Abécédaire
 Marie-Victoire Louis

Culture

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 15/03/2017
date de publication : 15 mars 2017
mise en ligne : 15/03/2017
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Extrait de l’Abécédaire féministe

À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 3731 items et 23 rubriques : I. «Culture» (158) ; II. Droit (81) ; III. Êtres humains (123) ; IV. Êtres humains. Corps (48) ; V. Êtres humains. Enfants (41) ; VI. Êtres humains. Femme-s (722) ; VII. Êtres humains. Homme-s (298) ; VIII. Êtres humains. Relations entre êtres humain-es (159) ; IX. Famille (159) ; X. Féminisme-s. Féministe-s (176) ; XI. Justice (174) ; XII. Langage (118) ; XIII. Patriarcat (168) ; XIV. Penser (281) ; XV. Politique (405) ; XVI. Pornographie (47) ; XVII. Proxénétisme (153) ; XVIII. «Sciences» sociales (63) ; XIX. «Sciences» Sociales (Démographie) (22) ; XX. «Sciences» sociales (Économie) (73) ; XXI. «Sciences» sociales (Histoire) (51) ; XXII. Sexe-s [Sexualité, Sexisme] (59) ; XXIII. Violences (155)… et continuera d’évoluer.

15 mars 2017

I. «Culture»
En noir, items ‘nouveaux’ (et modifiés)

I. «Culture» : Culture (1,2,3) ; Culture (Archives) ; Culture (Argent) (1,2,3,4,5,6) ; Culture (Art) ; Culture (Artifice) ; Culture (Berdiaev Nicolas) (1,2,3,4) ; Culture (Bourgeoisie) ; Culture (Castoriadis Cornelius) ; Culture (Comédie Française. 2017) ; Culture (Delluc Louis) ; Culture (Domination masculine) ; Culture (Femmes. Artistes) ; Culture (Femmes. Russie. XVIIIème siècle) ; Culture (Gabin Jean) ; Culture (Inculture) ; Culture (Livre) ; Culture (Littérature) ; Culture (Luxe) ; Culture (Mélo) (1,2) ; Culture (Mill Stuart) ; Culture (Mitterrand Frédéric) ; Culture (Musique) (1,2,3,4,5) ; Culture (Nationalisme) ; Culture (Patriarcat) (1,2,3,4,5,6) ; Culture (Populaire) ; Culture (Prévert Jacques) ; Culture (Test de Bechdel) ; Culture (Ory Pascal) ; (47)

II. «Culture». Cinéma : Cinéma ; African Queen ; Anna et les loups ; Basic Instinct ; Betty ; Boudu sauvé des eaux ; Boule de Suif ; Brève rencontre ; Captives à Bornéo ; Chemin de croix ; Coup pour coup ; Giant ; Gloria ; Go fish et Gazon maudit ; Gueule d’amour ; Guillaume et les garçons à table ! ; Indiscret ; Ixcanul ; Il était une fois l’Amérique ; Je vous trouve très beau ; Jour de colère ; Jules et Jim (1,2) ; Landru ; L’affaire Josey Aimes ; L’amore ; L’Arnaqueur ; L’Atalante ; L’eau à la bouche ; L’esclave libre ; L’espoir ; L’homme qui aimait les femmes ; L’ivresse du pouvoir ; La belle et la bête ; La chienne (1,2,3) ; La cité des femmes ; La coquille et le clergyman ; La dame sans camélia ; La fiancée du pirate ; La mariée était en noir ; La nuit ; La passion de Jeanne d’Arc ; La rivière rouge ; La vérité sur Bébé Donge ; La vieille dame indigne ; La 359ème section ; L’homme qui tua la peur ; Le cas du docteur Laurent ; Le chat ; Le crime de Monsieur Lange ; Le dernier tango à Paris ; Le diable au corps ; Le diabolique docteur Mabuse ; Le journal d’une femme de chambre ; Le lauréat ; Le maitre du logis ; Le pickpocket ; Le président ; Le procès de Viviane Emsalem ; Le secret de Brokeback moutain ; Le septième juré ; Le septième voile ; Le violent ; Les belles années de Miss Brodie ; Les drôles de poissons chats ; Les femmes du bus 678 ; Les valseuses ; L’homme qui aimait les femmes ; Louise-Michel ; Ma nuit chez Maud ; Machine Gun Kelly ; Mademoiselle Chambon ; Mizoguchi ; My fair lady ; Monsieur Verdoux (1,2,3) ; New York, New York ; Nola Darling n’en fait qu’à sa tête ; Nos femmes ; Odette Toulemonde ; Opening Night ; Pattes Blanches ; Personne ne m’aime ; Prêt à porter ; Quai des orfèvres ; Refugiado ; Salam Bombay ; Sept jours en Mai ; Shadows ; Shanghai Express ; Tant qu’il y aura des hommes ; Tell me lies ; Témoin à charge (1,2) ; Ten ; The Duchess ; The lunch box ; The Offense ; Thelma et Louise ; Tenue de soirée ; Trains étroitement surveillés ; Un air de famille ; Un amour pas comme les autres ; Un meurtre sans importance ; Une auberge à Tokyo ; Une si jolie petite plage ; Vol au dessus d’un nid de coucou ; Vulcano ; Winter sleep ; Y aura t-il de la neige à Noël ? ; (110)

15 mars 2017 : 158 items

I. «Culture» :

«Culture» (1) : Qui démontrera comment, pourquoi et par quels processus, le seul emploi du terme de «culture» peut s’avérer en lui-même un véritable repoussoir pour tant de monde ?
Les analyses en termes de classes sociales, en termes de «capital culturel», pour essentielles soient elles, sont insuffisantes.
Et si, plus simplement, la «culture» ne s’était jamais clairement dissociée de la société injuste dont elle est issue ?
Et si, dès lors, la «culture», malgré elle ou non, malgré tout ceux et celles qui se sont évertuées à en dénoncer l’impérialisme, ne continuait-elle pas à porter, les traces de ses origines, celles liées à la force, aux pouvoirs, aux puissants ?
Et si alors la «culture» n’était-elle pas d’abord et avant tout celle que l’on conquiert par soi-même, et donc peu ou prou contre celle dont on ressent plus ou moins clairement que l’on veut nous l’imposer ? Le rejet, le refus de l’école ne s’explique t-il pas si souvent ainsi ?
Et si la «culture» ne pouvait qu’avoir un sens en tant que création par soi, engagement de soi, ce qui signifierait la disparition du terme en tant que ‘concept’ ? Dès lors, si l’on prolonge cette hypothèse, chaque expression de ce qui est défini comme relevant de l’œuvre de la culture, sinon dépossèderait ceux et celles auxquelles elle est présentée de leurs propres potentialités, du moins les ferait défier de leur capacité à pouvoir exprimer leur perception personnelle ?
* Ajout. 5 octobre 2015. Écouter notamment Patrick Laupin (son antiféminisme exclus), ce jour, découvert. 1
* Ajout. 24 juillet 2016. À un tel niveau d’abstraction qu’implique l’emploi du terme de «culture», fusse t-il employé au pluriel, il ne peut exister de réponse à cette question. Néanmoins [se] la poser à chaque référence ponctuelle de son utilisation, peut sans doute aider à mieux approcher de certains éléments de sa critique.

Culture (2) : Dans culture, il y a «cul». 2 Toute référence - dite culturelle - au «cul» - devenu synonyme de «sexe», puis, le distinguo n’étant pas secondaire, de «personne», d’«être humain» - devient dès lors, faute d’explicitation, de facto une légitimation du proxénétisme. Je pense notamment à la rubrique «Les 400 culs» de Libération. (Cf. Proxénétisme, Sexe-s)
* Ajout. 18 décembre 2016. N’y a t-il pas aussi «culte» ?

Culture (3) : Il y a la culture des fraises (à Plougastel), socialiste (de gouvernement), de son jardin (comme Voltaire), de la conciliation (à l’école), de la mafia (Corse, Sicilienne, Calabraise, Russe, française…), d’entreprise (en opposition à la lutte des classes), de masse (en opposition à la culture populaire), de la survie (à bord du Titanic), du bordel (régulièrement revivifiée par les médias), du ghetto (souvent critiquée), de l’étrange (qui permet de légitimer quasiment n’importe quoi), de la paresse (politiquement initiée par Paul Lafargue [1842-1911]), des Arts (dits «premiers»), de la rue (pour ceux et celles qui n’ont rien de mieux), chrétienne (de l’Europe), du foot (en banlieue), «de la sécurité» (pour Manuel Valls) 3, du viol (au Sénat) 4 … La culture peut être juive, cow boy, paysanne, bourgeoise, protestante, populaire, prolétaire, marxiste, féminine, féministe, porno, geek, gore, républicaine, politique…La culture peut être traditionnelle, livresque, surfaite, frondeuse, superficielle, générale, élitiste artistique, partagée, passéiste, exotique, surfaite…
- De quoi est faite celle que l’on nous présente comme telle ? (Cf. Langage)

Culture (Archives) : Henri Langlois [1914-1977], fondateur et directeur de la Cinémathèque (Paris), concernant la question du choix des films devant être gardés au titre d’archives, auteur de : «Il faut essayer de tout conserver, de tout sauver, de tout maintenir, de renoncer à jouer à l’amateur de classique. Nous ne sommes pas Dieu ; nous n’avons pas le droit de croire à notre infaillibilité. Il y a l’art et il y a le document. Il y a de mauvais films qui restent de mauvais films, mais qui avec le temps peuvent devenir extraordinaires. [...] Comment nous permettre de juger ? Seul le recul a rétabli la véritable échelle des valeurs pour les grands maitres du passé. Seul le temps doit décider. […]»
Cette belle analyse est, bien évidemment, valable concernant les archives féministes, lesquelles si leur socle, leur périmètre, leur ambition doivent être définies et présentées comme telles, ne peuvent être soupçonnées du moindre engagement politique, lequel détruit l’idée même d’archives. 5

Culture (Argent) (1) : Orson Welles [1915-1985], auteur de : «Le cinéma, c’est 2 % de création et 98 % de prostitution», ce constat étant un jugement sévère porté sur sa vie de cinéaste. 6 (Cf. Proxénétisme)

Culture (Argent) (2) : Lu dans le Dictionnaire des cinéastes de Georges Sadoul concernant Louis Aubert [1878-1944] : «Pionnier de l’industrie, comme exploitant, distributeur, producteur, il suivit toujours sa devise : ‘Le cinéma, c’est très simple, deux tiroirs, l’un pour les recettes, l’autre pour les dépenses.’» 7
Faux bien sûr, mais afin de ne pas oublier sous couvert de ‘culture’, le rôle qu’y joue l’argent.

Culture (Argent) (3) : Lu dans le Dictionnaire des cinéastes de Georges Sadoul concernant Alexandre Astruc [1923-2016] : «Comme jeune critique, il avait, en 1948, défini les servitudes du cinéma : […] Les vrais auteurs des films sont les producteurs. Pour un auteur […] tous les sujets sont pris par la bande. Imaginez Mallarmé [1842-1898] obligé de se déguiser en Béranger [1780-1857] pour rassurer son monde.» 8

Culture (Argent) (4) : Christine Pascal [1953-1996], concernant notamment son film, Félicité, auteure de : «Habituellement, dans les films, l’argent est en vitrine ; les piscines, les belles voitures, les putes en fourrures… l’argent est cinématographique. Il existe de façon concrète au cinéma, alors je le montre : on parle d’argent, l’argent circule… avec tout cet argent donné et repris, ce sont aussi les sentiments qui circulent.» 9 Certes, mais… (Cf. Proxénétisme)

Culture (Argent) (5) : Alfred Hitchcock [1899-1980], auteur de : «Une production, c’est beaucoup d’argent, l’argent des autres. Et ma conscience me dit qu’il faut mettre une sourdine pour qu’ils puissent rentrer dans leur argent. [...] Un cinéma, c’est comme un écran devant un tas de fauteuils qu’il faut remplir. [...]» 10

Culture (Argent) (6) : Entendu (9 mars 2017) : «La culture, ça coûte cher»

Culture (Art) : Andreï Tarkovski [1932-1986] : «Je n’ai jamais cru en l’art.» 11

Culture (Artifices) : La Nouvelle Héloïse : Que d’artifices, et pourtant, quel chef d’œuvre…Pour moi…
* Ajout. Novembre 2012. Au terme de la lecture des Contre-Confessions de Madame d’Epinay, 12 je suis un peu moins catégorique concernant les qualités de La Nouvelle Héloïse. Jugement indépendant de toute prise en compte de leurs relations…

Culture (Berdiaev) (1) : Dans son livre, Les sources et le sens du communisme russe, Nicolas Berdiaev [1874-1948], auteur, en 1935, de : «Toute culture n’est-elle pas acquise au détriment des classes pauvres, qui la paye de leur travail, et ne fait-elle pas porter une responsabilité sur les favorisés qui en jouissent ?» 13 (Cf. Penser, Politique)

Culture (Berdiaev) (2) : Dans son livre, Les sources et le sens du communisme russe, Nicolas Berdiaev [1874-1948], en 1935, évoque «le schisme historique entre le peuple et les sphères cultivées, la défiance des masses populaires à l’égard de l’intelligentzia.» Tout en tenant compte du fait que ces termes n’ont ni la même histoire, ni la même signification dans les deux pays, on peut néanmoins se poser la question : Qu’en est-il en France ? En tout état de cause, une riche grille de lecture. 14

Culture (Berdiaev) (3) : Dans son livre, Essai d’autobiographie spirituelle, Nicolas Berdiaev [1874-1948], en 1947, écrit, concernant Kant, mais valable pour beaucoup ce que l’on nomme généralement «culture» et/ou qui concerne la pensée «critique» :
- «Recouvrir la pensée de Kant d’une écorce scolaire, scolastique, de preuves compliquées m’a toujours inutile, voire nuisible, comme si par cet acte, la pensée géniale du grand philosophe s’en trouvait obscurcie. […]
- Le développement discursif d’une pensée est, par sa nature même, sociologique ; c’est l’organisation de la cognition à l’usage de la banalité sociale. […]
- Toute ma vie, j’ai beaucoup lu. Cependant mes conceptions n’avaient pas pour base ma culture livresque ; elles se nourrissaient d’intuitions de la vie. Grâce à mes lectures assidues, mes pensées gagnèrent en netteté et il me vint des idées qui n’offrant aucune ressemblance avec ce que je lisais. Trop souvent, elles représentaient une réaction négative au texte que je lisais. Ce n’était qu’à mon expérience intime que je devais la compréhension du livre15 (Cf. Penser, «Sciences» sociales. Philosophie. Sociologie)

Culture (Berdiaev) (4) : Dans son livre, Les sources et le sens du communisme russe, Nicolas Berdiaev [1874-1948], en 1935, Berdiaev évoque «les écrivains russes du XIXème et du XXème siècle qui ont senti qu’ils ne vivaient pas dans une civilisation aux bases solides. Une perception catastrophique du monde demeure la caractéristique la plus remarquable d’entre eux. Car la culture classique, ferme et bien établie, avec ses cloisons, ses couches différenciées, avec ses normes et son goût des limites, est peu propice aux pressentiments et aux anticipations. La culture crée un bouclier à l’esprit, elle le garde de ces fluides qu’émane l’avenir encore inconnu.» 16 Une grille de lecture à appliquer au monde, notamment occidental, de 2016.

