Langage
 Marie-Victoire Louis

Culture

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 17/11/2018
date de publication : 17 novembre 2018
mise en ligne : 17/11/2018
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À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 7.576 items et 23 rubriques : I. « Culture » (357) ; II. Droit (126) ; III. Êtres humains (375) ; IV. Êtres humains. Corps (170) ; V. Êtres humains. Enfants (112) ; VI. Êtres humains. Femme-s (1303) ; VII. Êtres humains. Homme-s (524) ; VIII. Êtres humains. Relations entre êtres humains (331) ; IX. Famille (276) ; X. Féminisme-s. Féministe-s (279) ; XI. Justice (381) ; XII. Langage (447) ; XIII. Patriarcat (322) ; XIV. Penser (584) ; XV. Politique (794) ; XVI. Pornographie (86) ; XVII. Proxénétisme (214) ; XVIII. « Sciences » sociales (179) ; XIX. « Sciences » Sociales (Démographie) (36) ; XX. « Sciences » sociales (Économie) (224) ; XXI. « Sciences » sociales (Histoire) (114) ; XXII. Sexe-s [Sexualité, Sexisme…] (104) ; XXIII. Violences (239) … et continuera d’évoluer.

17 novembre 2018

I. «Culture»

En noir, items ‘nouveaux’ (et modifiés)

I. «Culture» : Culture (1, 2, 3, 4, 5) ; Culture (Accord culturel franco-Saoudien) ; Culture (Akerman Chantal) ; Culture (Archives) ; Culture (Argent) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8) ; Culture (Aron Jean-Paul) ; Culture (Art) ; Culture (Artiste) ; Culture (Artifice) ; Culture (Artifices) ; Culture (Attali Jacques) ; Culture (Barbie Klaus) ; Culture (Barrault Jean-Louis) ; Culture (Baudelaire) ; Culture (Beauté) (1, 2, 3) ; Culture (Berdiaev Nicolas) (1, 2, 3, 4) ; Culture (Bernhard Thomas) ; Culture (Blum Léon) ; Culture (« Bon goût ») (1, 2) ; Culture (Bourgeoisie) ; Culture (Bredin Jean-Denis) ; Culture (Breton André) ; Culture (Buffet Marie-George) ; Culture (Busnel François) : Culture (Butor Michel) ; Culture (Castoriadis Cornelius) ; Culture (Chansons d’amour) ; Culture (Chaplin Charles) ; Culture (Céline) ; Culture (Comédie Française. 2017) ; Culture (Comte-Sponville André) ; Culture (Consommation) ; Culture (Dali Salvador) ; Culture (Delluc Louis) ; Culture (Destruction de la Colonne Vendôme. 1871) ; Culture (Domination masculine) (1, 2) ; Culture (Émotions) ; Culture (Enfants) ; Culture (Ernaux Annie) ; Culture (Europe) ; Culture (Fascisme) ; Culture (Femmes. Artistes) ; Culture (Femmes. Iran. 2018) ; Culture (Femmes. Russie. XVIIIème siècle) ; Culture (Ferry Luc) ; Culture (Festival de Cannes) (1, 2) ; Culture (France Culture) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) ; Culture (Flagornerie) ; Culture (Forestier Sara) ; Culture (France Culture) (1, 2) ; Culture (Française) ; Culture (Frédéric II de Prusse) ; Culture (Frémaux Thierry) ; Culture (Gabin Jean) ; Culture (Gide André) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5) ; Culture (Giroud Françoise) ; Culture (Guéhenno Jean) ; Culture (Guerre) ; Culture (Guerrilla girls) ; Culture (Guilloux Louis) ; Culture (Hegel) ; Culture (Herriot Édouard) ; Culture (Histoire) ; Culture (Hollywood) (1, 2) ; Culture (Hugo Victor) (1, 2) ; Culture (Illettrisme) ; Culture (« Inculture ») ; Culture (Internationale) ; Culture (Invraisemblances) ; Culture (Jouvet Louis) ; Culture (Justice) ; Culture (Kazan Elia) ; Culture (King-Kong Théorie) ; Culture (Laffont Isabelle) ; Culture (Jack Lang) ; Culture (Laporte Arnaud) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) ; Culture (Léautaud Paul) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4) ; Culture (Livre) ; Culture (Littérature) ; Culture (Lukacs Georg) ; Culture (Luminet Jean-Pierre) ; Culture (Luxe) (1, 2, 3) ; Culture (Macron Brigitte) ; Culture (Macron Emmanuel) (1, 2) ; Culture (Maïakovski) ; Culture (« Magique pouvoir de l’art ») ; Culture (Magnard Albéric) ; Culture (Malraux André) ; Culture (« Mauvais goût ») ; Culture (Mécénat) ; Culture (« Mélo ») (1, 2, 3, 4, 5) ; Culture (Meslot Damien) ; Culture (Messager Annette) ; Culture (Michaux Henri) ; Culture (Mill Stuart) ; Culture (Miller Alice) ; Culture (Mitterrand Frédéric) ; Culture (Montellier Chantal) ; Culture (Moreau Jeanne) ; Culture (Musées) ; Culture (Musique) (1, 2, 3, 4, 5) ; Culture (Nationalisme) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5, 6, 7, 8) ; Culture (Nazie) ; Culture (Nin Anaïs) ; Culture (Nourissier François) ; Culture (# Notsurprised) ; Culture (Origine du monde l’) ; Culture (Ory Pascal) ; Culture (Patriarcale) (1, 2, 3) Par ordre chronologique (4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12) ; Culture (« Pass à 500 euros ») ; Culture (Pessoa Fernando) ; Culture (Petit chaperon rouge Le) ; Culture (Plaisir) ; Culture (Plenel Edwy) ; Culture (« Populaire ». Gramsci Antonio) ; Culture (« Populaire ». Planchon Roger) ; Culture (Prévert Jacques) ; Culture (Prix Nobel de littérature. 2018) ; Culture (Radio Libre) ; Culture (Reclus Élisée) ; Culture (Remarque Erich Maria) ; Culture (Restaurant) ; Culture (Riester Franck) ; Culture (Romans) ; Culture Culture (Roudinesco Élisabeth) ; Culture (Sand George) (1, 2) ; Culture (Sankara Thomas) ; Culture (Savak) ; Culture (Savoy Bénédicte) ; Culture (Sciences-po) ; Culture (Séguéla Jacques) ; Culture (Serge Victor) ; Culture (Sorbonne) ; Culture (Stendhal) (1, 2) ; Culture (Style) ; Culture (« Talents d’agrément ») ; Culture (Télévision) ; Culture (« Test de Bechdel ») ; Culture (Toscan du Plantier Daniel) ; Culture (Transmission) (1, 2) ; Culture (Tzara Tristan) ; Culture (Utilitariste) ; Culture (Varda Agnès) ; Culture (Varnhagen Rahel) ; Culture (Vérité) ; Culture (Vincent Christian) ; Culture (Viol) ; Culture (Voltaire) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11) ; (234)

II. « Culture ». Cinéma : Cinéma ; African Queen ; Anna et les loups ; Basic Instinct ; Betty ; Boudu sauvé des eaux ; Boule de Suif ; Brève rencontre ; Captives à Bornéo ; Chemin de croix ; Coup pour coup ; Giant ; Gloria ; Go fish et Gazon maudit ; Gueule d’amour ; Guillaume et les garçons à table ! ; Indiscret ; Ixcanul ; Il était une fois l’Amérique ; Jamais le dimanche ; Je vous trouve très beau ; Jour de colère ; Jules et Jim (1, 2) ; Landru ; L’affaire Josey Aimes ; L’amore ; L’Arnaqueur ; L’Atalante ; L’eau à la bouche ; L’esclave libre ; L’espoir ; L’homme qui aimait les femmes ; L’ivresse du pouvoir (1, 2) ; La belle et la bête ; La chienne (1, 2, 3) ; La cité des femmes ; La coquille et le clergyman ; La dame sans camélia ; La fiancée du pirate ; La mariée était en noir ; La nuit ; La nuit américaine ; La passion de Jeanne d’Arc ; La rivière rouge ; La saison des femmes ; La vérité sur Bébé Donge ; La vieille dame indigne ; La 359ème section ; L’homme qui tua la peur ; Le cas du docteur Laurent ; Le chat ; Le crime de Monsieur Lange ; Le dernier tango à Paris ; Le diable au corps ; Le diabolique docteur Mabuse ; Le journal d’une femme de chambre ; Le lauréat ; Le maitre du logis ; Le pickpocket ; Le président ; Le procès de Viviane Emsalem ; Le secret de Brokeback moutain ; Le septième juré ; Le septième voile ; Le violent ; Les belles années de Miss Brodie ; Les drôles de poissons chats ; Les femmes du bus 678 ; Les valseuses ; L’homme qui aimait les femmes ; Louise-Michel ; Ma nuit chez Maud ; Machine Gun Kelly ; Mademoiselle Chambon ; Mizoguchi ; My fair lady ; Monsieur Verdoux (1, 2, 3) ; New York, New York ; Nola Darling n’en fait qu’à sa tête ; Nos femmes ; Odette Toulemonde ; Opening Night ; Pattes Blanches ; Personne ne m’aime ; Prêt à porter ; Quai des orfèvres ; Refugiado ; Salam Bombay ; Sept jours en Mai ; Shadows ; Shanghai Express ; Tant qu’il y aura des hommes ; Tell me lies ; Témoin à charge (1, 2) ; Ten ; The Duchess ; The lunch box ; The Offense ; Thelma et Louise ; Tenue de soirée ; Trains étroitement surveillés ; Un air de famille ; Un amour pas comme les autres ; Un chien andalou ; Un jour nouveau ; Un meurtre sans importance ; Une auberge à Tokyo ; Une si jolie petite plage ; Victoire des femmes (La) ; Vol au dessus d’un nid de coucou ; Vous ne l’emporterez pas avec vous ; Vulcano ; Winter sleep ; Y aura t-il de la neige à Noël ? ; Zorba le Grec ; (123)

17 novembre 2018 : 357 Items

I. « Culture » :

Culture (1) : Qui démontrera comment, pourquoi et par quels processus, le seul emploi du terme de « culture » peut s’avérer en lui-même un véritable repoussoir pour tant de monde ?
Les analyses en termes de classes sociales, en termes de « capital culturel », pour essentielles soient elles, sont insuffisantes.
Et si, plus simplement, la « culture » ne s’était jamais clairement dissociée de la société injuste dont elle est issue ?
Et si, dès lors, la « culture », malgré elle ou non, malgré tout ceux et celles qui se sont évertuées à en dénoncer l’impérialisme, ne continuait-elle pas à porter, les traces de ses origines, celles liées à la force, aux pouvoirs, aux puissants ?
Et si alors la « culture » n’était-elle pas d’abord et avant tout celle que l’on conquiert par soi-même, et donc peu ou prou contre celle dont on ressent plus ou moins clairement que l’on veut nous l’imposer ? Le rejet, le refus de l’école ne s’explique-t-il pas si souvent ainsi ?
Et si la « culture » ne pouvait qu’avoir une signification en tant que création par soi, engagement de soi, ce qui signifierait la disparition du terme en tant que ‘concept’ ? Dès lors, si l’on prolonge cette hypothèse, chaque expression de ce qui est défini comme relevant de l’œuvre de la culture, sinon dépossèderait ceux et celles auxquelles elle est présentée de leurs propres potentialités, du moins les ferait défier de leur capacité à pouvoir exprimer leur perception personnelle ?
* Ajout. 5 octobre 2015. Écouter notamment Patrick Laupin (son antiféminisme exclu), ce jour, découvert. 1

Culture (2) : À un tel niveau d’abstraction que pose la question de la signification du terme de « culture » et donc de l’emploi de ce terme, fusse-t-il employé au pluriel, il ne peut exister de réponse à cette question. Néanmoins [se] la poser à chaque référence ponctuelle de son utilisation, peut sans doute aider à mieux approcher de certains éléments de sa critique. (Cf. Pensée. Abstraction)

Culture (3) : Ne jamais oublier que « la culture », « l’intelligence », « les Lumières », « l’humanisme » [de ‘l’Occident’] ont été construits sur le mépris et la domination de l’immense majorité de la population du monde, ‘Occident’ inclus.

Culture (4) : Dans culture, il y a « cul ». 2 Toute référence - dite culturelle - au « cul » - devenu synonyme de « sexe », puis, le distinguo n’étant pas secondaire, de « personne », d’« être humain » - devient dès lors, faute d’explicitation, de facto une légitimation du proxénétisme. Je pense notamment à la rubrique « Les 400 culs» de Libération. (Cf. Êtres humains, Proxénétisme, Sexe-s […])
* Ajout. 18 décembre 2016. N’y a-t-il pas aussi « culte » ?

Culture (5) : Il y a la culture des fraises (à Plougastel), des affaires [manifestation des juges du 23 octobre 1990], socialiste (de gouvernement), de son jardin (comme Voltaire), de la conciliation (à l’école), de la mafia (Corse, Sicilienne, Calabraise, Russe, française…), du ‘milieu’, proxénète, d’entreprise (en opposition à la lutte des classes), de masse (en opposition à la culture populaire), de la survie (à bord du Titanic), du bordel (régulièrement revivifiée par les médias), du ghetto (souvent critiquée), de l’étrange (qui permet de légitimer quasiment n’importe quoi), de la paresse (politiquement initiée par Paul Lafargue [1842-1911]), des Arts (dits «premiers»), de la rue (pour ceux et celles qui n’ont rien de mieux), chrétienne (de l’Europe), du foot (en banlieue), «de la sécurité» (pour Manuel Vals) 3, du viol (au Sénat) 4, de la police et du renseignement (nécessaire à un premier ministre), de la guerre, djihadiste …
La culture peut être juive, cow boy, paysanne, bourgeoise, sourde (ou des sourd-es ?) protestante, populaire, prolétaire, marxiste, féminine, féministe, porno, geek, gore, républicaine, politique…
La culture peut être traditionnelle, livresque, surfaite, frondeuse, superficielle, générale, élitiste, artistique, partagée, passéiste, exotique, surfaite…
- De quoi est faite celle que l’on nous présente comme telle ?
- La moins reconnue comme telle est sans doute la culture de la résistance, du refus, de la lutte, de la contestation, de la colère… (Cf. Langage)

Culture (Accord culturel franco-Saoudien) : 2018. Signature, le 9 avril 2018, « d’accords de coopération culturelle entre la France et le Royaume d’Arabie Saoudite ». On lit dans le communiqué officiel :
« La ministre a valorisé auprès de son homologue saoudien l’expertise française dans le secteur culturel et marqué la disponibilité de la France à travailler avec les autorités saoudiennes sur ces sujets. »
- Il y est, en sus, notamment question d’« actions en faveur de la jeunesse, du soutien à l’éducation artistique et culturelle et à la formation des jeunes professionnels» […] avec l’Opéra de paris, « d’accompagner les saoudiens dans la création d’un orchestre national », […] avec la Femis, d’« accueillir de jeunes aspirants cinéastes saoudiens pour un programme de formation », […] avec l’INA, « d’accueil des professionnels saoudiens. » 5 (Cf. Droit des femmes. Arabie saoudite)

Culture (Akerman Chantal) : Chantal Akerman [1950-2015], à l’occasion de la sortie de son livre, Ma mère rit, se souvient :
« [...] Quand j'étais petite, au lycée, on m'a écrit sur ma première rédaction : ‘style populaire’. Et le prof a vite lu une (autre) rédaction. J'ai trouvé que c'était nul. Il y avait des grandes comparaisons…tout ça…J'ai dit : c'est ça ! Et je voulais déjà écrire…et j'étais vraiment blessée à mort qu'elle ose écrire sur ma rédaction : ‘style populaire’. Je me suis dit : tiens, c'est ça la littérature ! Et puis je lui ai écrit une rédaction en moquant et je pensais : là, j'écris vraiment de la merde ! Et, là, elle m'a mis 19 sur 20. Je me suis dit : c'est fini, plus jamais je n'y mettrais (dans mon écriture) ce que le formatage de la belle langue induit. J'écrirais comme je le sens et de la manière dont je le sens. » 6

Culture (Archives) : Henri Langlois [1914-1977], fondateur et directeur de la Cinémathèque (Paris), concernant la question du choix des films devant être gardés au titre d’archives, auteur de :
« Il faut essayer de tout conserver, de tout sauver, de tout maintenir, de renoncer à jouer à l’amateur de classique. Nous ne sommes pas Dieu ; nous n’avons pas le droit de croire à notre infaillibilité. Il y a l’art et il y a le document. Il y a de mauvais films qui restent de mauvais films, mais qui avec le temps peuvent devenir extraordinaires. [...] Comment nous permettre de juger ? Seul le recul a rétabli la véritable échelle des valeurs pour les grands maitres du passé. Seul le temps doit décider. […] »
Cette belle analyse est, bien évidemment, valable concernant les archives féministes, lesquelles si leur socle, leur périmètre, leur ambition doivent être définies et présentées comme telles, ne peuvent être soupçonnées du moindre engagement politique - au sens de : liées à un parti, un engagement caché - lequel détruit l’idée même d’archives. 7 (Cf. Féminisme. Féministes. Archives)

Par ordre chronologique (Culture. Argent) :

Culture (Argent) (1) : 1933. André Gide, dans son Journal, écrit le 22 janvier 1933 : « Je lis telle mauvaise page d’un auteur, d’autre part, fort médiocre. Pourquoi écrit-il cela ? La réponse est simple : le besoin d’argent le presse ; il a pris des engagements et doit fournir de la copie. » 8

Culture (Argent) (2) : XXème siècle (sans date). Orson Welles [1915-1985], (sans source, sans date) auteur de:
« Le cinéma, c’est 2 % de création et 98 % de prostitution », ce constat étant par ailleurs un jugement triste et sévère sur sa vie de cinéaste. 9 (Cf. Proxénétisme)

Culture (Argent) (3) : 1990. Lu dans le Dictionnaire des cinéastes de Georges Sadoul concernant Louis Aubert [1878-1944] :
« Pionnier de l’industrie, comme exploitant, distributeur, producteur, il suivit toujours sa devise : ‘Le cinéma, c’est très simple, deux tiroirs, l’un pour les recettes, l’autre pour les dépenses.’ » 10
Faux bien sûr, mais publié afin de ne pas oublier, sous couvert de ‘culture’, le rôle qu’y joue l’argent.

Culture (Argent) (4) : 1990. Lu dans le Dictionnaire des cinéastes de Georges Sadoul concernant Alexandre Astruc [1923-2016] :
« Comme jeune critique, il avait, en 1948, défini les servitudes du cinéma : […] Les vrais auteurs des films sont les producteurs. Pour un auteur […] tous les sujets sont pris par la bande. Imaginez Mallarmé [1842-1898] obligé de se déguiser en Béranger [1780-1857] pour rassurer son monde. » 11 D’où la force du cinéma dit d’auteur-e, indépendant, et le plus souvent non diffusé.

Culture (Argent) (5) : 1990. Alfred Hitchcock [1899-1980], auteur de :
« Une production, c’est beaucoup d’argent, l’argent des autres. Et ma conscience me dit qu’il faut mettre une sourdine pour qu’ils puissent rentrer dans leur argent. [...] Un cinéma, c’est comme un écran devant un tas de fauteuils qu’il faut remplir. [...] » 12

Culture (Argent) (6) : 1990. Christine Pascal [1953-1996], concernant notamment son film, Félicité, auteure de :
« Habituellement, dans les films, l’argent est en vitrine ; les piscines, les belles voitures, les putes en fourrures… l’argent est cinématographique. Il existe de façon concrète au cinéma, alors je le montre : on parle d’argent, l’argent circule… avec tout cet argent donné et repris, ce sont aussi les sentiments qui circulent. » 13 Certes, mais… (Cf. Proxénétisme)

Culture (Argent) (7) : 2017. Entendu (9 mars) : « La culture, ça coûte cher ».

Culture (Argent) (8) : Je n’ai pas souvenir au cours des innombrables émissions de France Culture confiées depuis si longtemps à Arnaud Laporte que celui-ci ait abordé la question du prix des livres, des BD, des œuvres d’art, des places de concerts, de cinéma, de musées qu’il évoque quasi quotidiennement.
Hors sujet, jugé secondaire sans doute, ou malséant… (Cf. Culture. France Culture. Laporte Arnaud)

Culture (Aron Jean-Paul) : 1984. Jean-Paul Aron [1925-1988], dans Les modernes, auteur de :
« […] Telle société, telle pensée. La culture renvoie à des codes unifiés la cuisine des Indiens d’Amérique et leurs pratiques matrimoniales, les pastiches de Proust et les silences de Mallarmé, la folie, les œuvres d’art et jusqu’au matérialisme dialectique. » 14 Il serait aisé d’adapter ces exemples à notre aujourd’hui.

Culture (Art) : Andreï Tarkovski [1932-1986] :
« Je n’ai jamais cru en l’art. » 15

Culture (Artifice) : [rédigé après l’item précédent] La littérature (et plus largement l’art) est en soi un artifice. Et ce, quelle soit qualifié de fictive, réaliste, ésotérique, familière, autobiographique, mystique, surréaliste…

Culture (Artifices) : 1761. La Nouvelle Héloïse de Rousseau [1712-1778] : Que d’artifices, et pourtant, quel chef d’œuvre…Pour moi…
* Ajout. Novembre 2012. 118. Au terme de la lecture des Contre-Confessions de Madame d’Épinay, 16 je suis un peu moins catégorique concernant les qualités de La Nouvelle Héloïse.
* Ajout. 10 octobre 2018. Jugement indépendant de toute prise en compte de des relations entre Rousseau et Madame d’Épinay. Néanmoins la découverte (tardive) des réécritures de ce livre - que certains nomment les « pseudo mémoires de Madame d’Épinay », en fonction notamment de ce que Rousseau écrivit dans Les confessions oblige à relire ce livre aussi à cette aune.
* Ajout. 29 mars 2018. Voltaire [1694-1788] juge La Nouvelle Héloïse - qu’il nomme, l’identifiant à son auteur : « son Héloïse » - de « pitoyable ». 17 (Cf. Relations entre êtres humains. Injure. Haine, Langage. Possessif)

Culture (Artiste) : 1855. George Sand [1804-1876], auteure dans son Histoire de ma vie de :
« [Enfant] J’étais déjà artiste, artiste dans ma spécialité qui est l’observation des personnes et des choses […]. » 18 (Cf. Femme. Artiste, Écrivaine)

Culture (Attali Jacques) : 2018. Jacques Attali, auteur de :
« La mobilité sociale du capital culturel est fondamentale, est en train de se réduire » : ? 19 (Cf. Économie)

Culture (Barbie Klaus) : 2009. Daniel Gonin fut le médecin, puis l’expert psychiatre de Klaus Barbie [1913-1991] avant le procès au cours duquel il fut condamné à perpétuité pour « crime contre l’humanité » raconte :
« J’étais excédé par ses leçons de morale, cette position de mépris dans laquelle il mettait les Français et plus généralement tous ceux qui n’étaient pas Allemands. »
Un jour, une discussion a lieu autour de L’Iliade d’Homère que Klaus Barbie lisait dans une édition bilingue Grec-Allemand et dont il lui dit qu’il s’agit : «de textes que vous ne connaissez pas car votre génération en France ne s’y est plus jamais intéressée. » Daniel Gonin Poursuit :
« […] J’ai eu une réaction d’orgueil […] et j’ai lu le Grec sans difficulté. Il y eut un moment de flottement entre nous et, à partir de là, son attitude changea vis-à-vis de moi. Ce fut comme s’il me reconnaissait comme un Européen digne de l’héritage aryen dont la Grèce était pour l’Europe le berceau relais. Son attitude a imperceptiblement changé […].
J’ai eu les preuves que Klaus Barbie était depuis ses commencements un homme ordinaire […]. » 20

Culture (Barrault Jean-Louis) : 1975. Jean-Louis Barrault [1910-1994], en 1975, auteur de :
« Le rôle de la culture est [donc] de développer le cerveau et d’en faire un terrain fertile. Elle nous aide donc dans notre marche vers la plénitude de la vie et son accomplissement. […]
Ne vous laissez pas impressionner par les courants intellectuels et par certains enseignants, de quelque bord qu’ils puissent venir. Ne vous laissez pas embarquer comme des bêtes de foire, par les détours ‘politiques’ de votre génération. Pensez à vous et à votre préparation, grâce à laquelle cette expédition de quelques années qu’est la vie deviendra pour vous passionnante. Méfiez-vous des ruses sournoises de la domination. Celle-ci préfèrerait faire de vous des ‘perroquets malappris’ plutôt que de favoriser l’éclosion de gens avec qui elle devrait compter. La domination répugne à se nourrir de nos différences. […]
L’anti-culture est une réaction légitime pour lutter contre la culture falsifiée ; elle ne doit pas être une fausse culture. […]
Le but suprême de la culture est l’indépendance et l’autonomie. Elle ne doit pas être à la vie ce que le potager est à la nature. » 21

Culture (Baudelaire Charles) : Si Baudelaire [1821-1867] n’avait pas exprimé tant de mépris, de haine des femmes, s’il n’avait pas été, à leur égard, si grossier, si mufle, si odieux, et donc si bête, ses qualités d’écrivain auraient-elles été tant vantées ?
Une question - qui ne le concerne pas seul…- que je me suis souvent posée, et à laquelle, il est vrai, j’ai souvent trouvé une réponse. (Cf. Relations entre êtres humains. Haine, Patriarcat. Littérature)
- Valable aussi pour Verlaine [1844-1896] …et tant d’autres…
* Ajout. 23 décembre 2017. Et Marcel Proust [1871-1922] si sensible, subtil, raffiné… si féminin… ?

Culture (Beauté) (1) : La beauté ne libère pas du malheur.

Culture (Beauté) (2) : La beauté a-t-elle besoin d’être comprise ? Non.
Expliquée : peut-être. À quelles conditions ? Mais surtout, à quel prix ?

Culture (Beauté) (3) : 1855. George Sand [1804-1876], auteure, dans son Histoire de ma vie, de :
«[…] les belles choses portent en elles une impression que subissent souvent ceux mêmes qui ne les comprennent pas. » 22 

Par ordre chronologique (Culture. Berdiaev Nicolas) :

Culture (Berdiaev) (1) : 1935. Dans son livre, Les sources et le sens du communisme russe, Nicolas Berdiaev [1874-1948], auteur de :
«Toute culture n’est-elle pas acquise au détriment des classes pauvres, qui la payent de leur travail, et ne fait-elle pas porter une responsabilité sur les favorisés qui en jouissent ?» 23 (Cf. Penser, Politique)

Culture (Berdiaev) (2) : 1935. Dans son livre, Les sources et le sens du communisme russe, Nicolas Berdiaev [1874-1948] évoque « le schisme historique entre le peuple et les sphères cultivées, la défiance des masses populaires à l’égard de l’intelligentzia. »
Tout en tenant compte du fait que ces termes n’ont ni la même histoire, ni la même signification dans les deux pays, on peut, on doit se poser la question : Qu’en est-il aujourd’hui France ? Qui peut y répondre ? 24

Culture (Berdiaev) (3) : 1935. Dans son livre, Les sources et le sens du communisme russe, Nicolas Berdiaev [1874-1948], en 1935, évoque « les écrivains russes du XIXème et du XXème siècle qui ont senti qu’ils ne vivaient pas dans une civilisation aux bases solides. Une perception catastrophique du monde demeure la caractéristique la plus remarquable d’entre eux. Car la culture classique, ferme et bien établie, avec ses cloisons, ses couches différenciées, avec ses normes et son goût des limites, est peu propice aux pressentiments et aux anticipations. La culture crée un bouclier à l’esprit, elle le garde de ces fluides qu’émane l’avenir encore inconnu. » 25 Une grille de lecture à appliquer au monde, notamment occidental, de 2016 (et suivantes...)

Culture (Berdiaev) (4) : 1947. Dans son livre, Essai d’autobiographie spirituelle, Nicolas Berdiaev [1874-1948], écrit concernant Kant [1924-1804] mais ce qui est aussi valable pour beaucoup dans ce que l’on nomme généralement « culture» et/ou qui concerne la pensée «critique» :
- « Recouvrir la pensée de Kant d’une écorce scolaire, scolastique, de preuves compliquées m’a toujours inutile, voire nuisible, comme si par cet acte, la pensée géniale du grand philosophe s’en trouvait obscurcie. […]
- Le développement discursif d’une pensée est, par sa nature même, sociologique ; c’est l’organisation de la cognition à l’usage de la banalité sociale. […]
- Toute ma vie, j’ai beaucoup lu. Cependant mes conceptions n’avaient pas pour base ma culture livresque ; elles se nourrissaient d’intuitions de la vie. Grâce à mes lectures assidues, mes pensées gagnèrent en netteté et il me vint des idées qui n’offrant aucune ressemblance avec ce que je lisais. Trop souvent, elles représentaient une réaction négative au texte que je lisais. Ce n’était qu’à mon expérience intime que je devais la compréhension du livre. » 26 (Cf. Penser, Philosophie. Sociologie)

Culture (Bernhardt Thomas) : 1985. Thomas Bernhardt [1931-1989], auteur dans Maitres anciens, de :
« Je me suis faufilé dans l’art pour échapper à la vie. […]. »
- Et Nicolas Boucaud qui, en décembre 2017, met en scène ce livre, cite, à ce propos, une phrase importante, de l’artiste Robert Filliou [1926-1987] : « L’art, c’est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art. » 27

Culture (Blum Léon) : Léon Blum [1872-1950] est chargé en 1904 de la rubrique « La vie littéraire » de L’Humanité. Les principes de sa collaboration :
« Démontrer le rapport étroit qui rapproche aujourd’hui le mouvement littéraire et l’évolution sociale » : « négliger le délaissement fugitif et médiocre pour ne retenir que les textes qui élèvent le débat28

Culture « Bon goût » (1) : 1813. Madame de Staël [1766-1817], dans De l’Allemagne, auteure de :
« Le bon goût en littérature est, à quelques égards, comme l’ordre sous le despotisme, il importe d’examiner à quel prix on l’achète. » 29 (Cf. Culture. « Mauvais goût »)
N.B. Madame de Staël précisa dans une note : « supprimée par la censure. » (Cf. Politique)

Culture « Bon goût » (2) : 1813. Madame de Staël [1766-1817], dans De l’Allemagne, auteure de :
« Si le bon goût veillait toujours à la porte d’ivoire des songes pour les obliger à prendre la forme convenue, rarement ils frapperaient l’imagination. » 30

Culture (Bourgeoisie) : Lu : « La culture est tout ce qu’il reste de la bourgeoisie quand le capitalisme a triomphé. » Partiel, mais bien vu. (Poursuivre)

Culture (Bredin Jean-Denis) : 1997. Jean Denis Bredin, lors du VIIIème Forum Le Monde, Le Mans, intitulé : De quoi sommes-nous responsables ? , auteur de :
« Je me suis efforcé de réfléchir sur ce que l’on appelle souvent, d’un terme péjoratif, le ‘Français moyen’, mais qui incarne peut être la majorité de ceux qui ne sont pas, comme beaucoup d’entre nous, des privilégiés de la culture. » 31
Ceci posé comme assuré, le raisonnement concernant la question posée se poursuit…

Culture (Breton André) : 1962. André Breton [1896-1966], interrogé par Madeleine Chapsal sur ses « collections personnelles remarquables » et sur le rôle qu’il a joué « dans la découverte (sic) de certains peintres et l’intérêt porté aux arts primitifs (sic) », répondit :
« J’ai eu de la chance d’avoir cette corde à mon arc. Ma curiosité n’a pas sensiblement décru avec les années. Grande était ma faculté d’enthousiasme et j’étais avide de nouveauté, de rareté, d’étrangeté, de beauté. Dénoué en revanche de toute complaisance envers le quelconque, l’inauthentique, le convenu. On ne m’a jamais dénié le sens de la qualité, et je ne crois pas, en effet, l’avoir pris souvent en défaut. » 32 (Cf. Êtres humains. Soi, Homme. « Intellectuel »)

Culture (Buffet Marie-George) : 2004. Marie-George Buffet, secrétaire nationale du parti communiste français [2001-2010], ministre de la jeunesse et des sports [1997- 2002] évoquant un future espéré du parti communiste écrit en 2004 :
« Notre parti, je le crois profondément, doit redevenir leur parti [celui de la classe ouvrière, des salariés, «ceux qui subissent l’exploitation, sont méprisés, touchent des salaires de misère»…], et au fond, le parti de tous ceux qui font œuvre de création, les chercheurs, les femmes et les homme de culture, les intellectuels de toutes disciplines. » Un triste méli-mélo qui évite toute analyse… 33
(Cf. Langage, Politique)

Culture (Busnel françois) : 2018. François Bunel, « fondateur de la revue América. présentateur de La grande librairie sur la 5 » auteur de :
« Le romancier est peut être le seul agent subversif de la société. » 34

