Prostitution. Proxénétisme. Traite des êtres humains
 Marie-Victoire Louis

Proxénétisme

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 21/09/2017
date de publication : 21 septembre 2017
mise en ligne : 21/09/2017
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Extrait de l’Abécédaire féministe

À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 4727 items et 23 rubriques : I. «Culture» (193) ; II. Droit (97) ; III. Êtres humains (177) ; IV. Êtres humains. Corps (84) ; V. Êtres humains. Enfants (60) ; VI. Êtres humains. Femme-s (869) ; VII. Êtres humains. Homme-s (357) ; VIII. Êtres humains. Relations entre êtres humain-es (216) ; IX. Famille (189) ; X. Féminisme-s. Féministe-s (216) ; XI. Justice (233) ; XII. Langage (177) ; XIII. Patriarcat (214) ; XIV. Penser (364) ; XV. Politique (505) ; XVI. Pornographie (62) ; XVII. Proxénétisme (182) ; XVIII. «Sciences» sociales (91) ; XIX. «Sciences» Sociales (Démographie) (24) ; XX. «Sciences» sociales (Économie) (97) ; XXI. «Sciences» sociales (Histoire) (78) ; XXII. Sexe-s [Sexualité, Sexisme] (66) ; XXIII. Violences (176)… et continuera d’évoluer.

21 septembre 2017

XVII. Proxénétisme

En noir, items nouveaux (et modifiés)

I. Proxénétisme : Proxénétisme. Un préalable méthodologique ; Proxénétisme (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Proxénétisme (Agences de mannequins) ; Proxénétisme (Amnesty International) (1, 2) ; Proxénétisme (‘Arguments’) ; Proxénétisme (Attali. Jacques. 2016) ; Proxénétisme (Bangkok) ; Proxénétisme (Bordel) (1, 2) ; Proxénétisme (Bordel d’Auschwitz) (1, 2, 3) ; Proxénétisme (Bordel. France. Verdun (ou Saint-Dizier) 1915) ; Proxénétisme (Bordel. Somalie. Années 20) ; Proxénétisme (Borillo Daniel) ; Proxénétisme (Chalais François. Base américaine. Philippines (s.d)) ; Proxénétisme (Chalais François. Cambodge. Août 1969) ; Proxénétisme (Chalais François. Cuba. 1969) ; Proxénétisme (Remarque Erich Maria) ; Proxénétisme (Chanson) ; Proxénétisme (Colonialisme. Algérie) ; Proxénétisme (Comment le dissoudre par loi et le verbe) (1, 2) ; Proxénétisme (Corbin Alain) ; Proxénétisme (Corps…) : (Cf. Êtres humains. Corps) http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1217&mode=last ; Proxénétisme (Courrier International) ; Proxénétisme («Crime organisé») ; Proxénétisme («Culture») ; Proxénétisme (Debray Régis) ; Proxénétisme (Désir) ; Proxénétisme (Des Cars Guy) ; Proxénétisme (Deuxième Internationale) ; Proxénétisme (Dumas Roland) ; Proxénétisme (État Français) ; Proxénétisme («Esclavage moderne») ; Proxénétisme (Europe) ; Proxénétisme («Exploitation») ; Proxénétisme («Exploitation Sexuelle») ; Proxénétisme («Exploitation économique et sexuelle») ; Proxénétisme (Féminisme) (1, 2) ; Proxénétisme (Foucault Michel) ; Proxénétisme (France Culture) ; Proxénétisme (France inter) (1, 2) ; Proxénétisme («Gestation pour autrui». G.P.A) ; Proxénétisme (Gide André) ; Proxénétisme («Hétaïres») ; Proxénétisme (Histoire) (1, 2) ; Proxénétisme (Hugo Victor) ; Proxénétisme (Hystérectomie) ; Proxénétisme (Justice) ; Proxénétisme (Justification) ; Proxénétisme (Las Vegas) ; Proxénétisme (Libéralisme) ; Proxénétisme (Liberté) ; Proxénétisme (Liberté de la presse. Camus Albert) ; Proxénétisme (Lobbys) (1 ,2, 3, 4) ; Proxénétisme (Lutte) ; Proxénétisme («Massage naturiste») ; Proxénétisme (Marxisme) ; Proxénétisme (Mauriac François) ; Proxénétisme (Menaces) ; Proxénétisme (Michel Louise) ; Proxénétisme (Modernité) ; Proxénétisme (Moindre mal. Argument du) ; Proxénétisme (Monde Diplomatique Le) (1, 2, 3, 4) ; Proxénétisme (Monologues du vagin. Les) ; Proxénétisme (Morale) ; Proxénétisme («Offre» / «Demande») ; Proxénétisme (Paris. XIXème siècle) ; Proxénétisme (Paris. 1914) ; Proxénétisme (Paris sous l’Occupation) ; Proxénétisme (Parlement français. Vote de la loi du 6 avril 2016) (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Proxénétisme (Pauvreté) ; Proxénétisme (Pays-Bas) ; Proxénétisme (Police. France. 1940) ; Proxénétisme («Propriété intellectuelle») ; Proxénétisme («Putophobe) ; Proxénétisme (Questions) ; Proxénétisme (Réalisme) ; Proxénétisme (Réseaux) ; Proxénétisme (Russie. 1920) ; Proxénétisme (Russie. 2017) ; Proxénétisme (Rapport Assemblée Nationale. France. 2012) ; Proxénétisme (Rapport Assemblée Nationale. France. 2013) ; Proxénétisme (Sade) ; Proxénétisme (Sandel Michael J) ; Proxénétisme (Séguéla Jacques) ; Proxénétisme (Simenon Georges) ; Proxénétisme (Spéculum) ; Proxénétisme (Statistiques. 2017) ; Proxénétisme («Système prostitueur») ; Proxénétisme (Théâtre Mogador. 1948) ; Proxénétisme («Traçabilité») ; Proxénétisme («Trafic / Traite des êtres humains») (1, 2, 3, 4, 5) ; Proxénétisme («Travail, Travailleuse/eur sexuel-le») (1, 2, 3, 4) ; Proxénétisme (Vente de bananes) ; Proxénétisme (Vert-es) ; Proxénétisme, proxénètes et clients (Comment les faire disparaitre) ; (128)

II. Proxénétisme. Clients : Proxénétisme («Clients») ; Proxénétisme («Clients». Droit. XIXème siècle) ; Proxénétisme («Clients». Duncan Isodora) ; Proxénétisme («Clients». France Inter) ; Proxénétisme («Clients». Hazera Hélène) ; Proxénétisme («Clients». Hôpital Psychiatrique. Marseille. 1970) ; Proxénétisme («Clients» Mauriac François) ; Proxénétisme («Clients» Pénalisation des) (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Proxénétisme (Clients. Simenon Georges) ; (14)

III. Proxénétisme. Personnes dénommées prostituées : Proxénétisme Personnes dénommées : prostituées (1, 2, 3, 4, 5) ; Proxénétisme Personnes dénommées : prostituées (Balzac) ; Proxénétisme Personnes dénommées : prostituées (Bloy Léon) ; Proxénétisme Personnes dénommées : prostituées. (Constant Benjamin) ; Proxénétisme Personnes dénommées : prostituées (France Culture) 2016) ; Proxénétisme Personnes dénommées : prostituées (Garçon Maurice) ; Proxénétisme Personnes dénommées prostituées (Le Monde. 2016) ; Proxénétisme Personnes dénommées prostituées (Olivier Maud) ; Proxénétisme Personnes dénommées : prostituées (Paz Madeleine) ; Proxénétisme Personnes dénommées : prostituées (Voltaire) ; (14)

IV. Proxénétisme (Proxénètes) : Proxénétisme (Proxénètes) (1, 2) ; Proxénétisme (Proxénètes. Comment les dissoudre par la loi et le verbe) (1, 2) ; Proxénétisme (Monteil Martine) ; Proxénétisme (Politique) ; Proxénétisme (Procès) ; (7)

V. Proxénétisme. Abolitionnisme : Proxénétisme (Abolitionnisme) (1,2,3,4,5) ; Proxénétisme (Abolitionnisme. Antithèse) ; Proxénétisme (Abolitionnisme. Butler Joséphine) ; Proxénétisme (Abolitionnisme. Détournement de signification) ; Proxénétisme (Abolitionnisme. Esclavage) (1,2) ; Proxénétisme (Abolitionnisme. Hugo Victor) ; Proxénétisme (Abolitionnisme. Justification) ; Proxénétisme (Abolitionnisme. Langage) ; Proxénétisme (Abolitionnisme. Libéralisme) ; Proxénétisme (Abolitionnisme. Marat) ; Proxénétisme (Abolitionnisme. Penser) ; Proxénétisme (Abolitionnisme. Richard Marthe) ; Proxénétisme (Abolitionnisme. Personnes - dites - prostituées) ; Proxénétisme (Abolitionnisme. Wells H.G) ; (19)

21 septembre 2017 : 182 items

I. Proxénétisme.

Proxénétisme. Un préalable méthodologique : J’entends par «proxénétisme» le rapport spécifique de domination, réductible à aucun autre, au sein duquel des êtres humains sont considérés comme étant légitimes à s’approprier l’accès aux sexes d’autres êtres humains.
C’est la relation de domination qui est première ; c’est elle qui est signifiante ; c’est elle qui donne son sens au proxénétisme ; c’est elle qu’il faut dévoiler et dénoncer.
Dès lors, la stricte définition du Code pénal, quel qu’il soit (en France ou ailleurs), ne peut être la norme sur les fondements desquels le proxénétisme doit être analysé. La meilleure illustration de cette évidence étant que les articles des codes pénaux et les pensées y afférentes ont coexistés avec tous les systèmes, abolitionnistes inclus, légitimant ce que l’on a appelé la «prostitution».
- Dès lors, le terme de «proxénétisme» doit remplacer celui de «prostitution», lequel, inapproprié dès l’origine, ne permet assurément plus de penser les bouleversements philosophiques, politiques, juridiques, économiques qui, sur le sacrifice de la Convention de 1949 et de son Préambule, ont eu lieu depuis que le corps humain - et donc l’être humain - est «entré sur le marché». 1.
Parmi les conséquences de cette analyse, la moindre n’est sans doute pas celle-ci : Dès lors que l’être humain a été transformé en marchandise, il est soumis aux lois du marché capitaliste fondé sur la loi de l’offre et de la demande ; en conséquence, la sphère de la marchandisation, faute d’être dénoncée, ne peut que s’agrandir.
- C’est là, à ce point de jonction, qu’abolitionnisme et anti capitalisme se rejoignent, sans réduire l’un à l’autre.
- C’est là, aussi, dans les luttes anticapitalistes, la ligne de fracture qu’effectue le féminisme abolitionnisme.
* Ceci clarifié, dans le cadre de cet Abécédaire, et dans l’attente d’un texte autonome qui serait issu de cet Abécédaire, l’emploi de ce terme pose problème dans la mesure où il se réfère à la fois à mes analyses actuelles, mais inclut aussi l’histoire : dès lors, il entraîne nécessairement des anachronismes porteurs de confusions. (Cf. Proxénétisme. Abolitionnisme)

Proxénétisme (1) : Pour créer, consolider, enraciner un monde dorénavant devenu proxénète,
- Il faut imposer des interlocuteurs-trices ad hoc, des personnes prostituant le terme de féminisme, mais aussi des humanistes, des philosophes, des sociologues, des historien-nes, des juristes, des politiques (député-es, sénateurs-trices, ministres, diplomates…), des policiers, des personnes qualifiées de ‘travailleuses sexuelles’. Il faut des journaux et des journalistes, des sites internet, des partis, des associations, des ONG (Amnesty International, Human’s right’s watch, etc..)
- Il faut des bourses, des financiers, des paradis fiscaux, Western Union (entre autres), des investissements
- Il faut des bras armés, des petites frappes, beaucoup, énormément de violences.
- Il faut des promesses non tenues, des mensonges, des infiltrations, des manipulations, des ‘aides’, des ‘soutiens’, des corruptions (à petite et grande échelle), des intimidations, des publicités, des menaces, des injures, des tortures, des assassinats et beaucoup, énormément de mises au silences.
Mais il faut aussi faire disparaître de la pensée toute référence à l’abolitionnisme dans l’histoire, et pour cela invalider des concepts, des mots, ayant eu cours, pouvant à nouveau être utilisée en ce sens, en substituer d’autres et les imposer.
* Écrit après avoir lu la définition que l’Abbé Grégoire donnait, en 1822, des «négriers» :
«J’appelle négrier, non seulement le capitaine de navire qui vol, achète, enchaîne, encaque et vends des hommes noirs, ou sang-mêlés, qui même les jette à la mer pour faire disparaître le corps du délit, mais encore tout individu qui, par une coopération directe ou indirecte, est complice de ses crimes. Ainsi, la dénomination de négriers comprend les armateurs, affréteurs, actionnaires, commanditaires, assureurs, colons-planteurs, gérants, capitaines, contremaîtres et jusqu’au dernier des matelots, participant à ce trafic honteux.» 2

Proxénétisme (2) : Le proxénétisme, allié objectif du libéralisme. Son avant-garde ? Non, car il en est son fondement. Leurs mots d’ordre sont identiques : «Laisser [tout] faire, laisser [tout] passer». Mais libéralisme et proxénétisme ne peuvent être amalgamés : le proxénétisme légitime l’appropriation d’êtres humains par d’autres, ce qui, du fait du patriarcat, existait avant même l’apparition de l’idée même du libéralisme.

Proxénétisme (3) : Si le Code civil fondait le droit, où plus justement si une lecture patriarcale du droit était effectuée, le proxénétisme devrait être illégal depuis 1804 :
«Il n'y a que les choses qui sont dans le commerce qui puissent être l'objet des conventions» (Article 1128 du Code civil).
- Cf. aussi, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 23 juin 1793 :
«La personne n’est pas une propriété aliénable.» (Article 18) (Cf. Droit Patriarcal)

Proxénétisme (4) : L’abolitionnisme doit cesser de se focaliser quasi exclusivement sur les personnes qui défendent le bien-fondé du proxénétisme - ‘cibles’ faciles engendrant la facilité de la critique - et travailler, dévoiler, dénoncer, se concentrer sur les intérêts qui le légitiment et l’imposent, sur les moyens, pour ce faire, mis en œuvre, sur les valeurs qui sont détruites, sur le monde qui est ainsi créé.

Proxénétisme (5) : Un système d’oppression ne peut ni ne doit se réformer.
Toute réforme le conforte dans son bon droit à se perpétuer. (Cf. Politique. État. Réforme)

Proxénétisme (6) : Abolir le système proxénète, et non pas amender le système prostitutionnel, doit être le projet des abolitionnistes.

Proxénétisme (Agences de mannequins) : Inès de la Fressange, auteure de : «Contrairement à ce que l’on pense souvent, la plupart des agences ne sont pas des mères maquerelles». Plus loin, on lit :
«Une ou deux agences n’étaient pas très nettes. Personnellement, je n’ai jamais eu de propositions ou été face à une attitude ambiguë de la part de ceux qui me représentaient. Longtemps après, j’ai entendu parler de scandales, de cover-girls qui étaient aussi call-girls par le biais de certaines agences. À l’époque, je n’étais pas du tout au courant. Quand une fille est en dehors de son pays, jolie, jeune et loin de ses parents, il y a toujours un risque, quelque soit le métier. Je sais qu’il y a eu des histoires un peu glauques. […] »
- Moi, Inès de la Fressange, je me défends, je sous-estime, je légitime le monde dans lequel j’ai vécu et je vis, comme je peux…difficilement…3

Proxénétisme (Amnesty International) (1) : Dans son Rapport 2014/2015, La situation des droits humains dans le monde, Amnesty International classe une «travailleuse du sexe» - selon leur déjà ancienne dénomination - dans la rubrique «Défenseurs des Droits humains4
Les critiques de 2014 notamment féministes d’Amnesty International, déjà dépassées à l’époque, mériteraient d’être reprises à leur juste signification.

Proxénétisme (Amnesty International) (2) : Dans un article du magazine d’Amnesty International de décembre 2016 consacré au Féminisme au masculin, Alicia Ségui de la Slut walk (Marche des Salopes) donne son avis en la matière. Et on lit :
« […] J’attends de voir tous ces hommes qui se déclarent féministes dénoncer le sexisme de leurs collègues ou de leurs amis, et respecter la volonté des femmes, qu’elles se baignent en burkini, exercent le travail du sexe ou se baladent en minijupe !» 5

Proxénétisme (‘Arguments’) : Tous les arguments, sans exception, des défenseurs du proxénétisme sont nécessairement erronés car ils sont fondés sur un postulat indéfendable, sauf à justifier la barbarie.

Proxénétisme (Attali Jacques) : Jacques Attali, auteur, en avril 2016, de :
«Le marché va s’étendre à des domaines aujourd’hui considérés comme illégaux, criminels, comme la prostitution, le commerce des organes, le commerce des armes, le racket, etc., etc..…[…]
Jusque et y compris, au bout de la route, la commercialisation de la chose la plus importante c’est à dire la vie, la transformation l’être humain en un objet marchand lui même devenu un clone et un robot de lui même.» 6
- Juste, à ceci près, que le processus est engagé depuis des dizaines d’années. Mais pour le savoir, et donc le dénoncer, encore eut-il fallu suivre les discussions, les engagements, les négociations, les signatures de conventions, les conclusions de colloques, etc., etc., dans les institutions européennes, internationales…

Proxénétisme (Bangkok) : Cornelius Castoriadis [1922-1997], auteur, en 1996, de :
«Bangkok était une des plus belles villes au monde. Je l’ai connue en 1964 avant qu’elle ne devienne le bordel de l’armée américaine au Vietnam.» 7 (Cf. Politique. Guerre)

Proxénétisme (Bordel) (1) : «C’est le bordel» : Expression inappropriée : l’ordre proxénète règne dans les bordels.

Proxénétisme (Bordels) (2) : Lu, à la rubrique Bordels, dans le Dictionnaire de la pornographie :
«Le spectacle du corps à vendre interroge la nature même du rapport entre le désir et son objet, entre lesquels l’image vient s’interposer. Il ne faut pas oublier que le bordel est un trompe l’œil, une maison d’«illusion». On y achète une image, une représentation, un reflet, en d’autres termes : le leurre du désir.» 8
- Du négationnisme…. (Cf. Pornographie)

Proxénétisme (Bordel d’Auschwitz) (1) : Samuel Pisar [1929-2015], auteur de :
«Les hommes qui tirent le chariot en direction de la décharge sont des kapos, super privilégiés, violents, sadiques, jouissant de l’impunité. Les femmes, choisies avec la complicité des gardiennes, ignorent tout de leur destination ; elles sont jeunes, jolies et pour la plupart vierges. Un peu à l’écart d’un tas d’immondices, une maison délabrée dont le grenier a été recouvert de paille : le bordel clandestin d’Auschwitz ! Passé le premier moment de panique, les femmes doivent s’adapter rapidement. Il leur faut surmonter leur répulsion, satisfaire pleinement ces ‘dieux obsédés’ ; car les dieux punissent. Une jeune fille dont ils sont déçus peut repartir avec un blâme, une punition qui la condamne à être rouée de coups, exécutée. Pour un garçon de 15 ans, c’est une expérience marquante, une image traumatisante qui, parfois, contre toute attente, se paraît d’une touche de tendresse et de beauté. L’homme même le plus cruel et le plus dépravé peut s’attendrir dans l’abandon de l’acte sexuel. Un kapo qui s’était conduit comme une brute sadique dépose doucement un baiser sur les lèvres d’une jeune fille et glisse pantelant dans ses bras. De telles scènes contribuèrent sans doute à mon développement émotionnel, en me laissant l’impression que rien de ce qui vit n’est insensible à l’amour et qu’on peut trouver même chez les plus méchants et les plus tarés un brin de sentiment humain.» 9
- Je laisse les personnes qui le souhaitent, [dans l’attente de pouvoir reproduire moi-même, de savoir comment le faire, ou plus justement, de pouvoir oser le catégoriser] lire ce que Samuel Pisar écrit concernant son «travail» dans ce bordel d’Auschwitz, mais, plus encore, environ trente ans après, comment il le présente (p.90, 91).