Culture (Bourgeoisie) : Lu : «La culture est tout ce qu’il reste de la bourgeoisie quand le capitalisme a triomphé». Partiel, mais bien vu. (Poursuivre)

Culture (Castoriadis Cornelius) : Cornelius Castoriadis [1922-1997], auteur de : «Une culture se crée en créant de nouvelles significations imaginaires et en les incarnant dans les institutions17 (Cf. Homme «Intellectuel». France. XXème siècle, Famille. Castoriadis Cornelius, «Sciences» sociales. Philosophie)

Culture (Comédie Française. 2017) : La Comédie française présente sur scène une adaptation du film de Renoir : La règle du jeu [Christiane Jatahy. février 2017]. Je lis dans la critique par le Canard Enchainé de cette pièce qui «démolit le film à coups de contresens» - ceci : «Et la fameuse partie de chasse à cour ? Celle où on tue les lapins ? Changée en course poursuite avec une servante déguisée en lapine. […]» 18

Culture (Delluc Louis) : Louis Delluc [1890-1924], auteur de : «L’art serait tout à fait inutile si chacun était capable de goûter consciemment la beauté profonde de la minute qui passe.» 19 Et la «culture» serait indissociable de la vie…

Culture (Domination masculine) : [France. 2006-2012] «84 % des théâtres co-financés par l’État sont dirigés par des hommes, 89 % des institutions musicales sont dirigées par des hommes, 97 % des musiques que nous entendons dans nos institutions ont été composées par des hommes, 94 % des orchestres sont dirigés par des hommes, 85 % des textes que nous entendons ont été écrits par des hommes, 78 % des spectacles que nous voyons ont été mis en scène par des hommes, 57 % des spectacles que nous voyons sont chorégraphiés par des hommes, 86 % des établissements d’enseignement artistique sont dirigés par des hommes. Un déséquilibre qui se décline également en termes financiers : 70 % des compagnies dramatiques subventionnées par le Ministère de la Culture sont dirigées par des hommes. En 2003 : ... la moyenne des subventions attribuées aux scènes nationales était de 2.096.31 €. Quand elles étaient dirigées par un homme, cette moyenne s’élevait à 2.347.488 €. Quand elles étaient dirigées par une femme, cette moyenne s’élevait à 1.764.349 €. Quand le spectacle était mis en scène par un homme, s n coût moyen s’élevait à 77.271 €. Quand le spectacle était mis en scène par une femme, son coût moyen s’élevait à 43.791 €.» Chiffres tirés des rapports de Reine Prat de mai 2006 et de mai 2009 «Mission pour l’égalité hommes / femmes - rapport d’étape n°2 : De l’interdit à l’empêchement». 20

Culture (Femmes. Artistes) : Cf ?, Femme. Artistes

Culture (Femmes. Russie. XVIIIème siècle) : La princesse Dashkoff [1743-1810], auteure de : «Je ne craindrai pas d’affirmer qu’au moment dont je parle (années 1850) il n’y avait pas deux femmes dans l’Empire (Russe), excepté la Grande Duchesse (future Catherine II) et moi qui s’occupassent le moins du monde de lecture sérieuse.» 21
* Ajout. 5 décembre 2016. Je lis dans Les sources et le sens du communisme russe [1935] de Nicolas Berdiaev [1874-1948] : «Dans la toute première moitié du XIXème siècle, la solitude des premiers Russes cultivés et épris de lecture est extraordinaire. Ils sont quelques individus cultivés, mais il n’existe aucun milieu de culture. Ces isolés se plaignent d’être entourés de ténèbres et que personne ne les comprenne ou sympathise avec eux. La masse de la noblesse et des fonctionnaires demeurait profondément ignorante, manquant totalement d’idéal et de toute préoccupation élevée.» 22

Culture (Gabin Jean) : Jean Gabin [1904-1976], après près de cent films, dans sa dernière interview avant sa mort, auteur de : «C’est drôle comme les femmes sont teigneuses, quand elles s’y mettent23

Culture (Inculture) : Édith Piaf évoquant son ‘inculture‘ : «J’avais des lectures, mon dieu…discutables. Je faisais mon régal de : ‘Séduite le jour de ses 20 ans’. Je n’aimais pas les livres qui finissaient mal. Et je n’écoutais pas les conseils que l’on me donnait. Raymond Asso essaya de me guider et de changer mes lectures.» 24 Et c’est ainsi que chansons, films, livres qui évoquaient ce que vivaient tant de femmes furent évacués de la ‘culture’. Et les sujets dont ils parlaient aussi.
Ce qui, faut-il le préciser, ne fut néanmoins pas le cas d’Édith Piaf. (Cf. Femmes. Chanteuses d’antan)

Culture (Littérature) : Maurice Nadeau, dans le Manifeste publié dans le N° 1 des Lettres Nouvelles (mars 1953) pose : «Elle [la littérature] ne relève que de ses propres critères.» Comment peut-on penser légitimer un tel - absurde et indéfendable - privilège, dont ne pourraient que bénéficier les littérateurs [incidemment, quasiment tous ou presque des hommes], ainsi placés «au-dessus de la mêlée» ? 25
Vrai aussi pour les caricaturistes, Charlie Hebdo inclus…(Cf. Justice, Politique. Peuple.)

Culture (Livre) : Pour les libéraux : «Produit de l’industrie culturelle». Variante : «Produits de consommation immédiate.» (Entendu le 11 mai 2012).

Culture (Luxe) : Arnaud Esquerre, auteur de «L’industrie du luxe a partie liée avec la culture, avec l’art, [...] avec le tourisme».26 (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Luxe)

Culture (Mélo. Chansons, Films, livres) (1) : Qualifier, pour le condamner, un film (livre…) de mélo[dramatique], c’est s’interdire de voir, d’analyser, de réfléchir, de porter un quelconque jugement concernant tous les drames, si complexes à démêler, que tant de femmes ont dû vivre, et donc de comprendre leur succès notamment auprès des femmes. Où ailleurs, pouvaient-elles, ne serait-ce qu’un peu, retrouver, sinon leur vie, du moins ce qui leur permettait d’y échapper ? Un rêve aliéné, certes, mais néanmoins un rêve.
[Après avoir vu la présentation du film, puis le film : Le mensonge d’une mère. 1950, de Raffaello Matarazzo et enfin la critique de Ciné Classique : «Une trame qui ne réserve aucune surprise […]»] 27 (Cf. Femmes. Bouleversées)

Culture (Mélo. Chansons, Films, livres) (2) : Françoise Rosay [1891-1974] raconte dans La traversée d’une vie que, contrainte de s’adresser au public (anglais) après avoir joué un «terrible mélo», elle déclara en substance ceci : «La pièce que nous venons de jouer devant vous appartient à une catégorie que l’on appelle avec mépris du mélo. Ce qu’il y a de bien dans ces pièces, c’est que le méchant est toujours puni et le bon récompensé. Dans la vie, vous le savez bien, cela arrive rarement. Vous venez donc au théâtre pour voir cela. Nous sommes venus pour vous remonter le moral et j’espère que vous partirez contents.» 28

Culture (Mill Stuart) : Stuart Mill [1806-1873], auteur de : «Un esprit cultivé - et je n’entends pas par là celui du philosophe, mais tout esprit qui a pu puiser aux sources de la connaissance et qu’on a suffisamment habitué à exercer ses facultés - trouve des sources inépuisables d’intérêt dans tout ce qui l’entoure : dans les choses de la nature, les œuvres d’art, les créations de la poésie, les évènements de l’histoire, les voies suivies par l’humanité dans le passé et dans le présent et les perspectives ainsi ouvertes sur l’avenir.
À la vérité, il est possible qu’on devienne indifférent à toutes ces choses, et cela, sans en avoir épuisé même la millième partie ; mais c’est qu’on n’y avait jamais attaché aucun intérêt moral ou humain et qu’on y avait cherché qu’un moyen de satisfaire sa curiosité.
» 29 (Cf. Politique. Morale, «Sciences» sociales. Philosophie)

Culture (Mitterrand Frédéric) : Frédéric Mitterrand, Ministre de la culture, auteur, le 29 septembre 2009 (Europe 1), alors qu’il était ministre de la culture, de : «Si le monde de la culture ne soutenait pas Roman Polanski, ça voudrait dire qu’il n’y a plus de culture dans notre pays.» 30 (Cf. Patriarcat. Viols)

Culture (Musique) (1) : Lu dans les Mémoires de la Comtesse Marie d’Agoult (Daniel Stern) [1805-1876] : «On sait qu’en France les leçons de piano, considérées comme le complément de toute bonne éducation, n’ont aucunement pour but d’initier une jeune fille au grand art de la musique, mais seulement de faire d’elle une machinale, insipide exécutante, capable, en attendant le mariage, de divertir pendant une heure l’ennui de soirées de famille, de jouer en mesure, ou à peu près, une contredanse pour faire danser les voisines, à la campagne, d’accompagner au besoin quelque virtuose de sa force, exercée celle-là aux arpèges de la harpe, ou bien à la romance. Ma mère, par cela seul qu’elle était allemande avait de la musique une autre idée. […]» 31 (Cf. Patriarcat, «Sciences» sociales. Histoire)

Culture (Musique) (2) : Dans un livre consacré à l’organiste Marie-Louise Girod, on lit qu’elle aurait choisi l’orgue «pour que le public ne la voit pas32 La lecture du livre permet cependant de ne pas s’arrêter à cette analyse. (C. Femme artiste. Alain Marie-Claire)

Culture (Musique) (4) : Pas un seule femme dans l’Orchestre symphonique russe (sous la direction de Valéri Guerguiev) qui a joué, le 5 mai 2016, dans la cité syrienne de Palmyre. Par ‘humanité’ pour elles ? L’armée russe n’emploie t-elle des femmes militaires en Syrie, comme ailleurs ? Et, comme toutes les armées, n’en tue t-elle pas par dizaines de milliers ? …
Ce concert retransmis en direct par la télévision publique russe, a permis à M. Poutine d’intervenir pour saluer un «extraordinaire acte d’humanité». (Politique. Guerre. Propagande)
* Ajout. 16 décembre 2016. Lu : «Le 11 décembre [2016], Daech s’est de nouveau emparé de la ville ancienne de Palmyre, qui avait été libérée en mars 2016 par l’armée syrienne avec le soutien de l’aviation russe.» (Cf. Politique. Guerre)
* Ajout. 9 mars 2017. Serait repris par l’armée Syrienne en mars 2017.

Culture (Musique) (5) : Pas une seule femme non plus dans l’orchestre de la Philarmonique de Berlin pour la retransmission filmée en 1966 par Henri-Georges Clouzot [1907-1977] de la 5ème symphonie de Beethoven par Herbert von Karajan [1908-1989], film retransmis par Arte le 26 juin 2016.
- Présentation par Arte : […] «La partition se mue en scénario, les phrases musicales deviennent des séquences filmiques, et les musiciens des comédiens. La caméra capte ainsi toutes les nuances de l'interprétation, et reflète fidèlement la puissance et la passion de Karajan.» C’est tout. 33

Culture (Nationalisme) : À l’écoute fortuite d’un lien établi entre Madame Bovary et Anna Karénine, je me suis soudain rendue compte de l’ampleur de l’enfermement induit par une vision nationaliste de la «culture». Et de sa fonction politique : étroitesse d’esprit, régression…
- Penser nationaliste, c’est penser au seins de frontières physiques et mentales, c’est penser sans, c’est penser contre, c’est penser étriqué.

