Domination masculine. Patriarcat
 Marie-Victoire Louis

Patriarcat

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 25/11/2019
date de publication : 25 novembre 2019
mise en ligne : 25/11/2019
Voir et imprimer en PDF via pdf Print FriendlyAugmenter la taille du texteDiminuer la taille du texteRecommander ce texte par mail

À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 9.994 items et 23 rubriques : I. « Culture » (471) ; II. Droit (178) ; III. Êtres humains (527) ; IV. Corps (249) ; V. Enfants (133) ; VI. Femmes (1601) ; VII. Hommes (641) ; VIII. Relations entre êtres humains (393) ; IX. Famille (326) ; X. Féminisme (323) ; XI. Justice (482) ; XII. Langage (604) ; XIII. Patriarcat (411) ; XIV. Penser (803) ; XV. Politique (1218) ; XVI. Pornographie (100) ; XVII. Proxénétisme (240) ; XVIII. « Sciences » sociales (274) ; XIX. Démographie (36) ; XX. Économie (380) ; XXI. Histoire (199) ; XXII. Sexes [Sexualité, Sexisme…] (118) ; XXIII. Violences (286) … et continuera d’évoluer.

25 novembre 2019

XIII. Patriarcat

En noir. Items ‘nouveaux’ (et modifiés)

I. Patriarcat : Patriarcat (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47) ; Patriarcat (Abolir le) ; Patriarcat (Anarchisme) ; Patriarcat (Anabaptistes de Münster) ; Patriarcat (« Ange du foyer ») ; Patriarcat (Apollinaire Guillaume) ; Patriarcat (Athéisme) ; Patriarcat (Aveugle) ; Patriarcat (Baudelaire) (1, 2, 3) ; Patriarcat (Bourgeoisie) ; Patriarcat (Capitalisme) ; Patriarcat (Chardonne Jacques) ; Patriarcat (Colonialisme) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11) ; Patriarcat (Conciliation) ; Patriarcat (Concurrence entre hommes) (1, 2) ; Patriarcat (Confusion des identités) ; Patriarcat (Constant Benjamin) ; Patriarcat (Contradiction) ; Patriarcat (Courage) ; Patriarcat (Coût) (1, 2) ; Patriarcat (« Crise de conscience ») ; Patriarcat (Culte du chef) ; Patriarcat (Culture) ; Patriarcat (De Gaulle Charles) ; Patriarcat (Démosthène) ; Patriarcat (Derrida Jacques) ; Patriarcat (Désintégration) ; Patriarcat (« Désir féminin ») ; Patriarcat (Dévoilement) ; Patriarcat (Dialectique) ; Patriarcat (Dieu) ; Patriarcat (Drieu La Rochelle Pierre) ; Patriarcat (Droit Roger-Paul) ; Patriarcat (Droit / Droits) : http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1215&mode=last ; Patriarcat (Église catholique. France. 2009) ; Patriarcat (« Espèce » (1, 2) ; Patriarcat (Esclavage) (1, 2) ; Patriarcat (« Exploitation ») ; Patriarcat (Expressions) (1, 2, 3, 4) Par ordre chronologique (5) ; Patriarcat (Fascisme) ; Patriarcat (Femme) (1, 2) ; Patriarcat (« Féminité ») (1, 2) Par ordre chronologique (3, 4, 5) ; Patriarcat (Femen) ; Patriarcat (Ferrante Elena) ; Patriarcat (« Folklore ») ; Patriarcat (Fernando Gabeira) ; Patriarcat (Généalogie archétypale) ; Patriarcat (Gide André) (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Patriarcat (Guitton Jean) ; Patriarcat (Hiérarchie) ; Patriarcat (Histoire) (1, 2, 3) ; Patriarcat (Honneur) (1, 2) ; Patriarcat (Humiliation) (1, 2) ; Patriarcat (Hymen) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Patriarcat (Incohérences) ; Patriarcat (« Intellectuel-les ») (1, 2) ; Patriarcat (Islam) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5) ; Patriarcat (Italie. Début du XXème siècle) ; Patriarcat (Jouissance) ; Patriarcat (« Juge de sa propre cause ») ; Patriarcat (La Tour du Pin François René de) ; Patriarcat (Lespinasse Julie de) ; Patriarcat (Liberté) ; Patriarcat (Libération) ; Patriarcat (Littérature) (1, 2, 3, 4) Par ordre chronologique (5, 6, 7, 8, 9, 10) ; Patriarcat (Loi salique) ; Patriarcat (Louis XVI) ; Patriarcat (Luttes anti-patriarcales) (1, 2, 3) ; Patriarcat (Maniglier Patrick) ; Patriarcat (Mafias) ; Patriarcat (Manifestations) (1, 2) ; Patriarcat (Matriarcat) (1, 2, 3) ; Patriarcat (Masculinités) ; Patriarcat (Mauriac François) ; Patriarcat (Mensonge) ; Patriarcat (Mépris des femmes) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4) ; Patriarcat (Michelet Jules) ; Patriarcat (Mise à mort, civile, politique, symbolique, réelle des femmes) ; Patriarcat (Mis sous le boisseau) ; Patriarcat (Misme Jane) ; Patriarcat (Mœurs) ; Patriarcat (Montaigne Michel de) (1, 2) ; Patriarcat (Mont Athos) (1, 2) ; Patriarcat (Montesquieu) (1, 2) ; Patriarcat (More Thomas) ; Patriarcat (Nationalisme) ; Patriarcat (Nazisme) ; Patriarcat (Nizan Paul) ; Patriarcat (Normes) ; Patriarcat (Paternalisme Sadoul Georges) ; Patriarcat (Pech Thierry) ; Patriarcat (Penser le patriarcat) (1, 2, 3, 4, 5, 6) Par ordre chronologique (7, 8, 9, 10, 11, 12, 13) ; Patriarcat (Perret Jacques) ; Patriarcat (Peur) ; Patriarcat (Plainte) (1, 2) ; Patriarcat (Préjugés) ; Patriarcat (Principe) ; Patriarcat (Protéger) (1, 2) ; Patriarcat (Proverbe) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5) ; Patriarcat (Questions non résolues) ; Patriarcat (Racisme) ; Patriarcat (Raison. Rousseau Jean-Jacques) ; Patriarcat (Raison. Avoir) (1, 2) ; Patriarcat (Religion. Rousseau Jean-Jacques) ; Patriarcat (Rivarol) ; Patriarcat (Sapienza Goliarda) ; Patriarcat (Santé des femmes. Minkowski Alain) ; Patriarcat (Sensibilité des femmes) ; Patriarcat (Servage. Kropotkine Pierre) (1, 2) ; Patriarcat (« Service minimum ») ; Patriarcat (Services. Logique de) ; Patriarcat (Seve Micheline de) ; Patriarcat (Sexisme) ; Patriarcat (Stalinisme / Nazisme) ; Patriarcat (Statuaire) (1, 2) ; Patriarcat (Taine Hippolyte) ; Patriarcat (Talon d’Achille) ; Patriarcat (Théorie) ; Patriarcat (Universalisme) (1, 2) ; Patriarcat (Vécu du. Papadiamantis Alexandre) ; Patriarcat (Vérité) ; Patriarcat (Victime) ; Patriarcat (Viols) ; Patriarcat (Violarcat) ; Patriarcat (Violences) (1, 2) ; Patriarcat (Virilité) ; Patriarcat (Vision du monde) ; Patriarcat (Vol) ; Patriarcat (Voltaire) ; Patriarcat (Weinstein Harvey) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16) ; (282)

II. Patriarcat (Concept) : Patriarcat (Concept) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) ; (10)

III. Patriarcat. « Division sexuelle du travail » : Patriarcat («Division sexuelle du travail») (1, 2, 3, 4) Par ordre chronologique (5, 6, 7, 8, 9) ; (9)

IV Patriarcat. Domination masculine : Patriarcat (Domination masculine) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12) ; (12)

V. Patriarcat. Filiation. Filliation : Patriarcat (Filiation) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9) ; Filliation (1, 2, 3, 4, 5) ; (14)

VI. Patriarcat. France : Patriarcat (France) (1, 2, 3, 4) ; (4)

VII. Patriarcat (Justification) : Patriarcat (Justification. Bodin Jean) ; Patriarcat (Justification. France. Éducation nationale. 1988) ; Patriarcat (Justification. Proudhon Joseph) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4) ; Patriarcat (Justification. Sade) (1, 2) ; (8)

VIII. Patriarcat. Pères : Patriarcat (Père) (1, 2, 3) ; Patriarcat (Père. Althusser Louis) ; Patriarcat (Père. Aragon Louis) ; Patriarcat (Père. Aron Raymond) ; Patriarcat (Père, Bataille Georges) ; Patriarcat (Père. Bettelheim Bruno) ; Patriarcat (Père. Bloche Patrick) ; Patriarcat (Père. Canard enchaîné Le) ; Patriarcat (Père. Dada Amin) ; Patriarcat (Père. Delon Alain) ; Patriarcat (Père. Duhamel Georges) ; Patriarcat (Père. Ferrante Elana) ; Patriarcat (Père. France Culture) ; Patriarcat (Père. Franco) ; Patriarcat (Père. Gide André) (1, 2) ; Patriarcat (Père. Guilbert Yvette) ; Patriarcat (Père. Hugo Victor) ; Patriarcat (Père. Inconnu) ; Patriarcat (Père. Freud. Sigmund) ; Patriarcat (Père. Gallimard Gaston) ; Patriarcat (Père. Kafka Franz) ; Patriarcat (Père, Kolher Florent) ; Patriarcat (Père. Léautaud Paul) ; Patriarcat (Père. Le Maire Bruno) ; Patriarcat (Père. Le Pen Marine) ; Patriarcat (Père. Marie-Claire. 2016) ; Patriarcat (Père. Mauriac François) ; Patriarcat (Pères. Miller Arthur) ; Patriarcat (Père. Mirabeau) ; Patriarcat (Père. Mitterrand François) ; Patriarcat (Père. Napoléon) ; Patriarcat (Père. Papauté. 2015) ; Patriarcat (Père. Poivre d’Arvor Patrick) ; Patriarcat (Père. Rondeaux Madeleine) ; Patriarcat (Père. Rousseau Jean-Jacques) ; Patriarcat (Père. Sartre Jean-Paul) (1, 2) ; Patriarcat (Père. Soum Évelyne) ; Patriarcat (Père. Stendhal) (1, 2, 3) ; Patriarcat (Père. Staline) ; Patriarcat (Père. Tournier Michel) ; Patriarcat (Père. Tristan Flora) ; Patriarcat (Père. Viol) ; Patriarcat (Père. Voltaire) (1, 2, 3, 4, 5) ; Patriarcat (Père. Yver Colette) ; Patriarcat (Père. Zidane) ; Patriarcat (Père. Zola Émile) ; Patriarcat (Père. Wikipédia) ; (57)

IX. Patriarcat (Permanence) : Patriarcat (Permanence) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15) ; (15)

25 novembre 2019. 411 items

Patriarcat (1) : Le patriarcat relève d’une réalité, le féminisme de la pensée. (Cf. Féminisme)
* Ajout. 14 janvier 2018. Le patriarcat c’est le passé, le présent, l’état actuel du monde ; le féminisme c’est la critique politique nécessaire pour en bouleverser les fondements.

Patriarcat (2) : Le féminisme est au patriarcat ce que le socialisme est au capitalisme : nécessairement, comme toute pensée, comme toute action, comme tout projet, comme toute utopie, divers.
À chacun-e d’en définir les limites, les contours, les refus. (Cf. Féminisme)
* Ajout. 4 juillet 2019. 1997. Cornelius Castoriadis [1922-1997], dans Fait et à faire, auteur de : « Il serait à la fois absurde et ridicule d’écrire une utopie pseudo-concrète, alors que les données changent chaque jour, alors surtout que l’alpha et l’oméga de toute l’affaire est le déploiement de la créativité sociale qui, si elle se déclenchait, laisserait encore loin derrière elle tout ce que nous pouvons penser aujourd’hui. » 1

Patriarcat) (3) : Si l’on considère que le patriarcat relève du réel, qu’il est en lui-même un système fondé sur des rapports spécifiques de domination, alors le féminisme qui, lui, relève de la pensée critique peut plus aisément en être intellectuellement différencié.
Concrètement, la conséquence en est alors que l’on peut donc lire, que l’on peut donc produire une analyse féministe - mais aussi antiféministe - du patriarcat.
Sur cette base, la diversité des courants de pensées et d’actions qui se réfèrent au féminisme peuvent plus aisément être décryptés. (Cf. Patriarcat)

Patriarcat (4) : La face la mieux cachée du monde. Celle sur laquelle il repose. Sa force essentielle : rester dans l’ombre. Le devoir premier, la tâche essentielle des féministes : le dévoiler 2, le révéler, l’analyser, le dénoncer. Pour cela, il faut en comprendre la genèse ainsi que ses modes de fonctionnement : violence, force, enfermement, déni, dévalorisation, mensonge, mépris, ruse, loi…autant de causes, de circonstances, de combinaisons, de manifestations, d’explications de son éternelle capacité à se reproduire. Il survivra tant que n’éclatera pas la justesse de cette évidence. (Cf. Féminisme)

Patriarcat (5) : Le patriarcat ne peut subsister, sans trop d’interrogations, sans trop d’inquiétudes que dans la mesure où il parvient à maintenir l’illusion de son inexistence.

Patriarcat (6) : Le patriarcat ne peut subsister que sur le déni, sur le refus de voir.
Le réel l’affronte sans cesse, le ronge, en détruit les fondements. (Cf. Patriarcat. Aveugle)

Patriarcat (7) : Le patriarcat, une source inépuisable de questionnements ; chaque avancement en révélant d’autres…

Patriarcat (8) : On ne dira jamais assez les erreurs, les mensonges du patriarcat, les souffrances, les injustices, les violences qu’il a engendrées et qui sont encore la norme : les mots, les concepts, les analyses manquent…
Mais sa réalité apparaît, chaque jour, au grand jour.
Le roi est nu. Mais il est toujours roi. (Cf. Violences)

Patriarcat (9) : Les dommages du patriarcat sont irréparables.

Patriarcat (10) : Aucune vie ne peut s’abstraire de la prise en compte du patriarcat ; aucune vie de peut s’y réduire. (Cf. Êtres humains)

Patriarcat (11) : Dans un monde patriarcal, il faut d’abord et avant tout prendre en compte qu’une personne est confrontée à un système qui l’englobe, qui l’enserre, l’étouffe, la ligote et dont il convient, dès lors, de défaire chaque nœud. [L’image de Gulliver et des lilliputiens peut s’avérer utile].
Patriarcat (12) : Nécessité de trouver les traces profondes du patriarcat si efficacement cachées sous tous les systèmes de domination qui se sont abrités dans son sein, et dont tant d’exemples, de manifestations, sont ici évoqué-es.

Patriarcat (13) : Le patriarcat est d’abord et avant tout, une réalité du monde qui devrait pouvoir - exercice impossible, impensable même, mais absolument nécessaire - le prendre en compte dans sa totalité ; ce qui ne signifie, en aucun cas, en reconstituer une cohérence. (Cf. Féminisme, Histoire)

Patriarcat (14) : Le patriarcat n’est réductible, enfermable, subsumable dans aucun autre système de domination. Et chacun a ses concepts, son langage spécifique. Il doit avoir le sien.
« L’intersectionnalité » - ce terme abscons, inventé pour ce faire - les mêle tous et en interdit la pensée. (Cf. Féminisme-dit-intersectionnel, Langage)

Patriarcat (15) : Dans : « à la recherche du patriarcat » - comme dans ‘la chasse au trésor’- est-ce la « recherche » qui importe le plus, ou son aboutissement, lequel pour être impossible à atteindre, n’en rend pas moins la recherche nécessaire…
* Ajout. 31 août 2018. 1813. Madame de Staël [1766-1817], dans son livre De l’Allemagne, écrit concernant Gotthold Ephraim Lessing [1729-1781] :
« Le besoin d’examiner et d’étudier pour connaitre était le mobile de son existence. ‘Si le Tout-puissant, disait-il, tenait dans une main la vérité et dans l’autre la recherche de la vérité, c’est la recherche que je lui demanderais par préférence. » 3 (Cf. Penser. Vérité)

Patriarcat (16) : La seule universalité incontestable : hommes et femmes, de tous temps et de tous lieux, nous vivons tous et toutes dans des mondes patriarcaux. Mais à des places, des lieux, des fonctions, des valeurs différent-es.

Patriarcat (17) : Déconstruire le patriarcat c’est, par la prise en compte, par l’analyse, par la critique de ses fondements, déconstruire le monde. Seule sa connaissance, la compréhension de ses mécanismes de fonctionnement qui expliquent le passé comme le présent permettrait de construire un autre futur. (Cf. Histoire)

Patriarcat (18) : Reconnaître l’existence du patriarcat en tant que système de domination préexistant à tous les autres et se perpétuant dans leur permanence et leur enchevêtrement historique a nécessairement pour conséquence le naufrage de l’essentiel des fondements des théories politiques (rationaliste, des lumières, révolutionnaires, anarchistes…), économiques ([néo]-classiques, marxistes…) des théories écologiques, des théories psychanalytiques, etc.….
Et de nombre de ‘théories féministes’… (Cf. Penser. Théorie)
* Ajout. 18 février 2018. Ce qui est difficile, ce n’est pas d’apprendre quelque chose, c’est de remettre en cause ce que l’on pensait savoir préalablement.

Patriarcat (19) : La force, la puissance, le pouvoir, l’assise du patriarcat réside d’abord et avant tout dans l’infra-conscient, dans l’infra-pensée, dans l’infra-historique, dans l’infra-conceptuel, dans la mémoire - avant le souvenir de la mémoire - qui se perpétuent encore et toujours dans chacun-e d’entre nous…

Patriarcat (20) : «Masses / Élites» ; «Gauche / Droite» ; «Communisme / Fascisme» ; «Aristocratie / Bourgeoisie / Classe ouvrière» ; «Riches / Pauvres» ; «Nationalisme / Internationalisme» ; «Populisme / Modernisme» ; «Bénéficiaires / Victimes de la mondialisation» ; «Riches / Pauvres» ; «Faibles / Forts» ; «Capitalisme / Socialisme» et leurs avatars …rien de tout cela, comme de tant d’autres antagonismes binaires, trinaires, etc.. - et donc faux - n’est à même d’analyser le patriarcat. Tous contribuent donc à sa perpétuation. (Cf. Femmes, Langage, Penser. Pensée. Binaire, Politique)

Patriarcat (21) : Les réflexions sur, les critiques du patriarcat risquent sans cesse de se dissoudre dans la découverte, l’analyse, le commentaire, la seule dénonciation de l’un ou l’autre de ses conséquences singulières, de ses effets particuliers. (Cf. Féminisme. Pensée)

Patriarcat (22) : En ce sens, toute analyse féministe centrée sur la dénonciation des hommes violents, des violences patriarcales - aussi nécessaire soit-elle - est totalement insuffisante. (Cf. Droit, Justice, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Patriarcat (23) : Comme tout système de domination, le patriarcat a pour intérêt et donc pour logique de fonctionnement, tout simplement sa volonté, le plus souvent même inconsciente, de se perpétuer. Sans pouvoir être à même de se justifier, c’est sur cette dynamique qu’il estime pouvoir durer.

Patriarcat (24) : Le patriarcat a pour soubassements et pour soutiens tous les États. Sa force est, en sus, d’avoir fait de certaines femmes, des auxiliaires, des courroies de transmission, des complices, des pouvoirs conférés aux hommes et à leurs intérêts : constat aussi vieux que le monde.
Les dominants cherchent, et si souvent trouvent, leurs défenseurs-euses chez ceux et celles qui en sont les premières victimes, auxquelles certains aménagements, certains dédommagements, certaines distinctions, certaines gratifications sont conférées - ou non. (Cf. Hommes, Femmes, Féminisme, Patriarcat. Domination masculine, Politique. État, Économie)

Patriarcat (25) : Savoir lire, reconnaître, interpréter, comprendre les différentes manifestations du patriarcat, en saisir les [in]cohérences et les contradictions s’apprend. Il faut donc apprendre à regarder, plus loin, plus profondément que ce que l’on nous a montré et que l’on a fini par voir…. Et par croire.
Alors, l’apprentissage s’effectue seul-e ou quasi.

Patriarcat (26) : Nécessité de définir le patriarcat, sans l’enfermer dans une gangue théorique, tout en tentant d’en circonscrire, au moins le temps de l’analyse, les sphères d’influence ; faute de quoi l’humanité présente en chacun-e d’entre nous risquerait fort de continuer à y être subsumée.

Patriarcat (27) : Une analyse féministe du patriarcat agrège des grains de sable, assèche des marais, irrigue des terres, surélève des plaines, arase des collines, abat des montagnes, efface des frontières, reconfigure des paysages, permet de nouvelles plantations. (Cf. Politique. Frontières)

Patriarcat (28) : Il n’y a aucune fatalité historique du patriarcat ; il n’y a non plus aucune nécessité de sa perpétuation.

Patriarcat (29) : Lorsque les défenseurs / euses du patriarcat refusent de reconnaître sa réalité et persistent à s’enferrer dans la seule critique du féminisme, soit ils / elles dévoilent leur impuissance et révèlent leur incompétence, et/ou leur insuffisante compréhension du monde, soit ils / elles dévoilent leur refus circonstancié et révèlent les intérêts qu’ils / elles défendent.
Pour retarder l’échéance : perpétuer le déni, abaisser l’intelligence : à ces fins, choisir, et si souvent ‘créer’, les interlocutrices idoines. Celles qui s’affirment féministes, au premier chef ; ce sont les meilleures « prises ».

Patriarcat (30) : Comprendre les fondements patriarcaux du monde, c’est déchirer les voiles qui le couvrent et le rendent si souvent incompréhensibles sur tant de fondements, sur tant de questions.

Patriarcat (31) : À entendre évoquer le patriarcat, il me semble entendre la chanson :
« Il court, il court, le furet. Il est passé par ici, il repassera par là. […] »
Mais il n’est jamais là où il est : partout.

Patriarcat (32) : Maintenir, accentuer les pressions capitalistes sur les classes pauvres, c’est, tout à la fois, en aggraver les effets sur les femmes des classes pauvres et maintenir les acquis, du moins certains, que les femmes des classes riches ont déjà obtenues. (Cf. Femmes. Bourgeoises, Féminisme)

Patriarcat (33) : Distinguer le droit à la possession, du droit du premier occupant, du droit d’usage, partiel, partagé, exclusif, limité, reproductible, mais à même d'en distinguer la valeur, le besoin, l’usage, la fonction.

Patriarcat (34) : Dialogue : « Fais ce que je te dis » [et ses innombrables variantes, sans oublier les effets de cache].
Réponse : « Qui t’a fait homme ? » [et ses innombrables porte-paroles]

Patriarcat (35) : Pour appréhender, comprendre, le patriarcat, il n’est, le plus souvent, nul besoin de lire entre les lignes, il suffit de lire ; il n’est, le plus souvent, nul besoin de rechercher des sous-entendus, il suffit d’écouter ; il n’est, le plus souvent, nul besoin de regarder derrière le miroir, il suffit de voir.
Il ne faut, dès lors, ni écrire avec des termes incompréhensibles, ni parler à mots couverts, ni ruser, ni sous-entendre : il faut juste lire, écrire parler, et donc ressentir, sans équivoque.

Patriarcat (36) : Mal à l’aise par une analyse qu’il / elle ne pouvaient mettre à bas, il / elle déclara : ‘Mais ce qui est écrit n’est pas féministe. C’est elle qui s’exprime !
Certes, mais elle était féministe… (Cf. Langage. Verbe. Être)

Patriarcat (37) : Le terme de « Patriarcat » qui, pour elle, était [devenu] une évidence, était pour tant d’autres, soit incompréhensible, soit confusément perçu comme un « gros mot », un mot gênant, un mot à éviter, un mot à ne pas reproduire, de crainte qu’il ne vous soit attribué. (Cf. Langage)

Patriarcat (38) : Plus j’élargis le champ de la recherche féministe sur le patriarcat, plus je vois et les apports et les limites de la mienne.

Patriarcat (39) : En reprenant les formules de De Gaulle dans ses Mémoires concernant ce que la France était en droit de demander à l’Allemagne après le nazisme, les femmes, toutes les femmes, sans aucune exception, sont en droit de demander « réparation des dommages causés » pour les « séquelles du malheur ». 4
*Ajout. 9 mai 2019. Les esclaves - hommes et femmes - ont droit à réparation des crimes de l’esclavage. Les colonisé-es - hommes et femmes - ont droit à réparation des crimes du colonialisme. Les femmes, toutes les femmes, ont droit à réparation des crimes du patriarcat.

Patriarcat (40) : Pour se réapproprier une maison dans laquelle on souhaite vivre, il faut en connaître le coût, comparé à la valeur qu’on lui accorde ; interroger les ancien-nes occupant-es ; vérifier la nature et la validité des matériaux qui la composent ; sonder les soubassements, le toit, les murs ; ouvrir les fenêtres ; s’assurer de l’environnement ; tester les arrivées d’eau, d’électricité, d’accès à internet ; regarder que la porte ouvre et ferme bien ; aérer ; laver à grande eau ; balayer ; épousseter ; nettoyer ; ranger du sol au plafond ; garder ce qui peut - et doit - l’être, ainsi que ce qui est utile, et jeter, donner, recycler, « le reste ».
Puis y vivre, en pensant que demain ne sera jamais aujourd’hui.

Patriarcat (41) : Moins les femmes connaissent les hommes et le monde qu’ils ont construits, plus elles sont naïves, incultes, pudiques, dans l’attente de leur rencontre, plus il leur a été est demandé de les croire, de leur faire confiance, de les aimer, et in fine de leur obéir. Ce qui était au départ postulé. (Cf. Femmes, Hommes)

Patriarcat (42) : Faute de pouvoir s’identifier aux hommes, faute de pouvoir les imiter, faute de pouvoir se concurrencer à eux, faute de pouvoir les combattre, il ne restait aux femmes qu’à les aimer. (Cf. Femmes, Hommes, Relations entre êtres humains. Aimer)

Patriarcat (43) : Prouver l’inexistence de quelque chose est sinon impossible, du moins très difficile. Prouver que l’on n’est pas ce que l’on dit que vous êtes, l’est tout autant, sinon plus. Ce fut, c’est toujours, le drame des femmes accablées, étouffées, niées par le patriarcat. Jusqu’au moment où l’on sort de cette entrave, de ce carcan, ce qui commence par le refus de se justifier et se prolonge… à l’infini…

Patriarcat (44) : Le patriarcat se manifeste, se définit par l’évolution de ses structures [notamment] de pouvoirs mises à nu par celles qui en dénoncent les manifestations. C’est sans doute dans l’analyse de ses contradictions que les pensées féministe sont encore les plus faibles. (Cf. Féminisme, Penser)

Patriarcat (45) : « Cela » a déjà eu lieu, donc cela peut avoir lieu à nouveau. « Cela » n’a pas eu lieu - au fait, qu’en sait-on ? - ; mais cela doit avoir lieu. Il suffit de l’imaginer, de le penser, de le vouloir, de s’en donner les moyens, et ce, sans attendre de résultats nécessairement contemporains. Le question du « possible » est alors hors sujet. (Cf. Féminisme, Penser)

Patriarcat (46) : Et - bien plus que tout - ce qui était reproché aux féministes, était de repenser, de juger, de critiquer ce qui est censé relever de « la morale » ?
À cet égard, les féministes, souvent malmenées sur cette question, souvent si bêtement ‘coincées’, amalgamées par leurs détracteurs, à l’analogie morale-catholique-réactionnaire ferait bien d’affirmer clairement, fièrement que, oui, contrairement à leurs opposante-es, elles sont porteuses d’une morale. À charge, à chacune de la spécifier… (Cf. Penser. Morale, Politique. Morale)

Patriarcat (47) : Critiquer, juger, condamner le patriarcat, ce n’est pas défendre ‘une pensée du patriarcat’. Mais, comme, et concernant « la pensée », et « le patriarcat », le singulier est absurde, une telle défense est impensable….
- Ceci posé, des slogans anti-patriarcaux, tels que nombreux furent ceux exprimés lors de la manifestation contre les violences du 23 novembre 2019, sont signifiants, parlants, efficaces…
Mais ils ne le sont plus suffisants et peuvent cacher bien des forfaitures - lorsqu’il s’agit d’avancer dans les pensées, les revendications, les programmes etc…

Patriarcat (Abolir le) : Lui retirer toute justification ; en montrer l’inhumanité ; en dévoiler toutes ses modalités d’expression (plus modestement : le plus de ses…) ; traquer les évidences et les passer au crible d’un regard critique ; en historiciser toutes les étapes ; poser les jalons de sa spécificité et tenter d’en montrer les permanences, les ruptures, les pesanteurs et les contradictions ; en délégitimer les thuriféraires, et plus encore, tous-tes les bénéficiaires ; ne pas se satisfaire de la critique facile des multiples manifestations les plus évidentes des antiféministes…
Et, enfin : en dégager, en analyser les différentes manifestations et mettre en évidence ses singularités.

Patriarcat (Anabaptistes de Münster) : 1532-1535. Je lis dans un note [de 2011] du livre d’Edmund Burke [1729-1797], Réflexions sur la Révolution de France [1790] cette présentation des Anabaptistes de Münster :
« Menés par Jean Beukels, dit Jean de Leyde [1509-1536], les anabaptistes de la ville de Münster (en Westphalie) décidèrent d’étendre la réforme protestante au domaine par la mise en commun des propriétés et des femmes ( ! ). L’évêque de Münster assiégea la ville, la prit et anéantit ce ‘Royaume de Sion’ communautaire que n’avait duré que de 1532 à 1535. » 5 Intriguée, je lis alors sur Wikipédia :
« [...] Jean de Leyde fut alors intronisé comme son successeur politique et religieux, justifiant son autorité et ses décisions par des visions célestes. Son autorité augmenta, au point où il se proclama lui-même le successeur de David et adopta des insignes et des honneurs royaux, et assuma le pouvoir absolu dans la « nouvelle Sion ». Il légalisa la polygamie et prit lui-même seize femmes. Cette polygamie lui permettait, à lui et à ses principaux sbires, d'épouser de force les veuves de ses opposants décapités. On lui attribue aussi la décapitation publique d'une femme qui aurait refusé ce mariage. La communauté des biens fut également établie. […] »
- Wikipédia note aussi que Jean de Leyde avait succédé à Jan Matthijs [1500-1534] un prédicateur Néerlandais - lui-même partisan de la polygamie - tué après un prêche, et dont « la tête avait été coupée et placée sur un poteau bien en vue des assiégés, et ses organes génitaux cloués sur la porte de la ville. »
À exclure toute pensée du patriarcat, de la domination masculine, de notre appréhension de l’histoire, que de connaissances avons-nous perdues ? Est-ce, faute de sources, trop tard ? (Cf. Femmes. Échange des femmes, Famille. Polygamie, Politique. Guerre, Sexes ([…]). Sexe. Homme, Histoire)

Patriarcat (Anarchisme) : L’anarchisme, et plus globalement les pensées libertaires, faute d’intégrer le patriarcat dans leurs critiques des rapports de domination à combattre, en légitime les fondements et participe à sa reproduction. Dès lors, l’anarchisme dévoile les limites - pour employer un euphémisme - de ses critiques antiautoritaires. (Poursuivre. Insuffisant) (Cf. Féminisme. Critique du féminisme, Politique. Anarchisme)

Patriarcat (« Ange du foyer ») : 1938. Virginia Woolf [1882-1940], dans Trois guinées, auteure de :
« […] Je m’aperçus que pour faire de la critique littéraire, il me faudrait affronter un spectre. Un spectre du beau sexe. Et quand je le connus un peu mieux, je le baptisai l’Ange du Foyer, en souvenir du célèbre poème. Dès que j’attaquai un article, elle venait s’interposer entre mon papier et moi. À force de subir ses tracasseries et ses persécutions qui me faisaient perdre mon temps, je finis par la tuer. Peut-être ignorez-vous qui est l’Ange du Foyer, vous qui appartenez aux jeunes et heureuses générations. Je vais donc vous la décrire, aussi brièvement que possible.
L’Ange du Foyer était excessivement sympathique, positivement charmante et parfaitement altruiste. Se sacrifiant jour après jour, elle excellait dans un art difficile : l’art de vivre, et de vivre en famille. À table, s’il y avait du poulet, elle prenait le pilon ; s’il y avait un courant d’air, elle s’y installait ; enfin, étant ainsi faite qu’elle était dépourvue de pensées et de désirs propres, elle préférait partager les pensées et les désirs d’autrui. Cela va sans dire, l’Ange du Foyer était la pureté incarnée. Sa pureté, ses rougissements, sa grâce exquise faisait tout son charme et tous ses charmes. En ce temps-là, vers la fin de l’ère victorienne, chaque foyer avait son Ange.
Et quand j’entrepris d’écrire, je me heurtai à elle dès mes tout premiers mots. Je vis l’ombre de ses ailes couvrir mes pages ; j’entendis ses jupes froufrouter dans ma chambre. A peine venais-je de prendre ma plume, qu’elle se glissa derrière moi et me souffla :
‘Ma chère, vous êtes une jeune femme, vous allez parler d’un livre écrit par un homme. Soyez compréhensive, soyez tendre. Sachez flatter. Employez tous les charmes, toutes les ruses chères à votre sexe. Que jamais nul ne puisse vous soupçonner d’avoir une libre opinion. Et surtout, soyez pure.’
Et sur ces entrefaites, elle fit mine de guider ma plume.
Je vais donc vous conter le seul acte dont je puisse tirer quelque mérite, bien que tout le mérite en revienne aux charmants aïeux m’ayant laissé quelque fortune (disons, cinq cent livres de revenus), si bien que jamais je ne dus compter sur mes seuls charmes pour gagner ma vie.

Je me jetai sur elle, la pris à la gorge et de toutes mes forces, m’efforçai de la tuer.
Devant un tribunal, je n’aurai qu’une excuse ; ce fut un cas de légitime défense : c’était elle ou moi. Elle aurait vidé mes écrits de toute substance.
Car, comme je le compris sitôt à l’œuvre, il est impossible de faire œuvre de critique littéraire sans se faire et sans exprimer une opinion personnelle sur la réalité des rapports humains, sexuels ou moraux.
Autant de questions qu’une femme ne saurait traiter ouvertement et librement, aux dires de
l’Ange du foyer.
Si elle veut réussir, elle doit savoir charmer, concilier, et, disons-le carrément, mentir. Aussi, sitôt que je voyais l’ombre de ses ailes ou l’éclat de son nimbe couvrir ma page, je prenais l’encrier et le lui jetai à la tête. Elle avait la vie dure, cette créature imaginaire. On se débarrasse bien plus aisément d’une créature réelle que d’une créature imaginaire. Quand je croyais en être débarrassée, elle revenait toujours, subrepticement. Et si je me flatte d’avoir eu le dessus, je peux dire que ce fut de haute lutte, et au bout d’un certain temps. Temps que j’eusse sûrement mieux employé à apprendre la syntaxe grecque ou à courir le monde en quête d’aventures.
Cependant, je vois bien l’utilité de cette épreuve, - épreuve que durent immanquablement affronter toutes les femmes aspirant à écrire de mon temps.
Nulle ne pouvait écrire avant d’avoir exterminé
l’Ange du Foyer. » 6 (Cf. Culture)

Patriarcat (Apollinaire Guillaume) : 1917. Guillaume Apollinaire [1880-1918], auteur, dans Les mamelles de TirésiasDrame surréaliste en deux actes et un prologue »] dont c’est la première tirade :
« Non, Monsieur mon mari / Vous ne me ferez pas faire ce que vous voulez / Je suis féministe et je ne reconnais pas l’autorité de l’homme / Du reste je veux agir à ma guise / Il y a assez longtemps que les hommes font ce qui leur plaît / Après tout je veux aussi aller me battre contre les ennemis/ J’ai envie d’être soldat une deux une deux / Je veux faire la guerre - Tonnerre - et non pas faire des enfants / Non Monsieur mon mari vous ne me commanderez plus/ Ce n’est pas parce que vous m’avez fait la cour dans le Connecticut / Que je dois vous faire la cuisine à Zanzibar. » 7.
- Il est difficile sur la base de cette seule tirade de qualifier Les mamelles de Tirésias de « féministe ».
Cf. notamment la préface de Guillaume Apollinaire :
« […] J’ai signalé le grave danger reconnu de tous qu’il y a pour une nation qui veut être prospère et puissante à ne pas faire d’enfants, et pour y remédier je leur ai indiqué qu’il suffisait d’en faire. La faute est plus grave, le vice est plus profond, car la vérité est celle-ci : on ne fait plus d’enfants en France parce qu’on n’y fait pas assez l’amour. Tout est là. […]. » (Cf. Relations entre êtres humains. « Faire l’amour », Démographie, Pornographie. Apollinaire Guillaume)

Patriarcat (Athéisme) : L’athé-e peut ne pas se soucier de dieu car, pour lui/elle, il n’existe pas. La féministe ne peut pas ne pas se soucier du patriarcat.

