Langage
 Marie-Victoire Louis

Culture

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 12/07/2020
date de publication : 12 juillet 2020
mise en ligne : 12/07/2020
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À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 11.331 items et 23 rubriques : I. « Culture » (566) ; II. Droit (196) ; III. Êtres humains (576) ; IV. Corps (288) ; V. Enfants (156) ; VI. Femmes (1691) ; VII. Hommes (712) ; VIII. Relations entre êtres humains (431) ; IX. Famille (371) ; X. Féminisme (353) ; XI. Justice (536) ; XII. Langage (692) ; XIII. Patriarcat (460) ; XIV. Penser (929) ; XV. Politique (1362) ; XVI. Pornographie (107) ; XVII. Proxénétisme (261) ; XVIII. « Sciences » sociales (360) ; XIX. Démographie (36) ; XX. Économie (491) ; XXI. Histoire (285) ; XXII. Sexes [Sexualité, Sexisme…] (135) ; XXIII. Violences (336) … et continuera d’évoluer.

12 juillet 2020

I. « Culture »

En noir, items ‘nouveaux’ (et modifiés)

I. « Culture » : Culture (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13) ; Culture (Accord culturel Franco-Saoudien) ; Culture (Akerman Chantal) ; Culture (Algérie) (1, 2) ; Culture (Androgyne) ; Culture (Arabe) (1, 2) ; Culture (Aragon Louis) (1, 2, 3) ; Culture (Archives) ; Culture (Argent) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4 , 5, 6, 7, 8) ; Culture (Aron Jean-Paul) ; Culture (Art) ; Culture (Artiste) (1, 2) ; Culture (Artifice) ; Culture (Artifices) ; Culture (Attali Jacques) ; Culture (Aznavour Charles) ; Culture (Barbie Klaus) ; Culture (Barrault Jean-Louis) ; Culture (Baudelaire) (1, 2) ; Culture (Beauté) (1, 2, 3) ; Culture (Breker Arno) ; Culture (Berdiaev Nicolas) (1, 2, 3, 4) ; Culture (Bernhard Thomas) ; Culture (Beausson-Diagne Nadège) ; Culture (Berling Charles) ; Culture (Bibliothèque nationale de France. BNF) ; Culture (Blum Léon) ; Culture (« Bon goût ») (1, 2, 3) ; Culture (Bourgeoisie) ; Culture (Bredin Jean-Denis) ; Culture (Breton André) ; Culture (Budget) ; Culture (Buffet Marie-George) ; Culture (Busnel François) : Culture (Butor Michel) ; Culture (Capital culturel) ; Culture (Caron Jean-François) ; Culture (Castoriadis Cornelius) ; Culture (Céline) ; Culture (Censure) (1, 2) ; Culture (Chansons d’amour) ; Culture (Chaplin Charles) ; Culture (Classes dominantes) (1, 2) ; Culture (Colonialisme) ; Culture (Comédie Française. 2017) ; Culture (Comment ?) ; Culture (Compréhension) ; Culture (Comte-Sponville André) ; Culture (Confiture) ; Culture (Consommation) ; Culture (Coronavirus) (1, 2, 3) ; Culture (Courier Paul-Louis) ; Culture (Critique) (1, 2, 3) ; Culture (Cuisine) ; Culture (Dali Salvador) ; Culture (Delluc Louis) ; Culture (Destruction de la Colonne Vendôme. 1871) ; Culture (Saccage de l‘Arc de triomphe. 2018) ; Culture (Domination masculine) (1, 2) ; Culture (Dürer) ; Culture (Édition) (1, 2, 3, 4, 5) ; Culture (Émission culturelle) ; Culture (Émotions) ; Culture (Enfants) ; Culture (« Engineering culturel ») ; Culture (Ernaux Annie) ; Culture (Erner Guillaume) ; Culture (Europe) ; Culture (« Esthétique ») ; Culture (Étatique) ; Culture (Fascisme) ; Culture (Féministe) (1, 2) ; Culture (Femmes. Artistes) ; Culture (Femmes. Iran. 2018) ; Culture (Femmes. Russie. XVIIIème siècle) ; Culture (Ferrante Elena) ; Culture (Ferry Luc) (1, 2) ; Culture (Festival de Cannes) (1, 2) ; Culture (Fielding Henry) (1, 2) ; Culture (Film) ; Culture (Films d’horreur) ; Culture (Fitz-James. Madame de) ; Culture (France Culture) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8) ; Culture (Flagornerie) ; Culture (Forestier Sara) ; Culture (Française) ; Culture (Frédéric II de Prusse) (1, 2) ; Culture (Frémaux Thierry) ; Culture (Gabin Jean) ; Culture (Galey Matthieu) ; Culture (« Générale ») ; Culture (Génies) ; Culture (Gide André) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Culture (« Gilets jaunes ») (1, 2) ; Culture (Giroud Françoise) ; Culture (Goebbels Joseph) ; Culture (Guéhenno Jean) ; Culture (Guerre) ; Culture (Guerrilla girls) ; Culture (Guilloux Louis) ; Culture (Hegel) ; Culture (Heanel Adèle) ; Culture (Herriot Édouard) ; Culture (Histoire) ; Culture (Hollywood) (1, 2) ; Culture (« Homme cultivé ») ; Culture (Hugo Victor) (1, 2) ; Culture (Illectronisme) ; Culture (Illettrisme) (1, 2) ; Culture (« Inculture ») (1, 2) ; Culture (Industrie) ; Culture (Intellectuel) ; Culture (Internationale) ; Culture (Invraisemblances) ; Culture (Jaurès Jean) ; Culture (Jouvet Louis) ; Culture (Justice) ; Culture (Kateb Yacine) ; Culture (Kahn Jean-François) ; Culture (Kazan Elia) ; Culture (King-Kong Théorie) ; Culture (Laffont Isabelle) ; Culture (Jack Lang) (1, 2, 3, 4) ; Culture (Laporte Arnaud) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9) ; Culture (Laskine Lily) ; Culture (Léautaud Paul) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4) ; Culture (Lessing Doris) ; Culture (Liberté d’expression) (1, 2) ; Culture (Littéraire. Texte) ; Par ordre chronologique Culture (Littérature) (1, 2, 3, 4) ; Culture (Livre) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11) ; Culture (Lukacs Georg) ; Culture (Luminet Jean-Pierre) ; Culture (Luxe) (1, 2, 3) ; Culture (Macron Brigitte) ; Culture (Macron Emmanuel) (1, 2) ; Culture (Maïakovski) ; Culture (« Magique pouvoir de l’art ») ; Culture (Magnard Albéric) ; Culture (Malraux André) ; Culture (Maréchal Marion) ; Culture (« Mauvais goût ») ; Culture (Mécénat) ; Culture (« Mélodrame ») (1, 2, 3, 4) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Culture (Meslot Damien) ; Culture (Messager Annette) ; Culture (Michaux Henri) ; Culture (Michel Louise) ; Culture (Mill Stuart) ; Culture (Miller Alice) ; Culture (Minces Juliette) ; Culture (Mitterrand Frédéric) (1, 2) ; Culture (Montellier Chantal) ; Culture (Moreau Jeanne) ; Culture (Musées) (1, 2, 3) ; Culture (Musique) (1, 2, 3, 4, 5) ; Culture (« Mystère de la création ») ; Culture (Nationalisme) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) ; Culture (Nazie) ; Culture (Nietzsche Friedrich) ; Culture (Nin Anaïs) ; Culture (Nourissier François) ; Culture (# Notsurprised) ; Culture (Occidentale) ; Culture (Opéra) ; Culture (Origine du monde L’) (1, 2) ; Culture (Ory Pascal) ; Culture (Palmade Pierre) ; Culture (Partition de musique) ; Culture (« Pass à 500 euros ») ; Culture (Passion) ; Culture (Patriarcale) (1, 2, 3, 4, 5) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35) ; Culture (Pessoa Fernando) ; Culture (Petit chaperon rouge Le) ; Culture (Plaisir) (1, 2) ; Culture (Pléiade La) ; Culture (Plenel Edwy) ; Culture (« Populaire ») ; Culture (Gramsci Antonio) ; Culture (« Populaire ». Planchon Roger) ; Culture (Pornographique) ; Culture (Privilège) ; Culture (Prix) ; Culture (Prix Nobel de littérature) (1, 2) ; Culture (Proxénète) (1, 2) ; Culture (Queer) (1, 2) ; Culture (Quincy Jones) ; Culture (Racisme) ; Culture (Radio France) ; Culture (Radio Libre) ; Culture (Ragon Maurice) ; Culture (Rap) ; Culture (Reclus Élisée) ; Culture (Reconnaissance officielle) ; Culture (Remarque Erich Maria) ; Culture (Réprimée) ; Culture (Restaurant) ; Culture (Riester Franck) (1, 2, 3, 4, 5) ; Culture (Romans) ; Culture (Roudinesco Élisabeth) ; Culture (Russie bolchévique) ; Culture (Sand George) (1, 2) ; Culture (Sankara Thomas) ; Culture (Sartre Jean-Paul) ; Culture (Savak) ; Culture (Savoy Bénédicte) ; Culture (Sciences-po) (1, 2) ; Culture (Séguéla Jacques) ; Culture (Serge Victor) ; Culture (Sorbonne) (1, 2, 3, 4) ; Culture (Statues) ; Culture (Stendhal) (1, 2) ; Culture (Style) (1, 2) ; Culture (Sylvestre Anne) ; Culture (« Talents d’agrément ») ; Culture (Télévision) ; Culture (Théâtre politique) ; Culture (« Test de Bechdel ») ; Culture (Toulouse Lautrec Henri de) ; Culture (Toscan du Plantier Daniel) ; Culture (Tragédie) ; Culture (Transmission) (1, 2) ; Culture (Truffaut François) ; Culture (Trump Donald) ; Culture (Tzara Tristan) ; Culture (Utilitariste) ; Culture (Valeur) ; Culture (Van Gogh Vincent) ; Culture (Varda Agnès) ; Culture (Varnhagen Rahel) ; Culture (Vérité) ; Culture (Vincent Christian) ; Culture (Vol) ; Culture (Viol) (1, 2) ; Culture (Voltaire) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11) ; Culture (Walt Disney) ; Culture (Zao-Wou-Ki) ; Culture (Zinoviev Alexandre) ; Culture (Zola Émile) (1, 2, 3) ; Culture (Zweig Stefan) ; (438)

II. « Culture ». Cinéma : Cinéma ; African Queen ; Anna et les loups ; Basic Instinct ; Betty ; Boudu sauvé des eaux ; Boule de Suif ; Brève rencontre ; Captives à Bornéo ; Chemin de croix ; Coup pour coup ; Giant ; Gloria ; Go fish et Gazon maudit ; Gueule d’amour ; Guillaume et les garçons à table ! ; Indiscret ; Ixcanul ; Il était une fois l’Amérique ; Jamais le dimanche ; Je vous trouve très beau ; Jour de colère ; Jules et Jim (1, 2) ; Landru ; L’affaire Josey Aimes ; L’amore ; L’Arnaqueur ; L’Atalante ; L’eau à la bouche ; L’esclave libre ; L’espoir ; L’homme qui aimait les femmes ; L’ivresse du pouvoir (1, 2) ; La belle et la bête ; La chienne (1, 2, 3) ; La cité des femmes ; La coquille et le clergyman ; La dame sans camélia ; La fiancée du pirate ; La mariée était en noir ; La nuit ; La nuit américaine ; La passion de Jeanne d’Arc ; La règle du jeu ; La rivière rouge ; La saison des femmes ; La vérité sur Bébé Donge ; La vieille dame indigne ; La 359ème section ; L’homme qui tua la peur ; Le cas du docteur Laurent ; Le chat ; Le crime de Monsieur Lange ; Le dernier tango à Paris ; Le diable au corps ; Le diabolique docteur Mabuse ; Le journal d’une femme de chambre ; Le lauréat ; Le maître du logis ; Le pickpocket ; Le président ; Le procès de Viviane Emsalem ; Le secret de Brokeback mountain ; Le septième juré ; Le septième voile ; Le violent ; Les belles années de Miss Brodie ; Les drôles de poissons chats ; Les femmes du bus 678 ; Les valseuses ; L’homme qui aimait les femmes ; Louise-Michel ; Ma nuit chez Maud ; Machine Gun Kelly ; Mademoiselle Chambon ; Mizoguchi ; My fair lady ; Monsieur Verdoux (1, 2, 3) ; New York, New York ; Nola Darling n’en fait qu’à sa tête ; Nos femmes ; Odette Toulemonde ; Opening Night ; Onze heures sonnaient ; Pattes Blanches ; Personne ne m’aime ; Prêt à porter ; Quai des orfèvres ; Refugiado ; Salam Bombay ; Sept jours en Mai ; Shadows ; Shanghai Express ; Tant qu’il y aura des hommes ; Tell me lies ; Témoin à charge (1, 2) ; Ten ; The Duchess ; The lunch box ; The Offense ; Thelma et Louise ; Tenue de soirée ; Trains étroitement surveillés ; Un air de famille ; Un amour pas comme les autres ; Un chien andalou ; Un jour nouveau ; Un meurtre sans importance ; Une auberge à Tokyo ; Une journée particulière ; Une si jolie petite plage ; Victoire des femmes (La) ; Vol au-dessus d’un nid de coucou ; Vous ne l’emporterez pas avec vous ; Vulcano ; Winter sleep ; Y aura t-il de la neige à Noël ? ; Zorba le Grec ; (128)

12 juillet 2020 : 566 items

I. « Culture » :

Culture (1) : Qui démontrera comment, pourquoi et par quels processus, le seul emploi du terme de « culture » peut s’avérer en lui-même un véritable repoussoir pour tant de monde ?
Les analyses en termes de classes sociales, en termes de « capital culturel », pour essentielles soient elles, sont insuffisantes.
Et si, plus simplement, la « culture » ne s’était jamais clairement dissociée de la société injuste dont elle est issue ?
Et si, dès lors, la « culture », malgré elle ou non, malgré tout ceux et celles qui se sont évertuées à en dénoncer l’impérialisme, ne continuait-elle pas à porter, les traces de ses origines, celles liées à la force, aux pouvoirs, aux puissants ?
Et si alors la « culture » n’était-elle pas d’abord et avant tout celle que l’on conquiert par soi-même, et donc peu ou prou contre celle dont on ressent plus ou moins clairement que l’on veut nous l’imposer ? Le rejet, le refus de l’école ne s’explique-t-il pas si souvent ainsi ?
Et si la « culture » ne pouvait qu’avoir une signification en tant que création par soi, engagement de soi, ce qui signifierait la disparition du terme en tant que ‘concept’ ? Dès lors, si l’on prolonge cette hypothèse, chaque expression de ce qui est défini comme relevant de l’œuvre de la culture, sinon dépossèderait ceux et celles auxquelles elle est présentée de leurs propres potentialités, du moins les ferait défier de leur capacité à pouvoir exprimer leur perception personnelle ?
* Ajout. 5 octobre 2015. Écouter notamment Patrick Laupin (son antiféminisme exclu), ce jour, découvert. 1

Culture (2) : À un tel niveau d’abstraction que pose la question de la signification du terme de « culture » et donc de l’emploi de ce terme, fusse-t-il employé au pluriel, il ne peut exister de réponse à cette question. Néanmoins [se] la poser à chaque référence ponctuelle de son utilisation, peut sans doute aider à mieux approcher de certains éléments de sa critique. (Cf. Penser. Pensée. Abstraction)

Culture (3) : Comment continuer à vanter « la culture », ou plus simplement à s’y référer, c’est ignorer, considérer comme secondaire, ce que « la culture », ce que les livres, ce que l’écrit ont imposé de déférence, voire de terreur, sans oublier toutes les justifications de l’injustifiable.

Culture (4 ) : Il /elle était jugé-e « cultivée-e » Et alors ?

Culture (5) : Il n’est pas nécessaire d’être « cultivé-e » pour êtes sensible à la « culture ».

Culture (6) : (14 mai) 2019. Entendu hier l’expression : « avoir un capital culturel élevé ». 2 (Cf. Économie)

Culture (7) : Ne jamais oublier que « la culture », « l’intelligence », « les Lumières », « l’humanisme » [de ‘l’Occident’] ont été construits sur le mépris et la domination de l’immense majorité de la population du monde.
* Ajout. 18 décembre 2016. N’y a-t-il pas aussi « culte » ?

Culture (8) : Trop nombreuses sont les personnes qui nomment « beauté » ce qu’ils considèrent comme telle ; nomment « bon goût », celui qu’on leur a inculqué ; « culture », la leur. (Cf. Culture. « Bon goût»)

Culture (9) : Il y a la culture des fraises (à Plougastel), des affaires [manifestation des juges du 23 octobre 1990], socialiste (de gouvernement), de son jardin (comme Voltaire), de la conciliation (à l’école), du mystère (à Cuba, dans les années soixante), pénitentiaire, de la mafia (Corse, Sicilienne, Calabraise, Russe, française…), du ‘milieu’, proxénète, d’entreprise (en opposition à la lutte des classes), de masse (en opposition à la culture populaire), de la survie (à bord du Titanic), du bordel (régulièrement revivifiée par les médias), du ghetto (souvent critiquée), de l’étrange (qui permet de légitimer quasiment n’importe quoi), de la paresse (politiquement initiée par Paul Lafargue [1842-1911]), des Arts (dits « premiers »), de la rue (pour ceux et celles qui n’ont rien de mieux), chrétienne (de l’Europe), du foot (en banlieue, dans le monde), « de la sécurité » (pour Manuel Vals) 3, du viol (au Sénat) 4, de la police et du renseignement (nécessaire à un premier ministre), de la guerre, djihadiste, de l’enfermement (psychiatrique), de « l’appel d’offre » qui remplace celle de « la subvention » [France Culture], …
La culture peut être juive, cow boy, paysanne, bourgeoise, sourde (ou des sourd-es ?), protestante, populaire, prolétaire, marxiste, féminine, féministe, porno, geek, gore, républicaine, politique…
La culture peut être traditionnelle, livresque, surfaite, frondeuse, superficielle, générale, élitiste, artistique, partagée, passéiste, exotique, surfaite…
- De quoi est faite celle que l’on nous présente comme telle ?
- La moins reconnue comme telle est sans doute la culture de la résistance, du refus, de la lutte, de la contestation, de la colère… (Cf. Langage)

Culture (10) : Dans culture, il y a « cul ». 5 Toute référence - dite culturelle - au « cul » - devenu synonyme de « sexe », puis, le distinguo n’étant pas secondaire, de « personne », d’« être humain » - devient dès lors, faute d’explicitation, de facto une légitimation du proxénétisme.
Je pense notamment à la rubrique « Les 400 culs » de Libération. (Cf. Êtres humains, Politique. Médias, Proxénétisme, Sexes […])

Culture (11) : La culture, sans mythifier le mot, ce n’est pas se remplir la tête, ce n’est pas se changer les idées…

Culture (12) : « Ce n’était pas la culture de l’époque » a-t-on souvent entendu pour justifier les violences exercées sur des femmes : outre le fait que le temps ne justifie ni n’absout rien, ni personne, que c’est n’accorder aucune valeur à la réparation due aux victimes, c’est aussi nier toute l’histoire des femmes, des féministes. (Cf. Hommes, Patriarcat, Histoire, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Culture (13) : (21 mai) 2020. Sur France Culture, on évoque « les internautes français sondés qui déclarent consommer des biens culturels dématérialisés ». (Cf. Économie)

Culture (Accord culturel franco-Saoudien) : (9 avril) 2018. Signature d’« accords de coopération culturelle entre la France et le Royaume d’Arabie Saoudite ». On lit dans le communiqué officiel :
« La ministre a valorisé auprès de son homologue saoudien l’expertise française dans le secteur culturel et marqué la disponibilité de la France à travailler avec les autorités saoudiennes sur ces sujets. »
- Il y est, en sus, notamment question d’« actions en faveur de la jeunesse, du soutien à l’éducation artistique et culturelle et à la formation des jeunes professionnels» […] avec l’Opéra de paris, « d’accompagner les saoudiens dans la création d’un orchestre national », […] avec la Femis [École supérieure de l’image et du son], d’« accueillir de jeunes aspirants cinéastes saoudiens pour un programme de formation », […] avec l’INA [Institut national de l’audiovisuel], « d’accueil des professionnels saoudiens. » 6 (Cf. Droit. Droit des femmes. Arabie Saoudite, Politique. État. Expertise))

Culture (Akerman Chantal) : 2013. Chantal Akerman [1950-2015], à l’occasion de la sortie de son livre, Ma mère rit, se souvient :
« [...] Quand j'étais petite, au lycée, on m'a écrit sur ma première rédaction : ‘style populaire’. Et le prof a vite lu une (autre) rédaction. J'ai trouvé que c'était nul. Il y avait des grandes comparaisons…tout ça…J'ai dit : c'est ça ! Et je voulais déjà écrire…et j'étais vraiment blessée à mort qu'elle ose écrire sur ma rédaction : ‘style populaire’. Je me suis dit : tiens, c'est ça la littérature ! Et puis je lui ai écrit une rédaction en moquant et je pensais : là, j'écris vraiment de la merde ! Et, là, elle m'a mis 19 sur 20. Je me suis dit : ‘C'est fini, plus jamais je n'y mettrais (dans mon écriture) ce que le formatage de la belle langue induit. J'écrirai comme je le sens et de la manière dont je le sens’. » 7

Culture (Algérie) : (3 avril) 2019. Lu une pancarte écrite par un manifestant Algérien a Alger
: « Vous avez des lacrymos, j’ai des livres à gogos. » 8

Culture (Algérie) (2) : (29 novembre) 2019. Lu dans un article du Monde Diplomatique, Hirak, le réveil du volcan algérien :
« Les habitants de la petite ville côtière d’Aokas (Est), pour protester contre l’interdiction d’une rencontre littéraire, sont descendus dans la rue, un livre à la main. » 9

Culture (Androgyne) : (20 juin) 2020. Martin Provost, sur France Culture, présentant son dernier film, « réjouissante comédie sur la libération de la femme », auteur de :
« La culture est androgyne. » 10

Culture (Arabe) (1) : 2019. 2 postes ouverts à l’agrégation d’arabe, 6 au CAPES.
Et cela dure depuis des années…. (Cf. Politique)

Culture (Arabe) (2) : (20 septembre) 2019. Sur France Culture, dans Les chemins de la philosophie, Ali Benmakhlouf, professeur de philosophie, après avoir évoqué sa jeunesse, ses études au Maroc, après qu’il eut dit qu’avant 10 ans il ne parlait pas français, la question qui lui fut posée fut :
« Vous parliez quelle langue ? » 11

Culture (Aragon Louis) (1) : 1948. Louis Aragon [1897-1982], dans Les voyageurs de l’impériale, auteur de : « La peinture, c’est toute de même un reflet de la vie. Or, croyez-vous, beau-frère, qu’on puisse être content de la vie à l’heure qu’il est ? Vous êtes content de la vôtre ? Bon. Alors, comment se satisferait-on de la peinture ? » 12

Culture (Aragon Louis) (2) : 1948. Louis Aragon [1897-1982], dans Les voyageurs de l’impériale, présente l’île de Murano (proche de Venise) :
« Cette île des verriers d’où sortent ces choses soufflées et dorées, ces perles folles, ces fleurs délirantes, ces lustres et ces glaces, ces bougeoirs de sucre candi et ces berlingots de rêve. Rien de plus délabré, de plus misérable, de plus lépreux que Murano. À la pitié des murs s’ajoute la misère humaine, la dégradation du travail, la phtisie universelle, la déchéance des enfants, l’exsangue d’une race épuisée par le soufflage. » […] « un bagne industriel ». 13

Culture (Aragon Louis) (3) : 1965. Pourquoi faut-il lire, sur le livre lui-même, concernant La mise à mort d’Aragon que ce « roman pourrait aussi être le roman de la pluralité de la personne humaine, celui de la création romanesque ou le roman du romancier », alors qu’il s’agit d’une évidente incohérente et incompréhensible logorrhée ?
Par stupide respect de « la littérature » ? de l’homme ? Parce que sa renommée permet encore, sur son seul nom, de vendre ses livres ? 14

Culture (Archives) : Cf. Histoire. Archives.

Par ordre chronologique. Culture. Argent :

Culture (Argent) (1) : (22 janvier) 1933. André Gide [1869-1951], dans son Journal, écrit :
« Je lis telle mauvaise page d’un auteur, d’autre part, fort médiocre. Pourquoi écrit-il cela ? La réponse est simple : le besoin d’argent le presse ; il a pris des engagements et doit fournir de la copie. » 15
N.B. Faut-il préciser ici que nul-le ne peut bien évidement être, incarnée, réduit-e aux citations, néanmoins signifiantes (privilégiées comme telles), accolées à leur nom ?

Culture (Argent) (2) : Orson Welles [1915-1985] (sans source, sans date) auteur de :
« Le cinéma, c’est 2 % de création et 98 % de prostitution », ce constat étant par ailleurs un jugement triste et sévère sur sa vie de cinéaste. 16 (Cf. Proxénétisme)

Culture (Argent) (3) : 1990. Lu dans le Dictionnaire des cinéastes de Georges Sadoul concernant Louis Aubert [1878-1944] :
« Pionnier de l’industrie, comme exploitant, distributeur, producteur, il suivit toujours sa devise : ‘Le cinéma, c’est très simple, deux tiroirs, l’un pour les recettes, l’autre pour les dépenses.’ » 17
Faux bien sûr, mais publié afin de ne pas oublier, sous couvert de ‘culture’, le rôle qu’y joue l’argent. (Cf. Économie)

Culture (Argent) (4) : 1990. Lu dans le Dictionnaire des cinéastes de Georges Sadoul concernant Alexandre Astruc [1923-2016] :
« Comme jeune critique, il avait, en 1948, défini les servitudes du cinéma : […] Les vrais auteurs des films sont les producteurs. Pour un auteur […] tous les sujets sont pris par la bande. Imaginez Mallarmé [1842-1898] obligé de se déguiser en Béranger [1780-1857] pour rassurer son monde. » 18
D’où la force du cinéma dit d’auteur-e, indépendant, et le plus souvent non diffusé.

Culture (Argent) (5) : 1990. Alfred Hitchcock [1899-1980], auteur de :
« Une production, c’est beaucoup d’argent, l’argent des autres. Et ma conscience me dit qu’il faut mettre une sourdine pour qu’ils puissent rentrer dans leur argent. [...]
Un cinéma, c’est comme un écran devant un tas de fauteuils qu’il faut remplir. [...] » 19 (Cf. Économie)

Culture (Argent) (6) : 1990. Christine Pascal [1953-1996], dans le Dictionnaire des cinéastes, concernant notamment son film, Félicité, auteure de :
« Habituellement, dans les films, l’argent est en vitrine ; les piscines, les belles voitures, les putes en fourrures… l’argent est cinématographique. Il existe de façon concrète au cinéma, alors je le montre : on parle d’argent, l’argent circule… avec tout cet argent donné et repris, ce sont aussi les sentiments qui circulent. » 20 Certes, mais… (Cf. Proxénétisme)

Culture (Argent) (7) : (9 mars) 2017. Entendu :
« La culture, ça coûte cher ». (Cf. Économie)

Culture (Argent) (8) : Je n’ai pas souvenir au cours des innombrables émissions de France Culture confiées depuis si longtemps à Arnaud Laporte que celui-ci ait abordé la question du prix des livres, des BD, des œuvres d’art, des places de concerts, de cinéma, de musées qu’il évoque quasi quotidiennement.
Hors sujet, jugé secondaire sans doute, ou malséant… (Cf. Culture. France Culture. Laporte Arnaud, Économie)

Culture (Aron Jean-Paul) : 1984. Jean-Paul Aron [1925-1988], dans Les modernes, auteur de
: « […] Telle société, telle pensée. La culture renvoie à des codes unifiés la cuisine des Indiens d’Amérique et leurs pratiques matrimoniales, les pastiches de Proust et les silences de Mallarmé, la folie, les œuvres d’art et jusqu’au matérialisme dialectique. » 21
Il serait aisé d’adapter ces exemples à notre aujourd’hui.

Culture (Art) : Andreï Tarkovski [1932-1986] :
« Je n’ai jamais cru en l’art. » 22

Culture (Artifice) : [rédigé après l’item précédent] La littérature, et plus largement l’art, est, en soi, un artifice ; terme en rien pour autant, dénégateur. Et ce, quelle soit qualifié de fictive, réaliste, ésotérique, familière, autobiographique, mystique, surréaliste…

Culture (Artifices) : 1761. La Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau [1712-1778] : que d’artifices, et pourtant, quel chef d’œuvre… Pour moi…
* Ajout. novembre 2012. Au terme de la lecture des Contre-Confessions de Madame d’Épinay [1726-1783], 23 je suis un peu moins catégorique concernant les qualités de La Nouvelle Héloïse.
* Ajout. 10 octobre 2018. Jugement indépendant de toute prise en compte de des relations entre Rousseau et Madame d’Épinay. Néanmoins la découverte (tardive) des réécritures de ce livre - que certains nomment les « pseudo mémoires de Madame d’Épinay » - en fonction notamment de ce que Rousseau écrivit dans Les confessions oblige à relire ce livre aussi à cette aune.
* Ajout. 29 mars 2018. Voltaire [1694-1788] juge La Nouvelle Héloïse [de Jean-Jacques Rousseau. 1712-1778] - qu’il nomme, l’identifiant à son auteur : « son Héloïse » - de « pitoyable ». 24 (Cf. Relations entre êtres humains. Injure. Haine, Langage. Possessif)

Culture (Artiste) (1) : 1855. George Sand [1804-1876], dans son Histoire de ma vie, auteure de
: « [Enfant] J’étais déjà artiste, artiste dans ma spécialité qui est l’observation des personnes et des choses […]. » 25 (Cf. Femme. Artiste. Écrivaine)

Culture (Artiste) (2) : 1961. Witold Gombrowicz [1904-1969], dans son Journal, auteur de :
« La différence entre l’artiste et le savant, c’est que l’artiste veut être lui-même. » 26

Culture (Attali Jacques) : (8 octobre) 2018. Jacques Attali, auteur de :
« La mobilité sociale du capital culturel [qui] est fondamentale est en train de se réduire » : ? 27 (Cf. Économie)

Culture (Aznavour Charles) : Charles Aznavour [1924-2018], auteur de :
« Il faut que je fasse très attention à ma politique internationale. » 28 (Cf. Politique)

Culture (Barbie Klaus) : 2009. Daniel Gonin fut le médecin, puis l’expert psychiatre de Klaus Barbie [1913-1991] avant le procès au cours duquel il fut condamné à perpétuité pour « crime contre l’humanité » raconte :
« J’étais excédé par ses leçons de morale, cette position de mépris dans laquelle il mettait les Français et plus généralement tous ceux qui n’étaient pas Allemands. »
- Un jour, une discussion a lieu autour de L’Iliade d’Homère que Klaus Barbie lisait dans une édition bilingue Grec-Allemand et dont il lui dit qu’il s’agit « de textes que vous ne connaissez pas car votre génération en France ne s’y est plus jamais intéressée. » Daniel Gonin poursuit :
« […] J’ai eu une réaction d’orgueil […] et j’ai lu le Grec sans difficulté. Il y eut un moment de flottement entre nous et, à partir de là, son attitude changea vis-à-vis de moi. Ce fut comme s’il me reconnaissait comme un Européen digne de l’héritage aryen dont la Grèce était pour l’Europe le berceau relais. Son attitude a imperceptiblement changé […] .
J’ai eu les preuves que Klaus Barbie était depuis ses commencements un homme ordinaire […]. » 29 Un homme ordinaire ?

Culture (Barrault Jean-Louis) : 1975. Jean-Louis Barrault [1910-1994], dans Comme je le pense, auteur de :
« Le rôle de la culture est [donc] de développer le cerveau et d’en faire un terrain fertile.
Elle nous aide donc dans notre marche vers la plénitude de la vie et son accomplissement. […]
Ne vous laissez pas impressionner par les courants intellectuels et par certains enseignants, de quelque bord qu’ils puissent venir.
Ne vous laissez pas embarquer comme des bêtes de foire, par les détours ‘politiques’ de votre génération.
Pensez à vous et à votre préparation, grâce à laquelle cette expédition de quelques années qu’est la vie deviendra pour vous passionnante.
Méfiez-vous des ruses sournoises de la domination. Celle-ci préfèrerait faire de vous des ‘perroquets malappris’ plutôt que de favoriser l’éclosion de gens avec qui elle devrait compter. La domination répugne à se nourrir de nos différences. […]
L’anti-culture est une réaction légitime pour lutter contre la culture falsifiée ; elle ne doit pas être une fausse culture. […]
Le but suprême de la culture est l’indépendance et l’autonomie. Elle ne doit pas être à la vie ce que le potager est à la nature. » 30

Culture (Baudelaire Charles) (1) : Si Baudelaire [1821-1867] n’avait pas exprimé tant de mépris, de haine des femmes, s’il n’avait pas été, à leur égard, si grossier, si mufle, si odieux, et donc si bête, ses qualités d’écrivain auraient-elles été tant vantées ?
Une question - qui ne le concerne pas seul…- que je me suis souvent posée, et à laquelle, il est vrai, j’ai souvent trouvé une réponse : c’est évident. (Cf. Femmes. Intelligentes, Relations entre êtres humains. Haine, Homme. Grossier, Patriarcat. Baudelaire)
- Valable aussi pour Verlaine [1844-1896], Rimbaud [1854-1891]… et tous les autres.
* Ajout. 23 décembre 2017. Et Marcel Proust [1871-1922] si sensible, subtil, raffiné… si féminin… ?
* Ajout. 30 août 2019. Sur France Culture, Fabrice Midal, dans un prise de parole quotidienne intitulée 3 minutes de philosophie pour redevenir humain (sic) intitule son émission :
« Baudelaire : ‘Ne méprisez la sensibilité de personne, la sensibilité de chacun c’est son génie’. » 31 Faut-il interroger une culture insuffisante ou une culture si incontestablement patriarcale qu’elle ne voit pas même ce qui crève les yeux ? (Cf. Culture. France Culture. Patriarcale, Femmes. Intelligentes, Violences)

Culture (Baudelaire Charles) (2) : (9 juillet) 1857. Charles Baudelaire [1821-1867] écrit à sa mère [Madame Aupick. 1793-1871] pour accompagner l’envoi d’un exemplaire « sur papier fil » des Fleurs du mal :
« Vous savez que je n’ai jamais considéré la littérature et les arts que comme poursuivant un but étranger à la morale, et que la beauté et la conception du style me suffit.
Mais ce livre, dont le titre : Fleurs du mal, - dit tout, est revêtu, vous le verrez, d’une beauté sinistre et froide ; il a été fait avec fureur et patience.
D’ailleurs la preuve de sa valeur positive est dans tout le mal qu’on en dit. Le livre met les gens en fureur.
- Du reste, épouvanté moi-même de l’horreur que j’allais inspirer, j’en ai retranché un tiers aux épreuves. - On me refuse tout, l’esprit d’invention et même la connaissance de la langue française.
Je me moque de tous ces imbéciles, et je sais que ce volume avec ses qualités et ses défauts, fera son chemin dans la mémoire du public lettré, à côté des meilleures poésies de V. Hugo, de Th. Gauthier et même de Byron. […] » 32 (Cf. Penser. Morale)

Culture (Beauté) (1) : La beauté ne libère pas du malheur. (Cf. Femmes. Beauté)

Culture (Beauté) (2) : La beauté a-t-elle besoin d’être comprise ? Non.
Expliquée : peut-être. À quelles conditions ? Mais surtout, à quel prix ?

Culture (Beauté) (3) : 1855. George Sand [1804-1876], auteure, dans son Histoire de ma vie, de :
« […] les belles choses portent en elles une impression que subissent souvent ceux mêmes qui ne les comprennent pas. » Optimiste ? 33 

Par ordre chronologique. Culture. Berdiaev Nicolas :

Culture (Berdiaev) (1) : 1935. Nicolas Berdiaev [1874-1948], dans Les sources et le sens du communisme russe, auteur de :
« Toute culture n’est-elle pas acquise au détriment des classes pauvres, qui la payent de leur travail, et ne fait-elle pas porter une responsabilité sur les favorisés qui en jouissent ? » 34 (Cf. Penser, Politique)

Culture (Berdiaev) (2) : 1935. Nicolas Berdiaev [1874-1948], dans Les sources et le sens du communisme russe évoque :
« le schisme historique entre le peuple et les sphères cultivées, la défiance des masses populaires à l’égard de l’intelligentzia. »
Tout en tenant compte du fait que ces termes n’ont ni la même histoire, ni la même signification dans les deux pays, on peut, on doit se poser la question : Qu’en est-il aujourd’hui en France ? Qui peut y répondre ? 35

Culture (Berdiaev) (3) : 1935. Nicolas Berdiaev [1874-1948], dans Les sources et le sens du communisme russe, évoque :
« les écrivains russes du XIXème et du XXème siècle qui ont senti qu’ils ne vivaient pas dans une civilisation aux bases solides. Une perception catastrophique du monde demeure la caractéristique la plus remarquable d’entre eux. Car la culture classique, ferme et bien établie, avec ses cloisons, ses couches différenciées, avec ses normes et son goût des limites, est peu propice aux pressentiments et aux anticipations. La culture crée un bouclier à l’esprit, elle le garde de ces fluides qu’émane l’avenir encore inconnu. » 36 Une grille de lecture à appliquer au monde, notamment occidental, de 2016 (et suivantes...)

Culture (Berdiaev) (4) : 1947. Nicolas Berdiaev [1874-1948], dans son Essai d’autobiographie spirituelle, écrit concernant Kant [1924-1804]:
- « Recouvrir la pensée de Kant d’une écorce scolaire, scolastique, de preuves compliquées m’a toujours inutile, voire nuisible, comme si par cet acte, la pensée géniale du grand philosophe s’en trouvait obscurcie. […]
- Le développement discursif d’une pensée est, par sa nature même, sociologique ; c’est l’organisation de la cognition à l’usage de la banalité sociale. […]
- Toute ma vie, j’ai beaucoup lu. Cependant mes conceptions n’avaient pas pour base ma culture livresque ; elles se nourrissaient d’intuitions de la vie. Grâce à mes lectures assidues, mes pensées gagnèrent en netteté et il me vint des idées qui n’offrant aucune ressemblance avec ce que je lisais. Trop souvent, elles représentaient une réaction négative au texte que je lisais. Ce n’était qu’à mon expérience intime que je devais la compréhension du livre. » 37
- Valable pour beaucoup dans ce que l’on nomme généralement « culture » et/ou qui concerne la pensée « critique ». (Cf. Penser, Philosophie, Sociologie, Histoire)

Culture (Bernhardt Thomas) : 1985. Thomas Bernhardt [1931-1989], dans Maîtres anciens, auteur de de :
« Je me suis faufilé dans l’art pour échapper à la vie. […]. »
- Et Nicolas Boucaud qui, en décembre 2017, met en scène ce livre, cite, à ce propos, une phrase importante, de l’artiste Robert Filliou [1926-1987] :
« L’art, c’est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art. » 38

Culture (Beausson-Diagne Nadège) : (8 mars) 2019. Nadège Beausson-Diagne, initiatrice du hastag Même pas peur pour lutter contre « les abus sexuels dans le cinéma africain» récuse le terme de « réalisateurs » à des hommes - dont certains sont présents au Festival panafricain de Ougadougou [Fespaco] - qu’elle ne considère que comme des « prédateurs sexuels ». 39 (Cf. Langage, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Culture (Breker Arno) : 2019. Il osait, certes timidement, précautionneusement, affirmer qu’il aimait les sculptures d’Arno Breker [1990-1991]. Faute d’oser affirmer ce qu’il pensait en réalité d’Hitler. (Cf. Langage, Histoire)

Culture (Berling Charles ) : (16 juillet) 2019. Charles Berling, afin de justifier son argument selon lequel « le masculin et le féminin sont très emmêlés » et récuser celui qui lui est opposé selon lequel « un homme est un homme et une femme est une femme », auteur de :
« Moi, le gris Beckettien m’a toujours passionné. » 40 (Cf. Patriarcat, Penser. Argument. Pensée binaire)

Culture (Bibliothèque nationale de France. BNF) : (31 janvier) 2019. Déclaration des personnels de la BNF en lutte durant le direct de France Culture :
« Chers auditeurs, chères auditrices,
Nous interrompons votre émission car la Bibliothèque nationale de France, d’où elle est retransmise, est en crise. Nous sommes en grève tous les samedis depuis mai 2018. Nous sommes des titulaires et des précaires de la BnF. Nous travaillons dans un établissement de renom, mais dans des locaux aveugles, voire insalubres. Certain.es enchaînent les CDD depuis des années. Nous sommes même parfois sur la liste d’attente d’un recrutement de fonctionnaires que notre direction refuse d’appeler réellement. Nous nous battons pour être titularisé.e.s toutes et tous. Nous refusons aussi de vous fournir un service au rabais, car la BNF est en manque d’effectif permanent. Depuis 2009, nous avons perdu 290 postes. L’austérité budgétaire et le sous-effectif minent tous les services publics. Nous avons déjà vu nos conditions de travail empirer, et tout ce que propose la direction de la BnF depuis 8 mois est de réduire l’accès à certains services, d’employer des moniteurs étudiants plutôt que des contractuels en CDI, de nous faire travailler plus souvent le week-end. Nous ne nous laissons pas faire !
» 41

Culture (Blum Léon) : 1904. Léon Blum [1872-1950] est chargé de la rubrique « La vie littéraire » de L’Humanité. Parmi les principes de sa collaboration :
« Démontrer le rapport étroit qui rapproche aujourd’hui le mouvement littéraire et l’évolution sociale » :
« Négliger le délaissement fugitif et médiocre pour ne retenir que les textes qui élèvent le débat. » 42

Culture (« Bon goût ») (1) : 1813. Madame de Staël [1766-1817], dans De l’Allemagne, auteure de :
« Le bon goût en littérature est, à quelques égards, comme l’ordre sous le despotisme, il importe d’examiner à quel prix on l’achète. » 43 (Cf. Culture. « Mauvais goût »)
N.B. Madame de Staël précisa dans une note : « supprimée par la censure ». (Cf. Culture. Censure, Politique)

Culture (« Bon goût » ) (2) : 1813. Madame de Staël [1766-1817], dans De l’Allemagne, auteure de :
« Si le bon goût veillait toujours à la porte d’ivoire des songes pour les obliger à prendre la forme convenue, rarement ils frapperaient l’imagination. » 44

Culture (« Bon goût » ) (3) : 1847. Extrait d’un article critique (non signé) dans la presse anglaise de Hurlevent - Wuthering Heights - de Charlotte Brontë [1818-1848] publié l’année de sa parution :
« Il n’empêche que l’ouvrage est déplaisant. Les Bell [pseudonymes masculins d’Anne et d’Emily Brontë] semblent attirés par les sujets pénibles et exceptionnels : les méfaits de la tyrannie, les excentricités de ‘l’imagination féminine’…
Ils n’hésitent pas à s’appesantir sur des actes de cruautés physique dont la vraisemblance est sans doute garantie par les annales de la souffrance et du crime, mais que le bon goût véritable doit se refuser à examiner. »
L’auteur évoque ensuite « le choix de sujets assez malencontreux. » 45

Culture (Bourgeoisie) : Lu : « La culture est tout ce qu’il reste de la bourgeoisie quand le capitalisme a triomphé. » Partiel, mais bien vu. (Poursuivre) (Cf. Économie. Capitalisme)

Culture (Bredin Jean-Denis) : 1997. Jean Denis Bredin, lors du VIIIème Forum Le Monde, Le Mans, intitulé : De quoi sommes-nous responsables ?, auteur de :
« Je me suis efforcé de réfléchir sur ce que l’on appelle souvent, d’un terme péjoratif, le ‘Français moyen’, mais qui incarne peut être la majorité de ceux qui ne sont pas, comme beaucoup d’entre nous, des privilégiés de la culture. » 46
Ceci posé comme assuré, le raisonnement concernant la question posée se poursuit…

Culture (Breton André) : (juillet) 1962. André Breton [1896-1966], interrogé par Madeleine Chapsal sur ses « collections personnelles remarquables » et sur le rôle qu’il a joué « dans la découverte (sic) de certains peintres et l’intérêt porté aux arts primitifs (sic) », répondit :
« J’ai eu de la chance d’avoir cette corde à mon arc. Ma curiosité n’a pas sensiblement décru avec les années. Grande était ma faculté d’enthousiasme et j’étais avide de nouveauté, de rareté, d’étrangeté, de beauté. Dénoué en revanche de toute complaisance envers le quelconque, l’inauthentique, le convenu. On ne m’a jamais dénié le sens de la qualité, et je ne crois pas, en effet, l’avoir pris souvent en défaut. » 47 (Cf. Êtres humains. Soi, Homme. « Intellectuel». Modeste)

Culture (Budget) : (1er mars) 2020. Virginie Despentes, auteure de :
« Il n’y a rien de surprenant à ce que l’académie des césars élise Roman Polanski meilleur réalisateur de l’année 2020. C’est grotesque, c’est insultant, c’est ignoble, mais ce n’est pas surprenant. Quand tu confies un budget de plus de 25 millions à un mec pour faire un téléfilm, le message est dans le budget. » Fort juste : pas tout le temps, mais fort souvent. 48 (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Culture (Buffet Marie-George) : 2004. Marie-George Buffet, secrétaire nationale du parti communiste français [2001-2010], ministre de la jeunesse et des sports [1997- 2002] évoquant un futur espéré du parti communiste écrit :
« Notre parti, je le crois profondément, doit redevenir leur parti [celui de la classe ouvrière, des salariés, «ceux qui subissent l’exploitation, sont méprisés, touchent des salaires de misère»…], et au fond, le parti de tous ceux qui font œuvre de création, les chercheurs, les femmes et les homme de culture, les intellectuels de toutes disciplines. » Un triste méli-mélo qui évite toute analyse… 49 (Cf. Langage, Politique)

Culture (Busnel François) : 2018. François Bunel, « fondateur de la revue América. présentateur de La grande librairie sur la 5 » auteur de :
« Le romancier est peut-être le seul agent subversif de la société. » 50 (Cf. Politique)

Culture (Butor Michel) : (28 décembre) 1959. Michel Butor [1926-2016] à une question posée par Madeleine Chapsal concernant « la crise de la littérature », répondit :
« C’est évidemment faux. Jamais on n’a écrit autant de romans, jamais on n’en a publié autant, jamais on n’en a lu autant…La plus grande partie de cette énorme masse est évidemment sans intérêt. Mais il n’y a pas de crise économique du roman. » 51 (Cf. Homme « Intellectuel », Économie)

Culture (Capital culturel) : Les personnes ayant le pouvoir de décider ce qui relève d’un « capital culturel », décident de ce qui est bon, beau, intelligent, banal, signifiant, exceptionnel, rare et mérite d’être gardé pour l’histoire. Heureusement que, sans le plus souvent avoir les moyens de maintenir vivant ce qui pour elles a une valeur, tant d’autres s’efforcent de garder leurs souvenirs. Mais que de pertes irrémédiables, que d’infléchissements politiques de l’histoire. (Cf. Langage. Capital, Histoire. Archives)

Culture (Caron Jean-François) : 2019. Jean-François Caron, maire EELV de Loos-en-Gohelle (Pas de Calais), auteur de :
« Je crois à l’intelligence collective. » 52

Culture (Castoriadis Cornelius) : (12 juillet) 1986. Cornelius Castoriadis [1922-1997], dans Le Monde, auteur de :
« Une culture se crée en créant de nouvelles significations imaginaires et en les incarnant dans les institutions. » 53
La référence aux « institutions » était-elle nécessaire ? Non. Ne s’agit-il pas plutôt d’une contradiction dans les termes ? (Cf. Famille, Langage, Philosophie. Psychanalyse)

Culture (Céline Louis-Ferdinand) : (juin) 1957. Dialogue entre Louis Ferdinand Céline [1894-1961] et Madeleine Chapsal :
« Qu’est-ce que vous attendez de votre dernier livre ? » :
« J’attends une avance de Gallimard, et c’est tout, c’est tout. » 54

Culture (Censure) (1) : 1960. Ménie Grégoire [1919-201], dans Telle que je suis, auteure de :
« […] On me suggérait des projets et j’ai pensé à l’édition. Je suis donc allée proposer au Seuil de continuer à écrire sur la condition féminine. Je pris rendez-vous avec son directeur. Je trouve un homme aux yeux bleus, courtois, intéressé. Je lui tiens un long discours, selon lequel il urge d’aider les femmes à bouger à penser : ‘C’est le sujet du jour. Ca brûle. Ce que Simone de Beauvoir a écrit est fait pour les intellectuelles. Il faut créer une collection conçue pour un large public. Je vous propose d’écrire moi-même le premier livre et de préparer une suite sur les problèmes féminins, un par un.’
J’apportais un plan avec une esquisse de contenu pour une dizaine de livres. […]
J‘attaquais donc mon premier livre : Le métier de femme. Deux ans de travail acharné, une énorme enquête de trois mille questionnaires. Je m’enfermais chaque après-midi au sixième dans une chambre mansardée, où mes enfants savaient qu’on pouvait me demander les permissions les plus saugrenues et recevoir, à coup sûr le ‘oui’ le plus inconscient d’une mère aveugle et sourde. Avec le livre, je montais la ‘Collection féminine’.
Deux ans, …oui, j’ai travaillé deux ans, écrivant chaque jour dix feuillets que ma mère tapait, voyant des auteurs, proposant, bâtissant, raturant.
Au bout de deux ans, j’ai tout rapporté rue Jacob.
L’Homme aux yeux bleus, à ma grande surprise, n’a pas paru grisé.
Il a lu, réfléchi, attendu, m’a fait réécrire le livre en entier puis, un an plus tard, m’a convoquée, et m’a rendue tous mes dossiers avec ces mots définitifs : ‘Madame, je regrette, vous ne pouvez intéresser personne !’.
Le monde s’écroulait. J’avais travaillé pour rien. Mon sang, mes tripes, mon angoisse, tout cela ne valait que la poubelle’. Je me reverrai toujours, rue Jacob, sous la pluie, mes dossiers sous le bras. Mes larmes coulaient jusqu’à terre : ‘Vous ne pouvez intéresser personne‘
Comment peut-on dire de tels mots, à un être humain ?’ »55 (Cf. Culture. Édition, Féminisme. Antiféminisme, Hommes, Patriarcat, Historiographie patriarcale. Winock Michel)
N.B. Le livre fut publié par Plon en 1965 et s’avéra un grand succès.