Culture (Patriarcat) (1) : Oui, les hommes, tous les hommes, ont été élevés, ont grandi, ont été légitimés par les religions et les lois, dans une culture du pouvoir, de la puissance, de la force et de leur légitimité, et donc de la violence ; les femmes dans une culture - faute d’alternative pensable proposée - de la légitimation de leur supériorité et donc leur dépendance politiquement impuissance à leur égard. Oui, il s’agit bien de « culture », qui, comme telle, doit être analysée pour être comprise ; qui donc, en tant que telle, exige de repenser autrement le ‘concept’ de culture. Ce qui, bien sûr, n’a rien à voir avec une comparaison chiffrée entre hommes et femmes. (Cf. Patriarcat)

Culture (Patriarcat) (2) : Il y a sans doute plus de vérité sur le patriarcat dans À Saint Lazare d’Aristide Bruhant [1851-1925] que dans tant et tant d’analyses théoriques. (Cf. Patriarcat)
* Ajout. 27 mai 2016. Comme, au hasard…, dans La fiancée du pirate [Kurt Weil, Bertold Brecht. 1928] ? Et dans Une demoiselle sur une balançoire [Jean Nohain. Mireille. 1950] ? Et dans…

Culture (Patriarcat) (3) : Coline Serreau, qualifiée d’«artiste à part entière» [bien que féministe?], le 6 septembre 2016, invitée par France Culture procède à de nombreuses analyses féministes et se réfère à plusieurs reprises au «patriarcat». On lit dans la présentation écrite de cette émission par France Culture : […] «Dévoiler voire dénoncer l’oppression intérieure et extérieure des femmes est un des thèmes récurrents de l’œuvre filmique et théâtrale de Coline Serreau34

Culture (Patriarcat) (4) : Aux fins (le plus souvent inconscientes) de pérenniser le patriarcat - quelles qu’en soient les modalités d’expressions - de combien d’artifices, d’invraisemblances, d’incohérences les films sont-ils réalisés, les livres sont-ils écrits ? La mort in fine de l’héroïne n’est-elle pas d’ailleurs souvent le seul moyen trouvé pour y remédier ?

Culture (Patriarcat) (5) : Lu lors d’un débat dans Les Cahiers du cinéma en juillet 1959 de cinéastes de La Nouvelle Vague concernant Emmanuelle Riva dans le film d’Alain Resnais, Hiroshima, mon amour :
- Jacques Doniol-Valcroze [1920-1989] : «Elle est unique. C’est la première fois que l’on voit à l’écran une femme adulte avec une intériorité et un raisonnement poussé à ce point.» […]
- Jean-Luc Godard : «Pour moi, c’est le genre de fille qui travaille aux Éditions du seuil où à l’Express, une sorte de George Sand 195ç. A priori, elle ne m’intéresse pas car je préfère le genre de filles qu’on voit dans les films de Castellani [1913-1985]. Ceci dit, Resnais a dirigé Emmanuelle Riva d’une façon si prodigieuse que ça me donne l’envie de lire les bouquins du Seuil ou de l’Express.»
- Jacques Doniol-Valcroze : «Dans le fond, plutôt que le sentiment de voir pour la première fois une femme vraiment adulte, je crois que la force du personnage d’Emmanuelle Riva est que c’est une femme qui n’essaie pas d’avoir une psychologie d’adulte, tout comme dans les Quatre Cents coups, le petit Jean-Pierre Léaud n’essaie pas d’avoir une psychologie d’enfant. […] Emmanuelle Riva est une femme adulte moderne parce qu’elle n’est pas une femme adulte. Elle est au contraire très enfantine, uniquement guidée par ses impulsions et non par ses idées. C’est Antonioni qui a le premier montré ce genre de femme.»
- Eric Rohmer [1920-1010] : «Est-ce qu’il y a déjà eu des femmes adultes dans le cinéma ?» [...] 35 (Cf. Femmes. Artistes)

Culture (Patriarcat) (6) : Concernant les lectures féministes du cinéma, les livres, si éclairants, de Noël Burch et Geneviève Sellier, La drôle de guerre des sexes du cinéma français 36 [1996] et de Geneviève Sellier, La Nouvelle Vague. Un cinéma au masculin singulier 37 [2005], fruits d’un immense travail, sont fondamentaux…et passionnants. (Cf. Culture. Cinéma)

Culture (Populaire) : Lu dans les Lettres de prison de Gramsci [1891-1937] : «À Milan (en prison) j’ai lu une certaine quantité de livres de tous genres, en particulier des romans populaires. […] Eh bien, j’ai trouvé que même Sue [1804-1857], Montépin [1823-1902], Ponson du Terrail [1829-1871], etc.… pouvaient suffire si on les lisait de ce point de vue : «Pourquoi cette littérature est-elle toujours la plus lue et la plus imprimée ? quels besoins satisfait-elle ? à quelles aspirations répond-elle ? quels sentiments et quels point de vue sont représentés dans ces mauvais livres, pour qu’ils plaisent autant ?» 38
Je n’aurais pas su mieux dire, je n’aurais néanmoins pas qualifié ces livres de «mauvais»….

Culture (Prévert Jacques) : Jacques Prévert [1900-1977], auteur de : «Beaucoup de livres d’aujourd’hui, quand on les ouvre comme une huitre, on trouve seulement des perles de culture.» 39

Culture (Test de Bechdel) : Le test de Bechdel a pour finalité non pas de porter un jugement de valeur sur le message féministe ou non d’un film, non pas de comparer le nombre respectif de femmes et d’homme dans un film, mais de proposer une grille de lecture factuelle qui tient compte de trois facteurs : l’œuvre (le film) doit mettre en scène deux femmes identifiables (dont on connaît le nom) ; qui échangent entre elles ; qui parlent d'autre chose que d'un homme.
- Exemples : Deux femmes échangent entre elles du bonheur du foyer, de leurs engagements de soutenir Marine Le Pen…

Culture (Ory Pascal) : Pour Pascal Ory, la culture, c’est «l’ensemble des représentations collectives propres à une société». 40 En quoi cette définition est-elle clairvoyante ?

II. «Culture». Cinéma :

Culture (Cinéma) : [Selon l’association La barbe] : «Sur les cent films qui ont rapporté le plus d’argent en 2011, seulement 11% avaient pour personnages principaux des femmes. La plupart du temps au cinéma, les femmes ont des seconds rôles. Aussi, lorsque les hommes sont entre eux, ils sont entre eux et parlent d’eux. Quand deux femmes sont à l’écran, elles parlent d’un homme. Ou elles servent la cause d’un homme… Maintenant, on pourra toujours nous trouver des exceptions. Toutefois, elles ont valeur d’exceptions et confirment bien la règle qui est qu’un ‘bon film’, c’est un film où on voit des hommes. Tout cela contribue à nourrir cet imaginaire. Le cinéma qui compte aujourd’hui - je ne veux pas dire que c’est l’ensemble du cinéma - est fait par des mâles et véhicule une image où le mâle est dominant.» 41 Pourrait sans doute être plus nuancé, mais doit être connu et publié.

Culture (Cinéma. African Queen) : [John Huston. 1952] La merveilleuse rencontre de deux êtres [Humphrey Bogart et Katherine Hepburn] que tout pourrait opposer et qui, par petites touches et grands évènements, assistent - et nous font vivre avec eux - à leur lente et si inattendue symbiose amoureuse. Un inoubliable souvenir d’adolescente.
- Georges Sadoul évoque pour sa part dans son Dictionnaires des films : «l’éveil tardif d’une vieille fille à l’amour physique» 42 et dans son Dictionnaire des cinéastes : «l’absurde obstination d’une vieille fille poursuivant seule la guerre.» 43
Ou : comment le mépris des femmes interdit la sensibilité, l’intelligence et contraint à tant de si évidents contresens…. (Cf. Patriarcat)

Culture (Cinéma. Anna et les loups) : [Carlos Saura. 1972] Une présentation du film : «Une vieille femme tyrannique règne sur toute la maisonnée. Elle a trois fils. José, l'aîné, est un fanatique de l'ordre militaire. Son frère cadet, Fernando, est hanté par des rêves mystiques. Juan, le plus jeune, marié à Luchy, est le père des trois fillettes. Obsédé sexuel, il est immédiatement attiré par Anna.»
Un autre regard sur le film, focalisé sur sa fin : enfin réunis, le premier frère viole Anna, le second lui coupe les cheveux, le troisième la tue d’une balle en pleine tête. Une critique anti-patriarcale ? Le film perd cependant de sa force critique du fait du comportement, des rapports, peu (ou pas) compréhensibles, peu (ou pas) crédibles de Géraldine Chaplin, dans le rôle de la gouvernante, avec les trois frères.

Culture (Cinéma. Basic Instinct) : [Paul Verhoeven. 1992] Entendu évoquer «un con qui pense avec sa bite». (Traduction française).

Culture (Cinéma. Betty) : [Chabrol. 1992. D’après Simenon] Pourquoi faut-il qu’«une femme (Stéphane Audran) meure pour qu’une [autre] (Marie Trintignant) vive» ? [Conclusion du film]

Culture (Cinéma. Boudu sauvé des eaux) : [Jean Renoir. 1932, avec Michel Simon]. Sous couvert d’«ode à la liberté individuelle», le pénible spectacle d’une si violente grossièreté masculine, ici incarnée par Michel Simon. (Cf. Politique. Liberté)
* Ajout. 13 juin 2013. Georges Sadoul évoque «une joyeuse apologie d’un clochard anarchiste opposant la grand route au confort petit bourgeois du libraire» et précise que Renoir «laissa Michel Simon se débrider autant qu’il le voulut.» 44 Le résultat : le spectacle complaisant, sinon approbateur, de l’abjection du personnage joué par Michel Simon.

Culture (Cinéma. Boule de Suif) : Christian Jacques. 1945] Présenter Micheline Presle / «Boule de Suif» comme «une métaphore de l’esprit de résistance» 45, c’est nier la quasi totalité du film et occulter toute l’ignominie d’une certaine bourgeoise - rarement aussi clairement dénoncée - dont ce film est l’expression. Boule de suif, «fille publique», «femme de mauvaise vie» est tout à la fois la victime et l’incarnation la plus respectable du monde ici représenté et dénoncé. (Cf. Proxénétisme)
* Ajout. 13 Juin 2016. Pour George Sadoul : «L’atmosphère française a été bien reconstituée». 46

Culture (Cinéma. Brève rencontre) : [1946. David Lean] Un amour bouleversant - tout en nuances, en retenu - mais impossible entre deux êtres préalablement tenus par les liens du mariage.
* Ajout. 13 Juin 2016. Pour George Sadoul : «Ils s’aiment, mais elle est honnête et le laisse s’expatrier». 47

Culture (Cinéma. Captives à Bornéo) : [1950. Jean Negulesco] Lors de l’occupation japonaise de Bornéo, de 1942 à 1945, hommes et femmes (et enfants) américains sont emprisonné-es, séparé-es et enfermé-es dans des camps d’hommes et des camps de femmes. L’une d’entre, Agnès Keith (en charge de leur petit garçon) lutte courageusement, ne cède pas à la torture, et parvient sauvegarder sa dignité. La dernière image de ce film intéressant, après le salut au drapeau et la chant à la gloire à Dieu, est celle, à la libération du camp, de cette femme, droite, élégante, intègre, perçant l’horizon et découvrant au loin son mari, courant vers elle avec une béquille, blessé, claudiquant, trébuchant, tombant à terre. Et c’est à terre qu’ils s’étreignent, tandis que leur petit garçon tente de trouver une place entre eux : Une métaphore politique de l’après guerre.

Culture (Cinéma. Chemin de croix) : [2014. Dietrich Brüggemann] Les ravages sur une toute jeune fille d’une religion intégriste, inquisitoriale, punitive, sacrificielle, légitimée, non sans contradictions par une mère, odieuse, plus inhumaine que religieuse et un père absent, incapable, impuissant.

Culture (Cinéma. Coup pour coup) : [Martin Karmitz. 1971] Un film superbe sur une grève de femmes au tissage, contre les cadences et le chronométrage, le harcèlement, le fayotage, la fatigue, les crises de nerfs, les injures, les humiliations, les injustices, les ordres, le mépris, les sanctions, la chaleur, la maitrise garde-chiourme, les «chefs sur le dos», le salaire au rendement, dont «la moitié paie la nourrice», les punitions : «un quart de salaire en moins pour une minute de retard», l’absence de prise en compte des salariées : «20 minutes d’attente du bus» pour 5 minutes de plus à la sortie, le bruit des machines, le silence imposé entre elles, le travail sans arrêt et sans pouvoir «relever la tête», les demandes refusées d’aller aux toilettes, la dépendance institutionnalisée, les amitiés brisées, le licenciement de deux «meneuses», les «dégueulasses», les «salauds», les «vaches», le patron…
- Ce n’est pas «un film réaliste qui a valeur de document sur les conditions de travail dans les années 1970.» (Télé loisirs) ; c’est un film représentant une grève de femmes ouvrières du textile, en en resituant le bien fondé : l’horreur de leurs conditions de travail.
- Ce n’est pas un «drame social» (Wikipédia), mais une lutte d’ouvrières, fières, courageuses, décidées à rendre «coup pour coup».
- Ce n’est pas une «grève sauvage qui déborde bientôt les syndicats» (Allo ciné) mais une lutte de femmes qui dévoile, révèle, dénonce les trahisons syndicales - «on en a marre des syndicats», déclarent-elles sans ambiguïté.
- Ce ne sont pas des «acteurs inconnus» (Allo ciné), mais des ouvrières et des comédiennes, lycéennes et étudiantes - et quelques hommes solidaires - qui représentent ce qu’elles ont vécu et partagé afin que l’histoire ne se renouvelle pas.
- Ce n’est pas un film «mêlant militantisme ouvrier et féminisme» (You Tube), c’est, grâce à une grève, sur la découverte par des femmes d’un autre monde que celui qui leur a été imposé par le salariat et, par delà, sur leur vie…(Cf. Politique. Luttes de femmes)

Culture (Cinéma. Giant) : [George Stevens, Avec James Dean, Rock Hudson, Élisabeth Taylor. 1956] Film, en règle générale, centré sur l’épopée de James Dean. Mais pourquoi ne pas voir, aussi - d’abord ? - le triomphe final de la constance dans la vérité, de la justesse d’analyse, de l’intelligence et de l’humanité d’une femme, incarnée ici par Élisabeth Taylor ? (Cf. Politique. Morale)

Culture (Cinéma. Gloria) : [Sebastiàn Lelic. 2013, avec dans le rôle principal, la merveilleuse Gloria Cumplicio] Un film formidable à voir plus particulièrement par les femmes qui, aspirant à vivre un nouvel amour, se rendent compte de l’impossibilité de leur amant à rompre avec leur vie antérieure. «Sois un homme !» dit-elle à son nouvel amant, après la rupture, mimant un assassinat, après l’avoir aspergé de peinture ; et ce, suivi d’un immense rire libérateur.
- Une question : À la fin du film, la vision d’un paon faisant la roue, ne pourrait-elle signifier que Gloria aurait affirmé trop d’orgueil, d’exigences ?
- ‘Analyse’ de Wikipédia : «Mais alors que leur relation devient permanente, les défis du quotidien forcent Gloria à confronter ses propres secrets.»….