Culture (Butor Michel) : 1959. Michel Butor [1926-2016] à une question posée par Madeleine Chapsal concernant « la crise de la littérature », répondit :
« C’est évidemment faux. Jamais on n’a écrit autant de romans, jamais on n’en a publié autant, jamais on n’en a lu autant…La plus grande partie de cette énorme masse est évidemment sans intérêt. Mais il n’y a pas de crise économique du roman. » 35 (Cf. Homme « Intellectuel », Économie)

Culture (Castoriadis Cornelius) : 1986. Cornelius Castoriadis [1922-1997], auteur de : « Une culture se crée en créant de nouvelles significations imaginaires et en les incarnant dans les institutions36 La référence aux « institutions » était-elle nécessaire ? Non. Ne s’agit-il pas plutôt d’une contradiction dans les termes ? (Cf. Famille, Langage, Philosophie. Psychanalyse)

Culture (Chansons d’amour) : Si tant de femmes aimaient tant les chansons d’amour c’est qu’elles en étaient frustrées, qu’elles rêvaient, qu’elles chantaient ce que les hommes ne leur permettaient pas.
On n’a voulu voir que de l’aliénation dans ce qui était aussi des espoirs brisés.
N.B. L’imparfait peut aussi être lu comme un présent. (Cf. Culture. Mélo)

Culture (Chaplin Charles) : 1973. Charlie Chaplin [1889-1977] se remémorant son enfance, auteur de :
« Comme d’habitude, je vivais seul. Mais cela avait ses avantages, car cela me donnait l’occasion de cultiver mon esprit. […]
Il existe une fraternité entre ceux qui veulent passionnément savoir. J’en fais partie. Mais mes mobiles n’étaient pas si purs : je voulais savoir, non pas pour l’amour de la connaissance, mais pour me défendre contre le mépris dans lequel le monde tiens les ignorants. » 37

Culture (Céline) : 1957. Dialogue entre Céline [1894-1961] et Madeleine Chapsal : « Qu’est-ce que vous attendez de votre dernier livre ? » :
« J’attends une avance de Gallimard, et c’est tout, c’est tout. » 38

Culture (Comédie Française. 2017) : 2017. La Comédie française présente sur scène une adaptation Christiane Jatahy. Février 201, du film de Renoir : La règle du jeu. Je lis dans la critique par le Canard Enchainé de cette pièce qui « démolit le film à coups de contresens » - ceci :
« Et la fameuse partie de chasse à cour ? Celle où on tue les lapins ? Changée en course poursuite avec une servante déguisée en lapine. […] » 39

Culture (Comte-Sponville André) : 2018. André Comte-Sponville, auteur de :
« L’art nous aide à accepter. » 40

Culture (Consommation) : 1971. Émile Noël, en 1971, interviewant Hélène Martin : « Proust - je vais dire une chose horrible - est très peu consommé. » 41

Culture (Dali Salvador) : 1956-1957. Salvador Dali [1904-1989], après avoir récusé la notion d’avant-garde et critiqué le rôle de l’inconscient chez les Surréalistes, auteur de :
« Je tiens à rester un être subversif…Mais pas par n’importe quel moyen. Je tiens à rester subversif, parce que c’est la condition essentielle de ma vie, de mon caractère. Le jour où je ne considérerais plus comme être un être qui n’est pas subversif, je me considérerais amoindri vitalement, rempli de poussière. » 42 (Cf. Penser, Politique)

Culture (Delluc Louis) : Louis Delluc [1890-1924], auteur de :
« L’art serait tout à fait inutile si chacun était capable de goûter consciemment la beauté profonde de la minute qui passe. » 43 Et la « culture » serait indissociable de la vie…

Culture (Destruction de la colonne Vendôme. 1871) : 1902. Élisée Reclus [1830-1905], concernant la destruction de la colonne Vendôme, le 16 mai 1871, auteur de :
« […] Pendant la Commune de Paris, on a pu voir, par le reversement de la colonne Vendôme, que les idées de l’Internationale étaient devenues une réalité vivante. Chose inouïe jusqu’alors, les vaincus [de l’histoire] renversèrent avec enthousiasme le monument d’anciennes victoires, non pour flatter lâchement ceux qui venaient de vaincre à leur tour, mais pour témoigner de leur sympathie fraternelle envers les frères qu’on avait menées contre eux, et de leurs sentiments d’exécration contre les maîtres et rois qui, de part et d’autre, conduisaient leurs sujets à l’abattoir. […] » 44
- Pour précisions :
« Lors de l’insurrection de la Commune de Paris, le peintre Gustave Courbet adresse une pétition au gouvernement de Défense nationale le 14 septembre 1870 demandant ‘à déboulonner la colonne, ou qu’il veuille bien lui-même en prendre l’initiative, en chargeant de ce soin l’administration du Musée d’artillerie, et en faisant transporter les matériaux à l’hôtel de la Monnaie’.
Il n’a en fait que l’intention de la faire reconstruire aux Invalides.
La Commune de Paris au pouvoir, les fins en deviennent plus radicales :
‘La Commune de Paris, considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la République française, la fraternité, décrète :
article unique – La colonne Vendôme sera démolie.’
Le 16 mai 1871, la colonne est abattue, non sans difficulté. Les plaques de bronze sont récupérées.
Après la chute de la Commune, le nouveau président de la République, le maréchal de Mac-Mahon, décide en mai 1873, de faire reconstruire la colonne Vendôme aux frais de Gustave Courbet (soit plus de 323 000 francs selon le devis établi). Gustave Courbet obtient de payer près de 10 000 francs par an pendant 33 ans, mais meurt avant d’avoir payé la première traite.
» 45

Culture (Domination masculine) (1) : 2006-2012. France : « 84 % des théâtres co-financés par l’État sont dirigés par des hommes, 89 % des institutions musicales sont dirigées par des hommes, 97 % des musiques que nous entendons dans nos institutions ont été composées par des hommes, 94 % des orchestres sont dirigés par des hommes, 85 % des textes que nous entendons ont été écrits par des hommes, 78 % des spectacles que nous voyons ont été mis en scène par des hommes, 57 % des spectacles que nous voyons sont chorégraphiés par des hommes, 86 % des établissements d’enseignement artistique sont dirigés par des hommes. Un déséquilibre qui se décline également en termes financiers : 70 % des compagnies dramatiques subventionnées par le Ministère de la Culture sont dirigées par des hommes. En 2003 : ... la moyenne des subventions attribuées aux scènes nationales était de 2.096.31 €. Quand elles étaient dirigées par un homme, cette moyenne s’élevait à 2.347.488 €. Quand elles étaient dirigées par une femme, cette moyenne s’élevait à 1.764.349 €. Quand le spectacle était mis en scène par un homme, s n coût moyen s’élevait à 77.271 €. Quand le spectacle était mis en scène par une femme, son coût moyen s’élevait à 43.791 €. » Chiffres tirés des rapports de Reine Prat de mai 2006 et de mai 2009 « Mission pour l’égalité hommes / femmes - rapport d’étape n°2 : De l’interdit à l’empêchement. » 46 (Cf. Patriarcat. Domination masculine)

Culture (Domination masculine) (2) : 2018. Danielle Bousquet, présidente du Haut conseil à l’égalité, cite le 16 février 2018, ces chiffres :
« Aucune femme ne dirige de théâtre national ou de centre national de création musicale, 97% des groupes programmés par les grands festivals de musique sont composés exclusivement ou majoritairement d'hommes ; 85% des expositions-hommage dans les grands lieux d'exposition sont dédiées à un homme; 72% des avances sur recette du Centre national du Cinéma vont à des projets menés par des hommes ; depuis sa création il y a 70 ans, le Festival de Cannes a décerné seulement 1 palme d'or à une femme. » 47 (Cf. Culture. Festival de Cannes, Patriarcat. Domination masculine)

Culture (Émotions) : Ariane Mnouchkine, auteure de :
- « Je ne suis pas une critique en peinture. Je ne peux juger que par l’émotion que je ressens. » Et de :
- « Il faut faire confiance à ses émotions, comme dit Ingmar Bergman [1918-2007]. De toutes façons à quoi d’autre se fier ? » 48

Culture (Enfants) : Jean Cocteau [1889-1963] raconte que, présent avec Picasso [1881-1973], à un récital de Parade d’Éric Satie [1866-1925] - fort mal accepté au Chatelet, ils avaient entendu un monsieur déclarer à un autre :
« Si j’avais su que c’était si bête, j’aurais amené les enfants. » 49 (Cf. Enfants)

Culture (Ernaux Annie) : 1984. Annie Ernaux, en 1984, écrivaine depuis dix années, concernant sa future participation à l’émission de Bernard Pivot, Apostrophes, à l’occasion de la publication de son livre La place, évoque les autres personnes qui seront avec elle sur le plateau :
« En face de moi, j’ai quatre écrivains chevronnés qui racontent leur jeunesse bourgeoise. […]
Ils vont être là, ce sont des hommes, aussi. Je pense qu’il y a aussi peut être, ça, qui va compter. Je crois que tous sont déjà passés à Apostrophes et qu’ils ont une certaine habitude. Je me demande même jusqu’où où ils ne vont pas avoir une certaine complicité, la complicité de gens qui parlent de la même chose, qui ont vécu la même chose. Moi, j’ai l’impression que je vais être là un petit peu en porte à faux, parce que mon univers et le leur ne se sont jamais rencontrés en fait. Et ça, c’est mon livre, c’est la café épicerie de mon père. C’est le sujet de mon livre au fond. C’est deux mondes séparés. Or, eux ils restent dans leur monde à eux. Ils n’ont pas connu l’autre. Et l’autre, il leur est inférieur de toutes façons. Il n’existait pas. …C’est un peu énorme, mais j’ai un peu l’impression que c’est la femme de ménage qui arrive. » [Rires] 50 (Cf. Femmes. Conscience de classe)

Culture (Europe) : L’Europe devenue une forteresse assiégée : quelle culture peut-elle bien y advenir ?

Culture (Fascisme) : Sous la dictature des colonels Grecs [1967-1974], Mélina Mercouri [1920-1994] a été déchue de sa nationalité Grecque, et excommuniée par l’église Grecque ; la musique de Mikis Theodorakis interdite et lui-même emprisonné…51 Parmi mille autres exemples…

Culture (Femmes. Artistes) : Cf. Femmes. Artistes

Culture (Femmes. Iran) : 2018. Mamad Haghighat, cinéaste et historien du cinéma Iranien, directeur du cinéma : Le quartier latin, auteur de :
« Il y a actuellement en Iran 20 / 25 femmes cinéastes. » 52 (Cf. Culture. Cinéma)

Culture (Femmes. Russie. XVIIIème siècle) : 1850. La princesse Dashkoff [1743-1810], auteure de :
« Je ne craindrai pas d’affirmer qu’au moment dont je parle (années 1850) il n’y avait pas deux femmes dans l’Empire (Russe), excepté la Grande Duchesse (future Catherine II) et moi qui s’occupassent le moins du monde de lecture sérieuse. » 53
* Ajout. 5 décembre 2016. 1935. Je lis dans Les sources et le sens du communisme russe de Nicolas Berdiaev [1874-1948] :
« Dans la toute première moitié du XIXème siècle, la solitude des premiers Russes cultivés et épris de lecture est extraordinaire. Ils sont quelques individus cultivés, mais il n’existe aucun milieu de culture. Ces isolés se plaignent d’être entourés de ténèbres et que personne ne les comprenne ou sympathise avec eux. La masse de la noblesse et des fonctionnaires demeurait profondément ignorante, manquant totalement d’idéal et de toute préoccupation élevée. » 54

Culture (Ferry Luc) : 2018. Luc Ferry, auteur notamment de : Apprendre à vivre. Traité de philosophie à l’usage des jeunes générations [2006] et de :
« La vraie culture, c’est… » 55 (Cf. Langage. Adjectif)

Culture (Festival de Cannes) (1) : 2018. Asia Argento, déclara avec force, avec courage, le 20 mai 2018, lors de la clôture du Festival de Cannes :
« En 1997, j’ai été violée par Harvey Weinstein ici même à Cannes. J’avais 21 ans. Le festival était sa chasse gardée. Je souhaite faire une prédiction : Harvey Weinstein ne sera plus jamais le bienvenu ici. C’est une honte, et toute une communauté lui a tourné le dos, y compris ceux qui ne l’ont jamais dénoncé. Ce soir, parmi vous, il y a des gens qui doivent être tenus responsables pour leur comportement à l’égard des femmes. Un comportement indigne de cette industrie, indigne de n’importe quelle industrie. Vous savez qui vous êtes, mais ce qui est plus important, nous, nous savons qui vous êtes. Nous n’allons pas vous permettre de vivre dans l’impunité. » (Cf. Féminisme. Patriarcat. Weinstein Harvey, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Culture (Festival de Cannes) (2) : 2018. Lu dans Le Canard enchaîné :
« Le Festival provoque chaque années un afflux de prostituées et d’escort-girls de toute l’Europe. ‘Un site spécialisé passe en quelques jours d’une cinquantaine de femmes différentes à plus de 500’ explique un ancien flic Cannois, rompu au phénomène (sic). Et encore, la cérémonie des Hots d’or, qui récompensait les meilleures actrices porno, a disparu depuis belle lurette. » 56 (Cf. Langage. Sujet, Patriarcat. Weinstein Harvey, Pornographie, Proxénétisme, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Culture (Flagornerie) : 2018. À l’écoute fortuite ce matin [18 avril 2018] de l’émission de France Culture, Le réveil Culturel de Tewfik Hakem, interviewant Justine Bo, puis sur France inter de l’émission Boomerang de Sylvain Trapenard, interviewant Philippe Sollers, je me suis demandée jusqu’où pourrait encore aller la flagornerie de ces hommes dit de «culture» - infiniment plus efficaces pour vendre un livre que directeurs/trices et attaché-es de presse des maisons d’éditions - qui vous dégoûteraient de toute idée de «culture», si, heureusement, l’on n’en avait pas un autre conception…57 (Cf. Êtres humains, Relations entre êtres humains. Flagornerie)

Culture (Forestier Sara) : 2017. Sara Forestier, le 7 novembre 2017, sur France 2, explicite son refus d’être maquillée et coiffée, avant d’être interviewée. Elle pose sa responsabilité en tant qu’actrice :
« Il y a une injonction à être sexy, toujours, à être glamour, alors qu'une femme, n'est pas que ça. […] Mon métier, ce n'est pas d'être sexy, ce n'est pas d'être glamour, c'est de créer de l'émotion. » 58

Culture (France Culture) (1) : 2013. Guillaume Gallienne sur France Culture, lisant, en 2013, Jane Eyre [1847], écrit par Charlotte Bronte [1816-1855], sans s’être semble t-il posé de question et, en tout cas, sans paraître mal à l’aise. 59 (Cf. Culture. France Culture)
* Ajout. 22 octobre 2018. 1931. Fréhel [1891-1951] chante La chanson du vieux marin [Andrieu-Daniderff] dont elle chante notamment :
« J’ai connu des femmes blondes et rousses / Hardi les gars. Ohé les gars / Dans tous les ports, j’eus à mes trousses / Les prix d’beauté d’ce temps-là / Hardi les gars. Ohé les gars. »

Culture (France Culture) (2) : 2016. Coline Serreau, qualifiée d’« artiste à part entière » [bien que féministe?], le 6 septembre 2016, invitée par France Culture procède à de nombreuses analyses féministes et se réfère à plusieurs reprises au « patriarcat ».
On lit dans la présentation écrite de cette même émission la concernant par France Culture :
« […] Dévoiler voire dénoncer l’oppression intérieure et extérieure des femmes est un des thèmes récurrents de l’œuvre filmique et théâtrale de Coline Serreau. » 60
« L’oppression intérieure et extérieure des femmes », comment ne pas voir que ce dont il s’agit, c’est d’invalider l’existence de rapports de domination ? (Cf. Culture. Patriarcale)

Culture (France Culture ) (3) : 2017. Antoine Guillot, critique cinéma de France Culture, présentant les films du Festival de Cannes 2017, auteur de :
« […]. 2017. Année politique, année du renouvellement donc, peut-être. En revanche, côté parité, ce n’est pas encore ça : elles ne sont que trois (?) à concourir [19 films présentés] ce qui, selon les standards Cannois doit être tout de même considéré comme une plutôt bonne année. » 61 (Cf. Culture. Festival de Cannes, Politique. Parité, Patriarcat. Permanence)

Culture (France Culture) (4) : (mai) 2018. Mathieu Laine, « essayiste », pris en défaut sur une analyse, tente alors de recouvrer une solidarité entre invité-es et énonce :
« […] On n’est pas bas niveau. […] » 62 (Cf. Homme. « Intellectuel », Patriarcat. France Culture)

Culture (France Culture) (5) : (juillet) 2018. Cinq ans après les lectures de Guillaume Gallienne, rediffusées, Mathieu Garrigou-Lagrange consacre cinq émissions aux sœurs Brontë : ses partis pris, ses déformations patriarcales (y compris en reformulant les réactions de ‘ses’ invité-es) furent incessantes, innombrables.
Un exemple. Son invitée : « Les femmes s’identifient à elle ». Lui, peu après : « Ce roman parle à tout le monde. »
- Je les avais relevés ; je n’ai pas vraiment l’énergie de les retranscrire.
Sa défense du frère, Branwell, notamment, mais non pas exclusivement, fut caricaturale.
Et son identification à Rochester est sans distance. Exemple :
« C’est un peu l’homme typique…la masculinité, Il a la virilité, il a tous les talents. Il est charnel. C’est un parfait Adam. »
Et, in fine, Charlotte Brontë « lui a fait perdre la vue ». Une faute professionnelle ? (Cf. Langage. Féminisation du langage, Homme. Journaliste. Garrigou-Lagrange Mathieu) 63

Culture (Patriarcale) (6) : (octobre) 2018. Mathieu Garrigou-Lagrange, dans l’émission de France Culture consacrée à Edgar Allan Poe [1809-1849], auteur de :
« Il a eu beaucoup de femmes. » 64 (Cf. Homme. Journaliste. Garrigou-Lagrange Mathieu, Langage. Verbe. Avoir)

Culture (France Culture) (7) : (novembre) 2018. Voici la conclusion d’un « billet culturel » de 4 minutes en date du 16 novembre 20178 intitulé Oreslan, moraliste du XXIème siècle ? :
« Orelsan est en réalité un moraliste au sens du 17ème siècle, comme ce rebelle frondeur et amant coureur François de La Rochefoucauld. Les origines nobiliaires en moins. Et les Maximes de La Rochefoucauld sont assez proches de ses fameuses ‘punchlines’.
‘La vie est une maladie sexuellement transmissible dont la seule issue connue est la mort ‘ Orelsan ou La Rochefoucauld ?
‘Si nous sommes incapables de trouver la tranquillité en nous-mêmes, il ne sert à rien de la chercher ailleurs’ c’est simple, basique comme du Orlesan.
Un rap non pas conscient mais salutaire, une dénonciation de toutes les hypocrisies de la vertu. » (Cf. Justice. Associations féministes)

Culture (Française) : 2017. Emmanuel Macron, auteur le 7 février 2017, de :
« Il n’y a d’ailleurs pas une culture française. Il y a une culture en France. Elle est diverse, elle est multiple. » Et alors ? 65
- Combien de débats concernant l’analyse critique, la portée de cette analyse, ouvrant droit a minima à de nombreuses exégèses, sur France Culture ?
Trop politiquement dérangeante, assurément. (Cf. Culture, Macron Emmanuel, Culture. Nationalisme. Schiappa Marlène, Homme « Politique ». Macron Emmanuel)
* Ajout. 1er septembre 2018. 1813. Madame de Staël [1766-1817], dans son livre De l’Allemagne, concernant Frédéric II de Prusse [1712-1786], auteure de :
« Frédéric a fait un mal véritable à son pays en professant du mépris pour le génie allemand. Il en est résulté que le corps germanique a souvent conçu d’injustes soupçons contre la Prusse. […] » 66

Culture (Frédéric II de Prusse) : 1752. Frédéric II de Prusse [1712-1786], à la suite d’une querelle entre Voltaire [1694-1778] et Maupertuis [1698-1759], que le « roi-philosophe » soutenait, fit, le 24 décembre 1751, brûler publiquement « par la main du bourreau » (?) à Postdam le pamphlet de Voltaire La diatribe du docteur Alakia, médecin du pape, devant la maison même où il logeait.
- Collini [1727-1806], le secrétaire de Voltaire qui résidait avec lui, écrit :
« Je fus témoin à ma fenêtre de cette brûlure sans en comprendre le sujet. J’allais sur le champ rendre compte à Voltaire de ce que j’avais vu. ‘Je parie, me dit-il, que c’est mon docteur qu’on vient de bruler. Il ne se trompait pas.’ » 67
- Un [singulier] autodafé, dont il écrivit une réminiscence dans Candide ? (Cf. Politique. Liberté)

Culture (Frémaux Thierry) : 2014. Le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, concernant la nomination de Jane Campion à la présidence du Festival en 2014 :
« Si ce choix était féministe, cela voudrait dire que celui de porter un homme à cette fonction aurait été machiste. Ce n'est pas du tout le cas. Jane Campion bénéficie de ce titre parce qu'elle est une grande artiste avant tout. » 68
Il y en a qui ont tout compris(Cf. Féminisme. Antiféminisme)

Culture (Gabin Jean) : 1975. Jean Gabin [1904-1976], après près de cent films, dans sa dernière interview avant sa mort, auteur de :
« C’est drôle comme les femmes sont teigneuses, quand elles s’y mettent. » 69 (Cf. Homme. Grossier)

Par ordre chronologique (Culture. Gide André) :

Culture. Gide André) (1) : 1927. André Gide [1869-1951] dans son Journal, écrit le 19 avril 1927 :
« Hier, à Neuchâtel revu La ruée vers l’or [1925]. Suarès [André. 1868-1948] boude Charlot [Charlie Chaplin. 1889-1977] par orgueil. Injustifiable résistance. Cas unique où l’on peut épouser l’opinion populaire. Et pas de malentendu. Nous rions et nous amusons, toi et moi, de la même chose. Communion possible et dont il sied de profiter. Cela est si bon de pouvoir ne point mépriser ce que la foule admire ! » 70

Culture. Gide André) (2) : 1939. André Gide [1869-1951], en 1939 dans ses Carnets d’Égypte [publiés en 1054) s’interroge sur l’art Égyptien « un art insondablement lointain », puis, après une visite, accompagne de Louis Massignon [1883-1962] au Musée du Caire, qui l’a « ému », « bouleversé » écrit :
« J’ai senti soudain l’art de l’ancienne Égypte se rattacher à ma culture ; devant lui, je ne me sentais plus étranger. […] » 71 (Cf. Langage. Possessif, Politique. Nationalisme)

Culture (Gide André) (3) : 1940. André Gide [1869-1951], dans son Journal, le 2 septembre 1940, auteur de :
« J’ai écrit, et je suis prêt à réécrire encore, ceci qui me paraît d’une évidente vérité : ‘C’est avec les beaux sentiments qu’on fait de la mauvaise littérature’. […] » 72
Ah bon, et pourquoi ? Parce que les « beaux » sentiments et les personnes qui les incarnent seraient stupides, n’auraient rien vécu, rien appris, rien construit, rien pensé, ne seraient porteuses d’aucune complexité, d’aucune contradiction ? Les « beaux sentiments », ce ne sont pas nécessairement Paul et Virginie.
- Mesurer les conséquences d’une telle assertion : c’est exclure de la pensée la franchise, la vérité, la sincérité ; c’est exclure la vie de millions d’êtres ; c’est interdire toute réflexions concernant la responsabilité de ceux, pour reprendre les termes de George Sand [1804-1876], « qui abusent de l’ignorance et de la candeur » 73 ; c’est exclure des millions d’êtres de la pensée de la valeur de leur vie. À cette aune, beaucoup ont tout faux… (Cf. Femmes. Souffrance, Femme. Remarquable. Rondeaux Madeleine, Penser. Sentiments, Patriarcat. Père. Gide André)
* Ajout. 23 juillet 2018. 1940. A la relecture de l’analyse du 2 septembre 1940, citée plus haut, je découvre qu’au terme de son argumentaire Gide écrit cette phrase :
« […] Il n’en reste pas moins qu’une littérature peut être plus ou moins virile et virilisante, et que la nôtre, dans son ensemble, ne l’était point. » 74 (Cf. Patriarcat. Littérature)
* Ajout. 7 juillet 2017. 1841. Pour une analyse opposée, cf. Astolphe de Custine [1790-1857], auteur, le 22 février 1841, dans une lettre à Karl August Varnhagen [1755-1858] :
« […] Les cœurs simples sont des abîmes ! » 75, ainsi que Victor Hugo [1802-1885], qui, dans Les misérables [1862], évoque « les petites contradictions des grands cœurs ». 76
Mais aussi, André Gide lui-même, auteur dans son Journal début 1927 [sans date] de :
« Il n’est pas de caractère si simple qu’il ne présente de compliqués détours. » 77

Culture (Gide André) (4) : 1943. André Gide [1869-1951] écrit, dans son Journal, le 29 janvier 1943 :
« Je ne puis pas croire que l’art de demain se complaise dans le raffinement, la subtitilté et la complication. Cette guerre aura sans doute pour effet d’arracher l’art au réalisme. Le reportage, qu’on exigera le plus documentaire possible, délivrera la littérature, de même que la photographie a pu délivrer la peinture, par une sorte de ‘catharsis’. » 78

Culture (Gide André) (5) : 1943. André Gide [1869-1951] écrit, dans son Journal, le 19 avril 1943 :
« L’art - appelé à disparaître de dessus la terre ; progressivement, complètement. C’était une affaire d’élit ; quelque chose d’impénétrable pour ’le commun des mortels’. À ceux-ci les joies vulgaires. Mais aujourd’hui, l’élite même bat en brèche ses privilèges ; n’admet plus que rien ne lui soit réservé. Par magnanimité quelques peu sotte, les meilleurs d’aujourd’hui souhaitent : le meilleur pour tous.
J’imagine le temps où l’art aristocratique cèdera la place à un bien-être commun ; où l’individuel ne trouvera plus raison d’être et prendra honte de soi. Déjà nous avons pu voir en Russie, honnir ce qui manifeste un sentiment particulier, ne plus admettre que ce qui peut être compris par n’importe qui ; et ceci risque de devenir n’importe quoi. L’humanité se réveille de son engourdissement mythologique et s’aventure dans la réalité. Tous ces hochets d’enfants vont être relégués hors d’usage ; ceux qui viennent ne comprendront même plus qu’on ait pu, durant des siècles, s’en amuser. » 79

Culture (Giroud Françoise) : Françoise Giroud [1916-2003], nommée secrétaire d’état à la culture [août 1976- mars 1977] par Valéry Giscard d’Estaing, qualifie « la culture en général » de : « trousseau de clefs qui vous ouvre les portes du monde ». 80 (Cf. Penser. Utilitarisme)

Culture (Guéhenno Jean) : 1934. Jean Guéhenno [1890-1978], dans son (grand) livre, Journal d’un homme de 40 ans, auteur de :
« J’ai cru à la culture, comme ils disent. Je l’ai chargée de tous les crimes ; c’était lui faire beaucoup d’honneur. […]
Je sais que la dignité ne s’apprend pas dans les livres. Innombrables sont les hommes cultivés et cependant indignes.
La culture, dès lors qu’elle est sentie comme un privilège ou un intérêt, avilit aussi bien son homme que la possession de titres. » 81

Culture (Guerre) : 2018. Sur France Culture, dans la première partie de l’émission L’esprit public, intitulée « ’Vivre ensemble’ : quel sera le catéchisme Macronien ? », Emilie Aubry, sa responsable, emploie le 1er avril 2018, concernant la lutte contre le salafisme l’expression de : « guerre culturelle ». 82 (Cf. Politique. Guerre. Médias)

Culture (Guerilla girls) : 1989. Du collectif américain Guerrilla girls en 1989 :
« Do women have to be naked to get into the MET ? » Traduction : « Est-ce que les femmes doivent être nues pour entrer au Metropolitan Museum ?» Sous-titre :
« Moins de 3 % des artistes exposées sont des femmes mais 83 % des nus sont féminins. » 83 (Cf. Êtres humains. Corps. Femmes. Nudité)

Culture (Guilloux Louis) : 1931. Louis Guilloux [1899-1980], dans une lettre en date du 4 mars 1931, écrit à Jean Guéhenno [1890-1978] :
« […] La culture n’a rien à voir avec l’amour de la vérité, je crois, ou bien, elle n’est justement que cela. Et, il est à se demander s’il est bien nécessaire de connaître Platon et Jésus-Christ pour aimer la justice et défendre la vérité. Je ne le crois pas. Je ne pousserai pas le paradoxe jusqu’à dire que je crois le contraire, bien que toute culture digne de ce nom doive être naïve. Je dis naïve et pas autre chose. Naïve donc profonde, comme est profond tout ce qui nait du cœur sans la complexité de l’orgueil, comme est profond tout ce qui participe du sentiment de la communion des hommes, tous également torturés par les mêmes angoisses, tous ensevelis dans la même nuit. Ce mot de culture, pour moi, ne peut avoir d’autre sens que celui de l’expérience. Et il n’est d’expérience que de soi. […] » 84 (Cf. Justice, Politique. Vérité)
* Ajout. 28 décembre 2017. 2016. Ariane Mnouchkine, après avoir évoqué les acteurs « qui ont gardé l’enfance, la naïveté », poursuit : « Je dis bien naïveté, à ne pas confondre avec la sottise. Un naïf, c’est celui qui nait à chaque instant. » 85

Culture (Hegel Friedrich) : 1822. Friedrich Hegel [1770-1831], auteur de :
« Chacun sait que, dans un même peuple, un homme cultivé a de toutes autres exigences que l’homme inculte demeuré dans la même religion, la même éthique, la même condition substantiel. […]
Un chrétien cultivé et un chrétien inculte paraissent être les mêmes, mais ont des besoins tout à fait différents. »
Et il poursuit en affirmant même : « Il en va de même pour la propriété. […] » 86
- Suffirait à dissuader de l’emploi du terme de «culture»… (Cf. Êtres humains. Hegel)

Culture (Herriot Édouard) : 1961. Édouard Herriot [1872-1957], dans Notes et Maximes auteur de :
« La culture, c’est ce qui demeure dans l’homme lorsqu’il a tout oublié. »
- Et à en gaver, on en dégoûte.

Culture (Histoire) : 2018. L’Histoire mondiale de la France coordonnée par Patrick Boucheron - à laquelle 122 historiens et historiennes ont participé - [Le Seuil. Janvier 2017] s’est vendue en 2018 à 110.000 exemplaires. 87 (Cf. Histoire)

Culture (Hollywood) (1) : 2017. [« Affaire Harvey Weinstein »] Nous savons dorénavant sur quelles souffrances des femmes, la culture Hollywoodienne a été bâtie, diffusée et exportée à travers le monde.
Nous savons dorénavant ce que la beauté de leurs actrices leur a coûté et pourquoi celle-ci a été tant vantée : c’était pour mieux les faire taire.
Nous savons dorénavant sur quelle montagne de mensonges les films ont été produits, réalisés, commentés, critiqués… (Cf. Culture. Festival de Cannes. Patriarcale, Patriarcat. Weinstein Harvey)

Culture (Hollywood) (2) : 2017. Le réalisateur américain Kevin Smith a décidé de reverser les dividendes de tous ses films faits avec la Weinstein Company à l'association Women In Film. Suite aux récentes accusations d'agressions sexuelles contre le producteur américain Harvey Weinstein le réalisateur Kevin Smith s'est dit « honteux » d'avoir profité de son argent tandis que des personnes souffraient par sa faute. Women in Film est une association à but non-lucratif destinée, selon ses statuts, « à militer pour l'avancement de la carrière des femmes travaillant dans les industries de l'écran, atteindre la parité et transformer la culture. » 88 (Cf. Culture. Festival de Cannes. Patriarcale, Patriarcat. Weinstein Harvey)

Culture (Hugo Victor) (1) : 1859. Victor Hugo [1802-1885], dans La légende des siècles, Les pauvres gens, auteur de :
« […] ces choses là sont rudes / Il faut pour les comprendre avoir fait ses études. »

Culture (Hugo Victor) (2) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les misérables, auteur de :
« Plus tard […] la Thénardier ne fut plus qu’une grosse méchante femme ayant savouré des romans bêtes. On ne lit pas impunément des niaiseries. » 89

Culture (Illettrisme) : 2013. Selon l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme, en 2013 (dernières statistiques), « 7 % de la population adulte âgée de 18 à 65 ans ayant été scolarisée en France est en situation d’illettrisme, soit 2.500.000 personnes en métropole. »
* Ajout. 11 octobre 2017. 2017. Le 10 octobre 2017, soit quatre années après, le même chiffre de 2.500.000 est annoncé. 90
- À comparer avec le nombre de sondages effectués journellement financés, effectués, diffusés, publiés, commentés ?