Culture (Censure) (2) : (30 juin) 2020. Censure ou détournement de la pensée ? J’ai noté, concernant les présentations de certaines émissions faites par France Culture, que n’étaient reprises (c’est-à-dire lisibles) que les commentaires les plus consensuels, et qu’étaient systématiquement évacuées les prises de positions originales, novatrices, dérangeantes, critiques du pouvoir. Certaines émissions, en revanche, sont intégralement reproduites. (Poursuivre)

Culture (Chansons d’amour) : Si tant de femmes aimaient tant les chansons d’amour c’est qu’elles en étaient frustrées, qu’elles rêvaient, qu’elles chantaient ce que les hommes ne leur permettaient pas.
On n’a voulu voir que de l’aliénation dans ce qui était aussi des espoirs brisés.
N.B. L’imparfait peut aussi être lu comme un présent. (Cf. Culture. Mélodrame)

Culture (Chaplin Charles) : 1973. Charlie Chaplin [1889-1977], dans son Histoire de mon enfance, auteur de :
« Comme d’habitude, je vivais seul. Mais cela avait ses avantages, car cela me donnait l’occasion de cultiver mon esprit. […]
Il existe une fraternité entre ceux qui veulent passionnément savoir. J’en fais partie. Mais mes mobiles n’étaient pas si purs : je voulais savoir, non pas pour l’amour de la connaissance, mais pour me défendre contre le mépris dans lequel le monde tiens les ignorants. » 56

Culture (Classes dominantes) (1) : L’analyse, la critique, la dénonciation des liens entre « la culture » et « les classes dominantes » ne peut en rester à la dénonciation en 1967 de La société du spectacle [Guy Debord.1931-1974] ou en 1966 aux études consacrées aux publics des musées [L’amour de l’art. les musées et leurs publics. Pierre Bourdieu. 1930-2002], Alain Dardel. 1932-1975].
J’ai le sentiment que chaque hommage déférent qui est rendu à ces textes contribue à bloquer leur dépassement critique. (Cf. Homme « Intellectuel ». Bourdieu Pierre)

Culture (Classes dominantes) (2) : « La culture » a-t-elle jamais réussi à dépasser ses origines aristocratiques, bourgeoises et toute le mépris qui les accompagnaient ?

Culture (Colonialisme) : (17 mai) 1947. Dans les Carnets de Victor Serge [1890-1957], celui-ci se souvient d’une visite effectuée avec Sneevilet [1883-1942] - dont il vient d’apprendre qu’il avait été exécuté par les nazis - au musée de la Haye :
« Nous nous arrêtions devant les orfèvreries d’or malaises rapportées d’un trésor royal de là-bas, et son visage grimaçait d’indignation : ‘Regarde, tout ce que nos bandits leur ont pillé !’. Il racontait la prise d’un palais, le massacre. C’était en 1936, certains de ses camarades de jeunesse étaient encore enfermés à vie dans une île bagne, il ne les oubliait pas, s’efforçant de correspondre, faisant des démarches et des protestations pour eux. » 57 (Cf. Culture. Savoy Bénédicte, Corps. Visage, Penser. Indignation, Politique. Colonialisme, Histoire)

Culture (Comédie Française. 2017) : (15 février) 2017. La Comédie française présente sur scène une adaptation Christiane Jatahy du film de Jean Renoir [1894-1979] : La règle du jeu [1939].
Je lis dans la critique du Canard Enchaîné de cette pièce - qui, selon lui, « démolit le film à coups de contresens », ceci :
« Et la fameuse partie de chasse à courre ? Celle où on tue les lapins ? Changée en course poursuite avec une servante déguisée en lapine. […] » 58 (Cf. Femmes. Animalisation des femmes)

Culture (Comment ?) : Les sujets dits culturels s’épuisant, France Culture ouvre aux hommes et femmes-de-culture les - si passionnantes… - questions du comment : « écrivez-vous debout, assis, couché, le matin, au calme, dans le bruit, chez vous, au café, le soir, à la plume ou à l’ordinateur, pendant l’année ou en vacances, en attendant l’inspiration, où, comment vous vient-elle.. à propos, y croyez-vous ?. etc. » Cela fournit du temps d’antenne…
Ce constat serait sans intérêt s’il n’était lié à la conscience du temps retiré à toutes les immenses questions pas évoquées car jugées politiquement inappropriées.

Culture (Compréhension) : (10 janvier) 2019. Un enseignante de français entend de ses élèves du collège Évariste Gallois à Sevran [93] :
« Madame, on ne comprend pas un mot sur trois de ce que vous nous racontez. » (Cf. Langage. Penser) 59

Culture (Comte-Sponville André) : (20 avril) 2018. André Comte-Sponville, auteur de :
« L’art nous aide à accepter. » 60 (Cf. Philosophie)

Culture (Consommation) : (30 août) 1971. Émile Noël, interviewant la chanteuse Hélène Martin :
« Proust - je vais dire une chose horrible - est très peu consommé. » 61 (Cf. Économie. Consommation)

Culture (Coronavirus) (1) : Suite au confinement, les librairies, considérées comme non essentielles, sont fermées, au plus grand profit d’Amazon.
- Le 19 mars 2020, Bruno Le Maire déclare sur France Inter :
« Je propose qu'avec le ministère de la Culture, sous l'autorité du Premier ministre, nous regardions cette question spécifique des librairies et nous regardions s'il est possible de définir des règles strictes qui permettraient aux librairies de continuer à ouvrir, sous réserve, une fois encore, que les clients viennent un par un, qu'ils ne soient pas nombreux, qu’ils se contentent d'acheter le livre et de ressortir immédiatement. »
Ce sont des lieux de réunion, de rencontres, de discussions, d’éventuelles mobilisations dont ils ont peur. La culture et la santé sont le dernier de leur souci, ou plus justement, une occasion, grâce au coronavirus, qui leur est miraculeusement offerte. (Cf. Politique. Coronavirus)

Culture (Coronavirus) (2) : (13 avril) 2020. Pas un mot concernant « la culture », dans le discours d’Emmanuel Macron, alors que cinémas, théâtres, festivals, concerts, sont fermés et / ou annulés.
- Concernant les librairies toujours fermées, une libraire se demande pourquoi ce que les supermarchés sont capables de faire, les libraires ne le pourraient pas. (Cf. Culture. Riester Franck, http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1193&mode=last)

Culture. Coronavirus (3) : (18 avril) 2020. Malika Seguineau, directrice du Syndicat national du spectacle musical et variété, sur France Culture :
« […] Le mot ‘catastrophe’ est même faible. C'est un tsunami qui traverse le secteur. Beaucoup de secteurs de l'économie française sont touchés, mais il y a des reprises qui seront plus rapides que d'autres. Nous allons être les derniers à retrouver une activité normale. En outre, avec la fermeture des frontières, il y a de grandes incertitudes sur la venue en France d'un certain nombre d'artistes internationaux. Donc oui, c'est une catastrophe. Cela l'est d'autant plus que nos entreprises sont à près de 90% des très petites entreprises. Elles ont une économie structurellement fragilisée qui sort de plusieurs années de crise - les attentats de 2015, les ‘gilets jaunes’, les grèves. Désormais, c'est un arrêt pur et simple de leur activité avec une grande incertitude quant à la date à laquelle elles pourront revenir à une activité normale. […] »

Culture (Confiture) : L’un des slogans de mai 1968, dont je me souviens était :
« La culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale. »
Des années après, je me demande s’il ne faudrait pas plutôt dire :
« La culture, c’est comme la confiture, plus on en a, plus on l’étale. »

Culture (Courier Paul-Louis) : (18 octobre) 1808. Paul-Louis Courier [1772-1825], dans une lettre écrite à M. Coraï [?-?] auteur de :
« […] Soyons de bonne foi, les rois nuisent aux lettres en les protégeant ; leurs caresses étouffent les Muses. Il y a bien quelques fois de grands talents, malgré les pensions et les académies ; mais on a toujours vu de simples particuliers favoriser les arts avec plus de sagesse et de discernement que n’eût pu faire aucun prince. […] » 62

Culture (Critique) (1) : 1749. Henry Fileding, [1707-1754] dans l’Histoire de Tom Jones, après avoir évoqué les critiques qui « exigent et en fait obtiennent en général des auteurs une grand déférence », après avoir constaté « leur capacité judiciaire et rendu leur jugement, c’est à dire condamné sans merci » poursuit :
« Mais, en réalité, il est un autre jour sous lequel ces critiques modernes peuvent être considérés avec beaucoup de justice et de propriété : celui de diffamateurs publics. Si une personne qui fouille la vie d’autrui sans autre dessein que de découvrir ses fautes et de les publier à la face du monde mérite le titre de diffamateurs d’hommes, pourquoi un critique, qui lit avec le même intention malveillante, ne serait-il pas qualifié, avec tout autant de justesse, de diffamateur de livres ? » 63

Culture (Critique) (2) : 1955. Witold Gombrowicz [1953-1958], dans son Journal, écrit concernant la critique :
« La critique. Mais peut-on appeler cela de la critique ? Chaque journal possédait un pion à gages qui mettait les notes, mais pourquoi ceux-là précisément étaient-ils pions et pas les autres ? Mystère. En apparence, c’était un ordre d’initiés, de connaisseurs qui connaissaient le verdict. Mais personnes en réalité et surtout pas les connaisseurs eux-mêmes, ne savaient pourquoi c’était eux justement qu’on avait appelé à juger (On ne s’était pas aperçu que cela dépendait du seul directeur de leur journal). Terrorisés par le mécanisme qui les élevait - eux, c’est à dire, n’importe qui - au rôle de juges chargés d’estimer des ouvrages les dépassant, ils se trouvaient placés devant une situation carrément casse-gueule ; juges ils se prononçaient d’en haut en étant personnellement placés plus bas.» 64
La fin, si l’on croit à la hiérarchie… (Cf. Culture. Gombrowicz Witold. Littérature)

Culture (Critique) (3) : 1959. Witold Gombrowicz [1904-1969], dans son Journal, écrit concernant la critique :
« À mon avis une réforme est nécessaire, il en est même grand temps. Si la critique, surtout celle d’avant-garde, devient fallacieuse, creuse, trompeuse, c’est parce qu’elle reste suspendue dans l’abstraction, loin d’un corps concret, fait de chair et d’os : ces critiques se plongent dans l’art, la culture, la philosophie et autres généralités de cet ordre, où l’on peut facilement noyer la réalité et s’en donner à cœur joie ! Au fond , le problème se résume facilement : rompre avec l’art abstrait et renouer avec ce concret perdu. Que le critique se sente un homme, écrivant pour un autre homme et pour des hommes, qu’il retrouve la Sociabilité perdue et il obtiendra une base solide pour plus d’une révision urgente. » 65 (Cf. Culture. Gombrowicz Witold. Littérature, Corps, Penser. Pensée. Abstraction)

Culture (Cuisine) : 2019. L’émission hebdomadaire de France Culture intitulée Les bonnes choses présente « la cuisine » comme « un fait culturel majeur. » (Cf. Économie. Alimentation)

Culture (Dali Salvador) : 1956-1957. Salvador Dali [1904-1989], après avoir récusé la notion d’avant-garde et critiqué le rôle de l’inconscient chez les Surréalistes, auteur de :
« Je tiens à rester un être subversif…Mais pas par n’importe quel moyen. Je tiens à rester subversif, parce que c’est la condition essentielle de ma vie, de mon caractère. Le jour où je ne considérerais plus comme être un être qui n’est pas subversif, je me considérerai amoindri vitalement, rempli de poussière. » 66 (Cf. Penser, Politique)

Culture (Delluc Louis) : Louis Delluc [1890-1924], auteur de :
« L’art serait tout à fait inutile si chacun était capable de goûter consciemment la beauté profonde de la minute qui passe. » 67 Et la « culture » serait indissociable de la vie…

Culture (Destruction de la colonne Vendôme. 1871) : 1902. Élisée Reclus [1830-1905], concernant la destruction de la colonne Vendôme, le 16 mai 1871, auteur de :
« […] Pendant la Commune de Paris, on a pu voir, par le reversement de la colonne Vendôme, que les idées de l’Internationale étaient devenues une réalité vivante. Chose inouïe jusqu’alors, les vaincus [de l’histoire] renversèrent avec enthousiasme le monument d’anciennes victoires, non pour flatter lâchement ceux qui venaient de vaincre à leur tour, mais pour témoigner de leur sympathie fraternelle envers les frères qu’on avait menées contre eux, et de leurs sentiments d’exécration contre les maîtres et rois qui, de part et d’autre, conduisaient leurs sujets à l’abattoir. […] » 68
- Pour précisions :
« Lors de l’insurrection de la Commune de Paris, le peintre Gustave Courbet adresse une pétition au gouvernement de Défense nationale le 14 septembre 1870 demandant ‘à déboulonner la colonne, ou qu’il veuille bien lui-même en prendre l’initiative, en chargeant de ce soin l’administration du Musée d’artillerie, et en faisant transporter les matériaux à l’hôtel de la Monnaie’.
Il n’a en fait que l’intention de la faire reconstruire aux Invalides.
La Commune de Paris au pouvoir, les fins en deviennent plus radicales :
‘La Commune de Paris, considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la République française, la fraternité, décrète :
article unique – La colonne Vendôme sera démolie.’
Le 16 mai 1871, la colonne est abattue, non sans difficulté. Les plaques de bronze sont récupérées.
Après la chute de la Commune, le nouveau président de la République, le maréchal de Mac-Mahon, décide en mai 1873, de faire reconstruire la colonne Vendôme aux frais de Gustave Courbet (soit plus de 323 000 francs selon le devis établi). Gustave Courbet obtient de payer près de 10 000 francs par an pendant 33 ans, mais meurt avant d’avoir payé la première traite.
» 69

Culture (Destructions à l’Arc de triomphe) : (3 décembre) 2018. Philippe Bélaval, président du Centre des monuments Nationaux, diffuse sur son compte Twitter des images des dégâts commis le 1er décembre, sur et dans l’Arc de Triomphe :
« Symbole national, l'Arc de Triomphe a été vandalisé samedi après-midi. Du mobilier a été détruit, des œuvres d'art ont été endommagées, des graffitis ont été tagués sur les murs, les dispositifs informatiques sont hors d'usage. […]
«Il y a eu un pillage méthodique des salles d'expositions, des statues, de la boutique, des toilettes. Une maquette en plâtre des années 30, exposée dans la salle dite de l'Attique, a été réduite en miette. Le buste en marbre de Napoléon [1769-1821] a été décapité, le moulage de la Victoire, issu d'un haut de relief, monument en pierre sculpté par François Rude, a été détruit. »
Les symboles ne peuvent être sans cesse utilisés dans l’intérêt des puissants.
Et « la culture », indissociable de « la politique » doit en tenir compte.
* Ajout. 2 novembre 2019. (2 novembre) 2019. Jean-Noël Jeanneney, emploie l’expression de « vandalisation » de l’arc de Triomphe de 2018, tandis que l’invité de l’émission, Emmanuel Fureix, qui emploie - concernant « les symboles nationaux pris pour cibles » l’expression de « souveraineté populaire en acte » - rappelle le slogan qui rappelle le « surréaliste » qui y fut peint : « Vive le van, vive le van, vive le vandalisme » 70

Culture (Domination masculine) (1) : 2006-2012. France : « 84 % des théâtres co-financés par l’État sont dirigés par des hommes, 89 % des institutions musicales sont dirigées par des hommes, 97 % des musiques que nous entendons dans nos institutions ont été composées par des hommes, 94 % des orchestres sont dirigés par des hommes, 85 % des textes que nous entendons ont été écrits par des hommes, 78 % des spectacles que nous voyons ont été mis en scène par des hommes, 57 % des spectacles que nous voyons sont chorégraphiés par des hommes, 86 % des établissements d’enseignement artistique sont dirigés par des hommes. Un déséquilibre qui se décline également en termes financiers : 70 % des compagnies dramatiques subventionnées par le Ministère de la Culture sont dirigées par des hommes. En 2003 : ... la moyenne des subventions attribuées aux scènes nationales était de 2.096.31 €. Quand elles étaient dirigées par un homme, cette moyenne s’élevait à 2.347.488 €. Quand elles étaient dirigées par une femme, cette moyenne s’élevait à 1.764.349 €. Quand le spectacle était mis en scène par un homme, s n coût moyen s’élevait à 77.271 €. Quand le spectacle était mis en scène par une femme, son coût moyen s’élevait à 43.791 €. » Chiffres tirés des rapports de Reine Prat de mai 2006 et de mai 2009 « Mission pour l’égalité hommes / femmes - rapport d’étape n°2 : De l’interdit à l’empêchement. » 71 (Cf. Patriarcat. Domination masculine)

Culture (Domination masculine) (2) : (16 février) 2018. Danielle Bousquet, présidente du Haut conseil à l’égalité, cite ces chiffres :
« Aucune femme ne dirige de théâtre national ou de centre national de création musicale, 97% des groupes programmés par les grands festivals de musique sont composés exclusivement ou majoritairement d'hommes ; 85% des expositions-hommage dans les grands lieux d'exposition sont dédiées à un homme; 72% des avances sur recette du Centre national du Cinéma vont à des projets menés par des hommes ; depuis sa création il y a 70 ans, le Festival de Cannes a décerné seulement 1 palme d'or à une femme. » 72 (Cf. Culture. Festival de Cannes, Patriarcat. Domination masculine)

Culture (Dürer) : 1506. Albrecht Dürer [1474-11528] après un séjour d’un an et demi, s’apprêtant à quitter Venise, pour rejoindre l’Allemagne [Nuremberg] écrit :
« Ici, je suis un seigneur, là-bas un parasite. » 73 (Cf. Êtres humains. Soi)

Culture (Édition) (1) : (13 janvier) 1971. Lu dans le Journal de Matthieu Galey [1934-1986] :
« Déjeuner chez les Gallimard. Claude heureusement n’est pas là. […] « [Madame] parlant d’un auteur comme d’un objet, ou d’un chien : ‘J’ai dit à Claude : ‘X ne se sent pas bien chez toi. Tu me le donnes ?’ » 74

Culture (Édition) (2) : (16 janvier) 2019. Concernant les livres d’Agnès Verdier-Molinié, publiés par Alexandre Wickham chez Albin Michel, Le Canard enchaîné évoque « un éditeur qui sait monter des coups et ‘vendre‘ ses auteurs ». 75 (Cf. Culture. Censure, Êtres humains. Économie)

Culture (Édition) (3) : (6/7 janvier) 2019. Je lis dans la chronique nécrologique de Christine de Rivoyre [1921-2919], « Écrivaine » :
« […] François Nourissier [1927-2011] l’invite, en 1963, à rejoindre Grasset, dont elle sera pendant plus de trente années, une des ‘locomotives’. » 76 (Cf. Culture. Censure, Êtres humains. Économie)

Culture (Édition) (4) : 2020. À la fin du livre de Vanessa Springora, Le consentement, dans lequel elle rapporte et analyse les processus par lesquels elle devint, à 14 ans, « l’amante » de Gabriel Matzneff, âge de 50 ans, je lis ce Post-scriptun, Avertissement au lecteur (sic) non signé : « Entre les lignes, et parfois de la manière la plus directe et la plus crue, certaines pages des livres de G.M. [Gabriel Matzneff] constituent une apologie explicite de l’atteinte sexuelle sur mineur. La littérature se place au-dessus de tout jugement moral, mais il nous appartient, en tant qu’éditeurs, de rappeler que la sexualité d’une adulte avec une personne n’ayant pas attient la majorité sexuelle est un acte répréhensible, puni par la loi. » Et celui-ci est suivi, toujours non signé, par cette phrase sibylline :
« Voilà, ce n’est pas si difficile, même moi, j’aurais pu écrire ces mots. » 77
Ces si couardes pseudo justifications, rédigées par des avocat-es - accrochés aux catégories pénales, celle de « l’atteinte sexuelle sur mineur », celle-là même qui a servi pendant ses siècles à occulter - en réalité, donc à légitimer - la permanence des violences sexuelles sur les enfants - aspirant à ménager la chèvre et le chou, à savoir protéger la permanence de tous les poncifs de « la littérature » comme ceux de « la morale », utilisant des termes sentant bon le XIXème siècle sont insupportables.
Ni interdit, ni condamnation d’un Gabriel Matzneff, un criminel, jamais condamné par la justice française, pas même nommé. (Cf. Enfants, Hommes, Patriarcat, Penser. Consentement, Pornographie, Violences. Violences à l’encontre d’enfants, Sexes […])

Culture (Édition) (5) : (15 janvier) 2020. Le Canard enchaîné, rapportant la réaction d’Antoine Gallimard qui s’était déclaré « très touché par la lecture du livre de Vanessa Springora », et avait décidé d’arrêter la vente du Journal de Gabriel Matzneff, s’interroge :
« Antoine Gallimard - nommé « Son Eminence », jugé « contrit » - est-il l’archevêque de l’édition française ? » 78
L’anticléricalisme au secours des violeurs d’enfants…
Le Canard enchaîné concernant ensuite Gabriel Matzneff - non pas lui, mais ses livres - écrit qu’il y :
« raconte ses exploits érotiques avec des mineurs. »
- L’érotisme, la pornographie, vue par Le Canard enchaîné, au secours des violeurs d’enfants.
Il serait temps qu’ils vivent avec leur temps. (Cf. Enfants, Hommes, Patriarcat, Pornographie, Violences. Violences à l’encontre d’enfants. Matzneff Gabriel, Sexes. « Objet sexuel »)

Culture (Émission culturelle) : Interroger un-e artiste sur le comment et le pourquoi de son œuvre multiplie par deux le temps dévolu aux émissions culturelles. Les interroger sur eux / elles par trois, voire par quatre.

Culture (Émotions) : 2016. Ariane Mnouchkine, auteure de :
- « Je ne suis pas une critique en peinture. Je ne peux juger que par l’émotion que je ressens. »
- « Il faut faire confiance à ses émotions, comme dit Ingmar Bergman [1918-2007]. De toutes façons à quoi d’autre se fier ? » 79

Culture (Enfants) : Jean Cocteau [1889-1963] raconte que, présent avec Picasso [1881-1973], à un récital de Parade d’Éric Satie [1866-1925] - fort mal accepté au Chatelet, ils avaient entendu un monsieur déclarer à un autre :
« Si j’avais su que c’était si bête, j’aurais amené les enfants. » 80 (Cf. Enfants)

Culture (« Engineering culturel ») : (6 novembre) 2019. Entendu ce jour, sur France Culture, l’expression d’« engineering culturel » : après, notamment l’« engineering » chimique, mécanique, civil, financier, etc…

Culture (Ernaux Annie) : 1984. Annie Ernaux, écrivaine depuis dix années, concernant sa future participation à l’émission de Bernard Pivot, Apostrophes, à l’occasion de la publication de son livre La place, évoque les autres personnes qui seront avec elle sur le plateau :
« En face de moi, j’ai quatre écrivains chevronnés qui racontent leur jeunesse bourgeoise. […]
Ils vont être là, ce sont des hommes, aussi. Je pense qu’il y a aussi peut être, ça, qui va compter. Je crois que tous sont déjà passés à Apostrophes et qu’ils ont une certaine habitude. Je me demande même jusqu’où où ils ne vont pas avoir une certaine complicité, la complicité de gens qui parlent de la même chose, qui ont vécu la même chose. Moi, j’ai l’impression que je vais être là un petit peu en porte à faux, parce que mon univers et le leur ne se sont jamais rencontrés en fait. Et ça, c’est mon livre, c’est la café épicerie de mon père. C’est le sujet de mon livre au fond. C’est deux mondes séparés. Or, eux ils restent dans leur monde à eux. Ils n’ont pas connu l’autre. Et l’autre, il leur est inférieur de toutes façons. Il n’existait pas. …C’est un peu énorme, mais j’ai un peu l’impression que c’est la femme de ménage qui arrive. » [Rires] 81 (Cf. Femmes. Conscience de classe)

Culture (Erner Guillaume) : (5 juin) 2020. Guillaume Erner, « producteur des Matins de France Culture » auteur de :
« Nous, à France Culture, on aime beaucoup Tolkien... » 82

Culture (Europe) : L’Europe politique devenue la construction d’une forteresse assiégée, entourée d’un cordon sanitaire et pour ce faire considérant les morts de ceux /celles aspirant à y vivre comme une nécessaire et utile leçon pédagogique : quelle culture peut-elle bien y advenir ? (Cf. Politique. Europe)

Culture (Esthétique) : (12 février) 2019. Dans une émission de France Culture, intitulée Les chemins de la philosophie, on peut discuter de l’« esthétique » - et même de « l‘esthétique du sang », « de l’esthétique de la merde » [des sous-produits ?] - du cinéma dit ‘gore’ tout en l’entendant ponctuellement décrire comme « immonde », « horrible », « dégueulasse », « insoutenable ».
- On entend aussi affirmer que l’« au-delà » du cinéma gore est la « torture porn », « la pornographie de la torture ». 83 (Cf. Culture. Pornographique, Pornographie. Philosophie)

Culture (Étatique) : (24 juillet) 2019. Emmanuel Macron a nommé par décret 17 des dirigeants des plus grands établissements culturels (Opéra, Centre national du cinéma, Comédie française, Fémis, Palais de Tokyo, Château de Versailles…)
- Les plus courageux commentaires - tels que retransmis par les médias - contestent tel ou tel nom.
- Qu’aurait écrit Voltaire ? (Cf. Culture. Macron Emmanuel, Politique. Macron Emmanuel. Médias)

Culture (Fascisme) : 1976-1975. Sous la dictature des colonels Grecs, Mélina Mercouri [1920-1994] a été déchue de sa nationalité Grecque, et excommuniée par l’église Grecque ; la musique de Mikis Theodorakis interdite et lui-même emprisonné…84 Parmi mille autres exemples… (Cf. Femmes. Artiste)

Culture (Féministe) (1) : Quand la société française comprendra-t-elle que la culture féministe relève de « la culture » - ou de ce qui en tient lieu - et que ceux et celles qui en ignorent tout peuvent être légitimement, en l’occurrence et l’occurrence est large, considéré-es comme « incultes » ? (Cf. Culture. Patriarcale)

Culture (Féministe) (2) : (12 juin) 2019. Des centaines de femmes, à Rennes, regroupées entre elles ont chanté, lors de la coupe du monde féminine de foot - match Suède-Chili -, l’hymne féministe du MLF : « Debout les femmes ». 85
À son écoute, un grand moment d’émotion, de plaisir, de fierté. (Cf. Féminisme)

Culture (Femmes. Artistes) : Cf. Femmes. Artistes

Culture (Femmes. Iran) : (12 juillet) 2018. Mamad Haghighat, cinéaste et historien du cinéma Iranien, directeur du cinéma : Le quartier latin, auteur de :
« Il y a actuellement en Iran 20 / 25 femmes cinéastes. » 86 (Cf. Culture. Cinéma)

Culture (Femmes. Russie. XVIIIème siècle) : 1850. La princesse Dashkoff [1743-1810], auteure de :
« Je ne craindrai pas d’affirmer qu’au moment dont je parle (années 1850) il n’y avait pas deux femmes dans l’Empire (Russe), excepté la Grande Duchesse (future Catherine II) et moi qui s’occupassent le moins du monde de lecture sérieuse. » 87
* Ajout. 5 décembre 2016. 1935. Je lis dans Les sources et le sens du communisme russe de Nicolas Berdiaev [1874-1948] :
« Dans la toute première moitié du XIXème siècle, la solitude des premiers Russes cultivés et épris de lecture est extraordinaire. Ils sont quelques individus cultivés, mais il n’existe aucun milieu de culture. Ces isolés se plaignent d’être entourés de ténèbres et que personne ne les comprenne ou sympathise avec eux. La masse de la noblesse et des fonctionnaires demeurait profondément ignorante, manquant totalement d’idéal et de toute préoccupation élevée. » 88

Culture (Ferrante Elena) : 2014. Elena Ferrante dans L’enfant prodigieuse, auteure de :
« Un matin, je fus interrogée sur l’Énéide, c’était la première fois que j’étais appelée au tableau. Le professeur, M. Gerace, un homme apathique d’une soixantaine d’années qui n’arrêtait pas de bailler bruyamment, éclata de rire dès que je prononçais ‘oralque’, à la place d’’oracle’. Il ne lui vint pas à l’esprit que, même si je connaissais le sens de ce mot, je vivais dans un monde où personne n’avait jamais aucune occasion de l’utiliser. Toute la classe se mit à rire, surtout Gino, là, au premier rang à côté d’Alfonso. Je me sentis humiliée. » 89

Culture (Ferry Luc) (1) : (18 février) 2018. Luc Ferry, auteur notamment de : Apprendre à vivre. Traité de philosophie à l’usage des jeunes générations [2006] et de :
« La vraie culture, c’est… » 90 (Cf. Langage. Adjectif)

Culture (Ferry Luc) (2) : (21 juin) 2019. Luc Ferry, présenté par France Culture, comme un « fabriquant de concept », lui-même récusant le qualificatif d’« intellectuel » - « qui gèrent un fonds de commerce ; j’essaie d’éviter ça » - au profit exclusif de celui de « philosophe », auteur rappelle-t-il de « près de 170 livres », auteur aussi de :
« J’ai fait 650.000 exemplaire avec Apprendre à vivre. » 91 (Cf. Culture. France Cuture, Homme. « Intellectuel », Langage. Verbe. Faire, Penser. Concept, Philosophie)
*Ajout. 24 janvier 2020. Lors de la même émission, Alain Badiou présenté comme « un enfant des mathématiques et de la poésie » [Il est né en 1937], comme un « philosophe des chiffres et de l’être », comme « amoureux des arts et fervent communiste » fut aussi qualifié - sans contestation de sa part de « fabriquant de concepts ». 92 (Cf. Culture. France Culture, Homme. « Intellectuel », Penser. Concept, Philosophie)

Culture (Festival de Cannes) (1) : (20 mai) 2018. Asia Argento, déclara avec force, avec courage, lors de la clôture du Festival de Cannes :
« En 1997, j’ai été violée par Harvey Weinstein ici même à Cannes. J’avais 21 ans. Le festival était sa chasse gardée. Je souhaite faire une prédiction : Harvey Weinstein ne sera plus jamais le bienvenu ici. C’est une honte, et toute une communauté lui a tourné le dos, y compris ceux qui ne l’ont jamais dénoncé. Ce soir, parmi vous, il y a des gens qui doivent être tenus responsables pour leur comportement à l’égard des femmes. Un comportement indigne de cette industrie, indigne de n’importe quelle industrie. Vous savez qui vous êtes, mais ce qui est plus important, nous, nous savons qui vous êtes. Nous n’allons pas vous permettre de vivre dans l’impunité. » (Cf. Féminisme. Patriarcat. Weinstein Harvey, Violences. Violences à l’encontre des femmes)
* Ajout. 30 janvier 2020. Asia Argento, à la question : N’êtes-vous pas fière de vous ? » répond : « Je suis fière pour toutes les femmes qui ont osé parler et pas seulement dans le milieu du cinéma. Il était plus que temps de déclarer la guerre au patriarcat. » 93 (Cf. Patriarcat, Politique. Guerre)

Culture (Festival de Cannes) (2) : (23 mai) 2018. Lu dans Le Canard enchaîné :
« Le Festival provoque chaque années un afflux de prostituées et d’escort-girls de toute l’Europe. ‘Un site spécialisé passe en quelques jours d’une cinquantaine de femmes différentes à plus de 500’ explique un ancien flic Cannois, rompu au phénomène (sic). Et encore, la cérémonie des Hots d’or, qui récompensait les meilleures actrices porno, a disparu depuis belle lurette. » 94 (Cf. Langage. Sujet, Patriarcat. Weinstein Harvey, Pornographie, Proxénétisme, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Culture (Fielding Henry) (1) : 1749. Henry Fielding [1707-1754], dans l’Histoire de Tom Jones, auteur de : « Peut-être, ne serait-ce que justice de faire de grands compliments à ceux qui, par leurs écrits ou leur jeu [Fielding a été dramaturge], ont été capables d’imiter la vie au point que l’on puisse en quelque sorte confondre la peinture avec l’original et prendre l’une pour l’autre. » 95 (Cf. « Sciences » sociales)

Culture (Fielding Henry) (2) : 1749. Henry Fielding [1707-1754], dans l’Histoire de Tom Jones, après avoir cité le passage d’un poème publié « il y a neuf ans environ et depuis longtemps enterré dans l’oubli », en tire le leçon suivante : « preuve que, pour les livres tout comme les hommes, les bons ne survivent pas toujours aux mauvais. » 96 (Cf. Culture. Livre, Êtres humains, Penser, Philosophie)

Culture (Film) : Un film : un objet filmique…un article culturel…un produit marchand…une valeur d’exportation…une vitrine nationale…un outil numérique…un agent de transmission…

Culture (Films d’horreur) : Pourquoi tous ces films d’horreur ?
* Ajout. 18 janvier 2019. Et ces films policiers ? de vampires ? de science-fiction ? pornos ? « gore » ?, « torture porn » » ?
* Ajout. 5 septembre 2019. Penser aux réponses possibles à cette question aiderait peut être, avec d’autres, à comprendre - un peu - pourquoi des personnes, subitement ou non, consciemment ou non, tuent, assassinent, sans souvent même savoir pourquoi. (Cf. Violences)

Culture (Fitz-James Madame de) : 1932. Edith Wharton [1862-1937] évoquant les salons parisiens au début du XXème siècle, dans Les chemins parcourus. Autobiographie, évoque celui de Madame Rosalie de Fitz-James [1862-1923] :
« [L’un de ses deux salons] était bordé de belles bibliothèques Louis XV, où des rangées de livres rares aux reliures précieuses restaient dans un ordre inchangé – car madame de Fitz-James était une collectionneuse de livres, et non une lectrice. Elle ne s’en cachait nullement – pas plus que de ses autres particularités – car c’était une des femmes les plus franches que j’ai jamais connues, et des plus authentiquement modestes. Ses livres étaient un décor et un investissement ; elle ne prétendait jamais qu’ils fussent autre chose. Si un de ses amis s’élevait aux honneurs académiques, elle achetait son dernier ouvrage et tentait de le lire - d’ordinaire avec un résultat négatif ; et ses intimes étaient accoutumés à l’entendre demander en confidence : ‘Je viens de lire le dernier livre d’Untel. Dites-moi, mon cher : est ce qu’il est bon ? ’» 97 (Cf. Femme. Écrivaine, Langage. Wharton Edith)

Culture (Flagornerie) : (18 avril) 2018. À l’écoute fortuite ce matin de l’émission de France Culture, Le réveil Culturel de Tewfik Hakem, interviewant Justine Bo, puis sur France Inter de l’émission Boomerang de Sylvain Trapenard, sur France Inter, interviewant Philippe Sollers, je me suis demandée jusqu’où pourrait encore aller la flagornerie de ces hommes dit de « culture » - infiniment plus efficaces pour vendre un livre que directeurs/trices et attaché-es de presse des maisons d’éditions - qui vous dégoûteraient de toute idée de « culture», si, heureusement, d’autres conceptions en avaient cours…98 (Cf. Culture, France Culture [et France Inter), Êtres humains, Relations entre êtres humains. Flagornerie)
* Ajout. 22 août 2019. La flagornerie sur France Culture atteint trop souvent des sommets peu glorieux.

Culture (Forestier Sara) : (7 novembre) 2017. Sara Forestier, sur France 2, explicite son refus d’être maquillée et coiffée, avant d’être interviewée. Elle pose sa responsabilité en tant qu’actrice :
« Il y a une injonction à être sexy, toujours, à être glamour, alors qu'une femme, n'est pas que ça. […]
Mon métier, ce n'est pas d'être sexy, ce n'est pas d'être glamour, c'est de créer de l'émotion. » 99 (Cf. Corps, Femme. Artiste)

Culture (France Culture) (1) : (20 avril) 2013. Guillaume Gallienne sur France Culture, lisant Jane Eyre [1847], écrit par Charlotte Brontë [1816-1855], sans s’être semble-t-il posé de question de savoir si un homme pouvait sans que cela ne pose de problème de compréhension, de crédibilité, voire de justice, lire une œuvre de femme évoquant la vie d’une autre femme. 100
Le même lut aussi (sans date) les Mémoires d’une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir. 101 (Cf. Femmes, Écrits de femmes lus par des hommes, Langage, Patriarcat)
* Ajout. 22 octobre 2018. 1931. Dans le même sens, mais à l’inverse (?), Fréhel [1891-1951] chante La chanson du vieux marin [Andrieu-Daniderff] dont voici un couplet :
« J’ai connu des femmes blondes et rousses / Hardi les gars. Ohé les gars / Dans tous les ports, j’eus à mes trousses / Les prix d’beauté d’ce temps-là / Hardi les gars. Ohé les gars. »

Culture (France Culture) (2) : (6 septembre) 2016. Coline Serreau, qualifiée d’« artiste à part entière » [bien que féministe ?], invitée par France Culture procède à de nombreuses analyses féministes et se réfère à plusieurs reprises au « patriarcat ».
On lit dans la présentation écrite de cette même émission la concernant par France Culture :
« […] Dévoiler voire dénoncer l’oppression intérieure et extérieure des femmes est un des thèmes récurrents de l’œuvre filmique et théâtrale de Coline Serreau. » 102
« L’oppression intérieure et extérieure des femmes », comment ne pas voir que ce dont il s’agit, c’est d’invalider l’existence de rapports de domination ? (Cf. Culture. Patriarcale)

Culture (France Culture ) (3) : (17 mai) 2017. Antoine Guillot, critique cinéma de France Culture, présentant les films du Festival de Cannes, auteur de :
« […]. 2017. Année politique, année du renouvellement donc, peut-être. En revanche, côté parité, ce n’est pas encore ça : elles ne sont que trois (?) à concourir [19 films présentés] ce qui, selon les standards Cannois doit être tout de même considéré comme une plutôt bonne année. » 103 (Cf. Culture. Festival de Cannes, Politique. Parité, Patriarcat. Permanence)

Culture (France Culture) (4) : (6 mai) 2018. Mathieu Laine, « essayiste », pris en défaut sur une analyse, tente alors de recouvrer une solidarité entre invité-es et énonce :
« […] On n’est pas bas niveau. […] » 104 (Cf. Homme. « Intellectuel », Patriarcat. France Culture)

Culture (France Culture) (5) : (16 novembre) 2018. Voici la conclusion d’un « billet culturel » de 4 minutes sur France Culture, intitulé : Oreslan, moraliste du XXIème siècle ? :
« Orelsan est en réalité un moraliste au sens du 17ème siècle, comme ce rebelle frondeur et amant coureur François de La Rochefoucauld. Les origines nobiliaires en moins. Et les Maximes de La Rochefoucauld sont assez proches de ses fameuses ‘punchlines’.
‘La vie est une maladie sexuellement transmissible dont la seule issue connue est la mort ‘ Orelsan ou La Rochefoucauld ?
‘Si nous sommes incapables de trouver la tranquillité en nous-mêmes, il ne sert à rien de la chercher ailleurs’ c’est simple, basique comme du Orlesan.
Un rap non pas conscient mais salutaire, une dénonciation de toutes les hypocrisies de la vertu. » (Cf. Justice. Associations féministes, Patriarcat, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Culture (France Culture) (6) : (24 janvier) 2019. Question posée par un auditeur de France Culture à la médiatrice de France Culture :
« Concernant les Gilets Jaunes ne pourriez-vous pas de temps à autre solliciter des invités moins prestigieux que les auteurs de livres ou les personnalités médiatiques auxquels vous faites exclusivement appel ? Les auditeurs réguliers dont je fais partie ont parfois envie de parler sur votre antenne pour exprimer leur sentiment sur cette affaire. Notre avis pourrait apporter un éclairage, peut-être moins savant mais tout aussi légitime, sur un sujet qui nous concerne tous. […] ? » 105 (Cf. Culture. « Gilets jaunes », Politique. Médias. « Gilets jaunes »)

Culture (France Culture) (7) : (4 mars) 2020. Olivia Gesbert interroge Isabella Rossellini notamment concernant la sortie remasterisée du film de David Lynch Blue Velvet dans lequel elle joue le rôle d’une femme torturée, violée, battue. Suite à la discussion assez confuse sur les débats actuels concernant les violences à l’encontre des femmes, Olivier Gesbert la clôt par ces termes, dont notamment la dernière phrase est difficile à croire :
« Le film a retrouvé son sens, parce que, David Lynch le dit lui-même, le cinéma a son propre langage et il ne faut chercher à surintrépréter les films. C’est important de ne pas trop en parler. » 106
Sur France Culture qui se vante d’« esprit d’ouverture » et d’élargir les horizons. (Cf. Féminisme. Antiféminisme, Penser, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Culture (France Culture) (8) : (23 mars) 2020. Dans le cadre d’une émission consacrée à Jean de Lafontaine [1621-1695], il est question de ses contes « érotiques, au sens technique », « plus ou moins érotiques ». Voici ce qui est dit, après une première présentation, par Jean de Guardia : « Ce sont aussi des contes misogynes : c’est à dire que la femme, sous toutes ses formes (sic), est adorée, mais moquée et tous ses défauts sont mis en valeur les uns après les autres. La femme est évidement volage, infidèle, sotte, sauf quand il s’agit d’amour, où elle devient extrêmement rusée. Et la femme n’a évidemment pas de parole. Et toute la topique misogyne du XVIIème siècle se lit de manière ouverte dans les contes de la Fontaine, le tout avec une immense tendresse et je ne pense pas qu’une lectrice ne puisse jamais s’en offusquer, parce que l’ensemble est fait avec beaucoup de délicatesse et de tendresse. […] » (Écouter la suite) 107

Culture (Française) : (7 février) 2017. Emmanuel Macron, auteur de :
« Il n’y a d’ailleurs pas une culture française. Il y a une culture en France. Elle est diverse, elle est multiple. » Et alors ? 108
- Combien sur France Culture - chaîne d’état relativement concernée - de débats concernant l’analyse critique, la portée de cette analyse, ouvrant droit a minima à de nombreuses exégèses, Quasiment aucune : trop politiquement dérangeante, assurément. (Cf. Culture. France Culture. Macron Emmanuel. Nationalisme, Homme « Politique ». Macron Emmanuel, Politique. Nationalisme. Médias)
* Ajout. 25 avril 2019. (25 avril) 2019. Emmanuel Macron conclut sa conférence de presse en évoquant « l’art un peu particulier d’être français ».
Ce reniement, deux ans après, de sa première analyse - tout aussi infondées l’une que l’autre - remet en cause toute légitimité de la personne, dont la parole, et donc la pensée, et donc la politique, de son propre fait, perd sa crédibilité. (Cf. Penser. Pensée. Claire)

Culture (Frédéric II de Prusse) (1) : (24 décembre) 1751. Frédéric II de Prusse [1712-1786], à la suite d’une querelle entre Voltaire [1694-1778] et Maupertuis [1698-1759], que le « roi-philosophe » soutenait, fit brûler publiquement « par la main du bourreau » (?) à Postdam le pamphlet de Voltaire La diatribe du docteur Alakia, médecin du pape, devant la maison même où il logeait.
- Collini [1727-1806], le secrétaire de Voltaire qui résidait avec lui, écrit :
« Je fus témoin à ma fenêtre de cette brûlure sans en comprendre le sujet. J’allais sur le champ rendre compte à Voltaire de ce que j’avais vu. ‘Je parie, me dit-il, que c’est mon docteur qu’on vient de bruler. Il ne se trompait pas.’ » 109
- Un [singulier] autodafé, dont Voltaire écrivit une réminiscence dans Candide ? (Cf. Politique. Liberté)

Culture (Frédéric II de Prusse) (2) : 1813. Madame de Staël [1766-1817], dans son De l’Allemagne, concernant Frédéric II de Prusse [1712-1786], auteure de :
« Frédéric a fait un mal véritable à son pays en professant du mépris pour le génie allemand. Il en est résulté que le corps germanique a souvent conçu d’injustes soupçons contre la Prusse. […] » 110

Culture (Frémaux Thierry) : (7 janvier) 2014. Le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, concernant la nomination de Jane Campion à la présidence du Festival :
« Si ce choix était féministe, cela voudrait dire que celui de porter un homme à cette fonction aurait été machiste. Ce n'est pas du tout le cas. Jane Campion bénéficie de ce titre parce qu'elle est une grande artiste avant tout. » 111
Il y en a qui ont tout compris(Cf. Féminisme. Antiféminisme)

Culture (Gabin Jean) : 1975. Jean Gabin [1904-1976], après près de cent films, dans sa dernière interview avant sa mort, auteur de :
« C’est drôle comme les femmes sont teigneuses, quand elles s’y mettent. » 112 (Cf. Homme. Grossier)

Culture (Galey Matthieu) : (1er novembre) 1967. Matthieu Galey [1934-1986], dans son Journal, auteur de :
« La littérature manque d’innocence. » 113

Culture (« Générale ») : 1996. Régis Debray, dans Loués soient nos seigneurs. Une éducation politique définit ainsi la « culture générale » :
« Ce qu’on inculquait ainsi sous ce nom à l’étudiant en droit des années trente, comme à présent aux candidats du grand oral de l’ENA, est une dextérité verbale conférant à quelques généralités de bon ton le vernis d’un humanisme passe-partout, d’autant plus accommodant qu’imprécis. » 114 (Cf. Penser, Politique. Élites)

Culture (Génies) : (6 novembre) 2019. Intitulé de l’émission Entendez-vous l’éco ? : Les origines sociales du génie. 115
Les « héros » sans doute ne suffisant pas à réhabiliter les « élites » malmenées, France Culture réhabilite les « génies ».