Proxénétisme (Bordel d’Auschwitz) (2) : Anne-Lise Stern, dans son livre, Le savoir-déporté. Camps, Histoire, Psychanalyse, évoque, dans le camp de Birkenau où elle avait été déportée, une relation furtive entre un S.S. - qualifiée, le concernant d’«intimité à son égard» - et elle. Puis elle écrit concernant les «camps» :
«[…] Là, [toute] sexualité était exclue. Ça, c’est très difficile à faire comprendre, admettre. Ca n’arrange pas du tout les psychanalystes, ni les fantasmes des plus jeunes. Ils s’accrochent à quelques récits sur les très rares exceptions, les rencontres des «privilégiés» ou brodent sur l’existence de bordels à Auschwitz (pas de juives dans ces bordels, mettez vous bien ça dans la tête) On en vient à sexualiser Auschwitz pour éviter l’inanalysable, l’inattrapable de la chambre à gaz10 (Cf. «Sciences» sociales. Psychanalyse, Sexes [Sexualité …])

Proxénétisme (Bordel d’Auschwitz) (3) : Dans le Bréviaire de la haine, au sein du paragraphe intitulé : L’agonie de esclaves, après avoir évoqué les processus par lesquels les déportés étaient devenus «à un degré plus ou moins grand, un rouage du système, en acquérant même certaines caractéristiques mentales», Léon Poliakov [1910-1997] écrit :
«Les privilèges luxueux dont bénéficiaient une mince couche de détenus appartenant à ‘l’aristocratie’ du camp, les distractions et les matchs sportifs, la maison close, leur restaient interdits.» 11

Proxénétisme (Bordel. France. Verdun (ou Saint-Dizier) 1915) : Roger Martin du Gard, dans son Journal [1881-1958], à la date du 20 avril 1915 :
«Vais avec Marcel et Guieu au bordel assister à l’invasion des Marocains. Maison cubique, sans portes ni fenêtres ; une porte de prison, en fer, une lanterne dans une cage grillée. Les Marocains entrent par fournées de cinquante. À l’intérieur, un sous-officier en armes, un brigadier marocain et six hommes baïonnette au canon pour faire respecter l’ordre. Ils passent une visite, qui leur donne un ticket numéroté. Trois francs la passe, cinq francs la femme (?). Ils ont droit à cinq minutes. Les femmes font quarante passes par jour depuis l’arrivée du Maroc (?). Mais (?) c’est expédié, au bord du lit, dans un nid d’ouate. Très amusant, très pittoresque, pas du tout «voyage en Champagne» (?). Les femmes en peignoir roses très affairées, montent et descendent des brocs. Ceux qui n’ont pas la patience d’attendre leur tour avouent qu’ils se contentent entre eux.» 12 Comment dissocier le patriarcat, du proxénétisme, du colonialisme, du racisme ?

Proxénétisme (Bordel. Remarque Erich Maria) : Erich Maria Remarque [1898-1970], dans son livre pacifiste [1929] : À l’Ouest, rien de nouveau (qui retrace la vie et la mort des soldats allemands pendant le guerre de 1914-1918) évoque Leer, âgé de 19 ans, «qui a une grande prédilection pour les filles des bordels d’officiers ; il affirme sous serment qu’elles sont obligées, par ordre du commandement, de porter des chemises de soie et, pour les visiteurs, à partir de capitaine, de prendre un bain préalable». 13

Proxénétisme (Bordel. Somalie. Années 20) : Lu dans La voie royale de Malraux [1901-1976] :
«Il revoyait les tâches des lampes à pétrole entourées d’insectes […], soumises à la flûte d’un aveugle, [les filles] avançaient en rond, chacune frappant avec rage la croupe trop forte de celle qui la précédait.» […] 14 Spectacle d’horreur…
* Ajout. 7 octobre 2016. Je lis dans le livre de Clara Malraux, Nos vingt ans, concernant une escale à Djibouti, en 1923, lors de leur voyage aller pour Bangkok :
«[Sur une place] des filles belles et nues dansèrent pour nous. D’abord celles que nous avions payées pour le faire, puis, entraînées par le rythme, celles qui regardaient, vêtues, se dévêtir et se joignirent à la procession dansante, pour leur seul plaisir, chacune frappant en mesure sur la croupe saillante qui s’animait devant elle. La chaleur n’abrutissait plus, elle excitait. Les cris saoulent mieux que la champagne, nous en sommes plus que des corps joyeux d’exister.»
Plus tard dans le récit, plus loin dans le temps, lors de son voyage seule, au retour en France, elle évoquera «les prostituées» de Djibouti. 15 Il est des mots qui, à eux seuls, pèsent lourd... (Cf. Femme. Écrivaine)

Proxénétisme (Borillo Daniel) : Auteur notamment des livres suivants : Sida et droits de l’homme, Homosexualités et droit, L’homophobie, Lutter contre les discriminations, La liberté sexuelle, Homosexuels, quel droit ?, Le droit des sexualités, Bioéthique…Et de :
«[…] De mon point de vue, le seul moyen de mettre fin aux conditions d’exploitation dans lesquelles s’exerce la plupart de la prostitution actuellement est de la civiliser, c’est-à-dire la faire entrer dans le droit commun, plus précisément dans le droit du travail.» 16 (Cf. Droit, Proxénétisme. «Exploitation». «Exploitation sexuelle»)

Proxénétisme (Chalais François. Base Américaine. Philippines) : François Chalais [1919-1996], se rend aux Philippines, sur la base américaine de Clark field [s.d, mais probablement vers 1965, dans la mesure où il évoque l’élection de Ferdinand Marcos] et écrit, en 1973 :
«Angeles City est une ville très particulière, construite exactement à la limite de la base US de Clark-field, à moins de 200 kilomètres de la capitale [Manille]. Une ville qui ne serait composée que de bars et de dancings […] Leurs noms ont été choisis en fonction de ce qu’on estime être leur pouvoir de persuasion : Blue gardenia ou sexy Rose. [...] Devant les façades, des écriteaux réclament des hôtesses, de préférence nubiles. Il y en a pourtant déjà des milliers. Il en faudrait encore au moins autant.» Et il poursuit :
«À Angeles city, cinq hôtesses sur sept souffrent de troubles vénériens. Ce n’est qu’un début. Alors, pour tâcher d’adoucir une plaie aussi atroce, autour des miasmes de la ville, une autre ceinture vient de boucler sa boucle : celle que forment les somptueuses demeures de médecins spécialisés. Retour à l’hygiène ? À un peu plus d’humanité ? La vérité est que l’on a surtout calculé que les malheureuses victimes laisseraient dans de tels établissements, en principe sanitaires, plus du quart de ce qu’elles gagnent. Traduisez : plus de la moitié de ce que leur abandonnent les mafias qui les exploitent. Le commerce, ce n’est pas difficile, il suffit de se procurer la matière première17 (Cf., Corps. Chalais François, Proxénétisme. Colonialisme)

Proxénétisme (Chalais François. Cambodge. Août 1969) : François Chalais [1919-1996] racontant en août 1969, la fin du régime de Norodom Sihanouk [1922-2012], au Cambodge et visite à Phnom Penh «les maisons flottantes» :
«Soudain, au détour des bosquets, les pavillons sur pilotis apparaissent, qui s’appellent d’une manière qu’ils croient alléchantes : Tahiti, Hollywood, La cabane. Alors le spectacle devient ignoble. Dans l’odeur du méchoui qui rôtit, les filles attendent à discrétion. De pauvres filles, terriblement jeunes, déjà déformées par l’abus que l’on fait d’elles. Les puissants du jour sont là, ventrus, le rire graveleux, la fatuité obscène : officiers de grade supérieur, ou chefs de la police. Une fille qui a du boire le mélange de vin rouge et de pastis qu’on lui a versé de force dans la gorge vomit et se met à délirer. On la chasse en m’assurant qu’elle sera sévèrement punie car ‘elle a fait des manières’. Elle est caissière, et n’est venue que pour obéir à son frère qui est dans la police. C’était la première fois. Avant qu’elle ne reprenne, à pied, en titubant, la route qui l’amènera au bout de plusieurs heures à la ville, en attendant le châtiment du lendemain, toute l’assemblée la viole encore une fois. Totalement inconsciente, elle rampe vers la sortie. Mais mon hôte devance ma protestation : toutes ces garces, dit-il avec mépris, sont des restes de l’occupation française. Bâtardes de soldats, et abandonnées, on ne voit vraiment pas pourquoi, il faudrait se gêner avec elles. Dans deux ans, poursuit toujours mon guide, avec la satisfaction du devoir accompli, épuisées, finies, on les jettera aux chiens ou on leur fera casser des cailloux. Elles ont d’ailleurs souvent le tort d’avoir du sang Vietnamien. Alors, dans ce cas, c’est la curée presque légale.» 18 (Cf., Corps. Chalais François, Proxénétisme. Colonialisme)

Proxénétisme (Chalais François. Cuba. 1996) : François Chalais [1919-1996] effectue un voyage à Cuba en octobre 1966, soit 8 ans après la révolution cubaine et reproduit dans un livre publié en 1973, les notes de son journal personne. À la date du 7octobre 1966, il évoque un «dîner spectacle au Tropicana, extraordinaire d’ambiance et de couleur.» Et il poursuit : «
Mais les danseuses en sont pratiquement considérées comme du bétail à la disposition du haut personnel de l’Etat. Le chef de la Presse nous a invités. Il signe sans sourciller une facture qui ferait vivre une famille populaire pendant deux mois. Il n’a qu’à faire un signe et les danseuses se précipitent avec le crainte d’un suspect au moment de l’interrogatoire de police.» Puis, le 10 octobre 1966, il écrit :
«Dans le bureau du chef de Presse, des filles ravissantes que l’on a fait entrer une à une nous sourient. J’en avais demandé deux ou trois pour égayer une séquence que je voulais tourner. Elles tremblent manifestement de peur. Le chef de la presse me les désigna avec morgue : ‘C’est celle-là que tu veux ?’ J’aimerais dire oui pour toutes, tant elles me font pitié. J’en montre une. Mais il refuse: ‘Pas elle, c’est une salope. Sa sœur est partie pour Miami’. Il la chasse. Finalement, celles que j’aurais, c’est lui qui les a choisies. Je lui dis que j’aimerais les payer. Il hausse les épaules : ‘Inutile, elles sont leur salaire de putain.’»
- Et, enfin le 16 octobre 1966 :
«Si on a heureusement supprimé les infâmes bordels de Batista [1901-1973], on a conservé quelques lieux de recueillement particulier à l’usage des étrangers et de quelques favorisés», suivi de : «Avoir des relations avec un étranger est assimilé ici à un complot contre l’Etat.»
On comprend mieux alors pourquoi ces femmes «tremblent de peur». 19
(Cf. Corps. Chalais François, Langage. Verbe. Avoir)

Proxénétisme (Chanson) : [Parles de Zaz. 1953] Refrains de Paris Canaille : […] Brins de lilas, Fleur de Pantin, Ça fait des tas, De petits tapins, Qui font merveille, En toute saison, Ça fait de l'oseille, Et c'est si bon... […] Paris j'ai bu, À la voix grise, Le long des rues, Tu vocalises, Y a pas d'espoir, Dans tes haillons, Seulement le trottoir, Mais c'est si bon […].» Chanté notamment par Léo Ferré et Yves Montand. (Cf. Culture)

Proxénétisme (Colonialisme. Algérie) : Lu dans le Journal des Goncourt [21 août 1888] :
«Un chasseur d’Afrique, à nous apparenté de loin et qui est venu ici passer deux ou trois jours, affirmait que tous les petits centres, tous les villages d’Afrique et de Tunisie, avaient pour fondateur un Français - oui, toujours un Français - qui arrivait avec des femmes du Midi de la France, des Espagnoles, des Italiennes et établissait un bordel.» 20 (Cf. «Sciences» humaines, Démographie, Histoire, Patriarcat)

Proxénétisme (Comment le dissoudre par loi et le verbe) (1) : Vous mélangez un peu d’«auto-entreprenariat» 21, un peu de «services à la personne», un peu de «violences», un peu d’«infractions à la législation sur les stupéfiants», «’sur’ les étrangers» («aide au séjour d’étrangers en situation irrégulière»…), sans oublier «le blanchiment d’argent», «le travail dissimulé» 22, «le travail illégal», «l’escroquerie sur internet», «l'esclavagisme moderne», «la rétribution insuffisante de personnes vulnérables» (eh, oui ! ), «l’association de malfaiteurs» (classique…), les «troubles à l’ordre public», «le crime (seulement ?) organisé», l’aide au «mariage blanc». Et même, l’«exercice illégal de la médecine»...23
Vous dissolvez dans «les mafias», «le commerce (illégal) et / ou la traite et / ou le trafic (illégal) des êtres humains, et / ou d’enfants, en bande organisée (ou non)», l’«association de malfaiteurs», l’«extorsion de fonds» et «les violences en réunion», «les réseaux (de prostitution)», et / ou «les filières (de proxénétisme)», étrangères si possibles (roms, roumains, nigérians, serbes, chinois de préférence…). Vous agitez le tout et le proxénétisme, dont le bien fondé est dores et déjà légitimé par les législations européennes et onusiennes, poursuit son autodissolution.

Proxénétisme (Comment le dissoudre par loi et le verbe) (2) : Entendu le 28 mai 2015, lors d’une émission de France Culture intitulée : Eurojust, existe-t-il une justice européenne ? les termes, les expressions suivantes : «criminalité financière ou fraude» ; «traite des êtres humains» ; «terrorisme» ; «criminalisation de l’émigration clandestine» ; «circuit de la fraude» ; «aide à l’émigration irrégulière en bande organisée» ; «filières de criminalisation de l’émigration clandestine» ; «criminalité transfrontalière» ; «nouvelles criminalité transfrontalières» ; «criminalité organisée» ; «terrorisme international» ; «trafics internationaux» ; «lutte contre la criminalité ou contre le terrorisme» ; «grande criminalité» ; «la traite humaine» ; «les affaires de terrorisme» ; «vrais réseaux criminels» ; «activités criminelles transfrontières» ; «délinquants internationaux» ; «filières de passeurs» ; «la lutte contre le terrorisme, la lutte contre le trafic d’êtres humains, que ce soit pour la prostitution que ce soit…les migrants, le trafic de drogue» ; «intérêt financier de l’Europe» ; «passeurs d’émigration clandestine qui sont des véritables trafiquants d’êtres humains» ; «flux de populations»….
- Sans oublier : «liberté de circulation», «sécurité des citoyens», «atteintes aux libertés», «droits fondamentaux», «droits nationaux», «acteurs économiques», «droits individuels», «libertés individuelles», «infractions transfrontalières»…
Et in fine, «l’Europe des valeurs» …
- Aucun terme, aucun expression employée n’ont été ni justifiées, ni singularisées, ni interrogées et tous ces amalgames ont été prononcés sans l’ombre d’une gêne, d’une inquiétude de la part de quiconque (notamment du journaliste enquêteur dont on aurait pu penser que cela relevait de sa responsabilité)
- Doit-on en outre considérer que les questions, les constats entendus relevaient d’‘analyses’ intellectuellement, politiquement, légitimes, acceptables ? Les voici : «Le monde du droit n’est pas simple» ? ; «Nécessité fait loi» ? ; «Les frontières sont perméables» ? ; «Nécessité de respecter le droit mais de poursuivre les infractions au droit » ? ; «L’Europe se fait par les hommes et par les femmes» ? ; «La criminalité transfrontalière…un défaut de l’Europe» ? 24 (Cf. Justice, Politique, Pornographie)

Proxénétisme (Corbin Alain) : Alain Corbin, dans un livre présenté comme «le premier ouvrage scientifique consacré à la prostitution française contemporaine par un historien de métier» (Quatrième de couverture), dans un paragraphe intitulé : «La croisade de Joséphine Butler et les débuts de la Fédération abolitionniste internationale», auteur de : «C’est au sein de milieux protestants anglais et suisses qu’est née la contestation du ‘système français’. Entre 1866 et 1876 en effet, un courant évangéliste, imprégné d’un féminisme agressif, essentiellement suppressif et prohibitionniste, s’est développé Outre manche et dans les Cantons de Genève et de Neuchâtel».
- Trois pages plus loin, Alain Corbin, dans la même veine, évoque «l’outrance verbale de Joséphine Butler». 25 (Cf. Féminisme, Patriarcat, Proxénétisme. Foucault Michel, Abolitionnisme. Butler Joséphine, «Sciences» sociales. Histoire. Historiographie Patriarcale)

Proxénétisme (Corps…) : (Cf. Êtres humains. Corps) http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1217&mode=last

Proxénétisme (Courrier International) : Je lis dans Courrier international dans un article consacré aux ‘Jeunes réfugiés [en Grèce], coincés dans l’enfer de la prostitution’ :
- «[…] Certains hommes plus âgés proposent de ramener ces jeunes garçons chez eux, ou en discothèque. D’autres leur offrent des vêtements et des cadeaux – ils les traitent comme leur petit ami ou leur mari et leur donnent de d’argent. Pour beaucoup de ces adolescents, c’est simplement l’occasion de dormir dans un lit chaud, qu’il leur est difficile de refuser
Et : «Selon les travailleurs sociaux à qui nous avons parlé, la solution réside dans le long terme. Essayer d’arrêter le commerce qui se déroule dans le parc et sur la place ne fera que déplacer le problème. […]» 26
- Remplacer prostitution / proxénétisme par esclavage.
- Il faudrait par ailleurs relever le nombre d’articles consacrés - depuis de fort nombreuses années - par Courrier International [journal composé d’articles relevés dans le vivier de la presse internationale] qui ont, sous diverses formmuations, légitimé le proxénétisme.

Proxénétisme («Crime organisé») : [2006] Publicité gouvernementale : «L’achat de contrefaçon finance le crime organisé ». 27 Le proxénétisme - entre autres... - a dû être oublié.

Proxénétisme («Culture») : Laurant Deutsch, acteur, présentant le spectacle : Irma la douce d’Alexandre Beffort au théâtre de la Porte St Martin, auteur de :
«C’est Cendrillon au pays des proxos». 28 Et chacun-e de s’esclaffer du bon mot (Cf. Culture)

Proxénétisme (Debray Régis) : Régis Debray, auteur, le 12 juillet 2016, sur France Culture, dans une émission intitulée : Allons aux faits, de :
«Il n’y a pas de marché pour le corps humain.» 29 (Cf. Homme «Intellectuel ». France. XXème, XXIème siècle, Proxénétisme, Violences faites aux femmes. Négation, Négationnisme)

Proxénétisme (Désir) : Un client [2016] : «Tu voulais offrir quelque chose ? […] Tes désirs sont des ordres.» Comment nier les rapports de domination, en en inversant les termes…

Proxénétisme (Des Cars Guy) : Le livre de Guy Descars [1911-1993], Les filles de joie [1959] : un concentré rarement égalé de tous les poncifs patriarcaux - notamment mais non pas tant s’en faut, exclusivement religieux - les plus réactionnaires.
Un exemple parmi cent : la remarque d’un inspecteur de police concernant les femmes dites prostituées :
«C’est bien regrettable qu’on ne puisse pas toujours toutes les faire entrer chez les Petites Sœurs des Pauvres ! Ce serait la meilleure façon de les reclasser en leur apprenant à être enfin utiles à quelque chose !».
Quant à la fin du livre, la voici : l’héroïne [pourrait], espère l’auteur, «finir par être une fille de vraie joie en devenant l’épouse du Christ.» 30

Proxénétisme (Deuxième Internationale) : Je ne peux m’empêcher de penser [dès lors qu’il s’avérait clair que l’enjeu politique était bien de mettre le corps humain et donc les êtres humains sur le marché] que le refus de nombre de féministes de prendre clairement position contre le proxénétisme s’apparente - si une comparaison avec le socialisme est possible - à la faillite de la Deuxième Internationale en 1914.