Culture (« Inculture ») : Édith Piaf [1915-1963] évoquant son ‘inculture‘ :
« J’avais des lectures, mon dieu…discutables. Je faisais mon régal de : ‘Séduite le jour de ses 20 ans’. Je n’aimais pas les livres qui finissaient mal. Et je n’écoutais pas les conseils que l’on me donnait. Raymond Asso essaya de me guider et de changer mes lectures. » 91
Et c’est ainsi que chansons, films, livres qui évoquaient ce que vivaient tant de femmes furent évacués de la ‘culture’. Et les sujets dont ils parlaient aussi.
Ce qui, faut-il le préciser, ne concerne pas Édith Piaf. (Cf. Femmes. Chanteuses françaises d’antan)
*Ajout. 4 août 2018. Ce qu’Édith Piaf évoque plus haut s’intitule en 2018 : « un travail d’acculturation. » 92

Culture (Internationale) : 1948. André Malraux [1901-1976], auteur de :
« […] Enfin, le cinéma est né. Et, à cette heure, une femme hindoue qui regarde Anna Karina, pleure peut-être en voyant exprimer, par une actrice Suédoise et un metteur en scène Américain, l’idée que Tolstoï se faisait de l’amour. » 93

Culture (Invraisemblances) : Que d’invraisemblances concernant les femmes dans tant de livres écrits, de films écrits réalisés par des hommes qui ne les ont jamais comprises, à peine connues….
(Écrit après avoir vu le fim Lettre d’une inconnue, d’après la nouvelle [1922] de Stephane Zweig [1881-1942])

Culture (Jouvet Louis) : 1931. André Gide [1869-1951], dans son Journal, à la date du 31 octobre 1931, raconte une censure - qu’il ne présente pas comme telle - de Louis Jouvet [1887-1951] concernant l’évocation (bien allusive…) de l’homosexualité dans la pièce Un taciturne [1932], de Roger Martin du Gard [1881-1951] :
« L’auteur véridique a souci de montrer ce qui est, et non ce que l’on souhaiterait qui fût ; quitte à déplorer que le monde soit tel qu’il soit. ‘Ça arrive’ ces choses-là’ faisait dire Roger Martin du Gard à Armand dans sa pièce, ‘ça arrive, même à des gens très bien’. Jouvet par crainte des protestations, a successivement laissé tomber le : ‘même à de gens très bien’, puis le jour suivant [lors des répétitions] : ‘ça arrive’. La belle avance ! Il ne le dit plus, mais ‘ça arrive’ tout de même, et les indignations des conformistes n’y pourront rien. » 94

Culture (Justice) : 1974. Émile Pollak [1914-1978], avocat, dénonçant « les méthodes exécrables » de la justice, auteur, notamment de :
« Dans l’affaire Dominici, on a dit que le « Vieux » [Gaston Dominici. 1877-1965] avait 400 mots à sa disposition et l’avocat général 4000. C’est un peu toujours la même chose. » 95
N.B. Et son épouse, Marie Dominici [1879-1974] sans doute encore moins. (Cf. sa déposition au procès) (Cf. Justice. Langage)

Culture (Kazan Elia) : Pour Elia Kazan [1909-2003] :
« L’art, c’est la marque puissante et bouleversante qu’imprime sur son œuvre un visionnaire hanté. » 96

Culture (King Kong Théorie) : 2018. Le Canard enchaîné publie le 20 juin 2018 une critique du spectacle King Kong Théorie (Théâtre de l’Atelier), issu du livre du même nom de Virginie Despentes [2006]. Je lis :
« C’est d’abord un récit autobiographique. […] C’est aussi un pamphlet libertaire, imbibé d’ironie et de culture punk rock, qui s’attaque à la domination masculine et défend le droit à la prostitution et à la pornographie. » 97
Et cet amalgame - fut il rédigé dans le cadre d’une critique théâtrale - n’interroge pas son rédacteur Mathieu Perez ?
La pensée « libertaire » justifiant le bon droit des hommes à la « pornographie », à la « prostitution », et tout cela, considéré comme « féministe » ?
- Par ailleurs, une question au Canard, comme à tant d’autres : les écrits de Virginie Despentes auraient-ils, depuis toutes ces années, été aussi aisément légitimés, si celle-ci avait - avec un certaine cohérence intellectuelle - affirmé une pensée abolitionniste et avait dénoncé politiquement la prostitution et la pornographique ? Pour ma part, j’en doute. Non. Je suis sûre que non. (Cf. Pornographie. Proxénétisme, Sexes […]. Sexe. Homme)

Culture (Laffont Isabelle) : 1997. Lu dans le livre de Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête, qu’Isabelle Laffont, Directrice générale des Éditions Lattes (de 1995 à 2014, puis présidente) « affirme avec force n’avoir jamais rencontré la misogynie ». Et elle poursuit : « Cela prouve que les hommes en France ne sont pas aussi bêtes qu’aux États-Unis. » Et les françaises ? 98 (Féminisme. Déni, Nationalisme)

Culture (Lang Jack) : 2018. Jack Lang, auteur de :
« […] L’économie et la culture, c’est un tout. […] » 99

Culture (Laporte Arnaud) (1) : (9 novembre) 2017. Au cours de l’émission d’Arnaud Laporte, Dispute, le 9 novembre 2017, la critique Raphaëlle Leyris du Monde - concernant un personnage du livre du prix Médicis, Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel - avait évoqué : « un serviteur de bistrot qui ressemble étrangement à Macron ». Elle est interrompue et reprise par Arnaud Laporte par cette phrase : « au président de la république, s’il vous plait ! », injonction après laquelle, Raphaëlle Leyris, conciliante, se reprend et répète : « au président de la république » …
- De la subversion culturelle à France Culture…Ou, plus précisément, de la fonction politique jouée dans « la culture » de France Culture, par Arnaud Laporte, dont cette seule injonction vaut toutes les analyses.
- Mais qui est Arnaud Laporte ? Il est celui qui en matière de «culture» sait tout sur tout : il est celui qui a tout lu, tout vu, tout écouté [BD, opéras, photos, livres, films, expositions, danse, « spectacles vivants » ([?], « arts plastiques » [?], séries télévisées, théâtre, etc…] - ou qui, du moins, le fait croire ; celui qui peut et qui s’estime à même de donner son avis sur tout, sauf lorsque cela l’arrange de ne pas avoir prendre position ; celui qui règne sur une armada de critiques trop souvent aussi bien intentionné-es et aussi peu dérangeant-es que lui.…
* On peut aussi noter, au cours de cette même émission, que la décision d’attribuer le Prix Goncourt 2017 au livre d’Éric Vuillard L’ordre du jour, publié par les Éditions Actes Sud [maison d’édition créée par le père de l’actuelle ministre de la culture, Françoise Nyssen et dirigée encore l’année dernière par elle et son mari] a été commentée par l’un des journalistes invité par Arnaud en ces termes :
« On pouvait craindre une pudeur excessive et malhonnête ; fort heureusement, cette pudeur a été oubliée ». 100
- La culture, présentée par lui et ses acolytes, sûrs de leur bon droit à la parole et à la valeur de leur culture, me fait penser à un lierre enserrant une multiplicité infinie d’expressions vivantes, étouffées par le commentaire.
Qu’en reste t-il, après écoute ? : Certes, une culture, mais une culture de salon, savamment régulée, efficacement dosée dont le maitre de maison, maitre des cérémonies - prudent, chafouin, flatteur à bon escient, roi de l’esquive, mais sachant planter efficacement ses banderilles [«c’est une lecture à charge» peut-il asséner à une de ses critiques avec laquelle il n’est pas d’accord] ne perd jamais son pouvoir : il choisit, décide, régule, veille à ce que nulle opposition malsonnante ne vienne créer de désordre dans ces multiples jeux de rôles, mais sans que son pouvoir, notamment de synthèse conclusive finale, sur ceux et celles qu’il qualifie de « camarades de jeu », ne soit jamais remis en cause.
- Le symbole de son pouvoir, dérisoire et donc signifiant, qu’il maintient envers et contre tout : depuis des années, il confère chaque jour in fine la parole à l’un-e ou l’autre de ses invité-es, ou à une personne idoine, afin qu’il lise la question et la réponse à la question posée lors de l’émission précédente, laquelle permet de gagner un prix (une place de cinéma, de concert). J’attends - jusqu’ici en vain - l’expression d’un refus de cette humiliante allégeance au suzerain qui règne, décidément, en maitre. (Cf. Culture. Argent)
* Ajout. 14 décembre 2017. 1760. 1761. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée le 5 janvier 1760 au Journal encyclopédique, auteur de :
« Je dois dire en général, et sans avoir personne en vue, qu’il est un peu hardi de s’ériger en juge de tous les ouvrages et qu’il vaudrait mieux en faire de bons. » 101 (Méchant…Bête ? )
- En plus succinct : « Il y a l’infini entre juger et faire. » 102
* Ajout. 3 septembre 2018. 1813. Madame de Staël [1766-1817], auteure dans De l’Allemagne de :
« Le public est presque toujours un juge de beaucoup d’esprit quand les circonstances passagères n’altèrent point son opinion. » 103 (Cf. Culture. France Culture)

Culture (Laporte Arnaud) (2) : (5 janvier) 2018. Un critique, concernant le film Cœurs purs [Roberto Paolis. 2017] annonce : « J’ai une certaine aversion pour la pureté ». Rires. Réaction d’Arnaud Laporte : « À raison, il faut bien le dire !» Fin du débat. 104 (Cf. Culture. France Culture)

Culture (Laporte Arnaud) (3) : (2 janvier) 2018. Lors d’une critique d’ «Opéra Porno» de Pierre Guillois, certaines critiques de l’émission d’Arnaud Laporte s’étant montrées plus que réservées et sur le choix de ce « spectacle vivant » comme objet de critique et sur la représentation elle-même - sans que néanmoins aucune analyse concernant la pornographie ne soit même ébauchée - Arnaud Laporte, responsable de l’émission culturelle, La dispute, répondit - se justifia ? - en ces termes :
« Programmer aujourd’hui un spectacle comme ça dans un théâtre important de Paris, dans l’époque dans laquelle on est qui est, pour le coup, assez rance, ce n’est pas tout à fait réac de faire ça. » Et il termina son ‘analyse’ par cette réfutation adressée à l’une de ses interlocutrices, celle qui avait jugé le spectacle « vulgaire », « vieux », « ennuyeux » et « rance » ainsi :
« On a peut-être un problème avec le réel (sic), vous ou moi…Allez savoir ! La question reste ouverte. » 105 (Cf. Culture. France Culture, Pornographie)

Culture (Laporte Arnaud) (4) : (19 avril) 2018. Dans le cadre de la critique du livre Keila la rouge de Isaac Bashevis Singer, après que fut citée la réaction du mari de Keila : « Tu es condamnée, quoi qu’il arrive », « Ce qui a le mérité de la clarté » fut le commentaire d’Arnaud Laporte. 106 (Cf. Culture. France Culture)

Culture (Laporte Arnaud) (5) : (18 mai) 2018. Parmi les critiques du film « En guerre » de Stéphane Brézé - qu’Arnaud Laporte affirme n’avoir « pas vu » - après avoir entendu l’une des critiques de cette émission avoir affirmé, furieuse, que ce film est « putassier », Arnaud Laporte commente alors d’un court, seul et signifiant : « Bien ».
- Pour rappel, j’ai aussi entendu concernant ce film : « obscène », « désespérant », « grégaire », « film confortable », « qu’ils arrêtent de nous saouler ! », « je suis désespérée », « film militant cégétiste», « prise d’otage du spectateur » , « maladroit », « mal fait », «c’est une honte », « le cinéma fait écran [à la réalité] », « ras le bol !» et enfin, concernant Stéphane Brézé : « ce soi-disant cinéaste». 107
- Une caricature, non moins inquétante, d’un jugement - haineux - de classe. Au nom de la « culture ». (Cf. Culture. France Culture)

Culture (Laporte Arnaud) (6) : (28 mai) 2018. Concernant la critique du livre de Jean-Pierre Léoardini, journaliste critique de l’Humanité pendant 50 ans, dont le titre est : « Qu’il crèvent les critiques ! », Arnaud Laporte avait tellement de choses à dire qu’il a réussi à n’en rien dire, ou presque :
« Je ne pourrais pas dire tout ce que j’ai envie de dire parce qu’il est 19 h 57 et 20 secondes. […] Il y a beaucoup, beaucoup de choses à dire […] beaucoup de choses à dire, vraiment. » … 108 (Cf. Culture. France Culture)
* Ajout. 4 juin 2018. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 1er mai 1775, au comte d’Argental [1700-1788], lui écrit :
« Enfin, je ne vous dis rien sur cette affaire, parce que j’aurais trop à vous dire. » 109 Certes, mais on peut dire beaucoup avec peu des mots et des idées claires.
Et un peu de courage…
Et on peut même prendre le temps d’en dire beaucoup, avec d’autres…
Mais là il faut beaucoup de courage...

Culture (Laporte Arnaud) (7) : 2018. Arnaud Laporte, responsable [« coordinateur »] sur France Culture des émissions intitulées les Masterclass au cours desquelles on pouvait notamment entendre les questions suivantes :
« La vocation existe-t-elle ? D’où vient l’idée ? pensez-vous à la postérité ? Comment travaillez-vous ? [ou : Est-ce que vous avez mis en place des protocoles d’écriture ?; Avez-vous des rituels ? des horaires ?] Est-ce qu’il faut beaucoup lire pour écrire ? Est-ce qu’il faut beaucoup vivre pour écrire ? Est-ce qu’il y a un premier jet ou faut-il beaucoup reprendre ? Comment est-ce que vous savez qu’un roman est terminé ? Qu’est-ce qui fait que vous continuez à écrire ? Les succès, les prix ont changé quoi pour vous ? Qu’est-ce qui fait que vous choisissez une forme plutôt qu’un autre ? » Etc... 110 Idéal, pour meubler et évioter toute discussion de fond, a fortiori politique.
- Le comment, pour éviter le pourquoi et toutes les questions gênantes… (Cf. Culture. France Culture)

Par ordre chronologique (Culture. Léautaud Paul) :

Culture (Léautaud Paul) (1) : 1924. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal [littéraire], écrit le 21 juillet 1924 :
« Je deviens romanesque en vieillissant. Je passe mon temps à lire des romans d’amour. C’est pour remplacer ce que j’aurais aimé et ce que la vie de m’a pas donné. Je m’aperçois que je ne suis pas si sec qu’on pourrait le croire. Je pars avec mes héros dans leurs aventures. Je rêve, je vis, je désire, je souffre avec eux. Quand je ferme le livre, j’ai comme une barre dans l’estomac et je refoule à peine un besoin de pleurer. Au moins pendant quelques heures, j’ai échappé à ma vie médiocre, j’ai donné un objet à mes rêves inutiles. » 111 (Cf. Culture. Chansons d’amour. Mélo, Relations entre êtres humains. Amour)

Culture (Léautaud Paul) (2) : 1944. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal [littéraire], écrit le 7 juin 1944 :
« […] Des millions d’hommes ont [cependant] vécu et des millions vivront encore sans avoir jamais vu un tableau, ni un livre, et ils ont vécu et ils vivent. J’ai beau être écrivain, avoir connu de grands plaisirs par les livres, avoir connu de grands plaisirs à écrire, je n’ai pas le fétichisme de toutes ces sortes de choses, ni aucune vénération à leur égard. » 112

Culture Léautaud Paul) (3) : 1947. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal [littéraire], écrit le 25 novembre 1947 concernant Léon-Paul Fargue [1876-1957] dont il apprend la mort :
« Grand talent. Un autre écrivain que Valéry, original, gavroche, primesautier, spontané, plein de fantaisie, de couleur, rien de compassé, de grave, d’imité, de bourgeois, en plein dans la vie, et plein de liberté. » 113

Culture (Léautaud Paul) (4) : 1948. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal [littéraire], écrit le 9 février 1948 concernant un enquête de Combat « sur les femmes » :
« C’est pitoyable. Ces gens ont l’esprit et le style et le vocabulaire embarrassés, alourdis, nuageux, compliqués comme tout ce qu’on lit dans les nouvelles revues actuelles. Rien de clair, de vigoureux, de hardi, de volontaire, d’un peu séditieux et subversif. Un ton d’égarés plaintifs qui ne trouvent pas leur chemin. […] » 114

Culture (Littérature) : 1953. Maurice Nadeau, dans le Manifeste publié dans le N° 1 des Lettres Nouvelles (mars 1953) pose :
« Elle [la littérature] ne relève que de ses propres critères. » Comment peut-on penser légitimer un tel - absurde et indéfendable - privilège, dont ne pourraient que bénéficier les littérateurs [incidemment, quasiment tous ou presque des hommes], ainsi placés « au-dessus de la mêlée » ? 115
- Critique valable aussi pour les caricaturistes, Charlie Hebdo inclus… (Cf. Justice, Politique. Peuple.)

Culture (Livre) : 2012. Pour les libéraux : « Produit de l’industrie culturelle. »
Variante : « Produit de consommation immédiate.» (Entendu le 11 mai 2012).

Culture (Lukacs Georg) : 1919. Georg Lukacs [1885-1971], auteur le 13 avril 1919 dans un texte intitulé : Le fondement moral du communisme, auteur de :
« La suppression du caractère de privilège de la culture représente un travail de destruction et ressemble beaucoup à la réorganisation de la vie sociale à laquelle elle est d’ailleurs le plus étroitement apparentée, mais la tâche réelle de l’éducation va beaucoup plus loin que cela, du fait que le seul moyen de rapprocher intérieurement les hommes consiste non seulement à supprimer les différences de mode de vie extérieures qui les séparent, mais encore à réduire au minimum leurs différences et divergences culturelles intérieures. En bref, il s’agit de mettre en place entre les hommes, dans ce domaine, le plus de ponts possibles, de permettre à chacun d’avoir accès à toute la culture intérieure et extérieure qui lui est nécessaire. » 116

Culture (Luminet Jean-Pierre) : Jean-Pierre Luminet, auteur de :
« Je baigne constamment dans l’esthétique. » 117

Culture (Luxe) (1) : 2017. Arnaud Esquerre, auteur de :
« L’industrie du luxe a partie liée avec la culture, avec l’art, [...] avec le tourisme. » 118 (Cf. Êtres humains, Relations entre êtres humains. Luxe)

Culture (Luxe) (2) : 2017. L’émission de France Culture intitulée Le Réveil Culturel du 29 août 2017, avait pour intitulé :
« Olivier Gabet et Florence Müller : ‘Christian Dior voulait rendre les femmes belles pour les rendre heureuses.’ » 119 (Cf. Êtres humains, Relations entre êtres humains. Luxe, Femmes. Mode)

Culture (Luxe) (3) : 1855. George Sand [1804-1876], auteure, dans son Histoire de ma vie de :
« […] Aussi n’ai-je jamais compris que les artistes de mon temps eussent, en général, tant de vénalité, de besoins de luxe, d’ambitions de fortune. Si quelqu’un au monde peut se passer de luxe et se créer à lui-même une vie selon ses rêves avec peu, avec presque rien, c’est l’artiste, puisqu’il porte en lui le don de poétiser les moindres choses, et de se construire une cabane selon les règles du goût ou les instincts de la poésie. Le luxe me paraît donc la ressource des gens bêtes. » 120

Culture (Macron Brigitte) : 2018. Voici le début d’un article du Figaro en date du 16 février 2018 intitulé : Comment Brigitte Macron imprime sa marque à l’Elysée, rédigé au terme d’une « enquête» :
« La culture la passionne et elle ne s'en cache pas. Depuis son arrivée au palais, la première dame instaure un style bien à elle. Et apporte au président une touche supplémentaire de modernité et de glamour. […]
Mélange de sourire et de fermeté, possédant une ouverture bon teint et une allure chic, Brigitte Macron a imposé un style au Palais de l'Élysée. Mieux, elle possède une qualité qui remporte la mise en France : elle est cultivée. Ancienne professeur de lettres classiques, puisant dans les prix littéraires pour agrémenter ses heures perdues - la bibliothèque du couple possède plus d'ouvrages que celle de l'Élysée -, elle reste discrète sur ses goûts… » 121 (Cf. Femme. Épouse. « Politique »)

Culture (Macron Emmanuel) : (avril) 2018. À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, Emmanuel Macron a organisé, le 26 avril 2018, pour «la grande famille du cinéma » un dîner à l'Élysée.
« Nos sociétés ont besoin de rêve et de mythe, et vous avez un rôle politique en ce sens», a-t-il notamment expliqué aux invité-es. 122 (Cf. Penser. Mythe)
* Ajout. 27 avril 2018. 2017. Emmanuel Macron avait, le 14 novembre 2017, évoqué une « rénovation morale » des banlieues. 123 (Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel, Politique. Morale)

Culture (Macron Emmanuel) : (août) 2018. Lu :
« [au Danemark] Emmanuel Macron estime avoir réussi depuis son élection à provoquer un ‘changement culturel’ chez les Français. ‘Vous verrez la France transformée par son peuple. Les gens changent d'état d'esprit, ils sont beaucoup plus ouverts au risque’, a-t-il déclaré devant le patronat danois. » 124 (Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel, Économie)

Culture (Maïakovski Vladimir) : 1918. Vladimir Maïakovski [1893-1930], auteur, « probablement en 1918 » de :
« Nous, prolétaires de l’art, nous appelons les prolétaires des usines et de la terre à une troisième révolution. Sans effusion de sang, mais implacable. La révolution de l’esprit. » 125 Qu’en dire au delà de la critique des termes ? Quelle part de vérité cette aspiration révèle t-elle ?

Culture (« Magique pouvoir de l’art ») : 1942. Anaïs Nin [1903-1977] rapporte dans son Journal, en avril 1942, « une jolie histoire» que lui raconte Paul Rosenfeld [1890-1946] :
« Un empereur du Japon apprit que son ami le plus intime avait conspiré contre lui. Il fut obligé de le condamner à mort. Il devait être décapité, mais à cause de son rang élevé et de leur longue association, l’exécution devait se faire en grande pompe. Toute la cour fut conviée à la cérémonie. L’exécution devait être précédée du spectacle le plus fastueux, les plus artistique que la cour du Japon pût offrir. Il y eut des joutes poétiques, des danseuses exquises, des concerts et des pièces de théâtre. Le noble condamné regarda tout le spectacle des heures durant avec un vif intérêt. Mais au bout d’un certain temps il s’impatienta et il s’adressa en ces termes à l’empereur :
‘Je sais que vous m’offrez ce dernier spectacle en l’honneur de notre association de longue date, mais si naguère vous avez eu pour moi quelconque considération, et si vous souhaitez que ma mort soit entourée des plus grands honneurs, puis-je vous implorer au nom de notre ancienne amitié, de ne plus me faire attendre d’avantage ?. De grâce, permettez que l’on me tranche la tête sur le champ. »
L’empereur, alors, lui dit en souriant : ‘Mais mon cher ami, vous avez eu la tête tranchée.‘
Nulle histoire n’a jamais rendu de manière aussi symbolique le magique pouvoir de l’art
. » 126

Culture (Magnard Albéric) : J’entends évoquer l’engagement « féministe » du compositeur Albéric Magnard [1865-1914]. Voici ce dont il s’agit, si j’en crois ses biographes. Après la création en 1004 de l’Union des femmes professeurs et compositeurs de Musique [UFPC] à l’initiative de Marie Daubresse, Albéric Magnard « est d’emblée en totale communion avec une association dont les objectifs comblent son idéal social et fortifient son espoir de voir, grâce à des moyens efficaces, ses thèses féministes se développer et se concrétiser enfin. » […] Un concert symphonique - 52 instrumentistes - « féministe » inaugural a lieu le 10 décembre 1911 au cours duquel son Hymne à la justice est joué. […] Absolument conquis par la merveilleuse interprétation de son Hymne, le soir même il promet à madame Gallet [?-?] de dédier sa prochaine œuvre symphonique au bel ensemble qu’elle a su réunir. » 127
Malheureusement, sa 4ème symphonie est très mal interprétée : il écrit le 4 avril 1914 à son grand ami Guy Ropartz :
« La première exécution de ma symphonie [par des musiciennes de l’UFPC] a été lamentable et je préfère que vous n’ayez pas été là. Séduit par l’interprétation merveilleuse que ces dames m’avaient donnée de l’Hymne à la Justice en 1911, je leur avais promis une œuvre plus importante. J’ai tenu ma promesse. J’ai eu tort. On ne m’y reprendra pas et tout cela prouve une fois de plus qu’il ne faut pas dédier la musique aux instrumentistes. » 128 (Cf. Femme. Remarquable. Daubresse Marie, Homme. Féminisme)

Culture (Malraux André) : Jean Darnel raconte avoir demandé à André Malraux [1901-1976], celui qui fut le premier ‘ministre de la culture’, ce qu’il entendait par ce terme. Celui-ci lui aurait répondu :
« La culture, c’est un rendez-vous avec sa propre beauté…La culture, c’est un rendez-vous avec soi. » 129 (Cf. Êtres humains. Soi)

Culture (« Mauvais goût ») : André Gide [1869-1952], dans son Journal, le 16 octobre 1942, sans répondre à la question, s’interroge :
« Peut-on parler de ‘mauvais goût’, sinon d’une façon bourgeoise ? » 130 (Cf. Culture. « Bon goût». Bourgeoisie, Penser. Pensée. Binaire))

Culture (Mécénat) : 2017. Entendu [octobre 2017] :
« Le principal mécène des artistes, c’est le RSA [revenu de solidarité active]. » 131

Culture (Mélo. Chansons, Films, livres) (1) : Qualifier, pour le condamner, un film (livre…) de mélo[dramatique], c’est s’interdire de voir, d’analyser, de réfléchir, de porter un quelconque jugement concernant tous les drames, si complexes à démêler, que tant de femmes ont dû vivre, et donc de comprendre leur succès notamment auprès des femmes. Où ailleurs, pouvaient-elles, ne serait-ce qu’un peu, retrouver, sinon leur vie, du moins ce qui leur permettait d’y échapper ? Un rêve aliéné, certes, mais néanmoins un rêve.
[Après avoir vu la présentation du film, puis le film : Le mensonge d’une mère. 1950, de Raffaello Matarazzo et enfin la critique de Ciné Classique : « Une trame qui ne réserve aucune surprise […]»] 132 (Cf. Femmes. Bouleversées, Langage. Mot. Critique de « Mélodramatique »)

Culture (Mélo. Chansons, Films, livres) (2) : 1974. Françoise Rosay [1891-1974] raconte dans son livre La traversée d’une vie que, contrainte de s’adresser au public (anglais) après avoir joué un « terrible mélo», elle déclara en substance ceci :
« La pièce que nous venons de jouer devant vous appartient à une catégorie que l’on appelle avec mépris du mélo. Ce qu’il y a de bien dans ces pièces, c’est que le méchant est toujours puni et le bon récompensé. Dans la vie, vous le savez bien, cela arrive rarement. Vous venez donc au théâtre pour voir cela. Nous sommes venus pour vous remonter le moral et j’espère que vous partirez contents. » 133 (Cf. Langage. Mot. Critique de « Mélodramatique »)

Culture (Mélo. Chansons, Films, livres) (3) : Il faut politiquement relire ce que l’on a enfoui sous le mépris dans la qualificatif de « mélo», et savoir comprendre ce qu’il révélait de qualités, de valeurs, toutes ou presque qualifiées, elles aussi, avec mépris, comme dévolues aux femmes, mais aussi d’aspirations, de frustrations, de violences… (Cf. Langage. Mot. Critique de « Mélodramatique »)

Culture (Mélo. Chansons, Films, livres) (4) : 2017. Lu concernant Jacqueline, 32 ans [Violée par son beau-père. 4 enfants. Elle le tue. 13 mois de détention, 9 mois d’hôpital psychiatrique] :
« À 17 ans, elle doit faire comme si elle était sa femme, lui donner le bras comme s’ils étaient un couple. En cachette, elle lit Intimité [revue de la presse dite « du cœur »] : ‘C’était ma seule douceur’. » 134 (Cf. Langage. Mot. Critique de « Mélodramatique », Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Culture (Mélo. Chansons, Films, livres) (5) : 1936. Dans son Journal, André Gide [1869-1951], à la date du 30 octobre 1936, cite trois vers de Baudelaire [1821-1867]. Ces vers qu’il qualifie d’« exquis », de « charmante naïveté », 135 tant, et sans doute lui, écrit par d’autres, l’auraient qualifié de « mélo ». Et si, tout simplement, le « mélo » n’était qualifié comme tel que lorsque des femmes sont concernées ? Et ce, afin de les dévaluer, et de réduire au silence les auteures, les sujets abordés ? (Cf. Langage. Mot. Critique de « Mélodramatique »)

Culture (Meslot Damien) : 2018. Lu sur Le Canard enchaîné :
Damien Meslot, maire les républicains de Belfort « a déclaré qu’il ne servait à rien d’avoir un bibliothèque quand on avait déjà une FNAC sur place. Quant à son adjointe à la culture, Marion Rochette de Lempdes, elle propose sans rire de remplacer les acquisitions par des dons de livres. À vot’ bon cœur ! Donnez à Belfort vos vieux manuels et vos vieux SAS stockés dans les toilettes136

Culture (Messager Annette) : 2017. Annette Messager, auteure de :
« Je crois que l’art ne sert à rien. Donc, on est totalement libre. Et justement parce qu’il ne sert à rien, je crois qu’il est très important. C’est une forme de liberté et on a tellement peu de liberté[s]…- On a des peurs aujourd’hui - … que cette espèce de liberté, il faut l’augmenter encore. Je crois que l’art, c’est très important, justement parce que ce n’est pas important. » 137

Culture (Michaux Henri) : 2016. Lu, la préface de Jean-Luc Outers intitulée : Une philosophie du non au livre de Henri Michaux [1899-1984] intitulé Donc c’est non :
« Sauf exceptions qui se comptent sur les doigts de la main, quel est le rêve inavoué de tout écrivain qui publie. Dans le désordre : être lu par le plus grand nombre de lecteurs, accumuler les critiques élogieuses, être interviewé dans les magazines, à la radio ou à la télévision, être sollicité par des demandes en tous genre : photos, colloques, articles, festivals littéraires, traductions, numéros spéciaux de revues…, être couronné par des prix littéraires, les plus prestigieux s’entend, voir ses textes adaptés au théâtre ou au cinéma, ou encore, mis en musique et interprétés par des orchestres, si possible symphoniques, faire l’objet d’études savantes ou de thèses universitaires, être caressé dans le sens du poil par son éditeur (réimpressions, réédition en poche ou en coffret ou - rêve ultime - sur le papier bible de la Pléiade), être sollicité par d’autres éditeurs, être élu à l’unanimité dans des Académies, voir son nom et sa signature quémandés pour des pétitions, des mouvements artistiques ou autres, bref voir son œuvre lentement reconnue et consacrée, ici, partout et dans toutes les langues.
C’est à tout cela qui n’est plus la littérature mais son institution, sinon son décorum ou le carnaval médiatique qui l’agite qu’Henry Michaux n’a cessé de s’opposer sa vie durant. ‘Je cherche une secrétaire qui sache pour moi de quarante à cinquante façons de dire non’. Cette imploration presque désespérée, résume à elle seule la correspondance que nous publions. Il n’y est question que de refus
. […] » 138

Culture (Mill Stuart) : 1863. Stuart Mill [1806-1873], auteur de :
« Un esprit cultivé - et je n’entends pas par là celui du philosophe, mais tout esprit qui a pu puiser aux sources de la connaissance et qu’on a suffisamment habitué à exercer ses facultés - trouve des sources inépuisables d’intérêt dans tout ce qui l’entoure : dans les choses de la nature, les œuvres d’art, les créations de la poésie, les évènements de l’histoire, les voies suivies par l’humanité dans le passé et dans le présent et les perspectives ainsi ouvertes sur l’avenir.
À la vérité, il est possible qu’on devienne indifférent à toutes ces choses, et cela, sans en avoir épuisé même la millième partie ; mais c’est qu’on n’y avait jamais attaché aucun intérêt moral ou humain et qu’on y avait cherché qu’un moyen de satisfaire sa curiosité.
» 139 (Cf. Politique. Morale, Philosophie)

Culture (Miller Alice) : 1990. Alice Miller [1923-2010], auteure, en 1990, de :
« La peinture spontanée ne m’a pas seulement aidée à découvrir ma propre histoire, elle m’a aidée aussi à me libérer des contraintes intellectuelles et conceptuelles de mon éducation et de ma formation ; je me suis aperçue qu’elles étaient fausses, trompeuses et dangereuses. Au fur et à mesure que j’apprenais à suivre mes impulsions en jouant librement avec les formes et les couleurs, je me sentais de moins en moins tenue par les conventions, esthétiques ou autres. Je ne me souciais pas de peindre de beaux tableaux, peu m’importait même qu’ils sont bons. Mon seul souci était d’aider la vérité à percer. » 140 (Cf. Enfants. Miller Alice, Psychanalyse)

Culture (Mitterrand Frédéric) : 2009. Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, auteur, le 29 septembre 2009 (Europe 1), de :
« Si le monde de la culture ne soutenait pas Roman Polanski, ça voudrait dire qu’il n’y a plus de culture dans notre pays. » 141 (Cf. Patriarcat. Viols)

Culture (Montellier Chantal) : 2012. Chantal Montellier, auteure, en 2012, de :
« Combien de femmes ont [elles] réussi à faire une œuvre cinématographique ? On peut les compter sur les doigts d’une main. Je pense à Coline Serreau, en France, qui a réussi à faire un certain nombre de films, et surtout les voir diffusés. J’ai vu un certain nombre de chefs d’œuvres, je crois que je peux dire le mot, au Festival de films de femmes de Créteil ; je n’en ai jamais vu un seul distribué convenablement. Et il en est un peu de même pour les images dessinées. » 142

Culture (Moreau Jeanne) : Jeanne Moreau [1928-2017], auteure de :
« J’ai tout appris à travers les livres.
[…] C’était un voyage extraordianaire. » 143

Culture (Musées) : Des « temples de l’art », des « institutions nationales » 144, des lieux de vies, de morts, de socialisation, de compétition ; des réceptacles d’objets volés, raptés, spoliés, achetés, donnés ; des révélateurs des enjeux historiques internationaux comme des passions singulières ; des vitrines pour les institutions financières et des sites, des espaces de recels, d’investissements, de spéculations…. (Cf. Langage. Mot. Critique de : « Translocation »)

Culture (Musique) (1) : XIXème siècle. Lu dans les Mémoires de la Comtesse Marie d’Agoult [1833-1854] (Daniel Stern) [1805-1876] :
« On sait, qu’en France, les leçons de piano, considérées comme le complément de toute bonne éducation, n’ont aucunement pour but d’initier une jeune fille au grand art de la musique, mais seulement de faire d’elle une machinale, insipide exécutante, capable, en attendant le mariage, de divertir pendant une heure l’ennui de soirées de famille, de jouer en mesure, ou à peu près, une contredanse pour faire danser les voisines, à la campagne, d’accompagner au besoin quelque virtuose de sa force, exercée celle-là aux arpèges de la harpe, ou bien à la romance. Ma mère, par cela seul qu’elle était allemande avait de la musique une autre idée. […] » 145 (Cf. Patriarcat, Histoire)

Culture (Musique) (2) : 1916. Philippe Pétain [1856-1961] écrit, le 9 septembre 1916, à Eugénie Hardon [1877-1962], alors sa maitresse [avant leur mariage civil en 1920] :
« Ma chérie, Ne te laisse pas trop émouvoir par la musique. Elle a un pouvoir magique sur tes nerfs. Je m’en méfie quand je ne suis pas là. […] » 146

Culture (Musique) (3) : 2003. Dans un livre consacré à l’organiste Marie-Louise Girod [1915-2014], on lit qu’elle aurait choisi l’orgue « pour que le public ne la voit pas. » 147 La lecture du livre permet cependant de ne pas s’arrêter à cette analyse. (Cf. Femme. Artiste. Alain Marie-Claire)

Culture (Musique) (4) : 2016. Je ne vois pas une seule femme dans l’Orchestre symphonique russe (sous la direction de Valéri Guerguiev) qui a joué, le 5 mai 2016, dans la cité syrienne de Palmyre. Par ‘humanité’ pour elles ? L’armée russe n’emploie-t-elle des femmes militaires en Syrie, comme ailleurs ? Et, comme toutes les armées, n’en tue-t-elle pas par dizaines de milliers ? …
Ce concert retransmis en direct par la télévision publique russe, a permis à M. Poutine d’intervenir pour saluer un « extraordinaire acte d’humanité» . (Politique. Guerre. Propagande)
* Ajout. 16 décembre 2016. 2016. Lu : « Le 11 décembre [2016], Daech s’est de nouveau emparé de la ville ancienne de Palmyre, qui avait été libérée en mars 2016 par l’armée syrienne avec le soutien de l’aviation russe. » (Cf. Politique. Guerre)
* Ajout. 9 mars 2017. 2017. Serait repris par l’armée syrienne en mars 2017.