Par ordre chronologique. Culture. Gide André :

Culture (Gide André) (1) : (19 avril) 1927. André Gide [1869-1951] dans son Journal, écrit :
« Hier, à Neuchâtel revu La ruée vers l’or [1925]. Suarès [André. 1868-1948] boude Charlot [Charlie Chaplin. 1889-1977] par orgueil. Injustifiable résistance. Cas unique où l’on peut épouser l’opinion populaire. Et pas de malentendu. Nous rions et nous amusons, toi et moi, de la même chose. Communion possible et dont il sied de profiter. Cela est si bon de pouvoir ne point mépriser ce que la foule admire ! » 116

Culture (Gide André) (2) : (29 janvier) 1935. Paul Léautaud [1872-1956] écrit dans son Journal littéraire : « Gide met l’œuvre de Mussolini bien au-dessus de celle d’Hitler. » Pour dissuader de toute critique littéraire indépendamment du contexte politique dans laquelle elle s’insère. 117

Culture (Gide André) (3) : 1939. André Gide [1869-1951], dans ses Carnets d’Égypte [publiés en 1954] s’interroge sur l’art Égyptien « un art insondablement lointain », puis, après une visite, accompagne de Louis Massignon [1883-1962] au Musée du Caire, qui l’a « ému », « bouleversé » écrit :
« J’ai senti soudain l’art de l’ancienne Égypte se rattacher à ma culture ; devant lui, je ne me sentais plus étranger. […] » 118 (Cf. Langage. Possessif, Politique. Nationalisme)

Culture (Gide André) (4) : (2 septembre) 1940. André Gide [1869-1951], dans son Journal, écrit :
« J’ai écrit, et je suis prêt à réécrire encore, ceci qui me paraît d’une évidente vérité : ‘C’est avec les beaux sentiments qu’on fait de la mauvaise littérature’. […] » 119
Ah bon, et pourquoi ? Parce que les « beaux » sentiments et les personnes qui les incarnent seraient stupides, n’auraient rien vécu, rien appris, rien construit, rien pensé, ne seraient porteuses d’aucune complexité, d’aucune contradiction ? Les « beaux sentiments », ce ne sont pas nécessairement Paul et Virginie.
- Mesurer les conséquences d’une telle assertion : c’est exclure de la pensée la franchise, la vérité, la sincérité ; c’est exclure la vie de millions d’êtres ; c’est interdire toute réflexions concernant la responsabilité de ceux, pour reprendre les termes de George Sand [1804-1876], « qui abusent de l’ignorance et de la candeur » 120 ; c’est exclure des millions d’êtres de la pensée de la valeur de leur vie. À cette aune, beaucoup ont tout faux… (Cf. Femmes. Souffrance, Femme. Remarquable. Rondeaux Madeleine, Penser. Sentiments, Patriarcat. Père. Gide André)
* Ajout. 23 juillet 2018. (2 septembre) 1940. À la relecture de l’analyse citée plus haut, je découvre qu’au terme de son affirmation, André Gide écrit cette phrase :
« […] Il n’en reste pas moins qu’une littérature peut être plus ou moins virile et virilisante, et que la nôtre, dans son ensemble, ne l’était point. » 121 (Cf. Patriarcat. Littérature)
* Ajout. 7 juillet 2017. Pour une analyse opposée, cf.
- (22 février) 1841. Astolphe de Custine [1790-1857], auteur, dans une lettre à Karl August Varnhagen [1755-1. 858] : « […] Les cœurs simples sont des abîmes ! » 122
- 1862. Victor Hugo [1802-1885], qui concernant l’évêque Bienvenu Myriel, dans Les misérables, évoque
« les petites contradictions des grands cœurs ». 123
- (début) 1927. Mais aussi, André Gide lui-même, dans son Journal, qui écrit :
« Il n’est pas de caractère si simple qu’il ne présente de compliqués détours. » 124
* Ajout. 11 Février 2020. Un journaliste : « On de fait pas de l’information avec de bonnes nouvelles ». (Cf. Politique. Médias)

Culture (Gide André) (5) : (29 janvier) 1943. André Gide [1869-1951] écrit, dans son Journal : « Je ne puis pas croire que l’art de demain se complaise dans le raffinement, la subtilité et la complication. Cette guerre aura sans doute pour effet d’arracher l’art au réalisme. Le reportage, qu’on exigera le plus documentaire possible, délivrera la littérature, de même que la photographie a pu délivrer la peinture, par une sorte de ‘catharsis’. » 125

Culture (Gide André) (6) : (19 avril) 1943. André Gide [1869-1951] écrit, dans son Journal :
« L’art - appelé à disparaître de dessus la terre ; progressivement, complètement. C’était une affaire d’élit ; quelque chose d’impénétrable pour ’le commun des mortels’. À ceux-ci les joies vulgaires. Mais aujourd’hui, l’élite même bat en brèche ses privilèges ; n’admet plus que rien ne lui soit réservé. Par magnanimité quelques peu sotte, les meilleurs d’aujourd’hui souhaitent : le meilleur pour tous.
J’imagine le temps où l’art aristocratique cèdera la place à un bien-être commun ; où l’individuel ne trouvera plus raison d’être et prendra honte de soi. Déjà nous avons pu voir en Russie, honnir ce qui manifeste un sentiment particulier, ne plus admettre que ce qui peut être compris par n’importe qui ; et ceci risque de devenir n’importe quoi. L’humanité se réveille de son engourdissement mythologique et s’aventure dans la réalité. Tous ces hochets d’enfants vont être relégués hors d’usage ; ceux qui viennent ne comprendront même plus qu’on ait pu, durant des siècles, s’en amuser. » 126 (Cf. Culture. Privilège)

Culture (« Gilets jaunes ») (1) : 2018. 2019. La culture vivante est actuellement celle exprimée par les « Gilets jaunes » : tags, slogans, banderoles, chansons…
Si le terme de « culture » a une signification…(Cf. Politique. « Gilets jaunes », Économie. « Gilets jaunes »)
* Ajout. 6 décembre 2019. Cf. le remarquable travail de recension photographique des inscriptions effectuées par les « Gilets jaunes » au dos de leurs gilets par :
Plein le dos. Pour une mémoire populaire. La rue contre le mépris. 4.000 exemplaires distribués en France pendant les manifestations des gilets jaunes. (Cf. Histoire)

Culture (« Gilets jaunes ») (2) : (4 mai) 2019. Lu : « 1400 personnalités du monde culturel apportent leur soutien, aux Gilets jaunes. » 127

Culture (Giroud Françoise) : 2003. Françoise Giroud [1916-2003], dans Arthur ou le bonheur de vivre, qui fut secrétaire d’état à la Culture [août 1976-mars 1977], qualifie « la culture en général » de :
« trousseau de clefs qui vous ouvre les portes du monde ». 128 (Cf. Penser. Utilitarisme, Politique. Élites)

Culture (Goebbels Joseph) : 1942. Lu dans l’Histoire du cinéma mondial de George Sadoul [1904-1967] que Goebbels [1897-1955], ministre de la propagande d’Hitler, concernant le film La symphonie fantastique [Christian-Jaque. 1942] produit par La Continentale [Société de production de film ‘de droit français à capitaux allemands’, crée en septembre 1940 par Joseph Goebbels] nota, à la date du 15 mai 1942, dans son Journal :
« Je suis furieux que nos bureaux de Paris montrent aux français comment représenter le nationalisme dans leurs films. J’ai donné de directives très claires pour que les français ne produisent que des films légers, vides et si possible stupides. Je pense qu’ils s’en contenteront. Il n’est pas besoin de développer leur nationalisme. »129 (Cf. Politique. Nationalisme)

Culture (Guéhenno Jean) : 1934. Jean Guéhenno [1890-1978], dans son Journal d’un homme de 40 ans, auteur de :
« J’ai cru à la culture, comme ils disent. Je l’ai chargée de tous les crimes ; c’était lui faire beaucoup d’honneur. […]
Je sais que la dignité ne s’apprend pas dans les livres. Innombrables sont les hommes cultivés et cependant indignes.
La culture, dès lors qu’elle est sentie comme un privilège ou un intérêt, avilit aussi bien son homme que la possession de titres. » 130 (Cf. Culture. Privilège)

Culture (Guerre) : (1er avril) 2018. Sur France Culture, dans la première partie de l’émission L’esprit public, intitulée « ’Vivre ensemble’ : quel sera le catéchisme Macronien ? », Émilie Aubry, sa responsable, emploie concernant la lutte contre le salafisme l’expression de : « guerre culturelle ». 131 (Cf. Politique. Guerre. Médias)

Culture (Guerilla girls) : 1989. Du collectif américain Guerrilla girls :
«
Do women have to be naked to get into the MET ? » Traduction :
« Est-ce que les femmes doivent être nues pour entrer au Metropolitan Museum ? »
Sous-titre : « Moins de 3 % des artistes exposées sont des femmes mais 83 % des nus sont féminins. » 132 (Cf. Êtres humains, Corps. Femmes. Nudité)

Culture (Guilloux Louis) : (4 mars) 1931. Louis Guilloux [1899-1980], écrit à Jean Guéhenno [1890-1978] :
« […] La culture n’a rien à voir avec l’amour de la vérité, je crois, ou bien, elle n’est justement que cela. Et, il est à se demander s’il est bien nécessaire de connaître Platon et Jésus-Christ pour aimer la justice et défendre la vérité. Je ne le crois pas.
Je ne pousserai pas le paradoxe jusqu’à dire que je crois le contraire, bien que toute culture digne de ce nom doive être naïve. Je dis naïve et pas autre chose. Naïve donc profonde, comme est profond tout ce qui nait du cœur sans la complexité de l’orgueil, comme est profond tout ce qui participe du sentiment de la communion des hommes, tous également torturés par les mêmes angoisses, tous ensevelis dans la même nuit. Ce mot de culture, pour moi, ne peut avoir d’autre sens que celui de l’expérience. Et il n’est d’expérience que de soi. […] » 133 (Cf. Êtres humains. Soi, Justice, Politique. Vérité)
* Ajout. 28 décembre 2017. 2016. Ariane Mnouchkine, dans L’art du présent, après avoir évoqué les acteurs « qui ont gardé l’enfance, la naïveté », poursuit :
« Je dis bien naïveté, à ne pas confondre avec la sottise. Un naïf, c’est celui qui nait à chaque instant. » 134 (Cf. Êtres humaines. Naïveté, Enfants)

Culture (Heanel Adèle) : (8 novembre) 2019. Après la dénonciation le 4 novembre 2019, par Adèle Haenel soutenue par l’enquête de Médiapart, quatre jours après, le ministre de la culture, Franck Riester a salué son « courage » ainsi que celui « de toutes celles qui osent briser le silence ».
Service minimun minimorum.
Mais à son poste, à sa fonction, dans son milieu, compte tenu des intérêts en jeu, et surtout de toutes les violences cachées sous le tapis dans ‘le monde de la culture’ - avec la caution de l’état et de la justice - que peut-il faire de plus ?
- Et puis, l’essentiel n’est-il pas que le ministère de la culture n’ait pas de responsabilité à prendre, pas de risques à courir, et ainsi de laisser courageusement la place aux femmes « courageuses » ? 135 (Cf. Culture. Riester Franck, Justice. Heanel Adèle, Politique. État, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Culture (Hegel Friedrich) : 1822. Friedrich Hegel [1770-1831], dans La raison dans l’histoire, auteur de : « Chacun sait que, dans un même peuple, un homme cultivé a de toutes autres exigences que l’homme inculte demeuré dans la même religion, la même éthique, la même condition substantiel. […] Un chrétien cultivé et un chrétien inculte paraissent être les mêmes, mais ont des besoins tout à fait différents. »
Et il poursuit en affirmant même : « Il en va de même pour la propriété. […] » 136
- Suffirait à dissuader de l’emploi du terme de « culture »… (Cf. Êtres humains. Hegel, Philosophie. Hegel)

Culture (Herriot Édouard) : 1961. Édouard Herriot [1872-1957], dans Notes et Maximes auteur de :
« La culture, c’est ce qui demeure dans l’homme lorsqu’il a tout oublié. »
- Et, à en gaver, on en dégoûte.

Culture (Histoire) : 2018. L’Histoire mondiale de la France coordonnée par Patrick Boucheron - à laquelle 122 historiens et historiennes ont participé - [Le Seuil. Janvier 2017] s’est vendue en 2018 à 110.000 exemplaires. 137 (Cf. Histoire)

Culture (Hollywood) (1) : 2017. [« Affaire Harvey Weinstein »] Nous savons dorénavant sur quelles souffrances des femmes, la culture Hollywoodienne a été bâtie, diffusée et exportée à travers le monde.
Nous savons dorénavant ce que la beauté de leurs actrices leur a coûté et pourquoi celle-ci a été tant vantée : c’était pour mieux les faire taire.
Nous savons dorénavant sur quelle montagne de mensonges les films ont été produits, réalisés, commentés, critiqués… (Cf. Culture. Festival de Cannes. Patriarcale, Patriarcat. Weinstein Harvey)

Culture (Hollywood) (2) : (19 octobre) 2017. Le réalisateur américain Kevin Smith a décidé de reverser les dividendes de tous ses films faits avec la Weinstein Company à l'association Women In Film. Suite aux récentes accusations d'agressions sexuelles contre le producteur américain Harvey Weinstein le réalisateur Kevin Smith s'est dit « honteux » d'avoir profité de son argent tandis que des personnes souffraient par sa faute.
Women in Film est une association à but non-lucratif destinée, selon ses statuts, « à militer pour l'avancement de la carrière des femmes travaillant dans les industries de l'écran, atteindre la parité et transformer la culture. » 138 (Cf. Culture. Festival de Cannes. Patriarcale, Patriarcat. Weinstein Harvey)

Culture « Homme cultivé ») : Il présenta une liste impressionnante de tous les livres qu’il avait lu. « Quel homme cultivé » dit l’un ; « Quel est l’homme ? » dit l’autre.

Culture (Hugo Victor) (1) : 1859. Victor Hugo [1802-1885], dans La légende des siècles, Les pauvres gens, auteur de :
« […] ces choses-là sont rudes / Il faut pour les comprendre avoir fait ses études. » (Cf. Économie. Pauvres (Les) »

Culture (Hugo Victor) (2) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les misérables, auteur de :
« Plus tard […] la Thénardier ne fut plus qu’une grosse méchante femme ayant savouré des romans bêtes. On ne lit pas impunément des niaiseries. » 139

Culture (Illectronisme) : (juin) 2020. Dans l’article intitulé Travail, famille, Wi-Fi du Monde Diplomatique, je lis - et en partie - vit : « Toute personne non équipée d’un smartphone, mal à l’aise avec internet ou tout simplement rétive à l’idée d’être constamment connectée ou potentiellement surveillée, sera confinée au cœur d’une société où tout à peu près lui sera refusé. C’est pourtant un fait établi et reconnu par les autorités : les déconnecté [-e] sont très nombreux [ses] en France. En 2019, plus d’un [-e] Français [-e] majeur [-e] sur cinq rencontrerait des difficultés sur internet : c’est l’« illectronisme », terme barbare qui désigne l’illétrisme numérique. Pour [eux, elles] un monde est en train de se refermer. » 140

Culture (Illettrisme) (1) : 2013. Selon l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme, en 2013 (dernières statistiques), « 7 % de la population adulte âgée de 18 à 65 ans ayant été scolarisée en France est en situation d’illettrisme, soit 2.500.000 personnes en métropole. »
* Ajout. 11 octobre 2017. (10 octobre) 2017. Quatre années après, le même chiffre de 2.500.000 est annoncé. 141
- À comparer avec le nombre de sondages effectués journellement financés, effectués, diffusés, publiés, commentés ? (Cf. Politique. « Gilets Jaunes »)

Culture (Illettrisme) (2) : 2019. Contraint à dévoiler ce qu’il avait jusqu’alors tu, il hurla :
« Je suis illettré » et il éclata d’un rire inextinguible. 142

Culture (« Inculture ») (1) : Édith Piaf [1915-1963] évoquant son ‘inculture‘ :
« J’avais des lectures, mon dieu…discutables. Je faisais mon régal de : ‘Séduite le jour de ses 20 ans’. Je n’aimais pas les livres qui finissaient mal. Et je n’écoutais pas les conseils que l’on me donnait. Raymond Asso essaya de me guider et de changer mes lectures. » 143
Et c’est ainsi que chansons, films, livres qui évoquaient ce que vivaient tant de femmes furent évacués de la ‘culture’. Et les sujets dont ils parlaient aussi.
Ce qui, faut-il le préciser, ne concerne pas Édith Piaf. (Cf. Femmes. Chanteuses françaises d’antan)
*Ajout. 4 août 2018. Ce qu’Édith Piaf évoque plus haut s’intitulera sur France Culture :
« un travail d’acculturation. » 144

Culture (« Inculture ») (2) : Regretter, dénoncer « l’inculture » des autres, n’a d’autre fonction, d’autre signification que de rehausser la sienne, considérée comme la seule bonne, la seule signifiante par ailleurs.

Culture (« Industrie ») : (26 mars) 2019. Jacques Myard, auteur de :
« La culture, c’est la seule industrie qui nous reste. » 145
N.B. Dans le gouvernement actuel, il n’existe pas de ministère de l’industrie, tandis qu’il existe un ministère de la culture, lequel - il faut le rappeler - recours amplement au mécénat. (Cf. Homme « Politique ». Myard Jacques)

Culture (Intellectuel) : (16 août) 1934. Lou Sin [1881-1936] opposant « les masses » à « l’intellectuel », le décrit comme celui « qui utilise des tournures subtiles pour monopoliser la langue et maintenir sa position privilégiée. » 146 (Cf. Homme « Intellectuel », Langue, Penser, Patriarcat, « Sciences sociales »)

Culture (Internationale) : 1948. André Malraux [1901-1976], dans un Appel aux intellectuels, auteur de :
« […] Enfin, le cinéma est né. Et, à cette heure, une femme hindoue qui regarde Anna Karina, pleure peut-être en voyant exprimer, par une actrice Suédoise et un metteur en scène Américain, l’idée que Tolstoï [1828-1910] se faisait de l’amour. » 147

Culture (Invraisemblances) : Que d’invraisemblances concernant les femmes dans tant de livres écrits, de films écrits réalisés par des hommes qui ne les ont jamais comprises, à peine connues….
(Écrit après avoir vu le film Lettre d’une inconnue, d’après la nouvelle [1922] de Stephane Zweig [1881-1942])

Culture (Jaurès Jean) : (6 août) 1946. François Mauriac [1885-1970] écrit dans Le Figaro :
« Pour un orateur, quelle tribune que celle du Palais-Bourbon d’alors ! [sous la IIIème république]
Entre les grands manifestations populaires où il soulevait les foules, le chef socialiste [Jean Jaurès. 1859-1914], en toute occasion, s’adressait à la France et au monde et triomphait dans des débats où l’art, la littérature, la métaphysique tenaient souvent autant de place que la politique. » 148 (Cf. Politique)

Culture (Jouvet Louis) : (31 octobre) 1931. André Gide [1869-1951], dans son Journal, raconte une censure - qu’il ne présente pas comme telle - de Louis Jouvet [1887-1951] concernant l’évocation (bien allusive…) de l’homosexualité dans la pièce Un taciturne [1932], de Roger Martin du Gard [1881-1951] :
« L’auteur véridique a souci de montrer ce qui est, et non ce que l’on souhaiterait qui fût ; quitte à déplorer que le monde soit tel qu’il soit. ‘Ça arrive’ ces choses-là’ faisait dire Roger Martin du Gard à Armand dans sa pièce, ‘ça arrive, même à des gens très bien’. Jouvet par crainte des protestations, a successivement laissé tomber le : ‘même à de gens très bien’, puis le jour suivant [lors des répétitions] : ‘ça arrive’. La belle avance ! Il ne le dit plus, mais ‘ça arrive’ tout de même, et les indignations des conformistes n’y pourront rien. » 149 (Cf. Penser. Indignation)

Culture (Justice) : 1974. Émile Pollak [1914-1978], avocat, dénonçant « les méthodes exécrables » de la justice, auteur, notamment de :
« Dans l’affaire Dominici, on a dit que le « Vieux » [Gaston Dominici. 1877-1965] avait 400 mots à sa disposition et l’avocat général 4000. C’est un peu toujours la même chose. » 150
N.B. Et son épouse, Marie Dominici [1879-1974] sans doute encore moins. (Cf. sa déposition au procès) (Cf. Justice. Avocat, Langage)

Culture (Kazan Elia) : Pour Elia Kazan [1909-2003] :
« L’art, c’est la marque puissante et bouleversante qu’imprime sur son œuvre un visionnaire hanté. » 151 (Cf. Femme. Mère. Kazan Elia)

Culture (Kahn Jean-François) : (1Er février) 2020. Jean-François Kahn, dans Marianne, auteur de :
« Franchement, les livres de Matzneff ne sont pas les pires qu’une caste ayant pignon sur rue encensa. Et c’était son droit. » 152 (Cf. Hommes « Intellectuels », Penser, Violences à l’encontre des enfants, Proxénétisme)

Culture (Kateb Yacine) : Kateb Yacine [1929-1989], auteur de :
« […] Il faut chercher - ce que je n’ai pas encore trouvé - c’est la vie profonde du pays, en Algérie. En Algérie, les plus cultivés, c’est les analphabètes. Ceux qui m’en apprennent le plus, ceux avec lesquels j’ai du plaisir à être, c’est ceux-là. C’est des chômeurs, par exemple, des chômeurs parfaits, qui n’ont jamais été à l’école, c’est les plus riches. Dès qu’ils se mettent à parler, et…c’est tout un travail, parce qu’il y a un travail presque policier. Il faut les faire parler. Il faut trouver les moyens de les toucher dans leurs fibres. Et alors là, on s’aperçoit qu’il y a là toute une humanité extrêmement riche, une espèce de Cour des miracles, pour parler comme Victor Hugo, une espèce d’immense richesse enterrée, enterrée dans l’ignorance d’elle-même, et aussi dans le fait, qu’en général, les écrivains, les hommes de culture ne voient jamais ça. » 153
N.B. Non seulement Kateb Yacine a voulu « aller au peuple », mais il a effectivement mis en œuvre son projet. Je me souviens, avec émotion, une représentation, en arabe dialectal, à Alger, au siège de l’UGTA, de sa pièce Mohammed prend ta valise. (Cf. Politique. Peuple)

Culture (King Kong Théorie) : (20 juin) 2018. Le Canard enchaîné publie une critique du spectacle King Kong Théorie (Théâtre de l’Atelier), issu du livre du même nom de Virginie Despentes [2006]. Je lis :
« C’est d’abord un récit autobiographique. […] C’est aussi un pamphlet libertaire, imbibé d’ironie et de culture punk rock, qui s’attaque à la domination masculine et défend le droit à la prostitution et à la pornographie. » 154
Et cet amalgame - fut il rédigé dans le cadre d’une critique théâtrale - n’interroge pas son rédacteur Mathieu Perez ?
La pensée « libertaire » justifiant le bon droit des hommes à la « pornographie », à la « prostitution », et tout cela, considéré comme « féministe » ?
- Par ailleurs, une question au Canard, comme à tant d’autres : les écrits de Virginie Despentes auraient-ils, depuis toutes ces années, été aussi aisément légitimés, si celle-ci avait - avec un certaine cohérence intellectuelle - affirmé une pensée abolitionniste et avait dénoncé politiquement la prostitution et la pornographique ? Pour ma part, j’en doute. Non. Je suis sûre que non. (Cf. Femme. Écrivaine, Pornographie. Proxénétisme. Despentes Virginie, Sexes […]. Sexe. Homme)

Culture (Laffont Isabelle) : 1997. Lu dans Femmes en tête de Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, qu’Isabelle Laffont, Directrice générale des Éditions Lattes (de 1995 à 2014, puis présidente) « affirme avec force n’avoir jamais rencontré la misogynie ». Et elle poursuit : « Cela prouve que les hommes en France ne sont pas aussi bêtes qu’aux États-Unis. » Et les françaises ? 155 (Féminisme. Déni, Nationalisme)

Culture (Lang Jack) (1) : (mars) 1976. Matthieu Galey [1934-1986] écrit dans son Journal à l’occasion d’une rencontre avec Jack Lang, président festival de théâtre de Nancy :
« […] Je le vois me sortir beaucoup de références culturelles, pour me sonder un peu, en m’éblouissant. Je résiste sournoisement à cette tempête. Il est un peu désarçonné, oh, légèrement. Il en faut plus pour la déloger de son socle.
Progressiste et tout, mais respect encore très bourgeois de la ‘culture’, dans le sens où on disait autrefois : ‘Il est très cultivé’, c’est à dire qu’il sait beaucoup de choses, il connait des noms, des vers, des titres, des œuvres, ce qui n’est plus du tout une conception moderne de la culture, je crois, où le cadre suffit, voire les titres, mais il faut être imbattable sur les exégètes et la théorie. »

Culture (Lang Jack) (2) : (18 juin) 2018. Jack Lang, auteur de :
« […] L’économie et la culture, c’est un tout. […] » 156

Culture (Lang Jack) (3) : (2 mai) 2019. Une enquête préliminaire a été ouverte concernant les dons de costumes, d’une valeur de 195.600 euros, à l’ancien ministre de la Culture et actuel directeur de l’Institut du monde arabe par le propriétaire de la maison de couture Smalto. 157
Son avocat réagit : « Ce n’est pas la première fois que les couturiers proposent à Jack Lang de l’habiller. Depuis 40 ans, il a reçu des cadeaux, compte tenu de sa notoriété. Cela s’inscrit dans une sorte de tradition d’ambassadeur de la marque. » 158 (Cf. Homme « Politique ». Justice. Avocat, Politique. Corruption. Morale)

Culture (Lang Jack) (4) : (16-20 décembre) 2019. Écouter les émissions de France Culture : À voix Nue intitulées : « Jack Lang, expression iconique de la culture » : pour savoir comment lui se voit.

Culture (Laporte Arnaud) (1) : (9 novembre) 2017. Au cours de l’émission d’Arnaud Laporte, Dispute, la critique Raphaëlle Leyris du Monde - concernant un personnage du livre du prix Médicis, Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel - avait évoqué : « un serviteur de bistrot qui ressemble étrangement à Macron ». Elle est interrompue et reprise par Arnaud Laporte par cette phrase : « au président de la république, s’il vous plait ! », injonction après laquelle, Raphaëlle Leyris, conciliante, se reprend et répète : « au président de la république » …
- De la subversion culturelle à France Culture…Ou, plus précisément, de la fonction politique jouée dans « la culture » de France Culture, par Arnaud Laporte, dont cette seule injonction vaut toutes les analyses.
- Mais qui est Arnaud Laporte ? Il est celui qui en matière de « culture » sait tout sur tout : il est celui qui a tout lu, tout vu, tout écouté [BD, opéras, photos, livres, films, expositions, danse, « spectacles vivants » ([?], « arts plastiques » [?], séries télévisées, théâtre, etc…] - ou qui, du moins, le fait croire ; celui qui peut et qui s’estime à même de donner son avis sur tout, sauf lorsque cela l’arrange de ne pas avoir prendre position ; celui qui règne sur une armada de critiques trop souvent aussi bien intentionné-es et aussi peu dérangeant-es que lui.…
* On peut aussi noter, au cours de cette même émission, que la décision d’attribuer le Prix Goncourt 2017 au livre d’Éric Vuillard L’ordre du jour, publié par les Éditions Actes Sud [maison d’édition créée par le père de l’actuelle ministre de la culture, Françoise Nyssen et dirigée encore l’année dernière par elle et son mari] a été commentée par l’un des journalistes invité par Arnaud en ces termes :
« On pouvait craindre une pudeur excessive et malhonnête ; fort heureusement, cette pudeur a été oubliée ». 159
- La culture, présentée par lui et ses acolytes, sûrs de leur bon droit à la parole et à la valeur de leur culture, me fait penser à un lierre enserrant une multiplicité infinie d’expressions vivantes, étouffées par le commentaire.
Qu’en reste-t-il, après écoute ? : Certes, une culture, mais une culture de salon, savamment régulée, efficacement dosée dont le maître de maison, maître des cérémonies - prudent, chafouin, flatteur à bon escient, roi de l’esquive, mais sachant planter efficacement ses banderilles [«c’est une lecture à charge» peut-il asséner à une de ses critiques avec laquelle il n’est pas d’accord] ne perd jamais son pouvoir : il choisit, décide, régule, veille à ce que nulle opposition malsonnante ne vienne créer de désordre dans ces multiples jeux de rôles, mais sans que son pouvoir, notamment de synthèse conclusive finale, sur ceux et celles qu’il qualifie de « camarades de jeu », ne soit jamais remis en cause.
- Le symbole de son pouvoir, dérisoire et donc signifiant, qu’il maintient envers et contre tout : depuis des années, il confère chaque jour in fine la parole à l’un-e ou l’autre de ses invité-es, ou à une personne idoine, afin qu’il lise la question et la réponse à la question posée lors de l’émission précédente, laquelle permet de gagner un prix (une place de cinéma, de concert). J’attends - jusqu’ici en vain - l’expression d’un refus de cette humiliante allégeance au suzerain qui règne, décidément, en maître. (Cf. Culture. Argent, Êtres humains. Pudeur)
* Ajout. 14 décembre 2017. 1760. 1761. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée le 5 janvier 1760 au Journal encyclopédique, auteur de :
« Je dois dire en général, et sans avoir personne en vue, qu’il est un peu hardi de s’ériger en juge de tous les ouvrages et qu’il vaudrait mieux en faire de bons. » 160 (Méchant…Bête ? )
- En plus succinct : « Il y a l’infini entre juger et faire. » 161
* Ajout. 3 septembre 2018. 1813. Madame de Staël [1766-1817], auteure dans De l’Allemagne de :
« Le public est presque toujours un juge de beaucoup d’esprit quand les circonstances passagères n’altèrent point son opinion. » 162 (Cf. Culture. France Culture, Penser. critique)

Culture (Laporte Arnaud) (2) : (5 janvier) 2018. Un critique, concernant le film Cœurs purs [Roberto Paolis. 2017] annonce : « J’ai une certaine aversion pour la pureté ». Rires. Réaction d’Arnaud Laporte : « À raison, il faut bien le dire ! » Fin du débat. 163 (Cf. Culture. France Culture)

Culture (Laporte Arnaud) (3) : (2 janvier) 2018. Lors d’une critique d’ « Opéra Porno» de Pierre Guillois, certaines critiques de l’émission d’Arnaud Laporte s’étant montrées plus que réservées et sur le choix de ce « spectacle vivant » comme objet de critique et sur la représentation elle-même - sans que néanmoins aucune analyse concernant la pornographie ne soit même ébauchée - Arnaud Laporte, responsable de l’émission culturelle, La dispute, répondit - se justifia ? - en ces termes :
« Programmer aujourd’hui un spectacle comme ça dans un théâtre important de Paris, dans l’époque dans laquelle on est qui est, pour le coup, assez rance, ce n’est pas tout à fait réac de faire ça. » Et il termina son ‘analyse’ par cette réfutation adressée à l’une de ses interlocutrices, celle qui avait jugé le spectacle « vulgaire », « vieux », « ennuyeux » et « rance » ainsi :
« On a peut-être un problème avec le réel (sic), vous ou moi…Allez savoir ! La question reste ouverte. » 164 (Cf. Culture. France Culture, Pornographique, Pornographie)

Culture (Laporte Arnaud) (4) : (19 avril) 2018. Dans le cadre de la critique du livre Keila la rouge de Isaac Bashevis Singer, après que fut citée la réaction du mari de Keila : « Tu es condamnée, quoi qu’il arrive », « Ce qui a le mérité de la clarté » fut le commentaire d’Arnaud Laporte. 165 (Cf. Culture. France Culture)

Culture (Laporte Arnaud) (5) : (18 mai) 2018. Parmi les critiques du film « En guerre » de Stéphane Brézé - qu’Arnaud Laporte affirme n’avoir « pas vu » - après avoir entendu l’une des critiques de cette émission avoir affirmé, furieuse, que ce film est « putassier », Arnaud Laporte commente alors d’un court, seul et signifiant : « Bien ».
- Pour rappel, j’ai aussi entendu concernant ce film : « obscène », « désespérant », « grégaire », « film confortable », « qu’ils arrêtent de nous saouler ! », « je suis désespérée », « film militant cégétiste», « prise d’otage du spectateur » , « maladroit », « mal fait », «c’est une honte », « le cinéma fait écran [à la réalité] », « ras le bol !» et enfin, concernant Stéphane Brézé : « ce soi-disant cinéaste». 166
- Une caricature, non moins inquiétante, d’un jugement - haineux - de classe. Au nom de la « culture ». (Cf. Culture. France Culture)

Culture (Laporte Arnaud) (6) : (28 mai) 2018. Concernant la critique du livre de Jean-Pierre Léoardini, journaliste critique de l’Humanité pendant 50 ans, dont le titre est : « Qu’il crèvent les critiques ! », Arnaud Laporte avait tellement de choses à dire qu’il a réussi à n’en rien dire, ou presque :
« Je ne pourrais pas dire tout ce que j’ai envie de dire parce qu’il est 19 h 57 et 20 secondes. […] Il y a beaucoup, beaucoup de choses à dire […] beaucoup de choses à dire, vraiment. » … 167 (Cf. Culture. France Culture)
* Ajout. 4 juin 2018. (1er mai) 1775. Voltaire [1694-1778], dans une lettre au comte d’Argental [1700-1788], lui écrit :
« Enfin, je ne vous dis rien sur cette affaire, parce que j’aurais trop à vous dire. » 168 Certes, mais on peut dire beaucoup avec peu des mots et des idées claires.
Et un peu de courage…
Et on peut même prendre le temps d’en dire beaucoup, avec d’autres…
Mais là il faut beaucoup de courage...

Culture (Laporte Arnaud) (7) : (15 août) 2018. Arnaud Laporte, responsable [« coordinateur »] sur France Culture des émissions intitulées les Master class au cours desquelles on pouvait notamment entendre les questions suivantes :
« La vocation existe-t-elle ? D’où vient l’idée ? pensez-vous à la postérité ? Comment travaillez-vous ? [ou : Est-ce que vous avez mis en place des protocoles d’écriture ?; Avez-vous des rituels ? des horaires ?] Est-ce qu’il faut beaucoup lire pour écrire ? Est-ce qu’il faut beaucoup vivre pour écrire ? Est-ce qu’il y a un premier jet ou faut-il beaucoup reprendre ? Comment est-ce que vous savez qu’un roman est terminé ? Qu’est-ce qui fait que vous continuez à écrire ? Les succès, les prix ont changé quoi pour vous ? Qu’est-ce qui fait que vous choisissez une forme plutôt qu’un autre ? » Etc... 169 Idéal, pour meubler et éviter toute discussion de fond, a fortiori politique.
- Le : « comment », pour éviter le pourquoi et toutes les questions gênantes…
Le : « comment » pour détourner, assécher, empêcher la question du sens…
- La forme pour conforter le fond.. (Cf. Culture. France Culture)

Culture (Laporte Arnaud) (8) : (8 novembre) 2019. Concernant le film de Costa Gavras, Adults in the room, sur France Culture, Arnaud Laporte qui le baptise : « la dette Grecque pour les nuls » - « ce qui peut se comprendre » - déclare :
« […] La farce, c’est de prendre pour argent comptant le livre de Varoufakis […] » et il poursuit : « J’aurais aimé un huis clos dans les salles de l’Eurogroupe, c’est là que le film m’intéresse. […]. Ce film on ne sait pas très bien où il se situe. » Mais, concède le critique, « c’est bien que ce film existe »…
- Arnaud Laporte a-t-il lu le livre de Yanis Varoufakis, Conversations entre adultes. Dans les coulisses secrètes de l’Europe, pour proférer un tel jugement sur le livre et sur le film ?

Culture (Laporte Arnaud) (9) : (15 novembre) 2019. Arnaud Laporte, dans le cadre des débats concernant la nouvelle accusation de violences à l’encontre de Roman Polanski concomitante avec la sortie de son dernier film J’accuse, annonce d’emblée dans la cadre de son émission Dispute, qu’il n’a « pas vu le film » et qu’il « ne participera donc pas au débat ».
Et, toujours avec panache et courage, il confie le débat à trois femmes. (Cf. Féminisme. Antiféminisme. Rondeau Corinne, Patriarcat, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Polanski Roman)

Culture (Laskine Lily) : (14 juillet) 2019. J’entends sur France Musique que Lily Laskine [1893-1908], harpiste, fut la première femme musicienne recrutée - elle a alors 16 ans - à l’Opéra de Paris en 1909.
Je lis sur Wikipédia que « Lily Laskine a été ‘remplaçante-titulaire’, pendant trente ans, du pupitre de harpe après avoir remplacé les harpistes envoyés au front pendant la première guerre mondiale, mais n'a jamais été titulaire du poste. Elle a cependant ‘en principe’ passé, en 1909, le concours lui permettant d'accéder au statut envié de ‘supplémentaire’ dont les lauréates et lauréats sont appelés, dans l'attente qu'un poste se libère, à remplacer les titulaires autorisés à s'absentent. »

Par ordre chronologique. Culture. Léautaud Paul :

Culture (Léautaud Paul) (1) : (21 juillet) 1924. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal littéraire] écrit :
« Je deviens romanesque en vieillissant. Je passe mon temps à lire des romans d’amour. C’est pour remplacer ce que j’aurais aimé et ce que la vie de m’a pas donné. Je m’aperçois que je ne suis pas si sec qu’on pourrait le croire. Je pars avec mes héros dans leurs aventures. Je rêve, je vis, je désire, je souffre avec eux. Quand je ferme le livre, j’ai comme une barre dans l’estomac et je refoule à peine un besoin de pleurer. Au moins pendant quelques heures, j’ai échappé à ma vie médiocre, j’ai donné un objet à mes rêves inutiles. » 170 (Cf. Culture. Chansons d’amour. Mélodrame, Relations entre êtres humains. Amour)

Culture (Léautaud Paul) (2) : (7 juin) 1944. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal littéraire, écrit :
« […] Des millions d’hommes ont [cependant] vécu et des millions vivront encore sans avoir jamais vu un tableau, ni un livre, et ils ont vécu et ils vivent. J’ai beau être écrivain, avoir connu de grands plaisirs par les livres, avoir connu de grands plaisirs à écrire, je n’ai pas le fétichisme de toutes ces sortes de choses, ni aucune vénération à leur égard. » 171 (Cf. Culture. Plaisir)

Culture (Léautaud Paul) (3) : (25 novembre) 1947. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal littéraire, concernant Léon-Paul Fargue [1876-1957] dont il apprend la mort, écrit :
« Grand talent. Un autre écrivain que Valéry, original, gavroche, primesautier, spontané, plein de fantaisie, de couleur, rien de compassé, de grave, d’imité, de bourgeois, en plein dans la vie, et plein de liberté. » 172

Culture (Léautaud Paul) (4) : (9 février) 1948. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal littéraire, concernant un enquête de Combat « sur les femmes », écrit :
« C’est pitoyable. Ces gens ont l’esprit et le style et le vocabulaire embarrassés, alourdis, nuageux, compliqués comme tout ce qu’on lit dans les nouvelles revues actuelles. Rien de clair, de vigoureux, de hardi, de volontaire, d’un peu séditieux et subversif. Un ton d’égarés plaintifs qui ne trouvent pas leur chemin. […] » 173

Culture (Lessing Doris) : Doris Lessing [1919-2013], auteure de :
« La littérature est une grande force révolutionnaire. » 174

Culture (Liberté d’expression) (1) : Que le film Salo [1976] de Pasolini [1922-1975] puisse incarner le symbole ultime de « la liberté d’expression » - exhibée dans son abstraction comme un titre de gloire - devrait suffire pour en condamner le principe.
Et l’occident - qui s’enorgueillit de la liberté qu’il dit avoir conceptualisée, sans trop s’inquiéter de ses modalités concrètes d’expressions - semble s’étonner des révoltes, formulées ou non, contre son impérialisme… (Cf. Culture. Cinéma, Enfants, Politique, Pornographie, Proxénétisme, Violences)

Culture (Liberté d’expression) (2) : Le qualificatif de « féministe » apparaît à beaucoup comme suffisant pour exclure celle auquel il est appliqué des bénéficiaires de la « liberté d’expression ». « Apparait » ? Non, car il faudrait, pour cela, qu’ils / elles soient conscient-es des implicites de leurs analyses. (Cf. Féminisme, patriarcat, Penser)

Culture (Littéraire. Texte) : Il / elle qualifia ce texte de « littéraire ». Qu’en penser ? C’était s’autoriser à le juger comme tel : or, ce terme n’avait de sens que pour celui/ celle qui en l’utilisant, lui conférait un sens : son sens…. Mais, en avait-il même un ? Non. (Cf. Langage, Mot)

Par ordre chronologique. Culture. Littérature :

Culture (Littérature) (1) : (mars) 1953. Maurice Nadeau, dans le Manifeste publié dans le n° 1 des Lettres Nouvelles affirme :
« Elle [la littérature] ne relève que de ses propres critères. » Comment peut-on penser légitimer un tel - absurde et indéfendable - privilège, dont ne pourraient que bénéficier les littérateurs [incidemment, quasiment tous ou presque des hommes], ainsi placés « au-dessus de la mêlée » ? 175
- Critique valable aussi pour les caricaturistes, Charlie Hebdo inclus… (Cf. Culture. Privilège, Justice, Politique. Peuple)

Culture (Littérature) (2) : 1962. Witold Gombrowicz [1904-1969], dans son Journal écrit :
« Jaillie de l’esprit individuel, la littérature tombe sous la coupe de facteurs extra-intellectuels, sociaux. Prix. Concours. Académies. Associations professionnelles. Éditeurs. Presse. Politique. Culture. Ambassades. Congrès. […] ». 176
À mettre au goût du jour : Services de presse. Journaux, Radios. Télés. Publicités, Signatures. Foires aux livres… (Cf. Culture. Critique. Gombrowicz Witold)

Culture (Littérature) (3) : 1965. Witold Gombrowicz [1904-1969] dans son Journal, auteur de : « L’écrivain devient de plus en plus un genre de commis-voyageur de la culture. » 177 (Cf. Culture. Critique. Littérature)

Culture (Littérature) : (3 août) 2019. Alain Finkielkraut, auteur de :
« La littérature, c’est le cas particulier. » 178

Par ordre chronologique. Culture. Livre :

Culture (Livre) (1) : 1749. Henry Fielding [1707-1754] dans l’Histoire de Tom Jones, s’adresse à son « lecteur » :
« Si nous sommes toujours disposé à te prêter l’assistance voulue dans les endroits difficiles, vu que nous n’attendons pas de toi, comme le font certains autres, que tu aies recours aux arts de la divination pour découvrir ce que nous voulons dire, nous ne nous prêterons pourtant pas à ta paresse là où il n’est besoin que de ta propre attention ; tu te trompes grandement si tu t’imagines que notre intention, en entreprenant ce grand ouvrage, était de ne rien laisser à ta sagacité; où que tu pourras, sans exercer parfois ce talent, suivre le cours de cette histoire avec plaisir ou profit pour toi-même ». 179 (Cf. Culture. Fielding Henry, Penser. Pensée. Claire)

Culture (Livre) (2) : 1749. Henry Fielding [1707-1754] dans l’Histoire de Tom Jones évoque « les personnes qui ne lisent un livre que pour dire qu’elles l’ont lu - or, c’est là un motif de lire plus général qu’on ne le croit communément, et qui a souvent fait tourner rapidement non seulement les feuilles des livres de droit ou de piété, mais même les pages d’Homère et de Virgile, de Swift et de Cervantès.» 180

Culture (Livre) (3) : (25 avril) 1760. Voltaire [1694-1778], dans une lettre à Madame du Deffand [1697-1780], écrit :
« Accoutumez-vous à la disette des talents en tout genre, à l’esprit devenu commun, et au génie devenu rare, à une inondation de livres sur la guerre pour être battu, sur les finances pour n’avoir pas un sou, sur la population pour manquer de recrues et de cultivateurs, et sur tous les arts pour n’en réussir dans aucun. » 181 (Cf. Penser. Utilitarisme)

Culture (Livre) (4) : (29 avril) 1799. Marie-Aimée Steck-Guichelin [1776-1821], dans ses Cahiers, écrit : « Quand après la lecture d’un ouvrage d’imagination, je trouve la situation de mon âme sensiblement changée, quand je me sens fortement occupée d’autres sentiments et d’autres pensées que ceux dont je m’occupe plus habituellement, que je vois les objets sous d’autres couleurs et dans un autre jour, je dis que cet ouvrage est bon dans son genre et que l’auteur a du génie, car le génie seul a le secret de disposer de l’âme des autres et de l’entraîner où il veut.
Quand la lecture me laisse à peu près comme elle m’a trouvée, je dis : c’est un ouvrage médiocre, fut -il d’ailleurs composé avec l’ensemble le plus parfait et écrit avec la plume la plus brillante. » 182 (Cf. Femme. Écrivaine, Penser. Style)

Culture (Livre) (5) : 1878. Friedrich Nietzsche, [1844-1900] dans Humain, trop humain, auteur de : « Je ne veux plus lire un auteur dont on remarque qu’il a voulu faire un livre ; mais seulement ceux dont les idées devinrent inopinément un livre. » 183( Cf. Penser. Idée)

Culture (Livre) (6) : 1972. Jacques Prévert [1900-1977], auteur de :
« Beaucoup de livres d’aujourd’hui, quand on les ouvre comme une huitre, on trouve seulement des perles de culture. » 184

Culture (Livre) (7) : 1977. Françoise d’Eaubonne [1920-2005], auteure de :
« écrivain : un métier où l’on doit créer à la fois l’offre et la demande. » 185
Rarement abordé sous cet angle, pourtant globalement juste. (Cf. Économie)

Culture (Livre) (8) : 1990. Alexandre Zinoviev [1922-2006] dans Les confessions d’un homme en trop présente Les hauteurs béantes [1976] :
« En général, les pensées de tous mes personnages sont mes propres pensées. […] Mais aucun d’entre eux n’est moi. Et aucun n’exprime individuellement la position de l’auteur. C’est tous ensemble […] qu’ils expriment ma conception du monde. » 186

Culture (Livre) (9) : 2012. Pour les libéraux : « Produit de l’industrie culturelle. »
Variante : « Produit de consommation immédiate. » (Entendu le 11 mai 2012). (Cf. Économie. Consommation)

Culture (Livre) (10) : (1Er mars) 2020. Virginie Despentes, concernant le départ d’Adèle Heanel le 28 février 2020, lors de la cérémonie des César lorsque fut remis le prix du meilleur réalisateur à Roman Polansky, auteure de :
« […] La plus belle image en quarante-cinq ans de cérémonie - Adèle Haenel quand elle descend les escaliers pour sortir et qu’elle vous applaudit et désormais on sait comment ça marche, quelqu’un qui se casse et vous dit merde. Je donne 80 % de ma bibliothèque féministe pour cette image-là. […] » 187 (Cf. Féminisme. Patriarcat, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Culture (Livre) (11) : (24 juin) 2020. Entendu pour vanter un livre : « C’est pas une prise de tête ».