Proxénétisme (Dumas Roland) : Je lis, dans un article du Figaro intitulé : Avant et après : une maison close mythique se mue en hôtel chic, la présentation de son ancienne propriétaire/proxénète dénommée (par qui ?) Katia la rouquine :
«[Elle] avait deux passions : la police et l’opéra. Réputée pour la qualité de ses renseignements, elle a souvent bénéficié de protection dans le milieu policier. Et à un moment où a été lancée une chasse aux maisons closes, sa proximité avec Roland Dumas lui a évité bien des tracas.» Et ce, suivi par :
«La dame avait aussi ses zones d’ombre : le syndicaliste CGT, Henri Krasucki que c’est elle qui l’a dénoncé aux autorités avec d’autres résistants en 1943. Et son nom a été évoqué plus récemment dans le cadre de l’Affaire Elf.» 31
- Pour rappel, Roland Dumas était très proche de François Mitterrand dont il fut le ministre des Relations extérieures de 1984 à 1986, puis des Affaires étrangères de 1988 à 1993. Serait-il trop exigent d’exiger de savoir en quoi M. Dumas a t-il disons ‘protégé’ cette femme ? ; pourquoi l’a t-il ‘protégée’ ? ; pour qui l’a t-il ‘protégée’ ? ; à quel coût l’a t-il ‘protégée’ ? Et enfin, quelles relations cette aide a t-elle eu avec la politique étrangère de la France ? (Cf. Politique. État)

Proxénétisme (État Français) : Dans une émission de télévision consacrée à Madame Claude [1923-2015], diffusée sur France 2 (réalisée par Serge Khalfon), Sylvette Balland qui l’avait rencontrée à Los Angeles raconte ses échanges avec elle. Rappelons que Madame Claude fut une célèbre proxénète spécialisée dans la ‘fourniture’ de femmes aux dictateurs, hommes politiques, riches hommes d’affaires et autres personnages aussi remarquables.
- [En 1977] «Elle m’a dit qu’on l’avait laissé s’échapper (officiellement elle avait été «expulsée» de France, officiellement pour des «histoires d’impôts») parce qu’on ne voulait pas qu’elle révèle…qu’elle parle…»
- Quant à la commissaire Martine Monteil, chef de la Brigade de répression du proxénétisme, responsable de la police que l’on appelait autrefois La mondaine, à la question de savoir si Madame Claude avait été «longtemps protégée» répondit : «Oui. Forcément» et elle poursuivit : «La police et la justice n’ont pas beaucoup travaillé pour la faire tomber» déclara t-elle.
- L’impunité la concernant est un terme bien faible. 32(Cf. Politique. État)

Proxénétisme («Esclavage moderne») : Sous couvert de prendre en compte en sus des «pratiques proches» de l’esclavage, réhabilite l’esclavage. Et se substitue notamment au (à la lutte contre le) proxénétisme. À cet égard, le livre de Dominique Torrès, paru en 1996, Esclaves. 200 millions d’esclaves aujourd’hui 33, mêlant indistinctement, «exploitation économique» (p.14), «asservissement» (p.17), «serfs et esclaves» (p.16), évoquant un esclavage «avoué» ou «discret» (p. 31), mais aussi «renouvelé» (p.18), pour employer après le terme de «forme d’esclavage» (p.46), parlant de ‘petites bonnes’ «propriété de leurs maitres» (p.28) mais aussi de «location à durée indéterminée» (p.31), citant des «situations d’exploitation» et de «conditions infra-humaines»(p.35), etc… n’a pas aidé à circonscrire, clarifier le concept : il en révèle, en dévoile la confusion.

Proxénétisme (Europe) : Roger le Taillanter [1925-2005], met, dès 1993, dans la bouche d’un proxénète, la juste analyse suivante :
«[…] Suivant de près le développement des accords de Schengen, il se félicitait de l’avenir nouveau que les suppression des frontières allait sans doute ouvrir à des entreprises comme la sienne34 (Cf. Politique, «Sciences» sociales. Économie)

Proxénétisme («Exploitation») : Si l’exploitation est consubstantielle au capitalisme, évoquer, et même dénoncer «l’exploitation» dont sont victimes les personnes dites prostituées n’est en aucun cas une critique du proxénétisme. Bien au contraire, le seul emploi du terme d’«exploitation», tout aussi bien employé concernant le salariat, conforte le bien fondé du proxénétisme, puisqu’il contribue à le dissoudre dans un concept plus large.

Proxénétisme («Exploitation Sexuelle») : Du bon usage de la modernisation de la terminologie marxiste qui permet d’évacuer, sous couvert de l’englober, la question de «la prostitution», tout en étant assimilable par le libéralisme proxénète. Dès lors, on peut lire : aux Pays Bas, dorénavant, «l’exploitation sexuelle se définit par l’absence d’une juste rémunération de la personne prostituée.» 35

Proxénétisme («Exploitation économique et sexuelle») : «La prostitution, point de rencontre entre l’exploitation économique et sexuelle» tel est le titre de la brochure 36 qualifiée, le 9 décembre 2014, de «très bonne» par La Marche mondiale des femmes : Comment, habilement caché par un verbiage marxiste, féministe, se lit - pour qui veut bien s’attarder à l’analyse de cette confusion linguistique - une réalité libérale marchande qui dès lors occulte tous les rapports de domination. Il n’y a plus alors, significativement, tous confondus, à équivalence, que des «acteurs du système prostitutionnel». En utilisant efficacement la caution d’auteur-es qui s’affirment abolitionnistes, mais dont les limites sont ainsi dévoilées, l’Union européenne et ses si nombreux soutiens (dont le Lobby européen des femmes), tente de cacher qu’elle est depuis longtemps proxénète. Dès lors, les polices des États-membres peuvent se contenter de focaliser leurs recherches sur ce qui est nommé, pour ne prendre qu’un exemple, lu ce matin, «une organisation criminelle internationale de souche asiatique associée à l'exploitation de jeunes femmes». 37 (Cf. Patriarcat. Exploitation)

Proxénétisme (Féminisme) (1) : Une pensée, une action, un engagement qui légitiment peu ou prou le proxénétisme [et la pornographie], quelles qu’en soient ses formes, ses modalités - c’est à dire d’abord et avant tout dans son principe même - ne peut en aucun cas être qualifiée de féministe. Toute affirmation contraire relève de la forfaiture.

Proxénétisme (Féminisme) (2) : Pour empêcher ceux et celles qui ont si grossièrement subverti le terme de «féminisme», en premier lieu, les défenseurs/euses du proxénétisme, de s’approprier le terme de féminisme, comme celui de «patriarcat», poser en préalable de tout débat que patriarcat et proxénétisme sont indissociables et que les luttes anti-patriarcales ne peuvent être que radicalement opposées au proxénétisme. À cet égard, le rappel de la déclaration faite le 15 novembre 1996 par l’AVFT, la FAI (Fédération abolitionniste internationale), l’UECTH (Union contre le trafic des êtres humains) (ces deux dernières ayant disparu) et signée par la Coalition contre le trafic des êtres humains reste un repère essentiel. La voici : «Feminism and a pro-prostitution stand are mutually exclusive. lt is therefore proposed that in all future intemational feminists meetings and networks on male violence against women, clear anti-prostitution statement will be a prerequisite38 Exigence plus nécessaire que jamais, mais plus jamais même évoquée… (Cf. Patriarcat. Luttes anti-patriarcales)

Proxénétisme (Foucault Michel) : Michel Foucault [1926-1984], auteur, en 1982, de :
«Pour les Grecs et les Romains […] les thermes étaient un lieu de sociabilité qui incluait des rapports sexuels (sic). On peut comparer directement les thermes et le bordel. Le bordel est en fait un lieu, et une architecture, de plaisir. Il s’y développe une forme très intéressante de socialité, qu’Alain Corbin a étudiée dans les Filles de noce. Les hommes de la ville se rencontraient au bordel ; ils étaient liés les uns aux autres par le fait que les mêmes femmes étaient passés entre leurs mains (sic), et que les mêmes maladies et les mêmes infections leur avaient été communiquées. […]» 39 (Cf. Proxénétisme. Historiographie patriarcale. Corbin Alain)

Proxénétisme (France Culture) : Pour France Culture [après la condamnation de Sylvio Berlusconi à sept ans de prison interdiction à vie d’exercer tout office public] :
«Silvio Berlusconi (76 ans) ou quand "bunga-bunga" fait "boom».
Rappelons que l’une des jeunes filles dite-prostituée était mineure. 40 (Cf. Proxénétisme. Pays-Bas)

Proxénétisme (France Inter) (1) : Le lundi 21 septembre, à 05 heures 57, l’émission Le cabinet de Curiosité présente l’exposition Splendeurs et Misère. Images de la prostitution de 1850 à 1910, au Musée d’Orsay. Après avoir rappelé que les peintres évoqués ‘fréquentaient’ les bordels, après avoir comparé (assimilé ?) cette exposition, avec une précédente «exposition choc», consacrée dans le même musée au «nu masculin» dans laquelle «les sexes d’hommes étaient particulièrement détaillés», le responsable de l‘émission évoque «ce qui risque de faire jaser» : des «photos chocs extraites des films porno de l’époque» interdites au moins de 18 ans. Enfin, il affirma que le directeur du musée, Guy Cogeval, voulait «mettre le bordel au Musée». «La putain» de Serge Reggiani clôturait la séquence de l’émission. (Cf. Pornographie)

Proxénétisme (France Inter) (2) : Le surlendemain, le mardi 22 septembre 2015, dans la présentation écrite de l’émission, La marche de l’histoire, La prostitution en France au XIXème siècle, on lit notamment :
«[…] Aujourd’hui le gouvernement n’a à promettre aux visiteurs de la capitale que des magasins et le musée d’Orsay ouverts sept jours sur sept. Le Second Empire et la Troisième République y allaient franco. Tant qu’à prôner une métropole commercialement attractive, ils jouaient la carte du tourisme sexuel : à Paris, les p’tites femmes, c’était 24 heures sur 24.»
Je n’ai pas le courage de continuer l’écoute : cela me suffit pour aujourd’hui.

Proxénétisme («Gestation pour autrui».G.P.A) : Sylviane Agacinski, auteure, concernant la GPA, de :
«J'éprouve un certain dégoût à devoir argumenter pour dire pourquoi il est indigne de demander à une femme de mettre son ventre à la disposition d'autrui
Pourquoi ? Dommage de ne pas poursuivre l’analyse…41

Proxénétisme (Gide André) : André Gide [1869-1951], auteur de :
«J’acceptais qu’il se fit proxénète, mais qu’il fût malhonnête, non, cela je ne le tolérais point. […]» 42 (Cf. Politique. Morale)

Proxénétisme («Hétaïres») : Réhabilitées, dans Le deuxième sexe, par Simone de Beauvoir [1908-1986]. 43

Proxénétisme (Histoire) (1) : Havelock Ellis [1859-1939] dans son livre, La prostitution - Ses causes - ses remèdes [1924], auteur de :
«Quand les femmes sauvages se vendent de nos jours, ou sont vendues par leur mari, c’est régulièrement, comme l’ont prouvé maintes enquêtes, à la suite d’une contamination par la civilisation européenne.» 44

Proxénétisme (Histoire) (2) : Je lis dans le livre Ryszard Kapuscinski, [1932-2007], Le Shah [1919-1980] concernant l’un de ses prédécesseurs :
«Nasseredddin Shah [1831-1896] était tellement endetté dans les bordels parisiens que, pour s’acquitter de ses dettes et pouvoir revenir dans sa patrie, il avait dû vendre à la France le droit de fouiller les sites archéologiques situés en Iran et s’approprier toutes les antiquités trouvées.» 45
- Sur Wikipédia, le concernant, outre la référence aux 84 épouses de son harem, je lis :
«Au cours de ses voyages, il fut impressionné par la technologie qu'il avait vue en Europe. […] Nassereddin Shah introduisit nombre d'innovations occidentales en Iran, dont un système de poste moderne, le transport ferroviaire, un système bancaire et la publication de journaux.»

Proxénétisme (Hugo Victor) : Victor Hugo [1802-1885], auteur, en décembre 1851, de :
«Pourvoyeurs de l’Elysée, qui aujourd’hui lui amènent des filles et demain lui apporteront des cadavres.» 46 (Cf. Hommes «Politiques ». France, Proxénétisme. Abolitionnisme. Hugo Victor)

Proxénétisme (Hystérectomie) : Lu dans la description de la vie - intitulée : «Roman vécu» - de Madame Claude :
«[…] À l‘époque de la grande construction de l’Argentine, une multitude d’ouvriers arrivant de pays étrangers travaillaient sur les chantiers. Ils vivaient éloignés de leur famille. Des filles, souvent amenées d’Europe, étaient censées adoucir, dans les casitats, leur solitude. Les corses, ayant flairé la bonne affaire, y en voyaient des Françaises. […]
Afin d’améliorer leur rendement, elles devaient subir avant de partir un hystérectomie qui supprimait les menstruations.» […].
Rappelons que l’hystérectomie est l'ablation chirurgicale de l'utérus, laquelle si elle est ‘totale’ comporte également l'ablation du col de l'utérus.
- On lit sur la quatrième de couverture de ce livre : «À lire, sans a priori, l’imagination aux aguets et le sourire aux lèvres» ; quant au proxénétisme, sans cesse vanté dans ce livre, l’éditeur la présente ainsi : Madame Claude «organise aux quatre coins du monde des rencontres amoureuses». 47

Proxénétisme (Justice) : Aucune justice n’est pensable dans le cadre de sociétés qui justifient le proxénétisme. (Cf. Justice, Politique)

Proxénétisme (Justification) : Rien n’est plus efficace pour justifier le proxénétisme, et plus globalement pour tous rapports de domination, que de lire, de voir, d’entendre exprimée cette légitimation par ses victimes. Et lorsque certaines d’entre elles, s’affirment libres, cette assertion est censée clore le débat. Mais cette justification reçoit son couronnement que lorsque des politiques, des ‘intellectuel-les’, a fortiori par des personnes qui s’affirment abolitionnistes en cautionne le bien fondé.

Proxénétisme (Las Vegas) : Entendu dans le film Frank Sinatra ou l’âge d’or de l’Amérique [Michel Viotte. 2015] 48 concernant Las Vegas :
«Le lieu de tous les plaisirs et la capital du crime organisé.»
- Entendu, du même Sinatra, dans l’un de ses films, ce conseil avisé :
«[Il faut] traiter une poule comme une dame et une dame comme une poule».

Proxénétisme (Libéralisme) : La vérité théorique du libéralisme, comme fondement du proxénétisme, Friedrich Hayek [1899-1992], dans La route de la servitude, [1943], auteur de :
- «[…] Il est nécessaire avant tout que, sur le marché, les parties soient libres d’acheter ou de vendre au prix, quel qu’il soit, auquel ils peuvent trouver une contrepartie, et que chacun soit libre de produire, de vendre tout ce qui est susceptible d’être produit ou vendu. Il est essentiel aussi que l’accès des divers métiers soit ouvert à tous aux mêmes conditions, et que la loi interdise à tout groupement et individus de tenter de s’y opposer par la force, ouvertement ou non.» 
- «[…] Il n’y a d’échelles de valeurs que partielles, échelles inévitablement diverses et souvent incompatibles. De ce fait l’individualiste conclut qu’il faut laisser l’individu, à l’intérieur de limites déterminées, libre de se conformer à ses propres valeurs plutôt qu’à celles d’autrui, que dans ce domaine les fins de l’individu doivent être toutes puissantes et échapper à la dictature d’autrui. […]
Cette attitude n’exclut naturellement pas qu’on admette l’existence de fins sociales, ou plutôt d’une coïncidence de fins individuelles qui recommandent aux hommes de s’associer pour les atteindre. […]
[Ce qu’on appelle «fins sociales»] sont des fins à l’obtention desquelles des individus sont disposés à contribuer en échange de l’assistance qu’ils reçoivent pour la satisfaction de leurs propres désirs. […]»
Tout est dit…ou presque. 49 (Cf. Politique. Concept. Libéralisme)

Proxénétisme (Liberté) : Détourner le débat de la question de la légitimité du proxénétisme vers celle de la soit-disante liberté (nécessairement individuelle) des personnes dites prostituées fut une ruse habile du libéralisme proxénète. Évoquer ne serait qu’une seule fois, la liberté d’une personne dite prostituée (fusse t-elle, bien évidemment, exprimée par elle-même), justifie le bien fondé du proxénétisme.

Proxénétisme (Liberté de la presse. Camus Albert) : Albert Camus [1913-1960], auteur de :
«La liberté de la presse est peut être celle qui a le plus souffert de la lente dégradation de l’idée de liberté. La presse a ses souteneurs comme elle a ses policiers. Le souteneur l’avilit, le policier l’asservit et chacun prend prétexte de l’autre pour justifier ses empiètements. Parmi ces messieurs, c’est à qui voudra protéger l’orpheline et lui donner un abri, que cet abri soit prison ou maison de prostitution. L’orpheline, vraiment est fondée à décliner tant de services empressés et à décider qu’elle doit lutter seule, et, seule, décider de son sort.» 50 (Cf. Hommes. Journalistes, Politique. Liberté de la presse, Patriarcat, Proxénétisme, Sade. Le Monde, Violences)

Proxénétisme (Lobbys) (1) : [Publicité. Autour de 2000. Date non retrouvée] : «Il m’a pétrie, il m’a façonnée, il m’a dorée, j’étais cuite, il m’a vendue… mon boulanger.» (Bannette. Boulanger pour le meilleur pain). (Cf. Patriarcat, «Sciences sociales». Économie. Publicité)

Proxénétisme (Lobbys) (2) : Pourquoi, alors que tous les «lobbys» (tabac, drogues, armements…) sont (faiblement) dénoncés, les lobbys proxénètes ne le sont-ils jamais ? Dès lors, sont occultés, et donc légitimés, les effets de leur ‘influence’ (pour employer un euphémisme) sur l’ONU, et plus largement dans toutes les institutions internationales, les institutions de l’Union européenne (Parlement inclus), la presse, la télé, l’édition, l’Université, la recherche, le féminisme, les associations, les ONG, le gouvernement, à l’Assemblée Nationale, au Sénat, etc. Une explication de cet «oubli» ? Parce que, tout en étant les moins défendables, seraient-ils les plus puissants ? les plus liés à [et dépendants de] tous les autres ? Ce qui est sûr c’est que leur impunité est, à ce jour (2016) totale.

Proxénétisme (Lobbys) (3) : Dès lors que vous avez en tête le nom des personnes qui ont soutenu la légitimité du proxénétisme, et listez les domaines dans lesquels ils interviennent (Cf. plus haut) vous comprenez l’extraordinaire efficacité des lobbys proxénètes.

Proxénétisme (Lobbys) (4) : Question : Peut on encore employer le terme de «Lobbys» lorsque leurs initiatives sont le fait des États. Non. Il n’est qu’à se référer au rôle (personnellement vécu) si fondamental joué pendant des années notamment dans toutes les institutions supra nationales par les Pays-Bas.

