C’est de la démagogie » et /ou « populiste »..
- En sus, il est demandé d’être « réaliste », « responsable », « raisonnable », « pondéré-e », « vrai-e », « pragmatique ». Sinon, vous n’avez pas droit à la parole (publique)…
- Imposer ses propres grilles de lectures du monde, nécessite d’y rabattre tout ce qui de près ou de loin les remettent en cause. Jusqu’au jour où… (Cf. Êtres Humains. Conservateur, Penser. Conservatisme)

Politique (Conservatisme) (2) : 1932. Paul Doumer [1857-1932], président de la République de 1931 à 1932, cité (sans source) par Paul Nizan [1905-1940], dans Les Chiens de garde [1932], auteur de :
« Les cas exceptionnels qui exigent un examen attentif de la raison et un jugement de la conscience resteront encore assez nombreux pour qu’on se soumette dans les conjonctures ordinaires aux règles générales admises par avance et immuablement maintenues. » 113
Une pensée ‘chimiquement’ pure de la ‘pensée conservatrice’…une contradiction dans les termes par ailleurs… ? (Cf. Penser)

Politique (Constituante) : Dès lors que des mouvements socio-politiques, porteurs de projets vécus par certain-es comme révolutionnaires (Égypte, Tunisie, lors des « Printemps arabes ») remettent en cause les fondements d’une société, faire, après, dans la phase de repli, appel à des élections afin de et / ou inscrire le projet de rédaction d’une nouvelle constitution (devant être approuvée par des élections) porte nécessairement en soi l’échec des dits projets.
En effet, pour se présenter aux élections, il faut des moyens, des hommes / femmes dits ‘politiques’, des machines électorales. C’est alors donner les clés de l’avenir aux partis politiques, lesquels, y compris dans l’opposition, se sont construits dans le cadre même de l’ancien régime. C’est donc, nécessairement, perpétuer les cadres, les référents, les normes du système politique que les révolutionnaires (toutes tendances politiques confondues) avaient pour ambition et pour projet de subvertir. Dans ces conditions, par ailleurs, toute analyse féministe est d’emblée exclue.
* Ajout. 10 juillet 2016. Approche à mettre en regard avec la référence évoquée par Jean-Pierre Filiu aux « constituantes aux armes lourdes » [Signification ambiguë ; source et contexte oublié ; à retrouver] (Cf. Droit. Constitutionnel)

Politique (Consul à vie. Comment devenir…) : (2 août) 1812. Benjamin Constant [1767-1830] rapporte comment Napoléon Bonaparte devint « consul à vie » grâce à un « vote » de 3,5 millions de oui et de 8.374 non :
« On a pris un moyen simple pour compter les voix ; on prend les états de la population et l’on en soustrait les votants en : non ; le reste est censé avoir voté pour l’affirmation, explicitement ou implicitement. C’est la meilleure manière car il y a des endroits où sur 200 votants, il y a eu 4 votes. On a fait voter les mourants dans les hôpitaux et les femmes dont les maris étaient absents. » 114
- Les premiers votes des femmes ? (Cf. Politique. Élections. Vote des femmes, Histoire)
* Ajout. 6 juillet 2017. 1851. 1852. Je regarde dès lors d’un regard plus aiguisé les résultats du plébiscite des 20, 21 décembre 1851 et ceux du 21 et 22 novembre 1852 qui accordèrent à Napoléon III respectivement 92,03 % et 96,86 % des suffrages exprimés.
- Ne pas oublier que l’histoire du vote dit démocratique s’est construite sur ce terreau.

Politique (Contingences) : 1946. Charles de Gaulle [1890-1970], auteur, dans ses Mémoires, de :
« Plus que jamais, je devais me maintenir au-dessus des contingences. »
- Il écrira aussi, concernant sa décision d’avoir recours au référendum :
« J’appellerai le peuple à approuver mes décisions, par-dessus les calculs, les embarras et les compromis. » 115 (Cf. Politique. Conciliation […]. État)

Politique (Contradiction) (1) : On peut constater qu’un régime (un parti, etc.,), à terme, est condamné par les contradictions des idées (l’idéologie, le projet, etc.) dont il se réclame. On peut l’affaiblir en les dévoilant. On peut en être révolté. Mais on ne construit pas une alternative sur ce seul fondement. Critique facile ?

Politique (Contradiction) (2) : Agir politiquement, c’est nécessairement prendre en compte les contradictions du monde. Ne pas voir, ne pas analyser, ignorer ces contradictions, c’est ne pas comprendre grand-chose. C’est aller à l’échec.

Politique (Contrat) (1) : Tout contrat signé - ou, le plus souvent, implicite - entre deux ou plusieurs personnes l’est nécessairement entre des co-contractants inégaux. Et pourtant, ils / elles doivent en respecter les clauses à égalité d’engagement. (Cf. Famille. Mariage. Contrat)

Politique (Contrat) (2) : Le postulat de la pensée libérale fondée sur le supposé contrat entre égaux est faux - chacun-e peut en reconnaître quotidiennement l’évidence, ne serait-ce que sur son contrat d’assurance, bancaire, de mobile etc., et c’est pourtant sur son fondement que notre monde est régi. Comment cela est-il possible ? Et si l’on ajoute à la reconnaissance de cette réalité, celle des monstrueuses injustices dont cette thèse est la cause première, on se demande comment notre monde peut se perpétuer sur ces bases. Et pourtant c’est encore le cas… : ça fonctionne. Jusqu’à quand ? (Cf. Penser. Postulat, Politique. Égalité, État, Économie. Libéralisme)

Par ordre chronologique. Politique. Contrat :

Politique (Contrat) (3) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, auteur de :
« La Constituante [1789-1791], en supprimant les droits féodaux, fit effort pour établir une distinction subtile. Il y a deux féodalités, disait-on aux paysans : la féodalité dominante, imposée par force à vos ancêtres, et celle-là, nous l’abolissons ; mais il y a aussi la féodalité contractante, celle qui résulte d’un libre accord entre le seigneur et le paysan ; vous ne pouvez secouer le joug de cette féodalité consentie qu’en indemnisant le seigneur.
- Le paysan a la tête dure, il s’obstina à ne pas comprendre, ne dit mot, alla son chemin.

Un contrat entre le fort et le faible, entre celui qui était tout et celui qui n’était rien ! un accord consenti librement par un homme non libre, par un homme qui n’avait pas même son corps, qui n’était pas une personne, qui légalement n’existait pas ! c’étaient des choses bonnes à plaider entre légistes, mais difficiles à soutenir entre hommes de bon sens.
La peine infligée au système féodal et à l’expiation de sa tyrannie, c’est qu’au jour du jugement, tout acte lui parut tyrannique, et s’il avait parfois respecté la liberté, demandé consentement, contracté librement, il ne se trouva personne pour le croire. À tout acte qu’il alléguait, libre ou non, on riait, on disait : ‘Féodal ! et tout était dit. » 116
- C’est de ce type de si forte analyse que doivent s’inspirer les féministes… (Cf. Droit. Critique féministe du droit, Justice, Langage, Patriarcat)

Politique (Contrat) (4) : 1957. Henri Michaux [1899-1984], refuse à Gaston Gallimard [1881-1975] de percevoir une mensualité par contrat :
« Ce genre d’engagement crée pour moi un état moral insupportable. » 117
- Y penser à l’écoute de toute politique présentée comme « contractualiste », et plus largement libérale. (Cf. Politique. Morale)

Politique (Contre-pouvoirs) : Quels sont les contre-pouvoirs lorsqu’un système politique n’a plus d’autres finalités que sa propre fin ? Acculé à terme, il ne peut plus se perpétuer.

Politique (Convention) : Toute convention est fausseté.

Politique (Corruption) (1) : La demande a minima d’honnêteté de la classe politique se traduit progressivement en demande prioritaire, hégémonique, de « lutte contre la corruption ». Mais cette revendication, faute d’intégration dans un programme, faute des revendications plus larges, plus [dé] construites, plus politiques, ouvre la voie, à tous les gouvernements a minima autoritaires.

Politique (Corruption) (2) : On oublie aisément que la corruption des classes dirigeantes a une fâcheuse tendance à se démocratiser.

Politique (Corruption) (3) : « La lutte contre la corruption » mêle indistinctement la richesse indue de la « classe politique » et « les pauvres » qui, pour certains-es, vivent de - maigres - transferts sociaux.
On comprend mieux alors pourquoi celle-ci est si souvent et si complaisamment vantée : l’analyse critique politique devient impossible. (Cf. Économie. « Pauvres (Les)»)

Par ordre chronologique. Politique. Corruption :

Politique (Corruption) (4) : (septembre) 2018. Lu dans Le Monde Diplomatique :
« [Au Pakistan] Pour l’armée, la lutte contre la corruption présente le double avantage d’être populaire auprès d’une classe moyenne indignée par l’enrichissement personnel des grandes familles au pouvoir (Zardari-Bhutto, Sharif, etc.) et de jeter le discrédit sur les dirigeants politiques. Elle avait donc avec M. [Imran] Khan une cible commune : la classe politique. » 118
- Analyse citée afin ne pas omettre de resituer les analyses de la corruption dans leur cadre politique, local, national et international. (Cf. Politique. Transparence)

Politique (Cri du cœur) : De l’air ! On étouffe ! Certes, peu élaboré, mais ouvre la voie à l’analyse d’Alexis de Tocqueville [1805-1859] - les termes devant être adaptés et repensés - concernant l’urgence d’« adapter l’état politique à l’état social, les faits aux idées et les lois aux mœurs. » 119
- Vaste ambition : reste alors à définir ces termes… (Cf. Langage, Patriarcat. Économie)
* Ajout. 1er janvier 2018. 1975. Cf. Changer tout de Michel Jonasz. (Cf. Culture)
* Ajout. 13 avril 2019. 1818. Madame de Staël [1766-1817] dans ses Considérations sur les principaux évènements de la Révolution française, concernant la Constituante en 1790, auteure de : :
« On respirait plus librement, il y avait plus d’air dans la poitrine, et l’espoir indéfini d’un bonheur sans entraves s’était emparé de la nation dans sa force, comme des hommes dans leur jeunesse, avec illusion et sans prévoyance. » 120 (Cf. Femme. Remarquable, Politique. Révolution. État. Gilets jaunes. Révolution française, Histoire)

Politique (Critique) (1) : (3 mars) 1758. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au comte de Tressan [1705-1783], auteur de :
« Le cri public est la plus infaillible des intrigues et la meilleure des protections. » 121

Politique (Critique) (2) : 1965. Paul Nizan [1905-1940], dans Les chiens de garde, auteur de :
« Aucune dénonciation n’est inutile, tout est à dénoncer. » À nuancer ?

Politique (Différence) (1) : Toute revendication d’un « droit à la différence » ne veut politiquement rien dire. Au mieux…

Politique (Différence) (2) : « Nous sommes différent-es [des autres] » : à la genèse de tous les messianismes, de tous les totalitarismes, de tous les nationalismes.

Politique (Dignité) : (janvier) 2015. Déclarations de Syriza (Grèce) :
« Nous ne reconnaissons pas la troïka » 122 et :
« La Grèce se dit prête à se passer des 7 milliards d’euro de l’UE » 123
Premières déclarations dignes d’un chef d’état européen entendues depuis longtemps….
Les contraintes, les humiliations imposées par l’Europe et par chacun des pays la composant à la Grèce resteront une honte à jamais, et, en elles-mêmes condamnent l’Europe, l’Occident, le capitalisme. Elles s’avèrent, qui plus est, un déni du concept même de politique et de démocratie, ici, mise si brutalement mais si efficacement à nu.
- Que les politiques Grecs de Syriza durent ultérieurement céder à la force n’efface pas cette affirmation de dignité. (Cf. Économie. Grèce)
* Ajout. 18 janvier 2019. Le 10 janvier 2019, Angela Merkel, en première visite officielle en Grèce et Alexis Tsipras, toujours premier ministre Grec, « se sont affichés comme les meilleurs amis du monde ». 124
* Ajout. 5 mai 2019. L’honnêteté pour Tsipras et Syryza eut été de changer de nom, après leur changement radical de politique, en réalité, une trahison.

Politique (Discipline) (1) : 1796. Napoléon [1769-1821], lors de la campagne d’Italie, dans une lettre à Carnot [1753-1815], auteur de :
« La discipline se rétablit tous les jours ; mais il faut souvent fusiller, car il est des hommes intraitables qui ne peuvent se commander. » 125
- La discipline n’est pas qu’à l’armée « la force principale » … (Cf. Politique. Guerre, Hiérarchie, Violences. Patriarcales)
* Ajout. 12 mai 2017. 1818. Lu, en confirmation, dans les Considérations sur la Révolution française de Madame de Staël [1766-1817] :
« Bonaparte, comme dans les siècles de barbarie, prétendait que tout le secret de l’ordre social consistait dans les baïonnettes. […] » 126 (Cf. Politique. État, Guerre)

Politique (Discipline) (2) : 1976. Clara Malraux [1897-1982], pendant la guerre d’Espagne, concernant (notamment) la politique communiste soviétique et ses effets sur les anarchistes espagnols, auteure de :
« Pour moi, quelque chose mourrait tandis que naissait la discipline : ne peut-on être efficace que soumis ? Faut-il que vienne toujours le moment où triomphent les organisations ? […] » 127 Puissante question, toujours, en l’état, sans réponse.

Politique (« Diversité ») : Terme politiquement avantageux. Remplace en effet : racisme, féminisme, égalité, parité, mixité, handicap, couleur de la peau, origine sociale, nationalité etc., etc.
Un nouveau venu : « la diversité sexuelle » …
- La Charte de la diversité en entreprise - pour encore plus de confusion - mérite la lecture.

Politique (Division) : Penser qu’une « division » [politique] soit une « faiblesse » [politique] à laquelle il faudrait donc remédier relève d’une pensée totalitaire. Et interdit, de facto, toute pensée politique. Et ouvre la voie à la logique de l’homme fort.

Politique (Doctrine) : Des idées, des analyses, des fulgurances, des impulsions, des sentiments peuvent émaner d’une personne ; pas un doctrine. Lorsque tel est le cas, par exemple concernant « le Gaullisme », il s’agit de l’expression d’un attachement à une personne, dans une sphère ou dans une autre de sa personne, de ses engagements, de sa vie.
- Vrai aussi pour « le marxisme ».

Politique (Écologie) (1) : (12 décembre) 2012. En sus des critiques, déjà explicitées, du texte dit de l’Accord de Paris adopté le 12 décembre 2102, il faut savoir qu’en l’entérinant, on légitime nécessairement le ‘concept’ d’« autonomisation des femmes », séparé de celui d’égalité « entre le sexes », tout en cautionnant celui de « droits de l’homme ».
Et ce, au conditionnel. Voici la référence évoquée :
« Les Parties au présent Accord… Considérant que les changements climatiques sont un sujet de préoccupation pour l’humanité tout entière, les Parties devraient, lorsqu’elles prennent des mesures pour faire face à ces changements, respecter, promouvoir et prendre en considération leurs obligations respectives concernant les droits de l’homme, le droit à la santé, les droits des peuples autochtones, des communautés locales, des migrants, des enfants, des personnes handicapées et des personnes en situation vulnérable, et le droit au développement, ainsi que l’égalité des sexes, l’autonomisation des femmes et l’équité entre les générations. » 128 (Cf. Droit. « Droits de l’homme ». Discriminations, Féminisme, Politique. Égalité, Patriarcat)

Politique (Écologie) (2) : Nombreux-ses sont ceux et celles qui, n’ayant pas d’alternative à proposer à la fin de la pensée et de la politique sociale-démocrate - ou plutôt ne le voulant pas - rêvent que l’écologie incarne dorénavant la critique du capitalisme, ne devienne l’idéal post-capitaliste. (Cf. Économie. Capitalisme)

Politique (Écologie) (3) : Certain-es considèrent que la méditerranée est « la plus grande poubelle du monde » ; d’autres qu’elle est en est « le plus grand cimetière ». (Cf. Êtres humains)

Politique (Écologie) (4) : Plutôt que simplement dénoncer les collapsologues, il serait plus fructueux de s’interroger sur la prégnance de l’analyse selon laquelle notre monde actuel, injustifiables dans ses fondements mêmes, ne peut se transformer par lui-même, et ce notamment du fait du constat selon lequel ce que l’on nomme « réformes » apparaissent et dérisoires et inopérantes et toujours aussi injustes. (Cf. Êtres humains, Politique, Économie)

Politique (Écologie) (5) : Ce n’est pas le réchauffement de la planète qu’il faut contester mais l’envahissement, souvent exclusif, du discours le concernant, sans lien avec les luttes politiques concrètes, nécessairement locales, nationales.
Les sociétés du monde entier ne peuvent avoir pour seul horizon de pensée politique les rapports du GIEC. [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat] 

Par ordre chronologique . Politique. Écologie :

Politique (Écologie) (6) : 1782. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], dans Les confessions, (Livre XII) auteur de :
« Je m’écriais parfois avec attendrissement. O ! nature, O ! ma mère ! me voici, sous ta seule garde. Il n’y a point d’homme adroit et fourbe qui s’interpose entre toi et moi. » Y penser.

Politique (Écologie) (7) : (3 avril) 1839. Jules Michelet [1798-1874] dans son Journal :
« met en contraste la nature sauvage et l’extrême de l’art, de la civilisation. » 129 Y penser.

Politique (Écologie) (8) : (juillet-août) 1840. H. D. Thoreau [1817-1862], auteur de :
« Quelle importance que les Indiens soient exterminés ? Des sauvages tout aussi sinistres ne défilent-ils pas dans la clairière aujourd’hui ? Le danger est que nous soyons exterminés. » 130

Politique (Écologie) (9) : 1931. Emma Goldman dans Vivre ma vie, rapporte en juillet 1920 le souvenir de sa visite avec Alexandre Berkman [Sasha. 1870. 1936] à Pierre Kropotkine [1842-1921] à Dimitrov où les Bolchéviques l’avaient isolé avec sa compagne :
« La maison de Kropotkine paraissait charmante sous le soleil d’été, avec les fleurs et le potager de Sophie en plein floraison. Tout fier, Pierre nous avait parlé de sa compagne et de ses talents de jardinière. Nous prenant pas la main, Sasha et moi, il nous avait conduit avec une exubérance enfantine au carré où Sophie avait planté un type particulier de laitue. Elle avait réussi à faire pousser des têtes aussi grosses que des choux avec des feuilles croquantes et savoureuses. Il avait aidé à bêcher le sol, mais avait-il répété c’était Sophie la véritable experte. Sa récolte de pommes de terre de l’hiver avait été si abondante qu’ils avaient pu échanger l’excédent contre du fourrage pour nourrir leur vache et le partager même avec leurs voisins de Dimitrov qui n’avaient pas beaucoup de légumes.
Notre cher Pierre avait gambadé dans son jardin en parlant de toutes ces choses comme s’il s’agissait d’évènements du monde.
L’esprit juvénile de notre camarade avait été contagieux, nous emportant par sa fraicheur et son charme.
En nous réunissant dans son bureau l’après-midi, il était redevenu le savant et le penseur clair et pénétrant dans son jugement des gens et des évènements. […] » 131 (Cf. Politique. Anarchisme)

Politique (Écologie) (10) : 1990. Cornelius Castoriadis [1922-1997], dans Quelle démocratie ?, auteur de :
« […] L’énorme développement productif et économique des 150 dernières années a été conditionnée pat la destruction (consommation) irréversible de réserves naturelles ou accumulée dans la biosphère depuis des centaines de millions d’années. Cette destruction irrémédiable continue. […]
Les mesures prises ou envisagées pour arrêter cette destruction sont dérisoires. […]
L’homme est plutôt comme un enfant se trouvant dans une maison dont les murs sont en chocolat et qui s’est mis à les mangers sans comprendre que bientôt le reste de la maison va lui tomber sur la tête. » 132

Politique (Écologie) (11) : 2015. Naomi Klein, à l’occasion de la sortie de son livre Tout peut changer, évoque : « les soins apportés à la personne » comme étant « peu consommateurs de carbone ». 133
Des risques d’une vision exclusive et donc totalisante du monde, ici écologique… (Cf. Femmes. Care, Politique. Écologie)

Politique (Écologie) (12) : (24 août) 2019. Entendu un écologiste au forum des associations anti-G7, mais problématique déjà maintes fois, peu ou prou, entendue affirmée :
« L’inégalité et le climat, c’est exactement le même sujet. » 134
De la prise en compte de la complexité du monde…

Politique (Écologie) (13) : (24 août) 2019. Raoul Vaneigeim, auteur de :
« L’incendie de la forêt amazonienne fait partie du vaste programme de désertification que la rapacité capitaliste impose aux États du monde entier.
Il est pour la moins dérisoire d’adresser des doléances à ces États qui n’hésitent pas à dévaster leurs propres territoires nationaux au nom de la priorité accordée au profit.
Pourtant les gouvernements déforestent, étouffent les océans sous le plastic, empoisonnent délibérément la nourriture. Gaz de schiste, ponctions pétrolières et aurifères, enfouissement de déchets nucléaires ne sont qu’un détail au regard de la dégradation climatique qu’accélère chaque jour la production de nuisances par des entreprises qui sont très près de chez nous, à portée de main du peuple qui en est victime.
Les gouvernements obéissent aux lois de Monsanto et accusent d’illégalité un maire qui interdit les pesticides sur le territoire de sa commune. On lui impute le crime de préserver le santé des habitants.
Voilà où le combat se situe, à la base de la société, là où la volonté d’un mieux vivre jaillit de la précarité des existences. »
- Le même auteur évoque aussi - malheureusement - « le mépris de la femme et de la nature » et considère que le matriarcat « est la même chose, à l’envers que le patriarcat » auquel il risque de « succéde[r]». 135 (Cf. Êtres humains, Patriarcat)

Politique (Église catholique) : (9 septembre) 2018. À l’écoute fortuite de la fin de la messe retransmise par France Culture, j’entends le prêtre dire : « Pensons aux victimes de l’attentat atroce d’hier. » 136 Pourquoi, en quoi, sur quels fondements les victimes d’un attentat qualifié de « terroriste » devraient-elles être considérées comme ayant été plus « atrocement » atteintes (tuées, assassinées) que toutes les autres victimes ?
Du fait d’avoir d’abord les intérêts, la logique de l’État dans la tête ? (Cf. Politique. Terrorisme)

Politique (Élites) (1) : Les élites sont censées concerner les personnes censées chargées de reprendre à leur compte et/ou d’incarner, peu ou prou, le système de pensée nécessaire à la légitimation du fonctionnement du monde. Actuellement, statut difficile à assumer ; alors, on élargit le cercle, et on remplace le terme, sans plus de précisions, par « classes dirigeantes », « people », « expert-es », etc.…
Ceci étant, le terme s’opposant sans conteste à « peuple » - on comprend mieux la nécessité d’évoquer, ponctuellement, tel ou tel membre de l’élite, comme étant « issu-e du peuple ». (Cf. Politique. Démocratie. Peuple. Populisme)

Politique (Élites) (2) : Les critiques des « élites » notamment, actuellement, par les « Gilets jaunes » obligent à clarifier ce terme : Que partagent-elles en commun : La culture ? la langue ? la maitrise du langage écrit /oral ? les diplômes ? l’habitat ? les revenus suffisants et garantis dans le temps et/ou aléatoires ? le nom ? le temps disponible pour soi ?, la proximité, l’aisance, la déférence avec les pouvoirs (politiques, économiques, culturels, symboliques) ?
Et tout ceci différenciés, entre autres, selon que l’on est hommes et femmes.
N.B. Ces interrogations ne sont pas, sous couvert de distinguos, de nuances, une manière de délégitimer la réalité de l’existence d’« élites » partageant en commun et le plus souvent cumulant - nombre de situations aisées, que l’on peut qualifier de « privilèges » dans la mesure où tant d’autres n’en bénéficient pas.

Par ordre chronologique. Politique. Élites :

Politique (Élites) (3): 1818. Madame de Staël [1766-1817], dans ses Considérations sur les principaux évènements de la révolution française, évoquant son salon sous la Constituante écrit : « À la cour, les deux bataillons de la bonne compagnie, l’un fidèle à l’ancien régime et l’autre partisan de la liberté, se rangeaient en présence et ne s’approchaient guère. Il m’arrivait parfois par esprit d’entreprise d’essayer quelques mélanges en faisant diner ensemble les plus spirituels des banc opposés, car on s’entend presque toujours à une certaine hauteur […]. » 137

Politique (Élites) (4) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, cite cette injonction latine :
« Et nunc erudimini, qui judicatis terram ! ». Traduction : « Soyez jugés, juges du monde ! » 138 (Cf. Justice)

Politique (Élites) (5) : 1945. Charles De Gaulle [1890-1970] dans ses Mémoires, écrit, concernant la Libération :
« Plus que jamais, il me fallait donc prendre appui dans le peuple plutôt que dans les élites, qui, entre lui et moi, tendaient à s’interposer. » 139 (Cf. Histoire)

Politique (Élites) (6) : (juin) 2013. Entendu, concernant la situation politique en Algérie, l’expression d’« élites de masse à la dérive ».

Politique (Élites) (7) : 2017. Bruno Latour dans son livre Où atterrir ? évoque « les élites obscurcissantes ». 140 (Cf. Politique. Peuple, « Sciences » sociales. Sociologie. Latour Bruno)

Politique (Élites) (8) : (29 avril) 2018. Sylvie Kauffmann, directrice éditoriale du Monde, après avoir rappelé son étonnement de découvrir à son arrivée au journal que, dans les conférences de rédaction, n’étaient présents que des hommes et blancs ; après avoir dénoncé, sans l’exprimer formellement, « nos élites médiatiques » [dont il semblait qu’en tant que femme, sans doute, elle pouvait s’exclure] lors d’une discussion concernant le rapport de Jean-Louis Borloo sur les banlieues, remis le 26 avril 2018 au Premier ministre ; employa l’expression de :
« ces populations ». 141
- Ne jamais oublier que l’on est toujours l’élite d’un-autre…et que, pour être femme, l’on n’en fait pas moins partie. Aveuglant, certes, mais…

Politique (Élites) (9) : (8 octobre) 2018. Jacques Attali, auteur de :
« Les élites […], ceux qui font avancer l’humanité ». 142 (Cf. Homme. « Politique ». Attali Jacques, Politique. Démocratie)

Politique (Élites) (10) : (11 juin) 2019. Emmanuel Macron remplace le terme d’« élites », par trop déconsidéré, par celui de « sachants » - qu’il oppose aux « subissants » : « Nous avons peut-être parfois construit des bonnes réponses trop loin de nos concitoyens en considérant qu'il y avait des 'sachants' et des 'subissants' ».
La domination des un-es sur les autres n’en est pas moins maintenue. (Cf. Langage)

Politique (Émigration) : 2018. Centrer le discours politique sur « l’émigration », placer « l’émigration » au cœur des débats, au cœur des enjeux électoraux, c’est s’interdire toute pensée politique sur le capitalisme financier international dont [le concept d’] « l’émigration » n‘est qu’une de ses manifestations. Le problème est que cette analyse implique nécessairement une analyse critique des États. Or, toutes les élections dans le monde - lorsqu’elles ont lieu - se font sur des bases étatiques. (Cf. Politique. État. Démocratie, Élections, Économie. « Crise des migrants »)

Politique (ENA. École nationale d’Administration. Jobert Michel) : 1976. Lu dans Lettre ouverte aux femmes politiques de Michel Jobert [1921-2002] :
« Une de mes camarades de lycée admise à l’ENA, et fort brillante, fut prévenue qu’on araserait ses notes si elle émettait la prétention de choisir l’Inspection des Finances. Du moins, c’est ce qu’elle raconte, la conversation n’a pas été publiée au Journal Officiel, et je n’ai point de raison de douter d’elle. » 143 (Cf. Femmes. Sciences-po, Politique. État. De Gaulle)

Politique (Engagement) : Ne serait-ce à l’aune des violences dans le monde qu’un engagement pourrait, devrait être jugé, apprécié, pensé ? Impossible, impensable, mais peut ne pas être oublié… Une tautologie ?

Politique (Europe) (1) : (14 février) 2019. Je n’ai pas vu un seul drapeau européen - et pourtant ils furent aussi divers que nombreux - lors des manifestations des « Gilets jaunes ». J’en ai même vu un ou deux brulés.
- Le 14 février 2019, Éric Ciotti (droite-de-la-droite) a déposé un amendement - soutenu par le ministre, adopté par les député-es - à l’Assemblée nationale qui prévoit de rendre obligatoire les drapeaux français et européen dans les classes. 144 (Cf. Politique. Nationalisme, Économie. Europe)

Politique (Europe) (2) : (12 avril) 2019. Si l’Union Européenne n’avait pas comme repoussoirs et boucs émissaires les « populistes », on se rendrait sans doute mieux compte que non seulement elle ne propose aucun projet, aucun futur, aucun avenir un tant soit peu espérables, mais en sus qu’elle est incapable de répondre à aucune des critiques graves qui lui sont faites. (Cf., notamment, Proxénétisme)

Politique (Europe) (3) : Peut-on séparer ce qui relèverait de la spécificité d’une politique Européenne intégrée à l’économie mondiale eu égard à une politique mondialiste concernant l’Europe ?

Politique (Europe) (4) : Le parlement européen de 2014 à 2019 a procédé à environ 25.000 votes.
Quand on sait - et pour ma part je l’ai effectivement précisément sur le moyen terme constaté - l’extraordinaire complexité des textes - sans oublier, au sein d’une logique économique libérale, les innombrables pressions le plus souvent invisibles s’exerçant avant que les votes n’aient lieu - on ne peut que ne pas croire un instant à une quelconque démocratie en la matière.
Et quand on sait que d’environ 60 à 80 % des textes votés par le parlement français ne sont que la traduction en droit français des directives européennes… (Cf. Politique. Démocratie)

Politique (Espoir) (1) : Il n’est pas possible, il n’est pas crédible de penser que toutes les injustices dénoncées par des millions, des dizaines de millions de personnes, sinon plus, dans tant et tant de domaines, sinon tous, ne changent pas le monde en bien. Ou, moins bien, en mieux ?

Politique (Espoir) (2) : Penser au sein des structures actuelles, c’est s’interdire tout espoir. (Cf. Penser)

Politique (Espoir. Héraclite) (3) : Vème siècle avant J.C. Héraclite [555 avant J.C- 475 avant J.C], auteur de :
« Si tu n’espères pas l’inespéré, tu ne le trouveras pas. […] » 145 (Cf. Politique. Réalité)

Politique (Évolution) : Les débats concernant les « représentations » sont remplacés par ceux concernant les « stéréotypes », qui eux-mêmes se substituent à ceux concernant les « symboles », lesquels remplacent ceux concernant les « transgressions » et les « tabous », tous se substituant à ceux concernant… le réel. On peut aussi remplacer les mots entre eux et inverser l’analyse…
- Évoquer la question de « représentations » - de plus en plus, me semble-t-il, sujets et objets de recherches en « sciences » sociales - c’est accentuer, c’est accélérer les processus qui tendent à confondre le réel social - qui lui-même doit être construit - avec les discours qu’une société tient sur elle-même. Dont l’intérêt politique n’a pas besoin d’être explicité…

Politique (Exception) : Ce n’est plus l’exception qui confirme la règle, ni l’exception qui devient la règle ; c’est l’exception qui a pour fonction, pour finalité de détruire la règle et contribue ainsi, faute d’alternatives, à l’élargissement de la sphère de la confusion. Vrai aussi pour « Minorités / Majorité » … (Cf. Droit, Justice, Langage. Minorités, Politique. Abus. Minorités)

Politique (Exemple) (1) : La ‘politique de l’exemple’, au-delà du suivisme demandé, risque fort d’avoir un coût : celui d’être, pour ses protagonistes, d’être [censés] sinon exemplaires, du moins une référence, jugée comme telle.

Par ordre chronologique. Exemple :

Politique (Exemple) (2) : 1er siècle après J.C. Tacite [58-120] (concernant Vespasien), auteur de :
« La déférence pour le prince et l’empressement à l’imiter eurent plus de force que la peine portée par les lois et la peur. » 146

Politique (Exemple) (3) : 1762. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], dans Du contrat social, auteur de :
« Rois, instruisez d’exemple. » 147

Politique (Exemple) (4) : 1791. 1797. Edmund Burke [1729-1797] :
- (janvier) 1791. Dans sa Lettre à un membre de l’Assemblée nationale de France [janvier 1791], auteur de :
« Votre Assemblée sait bien que l’exemple a toujours bien plus de pouvoir que le précepte […] »
- 1797. Dans sa Première lettre sur la paix régicide, auteur de :
« L’influence seule de la France telle qu’elle est vaut une guerre ; son exemple est plus dangereux qu’une invasion. » 148 (Cf. Penser, Politique, Histoire)

Politique (Expert) : 1865-1869. Léon Tolstoï [1828-1910] dans La guerre et la paix, rapportant un débat ayant eu lieu en 1812 entre nobles russes [concernant la stratégie devant être prise concernant Moscou menacée par Napoléon] évoqua « le ton net et calme d’un homme expert en discussions ». 149 (Cf. Hommes, Femmes, Journalistes, Politique. Démocratie)

Politique (Fascisme) : (5 août) 1937. André Gide [1869-1951] alors à Sorrente [Italie], écrit dans son Journal :
« Les bâtiments, les murs, les routes, sont couverts d’inscriptions en caractères gigantesques ; appel au Duce et citations de phrases à lui, slogans parfaits, admirablement choisis et propres à galvaniser la jeunesse, à l’enrôler. Entre tous, ces trois mots : Croire. Obéir. Combattre, reviennent le plus fréquemment comme conscients de résumer l’esprit même de la doctrine du fascisme. […] » 150 (Cf. Politique. Obéir, Histoire)

Politique (Femmes) : Cf. Femme « Politique »

Politique (Ferrand Richard) : (20 avril) 2018. Richard Ferrand, alors président du groupe parlementaire En marche, aux fins de réfuter les critiques parlementaires d’opposition, mais aussi de certain-es député-es du parti d’Emmanuel Macron, - LREM - concernant les conditions du projet de vote de la loi dite Asile et immigration, évoqua « les incontinents du verbe ». 151 Terrifiant. (Cf. Langage, Peser)

Politique (Francophonie) : (octobre) 2018. J’apprends que :
- Le Qatar, l’Égypte, l’Irlande parmi les dorénavant 88 « états et gouvernements » font partie de l’Organisation nationale de la francophonie (OIF) et que l’Arabie Saoudite qui avait demandé son adhésion y fut acceptée ;
- Emmanuel Macron a soutenu, en accord semble-t-il singulier, avec le président Paul Kagamé, la nouvelle secrétaire générale de l’Organisation nationale de la francophonie (OIF) dont le pays - le Rwanda - a notamment décidé de l’anglais comme langue nationale.
- Je découvre que, selon lui, dans un discours officiel daté du 21 mars 2018, « la francophonie aujourd’hui ce n’est pas cet espace incertain à la périphérie de la France laquelle en serait le centre. »
La francophonie est devenue, selon lui, « un continent humain ». 152

Politique (Front national) (1) : Combien de débats politiques essentiels la focalisation de la lutte contre le Font national, toujours non résolus par ailleurs, a-t-il évité d’aborder ?

Politique (Front national) (2) : C’est moins la droitisation de la société française (pseudo ‘constat’ fondé sur une pseudo ‘analyse’ que je récuse) qui expliquerait la croissance du Front National que les faiblesses de la pensée dite de gauche. Banal, insuffisant, certes, mais l’inversion du regard change l’analyse et dévoile plus efficacement la fonction de cache-sexe politique que jouent tant d’attaques de gauche et d’extrême-gauche du Front national. (Cf. Politique. Gauche)

Politique (Front national) (3) : (janvier) 2019. À la lumière de la situation actuelle, si heureusement mise en lumière par les « Gilets jaunes », je comprends mieux le malaise que je ressentais concernant l’incessante focalisation-de-gauche-de-la-critique-du-Front-national. J’étais surtout agacée par la bonne conscience si aisément acquise et par l’évidente paresse intellectuelle de celle-ci. J’en vois mieux aujourd’hui la fonction politique : maintenir sur ses bases une société figée, sclérosée - dans toutes ses composantes - incapable de se remettre en cause. J’en vois mieux aussi le mépris de classe à l’œuvre : l’hypothèse que ‘le peuple’ pense, et si souvent mieux que ses ’élites’ est aujourd’hui une découverte que celles-ci, pour beaucoup, ne comprennent pas. Au sens premier du terme. (Cf. Penser)
* Ajout. 29 mars 2019. 2009. Je retrouve cette archive :
Le 5 octobre 2009, Marine Le Pen, invitée sur le plateau de Mots croisés (France 2) pour un débat intitulé « crimes sexuels: comment empêcher la récidive ?», critique Frédéric Mitterrand, nouveau ministre de la Culture d’avoir, dans son livre paru en 2005, « décrit par le menu la manière dont il effectue du tourisme sexuel et le plaisir qu’il a à aller payer des petits garçons thaïlandais ». « Il l’écrit noir sur blanc et cet homme-là est ministre de la culture ».

Frédéric Mitterrand réagit : « Se faire traîner dans la boue par le Front national est un honneur», puis, poursuit : « C’est bien dommage de pouvoir imaginer que des élus de gauche aillent rejoindre le Front national. Je dois dire que les bras m’en tombent ».
Il est soutenu par le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand : « Je dénonce les propos tenus par Benoît Hamon et le FN. De la part du FN, cela nous surprend moins. De la part de Benoît Hamon, c'est beaucoup plus surprenant et tout aussi choquant » […] Quand je vois le Parti socialiste, par la voix de son porte-parole, se situer aujourd'hui sur le terrain de l'extrême droite, franchement où va-t-on?, poursuit-il. Se servir de la vie privée des gens pour en faire des attaques politiques ou politiciennes, cela me rappelle les pires heures de l'histoire. » 153 (Cf. Culture. Mitterrand Frédéric, Êtres humains. Vie dite privée, Homme « Politique », Justice, Politique. Morale, Proxénétisme. « Clients ». Mitterrand Frédéric, Violences. Violences à l’encontre des enfants. Violences à l’encontre des femmes. Front National)

Par ordre chronologique. Politique. Front national :

Politique (Front national) (4) : (16 avril) 1997. Maurice Nadeau [1911-2013], auteur de :
« Si, en effet, le Front national est un abcès sur un corps social en mauvais état, ce sont toutes les composantes de ce corps qu’il importe de soigner. Et il semble nécessaire que chacun s’y mette. » 154 (Lu le 6 octobre 2016) (Cf. Êtres humains, Corps)

Politique (Front national) (5) : (13 juin) 2012. Concernant la position de Valérie Trierweiler, alors compagne de François Hollande, soutenant Olivier Forlani, adversaire PS de Ségolène Royal, ex-compagne du même François Hollande, Gilbert Collard, avocat, candidat du Front national considéra qu’il s’agissait de :
« querelles de dentelles » et de « disputes de soutien-gorge ». (13-14 juin)
- Marine Le Pen, présidente du Front national, pour sa part, déclara (14 juin) :
« Au moment où la zone euro est en voie d'effondrement et qu'il y a des choix fondamentaux à faire pour notre pays, cette élection législative est prise en otage par les histoires de slips de la présidence et les scènes de ménage. » 155
- Jean-Marie Le Pen, ancien président du même Front national avait, pour sa part, déclaré, le 27 février 2012, qu’il voulait « retirer son caleçon » à ce « voyou » de Jean-Luc Mélenchon. 156
- Enfin, pour en revenir à Gilbert Collard, élu député du Front National, celui-ci déclara le 17 juin 2012 : « J’aurai une mission de casse-couilles démocratique » ; et le 18 juin 2017, à nouveau réélu : « Le système a pris son premier coup de pied dans le cul. » Commentaire du Canard enchaîné : « Toujours aussi classe ». 157 (Cf. Sexes […], Violences)

Politique (Front national) (6) : (5 novembre) 2012. Marine Le Pen, présidente du front national, auteure de : « Je ne vous cache pas, qu'en voyant le bras d'honneur de M. Longuet, je me suis dit : 'enfin un peu de franchise et de spontanéité dans la vie politique’. »
L'ancien ministre de la défense de Nicolas Sarkozy, filmé par la chaîne Public Sénat, avait fait ‘un bras d’honneur’ en réaction à l’annonce par un journaliste d’une demande de l'Algérie exigeant que la France reconnaisse les crimes du colonialisme. 158
- Gilbert Collard, lui encore, pour sa part, avait affirmé « Il (Gérard Longuet) a bien fait, il a enfin un peu d'honneur au bout du bras. Moi, j'ajoute mon bras à celui de Monsieur Longuet. » 159
Est-il utile de rappeler que cette noble expression signifie : « je t’encule », la question de la violence mise ou non en œuvre étant dès lors hors sujet ? (Cf. Politique. Colonialisme, Sexes […], Violences)

Politique (Front national) (7) : (15 janvier) 2015. Louis Aliot (vice-président du Front national, compagnon de Marine Le Pen), auteur, concernant le ralliement du fondateur du mouvement gay lib au Front National, de : « On ne va pas faire la police des braguettes ». 160
- J’ai entendu que l’expression avait été, préalablement, été prononcée par Jean-Marie Le Pen.
- La question que je me pose, après avoir précisé avec force que ce retour du refoulé (et/ou ce maintien d’un langage ancestral) concerne toute la société française, est le suivante : Et si, ce que l’on qualifie superficiellement d’extrême droite - en sus, en de ça, au-delà du nationalisme et du racisme - ne cachait-elle pas aussi un terrible besoin de retour à la norme, de réhabilitation des normes historiques viriles «ordinaires», fortement donc imprégnées de retour au refoulé, c.à.d. vulgairement, grossièrement, patriarcales ? (Cf. Femme. « Politique ». Le Pen Marine, Homme. Pantalon, Sexes […], Violences)

Politique (Front national) (8) : (11 mars) 2017. Une scène transmise par une amie, bouleversée, qui venait de la vivre dans l’autobus : Quatre adolescentes (12 ans environ, probablement d’origine Maghrébine) discutaient entre elles, inquiètes, de l'éventuelle arrivée de Marine Le Pen au pouvoir. L’une d’entre elles évoquant le fait qu’ayant une carte d’identité française - qu’elle montrait - affirmait qu’elle ne risquait rien. Une seconde se questionnait. Une troisième évoquait son père qui lui, n’avait pas de papiers français… (Cf. Êtres humains, Femme « Politique ». Le Pen Marine)

Politique (Front national) (9) : (23 mars) 2017. Entendu ce jour, sur Radio Courtoisie (radio d’extrême droite) une représentante du Front national, à propos des SDF :
« Nous devons prioritairement la charité aux nôtres (comprendre : aux français-es). Exclusivement donc. Quant aux millions d’autres : qu’ils / elles crèvent… (Cf. Êtres humains. Charité. SDF, Femmes. Charité, Politique. Nationalisme)

Politique (Frontières) (1) : Depuis des siècles, l’histoire se focalise notamment sur les frontières entre les États (entre peuples, communautés, régions, cultures…) sans même s’être préalablement interrogée sur les frontières entre les êtres humains et notamment sur les rapports de domination qu’elles révèlent.
- Comment dès lors justement poser la question du respect de la distance entre États si l’on ne s’est pas interrogé sur elles entre les humains ? Sur les mécanismes les régulant, sur les instances chargées de les garantir ; ou plutôt sur leur absence.
- Comment, dès lors, aborder la question du respect qu’un être humain est censé revendiquer à l’égard, à l’encontre d’un autre, de tous les autres ? Comment, dès lors, penser le rapport de domination qu’est le proxénétisme ?
- Comment entendre : « get close » ? Comment interpréter les « free hugs » ? [sans même évoquer l’ambiguïté entre liberté et gratuité qu’implique l’emploi du terme « free »] ? : ces injonctions sont pour moi une imposition, un dépassement, une transgression des frontières des corps, un déni de l’autre, une violence. (Poursuivre) (Cf. Êtres humains. Frontières, Corps, Relations entre êtres humains, Proxénétisme, Histoire, Violences)
* Ajout. 12 août 2014. Des termes à revoir à l’aune de ce début de réflexion : « promiscuité », « intimité », « viol », « harcèlement », mais aussi : « repos du guerrier », « être à fleur de peau », « à son corps défendant » … (Poursuivre)

Politique (Frontières) (2) : Apprendre à devenir soi dans le monde, c’est apprendre à connaître et donc à fixer ses limites, à (faire) respecter ses multiples ‘frontières’, géographiques, corporelles, affectives, intellectuelles, politiques, sentimentales, sexuelles, temporelles, spatiales…
- Exemples : Se soucier de laisser un lieu, occupé par soi, propre pour les suivants ; penser qu’un parfum peut incommoder ; qu’une attente à un RV, fixé de concert, crée une dépendance ; qu’une queue nécessite des distances ; que des bruits s’entendent à travers des murs ; que des places dans les métros, les bus se partagent en tenant compte du respect de l’espace nécessaire l’autre ; que des regards insistants (inconscients) sont perçus comme violents ; que des ouvertures de fenêtres, de portes ont une signification… (Cf. Êtres humains. Frontières. Soi, Corps, Patriarcat, Viol, Violences. Criminels de paix)

Politique (Frontières) (3) : Les frontières des États sont profondément remises en cause, sinon dissoutes du fait des échanges économiques internationaux et des sphères d’influences politiques.
- (septembre) 2017. Un exemple, lu dans le Monde Diplomatique : Évoquant les « exercices [militaires] de Moscou sur son propre territoire et en Biélorussie, le New York Times [6 août 2017] eut recours à l’expression : ‘dans la périphérie de l’OTAN’. » 161

Politique (Frontières) (4) : Certain-es pensent en termes de « frontières » ; d’autres, - ceux et celles qui pensent le monde comme une seule entité globale - en termes de « flux », de djihadistes, d’armements, de capitaux, de drogues, de véhicules, de migrant-es, de mails, de populations…(Cf. Êtres humains. Frontières)

Politique (Frontières) (5) : (11 septembre) 2017. Lu sur une banderole d’une manifestation en Grèce, de migrant-es, piégé-es dans ce pays, sans pouvoir en sortir, ni se rendre dans aucun pays européen : « Ouvrez les frontières ». 162
Avant toute réponse à cette question, se positionner individuellement par rapport à l’État, afin de mieux savoir en quoi, pourquoi, l’on s’en estime ou non partie prenante.

Politique (Frontières) (6) : Le passage des frontières n’est pas synonyme de :
« dialogue des cultures ». (Cf. Culture, Politique. État)

Politique (Gagner) : Se battre pour gagner : loin d’être évident. Par ailleurs, si ‘l’adversaire’ (terme qui ne résume pas la personne, ni ne la réduit à ce qualificatif) n’est pas persuadé-e que vous n’abandonnerez jamais le combat, celui-ci est quasiment perdu d’avance. Enfin, ne jamais oublier l’évidence, à savoir que la seule lutte perdue est celle qui n’est pas menée et/ou qui est abandonnée en cours de route. Et, l’essentiel : il ne suffit pas de gagner, il faut gagner sans renoncements. Vastes projets, vastes ambitions (Cf. Politique. Lutte, Principe. Guerre. Clausewitz)

Politique (Gauche) (1) : Ses principales faiblesses - indépassables - : « la gauche » n’est ni anti-patriarcale, ni anti-capitaliste, ni anti-autoritaire, ni anti-hiérarchique, ni anti-productiviste, ni anti-impérialiste, ni anti-nucléaire …Comment voulez-vous, sur ce constat, enchanter l’avenir ? (Cf. Homme. « Politique »)

Politique (Gauche) (2) : (10 mai) 1981. François Mitterrand est élu à la présidence de la République par 51,76 % des voix, alors que 54 % des femmes ont voté pour lui. Lors des élections législatives du 14-21 juin 1981, les femmes ne sont représentées que par 7% des député-es. (Cf. Politique. Démocratie. Élections. Parité, Patriarcat)

Politique (Géopolitique) (1) : Ce que l’on nomme : la géopolitique est incontournable pour comprendre le monde. Détruire toutes ses catégories d’analyse est nécessaire pour le changer.

Politique (Géopolitique) (2) : Ce que l’on nomme : la géopolitique s’accommode fort bien de l’abstraction des guerres. Il n’est qu’à entendre journalistes, experts, diplomates, glosant à l’envie, depuis des années, sur les massacres dans le monde. Ce que l’on nomme : la géopolitique, la géostratégie peut, sans difficultés déontologiques, ni méthodologiques majeures, présenter ses analyses en « oubliant » les guerres. Et même les peuples. (Cf. Penser. Pensée. Abstraction, Politique. Démocratie. Peuple, Économie. Peuple)

Politique (Géopolitique) (3) : (17 mai) 2017. Lu dans le Canard enchaîné :
« Donald Trump sera reçu en Arabie Saoudite le 19 mai [2017]. Au menu de ses conversations avec le roi, de nouvelles ventes d’armes US d’une valeur de 100 milliards de dollars. Selon les attachés militaires français en poste à Washington, ces contrats pourraient même atteindre 300 milliards, en étalant les livraisons sur une décennie. Mais, précisent-ils, comme il faut ‘maintenir la supériorité d’Israël’, Washington envisage de nouveaux contrats avec Tel-Aviv. » 163
- La géopolitique pour les nul-les. (Cf. Politique. Guerre. Terrorisme. Trump Donald)
* Ajout. 24 mai 2017. (24 mai) 2017. Une semaine après, le même Canard enchaîné nous apprend que les contrats signés en Arabie Saoudite atteignent la somme de 380 milliards de dollars (dont 110 de matériel militaire) et que Donald Trump est « actionnaire de quatre sociétés » dans ce pays. 164
- En conséquence, l’Iran, sans autre explications, sans doute considérées comme inutiles, est le seul pays majeur dorénavant responsable du « terrorisme international » par la politique américaine et ses affidés. En attendant…
- Comment, peut-on encore oser parler de « démocratie » lorsque de telles monstruosités peuvent être commises en son nom ? (Cf. Politique. Démocratie)

Politique (Global. Attac) : Changer le slogan d’Attac par : « Penser global. Agir global » [au lieu de « local »] ?
À tout le moins, penser qu’agir « local », c’est laisser le « global » - là où les décisions se prennent - aux autres…
Plus fondamentalement, remettre en cause, re-repenser la distinction entre « penser » et « agir » ainsi qu’entre « global » et « local ».

Politique (Goldman Emma) : 1924. Le livre d’Emma Goldman [1869-1940], L’agonie d’une révolution. Mes deux années en Russie (1920-1921) : un grand livre politique.
Pour moi, un modèle du genre. (Cf. Penser. Méthode) 165
* Ajout. 6 août 2019. Deux mois après, j’ai lu d’elle : Vivre ma vie. Une anarchiste au temps des révolutions : un monument.
Écrit en 1928, publié en anglais 1931, traduit intégralement en français en 2018 : 90 ans après. 166

Par ordre chronologique. Politique. Gouvernance :

Politique (Gouvernance) (1) : (18 février) 2012. Lu une analyse pertinente d’Alain Deneault critiquant ce terme de « bonne gouvernance » qui plus est, valable pour bien d’autres termes :
« On nous inculque des modalités de pensée qui nous empêchent de voir l’ordre du monde dans toute sa cruauté. […]
Je prends un concept emblématique entre tous, celui de ‘bonne gouvernance’ : comment voulez-vous penser avec un vocable pareil qui n’a aucune étymologie, qui ne renvoie à aucune mémoire historique, qui est simplement le participe présente substantivé du verbe ‘gouverner’ [...]
C’est cesser de parler de politique, c’est cesser de parler de rapports de force, c’est cesser de parler de rapports de classe, c’est cesser de parler de citoyenneté, c’est cesser de parler de responsabilité et de bien public. C’est une sorte de modalité de gestion des choses en tant qu’elles seraient partagées par des partenaires. » 167
- Un oubli : les rapports de domination patriarcaux.

Politique (Gouvernance) (2) : (21 août) 2016. M. François Bujon de L’estang, notamment ex-ambassadeur de France aux États-Unis, après avoir évoqué, le 21 août 2016, « la gouvernance mondiale » poursuit son analyse, puis évoque, en lieu et place, « les préoccupations de nos gouvernants. » 168 Au moins, son analogie rend-t-il sa pensée claire… (Cf. Langage. Possessif, Penser. Pensée. Méthode. Analogie, Démographie, Économie)

Politique (Gouvernance) (3) : (28 avril) 2018. J’entends évoquer sur France Culture « les pays qui souffrent d’un déficit de gouvernance. » 169

Politique (Gouvernance) (4) : (29 avril) 2018. Monique Canto-Sperber, auteure de :
« La gouvernance mondiale gère le monde. » 170
Difficile après, de penser sur ce préalable. (Cf. Langage. Sujet)

Politique (Harmonisation) : Affirmer la nécessité d’harmoniser [ou, plus fréquemment, affirmer vouloir harmoniser] les positions, les législations, les politiques (économiques, fiscales, monétaires…) [Européennes] c’est prolonger, en les ajustant, les logiques d’intérêts qui ont été à leur genèse. L’échec est inéluctable. Pourquoi ? Parce que ces positions, ces législations, ces politiques ont été élaborées, ont été construites sur le déni de leurs contradictions internes, et que, dès lors, dans le cadre d’un processus dit d’harmonisation, les intérêts mis à jour, malmenés, risquent fort d’apparaître alors au grand jour. Dans le cadre de l’analyse tenant à une logique institutionnelle de système, afin d’éviter le dévoilement de la construction inhérente du système concerné, la solution de maintien du statu quo est la solution la plus aisée, la plus probable, la moins risquée, la moins couteuse. Et sans doute, la seule en l’état, possible. Jusqu’au jour où… (Cf. Politique. Conciliation, Réformisme)

Politique (Hiérarchie) (1) : Le principe hiérarchique est l’épine dorsale de tous les systèmes de domination. Il est, de l’histoire, le plus grand refoulé… Dès lors, toute analyse qui occulte cette réalité devient nécessairement erronée. (Cf. Histoire)
* Ajout. 28 octobre 2018. Une superbe subversion de la hiérarchie [militaire] : Les gaités de l’escadron [1922] de Georges Courteline [1858-1929]. 171

Politique (Hiérarchie) (2) : Au fondement de toute hiérarchie, la mise au silence (en vrac et à resituer dans le contexte) :
« Ce n’est pas à l’ordre du jour »; « Ce n’est pas de notre compétence » ; « Attendez une réponse » ; « Il y a beaucoup d’attente » ; « Adressez-vous à qui de droit »; « Nous ne sommes pas habilités à vous répondre » ; « Nous n’avons rien à dire » ; « No comment » ; « Téléphonez au numéro untel » ; « Lisez notre communiqué » ; « Adressez-vous à mon avocat » ; « Attendez votre tour » ; « Mettez-vous dans la file » ; « Soyez raisonnable » ; « Vous ne savez pas ce que vous dites » ; « Ne soyez pas agressif/ve » ; « Ça va. on [vous] a compris » ; « La ligne est de mauvaise qualité ; on vous rappellera », « Soyez positif/ve » ;
« Déclinez votre identité » ; « Vous n’avez pas la parole » ; « Levez-vous » ; « Regardez ici » ; « C’est moi qui pose les questions » ; « Répondez par oui ou par non » ; « En êtes-vous sûr-e ? » ; « Quelles preuves avez-vous ? » ; « Arrêtez de dire n’importe quoi » ; « C’est faux » ; « Parlez plus fort, on ne vous entend pas » ; « Soyons précis, concret » ; « Revenons au sujet » ; « Baissez le ton » ; « Taisez-vous » ; « C‘est moi qui commande ici » ; « La question a déjà été posée » ; « C’est hors sujet » ; « Vous l’avez déjà dit » ; « Le problème n’est pas celui-là ; « Vos critiques ne mènent à rien » ; « Vous voulez vous rendre intéressant-e, gagner de l’argent, passer à la télé… » ; « Vous êtes ridicule » ; « Personne ne vous entend » ; « Vous dépassez les limites » ; « Sachez vous arrêter » ; « Vous vous répétez » ; « Nous allons couper le micro » ; « Vous n’avez pas le droit »
; « On ne vous a pas demandé votre avis » ; « Ce n’est pas à vous de parler »
« Respectez la hiérarchie »…

Politique (Hiérarchie) (3) : Le contrôle brutal du principe hiérarchique par « la hiérarchie » a tendance à se dissoudre, en transférant à la personne elle-même, l’auto-organisation de son propre contrôle.
- Un exemple. Hier [28 Mars 2017], je téléphone concernant un problème technique de ma télévision. Le problème résolu, la jeune femme du centre d’appel me demande comment j’ai considéré son travail. Je lui réponds qu’il était parfait. Elle poursuit et me demande combien je la noterai (de 1 à 10). Je lui réponds, mal à l’aise : 10. Elle me remercie, satisfaite, et nous raccrochons. Doublement complices, à la différence de taille près que, la concernant, c’était son travail, et donc sa vie qui était en jeu. Moi, ce n’était qu’un problème de prise de conscience des contraintes dans lesquelles elle travaillait.

Politique (Hiérarchie) (4) : L’impossible vérité, l’impensable justice.

Politique (Hiérarchie) (5) : Ne jamais oublier que la hiérarchie n’a pas pour logique, ni pour finalité de sélectionner les ‘meilleur-es‘ (cela arrive parfois) mais les plus fonctionnel-les ; dès lors se débarrasser des ‘meilleurs’ est souvent une occupation essentielle, pas toujours la plus complexe, mais la plus risquée, et pas seulement chez les DRH. [Cf. le film : Le prince de New-York. 1981. Sidney Lumet] (Cf. Culture. Cinéma)

Politique (Hiérarchie) (6) : Au fur et à mesure qu’Emmanuel Macron se hausse au sein des instances dirigeantes de l’Union européenne, celle-ci s’effondre sous ses pieds. Des limites de la pensée hiérarchique… (Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel)

Politique (Hiérarchie) (7) : L’un des fondements les plus cachés du principe hiérarchie, mais non pas le moindre, est de savoir qui, en cas de danger, pourra le plus aisément servir de bouc émissaire.

Politique (Hiérarchie) (8) : Il est toujours étonnant de constater que tant de personnes doivent se plier aux ordres de personnes bien moins intelligentes, et souvent bien moins compétentes qu’elles. Penser que c’est bien pour cela qu’elles ont été choisies pourrait rendre l’appât des promotions soudainement moins attrayantes. (Cf. Femmes. Intelligentes)

Par ordre chronologique. Politique. Hiérarchie :

Politique (Hiérarchie. Voltaire) (9) : (18 juin) 1740. Voltaire [1694-1778], dans une lettre au marquis d’Argenson, nomme Frédéric II de Prusse [1712-1786] devenu empereur à la mort de son père « mon messie du Nord » et lui annonce qu’il l’appelle dorénavant « Votre humanité » et non « Votre majesté ». Il poursuit :
« À peine est-il monté sur le trône qu’il s’est souvenu de moi pour m’écrire la lettre la plus tendre, et pour m’ordonner, ce sont ses termes, de lui écrire toujours comme à un homme et jamais comme à un roi. » 172
Mais c’est toute la pensée de Voltaire qui est structurée par le principe hiérarchique [et sa critique] et c’est la complexité de ses composantes, de ses manifestations, de ses évolutions, et de ses contradictions qui en fait l’immense intérêt. (Cf. Relations entre êtres humains. Aimer. Voltaire)

Politique (Hiérarchie. Voltaire) (10) : (5 mars) 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre à Marc-René d’Argenson [1722-1782, futur marquis d’Argenson], lui écrit :
« Un jésuite missionnaire portugais raconte qu’un mandarin lui avait demandé, à Macao, quel était un homme qui lui venait de lui parler assez fièrement, le jésuite lui répondit : C’est celui qui a l’honneur de ferrer les chevaux de l’empereur du Portugal, roi des rois ; aussitôt le mandarin se prosterna. » 173

Politique (Hiérarchie. Voltaire) (11) : (mars) 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre écrite en mars 1759 [ ? ] à Jean Vassot de Chateauvieux [ ?- ?] explique les raisons pour lesquelles il veut renvoyer un jardinier, qui est défendu par les « magistrats de Genève » lesquels, selon Voltaire, « souffrent que les domestiques leur fasse la loi. Ce n’est pas le moyen de plaire au peuple, mais d’être écrasé par le peuple.»
Voltaire affirme alors sa conception de la hiérarchie - et du droit - en matière « domestique » :
- « Je déteste le despotisme mais il faut subordination et justice. Voilà mon code. »
- « Il est d’une extrême conséquence, dans une grosse maison, de n’être pas l’esclave de ceux qui sont à nos gages. » 174

Politique (Hiérarchie. Voltaire) (12) : (15 août) 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à la comtesse d’Argental [1703-1774], concernant la question des droits féodaux de ses terres, lui écrit :
« Si je me laisse entamer sur un de mes privilèges je les perds tous. » 175 (Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel, Histoire. Révolution française)

Politique (Hiérarchie. Desmoulins Camille) (13) : (septembre) 1789. Camille Desmoulins [1760-1794], cité par Hippolyte Taine [1828-1893] dans Les origines de la France contemporaine, auteur de :
« À mes principes, s’est joint le plaisir de me mettre à ma place, de montrer ma force à ceux qui m’avaient méprisé, de rabaisser à mon niveau ceux que la fortune avait placé au-dessus de moi. Ma devise est celle des honnêtes gens : point de supérieur. » 176

Politique (Hiérarchie. Courier Paul-Louis) (14) : (mai) 1804. Paul-Louis Courier dans une lettre écrite à A. M. N, s’interroge sur le statut de Napoléon en passe de devenir empereur :
« […] Que signifie, dis…moi, un homme comme lui, Bonaparte, soldat, chef d’armée, le premier capitaine du monde, vouloir qu’on l’appelle majesté.
Être Bonaparte et se faire sire !
Il aspire à descendre : mais non il croit monter en s’égalant aux rois.
Il aime mieux un titre qu’un nom.
Pauvre homme, ses idées sont au-dessous de sa fortune.
Je m’en doutais quand je le vis donner sa petite sœur [Pauline Bonaparte. 1780-1825] à Borghèse [Camille.1775-1803], et croire que Borghèse lui faisait trop d’honneur. […] » 177 (Cf. Femmes. Échange des femmes. Famille. Frère. Sœur, Penser. Pensée. Binaire)

Politique (Hiérarchie. Bugeaud Général) (15) : (31 mars) 1832. Le général Bugeaud [1784-1849], dans un discours sur les soldes [des militaires] à la Chambre, avait déclaré :
« L’avancement, messieurs, c’est le picotin d’avoine des officiers. » 178 (Cf. État. Guerre)

Politique (Hiérarchie. Custine Astolphe de) (16) : 1843. Astolphe de Custine [1790-1857], auteur, concernant les Russes ployés sous le despotisme, de :
« Quel prix peuvent avoir les formes de l’urbanité quand le respect est de commande ? » 179 Universel.