Culture (Lukacs Georg) : (13 avril) 1919. Georg Lukacs [1885-1971], dans un texte intitulé : Le fondement moral du communisme, auteur de :
« La suppression du caractère de privilège de la culture représente un travail de destruction et ressemble beaucoup à la réorganisation de la vie sociale à laquelle elle est d’ailleurs le plus étroitement apparentée, mais la tâche réelle de l’éducation va beaucoup plus loin que cela, du fait que le seul moyen de rapprocher intérieurement les hommes consiste non seulement à supprimer les différences de mode de vie extérieures qui les séparent, mais encore à réduire au minimum leurs différences et divergences culturelles intérieures. En bref, il s’agit de mettre en place entre les hommes, dans ce domaine, le plus de ponts possibles, de permettre à chacun d’avoir accès à toute la culture intérieure et extérieure qui lui est nécessaire. » 188 (Cf. Culture. Privilège)

Culture (Luminet Jean-Pierre) : (17 février) 2018. Jean-Pierre Luminet, auteur de :
« Je baigne constamment dans l’esthétique. » 189

Culture (Luxe) (1) : (7 février) 2017. Arnaud Esquerre, auteur de :
« L’industrie du luxe a partie liée avec la culture, avec l’art, [...] avec le tourisme. » 190 (Cf. Êtres humains, Relations entre êtres humains. Luxe)

Culture (Luxe) (2) : (29 août) 2017. L’émission de France Culture intitulée Le Réveil Culturel avait pour intitulé :
« Olivier Gabet et Florence Müller : ‘Christian Dior voulait rendre les femmes belles pour les rendre heureuses.’ » 191 (Cf. Êtres humains, Relations entre êtres humains. Luxe, Femmes. Mode)

Culture (Luxe) (3) : 1855. George Sand [1804-1876], dans l’Histoire de ma vie, auteure de :
« […] Aussi n’ai-je jamais compris que les artistes de mon temps eussent, en général, tant de vénalité, de besoins de luxe, d’ambitions de fortune. Si quelqu’un au monde peut se passer de luxe et se créer à lui-même une vie selon ses rêves avec peu, avec presque rien, c’est l’artiste, puisqu’il porte en lui le don de poétiser les moindres choses, et de se construire une cabane selon les règles du goût ou les instincts de la poésie. Le luxe me paraît donc la ressource des gens bêtes. » 192

Culture (Macron Brigitte) : (16 février) 2018. Voici le début d’un article du Figaro intitulé : Comment Brigitte Macron imprime sa marque à l’Élysée, rédigé au terme d’une « enquête » :
« La culture la passionne et elle ne s'en cache pas. Depuis son arrivée au palais, la première dame instaure un style bien à elle. Et apporte au président une touche supplémentaire de modernité et de glamour. […]
Mélange de sourire et de fermeté, possédant une ouverture bon teint et une allure chic, Brigitte Macron a imposé un style au Palais de l'Élysée. Mieux, elle possède une qualité qui remporte la mise en France : elle est cultivée. Ancienne professeur de lettres classiques, puisant dans les prix littéraires pour agrémenter ses heures perdues - la bibliothèque du couple possède plus d'ouvrages que celle de l'Élysée -, elle reste discrète sur ses goûts… » 193 (Cf. Femme. Épouse. « Politique »)

Culture (Macron Emmanuel) : (26 avril) 2018. À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, Emmanuel Macron a organisé pour « la grande famille du cinéma » un dîner à l'Élysée.
« Nos sociétés ont besoin de rêve et de mythe, et vous avez un rôle politique en ce sens », a-t-il notamment expliqué aux invité-es. 194 (Cf. Famille, Penser. Mythe)
N.B. Emmanuel Macron avait, le 14 novembre 2017, évoqué une « rénovation morale » des banlieues. 195 (Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel, Politique. Morale)

Culture (Macron Emmanuel) : (30 août) 2018. Lu :
« [Au Danemark] Emmanuel Macron estime avoir réussi depuis son élection à provoquer un ‘changement culturel’ chez les Français. ‘Vous verrez la France transformée par son peuple. Les gens changent d'état d'esprit, ils sont beaucoup plus ouverts au risque’, a-t-il déclaré devant le patronat danois. » 196 Emmanuel Macron : démiurge ? (Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel. Peuple, Économie)

Culture (Maïakovski Vladimir) : 1918. Vladimir Maïakovski [1893-1930], auteur, « probablement en 1918 » de :
« Nous, prolétaires de l’art, nous appelons les prolétaires des usines et de la terre à une troisième révolution. Sans effusion de sang, mais implacable. La révolution de l’esprit. » 197 Qu’en dire au-delà de la critique des termes ? Quelle part de vérité cette aspiration révèle-t-elle ?

Culture (« Magique pouvoir de l’art ») : (avril) 1942. Anaïs Nin [1903-1977] rapporte dans son Journal, « une jolie histoire» que lui raconte Paul Rosenfeld [1890-1946] :
« Un empereur du Japon apprit que son ami le plus intime avait conspiré contre lui. Il fut obligé de le condamner à mort. Il devait être décapité, mais à cause de son rang élevé et de leur longue association, l’exécution devait se faire en grande pompe. Toute la cour fut conviée à la cérémonie. L’exécution devait être précédée du spectacle le plus fastueux, les plus artistique que la cour du Japon pût offrir. Il y eut des joutes poétiques, des danseuses exquises, des concerts et des pièces de théâtre. Le noble condamné regarda tout le spectacle des heures durant avec un vif intérêt. Mais au bout d’un certain temps il s’impatienta et il s’adressa en ces termes à l’empereur :
‘Je sais que vous m’offrez ce dernier spectacle en l’honneur de notre association de longue date, mais si naguère vous avez eu pour moi quelconque considération, et si vous souhaitez que ma mort soit entourée des plus grands honneurs, puis-je vous implorer au nom de notre ancienne amitié, de ne plus me faire attendre d’avantage ?. De grâce, permettez que l’on me tranche la tête sur le champ. »
L’empereur, alors, lui dit en souriant : ‘Mais mon cher ami, vous avez eu la tête tranchée.‘
Nulle histoire n’a jamais rendu de manière aussi symbolique le magique pouvoir de l’art
. » 198

Culture (Magnard Albéric) : J’entends évoquer l’engagement « féministe » du compositeur Albéric Magnard [1865-1914]. Voici ce dont il s’agit, si j’en crois ses biographes. Après la création en 1904 de l’Union des femmes professeurs et compositeurs de Musique [UFPC] à l’initiative de Marie Daubresse, Albéric Magnard « est d’emblée en totale communion avec une association dont les objectifs comblent son idéal social et fortifient son espoir de voir, grâce à des moyens efficaces, ses thèses féministes se développer et se concrétiser enfin. » […] Un concert symphonique - 52 instrumentistes - « féministe » inaugural a lieu le 10 décembre 1911 au cours duquel son Hymne à la justice est joué. […] Absolument conquis par la merveilleuse interprétation de son Hymne, le soir même il promet à madame Gallet [?-?] de dédier sa prochaine œuvre symphonique au bel ensemble qu’elle a su réunir. » 199
Malheureusement, sa 4ème symphonie est très mal interprétée : il écrit le 4 avril 1914 à son grand ami Guy Ropartz :
« La première exécution de ma symphonie [par des musiciennes de l’UFPC] a été lamentable et je préfère que vous n’ayez pas été là. Séduit par l’interprétation merveilleuse que ces dames m’avaient donnée de l’Hymne à la Justice en 1911, je leur avais promis une œuvre plus importante. J’ai tenu ma promesse. J’ai eu tort. On ne m’y reprendra pas et tout cela prouve une fois de plus qu’il ne faut pas dédier la musique aux instrumentistes. » 200 (Cf. Femme. Remarquable. Daubresse Marie, Homme. Féminisme)

Culture (Malraux André) : Jean Darnel raconte avoir demandé à André Malraux [1901-1976], celui qui fut le premier ‘ministre de la culture’, ce qu’il entendait par ce terme. Celui-ci lui aurait répondu :
« La culture, c’est un rendez-vous avec sa propre beauté…La culture, c’est un rendez-vous avec soi. » 201 (Cf. Êtres humains. Soi)

Culture (Maréchal Marion) : (2 mars) 2020. Marion Maréchal, sur Radio courtoisie (radio d’extrême droite), après avoir déploré la disparition de la « culture générale » et avoir mis en avant la place qu’elle lui accordait au sein de l’institut privé quelle dirige, auteure de :
- « comme les étudiants ne savent plus rien… »
- « La plupart des enseignants sont inaptes à enseigner…».

Culture (« Mauvais goût ») : (16 octobre) 1942. André Gide [1869-1952], dans son Journal, sans répondre à la question, s’interroge :
« Peut-on parler de ‘mauvais goût’, sinon d’une façon bourgeoise ? » 202 (Cf. Culture. « Bon goût ». Bourgeoisie, Penser. Pensée. Binaire)

Culture (Maréchal Francis) : (14 février) 2019. Francis Maréchal, adjoint chargé des travaux et de l’énergie de la mairie (EELV) de Loos-en-Gohelle (Pas de Calais) auteur de :
« Nos terrils valent bien les pyramides d’Égypte. » 203

Culture (Mécénat) : (octobre) 2017. Entendu :
« Le principal mécène des artistes, c’est le RSA [revenu de solidarité active]. » 204 (Cf. Politique. État, Économie)

Culture (« Mélo ». Chansons, Films, livres) (1) : Qualifier, pour le condamner, un film (livre…) de mélo[dramatique], c’est s’interdire de voir, d’analyser, de réfléchir, de porter un quelconque jugement concernant tous les drames, si complexes à démêler, que tant de femmes ont dû vivre, et donc de comprendre leur succès notamment auprès des femmes. Où, ailleurs, pouvaient-elles, ne serait-ce qu’un peu, retrouver, sinon leur vie, du moins ce qui leur permettait d’y échapper ? Un rêve aliéné, certes, mais néanmoins un rêve, un espoir.
[Après avoir vu la présentation du film, puis le film : Le mensonge d’une mère. 1950, de Raffaello Matarazzo et enfin la critique de Ciné Classique : « Une trame qui ne réserve aucune surprise […]»] 205 (Cf. Femmes. Bouleversées)

Culture (« Mélo ». Chansons, Films, livres) (2) : Il faut politiquement relire ce que l’on a enfoui sous le mépris dans la qualificatif de « mélo », et savoir comprendre ce qu’il révélait de qualités, de valeurs, toutes ou presque qualifiées, elles aussi, avec mépris, comme dévolues aux femmes, mais aussi d’aspirations, de frustrations, de violences… (Cf. Langage. Mot. Critique de « Mélodramatique »)

Culture (« Mélo ». Chansons, Films, livres) (3) : Cette culture dite « mélo », en réalité celle, partagée, vécus dans le quasi-totalité par de femmes, n’était -elle pas le langage que les femmes tenaient au monde dans lequel elles étaient contraintes de vivre, une vie qui ne leur plaisait pas, une manière de dire : la vie que je mène n’est pas la mienne, ne m’intéresse pas et je n’en veux plus.

Culture (« Mélo ». Chansons, Films, livres) (4) : Il faut apprendre à savoir lire « le mélo ». [Après avoir vu Nuits blanches [Luchino Visconti. 1957]

Par ordre chronologique. Culture. Mélo :

Culture (« Mélo ». Poésie) (1) : (30 octobre) 1936. Dans son Journal, André Gide [1869-1951] cite trois vers de Baudelaire [1821-1867], qu’il qualifie d’« exquis », de « charmante naïveté », 206 et que tant, et sans doute lui aussi, écrit par d’autres, les auraient qualifié de « mélo ».
Et si, tout simplement, le « mélo » n’était qualifié comme tel que lorsque des femmes sont concernées ? Et ce, afin de les dévaluer, et de réduire au silence les auteures, les sujets abordés ?

Culture (« Mélo ». Théâtre) (2) : 1974. Françoise Rosay [1891-1974] raconte dans La traversée d’une vie que, contrainte de s’adresser au public (anglais) après avoir joué un « terrible mélo », elle déclara en substance ceci :
« La pièce que nous venons de jouer devant vous appartient à une catégorie que l’on appelle avec mépris du mélo. Ce qu’il y a de bien dans ces pièces, c’est que le méchant est toujours puni et le bon récompensé. Dans la vie, vous le savez bien, cela arrive rarement. Vous venez donc au théâtre pour voir cela. Nous sommes venus pour vous remonter le moral et j’espère que vous partirez contents. » 207

Culture (« Mélo ». Chansons, Films, livres) (3) : 1976. Ménie Grégoire [1919-2014] dans Telle que je suis, auteure de :
« Le mélodrame, c’est ce qui arrive aux autres. Quand ça vous arrive à vous, c’est un drame ! » 208 (Cf. Êtres humains, Relations entre êtres humains)

Culture (« Mélo ». Vie) (4) : (28 mars) 1978. Lu dans le Journal de Matthieu Galey [1934-1986] :
« […] Là un gigolo attend l’aventure : vingt-cinq ans, une mèche sur l’œil, un blouson de cuir noir, un beau cou-colonne, des lèves joliment dessinées, avec une moue sensuelle, et un regard en dessous. Tellement l’air d’une petite frappe que c’en est attendrissant. On parle. Plus désarmé encore que je ne le pensais : mythomane, avec des histoires à tirer des larmes, une amie qu’il aimait, morte dans un accident, un gosse de cinq anas en nourrice, un vrai roman pour Confidences. […] »
C’est tellement plus aisé de qualifier cette présentation d’une vie comme tout juste bonne pour un roman-photo, digne d’un mélo, que de s’interroger sur la part de vérité qu’elle révèle peut être, sur ce qu’elle cache sûrement.
« Petite frappe à 25 ans » : ça ne tombe pas du ciel, ce n’était pas écrit dans son berceau.. (Cf. Êtres humains, Corps, Proxénétisme)

Culture (« Mélo ». Films) (5) : 1995. Un relevé partiel de l’emploi de « mélodrame » dans Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. L-Z :
Un film « mélo» peut être « sombre », « sentimental », « fané », « sordide », « historique », « démodé », « célèbre », « facile », « germanique », « étincelant », « romanesque », « charmant », « flamboyant », « mondain », « ennuyeux », « grand », « fameux », « simple », « humoristique », « poussif », « jamais transcendé », « splendide », « suranné », « superbe », « noir », « bourgeois », « épouvantable », « extravagant », « agréable », « merveilleux », « familial », « criminel », « colonial », « conventionnel », « chef d’œuvre », « de grand style », « mauvais »…
- Le «sujet », l’« intrigue », les « situations », le « thème », l’ « actrice » peuvent être « mélo ». Mais le terme lui-même n’est jamais défini. 209

Culture (« Mélo ». Chansons, Films, livres) (6) : 2017. Lu, concernant Jacqueline, 32 ans [violée par son beau-père. 4 enfants. Elle le tue. 13 mois de détention, 9 mois d’hôpital psychiatrique] :
« À 17 ans, elle doit faire comme si elle était sa femme, lui donner le bras comme s’ils étaient un couple. En cachette, elle lit Intimité [revue de la presse dite « du cœur »] : ‘C’était ma seule douceur’. » 210 (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Culture (Meslot Damien) : (18 avril) 2018. Lu dans Le Canard enchaîné :
Damien Meslot, maire Les Républicains de Belfort « a déclaré qu’il ne servait à rien d’avoir un bibliothèque quand on avait déjà une FNAC sur place. Quant à son adjointe à la culture, Marion Rochette de Lempdes, elle propose sans rire de remplacer les acquisitions par des dons de livres. À vot’ bon cœur ! Donnez à Belfort vos vieux manuels et vos vieux SAS stockés dans les toilettes211 (Cf. Économie. Capitalisme)

Culture (Messager Annette) : (30 juillet) 2017. Annette Messager, auteure de :
« Je crois que l’art ne sert à rien. Donc, on est totalement libre. Et justement parce qu’il ne sert à rien, je crois qu’il est très important. C’est une forme de liberté et on a tellement peu de liberté[s]…- On a des peurs aujourd’hui - … que cette espèce de liberté, il faut l’augmenter encore. Je crois que l’art, c’est très important, justement parce que ce n’est pas important. » 212

Culture (Michaux Henri) : 2016. Lu, la préface de Jean-Luc Outers intitulée : Une philosophie du non au livre de Henri Michaux [1899-1984] intitulé Donc c’est non :
« Sauf exceptions qui se comptent sur les doigts de la main, quel est le rêve inavoué de tout écrivain qui publie. Dans le désordre : être lu par le plus grand nombre de lecteurs, accumuler les critiques élogieuses, être interviewé dans les magazines, à la radio ou à la télévision, être sollicité par des demandes en tous genre : photos, colloques, articles, festivals littéraires, traductions, numéros spéciaux de revues…, être couronné par des prix littéraires, les plus prestigieux s’entend, voir ses textes adaptés au théâtre ou au cinéma, ou encore, mis en musique et interprétés par des orchestres, si possible symphoniques, faire l’objet d’études savantes ou de thèses universitaires, être caressé dans le sens du poil par son éditeur (réimpressions, réédition en poche ou en coffret ou - rêve ultime - sur le papier bible de La Pléiade), être sollicité par d’autres éditeurs, être élu à l’unanimité dans des Académies, voir son nom et sa signature quémandés pour des pétitions, des mouvements artistiques ou autres, bref voir son œuvre lentement reconnue et consacrée, ici, partout et dans toutes les langues.
C’est à tout cela qui n’est plus la littérature mais son institution, sinon son décorum ou le carnaval médiatique qui l’agite qu’Henry Michaux n’a cessé de s’opposer sa vie durant. ‘Je cherche une secrétaire qui sache pour moi de quarante à cinquante façons de dire non’. Cette imploration presque désespérée, résume à elle seule la correspondance que nous publions. Il n’y est question que de refus
. […] » 213 (Cf. Homme. Remarquable. Michaux Henry)

Culture (Michel Louise) : Louise Michel [1830-1905] auteure de :
- « Au nom de vieux préjugés , il reste convenu d’affirmer qu’une militante ne peut être écrivain ou artiste : on serait l’un ou l’autre, mais pas les deux. »
- « Je suis une artiste en révolution. »
- (Pendant la Commune de Paris. 1871) « On voulait à la fois arts, sciences, littérature, découvertes, la vie flamboyait. On avait hâte de s’échapper du vieux monde. » 214 (Cf. Femme. Artiste. Écrivaine, Politique. Révolution)

Culture (Mill Stuart John) : 1863. John Stuart Mill [1806-1873], dans L’Utilitarisme, auteur de : « Un esprit cultivé - et je n’entends pas par-là celui du philosophe, mais tout esprit qui a pu puiser aux sources de la connaissance et qu’on a suffisamment habitué à exercer ses facultés - trouve des sources inépuisables d’intérêt dans tout ce qui l’entoure : dans les choses de la nature, les œuvres d’art, les créations de la poésie, les évènements de l’histoire, les voies suivies par l’humanité dans le passé et dans le présent et les perspectives ainsi ouvertes sur l’avenir.
À la vérité, il est possible qu’on devienne indifférent à toutes ces choses, et cela, sans en avoir épuisé même la millième partie ; mais c’est qu’on n’y avait jamais attaché aucun intérêt moral ou humain et qu’on y avait cherché qu’un moyen de satisfaire sa curiosité.
» 215 (Cf. Homme. Féminisme. Stuart Mill John, Penser, Politique. Morale, Philosophie)

Culture (Miller Alice) : 1990. Alice Miller [1923-2010], dans La connaissance interdite, auteure de :
« La peinture spontanée ne m’a pas seulement aidée à découvrir ma propre histoire, elle m’a aidée aussi à me libérer des contraintes intellectuelles et conceptuelles de mon éducation et de ma formation ; je me suis aperçue qu’elles étaient fausses, trompeuses et dangereuses. Au fur et à mesure que j’apprenais à suivre mes impulsions en jouant librement avec les formes et les couleurs, je me sentais de moins en moins tenue par les conventions, esthétiques ou autres. Je ne me souciais pas de peindre de beaux tableaux, peu m’importait même qu’ils sont bons. Mon seul souci était d’aider la vérité à percer. » 216 (Cf. Enfants. Miller Alice, Psychanalyse)

Culture (Minces Juliette) : 2015. Juliette Minces, dans De Gurs à Kaboul, écrit :
« [Grâce à mes voyages], je me réconciliais avec le monde. Mes voyages et mes études m’ont permis de me rendre compte de sa complexité. C’est la culture, au sens le plus large qui m’a aidée à mieux réfléchir, notamment sur les notions de bien et de mal… Mais j’avais appris qu’on pouvait être à la fois un être de culture et un tortionnaire. » 217

Culture (Mitterrand Frédéric) (1) : (juin) 2009. Trois ans après avoir publié La mauvaise vie, Frédéric Mitterrand, après avoir appelé à voter pour Jacques Chirac, est nommé ministre de la Culture dans le gouvernement François Fillon.
Pour rappel, extrait du livre : « J’ai pris le pli de payer pour des garçons [...] Évidemment, j’ai lu ce qu’on a pu écrire sur le commerce des garçons d’ici .[...] Je sais ce qu’il y a de vrai. La misère ambiante, le maquereautage généralisé, les montagnes de dollars que ça rapporte quand les gosses n’en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Mais cela ne m’empêche pas d’y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m’excitent énormément […] On ne pourrait juger qu’un tel spectacle abominable d’un point de vue moral, mais il me plaît au-delà du raisonnable […] La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. L’argent et le sexe, je suis au cœur de mon système, celui qui fonctionne enfin car je sais qu’on ne me refusera pas. » (Cf. Proxénétisme. « Clients ». Mitterrand Frédéric)

Culture (Mitterrand Frédéric) (2) : (29 septembre) 2009. Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, auteur, sur Europe 1, de :
« Si le monde de la culture ne soutenait pas Roman Polanski, ça voudrait dire qu’il n’y a plus de culture dans notre pays. » 218 (Cf. Patriarcat. Violences. Viols. Violences à l’encontre des femmes. Polanski Roman)

Culture (Montellier Chantal) : 2012. Chantal Montellier, auteure de :
« Combien de femmes ont [elles] réussi à faire une œuvre cinématographique ? On peut les compter sur les doigts d’une main. Je pense à Coline Serreau, en France, qui a réussi à faire un certain nombre de films, et surtout les voir diffusés. J’ai vu un certain nombre de chefs d’œuvres, je crois que je peux dire le mot, au Festival de films de femmes de Créteil ; je n’en ai jamais vu un seul distribué convenablement. Et il en est un peu de même pour les images dessinées. » 219

Culture (Moreau Jeanne) : Jeanne Moreau [1928-2017], auteure de :
« J’ai tout appris à travers les livres.
[…] C’était un voyage extraordinaire. » 220 (Cf. Culture. Livres)

Culture (Musées) (1) : Des « temples de l’art », des « institutions nationales » 221, des lieux de vies, de morts, de socialisation, de compétition ; des réceptacles d’objets volés, raptés, spoliés, achetés, donnés ; des révélateurs des enjeux historiques internationaux comme des passions singulières ; des vitrines pour les institutions financières et des sites, des espaces de recels, d’investissements, de spéculations…. (Cf. Langage. Mot. Critique de : « Translocation »)
* Ajout. 11 février 2020. Entendu sur France Culture que « le musée diffuse la culture ». 222

Culture (Musées) (2) : (24 septembre) 1843. Henry David Thoreau [1817-1862], dans son Journal, auteur de :
« Je hais les musées, il n’est rien qui ne pèse autant sur les esprits. Ce sont des catacombes de la nature. C’est de la mort en conserve. Un seul bourgeon vert au printemps, un chaton de saule, une faible trille lancée par un moineau migrateur pourraient remettre le monde sur pied. […] La vie contenue dans un seul brin d’herbe verte a plus de valeur que toutes ces choses mortes. Elles ressemblent beaucoup à l’Histoire lorsqu’elle est consignée - et je ressens les mêmes sentiments en lisant Rollin [Charles 1661-1741] et Ferguson [Adam. 1723-1816]. » 223 (Cf. Politique. Écologie, Philosophie. Histoire)

Culture (Musées) (3) : 1989. Michel Ragon, dans L’accent de ma mère, Une mémoire Vendéenne, écrit :
« Lorsque fut inauguré, en 1972, le Musée des arts et traditions populaires, j’ai ressenti en le visitant un choc tel que je ne m’en suis pas encore remis.
En effet, tous les objets exposés, tous ces colliers de chevaux, ces jougs de bœufs, ces cannes de berge, ces ustensiles de cuisine, ces poteries, ces vanneries appartiennent au monde de mon enfance.
Ces sont mes objets de famille, placés sous vitrine, répertoriés, analysés, comme ceux des civilisations hottentotes et esquimaudes au Musée de l’homme.
J’avais l’impression, j’ai conservé l’impression d’être le survivant d’un cataclysme, d’une civilisation engloutie dont les seuls témoignages subsistent au musée.
Retrouvé muséifié l’environnement quotidien du monde familial de mon enfance, la vaisselle dans laquelle on a mangé, les outils dont on s’est servi, les vêtements que l’on a vu porter est une étrange aventure.
Si l téléphone m’avait révélé l’accent de ma mère, le Musées des arts et traditions populaires m’a rappelé avec force ma culture première. » 224
N.B. Après plus de soixante-dix ans d'existence - qualifié de « premier musée de la France populaire », de « Louvre du peuple », il a fermé en 2005. Ses collections ont été transférées au Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (à vérifier) qui a ouvert le 7 juin 2013 à Marseille. (Wikipédia).
- C’est LVMH « leader mondial des produits de haute qualité » qui s’est installé a lieu et place de ce musée et a imposé sa conception de « la culture ».

Culture (Musique) (1) : Lu dans les Mémoires de la Comtesse Marie d’Agoult [1833-1854] (Daniel Stern) [1805-1876] :
« On sait, qu’en France, les leçons de piano, considérées comme le complément de toute bonne éducation, n’ont aucunement pour but d’initier une jeune fille au grand art de la musique, mais seulement de faire d’elle une machinale, insipide exécutante, capable, en attendant le mariage, de divertir pendant une heure l’ennui de soirées de famille, de jouer en mesure, ou à peu près, une contredanse pour faire danser les voisines, à la campagne, d’accompagner au besoin quelque virtuose de sa force, exercée celle-là aux arpèges de la harpe, ou bien à la romance. Ma mère, par cela seul qu’elle était allemande avait de la musique une autre idée. […] » 225 (Cf. Femme. Mère, Famille. Mariage, Patriarcat, Histoire)

Culture (Musique) (2) : (9 septembre) 1916. Philippe Pétain [1856-1961] écrit à Eugénie Hardon [1877-1962], alors sa maîtresse [avant leur mariage civil en 1920] :
« Ma chérie, ne te laisse pas trop émouvoir par la musique. Elle a un pouvoir magique sur tes nerfs. Je m’en méfie quand je ne suis pas là. […] » 226 (Cf. Femmes. Émotions, Patriarcat, Politique. Guerre)

Culture (Musique) (3) : 2003. Dans un livre consacré à l’organiste Marie-Louise Girod [1915-2014], on lit qu’elle aurait choisi l’orgue « pour que le public ne la voit pas. » 227
La lecture du livre permet cependant de ne pas s’arrêter à cette analyse. (Cf. Femme. Artiste. Alain Marie-Claire)

Culture (Musique) (4) : (5 mai) 2016. Je ne vois pas une seule femme dans l’Orchestre symphonique russe (sous la direction de Valéri Guerguiev) qui a joué dans la cité syrienne de Palmyre. Par ‘humanité’ pour elles ? L’armée russe n’emploie-t-elle des femmes militaires en Syrie, comme ailleurs ? Et, comme toutes les armées, n’en tue-t-elle pas par dizaines de milliers ? …
Ce concert retransmis en direct par la télévision publique russe, a permis à M. Poutine d’intervenir pour saluer un « extraordinaire acte d’humanité ». (Politique. Guerre. Propagande)
* Ajout. 16 décembre 2016. (11 décembre) 2016. Lu : « Daech s’est de nouveau emparé de la ville ancienne de Palmyre, qui avait été libérée en mars 2016 par l’armée syrienne avec le soutien de l’aviation russe. » (Cf. Langage. Daech, Politique. Guerre)
* Ajout. 9 mars 2017. (mars) 2017. Serait repris par l’armée syrienne.

Culture (Musique) (5) : 1966. Je ne vois pas une seule femme non plus dans l’orchestre de la Philarmonique de Berlin pour la retransmission filmée en 1966 par Henri-Georges Clouzot [1907-1977] de la 5ème symphonie de Beethoven par Herbert von Karajan [1908-1989], film retransmis par Arte le 26 juin 2016.
- Présentation par Arte : « […] La partition se mue en scénario, les phrases musicales deviennent des séquences filmiques, et les musiciens des comédiens. La caméra capte ainsi toutes les nuances de l'interprétation, et reflète fidèlement la puissance et la passion de Karajan. » C’est tout. 228

Culture (« Mystère de la création ») : 2019. Il interviewait artistes, créateurs et autres sur les « mystères de la création. » Et moi ? et moi ? semblait-il soupirer. (Cf. Êtres humains. Soi)

Culture (Nationalisme) (1) : À l’écoute fortuite d’un lien établi entre Madame Bovary et Anna Karénine, je me suis soudain rendue compte de l’ampleur de l’enfermement induit par une vision nationaliste de la « culture ». Et de sa fonction politique : étroitesse d’esprit, régression…
- Penser nationaliste, c’est penser au sein de frontières physiques et mentales, c’est penser sans, c’est penser contre, c’est penser - au moins pire - nécessairement étriqué. (Cf. Politique. Guerre)

Par ordre chronologique. Culture. Nationalisme :

Culture (Nationalisme) (2) : (16 décembre) 1760. Voltaire [1694-1788], dans une lettre adressée au comte [1700-1788] et à la comtesse d’Argental [1703-1774], leur écrit :
« […] Le zèle de la patrie m’a saisi. J’ai été indigné d’une brochure anglaise dans laquelle on préfère hautement Shakespeare [1564-1616] à Corneille [1606-1684]. » 229 (Cf. Voltaire. Culture)
- Faut-il préciser que ce ‘zèle’ patriotique’ n’est pas révélateur de la conception que Voltaire avait de la « culture » ? Et que, par ailleurs, ses positions concernant Corneille - qu’il avait encensé - ont beaucoup évolué… (Cf. Politique. Nationalisme. Voltaire)
* Ajout. 12 juin 2018. (19 juillet) 1776. En revanche, ses critiques - grossières - concernant Shakespeare, ne se sont pas atténuées. Dans une lettre, 16 ans après, au comte d’Argental [1700-1788], il écrit :
« Auriez-vous lu les deux volumes de ce misérable [Le Tourneur. 1736-1788] dans lequel il veut nous faire regarder Shakespear [sans e] comme le seul modèle de la véritable tragédie. Il l’appelle le dieu du théâtre. Il sacrifie tous les Français, sans exception à son idole, comme on sacrifiait autrefois des cochons à Cérès. Il ne daigne pas même nommer Corneille et Racine. […]
Souffrirez-vous l’affront qu’il fait à la France ? […] »
- Et, dans une lettre à d’Alembert [1717-1783], le 10 août 1776, il poursuit :
« Je combat pour la nation. » 230

Culture (Nationalisme) (3) : (3 octobre) 1810. Lettre du duc de Rovigo [1774-1833], ministre de la police de Napoléon [1769-1821], à Madame de Staël [1766-1817], concernant son livre De l’Allemagne [qui sera publié à Londres en 1813] et dont il fit saisir dans leur totalité les 10.000 exemplaires déjà imprimés :
« […] Il ne faut point rechercher la cause de l’ordre [l’exil] que je vous ai signifié dans le silence que vous avez gardé à l’égard de l’Empereur dans votre dernier ouvrage, ce serait une erreur, il ne pouvait pas y trouver une place qui fut digne de lui (sic) ; mais votre exil est une conséquence naturelle (sic) de la marche que vous suivez constamment depuis des années.
Il m’a paru que l’air de ce pays-ci ne vous convenait point (sic), et nous n’en sommes pas encore réduits à chercher des modèles dans les peuples que vous admirez. ( ! ) Votre dernier ouvrage n’est pas français ; c’est moi qui en ai arrêté l’impression. […] » 231 (Cf. Politique. État)
Suite : On peut comparer cette lamentable ‘justification’ à certaines des pensées de Madame de Staël :
- « Les nations doivent se servir de guides les unes aux autres et toutes auraient tort de se priver des lumières qu’elles peuvent mutuellement se prêter. […]
On se trouvera donc bien en tout pays d’accueillir les pensées étrangères ; car, dans ce genre, l’hospitalité fait la fortune de celui qui reçoit. » (Cf. Penser, Économie)
- « Tout ce qui tend à comprimer nos facultés est toujours une doctrine avilissante. » 232 (Cf. Penser)

Culture (Nationalisme) (4) : 1914. Léon Daudet [1867-1942], dans ses Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux [1914], après avoir évoqué « le bon sens national », dénonce « les insanités germaniques » pour mieux cautionner l’évidence, pour lui, de « l’intelligence française. » 233 Encore un homme intelligent…

Culture (Nationalisme) (5) : (18 juin) 1940. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal littéraire, après avoir évoqué « notre littérature, légère, spirituelle, moqueuse, si pleine d’idées sous sa légèreté » écrit, concernant les Allemands (non nommés) :
« Ils sont bien trop lourds d’esprit et de corps, bien trop empêtrés de métaphysique et de romantisme épais. » 234 (Cf. Êtres humains, Corps, Philosophie)

Culture (Nationalisme) (6) : 1959. Je lis dans la préface d’un Dictionnaire des femmes célèbres : « Il nous faut mettre en garde le lecteur (!) contre l’impression qu’un traitement de faveur a été réservé aux femmes de lettres étrangères : le grand nombre de Britanniques, Américaines, Scandinaves, Allemandes, Polonaises résulte, indépendamment de leur valeur fréquemment exceptionnelle, du fait que dans ces pays, les femmes ont écrit plus tôt et beaucoup plus que les Françaises et les Méditerranéennes en général. » 235
- Je ne sais si cette analyse est juste, et sans doute l’est-elle, mais cette distance critique qui va à l’encontre des approches nationalistes si fréquentes en France fait du bien à lire. Et j’ai découvert effectivement dans ce livre nombres d’auteures dont j’ignore même le nom qui parsèment ce Dictionnaire…. (Cf. Femme. Écrivaine)

Culture (Nationalisme) (7) : 2010. Edgard Morin, concernant Cornelius Castoriadis [1922-1997], auteur de :
« […] Et cet immigré devenu français a contribué à la richesse et à l’universalité de la culture française. » 236 Nationalisme et paternalisme…
- Cf. aussi l’évocation de Cornelius Castoriadis par Sami Naïr :
« Il représentait ce que la pensée ‘émigrée’ avait produit de mieux en France depuis la guerre. » 237

Culture (Nationalisme) (8) : (5 avril) 2018. Marlène Schiappa, auteure de :
« La France [est] le berceau du féminisme philosophique et la patrie de Simone de Beauvoir » [1908-1986]. » 238 (Cf. Femme. « Politique ». Schiappa Marlène, Féminisme, Penser, Politique, Philosophie. Histoire)

Culture (Nationalisme) (9) : (25 mai) 2019. Il [Iean-Dominique Senard, président de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi] préférait nommer « culture » ce que d’autres nommaient « nationalisme ». 239 (Cf. Langage, Économie)

Culture (Nationalisme) (10) : (23 décembre) 2019. Titre du dossier de L’Express et grande photo de Camus en page de garde :
« Albert Camus un icône française. »

Culture (Nazie) : (23 mai) 1933. Le comte Harry Kessler [1868-1937], dans ses Cahiers, emploie, concernant les nazis, l’expression de « dictature de l’anti-esprit. » 240

Culture (Nietzsche Friedrich) : 1878. Friedrich Nietzsche [1844-1900], dans Humain, trop humain, auteur de :
« Dans le progrès de la culture, tout devient intéressant pour l’homme : il sait trouver le côté instructif d’un chose et saisir le point où elle peut combler une lacune de sa pensée ou confirmer un de ses idées. » 241

Culture (Nin Anaïs) : (hiver) 1942. Anaïs Nin [1903-1977], dans son Journal, écrit :
« L’intrigue policière les plus compliquée et la plus fascinante du monde, c’est de retrouver des incidents et des interprétations erronées qui faussent la réalité. […] Pourrais-je faire de cela un œuvre d’art ? » 242 (Cf. Penser. Vérité)

Culture (Nourissier François) : (27 décembre) 1964. François Nourissier [1927-2011] évoque, dans l’émission La critique des critiques, une « littérature de consommation ». 243 (Cf. Économie. Consommation)

Culture (# Notsurprised) : (30 octobre) 2017. Une lettre ouverte : Les femmes de l’art contemporain unies contre le harcèlement sexuel intitulée : Not surprised [Sans surprise] reprise et publiée le 30 octobre 2017 par le New York Times et le Guardian, est traduite et publiée par le même jour par les Inrocks [sans doute un effet de la campagne contre leur Une consacrée à Bertrand Cantat]. En voici la conclusion :
« […] Nous ne serons plus silencieu.x.s.e.s.
Nous dénoncerons celles et ceux qui persisteront à nous exploiter, à nous faire taire ou à nous discréditer. Vos actions ne seront plus jamais ces secrets que nous chuchotons entre nous par peur de la réprimande, de l’isolement ou de la mise au ban professionnelle. Dès lors que nous serons témoins d’abus de pouvoir, nous nous engageons désormais à parler, à exiger que les institutions et leurs dirigeant.e.s nous prennent au sérieux, et à exposer ces incidents au grand jour quel que soit le sexe de leurs auteurs.
Nous n’ignorerons plus les remarques condescendantes, les mains baladeuses, ni les menaces et les intimidations subtilement déguisées en flirt, ni le mutisme de nos ambitieu.x.se.s collègues. Nous ne tolérerons plus d’être couvert.e.s de honte ou peu pris.e.s au sérieux, ni d’être montré.e.s du doigt lorsque nous oserons enfin prendre la parole. Nous ne rejoindrons pas les ‘groupes de travail’ formés pour résoudre un conflit perpétré contre nous. Ainsi, nous proposons une définition du harcèlement sexuel à l’usage de celles et ceux qui se sentiraient impuissants, auquel se référer pour mieux construire un environnement de travail sûr et confortable pour toutes et tous.
Nous, signataires - celles qui ont été abusées et celles qui en sont solidaires -, appelons les institutions artistiques, les instances gouvernementales culturelles ainsi que tous nos collègues à s’interroger sérieusement sur la manière dont ils ou elles ont joué, ou ont pu jouer, un rôle dans la perpétuation des inégalités entre les sexes et des abus précités, et surtout, à la façon dont ils ou elles comptent gérer ces problèmes dans le futur.
Nous sommes trop nombreu.x.s.e.s, désormais, pour être ignoré.e.s et réduit.e.s au silence. Avec tout ce que nous avons subi et dont nous avons été les témoins, cette lettre ne devrait pas vous surprendre. » 244 (Patriarcat. Weinstein Harvey)

Culture (Occidentale) : L’histoire occidentale de la culture n’est pas synonyme de l’histoire de la culture occidentale.

Culture (Opéra) : 2010. Catherine Clément, dans son autobiographie, Mémoire, auteure de :
« Un soir, au premier rang d’orchestre, je remarquais le courant d’air exquis qui envahit la salle quand le rideau se lève. Ce léger courant d’air entraîna ma pensée. C’était une Traviata [Guiseppe Verdi. 1853] je crois ou une Bohême [Giacomo Puccini. 1896]. Deux agonies de femmes sacrifiées à l’amour. Au dernier acte j’eus l’idée d’un livre. Les femmes qui l’on voyait chanter sur scène mourraient souvent d’amour. Si elles ne mourraient pas, elles souffraient toujours. Et quand elles en souffraient pas, elles perdaient quelque chose : leur liberté, comme la princesse Turandot [Giacomo Puccini. 1926] qui, voulant à tout prix, éviter le mariage, se retrouve amoureuse et mariée au dernier acte.
J’écrivis d’un seul trait, L’Opéra ou la Défaite des femme, livre ardemment féministe qui me valut une volée de bois verts de la part des musicologues, mais qui inspira plus tard de nombreuses mises en scène. Maurice Fleuret, pourtant un ami, ne décolérait pas. Qu’est-ce que j’allais chercher ! Les cantatrices ? Des travelos ? Quelle abomination. Toutes vouées à la mort ? Mais leur voix est sublime ! Enfin, c’était un malentendu digne de la callas dont on portait le deuil avec jubilation.
Si j’avais à le réécrire, je concentrerai mon analyse sur l’opéra du dix-neuvième siècle, car ce siècle fut terrible pour les femmes. Après la percée du dix-huitième siècle, une fois les révoltes féministes révolutionnaires écrasées par les Jacobins, le dix-neuvième siècle broya le destin des femmes. Les opéras l’expriment et les divas le chantent. […] 245

Culture (Origine du monde L’) (1) : (octobre) 2018. Un internaute dépose plainte contre Facebook qui avait supprimé son compte arguant d’un post où apparaissait L’origine du monde le tableau de Gustave Courbet [1819-1877].
Des débats a lieu autour des éternels thèmes : « liberté d’expression », « œuvre d’art », « pornographie » [auxquels on pourrait ajouter : « bienséance », « politiquement correct », « sensibilité », « pudeur », et… « culture »].
Aucun d’entre eux ne permet, à moins de préalablement en interroger la pertinence, d’aborder la question d’une analyse féministe de ce tableau… 246
* Ajout. 8 février 2018. Concernant ce même procès, je lis dans Le Canard enchaîné que :
« L’origine du monde de Courbet ne cèle en rien l’inimité d’une jeune brune alanguie sur sa couche» et qu’« il ferait beau voir […] qu’une œuvre d’art symbole de la liberté d’expression ne puisse y figurer au prétexte qu’elle montre un sexe de femme non épilé. » 247
* Ajout. 10 octobre 2018. Le Canard enchaîné, souhaitant apporter ans doute sa contribution à la « liberté d’expression », consacre un grand article à la présentation du livre de Claude Schopp - L’origine du mode, vie du modèle - lequel a[urait] retrouvé - passionnant apport - le nom du modèle. Dès lors tous les stéréotypes de l’époque sont reproduits.
Et l’article s’intitule : « Balcon avec vulve ».
Toujours aussi féministes au Canard. (Cf. Êtres humains, Corps, Langage. Critique de « Mots », Pornographie, Proxénétisme, Sexe. Femme)

Culture (Origine du monde L’) (2) : (9 février) 2020. Une grande affiche Boulevard St Michel présente le tableau d’une femme, stylisée, renversée, nue, accompagnée du texte suivent :
« L’origine du monde, mais en plus renversant. Nouveau parcours dans les collections du Musée d’art moderne. En accès libre et gratuit. » Qui sont les sponsors ? (Cf. Sexes)

Culture (Ory Pascal) : 2000. Pour Pascal Ory, la culture, c’est « l’ensemble des représentations collectives propres à une société». 248 En quoi cette définition est-elle clairvoyante ? ; en d’autres termes, en quoi éclaire-t-elle quoi que ce soit ? (Cf. Sociologie, Histoire)

Culture (Palmade Pierre) : (3 mai) 2019. Pierre Palmade, auteur de :
« Si j’avais beaucoup lu, je n’aurais pas écrit. »
249

Culture (Partition de musique) : Les partitions de musique : un carcan ?

Culture (« Pass Culture » [à 500 euros] Le) : (4 juillet) 2017. Édouard Philippe, premier ministre, dans son discours de politique générale à l’Assemblée Nationale, confirme la décision d’un « pass culture à 500 euros » pour les jeunes à 18 ans.
« L'État interviendrait ‘pour une partie très minoritaire [300 millions], le reste étant financé par les diffuseurs et les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon). » 250
- Pour ces gens-là, « la culture » c’est de l’argent, mais surtout le grand avantage de cette mesure, c’est qu’elle maintient le pouvoir sur la conception même de ce qui, pourrait être une autre « culture » et évite de réfléchir.
- Cette phrase fait par ailleurs penser à l’analyse formulée par les critiques de l'économie numérique :
« Si c'est gratuit, c'est que vous êtes le produit. » (Cf. Économie. GAFA)
* Ajout. 21 décembre 2017. (16 octobre) 1765. Voltaire [1694-1778], dans une lettre à d’Alembert [1717-1783], lui écrivit :
« Il n’y a point [de chose] plus honteuse que de voir continuellement les arts jugés par des Midas. » 251
* Ajout. 11 juillet 2018. Le Canard enchaîné nous apprend que « l’État ne financera sur son propre budget que 20 % de l’ardoise, soit 80 millions d’euros. » Le reste estimé nécessaire sera « offert par les éditeurs, les producteurs, les auteurs, etc. », mais « tout en leur interdisant de le faire savoir ». Commentaire du Canard : « Il fallait oser tenter l’exploit. » 252

Culture (Passion) : (26 avril) 2020. Un exemple superbe et si convaincant illustrant la grandeur de la passion, telle ici qu’incarnée par Henry Guillemain [1993-1992] : Centenaire de madame Bovary: Flaubert tel qu’il fut. 253

Culture (Patriarcale) (1) : Oui, les hommes, tous les hommes, ont été élevés, ont grandi, ont été légitimés par les religions et les lois, dans une culture du pouvoir, de la puissance, de la force et de leur légitimité, et donc de la violence ; les femmes dans une culture - faute d’alternative pensable proposée - de la légitimation de leur supériorité et donc leur dépendance politiquement impuissance à leur égard. Oui, il s’agit bien de « culture », qui, comme telle, doit être analysée pour être comprise ; qui donc, en tant que telle, exige de repenser autrement le terme de culture. Ce qui, bien sûr, n’a rien à voir avec une comparaison chiffrée entre hommes et femmes. (Cf. Patriarcat)

Culture (Patriarcale) (2) : Il y a sans doute plus de vérité sur le patriarcat dans À Saint Lazare d’Aristide Bruhant [1851-1925] que dans tant et tant d’analyses théoriques. (Cf. Patriarcat)
* Ajout. 27 mai 2016. Comme, au hasard, parmi tant d’autres expressions…, dans : La fiancée du pirate [Kurt Weil, Berthold Brecht. 1928] ? Et dans : Une demoiselle sur une balançoire [Jean Nohain. Mireille. 1950] ? Et dans…

Culture (Patriarcale) (3) : Aux fins (le plus souvent inconscientes) de pérenniser le patriarcat - quelles qu’en soient les modalités d’expressions - de combien d’artifices, d’invraisemblances, d’incohérences les films sont-ils réalisés, les livres sont-ils écrits ? La mort in fine de l’héroïne n’est-elle pas d’ailleurs souvent le seul moyen trouvé pour y remédier ?