Proxénétisme (Lutte) : La lutte contre le proxénétisme ne doit pas être figée dans l’histoire [de la pensée], mais doit être présente, concrète, juridique, éthique, politique, internationale. Faute de quoi, le statu quo est maintenu et conforté.

Proxénétisme («Massage naturiste») : Une publicité déposée hier (11 septembre 2014) sur toutes les voitures de la rue du Sommerard :
«Massage naturiste. Confort … détente… Relaxation. Tous les jours. 24 h/ 24, Venez vous faire masser comme il faut, là où il faut. De jour comme de nuit. Réservez votre massage au…ou sur internet : love massage »…Adresse : rue St Denis. Photo : une jeune femme en maillot de bain deux pièces massant un homme couché sur le ventre.
* Ajout. 18 septembre 2014. Je retrouve, classée mais oubliée, quasiment la même apposée, même rue, même conditions, trois moins auparavant, en juillet 2014 : le massage naturiste n’avait lieu que de 9 heures à 2 heures du matin, tandis qu’après un massage payant «le deuxième» était «offert». Les affaires marchent bien… Une autre lui était jointe (même adresse) sur laquelle on pouvait lire :
«7200 loves Hôtels à Tokyo, le 1er à Paris. Love Hôtel à Paris : Chambres : - À l’heure. Chambres à Thèmes : 25 euros de l’heure. - À la nuit, de 0 h à 8 heures du matin, prix unique : 69 euros (tarif de lancement). Tout le confort d’un hôtel régulier, la discrétion et l’hygiène en plus. Inclus : Chaine X, Condoms, Douche privé, Serviettes de toilettes, Prise MP3, WIFI ; En option : Lube (?), Boissons, Massages, Sex toys, Lingerie». Et enfin : «Interdit aux mineurs - Prostitution interdite - La direction se réserve le droit d’admission.» Que fait la Brigade de répression du proxénétisme ? Il suffit de savoir lire. Non ?
* Ajout. 5 juillet 2015. Je lis qu’à Paris (seulement)
«300 salons de massages sont soupçonnés de se livrer à la prostitution» (sic !). Suivi de :
«Alors que Paris dénombrait une centaine de salons de massage en 2009, les derniers chiffres publiés en recensaient 575 en 2014. Rien qu'entre 2012 et 2014, leur nombre a doublé» […] «En 2014, seuls 17 établissements de relaxation ont fait l'objet de poursuites». 51
* Ajout. Janvier 2016. Même rue, nouvelle publicité, même présentation, émanant de la même adresse. Le «massage» toujours «24h/24. 7J/7» est présenté en français «Massage naturiste» et en anglais : «Nude massage», suivi d’une adresse net : «Relax, it’s just enjoyable !» Et, en français : «Confort, Détente, Relaxation. Venez vous faire masser comme il faut, là où il faut.»

Proxénétisme (Marxisme) : L’un des grands apports du marxisme fut de dévoiler le processus de transformation par le capitalisme du travail en marchandise. Dans la mesure où il était plus difficile de dissocier le travail de la force de travail, le proxénétisme a prolongé le processus mis à nu de la marchandisation du monde capitaliste par Marx et poussé la logique marchande à son terme : il a considéré que l’être humain lui-même était une marchandise. Et en a légitimé le bien fondé. (Cf. Politique. Marxisme. Incompatible avec le féminisme, Patriarcat)

Proxénétisme (Mauriac François) : François Mauriac [1885-1970], auteur de :
«Le bien et le mal, le discernement que nous en avons, la signification et la portée non seulement de nos actes secrets, mais de nos paroles et de nos écrits, notre responsabilité à l’égard des autres, surtout des petits, l’usage que nous aurons fait de notre pouvoir sur eux, ces attentats sur lesquels tout le monde ferme les yeux, cette prostitution qui fait commerce des corps et qui bénéficie d’une universelle indulgence, toutes ces offenses à la nature, tout cela si nous y projetons la lumière venue en ce monde et que le monde n’a pas connue se révèle tout à coup comme un monde ravagé, crevé d’abîmes, spirituellement mort.» 52

Proxénétisme (Menaces) : Texte de Michel Audiard dans La métamorphose des cloportes [Pierre Granier-Deferre. 1965] : [à une femme dite prostituée] :
«Je te commence à coups de lattes et je te termine au rasoir» ;
[Concernant un proxénète] : «J’envoie sa nana se faire bronzer à Dakar». (Cf. Culture. Cinéma)

Proxénétisme (Michel Louise) : Louise Michel [1830-1905], auteure en 1886 de :
«Si les grands négociants des marchés de femmes qui parcourent l’Europe, faisant la place pour leur négoce, étaient chacun au bout d’une corde, ce n’est pas moi qui irait la couper53 (Cf. Proxénétisme. Abolitionnisme)

Proxénétisme (Modernité) : Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut, auteurs, en 1977, de :
«Qu’est ce que la modernité ? C’est ce moment ou toute pute peut dire : ‘Je travaille’ et où tout travailleur : ‘Je suis une putain’. Voilà ce qu’affirment, à sa façon, Marx et Ulla, et voilà en même temps, un langage que personne ne veut entendre […]» 54 Prémonitoire.

Proxénétisme (Moindre mal. Argument du) : Pour réfuter la pertinence de ‘l’argument’ - ainsi que de toute pensée d’aménagement’ du proxénétisme - citer Simone Weil :
«Un prêtre ne devient pas patron d’une maison close dans la pensée qu’un marlou traiterait ces femmes plus mal.» 55

Proxénétisme (Monde Diplomatique Le) (1) : Dans un article intitulé : Au travail, les enfants, paru dans Le Monde Diplomatique de mai 2016, concernant la situation prévalant en Bolivie et au Pérou on lit, sous un sous titre : «Aides à domicile ou vendeurs de bonbons» ceci :
«Cela recouvre des situations très diverses, de la petite fille qui aide sa grand mère à vendre des fruits et légumes l’après-midi pour gagner son argent de poche à l’adolescent qui lave des pare-brises à un carrefour quinze heures par jour et se prostitue la nuit pour couvrir les besoins élémentaires de ses frères et sœurs. L’activité des enfants et adolescents, qui n’implique pas nécessairement une rémunération pécuniaire se concentre dans l’agriculture, l’élevage, l’artisanat, le commerce ou l’emploi domestique56
Ce sont par ces glissements, ces assimilations, ces analogies que le libéralisme proxénète insidieusement et si efficacement pénètre dans le monde. L’engagement anticapitaliste et anti-impérialiste du Monde Diplomatique accentue sa responsabilité et l’aggrave.
- On peut aussi noter la conclusion de l’article qui laisser penser qu’ «encourager les jeunes à rejoindre les formations politiques» pourrait, en Bolivie, relever d’une «mission révolutionnaire».

Proxénétisme (Monde Diplomatique Le) (2) : Je découvre avec un certain étonnement que le chapeau rédigé par Le Monde Diplomatique du texte qui avait été publié, en 1997, Quand les Pays Bas décriminalisent le proxénétisme, Le corps humain mis sur le marché, a été réécrit plusieurs fois. Il était ‘à côté de la plaque’. Il y est resté.

Proxénétisme (Monde Diplomatique Le) (3) : Je lis un compte rendu d’un livre d’Agnès Giard intitulé Un désir d’humain, consacré aux ‘Love doll ‘ au Japon (Les Belles Lettres. 2016] ? Lauréate, pour ce livre, du prix Sade, responsable de la rubriques Les 400 culs de Libération, celle-ci est présentée par Le Monde Diplomatique, comme «anthropologue et journaliste». Nulle interrogation a minima sur le titre.
Mais on y apprend que «pour la somme de 2.000 à 6.000 euros [les hommes] ont la poupée qu’ils ont choisie, unique, conçue sur mesure, et livrée en pièces détachées, avec vagin amovible» et que «selon Agnès Giard, cela participe à la mise en vie de la poupée et à l’animation de la poupée (?) qui a même droit à un service funéraire […]».
Quant à la seule question que pose ce livre à sa critique, elle est de savoir si «les femmes aussi auraient aussi droit [à «ces poupées»])
La conclusion dont sans doute nous devrions nous réjouir au terme de cette haute réflexion philosophique sur le «désir d’humain» est que «l’unique modèle masculin qui existait au début des années 2000 a disparu.» Avec pénis amovible ? 57

Proxénétisme (Monde Diplomatique Le) (4) : Je lis en septembre 2017, concernant l’Afrique du Sud sous l’apartheid :
«Parmi d’autres lois discriminatoires, l’Immorality Act [1950] faisaient des relations sexuelles entre Noirs et Blancs un crime plus grave que l’adultère au sein d’un même groupe racial. Les célibataires se rendaient au Lesotho, un pays enclavé dans l’Afrique du Sud, où prospérait une prostitution interraciale. Progressivement, les premières maisons closes réservées aux Blancs ouvraient à Johannesburg et, avec elles, la perspective de virées hebdomadaires.» 58
Et ce, suivi de : «Mais, pour l’État, le stabilité des immigrés reposaient avant tout sur la famille
Si la chercheuse et le chercheur qui ont rédigés cet article s’étaient interrogés sur les implicites de leur point de vue, la même analyse serait-elle lisible ?
Prosaïquement, où sont les femmes, noires et blanches?

Proxénétisme (Monologues du vagin Les) : Pièce de théâtre - importante - d’Eve Ensler, créée en 1996 aux États-Unis, très largement diffusée et jouée depuis lors dans le monde entier. Elle a contribué à la légitimation du terme de «travailleuse sexuelle». Et ce, alors que l’association V-Day, crée en 1998 par son auteure, s’affirme autour de, et en s’appuyant sur ce texte, comme un mouvement mondial «pour lutter contre la violence faite aux femmes» (Site officiel). (Proxénétisme (Travailleur/se sexuelle), Femme. Vagin, Violences contre les femmes)

Proxénétisme (Morale) : Lu dans l’Autobiographie d’un hardeur :
«J’était en train de devenir bien autre chose que ce qu’il [son père] attendait de moi. Je n’ai pas éprouvé de culpabilité. Le regard de mon père n’a pas pesé sur mes décisions. Il me laissait libre. Si j’allais voir les putes, il me conseillait : «Prends une capote». Aucun jugement moral. […]» 59 (Cf. Pornographie, Penser. Morale, Sexe-s. Homme)

Proxénétisme («Offre» / «Demande») : L’emploi d’un seul de ces termes - devenu progressivement, quasiment la norme la norme dans la littérature se définissant pourtant comme abolitionniste - inscrit nécessairement le proxénétisme dans une logique libérale, justifie que les êtres humains soient considérés comme des objets légitimes du marché, et interdit toute pensée, tout projet abolitionniste. L’emploi de ces termes a nécessairement pour conséquences une gestion rentabilisée en termes de stocks et de flux, d’élargissement inéluctable du marchés, d’accroissement de la concurrence, et donc de publicités diverses et variées, de prix de «la matière première» à la baisse et de profits inéluctablement programmés à la hausse. (Cf. «Sciences» humaines. Économie)

Proxénétisme (Paris. XIXème siècle) : Victor Hugo [1802-1855] qualifiait Paris de:
«molle cité pleine de femmes». 60 (Cf. «Sciences» sociales. Histoire)

Proxénétisme (Paris. 1914) : Lu dans le Journal de l’abbé Mugnier [1853-1944], à la date du 28 février 1918 :
«Diné, hier, à l’hôtel Ritz, chez la princesse Sotzo […] [Walter] Berry [1859-1927. Président de la Chambre de commerce américaine de Paris] m’a dit que dans les débuts de la guerre, le Ritz était un ‘lupanar’. [Et il ajoutait qu’il ne comprenait pas qu’on fit de la copulation un crime. Il trouve la chose naturelle comme de manger.61

Proxénétisme (Paris sous l’Occupation) : Entendu nommer Paris sous l’Occupation (1939-1945) de :
«Lupanar de la nouvelle Europe».
Entendu que «les allemands auraient [par ailleurs] calculé le chiffre des bordels : 160» 62 D’autres précisions sur le rôle des dits bordels dans l’histoire de la collaboration seraient nécessaires, bienvenus. (Cf. Proxénétisme. Dumas Roland. Police. France. 1940, «Sciences» sociales. Histoire)

Proxénétisme (Parlement français. Vote de la loi du 6 avril 2016) (1) : Ce jour, 3 février 2016, l’Assemblée nationale doit voter en troisième lecture, «le projet de loi sur la prostitution». On apprend que «son parcours législatif [initié il y a deux ans et demi] n'est pas terminé : il fera un nouveau passage au Sénat, puis un éventuel ultime vote à l'Assemblée, si les sénateurs ne votent pas le texte conforme.» 63 Pourquoi ce traitement spécifique ? De qui se moque t-on ? Pour répondre à cette question, il faut savoir bien sûr qui sont les lobbys proxénètes, y compris bien sûr au sein de l’État. (Cf. Clients. Pénalisation des )

Proxénétisme (Parlement français. Vote de la loi du 6 avril 2016) (2) : Ce jour, 10 mars 2016, ce texte à nouveau rejeté, concernant ceux dénommés ‘clients’, par le Sénat. Les sénateurs, toujours aussi courageux, laissent, comme d’habitude, la parole à une seule personne, une femme, Esther Benbassa, écologiste engageant donc son parti et ce courant de pensée dans son sillage. Ses arguments, brillants : «Pénaliser les clients, c’est se donner bonne conscience» ; «Que deviendront ces femmes ?» a t-elle demandé en accusant les auteurs du texte espérer ‘sans doute tirer un bénéfice politique de leur position’». 64 Quant aux arguments invoqués pour défendre la loi : du verbiage, encore, du verbiage, toujours du verbiage ; des manipulations de mots, encore et toujours dont se satisfont ceux et celles qui ont entériné, accepté, légitimé le fait que cette loi puisse être qualifié d’abolitionniste, et qui dès lors sont, comme le gouvernement auquel leur sort est désormais lié, dépendants du bon vouloir du Sénat.
- Quelles régressions politiques, intellectuelles, féministes…Quelle tristesse…(Cf. Clients. Pénalisation des)
* Ajout. 12 février 2017. La même sénatrice, celle qui fut à l’avant-garde de l’opposition à la loi dite de pénalisation des clients, Esther Benbassa lors d’un débat au Sénat le 2 février 2017, peut déclarer, sans lier entre eux ses deux engagements : «La société continue de méconnaitre la réalité des violences sexuelles, leur fréquence, leur gravité et leur impact. Cette méconnaissance participe à la non reconnaissance des victimes et à leur abandon sans protection, ni soin.» 65
- Ce débat présente cependant le grand avantage de permettre de critiquer l’expression de «violences sexuelles». (Cf. Sexe-s […], Violences à l’encontre des femmes).

Proxénétisme (Parlement français. Vote de la loi du 6 avril 2016) (3) : Sur les fondements de la lecture d’un article paru ce jour, 10 mars 2016, sur le site d’Europe 1, lequel reprend les analyses du responsable du Mouvement du Nid, ce qui est sûr, c’est que ce ne sont pas en évoquant «le sexisme» de l’Assemblée nationale que l’on trouvera la réponse à la question de savoir comment agissent les lobbys proxénètes et quels sont leurs innombrables et si puissants moyens d’action. On ne luttera pas non plus contre le proxénétisme en nommant le client «un acteur», dont on conteste le droit «de profiter de leur avantage économique», ni en considérant les personnes dénommées prostituées comme des femmes «en grande fragilité». Enfin, on ne peut que constater et regretter, si l’on en croit l’article cité, la poursuite de l’alignement de l’association du Nid, très active, sinon association ‘leader’ au sein d’Abolition 2012, sur les positions gouvernementales, lorsqu’elle entérine dorénavant, si l’on en croit cet article, le principe de la « responsabilisation » et non plus de la pénalisation des clients. Sans même évoquer, ou plutôt, en rappelant, que considérer la prostitution, en réalité le proxénétisme, comme relevant d’une problématique de «l’égalité» revient à lui dénier toute spécificité. (Cf. Clients. Pénalisation des )

Proxénétisme (Parlement français. Vote de la loi du 6 avril 2016) (4) : À l’écoute, quelques jours après, le 17 février 2016, de l’analyse d’une autre responsable du Mouvement du Nid, je constate que celui-ci, qui se présente toujours comme «abolitionniste», ne voit pas sinon de contradiction, du moins de singulières ‘nuances’ entre l’emploi de ce qualificatif et le fait d’affirmer vouloir dorénavant «faire reculer la prostitution». Et ce, tout en reconnaissant leur quasi impuissance face aux effets de la dite loi pour combattre les proxénètes, sans aucune référence ni aux politiques européennes, ni aux politiques onusiennes, ni à aucune analyse concernant la logique du capital, comme celle du patriarcat ; et ce, enfin, sans aucune garantie concernant les «droits» qui seraient accordées aux personnes dites prostituées, les conditions qui seraient exigées d’elles, ni les moyens mis en œuvre en matière de «parcours de sortie de la prostitution». Parcours individuel, singulier, faut il le préciser ? Dernier point : affirmer que les personnes dites prostituées ne sont pas des «coupables» et, sur ce fondement, légitimer positivement le retrait les articles concernant le racolage n’est pas justifié. Elles ne sont pas coupables : elles sont des victimes du proxénétisme («clients» inclus). 66 (Cf. Proxénétisme. Clients. Pénalisation des, Rapport Assemblée Nationale. 2012, 2013, Proxénétisme. Personnes-dites-prostituées. Maud Olivier)

Proxénétisme (Parlement français. Vote de la loi du 6 avril 2016) (5) : 6 avril 2016, la loi est votée. La veille, j’avais reçu de l’association La Marche des femmes et dont le titre était : Rassemblement pour l’abolition de la prostitution (!) ceci :
«Ce mercredi 6 avril sera un jour historique pour notre mobilisation collective pour une loi sur l'abolition de la prostitution. Il est important que nous soyons de nouveau présent-es et enthousiastes pour soutenir la PPL, au moment où les député.e.s et les ministres rejoindront l'hémicycle pour les questions au gouvernement. «Après 5 à 7 années de mobilisation continue, des dizaines de contributions écrites, orales, de tribunes, de rassemblements et manifestations, de réunions unitaires, de campagnes en ligne et par mail, l'adoption définitive de la PPL, objectif central de tous nos efforts au sein du collectif Abolition 2012, sera un aboutissement exceptionnel ».67 Et maintenant, piégées, que vont faire les associations féministes qui n’ont eu de cesse de suivre l’association du Nid, qui, elle même suivait le gouvernement ?: […] «Obtenir des moyens financiers qui permettront l’application effective de la loi.» ? La messe est-elle finie ?

Proxénétisme (Pauvreté) : Tout lien exclusif entre «la pauvreté» et ce que l’on nomme encore «la prostitution » est caution, du fait de son occultation, du proxénétisme.