Patriarcat (Aveugle) : 2014. Cécile Duflot, ancienne ministre, dans son livre Voyage au pays de la désillusion, rapporte une réaction qui lui fut transmise par « un député de droite, lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée Nationale », « avec une grande franchise » - analyse-t-elle. La voici :
« Mais ne croyez pas que vous êtes ministre parce que vous êtes au banc [du Gouvernement] ». 8
- Il ne s’agit donc pas de « franchise » mais de réalité : Cécile Duflot était bien ministre.
Faut-il que sa fonction ait été personnellement inassimilable, incompréhensible au dit député !
- Le résultat de ce déni est alors qu’il faut nécessairement s’aveugler, devenir donc aveugle…et sourd…et insensible…et donc incapable d’analyses crédibles, viables, fondées. (Cf. Femme. « Politique ». Duflot Cécile, Homme « Politique »)

Patriarcat (Baudelaire) (1) : 1857. Baudelaire [1821-1867] écrit une première préface aux Fleurs du mal :
« Ce livre n’est pas fait pour mes femmes, mes filles ou mes sœurs ».
Puis il écrit une seconde préface :
« Ce n’est pas pour mes femmes, mes filles ou mes sœurs que ce livre est fait ; non plus que pour les femmes, les filles ou les sœurs de mon voisin.
Je laisse cette fonction à ceux qui ont intérêt à confondre les bonnes actions avec le beau langage.
Je sais que l’amant passionné du beau style s’expose à la haine des multitudes ; mais aucun respect humain, aucune fausse pudeur, aucune coalition, aucun suffrage universel ne me contraindront à parler le patois incomparable de ce siècle, ni à confondre l’encre avec la vertu. » 9 (Cf. Culture. Baudelaire, Relations entre êtres humains. Style. Haine, Patriarcat. Baudelaire, Penser. Pensée. Binaire)

Patriarcat (Baudelaire) (2) : 1932. René Crevel [1900-1935], dans Le clavecin de Diderot, auteur de :
« La suffisance masculine veut de putains à foutre et des petites, moyennes et grandes cérébrales à respecter ou à moquer selon le cas. »
Concernant Baudelaire [1821-1867], en voici, selon lui, l’illustration :
« Revers de la médaille : Baudelaire, le jour où il veut pénétrer son Égérie officielle, Mme Sabatier, la présidente (qu’on l’appelait) n’arrive à rien. La Présidente faisait partie du système spirituel et non du système physique. Et pas moyen de passer d’une cosmogonie à l’autre. Bonne fille ou ambitieuse, même avec le feu au derrière, elle ne tint pas rigueur au poète de son impuissance. Quant à lui, on imagine qu’il ne dut pas sortir trop satisfait de chez la dame bas-bleu. Mais encore, savait-il où aller, chez Jeanne Duval, sa maîtresse, sa concubine. Là au moins, il était sûr de se sentir supérieur à la femme, sa femme et de pouvoir jouer son rôle de mâle. […]
Baudelaire qui, tout mépris pour celle avec qui il n’est pas impuissant, toute impuissance avec celle avec qui il n’est pas mépris, fige en moitiés ennemies, destructrices l’une de l’autre son amour. » 10 (Cf. Culture. Baudelaire, Êtres humains, Relations entre êtres humains. Aimer. Haine des femmes, Femmes. Bas-bleus. « Intellectuelles », Patriarcat. Littérature, Proxénétisme. Femme-dite-prostituée)

Patriarcat (Baudelaire) (3) : 1947. Jean-Paul Sartre [1905-1980] commence son livre Baudelaire, ainsi :
« ‘Il n’a pas eu la vie qu’il méritait’. De cette maxime consolante, la vie de Baudelaire semble une illustration magnifique. Il ne méritait pas, certes, cette mère, cette gêne perpétuelle, ce conseil de famille, cette maîtresse avaricieuse, ni cette syphilis - et quoi de plus injuste que cette fin prématurée ? » 11
N.B. Ne pas cependant juger du livre à l’aune de cette introduction. (Cf. Culture. Baudelaire, Êtres humains, Patriarcat. Père. Sartre Jean-Paul)

Patriarcat (Bourgeoisie) : 1921. Le point 7 des Thèses pour la propagande parmi les femmes au IIIème Congrès de l’internationale communiste (juin 1921) - Congrès qui donna naissance au parti communiste français - rédigé par Alexandra Kollontaï [1872-1952] :
« […] Les femmes doivent toujours se rappeler que leur esclavage à toutes ses racines dans le régime bourgeois. Pour en finir avec cet esclavage, il faut passer à un ordre social nouveau. » 12
- Pour d’emblée saisir ce qui différencie la pensée communiste de la pensée féministe, remplacer « régime bourgeois » par « patriarcat », et supprimer le terme d’« esclavage ». Puis, complexifier l’analyse. (Cf. Patriarcat. Esclavage)

Patriarcat (Capitalisme) : Karl Marx [1818-1883] a dévoilé, expliqué le coût humain nécessaire à la mise en œuvre de la division du travail, au fondement du capitalisme ; l’analyse du patriarcat doit, elle, en sus, intégrer outre la division sexuelle du travail, ce que fut et continue d’être le coût humain - dévolu aux femmes - nécessaire à la reproduction d’une société.
Dès lors, le marxisme en est singulièrement appauvri. Non : déstabilisé à ses racines mêmes.

Patriarcat (Chardonne Jacques) : 1959. Madeleine Chapsal débute un entretien avec Jacques Chardonne [1884-1968] par cette question / constat :
« Vos livres donnent l’impression que vous n’aimez pas beaucoup les femmes. »
Ce à quoi il répondit : « Qui les aime ? » 13 (Cf. Relations entre êtres humains. Aimer, Femmes)
Patriarcat (Colonialisme) (1) : Ce qui lie les femmes des pays colonisateurs et les « indigènes » [hommes et femmes] des pays colonisés, c’est qu’elles sont et qu’ils sont considérés par les hommes des pays colonisateurs comme étant incapables de se gouverner [par] elles-mêmes, [par] eux-mêmes.
Ce qu’ils et elles eurent en partage ce furent les viols, les violences, les brutalités, des humiliations, les injustices codifiées par les lois.
Mais le patriarcat n’en est pas pour autant exclu de l’analyse.
- Certes, plus complexe, mais peut être considéré comme un bon point de départ d’analyse. (Cf. Politique. Colonialisme)

Par ordre chronologique. Colonialisme :

Patriarcat (Colonialisme) (2) : 1858. Lu, dans Le livre noir du colonialisme, concernant la Guyane :
«
La véritable colonisation commence le 22 février 1858, par 24 concessionnaires choisis par les plus dignes d’être transportés » [de France]. […] Des moyens mécaniques leur furent promis […] Des femmes également leur furent promises […]. » 14 (Cf. Femmes. Échange des femmes, Politique. Colonialisme, Histoire)

Patriarcat (Colonialisme) (3) : 1925. André Gide [1869-1951] rapporte dans son Voyage au Congo les propos tenus lors d’un dîner auquel il participait et s’interroge :
« Quel est le serviteur de nos pays qui teindrait à cœur de rester honnête lorsqu’il entendrait son maître lui dénier toute vertu. Si j’avais été le boy de M.X, je l’aurais dévalisé le soir même, après l’avoir entendu affirmer que tous les nègres sont fourbes, menteurs et voleurs.
Votre boy ne parle pas le français, lui demandais-je un peu inquiet. – Il le parle admirablement… pourquoi ? – Vous ne craignez pas que ce qu’il vous entend dire. – Ca lui apprendra que je ne suis pas sa dupe.
À ce même dîner, j’entendais un autre convive affirmer que toutes les femmes (et il ne s’agissait plus des négresses) ne songent qu’à leur plaisir, aussi longtemps qu’elles peuvent mériter nos hommages, et qu’on n’a jamais vu de dévote sincère avant l’âge de quarante ans.
Ces messieurs connaissaient les indigènes comme ils connaissaient les femmes. » 15 (Cf. Politique. Colonialisme)

Patriarcat (Colonialisme) (4) : 1938. Chanson : Ma créole, chanté par Fernandel [1903-1971] : « Il y a des hommes qu'aiment les femmes genre nordique / C'est trop lymphatique, ça ne m'emballe pas / Moi, j'ai un faible pour ce qui est exotique / C'est plus excentrique, moi, le piment, j'aime ça / Qui qu'habite, en mon cœur? / C'est une femme de couleur.
- La nuit et le jour, je pense toujours / À ma créole / Ses cheveux crépus, ses lèvres lippues,/ Moi, j'en raffole. / Dans une paillote, elle est née sous un cocotier / Puis, elle vint à Paris pour changer d' quartier / Sa belle couleur chocolat / Me met dans des états / Je ne vous dis qu' ça! / Son nom est Kilou Goulou / C' qui veut dire en zoulou / Mon p'tit roudoudou
- Elle est toute à moi / Et je suis le roi de Ma créole / Je donnerais tout, / Ah! C'est fou, c'est fou / Pour ma créole aux yeux doux.
- Je l'ai connue, un soir, aux Batignolles / Faisant sa p'tite folle au son d'une java / Ce fut un choc qui m' coupa la parole / Mais la p'tite créole, vite, me ranima / Et depuis ce beau soir, J'aime broyer du noir.
- En musique, on dit qu'une blanche vaut deux noires / Voulez-vous me croire? / C'est faux en amour / Ne pensez pas que j' vous raconte des histoires / Messieurs, pas d' déboires! / Essayez un jour. / N'croyez pas qu' ça déteint / C'est garanti grand teint.

Elle est toute à moi / Et je suis le roi de / Ma créole / Je donnerais tout, / Ah ! C’est fou, c’est fou, / Pour ma créole aux yeux doux. »

Patriarcat (Colonialisme) (5) : (vers) 1950-60. Une chanson ignoble : Les baobabs (sans date connue) de Ray Ventura [1908-1979] (Cf. Politique. Colonialisme
* Ajout. 9 octobre 2018. Cf. aussi une autre chanson du même acabit : La petite Tonkinoise [1906] chanté par Mistinguett [1875-1956]. (Cf. Culture)

Patriarcat (Colonialisme ) (6) : 1955. Aimé Césaire [1913-2008], dans son Discours sur le colonialisme, auteur de :
« […] Et n’essaie pas de savoir si ces messieurs sont personnellement de bonne ou de mauvaise foi, s’ils sont personnellement bien ou mal intentionnés, s’ils sont personnellement c’est-à-dire dans la conscience intime de Pierre ou Paul, colonialistes ou non, l’essentiel étant que leur très aléatoire bonne foi subjective est sans rapport aucun avec la portée objective et sociale de la mauvaise besogne qu’ils font de chiens de garde du colonialisme. » 16
- On peut remplacer : « colonialisme » par « patriarcat ». Ou plutôt l’y ajouter et les en différencier. (Cf. Politique. Colonialisme)

Patriarcat (Colonialisme) (7) : (9 août) 1956 (vérifier). Jean Guitton [1901-1999], dans Le livre de ma vie, auteur de :
« Je lis une étude sur la femme vietnamienne. C’est un autre conception. Son idéal c’est d’être mère le plus tôt possible. Elle épouserait même un idiot pour cela : avoir un fils. L’accouchement est aisé parce que l’enfant est petit. Le chien lui lèche le derrière. Quand l’enfant n’est plus enfant, on le laisse à la société. On choisit pour son mari une concubine, comme une bonne servante contrôlable. C’est une solution bien différente de notre solution occidentale, plus humaine peut-être pour la femme qui obtient toujours son idéal : engendrer un homme. Dans ce pays, paraît-il, il n’y a pas de vieilles filles. » 17 (Cf. Femmes, Histoire, Philosophie)

Patriarcat (Colonialisme) (8) : (20 septembre) 1956. Aimé Césaire [1913-2008], au Congrès international des écrivains en artistes Noirs, auteur de :
« […] C’est l’Inde, avec les Anglais, qui maintient le statut traditionnel de la femme Indienne ; C’est l’Inde débarrassée de la tutelle Britannique qui fait de la femme Indienne l’égale de l’homme. » 18
- Des limites intellectuelles, politiques, historiques, culturelles d’un anticolonialisme patriarcal. (Cf. Penser. Pensée. Binaire, Politique. Colonialisme)

Patriarcat (Colonialisme) (9) : 1995. Jean Tulard, dans son Guide des films. 1895-1995. L-Z, concernant Le pistonné [1970. Claude Berri] :
« Son régiment est envoyé au Maroc, lors des évènements qui précèdent l’indépendance (sic) ; il connait la vie dans le désert, l’exotisme des courtisanes, les brimades de l’adjudant Ferracci. Quand il revient, il a l’impression d’avoir perdu 27 mois de sa vie […].» 19 (Cf. Femmes, Langage. Zeugma, Politique, Proxénétisme, Histoire)

Patriarcat (Colonialisme) (10) : 1996. Jacques Derrida [1930-2004], dans son texte intitulé Foi et savoir, auteur de :
« Il y va toujours d’une vengeance déclarée, souvent déclarée comme revanche sexuelle (?) : viols, sexes meurtris ou mains tranchées, exhibition de cadavres, expédition de têtes coupées, qu’on tenait naguère en France au bout d’un pique (processions phalliques des religions naturelles’) (?).
C’est le cas par exemple, mais ce n’est qu’un exemple, dans l’Algérie d’aujourd’hui, au nom de l’Islam, dont se réclament chacun à sa manière, les deux belligérants. » 20
- Prendre pour exemple « l’Algérie d’aujourd’hui » - et « l’Islam » - , c’est aussi passer sous silence les viols, violences de l’armée française pendant la guerre d’Algérie. Un « exemple » est toujours signifiant ; il n’est jamais innocent. (Cf. Femmes. Algériennes, Politique. Islam. Nationalisme, Sexes, Histoire, Violences)

Patriarcat (Colonialisme) (11) : 2004. Le livre coordonné par Marc Ferro, intitulé Le livre noir du colonialisme comporte 1120 pages et 30 chapitres dont un (nécessairement infaisable) de 52 pages intitulé :
Le sort des femmes. Femmes et colonialisme
, écrit par Arlette Gauthier. 21 (Cf. Politique. Colonialisme, Histoire)

Patriarcat (Conciliation) : Elle concilie. Il statu quo.

Patriarcat (Concurrence entre hommes) (1) : 1762. Jean-Jacques Rousseau [1712-178], dans l’Émile, [Livre V] auteur de :
« Dans la plupart des liaisons de galanterie, l’amant hait bien plus ses rivaux qu’il n’aime sa maîtresse. » 22 Cf. Êtres humains. Désir, Hommes. Jaloux)

Patriarcat (Concurrence entre hommes) (2) : 1960. Sartre [1905-1980], dans son avant-propos à Aden Arabie de Paul Nizan [1905-1940] :
« […] Le désir le plus facile à nommer vient du sexe et de ses convoitises brimées : dans une société qui réserve ses femmes aux vieillards et aux riches, c’est le premier malheur d’un jeune homme sans fortune et la prémonition de ses ennuis futurs. Nizan parlait avec amertume des vieux qui baisaient nos femmes et prétendaient nous châtrer. […] »
- Que d’enseignements critiques féministes de la pensée de Nizan contient cette analyse…23 (Cf. Êtres humains. Désir, Hommes. Jaloux, Langage. Possessif, Patriarcat. Sartre Jean-Paul. Père, Sexes […])

Patriarcat (Confusion des identités) : 2014. Entendu à la radio, Benoit :
« Je fais partie de ces ultra privilégiés qui gagnent 10.000 euros par mois. [...]
Je suis profession libérale […] (et) je suis assommé de toutes parts. […]
Plus je travaille, plus je gagne, plus on me ponctionne.
Et puis alors, surtout, mes enfants, en fin de compte, finalement, valent moins que les enfants des autres puisque je gagne plus d’argent, et bien, j’ai moins le droit. On me réduit mes aides pour la garde. La garde, ça coûte très, très cher. Je donne plus de 2000 euros par mois pour la garde des enfants […] mais les aides, ça se réduit comme une peau de chagrin. […]
La journaliste : […] Vous dites : ‘Les enfants de riches ne valent pas les enfants de pauvres’».
Réponse : «Exactement. Moi, c’est le ressentiment que j’ai. J’investirai tout ce que je peux pour mes enfants. […] Je m’arrête à deux parce que ça va me coûter de l’argent, beaucoup d’argent. […] Avec ou sans allocations, je ferai tout pour mes enfants, mais, nous, l’aide, on en a aussi besoin. Les frais de garde ça coûte énormément cher […]. Les aides, ça me permet de payer des nounous plus de 2000 euros par mois pour garder mes enfants parce qu’on travaille tous les deux dans mon couple. » 24
Benoit, tout à la fois, riche mais appauvri ; tout à la fois, père, salarié, employeur, contribuable : l’analyse d’un monde vu par le seul intérêt matériel du seul Benoît…
Quant à son épouse, elle disparait, englobée dans son «Je»… (Cf. Êtres humains. Soi, Enfants, Femmes, Famille. Mariage, Patriarcat. Père, Politique. Identité)

Patriarcat (Constant Benjamin) : 1819. Benjamin Constant [1767-1830] dans son discours De la liberté des anciens comparée à celles des modernes, rappelle :
« Sans la population esclave d’Athènes, vingt mille Athéniens n’auraient pas pu délibérer chaque jour sur la place publique. » 25
S’il aurait dû ajouter à son constat « les femmes » elle aussi exclues de l’Agora, on peut néanmoins considérer que cette même analyse - imparable - est valable concernant l’analyse du patriarcat :
« Sans les femmes….» : chacun-e peut poursuivre et finir la phrase.

Patriarcat (Contradiction) : 1959. Witold Gombrowicz [1904-1969], dans son Journal, auteur de :
« […] ‘Le style, c’est l’homme’, c’est-à-dire que le style de Chopin, c’est la structure de l’âme de Chopin et le style de Rabelais c’est la clé de la personnalité de Rabelais. Des amourettes de Chopin et de Georges Sand, je me soucie fort peu, mais au-delà de la musique de Chopin je cherche Chopin lui-même, je veux comprendre le créateur à travers son œuvre. » 26
Et donc ni l’homme, ni l’œuvre n’ont une quelconque relation avec les dix années que Frédéric Chopin et George Sand ont ensemble partagées, sans aucune influence réciproque. (Cf. Culture, Relations entre êtres humains. Style, Penser, Philosophie)

Patriarcat (Courage) : 1927. 2000. A la recherche de la signification du terme de « balloches » employé par André Gide [1869-1951], dans le Voyage au Congo [1927], je lis l’exemple suivant issu du Dictionnaire de la Zone. Tout l’argot des banlieues :
« Avoir quelque chose dans les balloches : (Avoir du courage, Être courageux’ ». (Cf. Corps, Homme, Langage, Sexes […])

Patriarcat (Coût) (1) : Tout chiffrage de ce que notre monde appréhende, analyse comme relevant de ses conséquences, par exemple, celles concernant les « violences » à l’encontre des femmes, et aujourd’hui, celle injustement dénommée « prostitution » 27 s’inscrit dans une logique libérale, qu’elle cautionne et justifie.
Un exercice chiffré des coûts d’une politique et ou de ses conséquences, interdit d’emblée toute référence à une morale politique. (Cf. Politique. Morale, Proxénétisme, Économie)

Patriarcat (Coût) (2) : (26 novembre) 2016. Pour explicitation, lu, ce jour, la déclaration, « en cette Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes », du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon :
Il « s'est félicité de la prise de conscience du monde concernant ce fléau mais a estimé qu' il fallait faire bien davantage pour transformer cette prise de conscience en une prévention et en une intervention dignes de ce nom.
La violence à l'égard des femmes et des filles impose des coûts exorbitants aux familles, aux communautés et aux économies. Lorsque les femmes ne peuvent pas travailler en raison de la violence, leur emploi peut s'en trouver menacé, les empêchant de se procurer des revenus qui leur font cruellement défaut, remettant en cause leur autonomie et nuisant à leur capacité de rompre des relations avec des partenaires violents
» […]
La violence à l'égard des femmes entraîne également une perte de productivité chez les entreprises et grève les ressources des services sociaux, du système judiciaire et des organismes de soins de santé. La violence familiale et conjugale demeure très répandue, aggravée par l'impunité de ces crimes.
Le résultat se traduit par des souffrances considérables ainsi que par l'exclusion des femmes, qui se voient ainsi privées de la possibilité de jouer pleinement le rôle qui leur revient de droit dans la société
. » […] (Cf. Économie, Libéralisme, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Patriarcat (« Crise de conscience ») : La « crise de la conscience bourgeoise » fut souvent considérée, analysée, présentée comme l’un des phénomènes majeurs du XXème siècle.
Lorsque, dans une émission de télévision, une femme évoque le viol dont elle a été victime [Flavie Flament], un homme-médecin, Denis Mukwege [prix Nobel de la paix. 2018] qui dénonce les violences dont les femmes sont victimes, lorsque je découvre soudainement des visages qui se figent, le silence qui s’établit, le sérieux qui apparaît sincère, les rires confus, les gênes évidentes, je pense alors que peut être le XXIème siècle sera celui de la « crise de la conscience patriarcale ».
Je peux, du moins, le souhaiter. Et sans doute le sera-t-il. (Cf. Politique. Médias)

Patriarcat (Culture) : Cf. Culture. Patriarcale

Patriarcat (Culte du chef) : Le « culte du chef », tel qu’en politique généralement analysé, dévoilé, dénoncé, et les structures familiales de pouvoir sont indissociables. Constat évident, mais pourquoi si souvent oublié par l’histoire ?
- Parce que, si le constat est aisé, l’analyse est [très] complexe ?
- Ce qui n’est pas la seule raison, certes… (Cf. Famille, Histoire)

Patriarcat (De Gaulle Charles) : (décembre) 1965. Charles De Gaulle [1890-1970], interviewé par Michel Droit [1923-2000], auteur de :
« Dans une maison, la ménagère doit avoir un aspirateur, un frigidaire, une machine à laver et même si c’est possible, qu’on ait une auto. Ça, c’est la mouvement. En même temps, elle ne veut pas que son mari aille bambocher de toutes parts, que les garçons mettent les pieds sur la table et que les filles ne rentrent pas la nuit. Ça c’est l’ordre. La ménagère veut le progrès mais elle ne veut pas la pagaille. C’est vrai aussi de la France. » 28 (Cf. Femme, Homme « Politique », Famille, Politique. Nationalisme. État, Histoire)

Patriarcat (Démosthène) : IVème siècle avant J-C. Démosthène [384 avant J.C- 322avant J.C], auteur de :
« Nous prenons une courtisane pour nos plaisirs, une concubine pour recevoir d'elle les soins journaliers qu'exige notre santé, nous prenons une épouse pour avoir des enfants légitimes et une fidèle gardienne de tout ce que contient notre maison. » 29 (Cf. Femmes, Hommes, Famille, Penser. Politique)

Patriarcat (Derrida Jacques) : 1989. Jacques Derrida [1930-2004] dans un texte intitulé : « ‘Il faut bien manger’ ou le calcul du sujet », auteur de :
« […] Et ce que j’appelle ici le schème ou image, ce qui lie le concept à l’intuition (sic), installe la figure virile au centre déterminant du sujet. L’autorité et l’autonomie (car même si celle-ci se soumet à la loi, cet assujettissement est liberté) [ ! ], sont par ce schème, plutôt (sic) accordées à l’homme (homo et vir) qu’à la femme, et plutôt à la femme qu’à l’animal. Et, bien entendu, à l’adulte qu’à l’enfant.
La force virile du mâle adulte, père, mari ou frère (le canon de l’amitié, je le monterai ailleurs, privilégie le schème fraternel) appartient au schème qui domine le concept de sujet. Celui-ci ne se veut pas seulement maître et possesseur actif de la nature. Dans nos cultures (sic), il accepte le sacrifice et mange de la chair. […] »
- À retenir dans le cadre d’une pensée du patriarcat : l’homme (homo et vir) est antérieur au sujet et le domine. 30 (Cf. Êtres Humains, Enfants, Femmes. Animalisation des femmes, Homme « Intellectuel », Famille, Langage. Adverbe, Patriarcat. Domination masculine, Penser. Concept, « Sciences » sociales. Philosophie)

Patriarcat (Désintégration) : En physique, désintégrer, c’est libérer de l’énergie. Imaginons, pensons, préparons la désintégration du patriarcat : quelles immenses libérations d’énergies, quels pouvoirs enfin assumés, encore aujourd’hui inimaginables, quels bouleversements ! Quels autres mondes à penser, à préparer, à mettre dès aujourd’hui en œuvre… (Cf. Politique. Projet)

Patriarcat (« Désir féminin ») : Ce n’est pas le ‘désir féminin’, implicitement ou non, qualifié de, considéré comme sexuel qui serait, parce que qualifié de, considéré comme incontrôlable, insupportable aux hommes ; ce n’est pas même non plus ‘la liberté des femmes’, bien trop abstraite, qu’ils craindraient. Ce sont les conséquences pour eux du processus de libération des femmes qui en leur permettant d’échapper à leurs propres pouvoirs, les obligeraient à se trouver confrontés à eux-mêmes, sans médiations, ni transferts possibles. Mais la terre étant un immense « gisement en femmes », il est relativement aisé d’en retarder l’échéance… (Cf. Êtres humains. Désir, Femme. «Féminin », Sexes […]. Sexuelle. Attirance)

Patriarcat (Dévoilement) : Le dévoilement du patriarcat a nécessairement pour conséquences de donner une signification à des sentiments archaïques incontrôlés, car restés dans l’inconscient ; à des surgissements de colères, de violences, sans cela incompréhensibles ; à des incohérences restées dans l’absurde ; à des contradictions qui, pour être flagrantes, n’en sont pas moins politiquement invisibles ; à des silences qui sont autant de chapes de plomb ; à des dénis mortifères ; à des impositions absurdes ; à des angles morts de la pensée qui interdisent toute compréhension du monde ; à d’éternels problèmes non résolus car exprimés dans des termes interdisant toute solution ; à de pseudo supériorités qui ont autant d’indignités ; à de pseudo morales qui sont autant de permanence de contraintes que le simple bon sens devrait pourtant considérer comme injustifiables ; à de pseudo évidences qui sont autant de récusation de toute raison.
Seul le dévoilement du patriarcat permet aux victimes de cesser d’être invisibilisées et aux dominant-es de cesser d’être toujours protégé-es par le droit, le pouvoir et la force ; seul, ce dévoilement permet de cesser toute naturalisation des rapports de domination ; seul, il permet la fin d’éternelles répétitions ; seul, il permet de penser que les injustices ne sont pas nécessairement éternelles.

Patriarcat (Dialectique) : (15 septembre) 2018. À l’écoute hier du mot « dialectique », je me rends compte que je ne me suis pas posée, concernant le patriarcat, la question en ce terme. Peut-elle l’être ? peut-être ? sûrement ? comment ?

Patriarcat (Dieu) : 1987. Marie Métrailler [1901-1979], dans La poudre de sourire, auteure de : « Toute mon existence et encore maintenant, je me suis posé cette question qui est restée une énigme : pourquoi Dieu a-t-il tenté l’homme par le truchement de la femme ? » 31

Patriarcat (Drieu La Rochelle) : 1993. L’analyse de Bernard-Henri Lévy concernant Pierre Drieu La Rochelle [1896-1945], au-delà de leur personne, permet, de l’intérieur, de mieux comprendre comment fonctionne le patriarcat :
« Regardez, pour ne rien dire des vivants, quelqu’un comme Drieu La Rochelle.
On se demande sans arrêt pourquoi ses contemporains ont été si aimables, si indulgents avec lui. Ils savaient, eux, qui il était. Ils parlaient avec lui. Ils avaient ses articles sous les yeux. Or, ils continuaient de bien l’aimer, de le voir, de le fréquenter. Et quand je dis «ils», je ne pense pas seulement, bien sûr, aux collaborateurs de la NRF allemande. Je pense à des gens comme Malraux, Nizan, d’Astier de la Vigerie, j’en passe. […]
J’ai essayé de comprendre. Et ce qui m’a sauté aux yeux, c’est effectivement cette affaire de femmes. Drieu, c’était l’homme couvert de femmes’ [titre de l’un des livres de Pierre Drieu La Rochelle].
Et cette réputation, probablement d’ailleurs surfaite, 32 épatait Nizan ou Malraux et les faisait passer sur le reste. Il pouvait bien être fasciste après cela. Et antisémite.
Il flottait autour de son nom un parfum de femmes et de jolies femmes qui, d’une certaine façon, le sanctuarisait.
Je vous parle de Drieu. Mais je pourrais prendre d’autres exemples, y compris plus proches de nous. La règle est chaque fois la même : dans l’ascendant qu’un homme exerce sur ses semblables, cette excellence supposée dans l’art de la séduction a toujours un rôle essentiel. » 33
*Ajout. 22 février 2019. 2010. Catherine Clément, dans son autobiographie, Mémoire, concernant Régis Debray, écrit :
« Nous le savions couvert de femmes ; Don Juan guérilléro, ça, c’était magnifique. » 34

Patriarcat (Droit Roger-Paul) : (23 août) 2019. Roger-Paul Droit présente le livre d’Ivan Jablonka, Des hommes justes. Du patriarcat aux nouvelles masculinités [le Seuil. 2019] dans Le Monde. En voici la conclusion :
« […] En élaborant des réponses qui méritent une vive attention, Ivan Jablonka n’ignore pas qu’il propose une nouvelle utopie. Le regard sur sa démarche dépendra donc du crédit qu’on accorde aux utopies. Une nouvelle masculinité entraînerait effectivement de profonds bouleversements dans la famille, la politique, le travail, la sexualité… Mais suffit-il d’y rêver brillamment pour les voir advenir ? » 35
Mais faut-être « philosophe et journaliste » pour justifier avec une telle candeur le maintien du patriarcat et avancer un tel déni de la pensée ?
- À la relecture, la conscience des « bouleversements » nécessairement liées à la subversion féministe – certes, traduite par lui par l’émergence d’« une nouvelle masculinité » - peut être considérée comme un début de pensée patriarcale.
N.B. Je me souviens encore, huit ans après, de sa critique honteuse, elle aussi parue dans Le Monde - dont il a été, des années durant, un chroniqueur - du livre de Françoise Collin, Evelyne Pisier, Eleni Varikas, Les femmes de Platon à Derrida : anthologie critique. [2011. Dalloz] (Cf. Philosophie)
* Ajout. 23 septembre 2019. 2008. Roger-Paul Droit, dans sa Préface au Voltaire de la collection Le monde de la philosophie [Flammarion], auteur de :
« Voltaire complète cette formation [celles des années Londoniennes.1726-1728] avec ‘Pompon Newton’, madame du Chatelet, qui devient sa compagne. Voltaire l’avait surnommée ainsi en raison de sa connaissance des œuvres de Newton, qu’elle traduisait en français, et de son goût pour les robes à pompons…» 36 (Cf. Langage. Zeugma, Philosophie)

Patriarcat (Église catholique. France) : (27 octobre) 2009. Échanges, entendus à la radio, entre le Père Brachet [porte-parole et président du Comité de soutien Molex où une importante grève à l’usine Molex avait eu lieu en 2009], une journaliste et « Sœur Marguerite » :
- [...] Sur le site des Molex, le curé, appelle (déterminé) : « Marguerite ! »
- La journaliste lui demande : « Alors, Sœur Marguerite, elle vous soutient aussi ? »
- Le curé (outré) : « Mais bien sûr qu’elle ne soutient ! ; il ne manquerait plus que ça ! »
- La religieuse, plus politique : « On soutient Molex ! ».
- Et elle poursuit : « Moi, je suis religieuse en Pastorale sur tout le canton de Villemur (sur Tarn) aussi. Voilà. Je travaille avec le Père Philippe… »
- La journaliste : « Et donc vous le soutenez dans son combat ? »
- La religieuse (fière) : « Je crois même pouvoir dire que je …je ne lui ai pas conseillé, mais il attendait avant d’agir de voir ce que j’en pensais. Parce que… je me souviens le matin où il y a eu la première manifestation, il me dit (ton interrogatif, peu assuré…) : ‘Ma sœur…’ Je lui ai dit (ton très assuré) : ‘Oui, Oui, allez-y !’. Alors, à partir de là, il a foncé. Et puis, voilà, il était plus libre. Moi je le soutenais, dans l’ombre, un petit peu. …parce que, au niveau de la paroisse, il y avait des petites choses où il avait besoin de moi, lui permettant d’être libéré. » […] 37
- Combien d’auditeurs / trices ont relevé le rôle politique de sœur Marguerite dans la décision de l’engagement politique du prêtre ? ; combien ont interrogé les raisons de son effacement ? ; Combien ont noté le mépris du prêtre la concernant ?
Combien se sont-ils/ elles demandé si toutes ces « petites histoires » ne fabriquaient pas la « grande »?
Enfin, combien de femmes ne peuvent-elles pas - tristement - se reconnaitre dans Sœur Marguerite ? (Cf. Femmes. Politique. Église catholique. Luttes, Histoire)

Patriarcat (Esclavage) (1) : Les esclaves (hommes) ont pu être dits « libérés » de l’esclavage avant que les femmes n’obtiennent, en France et aux colonies, le droit au divorce.
* Ajout. 26 décembre 2018. (mars) 1791. À relier avec la proposition de Robespierre [1758-1794], « à la tribune, d’accorder aux hommes de couleur les droits politiques. » 38 (Cf. Politique. Colonialisme, Histoire. Révolution française)

Patriarcat (Esclavage) (2) : Une femme esclave « infanticide » pouvait être condamnée pour « vol de la propriété » [du maître].
Penser à la permanence des fondements légitimant le jugement. (Cf. Droit, Justice, Histoire)

Patriarcat (« Espèce ». Constant Benjamin) : 1812. Benjamin Constant [1767-1830], auteur, dans son Journal intime, concernant son épouse :
« Au fond, Charlotte ressemble à toutes les femmes. J’ai accusé les individus, j’aurais dû m’en prendre à l’espèce. […] » 39 (Cf. Femmes, Homme. Féminisme, Antiféminisme, Langage, Patriarcat. Mépris)

Patriarcat (« Espèce ». Schopenhauer Arthur) : 1851. Arthur Schopenhauer [1788-1860], dans son Essai sur les femmes, auteur de :
« […] Comme les femmes sont uniquement créées pour la propagation de l’espèce et que toute leur vocation se concentre en ce point, elles vivent plus pour l’espèce que pour les individus, et prennent plus à cœur les intérêts de l’espèce que les intérêts des individus. » 40 (Cf. Homme. Remarquable. Schopenhauer Arthur)

Patriarcat (« Exploitation ») : Une ruse - habile - du patriarcat : l’emploi du concept d’« exploitation », dans sa double acception marxiste et libérale. Le tour est joué : Subsumés dans ce terme, la spécificité de l’analyse du patriarcat disparaît, et le proxénétisme, le libéralisme se refont une virginité. Bravo, l’artiste ! (Cf. Proxénétisme. «Exploitation» sexuelle, Politique. Marxisme, Modernité)

Patriarcat (Expressions) (1) : Un homme habillé / une femme nue ; un homme debout / une femme couchée ; un homme assis / une femme débout ; un homme criant / une femme silencieuse ; un homme frappant / une femme frappée ; un homme violent / une femme en pleurs…

Patriarcat (Expressions) (2) : 2018. Vu dans un couple dans un hôtel : elle lui préparait son œuf à la coque et lui épluchait son orange.

Patriarcat (Expressions) (3) : 2018. Vu lors de la cérémonie, sous l’Arc de triomphe, des chefs d’état et de gouvernements, le 11 novembre 2018, que le roi du Maroc était accompagné de son fils, 15 ans, sur le même rang donc que Poutine, Emmanuel Macron et son épouse, Donald Trump et son épouse. (Cf. Famille. Mariage, Patriarcat. Filiation)

Patriarcat (Expressions) (4) : (24-26 août) 2019. Vu la comparaison entre la photo officielle des chefs d’état (que des hommes, moins une femme) et celles des épouses regardant la cueillette des piments d’Espelette.

Par ordre chronologique. Patriarcat. Expressions :

Patriarcat (Expressions) (5) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, évoque l’ouverture des États généraux, le 4 mai 1789. Une note de Gérard Walter [1896-1974] dans l’édition de La Pléiade précise que « le roi avait dans son carrosse ses deux frères, le duc d’Angoulême et le duc de Berry. La reine et les princesses venaient à la suite. » 41
Une autre modalité d’expressions du patriarcat.