Culture (Musique) (5) : 1966. Je ne vois pas une seule femme non plus dans l’orchestre de la Philarmonique de Berlin pour la retransmission filmée en 1966 par Henri-Georges Clouzot [1907-1977] de la 5ème symphonie de Beethoven par Herbert von Karajan [1908-1989], film retransmis par Arte le 26 juin 2016.
- Présentation par Arte : « […] La partition se mue en scénario, les phrases musicales deviennent des séquences filmiques, et les musiciens des comédiens. La caméra capte ainsi toutes les nuances de l'interprétation, et reflète fidèlement la puissance et la passion de Karajan. » C’est tout. 148

Culture (Nationalisme) (1) : À l’écoute fortuite d’un lien établi entre Madame Bovary et Anna Karénine, je me suis soudain rendue compte de l’ampleur de l’enfermement induit par une vision nationaliste de la « culture ». Et de sa fonction politique : étroitesse d’esprit, régression…
- Penser nationaliste, c’est penser au sein de frontières physiques et mentales, c’est penser sans, c’est penser contre, c’est penser - au moins pire - nécessairement étriqué. (Cf. Politique. Guerre)

Par ordre chronologique (Culture. Nationalisme) :

Culture (Nationalisme) (2) : 1760. Voltaire [1694-1788], le 16 décembre 1760, dans une lettre adressée au comte [1700-1788] et à la comtesse d’Argental [1703-1774], leur écrit :
« […] Le zèle de la patrie m’a saisi. J’ai été indigné d’une brochure anglaise dans laquelle on préfère hautement Shakespeare [1564-1616] à Corneille [1606-1684]. » 149 (Cf. Voltaire. Culture)
- Faut-il préciser que ce ‘zèle’ patriotique’ n’est pas révélateur de la conception que Voltaire avait de la « culture » ? Et que, par ailleurs, ses positions concernant Corneille - qu’il avait encensé - ont beaucoup évolué… (Cf. Politique. Nationalisme. Voltaire)
* Ajout. 12 juin 2018. 1776. En revanche, ses critiques - grossières - concernant Shakespeare, ne se sont pas atténuées. Dans une lettre en date du 19 juillet 1776 au comte d’Argental, il écrit :
« Auriez-vous lu les deux volumes de ce misérable [Le Tourneur. 1736-1788] dans lequel il veut nous faire regarder Shakespear [sans e] comme le seul modèle de la véritable tragédie. Il l’appelle le dieu du théâtre. Il sacrifie tous les Français, sans exception à son idole, comme on sacrifiait autrefois des cochons à Cérès. Il ne daigne pas même nommer Corneille et Racine. […]
Souffrirez-vous l’affront qu’il fait à la France ? […] »
Et, dans une lettre à d’Alembert [1717-1783], le 10 août 1776, il poursuit :
« Je combat pour la nation. » 150

Culture (Nationalisme) (3) : 1810. Lettre du duc de Rovigo [1774-1833], ministre de la police de Napoléon, en date du 3 octobre 1810, à Madame de Staël [1766-1817], concernant son livre De l’Allemagne [qui sera publié à Londres en 1813] et dont il fit saisir dans leur totalité les 10.000 exemplaires déjà imprimés :
« […] Il ne faut point rechercher la cause de l’ordre [l’exil] que je vous ai signifié dans le silence que vous avez gardé à l’égard de l’Empereur dans votre dernier ouvrage, ce serait une erreur, il ne pouvait pas y trouver une place qui fut digne de lui (sic) ; mais votre exil est une conséquence naturelle (sic) de la marche que vous suivez constamment depuis des années.
Il m’a paru que l’air de ce pays-ci ne vous convenait point (sic), et nous n’en sommes pas encore réduits à chercher des modèles dans les peuples que vous admirez. ( ! ) Votre dernier ouvrage n’est pas français ; c’est moi qui en ai arrêté l’impression. […] » 151 (Cf. Politique. État)
Suite : On peut considérer les prises de positions suivantes de Madame de Staël comme des réponses à la l’indignité stupide du duc de Revigo :
- « Les nations doivent se servir de guides les unes aux autres et toutes auraient tort de se priver des lumières qu’elles peuvent mutuellement se prêter. […]
On se trouvera donc bien en tout pays d’accueillir les pensées étrangères ; car, dans ce genre, l’hospitalité fait la fortune de celui qui reçoit. » (Cf. Penser, Économie)
- « Tout ce qui tend à comprimer nos facultés est toujours une doctrine avilissante. » 152 (Cf. Penser)

Culture (Nationalisme) (4) : 1914. Léon Daudet [1867-1942], dans ses Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux [1914], après avoir évoqué « le bon sens national », dénonce « les insanités germaniques» pour mieux cautionner l’évidence, pour lui, de «l’intelligence française153 Encore un homme intelligent…

Culture (Nationalisme) (5) : 1940. Paul Léautaud [1872-1956], le 18 juin 1040, dans son Journal [littéraire] après avoir évoqué « notre littérature, légère, spirituelle, moqueuse, si pleine d’idées sous sa légèreté » écrit, concernant les Allemands (non nommés) :
« Ils sont bien trop lourds d’esprit et de corps, bien trop empêtrés de métaphysique et de romantisme épais. » 154

Culture (Nationalisme) (6) : 1959. Je lis dans la préface d’un Dictionnaire des femmes célèbres [1959] :
« Il nous faut mettre en garde le lecteur (!) contre l’impression qu’un traitement de faveur a été réservé aux femmes de lettres étrangères : le grand nombre de Britanniques, Américaines, Scandinaves, Allemandes, Polonaises résulte, indépendamment de leur valeur fréquemment exceptionnelle, du fait que dans ces pays, les femmes ont écrit plus tôt et beaucoup plus que les Françaises et les Méditerranéennes en général. » 155
- Je ne sais si cette analyse est juste, et sans doute l’est-elle, mais cette distance critique qui va à l’encontre des approches nationalistes si fréquentes en France fait du bien à lire. Et j’ai découvert effectivement dans ce livre nombres d’auteures dont j’ignore même le nom qui parsèment ce Dictionnaire…. (Cf. Femme. Écrivaine)

Culture (Nationalisme) (7) : 2010. Edgard Morin, concernant Cornelius Castoriadis [1922-1997], auteur de :
« […] Et cet immigré devenu français a contribué à la richesse et à l’universalité de la culture française. » 156 Nationalisme et paternalisme…
- Cf. aussi l’évocation de Cornelius Castoriadis par Sami Naïr :
« Il représentait ce que la pensée ‘émigrée’ avait produit de mieux en France depuis la guerre. » 157

Culture (Nationalisme) (8) : 2018. Marlène Schiappa, auteure de :
« La France [est] le berceau du féminisme philosophique et la patrie de Simone de Beauvoir » [1908-1986]. » 158 (Cf. Femme. « Politique ». Schiappa Marlène, Féminisme, Penser, Politique, Philosophie. Histoire)

Culture (Nazie) : 1933. Le comte Harry Kessler [1868-1937], dans ses Cahiers, le 23 mai 1933, emploie, concernant les nazis, l’expression de « dictature de l’anti-esprit. » 159

Culture (Nin Anaïs) : 1942. Anaïs Nin [1903-1977], dans son Journal [hiver 1942], écrit :
« L’intrigue policière les plus compliquée et la plus fascinante du monde, c’est de retrouver des incidents et des interprétations erronées qui faussent la réalité. […] Pourrais-je faire de cela un œuvre d’art ? » 160

Culture (Nourissier François) : 1964. François Nourissier [1927-2011] évoque, dans l’émission La critique des critiques, [27 décembre 1964] une « littérature de consommation ». 161

Culture (# Notsurprised) : 2017. Une lettre ouverte : Les femmes de l’art contemporain unies contre le harcèlement sexuel intitulée : Not surprised [Sans surprise] reprise et publiée le 30 octobre 2017 par le New York Times et le Guardian, est traduite et publiée par le même jour par les Inrocks [sans doute un effet de la campagne contre leur Une consacrée à Bertrand Cantat]. En voici la conclusion :
« […] Nous ne serons plus silencieu.x.s.e.s.
Nous dénoncerons celles et ceux qui persisteront à nous exploiter, à nous faire taire ou à nous discréditer. Vos actions ne seront plus jamais ces secrets que nous chuchotons entre nous par peur de la réprimande, de l’isolement ou de la mise au ban professionnelle. Dès lors que nous serons témoins d’abus de pouvoir, nous nous engageons désormais à parler, à exiger que les institutions et leurs dirigeant.e.s nous prennent au sérieux, et à exposer ces incidents au grand jour quel que soit le sexe de leurs auteurs.
Nous n’ignorerons plus les remarques condescendantes, les mains baladeuses, ni les menaces et les intimidations subtilement déguisées en flirt, ni le mutisme de nos ambitieu.x.se.s collègues. Nous ne tolérerons plus d’être couvert.e.s de honte ou peu pris.e.s au sérieux, ni d’être montré.e.s du doigt lorsque nous oserons enfin prendre la parole. Nous ne rejoindrons pas les ‘groupes de travail’ formés pour résoudre un conflit perpétré contre nous. Ainsi, nous proposons une définition du harcèlement sexuel à l’usage de celles et ceux qui se sentiraient impuissants, auquel se référer pour mieux construire un environnement de travail sûr et confortable pour toutes et tous.
Nous, signataires - celles qui ont été abusées et celles qui en sont solidaires -, appelons les institutions artistiques, les instances gouvernementales culturelles ainsi que tous nos collègues à s’interroger sérieusement sur la manière dont ils ou elles ont joué, ou ont pu jouer, un rôle dans la perpétuation des inégalités entre les sexes et des abus précités, et surtout, à la façon dont ils ou elles comptent gérer ces problèmes dans le futur.
Nous sommes trop nombreu.x.s.e.s, désormais, pour être ignoré.e.s et réduit.e.s au silence. Avec tout ce que nous avons subi et dont nous avons été les témoins, cette lettre ne devrait pas vous surprendre. » 162 (Patriarcat. Weinstein Harvey)

Culture (Origine du monde L’) : 2018. En octobre 2011, un internaute avait déposé plainte contre Facebook qui avait supprimé son compte arguant d’un post où apparaissait L’origine du monde le tableau de Gustave Courbet [1819-1877].
Des débats a lieu autour des éternels thèmes : « liberté d’expression », « œuvre d’art» , « pornographie » [auxquels on pourrait ajouter : « bienséance », « politiquement correct », « sensibilité », « pudeur », et… « culture »].
Aucun d’entre eux ne permet, à moins de préalablement en interroger la pertinence, d’aborder la question d’une analyse féministe de ce tableau… 163
* Ajout. 8 février 2018. Concernant ce même procès, je lis dans Le Canard enchaîné que « L’origine du monde de Courbet ne cèle en rien l’inimité d’une jeune brune alanguie sur sa couche» et qu’« il ferait beau voir […] qu’une œuvre d’art symbole de la liberté d’expression ne puisse y figurer au prétexte qu’elle montre un sexe de femme non épilé. » 164
* Ajout. 10 octobre 2018. Le Canard enchaîné, souhaitant apporter ans doute sa contribution à la « liberté d’expression », consacre un grand article à la présentation du livre de Claude Schopp - L’origine du mode, vie du modèle - lequel a[urait] retrouvé - passionnant apport - le nom du modèle.
Dès lors tous les stéréotypes de l’époque sont reproduits.
Et l’article s’intitule : « Balcon avec vulve ».
Toujours aussi féministes au Canard. (Cf. Corps, Langage. Critique de « Mots », Pornographie, Proxénétisme)

Culture (Ory Pascal) : 2000. Pour Pascal Ory, la culture, c’est « l’ensemble des représentations collectives propres à une société». 165 En quoi cette définition est-elle clairvoyante ? ; en d’autres termes, en quoi éclaire-t-elle quoi que ce soit ? (Cf. Sociologie)

Culture (« Pass Culture » [à 500 euros] Le) : 2017. Édouard Philippe, premier ministre, dans son discours de politique générale, le 4 juillet 2017, à l’Assemblée Nationale confirme la décision d’un « pass culture à 500 euros » pour les jeunes à 18 ans.
« L'État interviendrait ‘pour une partie très minoritaire [300 millions], le reste étant financé par les diffuseurs et les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon). » 166
- Pour ces gens-là, « la culture » c’est de l’argent, mais surtout le grand avantage de cette mesure, c’est qu’elle maintient le pouvoir sur la conception même de ce qui, pourrait être une autre « culture » et évite de réfléchir.
- Cette phrase fait par ailleurs penser à la célèbre formule de l'économie numérique : « Si c'est gratuit, c'est que vous êtes le produit. »
* Ajout. 21 décembre 2017. 1765. Voltaire [1694-1778], dans une lettre à d’Alembert [1717-1783], le 16 octobre 1765, lui écrivit :
« Il n’y a point [de chose] plus honteuse que de voir continuellement les arts jugés par des Midas. » 167
* Ajout. 11 juillet 2018. Le Canard enchaîné nous apprend que « l’État ne financera sur son propre budget que 20 % de l’ardoise, soit 80 millions d’euros. » Le reste estimé nécessaire sera « offert par les éditeurs, les producteurs, les auteurs, etc. », mais « tout en leur interdisant de le faire savoir ». Commentaire du Canard : « Il fallait oser tenter l’exploit. » 168

Culture (Patriarcale) (1) : Oui, les hommes, tous les hommes, ont été élevés, ont grandi, ont été légitimés par les religions et les lois, dans une culture du pouvoir, de la puissance, de la force et de leur légitimité, et donc de la violence ; les femmes dans une culture - faute d’alternative pensable proposée - de la légitimation de leur supériorité et donc leur dépendance politiquement impuissance à leur égard. Oui, il s’agit bien de « culture», qui, comme telle, doit être analysée pour être comprise ; qui donc, en tant que telle, exige de repenser autrement le ‘concept’ de culture. Ce qui, bien sûr, n’a rien à voir avec une comparaison chiffrée entre hommes et femmes. (Cf. Patriarcat)

Culture (Patriarcale) (2) : Il y a sans doute plus de vérité sur le patriarcat dans À Saint Lazare d’Aristide Bruhant [1851-1925] que dans tant et tant d’analyses théoriques. (Cf. Patriarcat)
* Ajout. 27 mai 2016. Comme, au hasard parmi tant d’autres expressions…, dans : La fiancée du pirate [Kurt Weil, Bertold Brecht. 1928] ? Et dans : Une demoiselle sur une balançoire [Jean Nohain. Mireille. 1950] ? Et dans…

Culture (Patriarcale) (3) : Aux fins (le plus souvent inconscientes) de pérenniser le patriarcat - quelles qu’en soient les modalités d’expressions - de combien d’artifices, d’invraisemblances, d’incohérences les films sont-ils réalisés, les livres sont-ils écrits ? La mort in fine de l’héroïne n’est-elle pas d’ailleurs souvent le seul moyen trouvé pour y remédier ?

Par ordre chronologique (Culture. Patriarcale) :

Culture (Patriarcale) (4) : 1938. Ah, si vous connaissiez ma poule ! de Maurice Chevalier [1938], mais chanté aussi par Claude Nougaro, par Serge Gainsbourg, par Patrick Bruel : le comble de la grossièreté patriarcale.
J’avais pensé ajouter à mon dégoût, le terme de « vulgarité» mais sa connotation de classe m’en a empêchée. Je l’écris néanmoins… (Cf. Homme. Grossier, Proxénétisme. Chanson)
* Ajout. 5 février 2018. 1939. Il en est de même concernant Félicie aussi chanté par le seul Fernandel [1903-1971]. Sur Wikipédia [2018], je lis : « Il s’agit probablement de la chanson le plus célèbre de Fernandel. »

Culture (Patriarcale) (5) : 1959. Lu lors d’un débat dans Les Cahiers du cinéma en juillet 1959 de cinéastes de la Nouvelle Vague concernant Emmanuelle Riva [1927-2017] dans le film d’Alain Resnais, Hiroshima, mon amour [1959] :
- Jacques Doniol-Valcroze [1920-1989] : « Elle est unique. C’est la première fois que l’on voit à l’écran une femme adulte avec une intériorité et un raisonnement poussé à ce point. » […]
- Jean-Luc Godard : « Pour moi, c’est le genre de fille qui travaille aux Éditions du Seuil où à l’Express, une sorte de George Sand. A priori, elle ne m’intéresse pas car je préfère le genre de filles qu’on voit dans les films de Castellani [1913-1985]. Ceci dit, Resnais a dirigé Emmanuelle Riva d’une façon si prodigieuse que ça me donne l’envie de lire les bouquins du Seuil ou de l’Express. » […]
- Jacques Doniol-Valcroze : « Dans le fond, plutôt que le sentiment de voir pour la première fois une femme vraiment adulte, je crois que la force du personnage d’Emmanuelle Riva est que c’est une femme qui n’essaie pas d’avoir une psychologie d’adulte, tout comme dans les Quatre Cents coups, le petit Jean-Pierre Léaud n’essaie pas d’avoir une psychologie d’enfant. […] Emmanuelle Riva est une femme adulte moderne parce qu’elle n’est pas une femme adulte. Elle est au contraire très enfantine, uniquement guidée par ses impulsions et non par ses idées. C’est Antonioni qui a le premier montré ce genre de femme. » […]
- Éric Rohmer [1920-1010] : « Est-ce qu’il y a déjà eu des femmes adultes dans le cinéma ? » [...] 169 (Cf. Enfants. Godard Jean-Luc, Femme « Infâme », Femme. Artiste, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Godard Jean-Luc)

Culture (Patriarcale) (6) : 1964. Jacques Brel [1929-1978], dans la chanson, Le dernier repas, auteur de :
« […] À mon dernier repas / Je veux voir mon âne / Mes poules et mes oies / Mes vaches et mes femmes / À mon dernier repas / Je veux voir ces drôlesses / Dont je fus maître et roi / Ou qui furent mes maîtresses […]. »

Culture (Patriarcale) (7) : 1967. Jacques Brel [1929-1978], dans La chanson des vieux amants, auteur de :
« […] Mille fois tu pris ton bagage / Mille fois je pris mon envol […] ;
« […] Tu m'as gardé de pièges en pièges / Je t’ai perdue de temps en temps […]
« […] Bien sûr tu pleures un peu moins tôt / Je me déchire un peu plus tard […]. »

Culture (Patriarcale) (8) : 1970. Jo Dassin [1938-1980] chante l’un de ses grand succès, La fleur aux dents, dont le refrain est :
« Il y a les filles dont on rêve / Et celles avec qui l’on dort / Il y a les filles qu’on regrette / Et celles qui laissent des remords / Il y a les filles que l’on aime / Et celles qu’on aurait pu aimer / Puis un jour il y a la femme / Qu’on attendait. »
* Ajout. 27 juin 2018. 1877. Tolstoï [1828-1910] dans Anna Kéranine, évoque le sentiment de Constantin Lévine, amoureux de Kitty :
« Les jeunes filles de l’univers se divisaient en deux catégories, l’une qui les comprenait toutes, sauf ‘elle’, participaient à toutes les faiblesses humaines ; l’autre, qu’elle composait à elle seule, ignorait toute imperfection et planait au-dessus de l’humanité. » 170 (Cf. Femme. « Idéale »)

Culture (Patriarcale) (9) : 1987. Nathalie Sarraute [1900-1999], auteure de :
« […] Toutes les femmes qui lisent les œuvres des hommes ne se reconnaissent pas seulement dans Madame Bovary, elles se reconnaissent aussi bien dans Frédéric de l'Éducation sentimentale - pour ceux (sic) qui aiment ça - que dans Bouvard et Pécuchet, pas seulement dans Madame de Rénal, dans Le rouge et le noir, mais aussi dans Julien. C’est la preuve même et, à mon avis, une preuve absolue, que nous sommes tous (sic) semblables à un certain niveau de conscience, sinon les personnages masculins nous seraient totalement fermés, [ainsi que] tous ceux qui peuplent la littérature et ils sont bien plus nombreux que les personnages féminins ! Nous coïncidons (sic) avec Hamlet exactement comme les hommes. C’est pourquoi je m’oppose violemment à cette discrimination que font les femmes (sic). Si nous n’avons que notre univers à nous, la plupart des œuvres nous sont alors fermées. Nous ne pouvons pas lire Les fleurs du mal, nous ne pouvons pas lire Hamlet. Cette discrimination est suicidaire… Mais je crois que les féministes, maintenant ont abandonné ce point de vue. »
Mais quelles sont donc les féministes qui auraient défendu cette ‘analyse’ ? (Cf. Femme. Écrivaine, Féminisme, Langage)

Culture (Patriarcale) (10) : 1996. Concernant les lectures féministes du cinéma, les livres, si éclairants, de Noël Burch et Geneviève Sellier, La drôle de guerre des sexes du cinéma français 171 et de Geneviève Sellier, La Nouvelle Vague. Un cinéma au masculin singulier 172 [2005], fruits d’un immense travail, sont fondamentaux…et passionnants. (Cf. Culture. Cinéma)

Culture (Patriarcale) (11) : 2008. Mireille Mathieu, dans Mon Crédo, chante notamment :
« […] Oui je crois, tout ce que tu me dis parce que je crois en toi.»

Culture (Patriarcale) (12) : 2018. Un collectif de « professionnels du 7ème art », selon Le Monde, dénonce l’« invisibilisation des comédiennes d’un certain âge qui se voient attribuer un nombre de rôles ridiculement bas. » 173
Sans doute serait-il aussi utile et éclairant de décrire concomitamment les rôles attribués aux hommes du même âge : brutes, gangsters, policiers, maquereaux, patrons…

Culture (Pessoa Fernando) : 1932. Fernando Pessoa [1888-1935] auteur du poème, intitulé, De mon village :
« Dans les villes la vie est plus petite/ Qu'ici dans ma maison sur la crête de cette colline./ Dans les villes les grandes maisons ferment la vue à clé.../ De mon village je vois tout ce qu'on peut voir de la terre et de l'univers .../ C'est pourquoi mon village est aussi grand qu'un autre pays quelconque... » 174 (Cf. Philosophie. Pessoa Fernando)

Culture (Petit chaperon Rouge Le) : 1946. Lisette Jambel [1921-1976] sur la musique de Loulou Gasté [1908-1995] et les paroles de Françoise Giroud [1916-2003] propose une modernisation féministe du Petit chaperon gouge. Certes la mère-grand est toujours mangée par le loup, mais pas la petite fille. En voici la fin :
« […] Mais le petit Chaperon pas bête / Se rappelant la fin de l'histoire / Prit une grosse clé à molette / Et lui ferma soigneusement la mâchoire / Puis doucement au loup bavant de colère / « Je t'ai laissé bouffer grand-mère / Mais faudrait tout de même pas me prendre pour une poire ! Le petit pot et la galette / C'est le Chaperon qui les mangera / Il faut toujours ma grosse bête / Se méfier d'un plus petit que soi ! » (Cf. Féminisme)

Culture (Plaisir) : 2017. Écoute d’un échange fortuit entre deux personnes achetant des livres (23 août 2017) : Elle : « Les livres, le plus grand des plaisirs… » Lui, surpris et pas vraiment d’accord : « Moi, j’achète des livres pour apprendre, pour m’éduquer…»

Culture (Plenel Edwy) : 2017. Edwy Plenel présentant le futur film de Costa-Gavras (écrit notamment sur le fondement du livre de Yanis Varoufakis : Conversations entre adultes [2017]), auteur de : « Forcément, il faut des héros dans les films» .
Le terme de « héros» fut récusé par Y. Varoufakis. 175 (Cf. Hommes. Héros, Économie)

Culture («Populaire». Gramsci Antonio) : 193[?] Lu dans les Lettres de prison d’Antonio Gramsci [1891-1937] :
« À Milan (en prison) j’ai lu une certaine quantité de livres de tous genres, en particulier des romans populaires. […]
Eh bien, j’ai trouvé que même Sue [1804-1857], Montépin [1823-1902], Ponson du Terrail [1829-1871], etc.… pouvaient suffire si on les lisait de ce point de vue : ‘Pourquoi cette littérature est-elle toujours la plus lue et la plus imprimée ? quels besoins satisfait-elle ? à quelles aspirations répond-elle ? quels sentiments et quels points de vue sont représentés dans ces mauvais livres, pour qu’ils plaisent autant ?’ »176
- Je n’aurais pas su mieux dire, je n’aurais néanmoins pas qualifié ces livres de « mauvais»….

Culture («Populaire». Planchon Roger) : 1977. Roger Planchon [1931-2000], auteur, en 1977, de :
« Je crois que ni Vilar [Jean. 1912-1971], ni Gémier [Firmin, 1869-1933] ni moi, ni personne, n’avons jamais pensé que le théâtre était populaire. […]
Mais le théâtre n’est pas le seul art à ne pas être populaire, c’est presque la totalité de la culture qui ne l’est pas. […]
J’y suis d’autant plus sensible que je viens d’un milieu qui n’est pas cultivé. Le théâtre que je fais, aucun membre de ma famille ne peut le voir. [Pour mon père] c’était une chose, pour lui, complètement insignifiante, même humiliante. Parce que quand on est en dehors de la culture et que la culture vous est imposée du dehors, c’est quelque chose d’humiliant. […]
Si l’art, la poésie, la peinture ne sont pas populaires, ce n’est pas le problème des non-cultivés, c’est le problème des cultivés. De la même façon qu’il n’y a pas un problème noir, il n’y a qu’un problème des blancs. […]
Pour moi, c’est une espèce de tragédie. » 177
Quelles leçons tirer de ce lucide diagnostic, concernant la culture patriarcale ?
Je ne sais.

Culture (Prévert Jacques) : 1972. Jacques Prévert [1900-1977], auteur de :
« Beaucoup de livres d’aujourd’hui, quand on les ouvre comme une huitre, on trouve seulement des perles de culture. » 178 (Cf. Femmes. Héroïnes)

Culture (Prix Nobel de littérature) : 2018. Lu, le 4 mai 2018 : « Secoué par un scandale sexuel, le prix Nobel de littérature ne sera pas attribué cette année. »
- Je me pose une question : Combien de prix de toutes sortes ont-ils été attribués à des violeurs par des violeurs ?