Culture (Patriarcale) (4) : Combien de fois l’argument « culturel », si souvent pétri de nationalisme, a-t-il été invoqué pour justifier les traditions patriarcales ? (Cf. Penser. Argument)

Culture (Patriarcale) (5) : La finesse, la délicatesse des travaux de couture, de broderie, celles des dentelles, des pastels, des aquarelles, comment pourrait-on ne pas les retrouver dans les écrits des femmes ?

Culture (Patriarcale) (6) : Comparer la portée, la signification de la chanson Puisque vous partez en voyage chantée par Jean Sablon et Mirelle [ 1935], par Françoise Hardy et Jacques Dutronc [2000] avec celle chantée par un homme seul [Ray Ventura, Jacques Dutailly, George Brassens].

Par ordre chronologique. Culture. Patriarcale :

Culture (Patriarcale) (1) : (3 février) 1877. Henri Escoffier [1837-1891] dans Le petit journal, écrira concernant L’assommoir [1876 en feuilleton. 1877 en livre] d’Émile Zola [1840-1902] :
« Un père de famille doit tenir ce livre sous clé dans sa bibliothèque. Mais c’est un livre que les législateurs, les administrateurs, les économistes, les capitalistes ont le devoir de lire et de méditer. » 254 Cachez ce livre…. L’union sacrée patriarcale. (Cf. Famille, Patriarcat. Pères)

Culture (Patriarcale) (2) : 1933. Chanson relevée par George Orwell [1903-1950], dans Dans la dèche à Paris et à Londres, chantée par « d’anciens pêcheurs du Norfolk » intitulée Malheureuse Bella :
« Bella était jeune et Bella était belle, / avec ses grands yeux bleus et ses cheveux dorés. / Oh, malheureuse Bella ! / Son pas était léger et son cœur plein d’allégresse, / mais elle était sans cervelle, si bien qu’un beau jour / Elle se trouva grosse des œuvres / d’un méchant, cruel et sournois suborneur.
La pauvre Bella était jeune, elle ne savait pas / que le monde est traitre et les hommes trompeurs. / Oh ! malheureuse Bella ! / Elle dit : ‘Mon prétendant agira justement / en m’épousant maintenant puisqu’il le doit’. / Son cœur étai plein d’un amour confiant / Pour un méchant, cruel et sournois suborneur.
Elle se rendit chez son prétendant : mais le vaurien / avait fait tout emballer et s’était esquivé. / Oh, malheureuse Bella ! / Sa logeuse lui dit : ‘ Hors de ma vue catin, / je ne veux pas que tu viennes souiller ma maison !’/ Pauvre Bella, réduite à l’affliction, par un méchant, cruel et sournois suborneur.
Toute la nuit, elle erra dans les neiges cruelles, / au prix de quelles souffrances, qui le dira ? / Oh, malheureuse Bella ! / Et quand l’aube rougeoya, / Hélas, hélas, elle était morte, la pauvre Bella. / Renvoyé sur jeune dans son lit de solitude / par un méchant, cruel et sournois suborneur.
Ainsi donc, voyez-vous, quoi que vous fassiez, / la souffrance vient toujours couronner le péché . / Oh, malheureuse Bella ! / Et comme on la mettait dans la froide terre / les hommes dirent : ‘ Eh oui, c’est comme ça la vie’ tandis que les femmes chuchotaient, à basse et douce voix : / ‘ Voilà bien les hommes, ces sacrés salauds ! ‘» 255
Culture patriarcale ou culture féministe ? Ou fausse alternative ? (Cf. Femmes. Comment meurent les femmes, Hommes, Salauds. Penser. Pensée. Binaire)

Culture (Patriarcale) (3) : 1938. Ah, si vous connaissiez ma poule ! de Maurice Chevalier [1938], mais chanté aussi par Claude Nougaro, par Serge Gainsbourg, par Patrick Bruel : le comble de la grossièreté patriarcale.
J’avais pensé ajouter à mon dégoût, le terme de « vulgarité » mais sa connotation de classe m’en a empêchée. Je l’écris néanmoins… (Cf. Homme. Grossier, Proxénétisme. Chanson)
* Ajout. 5 février 2018. 1939. Il en est de même concernant Félicie aussi chanté par le seul Fernandel [1903-1971]. Sur Wikipédia [2018], je lis : « Il s’agit probablement de la chanson le plus célèbre de Fernandel. »

Culture (Patriarcale) (4) : (4 janvier) 1945. François Mauriac [1885-1970], dans Le Figaro, en recherches de soutien contre la condamnation à mort le 29 décembre 1944 d’Henri Béraud [1885-1958] pour « intelligence avec l’ennemi », utilisa cet argument, préalablement et ultérieurement employé à d’autres fins :
« Amis et adversaires, nous appartenons tous aux lettres françaises, tous dans ce culte, dans cet amour qui créée entre nous une fraternité. » 256

Culture (Patriarcale) (5) : (juillet) 1959. Lu lors d’un débat dans Les Cahiers du cinéma de cinéastes de la Nouvelle Vague concernant Emmanuelle Riva [1927-2017] dans le film d’Alain Resnais, Hiroshima, mon amour [1959] :
- Jacques Doniol-Valcroze [1920-1989] : « Elle est unique. C’est la première fois que l’on voit à l’écran une femme adulte avec une intériorité et un raisonnement poussé à ce point. » […]
- Jean-Luc Godard : « Pour moi, c’est le genre de fille qui travaille aux Éditions du Seuil où à l’Express, une sorte de George Sand. A priori, elle ne m’intéresse pas car je préfère le genre de filles qu’on voit dans les films de Castellani [1913-1985]. Ceci dit, Resnais a dirigé Emmanuelle Riva d’une façon si prodigieuse que ça me donne l’envie de lire les bouquins du Seuil ou de l’Express. » […]
- Jacques Doniol-Valcroze : « Dans le fond, plutôt que le sentiment de voir pour la première fois une femme vraiment adulte, je crois que la force du personnage d’Emmanuelle Riva est que c’est une femme qui n’essaie pas d’avoir une psychologie d’adulte, tout comme dans les Quatre Cents coups, le petit Jean-Pierre Léaud n’essaie pas d’avoir une psychologie d’enfant. […] Emmanuelle Riva est une femme adulte moderne parce qu’elle n’est pas une femme adulte. Elle est au contraire très enfantine, uniquement guidée par ses impulsions et non par ses idées. C’est Antonioni qui a le premier montré ce genre de femme. » […]
- Éric Rohmer [1920-1010] : « Est-ce qu’il y a déjà eu des femmes adultes dans le cinéma ? » [...] 257 (Cf. Enfants. Godard Jean-Luc, Femme « Infâme », Femme. Artiste, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Godard Jean-Luc)

Culture (Patriarcale) (6) : 1964. Jacques Brel [1929-1978], dans la chanson, Le dernier repas, auteur de :
« […] À mon dernier repas / Je veux voir mon âne / Mes poules et mes oies / Mes vaches et mes femmes / À mon dernier repas / Je veux voir ces drôlesses / Dont je fus maître et roi / Ou qui furent mes maîtresses […]. »

Culture (Patriarcale) (7) : 1967. Jacques Brel [1929-1978], dans La chanson des vieux amants, auteur de :
« […] Mille fois tu pris ton bagage / Mille fois je pris mon envol […] ;
« […] Tu m'as gardé de pièges en pièges / Je t’ai perdue de temps en temps […]
« […] Bien sûr tu pleures un peu moins tôt / Je me déchire un peu plus tard […]. »

Culture (Patriarcale) (8) : 1970. Jo Dassin [1938-1980] chante l’un de ses grand succès, La fleur aux dents, dont le refrain est :
« Il y a les filles dont on rêve / Et celles avec qui l’on dort / Il y a les filles qu’on regrette / Et celles qui laissent des remords / Il y a les filles que l’on aime / Et celles qu’on aurait pu aimer / Puis un jour il y a la femme / Qu’on attendait. »
* Ajout. 27 juin 2018. 1877. Léon Tolstoï [1828-1910] dans Anna Kéranine, évoque le sentiment de Constantin Lévine, amoureux de Kitty :
« Les jeunes filles de l’univers se divisaient en deux catégories, l’une qui les comprenait toutes, sauf ‘elle’, participaient à toutes les faiblesses humaines ; l’autre, qu’elle composait à elle seule, ignorait toute imperfection et planait au-dessus de l’humanité. » 258 (Cf. Femme. « Idéale »)

Culture (Patriarcale) (9) : 1976. Ménie Grégoire [1919-2014] dans Telle que je suis, écrit :
« Comment ma mère avait-elle découvert la diététique, elle qui de toute sa vie, n’a jamais lu que les bulletins paroissiaux, des vies de Saints et des Études des pères jésuites ? »
Peu de jours avant de mourir, elle dit à sa fille :
« Il y a tant de choses que je n’ai pas comprises, et je suis passée à côté…» 259 (Cf. Femme. Mère)

Culture (Patriarcale) (10) : 1987. Nathalie Sarraute [1900-1999], auteure de :
« […] Toutes les femmes qui lisent les œuvres des hommes ne se reconnaissent pas seulement dans Madame Bovary, elles se reconnaissent aussi bien dans Frédéric de l'Éducation sentimentale - pour ceux (sic) qui aiment ça - que dans Bouvard et Pécuchet, pas seulement dans Madame de Rênal, dans Le rouge et le noir, mais aussi dans Julien. C’est la preuve même et, à mon avis, une preuve absolue, que nous sommes tous (sic) semblables à un certain niveau de conscience, sinon les personnages masculins nous seraient totalement fermés, [ainsi que] tous ceux qui peuplent la littérature et ils sont bien plus nombreux que les personnages féminins ! Nous coïncidons (sic) avec Hamlet exactement comme les hommes. C’est pourquoi je m’oppose violemment à cette discrimination que font les femmes (sic). Si nous n’avons que notre univers à nous, la plupart des œuvres nous sont alors fermées. Nous ne pouvons pas lire Les fleurs du mal, nous ne pouvons pas lire Hamlet. Cette discrimination est suicidaire… Mais je crois que les féministes, maintenant ont abandonné ce point de vue. » 260
Mais quelles sont donc les féministes qui auraient défendu cette ‘analyse’ ? (Cf. Droit. Discrimination, Femme. Écrivaine, Féminisme, Langage)

Culture (Patriarcale) (11) : 1992. Je lis dans un Dictionnaire des femmes célèbres :
- Mary Shelley [1787-1851] « Écrivain. Anglaise » : « […] En 1835, elle fit paraître Lodore, une autobiographie, puis son Journal et sa Correspondance qui livrent un précieux témoignage sur Shelley [1792-1822]. » 261

Culture (Patriarcale) (12) : 1994. George Steiner [1929-2020], dans Les logocrates, répond lors d’un entretien, à la question :
« Qu’en est-il du dualisme [et non pas : Que pensez-vous du dualisme ?] de l’écriture masculine par rapport à l’écriture féminine ? » :
« Chez les meilleurs auteurs femmes, il est absent. De manière anonyme, on ne saurait dire la ‘féminité’ d’une page de George Eliott ou de George Sand : peut-être se laisse-t-elle vaguement entrevoir chez les Brontë ; certainement pas chez Jane Austen, qui était tout simplement meilleure que tout autre écrivain homme. Pas différente mais meilleure ; plus précise, incisive, pleine d’humour, spirituelle, ironique, condensée. C’est différent aujourd’hui. De nos jours, c’est devenu, une cause, une revanche, un espoir éminemment conscient [Horresco referens !]. Il est des différences importantes, j’en suis certain. C’est très malheureux, parce qu’il n’y a jamais qu’une bonne écriture et une mauvaise. » 262 (Cf. Penser. Juger. Pensée. Pensée binaire)

Culture (Patriarcale) (13) : 1996. Concernant les lectures féministes du cinéma, les livres, si éclairants, de Noël Burch et Geneviève Sellier, La drôle de guerre des sexes du cinéma français 263 et de Geneviève Sellier, La Nouvelle Vague. Un cinéma au masculin singulier 264 [2005], fruits d’un immense travail, sont fondamentaux…et passionnants. (Cf. Culture. Cinéma)

Culture (Patriarcale) (14) : 2008. Mireille Mathieu, dans Mon Crédo, chante notamment :
« […] Oui je crois, tout ce que tu me dis parce que je crois en toi. »

Culture (Patriarcale) (15) : (16 août) 2017. Écouter Matthieu Garrigou-Lagrange, en charge de l’émission culturelle - quotidienne - de France Culture, La compagnie des auteurs parler de Jane Austen est une épreuve. Non seulement il ne connaît pas ses livres mais il émet des jugements dont on peut légitimement penser que seule son identité d’homme - n’ayant pas vraiment réglé ses problèmes personnels avec les femmes - soit à même de les expliquer.
- Un exemple : après la présentation riche, compétente, subtile de Dominique Barbéris de Mansfield park, sa conclusion fut : « Mais ne trouvez-vous pas cela un petit peu puritain, un petit peu moraliste ? » La réponse, rapide, heureusement, fusa : « Non, pas du tout. » 265 (Cf. Homme. Grossier. Journaliste)

Culture (Patriarcale) (16) : (13 mai) 2018. Un collectif de « professionnels du 7ème art », selon Le Monde, dénonce l’« invisibilisation des comédiennes d’un certain âge qui se voient attribuer un nombre de rôles ridiculement bas. » 266
Sans doute serait-il aussi utile et éclairant de décrire concomitamment les rôles attribués aux hommes du même âge : brutes, gangsters, policiers, maquereaux, patrons…

Culture (Patriarcale) (17) : (9 juillet) 2019. À entendre ce jour sur France Culture le débat entre Matthieu Garrigou-Lagrange et Dominique Viart concernant leur décryptage des livres d’Annie Ernaux, intitulée Écrire de ne pas écrire - le dégoût, la colère, m’a envahie.
Ma réaction, fort égoïste : que personne ne commente jamais ce que j’ai pu écrire… 267 (Cf. Homme. Journaliste. Grossier. Garrigou-Lagrange Matthieu, Penser. Commenter, Pornographie. France Culture)

Culture (Patriarcale) (18) : (25 juillet) 2019. Sur France Culture, Anna Sigalevitch interviewant Laurence Equilbey, cheffe d’orchestre, après avoir cité la statistique de 2012 selon laquelle il y aurait 21 femmes cheffes d’orchestre contre 586 hommes l’interroge sur la question assurément appropriée et assurément urgente suivante :
« Faut-il n’inviter que des femmes [cheffes] ? » 268

Culture (Patriarcale) (19) : (25 juillet) 2019. Sur France Culture, troisième émission écoutée de la matinée, à la question posée par la journaliste concernant selon elle « le milieu le plus sexiste qui soit », à savoir celui de la « grande » cuisine :
« Que faire pour que ça change ? » la réponse de la chroniqueuse de Fémina [journal partenaire de l’émission] fut :
« Je vous propose d’agir, de militer, mais surtout de vous régaler. » 269
- Elle cite enfin un livre dont le titre est : « Faiminisme ». (Cf. Langage)

Culture (Patriarcale) (20) : (25 juillet) 2019. Sur France Culture, dans la dernière émission de la Grande traversée à consacrée à Virginia Woolf [1882-1941], un seul homme est invité à parler notamment d’elle, du féminisme : il est ainsi présenté : « David Von Graffenberg, auteur ». Ignorant tout de lui, je me suis renseignée sur internet, pour découvrir qu’il était notamment auteur d’un livre intitulé « Prostitué », paru en 2007, de Madame X. J’en ai déduis que pour France Culture, cela le rendait dès lors légitime, ici le plus légitime, pour accéder au statut de commentateur de Virginia Woolf ; et dès lors à nous présenter ses analyses. J’ai donc entendu, outre les références à sa propre vie, :
« C’est complètement absurde cette différence (hommes/femmes). » 270 (Cf. Féminisme. Antiféminisme, Proxénétisme, Pornographie. France Culture)

Culture (Patriarcale) (21) : (29 juillet) 2019. Sur France Culture, Matthieu Garrigou-Lagrange évoque, on ne sait pourquoi, « la graphomanie de la comtesse de Ségur », suivi de :
« […] Elle ne dit rien. C’est une évidence pour elle d’écrire. » 271
*Ajout. 1er août 2019. Il traitera aussi de « graphomane » son invitée, écrivaine, docteure es-lettres et spécialiste de la comtesse de Ségur.
- Jusqu’à quand ? (Cf. Homme. Grossier. Journaliste)

Culture (Patriarcale) (22) : (5 août) 2019. Matthieu Garrigou-Lagrange, sur France Culture, concernant Edgar Allan Poe [1809-1849], auteur de :
« Il a eu beaucoup de femmes »… (Cf. Homme. Grossier. Journaliste)

Culture (Patriarcale) (23) : (10 août) 2019. Entendu, sur France Culture, concernant Janis Joplin [1943-1970] un homme commentant une photo d’elle à 19 ans :
« Ça respire pas la joie de vivre », suivi d’un rire, méprisant, pénible à entendre. 272 (Cf. Langage. Mot. Critique de mot : « Ça »)

Culture (Patriarcale) (24) : (3 septembre) 2019. Sur France Culture, Matthieu Garrigou-Lagrange, auteur de :
« Chateaubriand a été couvert de femmes toute sa vie. » 273
La veille, il s’était contenté de : « Il a eu beaucoup de femmes. » (Cf. Homme. Grossier. Journaliste, Langage. Féminisation du langage, Pornographie. France Culture)

Culture (Patriarcale) (25) : (9 septembre) 2019. Matthieu Garrigou-Lagrange, sur France Culture, concernant Louise Bourgeois [1901-2010], la qualifie, avec sa biographe, de « perturbée psychiquement », auteur aussi de :
« On ne va pas faire son hagiographie. […] C’est vraiment pas une sainte. C’est même le contraire d’une sainte […] ». Il demande aussi si « elle ne ment pas dans son Journal » ; évoque son enfance « apparemment heureuse » et considère que vivre « dans une famille bourgeoise », « ça aide ».
- Du même (10 septembre 2019) : « Il y a une stratégie dans sa carrière ? » ; « Je ne suis pas sûre qu’elle était très détendue à la fin [de sa vie] » ; « Ça viendrait d’où, l’art de Louise Bourgeois ? ».
- Du même (11 septembre 2019) : « Elle avait un accent [français] touchant, mais à couper au couteau » ; « Où est la couleur, où est le graphisme chez Louise Bourgeois ? » ; « Dans quelle pièce (de sa maison) mettait-elle ses sentiments ? » ; « Il parait que c’est une obsessionnelle » ; (concernant son assistant, Jerry Gorovoy) : « Il a tout donné à Louise Bourgeois » ; « Vous pensez que son mari, de manière générale, l’a beaucoup influencée ? C’est quand même à son contact qu’elle s’est développée ? »
N.B. Louise Bourgeois a vécu 40 ans après la mort de son mari.
- Du même (12 septembre 2019) : « Une icône, une star, contre vents et marées, […] assez anxieuse, presque suicidaire » ; « Est-elle trop explicite ? » ; « Vous n’aimez pas tout chez Louise Bourgeois ? » ; « Elle est devenue artiste » ; « C’est trop fermé pour vous ? » ; « Est-ce que ça libère ou ça enferme d’être une fille ? » ; « Est-ce qu’on peut faire un lien entre Sade et Louise Bourgeois ? » ; « Contrairement à tout ce qu’on a dit, la psychanalyse, c’est un jeu ; elle se joue de la psychanalyse ? » ; « Elle est méchante, un peu ? » ; « Retournons au cannibalisme » ; « Est ce que vous êtes quand même touchée par cette œuvre ? » ; « À sa décharge, ou pourrait […] ? » ; « Où est-ce que vous la voyez la femme-enfant chez Louise Bourgeois ? » ; « slogans » ; « […] S’occuper les mains pour ne pas penser à autre chose qu’au travail qu’on est en train de faire » ; « Il y a des corps d’hommes et des corps de femmes ? » ; « Il y a un côté garagiste…» ; « C’est peut-être le plus intéressant ce qu’elle vient de dire » : [qui concernait l’eau] ; « angle mort » ; « Et vous, vous comprenez quelque chose quand vous sortez d’une exposition de Louise Bourgeois ? » Et il termine en évoquant « la manière sadique » dont on a présenté Louise Bourgois.
Son invitée déclare : « Bien sûr qu’on est toujours féministe quand on est une femme », « Pas sûr…», réagit Matthieu Garrigou-Lagrange. 274
La capacité à dénigrer en règle générale les femmes, sans autre cohérence que son propre ressenti, dont fait preuve Mathieu Garrigou-Lagrange, en toute (bonne) inconscience, me semble- t-il, est difficilement contestable. (Cf. Homme. Grossier. Journaliste)

Culture (Patriarcale) (26) : (9 novembre) 2019. Dans un article du Monde, intitulé Adèle Haenel et nous, Michel Guérin, auteur de :
« Troublant récit qui résonne avec le débat survenu après la chute de Weinstein sur l’hypocrisie à Hollywood, à savoir un milieu qui prône dans les œuvres l’égalité des sexes, moins dans les actes privés. » 275
Comment peut-on écrire de telles énormités ? Comment ne pas penser que ce type d’assertion, ce verbiage, ces termes radicalement inappropriés, contribue à retarder toute pensée pertinente, intelligente du monde ?

Culture (Patriarcale) (27) : (23 décembre) 2019. Au terme d’une émission consacrée notamment à l’importance de la valeur de la personne et des écrits de Catherine Pozzi [1882-1934], « muse trahie de Paul Valéry », poétesse, romancière, philosophe, épistolière, la conclusion de Mathieu Garrigou-Lagrange fut :
« C’est sans doute en pensant à elle que Paul Valéry a écrit dans Monsieur Teste [1927] : ‘La bêtise n’est pas mon fort. » 276
Il pensait sans doute lui faire un compliment. (Cf. Homme. Grossier)

Culture (Patriarcale) (28) : (26 décembre) 2019. Invité dans l’émission de France Culture La compagnie des œuvres, Éric Dussert, pour expliquer ses difficultés à retrouver les femmes auteures, affirme comme « cause » que « la coquetterie des dames a empêché la promulgation des dates [de naissance et de mort] » ; ce qui fut suivi du commentaire suivant de Matthieu Garrigou-Lagrange : « C’est une raison à laquelle on ne pense jamais. » 277
- Le responsable de l’émission déclara ensuite que :
« Les femmes de lettres auteurs sont partout, mais paradoxalement elles ne sont nulle part », suivi de : « Le rapport des femmes et du livre ne date pas d’hier. »
- Concernant enfin une femme écrivaine qui avait collaboré avec l’Allemagne dont les écrits ont été oubliés, il affirme alors tout de go : « Ça aurait été la même chose concernant un homme… » (Cf. Femmes « Chouchoutes »)
NB. Il est des ministres qui, trop proches des intérêts qu’ils pourraient avantager, se défaussent du dossier. Matthieu Garrigou-Lagrange devrait agir de même lorsqu’il parle des femmes.
* Ajout. 15 avril 2020. Plus j’écoute sur France Culture, les émissions culturelles de Mathieu Guarrigou-Lagrange, plus je suis sensible à son terrible conformisme, pire encore, au conformisme patent d’un homme : il ne cesse de se réassurer en enfermant les femmes dans ses schémas les plus traditionnels, les plus éculés, les plus violents souvent ; il ne cesse de réhabiliter positivement les hommes, de les re-situer au cœur de ses lectures, plus spécialement dès qu’une femme est concernée. C’est insupportable, tant il est transparent ; c’est insupportable tant ils déforme les œuvres, interdisant toute critique pertinente, tout lecture novatrice. (Cf. Homme. Grossier)

Culture (Patriarcale) (29) : (29 décembre) 2019. Entendu sur LCP, Serge Gainsbourg affirmer, sans l’ombre d’une réaction :
« Les hommes s’arrangent en vieillissant. Les femmes se démolissent. C’est comme ça. » 278 (Cf. Êtres humains, Corps, Patriarcat)

Culture (Patriarcale) (30) : (15 février) 2020. A la suite de critiques faites par Marine Turchi, dans Médiapart [2 février 2020] concernant « les propos sexistes et misogynes, parfois homophobes des participants » de l’émission Le masque et la plume de France Inter, je lis dans Le Monde :
« […] Il est paradoxal d’attaquer l’une des rares émissions qui critiquent des œuvres, tout en parvenant à faire aller au cinéma ou acheter des livres. […] » 279

Culture (Patriarcale) (31) : (21 avril) 2020. Le choix de France Culture de ce jour « pour entendre et comprendre un grand texte de notre patrimoine littéraire » s’intitule : Montesquieu ou la dure loi du sérail. Je lis : « Les Lettres persanes déploient de nombreux atouts pour nous charmer, à commencer par le récit-cadre de l’intrigue, celle du sérail. Car l’Orient, à l’époque, fascine : merveille de l’ailleurs, exotisme fantasmé, plaisirs et sensualité racontés suscitent un véritable engouement. […] L’intrigue réside aussi dans des lettres de et sur les femmes au fil d’une correspondance triangulaire entre Usbek, ses esclaves et ses favorites. On y découvre ou retrouve le sérail, ce lieu clos aux parfums d’érotisme, gardé par les eunuques, figures à la fois repoussantes et fascinantes, où les complots, les jalousies, les haines ou les complicités semblent exacerbés. Un lieu qui ressemble aussi étrangement à la cour des rois en Occident. »
Le choix des lettres lues mérite encore plus la critique.
N.B. Autrefois, Montesquieu était surtout enseigné pour ses pensées politiques…

Culture (Patriarcale) (32) : (24 avril) 2020. Sur France Culture, Manou Farine, dans l’émission La compagnie des poètes, lors de l’émission consacrée à Édouard Glissant [1928-2011] poète du Tout-Monde, évoque « ses conquêtes »…

Culture (Patriarcale) (33) : (28 avril) 2020. Pas une seule référence sur France Culture au viol de Niki de Saint-Phalle [193-2002] par son père dans la présentation écrite que est faite de l’émission qui lui est consacrée. Il faut se limiter à une référence à la rubrique : Pour aller plus loin dont le titre lui-même ne le prend pas pour acquis : Rose bud ou écran. L’inceste et l’œuvre de Niki de Saint-Phalle. Ce n’est ici plus une simple critique ; c’est une malhonnêteté intellectuelle flagrante, un déni de vérité, un mensonge.
En sus, combien de fois le mot « folie », comme celui de « fragilité », a-t-il été employé dans le cours de l’émission ? Était-il acceptable de dire, sans plus de précautions, qu’elle « a été internée pour des raisons psychiatriques » ? Et ce alors que capacité d’analyse, son intelligence. sa lucidité ne peuvent être récusées dans ce qui est entendu. (Cf. Femmes. « Folie »)

Culture (Patriarcale) (34) : (16 mai) 2020. Entendu dans l’émission de France Culture consacrée à Jeanne Moreau [1928-2017] :
- « Jeanne, ça a été pour Cannes [le festival] un accompagnement sublime »
- Elle est « passée derrière la caméra »
- « L’état du monde l’intéressait beaucoup »
- « Je ne dirai jamais qu’elle était une femme légère ». 280

Culture (Patriarcale) (35) : (24 juin) 2020. Mathieu Garrigou-Lagrange, concernant Marguerite Yourcenar [1903-1987] :
« Au fond, elle est très intellectuelle… » 281

Culture (Pessoa Fernando) : 1932. Fernando Pessoa [1888-1935] auteur du poème, intitulé, De mon village :
« Dans les villes la vie est plus petite/ Qu'ici dans ma maison sur la crête de cette colline./ Dans les villes les grandes maisons ferment la vue à clé.../ De mon village je vois tout ce qu'on peut voir de la terre et de l'univers .../ C'est pourquoi mon village est aussi grand qu'un autre pays quelconque... » 282 (Cf. Philosophie. Pessoa Fernando)

Culture (Petit chaperon Rouge Le) : 1946. Lisette Jambel [1921-1976] sur la musique de Loulou Gasté [1908-1995] et les paroles de Françoise Giroud [1916-2003] propose une modernisation féministe du Petit chaperon gouge. Certes la mère-grand est toujours mangée par le loup, mais pas la petite fille. En voici la fin :
« […] Mais le petit Chaperon pas bête / Se rappelant la fin de l'histoire / Prit une grosse clé à molette / Et lui ferma soigneusement la mâchoire / Puis doucement au loup bavant de colère / « Je t'ai laissé bouffer grand-mère / Mais faudrait tout de même pas me prendre pour une poire ! Le petit pot et la galette / C'est le Chaperon qui les mangera / Il faut toujours ma grosse bête / Se méfier d'un plus petit que soi ! » (Cf. Femmes. Chanteuses françaises d’antan. Féminisme. Humour)

Culture (Plaisir) (1) : (25 juin) 1774. Julie de Lespinasse [1732-1776] écrit à Nicolas de Condorcet [1743-1794] :
« Il [Jean François de la Harpe. 1739-1803] nous a lu avant-hier des stances charmantes, qui sont des regrets d’un amant quitté. Eh bien ! Monsieur, de tout cela nous n’en avons pas retenu un mot, mon secrétaire [D’Alembert. 1717-1783] et moi ; nous savons seulement que cela nous a fait plaisir. » 283 (Cf. Femme remarquable. Lespinasse de Julie)

Culture (Plaisir) (2) : (23 août) 2017. Échange entre deux personnes achetant des livres :
Elle : « Les livres, le plus grand des plaisirs… »
Lui, surpris et pas vraiment d’accord : « Moi, j’achète des livres pour apprendre, pour m’éduquer…»

Culture (Pléiade La) : (15 juin) 2020. Entendu sur France Culture, qualifier la bibliothèque de La Pléiade [Gallimard] de « paradis de la littérature » puis de « Panthéon de papier. » 284

Culture (Plenel Edwy) : 2017. Edwy Plenel présentant le futur film de Costa-Gavras (écrit notamment sur le fondement du livre de Yanis Varoufakis : Conversations entre adultes. Dans les coulisses secrètes de l’Europe [2017]), auteur de :
« Forcément, il faut des héros dans les films. »
Le terme de « héros » fut récusé par Yanis Varoufakis. 285 (Cf. Homme. « Politique ». Hommes. « Héros », Économie. Grèce)

Culture (« Populaire ». Gramsci Antonio) : Lu dans les Lettres de prison d’Antonio Gramsci [1891-1937] :
« À Milan (en prison) j’ai lu une certaine quantité de livres de tous genres, en particulier des romans populaires. […]
Eh bien, j’ai trouvé que même Sue [1804-1857], Montépin [1823-1902], Ponson du Terrail [1829-1871], etc.… pouvaient suffire si on les lisait de ce point de vue : ‘Pourquoi cette littérature est-elle toujours la plus lue et la plus imprimée ? quels besoins satisfait-elle ? à quelles aspirations répond-elle ? quels sentiments et quels points de vue sont représentés dans ces mauvais livres, pour qu’ils plaisent autant ?’ » 286
- Je n’aurais pas su mieux dire, je n’aurais néanmoins pas qualifié ces livres de « mauvais »….

Culture (« Populaire ». Planchon Roger) : 1977. Roger Planchon [1931-2000], auteur de :
« Je crois que ni Vilar [Jean. 1912-1971], ni Gémier [Firmin, 1869-1933] ni moi, ni personne, n’avons jamais pensé que le théâtre était populaire. […]
Mais le théâtre n’est pas le seul art à ne pas être populaire, c’est presque la totalité de la culture qui ne l’est pas. […]
J’y suis d’autant plus sensible que je viens d’un milieu qui n’est pas cultivé. Le théâtre que je fais, aucun membre de ma famille ne peut le voir. [Pour mon père] c’était une chose, pour lui, complètement insignifiante, même humiliante. Parce que quand on est en dehors de la culture et que la culture vous est imposée du dehors, c’est quelque chose d’humiliant. […]
Si l’art, la poésie, la peinture ne sont pas populaires, ce n’est pas le problème des non-cultivés, c’est le problème des cultivés. De la même façon qu’il n’y a pas un problème noir, il n’y a qu’un problème des blancs. […]
Pour moi, c’est une espèce de tragédie. » 287
Quelles leçons tirer de ce lucide diagnostic, concernant la culture patriarcale ?
Je ne sais. (Cf. Théâtre politique)

Culture (Pornographique) : (1er juillet) 2019. Entendu dans l’émission musicale de France Culture, intitulée Briser le silence, chanter le(s) sexe(s) :
- à 15 h 05 : « La culture pornographique s’est banalisée » 288
- à 15 h 36 : « [dans les années 70, « l’âge d’or du X »] La culture pornographique sort de la clandestinité. Elle devient une production culturelle de masse avec une nouvelle forme de star système. Les sociologues du genre s’interrogent : quel est l’impact du porno sur notre façon d’appréhender le sexe ? […] 289 (Cf. Pornographie, Proxénétisme, Sociologie, Violences)
N.B. Pour appréhender ce que peut être une quintessence d’incohérences intellectuelles - par ailleurs porno-proxénètes - écouter cette émission - La série musicale de l’été - peut s’avérer un bon exercice. (Cf. Proxénétisme. France Culture)

Culture (Privilège) : Peut-être, avant tout projet de « démocratiser la culture », s’interroger sur la culture comme « privilège ». Le regard serait sans doute fort différent : peut-on démocratiser des privilèges, sans remettre en cause les sociétés qui les ont produit ? Non.

Culture (Prix) : 2010. Catherine Clément, dans son autobiographie, Mémoire, auteure de :
« Qu’on ne me parle pas des prix ! Il me fut demandé d’engager comme pigiste le fils d’un des jurés pour obtenir sa voix. Et j’eus beau me retirer très vite de la liste des élus, j’y perdis un homme que j’aimais. » 290

Culture (Prix Nobel de littérature) (1) : (15 septembre) 1983. Lu dans le Journal de Mattieu Galey [1934-1986] :
« Supplément au feuilleton [du prix] Goncourt par Henry Bonnier : Mitterrand, en échange du soutien accordé la candidature d’Edmonde [Charles-Roux. 1920-2016, épouse de Gaston Defferre, ministre de l’Intérieur de 1981 à 1984 de François Mitterrand] au Goncourt, aurait assuré Tournier [Michel. 1924-2016] de celui de la France pour le Nobel. Il serait d’ailleurs traduit en Suédois depuis quelques années, à ses frais…» 291 (Cf. Homme « Intellectuel » Tournier Michel)
N.B. Edmonde Charles-Roux devint membre de l’Académie Goncourt en 1983.
Michel Tournier n’eut jamais le prix Nobel de littérature ; « Il aurait dû l’avoir », déclara Bernard Pivot.

Culture (Prix Nobel de littérature) (2) : (4 mai) 2018. Lu :
« Secoué par un scandale sexuel, le prix Nobel de littérature ne sera pas attribué cette année. » .
- Je me pose une question : Combien de prix de toutes sortes ont-ils été attribués à des violeurs par des violeurs ? (Cf. Sexes […], Violences)

Culture (Proxénète) (1) : (9 juillet) 2019. Sur France Culture, question posée dans le cadre d’un questionnement : Art et Création et d’une rubrique intitulée : L’Anachronique culturelle : 1541 : le jugement dernier de Michel-Ange, une œuvre digne d’un bordel ? »
- Et ce, suivi du commentaire suivant : « Avec l'Anachronique culturelle, Mathilde Serrell, envoyée spéciale dans le passé, nous fait revivre en direct les grands chocs esthétiques de l’histoire des arts et de la culture comme si nous y étions. » 292 (Cf. Proxénétisme)

Culture (Proxénète) (2) : (2 mars) 2020. LSD. Dans le cadre d’une semaine d’émissions de France Culture consacrée à la poésie, intitulée : La poésie, arme de réenchantement massive, la première émission, intitulée Jeune poète propose voix engagée, débute par l’évocation concernant l’« ouverture d’un bordel de la poésie », au Grand Pigalle hôtel. On y entend parler des « poètes » des « poètes prostituées », des poésies « pour aider les clients à bien choisir », un « maquereau », un homme qui « se sent moins seul », un homme qui se sent « minable », la référence à « la déséparation de l’émotionnel et du réflexif » …la suite, dans la plus grande confusion, la plus grande incohérence intellectuelle, à l’avenant…
Et, en conclusion, sans hypocrisie, en tout réalisme proxénète : « On est des prostitués. On ne fait pas ça pour l’amour de l’art. »
Vive la poésie pour France Culture, dont entre autres, Villon, Aragon, Mozart servent ici de faire-valoir293 (Cf. Culture. France Culture. Pornographie, Proxénétisme)

Culture (Queer) (1) : 2019. Arnaud Laporte, sur France Culture, concernant le livre de Paul. B. Preciado, Un appartement sur Uranus propose cette définition de la culture queer :
« Le poste d’avant-garde pour lutter contre toute forme de domination […] ».
Il est alors suivi par la « critique littéraire » Élisabeth Philippe, qui concernant le dernier texte de ce livre : « Lettre d’un homme trans à l’ancien régime sexuel » le présente comme « un texte essentiel », « l’un des meilleures textes écris dans le contexte post Metoo ». 294
- Relier une pseudo « culture queer » aux luttes de femmes, il faut oser…
- La volonté de tant de faire croire, dans une incroyable confusion des termes, dans un incroyable chaos intellectuel, permet de [dé]montrer la volonté toute politique de faire disparaitre le patriarcat, la domination masculine, le féminisme… (Cf. Culture, Laporte Arnaud, Êtres humains. LGBT, Femmes. ONU. Commission de la condition de la femme. Débats annuels à la, Langage. Mot. Critique de « Queer »)
* Ajout. 16 mai 2019. Ni la « nouveauté » d’un terme, ni celle d’une œuvre, ni son rejet par les institutions, fussent-elles qualifiée de « dominantes », ne peuvent lui conférer un statut d’« avant-garde », ce terme lui-même n’étant par ailleurs pas plus signifiant que celui d’« œuvre ». (Cf. Langage, Penser. Pensée « Queer »)

Culture (Queer) (2) : (1er juillet) 2019. Je reçois la présentation de la pièce La folle enchère écrite et jouée en 1690 par Madame Ulrich [1665-1707]. Je lis :
« 330 ans après sa création, La Subversive redonne vie à cette comédie de travestissement écrite par la première autrice ‘queer’ jouée à la Comédie-Française. » Tout oser, même l’absurde…

Culture (Quincy Jones) : (12 juillet) 2020. Quincy Jones, concernant les années 1960, auteur de : « Nous avions le meilleur orchestre de jazz de la planète. Et pourtant, nous mourrions littéralement de faim. C’est alors que j’ai compris qu’il y avait la musique et l’industrie musicale et que si je devais survivre, je devrais distinguer entre les deux. » 295

Culture (Racisme) : 1992. Lu dans un Dictionnaire des femmes célèbres concernant :
- Adelaïde Hall [1901-1995] : « Chanteuse de jazz. Noire américaine » […]
- Jessy Norman [1945-2019] « soprano américaine » : « Jeune fille, elle pratiquait la piano, ce qui lui donna envie de chanter, d’autant qu’elle possédait une voix de Noire exceptionnelle. »
- June Richmond [1915-1962] « chanteuse et meneuses de revue américaine » : « Capable de chanter parfaitement en français, cette Noire vint se fixer à Paris en 1948 où elle obtint immédiatement du succès. »
- Hazel Scott [1920-1981] « chanteuse et pianiste de jazz » : « Très belle, possédant une voix remarquable, cette Noire éblouissait également son auditoire par sa virtuosité au piano. »
- Horne Lena [1917-2010] « danseuse et actrice américaine » : « Cette ravissante Noire à la peau claire et aux traits fins n’avait conservé de sa race que cette voix au timbre particulier, riche et mélodieuse. »
- Bessie Smith [1894-1937] « chanteuse de blues américaine » : « Noire, orpheline à 8 ans, elle connut les affres de la misère et de la ségrégation que le succès n’effacèrent jamais de sa mémoire. À l’encontre de Ma Rainey [1886-1939] qui chantait la complainte des plantations du Sud, elle élargit son audience aux grands villes du Nord et jusqu’aux Blancs. »296
- Leontine Price 1927-] « Soprano américaine » : « En 1954, elle fut Tosca (Tosca. Verdi) à la télévision. Première Noire à tenir ce rôle, elle fit sensation : sa carrière était faite. »
- Marilyn Horne [1934-] « Mezzo-soprano américaine » : « Mariée au chef d’orchestre noir Henry Lewis, dont elle a une fille, elle est divorcée depuis 1976. »
- Wilma Rudolph [1940-1994] « Athlète américaine » : « Dixième enfant d’une famille noire » […], guérie de la poliomyélite, En 1950, elle devenait l’idole du public sportif qui la surnomma ‘ la gazelle noire ‘». (Cf. Patriacat. Racisme, Politique. Racisme)

Culture (Radio France) : (18 décembre) 2019. Lu dans le Canard enchaîné :
« Bel exploit à Radio France [dont dépend France Culture] :
« Le 10 décembre, après deux semaines et demi de grève contre les 299 suppressions de postes programmées, les salariés ont reçu dans leurs boîtes mail des propositions de formation pour améliorer leur ‘efficacité personnelle et professionnelle’. Mieux : les destinataires sont invités, durant ces sessions à ‘acquérir une capacité à accueillir positivement les projets de changement tout en transformant les contraintes en opportunité’.
La formation pourrait aussi s’intituler : ‘Être pris pour un con et trouver ça formidable.
» 297

Culture (Radio libre) : J’ai pensé à une radio (libre) dans laquelle toute personne qui le souhaite, l’ordre d’arrivée des demandes étant le seul critère pour passer sur les ondes, pourrait pendant une heure (ou moins, mais 5 secondes étant acceptées) dire ce qui lui semblerait bon. La prise de parole pouvant être nominative ou non; mais les accusés ne pourraient être nommés (réfléchir). Deux conditions : Ni le droit, ni la justice ne pourraient critiquer quoi que ce soit. (Poursuivre)

Culture (Ragon Michel) : 1985. Michel Ragon [1924-2020], (notamment) critique d’art moderne, auteur de :
« J’étais un compagnon, un ami, un témoin des peintres et des sculpteurs. » 298

Culture (Rap) : Dépourvue de toute culture rap, le rap est ici absent. Or, le rap est une expression essentielle de la culture, de la politique, de la pensée critique.

Culture (Reclus Élisée) : 1902. Élisée Reclus [1830-1905], dans L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique, auteur de :
« Les grandes époques de la pensée et de l’art qui se suivent à de longs intervalles pendant le cours de siècles, l’époque Athénienne, celles de la Renaissance et du monde moderne, prirent toujours leur sève originaire en des temps de luttes sans cesse renouvelées et de continuelle ‘anarchie‘, offrant du moins aux hommes énergiques l’occasion de combattre pour leur liberté. » 299

Culture (Reconnaissance officielle) : 2020. Il est 20 personnes qui ont été nommés le 31août 2018 « commandeur de l’ordre des Arts et des lettres » et plus de 100 « chevalier ».
Outre l’intitulé du titre, plus honteux encore que ridicule, combien sont-ils /elles liés de près ou de loin à la Macronie ?

Culture (Remarque Erich Maria) : 1929. Erich Maria Remarque [1898-1970], dans À l’Ouest, rien de nouveau [1929], après la description d’un hôpital de guerre allemand des blessés de la guerre de 1914-1918, auteur de :
« […] On ne peut pas comprendre que, sur des corps si mutilés, il y ait encore des visages humains, dans lesquels la vie suit son cours quotidien. Et, cependant, ce n’est là qu’un seul centre médical ; il y en a des centaines de mille en Allemagne, des centaines de mille en France, des centaines de mille en Russie. Puisque pareille chose est possible, combien tout ce qu’on n’a jamais écrit, fait ou pensé est vain !
Tout n’est forcément que mensonge ou insignifiance, si la culture de milliers d’années n’a même pas pu empêcher que ces flots de sang soient versés et qu’il existe, par centaines de milliers, de telles geôles de torture. […] » 300 (Cf. Êtres Humains, Corps, Patriarcat. Père, Politique. Patrie. Guerre, « Sciences » sociales)

Culture (Réprimée) : René Vautier [1928-2015], dans Caméra. Citoyenne. Mémoires, auteur de : « En voulant braquer ma caméra sur les luttes des travailleurs - des travailleurs en France, des travailleurs coloniaux, des travailleurs immigrés, etc. - j’ai rencontré quelques problèmes : 39 arrestations, 17 inculpations, 5 condamnations, 54 mois de prison, 6 séjours à l’hôpital, 11 fractures, 4 expulsions, 5 caméras détruites par matraques, balles ou grenades, 7.000 mètres de pellicules saisis, 60.000 mètres de pellicule détruits à la hache ou à la cisaille ... sans compter les dizaines de films pour lesquels je dois me battre en justice pour récupérer le droit de les montrer. » 301 (Cf. « Sciences sociales ». Ethnographie)

Culture (Restaurant) : (5 octobre) 2017. Une publicité [Boulevard St Michel] pour un restaurant ‘étoilé’ : « Habituellement, l’art se regarde. Là, il se déguste. »
Et c’est ainsi que manger - là, en dépensant beaucoup d’argent - est inscrit comme relevant de l’ordre de la culture. Et, une fois encore, repousse l’idée d’une culture faite d’échanges et de partages…nécessairement gratuits. (Cf. Êtres humains. Luxe, Économie. Publicité)

Culture (Riester Franck) (1) : (16 octobre) 2018. Lu, concernant Frank Riester, nommé ministre de la culture :
« Il semble avoir été choisi pour porter la réforme de l’audiovisuel. » 302
La culture : un « dossier » à gérer », « une loi » à faire voter…

Culture (Riester Franck) (2) : (24 octobre) 2018. Lu dans Le Canard enchaîné :
« […] Le poste il en rêvait déjà sous Sarkozy, quand il était rapporteur de la loi Hadopi, il y a presque dix ans. Depuis, c’est un sans-faute. Il sort tous les soirs, inaugure, claque des bises, mais dis donc tu es rayonnante, serre des louches, jubile. Il est fortiche pour dire aux artistes qu’ils sont merveilleux. ‘Il faut dire que c’est une grosse partie du boulot’ rigole un député qui connait bien les dossiers. […]
Il a appelé tous ses prédécesseurs, sollicité avis et conseils, cher Jack [Lang], causons un peu, j’ai tout à apprendre de toi. Il parait que ça a plu. […]
Alors, Franck, heureux ? Il l’est, mes ses amis ne lui voient pas forcément un avenir radieux. ‘Le vrai boss, c’est Macron, il captera toujours la lumière et se réservera les nominations. Riester n’aura que les emmerdes.’ Trente ans qu’il attendait ça. » 303

Culture (Riester Franck) (3) : (9 janvier) 2019. Lu dans Le Canard enchaîné :
« Après avoir travaillé dix ans chez Lagardère, dont près de la moitié dans la branche médias du groupe privé, la dénommée Amanda Borghino-Fillon a été embauchée, le mois dernier, au ministère de la Culture comme… cheffe de bureau des médias privés, de la production et de la pub. Avec un peu de chance, Lagardère n’aura pas trop à s’en plaindre. » 304 (Cf. Politique. Médias)

Culture (Riester Franck) (4) : (29 mars) 2019. Parmi les missions nécessaires d’un « service public de l’audiovisuel fort », Franck Riester cite « la lutte contre la désinformation. »
Qui décide de ce qu’est « l’information » ?
Un début de réponse est lisible dans son tweet publié même jour, une heure après :
« À Nice, comme à Toulouse, les antennes de francebleu et de France3tv s’allient pour proposer une matinale tournée vers l’information locale. Bravo aux équipes de F3cotedazur et de francebleuazur qui répondent pleinement aux attentes du public ! » (Cf. Culture. Heanel Adèle)

Culture (Riester Franck) (5) : (16 avril) 2020. Sur France Inter, ce jour, Franck Riester, ministre de la culture, évoquant les annulations des grands festivals, et l’éventualité que de petits puissent être autorisés, au lieu et place de « public » employa l’expression de « jauge » ; terme qui signifie : « capacité que doit avoir un récipient déterminé ».