Patriarcat (Fascisme) : 1994. 1909. Lu dans le livre de Zeev Sternel (et alii) Naissance de l’idéologie fasciste :
« Il n’existe pas une seule idée importante [du fascisme] qui n’ait été longuement murie tout au long du quart de siècle qui précède août 1914. » […]
- Pour une illustration de cette analyse concernant le patriarcat, on peut utilement lire le Manifeste futuriste (1909) de Marinetti, dont les articles 9 et 10 sont les suivants :
« * Article 9. Nous voulons glorifier la guerre - seule hygiène du monde - le militarisme, le patriotisme, le geste destructeur des anarchistes, les belles idées qui tuent et le mépris de la femme.
* Article 10. Nous voulons démolir les musées, les bibliothèques, combattre le moralisme, le féminisme et toutes les lâchetés, opportunistes et utilitaires. » 42 (Cf. Féminisme, Penser. Pensée. Idée, Politique. Guerre. Idéologie. Libéralisme, Morale, Histoire. Historiographie. Patriarcale)

Patriarcat (Femme) (1) : 1831. Victor Hugo [1802-1885] dans Notre-Dame de Paris met dans la bouche de l’archidiacre Claude Frollo :
« Il se défait de la singularité des femmes. » 43
Que voulait signifier Victor Hugo ? Que Frollo les préférait abstraction ? (Cf. Femmes)

Patriarcat (Femme) (2) : (18 août) 1833. Balzac [1799-1850] écrit à Madame Hanska [1801-1882] :
« Je ne comprends pas que l’on se quitte, et pour moi, une femme, c’est toutes les femmes. » 44 (Cf. Femmes)

Patriarcat (« Féminité » (1) : Féminité : « ensemble des comportements, des attitudes, auxquels on attribue le qualificatif de féminin » (Wikipédia)

Patriarcat (« Féminité ») (2) : La « féminité » est au féminisme, ce que l’orientalisme est à l’anticolonialisme. (Cf. Femmes. « Féminin», Politique. Colonialisme)

Par ordre chronologique. Patriarcat « Féminité » :

Patriarcat (« Féminité ») (3) : 1954. Witold Gombrowicz [1904-1969], dans son Journal, auteur de :
« […] Mais qui donc crée la féminité ? L’homme, dites-vous ? Bien sûr, l’homme donne son impulsion : ensuite ce sont elles qui s’y mettent, commencent à perfectionner à qui mieux mieux le système, et leur art de charmer et de séduire qui, comme tous les autres arts, continue à se développer de manière mécanique - devenant bientôt automatique et perdant tout sens des réalités et de la mesure.
De nos jours, la femme est plus femme qu’elle ne devrait l’être ; elle est chargée d’une féminité qui la domine ; produit d’une certaines convention sociale, résultat d’un certain jeu donné qui rattache d’une manière définie l’homme à la femme, jusqu’au moment où dans cette sorte de danse inlassable, à force de croître, finit par les tuer. » 45 (Cf. Femmes. « Féminin », Féminisme. Antiféminisme)

Patriarcat (« Féminité ») (4) : 1976. Bruno Bettelheim [1903-1990], dans son livre Psychanalyse des contes de fées, en conclusion du chapitre consacré à La belle au bois dormant, écrit :
« […] Même sous le forme abrégée qui est parvenue jusqu’à nous [celle de Charles Perrault. 1628-1703], où la Belle est réveillée par le baiser du prince, nous sentons, sans que cela soit précisé comme dans les versions plus anciennes, que l’héroïne est l’incarnation de la féminité dans toute sa perfection. » 46 (Cf. Femmes, Psychanalyse)

Patriarcat (« Féminité ») (5) : (7 juillet ) 2019. Je reçois une publicité pour le parfum N°5 de Chanel [à ne pas confondre avec « l’eau de parfum », moins chère] :
« L‘essence même de la féminité ».
Coût : 12I euros. (Cf. Femmes, Économie. Publicité)

Patriarcat (Femen) : (23 novembre) 2019. Slogans des Femen inscrits sur leurs corps lors de la manifestation du 23 novembre 2019 contre les violences faites aux femmes :
- Destruction du patriarcat programmée
- Domination masculine. Tremble.

Patriarcat ( Ferrante Elena) : 2004. Elena Ferrante dans Les jours de mon abandon, auteure de :
« Maintenant que Mario m’avait quittée, s’il ne m’aimait plus, si je ne l’aimais plus moi-même, pourquoi devrais-je continuer à porter dans ma chair tant de choses qui lui appartenait en propre ? […]
Si j’avais trouvé aimables tous les signes que j’avais autrefois assimilés à son contact, ils ne me semblaient désormais plus guère aimables, comment devrais-je faire désormais pour véritablement les extirper ? Comme pouvais-je, en quelque sorte, les éliminer définitivement de mon corps, de mon esprit, sans devoir découvrir que, de cette façon, c’était moi-même que j’éliminais ? » 47

Patriarcat (« Folklore ») : 2016. Lu, dans un livre consacré au « Patois Boulonnais » à : « Zabel » : « Diminutif de Isabelle. C’est la matelote boulonnaise traditionnelle que l’on représente avec son mari Batiss’. Batisse et Zabelle sont les géants de Boulogne sur mer. »
- On y lit aussi dans ce même livre à « Couple » : « Jadis, c’était un plaisir de voir promener en couple la matelote et son homme ; lui conservant dans sa marche sur terre un peu du balancement donné par le roulis de mer et, elle, la femme se sentant belle dans son splendide costume. Spectacle aujourd’hui disparu. » 48
- Enfin, deux grandes sculptures de Batisse et Zabelle marquent l’entrée du port de pêche de Boulogne (juillet 2016). On lit : « Batisse et Zabelle sont deux figures emblématiques du folklore local. Lui, un pêcheur évoque l’activité reine de Boulogne, tandis que son épouse exhibe la toilette des dames de la Marine. »

Patriarcat (Gabeira Fernando) : 1985. Daniel Cohn-Bendit demande à Fernando Gabeira « guérillero en 1969 [il avait participé à l’enlèvement de l’ambassadeur Américain à Rio de Janeiro en échange duquel 40 prisonniers politiques ont été libérés], pacifiste en 1986 » :
« Tu abordes très souvent le problème des rapports hommes / femmes. C’est parce que tu considères que l’évolution en ce domaine est un des leviers les plus efficaces pour améliorer les rapports sociaux dans ton pays ? » :
- Fernando Gabeira : « J’en parle souvent parce que j’ai remarqué que cette question suscitait un très grand intérêt dès que je l’abordais. La mentalité machiste qui prédomine toujours dans les sociétés latino-américaines est une des causes profondes de la tolérance du peuple à des pouvoirs totalitaires.
Il existe une complicité inconsciente entre le peuple et les dictateurs, car le peuple est habitué, dès l’enfance, à se soumettre à l’autorité du père. Le Brésil, c’est un pays où on bat les femmes si elles ne sont pas fidèles.
Il ne s’agit pas de sous-estimer les causes économiques qui favorisent, dans notre pays, la prise de pouvoir par des dictatures militaires.
Mais il est incontestable que c’est en brisant le machisme dominant qu’on peut faire naître des types de comportement qui empêcheront le retour de cette forme de pouvoir.
Le principe de la dictature est dissimulé dans la multiplicité des centres de pouvoirs microscopiques, partout dans la société.
Il y a un petit dictateur qui sommeille chez les pères, chez les maris, les professeurs, les fonctionnaires, et ce sont tous ces petits rouages bloqués qui empêchent le fonctionnement de la démocratie. » 49
- Remplacer « Brésil, sociétés latino-américaines », par : « monde » ; « dictateurs, dictatures (militaires) » par : « États, y compris ceux dénommés démocratiques » ; ajouter à « centres de pouvoirs microscopiques » en précisant « d’abord et avant tout, les familles » ; insister enfin sur les raisons pour lesquelles les femmes, comme tous /toutes les dominé-es, à la fois contestent et reproduisent le patriarcat qui les dominent…et l’analyse du patriarcat avance d’un grand pas… (Cf. Famille, Patriarcat. Homme. Père, Politique. Tolérance)

Patriarcat (Généalogie archétypale) : Dieu, le roi, le chef, le père, le fils.
S’en suivent le prêtre, le guerrier, le paysan, l’artiste, le gourou, le philosophe, le politique, l’artisan, l’ouvrier, le sans papiers…. (Cf. Femmes)

Patriarcat (Gide André) (1) : (7 mai) 1927. André Gide [1869-1951], dans son Journal, écrit :
« (Voir l’admirable mot d’Ubu [1896] à Mme Ubu : ‘Vous êtes bien laide aujourd’hui. Est-ce que parce que nous avons du monde ?’) » 50
- Dans cette citation que Gide juge donc « admirable », je lis pour ma part que Ubu juge sa femme « laide », s’autorise à lui dire et la considère comme soit stupide, soit mauvaise, soit, sans doute les deux à la fois, soit enfin que c’est éventuellement à son encontre, qu’elle serait « laide » .
- Un ancestral besoin, refoulé, inconscient, impensé de mépriser, d’humilier, d’écraser les femmes qu’un seul mot peut exprimer. (Cf. Langage)

Patriarcat (Gide André) (2) : (31 juillet) 1930. André Gide [1869-1951], dans son Journal, écrit :
« Melville [Hermann. 1819-1891] parle (Moby Dick : chapitre 87 ou 88 suivant les éditions) des ‘collèges’ de jeunes cachalots femelles, présidées par un mâle unique, sultan maître ce harem, qui en défend l’approche aux autres mâles.
Les ’collèges’ de jeunes mâles sont dit-il plus importants (‘larger’) que les collèges de femelles. Turbulents et comparables, dit-il aux bandes indisciplinées des collégiens de Yale ou de Harvard. Ces mâles plus nombreux que les femelles, dont un seul va s’approprier et monopoliser les femmes par troupeaux, ces mâles exclus et qui n’auront pas accès au gynécée, que font-ils ? Que deviendront-ils ?
Cette question si simple, se peut-il que je sois le premier à la poser ? Se peut-il que je sois le seul ? Se peut-il qu’on n’y réponde que par des rires ; ou pas du tout ?
»
- Quid de la question des « femelles appropriées [et] monopolisées » ? Elles sont hors sujets pour Gide. 51

Patriarcat (Gide André) (3) : (8 novembre) 1931. André Gide [1869-1951], dans son Journal, écrit :
« […] Qui regarde en arrière, comme la femme de Loth s’apitoyant sur la dévastation de Sodome, risque d’être changé en statue de larmes. De même Eurydice, Ariane ou Céruse ; toujours la femme reste en arrière… Ceci, aussi, je l’ai dit. » 52

Patriarcat (Gide André) (4) : (22 avril) 1932. André Gide [1869-1951], dans son Journal, auteur de :
« En désarmant l’opprimé, [elle] le livre à l’oppresseur. »
Cette analyse/ jugement de Gide qui concerne la religion, s’avère fort appropriée aux fins de partiellement comprendre notamment la signification de l’exclusion des femmes de l’armée. 53

Patriarcat (Gide André) (5) : (2 août) 1935. André Gide [1869-1951], dans son Journal, écrit : « Le cramponnement de certains à un système abject qui leur apparaitrait inadmissible s’ils n’y étaient accoutumés dès leur enfance, de sorte qu’il est malaisé de croire qu’un autre forme de société soit possible - et qu’ils ne peuvent penser qu’en machos et croient qu’on ne peut bien penser autrement - leur cramponnement vient de ce que ce système les avantage et qu’il sont déplorablement attachés à tout ce dont un système social différent les priverait, qui sont des biens acquis, transmis et dont seuls consentent à être dépouillés ceux qui se sentent une suffisante valeur personnelle.
C’est par reconnaissance d’une grande pauvreté intérieure qu’eux sont si délibérément conservateurs.

Pas tous : certains le sont aussi par rattachement au passé, néophobie, refus d’envisager ce qu’un nouvel état apporterait avec lui de profitable, ou d’incapacité d’imaginer quoi que ce soit dont le passé ne fournit point d’exemple, grande horreur du dérangement, fut-ce en vue d’un rangement meilleur - oui, grande incapacité de l’imaginer, du moins assez fortement pour y croire.
Surtout, inconfiance en l’homme. Et combien, cette inconfiance, la religion est habile à l’entretenir. » 54
- Attention ! !: Ce texte est un faux. J’en ai changé un mot : celui de « capitalistes » par celui de « machos », mais, en l’état, fort juste.

Patriarcat (Gide André) (6) : (19 octobre) 1942. André Gide [1869-1951], dans son Journal, concernant la France, écrit :
« […] [car] dans aucun autre pays sans doute (l’Espagne exceptée), le culte de la Femme, la religion de l’Amour et certaine tradition de galanterie, n’asservissent autant les mœurs, n’inclinent aussi servilement la conduite de la vie. »
Puis sans doute afin de tenter d’atténuer - en vain - sa double critique il poursuit :
« Je ne parle évidemment pas ici du culte de la femme dans ce qu’il a de profondément respectable, non plus que de l’amour noble ; mais de l’amour avilissant et ce qui fait sacrifier aux jupes et à l’alcôve le meilleur de l’homme. » 55
Si dans la première partie de son analyse, Gide dénonce l’un des fondements du nationalisme français, dans une critique plus radicale qu’aucune de celle sans doute exprimée par aucune féministe, dans la seconde partie de sa phrase de celle-ci, là, l’homme, l’homosexuel oppose, sous couvert d’une critique de « l’amour avilissant » un mépris radical aux femmes, aux féministes et aux hommes que l’on qualifierait aujourd’hui d’hétérosexuels. (Poursuivre) (Cf. Politique. Nationalisme)

Patriarcat (Guitton Jean) : (septembre) 1950. Jean Guitton [1901-1999], dans le Journal de ma vie, auteur de :
« Le mal commis ensemble unit plus fortement que le bien fait ensemble, et pour cimenter deux hommes il convient de leur faire faire un crime ensemble. […]
Ce n’est pas l’amitié, mais c’est un lien fondé sur la crainte commune et sur le remords, un lien très fort. » 56
Et si cette analyse pouvait expliquer, partiellement au moins, les liens entre [tous les] hommes ?
Et si cette analyse pouvait expliquer, partiellement au moins, l’extraordinaire force du non-dit et du refoulement patriarcal ? (Cf. Penser, Philosophie)

Patriarcat (Hiérarchie) : 1981. Lu dans Le livre d’or du savoir-vivre publié en Suisse :
« Lorsque votre supérieur hiérarchique entre dans votre bureau, vous vous levez pour le saluer si vous êtes un homme. Si vous êtes une femme, vous restez toujours assise à votre place. » 57
« Toujours à votre place » : on ne saurait mieux dire. (Cf. Êtres humains, Relations entre êtres humains. Traités de savoir-vivre, Femmes. Hiérarchie. Patriarcat. Expressions, Politique. Hiérarchie)

Patriarcat (Histoire) (1) : Les femmes, toutes les femmes, sans exception aucune, ont des siècles d’outrages, de violences, de dénis d’elles-mêmes à faire reconnaître. (Cf. Droit, Justice, Politique, Histoire, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Patriarcat (Histoire) (2) : La recherche des origines de l’homme, si elle ne fut pas vaine, s’est révélée vouée à l’échec. Comme celle du patriarcat. On ne peut qu’émettre des hypothèses. (Cf. Histoire)

Patriarcat (Histoire) (3) : 1762. Lu dans le roman intitulé Histoire d’Ernestine [1762] de Marie-Jeanne Riccoboni [1713-1792], ceci :
« […] Melle Duménil entra alors dans des détails nécessaires à ses dessins, s’étendit sur la façon de penser libre et inconséquente des hommes, sur la contrariété sensible de leurs principes et de leurs mœurs : ‘Ô ma chère amie ! Vous ne les connaissez pas, lui disait-elle ; ils se prétendent formés pour nous guider, soutenir, protéger un sexe timide et faible : cependant, eux seuls l’attaquent, entretiennent sa timidité et profitent de sa faiblesse : ils ont fait entre eux d’injustes conventions pour asservir les femmes, les soumettent à un dur empire ; ils leur ont imposé des devoirs, ils leur donnent des lois, et par une bizarrerie révoltante, née de l’amour d’eux-mêmes, ils les pressent de les enfreindre, et tendent continuellement des pièges à ce sexe timide, faible, dont ils osent se dire le conseil et l’appui’. » 58
Toujours pertinent. (Cf. Femme. Remarquable, Féminisme, Penser, Politique. État. Lois, Histoire, Violences)

Patriarcat (Honneur) (1) : 1974. Jean Anouilh [1910-1987], auteur de :
« […] le sentiment de l’honneur (très rare chez les femmes) […] » 59
Le terrain déblayé, la place est libre… (Cf. Femme, Honneur)

Patriarcat (Honneur) (2) : Si l’on jugeait «l’honneur» à l’aune des manquements aux promesses, aux engagements, et donc eu égard aux comportements des hommes dans leurs relations avec les femmes, alors le terme serait si dévalué, si démonétisé que les valeurs qui lui furent conféré fondraient comme neige au soleil, laissant alors la place à d’autres conceptions de l’honneur, devant être à radicalement repensées, reconstruites… (Cf. Femme, Honneur. Langage)

Patriarcat (Humiliation) (1) : 1797. Edmund Burke [1729-1797], dans sa Première lettre sur la paix régicide, concernant sa critique de la politique anglaise face au Directoire [1795-1799], auteur de :
« Une longue habitude de l’humiliation ne parait pas fort propre à préparer le terrain où des sentiments vigoureux puissent germer. » 60 (Cf. Violences)

Patriarcat (Humiliation) (2) : 1955. Georges Simenon [1903-1989], auteur de :
« […] Si l’homme, par exemple, tient à faire humilier les femmes - et assez fréquemment …à peu près tous les gens que j’ai rencontré avaient assez cette tendance là - c’est que la femme n’a jamais répondu entièrement attendu à ce qu’ils en espéraient ; aucune femme, je crois, n’a ressemblé au rêve d’un jeune homme de 16 ou 17 ans. Eh bien, toute sa vie, il s’en souviendra, même à son insu..
Et à ce moment-là, il ne sera pas fâché de l’humilier comme pour lui faire payer cette sorte de manquement… » 61 Une analyse, sans aucun doute, vécue par lui …

Patriarcat. Hymen. Par ordre chronologique :

Patriarcat (Hymen) (1) : Qui, diable, a décidé que l’hymen devait être rompu par un pénis d’homme ? Dieu ? Non, les hommes. Il n’appartient qu’aux femmes de le rompre d’elles-mêmes. Plus de défloration, plus de chasteté, plus de virginité… (Cf. Êtres humains, Corps, Sexes […])

Patriarcat (Hymen) (2) : Pour un homme, rompre l’hymen d’une femme n’est que la manifestation de l’antique « droit du premier occupant », indissociable de la force, évoquée, concernant la seule propriété, par Jean-Jacques Rousseau [1712-1778]. 62 (Cf. Êtres humains, Corps, Sexes […])

Patriarcat (Hymen) (3) : 1901. Une autopsie effectuée sur le corps d’Alice Hirschbrunner, assassinée par Henri Vidal, qualifié de « tueur de femmes » la déclare « vierge ». Son père demande que le portrait « tout rayonnant de gaité de ma malheureuse fille tel qu’il a été pris peu de temps avant son assassinat […] soit montré au lâche scélérat qui a voulu non seulement voler à sa victime une vie si souriante, mais encore la seule chose qu’elle possédât : son honneur immaculé. » 63 (Cf. Êtres humains, Corps, Sexes […])

Patriarcat (Hymen) 4) : 1927. Victor Margueritte [1866-1942], dans son livre Vers le bonheur, Ton corps est à toi, met dans la bouche du parrain- libre penseur-rationaliste-féministe-généreux-néo-Malthusien, de son héroïne dans son roman : Ton corps est à toi, les paroles suivantes :
« Que de superstitions attachées encore à cette inutile, à cette malheureuse membrane hymen ! Cachet d’illusoire garantie, pour les maniaques de la défloration, ou dangereuse barrière imposant à la vierge la grave inconvénient des troubles menstruels, tout en l’exposant, dès le premier contact au risque d’une fécondation involontaires. […] On circoncit, par hygiène, les Musulmans et les Juifs. Pourquoi n’inciserait-on pas les chrétiennes ? Santé et morale y gagneraient… » [Cette dernière phrase étant placée en exergue de l’avant-propos du livre. p. VII] 64 (Cf. Êtres humains, Corps, Femmes. Règles, Sexes […])

Patriarcat (Hymen) (5) : 1978. Lu dans le livre de Gabrielle Rolin [1927-2013], intitulé Chères menteuses :
«Jadis, ce premier mari revendiquait aussi le titre de premier homme. Il se sentait volé, il criait à la trahison, s’il constatait, lors de la nuit de noces, de l’absence du label qui garantit la vierge à cent pour cent.
-‘C’est ton petit capital’, disait ma grand-mère, en me recommandant de veiller jalousement dessus.» 65 (Cf. Êtres humains, Corps, Sexes […])

Patriarcat (Hymen) (6) : 1995. Jean Tulard, dans le Guide des films.1898-1995. L-Z, concernant, auteur de :
- Petite (La) [1978. Louis Malle] : « 1917. Un bordel de la Nouvelle Orléans. […] C’est là que vit en toute liberté (sic) Violet, fille naturelle (sic) de Hattie, une prostituée. Un jeune photographe se le bientôt d’amitié avec Violet. Lorsqu’elle devient pubère, sa virginité est mise aux enchères. […] » 66 (Cf. Êtres humains, Corps, Sexes […], Proxénétisme. Bordel)

Patriarcat (Incohérences) : 1997. Je lis dans le livre de Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête, qu’après « Locke, Hobbes, Rousseau, Kant - pour ne parler que des plus grands - […] l’exclusion des femmes de la sphère du savoir donne lieu désormais à des incohérences théoriques explosives. » 67
Je me rends alors mieux compte que c’est le patriarcat, dans son fondement et dès lors dans toutes ses modalités d’expression, qui est fondé sur - et qui reproduit et légitime - « des incohérences théoriques explosives. »

Patriarcat (Intellectuel-les) (1) : Critiquer les « intellectuel-les », le plus souvent des hommes il est vrai, est d’autant plus nécessaire que la parole qui leur est si généreusement accordée est nécessairement retirée à tous / toutes les autres. Lequel d’entre eux / elles, parmi ceux et celles traditionnellement invité-es par les médias, s’est-il /elle, une seule fois, ne serait-ce que posé la question : et si je suggérais de transférer mon temps de parole à quelqu’un-e à qui la parole jamais n’a jamais été proposée ? (Cf. Homme. « Intellectuel », Politique. « Gilets jaunes »)
* Ajout. 18 juillet 2018. (31 mai) 1935. André Gide [1869-1951], dans son Journal, participant au Congrès des Écrivains, auteur de :
« La surabondance oratoire des uns réduit les autres au silence. » 68 Toujours pertinent…

Patriarcat (Intellectuel-les) (2) : Dévoiler la face cachée ou non des pensées, des actes des intellectuel-les est d’autant plus nécessaire qu’ils / elles participent si souvent comme caution à la perpétuation de l’injustice du monde.
- Je me permets, les concernant, de reprendre le jugement de Mirabeau [1749-1791] critiquant les aristocrates, le 16 juin 1789 : « ceux dont nous avons à combattre la hauteur et les prétentions ». Mais lui, aspirait alors, il est vrai, simplement à « ne pas les effrayer ». 69 (Cf. Culture, Politique, Histoire)

Patriarcat (Islam) (1) : L’Islam : La dernière religion-refuge du patriarcat ? Vrai pour beaucoup. Moi, je ne sais pas répondre. Sans doute juste… (Poursuivre)

Par ordre chronologique. Patriarcat. Islam :

Patriarcat (Islam) (2) : (25 septembre) 2016. Entendu dans la bouche de Houria Abdelouhaed, auteure de Les femmes du Prophète, évoquant l’une des épouses du prophète Mohammed, Zaynab bint Jahsh :
« Zaynab bint Jahsh, qui, était décrite comme la Belle Hélène de l’Arabie, était d’une beauté foudroyante. […] Elle était la femme de son fils adoptif, Saïd. Et Saïd, avant le mariage avec Zaynab, est quelqu’un qui a choisi le prophète aux dépens de sa propre famille. Donc, il a institué la paternité comme paternité symbolique et la filiation comme celle de l’esprit et non comme celle de la chair et du sang. Ce jour-là, Mohammed dit, en s’adressant à ‘la communauté’ : ‘Soyez témoins, Saïd est mon fils, il hérite comme j’hérite de moi, comme j’hérite de lui.’ Et donc Zyad Ibn Harissa, fils de Harissa devient Zyad Ibn Mohammed, fils de Mohammed. Il lui donne comme épouse Zaynab. Elle est très réticente, c’est la belle aristocrate et elle n’allait pas se marier avec un affranchi. Il faut se resituer dans l’époque, il y 15 siècles, C’était une Arabie esclavagiste […] Et Gabriel - et là, il y une sur-présence de Gabriel - vient la réprimander ; elle obéit à l’injonction de Gabriel et elle épouse Saïd. […] Un jour, Mohammed est allé voir son fils adoptif, alors qu’il était absent. Et à ce moment-là, il tombe sur Zaynab. […] Il voit cette beauté éblouissante et il dit : « Il n’y a que Dieu qui détient la puissance »…Et il est frappé d’insomnie. Aïcha, la petite épouse préférée dit-on, se rend compte qu’il y a quelque chose qui tourmente son mari, c’est à dire le désir pour une autre femme. La question était vraiment cruciale. Comment se défaire de sa parole ? Comment prendre la femme du fils adoptif ? Et Gabriel vient secourir son prophète, et lui dit que le mariage avec Zynab est licite. [...] Aïcha dit : «Il ne peut pas prendre une Zaynab parce qu’il a déjà les quatre épouses». Et là, Gabriel vient la réprimander et rendre licite du mariage du prophète avec Zaynab. » 70 (Cf. Famille. Polygamie)
N.B. Mohammed [Mahomet] eut onze ou treize épouses.

Patriarcat (Islam) (3) : (25 juillet) 2016. Shirin Ebadi, avocate Iranienne, prix Nobel de la paix en 2003, auteure de :
« […] Figurez-vous que, avant même que la constitution soit votée et qu’on élise une Assemblée Nationale, le Conseil de la Révolution [créé par Khomeiny] a proclamé une loi selon laquelle un homme pouvait désormais épouser quatre femmes. En cas de divorce, la mère perdait le droit de garde des enfants. J’ai immédiatement écrit un article interpellant les mollahs : ‘Avez-vous fait la révolution pour pouvoir épouser quatre femmes ?’. […]
Ce n’était pas une révolution islamique mais bien une révolution machiste. » 71
- Ou plutôt une révolution patriarcale en lien avec et utilisant l’Islam ?
- Attirer l’attention sur le fait que cette loi ait été «proclamée» avant même l’organisation institutionnelle des pouvoirs publics étatiques peut aisément plaider en soutien de l’analyse concernant la prééminence des fondements patriarcaux des sociétés sur leurs fondements strictement politiques.
- En tout état de cause, l’inversion de l’analyse ici soulevée par Shirin Ebadi est fondamentale et dépasse largement l’exemple Iranien.
Elle explique sans doute dans une large mesure le renouveau de l’Islam - une reviviscence du patriarcat - dans toutes ses modalités d’expression, les plus violentes incluses. En y ajoutant toutes les raisons (si aisément compréhensibles, et dès los si peu analysées) pouvant justifier la haine de l’Occident, et globalement son incapacité actuelle à les interroger et à se remettre en cause, les violences qualifiées de ‘terroristes’ actuelles prennent, pour beaucoup d’entre elles, sens et signification. (Cf. Famille. Code de la famille, Politique. Terrorisme)

Patriarcat (Islam) (4) : (26 avril) 2018. L'ambassadeur d’Iran en France ayant refusé de serrer la main de la journaliste et co-présentatrice de la matinale de C. News, Clélie Mathias, invité par Jean-Pierre Elkabbach, celui-ci lui a demandé :
« Si j'étais une femme, vous m'auriez serré la main ? » Visiblement pris au dépourvu, celui-ci répond :
« Bien sûr, si c'est ma femme, ma sœur ou ma grand-mère ».
« Même si j'étais une journaliste femme ? », demanda J-P. Elkabbach à nouveau.
« Non, par certains engagements de notre religion, nous respectons les femmes, mais on ne leur serre pas la main » a-t-il répondu. 72
Remplacer « respect » par « mépris », le terme étant par ailleurs beaucoup trop faible… (Cf. Patriarcat. Mépris des femmes)

Patriarcat (Islam) (5) : (21 août) 2019. Mona Eltahawy, interviewée par Le Monde, se souvient, raconte, dénonce les attouchements qu’elle a subi, à deux reprises, lors du pèlerinage à la Mecque avec ses parents, à 15 ans, vêtue d’un immense voile blanc, qui la faisait ressembler « à une nonne ».
« En 2018, elle poste une série de tweet visant à mettre en garde les jeunes musulmanes se rendant en pèlerinage, incitant les plus audacieuses à partager leur expérience (!) de harcèlement sous le hashtag # mosquemetoo. […] Des musulmanes du monde entier témoignent pour la première fois d’agressions en pèlerinage, dans les écoles coraniques ou les mosquées. […] » 73 (Cf. Femme. Remarquable. Elthahawy Mona, Violences)

Patriarcat (Italie. Début du XXème siècle) : 1974. Dans le livre de Sibilla Aleremo, Une femme, celle-ci décrit le débat d’une séance la Chambre des députés italienne (sans date) à laquelle elle avait assisté « pendant laquelle une intervention sur la traite des blanches avait été ‘liquidée’ en cinq minutes avec désinvolture par un ministre qui déclara que la législation italienne était sur ce point bien meilleure que dans d’autres pays, tandis que, dans l’aula (l’hémicycle) presque vide quelques messiers honorables ouvraient leur courrier ou bavardaient, inattentifs.
Un député clérical avait lugubrement gémi sur la nécessité de cette ‘soupape de sécurité du mariage’.
Il avait été interrompu par l’intervenant qui disait que le mariage était un fétiche auquel on sacrifiait des créatures humaines.
Deux sous-secrétaires pointaient leurs binocles vers la tribune des femmes en se pavanant ; puis on était passé aux bilans budgétaires. » 74 (Cf. Politique, Proxénétisme)

Patriarcat (Jouissance) : 1819. Benjamin Constant [1767-1830], dans De la liberté des anciens comparée à celle des modernes, auteur de :
« […] Le but des modernes est la sécurité dans les jouissances privées ; et ils nomment liberté les garanties accordées par les institutions à ces jouissances. » 75
- Forte critique du monde [moderne]. (Cf. Êtres humains. Vie-dite-privée, Politique. État. Liberté. Libéralisme, Mœurs. Sécurité, Proxénétisme)

Patriarcat (« Juge de sa propre cause ») : Si l’une des règles fondamentales de la constitution de toute société, celle au fondement de tout droit est que « personne en doit être juge de sa propre cause » ; si l’on reconnait que, depuis des siècles, les hommes ont été seuls juges - y compris en droit - de leur propre cause, alors, et leurs pensées et leurs actes, découlant de ce fondement, doivent être considérés comme illégitimes. Nulles et non avenues ? (Cf. Droit, Justice, Politique)

Patriarcat (La Tour du Pin François René de) : 2015. Michel Winock, dans son Journal, auteur de :
« Je trouve dans La tour du Pin [François René de Latour du Pin. 1845-1924] l’essence de la pensée traditionnaliste, qui pourrait se résumer : chacun à sa place, le monarque sur son trône, le magistrat sur son siège, le seigneur en son manoir, le marchand et son comptoir, l’artisan en son atelier, le paysan en sa manse, de la même façon que l’évêque en sa charge pastorale, le religieux en sa maison conventuelle, la chanoine en son chapitre, le prêtre en sa chaire paroissiale.’ » (Sans source). 76
- J’y vois, pour ma part, dans cette tranquille affirmation, certes écrite en 1970, mais publiée en 2015, que les femmes n’ont, pour un historien, aucune « place » dans la société. J’y vois aussi non pas « l’essence de la pensée traditionnaliste », mais l’expression caricaturale, tant elle est totalisante, de la pensée patriarcale.