Proxénétisme (Pays-Bas) : Alors que, les Pays-Bas ont été à les principaux, les véritables maitres d’œuvre de la politique proxénète européenne et internationale, dans une émission de France Culture, l’Esprit Public, composée de spécialistes politiques et économiques, en 2017, Marc-Olivier Padis le caractérise comme «un pays très ouvert du point de vue évidemment culturel, mais surtout économique» ; tandis que Nicole Gnesotto le définit comme :
«ce [petit] pays qui est le symbole de l’ouverture, depuis Descartes, de l’accueil, de toute la dissidence, de toute la différence européenne, qui a été pionnier en matière de liberté des mœurs, liberté politique, liberté sexuelle, liberté du cannabis, un pays extraordinairement ouvert sur le monde. […]» 68 (Cf. Proxénétisme. France Culture)

Proxénétisme (Police. France. 1940) : Maurice Garçon [1889-1967] dans son Journal, rapporte une discussion tenue le 28 juillet 1940, avec «Gripois, inspecteur ou brigadier de la police judiciaire». Celui-ci, après avoir évoqué la flagornerie des commissaires (de police) devant les Allemands : «Ils sont à plat devant les nouveaux maitres», «Leur bassesse ne connaît pas de bornes» évoque les faits suivants que rapporte ainsi Maurice Garçon :
«Croirait-on, par exemple, qu’ils se sont abouchés avec les marchands de photos obscènes - que d’habitude, ils arrêtent - pour faire tirer des épreuves qu’ils donnent à ces messieurs ? Ils se font aussi les pourvoyeurs de femmes. Ils sont certains jours raflé ce qu’ils ont pu trouver de mieux dans les bordels et, sous prétexte de je ne sais quelle visite sanitaire, ont transporté le troupeau à saint Lazare. Là, on a livré les lots aux Allemands qui ont fait leur choix et transféré les créatures dans les hôtels réquisitionnés…Pour meubler !» 69 (Cf. Relations entre êtres humains. Flagornerie, Proxénétisme. Paris sous l’Occupation, Pornographie)

Proxénétisme («Propriété intellectuelle») : Il ne faut pas s’étonner que des avocats défendent concomitamment la légitimité du proxénétisme et s’affirment spécialistes des droits à la propriété intellectuelle et soient, à ce double titre, jusqu’à plus soif, et sur tant de « sujets » invités par les médias : pour eux, tout est marchandise. (Cf. Droit. Propriété intellectuelle)

Proxénétisme («Putophobe») : Certain défenseur du proxénétisme, sous le label et avec la caution des LGBT, pense et croie que nommer autrui les pose comme la norme légitime ; qu’injurier affirme leur courage, rehausse leur supériorité, les libère de la honte ; que décréter la criminalité (excusez du peu…) de l’autre, les en innocente. Déclarer dorénavant, ouvertement, publiquement, nominativement, sa «haine», non seulement n’est pas condamné, mais, en toute fonctionnalité libérale proxénète, ouvre la voie royale au statut d’interlocuteur régulier des médias, comme à celui de candidat sur une liste Europe écologie les Verts, aux élections municipales à Paris, en toute logique historique de ce parti.
* Il fut un temps où même un vaniteux aspirait, sinon à imposer le respect, du moins à croire, à espérer une certaine reconnaissance de soi… (Cf. Êtres humains. Haine, Proxénétisme. Vert-es, Sexe-s […])

Proxénétisme (Questions) : Dès lors que les débats existent en la matière depuis des dizaines et des dizaines d’années, se contenter de poser les questionnements relève - il est difficile de le penser autrement - d’un manque de courage. Il vaut mieux tout simplement ne pas traiter du sujet et se taire. En attendant d’y voir plus clair. Et que dire de ceux et celles qui refusent de et / ou qui ne peuvent prendre parti ? À cet égard, l’emploi du terme de «controversé» s’avère d’une réelle efficacité.

Proxénétisme (Réalisme) : Il est intéressant de noter que le pseudo argument du nécessaire «réalisme» lequel a été employé ad nauseam pour cautionner toutes les avancées du libéralisme n’a pas, à ma connaissance, été mis en avant pour justifier la légitimation du proxénétisme au plan mondial. Il eut en effet fallu alors dévoiler cette mise sur le marché des êtres humains ; aussi, tout a été mis en oeuvre pour cacher la terrifiante logique du libéralisme. En échange, furent mis sur le marché tous ces faux débats dont nous furent abreuvés toutes ces dernières années, du type : «La prostitution est telle un métier ?» ; «Les prostituées sont elles libres ?»…

Proxénétisme (Réseaux) : Dans les dictionnaires, on lit au terme de «réseau» :
«maillage d'éléments unis par des liens de nature variée» et «ensemble de personnes en relation poursuivant un but caché». On évoque ainsi les «réseaux» navigables, les «réseaux» ferroviaires, les «réseaux» d’amis, les «réseaux» parallèles de renseignements, les «réseaux» de la Franc-Maçonnerie, les «réseaux» Africains de Jacques Focart, les «réseaux» sociaux…
Or, on constate qu’en matière de proxénétisme, l’emploi du terme de «réseaux» est de plus en plus fréquent.
Trois exemples récents dans la presse :
- «Sept membres d'un réseau de traite d'êtres humains, qui forçaient des femmes et des enfants bosniens à voler et à mendier dans plusieurs villes en France, ont été arrêtés ce matin en Bosnie dans une opération conjointe des autorités des deux pays.» 70 ;
- «Des peines allant de 2 à 4 ans de prison et des amendes de 15.000 euros ont été prononcées aujourd'hui par le tribunal correctionnel de Marseille à l'encontre des six membres d'un réseau de proxénétisme nigérian » 71 ;
- «Un couple d'hôteliers parisiens a été interpellé la semaine dernière soupçonné de faire "travailler" une trentaine de filles pour un chiffre d'affaires estimé à trois millions d'euros. […] a annoncé vendredi la préfecture de police de Paris (PP). L'enquête a établi que les gérants de l'établissement, des sexagénaires, étaient propriétaires du fonds de commerce depuis près de trente ans. Au total, 10.000 euros ont été saisis par la police et environ 325.000 euros d'avoirs issus de leur présumé réseau ‘bloqués’». 72.
Cet emploi est politiquement signifiant. En effet, le «réseau» ne signifie pas «structures organisées» aisément reconnaissables et donc - éventuellement - condamnables ; le réseau en effet est immatériel et matériel, abstrait et concret, symbolique et réel, occulte et visible, organisé et informel, légal et criminel, local et international, nécessaire ou contingent et concerne à la fois des personnes, des objets, des structures mises en interrelation. Dès lors, le seul emploi de ce terme «réseau» marque, signifie encore un peu plus de distanciation avec toute référence au droit, aux lois, aux organisations, aux entreprises, d’un si grand apport pour le proxénétisme. En réalité, cette confusion est, une fois encore, nécessaire aux processus de légitimation du proxénétisme.

Proxénétisme (Russie. 1920) : Pierre Pascal, dans son Journal, à la date du 1er janvier 1920, écrit :
«Peu de vrais communistes. Tel qui n’avait jamais été en auto abuse aujourd’hui des voitures de fonction : toutes les nuits les autos sont commandées - fait certain - pour transporter les putains du Kremlin73

Proxénétisme (Russie. 2017) : Poutine, lors d’une conférence de presse [pour contrer les accusations concernant le fait que la Russie serait en possession de films montrant Donald Trump ‘en compagnie’ de personnes-dites prostituées] évoque:
«[…] ces filles…disons…à la conscience sociale réduite…même si les prostituées russes sont les meilleures au monde. […]» 74

Proxénétisme (Rapport Assemblée Nationale. France. 2012 : Voici ce que l’on peut lire (entre autres..) dans le Rapport d’information de l’Assemblée Nationale n° 3334 [2012] présenté comme «abolitionniste» [et défendu par toutes les associations signataires du regroupement d’associations sous le label Abolition 2012] 75 concernant la politique française en matière de proxénétisme :
- «Du côté des politiques publiques, le bilan qui s’en dégage est […] plutôt positif en matière de lutte contre le proxénétisme.» (p.16)
- «De l’avis général, le dispositif répressif en matière de proxénétisme et de traite des êtres humains est très complet.» (p.264)
- «Le dispositif pénal en matière de proxénétisme est complet et apte à sanctionner toutes les formes de cette criminalité.» (p.268)
- Concernant «l’assistance sexuelle pour les personnes en situation de handicap» : «Dès lors […] il serait nécessaire de ménager une exception à la législation sur le proxénétisme, notamment pour les personnes lourdement handicapées qui ne sont pas en mesure de toucher leur propre corps.» (p.284) (Cf. Êtres humains. Corps, Proxénétisme. Parlement français. Vote de la loi du 6 avril 2016)

Proxénétisme (Rapport Assemblée Nationale. France. 2013 : Le Rapport d’information suivant, septembre 2013, N°1360, celui de Madame Maud Olivier prolonge ces «constats». On y lit (p.37 et suivants) :
- «La France dispose d’une législation complète pour réprimer le proxénétisme
- «L‘arsenal législatif français est à l’avant garde de l’Europe.»
- «Les faits de proxénétisme font régulièrement l’objet de poursuites et les condamnations sont nombreuses, comme le montre le tableau suivant.» Notons que le dit tableau démontre que les incriminations de proxénétisme ont été divisées par deux entre 2000 (820) et 2011 (414).
Et on lit enfin :
- «Si les poursuites sur la base d’une incrimination de proxénétisme sont fréquentes et efficaces, celles sur la base de la traite sont moins mises en œuvre ; les condamnations pour traite sont très peu nombreuses, inférieures à une dizaine chaque année.»
- C’est donc devenu cela, l’abolitionnisme «à la française» ! Quelle immonde et si grossière manipulation. Par quels processus les associations qui s’affirment abolitionnistes en sont-elles venues à cautionner une politique gouvernementale qui affirme sans gêne de tels «constats» censés valoir être des «arguments» ? (Cf. Proxénétisme. Parlement français. Vote de la loi du 6 avril 2016, Personnes dites prostituées. Maud Olivier)

Proxénétisme (Sade) : Lu dans Sade [1740-1814], Les Cent vingt journées de Sodome, les conseils d’une sœur à sa jeune sœur :
«[…] Chacun pour soi, dans ce monde. J’ai gagné cela avec mon corps et avec mes doigts ; fais en autant. Et si la pudeur te tient, va t’en au diable, et surtout ne viens pas me chercher […] Va, va, sois sûre que nous feront fortune. Je suis jolie et toi aussi : nous gagnerons ce que nous voudrons, ma mie. Mais il ne faut pas s’attacher, souviens t’en. Aujourd’hui l’un, demain l’autre, il faut être putain mon enfant, putain dans l’âme et dans le cœur. […] Imite moi, on gagne tout sur les hommes avec de la complaisance ; le métier est un peu dur dans les commencements, mais on s’y fait. Autant d’hommes, autant de goûts ; d’abord il faut t’y attendre. L’un veut une chose, l’autre en vaut une autre, mais qu’importe, on est là pour obéir, on se soumet : c’est bientôt passé et l’argent reste76 (Cf. Pornographie. Sade)

Proxénétisme (Sandel Michael J) : Dans le livre Justice, «vendu à plus de trois millions d’exemplaires dans le monde», de Michael Sandel, Professeur de Sciences politiques à Harvard, qui, nous dit son éditeur français, «compte parmi les personnalités américaines les plus influentes et les plus populaires», seules deux pages sont consacrées à la prostitution et sont limitées à la position de Kant [1724-1804] face à la prostitution [alors que onze pages (p.23 à 34) sont consacrées à «l’indignation face au renflouement des banques»] 77
La conclusion qu’il en tire est la suivante :
«Ses vues [celles de Kant] concernant la sexualité mettent au jour la différence ente deux formes d’éthique que bien souvent nous confondons entre une éthique du consentement sans entraves et une éthique du respect de l’autonomie et de la dignité des personnes.»

Proxénétisme (Séguéla Jacques) : Jacques Séguéla, auteur, en 1984, de :
«Après avoir été chantre des symboles, prêcheur d’un nouveau star système […], je me ferai vendeur de l’homme. Dans ce qu’il a de supérieur et d’unique, la communication au service du futur. Enfin, une course de fond78

Proxénétisme (Simenon Georges) : George Simenon [1903-1989], auteur (en réponse à la question) : «Est-il vrai que vous avez connu charnellement 10.000 femmes ?»
«[…] J’en ai eu généralement trois par jour depuis l’âge de 13 ans et demi».
Auteur aussi de : «Je considère les prostituées comme des femmes comme les autres. […]»
Son ‘explication’ : «Il y a un besoin». 79 Simenon est par ailleurs qualifié dans cette émission de France Culture de «baiseur compulsif» et d’«écrivain priapique».
* Ajout. 10 mars 2015. Les journalistes de France Culture, pour le qualifier ainsi, ont-ils lu sa description d’une ’relation sexuelle’ dans un bordel, avec une «petite Indienne», âgée de 13 ans ? 80 Et, si oui, quelle est l’humanité, dès lors, qu’ils reconnaissent à cette petite fille, laquelle, au vu de leur vocabulaire, est passée ici par pertes et profits, pour non existante? (Cf. Proxénétisme. «Besoins sexuels» Simenon George, Violences contre les femmes)

Proxénétisme (Spéculum) : Lettre, de 1870, de Joséphine Butler [1826-1906] au docteur Garth Wilkinson, concernant l’emploi du spéculum en Grande Bretagne au XIXème siècle :
«Je ne peux pas vous dire grand-chose sur les instruments, n’ayant jamais assisté à l’intervention. Je peux simplement vous dire ce que ces pauvres filles ne cessent de me raconter très simplement. Ce dont elles se plaignent au premier chef, c’est la taille énorme des instruments. Il semble que des instruments de taille identique soient utilisées, qu’il s’agisse de filles de quinze ans, petites et fragiles, de femmes menues, ou de femmes robustes, ayant déjà eu des enfants.
Voici ce que j’entends si souvent : «C’est une opération épouvantable, d’abord, la position qu’ils nous forcent à prendre est tellement dégradante et douloureuse, et après, ces instruments monstrueux…souvent ils en utilisent plusieurs, on dirait qu’ils déchirent d’abord l’ouverture avec leurs mains, ensuite ils nous examinent, puis ils enfoncent leurs instruments, ils les retirent et les introduisent à nouveau, ils les tournent et retournent, et si vous criez, ils vous étouffent avec une serviette sur le visage.»
Voilà très exactement les mots qu’elles utilisent et elles rajoutent : «C’est la même douleur dans le dos et dans les reins que le travail : et vous sentez les instruments remonter dans votre ventre, à vous donner la nausée tellement il les enfoncent loin».
J’en ai vu rentrer chez elles après : beaucoup marchaient courbées, en pleurant, et aucune femme ayant connu cette douleur ne peut se méprendre sur la douleur qui se lisait sur leur visage écarlate. Elles se plaignaient particulièrement d’être examinées pendant leurs menstruations. D’après ce qu’elles me disaient, l’examen est pratiqué «soit au tout début, soit à la fin», le début des règles étant pour les femmes un moment sensible et douloureux. Elles m’ont déclaré : «je préférerais aller en prison plutôt que d’être examinées à ce moment là, c’est épouvantable» (à la fois la honte et la douleur). Certaines s’étonnent que «la terre n’engloutisse pas les médecins». […] 81
Rappelons que les femmes - françaises - dénommées prostituées appelaient, lors des mêmes visites, le spéculum, «le pénis du gouvernement » et, pour ne prendre qu’un exemple, à Marseille, près de 90 % des procès verbaux de la police à la fin du XIXème siècle étaient dressés «pour manquements à la visite». 82 Une «visite», non. Une torture imposées aux seules femmes par des seuls hommes, pour les seuls hommes. (Cf. «Sciences» sociales. Histoire)

Proxénétisme (Statistiques. 2017) : À l’occasion de la sortie du «film-événement de Robin Campillo, 120 battements par minutes qui retrace le combat d’Act up à l’orée des années 90», je lis sur France Culture, un texte écrit intitulé VIH et travail du sexe : En 2017. La lutte continue. Il y est écrit que, du fait des associations nommées dans ce texte [dont Act Up et le Strass], toutes opposées à la pénalisation des clients, celle-ci [la loi] «complique les actions de prévention […]». Et pour ‘preuve de cette affirmation, on lit : «C’est tout ce [travail de traduction et de prévention celui de ces associations] qui permet aux prostituées chinoises d’avoir un taux exceptionnellement bas de prévalence en VIH… une seule contamination en 10 ans…» Oui : Une ! Et ce après avoir précisé que «les plus jeunes qui travaillent essentiellement sur internet, par petites annonces» sont «les plus difficiles à atteindre83 (Cf. Schiappa Marlène) (4)

Proxénétisme («Système prostitueur») : Ces deux termes ne sont, en rien, ni synonymes, ni équivalents, ni substituables l’un par l’autre. Plus encore, ce dernier, par la rupture radicale qu’il opère avec toute référence juridique, nationale, européenne, internationale non seulement cautionne tous les textes onusiens, européens et autres, dores et déjà signés depuis des dizaines d’années, mais, en sus, dans le prolongement de cette rupture, interdit toute modification politique ultérieure de ces mêmes textes. Procéder au plan linguistique à une pseudo tabula rasa ne peut que satisfaire les tenant-es du système proxénète qui, lui, a dores et déjà obtenu, juridiquement, politiquement, l’essentiel de ce pourquoi il s’est battu depuis des décennies dans les instances internationales, interrégionales, nationales. Dès lors le proxénétisme, en tant que spécifique système de domination patriarcale est, en lui-même, légitimé, rendant dès lors nécessairement contingente, voire illusoire «le renforcement de la lutte contre toute forme de proxénétisme». 84 Faut-il enfin rappeler que la France a signé, ratifié tous les textes européens, onusiens…qui ont, avec constance, légitimés le principe du proxénétisme, rendant mensongère, toute affirmation de la pseudo « position abolitionniste de la France» que tant d’abolitionnistes, de concert avec les gouvernements, par abandon de leur autonomie, par suivisme, par nationalisme, ont relayée.
En dernière instance, progressivement, ce terme de «système prostitueur» est utilisé pour désigner et les proxénètes et les clients : encore une confusion de plus qui fait le jeu du proxénétisme qui s’en nourrit. Les associations membres d’Abolition 2012 ont repris à l’unisson, semble t-il sans trop d’inquiétudes, cette formulation ; et c’est dans ce cadre d’analyse qu’elles revendiquent le principe de la pénalisation, (et/ou de la responsabilisation) des clients, sans s’interroger sur les conséquences de l’emploi de ce terme avec la disparition progressive du terme de «proxénétisme». En toute cohérence.

Proxénétisme (Théâtre Mogador. 1948) : Barbara [1930-1997], dans ses Mémoires interrompus se remémore le théâtre Mogador en 1948 - y on jouait Violettes impériales - et ou elle fut embauchée quelques mois (pour un salaire «minable» de 13.000 frs) :
«À cette époque-là, les choristes, les mannequins et les danseuses étaient professionnellement très mal défendues. Mes camarades m’ont appris comment, si je voulais, je pouvais arrondir mes fins de mois. Un des machinistes jouait le rôle d’entremetteur et nous trouvait des ‘clients’ dans des milieux plus ou moins interlopes, voire dans certains cas, très particuliers, parmi ces messieurs de la haute. Je me souviens d’un homme qui payait très cher, disait-on, pour qu’on se laissât enfermer dans un cercueil installé dans une pièce attenante à son bureau, etc.,. Ces combines ne m’intéressaient pas du tout, mais il me plaisait assez d’être admise au point qu’on me les proposât.» 85

Proxénétisme («Traçabilité») : Une personne dite prostituée est en droit d’exiger - en conformité avec le droit de la consommation - la traçabilité du bifteck qu’elle fera cuire le soir chez elle, après qu’elle eut, dans la journée, à sucer le sexe et /ou à être sexuellement pénétré durant la journée par un ou plusieurs hommes qui peuvent avoir tué, violé, battu, injurié le jour même une ou plusieurs femmes - en conformité avec les «droits de l’homme».

Proxénétisme («Trafic / Traite des êtres humains») (1) : Dorénavant synonyme - le Département d’État américain y ayant beaucoup contribué - de la gestion par les États de la mobilité de la force de travail mondialisée. 86

Proxénétisme («Trafic / Traite des êtres humains») (2) : Le simple constat que ces deux termes puissent, en règle général, se substituer l’un à l’autre vaut analyse politique.