Politique (Hiérarchie. Gide André) (17) : 1925. 1926. André Gide [1869-1951], dans son Voyage au Congo écrit :
- Fin décembre 1925, concernant les « recrutements » - sans doute des milliers de morts - exigés par l’administration française pour la construction de la voie ferrée de Fort Archambault : [« Les indigènes n’ignorent rien du triste sort de leurs ‘frères’ »], Gide poursuit :
« Mais que peut un administrateur ? Il doit obéir à son chef. Il l’avertit pourtant : ‘Ce recrutement a encore été possible… Je ne réponds plus du suivant.’ »
- En février 1926, Il note, à leur arrivée à Mani, que « le sultan, cet être arrogant et sans sourire, qui sans doute nous a jugés peu importants, d’après notre familiarité envers les inférieurs, ne daigne point paraître. » 180 (Cf. Êtres humains)

Politique (Hiérarchie. Lip) (18) : 1970-1976. Le slogan « inventé par les Lip » 181 : « La hiérarchie, c’est comme les étagères : plus c’est haut, moins ça sert », plus de 40 ans après, me faire toujours sourire et me paraît toujours aussi juste : en précisant, néanmoins que, vu d’« en haut », « ça sert » et que ses conséquences ne sont pas drôles du tout.
* Ajout. 9 septembre 2018. Ne pas oublier aussi que si le principe hiérarchique fonctionne de haut en bas, il fonctionne aussi de bas en haut. Et qu’un problème pouvant être considéré comme secondaire attaquer le sommet et en dévoiler la réalité du fonctionnement. La rapidité avec le quelle l’« affaire Benalla » est devenue une « affaire Benalla / Macron », puis pour certain-es « une affaire Macron », en est, parmi mille, une bonne illustration

Politique (Hiérarchie. Lefebvre Henri) (19) : 1983. Henri Lefebvre [1901-1999], auteur notamment de Critique de la vie quotidienne, écrit :
« Il publie [Constant Nieuwenhuys l’un des responsables du mouvement Situationniste dont il fut proche] et écrit un texte qui s’appelle Pour une architecture de situation. C’est le texte fondamental qui part de l’idée que l’architecture va permettre de transformer la réalité quotidienne. C’est là où que se situe la relation avec Critique de la vie quotidienne (le livre le plus connu d’Henri Lefebvre) : créer une architecture qui permettra elle-même de créer des situations nouvelles. Et ce texte, c’est le point de départ de toute une recherche qui se développe dans les années suivantes. D’autant plus que Constant [Nieuwenhuys] est très populaire, et qu’il est un des animateurs du mouvement des provos. […]
Il était reconnu par eux comme leur penseur, leur chef, l’homme qui voulait transformer la vie et la ville. Leur rapport était direct ; il était leur animateur. » 182
- Pourquoi cette citation ? Parce que Henri Lefebvre, au détour d’une analyse qui relève pour lui d’un constat - qui plus est au sein d’un mouvement de pensée qui se voulait révolutionnaire - cautionne, sans distance critique, le concept clé de voute de la hiérarchie, celui de « chef », par ailleurs assimilé à « animateur ». (Cf. Langage, Penser)

Politique (Hiérarchie. Veyne Paul) (20) : 2014. Paul Veyne, historien de la Grèce ancienne et de la Rome antique, Professeur au Collège de France, auteur, à l’oral, de :
« Je n’aime pas les rapports hiérarchiques, je ne les supporte pas…Je comprends qu’ils sont nécessaires dans l’armée et même dans la société civile, mais dans les choses de l’esprit, il n’y a pas de hiérarchie. »
Déclaration suivie par l’interviewer de : « Mais si on pense à la Grèce antique, on ne voit pas de rapports hiérarchiques entre Alcibiade et Socrate… »
Réponse de Paul Veyne : « Entre Alcibiade et Socrate, non […] » 183
Laisse stupéfait-e… (Cf. Homme. « Intellectuel ». Veyne Paul, Politique. Principe)

Politique (Hiérarchie. « Gilets Jaunes ») (21) : (17 novembre) 2018. L’un des manifestants parisiens interrogé le 17 novembre 2018, sur l’absence de « chefs », et donc, selon le journaliste, de « consignes [claires] » répondit par cette phrase admirable :
« Un chef, on n’en a pas besoin. La preuve ? On en a un. Et il ne fait rien. » (Cf. Politique. Démocratie. État. « Gilets jaunes ». Peuple, Économie. « Gilets jaunes »)
* Ajout. 23 décembre 2018. Lu une pancarte des « Gilets jaunes » adressée à Emmanuel Macron : « Le chef est ton peuple ».

Politique (Hiérarchie. « Gilets Jaunes ») (22) : (28 novembre) 2018. Qui ne voit que derrière les critiques sans cesse répétées par le monde politique, la presse, aux « Gilets jaunes » à savoir qu’ils n’auraient pas de « représentants » - ce qui fait en réalité leur puissance - s’exprime leurs demandes, sans doute inconscientes :
- Qu’on puisse les opposer les uns aux autres, leur dénier leur légitimité, les affaiblir, les contraindre à être sur ‘notre’ terrain.
- Qu’on puisse ainsi aisément les détourner de leurs revendications, les endormir, les manipuler, les faire attendre, les absorber, les corrompre.
- Qu’on puisse enfin ramener leurs refus à des « objectifs atteignables » - les ‘nôtres’- c’est-à-dire de ceux qui leur furent imposés par, d’autres, sans eux et contre eux…
- Qu’on puisse leur faire abandonner leur radicalité démocratique, leur déni des institutions… Comme d’habitude….
Sinon, le bâton : Entendu « sinon, ils n’auront rien ».
Or, il n’y a plus aucune carotte à offrir. Tout ceci ne marche plus… Le roi est nu. (Cf. Politique. Démocratie. État. « Gilets jaunes », Hiérarchie, Économie. « Gilets jaunes »)

Politique (Hommes) : Cf. Homme « Politique »

Politique (Honnêteté) : Pour découvrir à temps qu’un homme, qu’une femme dite « politique » est sinon honnête, du moins a minima sincère, il faut ne pas avoir intérêt à se prémunir de la question.

Politique (Hugo Victor) : 1855. Victor Hugo [1802-1885] à Alexandre Herzen [1812-1870], auteur de :
« Vous prouvez que la politique, quand elle est haute est la plus haute des philosophies. » 184 (Cf. Homme. Remarquable. Hugo Victor, Philosophie)

Politique (Idéal) : Ce qui pose problème dans « la foi en un idéal », ce n’est pas l’idéal, c’est la foi.

Politique (Identité) : L’identité est-elle une question politique ? Est-elle une question soluble ? Est-elle une question ? (Cf. Êtres humains, Penser. Abstraction)

Politique (Idéologie) (1) : Toutes-dépassées-ce-qui-est-positif-mais-engendrent-l’individualisme-ce-qui-est-regrettable. En réalité, il est essentiel, pour tous les pouvoirs en place, de dévaluer les idéologies (quels que soient les termes employés pour qualifier une pensée du monde), de les tourner en dérision, voire de les nier. Car, sans idéologies, il n’y a pas de pensée du changement, pas de bouleversements de l’histoire et les systèmes de domination peuvent se perpétuer plus aisément.
- Toute critique en soi de « l’idéologie », sans plus de réserves, porte en soi le projet de la mort de la pensée. Vieille antienne : dès le XIXème siècle, on critiquait « la métaphysique » et « les théories ».
- Pour autant, cette position ne justifie pas une vision figée, dogmatique, totalitaire de ce que ce terme peut justifier et a justifié ; elle demande seulement des précisions quant à l’emploi du terme. (Cf. Langage, Philosophie)

Politique (Idéologie) (2) : Remplacer « Idéologie » par l’expression de Madame de Staël [1766-1817] : le « despotisme d’une seule idée », aurait l’avantage de contraindre à définir la dite « idée ».
N.B. Madame de Staël emploie cette expression concernant « le fanatisme, la plus funeste des passions ». 185

Politique (Idéologie) (3) : Aujourd’hui, si l’on joint à la critique de l’« idéologie » celle de l’« utopie », une civilisation risque fort de mourir, enserrée jusqu’à l’étouffement dans la confusion de catégories mentales passéistes, sans être à même de la dépasser par l’imaginaire. Faute d’être à même de pouvoir se penser en termes novateurs, une civilisation, empêchée, dissuadée de se projeter dans l’avenir, ne peut le construire. Et s’effondre. (Cf. Langage, Politique. Imaginaire. Utopie)

Politique (Idéologie) (4) : J’ai incidemment entendu invoquer « l’amour » comme une idéologie. Idée intéressante. (Poursuivre)

Par ordre chronologique. Politique. Idéologie :

Politique (Idéologie) (5) : 1991. Alexandre Zinoviev [1922-2006] à qui l’on posait la question : « La société du communisme accompli peut-il devenir une réalité ? » répondait ainsi :
« Cela dépend essentiellement de l’interprétation des prophéties, ce qui est une prérogative de l’idéologie. » 186 (Cf. Penser. Pensée. Abstraction)

Politique (Idéologie) (6) : 2010. Catherine Clément, dans son autobiographie, Mémoire, auteur de :
« Maintenant que le mot idéologie est devenu une sorte d’épouvantail, on a peine à se représenter combien il emportait d’espérances. L’idéologie n’était pas une position sectaire ni un dogme, ni un paquet d’illusions : l’idéologie était le socle sur lequel on pouvait édifier une pensée politique capable de convaincre les citoyens. Il arrive aujourd’hui qu’on retrouve un peu de sens perdu, quand on entend quelques observateurs remarquer qu’hélas, il n’y a plus aucune idéologie. À le prendre dans sa définition la plus littérale, le terme comprend l’idée et le Logos : c’est un discours sur les idées. » 187

Politique (Idéologie) (7) : 2015. Christine Ockrent, journaliste, concernant Oriana Fallaci [1929-2006], dont les engagements, aussi divers aient-ils été, ont été innombrables :
« Elle n’avait pas d’idéologie. » 188
Ou : comment, aux fins de délégitimer un terme que l’on récuse - tout en vantant la personne évoquée - on peut si aisément affirmer une absurdité... (Cf. Femme. Écrivaine. Fallaci Oriana. Femme. Journaliste. Ockrent Christine, Homme. Journaliste, Langage)
* Ajout. 10 juin 2018. 1992. Christine Ockrent considérait, en novembre 1992, que Bill « Clinton n’a pas d’idéologie […]. » 189 Ici, un atout ?
Politique (Idéologie) (8) : (23 septembre) 2018. Émilie Aubry, dans l’émission de France Culture, L’esprit public dont elle est responsable, concernant la ‘politique anti-pauvreté’ d’Emmanuel Macron, interroge ses invitées : le blocage (je ne sais plus lequel, mais, peu importe) est-il « économique ou idéologique » ? 190 (Cf. Penser. Pensée. Binaire, Politique. Médias, Économie)

Politique (Imaginaire) : 2015. S’interroger sur, traiter de la faisabilité, de la possible mise en œuvre d’une idée, d’un projet, c’est, pour certain-es, nécessaire, mais c’est aussi s’interdire l’imaginaire. (Cf. Penser. Pensée. Idée)
- Écrit après avoir entendu, sur LCI, après que la Ministre de la Justice, Christiane Taubira, ait évoqué « la société dont on peut rêver » - dont « les 32 heures de travail » - la réaction spontanée, unanime, en colère (un chœur antique) des « chroniqueurs » : « Mais qui va payer ? » (Cf. Penser. Médias) 191]

Politique (Impuissance) : Combien de chefs d’États, afin de ne pas [a]pparaître impuissants, ont-ils déclaré, provoqué, se sont-ils engouffrés dans des guerres (des crises, des conflits...) sans autres fondements que ceux auxquels ils avaient personnellement intérêt, sans même en avoir conscience. Et, si souvent, pour simplement détourner l’attention en revivifiant les réactions primaires (premières ?) (tribales, étatiques, religieuses..) Établir une comparaison avec, dans la même logique, l’impuissance des hommes violents ?
- Enrichit le concept d’impérialisme. (Cf. Politique. Guerre, Patriarcat, Violences)

Politique (Injuste) (1) : Une politique injuste ne se mesure pas à l’aune de ses effets. Elle est injuste : cela suffit à la juger.

Politique (Injuste) (2) : Constater que les tenant-es d’un ordre injuste n’ont plus que des arguments indéfendables pour le justifier est un plaisir politique - sain et nécessaire - qu’il faut savoir savourer.

Politique (Institutions) (1) : Les institutions fonctionnent en vase clos et leur première logique du fonctionnement est de durer. Dès qu'elles sentent une possible remise en cause, elles se referment comme une huitre. Et c'est comme cela, qu'à terme, peu ou prou, nécessairement, elles meurent. Le problème est que leur terme n'est pas celui d'un être humain [à moins de vivre en 1788, en 1870, en 1967…] Il vaut mieux le savoir, apprendre en lire les prémices, et, si possible, contribuer à en accélérer le processus…

Politique (Institutions) (2) : (20 janvier) 2019. Jean-Luc Mélenchon, auteur de :
« Nous avons besoin de stabilité des institutions et de […] » 192 (Cf. Homme. Politique. Mélenchon Jean-Luc. Politique. État. « Gilets jaunes »)

Politique (Insulte) : (9 mai) 2017. Titre d’un article paru dans Lundi matin :
« Être gouverné, c’est insultant. » 193 Vaste ambition si l’on veut tirer les conclusions du ‘constat’… (Cf. Politique. Démocratie. Élections)

Politique (Intérêt) (1) : S’interroger sur la réalité de l’intérêt personnel dans toute décision - quelle qu’elle soit - devant être prise relève de l’honnêteté intellectuelle.
Ne - même - pas y songer est le moyen infaillible de garantir sa permanence et donc de favoriser toutes les prises de pouvoir.
L’affirmer, encore mieux : nécessaire.
En effet, débusquer, dévoiler ledit intérêt du conscient ou de l’inconscient où il se cache empêche l’expression du refoulé, lequel non seulement perpétue les non-dits, mais en outre, si souvent lisible, révèle dès lors et délégitime son auteur-e. Plus encore, être plus et mieux conscient-e de ses intérêts propres contre lesquels tant agissent, souvent leur vie durant, avec tant de constance, éviterait la reproduction de nombre d’échecs.
- Une autre vision de l’utilitarisme ? (Cf. Penser. Utilitarisme, Politique. Utilitarisme)

Politique (Intérêt) (2) : Pour repenser le politique, rompre tout lien avec le concept d’intérêt, introduit notamment par les physiocrates, la pensée politique, libérale, marxiste… (Cf. Économie)

Politique (Intérêt) (3) : 1814. Benjamin Constant [1776-1830], dans De l’esprit de conquête, auteur de :
« L’intérêt étant le mot d’ordre, tout sentiment désintéressé tiendra de l’insubordination. » 194 Forte critique du monde [moderne]. (Cf. Langage. Verbe. Avoir, Politique. Utilitarisme)

Politique (Inventer) : Tout est à inventer. À repenser. Ça craque de partout. Ça bouillonne de partout. (Cf. Politique. Réalité)

Politique (Jouissance) : 1819. Benjamin Constant [1776-1830], dans De la liberté des anciens comparée à celle des modernes, auteur de :
« Le but des anciens était le partage du pouvoir social entre les citoyens d’une même patrie. C’est là ce qu’ils nommaient la liberté. Le but des modernes est la sécurité dans les jouissances privées ; et ils nomment liberté les garanties accordées par les institutions à ces jouissances. » 195 Forte critique du monde [moderne]. (Cf. Êtres humains. Vie-dite-privée, Politique. État, Liberté, Libéralisme, Mœurs, Sécurité, Proxénétisme)

Politique (Laïcité. France) : 1905. La France - laïque - de 1905 justifiait les bordels, l’obéissance exigée des femmes à leurs maris, l’adultère des hommes, l’exclusion des femmes du suffrage universel, la criminalisation de la contraception et de l’avortement, etc. Ne faire référence qu’à la seule laïcité (française) pour porter un jugement (sur le voile islamique, entre autres...) est une approche nationaliste, inappropriée, de fait passéiste, réactionnaire, puisqu’elle cautionne une analyse historique et d’innombrables politiques patriarcales.
Valable aussi pour la « République ». (Cf. Politique. Démocratie, État. Démocratie. République, Proxénétisme. Bordel)

Politique (Langage) : (3 octobre) 2018. Le sénateur François Patriat, ancien socialiste devenu macronien, auteur de :
« Je n’ai pas dit que le gouvernement ne changera pas de cap. J’ai dit que le gouvernement gardera le cap. » 196 (Cf. Politique. État. Sénateur)

Politique (Légitimité) : La légalité s’acquiert. La légitimité se conquiert.

Politique (Libéralisme) (1) : Il existe encore nombre de spécialistes, journalistes, politiques qui ne font pas de distinction entre libéralisme - dit - économique et le libéralisme - dit - politique et logent donc sous un même vocable : Montesquieu, Locke, Adam Smith, Thomas Hobbes, Benjamin Constant, Jean Baptiste Say, Condorcet, Alexis de Tocqueville, Frédéric Bastiat, Stuart Mill, Friedrich Hayek, Raymond Aron, Keynes, Milton Friedman…197
- Outre les confusions intellectuelles ainsi étayées, démocratie et capitalisme et/ou marché, liberté politique et liberté économique sont en sus assimilés. 198 Mais n’en est ce pas la finalité ?
- Un terme à intégralement repenser, comme celui de liberté qui lui est consubstantiel. (Cf. Politique. Démocratie, Économie. De marché)

Politique (Libéralisme) (2) : Considérer - ce qui sont les fondements de l’Union Européenne - que « les biens, les services, les capitaux et les personnes » doivent circuler librement explicite les fondements du libéralisme, ici de l’Europe : les êtres humains sont assimilés aux services, aux biens, aux capitaux [qualifiés de « quatre libertés » !]. À quoi sert de critiquer telle ou telle question - qui ne sont que les conséquences de ces fondements - tant que ceci n’est pas rappelé, précisé, analysé, dénoncé - et que les conséquences n’en sont pas tirées ? (Cf. Penser. Proxénétisme)

Politique (Libéralisme) (3) : Peut-on dissocier la libre ouverture internationale du marché des capitaux, et celle du maintien des frontières, ce qui signifie de facto : la suppression des États, de leur histoire, de leur culture, de leur régime politique ?
Et donc de ce qui est - fut ? - nommé : nations (Cf. Politique. Nationalisme)

Politique (Libéralisme) (4) : Si le marché n’a pas de frontière, les êtres humains ne doivent pas en avoir non plus. (Poursuivre) (Cf. Proxénétisme, Violences)

Politique (Libéralisme) (5) : Le re-figuration actuelle du monde libéral : on délégitime les États, on les affaiblit autant qu’il est possible, afin que la logique marchande soit consacrée comme étant la seule réellement agissante. On bouleverse, on maintient et on détruit les frontières, en fonction des intérêts en cause. Les guerres sont, pour ce faire, un outil très efficace, nécessaire : le libéralisme a besoin de la guerre qui, après avoir détruit, nécessite des reconstructions, et pose nécessairement d’autres fondations au monde, afin notamment d’élargir la sphère du profit. Et d’y intégrer, c’est à dire d’y dissoudre, les êtres humains ‘reformatés’. (Cf. Êtres humains, Politique. Frontières. Guerre)

Politique (Libéralisme. Aron Raymond) (6) : 1983. Lu dans les Mémoires de Raymond Aron [1905-1983] :
« Entre une société communiste, qui se donne à elle-même pour valeur absolue et une société libérale qui vise à élargir la sphère de l’autonomie individuelle, il n’y a pas de commune mesure. » 199
Cette alternative - binaire - du libéralisme par Raymond Aron manque d’élémentaire rigueur : chaque terme devrait être critiqué. Une abstraction potentiellement totalitaire. (Cf. Penser. Pensée. Abstraction, Sociologie)

Politique (Libido) : (2 mai) 2019. Jean-Claude Juncker, Président de la commission européenne, dans une interview au quotidien Allemand Handelsblatt, auteur de :
« Nous ne nous aimons pas. Nous avons perdu notre libido collective. » 200
N.B. Libido : « sentiment du désir sexuel » ; « énergie de la pulsion sexuelle ». (Cf. Sexes […]) »

Politique (Machiavel) (1) : (20 mai) 1738. Voici la critique de Machiavel [1469-1527] que Voltaire [1694-1778] transmit au prince royal de Prusse [futur Frédéric II de Prusse [1712-1786] :
« La première chose dont je me sens forcé de parler, est la manière dont vous pensez sur Machiavel. Comment ne seriez-vous point ému de cette colère vertueuse où vous êtes presque contre moi, de ce que j’ai loué le style d’un méchant homme ? C’était aux Borgia, pères et fils, et à tous ces petits princes qui avaient besoin de crimes pour s’élever, à étudier cette politique infernale ; il est d’un prince tel que vous de la détester.
Cet art [de la politique] qu’on doit mettre à côté de celui des Locuste [empoisonneuse célèbre du temps de Claude et Néron] et des Brinvilliers [La marquise de Brinvillers fut, au XVIIème siècle, jugée et, après tortures, décapitée pour empoisonnement] a pu donner à quelques tyrans une puissance passagère, comme le poison peut procurer un héritage ; mais il n’a jamais fait ni grands hommes, ni des hommes heureux ; cela est bien certain.
À quoi peut-on donc parvenir par cette politique affreuse ?
Au malheur des autres et au sien propre.
Voilà les vérités qui sont le catéchisme de votre belle âme. » 201
N.B. Analyse intéressante, mais ni Voltaire, ni Frédéric II ne peuvent, bien sûr, être considérés comme pouvant, de près ou de loin, incarner la morale, aussi ample puisse être sa définition. Ils pourraient même en être considérés comme des antithèses, si la place n’était pas déjà bien encombrée. (Cf. Homme. Remarquable. Machiavel, Hommes. « Grands », Penser. Pensée. Abstraction, Politique. Morale)

Politique (Machiavel) (2) : 1938-1939 (?) Ébauche d’une lettre de Simone Weil [1909-1943], concernant Machiavel [1469-1527], écrite à un auteur inconnu :
« […] Je pense que Rousseau [1712-1778] a raison de voir dans ce livre [Le prince] le manuel du citoyen et non du prince ; ou peut être plutôt une description froide de la mécanique du gouvernement despotique. » 202

Politique (Macron Emmanuel) : Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel.

Politique (Manière Philippe) : (5 mai) 2019. Philippe Manière, « essayiste » sur France Culture, auteur de :
« [Depuis environ 6 mois], Le désordre règne en France […] (alors que) le nombre des manifestants est tout petit. » 203 (Cf. Homme. Journaliste. Manière Philippe, Penser. Manière Philippe. Économie. Manière Philippe)

Politique (Mensonge) (1) : (17 avril) 1935. Georges Bernanos [1888-1948], dans une lettre adressée à Marianne et à son directeur Emmanuel Berl [1892-1976], écrit :
« […] Posons d’abord en principe que le mensonge commence toujours par payer, mais qu’à la fin, il se paie. Il se paie parce que les illusions qu’il a faites naître sont des chèques tirés sur le vent. […]
Drôle d’époque ! Car ces mensonges coûtent cher, très cher, de plus en plus cher, tellement cher que la vérité coûterait moins cher. » 204 (Cf. Relations entre êtres humains. Mensonge, Penser. Vérité, Politique. Vérité)

Politique (Mensonge) (2) : (29 novembre) 2012. Parmi des milliards de mensonges politiques concernant la Palestine et Israël, cf. la déclaration d’Hillary Clinton à la veille du vote à l'ONU pour accorder à la Palestine un statut d'État observateur, refusé par les États-Unis :
« J'ai déjà dit de nombreuses fois que le chemin vers une solution à deux États qui satisferait les aspirations des Palestiniens passe par Jérusalem et Ramallah, et non par New York. » Sans oublier le titre de la dépêche de l’AFP : « Clinton prône le dialogue ».
- Ce type de si grossières déformations de l’histoire, laissant penser que le soutien et l’armement d’Israël par les États-Unis est ici hors propos, est notre quotidien.
Mais dans la mesure où le mensonge est consubstantiel du Politique, sur quels fondements, plus précis, plus cohérents, analyser, dénoncer, critiquer ? 205 (Cf. Politique. Médias. Concept. Vérité)

Politique (Mépris) (1) : Le mépris qui se veut supériorité n’est souvent qu’impuissance à la faire reconnaître. (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains, Patriarcat. Mépris)

Politique (Mépris) (2) : Mépriser, c’est s’abaisser. (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains, Patriarcat. Mépris)

Politique (Minorités) (1) : Pendant des siècles, les pensées politiques ont confronté [et ont été confrontées aux] les majorités dominées aux minorités dominantes (royauté, aristocratie, bourgeoisie, classe ouvrière, paysannat…).
Le suffrage universel a bouleversé cet antagonisme.
Les minorités dominantes, d’autres natures, ont dû alors, pour garder leur pouvoir affaiblir les majorités - d’autres natures - mais toujours dominées.
Le concept politique de « minorité » - qui conforte celui déjà fort critiquable de « majorité » - fut alors conceptualisé en tant que catégorie politique opérationnelle.

Politique (Minorités) (2) : Ceux et celles dorénavant enfermé-es dans cette catégorisation [« Les femmes » ont même pu souvent - et sont encore - considérées comme telles] ont progressivement pris conscience du rôle politique qui leur était dès lors assigné et des mensonges dont ce terme est porteur.
- 1973. François Chalais rapporte le discours d’un orateur noir, à Harlem (sans date) années [19]70) :
« Les Blancs, disait-il, veulent nous faire croire que nous sommes une minorité. Il y a, à New York, deux millions de juifs, et on dit aussi qu’il s’agit d’une minorité, parce que cela arrange certains d’appeler ainsi ce qui les gêne. Nous sommes un million de Noirs, à Long Island tout près d’ici. Depuis quand peut-on considérer un million d’hommes comme quantité négligeable ? La vérité est qu’il nous traitent de minoritaires parce qu’ils désirent, mentalement, vous affaiblir, ou vous faire croire qu’appartenant à un clan inférieur, vous n’êtes destinés qu’à subir, jamais à agir. » 206

Politique (Minorités) (3) : La pensée dominante actuelle utilise le concept de «minorités » dominées (ethniques, sexuelles, nationales, religieuses, linguistiques émanant de la ‘diversité’…de toute sortes…) pour conforter le maintien du pouvoir des minorités dominantes. Sous couvert de faire valoir leurs droits, en déstabilisant l’ensemble du socle sur lesquels ils ont été bâtis, c’est tout un nouveau système de pensée qui est recomposé. (Cf. Droit. Discrimination, Politique. Démocratie. Peuple)

Politique (Minorités) (4) : Adjoindre des minorités à des minorités ne constitue pas un peuple ; elles le dissolvent.

Politique (Minorités) (5) : Re-penser le monde du point de vue des « minorités » [toutes allègrement considérées comme pouvant être assimilées], prises donc en compte soit isolément, soit comparées, soit confondues, c’est ouvrir la voie à toutes les recompositions politiques pensables, les pires incluses. Les minorités sont utilisées comme « levier » pour déstabiliser le socle.
« Donnez-moi un point d’appui et je soulevai le monde » a[urait] dit Archimède [287- 212 avant J.C].
- La ‘pensée’ politique d’Amnesty International - heureusement grossière - en est sinon l’une des principales manifestations, du moins celle la plus aisément lisible.

Politique (Minorités) (6) : Cette analyse n’exclue pas la réalité que les « minorités » soient aussi les cibles, les boucs émissaires des pouvoirs.
- Un exemple, lu le 2 août 2017 :
« En qualité de ‘porte flingue’ de V. Poutine (le nom qu’il s’est lui-même donné), Khadirov [président de Tchétchénie] menace en des termes privés d’ambiguïtés, les minorités sexuelles et politiques sur tout le territoire russe. » 207
Mais ces deux analyses concernant l’évolution de l’utilisation politique actuelle des « minorités » peuvent tout à fait coexister et se renforcer mutuellement.
Doublement fonctionnelles. (Cf. Sexes)

Politique (Minorités) (7) : (3 novembre) 2017. Marc Fumaroli, de l’Académie française, à la question : « Pourquoi ne pas féminiser la langue française ? », répondit :
« Oui, pourquoi pas? Tout est permis à notre liberté moderne. Mais prenons garde à ne pas froisser d'autres catégories sexuelles, les bisexuels, lestranssexuels, les métrosexuels […]. » 208 (Cf. Êtres humains, Femmes, Hommes, Féminisme. Antiféminisme, Langue. Académie française. Féminisation du langage, Patriarcat. Sexes)

Politique (Mise au silence) : En faisant silence sur ceux et celles qu’ils / elles voulaient faire taire, ils / elles ne pensaient pas que ce silence viendrait les accuser.
Ils / elles avaient encore moins pensé que leurs pouvoirs remis en cause, c’est l’ensemble de tous les pouvoirs auxquels ils /elles étaient liés qui - chacun pour leur part, et a fortiori, tous ensemble - seraient accusés, et qui, dès lors risquaient fort d’être a minima déstabilisés.
Mais ce qui est sûr, c’est qu’ils/ elles ne pouvaient plus ni justifier leur silence, ni donc se justifier. Que leur reste-t-il alors ?

Politique (Mondialisation) : La pseudo distinction entre migrant-es économiques, demandeurs/euses d’asile, réfugié-es n’a d’autre logique que le refoulement du plus grand nombre possible d’entre eux / elles hors des frontières nationales et / ou de leur emploi le plus rentable possible, donc le moins couteux.
- Elle implique une absurde différence, une indéfinissable hiérarchie entre ceux et celles qui fuient la faim, la guerre, l’absence de tout avenir…
- Quant à la responsabilité historique, économique, politique, culturelle…des pays Occidentaux dans leur situation, elle est actuellement hors sujet. En Occident… (Politique. Frontières)

Politique (Morale) (1) : Dénigrer, attaquer - sans plus de spécification - « la morale », c’est se prémunir de sa contamination, c’est jeter l’opprobre sur ceux et celles qui s’en prévalent, c’est repousser la pensée de la signification du terme, c’est fuir sa responsabilité, c’est s’accepter comme norme de jugement valide.

Politique (Morale) (2) : Opposer morale et politique, c’est exclure l’hypothèse d’une convergence, d’une rencontre, d’une aspiration, d’une volonté commune. Une Lapalissade, certes, mais vu l’abondance de cette opposition présentée comme relevant de l’évidence du constat, mais beaucoup plus souvent comme relevant de l’implicite de la pensée, peut s’avérer utile…

Politique (Morale) (3) : Ce n’est pas parce que le constat de la contradiction entre morale et politique a été effectué depuis des siècles, que Paul Nizan [1905-1940] ait si fortement dénoncé Les chiens de Garde [1932] 209 - que la revendication de leur nécessaire convergence ne doit pas être réaffirmé.
- Un exemple : comment croire ne serait-ce qu’un tant soit peu à la politique, alors que l’hypothèse selon laquelle Nicolas Sarkozy [dont 32 proches sont mis en examen ou condamnés et que lui-même est deux fois mis en examen] 210 puisse encore se présenter à la présidence de la République est quotidiennement débattue, comme si cela n’était qu’une donnée parmi d’autres… (Cf. Homme. « Politique ». Sarkozy Nicolas, Penser. Morale)

Politique (Morale) (4) : Invoquer, poser « la morale » comme vertu première a pour exigeant et difficile corollaire l’absolue nécessité de la définir : le plus rigoureusement possible, c’est à dire, au mieux - au moins mal ? - de ses possibilités… (Cf. Penser. Morale)

Politique (Morale) (5) : Un beau, bon, et grand projet politique : que « la morale » individuelle et politique - à définir et expliciter préalablement - soit une. (Cf. Penser. Morale)

Politique (Morale) (6) : Pour récuser toute référence à la morale comme fondement du Politique, il est de première nécessité de présenter toutes les morales comme conventionnelles, fondées nécessairement sur des antagonismes binaires, ancrées dans des passés dépassés, conservateurs, réactionnaires, toujours suspects de religiosité. Et ce, afin - surtout ? - qu’aucun lien ne puissent être pensé entre « personnel » et « politique ».

Politique ( Morale) (7) : Sans explicitation de la morale à laquelle on se réfère, aucune pensée, aucun projet du monde à reconstruire n’est pensable.

Par ordre chronologique. Politique. Morale :

Politique (Morale. Retz Cardinal de Retz) (8) : 1675-1677. Le cardinal de Retz [1613-1679], auteur, dans ses Mémoires, de :
« Je sais bien que je manque à la politique, mais je satisfais à la morale ; et j’estime plus l’une que l’autre. » 211
Reste à définir les termes et à s’interroger sur la crédibilité de leur auteur en la matière.

Politique (Morale. Burke Edmund) (9) : 1790. Edmund Burke [1729-1797], dans ses Réflexions sur la révolution de France, auteur de :
« Dans la masse énorme et compliquée des passions et des intérêts humains, les droits originels de l’homme subissent une telle variété de réfractions et de réflexions qu’il serait absurde d’en parler comme s’il leur restait quelque chose de leur simplicité primitive. La nature de l’homme est complexe, les fins de la société le sont au plus haut degré ; aussi aucune conception ou organisation simple du pouvoir ne peut-elle convenir ni à la nature de l’homme, ni à celle de ses affaires. […]
Tout gouvernement [simple] est vicié à la base, pour n’en rien dire de pire. » 212 (Cf. Droit. Droit de l’homme, Penser. Abstraction. Morale)

Politique (Morale. Constant Benjamin) (10) : XVIIIème. XIXème siècle. [Après avoir lu le Journal intime de Benjamin Constant [1767-1830]] Dès lors qu’il a mis un pied en politique, lorsque l’on le voit s’y patauger, s’y vautrer, sans jamais oublier ses propres intérêts, on ne peut plus invoquer ni morale, ni principe, en sa faveur. 213 (Cf. Penser. Morale)

Politique (Morale. Staël Madame de) (11) : 1818. Madame de Staël [1766-1817], auteure, dans ses Considérations sur la Révolution française, de :
« […] On n’a cessé de répéter qu’elle [la morale] convenait aux particuliers, pas aux nations : il est, au contraire vrai que c’est aux gouvernements des états surtout que les principes fixes sont applicables. […]
Ce qui a donné quelque crédit à la maxime infernale qui place la politique au-dessus de la morale, c’est qu’on a confondu les chefs de l’état, avec l’état lui-même. […]» (Pas très clair…) 214 (Cf. Penser. Morale)

Politique (Morale. Lévy Bernard-Henry) (12) : 1976. Bernard-Henry Lévy, auteur de :
« J’ai toujours disjoint, et je continue de disjoindre l’ordre de la politique, auquel je ne crois plus, et l’ordre de la morale. » 215 À quoi croit-il ?

Politique (Morale. Klarsfeld Arno) (13) : 2017. Arno Klarsfeld, soutien de François Fillon, dans un article où on le voit main dans la main avec Fillon et où il se montre, armé, dans un costume militaire de l’armée israélienne, auteur, le 23 février 2017, de :
« […] Donc Fillon n’a pas été malhonnête et il n’a pas été plus immoral qu’un autre. […] Ainsi ne pouvant, selon moi, être mis en examen et n’étant pas non plus moralement le pire du troupeau, il va gagner et gagner facilement. » 216 (Cf. Homme « Politique ». Fillon François) Une réelle hauteur de vue, comme d’analyse…

Politique (Morale. Chamayou Grégoire) (14) : (Février) 2019. Grégoire Chamayou, au terme d’une réflexion concernant le recyclage, le tri des déchets, et l’injonction à « l’écoresponsabilité des citoyens » écrit :
« Par pur souci de l’intérêt général, chacun est désormais censé trier ses déchets, et cela en l’absence de tout mobile égoïste apparent. Entre Homo oeconomicus et Homo politicus, apparait une troisième figure : Homo ethicus, sujet ‘responsable’ chargé à son échelle de contrebattre, par sa micro vertu, des macro vices systémiques.
Sauf que cette nouvelle gouvernance éthique ne chasse pas l’autre, de type économique, qui s’impose à ces mêmes agents. Elle ne la supprime pas : elles se sur imprime. Les mêmes individus, interpellés comme sujets éthiques, le sont toujours aussi, et intensément encore, en tant qu’agents économiques. Chacun doit gérer la tension que produisent ces injonctions contradictoires : être économiquement efficient mais écologiquement responsable.
La responsabilisation est aussi le nom de la contradiction dans la vie psychique des individus : le nom d’une nouvelle figure de la conscience malheureuse, associée à une forme de gouvernement pas le dilemme.
» 217 (Cf. Êtres humains. Conscience, Politique, Économie)

Politique (Moro Aldo) : 1978. Aldo Moro [1916-assassiné par les Brigades rouges le 9 mai 1978] concernant l’absence de soutien de la classe politique Italienne, notamment de la démocratie chrétienne, dans une lettre adressée, avant sa mort, à sa femme, auteur de :
« Tout est inutile quand on ne veut pas ouvrir la porte. » 218

Politique (« Moyenne ») : Toute évocation d’une ‘moyenne’ nie l’idée même d’être humain singulier. Lu sur Wikipédia :
« La moyenne est la valeur unique que devraient avoir tous les individu-es d'une population (ou d'un échantillon) pour que leur total soit inchangé. » (Cf. Penser, Sondages d’opinion)

Politique (Narratif) : 2018. Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes concernant la politique d’Emmanuel Macron en matière d’« émigration », dans une note remise le 3 août à son ministre de tutelle, écrit :
« […] Il faut maitriser le narratif plutôt que de le subir. » 219
Peut-on dire plus clairement que l’autonomie du politique n’existe plus, qu’il ne peut plus même être justifié et que seul en subsiste le discours sur ? (Cf. Langage. Politique. Émigration, Économie. « Crise des migrants »)

Politique (Nationalisme. France) (1) : 2012. Le nationalisme : utile quand on n’a plus rien en stock. (valable pour la France actuelle, pas pour le Tibet, le Kurdistan, la Palestine, etc.…) La multiplicité des drapeaux affichés, place de la Bastille (rouges, Tunisiens, Maliens, Algériens...), le soir de l’élection de François Hollande à la présidence de la République française : l’heureux symbole vivant (bien qu’ambigu) de son dépassement.
* Ajout. 25 novembre 2012. Constat superficiel. Peut-être partiellement valide au plan électoral, mais, de plus en plus, il s’avère que l’extrême droite nationaliste en France, telle qu’incarnée par Marine Le Pen, fait habilement, efficacement, coexister le nationalisme et avec la critique du libéralisme (international).
En toute cohérence : le nationalisme peut être effectivement proposé comme un rempart contre la globalisation libérale. (Cf. Politique. Front National. Gauche)

Politique (Nationalisme. France) (2) : S’opposer à la bi-nationalité s’inscrit-il nécessairement dans le cadre d’une analyse nationaliste ? Oui et d’autant plus que l’on se réfère concomitamment aux risques de contradictions d’« allégeance ». Qui plus est, le racisme peut aisément s’y adjoindre.

Politique (Nationalisme. France) (3) : Pour moins de confusions, définir et donc distinguer, systématiquement en fonction du contexte historique, concernant la France par exemple, ce dont on parle : de « la république » (française), « la démocratie » (française), « la nation » (française), des citoyens-nes (français-es), des personnes habitant en France, de ses lois, sa culture, dans son insertion dans le monde.

Par ordre chronologique. Nationalisme. France :

Politique (Nationalisme. France) (4) : 1766. Voltaire [1694-1788] après avoir appris l’assassinat, après tortures, par la justice du chevalier de la Barre [1749-1766] pour résume-t-il et réduit-il aussi - « avoir chanté des chansons et n’avoir pas ôté son chapeau », écrit le 16 juillet 1766 au comte [1700-1788] et à la comtesse [1703-1784] d’Argental :
« L’atrocité de cette aventure me saisit d’horreur et de colère. Je me repens bien de m’être ruiné à bâtir et à faire du bien dans la lisière d’un pays où l’on commet de sang-froid et en allant dîner des barbaries qui feraient frémir des sauvages ivres. Et c’est là ce peuple si doux, si léger et si gai ! Arlequins anthropophages, je ne veux plus entendre parler de vous. Courez du bûcher au bal, et de la grève à l’Opéra-comique, rouez Calas [1698-1762], pendez Sirven [réhabilité en 1771], brûlez cinq pauvres jeunes gens qu’il fallait […] mettre six mois à Saint-Lazare. Je ne veux pas respirer le même air que vous. » (Cf. Culture. Nationalisme, Justice)
- Le même Voltaire, dans une lettre adressée au chevalier Jacques de Rochefort d’Ally [1738-?], même jour, le 16 juillet 1766, écrit :
« Les français passent pour être gais et polis, il vaudrait mieux passer pour être humains. » 220
* Ajout. 23 septembre 2018. Il existe à Paris, dans le 18ème arrondissement, une rue Chevalier de la Barre.

Politique (Nationalisme. France) (5) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la révolution française, auteur de :
- Concernant la noblesse sous l’Ancien Régime : « La Noblesse avait par toute l’Europe des relations de famille, de caste, de culture commune, qui la rendait très philosophe à l’endroit des préjugés vulgaires de la nationalité. […] »
- Concernant les révolutionnaires étrangers : « La Convention avait une étrange cour : ses entours étaient assiégés d’hommes de toutes nations, qui venaient intriguer, solliciter… Pourquoi ? Pour devenir Français, pour épouser la France. Se perdre en elle, n’être plus eux-mêmes, c’était leur aveugle désir. […] » 221 (Cf. Êtres humains, Politique. État, Histoire. Révolution française)

Politique (Nationalisme. France) (6) : 1856. Alexis de Tocqueville [1805-1859], dans L’ancien régime et la révolution, auteur de :
« […] (Concernant « les premiers jours de 1789 ») J’ose dire qu’il n’y a qu’un peuple sur terre qui pût donner un tel spectacle. Je connais ma nation. Je ne vois que trop bien ses erreurs, ses fautes, ses faiblesses et ses misères. Mais je sais aussi ce dont elle est capable. Il y a des entreprises que seule la nation française est en état de concevoir, des résolutions magnanimes que seule elle ose prendre. Seule, elle peut vouloir embrasser un certain jour la cause commune de l’humanité et vouloir combattre pour elle. Et, si elle est sujette à des chutes profondes, elle a des élans sublimes qui la porte tout à coup jusqu’à un point qu’aucun autre peuple n’attendra jamais. » 222 (Cf. Histoire. Révolution française)

Politique (Nationalisme. France) (7) : (22 juin) 1930. André Gide [1869-1951] dans son Journal écrit cette forte - et, pour moi, neuve - pensée :
« Du caractère incestueux des théories de Barrès [Maurice. 1862-1923] ; d’après lui, tu ne devrais, tu ne pourrais, aimer vraiment personne qui ne soit de ton propre sang. » 223 (Cf. Violences. Violences incestueuses)

Politique (Nationalisme. France) (8) : 1943. Le Chant du Partisan : paroles d’Emmanuel d'Astier de La Vigerie [1900-1969] :
« J'ai changé cent fois de nom. J'ai perdu femme et enfants. Mais j'ai tant d'amis. Et j'ai la France entière. » (Cf. Famille, Politique. Guerre, Patriarcat. Nationalisme)

Politique (Nationalisme. France) (9) : 1985. Jack Lang, auteur de :
« Vue d’un campus américain, la France, où l’on peut encore faire la cour aux dames, tout en se battant pour leur promotion, est un vrai paradis. » 224 Quel rigolo ! (Cf. Homme « Politique ». Lang Jack, Patriarcat. Nationalisme)

Politique (Nationalisme. France) (10) : 2015. L’utilisation nationaliste par l’État français des attentats du 13 novembre 2015 et son utilisation politique de l’émotion est odieuse, grossière, mais fonctionnelle : l’État (Manuel Valls) en est même arrivé, de ce fait, à justifier la répression des manifestations contre « l’état d’urgence » et les a qualifiées indistinctement « d’indignes » au nom du « respect dû aux victimes ». (Cf. Homme « Politique ». Valls Manuel, Politique. État. Répression) 225

Politique (Nationalisme. France) (11) : (1er mai) 2015. Un militant du front national, auteur de :
« On est en France. La France doit rester française, intègre et pas envahie par une émigration sauvage et démesurée. On veut retrouver nos valeurs ; on veut retrouver notre identité, nos familles, nos villes, nos villages, nos églises. Tout ça, c’est nos valeurs. […] Vivre ensemble, c’est vivre en fonction d’une même culture, d’une même religion, etc. Il n’y a pas d’autres options […] » Et oui, en France, en 2015... (Cf. Politique. Front national)

Politique (Nationalisme. France) (12) : (8 avril) 2019. L’intitulé du pupitre derrière lequel s’est exprimé Édouard Philippe, lors de la restitution du « grand débat national » était :
« Paroles de français. »
Si le langage a une signification, le « grand débat national » ne prenait en compte ni la parole des étrangers-ès, ni celle des femmes françaises. Quant à l’Europe….»
(Cf. Politique. « grand débat national »)

Politique (Nationalisme. France) (13) : (14 mai) 2019. Emmanuel Macron, dans son discours aux Invalides du 14 mai 2019 affirme notamment :
« Une nation n'est libre et forte que d'avoir des héros, dont elle doit se montrer digne, en s'élevant à leur hauteur et en restant soudés. » 226
Une nation « soudée », autour de ses héros : !!!… (Cf. Homme. Héros, Homme « Politique ». Macron Emmanuel)

Politique (Nationalisme. France) (14) : (18 mai) 2019. Marine Le Pen, à Milan, lors d’une réunion à Milan de l’extrême droite européenne, auteure de :
« Nous voulons vivre en France comme des Français, en Italie comme des Italiens et plus largement en Europe comme des Européens. » 227
Comment peut-on dire, en sus du langage exclusivement mâle, de telles absurdités, lesquelles n’en sont pas moins très dangereuses… (Cf. Politique. Front National)

Politique (Nationalisme. France) (15) : (19 mai) 2019. Des centaines de sans-papiers ont occupé le terminal 2 de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, le 19 mai 2019, afin de dénoncer la politique d’asile (sic) de l’exécutif. Ils ont par ailleurs dénoncé le rôle d’Air France accusé de participer logistiquement à des « déportations » de sans-papiers.
« La France c'est pas aux Français, [toute l'Afrique a le droit d'être ici] », a notamment lancé un immigré Soudanais dont les propos ont été traduits par un homme qui se tenait à ses côtés. 228
Enfin, une analyse intelligente…

Politique (Nécessité) : Juger de chaque politique en premier et ultime critère de sa plus grande nécessité [utilité] pour le plus grand nombre ; ce que n‘a jamais postulé la démocratie. (Poursuivre) (Cf. Politique. Démocratie)

Politique (Nous) : (31 décembre) 2107. Emmanuel Macron, auteur de :
« En 2018, vous aurez peut-être dans vos vies personnelles des doutes ou des drames, mais n’oubliez pas que nous sommes la nation française. »
Toujours se méfier des « Nous ». (Cf. Femmes. « Nous les femmes », Homme « Politique ». Macron Emmanuel, Langage, Politique. Nationalisme)
* Ajout. 14 août 2019. Voltaire écrivait : « Quand je dis vous, j’entends nous, […]». 229
Bien souvent, quand j’entends « nous », je pense à un « je », accru sans limites et aux frontières indéfinissables.

Politique (« Nuit du 4 août 1789 ») (1) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, retrace précisément dans son passionnant chapitre IV. Livre II, intitulé Nuit du 4 août, les complexes processus par lesquels, sans une goutte de sang, le système féodal fut déclaré aboli. 230 (Cf. Politique. Démocratie. État. « Gilets jaunes », Histoire. Révolution française)

Politique (« Nuit du 4 août 1789 ») (2) : 1876. Hippolyte Taine [1828-1893], dans Les origines de la France contemporaine, auteur de :
« […] Ce qui aurait demandé une année de soins et méditations, dit un étranger compétent [non cité], fut proposé, délibéré et voté par acclamation générale. L’abolition des droits féodaux, de la dîme, des privilèges des provinces, trois articles qui, à eux seuls, embrassaient tout un système de jurisprudence et de politique, furent décidés, avec dix ou douze autres, en moins de temps qu’il n’en faut au parlement d’Angleterre, pour la première lecture d’un bill de quelque importance.’
‘Voilà bien, nos français, disait encore Mirabeau, ils sont un mois entier à discuter des syllabes, et dans une nuit, ils renversent tout l’ancien ordre de la monarchie.’
» 231 (Cf. Politique. Démocratie. État. « Gilets jaunes », Histoire. Révolution française)

Politique (ONG) : 1995. Hillary Clinton définit les ONG, en 1995, comme des
« forces de médiation qui contribuent à tenir en respect l’État et le secteur privé. » 232 Non. Pas vraiment, et souvent pas du tout. (Cf. Politique. Association. Conciliation […], Économie…)

Politique (Opposition) : 1935. Boris Souvarine [1895-1984], auteur de :
« La faiblesse de la minorité [Trotskyste à Staline en 1927] tient moins à la loi du nombre qu’à son incapacité intrinsèque à raisonner dans le concret, à ses insolubles contradictions internes, à l’obscurité opaque de sa perspective. » 233
Peut-être positivement mis au goût du jour dans nombre de domaines… (Cf. Politique. Gauche)

Politique (Oppression. Beauvoir de Simone) : 1963. Pour Simone de Beauvoir [1908-1986] : « La vérité de l’oppression, c’est l’opprimé ». 234 Non.
C’est l’analyse, la compréhension, le dévoilement, la mise à nu de la vérité des systèmes d’oppression, qui, chacun pour leur part, selon leurs spécificités, leurs concepts, leurs langages, oppriment les opprimé-es. Change radicalement le point de vue de l’analyse et donc l’analyse elle-même. (Prolonger. Systématiser) (Cf. Féminisme, Politique. Loi. Victor Hugo, Patriarcat. Concept, Violences. Victimes)
* Ajout. 2 janvier 2017. 1889. La même critique est valable concernant cette analyse de Pierre Kropotkine [1842-1921] dans La morale anarchiste :
« Le gouverné, le trompé, l’exploité,la prostituée et ainsi de suite, blessent avant tout nos sentiments d’égalité.C’est au nom de l’Égalité que nous ne voulons plus, ni prostituées, ni exploités, ni trompés, ni gouvernés. »235 (Cf. Politique. Concept. Égalité)

Politique (Panégyrique) : 1925. Le Lénine de Trotsky fait le lit de Staline. 236 (Cf. Relations entre êtres humains. Admiration, Histoire)

Politique (Passions) : 1839. Alexis de Tocqueville [1805-1859], alors député, dans une lettre en date du 19 octobre 1839 adressée à Francisque de Corcelle [1802-1892], après lui avoir notamment affirmé : « Je regrette vivement d’être à la Chambre », lui écrit :
« […] Ne verrons-nous donc jamais s’élever de nouveau le vent des véritables passions politiques, mon cher Corcelle, de ces passions violentes, dures, cruelles quelques fois, mais grandes, désintéressées, fécondes ; ces passions qui sont l’âme des seuls partis que je comprenne et auxquels je me sentirais volontiers disposé à sacrifier mon temps, ma fortune et ma vie. Je ne m’accoutume point à ce que nous avons sous les yeux. Je ne m’y accoutumerai jamais. » 237

Politique (Parité) (1) : Le terme de « parité » a suscité de réels espoirs (dont le mien), mais sa grande confusion a permis qu’il perde toute signification, jusqu’à son enterrement de 3ème classe - le mot lui-même n’étant pas cité - par la révision constitutionnelle du 8 juillet 1999, que voici :
« La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives » est-il simplement affirmé.
- Dès lors, Lionel Jospin ne peut être positivement crédité d’une constitutionnalisation de la « parité ». 238. Non, cette modification de l’article 3 de la constitution de le Vème république ni, ne « redéfinit le souverain », ni, bien évidemment, ne peut être qualifiée de « révolution ». 239

Politique (Parité) (2) : La parité, c’est 50/50 à l’arrivée, sinon rien.

Politique (Parité) (3) : L’absence de lien entre la revendication de parité et revendications féministes 240 explique largement l’instrumentalisation de ce qui s’être avéré n’être qu’un mot, non conceptuellement différencié de l’égalité, terme qui, lui-même, n’est pas un concept. (Cf. Politique. Égalité)
* Ajout. 22 juin 2017. Si le terme était flou, il n’en reste pas moins qu’il fut porteur de réelles modifications en matière de représentation politique. C’est tout ?

Politique (Parité) (4) : Si, en l’état, le Parlement était composé de 50 % d’hommes et de femmes, et, qui plus est, même s’il était un fidèle reflet (impensable par ailleurs) de la société française dans toutes ses composantes, cela en changerait-elle la nature, la fonction du Parlement ? Qu’importe la parité, si le parlement est impuissant…ce qui n’est pas le seul de ses ‘défauts’ ? Question abstraite et donc peu utile…

Politique (Parité) (5) : Au lendemain des élections législatives suite à l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, suite à la composition d’un gouvernement Philippe / Macron, il n’en reste pas moins que sans doute jamais le parlement n’a été aussi inopérant, et que la France est toujours gouvernée par une élite de privilégié-es. Sans aucun réel projet féministe. (Cf. Politique. Élites)

Politique (Parité) (6) : Qu’une femme invoque, en soutien, en défense, en faveur d’elle-même, à l’occasion d’une élection, « la parité » déconsidère celle qui invoque l’argument et, plus grave, délégitime l’idée, aussi incertaine soit-elle. Plus globalement, si l’hypothèse d’un intérêt personnel peut expliquer, peut être considéré comme étant la cause, la raison d’une prise de position, s’abstenir. (Cf. Femme. « Politique »)

Politique (Parité) (7) : (6 juin) 2018. Le nouveau gouvernement socialiste espagnol : 11 femmes et 6 hommes. La parité a volé en éclat.
- La presse hésite entre une « nouvelle équipe dirigeante féminine (onze femmes et six hommes) », un « gouvernement féminin », « un gouvernement majoritairement féminin ». (Cf. Femme. « Féminin »)

Politique (Parité) (8) : 1945. Hélène Brion [1882-1962] « cosigne » au nom du groupe des « Femmes pour la libération nationale’, branche féministe du MLN [Mouvement pour la libération Nationale], le 6 mars 1945, une lettre à Eleanor Roosevelt [1884-1962] dans laquelle elle lui soumet « une idée qui a besoin de [son] appui. Cette idée : il faut qu’il y ait des femmes dans les assemblées ou conférences qui élaboreront les statuts futurs de la paix mondiale, autant de femmes que d’hommes. » [Souligné] 241
Hélène Brion, la première féministe qui ait revendiqué la parité ?

Politique (Patrie. Remarque Eric Maria) (1) : 1929. Eric Maria Remarque [1898-1970], dans À l’Ouest, rien de nouveau, rapporte une discussion entre militaires allemands pendant la première guerre mondiale :
« C’est bizarre quand on y réfléchit, poursuit Kropp. Nous sommes pourtant ici pour défendre notre patrie. Mais les Français, eux aussi, sont là pour défendre la leur. Qui donc a raison ?
- Peut être les uns et les autres, dis-je sans le croire.
- Soit, fait Albert (je vois, à son air qu’il veut me poser une colle) mais nos professeurs, nos pasteurs et nos journaux disent que nous sommes seuls dans notre droit et j’espère bien que c’est le cas. Et les professeurs, les curés et les journaux français prétendent aux aussi être seuls dans leurs droits. Comment donc est-ce possible ?
- Je ne le sais pas, dis-je. En, tout cas, c’est la guerre et chaque mois, il y entre de nouveaux pays. »
242 (Cf. Politique. Guerre. Père)

Politique (Patrie. Léautaud Paul) (2) : 1951. Paul Léautaud [1872-1956], auteur de :
« La première patrie ici-bas, c’est la vie. » 243 Ouvre de larges horizons… (Cf. Politique. Guerre. Nationalisme, Vie)

Politique (Pauvreté) : Toute ‘explication’ causale par la pauvreté - pire encore par « les pauvres » - conforte tous les rapports de domination, et donc tous les systèmes de domination. En d’autres termes, le simple fait de parler de prime abord de «pauvreté» cautionne les systèmes qui la produisent. Des tonnes de littérature, notamment onusienne, sur la pauvreté [et ses pseudos liens avec «la prostitution», entre autres…] pourraient - devraient ? - de ce fait, disparaître. (Cf. Patriarcat, Proxénétisme, Économie. « Pauvres (Les)»)

Politique (Pédagogie. Faire de la) : À chaque fois que j’entends avoir comme projet (politique) de la nécessité de « faire de la pédagogie », je pense que la personne qui énonce reconnaît de facto son échec, n’a aucune solution à proposer, vous prend pour des imbéciles, est elle-même une imbécile.
- Vous entendez qu’il « faut faire de la pédagogie », fuyez. À l’infantilisation, à l’abêtissement, au mépris de toute intelligence, suit nécessairement la propagande….heureusement, clairement annoncée.
- Entendu (concernant Emmanuel Macron) évoquer « la pédagogie de la castagne ». 244 Entendu, lu, à ce propos, le chiffre de 11.000 grenades tirées par la police pour détruire les 19 « baraques » de Notre-Dame des Landes du 9 au 17 avril 2018.
Pour la présentation de ces grenades, lire l’article : Les grenades militaires utilisées dans l’opération Notre dame des Landes. 245 (Cf. Politique. État, Violences)
* Ajout. 23 avril 2018. 2018. Certains politiques évoquent, en lieu et place, la nécessité de « mener un travail de conviction ». 246
* Ajout. 18 mai 2017. 2018. Dans un dessin du Canard enchaîné, Emmanuel Macron enjoint ses ministres de « faire de preuve de pédagogie pour expliquer aux français que c’est comme ça et pas autrement ! » 247
* Ajout. 2 mai 2018. 1771. Frédéric II [1712-1786] roi de Prusse, concernant Catherine II, impératrice de Russie [1729-1798] évoque, le 19 janvier 1771, « les soins qu’elle se donne de décrasser, d’élever et d’éclairer ses sujets. » 248
* Ajout. 25 juin 2018. 1932. Paul Nizan [1905-1940] dans Les chiens de garde, auteur de :
« […] Aucune pensée n’est vide de poisons pourvu qu’elle soit dite et redite. » 249
* Ajout. 1er septembre 2018. 1813. Madame de Staël [1766-1817] auteure de :
« Les gouvernements sont les vrais instituteurs des peuples. »
Et ce suivi de :
« […] ce qu’il y a de plus important pour la conduite de ce monde, c’est d’apprendre les autresopinions opposées à la nôtre »], c’est-à-dire de concevoir tout ce qui les porte à penser et à sentir autrement que nous. » 250

Politique (Penser) (1) : Penser l’être humain comme « né libre », n’est-ce pas s’interdire de penser le Politique ? (Cf. Êtres humains, Penser)

Politique (Penser) (2) : 2017. Affirmer : « Un pays, un peuple, c’est comme un individu » 251 n’est-ce pas s’inscrire dans un projet de fin du Politique ? (Cf. Êtres humains, Penser)

Politique (Perrineau Pascal) : (mai) 2018. Pascal Perrineau, politologue, « spécialiste » notamment des sondages, le lendemain de la manifestation : « La fête à Macron », auteur de :
« Je crois que l’attentisme bienveillant (à l’égard d’Emmanuel Macron) va continuer », ce qui serait notamment dû « à l’incroyable faiblesse des tous ses opposants ». 252
* Ajout. 22 septembre 2018. Le Figaro : « Popularité : Emmanuel Macron atteint son niveau le plus bas. »
* Ajout. 24 novembre 2018. Le même Pascal Perrineau, le jour de la manifestation, notamment parisienne, du 24 novembre 2018, après avoir déclaré : « On a tous les signes qu’on est rentrés dans un nouveau monde » a affirmé concernant les « Gilets jaunes » :
« ce sont des petits et des sans grade. » 253
Il serait, d’ailleurs, sans doute, ébahi d’être interpellé sur le jugement de valeur de son propos… (Cf. Langage. Peuple, Politique « Gilets jaunes », Économie. « Gilets jaunes »)
* Ajout. 17 janvier 2019. Pascal Perrineau, « désigné » par le président du Sénat, Gérard Larcher est l’un des cinq « garants » « nommé » « pour assurer l’indépendance du grand débat décidé par Emmanuel Macron ». (Cf. Politique. État. « grand débat national », Sondages, Sciences sociales)

Politique (Pessimisme) : Politiquement, nécessairement conservateur : ne pas penser qu’un futur puisse, doive, peu ou prou, être meilleur interdit de le construire. Plus encore, en prolongeant, dès lors, nécessairement le passé et ses grilles d’analyse, le pessimisme ouvre la voie au sentiment d’impuissance et donc a minima à la permanence du statu quo.
Faut-il préciser que l’optimisme n’exclut pas la lucidité ?

Politique (Philippe Édouard) (1) : 2018. Édouard Philippe, premier ministre, à l’Assemblée nationale, auteur, le 28 mars 2018, de :
« […] Tout ce qui rassemble grandit. » 254 Terrifiant… (Cf. Penser, Patriarcat, Politique)

Politique (Philippe Édouard) (2) : 2018. Édouard Philippe, premier ministre, à l’Assemblée nationale, auteur le 1er juillet 2018 de :
« Les français sentent qu’il y a du mouvement […] » De quoi parle-t-il ? Pour faire quoi, pour aller où ? Et pourquoi faudrait-il bouger ? 255
Un constat d’échec, par ailleurs.
* Ajout. 17 juin 2019. 2019. Dans le même sens, Édouard Philippe, à l’Assemblée nationale, auteur de : « Mon objectif, c’est que ce que l’on fait produise des effets. »
Cette phrase me fait penser aux vertus dormitives de l’opium : la politique que je conduis est nécessaire parce que je dois la mener à bien. (Cf. Économie. « Remonter le pays »)

Politique (Politicien-nes) : 2011. [Difficilement dissociable d’hommes / femmes dits politiques] Lu sur le net en commentaire d’un article concernant un homme dit politique :
« Je fais partie d’un club, je fais ce qui me plaît, je courre le guilledou, je fais la morale aux autres, toutes les femmes sont à mes pieds (presque), je commande, je décide, j’impose, je roule vite mais en voiture de fonction, on m’invite partout, on m’écoute, on m’envisage, mes costumes et mes chemises valent quelques sous, le matin à Paris, l’après-midi à Lyon, le soir à la TV. Et, quand on me traîne dans la boue, je m’offusque, le juge me pardonne et je me représente… Je ne fais qu’un seul geste, je retourne ma veste toujours du bon côté… Hommo politicus cathodicus vulgarisis. » 256 (Cf. Êtres humains. Vie-dite-privée, Justice. Présomption d’innocence, Politique. Morale)

Politique (Pouvoir) (1) : Les lieux où j’ai peut-être le plus vivement ressenti le pouvoir furent ceux où - en toute naïveté - je pensais qu’il était censé ne pas exister. Savoir découvrir le pouvoir mis en œuvre, le dévoiler, l’affronter, le déjouer, et / ou le fuir, en comprendre les mécanismes, le combattre, s’apprend. Pour cela, il faut le comprendre. Sans doute la plus fondamentale, nécessaire - et donc positive - leçon de la vie. Une vie n’y suffit pas, mais toutes les analyses, toutes les pensées, tous les vécus accélèrent la prise de conscience. (Cf. Penser. Pouvoir)

Politique (Pouvoir) (2) : Le comble du pouvoir : vaincre sans combattre. La norme ? (Cf. Politique. État, Politique. Loi, Patriarcat)

Politique (Pouvoir) (3) : Le comble du pouvoir : prendre sa force pour acquise, sans parole, sans menace, sans pression donc et contraindre l’autre à s’y conformer, à s’y adapter, à y trouver sa place, à la justifier enfin.

Politique (Pouvoir) (4) : Dans un monde fondé sur, structuré par le pouvoir, c’est à dire sur le strict rapport de forces, le premier qui demande - ou, c’est selon, celui qui est responsable de la rupture - a perdu. (Cf. Politique. Rapport de force)
- Dans un autre monde, la demande est échange et ouvre la voie au partage.

Politique (Pouvoir) (5) : Il voulut se faire marteau pour ne pas être enclume. Il fut écrabouillé.

Politique (Pouvoir) (6) : Pourquoi tout pouvoir doit-il - nécessairement - être autoritaire ? Parce qu’il est illégitime, sa force seule le fondant. L’invocation de la crainte de l’anarchie, dès lors qu’il est contesté est donc compréhensible. (Poursuivre)

Politique (Pouvoir) (7) : Déconsidérer le pouvoir, où qu’il soit, petit ou grand.
Que personne ne s’estime assez « grand-e » pour en assumer les responsabilités ; que personne n’ait plus de « goût » pour le pouvoir ;
que personne n’ait plus le « tempérament » pour l’exercer ;
que personne n’ait plus « l’ambition » de le souhaiter.

Politique (Pouvoir) (8) : Aspirer au pouvoir, conquérir le pouvoir, exercer le pouvoir, participer au pouvoir, critiquer le pouvoir relèvent de logiques politiques de natures différentes.