Patriarcat (Lespinasse Julie de) : 1774. Julie de Lespinasse [1732-1776] écrivait à un homme cette terrible phrase : « Votre volonté me décidera ». 77
- Ne jamais cesser de s’interroger sur le risque, la probabilité, d’être ‘décidée’ sinon par, du moins en fonction de ‘l’autre’… (Cf. Femme. Remarquable. Lespinasse de Julie)

Patriarcat (Libération) : C’est à chacun-e de se libérer, autant qu’il / elle peut, autant qu’elle / il veut s’en donner les moyens, de toutes les normes, les contraintes, les valeurs, les lois qui lui, qui nous ont été imposées. Ce sont ces choix individuels, à chaque étape de la vie, qui font de nous des êtres plus libres.
Mais la reconnaissance de ce nécessaire cheminement individuel doit s’accompagner d’une analyse politique globale afin d’éviter de perpétuer, par l’individualisation des vécus, le monde actuel.
Rappel nécessaire afin d’éviter, afin d’empêcher toutes les logiques individualistes, libérales dans laquelle tant de féministes sont, dans le monde, si efficacement entraînées. (Cf. Politique. Projet)

Patriarcat (Liberté) : (29 décembre) 1775. Voltaire [1694-1778] dans une lettre à André Morellet [1727-1819], auteur de :
« Le goût de la liberté augmente à mesure qu’on en jouit. » 78
N.B. Il s’agissait certes de l’abolition des corvées et des droits féodaux, mais… (Cf. Politique. Liberté)

Patriarcat (Littérature) (1) : Comment une société reproduit-elle le patriarcat ? En ne cessant de vanter Marguerite Duras et en occultant Christiane Rochefort, en portant aux nues L’Amant et en passant sous silence Stances à Sophie ? [1963. Soit, 5 ans avant mai 1968…) 79 (Cf. Culture. Patriarcale)

Patriarcat (Littérature) (2) : Comment une société reproduit-elle le patriarcat ? En vantant - à juste titre - L’établi de Robert Linhart [1978] 80 et en passant sous silence le livre, non moins remarquable concernant notamment la vie en usine, de Claire Etcherelli, Élise ou la vraie vie [1967]. 81 (Cf. Culture. Patriarcale, Femme. Écrivaine. Rochefort Christiane)

Patriarcat (Littérature) (3) : Comment une société reproduit-elle le patriarcat ? En ayant fait lire à plusieurs générations, La petite fadette, La mare au diable, etc.…de George Sand [1804-1876] et en passant sous silence Jacques [1884], sa correspondance, son œuvre autobiographique. (Cf. Culture. Patriarcale)

Patriarcat (Littérature) (4) : Pour Marcel Proust [1871-1922], « l’ambassadrice de Turquie [l’épouse de] est prête à toutes les bassesses […] dit des sottises et fait courir les bruits les plus infondés, est « une femme dangereuse à écouter » ; Odette de Crécy - devenue madame Swann - est une « cocotte » ; Madame Verdurin, riche de 35 millions : « n’y va pas avec le dos de la cuiller » (Poursuivre) (Cf. Culture. Patriarcale, Langage)

Par ordre chronologique. Patriarcat. Littérature :

Patriarcat (Littérature) (5) : 1813. Madame de Staël [1766-1817], dans De l’Allemagne, auteure de :
« Goethe [1749-1832], dans ses romans, dans ses pièces, n’a presque jamais donné de qualités supérieures aux femmes, mais il peint à merveille le caractère de faiblesse qui leur rend la protection si nécessaire. » 82 (Cf. Culture. Patriarcale)

Patriarcat (Littérature) (6) : 1888. Concernant, notamment, son immonde livre : Madame Chrysanthème, à quand une dénonciation commune féministe, antiraciste, japonaise et française de Pierre Loti [1850-1923] ? (Cf. Culture. Patriarcale, Féminisme)

Patriarcat (Littérature) (7) : (8 avril) 1930. André Gide [1869-1951] dans son Journal, écrit :
« Littérature française, beaucoup plus soucieuse de connaître et de peindre l’homme en général, que les hommes en particulier. » 83 (Cf. Culture, Homme. Hommes)

Patriarcat (Littérature) (8) : 2006. Claude Habib, dans son livre Galanterie française, au terme de ses Remerciements, écrit :
« Enfin, ma gratitude va à André Enegrén qui m’a supportée à travers les interminables phases de rédaction, puis de correction.
Stevenson déconseillait de vivre avec une femme auteur. Il ne manquait pas d’arguments. » 84 (Cf. Culture, Femme. Auteure, Féminisme. Antiféminisme)

Patriarcat (Littérature) (9) : (octobre) 2018. Lu dans Le Monde Diplomatique, dans un article consacré aux littératures « pour le peuple », la présentation faite des « Classiques du peuple » [Éditions sociales] éditées par des historiens communistes :
« L’étudiant, le lycéen, l’instituteur le professeur, les chercheurs y trouveront des instruments d’études commodes et sûrs. L’ouvrier, le travailleur de la campagne et de la ville, en feront la base de leur bibliothèque et prendront ainsi connaissance du trésor culturel passé et des idées progressistes qui constituent le fondement de l’humanisme. » 85 (Cf. Culture)

Patriarcat (Littérature) (10) : 1847. (avril) 2019. Je lis sur Wikipédia à la rubrique concernant Les Hauts de Hurlevent - Wuthering Heights - de Charlottes Brontë [1816-1855] :
« […] On sait par sa poésie qu’Emily s’intéressait à ces sujets et se sentait également concernée par la problématique de la ‘force’ et de la ‘faiblesse’ d’une manière qui fait parfois songer Nietzsche et qui atteste en tout cas qu’intellectuellement elle raisonnait au même niveau que les penseurs de son époque. » 86 (Cf. Culture)

Patriarcat (Loi salique) : (4 février) 1763. Voltaire [1694-1788] dans une lettre à la Caroline-Louise de Hesse-Darmstadt, margrave de Baden-Durlach [1723-1783], concernant Catherine II de Russie [1729-1796] écrit :
« Voilà quatre impératrices [en Russie] (tout) de suite ; cela tourne un peu la loi salique en ridicule. » 87
N.B. La « loi salique » est généralement considérée en France comme justifiant l’exclusion des femmes de la succession au trône. (Cf. Histoire)

Patriarcat (Louis XVI) : 1841. Balzac [1799-1850], dans son livre, Mémoires de deux jeunes mariés, auteur de :
« En coupant la tête à Louis XVI [1754-1793], la révolution a coupé la tête à tous les pères de famille. Il n’y a plus de famille aujourd’hui. Il n’y a plus que des individus. » 88
Si Balzac, par cette forte phrase, a justement établi un lien entre un État, en son incarnation physique et ses nécessaires conséquences sur la structure familiale, il n’en a pas moins réduit la « famille » à son « chef ».
En intégrant à l’analyse « la tête » elle aussi « coupée » de Marie-Antoinette, cette liaison entre la tête coupée du roi et l’évolution de la structure de la famille, serait sans doute plus riche encore et assurément plus complexe. (Cf. Homme. Louis XVI, Famille, Histoire. Révolution française)

- N.B En 1841, la révolution ‘avait’ 52 ans et le code civil 37 ans. (Poursuivre) (Cf. Famille, Patriarcat. Révolution française)
* Ajout. 4 mai 2019. La décision de « couper la tête » de Marie-Antoinette [1755-1793], certes, peut être comparée celle de Louis XVI, son mari, mais elle est, politiquement, d’une autre nature. Et d’une autre signification. (Poursuivre ?) (Cf. Justice. Procès. Marie-Antoinette)
* Ajout. 9 mai 2019. (26 janvier) 1794. Madame de Staël [1766-1817], dans une lettre écrite à Lavater [1741-1801], écrit :
« La mort du plus honnête des rois a produit dans l’Europe une sensation plus vive [que celle de la reine]. Je ne crois pas cependant qu’aucun acte réunit autant de caractères de barbarie que le long supplice de cette malheureuse victime. […] » 89 (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Patriarcat (Luttes anti-patriarcales) (1) : Si tout le monde - ou presque - peut sans excès de précaution, ni de rigueur, voire en tout cynisme, s’affirmer féministe, alors les luttes dites « féministes » n’ont plus que peu de signification.
Remplacer l’expression de « luttes féministes » par « luttes anti-patriarcales » aurait l’avantage de poser et de reconnaître d’emblée l’existence d’un système de domination spécifique. Ne suffirait pas pour autant. (Cf. Patriarcat, Politique. Luttes, Proxénétisme)

Patriarcat (Luttes anti-patriarcales) (2) : Les luttes anti-patriarcales ne peuvent être effectives que par l’effet conjugué de confrontations sans concession, afin d’imposer d’inévitables ruptures. (Cf. Féminisme, Patriarcat, Penser)

Patriarcat (Luttes anti-patriarcales) (3) : Les luttes-de-femmes, limitées à leurs seules revendications telles que généralement autolimitées dans leur présentation : luttes pour le salaire, le droit de vote, la dignité, l’avortement…participent de l’autorégulation du patriarcat.
- En effet, sans rien enlever à leur nécessité, ni à leur valeur, ces luttes - qui dérangent, sont récusées, souvent brutalement réprimées - permettent aussi au patriarcat de s’adapter, le plus souvent malgré lui et contre la perception qu’il a de ses intérêts, à l’évolution du monde.
- Le patriarcat comme tous les systèmes de domination fondées sur la violence nécessaire au maintien d’un pouvoir illégitime, a besoin d’être bousculé, remis en cause : c’est même la condition de se permanence.
- Accepter ce constat, banal, et surtout en tirer les conséquences permet de mieux appréhender et leur subversion et leur fonctionnalité.
- Penser les luttes de femmes comme étant parties prenantes d’un monde analysé comme patriarcal et ayant pour finalité de s’inscrire dans le cadre d’un projet anti-patriarcal est alors nécessaire. (Cf. Patriarcat, Politique. Luttes. Luttes de femmes)

Patriarcat (Mafias) : (15 avril) 2016. Entendu un analyste de la Ngrandheta Calabraise, à propos des dangers pour une femme, ‘repentie’, d’accepter de parler à la justice, cette analyse concernant la mafia :
« Si elle ne tient pas ses femmes, comment peut-elle prétendre à tenir un territoire ? » 90 (Cf. Êtres humains. Frontières, Corps, Politique. Frontières, État. Mafia, Violences à l’encontre des femmes. Mafia)

Patriarcat (Maniglier Patrice) : (19 juin) 2018. Patrice Maniglier « philosophe », auteur de :
« […] Les êtres humains sont définis comme étant substituables à d’autres. Donc une femme va être définie comme étant substituable à d’autres femmes. Et c’est ça qui va déterminer sa position de parenté. » 91 (Cf. Êtres humains, Penser, Anthropologie. Philosophie)

Patriarcat (Manifestations) (1) : « Complimenter » les femmes pour dissuader la critique ; « Flatter » les femmes pour les empêcher de penser par elles-mêmes ; « Caresser » les femmes pour leur faire ‘perdre la tête’ ; « Accorder des faveurs » aux femmes pour repousser la revendication de leurs droits ; « Violer » les femmes pour leur ‘apprendre le plaisir’ : ce sont sur ces prérequis que les hommes se sont auto-conférés le monopole de la raison.

Patriarcat (Manifestations) (2) : Savoir lire ce qui se manifeste dans : « mecs lourds », « virées potaches », « soupers de garçons » ; « blagues salaces », « films hards » , « amitiés viriles », « dialogues lestes et gaillards », « jeter sa gourme », « hommes débauchés »… (Cf. Langage)

Patriarcat (Masculinités) : Elle considérait que réfléchir aux « masculinités » était une manifestation d’ouverture d’esprit féministe. Peut-on procéder à une critique anti-patriarcale en considérant comme non contestable l’un des termes structurants du patriarcat ? Non. En l’employant, on justifie et l’un et l’autre.

Patriarcat (Matriarcat) (1) : Ce que l’on nomme, sans excès de rigueur, ’matriarcat’, n’est en réalité qu’un patriarcat par défaut [d’hommes] ?

Patriarcat (Matriarcat) (2) : Le matriarcat : un mythe patriarcal. 92 (Cf. Penser. Mythe)

Patriarcat (Matriarcat) (3) : (21 septembre) 2018. Entendu M. Alexandre Romanès, définir les tziganes de « société matriarcale » : s’il suffit, pour ce faire, d’invoquer - ce qu’il fit - le pouvoir des femmes sur les hommes, alors le terme de matriarcat a de beaux jours devant lui.

Patriarcat (Mauriac François) : 1957. François Mauriac [1885-1970], auteur - tranquille - de : « Les femmes ont toujours été malheureuses. Mais elle le sont d’une façon différente selon les époques. Sans doute préfèrent-elles souffrir comme aujourd’hui. » 93 (Cf. Homme. « Intellectuel ». Mauriac François, Histoire, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Patriarcat (Mensonge) : 1976. Bruno Bettelheim [1903-1990], dans sa Psychanalyse des contes de fées, écrit :
« Dans les contes de fées, les personnages des deux sexes apparaissent dans les mêmes rôles ; dans la Belle au bois dormant, c’est le prince qui observe la belle endormie, mais dans Cupidon et Psyché, et dans les nombreux contes qui en dérivent, c’est Psyché qui surprend Cupidon dans son sommeil, et qui, comme le prince, s’émerveille de cette beauté qui lui appartient (sic). Ce n’est qu’un exemple entre mille (sic). Entant donné la multitude des contes de fées, on peut penser, sans grand risque des se tromper (sic), qu’il y autant de héros qui volent au secours de leur bien aimés que d’héroïnes qui montrent la même détermination et le même courage en sauvant leur prince charmant (sic). Et il faut qu’il en soit ainsi (sic) puisque les contes de fées révèlent sur la vie des vérités essentielles. (sic) » 94
Cette caricaturale explicitation éclaire les liens entre patriarcat et mensonges. Sans mensonges, il n’y a pas de patriarcat. Pour abolir le patriarcat, il faut abolir le mensonge. (Cf. Politique. Égalité)

Patriarcat (Mépris des femmes) (1) : Le terme de « mépris » des femmes que j’emploie ici m’apparait bien faible, et ses occurrences bien peu nombreuses. En réalité inapproprié. Je n’en ai pas d’autre actuellement. Je l’utilise donc en attendant d’y voir plus clair… . Avilir ?

Par ordre chronologique. Mépris des femmes :

Patriarcat (Mépris. Constant Benjamin) (2) : 1804. Benjamin Constant [1767-1830], dans son Journal intime, écrit :
- « Diné avec quelques femmes. Ce qu’on appelle les femmes d’esprit, c’est du mouvement sans but. C’est tout à fait une création sociale et par conséquent artificielle. Tant qu’il y a un peu de figure, cela va ! Un petit intérêt physique soutient et fait pardonner l’agitation inutile et sans résultat de leur être moral. Mais à un certain âge, les femmes ne sont plus faites pour la société. Il leur reste le rôle d’amie, mais d’amie dans la retraite, recevant les confidences et donnant des conseils à l’homme dont elles sont le deuxième ou le troisième intérêt dans la vie. »
- Du même, même année, concernant Madame de Staël [1766-1817] :
« Il n’y a rien de si bon, de si aimant, de si dévoué qu’une femme ! »
- Du même, même année :
« Triste sort que celui des femmes ! Il est certain que pour leur bonheur une retraite presque orientale vaudrait mieux que l’état de demi indépendance que nous leur laissons. Après 30 ans, que leur sert leur liberté si l’on n’a à offrir ce dont personne ne veut plus ! » 95
- On peut noter la contradiction (du moins apparente) entre ce ‘constat’ et le fait Madame de Charrière avait 47 ans lorsqu’il la connut, Madame de Staël, plus de 30 ans, Charlotte de Hardenberg, la quarantaine lorsqu’il l’épousa et Madame Récamier près de la cinquantaine lorsqu’il fut amoureux d’elle. (Cf. Femme. Écrivaine. De Staël Madame de. Femmes. « Bas-bleu ». Beauté, Homme. « Intellectuel », Patriarcat. Penser le patriarcat. Staël Madame de, Politique. Mépris)
* Ajout. 25 août 2018. À la lecture de ce que Madame de Staël écrivait dans De l’Allemagne, on peut dire que Benjamin Constant critique - bêtement - les femmes, pendant qu’elle, elle critique le patriarcat. (Cf. Patriarcat. Penser le patriarcat. Staël Madame de)

Patriarcat (Mépris des femmes. Sadoul Georges (3) : 1990. Dans le Dictionnaire des films de Georges Sadoul [1904-1967], on lit concernant La Salamandre [Alain Tanner. 1971] :
« L’idée de départ, dit Tanner, est venue d’une tentative de ‘symboliser deux attitudes face à la réalité : l’une très objective et réaliste dans l’approche des faits, l’autre beaucoup plus imaginative… symbolisées dans le film par le journaliste et l’écrivain, avec la primauté donnée à l’écrivain… Il fallait un troisième personnage qui soient les faits. Le troisième, c’est la fille. [jouée par Bulle Ogier] » 96 (Cf. Culture. Cinéma, Langage. Patriarcat. Paternalisme. « Service minimum », Politique. Mépris)

Patriarcat (Mépris des femmes. Tulard Jean) (4) : 1995. Je lis dans le Guide des films, 1895-1995. L.Z, de Jean Tulard, sous la signature d’Alain Pacaud (A.P) concernant le film : Une vie difficile [1961. Dino Risi] :
« […] Dès lors le couple Silvo / Elena ne peut plus tenir puisque fondé sur un militantisme commun (encore qu’on peut douter de l’engagement des femmes qui veulent plaire à leurs hommes…). » 97
- Le terme de « mépris » m’apparait bien faible…Je n’en trouve pas d’approprié pour le remplacer.

Patriarcat (Michelet Jules) : 1966. Je lis sur la quatrième de couverture des Éditions Garnier Flammarion de l’Émile [1762] de Jean-Jacques Rousseau [1712-1778] cette citation (sans date, issue du Journal de Jules Michelet [1798-1874]) :
« L’Émile est un livre très mâle. Il agit et créée. Tout y est art et énergie… » 98

Patriarcat (Mise à mort, civile, politique, symbolique, réelle des femmes) : 2005. Lu dans le livre signé par Sediqa Massoud, l’épouse du Commandant Massoud [1953-2001] Pour l’amour de Massoud, la liste des interdictions imposées en Afghanistan par les talibans [1996-2001] aux femmes, sous menace souvent effective de mise à mort : Interdictions de :
« - Travailler en dehors de la maison, y compris pour les médecins, les enseignantes, les ingénieurs et la plupart des professions
- Sortir sans être accompagnées par un
mahram (parent masculin)
- Traiter avec les commerçants hommes
- Se faire soigner par un médecin homme
- D’aller à l’école, à l’université ou dans quelque autre organisme éducatif
- Obligation de porter un
tchadri les recouvrant de la tête aux pieds
- Parler ou serrer la main d’hommes autres que les
mahram. Interdiction de rire de manière audible
- Porter des chaussures à talons, pour ne pas faire de bruit en marchant
- Parler à la radio, à la télévision ou d’être présentes lors d’évènements publics
- De faire de la bicyclette ou de la mobylette, même accompagnées d’un
mahram
- Porter des habits de couleur vive
- Se rassembler lors de fêtes populaires ou pour tout motif récréatif
- Laver du linge près de rivières ou en public
- D’apparaître au balcon des maisons ou appartements. Obligation de peindre toutes les fenêtres, pour éviter que les femmes ne soient vues en public
- De porter un pantalon large, même sous le
tchadri
- Pour les tailleurs hommes de prendre les mensurations d’une femme ou de lui coudre des habits
- Monter dans les transports en commun.»
99 (Cf. Politique, Islam, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Patriarcat (Mis sous le boisseau. Guéhenno Jean) : 1934. Jean Guéhenno [1890-1978], dans son livre Journal d’un homme de 40 ans, rapportant notamment les années d’étudiants à l’École normale supérieure, avant la guerre de 1914, écrit :
« […] J’ai dit quelques-uns de nos plaisirs. Mais je n’ai pas dit le plus secret et le plus profond, cette découverte que nous faisions de la beauté et de l’amour des femmes…Mais ceci est une autre histoire. Que chacun l’enferme en soi. » 100
- Et les secrets les mieux cachées, les pires inclus, ainsi se perpétuent…

Patriarcat (Misme Jane) : (20 janvier) 1915. Jane Misme [1865-1935], dans La Française, auteure de :
« Lorsqu’un mal social se perpétue, c’est qu’un nombre plus ou moins grand d’individus en bénéficie ou espère en bénéficier. Plus les bénéficiaires ou les postulants au bénéfice sont nombreux ou puissants, plus le mal se prolonge. Or, la dépendance de la femme est, entre toutes, celle qui comporte le plus de compensations. » Forte analyse politique. 101

Patriarcat (Mœurs) : 1812. Astolphe de Custine [1790-1857], auteur de :
« Les peuples subjugués ou opprimés croient se venger en défendant au moins leurs mœurs. » 102
Les femmes par dizaines de millions paient toujours aujourd’hui le prix de ce juste constat. (Cf. Droit, Justice, Politique)

Patriarcat (Montaigne Michel de) (1) : Michel de Montaigne [1533-1592], auteur de :
« Les femmes ont raison de se rebeller contre les lois parce que nous les avons faites sans elles. » 103 Un Montaigne féministe ? (Cf. Droit, Féminisme, Justice, Politique. Lois)

Patriarcat (Montaigne Michel de) (2) : Michel de Montaigne [1533-1592], dans Les Essais, auteur de :
« La longue souffrance engendre la coutume, la coutume, le consentement et l’imitation. » 104 Analyse éclairante… (Cf. Penser. Consentir)

Patriarcat (Mont Athos) (1) : 2003. Avec 274 voix pour et 269 contre (14 abstentions), l'Assemblée européenne a adopté une disposition qui réclame le libre accès des femmes au Mont Athos, haut lieu du christianisme orthodoxe grec :
«[…] 98. demande la levée de l'interdiction empêchant les femmes de pénétrer au mont Athos en Grèce, zone géographique de 400 km2 où leur accès est interdit en vertu d'une décision prise en 1045 par les moines des vingt monastères de la région, décision qui viole aujourd'hui le principe universellement reconnu de l'égalité des genres, de la non-discrimination ainsi que la législation communautaire sur l'égalité, de même que les dispositions relatives à la libre circulation des personnes au sein de l'UE. »
- Le site Athéisme.org d’où cette information est issue précise : « Il est à noter que le rapport Swiebel (nom de la députée à l’initiative de cet ajout) n'a été voté que par trois députés grecs sur 25. » 105

Patriarcat (Mont Athos) (2) : (16 avril) 2017. Un moine du Mont Athos (Grèce), auteur de :
« Marie est notre mère, elle est la seule femme du Mont Athos. » 106 (Cf. Femme. Mère)

Patriarcat (Montesquieu) (1) : 1721. Montesquieu [1680-1755], dans les Lettres persanes, auteur de :
« […] Quand les lois nous donnent à un homme, elles nous dérobent à tous les autres et nous mettent aussi loin d’eux que si nous en étions à cent mille lieux.
La nature industrieuse en faveur des hommes, ne s’est pas bornée à leur donner des désirs ; elle a voulu que nous en eussions nous-mêmes, et que nous fussions des instruments animés de leur félicité ; elle nous a mise dans le feu des passions, pour les faire vivre tranquilles ; s’ils sortent de leur insensibilité, elle nous a destinées à les y faire entrer, sans que nous puissions jamais goûter cet heureux état où nous les mettons
. » 107 Quelle subtile radicalité… (Cf. Homme. Féminisme. Montesquieu, Patriarcat. Littérature)

Patriarcat (Montesquieu) (2) : 1721. Montesquieu [1680-1755], dans les Lettres persanes, auteur de :
« Oh ! mon cher Usbek, que la vanité sert mal ceux qui ont une dose plus forte que celle qui est nécessaire pour la conservation de la nature ! Ces gens-là veulent être admirés à force de déplaire. Ils cherchent à être supérieurs, et ils ne sont pas seulement égaux. » 108 (Cf. Patriarcat. Littérature, Politique. Égalité)

Patriarcat (More Thomas) : 1516. Thomas More [1478-1535], dans L’Utopie, auteur de :
« Je vais vous exposer maintenant les relations des citoyens entre eux, leur commerce, et la loi de distribution des choses nécessaires à la vie. La cité se compose de familles, la plupart unies par les liens de la parenté. Dès qu'une fille est nubile, on lui donne un mari, et elle va demeurer avec lui. Les mâles, fils et petits-fils, restent dans leurs familles. Le plus ancien membre d'une famille en est le chef, et si les années ont affaibli son intelligence, il est remplacé par celui qui approche le plus de son âge. […] » 109 Lire tout le livre…(Cf. Famille, Justice. More Thomas, Politique. Lois. More Thomas)

Patriarcat (Nationalisme) : (11 mars) 2018. Parmi mille exemples…: Sylvie Kauffmann, directrice éditoriale du Monde, auteure de :
« S’il y a une société patriarcale, c’est bien celle-là »… (concernant la société russe) 110 (Cf. Femme. Journaliste, Penser. Nationalisme, Politique. Nationalisme)

Patriarcat (Nazisme) : 1937. Robert Brasillach [1909-1945] assiste au Congrès nazi de Nuremberg. Il décrit cette scène :
« Au Zeppelinfeld, en dehors de la ville, un stade immense a été construit, dans cette architecture quasi mycénienne qu’affectionne le IIIème Reich. Sur les gradins ; il peut tenir cent mille personnes assises, dans l’arène deux ou trois cent mille. Les étendards à crois gammée, sous le soleil éclatant, claquent et brillent.
Et voici venir les bataillons du travail, les hommes de l’Arbeitskorp, par rangs de dix-huit, musque et drapeau ne tête, la pelle sur l’épaule. Ils sortent du stade, ils y rentrent, les chefs du service du travail les suivent, le torse nu, puis les jeunes filles. On présente les pelles, et la messe du travail commence.
- Êtes-vous prêts à féconder la terre allemande ?
- Nous sommes prêts.
Ils chantent, le tambour roule, on évoque les morts, l’âme du parti et de la nation est confondue, et enfin le maître achève de brasser cette foule énorme et d’en faire un seul être, et il parle
. […] » 111 (Cf. Êtres humains, Patriarcat. Stalinisme / Nazisme, Politique. Nationalisme, Démographie)

Patriarcat (Nizan Paul) : 1932. Si la pensée du patriarcat n’a pas effleuré Paul Nizan [1905-1940], l’analyse à laquelle il procède concernant les philosophes bourgeois s’avère, au-delà de son objet premier, concernant le patriarcat, pertinente :
« Lorsqu’un penseur s’abstient d’aborder un sujet, il détourne l’attention de lui, il le diminue, il le repousse dans l’ombre où son docile public n’ira pas le chercher. On voit trop dans quel sens il est possible d’utiliser ce bouleversement des apparences [ce déplacement des importances relatives des objets]. » 112 (Cf. Penser)

Patriarcat (Normes) : Ponctuellement critiquer l’une ou l’autre des norme-s (politique-s, sociale-s, juridique-s, symbolique-s.), fussent-elles qualifiées de « dominantes », n’invalide pas le patriarcat. Mais ne pas les interroger, maintenir leur invisibilisation, c’est les - et le - perpétuer.

Patriarcat (Paternalisme. Sadoul Georges) : 1990. Dans le Dictionnaire des cinéastes de Georges Sadoul [1904-1967], on lit concernant Agnès Varda [1928-2019] (à comparer aux autres cinéastes présentés) :
« Une vision aigue, très personnelle, des choses et des gens, le sens du drame éternel lié à l’actualité la plus directe : La Pointe courte, Cléo de 5 à 7. Une sarcastique tendresse : Opéra Mouffe. Bref, cette femme est quelqu’un, et l’une des meilleures révélations de la nouvelle vague. » 113 (Cf. Culture. Cinéma, Êtres Humains, Femmes, Patriarcat. Mépris. « Service minimum »)

Patriarcat (Pech Thierry) : (1er avril) 2018. Thierry Pech, « directeur général du Think tank Terra Nova » évoquant les luttes, les grèves, les occupations de facultés actuelles oppose « les fils de la grande bourgeoisie » [de 1968] aux « fils de la société » [actuelle]. 114 (Cf. Penser, Histoire, Économie « Pauvres Les »)

Patriarcat (Penser le patriarcat) (1) : Lorsque, nous, les femmes, tentons de penser le patriarcat, il ne faut jamais oublier que nous sommes gorgées des systèmes de pensées que nous voulons et devons critiquer ; en effet, les pensées, l’agir, les cultures, les normes, les injonctions, les non-dit, etc.…du patriarcat nous furent transmis comme le lait du bébé des seins de sa mère (ou de son biberon).
- Nous nous en libérerons d’autant plus aisément que nous saurons, comprendrons toutes les ‘faiblesses’, les failles, les injustices sur lesquelles repose le monde actuel. (Cf. Penser)

Patriarcat (Penser le patriarcat) (2) : Si la solidarité avec les femmes dominées, violentées, tuées…est l’Abc du féminisme (comme de l’humanisme…), elle ne peut tenir lieu de pensée du patriarcat. (Cf. Penser)

Patriarcat (Penser le patriarcat) (3) : On peut, pour aider à la réflexion, se référer à l’analyse éclairante lue dans l’Internationale situationniste [laquelle concernait « l’absence d’hypothèse d’ensemble »] à savoir : « l’absence de pensée d’ensemble, c’est à dire en fait le monopole d’une seule pensée non théorisée […] ». 115
- Cette analyse concerne toutes celles, la quasi-totalité, qui prennent pour acquis - sans être à même de le penser donc - le patriarcat. (Cf. Penser)

Patriarcat (Penser le patriarcat) (4) : Les réflexions sur le patriarcat risquent sans cesse de se dissoudre dans la découverte, l’analyse, le commentaire, la seule dénonciation de ses conséquences singulières, de ses effets. (Cf. Penser)

Patriarcat (Penser le patriarcat) (5) : Il faut concomitamment dévoiler, penser le patriarcat dans sa cohérence comme dans ses innombrables manifestations, et lier ces analyses à celle de sa dénonciation dans sa cohérence, comme dans ses innombrables manifestations.
L’analyse du patriarcat et la critique anti-patriarcale, indissociables, doivent pourtant être dissociés. (Poursuivre)

Patriarcat (Penser le patriarcat) (6) : Les femmes ont été intégrées comme partie [prenante] à l’État sans en avoir été jamais juges. (Cf. Politique. État)

Par ordre chronologique. Patriarcat. Penser le patriarcat :

Patriarcat (Penser le patriarcat. Staël Madame de) (7) : 1813. Madame de Staël [1766-1817], dans un chapitre III, intitulé Les femmes, dans son livre De l’Allemagne, écrit :
« La nature et la société donnent aux femmes une grande habitude de souffrir, et l’on ne saurait nier, ce me semble, que de nos jours, elles valent, en général, mieux que les hommes.
Dans une époque où le mal universel est l’égoïsme, les hommes, auxquels tous les intérêts positifs se rapportent, doivent avoir moins de générosité, moins de sensibilité que les femmes ; elles ne tiennent à la vie que par les liens du cœur, et lorsqu’elles s’égarent, c’est encore par un sentiment qu’elles sont entraînées ; leur personnalité est toujours à deux, tandis que celle de l’homme n’a que lui-même pour but.
On leur rend hommage par les affections qu’elles inspirent, mais celles qu’elles accordent sont presque toujours des sacrifices.
La plus belle des vertus, le dévouement, est leur jouissance et leur destinée.
Nul bonheur ne peut exister pour elles que par le reflet de la gloire et des prospérités d’un autre, enfin [‘or’, plutôt ?], vivre en dehors de soi-même, soit par les idées, soit par les sentiments, soit surtout par les vertus, donne à l’âme un sentiment d’élévation.
Dans les pays où les hommes sont appelés par les institutions politiques à exercer toutes les vertus militaires et civiles qu’inspire l’amour de la patrie, ils reprennent la supériorité qui leur appartient ([« qu’ils se sont appropriés », dirais-je aujourd’hui] ; ils rentrent avec éclat dans leurs droits de maîtres du monde. Mais lorsqu’ils sont condamnés de quelque manière à l’oisiveté, ou à la servitude, ils tombent d’autant plus bas qu’ils devaient s’élever plus haut.
La destinée des femmes reste toujours la même, c’est leur âme seule qui la fait, les circonstances politiques n’y influent en rien.
Lorsque les hommes ne savent pas ou ne peuvent pas employer dignement et noblement leur vie, la nature se venge sur eux des dons mêmes qu’ils en ont reçus ; l’activité du corps ne sert plus qu’à la paresse de l’esprit ; la force de l’âme devient rudesse, et le jour se passe dans des exercices et des amusements vulgaires, les chevaux, la chasse, les festins qui conviendraient comme délassement, mais qui abrutissent comme occupation.
Pendant ce temps les femmes cultivent leur esprit, et le sentiment et la rêverie conservent dans leur âme tout ce qui est noble et beau. » 116

Patriarcat (Penser le patriarcat. Staël Madame de) (8) : 1813. Madame de Staël [1766-1817], dans son livre, De l’Allemagne, auteure de :
« Il faut l’avouer, les femmes ont fini par prendre part à l’immoralité qui détruisait leur véritable empire : en valant moins, elles ont moins souffert. Cependant, à quelques exceptions près, la vertu des femmes dépend toujours de la conduite des hommes. La prétendue légèreté des femmes vient de ce qu’elles ont peur d’être abandonnées ; elles se précipitent dans la honte par crainte de l’outrage. » 117 Puissant. (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Patriarcat (Penser le patriarcat. Sand George) (9) : 1837. George Sand [1804-1876] sur les fondements d’une analyse critique, vécue, sévère, lucide, du pouvoir singulier des hommes [qu’elle élargit aux femmes] propose, sans le nommer, une analyse du patriarcat :
« J’ai remarqué que la plupart des hommes s’enhardit et s’aigrit lorsque, dans une lutte morale avec elle, on emploie la douceur et le dévouement. Elle s’adoucit et se ravise dès qu’on emploie la violence et la dureté. Espèce méprisable ! Cette règle est quasi invariable en amour. Chose étrange et déplorable ! elle est applicable aussi à l’amitié dans beaucoup de cas. Chose horrible, désespérante ! elle est inévitable, elle est nécessaire au maintien des sociétés, aux gouvernements les plus démocratiques comme les plus absolus. Là où l’homme n’est pas contenu et réprimé, il abuse. Il méprise qui le craint, il insulte qui l’aime, il craint qui le méprise, il aime qui l’insulte […] Aussi bonté est-elle devenue le synonyme de faiblesse et cruauté celui de force. » 118 (Lire la suite) (Cf. Patriarcat. Domination masculine, Penser)

Patriarcat (Penser le patriarcat. Sand George) (10) : 1839. George Sand [1804-1876], dans la Lélia de 1839 propose, dans les termes et avec les outils d’analyse de son époque, cette analyse radicale et remarquable de ce que l’on peut nommer aujourd’hui : le patriarcat :
« […] Quel œil paternel était donc ouvert sur la race humaine le jour où elle imagina de ses scinder elle-même en plaçant un sexe sous la domination de l’autre ? N’est-ce pas un appétit farouche qui a fait de la femme l’esclave et la propriété de l’homme ? Quels instincts d’amour pur, quelles notions de sainte fidélité, pourra désormais exister entre celui qui a le droit d’exiger et celui [celle] qui n’a pas le droit de refuser ? Quels travaux et quelles idées peuvent leur être communs ou du moins également sympathiques ? Quel échange de sentiments, quelle fusion d’intelligences possible entre le maître et l’esclave ? En faisant l’exercice le plus doux de ses droits, l’homme est encore à l’égard de sa compagne comme un tuteur à l’égard de son [sa] pupille ? […] Il n’y a donc pas de véritable association dans l’amour des sexes car la femme y joue le rôle de l’enfant et l’heure de l’émancipation ne sonne jamais pour elle. Quel est donc ce crime contre nature de tenir une moitié du genre humain dans une éternelle enfance. […] » (Lire la suite) 119 (Cf. Droit, Langage. Genre, Patriarcat. Domination masculine. Penser)

Patriarcat (Penser le patriarcat. Weil Simone) (11) : 1934. Penser, concernant l’analyse critique du patriarcat, à la forte critique [juste ?]de Simone Weil [1909-1943] concernant le marxisme :
« […] À force de développer la critique de l’économie capitaliste, le marxisme a fini par donner de larges fondements aux lois de cette même économie. […] » 120 (Cf. Penser)

Patriarcat (Penser le patriarcat. Rousset David) (12) : 1983. Doit-on appliquer à l’analyse du patriarcat ce que David Rousset [1912-1997], dans La grande mystification, considère comme valide pour toutes les sociétés qu’il qualifie d’« antagoniques » ? :
« Si toutes les sociétés historiquement répertoriées sont antagoniques ; si cet antagonisme se révèle le ressort de leurs mutations ; il apparaît, aussi loin que puisse être porté l’examen, que cette réalité vécue a été consciemment perçue ; que d’immenses efforts, de prodigieuses dépenses d’imagination sont sans cesse requis pour masquer cette prise de conscience et en annuler les effets perturbateurs. » Puis, il évoque « l’ampleur et la complexité des théories élaborées pour en expliquer et en masquer la nature antagonique, pour en prévenir et en juguler les retombées subversives […] afin d’empêcher l’établissement de la vérité sur la société. » 121
En excluant la question insoluble et sans doute mal posée de la « conscience » qu’une société peut avoir d’elle-même, la réponse me paraît être : oui. (Cf. Penser. Théorie. Vérité)

Patriarcat (Penser le patriarcat. Le Monde) (13) : (17-21 juillet) 2018. Pour Le Monde, penser le patriarcat n’a toujours pas le statut de « Débats ». Les cinq articles qui lui furent consacrés le furent sous la rubrique : « L’été des débats. » Il n’est pas non plus anodin de savoir qu’ils furent regroupés sous le thème : « Fin du patriarcat ». 122
Patriarcat (Perret Jacques) : 1976. Jacques Perret [1901-1992] dans Raisons de famille, écrit : « […] La priorité ontologique de l’homme sur la femme n’est déjà plus aujourd’hui qu’une affaire d’opinion privée, si ce n’est de superstition. » 123

Patriarcat (Peur) : La peur qu’un seul homme inflige à une femme bénéficie à tous les hommes. Et lui-même ne peut agir ainsi que du fait de toutes les violences que les hommes ont infligé et infligent encore aux femmes dans le monde. Et de toutes celles dont ils ont été eux-mêmes victimes.

Patriarcat (Plainte) (1) : Elle se plaignait régulièrement de son mari. Un jour, une de ses amie lui dit qu’elle ne voulait plus qu’elle lui transmette ses plaintes sans rien faire pour les faire cesser, peu ou prou ; qu’entendre inutilement ce que son mari lui faisait subir la salissait, elle aussi ; que ces plaintes occupaient son esprit ; envahissaient son espace. Plus encore, leur seule écoute la transformait en caution de facto et de jure impuissante de la violence du mari. Elle ne supportait plus ce transfert de responsabilité - qui n’en était pas un - et qui, en sus, niait ses engagements.

Patriarcat (Plainte) (2) : Toute plainte, laissée à elle-même, est caution.

Patriarcat (Préjugés) : (mars ou avril) 1835. Lettre d’Angélique Arnaud [1797-1884] à Caroline Simon [1802-?], toutes deux Saint-Simoniennes) :
« [Ta mère] comprendra que tu n’as rien perdu de tes qualités précieuses en bravant le joug du passé.
Pourquoi donc en effet serait-on si sévère à un entraînement du cœur, ou si l’on veut à un entrainement religieux, parce qu’il appartient à une femme, lorsqu’on tolère aux hommes des légèretés si coupables ; pourquoi faut-il que pour le même acte l’un se glorifie et se pavane, tandis que l’autre courbe son front vers la terre et se noie dans les larmes.
Oh ! préjugés iniques, il ne faut pas moins de tortures pour arriver à vous terrasser qu’il n’a fallu de sang pour abreuver l’arbre de la liberté. » 124 (Cf. Femme. Remarquable, Femmes. Pleurs, Hommes, Relations entre êtres humains. Amour, Féminisme, Patriarcat, Penser. Pensée. Préjugés, Histoire)

Patriarcat (Principe) : L’histoire n’est jamais explicable par un principe, ni par deux, ni par trois, ni par aucun. Pas plus celle du patriarcat, que celle de la lutte des classes…

Patriarcat (Protéger) (1) : Être protégé-e, c’est être obligé-e. (Cf. Droits. Protéger, Femmes. Protéger. Langage. Verbe. Protéger, Patriarcat. Protéger)

Patriarcat (Protéger) (2) : (14 août) 2014. Michel Onfray présente ainsi, sans plus d’interrogations, les relations entre Hannah Arendt (18 ans) et Hans Jonas (21 ans) :
« […] Il la protège des opportunités masculines, parce que les garçons venaient souvent lui faire des avances et elle le protège de la brutalité du monde. […] » 125 (Cf. Droit-s, Protéger, Femmes. Protéger, Homme. «Intellectuel». Onfray Michel, Langage. Verbe. Protéger, Patriarcat. Protéger)

Patriarcat (Proverbe) (1) : (16 octobre) 1660. Samuel Pepys [1633-1703], dans son Journal, écrit :
« […] Milord [ ? ] me dit que parmi les nombreux dictons de son père, consignés par lui dans un livre, se trouve celui-ci : ‘Que celui qui fait un enfant à une fille et l’épouse ensuite est comme celui qui chie dans son chapeau et se l’enfonce ensuite sur la tête.’ » 126 Un sommet. (Cf. Patriarcat. Père)

Patriarcat (Proverbe) (2) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, cite, concernant l’ancien régime, un « vieux proverbe :
« Pauvre homme en sa maison roi est. » 127 (Cf. Famille, Justice, Politique. État)

Patriarcat (Proverbe) (3) : 1959. Entendu dans le film La grande guerre de Mario Monicelli :
« Péché de pantalon mérite absolution. » (Cf. Cinéma. Culture, Violences)

Patriarcat (Proverbe) (4) : 2005. Lu dans le livre de Sylvain Tesson, Petit traité sur l’immensité du monde [2005] quelques « proverbes hideux » qu’il a collectionnés au cours de ses voyages :
- « Quand un fille naît, même les murs pleurent » (Roumanie)
- « Une fille donne autant de soucis qu’un troupeau de mille bêtes » (Tibet)
- « Instruire une femme, c’est mettre un couteau entre les mains d’un singe » (Inde)
- « La femme est la porte principale de l’enfer » (Inde)
- « La femme que dieu comble de bonheur est celle qui meurt avant son mari » (monde arabe)
- « Merci, mon dieu, de ne pas m’avoir fait naître femme » (monde juif) 128 (Cf. Homme. Féminisme. Tesson Sylvain)

Patriarcat (Proverbe) (5) : 2012. Je lis dans le livre de Sylvie Rozé, Le livre des proverbes, au chapitre : Proverbes. Misogynes :
« Il est à noter qu’un livre entier aurait peine à contenir l’ensemble des proverbes misogynes produits dans le monde. Voici seulement les plus connus. […] » 129 (Cf. Culture, Homme. Misogyne)

Patriarcat (Questions non résolues) : C’est fou le nombre de questions dont on nous affirme qu’elles sont « non résolues », voire non solvables, alors qu’elles sont, sinon résolues - ce qui serait absurde - du moins très largement et depuis longtemps, abordées, objets de débats, traitées, clarifiées par les féministes. Et c’est ainsi que le monde régresse.