Culture (Cinéma. Go fish et Gazon maudit) : Lu, écrit par l’une (Mathilde) des Marie-Pas-Claires (1997) : «[…] Ces deux films [Go fish [Rose Troche. 1994] et Gazon maudit [Josiane Balasko. 1995] ont au moins l’avantage de souligner que les lesbiennes ne sont ni moches (à moins de se voiler la face sur les charmes de Victoria Abril), ni frustrées, ni mal baisées. Et en plus elles ne se lamentent pas de l’absence d’hommes dans leur vie, elles les écartent de leur chemin ; c’est tout. ‘Je n’attends pas un homme’ nous disent les héroïnes de Go fish. ‘On existe’, nous disent ces deux films. […]» 48

Culture (Cinéma. Gueule d’amour) : [Jean Grémillon avec Jean Gabin et Mireille Balin. 1937] On comprend mieux ce que signifie, dans le patriarcat, «la fraternité».

Culture (Cinéma. Guillaume et les garçons à table ! ) : [Guillaume Gallienne. 2013] Une déconstruction courageuse, intelligente, sensible, claire et drôle de la construction des affectations sexuées. Le distinguo, pour un homme, entre se sentir une fille, se vivre comme une fille et être homosexuel est riche de réflexions. J’ai cependant eu du mal à considérer comme crédibles les déclarations d’amour par Guillaume Gallienne à sa mère (que lui-même joue en sus de son propre rôle), alors qu’elle ne cesse d’être représentée comme vulgaire, insensible, stupide, odieuse ; et, en aucun cas, «pudique»…

Culture (Cinéma. Indiscret) : [Stanley Donen. 1958] Deux répliques de la comédie : «Il n’y a pas de plus sincère qu’une femme lorsqu’elle dit un mensonge» et la dernière du film [de Gary Grant à Ingrid Bergman] : «Ça te plaira, le mariage, tu verras ! ».

Culture (Cinéma. Ixcanul) : [Jayro Bustamente. 2015] Les diverses facettes du patriarcat exprimées à travers les phases de la vie d’une jeune paysanne Maya, au Guatemala. Ou : Comment, un par un, tous ses rêves s’effondrent et les rapports de domination, multiples, se prolongent et se perpétuent, malgré les espoirs, la force, la résistance des femmes…La mère est particulièrement attachante. Un grand film.

Culture (Cinéma. Il était une fois l’Amérique) : [Sergio Leone. 1984] Quatre souvenirs parmi d’autres.
Le premier souvenir : Après avoir violé [une représentation du viol particulièrement réaliste et éprouvante] la femme (Jennifer Connely) qu’il aimait, la gangster/mafieux (Robert de Niro) la retrouve 35 ans après. Sa première phrase : «Tu n’as rien à me dire ?» ?
Le deuxième : Alors qu’Eve, une ‘amie‘ de De Niro est abattue pour avoir déclaré qu’elle ne savait pas où il était, son souvenir n’est jamais ultérieurement évoqué [Que devient son corps ?] alors que celui de ses trois amis est l’une des trames du film.
Le troisième : Après avoir eu des relations sexuelles avec une prostituée («mineure»), un policier photographié ‘en flagrant délit’ par la bande de petits délinquants en herbe, accepte, sous la menace du chantage, de les ‘protéger’. Le pacte est lié : les garçons auront eux aussi, après lui, des relations considérées comme payées par le policier, avec la jeune prostituée [qui se montre particulièrement ‘compréhensive].
Le quatrième : Quelle que soit la manière dont les femmes de ce film, à l’exception de Jennifer, la femme aimée, sont traitées par ces gangsters (d’une extrême violence), celles-ci réapparaissent toutes aussi belles, sans rancune et bien coiffées dans les scènes suivantes.

Culture (Cinéma. Jour de colère. Dies Irae) : [Carl Theodore Dreyer. 1943] Dans ce film superbe, fascinant - dont l’action se situe au XVIIème siècle - souvenir du dialogue entre la mère et le fils. Le fils : «C’est la haine qui te fait parler ainsi ?»  La mère : «Non, c’est mon amour pour toi».
In fine, la belle-fille aimante et ‘co-coupable’ d’un amour interdit, dénoncée par sa belle-mère et abandonnée publiquement par son amant, avoue, après des scènes terrifiantes de tortures décidées par une myriade d’hommes : elle sera brûlée en tant que sorcière, comme le fut sa mère.
Ce film [m’]a fait penser au livre non moins somptueux de Nathaniel Hawthorne, La Lette écarlate. [1850]

Culture (Cinéma. Je vous trouve très beau) : [Isabelle Mergault. 2005] Un beau, juste, sensible personnage d’homme (Michel Blanc). Il est des films qui, de par leur seule existence, dévoilent les caricatures d’hommes que l’on nous impose a satiété. «Mièvre», «sentimental», «fleur bleue» écrivirent certain-es critiques.

Culture (Cinéma. Jules et Jim) (1) : [François Truffaut. 1962, scénario adapté du livre de Henri-Pierre Rocher, du même nom [1953]] Comment et pourquoi, cette insistance, chez G. Sadoul, tant d’années après, à analyser ce film comme «un hommage à l’amitié» (entre deux hommes, Jules et Jim) laquelle survit à leur amour pour la même femme ?
Pourquoi, par ailleurs, ce refus d’analyser le fait que Kathe / Catherine / Jeanne Moreau a, seule, sans aucun pacte entre eux, décidé de mourir avec - et donc de tuer - l’un d’entre eux ? Sans pitié. 49 Pour mieux étouffer ce que Kathe évoque la concernant : sa [ma] «nature héroïque», fusse au prix d’un assassinat ?
* Ajout. 15 juin 2016. Pour Georges Sadoul, la fin du film : «Vers 1930, elle se noie avec luiJim»Í». 50

Culture (Cinéma. Jules et Jim) (2) : François Truffaut, dans un article du Monde (en janvier 1962 ?), auteur de : «Sans doute la jeune femme de Jules et Jim veut-elle vivre de la même manière qu’un homme, mais c’est seulement une particularité de son caractère et non une attitude féministe et revendicative.» 51

Culture (Cinéma. Landru) : [Claude Chabrol 1963] Claude Chabrol, dans Les Cahiers du Cinéma (N° 138) en décembre 1962, auteur de : «Landru est [au contraire de L’œil du malin, film qualifié de «subjectif»] une chronique très objective. Mais en même temps, la réalité porte sur le personnage de Landru, pas sur le reste. […]» 52 (Cf. Culture. Cinéma. Monsieur Verdoux, Violences faites aux femmes. Landru)

Culture (Cinéma. L’affaire Josey Aimes) : [Nic Caro. 2005]. Présenté à la suite de l’«affaire Anita Hill», ce film, à l’époque, fut présenté comme consacré à la dénonciation du «harcèlement sexuel» ; quelques années plus tard, il l’est comme un film sur le «harcèlement moral». En réalité, ce film devrait permettre de poursuivre la réflexion sur les déqualifications que le nouveau concept de «harcèlement sexuel» a si évidemment légitimées ; plus encore, il apparait que ce qui est montré avec force, c’est l’extraordinaire violence des hommes lorsque les, femmes, lorsque des femmes ont la simple volonté de travailler, simplement, comme eux. Ce film devrait être vu par tous ceux, toutes celles qui ont revendiqué, qui revendiquent - sans excès d’inquiétudes - l’égalité hommes / femmes, quelle qu’en soit les modalités, en entreprise.
- Dernière remarque : alors que ce film est basé sur l’«histoire vraie» d’une femme gagnant, soutenue par un avocat engagé à ses côtés et par le moyen d’une «class action», un procès qui fit jurisprudence, l’article du Monde le concernant, conclut par cette phrase : «Comme on dit à l'usine à rêves, ça fonctionne53 (Cf. Politique. Égalité, Violences. Harcèlement sexuel)

Culture (Cinéma. L’amore) : [Roberto Rosselini. 1948] Sous ce titre, la deuxième histoire de ce film intitulée El Miracolo (Le miracle) est précédée dans le générique par cet hommage : «Ce film est dédié à l’art d’Anna Magnani. Roberto Rosselini». Rare. Certes, venait-il (ou allait-il, la quitter…néanmoins.

Culture (Cinéma. L’Arnaqueur) : [Robert Rossen. 1961] Lu : «Une fascinante étude psychologique d'un homme qui construit seul son propre enfer». Une autre analyse : une femme qui avait tout compris des rapports de pouvoirs entre hommes doit mourir pour que l’un d’entre eux les comprennent et la comprenne. Trop tard. Pour elle.

Culture (Cinéma. L’Atalante) : [Jean Vigo. 1934] Michel Simon, malotru au grand cœur, en rabibocheur de couple. «Un poème d’amour fou». 54 Non, c’est tout simplement nier les problèmes bien réels, clairement nommés, que vivent le mari et sa femme. Et concernant celle-ci, affirmer qu’elle «s’acclimate mal sur une péniche  ou rège un vieil excentrique» et qu’«arrivée dans la banlieue, elle quitte son mari» 55, c’est là encore, nier ses aspirations d’indépendance, de liberté, clairement exprimées, et l’autoritarisme de son mari.

Culture (Cinéma. L’eau à la bouche) : [Jacques Doniol-Valcroze. 1960] Sur un scénario, au départ, non crédible, les situations qui en découlent deviennent elles mêmes dépourvues de crédibilité. Toutes les situations - toutes patriarcales (un exemple : les trois femmes du film couchent le soir même avec les trois hommes] de ce film Nouvelle Vague sont fausses, archi-fausses, devenues avec le temps, ridicules, absurdes.
- Si l’on voulait démontrer les stéréotypes de «l’amour libre» (version France, années 60), «libertinage», ce film pourrait servir de modèle.
- N’est pas Marivaux [1688-1763], ni Renoir [1894-1979] qui veut, sans oublier la série Downton Abbey [2010-2015]
- Un bel exemple d’explicitation de droit de cuissage, licenciement à la clé, transformé en demande en mariage, puis en tentative de viol, transformé le jour même en accord donné au majordome, joué par un Michel Galabru, grossier à son habitude, sans l’ombre d’un problème par la soubrette, jouée par Bernadette Lafon.

Culture (Cinéma. L’esclave libre) : [Raoul Walsh. 1957] Un titre incohérent, un scenario ridicule, des dialogues débiles, des échanges absurdes, des acteurs exécrables. Tout est faux, caricatural, sans oublier les présentations si souvent agiographiques de l’esclavage aux États-Unis liées au «trafic d’êtres humains» en Afrique. Et in fine, le pire ? : «l’amour» est censé effacer les enjeux politiques du film.

Culture (Cinéma. L’espoir) : [André Malraux. 1939] Que d’hommes, que d’hommes…tous solidaires, graves, responsables, sans oppositions, sans clivage politiques entre eux, tous unis vers un même but…
- Une réplique notable, la seule évoquant «les femmes », quasi absentes dans cette Espagne de la guerre civile républicaine. Un homme va mourir. Il lui est demandé ce qu’il désire et il répond : «Que la vieille me foute la paix avec son bouillon» !
- Un enfant, un seul, est furtivement présent : c’est un garçon qui «veut être aviateur ».
- Une ode à la masculinité.

Culture (Cinéma. L’homme qui aimait les femmes) : [François Truffaut. 1977] Lu sur la présentation de ce film par Ciné Classique [6 juin 2014] : «Le plus bel hommage de François Truffaut à la gent féminine. Un film clin d'oeil, à la sensualité chaleureuse et humoristique.»
En reprenant certains des jugements de Charles Denner, alias Bertrand Morane, on l’entend distinguer – lui, un fin connaisseur des «soutiens gorges Lejaby» - entre deux catégories de femmes : «les grandes tiges et les petites pommes» ; juger «les grosses poitrines et les poitrines modestes» ; s’interroger pour savoir si l’une d’entre elles est «une putain ou non», et concernant une autre femme, si elle est «complaisante et/ou jalouse» ; constater qu’il y a certaines femmes «dont on se demande si elles s’intéressent à l’amour», tandis que d’autres «portent l’amour sur leur visage» ; déclarer doctement : «les jambes des femmes sont les compas qui arpentent le globe en tout sens, en lui donnant son équilibre et son harmonie» ; affirmer que «les femmes adorent toutes le feu de bois» ; affirmer que «comme certains animaux, les femmes pratiquent l’hibernation» ; constater concernant une femme «qui n’a jamais été [sa] maitresse» : «elle est la preuve que l’amitié peut exister entre un homme et un femme». Enfin, commentant son tableau de chasse, il les présente ainsi : l’une était «beaucoup de femmes à la fois» ; l’autre, «une grande fille que j’aimais regarder» ; une troisième : «une très jolie femme» ; une quatrième : «une grande bringue ravissante», et une dernière : «une jolie rousse, ma voisine» [«qui aimait lire»] … .
- On entend aussi dans la bouche des femmes qu’il met en scène : «On a beau dire, on a beau faire, la femme sera toujours la femme» ; «Un homme qui adore les femmes, on peut difficilement lui refuser quelque chose» ; «C’est vrai ? ; vous me trouvez belle ?» ; «Je me caresserai en pensant à toi» ; «Venez me voir ; je vous tiendrai au courant de la mode» ; «Alors je ne vous plais plus du tout ?» ; «Est ce que vous n’êtes pas déçu ?» ; «Sérieusement, vous ne m’en voulez pas ?» ; «Je peux vous embrasser ?» ; «Vous pouvez m’appeler si vous voulez : voilà mon numéro de téléphone» ; «Je vous aime beaucoup» ; «Avoue que j’étais une emmerdeuse» ; «Je pense souvent à vous avec tendresse» ; «Je veux le meilleur pour vous» : «Vous êtes pas mal comme vous êtes»…
- En conclusion, son éditrice et néanmoins amante, jouée par Marie-Christine Barrault, celle qui lui avait fait changer le titre de son roman choisi par lui : «Le cavaleur» en : «L’homme qui aimait les femmes», affirme - lucidement ? - devant sa tombe : «Ce qu’il aimait le plus en nous (les femmes) : les jambes». On peut ajouter «l’apparence, une robe, une silhouette», mais aussi «les épaules» et même aussi «les chevilles épaisses» qui ne le dérangent pas.
- Certes le film n’est pas que «ça», mais il est aussi «ça», et même beaucoup «ça»…
- À proposer pour être la plus signifiante expression filmique au Panthéon du patriarcat ? Mais la concurrence est rude…

Culture (Cinéma. L’ivresse du pouvoir) : [Claude Chabrol. 2006] Une femme forte, juge d’instruction, qui n’a peur ni des hommes ni des institutions, et donc les affronte, exerce - peut-on dire normalement ? - son métier, c’est à dire la recherche de la vérité avec les armes et les limites qui lui donne le droit et sa morale politique. On peut noter que les hommes de pouvoir (politiques et économiques) - dont elle dénonce les turpitudes - sont tous des pleutres.
Au terme du film, elle rend les armes : «Qu’ils se démerdent !» N’empêche que ce qu’elle a, avec une autre femme, réalisé a eu lieu.
- Voici, en regard, la fin du synopsis du film dans Wikipédia : «[…] ivre du pouvoir qu’elle sent détenir, la juge Killman est déterminée à aller jusqu’au bout de son enquête. Pour cela, elle est prête à tout sacrifier, sa sécurité et même son mari qui ne supporte plus la vie infernale qu’elle lui fait vivre.»