Culture (Radio libre) : J’ai pensé à une radio (libre) dans laquelle toute personne qui le souhaite, l’ordre d’arrivée des demandes étant le seul critère pour passer sur les ondes, pourrait pendant une heure (ou moins, mais 5 secondes étant acceptées) dire ce qui lui semblerait bon. La prise parole pouvant être affirmée ou omise. Deux conditions : Ni le droit, ni la justice ne pourraient critiquer quoi que ce soit ; pas d’attaques nominatives. (Poursuivre)

Culture (Reclus Élisée) : 1902. Élisée Reclus [1830-1905], auteur de :
« Les grandes époques de la pensée et de l’art qui se suivent à de longs intervalles pendant le cours de siècles, l’époque Athénienne, celles de la Renaissance et du monde moderne, prirent toujours leur sève originaire en des temps de luttes sans cesse renouvelées et de continuelle ‘anarchie‘, offrant du moins aux hommes énergiques l’occasion de combattre pour leur liberté. » 179

Culture (Remarque Erich Maria) : 1929. Erich Maria Remarque [1898-1970], après la description d’un hôpital de guerre allemand des blessés de la guerre de 1914-1918, dans À l’Ouest, rien de nouveau [1929], auteur de :
« […] On ne peut pas comprendre que, sur des corps si mutilés, il y ait encore des visages humains, dans lesquels la vie suit son cours quotidien. Et, cependant, ce n’est là qu’un seul centre médical ; il y en a des centaines de mille en Allemagne, des centaines de mille en France, des centaines de mille en Russie. Puisque pareille chose est possible, combien tout ce qu’on n’a jamais écrit, fait ou pensé est vain !
Tout n’est forcément que mensonge ou insignifiance, si la culture de milliers d’années n’a même pas pu empêcher que ces flots de sang soient versés et qu’il existe, par centaines de milliers, de telles geôles de torture. […] » 180 (Cf. Patriarcat. Pères, Politique. Patrie. Guerre, «Sciences» sociales)

Culture (Restaurant) : 2017. Une publicité [Boulevard St Michel. 5 octobre 2017] pour un restaurant ‘étoilé’ : « Habituellement, l’art se regarde. Là, il se déguste. »
Et c’est ainsi que manger - là, en dépensant beaucoup d’argent - est inscrit comme relevant de l’ordre de la culture. Et, une fois encore, repousse l’idée d’une culture faite d’échanges et de partages…nécessairement gratuits. (Cf. Êtres humains. Luxe)

Culture (Riester Franck) : (octobre) 2018. Lu : « Il semble avoir été choisi pour porter la réforme de l’audiovisuel. » 181
La culture : un « dossier » à gérer», « une loi » à faire voter…
* Ajout. 24 octobre 2018. Lu dans Le Canard enchaîné :
« […] Le poste il en rêvait déjà sous Sarkozy, quand il était rapporteur de la loi Hadopi, il y a presque dix ans. Depuis, c’est un sans-faute. Il sort tous les soirs, inaugure, claque des bises, mais dis donc tu es rayonnante, serre des louches, jubile. Il est fortiche pour dire aux artistes qu’ils sont merveilleux. ‘Il faut dire que c’est une grosse partie du boulot’ rigole un député qui connait bien les dossiers. […]
Il a appelé tous ses prédécesseurs, sollicité avis et conseils, cher Jack [Lang], causons un peu, j’ai tout à apprendre de toi. Il parait que ça a plu. […]
Alors, Franck, heureux ? Il l’est, mes ses amis ne lui voient pas forcément un avenir radieux. ‘Le vrai boss, c’est Macron, il captera toujours la lumière et se réservera les nominations. Riester n’aura que les emmerdes.’ Trente ans qu’il attendait ça. » 182

Culture (Romans) : 2018. Orhan Pamuk cite le pourcentage de 70 % des femmes parmi les lecteurs / lectrices de romans. 183

Culture (Roudinesco Élisabeth) : (4 novembre) 2018. Élisabeth Roudinesco, auteure de :
« On a un président cultivé. […] Il est habité par la culture. » 184 (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes. Roudinesco Élisabeth)
* Ajout. 6 novembre 2018. Je lis dans Le Monde du 5 novembre 2018 qu’Emmanuel Macron est « abreuvé de Lettres classiques ». 185

Culture (Sand George) (1) : 1855. George Sand [1804-1876], écrit dans son Histoire de ma vie, concernant son enfance :
« J’avais dès lors un sentiment que j’ai toujours conservé ; c’est qu’aucun art ne peut rendre le charme et la fraîcheur de l’impression produite par les beautés de la nature, de même que rien dans l’expression ne peut atteindre à la force et à la spontanéité de nos émotions intimes. » Et elle poursuit par ces deux conclusions :
- « L’art est […] un effort plus ou moins heureux pour manifester des émotions qui ne peuvent jamais l’être complètement et qui, par elles-mêmes dépassent toute expression. »
- « J’ai beau faire, j’ai le malheur de ne rien trouver dans les mots et dans les sons de ce qu’il y a dans un rayon de soleil ou dans un murmure de la brise. » 186

Culture (Sand George) (2) : 1855. George Sand [1804-1876], en 1830, découvre, seule, la peinture, en entrant au musée du Louvre et du Luxembourg. Elle décrit ce qu’elle ressent, dénuée de tout bagage ‘culturel’, lors de cette découverte :
« Ce n’était sans doute pas la première fois, mais j’avais toujours regardé sans voir, persuadée que je ne m’y connaissais pas, et ne sachant pas tout ce qu’on peut sentir sans comprendre. Je commençais à m’émouvoir singulièrement. […]
Quelle bonne fortune pour un esprit naïf qui n’apporte devant de telles œuvres ni préventions de critiques, ni prétentions de capacité personnelle. L’Univers se révélait à moi. […]
Je voyais le monde du vrai surgir à travers tous les fantômes de ma fantaisie et toutes les hésitations de mon regard. Il me semblait avoir conquis je ne sais quel trésor d’infini dont j’avais ignoré l’existence. […] » 187 (Cf. Culture. Beauté)

Culture (Sankara Thomas) : Thomas Sankara [1949-assassiné, sans trop de doutes, par l’État français, le 15 octobre 1987], auteur de :
« La domination culturelle est la plus souple, le moins couteuse et la plus efficace. » 188 Mais la domination des armes lui fut fatale…

Culture (Savak) : 2010. Je lis dans le livre de Ryszard Kapuscinski [1932-2007], Le Shah :
« La Savak, [police politique Iranienne du Shah d’Iran, célèbre pour ses monstrueuses tortures, créée en 1957, avec l’assistance de la CIA et du Mossad» (Wikipédia)] comptait dans ses rangs des brutes ignares qui s’acharnaient particulièrement sur les personnes cultivées. » 189
La Savak n’en eut pas le monopole…

Culture (Savoy Bénédicte) : 2017. À l’écoute, ce matin, de l’éblouissante leçon inaugurale au Collège de France de Bénédicte Savoy, en date du 30 mars 2017 [qualifiée de « singulière et belle» par France Culture] 190 je me suis prise un instant à rêver d’un possible équivalent de la pensée dans le cadre d’une analyse des mécanismes de création de la culture patriarcale. Nous en sommes à mille lieux…
N.B. L’intitulé de cette leçon présentée par France Culture [publiée sous ce titre par Fayard] : Objets du désir, désirs d’objets me paraît inapproprié concernant les interrogations de Bénédicte Savoy qui, revendiquant « une éthique du patrimoine» (5 décembre 2017), s’interroge sur les «spoliations» et les « translocations » des œuvres d’art. Et pose la question fort politique : « À qui appartient la beauté ? »… ou plutôt, plus justement : « À qui appartiennent les œuvres d’art volées ? » (Cf. Langage. Mot. Critique de : «Translocation»)
* Ajout. 16 mars 2018. Lu dans les Carnets de Victor Serge [1890-1957], à la date du 17 mai 1947. Celui-ci se souvient d’une visite effectuée avec Sneevilet [1883-1942] - dont il vient d’apprendre qu’il avait été exécuté par les nazis - au musée de la Haye :
« Nous nous arrêtions devant les orfèvreries d’or malaises rapportées d’un trésor royal de là-bas, et son visage grimaçait d’indignation : ‘Regarde, tout ce que nos bandits leur ont pillé !’. Il racontait la prise d’un palais, le massacre. C’était en 1936, certains de ses camarades de jeunesse étaient encore enfermés à vie dans une île bagne, il ne les oubliait pas, s’efforçant de correspondre, faisant des démarches et des protestations pour eux. » 191

Culture (Sciences-po) : 2018. (18 avril) Sciences-po est occupé : « Ici sont formés ceux qui sélectionnent. Bloquons la fabrique à élites ».
- Fin de l’occupation le 20 avril : la banderole à elle seule valait vraiement la peine.
* Ajout. 25 août 2018. Paul Nizan [1905-1940] avait déjà traité l’École normale supérieure d’« usine à élites ». 192

Culture (Serge Victor) : 1943. Victor Serge [1890-1947], dans ses Carnets, écrit, le 25 avril 1943 :
« La culture est l’œuvre des classes riches, faite à leur image et pour leur service : elle embrasse les bonnes mœurs, la morale, la religion dans ses formes développées, l’art, le langage même. » 193 (Cf. Langage)

Culture (Séguéla Jacques) : 1984. Jacques Séguéla, publicitaire, auteur de :
« Le métier d’écrire est aussi savoir se faire lire. Tout hommes de lettres doit être un homme de spectacle. » Et de :
« Elle fout le camp, la civilisation de l’écrit. Écrire n’est plus reconnu d’utilité publique. Pour survivre, l’écriture est obligée de s’afficher marchandise. Car le livre est un produit, même s’il est morceau d’âme. Alors comment les scribes ne changeraient-ils pas ? Leur immobilisme de façade n’est qu’un simple refus du temps. Jouer les poètes maudits ou les trouble-culture était la panacée de nos salons littéraires. La bataille d’Hernani, quel coup de pub ! Chemin faisant, la publicité d’un auteur est passée du bouche à oreille au talk-show télévisé. » 194
- De l’abîme entre la pratique et l’analyse, entre la critique du réel et l’adhésion au réel, tout ceci n’étant possible que dans la confusion intellectuelle…

Culture (Sorbonne) (1) : (18 avril) 2018. La Sorbonne, depuis l'évacuation samedi des étudiant-es, est fermée « jusqu'à nouvel ordre sur décision du Rectorat » depuis lundi [m’] annonce la Bibliothèque. Dans le plus total silence à ce jour des médias. (Cf. Politique)
- Ajout. 27 avril 2018. Situation inchangée. Un État qui a tant de mépris pour la culture et qui a si peur de sa jeunesse a peu d’avenir.
- Ajout. 2 mai 2018. Je recois un mail d’annonce de la rééouverture ce jour - décidée par le Rectorat, le ministre de l’intérieur, le président de l’université ? - sans que jamais, à ma connaissance, la fermeture ait été annoncée par la presse.
- Puis, je lis sur le site de la Biblitothèque : « Le dispositif Vigipirate a été élevé au niveau ‘alerte attentat’ [alors que c’est du risque de l’occupation de la Sorbonne par les étudiant-es qu’ils ont peur] en région Île-de-France : il se traduit notamment par un renforcement du contrôle d’accès à l’entrée du bâtiment Sorbonne. La carte de lecteur de la BIS ne constitue ainsi plus un justificatif suffisant pour accéder à ce bâtiment et donc à la bibliothèque de la Sorbonne. »
- Ajout. 3 mai 2018. Je lis le lendemain : « Ce mercredi 2 mai, la BIS est fermée aux lecteurs, l’accès à la Sorbonne étant limité.»
- Ajout. 4 mai 2018. « La Bibliothèque est fermée au public jusqu’à nouvel ordre. »
J’apprends qu’il est néanmoins possible de rendre des livres, mais sans y entrer : en remettant ses livres sur le trottoir au vigile qui, lui, les donne à quelqu’un à l’intérieur. Ce que j’ai fait.
- Ajout. 25 mai 2018. Un car de police est garé juste en face de l’entrée de la porte de la Sorbonne, elle-même à demi fermée.
- Ajout. 3 juin 2018. 1968. Lu dans le poème de Jacques Prévert [1900-1977], intitulé : Mai 68 :
« […] On ferme ! / On ferme la cinémathèque et la Sorbonne / On ferme ! / On verrouille l’espoir / On cloître les idées / On ferme ! / ORTF bouclée / Vérités séquestrées / Jeunesse bâillonnée ! / On ferme ! / Et si la jeunesse ouvre la bouche / par la force des choses / par les forces de l’ordre / On la lui fait fermer / On ferme  ! […] » 195

Culture (Sorbonne) (2) : (19 septembre) 2018. Combien d’attente pour pouvoir occuper une place en Bibliothèque ?

Culture (Sorbonne) (3) : (25 septembre) 2018. Entendu un homme présenter la Sorbonne à des étrangers : « Quand on sort de la Sorbonne, on est quelqu’un de très bien », formulé sur un ton respectueux, mais marqué gestuellement par l’autosatisfaction, et la suffisance [censées être celles de ceux et celles « sorti-es de la Sorbonne ».]

Culture (Stendhal) (1) : 1806. Stendhal [1783-1852] écrit le 22 mars 1806 à sa sœur Pauline [Beyle. 1786-1857)] :
« Rousseau [1712-1778] a pris les arts pour les causes de la corruption qui les accompagne toujours ; il n’a pas vu que les arts, comme la corruption, venaient de la même cause : la richesse superflue qui rend oisif. » 196

Culture (Stendhal) (2) : 1857. Stendhal [1733-1842], dans De l’amour, estime que : « par les lois du roman, la peinture de l’amour vertueux est essentiellement ennuyeuse et peu intéressante. » 197
Outre, qu’à titre personnel, je considère le Saint-Preux de la Nouvelle Héloïse, infiniment plus intéressant que Don Juan et tant d’autres de ses innombrables épigones, disciples, élèves…, - et qu’il en est de même concernant Julie d’Étanges au regard de Madame de Tourvel [Les liaisons dangereuses], je réalise mieux à cette lecture de Stendhal que retirer aux hommes, littérateurs ou non, leurs stratégies de séduction - ou plutôt ce qu’ils ont présenté et qualifié sous cette dénomination - c’est leur retirer leurs pouvoirs. Ce n’est donc ni la vertu, ni les bons sentiments, que dans la littérature, ils récusent, c’est leur domination qui fait nécessairement fi de toute justice. D’où la nécessité de dévaluer les femmes, à n’importe quel prix, n’importe comment, avec n’importe quel argument, y compris ici, en faisant fi de toute vertu, et donc de toute morale. (Cf. Culture. Gide. André, Homme. Don Juan)

Culture (Style) : Le style, c’est [aussi] juger « médiocre », ce qui est « odieux ».

Culture (« Talents d’agrément ») : 1855. George Sand, dans l’Histoire de ma vie, fait un bilan critique de l’éducation artistique donnée aux jeunes filles des milieux dans lesquels pourtant on jugeait bon et on avait les moyens de le leur en conférer une :
« En somme, toutes ces leçons étaient un peu d’argent perdu. Elles étaient trop superficielles pour nous apprendre réellement aucun art. Elles n’avaient qu’un bon résultat, c’était de nous occuper et de nous faire prendre l’habitude de nous occuper nous-mêmes. Mais il eut mieux valu éprouver nos facultés, et nous tenir ensuite à une spécialité que nous eussions pu acquérir. Cette manière d’apprendre un peu de tout aux demoiselles est certainement meilleure que de ne leur rien apprendre ; c’est encore l’usage [en 1847], et on appelle cela leur donner des talents d’agrément. […] » 198

Culture (Télévision) : 2018. Gérard Mordillat dans un article du Monde Diplomatique, auteur de :
« Monsieur Patrick Lelay (patron de TFI) avait fait scandale en affirmant [le 11 juillet 2004] que sa tâche de diffuseur était de ‘rendre disponible’ le cerveau du téléspectateur, ‘c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages’. Pour une fois qu’un responsable de chaîne parlait sans détour, on aurait dû l’applaudir, au moins pour sa franchise. » 199

Culture (« Test de Bechdel ») : 1985. Le test de Bechdel a pour finalité non pas de porter un jugement de valeur sur le message féministe ou non d’un film, non pas de comparer le nombre respectif de femmes et d’homme dans un film, mais de proposer une grille de lecture factuelle qui tient compte de trois facteurs : l’œuvre (le film) doit mettre en scène deux femmes identifiables (dont on connaît le nom) ; qui échangent entre elles ; qui parlent d'autre chose que d'un homme.
- Exemples : Deux femmes échangent entre elles du bonheur du foyer, de leurs engagements de soutenir Marine Le Pen…

Culture (Toscan du Plantier Daniel) : 1992. Daniel Toscan du Plantier [1941-2003], auteur, concernant Marta Meszaros, de :
« Il en est d’elle comme de tant de réalisatrices qui ont choisi de confondre cinéma féminin et cinéma féministe, jusqu’à notre grande Agnès Varda nationale : le public les a rarement suivies, et d’abord les femmes, qui ne se sont jamais senties vraiment impliquées dans cet affrontement aux hommes que chacune règle à sa façon, dans la vie, tant bien que mal. Quel que soit la cause, il n’y a guère d’espace pour le cinéma militant qui ne plait qu’à ceux et celles qui le font. […]»
- Du même : «Il faut plus que tout protéger l’argent qui respecte le talent, le talent que respecte l’argent. » 200
- Pour rappel, le producteur Daniel Toscan du Plantier a été notamment, de 1988 à sa mort en 2003, président d’Unifrance, organisme chargé de « promouvoir le cinéma français dans le monde. » (Cf. Culture, Cinéma, Argent, Homme. Modeste, Féminisme. Antiféminisme, Politique)

Culture (Transmission) (1) : 1817. Astolphe de Custine [1790-1857] dans une lettre à Rahel Varnhagen [1771-1833], le 12 janvier 1817, auteur de :
« Ce qui me frappe dans un livre, c’est moins ce qu’il dit explicitement, que la sphère d’idées de laquelle il découle, et dans laquelle il me transporte. […] » 201 Oui.

Culture (Transmission) (2) : 1942. Hélène Berr [1921-1945], dans son Journal, écrit : « L’essence suprême de l’art de Keats, c’est sa puissance de suggestion. L’Ode à l’automne, par exemple, s’est prolongée en moi, [lingered deliciously] a persisté délicieusement en moi, bien après que je l’ai relue. » 202

Culture (Tzara Tristan) : 1963. Tristan Tzara [1896-1963], interrogé par Madeleine Chapsal évoque le mouvement Dada [1916-1921] dont il trouve « drôle de voir combien tant d’idées ‘révolutionnaires’ ! à l’époque sont passées dans le commun ».
Il rappelle néanmoins que ses membres « s’attaquaient à tout. La Guerre, la Patrie, la Famille, la Religion, la Logique, l’Ordre » et précise que « bien des choses, à cette époque, s’écrivaient avec une majuscule. » Il poursuit :
- « Nous étions contre, contre tous les systèmes, et pour l’individu. Nous étions même contre le manque de système s’il devenait un principe.
Dada était pour la spontanéité, pour l’action individuelle. Nous n’étions unis que par des liens d’amitié. […]
- Dada avait un but humain, un but éthique extrêmement prononcé !
L’écrivain ne faisait aucune concession à la situation, à l’opinion, à l’argent…
On se laissait malmener, par la presse, par la société, cela prouvait que nous n’avions pas composé avec elle.
En sommes, nous étions très révolutionnaires et très intransigeants.
Dada n’était pas seulement l’absurde pas seulement une blague.
Dada était l’expression d’une très forte douleur des adolescents, née pendant la guerre de 1914 et pendant la souffrance.
Ce que nous voulions c’était faire table rase des valeurs en cours, mais au profit, justement, des valeurs humaines, plus hautes. […] » 203

Culture (Utilitariste) : 1996. Stéphane Hessel [1917-2013], dans son livre, Danse avec le siècle, se souvient :
« Il m’est arrivé aussi de faire des vers et de les adresser à de belles dames mais sans en obtenir les faveurs espérées. » 204

Culture (Varda Agnès) : Agnès Varda, auteure de :
« C’est en filmant qu’on devient filmeronne. » 205 (Cf. Culture. Cinéma, Langage. Féminisation du langage)

Culture (Varnhagen Rahel) : 1807. Rahel Varnhagen [1790-1833], auteure en 1807 de :
« Un être cultivé n’est pas celui que la nature a traité de manière très généreuse ; un être cultivé, c’est celui qui use des dons qu’il possède avec bonté et sagesse, à bon escient et de la manière la plus haute. Celui qui peut envisager d’un regard ferme ses lacunes et sait reconnaître ses défauts. Ceci est pour moi un devoir et non un don et constitue seulement à mes yeux l’être cultivé. » 206 (Cf. Penser. Liberté. Pensée. Varnhagen Rahel)

Culture (Vérité) : Astolphe de Custine [1790-1857] concernant Les Burgraves de Victor Hugo [1802-1885] :
« La décadence du goût commence par l’indifférence à la vérité. » 207 (Cf. Patriarcat, Penser. Vérité)

Culture (Vincent Christian) : 2018. Christian Vincent, chantonnant les premiers vers de la chanson de Fréhel [1891-1951], intitulée Ohé les copains [1939] :
« Ohé les copains/ Venez-vous rincer la gueule / Ce soir, je suis toute seule/
Il est mort ce matin !
» en conclut :
« Ce pourrait être une chanson que reprennent les féministes d’aujourd’hui : ce pourrai être très intéressant. […] »
Préalablement il avait aussi chantonné ces deux vers de la chanson de Fréhel «La coco» [1930] : « Je prends de la coco [cocaïne] ; ça trouble mon cerveau » qu’il avait qualifié de « très amusante ».
- Du même : « J’ai horreur des films à thèse ; j’ai horreur des idées qui pèsent des tonnes. […] Tout ça me parait très lourd. […] » 208 (Cf. Penser. Féminisme. Antiféminisme)

Culture (Viol) : 2017. Le jour de l’ouverture à la Cinémathèque de la rétrospective Roman Polanski, dont une pétition [25.000 signatures, le 30 octobre 2017] demande l’annulation, on pouvait lire sur une pancarte :
« Si violer est un art, donnez à Polanski tous les oscars. » 209
Deux femmes Femmen présentes ont crié avant d’être expulsées :
« Pas d’honneur pour les violeurs. »
Polanski, présent, dénonce « les zinzins» qui voudraient détruire son œuvre. (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes. Polanski Roman)

Culture (Voltaire) (1) : 1735. 1738. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à l’abbé Desfontaines [1685-1745), écrit :
« La France n’est pas le seul pays où l’on fasse des tragédies ; et notre goût, ou plutôt nos habitudes, de ne mettre sur le théâtre que de longues conversations d’amour ne plaît pas chez les autres nations. » 210
- Plus explicitement, dans une lettre en date du 2 janvier 1738 à Mademoiselle Quinault [1699-1783], comédienne, il évoqua « une fade intrigue de galanterie qui rend le théâtre français ridicule aux yeux des étrangers. » 211

Culture (Voltaire) (2) : 1738. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée le 5 février 1738 au prince royal de Prusse [future Frédéric II. 1712-1786] écrit :
« Ce n’est pas que l’amour ne puisse être une passion digne du théâtre ; mais il faut qu’il soit tragique, passionnée, furieux, cruel et criminel, horrible si l’on veut, et point du tout galant. » 212 (Cf. Relations entre êtres humains. Amour. Voltaire)

Culture (Voltaire) (3) : 1739. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée le 1er juin 1739 à Frédéric II, roi de Prusse [1712-1786], concernant la tragédie Zulime qu’il lui adresse, la décrit en ces termes :
« C’est une pièce toute d’amour, toute distillée à l’eau de rose des dames françaises. » 213 (Cf. Relations entre êtres humains. Amour. Voltaire)

Culture (Voltaire) (4) : 1750. Voltaire [1694-1778], le 26 décembre 1750, dans une lettre adressée à Marie-Louise Denis [1712-1790], concernant le rôle (supposé) des femmes dans les tragédies auteur de :
« Vous autres femmes, vous êtes accoutumées à être le premier mobile des tragédies, comme vous l’êtes dans ce monde. Il faut que vous soyez amoureuses comme des folles, que vous ayez des rivales, que vous fassiez des rivaux. Il faut qu’on vous adore, qu’on vous tue, qu’on vous regrette, qu’on se tue avec vous. […] » 214

Culture (Voltaire) (5) : 1751. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée le 13 novembre 1751 au comte d’Argental [1700-1788], écrit :
« […] On veut au théâtre de Paris dans le royaume des femmes que les femmes soient plus importantes. J’avais oublié cette loi de votre nation si contraire à la loi salique. » 215 (Cf. Politique)

Culture (Voltaire) (6) : 1752. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée le 1er septembre 1752, au comte d’Argental [1700-1788], lui écrit :
« Plût à dieu qu’on n’eut à craindre que la canaille des gens de lettres, mais la canaille des dévots, celle de la Sorbonne font plus de bruit et sont plus dangereuses. » 216

Culture (Voltaire) (7) : 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 21 février 1759 adressée à la duchesse de Saxe-Gotha [1719-1772], lui écrit :
« Le roi de Prusse [1712-1786] vient de m’envoyer deux cents vers à sa façon, tandis qu’il se prépare à deux cent mille meurtres. » 217 (Cf. Politique. Guerre)

Culture (Voltaire) (8) : 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre en date du 13 octobre 1759 à la marquise du Deffand [1697-1780] qui lui avait demandé des conseils de lecture, lui écrit :
« Pour avoir du plaisir il faut un peu de passion, il faut un grand objet qui intéresse, une envie de s’instruire déterminée, et qui occupe l’âme continuellement ; cela est difficile à trouver et ne se donne point. » 218

Culture (Voltaire) (9) : 1759. Dans une lettre en date du 18 décembre 1759 adressée à Saverio Bettinelli [1718-1808], après avoir évoqué « les frères inquisiteurs» ; après avoir dénoncé « un pays où l’on saisit aux portes des villes les livres qu’un pauvre voyageur a dans sa valise » ; après avoir affirmé « n’être point curieux de demander à un jacobin, à un dominicain la permission de parler, de penser et de lire », après avoir déclaré son « horreur » du « lâche esclavage de l’Italie », Voltaire [1694-1778], poursuit :
« Je crois Saint-Pierre de Rome fort beau, mais j’aime mieux un livre anglais écrit librement, que cent mille colonnes de marbre. » 219

Culture (Voltaire) (10) : 1772. 1773. Voltaire [1694-1778] :
- Le 8 juillet 1772, dans une lettre au comte d’Argental [1700-1788], concernant l’une de ses pièces, Les lois de Minos, écrit :
« Je voudrais bien que l’amour jouât un grand rôle chez nos Crétois, mais c’est une chose impossible. Un amant qui ne soupçonne pas sa maîtresse, qui n’est point en fureur contre elle, qui ne la tue point, est un homme insipide ; mais il est beau de réussir sans amour chez les Français. » 220
- Le 19 juillet 1773, dans une lettre au duc de Richelieu [1696-1788], vantant, afin qu’elle soit jouée à la Cour, les mérites de cette même pièce, lui écrit :
« Une fille dont on va faire le sacrifice est plus intéressante qu’une femme qui épouse son amant deux heures après la mort de son mari. » (Cf. Culture. Gide, Patriarcat, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Culture (Voltaire) (11) : 1773. Voltaire [1694-1778], concernant ses critiques de Corneille [1606-1684], dans une lettre écrite à d’Alembert [1717-1783], le 15 décembre 1773, auteur de :
« C’est se moquer du monde que de dire, admirez ces sottises, parce que l’auteur a fait autrefois de bonnes choses. » 221

II. « Culture ». Cinéma :

Culture (Cinéma) : 2012. [Selon l’association La barbe] en 2012 :
« Sur les cent films qui ont rapporté le plus d’argent en 2011, seulement 11% avaient pour personnages principaux des femmes. La plupart du temps au cinéma, les femmes ont des seconds rôles. Aussi, lorsque les hommes sont entre eux, ils sont entre eux et parlent d’eux. Quand deux femmes sont à l’écran, elles parlent d’un homme. Ou elles servent la cause d’un homme… Maintenant, on pourra toujours nous trouver des exceptions. Toutefois, elles ont valeur d’exceptions et confirment bien la règle qui est qu’un ‘bon film’, c’est un film où on voit des hommes. Tout cela contribue à nourrir cet imaginaire. Le cinéma qui compte aujourd’hui - je ne veux pas dire que c’est l’ensemble du cinéma - est fait par des mâles et véhicule une image où le mâle est dominant. » 222 Pourrait sans doute être plus nuancé, mais doit être connu et publié.

Culture (Cinéma. African Queen) : 1952. [John Huston] La rencontre de deux êtres [Humphrey Bogart et Katherine Hepburn] que tout pourrait opposer et qui, par petites touches et grands évènements, assistent - et nous font vivre avec eux - à leur lente et si inattendue symbiose amoureuse. Un inoubliable souvenir d’adolescente.
- Georges Sadoul évoque pour sa part dans son Dictionnaires des films : « l’éveil tardif d’une vieille fille à l’amour physique » 223 et dans son Dictionnaire des cinéastes : « l’absurde obstination d’une vieille fille poursuivant seule la guerre. » 224
Ou : comment le mépris des femmes interdit la sensibilité, l’intelligence et contraint à tant de si évidents contresens…. (Cf. Patriarcat. Mépris)

Culture (Cinéma. Anna et les loups) : 1972. [Carlos Saura] Une présentation du film : « Une vieille femme tyrannique règne sur toute la maisonnée. Elle a trois fils. José, l'aîné, est un fanatique de l'ordre militaire. Son frère cadet, Fernando, est hanté par des rêves mystiques. Juan, le plus jeune, marié à Luchy, est le père des trois fillettes. Obsédé sexuel, il est immédiatement attiré par Anna. »
Un autre regard sur le film, focalisé sur sa fin : enfin réunis, le premier frère viole Anna, le second lui coupe les cheveux, le troisième la tue d’une balle en pleine tête. Une critique anti-patriarcale ? Le film perd cependant de sa force critique du fait du comportement, des rapports, peu (ou pas) compréhensibles, peu (ou pas) crédibles de Géraldine Chaplin, dans le rôle de la gouvernante, avec les trois frères.

Culture (Cinéma. Basic Instinct) : 1992. [Paul Verhoeven] Entendu évoquer dans le film « un con qui pense avec sa bite». (traduction française). (Cf. Penser, Sexe. Homme)

Culture (Cinéma. Betty) : 1992. [Chabrol. D’après Simenon] Pourquoi faut-il qu’« une femme (Stéphane Audran) meure pour qu’une [autre] (Marie Trintignant) vive» ? [Conclusion du film]

Culture (Cinéma. Boudu sauvé des eaux) : 1932. [Jean Renoir, avec Michel Simon]. Sous couvert d’« ode à la liberté individuelle», le pénible spectacle d’une si violente grossièreté masculine, ici incarnée par Michel Simon. (Cf. Politique. Liberté)
* Ajout. 13 juin 2013. 1990. Georges Sadoul évoque « une joyeuse apologie d’un clochard anarchiste opposant la grand route au confort petit bourgeois du libraire » et précise que Renoir « laissa Michel Simon se débrider autant qu’il le voulut. » 225 Le résultat : le spectacle complaisant, sinon approbateur, de l’abjection du personnage joué par Michel Simon.

Culture (Cinéma. Boule de Suif) : 1945. [Christian Jacques] Présenter Micheline Presle / « Boule de Suif » comme « une métaphore de l’esprit de résistance » 226, c’est nier la quasi totalité du film et occulter toute l’ignominie d’une certaine bourgeoise - rarement aussi clairement dénoncée - dont ce film est l’expression. Boule de suif, « fille publique», « femme de mauvaise vie» est tout à la fois la victime et l’incarnation la plus respectable du monde ici représenté et dénoncé. (Cf. Proxénétisme)
* Ajout. 13 Juin 2016. Pour George Sadoul : « L’atmosphère française a été bien reconstituée ». 227 Quel aveu !

Culture (Cinéma. Brève rencontre) : 1946. [David Lean] Un amour bouleversant - tout en nuances, en retenu - mais impossible entre deux êtres préalablement tenus par les liens du mariage.
* Ajout. 13 Juin 2016. Pour George Sadoul : « Ils s’aiment, mais elle est honnête et le laisse s’expatrier. » 228

Culture (Cinéma. Captives à Bornéo) : 1950. [Jean Negulesco] Lors de l’occupation japonaise de Bornéo, de 1942 à 1945, hommes et femmes (et enfants) américains sont emprisonné-es, séparé-es et enfermé-es dans des camps d’hommes et des camps de femmes. L’une d’entre, Agnès Keith (en charge de leur petit garçon) lutte courageusement, ne cède pas à la torture, et parvient sauvegarder sa dignité. La dernière image de ce film intéressant, après le salut au drapeau et le chant à la gloire à Dieu, est celle, à la libération du camp, de cette femme, droite, élégante, intègre, perçant l’horizon et découvrant au loin son mari, courant vers elle avec une béquille, blessé, claudiquant, trébuchant, tombant à terre. Et c’est à terre qu’ils s’étreignent, tandis que leur petit garçon tente de trouver une place entre eux : Une métaphore politique de l’après-guerre.

Culture (Cinéma. Chemin de croix) : 2014. [Dietrich Brüggemann] Les ravages sur une toute jeune fille d’une religion intégriste, inquisitoriale, punitive, sacrificielle, légitimée, non sans contradictions par une mère, odieuse, plus inhumaine que religieuse et un père absent, incapable, impuissant.