Proxénétisme («Trafic / Traite des êtres humains») (3) : Le 19 mai 2014, Najat Vallaud Belkacem, Ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports présente son «premier plan contre la traite des êtres humains» : «Action sur tous les fronts». Sous couvert de et après avoir été amalgamé sous le terme d’«exploitation», le «proxénétisme» est assimilé à la «servitude domestique», à la «mendicité forcée», et tout ce méli-mélo conjointement subsumés dans «la traite des êtres humains». Et l’on apprend, ce même jour, par son ministère, que ce plan a été présenté au Conseil des Ministres le 14 mai 2014 «après une concertation approfondie avec les associations d’aide aux victimes de la traite des êtres humains» ! Quelle grossière et sinistre mascarade …

Proxénétisme (Trafic / Traite des êtres humains) (4) : Le proxénétisme et son incessant besoin de ce qui, pour lui, n’est que ‘cheptel humain’ est alimenté par ce que l’on nous a imposé comme relevant de la traite des êtres humains, son principal pourvoyeur, celui qui sans cesse lui offre le renouvellement dont il a besoin. Se focaliser sur la traite, c’est légitimer le proxénétisme. (Cf. Politique. Animalisation du monde)

Proxénétisme («Trafic / Traite des êtres humains») (5) : Depuis l’ignominieux accord Union Européenne / Turquie, d’avril 2016, concernant notamment les transferts d’êtres humains entre la Grèce et la Turquie, le concept même de «trafic / traite» que les États étaient censés combattre, est bien dorénavant définitivement mort. Cette fois-ci, aux yeux de tous et toutes.

Proxénétisme («Travail, travailleuse/eur sexuel-le») (1) : L’usage de ces seuls termes inscrit d’emblée son auteur-e comme caution politique du proxénétisme. Variantes : «travailleuse du sexe», «professionnelle du sexe». A t-on vraiment réfléchi tant à l’absurdité qu’à l’horreur de ces termes ?
* Ajout. 15 décembre 2016. Sans critique préalable ou concomitante, encadrer de guillemets ces termes n’invalide pas ma critique. 87
* Ajout. 30 janvier 2017. Le terme ayant (encore un peu ?) du mal à être accepté, il peut être remplacé par «TDS».

Proxénétisme («Travail, Travailleuse/eur sexuel-le») (2) : Dans une émission de France Culture (1er juin 2015) consacrée à la révolte, en 1975, des prostituées de Saint-Nizier à Lyon, l’expression de «travailleuses du sexe» a été employée. Celle-ci est non seulement inacceptable, mais en outre historiquement anachronique et fausse : ces femmes se présentaient comme «mères», «femmes prostituées», et revendiquaient d’être considérées comme des «femmes». 88 (Cf. Proxénétisme. France Culture, «Sciences» humaines. Histoire)

Proxénétisme («Travail, Travailleuse/eur sexuel-le) (3) : Les ‘arguments’ des défenseurs du proxénétisme reprennent les arguments de certains des défenseurs du système esclavagiste qui considéraient que la ‘promotion’ des esclaves pouvait se manifester par leur accès au salariat. L’enjeu n’était que de prolonger la permanence de l’esclavagisme et de tenter de contester ses opposant-es. La critique est toujours juste.

Proxénétisme («Travail, Travailleuse/eur sexuel-le) (4) : On lit évoquer «la prostitution et autre travail sexuel» dans l’article Ellen Chesler, intitulé Les femmes et la politique de Georges Bush, paru dans Le livre noir de la condition des femmes. 89

Proxénétisme (Vente de bananes) : L’argument, tel qu’exprimé : «C’est comme si on disait à un commerçant : «Vous avez le droit de vendre des bananes, mais personne n’a le droit de les acheter !» [...]» a pu permettre à «une spécialiste de la prostitution» - sur une liste de «l’association de jeunes chercheurs et chercheuses en études féministes, genre et sexualités» - de justifier, selon elle, «l’aberration» de la pénalisation des «clients». Plus encore, elle a cru bon publier le dit argument. (Cf. personnes - dénommées - prostituées, Sciences sociales. Économie)
* Ajout. 28 août 2017. Lu dans Jésus la caille [1914], roman de Francis Carco [1886-1958] qui a lieu «dans le milieu des souteneurs et des prostituées de Montmartre» : «Que veux-tu ?…L’en faut, pisqu’on en demande90

Proxénétisme (Vert-es) : Y a t-il encore quelqu’un-e chez les Vert-es qui défende - publiquement, va sans dire - l’abolition du proxénétisme ? Je n’en connais pas. Avis de recherche... La mutation des Vert-es en Europe-écologie les Verts ne vaut pas effacement de leurs engagements.
Il ne faut jamais en effet oublier que les Vert-es ont été à l’avant-garde de la légitimation du proxénétisme et qu’ils /elles continuent à être son avant-garde : ouvre de larges réflexions concernant la notion même d’écologie. Quand sera enfin posée la question de leur responsabilité politique en la matière, sans oublier la lâcheté ou le cynisme des autres partis qui leur ont généreusement laissé faire ‘le sale boulot‘?
* Ajout. 26 septembre 2014. Ma première question est absurde. Défendre le bien fondé du proxénétisme est une condition sine qua non pour entrer chez les Vert-es. Et ceux et celles qui le savant le cachent à ceux et celles qui ne veulent pas le savoir, mais qui n’en sont pas moins caution. (Cf. Pornographie)

Proxénétisme, proxénètes et clients (Comment les faire disparaitre) : Affiche apposée à Genève (Suisse) : y est représentée une jeune femme se coiffant, vue de dos, le message étant : «On me force à me prostituer», suivi du commentaire suivant : «Gare Cornavin, le 16 octobre 2014. Des panneaux sensibilisant la population à la traite des êtres humains ont été installés dans le hall principal.» 91

II. Proxénétisme («Clients») :

Proxénétisme («Clients») : Personnes dénuées de toute humanité. Criminels.

Proxénétisme («Clients». Droit. XIXème siècle) : Jugement du Tribunal correctionnel de Niort., affaire Plassiart, audience du 7 décembre 1861, cité par Julie-Victoire Daubié [1824-1874], dans son livre La femme pauvre au XIXème siècle [1869] :
«Il est de principe et de jurisprudence que l’individu qui a excité à la débauche, pour satisfaire ses propres passions, n’est point regardé comme coupable par notre législation.» 92 (Cf. Droit, Hommes, Justice, Patriarcat, Violences)

Proxénétisme («Clients». Duncan Isodora) : Lu dans Ma vie de Isadora Duncan [1877-1927] :
«Je ne comprenais pas pourquoi des hommes vraiment raffinés peuvent, après certains entretiens avec des femmes intellectuelles, prendre leur chapeau et se rendre en des lieux de réputation douteuse. Étant femme, je n’avais pas cette ressource. Je me retournai, je m’agitai tout le reste de la nuit. Le matin, un bain russe me remit d’aplomb, la vapeur brulante et la douche froide alternées redonnèrent du ton à mon système nerveux.» 93

Proxénétisme («Clients». France inter) : Sur France inter, le dimanche 20 septembre 2015, l’émission de critique cinématographique Le masque et la plume présentait (20h 40) le film Marocain, Much love de Nabil Ayouch, lequel concerne la vie de quatre femmes dites prostituées à Marrakech. Lors de la discussion [malsaine, grossière, notamment lorsqu’évoquant «les règles des femmes»] on entendit cette phrase qui se voulait sans doute un compliment du film :
«Je ne sais combien sont leurs tarifs, mais moi j’achète !». La salle réagit, mais les réactions des autres critiques se limitèrent à critiquer le manque de «classe» de l’auteur de cette phrase, simplement qualifié de «macho». (Cf. Culture. Cinéma)

Proxénétisme (Clients. Hazera Hélène) : Hélène Hazera évoquant l’un de ses grands-pères, le qualifie de «pilier de bordel».
- Puis elle affirmera : «Quand vous quittez la prostitution, vous découvrez que partout, c’est la prostitution. Partout on a besoin de protecteur. Et si on on n’a pas de protecteur on ne peut pas exister94

Proxénétisme (Clients. Hôpital psychiatrique. Marseille. 1970) : Lu dans le livre d’Anne-Xavier Albertini, infirmière dans un hôpital psychiatrique à l’hôpital de la Timone à Marseille, dans les années 1970 :
«Dans les services (de l’hôpital), les débiles sont les filles de joie des autres malades. C’est toujours vrai actuellement. Ça se passe la nuit dans les dortoirs fermés à clef. Le jour, dans les recoins. Quand l’habitude est prise, ilscertains anciens, sans instruction, sans formation, gardiens qu’on a récupérés sous le nom de servants ou d’aides soignants»] deviennent vicieux et se font payer : deux ou trois francs, ou quelques cigarettes95 (Cf. Proxénètes, Femmes - dites - prostituées)

Proxénétisme («Clients». Mauriac François) : François Mauriac [1884-1970], évoquant la chambre «sordide» de Max Jacob [1876-1944] poursuit ainsi sa description :
«Une chambre à crime, un de ces repaires où la femelle rapporte la proie vivante ramassée sur le trottoir.» 96

Proxénétisme («Clients» Pénalisation des) (1) : Si penser c’est relier, séparer c’est s’interdire de penser (la globalité).
La pénalisation des «clients» n’est pas plus synonyme d’abolition du système libéral proxénète - comme tant, au mépris de l’évidence, se sont acharnés à le faire croire - que ne l’eut été une décision de pénalisation ponctuelle de personnes «utilisant» des esclaves dans la permanence du système esclavagiste.
Ne pas oublier en sus que la dite dénonciation judiciaire, individuelle, couteuse, aléatoire (pour le moins..) est censée être le fait de la victime et que son traitement est in fine renvoyé à la justice de l’État. Cette position est donc une réfutation partielle de la position, aujourd’hui partiellement dépassée, que j’ai défendue en 2002. 97
Par ailleurs, créer, maintenir, reproduire, la si efficace et nécessaire confusion - qui évacue le débat - en assimilant la «responsabilisation du client» et sa «pénalisation», comme n’ont cessé notamment de le faire les deux Rapports de l’Assemblée Nationale qui ont préparé la loi concernant les pénalisation des clients, mais aussi de tant d’associations s’affirmant abolitionnistes, n’est pas honnête. 98 (Cf. Justice. Proxénétisme. Procès, Abolitionnisme)

Proxénétisme («Clients» Pénalisation des) (2) : Bernard Lemettre, ancien président national du mouvement du Nid, Actuel délégué régional Nord-Pas-de-Calais-Normandie, auteur en 2015 de :
«Au terme de ‘pénalisation’ du client, je préfère toutefois substituer celui de ‘responsabilisation pénale’. Ce n’est pas l’homme que je juge, mais sa pratique de client qui a de graves conséquences sur les personnes prostituées. Je tiens à ce que les clients soient inquiétés par la loi, afin de faire disparaître, à terme, le clientélisme, qui coûte très cher à la personne prostituées et à son entourage, mais également à la société99

Proxénétisme («Clients» Pénalisation des) (3) : Se focaliser, quasi exclusivement, pour les associations abolitionnistes, pendant plus de deux ans, comme ce fut le cas en 2014/2015, pour les associations se targuant d’être abolitionnistes - sur cette seule revendication, [alors que le principe de la peine n’étant même pas acquise, et en tout état de cause, lorsqu’évoquée, infime] sans contester la séparation entre «prostitution» et «trafic», tout en utilisant, en intégrant, en assumant, le terme tout commercial d’«offre», légitimait nécessairement le système proxénète.

Proxénétisme («Clients» Pénalisation des) (4) : Se focaliser quasi exclusivement sur le vote par les Chambres, puis par le Sénat, de cet article, outre le dérisoire du projet, a progressivement transformé le suivisme de la politique gouvernementale en sa caution. Et dès lors, s’inscrivant dans le cadre de la loi française, dans sa propre logique, dans sa dynamique interne, elle ne pouvait plus remettre en cause la proxénétisme et de fait, le cautionnait.

Proxénétisme («Clients» Pénalisation des) (5) : Se focaliser quasi exclusivement sur le vote par les Chambres, puis par le Sénat, de cet article, (considéré comme le plus difficile à faire accepter) c’était donc politiquement s’inscrire dans le cadre d’une législation exclusivement française, et donc de fait, nécessairement dans le cadre d’une pensée nationaliste. Qui plus est, en faisant fi des toutes les législations, notamment européennes, mais aussi internationales, qui, depuis si longtemps, tel un bulldozer, avaient détruit tous les fondements de l’abolitionnisme, ce soutien les légitimait par le silence les concernant. (Cf. Proxénétisme. Personnes - dites - prostituées. Olivier Maud. Abolitionnisme)

Proxénétisme («Clients» Pénalisation des) (6) : Et, pourtant, le vote de la loi n° 2016-444 du 13 avril 2016 visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées, ne permet pas de considérer, sans plus de clarification, que la «pénalisation des «clients» puisse être mise à son actif. Pourquoi ? Tout d’abord, alors que les personnes dénommées prostituées sont, elles, toujours nommées, le terme de «client», lui, ne l’est pas. En effet, son article 20 prévoit que : «Le fait de solliciter, d’accepter ou d’obtenir des relations de nature sexuelle d’une personne qui se livre à la prostitution, y compris de façon occasionnelle, en échange d’une rémunération, d’une promesse de rémunération, de la fourniture d’un avantage en nature ou de la promesse d’un tel avantage est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe. […]»
Par ailleurs, sauf à considérer que le seul fait d’inclure cet article dans le code pénal puisse être considéré comme relevant de la «pénalisation», il importe de noter :
- que son intitulé : «Du recours à la prostitution» peut sans difficulté être considéré comme une légitimation juridique de la dite «prostitution» ;
- qu’une «contravention» n’est pas un «délit», ni a fortiori un crime et qu’une peine de prison est donc exclue ;
- que les contraventions de cinquième classe concerne les permis de chasse et les permis de conduire,
- et que l’alinéa 6, qui concerne les dites contraventions dans le code pénal (Article 131-16), prévoit : «la confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre l'infraction ou de la chose qui en est le produit. Toutefois, cette confiscation ne peut pas être prononcée en matière de délit de presse.»
- «La chose»….

Proxénétisme («Clients». Simenon Georges) : Georges Simenon [1903-1989], auteur de :
«[…] Je me rends chez une Madame Claude quelconque. La vraie - dont on a beaucoup parlé - n’était pas la seule à Paris et je crois que je les ai connues, toutes, celles qui habitaient des hôtels particuliers, l’une dans la rue Paul Valéry, toutes dans les ‘beaux quartiers.’ Pour répondre, en passant, à des légendes qui font de moi un obsédé sexuel, je me permets de signaler que j’ai des goûts très normaux et je ne suis pas le seul à être mû, depuis ma tendre adolescence, et encore aujourd’hui, par des besoins sexuels impérieux. […]» 100 (Cf. Homme politique France. Strauss-Kahn Dominique, Proxénétisme. Dumas Roland. Simenon George, Sexes […], Violences contre les femmes)

III. Proxénétisme. Personnes dénommées prostituées :

Proxénétisme (Personnes dénommées : prostituées) (1) : C’est parce qu’elles sont des êtres humain-es que le proxénétisme est criminel. Et qu’il doit être, dans son principe même, aboli. Cet argument se suffit à lui-même, car il est au fondement de la condamnation du principe même du proxénétisme. En ajouter d’autres invalide ledit principe. 101

Proxénétisme (Personnes dénommées prostituées) (2) : Analyser le proxénétisme sur les seuls fondements de la dénonciation de la vie des personnes prostituées, c’est analyser le capitalisme sur les fondements des enquêtes de Villermé dans le Tableau de l'état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie (2 volumes, 1840) ou le marxisme sur ceux des constats d’Engels dans La situation de la classe laborieuse en Angleterre (1845).

Proxénétisme (Personnes dénommées : prostituées) (3) : Tant d’hymnes, chansons, poèmes - réalistes, romantiques, humanistes - concernant les, des prostituées qui, pour, certains d’entre eux, autrefois, m’ont touchée, aujourd’hui m’insupportent… Seuls quelques rares échappent à ce dégoût.

Proxénétisme (Personnes dénommées : prostituées) (4) : Dans le monde marchand, il faut fabriquer des produits qui se vendent ; et toute la société doit y contribuer. Dans le monde libéral proxénète, il faut fabriquer des femmes qui se vendent ; et toute la société doit y contribuer. (Cf. notamment, Pornographie)

Proxénétisme (Personnes dénommées : prostituées) (5) : Au XIXème siècle, concernant le travail des enfants, certains libéraux se demandaient ou - diable ! - pouvait se trouver le problème dès lors que des enfants voulaient ou, pour les moins cyniques, devaient travailler, si concomitamment d’autres voulaient les employer…
Le raisonnement est de même nature concernant les personnes qui distinguent les prostituées dites «volontaires» et/ou «libres » aux….«autres».
Et la question est alors sans doute moins de dénoncer de telles absurdités - j’ose dire conceptuelles - que de s’interroger afin de comprendre par quels mécanismes celles-ci furent si peu combattues, si aisément considérées comme légitimes.

Proxénétisme (Personnes dénommées : prostituées. Balzac) : Balzac [1799-1850], dans Splendeurs et misères des courtisanes, auteur de :
«La familiarité la plus déshonorante est le premier impôt que ces sortes de femmes prélèvent sur les passions effrénées ou sur les misères qui se confient à elles. […]» 102

Proxénétisme (Personnes dénommées : prostituées. Bloy Léon) : Léon Bloy [1846-1917], auteur, en 1889, de :
«[…] la prostitution, l’inévitable destin de la femme désespérée.» 103

Proxénétisme (Personnes dénommées : prostituées. Constant Benjamin) : Benjamin Constant, [1767-1830], dans son Journal intime, auteur en 1804, de :
- «Ayant eu l’occasion d’avoir quelques détails intimes de l’existence des filles du demi-monde, je me suis convaincu que le roman Justine [Sade] n’est point une exagération de la vie humaine. Quelle espèce que la nôtre !»

- «J’ai déjà remarqué que les filles aimaient Rousseau. J’en ai vu une aujourd’hui qui voulait aller en pèlerinage à Ermenonville. C’est que l’état social pèse sur cette classe et que Rousseau en est le plus éloquent défenseur.» 

- «J’ai essayé de relever une fille tombée, mais c’est inutile. Il y a là une habitude de dégradation qu’il est impossible d’effacer. Comme cela fait apprécier un mariage pur où la plaisir est sans dégoût […].» 104

Proxénétisme (Personnes dénommées : prostituées. France culture. 2016) : Aurélie Kieffer, journaliste, auteure de :
«Quand on discute (en Côte d’Ivoire) avec les professionnelles du sexe … alors, elles apprécient beaucoup les visites-aides de leurs consoeurs (pour le dépistage, les soins)… mais, elles, ce qu’elles voudraient, c’est plutôt de l’argent, de l’aide pour sortir de la prostitution avant les soins, avant la lutte contre le sida..» 105

Proxénétisme (Personnes dénommées : prostituées. Garçon Maurice) : Maurice Garçon [1889-1967] défend, en tant qu’avocat, en 1941 un «patron de bordel en procès avec son propriétaire» et se «rend sur les lieux». Il décrit :
«vingt femmes nues, presque toutes mafflues et mal proportionnées, les seins généralement tombant […] travaillant à l’abatage».
«Dans les bons moments chaque femme fait soixante passes par jour.» Il poursuit :
«Je me suis amusé en bavardant à chronométrer les temps de disparition avec les client. On se presse dans les chambres qui sont étroites et sordides. Je n’ai pas vu la passe dépassant - avec le temps mis à monter et à descendre l’escalier - plus de cinq minutes. Ce qu’il y a de plus frappant à observer c’est le silence et la discipline. Pas un cri. Pas une chanson. Les hommes arrivent, s’asseyent ou attendent debout. Ils ne paraissent pas pressés. Ils attendent le passage de la femme dont ils ont envie. Parfois entre moment et où ils ont choisi et celui où ils se contentent, trois ou quatre hommes ont passé sur le ventre celle qu’ils ont convoitée. […] On vient là comme à un réfectoire. On se passe une envie brusque et on part allégé. Personne ne fait de sentiment.» 106

Proxénétisme (Personnes dénommées : prostituées. Le Monde. 2016) : Je lis une nouvelle formulation les concernant, dans Le Monde du 6 février 2016 107, reprenant une citation du livre de Shereen El Feki : La révolution du plaisir, 2015 : «personnes qui vendent des services sexuels pour joindre le deux bouts.»