Culture (Romans) : 2018. Orhan Pamuk cite le pourcentage de 70 % des femmes parmi les lecteurs / lectrices de romans. 305

Culture (Roudinesco Élisabeth) : (4 novembre) 2018. Élisabeth Roudinesco, auteure de :
« On a un président cultivé. […] Il est habité par la culture. » 306
* Ajout. 6 novembre 2018. Je lis dans Le Monde du 5 novembre 2018 qu’Emmanuel Macron est « abreuvé de Lettres classiques ». 307
* Ajout. 17 novembre 2018. Alexis Lacroix, directeur délégué de la direction de L’Express, « chargé de la culture et des idées » évoquant, le 17 novembre 2018, Emmanuel Macron, parle sur BFM.TV, de « son parcours de philosophe […] » 308 (Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel)

Culture (Russie bolchévique) : 1924. Emma Goldman [1869-1940] dans L’agonie de la révolution. Mes deux années en Russie (1920-1921), écrit :
« […] Le théâtre, la danse, l’opéra et les musées sont devenus la soupape de sécurité du régime. Et comme il ne se passe rien de neuf ni d’essentiel, qu’aucune protestation ne s’y manifeste, on les laisse libres. Ils résolvent un problème difficile (dérivatif, salles chauffées et lumière, oubli de la misère et la solitude […]) et fournissent un excellent argument utilisable par la propagande à destination de l’étranger. » 309 (Cf. Culture. Théâtre politique, Penser. Argument)

Culture (Sand George) (1) : 1855. George Sand [1804-1876], écrit dans son Histoire de ma vie, concernant son enfance :
« J’avais dès lors un sentiment que j’ai toujours conservé ; c’est qu’aucun art ne peut rendre le charme et la fraîcheur de l’impression produite par les beautés de la nature, de même que rien dans l’expression ne peut atteindre à la force et à la spontanéité de nos émotions intimes. » Et elle poursuit par ces deux conclusions :
- « L’art est […] un effort plus ou moins heureux pour manifester des émotions qui ne peuvent jamais l’être complètement et qui, par elles-mêmes dépassent toute expression. »
- « J’ai beau faire, j’ai le malheur de ne rien trouver dans les mots et dans les sons de ce qu’il y a dans un rayon de soleil ou dans un murmure de la brise. » 310

Culture (Sand George) (2) : 1855. George Sand [1804-1876], en 1830, découvre, seule, la peinture, en entrant au musée du Louvre et du Luxembourg. Elle décrit ce qu’elle ressent, dénuée de tout bagage ‘culturel’, lors de cette découverte :
« Ce n’était sans doute pas la première fois, mais j’avais toujours regardé sans voir, persuadée que je ne m’y connaissais pas, et ne sachant pas tout ce qu’on peut sentir sans comprendre. Je commençais à m’émouvoir singulièrement. […]
Quelle bonne fortune pour un esprit naïf qui n’apporte devant de telles œuvres ni préventions de critiques, ni prétentions de capacité personnelle. L’Univers se révélait à moi. […]
Je voyais le monde du vrai surgir à travers tous les fantômes de ma fantaisie et toutes les hésitations de mon regard. Il me semblait avoir conquis je ne sais quel trésor d’infini dont j’avais ignoré l’existence. […] » 311 (Cf. Culture. Beauté)

Culture (Sankara Thomas) : Thomas Sankara [1949-assassiné, sans trop de doutes, sinon par, du moins avec le soutien de l’État français, le 15 octobre 1987], auteur de :
« La domination culturelle est la plus souple, le moins couteuse et la plus efficace. » 312
Mais la domination des armes lui fut fatale…

Culture (Sartre Jean-Paul) : 1980. Jean-Paul Sartre [1905-1980], dans Baudelaire, auteur de : « […] La classe au pouvoir préfèrera toujours un dandy à un révolutionnaire, de la même façon que la bourgeoisie de Louis-Philippe tolérera plus volontiers les outrances de l’Art pour l’Art que la littérature engagée de Hugo, de Sand et de Pierre Leroux. » 313

Culture (Savak) : 2010. Je lis dans le livre de Ryszard Kapuscinski [1932-2007], Le Shah :
« La Savak, [police politique Iranienne du Shah d’Iran, célèbre pour ses monstrueuses tortures, créée en 1957, avec l’assistance de la CIA et du Mossad» (Wikipédia)] comptait dans ses rangs des brutes ignares qui s’acharnaient particulièrement sur les personnes cultivées. » 314
La Savak n’en eut pas le monopole…

Culture (Savoy Bénédicte) : (30 mars) 2017. À l’écoute, ce matin, de l’éblouissante leçon inaugurale au Collège de France de Bénédicte Savoy [qualifiée de « singulière et belle» par France Culture] 315 je me suis prise un instant à rêver d’un possible équivalent de la pensée dans le cadre d’une analyse des mécanismes de création de la culture patriarcale. Nous en sommes à mille lieux…
N.B. L’intitulé de cette leçon présentée par France Culture [publiée sous ce titre par Fayard] : Objets du désir, désirs d’objets me paraît inapproprié concernant les interrogations de Bénédicte Savoy qui, revendiquant « une éthique du patrimoine» (5 décembre 2017), s’interroge sur les «spoliations» et les « translocations » des œuvres d’art. Et pose la question fort politique : « À qui appartient la beauté ? »… ou plutôt, plus justement : « À qui appartiennent les œuvres d’art volées ? » (Cf. Culture. Vol, Langage. Mot. Critique de : « Translocation », Politique. Colonialisme)

Culture (Sciences-po) (1) : (7 novembre) 1953. Matthieu Galey [1934-1986] écrit dans son Journal :
« À Sciences-po, j’ai pour maître de conférences l’examinateur goguenard qui m’a fait passer le concours d’entrée. C’est un normalien tombé dans la finance, […] Monsieur Pompidou. Très dilettante, il n’a pas l’air de nous prendre au sérieux, un cigarette au coin du sourire. Mais c’est un pragmatique avec de bonnes recettes : […] ‘N’oubliez jamais que vous êtes ici pour apprendre à parler clairement de ce que vous ne connaissez pas’. » 316 (Cf. Homme « Politique ». Penser. Pensée claire, Politique. Élites, Économie)

Culture (Sciences-po) (2) : (18 avril) 2018. Sciences-po est occupé :
« Ici sont formés ceux qui sélectionnent. Bloquons la fabrique à élites ».
- Fin de l’occupation le 20 avril : la banderole à elle seule valait vraiment la peine.
* Ajout. 25 août 2018. Paul Nizan [1905-1940] avait déjà traité l’École normale supérieure d’« usine à élites ». 317 (Cf. Politique. Élites)

Culture (Serge Victor) : (25 avril) 1943. Victor Serge [1890-1947], dans ses Carnets, écrit :
« La culture est l’œuvre des classes riches, faite à leur image et pour leur service : elle embrasse les bonnes mœurs, la morale, la religion dans ses formes développées, l’art, le langage même. » 318 (Cf. Langage, Penser. Serge Victor, Psychanalyse. Serge Victor)

Culture (Séguéla Jacques) : 1984. Jacques Séguéla, publicitaire, auteur de :
« Le métier d’écrire est aussi savoir se faire lire. Tout hommes de lettres doit être un homme de spectacle. » Et de :
« Elle fout le camp, la civilisation de l’écrit. Écrire n’est plus reconnu d’utilité publique. Pour survivre, l’écriture est obligée de s’afficher marchandise. Car le livre est un produit, même s’il est morceau d’âme. Alors comment les scribes ne changeraient-ils pas ? Leur immobilisme de façade n’est qu’un simple refus du temps. Jouer les poètes maudits ou les trouble-culture était la panacée de nos salons littéraires. La bataille d’Hernani, quel coup de pub ! Chemin faisant, la publicité d’un auteur est passée du bouche à oreille au talk-show télévisé. » 319
- De l’abîme entre la pratique et l’analyse, entre la critique du réel et l’adhésion au réel, tout ceci n’étant possible que dans la confusion intellectuelle… (Cf. Économie. Publicité)

Culture (Sorbonne) (1) : (18 avril) 2018. La Sorbonne, depuis l'évacuation samedi des étudiant-es, est fermée « jusqu'à nouvel ordre sur décision du Rectorat » depuis lundi [m’] annonce la Bibliothèque. Dans le plus total silence à ce jour des médias. (Cf. Politique)
- Ajout. 27 avril 2018. Situation inchangée. Un État qui a tant de mépris pour la culture et qui a si peur de sa jeunesse a peu d’avenir.
- Ajout. 2 mai 2018. Je reçois un mail d’annonce de la réouverture ce jour - décidée par le Rectorat, le ministre de l’intérieur, le président de l’université ? - sans que jamais, à ma connaissance, la fermeture ait été annoncée par la presse.
- Puis, je lis sur le site de la Bibliothèque : « Le dispositif Vigipirate a été élevé au niveau ‘alerte attentat’ [alors que c’est du risque de l’occupation de la Sorbonne par les étudiant-es qu’ils ont peur] en région Île-de-France : il se traduit notamment par un renforcement du contrôle d’accès à l’entrée du bâtiment Sorbonne. La carte de lecteur de la BIS ne constitue ainsi plus un justificatif suffisant pour accéder à ce bâtiment et donc à la bibliothèque de la Sorbonne. »
- Ajout. 3 mai 2018. Je lis le lendemain : « Ce mercredi 2 mai, la BIS est fermée aux lecteurs, l’accès à la Sorbonne étant limité. »
- Ajout. 4 mai 2018. « La Bibliothèque est fermée au public jusqu’à nouvel ordre. »
J’apprends qu’il est néanmoins possible de rendre des livres, mais sans y entrer : en remettant ses livres sur le trottoir au vigile qui, lui, les donne à quelqu’un à l’intérieur. Ce que j’ai fait.
- Ajout. 25 mai 2018. Un car de police est garé juste en face de l’entrée de la porte de la Sorbonne, elle-même à demi fermée.
- Ajout. 3 juin 2018. 1968. Lu dans le poème de Jacques Prévert [1900-1977], intitulé : Mai 68 : « […] On ferme ! / On ferme la cinémathèque et la Sorbonne / On ferme ! / On verrouille l’espoir / On cloître les idées / On ferme ! / ORTF bouclée / Vérités séquestrées / Jeunesse bâillonnée ! / On ferme ! / Et si la jeunesse ouvre la bouche / par la force des choses / par les forces de l’ordre / On la lui fait fermer / On ferme ! […] » 320

Culture (Sorbonne) (2) : (19 septembre) 2018. Combien d’attente pour pouvoir occuper une place en bibliothèque ?
* Ajout. 4 mars 2020. 15 h 45, la bibliothèque est « saturée ».

Culture (Sorbonne) (3) : (25 septembre) 2018. Entendu un homme présenter la Sorbonne à des étrangers : « Quand on sort de la Sorbonne, on est quelqu’un de très bien », formulé sur un ton respectueux, mais marqué gestuellement par l’autosatisfaction et la suffisance [censées être celles de ceux et celles « sorti-es de la Sorbonne ».]

Culture (Sorbonne) (4) : (10 septembre) 2019. À l’entrée de la Sorbonne, sous le porche, deux piles de journaux à la disposition de qui voulait les prendre et les lire : La Tribune et Investir.
* Ajout. 10 décembre 2019. En sus des deux cités, quelques fois aussi : La croix.

Culture (Statues) : (12 juillet) 2020. En cette époque - bien tardive - de déboulonnage de statues, combien resteraient-elles encore debout si l’on décidait de retirer de nos horizons toutes celle représentant, aux pieds des hommes, à genoux, effondrées, enlacées, les femmes osant à peine quémander un regard, implorantes, béates d’admiration, animalisées ?

Culture (Stendhal) (1) : (22 mars) 1806. Stendhal [1783-1852] écrit à sa sœur Pauline [Beyle. 1786-1857)] :
« Rousseau [Jean-Jacques. 1712-1778] a pris les arts pour les causes de la corruption qui les accompagne toujours ; il n’a pas vu que les arts, comme la corruption, venaient de la même cause : la richesse superflue qui rend oisif. » 321

Culture (Stendhal) (2) : 1857. Stendhal [1733-1842], dans De l’amour, estime que : « par les lois du roman, la peinture de l’amour vertueux est essentiellement ennuyeuse et peu intéressante. » 322
Outre, qu’à titre personnel, je considère le Saint-Preux de la Nouvelle Héloïse, infiniment plus intéressant que Don Juan et tant d’autres de ses innombrables épigones, disciples, élèves…, - et qu’il en est de même concernant Julie d’Étanges au regard de Madame de Tourvel [Les liaisons dangereuses], je réalise mieux à cette lecture de Stendhal que retirer aux hommes, littérateurs ou non, leurs stratégies de séduction - ou plutôt ce qu’ils ont présenté et qualifié sous cette dénomination - c’est leur retirer leurs pouvoirs. Ce n’est donc ni la vertu, ni les bons sentiments, que dans la littérature, ils récusent, c’est leur domination qui fait nécessairement fi de toute justice. D’où la nécessité de dévaluer les femmes, à n’importe quel prix, n’importe comment, avec n’importe quel argument, y compris ici, en faisant fi de toute vertu, et donc de toute morale. (Cf. Culture. Gide. André, Femmes. Vertu, Homme. Don Juan)

Culture (Style) (1) : Critiquer le style, c’est [aussi] juger « médiocre », ce qui est « odieux ».

Culture (Style) (2) : Que signifie juger « le style », alors qu’il appartient à son auteur-e, comme le jugement appartient à son juge...
- Si tant est que le terme signifie quoique ce soit de spécifique.
- Peut sans doute être généralisable… (Cf. Penser)

Culture (Sylvestre Anne) : (20 décembre) 2018. Anne Sylvestre, auteure de :
« J’ai écrit des chansons pour ne pas avoir à expliquer. » 323 (Cf. Femme. Artiste, Penser)

Culture (« Talents d’agrément ») : 1855. George Sand, dans l’Histoire de ma vie, fait un bilan critique de l’éducation artistique donnée aux jeunes filles des milieux dans lesquels pourtant on jugeait bon et on avait les moyens de le leur en conférer une :
« En somme, toutes ces leçons étaient un peu d’argent perdu. Elles étaient trop superficielles pour nous apprendre réellement aucun art. Elles n’avaient qu’un bon résultat, c’était de nous occuper et de nous faire prendre l’habitude de nous occuper nous-mêmes. Mais il eut mieux valu éprouver nos facultés, et nous tenir ensuite à une spécialité que nous eussions pu acquérir. Cette manière d’apprendre un peu de tout aux demoiselles est certainement meilleure que de ne leur rien apprendre ; c’est encore l’usage [en 1847], et on appelle cela leur donner des talents d’agrément. […] » 324 (Cf. Femme. Artiste. Foucher Adèle)

Culture (Télévision) : (juillet) 2018. Gérard Mordillat dans un article du Monde Diplomatique, auteur de : « Monsieur Patrick Lelay (patron de TF1) avait fait scandale en affirmant [le 11 juillet 2004] que sa tâche de diffuseur était de ‘rendre disponible’ le cerveau du téléspectateur, ‘c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages’. Pour une fois qu’un responsable de chaîne parlait sans détour, on aurait dû l’applaudir, au moins pour sa franchise. » 325 (Cf. Politique. Médias)

Culture (« Test de Bechdel ») : 1985. Le test de Bechdel a pour finalité non pas de porter un jugement de valeur sur le message féministe ou non d’un film, non pas de comparer le nombre respectif de femmes et d’homme dans un film, mais de proposer une grille de lecture factuelle qui tient compte de trois facteurs : l’œuvre (le film) doit mettre en scène deux femmes identifiables (dont on connaît le nom) ; qui échangent entre elles ; qui parlent d'autre chose que d'un homme.
- Exemples : Deux femmes échangent entre elles du bonheur du foyer, de leurs engagements de soutenir Marine Le Pen…

Culture (Théâtre politique) : 1931. Emma Goldman, [1869-1940] dans Vivre ma vie, concernant le théâtre d’Orlenev [1869-1932] à New York - dont elle fut « le manager » - se souvient :
« Au plus fort de ces bouleversements, Orlenev et sa troupe se produisirent au petit théâtre de la 3e Rue. Personne ne se souciait de la laideur de l’endroit, de son acoustique effroyablement mauvaise, de la scène étroite qui empêchait toute mobilité, des décors atrocement mal peints ou des accessoires incongrus empruntés à une douzaine d’amis différents. Nous étions trop remplis de la Russie nouvelle, trop émus à l’idée que ces grands artistes allaient représenter pour nous les rêve de la vie. À l’instant où le rideau se leva enfin, le public éclata d’une joie immense qui roula tel un coup de tonnerre jusqu’aux comédiens ; elle les porta à des sommets d’expression artistiques dépassant de loin tout ce qu’ils avaient joué jusqu’alors. Le petit théâtre devint une oasis dans l’art dramatique New-Yorkais. » 326 (Cf. Culture. Russie bolchévique)

Culture (Toulouse-Lautrec Henri de) : 1895. Henri de Toulouse-Lautrec [1864-1901], auteur de : « […] Toujours et partout, la laideur a ses accents des beauté. C’est passionnant de les découvrir, là où personne ne les voit. » 327 (Cf. Femmes. Beauté)

Culture (Toscan du Plantier Daniel) : 1992. Daniel Toscan du Plantier [1941-2003], dans Bouleversifiant, concernant Marta Meszaros, auteur, de :
« Il en est d’elle comme de tant de réalisatrices qui ont choisi de confondre cinéma féminin et cinéma féministe, jusqu’à notre grande Agnès Varda [1928-2019] nationale : le public les a rarement suivies, et d’abord les femmes, qui ne se sont jamais senties vraiment impliquées dans cet affrontement aux hommes que chacune règle à sa façon, dans la vie, tant bien que mal. Quel que soit la cause, il n’y a guère d’espace pour le cinéma militant qui ne plait qu’à ceux et celles qui le font. […] »
- Du même : « Il faut plus que tout protéger l’argent qui respecte le talent, le talent que respecte l’argent. » 328
- Pour rappel, le producteur Daniel Toscan du Plantier a été notamment, de 1988 à sa mort en 2003, président d’Unifrance, organisme chargé de « promouvoir le cinéma français dans le monde. » (Cf. Culture, Cinéma, Argent, Homme. Modeste, Femme. Artiste. Varda Agnès, Féminisme. Antiféminisme, Justice. Toscan du Plantier Sophie. Procès, Politique)

Culture (Tragédie) : (20 septembre) 2019. Sur France Culture, un auteur de BD après avoir affirmé : « Je ne fais pas d’actu politique, je suis hyper sensible, je trouve ça anxiogène » déclare, concernant sa dernière publication, :
« C’est une tragédie, il faut qu’il y ait des morts. » 329

Culture (Transmission) (1) : (12 janvier) 1817. Astolphe de Custine [1790-1857] dans une lettre à Rahel Varnhagen [1771-1833], auteur de :
« Ce qui me frappe dans un livre, c’est moins ce qu’il dit explicitement, que la sphère d’idées de laquelle il découle, et dans laquelle il me transporte. […] » 330 Oui.

Culture (Transmission) (2) : 1942. Hélène Berr [1921-1945], dans son Journal, écrit :
« L’essence suprême de l’art de Keats [John. 1795-1821], c’est sa puissance de suggestion. L’Ode à l’automne, par exemple, s’est prolongée en moi, [lingered deliciously] a persisté délicieusement en moi, bien après que je l’ai relue. » 331

Culture (Truffaut François) : (16 septembre) 2019. Entendu de François Truffaut [1932-1984] : « Je hais le documentaire. » 332
Pourquoi un tel verbe ? Par crainte de l’amalgame, en déconsidérant ce dont on a peur pour mieux se rehausser à ses propres yeux ? (Cf. Culture. Cinéma, Relations entre êtres humains. Haïr)

Culture (Trump Donald) : (5 août) 2019. Donal Trump n’a pas rendu hommage à Toni Morisson [1931-2019] lors de son décès.
J’ai aussi lu, sans l’avoir vérifié, que les Républicains s’étaient alignés sur sa position : le silence. (Cf. Femme. Écrivaine)

Culture (Tzara Tristan) : (12 décembre) 1963. Tristan Tzara [1896-1963], interrogé par Madeleine Chapsal évoque le mouvement Dada [1916-1921] dont il trouve « drôle de voir combien tant d’idées ‘révolutionnaires’ ! à l’époque sont passées dans le commun ».
Il rappelle néanmoins que ses membres « s’attaquaient à tout. La Guerre, la Patrie, la Famille, la Religion, la Logique, l’Ordre » et précise que « bien des choses, à cette époque, s’écrivaient avec une majuscule. » Il poursuit :
- « Nous étions contre, contre tous les systèmes, et pour l’individu. Nous étions même contre le manque de système s’il devenait un principe.
Dada était pour la spontanéité, pour l’action individuelle. Nous n’étions unis que par des liens d’amitié. […]
- Dada avait un but humain, un but éthique extrêmement prononcé !
L’écrivain ne faisait aucune concession à la situation, à l’opinion, à l’argent…
On se laissait malmener, par la presse, par la société, cela prouvait que nous n’avions pas composé avec elle.
En sommes, nous étions très révolutionnaires et très intransigeants.
Dada n’était pas seulement l’absurde pas seulement une blague.
Dada était l’expression d’une très forte douleur des adolescents, née pendant la guerre de 1914 et pendant la souffrance.
Ce que nous voulions c’était faire table rase des valeurs en cours, mais au profit, justement, des valeurs humaines, plus hautes. […] » 333 (Cf. Histoire. Chesneaux Jean)

Culture (Utilitariste) : 1996. Stéphane Hessel [1917-2013], dans Danse avec le siècle, se souvient : « Il m’est arrivé aussi de faire des vers et de les adresser à de belles dames mais sans en obtenir les faveurs espérées. » 334

Culture (Valeur) : Dans la constitution du prix d’une œuvre d’art, quelle est la part relative de la valeur de l’œuvre et de celle de son auteur-e ? La question peut être posée, mais elle n’a pas de réponse, car la notion de valeur, elle-même relative, n‘a pas de signification. Ou, plutôt, soit elle est décidée par ‘le marché de l’art, soit elle a la valeur que chacun-e lui accorde, les prix se situant, aléatoirement, sans doute, entre ces deux opposés. (Cf. Économie)

Culture (Van Gogh Vincent) : Vincent Van Gogh [1853-1890] a vendu un tableau dans sa vie.

Culture (Varda Agnès) : Agnès Varda [1929-2019], auteure de :
« C’est en filmant qu’on devient filmeronne. » 335 (Cf. Culture. Cinéma, Femme. Artiste. Varda Agnès, Langage. Féminisation du langage)

Culture (Varnhagen Rahel) : 1807. Rahel Varnhagen [1790-1833], auteure de :
« Un être cultivé n’est pas celui que la nature a traité de manière très généreuse ; un être cultivé, c’est celui qui use des dons qu’il possède avec bonté et sagesse, à bon escient et de la manière la plus haute. Celui qui peut envisager d’un regard ferme ses lacunes et sait reconnaître ses défauts. Ceci est pour moi un devoir et non un don et constitue seulement à mes yeux l’être cultivé. » 336 (Cf. Penser. Liberté. Pensée. Varnhagen Rahel)

Culture (Vérité) : Astolphe de Custine [1790-1857] concernant Les Burgraves de Victor Hugo [1802-1885], auteur :
« La décadence du goût commence par l’indifférence à la vérité. » 337 (Cf. Patriarcat, Penser. Vérité)

Culture (Vincent Christian) : 2018. Christian Vincent, sur France Inter, chantonnant les premiers vers de la chanson de Fréhel [1891-1951], intitulée Ohé les copains [1939] :
« Ohé les copains/ Venez-vous rincer la gueule / Ce soir, je suis toute seule/
Il est mort ce matin !
» en conclut finement :
« Ce pourrait être une chanson que reprennent les féministes d’aujourd’hui : ce pourrait être très intéressant. […] »
- Préalablement il avait aussi chantonné ces deux vers de la chanson de Fréhel « La coco » [1930] : « Je prends de la coco [cocaïne] ; ça trouble mon cerveau », chanson qu’il avait qualifié de « très amusante ».
- Du même : « J’ai horreur des films à thèse ; j’ai horreur des idées qui pèsent des tonnes. […] Tout ça me parait très lourd. […] » 338 (Cf. Culture. Patriarcale, Féminisme. Antiféminisme, Penser. Violences)

Culture (Viol) (1) : (30 octobre) 2017. Le jour de l’ouverture à la Cinémathèque de la rétrospective Roman Polanski, dont une pétition [25.000 signatures, le 30 octobre 2017] demande l’annulation, on pouvait lire sur une pancarte :
« Si violer est un art, donnez à Polanski tous les Oscars. » 339
Deux femmes Femmen présentes ont crié avant d’être expulsées :
« Pas d’honneur pour les violeurs. »
Polanski, présent, dénonce « les zinzins » qui voudraient détruire son œuvre. (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes. Polanski Roman)

Culture (Viol) (2) : Oui, les femmes, toutes les femmes sont pétries de la culture du viol. Qui donc leur a inculquée ? Sûrement pas elles. (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes

Culture (Vol) : 1992. Je lis dans un Dictionnaires des femmes célèbres :
Dieulafoy Jeanne, née Magre [1851-1916] :
« Elle épousa en 1870 Marcel Dieulafoy, qui fut nommé architecte des Monuments historiques en 1874. En 1881, tous deux allèrent en Perse pour un voyage d’exploration. Ils y retournèrent en 1884-1886 et en rapportèrent les frises des lions et des archers de Darius (aujourd’hui au Louvre dans le salle Dieulafoy). » 340 (Cf. Culture. Savoy Bénédicte, Politique. Colonialisme. État, Nationalisme)

Par ordre chronologique. Culture. Voltaire :

Culture (Voltaire) (1) : (14 novembre) 1735. (2 janvier) 1738. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à l’abbé Desfontaines [1685-1745], écrit :
« La France n’est pas le seul pays où l’on fasse des tragédies ; et notre goût, ou plutôt nos habitudes, de ne mettre sur le théâtre que de longues conversations d’amour ne plaît pas chez les autres nations. » 341
- Plus explicitement, dans une lettre adressée à Mademoiselle Quinault [1699-1783], comédienne, il évoqua « une fade intrigue de galanterie qui rend le théâtre français ridicule aux yeux des étrangers. » 342 (Cf. Relations entre êtres humains. Galanterie)

Culture (Voltaire) (2) : (5 février) 1738. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au prince royal de Prusse [futur Frédéric II. 1712-1786] écrit :
« Ce n’est pas que l’amour ne puisse être une passion digne du théâtre ; mais il faut qu’il soit tragique, passionnée, furieux, cruel et criminel, horrible si l’on veut, et point du tout galant. » 343 (Cf. Relations entre êtres humains. Amour. Voltaire)

Culture (Voltaire) (3) : (1er juin) 1739. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Frédéric II, roi de Prusse [1712-1786], concernant la tragédie Zulime qu’il lui adresse, la décrit en ces termes :
« C’est une pièce toute d’amour, toute distillée à l’eau de rose des dames françaises. » 344 (Cf. Relations entre êtres humains. Amour. Voltaire)

Culture (Voltaire) (4) : (26 décembre) 1750. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Marie-Louise Denis [1712-1790], concernant le rôle (supposé) des femmes dans les tragédies auteur de :
« Vous autres femmes, vous êtes accoutumées à être le premier mobile des tragédies, comme vous l’êtes dans ce monde. Il faut que vous soyez amoureuses comme des folles, que vous ayez des rivales, que vous fassiez des rivaux. Il faut qu’on vous adore, qu’on vous tue, qu’on vous regrette, qu’on se tue avec vous. […] » 345 (Cf. Femmes. Amoureuses)

Culture (Voltaire) (5) : (13 novembre) 1751. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au comte d’Argental [1700-1788], lui écrit :
« […] On veut au théâtre de Paris dans le royaume des femmes que les femmes soient plus importantes. J’avais oublié cette loi de votre [clause de style] nation contraire à la loi salique. » 346 (Cf. Patriarcat. Loi salique, Politique)

Culture (Voltaire) (6) : (1er septembre) 1752. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée au comte d’Argental [1700-1788], lui écrit :
« Plût à dieu qu’on n’eut à craindre que la canaille des gens de lettres, mais la canaille des dévots, celle de la Sorbonne font plus de bruit et sont plus dangereuses. » 347 (Culture. Sorbonne)

Culture (Voltaire) (7) : (21 février) 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à la duchesse de Saxe-Gotha [1719-1772], lui écrit :
« Le roi de Prusse [1712-1786] vient de m’envoyer deux cents vers à sa façon, tandis qu’il se prépare à deux cent mille meurtres. » 348 (Cf. Politique. Guerre)

Culture (Voltaire) (8) : (13 octobre) 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre à Madame du Deffand [1697-1780] qui lui avait demandé des conseils de lecture, lui écrit :
« Pour avoir du plaisir il faut un peu de passion, il faut un grand objet qui intéresse, une envie de s’instruire déterminée, et qui occupe l’âme continuellement ; cela est difficile à trouver et ne se donne point. ». Et il poursuit, concernant un livre qu’il lui conseille :
« S’il vous voulez en faire une étude sérieuse, il ne tiendra qu’à vous, mais j’ai peur que vous ne soyez pas assez savante, et que vous ne soyez trop délicate. »
Mépris patriarcal d’un homme grossier promis à un brillant avenir… 349 (Cf. Culture. Patriarcale, Hommes. Grossiers, Femmes. Infantilisation)

Culture (Voltaire) (9) : (18 décembre) 1759. Dans une lettre en date adressée à Saverio Bettinelli [1718-1808], après avoir évoqué « les frères inquisiteurs» ; après avoir dénoncé « un pays où l’on saisit aux portes des villes les livres qu’un pauvre voyageur a dans sa valise » ; après avoir affirmé « n’être point curieux de demander à un jacobin, à un dominicain la permission de parler, de penser et de lire », après avoir déclaré son « horreur » du « lâche esclavage de l’Italie », Voltaire [1694-1778], poursuit :
« Je crois Saint-Pierre de Rome fort beau, mais j’aime mieux un livre anglais écrit librement, que cent mille colonnes de marbre. » 350

Culture (Voltaire) (10) : (8 juillet) 1772. (19 juillet) 1773. Voltaire [1694-1778] :
- Le 8 juillet 1772, dans une lettre au comte d’Argental [1700-1788], concernant l’une de ses pièces, Les lois de Minos, écrit :
« Je voudrais bien que l’amour jouât un grand rôle chez nos Crétois, mais c’est une chose impossible. Un amant qui ne soupçonne pas sa maîtresse, qui n’est point en fureur contre elle, qui ne la tue point, est un homme insipide ; mais il est beau de réussir sans amour chez les Français. » 351
- Le 19 juillet 1773, dans une lettre au duc de Richelieu [1696-1788], vantant, afin qu’elle soit jouée à la Cour, les mérites de cette même pièce, il lui écrit :
« Une fille dont on va faire le sacrifice est plus intéressante qu’une femme qui épouse son amant deux heures après la mort de son mari. » (Cf. Culture. Gide, Patriarcat, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Culture (Voltaire) (11) : (15 décembre) 1773. Voltaire [1694-1778], concernant ses critiques de Corneille [1606-1684], dans une lettre écrite à d’Alembert [1717-1783], auteur de :
« C’est se moquer du monde que de dire, admirez ces sottises, parce que l’auteur a fait autrefois de bonnes choses. » 352

Culture (Walt Disney) : 2019. Le premier empire industriel du divertissement ; la 19ème plus grande multinationale du monde ; un géant capitalistique…
Des pages entières sur la Walt Disney Company sur Wikipédia.

Culture (Zao-Wou-Ki) : 1985. Zao-Wou-Ki, peintre [1920-2013] auteur de :
« Savoir qui est figuratif, qui est abstrait ; ça m’est tout à fait égal. » 353

Culture (Zinoviev Alexandre) : 1990. Alexandre Zinoviev [1922-2006], dans Les confessions d’un homme en trop, auteur de :
- « Si l’on observe la situation dans le domaine de la culture, deux types de critères jouent : ceux qui indiquent la réussite sociale et ceux qui concernent la contribution réelle apportée à la culture. Non seulement ils ne coïncident pas, mais leur totale divergence est flagrante. Les critères de la réussite sociale ont détruit ceux du succès créateur. L’observation de ces phénomènes m’a inspiré une grande partie de mes idées sociologiques. »
- « Je subissais déjà l’une des lois de la notoriété : le succès d’un travail dépend moins de sa valeur intrinsèque que du nombre et de l’importance des personnes qui en parlent dans la perspective d’en tirer un profit personnel. » 354 (Cf. Penser, Sociologie)

Culture (Zola Émile) (1) : (24 septembre) 1865. Émile Zola [1840-1902] écrit à Antony Valabrègue [1844-1900] :
« Si vous saviez, mon pauvre ami, combien peu le talent est dans la réussite, vous laisseriez là plume et papier, et vous vous mettriez à étudier la vie littéraire, les mille petites canailleries qui ouvrent les portes, l’art d’user du crédit des autres, la cruauté nécessaire pour passer sur le ventre des chers confères.
Venez, vous dis-je, je sais beaucoup, et je suis tout à votre disposition. » 355

Culture (Zola Émile) (2) : (10 décembre) 1866. Émile Zola [1840-1902] écrit à Antony Valabrègue [1844-1900] :
« Il n’y a que la lutte qui donnera à votre talent la maturité que vous demandez en vain à l’étude. Quelques mois de pratique représentent des années de théorie. » 356

Culture (Zola Émile) (3) : (26 juillet) 1865. Émile Zola [1840-1902] écrivait dans Le salut public : « Il faut que je retrouve un homme dans chaque œuvre, ou l’œuvre me laisse froid. Je sacrifie carrément l’humanité à l’artiste. [...] L’art est la libre expression d’un cœur et d’une intelligence, et […] il est d’autant plus grand qu’il est plus personnel. » 357

Culture (Zweig Stefan) : 1942. Stefan Zweig [1881-1942], dans Le monde d’hier : Journal d’un Européen, auteur de :
« […] Mais peut-être n’a ton jamais bien compris à l’étranger la raison pour laquelle l’Allemagne a, à tel point, durant ces années, sous-estimé et minimisé la personne et la puissance croissante de Hitler. L’Allemagne n’a pas seulement toujours été un état formé de classes séparées ; avec cet idéal de classes, elle a toujours été affectée d’une surestimation et d’une déification inébranlable de la culture. À l’exception de quelques généraux, toutes les hautes charges de l’état demeuraient exclusivement réservées à ceux qui avaient une culture universitaire. Rien n’a autant aveuglé les intellectuels allemands que l’orgueil de leur culture en les s’engageant à ne voir en Hitler que l’agitateur des brasseries qui ne pourra jamais constituer un danger sérieux, alors que, depuis longtemps, grâce à ces invisibles tireurs de ficelles, il s’était déjà fait des complices puissants dans les milieux les plus divers. […] » 358 (Cf. Femmes. Nazisme, Penser, Politique. État. Élites, Économie)

II. « Culture ». Cinéma :

Culture (Cinéma) : 2012. [Selon l’association La barbe] en 2012 :
« Sur les cent films qui ont rapporté le plus d’argent en 2011, seulement 11% avaient pour personnages principaux des femmes. La plupart du temps au cinéma, les femmes ont des seconds rôles. Aussi, lorsque les hommes sont entre eux, ils sont entre eux et parlent d’eux. Quand deux femmes sont à l’écran, elles parlent d’un homme. Ou elles servent la cause d’un homme… Maintenant, on pourra toujours nous trouver des exceptions. Toutefois, elles ont valeur d’exceptions et confirment bien la règle qui est qu’un ‘bon film’, c’est un film où on voit des hommes. Tout cela contribue à nourrir cet imaginaire. Le cinéma qui compte aujourd’hui - je ne veux pas dire que c’est l’ensemble du cinéma - est fait par des mâles et véhicule une image où le mâle est dominant. » 359 Pourrait sans doute être plus nuancé, mais doit être connu et publié.

Cinéma (African Queen) : 1952. [John Huston] La rencontre de deux êtres [Humphrey Bogart et Katharine Hepburn] que tout pourrait opposer et qui, par petites touches et grands évènements, assistent - et nous font vivre avec eux - à leur lente et si inattendue symbiose amoureuse. Un inoubliable souvenir d’adolescente.
- Georges Sadoul [1904-1967] évoque pour sa part dans son Dictionnaires des films : « l’éveil tardif d’une vieille fille à l’amour physique » 360 et dans son Dictionnaire des cinéastes : « l’absurde obstination d’une vieille fille poursuivant seule la guerre. » 361
Ou : comment le mépris des femmes interdit la sensibilité, l’intelligence et contraint à tant de si évidents contresens…. (Cf. Patriarcat. Mépris)

Cinéma (Anna et les loups) : 1972. [Carlos Saura] Une présentation du film : « Une vieille femme tyrannique règne sur toute la maisonnée. Elle a trois fils. José, l'aîné, est un fanatique de l'ordre militaire. Son frère cadet, Fernando, est hanté par des rêves mystiques. Juan, le plus jeune, marié à Luchy, est le père des trois fillettes. Obsédé sexuel, il est immédiatement attiré par Anna. »
Un autre regard sur le film, focalisé sur sa fin : enfin réunis, le premier frère viole Anna, le second lui coupe les cheveux, le troisième la tue d’une balle en pleine tête. Une critique anti-patriarcale ? Le film perd cependant de sa force critique du fait du comportement, des rapports, peu (ou pas) compréhensibles, peu (ou pas) crédibles de Géraldine Chaplin, dans le rôle de la gouvernante, avec les trois frères.

Cinéma (Basic Instinct) : 1992. [Paul Verhoeven] Entendu évoquer dans le film « un con qui pense avec sa bite ». (traduction française). (Cf. Penser, Sexes […]. Sexe. Homme)

Cinéma (Betty) : 1992. [Chabrol. D’après Simenon] Pourquoi faut-il qu’« une femme (Stéphane Audran) meure pour qu’une [autre] (Marie Trintignant) vive» ? [Conclusion du film]

Cinéma (Boudu sauvé des eaux) : 1932. [Jean Renoir, avec Michel Simon]. Sous couvert d’« ode à la liberté individuelle», le pénible spectacle d’une si violente grossièreté masculine, ici incarnée par Michel Simon. (Cf. Politique. Liberté)
* Ajout. 13 juin 2013. 1990. Georges Sadoul [1904-1967] évoque « une joyeuse apologie d’un clochard anarchiste opposant la grand route au confort petit bourgeois du libraire » et précise que Renoir « laissa Michel Simon se débrider autant qu’il le voulut. » 362 Le résultat : le spectacle complaisant, sinon approbateur, de l’abjection du personnage joué par Michel Simon.

Cinéma (Boule de Suif) : 1945. [Christian Jacques] Présenter Micheline Presle / « Boule de Suif » comme « une métaphore de l’esprit de résistance » 363, c’est nier la quasi- totalité du film et occulter toute l’ignominie d’une certaine bourgeoise - rarement aussi clairement dénoncée - dont ce film est l’expression. Boule de suif, « fille publique», « femme de mauvaise vie » est tout à la fois la victime et l’incarnation la plus respectable du monde ici représenté et dénoncé. (Cf. Langage. Métaphore, Proxénétisme)
* Ajout. 13 Juin 2016. Pour George Sadoul [1904-1967] : « L’atmosphère française a été bien reconstituée ». 364 Quel aveu !

Cinéma (Brève rencontre) : 1946. [David Lean] Un amour bouleversant - tout en nuances, en retenu - mais impossible entre deux êtres préalablement tenus par les liens du mariage.
* Ajout. 13 Juin 2016. Pour George Sadoul [1904-1967] : « Ils s’aiment, mais elle est honnête et le laisse s’expatrier. » 365

Cinéma (Captives à Bornéo) : 1950. [Jean Negulesco] Lors de l’occupation japonaise de Bornéo, de 1942 à 1945, hommes et femmes (et enfants) américains sont emprisonné-es, séparé-es et enfermé-es dans des camps d’hommes et des camps de femmes. L’une d’entre, Agnès Keith (en charge de leur petit garçon) lutte courageusement, ne cède pas à la torture, et parvient sauvegarder sa dignité. La dernière image de ce film intéressant, après le salut au drapeau et le chant à la gloire à dieu, est celle, à la libération du camp, de cette femme, droite, élégante, intègre, perçant l’horizon et découvrant au loin son mari, courant vers elle avec une béquille, blessé, claudiquant, trébuchant, tombant à terre. Et c’est à terre qu’ils s’étreignent, tandis que leur petit garçon tente de trouver une place entre eux : une métaphore politique de l’après-guerre ? (Cf. Langage. Métaphore, Histoire)

Cinéma (Chemin de croix) : 2014. [Dietrich Brüggemann] Les ravages sur une toute jeune fille d’une religion intégriste, inquisitoriale, punitive, sacrificielle, légitimée, non sans contradictions, par une mère, odieuse, plus inhumaine que religieuse et un père absent, incapable, impuissant.

Cinéma (Coup pour coup) : 1971. [Martin Karmitz] Un film superbe sur une grève de femmes au tissage, contre les cadences et le chronométrage, le harcèlement, le fayotage, la fatigue, les crises de nerfs, les injures, les humiliations, les injustices, les ordres, le mépris, les sanctions, la chaleur, la maitrise garde-chiourme, les « chefs sur le dos» , le salaire au rendement, dont « la moitié paie la nourrice », les punitions : « un quart de salaire en moins pour une minute de retard », l’absence de prise en compte des salariées : « 20 minutes d’attente du bus » pour 5 minutes de plus à la sortie, le bruit des machines, le silence imposé entre elles, le travail sans arrêt et sans pouvoir « relever la tête », les demandes refusées d’aller aux toilettes, la dépendance institutionnalisée, les amitiés brisées, le licenciement de deux « meneuses », les « dégueulasses », les « salauds », les « vaches », le patron…
- Ce n’est pas « un film réaliste qui a valeur de document sur les conditions de travail dans les années 1970. » (Télé loisirs) ; c’est un film représentant une grève de femmes ouvrières du textile, en en resituant le bien fondé : l’horreur de leurs conditions de travail.
- Ce n’est pas un « drame social » (Wikipédia), mais une lutte d’ouvrières, fières, courageuses, décidées à rendre « coup pour coup ».
- Ce n’est pas une « grève sauvage qui déborde bientôt les syndicats » (Allo ciné) mais une lutte de femmes qui dévoile, révèle, dénonce les trahisons syndicales - « on en a marre des syndicats », déclarent-elles sans ambiguïté.
- Ce ne sont pas des « acteurs inconnus » (Allo ciné), mais des ouvrières et des comédiennes, lycéennes et étudiantes - et quelques hommes solidaires - qui représentent ce qu’elles ont vécu et partagé afin que l’histoire ne se renouvelle pas.
- Ce n’est pas un film « mêlant militantisme ouvrier et féminisme » (You Tube), c’est, grâce à une grève, sur la découverte par des femmes d’un autre monde que celui qui leur a été imposé par le salariat et, par-delà, sur leur vie… (Cf. Politique. Luttes de femmes)

Cinéma (Giant) : 1956. [George Stevens, Avec James Dean, Rock Hudson, Élisabeth Taylor] Film, en règle générale, centré sur l’épopée de James Dean. Mais pourquoi ne pas voir, aussi - d’abord ? - le triomphe final de la constance dans la vérité, de la justesse d’analyse, de l’intelligence et de l’humanité d’une femme, incarnée ici par Élisabeth Taylor ? (Cf. Politique. Morale)

Cinéma (Gloria) : 2013. [Sebastiàn Lelic, avec dans le rôle principal, Gloria Cumplicio] Un film formidable à voir plus particulièrement par les femmes qui, aspirant à vivre un nouvel amour, se rendent compte de l’impossibilité de leur amant à rompre avec leur vie antérieure. « Sois un homme ! » dit-elle à son nouvel amant, après la rupture, mimant un assassinat, après l’avoir aspergé de peinture ; et ce, suivi d’un immense rire libérateur.
- Une question : À la fin du film, la vision d’un paon faisant la roue, ne pourrait-elle signifier que Gloria aurait affirmé trop d’orgueil, d’exigences ?
- ‘Analyse’ de Wikipédia : « Mais alors que leur relation devient permanente, les défis du quotidien forcent Gloria à confronter ses propres secrets. »….

Cinéma (Go fish et Gazon maudit) : 1997. Lu, écrit par l’une (Mathilde) des Marie-Pas-Claires (association féministe) :
« […] Ces deux films [Go fish [Rose Troche. 1994] et Gazon maudit [Josiane Balasko. 1995] ont au moins l’avantage de souligner que les lesbiennes ne sont ni moches (à moins de se voiler la face sur les charmes de Victoria Abril), ni frustrées, ni mal baisées. Et en plus elles ne se lamentent pas de l’absence d’hommes dans leur vie, elles les écartent de leur chemin ; c’est tout. ‘Je n’attends pas un homme’ nous disent les héroïnes de Go fish. ‘On existe’, nous disent ces deux films. […] » 366 (Cf. Femme « Moche ». Femmes. Lesbiennes)

Cinéma (Gueule d’amour) : 1937. [Jean Grémillon avec Jean Gabin et Mireille Balin] On comprend mieux ce que signifie, dans le patriarcat, « la fraternité ».

Cinéma (Guillaume et les garçons à table !) : 2013. [Guillaume Gallienne] Une déconstruction courageuse, intelligente, sensible, claire et drôle de la construction des affectations sexuées. Le distinguo, pour un homme, entre se sentir une fille, se vivre comme une fille et être homosexuel est riche de réflexions. J’ai cependant eu du mal à considérer comme crédibles les déclarations d’amour par Guillaume Gallienne à sa mère (que lui-même joue en sus de son propre rôle), alors qu’elle ne cesse d’être représentée comme vulgaire, insensible, stupide, odieuse ; et, en aucun cas, « pudique »…

Cinéma (Indiscret) : 1958. [Stanley Donen] Deux répliques de la comédie : « Il n’y a pas de plus sincère qu’une femme lorsqu’elle dit un mensonge » et la dernière du film [de Gary Grant à Ingrid Bergman] : « Ça te plaira, le mariage, tu verras ! » (Cf. Famille. Mariage)

Cinéma (Ixcanul) : 2015. [Jayro Bustamente] Les diverses facettes du patriarcat exprimées à travers les phases de la vie d’une jeune paysanne Maya, au Guatemala. Ou : Comment, un par un, tous ses rêves s’effondrent et les rapports de domination, multiples, se prolongent et se perpétuent, malgré les espoirs, la force, la résistance des femmes…La mère est particulièrement attachante. Un grand film.