Culture (Cinéma. La belle et la bête) : [Jean Cocteau. 1946] Ou : Comment le sacrifice de soi est présenté pour une femme comme relevant de l’évidence. Ou : comment cette décision de vivre avec un «monstre» est présentée comme relevant de sa liberté. Ou : comment, dans ce contexte, une femme déclare d’emblée à un homme / bête : «Vous êtes mon maitre». Ou : comment un femme accepte sans réelle inquiétude, l’enfermement à vie, la richesse étant censée le compenser. Ou : comment la beauté, la bonté d’une femme est censée dompter la bestialité des hommes. Etc., etc.. Question en sus : pourquoi avec des personnages primaires, des dialogues débiles, des acteurs exécrables, des situations aberrantes, ce film est-il si aisément qualifié de «chef d’œuvre» ?

Culture (Cinéma. La chienne) (1) : [Jean Renoir. 1931] Un homme, Michel Simon entre une épouse odieuse - une caricature - (abandonnée au mari légitime) et une prostituée aimée (par lui) mais assassinée (par lui) hurle : «Tu n’es pas une femme, tu es une chienne». La morale du film : non condamné par ce meurtre - un autre condamné à sa place - débarrassé des femmes et de l’argent : le bonheur. Un plaidoyer ?

Culture (Cinéma. La chienne) (2) : Jean Renoir, auteur, en 1931, de : «Je voulais faire La Chienne pour des tas de raisons : j'adore, j'aime beaucoup, je suis assez passionné par les femmes que l'on rencontre dans les rues de Paris… Il se trouve que dans le roman de la Fouchardière la fille est une prostituée. Mon dieu, c'est un métier comme un autre… Une autre raison me poussait très fort : mon admiration pour Michel Simon. C'est un très grand acteur et je pensais que La Chienne lui permettrait d'atteindre certains sommets. Il les a atteints. […].» 56

Culture (Cinéma. La chienne) (3) : Je lis dans le livre La drôle de guerre des sexes du cinéma français de Noël Burch et Geneviève Sellier : «L’une des formulations les plus claires de cette misogynie clivée - «laides ou belles, toutes des salopes» - est un film très admiré de Jean Renoir, La chienne (1931). Le prestige de son auteur est si grand qu’aucun analyste de ce film ne semble attacher la moindre importance à la haine qui s’y déverse sur les femmes, d’une part en la personne de l’épouse de Michel Simon (Madeleine Bérubet), qui, sadiquement, empêche son mari timide d’exercer son violon d’Ingres inoffensif, d’autre part sur la prostituée idiote et cruelle (Janie Marèze) dont le petit comptable a la malheur de tomber amoureux. [...] » Mais qu’il assassine. 57

Culture (Cinéma. La cité des femmes) : [Federico Fellini. 1980] L’outrance, la caricature permettent-elles l’émotion, l’intelligence ? Ici, clairement non.
- Que cet imaginaire masculin, pauvre, binaire, régressif, ouvre peu d’horizons...
- J’ai été frappée d’une scène on ne peut plus réaliste, celle où l’épouse de Snàporaz (joué, avec difficultés, par Mastroianni) dénonce la vie qu’elle mène avec lui et l’impuissance du mari à réagir positivement.
- J’ai aussi gardé en mémoire une analyse féministe, fort juste, de «la fellation» : «On nous ramène à un niveau infantile de succion», qui plus est, du «phallus mâle»… .
- Aucune leçon à en tirer, sinon que Fellini peut s’offrir le luxe de filmer ses propres confusions. Qui gagne quoi que ce soit à ce magma d’images, de scènes si souvent grossières et si lourdes et que gagne t-on ? Moi, rien. Lui, j’en doute…

Culture (Cinéma. La coquille et le clergyman) : [1928. Germaine Dulac] Concernant ce film dont j’ignore tout, George Sadoul écrit : «Artaud, mécontent de la mis en scène de son scénario, provoqua au studio des Ursulines une violente et mémorable manifestation des surréalistes contre Geneviève Dulac.» 58
Dans les Œuvres d’Artaud, je lis : «9 février 1928. Première projection publique de la Coquille et le Clergyman au studio de Ursulines. Arthaud et quelques surréalistes, dont Desnos et Breton, provoquent une scandale au cours duquel Geneviève Dulac est conspuée. Le film sera remis à l’affiche dans la même salle le 14 mai suivant.» 59 J’aimerais en savoir plus…

Culture (Cinéma. La dame sans camélia) : [Michelangelo Antonioni. 1960] La déchéance d’une femme [Lucia Bose] trop belle et mal aimée.

Culture (Cinéma. La fiancée du pirate) : [Nelly Kaplan. 1969] Heureusement, pour Bernadette Laffont, qu’il y a un homme pour rattraper tous les autres…sans oublier les femmes.
Une morale? : La vengeance pour être efficace doit être intelligemment préméditée.
- Lu sur Ciné Classique : «Une fable sociale ironique et délicieusement impertinente pour l'époque. Une œuvre joyeuse qui n'a rien perdu de sa force, ni de sa poésie.» : que d’euphémismes et de contresens pour tenter de cacher l’extraordinaire violence de la juste et fort réaliste critique de la société française des années (19)60. (Cf. Femme. Vengeance)

Culture (Cinéma. La mariée était en noir) : [François Truffaut. 1968]. Une vraie vengeance de femme, longuement pensée : pour venger son mari assassiné. (Cf. Femme. Vengeance)
* Ajout. 13 octobre 2016. Marie-Octobre [Julien Duvivier. 1959] Une autre vengeance de femme : Quinze années après, une résistante (Danielle Darrieux) tue à bout portant l’homme (Serge Reggiani) qui avait tué son amant, Castille, chef de réseau résistant, devant une dizaine d’hommes silencieux…

Culture (Cinéma. La nuit) : [Michelangelo Antonioni. 1961] La présentation du film par son metteur en scène : «Un couple où la femme est plus lucide que l’homme, parce que la sensibilité féminine est un filtre beaucoup plus précis que tout autre, et que l’homme, dans le domaine des sentiments, est presque toujours incapable de sentir la réalité, parce qu’il a tendance à la dominer. Le poids de l’égoïsme masculin suppose, à son profit, une abstraction totale de la personnalité de la femme.» 60

Culture (Cinéma. La passion de Jeanne d’Arc) : [Carl Theodore Dreyer. 1927] Un chef d’œuvre (qui me remémore, sans être à même clairement d’expliquer pourquoi les films d’Eisenstein). Le visage de Falconetti [1892-1946] : jamais oublié…
* Ajout. 15 juin 2016. Ingrid Bergman, actrice dans un Jeanne d’arc de 1948 de Victor Flemming, auteure, en 1952, de : «Je n’aurais jamais accepté de jouer ce film si j’avais connu la Jeanne d’Arc de Dreyer.» 61

Culture (Cinéma. La rivière rouge) : [Howard Hawkes. 1948] Plus besoin pour le fils (adopté) de tuer le père pour prendre sa place : une femme les réconcilie et leur rend et la raison et l’amour. Suffisamment rare pour être noté. On doit cependant noter que le caractère de cette femme n’a aucune crédibilité ; que ses mots n’aient été entendus d’eux qu’après que son fusil ait parlé, et qu’il est douteux qu’elle ait obtenu ce résultat sans lui.

Culture (Cinéma. La vérité sur Bébé Donge : [Henri Decoin. 1952] Lire l’analyse remarquable, du film, de Noël Burch et Geneviève Sellier dans La drôle de guerre des sexes du cinéma français. 1930-1956. 62 Pour moi, un [le ?] modèle du genre.

Culture (Cinéma. La vieille dame indigne) : [René Allio. 1965] L’évocation d’une vie libérée des contraintes et d’abord de la famille vaut bien mieux que toutes les odes à la liberté.
Je découvre sur Wikipédia cette incroyable analyse - absurde contresens - des Cahiers du Cinéma 63 : «René Allio n’a pas fait un film complaisant et jouant sur un sentimentalisme facile. Il n’a pas fait l’apologie démagogique de la liberté des vieilles dames, mais au contraire la critique de cette liberté en la montrant impuissante et incomplète, insatisfaisante. Il a montré qu’il ne suffit pas du rêve pour remédier au vice de l’ordre social ou familial. Sa critique ne s’arrête pas au moment où la vieille dame semble connaître le bonheur : elle se renforce subtilement de cette apparence trompeuse de bonheur. De l’existence, la vieille dame n’aura jamais ramassé que les miettes. Le film refuse la bonne conscience
En regard, l’analyse de René Allio : «[…] Le propos du film est en fait la remise en question de la petite morale de la vie quotidienne, à partir du simple comportement d’une personne qui a accédé à ‘l’objectivité’ : tous les personnages sont en changement, dans une ville en changement. C’est très scandaleux d’être objectif ! C’est pourquoi j’ai essayé de faire ce film avec le plus d’objectivité possible. […]
Le film est donc en même temps l’histoire de l’échec d’Albert (
l’un de ses fils) et celle de la libération de la vieille dame. Je crois que beaucoup de gens aimeront ce personnage bien qu’il soit assez dur. C’est une femme d’origine paysanne, avec ce côté ‘grand seigneur’ qu’ont les paysans. Elle sait se taire et remettre les choses leur place.» 64

Culture (Cinéma. La 359ème section) : [Stanislav Rostotski. 1972] Film de guerre soviétique, pleins d’imprévus, de nostalgies, de lucidités, de vérités, de justesses historiques mais surtout humaines.
Ce film démontre que l’on peut faire un film de guerre, sans glorifier, mythifier ni exalter la guerre, sans humilier l’adversaire [«Qu’il soit aussi des hommes, dit le commandant russe, concernant les soldats allemands, je n’y avais jamais pensé»], tout en s’interrogeant sur la guerre [«Jai dû les sacrifier toutes les cinq (les soldates sous ses ordres) pour ce dix Fritz. Pourquoi ?», tandis que le combat qu’il vient si douloureusement de mener est qualifié de «combat d’intérêt local» par la propagande militaire]…
Ce film démontre, par le prisme premier des relations entre hommes et femmes, que l’on peut faire un film de guerre qui ne nie pas des valeurs disons…humaines, plus encore que la guerre elle-même peut contribuer à humaniser ces rapports.
Que les principales protagonistes soient des femmes soldates - même si la vérité historique n’est que peu crédible - est fondamental. On les voit, militaires, dans leur spécificité, leur singularité, leur unité, leurs différences, sans caricatures ; plus encore ce sont elles qui humanisent leur «chef»…et ce n’est pas ridicule.
Ce film est un superbe hommage rendu aux femmes russes, aux femmes soldates. Aux femmes… (Cf. Politique. Guerre)

Culture (Cinéma. L’homme qui tua la peur) : [Martin Ritt. 1957] Dans une Amérique raciste, une belle, réelle amitié entre hommes, joués par John Cassavetes, Sidney Poitier…

Culture (Cinéma. Le cas du Docteur Laurent) : [Jean-Paul Le Chanois. 1957] Dédicace : «Ce film est dédié respectueusement aux pionniers de la méthode psychoprophylactique d’accouchement sans douleur. Il a été réalisé avec l’aide de la maternité des métallurgistes à Paris où cette méthode a été pratiquée la première fois en France en 1952.» Un film attachant, féministe, courageux, progressiste, salutaire, moral…

Culture (Cinéma. Le chat) : [Pierre Granier-Deferre. 1971] La plus triste histoire de couple du cinéma français ? «Décidément, nous deux c’est insoluble» affirme, avant qu’il cesse de lui adresser la parole, Jean Gabin à Simone Signoret. Dans la permanence d’une logique de couple, sans doute. Pourquoi est-il si difficile de se quitter, là est la question posée, mais non résolue…