Patriarcat (Racisme) : Dans les fondements de la pensée raciste, lorsqu’une une victime est blanche, l’agresseur est nécessairement de couleur, noir, arabe, tchétchène, etc… Dans les fondements de la pensée patriarcale, quand la victime est une femme, l’agresseur n’est pas un homme.

Patriarcat (Raison. Rousseau Jean-Jacques) : 1762. Jean-Jacques Rousseau [1712-1768] dans l’Émile, auteur de :
« [Concernant l’éducation des femmes] Le sentiment sans l’opinion ne leur donnera pas cette délicatesse d’âme qui pare les bonnes mœurs de l’honneur du monde ; et l’opinion sans le sentiment n’en fera jamais que des femmes fausses et déshonnêtes, qui mettent l’apparence à la place de la vertu.
Il leur
(sic) importe donc du cultiver une faculté qui serve d’arbitre entre les deux guides, qui ne laisse point égarer la conscience, et qui redresse les erreurs du préjugé.
Cette faculté est la raison.
Mais à ce mot que de questions s’élèvent ! Les femmes sont-elles capables d’un solide raisonnement ? Importe-t-il qu’elles le cultivent ? Le cultiveront-elles avec succès ? Cette culture est-elles utile aux fonctions qui leur sont imposées ? Est-elle compatible avec la simplicité qui leur convient
? […] » 130 (Cf. Culture, Penser. Raison, Patriarcat. Religion)

Patriarcat (Raison. Avoir) (1) : « Avoir raison » est si souvent, pour un homme, la plus sévère critique qu’il puisse adresser à une femme. Cohérent : dès lors que la loi, la culture, l’histoire dit à l’homme qu’il est supérieur à la femme, il doit avoir raison [d’elle]. (Cf. Langage. Verbe. Avoir, Homme. Sentiment. D’infériorité)

Patriarcat (Raison. Avoir) (2) : (1er octobre) 1759. Voltaire [1694-1778] dans une lettre au comte d’Argental [1700-1788], concernant sa comédie, La femme qui a raison, lui écrit :
« Pour La femme qui a raison, patience s’il vous plait. Ce serait deux femmes qui auraient raison en un jour et c’est trop à la comédie. » 131

Patriarcat (Religion. Rousseau Jean-Jacques) : 1762. Jean-Jacques Rousseau [1712-1768] dans l’Émile, auteur de :
« […] Par cela même que la conduite de la femme est asservie à l’opinion publique, sa croyance est asservie à l’autorité.
Toute fille doit avoir la religion de sa mère et toute femme celle de son mari.
Quand cette religion serait fausse, la docilité qui soumet la mère et la famille à l’ordre de la nature efface auprès de Dieu le péché de l’erreur.
Hors d’état d’être juges elles-mêmes, elles doivent recevoir la décision des pères et des maris comme celle de l’Église. […]
Puisque l’autorité doit régler la religion des femmes, il ne s’agit pas tant de leur expliquer les raisons qu’on a de croire, que de leur exposer nettement ce qu’on
(sic) croit. […] » 132 (Cf. Patriarcat. Raison, Penser. Raison)

Patriarcat (Rivarol. Antoine de) : 1789. Antoine de Rivarol [1753-1801], dans son Journal politique national, auteur de :
« Si, au lieu d’exciter le peuple, on eût cherché à l’adoucir, on lui aurait dit qu’une nation n’a point de droits contraires à son bonheur, qu’un enfant qui se blesse exerce sa force et non ses droits : car tout peuple est enfant et tout gouvernement est père. » 133 (Cf. Famille, Politique. Peuple)

Patriarcat (Sapienza Goliarda) : 1994. Goliarda Sapienza [1924-1996], dans L’art de la joie, auteure de :
« Il est facile de s’offrir le luxe de faire l’agneau, quand la nature vous a accordé la faveur de naître loup. » 134 (Cf. Politique. Liberté)

Patriarcat (Sensibilité des femmes) : Ce n’est pas la sensibilité des femmes qu’il faut critiquer, c’est fait que cette évidente qualité ait pu été si souvent employée pour les dénigrer, elles, leurs personnes, leurs identités, leurs sensibilités, leurs analyses ; et permette dès lors aux hommes de ne pas considérer que leur insensibilité - notamment aux malheurs des femmes dont ils étaient responsables - ne soit un terrible manque.
Qu’il me faille écrire une telle évidence me révèle encore un peu plus à quel point le patriarcat, bien qu’aussi grossier, n’en a pas moins profondément marqué les esprits. (Cf. Penser)

Patriarcat (Santé des femmes. Minkowski Alain) : 1979. Le professeur Alain Minkowski [1915-2004], lors d’un colloque organisé par Choisir, affirme que « les études médicales en obstétrique sont très mal faites » et « qu’un très grand nombre d’étudiants (en médecine) ne voient jamais de femmes enceintes. » 135

Patriarcat (Servage. Kropotkine Pierre) (1) : 1899. Lu dans les Mémoires d’un révolutionnaire de Pierre Kropotkine [1842-1921], concernant la Russie avant l’abolition du servage :
« En ce temps-là, la fortune des seigneurs fonciers se mesurait au nombre d’âmes qu’ils possédaient. Âme signifiait serf du sexe fort : les femmes ne comptaient pas. » 136 (Cf. Histoire) Et après ?

Patriarcat (Servage. Kropotkine Pierre) (2) : 1899. Lu dans les Mémoires d’un révolutionnaire de Pierre Kropotkine [1842-1921] concernant la Russie, dans les années 1860, après l’abolition du servage (?) :
« Tout ici était nouveau pour moi. C’était un village de ‘paysans de l’État’, c’est à dire de paysans qui n’avaient pas été serfs et jouissaient d’un bien être relatif, dû probablement au profit qu’ils retiraient de la toile tissée à la maison. » 137
- Là les femmes « ne comptent pas ». (Patriarcat, Politique. État. Kropotkine Pierre, Économie, Histoire)

Patriarcat (« Service minimum ») : 1965. Dans le Dictionnaire des cinéastes, de Georges Sadoul [1904-1967] on lit concernant Nadine Trintignant :
« Monteuse, puis assistante, elle réalise en 1966 son premier court métrage […]. Puis des longs métrages […]. Elle travailla ensuite pour la télévision, avant de revenir au cinéma […]. » C’est tout. (Cf. Cinéma. Culture, Patriarcat. Politique. Mépris. Paternalisme)

Patriarcat (Services. Logique de) : Servir est la tunique de Nessus des femmes. Elle nous colle à la peau.

Patriarcat (Sève Micheline de) : 1985. Micheline de Sève, dans Pour un féminisme libertaire, auteure de :
« La gauche s’inquiète fort de la primauté accordée par les féministes à leur solidarité entre femmes plutôt qu’à leur intérêt de classe. Mais pourquoi s’inquiète-t-elle si peu de l’intégration des hommes à la structure patriarcale de la société ? » 138
Pourquoi l’évidence, telle qu’ici, exprimée est-elle si longue à être simplement vue ?

Patriarcat (Sexisme) : Assimiler le sexisme au racisme, c’est nier l’existence du patriarcat. (Cf. Sexes. Sexisme)

Patriarcat (Stalinisme / Nazisme) : (14 septembre) 1941. Lu dans Le Journal de Maria. Une institutrice soviétique dans la guerre. 1941-1943 :
« À partir de ce jour, ma vie a repris son cours d’avant, comme l’été dernier, avec quelques fois quelques nouveautés. On m’a apporté en cadeau une montre. Elle est magnifique. Me voilà dans mon rôle de maîtresse de maison. ‘Il est vain, jeune fille, de vouloir s’émanciper, de faire des études. Ta place est près du poêle. Tu dois faire tourner la maison et faire des enfants !’ Quelle tristesse, quelle régression ! Voilà ce qu’on me serine au village à longueur de journée. Ce sont ces mêmes préceptes que les Allemands mettent en avant dans leurs journaux. C’est ainsi qu’ils voient les femmes… » 139 (Cf. Politique, Histoire)

Patriarcat (Statuaire) (1) : 1997. La coupole du Parlement d’Helsinki est « ornée de sept statues. Six d’entre elles représentent des hommes nus qui incarnent des figures historiques de la société finlandaise ; le marin, l’agriculteur, le bûcheron. La septième au milieu est celle d’une femme. C’est la seule statue qui tourne le dos à l’hémicycle. On voit la face postérieure, splendide, du corps de cette femme tenant sur son bras droit un bébé qui, lui, se montre de face, comme la statue des hommes. » 140 (Cf. Politique)

Patriarcat (Statuaire) (2) : 2018. Au mot Statutaire, sur Wikipédia, je lis :
« Le mot ‘Statuaire’ désigne à la fois : Le nom masculin statuaire : le sculpteur qui réalise des statues ; Le nom féminin statutaire : l’art de réaliser des statues […]. » (Cf. Femme. « Féminin », Langage)

Patriarcat (Taine Hippolyte) : 1876. Hippolyte Taine [1828-1893] dans Les origines de la France contemporaine, concernant « les préjugés qui ont transmis la sagesse des siècles », écrit notamment :
« Tantôt, comme dans l’institution du droit d’ainesse, il fallait former et désigner d’avance le commandant militaire auquel obéirait la bande, ou le chef civil qui conserverait le domaine, conduirait l’exploitation et soutiendrait la famille. » 141
Et Taine cite en référence Le Play, [1806-1882], De l’organisation de la famille [1871] (Cf. Femmes, Famille. Histoire)

Patriarcat (Talon d’Achille) : Les femmes - chacune d’entre elles et toutes ensemble - sont, pour les hommes - pour chacun d’entre eux, pour tous ensemble - leur talon d’Achille. (Cf. Femmes, Hommes)

Patriarcat (Théorie) : Toute théorie est enfermement, clôture, sclérose. Toute théorie est négation de l’histoire, déni de la vie. La prétention à l’élaboration, à la construction d’une théorie et le droit de chaque être humain à son irréductible singularité sont incompatibles, sont irréconciliables. En lieu et place, rechercher, analyser, mettre en lumière tous les efforts quotidiens des êtres humains - femmes au premier chef - depuis toujours, pour s’en libérer, s’en prémunir, en atténuer les effets, les conséquences, le dénoncer. Et mettre en œuvre des contournement, des alternatives, des subversions. Mais pour cela, ne faut-il pas, sinon une théorie, du moins une grille de lecture structurée ? (Cf. Penser. Théorie)

Patriarcat (Universalisme) (1) : Le pseudo universalisme tel que conceptualisé, politisé par l’histoire, la [philosophie] politique, le droit…est sans cesse pris au piège du patriarcat ; l’évidente contradiction entre eux est en effet indépassable. Et si évident… (Cf. Philosophie)

Patriarcat (Universalisme) (2) : Plus clairement : reconnaitre l’existence d’un système patriarcal du patriarcat], c’est nécessairement nier l’existence de l’universalisme, tel qu’à ce jour, toutes différences inclues, il a été reconnu.

Patriarcat (Vécu du. Papadiamantis Alexandre) : 1903. Lu dans le livre d’Alexandre Papadiamantis [1851-1911], Les petites filles et la mort :
« Et là, à force de réfléchir et de rappeler en son esprit son existence entière, elle découvrit qu’elle n’avait jamais fait que vivre dans la servitude. Jeune fille, elle avait été la domestique de ses parents. Une fois mariée, elle était devenue l’esclave de son mari - et pourtant par l’effet de son propre caractère et de la faiblesse de l’autre, elle était en même temps sa tutrice. Quand ses enfants sont nés, elle s’était faite leur servante ; et maintenant qu’ils avaient à leur tour des enfants, voici qu’elle se retrouvait asservie à ses petits-enfants. » 142
- Et elle décide de tuer les petites filles à leur naissance…

Patriarcat (Vérité) : La critique du monde patriarcal ne relève pas de « la vérité », mais interroge sur ce qui produit les conséquences sur le ‘concept’ de « vérité » si souvent supposé acquis. Et quand la démonstration - qui ne peut l’être - est manquante, on ne peut plus, d’emblée, adhérer à aucune « vérité » non questionnée. (Cf. Penser. Vérité)
* Ajout. 4 octobre 2016. Romain Rolland [1866-1944], auteur de :
« Tout ce qu’on me dit commence par l’adhésion à une vérité qu’on sous-entend démontrée. » 143

Patriarcat (Victime) : 1800. Sade [1740-1814], dans La nouvelle Juliette, auteur de :
« […] On eut dit que l’honneur de lui appartenir devenait un titre pour être sa victime. » 144 (Réfléchir) (Cf. Femme. Vertu, Violences. Victimes)

Patriarcat (Violarcat) : (25 décembre) 2016. « Solidarité féministe contre le violarcat » : Lu sur le trottoir devant le 8 rue des Fossés Saint Jacques. (Cf. Violences)

Patriarcat (Viols) : Combien d’hommes se sentent-ils, intuitu personae, un tant soit peu concernés lorsqu’un viol, un crime donc, a lieu dans le monde ? Et, en regard, combien se sentent-ils concernés par une pensée (action) féministe qui s’élabore, se concrétise ? Et si ces deux questions n’en étaient qu’une seule ? (Cf. Homme. Viol. Patriarcat, Violences)

Patriarcat (Violences) (1) : 1790. Edmund Burke [1729-1797], dans ses Réflexions sur la Révolution de France, a défini l’essence du pouvoir, en évoquant :
« les rois […] qui savent se maintenir fermes sur le trône, tenir la bride haute à leurs sujets, faire respecter leurs prérogatives, et se garder, par la vigilance renouvelée d’un despotisme sévère, des premiers germes de la liberté. » 145 (Cf. Droit. Jurisprudence, Êtres humains. Soi. Burke Edmund, Histoire. Burke Edmund)
Remplacer « rois », sans pour autant le supprimer par : homme, mari, père, frère, amant [violents] : beaucoup est déjà dit du pourquoi de la violence. (Cf. Violences)

Patriarcat (Violences) (2) : 2019. Lutter contre les violences du patriarcat, c’est aussi légitimer les principes qui fondent ce contre quoi on affirme lutter. (Cf. Violences)

Patriarcat (Virilité) : 1978. Marie Cardinal [1929-2001], dans Une vie pour deux, auteure de :
« Immaturité / Irresponsabilité / Inaptitude / Impuissance. Tous ces i et ces in gomment la virilité. » 146 (Cf. Femme. Écrivaine)

Patriarcat (Vision du monde) : (16 août) 2014. Hier, j’ai subitement vécu l’extrême force de la vision du monde (patriarcal) dont nous sommes tous et toutes si profondément modelées, à la suite de la vision d’un reportage sur «les migrant-es» Africain-es en Lybie [qu’il serait plus juste d’appeler les espérant (un monde moins pire), les exilé-es, les échoué-es, les sans-papiers, les rescapé-es de la mort]
En effet, en un instant, ce travail, ces réflexions sur le patriarcat - dont pourtant je sais la valeur - m’est apparu presque indécent eu égard aux malheurs (une litote) de ces êtres humain-es [pour ceux et celles resté-es vivant-es] échoué-es, dans ces conditions monstrueuses, sur terre. 147
* On peut - on doit ? - en sus noter sa présentation - scandaleuse, et bien évidemment fausse - par Arte : « La Lybie est le nouvel eldorado pour des milliers d'hommes et de femmes, essentiellement subsahariens. »

Patriarcat (Vol) : (11 février) 2018. Lu sur BFM.TV, à l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, un article intitulé :
Ces 6 découvertes scientifiques que les femmes se sont fait voler par des hommes. [Et non pas : que les hommes ont volé…] L’article cite :
- Lise Metner : la fission nucléaire
- Rosalind Franklin : la structure de l’ADN
- JocelynBell Burnell : les pulsars
- Cecilia Peyne-Gapochkine : la composition des étoiles
- Nettie Stevens : les chromosomes X et Y
- Esther Lederberg : La génétique des bactéries.
Étant radicalement incompétente, je m’en tiens là. 148 (Cf. Femme. Remarquable)

Patriarcat (Voltaire) : (15 mai) 1776. Voltaire [1694-1778], dans une lettre écrite à la comtesse de Vidampierre [?-?], écrivaine, auteur de :
« Vous contribuerez plus que personne, Madame, à faire régner la raison, car on me dit que vous l’ornez de toutes les grâces qui assurent son triomphe. Les hommes ne sont gouvernés que par l’opinion, et cette opinion dépend du petit nombre de personnes qui vous ressemblent; c’est par leur charme et par la force de leur esprit, que le public est dirigé sans même qu’il s’en aperçoive. Je maintiens qu’il suffit de trois ou quatre dames comme vous pour rendre une nation meilleure ou plus aimable. […] » 149

Patriarcat (Weinstein Harvey) (1) : (13 octobre) 2017. Lu, sur une dépêche de l’AFP :
« le producteur et magnat de Hollywood Harvey Weinstein, accusé de harcèlement sexuel et de viols, est ‘condamné par un système de justiciers’, a estimé aujourd'hui le réalisateur américain Oliver Stone. ‘Moi, je crois à la théorie selon laquelle il faut attendre jusqu'à ce que cela arrive au procès’, a-t-il déclaré, estimant que l'industrie du cinéma et le public jugeaient prématurément Weinstein. » 150
- L’appel à la loi apparaît bien comme l’arme la plus efficace des agresseurs. Quelle révélation !
- Le même jour, il est lui-même accusé d’agression sexuelle. 151 (Cf. Justice, Violences)

Patriarcat (Weinstein Harvey) (2) : 2017. Concernant la manière dont Emmanuel Macron analyse le harcèlement sexuel et envisage la lutte contre le harcèlement sexuel par l’augmentation des forces de police dans les « quartiers difficiles », Cf. http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1248&mode=last

Patriarcat (Weinstein Harvey) (3) : 2017. En lisant l’éditorial d’Erik Emptaz du Canard enchaîné consacré à « l’affaire Weinstein » j’ai pensé qu’il fallait vraiment que le patriarcat vacille sur ses bases pour que le Canard en soit amené à défendre la justice !
On lit enfin, suite au lancement de l’hashtag : « Balance ton porc » - « une justice de cochon » ceci :
« Inviter à balancer avec tous les risques de dérives et de dérapages que l’on sait, ce n’est pas dénoncer à la justice, c’est dans une logique de vengeance justicière, [Le Canard veut-il s’en réserver le monopole?] livrer des hommes à la vindicte populacière. [Qui Le Canard vise-t-il par ces termes ?]. Les femmes victimes de ces actes insupportables méritent mieux que d’être des ‘balances’. [Merci pour elles]. Et même si les réseaux sociaux ont un rôle à jouer dans la prise de parole et de conscience [Merci pour eux…], ces femmes ont droit à une autre justice [Le Canard peut-il préciser laquelle ?] que celle, expéditive et arbitraire [Pourquoi la parole des femmes serait-elle d’emblée arbitraire ?] de vengeurs ou des Zorros anonymes qui ne s’embarrassent pas de preuves. [Pourquoi les femmes n’en auraient-elles pas ? Et que vaut, pour le Canard, leur parole?] La culpabilité d’un harceleur, d’un agresseur sexuel, d’un violeur ne se décrète pas sur Twitter. Elle relève d’une démarche judiciaire. » La suite à l’avenant...
Si le Canard avait consacré l’une au moins de ses innombrables enquêtes sur la manière dont les femmes victimes sont traitées, et notamment sur la question des « preuves », il n’aurait jamais osé écrire cela. Mais justement, il ne l’a pas fait.
- Le retour du refoulé ?: dans le même numéro du Canard, mais cette fois ci, page 4, celui-ci clos un autre article par : « Le palmipède [c’est ainsi qu’il se nomme] gardien de la loi, on aura tout vu ! » 152
- Une suggestion : Qu’il lise les témoignages sur «Balance ton porc», et qu’il réécrive en s’excusant un nouvel éditorial. (Cf. Homme. Journaliste, Justice. Complice, Politique. Médias, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Patriarcat (Weinstein Harvey) (4) : 1986. En lisant dans le livre de Fabrizio Calvi, La vie quotidienne de la mafia de 1950 à nos jours, la phrase suivante :
« Si la Cosa Nostra avait été durement touchée, ses principales structures n’en étaient pas moins toujours opérationnelles » 153 celle-ci m’est apparue comme pouvant parfaitement s’appliquer au monde actuel, ébranlé par les conséquences du dévoilement de la réalité du monde du cinéma Hollywoodien. (Cf. Culture. Hollywood, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Patriarcat (Weinstein Harvey) (5) : 1999. En lisant le Rapport de la Commission d’enquête de l’Assemblée Nationale, intitulé : La sécurité, un droit pour les Corses, un devoir pour l’État [1999], je lis la déposition de M. Bernard Legras, Procureur général de la cour d’Appel de Bastia, lequel, vu le nombre d’attentats en Corse quasiment impunis par ailleurs, les nommaient des « contentieux de masse » :
« Face à un contentieux de masse - c’est du moins ce que l’on m’a appris et ce que j’ai appris sur le terrain - il faut définir une politique pénale cohérente […]. » 154
Il en est de même actuellement concernant la justice (et la police) en France, actuellement [21 octobre 2017] principales accusées par cette formidable libération de la parole des femmes, à ceci près qu’une « politique pénale cohérente » nécessite un bouleversement et du droit et de la justice.
Les demandes de réformes ponctuelles, par ailleurs très critiquables pour nombre de celles proposées, ne suffisent plus. (Cf. Droit. Justice)

Patriarcat (Weinstein Harvey) (6) : 2017. Les hommes agresseurs ont tellement utilisé contre les femmes qui portaient plainte contre eux la menace de la plainte en diffamation, qu’elle ne les protège plus, lorsqu’elle ne les désigne pas comme tels. Ces mesures d’intimidation n’ont plus de prise ; ils perdent leur emprise.
- Espérons, du moins…
* Ajout. 25 octobre 2017. Tariq Ramadan, accusé de viol par Henda Hayari a déposé une plainte de diffamation à son encontre. Celle-ci avait précisé que l’homme surnommé Zoubeyr dont elle avait parlé dans son livre : J’ai choisi d’être libre [2016. Flammarion] était bien Tariq Ramadan. Réaction de l’avocat de ce dernier, Me Yacine Bouzrou : « La plaignante a affirmé ne pas avoir cité le nom de son client dans son livre afin de ne pas être poursuivie pour diffamation. Lorsque l’on dit la vérité, il est étonnant de craindre des accusations de diffamation. » 155
Il faut vraiment n’avoir rien plus rien à dire pour penser qu’un tel argument puisse avoir une quelconque validité.
* Ajout. 30 octobre 2017. Qui plus est, il en est de leurs menaces, comme de leurs paroles. La crédibilité a changé de camps. Cf. Tarik Ramadan, accusé dorénavant par deux femmes, déclarant sur sa page Face Book : « Ces accusations sont simplement fausses. […] » 156 (Cf. Pornographie. Ramadan Tariq)

Patriarcat (Weinstein Harvey) (7) : (27 octobre) 2017. Marie Sauvion. auteure, sur le hashtag #Balance ton porc, de :
« On la siffle dans la rue, elle n'y fait plus attention. On l'insulte sur les trottoirs, depuis des voitures, des scooters, des vélos, elle n'y fait plus attention. Des types la reluquent dans le métro et lui, adressent des propos orduriers, elle n'y fait plus attention. Son attention est ailleurs, e fait plus qu'il s'agit de survivre en milieu urbain. Se défendre des mecs qui veulent la toucher. Échapper à ceux qui la suivent, à pied, en voiture, en scooter, à vélo. Fuir ceux qui pourraient, qui voudraient, qui aimeraient la tabasser, la violer, la tuer. Pour ma fille de 19 ans, 'une bonne journée, c'est une journée où je n'ai pas eu peur. Alors désolée, les vertueux, les indignés, les agacés, si nos hashtags 'cruel', 'violents, nos 'délations', nos nausées, nos colères envahissent vos mures virtuels pendant quelques jours, pardon, on ne voulait pas vous déranger. C'est juste qu'on se compte-là. Chacune se sentait seule, or, nous sommes des millions. Nous sommes une armée et je ne suis pas désolée du tout si ça en fait flipper quelques-uns. »
* Ajout. 31 octobre 2017. Henda Hayari, auteure de : « Je suis contre la délation, mais je remercie Sandra Muller qui, en créant ‘Balance ton porc’ à la suite de l’affaire Weinstein, a brisé cet autre plafond de verre qui, il faut en avoir conscience, opprime les femmes depuis des siècles. » 157 (Cf. Femmes. Plafond de verre, Langage)

Patriarcat (Weinstein Harvey) (8) : (29 octobre) 2017. À l’écoute des questions posées par le journaliste du Huffington Post lors du rassemblement de la place de la République à la suite des hashtags Balance ton porc et Me too :
« Pourquoi vous êtes venue-es ? » ; « Vous croyez à ce mouvement ? » ; « Vous croyez que ça va changer quelque chose ? » ; « Ça va donner quelque chose, vous croyez ? » ; « Vous voyez une évolution positive ? » ; « Est-ce que ça a fait de l'effet sur vous, en tant qu’homme ? », « À quoi il faut s‘attaquer en premier ? », « Est-ce que ce qui arrive depuis quelques jours vous surprend ? » je me demande si la première des libertés de parole ne serait pas que les journalistes arrêtent tout simplement de poser des questions.
- Qu’ils/elles laissent les personnes s’exprimer comme elles l’entendent, le souhaitent, le vivent. Et qu’elles cessent d’être orientées, guidées, formatées, et finalement enfermées dans des questions stagnantes.
- Personne n’a été interrogé-e sur les violences subies.
- Aucune critique politique, notamment des institutions police, justice, n’a été entendue.
- Aucune pancarte, aucune revendication n’a été lisible.
- Aucune analyse féministe n’a pu s’exprimer.
- Le problème, plus fondamental, est que nombre de personnes, y compris dans l’hypothèse d’une parole disons …plus libre, n’auraient pas pour autant accepté de parler. (Cf. Penser. Liberté de la presse)
* Si, même jour, France Culture a [à 18 h 10] retransmis la parole d’une victime de violences, aucune analyse politique n’a été non plus effectuée. Plus encore, la conclusion politique qu’a exprimé le journaliste a été : « Elles ne veulent plus se taire, et surtout, ne plus se cacher ». Ainsi : « Ne plus se cacher » doit être compris étant la phase supérieure à celle de : « Ne plus se taire » ! (Cf. Homme. Journaliste, Penser. Liberté de la presse, Politique. Médias)

Patriarcat (Weinstein Harvey) (9) : 2017. Ce qui a volé en éclat : la honte, la peur, le silence, la solidarité masculine, l’égalité, le droit, la justice.
Dans l’attente du backlash…

Patriarcat (Weinstein Harvey) (10) : 2017. Ce qui reste à penser ensemble : la pornographie, les violences imposées aux femmes dans la prostitution, en d’autres termes : le proxénétisme. Et bien d’autres choses encore… (Cf. Proxénétisme)

Patriarcat (Weinstein Harvey) (11) : (5 décembre) 2017. Gilles Lipovetsky, auteur de :
« Les hommes se freinent. Ils ne savent plus exactement comment se positionner. Il peut y avoir ce risque là… » Un risque, quel risque ? Pour qui ? 158

Patriarcat (Weinstein Harvey) (12) : 2017. « Aujourd’hui, les hommes n’ont plus d’épée » regrettait (sans date. sans source) 159) Pierre Drieu la Rochelle [1893-1945].
Ne sont-ils pas en train de perdre leur phallus ?

Patriarcat (Weinstein Harvey) (13) : 2017. Ce qui serait particulièrement utile, nécessaire aux femmes qui ont dénoncé les hommes harceleurs, agresseurs, violeurs, ainsi qu’à toutes celles infiniment plus nombreuses qui ne les ont pas dénoncés, ce ne serait pas tant que les hommes s’affirment solidaires d’elles, mais qu’eux aussi dénoncent les violences dont ils sont eux-mêmes les victimes.

Patriarcat (Weinstein Harvey) (14) : 2018. Hier, le mépris dont tant d’hommes accablaient les femmes étaient la tranquille preuve de leur assurance. Aujourd’hui, il est la preuve de la petitesse et de l’inhumanité du monde qu’ils avaient construit. Et des cadavres sur lesquels ils ont marché.

Patriarcat (Weinstein Harvey) (15) : Affirmer : « Les femmes ont pris la parole » est un déni de l’histoire, un déni de la colère, un déni de la critique, un déni de la dénonciation anti-patriarcale, un déni politique, un déni du féminisme.
Pour rappel : le contraire de la parole est le silence. (Cf. Histoire. Histoire patriarcale)

Patriarcat (Weinstein Harvey) (16) : Affirmer : « Plus rien ne sera comme avant » est soit une tautologie, soit c’est faire peu de cas de l’histoire : plus un système est menacé, plus sa réaction vitale est d’abord de chercher à conforter son existence.
Il peut certes sacrifier certains de ses membres sur l’autel de la rédemption, sur la réalité de certaines décisions de justice [pour rappel : en mars 2019. Harvey Weinstein est toujours en liberté], mais il se perpétue, et tentera par tous les moyens en son pourvoir, plus souvent insidieusement, masqué ou non. Ne pas en être conscient-e, c’est abandonner la lutte.

N.B. Pour explicitations de l’idée :
*Ajout. 2018 (1). (7 octobre) 1762. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée à Élie Bertrand [pasteur protestant Suisse. 1712-1790], après avoir dénoncé les juges qui ont condamné Calas [« Nous apprendront aux juges à ne plus se jouer du sang innocent »], notamment le parlement de Toulouse [« Ce n’est pas une petite besogne de plaider contre un parlement »], après avoir cité Lucrèce : « Tantum relligio potuit suadare malorum » [« Tant la religion a pu concerner de crimes »] écrit :
« Cette superstition est une hydre toujours renaissante. On ne peut détruire toutes ses têtes, mais il est bon d’en couper une de temps en temps. » 160

* Ajout. 2018 (2). (18 juillet) 1766. Voltaire [1694-1788] - pour une position différente - dans une lettre adressée à d’Alembert [1717-1783], écrit :
« […] C’est une misérable consolation d’apprendre que des monstres sont abhorrés ; mais c’est la seule qui reste à notre faiblesse et je vous la demande. […] » 161

* Ajout. 2018 (3). (9 août) 1773. Voltaire [1694-1788], dans une lettre à un « destinataire inconnu », après avoir dénoncé l’homme, un abbé dont il dénonçait les attaques, écrit :
« Voilà pourtant l’homme qu’on a choisi pour m’accuser, moi et mes amis, d’avoir des sentiments suspects. Je prévois qu’on sera forcé d’instruire ses protecteurs de la turpitude et de la scélératesse de ce personnage.
Ils ont trop de vertu pour soutenir le crime, trop de raison pour excuser ce crime dénué de tous les talents. Il importe à la société de faire connaître des pervers qui n’ont rien d’utile ni d’agréable pour faire pardonner leurs iniquités.
Il y a des âmes honnêtes et sensibles comme la vôtre qui prendront soin d’éclairer le public sur ces amas d’atrocités si plates et si dégoûtantes.
C’est tout ce que je peux vous dire aujourd’hui en rendant hommage à votre vertu courageuse qui a déjà confondu l’imposture. » 162

II. Patriarcat (Concept) :

Patriarcat (Concept) (1) : Tant que nous devrons emprunter pour l’analyse du patriarcat les termes, les concepts utilisés depuis des siècles pour analyser les sociétés politiques, économiques qui n’en ont pas intégré l’analyse, pas même l’hypothèse, nous continuerons à utiliser des outils inadéquats.
Sur ces fondements, aucune prise en compte analytique du patriarcat n’est possible.
Autrement dit : on ne peut procéder à une critique féministe du monde avec les instruments conceptuels forgés par et pour le patriarcat.
- Un exemple parmi tant (entendu le 16 mars 2015 sur Radio Libertaire) : « Le capitalisme a prolétarisé les femmes. » (Cf. Patriarcat)
* Ajout. 30 août 2017. Dans le même sens : Dans sa préface de 1976 à Trois guinées [1938], le livre de Virginia Woolf [1882-1941] qu’elle a traduit et donc fait connaître, Viviane Forrester [1925-2013] évoque « le racisme originaire qui a réduit les femmes à l’état d’êtres minoritaires, colonisés. » 163 (Cf. Langage, Politique)

Patriarcat (Concept) (2) : Les causes, les effets, les manifestations, les modalités d’expression, de représentation du patriarcat sont si différentes, si dissemblables, si contradictoires qu’ils/elles ne peuvent servir de fondement à la recherche de sa logique interne qui seule permettrait d’en dégager la spécificité. Des descriptions, des idées, des généralisations, des comparaisons ne suffisent pas. Cette impossibilité est toute aussi vraie concernant l’analyse de tout système de domination ; concernant le patriarcat, cette recherche, plus récente, est en sus infiniment plus complexe. (Cf. Langage, Penser. Méthode)
* Ajout. 3 octobre 2019. 1971. Jean Duvignaud [1921-2007], dans son Introduction à la Sociologie écrit justement :
« Les concepts que nous utilisons sont tous également incapables d’embrasser et de réduire l’infinité, la polyvalence et la créativité continue de l’expérience sociale. » 164 (Cf. Penser, Sociologie)

Patriarcat (Concept) (3) : Une critique anti-patriarcale doit nécessairement remettre en cause les fondements de toutes les hypothèses analytiques fondatrices des sociétés contemporaines. Les conséquences en sont d’importance, car si l’hypothèse qui structure une pensée est fausse, ses déductions le seront nécessairement. (Cf. Politique. Égalité, Esclavage, Lutte, Patriarcat, Proxénétisme. Abolitionnisme. Pensée)

Patriarcat (Concept) (4) : Participer à la construction d’une pensée anti-patriarcale exige donc des remises en cause plus fondamentales que celles qui ont été effectuées par les penseurs/euses depuis le XVIIème, XVIIème siècle [en marge, en rupture] avec la religion (chrétienne), par celles qui celles qui ont dévoilées les logiques du système capitaliste… etc., etc… (Cf. Féminisme. Incompatible avec le Marxisme, Patriarcat)

Patriarcat (Concept) (5) : Une précaution de méthode importante : ne pas occulter le risque qu’avec un seul mot : patriarcat (y compris déconstruit), ne puisse se reconstruire la pensée d’une causalité unique. (Cf. Patriarcat, Penser. Pensée. Abstraction. Méthode)

Patriarcat (Concept) (6) : L’une des nombreuses difficultés aux fins d’une critique du patriarcat est qu’il faut, à la fois, dans un même processus d’analyse, poser les fondements qui le constituent, les dévoiler, les analyser - en quelque sorte en constituer, en construire le concept - en démontrer la spécificité et la cohérence, tout en sachant lire ses contradictions, et poser les jalons de son dépassement.
Il faut donc, sur les fondements et avec des outils conceptuels le plus souvent inadéquats, constituer le concept qui permet de construire un cadre théorique indispensable à la pensée, et qui seul permet la compréhension des processus, des enchaînements à même de comprendre les situations individuelles…et le monde. (Cf. Patriarcat, Penser, Histoire)

Patriarcat (Concept) (7) : L’analyse du patriarcat ne se différencie en rien, au plan de la méthode, de celle de toute pensée. La différence réside en sa relative nouveauté, laquelle, au moins idéalement, devrait lui permettre de se nourrir plus rapidement des avancées comme des erreurs déjà présentes au monde. Sa principale difficulté est de le rechercher sous les innombrables pensées qui en ont exclues même l’hypothèse. (Cf. Patriarcat, Penser, Histoire)

Patriarcat (Concept) (8) : Au même titre que « l’histoire de la classe ouvrière » est insuffisante à la construction des pensées socialistes, que « l’histoire des prostituées » est insuffisante à la construction des pensées abolitionnistes du proxénétisme, que celle « des esclaves » est insuffisante à la construction des pensées abolitionnistes de l’esclavage, « l’histoire des femmes » l’est au patriarcat.
Ni les jugements critiques sur « les femmes », ni ceux sur « les hommes », ni même ceux sur les rapports de pouvoirs entre eux, y compris les rapports institutionnels de domination des seconds sur les premières ne sont pas même pour autant suffisants. (Poursuivre) (Cf. Patriarcat, Penser, Proxénétisme, Histoire)

Patriarcat (Concept) (9) : Si le substantif « homme », depuis des siècles, dans toutes les civilisations, a représenté l’espèce humaine et si, sur ce fondement, « l’homme » [et ses avatars, le mâle, le masculin, la virilité…] est devenu un ‘concept’ universel, il n’en reste pas moins que le terme « homme » représentait aussi, en sus, l’autre moitié de ladite espèce humaine, celle définie par leur sexe, à savoir «les femmes» ; en effet, celles-ci bien qu’ayant été subsumées dans : les « hommes » n’en existaient pas moins, spécifiquement, en elles-mêmes et différenciées d’eux. Dès lors, comparer les « hommes » et les « femmes » n’est pas conceptuellement juste car cela revient à comparer le tout, incluant sa partie cachée, et la partie cachée, même dévoilée, au tout. La critique féministe du patriarcat doit tout dévoiler cette imposture mais ne saurait s’y réduire. (Cf. Patriarcat, Politique. Égalité)

Patriarcat (Concept) (10) : Ferdinand de Saussure [1857-1913], auteur de :
« […] C’est le point de vue qui crée l’objet. » (citation reprise sur Wikipédia) (Cf. Penser. Méthode)

III. Patriarcat. « Division sexuelle du travail » :

Patriarcat (Division sexuelle du travail) (1) : L’expression de « division sociale et sexuelle » du travail eut en son temps l’avantage d’enrichir patriarcat et marxisme et l’inconvénient de repousser l’analyse de leurs contradictions.