Politique (Pouvoir) (9) : Trop nombreuses sont les personnes, à fortiori les institutions, qui confondent la conscience de l’existence du pouvoir, et donc de rapports de force, avec la nécessité de s’y conformer. Et donc de le conforter. (Cf. Patriarcat, Politique. État)

Par ordre chronologique. Politique. Pouvoir :

Politique (Pouvoir) (10) : 1773. Voltaire [1694-1778] dans un lettre adressée au comte d’Argental [1700-1788], le 1er février 1773, lui écrit :
« […] Ainsi, vous dites, tout pouvoir finit en cédant au préjugé, ce qui n’est pas vrai. Tout pouvoir est borné ; voilà qui est vrai. » 257

Politique (Pouvoir) (11) : 1865-1869. Léon Tolstoï [1828-1910] dans La guerre et la paix, auteur de :
« Le pouvoir […] n’est que le rapport de dépendance qui existe entre la volonté exprimée d’un homme et l’accomplissement de cette volonté par d’autres hommes. »
Analyse reprise sous cette formulation :
« C’est le rapport entre celui qui commande et ceux qui sont commandés qui constitue l’essence de la notion appelée pouvoir. » 258
- En remplaçant « la volonté exprimée d’un homme », « celui qui commande » par la prise en compte des logiques et des incohérences de « systèmes de domination », l’analyse de Tolstoï évite pas mal de présupposés analytiques qui sont autant de culs-de-sac…

Politique (Pouvoir) (12) : 1970. Slogan féministe affiché à l’Université de Vincennes en mai 1970 :
« Le pouvoir est au bout du phallus » (Cf. Féminisme, Patriarcat, Sexes […]. Homme)

Politique (Pouvoir) (13) : 2018. Slogan lu sur un mur de l’Université de Tolbiac occupée, en avril 2018, par les étudiant-es :
« Nous ne voulons pas le pouvoir. Nous voulons pouvoir. »

Politique (Pouvoir) (14) : 2018. Joan Lansman, fondateur de Momentum, organe interne mais affirmé comme indépendant du parti travailliste britannique, revendiquant 40.000 membres, se définissant comme «socialiste», auteur de :
« […] Le pouvoir du peuple, ça marche ! », suivi de : « C’est une nouvelle façon de faire de la politique » : ? (Cf. Langage. Peuple, Politique. Démocratie, Histoire)

Politique (« Premier pas ») : Se satisfaire d’un premier pas augure mal de l’avenir.

Principe (1) : 1793. Je lis dans Les origines de la France contemporaine d’Hippolyte Taine [1828-1893] :
« La veille du vote du 15 janvier 1793 de la mort de Louis XVI, [1754-1793] Vergniaud [Pierre Victurien. 1753-1793] disait à Monsieur de Ségur [1753-1830] :
Moi, voter la mort ! C’est m’insulter que de me croire capable d’une action aussi indigne.’
Et il en détaillait l’affreuse iniquité, l’inutilité, le danger même. - Je resterais, disait-il, seul de mon opinion que je ne voterai pas la mort’, et le lendemain, ayant voté comme on sait, il s’excuse en disant ‘qu’il n’a pas cru devoir mettre en balance la chose publique avec la vie d’un seul homme.’ » 259

Politique (Principe) (2) : 1990. [Concernant le principe de la vente des « frégates » à Taïwan - que la Chine continentale refuse - Jacques Attali, « conseiller spécial » du président de la république, qui en soutient le principe écrit une note confidentielle (reproduite par Roland Dumas, non datée) à François Mitterrand [1916-1996]] :
« Je trouverais absurde de céder à l’intimidation chinoise :
- aucun progrès n’a été fait sur les droits de l’homme à ce jour dans ce pays ;
- c’est un énorme contrat qui sera pris par les Anglais ou d’autres, si nous cédons ;
- pour une fois que les droits de l’homme et nos intérêts commerciaux vont dans le même sens ! »
260 (Cf. Homme. « Politique ». Attali Jacques, Penser. Principe, Politique. Démocratie. Attali Jacques)

Politique (« Principe de précaution ») : (27 janvier) 2019. Agnès Thill, députée de La république en marche, opposée à la PMA, auteure, dans un tweet de :
« C’est parfait ce principe de précaution. Le principe de précaution vaut pour tout, je m’en réjouis. Et si on le faisait aussi valoir pour MPA pour toutes tant qu’on n’est pas sûr que naître sans père est mieux pour l’enfant. » 261
Ou : Comment l’absurdité d’un raisonnement démontre l’absurdité d’un principe.

Politique (Profit) : Une critique anticapitaliste doit d’abord s’interroger sur la légitimité même du concept - car c’en est bien un - de profit. Mais cette réflexion ne peut se limiter à l’« économique » - qui, lui, n’est pas un concept. (Cf. Économie)

Politique (Projet) : Creuser les interstices ; aiguiser les contradictions ; courcircuiter les hiérarchies ; supprimer les distinctions (médailles, notes, classements, diplômes, salaires/revenus/transferts…) et les comparaisons ; élargir les horizons ; dénoncer tous les systèmes de domination ; redistribuer et partager les acquis, au premier chef celui de la parole ? ; remettre en cause les valeurs (et donc les unités de mesure) et leur hiérarchisation ; construire des cultures collectives fondées sur l’écoute et la compréhension mutuelle des violences subies et mises en œuvre, des frustrations, des revendications, des aspirations, des résistances, des refus et des rêves de chacun-e. Ne nécessite ni violence, ni avant-garde, ni délégation, ni porte-parole, ni intermédiaire, ni représentation…. Mais n’est-ce pas déjà ce qui d’ores et déjà - par l’action directe notamment - est sinon la réalité des nouvelles manifestations des contestations politiques, du moins l’une de ses principales aspiration ? (Cf. Penser le futur du monde)
* Ajout. 9 septembre 2017. Regrettant de ne pas avoir pas été mieux comprise, alors qu’elle n’avait cessé d’incarner ses idées, elle reprenait l’adage : « Je montre la lune et tout le monde regarde le doigt ». Pour éviter ce détournement : Retirer le doigt et tout le monde regardera la lune. (Cf. Penser)

Politique (Propagande) : 2017. Elle publie 18 août 2017 un interview de Brigitte Macron qui s’affirme « Leibnizienne ». Elle est présentée comme « douée d’une ‘intelligence tout terrain’, ’romanesque’, ‘héroïne de Françoise Sagan’, une femme libre’, ‘exceptionnelle’ » 262 : ce n’est plus de la flagornerie, c’est de la propagande. Grossière qui plus est.
- Et les médias (dominants), de concert, ont analysé, vanté, sinon jalousé - en tout état de cause, jamais [le Canard enchaîné exclu] critiqué sur ce fondement - ledit interview. (Cf. Femme. Épouse. « Politique» )

Politique (Propriété sociale) : Que chacun-e déclare ce qu’il/elle considère comme tel-le. Après, on avise, on discute et on repense les modalités de processus de créations de biens redéfinis par certains comme « communs » ; pour ce faire, nécessité de repenser préalablement et prioritairement les antagonismes entre les besoins collectifs et les logiques de l’accumulation capitaliste marchande mondialisée. (Cf. Politique. Démocratie, Économie)
* Ajout. 27 juillet 2019. Entendu concernant « les biens communs », les définitions suivantes :
« jouir sans posséder », « une ressource en accès partagé »
Par exemple : dans le patriarcat, les femmes - entre autres …- par exemple ? (Cf. Économie)

Politique (Provocation) (1) : Est qualifié comme telle toute initiative prise par un-e autre considérée comme gênante pour soi, sans s’interroger outre mesure sur le fait que celui/celle qui qualifie tel ou tel acte/parole de « provocation » se considère légitimement le centre du monde.
- Exemples de « provocations » : «Elle m’a cherché » ou : « L’Iran construit une centrale nucléaire ».

Politique (Provocation) (2) : 2017. Émission ce jour (26 janvier 2017) de France Culture consacrée aux Méditations métaphysiques de Descartes. Présentation de l’invité :
« Vous êtes professeur de philosophie moderne […] et vous avez [notamment] consacré un livre à Descartes et l’ordre politique qui est un thème peu exploré. Alors, quand Descartes parle de la distinction entre le corps et l’âme de l’homme, ça s’applique aussi à la femme, non ? ».
- Réponse d’un ton mi enjoué, mi étonné, mi amusé, mi distancié :
« Ah ! on commence par une provocation ? »
- Réaction : « Non : Une question ».
- Réponse d’un ton tout à fait assuré :
« Oui, ça s’applique aussi à la femme. Surtout pour Descartes. C’est sans doute le philosophe de cette époque qui a le plus considéré l’égalité - et même plus d’ailleurs - de la femme et de l’homme. » 263
- Pour se sortir de la « provocation » ? (Cf. Homme. « Intellectuel », Penser, Philosophie)

Politique (Queuille Henri) (1) : Milieu du XXème siècle (sans date). Henri Queuille [1884-1970], homme politique « radical socialiste », de nombreuses fois ministre sous la IIIème et la IVème république, trois fois président du conseil sous la IVème république, auteur de :
- « Quand vous êtes embêtés, embrouillez tout »
- « Toute réforme fiscale consiste à supprimer des impôts sur des choses qui étaient taxées depuis longtemps pour les remplacer par des nouveaux plus lourds sur des choses qui ne l’étaient pas. »
- « Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout. »
- « La politique, ce n'est pas de résoudre les problèmes, c'est de faire taire ceux qui les posent. »
« Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent ». 264
- De réelles pensées politiques fondées sur une longue pratique. (Cf. Penser, Économie. Impôts)

Politique (Queuille Henri) (2) : (24 juin) 1952. Jean Guitton [1901-1999] rapporte les propos de « Monseigneur Roncalli [futur Jean XXIII] » [1881-1963] :
« Il me raconte enfin un entretien qu’il vient d’avoir avec Queuille [qui n’est plus président du Conseil depuis le 10 juillet 1951] pour lequel il a de la sympathie. ‘ Excellence, disait Queuille, l’Église, on en sort, on lui fait des infidélités toute sa vie, et puis on y revient ’. Et Queuille lui disait encore : ‘En France, la seule institution sur laquelle on peut compter, c’est l’épiscopat.’ » 265
Autres temps, autres institutions ? …

Politique (Radicalité) : Vieillit très vite : preuve, par ailleurs, de son - urgente - nécessité. (Cf. Féminisme. Radical)

Politique (Rapport de forces) : Savoir évaluer un rapport de forces n’exclue pas de participer à son élaboration. (Cf. Politique. Pouvoir)

Politique (Réalité) (1) : Aspirer à s’adapter à « la réalité » [du monde], outre son absurdité, c’est revendiquer sa propre mort.

Politique (Réalité) (2) : La réalité, c’est que tout - ou presque - est et possible et impossible. À comparer avec le slogan de 68 :
« Soyez réaliste, demandez l’impossible. »

Par ordre chronologique. Politique. Réalité :

Politique (Réalité) (3) : XVIIème siècle. Le Cardinal de Retz [1613-1679], dans ses Mémoires, auteur de :
« L’expérience nous fait connaître que tout ce qui est incroyable n’est pas faux. » 266

Politique (Réalité) (4) : 1949. George Orwell [1903-1950], auteur, dans 1984, de :
« En causant avec elle, Winston se rendit compte à quel point il était facile de présenter l’apparence de l’orthodoxie sans avoir la moindre notion de ce qui signifiait l’orthodoxie.
Dans un sens, c’était sur les gens incapables de la comprendre que la vision du monde qu’avait le parti s’imposait avec le plus de succès.
On pouvait leur faire accepter les violations les plus flagrantes de la réalité parce qu’ils ne saisissaient jamais entièrement l‘énormité de ce qui leur était demandé et n’étaient pas suffisamment intéressés par les évènements publics pour remarquer ce qui se passait. […] » 267
Puissant et si éclairant (et si dramatiquement vérifié lors de l’Euro de foot de juillet 2016)…
* Ajout. 14 juin 2017. Combien d’émissions de radio, de télé, des débats, de pseudo interrogations, d’injures… autour de termes qui, pouvant signifier tout, ne signifient rien. (Cf. Langage. Genre)

Politique (Réalité) (5) : 1982. Le Président de la Commission d’enquête sur les activités du Service d’action civique (SAC) de l’Assemblée nationale [1982] M. Alain Hautecoeur, à Monsieur Raymond Marcellin [1914-2004], ancien ministre de l’Intérieur, qui lui avait dit en 1982 :
« Ce que j’ai compris de ce que vous m’aviez dit me semblait invraisemblable » : sa réponse :
« Si vous saviez le nombre de choses invraisemblables qu’on a entendu au cours de cette enquête […]. » (Cf. Politique. État) 268 Oui.

Politique (Récompense) : 1993. Lors d’échanges avec l’Abbé Pierre, dans un chapitre consacré à l’Éloge de l’illégalité, Bernard Kouchner se remémore :
« Soyons honnête, ces actions (illégales) portaient en elles-mêmes leur récompense et pas celles qu’on croit : je me souviens d’une nuit de guet derrière le talusdans les fossés de Fresnes (prison) pour compter les rondes de police et monter des plans »], avec une jeune fille très belle et de la journée formidable que j’ai ensuite vécue dans sa chambre. Je ne sais pas si ça a été très utile pour le paix en Algérie, mais ça a été très agréable pour moi. » 269
Il est des égotismes qui n’en sont pas moins intéressants en matière de vérité. (Cf. Relations entre êtres humains. Récompense, Homme. « Politique »)

Politique (Réforme) (1) : Terme définitivement délégitimé depuis que Nicolas Sarkozy a fait de « la réforme » sa pierre philosophale, vite abandonnée par ailleurs. En tout état de cause, ne veut rien dire. Le « changement » de François Hollande l’a aisément remplacé. « Les réformes » d’Emmanuel Macron ont suivi, puis elles-mêmes furent disqualifiées après qu’il eut affirmé que les Français ne les aimaient pas et que la France n’était pas réformable. Alors « les réformes » ont été muées en « transformations »… (Cf. Politique. État. Réforme)

Politique (Réforme) (2) : Toute réforme est, du seul fait de son ‘réalisme’, nécessairement vouée à l’échec : on ne peut résoudre un problème avec les méthodes qui les ont engendrées. (Cf. Homme. « Politique ». Hollande François. Sarkozy Nicolas, Langage, Penser. Principe, Politique. Démocratie)

Politique (Réforme) (3) : À chaque réforme réalisée, ne pas oublier de penser à la logique des coupe-feux mise en place pour tenter de mieux freiner et maitriser les incendies.

Politique (Réformisme) : Être réformiste, c’est penser dans les mêmes catégories mentales, politiques que ceux/celles qui gouvernent, gèrent, décident, administrent…C’est, au sein de ces cadres, proposer, au nom de la nécessité, du bon sens, de la bonne volonté, de la meilleure efficacité, de la justice, du progrès, de la démocratie, de la nécessité, de la croissance-et-de-la-création-d’emploi des mesures présentées comme devant atténuer les maux que l’on dénonce, afin d’améliorer ‘l’état des choses’. Mais ce, dans la logique même qui les a causées.
- Se remémorer Tancrède dans Le Guépard de G. de Lampedusa :
« Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que d’abord tout change. » 270 : toujours un angle de vue utile pour soulever le rideau de fumée nécessaire au réformisme. (Cf. Penser. Cause, Critique. Modérée, Politique. Démocratie, Économie)

Politique (Règles) : 2000. Pierre Botton, auteur de :
« […] À mon tour, j’avais appris la leçon et compris que les règles du jeu exigent qu’il n’y ait aucune règle. » 271 (Cf. Justice)

Politique (Républicains) : 1905. « Ces républicains sont vraiment méprisables. Ils rêvent de renverser l’Empire, mais n’osent même pas l’attaquer. » 272 Ce jugement de George Darien [1862-1921], un homme courageux, concerne bien d’autres qu’eux…et pourrait fort aisément concerner - au hasard…- en 2016 les députés dits « frondeurs » du P.S.

Politique (République) (1) : Il est de mauvais goût d’évoquer le fait que l’exclusion du droit de vote de la moitié des êtres humains pourrait être mis à son passif et avoir une lourde signification politique actuelle. Gâche un dîner.
- Par ailleurs, s’auto-qualifier - en 2013 [ ! ] - de « Républicain-e », et par là même penser s’accorder, de ce fait, un satisfecit politique donne la vraie mesure du passéisme, de la sénescence, de la misère de la classe politique française. (Cf. Politique. Démocratie)

Par ordre chronologique. République :

Politique (République) (2) : 1999. Robert Badinter, auteur de :
« Tous des citoyens, rien que des citoyens. Voilà les fondements de la république. » 273 (Cf. Homme. « Politique », Politique. Parité, Patriarcat)

Politique (République) (3) : 2018. Christophe Castaner, délégué général de La république en marche, est interrogé le 31 juillet 2018, lors de la Commission d’enquêtes du Sénat (suite à « l’affaire Benalla »). Une sénatrice réagit sur l’appréciation qu’il avait porté concernant M. Crase (salarié de la République en marche), à savoir les ‘agissements’ qu’il avait commis le 1er mai 2018 étaient contraires à ses « valeurs », à celles de La république en marche.
La concernant, elle considéra que ceux-ci étaient surtout contraires à la « démocratie ». Monsieur Castaner ne reprit pas ce terme, mais lui substitua celui de « république ». (Cf. Politique. Démocratie)

Politique (Résignation) : 2014. Nelly Trumel [responsable de l’émission Femmes libres de Radio Libertaire [1986-2012] auteure de :
« La résignation est un suicide quotidien ». 274
* Ajout. 12 octobre 2014. Nelly Trumel [1938-2018] m’informe que la source originelle est dans Balzac (Lucien de Rubempré à la fin des Illusions perdues) ; que cette phrase a été reprise sur un montage d'une affiche du film de Chaplin Le Kid ; qu’elle a été souvent citée, et que, pour sa part, elle la considère comme « essentielle ».

Politique (Résistance) (1) : Ou plutôt : contre-pouvoir(s), contre-offensive(s) ?

Politique (Résistance) (2) : Des résistances ne fondent pas un avenir ; elles en sont l’étape nécessaire.

Politique (Résistance) (3) : Elle lui résistait ; il n’en avait cure ; elle s’y épuisa. Elle en est morte. (Cf. Femmes. Comment meurent les femmes, Patriarcat, Violences)

Par ordre chronologique. Politique. Résistance :

Politique (Résistance) (4) : 1832. Clausewitz [1780-1831], auteur de :
« Dans la résistance pure, l’intention positive fait défaut : par conséquent, nos forces ne peuvent pas s’orienter vers d’autres objets, elles ne sont destinées qu’à faire échec aux intentions de l’ennemi. » 275
Réflexion fort utile notamment en cas de volonté / difficulté / velléité de séparation en « politique », mais aussi dans un couple. (Cf. Penser. Obéir, Politique. Guerre)

Politique (Responsabilité) (1) : On ne peut invoquer une responsabilité individuelle sans l’avoir préalablement resituée dans le cadre des constructions politiques des responsabilités collectives qui l’ont structurée et l’ont peu ou prou légitimée. (Cf. Droit, Justice, Penser)

Politique (Responsabilité) (2) : 2010. Lu dans le livre de Nelson Mandela [1918-2013], Un long chemin vers la liberté :
« [En prison, à Robben Island] En nous connaissant mieux, le révérend Scheffer devint plus sympathique. C’était un pince-sans-rire et il aimait plaisanter avec nous. ‘Vous savez, nous a-t-il dit un jour, dans ce pays, l’homme blanc a une tâche plus difficile que l’homme noir. À chaque fois qu’il y a un problème, nous devons trouver une solution. Mais à chaque fois que vous avez un problème, vous, les Noirs, vous avez une excuse. Vous dites simplement : ‘C’est les blancs’. […]
Nous avons éclaté de rire. Il voulait en fait nous dire que nous devions aussi regarder en nous-mêmes et devenir responsable de nos actes - sentiments que je partageais de tout cœur. » 276 (Cf. Patriarcat, Penser)

Politique (Rêves) : 2019. Grande banderole présentée sur les escaliers de la Grande Poste d’Alger lors de la manifestation du 29 mars 2019 : « Laissez-nous rêver ».

Politique (Révolte) (1) : La question de [l’incapacité de] la révolte ne peut être posée qu’après celle de la force mise en œuvre. Même leur équivalence est immorale. (Cf. Penser. Morale)

Politique (Révolte) (2) : Nombre de révoltes dites des banlieues ont le grand mérite de mettre en relation la mort d’un ou de plusieurs êtres humains (des garçons, des hommes, en général) avec la dégradation des biens, qu’elles accentuent et aggravent par ailleurs.

Par ordre chronologique. Politique. Révolte :

Politique (Révolte) (3) : 1675-1677. Lu dans les Mémoires du cardinal de Retz, la réaction d’Anne d’Autriche [1601-1666], veuve de Louis XIII, régente :
« Il y a de la révolte à s’imaginer que l’on puisse se révolter ; voilà les contes ridicules de ceux qui la veulent. L’autorité du Roi y mettra bon ordre. » 277

Politique (Révolte) (4) : 1839. Astolphe de Custine (Marquis de) [1790-1857], concernant l’Empereur de Russie :
« Celui qui peut tout, qui fait tout, est accusé de tout : soumettant le monde à ses ordres suprêmes, il voit jusque dans les hasards une ombre de révolte. […] Une mouche qui vole mal à propos dans le palais impérial, pendant une cérémonie, humilie l’Empereur. » 278

Politique (Révolte) (5) : 1809-1841. Pour Chateaubriand [1768-1848] (concernant Bonaparte) : « Un moucheron qui volait sans son ordre était à ses yeux un insecte révolté. » 279

Politique (Révolte) (6) : 2018. Lu : « Ne cherchons pas les raisons de se révolter dans les excès du système. » 280 (Cf. Politique. « Abus ». Système)

Politique (Révolution) (1) : On reconnait qu’une révolution a lieu
- quand les arguments employés tant pour la critiquer que pour justifier le statu quo ante apparaissent dérisoires ;
- quand les questions qui étaient antérieurement censées être l’essentiel des préoccupations apparaissent ridicules, voire indécentes ;
- quand ce qui relevait de « la politique » apparait sans lien avec ce que vit la majorité de la population ;
- quand le sens commun apparait comme un non-sens;
- quand on se pose la question : comment avons-nous pu si longtemps accepter tout cela ? (Cf. Politique. État. « Gilets jaunes ». Révolution française)

Politique (Révolution) (2) : Il existe tout un capital d’analyses, de pensées critiques concernant les échecs des révolutions : celui-ci a grandi, muri, il s’est, en se diffusant, nécessairement affiné, démocratisé. Quel bilan ? Qu’en est-il ?

Politique (Révolution) (3) : Une invention, chaque jour…

Par ordre chronologique. Politique. Révolution :

Politique (Révolution) (4) : (19 octobre) 1789. Mirabeau [1749-1791] dans son discours à la première séance de l’Assemblée à Paris, auteur de cette brillante analyse politique, assurément vécue :
« […] Quelle époque où il faut tout craindre et tout braver ; où le tumulte renaît du tumulte ; où l’on produit une émeute par les moyens qu’on prend pour la prévenir ; où il faut sans cesse de la mesure et où la mesure paraît tyrannique ; où l’on est assiégé de mille conseils, et où il faut le prendre de soi-même ; où l’on est obligé de redouter jusqu’à des citoyens dont les intention sont pures, mais que la défiance, l’inquiétude, l’exagération rendent presque aussi redoutables que des conspirateurs ; où l’on est réduit même, dans des occasions difficiles, à céder par sagesse, à conduire le désordre pour le retenir, à se charger d’un emploi glorieux il est vrai, mais environné d’alarmes cruelles ; où il faut encore, au milieu de si grandes difficultés, déployer un front serein, être toujours calme, mettre de l’ordre jusque dans les plus petits objets, n’offenser personne, guérir toutes les jalousies, servir sans cesse, et chercher à plaire comme si l’on ne servait point ! » 281 (Cf. Économie. Révolution)

Politique (Révolution) (5) : 1800. Portalis [1746-1807], dans son Discours préliminaire au premier projet de Code civil, auteur de :
« […] Tout à coup une grande révolution s’opère. On attaque tous les abus ; on interroge toutes les institutions. À la simple voix d’un orateur, les établissements, en apparence les plus inébranlables, s’écroulent : ils n’avaient plus de racine dans les mœurs ni dans l’opinion. Ces succès encouragent ; et bientôt la prudence qui tolérait tout, fait place au désir de tout détruire. […] » 282

Politique (Révolution) (6) : 1832. Stendhal [1883-1842], auteur de :
« […] Une révolution n’est sanglante qu’en proportion exacte de l’atrocité des abus qu’elle est appelée à déraciner. » 283 (Cf. Politique. État. « Gilets jaunes ». Révolution française)

Politique (Révolution) (7) : 1874. Victor Hugo [1802-1885] dans Quatre-vingt-treize, auteur de :
« […] Être un membre de la Convention [1792-1795], c’était être une vague de l’Océan. Et ceci était vrai des plus grands. La force d’impulsion venait d’en haut. Il y avait dans la convention une volonté qui était celle de tous et n’était celle de personne. Cette volonté était une idée, idée indomptable et démesurée qui soufflait dans l’ombre, du haut du ciel. Nous appelons cela la révolution. Quand cette idée passait, elle abattait l’un et soulevait l’autre ; elle emportait celui-ci dans l’écume et brisait celui)là aux écueils. Cette idée savait où elle allait, et poussait le gouffre devant elle. Imputer la révolution aux hommes, c’est imputer la marée aux flots. […]
Blâmer ou louer les hommes à cause du résultat, c’est presque comme si on louait ou blâmait les chiffres à cause de total. Ce qui doit passer passe, ce qui doit souffler souffle. […] » 284 (Cf. Histoire. Révolution française)

Politique (Révolution) (8) : 1924. Emma Goldman [1869-1940) dans L’agonie d’une révolution. Mes deux années en Russie (1920-1921), auteure de :
« Si la révolution devait s’accompagner de tant de brutalité et de crimes, alors à quoi servait-elle, après tout ? » 285

Politique (Révolution) (9) : 2018. Entendu :
« Une contre-révolution n’efface jamais une révolution. » 286

Politique (Révolution) (10) : (26 avril) 2019. Titre d’El-Watan [Algérie] :
« Pas de demi-révolution » 287 (Cf. Penser, Histoire)

Politique (Ruses, artifices, manœuvres, tromperies, séductions, bassesses, mensonges...) (1) : 1642. Les ruses sont l’expression d’une absence de pouvoir. Cf. Corneille [1606-1684] :
« Ce qu’il ne peut par la force, il l’entreprend de ruse ». 288
* Ajout. 12 avril 2018. La ruse est la force des faibles.

Politique (Ruses, artifices, manœuvres, tromperies, séductions, bassesses, mensonges...) (2) : 1791. Olympe de Gouges [1748-1793], auteure de :
« Les femmes ont fait plus de mal que de bien. La contrainte et la dissimulation ont été leur partage. Ce que la force leur avait ravi, la ruse le leur a rendu. […] » 289 Puissant. (Cf. Femmes, Féminisme)

Politique (Russie Soviétique) : 1931. Emma Goldman [1869-1940], dans Vivre ma vie, auteure de :
(Concernant les années 1920-1921) « Des milliers d’hommes et de femmes de Russie voulaient pas pur civisme rendre service à leur pays, mais on leur refusait toute participation parce qu’ils n’arrivaient pas à avaler les 21 conditions de la IIIème internationale [1919-1943]. » 290 (Cf. Politique. Goldman Emma. Nationalisme, Histoire)

Politique (Sartre Jean-Paul) : (août-Septembre) 1974. Jean-Paul Sartre [1905-1980] interviewé par Simone de Beauvoir [1908-1986] rapporte son voyage, pendant la guerre, aux États-Unis, pour Le Figaro, avec d’autres journalistes, où il est officiellement invité, par « l’office de guerre », « pour montrer l’effort de guerre de l’Amérique ».
Il commente : « L’effort de guerre de l’Amérique, moi je m’en foutais. C’était l’Amérique que je voulais voir. »
Et, plus loin, après avoir évoqué Detroit, Simone de Beauvoir l’interroge : « On a dû vous montrer des villes emmerdantes sur l’effort de guerre. »
- Simone de Beauvoir évoque après un reportage en Amérique pour Combat. 291 (Cf. Histoire)

Politique (Scandale) : 1972. Alexandre Grothendieck [1928-2014], auteur de :
« Le scandale renforce toujours l'ordre, parce qu'il énonce que la règle est bonne. » 292
Juste ? en théorie ? (Cf. Politique. Abus, Règles)

Politique (Sciences-po) (1) : 1945. La direction de Sciences-po aurait (après la Libération [à quelle date ?]), retiré à France Weiss, la plus jeune sœur de Louise Weiss, un point, afin qu’elle fût ex-aequo avec un garçon et non pas seule première à la sortie de l’école. Vrai ? D’autres exemples ? 293
- À propos…pourrait-on savoir si l’École Nationale de la Magistrature a - ou non - mis en œuvre des politiques afin d’en freiner la ‘féminisation’ ?
* Ajout. 27 juin 2017. Pour une réponse précise, nuancée et positive à la question, cf. Femmes en tête de Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier. 294 (Cf. Justice. Politique. Égalité)

Politique (Sciences-po) (2) : 1945. À la Libération, je lis dans le livre de Simone Veil [1927-2017] Une vie, que « le concours d’entrée n’était imposé qu’aux filles ». Vérifier. 295 (Cf. Politique. Élites, ENA, Patriarcat)

Politique (Sécurité) (1) : La sécurité signifie revendiquer ‘la tranquillité’ pour tous (les femmes traitées sous la nouvelle dénomination de « violences faites aux femmes » étant hors sujet), en faisant abstraction de toute analyse politique, économique (pauvreté, chômage etc.. n’étant qu’incidemment - en tant que «variables» - évoqués) et donc de tout rapport de domination.
Le seul emploi de ce terme - qui recouvre indistinctement délits, vols, «incivilités», désordres divers et variés, «violences urbaines», agressions verbales, viols, assassinats…- cautionne, légitime le concept d’ordre public, d’ordre public de proximité, d’ordre en public, d’ordre policier, d’ordre étatique…Et en exclut ceux de paix, de morale, de justice, de politique.
- De fait, la seule «sécurité» véritablement garantie est celle - de mort - imposée par une main de fer. La paix des cimetières ?
- Pour enrichir l’analyse, voici l’analyse de Marx, dans La question juive, en 1844, de la « sûreté » qui en est à la genèse :
« La sûreté est le plus haut concept social de la société bourgeoise, le concept de la Police, c’est l’idée que la société toute entière n’existe que pour garantir à chacun de ses membres la conservation de sa personne, de ses droits et de sa propriété. » 296 (Cf. Penser. Pensée. Abstraction)

Politique (Sécurité) (2) : 1865-1869. Léon Tolstoï [1828-1910] dans La guerre et la paix, met dans la bouche du comte Rostopchine [1763-1826], gouverneur de Moscou lors de son occupation par l’armée Napoléonienne [14 septembre-23 octobre 1812] cette analyse que peu de ‘personnes d’ordre’, juristes inclus-es, contesteraient :
« Il suffit d’admettre qu’une menace pèse sur la sécurité publique pour que n’importe quel acte soit justifié. » 297 (Cf. Droits. Justice)

Politique (Sentiment) : (28 septembre) 1942. Maurice Garçon [1889-1967], évoquant ceux et celles, sous Vichy, désigné-es comme « suspects », rapporte dans son Journal, la réaction de M. Lucien Rottée, directeur des Renseignements généraux de la Préfecture de police, présenté par lui comme « présentement, maître arbitraire de nos libertés » :
« Nous ne sommes pas dans des temps ordinaires. On n’a pas à faire de sentiment. » 298 Ne pas oublier que l’expression d’un sentiment peut être suspect ; pas uniquement sous certains régimes politiques. (Cf. Justice, Politique. Sécurité, Histoire)

Politique (« Services secrets ») (1) : Tous informent, mais aussi déforment, détournent, manipulent, achètent, corrompent, infiltrent, instrumentalisent, mentent, assassinent…; aucun ne dit vrai, aucun n’est donc crédible. Pourquoi ne pas tous revendiquer de les détruire, les abolir ? L’hypothèse même en est le nécessaire commencement.
*Ajout. 27 juillet 2019. Cette revendication, même tempérée de son statut d’hypothèse m’apparait absurde. Ne signifiait-elle pas, au moment de sa rédaction, l’expression d’une pensée, nécessaire, faisant abstraction de l’état ? Ou plutôt de la nécessité pour chacun-e de s’interroger sur les présupposés, rarement interrogés, de propre position analytique vis à vis de l’état, et donc de sa propre distance politique à son égard ? (Cf. Politique. État)

Politique (« Services secrets ») (2) : Connaître la proportion des demandes faites par l’État - dans chacune de ses composantes - ainsi que de celles effectuées de leur propre chef par les divers services secrets concernant des êtres humains singuliers - comparé par exemple aux analyses disons…plus globales - serait une information politique fort signifiante de la nature d’un État, ainsi que celle de ses fonctions. (Cf. Justice, Politique. État)

Politique (Sondages d’opinion) (1) : Tous ‘redressés’ (selon des modalités différenciées, évolutives, aléatoires, et donc non publiquement connues), manipulés, mensongers. Ne jamais oublier qu’ils concernent moins de 1000 personnes (souvent payées) ; le 24 mars 2014, Roland Cayrol évoque le chiffre de 500 et même de 250 personnes ! 299. Ne jamais oublier que ceux qui paient décident des questions. Les lire d’abord en fonction de celles qu’ils empêchent de poser. Par ailleurs, ils ont tous sinon exclu, du moins non décidé de publier, depuis des années, en politique, la publication de données sexuées, considérées, sans doute, comme non politiquement signifiantes. Depuis quand avez-vous lu, entendu parler d’un sondage qui différencie les hommes, des femmes ? (Cf. Politique, Démocratie, Peuple, Vérité)

Politique (Sondages d’opinion) (2) : Refuser de répondre à un quelconque sondage. En précisant (?) :
« Je refuse de répondre à une enquête qui (notamment) ne distingue pas les hommes des femmes et n’en publient pas les résultats sexués, dont la source de financement ne m’est pas fournie, dont je ne connais pas la place de la question dans le questionnaire d’ensemble, dont je ne puisse formellement et publiquement contester et la rédaction et l’interprétation. Sans oublier la critique de la question» . Une question : comment critiquer la méthode, sans légitimer le principe même des sondages ? (Cf. Politique, Démocratie, Peuple, Vérité)

Politique (Sondages d’opinion) (3) : Plus fondamentalement, sous couvert, de « connaître l’opinion », les sondages d’opinion empêchent les opinions de s’exprimer. Ils orientent, formatent, dirigent, fabriquent un pseudo consentement et donc freinent les prises de conscience, les canalisent, les détournent. Ils empêchent de penser par soi-même. Ils nient et légitiment les contraintes idéologiques, économiques, politiques qui s’exercent sur chacun-e d’entre nous. Ils considèrent comme possibles, pensables de conférer un quelconque sens à l’addition d’unités désagrégées, juxtaposées, atomisées, puis ré-agrégées. Ils contraignent la pensée par le nombre. Ils sont l’un des principaux outils de la propagande politique. Ils habituent au suivisme, à la crédulité, aux questionnements justificateurs, aux mensonges fait vérités. Condamner les sondages d’opinion dans leur principe, pas dans leurs modalités d’application. (Cf. Politique, Démocratie, Peuple, Propagande, Vérité)

Politique (Sondages d’opinion) (4) : Le nez sur le guidon, peut permettre efficacement de négocier un virage, souvent de gagner une victoire d’étape, peut-être même de gagner la course. Mais ne peut jamais penser la place de chacun-e dans l’équipe, pas même la finalité de la course, encore moins le rôle du cyclisme dans l’évolution du monde.

Politique (Sondages d’opinion) (5) : Un préalable : la démocratie [directe]. C’est à dire : donner son opinion, après discussions, sans médiation et sans qu’on vous la demande… Comment ? Et après ?

Politique (Sondages d’opinion) (6) : Le terme de « sondages» étant par trop dévalué, il fut progressivement remplacé par celui d’« enquêtes », puis, ce jour, 24 juin 2018, par celui d’« études d’opinion ». 300 Prochaine étape : le résultat de « recherches » ? Déjà effectué…

Politique (Sondages d’opinion) (7) : Se référer à l’opinion d’autrui, c’est s’interdire de sentir, de penser, de juger par soi-même. On comprend mieux dès lors pourquoi nous sommes abreuvées de sondages dits d’opinion.

Politiques (Sondages d’opinion) (8) : Comparés aux algorithmes, les sondages relèvent de la préhistoire.

Par ordre chronologique. Politique. Sondages d’opinion :

Politique (Sondages d’opinion) (9) : 1er siècle après J. C. Penser à Sénèque [4 avant J.C-65 après J.C] :
« Ce sont les chemins les plus battus et les plus fréquentés qui trompent le mieux. » 301 (Cf. Démocratie, Moyenne)

Politique (Sondages d’opinion) (10) : (28 décembre) 1755. Voltaire [1694-1778], dans une lettre à d’Alembert [1717-1783] écrit :
« […] Je persiste à penser que cent mille hommes qui ont vu ressusciter un mort, pourraient bien être cent mille homme qui auraient la berlue. » 302

Politique (Sondages d’opinion) (11) : 1765-1770. Jean Jacques Rousseau [1712-1778] dans Les confessions, auteur de :
« Si je recommence à m’asservir à l’opinion dans quelque chose, me voilà bientôt asservi derechef en tout . » (Livre 8) 303

Politique (Sondages d’opinion) (12) : (10 septembre) 1773. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à la marquise du Deffand [1697-1780], évoque « ce monstre énorme qu’on appelle le public ». 304

Politique (Sondages d’opinion) (13) : 1795. Nicolas de Chamfort [1741-1794], dans ses Maximes générales , auteur de :
« Il y a des siècles où l’opinion publique est la plus mauvaises des opinions. » 305

Politique (Sondages d’opinion) (14) : (28 février) 2018. À l’Assemblée nationale, le gouvernement avait proposé que, pendant la campagne électorale pour les élections européennes, il soit tenu compte par le Conseil supérieur de l’audiovisuel « des indicateurs des sondages d’opinion » pour déterminer la répartition du temps de parole dans l’audiovisuel public. Les députés de la France insoumise ont proposé le 13 février 2018 que le CSA intègre également « la conjonction des astres, le marc de café et les entrailles de blaireau dans ses calculs. »
Dommage qu’il ait, les concernant, commandé un sondage le 23 janvier… 306

Politique (Sondages d’opinion) (15) : (4 mars) 2018. Élisabeth Roudinesco, historienne de la psychanalyse, auteure de :
« Je suis comme vous très frappée de l’adhésion des Français [à la politique d’Emmanuel Macron], puisque les sondages sont scientifiques, c’est vrai, sauf qu’on peut cependant se demander ce que cela veut dire. » 307 (Cf. Culture. Roudinesco Élisabeth)

Politique (Sondages d’opinion) (16) : (16 avril) 2018. Après l’interview hier d’Emmanuel Macron par Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel, à 13 heures, aucun sondage d’aucune sorte, d’aucun institut de sondage n’a encore été publié, tandis que les éditorialistes semblent être tous et toutes en vacances.
Les résultats des sondages ne doivent pas être très bons.
- Un moment de vérité des sondages, de la presse dont la ‘complaisance’, pour employer un euphémisme, a été, en une soirée, démontrée. Et d’Emmanuel Macron ?
- Le premier sondage - pauvrement - évoqué suite à cet interview ne le sera que le 18 avril.

Politique (Sondages d’opinion) (17) : (16 octobre) 2018. Une journaliste de France Inter demande au président de SOS Méditerranée cherchant en vain un pavillon afin de poursuivre les opérations de sauvetages d’êtres humains de l’Aquarius en Méditerranée, actuellement immobilisé à Marseille :
« Qu’est-ce que vous savez de l’opinion ? Est-ce que l’opinion est derrière vous ? » 308 (Cf. Politique. Médias)

Politique (Sondages d’opinion) (18) : (5 février) 2019. Lu un commentaire d’article du Figaro : « Ne nous bassinez pas avec vos sondages à la gomme qui ne signifient rien du tout. Après la plupart des élections il faut expliquer pourquoi ils se trompaient, la raison est simple : ce sont avant tout des outils de propagande. » 309

Politique (Sport) : Provoque nécessairement - sauf magistrales défaites françaises - sourire contenu, entendu, détendu, mais ravi des journalistes dès lors, qu’après « la politique », ils/elles « passent au sport », censé être le sujet consensuel de nos sociétés. Chaque sourire de pseudo connivence avec le public cautionne toutes ces non-valeurs que sont, entre autres : le nationalisme, la violence, la force, la haine, la bêtise, le suivisme, le dopage, le masculinisme, la compétition, le règne de l'argent, le hasard, le truquage, la corruption systémique… On a ajouté sans vergogne la religion à l’Euro de foot (juillet 2016) … (Cf. Politique. Médias)

Politique (Stratégie) : Rompre les liens entre « force », « politique » et « stratégie ». À cet égard, la permanence par-delà les siècles, de la notoriété de Machiavel [1469-1527] s’explique certes par la nouveauté et la force de son analyse, mais sans doute aussi beaucoup par l’ancrage entretenu entre « stratégie » et « pouvoir[s] ». (Cf. Êtres humains. Penser)

Politique (Syndicats) : (23 novembre) 2018. Au 7ème jour de mobilisation des « Gilets jaunes » qui bouleversé la France, Laurent Berger, leader de la CFDT, concernant la révolte, auteur de :
« Les revendications sont trop floues »;
« Ces fractures-làsociales », « territoriales »], il faut les résoudre. » 310 Certes…
- Le 24 novembre, ni la CGT [qui soutient la manifestation même jour organisée par « Nous toutes », intitulée : « Stop aux violences faites aux femmes »] ni F.O n’appellent à manifester, n’apportent leur soutien aux « Gilets jaunes ».
- L’arrêt de mort du syndicalisme contractualiste, dit « réformiste », celui des pseudo-« partenaires sociaux » [dont Jacques Delors fut le père spirituel] ? Que dénoncent depuis des décennies des syndicalistes Sud, CNT, CGT(Cf. Politique. État. « Gilets jaunes », Économie. « Gilets jaunes »)

Politique (Système) (1): Un système [politique] arrive à son terme quand les avantages qu’il procure à ceux et celles qui sont censés l’incarner, le défendre, le justifier apparait, souvent soudainement, dépourvus de valeur.

Politique (Système) (2) : La rapidité du passage de la demande d’un changement de « candidat » à celui de la demande d’un changement de « régime », puis à celui de la demande de changement du « système » est souvent fulgurante.
La prise de conscience par le peuple de la manière dont il est traité par ses « dirigeants » en est l’explication majeure, beaucoup plus pertinente que celle de la stabilité ou non des institutions.

Politique (Système) (3) : Une évidence : aucune exception - bonne ou mauvaise - ne justifie jamais un système, mais elle peut aider à mieux en penser, à en critiquer le fonctionnement.

Par ordre chronologique. Politique. Système :

Politique (Système) (4) : (9 février) 2019. Le terme de « système » est plus aisément employé par France Culture pour caractériser la situation en Iran ou en Algérie que celle prévalant en France.

Politique (Système) (5) : (9 février) 2019. Une banderole lors de la manifestation des « Gilets jaunes » le 9 février 2019 :
« Changeons le système. Pas le climat »

Politique (Système) (6) : (25 juillet) 2019. Laurence Equilbey, cheffe d’orchestre, concernant les instruments dits d’époque, auteure de :
« Ce n’est pas parce qu’on change le système que l’instrument d’avant était mauvais. »
Une fructueuse - riche de réflexions - leçon politique. 311 (Cf. Culture, Penser, Politique. Révolution, Histoire).

Politique (Tabous) : Cf. Penser. Tabous.

Politique (Terrorisme) (1) : Le seul fait d’employer ce mot déconsidère et / ou accuse la pensée, l’action de ceux / celles qui l’emploient, qui l’utilisent (consciemment ou non, cela n’a pas vraiment d’intérêt). Il est des termes qui du fait même de leurs immenses implications politiques ne peuvent se satisfaire de la moindre polysémie.
- Pour mémoire, entre autres multiples exemples, le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) est qualifié de terroriste par le Canada, l’Union Européenne, les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, et bien sûr la Turquie ; Le Hamas est qualifié de terroriste par le Canada, les États-Unis, l’Union Européenne, et bien sûr Israël. (novembre 2015)
- Historiquement la liste serait infinie : ont été qualifiés de « terroristes » : révolutionnaires, anarchistes, Contras du Nicaragua, Républicains espagnols, FFI et FTP, FLN et GIA Algérien, ANC (Afrique du Sud), Tchétchènes pour Poutine qui leur a imposé Ramza Kadyrov, etc., etc…
- Quant à ceux, aux États notamment, qui vendent des armes et décident des guerres, au sein desquelles agissent « les terroristes », ils ne sont pas - alors qu’ils devraient l’être - qualifiés de tels.
- Progressivement, le regard s’inverse, ou plutôt les non-dits deviennent de plus ou plus aveuglants… (Cf. Langage, Penser. Méthode, Politique. État)

Politique (Terrorisme) (2) : Toute critique occidentale - le monde dans lequel je vis - du « terrorisme » qui n’interroge pas d’abord et avant tout les responsabilités occidentales (historiques, religieuses, économiques, notamment colonialistes, militaires, notamment de soutien à Israël, comme aux monarchies du Golfe) doit s’interdire d’invoquer et la référence à la morale et la réal politique, sauf à ne pas voir plus loin qu’une échéance électorale. Ce qui est si souvent, le cas. (Cf. Politique. Morale)

Politique (Terrorisme) (3) : Plus on évoque la nécessité de la lutte contre « le terrorisme », plus la fonction politique que ce projet joue apparait avec clarté : tenir les populations en joue, les maintenir sous le joug. De plus en plus, le terme de « terrorisme » se suffit même à lui-même, sans frontières, ni limites…

Politique (Terrorisme) (4) : Et si on focalisait d’abord le regard et l’analyse sur les états avant et plutôt que sur les dits terrorismes qui en sont, semble-t-il, très largement une émanation à plusieurs titres ?
Et si on connaissait leurs, semble-t-il, immenses responsabilités ?
Et si on savait de quoi l’on parle ?
Et on reconnaissait l’extraordinaire méconnaissance de ce dont les médias nous parlent quotidiennement depuis des dizaines d’années, et notamment depuis le 11 septembre 2001 ?

Par ordre chronologique. Politique. Terrorisme :

Politique (Terrorisme) (5) : (décembre) 2004. Lu dans le Rapport de la CIA intitulé : Comment sera le monde en 2020 :
« Le succès d’une campagne antiterroriste conduite par les États-Unis dépendra des capacités et de la résolution dont fera preuve chaque pays concerné pour lutter contre le terrorisme sur son propre sol. » La lutte actuelle qui nous est présentée comme censée avoir le terrorisme pour ennemi (novembre 2015) et le suivisme évoqué rend la situation internationale plus claire et jette un éclairage nécessaire sur le consensus international qui peu à peu unit les États pour imposer leurs politiques, non sans contradictions donc, mais, assurément, tous unis contre les peuples. 312 (Cf. Politique. Civilisation)

Politique (Terrorisme) (6) : (26 décembre) 2014. Lu :
« Deux Saoudiennes accusées d'être rentrées par la route dans le Royaume au volant de leur voiture, et qui étaient détenues depuis début décembre, ont été renvoyées devant un tribunal spécialisé dans les affaires de terrorisme. » 313 (Cf. Femmes, Penser. Liberté. Politique. État, Patriarcat, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Politique (Terrorisme) (7) : (août ?) 2015. Une pétition initiée par Janet Wilkinson sur Change.org, est lancée pour proposer que le féminisme soit classé comme « groupe terroriste ». Ne pas prendre cette initiative à la légère. (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Haine. du Féminisme. Féminisme)

Politique (Terrorisme) (8) : (avril) 2016. Lu dans un article consacré au « climat de terreur » actuel imposé aux citoyen-nes Turques :
« […] Tout individu émettant la moindre critique sur le processus de purge en cours ou se montrant réservé sur les méthodes employées est accusé de terrorisme. » 314 (Cf. Politique. Civilisation)

Politique (Terrorisme) (9) : (16 juin) 2017. Un documentaire d’Arte - s’intitule : Terrorisme, raison d’État. Remplacer : « raison » par « triomphe de la violence d’État ».
- À son écoute, on comprend que « la guerre » décidée par les États-Unis de George Bush, en frappant « un coup de marteau sur du mercure » créa un phénomène d’engrenages politiques aux effets de dissémination mondiale. 315

Politique (Terrorisme) (10) : (13 juillet) 2018. Laurent Nuñez, directeur de la DGSI [Direction générale de la Sécurité intérieure], « au cœur du nouveau dispositif du gouvernement » en matière de « lutte antiterroriste », afin d’éviter - affirme le journaliste de BFM.TV - « que certains individus dangereux ne passent entre les mailles du filet » - présente la nouvelle politique de coordination de la lutte anti-terroriste et déclare :
« Depuis toujours on essaie d’éviter les trous dans la raquette. » 316
Si l’on pense au tennis, les images employées risquent fort de s’avérer révéler la vérité de l’efficacité des méthodes policières en la matière.

Politique (Terrorisme) (11) : (4 septembre) 2019. Je lis dans un article du Canard enchaîné, lors de la présentation de l’émission de télévision : « Oran, les massacre oublié » [France 3. 5 septembre 2019], concernant l’OAS, évoquer «les terroristes de l’Algérie française ». 317 (Cf. Histoire)

Politique (Tolérance) (1) : Prêcher la tolérance ne prémunit pas de l’intolérance.
Les jugements, la vie de Voltaire [1694-1778] en sont, notamment, une bonne illustration. (Cf. Relations entre êtres humains. Injures. Haine. Voltaire)

Par ordre chronologique. Politique. Tolérance :

Politique (Tolérance) (2) (18 mai) 1767. Voltaire [1694-1778], souvent lucide sur l’ambiguïté du terme, dans une lettre à la marquise du Deffand [1697-1780], écrit :
« Il y a une femme qui s’en fait une bien grande (une réputation), c’est la Sémiramis du Nord [Catherine II de Russie. 1729-1796], qui fait marcher cinquante mille hommes en Russie pour établir la tolérance et la liberté de conscience. »
- Il avait préalablement écrit à d’Alembert [1717-1783], le 3 mai 1767 :
« L’exemple que nous donne l’Impératrice de Russie est unique dans le monde. Elle a envoyé quarante mille Russes prêcher la tolérance la baïonnette a bout du fusil. »
- Il avait aussi écrit le 28 avril 1767 au comte Vorontsov [1744-1832], alors ambassadeur de Russie, qu’il considérait Catherine II, comme « la seule personne de l’univers qui ait pris les armes pour que les hommes fussent libres. » 318
Heureusement, l’histoire fut écrite. (Cf. Histoire)

Politique (Tolérance) (3) : 1800. Jules Michelet [1798-1874], auteur de :
« La tolérance du mal, n’est-ce pas le mal encore ? » 319
Vrai aussi pour « transparence », etc. …

Politique (Tolérance) (4) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, après une référence à Voltaire [1694-1778], auteur de :
« La liberté religieuse fut consacrée dans la Déclaration des droits, et non pas dans la tolérance, mot ridicule qui suppose un droit à la tyrannie. » 320 (Cf. Langage. Mot)

Politique (Tolérance) (5) : (17 Janvier) 2019. Communiqué de presse du Haut conseil de l’égalité :
« Premier état des lieux du sexisme en France : lutter contre une tolérance sociale qui persiste. » (Cf. Politique. Égalité, Sexes. Sexisme)

Politique (Tolérance) (6) : (19 janvier) 2019. Lu dans la présentation de l’émission Répliques d’Alain Finkielkraut de France Culture intitulée : « La tolérance est-elle une vertu ? » :
« Catholique ou pas , croyant ou athée, ce qui nous caractérise, ce qui nous constitue, ce qui fait de nous des modernes c'est la tolérance. La tolérance est devenue notre vertu centrale et même comme l'écrit Claude Habib dans son dernier livre (Comment peut-on être tolérant ? ) « La seule vertu que nous honorions collectivement ». 321 (Cf. Politique. Nationalisme)

Politique (Tout) (1) : 1848. Entendu - et commenté par Alexis de Tocqueville [1805-1859], pendant la révolution de 1848 - :
« Que voulez-vous, disait-on hier aux insurgés qui occupaient une barricade avant de les charger ? Ils ont répondu laconiquement : ‘Tout !’ Et c’est là le vrai. » 322
Belle philosophie dont les féministes, notamment…feraient bien de s’inspirer. En en élargissant le contenu... (Cf. Philosophie)

Politique (Tout) (2) : 1675-1677. Le cardinal de Retz [1613-1679], s’adressant, durant la Fronde au prince de Condé [1621-1686], qu’il tente de rallier à sa cause, auteur de :
« […] Concernant ceux [et celles] qu’il nomme « les peuples » : « Je sais que vous les comptez, pour rien, parce que la Cour est armée ; mais je vous supplie de me permettre de vous dire que l’on doit les compter pour beaucoup, toutes les fois qu’ils se comptent eux-mêmes pour tout. Ils en sont là : ils commencent eux-mêmes à compter vos armées pour rien, et le malheur est que leur force consiste dans leur imagination ; et l’on peut dire avec vérité, qu’à la différence de toutes les autres sources de puissance, ils peuvent, quand il sont arrivés à un certain point, tout ce qu’ils croient pourvoir. » 323
- Superbe analyse, lucide - optimiste - annonciatrice du Tiers État, de Sieyès [1748-1836] et de la Révolution française. (Cf. Histoire. Révolution française)

Politique (Tout) (3) : 1971. « Tout aujourd’hui, pas demain ! » criaient aux ouvriers les gauchistes italiens aux portes des usines dans le film : La classe ouvrière va au paradis. 324 Toujours pertinent. (Cf. Culture. Cinéma)

Politique (Transcendance) : Un peu moins de transcendance et un peu plus de conscience au monde ne lui ferait pas de mal.

Politique (Transmettre) : Vouloir transmettre : une contradiction dans les termes ? Vouloir transmettre, n’est-ce pas d’emblée briser le processus de transmission ? Vouloir transmettre, c’est se poser au centre. En pire : « faire de la pédagogie » ? (Cf. Politique. Pédagogie, Penser. Pensée, Soi)

Politique (Transparence) (1) : (18 mai) 2015. [Après avoir vu le film : Le grand bluff de Ronald Reagan]. Des documents légaux mais « faux » deviendraient « publics » : certes, une avancée, mais quelle est-elle ? Qui décide de leur publication ? Sur quels fondements ? Avec quelles garanties ? Avec quels recours ? Après quelles conséquences ? Sur la base de quelles preuves serait-il possible de les juger ? Au prix de quelles corruptions du monde ? À quel coûts pour les personnes qui les dénoncent ?
Mais surtout : comment faire en sorte que tant de documents « faux », mensongers, ne puissent être, si aisément et si souvent, rédigés et publiés. 325 (Cf. Politique. Corruption)

Politique (Transparence) (2) : (24 février) 2016. Je lis dans Le Figaro concernant l’utilisation des drones par les États-Unis :
« Malgré ses promesses répétées, l’administration Obama s’est montrée largement incapable de dissiper l’opacité régnant autour des éliminations par drones de drones menées par les États-Unis selon un rapport d’un groupe de réflexion (Stimson Center) de Washington :Il n’y a eu pratiquement aucun progrès pour améliorer la transparence sur ces frappes [...]
L’administration ne fournit toujours aucune information qui permettrait d’avoir une vision d’ensemble sur le nombre de frappes dans tel ou tel pays, et sur leur bilan, y compris en ce qui concerne les victimes civiles, déplore le rapport. Résultat : il n’est pas possible de mesurer ‘la mesure de l’efficacité et de l’utilité’ de ces frappes.’ [...] »
Il est ici clairement démontré que la demande de « transparence » non seulement le remet pas en cause les politiques critiquées, mais peut aussi être utilisée pour en améliorer l’efficacité. On apprend aussi incidemment qu’on ne connaît pas « les bases juridiques nationales et internationales permettant de justifier » (l’emploi des drones), ce que le Rapport nomme des « homicides » et ce, après avoir évoqué des « éliminations. » 326 (Cf. Politique. Corruption. Guerre. Drones)

Politique (Transparence) (3) : Afficher [affirmer] avoir une politique transparente [claire] ne la rend pas plus légitime, pas plus morale, pas plus acceptable, pas plus juste, pas plus recommandable. Elle présente cependant l’avantage de pouvoir être mise en contradiction avec elle-même.
* Ajout. 14 août 2018. 1952. André Gide [1869-1939], dans Ainsi soit-il, écrit :
« La mauvaise foi consiste à feindre de jouer ‘carte sur table’ tout en gardant dans sa manche les atouts décisifs. » 327 (Cf. Politique. Corruption. Morale)

Politique (Transparence) (4) : La demande de transparence se substitue à la lutte contre la corruption ; et cette dernière, à l’analyse critique politique. (Cf. Politique. Corruption)

Politique (Transparence) (5) : 2018. Guillaume Courty, professeur de sciences politiques, auteur de :
« […] Il y a des organisations qui ont pris comme sujet et domaine de compétences à la fois la transparence et le lobbying. Généralement, d’abord, plutôt la transparence, puis le lobbying lors que le sujet est devenu d’actualité. »
Mais toute l’émission est à écouter sur le sujet. 328

Par ordre chronologique. Politique. Transparence :

Politique (Transparence) (6) : 2003. Roland Dumas, dans son live L’épreuve, après avoir notamment évoqué le procureur Kenneth Starr, qui « à l’instar des prêtres de l’Inquisition, ne reculait pas sur les détails de la vie privée du président des États-Unis » [Bill Clinton], lequel heureusement « s’en sortit avec les honneurs de la guerre » poursuit :
« Simplement, au nom de la transparence qui doit être la même pour tous, de la liberté d’expression dont on invoque sans cesse l’usage et la responsabilité individuelle, pourquoi ne pas savoir tout ce qu’il faut savoir sur ces professeurs de morale, des donneurs de leçon, ces parangons de vertu, sans compter les tartuffes ? Mais à la française ! sans excès ! » 329 (Cf. Êtres humains. Vie-dite-privée, Homme « Politique », Justice, Penser. Morale, Politique. Morale. Nationalisme)

Politique (Transparence) (7) : (9 avril) 2013. À l’évocation toute relative du patrimoine des politiques, panique à bord. Á la suite de la proposition de François Hollande, entendu (de la part des politiques) dans la seule journée du 9 avril 2013 :
« Démagogie ; Populisme ; Voyeurisme ; Amateurisme ; Cafouillis ; Écran de fumée ; Contre-valeur ; À quoi ça sert ? ; Ces mesures existent déjà ; Qu’on prenne le temps ; Pas forcément la bonne solution ; On passera à côté de l’essentiel ; On tombe à côté [de ?] ; On met les élu-es en pâture ; C’est une chasse aux élu-es ; Est-ce que cela aurait empêché M. Cahuzac de mentir ? Non ; Ce sont des choses qui ne sentent pas bon ; Cela provoquera la montée des extrêmes ; Il ne faut pas moraliser, ni sanctionner, mais contrôler ; Il faut refonder la politique autrement. » Et enfin :
« C’est un éloge de la pauvreté pour faire de la politique. »
- Eh, oui, ces phrases définitives ont été prononcées par ceux /celles qui sont censé-es décider de notre vie et par les médias chargés de nous « informer ». (Cf. Homme « Politique », Politique, Démocratie. République)

Politique (Trop) : Entendu : « Aujourd’hui, il y a trop de tout ». Ajout : « sauf de l’essentiel » ? À redéfinir par chacun-e. Et si l’on pensait plutôt aux conséquences politiques du constat aveuglant de cette réalité de notre monde et donc à l’aune de : le ‘trop’ d’une minorité n’est que le [presque] ‘rien’ de la majorité de la population mondiale, dont quelques millions en France ? La modification de l’angle de vue, en soi, vaut analyse politique. (Cf. Politique, Économie)

Politique (Trump Donald. Élection de) : 1933. 2016. Concernant l’Amérique qui a voté pour Donald Trump, lire l’analyse de Simone Weil [1909-1943] concernant l’Allemagne nationale-socialiste, au retour d’un séjour en Allemagne en 1933 :
« […] En réalité, ce qui les attire au mouvement national-socialiste, c’est […] qu’ils y sentent une force. Ils ne se rendent pas compte que cette force n’apparaît si puissante que parce qu’elle n’est pas leur force, parce qu’elle est la force de la classe dominante […] : et ils comptent sur cette force pour suppléer à leur propre faiblesse, et réaliser, ils ne savent comment leurs rêves confus. » 330
- Y compris, sinon en premier lieu, tenter de remettre l’ordre patriarcal, si déstabilisé de toutes parts, sur ses rails anciens.
- Analyse très largement généralisable, tous pays confondus… (À poursuivre)

Politique (« Une tempête dans un verre d’eau ») : (26 juillet) 2018. « Une tempête dans un verre d’eau » : déclaration d’Emmanuel Macron, prononcée en Espagne concernant « l’affaire Benalla » : Il est des phrases censées définitives, dont les personnes sensibles à la mémoire de l’histoire devraient s’abstenir. (Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel)

Politique (Universel) : Si la construction de « l’universel » est indissociable du patriarcat, revendiquer ‘l’accès’ des femmes à « l’universel » et /ou s’affirmer « féministe universaliste », ne peut, conceptuellement, être juste. (Cf. Féminisme, Patriarcat)

Politique (Utilitarisme) (1) : La plus évidente, sévère condamnation de l’utilitarisme (plus largement, de toute philosophie fondée sur l’intérêt individuel) : la vie des femmes sous le patriarcat ; et, au-delà, celle de tous-tes les dominé-es. (Cf. Patriarcat, Penser. Utilitarisme)

Politique (Utilitarisme) (2) : 1876. Hippolyte Taine [1828-1893], dans Les origine de la France contemporaine, aux fins de justifier le maintien des privilèges de l’église catholique menacés par la Révolution française, écrit notamment, au terme de son argumentaire :
« De toutes façons, avec le moins de dépense possible et avec le plus d’effet possible, cent mille personnes, hommes et femmes, exécutent volontairement et gratuitement les moins attrayantes ou les plus rebutantes des besognes sociales […]. » 331

Politique (Utilitarisme) (3) : 1934. Lu, dans un texte stimulant, Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale, de Simone Weil [1909-1943],:
« […] Les moralistes vulgaires se plaignent que l’homme soit mené par son intérêt personnel ; plût au ciel qu’il en fût ainsi ! » 332 (Cf. Êtres humains)

Politique (Utilitarisme) (4) : 1983. Lire la forte critique de Raymond Aron concernant l’analyse inappropriée de certains dans la France de l’avant-guerre concernant la montée du nazisme allemand : « sacrifier [ses] intérêts à ses illusions ». 333

Politique (Utopie) (1) : Et si des émotions pouvaient bouleverser une théorie ? Un viol, abattre un système ? Des exemples devenir contagieux à l’échelle du monde ? Des gestes, détruire une politique ? Des résistances, faire tomber un empire ? Des pensées, refonder le monde ? Afin que chaque vie soit transformée en autant d’œuvres, sans chefs ?

Politique (Utopie) (2) : À force d’insister sur l’irréalisme, sur l’irréalisable de toute utopie - que tant assimilent à de l’absurdité, voire à de la bêtise - on en interdit progressivement la pensée.