Proxénétisme (Personnes dénommées : prostituées. Olivier Maud) : Maud Olivier, députée socialiste, rapporteuse de la loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel, auteure de :
«Ce ne sont plus des délinquantes, ce sont des femmes libres»…d’être prostituées. 108 Et elle poursuit : «Le rapport sexuel doit être partagé ; le désir doit être partagé». Terrible…(Cf. Proxénétisme. parlement Français)

Proxénétisme (Personnes dénommées : prostituées. Paz Madeleine) : Magdeleine Paz [1889-1973], dans un article intitulé, Le peuple des hommes seuls, auteure, en 1938, de :
«Mais les autres [les étrangers vivant «seuls »] ceux qui vivent à cinq ou six des garnis ou des taudis, qui, pendant des années sont séparés de leur familles, de leur milieu, imagine t-on leur vie d’épaves, leur existence physiologiquement anormale - ou leur recours à ces établissements ignobles où le plus bas proxénétisme, facilite, pour quelques francs, l’échange des maladies et de la souillure ?» 109 (Cf. Patriarcat)

Proxénétisme (Personnes dénommées : prostituées. Voltaire) : Je lis dans le Candide [1759] de Voltaire [1694-1778] le récit de ses «malheurs» par Paquette dont voici la fin :
«[…] Je fus mise en prison. Mon innocence ne m’aurait pas sauvée si je n’avais été un peu jolie. Le juge m’élargit, à condition qu’il succéderait au médecin. Je fus bientôt supplantée par une rivale, chassée sans récompense, et obligée de continuer ce métier abominable qui vous paraît si plaisant à vous autres hommes, et qui n’est pour nous qu’un abîme de misère. J’allais exercer la profession à Venise. Ah ! monsieur, si vous pouviez vous imaginer ce que c’est que d’être obligée de caresser indifféremment un vieux marchand, un avocat, un moine, un gondolier, un abbé ; d’être exposée à toutes les insultes, toutes les avanies ; d’être souvent réduite à emprunter une jupe pour aller se la faire lever par un homme dégoûtant ; d’être volée par l’un de ce que l’on a gagné avec l’autre ; d’être rançonnées par les officiers de justice, et de n’avoir en perspective qu’une vieillesse affreuse, un hôpital, et un fumier (faute de pouvoir être enterrée dans un cimetière), vous concluriez que je suis une des plus malheureuses créatures du monde.» 110 

IV. Proxénétisme (Proxénètes) :

Proxénétisme (Proxénètes) (1) : Des lâches qui n’ont pas le courage de défendre leurs intérêts et qui font faire publiquement leur sale boulot par des personnes prostituées, mais aussi par leurs ‘soutiens’ affichés. Et la presse, avec tant de complaisance, dévoilant sans honte son engagement à leurs côtés, leur ouvre si largement ses colonnes, ses studios.
- À la relecture, ce jugement relève t-il d’une navrante naïveté qui puisse laisser penser qu’une critique ponctuelle des proxénètes et de leurs si nombreux soutiens puisse aider à la dénonciation du proxénétisme ?

Proxénétisme (Proxénètes) (2) : Yves Michaud, en 2000, dans un texte intitulé Violence et conflit, classe les proxénètes [qu’il nomme «souteneurs»] parmi «les spécialistes de la violence, les individus qui en font un métier ou une profession», avec les «militaires, truands et policiers». 111
Si je récuse cette analyse de «la violence» - et donc l’assimilation telle que présentée - le rôle, la fonction, la spécialisation des proxénètes comme institutionnellement producteurs de violences mérite d’être relevé. Du fait de sa rareté ?

Proxénétisme (Proxénètes. Comment les dissoudre par la loi et le verbe) (1) : Vous mêlez : «prostitueurs» (mêlant indistinctement proxénètes et clients), «trafiquants», «exploiteurs sexuels» 112, «acteurs» [à l’instar des «clients»], «pourvoyeurs», «racketteurs», «rabatteurs», «organisateurs», «agents dans le milieu du spectacle», «souteneurs», «financiers», «logisticiens», «lieutenants», [Et oui, lu dans le dernier Rapport de l’Assemblée Nationale. septembre 2013], «homme à la tête d’un réseau , «chefs [de réseau]», «responsables [de réseau]», «passeurs»* 113, «intermédiaires», «propriétaires [indélicats] [de bordels]», «conjoints», «entrepreneurs [érotiques]», «mafiosis», «gestionnaires [de bordels, de maisons closes]», «opérateurs de maisons closes», «opérateurs de bordels», «logeurs», «hôteliers», «bailleurs», «exploiteurs», «exploitants [d’établissements]», «entremetteurs dans le commerce du sexe», «personnes soupçonnées d’être à la tête d’un réseau de prostitution», «commanditaire [du réseau]», «collecteur de fonds du réseau», «tierces parties», «personnes tierces», «tierces personnes»*, «représentants», «drivers», «managers», «agents d’escortes», «lovers boys», «gérant-es», «animatrices», «mamas [Nigérianes]», «mères maquerelles», «jujus»*, «protecteurs»* et, enfin, dernièrement lu : «les producteurs» 114 et le même le «conseiller». 115 J’ai relevé aussi : «boutiquier du sexe» (Dodo la Saumure dans le procès Carlton / DSK), et dernièrement (lors du décès de Madame Claude, «la concurrence» 116… Vous pouvez aussi les subsumer bien évidemment dans les «trafics», et même dans les «réseaux»*, terme employé seul ou dissocié des «proxénètes»*. Vous pouvez aussi noter que les «réseaux », nulle part intégrés dans le droit, sont fort à la mode. Vous agitez le tout et le tour est joué : les proxénètes disparaissent.
* Ajout. 2 avril 2015. Lu ce jour, «les acteurs du réseau». 117

Proxénétisme (Proxénètes. Comment les dissoudre par la loi et le verbe) (2) : Dans le Dictionnaire de la pornographie, une rubrique est intitulé «Prostitution», aucune ne concerne les proxénètes, ni le proxénétisme, ni les clients, ni les personnes prostituées.
Sa conclusion mérite d’être citée :
«À exclure du travail du sexe les femmes qui reversent une partie de leur argent à des souteneurs, il n’est pas assuré qu’on réussisse à comprendre ce qui fait lien ou divergence dans l’entre-soi des femmes, des hommes et des transgenres qui monnayent la sexualité. L’utopie semble un leurre vite contredit par les réalités du terrain.» 118
- Pour légitimer le proxénétisme, ne resterait il donc que l’incohérence ?, l’absurde ?

Proxénétisme (Monteil Martine) : Je lis dans Femmes en tête de Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, concernant la carrière dans la police de Martine Monteil, ceci :
«[…] Elle devint en septembre 1989 chef de la Brigade de répression du proxénétisme : la nomination d’une femme à la tête de la Mondaine permet de couper court aux rumeurs et aux suspicions (sic) sur le racket des hôtels de passe… On a vu juste (sic) : à l’occasion, elle n’hésite pas à dénoncer ses collègues masculins pour complicité de proxénétisme. Nouvelle prouesse (sic) ; elle réussit à démanteler le réseau de call-girls de la fameuse Madame Claude119

Proxénétisme (Politique) : Sans politique nationale, européenne, internationale spécifique contre le proxénétisme, les proxénètes ne risquent rien, ou presque. Et ceux et celles qui, sans cesse, partout, le légitiment : encore moins. A cet égard, la législation italienne contre les maffias apparait avancée, concernant plus spécifiquement le renversement de la charge de la preuve (à charge pour la personne suspectée d’établir l’origine licite de ses biens) suivie d’une politique de confiscation des biens saisis... 120 (À prolonger)

Proxénétisme (Procès) : Lors du procès dit du Carlton, le 12 juin 2015, après que Dominique Strauss-Kahn ait été, au même titre que Dodo la Saumure - légitimé dans son bon droit à violenter les femmes, - le Procureur avais requis la relaxe «pure et simple», il a quitté le tribunal dans une berline noire aux vitres fumés, «protégé par une escouade de policiers et de motards.» Bernard Lemettre, partie civile pour Le Nid, qui rappelle ce spectacle, poursuit : «S’il avait été condamnée par la justice, je suis certain qu’il aurait bénéficié de la même protection policière.» 121 (Cf. Homme «Politique». Strauss-Kahn Dominique, Justice)

V. Proxénétisme. Abolitionnisme :

Proxénétisme (Abolitionnisme) (1) : Ma conception de l’abolitionnisme est fondée sur trois positionnement : le sexe est indissociable du corps, le corps est indissociable de l’être humain, l’être humain est inaliénable.

Proxénétisme (Abolitionnisme) (2) : Il n’y a de solution au proxénétisme que son abolition et la libération des personnes qu’il a nommées prostituées de son joug. Toute revendication partielle crée les conditions de sa perpétuation.

Proxénétisme (Abolitionnisme) (3) : Revendiquer l’abolition du proxénétisme n’a que peu, sinon rien, à voir avec les articles (français) du Code pénal censés, au plan strictement judiciaire, et avec les résultats que l’on connaît, condamner le crime singulier de proxénétisme. Il ne s’agit en effet, dans le cadre de cet étroite définition, que de l’écume du rapport de domination que constitue le système criminel de domination proxénète. Revendiquer l’abolition du proxénétisme exige qu’au sein de ce rapport spécifique de domination patriarcal, la responsabilité respective des États, des proxénètes (personnes physiques et morales) et leurs soutiens, les personnes prostituées - seules victimes - et les «clients» soit posée. Et ce sur un plan nécessairement international. Ne l’aborder qu’au strict plan français est non seulement absurde, un grossier déni politique, mais en sus nécessairement cautionne (au nom de la hiérarchie des normes), les législations et les politiques européenne, mais aussi onusiennes, maitresses d’œuvre en la matière. (Cf. Proxénétisme. Un préalable méthodologique)

Proxénétisme (Abolitionnisme) (4) : Lorsque évoqué sans autre précision par les militant-es de l’abolition de la peine de mort, exclut de facto la pensée, l’histoire, les combats et les projets de l’abolition du proxénétisme. La réciproque est également juste à ceci près que l’abolition de la peine de mort est l’un des principaux paradigmes des ‘droits de l’homme’ alors que l’abolition du proxénétisme n’en a jamais fait partie. 122 (Cf. Droits de l’homme)

Proxénétisme (Abolitionnisme) (5) : Si les critiques - nécessairement antiféministes - de l’abolitionnisme devaient citer précisément, rigoureusement, normalement donc, les arguments qu’ils/elles sont censé-es réfuter, et à l’encontre des quelles ils/elles sont censé-es s’opposer, que resteraient ils de la validité des leurs ? Pas grand chose. Et pour une raison bien simple : la vérité ne peut être dite, à savoir que l’enjeu est bien de marchandiser les êtres humains.

Proxénétisme (Abolitionnisme. Antithèse) : Najat Vallaud Belkacem (ministre), auteure de :
«Notre objectif, c'est l'abolition de la prostitution, c'est permettre à toute personne prostituée qui le souhaite de sortir de la prostitution.» Pour mieux comprendre la signification politique de cette position, comparer, par analogie : «Notre objectif, c’est l’abolition de l’esclavage, c’est permettre à tout-e esclave qui le souhaite de sortir de l’esclavage.» 123 Najet Vallaud Belkacem légitime, cette fois-ci clairement, au nom du gouvernement, dans la cohérente logique libérale proxénète européenne, sans ambiguïté, le proxénétisme ; toutes les confusions savamment entretenues depuis des années sous couvert d’abolitionnisme apparaissent dans leur vérité au grand jour. Mais pourquoi a t-il fallu tant de temps pour reconnaître l’évidence ? [1er juillet 2014]

Proxénétisme (Abolitionnisme. Butler Joséphine) : Joséphine Butler [1828-1906] féministe anglaise, fondatrice de l’abolitionnisme politique, auteure de :
«Attendu que du moment où l’État reconnaît et protège la prostitution, il en proclame par cela même la nécessité et lui ôte son opprobre124
Un livre récent : Féminisme et prostitution dans l’Angleterre du XIXème siècle : la croisade de Joséphine Butler renouvelle et enrichit l’analyse des analyses des combats de cette femme, féministe, (cf. notamment p.45 à 52), abolitionniste, chrétienne, iconoclaste, radicale, resitués dans leur cadre historique. 125 (Cf., Féminisme. Agressif, Politique. Tolérance)

Proxénétisme (Abolitionnisme. Détournement de signification) : Lu dans la Préface à Un joli monde. Romans de la prostitution :
«Une vingtaine d’années plus tard (après 1884), plaçant leurs espoirs dans une république devenue radicale, quelques écrivains participent au combat que les «abolitionnistes» (les partisans d’une abolition de tout contrôle) mènent avec toujours plus d’ardeur contre le réglementarisme et la répression des filles par la police.» 126 Outre le lien posé entre l’abolitionnisme et la «République devenue radicale», outre l’emploi des guillemets à «abolitionnistes», outre l’emploi du terme de «filles», chacun de ces termes devant, pour leur part, être critiqué, définir, sans excès de scrupules, l’abolitionnisme comme «l’abolition de tout contrôle» est un détournement de signification. Depuis fort longtemps, je sais que les partisans du système proxénète veulent s’approprier le terme d’abolitionnisme ; pour la première fois, je pense avoir compris comment. Et j’en lis la manifestation. Mais, sans doute, il y en aura d’autres…

Proxénétisme (Abolitionnisme. Esclavage) (1): Oruno D. Lara et Inez Fischer-Blanchet, auteur-es de :
«Le terme d’abolition laisse entendre la brièveté d’une opération instantanée : un décret promulgué et l’esclavage s’estompe, disparaît à jamais... Abolition : un rite de passage vers l’affranchissement généralisé impliquant un ou des abolitionnistes qui tranchent le nœud gordien de l’esclavage. […] Le système esclavagiste ne s’évanouit pas, ses marques profondes persistent dans le mode de production, dans les rapports sociaux et dans les cerveaux des colonisés (et colonisées). Il faudra les abattre ou les extirper. Tout reste à faire quand on proclame l’abolition de l’esclavage. […]». 127
Analyse juste et valable aussi concernant l’abolition du proxénétisme.

Proxénétisme (Abolitionnisme. Esclavage) (2) : Au printemps 1847, alors qu’un vote devait avoir lieu à la Chambre des députés concernant l’abolition de l’esclavage, un certain nombre de planteurs demandèrent (je ne sais selon quelles modalités) d’«obtenir une représentation directe au parlement». Le 30 mars 1847, Victor Schœlcher écrivit à Guillaume de Félice ceci :
«Ils ne doivent pas entrer au Parlement tant qu’ils auront des esclaves, ils ne peuvent jouir du droit commun tant qu’ils seront en dehors du droit commun.» Cet argument doit être repris concernant plus largement tous ceux et celles qui de près ou de loin ont des intérêts ou défendent les intérêts proxénètes / pornographes. À ceci près que, un siècle et demi après, la légitimation du proxénétisme / pornographe est entrée dans «le droit commun», a été intégrée dans «les valeurs de la République». Sans oublier le pouvoir des propriétaires de presse. 128 (Cf. Pornographie. Niel Xavier)

Proxénétisme (Abolitionnisme. Hugo Victor) : Lettre de Victor Hugo [1902-1885] adressée (notamment) à Joséphine Butler :
«Paris, le 20 mars 1970.
Madame, mesdames, Je suis avec vous de toute la force de mon âme. En lisant votre éloquente lettre
(Lettre en date du 1er Janvier 1870 de l’Association nationale des Dames), j’ai senti s’élever en moi une brûlante sympathie pour le faibles et une indignation non moins vive contre leurs oppresseurs. La France, selon toute apparence, est sur le point d’emprunter à l’Angleterre une criminelle institution – la Chambre des exécutions, le meurtre légal accompli à huis clos ; et, en retour, l’Angleterre se préparer à importer de France un détestable système, celui d’une police qui traite les femmes comme des êtres hors la loi. Protestez ! Résistez ! Montrez votre indignation ! Tous les cœurs nobles, tous les esprits élevés seront de votre côté. L’esclavage des femmes noires est aboli en Amérique, mais l’esclavage des femmes blanches persiste et Europe ; et les lois continuent à être faites par les hommes en vue de l’oppression des femmes. On ne pourrait rien voir de plus odieux que ce qui se passe aujourd’hui : la France copinant le régime féodal de l’Angleterre, et l’Angleterre imitant le despotisme médical de Paris. C’est une rivalité dans la rétrogradation. Quel spectacle misérable ! C’est un déshonneur pour la justice française de même que pour le gouvernement anglais. Publiez cette lettre si vous le juger utile, et soyez assurées, Mesdames, de mon ardente sympathie et de mon respect. V. Hugo» 129
- Mais Victor Hugo ne voyait sans doute pas de contradiction entre cette analyse et les rapports qu’il entretenait lui-même avec les femmes qu’il payait et qu’il «recommandait» à d’autres. Le 15 novembre 1871, il écrit concernant l’une d’entre elles : «Malvina de Ch., rue Frochot, 5 au 6ème, pucelle d’Orléans ; osc [Pour V. Hugo, signifier : «baiser» 130]. Je la recommande au ministre des Finances131 En échange de quoi ? Sur quelles complicités (implicites ou non) ? : élargit le concept de proxénétisme. Tout en le remettant en cause ? (Cf. Femmes. Échange des, Homme. Remarquable. Hugo Victor, Proxénétisme. Hugo Victor. Butler Joséphine)

Proxénétisme (Abolitionnisme. Justification) : Les abolitionnistes doivent cesser de s’auto-justifier : toute justification est preuve de manque de confiance en soi, en ses idées ; toute justification est faiblesse. Et donc échec.