Patriarcat (Division sexuelle du travail) (2) : Substituer l’expression de : « la division sociale et sexuelle du travail », qui fut, en son temps, une réelle avancée théorique par : « la division sexuelle du travail » n’est pas satisfaisant ; tout au plus, est-elle, actuellement, pour moi, une avancée insuffisante à une pensée du patriarcat. (Cf. Femmes. Travail, Langage. Genre)

Patriarcat (Division sexuelle du travail) (3) : Formulation remplacée, sans excès de débats théoriques, ni de critiques politiques, par : « Marché du travail et genre » et / ou : « Travail, genre et sociétés », voire, tout et plus simplement, par : « genre ». (Cf. Langage. Genre)

Patriarcat (Division sexuelle du travail) (4) : Le ‘concept’ de « classe ouvrière » (et /ou « le salariat ») a produit plein de ‘sous-catégories’ : des CDD (hommes et femmes), des CDI (hommes et femmes), des stagiaires (hommes et femmes), des intermittents et des intermittentes, des précaires (hommes et femmes), des indépendant-es («Uberisé-es» ou non), des intérimaires (hommes et femmes), des auto-entrepreneurs, des auto-entrepreneuses, des mis-es au placard, des saisonniers (hommes et femmes), des mi-temps, des quarts de temps, des trois quart de temps (hommes et femmes), des «détaché-es», des sans-contrats (hommes et femmes), des licencié-es, des chômeurs et des chômeuses, des « fins de droits » (hommes et femmes), des sans papiers (hommes et femmes), des payé-es au noir (hommes et femmes) des contractuel-les, des non payé-es, des sous payé-es…
Et des chômeurs et des chômeuses par millions.
- Pour rappel : 6.600.000 personnes inscrites à Pôle Emploi [6 octobre 2016]
- Sans oublier, des manifestants et des manifestantes, des blessé-es, des gardé-es à vue, des poursuivi-es, des relaxé-es, des condamné-es… (Cf. Politique. État, Économie)

Par ordre chronologique. Patriarcat. Division sexuelle du travail :

Patriarcat (Division sexuelle du travail) (5) : 1830. En Mongolie, d’après dans ses souvenirs d’un Voyage dans la Tartarie et le Tibet, le père (Régis-Évariste) Huc [1813-1860] écrit :
« Parmi les Tartares, les soins de la famille et du ménage reposent entièrement sur la femme : c’est elle qui doit traire les vaches et préparer le laitage, aller puiser l’eau quelques fois à une distance éloignée, ramasser les argols (bouses d’animaux nécessaires au chauffage), les faire sécher, et puis les entasser autour de la tente. La confection des habits, le tannage des pelleteries, le foulage des laines, tout lui est abandonné ; elle est seulement aidée, dans ces travaux divers, par ses enfants, quand ils sont encore jeunes. Les occupations des hommes sont très bornées ; elles consistent uniquement à diriger les troupeaux dans les bons pâturages, et ce soin est plutôt un plaisir qu’une peine pour des hommes accoutumés dès l’enfance à monter à cheval. […] À part les courses à cheval, les Tartares mongols vivent habituellement dans une profonde oisiveté ; ils passent une grande partie de la journée accroupis dans leur tente, dormant, buvant du thé au lait ou fumant la pipe. […] » 165 (Cf. Femmes. Travail)

Patriarcat (Division sexuelle du travail) (6) : 1976. Bruno Bettelheim [1903-1990] dans son livre Psychanalyse des contes de fées, concernant Blanche Neige et les sept nains, auteur de :
« […] Voici ce que les nains exigent d’elle si elle veut vivre avec eux : elle pourra rester et ne manquera de rien si ‘elle fait la cuisine, les lits, la lessive, la couture, le tricot et si elle tient tout propre et bien en ordre’.
Blanche Neige devient une bonne petite ménagère, comme tant de fillettes qui, lorsque leur mère est absente, prennent bien soin du père, de la maison, et même de leurs frères et sœurs. » 166 (Cf. Femme, Famille, Psychanalyse)

Patriarcat (Division sexuelle du travail) (7) : 1996. Régis Debray, dans son livre, Loués soient nos seigneurs. Une éducation politique, note qu’en 1966, ‘cadre stratégique de la révolution Cubaine’, « même après avoir quitté mon hôtel pour différentes casas operativas, je n’eus pas à faire les courses, et encore moins la queue. Des employées de maison, soldates en civil, veillaient discrètement à l’office, et le service de la ‘sécurité personnelle’ du ministère de l’Intérieur déposait deux fois par semaine, les vivres nécessaires dans de grands sacs de papier kraft. » 167

Patriarcat (Division sexuelle du travail) (8) : 1999. Fey Von Hassel, dans son Récit. Les jours sombres. Le destin extraordinaire d’une Allemande antinazie, montre notamment comment la division sexuelle du travail était mise en œuvre en camp de concentration.
Pour rappel, Fey Von Hassel [1919-2010] était la fille de Ulrich Von Hassel [1881-1944] qui avait participé, en 1944, avec Claus Von Stauffenberg [1907-1944] au complot contre Hitler, lequel fut condamné à mort et exécuté.
Séparée de ses deux enfants, envoyée au camp de concentration de Stutthof avec les autres personnes, considérés comme « prisonniers par les liens du sang », en d’autres termes, membres de la même famille, elle raconte comment ils/elles furent reçu-es par le commandant SS :
« […] Vous êtes tous apparentés ou complices de la tentative d’assassinat du Führer. En attendant que votre sort se décide, ce baraquement est à votre disposition. Vous êtes autorisés à circuler à l’extérieur du bâtiment jusqu’à neuf heures du soir. Les gardiens ont l’ordre de tirer sur tous ceux qui sortiraient après l’heure limite. Vous ne devez pas leur adresser la parole, pas plus que vous ne devez prononcer vos noms à voix haute. Il y aura inspection chaque matin à huit heures. Vous devez laver votre linge et faire votre cuisine.
Les femmes se chargeront de ravauder les vêtements des hommes qui doivent en échange couper le bois et entretenir les poêles. […] » 168 (Cf. Êtres humains. Vêtements, Famille, Justice, Histoire)

Patriarcat (Division sexuelle du travail) (9) : (8 août) 2016. Sur Arte, au détour d’une présentation « d’un éventail de paysages [Turques] remarquables » et aux fins de présenter les « sites historiques et traditions artisanales [qui] sont la richesse de ce pays aux mille et une facettes », on entend, comme relevant de l’évidence :
« En Turquie les travaux manuels sont aux femmes ce que les palabres sont aux hommes. » 169 [rediffusé le 17 septembre 2018] (Cf. Femmes. Travail)

IV. Patriarcat. Domination masculine :

Patriarcat (Domination masculine) (1) : La domination masculine n’est pas un concept, car elle ne se focalise que sur l’une des manifestations - certes, la plus visible - du patriarcat et en exclut, notamment, sa reproduction par les femmes et sa dénonciation par quelques si rares hommes.

Patriarcat (Domination masculine) (2) : Ces deux termes : « patriarcat » et « domination masculine » ne sont donc en aucun cas synonymes. Il est ainsi tout à fait possible de reconnaître tout à la fois l’existence d’une domination masculine (faut-il préciser qu’affirmer le contraire serait difficile ?) et de justifier nombre de manifestations patriarcales. Par exemple la responsabilité des victimes en matière de violences exercées à leur encontre, la justification du proxénétisme, etc., etc.,… (Cf. Proxénétisme)

Patriarcat (Domination masculine) (3) : Le patriarcat charrie avec lui et depuis si longtemps, tant d’habitudes, de présupposés, d’implicites, de lois, de violences, de normes, de scories, que même le plus faible, le plus dominé, le plus démuni des hommes possède - le plus souvent sans même en être conscient - une part de son pouvoir. Et ce pouvoir, il le partage peu ou prou avec tous les autres hommes.
C’est ce qui unit, désunit et oppose les hommes entre eux qui doit être pensé.

Patriarcat (Domination masculine) (4) : Tenter de comprendre ce qui, pour les hommes, est le plus révélateur de leurs difficultés à devoir vivre dans un monde qui les a dépossédés de leur monopole de pouvoir sur les femmes. À ce titre, le livre d’Éric Zemmour, Le premier sexe, publié en 2006, peut s’avérer une source fort utile de réflexions. 170

Patriarcat (Domination masculine) (5) : Que chaque femme s’interroge pour savoir dans quelle mesure telle ou telle idée, décision, initiative, action, projet - qui fondent les vies - ont été conditionnées à l’accord d’un ou de plusieurs hommes, ont été interdites par l’un ou l’autre, ont été refoulées de peur de leurs réactions, ont été subordonnées à leur satisfecit, toujours reprenable…Et, si souvent, interdites par soi-même en pensant que leur orgueil pourrait en être malmené…

Patriarcat (Domination masculine) (6) : (vers le 25 août) 1752. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Frédéric II de Prusse [1712-1786], « matérialiste de stricte observance », lequel avait critiqué son Poème sur la religion naturelle, tente de se justifier et écrit :
« […] Au bout du compte, les sottises chrétiennes sont traitées ici comme elles le méritent, mais j’ai enfoncé le poignard avec respect. Le véritable but de cet ouvrage est la tolérance, et votre exemple à suivre. La religion naturelle est le prétexte, et quand cette religion naturelle se bornera à être bon père, bon ami, bon voisin, il n’y aura pas grand mal. » 171 (Cf. Politique. Tolérance. Démocratie. Citoyen « Bon »)

Patriarcat (Domination masculine) (7) : (21 août) 1772. Un exemple ambivalent : Voltaire [1694-1778] écrit à M. d’Hornoy [1742-1828] :
« […] Je m’intéresse infiniment au bonheur de votre femme dont on dit mille biens. J’espère que vous en ferez une philosophe. »
Et il poursuit par cette citation du Nouveau Testament [Épître aux Corinthiens. VII] :
« Le mari fidèle convertit la femme infidèle. » 172

Patriarcat (Domination masculine) (8) : (1er mars) 1827. Jean-François Champollion [1790-1832], écrit à Angelica Palli [1798-?], dont il est amoureux :
« Je voudrais être un lien nécessaire entre vous et l’existence. » 173 (Cf. Êtres humains. Vie, Relations entre êtres humains. Amour)

Patriarcat (Domination masculine) (9) : 1839. George Sand [1804-1876], auteure dans Lélia de cette remarquable analyse mise dans la bouche de Trenmor :
« […] N’avais-je pas sujet de haïr cette société qui m’avait pris au berceau et qui, dès lors, me comblant de faveurs aveugles, avait en quelques sorte travaillé à me créer des passions et des besoins inextinguibles qu’elle s’était ensuite plu ensuite à satisfaire et à exciter sans cesse ? [...]
Où est la direction qu’elle nous donne de nos jeunes années ? Où sont les devoirs qu’elle nous enseigne et nous prescrit dans l’âge viril ? Où sont les bornes qu’elle pose devant nos débordements ? Quelle protection accorde-t-elle aux hommes que nous avilissons par nos dons et aux femmes que nous perdons par nos vices ? Pourquoi nous fournit-elle avec profusion des valets et des prostituées ? Pourquoi souffre-t-elle nos orgies et pourquoi nous ouvre-t-elle elle-même les portes de la débauche ?
Et pourquoi m’arriva-t-il de subir la rigueur d’une loi qu’on applique si rarement aux riches ? C’est parce que je n’avais pas songé à acheter d’avance mon absolution. Si j’avais placé mon or, ma réputation et ma vie sous la sauvegarde de quelque prince débauché comme moi, ou si j’avais su, par quelque métier politique infâme, me rendre utile aux perfides desseins d’un gouvernement quelconque, j’aurais eu des amis tout-puissants, dont l’impudente protection m’eut soustrait, comme tant d’autres, à la publicité d’une sentence infâmante et à l’horreur d’une punition implacables
. [...] » 174 (Cf. Justice, Patriarcat. Penser le. Sand George, Politique, Pornographie, Proxénétisme)

Patriarcat (Domination masculine) (10) : 2000. Michèle le Doeuff, dans son livre Le sexe du pouvoir, écrit :
« ‘J’ai compris où passe la différence des sexes : les hommes, ça ne comprend pas’ éclate une étudiante à l’issue d’un séminaire particulièrement animé. Ne pouvant ratifier la formule, je propose celle-ci : certains, imbus de leurs prérogatives, ne comprennent rien ; et peut être, au lieu de se demander ce qu’une femme peut savoir, faudra-t-il un jour élaborer le concept d’acognition masculiniste, qui pourrait s’avérer utile, même en histoire de la philosophie […]. » 175 (Cf. Hommes, Penser, « Sciences » sociales. Philosophie)

Patriarcat (Domination masculine) (11) : 2008. Michelle Martin, épouse de Marc Dutroux, assassin, tortionnaire, violeur de petites filles, elle, condamnée à trente ans de prison, auteure de :
« Cette soumission-là, dès qu’on y entre, c’est trop tard. J’ai été soumise dès le début […]. » 176 Bouleverse bien des analyses…. (Cf. Famille. Mariage, Violences. Violences à l’encontre des femmes.

Patriarcat (Domination masculine) (12) : 2009. Dévoiler, récuser, critiquer les tentatives d’échapper à leurs responsabilités. Cf. ainsi Patric Jean, membre de Zéro macho, auteur notamment du film La domination masculine (2009) qui, en 2016, après avoir affirmé « ne pas être féministe », mais « pro-féministe » (mais aussi avoir déclaré que « les femmes ne l’intéressent pas spécialement ») [tout ceci étant légitime par ailleurs] - présente ce qu’il faut considérer comme un projet politique que j’analyse pour ma part comme une régression politique grave.
En réponse à la question : « […] Est-ce qu’il n’y a pas à faire à faire sur la masculinité, ou sur les masculinités, un travail très intime de la part des hommes convaincus qu’il faudrait évoluer vers une égalité ? » il répond :
« Oui, bien entendu, c’est la grande différence entre un travail féministe qui est vraiment un travail politique, collectif. Pour un hommes, cette remise en question elles est d’abord individuelle, c’est déconstruire en soi la légitimité d’un pouvoir qui est injuste. […] Chez les hommes, c’est vraiment un travail personnel, quasiment spirituel, c’est une manière de se regarder au monde qui est différente […]
C’est un travail au jour le jour, surtout quand il y a des enfants
[…]. »
- Aux féministes « le politique », aux hommes « pro-féministes », le « spirituel » ? 177

V. Patriarcat. Filiation. Filliation :

Patriarcat (Filiation) (1) : 1818. Madame de Staël [1766-1817], dans ses Considérations sur la révolution française, critiquant le projet de création de Chambre des Pairs « dans laquelle se plaçait tous les courtisans de Bonaparte », inscrite dans le projet de constitution soumis, en 1814, par Benjamin Constant [1767-1830] à Napoléon [1767-1821], écrit :
« Il y en avait parmi eux de fort estimables ; mais on pouvait en citer dont les fils auraient demandé qu’on leur épargnât le nom de leur père, au lieu d’en assurer la continuité. » 178
- Le lourd poids de la reproduction du nom du père par le (ou les) fils… (Cf. Patriarcat. Père)

Patriarcat (Filiation) (2) : 1825-1829. Casanova [1725-1798], dans ses Mémoires, auteur de :
« Je riais en moi-même de trouver de mes fils semés dans toute l’Europe. » 179
Ce constat / jugement - littéralement inhumain - élargit considérablement l’analyse classique de la (critique de) la famille [patriarcale]. (Cf. Homme. Remarquable. Casanova, Langage. Critique de mot : « Libertin », « Libertinage », Famille)

Patriarcat (Filiation) (3) : 1987. Raoul Girardet [1917-2013], historien, dans les Essais d’ego-Histoire, auteur de :
« […] Je me trouve être par mon ascendance paternelle, non seulement fils, mais encore petit- fils, neveu et cousins d’officiers de carrière », suivi, 14 pages plus loin, de :
« Chez mes parents […] le grand homme de mon enfance se nommait Poincaré, tandis que, du côté maternel, chez mon oncle de Châteauroux, il était sans doute possible de déceler quelques nuances plutôt radicalisantes. » 180 (Cf. Femmes, Famille, Histoire)

Patriarcat (Filiation) (4) : 1987. Pierre Chaunu [1923-2009], historien, dans les Essais d’ego-Histoire, auteur de :
« ma famille comptait plusieurs cheminots, mon grand-père, mon père, mon oncle. » 181 (Cf. Femmes. Achat, Homme. « Intellectuel », Famille, Histoire, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage)

Patriarcat (Filiation) (5) : 1991. Lu, concernant l’acteur Vittorio Gassman [1922-200] :
« Fils d’un Autrichien et d’une championne de basket […] » 182
- Puis, lu sur Wikipédia : « Vittorio Gassman est né à Gênes d'un père allemand, Heinrich Gassmann et d'une mère juive Luisa Ambroon, originaire de Pise. » (Cf. Famille)

Patriarcat (Filiation) (6) : 1991. Lu, concernant l’acteur Charles Granval [1882-1943] :
« Marié à Madeleine Renaud, il en a eu un fils, Jean Pierre Granval, également acteur. » 183 (Cf. Famille)

Patriarcat (Filiation) (7) : 1991. Lu, concernant l’acteur Christian Marquant [1927-2000] :
« Fils d’un Arabe et d’une Espagnole […] » 184
- Puis, lu sur Wikipédia : « Né à Marseille, d'un père espagnol et d'une mère arabe […] » (Cf. Famille)

Patriarcat (Filiation) (8) : (29 juin) 2014. Entendu concernant le psychothérapeute Paul Diel [1893-1972] :
« Né d’une mère allemande et de père inconnu ». 185 (Cf. Famille)

Patriarcat (Filiation) (9) : (Janvier) 2015. Entendu :
« Je suis issu d’une lignée de militaires. » (Cf. Famille)

Patriarcat (Filliation) (1) : Un exemple : Sido, Colette, Bel-Gazou. (Cf. Femme. Écrivaine. Colette)

Patriarcat (Filliation) (2) : (avril) 1807. Une jeune fille, inconnue de lui, demande, à Weimar, à être reçue par Goethe [1749-1832]. Pour ce faire, elle exhibe un billet rédigé par un ami commun en ces termes :
« Bettina Brentano, fille de Maxe, petite-fille de Sophie la Roche, sœur de Sophie Brentano, demande à te voir. »
- Celle qui sera connue ultérieurement sous le nom de Bettina von Arnim [1785-1859] était à l’époque fiancée à celui qui deviendra son mari, Achim Von Arnim, et la sœur de son frère, Clemens Brentano, «auteurs tous deux d’un recueil qui vient de faire sensation et même de plaire à Goethe», et pourtant non évoqués par elle. 186

Patriarcat (Filliation) (3) : 2006. Lauren Bacall [1924-2014], auteure, concernant sa mère :
« Elle m’a montré l’exemple » ; concernant sa grand-mère :
« Elle me disait : ‘tu dois trouver un travail pour aider ta mère’
. » 187 (Cf. Femme. Artiste. Bacall Lauren)

Patriarcat (Filliation) (4) : (28 avril) 2017. Vu aujourd’hui un camion de livraison de fromages dont la publicité était :
« Desailly. Fromagers de père en fille depuis quatre générations ».
(Cf. Économie. Publicité)

Patriarcat (Filliation) (5) : 2018. L’arrière-grand-mère supporte et se tait ; la grand-mère parle et reste ; la mère dénonce et divorce ; la fille ne se marie, ni ne se pacse et accuse nommément ; la petite-fille reconstruit.

VI. Patriarcat. France :

Patriarcat (France) (1) : Si l’on en croit les intellectuel-les les français-es (faut-il considérer, à leur décharge, qu’ils ne sont pas les seuls ?), le seul système de domination qui, en France, aurait disparu…sans avis de décès connu. Une demande de recherche de la révolution qui l’aurait abattu est lancé. Plus sérieusement, le patriarcat pourrait-il rester longtemps encore, le seul pouvoir non frontalement, non fondamentalement, non systématiquement contesté et dès lors analysé en tant que tel ?

Patriarcat (France) (2) : La France est la patrie du patriarcat, dont le chef d’œuvre le plus abouti est le code civil, qu’elle a par ailleurs exporté à travers le monde.
Aussi le qualifier simplement de « chef-d’œuvre de misogynie » 188, qui évacue la responsabilité politique de la France, est donc tout à fait insuffisant.
En effet, du fait de cet impérialisme patriarcal, la France plus qu’aucun autre pays, est responsable de la situation juridique imposée à des millions de femmes, dans tant et tant de pays (Amérique latine, Afrique, Europe centrale…) qui en ont subi et en subissent encore tous les jours les effets.
On comprend mieux alors la pérennité de la force de l’antiféminisme en France, la gigantesque faille de sa « culture » et de ses « valeurs » affichées, ainsi que l’inanité de toute référence à une quelconque «morale» qui en faisant abstraction du patriarcat, le cautionne. (Cf. Politique. Nationalisme)

Patriarcat (France) (3) : En conséquence, avoir, depuis plus de deux siècles - philosophiquement, politiquement, juridiquement, symboliquement - réussi à faire coexister le Code civil et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, à en contourner, à en détourner, à en évacuer les contradictions - une gageure - relève de la prouesse, du fait d’armes, de l’exploit. En toute logique rationnelle, intellectuellement absurde. (Cf. Homme. « Intellectuel ». « Politique»)

Patriarcat (France) (4) : (23 juin) 2018. 8 femmes et 127 hommes à l’Académie de médecine ; 29 femmes et 221 hommes à l’Académie de pharmacie. 189 (Cf. Langage. Académie française)
N.B. Le Monde le (5 décembre) 2017 jugeait « congrue » la place des femmes à l’Académie de médecine. 190

VII. Patriarcat. Justification :

Patriarcat (Bodin Jean) : 1576. Jean Bodin [1529-1596], considéré comme le « père fondateur de la théorie de la souveraineté moderne », dans La méthode de l’histoire, après avoir défendu la loi Salique et critiqué la présence de femmes au pouvoir, auteur de :
« Il n’est pas jusqu’aux Anglais qui, après avoir si longtemps abhorré la gynécocratie n’aient laissé dernièrement monter sur le trône Marie (Tudor) et sa sœur. Ce fait n’en viole pas moins les lois divines qui, dans leur sage providence, ont soumis les femmes à l’autorité virile, et même les lois de la nature qui a ôté aux femmes pour le donner à l’homme le pouvoir de commander, de juger, de discourir et de faire la guerre. »
Jean Bodin avait préalablement posé :
« Je commence donc par établir que la famille ou le collège sont la véritable image de la République ; et de même que l’homme seul ne suffit pas à constituer une famille, de même la République ne saurait consister non plus dans une seule famille ou dans un seul collège. Poussons plus loin la comparaison. Si plusieurs individus sont abrités sous le même toit, mais sans que le commandement et l’obéissance aient été définis par la subordination réciproque ou par l’autorité soit d’un chef unique à l’égard de la collectivité, soit d’un petit nombre à l’égard de chaque individu, soit même du groupe entier à l’égard de chacun, cela ne constituerait pas encore une famille ou un collège qui ne sauraient se concevoir en dehors d’un gouvernement domestique. Que si, au contraire, plusieurs personnes tels que l’homme, la femme, les enfants et les serviteurs ou si l’on veut plusieurs collèges se trouvent réunis sous l’autorité privée d’un seul homme exerçant le pouvoir domestique, elles formeront alors une famille ou un collège. Il suffit, en effet, pour former un collège de trois personnes […] et pour une famille, il n’est besoin que de trois personnes soumises en plus de la mère, à l’autorité du père de famille […]. » 191
En d’autres termes, la République ne peut exister sans reconnaissance préalable de l’autorité et de l’obéissance dû au « pouvoir domestique » dévolu au « père de famille ».
- Nous n’avons toujours pas brisé ce lien, ce vice rédhibitoire inhérent à toute organisation politique étatique. (Cf. Famille, Politique. Guerre. Nationalisme)

Patriarcat (Justification. France. Éducation Nationale) : 1988. Madame Marguerite Gentzbittel, proviseure du Lycée Fénelon, l’un des plus prestigieux lycée « de filles » Parisien [ouvert aux garçons en 1979], dans son livre Madame le Proviseur, auteure de :
« […] Un garçon, ça attaque, si j’ose dire, par des voies simples. S’il est convoqué au bureau du proviseur, c’est, en général, parce qu’il a bu ou parce qu’il a été violent ; bref pour un motif explicite qui lui vaut d’être traduit en justice. Il raconte son affaire et vous lui infligez une bonne engueulade. D’ordinaire, il vous épargne ses larmes, ce qui est en soi une économie considérable (il est vrai que, s’il pleure, il déverse les sanglots de toute une promotion et j’avoue n’avoir pas encore pris l’habitude de cet embarras). Reste que normalement, le garçon fautif encaisse sa sanction et s’en va.
Les filles, elles, fabriquent tout un roman autour de l’événement. D’abord, elles ne sont pas appelées au bureau du proviseur pour quelque indiscipline sommaire et frustre. Le réquisitoire fourmille d’attendus, de paragraphes annexes. Puis, elles consacrent le maximum de temps à vous embobiner par des tours invraisemblables. C’est très compliqué les filles. Elles détiennent une fantastique batterie de techniques pour pleurer, pour supplier, pour dénoncer, pour passer à l’accusation du prof. Le garçon résume les choses très simplement, dit que le prof est nul, il manifeste violement en balançant sa godasse sur la bureau - procédé répréhensibles, mais discours reposant.» […]
Suivi de, même page : «Une population de filles génère un volume sonore très inférieur à celui des classes mixtes. C’est sage, ça a peur et c’est sournois. Donc, c’est plus soumis à l’autorité. » […] 192
Un réel plaidoyer patriarcal, justifiant la violence des garçons, une réel mépris des filles. Il faut noter que Madame Gentzbittel fut, pendant plusieurs années, présentée par les médias comme un modèle, un référent auquel s’identifier.

Patriarcat (Justification. Proudhon Joseph) (1) : 1875. Joseph Proudhon [1809-1865] dans De la pornocratie ou les femmes dans les temps modernes, auteur de :
« Cas où le mari peut tuer sa femme selon la vigueur de la justice paternelle : adultère, impudicité, trahison, ivrognerie et débauche, dilapidation et vol, insoumission obstinée, impérieuse, méprisante. »
- Que, ceci étant écrit, Proudhon puisse encore être présenté, sans autre qualificatif, sans autre ‘nuance’, sans autre exigence, comme « le père de l’anarchisme », associe indissolublement l’anarchisme à la pensée patriarcale [y compris donc, dans ses plus scandaleuses modalités d’expression : le meurtre, l’assassinat] et explique (partiellement) le soutien de tant d’anarchistes, de tant de libertaires, encore aujourd’hui, au bien-fondé du proxénétisme. 193
- Que l’on puisse encore positivement se référer à Proudhon révèle soit son inculture, soit son absence de rigueur, soit son manque de scrupule, soit sa caution politique de l‘antiféminisme : au choix.
- Les anarchistes doivent condamner fermement, clairement, politiquement l’antiféminisme, la haine des femmes de Proudhon.
- Tant qu’ils / elles ne le feront pas, les féministes doivent récuser l’anarchisme. (Cf. Politique. Anarchisme, Proxénétisme, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Patriarcat (Justification. Proudhon Joseph) (2) : 1981. Oriana Fallaci [1929-2006] concernant Aléxandros Panagoùlis [1939-1976] :
« [Tu étudiais] Proudhon dont le socialisme libertaire et opposé à toute violence [convenait à ton type de recherche]. » 194
- De la permanence des idées erronées…

Patriarcat (Justification. Proudhon Joseph) (3) : 2000. Dans le livre intitulé Les femmes de Platon à Derrida [2000], il est question du « délire misogyne » de Proudhon, de sa « misogynie déchainée », tandis que les auteures s’interrogent sur leur permanence « aujourd’hui encore ». 195
Non, la haine des femmes de Proudhon ne relève pas du « délire », fusse-t-il qualifié de « misogyne » ; elle est réelle, elle est réfléchie, pensée…Politique. (Cf. Femmes. Assassinées, Hommes. Machos-machistes. Misogyne, Famille. Mariage, Proxénétisme, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Patriarcat (Justification. Proudhon Joseph / Taubira Christiane) (4) : (23 septembre) 2014. Christiane Taubira, Ministre de la Justice, sur France Culture, auteure de :
« J’ai beaucoup aimé les théories de Joseph Proudhon, ce qui ne m’a pas empêché de le détester pour les conneries qu’il a dites sur les femmes. » 196 Tant que l’on traitera de «conneries» les justifications de la haine des femmes, du bon droit des hommes à les violenter, à les tuer, à les prostituer, aucune mesure concernant les violences à l’encontre des femmes ne peut être crédible. Que cette analyse soit effectuée par la ministre de la justice est particulièrement grave et relativise grandement son affirmation selon laquelle l’«on ne doit jamais s’accommoder des injustices».
- Christiane Taubira [bien peu modeste, et si aisément auto-justificatrice, lorsqu’elle parle d’elle-même] qui fonde ses successives légitimités sur la raison, l’amour, l’honnêteté, la conscience, l’intelligence, la liberté, la volonté, la sincérité…acceptera-t-elle une critique concernant la permanence de sa pensée patriarcale ?
- Mais, pour cela, ne faudrait-il pas qu’elle remette en cause cette phrase terrible [lorsqu’elle a évoqué ses engagements indépendantistes] : «on ne chicane pas sur les non-dits du droit» ? (Cf. Femme. « Politique », Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Patriarcat (Justification. Sade) (1) : Un (tout petit) florilège de ce que Sade [1740-1814] a écrit concernant les femmes :
- « Qu’importe qu’il la tue ou non ; Ce n’est jamais qu’une femme en moins » (p.875) ;
- « Je les méprise autant que je les hais. » (p.877) ;
- « Apprends putain qu’on tire ce que l’on peut d’une créature comme toi ; on ne l’aime point ; on s’en dégoûte, on la sacrifie ; femmes, voilà votre lot. » (p.984) ;
- « Je me sers d’une femme par nécessité, comme d’un pot de chambre. » (p.1022) ;
- « L’outrage que l’on fait à une femme ; ce peut être un titre pour lui en faire un second, mais jamais une raison suffisante pour lui accorder des dédommagements. » (p.1022), etc.… 197 (Cf. Relations entre êtres humains. Haine, Hommes, Pornographie. Proxénétisme. Femme-dite-prostitué, Violences. Violences à l’encontre les femmes)

Patriarcat (Justification. Sade) (2) : Ceux et celles qui défendent, qui justifient, qui ‘utilisent’ Sade doivent assumer le risque d’être considéré-es, sinon comme souhaitant - pour les autres - les violences qu’il met en œuvre et légitime, sans les prendre même en compte. (Cf. Violences. Violences à l’encontre les femmes)
* Ajout. 13 mai 2018. Sur France Inter, j’entends, parmi ce que ne sais si je dois les qualifier d’analyses, tant elles étaient honteuses et lamentables, arguer - pour justifier la pornographie - que les violences, tortures, et autres chez Sade [1740-1814] seraient plus graves que celles vues sur les sites pornographiques. 198 (Cf. Pornographie)

VIII. Patriarcat. Père :

Patriarcat (Père) (1) : Le refus du père autoritaire ne délégitime ni le père ni l’autoritarisme.