Cinéma (Il était une fois l’Amérique) : 1984. [Sergio Leone] Quatre souvenirs parmi d’autres.
Le premier souvenir : Après avoir violé [une représentation du viol particulièrement réaliste et éprouvante] la femme (Jennifer Connely) qu’il aimait, la gangster/mafieux (Robert de Niro) la retrouve 35 ans après. Sa première phrase : « Tu n’as rien à me dire ?» ?
Le deuxième : Alors qu’Eve, une ‘amie‘ de De Niro est abattue pour avoir déclaré qu’elle ne savait pas où il était, son souvenir n’est jamais ultérieurement évoqué [Que devient son corps ?] alors que celui de ses trois amis est l’une des trames du film.
Le troisième : Après avoir eu des relations sexuelles avec une prostituée (« mineure»), un policier photographié ‘en flagrant délit’ par la bande de petits délinquants en herbe, accepte, sous la menace du chantage, de les ‘protéger’. Le pacte est lié : les garçons auront eux aussi, après lui, des relations considérées comme payées par le policier, avec la jeune prostituée [qui se montre particulièrement ‘compréhensive].
Le quatrième : Quelle que soit la manière dont les femmes de ce film, à l’exception de Jennifer, la femme aimée, sont traitées par ces gangsters (d’une extrême violence), celles-ci réapparaissent toutes aussi belles, sans rancune et bien coiffées dans les scènes suivantes.

Cinéma (Jamais le dimanche) : 1960. [Jules Dassin] Dans le livre de Mélina Mercouri, intitulé : Je suis née Grecque [1974], celle-ci raconte les conditions d’élaboration du film Jamais le dimanche et écrit :
« Les filles m’aimaient. J’avais été dans Stella [L’héroïne de Stella, Femme libre. Cacoyannis. 1955] le symbole des femmes de mauvaises vies parce que je chantais leur douleur, mais avec Illya [l’héroïne de Jamais le dimanche] je suis devenue la mascotte de toutes les putains de la terre. J’avais reçu des lettres de partout et elles me remerciaient d’avoir présenté leur profession avec dignité. Quelques années plus tard, nous sommes allés voir le célèbre Reeperbahn à Hambourg. Ce quartier où un génie audacieux a exposé les filles dans les vitrines. […] » 367

Cinéma (Je vous trouve très beau) : 2005. [Isabelle Mergault] Un beau, juste, sensible personnage d’homme (Michel Blanc). Il est des films qui, de par leur seule existence, dévoilent les caricatures d’hommes que l’on nous impose à satiété. « Mièvre », « sentimental », « fleur bleue » écrivirent certain-es critiques.

Cinéma (Jour de colère. Dies Irae) : 1943. [Carl Theodore Dreyer] Dans ce film superbe, fascinant - dont l’action se situe au XVIIème siècle - souvenir du dialogue entre la mère et le fils. Le fils : « C’est la haine qui te fait parler ainsi ? » La mère : « Non, c’est mon amour pour toi ».
In fine, la belle-fille aimante et ‘co-coupable’ d’un amour interdit, dénoncée par sa belle-mère et abandonnée publiquement par son amant, avoue, après des scènes terrifiantes de tortures décidées par une myriade d’hommes : elle sera brûlée en tant que sorcière, comme le fut sa mère.
Ce film [m’] a fait penser au livre non moins somptueux de Nathaniel Hawthorne, La Lette écarlate. [1850] (Cf. Relations entre êtres humains. Haine)

Cinéma (Jules et Jim) (1) : 1962. [François Truffaut, scénario adapté du livre de Henri-Pierre Rocher, du même nom [1953] Comment et pourquoi, cette insistance, chez G. Sadoul [1904-1967], tant d’années après, à analyser ce film comme « un hommage à l’amitié » (entre deux hommes, Jules et Jim) laquelle survit à leur amour pour la même femme ?
Pourquoi, par ailleurs, ce refus d’analyser le fait que Kathe / Catherine / Jeanne Moreau a, seule, sans aucun pacte entre eux, décidé de mourir avec - et donc de tuer - l’un d’entre eux ? Sans pitié. 368 Pour mieux étouffer ce que Kathe évoque la concernant : sa [ma] « nature héroïque», fusse au prix d’un assassinat ?
* Ajout. 15 juin 2016. Pour Georges Sadoul [1904-1967], la fin du film : « Vers 1930, elle se noie avec luiJim»Í». 369

Cinéma (Jules et Jim) (2) : 1962. François Truffaut, dans un article du Monde (en janvier 1962 ?), auteur de :
« Sans doute la jeune femme de Jules et Jim veut-elle vivre de la même manière qu’un homme, mais c’est seulement une particularité de son caractère et non une attitude féministe et revendicative. » 370

Culture (Cinéma. Landru) : 1963. [Claude Chabrol] Dans Les Cahiers du Cinéma (N° 138) en décembre 1962, Chabrol écrit :
« Landru est [au contraire de L’œil du malin, film qualifié de «subjectif»] une chronique très objective. Mais en même temps, la réalité porte sur le personnage de Landru, pas sur le reste. […] » 371 (Cf. Culture. Cinéma. Monsieur Verdoux, Violences faites aux femmes. Landru)

Cinéma (L’affaire Josey Aimes) : 2005. [Nic Caro] Présenté à la suite de l’« affaire Anita Hill », ce film, à l’époque, fut présenté comme consacré à la dénonciation du « harcèlement sexuel » ; quelques années plus tard, il l’est comme un film sur le « harcèlement moral ». En réalité, ce film devrait permettre de poursuivre la réflexion sur les déqualifications que le nouveau mot de « harcèlement sexuel » a si évidemment légitimées ; plus encore, il apparait que ce qui est montré avec force, c’est l’extraordinaire violence des hommes lorsque les, femmes, lorsque des femmes ont la simple volonté de travailler, simplement, comme eux. Ce film devrait être vu par tous ceux, toutes celles qui ont revendiqué, qui revendiquent - sans excès d’inquiétudes - l’égalité hommes / femmes, quelle qu’en soit les modalités, en entreprise.
- Dernière remarque : alors que ce film est basé sur l’« histoire vraie » d’une femme gagnant, soutenue par un avocat engagé à ses côtés et par le moyen d’une « class action », un procès qui fit jurisprudence, l’article du Monde le concernant, conclut par cette phrase : « Comme on dit à l'usine à rêves, ça fonctionne. » 372 (Cf. Politique. Égalité, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Harcèlement sexuel)

Cinéma (L’amore) : 1948. [Roberto Rosselini] Sous ce titre, la deuxième histoire de ce film intitulée El Miracolo (Le miracle) est précédée dans le générique par cet hommage :
« Ce film est dédié à l’art d’Anna Magnani. Roberto Rosselini ». Rare. Certes, venait-il (ou allait-il ?) la quitter ? Néanmoins….

Cinéma (L’Arnaqueur) : 1961. [Robert Rossen] Lu : « Une fascinante étude psychologique d'un homme qui construit seul son propre enfer ». Une autre analyse : une femme qui avait tout compris des rapports de pouvoirs entre hommes doit mourir pour que l’un d’entre eux les comprennent et la comprenne. Trop tard. Pour elle.

Cinéma (L’Atalante) : 1934. [Jean Vigo] Michel Simon, malotru au grand cœur, en rabibocheur de couple. « Un poème d’amour fou ». 373 ce film intitulée El Miracolo (Le miracle) est précédée dans le générique par cet hommage : Non, c’est tout simplement nier les problèmes bien réels, clairement nommés, que vivent le mari et son épouse. Et concernant celle-ci, affirmer qu’elle « s’acclimate mal sur une péniche où règne un vieil excentrique » et qu’ « arrivée dans la banlieue, elle quitte son mari » 374, c’est là encore, nier ses aspirations d’indépendance, de liberté, clairement exprimées, et l’autoritarisme de son mari. (Cf. Famille. Couple)

Cinéma (L’eau à la bouche) : 1960. [Jacques Doniol-Valcroze] Sur un scénario, celui de L’eau à la bouche, au départ, non crédible, les situations qui en découlent deviennent elles-mêmes dépourvues de crédibilité. Toutes les situations - toutes patriarcales (un exemple : les trois femmes du film couchent le soir même avec les trois hommes] de ce film Nouvelle Vague sont fausses, archi-fausses, devenues avec le temps, ridicules, absurdes.
- Si l’on voulait démontrer les stéréotypes de « l’amour libre » (version France, années 60), du « libertinage », ce film pourrait servir de modèle.
- N’est pas Marivaux [1688-1763], ni Renoir [1894-1979] qui veut, sans oublier la série Downton Abbey [2010-2015]
- On peut lire ce film comme un bel exemple de droit de cuissage, licenciement à la clé, transformé en demande en mariage, puis en tentative de viol, transformé le jour même en accord donné au majordome, joué par un Michel Galabru, grossier à son habitude, sans l’ombre d’un problème par la soubrette, jouée par Bernadette Lafon. (Cf. Homme. Grossier, Libertinage, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage)

Cinéma (L’esclave libre) : 1957. [Raoul Walsh] Un titre incohérent, un scenario ridicule, des dialogues débiles, des échanges absurdes, des acteurs exécrables. Tout est faux, caricatural, sans oublier les présentations si souvent agiographiques de l’esclavage aux États-Unis liées au « trafic d’êtres humains » en Afrique. Et in fine, le pire ? : « l’amour » est censé effacer les enjeux politiques du film. (Cf. Hommes. « Héros », Proxénétisme)

Cinéma (L’espoir) : 1939. [André Malraux] Que d’hommes, que d’hommes…tous solidaires, graves, responsables, sans oppositions, sans clivage politiques entre eux, tous unis vers un même but…
- Une réplique notable, la seule évoquant « les femmes », quasi absentes dans cette Espagne de la guerre civile républicaine. Un homme va mourir. Il lui est demandé ce qu’il désire et il répond : « Que la vieille me foute la paix avec son bouillon » !
- Un enfant, un seul, est furtivement présent : c’est un garçon qui « veut être aviateur » .
- Une ode à la masculinité.

Cinéma (L’homme qui aimait les femmes) : 1977. [François Truffaut] Lu sur la présentation de ce film par Ciné Classique [6 juin 2014] :
« Le plus bel hommage de François Truffaut à la gent féminine. Un film clin d'oeil, à la sensualité chaleureuse et humoristique. »
En reprenant certains des jugements de Charles Denner, alias Bertrand Morane, on l’entend distinguer - lui, un fin connaisseur des « soutiens gorges Lejaby » - entre deux catégories de femmes : « les grandes tiges et les petites pommes » ; juger « les grosses poitrines et les poitrines modestes » ; s’interroger pour savoir si l’une d’entre elles est « une putain ou non », et concernant une autre femme, si elle est « complaisante et/ou jalouse » ; constater qu’il y a certaines femmes « dont on se demande si elles s’intéressent à l’amour », tandis que d’autres « portent l’amour sur leur visage » ; déclarer doctement : « les jambes des femmes sont les compas qui arpentent le globe en tous sens, en lui donnant son équilibre et son harmonie » ; affirmer que « les femmes adorent toutes le feu de bois » ; considérer comme acquis que « comme certains animaux, les femmes pratiquent l’hibernation » ; constater concernant une femme « qui n’a jamais été [sa] maîtresse » : « elle est la preuve que l’amitié peut exister entre un homme et un femme ».
Enfin, commentant son tableau de chasse, il les présente ainsi : l’une était : « beaucoup de femmes à la fois » ; l’autre : « une grande fille que j’aimais regarder » ; une troisième : « une très jolie femme » ; une quatrième : « une grande bringue ravissante », et une dernière : « une jolie rousse, ma voisine » [« qui aimait lire »] .
- On entend aussi dans la bouche des femmes qu’il met en scène :
« On a beau dire, on a beau faire, la femme sera toujours la femme » ; « Un homme qui adore les femmes, on peut difficilement lui refuser quelque chose » ; « C’est vrai ? ; vous me trouvez belle ? » ; « Je me caresserai en pensant à toi » ; « Venez me voir ; je vous tiendrai au courant de la mode » ; « Alors je ne vous plais plus du tout ? » ; « Est ce que vous n’êtes pas déçu ? » ; « Sérieusement, vous ne m’en voulez pas ? » ; « Je peux vous embrasser ? » ; « Vous pouvez m’appeler si vous voulez : voilà mon numéro de téléphone » ; « Je vous aime beaucoup » ; « Avoue que j’étais une emmerdeuse » ; « Je pense souvent à vous avec tendresse » ; « Je veux le meilleur pour vous » ; « Vous êtes pas mal comme vous êtes »…
- En conclusion, son éditrice et néanmoins amante, jouée par Marie-Christine Barrault, celle qui lui avait fait changer le titre de son roman choisi par lui : « Le cavaleur » en : « L’homme qui aimait les femmes », affirme - lucidement ? - devant sa tombe :
« Ce qu’il aimait le plus en nous (les femmes) : les jambes ». On peut ajouter « l’apparence, une robe, une silhouette », mais aussi « les épaules » et même aussi « les chevilles épaisses » qui ne le dérangent pas.
- Certes le film n’est pas que « ça », mais il est aussi « ça », et même beaucoup « ça »…
- À proposer pour être la plus signifiante expression filmique au Panthéon du patriarcat ? Mais la concurrence est rude… (Cf. Corps. Jambes, Femmes, Langage. Critique de mot: « Ça », Patriarcat, Pensée. Binaire)

Cinéma (L’ivresse du pouvoir) (1) : 2006. [Claude Chabrol] Une femme forte, juge d’instruction, qui n’a peur ni des hommes ni des institutions, et donc les affronte, exerce - peut-on dire normalement ? - son métier, c’est à dire la recherche de la vérité avec les armes et les limites qui lui donne le droit et sa morale politique. On peut noter que les hommes de pouvoir (politiques et économiques) - dont elle dénonce les turpitudes - sont tous des pleutres.
Au terme du film, elle rend les armes : « Qu’ils se démerdent !»
N’empêche que ce qu’elle a, avec une autre femme, réalisé a eu lieu.
- Voici, en regard, la fin du synopsis du film dans Wikipédia :
« […] Ivre du pouvoir qu’elle sent détenir, la juge Killman est déterminée à aller jusqu’au bout de son enquête. Pour cela, elle est prête à tout sacrifier, sa sécurité et même son mari qui ne supporte plus la vie infernale qu’elle lui fait vivre. »

Cinéma (L’ivresse du pouvoir) (2) : 2007. Eva Joly - qui « inspira » le scénario de Claude Chabrol - répond à la question : « Est-ce à dire que vous avez ressenti cette fiction, comme une critique, voire une attaque ? » :
« C’en était évidemment une. Une caricature grossière faite pour me dénigrer en même temps que mon travail. Cette volonté n’était même pas déguisée : vous l’avez dit, toute la promotion du film a été faite en invoquant le parallèle avec l’affaire Elf et avec moi. Rien de tout cela n’était gratuit. Le personnage de la juge s’appelle Charmant-Killman - autrement dit, celle qui veut tuer les hommes… c’était une façon de réduire le travail d’un juge d’instruction à un jeu de personnes, aux états d’âme d’une femme. Du coup, c’était aussi enlever sa portée à l’enquête que j’avais menée et aux découvertes qu’elle avait permises. L’affaire Elf avait révélé l’existence d’un système de détournements au cœur de la plus grande entreprise française, et, au-delà, la corruption des élites, les relations troubles entre la France et l’Afrique depuis quarante ans…
Plutôt que de regarder ces réalités en face, il valait tellement mieux faire croire que toute cette histoire n’était que la fait d’une femme frustrée et éblouie par son pouvoir ! C’était commode. Et tellement machiste. […] » 375 (Cf. Femme « Politique ». Joly Eva, Politique. Élites, Économie)

Cinéma (La belle et la bête) : 1946. [Jean Cocteau. 1889-1963] Ou : Comment le sacrifice de soi est présenté pour une femme comme relevant de l’évidence. Ou : comment cette décision de vivre avec un « monstre » est présentée comme relevant de sa liberté. Ou : comment, dans ce contexte, une femme déclare d’emblée à un homme / bête : « Vous êtes mon maître ». Ou : comment un femme accepte sans réelle inquiétude, l’enfermement à vie, la richesse étant censée le compenser. Ou : comment la beauté, la bonté d’une femme est censée dompter la bestialité des hommes. Etc., etc. Question en sus : pourquoi avec des personnages primaires, des dialogues stupides, des acteurs exécrables, des situations aberrantes, ce film est-il si aisément qualifié de « chef d’œuvre » ?

Cinéma (La chienne) (1) : 1931. [Jean Renoir. 1894-1979] Un homme, Michel Simon entre une épouse odieuse - une caricature - (abandonnée au mari légitime) et une femme dite prostituée aimée (par lui) mais assassinée (par lui) hurle :
« Tu n’es pas une femme, tu es une chienne ».
La morale du film : non condamné par ce meurtre - un autre condamné à sa place - débarrassé des femmes et de l’argent : le bonheur. Un plaidoyer ? (Cf. Femmes. Animalisation des femmes, Politique. Animalisation des êtres humains)

Cinéma (La chienne) (2) : 1931. Jean Renoir [1894-1979], auteur de :
« Je voulais faire La Chienne pour des tas de raisons : j'adore, j'aime beaucoup, je suis assez passionné par les femmes que l'on rencontre dans les rues de Paris… Il se trouve que dans le roman de la Fouchardière la fille est une prostituée. Mon dieu, c'est un métier comme un autre… Une autre raison me poussait très fort : mon admiration pour Michel Simon. C'est un très grand acteur et je pensais que La Chienne lui permettrait d'atteindre certains sommets. Il les a atteints. […] » 376 (Cf. Femmes. Animalisation des femmes, Proxénétisme)

Cinéma (La chienne) (3) : 1996. Je lis dans La drôle de guerre des sexes du cinéma français de Noël Burch et Geneviève Sellier :
« L’une des formulations les plus claires de cette misogynie clivée - « laides ou belles, toutes des salopes » - est un film très admiré de Jean Renoir, La chienne (1931). Le prestige de son auteur est si grand qu’aucun analyste de ce film ne semble attacher la moindre importance à la haine qui s’y déverse sur les femmes, d’une part en la personne de l’épouse de Michel Simon (Madeleine Bérubet), qui, sadiquement, empêche son mari timide d’exercer son violon d’Ingres inoffensif, d’autre part sur la prostituée idiote et cruelle (Janie Marèze) dont le petit comptable a le malheur de tomber amoureux. [...] » Mais qu’il assassine. 377 (Cf. Femmes. Animalisation des femmes, Relations entre êtres humains. Haine, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Cinéma (La cité des femmes) : 1980. [Federico Fellini. 1920-1993] L’outrance, la caricature permettent-elles l’émotion, l’intelligence ? Ici, clairement non.
- Que cet imaginaire masculin, pauvre, binaire, régressif, ouvre peu d’horizons...
- J’ai été frappée d’une scène on ne peut plus réaliste, celle où l’épouse de Snàporaz (joué, avec difficultés, par Mastroianni) dénonce la vie qu’elle mène avec lui et l’impuissance du mari à réagir positivement.
- J’ai aussi gardé en mémoire une analyse féministe, fort juste, de « la fellatio » :
« On nous ramène à un niveau infantile de succion », qui plus est, du « phallus mâle »… .
- Aucune leçon à en tirer, sinon que Fellini peut s’offrir le luxe de filmer ses propres confusions. Qui gagne quoi que ce soit à ce magma d’images, de scènes si souvent grossières et si lourdes et que gagne t-on ? Moi, rien. Lui, j’en doute… (Cf. Sexes […] . Homme)

Cinéma (La coquille et le clergyman) : 1928 [Germaine Dulac.1882-1942] Concernant ce film dont j’ignore tout, George Sadoul [1904-1967] écrit :
1990. « Artaud, mécontent de la mise en scène de son scénario, provoqua au studio des Ursulines une violente et mémorable manifestation des surréalistes contre Geneviève Dulac. » 378
Dans les Œuvres d’Artaud, je lis :
1928. « 9 février 1928. Première projection publique de la Coquille et le Clergyman au studio de Ursulines. Arthaud et quelques surréalistes, dont Desnos et Breton, provoquent un scandale au cours duquel Geneviève Dulac est conspuée. Le film sera remis à l’affiche dans la même salle le 14 mai suivant. » 379 J’aimerais en savoir plus… (Cf. Femme. Remarquable. Dulac Geneviève)

Cinéma (La dame sans camélia) : 1960. [Michelangelo Antonioni] La déchéance d’une femme [Lucia Bose] trop belle et mal aimée.
* Ajout. 8 novembre 2018. Je lis d’une femme qu’elle « frôle la déchéance fatale »… (Poursuivre) (Cf. Langage)

Cinéma (La fiancée du pirate) : 1969. [Nelly Kaplan] Heureusement, pour Bernadette Laffont, qu’il y a un homme pour rattraper tous les autres…sans oublier les femmes.
Une morale ? : La vengeance pour être efficace doit être intelligemment préméditée.
- Lu sur Ciné Classique : « Une fable sociale ironique et délicieusement impertinente pour l'époque. Une œuvre joyeuse qui n'a rien perdu de sa force, ni de sa poésie. » : que d’euphémismes et de contresens pour tenter de cacher l’extraordinaire violence de la juste et fort réaliste critique de la société française des années (19)60. (Cf. Femme. Vengeance, Langage. Euphémisme)

Cinéma (La mariée était en noir) : 1968. [François Truffaut]. Une vraie vengeance de femme, longuement pensée : pour venger son mari assassiné. (Cf. Femme. Vengeance)
* Ajout. 26 octobre 2018. 1995. Commentaire critique de Jean Tulard : « Truffaut dit lui-même qu’il n’aimait pas beaucoup ce film. Il n’a peut-être pas tort, car malgré des bons acteurs, on ne peut s’empêcher de penser qu’à la longue cette série de meurtres est peu crédible et que l’intérêt de l’ensemble fait cruellement défaut. » 380
* Ajout. 13 octobre 2016. 1995. Marie-Octobre [Julien Duvivier.1995] : une autre vengeance de femme : Quinze années après, une résistante (Danielle Darrieux) tue à bout portant l’homme (Serge Reggiani) qui avait tué son amant, Castille, chef de réseau résistant, devant une dizaine d’hommes, peu brillants, devenus silencieux…
- 1995. Commentaire de Jean Tulard : « Du cinéma facile, bien fait, mais sans réelle surprise. » 381
* Ajout. 31 octobre 2018. Une troisimème vengeance de femmes : Noyade Interdite [1987. Pierre Garnier-Deferre] Trois « jeunes et jolies estivantes » d’une station balnéaire « assasinent les hommes pour se venger, l’un d’eux ayant violé [l’une d’entre elles] quand elle était adolescente. […] »
- 1995. Commentaire de Jean Tulard : « Un film banal pour une intrigue sans consistance […] » 382

Cinéma (La nuit) : 1961. [Michelangelo Antonioni. 1912-2007] La présentation du film par son metteur en scène :
« Un couple où la femme est plus lucide que l’homme, parce que la sensibilité féminine est un filtre beaucoup plus précis que tout autre, et que l’homme, dans le domaine des sentiments, est presque toujours incapable de sentir la réalité, parce qu’il a tendance à la dominer. Le poids de l’égoïsme masculin suppose, à son profit, une abstraction totale de la personnalité de la femme. »383 (Cf. Penser. Pensée. Abstraction)

Cinéma (La nuit américaine) : 1973. [François Truffaut.1932-1984] Le léger signe de la main du mari [David Markham] de Julie Baker [Jacqueline Bisset] lui suggérant [lui rappelant ? lui indiquant ?] de saluer avant leur départ Alphonse Jean-Pierre Léaud] restera pour moi le comble de ce que peut - et doit être - un homme respectable.

Cinéma (La passion de Jeanne d’Arc) : 1927. [Carl Theodore Dreyer. 1889-1968] Un chef d’œuvre (qui me remémore, sans être à même clairement d’expliquer pourquoi les films d’Eisenstein). Le visage de Falconetti [1892-1946] : jamais oublié… (Cf. Corps. Visage)
* Ajout. 15 juin 2016. 1952. Ingrid Bergman [1915-1982], actrice dans un Jeanne d’arc de 1948 de Victor Flemming, auteure, de :
« Je n’aurais jamais accepté de jouer ce film si j’avais connu la Jeanne d’Arc de Dreyer. » 384

Cinéma (La règle du jeu) : 1939. [Jean Renoir.1894-1979] Drame et / ou vaudeville ? Satire et / ou reflet ? Clair et / ou obscur ? Simple et / ou complexe ? Léger et / ou lourd ? Singulier et /ou collectif ? Ordre et / ou désordre ? Engagé et / ou équivoque ? Idéaliste et /ou réaliste ? Patriarcal et / ou féministe ? …

Cinéma (La rivière rouge) : 1948. [Howard Hawkes.1896-1977] Plus besoin pour le fils (adopté) de tuer le père pour prendre sa place : une femme les réconcilie et leur rend et la raison et l’amour. Suffisamment rare pour être noté. On doit cependant noter que le caractère de cette femme n’a aucune crédibilité ; que ses mots n’aient été entendus d’eux qu’après que son fusil ait parlé, et qu’il est douteux qu’elle ait obtenu ce résultat sans lui.

Cinéma (La saison des femmes) : 2016. Titre Indien : Parched. [Leena Yadav] Un somptueux, subtil, radical, réaliste, optimiste film féministe.
- Je doute qu’aucune femme au monde ne puisse - peu ou prou - sinon s’’identifier, du moins identifier comme lui étant proche, l’un des vécus de ces femmes indiennes.
- Une répartie d’une mère à son fils dont je me souviens : « Avant de vouloir être un homme, apprends à être humain. »
- Présentation par Allo Ciné : « Portées par leur amitié et leur désir de liberté, elles affrontent leurs démons, et rêvent d'amour et d'ailleurs. » À remplacer par : « Grâce à leur solidarité, elles parviennent à échapper à un destin de violences, de mépris que leur infligent des hommes ignobles. »
- Fin du synopsis tel que présenté par Wikipédia : « Puis les trois femmes partent sur le triporteur bariolé du cabaret, libres et sans but. » À remplacer par : « Les trois femmes partent sur le triporteur bariolé du cabaret, libérées des hommes et du patriarcat. Un temps… »

Cinéma (La vérité sur Bébé Donge) : 1952. [Henri Decoin.1890-1969] Lire l’analyse remarquable, du film, de Noël Burch et Geneviève Sellier dans La drôle de guerre des sexes du cinéma français. 1930-1956. 385 Pour moi, un modèle du genre.

Cinéma (La vieille dame indigne) : 1965. [René Allio.1924-1995] L’évocation d’une vie libérée des contraintes et d’abord de la famille vaut bien mieux que toutes les odes à la liberté.
Je découvre sur Wikipédia cette analyse - absurde contresens - des Cahiers du Cinéma 386 :
« René Allio n’a pas fait un film complaisant et jouant sur un sentimentalisme facile. Il n’a pas fait l’apologie démagogique de la liberté des vieilles dames, mais au contraire la critique de cette liberté en la montrant impuissante et incomplète, insatisfaisante. Il a montré qu’il ne suffit pas du rêve pour remédier au vice de l’ordre social ou familial. Sa critique ne s’arrête pas au moment où la vieille dame semble connaître le bonheur : elle se renforce subtilement de cette apparence trompeuse de bonheur. De l’existence, la vieille dame n’aura jamais ramassé que les miettes. Le film refuse la bonne conscience. »
En regard, l’analyse de René Allio :
« […] Le propos du film est en fait la remise en question de la petite morale de la vie quotidienne, à partir du simple comportement d’une personne qui a accédé à ‘l’objectivité’ : tous les personnages sont en changement, dans une ville en changement. C’est très scandaleux d’être objectif ! C’est pourquoi j’ai essayé de faire ce film avec le plus d’objectivité possible. […]
Le film est donc en même temps l’histoire de l’échec d’Albert (
l’un de ses fils) et celle de la libération de la vieille dame. Je crois que beaucoup de gens aimeront ce personnage bien qu’il soit assez dur. C’est une femme d’origine paysanne, avec ce côté ‘grand seigneur’ qu’ont les paysans. Elle sait se taire et remettre les choses leur place. » 387 (Cf.« Sciences sociales ». Objectivité)

Cinéma (La 359ème section) : 1972. [Stanislav Rostotski.1922-2001] Film de guerre soviétique, pleins d’imprévus, de nostalgies, de lucidités, de vérités, de justesses historiques mais surtout humaines.
Ce film démontre que l’on peut faire un film de guerre, sans glorifier, mythifier ni exalter la guerre, sans humilier l’adversaire [« Qu’il soit aussi des hommes, dit le commandant russe, concernant les soldats allemands, je n’y avais jamais pensé »], tout en s’interrogeant sur la guerre [« J’ai dû les sacrifier toutes les cinq (les soldates sous ses ordres) pour ce dix Fritz. Pourquoi ?», tandis que le combat qu’il vient si douloureusement de mener est qualifié de « combat d’intérêt local » par la propagande militaire]…
Ce film démontre, par le prisme premier des relations entre hommes et femmes, que l’on peut faire un film de guerre qui ne nie pas des valeurs disons…humaines, plus encore que la guerre elle-même peut contribuer à humaniser ces rapports.
Que les principales protagonistes soient des femmes soldates - même si la vérité historique n’est que peu crédible - est fondamental. On les voit, militaires, dans leur spécificité, leur singularité, leur unité, leurs différences, sans caricatures ; plus encore ce sont elles qui humanisent leur « chef » …et ce n’est pas ridicule.
Ce film est un superbe hommage rendu aux femmes russes, aux femmes soldates. Aux femmes… (Cf. Politique. Guerre)

Cinéma (L’homme qui tua la peur) : 1957. [Martin Ritt] Dans une Amérique raciste, une belle, réelle amitié entre hommes, joués par John Cassavetes, Sidney Poitier…

Cinéma (Le cas du Docteur Laurent) : 1957. [Jean-Paul Le Chanois.1909-1985] Dédicace :
« Ce film est dédié respectueusement aux pionniers de la méthode psychoprophylactique d’accouchement sans douleur. Il a été réalisé avec l’aide de la maternité des métallurgistes à Paris où cette méthode a été pratiquée la première fois en France en 1952. »
Un film attachant, féministe, courageux, progressiste, salutaire, moral… (Cf. Femme. Accouchement, Langage. Critique. Mot : « Progressiste »)

Cinéma (Le chat) : 1971. [Pierre Granier-Deferre.1927-2007] La plus triste histoire de couple du cinéma français ? « Décidément, nous deux c’est insoluble » affirme, avant qu’il cesse de lui adresser la parole, Jean Gabin à Simone Signoret. Dans la permanence d’une logique de couple, sans doute. Pourquoi est-il si difficile de se quitter, là est la question posée, mais non résolue… (Cf. Famille. Couple)

Cinéma (Le crime de Monsieur Lange) : 1936. [Jean Renoir, Jacques Prévert] Le ‘méchant’ Batalia, prototype, selon la présentation classique, du « personnage véreux qui exploite ses ouvriers » est autrement jugé par Valentine, l’une de ses victimes, solidaire d’Estelle sur laquelle il a jeté son dévolu.
« C’est le plus grand salaud que j’ai jamais rencontré » déclare-t-elle. « Exploiteur des ouvriers » ou « salaud », la différence des termes renvoie à des analyses de nature politique fort différentes.
- Voici enfin comment Les Cahiers du Cinéma le présente :
« Frénétiquement lâche, menteur, voleur, manipulateur, cet escroc est un vrai rêve de jeune fille, un grand méchant loup, qui sourit de toutes ses dents et qu'on ne peut s'empêcher d'applaudir tant il fait bien le mal. Surtout aux femmes. Il les prend, il les vole même, puis il les jette. Valentine, il ne l'aura pas deux fois, elle nous le dit à plusieurs reprises. Et au fond, dans ce film qui a l'air de s'occuper d'autre chose, c'est très précisément à la vengeance d'une femme qu'on assiste, la vengeance de Valentine. » 388 « Vengeance » d’une femme ou bien plutôt, femme solidaire luttant contre le droit ancestral des hommes à s’approprier, selon leur bon vouloir, les femmes qui leur plaisent ? (Cf. Femmes. Solidarité. Vengeance, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage)

Cinéma (Le dernier tango à Paris) : 1972. [Bernardo Bertolucci] Maria Scheider violée par Marlon Brando avec l’accord de Bertolucci, lequel aurait déclaré que le viol, puisque viol il y a bien eu lieu [et non pas un « jeu brutal » selon Wikipédia], « est à la mesure des tourments que provoque l'explosion du féminisme ». Toujours, sur Wikipédia (décembre 2014) on lit, ignominieusement : « Une plaquette de beurre contribua à la célébrité du film. » Quant au journaliste de Libération, en guise de nécrologie de Maria Schneider, il écrit qu’elle est sortie de ce film « épuisée », évoque, « son sex-appeal animal » et déclare qu’elle « faisait peur » aux « personnalités » (non iconoclastes) ». 389 Honteux.
* Ajout. 14 juin 2016. 1990. Pour Georges Sadoul [1904-1967], « un film sur le sexe et la mort » 390, lequel évoque, par ailleurs, « le jeu exacerbé de Brando ». 391 (Cf. Femmes. Animalisation des femmes, Homme. Journaliste, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Godard Jean-Luc)

Cinéma (Le diable au corps) : 1947. [Claude Autant Lara] Il est rare que le personnage joué par Gérard Philipe [1922-1959] dans ce film ait été présenté comme il l’est de fait, à savoir un petit coq bourgeois, présomptueux, impudent, autoritaire, jaloux à l’absurde, grossier, souvent odieux, menteur, matamore en parole et irresponsable, lâche, en rien crédible.
- On peut aussi noter que ce film de 1942 produit par La Continentale [Société de production de films « française à capitaux allemands », crée en 1940 par Goebbels, dirigée par Alfred Greven], tout en tenant compte des nombreuses scènes de liesse nationale fêtant la fin de la guerre, peut être aisément interprété comme ayant pour finalité de présenter la société française comme ‘immorale’, tout en aggravant les inquiétudes des militaires, des prisonniers, des hommes absents de chez eux et en faisant porter l’opprobre sur les femmes infidèles. Mais, pour que la morale patriarcale soit sauve, la femme adultère ‘fautive’ meurt, tandis que son amant semble s’interroger…
- Ce film se termine ainsi : à la sortie de la messe d’enterrement de Marthe, le jour de l’armistice de 1918 : « Premier enterrement de la paix. Maintenant c’est les femmes qui vont mourir. Chacun son tour. » (Cf. Êtres humains, Corps, Politique. Guerre. Femmes, Histoire)
- (8 août) 2016. Présentation par Arte :
« […] Cet hymne incandescent à l'amour révéla un Gérard Philipe au charme insolent dans son premier grand rôle, face à Micheline Presle, bouleversante de fraîcheur et de douleur. Un inoubliable couple de cinéma. » L’amour est aveugle… (Cf. Politique. Guerre, Patriarcat)

Cinéma (Le diabolique docteur Mabuse) : 1960. [Fritz Lang] Un scénario absurde pour justifier un happy end aberrant ou le contraire ?
- 1990. Pour Georges Sadoul [1904-1967], « le film est plaisant dans sa bonhomie ». 392
- (17 juin) 2016. Présentation du film par Arte : « Ultime chef d’œuvre de Fritz Lang. Le Diabolique Docteur Mabuse frappe par sa clairvoyance et son acuité politique. Lang y propose une allégorie cruelle de l’Allemagne de l’après-guerre. » 393

Cinéma (Le journal d’une femme de chambre) : 1964. [Luis Buñuel] En nous imposant leurs frustrations, leurs obsessions, les metteurs en scène se soucient peu de la vraisemblance, de la crédibilité même des femmes qu’ils nous donnent à voir. En toute cohérence. Ainsi, dans le film de Buñuel (dont le scénario n’est pas celui lisible dans le livre d’Octave Mirbeau [1848-1917]), Célestine / Marie / Jeanne Moreau après avoir dénoncé à la police Joseph, le jardinier-cocher qu’elle soupçonne avoir tué et violé une petite fille, se met, sans transition, (du moins tel que le film est présenté à la télévision) dans son lit pour - comprend-on après - lui obtenir un aveu. Alors qu’elle est belle, raffinée, sensible, intelligente, celui-ci, laid, grossier, violent, raciste, refuse ses avances, et ne couche avec elle qu’après qu’elle eut promis de l’épouser. Peu après, ils annoncent leur mariage, puis Joseph est embarqué par les gendarmes. Et in fine, Célestin épouse le voisin, le primaire capitaine Mauger…. Absurde.

Cinéma (Le lauréat) : 1979. [Mike Nicols] L’horrible Mrs Robinson (Anne Bancroft) (à laquelle il a été transféré, sans nuances, les critiques dont les femmes, en règle générale, accusent les hommes) ; Elaine Robinson, inconséquente ; Benjamin (Dustin Hoffman) faible et obsessionnel…Quant à leur avenir à eux deux : sombre…

Cinéma (Le maître du logis) : 1925. [Carl Theodore Dreyer] Un film muet, féministe, sans concession, vraiment remarquable. La critique nomme « fable » ce film on ne saurait plus réaliste et considère comme faisant « preuve d'une belle finesse psychologique» ce qui relève d’une impitoyable remise au pas (rééducation, serait sans doute plus juste) d’un mari et d’un père, véritable tyran, violent, odieux, et stupide…On lit aussi (Wikipédia) :
« Évitant les pièges du naturalisme, Dreyer observe, avec une ironie bienveillante, les vicissitudes de la vie de couple. » Ce film me fait penser à Une maison de poupée d’Ibsen. [1879]

Cinéma (Le pickpocket) : 1959. [Robert Bresson] La rédemption morale par l’amour d’une femme. Crédible ? Mal joué en tout cas. La comparaison avec Crime de Châtiments de Dostoïevski est absurde.

Cinéma (Le président) : 1961. [Henri Verneuil. Dialogues d’Audiard] Dans ce grand film, un grand et beau discours, celui exprimé par Jean Gabin à l’Assemblée Nationale contre « les puissances d’argent. » Henri Verneuil a déclaré s'être inspiré de la IVe République pour construire son film. Or, la caméra qui filme longuement, à plusieurs reprises, l’Assemblée Nationale, nous montre qu’elle est composée à 100 % d’hommes. Ce film ne pouvait donc avoir lieu que sous la IIIème République : une erreur historique. Par ailleurs, comment penser le scandale des « puissances d’argent » incarnés par les quelques députés nommément désignés par Gabin avec cet autre scandale - lui, occulté - celui du monopole de la représentation à l’Assemblée dite nationale, par des députés, tous des hommes ? (Cf. Histoire)

Cinéma (Le procès de Viviane Emsalem) : 2014. [Ronit Elkabetz, Shlomi Elkabetz] Selon ce film, en Israël le divorce - après le mariage qui est un acte d’acquisition - est accordé par un tribunal religieux, le tribunal rabbinique. Pour que le divorce soit effectif, les juges doivent obtenir aussi l’accord de l’autre époux qui, en l’occurrence, le refuse. « Elle est mon destin. Je suis le sien ».
Ce film remarquable - dont la force et la violence tiennent notamment au fait que chaque scène est présentée en tenant compte de chacun-e des protagonistes concerné-es - outrepasse magistralement et la question de la religion et celle d’Israël. Il incarne l’idée même de justice, a fortiori dans un monde façonné par le patriarcat, dont on peut voir ici la cohérence et les contradictions.
Le passionnant complément du film « Il était une fois le procès de Viviane Emsalem » resitue le film dans son contexte politique, juridique, féministe, personnel et en approfondit et élargit considérablement la portée. (Cf. Famille. Divorce)

Cinéma (Le secret de Brokeback moutain) : 2005. [Ang Lee] Une merveille.
* Ajout. 19 février 2018. Qualifié ce jour de « mélo » sur France Culture. 394
Il y a décidément des mots qui doivent être repensés. (Cf. Culture. Mélo, Langage. Mot. Critique de « Mélodramatique »)

Cinéma (Le septième juré) : 1962. [Georges Lautner] Où l’on comprend certains des liens :
- entre la justice et l’ordre public bourgeois : « Si on vous amenait le coupable, vous ne sauriez pas quoi en faire, à moins de vous condamner vous-même. » ;
- entre la prison et l’hôpital psychiatrique : «Il vaut mieux un fou qu’un criminel dans sa famille. [L’enfermement] c’est la solution idéale. » ;
- entre l’épouse (« C’est pour ton bien ») et de la société bourgeoise, toute patriarcale. (« La ville avait gagné […], elle pouvait se refermer sur son secret. »)
En sus,
- une conclusion énigmatique : L’assassin fait l’analyse que « ce qu’on (?) lui fait payer », ce n’est pas l’assassinat d’une femme, mais l’abandon par lui de son premier amour, celui pour Nadia.
- une question importante : « Une minute d’égarement ne peut pas effacer toute une vie. » (Cf. Êtres humains, Corps. Femmes, Justice. Jury)

Cinéma (Le septième voile) : 1945. [Compton Bennett] Ou : comment une petite fille orpheline, trahie par son amie, brisée par sa maîtresse, élevée par son oncle (James Mason) qui, en l’écrasant, la violentant, l’enfermant, la méprisant, l’épuisant, la transforme en grande pianiste découvre, en fin de film, après un suicide raté, qu’en réalité elle n’aime que son oncle pygmalion/tyran. Tout est pour le mieux, grâce à la psychanalyse, dans le meilleur des mondes de la domination.
- Présentation du film par TCM :
« […] Il (le thérapeute) fait parler Francesca de son passé, où elle se trouvait sans amis, forcée à travailler son piano 5 à 6 heures par jour et recluse par l'homme qu'elle aimait. »
- Présentation du film par un cinéphile :
« […] La magnifique scène finale permet donc à une Francesca désormais apaisée et équilibrée d'ouvrir les yeux sur le seul homme où se confond son amour pour la musique et celui de son cœur de femme. Le Septième voile est levé. » (Cf. Patriarcat, Psychanalyse)

Cinéma (Le violent) : 1950. [In a Lonely Place. Nicolas Ray, avec Humphrey Bogart « un personnage complexe et énigmatique », selon TCM.] La morale du film : l’amour même partagé ne libère pas un homme violent de sa violence.

Cinéma (Les belles années de Miss Brodie) : 1969. [Ronald Neame] Ou comment une femme - enseignante dans un collège de jeunes filles dans l’entre deux guerres - s’affichant, s’affirmant libre, se vivant libre, transfère ses désirs et ses aspirations à ses élèves, tout en les modelant à son image. Un film politique, passionnant, subtil, complexe.

Cinéma (Les drôles de poissons chats) : 2013. [Claudia Sainte Luce. Mexique] Un beau, sensible, généreux film de femmes. Sans homme. Juste un petit garçon adorable.

Cinéma (Les femmes du bus 678) : 2012. [Mohammed Diab] Jérôme Garcin, producteur et animateur depuis 25 ans du Masque et la plume (France Inter) a pu qualifier, sans autre forme de procès, le film de Mohammed Diab : Les femmes du Bus 678 de « démonstratif ». À quelle humanité se réfère-t-il ?

Cinéma (Les valseuses) : 1974. [Bertrand Blier] 2016 : Je lis la présentation par Arte des Valseuses de Bertrand Blier, le 28 juillet 2016 : « Ode truculente à l’anticonformisme » ; « cavale lubrique » ; acteurs « flamboyants de vitalité insolente et de naturel » ; « femme à problème » ; « chauds lapins en vadrouille » ; « épopée sexuelle débridée » ; « voyage truculent et libérateur ».
- Conclusion : « […] La verdeur rabelaisienne des dialogues et la virtuosité du réalisateur […] emportent toutes les réticences. ».
- 2016. Sur Wikipédia (même date), il est question d’une « jeunesse ravie de voir des scènes transgressives et qui se reconnaît un peu dans ces paumés pas méchants pratiquant un sexe décomplexé ».
- 2010. Sur Télérama (7 août 2010) : « Le temps passe et l'on attend toujours le film qui secouerait le cinéma français avec la même verdeur et la même insolence. Ce conte drolatique n'a pas pris une ride : la complicité qui unit Depardieu et Dewaere, la cocasserie grinçante des dialogues et des situations, la volonté récurrente d'appeler un chat un chat font des Valseuses une exceptionnelle réussite. L'habileté de Bertrand Blier, c'est de mettre sans cesse les spectateurs du côté des voyous et de montrer alors l'impossibilité de tout jugement moral.»
- Comment juger de la critique filmique qui ne peut pas même, en critiquant fusse positivement un film, concomitamment, ne serait ce que dire l’évidence, à savoir que les personnages joués par Patrick Dewaere et Gérard Depardieu sont ignobles (Cf. Culture. Cinéma. Tenue de soirée)
* Ajout. 22 octobre 2018. 1995. Cf. la présentation du film dans Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. L-Z :
« Film iconoclaste qui provoqua la colère des uns et des autres, il met en scène des loubards, des paumés, des marginaux, mais (et ce qui choqua particulièrement) il les rends sympathiques. » 395

Cinéma (Louise-Michel) : 2008. [Gustave Kerven. Benoît Lépine] Dialogue : Yolande Moreau : « Avec 2000 euros, on pourrait faire buter le patron par un professionnel ! » Une autre ouvrière : « T’es folle !» Yolande Moreau : « Pas tant que ça ! »
Aux innocent-es, les mains pleines ? (Cf. Politique. Luttes de femmes, Michel Louise)

Cinéma (Ma nuit chez Maud) : 1969. [Éric Rohmer] Qu’il est simple - y compris pour des êtres complexes - pour une femme d’exprimer son envie de « faire l’amour » avec un homme, et, pour un homme, de refuser. (Cf. Relations entre êtres humains. Amour. « Faire l’amour »)

Cinéma (Machine Gun Kelly) : 1958. [Roger Corman] Pourquoi, pour évoquer un homme violent (Charles Bronson) - « un dur » - qui s’avère n’être qu’un faible, faut-il évoquer des femmes caricaturales qui ne seraient fortes que de sa faiblesse ? Pour justifier le mythe des femmes castratrices ? (Cf. Penser. Mythe)

Cinéma (Mademoiselle Chambon) : 2009. [Stéphane Brizé] Un film juste : une relation vraie entre un homme et deux femmes. Rare.

Cinéma (Mizoguchi) : 1997. Concernant une analyse féministe des films de Mizoguchi, [1898-1956] se référer à l’article d’Alexandra, Mizoguchi Miso, dans le livre des Marie-Pas-Claires. 396

Cinéma (My fair lady) : 1964. [George Cukor] Le triomphe final du patriarcat : les dernières paroles du professeur Higgins (Rex Harrison) : « Where damned are my slippers ? »Où diable, sont mes pantoufles ?»). Mais elles ne doivent pas faire oublier tant des fortes préalables affirmations indépendantistes, féministes, d’Eliza (Audrey Hepburn).