Proxénétisme (Abolitionnisme. Langage) : L’abolitionnisme ne peut être repensé à l’aide d’aucun des termes conceptualisés dans le cadre de systèmes de domination autres que patriarcal. C’est vrai pour les plus nombreux, à savoir ceux du capitalisme, ceux du libéralisme proxénète, tels que «achat», «vente», «industrie  [du sexe], «commerce» [sexuel, [de la prostitution], «service» [sexuel], [à la personne], «exploitation» [commerciale, sexuelle], «marché [du sexe]», «offre» et «demande», «clients» [du commerce, de l’industrie, des services sexuels], «tourisme [sexuel]» etc.. Plus encore, l’emploi de ces termes, tout à la fois - à chacun de leur usage - en mêlant deux concepts de nature différente, dissout la spécificité de l’un comme de l’autre et cautionne les systèmes qui les ont produits.
Sans concept adéquat, spécifique, aucune lutte de l’abolition du proxénétisme n’est plus pensable, ni donc possible.
* Ajout. 30 septembre 2014. Un contre-exemple, particulièrement caricatural, Marx, auteur de : «La prostituée n’est qu’une expression particulière de la prostitution de l’ouvrier.» 132 (Cf. Esclavage, Exploitation, Langage, Patriarcat. Concept)

Proxénétisme (Abolitionnisme. Libéralisme) : Il ne peut y avoir aucune critique du proxénétisme sans analyse concomitante du libéralisme économique mondial qui nous a été, sans notre accord, imposé et dont les métastases, incessamment, partout, gangrènent nos vies. Ce constat est sans doute la plus forte critique des failles, des manques de la pensée féministe (abolitionniste) dominante actuelle, au sein duquel je m’inclue. (Cf. «Sciences» sociale. Économie)

Proxénétisme (Abolitionnisme. Marat) : Marat [1743-1793), auteur dans son Plan de législation criminelle de :
«Je n’examinerai point s’il faut [des prostituées] dans un État, j’observerai simplement qu’on n’en voit que chez les nations corrompues, et cela seul suffit pour décider de la question.» 133 (Cf. Politique. Morale, Sciences sociales. Histoire. Révolution française))

Proxénétisme (Abolitionnisme. Penser) : Tous les écueils, les échecs inhérents aux pensées de l’abolition de tous les systèmes de domination, et donc à leur permanence, doivent être répertoriés, analysés, critiqués, réfléchis. Afin d’éviter d’inutiles et si couteuses répétitions de l’histoire. Pour ce faire, se référer aux travaux de Oruno D. Lara et de Nelly Schmidt, et notamment, concernant cette dernière à son remarquable ouvrage, Abolitionnistes de l’esclavage et réformateurs des colonies, 1820-1851. 134

Proxénétisme (Abolitionnisme. Richard Marthe) : Lu dans un Rapport parlementaire émanant de Jacques Delarue [1919-2014], résistant, policier, historien : «Je m’intéresse beaucoup aux imposteurs : je les trouve assez géniaux, comme Marthe Richard, dont la vie ne fut qu’imposture […]» 135 Qu’en penser ? Que savons nous effectivement d’elle ? Ou plutôt, que nous a t-on caché ?

Proxénétisme (Abolitionnisme. Personnes - dites - prostituées) : Les premières et plus anciennes abolitionnistes : les personnes dites prostituées. Mais nul-le n’était là pour les entendre. Nul-le ne pouvait les entendre. Nul-le ne voulait les entendre. Toujours vrai.

Proxénétisme (Abolitionnisme. Wells H.G) : H.G Wells [1866-1946], auteur, en 1920, de :
«Quand une organisation sociale basée sur la propriété individuelle se disloque ; quand la propriété privée est soudainement et totalement abolie, cette abolition ne fait pas disparaître, ne détruit pas ce qui constituait la propriété privée136 Analyse essentielle. Par analogie : revendiquer l’abolition du proxénétisme ne fera pas disparaître ce qui fonde depuis des siècles les structures sociales, mentales, politiques, linguistiques, symboliques qui, depuis des siècles, en légitiment le bien-fondé.

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Notes de bas de page

1 Cf., Marie-Victoire Louis, Textes consacrés aux processus ayant mené à l’affirmation de cette assertion. http://www.marievictoirelouis.net/index.php?id=336

2 Abbé Henri Grégoire, Des peines infâmantes à infliger aux négriers. Paris. Beaudoin Frères, Imprimeurs, 1822. Cité dans Nelly Schmidt, Abolitionnistes de l’esclavage et réformateurs des colonies. 1820-1851. Analyse et documents. Karthala. 1196 p. 2001. p.407

3 Inès de la Fressange, Profession mannequin. Hachette Littérature. 189p. 2002. p.71 et 124

4 Amnesty International. Rapport 2014-2015. La situation des droits humains.. Brésil p.111/112

5 Magazine d’Amnesty International, Le féminisme au masculin. N° 87. Décembre 2016

6 Youtube. Attali. Chez Néo News.

7 Cornelius Castoriadis. Entretien. Radio suisse romande. 4 août 1996. Repris dans Cornelius Castoriadis, Quelle Démocratie ? II. Éditions du Sandre. 656p. 2013. p.621

8 Valérian Lallemand, In, Dictionnaire de la pornographie. (Sous la direction de Philippe Di Folco) PUF. 581p. 2005. p.69

9 Samuel Pisar, Le sang de l’espoir. Laffont. Le livre de poche. 351p. 1979. p.83, 84

10 Anne-Lise Stern, Le savoir-déporté. Camps, Histoire, Psychanalyse. 335p. 2004. p.228

11 Léon Poliakov, Bréviaire de la haine. Le IIIème Reich et les juifs. Le livre de poche. 505p. 1974. p.329

12 Roger Martin du Gard, Journal. I.1892-1919. NRF. Gallimard. 1094p. 1992. p.625

13 Erich Maria Remarque, À l’Ouest, rien de nouveau. Le livre de poche. 243p. 1967. p. 8

14 André Malraux, La voie royale. Grasset. 269p. 1930. p.13

15 Clara Malraux, Nos vingt ans. Grasset. 1966. 282p. p.123,124 et 214

16 Daniel Borrillo, Mediapart (Blog). Faire de la prostitution, une véritable profession. 26 mai 2012

17 François Chalais, Les chocolats de l’entracte. Choses vécues. Le livre de poche. 348p. 1973. p.134,135

18 François Chalais, Les chocolats de l’entracte. Choses vécues. Le livre de poche. 348p. 1973. p.285, 286

19 François Chalais, Les chocolats de l’entracte. Choses vécues. Le livre de poche. 348p. 1973. p.153,155,160

20 Edmond et Jules de Goncourt, Journal. Mémoires de la vie littéraire. 1887-1896. Bouquins. Robert Laffont. 1461 p. 2004. p.150

21 Le Canard enchaîné, L’auto-entreprise va droit aux putes. 28 décembre 2011

22 Le Figaro. Toulouse / Proxénétisme. 5 mises en examen. 29 janvier 2016

23 AFP. Proxénétisme. 12 femmes arrêtées. 14 juin 2012

24 France Culture. Eurojust, existe-t-il une justice européenne ? 28 mai 2015

25 Alain Corbin, Les filles de noce. Champs Flammarion. 494p. 1982. p.316 et 318

26 Courrier international, Grèce. Jeunes réfugiés en Grèce, coincés dans l’enfer de la prostitution. 5 décembre 2016

27 Avril 2006

28 Paris Première. TV. 10 h30. 1er novembre 2015

29 France Culture. Régis Debray, Allons aux faits. Réalités religieuses. Que fait-il entendre par sacré (2/5) 12 juillet 2016

30 Guy Des Cars, Les filles de joie. J’ai lu. Flammarion. 313 p. 1959. p.299 et 313

31 Le Figaro, Avant et après : une maison close mythique se mue en hôtel chic. 28 avril 2016

32 France 2. Un jour, Un destin. Madame Claude. 14 septembre 010

33 Dominique Torrès, Esclaves. 200 millions d’esclaves aujourd’hui. Phébus. 1996. 199p.

34 Roger le Taillanter, Les nouveaux esclaves. Au bois de Boulogne et ailleurs. p.200

35 Cité dans le Rapport d’information n°3334. Op.cit. p.175

36 Une initiative du Monde selon les Femmes, en partenariat avec plusieurs associations, y compris le Lobby européen des femmes.

37 AFP. Le Figaro. Canada. Un réseau de prostitution démantelé. 1er avril 2015

38 Cf. Marie-Victoire Louis, À propos des violences, de la prostitution, de la traite, de la sexualité. Chroniques Féministes : Violences, une stratégie patriarcale. Mai/juin 1997. http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=502&themeid=336

39 Michel Foucault, Dits et écrits. 1954-1988.II. 1976-1988. Quarto Gallimard. 1735 p. 2001. p.1100, 1101

40 Thomas Cluzel, France Culture. 25 juin 2013

41 Cité dans Le Figaro, Bergé contre Bové : La GPA divise plus que jamais à gauche. 15 mai. Citation extraite de son livre : Corps en miettes. Flammarion. 2009.

42 André Gide, Si le grain ne meurt. In : Souvenirs et Voyages, La Pléiade. Gallimard. 1467p. 2001. p.316

43 Cf. Marie-Victoire Louis, Prostituées et hétaïres. Pour une analyse critique du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=527&themeid=859

44 Havelock Ellis, La prostitution - Ses causes - ses remèdes. Mercure de France. 209p. 1929. p.24

45 Ryszard Kapuscinski, Le Shah. Flammarion. 241p. 2010. p. 126

46 Victor Hugo, Choses vues. 1849-1885. Folio Gallimard. 1014 p. 2010. p.273

47 Claude Grudet, «Madam». Madame Claude raconte… Michel Lafon. J’ai lu. 319p. 1995. p.89

48 Ciné Classique, Frank Sinatra ou l’âge d’or de l’Amérique. 4 décembre 2016

49 Friedrich A. Hayek, La route de la servitude. PUF. Quadrige. Grands textes. 176p. 2010. p.33 et 49

50 Albert Camus, Hommage a un journaliste exilé. La Révolution prolétarienne. N° 422, Nov. 1957. Publiée dans Albert Camus, Écrits libertaires (1948-1960) Rassemblée et présentés par Lou Marin. 337 p. 2013. p.267

51 AFP. Paris. Salons de massages. 3 interpellations. 3 juillet 2015

52 François Mauriac, Nouveaux mémoires intérieurs. Folio. 374p. 1974. p.130,131

53 Louise Michel, Mémoires. Préface de Xavière Gauthier. Editions Tribord. 582p. 2005. p.385

54 Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Le nouveau désordre amoureux. Le Seuil. 316 p. 1977. p.192

55 Simone Weil, Œuvres. Quarto Gallimard. 1276 p. 2003. p.1132

56 Le Monde Diplomatique, Robin Cavagnoud, Au travail les enfants.. Mai 2016

57 Le Monde Diplomatique. Janvier 2017. p.24

58 Le Monde Diplomatique, Immigrés français en Afrique du sud. Septembre 2017. p.27

59 HPJ, Autobiographie d’un hardeur. Hachette littérature. 196p. 2002. p.31

60 Victor Hugo, Choses vues.1849-1885. Folio. Gallimard. 1014p. 2010. p. 956 (Notes)

61 Journal de l’abbé Mugnier.1879-1939. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 639p. 2007. p.331

62 Chaine Toute l’Histoire. Montmartre : du plaisir au crime. 12 avril 2015

63 Europe 1. Projet de loi sur la prostitution ; « un texte d’égalité » ? 3 février 2016

64 Europe 1. Le Sénat rejette à nouveau la pénalisation des clients. 10 mars 2016.

65 Le Monde, Le Sénat appelle à sortir de la culture du viol. 4 février 2017

66 Radio Libertaire. Émission Femmes libres. 17 février 2016

67 La Marche mondial des femmes. 5 avril 2016

68 France Culture, L’Esprit Public. 19 mars 2017

69 Maurice Garçon, Journal. 1939-1945. Les Belles Lettres / Fayard. 702p. 2015. p.141

70 Le Figaro. Avec AFP. 23 juin 2015

71 Le Figaro. Avec AFP. 4 juin 2015

72 Le Figaro. Avec AFP. 22 mai 2015

73 Pierre Pascal, En communisme. Mon Journal de Russie.1918-1921. L’Age d’Homme. 226 p. 1977. p.112,

74 RT (Site Russe, disons.., sans doute, très proche du Kremlin), «Les prostituées russes sont les meilleures au monde» …et c’est Poutine qui le dit. (Vidéo) 17 janvier 2017

75 Op. cit. Les pages citées sont celles du Rapport.

76 Sade, Les cent vingt journée de Sodome. In, Œuvres. I. La Pléiade. Gallimard. 1363p. 1990. p.98, 99

77 Michael J. Sanders, Justice. Albin Michel. 2016. 410p.

78 Jacques Séguéla, Fils de pub. Flammarion. 297p. 1984. p.267

79 France Culture. Grandes traversées. Georges Simenon. Ecrivain voyageur. 20 août 2009. Réécoute le 18 janvier 2015

80 Georges Simenon, Mémoires intimes. France Loisirs. 753p. 1982. p.229

81 In, Féminisme et prostitution dans l’Angleterre du XIXème siècle ; la croisade de Joséphine Butler. Textes réunis et présentés par Frédéric Regard [ …] 311p. ENS Éditions (Lyon). Déc. 2013. p.230

82 A. Corbin, Les filles de noce. Misère sexuelle et prostitution (19ème siècle) Champs Flammarion. 495p. 1978. p.160

83 France Culture, VIH et travail du sexe : en 2017. La lutte continue. 23 août 2017

84 Cf. Abolition 2012

85 Barbara, Il était un piano noir… Mémoires interrompus. Le livre de poche. 189p. 1998. p.54

86 Cf., Trafficking in persons report. Annuel. Passionnant car si éclairant.

87 Dans les revues : Prostitution et société. Le Monde Diplomatique. Décembre 2016.p.27

88 France Culture. Sur les docks. La révolte des prostituées de Saint Nizier. 1er juin 2015

89 Le livre noir de la condition des femmes. Sous la direction de Christine Ockrent. P. Points. XO éditions. 954p. 2007. p.526

90 Francis Carco, Jésus la caille. Le livre de poche. 252p. 1967. p.97

91 La tribune de Genève. Un numéro pour lutter contre la traite des êtres humains. 16 octobre 2014

92 Julie-Victoire Daubié, La femme pauvre au XIXème siècle. Éditions côté-femmes. Tome 2. 1993. 203p. p.30

93 Isadora Duncan, Ma vie. Folio. Gallimard. 447p. 2016. p.212

94 France Culture, Hélène Hazera, Une femme de combat. 1/5. 3/5. 28, 30 août 2017

95 Anne-Xavier Albertini, Journal fou d’une infirmière. Robert Laffont. 200p. 1976. p.16

96 François Mauriac, Mémoires intérieurs. Le livre de poche. 382p. 1966. p.105

97 Marie-Victoire Louis, La pénalisation des clients : la nécessaire mort d’un droit de l’homme. http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=520&themeid=336

98 Cf., entre autres innombrables malhonnêtetés intellectuelles et scandaleuses affirmations, le Rapport d’information n°3334. Prostitution : l’exigence de responsabilité. En finir avec le plus vieux métier du monde. Assemblée Nationale. Commission des lois. Avril 2011. Danielle Bousquet, Présidente. Guy Geoffroy, Rapporteur. 383p.

99 Bernard Lemettre, Je veux juste qu’elles s’en sortent. Michel Lafon. 253p. 2015. p.251

100 Georges Simenon, Mémoires intimes. France Loisirs. 753p. 1982. p.383

101 Cf. Marie-Victoire Louis, Abolir la prostitution ? non. Abolir le proxénétisme http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=744

102 Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes. Folio. Gallimard. 695p. 1989.p.206

103 Léon Bloy, Lettres à sa fiancée. Éditions Stock. 142p. 1941. p.78

104 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.83, 108, 113

105 France Culture, Cote d’Ivoire : le combat des prostituées contre le sida. 27 mai 2016

106 Maurice Garçon, Journal. 1939-1945. Les belles lettres / Fayard. 702p. 2015. p.249,250.

107 Le Monde, Du Caire à Cologne, chronique du harcèlement. 6 février 2016

108 Interview enregistré écoutable à la suite de l’article publié dans Le Figaro, Un réseau de prostitution démantelé dans l’Isère. 30 avril 2016

109 Magdeleine Paz, Je suis l’étranger. La Thébaïde. 395p. 2015. p.253

110 Voltaire, Candide, Le livre de poche classique. 223p. s.d. p.139,140.

111 Yves Michaud, Violence et conflit. In, Université de tous les savoirs (Sous la direction d’Yves Michaud) Qu’est ce que la société ? Volume 3. Éditions Odile Jacob. 897p. 2000. p.750

112 Le Figaro, Ces trafics d'êtres humains venus de l'Est. 27 mars 2013

113 Les termes suivis d’un astérisque sont repris du Rapport de l’IGAS (Inspection générale des Affaires sociales) N°RM 2012, Prostitution, Les enjeux sanitaires. Décembre 2012. (p. 12, 13, 23 (note 8), 23, 28, 43). 146 p.

114 Campagne Zero macho. Membre d’Abolition 2012. 20 novembre 2012

115 Le Figaro, Le «DSK», nouveau bar à hôtesses de Dodo la Saumure. 30 avril 2014

116 Le Figaro. Affaire du Carlton. DSK remercie les juges. 20 février 2015

117 AFP. Canada. Un réseau de prostitution démantelé. 1er avril 2015

118 Catherine Deschamps, In, Dictionnaire de la pornographie. (Sous la direction de Philippe Di Folco) PUF. 581p. 2005. p.386

119 In, Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. P.340

120 Arte, La mafia à nos portes. 16 juin, rediffusé le 29 juin 2015

121 Bernard Lemettre. Je veux juste qu’elles s’en sortent. Michel Lafon. 253p. 2015. .245,246

122 Marie-Victoire Louis, Abolir la prostitution ? Non. Abolir le proxénétisme http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=744&themeid=336

123 AFP. Le Figaro. Belkacem au Sénat sur la prostitution. 1er juillet 2014

124 Joséphine Butler, (Lettre en date du 1er Janvier 1870 de l’Association nationale des Dames), In, Souvenirs personnels d’une grande croisade. Paris, Librairie Fischbacher. 1900. (2 tomes) Tome I. p.15

125 Frédéric Regard (Textes réunis et présentés par), Féminisme et prostitution dans l’Angleterre du XIXème siècle : la croisade de Joséphine Butler. ENS Editions. (Lyon) Déc. 2013. 341 p.

126 Un joli Monde. Romans de la prostitution. Édition établie et présentée par Mireille Dottin-Orsini et Daniel Grojnowski. Robert Laffont. 1117p. 2007. p.XI

127 Oruno D. Lara et Inez Fischer-Blanchet, Abolition ou destruction du système esclavagiste ? In : Les abolitions de l’esclavage. Actes du colloque international tenu à l’Université de Paris VIII, les 3, 4 et 5 février 1994. Presses Universitaires de Vincennes et Éditions Unesco. 415 p.1995. p. 336 à 343 

128 Nelly Schmidt, Abolitionnistes de l’esclavage et réformateurs des colonies. 1820-1851. Analyse et documents. Karthala. 1196 p. 2000. p.292

129 Joséphine Butler, Souvenirs personnels d’une grande croisade. Librairie Fischbacher. 1900 (2 tomes) Tome I. p.23

130 V. Hugo, Choses vues. 1870-1885. Folio. 529p. 1972. p.108.

131 V. Hugo, Choses vues. 1849-1885. Folio. 1014p. 2010. p.678. Dans l’édition de 1972, Cf. page 521 : «Note sur Victor Hugo et les femmes».

132 Karl Marx, Les manuscrits de 1844. Économie politique et philosophie. Éditions sociales. 1972. Troisième manuscrit. Note de la page 77

133 Marat, Plan de législation criminelle. Bibliothèque sociale. Aubier Montaigne. 201p. 1974. Note 1, page 128

134 Nelly Schmidt, Abolitionnistes de l’esclavage et réformateurs des colonies, 1820-1851 Analyse et documents, Editions. Karthala, Paris, 2000, 1 200 pages. Lire aussi, Nelly Schmidt, L’élaboration des décrets de 1848. Application immédiate et conséquences à long terme. In, Les abolitions de l’esclavage. Actes du colloque international tenu à l’Université de Paris VIII, les 3, 4 et 5 février 1994. Presses Universitaires de Vincennes et Éditions Unesco. 415 p.1995. p. 345 à 355 

135 Assemblée Nationale. Rapport de la commission d’enquête sur les activités du Service d’action civique (SAC). 18 juin 1982. Alain Moreau Editeur. Tome 2. 996p. 2002. p.777

136 H.G. Wells, La Russie telle que je viens de la voir. Éditions du progrès civique. Paris. 169 p.1920. p.53


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