Patriarcat (Père) (2) : Concernant les femmes qui décident d’‘utiliser’ un homme sans leur avis, sans leur accord, en les piégeant, en leur mentant donc afin qu’il devienne le père de leur enfant, les transformant donc en géniteurs sans leur accord : ne peut être accepté. (Poursuivre)

Patriarcat (Père) (3) : (25 avril) 2019. Les pères qui se « libèrent » de leurs responsabilités, de leurs devoirs de père sont qualifié d’« indélicats, inciviques, défaillants », ai-je entendu à l’occasion des débats concernant leur non-paiement des pensions alimentaires.
Quelles cautions morales, politiques donnés à des hommes si nombreux par ailleurs qui, notamment, violent la loi… (Cf. Femmes. Pensions alimentaires, Politique. Lois)  

Patriarcat (Père. Althusser Louis) : Louis Althusser [1918-1990], auteur de :
« Mon père qui ne m’a jamais rien dit dans ma vie, ou presque rien. » 199
Une question : pourquoi, par quels mécanismes, les fils, sans réels échanges avec leurs pères, si souvent, niés, humiliés, frappés, dominés par leur père reproduisent-ils le patriarcat ? Le dénoncent-ils si rarement ? Et tuent-ils les femmes ? Et pourquoi cette question est-elle encore si peu traitée ? (Cf. Homme. «Intellectuel». Althusser Louis)

Patriarcat (Père. Aragon Louis) : 1936. Louis Aragon [1897-1982], dans Les beaux quartiers, auteur de :
- « […] Quant au dessert, la raillerie paternelle sur les choses de la continence monastique l’amenèrent à de demi-confidences sur la vie de son ménage et ses expéditions marseillaises, à lui, le docteur vit soudain le dégoût dans les yeux jeunes et implacable [ceux de son fils, Armand] qu’il espérait séduire. Il n’avait jamais pu supporter le regard gênant de ce petit…
La patience lui échappa, et il reprit son ton de maître. […] » (Cf. Sexes […]»
- « […] Armand était plein d’un fureur blanche. Il y avait du meurtre dans ses yeux. Il fit un pas vers son père, puis recula. Sa voix, il l’entendit lui-même avec étonnement, comme un phonographe, absolument autonome : ‘Lâche, lui disait-elle cette voix, tu as enfin giflé quelqu’un pour une fois ? Ton fils. Tu te venges sur lui de tous les coups de pieds au cul reçus dans ta vie ! » 200

Patriarcat (Père. Aron Raymond) : 1981. À la question de savoir pourquoi, en 1955, Raymond Aron [1905-1983] avait souhaité rejoindre l’Université (Chaire de sociologie à la Sorbonne), Raymond Aron, dans Le spectateur engagé, répondit :
« D‘abord, essentiellement, je n’avais pas le sentiment de m’accomplir dans le métier de journaliste. […]
Il y a une autre raison plus profonde et plus personnelle à laquelle je fais juste allusion : mon père n’avait pas réalisé sa carrière et il avait toujours, à la fin de sa vie, quand il était malheureux, rêvé que ce serait moi, son troisième fils, qui ferait ce que lui n’avait pas fait. J’avais une espèce de dette à son égard et j’avais le sentiment que je ne payais pas cette dette si j’étais seulement un journaliste ou un homme politique. Je devais donc être un professeur et écrire des livres, des livres valables. Donc j’ai réellement souhaité être élu à la Sorbonne. » 201 (Cf. Êtres Humains. Soi, Homme. « Intellectuel ». Aron Raymond, Sociologie)

Patriarcat (Père. Georges Bataille) : 1967. Georges Bataille [1897-1962], dans La littérature et le mal, concernant Jean Genet [1910-1986], auteur de :
« Abandonné par sa mère, élevé par l’Assistance publique, Jean Genet […] » 202 (Cf. Femme. Mère)

Patriarcat (Père. Bettelheim Bruno) : 1976. Bruno Bettelheim [1903-1990], dans son livre Psychanalyse des contes de fées, auteur de :
« L’apparition fréquente de ces pères faibles dans les contes de fées indique que les maris dominés par leur femme ne sont pas un phénomène nouveau. » 203 (Cf. Psychanalyse)

Patriarcat (Père. Bloche Patrick) : (2 mai) 2002. Marie-Jeanne Buisson et Patrick Bloche annoncent la naissance de leur fille. Le texte se termine ainsi :
« Au lendemain du 21 avril 204, l'arrivée de Joséphine a été d'un grand réconfort, tout particulièrement pour son papa. » Patrick Bloche, député PS, rapporteur de la loi sur le Pacs était alors aussi membre de la Délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre hommes et femmes. 205 (Cf. Politique. Égalité des chances)

Patriarcat (Pères. Canard enchaîné Le) : (4 septembre) 2019. Dans Le Canard enchaîné, dans une critique du livre de Gilles Havard, L’Amérique Fantôme [Flammarion], je lis évoquer :
« [concernant les « Blancs » « français »] : « ces coureurs de bois qui faisaient commerce de peaux et fourrures, baragouinaient les langues locales, s’établissaient parfois dans les tribus, où il semaient des petits métis. »
Qu’en termes élégants, en viols légitimées et en vies détruites, ces choses-là sont dites.
- Plus loin, je lis, repris du livre : « Pendant trois siècles [1550-1850], ‘les cultures indigènes et celles des envahisseurs ont cohabité […] ». (Cf. Politique. Colonialisme, Histoire) 206

Patriarcat (Père. Dada Amin) : 1974. Amin Dada [1925-2003], dans le film que Barbet Schröder lui a consacré, après avoir déclaré qu’il « avait 18 enfants », poursuit :
« Je suis un très bon tireur.» [Rires….] (Cf. Culture. Cinéma. Relations entre êtres humains. « Faire l’amour », Sexes […]. Hommes) 207

Patriarcat (Père. Delon Alain) : 1986. Alain Delon n’a jamais reconnu Ari Boulogne. En 1986, celui-ci raconte :
« Alain Delon, une main sur le volant, l’autre me tapotant l’épaule, me tient ce discours : ‘ T’es mon pote, toi, t’es mon pote’. Mais je vais te dire un truc, tu n’as pas mes yeux, tu n’as pas mes cheveux. Tu n’es pas mon fils, tu ne seras jamais mon fils. Je n’ai couché avec ta mère qu’une seule fois. » 208

Patriarcat (Père. Duhamel Georges) : (13 mars) 1940. Lu, concernant Georges Duhamel [1884-1946], dans le Journal de Romain Rolland [1866-1944] :
« Son aversion contre l’hitlérisme est profonde et irréductible. Il est prêt à tout risquer - même la vie de ses fils qu’il adore - dans ce combat. » 209

Patriarcat (Père. Ferrante Elena) : Elena Ferrante, dans Celle qui fuit et celle qui reste, auteure de (concernant Nino) :
« En dépit de ses qualités, c’était un homme frigide et superficiel, un organisme animal qui répandait sueurs et fluides et qui laissait derrière lui, comme les restes d’un plaisir distrait, de la matière vivante, conçue, nourrie et formée dans le ventre des femmes. » 210 (Cf. Corps, Relations entre êtres humains. Faire l’amour, Femmes, Sexes)

Patriarcat (Père. France Culture) : (14 septembre) 2019. France Culture intitule l’émission consacrée au père qui avait enlevé puis retiré pendant onze années leurs deux fils à leur mère : « Au nom de mes fils, Xavier Fortin : Père liberté » Et je lis en sus, notamment :
« Quand il revient sur le passé, c’est avec la conscience d’un père qui a fait le bon choix pour venir en aide à ses fils, en privilégiant la liberté et la clandestinité aux normes de la société. » 211

Patriarcat (Père. Franquisme) : (24 avril) 2013. Afin de faire oublier aux enfants volés par l’église franquiste espagnoles leurs mères et pères anarchistes, communistes…tué-es, emprisonnées, les enfants, « ces bâtards de rouges » étaient élevés dans des couvents, éduqués par des jésuites, des curés, des religieuses et soumis à un incessant lavage de cerveau. Voici les paroles d’une chanson que les enfants devaient quotidiennement chanter :
« Les enfants de l’Espagne libérée ont un père qui est dans le ciel. Et un autre sur terre qui s’appelle Franco et qui ne les oubliera jamais. » Interview de Carmen Pino, (anciennement prénommée Libertad). 212 (Cf. Êtres humains, Enfants, Famille, Politique. État, Violences. Violences des lois religieuses)

Patriarcat (Père. Freud) : (18 décembre) 1916. Sigmund Freud [1856-1939], écrit à Karl Abraham [1877-1925] :
« J’ai très peu à faire. […] Dans ce cas, bien-être n’est pas synonyme de loisir, car ma constitution psychique exige impérieusement que je gagne et dépense de l’argent pour les miens, afin d’accomplir mon complexe paternel, que je connais bien. » 213 (Cf. Famille, Langage. Possessif, Patriarcat, Économie, Psychanalyse. Freud Sigmund)

Patriarcat (Père. Gallimard) : 1990. Françoise Verny [1928-2004], dans son livre Le plus beau métier, auteure de :
« Christian [Gallimard] manque de bon sens mais il est avant tout la victime de son père. Ce dernier [Gaston Gallimard. 1881-1975] a dévolu à son aîné [Claude] le rôle du gestionnaire en réservant à son cadet Antoine la place de super-directeur littéraire (en fermier d’autrefois, il n’accorde aucune importance à ses filles, Françoise et Isabelle, même s’il éprouve beaucoup de tendresse à la benjamine). »
Antoine Gallimard, ayant été privilégié par son père, un conflit entre les quatre enfants, inégalement traités, s’en suivit. (Cf. Famille)

Patriarcat (Père. Gide André) (1) : 1923. La fille d’André Gide [1869-1951] et d’Élisabeth Van Rysselberghe [1923-2013], Catherine Gide, nait le 18 avril 1923. Dans la publication des lettres entre Gide et la mère d’Élisabeth, Maria Van Rysselberghe [1866-1959], la lettre l’informant de la naissance de l’enfant est publiée. Puis, on lit la note suivante :
« Gide est en voyage au Maroc : il quitté Paris le 24 mars avec Paul Desjardins qui l’a convaincu de l’accompagner, et sera de retour en France le 23 avril. »
- Le 9 mai 1923, elle lui écrit : « Avez-vous au moins assez envie de la voir, Catherine ? »
- C’est sans doute le 17 mai, qu’en compagnie de Marc Allégret, il rejoindra Élisabeth et Maria ; sans doute fera-t-il alors la connaissance de Catherine. 214
- Pour rappel, sa fille ne fut informée - par une indiscrétion - de la réalité de la paternité de Gide qu’à l’âge de 13 ans. Alors, il la lui confirma. (Cf. Femme. Épouse. Gide André, Famille. Gide André)

Patriarcat (Père. Gide André) (2) : (1er janvier) 1942. André Gide [1869-1951] écrit, dans son Journal :
« Catherine [sa fille. 1923-2013] aurait pu m’attacher à la vie ; mais elle ne s’intéresse qu’à elle-même - et cela ne m’intéresse pas. »
- Le 2 janvier 1942, Gide poursuit :
« […] Dans ce que j’écrivais sur Catherine, il n’entre que très peu de blâme. Il ne me déplait pas que cette enfant se développe singulièrement et d’une manière assez déroutante pour ceux qui la suivent. Elle me ressemble beaucoup trop pour ne point me forcer de penser que j’étais pareil à ce qu’elle est aujourd’hui et que j’aurais agi de même sans ce grand amour qui me souleva si loin au-dessus de moi-même.
Mais jusqu’à présent elle n’a d’amour et d’attention assidue que pour elle et, si j’ajoute que sa voix se fait belle et que certains jours, elle peut être d’une grâce exquise, voici qui, à ses yeux, fera passer tout le reste. Malgré son égoïsme, elle s’est de tout temps beaucoup intéressée à autrui : en romancière, eut-on dit, et je pense maintenant : en actrice.
[…]
J’ai connu de pareils déboires avec Marc
[Allégret. 1900-1973] ; il suffisait que quelque chose vint de moi pour que la curiosité qu’il en marquait retombât aussitôt. C’est comme si, l’un, puis l’autre avait à se défendre de moi. Mieux vaut ainsi, je tâche de m’en convaincre. »
- Le 10 avril 1942, Gide écrit, après avoir évoqué ses regrets la concernant :
« […] Au demeurant, elle n’a jamais été plus charmante, et particulièrement avec moi. Mais je m’éloignerai d’elle sans regret, constatant tristement qu’elle emploie si mal et si peu mon dévouement pour elle. […] » 215

Patriarcat (Père. Guilbert Yvette) : 1903. Extraits de la chanson D’Elle à Lui, d’Yvette Guilbert : « Tu m’écris, Léon, qu’i faut que j’oublie / Parce que dans qué’ques jours, tu vas te marier / Ce qu’tu m’demandes là, Mais c’est de la folie / Car y a des amours qu’on ne peut oublier […] Et l´jour où j´t´ai dit / J´crois qu´ j´vais être mère / Ah! Un p´tit enfant d´toi / C´était fabuleux / Tiens / Je l´ai là encore, ta voix dans l´oreille / Pas d´petit salé / On est assez d´deux ! / Ah! Tu t´fichais bien / D´ma vie, d´ma souffrance / Ça prouve, mon pauvre vieux / Qu´si t´es mufle et lâche / C´est pas d´aujourd´hui / Qu´j´en fais l´expérience / Mais il y a des choses / Qu´une femme n´oublie pas. […] »
- Combien de femmes enceintes, abandonnées de ce fait, par un homme ? Et combien de souffrances, jamais qualifiées de politiques. Des multitudes…
Et on ose encore parler, et même revendiquer « la protection » des hommes !

Patriarcat (Père. Hugo Victor) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les misérables, évoquant « un quatuor de bandit », en dressant le portrait de Babet, écrit :
« Il avait été marié et avait eu des enfants. Il ne savait pas ce que sa femme et ses enfants étaient devenus. Il les avait perdus comme on perd son mouchoir. » 216

Patriarcat (Père. Inconnu) : 1936. Thérèse Planiol, dans son livre Une femme, un destin, chargée de convaincre une jeune fille de 22 ans, « d’extérieur quelconque, ni riche, ni démunie, ni résignée, ni révoltée, mais obstinément réticente à ma pression cependant mesurée » de ne pas abandonner définitivement ‘son’ enfant, reproduit sa réaction et les échanges qui s’en sont suivis :
« Mais que voulez-vous que je fasse de ce gosse ? Je m’en fous, je ne connais même pas le père !» / «Vous avez plusieurs amants ?» / «Mais non, pas du tout.» / «Mais alors comment avez-vous fabriqué cet enfant ?» / «Ben c’est simple. J’ai une chambre de bonne. Une nuit, la fille d’à côté a mis le feu. Un des pompiers est entré chez moi, sans allumer. On a fait ‘ça’ très vite. Il est reparti. Je n’ai même pas vu sa figure !» / «Voulez-vous que j’essaie de le retrouver ?» / «Oh, non alors ! Pourquoi faire ? De toute façon je ne veux pas d’enfant. » 217 (Cf. Femme. Remarquable. Planiol Thérèse)

Patriarcat (Père. Kafka Franz) : 1919. Lire la Lettre au père de Franz Kafka. [1883-1924] 218
L’extraordinaire lucidité d’un homme, celui qui a, notamment, écrit Le procès
* Ajout. 29 mars 2019. À l’écoute, à la radio, étouffant…

Patriarcat (Père. Kholer Florent) : (29 décembre) 2018. Florent Kholer, « anthropologue. Membre du Conseil national de la nature », après avoir affirmé que « la nature a des droits, [que] les générations futures ont des droits », poursuit :
« Moi, je m’en veux, aujourd’hui, d’avoir des enfants. C’est horrible à dire. J’en ai deux en bas âge. » 219 (Cf. Enfants, Famille, Anthropologie, Démographie)

Patriarcat (Père. Léautaud Paul) : Marie Dormoy [1886-1974] concernant Paul Léautaud [1872-1956], auteure de :
« Quand il s’est mis à travailler, son père ne lui donnait pas d’argent. il fallait qu’il s’habille avec les anciennes défroques de son père [qui était beaucoup plus grand et fort que lui]. Quand on pense que tout un hiver il a marché avec des souliers avec des talons rouges du répertoire (de la Comédie française où son père état souffleur). Son père ne lui donnait rien. C’est affreux. […]
Tout de même, vous voyez comme un enfant peut être traumatisé jusqu’à la fin de ses jours. » 220 (Cf. Enfant, Femme. Mère. Léautaud Paul, Homme Remarquable. Léautaud Paul)

Patriarcat (Père. Le Maire Bruno) : 2011. Bruno Lemaire, alors ministre de l’agriculture, écrit dans son livre Jours de pouvoir, concernant son fils déjà âgé de trois mois le 22 octobre 2011 :
« Pour la première fois depuis sa naissance, je trouve le temps de m’occuper de Barthélemy. Je le baigne, je le sèche, je frotte la serviette sur son crâne pelucheux, il sourit ; son visage s’éclaire puis se ferme aussitôt. Sa langue minuscule sort de sa bouche, comme la valve rose d’un coquillage. Dehors, sur le canal à l’écart, des gondoliers échangent des billets de 100 euros […]».
- Barthélemy, ‘son’ quatrième fils, était né le 19 juillet. 221 (Cf. Femme, Homme « Politique », Famille, Lemaire Bruno, Économie. Le Maire Bruno)
* Ajout. 3 juin 2018. Le même Bruno Lemaire, alors ministre de l’Économie et des finances [d’un autre gouvernement], auteur le 17 mai (sur twitter) de :
« Avec Emmanuel Macron et Édouard Philippe, nous avons un cap : le travail. Nous voulons un travail pour tous et que le travail paie dans notre pays. » 222

Patriarcat (Père. Le Pen Marine) : (10 avril) 2017. Marine Le Pen, auteure de :
« […] Je ne dois rien […], à personne, d'ailleurs. » 223 (Cf. Politique, Front National)
Le meurtre du père ? Non, son déni, et donc nécessairement, celui du réel…

Patriarcat (Père. Marie-Claire) : (mars) 2016. Lu dans Marie-Claire ce passage de l’interview d’une jeune actrice qui répond ainsi une des questions du journal :
« J’avais 14 ans. À cet âge-là, on fait des tests. Un jour, j’allais sortir avec une jupe très courte, un haut très court et des talons très hauts. Je demande : «’Papa, je suis jolie ?‘ Tranquillement, très tranquillement, il a levé les yeux et a répondu : ‘Oui, tu es très jolie. Tu as un peu l’air d’une pute, mais tu peux sortir comme ça si tu veux.’ C’était très bienveillant, sublime. Je suis remontée me changer. »
- Un père qui dit à sa fille : ‘Tu as l’air d’une pute’ était donc ‘bienveillant’. 224
N.B. Cette actrice avait déjà été ‘nominée’ pour le «César ( ! ) du meilleur espoir féminin» en 2012 pour son rôle dans le film L’Appollonide : Souvenirs de la maison close. (Cf. Culture. Cinéma, Femme. « Féminin», Proxénétisme)

Patriarcat (Père. Mauriac François) : 1957. François Mauriac [1885-1970], concernant le métier d’écrivain, répondant aux questions de Madeleine Chapsal, évoquant « l’obligation matérielle - dont on ne parle jamais mais qui existe, car c’est notre métier d’écrire - », sans transition, poursuit :
« Et moi aussi, j’ai élevé des enfants ! » 225 Seul ? …Et qui lui coûtaient cher ?

Patriarcat (Pères. Miller Arthur) : 1988. Arthur Miller [1915-2005], dans son autobiographie, Au fil du temps, s’interrogeant sur ses rapports avec son père, poursuit :
« […] Quelques années plus tard, je serai frappé de constater le nombre d’écrivains dont les pères avaient connu l’échec ou avaient été considérés comme des ratés par leurs fils : Fitzgerald, Faulkner, Hemingway (dont le père se suicida), Thomas Wolf, Steinbeck, Poe, Whitman, Melville, Hawthorne, sans parler de Tchékhov, Dostoïevski et Strinberg.
La liste est trop longue pour qu’on succomba à la tentation d’attribuer le phénomène à une idiosyncrasie fortuite.
Aussi différentes que soient ces écrivains, ils partagent tous la même ambition de créer une nouvelle cosmologie au lieu de se contenter de décrire le monde tel qu’il est.
S’ils le pouvaient, ils inventeraient une nouvelle façon de percevoir les choses, qui changerait la face du monde.
La grande différence entre les auteurs américains et ceux de la plupart des pays d’Europe vient de l’absence d’une vision révolutionnaire - sociale et politique - de l’univers.
Seul Steinbeck, arrivé à maturité dans les années trente après avoir fait l’expérience des luttes sociales, présente dans ses œuvres l’aspect politique de la situation et parfois aussi son côté révolutionnaire. […] » 226 (Cf. Culture, Hommes, Famille, « Sciences » sociales, Histoire)

Patriarcat (Père. Mirabeau) : 1853. Jules Michelet [1798-1874] dans son Histoire de la Révolution française, décrit le père de Mirabeau [1749-1794], Victor Riquetti de Mirabeau [1715-1789], auteur notamment de L’ami des hommes […] en ces termes :
« ennemi de sa famille, qui tenait enfermés tous les siens, femme, fils et filles, peuplait les prisons d’État, plaidait contre ses voisins, désolait ses gens. » 227
- Je lis sur Wikipédia, à l’appui de ce jugement, qu’il aurait obtenu « grâce à ses amis ministres 54 lettres de cachet. » (Cf. Justice. Lettre de cachet)

Patriarcat (Père. Mitterrand François) : 2012. Mazarine Pingeot, dans son livre Bouche cousue, se remémore une rencontre de son père François Mitterrand [1916-1996], alors du président de la République - à laquelle elle et sa mère son associées - avec la chanteuse Barbara [1930-1997] :
« Nous avons la place que papa veut nous donner un soir. Mais elle n’existe pas. Il faut faire avec. Nos corps maladroits qui voudraient se faire oublier, et notre curiosité malgré tout. Papa transgresse la frontière, mais s’il s’agit d’une artiste, alors c’est moins grave, c’est même jouissif pour lui. À chaque représentation théâtrale, il profite de ce moment officiel-officieux, pour jouer de ces transferts. Il me présente comme Mazarine ‘qui apprécie beaucoup ce que vous faites’. Je rougis. J’ai honte de la fierté de papa à me montrer sans me présenter complètement, de l’indifférence naturelle des artistes qui veulent lui faire plaisir en m’adressant un sourire. […] »
- Pour contextualisation, Mitterrand n’a « reconnu » officiellement être le père de sa fille que 10 ans après sa naissance. 228

Patriarcat (Père. Napoléon) : 1876. Hippolyte Taine [1828-1893], dans Les origines de la France contemporaine, évoque rapidement le père de Napoléon [1769-1821] en ces termes :
« Sa mère, Laetitia Ramolino [1750-1836] , de laquelle, par le caractère et la volonté, il tient bien plus que de son père […] ». Et un note précise :
« Son père, Charles Bonaparte [1746-1785], faible et même frivole, ‘trop ami du plaisir pour s’occuper de ses enfants’ et bien conduire ses affaires, assez lettré, médiocre chef de maison, mourut à trente-neuf ans d’un squirre [tumeur] à l’estomac, et semble n’avoir transmis que cette dernière particularité à son fils Napoléon. » (Cf. Femme. Mère. Napoléon)

Patriarcat (Père. Pape. 2015) : (19 janvier) 2015. Dans une dépêche de l’AFP intitulée : Le Pape défend la ‘paternité responsable’, je lis notamment : 229
«‘ L'ouverture à la vie est une condition du sacrement de mariage’, a rappelé le Pape lors d'une conférence de presse dans l'avion qui le ramenait à Rome après un voyage aux Philippines, où les familles sont souvent nombreuses. Mais cela ne signifie pas que les chrétiens doivent faire des enfants en série. J'ai fait des reproches à une femme, enceinte du huitième après sept césariennes’ : ‘Vous voulez laisser orphelins sept enfants !’, lui ai-je dit’. Même si ‘pour les pauvres, l'enfant est un trésor’, ‘l'exemple de cette femme, c'est de l'irresponsabilité’, a-t-il estimé.‘ Elle dit : 'J'ai confiance en Dieu'. Mais Dieu te donne les moyens pour être responsable. Certains croient, excusez-moi du terme, que, pour être bons catholiques, ils doivent être comme des lapins’, a-t-il regretté. »
La paternité, pour le Pape, doit être « responsable» , mais c’est la femme qui est jugée seule « irresponsable » et à qui le pape fait des « reproches » : voilà où en est la pensée de l’Église catholique au XXIème siècle. Et comment doit-elle / peut-elle être « responsable » ? : hors sujet, pour le Pape… (Cf. Femme. Remarquable. Eve, Homme « Irresponsable », Famille)

Patriarcat (Père. Poivre d’Arvor Patrick) : 1988. Patrick Poivre d’Arvor, dans son livre Les femmes de ma vie, dans lequel il inclue ses filles, évoquant l’une d’elles, écrit :
« À treize ans, j’eus peur qu’on me la viole, à quatorze qu’on s’amuse avec elle, à quinze ans, qu’on me l’emprunte, à seize, qu’on ne me la vole. À dix-sept ans bien sûr, on finit par me la prendre. » 230 (Cf. Homme. Journaliste, Famille, Langage. Possessif, Politique, Protéger, Violences. Violences incestueuses)

Patriarcat (Père. Rondeaux Madeleine) : 1891. Madeleine Rondeaux [1867-1938], [quatre ans avant son mariage avec André Gide. 1869-1951] écrit dans son Journal :
- le 12 janvier 1891 : « […] Sentir ta confiance en ta fille ainée a été, cher père, la joie du cœur la plus complète, la plus purifiante pour l’âme que j’ai jamais ressentie. » Suit une invocation religieuse. Puis […] « Et j’ai perdu mon père » [mort le 1er mars 1890]
- le 28 janvier 1891 : « […] Cher papa, je reviens à toi. Prends-moi. »
- le 23 février 1891 : « […] Papa, O notre Père tant aimé…Te revoir, te parler, être avec toi, près de toi, de nouveau ! … »
- le 1er mars 1891 : « […] O, Père, où es-tu ? Quand nous reverrons-nous ? Nous vois-tu, nous aimes-tu toujours ? Suis-je toujours ta fille, ta fille ainée ? O père, reviens, ou que j’aille vers toi ! »
- le 25 octobre 1891 : « […] Papa, papa, ne nous oublie pas ! Je t’aime tant, te respecte et t’admire tant… Restons, oh ! restons toujours comme autrefois. »231

Patriarcat (Père. Rousseau Jean-Jacques) : 1782. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778] parle de l’abandon de ses cinq enfants dans ses Confessions 232 en ces termes :
« Mon troisième enfant fut donc mis aux enfants-trouvés, ainsi que les premiers, et il en fut de même des deux suivants. Cet arrangement me parut si bon si sensé, si légitime que si je ne m’en vantai pas ouvertement, ce fut uniquement par égard pour la mère […]. » (p.357)
- Le concernant, cependant, il évoque « sa faute [qui est] grande» (p.358), et parle des « entrailles de père » [« qui ne sauraient parler bien puissamment pour des enfants qu’on n’a jamais vus »] (p.359). (Cf. Femme. Mère. Le Vasseur Thérèse, Histoire. Historiographie. Patriarcale. Wikipédia)

Patriarcat (Père. Sartre Jean-Paul) (1) : (1erfévrier) 1973. Question posée par Jacques Chancel à Jean-Paul Sartre [1905-1980], concernant son père, ainsi que sa réponse :
« Votre père, polytechnicien était officier de marine. Il est mort en Cochinchine, vous aviez 8 mois. Ce père vous a-t-il manqué ? »
Réponse : «C’est difficile à dire. C’est sans doute important de ne pas avoir de père. Je pense en particulier qu’un enfant subit toujours l’influence de son père, sur le plan de la profession, de la propriété et d’une foule de choses que ce père a hérité des autres et qui lui tracent comme un destin. Moi, je n’ai pas eu cela. Je n’ai pas été commandé, ce qui m’a sans doute donné le sentiment de la liberté. Donc, je ne peux pas dire que mon père m’ait jamais manqué. Pour moi, il a été une photo dans la chambre de ma mère et c’est tout.» 233 (Cf. Famille)

Patriarcat (Père. Sartre Jean-Paul) (2) : 1947. Jean-Paul Sartre [1905-1980] dans son livre Baudelaire [1821-1867], auteur de :
« […] Ce qu’il [Baudelaire] ne peut souffrir dans la paternité, c’est cette continuité de vie entre le géniteur et les descendants qui fait que le premier, compromis par les derniers, continue à vivre en eux d’une vie obscure et humiliée. Cette éternité biologique lui semble insupportable […]. » 234

Patriarcat (Père. Soum Evelyne) : 1993. Évelyne Soum, publicitaire, interviewée, auteure de : « […] Je ne vis pas sous le même toit que le père [de son enfant]. […] L’essentiel est la sécurité affective de l’enfant. Jusqu’à l’âge de trois ans, c’est la mère qui l’apporte. Le père reste la valeur ajoutée. […] » 235 (Cf. Famille)

Patriarcat (Père. Staline) : 1967. Svetlana Alliluyeva [1926-2011], la fille de Staline [1878-1953] raconte ce qui suit :
- Concernant le fils de Staline, Iacha, et de sa première épouse décédée, Iakov Djougachvili [1907-1943] :
« Mon frère ainé, Iacha, avait sept ans de moins que maman. Elle était très tendre et très attentive à son égard, fut sa consolatrice lors de son premier mariage malheureux quand la femme de Iacha mit au monde une petite fille qui mourut peu après. Maman en fut très peinée et tenta de rendre, dans la mesure du possible, la vie plus facile à Iacha. Mais c’était là, une tâche bien ardue, car mon père était mécontent du déménagement de Iacha à Moscou.
La tentative de suicide de Iacha produisit sans doute sur maman une impression très pénible. Poussé au désespoir par l’attitude de son père qui refusait de l’aider, Iacha voulut se tuer d’une balle de révolver, chez nous, dans la cuisine de notre appartement du Kremlin. Par bonheur, il ne fit que se blesser. Mon père n’y trouva qu’un prétexte à sarcasmes : ‘Ah ! ah ! Il a raté son coup’ ricanait-il de temps à autre. Maman en fut bouleversée.
[…] »
- La concernant, elle devint amoureuse d’Alexis Jakovlevitch Kapler, d’un amour « platonique » partagé - « quelques heures durant l’hiver 1942-43, puis, des jours comptés en 1955 [après deux fois, 5 années de déportation]. C’est tout. »
Lorsque Staline fut mis au courant, « il entra directement dans ma chambre où son seul regard pétrifia ma nounou qui glissa sur le sol et resta tapie dans un coin de ma chambre. Je n’avais jamais vu mon père ainsi. […] Il suffoquait de colère et put à peine articuler : ‘Ou est ta correspondance, où sont toutes les lettres de ton écrivain ?’. On ne peut rendre le mépris avec lequel il prononça ce mot d’’écrivain’. ‘Je sais tout ! toutes tes communications téléphoniques, les voici‘ et il enfouit sa main dans sa poche : ‘Viens-là, un peu ! Ton Kapler est un espion anglais, il est arrêté !’
Je trouvais sur ma table toute ma correspondance de Lioussa et les photos qu’il m’avait rapportées de Stalingrad avec leurs légendes. Il y avait là tous ses livres annotés, ses ébauchés de récits et un nouveau scénario de film sur Chostakovitch. Il y avait aussi la longue et triste lettre d’adieu que Lioussa m’avait donnée le jour même de mon anniversaire, en souvenir de lui. ‘Mais, je l’aime !’ dis-je enfin, avec éloquence. ‘Tu l’aimes ! cria mon père et il m’envoya deux gifles pour la première fois de sa vie
. […]
Et en me fixant, il prononça ces mots qui me terrassèrent : ‘Regarde-donc toi un peu dans une glace ! À qui peux-tu donc plaire ? Il est entouré de filles, espèce d’idiote !‘ Et il partit dans la salle à manger en emportant tout le ‘dossier’ pour le lire lui-même.
» 236

Patriarcat (Père. Stendhal) (1) : Stendhal [1783-1842], auteur de :
« Mon père ne m’aimait pas comme individu, mais comme fils devant perpétuer sa famille. » 237

Patriarcat (Père. Stendhal) (2) : 1804. 1805. Stendhal [1783-1842], dans son Journal, le 9 décembre 1804, le 7 janvier 1805, le 4 mars 1805 traite son père de « bâtard » : « mon bâtard », « mon bâtard de père », « le bâtard », et il en renouvellera l’emploi.
- Une première note de La Pléiade analyse l’emploi de ce terme ainsi : « Le fils répudie le père au nom d’une lignée idéale à laquelle il veut se rattacher » et précise que : « La notion de bâtardise sera l’un des thèmes de l’œuvre romanesque stendhalienne.»
- Une seconde note précise que ce terme, pour lui, « prend de plus le terme plus général de mauvais génie, d’être méprisable. » 238 (Cf. Famille, Langage)

Patriarcat (Père. Stendhal) (3) : (22 février) 1805. Stendhal [1783-1842], dans une lettre à sa sœur Pauline [Beyle, 1786-1957] lui écrit :
« Je suis très affligé de ce que mon père ne m’écrive plus, je ne sais qu’en penser. Cela est d’autant plus fâcheux qu’il faudra que je lui écrive, un de ces jours pour lui demander de m’habiller cet hiver, et qu’il pourra dire avec raison que je ne lui écris que comme un intendant ; mais c’est que je ne sais que dire à quelqu’un avec qui la décence m’empêcher de plaisanter, et qui ne me dit rien. Je suis vraiment fâché de cet état de choses, tâche d’en pénétrer la cause et dis-lui (sans qu’il te le demande et sans que ça ait l’air de venir de moi) que je suis bien triste de son silence ; tu ne diras que la vérité. Je crains que ce soit ces maudites affaires d’argent qui ne m’aient mal mis auprès de lui, mais enfin, il faut bien, vivre. Il m’avait promis en partant de Grenoble, 240 francs par mois et des habillements ; il ne me donne que 200 francs et point d’habillement, de manière que je suis criblé de dette. Or, avoir des dettes et être brouillé, c’est trop de la moitié. [...] » 239

Patriarcat (Père. Tournier Michel) : (6 juin) 2015. Michel Tournier [1924-2016], auteur de :
« Pour être père, il faut une femme. » 240 (Cf. Femmes, Famille, Langage)

Patriarcat (Père. Tristan Flora) : 1843-1844. Flora Tristan [1803-1844], dans Le tour de France, auteure de :
« Ce pauvre garçon ne fait rien, il n’a pas de fortune et a une nombreuse famille. - Je ne comprends pas que dans cette position on fasse des enfants tous les ans, cela me paraît le plus épouvantable de tous les crimes. » 241 (Cf. Famille, Justice)

Patriarcat (Père. Viols) : (14 avril) 2018. Un père et un mari, 57 ans, lors du procès pour viols de sa fille (dès l’âge de 5 ans) et de son épouse, après avoir reconnu « les faits » (!) mais dit n’avoir « jamais été violent », déclara 242 :
« Lorsque j’avais des envies et que ma femme ne voulait pas, je prenais la petite. » (Cf. Homme, Famille, Sexes […], Violences)

Patriarcat (Père. Voltaire) (1) : (22 juillet) 1752. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au comte d’Argental [1700-1788], écrit :
« […] Quelquefois je songe à tout ce que j’ai essuyé, et je conclus que si j’avais un fils qui dût éprouver les mêmes traverses, je lui tordrait le cou par tendresse paternelle. » 243

Patriarcat (Père. Voltaire) (2) : (13 janvier) 1758. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Jean-Robert Trochin [1710-1793], évoque « un prêtre qui a été fort renommé en son temps pour faire des enfants dans les maisons où il était le précepteur. » 244

Patriarcat (Père. Voltaire) (3) : (3 février) 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Jacques-Bernard Chauvelin [1701-1767] écrit :
« On prétend que les Chinois et les Indiens disent à Dieu en mourant, Tu n’as rien à me reprocher, j’ai fait des enfants, bâti des maisons, planté des arbres. Je ne sais pas bien exactement, Monsieur, si j’ai remplis le premier devoir, mais […] je plante et je bâtis. » 245

Patriarcat (Père. Voltaire) (4) : (2 janvier) 1763. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à M. Damilaville [1723-1768] écrit :
« J’attends la population [l’ouvrage] de M. de Beaumont. Ce livre sera sans doute ma condamnation. Je n’ai point peuplé, et j’en demande pardon à Dieu. Mais aussi la vie est-elle toujours quelque chose de si plaisant qu’il faille se repentir de ne l’avoir point donnée à d’autres ? » 246

Patriarcat (Père. Voltaire) (5) : (15 août) 1775. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Jean-François de la Harpe [1736-1830] après avoir évoqué l’une de ses pièces, Menzicoff, qui devait se jouer à Paris, lui écrit :
« Mes entrailles paternelles s’émeuvent de tendresse à chacun de vos succès. » 247

Patriarcat (Père. Yver Colette) : 1930. Colette Yver [1874-1953], dans son livre Lettres à un jeune mari, évoquant la naissance du premier enfant du jeune couple écrit au père déçu de n’être pas père d’un fils :
« Mais c’est une fille et il vous semble que vous êtes deux fois moins père. » 248

Patriarcat (Père. Zidane) : (17 mai) 2002. Annonce de naissance sur LCI :
« Zidane, dans l’attente d’un heureux événement... rejoindra l’équipe (de France) mardi. » 249

Patriarcat (Père. Zola Émile) : Lorsque Jeanne Rouzerot [1867-1914] mit au monde, le 20 septembre 1889, le premier enfant d’Émile Zola [1840-1902], sans que son épouse légitime ne soit au courant des liens qu’il avait contractés avec elle, celui-ci dut demander un ami, Henry Cérard d’aller signer comme second témoin l’acte de naissance à la Mairie du IXème arrondissement ; lui, le père faisant office de premier témoin.
L’enfant, Denise, est déclaré de « père non nommé ».
La mère, elle, deux mois après, signera le document en reconnaissant officiellement sa fille.
Le 27 septembre 1891, pour la naissance du second enfant, Jacques, Émile, c’est encore « le bon Cérard » à qui il est demandé de déclarer l’enfant avec le médecin qui a accouché la mère. - Zola, en vacances avec sa femme, en fut informé par une annonce codée dans la presse.
- Après la mort de Zola, son épouse fera reconnaître légalement les enfants comme ayant pour père légitime Zola, dont ils purent prendre le nom en 1906.
Mais Jeanne, Denise et Jacques Rozerot, perdus dans la foule, avaient suivi, anonymes, les funérailles de Zola en 1902. 250

Patriarcat (Père. Wikipédia) : 1677. Lu dans Wikipédia concernant Marie-Catherine Desjardins, dite de Villedieu [1640-1683] :
« […] En 1677, «Madame de Villedieu» épouse Claude-Nicolas de Chaste, chevalier, sieur de Chalon. Union éphémère, puisque l’officier mourra deux ans plus tard, non sans avoir permis à Marie-Catherine de devenir mère pour la première fois, à l’âge de trente-huit ans. » 251

IX. Patriarcat. (Permanence) :

Patriarcat (Permanence) (1) : Le seul système de domination (se manifestant dans tous les ‘champs’ : politique, économique, juridique, artistique, linguistique, symbolique..) qui ait perduré et se soit adapté à tous les autres : esclavagiste, féodal, capitaliste, communiste, socialiste, libéral... Le plus ancien, le plus durable, le moins combattu. Le plus violent : plus grave, sa violence n’est toujours pas reconnue comme telle. Toute analyse qui n’intègre pas cette antériorité dans sa permanence historique en perpétue le déni et maintient la caution d’une pseudo universalité, celle, rationnalisée par le monde (patriarcal) occidental. (Cf. Patriarcat. Concept, Violences à l’encontre des femmes, Violences de la loi)

Patriarcat (Permanence) (2) : À l’instar de tous les pouvoirs, le patriarcat profite, utilise toutes les contradictions, toutes les failles, toutes les ambiguïtés, celles de l’action comme de la pensée ; profite de chaque répit, de chaque recul, de chaque résignation, de chaque laisser-aller et les retourne à son profit. À chacun-e d’apprendre à les lire, les comprendre, les utiliser contre lui ; ce ne sont pas les exemples qui manquent.