Par ordre chronologique. Utopie :

Politique (Utopie) (3) : 1929. Lu dans un livre consacré à Ralph Waldo Emerson[1803-1882] :
« Aux Transcendantaux qui gémissaient sur le monde en rêvant d’abbayes de Thélème ou de retraites Arcadiennes, il répond du ton d’un hommes d’affaires : ‘Il est une chose certaine, c’est que le mécontentement et le luxe des larmes n’ont jamais mené à rien. Les regrets, les châteaux en Espagne et les villages esthétiques ne sont pas un ordre de production qui puissent aider beaucoup ; ce ne sont que des manifestations de faiblesse. » 334

Politique (Utopie) (4) : 1874. Victor Hugo [1802-1893] dans Quatre-vingt-treize, auteur de :
« La grandeur de la Convention fut de rechercher la quantité de réel dans ce que les hommes appellent l’impossible. » 335 (Cf. Histoire. Révolution française)

Politique (Utopie) (5) : 2018. Michel Onfray, auteur de :
« L’idée que nous pourrions être autre [s. ?] que ce que nous sommes a fait des malheurs. Quant Rousseau voudra un homme nouveau, quand les Jacobins voudront un homme nouveau, quand le bolchévisme voudra un homme nouveau, quand le fascisme voudra un homme nouveau, quand le national-socialisme voudra un homme nouveau, eh bien, la matrice elle est à chercher ici : ‘Peut-on vouloir que l’homme soit autre que ce qu’il est ?’ ‘Peut-on faire de l’homme autre chose que ce qu’il est, ou que ce qu’il peut être ?’ Ou : ‘Peut-on vouloir autre chose ?’
Cette aspiration à un homme nouveau rend possible une anthropologie nouvelle
[…].
Notre civilisation est construite sur cette idée que nous pouvons être autre[s] que ce que nous sommes. C’est bien quand il s’agit de progresser et de devenir meilleur, mais c’est terrible quand il s’agir de de devenir ce qu’on ne peut pas devenir : beau, grand, fort, intelligent, formidable, etc…- ce que vise toujours les utopies, qui ont toujours envie que l’homme soit réalisé véritablement et que l’histoire se réalise dans un homme nouveau.
»
Un hallucinant plaidoyer de caution de toutes les injustices.
Un tue-tout-espoir…absurde par ailleurs… 336 (Cf. Homme « Intellectuel ». Onfray Michel, Histoire. Onfray Michel)

Politique (Valeur) (1) : Un jugement de valeur a la valeur de l’opinion de la personne qui le prononce. Avant de porter un jugement de valeur, définir les valeurs sur les fondements desquelles l’on juge. Sans oublier que «ce qui se paie n’a guère de valeur» 337, que les valeurs communément admises ne le sont que faute d’avoir été réfutées, et que critiquer, faire évoluer, bouleverser le concept de «valeur» est au cœur du Politique.

Politique (Valeur) (2) : La question n’est pas de faire référence à, de se légitimer par à une, par des valeurs, mais de rechercher sur quels fondements peuvent s’articuler une, des hiérarchies de valeurs. (Cf. Femmes. Valeur)

Politique (Valeur) (3) : (5 juin) 2016. Philippe Meyer, responsable de l’émission de France Culture, L’esprit public, concernant l’alliance électorale du PS avec les Vert-es, auteur de :
« Ça ne valait rien ; ça ne pesait rien .» 338 (Cf. Homme. Journaliste)

Politique (Vérité) (1) : L’exiger des politiques est absurde : c’est nier [l’existence de] l’État. (Cf. Penser. Politique. Mensonge. Vérité)

Par ordre chronologique. Politique. Vérité :

Politique (Vérité) (2) : (29 mai) 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Ivan Ivanovitch Schouvalov [1727-1797] lui écrit :
« En déguisant une vérité publique, on affaiblit toutes les autres, et la plus mauvaise de toutes les politiques est de mentir. » 339 (Cf. Penser. Vérité, Politique. État, Mensonge. Histoire)

Politique (Vérité) (3) : 1798. Madame de Staël [1766-1817] dans ses Considérations sur les principaux évènements de la Révolution française concernant l’année 1790, auteure de :
« Le respect pour la représentation nationale, première base d’un gouvernement libre, existait dans toutes les têtes en 1790, comme si cette représentation datait d’un siècle et non d’une année. En effet, si les vérités d’un certain ordre se reconnaissaient au lieu de s’apprendre, il doit suffire de les montrer aux hommes pour qu’ils s’y attachent. » 340 (Cf. Histoire)

Politique (Vertu) (1) : Rendre à la ‘vertu’, sa vertu. Pour cela, contextualiser, fractionner, repenser, décanter, apurer. La polysémie du terme rend -elle l’exercice impossible ? Sans doute et, pourtant, je ne me résigne pas à l’abandonner ; ce serait, sinon abandonner toute exercice d’exégèse, du moins en restreindre l’exercice et, à terme, faire disparaître l’idée dont le terme a été porteur et ce, sans être assurée qu’il sera remplacé. (Cf. Femmes. Vertu)

Par ordre chronologique. Politique. Vertu :

Politique (Vertu) (2) : 1782. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], dans les Rêveries d’un promeneur solitaire, au terme de sa vie, auteur de :
- en 1782 : « Le plus grand soin de ceux qui règlent ma destinée ayant été que tout ne fut pour moi que fausse et vaine apparence, un motif de vertu n’est jamais qu’un leurre qu’on me présente pour m’attirer dans le piège où l’on veut m’enlacer. […]
Tant de cruelles expériences changèrent peu à peu mes premières dispositions, ou plutôt les renfermant enfin dans leurs véritables bornes, elles m’apprirent à suivre moins aveuglément mon penchant à bien faire, lorsqu’il ne servait qu’à favoriser la méchanceté d’autrui. » 341
Du malheur de vivre en société et de quelques leçons à en tirer….
* Ajout. 10 octobre 2018. Antérieurement, il avait écrit
- en 1750 : « La vertu qui est la force et la grandeur de l’âme » (Premier discours sur les sciences et les arts » et :
- en 1762 : « Il n’y a point…de vertu sans combat. Le mot de vertu vient de force » (Émile. Livre V). 342

Politique (Vertu) (3) : 1787. Sade [1740-1814], dans Les infortunes de la vertu, auteur de :
« […] Il est essentiel pour le maintien de l’équilibre qu’il y ait autant de bons que de méchants, et que, d’après cela, il devient égal au plan général que tel ou tel soit bon ou méchant de préférence ; que si le malheur persécute la vertu et que la prospérité accompagne presque toujours la vice, la chose étant égale au vu de la nature, il vaut infiniment mieux prendre le parti parmi les méchants qui prospèrent que parmi les vertueux qui périssent. […] » 343
- Bien que cette opposition de Sade soit fort claire, on lit dans les notes de Michel Delon, lequel a publié les trois tomes des Œuvres de Sade de La Pléiade, une autre analyse qui en détourne le sens : « Le principe sadien est qu’aucune vertu ne doit être épargnée par les soupçons. » 344 (Cf. Violences. Sade)
N.B. Une réaction de bon sens : qu’au nom de la « vertu » tant de crimes aient été commis, ne justifie pour autant ni le «vice», ni le crime, ni…

Politique (Vertu) (4) : 1855. George Sand [1804-1876], dans son Histoire de ma vie, auteure de :
« Écartant donc de mon vocabulaire intérieur ce mot orgueilleux de vertu qui me paraissant trop drapé de l’antique […]. » 345 (Cf. Langage)

Politique (Vertu) (5) : 1951. Lu dans les Entretiens de Paul Léautaud [1872-1956] par Robert Mallet :
« Nos vertus sont souvent faites de la faiblesse de nos passions. » (sans source citée). 346
- Une variante de cette maxime de La Rochefoucauld [1613-1680] :
« Nos vertus ne sont, le plus souvent, que des vices déguisés. » ?

Politique (Victimes. Paroles de) : 2008. Boualem Sansal, dans Le village de l’Allemand, après avoir écrit une lettre au ministre Algérien des Affaires étrangères, s’exprime ainsi :
« Il est trop tard, la lettre est partie, mais là, en relisant ma copie, je m’en veux, elle est conciliante. Parce que je m’adressai à un ministre, je me suis bêtement mis dans la peau du quémandeur, du faible qui fait montre de docilité, de patience, de sa compréhension citoyenne pour les Bonzen (autorités), pris par le temps, assaillis par les sollicitations et les obligations protocolaires. Je trouve humiliant que les victimes aient toujours à quémander, à supplier, à attendre. C’est insupportable. Quand viendra le moment de la relance, je m’exprimerai comme doit s’exprimer une victime : elle réclame, elle exige, ne tolère aucun atermoiement et refuse par avance toute langue de bois. Ces gens-là sont à notre service, pas l’inverse. » 347
Juste. Il importe maintenant de s’en persuader et d’agir en conséquence… (Cf. Justice)

Politique (Violences) (1) : Combien faut-il de siècles de violences subies et d’impuissances intériorisées, justifiées, pour se satisfaire de, se limiter à la destruction de symboles ? (Cf. Langage. Symbole, Violences)

Politique (Violences) (2) : (24 novembre 2018) Entendu un « Gilet jaune » affirmer : « La violence vient d’en haut ».
- Tant que le même terme sera employé pour signifier les violences exercées par la police et celle exercée par les manifestant-es persistera, la demande - obsessionnelle et donc essentielle - de condamner les violences - exprimée par les journalistes aux « gilets jaunes », à leurs soutiens politiques, est inacceptable.
- Plus encore, tant que le terme de « violences», tel qu’il nous est imposé à longueur de journées par les médias, occultera les violences quotidiennes que sont les conditions de vie et de mort imposées, sans même que leurs avis soit requis, contre leur gré, aux millions de personnes victimes de la politique menée, alors leur demander de condamner les violences étatiques, celles que l’état impose aux policièr-es d’exercer est honteux.
La revendication, certes polysémique : « la police avec nous » - a souvent été entendue dans les manifestations. (Cf. Politique. État. Médias)

Politique (Visibilisation) : Assise au quatrième rang, à peine visible, encore moins reconnaissable, je ne vois qu’un petit visage triste. Le discours du « chef » terminé, elle regagna le premier rang : elle était triomphante.

Politique (Vengeance) : Pour en exclure la pensée, sur le sujet, se référer au texte du même nom [suivi d’un point d’interrogation] de Robert Antelme [1917-1990], à son retour de déportation. 348

Politique (Voltaire) (1) : (25 avril) 1739. Voltaire [1694-1778], dans une lettre à Frédéric, prince héritier de Prusse [1712-1786], auteur de :
« Le mot politique signifie, dans son origine primitive, citoyen ; et aujourd’hui, grâce à notre perversité, il signifie trompeur de citoyens. » 349

Politique (Voltaire) (2) : 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 15 juin 1759 à Nicolas-Claude Thieriot [1697-1772], auteur de :
« Pour moi, je ne m’occupe que de mon czar [dont il écrit l’histoire] Pierre [le Grand. 1672-1725]. J’aime les créateurs : tout le reste me paraît peu de chose.
Je suis bien aise de faire voir que les héros n’ont pas la première place dans ce monde.
Un législateur est à mon sens bien au-dessus d’un brigadier, et celui qui a formé un grand empire vaut bien mieux que celui qui a ruiné son royaume. » 350 (Cf. Hommes. Héros, Politique. Guerre. Voltaire)

Politique (Voltaire) (3) : 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 24 novembre 1759, au comte d’Argental [1700-1788], auteur de :
« Luc [Frédéric II de Prusse.1712-1786] voudrait bien la paix. Y aurait-il si grand mal à la lui donner et à laisser à l’Allemagne un contrepoids ? Luc est un vaurien, je le sais, mais faut-il se ruiner pour anéantir un vaurien dont l’existence est nécessaire ? » 351

Politique (Voltaire) (4) : 1765. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 26 juin 1765 à Helvétius [1715-1771], auteur de :
« […] La lumière s’étend certainement de tous côtés. Je sais bien qu’on ne détruira pas la hiérarchie établie puisqu’il en faut une au peuple. On n’abolira pas la secte dominante ; mais certainement on la rendra moins dominante et moins dangereuse. Le christianisme deviendra plus raisonnable et par conséquent moins persécuteur. » 352 (Cf. Politique. Hiérarchie. État, Peuple)

Politique (Voltaire) (5) : 1765. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 16 octobre 1765 à d’Alembert [1717-1783] écrit :
« […] Je crois que le Conseil [de Genève] a tort, parce que les magistrats [ici, les politiques] veulent toujours étendre leur pouvoir, et que le peuple se borne à ne vouloir pas être opprimé. »
- Même jour, Voltaire écrit à Etienne-Noël Damilaville [1723-1768] :
« Il est absolument nécessaire que vous et vos amis vous répandiez dans le public que les citoyens ont raison contre les magistrats ; car il est certain que le peuple ne veut que la liberté, et que la magistrature ambitionne une puissance absolue. »
- Suivi de : « Y a-t-il rien de plus tyrannique par exemple d’ôter la liberté de la presse ? et comment un peuple peut-il se dire libre quand il ne lui est pas permis de penser par écrit ? Quiconque a le pouvoir en main voudrait crever les yeux à tous ceux qui lui sont soumis. Tout juge de village voudrait être despotique. La rage de la domination est une maladie incurable. » 353
(Cf. Politique. Hiérarchie. État, Peuple, Pouvoir)

II. Politique. Démocratie :

Politique (Démocratie) (1) : [Après avoir entendu défini Israël en tant que « démocratie »] La nature d’un régime politique importe moins que la nature politique d’un État. Ici, de la radicale injustice de sa genèse, qui, jamais, ne pourra être oubliée.

Démocratie (2) : Aucune théorie politique au monde ne peut expliquer, ne peut justifier comment, dans la ‘démocratie’, le quotidien de 66 millions de Français-es - auxquels il faut ajouter les étrangers/ères, avec ou sans papiers - puisse dépendre des états d’âmes de Sarkozy, de Hollande et de tant d’autres. Invalide le concept lui-même. Universel. (Cf. Homme. « Politique ». Sarkozy Nicolas. Hollande François)

Démocratie (3) : Avant toute initiative, questions à poser à la population concernée : De quoi avez-vous besoin ? Ce qui vous est proposé correspond -il à vos aspirations ? Quelle utilité personnelle, quelle utilité publique lui accordez-vous ? Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? Quels rêves avez-vous ? Comment aimeriez-vous vivre mieux ? autrement ? Qu’est ce qui, dans votre vie, pourrait positivement être partagé par d’autres ? etc., etc.

Démocratie (4) : L’idée selon laquelle les affaires publiques sinon, ne doivent regarder que les gouvernants, du moins, les concernent au premier chef est loin d’avoir disparu de notre imaginaire politique, tout empli qu’il est de siècles de rois (plus ou moins absolus), d’empereurs, de présidents (plus ou moins autoritaires), de chefs (plus ou moins suprêmes), et même de révolutionnaires…

Démocratie (5) : Une question me vient à l’esprit : Et si, comme le communisme, la démocratie n’était plus à même de se réformer ?
Puis, une autre, le surlendemain, surgit : quelle serait la signification, la validité de cette question, si la démocratie s’avérait en réalité n’être qu’un mythe, polysémique qui plus est ? (Cf. Penser. Mythe)

Démocratie (6) : 2016. Le 23 juin 2016, dans le cadre du vote du projet de loi relatif à l’égalité et à la citoyenneté, l’Assemblée Nationale a rejeté, l’amendement n° 296 défendu par la députée écologiste Eva Sas qui concernait l’inéligibilité des élus condamnées pour violences, et notamment pour agressions sexuelles.
Nombre de député-es : 577. Nombre de votant-es : 15. Pour l’adoption : 6. Contre l’adoption : 9 (essentiellement socialistes, dont Bruno Leroux, président du Groupe socialiste, écologiste et républicain de l’Assemblée Nationale).
Il faut préciser que l’amendement présenté visait « à rendre obligatoire la peine complémentaire d’inéligibilité » en cas de condamnation pour violences. Obligatoire, « mais pas automatique », car il prévoyait ainsi de laisser au juge la possibilité de ne pas prononcer l’inéligibilité. 354
- Lorsque l’évidence est là, lorsqu’aucune analyse n’est nécessaire à sa compréhension, pourquoi continuer à discuter ? Pour penser les conditions nécessaires à la perpétuation des systèmes institutionnels de domination et continuer à s’interroger sur leurs pouvoirs qui se perpétuent envers et contre tout ? (Cf. Droit, Justice, Patriarcat. Weinstein Harvey, Violences)

Démocratie (7) : 2018. Ils affirmaient réhabiliter l’intelligence collective des peuples, expression de leurs craintes des révoltes populaires, mais dont ils avaient l’intelligence de comprendre la dynamique historique, et dont, à juste titre, ils comprenaient la critique de la « démocratie » qu’elles exprimaient. Alors, auto légitimés, ils s’estimaient en pouvoir de justifier leurs aspirations au culte de ‘l’homme fort’ - celui qui les unissait - sous ses diverses modalités politiques historiques d’expression : Césarismes, monarchies, fascismes, nationalismes, totalitarismes, dictatures…

Démocratie (8) : A chaque fois que l’on invoque « la démocratie », pour s’y référer positivement ou non, on s’en interdit la pensée critique.

Démocratie (9) : Une assemblée générale quotidienne, hebdomadaire, mensuelle, annuelle…) : pratique politique permettant utilement de repenser la critique de la démocratie dite représentative. Mais, qui décide de l’ordre du jour ? Et, en cas de vote, que fait la minorité ? Chercher ailleurs, d’autres alternatives ; chercher autrement, autre chose, sur d’autres fondements, avec d’autres projets, d’autres finalités…Sans pour autant l’abandonner…

Démocratie (10) : On ne peut penser la démocratie sans se référer à l’État au sein duquel elle s’inscrit. L’inverse n’est pas vrai.

Démocratie (11) : Si l’enjeu, le projet est bien de [re] construire la démocratie, il m’apparait aujourd’hui que, grâce aux « Gilets jaunes » - grâce auxquels peu ou prou le peuple, la société, la politique se [re] construisent -, ni le référendum, ni la réforme de la constitution, ni la dissolution, ni les élections, ni une augmentation de la « dose » de proportionnelle, ni bien évidemment une liste « Gilets jaunes » pour les élections européennes [et / ou autres] ne s’avèrent une réponse pertinente. Alors ? (Cf. Politique. État. « Gilets jaunes »)

Démocratie (12) : Comment peut-on croire que nous vivons dans un régime démocratique lorsque celui qui est censé l’incarner en est la négation. Tout au plus peut-on penser qu’il existe des contre-pouvoirs institutionnels.
L’existence de systèmes autocratiques, fascistes, nationalistes, religieux, s’avère - heureusement - fort utile pour évacuer la question.

Démocratie (13) : Lorsqu’il est manifeste dans un système politique qui se veut, qui s’affirme démocratique qu’un nombre majoritaire des personnes qu’il est censé disons…gérer, ne s’estiment plus représentés, qu’il n’est plus ni entendu, ni respecté, ni cru, qu’il est patent qu’il est responsable de l’aggravation des injustices qu’il finit par incarner, il est logique qu’il soit condamné. Qui plus est, lorsqu’il est démontré que la politique, via ses institutions, en l’occurrence tout à fait fonctionnelles, est à même d’en aggraver les effets, la question se pose de savoir s’il ne s’accroche pas au terme de « démocratie » comme la corde au pendu. On peut remplacer « démocratie » par « république ».

Démocratie (14) : Opposer démocratie dite représentative (!) et démocratie dite directe interdit de penser l’existence de démocratie vivantes, concrètes, altruistes, agissantes, discutantes, innovantes… (Cf. Pensée. Binaire)

Par ordre alphabétique. Politique. Démocratie :

Démocratie (Abstention) : 2018. 82,4 % d’abstention lors des dernières élections à Évry le 25 novembre 2018

Démocratie (Attali Jacques) (1) : 2017. Jacques Attali, le 1er septembre 2017, dans un article intitulé : Construisons la cabine de pilotage pour la planète, auteur de :
« La démocratie est locale, le marché est mondial. Or, le marché, par nature, favorise les riches, tandis que la démocratie devrait renforcer les faibles. Tant qu’on n’a pas une démocratie au même niveau que le marché, c’est à dire mondiale, on n’y arrivera pas. Il faut donc s’unir partout. » 355
- La logique interne de ce qu’il est difficile de nommer une analyse, doit être relevée.
- Mais le plus triste est de constater que ceci, après tant d’autres aberrations, n’aura pas de conséquence en matière de relais de ses initiatives dans et par la presse, sans évoquer le monde politique, Emmanuel Macron qu’il doit rencontrer au premier chef. Banal certes, mais… (Cf. Homme. « Intellectuel ». Attali. Jacques, Politique. Médias, Économie)
- Ajout. 2018. Depuis lors, l’eau a coulé sous les ponts.

Démocratie (Attali Jacques) (2) : 2018. Jacques Attali, le 8 octobre 2018, évoquant les métiers d’avenir, évoque ce qu’il nomme « les métiers de la démocratie : policiers, juges, avocats, journalistes ».
Que d’horreurs présentées comme autant d’évidences, dévoile-t-il dans sa logorrhée ! Le seul ton de son assurance dissuaderait de toute positivité de la réflexion. (Cf. Homme. « Politique ». Attali Jacques) 356

Démocratie (Avortement. Femmes) : 2012. Lu sur un forum, en 2012 :
« J’ai croisé une femme de 84 ans. Dans les années 50, elle a été accusée d’avoir avorté, et jugée, bien qu’il s’agisse d’une fausse-couche provoquée par la misère et la fatigue. On lui a retiré sa carte d’électeur (déchue de ses droits civiques ?) qu’elle n’a jamais récupérée. » 357 D’autres exemples ? Celui-ci, en tout état de cause, enrichit la critique féministe de la démocratie et du patriarcat. (Cf. Patriarcat, Démographie)

Démocratie (Castries Henri de) : 2017. M. Henri de Castries, ex-président directeur général du premier assureur mondial, incidemment soutien de poids de François Fillon, pressenti par lui pour être son (éventuel) ministre de la Défense 358 réclame en 2017 « des leaders forts, qui développent une vraie vision du monde et une vraie stratégie d’avenir, et qui seront d’une fermeté sans faille dans l’exécution de celle-ci. Bien sûr, il faut écouter les protestations, mais en ayant conscience de ce qu’elles représentent d’intérêts particuliers. Mais il faut savoir tenir un cap. C’est une dignité et une vertu que de mener des réformes. » 359
- L’idée même de démocratie est ici hors sujet, et n’a plus même le statut d’un vêtement dont on pourrait, dont il faudrait, pour être légitimé-e, se vêtir. Les maitres du monde capitalistes (ou du moins, certaines d’entre eux) s’estiment dorénavant, seuls, légitimes à définir « la vérité » de la reconfiguration - qu’ils nomment « réformes » - du monde. Quant aux ‘autres’, états, religions, êtres humains, etc.…- nous renvoyés au statut de d’incarnations de « représentants d’intérêts particuliers. »
- Enfin, lire que, pour ce faire, « il faut des leaders forts » et qu’ils « seront d’une fermeté sans faille dans l’exécution » de « leur stratégie d’avenir » augure d’un monde qui pourrait bien dépasser le fascisme en autoritarisme et en violences… (Cf. Politique. Réformes, Vérité, Économie)
- En tout état de cause, on comprend mieux, à la lecture de cette analyse, l’arrivée au pouvoir aux États-Unis de Donald Trump.

Démocratie (Citoyen) (1) : Le citoyen est nommé « consommateur » quand l’entreprise se nomme « citoyenne ». (Cf. Langage, Économie)

Démocratie (Citoyen) (2) : 2018. Entendu dans un documentaire intitulé : Réfugiés. un marché sous influence, un commentaire concernant un supermarché installé dans un camp de réfugié-es Syrien-nes :
«
Ils redeviennent des consommateurs comme les autres. » 360 (Cf. Économie)

Démocratie (Citoyen « bon ») (1) : 1795. Article IV de la Déclaration des devoirs, incluse dans la Déclaration des droits et de devoirs de l’homme et du citoyen de la Constitution de l’an III (22 août 1795) :
« Nul n’est bon citoyen, s’il n’est bon fils, bon père, bon frère, bon ami, bon époux ».
- Au-delà de la critique patriarcale de cette assertion, celle-ci ouvre de larges horizons sur la soi-disant séparation entre vie publique et vie privée. Elle ouvre aussi la voie à la nécessité de penser sur d’autres fondements la citoyenneté.
- Que signifiait alors : « bon » est un autre sujet d’importance. (Cf. Droit, Famille, Patriarcat. Domination masculine)
* Ajout. 15 octobre 2018. 1665-1670. Jean Jacques Rousseau [1712-1778], dans Les confessions, imaginant « l’état tranquille et obscur d’un artisan » qu’il aurait pu être « s’il était tombé dans les mains d’un meilleur maître », écrit :
« J’aurais été bon Chrétien, bon citoyen, bon père de famille, bon ami, bon ouvrier, bon homme, en toute chose. […] » (Livre 1) 361

Démocratie (Citoyen « bon ») (2) : 1804. Cf. dans le Discours préliminaire de Portalis [1746-1807] du premier projet de Code civil [1804] :
« Les vertus privées peuvent seules garantir les vertus publiques ; et c’est par la petite patrie, qui est la famille, que l’on s’attache à la grande ; ce sont les bons pères, les bons maris, les bons fils, qui font les bons citoyens. » 362 (Cf. Droit, Famille, Patriarcat. Domination masculine)
- On peut noter, par la comparaison avec la constitution de l’an III, qu’ici « frères » et « amis » ont disparu.

Démocratie (Crimes) : Démocratie, que de crimes commis en son nom ! ; que de terrorismes d’État légitimés ! …

Démocratie (Dictature) : [Et leurs entre-deux et leurs dépassements…] Dans les deux types de régimes politiques, le pouvoir confère le monopole de la force. (Cf. Politique. État)

Démocratie (Directe) : 1874. Ou, comment la démocratie directe, sous la Convention [1792-1795] était lisible, rendue possible du fait de, adaptée à l’organisation de l’espace politique. Je lis dans le Quatre-Vingt-treize de Victor Hugo [1802-1885] :
- « Les bancs de l’Assemblée montaient presque jusqu’à la corniche des tribunes ; les représentants et le peuple pouvaient presque dialoguer. »
- « Les tribunes se mêlaient à la conversation. Elles tutoyaient l’assemblée. »
- « Le peuple avait sur la Convention une fenêtre ouverte, les tribunes publiques et, quand la fenêtre ne suffisait pas, il ouvrait la porte, et la rue entrait dans l’assemblée. Ces invasions de la foule dans ce sénat sont une des plus surprenantes visions de l’histoire. Habituellement ces irruptions étaient cordiales. Le carrefour fraternisait avec la chaise curule [symbole du pouvoir dans la Rome antique]. Mais c’est une cordialité redoutable que celle d’un peuple qui, un jour, en trois heures, avait pris les canons des Invalides et quarante mille fusils. […] » 363

Démocratie (Élections) (1) : Combats de coqs défendant leur pré carré : ce jugement, pour n’être ni neuf, ni original, n’en est pas pour autant un poncif dépassé. Si des femmes peuvent [devoir ?] sacrifier au rite, les hommes ont sur elles un net avantage historique.
- Pour exciter les coqs, les parieurs, le public et faire monter les enchères : la presse, les sondages, les médias, les partis… (Cf. Politique. Liberté. De la presse, Sondages d’opinion)

Démocratie (Élections) (2) : Le choix, lors d’une élection présidentielle, n’est pas entre deux hommes (ou femmes) mais entre deux tentatives pour s’approprier les pouvoirs politiques, régaliens, répressifs, juridiques, symboliques, économiques...qui sont (aussi) conférés à celui (celle) qui l’emporte. Les frustré-es et les cyniques l’emportent souvent. Jusqu’à quand ?
- Il me semble que l’on comprend mieux, dès lors, Berlusconi, Sarkozy, Erdogan, Poutine, etc..…
* Ajout. 2 juin 2019. Le plus grave est sans doute, qu’une fois élu-e, tout tombe dans son escarcelle : « The winner takes all. »

Démocratie (Élections) (3) : La meilleure preuve de la relativité historique du concept de démocratie : un-e américai-ne noir-e [concrètement un être humain dont les liens avec le système esclavagiste était visible sur sa peau] était considéré comme criminel-le, comme devant être combattu-e par l’État américain, et si souvent dès lors, entre autres, assassiné-e par le Klu Klux Klan, dès lors qu’il-elle avait l’extrême courage de vouloir - simplement - s’inscrire sur les listes électorales.

Démocratie (Élections) (4) : « Un jour, mon prince viendra… » 364
- Facile…

Démocratie (Élections) (5) : Le matraquage auquel nous sommes soumis concernant les élections à la présidentielle de mai 2017 me fait penser, au plan politique, à ce qui a été la propagande militaire depuis Napoléon [1769-1821] :
« Tout soldat porte dans sa giberne un bâton de maréchal ». (à reprendre)

Démocratie (Élections) (6) : Combien de résultats d’élections dans le monde ont-ils été ‘savamment’ commentés alors qu’ils avaient été décidés et écrits, avant leur annonce, sur un coin de table ?

Démocratie (Élections) (7) : 2012. Lors des élections législatives. France. 10 et 17 Juin 2012, 155 femmes élues, 422 hommes élus, soit 26,86 % [Précédente Assemblée : 18,5 %].
- En France, en 2012, si l’on considère que la composition du Parlement est un critère valide, valable, signifiant, une femme - politiquement - vaut un peu plus du tiers d’un homme. (Cf. Femmes. Retraites, Patriarcat)

Démocratie (Élections) (8) : 2017. Lors des élections présidentielles [France. 7 mai 2017], une spécificité de l’élection d’Emmanuel Macron (comme de ses opposant-es) : l’absence de toute pensée féministe, de toute prise en compte de la vie des femmes, de toute proposition de réforme, de tout projet progressiste novateur. (Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel. Patriarcat)

Démocratie (Élections) (9) : 2017. Lors de la manifestation de lycéen-nes, post premier tour des élections présidentielles, le 27 avril 2017, lu une pancarte :
« Ni patrie, Ni patron. Ni Le Pen, Ni Macron ».
- Depuis qu’il faut nous faire croire qu’il faut absolument voter Macron, et que, pour ce faire, il faut absolument faire croire à la possible élection de Marine Le Pen, les sondages dont nous étions abreuvés avant le premier tour et ce, depuis des mois, sont devenus plus rares, et dès lors rarement commentés ; ils doivent néanmoins exister, malgré leurs immenses erreurs [40/60 était le chiffre annoncé pour l’élection du 7 mai 2017 : ce fut. 66/34] ne serait-ce que pour des raisons économiques : ils aliment la presse qui, sans eux, auraient peu à dire, à commenter, à déblatérer… (Cf. Homme. « Politique ». Macron Emmanuel, Politique. Médias, Sondages d’opinion)

Démocratie (Élections) (10) : 2018. Ils assimilent depuis des lustres démocratie et élections, ils gémissent de la « démocratie menacée », et ils s’étonnent que d’autres [Poutine, Bolsonaro, Orban…] s’autorisent des élections pour s’approprier ce terme et, du fait de leur légitimité électorale, récuser toute contestation de leur pouvoir.

Par ordre chronologique. Politique. Démocratie :

Démocratie (Élections. Malraux André) (11) : 1977. André Malraux [1901-1976], auteur de :
« Nous sommes au temps des démocraties à 51 % contre 49 % […]
La notion démocratique, c’est la notion de volonté populaire générale. Mais tout cela est né de quoi ? En 1789, la volonté générale était, en gros, celle du Tiers-état en face des ordres privilégiées. Les différences de pourcentage entre de tels protagonistes était colossale. Ce devait être de l’ordre de 85 contre 15. Et cela fondait une notion démocratique très forte et très motivante. Mais quand vous en êtes à 49/51, quel que soit le côté vers lequel penche ou penchera le fléau [plateau?] de la balance, il y a comme une illégitimité secrète qui, peu à peu, paralyse le système. » 365 (Cf. Penser, Histoire)

Démocratie (Élections. Castoriadis Cornelius) (12) : 1990. Analyse prémonitoire, écrite en 1990, de Cornelius Castoriadis [1922-1997] concernant Donald Trump :
« Aujourd’hui le vote d’un grand financier comme M. Trump, vaut un million de fois plus que celui de l’Américain moyen. » 366
- Question : Dès lors, logiquement, pourquoi en effet se contenter de valoir un million de fois moins qu’un électeur ‘moyen’ ? La présidence des USA en 2016 apparaît alors plus cohérente, voire logique.

Démocratie (Élections. Vallaud-Belkacem Najet) (13) : (24 mars) 2014. Au lendemain d’élections catastrophiques pour ‘la gauche’, Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, auteure de :
« Il y a […] notamment le désir des électeurs d'avoir davantage de justice sociale dans le redressement que nous sommes en train d'opérer. Ce message est entendu. […] Nous en tirerons les conséquences le moment venu », a-t-elle ajouté. 367
- Qu'ils - et elles - mangent de la brioche…

Démocratie (Élections. Boucheron Patrick) (14) : (10 décembre) 2016. Patrick Boucheron, auteur de :
« […] Chaque élection crée un monstre, sans cesse plus menaçant, celui du peuple non représenté et chaque élection relance la déception, sans cesse plus amère, celui de ne pas trouver l’incarnation. […] » (Cf. Politique. Démocratie. Peuple, Histoire) 368

Démocratie (Élections) (15) : (8 mai) 2017. Slogan de la manifestation, à l’appel du collectif « Front social », le lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron :
« Nos voix ne rentrent pas dans leurs urnes. » 369

Démocratie (Élections) (16) : 2018. Selon Étienne Chouard, être « élu démocratiquement » est « un oxymore ».

Démocratie (Élections. « Fête à Macron la ») (17) : (5 mai) 2018. Lu sur un tract critique d’Emmanuel Macron, lors de « La fête à Macron ».
« Si rien ne nous retient chez Macron et son monde, on aimerait en répondant à l’appel du 5 mai, ne pas se tromper sur la manière de décrocher.
Pas trop tentés par la gueule de bois à la grecque, nous serions fâchés que des copains fêtards profitent de notre griserie après un bel apéro pour nous emmener dans une de ces soirées de lancement pour nouveaux produits électoraux. […] D’accord pour schtroumpfer une petite fête. Mais à celle-là comme aux autres, pas question qu’elle serve de prétexte à élire le grand schtroumpf. » 370 (Cf. Économie. « Fête à Macron La », Grèce)

Démocratie (Europe) (1) : Défendre en Europe - quels qu’en soient les fondements - l’État-souverain, c’est s’interdire de penser la souveraineté des citoyen-nes. Mais, en poursuivant la réflexion, si l’on peut aspirer à plus de « démocratie européenne », ces revendications ne peuvent avoir lieu qu’au sein des instances actuelles, éventuellement modifiées à la marge. Dès lors, c’est l’idée même de démocratie qui disparaît et qui dévoile la réalité européenne, laquelle n’a rien, absolument rien de démocratique.
- Enfin, que pourrait bien signifier de nouvelles instances européennes démocratiques fondées sur la souveraineté de plus de 500 millions d’Européen-nes ? L’idée même n’en parait-elle pas d’emblée absurde ?

Démocratie (Europe) (2) : (22 mars) 2015. Concernant la Grèce, je lis dans Le Figaro :
« Le programme d’assistance financière (de la Troïka) sera prolongé jusqu’au 30 juin 2015, mais seulement à condition qu’Athènes remédie aux dysfonctionnements de l’État grec et s’engage à ne pas dégrader ses comptes publics par des ‘mesures unilatérales’. »
La démocratie, les élections, le « peuple » … : « des mesures unilatérales ».
Demander de « remédier aux dysfonctionnement » de l’État : comment peut-on oser ? Et pourtant, tout continue comme si ces ignominies n’avaient pas été prononcées. 371 (Cf. Économie. Grèce)

Démocratie (Europe) (3) : 2015. Ce n’est pas seulement la Grèce, Syriza, ses responsables qui sont humiliés, c’est moi, c’est nous tous, c’est nous toutes.
- Le mépris (sans évoquer ses absurdités, ses contradictions, ses mensonges, sa petitesse…) de la déclaration hier (29 juin 2015) de Jean Claude Juncker, président de la Commission Européenne (l’hommes des paradis fiscaux qui ose exiger du premier ministre Grec qu’il baisse les revenus des retraité-es Grec-ques), était une gifle qu’il adressait à chacun-e d’entre nous. Pour eux, le peuple n’existe tout simplement pas : c’est pourquoi, si un dirigeant ose parler au nom du peuple, mais surtout est légitime à le faire, alors il faut tirer à vue sur la cible. Alors Yanis Varoufakis, ministre Grec des finances, avant d’avoir été sacrifié pour le maintien du libéralisme européen, en étant devenu l’incarnation. Sa faiblesse ; il croyait à l’Europe. (Cf. Politique. Dignité, Économie. Grèce)

Démocratie (Europe) (4) : (30 janvier) 2015. Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, auteur de :
« Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. » 372 (Cf. Économie. Grèce) Au moins, c’est clair…

Démocratie (Europe) (5) : (31 octobre) 2016. Pierre Moscovici, Commissaire européen à l’économie, lequel n’exclut pas de travailler pour une banque à la fin de son mandat, à la seule exception de « Goldman Sachs », auteur de :
« C’est ça qu’il faut faire »…« L’éthique, c’est ce qui vous conduit vous-même à plus de... »…« Mais il ne faut pas penser que la nature humaine n’est pas ce qu’elle est… »…« La vraie question, c’est ça… »…« Il faut une fermeté totale… »…« mes électeurs… »…« Quand la gauche est timide, elle recule… »… « On a besoin de plus d’intégration »… « Je suis pour d’autres avancées… »…« les consommateurs… »…« le capital humain… »…« un socialiste qui n’est pas Européen, n’est pas un vrai socialiste »…« plus de compétitivité »…« Commençons par respecter les rites… »…« une pédagogie active… »…« On peut être rassurés par l’état des choses aujourd’hui… »…« On est arrivé à un point d‘équilibre… »…« Peu importe qui a raison ou tort…»…« Il faut écouter le peuple… »…« Il faut plus de globalité, plus de … » 373
Le point de rupture de la confusion mentale d’un système ?

Démocratie (Europe) (6) : (29 mai) 2018. Günther Oettinger, commissaire européen au budget et aux ressources humaines (sic), membre de la CDU allemande, après les élections italiennes et avant la composition du nouveau gouvernement, auteur de :
« Les marchés vont apprendre aux Italiens à bien voter. » 374
Les faux-semblants fondent comme neige au soleil. (Cf. Économie. Europe)

Démocratie (Génocide Rwandais) : [Entre autres crimes…] Nous, Français-es, auxquel-les personne n’a demandé leur avis, pouvons-nous ne pas nous considérer comme coupables des agissements des politiques français et de l’armée française au Rwanda ? 375 Je ne sais. Sommes-nous responsables - alors que nous n’avons pas voté pour eux - que d’autres que nous, aient voté pour ceux et celles qui agissaient en notre nom ? Je ne sais répondre à ces questions.
- On peut inverser les termes : responsables et coupables, mais aussi les cumuler. Et / ou en chercher d’autres…

Démocratie (Mandat) : 2012. « Voilà le mandat que vous m’avez confié » : De quel droit un homme (François Hollande, en l’occurrence), au soir de son élection, se permet-il même l’hypothèse de redéfinir la signification du vote de ceux et celles qui l’ont élu ?
* Ajout. 1er mai 2014. 2014. Cette redéfinition était inscrite dans le processus même du vote. En effet, une fois les citoyen-nes ayant volontairement transféré leur responsabilité à la personne élue, ici au président de la République, celui-ci, le temps de son mandat, institutionnellement dégagé des liens de dépendance à leur égard, ne doit plus de compte à rendre qu’à la constitution.
D’où, le sentiment d’impuissance radicale que nous ressentons ; d’où cette sensation d’être piégé-es ; d’où cette colère focalisée sur la personne même des chefs d’État ; d’où cette crise de la démocratie, qui n’est plus que leurre, fiction, piège, trahisons, mensonges.
* Ajout. 6 mai 2014. 2014. Deux ans après son élection, le même François Hollande, auteur de : « À la fin de mon mandat, je veux répondre à la question : est-ce que j'ai tout fait pour faire avancer le pays ? » 376
Et nous, quand pourrons-nous parler, agir à sa place ? et en premier lieu, en préalable, dénoncer l’inanité de l’expression « faire avancer le pays » … (Cf. Homme. « Politique ». Sarkozy Nicolas. Hollande François)

Démocratie (Mandat. Cumul) : La critique du cumul des mandats doit s’appliquer selon les fonctions, dans la durée et dans son usage. Plus globalement, un mandat quel qu’en soit sa nature, son origine, ne doit plus pouvoir être une prébende, si souvent transmissible comme un droit quasi héréditaire entre copain-es / coquin-es ; la question des fils, filles, amants, maitresses, et de tous les proches devant être traitée en elle-même. Mais cela est tout fait insuffisant : c’est l’ensemble des mécanismes de la démocratie dite représentative (qui ne l’est plus de rien, ni de personne) qu’il faut dénoncer et reconstruire en s’attaquant donc à son fondement, à son principe même : l’élection, et, a fortiori, au concept même de parti.
- Par ailleurs, sur quels fondements des parlementaires peuvent-ils s’affranchir, entre autres, de l’âge légal de départ à la retraite ; la loi doit être la même pour tous et toutes. C’est absurde, c’est injuste, c’est du gâchis : ça l’est pour tout le monde. Donc, tout revoir, tout repenser. (Cf. Homme « Politique ». France. Tiberi Jean, Politique. Constituante)

Démocratie (Michelin François) : 1998. François Michelin [1926-2015], auteur, dans un livre complaisamment mis en valeur par Ivan Levaï et Yves Messarovitch, de :
« Les Français pourront-ils longtemps se payer un conseil municipal, un conseil général, un conseil régional, une Chambre des députés, un Sénat, Strasbourg et Bruxelles ? Les gouvernements devraient donner l’exemple de l’économie. Ils ne le font pas. » 377 (Cf. Homme. Journaliste. France, Politique. État. Michelin François, Économie)

Démocratie (Morale) : Si l’on juge « la politique », les hommes et les femmes qui l’incarnent, à l’aune de ses propres normes, de ses propres valeurs, de sa propre morale : le concept de « Politique » s’effondre. Comment le remplacer ? (Cf. Penser. Morale, Politique. Morale)

Démocratie (Modes de scrutin) : Les considérer comme « tous injustes » ne relèverait d’une analyse appropriée que s’il n’était pas préalablement précisé que c’est le concept même de « représentation » qui, en premier lieu, est « injuste ».

Démocratie (Neill A.S.) : 1915. A. S Neill [1883-1976], auteur de :
« Il est étrange que ce que nous claironnons être la démocratie serve à favoriser l’avancement de brutes. » 378

Démocratie (Parti politique) (1) : Broyeur d’individualités et de pensées. Invivable pour toute féministe (pas uniquement !) un tant soit peu conséquente (vrai aussi concernant nombre d’associations).
- Par ailleurs, aucun changement politique ne peut avoir lieu dans le cadre actuel du quasi-monopole dévolu aux partis politiques en matière d’expression politiquement incarnée.
- Tout changement de régime nécessite donc (entre autres…) la suppression de l’article 4 de la constitution de la Vème république : les liens entre « les partis et groupements (?) politiques » et « la souveraineté nationale et la démocratie » doivent être brisés.

Démocratie (Parti Politique) (2) : [Après avoir lu un note précisant que « le substantif allemand de Partei correspond tantôt au français parti, tantôt à partie » 379] Comment un parti politique n’étant que la partie d’un tout peut-il aspirer à diriger le tout, c’est-à-dire l’état ?

Démocratie (Parti Politique) (3) : Ce qu’il faut - notamment - changer dans l’article 4 de la constitution de la Vème République :
« Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. »

Par ordre chronologique. Démocratie. Parti politique :

Démocratie (Parti politique) (4) : (mars) 2014. Jean-François Copé, président de l’UMP, auteur de :
« J’ai investi des candidats dans toute la France. » 380
Et si les responsables des partis politiques réfléchissaient à la signification politique de ce qu’ils disent, que se passerait-il ? (Cf. Politique. Constitution)

Démocratie (Patriarcat. Asquith Lord) (1) : 1906. Concernant son refus du vote des femmes anglaises, Lord Asquith, en 1906, alors chancelier de l’Échiquier, puis premier ministre de 1908 à 1916, auteur de :
« Je serais prêt à retirer mon opposition […] le moment où je serais convaincu de deux choses, d’abord que la majorité des femmes désirent le vote parlementaire et ensuite que le fait de le leur donner ce vote soit avantageux pour leur sexe, comme pour la communauté entière. » 381 Même question aux hommes ? Critique facile… (Cf. Féminisme. Antiféminisme, Patriarcat)

Démocratie (Patriarcat. Brion Hélène) (2) : (29 mars) 1919. Voici le début de la déclaration d’Hélène Brion [1882-1962] au Conseil de Guerre qui la condamna à 3 ans de prison sous le chef d’inculpation de « propagande défaitiste » :
« Je comparais ici comme inculpée de délit politique : or je suis dépouillée de tous droits politiques. Parce que femme, je suis classée de plano (de plein droit), par les lois de mon pays, inférieure de beaucoup à tous les hommes de France et des colonies. Malgré l’intelligence qui m’a été officiellement reconnue depuis peu ; malgré les brevets et diplômes qui m’avaient été octroyés longtemps avant, je ne suis pas devant la loi l’égale d’un nègre illettré de la Guadeloupe ou de la Côte d’Ivoire. Car lui peut participer par le bulletin de vote à la direction des affaires de notre commun pays, et moi, je ne le puis pas. Je suis hors la loi. » 382 (Cf. Droit, Justice, Féminisme, Patriarcat, Politique. Guerre)

Démocratie (Peuple) (1) : L’expression directe de « la parole du peuple » (à l’exception rare de l’hypothèse de référendum sur des questions choisies, imposées par le pouvoir) : une hypothèse largement oubliée des tenant-es de « la démocratie » certes, dite représentative. (Cf. Langage. Peuple)

Démocratie (Peuple) (1) : Ce sont d’immenses colères inexprimées qui étouffent les peuples ; ce sont sur leurs silences étouffés que les élections ont lieu.

Démocratie (Peuple) (2) : Avant de critiquer, ce qui est fort à la mode, « les populistes », encore faut-il préalablement clarifier le terme de : « peuple ». Dès lors, si le terme de « populisme » [assimilant sans vergogne, dans la plus parfaite malhonnêteté intellectuelle, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon] est instrumentalisé au gré des intérêts de ceux /celles qui l’emploient, celui de « peuple » l’est plus encore. Et à la recherche de ses différents signifiants, on comprend mieux qu’il n’est - pour ceux qui l’emploient pour mieux circonvenir ceux et celles qui s’en sentent partie prenante - qu’un artifice, une fiction, un boniment. Dès lors, les tentatives pour tenter de relier les diverses composantes du « peuple » sont nécessairement vouées à l’échec. 383 (Cf. Langage. Peuple. Populisme )

Démocratie (Peuple) (3) : La force du mot de « peuple » est que, du fait même de l’impossible cohérence entre son abstraction et la réalité qu’il est censé recouvrer, son autorité est sans limites ; celle-ci peut donc d’autant moins être contrôlée qu’en lui s’incarne la seule légitimité politique, et ce quel que soit le régime politique, qu’il la lui refuse ou non. (Cf. Langage. Peuple, Penser. Pensée. Abstraction)

Démocratie (Peuple) (4) : Les gouvernants ne méprisent pas le peuple ; ils gèrent une abstraction. Au mieux. (Cf. Langage. Peuple, Penser. Pensée. Abstraction)
* Ajout. 24 février 2019. L’une des principales et plus positives conséquences politiques des « Gilets jaunes » : rende caduque - je l’espère durablement - cette analyse.

Démocratie (Peuple) (5) : Une réflexion après la lecture du slogan visible sur le Reichstag « Dem Deutschen Volke » (« Au peuple allemand ») : toute référence, quelle que soit la nature du régime politique, au « peuple » dès lors qu’elle est inscrite au sein des frontières d’un État est nécessairement nationaliste. Et, à ce titre, à dénoncer. (Cf. Langage. Peuple, Politique. Frontières)

Démocratie (Peuple) (6) : 2008. Par-delà le monde, résonne depuis « la crise » de 2008, partout ce slogan : « Nous sommes les 99 % ». Et notre monde - actuellement en réalité, celui de ceux et celles qui ne vivent que de notre écrasement et, qui plus est, celui qu’ils /elles veulent nous faire accepter comme étant le nôtre - continue de fonctionner comme si ce slogan ne bouleversait pas, le terme étant faible, comme s’il n’explosait pas toutes, absolument toutes, les catégories politiques, philosophiques, économiques, mentales, psychiques.
* On lit ceci sur Wikipédia à : « Nous sommes les 99 % » (décembre 2014) : « Les critiques et les observateurs disent que le slogan est une référence aux inégalités économiques et démocratiques entre les élites et le reste des citoyens des États-Unis. » : Incessante réécriture de la réalité du monde pour détourner le signification des termes lorsqu’ils sont dangereux pour l’ordre social, politique, économique….
* Ajout. 19 janvier 2015. 2015. Selon Oxfam : « Les 1 % les plus riches, toujours plus riches. » 384
* Ajout. 27 septembre 2017. (octobre) 2017. Pour une critique politique pertinente de l’analyse en termes d’opposition des 1% aux 99 %, lire l’article de Richard V. Reeves : Classe sans risque, dans Le Monde Diplomatique d’octobre 2017.
- Y adjoindre une analyse féministe (à faire et donc à penser…) 385 (Cf. Langage. Peuple, Politique. Élites)

Démocratie (Peuple) (7) : Combien de régimes dits « démocratiques » ont-ils tiré sur « le peuple », ou du moins sur certaines de ses fractions ? Combien ont-ils colonisé, dominé, exploité, tué, étouffé, réduit au silence, torturé… Comment peut-on encore, sans distanciation analytique critique, employer positivement ce terme qui a légitimé, qui légitime encore tant de crimes, de déshonneurs, d’injustices, de guerres ?
- Critique valable pour l’ensemble du vocabulaire politique.

Démocratie (Peuple) (8) : Sur les fondements d’une crainte d’une possible tyrannie du peuple [exercée sur lui-même ?)] l’‘on’ s’est cru légitimement en droit de l’exclure - démocratiquement - de l’exercice réel du pouvoir.

Par ordre chronologique. Politique. Peuple :

Démocratie (Peuple) (9) : 1790. Edmund Burke [1729-1797], dans ses Réflexions sur la révolution de France, auteur de :
« […] Lorsque l’autorité populaire est absolue et sans frein, la confiance du peuple en son propre pouvoir est infiniment plus grande [que sous la royauté], parce que beaucoup mieux fondée.
C’est que, dans une large mesure, le peuple trouve en lui-même ses propres instruments. Il est plus proche de ses fins.
En outre, il échappe davantage à l’empire d’un des plus grands pouvoirs modérateurs qui soient au monde, le sentiment de la réputation et de l’estime.
Lorsque les abus de pouvoir sont commis en grand nombre, bien faible est la part d’infamie qui risque de tomber en partage à chaque individu, puisque les opérations de l’opinion sont en raison inverse du nombre des responsables. […] » 386 (Cf. Politique. État. « Gilets jaunes »)

Démocratie (Peuple) (10) : 1872. À la lecture du livre Politique constitutionnelle de Benjamin Constant [1767-1830], dont le chapitre I s’intitule : « De la souveraineté du peuple », je comprends soudainement le pourquoi de la confusion linguistique concernant « le peuple » : ce terme ne peut être défini, sauf à faire voler en éclats les concepts de « souveraineté », de « volonté générale », de « liberté », de « citoyenneté ». Prosaïquement, si le peuple était réellement souverain, les député-es seraient des usurpateurs-trices.
- On peut y lire notamment la pertinente analyse de Benjamin Constant :
« […] Rousseau lui-même a été effrayé […] ; frappé de terreur à l’aspect de l’immensité du pouvoir social qu’il venait de créer, il n’a su dans quelles mains déposer ce pouvoir monstrueux, et n’a trouvé de préservatif contre le danger inséparable d’une pareille souveraineté, qu’un expédient qui en rendit l’exercice impossible. Il a déclaré que la souveraineté ne pouvait être ni aliénée, ni déléguée, ni représentée. C’était déclarer en d’autres termes qu’elle ne pouvait être exercée ; c’était anéantir de fait le principe qu’il venait de proclamer. […] » Lire la suite… 387 (Cf. Langage. Peuple)

Démocratie (Peuple) (11) : 1830. Astolphe de Custine (Marquis de) [1790-1857], auteur de :
- « La cause de presque tous les préjugés qui s’accréditent contre ou pour les peuples, c’est que l’on confond les nations avec leurs gouvernements ! » ; 388
- Aurait pu être écrit par un-e anarchiste... (Cf. Êtres humains. Comment faire disparaître les êtres humains, Langage. Peuple)

Démocratie (Peuple) (12) : (11 mai) 2017. Lorsque Pierre Rosanvallon, après avoir contesté l’élection à la proportionnelle, déclare :
« […] Il y a toujours une balance à trouver entre le principe de représentation et le principe de cohérence de l’action gouvernementale… pour bien gouverner », il évacue la question du « peuple », et de la légitimité du gouvernement…à «bien» gouverner qui plus est. Mais ne sont ce pas justement les questions premières qui sont posées à « la démocratie » ?
- Quant à sa proposition que « les médias » soient « les intermédiaires entre les citoyens et la communauté politique », 389, elle ne peut que conforter - tant ses analyses s’inscrivent, sans réelle critique, autre qu’à la marge, dans le réel présent -une critique de sa conception de la démocratie… (Cf. Homme. « Intellectuel ». Rosanvallon Pierre, Langage. Peuple, Penser. Principe)

Démocratie (Peuple) (13) : (17 novembre) 2018. Une femme, dans la manifestation des « Gilets jaunes », auteure de :
« Il n’y a personne aujourd’hui dans le paysage politique, qui soit digne de notre attention, à nous, le peuple. » 390 C’est à cette aune de pensée, que l’on se rend compte qu’un processus révolutionnaire - faute d’un terme plus adéquat ? - est actuellement à l’œuvre. (Cf. Politique. État. « Gilets jaunes », Économie. « Gilets jaunes »)

Démocratie (Peuple) (14) : 2018. « Nous [sommes] le peuple » (Cf. Langage. Peuple, Politique. État. « Gilets jaunes »)
- Pancartes, slogans : « Le peuple exige » ; « Macron, nourris ton peuple » : « Le peuple cherche gouvernement » ; « Un état au service du peuple » ; « Le chef, c’est ton peuple » ; « Le peuple décide » ; « La colère du peuple est TTC » ; « Respecte le peuple » ; « Le peuple aux abois, tuons le bourgeois » ; « Macron, le peuple souverain s’avance » ; « Quand un peuple est à bout » ; « La France au peuple » ; « Peuple »….

Démocratie (Peuple) (15) : (15 décembre) 2018. Début du texte lu sur les marches de l’Opéra par trois « Gilets jaunes » :
« Ce mouvement n’appartient à personne et à tout le monde. Il est l’expression du peuple qui, depuis quarante ans se voit dépossédé de tout ce qui lui permettrait de croire à son avenir et à sa grandeur » (Cf. Politique. État. « Gilets jaunes », Économie. « Gilets jaunes »)

Démocratie (Peuple) (16) : (19 janvier) 2019. Sur la grande banderole ouvrant la marche des « Gilets jaunes » à Paris :
- « Élus, vous rendrez des comptes. » (Cf. Politique. Démocratie. « Gilets jaunes »)

Démocratie (Peuple) (17) : (19 janvier) 2019. Dans la même manifestation de Paris, une autre banderole :
- « Le peuple veut la chute du régime. »

Démocratie (Peuple) (18) : (8 janvier) 2019. Bruno Latour, dans Le Monde, auteur de :
«
Pour l’instant, on ne peut guère espérer d’effet politique de la consultation nationale. Il faudrait supposer d’abord que les « gens du peuple » ainsi convoqués aient quelque chose de pertinent à dire sur la situation présente sous prétexte qu’ils la vivent. […]
Penser que, sans enquête préalable, sans analyse méticuleuse de ce qui lie chacun d’entre nous à ses conditions matérielles d’existence, le « peuple » dans sa grande sagesse, spontanément, pourrait se tirer de l’impasse dans laquelle la modernité l’a placé, c’est faire trop confiance à Rousseau. […]
Passer de la plainte à la doléance exige donc deux épreuves particulièrement pénibles aux français : pour le « peuple » trouver quelques chose à dire de pertinent sur une situation totalement neuve ; pour le gouvernement savoir écouter ce qui sera dit pour refonder l’état. » 391
Comprenne qui pourra. (Cf. Penser, Politique. « grand débat national », Élites. Économie, Sociologie. Latour Bruno)
- Bruno Latour sur France Inter, auteur, le 18 janvier 2019, de :
« Il ne faut pas demander aux gens leur opinion, mais de décrire leur situation et ce avec quoi ils sont en désaccord. » 392

Démocratie (Peuple) (19) : (30 mars) 2019. Michel Wieviorka, auteur de :
«
Le peuple, une catégorie un peu dangereuse. » 393 (Cf. Sociologie. Wieviorka Michel)

Démocratie (Peuple) (20) : (14 juillet) 2019. Entendu une manifestant-te gilets jaunes, le 14 juillet 2019 : « On s’était promis de lui [Emmanuel Macron] gâcher son 14 juillet. On a réussi. » (Cf. Politique, État. « Gilets jaunes »)

Démocratie (Sans voix) : Écouter, interroger, interpréter les multiples voix qui nous transmises comme étouffements de celles des sans voix.

Démocratie (Slogan) : (9 mars) 2016. Slogan lu lors de la manifestation contre la loi El Khomri, : « Démocratie : Publicité mensongère » (Cf. Économie. Publicité)

Démocratie (Social-démocratie) (1) : L’échec patent de la social-démocratie : l’impossibilité d’une critique politique institutionnelle du capitalisme.
- Et/ou : L’échec de la social-démocratie : l’expression de l’impossibilité d’une réforme du capitalisme, comme de la destruction du capitalisme par la démocratie. (Cf. Féminisme. D’État)

Démocratie (Social-démocratie) (2) : Ils / elles ne cessent de parler, d’écrire sur, de commenter l’échec de la social-démocratie, ou, plus souvent, de l’échec des partis socio-démocrates, ou plus précisément socialistes. Au lieu et place de parler de, d’écrire, d’analyser l’importance croissante, de par le monde, des critiques anticapitalistes, comme de celles - moindres mais non moins nécessaires - de « la démocratie ».

Démocratie (Suffrage universel) (1) : Question (‘naïve’ : Pourquoi, s’il s’agit d’une valeur qui nous présentée comme universelle, ne s’applique-t-elle pas hors du champ politique : au hasard : dans la famille ? l’entreprise ? les syndicats ? les syndics d’immeuble ? la police ? les associations ? au FMI ? dans l’Union européenne… ?

Démocratie (Suffrage universel) (2) : Lorsque la démocratie représentative, censée être la nôtre, en France, en juin 2017, n’a plus d’autre argument pour se justifier que de comparer ses avantages à ceux dont sont dépourvus les victimes des dictatures, et en arguant que beaucoup sont mort-es pour elle, alors sa faiblesse est à son apogée.

Démocratie (Suffrage universel) (3) : 1917. Vilfredo Pareto [1848-1923] dans son Traité de sociologie générale, auteur de :
« En France, un juge de paix avait jugé qu’un homme idiot, au sens médical du terme, ne pouvait être électeur. La Cour de Cassation, par jugement du 8 avril 1910 cassa ce jugement et décida que ‘la faiblesse d’esprit, lorsqu’elle n’a pas motivé l’interdiction, n’est pas incompatible avec la jouissance du droit électoral, tel que le règlemente le décret du 2 février 1852.’
Là-dessus, Mme Marguerite Durand
[1864-1936] présenta comme candidat, dans une réunion populaire, précisément un idiot, et fit cette observation : ‘Les femmes ne votent pas mais les idiots sont électeurs et même éligibles‘.
Cette dame a ainsi montré le ridicule, non seulement de l’inégalité électorale des femmes et des hommes, mais du principe même du suffrage universel. Après tout, un idiot peut bien figurer comme électeurs parmi les entremetteurs
[proxénètes], les délinquants et autres semblables gens qui votent allègrement. […] » 394 (Cf. Droit, Politique. Égalité, Patriarcat, Penser, Sociologie)

Démocratie (Suffrage universel. Critique anarchiste du) : 1830. Kropotkine [1842-1921], concernant le suffrage universel, autour de 1880 (vérifier la date), auteur de :
« Excellent instrument pour résoudre de manière pacifique les querelles entre gouvernants - de quelle utilité peut-il être pour les gouvernés ? L’histoire du suffrage universel [masculin] 395 n’est-elle pas là pour le dire ? Tant que la bourgeoisie a craint que le suffrage universel ne devienne entre les mains du peuple une arme qui pût être détournée contre les privilégiés, elle l’a combattue avec acharnement. Mais le jour où il lui a été prouvé, en 1848, que le suffrage universel n’est pas à craindre, et qu’au contraire, on mène très bien un peuple à la baguette avec le suffrage universel, elle l’a accepté d’emblée. Maintenant, c’est la bourgeoisie elle-même qui s’en est fait le défenseur, parce qu’elle comprend que c’est une arme, excellente pour maintenir sa domination, mais absolument impuissante contre les privilèges de la bourgeoisie. » 396 Indépassé ? Mais il manquait à Kropotkine la critique du terme de « peuple » et l’intégration d’une analyse féministe.

Démocratie (Suffrage universel. Parlement européen) : 2002. Nicole Fontaine qui fut présidente du Parlement Européen de 1999 à 2002 débute le livre qu’elle consacre à cette expérience ainsi :
« La vie vient de me donner la chance exceptionnelle de présider le Parlement européen », qu’elle qualifie - phrase suivante - sans inquiétude, de « plus grand parlement démocratique du monde ».
Sept pages plus loin, elle écrit :
« Perçu comme une assemblée lointaine, sans pouvoir réel, le Parlement européen a constamment été utilisé par les dirigeants politiques français de tous les partis comme un cimetière d’éléphants, le refuge des recalés d’un scrutin national, ou la pépinière de jeunes pousses envoyés pour y rester… le moins longtemps possible. Et c’est ainsi que les collèges parlementaires des autres États de l’Union y ont vu, ébahis, défiler, la quasi-totalité des personnalités françaises. Les plus prestigieuses ne restèrent que quelques mois, les têtes de listes donnant souvent le premier signal du départ, quand elles ne l’annonçaient pas avant le scrutin lui-même. » 397 (Cf. Femme. « Politique »)

Démocratie (Sujet) : La question de l’être humain singulier est l’angle mort de « la démocratie ». Et c’est sur cet angle mort que nous fut imposé le donc, nécessairement faux, concept de « droit de l’homme ». (Droit. « Droits de l’homme », Êtres humains)

Démocratie (Teilhard de Chardin Pierre) : (8 septembre) 1918. Pierre Teilhard de Chardin, [1881-1955] dans une lettre adressée à sa cousine, Marguerite Teillard, auteur de :
« J’ai beaucoup admiré la vue du château que tu m’as envoyée. Elle m’est apparue comme la fière affirmation de cette nécessité d’une ‘élite’, qui est, je crois, une des plus décisives et définitives acquisitions de mon expérience en ces dernières années. Ces tours orgueilleusement posées sur le roc, au-dessus du torrent, nul n’a pu les imaginer et les construire, sinon une race, forte et consciente d’avoir dépassé les autres. Toute la difficulté (et le secret) de la vraie démocratie est de favoriser le renouvellement, et le recrutement et l’accession aussi universelle que possible de tous, à l’élite. Mais, en soi, la masse est profondément inférieure et haïssable. Ne trouves-tu pas ? » 398 (Cf. Homme. « Intellectuel », Politique. Élite, Guerre. Teilhard de Chardin Pierre)

Démocratie (Truman Harry) : 1945. Charles de Gaulle [1890-1970] évoque dans ses Mémoires la conception qu’Harry Truman [1884-1972], alors président des États-Unis avait, en août 1945, de la démocratie dans le monde et notamment en Europe :
« […] Quant aux problèmes compliqués de notre antique univers, ils n’intimidaient point Truman qui les considérait sous l’angle d’une optique simplifiée. Pour qu’un peuple fut satisfait, il suffisait qu’il pratiquât la démocratie à la manière du Nouveau Monde. […] » 399

Démocratie (Vérité) : Nicolás Gómez Dávila [1913-1994], philosophe, qualifié de ‘réactionnaire’, Colombien, auteur de :
« Aussi longtemps qu’on ne le prend pas au sérieux, celui qui dit la vérité peut survivre dans une démocratie. » 400 Incisif. (Cf. penser. Vérité)

Démocratie (Volonté générale) (1) : Que celles - et ceux - qui pensent que ce vocable, peu ou prou, les concerne lèvent la main. Effet quasi nul garanti. L’« effet magnétique » de l’expression 401 s’est épuisé : la fiction apparaît au grand jour. L’obéissance à la loi, censée être « l’expression de la volonté générale », apparaît dès lors comme un leurre et se mue en norme illégitime. (Cf. Politique. Loi)

Démocratie (Volonté générale) (2) : Y compris concernant ceux et celles qui pensent encore que « la volonté générale » puisse s’avérer l’un de fondements de la démocratie, celle-ci ne saurait concerner les femmes qui, préalablement à toute expression d’une quelconque volonté, devaient subordonner la leur à celle de leurs pères, puis, elles et elles seules, à celle de leur mari.
Faut-il rappeler qu’en France, mais non pas dans la grande majorité encore des pays du monde, la disparition récente de cette exigence formelle d’obéissance n’en a pas pour autant fait disparaître les manifestations ? (Cf. Famille. Mariage, Patriarcat)

Démocratie (Vote) (1) : Peut-on imaginer un acte de transfert conscient de sa responsabilité, plus irresponsable ? Et ce alors qu’il est présenté comme étant censé incarner la responsabilité suprême du citoyen-ne. 402 (Cf. Politique. Suffrage)

Démocratie (Vote) (2) : Voter, c’est cautionner.
* Ajout. 19 avril 2017. 2017. Et pourtant, aujourd’hui, eu égard à l’évident bouillonnement de la société française - dans ses profondeurs - je m’interroge sur le fait de rompre cette position de principe. Le vote - dans son long accouchement - a révélé tant de contradictions, a suscité tant d’espoirs, a réveillé tant de revendications, a entrouvert tant des chapes de plomb, que, peut-être, en tant qu’étape, ponctuellement donc, il pourrait contribuer à accélérer les conditions d’un bouleversement de la société. Mais cela n’aurait de sens que si, dès le lendemain de l’élection finale, la critique politique de l’idée même de « représentation » se prolongeait.
- Une concession ?