Culture (Cinéma. Coup pour coup) : 1971. [Martin Karmitz] Un film superbe sur une grève de femmes au tissage, contre les cadences et le chronométrage, le harcèlement, le fayotage, la fatigue, les crises de nerfs, les injures, les humiliations, les injustices, les ordres, le mépris, les sanctions, la chaleur, la maitrise garde-chiourme, les « chefs sur le dos» , le salaire au rendement, dont « la moitié paie la nourrice », les punitions : « un quart de salaire en moins pour une minute de retard », l’absence de prise en compte des salariées : « 20 minutes d’attente du bus » pour 5 minutes de plus à la sortie, le bruit des machines, le silence imposé entre elles, le travail sans arrêt et sans pouvoir « relever la tête », les demandes refusées d’aller aux toilettes, la dépendance institutionnalisée, les amitiés brisées, le licenciement de deux « meneuses », les « dégueulasses », les « salauds », les « vaches », le patron…
- Ce n’est pas « un film réaliste qui a valeur de document sur les conditions de travail dans les années 1970. » (Télé loisirs) ; c’est un film représentant une grève de femmes ouvrières du textile, en en resituant le bien fondé : l’horreur de leurs conditions de travail.
- Ce n’est pas un « drame social » (Wikipédia), mais une lutte d’ouvrières, fières, courageuses, décidées à rendre « coup pour coup ».
- Ce n’est pas une « grève sauvage qui déborde bientôt les syndicats » (Allo ciné) mais une lutte de femmes qui dévoile, révèle, dénonce les trahisons syndicales - « on en a marre des syndicats », déclarent-elles sans ambiguïté.
- Ce ne sont pas des « acteurs inconnus » (Allo ciné), mais des ouvrières et des comédiennes, lycéennes et étudiantes - et quelques hommes solidaires - qui représentent ce qu’elles ont vécu et partagé afin que l’histoire ne se renouvelle pas.
- Ce n’est pas un film « mêlant militantisme ouvrier et féminisme » (You Tube), c’est, grâce à une grève, sur la découverte par des femmes d’un autre monde que celui qui leur a été imposé par le salariat et, par-delà, sur leur vie… (Cf. Politique. Luttes de femmes)

Culture (Cinéma. Giant) : 1956. [George Stevens, Avec James Dean, Rock Hudson, Élisabeth Taylor] Film, en règle générale, centré sur l’épopée de James Dean. Mais pourquoi ne pas voir, aussi - d’abord ? - le triomphe final de la constance dans la vérité, de la justesse d’analyse, de l’intelligence et de l’humanité d’une femme, incarnée ici par Élisabeth Taylor ? (Cf. Politique. Morale)

Culture (Cinéma. Gloria) : 2013. [Sebastiàn Lelic, avec dans le rôle principal, Gloria Cumplicio] Un film formidable à voir plus particulièrement par les femmes qui, aspirant à vivre un nouvel amour, se rendent compte de l’impossibilité de leur amant à rompre avec leur vie antérieure. « Sois un homme ! » dit-elle à son nouvel amant, après la rupture, mimant un assassinat, après l’avoir aspergé de peinture ; et ce, suivi d’un immense rire libérateur.
- Une question : À la fin du film, la vision d’un paon faisant la roue, ne pourrait-elle signifier que Gloria aurait affirmé trop d’orgueil, d’exigences ?
- ‘Analyse’ de Wikipédia : « Mais alors que leur relation devient permanente, les défis du quotidien forcent Gloria à confronter ses propres secrets. »….

Culture (Cinéma. Go fish et Gazon maudit) : 1997. Lu, écrit par l’une (Mathilde) des Marie-Pas-Claires (1997) :
« […] Ces deux films [Go fish [Rose Troche. 1994] et Gazon maudit [Josiane Balasko. 1995] ont au moins l’avantage de souligner que les lesbiennes ne sont ni moches (à moins de se voiler la face sur les charmes de Victoria Abril), ni frustrées, ni mal baisées. Et en plus elles ne se lamentent pas de l’absence d’hommes dans leur vie, elles les écartent de leur chemin ; c’est tout. ‘Je n’attends pas un homme’ nous disent les héroïnes de Go fish. ‘On existe’, nous disent ces deux films. […] » 229

Culture (Cinéma. Gueule d’amour) : 1937. [Jean Grémillon avec Jean Gabin et Mireille Balin] On comprend mieux ce que signifie, dans le patriarcat, « la fraternité ».

Culture (Cinéma. Guillaume et les garçons à table !) : 2013. [Guillaume Gallienne] Une déconstruction courageuse, intelligente, sensible, claire et drôle de la construction des affectations sexuées. Le distinguo, pour un homme, entre se sentir une fille, se vivre comme une fille et être homosexuel est riche de réflexions. J’ai cependant eu du mal à considérer comme crédibles les déclarations d’amour par Guillaume Gallienne à sa mère (que lui-même joue en sus de son propre rôle), alors qu’elle ne cesse d’être représentée comme vulgaire, insensible, stupide, odieuse ; et, en aucun cas, « pudique »…

Culture (Cinéma. Indiscret) : 1958. [Stanley Donen] Deux répliques de la comédie : « Il n’y a pas de plus sincère qu’une femme lorsqu’elle dit un mensonge » et la dernière du film [de Gary Grant à Ingrid Bergman] : « Ça te plaira, le mariage, tu verras ! ».

Culture (Cinéma. Ixcanul) : 2015. [Jayro Bustamente] Les diverses facettes du patriarcat exprimées à travers les phases de la vie d’une jeune paysanne Maya, au Guatemala. Ou : Comment, un par un, tous ses rêves s’effondrent et les rapports de domination, multiples, se prolongent et se perpétuent, malgré les espoirs, la force, la résistance des femmes…La mère est particulièrement attachante. Un grand film.

Culture (Cinéma. Il était une fois l’Amérique) : 1984. [Sergio Leone] Quatre souvenirs parmi d’autres.
Le premier souvenir : Après avoir violé [une représentation du viol particulièrement réaliste et éprouvante] la femme (Jennifer Connely) qu’il aimait, la gangster/mafieux (Robert de Niro) la retrouve 35 ans après. Sa première phrase : « Tu n’as rien à me dire ?» ?
Le deuxième : Alors qu’Eve, une ‘amie‘ de De Niro est abattue pour avoir déclaré qu’elle ne savait pas où il était, son souvenir n’est jamais ultérieurement évoqué [Que devient son corps ?] alors que celui de ses trois amis est l’une des trames du film.
Le troisième : Après avoir eu des relations sexuelles avec une prostituée (« mineure»), un policier photographié ‘en flagrant délit’ par la bande de petits délinquants en herbe, accepte, sous la menace du chantage, de les ‘protéger’. Le pacte est lié : les garçons auront eux aussi, après lui, des relations considérées comme payées par le policier, avec la jeune prostituée [qui se montre particulièrement ‘compréhensive].
Le quatrième : Quelle que soit la manière dont les femmes de ce film, à l’exception de Jennifer, la femme aimée, sont traitées par ces gangsters (d’une extrême violence), celles-ci réapparaissent toutes aussi belles, sans rancune et bien coiffées dans les scènes suivantes.

Culture (Cinéma. Jamais le dimanche) : 1960. [Jules Dassin] Dans le livre de Mélina Mercouri, intitulé : Je suis née Grecque [1974], celle-ci raconte les conditions d’élaboration du film Jamais le dimanche et écrit :
« Les filles m’aimaient. J’avais été dans Stella [L’héroïne de Stella, Femme libre. Cacoyannis. 1955] le symbole des femmes de mauvaises vies parce que je chantais leur douleur, mais avec Illya [l’héroïne de Jamais le dimanche] je suis devenue la mascotte de toutes les putains de la terre. J’avais reçu des lettres de partout et elles me remerciaient d’avoir présenté leur profession avec dignité. Quelques années plus tard, Nous sommes allés voir le célèbre Reeperbahn à Hambourg. Ce quartier où un génie audacieux a exposé les filles dans les vitrines. […] » 230

Culture (Cinéma. Je vous trouve très beau) : 2005. [Isabelle Mergault] Un beau, juste, sensible personnage d’homme (Michel Blanc). Il est des films qui, de par leur seule existence, dévoilent les caricatures d’hommes que l’on nous impose a satiété. « Mièvre », « sentimental », « fleur bleue » écrivirent certain-es critiques.

Culture (Cinéma. Jour de colère. Dies Irae) : 1943. [Carl Theodore Dreyer] Dans ce film superbe, fascinant - dont l’action se situe au XVIIème siècle - souvenir du dialogue entre la mère et le fils. Le fils : « C’est la haine qui te fait parler ainsi ? » La mère : « Non, c’est mon amour pour toi ».
In fine, la belle-fille aimante et ‘co-coupable’ d’un amour interdit, dénoncée par sa belle-mère et abandonnée publiquement par son amant, avoue, après des scènes terrifiantes de tortures décidées par une myriade d’hommes : elle sera brûlée en tant que sorcière, comme le fut sa mère.
Ce film [m’] a fait penser au livre non moins somptueux de Nathaniel Hawthorne, La Lette écarlate. [1850] (Cf. Relations entre êtres humains. Haine)

Culture (Cinéma. Jules et Jim) (1) : 1962. [François Truffaut, scénario adapté du livre de Henri-Pierre Rocher, du même nom [1953]] Comment et pourquoi, cette insistance, chez G. Sadoul, tant d’années après, à analyser ce film comme « un hommage à l’amitié » (entre deux hommes, Jules et Jim) laquelle survit à leur amour pour la même femme ?
Pourquoi, par ailleurs, ce refus d’analyser le fait que Kathe / Catherine / Jeanne Moreau a, seule, sans aucun pacte entre eux, décidé de mourir avec - et donc de tuer - l’un d’entre eux ? Sans pitié. 231 Pour mieux étouffer ce que Kathe évoque la concernant : sa [ma] « nature héroïque», fusse au prix d’un assassinat ?
* Ajout. 15 juin 2016. Pour Georges Sadoul, la fin du film : « Vers 1930, elle se noie avec luiJim»Í». 232

Culture (Cinéma. Jules et Jim) (2) : 1962. François Truffaut, dans un article du Monde (en janvier 1962 ?), auteur de :
« Sans doute la jeune femme de Jules et Jim veut-elle vivre de la même manière qu’un homme, mais c’est seulement une particularité de son caractère et non une attitude féministe et revendicative. » 233

Culture (Cinéma. Landru) : 1963. [Claude Chabrol] Dans Les Cahiers du Cinéma (N° 138) en décembre 1962, Chabrol écrit :
« Landru est [au contraire de L’œil du malin, film qualifié de «subjectif»] une chronique très objective. Mais en même temps, la réalité porte sur le personnage de Landru, pas sur le reste. […] » 234 (Cf. Culture. Cinéma. Monsieur Verdoux, Violences faites aux femmes. Landru)

Culture (Cinéma. L’affaire Josey Aimes) : 2005. [Nic Caro] Présenté à la suite de l’« affaire Anita Hill », ce film, à l’époque, fut présenté comme consacré à la dénonciation du « harcèlement sexuel » ; quelques années plus tard, il l’est comme un film sur le « harcèlement moral ». En réalité, ce film devrait permettre de poursuivre la réflexion sur les déqualifications que le nouveau concept de « harcèlement sexuel » a si évidemment légitimées ; plus encore, il apparait que ce qui est montré avec force, c’est l’extraordinaire violence des hommes lorsque les, femmes, lorsque des femmes ont la simple volonté de travailler, simplement, comme eux. Ce film devrait être vu par tous ceux, toutes celles qui ont revendiqué, qui revendiquent - sans excès d’inquiétudes - l’égalité hommes / femmes, quelle qu’en soit les modalités, en entreprise.
- Dernière remarque : alors que ce film est basé sur l’« histoire vraie » d’une femme gagnant, soutenue par un avocat engagé à ses côtés et par le moyen d’une « class action », un procès qui fit jurisprudence, l’article du Monde le concernant, conclut par cette phrase : « Comme on dit à l'usine à rêves, ça fonctionne. » 235 (Cf. Politique. Égalité, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Harcèlement sexuel)

Culture (Cinéma. L’amore) : 1948. [Roberto Rosselini] Sous ce titre, la deuxième histoire de ce film intitulée El Miracolo (Le miracle) est précédée dans le générique par cet hommage :
« Ce film est dédié à l’art d’Anna Magnani. Roberto Rosselini ». Rare. Certes, venait-il (ou allait-il ?) la quitter ? Néanmoins….

Culture (Cinéma. L’Arnaqueur) : 1961. [Robert Rossen] Lu : « Une fascinante étude psychologique d'un homme qui construit seul son propre enfer ». Une autre analyse : une femme qui avait tout compris des rapports de pouvoirs entre hommes doit mourir pour que l’un d’entre eux les comprennent et la comprenne. Trop tard. Pour elle.

Culture (Cinéma. L’Atalante) : 1934. [Jean Vigo] Michel Simon, malotru au grand cœur, en rabibocheur de couple. « Un poème d’amour fou ». 236 Non, c’est tout simplement nier les problèmes bien réels, clairement nommés, que vivent le mari et sa femme. Et concernant celle-ci, affirmer qu’elle « s’acclimate mal sur une péniche où rège un vieil excentrique » et qu’ « arrivée dans la banlieue, elle quitte son mari » 237, c’est là encore, nier ses aspirations d’indépendance, de liberté, clairement exprimées, et l’autoritarisme de son mari.

Culture (Cinéma. L’eau à la bouche) : 1960. [Jacques Doniol-Valcroze] Sur un scénario, au départ, non crédible, les situations qui en découlent deviennent elles mêmes dépourvues de crédibilité. Toutes les situations - toutes patriarcales (un exemple : les trois femmes du film couchent le soir même avec les trois hommes] de ce film Nouvelle Vague sont fausses, archi-fausses, devenues avec le temps, ridicules, absurdes.
- Si l’on voulait démontrer les stéréotypes de « l’amour libre » (version France, années 60), « libertinage », ce film pourrait servir de modèle.
- N’est pas Marivaux [1688-1763], ni Renoir [1894-1979] qui veut, sans oublier la série Downton Abbey [2010-2015]
- Un bel exemple d’explicitation de droit de cuissage, licenciement à la clé, transformé en demande en mariage, puis en tentative de viol, transformé le jour même en accord donné au majordome, joué par un Michel Galabru, grossier à son habitude, sans l’ombre d’un problème par la soubrette, jouée par Bernadette Lafon.

Culture (Cinéma. L’esclave libre) : 1957. [Raoul Walsh] Un titre incohérent, un scenario ridicule, des dialogues débiles, des échanges absurdes, des acteurs exécrables. Tout est faux, caricatural, sans oublier les présentations si souvent agiographiques de l’esclavage aux États-Unis liées au « trafic d’êtres humains » en Afrique. Et in fine, le pire ? : «l’amour» est censé effacer les enjeux politiques du film. (Cf. Hommes. Héros)

Culture (Cinéma. L’espoir) : 1939. [André Malraux] Que d’hommes, que d’hommes…tous solidaires, graves, responsables, sans oppositions, sans clivage politiques entre eux, tous unis vers un même but…
- Une réplique notable, la seule évoquant « les femmes », quasi absentes dans cette Espagne de la guerre civile républicaine. Un homme va mourir. Il lui est demandé ce qu’il désire et il répond : « Que la vieille me foute la paix avec son bouillon » !
- Un enfant, un seul, est furtivement présent : c’est un garçon qui « veut être aviateur » .
- Une ode à la masculinité.

Culture (Cinéma. L’homme qui aimait les femmes) : 1977. [François Truffaut] Lu sur la présentation de ce film par Ciné Classique [6 juin 2014] :
« Le plus bel hommage de François Truffaut à la gent féminine. Un film clin d'oeil, à la sensualité chaleureuse et humoristique. »
En reprenant certains des jugements de Charles Denner, alias Bertrand Morane, on l’entend distinguer – lui, un fin connaisseur des «soutiens gorges Lejaby» - entre deux catégories de femmes : «les grandes tiges et les petites pommes» ; juger «les grosses poitrines et les poitrines modestes» ; s’interroger pour savoir si l’une d’entre elles est «une putain ou non», et concernant une autre femme, si elle est «complaisante et/ou jalouse» ; constater qu’il y a certaines femmes «dont on se demande si elles s’intéressent à l’amour», tandis que d’autres «portent l’amour sur leur visage» ; déclarer doctement : «les jambes des femmes sont les compas qui arpentent le globe en tous sens, en lui donnant son équilibre et son harmonie» ; affirmer que «les femmes adorent toutes le feu de bois» ; affirmer que «comme certains animaux, les femmes pratiquent l’hibernation» ; constater concernant une femme «qui n’a jamais été [sa] maitresse» : «elle est la preuve que l’amitié peut exister entre un homme et un femme».
Enfin, commentant son tableau de chasse, il les présente ainsi : l’une était : « beaucoup de femmes à la fois » ; l’autre : «une grande fille que j’aimais regarder» ; une troisième : «une très jolie femme» ; une quatrième : «une grande bringue ravissante», et une dernière : «une jolie rousse, ma voisine» [«qui aimait lire»] .
- On entend aussi dans la bouche des femmes qu’il met en scène :
«On a beau dire, on a beau faire, la femme sera toujours la femme» ; «Un homme qui adore les femmes, on peut difficilement lui refuser quelque chose» ; «C’est vrai ? ; vous me trouvez belle ?» ; «Je me caresserai en pensant à toi» ; «Venez me voir ; je vous tiendrai au courant de la mode» ; «Alors je ne vous plais plus du tout ?» ; «Est ce que vous n’êtes pas déçu ?» ; «Sérieusement, vous ne m’en voulez pas ?» ; «Je peux vous embrasser ?» ; «Vous pouvez m’appeler si vous voulez : voilà mon numéro de téléphone» ; «Je vous aime beaucoup» ; «Avoue que j’étais une emmerdeuse» ; «Je pense souvent à vous avec tendresse» ; «Je veux le meilleur pour vous» : «Vous êtes pas mal comme vous êtes»…
- En conclusion, son éditrice et néanmoins amante, jouée par Marie-Christine Barrault, celle qui lui avait fait changer le titre de son roman choisi par lui : «Le cavaleur» en : «L’homme qui aimait les femmes», affirme – lucidement ? - devant sa tombe : «Ce qu’il aimait le plus en nous (les femmes) : les jambes». On peut ajouter «l’apparence , une robe, une silhouette», mais aussi «les épaules» et même aussi «les chevilles épaisses» qui ne le dérangent pas.
- Certes le film n’est pas que « ça», mais il est aussi « ça», et même beaucoup « ça »…
- À proposer pour être la plus signifiante expression filmique au Panthéon du patriarcat ? Mais la concurrence est rude…

Culture (Cinéma. L’ivresse du pouvoir) (1) : 2006. [Claude Chabrol] Une femme forte, juge d’instruction, qui n’a peur ni des hommes ni des institutions, et donc les affronte, exerce - peut-on dire normalement ? - son métier, c’est à dire la recherche de la vérité avec les armes et les limites qui lui donne le droit et sa morale politique. On peut noter que les hommes de pouvoir (politiques et économiques) - dont elle dénonce les turpitudes - sont tous des pleutres.
Au terme du film, elle rend les armes : « Qu’ils se démerdent !»
N’empêche que ce qu’elle a, avec une autre femme, réalisé a eu lieu.
- Voici, en regard, la fin du synopsis du film dans Wikipédia :
« […] Ivre du pouvoir qu’elle sent détenir, la juge Killman est déterminée à aller jusqu’au bout de son enquête. Pour cela, elle est prête à tout sacrifier, sa sécurité et même son mari qui ne supporte plus la vie infernale qu’elle lui fait vivre. »

Culture (Cinéma. L’ivresse du pouvoir) (2) : 2007. Eva Joly - qui « inspira » le scénario de Claude Chabrol - répond à la question : « Est-ce à dire que vous avez ressenti cette fiction, comme une critique, voire une attaque ? » :
« C’en était évidemment une. Une caricature grossière faite pour me dénigrer en même temps que mon travail. Cette volonté n’était même pas déguisée : vous l’avez dit, toute la promotion du film a été faite en invoquant le parallèle avec l’affaire Elf et avec moi. Rien de tout cela n’était gratuit. Le personnage de la juge s’appelle Charmant-Killman - autrement dit, celle qui veut tuer les hommes… c’était une façon de réduire le travail d’un juge d’instruction à un jeu de personnes, aux états d’âme d’une femme. Du coup, c’était aussi enlever sa portée à l’enquête que j’avais menée et aux découvertes qu’elle avait permises. L’affaire Elf avait révélé l’existence d’un système de détournements au cœur de la plus grande entreprises française, et, au-delà, la corruption des élites, les relations troubles entre la France et l’Afrique depuis quarante ans…
Plutôt que de regarder ces réalités en face, il valait tellement mieux faire croire que toute cette histoire n’était que la fait d’une femme frustrée et éblouie par son pouvoir ! C’était commode. Et tellement machiste. […] » 238 (Cf. Femme « Politique ». Joly Eva)

Culture (Cinéma. La belle et la bête) : 1946. [Jean Cocteau. 1889-1963] Ou : Comment le sacrifice de soi est présenté pour une femme comme relevant de l’évidence. Ou : comment cette décision de vivre avec un « monstre » est présentée comme relevant de sa liberté. Ou : comment, dans ce contexte, une femme déclare d’emblée à un homme / bête : « Vous êtes mon maitre ». Ou : comment un femme accepte sans réelle inquiétude, l’enfermement à vie, la richesse étant censée le compenser. Ou : comment la beauté, la bonté d’une femme est censée dompter la bestialité des hommes. Etc., etc. Question en sus : pourquoi avec des personnages primaires, des dialogues stupides, des acteurs exécrables, des situations aberrantes, ce film est-il si aisément qualifié de « chef d’œuvre » ?

Culture (Cinéma. La chienne) (1) : 1931. [Jean Renoir. 1894-1979] Un homme, Michel Simon entre une épouse odieuse - une caricature - (abandonnée au mari légitime) et une prostituée aimée (par lui) mais assassinée (par lui) hurle :
« Tu n’es pas une femme, tu es une chienne ».
La morale du film : non condamné par ce meurtre - un autre condamné à sa place - débarrassé des femmes et de l’argent : le bonheur. Un plaidoyer ? (Cf. Femmes. Animalisation des femmes)

Culture (Cinéma. La chienne) (2) : 1931. Jean Renoir [1894-1979], auteur, en 1931, de :
« Je voulais faire La Chienne pour des tas de raisons : j'adore, j'aime beaucoup, je suis assez passionné par les femmes que l'on rencontre dans les rues de Paris… Il se trouve que dans le roman de la Fouchardière la fille est une prostituée. Mon dieu, c'est un métier comme un autre… Une autre raison me poussait très fort : mon admiration pour Michel Simon. C'est un très grand acteur et je pensais que La Chienne lui permettrait d'atteindre certains sommets. Il les a atteints. […]. » 239 (Cf. Femmes. Animalisation des femmes, Proxénétisme)

Culture (Cinéma. La chienne) (3) : 1996. Je lis dans La drôle de guerre des sexes du cinéma français de Noël Burch et Geneviève Sellier :
« L’une des formulations les plus claires de cette misogynie clivée - « laides ou belles, toutes des salopes» - est un film très admiré de Jean Renoir, La chienne (1931). Le prestige de son auteur est si grand qu’aucun analyste de ce film ne semble attacher la moindre importance à la haine qui s’y déverse sur les femmes, d’une part en la personne de l’épouse de Michel Simon (Madeleine Bérubet), qui, sadiquement, empêche son mari timide d’exercer son violon d’Ingres inoffensif, d’autre part sur la prostituée idiote et cruelle (Janie Marèze) dont le petit comptable a le malheur de tomber amoureux. [...] » Mais qu’il assassine. 240 (Cf. Femmes. Animalisation des femmes, Relations entre êtres humains. Haine, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Culture (Cinéma. La cité des femmes) : 1980. [Federico Fellini. 1920-1993] L’outrance, la caricature permettent-elles l’émotion, l’intelligence ? Ici, clairement non.
- Que cet imaginaire masculin, pauvre, binaire, régressif, ouvre peu d’horizons...
- J’ai été frappée d’une scène on ne peut plus réaliste, celle où l’épouse de Snàporaz (joué, avec difficultés, par Mastroianni) dénonce la vie qu’elle mène avec lui et l’impuissance du mari à réagir positivement.
- J’ai aussi gardé en mémoire une analyse féministe, fort juste, de « la fellatio » :
« On nous ramène à un niveau infantile de succion », qui plus est, du « phallus mâle »… .
- Aucune leçon à en tirer, sinon que Fellini peut s’offrir le luxe de filmer ses propres confusions. Qui gagne quoi que ce soit à ce magma d’images, de scènes si souvent grossières et si lourdes et que gagne t-on ? Moi, rien. Lui, j’en doute… (Cf. Sexes […] . Homme)

Culture (Cinéma. La coquille et le clergyman) : 1928 [Germaine Dulac.1882-1942] Concernant ce film dont j’ignore tout, George Sadoul écrit :
1990. « Artaud, mécontent de la mise en scène de son scénario, provoqua au studio des Ursulines une violente et mémorable manifestation des surréalistes contre Geneviève Dulac. » 241
Dans les Œuvres d’Artaud, je lis :
1928. « 9 février 1928. Première projection publique de la Coquille et le Clergyman au studio de Ursulines. Arthaud et quelques surréalistes, dont Desnos et Breton, provoquent un scandale au cours duquel Geneviève Dulac est conspuée. Le film sera remis à l’affiche dans la même salle le 14 mai suivant. » 242 J’aimerais en savoir plus…

Culture (Cinéma. La dame sans camélia) : 1960. [Michelangelo Antonioni] La déchéance d’une femme [Lucia Bose] trop belle et mal aimée.
* Ajout. 8 novembre 2018. Je lis d’une femme qu’elle « frôle la déchéance fatale »… (Poursuivre) (Cf. Langage)

Culture (Cinéma. La fiancée du pirate) : 1969. [Nelly Kaplan] Heureusement, pour Bernadette Laffont, qu’il y a un homme pour rattraper tous les autres…sans oublier les femmes.
Une morale ? : La vengeance pour être efficace doit être intelligemment préméditée.
- Lu sur Ciné Classique : « Une fable sociale ironique et délicieusement impertinente pour l'époque. Une œuvre joyeuse qui n'a rien perdu de sa force, ni de sa poésie. » : que d’euphémismes et de contresens pour tenter de cacher l’extraordinaire violence de la juste et fort réaliste critique de la société française des années (19)60. (Cf. Femme. Vengeance)

Culture (Cinéma. La mariée était en noir) : 1968. [François Truffaut]. Une vraie vengeance de femme, longuement pensée : pour venger son mari assassiné. (Cf. Femme. Vengeance)
* Ajout. 26 octobre 2018. 1995. Commentaire critique de Jean Tulard : « Truffaut dit lui-même qu’il n’aimait pas beaucoup ce film. Il n’a peut-être pas tort, car malgré des bons acteurs, on ne peut s’empêcher de penser qu’à la longue cette série de meurtres est peu crédible et que l’intérêt de l’ensemble fait cruellement défaut. » 243
* Ajout. 13 octobre 2016. Marie-Octobre [Julien Duvivier.1995] : une autre vengeance de femme : Quinze années après, une résistante (Danielle Darrieux) tue à bout portant l’homme (Serge Reggiani) qui avait tué son amant, Castille, chef de réseau résistant, devant une dizaine d’hommes, peu brillants, devenus silencieux…
1995. Commentaire critique de Jean Tulard : « Du cinéma facile, bien fait, mais sans réelle surprise. » 244
* Ajout. 31 octobre 2018. Une troisimème vengeance de femmes : Noyade Interdite [1987. Pierre Garnier-Deferre] Trois « jeunes et jolies estivantes » d’une station balnéaire « assasinent les hommes pour se venger, l’un d’eux ayant violé [l’une d’entre elles] quand elle était adolescente. […] »
1995. Commentaire de Jean Tulard : « Un film banal pour une intrigue sans consistance […] » 245

Culture (Cinéma. La nuit) : 1961. [Michelangelo Antonioni. 1912-2007] La présentation du film par son metteur en scène :
« Un couple où la femme est plus lucide que l’homme, parce que la sensibilité féminine est un filtre beaucoup plus précis que tout autre, et que l’homme, dans le domaine des sentiments, est presque toujours incapable de sentir la réalité, parce qu’il a tendance à la dominer. Le poids de l’égoïsme masculin suppose, à son profit, une abstraction totale de la personnalité de la femme. » 246

Culture (Cinéma. La nuit américaine) : 1973. [François Truffaut.1932-1984] Le léger signe de la main du mari [David Markham] de Julie Baker [Jacqueline Bisset] lui suggérant [lui rappelant ? lui indiquant ?] de saluer avant leur départ Alphonse Jean-Pierre Léaud] restera pour moi le comble de ce que peut - et doit être - un homme respectable.

Culture (Cinéma. La passion de Jeanne d’Arc) : 1927. [Carl Theodore Dreyer. 1889-1968] Un chef d’œuvre (qui me remémore, sans être à même clairement d’expliquer pourquoi les films d’Eisenstein). Le visage de Falconetti [1892-1946] : jamais oublié…
* Ajout. 15 juin 2016. 1952. Ingrid Bergman [1915-1982], actrice dans un Jeanne d’arc de 1948 de Victor Flemming, auteure, de :
« Je n’aurais jamais accepté de jouer ce film si j’avais connu la Jeanne d’Arc de Dreyer. » 247

Culture (Cinéma. La rivière rouge) : 1948. [Howard Hawkes.1896-1977] Plus besoin pour le fils (adopté) de tuer le père pour prendre sa place : une femme les réconcilie et leur rend et la raison et l’amour. Suffisamment rare pour être noté. On doit cependant noter que le caractère de cette femme n’a aucune crédibilité ; que ses mots n’aient été entendus d’eux qu’après que son fusil ait parlé, et qu’il est douteux qu’elle ait obtenu ce résultat sans lui.

Culture (Cinéma. La saison des femmes) : 2016. Titre Indien : Parched. [Leena Yadav] Un somptueux, subtil, radical, réaliste, optimiste film féministe.
- Je doute qu’aucune femme au monde ne puisse - peu ou prou - sinon s’’identifier, du moins identifier comme lui étant proche, l’un des vécus de ces femmes indiennes.
- Une répartie d’une mère à son fils dont je me souviens : « Avant de vouloir être un homme, apprends à être humain. »
- Présentation par Allo Ciné : « Portées par leur amitié et leur désir de liberté, elles affrontent leurs démons, et rêvent d'amour et d'ailleurs. » À remplacer par : « Grâce à leur solidarité, elles parviennent à échapper à un destin de violences, de mépris que leur infligent des hommes ignobles. »
- Fin du synopsis tel que présenté par Wikipédia : « Puis les trois femmes partent sur le triporteur bariolé du cabaret, libres et sans but. » À remplacer par : « Les trois femmes partent sur le triporteur bariolé du cabaret, libérées des hommes et du patriarcat. Un temps… »

Culture (Cinéma. La vérité sur Bébé Donge) : 1952. [Henri Decoin.1890-1969] Lire l’analyse remarquable, du film, de Noël Burch et Geneviève Sellier dans La drôle de guerre des sexes du cinéma français. 1930-1956. 248 Pour moi, un [le ?] modèle du genre.