Culture (Cinéma. Le crime de Monsieur Lange) : [Jean Renoir, Jacques Prévert. 1936] Le ‘méchant’ Batalia, prototype, selon la présentation classique, du «personnage véreux qui exploite ses ouvriers» est autrement jugé par Valentine, l’une de ses victimes, solidaire d’Estelle sur laquelle il a jeté son dévolu. «C’est le plus grand salaud que j’ai jamais rencontré» déclare t-elle. «Exploiteur des ouvriers» ou «salaud», la différence des termes renvoie à des analyses de nature politique fort différentes.
- Voici enfin comment Les Cahiers du Cinéma le présente : «Frénétiquement lâche, menteur, voleur, manipulateur, cet escroc est un vrai rêve de jeune fille, un grand méchant loup, qui sourit de toutes ses dents et qu'on ne peut s'empêcher d'applaudir tant il fait bien le mal. Surtout aux femmes. Il les prend, il les vole même, puis il les jette. Valentine, il ne l'aura pas deux fois, elle nous le dit à plusieurs reprises. Et au fond, dans ce film qui a l'air de s'occuper d'autre chose, c'est très précisément à la vengeance d'une femme qu'on assiste, la vengeance de Valentine.» 65 «Vengeance» d’une femme ou bien plutôt, femme solidaire luttant contre le droit ancestral des hommes à s’approprier, selon leur bon vouloir, les femmes qui leur plaisent ? (Cf. Femme. Solidarité. Vengeance, Violences. Droit de cuissage)

Culture (Cinéma. Le dernier tango à Paris) : [Bernardo Bertolucci. 1972] Maria Scheider violée par Marlon Brando avec l’accord de Bertolucci, lequel aurait déclaré que le viol, puisque viol il y a bien eu lieu [et non pas un «jeu brutal» selon Wikipédia], «est à la mesure des tourments que provoque l'explosion du féminisme». Toujours, sur Wikipédia (décembre 2014) on lit, ignominieusement : «Une plaquette de beurre contribua à la célébrité du film.» Quant au journaliste de Libération, en guise de nécrologie de Maria Schneider, il écrit qu’elle est sortie de ce film «épuisée», évoque, «son sex-appeal animal» et déclare qu’elle «faisait peur» aux «personnalités » (non iconoclastes)». 66 Honteux.
* Ajout. 14 juin 2016. Pour Georges Sadoul, «un film sur le sexe et la mort» 67, lequel évoque, par ailleurs, «le jeu exacerbé de Brando». 68

Culture (Cinéma. Le diable au corps) : [Claude Autant Lara. 1947]. Il est rare que le personnage joué par Gérard Philippe dans ce film ait été présenté comme il l’est de fait en petit coq bourgeois, présomptueux, impudent, autoritaire, jaloux à l’absurde, grossier, souvent odieux, menteur, matamore en parole et irresponsable, lâche, en rien crédible.
- On peut aussi noter que ce film de 1942 produit par La Continentale [Société de production de films «française à capitaux allemands», crée en 1940 par Goebbels, dirigée par Alfred Greven], tout en tenant compte des nombreuses scènes de liesse nationale fêtant la fin de la guerre, peut être aisément interprété comme ayant pour finalité de présenter la société française comme ‘immorale’, tout en aggravant les inquiétudes des militaires, des prisonniers, des hommes absents de chez eux et en faisant porter l’opprobre sur les femmes infidèles. Mais, pour que la morale patriarcale soit sauve, la femme adultère ‘fautive’ meurt, tandis que son amant s’emble s’interroger…
- Ce film se termine ainsi : à la sortie de la messe d’enterrement de Marthe, le jour de l’armistice de 1918 : «Premier enterrement de la paix. Maintenant c’est les femmes qui vont mourir. Chacun son tour.» (Cf. «Sciences» sociales. Histoire)
- Présentation par Arte le 8 août 2016 : «[…] Cet hymne incandescent à l'amour révéla un Gérard Philipe au charme insolent dans son premier grand rôle, face à Micheline Presle, bouleversante de fraîcheur et de douleur. Un inoubliable couple de cinéma.» L’amour est aveugle…(Cf. Politique. Guerre. Patriarcat)

Culture (Cinéma. Le diabolique docteur Mabuse) : [Fritz Lang. 1960] Un scénario absurde pour justifier un happy end aberrant ou le contraire ?
- Présentation du film par Arte : «Ultime chef d’œuvre de Fritz Lang. Le Diabolique Docteur Mabuse frappe par sa clairvoyance et son acuité politique. Lang y propose une allégorie cruelle de l’Allemagne de l’après-guerre.» 69
- Pour Georges Sadoul, «le film est plaisant dans sa bonhomie». 70

Culture (Cinéma. Le journal d’une femme de chambre) : [Luis Buñuel. 1964] En nous imposant leurs frustrations, leurs obsessions, les metteurs en scène se soucient peu de la vraisemblance, de la crédibilité même des femmes qu’ils nous donnent à voir. En toute cohérence. Ainsi, dans le film de Buñuel (dont le scénario n’est pas celui lisible dans le livre de Mirbeau), Célestine / Marie / Jeanne Moreau après avoir dénoncé à la police Joseph, le jardinier-cocher qu’elle soupçonne avoir tué et violé une petite fille, se met, sans transition, (du moins tel que le film est présenté à la télévision) dans son lit pour - comprend-on après - lui obtenir un aveu. Alors qu’elle est belle, raffinée, sensible, intelligente, celui-ci, laid, grossier, violent, raciste, refuse ses avances, et ne couche avec elle qu’après qu’elle eut promis de l’épouser. Peu après, ils annoncent leur mariage, puis Joseph est embarqué par les gendarmes. Et in fine, Célestin épouse le voisin, le primaire capitaine Mauger….Absurde.

Culture (Cinéma. Le lauréat) : [Mike Nicols. 1979] L’horrible Mrs Robinson (Anne Bancroft) (à laquelle il a été transféré, sans nuances, les critiques dont les femmes, en règle générale, accusent les hommes) ; Elaine Robinson, inconséquente ; Benjamin (Dustin Hoffman) faible et obsessionnel…Quant à leur avenir à eux deux : sombre…

Culture (Cinéma. Le maître du logis) : [Carl Theodor Dreyer. 1925] Un film muet, féministe, sans concession, vraiment remarquable. La critique nomme «fable» ce film on ne saurait plus réaliste et considère comme faisant «preuve d'une belle finesse psychologique» ce qui relève d’une impitoyable remise au pas (rééducation, serait sans doute plus juste) d’un mari et d’un père, véritable tyran, violent, odieux, et stupide…On lit aussi (Wikipédia) : «Évitant les pièges du naturalisme, Dreyer observe, avec une ironie bienveillante, les vicissitudes de la vie de couple.» Ce film fait penser à Une maison de poupée d’Ibsen. [1879]

Culture (Cinéma. Le pickpocket) : [Robert Bresson. 1959] La rédemption morale par l’amour d’une femme. Crédible ? Mal joué en tout cas. La comparaison avec Crime de Châtiments de Dostoïevski est absurde.

Culture (Cinéma. Le président) : [Henri Verneuil. Dialogues d’Audiard. 1961] Dans ce grand film, un grand et beau discours, celui exprimé par Jean Gabin à l’Assemblée Nationale contre «les puissances d’argent.» H. Verneuil a déclaré s'être inspiré de la IVe République pour construire son film. Or, la caméra qui filme longuement, à plusieurs reprises, l’Assemblée Nationale, nous montre qu’elle est composée à 100 % d’hommes. Ce film ne pouvait donc avoir lieu que sous la IIIème République : une erreur historique ou une faute ? Par ailleurs, comment penser le scandale des «puissances d’argent» incarnés par les quelques députés nommément désignés par Gabin avec cet autre scandale - lui, occulté - celui du monopole de la représentation à l’Assemblée dite Nationale, par des députés, tous des hommes ?

Culture (Cinéma. Le procès de Viviane Emsalem) : [Ronit Elkabetz, Shlomi Elkabetz. 2014] En Israël le divorce - après la mariage qui est un acte d’acquisition - est accordé par un tribunal religieux, le tribunal rabbinique. Pour que le divorce soit effectif, les juges doivent obtenir aussi le consentement de l’autre époux qui le refuse. «Elle est mon destin. Je suis le sien».
Ce film remarquable - dont la force et la violence tiennent notamment au fait que chaque scène est présentée en tenant compte de chacun-e des protagonistes concerné-es - outrepasse magistralement et la question de la religion et celle d’Israël. Il incarne plus fondamentalement l’idée même de justice, a fortiori dans un monde façonné par le patriarcat, dont on peut voir ici la cohérence et les contradictions.
Le passionnant complément du film «Il était une fois le procès de Viviane Emsalem » resitue le film dans son contexte politique, juridique, féministe, personnel et en approfondit et élargit considérablement la portée.

Culture (Cinéma. Le secret de Brokeback moutain) : [Ang Lee. 2005] Une merveille.

Culture (Cinéma. Le septième juré) : [Georges Lautner.1962] Où l’on comprend certains des liens :
- entre la justice et l’ordre public bourgeois : «Si on vous amenait le coupable, vous ne sauriez pas quoi en faire, à moins de vous condamner vous-même» ;
- entre la prison et l’hôpital psychiatrique : «Il vaut mieux un fou qu’un criminel dans sa famille. [L’enfermement] c’est la solution idéale» ;
- entre l’épouse («C’est pour ton bien») et de la société bourgeoise, toute patriarcale. («La ville avait gagné […], elle pouvait se refermer sur son secret»)
En sus,
- une conclusion énigmatique : L’assassin fait l’analyse que «ce qu’on (?) lui fait payer», ce n’est pas l’assassinat d’une femme, mais l’abandon par lui de son premier amour, celui pour Nadia.
- une question essentielle : «Une minute d’égarement ne peut pas effacer toute une vie.» (Cf. Corps. Femmes, Justice. Jury)

Culture (Cinéma. Le septième voile) : [1945. Compton Bennett] Ou : comment une petite fille orpheline, trahie par son amie, brisée par sa maitresse, élevée par son oncle (James Mason) qui, en l’écrasant, la violentant, l’enfermant, la méprisant, l’épuisant, la transforme en grande pianiste découvre, en fin de film, après un suicide raté, qu’en réalité elle n’aime que son oncle pygmalion/tyran. Tout est pour le mieux, grâce à la psychanalyse, dans le meilleur des mondes de la domination.
- Présentation du film par TCM : […] «Il (le thérapeute) fait parler Francesca de son passé, où elle se trouvait sans amis, forcée à travailler son piano 5 à 6 heures par jour et recluse par l'homme qu'elle aimait.»
- Présentation du film par un cinéphile : […] «La magnifique scène finale permet donc à une Francesca désormais apaisée et équilibrée d'ouvrir les yeux sur le seul homme où se confond son amour pour la musique et celui de son coeur de femme. Le Septième voile est levé.» (Cf. Patriarcat, «Sciences» sociales. Psychanalyse)

Culture (Cinéma. Le violent) : [In a Lonely Place. Nicolas Ray. 1950. Avec Humphrey Bogart «un personnage complexe et énigmatique», selon TCM.] La morale du film : l’amour même partagé ne libère pas un homme violent de sa violence.

Culture (Cinéma. Les belles années de Miss Brodie) : [Ronald Neame. 1969] Ou comment une femme - enseignante dans un collège de jeunes filles dans l’entre deux guerres - s’affichant, s’affirmant libre, se vivant libre, transfère ses désirs et ses aspirations à ses élèves, tout en les modelant à son image. Un film politique, passionnant, subtil, complexe.

Culture (Cinéma. Les drôles de poissons chats) : [Claudia Sainte Luce. Mexique. 2013] Un beau, sensible, généreux film de femmes. Sans homme. Juste un petit garçon adorable.

Culture (Cinéma. Les femmes du bus 678) : [Mohammed Diab. 2012] Jérôme Garcin producteur et animateur depuis 25 ans du Masque et la plume (France Inter) a pu qualifier, sans autre forme de procès, le film de Mohammed Diab : Les femmes du Bus 678 de «démonstratif». À quelle humanité se réfère t-il ?

Culture (Cinéma. Les valseuses) : [Bertrand Blier. 1974]. Je lis notamment la présentation par Arte des Valseuses de Bertrand Blier, le 28 juillet 2016 : «Ode truculente à l’anticonformisme» ; «cavale lubrique» ; acteurs «flamboyants de vitalité insolente et de naturel» ; «femme à problème» ; «chaud lapins en vadrouille» ; «épopée sexuelle débridée» ; «voyage truculent et libérateur».
- Conclusion : «[…] La verdeur rabelaisienne des dialogues et la virtuosité du réalisateur […] emportent toutes les réticences. ».
- Sur Wikipédia (même date), il est question d’une «jeunesse ravie de voir des scènes transgressives et qui se reconnaît un peu dans ces paumés pas méchants pratiquant un sexe décomplexé».
- Sur Télérama (7 août 2010) : «Le temps passe et l'on attend toujours le film qui secouerait le cinéma français avec la même verdeur et la même insolence. Ce conte drolatique n'a pas pris une ride : la complicité qui unit Depardieu et Dewaere, la cocasserie grinçante des dialogues et des situations, la volonté récurrente d'appeler un chat un chat font des Valseuses une exceptionnelle réussite. L'habileté de Bertrand Blier, c'est de mettre sans cesse les spectateurs du côté des voyous et de montrer alors l'impossibilité de tout jugement moral.»
- Comment juger de la critique filmique qui ne peut pas même, en critiquant fusse positivement un film, concomitamment, ne serait ce que dire l’évidence, à savoir que les personnage joués par Patrick Dewaere et Gérard Depardieu sont ignobles (Cf. Culture. Cinéma. Tenue de soirée)

Culture (Cinéma. Louise-Michel) : [Gustave Kerven. Benoît Lépine. 2008] Dialogue : Yolande Moreau : «Avec 2000 euros, on pourrait faire buter le patron par un professionnel !» Une autre ouvrière : «T’es folle !» Yolande Moreau : «Pas tant que ça ! »
Aux innocent-es, les mains pleines ? (Cf. Politique. Luttes de femmes, Michel Louise)

Culture (Cinéma. Ma nuit chez Maud) : [Éric Rohmer. 1969] Qu’il est simple - y compris pour des êtres complexes - pour une femme d’exprimer son envie de faire l’amour avec un homme, et, pour un homme, de refuser.