Démocratie (Vote) (3) : Léo Ferré [1916-1993], auteur de :
« Ils ont voté…et puis, après ? » (Source ?)

Par ordre chronologique. Politique. Démocratie. Vote des femmes :

Démocratie (Vote des femmes) (1) : 1931. [Rapporté par son arrière-petite-fille, Marie-Claire Pasquier] :
« En 1931, la petite fille - Lucile - du Président Paul Doumer [1857-1932] lui a demandé : ‘Pourquoi ne donnes-tu pas le droit de vote aux femmes ?’ Conciliant, évasif, il a répondu :
‘Je vais y penser’. » 403

Démocratie (Vote des femmes) (2) : (24 avril) 1944. En lisant « l’ordonnance du 21 avril 1944 portant organisation des pouvoirs publics en France après la Libération » émanant du Comité français de Libération Nationale 404, on découvre que la phrase :
« Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes » n’est inscrite que dans l’article 17 du titre IV intitulé : « Élections » (le texte comportant VI titres et 33 articles). 405
- Révèle la fiction juridique du concept d’égalité dans les Constitutions et de leurs Préambules.

Démocratie (Vote des femmes) (3) : 1958. Charles de Gaulle [1890-1970], auteur - sans vergogne - de :
« J'ai accordé le droit de vote aux femmes. » 406
* En sus, sur le sujet, ses deux seuls commentaires dans ses Mémoires (un grand livre) sont les suivants :
- […] « En outre, le droit de vote et d’éligibilité étaient attribuées aux femmes. L’ordonnance du 21 avril 1944, en réalisant cette vaste réforme, mettait un terme à des controverses qui duraient depuis cinquante ans. »
- « Des cinq millions d’abstentionnistes (aux élections du 21 octobre 1945), la plupart étaient des femmes qui évitaient les formalités dont elles n’avaient pas l’habitude. » 407 C’est tout. (Cf. Femmes. Dénis de l’histoire des femmes et du féminisme, Homme. Cassin René, Démographie, Histoire)

Démocratie (Vote des femmes) (4) : (12-13 mai) 1974. Pierre Viansson-Ponté [1920-1979], auteur, dans Le Monde de :
« [Le résultat des élections], on sait très bien à qui l’imputer, on sait parfaitement qui en est responsable. […] Sans le vote des femmes, et particulièrement des femmes âgées et disposant de très maigres ressources, la gauche serait parvenue au pouvoir en France depuis longtemps. Alors, que faire ? On ne peut quand même pas proposer de leur retirer le droit de vote, d’en priver les célibataires ou veuves de plus de 65 ans ? » 408 Mais l’hypothèse était bien là. (Cf. Homme. « Intellectuel ». Journaliste, Féminisme. Antiféminisme)

Démocratie (Vote des femmes) (5) : 1974. Le professeur Robert Debré [1882-1978] dans son « Témoignage », L’honneur de vivre, concernant sa fille Claude [1913-2015], alors élève du lycée (« pour les filles ») Victor Duruy, écrit :
« Celle-ci et ses camarades […] se demandaient pourquoi au lycée, seuls le concierge et le frotteur avaient le droit de vote et point les agrégées de l’Université qui étaient leurs professeur[e]s .» 409

Démocratie (Weil Simone) : 1938. Simone Weil [1909-1943], auteure de :
« La soumission du plus grand nombre au plus petit, ce fait fondamental de toute organisation sociale, n’a pas fini d’étonner tous ceux (et celles) qui réfléchissent un peu. » 410
- Ce simple constat ouvre infiniment plus d’horizons en matière de réflexions politiques que les catégories classiques, depuis Platon et Montesquieu, du droit constitutionnel, en réalité du droit de l’État. (Cf. Droit, Politique. État)

Démocratie (Zinoviev Alexandre) (1) : 1978. Alexandre Zinoviev [1922-2006], dans L’avenir radieux (un livre politique qui fourmille d’idées) évoque le « peuple [russe] » comme « une matière première ». Reprend-il cette expression à son compte ? 411 (Cf. Êtres humains, Politique. Démocratie. Peuple)

Démocratie (Zinoviev Alexandre) (2) : 1999. Alexandre Zinoviev [1922-2006], auteur de :
« Notre époque n'est pas que post-communiste, elle est aussi post-démocratique. Nous assistons aujourd'hui à l'instauration du totalitarisme démocratique ou, si vous préférez, de la démocratie totalitaire. » 412

III. Politique. Égalité :

Politique (Égalité) (1) : 1642. « Ceux-là sont égaux qui peuvent choses égales.» 413 : analyse de Thomas Hobbes [1588-1679] - de bon sens - toujours valable. Appliquée aux relations hommes /femmes, rafraîchirait la pensée féministe, en en évacuant le faux concept d’égalité, lequel nie l’existence même du patriarcat en tant que système de domination.
- Par analogie (pour éclairer l’angle de l’analyse) : qui pourrait tout à la fois dénoncer le capitalisme et concomitamment évoquer l’égalité (même à revendiquer) entre l’ouvrier/ère et le patron ; l’esclavagisme et l’égalité entre l’esclave et son propriétaire ; le /la colonisé-e et l’égalité avec le /la colonisateur-trice ; le/la personne de peau noire en Afrique du Sud et l’égalité avec le personne de peau blanche sous l’apartheid
- Le terme même d’égalité est donc incompatible avec une pensée féministe, laquelle suppose a minima de reconnaître qu’il existe un système patriarcal qui explique, qui justifie, qui met notamment, depuis des siècles, en œuvre la domination des hommes sur les femmes. Plus encore, revendiquer l’égalité laquelle ne remet pas en cause l’oppression née des rapports de domination, la cautionne.
- Revendiquer pour les femmes l’égalité avec les hommes - outre l’absurde d’une telle demande - c’est s’interdire de penser et donc de contester les rapports de domination / de pouvoirs patriarcaux ; c’est donc en légitimer les fondements.
- Pour démontrer l’inanité de cette revendication, s’interroger sur les raisons pour lesquelles on n’évoqua pas ou, si peu, en regard, l’égalité entre femmes, l’égalité entre hommes…
- Qui ne voit que l’égalité signifie tout aussi bien l’aggravation de l’oppression pesant également sur tous et toutes ?
- Qui ne voit que l’égalité, c’est aussi bien, non pas relever vers « le haut » (?) ce qui est bloqué «en bas» (?), mais aussi empêcher que personne ne s’élève plus «haut» ?... Que ?
- Qui ne voit qu’il existe une égalité dans l’égoïsme, dans la bassesse, dans la médiocrité, dans l’absurde, dans la pauvreté, sous la férule d’un dictateur, etc. ?
- Écrire ceci ne signifie pas que la pensée [féministe] ne se soit pas aussi construite en se référant à l’égalité… ce qui ne légitime pas pour autant son bien-fondé analytique. (Cf. Patriarcat, Penser. Pensée. Méthode. Analogie)
* Ajout. 7 mai 2018. (18 octobre) 1771. Dans le même sens que l’analyse de Hobbes, Voltaire [1694-1778] écrit à Frédéric II, roi de Prusse [1712-1786] :
« Qui n’a pas le pouvoir de faire, n’a pas sans doute la liberté de faire. […]
Vouloir ce qu’on veut, parce qu’on le veut me paraît une prérogative royale, à laquelle les chétifs mortels ne doivent pas prétendre. » 414 (Cf. Êtres humains, Politique. Liberté)

Égalité (2) : Les hommes ne sont pas plus égaux entre eux que les femmes ne seraient égales entre elles ; comparer les hommes et les femmes est donc absurde.

Égalité (3) : Si l’égalité peut s’avérer pour certain-es un point de départ d’une analyse, elle ne peut être un point d’arrivée. Et réciproquement. Et l’absurde apparaît.

Égalité (4) : Revendiquer l’égalité (entre hommes et femmes…) dans un monde patriarcal, pas même nommé, pas même énoncé, pas même pris en compte, pas même analysé - lequel ne cesse de produire, de par sa propre logique, de l’inégalité - c’est éternellement pousser le rocher de Sisyphe. Avec quelques rares retombées de cailloux, soit tombés du sommet, par inadvertance, soit du fait que le rocher ait été creusé à sa base, à force de retomber…

Égalité (5) : Enfermer « les femmes » dans la revendication d’égalité, c’est les y faire singulièrement disparaître.

Égalité (6) : Non seulement la seule revendication d’égalité entre hommes et femmes peut coexister avec le capitalisme, et plus largement avec tous les systèmes politiques dominants, mais elle peut en outre contribuer à en garantir en permanence, en créant les conditions d’un renouvellement des personnes les plus fonctionnelles à leurs finalités. Et, donc à les légitimer. 415 (Cf. Économie. Capitalisme)

Égalité (7) : Les économistes (libéraux) postulent - absurdement - une égalité des droits des êtres humains face au marché ; les politiques postulent - non moins absurdement - que l’égalité entre êtres humains est - ou doit être, on ne sait pas très bien - le fondement de la démocratie. Les deux postulats sont faux en eux-mêmes, mais ils se rejoignent sur un point central : la négation du patriarcat. Ils sont donc, à ce double titre, faux. (Cf. Penser. Postulats, Politique. État. Lois, Patriarcat, Économie. Libéralisme)

Égalité (8) : Revendiquer l’égalité tue l’idée même d’imaginaire [politique].

Égalité (9) : 2018. Entendu un homme s’interroger :
« Si les femmes font dorénavant tout ce que font les hommes, que va-t-il leur rester ? ». Et que va-t-il rester à la revendication d’égalité ?
* Ajout. 19 juillet 2018. Lu dans une note (peu claire) de la publication par La Pléiade d’Anna Karénine, une citation d’un livre de Souvenirs de Tatiana Kouzminski. On lit : « Léon Nicolaïevitch [Tolstoï] était contre l’instruction supérieure des femmes. … Il disait que la véritable femme, telle qu’il la comprenait était mère et épouse. Un jour il dit : - Guillaume [ ? ] a dit : ‘Il faut à la femme : Kirche, Küche, Kinder (l’église, la cuisine, les enfants). Moi j’ajoute : ‘Guillaume a confié à la femme ce qui était le plus important dans la vie, que reste-t-il donc à l’homme ? » 416

Égalité (10) : (16 juin) 2018. Lu ce jour :
« Fausse-couche. Les hommes souffrent aussi, mais taisent davantage leur peine. Parentalité. Si certaines femmes osent parler de leur détresse [concernant] une fausse-couche, certains hommes, investis et affectés, ont du mal à parler de cette perte courante et pourtant taboue. » 417

Égalité (Apartheid) : La fin de l’apartheid ne signifie pas l’égalité des êtres humains noirs et des êtres humains blancs en Afrique du sud.

Égalité (Bentham Jeremy) : Jeremy Bentham [1748-1832] évoque « l’égalité de malheur ». 418

Égalité (Bernis Cardinal de) : XVIIIème siècle. Le Cardinal de Bernis [1715-1794], dans ses Mémoires, écrit :
« Ce n’est pas que le duc d’Orléans [1674-1723] ne fut personnellement rempli d’honneur et de probité, mais il était si persuadé que les hommes étaient des fripons, [qu’] il traitait également les honnêtes gens et ceux qui ne l’étaient pas, [et] donnait même des préférences si marquées à ces derniers [que …] » 419

Égalité (Boigne comtesse de) : XVIIIème siècle. La comtesse de Boigne [1781-1866], dans ses Mémoires, écrit :
« […] L’égalité chez nous est une maladie de la vanité. Sous prétexte de cette égalité, chacun prétend à s’élever et à dominer, sans vouloir reconnaître que, pour conserver des inférieurs, il faut consentir à admettre, sans regrets, des supérieurs. » 420

Égalité (Burke Edmund) : 1790. Edmund Burke [1729-1797], dans ses Réflexions sur la révolution de France, auteur de :
« Il est peu sage de discréditer l’autorité d’un exemple que l’on se propose d’imiter. » 421 Bien qu’ambigu, éclairant... de… ? nombre de contradictions ? …

Égalité (Castoriadis Cornelius) : 1982. Refuser de « déduire », comme l’exprime Cornelius Castoriadis [1922-1997], « l’égalité » [comme « la liberté » et autres ‘concepts’] « de considérations métaphysiques, théologiques, naturelles ou rationnelles » et les considérer comme « des significations imaginaires sociales et d’idées qui incarnent un vouloir concernant une société » 422 est une prise de position fondamentale.
- Cette analyse si éclairante 423 en effet permet tout à la fois de comprendre la force politique du terme, l’impossibilité de le mettre en œuvre juridiquement et l’instrumentalisation qui peut si aisément en être faite. (Cf. Philosophie)

Égalité (D’Ormesson Jean) : (4 janvier) 2015. J’entends, Jean d’Ormesson [1925-2017] raconter pour la nième fois sa ‘blague’ concernant les conséquences de l’entrée de Marguerite Yourcenar à l’Académie française : Il y aura deux toilettes : « Messieurs » et « Marguerite Yourcenar ». (Cf. Féminisme. Féministe. Humour, Langage. Académie française, Sexes […])

Égalité (des chances) (1) : De la pénétration du libéralisme économique dans la philosophie du droit : on est passé, en quelques dizaines d’années, de « l’égalité des droits », à « l’égalité des chances », pour enfin lire qu’il faudrait « donner des chances à l’égalité ». Auparavant, on avait repris la distinction pseudo (? ) marxiste de « liberté réelle » et « liberté formelle », muée en « égalité en droit» qui fallait faire advenir en «égalité de fait, réelle». Que d’incohérences, de contradictions, d’inanités… (Cf. Droit)
* Ajout. 20 mars 2017. Qui décide de la nature, de la signification des dites « chances » ? Faute de réponse à la question, les dites chances - quid des malchanceux ? - s’inscrivent nécessairement au sein des logiques dominantes, patriarcales-capitalistes, dont elles sont chargées de maintenir la permanence et dont elles renforcent la prégnance.

Égalité (des chances) (2) : Elle croyait à l’égalité des chances. Elle dut attendre qu’on lui donnât une chance.
Et certaines femmes politiques revendiquèrent même que l’on « donn[ât] une chance aux femmes » Une revendication d’esclaves.... (Cf. Droit, Langage. Verbe. Donner)

Égalité (des chances) (3) : (31 juillet) 2019. Égalité des chances : remplacer par : « La vie est tellement injuste», entendu ce jour ?

Par ordre chronologique : Égalité des chances :

Égalité (des chances) (4) : (5 septembre) 2018. Une mère, déléguée des parents d’élèves dans un ‘collège-ghetto’ : « La chance pour tous, je n’y crois pas. » 424

Égalité (des chances) (5) : (13 novembre) 1738. Voltaire [1694-1788], dans une lettre à M. Thieriot [1695-1792], considère que :
« nous ne sommes pas égaux par nos places, mais par le bonheur où chacun peut espérer dans des places différentes. » 425

Égalité (des opportunités) : 2012. Progressivement le terme d’« opportunités » tend à remplacer celui de « chances ».
Je lis même que « dans un quartier populaire », [des] « femmes ont l’opportunité d’accéder à l’insertion sociale et économique. » 426 L’idée même de droit disparaît… (Cf. Droit) :
* Ajout. 27 mai 2018. Entendu, sur France Culture, le terme d’« égalité des opportunités » employé comme relevant de l’évidence… 427

Égalité (Ferrante Elena) : 2016. Elena Ferrante, dans Le nouveau nom, auteure de :
« […] Lili lui fit remarquer posément que rien ne pouvait empêcher les affrontements entre riches et pauvres.
- Et pourquoi ?
- Ceux qui sont en bas veulent aller en haut, ceux qui sont en haut veulent y rester et, d’une manière ou d’une autre, on finit toujours par en arriver aux coups de pieds dans le derrière et aux crachats.
- C’est justement pour ça qu’il faut résoudre les problèmes avant d‘arriver à la violence !
- Et comment, En amenant tout le monde en haut ? Tout le monde en bas ?
- En trouvant un point d’équilibre entre les classes.
- Et il serait où, ce point ? Ceux qui sont en bas rencontrent à mi-chemin ceux qui viennent d’en haut ?
- Si on veut.
- Et ceux d’en haut y descendront volontiers ? Et ceux d’en bas renonceront à monter d’avantage ?
- Si on travaille bien pour résoudre toutes les grandes questions, oui. Tu n’es pas convaincue ?
- Non. les classes sociales, elles en tapent pas le carton. Elles sont en lutte ! Et c’est une lutte jusqu’à la dernière goutte de sang.
» 428 (Cf. Féminisme, Politique, Patriarcat)

Égalité (Gide André) : (14 décembre) 1937. André Gide [1869-1951], dans son Journal, écrit : « ‘Chaque âme en vaut une autre’ proclamait Guéhenno [Jean.1890-1978]. À cette ruineuse formule mon cœur et mon esprit s’opposent. J’y vois du reste beaucoup moins de modestie, d’assimilation des plus humbles à soi-même, que d’orgueil, d’assimilation de soi-même aux plus grands, ou de rabaissement jusqu’à soi des plus grands. » 429

Égalité (Inanité) : (31 décembre) 2014. Une manifestation de l’inanité du pseudo concept d’égalité : Le 31 décembre 2014, le gouvernement a publié au Journal Officiel deux décrets portant réforme du congé parental, pris à 97 (96 ?) % par les femmes. 430
Sans reprendre les innombrables critiques de cette décision, indéfendable, sauf du point de vue des finances publiques (cette mesure devrait rapporter 290 millions d’euros à l’État), c’est au nom de l’égalité hommes / femmes, qu’il a été justifié. Le seul fait que cet argument ait pu, en l’occurrence, avoir été invoqué, devrait à tout jamais interdire l’emploi de ce terme d’égalité en tant que fondement des politiques publiques.

Égalité (Lang Jack) : 1995. Jack Lang, auteur, en 1995, de :
« […] La notion d’équité, telle qu’elle est conçue par les Iraniens (pour la préparation de la Conférence de l‘ONU Pékin de 1995] est une notion subjective et relative qui permet à un État d’appliquer aux femmes un régime dérogatoire et de miner l’égalité jusqu’à l’annihiler. L’équité sert ici de déguisement à l’injustice - et pour tout dire, à l’iniquité. C’est la porte ouverte à la discrimination. Les rapports entre les hommes et les femmes n’ont pas à être «équitables» mais tout simplement égaux. »
- Cette prise de position est suivie, onze lignes plus loin, par :
« Il va de soi que le primat qui doit être reconnu - s’agissant de l’émancipation des femmes - au principe de l’égalité sur le concept d’équité n’implique nullement, à mes yeux, le rejet total de cette dernière notion, si importante en droit international comme dans certaines philosophies politiques progressistes - je pense en particulier à l’œuvre de John Rawles. » 431
- On peut noter que, dans les onze lignes séparant ses deux prises de position dont il est difficile de ne pas lire la contradiction, Jack Lang avait vanté Hélène Gisserot [représentante du gouvernement Français à la Conférence de Pékin] qui « connaît le sens des mots et ce qu’ils peuvent receler de duplicité et d’ambiguïté. »
On ne saurait, le concernant, mieux exprimer la critique. (Cf. Culture, Lang Jack, Homme « Politique ». Lang Jack)

Égalité (Napoléon Bonaparte) : 1818. Madame de Staël, [1766-1817], auteure, dans ses Considérations sur la révolution française, de :
« Les hommes qui avaient pris part à la révolution française ne voulaient plus qu’il y ait des castes au-dessus d’eux. Bonaparte [1769-1821] les a ralliés à lui en leur promettant les titres et les rangs dont ils avaient dépouillés les nobles. Vous voulez l’égalité, lui disait-ils : ‘Je ferai mieux encore, je vous donnerai l’inégalité en votre faveur […]. » 432 Puissante analyse. (Cf. Histoire. Révolution française)

Égalité (« Nous ne demandons pas la lune. Nous exigeons juste l‘égalité ») : (4 avril) 2011. Deux commentaires de la pétition féministe parue, sous ce titre, dans Libération :
- 7h 07 : « […] Le texte est beaucoup trop mou. La comparaison avec l'original est douteuse. Aucune audace, aucune vérité crue, que du consensuel. Le patriarcat a besoin de grands coups de pied dans la gueule, pas d'un tract gentillet qui sera oublié dans deux jours. »
- 9h 05 de : « Je partage votre avis. »
- Me concernant, je ne peux que dire ma tristesse et ma colère à la lecture de ce texte signé par celles que Libération ose, par ailleurs, ignoblement, qualifier de « 343 salopes ».
- J’ai eu, un moment, le sentiment de lire l’échec des féministes de ma génération : tout ça (ces livres, ces revues, ces séminaires, ces thèses, ces combats, ces bagarres, ces débats, ces pétitions, ces grèves, ces luttes, ces procès, ces manifestations, ces associations féministes, ces avancées, ces reculs, etc., etc.) pour en arriver là !
- Sans évoquer la gifle donnée à « la parité » ou plutôt la révélation patente de ce qu’elle n’était en elle-même qu’un faux concept…
- N’importe quelle discussion d’une heure entre amies réfléchissant un tant soit peu eut été plus pertinente.
- Et si chacun-e reprenait comme devant être au cœur d’une véritable pensée, d’une véritable politique féministe tous les non-dits de ce texte politiquement si faible, signé pourtant par tant de femmes remarquables ? 433
- J’oubliais : ce texte ressemble étrangement aux « Positions et propositions socialistes pour l’égalité femmes - hommes, Levier (c’est nouveau, ça vient de sortir (! ) de l’émancipation individuelle et du progrès collectif » du PS présentées le 8 mars 2011 : texte non moins critiquable, pour ne pas dire scandaleux.
- Pourquoi les femmes continuent-elles à voter pour des partis qui défendent si peu leurs simples intérêts de femmes ? (Cf. Féminisme, Politique. Élections. Parité)

Égalité (Promotion de certaines femmes) : (5-11 mars) 2017. Dans la logique des revendications de parité, sans clarification du terme, sans autre demande, ont été mis en œuvre d’incontestables promotions en faveur de certaines femmes. Et ce, sous couvert d’« empowerment », de « leadership féminin », de « formation et de promotion de femmes élues », de « leaders », d’« exceptions », d’« expertes », d’« ambassadrices », de « progrès », d’« agent[e]s du changement »…434
L’ONU, l’ONU Femmes, au premier chef, est à cet égard une source inépuisable…
* Ajout. 25 août 2017. Pour éviter toute ambiguïté, et en m’excusant du faible intérêt de cette précision, mais découvrant ce jour que mon nom était cité en tant qu’« experte » dans le livre de Jeannine Mossuz-Lavau et Anne de Kervasdoué, Les femmes ne sont pas de hommes comme les autres [Odile Jacob. 1997. p.12], je précise qu’il n’en est rien. (Cf. Femme. « Politique », Politique. Parité. Économie)

Égalité (Revendiquer) : Revendiquer l’égalité, c’est conforter la norme qui a produit l’inégalité ; c’est donc cautionner toutes les injustices inhérentes aux rapports [patriarcaux] de domination qui seuls les expliquent et les justifient.

Égalité (Révolution française) : 1790. Paroles de l’une des moutures du chant révolutionnaire Ah ! Ça ira ! :
« […] Celui qui s’élève, on l’abaissera. Celui qui s’abaisse, on l’élèvera. […] » 435
- Renouvelle radicalement le concept d’égalité. (Cf. Politique. État. « Gilets jaunes »)
* Ajout. 15 janvier 2019. 1853. Jules Michelet [1798-1874], qui cite ces deux vers dans son Histoire de la Révolution française [1853] présente une analyse précise concernant les diverses rédactions de ce chant. 436 (Cf. Histoire. Révolution française)

Égalité (Salaires / Hommes/femmes) (1) : Évoquer l’hypothèse de sa réalisation, même à un siècle, ne peut que susciter, dorénavant, au seul constat des initiatives censées y parvenir et de leurs résultats, le sentiment que l’on considère les femmes comme des imbéciles. Des hommes et des femmes politiques ne cessent pas, pour autant, de revendiquer, sans plus de diagnostic ni d’analyse, le vote d’une énième loi.
- 1983. L’absence de critiques féministes de la première loi Roudy (n° 83-635 du 13 juillet 1983) a pesé lourd en matière de blocage de la réflexion.
- Vu les résultats en matière d’égalisation des salaires des femmes par rapport à ceux des hommes, le moyen le plus efficace ne serait-il pas de demander la diminution du salaire (moyen) des hommes au niveau de celui (moyen) des femmes, tous et toutes confondu-es : la violence prévisible et, bien sûr, justifiée des réactions aurait l’avantage de contribuer à contraindre à abandonner ce faux concept d’égalité. Mais n’est-ce pas d’ores et déjà, plus ou moins, la réalité ?

Égalité (Salaires / Hommes/femmes) (2) : Et si, au lieu et place de ces innombrables statistiques sorties d’on ne sait où, et ne signifiant rien, on comparait, entreprise par entreprise, en fonction de niveaux hiérarchiques, le type, le niveau de diplômes, pour les femmes et pour les hommes ?
Ainsi, pour en mieux saisir l’intérêt, en Algérie, une enquête [2011] révèle que 44,4% des femmes salariées avaient un niveau universitaire, contre 10,70% seulement pour les hommes. 437
Puis, ceci clarifié, il faudrait comparer, précisément, en tentant compte de la durée de présence dans l’entreprise, les fonctions et les salaires respectifs. Alors, les analyses comparatives commenceraient sans doute à avoir une quelconque signification. Mais il faudrait aussi expliciter les conditions (formulées ou non) auxquelles les femmes ont été confrontées pour être embauchées, pour obtenir ou non un avancement, pour être licenciées… (Cf. Droit. Discriminations, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Égalité (Salaires / Hommes/femmes) (3) : Pourquoi les femmes sont-elles moins payées que les hommes ? Parce qu’elles valent moins que les hommes.

Par ordre chronologique. Égalité. Salaires / Hommes/femmes):

Égalité (Salaires / Hommes/femmes) (4) : 1960. À l’usine Herstal, en Belgique, dans les années 1960, les 3000 femmes, qualifiées de « femmes-machines », commençaient à travailler à la catégorie 1, tandis que les hommes de plus de 18 ans, au plus bas niveau, commençaient à la catégorie 4. Toutes, elles gagnaient moins qu’un manœuvre, qu’un balayeur, et ce, pour un travail, souvent sur sept machines à la fois, sale, épuisant, exigeant résistance, dextérité, accoutumance, précision, vitesse, « doigté », à un « rythme effréné », ‘qualités’ qu’elles avaient acquises dans le travail domestique et dans les formations techniques « coupe-couture ». L’été, « on tombait comme des mouches » dit l’une d’elle. Lorsqu’elles se mirent toutes en grève, elles exigent notamment une augmentation de salaires, mais c’est tout le travail qui était contesté, refusé, et notamment ce que l’on appelait pudiquement à l’époque, « le respect des femmes ». Très vite, leurs revendications fut réduites à la question de salaires, elle-même rabattue à celle de « À travail égal, salaire égal » (en application de l’article 119 du traité de Rome). Mais, comme le dit fort justement l’une d’elle, l’article était « mal fait », car il n’y avait pas de travail égal entre hommes et femmes : elles étaient seules à faire leur travail, seules à être des « femmes-machines », [renommées après la grève : « opératrices machines »]. 438 (Cf. Femmes. « Fumier », Lutte de femmes, Travail, Histoire, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage)

Égalité (Salaires / Hommes/femmes) (5) : (12 mai) 2018. On ne peut avoir une meilleure illustration de l’efficacité de la revendication de l’égalité des salaires au lieu et place de la lutte contre les violences patriarcales que, lors du Festival de Cannes, la « montée des marches de 89 femmes » « pour l’égalité des salaires ».
Dans la presse, du moins française, le terme même de « harcèlement sexuel » a disparu. 439 (Cf. Culture)

Égalité (Salaires / Hommes/femmes) (6) : (novembre) 2018. Entendre par Rebecca Emsalem, fondatrice des Glorieuses, revendiquer parmi leurs trois revendications (en sus de la transparence des salaires, et de la demande d’un certificat d’égalité (?) « un congé paternité de même durée que le congé maternité » me laisse pantoise.
Je n’arrive toujours pas, malgré l’ancienneté de la revendication, à comprendre la logique du raisonnement, ni même à comprendre en quoi cette revendication pourrait être considérée comme positive pour les femmes, a fortiori féministe. 440 (Cf. Économie)

Égalité (Sand George) : 1855. George Sand [1804-1876], dans son Histoire de ma vie, écrit :
« […] Après un essai de république [en 1848] où le but véritable, au point de départ, était de chercher à rétablir, autant que possible l’égalité dans les conditions, on a dû reconnaître qu’il ne suffisait pas de rendre les citoyens égaux devant la loi. Je me hasarde même à penser qu’il n’eût pas suffit de les rendre égaux devant la fortune. Il eut fallu pouvoir les rendre égaux devant le sens de la vérité. » 441

Égalité (Sexes) : « L’égalité entre les sexes », c’est [aussi] l’égalité entre le pénis et le vagin. Utile de prolonger l’analyse ? Non. (Cf. Sexes […])

Égalité (Voile islamique) : Avez-vous remarqué ? : l’égalité entre hommes et femmes n’est jamais invoquée pour justifier - ou non - la loi sur le voile, ou tout autre débat le concernant. Et pour cause(Cf. Femmes. Voilées)

Égalité (Voltaire) (1) : (11 juillet) 1770. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au maréchal de Richelieu [1696-1788], près avoir évoqué « les extravagances absurdes » de J.J. Rousseau, [1712-1778] écrit :
« Je déteste l’insolence d’une telle philosophie, autant que vous la méprisez. Le système de l’égalité m’a toujours paru d’ailleurs l’orgueil d’un fou. » 442 (Cf. Relations entre êtres humains. Injure, Philosophie)

Égalité (Voltaire) (2) : (10 août) 1773. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Catherine II, impératrice de Russie [1729-1796], lui écrit concernant Helvétius [1715-1771] :
« Il prétend que tous les esprits sont nés égaux. Rien n’est plus ridicule. » 443

Égalité (Voltaire) (3) : (28 juillet) 1776. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Jean de Vaines [1733-1803] écrit :
« On s’efforce de faire regarder Piron [1689-1773] pour un grand homme pour rabaisser ceux qui ont illustré le grand siècle. » 444
Tant d’exemples de la véracité de ce constat viennent à l’esprit…

Égalité (Zana Leyla) : 1995. Leyla Zana, femme politique Kurde, auteure de :
« Je voulais être considérée comme un être humain à part entière, m’exprimer sur un pied d’égalité avec les hommes. » 445
Si cette aspiration de Leyla Zana, alors emprisonnée, notamment pour ses engagements kurdes, ne peut être, rapportée à elle, invalidée, on ne doit pas pour autant invalider les questions que l’on peut aujourd’hui poser : comment une (seule) femme pourrait-elle revendiquer l’égalité avec (tous) « les hommes » ? Comment ne pas voir que l’emploi de l’expression « sur un pied d’égalité » est une dénégation de toute idée même d’égalité ? Comment en revendiquant d’«être considérée comme un être humain» ne pas voir que l’emploi du terme «considérée» détruit le concept même d’être humain, conçu en soi ? Comment ne pas voir qu’évoquer «un être humain à part entière», légitime une fâcheuse limitation ? Comment ne pas penser que faire référence à (la seule) « expr[ession] » (de soi), c’est entériner que d’autres puissent ne pas être considérée à cette aune ? ; Comment, en partant de soi, ne pas risquer de légitimer que d’autres êtres humains puissent ne pas être traités comme soi ? ; Comment dès lors, cette même revendication ne serait-elle pas antinomique avec celle d‘une référence à l’ « égalité » ? (Cf. Femme. « Politique ». Zana Leyla)

IV. Politique. État :

Politique (État) (1) : Après Le Léviathan, [Hobbes. 1651] présenter l’État, comme un « avatar laïcisé de Dieu » 446 : forte hypothèse analytique du monde [moderne].

État (2) : (septembre) 2017. Le Kurdistan (Irakien), le Québec, le Haut-Adige, la Gambie, le Cameroun anglophone, l’Écosse, le Kosovo, le pays Basque, la Bretagne, la Corse, les Rohigyas de Birmanie, les iles Canaries, le Nord de l’Italie, etc., etc. : c’est le concept et la réalité même de l’État qui craquent de partout. Pour éviter les conséquences politiques de ce constat, pour éluder la question de la pertinence de l’État, on parle plutôt : économie, autonomie, indépendance, inégalité, transfert de revenus, régionalisation, répression, camps de réfugié-es, etc., …

État (3) : (juillet) 2018. À la suite de l’écoute des auditions des différentes personnages de l’État, lors des commissions de l’Assemblée nationale, du Sénat décidées suite à « l’affaire Alexandre Benalla », je me rends mieux compte - physiquement, intellectuellement - de la prégnance de la culture du formalisme, de l’institutionnel, du juridisme, de la hiérarchie, de la maitrise de soi, consubstantiels à la « culture de l’État ».
J’en apprécie certes la précision, la rigueur apparente, mais j’en vois aussi, du fait des questions posées le plus souvent sans concession par les parlementaires, ce que cette « culture » peut cacher, ce qu’elle révèle de mensonges, mais ce qui - dès lors que l’on ne veut pas s’en contenter - devient alors assez aisément sinon relativement clair, du moins assez aisément lisible.
- Je vois aussi mieux en quoi le langage de l’État, celui de « l’exécutif » (Présidence et la République [920 personnes employées] et [Services du] Premier ministre allégrement et significativement confondus par Alexis Kohler (secrétaire général de l’Élysée) et celui disons du « peuple » n’ont pas de traduction commune.
Les points de vue, les critères de jugement, les intérêts, les logiques mises en œuvre, les termes mêmes sont de nature différente.

État (4) : L’état est, par essence, par nature, oppressif : l‘état totalitaire en est l’une des expressions ; l’état dit-libéral, une autre…sans oublier l’état religieux, l’état colonialiste, l’état esclavagiste, nombreux étant ceux qui cumulent ces différents qualificatifs.
Sans oublier, non plus, qu’ils sont tous patriarcaux…. (Cf. Patriarcat)
Affirmer cela comme point de départ du raisonnement n’exclut, bien entendu pas, d’en soulever les différences, les contradictions.

État (5) : L’État voit donc souvent midi à sa porte, et ce d’autant plus aisément que c’est lui qui décide de l’heure et celui qui règle les montres.

Par ordre chronologique. Politique. État :

État (6) : (12 septembre) 2017. Banderole de la manifestation :
« L’état ruine le peuple » (Cf. État. Répression, Économie. Capitalisme)

État (Autoritaire) : (5 février) 2019. Il est de plus en plus courant d’entendre dénoncer « la dérive autoritaire » du régime actuel. Le terme de « dérive » me paraît superfétatoire. (Cf. Homme « Politique ». Macron Emanuel)

État (Armée) : (14 décembre) 2017. Le général Vincent Desportes, auteur de :
« L’armée française est dans un état déplorable. » 447 (Cf. Politique. Guerre)

État (Blake Daniel) : 2016. Katie Morgan, dans le film de Ken Loach, Moi, Daniel Blake [2016] devant le cercueil de Daniel Blake :
« L’État l’a poussé dans la tombe. »
Et elle, l’État l’a poussée dans la prostitution. 448 (Cf. Culture. Cinéma, Êtres Humains, Patriarcat, Proxénétisme)

État (Cleyre Voltairine de) : 1912. Voltairine de Cleyre [1866-1912], dans De l’action directe, auteure de :
« La base de toute action politique est la coercition ; même lorsque l’État accomplit de bonnes choses, il s’en remet finalement aux matraques, aux fusils, ou aux prisons pour le mener à bien. » 449 (Cf. Politique. Guerre, Violences)

État (Critique) : Toutes critiques de l’État (aussi nombreuses et justifiées soient-elles) qui ne sont pas conjointement liées à une critique des forces économiques qui - de fait les dominent - confortent ces dernières.
À cet égard, on ne comprendrais rien à Amnesty International si on ne posait pas d’emblée sa première revendication : affaiblir les États, du moins les plus dangereux pour le maintien et l’accroissement des profits engrangés au premier chef par les multinationales, lesquelles ont besoin pour prospérer du désordre du monde pour imposer leur ordre.

État (De Gaulle Charles) : 1945. Charles De Gaulle [1880-1970], dans ses Mémoires, [à l’occasion de l’inauguration de l’ENA [École Nationale d’Administration], le 15 décembre 1945, la définit comme l’«institution capitale qui allait rendre rationnels et homogènes la recrutement et la formation des principaux serviteurs de l’État […]. » (Cf. Politique. ENA)
Et, en 1968, évoquant Michel Debré, son premier ministre (pro-Algérie française), il écrit que celui-ci « adopte avec un complet loyalisme chacune de mes initiatives, et d’ailleurs, sais bien que l’État ne peut connaître que la raison. » 450 (Cf. Enfants. Crime d’état)

État (Démocratie) : « Démocratie » et « État » : un oxymore. (Cf. Politique. Démocratie)

État (Dumont Pierre-Henri) : (30 janvier) 2019. Pierre-Henri Dumont, député La république en marche du Pas de Calais propose, concernant les français-es parti-es combattre au Moyen-Orient des « éliminations ciblées pratiquées déjà par différents services (de renseignement) en Syrie, en Irak […], « c’est-à-dire tuer des personnes qui ont pris des armes contre la France » « On les tue sur place, des assassinats ciblés ça a toujours été fait » a-t-il répété.
Ce qui, en l’occurrence, est juste. 451 (Cf. Politique. État. Guerre)

État (État-de-droit) (1) : La question de la différence théorico-politique de « l’État de droit » avec l’existence d’un « droit de l’État » sera le prochain sujet du concours de l’agrégation de droit. Les reçu-es l’expliqueront. En espérant que cette clarification reculera l’échéance de l’instauration officielle de l’« État-de-passe-droit(s) » et/ou l’« État-de l’abus-de-droit(s) ». Dans l’attendant de la mort de l’État, finalité logique du libéralisme.
* Ajout. 2 décembre 2014. Pour mieux comprendre le manque de rigueur de l’expression, il est tout à fait possible de dire que le régime de Vichy fut un « État de droit » : on y appliquait le droit en vigueur sous le régime de Vichy (sous domination Allemande). (Cf. Droit, Politique. Abus, Démocratie, Libéralisme, Loi)

État (État-de-droit )(2) : Poser « l’état de droit » comme la norme politique devant être respectée - urbi et orbi qui plus est - interdit de penser et « le droit » et « l’État », et leurs interrelations ; et ce, resitués dans les systèmes politico-historiques au sein des quels ils existent et qui leur donnent leur sens. (Cf. Droit. Critique des « droits de l’homme »)

Par ordre chronologique. Politique. État. État-de-droit :

État (État-de-droit (3) : 1917. Vilfredo Pareto [1848-1923] dans son Traité de sociologie générale, auteur de :
« […] Enfin, pour ne pas oublier de donner quelques satisfactions à messieurs les métaphysiciens : l’insurrection n’est pas tolérable là où existe un ‘État de droit’. Le lecteur voudra bien nous excuser de ne pas lui définir cette belle entité : malgré toutes les recherches que nous avons faites, elle nous demeure parfaitement inconnue, et nous préférerions avoir à décrire la Chimère. » 452

État (État-de-droit) (4) : 1996. Gherardo Colombo, magistrat italien responsable des actions Mani pulite, interrogé sur « l’État de droit » :
« Il existe des lois applicables à tous les citoyens. Reste à savoir si elles sont applicables à tous. Si c’est le cas, nous sommes dans un État de droit. Si elle ne sont pas applicables à tous, l’État de droit n’existe pas. » 453

État (État-de-droit)(5) : (31 août) 1999. M. Patrick Mandroyan, procureur de la République adjoint au tribunal de grande instance de Bastia, auteur, concernant la situation de la justice en Corse :
« La réponse par le simple slogan du rétablissement de l’État de droit [en Corse] n’est pas suffisante. C’est comme si on établissait un code de la route pour améliorer la circulation dans une ville très embouteillée. » 454

État (État-de-droit) (6) : (3 janvier) 2019. Bruno Lemaire, ministre de l’économie, après avoir affirmé : « J'ai toujours considéré qu'il ne fallait pas avoir peur du peuple […] qu’il fallait donc avoir « le courage de [lui] donner la parole », au cours de la même émission, a été interrogé sur l’arrestation d’Éric Brunet - l’avoir justifiée - réagit avec force en ces termes :
« Je crois profondément au respect de l’ordre ; et je considère que la meilleure façon de défendre le peuple, c’est de défendre l’ordre, les règles, la loi, l’état de droit. » 455

État (État-de-droit) (7) : (16 juin) 2019. Cynthia Fleury, philosophe, évoque la nécessité de « protéger l’état de droit ». 456 Si le langage a un sens, de quoi y perdre son latin… (Cf. Droit, Langage. Protéger, Penser, Philosophie)

État (État-de-droit) (8) : (18 août) 2019. Jacques Attali, sur France Culture, analyse la révolution françaisde 1789 comme relevant de la revendication d’un « état de droit ». 457 (Cf. Histoire)

État (Expertise) : (21 septembre) 2017. Un exemple : Philippe Aghion, médaille d’argent du CNRS, membre de la Commission Attali, professeur au Collège de France, conseiller économique d’Emmanuel Macron, après avoir été conseiller économique de François Hollande, « plaide avec ardeur pour la flexibilité, créatrice d’emplois. L’interviewer, Nicolas Demorand, le coupe : ‘Vous dites ça au doigt mouillé ou c’est prouvé scientifiquement (sic)’. Il balbutie : ‘Je pense qu’il y a eu des études. Je ne peux pas vous dire ‘telle étude’, mais je sais que c’est établi !’ »
Le Canard enchaîné, qui rapporte cet échange, le qualifie - simplement - de ‘couac’ ! : ‘impostures’ eut sans doute été préférable…

État (« Humanité ») : (30 novembre) 2015. « L’Humanité se rassemble à Paris » fut le titre 458 du journal gratuit, 20 minutes : il fallait comprendre qu’il s’agissait d’une réunion d’une centaine de chefs d’États à Paris ; ce titre reprenait une phrase de l’interview de Nicolas Hulot, chargé à l’Élysée de l’organisation de la COP21, 30 novembre / 12 décembre 2015. (Cf. Démocratie, Peuple)

État (Impôts) : (3 mars) 1662. Samuel Pepys [1633-1703] évoque dans son Journal le 3 mars 1662 le vote par le Parlement anglais d’un impôt - dit de fouage - de 2 shillings par an « par foyer de cheminée ». Le 7 mai 1662 il écrit :
« [Thomas Crew] entre autres exemples des propos frivoles qui se tiennent parfois au Parlement, me raconta que dans la récente affaire du fouage, que devaient payer tous les occupants, on demanda si les femmes devaient payer en cette qualité, et quelqu’un se leva pour dire qu’elles n’étaient pas occupantes, mais occupées. » 459 (Cf. Patriarcat, Économie. Impôts)

État (Indépendance ) : 1955. Witold Gombrowicz [1904-1969], dans son Journal, évoquant la Pologne, mais très forte analyse politique valable pout tant d’autres indépendances, auteur de :
« L’indépendance fut loin de nous rendre la liberté : ni celle de sentir, ni celle de voir.
Si, politiquement parlant, la nation se retrouvait libre, chacun de nous se vit soudain dans son for intérieur plus empêché, plus affaibli que jamais.
Alors, qu’était, au fond, l’État ressuscité, sinon un appel à reprendre le collier et humblement se soumettre ?
Et, comme l’État, valétudinaire tenait à peine sur ses pieds, il nous fallut, toutes affaires cessants, obéir à un seul et unique mot d’ordre : renforcer l’État. »
Et si l’on y ajoute la religion…. 460

État (Institutions) : (10 novembre) 2016. Entendu, une journaliste de France 24, Armelle Charrier, en commentaire du discours jugé « apaisant » de Barak Obama après l’élection de Donald Trump et en réaction non moins politique aux manifestations de jeunes contre cette élection aux États Unis :
« Un État est fait de ses institutions, pas de ses habitants. »
- L’élection de Donald Trump a au moins le mérite de creuser les contradictions ; entendre cette analyse était néanmoins dur à ‘avaler’, car, sans doute, juste.

État (Institutions. France. Assemblée Nationale) : (9 février) 2019. Slogans tagués, lors de la manifestation du 9 février 2019, sur l’Assemblée nationale :
« Le pouvoir au peuple » et :
« Où est l’entrée ? »

État (Institutions. France. Constitution française de la 5ème République) : 1958. L’article 1 utilise le terme de « citoyens », puis de « femmes et des hommes », l’article 2 de « peuple », l’article 3 d’« électeurs » et de « nationaux français majeurs des deux sexes ».
Qu’ont dit les constitutionnalistes, les politologues, les linguistes de ces magistrales confusions sémantiques ? (Cf. Doit. Constitutionnel, , Langage, Politique. Démocratie. Parité, Partis. République. Sciences po, Sexes […])

État (Institutions. France. Présidents de la République) : L’antique maxime : « Le roi est l’époux du royaume » permet de mieux comprendre nombre des dires/agissements des présidents de la République. 461 Cette maxime s’est, avec la chute de la royauté, nécessairement ‘démocratisée’, mais n’en est pas devenue fausse pour autant.

État (Institutions. France. Sénat) (1) : 2014. Le Sénat doit disparaître. Comme le Conseil Constitutionnel.
* Ajout. 21 juin 2014. Et, dans la foulée : la boxe, la chasse, la corrida, les combats de coqs, l’expérimentation animale, tout cela, d’un autre âge…
* Ajout. 21 décembre 2017. 2017. Emmanuel Macron a assuré, le 17 décembre 2017, à Chambord, à « la puissante Fédération nationale des chasseurs », devant « les plus gros sangliers abattus » vouloir « défendre la ruralité et le patrimoine, dont la chasse. » 462
L’avenir appartient à la permanence du passé…Et le Sénat semble avoir de beaux jours devant lui…

Par ordre chronologique. Politique. Sénat :

État (Institutions. France. Sénat) (2) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, évoquant en 1789 l’hypothèse de la constitution d’une Chambre haute, composée de la Noblesse et du Clergé) poursuit :
« Un telle chambre, qui de nos jours [sous la Monarchie de juillet ? ] n’a nul rôle que d’être une machine utile à la royauté […]. » 463
Le Sénat perpétua cette fonction sous tous les régimes politiques.

État (Institutions. France. Sénat) (3) : (5 juin) 1896. Paule Minck [1839-1901], auteure de :
« À bas le Sénat ! » Et au gendarme qui l’interpelle : « C’est vous, la femme qui avez crié : ‘À bas le Sénat !’», elle répondit : « Mais oui, fis-je gracieusement, et plutôt dix fois qu’une ». 464
- À comparer avec les analyses, les déclarations, les politiques mises en œuvre par les associations se réclamant de l’abolitionnisme concernant la loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel du 14 avril 2016, longuement et à plusieurs reprises bloquée par le Sénat. (Cf. Proxénétisme, Histoire)

État (Institutions. France. Sénat) (4) : (4 février) 2017. Le Monde vient au secours d’un Sénat déconsidéré, exsangue. Il titre en effet le 4 février 2017 : « Le Sénat appelle à sortir de la culture du viol » alors qu’il s’agissait :
- d’un simple débat (sans vote donc, ni « conséquences législatives »)
- durant une matinée
- dont le projet était d’« aider les victimes à parler »
- au cours duquel seules neuf femmes - dont la ministre Laurence Rossignol - s’étaient inscrites pour demander la parole. Et donc aucun sénateur.
Dans un hémicycle où « les hommes n’étaient guère nombreux » [leur nombre exact n’est pas précisé dans le CR du Sénat) lit-on pourtant. 465 (Cf. Politique. État. Sénat. Médias, Proxénétisme. Parlement français. Vote de la loi du 6 avril 2016)

État (Institutions. France. Sénat) (5) : (9 mars) 2017. Je vois que les travaux aux fins de rehausser les grilles qui séparent le Sénat du Jardin du Luxembourg sont terminés. Afin de protéger quoi ? qui ?
Par crainte d’une prise du Palais d’hiver [6 novembre 1917] ?
- Une pancarte y est affichée. On y lit : « Attention. Par mesure de sécurité, ne pas s’approcher des grilles ». Afin de sécuriser quoi ? qui ? Les prébendes et les malhonnêtetés des sénateurs et sénatrices ? Ou les passant-es qui risquent de recevoir une balle provenant des policiers en armes derrière les dites grilles ?

État (Institutions. France. Sénat) (6) : 2018. La suppression du Sénat est l’une des revendications de certains « Gilets Jaunes ». Les féministes devraient être les premières, tant le Sénat a, depuis si longtemps, dans tous les domaines, fait de mal aux femmes, à soutenir cette revendication.
Ce que je fais ici : c’est certes, un bien faible engagement, mais, en l’état, il vaut mieux que le silence.

État (Institutions. France. Sénat) (7) : (7 février) 2019. Un slogan tagué sur mur du Sénat, devant lequel passait la manifestation parisienne : « On vient vous révoquer ».

État (Institutions. France. Sénat) (8) : (20 février) 2019. Ayant écouté précisément la conférence de presse du Sénat ce jour, je constate avec plaisir la rigueur imparable de la commission d’enquête du sénat concernant « l’affaire Benalla ».
Ce qui ne remet pas en cause ma position concernant son abolition : n’importe quelle institution rigoureuse et disposant des mêmes conditions d’investigation, en matière de délais, de moyens, d’investigations et d’indépendance aurait pu remplir en effet cette fonction.
La conséquence de la manière dont ce travail a été effectué est que c’est que c’est à cet aune, celle de la rigueur, que toute politique devra[it] être dorénavant appréciée.

État (Institutions. France. Sénateurs) (1) : Avoir entendu des sénateurs parler de «la prostitution» est une expérience difficilement oubliable. Penser qu’ils sont payés pour être aussi lamentables peut demander, pour les plus sensibles, un cachet de Lexomil. 466 (Cf. Proxénétisme)

État (Institutions. France. Sénateurs) (2) : 2014. Pascal Canfin, ministre écologiste de 2012 à 2014, auteur, en 2014, de :
« Je ne vais pas me faire que des amis en disant cela, mais au Sénat, quand vous êtes confronté à des élus qui ont dans les 80 ans, qui sont là depuis 50 ans, qui peuvent à peine articuler une phrase compréhensible […] » 467

État (Institutions. France. Sénatrice. Comment devenir sénatrice ?) : (30 septembre) 2008. À la question posée à « la benjamine » [radicale-savoisienne-de-droite, inscrite au Groupe UMP] : « Comment êtes-vous devenue sénatrice ? », elle répondit en toute innocence :
« Jean-Claude Gaudin [sénateur maire de Marseille, réélu à 76 ans, en mars 2014, président du groupe UMP au Sénat et vice-président de l’UMP] m’a demandé de faire partie de la liste. J’ai dit oui. C’est aussi simple que cela. » 468

État (Institutions. France. Séparation de l’Église et de l’État) : 1885. Pierre Kropotkine [1842-1921], dans Paroles d’un révolté, après avoir évoqué « le replâtrage de la république bourgeoise » évoque « le divorce de l’Église ou [et ?] de l’État, remplacé par le concubinage des deux […]. » 469

État (Institutions. France. Séparation des pouvoirs) (1) : 1748.
« C'est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites. » Ce fondement, depuis Montesquieu [1689-1755], de la critique des pouvoirs et de la nécessité de les séparer, ne concerne pas pourtant les hommes « chefs de famille ».
- La séparation des pouvoirs, censée être au fondement de la démocratie dite ‘représentative’ est hors sujet concernant la « famille », pourtant, le premier lieu de pouvoir. (Cf. Famille. Mariage, Justice. Juge et partie, Violences. Violences à l’encontre des femmes et des enfants)

État (Institutions. France. Séparation des pouvoirs) (2) : (16 juillet) 1789. Mirabeau, dans son discours à l’Assemblée nationale, sur le droit qu’à l’assemblé de juger les ministres, auteur de : « […] Vous oubliez que ce peuple, à qui vous opposez les limites des trois pouvoirs, est la seule source de tous les pouvoirs et que lui seul peut les déléguer. » 470
Un constat qui vaut son pensant d’or… (Cf. Droit. Constitutionnel)

État (Kropotkine Pierre) (1) : 1908. Pierre Kropotkine [1842-1921], dans La grande révolution, auteur de :
« […] Qu’est ce qui a permis, effet, aux bourgeois d’escamoter toutes les révolutions depuis le XVIème siècle ?, d’en profiter pour asservir et agrandir leur domination, sur des bases autrement solides que le respect des superstitions religieuses ou le droit de naissance de l’aristocratie ? C’est l’État. » 471 Plus d’un siècle après, à moderniser. (Cf. Penser, Politique. Anarchisme, Histoire)

État (Kropotkine Pierre) (2) : 1913. Pierre Kropotkine [1842-1921], dans La science moderne et l’anarchie, écrit :
« […] L’État est, en somme, une société d’assurance mutuelle, conclue entre le propriétaire foncier, le militaire, le juge et le prêtre, afin d’assurer à chacun d’eux l’autorité sur le peuple et l’exploitation de la pauvreté. Telle fut l’origine de l’État, telle fut son histoire, telle est encore aujourd’hui son essence. » 472 (Cf. Patriarcat, Politique. Anarchisme,)
Et tout ce bon monde vit sur le dos des femmes…

État (Mafia) : (12 juin) 2013. Entendu sur Radio Libertaire :
« L’État : une mafia qui a réussi » : 473 décapant.
- Mais, sous couvert de la nécessaire critique de l’État, ne pas occulter que, sur la ruine des États, les mafias prospèrent, et que celle-ci est même la condition sine qua non de leur emprise…(Cf. Droit, Politique. Démocratie, Loi, Vérité. En politique)

État (Malraux André) : 1967. André Malraux [1901-1976] déclara pendant la Résistance :
« Comme beaucoup d’autres, j’ai épousé la France. » 474 Je n’ai pas souvenir qu’il nous ai demandé notre avis ; je suis même sûre qu’il n’a pas songé un instant que la question puisse un jour être posée. (Cf. Démocratie, Femme Écrivaine. Malraux Clara. « Politique », Homme « Politique ». France. XXème siècle, Famille. Mariage)
* Ajout. 10 janvier 2019. 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, évoquant, notamment pour les femmes, la permanence des croyances populaires, pendant la Révolution française écrit :
« Le Roi doit vivre avec le peuple, voir ses souffrances, en souffrir, faire avec lui le même ménage. Les cérémonies du mariage, et celles du couronnement se rapportaient en plusieurs choses ; le Roi épousait le peuple. » 475 (Cf. Famille. Mariage, Histoire. Révolution française )

État (Michelin François) : 1998. François Michelin [1926-2015], auteur de :
« Une fois pour toutes, l’État doit comprendre que ce n’est pas à lui de gérer l’économie. » 476 (Cf. Politique. Démocratie. Michelin François. Économie)

État (Mirabeau) : (2 novembre) 1789. Mirabeau [1749-1791], dans son discours à l’Assemblée nationale, auteur de :
« Si je vous avais dit de consacrer ce principe : que les grands corps politiques sont dangereux dans un État par la force qui résulte de leur coalition, par la résistance qui naît de leurs intérêts, il n’est aucun de vous pour qui ce danger n’eût été sensible. » 477
Riche analyse à incarner, à moderniser. (Cf. Histoire. Révolution française)

État (Nietzsche) : 1883-1885. Friedrich Nietzsche [1844-1900], auteur du jugement bien connu, dans Ainsi parlait Zarathoustra de :
« L’État, le plus froid des monstres froids », suivie d’une seconde, plus essentielle qui met le doigt sur la contradiction politique jamais résolue :
« Il ment froidement ; et voici le message qui s’échappe de sa bouche : ‘Moi, l’État, je suis le peuple’. » (Cf. Politique. Démocratie. Peuple. Vérité)

État (Nogal Mickaël) : (5 février) 2019. Mickaël Nogal, député La République en marche de Haute-Garonne, auteur de :
« Les forces de l’ordre garantissent la liberté de manifester. » 478 (Cf. Langage. Critique de mot : « Protéger », État. Répression)
* Ajout. 6 février 2019. Lu : « Les 500 plaintes contre Christophe Castaner pour ‘entraves à la liberté de manifestation’ classées sans suite ». 479

État (Policier) (1) : Un état policier : une tautologie.

État (Policier) (2) : Un état policier : un peuple désarmé contre un état surarmé contre lui.
La norme, de par le monde, aujourd’hui. (Cf. Politique. État. Autoritaire. Répression)

État (Politique Migratoire) : 2013. Après avoir vu le si beau film : La cour de Babel [Arte. 21 septembre 2013] : Comment peut-on oser proposer, appliquer, justifier une politique dite migratoire ? (Cf. Culture. Cinéma, Politique. Émigration, Économie. « Crise des migrants »)

État (Raison d’État) (1) : La raison d’état : une contradiction dans les termes.

État (Raison d’État) (2) : Pourquoi, pour défendre « la raison d’état », faut-il des « services » chargés des « basses œuvres » ?

État (Répression) (1) : De quel droit, sinon celui que l’ancienneté que la barbarie légitime, un état s’autorise-t-il à emprisonner, torturer, tuer, lâcher sa police, avec ou sans chiens, son armée, ses ‘forces de sécurité’, sans oublier ses services secrets, etc., sur les citoyen-nes ?
Et si, des États ne subsistaient plus - de manière évidente - que leur fonction répressive ?
En tout état de cause, nous voyons quotidiennement, à la télé, par de là, dans le monde, des personnes (coupables de rien) tabassées, gazées par la police, embarquées vers les postes de police, lorsqu’elles ne sont pas assassinées, comme si cela relevait de l’évidence : et, cela, c’est le message. L’évolution dans le monde des uniformes de la police, tels que visibles dans les manifestations, est plus que signifiante… (Cf. Politique. État. Policier. Prison)
* Ajout. 10 décembre 2018. L’action des forces de police lors dans manifestations contre les ‘Gilets jaunes’ avait-elle pour fonction de défendre les institutions et / ou de les sauver ?

État (Répression) (2) : Indépendamment de toute si nécessaire critique de la violence policière, quel manque d’imagination, quelle paresse intellectuelle, que de penser que la répression puisse s’avérer la [une ?] réponse à la violence ?

État (Répression) (3) : Sur quels fondements, l’état serait-il en droit d’utiliser les impôts que paient les citoyen-nes pour les gazer et les tabasser ?
Peut-on «
consentir » à contribuer à la violence exercée à son encontre ?

État (Répression) (4) : Employer comme relevant de l’évidence l’expression de « forces de maintien de l’ordre », on risque fort d’oublier que certain-es ont plus intérêt que d’autres au « maintien de l’ordre », ont plus d’intérêts à défendre, tandis que d’autres n’y voient aucun intérêt.

État (Répression) (5) : La ‘nouvelle’ division internationale : le capitalisme domine le monde et lui impose ses non-valeurs mortifères : les états répriment les peuples, le sport pour les calmer y aidant grandement ; et, si insuffisant, la guerre pour relancer la production.
- Quelle place aux luttes anti-patriarcales ? En tout cas, ici, deux référents pour y voir plus clair. (Cf. Économie. Capitalisme)

État (Répression) (6) : Et si la violence de l’état, de par le monde, et quel qu’en soient les modalités, les méthodes, les arguments, les justificatifs, les auteurs (police, armée…) n’était - tout simplement - pas devenue illégitime ?

Par ordre chronologique. État. Répression :

État (Répression) (7) : (15 janvier) 2019. Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur osait affirmer qu’« aucun policier n’a attaqué des gilets jaunes », le 15 janvier, alors que l’IGPN (la « police des polices ») avait déjà été saisie de 116 enquêtes et a reçu plus de 300 signalements. 480

État (Répression) (8) : 2019. Deux slogans des « Gilets jaunes » :
- (13 janvier) 2019. Une banderole devant l’hôpital de Saint-Etienne, où était soigné un blessé : « Que fait la police ? : elle crève les yeux » (Cf. Corps, Politique, État. « Gilets jaunes »)

- (19 janvier) 2019. Une grande pancarte dessinée à Paris :
« Liberté. Égalité. Flashball ». On y voit une Marianne, la même que celle affichée par Emmanuel Macron à l’Élysée, lors de son discours du 17 octobre 2017, le visage tuméfié, l’œil crevé. (Cf. Corps, Langage. Mot. Critique de « Protéger », Politique, État. « Gilets jaunes »)

État (Répression) (9) : (26 janvier) 2019. Onze policiers se sont suicidés depuis le 1er janvier 2019, soit un-e policier-ère tous les deux jours : « une année noire » selon le syndicaliste policier qui donne ce chiffre.

État (Répression) (10) : (29 janvier) 2019. Sur Facebook, ce jour, un Collectif autonome de policiers d’Ile de France (CAP-IDF) analyse le rôle qui leur est dévolu depuis trois mois :
« Le visage de la Police s'est trouvé changé, le masque du bourreau violent et répressif aidant. »
Ils poursuivent : « Nous sommes fatigués, nos familles sont inquiètes, nos conjoint(e) et nos enfants n'en peuvent plus, et nous risquons non seulement notre carrière mais aussi notre avenir. » »
On lit aussi : « Nos états-majors nous ont donné carte blanche pour nettoyer les rues, les directives ont été jusqu'à aujourd'hui des plus claires : ‘Force doit rester à la loi, dégagez-nous tout ça ! ‘ Nous en voyons les résultats. Plus de 1 000 blessés dans nos rangs, tandis que les Gilets jaunes en comptabilisent plus de 1.600. »
Ils évoquent aussi la possibilité de « refuser d'aller au contact dans ces conditions dantesques et de défiance d'une hiérarchie lâche. »
Mais tout est à lire.