Culture (Cinéma. La vieille dame indigne) : 1965. [René Allio.1924-1995] L’évocation d’une vie libérée des contraintes et d’abord de la famille vaut bien mieux que toutes les odes à la liberté.
Je découvre sur Wikipédia cette analyse - absurde contresens - des Cahiers du Cinéma 249 :
« René Allio n’a pas fait un film complaisant et jouant sur un sentimentalisme facile. Il n’a pas fait l’apologie démagogique de la liberté des vieilles dames, mais au contraire la critique de cette liberté en la montrant impuissante et incomplète, insatisfaisante. Il a montré qu’il ne suffit pas du rêve pour remédier au vice de l’ordre social ou familial. Sa critique ne s’arrête pas au moment où la vieille dame semble connaître le bonheur : elle se renforce subtilement de cette apparence trompeuse de bonheur. De l’existence, la vieille dame n’aura jamais ramassé que les miettes. Le film refuse la bonne conscience. »
En regard, l’analyse de René Allio :
« […] Le propos du film est en fait la remise en question de la petite morale de la vie quotidienne, à partir du simple comportement d’une personne qui a accédé à ‘l’objectivité’ : tous les personnages sont en changement, dans une ville en changement. C’est très scandaleux d’être objectif ! C’est pourquoi j’ai essayé de faire ce film avec le plus d’objectivité possible. […]
Le film est donc en même temps l’histoire de l’échec d’Albert (
l’un de ses fils) et celle de la libération de la vieille dame. Je crois que beaucoup de gens aimeront ce personnage bien qu’il soit assez dur. C’est une femme d’origine paysanne, avec ce côté ‘grand seigneur’ qu’ont les paysans. Elle sait se taire et remettre les choses leur place. » 250

Culture (Cinéma. La 359ème section) : 1972. [Stanislav Rostotski.1922-2001] Film de guerre soviétique, pleins d’imprévus, de nostalgies, de lucidités, de vérités, de justesses historiques mais surtout humaines.
Ce film démontre que l’on peut faire un film de guerre, sans glorifier, mythifier ni exalter la guerre, sans humilier l’adversaire [« Qu’il soit aussi des hommes, dit le commandant russe, concernant les soldats allemands, je n’y avais jamais pensé »], tout en s’interrogeant sur la guerre [«J’ai dû les sacrifier toutes les cinq (les soldates sous ses ordres) pour ce dix Fritz. Pourquoi ?», tandis que le combat qu’il vient si douloureusement de mener est qualifié de «combat d’intérêt local» par la propagande militaire]…
Ce film démontre, par le prisme premier des relations entre hommes et femmes, que l’on peut faire un film de guerre qui ne nie pas des valeurs disons…humaines, plus encore que la guerre elle-même peut contribuer à humaniser ces rapports.
Que les principales protagonistes soient des femmes soldates - même si la vérité historique n’est que peu crédible - est fondamental. On les voit, militaires, dans leur spécificité, leur singularité, leur unité, leurs différences, sans caricatures ; plus encore ce sont elles qui humanisent leur « chef » …et ce n’est pas ridicule.
Ce film est un superbe hommage rendu aux femmes russes, aux femmes soldates. Aux femmes… (Cf. Politique. Guerre)

Culture (Cinéma. L’homme qui tua la peur) : 1957. [Martin Ritt] Dans une Amérique raciste, une belle, réelle amitié entre hommes, joués par John Cassavetes, Sidney Poitier…

Culture (Cinéma. Le cas du Docteur Laurent) : 1957. [Jean-Paul Le Chanois.1909-1985] Dédicace :
« Ce film est dédié respectueusement aux pionniers de la méthode psychoprophylactique d’accouchement sans douleur. Il a été réalisé avec l’aide de la maternité des métallurgistes à Paris où cette méthode a été pratiquée la première fois en France en 1952. » Un film attachant, féministe, courageux, progressiste, salutaire, moral… (Cf. Langage. Critique. Mot. « Progressiste »)

Culture (Cinéma. Le chat) : 1971. [Pierre Granier-Deferre.1927-2007] La plus triste histoire de couple du cinéma français ? « Décidément, nous deux c’est insoluble» affirme, avant qu’il cesse de lui adresser la parole, Jean Gabin à Simone Signoret. Dans la permanence d’une logique de couple, sans doute. Pourquoi est-il si difficile de se quitter, là est la question posée, mais non résolue…

Culture (Cinéma. Le crime de Monsieur Lange) : 1936. [Jean Renoir, Jacques Prévert] Le ‘méchant’ Batalia, prototype, selon la présentation classique, du « personnage véreux qui exploite ses ouvriers» est autrement jugé par Valentine, l’une de ses victimes, solidaire d’Estelle sur laquelle il a jeté son dévolu.
« C’est le plus grand salaud que j’ai jamais rencontré » déclare t-elle. « Exploiteur des ouvriers » ou « salaud », la différence des termes renvoie à des analyses de nature politique fort différentes.
- Voici enfin comment Les Cahiers du Cinéma le présente :
« Frénétiquement lâche, menteur, voleur, manipulateur, cet escroc est un vrai rêve de jeune fille, un grand méchant loup, qui sourit de toutes ses dents et qu'on ne peut s'empêcher d'applaudir tant il fait bien le mal. Surtout aux femmes. Il les prend, il les vole même, puis il les jette. Valentine, il ne l'aura pas deux fois, elle nous le dit à plusieurs reprises. Et au fond, dans ce film qui a l'air de s'occuper d'autre chose, c'est très précisément à la vengeance d'une femme qu'on assiste, la vengeance de Valentine. » 251 « Vengeance » d’une femme ou bien plutôt, femme solidaire luttant contre le droit ancestral des hommes à s’approprier, selon leur bon vouloir, les femmes qui leur plaisent ? (Cf. Femmes. Solidarité. Vengeance, Violences. Droit de cuissage)

Culture (Cinéma. Le dernier tango à Paris) : 1972. [Bernardo Bertolucci] Maria Scheider violée par Marlon Brando avec l’accord de Bertolucci, lequel aurait déclaré que le viol, puisque viol il y a bien eu lieu [et non pas un « jeu brutal » selon Wikipédia], « est à la mesure des tourments que provoque l'explosion du féminisme ». Toujours, sur Wikipédia (décembre 2014) on lit, ignominieusement : « Une plaquette de beurre contribua à la célébrité du film. » Quant au journaliste de Libération, en guise de nécrologie de Maria Schneider, il écrit qu’elle est sortie de ce film « épuisée », évoque, « son sex-appeal animal » et déclare qu’elle « faisait peur » aux « personnalités » (non iconoclastes) ». 252 Honteux.
* Ajout. 14 juin 2016. 1990. Pour Georges Sadoul, « un film sur le sexe et la mort » 253, lequel évoque, par ailleurs, « le jeu exacerbé de Brando ». 254 (Cf. Femmes. Animalisation des femmes, Violences à l’encontre des femmes. Godard Jean-Luc)

Culture (Cinéma. Le diable au corps) : 1947. [Claude Autant Lara] Il est rare que le personnage joué par Gérard Philipe [1922-1959] dans ce film ait été présenté comme il l’est de fait en petit coq bourgeois, présomptueux, impudent, autoritaire, jaloux à l’absurde, grossier, souvent odieux, menteur, matamore en parole et irresponsable, lâche, en rien crédible.
- On peut aussi noter que ce film de 1942 produit par La Continentale [Société de production de films «française à capitaux allemands», crée en 1940 par Goebbels, dirigée par Alfred Greven], tout en tenant compte des nombreuses scènes de liesse nationale fêtant la fin de la guerre, peut être aisément interprété comme ayant pour finalité de présenter la société française comme ‘immorale’, tout en aggravant les inquiétudes des militaires, des prisonniers, des hommes absents de chez eux et en faisant porter l’opprobre sur les femmes infidèles. Mais, pour que la morale patriarcale soit sauve, la femme adultère ‘fautive’ meurt, tandis que son amant s’emble s’interroger…
- Ce film se termine ainsi : à la sortie de la messe d’enterrement de Marthe, le jour de l’armistice de 1918 :
« Premier enterrement de la paix. Maintenant c’est les femmes qui vont mourir. Chacun son tour. » (Cf. Histoire)
- 2016. Présentation par Arte, le 8 août 2016 :
« […] Cet hymne incandescent à l'amour révéla un Gérard Philipe au charme insolent dans son premier grand rôle, face à Micheline Presle, bouleversante de fraîcheur et de douleur. Un inoubliable couple de cinéma. » L’amour est aveugle… (Cf. Politique. Guerre. Patriarcat)

Culture (Cinéma. Le diabolique docteur Mabuse) : 1960. [Fritz Lang] Un scénario absurde pour justifier un happy end aberrant ou le contraire ?
- Présentation du film par Arte : « Ultime chef d’œuvre de Fritz Lang. Le Diabolique Docteur Mabuse frappe par sa clairvoyance et son acuité politique. Lang y propose une allégorie cruelle de l’Allemagne de l’après-guerre. » 255
- Pour Georges Sadoul, « le film est plaisant dans sa bonhomie ». 256

Culture (Cinéma. Le journal d’une femme de chambre) : 1964. [Luis Buñuel] En nous imposant leurs frustrations, leurs obsessions, les metteurs en scène se soucient peu de la vraisemblance, de la crédibilité même des femmes qu’ils nous donnent à voir. En toute cohérence. Ainsi, dans le film de Buñuel (dont le scénario n’est pas celui lisible dans le livre de Mirbeau), Célestine / Marie / Jeanne Moreau après avoir dénoncé à la police Joseph, le jardinier-cocher qu’elle soupçonne avoir tué et violé une petite fille, se met, sans transition, (du moins tel que le film est présenté à la télévision) dans son lit pour - comprend-on après - lui obtenir un aveu. Alors qu’elle est belle, raffinée, sensible, intelligente, celui-ci, laid, grossier, violent, raciste, refuse ses avances, et ne couche avec elle qu’après qu’elle eut promis de l’épouser. Peu après, ils annoncent leur mariage, puis Joseph est embarqué par les gendarmes. Et in fine, Célestin épouse le voisin, le primaire capitaine Mauger…. Absurde.

Culture (Cinéma. Le lauréat) : 1979. [Mike Nicols] L’horrible Mrs Robinson (Anne Bancroft) (à laquelle il a été transféré, sans nuances, les critiques dont les femmes, en règle générale, accusent les hommes) ; Elaine Robinson, inconséquente ; Benjamin (Dustin Hoffman) faible et obsessionnel…Quant à leur avenir à eux deux : sombre…

Culture (Cinéma. Le maître du logis) : 1925. [Carl Theodore Dreyer] Un film muet, féministe, sans concession, vraiment remarquable. La critique nomme « fable » ce film on ne saurait plus réaliste et considère comme faisant « preuve d'une belle finesse psychologique» ce qui relève d’une impitoyable remise au pas (rééducation, serait sans doute plus juste) d’un mari et d’un père, véritable tyran, violent, odieux, et stupide…On lit aussi (Wikipédia) :
« Évitant les pièges du naturalisme, Dreyer observe, avec une ironie bienveillante, les vicissitudes de la vie de couple. » Ce film me fait penser à Une maison de poupée d’Ibsen. [1879]

Culture (Cinéma. Le pickpocket) : 1959. [Robert Bresson] La rédemption morale par l’amour d’une femme. Crédible ? Mal joué en tout cas. La comparaison avec Crime de Châtiments de Dostoïevski est absurde.

Culture (Cinéma. Le président) : 1961. [Henri Verneuil. Dialogues d’Audiard] Dans ce grand film, un grand et beau discours, celui exprimé par Jean Gabin à l’Assemblée Nationale contre « les puissances d’argent. » Henri Verneuil a déclaré s'être inspiré de la IVe République pour construire son film. Or, la caméra qui filme longuement, à plusieurs reprises, l’Assemblée Nationale, nous montre qu’elle est composée à 100 % d’hommes. Ce film ne pouvait donc avoir lieu que sous la IIIème République : une erreur historique ou une faute ? Par ailleurs, comment penser le scandale des « puissances d’argent » incarnés par les quelques députés nommément désignés par Gabin avec cet autre scandale - lui, occulté - celui du monopole de la représentation à l’Assemblée dite Nationale, par des députés, tous des hommes ? (Cf. Histoire)

Culture (Cinéma. Le procès de Viviane Emsalem) : 2014. [Ronit Elkabetz, Shlomi Elkabetz] En Israël le divorce - après le mariage qui est un acte d’acquisition - est accordé par un tribunal religieux, le tribunal rabbinique. Pour que le divorce soit effectif, les juges doivent obtenir aussi l’accord de l’autre époux qui, en l’occurrence, le refuse. « Elle est mon destin. Je suis le sien ».
Ce film remarquable - dont la force et la violence tiennent notamment au fait que chaque scène est présentée en tenant compte de chacun-e des protagonistes concerné-es - outrepasse magistralement et la question de la religion et celle d’Israël. Il incarne l’idée même de justice, a fortiori dans un monde façonné par le patriarcat, dont on peut voir ici la cohérence et les contradictions.
Le passionnant complément du film « Il était une fois le procès de Viviane Emsalem » resitue le film dans son contexte politique, juridique, féministe, personnel et en approfondit et élargit considérablement la portée.

Culture (Cinéma. Le secret de Brokeback moutain) : 2005. [Ang Lee] Une merveille.
* Ajout. 19 février 2018. Qualifié ce jour de « mélo » sur France Culture. 257
Il y a décidément des mots qui doivent être repensés. (Cf. Culture. Mélo, Langage. Mot. Critique de « Mélodramatique »)

Culture (Cinéma. Le septième juré) : 1962. [Georges Lautner] Où l’on comprend certains des liens :
- entre la justice et l’ordre public bourgeois : « Si on vous amenait le coupable, vous ne sauriez pas quoi en faire, à moins de vous condamner vous-même. » ;
- entre la prison et l’hôpital psychiatrique : «Il vaut mieux un fou qu’un criminel dans sa famille. [L’enfermement] c’est la solution idéale. » ;
- entre l’épouse (« C’est pour ton bien ») et de la société bourgeoise, toute patriarcale. (« La ville avait gagné […], elle pouvait se refermer sur son secret. »)
En sus,
- une conclusion énigmatique : L’assassin fait l’analyse que «ce qu’on (?) lui fait payer», ce n’est pas l’assassinat d’une femme, mais l’abandon par lui de son premier amour, celui pour Nadia.
- une question importante : « Une minute d’égarement ne peut pas effacer toute une vie. » (Cf. Êtres humains, Corps. Femmes, Justice. Jury)

Culture (Cinéma. Le septième voile) : 1945. [Compton Bennett] Ou : comment une petite fille orpheline, trahie par son amie, brisée par sa maitresse, élevée par son oncle (James Mason) qui, en l’écrasant, la violentant, l’enfermant, la méprisant, l’épuisant, la transforme en grande pianiste découvre, en fin de film, après un suicide raté, qu’en réalité elle n’aime que son oncle pygmalion/tyran. Tout est pour le mieux, grâce à la psychanalyse, dans le meilleur des mondes de la domination.
- Présentation du film par TCM :
« […] Il (le thérapeute) fait parler Francesca de son passé, où elle se trouvait sans amis, forcée à travailler son piano 5 à 6 heures par jour et recluse par l'homme qu'elle aimait. »
- Présentation du film par un cinéphile :
« […] La magnifique scène finale permet donc à une Francesca désormais apaisée et équilibrée d'ouvrir les yeux sur le seul homme où se confond son amour pour la musique et celui de son coeur de femme. Le Septième voile est levé. » (Cf. Patriarcat, Psychanalyse)

Culture (Cinéma. Le violent) : 1950. [In a Lonely Place. Nicolas Ray, avec Humphrey Bogart « un personnage complexe et énigmatique », selon TCM.] La morale du film : l’amour même partagé ne libère pas un homme violent de sa violence.

Culture (Cinéma. Les belles années de Miss Brodie) : 1969. [Ronald Neame] Ou comment une femme - enseignante dans un collège de jeunes filles dans l’entre deux guerres - s’affichant, s’affirmant libre, se vivant libre, transfère ses désirs et ses aspirations à ses élèves, tout en les modelant à son image. Un film politique, passionnant, subtil, complexe.

Culture (Cinéma. Les drôles de poissons chats) : 2013. [Claudia Sainte Luce. Mexique] Un beau, sensible, généreux film de femmes. Sans homme. Juste un petit garçon adorable.

Culture (Cinéma. Les femmes du bus 678) : 2012. [Mohammed Diab] Jérôme Garcin producteur et animateur depuis 25 ans du Masque et la plume (France Inter) a pu qualifier, sans autre forme de procès, le film de Mohammed Diab : Les femmes du Bus 678 de « démonstratif ». À quelle humanité se réfère-t-il ?

Culture (Cinéma. Les valseuses) : 1974. [Bertrand Blier] 2016 : Je lis la présentation par Arte des Valseuses de Bertrand Blier, le 28 juillet 2016 : « Ode truculente à l’anticonformisme » ; « cavale lubrique » ; acteurs « flamboyants de vitalité insolente et de naturel » ; « femme à problème » ; « chaud lapins en vadrouille » ; « épopée sexuelle débridée » ; « voyage truculent et libérateur ».
- Conclusion : « […] La verdeur rabelaisienne des dialogues et la virtuosité du réalisateur […] emportent toutes les réticences. ».
- 2016. Sur Wikipédia (même date), il est question d’une « jeunesse ravie de voir des scènes transgressives et qui se reconnaît un peu dans ces paumés pas méchants pratiquant un sexe décomplexé ».
- 2010. Sur Télérama (7 août 2010) : « Le temps passe et l'on attend toujours le film qui secouerait le cinéma français avec la même verdeur et la même insolence. Ce conte drolatique n'a pas pris une ride : la complicité qui unit Depardieu et Dewaere, la cocasserie grinçante des dialogues et des situations, la volonté récurrente d'appeler un chat un chat font des Valseuses une exceptionnelle réussite. L'habileté de Bertrand Blier, c'est de mettre sans cesse les spectateurs du côté des voyous et de montrer alors l'impossibilité de tout jugement moral.»
- Comment juger de la critique filmique qui ne peut pas même, en critiquant fusse positivement un film, concomitamment, ne serait ce que dire l’évidence, à savoir que les personnages joués par Patrick Dewaere et Gérard Depardieu sont ignobles (Cf. Culture. Cinéma. Tenue de soirée)
* Ajout. 22 octobre 2018. 1995. Cf. la présentation du film dans Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. L-Z :
« Film iconoclaste qui provoqua la colère des uns et des autres, il met en scène des loubards, des paumés, des marginaux, mais (et ce qui choqua particulièrement) il les rends sympathique. » 258

Culture (Cinéma. Louise-Michel) : 2008. [Gustave Kerven. Benoît Lépine] Dialogue : Yolande Moreau : « Avec 2000 euros, on pourrait faire buter le patron par un professionnel ! » Une autre ouvrière : « T’es folle !» Yolande Moreau : « Pas tant que ça ! »
Aux innocent-es, les mains pleines ? (Cf. Politique. Luttes de femmes, Michel Louise)

Culture (Cinéma. Ma nuit chez Maud) : 1969. [Éric Rohmer] Qu’il est simple - y compris pour des êtres complexes - pour une femme d’exprimer son envie de « faire l’amour » avec un homme, et, pour un homme, de refuser.

Culture (Cinéma. Machine Gun Kelly) : 1958. [Roger Corman] Pourquoi, pour évoquer un homme violent (Charles Bronson) - « un dur » - qui s’avère n’être qu’un faible, faut-il évoquer des femmes caricaturales qui ne seraient fortes que de sa faiblesse ? Pour justifier le mythe des femmes castratrices ? (Cf. Penser. Mythe)

Culture (Cinéma. Mademoiselle Chambon) : 2009. [Stéphane Brizé] Un film juste : une relation vraie entre un homme et deux femmes. Rare.

Culture (Cinéma. Mizoguchi) : 1997. Concernant une analyse féministe des films de Mizoguchi, [1898-1956] se référer à l’article d’Alexandra, Mizoguchi Miso, dans le livre des Marie-Pas-Claires. 259

Culture (Cinéma. My fair lady) : 1964. [George Cukor] Le triomphe final du patriarcat : les dernières paroles du professeur Higgins (Rex Harrison) : « Where damned are my slippers ?» (« Où diable, sont mes pantoufles ?»). Mais elles ne doivent pas faire oublier tant des fortes préalables affirmations indépendantistes, féministes, d’Eliza (Audrey Hepburn).

Culture (Cinéma. Monsieur Verdoux) (1) : 1947. [Charlie Chaplin] Comédie satirique sur le crime ? Non. Sous-couvert de critique de ce film présentée comme politique, justification de l’assassinat des femmes.
- Le scenario : « Un employé de banque parisien, Henri Verdoux, est réduit au chômage par la crise de 1929. Pour subvenir aux besoins de sa femme invalide et de son fils, il épouse de riches veuves qui meurent rapidement après les noces. » (Wikipédia) (Cf. Femmes. Comment les femmes meurent)
- En guise de ‘morale’, les justifications de Monsieur Verdoux (Chaplin) :
« En termes de bain de sang, je ne suis qu’un modeste amateur » ; « Le crime ne paie pas pour les petits» ; «Un seul meurtre fait un scélérat, des millions font un héros.»… (Cf. Hommes. Héros)
- 2014. La présentation du film sur TCM (22 mars 2014) :
« Ce drame écrit par Orson Welles d’après la fameuse affaire Landru, ose dépeindre son héros criminel avec humour et tendresse… chef d’œuvre absolu. » (Cf. Femmes. Comment les femmes meurent)

Culture (Cinéma. Monsieur Verdoux) (2) : 1957. Lu dans Les Stars d’Edgar Morin : « Monsieur Verdoux, qui cesse d’être un héros de Slasptick comedy, ne fait qu’en développer les virtualités : il va en toute amoralité innocente, jusqu’à réaliser ses souhaits de meurtres (comme le héros de Noblesse Oblige). Plein de bonté, d’amour, de dévouement pour celles qu’il aime, il assassine avec une nonchalante candeur, celles qui lui déplaisent. »
Et ce suivi, quelques pages plus loin de :
« Dans Monsieur Verdoux, apparaît pour la première fois l’accomplissement immolateur du sacrifice : la mort. » 260 (Cf. Homme. Héros. « Intellectuel », Patriarcat, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Culture (Cinéma. Monsieur Verdoux) (3) : Pour Georges Sadoul [1904-1967], comparant Il bidone de Fellini [1920-1993] à Monsieur Verdoux, ce film « fut un peu la satire, par son contraire, d’un ordre social où les hommes sont des loups pour l’homme. » 261
- Pour rappel, ce sont bien dix femmes et sans doute aussi le fils de l’une d’entre elles que Landru [1869-1922] a assassiné.

Culture (Cinéma. New York, New York) : 1977. [Martin Scorsese] Un remarquable document sur les manifestations, les modalités d’expression de l’emprise dans un monde patriarcal. Il n’est pas sûr que la solution proposée par ce film pour en sortir soit à la portée de la première venue. Lizza Minnelli, éblouissante de crédibilité.
- Analyse de Wikipédia : « Francine et Jimmy vont alors vivre en couple avec des hauts et des bas, Francine s'efforçant de composer avec le caractère cyclothymique et macho de son compagnon. »

Culture (Cinéma. Nola Darling n’en fait qu’à sa tête) : 1987. [Spike Lee] À sa sortie, souvenir d’un éblouissement à la découverte de l’immense liberté exprimée dans ce film par Spike Lee.
* Ajout. 28 juin 2016. Film qualifié par Georges Sadoul de : « fugue légère autour d’un personnage (Nola Darlig) » 262

Culture (Cinéma. Nos femmes) : 2015. [Richard Berry] L’affiche du film Nos femmes vue ce matin place Maubert : Daniel Auteuil, Richard Berry, Thierry Lhermitte, debout, se tenant seuls par le cou, fiers et joyeux. Aucune des dites femmes n’est représentée ; aucun de leur nom n’est cité. Sans aborder le thème même du film…

Culture (Cinéma. Odette Toulemonde) : 2007. [Eric-Emmanuel Schmidt] Pourquoi évoquer un « commerce des bons sentiments », un film pour les « ménagères de plus de quarante ans », « démagogique », « mièvre », « cucul », un « cinéma populaire », une « suite de clichés» ? Par mépris des femmes et leurs rêves… de ceux de certains hommes. Un film juste, bon et beau, très attachant.

Culture (Cinéma. Opening Night) : 1978. [John Cassavetes] C’est par le refus d’une actrice (Gena Rowlands) d’être giflée sur scène, ce qu’elle considère comme « humiliant », que démarre le film, que se construit aussi le scénario et que peut être analysé le triomphe final d’une femme contre tous / toutes. Un éblouissant chef d’œuvre. Après l’avoir vu, je me pose une question : que reste-t-il de la psychanalyse ? (Cf. Psychanalyse)
- Présentation du film sur Teléloisirs.fr. [26 juin 2014] : « Devant la caméra aimante de son époux, Gena Rowlands interprète l'un de ses plus grands rôles.»

Culture (Cinéma. Party Girl) : 2014. [Samuel Thies] Un film beau, riche, émouvant, et si juste. D’apprendre qu’il s’agit d’un hommage du fils à sa mère qui rejoue sa propre vie le rend encore plus attachant.
J’aurais aimé en savoir plus, concernant sa quatrième fille, sur les conditions qui pourrait expliquer l’alternative : « on me l’a enlevée » ou : « tu m‘as abandonnée »…

Culture (Cinéma. Pattes Blanches) : 1949. [Jean Grémillon, sur un scénario de Jean Anouilh et Jean Bernard Luc] Entendu : « Le droit, ça se prend ». À méditer, notamment par les juristes : relativise le concept de «droit» et rend plus lucide les personnes qui pensent en être pourvues. (Cf. Droit, Justice)

Culture (Cinéma. Personne ne m’aime) : 1994. [Marion Vernoux] Un film qui vaut bien des analyses féministes. Présentation de Télérama (17 juillet 2010) :
« […] Marion Vernoux frappait fort avec ce premier film de filles pour les filles, tableau impressionniste et anarchique des maux de cœur du sexe faible, de 20 ans à la ménopause. […] » Pour rappel : nombre d’hommes sont non seulement évoqués, mais fort présents - et fort critiqués - dans ce film.

Culture (Cinéma. Prêt à porter) : 1994. [Robert Altman] La mise à nu [du monde] de la mode.

Culture (Cinéma. Quai des orfèvres) : 1947. [Henri-Georges Clouzot] Réplique d’un policier : « Crime passionnel ? c’est toujours le cocu qu’a raison ».
Incidemment : un mari trompé ne devrait pas être traité comme un homme ridicule dont on peut, dont on doit rire, se moquer, caricaturer : si l’on réfléchissait un tant soit peu, on verrait toute la gravité, tout le malheur dont la situation est porteuse. Et pourtant… (Cf. Homme-s)

Culture. Cinéma. Refugiado : 2014. [Diego Lerman] Les étapes de la fuite d’une femme, à juste titre terrorisée, et de son petit garçon des menaces de mort de son mari (absent du film).
- « Dans la vie tout a une solution » dit la mère. « Sauf la mort » répond le jeune Matias qui s’avère - en jetant son portable dans l’eau pour ne plus entendre les pressions de son père - in fine plus responsable que sa mère. Un très beau, très juste film.

Culture (Cinéma. Salam Bombay) : 1988. [Mira Nair] Quoi d’autre ajouter à ce film qui dit, exprime, dévoile, dénonce tant et tant ? Ce film magnifique, où les regards sont analyses, rend d’emblée, de par sa seule existence, tant de débats dérisoires…
* Ajout. 29 octobre 2014. Écrit sous le coup de l’émotion.

Culture (Cinéma. Sept jours en Mai) : 1964. [John Frankenheimer] Si l’on veut voir comment le monde est effectivement dirigé, ici exclusivement, par les hommes, et ne représente qu’eux, ce film en est un bon exemple.
La rare place des femmes mérite que l’on s’y arrête :
- une femme alcoolique et trahie (Ava Gardner) : ancienne maitresse du général félon marié (Burt Lancaster), abandonnée par lui, est trahie par son second (Kirk Douglas) qui est chargé de l‘espionner et qui lui vole des lettres compromettantes ;
- une patronne de bar sans client donnant une information dont elle ne se rend pas compte l’importance ;
- la secrétaire du Président des États-Unis se contentant d’apporter une lettre ;
- une femme tuée (sa présence juste évoquée) dans un accident d’avion avec l’envoyé du Président dont il ne reste que des bris épars ;
- un femme noire et des religieuses, dans un hall d’aéroport, à qui l’on demande des informations sur la disparition d’un homme et qui n’ont rien vu ;
- Enfin, lors de la conférence de presse du Président, on aperçoit, dans un public composé d’hommes, furtivement, un ou deux visages de femmes et quelques chapeaux.
On peut noter que si la maitresse se voit attribuer un nom, un prénom et un surnom : Eleanor (Elli) Holbrook, la secrétaire n’a droit qu’un son prénom : Esther ; la morte étant définie comme « une femme », tandis que les autres ne sont qu’apparence.

Culture (Cinéma. Shadows) : 1961. Improvisation» de John Cassavetes] Une famille d’origine afro-américaine, patriarcale (incarnée par les frères), une femme matée par eux, des hommes violents qui se battent pour « piquer les femmes des autres », tout en gardant les ‘leurs’ sous le boisseau. Un grand film (comme tant d’autres) de Cassavetes. (Cf. Femmes. Échange des femmes)

Culture (Cinéma. Shanghai Express) : 1932. [Joseph Von Sternberg] On a, à juste titre, vanté les immenses qualités de ce film et plus particulièrement l’éblouissante Marlène Dietrich, l’actrice, mais, plus rarement, l’extraordinaire personnage qu’elle y jouait : « Elle en vaut douze comme nous » déclare l’homme d’église, tandis qu’elle-même constate : « Il a fallu plus d'un homme pour changer mon nom en Shanghai Lily. » Mais qui a évoqué l’absurde rôle - censé, devant être viril - qui a été demandé à Clive Brook de jouer, celui du capitaine Harvey ? Celui-ci, otage britannique, ‘cassant la gueule’ du chef de la rébellion chinoise pour protéger Marlène Dietrich de ses avances est une scène ridicule. Et enfin que Marlène Dietrich puisse rester amoureuse de ce type minable n’est pas crédible ou, sans doute plus justement, elle perpétue un stéréotype patriarcal au delà des limites du pensable. Une femme, ou du moins son image, portée aux nues, a souvent pour fonction de cacher la nullité d’un homme. (Cf. Femmes. Amoureuses)

Culture (Cinéma. Tant qu’il y a des hommes) : 1953. [Fred Zinnemann] Film censé démontrer, pour les militaires américains en 1944, que l’armée et l’amour des femmes sont incompatibles. On entend qu’ils sont « mariés avec l’armée », qu’ils « aiment l’armée ». On se demande bien ce qui pourrait fonder une telle démonstration ; tout nous est présenté comme devant dégoûter les plus militaristes de tout engagement militaire (bêtise, violences, humiliations, incompétence, infantilisation, arbitraire…) (Cf. Politique. Guerre)

Culture (Cinéma. Tell me lies) : 1968. [Peter Brook] Des films politiques de cette envergure morale manquent désespérément. (Cf. Politique. Morale)

Culture (Cinéma. Témoin à charge) (1) : 1957. [Billy Wilder] Le film montre en flashback comment Leonard Vole (Tyrone Power), alors militaire anglais faisant partie des troupes d’occupation en Allemagne, a rencontré sa future femme Christine (Marlène Dietrich). Alors chanteuse de cabaret, à la fin de sa chanson, les soldats, anglais, alors qu’elle portait des pantalons, exigent, à la fin de sa chanson, de voir ses jambes, se précipitent tous (ou presque) sur elle pour la déshabiller. L’arrivée de la police militaire met fin à la bagarre et obtient leur départ du cabaret, sans aucun souci d’elle. Elle est laissée, seule, choquée, violentée, son pantalon déchiré, sur le sol.
- S’en souvenir lors des de discussions concernant les agressions sexuelles notamment à Cologne le 31 décembre 2016, ainsi que de toutes les autres (Place Tahrir au Caire, en 2012, Bengalore, en 2017, etc.)

Culture (Cinéma. Témoin à charge) (2) : 1957. [Billy Wilder]. Trois répliques importantes, concernant un procès à Londres :
- « Le témoignage d’une épouse aimante n’a pas beaucoup de poids » ;
- « Il est interdit de témoigner contre son mari » ;
- « L’épouse ne peut pas nuire à son mari ». (Cf. Droit. Patriarcal, Justice, Patriarcat)

Culture (Cinéma. Ten) : 2002. [Abbas Kiarostami] La défaite d’une femme apaisée ?

Culture (Cinéma. The duchess) : 2008. [Saul Dibb] Une somptueuse tragédie. L’horreur du patriarcat. Nul n’est besoin d’une analyse féministe : la réalité telle qu’exprimée par ce film se suffit à elle-même. Pour Arte [5 octobre 2016], « un somptueux mélo historique ». (Cf. Culture. Mélo, Langage. Mot. Critique de « Mélodramatique »)

Culture (Cinéma. The lunch box) : 2003. [Ritesh Batra] L'absence d'un réelle happy-end est douloureux : on aimerait tellement en être assuré-es. Et pourtant on n'y croit peu…C'est triste.

Culture (Cinéma. The Offense] : 1973. [Sidney Lumet] Concernant les multiples processus de production, d’expression, de refoulement, transfert de reproduction de la violence, de la violence masculine, d’une extrême complexité. Devrait dissuader de toute analyse simple ; plus important : ce film en lui-même fait douter que l’on en soit capable… [‘On’ signifie, en l’occurrence : ‘Je’…]
Il est important de savoir que, selon Wikipédia, ce film fut « bloqué » (par des producteurs ?) et distribué « comme on jette un mégot par la fenêtre », dit Connery. Selon Wikipédia, les arguments invoqués : peur de ternir l'image de Sean Connery et de porter préjudice aux recettes du film : Les diamants son éternels.
Or, on lit aussi qu’il « renonça à son salaire (contrat global) et participa à l'écriture du film » et preuve de l’importance - si justifiée - que Sean Connery attachait au film de Sidney Lumet, qu’il avait accepté de jouer à nouveau chèrement James Bond, contre «la promesse que les Artistes associés produiront deux films de son choix. Le premier s'appelle The Offence (1972).» 263
- En France il ne fut diffusé ni au cinéma, ni à la télévision pendant 35 ans ; renforce l’idée selon laquelle la censure, sous toutes ses formes, ne peut qu’accompagner les films vraiment dérangeants…

Culture (Cinéma. Thelma et Louise) : 1991. [Ridley Scott] Présentation du film sur la Chaîne TCM : « Thelma, une épouse frustrée […] » Non, Thelma une femme dont le mari est autoritaire, grossier, violent, méprisant, égocentriste (un euphémisme) et qui ne se soucie d’elle en rien. Un autre regard, un changement de point de vue, une autre vision du monde. (Cf. Patriarcat)
* Ajout. 16 octobre 2018. 1995. Pour Jean Tulard, Thelma est « une femme au foyer frustrée ». 264

Culture (Cinéma. Tenue de soirée) : 1986. [Bertrand Blier] Tenue de soirée : la culture proxo. (Cf. Cinéma. Les valseuses, Proxénétisme. Chansons)

Culture (Cinéma. Trains étroitement surveillés) : 1966. [Jïri Menzel] Un film formidable, dans lequel, pas un instant, une symbolique sexuelle pourtant omniprésente, mais non pas exclusive, n’abaisse quiconque. Un superbe contre-exemple…D’autres ?