Patriarcat (Permanence) (3) : Pour ne pas s’enliser dans d’éternelles dénonciations, devenues souvent inaudibles à force d’être répétées, mais sans pour autant les passer sous silence, il importe de distinguer parmi les innombrables manifestations patriarcales celles qui relèveraient de la permanence d’un archaïsme devenu culturel et celles qui marquent et signifient de profondes et réelles ruptures marquant et signifiant de réelles et profondes régressions. Complexe.

Patriarcat (Permanence) (4) : Pour mieux maintenir la permanence du patriarcat, le laver de ses responsabilité, de ses violences et, sinon en exclure la condamnation, du moins en réduire considérablement la gravité, est une, sinon la priorité. Ainsi, la présentation du fascicule publié pour la 5ème édition du Festival des écrits de femmes à Saint-Sauveur-en-Puissage (8-9 octobre 2016) organisée à la Maison de Colette, intitulé Féminismes, [au cours duquel un grand nombre d’intellectuelles, d’universitaires, de chercheuses, féministes ou non, étaient présentes], débute ainsi :
« L’écriture a longtemps constitué un des principaux moyens pour les femmes de demander plus de place et plus de dignité dans un monde qui n’était pas prêt à leur accorder. »
- « Un monde pas prêt à leur accorder », comme l’étaient les mondes esclavagistes, colonialistes, capitalistes…au regard des esclaves, des colonisé-es, des prolétaires.....

Par ordre chronologique. Patriarcat. Permanence :

Patriarcat (Permanence) (5) : (3 septembre) 1791. Un bel exemple : la perpétuation de la loi salique dans le titre 3, chapitre 2, article 1 de la [première] constitution française du 3 septembre 1791 :
« La Royauté est indivisible, et déléguée héréditairement à la race régnante de mâle en mâle, par ordre de primogéniture, à l'exclusion perpétuelle des femmes et de leur descendance. [Rien n'est préjugé sur l'effet des renonciations, dans la race actuellement régnante.] » 252 (Cf. Droit, Politique)

Patriarcat (Permanence) (6) : 1982. Je lis dans un Que sais-je ? (PUF) intitulé : Sociologie des relations sexuelles publié en 1982 ceci :
« Mais que les femmes prennent bien garde de ne pas placer ce souci bien légitime de perfectionnement et d’égalité sur le plan d’une vaine concurrence ou d’un néfaste renversement des rôles. La civilisation telle que nous l’entendons est menacée chaque fois que l’homme se féminise ou que la femme se masculinise. Seule, par conséquent, l’acceptation des caractères particuliers aux hommes et aux femmes empêche le monde de sombrer dans une différenciation affective et sexuelle qui serait le prélude à sa destruction. » 253
Si cette analyse fonde encore chez beaucoup les normes de la pensée, l’histoire nous démontre la capacité de nombre de sociétés à se satisfaire des inévitables évolutions concernant les rôles sociaux et à faire évoluer ces injonctions au statu quo (tel que présenté…). L’analyse féministe du patriarcat devient alors beaucoup plus complexe, et beaucoup plus passionnante. (Cf. Sexes, Sociologie)

Patriarcat (Permanence) (7) : 1995. Lu dans: Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. L.Z, concernant Une femme dont on parle [1954. Kenji Mizoguchi] qui se passe dans un « quartier de plaisir » :
« À travers ce portrait d’une maison de geishas […] Un même constat : celui de l’impossible bonheur et de l’impossibilité pour la femme de sortir de sa condition. Une condition que l’homme, dans son égoïsme effrénée (sic), lui impose et que la femme s’impose (sic) par faiblesse sentimentale et sa traditionnelle soumission. »
N. B. En conclusion, l’auteur, Olivier Gamble, évoque « le fatalisme de la prostitution ». 254 (Cf. Penser, Politique, Proxénétisme)

Patriarcat (Permanence) (8) : (4 mars) 2015. Lu dans le courrier des lecteurs d’El Watan (Algérie) :
« Surtout ne parlez pas aux conservateurs des femmes qui étouffent chez elles. Engoncés dans le confort de leurs certitudes, ils ne voient pas grandir les frustrations de leurs épouses et de leurs filles cloitrées derrière des murs, à l’abri de la musique du monde. Ces gens se nourrissent au biberon d’une morale, étriquée certes, mais efficace car fruit de l’épaisse couche d’obscurantisme accumulée au fil du temps. Ils sont effrayés par l’éthique car cette notion philosophique est un rapport avec le temps. Or le temps pour eux n’existe pas, ils lui préfèrent l’éternité. » 255

Patriarcat (Permanence) (9) : (3 mai) 2017. Lu dans Le Parisien, ce matin que « le bureau de l’actuel ministre des Finances qui se préparer à plier bagage»] (choisi dans les catalogues du Mobilier national) est celui où a été écrit le code civil. » 256 (Cf. Droit. Code civil)

Patriarcat (Permanence) (10) : (12 mai) 2017. Serge Hefez, « psychiatre, psychanalyste », concernant « la vie privée » de François Hollande, auteur de :
« […] Si quelqu’un n’arrive même pas à tenir sa maison, à tenir sa femme, à tenir sa maîtresse, etc., comment est-ce qu’il peut tenir un pays ? : c’est ce qu’on a quand même ce qu’on a entendu dans le monde entier dans un éclat de rire général. Je ne pense pas que ça ait beaucoup arrangé sa carrière.» (rire..) 257

Patriarcat (Permanence) (11) : (17 février) 2018. Laurent Wauquiez, président du parti Les Républicains, raconte que, souhaitant demander la démission de Gérard Darmanin, ministre d’Emmanuel Macron, alors visé par deux plaintes dont une pour viol, il a été mis en minorité à l’intérieur de son parti. Et il poursuit :
« J'ai eu toute une série de voix dissonantes qui ont dit : ‘Non, mais nous, on trouve que c'est bien, faut qu'il reste, présomption d'innocence'. En ayant eu une séance de débat autour de la table avec un certain nombre de responsables de notre famille politique... En les regardant dans les yeux, je me demandais: ‘il y en a combien qui se disent : ‘pourvu que ça ne m'arrive pas'. » 258
Une vraie analyse politique. (Cf. Justice. Classement sans suite)

Patriarcat (Permanence) (12) : 2018. Charles Beigbeder [après avoir critiqué la république française comme « Prométhéenne », se définit (notamment) comme « créateur d’entreprises » et « créateur d’entrepreneurs »], interrogé sur ce qui, selon lui serait l’invariant de « la culture de France », qu’il défend - répondit :
« la femme [qui] a une place fantastique ». Son premier exemple censé illustratif - sur trois - « la vierge », son dernier : « l’amour courtois ». Mais il accepta aussi « Jeanne d’Arc » qui lui fut proposé par l’animateur de l’émission de Radio Courtoisie (radio d’extrême droite). 259 (Cf. Politique. Nationalisme, Histoire, Économie)

Patriarcat (Permanence) (13) : (26 juillet) 2018. Lors de son audition par la commission d’enquête au Sénat (suite de « l’affaire Alexandre Benalla ») Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée, a évoqué les cérémonies organisées pour l’entrée d’« Antoine et de Simone Veil » au Panthéon.

Patriarcat (Permanence) (14) : (décembre) 2018. Lu dans la critique des livres du Monde Diplomatique concernant : La fin de l’Empire colonial portugais. Témoignages sur un dénuement tardif et tourmenté. Eric et Jeanne Makédonsky. [L’Harmattan. Paris, 2018. 478 p. 39 euros] :
« […] Ancien correspondant à l’Agence France-Presse à Dakar, Eris Makédonsky a signé avec son épouse un livre d’une rare utilité. […] » 260

Patriarcat (Permanence) (15) : (12 avril) 2019. Lu dans Le Canard enchaîné sous le titre « Délicatesse » :
« Fou rire de la sénatrice PS de l’Oise, Laurence Rossignol, le 9 avril, au Sénat.
Posant une question orale à Jean-Michel Blanquer [ministre de l’Éducation nationale] sur la présentation du clitoris dans les manuels de STV (Sciences de la vie et de la terre), l’ex-ministre de la Famille du Gouvernement Valls a eu la surprise de voir le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, lui répondre. […] ». 261
Une ignominie. (Cf. Êtres humains, Corps, Femmes. Animalisation des femmes. Comment les faire disparaitre. Politique. Animalisation du monde, Sexes. Femme)

Retour en haut de page
Notes de bas de page

1 Cornelius Castoriadis, Fait et à faire. Points. Essais. 336p. 1997.p.87

2 Cf. Marie-Victoire Louis, Mais il est où le patriarcat ?  http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=776&themeid=489

3 Madame de Staël, De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p.142

4 Charles De Gaulle, Mémoires. La Pléiade. 1505p. 2000. p.672, 678

5 Edmund Burke, Réflexions sur la révolution de France. Pluriel. 816p. 2011. p.712. Note 246

6 Virginia Woolf, Trois Guinées. Références à retrouver.

7 Guillaume Apollinaire, Les mamelles de Tirésias. 1903-1916. (Lisible sur le net)

8 Cécile Duflot, De l’intérieur. Voyage au pays de la désillusion. Fayard. 231p. 2014. p.157

9 Baudelaire, Les fleurs du mal. Présenté par Jean-Paul Sartre. Livre de poche. Classique. 256p. 1969. p.217

10 René Crevel, Le clavecin de Diderot. J.J. Pauvert. Libertés 38. 176p. 1966. p.90, 91

11 Jean-Paul Sartre, Baudelaire. Idées. Gallimard. 245p. 1985. p.47

12 Alexandra Kollontaï, La révolution, le féminisme, l’amour et la liberté. Le temps des cerises. 333p. 2017. p.130

13 Jacques Chardonne. In : Madeleine Chapsal, Les écrivains en personne. 10 / 18. 316p. 1973. p.121

14 Pascale Cornuel, Guyane Françaises : du ‘paradis’ à l’enfer du bagne. In : Le livre noir du colonialisme. (Cordonné par Marc Ferro). Hachette. Littérature. 2004. 1120p. p.277

15 André Gide, Voyage au Congo. In : Journal. 1939-1949. Souvenirs. La Pléiade. 1280p. 1954. p.764, 765

16 Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme. Présence africaine. 40p. 1955. p.20 (PDF)

17 Jean Guitton, Œuvres complètes. Journal de ma vie. Desclée de Brouwer. 747p. 1976. p.396

18 France Culture, Aimé Césaire, Conférence d’Aimé Césaire au Congrès international des écrivains en artistes Noirs. 18 décembre 2016

19 Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z, 1479p. 1995. p.557

20 Jacques Derrida, Foi et savoir. Éditions du Seuil. 133p. 2001. p.81

21 Arlette Gauthier, Femmes et colonialisme. In : Le livre noir du colonialisme. (Cordonné par Marc Ferro). Hachette. Littérature. 2004. 1120p. p.759 à 811

22 In : Claude Habib, La galanterie française. Gallimard. 443p. 2006. p.97

23 Jean-Paul Sartre, Avant-propos à Aden Arabie. de Paul Nizan. Maspero. 1960. Reproduit dans Situations, IV. NRF. Gallimard. 459p. 1964. p.152

24 France inter, Le téléphone sonne. Politique familiale : nécessaire universalité ou instrument de redistribution ? 14 octobre 2014. 19 h. 50

25 Benjamin Constant, De la liberté des anciens comparée à celles des modernes. In : Benjamin Constant, Écrits politiques. Folio. Essais. 870p. 1977. p.599

26 Witold Gombrowicz, Journal. Tome II. 1959-1969. Folio. 611p. 1995. p.52

27 Le Figaro, faisant état d’une étude du Nid, La prostitution couterait 1,6 milliards d’euro à la France. 28 mai 2015

28 In : Danielle Mitterrand, Le livre de ma mémoire. Folio. 444p. 2009. p.263

29 Démosthène, Plaidoyers civils. Théomneste et Apollodore contre Nééra. Site de Philippe Renacle. L’Antiquité Grecque et latine. [PDF]

30 Jacques Derrida, ‘Il faut bien manger’ ou le calcul du sujet. In : Points de suspension. Galilée. 415p. 1992. p.295

31 Marie Métrailler, Marie-Magdeleine Brumagne, La poudre de sourire. L’Age d’homme. 223 p. 1987. p.204, 205

32 Cf. Pierre Drieu La Rochelle, Notes pour un roman sur la sexualité. NRF. Gallimard. 2008. 95p.

33 Françoise Giroud, Bernard-Henri Lévy, Les hommes et les femmes. Olivier Orban. 284p. 1993. p.177, 178

34 Catherine Clément, Mémoire. Champs. Flammarion. 588p. 2010. p.338

35 Le Monde, Roger-Paul Droit, Comment imaginer des mecs pas machos ? 23 août 2019

36 In : Voltaire. Le monde de la philosophie. Flammarion. 680p. 2008. p.XI

37 France Culture, Les Pieds sur Terre. Le Père Bachet, Un curé sur les Barricades. 27 octobre 2009. [Rediffusé le 26 août 2014]

38 Hippolyte Taine, Les origines de la France contemporaine. Bouquins. Laffont. T.1. 839p. 1986. Note 3. p.569

39 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.151

40 Arthur Schopenhauer, Essai sur les femmes. 1851. En RTF sur le net.

41 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. I. La Pléiade. 1530p. 1976. p.88, 1301

42 Zeev Sternell, Mario Sznajder, Maia Ashéri, Naissance de l’idéologie fasciste. Folio Histoire. Gallimard. 556 p. 1994. p. 22, 25, 26

43 Victor Hugo, Notre-Dame de Paris. Garnier Flammarion. 512p. 1967. p. 397

44 Honoré de Balzac, Lettres à Madame Hanska. I. 1832-1844. Bouquins. Robert Laffont. 957p. 1990. p.50

45 Witold Gombrowicz, Journal. Tome I. 1953-1958. Folio. 690p. 1995. p.261

46 Bruno Bettelheim, Psychanalyse des contes de fées. Robert Laffont. Le livre de poche. 512p. 1976. p.347

47 Elena Ferrante, Les jours de mon abandon. Folio. 275p. 2004. p.238, 239

48 Jean Pierre Dickès, De Calais à Montreuil. Le patois Boulonnais. Tome Douzième des Mémoires de la Société Académique du Boulonnais. 663p. 1992. p. 515, 192

49 In : Dany Cohn-Bendit, Nous l’avons tant aimée, la révolution. Points Actuel. Le Seuil. 254p. 1988. p.121, 122

50 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.836

51 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.997

52 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.1091

53 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.1125

54 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.1231

55 André Gide, Journal. 1939-1949. Souvenirs. La Pléiade. 1280p. 1954. p.142

56 Jean Guitton, Œuvres complètes. Journal de ma vie. Desclée de Brouwer. 747p. 1976. p.162

57 Jacqueline Humery, Le livre d’or du savoir-Vivre. 236p. 1981. p.199

58 Marie-Jeanne Riccoboni, Histoire d’Ernestine. Roman. 1762. Editions Côté -femmes. 120p. 1991. p.70

59 Jean Anouilh, Préface au livre de Françoise Rosay, La traversée d’une vie. Collection «Vécu». Robert Laffont. 317p. 1974. p.12

60 Edmund Burke, Première lettre sur la paix régicide. In : Réflexions sur la révolution de France. Pluriel. 816p. 2011. p.539

61 Archives INA, Entretiens avec Georges Simenon. 11 novembre 1955. Réécoute : France Inter. Ça peut pas faire de mal. Lettre à mon juge de Georges Simenon. 18 mars 2017

62 Jean-Jacques Rousseau, Du contrat Social. Livre I. Chapitres VIII et IX.

63 Philippe Artières et Dominique Kalifa, Vidal, le tueur de femmes. Une biographie sociale. Verdier poche. 366p. 2017. p.178, 179

64 Victor Marguerite, Vers le bonheur. Ton corps est à toi. Roman. Flammarion (185ème mille). 294p. 1947. p.79

65 Gabrielle Rolin, Chères menteuses, Stock. 180p. 1978. p.66

66 Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z, 1479p. 1995. P.527

67 Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. p.71

68 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.1229

69 Mirabeau, Discours. Folio. Gallimard. 440p. 1973. p.60

70 France Culture, La condition féminine dans l’Islam. 25 septembre 2016

71 Le Monde, Shirin Ebadi. 24, 25 juillet 2016

72 Huffington Post, L’ambassadeur d’Iran en France a refusé de serrer la main d’une journaliste de C.News. 27 avril 2018

73 Le Monde, La colère féconde de Mona Eltahawy. 21 août 2019

74 Sibilla Aleremo, Une femme. Éditions des femmes. 255p.1974. p.181

75 Benjamin Constant, De la liberté des anciens comparée à celle des modernes. 1819. In, Écrits politiques. Folio. Essais. Gallimard. 870p. 2004. p.603

76 Michel Winock, Journal politique. La république Gaullienne. 1958-1981. Éditions Thierry Marchaisse. 496p. 2015. p.219

77 Lettres de Mademoiselle de Lespinasse. Précédées d’une notice de Sainte-Beuve. Librairie Garnier Frères. 434p. s.d. p.360

78 Voltaire, Correspondance. XII. (janvier 1775-juin 1777). La Pléiade. 1361p. 1987. p.362

79 Christiane Rochefort, Stances à Sophie. Grasset. 1963.

80 France Inter, L’heure bleue. Une semaine avec Robert Linhart. 26-30 décembre 2016

81 Claire Etcherelli, Élise ou la vraie vie. Denoël. 1978. 277p.

82 Madame de Staël, De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p.353, 354

83 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.980

84 Claude Habib, Galanterie française. Gallimard. 443p. 2006. p.10

85 Le Monde Diplomatique, Des classiques pour le peuple. octobre 2018. p.27

86 Wikipédia, Les hauts de Hurlevent. avril 2019

87 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.88

88 Honoré de Balzac, Mémoires de deux jeunes mariés. Chapitre 12. p.43

89 In : Georges Solovieff, Madame de Staël, ses amis, ses correspondants. Choix de lettres [1778-1817] Klinsick. 586p. 1970. p.106

90 Chaîne Toute l’Histoire, Ngrandheta, Chronique de la mafia Calabraise. 15 avril 2016

91 France Culture, Peut-on faire le deuil du structuralisme ? 19 juin 2018

92 Cf. la critique de Jacqueline de Groote du livre de Ida Magli et de Ginevra Conti Odorisio, Matriarcat et pouvoir des femmes, une invention masculine. Ed. Feltrinelli [Paru en français en1983 aux Éditions des femmes] In : Les Cahiers du Grif, Où en sont les féministes? N° 23/24. 192p. Décembre 1978. p.173à 176. Lisible sur Persee.fr

93 François Mauriac. In : Madeleine Chapsal, Les écrivains en personne. 10 / 18. 316p. 1973. p.183

94 Bruno Bettelheim, Psychanalyse des contes de fées. Robert Laffont. Le livre de poche. 512p. 1976. p.335, 336

95 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.7, 8, 16, 17 (+ note)

96 Georges Sadoul, Dictionnaire des films. Microcosme, le Seuil. 383p. 1990. p.298

97 Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z, 1479p. 1995. p.1254

98 Jean-Jacques Rousseau, Émile ou de l’éducation. GF. Flammarion. 1966. 629p.

99 Sediqa Massoud, Pour l’amour de Massoud. Document XO Éditions. 266p. 2005. p.184, 185

100 Jean Guéhenno, Journal d’un homme de 40 ans. Le livre de poche. 1968 241p. p.127

101 La Française. 20 janvier 1915

102 Custine, Mémoires et voyages. François Bourin. 375p. 1992. p.133

103 Phrase de Montaigne, souvent citée sans source (à retrouver. Dans Les Essais ?)

104 Montaigne, Essais III. Folio Classique. Gallimard. Livre III. Chapitre XII. 501p. 1965. p.326

105 Je n’ai pas pu retrouver la source de cette information, ni donc lire ce Rapport.

106 Arte, Athos. La République monastique. 16 avril 2017

107 Montesquieu, Lettres persanes. Garnier. Livre de poche. 444p. 2006. p.175, 176

108 Montesquieu, Lettres persanes. Garnier. Livre de poche. 444p. 2006. p.386, 387

109 Thomas More, L’Utopie. Des rapports mutuels entre citoyens. Les classiques en sciences sociales. UQAC. Classiques. p.43

110 France Culture, L’esprit public. 11 mars 2018

111 Robert Brasillach, Notre avant-guerre. Plon. 364p. 1983. p.276, 277

112 Paul Nizan, Les chiens de garde. Agone. 176p. 2012. p.126

113 Georges Sadoul, Dictionnaire des cInéastes. Microcosme. Le Seuil. Nouvelle édition. 347p. 1990. p. 308

114 France Culture, L’esprit public. 1er avril 2018

115 Internationale Situationniste, N°8. Janvier 1963. Réédité par Arthème Fayard. 1997. 707 p. p.299

116 Madame de Staël, De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p.65, 66

117 Madame de Staël, De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. P.72

118 George Sand, Œuvres autobiographiques. II. Entretiens journaliers. 22 juin 1837. La Pléiade. 1638p. 2001. p.996

119 George Sand, Lélia. Texte établi, présenté et annoté par Pierre Reboul. Classiques Garnier. 601.1960. p. 385, 386

120 Simone Weil, Le Marxisme…(1934) In : Œuvres. Quarto Gallimard. 1275p. 1999. p.357

121 David Rousset, La grande mystification. In : Le genre humain 7 / 8. La vérité. 271p. 1983. p.100

122 Le Monde, L’été des débats. Fin du patriarcat. 17-21 juillet 2018

123 Jacques Perret, Raisons de familles. Souvenirs. Gallimard. 360p. 1976. p.54

124 Une correspondance saint-simonienne. Angélique Arnaud et Caroline Simon (1833-1883). Textes recueillis et présentés par Bernadette Louis. Avant-propos de Monique Rouillé. Coté-femmes. 225p. 1990. p.163

125 France Culture, Michel Onfray, La pensée post-nazie. 14 août 2014

126 Samuel Pepys, Journal. I. 1660-1664. Bouquins. Robert Laffont. 1994. 1365p. p.215

127 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. I. La Pléiade. 1530p. 1976. p.199

128 Sylvain Tesson, Petit traité sur l’immensité du monde. Éditions des Équateurs. 167p. 2005. p. 93,94

129 Sylvie Rozé, Le livre des proverbes. Omnibus. 2012. 788 p.

130 Jean-Jacques Rousseau, Émile ou de l’éducation. GF. Flammarion. 629p. 1966. p.501

131 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.625

132 Jean-Jacques Rousseau, Émile ou de l’éducation. GF. Flammarion. 629p. 1966. p.492

133 Rivarol, Journal politique national, in. Rivarol, Chamfort, Vauvenargues, L’art de l’insolence. Bouquins. Robert Laffont. 1517p. 2016. p.862

134 Goliarda Sapienza, L’art de la joie. Viviane Hamy. 637p. 2006. p.253

135 Choisir de donner la vie, Colloque international de Choisir, La cause des femmes des 5,6,7 octobre 1979 à l’Unesco. Idées. Gallimard. 566p. 1979. p.222

136 Pierre Kropotkine, Mémoires d’un révolutionnaire. Autour d’une vie. L’Aube. 506p. 2008. p.41

137 Pierre Kropotkine, Mémoires d’un révolutionnaire. Autour d’une vie. L’Aube. 506p. 2008. p.120

138 Micheline de Sève, Pour un féminisme libertaire. Boréal express. 154 p. 1985. p.23

139 Le Journal de Maria. Une institutrice soviétique dans la guerre. 1941-1943. Autrement. L’Atelier d’histoire. 387p. 2014. p.50,51

140 In : Élisabeth Guigou, Être femme en politique. Plon. 273p. 1997. p.204

141 Hippolyte Taine, Les origines de la France contemporaine. Bouquins. Laffont. T.1. 839p. 1986. p.156

142 Papadiamantis (Alexandre), Les petites filles et la mort [Titre grec : La meurtrière. Première publication en Grèce : 1903] La Découverte, Maspero. 171 p. 1983. p.10

143 Romain Rolland, Journal de Vézelay. 1938-1944. Bartillat. 1182p. 2013. p.518

144 Sade, La nouvelle Juliette. In, Oeuvres. II. la Pléiade. Gallimard. 1425p. 1995. p.873

145 Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France. Pluriel. 816p. 2011. p.104, 105

146 Marie Cardinal, Une vie pour deux. Grasset. 345p. 1978. p.218

147 Arte, 16 août 2014. Reportage. Lybie : La traque des migrants. 18 h 50

148 BFM.TV, Ces 6 découvertes scientifiques que les femmes se sont fait voler par des hommes. 11 février 2018

149 Voltaire, Correspondance. XII. (janvier 1775-juin 1777). La Pléiade. 1361p. 1987. p.546, 547

150 AFP, Weinstein, victime d’un système de justiciers (Stone). 13 octobre 2017

151 Le Parisien, Oliver Stone accusé d’agression sexuelle par une ancienne playmate. 13 octobre 2017

152 Le Canard enchaîné, Le porc de l’angoisse. 18 octobre 2018. p.1, 4

153 Fabrizio Calvi, La vie quotidienne de la mafia de 1950 à nos jours. Le Livre de poche. 382p. 1986. p.264

154 Les documents d’information de l’Assemblée Nationale. La sécurité : Un droit pour les Corses, un devoir pour l’État, Commission d’enquête. Rapport N° 1918. Tome II. Volume II. p.319

155 Le Parisien, Affaire Tariq Ramadan. La plaignante entendue. 24 octobre 2017

156 Huffpost, Tariq Ramadan, visé par deux plaintes pour viol s’exprime pour la première fois : ‘Ces accusation sont simplement fausses’.» 29 octobre 2017

157 Le Monde, Henda Hayari : ‘Chaque femme doit trouver le courage de prendre la parole comme j’ai osé le faire’. 30 octobre 2017

158 France Culture, Le règne de la séduction avec Gilles Lipovetsky. 5 décembre 2017

159 Cité par Simone de Beauvoir. La pensée de droite aujourd’hui. In, Faut-il brûler Sade ? Idées / Gallimard. 250p. 1955. p.93

160 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.1075

161 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.546

162 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.433

163 Virginia Woolf, Trois Guinées. Préface de Viviane Forrester. Des Femmes. 332p. 1977. p.13, 14

164 Jean Duvignaud, Introduction à la sociologie. Idées. NRF. 185p. 1966. p.106

165 In : Michel Jan, Le voyage en Asie centrale et au Tibet. Anthologie des voyageurs occidentaux du Moyen Age à la première moitié du XXème siècle. Bouquins. Robert Laffont. 1482p. 1992. p.1065, 1066

166 Bruno Bettelheim, Psychanalyse des contes de fées. Robert Laffont. Le livre de poche. 512p. 1976. p.308, 309

167 Régis Debray, Loués soient nos seigneurs. Une éducation politique. Galimard. 592p. 1996. p.92

168 Fey Von Hassel, Récit. Les jours sombres. Le destin extraordinaire d’une Allemande antinazie. Denoël. 3658p. 1999. p.217, 218

169 Arte, Les mille et une Turquie. 8 août 2016

170 Eric Zemmour, Le premier sexe. Denoël, 2008. 134p.

171 Voltaire, Correspondance. III. (janvier 1765-décembre 1753). La Pléiade. 1534p. 1975. p.767, 1358

172 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.51

173 Jean-François Champollion, Lettres à Zelmire. L’Asiathèque. 116p. 1978. p.46

174 George Sand, Lélia. Texte établi, présenté et annoté par Pierre Reboul. Classiques Garnier. 601.1960. p.371

175 Michèle Le Doeuff, Le sexe du savoir. Champs Flammarion. 378p. 2000. p.179

176 Nicole Malinconi, Vous vous appelez Michelle Martin. Récit. Denoêl. 111 p. 2008. p.82

177 France Culture, Women’s power. Les nouveaux féminismes. 22 août 2016

178 Germaine de Staël, Considérations sur la Révolution française. Tallandier. 693p. 1983. p.500

179 Casanova, Mémoires. Tome III. 1763-1774. La Pléiade. 1323 p. 1978. p.371

180 Essais d’ego-Histoire. Réunis et présentés par Pierre Nora. NRF. Éditions Gallimard. 375p. 1987. p.141, 155

181 Essais d’ego-Histoire. Réunis et présentés par Pierre Nora. NRF. Éditions Gallimard. 375p. 1987. p.66

182 Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma. Les acteurs. Bouquins. Robert Laffont. 987p. 1991. p.379

183 Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma. Les acteurs. Bouquins. Robert Laffont. 987p. 1991. p.405

184 Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma. Les acteurs. Bouquins. Robert Laffont. 987p. 1991. p.596

185 France Culture. Les racines du ciel. Paul Diel et la psychologie de la motivation avec Christian Merle et Pierre Canaoui. 29 juin 2014

186 Marie-Claire Hook-Demarle, La femme au temps de Goethe. Stock. 378p. 1987. p.11, 28

187 TCM, 6 janvier 2015. L’interview TCM. Cinéma. Lauren Bacall. 2006.

188 Laure Adler, Les femmes politiques. Points Actuels.278p. 1994. p.17

189 France Culture, Les femmes et les sciences. 23 juin 2018

190 Le Monde, Marie Curie, pionnière esseulée à l’Académie de médecine. 5 décembre 2017

191 Jean Bodin, La méthode de l’histoire. Œuvres philosophiques de Jean Bodin. Tome Premier. Édition Pierre Mesnard. Presses universitaires de France. 473p. 1951. p.404, 351

192 Marguerite Gentzbittel (avec Hervé Hamon), Madame le proviseur. Le Seuil. 253p. 1988. p.87, 88

193 Cf. Proudhon, La Pornocratie, ou Les femmes dans les temps modernes, Œuvres posthumes de P-J. Proudhon, 1875, A. Lacroix

194 Oriana Fallaci, Un homme. Grasset. 497p. 1981. p.270

195 Françoise Collin, Évelyne Pisier, Eleni Varikas, Les femmes de Platon à Derrida. Anthologie critique. Plon. 830p. 2000. p.520, 519, 522

196 France Culture, Christiane Taubira, l’éternelle révoltée (2/5). 23 septembre 2014

197 Sade, Œuvres. La Pléiade (Vérifier le tome)

198 France Culture, Dimanche et après. Projet de loi contre les violences sexuelles. Quelle place pour l’éducation ? 13 mai 2018

199 France Culture, Une vie, une œuvre. Althusser, un marxiste imaginaire. 5 décembre 2015

200 Louis Aragon, Les beaux quartiers. Folio. Gallimard. 625p. 2012. p.325, 387

201 Raymond Aron, Le spectateur engagé. Julliard. 339 p.1981. p.186

202 Georges Bataille, La littérature et le mal. Idées. NRF. 247p. 1967. p.203

203 Bruno Bettelheim, Psychanalyse des contes de fées. Robert Laffont. Le livre de poche. 512p. 1976. p.306

204 Jean-Marie Le Pen arrive en seconde position aux élections à la présidence de la république. Lionel Jospin se retire de la vie politique. Jacques Chirac est réélu.

205 Le Monde, 2 mai 2002

206 Le Canard enchaîné, Il était deux fois dans l’Ouest. 4 septembre 2019. p.6

207 Général Amin Dada. Autoportrait. Barbet Schröder. 1974.

208 In : Gala.fr, Ari Boulogne, le triste histoire du fils illégitime d’Alain Delon. 9 novembre 2018

209 Romain Rolland, Journal de Vézelay. 1938-1944. Bartillat. 1182p. 2013. p.341

210 Elena Ferrante, Celle qui fuit et celle qui reste. Folio. Gallimard. 542p. 2017. p.106, 107

211 France Culture, Au nom de mes fils, Xavier Fortin : Père liberté. 14 septembre 2019

212 Les enfants volés. L’Incroyable scandale. YouTube. 24 avril 2013

213 Sigmund Freud. Karl Abraham, Correspondance complète.1907-1925. Connaissance de l’inconscient. Gallimard. 790p. 2006. p.422

214 André Gide, Maria Van Rysselberghe. Correspondance. 1899-1950. Les cahiers de la RNR. Gallimard. 1160p. 2016. p. 596, 597, 598

215 André Gide, Journal. 1939-1949. Souvenirs. La Pléiade. 1280p. 1954. p.104, 105, 113, 114

216 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.761, 762

217 Thérèse Planiol, Une femme, Un destin. Éditions Rive droite. 225p. 1995. p.61

218 Frantz Kafka, Lettre au Père. 1919. (Lisible sur E.books.) 57p.

219 France Culture, Affaires étrangères. Amazonie. 29 décembre 2018

220 Archives INA (Institut National de l’audiovisuel) In : Babelio. Marie Dormoy

221 Bruno Lemaire, Jours de pouvoir. Récit. Gallimard. 427p. 2013. p.320

222 Site de Bruno Lemaire, ministre de l’économie et des finances.

223 Femme Actuelle, Interview de Marine Le Pen. 10 avril 2017

224 Marie-Claire, Rencontres. mars 206. p.103 à 106

225 François Mauriac. In : Madeleine Chapsal, Les écrivains en personne. 10 / 18. 316p. 1973. p.189

226 Arthur Miller, Au fil du temps. Le livre de poche. 893p. 1988. p.170

227 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française. I. La Pléiade. 1530p. 1976. p.202

228 Mazarine Pingeot, Bouche cousue. Julliard. Pocket. 210p. 2012. p. 89, 170

229 AFP, Le Pape défend la ‘paternité responsable’. 19 janvier 2015

230 Patrick Poivre d’Arvor, Les femmes de ma vie. Le livre de poche. Grasset. 247p. 1988. p.63

231 Madeleine Rondeaux, Journal.1891-1892. Publications de l’association des amis d’André Gide. 83 p. 2016. p.18, 25, 46, 47, 64

232 Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, In, Œuvres. La Pléiade. NRF Gallimard. 1969 p. 1986. p. 357 à 359

233 Jean-Paul Sartre, In : Jacques Chancel, Radioscopie.Vol.1. J’ai lu. 215p. 1975. p.188, 189

234 Jean-Paul Sartre, Baudelaire. Idées. Gallimard. 245p. 1985. p.134

235 Caroline Brizard, Le défi féminin. Duchamp /Chevalier. 252p. 1993. p.239

236 Svetlana Alliluyeva, Vingt lettres à un ami. Seuil. Paris Match. 252p. 1967. p.117 et 193, 194

237 Cité (sans source, à retrouver) dans L’Art et l’enfant. Arte, 16 avril 2017

238 Stendhal, Œuvres intimes. Journal. La Pléiade. 1637p. 1981. p.158, 178, 252 1206, 1207, 1238

239 Stendhal, Lettres à Pauline. L’école des lettres. Seuil. 1994. 645p. p.180

240 France Culture, Le temps des écrivains. Michel Tournier. 6 juin 2015

241 Flora Tristan, Le tour de France. Journal Inédit. 1843-1844. Éditions Tête de feuilles. Archives et documents. 290 p. 1973. p.122

242 Colcanoo. Il viole sa fille et sa femme. 14 avril 2018

243 Voltaire, Correspondance. III. (janvier 1765-décembre 1753). La Pléiade. 1534p. 1975. p.734

244 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.33

245 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.352

246 Voltaire, Correspondance. VII. (janvier 1763-mars 1765). La Pléiade. 1590p. 1981. p.9

247 Voltaire, Correspondance. XII. (janvier 1775-juin 1777). La Pléiade. 1361p. 1987. p.213

248 Colette Yver, Lettres à un jeune mari. Calmann-Lévy. 207 p. 1930. (28ème édition) p.77

249 LCI, 17 Mai 2002. 11 heures 30

250 Évelyne Bloch-Dano, Madame Zola. Grasset. 359p. 1997. p.187 et 191

251 Wikipédia, Marie-Catherine Desjardins, dite de Villedieu

252 Cf. le site d’Éliane Viennot, La France, les femmes et le pouvoir.

253 André Morali-Daninos, Sociologie des relations sexuelles. Que sais-je ? PUF. 126p. 1982. p.63

254 Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z, 1479p. 1995. p.1229

255 El Watan (Algérie), Violences à l’égard des femmes : Que cesse l’impunité ! 4 mars 2015

256 Le Parisien, À Bercy, on se prépare à plier bagage. 3 mai 2017

257 France Inter, Le téléphone sonne. Quel est le bilan du quinquennat de François Hollande ? 12 mai 2017

258 Le Figaro, Wauquiez affirme que Sarkozy mettait ses ministres sur écoute. 17 février 2018

259 Radio Courtoisie. Date non notée

260 Le Monde Diplomatique. décembre 2018. p.24

261 Le Canard enchaîné, Délicatesse. 10 avril 2019. p.2


Retour en haut de page