État (Répression) (11) : (2 février) 2019. Avec les violences policières, la politique de la création du vide : Le préfet de la Drome et le maire [LR] de Valence, Mr. Daragon, sur la base des « renseignements intérieurs » avaient prévus entre 6.000 et 10.000 manifestants, dont 10% de « casseurs ». Résultat : la ville entièrement « sécurisée », accès rendu difficile au point de rassemblement, axes coupés, péages fermés, conseils d’« éviter Valence », fouilles des voitures et contrôles d’identités demandés à l’entrée de la ville, le mobilier urbain retiré ou scellé, zones pavées goudronnées, 400 poubelles démontées, piquets en métal re-scellés, parkings souterrains fermés, plots en béton posés, barrières « positionnées », horodateurs bâchés, gare routière fermée, pas de vélos en libre-service, suppression des transports en commun, interdiction du marché, commerces fermés et barricadés, déplacement du rallye de Monte Carlo, Centre commercial Victor Hugo et Leclerc Casino fermés, le centre-ville interdit, sauf sur présentation d’une « pièce d’identité en cours de validité et tout justificatif permettant de prouver leur domiciliation ou la nécessité impérieuse de s’y rendre », sans oublier trois mariages délocalisés,
Comment ne pas penser sinon que nous vivons dans un état policier, du moins que tout est prête pour que cela soit possible ?
Entendu par des manifestant-es : « Ils se préparent à une invasion » ; « Ils nous ont accueillis comme si on étaient des terroristes » ; « On se serait crus au Venezuela ».
Un tag : « Désolés d’Aragon. On a oublié de tout casser »
- Le maire a cependant affirmé à 18 h 50 : « Il va falloir que cela cesse ». (Cf. État. « Gilets jaunes »)

État (Répression) (12) : (4 février) 2019. Selon le gouvernement, le bilan officiel est de 820 blessés chez les manifestants, 200 parmi les forces de l’ordre, 1600 arrestations, près de 1400 gardes à vue. 481

État (Répression) (13) : (9 février) 2019. Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, auteur de : « Peut-être qu'il est temps d'arrêter la violence. » 482
Mais, au terme de la journée, il doit reconnaître que la violence ne s’est pas « arrêtée ».
Un tweet de réaction : « Indignation et dégoût. Les militaires de la mission Sentinelle protègent au quotidien nos compatriotes du risque terroriste. [une de leur voiture a été incendiée] Ces attaques sont intolérables. Tout sera mis en œuvre pour que leurs auteurs soient appréhendés et jugés ».
« Indignation et dégoût » pour une voiture. Pas un mot pour le manifestant dont la main a été arrachée par une grenade de la police.
- Une pancarte lue le 9 février 2019, pour une fois vue, certes rapidement, sur C.News. 19h. 02 : « Castaner, ministre de la terreur ».
- Même jour : un manifestant blessé à la tête récuse le terme de « maintien de l’ordre public » pour lui substituer celui de « répression ». (Politique. Médias)

« Aucun policier n’a attaqué des gilets jaunes », osait affirmer Christophe Castaner, le 15 janvier, alors que l’IGPN (la « police des polices ») a été saisie de 116 enquêtes et a reçu plus de 300 signalements.

État (Répression) (14) : (9 février) 2019. Une pancarte vue à Pau :
« Quand l'État ne répond plus aux citoyens que par la répression, il est alors devenu dictature. »

État (Répression) (15) : (13 avril) 2019. Philippe Goujon, député Les Républicains, auteur de : « Ce ne sont pas les bons qui sont interpellés ». Il sera suivi par Dominique Rizet, spécialiste Police / Justice de BFM.TV :
« Ils (les « pas bons ») sont véloces, ils sont rapides, ils savent échapper aux forces de l’ordre […] » 483 (Cf. Justice)

État (Répression) (16) : (14 avril) 2019. Madame de Staël [1776-1817] écrivait justement :
« On n’a point recours au despotisme, quand on a pour soi l’opinion. » 484
À la violence de l’État non plus.

État (Répression) (17) : (20 avril) 2019. Lu dans un long article de Match intitulé Castaner ne tremble pas. Peu importent les polémiques sur les lanceurs de balles de défense, les grenades et les dégâts humains consacré au ministre de l’Intérieur, lors du 23ème samedi des manifestations des « Gilets jaunes », je lis :
« Partout, c’est une des journées les moins suivies. ‘On est sur un fond de cuve’ lance Castaner, bravache, l’œil déjà rivé sur le 1er mai, mais aussi sur les élections européennes […] » 485
- Carrément ignoble… (Cf. Êtres humains. Comment les faire disparaître)

État (Répression) (18) : (1er mai) 2019. Un délégué national CRS. Alliance police, auteur de : « Jusqu’à présent, on étaient spectateurs de la casse. » 486

État (Répression) (19) : (1er mai) 2019. Fabienne Keller, sur la liste européenne LaREM, devant des image de chaos Bd du Montparnasse, dus aux affrontements entre black Blocs et policiers, auteure de :
« C’est la police qui nous protège ; c’est la police qui protège la liberté de manifester. »
La même, peu après évoquera une « guerre », tandis que l’on peut lire un panneau :
« Sous les pavés, la rage », qu’un invité parle d’« émeutes », un journaliste de « guerre civile » et que les manifestant-es crient, en huant les policiers : « La rue elle est à nous », « Paris soulève toi », « Révolution », « Police partout, Justice nulle part », « La force est avec nous », « Policiers, gendarmes, rejoignez-nous »…. 487
- Claire O’petit, députée LaREM, auteure de : « C’est un sans-faute pour le gouvernement. » Et ce suivi de : « On a besoin d’avoir une opposition intelligente. » 488 (Cf. Politique. Médias)

État (Répression) (20) : (1erjuillet) 2019. La France officielle de la guerre d’Algérie récusait la « torture ». La France officielle d’Emmanuel Macron et de son ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner récuse les « violences policières ».
* Ajout. 30 juillet 2019. Après la découverte du corps de Steve Maia Caniço dans la Loire, Flash Actu de Figaro : « Mort de Steve : pas de ‘lien entre l’intervention de la police et la disparition’ dit Édouard Philippe ».
N.B. Cette présentation par Le Figaro de la déclaration d’Édouard Philippe en infléchit le sens au détriment du premier ministre.
Le lendemain, alors que c’est lui qui a été attaqué, il défend - en défense - son ministre de l’Intérieur : « Le ministre de l’intérieur n’est pas fragilisé ».

État (Répression) (21) : (31 juillet) 2019. 45 suicides de policier-ères depuis le début de l’année 2019. Et, selon un syndicaliste policier, « 1.200 policiers se sont suicidés depuis 20 ans ». 489

État (Répression) (22) : (1er août) 2019. Alors plusieurs pays occidentaux, la France notamment, avaient réagi concernant les arrestations qui avait eu lieu en Russie lors de la manifestation du 27 juillet 2019 [1074 personnes arrêtées selon la police, 1373 selon une ONG], la porte-parole russe du ministère des Affaires étrangères a déclaré :
« Dans l’ensemble, il est étrange d’entendre des reproches venant de pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et beaucoup d’autres, où les autorités matraquent violemment leurs propres concitoyens, les journalistes et les citoyens d’autres pays qui leur tombent sous la main, avec ou sans raison. […] Il est impossible d’évoquer une quelconque proportionnalité de ces actions quand on regarde la dispersion des manifestations à Paris, Francfort, Ferguson - à Londres aussi, d'ailleurs, et dans d’autres villes. C’est l’hôpital qui se fiche de la charité. » 490

État (Répression) (23) : (3 août) 2019. Jean-Marie Godard, sur le plateau de BFM.T.V, auteur de Paroles de flics [Fayard. 2018] fait état de ce que des « policiers se sont, [les premiers mois des manifestations des Gilets jaunes] trouvés très seuls à gérer ces manifestations » sans être accompagnés, soutenus par une « parole politique ».
Et que, dès lors, « tout est mélangé » concernant leur légitimité. 491
- Le même, présenté comme « journaliste indépendant », sur LCI. (17h 04) après avoir considéré la colère comme « légitime » réaffirme qu’il « manque une parole politique »…. aujourd’hui.
Et c’est, en d’autres termes, ce qu’exprimait un syndicaliste policier lorsqu’il déclarait, sur la même chaîne, le même jour : « On en a ras le bol d’être les boucs émissaires. »
La demande de démission de Christophe Castaner apparait dès lors une réponse politique dérisoire.

État (Répression) (24) : (7 août) 2019. Le Canard enchaîné compare sinon à égalité, du moins à équivalence les violences policières et celles des « Gilets jaunes » :
« La disparition de Steve […] ravive les images de brutalités policières contre les gilets jaunes, même si certains d’entre eux n’étaient pas d’innocentes brebis. 492
Le Canard, après tant et tant d’autres - la norme, un mantra chez les policiers et dans les médias depuis des mois - omet simplement entre les deux : une réalité : l’État.
- Le même journal cite (p.2) une phrase - je ne peux écrire : analyse - d’Emmanuel Macron :
« La police ne peut être coupable par construction intellectuelle. » On comprend mieux.

État (Subtilité) : 1992. Le souper [adaptation de la pièce de Jean-Claude Brisville] : le triomphe de la subtilité. Ne rehausse pas pour autant le/la politique.
- À propos : De combien de non-dits impossibles à révéler, mais s’accumulant en autant de strates qui se figent, se rigidifient, les non-dits [politiques] sont-ils les révélateurs ? 493 (Cf. Culture. Cinéma, Politique. Morale)

État (Vérité) : 1988. Au cours d’une manifestation, Malik Oussekine [1964-6 décembre 1986] est frappé à mort par deux policiers. Une plaque - posée sur le trottoir ! - est inaugurée, le 6 décembre 2006. On y lit :
« À la mémoire de Malik Oussekine, étudiant âgé de 22 ans, frappé à mort lors de la manifestation du 6 décembre 1986 ».
Pour information, régulièrement : « par la police » est rajouté sur la plaque.
- Dire la vérité, ici connue de tous et toutes, est considéré par l’État comme incompatible avec cette autre vérité, sans doute moins connue de tous et toutes, à savoir que la police, chargée d’assurer « l’ordre public », est consubstantielle à l’État, si nécessaire donc et, à quasiment n’importe quel prix. L’État ne peut donc, tant il dépend d’elle, sauf rarissime exception, la mettre en cause. (Cf. Penser. Vérité)

État (Voltaire) (1) : 1758. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée le 5 septembre 1758 à la comtesse Charlotte Aldenburg von Bentick [1715-1800] écrit :
« Les princes font le malheur du genre humain. »
On peut remplacer : « princes » par « États ».
Et il poursuit : « Heureux qui se met à portée d’être indépendant d’eux. » 494
Mais, personne - encore moins Voltaire que quiconque qui vivait richement des prébendes de princes, des rois, chefs d’État d’alors - ne le pouvait ; ni ne le peut aujourd’hui, sauf à être rentier, spéculateur. (Cf. Politique. Guerre. Voltaire)

État (Voltaire) (2) : (24 juin) 1765. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à d’Alembert [1711-1783] écrit :
« […] Nous avons besoin des hommes d’État pour nous défendre contre les hommes de Dieu. »
Et, le 24 juillet 1765, il exprime son «admir[ation] à Catherine II de Russie [1729-1796], « d’avoir su réduire les prêtres à être utiles et dépendants. » 495

État (Zénon d’Élée) : Vème siècle avant J-C. Selon Antisthène [444-365 avant J-C], dans les Successions, après que Zénon d’Élée [490-430 avant J-C] eut dénoncé les amis du tyran, ce dernier lui demanda s’il n’oubliait personne. Zénon lui répondit : « Oui, toi, le fléau de l’État». Puis se tournant vers les témoins : «Vraiment votre lâcheté m’étonne : comment pouvez-vous, voyant ce que j’endure, supporter l’esclavage de ce tyran ? » 496 Puissions-nous en prendre de la graine…

V. Politique. Gilets jaunes :

Politique (« Gilets jaunes ») (1) : (29 juin) 2017. Emmanuel Macron a opposé « les gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien ». 497
Et certain-es ont considéré qu’il n’exprimait ainsi qu’une morgue « de classe »… (Cf. Être humain, Homme « Politique ». Macron Emmanuel. Staline)
* Ajout. 16 décembre 2018. C’est dans ce « rien » qu’ont surgi les « Gilets jaunes. » Les « rien » sont devenus ont le tout qui contraint l’état - et bien d’autres - à se repenser et à se refonder.
* Ajout. 21 décembre 2018. 1789. 1876. 2011. Lu dans la préface de Jean-Paul Cointet au livre d’Hippolyte Taine [1828-1893], Les origines de la France contemporaine :
« Depuis les origines - depuis Louis XI surtout - l’État n’a cessé de renforcer son emprise. Il a dissous peu à peu corps intermédiaires et petites sociétés semi-indépendantes. Il ne reste que l’individu seul face à l’État, d’où il résulte un état social instable oscillante entre anarchisme et despotisme. La conséquence : le mépris du peuple pour les dirigeants et le mépris des dirigeants pour le peuple. » 498 (Cf. Pensée. Binaire, Politique. Anarchisme)

Politique (« Gilets jaunes ») (2) : (1er octobre) 2018. Notes prises au vu des informations télévisées BFM.TV et C.News) l’après-midi et la soirée du 1er octobre 2018 au fur et à mesure de l’évolution de la situation : « on a failli vandaliser la tombe du soldat inconnu » ; « l’arc de triomphe, ciment de la nation » ; « les Gilets jaunes doivent s’organiser pour essayer d’obtenir quelques chose » ; « heurts à Paris et en régions » ; « blessés », « fauteurs de troubles », « barricades », « si on lâche le mouvement, on est mort. Tout le monde nous soutient » [un « gilet jaune »], « barricades », « scènes de chaos » ; « Il est au G20, nous on a faim » [un « Gilet jaune »] » ; « les gens violents qui ont des revendications » [un « gilet jaune »] ; « convergence des luttes » ; la solution ? : « que notre pays ait une meilleures compétitivité » [un député LREM] ; « situation effarante » ; « images dramatiques » ; « tout est en feu avenue Kleber » ; « chaos place Saint Augustin », « les forces de l’ordre ne savent plus où donner de la tête », « Les Gilets jaunes triompheront » ‘ [Slogan tagué sur l’Arc de triomphe] ; « engrenage de la violence », « Est-ce que vous condamnez ces violences ? » [Question incessamment posée par les journalistes], « Il faut rendre la parole aux français », « On nous prend pour des moutons. On nous parque. On n’est pas des moutons » [une gilet jaune], « scènes de violences sans discontinuité depuis ce matin », « des policiers gilets jaunes », « scènes insurrectionnelles », « détermination renforcée, répétée sans cesse », « situation insurrectionnelle », « guerre urbaine », « Paris flambe », « du jamais vu depuis mai 1968 », « des bâtiments qui flambent », « les forces de l’ordre reculent », « des feux un peu partout dans la capitale », « un mouvement d’émeutes », « on est en état insurrectionnel », « des forces de l’ordre mises à mal », « ils sont bien à la peine », « perturbateurs », « arbres incendiés », « guerre urbaine », « scènes d’insurrections », « On lisait la détresse dans les yeux des forces de l’ordre. Ils étaient dépassés. Ils ne savaient plus quoi faire. » [un témoin] , « Moi j’ai mal à la France » [une journaliste] ; « le scénario du pire », « manœuvres tactiques ». 18 h 15. Les cloches de Notre-Dame sonnent [un son de tocsin], « les gens ne veulent plus recevoir des ordres du gouvernement » [Un gilet jaune], « c’est à cause de lui [E. Macron] que les gens sont là » [Un gilet jaune], « les gens ne veulent plus recevoir d’ordre » [Un gilet jaune], « Ne pensez-vous pas qu’il faudrait avoir une hiérarchie stable qui dise aux gens quoi faire ? » [une journaliste à un gilet jaune], « Tout le monde a peur. Vous aussi » [Un gilet jaune à une journaliste dans la rue], « Il faut remettre l’église au milieu du village » [un député LREM], « les voyous », « le symbole national de toutes les luttes », « être très modeste en matière d’analyse », « un peu partout des départs de feu », « situation insurrectionnelle », « vrais gilets jaunes, faux gilets jaunes », « rejets de tous les corps de la nation », « nombre d’incendies éclatent un peu partout », « même nombre de manifestants que samedi dernier » [M. Nuñez, secrétaire d’état à l’Intérieur], « poursuivre le travail d’explication », [M. Nuñez, secrétaire d’état à l’Intérieur], « ceux qui se sont faits avoir » [en étant arrêtés par les forces de police, contrairement aux ‘casseurs’ » [M. Castaner. ministre de l’Intérieur], « ville en état de siège »,« toute l’avenue Kléber a été dévastée, pillée », « Ce sont les agences bancaires qui ont le plus pris », « Qui sème le vent récolte la tempête » [un gilet jaune], « Vous parlez comme si le gouvernement était responsable de ce qui se passe aujourd’hui » [un journaliste à un gilet jaune], « Macron, est-ce que tu nous entend maintenant ? » [Un gilet jaune], « agences bancaires dévastées », « images insupportables », « des professionnels du chaos », « OK. Manu on traverse » [un slogan tagué], « Il y a une vraie radicalisation du mouvement », « l’heure est grave pour le pays », « Il y a une urgence », « On a raison de se révolter » [un tag sur l’Arc de triomphe], « début d’incendie dans un hôtel particulier », « Les forces de l’ordre étaient dépassés », « guerre civile », « Macron en prison » [un tag], « des dizaines et des dizaines de voitures sont incendiées », « les brasiers se multiplient », « le calme revient »… (Cf. Langage. Mots. Critique de mot : « Casseurs », Politique. Médias)

Politique (« Gilets jaunes ») (3) : (3 décembre) 2018. Entendu concernant les « Gilets jaunes » : « L’état est devenu un ennemi. » 499
- Le 1er décembre 2018 ont été attaqués : Préfectures, sous-préfectures, mairies, centres des impôts, commissariat de police, policiers, CRS, permanences et habitations des parlementaires LREM, horodateurs, près de 2000 radars sur 3200 neutralisés, attaquées détruits en janvier 2019 selon le ministre de l’Intérieur, barrières de péages (‘vendues’ / ‘données’ en concession par l’état aux sociétés d’autoroutes, devenues rentières)…
Sans oublier les symboles du capitalisme : voitures de luxe, hôtels particuliers, centres commerciaux…

Politique (« Gilets jaunes ») (4) : (4 décembre) 2018. Lors de son allocution télévisée, le premier ministre n’a pas cité les « Gilets jaunes ».
- Ajout. 21 janvier 2019. Et Emmanuel Macron, toujours pas au 21 janvier 2019.

Politique (« Gilets jaunes ») (5) : (4 décembre) 2018. Christophe Castaner devant la commission des lois du Sénat :
« Je ne fais plus de distinction entre les manifestants et les casseurs. » Il annonce aussi des « forces supplémentaires » pour samedi prochain 8 décembre. [89.000]
- Seul le secrétaire d’état, M. Nunez a évoqué les « 207 gilets jaunes blessés », et ce suivi, juste après, de : « Le nombre de blessés a été très faible ». Mais il m’est apparu qu’il ne pensait alors qu’aux ‘forces de l’ordre’.

Politique (« Gilets jaunes ») (6) : (4 décembre) 2018. Souhaitant relire le discours ce jour du premier ministre, je découvre que la dernière vidéo lisible sur le site du gouvernement date du 22 novembre 2018, lors de son intervention au Congrès des maires de France.
* Ajout. 19 décembre 2018. Ce jour, dans la rubrique L’actualité du Premier ministre, les dernières vidéos datent du 13 décembre 2018 et dans la rubrique Actualité, il faut se contenter des trois derniers textes émanant d’Édouard Philippe datant du 13 et du 17 décembre 2018.
* Ajout. 21 décembre 2018. Libération du 21 décembre note pour sa part que la dernière mise à jour de page Facebook du premier ministre est vide depuis le 5 juillet.
- « Le blabla, ça va 5 minutes […] » déclarait même jour un « Gilet jaune » à la sortie d’une réunion à Limoges avec Édouard Philippe.

Politique (« Gilets jaunes ») (7) : (4 décembre) 2018. Certains médias parlent de la « crise des gilets jaunes », alors que c’est l’état qui est en crise. A minima.

Politique (« Gilets jaunes ») (8) : (4 décembre) 2018. Entendre sur un plateau de télévision affirmer que « les institutions sont solides » laisse augurer qu’il soit nécessaire de l’affirmer pour tenter d’y croire.
Et ce, suivi de : « Le système de la Vème république est à bout de souffle. »
Et ce, enfin, tandis que le président de la république non seulement ne parle pas, mais en sus n’est pas même visible. Pas vraiment téméraire…
Mais en réalité ce n’est pas nécessairement de courage dont il manque, c’est d’avoir quelque chose à dire. (Cf. Politique. Analyse)

Politique (« Gilets jaunes ») (9) : (5 décembre) 2018. Un policier syndicaliste :
« Nous sommes la dernière digue et elle est en train de céder. » 500f (Cf. Politique. État. Répression)

Politique (« Gilets jaunes ») (10) : (5 décembre) 2018. Lu :
« Le syndicat de police Vigi a déposé un préavis de grève illimitée à partir de samedi 8 décembre. ‘Il est temps de s’organiser légalement et d’être solidaire avec eux, pour l’avantage de tous’, écrivent les responsables de l'organisation syndicale dans un communiqué, expliquant rejoindre le mouvement de contestation sociale.
Afin d'éviter que se reproduisent les violences de samedi dernier à Paris en marge de la mobilisation pacifique des gilets jaunes, lors desquelles 23 membres des forces de l'ordre ont été blessés, selon un décompte officiel, le dispositif de sécurité doit encore être renforcé, ce samedi en prévision de l'acte 4. ‘Notre hiérarchie va encore nous envoyer prendre les coups à sa place et à la place du gouvernement’, déplore le syndicat.
‘Nous savons que nous aurons des blessés et nous craignons d’avoir des morts parmi nous’, poursuivent les responsables, critiquant la ‘prime’ exceptionnelle promise par Emmanuel Macron pour les forces de l'ordre mobilisées, ‘d’un montant inférieur du coût des heures sup' sur la journée du 1er décembre’. Revendication partagée par d'autres représentations syndicales.
Le préavis de grève ne concerne pas l'ensemble des fonctionnaires de police mais les personnels administratifs, techniques, scientifiques et ouvriers d'État du ministère de l'Intérieur. ‘Sans les adjoints techniques et ouvriers cuisiniers, les compagnies de CRS peuvent être immobilisées. Sans les adjoints administratifs, des services peuvent fermés. Sans les ouvriers d’état l’entretien de bâtiments et de véhicules ne pourront plus être fait’, prévient Vigi.
» 501
* Ajout. 14 juillet 2019. Philippe Gougeon, maire du XVème arrondissement déclare que « 23 millions d’heures supplémentaires sont [toujours] non payées» aux policiers. (Cf. État. Répression)

Politique (« Gilets jaunes ») (11) : (8 décembre) 2018. Il est difficile pour l’état de trouver un meilleur allié politique que BFM.TV.
Dans certains cas, les journalistes anticipaient mêmes les réactions des autorités de police, dont la politique menée en l’état était soutenue, justifiée, vantée, valorisée, encouragée, accompagnée d’appels clairement espérés à une plus grande répression, elle jamais interrogée. Entendu notamment, parmi tant et tant d’expressions de soutien à la répression :
« S’il doit y avoir 1800 ou 2000 interpellations, on trouvera de la place ».
Aujourd’hui, ce n’était pas du bourrage de crâne, mais du matraquage de crâne.
Aujourd’hui, les policiers n’étaient pas seuls à matraquer. (Cf. Politique. Analyse. Médias, Politique. Répression, Sociologie, Wieviorka Michel)

Politique (« Gilets jaunes ») (12) : (9 décembre) 2018. En France, selon le ministère de l’Intérieur, 1723 gardes à vue, 1082 interpellations. plus de 89.000 « forces de l’ordre », 325 blessé-es. 120.000 participant-es selon le ministère de Intérieur (donc faux).
* Ajout. 10 décembre 2018. Hier, j’entends [C’ Politique] qu’il y avait, images à l’appui, 2000 manifestants-es au Puy en Velay, alors qu’hier le chiffre - officiel - était de 10.000 manifestant-es à Paris [ ! ].
* Ajout. 10 décembre 2018. À Paris, selon la police, « le bilan définitif s’établit à 1082 interpellés, dont 974 gardés à vue, parmi lesquels 33 étrangers. Parmi les 974 gardés à vue figurent 37 femmes et 90 mineurs. » 502 (Cf. Justice. « Gilets jaunes »)

Politique (« Gilets jaunes ») (13) : (15 décembre) 2018. Au soir de la 5ème journée de mobilisation des « gilets jaunes », le sommet de l’état est muet : silence à l’Élysée, à Matignon. Seul le ministre de l’Intérieur - par un seul tweet - s’est exprimé :
« Les ronds-points [occupés par les Gilets jaunes depuis le 17 novembre] doivent être libérés et la sécurité de tous redevenir la règle. […] ».
Pendant cette journée, les forces de l’ordre (médias inclus) avaient seules le pouvoir.
- Statistiques officielles du ministère de l’intérieur : 351 interpellations, 242 gardes-à-vue.

Politique (« Gilets jaunes ») (14) : (16 décembre) 2018. Entendre Marlène Schiappa déclarer que : « La demande de plus de démocratie n'est pas illégitime » 503 donne une idée de l’inconscience politique - toute pétrie d’une hallucinante bêtise - de ceux et celles censé-es nous gouverner.
L’hypothèse seule que cette parole put être dite peut générer une immense colère. (Cf. Femme « Politique ». Schiappa Marlène)

Politique (« Gilets jaunes ») (15) : (18 décembre) 2018. La force tranquille, le ton comminatoire, l’exigence non ou peu négociable des demandes des représentants des syndicats de policiers vis-à-vis de l’État à la sortie de leur réunion de 3 heures avec le ministre de l’Intérieur était impressionnante. Le sentiment était sans ambiguïté que le pouvoir était de leur côté, pas de celui de l’exécutif. 504
L’une de ces expressions [pas la seule : « nous sommes les maitres de l’horloge » ai-je entendu] : Le syndicat Unité SGP Police FO a mis en garde contre un « acte 1 de la colère des forces de l'ordre », tandis qu'Alliance appelle à une « première journée d'action » à travers la France, mercredi : « Nous avons permis au président et à son gouvernement de rester en lieu et place, maintenant il faut qu’il nous renvoie l’ascenseur, insiste Yves Lefebvre, secrétaire général d'Unité SGP Police FO. Il nous faut des actes forts marqués dans le marbre. » 505
* Ajout. 20 décembre 2018. La réponse donnée par les 3 syndicats qui avaient exigés - ce que n’ont jamais demandé les syndicats de salarié-es - d’être reçus ensemble par le ministre, ne satisfait pas nombre de policiers qui ont manifesté leur « colère » à Paris, le 20 décembre, sur les Champs-Élysées, encadrés par d’autres policiers. L’État vacille.

Politique (« Gilets jaunes ») (16) : (20 décembre) 2018. Emmanuel Macron répond, en s’adressant - personnellement - à elle [« Chère madame […] »], deux mois après sur internet la pétition datée du 20 octobre 2018 de Priscilla Ludowsky, Pour une baisse du prix du carburant à la pompe !
Comment peut-on mieux démontrer que l’on n’a rien compris aux « Gilets jaunes » ?
- A quoi servent les « communicants » de l’Élysée ?

Politique (« Gilets jaunes ») (17) : (22 décembre) 2018. Tweet de Benjamin Griveaux [ministre], suite à la manifestation du 20 décembre 2018 :
« Donc, ’on’ lynche des policiers, ‘on’ chante la quenelle de Dieudonné à Montmartre, ‘on’ reprend les codes des années 30 pour renverser la République, ‘on’ décapite l’effigie du président... Derrière ces ‘on’, un seul visage, lâche, raciste, antisémite, putschiste. Stop. »
* Réponses en réaction de ce tweet, lisible par chacun-e :
- « ‘On’ gaze les manifestants pacifiques, ‘on’ leur jette des grenades à bout portant, ‘on’ tire des flashballs en visant la tête, ‘on’ les éborgne, ‘on’ leur arrache les mains, ‘on’ maltraite les vieilles personnes, ‘on’ ignore les casseurs et blacks blocs. »
- « ‘On’ oppresse le peuple, ‘on’ lui marche dessus à coup de 49.3, ‘on’ lui envoie des CRS quand il s'insurge. Et ensuite ‘on’ l'insulte? Très beau la démocratie... Bravo! Il n'y a pas plus lâche qu'un gouvernement qui fuit la réalité en pratiquant la politique de l'autruche. »
- « Les revendications Gilets Jaunes traversent toute la société. Zoomer une quenelle, un casseur, une stigmatisation délirante, un amalgame arrangé entre dans le champ de la récupération, de l'influence et de la fake news. Qui s'y colle au taquet ? Griveaux ! »
- « La fonction de B. Griveaux est celle de la com de vente mercantile d'un produit, elle est celle d'une désinformation. »
- « On’ matraque fiscalement les +fragiles, ‘on’ méprise ‘ceux qui ne sont rien’, ‘on’ fait des selfies avec un prince saoudien soupçonné d'avoir fait assassiner un journaliste, ‘on’ transforme l’Élysée en boîte de nuit, ‘on s'offre du bon temps et ‘on’ est surpris quand la colère monte. »
- « Je ne suis ni raciste, ni antisémite, ni putschiste. Trop facile de stigmatiser un mouvement que vous n'arrivez pas à contrôler. "on" ne se permet pas de dire que les politiques sont corrompus, lobbyistes, hors sol, mafieux et tous pourris, on fait le tri... Diffamation !!!! »
- « Il rejoue encore la carte du racisme. Mon pauvre Benjamin tu n’as plus une seul cartouche dans ton vieux fusil. Alors que nous on s’échauffe juste. C’est excellent. On a déjà gagné. Vive la république et vive la France. »

Politique (« Gilets jaunes ») (18) : (22 décembre) 2018. Qui ne voit que l’inculpation d’Éric Drouet au soir de la journée de manifestation du 22 décembre 2018 a eu pour cause première le fait qu’il avait ridiculisé la police et donc le Ministère de l’Intérieur [après, avoir, avec Priscilla Ludowsky, filmé le 30 novembre à son insu et après son refus la réunion ‘officielle’ avec le ministre de la transition écologique] en faisant croire que la manifestation des « Gilets jaunes » aurait lieu à Versailles, alors qu’elle fut programmée à Paris ?
- L’inculper de « port d’armes prohibée de catégorie D » aggrava le ridicule.
- Quant à sa « participation à un groupement formé en vue de violences ou de dégradation », si elle valait pour lui, elle valait tous les manifestant-es.
Était-ce la leçon politique à retenir ? Sans doute.
* Ajout. 2 janvier 2019. Éric Drouet à nouveau arrêté.
* Ajout. 4 janvier 2019. Éric Drouet, après 20 heures de garde à vue sans inculpation, auteur de : « Nous avons fait ça pour en arriver là. On voulait montrer aux français que nous ne sommes pas libres. » 506
Une fois encore, il est ici mieux démontré que cent analyses que la révolte, la détermination et l’intelligence font fort bon ménage.

Politique (« Gilets jaunes ») (19) : (31 décembre) 2018. Emmanuel Macron, dans ses vœux aux Français en date du 31 décembre 2018, auteur de :
« […] Mais la dignité, mes chers compatriotes, c’est aussi le respect de chacun. Et je dois le dire, j’ai vu ces derniers temps des choses impensables et entendu l’inacceptable. Nous ne vivons libres dans notre pays que parce que des générations qui nous ont précédé, se sont battues pour ne subir ni le despotisme, ni aucune tyrannie. Et cette liberté, elle requiert un ordre républicain ; elle exige le respect de chacun et de toutes les opinions ; que certains prennent pour prétexte de parler au nom du peuple - mais lequel, d’où ? Comment ? Et n’étant en fait que les porte-voix d’une foule haineuse, s’en prennent aux élus, aux forces de l’ordre, aux journalistes, aux juifs, aux étrangers, aux homosexuels, c’est tout simplement la négation de la France ! »
- Et son ministre de l’Intérieur, M. Castaner, même jour, affirme que « l’objectif des ‘gilets jaunes’ est de nuire aux forces de sécurité », tandis qu’il dénonce « la bêtise » de ceux qui sont confrontés aux forces de l’ordre.
L’affrontement semble difficilement évitable.
Il n’est plus simplement le président des riches : il est devenu sans ambiguïté le président qui, pour sauvegarder les intérêts des riches, assume clairement sa fonction dd président qui, non seulement, est prêt à sacrifier les pauvres, mais plus encore, avec l’appui de la force publique que la constitution lui confère, de les combattre. Jusqu’à quand ? (Cf. Politique. État. Répression)
* Ajout. 2 janvier 2019. Le contrôle des chômeurs/euses a été aggravé, comme il ne l’a jamais été.

Politique (« Gilets jaunes ») (20) : (10 janvier 2019) Penser que l’on puisse intégrer les revendications des « Gilets jaunes » dans le cadre de la constitution, fut-elle amendée par référendum, c’est croire que l’on pourrait faire rentrer l’éruption de l’Etna dans son cratère. (Cf. Droit. Politique. État, Économie)

Politique (« Gilets jaunes ») (21) : (12 janvier 2019). Si l’on voulait démontrer que la force essentielle actuelle des « Gilets jaunes » réside dans leur « inorganisation », il suffirait de noter l’insistance - un euphémisme - du politique et des médias à ce qu’ils « s’organisent ».
En d’autres termes, à ce qu’ils se sabordent et rentrent dans l‘ancestral moule.

Politique (« Gilets jaunes ») (22) : (18 janvier 2019). Incidemment, à Souillac, Emmanuel Macron présente dans son « grand débat national », sa conception de la démocratie : elle est « délibérative. »
Pas vraiment une avancée conceptuelle en comparaison de « la démocratie participative » proposée par Ségolène Royal 2007.
- Cf. le slogan : « La dictature, c’est : Ferme ta gueule. La démocratie, c’est : Cause toujours »…

Politique (« Gilets jaunes ») (23) : Quand un gouvernement [un régime ? un système ?] n’a plus d’autre politique - en sus de l’esquive - que de s’affirmer « aux côtés des forces de l’ordre » et de les - seules - soutenir, c’est qu’il arrive à son terme.
En tout état de cause, il confirme qu’il n’est plus à même, qu’il n’a plus de prétention, de légitimité à représenter le peuple. (Cf. Politique. Médias. Peuple)

Politique (« Gilets jaunes ») (24) : Opposer sans cesse, comme depuis des mois, « Gilets jaunes » et « casseurs », c’est - outre le déni de ce que l’on nous voyons quasi quotidiennement - s’interdire de comprendre ce qui les unit.
C’est s’interdire toute intelligence politique de leurs revendications.
C’est ne traiter les questions que par le biais de la répression policière de la violence, et n’avoir qu’une politique sécuritaire à une situation inacceptable.
C’est penser que « les casseurs » n’auraient aucune raison de s’attaquer aux policiers, de briser les vitres des banques, des magasins de luxe, de taguer l’Arc de triomphe, de vouloir pénétrer dans les préfectures, dans l’Élysée, dans les commissariats, et même de provoquer des incendies…
C’est oublier toutes les si nombreuses répressions antérieures…

C’est occulter le lien entre l’état et les forces de répression qui en sont le garant. (Cf. Langage. Critique. Mot : « Casseurs », Politique. État. Répression, Économie. Assurances. Banques, Violences)

Politique (« Gilets jaunes ») (25) : Et si en réalité, à l’exact opposé de tout ce qui est dit, affirmé, répété, asséné sans cesse depuis trois mois [ce qui en soi peut être considéré comme un indice de son absence de pertinence] les meilleurs alliés de ceux que l’on nomme « Gilets jaunes » étaient - ceux que l’on nomme les « casseurs » ? Aux uns la radicalité des positions politiques ; aux autres la radicalité des moyens nécessaires pour parvenir à leur mise en œuvre ?
Ce qui n’exclue pas dangers, risques, contradictions, dérives, sans oublier ceux et celles qui ne paient le prix ; les blessures, les décès, etc..
- Un slogan du 9 février 2019 : « Qui ne casse rien, n’a rien. » (Cf. Langage. Critique. Mot : « Casseurs ». Politique)

Politique (« Gilets jaunes ») (26) : (9 février) 2019. Sur C.News, George Fenech, devenu « consultant » considère - justement - qu’il ne s’agit pas de « manifestations », mais de « révoltes », et attire l’attention - non moins justement - sur « la vacuité du pouvoir ». Un temps…507

Politique (« Gilets jaunes ») (27) : (17 février) 2019. Esther Benbassa, sénatrice Verte, auteure de : « Il faut que les Gilets jaunes commencent à s’organiser […] pour canaliser tout ça, pour que se dégagent des porte-paroles avec des projets […] Il faut trouver des nouveaux modes de fonctionnement […], des gilets jaunes aptes à échanger sans tomber dans l’extrémisme. » 508

Politique (« Gilets jaunes ») (28) : (2 mars) 2019. Après bien d’autres, la critique - radicale - par les « Gilets jaunes » du système de représentation parlementaire - dont l’incarnation la plus forte fit celle de refuser le soutien, l’aide de tous les partis politiques sans exceptions - ébranla les colonnes du temple de cette dite démocratie, de ses institutions, de son droit, de son organisation, de ses doctrines.
Si la société français était prête à entendre cette critique, le mérite politique d’avoir détruit le principe, jusqu’alors intangible, de l’évidente légitimité de la démocratie parlementaire leur revient.

Politique (« Gilets jaunes ») (29) : (4 avril) 2019. Lu dans le texte d’Edmund Burke [1729-1797] Appel des whigs modernes aux whigs anciens [1791] :
« Quel frein opposer à la volonté de quiconque espérera réunir la volonté des autres à la sienne, et tentera de renverser le nouvel édifice ? » 509
N’est-ce pas parce que, faute de réponse à cette question, Emmanuel Macron emploiera la force ?

Politique (« Gilets jaunes ») (30) : (6 avril) 2019. La crainte qu’inspira les « Gilets jaunes » teint sans doute aussi à cette question : Si des fractions entières du peuple - jusque-là invisibles - ont pu du jour au lendemains, s’affirmer, s’exprimer, dénoncer, bouleverser les fondements de la société, qu’en est-il de toutes les autres qui, tout aussi humilié-es, exclu-es, invisibles, dominé-es, ni plus ni moins résigné-ees, restent, pour ainsi dire, tapis dans l’ombre…Dans l’attente…

Politique (« Gilets jaunes ») (31) : (14 avril) 2019. Danièle Sallenave, de l’Académie française, sous le bandeau : « Une Académicienne avec les Gilets jaune », dit, puis répète :
« On a besoin d’une État fort ». 510

Politique (« Gilets jaunes». « grand débat national ») (1) : (20 décembre) 2018. Il m’apparaît de plus en plus clairement que le « grand débat national » qui doit être organisé dans la France entière ne peut être, pour l’état, dans la situation politique actuelle, qu’une bombe - décentralisée - à fragmentations. Sans évoquer sa contradiction majeure : il est organisé par le gouvernement, qui en impose le cadre politique et fournit les « Kits » aux maires ‘volontaires’ pour mener les débats, mais, déclare Édouard Philippe le 21 décembre 2018, il ne doit être « ni pour ni contre le gouvernement ». Tandis que le cadrage politique a été décidé à l’Élysée, sans tenir compte des revendications déjà imposées par les « Gilets jaunes ».

Politique (« Gilets jaunes ». « grand débat national ») (2) : (24 décembre) 2018. Qui plus est, Édouard Philippe affirme que « le débat national [et le fonctionnement de nos institutions] exigent un retour à l’ordre » : !

Politique (« Gilets jaunes ». « grand débat national ») (3) : (26 décembre) 2018. Selon le Canard enchaîné, Emmanuel Macron a déclaré le 18 décembre aux ministres convoqués par lui :
« Il faut faire ce débat, il faut y croire. Le fait de montrer clairement qu’on y croit et que l’on tiendra compte des remontées, c’est ce qui fera que les gens s’investiront. » 511
- Mais pourquoi diable « les gens » devraient-ils penser (croire ? espérer ? attendre ?) que des « remontées » de leurs paroles seront transmises au sommet de l’état et que l’on en « tiendra compte » - avec les garanties que l’on connait - alors que les « Gilets jaunes » sont amplement démontré qu’il suffit de prendre directement et sans intermédiaires la parole ?
Sans oublier les questions imposées et celles exclues, « le tirage aux sort » évoqué par le premier ministre pour procéder à son ‘analyse’, l’indépendance laissée ou non à Chantal Jouanno, etc., etc…. [laquelle, depuis, a démissionné]
* Ajout. 6 février 2019. Le cardinal de Retz [1613-1679], auteur dans ses Mémoires de :
« Il est bien plus naturel à la peur de consulter que de décider. » 512

Politique (« Gilets jaunes ». «grand débat national ») (4) : (29 décembre) 2018. Un « gilet jaune » sur LCI parle d’« un débat entre un papier et un stylo » : ayant interrogé la mairie de Noisy le Grand sur ce qui serait proposé, il lui avait été répondu de venir écrire ce qu’il souhaitait sur le « cahier de doléances. » 513

Politique (« Gilets jaunes ». « grand débat national ») (5) : (10 janvier) 2019. Réussir, pour l’exécutif, « le grand débat national », c’est retirer aux « gilets jaunes » le pouvoir de la parole politique agissante. C’est en détourner le flux. C’est s’approprier les revendications les moins dommageables, pour maintenir l’état tel qu’en lui-même.
Y participer, c’est cautionner le statu quo.

Politique (« Gilets jaunes ». « grand débat national ») (6) : (18 janvier) 2018. Un dessin de Delambre dans Le Canard enchaîné : deux hommes devant un zinc discutent :
« On lui demande des réponses et il nous pose des questions. »514
Les siennes par ailleurs.
Comme si chacun-e d’entre nous étions censé-es alimenter le cerveau d’Emmanuel Macron, lequel s’est par ailleurs politiquement approprié les Cahiers de doléances que les maires de petites communes avaient, de leur propre initiative, ouverts.

Politique (« Gilets jaunes ». « grand débat national ») (7) : (18 janvier) 2019. Entendu concernant l’instrumentalisation par Emmanuel Macron des maires : « Il nous refile les patates chaudes » ; « Est-ce votre rôle d’être les VRP du président ? » ; « Il ne faut pas que la ficelle soit trop grosse » ; « Le maire est le paratonnerre de la république » ; « Nous ne jouerons pas les pompiers de service, d’autant plus que l’État nous a piqué le camion, la lance à incendie et nous a coupé l’eau. » [Christian Venris, maire de Saint-Cirgues]
Politique (« Gilets jaunes ». « grand débat national ») (8) : (20 janvier) 2019. Entendu une revue de presse [RFI] qui citait un article du Financial Times 15 janvier 2019 [repris par Courrier international] concernant le « grand débat national » :
« Un roi de France s’y est déjà essayé, et ça ne s’est pas particulièrement bien terminé. Au printemps 1789, Louis XVI avait ordonné à ses sujets de préparer des cahiers de doléance. Loin de désamorcer l’ire populaire, l’exercice n’avait fait qu’attiser l’humeur insurrectionnelle contre la couronne. […] Emmanuel Macron peut-il réussir là où Louis XVI a échoué ? » 515
* Ajout. 20 janvier 2019. 1853. Première phrase du livre de Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française :
« La convocation des États Généraux de 1789 est l’ère véritable de la naissance du peuple. Elle appela le peuple tout entier à l’exercice des droits. » 516
N.B. Oubli de Michelet : A l’exception des serfs (hommes et femmes), des domestiques (hommes et femmes) et de toutes les femmes, en sans s’interroger sur la signification du terme de : « droits ». (Cf. Droit, Histoire. Révolution française)

Politique (« Gilets jaunes». « grand débat national ») (9) : (20 janvier) 2019. Lors de l’émission sur France Culture d’Émilie Aubry, L’esprit public, intitulée : Les français ont-ils envie de participer ? les protagonistes - cautionnant dès lors la pertinence politique de la question - traitent la Lettre aux Français du 13 janvier 2019 d’Emmanuel Macron pour l’un, « d’un peu pathétique », pour l’autre d’« antipolitique » et évoque son « malaise » devant « l’addition de petits choix » ; le troisième évoque le fait que le président pourrait n’être « pas très loin du précipice » et la dernière considère ses questions comme « dérisoires ». 517
J’aurais aimé les entendre aussi lucides lors des grandes heures d’Emmanuel Macron.

Politique (« Gilets jaunes». « Grand débat National ») (10) : (21 janvier) 2019. Un slogan peint sur un mur : « Ce n’est qu’un débat, le combat continue. »
* Ajout. 1er février 2019. Quatre autres : « Le grand débat, c’est dans la rue » ; « La grande débâcle » ; « Une grande émeute vaut mieux que deux grands débats » ; « Le grand dégât »
* Ajout. 9 février 2019. « On ne veut pas débattre. On veut décider » ; « Le débat, c’est dans la rue »

Politique (« Gilets jaunes». « grand débat national ») (11) : (24 janvier) 2019. Alors que les « Gilets jaunes » avaient réussi ce tour de force d’exiger de l’État qu’il les écoutent sur les bases qu’ils / elles posaient, analysaient, dénonçaient, « le grand débat national » l’exécutif veut le transformer en en boites à lettres envoyées par la base au sommet qui fera ce qu’il estime bon devoir en faire.
La manipulation est grosse ; elle est malhonnête - j’avais écrit « immorale » - ; elle est vouée à l’échec.

Politique (« Gilets jaunes». « grand débat national ») (12) : (26 janvier) 2019. Priscilla Ludoski, auteure de :
« C’est sur le cœur du problème qu’il faut se concentrer, que le gouvernement doit se concentrer. On n’a pas besoin de débat pour redonner du pouvoir d’achat. »
[Quant aux solutions] :
« C’est au gouvernement de s’en occuper, de réfléchir, de décider. Ils sont payés pour ça. »

Politique (« Gilets jaunes». « grand débat national ») (13) : (26 janvier) 2019. Croire que « le grand débat » pouvait « apaiser les esprits », c’est moins faire preuve de naïveté, d’égotisme, de déni du réel que d’un très profond mépris du peuple. Mais la peur est sans doute première.

Politique (« Gilets jaunes». « grand débat national ») (14) : (30 janvier) 2019. Lire l’analyse critique des questions posées sur le site gouvernemental Grand débat national, publiée sur Paris-Luttes-Infos intitulée : Scandale. Le questionnaire pourri du Grand Débat !

Politique (« Gilets jaunes». « grand débat national ») (15) : (2 février) 2019. Questions posées par TF1 au Journal de 20 heures :
« Comment faire remonter les débats jusqu’à l’Élysée ? » Suivi de : « Qui synthétisera les débats ? » suivi de : « Et comment ? » (Cf. Politique. Médias)
Ces questions qui révèlent l’absence totale de maitrise politique des processus politiques en cours, n’empêchent pas pour autant les députés LaREM de n’avoir plus souvent pour seule analyse, celle de l’injonction faite à leurs adversaires de « venir » dans les débats qui apparaissent de plus en plus comme la seule proposition politique de l’exécutif ; ils s’accrochent à une branche qu’ils ne cessent de charger, qu’ils ne cessent d’alourdir eux-mêmes et qui ne peut que céder sous le poids.
Un député LREM, même jour, sur C.News, [vers 19 heures] concluait un débat avec un « Gilet jaune » politiquement fort pertinent par ailleurs ainsi :
« Venez débattre. Attendons [le grand débat]. Soyons optimistes. »

Politique (« Gilets jaunes». « grand débat national ») (16) : (6 février) 2019. Sur France Culture, Pascal Perrineau, l’un des cinq « garant-es » du grand débat, en toute bonne conscience par rapport à sa fonction politique - la mission est placée sous l’autorité du premier ministre - [se] pose la question : « Qu’est-ce qu’on fera de tout ça ?» 518 Et, en toute naïveté ? (Cf. Politique. Perrineau Pascal)

Politique (« Gilets jaunes». « grand débat national ») (17) : (14 février) 2019. Isabelle Falque-Pierrotin, l’une des cinq « garant-es », traite, à deux reprises, toutes les contributions au « grand débat » de « matériau informatique ». Elle présente aussi comme preuve de « la maturité démocratique » des Français le fait que « quand on leur donne la parole, ils s’en emparent. » En quelques mots, le mépris du peuple - qui plus est préalablement chosifié - s’exprime et, en toute cohérence, les « Gilets jaunes » sont exclu-es de l’histoire. 519 (Cf. Êtres humains. Comment les faire disparaître)

Politique (« Gilets jaunes». « grand débat national ») (18) : (28 mars) 2019. Lu dans le L’ancien régime et la révolution d’Alexis de Tocqueville [1805-1859] :
« Je lis attentivement les cahiers [de doléances] que dressèrent les trois ordres avant de se réunir en 1789 ; ceux de la noblesse et du clergé, aussi bien que celui du Tiers [État]. Je vois qu’ici, on demande le changement d’une loi, là d’un usage, et j’en tiens note.
Je continue ainsi jusqu’au bout cet immense travail et quand j’en viens à réunir ensemble tous ces vœux particuliers, je m’aperçois avec une sorte de terreur que ce que l’on réclame est l’abolition simultanée et systématique de toutes les lois et les usages ayant cours dans le pays.[…] » 520 (Cf. État. « Gilets jaunes ». Révolution française)

Politique (« Gilets jaunes». « grand débat national ») (19) : (30 mars) 2019. Une pancarte vue à Marseille :
« On débattra quand on vous aura virés »

Politique (« Gilets jaunes». « grand débat national ») (20) : (31 mars) 2019. Avec le « grand débat national » - dont aujourd’hui, comme hier, Emmanuel Macron ne sait que faire - celui-ci a brouillé les frontières entre penser et agir, entre délibérer et exécuter. Il a ainsi ouvert un peu plus encore la boite de Pandore qui fonderait la légitimité d’un exécutif en démocratie.
Il a voulu ‘reprendre la main’, mais ce n’était pas un jeu ; et il risque de s’y perdre tout entier. Mais au-delà de sa personne, incarnant - qu’on le veuille ou non, qu’on le pense ou non, que l’on n’y croit ou pas - l’État, comment ne pas penser qu’une démocratie - dont tous les pouvoirs sont attaqués - ne soit plus en mesure de justifier l’obéissance que l’État s’estime en droit d’imposer aux citoyen-nes ? Mais le processus n’est-il pas déjà profondément engagé ?

Politique (« Gilets jaunes». « grand débat national ») (21) : (8 avril) 2019. Lors de la « Restitution du grand débat national », - inexhaustive, inachevée - on apprend son coût : 12 millions d’euros.

Politique (« Gilets jaunes». « grand débat national ») (22) : (8 avril) 2019
La France, mithridatisée, découvre - mais sans pour autant, me semble-t-il, juger cette situation hallucinante - que son avenir est dans les mains exclusives d’un seul homme : ni ses ministres, ni peut être même le premier ministre ne connaissent les décisions qu’il va ou ne va pas prendre. Si tant est qu’il les connaissent lui-même.
- Je lis, lié à ce constat, l’analyse qu’Edmund Burke [1729- 1797] faisait en 1791 de la situation de la monarchie française à la Révolution :
« Pour se renforcer elle-même, la monarchie a affaibli toutes les autres forces ; pour unir la nation à elle-même, elle a dissous tous les autres liens. Une fois que la chaîne qui retenir le peuple eut été brisée, le système toute entier de l’État se trouva démembré. Il n’y eu plus aucune force ni aucune unité pour soutenir la monarchie, la noblesse ou l’Église. » 521 (Cf. Homme. « Politique ». Macron Emmanuel, Histoire. Révolution française)

Politique (« Gilets jaunes ». Révolution française) (1) : 2018. Jamais les comparaisons - qui ne sont pas analyses - avec la Révolution française, pourtant si intéressantes, ne sont évoquées. Sans aucun doute par peur d’en réveiller les souvenirs. Seule la télévision chinoise, nous dit-on, l’a citée cette semaine. (Cf. Histoire. Révolution Française) Quelques exemples :

Sans ordre. État « Gilets jaunes ». Révolution française :

Politique (« Gilets jaunes » Révolution française) (2) : 2018.
- Concernant le surgissement des « Gilets jaunes » dans le monde [politique], et concernant notamment le rôle des partis, Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française [1853], écrit dans sa Préface de 1847 :
« À mesure que je suis entré profondément dans cette étude, j’ai vu que les chefs de parti, les héros de l’histoire convenue, n’ont ni prévu, ni préparé, qu’ils n’ont eu l’initiative d’aucune des grandes choses, d’aucune spécialement de celles qui furent l’œuvre unanime du peuple au début de la Révolution. Laissé à lui-même, dans ces moments décisifs, par ses prétendus meneurs, il a trouvé ce qu'il fallait faire et il l’a accompli. » 522 (Cf. Histoire. Révolution française)

Politique (« Gilets jaunes » Révolution française) (3) : 2018.
- Concernant la signification de la solidarité dont les Gilets jaunes ont été l’objet, Hippolyte Taine [1828-1893], dans Les origines de la France contemporaine [1875], en analyse les causes et les conséquences en ces termes :
« Le dégoût vient ; décidément tout est mal. Les spectateurs de la pièce se disent entre eux, non seulement que la pièce est mauvaise, mais que le théâtre est mal construit, incommode, étouffant, étriqué, à tel point que pour être à l’aise, il faudra le démolir et le rebâtir depuis les caves jusqu’aux greniers. » 523 (Cf. Histoire. Révolution française)

Politique (« Gilets jaunes » Révolution française) (4) : 2018.
- Concernant sa genèse, Hippolyte Taine [1828-1893], dans Les origines de la France contemporaine [1875], rapporte les propos, à Versailles, d’un sans culotte, dénommé Legendre, à Louis XVI, le 5 octobre 1789 :
« Monsieur, dit-il au roi, et voyant que celui-ci fait un geste de surprise, oui, monsieur, écoutez-nous, vous êtes faits pour nous écouter. Vous êtes un perfide, vous nous avez toujours trompés, vous nous trompez encore ; mais prenez garde, la mesure est à son comble, le peuple est las de se voir votre jouet. » 524 (Cf. Histoire. Révolution française)

Politique (« Gilets jaunes » Révolution française) (5) : 2018.
- Concernant l’emploi du terme de « factieux » par le premier ministre, à l’assemblée nationale, le 5 décembre 2018 et par le ministre de l’intérieur, le 6 décembre 2018, Hippolyte Taine [1828-1893], dans Les origines de la France contemporaine [1875], concernant en 1791-1792 les Jacobins [auxquels ils s’oppose radicalement] écrit :
« Pendant deux ans, avec un instinct sûr, ils ont conduit leur siège, et l’on assiste au spectacle extraordinaire d’une nation légalement conquise par une troupe de factieux. » 525 (Cf. Histoire. Révolution française)

Politique (« Gilets jaunes » Révolution française) (6) : 2018.
- Concernant le RIC (référendum d’initiative citoyenne), Hippolyte Taine [1828-1893], dans Les origines de la France contemporaine [1875], auteur de :
« […] Il faut bien que la nation surveille ses mandataires et maintienne ses droits imprescriptibles ; si elle en a délégué l’usage, elle en a conservé la propriété, et se réserve d’intervenir quand il lui plaira. Une pareille prétention fait vite son chemin, et tout de suite, après le tiers-état des assemblées, gagne le tiers état de la rue. Rien de plus naturel que l’envie de conduire ses conducteurs […]. » 526. (Cf. Histoire. Révolution Française)

Politique (« Gilets jaunes » Révolution française) (7) : 2018.
- Concernant le ‘lâchage’ de certaines mesures économiques par Emmanuel Macron, Hippolyte Taine [1828-1893], dans Les origines de la France contemporaine [1875], auteur de :
« […] Ils [l’Assemblée nationale] sont engagés dans le défilé étroit qui qui aboutit aux précipices. Au commencement, ils ne s’en doutaient pas : mais un pas entraîne l’autre ; bon gré, mal gré, ils avancent ou sont poussés. Quand ils voient l’abîme, il est trop tard. Ils y sont acculés par leurs propres concessions et par la logique ; ils ne peuvent que s’exclamer, s’indigner ; ayant lâché leur point d’appui, ils ne trouvent plus de point d’arrêt. Il y a dans les idées générales une puissance terrible. […] » 527 (Cf. Histoire. Révolution française)

Politique (« Gilets jaunes » Révolution française) (8) : 2018.
- Concernant la solidarité, notamment sur les ronds-points, Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, écrit :
« […] Le fond de la nature humaine, c’est la sociabilité. Il avait fallu tout un monde d’inventions contre nature pour empêcher les hommes de se rapprocher.
Puis il nomme les divisions « soigneusement entretenues ».
Un matin, ces obstacles tombent, ces vieilles murailles s’abaissent…
Les hommes se voient alors, se reconnaissent semblables, ils s’étonnent d’avoir pu s’ignorer si longtemps, ils ont regret aux haine insensées qui les isolèrent tant de siècles, ils les expient, s’avancent les uns au-devant des autres, ils ont hâte d’épancher leurs cœurs. » 528 (Cf. Histoire. Révolution française)

Politique (« Gilets jaunes » Révolution française) (9) : 2018.
- Concernant, faute d’alternative, la tentative d’Emmanuel Macron de transférer aux maires l’organisation du « grand débat national » prévu de janvier à mars 2019, Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, écrit :
« Le pouvoir municipal hérita de toutes les ruines. Lui seul, entre l’ancien régime détruit, le nouveau sans action, lui seul fut débout. » 529 (Cf. Histoire. Révolution française)

Politique (« Gilets jaunes » Révolution française) (10) : 2018.
- Concernant les tentatives d’Emmanuel Macron d’étouffer les révoltes des « Gilets jaunes », notamment par l’organisation de débats, cf. le discours de Louis XVI [1754-1793] à l’ouverture des États Généraux à Versailles le 5 mai 1789 :
« […] Une inquiétude générale, un désir immodéré d'innovations se sont emparés des esprits et finiraient par égarer totalement les opinions, si on ne se hâtait de les fixer par une réunion d'avis sages et modérés. […] » (Cf. Histoire. Révolution française)

Politique (« Gilets jaunes ») Révolution française (11) : 2018.
- Concernant l’utilisation des forces de l’ordre pour réprimer les manifestant-es, Hippolyte Taine [1828-1893], dans Les origines de la France contemporaine [1875], écrit :
« Le maire [de Paris de 1791 à 1792] Pétion [1756-1794] […] vient déclarer [le 9 août (?) 1792] qu’il évitera de requérir la force publique, parce que ‘c’est armer une portion de citoyens contre les autres.’» 530 (Cf. Histoire. Révolution française)

Politique (« Gilets jaunes ») Révolution française (12) : 2019.
- Concernant la durée du « grand débat national » Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la révolution française, écrit, à propos des atermoiements de la Cour en octobre-décembre 1789 :
« Tout cela était trop long et le temps marchait très vite. » 531 (Cf. Histoire. Révolution française)

Politique (« Gilets jaunes ») Révolution française (13) : (2 février) 2019.
Slogans de Gilets jaunes faisant référence à la révolution française :
- « 1789. Les casseurs-seuses prennent la Bastille. 1936, les casseurs-seuses obtiennent les congés payés. Et en 2019 ? »
- « C’est un révolte ? Non, Sire, c’est une révolution »
- « Gilet jaune sans culotte »
- « M. Macron, Vous devez démissionner. Sinon ! la révolution ! »
- « Macron, RV à Varennes »

- « Le peuple veut la chute du régime » (Cf. Histoire. Révolution française)

Politique (« Gilets jaunes ») Révolution française (14) : (4 mai) 2019.
- - Concernant le refus des chefs, des porte-paroles, en réalité de la délégation de pouvoir et de la démocratie dite représentative, Madame de Staël [1766-1817], dans les Considérations sur les principaux évènements de la Révolution française, concernant la politique de la cour de Louis XVI [1754-1793] de 1790 à 1791 :
« La cour se figurait que le meilleur moyen d’arrêter la révolution était d’en gagner les chefs : mais cette révolution n’avait que des chefs invisibles : c’étaient les croyances de certaines vérités et nulle séduction ne pouvait les atteindre. » 532 (Cf. Politique. Vérité, Histoire. Révolution française)

Politique (« Gilets jaunes ») Révolution française (15) : (4 mai) 2019.
- Concernant le refus des chefs, des porte-paroles, en réalité de la délégation de pouvoir et de la démocratie dite représentative, Madame de Staël [1766-1817], dans les Considérations sur les principaux évènements de la Révolution française, concernant la Révolution en juillet 1790, auteure de :
« Les idées régnaient à cette époque et non les individus. » 533 (Cf. Penser. Idée, Histoire. Révolution française)

Politique (« Gilets jaunes ») Révolution française (16) : (4 mai) 2019.
- Concernant le refus des chefs, des porte-paroles, en réalité de la délégation de pouvoir et de la démocratie dite représentative, Madame de Staël [1766-1817], dans les Considérations sur les principaux évènements de la Révolution française, écrit concernant la Révolution sous Robespierre [1758-1894] :
« Il avait acquis la réputation d’une haute vertu démocratique ; on le croyait incapable d’aucune vue personnelle : dès qu’on l’en soupçonna, sa puissance fut ébranlée.
Le temps était contraire à toute influence individuelle ; on voulait quelque chose d’abstrait dans l’autorité pour que tout le monde fut censée y avoir part. » 534 (Cf. Homme. « Politique », Penser. Abstraction, Politique. Égalité(Cf. Histoire. Révolution française)

VI. Politique. Guerre :

Politique (Guerre) (1) : La guerre, quelles qu’en soient les justifications, est toujours la quintessence de la barbarie ; et revivifie en le re-justifiant, le principe du plus fort, le culte du sang, de la virilité, du héros, de la mort, de la victoire. (Cf. Hommes. Héros)

Guerre (2) : De quoi donc faudrait-il, devrait-on, être ‘fier-e’, lorsque son pays, celui dans lequel on vit, a « gagné la guerre » ? Et ce d’autant plus que :
- le critère de la « victoire » est souvent aléatoire
- le prix de la « victoire » se paie souvent d’une guerre ultérieure. (Cf. la guerre de 14-18 et celle de 39-45)
- le critère de la « victoire » a une fâcheuse tendance à transférer au seul vaincu la responsabilité dans la décision de l’engager. (Cf. l’article 231 du traité de Versailles [28 juin 1919] » :
« L’Allemagne et ses alliés sont responsables, pour les voir causés, de tous les dommages subis […] »)

Guerre (3) : La guerre, ce sont des hommes que l’on envoie s’entretuer sans qu’ils sachent le plus souvent pourquoi. Ce sont des femmes qui pleurent en sachant toujours pourquoi. (Cf. Guerre. Femmes)

Guerre (4) : Entendu : « La guerre a des conséquences inévitables. » Remplacer par : La guerre doit être évitée. À quel prix ? Là est l’une des fondamentales questions que la première formulation ne permet pas de poser…

Guerre (5) : 1914-1918. Il n’était pas besoin d’en appeler à « l’union de tous les prolétaires » pour dénoncer la guerre et appeler à la paix.