Culture (Cinéma. Machine Gun Kelly) : [Roger Corman. 1958] Pourquoi, pour évoquer un homme violent (Charles Bronson) - «un dur» - qui s’avère n’être qu’un faible, faut-il évoquer des femmes caricaturales qui ne seraient fortes que de sa faiblesse ? Pour justifier le mythe des femmes castratrices ?

Culture (Cinéma. Mademoiselle Chambon) : [Stéphane Brizé. 2009] Un film juste : une relation vraie entre un homme et deux femmes. Rare.

Culture (Cinéma. Mizoguchi) : Concernant une analyse féministe des films de Mizoguchi, se référer à l’article d’Alexandra, Mizoguichi Miso, dans le livre des Marie-Pas-Claires. 71

Culture (Cinéma. My fair lady) : [George Cukor. 1964) Le triomphe final du patriarcat : les dernières paroles du professeur Higgins (Rex Harrison) : «Where damned are my slippers ?» («Où diable, sont mes pantoufles ?»). Mais elles ne doivent pas faire oublier tant des fortes préalables affirmations indépendantistes, féministes, d’Eliza (Audrey Hepburn).

Culture (Cinéma. Monsieur Verdoux) (1) : [Charlie Chaplin.1947] Comédie satirique sur le crime ? Non. Sous-couvert de critique de ce film présentée comme politique, justification de l’assassinat des femmes. Le scenario : «Un employé de banque parisien, Henri Verdoux, est réduit au chômage par la crise de 1929. Pour subvenir aux besoins de sa femme invalide et de son fils, il épouse de riches veuves qui meurent rapidement après les noces» (Wikipédia). En guise de ‘morale’, les justifications de Monsieur Verdoux (Chaplin) : «En termes de bain de sang, je ne suis qu’un modeste amateur» ; «Le crime ne paie pas pour les petits» ; «Un seul meurtre fait un scélérat, des millions font un héros.»…
- La présentation du film sur TCM (22 mars 2014) : «Ce drame écrit par Orson Welles d’après la fameuse affaire Landru, ose dépeindre son héros criminel avec humour et tendresse… chef d’œuvre absolu.»

Culture (Cinéma. Monsieur Verdoux) (2) : Lu dans Les Stars d’Edgar Morin : «Monsieur Verdoux, qui cesse d’être un héros de Slasptick comedy, ne fait qu’en développer les virtualités : il va en toute amoralité innocente, jusqu’à réaliser ses souhaits de meurtres (comme le héros de Noblesse Oblige). Plein de bonté, d’amour, de dévouement pour celles qu’il aime, il assassine avec une nonchalante candeur, celles qui lui déplaisent.» Et ce suivi, quelques pages plus loin de : «Dans Monsieur Verdoux, apparaît pour la première fois l’accomplissement immolateur du sacrifice : la mort.» 72 (Cf. Hommes «Intellectuels». France, Violences faites aux femmes)

Culture (Cinéma. Monsieur Verdoux) (3) : Pour Georges Sadoul, comparant Il bidone de Fellini [1920-1993] à Monsieur Verdoux, ce film «fut un peu la satire, par son contraire, d’un ordre social où les hommes sont des loups pour l’homme.» 73 Pour rappel, ce sont bien dix femmes et sans doute aussi le fils de l’une d’entre elles que Landru [1869-1922] a assassiné.

Culture (Cinéma. New York, New York) : [Martin Scorsese. 1977] Un remarquable document sur les manifestations, les modalités d’expression de l’emprise dans un monde patriarcal. Il n’est pas sûr que la solution proposée par ce film pour en sortir soit à la portée de la première venue. Lizza Minnelli, éblouissante de crédibilité.
- Analyse de Wikipédia : «Francine et Jimmy vont alors vivre en couple avec des hauts et des bas, Francine s'efforçant de composer avec le caractère cyclothymique et macho de son compagnon.»

Culture (Cinéma. Nola Darling n’en fait qu’à sa tête) : [Spike Lee. 1987] À sa sortie, souvenir d’un éblouissement à la découverte de l’immense liberté exprimée dans ce film par Spike Lee.
* Ajout. 28 juin 2016. Film qualifié par Georges Sadoul de : «fugue légère autour d’un personnage (Nola Darlig)» 74

Culture (Cinéma. Nos femmes) : [Richard Berry. Mai 2015] L’affiche du film Nos femmes vue ce matin place Maubert : Daniel Auteuil, Richard Berry, Thierry Lhermitte, debout, se tenant seuls par le cou, fiers et joyeux. Aucune des dites femmes n’est représentée ; aucun de leur nom n’est cité. Sans aborder le thème même du film…

Culture (Cinéma. Odette Toulemonde) : [Eric-Emmanuel Schmidt. 2007] Pourquoi évoquer un «commerce des bons sentiments», un film pour les «ménagères de plus de quarante ans», «démagogique», «mièvre», «cucul», un «cinéma populaire», une «suite de clichés» ? Par mépris des femmes et leurs rêves… de ceux de certains hommes. Un film juste, bon et beau, très attachant.

Culture (Cinéma. Opening Night) : [John Cassavetes. 1978] C’est par le refus d’une actrice (Gena Rowlands) d’être giflée sur scène, ce qu’elle considère comme «humiliant», que démarre le film, que se construit aussi le scénario et que peut être analysé le triomphe final d’une femme contre tous / toutes.
- Présentation du film sur Teléloisirs.fr. [26 juin 2014] «Devant la caméra aimante de son époux, Gena Rowlands interprète l'un des ses plus grands rôles.»

Culture (Cinéma. Party Girl) : [Samuel Thies. 2014] Un film beau, riche, émouvant, et si juste. D’apprendre qu’il s’agit d’un hommage du fils à sa mère qui rejoue sa propre vie le rend encore plus attachant.
J’aurais aimé en savoir plus, concernant sa quatrième fille, sur les conditions qui pourrait expliquer l’alternative : «on me l’a enlevée» ou : «tu m‘as abandonnée»…

Culture (Cinéma. Pattes Blanches) : [Jean Grémillon, sur un scénario de Jean Anouilh et Jean Bernard Luc. 1949] Entendu : «Le droit, ça se prend». À méditer, notamment par les juristes : relativise le concept de «droit» et rend plus lucide les personnes qui pensent en être pourvues. (Cf. Droit, Justice)

Culture (Cinéma. Personne ne m’aime) : [Marion Vernoux. 1994] Un film qui vaut bien des analyses féministes. Présentation de Télérama  (17/ 7/ 2010) : «[…] Marion Vernoux frappait fort avec ce premier film de filles pour les filles, tableau impressionniste et anarchique des maux de cœur du sexe faible, de 20 ans à la ménopause. […]» Pour rappel : nombre d’hommes sont non seulement évoqués, mais fort présents - et fort critiqués - dans ce film.

Culture (Cinéma. Prêt à porter) : [Robert Altman. 1994] La mise à nu [du monde] de la mode.

Culture (Cinéma. Quai des orfèvres) : [Henri-Georges Clouzot. 1947] Réplique : Un policier : «Crime passionnel ? c’est toujours le cocu qu’a raison».
Incidemment : un mari trompé ne devrait pas être traité comme un homme ridicule dont on peut, dont on doit rire, se moquer, caricaturer : si l’on réfléchissait un tant soit peu, on verrait toute la gravité, tout le malheur dont la situation est porteuse. Et pourtant…(Cf. Homme-s)

Culture. Cinéma. Refugiado : [Diego Lerman. 2014] Les étapes de la fuite d’une femme, à juste titre terrorisée, et de son petit garçon des menaces de mort de son mari (absent du film).
- «Dans la vie tout a une solution» dit la mère. «Sauf la mort» répond le merveilleux Matias qui s’avère - en jetant son portable dans l’eau pour ne plus entendre les pressions de son père - in fine plus responsable que sa mère. Un très beau, très juste film.

Culture (Cinéma. Salam Bombay) : [Mira Nair. 1988] Quoi d’autre ajouter à ce film qui dit, exprime, dévoile, dénonce tant et tant ? Ce film magnifique, où les regards sont analyses, rend d’emblée, de par sa seule existence, tant de débats dérisoires…
* Ajout. 29 octobre 2014. Écrit sous le coup de l’émotion.

Culture (Cinéma. Sept jours en Mai) : [John Frankenheimer. 1964] Si l’on veut voir comment le monde est effectivement dirigé, ici exclusivement, par les hommes, et ne représente qu’eux, ce film en est un bon exemple.
La rare place des femmes mérite que l’on s’y arrête :
- une femme alcoolique et trahie (Ava Gardner) : ancienne maitresse du général félon marié (Burt Lancaster), abandonnée par lui, est trahie par son second (Kirk Douglas) qui est chargé de l‘espionner et qui lui vole des lettres compromettantes ;
- une patronne de bar sans client donnant une information dont elle ne se rend pas compte l’importance ;
- la secrétaire du Président des États-Unis se contentant d’apporter une lettre ;
- une femme tuée (sa présence juste évoquée) dans un accident d’avion avec l’envoyé du Président dont il ne reste que des bris épars ;
- un femme noire et des religieuses, dans un hall d’aéroport, à qui l’on demande des informations sur la disparition d’un homme et qui n’ont rien vu ;
- Enfin, lors de la conférence de presse du Président, on aperçoit, dans un public composé d’hommes, furtivement, un ou deux visages de femmes et quelques chapeaux.
On peut noter que si la maitresse se voit attribuer un nom, un prénom et un surnom : Eleanor (Elli) Holbrook, la secrétaire n’a droit qu’un son prénom : Esther ; la morte étant définie comme «une femme», tandis que les autres ne sont qu’apparence.

Culture (Cinéma. Shadows) : Improvisation» de John Cassavetes. 1961] Une famille d’origine afro-américaine, patriarcale (incarnée par les frères), une femme matée par eux, des hommes violents qui se battent pour «piquer les femmes des autres», tout en gardant les ‘leurs’ sous le boisseau. Un grand film (comme tous les autres) de Cassavetes. (Cf., Femmes. Échange des)

Culture (Cinéma. Shanghai Express) : [1932. Joseph Von Sternberg] On a, à juste titre, vanté les immenses qualités de ce film et plus particulièrement l’éblouissante Marlène Dietrich, l’actrice, mais, plus rarement, l’extraordinaire personnage qu’elle y jouait : «Elle en vaut douze comme nous» déclare l’homme d’église, tandis qu’elle-même constate : «Il a fallu plus d'un homme pour changer mon nom en Shanghai Lily.» Mais qui a évoqué l’incroyable nullité de Clive Brook, et l’absurde rôle - censé, devant être viril - qu’il lui a été demandé de jouer, celui du capitaine Harvey ? Celui-ci, otage britannique, ‘cassant la gueule’ du chef de la rébellion chinoise pour protéger Marlène Dietrich de ses avances est une scène ridicule. Et enfin que Marlène Dietrich puisse rester amoureuse de ce type minable n’est pas crédible ou, sans doute plus justement, elle perpétue un stéréotype patriarcal au delà des limites du pensable. Une femme, ou du moins son image, portée aux nues, a souvent pour fonction de cacher la nullité d’un homme. (Cf. Femmes. Amoureuses)

Culture (Cinéma. Tant qu’il y a des hommes) : [Fred Zinnemann. 1953] Film censé démontrer, pour les militaires américains en 1944, que l’armée et l’amour des femmes sont incompatibles. On entend qu’ils sont «mariés avec l’armée», qu’ils «aiment l’armée». On se demande bien ce qui pourrait fonder une telle «démonstration» ; tout nous est présenté comme devant dégoûter les plus militaristes de tout engagement militaire (bêtise, violences, humiliations, incompétence, infantilisation, arbitraire…)

Culture (Cinéma. Tell me lies) : [Peter Brook. 1968] Des films politiques de cette envergure morale manquent désespérément. (Cf. Politique (Morale)

Culture (Cinéma. Témoin à charge) (1) : [Billy Wilder. 1957] Le film montre en flashback comment Leonard Vole (Tyrone Power), alors militaire anglais faisant partie des troupes d’occupation en Allemagne, a rencontré sa future femme Christine (Marlène Dietrich). Alors chanteuse de cabaret, à la fin de sa chanson, les soldats, anglais, alors qu’elle portait des pantalons, exigent, à la fin de sa chanson, de voir ses jambes, se précipitent tous (ou presque) sur elle pour la déshabiller. L’arrivée de la police militaire met fin à la bagarre et obtient leur départ du cabaret, sans aucun souci d’elle. Elle est laissés, seule, choquée, violentée, son pantalon déchiré, sur le sol.
- S’en souvenir lors des de discussions concernant les agressions sexuelles notamment à Cologne le 31 décembre 2016, ainsi que de toutes les autres (Place Tahrir au Caire, en 2012, Bengalore, en 2017, etc.,…)

Culture (Cinéma. Témoin à charge) (2) : [Billy Wilder. 1957]. Trois répliques importantes, concernant un procès à Londres devant être creusées : «Le témoignage d’une épouse aimante n’a pas beaucoup de poids» ; «Il est interdit de témoigner contre son mari» et : «L’épouse ne peut pas nuire à son mari ». (Cf. Droit. Patriarcal, Justice, Patriarcat)

Culture (Cinéma. Ten) : [Abbas Kiarostami. 2002] La défaite d’une femme apaisée ?