Culture (Cinéma. Un air de famille) : 1996. [Cédric Klapisch] Un grand film dont la justesse et la subtilité permettent plusieurs interprétations. Pour ma part, et pour mémoire : l’épouse qui avait quitté son mari pour réfléchir une semaine, l’appelle le soir même ; la jeune femme qui avait rompu sa relation « de merde » avec son amant, l’embrasse à pleine bouche après qu’il ait cassé la gueule à son frère, et l’épouse traitée comme «un chien» par son mari, repart avec lui, après quelques vérités lui ayant échappé, et quelques instants de plaisir, toujours matée…Quant à la mère, elle reste aussi stupide et odieuse. Comme son le fils chéri.

Culture (Cinéma. Un amour pas comme les autres) : 1962. [John Schlesinger] Terrible constat de l’absence de culture commune entre un jeune homme et une femme, dans l’Angleterre des années 50 ; terrible critique de l’institution du mariage et de la ‘famille’ en tant que structure de reproduction de tous les rapports de domination et lucide et juste présentation des déchirements humains auxquels elle contraint.
- 2015. Voici comment Wikipédia, en 2015, présente le film :
« Un jeune homme, qui se hisse tant bien que mal hors du milieu ouvrier dans lequel sa famille baigne depuis des générations et qui essaye de faire son chemin comme employé, est pris au piège quand sa petite amie tombe enceinte et qu'il se voit contraint de l'épouser et, à cause d'une crise du logement qui touche leur ville du nord de l'Angleterre, de venir habiter chez sa belle-mère. »

Culture (Cinéma. Un chien andalou) : 1929. [Luis Buñuel] Lu dans le Journal de Julien Green [1926-1934], à la date du 29 novembre 1929 : « Hier soir, au studio 28 où se donne un chien andalou. Cruautés un peu laborieuses. On voir un homme (Pierre Batcheff) qui effile un rasoir et s’en sert pour trancher horizontalement l’œil d’une femme. La salle a crié d’horreur. » 265 (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Culture (Cinéma. Un jour nouveau) : 2017. [Seyyed Reza Mirkarimi] Je lis dans Le Figaro la présentation par son réalisateur Iranien de son film : Un jour nouveau :
« J’avais envie de faire un film sur des gens qui décident de s’entraider sans pour autant se connaître. À la fin, leur secret respectif sera scellé à jamais. Le spectateur n’en sera pas davantage non plus. Cette dimension minimaliste est bâtie surtout sur l’effacement de la parole. Je pense que la parole est souvent source de malentendus. »
Puis, on lit : « ’Des exploitants français n’ont pas souhaité programmer son film parce qu’ils jugeaient l’image de la femme insupportable’, signale le distributeur Brice Perisson. […] » 266

Culture (Cinéma. Un meurtre sans importance) : 1938. [Comédie américaine. Llyod Bacon] Un gangster américain (Edward G. Robinson), tentant de se reconvertir dans la légalité et découvrant que son futur gendre est un policier :
« Je suis pour la loi et l’ordre, mais pas sous mon toit ». Une vraie leçon de droit. (Cf. Droit. Patriarcal, Êtres Humains. Vie-dite-privée)

Culture (Cinéma. Une auberge à Tokyo) : 1935. [Yasujiro Ozu] Un pur joyau.

Culture (Cinéma. Une si jolie petite plage) : 1949. [Yves Allégret] Des maladresses n’effacent ni des états de grâce, ni de bouleversants instants de vérité.

Culture (Cinéma. Victoire des femmes (La) : 1946. La victoire des femmes [Kenji Mizoguchi]. Un film féministe. (Cf. Justice. Procès)

Culture (Cinéma. Vol au dessus d’un nid de coucou) : 1976. [Milos Forman] Jack Nicholson, difficilement oubliable dans ce film terrifiant, auteur de : « At least, I tried ». Au moins, j’aurais essayé…
* Ajout. 20 septembre 2015. Formule inscrite sur la tombe d’Abbie Nathan [1927-2008]

Culture (Cinéma. Vous ne l’emporterez pas avec vous) : 1938. Frank Capra. Un film formidable : anarchiste, anti-capitaliste, anti-étatique, écologique, joyeux, heureux, humaniste, subversif, moral, crédible, moderne. Féministe ?

Culture (Cinéma. Vulcano) : 1949. [William Dieterle] Afin que sa sœur, qui ne veut pas voir ses mises en garde, ne vive pas la vie prostituée qu’elle a vécue, Maddalena (Anna Magnani), lucide, tue celui qui était chargé, après lui avoir fait croire au mariage et la belle vie à « la ville », de la livrer aux bordels de Naples. « Combien ?» demande t-il à un homme auquel il vient de montrer sa future proie. À la fin du film, sa mort apparaît salutaire à la police.
- Film qualifié d’« œuvre néo-réaliste très conventionnelle »…Conventionnelle : pour qui ?

Culture (Cinéma. Winter sleep) : 2014. [Nuri Bilge Ceylan] Des rapports de pouvoir, des rapports de dépendance et de leurs enchevêtrements ; de leur prégnance, des difficultés de leur échapper ; des relations entre prise de conscience, morale et argent. Un film tout en finesse. Un film qui postule l’intelligence et qui l’élargit.

Culture (Cinéma. Y aura-t-il de la neige à Noël ?) : 1996. [Sandrine Veysset] Un grand film ; un beau et si juste portait d’une femme dominée par un homme [tout à la fois, père des sept enfants, patron, marié ailleurs et donc absent, mais toujours amant et ayant jeté son dévolu sur sa fille ainée] et d’une mère aimante de ses enfants. Dédié à la mère de la réalisatrice.

Culture (Cinéma. Zorba le Grec) : 1964. Une ode / apothéose finale à l’amitié virile de deux hommes, par delà les classes sociales, sur le sacrifice, fort légèrement vécue par eux, de deux femmes mortes, dont l’une lapidée, puis assassinée à bout portant, après une chase à la femme par tous les hommes du village.
NB. Je lis sur Wikipédia, que la lapidation - bien réelle - est analysée comme « un viol symbolique » !

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Notes de bas de page

1 France Culture, Patrick Laupin. La vie comme elle va (2006) Réécoute le 5 octobre 2015

2 J’écris ce mot - que j’ai du mal à dire - avec regret.

3 Manuel Vals, Premier débat de la primaire de la gauche. 13 janvier 2017

4 Le Monde, Le Sénat appelle à sortir de la ‘culture du viol’. 4 février 2017

5 Site du Ministère de la Culture. Signature d’accords de coopération culturelle entre la France et le Royaume d’Arabie Saoudite. 9 avril 2018

6 France Culture, La nuit Chantal Akerman. 10/11 février 2018. Réécoute de l’émission d’Alain Veinstein, Du jour au lendemain. 7 novembre 2013

7 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p. 181

8 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.1159

9 TCM, Julia & Clara Kuperberg, This is Orson Welles. Documentaire. 2015. 21 mai 2015

10 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p. 20

11 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p. 20

12 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p.148

13 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p. 230

14 Jean-Paul Aron, Les modernes, Gallimard. 314p. 1984. p.129

15 France Culture, Mardi du cinéma. Andreï Tarkovski, ou le cinéma comme icône. 11 mars 2017. 1ère diffusion. 7 janvier 1986.

16 Madame d’Epinay, Les contre-Confessions. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 2 tomes. 2000

17 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.352

18 George Sand, Œuvres autobiographiques. I. Histoire de ma vie, La Pléiade. 1418p. 1978. p.672

19 France Culture, Crises : économique, géopolitique, écologique - Le pire est-il devant nous ? 8 octobre 2018

20 Daniel Gonin, Portrait d’un criminel contre l’humanité. In, Juger les crimes contre l’humanité. 20 ans après le procès Barbie. (Sous la direction de Pierre Truche) ENS Éditions. 263p. 2009. p.158,159

21 Jean-Louis Barrault, Comme je le pense. Idées Gallimard. 252p. 1975. p.99,100

22 George Sand, Œuvres autobiographiques. I. Histoire de ma vie, La Pléiade. 1418p. 1978. p.664

23 Nicolas Berdiaev, Les sources et le sens du communisme russe. Idées. NRF. Gallimard. 373p. 1963. p.108

24 Nicolas Berdiaev, Les sources et le sens du communisme russe. Idées. NRF. Gallimard. 373p. 1963. p.280

25 Nicolas Berdiaev, Les sources et le sens du communisme russe. Idées. NRF. Gallimard. 373p. 1963. p.160

26 Nicola Berdiaev, Essai d’autobiographie spirituelle. Buchet /Chastel. 429p. 1979. p.108 à 111

27 France inter, Maitres anciens : un texte féroce et prodigieusement drôle de Thomas Bernhardt mis en scène au Théâtre de la Bastille. 2 décembre 2017

28 In : Jean Lacouture, Léon Blum. Points. Histoire. 616 p. 1979. p.88

29 Madame de Staël, De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p.248

30 Madame de Staël, De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p.367

31 In : De quoi somme nous responsables ?. Le Monde Éditions, Textes réunis et présentés par Thomas Ferenczi. 408p. 1997. p.355

32 André Breton. In : Madeleine Chapsal, Les écrivains en personne. 10 / 18. 316p. 1973. p.77

33 Marie-George Buffet, Un peu de courage ! Le Cherche-midi.169p. 2004. p.51

34 La 5. C’ Politique, Spéciale élections américaines de mi-mandat. 4 novembre 2018

35 Michel Butor. In : Madeleine Chapsal, Les écrivains en personne. 10 / 18. 316p. 1973. p.87

36 Cornelius Castoriadis, Castoriadis, un déçu du gauche-droite. Le Monde. 12 juillet 1986. Repris dans, Une société à la dérive. Entretiens et débats. Seuil. 307p. 2005. p.163

37 Charles Chaplin, Histoire de mon enfance. Robert Laffont. Collection Plein vent. 223p. 1973. p.192

38 Céline. In : Madeleine Chapsal, Les écrivains en personne. 10 / 18. 316p. 1973. p.111

39 Le Canard enchaîné, La règle du jeu. 15 février 2017. p.7

40 France Culture, La grande table. La philosophie, médecine de l’âme, avec André Comte-Sponville. 20 avril 2018

41 France Culture, Hélène Martin. 3/ 3. 30 août 2017. 1ère diffusion. 21 juin 1971

42 France Culture, Entretien de Robert Mallet avec Salvador Dali. 21 août 2017

43 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p. 82

44 Élisée Reclus, L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique. In : Écrits Sociaux. Feuilles d’herbe. Editions Héros-Limite. 251p. 2012. p.127

45 Wikipédia. La destruction de la colonne Vendôme. Avril 2018

46 Lu dans le CR du Forum/table ronde sur la question « Femmes / Hommes dans les arts et le spectacle vivant ». 5 octobre 2012 de 14h00 à 17h00 aux Ateliers du Vent. Rennes. Questions d'égalité. Réso Solidaires / Espace Anne de Bretagne.

47 Blog. Danielle Bousquet, Après l’affaire Weinstein, voici comment il faudrait renforcer l’égalité dans la culture. 16 février 2018

48 Ariane Mnouchkine, L’Art du présent. Entretiens avec Fabienne Pascaud. Babel Essai. 332 p. 2016. p.87, 94

49 France Culture, Une vie, une œuvre. Éric Satie (1866-1925) - Comme un rossignol qui a mal aux dents. 29 avril 2017

50 France Culture, Annie Ernaux. Culture de la langue parlée. Apostrophes. 1 /2. 22 août 2017. 1ère diffusion. 21 octobre 1984

51 Mélina Mercouri, Je suis née Grecque. Le livre de poche.1974. 378p.

52 France Culture, Philosophies d’Iran : Un pays sous le regard des cinéastes. 12 juillet 2018

53 Mémoires de la Princesse Daschkoff, Dame d’honneur de Catherine II, impératrice de toutes les Russies. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 388p. 1989. p.32

54 Nicolas Berdiaev, Les sources et le sens du communisme russe. Idées NRF. 373p. 1963. p.37

55 Radio Classique, 18 février 2018. 11h. 55

56 Le Canard enchaîné, Cancanneries. 23 mai 2018. p.5

57 France Culture, Le réveil Culturel de Tewfik Hakem : Justine Bo : ‘Mon roman, c’est de la rage, une façon de se poser dans le monde sans tout à fait l’accepter, mais en y étant tout de même’ ; France inter, Boomerang de Sylvain Trapenard : Sous le Sollers exclusivement. 18 avril 2018

58 France info, Vidéo. Contre ‘l’injonction à être sexy’, Sara Forestier refuse d’être coiffée et maquillée sur France 2. 7 novembre 2017

59 France Culture, Ça peut pas faire de mal. Jane Eyre, le chef d’œuvre de Charlotte Brontë. 20 avril 2013

60 France Culture, Coline Serreau, une artiste à part entière. Mais qu’est ce qu’elles veulent ? 6 septembre 2016

61 France Culture, Journal de 18 heures. 17 mai 2017

62 France Culture, L’esprit public. 6 mai 2018

63 France Culture, Les sœurs Brontë. 13 au 16 juillet 2018

64 France Culture, Edgar Allan Poe. 1/ 4. 22 octobre 2018

65 Youtube. Emmanuel Macron. Meeting de Lyon. 4 février 2017

66 Madame de Staël, De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p.131

67 Come Alexandre Collini, Mon séjour aurprès de Voltaire. 372p. 1807. p.42

68 Le Figaro, Thierry Frémiaux :Le choix de Jane Campion n’est pas un choix féministe’. 7 janvier 2014

69 Archive INA, You Tube. 26 août 2015

70 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.834

71 André Gide, Carnets d’Égypte. In : Journal. 1939-1949, Souvenirs. La Pléiade. 1280p 1954. p.1051

72 André Gide, Journal. 1939-1949, Souvenirs. La Pléiade. 1280p 1954. p.52

73 George Sand, Lélia. Texte établi, présenté et annoté par Pierre Reboul. Classiques Garnier. 601.1960. p.260

74 André Gide, Journal. 1939-1949, Souvenirs. La Pléiade. 1280p 1954. p.52

75 Astophle de Custine, Lettres à Varnaghen. Stalkine Reprints. Genève. 1979. 509p. p.412

76 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.65

77 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.828

78 André Gide, Journal. 1939-1949, Souvenirs. La Pléiade. 1280p 1954. Pp183

79 André Gide, Journal. 1939-1949, Souvenirs. La Pléiade. 1280p 1954. p. 227, 228

80 Françoise Giroud, Arthur ou le bonheur de vivre. Le livre de poche. 183p. 2003. p.125

81 Jean Guéhenno, Journal d’un homme de 40 ans. Le livre de poche. 241p. 1968. p. 237

82 France Culture, L’esprit public. 1er avril 2018

83 Beaux arts Magazine, Guerrilla girls et La Barbe, Féministes de combat. Septembre 2016. P.132

84 Jean Guéhenno-Louis Guilloux, Correspondance (1927-1967). Les paradoxes d’une amitié. La part commune. 734p. 2011. p.354

85 Ariane Mnouchkine, L’Art du présent. Entretiens avec Fabienne Pascaud. Babel Essai. 332 p. 2016. p.21

86 Hegel, La raison dans l’histoire.10/18. 312p. 1979. p.210

87 France Culture, Les masters classes. Patrick Boucheron ‘Écrire l’histoire, c’est donner à comprendre la manière dont un peu de temps se plie dans l’histoire’. 13 juillet 2018

88 Allo Ciné, Affaire Weinstein. Le réalisateur Kevin Smith reverse l’argent qu’il a touché des Weinstein. 19 octobre 2017

89 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.186

90 Le Figaro, Il faut faire de l’illettrisme une affaire d’État en France. 10 octobre 2017

91 France Culture, La vie en Piaf. (2/5) Rediffusion, le 25 janvier 2015

92 France Culture, Entendez-vous l’éco. Chantons sous la crise. Chansons réalistes et entre -deux-guerres. 4 août 2018

93 André Malraux, Appel aux Intellectuels, 5 mars 1948. In, Postface ajoutée à son livre, Les Conquérants. 385p. 1928. p.328

94 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.1087

95 Émile Pollak, La parole est à la défense. Robert Laffont. 326p. 1974. p.64

96 Michel Ciment, Kazan par Kazan. Ramsay. Poche cinéma. 347 p. 1985. p.57

97 Le Canard enchaîné, Mathieu Perez. King Kong theorie. 20 juin 2018. p.7

98 In : Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. p.412

99 France Culture, Politique Culturelle. Jack Lang donne le ‘la’. 18 juin 2018

100 France Culture, La dispute. 9 novembre 2017

101 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.746

102 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.644

103 Madame de Staël, De l’Allemagne. II. Garnier Flammarion 316p. 1968. p.13

104 France Culture, La dispute. 5 janvier 2018

105 France Culture, La dispute. Spectacles vivants. 2 avril 2018.

106 France Culture, La dispute. 19 avril 2018

107 France Culture, La dispute. 18 mai 2018

108 France Culture, La dispute. 28 mai 2018

109 Voltaire, Correspondance. XII. (janvier 1775-juin 1777). La Pléiade. 1361p. 1987. p.124

110 Cf. notamment, l’interview d’Orlan et de Paul Auster par Arnaud Laporte. France Culture, 2 juillet, 15 août 2018

111 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. 1304p. 2013. p.397

112 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. 1304p. 2013. p.1040

113 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. 1304p. 2013. p.1147

114 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. 1304p. 2013. p.1155

115 Maurice Nadeau, Serviteur ! Un itinéraire critique à travers livres et auteurs depuis 1945. Albin Michel. 423 p. 2002. p.173

116 Georg Lukacs, Le fondement moral du communisme. Discours prononcé à l’occasion du congrès des jeunesses ouvrières. 13 avril 1919 (Lisible sur le net)

117 France Culture, La nuit rêvée de Jean-Pierre Luminet. 17 février 2018

118 France Inter, L’heure bleue. Capitalisme de luxe avec Luc Boltanski et Arnaud Esquerre. 7 février 2017

119 France Culture, Olivier Gabet et Florence Müller : ‘Christian Dior voulait rendre les femmes belles pour les rendre heureuses. 29 août 2017

120 George Sand, Œuvres autobiographiques. I. Histoire de ma vie, La Pléiade. 1418p. 1978. p.666

121 Le Figaro, Comment Brigitte Macron imprime sa marque à l’Elysée. 16 février 2018

122 Le Figaro, Laura Smet, Jean Dujardin, Monica Bellucci à la soirée cannoise de l'Élysée. 27 avril 2018

123 Le Monde, À Tourgoing, Emmanuel Macron se défend de faire ‘une politique pour les riches’. 14 novembre 2017

124 Le Figaro, Au Danemark, Emmanuel Macron évoque « les gaulois réfractraires au progrès ». 30 août 2018.

125 Cité dans France Culture, 1917. Ce que la Révolution a fait à la musique russe. 14 octobre 2017

126 Anaïs Nin, Journal. 1939-1944. Le livre de poche. 508p. 1971. p. 317

127 Simon-Pierre Perret, Harry Halbereich, Albéric Magnard. Fayard. 639p. 2001. p.321 à 325

128 Albéric Magnard, Correspondance (1888-1914). Paris. Publications de la société française de musicologie & Klincksieck. 376p. 1997. p.348

129 Radio Courtoisie, 10 janvier 2018. 16h15

130 André Gide, Journal. 1939-1949. Souvenirs. La Pléiade. 1280p. 1954. p.140

131 France Culture, Du Grain à moudre. Artistes plasticiens. Toute œuvre mérite-t-elle salaire ? 18 octobre 2017

132 Ciné Classique, 26 janvier 2014

133 Françoise Rosay, La traversée d’une vie, Robert Laffont. Collection Robert Laffont. 317p. 1974. p.297

134 Leïla Sebbar, On tue les petites filles. Stock 2 / Voix de femmes. 357p. 1978. p.188

135 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. P.1240

136 Le Canard enchaîné, Belfort de café. 18 avril 2018. p.5

137 France Culture, Annette Messager : ‘J’ai toujours voulu utiliser des matériaux simples, ceux du quotidien’. 30 juillet 2017

138 Henri Michaux, Donc c’est non. Gallimard. 192p. 2016. p. 9,10

139 John Stuart Mill, L’utilitarisme. Champs Classiques. Flammarion. 181p. 1988. p. 61

140 Alice Miller, La connaissance interdite. Affronter les blessures de l’enfance dans la thérapie. Aubier. 256p. 1990. p.14

141 Rappelé par Mireille Jouve. Débats au Sénat. 2 février 2017

142 Chantal Monteiller, La rebelle caustique. In : Célyne Baÿt- Darcourt, Femmes d’exception. Tallandier. France Infos. 252p. 2012. p.192

143 France Culture, Jeanne Moreau, l’unique. 1928-2017. 17 octobre 2018

144 France Culture, Collège de France, Bénédicte Savoy. Histoire transnationale des musées en Europe. 18 juin 2018

145 Mémoires, souvenirs et journaux de la Comtesse d’Agoult I. (Daniel Stern). Le Temps retrouvé. Mercure de France. 430p. 1990. p.110

146 In, Correspondances conjugales. 1914-1918. Dans l’intimité de la grande guerre. Robert Laffont. 1061 p. 2014. p.496

147 Marie-Hélène Luiggi, Marie-Louise Girod. La dame d’En Haut. Montauban, Impr. Lormand, 166p. 2003. p.35

148 Arte, Karajan dirige la 5ème symphonie de Beethoven. 26 juin 2016

149 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.146

150 Voltaire, Correspondance. XII. (janvier 1775-juin 1777). La Pléiade. 1361p. 1987. p.591, 592, 604

151 In : Préface de Madame de Staël. De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p.39

152 Madame de Staël, De l’Allemagne. II. Garnier Flammarion 316p. 1968. p.75, 89

153 Léon Daudet, Souvenirs et polémiques. Robert Laffont. 1398p. 1992. p.64

154 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. 1304p. 2013. p.889

155 A. Jourcin et Ph. Van Tieghem, Dictionnaires des femmes célèbres. Collection : Les dictionnaires de l’homme du XXème siècle. Larousse. 256p. 1969. p.6

156 Edgard Morin, La Lettre, IMEC. N° 12, automne 2010. p.20-21. Cité dans François Dosse, Castoriadis. Une vie. La Découverte. 532p. 2014. p.349

157 Sami Nair, Le penseur Libre. Libération. 29 décembre 1997. Cité dans François Dosse, Castoriadis. Une vie. La Découverte. 532p. 2014. p.506

158 TV5. Monde. Europe. 5 avril 2018

159 Les Cahiers du comte Kessler, Grasset. 307p. 1972. p.286

160 Anaïs Nin, Journal. 1939-1944. Le livre de poche. 508p. 1971. p.392

161 France Culture, L’année 1964. (4/4). 27 juillet 2018

162 Les Inrocks, #Not surprised Les femmes de l’art contemporain unies contre le harcèlement sexuel. 30 octobre 2017

163 Le Monde, La justice se penche sur la censure de L’origine du monde par Facebook. 1er février 2018

164 Le Canard enchaîné, Facebook risque une déculottée. 7 février 2018. p.8

165 Pascal Ory, Qu’est ce que l’histoire culturelle ? In, Université de tous les savoirs (Sous la direction d’Yves Michaud). Qu’est-ce que la société ? Volume 3. Éditions Odile Jacob. 897p. 2000. p. 256

166 Le Figaro, Edouard Philippe confirme un pass culture de 500 euros pour les jeunes. 4 juillet 2017

167 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.217

168 Le Canard enchaîné, La facture escamotée du Pass Culture. 11 juillet 2018. p.2

169 La nouvelle Vague. Petite anthologie des Cahiers du cinéma. III. Cahiers du cinéma. 314p. 2001. p.44, 45. Geneviève Sellier, In : La nouvelle Vague. Un cinéma au masculin singulier, présente ce même échange légèrement différemment coupé. CNRS. Éditions. 217p. 2005. p.150

170 Tolstoï, Anne Karénine. La Pléiade. 1630 p. 1951. p. 45

171 Noel Burch, Geneviève Sellier, La drôle de guerre des sexes du cinéma français. 1930-1956. Nathan Université. 1996. 400p.

172 Geneviève Sellier, La nouvelle Vague. Un cinéma au masculin singulier. CNRS. Éditions. 2005. 217p.

173 Le Monde, Le cinema doit mettre d’avantage de femmes de plus de 50 ans à l’écran. 13 mai 2018

174 Fernando Pessoa, 1932, Poesias Inéditas (1930-1935) - Ediçoes Atica, 1942. In, Le bonheur est dans le pré. Poètes de langue Portugaise. Fernando Pessoa

175 Médiapart, Le cinéma est politique: Conversation Costas-Gravas - Varoufakis. 18 octobre 2017

176 Antonio Gramsci, Lettres de prison. Collection Témoins. Gallimard. 620p. 1971. p.192

177 In, Pierre Desgraupes, Le mal du siècle. Grasset. 346p. 1977. p.250

178 Jacques Prévert, Choses et autres. Folio. 265p. 1980. p.97

179 Élisée Reclus, L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique. In : Écrits Sociaux. Feuilles d’herbe. Editions Héros-Limite. 251p. 2012. p.56

180 Erich Maria Remarque, À l’Ouest, rien de nouveau. Le livre de poche. 243p. 1967. p.218

181 Télérama, Qui est Frank Rister, le très politique ministre de la culture ? 16 octobre 2018

182 Le Canard enchaîné, Anne Sophie Mercier. Franck Riester, le copain d’avant. 24 octobre 2018. p.7

183 France Culture, Le temps des écrivains. Orhan Pamuk. 13 juillet 2018

184 France Culture, L’esprit public. 4 novembre 2018

185 Le Monde, Centenaire du 11 novembre. Macron, en quête de ‘héros’ pour la France. 5 novembre 2018

186 George Sand, Œuvres autobiographiques. I. Histoire de ma vie, La Pléiade. 1418p. 1978. p.806, 807

187 George Sand, Œuvres autobiographiques. II. Histoire de ma vie, La Pléiade. 1638p. 2001. p.107

188 TV5 Monde, Le tour [cycliste] du Burkina Faso. 5 novembre 2017

189 Ryszard Kapuscinski, Le Shah. Flammarion. 241p. 2010. p.94

190 France Culture, Leçon inaugurale de Bénédicte Savoy : Objets du désir. Désirs d’objets. 23 novembre 2017

191 Victor Serge, Carnets (1936-1947]. Agone. 836p. 2012. p.205

192 In : Jean Lacouture, Léon Blum. Points. Histoire. 616 p. 1979. p.17

193 Victor Serge, Carnets (1936-1947]. Agone. 836p. 2012. p.314

194 Jacques Séguéla, Fils de pub. Flammarion. 297p. 1984, p. 242 et 239, 240

195 Jacques Pévert, Choses et autres. Folio. 270p. 1975. p. 213

196 Stendhal, Lettres à Pauline. L’école des lettres. Seuil. 1994. 645p. p.326

197 Stendhal, De l’amour. Paris, Michel Lévy Frères. 375p. 1857. p.215

198 George Sand, Œuvres autobiographiques. I. Histoire de ma vie, La Pléiade. 1470p. 1978. p.724

199 Gérard Mordillat, Le spectateur impatient. Le Monde Diplomatique. juillet 2018 .p.28 

200 Daniel Toscan du Plantier, «Bouleversifiant». Seuil. 205p. 1992. p.187 et 56

201 Astolphe de Custine, Lettres à Varnhagen. Stalkine Reprints. Genève. 1979. 509p. p.123

202 Hélène Berr, Journal. Points. Tallandier. 329p. 2009. p.229

203 Tristan Tzara. In : Madeleine Chapsal, Les écrivains en personne. 10 / 18. 316p. 1973. p. 295, 296, 2998

204 Stéphane Hessel, Danse avec le siècle. Souvenirs. Points. 409p. 2011. p.43

205 In : Cinéast(e-s. Julie Gayet. 2015

206 Rahel Varnhagen, Lettre à Alexandre von Marwitz. 23 novembre 1811. Cité dans Marie-Claire Hook-Demarle, La femme au temps de Goethe. Stock. 378p. 1987. p.197. + Cf. une autre date, une autre traduction, un autre destinataire de ce texte dans, Hannah Arendt, Rahel Varnaghen. La vie d’une juive allemande à l’époque du romantisme. Tierce. Littérales II. 382p. 1986. p.288

207 Astolphe de Custine, Lettres à Varnhagen. Stalkine Reprints. Genève. 1979. 509p. p.452

208 France Inter, Remède à la mélancolie. Christian Vincent : ‘La mélancolie est un luxe d’oisif’. 15 avril 2018

209 Libération, La rétro Polanski s’ouvre sous les huées. 30 octobre 2017

210 Voltaire, Correspondance. I. (1704-1738). La Pléiade. 1735p. 1964. p.597

211 Voltaire, Correspondance. I. (1704-1738). La Pléiade. 1735p. 1964. p.971

212 Voltaire, Correspondance. I. (1704-1738). La Pléiade. 1735p. 1964. p.1000

213 Voltaire, Correspondance. II. (janvier 1739-décembre 1748). La Pléiade. 1814p. 1977. p.350

214 Voltaire, Correspondance. III. (janvier 1765-décembre 1753). La Pléiade. 1534p. 1975. p.303

215 Voltaire, Correspondance. III. (janvier 1765-décembre 1753). La Pléiade. 1534p. 1975. p.504

216 Voltaire, Correspondance. III. (janvier 1765-décembre 1753). La Pléiade. 1534p. 1975. p.774

217 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.392

218 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. P.636

219 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.724

220 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.13, 416

221 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.544

222 Toutelaculture.com, Interview de Aby M’ Baye, La barbe à Cannes : interview d’un groupe d’action féministe. 24 mai 2012

223 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p. 10

224 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p.152

225 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.46, 47

226 Ciné Classique, 12 juillet 2014

227 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.47

228 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.48

229 Marie-Pas-Claires, Hystériques et fières de l’être ! Parole de lesbiennes. 128p. 1997. p.23

230 Mélina Mercouri, Je suis née Grecque. Le livre de poche. 318p. 1974. p.181

231 France Culture, Jules, Jim et Kathe. Un pur amour à trois. (Rediffusion.23 décembre 2014 d’une émission réalisée en mai 1990)

232 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.173

233 Cité dans Geneviève Sellier, La Nouvelle vague. Un cinéma au masculin singulier. CNRS. Éditions. 217p. 2005. p.55

234 La nouvelle Vague. Petite anthologie des Cahiers du cinéma. III. Cahiers du cinéma. 314p. 2001. p.145

235 Le Monde, Jean Luc Douin, L’affaire Josey Aimes, La rédemption d’une femme de principe. 7 mars 2006

236 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p.314

237 Georges Sadoul, Dictionnaire des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.27, 28

238 Hervé Gattegno, Anne-Cécile Sarfati, Femmes au pouvoir. Récits et confidences. Stock. 402p. 2007. p. 217

239 Jean Renoir, Propos enregistrés pour la télévision. Jean Renoir. Entretiens et propos. N° spécial des Cahiers du cinéma. 1979. Cité par Wikipédia.

240 Noël Burch et Geneviève Sellier, La drôle de guerre des sexes du cinéma français. Nathan Université. 399 p. 1996. p.36

241 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p. 81

242 Antonin Arthaud, Œuvres. Quarto. Gallimard. 1787p. 2007. p.1726

243 Jean Tulard, Le Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z, 1479p. 1995. p.172

244 Jean Tulard, Le Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z, 1479p. 1995. p.170

245 Jean Tulard, Le Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z, 1479p. 1995. p.378

246 Cité par George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.232

247 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990.p. 166

248 Noël Burch et Geneviève Sellier, La drôle de guerre des sexes du cinéma français. 1930-1956. Nathan Université. 399p. 1996. p.296 à 302

249 Les Cahiers du cinéma, N°166-167. Mai-Juin 1965.

250 Revue Jeune cinéma, N° 5. Rencontre avec René Allio, à propos de le vieille dame indigne. Février 1965

251 Claire Simon, Les Cahiers du cinéma. N° 482 (date à retrouver)

252 Philippe Azoury, Libération. Maria Schneider se dérobe. 4 février 2011

253 Georges Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.91

254 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p.34

255 Arte, Le diabolique dicteur Mabuse. 27 juin 2016

256 Georges Sadoul, Dictionnaire des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.189

257 France Culture, LSD. Écrire l’amour. La rencontre. 19 février 2018

258 Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z, 1479p. 1995. p.1274

259 Marie-Pas-Claires, Hystériques et fières de l’être. Paroles de lesbiennes. Mizoguchi Miso, 128p. 1997. p. 62 à 66

260 Edgar Morin, Les stars. Le temps qui court. Le Seuil. 187p. 1957. p.109, 116

261 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p. 109

262 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p.185

263 Le Monde. Quand Sean Connery en avait marre de jouer à James Bond. 19 Septembre 2009

264 Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z, 1479p. 1995. p.1052

265 Julien Green, Les années faciles. 1926-1934. Plon. 582p. 1970. p.105

266 Le Figaro, Une percée dans le septième art iranien. 7 juin 2017


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