Par ordre alphabétique. Politique. Guerre :

Guerre (Abolition) : Pour, sinon abolir la guerre, du moins penser à sa nécessité : une idée ? Décider que ne la feront que ceux / celles qui la décident ; ce qui est cohérent, juste et conforme au principe de « responsabilité ». (Cf. Politique. État)
* Ajout. 3 août 2018. Refrain de la Chanson de Craonne [1917] :
« Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront / Car c'est pour eux qu'on crève / Mais c'est fini, car les trouffions / Vont tous se mettre en grève / Ce s'ra votre tour, messieurs les gros / De monter sur le plateau / Car si vous voulez faire la guerre / Payez-la de votre peau. »
* Ajout. 6 novembre 2018. 1936. ( ?) Simone Weil [1909-1943], dans un texte intitulé Réponse à une question d’Alain [1868-1951], rappelle ce qui est si souvent hors-sujet :
« La puissance d’ouvrir et de fermer les hostilités est exclusivement entre les mains de ceux qui ne se battent pas. » 535

Guerre (Algérie d’) : 1999. Dans le cadre de la Commission d’enquête de l’Assemblée Nationale de 1999 intitulée : La sécurité : Un droit pour les Corses, un devoir pour l’État, lors de l’audition de M. Jacques Coëffé, préfet de la Corse de décembre 1994 à janvier 1996, M. Robert Pandraud [1928-2010], membre de cette Commission, et dont la longue carrière au sein du Ministère de l’Intérieur confère une certaine crédibilité à ses dires, déclara :
« Monsieur le préfet, en cas de règlements de compte entre truands, ce qui arrive (en sus de la situation prévalant en Corse) régulièrement à Marseille, Nîmes ou ailleurs, on peut avoir deux réactions : mettre énormément de moyens ou se dire qu’après tout, Dieu reconnaître les siens et que cette justice expéditive coûte moins cher aux contribuables.
Est-ce que ce réflexe
(sic) n’a pas joué un peu lors des règlements de compte entre diverses factions du mouvement nationaliste (Corse), réaction que je ne saurais critiquer, puisque historiquement, c’est celle que très volontairement, en 1956 ou 195è, nous avons tolérée face aux règlements de comptes entre Algériens, en France, notamment, entre le FLN et le MNA ; tant que les choses ne débordaient pas (sic) et qu’il n’y avait pas de bavures (sic) sur la population métropolitaine, on laissait un peu courir (sic) - d’autant que l’on ne pouvait d’ailleurs pas faire autrement (sic). N’y a-t-il pas un peu de cela en Corse ? Après tout, cela ne m’étonnerait pas…. » 536 (Cf. Justice, Politique. État, Histoire)
* Ajout. 7 décembre 2017. 2017. Emmanuel Macron, le 6 décembre 2017, répondit à un jeune algérien qui, dans la rue, l’interrogeait sur la position de la France concernant la colonisation lui répondit : « Qu’est-ce que vous m’embrouillez avec ça ? » 537 (Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel, Histoire)

Guerre (Ali Mohamed) : 1966. Mohammed Ali [1942-2016], pour justifier son refus de participer à la guerre du Vietnam, auteur, le 17 février 1966, de :
« Je n'ai pas de problème avec les Viêt-Cong. » 538 Aller à l’essentiel…

Guerre (Analyse) : 2015. Entendu sur France 2, concernant «l’efficacité» mise en doute des bombardements (dénommés dorénavant «frappes») françaises sur la Syrie :
« Un bombardement, ça détruit toujours quelque chose ; donc c’est efficace. » 539

Guerre (Antiféminisme) : 2015. Après une prise de parole de Sylvie Kauffmann, inaugurée par : « Je vais parler des femmes, parce que si ce n’est pas moi qui le fait, je me demande qui va le faire », et après évoqué la décision du Pentagone d’ouvrir aux femmes tous les corps d’armés, y compris ceux du combat, Philippe Meyer, responsable de l’émission L’Esprit public, déclara, assez content, me souvient-il, de la pertinence de sa liaison et de la finesse de son analyse :
« Margaret Mead disait que si l’on n’envoyait pas les femmes à la guerre, c’est qu’elles sont trop cruelles. » 540 (Cf. Homme. Journaliste. Meyer Philippe, Patriarcat)

Guerre (Antimilitarisme) : « Maudite soit la guerre », inscription du monument au morts du village de Gentioux-Pigerolles (Creuse). (Cf. Guerre. Bodin Louise)

Guerre (Armes nucléaires) : Question ‘naïve’ : Pourquoi l’Iran devrait-elle ne pas posséder d’armes nucléaires, alors que celles possédées par Israël ne semblent pas poser de question ?
- Les innombrables non-dits sur lesquels (notamment) les États agissent, pensent, réagissent, justifient la permanence de la défense de leurs intérêts. Comment empêcher ces questions de s’exprimer est essentiel ; la censure stricto sensu n’est qu’un faible élément des stratégies politiques mises en œuvre. (Cf. Politique. État. Médias, Guerre. Teilhard de Chardin. Montesquieu)

Guerre (Armée) : (septembre) 2017. Publicité de l’armée de terre aux fins de recrutement :
« Je [un officier] conduis mes hommes pour les emmener plus loin. » (Cf. Penser. Hiérarchie, Économie. Publicité)

Guerre (Armée Israélienne) : (30 août) 2019. Entendu sur France Culture évoquer :
« les travers et les excès de l’armée Israélienne ». (07h55)
- À combien de dizaines de milliers de mort-es, de blessé-es, d’handicapé-es, d’assassinats, de prisoniers-ères, peut-on dire qu’une armée est criminelle ?
- Ou plutôt, qu’un état, sous couvert de « défense » de sa « sécurité », confie à une armée le projet criminel de détruire un peuple, le peuple palestinien ; et y incorpore, contrainte et forcée, sa jeunesse.

Guerre (Armurerie) : 2019. Omar Ouhamane, journaliste, évoquant la Lybie, décrit le pays comme : « une armurerie à ciel ouvert ». 541
- Depuis la guerre de 2011 - décidée par une coalition franco-britannique contre la Lybie de Kadhafi [1942-2011], mais largement initiée par Nicolas Sarkozy, en rien à ce jour inquiété par aucune quelconque justice -, combien de mort-es, de blessé-es, de disparu-es, de « déplacé-es » ? Dans ce contexte de totale d’impunité, quelle peut bien être la validité des textes concernant la « justice internationale » ? (Cf. Droit)
*Ajout. 20 mai 2019. Dans ce contexte, dont la Lybie n’a pas le monopole, quelle peut bien être la validité des traités internationaux de limitation des armements ? (Cf. Droit)

Guerre (Bodin Louise) : 1917. Louise Bodin [1877-1929], auteure de :
« Maudite soit la guerre » (Cf. Femme. Remarquable, Féminisme, Guerre. Antimilitarisme)

Guerre (Bossuet) : 1697. Jacques-Bénigne Bossuet [1627-1704], évêque de Meaux, dans son Oraison funèbre de Louis de Bourbon [1621-1686], auteur de :
« C’est Dieu qui fait les guerriers et les conquérants. » 542

Guerre (« Bourrage de crâne ») (1) : Il n’y a pas de guerre sans «bourrage de crâne», mensonges, tromperies, manipulations, «secrets-défense», créations de boucs émissaires comme objets de «haine», complots Nous concerne tous et toutes et ne concerne pas uniquement la guerre. (Cf. Êtres Humains, Politique. Mensonge)

Guerre (« Bourrage de crâne ») (2) : 1964. Lu dans un texte de Jean-Paul Sartre [1905-1980] concernant les soldats français pendant la première guerre mondiale [reproduisant, sans référence, le constat fait par un dénommé Dumoulin. Sans doute Georges Dumoulin [1877-1963], syndicaliste ‘révolutionnaire’ et pacifiste en 14-18 et auteur de : Les syndicalistes français et la guerre, publié en 1921] :
« Quand je les ai retrouvés à Verdun, ils en voulaient à tout le monde : aux journalistes, aux députés, aux socialistes, aux parisiens, aux gendarmes, à ceux de l’arrière. L’impression la plus forte, la plus nette entre eux était celle du bourrage de crâne, du mensonge, de l’exagération, de l’erreur. » 543 (Cf. Histoire)

Guerre (Briand Aristide) : 1926. Aristide Briand [1862-1932] longtemps ministre des Affaires étrangères, dans son discours à la Société des nations [SDN], le 10 septembre 1926, auteur de : « Plus de guerre […] Arrière les fusils, les mitrailleuses, les canons ! » 544 (Cf. Guerre. De Gaulle)

Guerre (Brion Hélène) : 1918. Hélène Brion [1927-1962], au cours de son procès devant le tribunal militaire, auteure de :
« L'accusation prétend que, sous prétexte de féminisme, je fais du pacifisme.
Elle déforme ma propagande pour les besoins de sa cause : j'affirme que c'est le contraire [...]
Je suis ennemie de la guerre parce que féministe, la guerre est le triomphe de la force brutale, le féminisme ne peut triompher que par la force morale et la valeur intellectuelle. Il y a antinomie entre les deux [...] » (Cf. Femme Remarquable. Brion Hélène, Féminisme, Politique. Démocratie. Patriarcat. Brion Hélène)

Guerre (Catherine II) : (18-29 novembre) 1771. Catherine II, impératrice de Russie [1729-1796], dans une lettre adressée à Voltaire [1694-1778] lui écrit :
« Les deux rives du Danube, depuis cet endroit [Giurgeva] jusqu’à la mer Noire, sont présentement nettoyées des Turcs comme une maison hollandaise pourrait l’être de la poussière. » 545 (Cf. Êtres humains)

Guerre (Chostakovitch Dimitri) : Après 1936. Dimitri Chostakovitch [1906-1975], auteur (après les purges Staliniennes des années 36 et suivantes), auteur (sans date) de :
« Et soudain la guerre arriva. La vérité, c’est que la guerre a été un soulagement. C’était très, très dur, mais c’était encore plus dur avant la guerre. Parce que chacun était seul avec ses douleurs. Il fallait pleurer silencieusement sous la couverture pour n’être vu de personne. Tous se craignaient mutuellement. Avec la guerre, le malheur devint commun. On pouvait en parler. On pouvait pleurer ouvertement les morts et les suppliciés. Les gens cessèrent d’avoir peur des larmes. » 546

Guerre (Clausewitz Carl von) : 1832. De la guerre de Clausewitz [1780-1831] - penseur de la méthode - devrait être, notamment, le livre de chevet des féministes.

Guerre (« Complexe militaro-industriel ») : Il est des termes, pourtant fort utiles, qui, curieusement, disparaissent du vocabulaire politique : avec celui d’impérialisme, celui de « complexe militaro-industriel ». (Cf. Langage. Mot)

Guerre (Conseillers) : 1865-1969. Léon Tolstoï [1828-1910] dans La guerre et la paix, rapporte un échange entre le prince André Bolkonsky et le général Koutouzov [1745-1813] lequel lui propose de « le garder auprès de |lui], à l’état-Major. »
Après que celui-ci ait refusé et affirmé préférer rester dans son « régiment », le général lui réponds :
« Je regrette [...] tu m’aurais été utile ; mais tu as raison, tu as raison. Des conseillers, il y en a toujours beaucoup ; mais les vrais hommes nous manquent. » 547 (Cf. Hommes, Politique. Patriarcat)

Guerre (Congo République démocratique du ) : 2015. Dans le film intitulé L’homme qui répare les femmes : la colère d’Hippocrate, consacré au chirurgien Denis Mukwege [prix Nobel de la paix en 2018], un prêtre de la République démocratique du Congo (Sud-Kivu), interrogé sur les raisons de l’impunité des violeurs, suite notamment au génocide de 1994, déclare :
« Il faut tuer 1000 personnes pour devenir un général au Congo. » (Cf. Culture, Cinéma, Droit. « Droits de l’homme », Politique. État, Violences. Viols)

Guerre (D’Annunzio Gabriel) : 1915. Gabriel d’Annunzio [1863-1938], à Marcel Boulenger, auteur de :
« J’adore la guerre. […] » 548 (Cf. Homme. Remarquable)

Guerre (Daech) (1) : 2015. François Hollande, 23 novembre 2015, [dont Gilles Kepel dit «On a l’impression qu’il se regarde dans le miroir que lui tend Daech» 549], chef-de-guerre-va-t’en-guerre-le-nez-politique-sur-le-guidon-sans-savoir-où-va-le-vélo-sauf-à-vouloir-créer-la-plus-grande-coalition-possible-incluant-les-pires-dictateurs-les-régimes-les-moins-défendables-contre-Daech-ce-qui-relève-de-la-quadrature-du-cercle-laquelle-exclue-les-peuples-du-monde-entier-spectateurs-et-victimes-de-leur-redistribution-notamment-des-dépouilles-du-Moyen-Orient-en-fonction-des-seuls-intérêts-économiques-et-géostratégiques-qu’ils-sont-incapables-de-formuler-car-ils-sont-incapables-de-les-définir-mais-dont-la-défense-de-leurs-intérêts-contre-les-peuples-est-la-seule-cohérence, auteur de :
« Nous allons intensifier nos frappes, choisir des cibles qui feront le plus de dégâts possible à cette armée terroriste. » 550
- La question : avec quel souci, entre autres, quelles inquiétudes de la vie des Syrien-nes, des Irakienn-es, étant eux-mêmes indissociables des « cibles », fussent-elles qualifiées de « choisies » décidées à plus de dix-mille mètres d’altitude, par des avions chasseurs rafales, paraît bien naïve…
- Elle est pourtant considérée dorénavant hors sujet car considérée comme justifiée par la lutte contre « le terrorisme », comme tant autres questions : Pourquoi la guerre ? Pourquoi cette guerre ? Pourquoi ces bombardements ? Pour quels intérêts ? Pour quel futur ? Et surtout, d’abord et avant tout, comment la faire cesser ?...ce dont François Hollande n’exprime pas le moindre souci, ni ne manifeste d’intérêt, ni ne semble avoir la moindre idée concernant le futur de la région…La guerre : une fin en soi ? Pour soi ? Pour lui ?
- Le soir même de cette déclaration, on apprend que « les objectifs visés ont été traités. » 551 De l’effet politique de la mise en abstraction du monde…
et des effets non moins évidents de la déclaration de « l’état d’urgence » - l’occasion faisant le larron - qui est de réprimer toutes les forces de contestation, notamment libertaires, antimondialistes, écologiques, alternatives, je n’ose écrire féministes, tant les féministes sont si souvent à la fois absentes et exclues du champ de la critique politique…(Cf. Homme. « Politique ». Hollande François, Penser. Pensée. Abstraction, Politique. Terrorisme)

Guerre (Daech) (2) : (décembre) 2015. « La France », nous dit François Hollande, est « en guerre » contre Daech. Combien de français-es sont-ils d’accord ? Combien seraient effectivement disposé-es à se battre sur leur terrain (Syrie, Irak..) ? Une guerre contre qui ? avec qui ? et pour quoi ? Cette guerre « imbécile » 552, absurde, incohérente, injustifiable a bien évidemment d’autres causes, d’autres ambitions que celle qui nous est présentée. Et ne pas oublier que ce fut le même homme qui la décida et celui qui « lança » la COP21 [Conférence de Paris sur le changement climatique.] À nous de trouver la cohérence de ces deux décisions. (Cf. Politique. Écologie)

Guerre (Danton) : (10 mars) 1793. Danton [1759-1794], auteur de :
« Que m’importe ma réputation ! Que la France soit libre, et que mon nom soit flétri !.. Que m’importe d’être appelé buveur de sang ? Eh Bien buvons le sang des ennemis de l’humanité, s’il le faut ; Combattons, conquérons la liberté. » […]
« Que la France se lève, quelle marche à l’ennemi, que la Hollande soit envahie, la Belgique libre, les amis de la liberté relevés en Angleterre. Que nos armes victorieuses portent aux peuples la délivrance et le bonheur ! que le monde soit vengé ! » 553

Guerre (David-Neel Alexandra) (1) : 1918. 1919. Alexandra David-Neel [1868-1969] écrit à son mari :
- le 16 septembre 1918 : « Je me suis replongée, ici, [au Tibet] dans des traductions d’ouvrages philosophiques bouddhistes, et ,de là, votre guerre formidable m’apparait comme la rencontre d’armées de fourmis se disputant la possession de vingt centimètres carrés de terrain. Qu’est-ce qu’un épisode de cette espèce dans l’histoire des mondes qui surgissent et se détruisent ? […] »
- le 12 janvier 1919 : « Nous avons vaincu les Allemands parce que nous avons été plus forts qu’eux, non point parce que notre cause était meilleure d que la leur. Sans les Anglais, sans les Américains, avec la même juste cause, nous étions écrasés. Il ne faut pas mêler les choses d’ordre différents. Quand on cogne, c’est le poing qui compte, non pas la pureté ou les connaissances scientifiques. Du reste Nietzsche n’a-t-il pas eu plus en vue la force intellectuelle que la force physique ? Je suis ravie, plus que ravie que nous ayons remporté la victoire. Celles des boches, il eut mieux valu se suicider que de la voir. Néanmoins, cette guerre nous a fait beaucoup de mal. Nous sommes devenus plus bêtes, plus sentimentaux, plus émotionnels et bigots - je dis bigots, je ne dis pas religieux ou mystiques. Triste spectacle ! » 554

Guerre (David-Neel Alexandra) (2) : 1954. Interrogée sur les guerres entre les Chinois et les Tibétains, sur la cause de ces guerres, Alexandra David-Neel [1868-1969], répondit :
« C’est la cause de toutes les guerres : le désir de s’emparer de ce qui appartient au[x] voisin[s]. » 555 (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage)

Guerre (De Gaulle) (1) : 1935. De Gaulle [1890-1970] dans ses Mémoires, auteur de :
« En mars 1935, Goering [1893-1946] annonçait que le Reich était en train de se donner une puissante armée de l’air […]
D’ailleurs, bien que des mesures fussent autant de violations flagrantes des traités, le monde libre se bornait à y opposer la protestation platonique de la Société des Nations.
Il m’était insupportable de voir l’ennemi du lendemain se doter des moyens de vaincre, tandis que la France en restait privée
. » 556 (Cf. Guerre. Briand Aristide)

Guerre (De Gaulle) (2) : 1943. De Gaulle [1890-1970] dans ses Mémoires, retranscrit un échange avec le général Giraud [Henri. 1889-1949] à Alger :
« Vous me parlez politique, dit-il. – Oui répondis-je. Car nous faisons la guerre. Or, la guerre, c’est une politique. » Il m’entendait, mais il ne m’écoutait pas. » 557

Guerre (Drone) (1) : Lorsque la guerre est si monstrueusement disproportionnée, et les guerriers si totalement irresponsables, il ne s’agit plus de guerre, mais d’assassinats [dits « ciblés »]. (Cf. Politique. Transparence)

Guerre (Drone) (2) : Lire le livre remarquable de Grégoire Chamayou, La théorie du drone. [La Fabrique. 2013. 178p.]

Guerre (Drone) (3) : (6 avril) 2018. Les Échos signalent que « des salariés [de Google] demandent à la direction d’abandonner la participation à un projet du Pentagone, appelé ‘Maven’ consistant à utiliser l’intelligence artificielle ‘pour interpréter des images vidéo […] dans des surveillances et des frappes par drones. » 558 (Cf. Politique. Guerre, Économie. Macron Emmanuel)

Guerre (Drone) (4) : (20 octobre) 2018. Gilles Kepel, « responsable de la chaire Moyen-Orient- Méditerranée à l’École Normale Supérieure », concernant la situation des djihadistes de Daech depuis un an, auteur de :
« […] les gars se font tous droner les uns après les autres. » 559 (Cf. Langage. Verbe)

Guerre (Femmes) (1) : Les guerres transforment les hommes en soldats, soldats deviennent des assassins. L’exclusion des femmes dans l’armée n’a d’autre explication que la vision patriarcale du monde ; leur intégration n’a d’autre conséquence que l’élargissement de la sphère politique, mentale, violente d’une société qui se militarise. La logique binaire qui opposerait le pour et le contre n’a d’autre fondement que d’étouffer toute réflexion concernant la légitimité de la guerre.

Par ordre chronologique. Politique. Guerre. Femmes :

Guerre (Femmes) (2) : VIIIème-VI siècle avant J.C. On lit dans le Deutéronome :
« Lorsque tu partiras en guerre contre tes ennemis, que Yahvé ton Dieu les auras livrés en ton pouvoir et que tu les auras faits prisonniers, si tu vois parmi eux une femme bien faite, et que tu t’en éprennes, tu pourras la prendre pour femme et l’amener en ta maison […] et elle […] pleurera tout un mois son père et sa mère. Ensuite, tu pourras t’approcher d’elle, agir en mari et elle sera ta femme. Et s’il arrive qu’elle cesse de te plaire, tu la laissera partir à son gré, sans la vendre à prix d’argent : tu ne dois pas en tirer profit, puisque tu as usé d’elle. » 560 (Cf. Famille, Patriarcat, Économie, Histoire, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Guerre (Femmes) (3) : XVIIème siècle. Rahel Varnhagen [1771-1833] se remémorant sa liaison durant deux ans avec Raphael Urquijo :
« Ça a été un long assassinat. » 561 (Cf. Violences à l’encontre des femmes)

Guerre (Femmes) (4) : 1792. Victor Hugo [1802-1885] dans Les misérables [1862] met dans la bouche de Tholomyès - celui qui abandonnera Fantine enceinte - cette « proclamation sublime » que Bonaparte a[aurait] dite à l’armée d’Italie :
« Soldats, vous manquez de tout. L’ennemi en a. »
Et ce, après qu’il eut évoqué « Romulus qui a enlevé les Sabines, Guillaume qui a enlevé les Saxonnes, César a enlevé les Romaines. »
La prise sur le tas. 562 (Cf. Histoire)

Guerre (Femmes) (5) : 1857. Stendhal [1783-1842], dans De l’amour, auteur de :
« Il y a un plaisir délicieux à serrer dans ses bras une femmes qui vous a fait beaucoup de mal, qui a été votre cruelle ennemie pendant longtemps et qui est prête à l’être encore. Bonheur des officiers français en Espagne. 1812. » 563
N.B. Pour rappel, en 1811, 350.000 militaires français occupèrent l’Espagne, guerre au cours de laquelle exécutions, pillage, viols, furent monnaie courante. Penser aux tableaux de Goya [1746-1828] sur les atrocités commises par l’armée Napoléonienne. (Cf. Violences)

Guerre (Femmes) (6) : 1865-1869. Tolstoï [1828-1910], dans La guerre et la paix, écrit :
« Tout Russe qui contemple Moscou sent en elle une mère, tout étranger qui la regarde, sa connaitre sa situation maternelle, reste cependant frappé du caractère féminin de cette ville ; Napoléon même sentit cela.
‘- Cette ville asiatique aux innombrables églises, Moscou la sainte. La voilà donc enfin, cette fameuse ville,’ dit Napoléon, et mettant pied à terre, il fit déployer devant lui un plan de Moscou, puis appela son interprète Lelorme d’Ideville ; ‘Une ville occupée par l’ennemi ressemble à un fille qui a perdu son honneur’ pensait-il ‘ il répétait ce qu’il avait dit à Smolensk à Toutchkov’ C’est avec ce sentiment qu’il contemplait cette beauté orientale qui se révélait soudain à lui, étendue à ses pieds
. » 564
NB. Que Tolstoï ne distingue pas Moscou la mère des russes et Moscou la fille violée pour Napoléon est intriguant.

Guerre (Femmes) (7) : (Vers) 1900. [anonyme] Une chanson - dont le dernier vers de chaque strophe est : « Car les mamans sont faites pour pleurer » - intitulée La mère du déserteur oppose deux mères, l’une d’un « bon soldat », l’autre d’un « déserteur ». En voici la fin :
« […] Aux colonies son fils partit. / Puis il mourut avec noblesse / En combattant pour le pays / L’ voyant tomber, sur sa tunique / L’ capitaine mit la croix d’honneur / La mère en r’cevant cette relique / Eut d’ la fierté parmi ses pleurs / Mais l’autre mèr’ lui dit d’une voix grave / Cett’ médaille’ là n’vous rend pas votre enfant / J’ pardonne au mien d’n’avoir pas été brave / J’ le verrais plus…Mais je le sais vivant ! » 565 (Cf. Culture)

Guerre (Femmes) (8) : (12 août) 1914. Isabelle Rivière [1889-1971], épouse de Jacques Rivière [1886-1925], lui écrit :
« Mon cher amour, je voudrais te donner toute cette force que j’ai et qui se perd inutilisée. Quelle pauvre chose qu’une femme ! Est-ce que je vais rester ainsi pendant toute la guerre bien tranquille dans un fauteuil, pendant que tant d’autres souffriront tant ! » 566 (Cf. Femme. Épouse de)

Guerre (Femmes) (9) : (20 juin) 1915. Georges Bernanos [1888-1948], au front, écrit à sa fiancée, Jeanne Talbert d’Arc [1893-1960] :
« […] Il me coûterait peu de vous envoyer des billets plaisants ; je n’aurais qu’à manquer de sincérité. Mais puisque l’honneur me contraint de sacrifier des mois et des mois de mon bonheur et le vôtre, je n’accomplirai pas mon sacrifice en badinant. Derrière ces badinages que tant d’autres envoient du front aux femmes aimées, si vous saviez ce qui se cache ! Et que de femmes trompées ! » 567 (Cf. Femme. Épouse de. Bernanos Jeanne)

Guerre (Femmes) (10) : 1914-18. Parmi les critères de la censure des photos et de la cinématographie aux armées, le représentant de la préfecture de police nomme « tout ce qui peut être pénible pour les mères. » 568

Guerre (Femmes) (11) : 1914-18. Paul Léautaud [1872-1956] dans son Journal [Littéraire], à la date du 22 avril 1936, reproduit certaines des « choses » [de la guerre de 1914-1918] qui l’ont frappé à la lecture d’une collection de lettres du général Pellé [1863-1924] :
« Une femme, malgré la défense rigoureuse faite à ce sujet dans toutes les armées, était venue voir son mari, officier, et restait là, avec lui. On l’apprend. On donne l’ordre au mari de la renvoyer. La femme ne veut pas partir. On avise l’officier qu’il se met dans la cas de désobéissance et que cela peut devenir grave. Le mari ordonne à sa femme de partir. Elle refuse. ‘Tu ne veux pas partir ?’ - Non ! Il sort son révolver et lui brûle la cervelle. Le général Pellé écrit :
‘En guerre, la mort est donnée et reçue si facilement, que tuer finit par devenir peu de choses’. » 569

Guerre (Femmes) (12) : 1914-18. 1932. Edith Wharton [1862-1937], dans Les chemins parcourus. Autobiographie, écrit :
« Bien des femmes avec qui j’étais en contact durant la guerre trouvèrent visiblement leur vocation en soignant les blessés, ou dans d’autres activités philanthropiques. Le besoin de leur coopération développa en elles des aptitudes inattendues qui, dans certaines cas, les détournèrent à jamais d’une oisiveté insatisfaisante et en firent des personnes heureuses. Quelques-unes manifestèrent un véritable génie de l’organisation, et le don de soi leur fit paraître insipides les plaisirs égoïstes. » 570 (Cf. Femmes. Bourgeoises. Charité)  

Guerre (Femmes) (13) : (11 janvier) 2016. Slogans de la manifestation pour demander justice après l’exécution, en plein jour, d’une balle dans le tête, le 10 janvier 2013 à Paris des trois militantes Kurdes :
« Vos guerres, Nos vies » ; « La voix des femmes contre le bruit de vos bombes ».
- Sakine Cansiz, Leyla Saylemez, Fidan Dogan, ces femmes politiques furent assassinées à Paris avec la complicité, a minima passive, a minima des services secrets français… Après Mehdi Ben Barka [1920-1065], Dulcie September [1935-1988], Ali Mécili [1940-1987], entre de très nombreux autres personnages politiques… (Cf. Femme. Remarquable. September Dulcie, Politique. État)

Guerre (Femmes) (14) : (juin) 2017. Une femme se remémore la vie qui fut la sienne sous le joug d’un mari violent, auteure de :
« Ma maison était un terrain de guerre. » 571 (Patriarcat, Violences)

Guerre (Femmes et enfants) (1) : 1953. Dans le Que sais-je ? intitulé La Guerre de Gaston Bouthoul (1953), professeur à l’École des Hautes Études Sociales, vice-président de l’Institut international de Sociologie, père de « la polémologie » [« étude scientifique du Phénomène Guerre considéré comme un phénomène social » p.6], la seule référence faite aux « femmes et aux enfants », dans le Chapitre VI intitulé « Les traits psychologiques de la guerre », dans le paragraphe & 1 intitulé : « Impulsions belliqueuses et agressivité » est la suivante :
« […] Une série de recherches faites aux États-Unis peut servir de point de départ à notre investigation : elles montrent les relations étroites qui existent entre l’agressivité et la frustration. Le sentiment de la frustration naît lorsqu’un obstacle quelconque nous empêche de satisfaire un désir ou d’atteindre un but. On constate que l’irritation provoquée par la frustration, et qui se traduit par l’agressivité, ne s’adresse pas toujours à l’auteur de la frustration. Ainsi un subordonné, brimé par son chef hiérarchique, déchargera sa mauvaise humeur en battant sa femme et ses enfants. » 572
On revient de loin…Mais en sommes-nous vraiment sorti-es ? (Cf. Sociologie)

Guerre (Femmes et enfants) (2) : (14 octobre) 1931. Magdeleine Paz [1889-1973], dans un article du Monde, En Irlande, insoumise et rebelle, interroge un membre de l’IRA :
« La majorité de l’Armée républicaine Irlandaise, faite d’Irlandais de la rue, n’a jamais accepté l’accord [anglo-Irlandais du 6 décembre 2012]. Moins sanglante qu’en 1916, la guerre civile continue. Tout Irlandais s’attend toujours à être réveillé en pleine nuit par un coup frappée à la porte, à voir la police faire irruption chez lui en criant : ‘Haut les mains !’ puis à être assommé et jeté en prison, tandis que sa femme et ses enfants sont traînés en chemise de nuit dans les champs et livrés à la brutalité odieuse des soudards. » 573
- On lit par ailleurs [novembre 2016], sur Wikipédia, à la rubrique Guerre civile Irlandaise : « La guerre civile a coûté la vie à près de 4000 Irlandais, et 12 000 républicains resteront internés pour la plupart jusqu'en 1924. Ce bilan reste cependant relativement peu élevé comparé aux autres guerres civiles du XXème siècle. »

Par ordre chronologique. Politique. Guerre. France :

Guerre (France) (1) : (14 juillet) 2016. L’émission Le téléphone sonne de France Inter [Producteur : Nicolas Demorand] était intitulée : La France, championne de vente d’armes. On lit notamment dans la présentation :
« Pour l’industrie de l’armement française, l’année 2015 a été un grand cru ». On lit aussi que « l’année 2016 pourrait être encore plus fructueuse » ; que « les encaissement sont au beau fixe » ; que « grâce au savoir-faire français, l’industrie de l’armement résiste à la logique de délocalisation des activités de production » ; que « le succès des armes françaises […] est en partie lié au fait que le gouvernement actuel jouit d’une image rassurante : l’‘équipe de France’ apparaît soudée, et surtout discrète. »
- Quant aux questions posées (préalablement sélectionnées), voici les deux premières : « Quels problèmes éthiques et géopolitiques cela pose-t-il ? » suivi de l’hallucinant : « Doit-on se préoccuper de ce que vont faire les pays à qui l'on vend des armes ? » 574

Guerre (France) (2) : (14 février) 2018. Lu dans Le Canard enchaîné :
« Selon Florence Parly, ministre de la défense, rien de laissait présager que les armes vendues par la France à l’Arabie Saoudite pourraient servir à faire la guerre et à tuer des habitants, comme au Yémen : ‘L’utilisation des armes, une fois livrées, est normalement encadrée. Mais les conflits peuvent évoluer. Qui pouvait imaginer la survenance de ce conflit au Yémen ?’
Inimaginable, en effet, dans cette zone si paisible...
Et la ministre d’ajouter cet argument détonnant : ‘Beaucoup de pays sont confrontés à cette situation : avoir livré des armes à d’autres pays alors que ces armes n’étaient pas censées être utilisées.’» [France inter. 9 février 2018]
- Conclusion du Canard : «C’est même une condition commerciale très courante dans les ventes d’armes : ‘Défense d’utiliser ! » 575
- Incidemment, si, avec cette capacité d’analyse, la ministre, dont c’est la fonction, prépare l’armée, dont c’est aussi la fonction, à d’éventuelles nouvelles guerres, celle-ci risque fort d’être ‘prête’ comme elle le fut en 1870, en 1914, en 1939…
Sans évoquer toutes les guerres actuelles que la France continue de mener, sans que nul-le ne sache pourquoi, ni avec quelle « efficacité »…
(Cf. Économie)
* Ajout. 30 mai 2018. À la mort de Serge Dassault [1925-2018], Le Canard enchaîné rappelle certaines de ses plus célèbres ‘pensées’, dont celle-ci : « Quand on vend du matériel, c’est pour que les clients s’en servent. » 576
Là, au moins, une certaine lucidité, ni hypocrite, ni cynique.
*Ajout. 31 octobre 2018. Lu dans Le Canard enchaîné :
« Interrogée sur les ventes d’armes à Riyad, la ministre des armées [Florence Parly] a déclaré avec flegme : ‘À ma connaissance, les armes vendues en Arabie Saoudite ne sont pas utilisées au Yémen contre les populations civiles.’
Est-ce à dire que nous ne leur vendons que des armes inoffensives ? » s’interroge le Canard 577 (Cf. Économie)

Guerre (France) (3) : (28 avril) 2018. On apprend que deux des trois frégates françaises postées au large de la Syrie et censées tirer des missiles sur la Syrie dans la nuit du 13 au 14 avril dernier se sont avérées inopérationnelles. Florence Parly a sur France Bleu Provence réagi en ces termes :
« Je n'ai pas l'intention de commenter les performances de tel ou tel système d'armes, ces informations, qu'elles soient vraies ou fausses, sont classifiées, je ne les commenterai pas. » […] « Nos objectifs ont été atteints et nous n'avons rien à ajouter concernant la performance des systèmes d'armes », a-t-elle fait valoir.
- Jean-Marc Tanguy, journaliste « spécialisé » commente :
« […] Quand le président ordonne, les opérationnels doivent appuyer sur un bouton et normalement les armes doivent partir. » 578 (Cf. Politique. État)

Guerre (France) (4) : (7 mars) 2018. Le Canard enchaîné me rappelle ce que j’avais eu tendance à oublier (les médias ne nous aidant pas beaucoup en la matière) que les « opérations extérieures » de la France - nouvelle pudique dénomination des guerres déclarées par le gouvernement français - ont été décidées « sans débat en Conseil des ministres, ni vote au parlement. » 579 (Cf. Politique. Démocratie, État)

Guerre (France) (5) : (24 avril) 2019. Après l’information officielle selon laquelle les commandes passées par les armées françaises en 2018 s’élèvent à près de 17 milliards d’euros et celles des clients étrangers à 12,3 milliards, auxquelles ajouter deux contrats en cours avec la Belgique et l’Espagne - « excellent bilan » - Florence Parly a déclaré :
« Un euro investi dans les industries de défense, ce sont au bout de dix ans, deux euros de croissance économique. » 580 (Cf. Économie)
- Viva la meurte criaient les Franquiste espagnols.

Guerre (France) (6) : (13 juillet) 2019. J’apprends incidemment, en ouvrant la télévision que l’État Français a, depuis 1962, décidé, de son propre chef, et s’est engagée 19 guerres - contre des « groupes armés » et que 400 soldats ont été tuées. J’ai aussi cru comprendre que l’armée française y recycle des moyens de guerre pensés et construite pour lutter contre l’armée de l’ex-Union soviétique. 581

Guerre (Galbraith J.K) : 1968. Calmann-Lévy publie un livre intitulé : La paix indésirable en 1968, paru l’année précédente aux États-Unis.
J.K Galbraith [1908-2006] en rédige une préface, publiée sous un nom d’emprunt dans l’édition américaine. Concernant la véracité de ce texte, il en « garantit l’authenticité, dans la mesure où il peut être fait confiance à se parole et à sa bonne foi » et présente donc les conclusions d’un rapport jusqu’alors secret qui aurait été rédigé par quinze « experts » « chargés par le gouvernement américain d’examiner avec réalisme les problèmes qui se poseraient aux États-Unis si une situation de ‘paix permanente’ se produisait.’ » Peu importe son authenticité, peu probable, l’important étant la question et l’analyse, dont voici un passage :
La conclusion de ce rapport, tel que résumé par Galbraith, est que :
« La guerre offre le seul système digne de confiance ‘pour stabiliser et contrôler’ les économies nationales ; qu’elle est la source de l’autorité politique qui assure la stabilité des gouvernements ; qu’elle est sociologiquement indispensable pour assurer le contrôle ‘de dangereuses subversions sociales et des tendances destructrices antisociales’ ; qu’elle a longtemps ‘fourni la motivation fondamentale et la source de progrès scientifique et technique’. […] » 582

Guerre (Gide André) (1) : (3 février) 1943. André Gide [1869-1951], alors en Tunisie, concernant l’entrée en guerre annoncée de l’armée Américaine et ses conséquences sur la poursuite de la guerre, écrit dans son Journal :
« La force matérielle change de mains, mais c’est elle qui est appelée de nouveau à triompher de la valeur humaine, à s’imposer. Il ne se peut autrement dira-on, et cela seul importe : mettre cette force au service de l’esprit… L’esprit dans ce cas, se trouvera bien d’être du même côté que les intérêts matériels. Je crains que de toute manière et quoi qu’il advienne, ce ne soit lui, l’esprit, qui demeure en fin de compte, le grand vaincu de toute l’affaire. » 583
Si certes, la notion d’« esprit» est dans sa confusion critiquable, néanmoins, Gide procède ici, pour moi, une analyse d’importance.

Guerre (Gide André) (2) : (20 mai) 1943. André Gide [1869-1951], alors en Tunisie, écrit, après une rencontre avec Jean Denoël [1902-1976], dans son Journal (sans référence précise, mais sans doute concernant la bataille du 13 mai 1943) :
« Les pertes françaises ont été énormes et dues semble-t-il à la stupide routine (comme en 1914) de certains chefs militaires, à leur conception surannée du courage, de l’honneur et de je ne sais quels faux dieux.
Certains ont mené leurs hommes au massacre, sans profit d’aucune ordre et comme pour répondre à l’appel d’une tradition.
Le simple bon sens eût dû les retenir de lancer cette attaque sans préparation d’artillerie et qu’on savait devoir demeurer vaine.
Hélas ! ce sont ces mêmes hommes qui sont en passe de nous gouverner demain.
L’on comprend que le cœur de certains s’emplisse d’indignation et de révolte. » 584 (Cf. Penser. Indignation)

Guerre (Grande Duchesse de Gerolstein) : 1867. La Grande-duchesse de Gerolstein dans l’opéra-bouffe de Jacques Offenbach [1819-1880. Livret de Ludovic Halévy [1834-1908] et de Henry Meilhac [1831-1897], chante trois ans avant la défaite de 1870 :
« Ah, Que j’aime les militaires ! » (Cf. Culture)

Guerre (Grève. France) : (5 octobre) 2015. Lu ce jour :
« La situation s'échauffe depuis une heure au siège d'Air France. Face aux événements, l'Agence France Presse (AFP) a même décidé de changer la catégorie pour les photos de la journée, passant de ‘social’ à ‘guerres’. » 585 (Cf. Politique. Guerre. France. 2015)

Guerre (Guibert comte de) : (8 décembre) 1773. Le comte de Guibert [1743-1790], « militaire et homme de lettres » auteur d’un Essai de tactique générale [1772], « qui retint l’attention de Napoléon » dans une lettre à Voltaire [1694-1778] lui écrit :
« […] Continuez, Monsieur, d’abhorrer la guerre, dénoncez à l’exécration des siècles à venir les rois qui la font injustement, flétrissez les guerriers qui ne gémissent pas des maux dont leurs devoirs fait les instruments, mais ne confondez pas avec elle une science qui la rend moins funeste. […]
On s’en prend toujours à la guerre des calamités du monde ; et le despotisme, les rois ignorants, les mauvais ministres sont des fléaux bien plus cruels. Ce sont eux qui font couler le plus de larmes et qui dépeuplent sourdement la terre. Je viens de faire deux mille lieues. Dans ce long voyage, j’ai vu presque partout des traces des impôts et fort peu de vestiges de la guerre. Ajoutez à cela que ces fléaux ne laissent après eux qu’horreur ou mépris et qu’on peut du moins se consoler de la guerre par tout ce qu’elle produit de grand. »
Puis évoquant une relation de voyages - citée par Voltaire - qui aurait découvert « une nation qui vit sur le Gange et qui n’a jamais connu la guerre », il poursuit malicieusement :
« Quand même le voyageur qui vous en fournirait le texte aurait pris l’état momentanée de ce bon peuple pour sa situation immémoriale, vous embellirez cette fable, elle donnera des leçons aux souverains, du plaisir à vos lecteurs et un moment bien doux d’illusion à tous les honnêtes gens. […] » 586

Guerre (Habib Claude) : 2015. Claude Habib, auteure de La galanterie française (2006), Malaise dans la civilité (2012), Le goût de la vie commune (2014) et de :
« […] La partie combattive de notre existence, il faut mieux la tourner vers l'extérieur. C'est une idée courante dans la pensée politique classique, la guerre civile est le plus grand des maux. La cité est bien organisée quand la guerre est à l'extérieur et que la paix règne à l'intérieur. Autrement dit, un État est bien ordonné quand il a plus besoin d'armée que de police. » 587 Traduction (sans même aborder la question de la logique du raisonnement) : Vive la guerre ? …

Guerre (Hiroshima) : (6 août) 1945. Un survivant du bombardement atomique américain au Japon se souvient :
« [...] On ne distinguait plus les hommes des femmes. » 588

Guerre (Histoire. Écriture de l’) : 1987. Dans les Essais d’ego-histoire, deux historiens, Jacques Le Goff [1924-2014] et Pierre Chaunu [1923-2009] écrivent, le premier « sa conviction que les guerres, fussent-elles mondiales, ne sont pas un grand moteur de l’histoire », le second : « Oui, la guerre était vraiment le contrepoint universel. » 589
- Pour relativiser les grilles de lecture, ou plutôt, pour apprendre à les prendre en compte. (Cf. Histoire)

Guerre (Illusions) : La guerre détruit les illusions. Détruire les illusions en temps de paix, ne serait-ce pas en repousser l’éventualité ?

Guerre (Imbéciles) : (27 juillet) 1942. Valentin Feldman [1909-1942], fusillé au mont Valérien, aux soldats allemands chargés de son exécution :
« Imbéciles, c’est pour vous que je meure. » Universel.

Guerre (Intelligence) : (14 juillet) 1918. Guillaume Apollinaire [1880-1918], auteur de :
« Avec la guerre, l’intelligence a tellement baissé que tout le monde est devenu intelligent. » 590 (Cf. Politique. Égalité)

Guerre (J’accuse) : 1937. Les nombreuses critiques faites au J’accuse d’Abel Gance pèsent peu confrontées à la force de l’engagement anti-guerre, qualifié de « vrai cri de haine contre la guerre » par la présentation qu’en fait Ciné Classique (13 novembre 2016)
- Une répartie qui me restera en mémoire : une petite fille, habillée en noir « comme toutes les petites filles dont le père est à la guerre » entend-on, et qui ne sait pas encore que son père est mort, dit à sa mère qu’elle souhaiterait, qu’à son retour, il lui rapportera comme cadeau : « un fusil ». Pourquoi ? lui demande sa mère. « Pour tuer la guerre » lui répond-elle. (Cf. Culture. Cinéma)

Guerre (Langage) : Réfléchir aux liens des termes concernant ‘la guerre’, et ceux avec l’amour, l’érotisme, la pornographie…: « stratégie » ; « tactique » ; « pénétrer » ; « percer » ; « pilonnage de la position adverse » ; « trophée » ; « résister » ; « arme » ; « assaut » ; « opération » ; « embuscade » ; « force » ; « lignes de démarcation » ; « retour au statu quo ante » ; « crime de guerre » ; « mise à mort » ; « paix armée »… (Cf. Langage)

Guerre (Lavilliers Bernard) : (8 juillet) 2017. Bernard Lavilliers, auteur de :
« Qu’est-ce qu’il y a de pire que la guerre ? Je crois, pas grand-chose. C’est tellement injuste. Ça dépasse l’imagination. » 591 (Cf. Culture)

Guerre (Léautaud Paul) : (6 septembre) 1908. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal [Littéraire], auteur de :
« […] Il y a encore des sots qui coupent encore dans les phrases sur l’armée, le drapeau, la patrie. Ces idées sont aussi malfaisantes que les idées religieuses. Je ne sais pas si le métier d’officier n’est pas encore plus bas que celui de prêtre ou de magistrat. Alors que tout être aspire à la liberté, se faire volontairement esclave, machine à obéir. Le besoin de dominer est aussi bas que le besoin d’être dominé. » 592 (Cf. Justice, Penser. Politique. État. Guerre. Refus. Liberté. Obéir)

Guerre (Le Corbusier) : (5 septembre) 1939. Lu dans le Journal de Vézelay de Romain Rolland [1866-1944] recevant une visite de Le Corbusier [1887-1965] :
« Il [Le Corbusier] avoue qu’il a grand peine à se représenter l’état de guerre où nous vivons, depuis quelques jours. […] Il est surtout occupé - comme toujours - de ses plans et de ses théories esthétiques. Il n’est pas loin d’espérer que des destructions de la crise actuelle, sortiront de plus vastes possibilités pour l’art (pour son art) de se réaliser. À la bonne heure ! Les braves gens, qui se cassent la tête dans les tranchées, ne se doutent pas qu’ils doivent faire table rase de la vieille Europe (à commencer par eux) pour permettre à MM les architectes de bâtir leur Cité ! Bien que très intelligent et lucide, sympathique, il est tellement obsédé par son art que ses jugements politiques sont conditionnés par les relations de cet art avec les divers gouvernements. » 593 (Cf. Culture)

Guerre (Légion étrangère) : Deuxième ‘sonnerie’ du chant : Tiens voilà du boudin, la marche de la légion étrangère :
« Nos anciens ont su mourir / Pour la gloire de la Légion / Nous saurons bien tous périr / Suivant la tradition. »

Guerre (Le Maire Bruno) : 2011. Bruno Le Maire, futur ministre de l’économie et des finances d’Emmanuel Macron, écrit dans son livre Jours de pouvoir, après avoir regardé sur Al-Jazira, des scènes de guerre en Lybie, auteur de :
« Je me dis que la guerre est un des aspects du monde, avec lequel il faut bien vivre, et ni plus ni moins intéressant que la mode, la cuisine, le sport, le sexe, qui doivent défiler en ce moment sur les autres chaînes. Et pourtant, elle reste pour moi, la guerre, le fait inacceptable et ordinaire de la guerre qui, même réduit à une image lointaine, interdit de dormir du sommeil du juste. » 594 (Cf. Homme « Politique ». Le Maire Bruno, Économie. Le Maire Bruno)

Guerre (Leprest Allain) : 2005. Alain Leprest [1954-2011], dans la chanson, Le temps de finir la bouteille [2005], auteur de :
« […] Chiche que le vrai devient faux / Que j’abolis le noir, le blanc / la prochaine guerre et celle d’avant. […] » (Cf. Culture)

Guerre (Leopardi Giacomo) : Giacomo Leopardi [1798-1837], dans Le massacre des illusions, auteur de :
« Aujourd’hui, celui qui déclenche une guerre est aussi injuste envers la nation sur laquelle il s’appuie qu’envers celle qu’il agresse. » 595

Guerre (Lois de la) : 1974. Lu dans le livre de Léon Poliakov, Bréviaire de la haine, concernant la [non] déportation des «juifs de nationalité ennemie (anglaise et américaine) et les prisonniers de guerre (Français, Belges, Hollandais et Polonais compris) » :
« Dans les deux cas, les Nazis craignaient des représailles. Les prisonniers de guerre étaient protégés par la Convention de Genève, leurs camps contrôlés par la Croix rouge. Ainsi furent épargnés les hommes jeunes en âge de combattre, tandis que leurs femmes, leurs enfants ou leurs parents partageaient le sort commun, qui fut aussi celui des prisonniers libérés, parfois arrêtés au lendemain de leur retour au pays natal. » 596 (Cf. Droit, Famille, Patriarcat)

Guerre (« Humanitaire ») (1) : « L’humanitaire » anesthésie la guerre et en mithridatise les effets. (Cf. Droit. « Humanitaire », Êtres humains « Humanitaire », Langage)

Guerre (« Humanitaire ») (2) : 1993. Bernard Kouchner, auteur de :
« C’est pourtant simple : L’humanitaire tente de prévenir les guerres. » 597 (Cf. Droit. « Humanitaire », Êtres humains « Humanitaire », Langage)

Guerre (Louis XIV) : (26 août) 1715. Louis XIV [1638-1715] selon Saint-Simon [1675-1755], dit au futur Louis XV [1710-1774], sur son lit de mort :
« Mon enfant, vous allez être un grand roi, ne m’imitez pas dans le goût que j’ai eu pour les bâtiments et la guerre. Tâchez au contraire d’avoir la paix avec vos voisins.» 598 Apocryphe ?
- Voltaire [1694-1778], pour sa part, écrivit concernant cette parole :
« Tâchez de conserver la paix avec vos voisins. J’ai trop aimé la guerre ; ne m’imitez pas en cela, non plus que dans les trop grandes dépenses que j’ai faites. » 599

Guerre (Macron Emmanuel) (1) : (14 mai) 2017. Emmanuel Macron, le jour de son investiture à la présidence de la République, décide de ‘remonter’ les Champs Élysées dans un véhicule militaire. Commentaire du Figaro :
« Pour se présidentialiser, Macron a enfilé le costume de chef des armées » […] il « a [ainsi] tenu à jouer la carte régalienne », notant positivement que France 2 avait relevé qu’ était arboré : « à l'avant du véhicule, un drapeau tricolore flanqué du symbole du chef des armées. » 600 (Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel)

Guerre (Macron Emmanuel) (2) : (6 novembre) 2018. Emmanuel Macron propose, seul, la création d’une « vraie armée européenne ».
- Le 11 novembre 2018, devant des dizaines de chefs d’état et de gouvernements il inaugure un « forum pour la paix. » : « afin de réfléchir ensemble, de proposer des initiatives concrètes, réinventer le multiculturalisme, et toutes les formes de coopération contemporaine, pour que le paix chaque jour gagne du terrain. »

Guerre (Macron Emmanuel) (3) : (14 novembre) 2018. Concernant la reconnaissance du rôle militaire joué par Pétain [1856-1951] en 1914-1918, Emmanuel Macron, tel que rapporté par Le Canard enchaîné, tentant de sortir du guêpier dans lequel il était, déclara « devant quelques conseillers » :
« J’envoie ces mecs se faire trouer la paillasse au Mali, je ne peux pas leur envoyer que des rebuffades. » 601

Guerre (Mères de famille) (1) : 1855. George Sand [1804-1876] dans son Histoire de ma vie, concernant un familier de son père officier, tué, comme lui accidentellement, rapporte cette réaction de Napoléon :
« Les mères de famille prétendent que je fais tuer tous les enfants à la guerre, en voilà pourtant un dont je n’ai pas à me reprocher la mort. »
Et George Sand poursuit :
« Mais à quel propos se plaignait-il ainsi de la haine des mères de famille ? C’est ce que je n’ai pu savoir. » 602
- Rarement évoqué concernant les résistances aux guerres Napoléoniennes.

Guerre (Mères de famille) (2) : 1930. Lu dans un livre intitulé : Promotion de la femme :
« La mère de famille, la matrone, est honorée dans la paix, comme un des fondements de l’État ou de la tribu. Dans la guerre, hélas, elle donne son époux et ses fils. Mais on ne vit jamais un peuple accourir ou se réfugier sous l’étendard d’une mère de famille. » Intéressant… 603 (Cf. Femmes. Mères)

Guerre (Métaphores militaires) : 1990. Lu dans les notes du Tome I des Œuvres de Sade [1740-1830] de La Pléiade. Édition établie par Michel Delon :
« Les métaphores militaires sont [si] traditionnelles dans le libertinage qu’on a pu [les] présenter comme une activité compensatoire pour une aristocratie, n’ayant plus d’autres champs de bataille que les alcôves. » 604 Riche analyse…(Cf. Langage. Critique de mot : « Libertin », « Libertinage », Violences. Sade)

Guerre (Mitterrand François) : 1993. Lu : François Mitterrand [1916-1996] avait « confessé à son amie Marcelle Padovani : ‘Il ne me manque qu’une guerre pour donner ma pleine mesure et laisser ma trace dans l’Histoire.’ » 605 (Cf. Homme « Politique ». Mitterrand François, Histoire)

Guerre (Monde Diplomatique Le) : (juillet) 2018. Titre du Monde Diplomatique :
« Au Mali, la guerre n’a rien réglé. » 606 Un tel titre suppose que l’hypothèse puisse en être acceptable, crédible. Et contribue donc à en banaliser l’analyse.

Guerre (Montesquieu) : 1721. Montesquieu [1689-1755], dans les Lettres persanes, auteur de : « Je tremble toujours qu’on ne parvienne à la fin à découvrir quelque secret qui fournisse une voix plus abrégée [que « l’invention de la poudre »] pour faire périr les hommes, détruire les peuples et les nations entières. » 607 (Cf. Guerre. Armes nucléaires. Teilhard de Chardin Pierre)

Guerre (Monuments aux morts) : 2018. Je passe en car devant le monument aux morts de Saint Sauves d’Auvergne : j’y vois un vieil homme, accompagné d’un petit garçon à ses pieds.
Les femmes, jeunes et adultes, et les hommes, jeunes et adultes, pour une fois unis, mais dans le déni.
- Quelques kilomètres plus loin, à Laqueille (Puy de Dôme), le monument aux morts est surmonté d’un poilu casqué. De la relativité des symboles. (Cf. Langage. Symbole)

Guerre (Morale) : (18 septembre) 2016. Bruno Lemaire (candidat à la primaire des Républicains), après avoir évoqué les relations étrangères de la France avec l’Arabie Saoudite et le Qatar, auteur de :
« On peut vendre des armes. On ne peut pas vendre son âme. » 608
Comment fait-il ? Que propose-t-il ? Quelle honteuse hypocrisie ! Comment peut-on croire un seul instant à un tel homme ? (Cf. Langage, Penser. Morale, Politique. Guerre. Morale, Économie. Le Maire Bruno)

Guerre (Négation) : (5 octobre) 2016. Lu : « Yémen. Mort d’un membre [en réalité un dirigeant] d’Al Qu’Aïda dans une frappe américaine » 609 : Atomiser, singulariser, déresponsabiliser, euphémiser, déréaliser… c’est nier l’idée même de guerre. Exit (entre autres …) : l’engagement de l’armée américaine au Yémen, la justification de l’usage des drones, tous les autres morts tués par elle, la guerre…
* Ajout. 9 octobre 2016. Pour autre explicitation : « Un raid aérien a fait plus de 140 morts à Sanna » (Le Figaro. Reuters)

Guerre (Palestine) : Que l’on cesse enfin de parler de « conflit Israélo-Palestinien » ! La Palestine en 1947 a été envahie, occupée depuis lors par Israël qui mène aux Palestiniens une guerre incessante…que je ne sais encore comment - justement - qualifier.
Ou plutôt que je n’ose…
* Ajout. 17 février 2019. Sur France Culture, Philippe Manière parle de « la situation israélo-palestinienne ». 610 (Cf. Journaliste. Manière Philippe, Penser. Manière Philippe, Guerre. Armée Israélienne, Économie. Manière Philippe)

Guerre (Pères) (1) : 1895. Rudyard Kipling [1865-1936], chantre de l’impérialisme Britannique et auteur du célèbre poème If, traduit par André Maurois sous l’intitulé : « Tu seras un homme mon fils », écrivit aussi :
« Si quelqu’un veut savoir pourquoi nous sommes morts / Dites-leur : parce que nos pères ont menti. »
- Son fils avait été réformé, et R. Kipling avait « contribué à faire entrer son fils dans l’armée », lequel fut tué à la guerre en 1915. 611 (Cf. Famille. Politique. État, Patriarcat. Hommes. Pères)
* Ajout. 26 mai 2017. Je lis dans les Lettres de George Orwell, qu’il existait en 1933 « une version féminine » de ce texte. 612 (La retrouver…)

Guerre (Pères) (2) : 1929. Éric Maria Remarque [1898-1970], dans À l’Ouest, rien de nouveau, auteur de :
« Je suis jeune, j’ai vingt ans ; mais je ne connais de la vie que le désespoir, l’angoisse, la mort et l’enchainement de l’existence la plus superficielle et la plus insensée [dans] un abîme de souffrance. Je vois que les peuples sont poussés l’un contre l’autre et se tuent sans rien dire, sans rien savoir, follement, docilement, innocemment. Je vois que les cerveaux les plus intelligents de l’univers inventent des paroles et des armes pour que tout cela se fasse d’une manière encore plus raffinée et dure encore plus longtemps. Et, tous les hommes de mon âge, ici et de l’autre côté [en France], dans le monde entier, le voient comme moi ; c’est la vie de ma génération, comme c’est la mienne.
Que feront nos pères, si un jour, nous nous levons et nous nous présentons devant eux pour réclamer des compte ? Qu’attendent-ils de nous lorsque viendra l’époque où la guerre sera finie ? Pendant des années, nous n’avons été occupés qu’à tuer ; [ce fut] là la nôtre première profession dans l’existence. Notre science de la vie se réduit à la mort. Qu’arrivera-t-il après cela ? Et que deviendront nous ? »
613 (Cf. Famille. Politique. Patrie. Remarque Éric Maria, Politique. État, Patriarcat. Hommes. Pères)

Guerre (Péguy Charles) : 1913. Charles Péguy [1873-1914], dans Ève, auteur de :
« Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle / Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre […] / Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles / Couchés dessus le sol à la face de Dieu. » 614
Un an avant sa mort, tué par la guerre.

Guerre (Péret Benjamin) : 1945. Benjamin Péret [1899-1959], dans Le déshonneur des poètes, auteur de :
« Les guerres comme celles que nous subissons ne sont possibles qu’à la faveur d’une conjonction de toutes les forces de régression. » 615 L’avenir est sombre…

Guerre (Politique française au Moyen-Orient) : (22 mai) 2015. Gilles Kepel, spécialiste du Moyen-Orient, professeur à Sciences-po [Après avoir évoqué, en mai 2015, la faiblesse, sinon l’absence, en la matière, de la politique française, simplement qualifiée d’« opportuniste », et « internationale » (traduire : Occidentale)], auteur de : « On (le gouvernement français ?) vend des armes. C’est très bien. Ça fait des emplois. Qui ne s’en réjouira pas ? » 616
- Même en y intégrant une distance qui se voudrait, peut-être, critique, eu égard à son ton, disons…distancié, eu égard aux enjeux géopolitiques qu’il soulevait, révèle l’évidence : le poids des ventes d’armes dans la politique étrangère [française]. Les fondements politiques, dont nous devrions nous réjouir ? : la création d’emplois ? …
* Ajout. 26 Novembre 2015. Du même Gilles Kepel, six mois après, à la question :
« Le salafisme nous ramène à l'Arabie Saoudite puisqu'il en est la source. Peut-on lutter contre le salafisme tout en vendant des armes à l'Arabie Saoudite ? N'est-on pas là au cœur de la contradiction française ?», celui-ci répondit :
« C'est très complexe effectivement. Le budget de la France doit beaucoup à la vente d'armes financées par les Saoudiens, que ce soit pour l'armée égyptienne, l'armée libanaise ou pour eux-mêmes. Quelles sont les contreparties à ces budgets, ça je ne le sais pas. » 617
Comment peut-on, pour un ‘spécialiste du Moyen-Orient’ affirmer « ne pas savoir », en réponse à une question d’une telle importance concernant la politique étrangère française, concernant notamment tout le Moyen Orient ?

Par ordre chronologique. Politique. Guerre. « Rafle du Vel d’hiv » :

Guerre (« Rafle du Vel d’hiv ») (1) : 1946. Je lis dans le livre de Georges Wellers, De Drancy à Auschwitz, concernant le camp de Drancy vers lequel une partie des juif-ves ‘raflé-es’ par la police française en juillet 1942 furent dirigés :
« Vers le 1er juillet, le camp reçut l’ordre de faire place à environ 3.000 nouveaux : 1.000 femmes et 2.000 hommes. […] Le 16 juillet, dès 7 heures du matin, les premiers autobus arrivèrent dans le camp, chargés d’une partie des victimes de rafles de ce jour tristement célèbre. Jusqu’à 6 heures du soir, les autobus continuèrent d’amener du monde. Il ne s’agissait pas de 1000 femmes, mais bien de 2.200 environ ; cependant, au lieu des 2.000 hommes, Drancy en reçut ce jour 1.800. En tout, environ 4.000 personnes. C’étaient des étrangers de tous les quartiers de Paris, âgés de 15 à 60 ans. […] Le camp regorgeait de monde. […] » 618

Guerre (« Rafle du Vel d’hiv ») (2) : 1974. Je lis dans le livre de Léon Poliakov, Bréviaire de la haine :
« En France, la colossale rafle parisienne des 16-17 juillet, prévue pour 25.000 personnes, ne fournit que la moitié du contingent, ‘à la suite de nombreuses indiscrétions de l’administration et de la police’. » [Source : Rapport du SS Obersturmführer Röthke. Paris, le 18 juillet 1942]» 619 Qu’en conclure ?

Guerre (« Rafle du Vel d’hiv ») (3) : (16 juillet) 2012. La préfecture de police de Paris ouvre ses archives. On y lit, concernant la rafle du Vel d’hiv :
« Il y a 70 ans, le 13 juillet 1942, la préfecture de police, sur ordre des nazis, mobilise des milliers de policiers dans Paris et en banlieue pour ‘l'arrestation et le rassemblement d'un certain nombre de juifs étrangers’ au Vélodrome d’Hiver. Le 16, l'état-major de la Préfecture de Paris signale que ‘l'opération contre les juifs’, commencée à 04H00 du matin, est ‘ralentie par beaucoup de cas spéciaux : beaucoup d'hommes ont quitté leur domicile hier ; des femmes restent avec un tout jeune enfant ou avec plusieurs ; d'autres refusent d'ouvrir, il faut faire appel à un serrurier [...] l'opération est lente’. Parmi les nombreuses archives dévoilés par la police, des télégrammes qui témoignent de l'avancement de ‘l'opération’. Le 21, une note détaille le bilan des ‘opérations de ramassage des juifs’ : ‘Hommes 3.118, femmes 5.919, enfants 4.115, soit au total 13.152 arrestations’. […] » 620
Pourquoi une telle différence ? (Cf. Familles. Juives, France. 1942)
- N.B. L’indication ‘Rafle du Vel d’hiv’ est inappropriée. En effet, certain-es (célibataires et couples sans enfants) furent emmenés à Drancy ; d’autres (avec enfants) au Vélodrome d’Hiver.…

Guerre (« Rafle du Vel d’hiv ») (4) : (13 septembre) 2017. Je lis dans la critique du Canard enchaîné de la pièce intitulée : La rafle du Vel d’Hiv [Manufacture des Abbesses], adaptée des travaux de Maurice Rajsfus, :
« Le 16 juillet 1942, ‘dès 3 heures du matin’, 13.000 juifs parisiens (dont un tiers d’enfants de moins de 16 ans) furent arrêtés par les polices et gendarmeries françaises […]» 621
Décidément, le nombre de femmes ne ‘passe’ pas…

Guerre (Réarmer) : (du 15 au 21 novembre) 2016. En une semaine, appliqué à divers signifiants, j’ai entendu trois fois l’emploi du mot de « réarmer ».
Le 23 juillet, puis le 15 septembre, puis le 18 octobre 2016, Jean François Copé [qui a obtenu 0,3 % des votes à la primaire de la droite et du centre, le 20 novembre 2016] avait, pour sa part, déclaré qu’il voulait « réarmer la France ». (Cf. Langage)

Guerre (Refus) (1) : 1951. Paul Léautaud [1872-1956], auteur de :
« Supposez qu’un million d’hommes disent des deux côtés : ‘Allez donc vous faire foutre !’ On n’en fusillerait pas un million. » 622 (Guerre. Léautaud Paul)

Guerre (Refus) (2) : 1865-1869. Léon Tolstoï [1828-1910] dans La guerre et la paix, évoquant les innombrables causes qui pourraient expliquer le succès ou l’échec d’un guerre, cite parmi l’une d’entre elles « le désir ou le refus de réengager, formulé par le premier venu des caporaux français ? » Et il poursuit :
« Supposons, en effet, que cet homme et à sa suite des milliers d’autres caporaux et soldats aient refusé de reprendre du service, il n’en serait pas resté suffisamment dans l’armée de Napoléon et la guerre n’aurait pas eu lieu. » 623

Guerre (Remarque Erich Maria) : 1939. Erich Maria Remarque [1898-1970] dans Les exilés, auteur de :
« Mon cher, répondit le député au Reichstag Marill, quand on tue un enfant, on commet un crime, quand on tue des adultes, on travaille pour l’honneur de la nation. » 624

Guerre (Rémusat Madame de) : (7 octobre) 1805. Madame de Rémusat [1780-1821], dans une lettre adressée à son mari, concernant les victoires militaires de Napoléon, lui écrit :
« Je conçois votre admiration et toutes vos réflexions à la vue de ces belles troupes, marchant en même temps à la gloire et à la mort. Pour moi, si je voyais des armées prêtes à se joindre, je crois que ma première pensée serait pour ces mères et ces pauvres femmes, qui vont payer tous ces évènements de leurs larmes et de leurs regrets, et qui, sans doute auront à pleurer le succès comme la défaite.
Mon ami, je sens bien que je ne serais pas bonne pour gouverner, car mon cœur vient trop souvent se mêler de ce que je fais ou de ce que je pense, et avec tous ces beaux sentiment, je laisserais envahir nos provinces et bouleverser mes États. » 625
Toute une littérature, d’emblée disqualifiée du fait d’avoir été jugée ‘féminine’, [trop] sensible, occulta cette critique féministe politique de la guerre.