Culture (Cinéma. The duchess) : [Saul Dibb. 2008] Une somptueuse tragédie. L’horreur du patriarcat. Nul n’est besoin d’une analyse féministe : la réalité telle qu’exprimée par ce film se suffit à elle-même. Pour Arte [5 octobre 2016], «un somptueux mélo historique». (Cf. Culture. Mélo)

Culture (Cinéma. The lunch box) : [Ritesh Batra. 2003] L'absence d'un réelle happy end est douloureux : on aimerait tellement en être assuré-es. Et pourtant on n'y croit peu…C'est triste.

Culture (Cinéma. The Offense] : [Sidney Lumet.1973] Concernant les multiples processus de production, d’expression, de refoulement, transfert de reproduction de la violence, de la violence masculine, d’une extrême complexité. Devrait dissuader de toute analyse simple ; plus important : ce film en lui-même fait douter que l’on en soit capable…[‘On’ signifie, en l’occurrence : ‘Je’…]
Il est important de savoir que, selon Wikipédia, ce film fut «bloqué» (par des producteurs ?) et distribué «comme on jette un mégot par la fenêtre», dit Connery. Selon Wikipédia, les arguments invoqués : peur de ternir l'image de Sean Connery et de porter préjudice aux recettes du film : Les diamants son éternels.
Or, on lit aussi qu’il «renonça à son salaire (contrat global) et participa à l'écriture du film» et preuve de l’importance - si justifiée - que Sean Connery attachait au film de Sidney Lumet, qu’il avait accepté de jouer à nouveau chèrement James Bond, contre «la promesse que les Artistes associés produiront deux films de son choix. Le premier s'appelle The Offence (1972).» 75
- En France il ne fut diffusé ni au cinéma, ni à la télévision pendant 35 ans ; renforce l’idée selon laquelle la censure, sous toutes ses formes, ne peut qu’accompagner les films vraiment dérangeants…

Culture (Cinéma. Thelma et Louise) : [Ridley Scott. 1991] Présentation du film sur la Chaîne TCM : «Thelma, une épouse frustrée […]» Non, Thelma une femme dont le mari est autoritaire, grossier, violent, méprisant, égocentriste (un euphémisme) et qui ne se soucie d’elle en rien. Un autre regard, un changement de point de vue, une autre vision du monde. (Cf. Patriarcat)

Culture (Cinéma. Tenue de soirée) : [Bertrand Blier, 1986] Tenue de soirée : la culture proxo. (Cf. Cinéma. Les valseuses, Proxénétisme)

Culture (Cinéma. Trains étroitement surveillés) : Jïri Menzel [1966] Un film formidable, dans lequel, pas un instant, une symbolique sexuelle pourtant omniprésente, mais non pas exclusive, n’abaisse quiconque. Un superbe contre exemple…D’autres ?

Culture (Cinéma. Un air de famille) : [Cédric Klapisch. 1996] Un grand film dont la justesse et la subtilité permettent plusieurs interprétations. Pour ma part, et pour mémoire : l’épouse qui avait quitté son mari pour réfléchir une semaine, l’appelle le soir même ; la jeune femme qui avait rompu sa relation «de merde» avec son amant, l’embrasse à pleine bouche après qu’il ait cassé la gueule à son frère, et l’épouse traitée comme «un chien» par son mari, repart avec lui, après quelques vérités lui ayant échappé, et quelques instants de plaisir, toujours matée…Quant à la mère, elle reste aussi stupide et odieuse. Comme son le fils chéri.

Culture (Cinéma. Un amour pas comme les autres) : [John Schlesinger. 1962] Terrible constat de l’absence de culture commune entre un jeune homme et une femme, dans l’Angleterre des années 50 ; terrible critique de l’institution du mariage et de «la famille» en tant que structure de reproduction de tous les rapports de domination et lucide et juste présentation des déchirements humains auxquels elle contraint.
Voici comment Wikipédia [en 2015] présente le film : «Un jeune homme, qui se hisse tant bien que mal hors du milieu ouvrier dans lequel sa famille baigne depuis des générations et qui essaye de faire son chemin comme employé, est pris au piège quand sa petite amie tombe enceinte et qu'il se voit contraint de l'épouser et, à cause d'une crise du logement qui touche leur ville du nord de l'Angleterre, de venir habiter chez sa belle-mère.»

Culture (Cinéma. Un meurtre sans importance) : [Comédie américaine. Llyod Bacon. 1938] Un gangster américain (Edward G. Robinson), tentant de se reconvertir dans la légalité et découvrant que son futur gendre est un policier : «Je suis pour la loi et l’ordre, mais pas sous mon toit». Une vraie leçon de droit. (Cf. Droit (Patriarcal), Vie-dite- privée)

Culture (Cinéma. Une auberge à Tokyo) : [Yasujiro Ozu. 1935] Un pur joyau.

Culture (Cinéma. Une si jolie petite plage) : [Yves Allégret. 1949] Des maladresses n’effacent ni des états de grâce, ni de bouleversants instants de vérité.

Culture (Cinéma. Vol au dessus d’un nid de coucou) : [Milos Forman. 1976] Jack Nicholson, auteur de : «At least, I tried». Au moins, j’aurais essayé…
* Ajout. 20 septembre 2015. Formule inscrite sur la tombe d’Abbie Nathan [1927-2008]

Culture (Cinéma. Vulcano) : [William Dieterle. 1949] Afin que sa sœur, qui ne veut pas voir ses mises en garde, ne vive pas la vie prostituée qu’elle a vécue, Maddalena (Anna Magnani), lucide, tue celui qui était chargé, après lui avoir fait croire au mariage et la belle vie à «la ville», de la livrer aux bordels de Naples. «Combien ?» demande t-il à un homme auquel il vient de montrer sa future proie. À la fin du film, sa mort apparaît salutaire à la police.
- Film qualifié d’«œuvre néo-réaliste très conventionnelle»…Conventionnelle : pour qui ?

Culture (Cinéma. Winter sleep) : [Nuri Bilge Ceylan. 2014] Des rapports de pouvoir, des rapports de dépendance et de leurs enchevêtrements ; de leur prégnance, des difficultés de leur échapper ; des relations entre prise de conscience, morale et argent. Un film tout en finesse. Un film qui postule l’intelligence et qui l’élargit.

Culture (Cinéma. Y aura t-il de la neige à Noël ?) : [Sandrine Veysset. 1996] Un grand film ; un beau et si juste portait d’une femme dominée par un homme [tout à la fois, père des sept enfants, patron, marié ailleurs et donc absent, mais toujours amant et ayant jeté son dévolu sur sa fille ainée] et d’une mère aimante de ses enfants. Dédié à la mère de la réalisatrice.

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Notes de bas de page

1 France culture. Patrick Laupin. La vie comme elle va (2006) Réécoute le 5 octobre 2015

2 J’écris ce mot - que j’ai du mal à dire - avec regret.

3 Manuel Vals. Premier débat de la primaire de la gauche. 13 janvier 2017

4 Le Monde. Le Sénat appelle à sortir de la ‘culture du viol’. 4 février 2017

5 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p. 181

6 TCM. Julia & Clara Kuperberg, This is Orson Welles. Documentaire. 2015. 21 mai 2015

7 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p. 20

8 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p. 20

9 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p. 230

10 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p.148

11 France Culture. Mardi du cinéma. Andreï Tarkovski, ou le cinéma comme icône (1ère diffusion. 7 janvier 1986) Rediffusion. 11 mars 2017. 4heures 21.

12 Madame d’Epinay, Les contre-Confessions. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 2 tomes. 2000

13 Nicolas Berdiaev, Les sources et le sens du communisme russe. Idées. NRF. Gallimard. 373p. 1963. p.108

14 Nicolas Berdiaev, Les sources et le sens du communisme russe. Idées. NRF. Gallimard. 373p. 1963. p.280

15 Nicola Berdiaev, Essai d’autobiographie spirituelle. Buchet /Chastel. 429p. 1979. p.108 à 111

16 Nicolas Berdiaev, Les sources et le sens du communisme russe. Idées. NRF. Gallimard. 373p. 1963. p.160

17 Cornelius Castoriadis, Castoriadis, un déçu du gauche-droite. Le Monde. 12 juillet 1986. Repris dans, Une société à la dérive. Entretiens et débats. Seuil. 307p. 2005. p.163

18 Le Canard enchaîné. La règle du jeu. 15 février 2017. p.7

19 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p. 82

20 Lu dans le CR du Forum/table ronde sur la question «Femmes / Hommes dans les arts et le spectacle vivant». 5 octobre 2012 de 14h00 à 17h00 aux Ateliers du Vent. Rennes. Questions d'égalité. Réso Solidaires / Espace Anne de Bretagne.

21 Mémoires de la Princesse Daschkoff, Dame d’honneur de Catherine II, impératrice de toutes les Russies. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 388p. 1989. p.25

22 Nicolas Berdiaev, Les sources et le sens du communisme russe. Idées NRF. 373p. 1963. p.37

23 Archive INA. You Tube. 26 août 2015

24 France Culture. La vie en Piaf. (2/5) Rediffusion, le 25 janvier 2015

25 Maurice Nadeau, Serviteur ! Un itinéraire critique à travers livres et auteurs depuis 1945. Albin Michel. 423 p. 2002. p.173

26 France Inter, L’heure bleue. Capitalisme de luxe avec Luc Boltanski et Arnaud Esquerre. 7 février 2017

27 Ciné Classique, 26 janvier 2014

28 Françoise Rosay, La traversée d’une vie, Robert Laffont. Collection Robert Laffont. 317p. 1974. p.297

29 John Stuart Mill, L’utilitarisme. Champs Classiques. Flammarion. 181p. 1988. p. 61

30 Rappelé par Mireille Jouve. Débats au Sénat. 2 février 2017

31 Mémoires, souvenirs et journaux de la Comtesse d’Agoult I. (Daniel Stern). Le Temps retrouvé. Mercure de France. 430p. 1990. p.110

32 Marie-Hélène Luiggi, Marie-Louise Girod. La dame d’En Haut. Montauban, Impr. Lormand, 166p. 2003. p.35

33 Arte, Karajan dirige la 5ème symphonie de Beethoven. 26 juin 2016

34 France Culture, Coline Serreau, une artiste à part entière. Mais qu’est ce qu’elles veulent ? 6 septembre 2016

35 La nouvelle Vague. Petite anthologie des Cahiers du cinéma. III. Cahiers du cinéma. 314p. 2001. p.44, 45. Geneviève Sellier, dans, La nouvelle Vague. Un cinéma au masculin singulier, présente ce même échange légèrement différemment coupé. CNRS. Éditions. 217p. 2005. p.150

36 Noel Burch, Geneviève Sellier La drôle de guerre des sexes du cinéma français. 1930-1956. Nathan Université. 1996. 400p.

37 Geneviève Sellier, La nouvelle Vague. Un cinéma au masculin singulier. CNRS. Éditions. 2005. 217p.

38 Antonio Gramsci, Lettres de prison. Collection Témoins. Gallimard. 620p. 1971. p.192

39 Jacques Prévert, Choses et autres. Folio. 265p. 1980. p.97

40 Pascal Ory, Qu’est ce que l’histoire culturelle ? In, Université de tous les savoirs (Sous la direction d’Yves Michaud). Qu’est-ce que la société ? Volume 3. Éditions Odile Jacob. 897p. 2000. p. 256

41 Toutelaculture.com. Interview de Aby M’ Baye, La barbe à Cannes : interview d’un groupe d’action féministe. 24 mai 2012

42 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p. 10

43 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p.152

44 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.46, 47

45 Ciné Classique. 12 juillet 2014

46 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.47

47 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.48

48 Marie-Pas-Claires, Hystériques et fières de l’être ! Parole de lesbiennes. 128p. 1997. p.23

49 France Culture. Jules, Jim et Kathe. Un pur amour à trois. (Rediffusion.23 décembre 2014 d’une émission réalisée en mai 1990)

50 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.173

51 Cité dans Geneviève Sellier, La Nouvelle vague. Un cinéma au masculin singulier. CNRS. Éditions. 217p. 2005. p.55

52 La nouvelle Vague. Petite anthologie des Cahiers du cinéma. III. Cahiers du cinéma. 314p. 2001. p.145

53 Le Monde. Jean Luc Douin, L’affaire Josey Aimes, La rédemption d’une femme de principe. 7 mars 2006

54 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p.314

55 Georges Sadoul, Dictionnaire des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.27 et 28

56 Jean Renoir, Propos enregistrés pour la télévision. Jean Renoir. Entretiens et propos. N° spécial des Cahiers du cinéma. 1979. Cité par Wikipédia.

57 Noël Burch et Geneviève Sellier, La drôle de guerre des sexes du cinéma français. Nathan Université. 399 p. 1996. p.36

58 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p. 81

59 Antonin Arthaud. Œuvres. Quarto. Gallimard. 1787p. 2007. p.1726

60 Cité par George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.232

61 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990.p. 166

62 Noël Burch et Geneviève Sellier, La drôle de guerre des sexes du cinéma français. 1930-1956. Nathan Université. 399p. 1996. p.296 à 302

63 Les Cahiers du cinéma. N°166-167. Mai-Juin 1965.

64 Revue Jeune cinéma. N° 5 . Rencontre avec René Allio, à propos de le vieille dame indigne. Février 1965

65 Claire Simon, Les Cahiers du cinéma. N° 482 (date à retrouver)

66 Philippe Azoury, Libération. Maria Schneider se dérobe. 4 février 2011

67 Georges Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.91

68 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p.34

69 Arte, Le diabolique dicteur Mabuse. 27 juin 2016

70 Georges Sadoul, Dictionnaire des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.189

71 Marie-Pas-Claires, Hystériques et fières de l’être. Paroles de lesbiennes. Mizoguchi Miso, 128p. 1997. p. 62 à 66

72 Edgar Morin, Les stars. «Le temps qui court». Le Seuil. 187p. 1957. p.109 et 116

73 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p. 109

74 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p. 185

75 Le Monde. Quand Sean Connery en avait marre de jouer à James Bond. 19 Septembre 2009


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