Guerre (Rousseau Jean-Jacques) : 1761. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], dans La nouvelle Héloïse, auteur de :
« […] Tel est le droit de la guerre parmi les peuples savants, humains et polis de l’Europe ; on ne se borne pas à faire à son ennemi tout le mal dont on peut tirer profit ; mais on compte pour un profit tout le mal qu’on peut lui faire à pure perte. » Ne concerne pas que la guerre… 626

Guerre (« Sacrifice du soldat ») : (27 janvier) 2016. Jean-Dominique Merchet, « journaliste, spécialiste des questions militaires », auteur de :
« C’est toujours difficile de donner un sens à ce qu’on appelle le sacrifice du soldat. » 627
* Ajout. 29 août 2018. 1979. Lucien Bodard [1914-1978] dans La Duchesse, évoque :
« […] les pauvres soldats abandonnés à la stupidité des généraux. » 628

Guerre (Saint Just) : (27 juillet) 1794. Saint Just [1767-28 juillet 1794], auteur, concernant le succès des armées révolutionnaires, après la bataille de Fleurus, de :
« Je désire qu’on rende justice à tout le monde, et qu’on honore des victoires, mais non point de manière à honorer davantage le gouvernement que les armées, car il n’y a que ceux qui sont dans les batailles qui les gagnent, et il n’y a que ceux qui sont puissants qui en profitent. » 629

Guerre (Syrie) : (1er septembre) 2018. Un responsable de « Chrétiens d’Orient » entendu sur Radio Courtoisie (radio d’extrême droite), auteur de :
« En Syrie, certains villages se sont complètement vidés. [...] La guerre est passée par là. » 630 (Cf. Langage. Sujet)

Guerre (Teilhard de Chardin Pierre) (1) : (7 octobre) 1915. Pierre Teilhard de Chardin [1881-1955], jésuite, dans une lettre à sa cousine, Marguerite Teillard [qui, sans doute, n’a pas été jugée digne d’être citée dans l’intitulé du livre dont est issue cette correspondance] auteur de :
« Il n’y a point de doute à cela : le seul qui connaisse [éprouve] jusque dans son dernier fond le poids et la grandeur de la guerre, c’est l’homme qui monte à l’assaut, à la baïonnette et à la grenade. Évidemment, à cette heure-là, l’entraînement et une certaine griserie jouent un grand rôle ; il reste que le fantassin sortant des tranchées pour l’attaque est un homme à part, qui a vécu une minute que les autres ne soupçonnent pas. »
- Pierre Teilhard de Chardin, reproduit aussi, le 20 octobre 1916, dans cette même correspondance, le passage d’une lettre de son ami, lui aussi prêtre, capitaine au 8ème Chasseurs à pied, qui après avoir évoqué « l’ivresse de porter une compagnie d’élite sous le feu et d’enlever un village » poursuit :
« J’ai eu toute ma vie l’impression douloureuse d’être un gosse, un puéril, et que l’âge maximum de la vitalité passait sans m’apporter cette virilité dont la privation est si sensible, je veux dire si indéniable, si facile à toucher (!). Et voilà que la guerre m’apporte le tout. »
- Commentaire de Pierre Teilhard de Chardin : « Que voilà bien, n’est-ce pas une belle alliance du naturel et du surnaturel…[…] » 631 (Cf. Homme, Homme. Remarquable. Teilhard de Chardin, Politique. Guerre. Montesquieu, Patriarcat, Violences)

Guerre (Teilhard de Chardin Pierre) (2) : (juillet) 1946. Pierre Teilhard de Chardin [1881-1955], dans la revue jésuite Études, auteur d’un article intitulé Quelques réflexions sur le retentissement spirituel de la bombe atomique.
En sus de la signification sans grande ambiguïté du titre, après avoir écrit qu’il ne s’« attarderait pas à justifier, ni à discuter la moralité essentielle de l’acte (sic) consistant à libérer l’énergie atomique », il poursuit :
« [Comme si] le devoir de tout homme ne consistait pas en définitive à pousser jusqu’au bout toutes les puissances créatives de la connaissance et de l’action. » 632 L’immense confusion intellectuelle aidant, une justification de la bombe ; aucune référence aux victimes, pas même évoquées… (Cf. Guerre. Armes nucléaires)

Guerre (Trump Donald) (1) : (septembre) 2017. Lu dans Le Monde Diplomatique concernant les risques d’« engrenage militaire » provenant des États-Unis :
« Soucieux de crédibiliser la menace nucléaire du Président Trump en Extrême Orient, le sénateur républicain Lindsay Graham a laissé échapper le 1er août que, ‘si des milliers de gens meurent, ils mourront là-bas, ‘pas ici’.
Il ajouta que le Président des États-Unis partageait son sentiment : ‘Il me l’a dit’. » 633 (Cf. Êtres humains)

Guerre (Trump Donald) (2) : (Sans date précise) Donald Trump, président des États-Unis, concernant l’armée américaine en Afghanistan, auteur de :
« Quand allons-nous commencer à gagner des guerres ? lance-t-il à ses généraux. Vous êtes supposés tuer des gens. Vous n'avez pas besoin d'une stratégie pour tuer des gens ! » 634 (Cf. Êtres humains)

Guerre (Trump Donald) (3) : (20 décembre) 2018. Donald Trump, président des États-Unis, après avoir décidé de rapatrier 7000 soldats américains d’Afghanistan, dans la foulée du retrait de Syrie annoncé la veille, auteur sur CBS, le 23 décembre 2018 de :
« On verra ce qui va se passer avec les talibans. Ils veulent la paix ; ils sont fatigués ; je pense que tout le monde est fatigué. Nous devons nous sortir de ces guerres sans fin et ramener nos gars à la maison. » 635

Guerre (Trump Donald) (4) : (25 juin) 2019. Donald Trump menace l’Iran :
« Toute attaque contre quoi que ce soit d’américain entraînera une riposte d’une force considérable et destructrice. Dans certaines zones, destructrice signifiera anéantissement. » 636

En une seule phrase, Donald Trump dissout la notion, l’idée, le concept, la pensée et la réalité de « frontières », d’« état », de distinguo entre « guerre et paix », entre « terre et mer », entre « armée et population-dite-civile », entre « civils et militaires », entre « hommes, femmes et enfants », entre « ennemi et criminel », de « droit », d’« espace » et de « temps » etc….
Son mérite : ne met-il pas ainsi - lui le chef d’un état dit démocratique le plus puissant du monde - à nu la réalité du monde réel, obligeant ainsi à jeter aux orties tout le verbiage politique qui empêche de voir et donc de dénoncer la réalité du monde actuel ? (Cf. Langage, Penser)

Guerre (Vian Boris) : (19 mai) 1955. Boris Vian [1920-1959], dans sa lettre ouverte - difficilement réfutable [ce qui démontre une certaine supériorité de l’intelligence sur la bêtise] - adressée à Monsieur Faber, conseiller de Paris, auteur de :
« […] La guerre, c’est fait pour tuer les gens. » 637 (Cf. Langage, Histoire)

Guerre (Vente d’armes) (1) : (16 décembre) 2016. Un titre : « En Arabie Saoudite, une ministre allemande choisit de ne pas porter le voile ».
- Il s’agissait de la ministre de la défense d’un pays dont les ventes d’armes explosent. Un commentaire :
« Elle vient vendre la mort, mais ne met pas de voile, comme ça, tous les benêts parlent du voile. » 638 (Cf. Femmes ‘Voilées’)

Guerre (Vente d’armes) (2) : (6 décembre) 2017. Je lis, dans Le Canard enchaîné, sous l’intitulé : L’industrie de la mort veut créer 40.000 emplois, l’expression de « co-belligérance ». Ce terme fort juste devrait dorénavant être employé concomitamment et systématiquement et pour les États qui produisent et qui vendent les armes et ceux qui « font les guerres. » 639 (Cf. Langage)

Guerre (Viols) : (6 juin) 1967. Dans un film (censuré pendant 50 ans) concernant les réactions des soldats Israéliens lors de la guerre des 6 jours [5-10 juin 1967] on entend lors d’un témoignage : « L’un des gars a dit : ‘Quand j’arrive au Caire, je baiserai la première femme que je vois, même si elle a 90 ans’. Et les autres ont enchaîné : «On va les baiser ! On va les baiser’ ». 640 (Cf. Violences. Viols)

Guerre (Viviani René) : (7 août) 1914. René Viviani [1863-1925], auteur, après que la guerre eut été déclarée par l’Allemagne à la France, le 3 août, d’un communiqué adressé « Aux femmes françaises ». Cet appel commence par :
« Debout, femmes françaises, jeunes enfants, fille et fils de la patrie » et se termine par :
« Il n'y a pas, dans ces heures graves, de labeur infime. Tout est grand qui sert le pays. Debout ! A l'action ! A l'œuvre ! Il y aura demain de la gloire pour tout le monde ! »
Traduction : Femmes, sans oublier la charpie et le ménage, à vos charrues !

Par ordre chronologique. Politique. Guerre. Voltaire :

Guerre (Voltaire) (1) : (vers 1er juin) 1737. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au prince royal de Prusse [futur Frédéric II. 1712-1786] lui écrit :
« Je fais plus de cas d’une lieue en carré défrichée que d’une plaine jonchée de morts. » 641

Guerre (Voltaire) (2) : (15 mars) 1742. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Frédéric II, roi de Prusse [1712-1786], auteur de :
« Ne cesserez-vous point, vous et les rois vos confrères, de ravager cette terre, que vous avez, dites-vous, tant d’envie de rendre heureuse ? » 642

Guerre (Voltaire) (3) : (7 juin) 1744. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Abraham van Hoey [1684-1766], écrit :
« […] Tous les maux, tous les crimes du monde ne sont rien en comparaison de la guerre. » 643 (Cf. Justice)

Guerre (Voltaire) (4) : (13 mai) 1745. Le marquis d’Argenson décrit à Voltaire [1694-1778], la victoire militaire française de Fontenoy : après qu’il l’eut pourtant informé de « l’inhumaine curée », après qu’il eut cité le chiffre de « 14.000 morts » tués par les français [sans doute excessif], Voltaire [1694-1778] lui répond :
« […] Il y a trois cents ans que les rois de France n’ont rien fait de si glorieux. Je suis fou de joie. » 644 Et la bataille lui inspirera un poème nommé Fontenoy.

Guerre (Voltaire) (5) : (3 janvier) 1755. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à François-Louis Allamand [1709-1784], après le tremblement de terre de Lisbonne [1755], auteur de :
« Je plains, comme vous, les Portugais ; mais les hommes se font encore plus de mal sur leur petite taupinière, que ne leur en fait la nature. Nos guerres égorgent plus d’hommes que les tremblements de terre n’en engloutissent. » 645

Guerre (Voltaire) (6) : (2 novembre) 1756. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à la duchesse de Saxe-Gotha [1710-1767], lui écrit :
« Très souvent, un guerre continue, par cela seul qu’elle a été commencée. » 646

Guerre (Voltaire) (7) : (3 janvier) 1758. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Jean-Robert Tronchin [1710-193], concernant une « victoire » militaire (peu importe par qui), auteur de :
« […] Une balance établie ; et les deux plateaux de la balance seront chargés de cadavres, et vides d’argent. » 647

Guerre (Voltaire) (8) : (5 janvier) 1758. Voltaire [1694-1778], le 5 janvier 1758, écrit à François de Chennevières [1710-1767] :
« La mort est partout, dans les palais, dans les chaumières, dans les champs de carnage qu’on appelle les champs d’honneur, et les douleurs du corps et les peines de l’esprit sont pour la vie. » 648

Guerre (Voltaire) (9) : (28 avril) 1758. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à la duchesse de Saxe-Gotha [1710-1767] écrit :
« Chaque puissance a beaucoup perdu sans qu’aucune n’ait réellement gagné, et il ne restera de toutes ces vicissitudes que du sans perdu et des villes ruinées. » 649

Guerre (Voltaire) (10) : (26 mai) 1758. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à la duchesse de Saxe-Gotha [1710-1767], auteur de :
« La guerre ruine les grands et les petits pour enrichir ceux qui pillent les cours et les armées en les servant. L’Europe gémit, tandis que quelques entrepreneurs de vivres, ou de fourrage ou d’hôpitaux s’engraissent du malheur public. On dit que l’armée qu’on appelle l’empire est morte d’inanition et qu’il n’en reste rien, que la plupart des soldats sont retournés chez eux se faire laboureurs ou jardiniers ; je voudrais que tous les soldats du monde prissent ce parti. La terre a plus besoin d’être cultivée que d’être ensanglantée. » 650

Guerre (Voltaire) (11) : (21 février) 1759. Voltaire [1694-1778], auteur dans une lettre à la duchesse de Saxe Gotha [1710-1767], de :
« Les causes de vos guerres sont toujours très minces et leurs effets abominables. […] On ruine cent villes ; on égorge cent mille hommes, et qu’en reste-t-il ? rien ? […] » 651 (Cf. Culture)

Guerre (Voltaire) (12) : (23 juin) 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre à Jean-Robert Tronchin [1710-1793], écrit :
« Je ne connais que les Tartares qui aient jamais eu raison de faire la guerre, c’était pour avoir de bon vin et de belles filles. » 652 (Cf. Langage. Zeugma)

Guerre (Voltaire) (13) : (14 août) 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à la comtesse Charlotte-Sophie de Bentick [1715-1800], lui écrit (après la défaite de Minden de l’armée française le 1er août 1759) :
« On a mené à la boucherie une armée florissante, on l’a fait combattre pendant quatre heures contre quatre-vingts pièces de canon, il n’y a d’autre parti à prendre qu’à envoyer une nouvelle armée avec un nouveau général. » 653

Guerre (Voltaire) (14) : (27 octobre) 1760. Voltaire [1694-1778], (après la bataille de Kloster Kampen), auteur dans une lettre à la marquise du Deffand [1697-1780] de :
« Il faut que je vous dise que je viens de crier vive le roi, en apprenant que les Français ont tué quatre mille Anglais à coup de baïonnette ; cela n’est pas humain, mais cela était fort nécessaire. » 654

Guerre (Voltaire) (15) : (18 octobre) 1762. Voltaire [1694-1778], dans une lettre à la duchesse de Saxe-Gotha [1710-1767], lui écrit :
« La guerre est bien funeste mais le fanatisme l’est encore davantage. » 655 Effectivement, sa passion - sinon sa haine, si souvent exprimée - antireligieuse fut l’aune à partir de laquelle ses jugements, dans tant de domaines, furent fondés et ses choix de vie engagés.
Erreur, quelle que soit «la passion» invoquée, à ne point commettre…

Guerre (Voltaire) (16) : 1769. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Catherine II de Russie [1729-1796] après une victoire militaire contre les Turcs lui écrit :
- le 17 octobre 1769 : « […] Je renais, je rajeunis, ma législatrice est victorieuse […] Ah, Madame, cette victoire était nécessaire ; les hommes ne jugent que par le succès. L’envie est confondue. On n’a rien à répondre à une victoire gagnée. […] »
- le 30 octobre 1769 : « Madame, Votre majesté Impériale me rend la vie en tuant des Turcs. […] Je suis réellement, Madame, au comble de la joie, je suis enchanté, je vous remercie […] » 656

Guerre (Voltaire) (17) : (10 avril) 1770. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Catherine II de Russie [1729-1796], lui vante à nouveau l’intérêt que ses armées auraient à s’approprier « les chars » dont il avait conçu l’idée, après s’être à nouveau enthousiasmé de sa « supériorité continuelle sur les circoncis [les Turcs] », et lui écrit :
« Encore une fois, je ne suis point meurtrier, mais je crois que je le deviendrais pour vous servir. » 657

Guerre (Voltaire) (18) : (1er février) 1773. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à François-Jean, chevalier de Chastellux [1734-1788], concernant l’Italie, écrit :
« Heureusement ils sont forcés à de se tenir en paix par le peu de moyens qu’ils ont de faire la guerre. » 658

Guerre (Voltaire) (19) : (8 décembre) 1773. Frédéric II [1712-1786], en référence aux contradictions entre les positions contre la guerre et les encouragements guerriers que Voltaire ne cesse notamment pas d’exprimer à Catherine II [1729-1796], écrit à Voltaire [1694-1778] :
« Mais, dites-moi, comment pouvez-vous exciter l’Europe aux combats, après le souverain mépris que vous et les encyclopédistes ont affiché contre les guerriers ? Qui sera assez osé pour encourir l’excommunication majeure du patriarche de Ferney et de toute la séquelle encyclopédiste ? » 659

Guerre (Voltaire) (20) : (15 janvier) 1774. Voltaire [1694-1778] écrit à Frédéric II, roi de Prusse [1712-1786] pour lui demande d’accorder un congé d’un an à l’un de ses officiers [français], alors à son service dans l’armée [prussienne] afin qu’il puisse se défendre devant les tribunaux français. Voltaire poursuit alors et propose [en guise d’échange ?] :
« Je l’aiderai à faire autant de recrues qu’il vous plaira : il n’y a point d’endroit au monde où l’on puisse si facilement lever des soldats que dans le petit canton que j’habite, qui est précisément à une lieue de la Suisse, de Genève, de la Savoie et de la Franche-Comté. Je me chargerai moi-même, malgré mon grand âge, de l’aider à vous fournir les plus beaux hommes, et à choisir les plus sages. » 660
Frédéric II refusa.

VII. Politique. Lois :

Politique (Lois) (1) : Le respect exigé de la loi - que nul-le n’est censé-e ignorer - habitue insensiblement à l’autorité non justifiée, à l’incompréhensible, à l’injustice, à l’arbitraire, à la passivité, à l’intériorisation de la culpabilité ; bref, au respect de tous les symboles et à l’obéissance à tous les pouvoirs.
N.B. Idée empruntée à Benjamin Constant, à propos des « vandales » :
« L’habitude des formes légales donnerait à l’injustice l’impassibilité de la loi. » 661 (Cf. Droit, Politique. Démocratie, État)

Lois (2) : Qui décide ce qui relève de la loi ? Là est la question que la démocratie ne pose pas. Et sa plus terrifiante question : en effet, la démocratie, telle qu’en l’état, c’est à dire, en lambeaux, ne peut plus se la poser : elle soulèverait nécessairement non seulement celle de l’État/national au regard du droit dit international, du droit Européen, mais aussi de leurs liens avec le capitalisme libéral. Et contraindrait à reconnaître leurs embrouillaminis, impossibles à clarifier par quiconque. (Cf. Droit, Politique. Démocratie. État )

Lois (3) : Attaquée de toutes parts par des procès en illégitimité, c’est la loi qui doit, sur ce terrain, tenter de se défendre ; mais elle le fait trop souvent sur le terrain du seul conflit de légitimités. (Cf. Droit, Justice, Politique. Démocratie. État)

Lois (4) : 2017. Une pancarte [tenue par trois jeunes hommes et une femme plus âgée] lors d’une manifestation au Maroc contre les agressions sexuelles à l’encontre des femmes (août 2017) :
« Les lois pour les hommes. Le viol pour les femmes. » 662 (Cf. Droit, Hommes. Féminisme, Justice, Patriarcat, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Par ordre alphabétique. Lois :

Lois (Américaines) : (9 février) 2019. J’entends évoquer, comme relevant de l’évidence, « les lois extraterritoriales américaines ». 663
Une contradiction dans les termes. L’évidence de l’acceptation de l’impérialisme américain.

Lois (Beccaria Cesare) : 1764. Cesare Beccaria [1738-1794] introduit son livre Des délits et des peines en ces termes :
« Les lois les plus sages ont pour but naturel d’étendre à tous les hommes les avantages de l’existence et de combattre tout ce qui tend à concentrer sur un petit nombre et à accumuler d’un côté la puissance et le bonheur, de l’autre la faiblesse et la misère. Or, les hommes abandonnent généralement le soin de régler leurs affaires les plus importantes à l’appréciation et aux décisions occasionnelles de ceux dont l’intérêt est de s’opposer précisément à ces lois. […] » 664
Il est difficile d’être, en la matière, plus radical… (Cf. Penser. Beccaria, Politique. Beccaria. État)

Lois (Blum Léon) : 1920. Léon Blum [1872-1950], lors du Congrès de Tours, le 26 décembre 1920, où minoritaire il refusa d’adhérer aux 21 thèses imposées par la IIIème internationale, et resta donc au parti socialiste, auteur de :
« Il n’y a pas un seul socialiste qui consente à s’enfermer dans la légalité » et de :
« à l’heure présente [avant la scission donc], le parti français reconnait la légitimité de l’action illégale […]. » 665

Lois (Castaner Christophe) : (1er février) 2019. Christophe Castaner, ministre de l’intérieur, auteur de :
« S'il n'y avait pas de magasins pillés, de barricades érigées. S'il n'y avait pas de voitures brûlées, de bâtiments publics saccagés. S'il n'y avait pas de forces de l'ordre lynchées. En somme si la loi était respectée, il n'y aurait pas de blessés. »

Parmi les nombreuses réactions, celle-ci : « Castaner à 2 doigts de dire : ‘S'il n'y avait pas de manifestants, il n'y aurait pas de manifestants blessés’». 666

Lois (Codes) : La loi enferme, fige, tait, tue la vie dans ses Codes ; c’est la condition même de son application. (Cf. Justice)

Lois (Custine Astolphe de) : 1822. Astolphe de Custine [1790-1857], auteur, à l’occasion d’un voyage en Angleterre, de :
« Le grand art du gouvernement consiste à faire disparaître les individus pour ne montrer que les lois, en persuadant les peuples qu’elles régissent même ceux qui règnent sur eux. » 667 Quelle éblouissante analyse… (Cf. Êtres humains. Comment faire disparaître les êtres humains)

Lois (Garcia Marquez Gabriel) : 1977. Gabriel Garcia Marquez 51927-2014], dans L’Automne du patriarche, auteur de :
« […] Autrefois, à l’époque de l’occupation des marines, il s’enfermait dans son bureau pour décider du destin de la patrie avec le commandant des troupes de débarquement et il signait toutes sortes de lois et d’arrêtés en appuyant son pouce sur le papier, car il ne savait ni lire ni écrire, mais quand on le laissa à nouveau seul avec la patrie et la pouvoir il ne voulut plus se faire de bile pour la loi écrite qui est une belle connerie et il se mit à gouverner de vive voix et en personne à toute heure et partout [...]. » 668

Lois (Goldman Emma) : 1931. Emma Goldman [1869-1940], dans Vivre ma vie, auteure de :
(Les autorités russes en 1920 demandent de l’argent pour quitter la russie soviétique) :
« Je n’avais pas pris le temps de réfléchir à l’anomalie des affaires étrangères qui exigeait des espèces en devises, alors qu’il était strictement prohibé d’en posséder. Eh, bien, songeais-je, les lois sont faites pour être violées, et nul n’y est plus habile que les législateurs eux-mêmes. » 669 (Cf. Droit, Justice)

Loi (Hugo Victor) : (15 décembre) 1871. Victor Hugo [1802-1885], dans Choses vues, auteur de :
« C’est ma loi. Je défends les vaincus. » 670
Il n’en commença pas moins sa vie pair de France [nommé en 1845 par Louis Philippe jusqu’au 28 février 1848] et la continua [après son long exil] en tant que sénateur [du 30 janvier 1876 à sa mort, le 22 mai 1885]…(Cf. Politique. « Causes perdues ». Démocratie. Morale. Oppression, Patriarcat)

Lois (Mandela Nelson) : 2010. Nelson Mandela [1918-2013], auteur de :
« Il est tout à fait logique qu’un système légal injuste et immoral fasse naître le mépris pour ses lois et règlements. » 671

Lois (Michelet Jules) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, concernant la genèse des premières décisions de juillet 1789 à juillet 1790 de la Révolution, auteur de :
« […] On ne tarit pas d’éloges sur la discussion des lois, on respecte religieusement le parlage des Assemblées. Mais les grands mouvement sociaux qui les décidèrent, ces lois qui en furent l’origine, la raison, la nécessité, à peine une ligne seiche les rappelle au souvenir. » 672 (Cf. Histoire. Révolution française)

Lois (Miller Alice) : 1984. Alice Miller [1923-1010], dans C’est pour ton bien, auteure de :
« L’être qui a appris dès sa plus tendre enfance comme une nécessité vitale l’application de lois non écrites et le renoncement à ses propres sentiments, sera d’autant plus prompt à obéir plus tard aux lois écrites, et ne trouvera pas en lui de quoi se protéger contre elles. »
Renouvelle considérablement la critique de la démocratie et établit un lien fondamental entre les deux systèmes politiques que sont « la famille » et « l’État », sur lesquels le capitalisme libéral prospère. (Cf. Culture, Êtres humains, Enfants, Famille, Politique. Démocratie. État, « Sciences » sociales) 673

Lois (Mœurs) (1) : Article 6 du code civil :
« On ne peut déroger, par des conventions particulières, aux lois qui intéressent l'ordre public et les bonnes mœurs. »
Et l’on voudrait nous faire croire à l’effectivité de son article 9 qui affirme :
« Chacun a droit au respect de sa vie privée » ! (Cf. Droit, Êtres Humains. Vie-dite-privée, Justice, Politique, Proxénétisme)

Lois (Mœurs) (2) : Il est de bon ton de se gausser des « ’bonnes’ mœurs », mais ce que le mot « mœurs » signifie doit rester hors sujet : trop de jugements sur ce fondements ont été rendus ; trop de violences ont été légitimés ; trop d’intérêts sont en cause ; trop d’amalgames ont été effectués ; trop de scandales sont à découvrir, à dévoiler, à dénoncer ; trop de subversions sont à venir : enfin ! (Cf. Êtres Humains. Vie-dite-privée, Justice, Politique. État. Morale, Patriarcat, Violences. Violences à l’encontre les femmes)

Par ordre chronologique. Politique. Lois. Mœurs :

Lois (Mœurs) (3) : (3 septembre) 1833. Alexis de Tocqueville [1805-1859], sous l’intitulé, « Les enfants naturels », auteur de :
« Les bonnes mœurs chez un peuple dépendent presque toujours des femmes et non des hommes. On ne pourra jamais empêcher les hommes d’attaquer. Le point est donc de faire qu’on leur résiste […]. Toutes les lois qui rendent la position de la femme qui faillit plus commode sont donc éminemment immorales. »
- Là, c’est clair [première phrase non validée] : tout était déjà dit ? (Cf. Justice, Politique. État. Morale, Patriarcat, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Lois (Mœurs) (4) : 1990. Michel Sapin, alors ministre de la Justice, lors des débats du nouveau Code pénal, auteur de :
« Troisième et dernier grand thème que je voulais' aborder : les infractions relatives aux mœurs. Le souci de concevoir un code qui soit adapté aux valeurs de notre temps se manifeste avec une particulière netteté - même si ce n'est pas toujours facile - dans les dispositions du projet consacrées aux atteintes aux mœurs, du moins telles que les avait conçues le Gouvernement dans le texte initialement déposé au Sénat. Il s'agit de distinguer, en matière de comportement sexuel, ce qui relève de la loi morale ou religieuse de ce qui ressortit au droit pénal.
À la morale, revient le soin de régler les questions de conscience individuelle.
À la loi pénale incombe la mission d'interdire les comportements dangereux pour la société. Ne demandons pas à la loi pénale ce qui revient à la morale individuelle ! » 674
Et, c’est sur cette fulgurante analyse que nous sommes, notamment, régi-es… (Cf. Droit. Pénal, Justice, Politique. État. Morale, Patriarcat, Sexes […])

Lois (Mœurs) (5) : 2002. Jacques Vergès [1925-2013] considérait que « les bonnes mœurs » relevaient du « domaine consensuel ». 675
- Sur la base de cette ‘analyse’, il est difficile d’imaginer engager un « procès de rupture » - cher à Jacques Vergès - concernant la dénonciation en justice d’un viol. (Cf. Justice, Politique. État. Morale, Patriarcat, Sexes […]. Sexualité)

Lois (Montesquieu) (1) : 1721. Montesquieu [1689-1755], dans les Lettres persanes, auteur de : « Qu’avons-nous à faire de tous ces volumes de lois ? Presque tous les cas sont hypothétiques et sortent de la règle générale. » 676 (Cf. Droit. Jurisprudence, Justice)

Lois (Montesquieu) (2) : 1734. Relevé dans le Journal de Gide [1869-1951] à la date du 30 avril 1944, cette citation de Montesquieu [1689-1755] :
« Il n’y a pas de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois [Grandeur et décadence [des romains]. ch. XIV]. »677
* Ajout 1er août 2019. La citation exacte, plus radicale, est :
« Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice, lorsqu’on va, pour ainsi dire, noyer des malheureux sur la planche même sur laquelle ils s’étaient sauvés. » 678 (Cf. Justice)

Lois (More Thomas) : 1516. Thomas More [1478-1535], dans L’Utopie, auteur de :
« Les lois sont en très petit nombre, et suffisent néanmoins aux institutions.
Ce que les Utopiens désapprouvent surtout chez les autres peuples, c'est la quantité infinie de volumes, de lois et de commentaires, qui ne suffisent pas encore à l'ordre public. Ils regardent comme une injustice suprême d'enchaîner les hommes par des lois trop nombreuses, pour qu'ils aient le temps de les lire toutes, ou bien trop obscures, pour qu'ils puissent les comprendre.
En conséquence, il n'y a pas d'avocats en Utopie ; de là sont exclus ces plaideurs de profession, qui s'évertuent à tordre la loi, et à enlever une affaire avec le plus d'adresse. Les Utopiens pensent qu'il vaut mieux que chacun plaide sa cause, et confie directement au juge ce qu'il aurait à dire à un avocat. De cette manière, il y a moins d'ambiguïtés et de détours, et la vérité se découvre plus facilement. Les parties exposent leur affaire simplement, parce qu'il n'y a pas d'avocat qui leur enseigne les mille impostures de la chicane. Le juge examine et pèse les raisons de chacun avec bon sens et bonne foi ; il défend l'ingénuité de l'homme simple contre les calomnies du fripon.
Il serait bien difficile de pratiquer une pareille justice dans les autres pays, enterrés sous un tas de lois si embrouillées et si équivoques. Au reste, tout le monde en Utopie est docteur en droit ; car, je le répète, les lois y sont en très petit nombre, et leur interprétation la plus grossière, la plus matérielle est admise comme la plus raisonnable et la plus juste.
Les lois sont promulguées, disent les Utopiens, à seule fin que chacun soit averti de ses droits et de ses devoirs. Or, les subtilités de vos commentaires sont accessibles à peu de monde, et n'éclairent qu'une poignée de savants ; tandis qu'une loi nettement formulée, dont le sens n'est pas équivoque et se présente naturellement à l'esprit, est à la portée de tous. » 679
Toujours pertinent, toujours actuel. (Cf. Justice. More Thomas, Patriarcat. More Thomas)

Lois (Orwell George) : 1938. George Orwell [1903-1950], dans Hommage à la Catalogne, auteur de :
« Dans la pratique, la loi était ce qui plaisait à la police qu’elle fût. » 680

Lois (Pascal Blaise) : 1699. Blaise Pascal [1623-1662], dans les Pensées [1670], auteur de :
« Injustice. Il est dangereux de dire au peuple que les lois ne sont pas justes, car il n’y obéit qu’à cause qu’il le croit justes. C’est pourquoi il faut lui dire en même temps qu’il faut y obéir parce qu’elles sont lois, comme il faut obéir aux supérieurs non parce qu’ils sont justes, mais parce qu’ils sont supérieurs. Par-là, voilà toute sédition prévenue, si on peut faire entendre cela et que proprement, (c’est) la définition de la justice. » Pascal, anarchiste ? (Cf. Penser. Hiérarchie. Obéir, Politique. État)

Lois (Pétain) : (18 décembre) 1943. Lettre du maréchal Pétain [1856-1951] à Hitler [1889-1945] :
« Comme suite à votre lettre du 11 décembre [1942] et au désir que vous avez fait exprimer, je précise que les modifications de lois seront soumises, avant publication, aux autorités d’occupation. » 681 (Cf. Êtres humains. Désirs, Politique. Obéir, Histoire)

Lois (Prévert Jacques) : 1975. Jacques Prévert [1900-1977], dans Choses et autres, auteur de : « Nul n’est ensensé qui ignore la loi. » 682

Lois (Reclus Élisée) : 1902. Élisée Reclus [1830-1905], auteur de :
« Mais tant dure qu’on puisse l’édicter, la loi ne parviendra pas à comprimer la pensée qui fermente. » 683

Lois (Sand George) : 1855. George Sand [1804-1876], concernant les réactions de son mari lors de leur séparation, auteure de :
« […] Jamais sa pensée, éprise d’immobilité dans l’autorité, n’avait voulu s’élever à la critique morale des lois et par conséquent, prévoir leurs funestes conséquences. » 684
Pourquoi aurait-il dû s’«élever» «à la critique morale des lois», puisque celles-ci protégeant si bien ses intérêts, le cautionnaient dans son bon droit ? Quant aux « funestes conséquences » des lois, pour qui l’étaient-elles ?
Il faut noter qu’en « justice », après des années de combats, grâce à son juste acharnement et sans doute grâce à sa notoriété, George Sand, obtint gain de cause…ce qui n’était qu’élémentaire justice. (Cf. Droit. Homme. Remarquable. Dudevant François Casimir. Justice, Patriarcat)

Lois (Sénèque) : 1er siècle après J.C. Sénèque [4 avant J.C- 65 après J.C], auteur de :
« C’est une piètre innocence que d’être vertueux selon la loi. » 685 (Cf. Politique. Morale, Vertu)

Lois (Thatcher Margaret) : 1984-1985. Margaret Thatcher [1925-2013], dans sa lutte contre les [et lors de la grève des] mineurs Britanniques, déclara, furieuse :
« On observe une tentative de substitution des règles de la foule (the rules of the mob) aux règles de la loi (the rules of the law). Cela n’arrivera pas. » 686
Une éclairante illustration de la politique libérale, au double sens économique et politique : ce sont ceux et celles qui dénoncent avec le plus de force l’intervention de l’État dans ce qu’ils /elles nomment l’économie qui font le plus souvent appel à la loi - répressive - pour s’opposer aux revendications du peuple. Le peuple ici sciemment méprisé - dénommé « mob » - est en effet nécessairement devenu un ennemi du fait de ses revendications de son droit à vivre, en opposition au soit-disantes « lois du marché » : les forces de répression, au service de l’État, entrent alors dans le jeu. (Cf. Politique. État, Loi. Custine, Répression, Économie. Libéralisme)

Lois (Tolstoï Léon) : 1877. Léon Tolstoï [1828-1910] dans Anna Karénine, présentant les conditions d’un vote pour l’élection d’un maréchal de province, écrit :
« Clameurs violentes, regards courroucés, visages contractés par la haine, Levine ne comprenait pas qu’on put mettre tant de passion dans une affaire dont l’importance ne lui apparaissait h-guère mais que Serge Ivanovitch lui expliqua. Le bien public exigeait l’échec du maréchal ; pour obtenir cet échec, la majorité des suffrages était nécessaire : pour obtenir cette majorité, il fallait accorder le droit de vote à Flérov ; pour lui reconnaître ce droit, il fallait interpréter en un sens tel et tel paragraphe de la loi.
- Une seule voix peut déplacer la majorité, conclut Serge Ivanovitch : mets-toi bien en tête que le souci du bien public exige avant tout de la logique et de l’esprit de suite. » 687

Lois (Voltaire) : 1775. Voltaire [1694-1778] dans une lettre écrite à Louis-Bernard Guyton de Morveau [1737-1816], le 29 mai 1775, auteur de :
« Presque toutes nos lois sont des restes de tyrannie et de superstition. » 688
Et aujourd’hui ? (Cf. Droit, Justice, Histoire)

VIII. Politique (Lutte) :

Politique (Lutte) (1) : Toute lutte sur le terrain - ne serait-ce que langagier - de ses adversaires est une lutte perdue d’avance. (Cf. Inconscient, Langage, Proxénétisme)

Politique (Lutte) (2) : Lutter contre le pouvoir, c’est aussi ne pas l’exercer.

Lutte (EHPAD) : (29 janvier) 2018. À la veille de la grève générale des EPAHD [Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes], le 30 janvier 2018, Germaine Treunel, 103 ans, avant de se rendre à la manifestation du lendemain (après deux précédentes), est interrogée par Charlotte Perry, de l’émission de France inter, Comme un bruit qui court. On entend :
« Je suis vieille, mais je ne le dis pas ; il ne faut pas le dire » ; « Ce n’est pas parce qu’on est vieux qu’il faut se laisser faire » ; « Si je défends la cause, c’est un peu pour moi aussi, parce que j’ai travaillé 44 ans et que… » [Son salaire : 2000 euros, sa retraite : 1300 euros, un complément doit être obligatoirement versé par sa fille, ses économies étant épuisées]» ; « Si je me suis mobilisée pour demain, c’est pour aider tout le monde » ; « Même s’il ne reste plus grand chose à vivre, j’aurais au moins la satisfaction de faire quelque chose » ; [Après avoir évoqué les 140 invité-es d’Emmanuel Macron à Versailles] : « Nous, les pauvres vieux, il faudrait qu’on vive comme ça ! » 689 (Cf. Économie. « Gilets jaunes ». « Pauvres (Les) »)

Lutte (Idée) : (10 février) 2017. Un manifestant Roumain, auteur de :
« Quand on s’unit pour défendre une idée, on est très forts. » 690 (Cf. Penser. Pensée. Idée)

Luttes (des femmes) (1) : Les premiers engagements politiques des femmes : leurs luttes contre les hommes. Jamais abordé dans aucun traité de sciences politiques. (Cf. Femmes, Hommes, Patriarcat, « Sciences » sociales) 691

Luttes (des femmes) (2) : L’une des raisons (en sus des plus connues) qui expliquent l’occultation des luttes des femmes est qu’elles ont souvent eu lieu en soutien à l’église catholique attaquée, notamment durant la révolution française et en 1905 lors de la séparation de l’église et de l’état.

Par ordre alphabétique. Politique. Lutte des femmes :

Luttes (des femmes. Autonomie) : 1974. Martine Storti, journaliste à l’époque à Libération, auteure de [concernant la Marche des femmes le 6 octobre 1974, avant le vote de la loi en faveur de l’IVG] se souvient :
« Vous ne serez pas nombreuses », ne cesse-t-on de me dire dans les couloirs de Libé :
« Il n’y aura personne, pronostique Serge July, le féminisme, c’est fini. » [40.000 à 50.000 femmes seront dans les rues de Paris]. Et elle poursuit :
« Plus qu’une manif, un éblouissement, une joie, un bonheur. Une marche, saluée par toute la presse, qui montrait que les femmes n’étaient jamais aussi fortes que lorsqu’elles étaient complètement, absolument autonomes, c’est à dire, délivrées des partis, des organisations, des encartages. Force politique de l’autonomie des féministes, écrivais-je alors dans ce qui fut mon dernier article dans Libération, écrit le 7, jour où je donnais ma démission du journal, sans préavis. [...] » 692 (Cf. Féminisme, Patriarcat. Luttes de femmes, Politique. Association, Femmes. Pour Libération, Histoire)

Luttes (des femmes. Algérie) : (22 juin) 2019. Une vingtaine de collectifs et d’associations féministes avec la participation de 50 femmes réunies à Tighremt à Bejaïa les 21, 22 juin 2019 ont adopté la déclaration suivante :
« Nous femmes et Algériennes, avons conscience d’appartenir à̀ une longue histoire de femmes, qui ont permis à̀ l’Algérie d’exister à travers les siècles et les vicissitudes de l’histoire. Le combat que nous menons et qui dure depuis des décennies, ne saurait cesser sans que nous ayons accès à tous nos droits.
Le mouvement populaire du 22 février a surpris l’ensemble des Algériennes et des Algériens par son immensité́, sa diversité́ et son intelligence collective. Il a grandi, évolué d’un vendredi à l’autre et rejeté́ les tentatives de récupération et de division opérées par le régime en réponse à ses revendications. La présence massive des femmes dans les marches a étonné́ ceux qui n’avaient pas enregistré́ notre progression dans la vie publique. Présence qui en elle-même est une avancée dans notre combat. Au cours de ce mouvement, de multiples collectifs et associations de femmes se sont mobilisés, d’autres sont nés partout sur le territoire national pour exprimer notre vision d’une Algérie nouvelle, démocratique et plurielle. Une Algérie qui prenne en compte nos préoccupations, notre exigence de dignité́ et d’émancipation et notre revendication d’Egalité. En un mot pour dire notre féminisme.

Les revendications féministes portées dans le Hirak [mouvement populaire] ont réveillé́ des résistances rétrogrades et provoqué des agressions et des intimidations à notre encontre, cependant la mobilisation des femmes n’en a été́ que plus forte. C’est pourquoi, nous, femmes représentantes de 17 associations et collectifs de femmes ainsi que des indépendantes, de plusieurs wilayas, nous nous sommes réunies du 20 au 22 Juin 2019 à Tighremt, afin de nous mobiliser en tant que force politique féministe et autonome pour contribuer à l’avènement d’une nouvelle république basée sur la justice sociale pour toutes et tous et contre toute forme de discrimination.
Nous revendiquons l’égalité́ entre les sexes, à laquelle se réfèrent les constitutions algériennes successives, qui doit permettre aux femmes d’avoir accès aux mêmes droits que les hommes, sur les plans politique, civil, économique, culturel, personnel, social et juridique, sans discrimination aucune. Cette égalité́ implique de mettre un terme aux violences physiques, économiques, sexuelles, psychologiques et symboliques contre les femmes, l’abrogation du code de la famille et une participation libre et effective des femmes dans toutes les sphères de la société́.
Aussi, les luttes que nous menons depuis des décennies, ont permis des acquis qui aujourd’hui doivent trouver une application réelle et une transcription effective dans le droit à̀ une égalité́ citoyenne pleine et entière. Nous avons donc décidé́ de faire entendre nos voix et d’inscrire nos revendications dans ce qui se joue aujourd’hui du point de vue de l’exigence démocratique.
Nous n’accorderons notre soutien à nulle force qui nous ignorera. Nous appelons toutes les femmes et groupes de femmes à se joindre à̀ cette mobilisation. » 693

Luttes (des femmes. Beaumarchais) : (12 août) 1792. Beaumarchais [1732-1799], dans une lettre à sa fille Eugénie [1777-1832], lui raconte « les détails des évènements qui [l’] ont personnellement frappé durant des trois journées désastreuses » au cours desquelles il fut, notamment, poursuivi dans la rue, tandis que sa maison était envahie.
Après avoir écrit que « les femmes, cent fois plus cruelles que les hommes dans leurs horribles abandons se sont toutes mises à [sa] poursuite », il propose cette explication - pertinente - à la violence de certaines femmes, notamment lors de périodes particulièrement troublées :
« Ah ! pardon, mon aimable enfant, si dans ce moment de péril, j’ai pris en horreur tout ton sexe, en réfléchissant, malgré moi, que lorsqu’il peut mal faire avec impunité, il semble saisir avec joie une occasion de se venger de sa faiblesse, qui le tient dans la dépendance du fort ; et c’est à ce motif secret qu’il faut, je crois, attribuer le désordre en tout genre, les exécrables cruautés ou ce faible sexe se livre dans tous les mouvements du peuple, et dont ces jours-ci nous montrent d’horribles exemples, dont je te sauve le récit. » 694 (Cf. Femmes, Homme. Féminisme. Beaumarchais, Patriarcat)

Luttes (de femmes. États-Unis) : 1912. Lu dans De l’action directe de Voltairine de Cleyre [1866-1912] :
(À New York, à la mi-mai 1902), « le prix de la viande cascher fit un saut prodigieux de 0,12 dollars à 0,18 dollars la livre. Fanny Levy et Sarah Edelson entreprirent de mobiliser les femmes du quartier, les invitant à cesser d’acheter de la viande. Le 15 mai 1902, la presse rapporte qu’environ 20.000 femmes avaient pénétré force chez les bouchers, s’étaient emparé de la viande, avant d’y mettre le feu dans le rue. » 695 (Cf. Patriarcat. Luttes de femmes, Histoire)

Luttes de Femmes (Blanqui Auguste) : (9 janvier) 1865. Auguste Blanqui [1805-1881], dans une lettre au docteur Louis Watteau [1823-1912], auteur de :
« On ne constate pas de grève de femmes (actuellement, en France). Celles-là seraient certainement les plus justes, les plus légitimes, les plus nécessaires. Mais il n’y a pas de danger. Malheur aux faibles ! Les femmes sont trop timides pour se mettre en révolte : Elles passent par le trou de leurs aiguilles tant qu’on veut. Je n’ai jamais vu que la grève famélique et sociale des vésuviennes en 1848. C’était navrant ! Ces pauvres rassemblements féminins s’avançaient d’un air humble et craintif, en longues colonnes rapiécées et savatées, c’était la procession de la débilité et de la misère. Jamais dérision plus cruelle que ce nom de vésuviennes ! » 696 (Cf. Femme. Mère. Blanqui, Féminisme, Patriarcat, Politique. Histoire. Historiographie. Patriarcale)
- Cette description par Blanqui, le révolutionnaire, des luttes de femmes en 1848 me remémore l’un de mes oncles, catholique, bourgeois, fort assuré de lui-même, de ses ‘analyses’ et de sa place dans le monde, et non moins fort limité intellectuellement, qui m’avait dit dans les années [19]70, me semble-t-il, qu’il avait vu passer de sa fenêtre une manifestation et qu’il avait constaté - en toute objectivité - que « c’était tous des ‘ratés’ ».

Luttes des femmes (Iran) : 1979. De nombreuses manifestations de femmes eurent lieu en Iran, contre les mesures prises par Khomeiny à l’encontre des femmes et notamment contre l’obligation du port du voile. L’un des slogans était : « Nous n’avons pas fait la révolution pour que Khomeiny oblige les femmes à porter le voile ». Quelle fut à l’époque l’attention portée par la presse Iranienne, internationale, notamment française, à ces dénonciations ? 697 (Cf. Femmes. Voilées, Patriarcat. Luttes de femmes)

Lutte (Personnalisation) : Toute personnalisation d’une lutte l’altère, la déforme, la défigure, la dénature, la trahit. (Cf. Êtres humains. Soi. Penser)

Luttes (Sartre Jean-Paul) : 1960. Jean-Paul Sartre [1905-1980], auteur de :
« Notre liberté d’aujourd’hui n’est rien d’autre que le libre choix de lutter pour devenir libres. […] » Plus juste que de poser « la liberté » comme postulat. 698 (Cf. Penser. Postulat)  

Luttes (Vie) : 1853. 2009. Victor Hugo [1802-1885], dans Les châtiments, auteur de :
« Ceux qui vivent sont ceux qui luttent. »
* Commentaire (sur le net) de cette phrase par Marie Zulda Dubois (Port-au-Prince), 3 mars 2009 :
« En Haïti, on voit le contraire, car ceux qui vivent ne luttent pas et ceux qui luttent ne vivent pas. J'avais beaucoup aimé ce poème, mais j'observe le contraire chez moi. » (Cf. Femmes. Lutte)

IX. Politique. Médias :

Politique (Médias) (1) : Si chacun-e peut être à même de prendre la parole et de la diffuser, lorsqu’il/elle l’estime bon, sur les terrains et selon les problématiques qu’il/elle estime bon-nes, grâce aux moyens que la technologie met à notre disposition, l’idée même de journalisme est fortement bouleversée. Et, par là même, sans oublier les nombreuses exceptions, le sont aussi les impositions normatives, autoritaires, et donc, conservatrices de l’ordre existant, qu’ils / elles nous imposent depuis si longtemps.
- Ce sont des analyses, des jugements, des investigations longues, précises, des critiques, des recherches engagées (quel que soit l’engagement) dont nous avons besoin et qui doivent être diffusés. Et là, des journalistes, engagés, sont nécessaires.
- Pour cela, abolir la domination médiatique des politiques, des ‘intellectuel-es’, des expert-es, des commentateurs/trices…, et le plus souvent possible, sans médiation, redonner la parole au peuple, dans toutes ses composantes.
- Enfin, produire soi-même ses informations et refuser tout infléchissement, coupe, censure, hiérarchies, les arguments d’autorité, d’autant plus assénées qu’elles sont moins justifiables. Heureusement internet existe et a d’ores et déjà bouleversé toutes les donnes… (Cf. Homme. Journaliste, Femme. Journaliste, Politique. Démocratie. Liberté. De la presse, Peuple)

Politique (Médias) (2) : En nous imposant quotidiennement la vision du monde qu’ils veulent nous faire accepter, c’est leur si étroite vision du monde que, quotidiennement, trop souvent, ils nous dévoilent. À nous d’en tirer les conséquences.

Politique (Médias) (3) : La question n’est pas de savoir s’il faut ou non participer aux médias ; ce qu’il faut comprendre, c’est en quoi vous êtes fonctionnel-le, lorsque les médias vous invitent. Et, en même temps, car c’est indissociable : pourquoi sur ce sujet ? pourquoi dans telle émission ? sur les fondements de telle question ? avec quels interlocuteurs / trices ? pendant quelle durée, et avec quelles coupures de publicité ? avec quelle garantie que rien ne soit manipulé, coupé, d’une manière ou d’une autre ?

Politique (Médias) (4) : Les journalistes interrogent les politiques ; les journalistes sélectionnent ceux et celles qui interrogeront les politiques. Mais qui interroge les journalistes ?

Politique (Médias) (5) : Avec de l’argent efficacement affecté, des sondages judicieusement orientés, des images savamment sélectionnées, des commentaires fonctionnellement distillés, des répétitions constamment assénées, des confusions systématiquement entretenues, des questions subtilement posées, des présupposés régulièrement sous le boisseau, des journalistes, pourtant déjà sélectionnés, maintenu-es sous pression, des propriétaires des médias miraculeusement fort peu nombreux dont les intérêts sont soigneusement occultés, des oublis systématiquement perpétués, des médias sous contrôle, « la démocratie », en l’état, peut être maintenue sous perfusion. (Cf. Politique. Démocratie)

Politique (Médias) (6) : Peut-on encore, sans plus de rigueur, parler de défendre la « liberté de la presse » [Reporters sans frontières] lorsque tant ne la lisent, ne l’écoutent plus que pour prendre les journalistes en défaut, pour mieux comprendre les hiérarchies, les logiques, les intérêt, les choix, les dénis, les occultations, les déformations, les ‘oublis’, le langage des …disons, sans plus de rigueur, « les dominants », pour chercher les perles rares qui révèlent, chacune dans leur domaine, la vérité du monde.
Ce que l’on nomme, là encore, sans plus de rigueur, « les réseaux sociaux » notamment par les échanges qu’ils permettent s’avèrent une révolution.

Politique (Médias) (7) : Les commentaires ont le grand avantage pour les journalistes, les essayistes, les analystes etc.…, de ne pas avoir à prendre personnellement position ; et donc à ne pas avoir à s’interroger sur les discours qu’ils/ elles relaient, diffusent, incarnent, transmettent. Et pourtant, ce n’est pas faute d’être critiqué-es… (Cf. Penser. Commentaire)

Politique (Médias) (8) : Les médias nous étouffent sous ce qu’ils nomment les « évènements » - qu’ils fabriquer largement - dans le présent, l’actuel, l’actualité, la contingence.
Mais à force de nous imposer en sus leurs commentaires, leurs explications, leurs analyses, leurs raisonnements, ils aiguisent la critique, la pensée, et ouvrent à la voie à l’alternative, à l’engagement.

Politique (Médias) (9) : Comment les politiques (et autres…) peuvent-ils accepter d’être traités-es comme ils/elles le sont par des « journalistes » (type et nature des questions, mise en demeure, rappels à l’ordre [« c’est nous qui posons les questions »], demande de justification, leçon de morale, leçon politiques) reste pour moi un étonnement quasi quotidien…

Politique (Médias) (10) : Ce n’est pas l’« information fiable » qui est recherchée par le /la journaliste ; c’est l’informateur / trice au moment [X] donné.
D’où, notamment, la nécessité politique des archives qui permettent une certaine…fluidité dans l’écriture de l’histoire, voire une réécriture, plus ou moins indolore, plus ou moins honnête de l’histoire.

Politique (Médias) (11) : Il est difficile lorsque l’on est invité-e dans les médias de ne pas penser que l’on a quelque chose d’important à dire. A fortiori régulièrement.

Par ordre chronologique. Politique. Médias :

Politique (Médias) (12) : (18 septembre) 1763. Voltaire [1694-1778], dans une à Bernard-Louis Chauvelin [1716-1773], écrit :
« Je suis bien las de tous ces gens qui gouvernent les États du fond de leur grenier. » 699 (Cf. Penser. Commentaire)

Politique (Médias) (13) : 2005. Entendu, une femme, furieuse, vivant dans la « banlieue », à une journaliste qui l’interrogeait sur les révoltes de 2005 à Clichy :
« Les flics et les médias, c’est pareil ! Foutez le camp ! » (Politique. Révolte)

Politique (Médias) (14) : 2010. Catherine Clément, dans son autobiographie, Mémoire, auteure de :
« J’avais entendu Sollers [Philippe] parler avec Bernard Henri Lévy de ce que mes deux compères appelaient d’un ton moqueur la GSI : La Gestion des Surfaces Imprimées. […] » 700

Politique (Médias) (15) : 2017. Entendu sur France Culture, en août 2017 (date exacte non notée) dans l’une des émissions intitulée : Les master classes, la journaliste affirmant, à deux reprises, à son invité qui ne paraissait pas plus gêné qu’elle :
« Je veux entrer dans votre crâne. » (Cf. Homme. Journaliste, Femme. Journaliste)

Politique (Médias) (16) : (10 juin) 2018. Sylvie Kauffmann, directrice éditoriale du Monde, estime que « la vérification de l’information incombe (doit incomber ?) aux journalistes. » 701
- Un café sur le zinc suffirait à révéler l’absurdité du constat.

Politique (Médias) (17) : (26 août) 2018. Entendu sur BFM.TV [13h15] concernant Laurent Wauquiez, avant son « discours de rentrée » :
« Il faudra encore quelques minutes pour connaitre le fond de sa pensée. »

Politique (Médias) (18) : (7 décembre) 2018. Elie Cohen et Gérard Grunberg, concernant les « Gilets jaunes », au terme de leur article intitulé, Les gilets jaunes, une double régression, écrivent :
« […] Il ne faut donc pas encourager ce mouvement à n’accepter aucun compromis et à nier la légalité d’un pouvoir pourtant démocratiquement élu. Il n’est pas besoin de jeter de l’huile sur un feu que personne ne pourra plus bientôt éteindre sans violence. Il faut au contraire expliquer aux gilets jaunes que nous ne sommes plus en 1789 puisque nous avons des institutions démocratiques et que nous sommes un pays libre. Leur rappeler aussi que tous les Français pâtiraient de l’effondrement du système. Bref les journalistes doivent se rappeler qu’ils ne sont pas de simples observateurs mais qu’ils font partie des élites dont le rôle est aussi de préserver le pays du chaos. » 702 (Cf. Politique. Élites. État. « Gilets jaunes », Économie)

Politique (Médias) (19) : (15 décembre) 2018. Un journaliste de CNews à 16 heures, concernant les « Gilets jaunes » :
« Ils me disent que je mens. Ils ne veulent pas répondre à la télévision » ; suivi à 16 heures 30 de :
« Il y a des gens qui disent surveiller notre travail. C’est un peu curieux. » 703

Politique (Médias) (20) : (25 décembre) 2018. Une journaliste, auteure de :
« Les gilets jaunes ne peuvent pas se projeter dans l’avenir. » 704
- Ils se sont contentés de bouleverser les fondements de l’état… (Cf. Politique. État. « Gilets jaunes »)

Politique (Médias) (21) : (26 décembre) 2018. J’entends affirmer que Xavier Bertrand est « la personnalité préférée des français » : ! 705:
- « Une fois qu’on a dépassé les bornes, il n’y a plus de limites », affirmait doctement Alphonse Allais [1854-1905].

Politique (Médias) (22) : (5 janvier) 2019. Lorsque, sur France Culture, Christine Ockrent évoque notamment concernant le Mali « l’absence d’état » et « le chaos », c’est à un « état » et à un ordre français - tels que l’exécutif l’interprète - qu’elle se réfère et qu’elle cautionne.
Et ce, alors que l’armée française est en guerre depuis cinq ans au Mali.
Et l’émission se termine ainsi :
« Le désordre, la chaos, la guerre sont aussi un business. » 706 Une parole de vérité…

Politique (Médias) (23) : (5 janvier) 2019. Échanges entre journalistes sur BFM.TV concernant la couverture de la manifestation ce jour à Paris :
Le journaliste sur le plateau : « Je ne vais pas me faire beaucoup d’amis, mais il y a peu de monde…». Il reprend la parole : « Ah ! excusez-moi ! Il y a beaucoup de monde », ce qui est confirmé par le journaliste place de la Bourse.
Au terme du reportage, le journaliste sur le plateau conclue : « …Quelques centaines.. Peu ou beaucoup, chacun se fera son opinion. » Une tardive prise de conscience de la nature du discours asséné depuis des semaines par BFM.TV ?
Bien furtive, car, juste après, un autre commentateur sur le plateau évoque « les derniers Gilets jaunes qui veulent encore manifester…», pour poursuivre 15 minutes après - sans avoir quitté le studio - qu’il y a « moins de gilets jaunes…à l’œil »… 707

Politique (Médias) (24) : (5 janvier) 2019. Une scène révélatrice de la fonction des médias, en l’occurrence de BFM.TV. Autour de 13h 30-13h50, sur la moitié gauche de l’écran, on voit des gilets jaunes munis d’un micro parlant place de l’Hôtel de ville aux centaines de manifestant-es présent-es. Ils sont muets à l’antenne et on ne peut pas même lire les pancartes derrières laquelle ils parlent. Pendant ce temps, un échange a lieu entre un journaliste de BFM.TV, un éditorialiste de BFM.TV, le rédacteur en chef adjoint de BFM.TV et un député de La république en marche. 708
- Ajout. 19 janvier 2019. Entendu sur BFM.TV : « Les journalistes [sont] les garants de la démocratie. » (11h. 10) (Cf. Politique. Démocratie)

Politique (Médias) (25) : (5 janvier) 2019. BFM.TV. Après une intervention politique d’Adrien Quatennens de la France Insoumise qui exprimait des critiques difficilement récusable de la manière dont la chaine avait couvert la journée, le journaliste de BFMTV réagit ainsi :
« Merci de contribuer à la haine ambiante contre les médias. » 709

Politique (Médias) (26) : (6 janvier) 2019. C.News.
- 9 heures 05. Un « gilet jaune » prend très clairement la parole et expose ses analyses, non moins claires. Le journaliste sur le plateau déclare « On va essayer d’aller un peu plus loin » et donne la parole à un « expert ». Emmanuel Macron n’a pas le monopole du mépris.
- 9 heures 09. Le journaliste demande à une « gilet jaune » qu’elle « remercie les médias de les laisser s’exprimer. » Ce qu’elle fait. Emmanuel Macron n’a pas le monopole de l’appropriation du pouvoir.
- 9 heures 10. Le journaliste demande à un « gilet jaune », je ne sais plus lequel qui s’était déjà exprimé : « Vous demandez quoi ? ». Emmanuel Macron n’a pas le monopole de l’autisme.
- 9 heures 15. Une « gilet jaune » dit qu’il y a aussi des policiers « radicalisés » et que certains empêchent des journalistes de faire leur travail. Pour ce faire, elle raconte une scène à laquelle elle a assisté. Le journaliste déclare : « Je vous laisse la responsabilité ( ?) de votre propos. » Emmanuel Macron n’a pas le monopole de la seule parole politique légitime.
Mais l’ensemble des échanges - que je n’ai pu prendre en note - ayant notamment eu lieu entre 9 heures et 9 heures 30 devaient être reproduits.

Politique (Médias) (27) : (9 janvier) 2019. Une chroniqueuse de C’dans l’air déclare, sans inquiétude - elle ne sera d’ailleurs ni inquiétée, ni reprise, ni questionnée, ni critiquée - :
« Les Français en ont marre des Gilets jaunes. » Sans autre forme de procès. 710

Politique (Médias) (28) : (20 janvier) 2019. Un « gilet jaune » à la manifestation du 19 janvier, dénonçant la couverture des manifestations par les « médias dominants » lors d’une discussion avec la journaliste de France Culture - qui avait un « garde du corps » - cite cette phrase de Coluche [1944-1986] :
« On ne peut pas dire la vérité à la télé. Il y a trop de gens qui regardent. » 711 (Cf. Femmes. Appel de Coluche, Langage. Féminisation du langage, Politique. Coluche)

Politique (Médias) (29) : (26 janvier) 2019. Sur C.News [13h 15] j’entends une journaliste sur le plateau, accompagnant les images de la manifestation parisienne, affirmer que les « Gilets jaunes » représente « la France périphérique et rurale », après avoir dénoncé - terme trop fort ? - « des revendications qui partent dans tous les sens. »

Politique (Médias) (30) : (26 janvier) 2019. Sur BFM.TV, Dominique Reynié, « homme politique et politologue » [Wikipédia] espère et suggère que le gouvernement au terme du « grand débat national » fasse appel aux « Gilets jaunes » du début, ceux des premiers ronds-points, « spontanés, sincères, apolitiques ».
À quel titre, lui, comme tant d’autres, a-t-il ce statut de « commentateur » ? Quelle est la valeur de sa parole ? [au même titre que les « experts en communication », « experts en gestion de crise », les « grands reporters », les « communiquant-es politiques », les « spécialistes en question de sécurité », les observateurs, les commentateurs, les « spécialistes des mouvements protestataires, des mouvements sociaux, de l’histoire de la presse », les « éditorialistes politiques », les « présidents de groupe médias », les « publicitaires », les « sondeurs » (sic), avocats, sociologues, « docteurs en science politique », politologues, historiens « de la vie politique », « des mouvements sociaux », professeurs en information / communication », … « invités » sur les plateaux…]
- Que cachent toutes ces présentations ? (Cf. « Sciences » sociales. Sociologie »)
N.B. Pour rappel, des forces organisées de gauche et des syndicats ont appelé à la manifestation d’aujourd'hui. (Cf. Politique. Cohérence)

Politique (Médias) (31) : (26 janvier) 2019. Sur L.C.I. [14h. 40] Dominique Jamet, auteur de :
« On ne parlait plus de rien. On parle à peu près de tout. »

Politique (Médias) (32) : (26 janvier) 2019. Sur L.C.I [16h46], j’entends un journaliste de la chaîne dire que Macron « occupe à nouveau le terrain » au même moment où l’on voit, pour reprendre leurs termes, la « pagaille », le « chaos » place de la Bastille.

Politique (Médias) (33) : (26 janvier) 2019. Sur BFM.TV, pour la première fois, j’entends après que la journaliste ait rappelé le chiffre de 2000 blessé-es depuis le début des manifestations, préciser qu’il y avait « beaucoup de blessés gravissimes du côté des ‘Gilets jaunes’. »

Politique (Médias) (34) : (26 janvier) 2019. Sur LCI, [18h 06] Claude Weil, « éditorialiste politique » auteur de :
« La France est tranquille. »

Politique (Médias) (35) : (26 janvier) 2019. Sur LCI [19h10], un bandeau affiche le chiffre de « près de 300.000 contributions » sur le site du « grand débat national », au moment même où la place de la République où devait se tenir la « nuit jaune » était évacuée par les forces de l’ordre. Et un « éditorialiste » affirme : « ils veulent renverser la république et la démocratie », au moment même où les « Gilets jaunes » son