Cinéma (Monsieur Verdoux) (1) : 1947. [Charlie Chaplin] Comédie satirique sur le crime ? Non. Sous-couvert de critique de ce film présentée comme politique, justification de l’assassinat des femmes.
- Le scenario : « Un employé de banque parisien, Henri Verdoux, est réduit au chômage par la crise de 1929. Pour subvenir aux besoins de sa femme invalide et de son fils, il épouse de riches veuves qui meurent rapidement après les noces. » (Wikipédia) (Cf. Femmes. Comment les femmes meurent)
- En guise de ‘morale’, les justifications de Monsieur Verdoux (Chaplin) :
« En termes de bain de sang, je ne suis qu’un modeste amateur » ; « Le crime ne paie pas pour les petits » ; « Un seul meurtre fait un scélérat, des millions font un héros. »… (Cf. Hommes. « « Héros » »)
- 2014. La présentation du film sur TCM (22 mars 2014) :
« Ce drame écrit par Orson Welles d’après la fameuse affaire Landru, ose dépeindre son héros criminel avec humour et tendresse… chef d’œuvre absolu. » (Cf. Femmes. Comment les femmes meurent)

Cinéma (Monsieur Verdoux) (2) : 1957. Lu dans Les Stars d’Edgar Morin : « Monsieur Verdoux, qui cesse d’être un héros de Slasptick comedy, ne fait qu’en développer les virtualités : il va en toute amoralité innocente, jusqu’à réaliser ses souhaits de meurtres (comme le héros de Noblesse Oblige). Plein de bonté, d’amour, de dévouement pour celles qu’il aime, il assassine avec une nonchalante candeur, celles qui lui déplaisent. »
Et ce suivi, quelques pages plus loin de :
« Dans Monsieur Verdoux, apparaît pour la première fois l’accomplissement immolateur du sacrifice : la mort. » 397 (Cf. Homme. « Héros ». « Intellectuel », Patriarcat, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Cinéma (Monsieur Verdoux) (3) : Pour Georges Sadoul [1904-1967], comparant Il bidone de Fellini [1920-1993] à Monsieur Verdoux, ce film « fut un peu la satire, par son contraire, d’un ordre social où les hommes sont des loups pour l’homme. » 398
- Pour rappel, ce sont bien dix femmes et sans doute aussi le fils de l’une d’entre elles que Landru [1869-1922] a assassiné.

Cinéma (New York, New York) : 1977. [Martin Scorsese] Un remarquable document sur les manifestations, les modalités d’expression de l’emprise dans un monde patriarcal. Il n’est pas sûr que la solution proposée par ce film pour en sortir soit à la portée de la première venue. Lizza Minnelli, éblouissante de crédibilité.
- Analyse de Wikipédia : « Francine et Jimmy vont alors vivre en couple avec des hauts et des bas, Francine s'efforçant de composer avec le caractère cyclothymique et macho de son compagnon. »

Cinéma (Nola Darling n’en fait qu’à sa tête) : 1987. [Spike Lee] À sa sortie, souvenir d’un éblouissement à la découverte de l’immense liberté exprimée dans ce film par Spike Lee.
* Ajout. 28 juin 2016. Film qualifié par Georges Sadoul [1904-1967] de : « fugue légère autour d’un personnage (Nola Darlig) » 399

Cinéma (Nos femmes) : 2015. [Richard Berry] L’affiche du film Nos femmes vue ce matin place Maubert : Daniel Auteuil, Richard Berry, Thierry Lhermitte, debout, se tenant seuls par le cou, fiers et joyeux. Aucune des dites femmes n’est représentée ; aucun de leur nom n’est cité. Sans aborder le thème même du film…

Cinéma (Odette Toulemonde) : 2007. [Eric-Emmanuel Schmidt] Pourquoi évoquer un « commerce des bons sentiments », un film pour les « ménagères de plus de quarante ans », « démagogique », « mièvre », « cucul », un « cinéma populaire », une « suite de clichés» ? Par mépris des femmes et leurs rêves… de ceux de certains hommes. Un film juste, bon et beau, très attachant.

Cinéma (Opening Night) : 1978. [John Cassavetes] C’est par le refus d’une actrice (Gena Rowlands) d’être giflée sur scène, ce qu’elle considère comme « humiliant », que démarre le film, que se construit aussi le scénario et que peut être analysé le triomphe final d’une femme contre tous / toutes. Un éblouissant chef d’œuvre. Après l’avoir vu, je me pose une question : que reste-t-il de la psychanalyse ? (Cf. Psychanalyse)
- Présentation du film sur Teléloisirs.fr. [26 juin 2014] : « Devant la caméra aimante de son époux, Gena Rowlands interprète l'un de ses plus grands rôles. »

Cinéma (Onze heures sonnaient. Roma. Ore 11) : 1952. [Guiseppe De Santis] Pour répondre à une offre d’emploi de secrétaire deux cents femmes furent entassées dans un vieil immeuble dont l’escalier qui s’écroula, provoquant plusieurs décès (Combien ?). Une histoire vraie. (Cf. Femmes. Comment meurent les femmes)

Cinéma (Party Girl) : 2014. [Samuel Thies] Un film beau, riche, émouvant, et si juste. D’apprendre qu’il s’agit d’un hommage du fils à sa mère qui rejoue sa propre vie le rend encore plus attachant.
J’aurais aimé en savoir plus, concernant sa quatrième fille, sur les conditions qui pourrait expliquer l’alternative : « on me l’a enlevée » ou : « tu m‘as abandonnée »…

Cinéma (Pattes Blanches) : 1949. [Jean Grémillon, sur un scénario de Jean Anouilh et Jean Bernard Luc] Entendu : « Le droit, ça se prend ». À méditer, notamment par les juristes : relativise le concept de « droit » et rend plus lucide les personnes qui pensent en être pourvues. (Cf. Droit, Justice)

Cinéma (Personne ne m’aime) : 1994. [Marion Vernoux] Un film qui vaut bien des analyses féministes. Présentation de Télérama (17 juillet 2010) :
« […] Marion Vernoux frappait fort avec ce premier film de filles pour les filles, tableau impressionniste et anarchique des maux de cœur du sexe faible, de 20 ans à la ménopause. […] » Pour rappel : nombre d’hommes sont non seulement évoqués, mais fort présents - et fort critiqués - dans ce film.

Cinéma (Prêt à porter) : 1994. [Robert Altman] La mise à nu [du monde] de la mode.

Cinéma (Quai des orfèvres) : 1947. [Henri-Georges Clouzot] Réplique d’un policier : « Crime passionnel ? c’est toujours le cocu qu’a raison ».
Incidemment : un mari trompé ne devrait pas être traité comme un homme ridicule dont on peut, dont on doit rire, se moquer, caricaturer : si l’on réfléchissait un tant soit peu, on verrait toute la gravité, tout le malheur dont la situation est porteuse. Et pourtant… (Cf. Hommes)
* Ajout. 24 mars 2020. 1965. Louis Aragon [1897-1982] dans La mise à mort, écrit :
« J’éprouve au théâtre une honte sans nom quand les gens dans la salle sont pris de ce gros rire à voir l’homme trompé, malheureux, qui l’apprend. Je dis qu’il n’y a rien de plus ignoble, de plus bas que cette démagogie du cocu qui fait le succès des comédies. » 400 (Cf. Famille. Adultère)

Cinéma (Refugiado) : 2014. [Diego Lerman] Les étapes de la fuite d’une femme, à juste titre terrorisée, et de son petit garçon des menaces de mort de son mari (absent du film).
- « Dans la vie tout a une solution » dit la mère. « Sauf la mort » répond le jeune Matias qui s’avère - en jetant son portable dans l’eau pour ne plus entendre les pressions de son père - in fine plus responsable que sa mère. Un très beau, très juste film.

Cinéma (Salam Bombay) : 1988. [Mira Nair] Quoi d’autre ajouter à ce film qui dit, exprime, dévoile, dénonce tant et tant ? Ce film magnifique, où les regards sont analyses, rend d’emblée, de par sa seule existence, tant de débats dérisoires…
* Ajout. 29 octobre 2014. Écrit sous le coup de l’émotion.

Cinéma (Sept jours en Mai) : 1964. [John Frankenheimer] Si l’on veut voir comment le monde est effectivement dirigé, ici exclusivement, par les hommes, et ne représente qu’eux, ce film en est un bon exemple.
La rare place des femmes mérite que l’on s’y arrête :
- une femme alcoolique et trahie (Ava Gardner) : ancienne maîtresse du général félon marié (Burt Lancaster), abandonnée par lui, est trahie par son second (Kirk Douglas) qui est chargé de l‘espionner et qui lui vole des lettres compromettantes ;
- une patronne de bar sans client donnant une information dont elle ne se rend pas compte l’importance ;
- la secrétaire du Président des États-Unis se contentant d’apporter une lettre ;
- une femme tuée (sa présence juste évoquée) dans un accident d’avion avec l’envoyé du Président dont il ne reste que des bris épars ;
- un femme noire et des religieuses, dans un hall d’aéroport, à qui l’on demande des informations sur la disparition d’un homme et qui n’ont rien vu ;
- Enfin, lors de la conférence de presse du Président, on aperçoit, dans un public composé d’hommes, furtivement, un ou deux visages de femmes et quelques chapeaux.
On peut noter que si la maîtresse se voit attribuer un nom, un prénom et un surnom : Eleanor (Elli) Holbrook, la secrétaire n’a droit qu’un son prénom : Esther ; la morte étant définie comme « une femme », tandis que les autres ne sont qu’apparence. (Cf. Femme. Prénom)

Cinéma (Shadows) : 1961. Improvisation» de John Cassavetes] Une famille d’origine afro-américaine, patriarcale (incarnée par les frères), une femme matée par eux, des hommes violents qui se battent pour « piquer les femmes des autres », tout en gardant les ‘leurs’ sous le boisseau. Un grand film (comme tant d’autres) de Cassavetes. (Cf. Femmes. Échange des femmes)

Cinéma (Shanghai Express) : 1932. [Joseph Von Sternberg] On a, à juste titre, vanté les immenses qualités de ce film et plus particulièrement l’éblouissante Marlène Dietrich, l’actrice, mais, plus rarement, l’extraordinaire personnage qu’elle y jouait : « Elle en vaut douze comme nous » déclare l’homme d’église, tandis qu’elle-même constate : « Il a fallu plus d'un homme pour changer mon nom en Shanghai Lily. » Mais qui a évoqué l’absurde rôle - censé, devant être viril - qui a été demandé à Clive Brook de jouer, celui du capitaine Harvey ? Celui-ci, otage britannique, ‘cassant la gueule’ du chef de la rébellion chinoise pour protéger Marlène Dietrich de ses avances est une scène ridicule. Et enfin que Marlène Dietrich puisse rester amoureuse de ce type minable n’est pas crédible ou, sans doute plus justement, elle perpétue un stéréotype patriarcal au-delà des limites du pensable. Une femme, ou du moins son image, portée aux nues, a souvent pour fonction de cacher la nullité d’un homme. (Cf. Femmes. Amoureuses)

Cinéma (Tant qu’il y a des hommes) : 1953. [Fred Zinnemann] Film censé démontrer, pour les militaires américains en 1944, que l’armée et l’amour des femmes sont incompatibles. On entend qu’ils sont « mariés avec l’armée », qu’ils « aiment l’armée ». On se demande bien ce qui pourrait fonder une telle démonstration ; tout nous est présenté comme devant dégoûter les plus militaristes de tout engagement militaire (bêtise, violences, humiliations, incompétence, infantilisation, arbitraire…) (Cf. Politique. Guerre)

Cinéma (Tell me lies) : 1968. [Peter Brook] Des films politiques de cette envergure morale manquent désespérément. (Cf. Politique. Morale)

Cinéma (Témoin à charge) (1) : 1957. [Billy Wilder] Le film montre en flashback comment Leonard Vole (Tyrone Power), alors militaire anglais faisant partie des troupes d’occupation en Allemagne, a rencontré sa future femme Christine (Marlène Dietrich). Alors chanteuse de cabaret, à la fin de sa chanson, les soldats, anglais, alors qu’elle portait des pantalons, exigent, à la fin de sa chanson, de voir ses jambes, se précipitent tous (ou presque) sur elle pour la déshabiller. L’arrivée de la police militaire met fin à la bagarre et obtient leur départ du cabaret, sans aucun souci d’elle. Elle est laissée, seule, choquée, violentée, son pantalon déchiré, sur le sol.
- S’en souvenir lors des de discussions concernant les agressions sexuelles notamment à Cologne le 31 décembre 2016, ainsi que de toutes les autres (Place Tahrir au Caire, en 2012, Bengalore, en 2017, etc.)

Cinéma (Témoin à charge) (2) : 1957. [Billy Wilder]. Trois répliques importantes, concernant un procès à Londres :
- « Le témoignage d’une épouse aimante n’a pas beaucoup de poids » ;
- « Il est interdit de témoigner contre son mari » ;
- « L’épouse ne peut pas nuire à son mari ». (Cf. Droit. Patriarcal, Justice, Patriarcat)

Cinéma (Ten) : 2002. [Abbas Kiarostami] La défaite d’une femme apaisée ?

Cinéma (The duchess) : 2008. [Saul Dibb] Une somptueuse tragédie. L’horreur du patriarcat. Nul n’est besoin d’une analyse féministe : la réalité telle qu’exprimée par ce film se suffit à elle-même. Pour Arte [5 octobre 2016], « un somptueux mélo historique ». (Cf. Culture. Mélo, Langage. Mot. Critique de « Mélodramatique »)

Cinéma (The lunch box) : 2003. [Ritesh Batra] L'absence d'un réelle happy-end est douloureux : on aimerait tellement en être assuré-es. Et pourtant on n'y croit peu…C'est triste.

Cinéma (The Offense) : 1973. [Sidney Lumet] Concernant les multiples processus de production, d’expression, de refoulement, transfert de reproduction de la violence, de la violence masculine, d’une extrême complexité. Devrait dissuader de toute analyse simple ; plus important : ce film en lui-même fait douter que l’on en soit capable… [‘On’ signifie, en l’occurrence : ‘Je’…]
Il est important de savoir que, selon Wikipédia, ce film fut « bloqué » (par des producteurs ?) et distribué « comme on jette un mégot par la fenêtre », dit Connery. Selon Wikipédia, les arguments invoqués : peur de ternir l'image de Sean Connery et de porter préjudice aux recettes du film : Les diamants son éternels.
Or, on lit aussi qu’il « renonça à son salaire (contrat global) et participa à l'écriture du film » et preuve de l’importance - si justifiée - que Sean Connery attachait au film de Sidney Lumet, qu’il avait accepté de jouer à nouveau chèrement James Bond, contre «la promesse que les Artistes associés produiront deux films de son choix. Le premier s'appelle The Offence (1972).» 401
- En France il ne fut diffusé ni au cinéma, ni à la télévision pendant 35 ans ; renforce l’idée selon laquelle la censure, sous toutes ses formes, ne peut qu’accompagner les films vraiment dérangeants…

Cinéma (Thelma et Louise) : 1991. [Ridley Scott] Présentation du film sur la Chaîne TCM : « Thelma, une épouse frustrée […] » Non, Thelma une femme dont le mari est autoritaire, grossier, violent, méprisant, égocentriste (un euphémisme) et qui ne se soucie d’elle en rien. Un autre regard, un changement de point de vue, une autre vision du monde. (Cf. Patriarcat)
* Ajout. 16 octobre 2018. 1995. Pour Jean Tulard, dans son Guide des films, Thelma est « une femme au foyer frustrée ». 402 (Cf. Homme. Grossier)

Cinéma (Tenue de soirée) : 1986. [Bertrand Blier] Tenue de soirée : la culture proxo. (Cf. Cinéma. Les valseuses, Proxénétisme. Chansons)

Cinéma (Trains étroitement surveillés) : 1966. [Jïri Menzel] Un film formidable, dans lequel, pas un instant, une symbolique sexuelle pourtant omniprésente, mais non pas exclusive, n’abaisse quiconque. Un superbe contre-exemple…D’autres ?

Cinéma (Un air de famille) : 1996. [Cédric Klapisch] Un grand film dont la justesse et la subtilité permettent plusieurs interprétations. Pour ma part, et pour mémoire : l’épouse qui avait quitté son mari pour réfléchir une semaine, l’appelle le soir même ; la jeune femme qui avait rompu sa relation « de merde » avec son amant, l’embrasse à pleine bouche après qu’il ait cassé la gueule à son frère, et l’épouse traitée comme «un chien» par son mari, repart avec lui, après quelques vérités lui ayant échappé, et quelques instants de plaisir, toujours matée…Quant à la mère, elle reste aussi stupide et odieuse. Comme son le fils chéri.

Cinéma (Un amour pas comme les autres) : 1962. [John Schlesinger] Terrible constat de l’absence de culture commune entre un jeune homme et une femme, dans l’Angleterre des années 50 ; terrible critique de l’institution du mariage et de la ‘famille’ en tant que structure de reproduction de tous les rapports de domination et lucide et juste présentation des déchirements humains auxquels elle contraint.
- 2015. Voici comment Wikipédia, en 2015, présente le film :
« Un jeune homme, qui se hisse tant bien que mal hors du milieu ouvrier dans lequel sa famille baigne depuis des générations et qui essaye de faire son chemin comme employé, est pris au piège quand sa petite amie tombe enceinte et qu'il se voit contraint de l'épouser et, à cause d'une crise du logement qui touche leur ville du nord de l'Angleterre, de venir habiter chez sa belle-mère. »

Cinéma (Un chien andalou) : (29 novembre) 1929. [Luis Buñuel] Lu dans le Journal de Julien Green [1926-1934], Les années faciles, concernant Un chien andalou :
« Hier soir, au studio 28 où se donne un chien andalou. Cruautés un peu laborieuses. On voir un homme (Pierre Batcheff) qui effile un rasoir et s’en sert pour trancher horizontalement l’œil d’une femme. La salle a crié d’horreur. » 403 (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Cinéma (Un jour nouveau) : 2017. [Seyyed Reza Mirkarimi] Je lis dans Le Figaro la présentation par son réalisateur Iranien de son film : Un jour nouveau :
« J’avais envie de faire un film sur des gens qui décident de s’entraider sans pour autant se connaître. À la fin, leur secret respectif sera scellé à jamais. Le spectateur n’en sera pas davantage non plus. Cette dimension minimaliste est bâtie surtout sur l’effacement de la parole. Je pense que la parole est souvent source de malentendus. » Puis, on lit :
« ’Des exploitants français n’ont pas souhaité programmer son film parce qu’ils jugeaient l’image de la femme insupportable’, signale le distributeur Brice Perisson. […] » 404

Cinéma (Un meurtre sans importance) : 1938. [Comédie américaine. Llyod Bacon] Un gangster américain (Edward G. Robinson), tentant de se reconvertir dans la légalité et découvrant que son futur gendre est un policier :
« Je suis pour la loi et l’ordre, mais pas sous mon toit ». Une vraie leçon de droit. (Cf. Droit. Patriarcal, Êtres Humains. Vie-dite-privée)

Cinéma (Une auberge à Tokyo) : 1935. [Yasujiro Ozu] Un pur joyau.

Cinéma (Une journée particulière) : 1977. [Ettore Scola] Un second…

Cinéma (Une si jolie petite plage) : 1949. [Yves Allégret] Des maladresses n’effacent ni des états de grâce, ni de bouleversants instants de vérité.

Cinéma (Victoire des femmes. La) : 1946. La victoire des femmes [Kenji Mizoguchi]. Un film féministe. (Cf. Justice. Procès)

Cinéma (Vol au-dessus d’un nid de coucou) : 1976. [Milos Forman] Jack Nicholson, difficilement oubliable dans ce film terrifiant, auteur de : « At least, I tried ». Au moins, j’aurais essayé…
* Ajout. 20 septembre 2015. Formule inscrite sur la tombe d’Abbie Nathan [1927-2008]

Cinéma (Vous ne l’emporterez pas avec vous) : 1938. [Frank Capra] Un film formidable : anarchiste, anti-capitaliste, anti-étatique, écologique, joyeux, heureux, humaniste, subversif, moral, crédible, moderne. Féministe ?

Cinéma (Vulcano) : 1949. [William Dieterle] Afin que sa sœur, qui ne veut pas voir ses mises en garde, ne vive pas la vie prostituée qu’elle a vécue, Maddalena (Anna Magnani), lucide, tue celui qui était chargé, après lui avoir fait croire au mariage et la belle vie à « la ville », de la livrer aux bordels de Naples. « Combien ?» demande-t-il à un homme auquel il vient de montrer sa future proie. À la fin du film, sa mort apparaît salutaire à la police.
- Film qualifié d’« œuvre néo-réaliste très conventionnelle »…Conventionnelle : pour qui ?

Cinéma (Winter sleep) : 2014. [Nuri Bilge Ceylan] Des rapports de pouvoir, des rapports de dépendance et de leurs enchevêtrements ; de leur prégnance, des difficultés de leur échapper ; des relations entre prise de conscience, morale et argent. Un film tout en finesse. Un film qui postule l’intelligence et qui l’élargit.

Cinéma (Y aura-t-il de la neige à Noël ?) : 1996. [Sandrine Veysset] Un grand film ; un beau et si juste portait d’une femme dominée par un homme [tout à la fois, père des sept enfants, patron, marié ailleurs et donc absent, mais toujours amant et ayant jeté son dévolu sur sa fille ainée] et d’une mère aimante de ses enfants. Dédié à la mère de la réalisatrice.

Cinéma (Zorba le Grec) : 1964. Une ode / apothéose finale à l’amitié virile de deux hommes, par-delà les classes sociales, sur le sacrifice, fort légèrement vécue par eux, de deux femmes mortes, dont l’une lapidée, puis assassinée à bout portant, après une chasse à la femme par tous les hommes du village.
NB. Je lis sur Wikipédia, que la lapidation - bien réelle - est analysée comme « un viol symbolique » !

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Notes de bas de page

1 France Culture, Patrick Laupin. La vie comme elle va. 5 octobre 2015.

2 C’dans l’air. 14 mai 2019

3 Manuel Vals, Premier débat de la primaire de la gauche. 13 janvier 2017

4 Le Monde, Le Sénat appelle à sortir de la ‘culture du viol’. 4 février 2017

5 J’écris ce mot - que j’ai du mal à dire - avec regret.

6 Site du Ministère de la Culture. Signature d’accords de coopération culturelle entre la France et le Royaume d’Arabie Saoudite. 9 avril 2018

7 France Culture, La nuit Chantal Akerman. 10/11 février 2018. Réécoute de l’émission d’Alain Veinstein, Du jour au lendemain. 7 novembre 2013

8 France 5. 3 avril 2019

9 Le Monde Diplomatique, Hirak, le réveil du volcan algérien. décembre 2029. p.15

10 France culture, Les matins du samedi. 20 juin 2020

11 France Culture, Les chemins de la philosophie. 20 septembre 2019

12 Louis Aragon, Les voyageurs de l’impériale. Folio. Gallimard, 689p.1948. p.260

13 Louis Aragon, Les voyageurs de l’impériale. Folio. Gallimard, 689p.1948. p.355

14 Louis Aragon, La mise à mort. Gallimard. 421p. 1965. 421p.

15 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.1159

16 TCM, Julia & Clara Kuperberg, This is Orson Welles. Documentaire. 2015. 21 mai 2015

17 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p. 20

18 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p. 20

19 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p.148

20 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p. 230

21 Jean-Paul Aron, Les modernes, Gallimard. 314p. 1984. p.129

22 France Culture, Mardi du cinéma. Andreï Tarkovski, ou le cinéma comme icône. 11 mars 2017 [1ère diffusion. 7 janvier 1986]

23 Madame d’Épinay, Les contre-Confessions. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 2 tomes. 2000

24 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.352

25 George Sand, Histoire de ma vie. In : Œuvres autobiographiques. I. La Pléiade. 1418p. 1978. p.672

26 Witold Gombrowicz, Journal. Tome II. 1959-1969. Folio. 611p. 1995. p.179

27 France Culture, Crises : économique, géopolitique, écologique. Le pire est-il devant nous ? 8 octobre 2018

28 France Culture, Charles Aznavour. 22 avril 2020 [1ère diffusion. 3 août 1970]

29 Daniel Gonin, Portrait d’un criminel contre l’humanité. In : Juger les crimes contre l’humanité. 20 ans après le procès Barbie (Sous la direction de Pierre Truche). ENS Éditions. 263p. 2009. p.158,159

30 Jean-Louis Barrault, Comme je le pense. Idées. Gallimard. 252p. 1975. p.99,100

31 France Culture, Baudelaire : ‘Ne méprisez la sensibilité de personne, la sensibilité de chacun c’est son génie’. 30 août 2019

32 Baudelaire, Correspondance. I. 1832-1860. La Pléiade. 1114 p. 1973. p.410

33 George Sand, Histoire de ma vie, In : Œuvres autobiographiques. I. La Pléiade. 1418p. 1978. p.664

34 Nicolas Berdiaev, Les sources et le sens du communisme russe. Idées. NRF. Gallimard. 373p. 1963. p.108

35 Nicolas Berdiaev, Les sources et le sens du communisme russe. Idées. NRF. Gallimard. 373p. 1963. p.280

36 Nicolas Berdiaev, Les sources et le sens du communisme russe. Idées. NRF. Gallimard. 373p. 1963. p.160

37 Nicola Berdiaev, Essai d’autobiographie spirituelle. Buchet / Chastel. 429p. 1979. p.108 à 111

38 France inter, Maîtres anciens : un texte féroce et prodigieusement drôle de Thomas Bernhardt mis en scène au Théâtre de la Bastille. 2 décembre 2017

39 France 24. 8 mars 29019

40 France Culture, La grande table d’été. À l’école des textes. 16 juillet 2019

41 Paris-Luttes. Info. Perturbations de la ‘Nuit des idées’ à la BNF par le personnel en lutte. 2 février 2019

42 In : Jean Lacouture, Léon Blum. Points. Histoire. 616 p. 1979. p.88

43 Madame de Staël, De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p.248

44 Madame de Staël, De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p.367

45 In : Emily Brontë, Hurlevent. Folio Classique. 620p. 2018. p.570

46 In : De quoi somme nous responsables ?. Le Monde Éditions, Textes réunis et présentés par Thomas Ferenczi. 408p. 1997. p.355

47 André Breton. In : Madeleine Chapsal, Les écrivains en personne. 10/18. 316p. 1973. p.77

48 Libération, Virginie Despentes. Désormais, on se lève et on se barre. 1er mars 2020

49 Marie-George Buffet, Un peu de courage !. Le Cherche-midi.169p. 2004. p.51

50 La 5. C’ Politique, Spéciale élections américaines de mi-mandat. 4 novembre 2018

51 Michel Butor. In : Madeleine Chapsal, Les écrivains en personne. 10/18. 316p. 1973. p.87

52 France Culture, Loos-en-Gohelle, un maire dans la transition démocratique. 14 février 2019

53 Le Monde, Cornelius Castoriadis, Castoriadis, un déçu du gauche-droite. 12 juillet 1986. In : Une société à la dérive. Entretiens et débats 1974-1997. Seuil. points. Essais. 307p. 2005. p.163

54 In : Madeleine Chapsal, Les écrivains en personne. 10/18. 316p. 1973. p.111

55 Ménie Grégoire, Telle que je suis. Robert Laffont. 359p. 1976. p.203, 219

56 Charles Chaplin, Histoire de mon enfance. Robert Laffont. Collection Plein vent. 223p. 1973. p.192

57 Victor Serge, Carnets (1936-1947). Agone. 836p. 2012. p.205

58 Le Canard enchaîné, La règle du jeu. 15 février 2017. p.7

59 Public Sénat, Mon département va craquer. 10 janvier 2019

60 France Culture, La grande table. La philosophie, médecine de l’âme, avec André Comte-Sponville. 20 avril 2018

61 France Culture, Hélène Martin. 30 août 2017 [1ère diffusion. 21 juin 1971]

62 Paul-Louis Courrier, Œuvres complètes. La Pléiade. 1052p. 1951. p.774, 775

63 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.608, 609

64 Witold Gombrowicz, Journal. Tome I. 1953-1958. Folio. 690p. 1995. p.355

65 Witold Gombrowicz, Journal. Tome II. 1959-1969. Folio. 611p. 1995. p.51

66 France Culture, Entretien de Robert Mallet avec Salvador Dali. 21 août 2017

67 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p.82

68 Élisée Reclus, L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique. In : Écrits Sociaux. Feuilles d’herbe. Éditions Héros-Limite. 251p. 2012. p.127

69 Wikipédia. La destruction de la colonne Vendôme. avril 2018

70 France Culture, Les symboles nationaux : les cibles. 2 novembre 2019

71 CR du Forum/table ronde sur la question ‘Femmes / Hommes dans les arts et le spectacle vivant’. 5 octobre 2012 de 14h00 à 17h00 aux Ateliers du Vent. Rennes. Questions d'égalité. Réso Solidaires. Espace Anne de Bretagne.

72 Blog. Danielle Bousquet, Après l’affaire Weinstein, voici comment il faudrait renforcer l’égalité dans la culture. 16 février 2018

73 France Culture, Victor Stoichita. Les cours du Collège de France. Un allemand à Venise. 20 février 2019

74 Matthieu Galey, Journal Intégral. 1953-1986. Bouquins. Robert Laffont. 983p. 2017. p.384

75 Le Canard enchaîné, Agnès Verdier-Moliné. 16 janvier 2019. p.7

76 Le Monde, Carnet. 6/7 Janvier 2019. p.22

77 Vanessa Springora, Le consentement. Grasset. 206p. 2020. p.207

78 Le Canard enchaîné, Matzneff sur liste rose. 15 janvier 2020. p.1

79 Ariane Mnouchkine, L’Art du présent. Entretiens avec Fabienne Pascaud. Babel Essai. 332 p. 2016. p.87, 94

80 France Culture, Une vie, une œuvre. Éric Satie (1866-1925) - Comme un rossignol qui a mal aux dents. 29 avril 2017

81 France Culture, Annie Ernaux. Culture de la langue parlée. Apostrophes. 22 août 2017 [1ère diffusion. 21 octobre 1984]

82 France Culture, Week-end Spécial Harry Potter. 5 juin 2020

83 France Culture, Philosophie du gore : le sang à l’écran. 12 février 2019

84 Mélina Mercouri, Je suis née Grecque. Le livre de poche.1974. 378p.

85 BFM.TV, Coupe du monde féminine de football : ‘L’Hymne des femmes’ repris par 600 supporter (sic) à Rennes. 12 juin 2019

86 France Culture, Philosophies d’Iran : un pays sous le regard des cinéastes. 12 juillet 2018

87 Mémoires de la Princesse Daschkoff, Dame d’honneur de Catherine II, impératrice de toutes les Russies. Le Temps retrouvé. Mercure de France. 388p. 1989. p.32

88 Nicolas Berdiaev, Les sources et le sens du communisme russe. Idées NRF. 373p. 1963. p.37

89 Elena Ferrante, L’enfant prodigieuse. Folio. Gallimard. 430p. 2014. p.201, 202

90 Radio Classique, 18 février 2018. 11h 55

91 France Culture, Profession Philosophe. Luc Ferry. Philosophe anti-moderne. 21 juin 2019

92 France Culture, Profession Philosophe. Alain Badiou. 24 janvier 2020

93 20 minutes, Culture. ‘Je commence à retrouver la paix’. 30 janvier 2020

94 Le Canard enchaîné, Cancanneries. 23 mai 2018. p.5

95 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007.p.348, 349

96 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.349

97 Edith Wharton, Les chemins parcourus. Autobiographie. Flammarion. 300p. 1995. p.196

98 Cf. notamment, France Culture, Le réveil Culturel de Tewfik Hakem : Justine Bo : ‘Mon roman, c’est de la rage, une façon de se poser dans le monde sans tout à fait l’accepter, mais en y étant tout de même’ ; France inter, Boomerang de Sylvain Trapenard. Sous le Sollers exclusivement. 18 avril 2018

99 France info, Vidéo. Contre ‘l’injonction à être sexy’, Sara Forestier refuse d’être coiffée et maquillée sur France 2. 7 novembre 2017

100 France Culture, Ça peut pas faire de mal. Jane Eyre, le chef d’œuvre de Charlotte Brontë. 20 avril 2013

101 France Inter, Simone de Beauvoir : ‘J’écris depuis mon plus jeune âge. J’ai toujours voulu être écrivain célèbre’. 10 février 2019

102 France Culture, Coline Serreau, une artiste à part entière. Mais qu’est-ce qu’elles veulent ? 6 septembre 2016

103 France Culture, Journal de 18 heures. 17 mai 2017

104 France Culture, L’esprit public. 6 mai 2018

105 France Culture, Le traitement de l’actualité sur France Culture. 24 janvier 2019

106 France Culture, La Grande table. Isabella Rossellini. 4 mars 2020

107 France Culture, Jean de Lafontaine, une vie qui éclaire l’œuvre. 23 mars 2020

108 YouTube, Emmanuel Macron. Meeting de Lyon. 4 février 2017

109 Come Alexandre Collini, Mon séjour auprès de Voltaire. 372p. 1807. p.42

110 Madame de Staël, De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p.131

111 Le Figaro, Thierry Frémiaux :Le choix de Jane Campion n’est pas un choix féministe’. 7 janvier 2014

112 Archive INA, YouTube. 26 août 2015

113 Matthieu Galey, Journal Intégral. 1953-1986. Bouquins. Robert Laffont. 983p. 2017. p.333

114 Régis Debray, Loués soient nos seigneurs. Une éducation politique. Gallimard. 592p. 1996. p.326

115 France Culture, Entendez-vous l’éco ? : Les origines sociales du génie. 6 novembre 2019

116 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.834

117 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. 1304p. 2013. p.763

118 André Gide, Carnets d’Égypte. In : Journal. 1939-1949, Souvenirs. La Pléiade. 1280p 1954. p.1051

119 André Gide, Journal. 1939-1949, Souvenirs. La Pléiade. 1280p. 1954. p.52

120 George Sand, Lélia. Texte établi, présenté et annoté par Pierre Reboul. Classiques Garnier. 601.1960. p.260

121 André Gide, Journal. 1939-1949, Souvenirs. La Pléiade. 1280p 1954. p.52

122 Astophle de Custine, Lettres à Varnhagen. Stalkine Reprints. Genève. 1979. 509p. p.412

123 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.65

124 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.828

125 André Gide, Journal. 1939-1949. La Pléiade. 1280p 1954. P.183

126 André Gide, Journal. 1939-1949. La Pléiade. 1280p 1954. p.227, 228

127 Libération, Gilets jaunes. Nous ne sommes pas dupes. 4 mai 2019

128 Françoise Giroud, Arthur ou le bonheur de vivre. Le livre de poche. 183p. 2003. p.125

129 George Sadoul, Histoire du cinéma mondial. Flammarion. 702p. 1963. p.287

130 Jean Guéhenno, Journal d’un homme de 40 ans. Le livre de poche. 241p. 1968. p. 237

131 France Culture, L’esprit public. 1er avril 2018

132 Beaux-arts Magazine, Guerrilla girls et La Barbe, Féministes de combat. Septembre 2016. P.132

133 Jean Guéhenno-Louis Guilloux, Correspondance (1927-1967). Les paradoxes d’une amitié. La part commune. 734p. 2011. p.354

134 Ariane Mnouchkine, L’Art du présent. Entretiens avec Fabienne Pascaud. Babel Essai. 332p. 2016. p.21

135 Les Inrockuptibles, Franck Riester salue ‘le courage’ d’Adèle Heanel et de ‘toutes celles qui osent briser le silence’. 8 novembre 2019

136 Hegel, La raison dans l’histoire.10/18. 312p. 1979. p.210

137 France Culture, Les masters classes. Patrick Boucheron ‘Écrire l’histoire, c’est donner à comprendre la manière dont un peu de temps se plie dans l’histoire’. 13 juillet 2018

138 Allo Ciné, Affaire Weinstein. Le réalisateur Kevin Smith reverse l’argent qu’il a touché des Weinstein. 19 octobre 2017

139 Victor Hugo, Les misérables. La Pléiade. 1805p. 1951. p.186

140 Le Monde Diplomatique, Travail, famille, Wi-Fi. juin 2020. p.18

141 Le Figaro, Il faut faire de l’illettrisme une affaire d’État en France. 10 octobre 2017

142 Arte, Inde. Les choristes du bidonville. 28 juin 2019

143 France Culture, La vie en Piaf. 25 janvier 2015

144 France Culture, Entendez-vous l’éco ? Chantons sous la crise. Chansons réalistes et entre -deux-guerres. 4 août 2018

145 Radio Courtoisie. 26 mars 2019

146 Lou Sin, Essais choisis. 2. 10/18. 445p. 1976. p.199

147 André Malraux, Appel aux Intellectuels, 5 mars 1948. In : Postface ajoutée à son livre, Les Conquérants. Grasset. 385p. 1928. p.328

148 François Mauriac, Journal. Mémoires politiques. Bouquins. Robert Laffont. 1136p. 2008. p.971

149 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.1087

150 Émile Pollak, La parole est à la défense. Robert Laffont. 326p. 1974. p.64

151 Michel Ciment, Kazan par Kazan. Ramsay. Poche cinéma. 347 p. 1985. p.57

152 Marianne, Jean-François Kahn. Matzneff. Ce que signifie s’insurger. 1Er février 2020

153 France Culture, L’ambivalente reconnaissance de Kateb Yacine. 6 juin 2019

154 Le Canard enchaîné, Mathieu Perez. King Kong théorie. 20 juin 2018. p.7

155 In : Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. p.412

156 France Culture, Politique Culturelle. Jack Lang donne le ‘la’. 18 juin 2018

157 Le Monde, Costumes offerts à Jack Lang : ouverture d’une enquête préliminaire. 2 mai 2019

158 Le Canard enchaîné, Costard de vivre. 8 mai 2019. p.8

159 France Culture, La dispute. 9 novembre 2017

160 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.746

161 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.644

162 Madame de Staël, De l’Allemagne. II. Garnier Flammarion 316p. 1968. p.13

163 France Culture, La dispute. 5 janvier 2018

164 France Culture, La dispute. 2 avril 2018

165 France Culture, La dispute. 19 avril 2018

166 France Culture, La dispute. 18 mai 2018

167 France Culture, La dispute. 28 mai 2018

168 Voltaire, Correspondance. XII. (janvier 1775-juin 1777). La Pléiade. 1361p. 1987. p.124

169 Cf. notamment, l’interview d’Orlan et de Paul Auster par Arnaud Laporte. France Culture, 2 juillet, 15 août 2018

170 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. 1304p. 2013. p.397

171 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. 1304p. 2013. p.1040

172 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. 1304p. 2013. p.1147

173 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. 1304p. 2013. p.1155

174 In : France Culture, Une vie, une œuvre - Doris Lessing, 9 décembre 2018 [1ère diffusion. 15 mars 2014]

175 Maurice Nadeau, Serviteur ! Un itinéraire critique à travers livres et auteurs depuis 1945. Albin Michel. 423 p. 2002. p.173

176 Witold Gombrowicz, Journal. Tome II. 1959-1969. Folio. 611p. 1995. p.301

177 Witold Gombrowicz, Journal. Tome II. 1959-1969. Folio. 611p. 1995. p.502

178 France Culture, À la découverte de George Eliott. 3 août 2019

179 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.659, 660

180 Henry Fielding, Histoire de Tom Jones. Folio. Classique.1142p. 2007. p.899, 900

181 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.880

182 Aimée Steck-Guichelin, Cahiers. In : La fabrique de l’intime. Mémoires et journaux de femmes au XVIIème siècle. Bouquins. Robert Laffont. 1192p. 2013. p 1004

183 Nietzsche, Humain, trop humain. Le livre de poche. 768p. 2006. p.589

184 Jacques Prévert, Choses et autres. Folio. 265p. 1980. p.97

185 Archives. INA. Radioscopie. Jacques Chancel. Françoise d’Eaubonne. 10 mai 1977

186 Alexandre Zinoviev, Les confessions d’un homme en trop. Folio. Actuel. 696p. 1990. p.516

187 Libération, Virginie Despentes. César. Désormais. On se lève et on se barre’. 1er mars 2020

188 Georg Lukacs, Le fondement moral du communisme. Discours prononcé à l’occasion du congrès des jeunesses ouvrières. 13 avril 1919 (Lisible sur le net)

189 France Culture, La nuit rêvée de Jean-Pierre Luminet. 17 février 2018

190 France Inter, L’heure bleue. Capitalisme de luxe avec Luc Boltanski et Arnaud Esquerre. 7 février 2017

191 France Culture, Olivier Gabet et Florence Müller : ‘Christian Dior voulait rendre les femmes belles pour les rendre heureuses’. 29 août 2017

192 George Sand, Histoire de ma vie. In : Œuvres autobiographiques. I. La Pléiade. 1418p. 1978. p.666

193 Le Figaro, Comment Brigitte Macron imprime sa marque à l’Élysée. 16 février 2018

194 Le Figaro, Laura Smet, Jean Dujardin, Monica Bellucci à la soirée cannoise de l'Élysée. 27 avril 2018

195 Le Monde, À Tourcoing, Emmanuel Macron se défend de faire ‘une politique pour les riches’. 14 novembre 2017

196 Le Figaro, Au Danemark, Emmanuel Macron évoque ‘les gaulois réfractaires au progrès’. 30 août 2018

197 IFrance Culture, 1917. Ce que la Révolution a fait à la musique russe. 14 octobre 2017

198 Anaïs Nin, Journal. 1939-1944. Le livre de poche. 508p. 1971. p.317

199 Simon-Pierre Perret, Harry Halbereich, Albéric Magnard. Fayard. 639p. 2001. p.321 à 325

200 Albéric Magnard, Correspondance (1888-1914). Paris. Publications de la société française de musicologie & Klincksieck. 376p. 1997. p.348

201 Radio Courtoisie, 10 janvier 2018. 16h15

202 André Gide, Journal. 1939-1949. Souvenirs. La Pléiade. 1280p. 1954. p.140

203 France Culture, Loos-en-Gohelle, un maire dans la transition démocratique. 14 février 2019

204 France Culture, Du Grain à moudre. Artistes plasticiens. Toute œuvre mérite-t-elle salaire ? 18 octobre 2017

205 Ciné Classique, 26 janvier 2014

206 André Gide, Journal. 1889-1939. La Pléiade. 1378p. 1948. p.1240

207 Françoise Rosay, La traversée d’une vie. Robert Laffont. Collection Robert Laffont. 317p. 1974. p.297

208 Ménie Grégoire, Telle que je suis. Robert Laffont. 359p. 1976. p.131

209 Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z, 1995. 1479p.

210 Leïla Sebbar, On tue les petites filles. Stock 2. Voix de femmes. 357p. 1978. p.188

211 Le Canard enchaîné, Belfort de café. 18 avril 2018. p.5

212 France Culture, Annette Messager : ‘J’ai toujours voulu utiliser des matériaux simples, ceux du quotidien’. 30 juillet 2017

213 Henri Michaux, Donc, c’est non. Gallimard. 192p. 2016. p. 9,10

214 In : Le Canard enchaîné, Sacré Louloute. 12 juin 2019. p.6 (Présentation des livres de Claude Rétat, ‘Art vaincra’ et La révolution en contant)

215 John Stuart Mill, L’utilitarisme. Champs. Classiques. Flammarion. 181p. 1988. p. 61

216 Alice Miller, La connaissance interdite. Affronter les blessures de l’enfance dans la thérapie. Aubier. 256p. 1990. p.14

217 Juliette Minces, De Gurs à Kaboul. Éditions de l’Aube. 315p. 2015. p.135

218 Mireille Jouve. Débats au Sénat. 2 février 2017

219 Chantal Monteiller, La rebelle caustique. In : Célyne Baÿt- Darcourt, Femmes d’exception. Tallandier. France Infos. 252p. 2012. p.192

220 France Culture, Jeanne Moreau, l’unique. 1928-2017. 17 octobre 2018

221 France Culture, Collège de France, Bénédicte Savoy. Histoire transnationale des musées en Europe. 18 juin 2018

222 France Culture, Le cours de l’histoire. 11 février 2020

223 H.D. Thoreau, Journal 1er janvier 1841-21 novembre 1843. Finitude. 317p. 2013. p.226

224 Michel Ragon, L’accent de ma mère, Une mémoire Vendéenne. Plon. Terre humaine. 451p. 1989. p.271. Cf aussi : Marie-Victoire Louis, Un Musée de l’histoire de l’histoire de la vie des femmes : http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1183&themeid=814

225 Mémoires, souvenirs et journaux de la Comtesse d’Agoult. I. (Daniel Stern). Le Temps retrouvé. Mercure de France. 430p. 1990. p.110

226 In : Correspondances conjugales. 1914-1918. Dans l’intimité de la grande guerre. Robert Laffont. 1061 p. 2014. p.496

227 Marie-Hélène Luiggi, Marie-Louise Girod. La dame d’En Haut. Montauban, Impr. Lormand, 166p. 2003. p.35

228 Arte, Karajan dirige la 5ème symphonie de Beethoven. 26 juin 2016

229 Voltaire, Correspondance. VI. (octobre 1760-décembre 1762). La Pléiade. 1648p. 1980. p.146

230 Voltaire, Correspondance. XII. (janvier 1775-juin 1777). La Pléiade. 1361p. 1987. p.591, 592, 604

231 In : Préface de Madame de Staël. De l’Allemagne. I. Garnier Flammarion. 380p. 1968. p.39

232 Madame de Staël, De l’Allemagne. II. Garnier Flammarion 316p. 1968. p.75, 89

233 Léon Daudet, Souvenirs et polémiques. Robert Laffont. 1398p. 1992. p.64

234 Paul Léautaud, Journal littéraire. Choix de pages. Folio. 1304p. 2013. p.889

235 A. Jourcin et Ph. Van Tieghem, Dictionnaires des femmes célèbres. Collection : Les dictionnaires de l’homme du XXème siècle. Larousse. 256p. 1969. p.6

236 Edgard Morin, La Lettre, IMEC. n° 12, automne 2010. p.20-21. In : François Dosse, Castoriadis. Une vie. La Découverte. 532p. 2014. p.349

237 Sami Nair, Le penseur Libre. Libération. 29 décembre 1997. In : François Dosse, Castoriadis. Une vie. La Découverte. 532p. 2014. p.506

238 TV5. Monde. Europe. 5 avril 2018

239 France Inter, On n’arrête pas l’éco. 25 mai 2019

240 Les Cahiers du comte Kessler, Grasset. 307p. 1972. p.286

241 Nietzsche, Humain, trop humain. Le livre de poche. 768p. 2006. p.213

242 Anaïs Nin, Journal. 1939-1944. Le livre de poche. 508p. 1971. p.392

243 France Culture, L’année 1964. 27 juillet 2018

244 Les Inrocks, #Not surprised Les femmes de l’art contemporain unies contre le harcèlement sexuel. 30 octobre 2017

245 Catherine Clément, Mémoire. Champs. Flammarion. 588p. 2010. p.146

246 Le Monde, La justice se penche sur la censure de L’origine du monde par Facebook. 1er février 2018

247 Le Canard enchaîné, Facebook risque une déculottée. 7 février 2018. p.8

248 Pascal Ory, Qu’est-ce que l’histoire culturelle ? In : Université de tous les savoirs (Sous la direction d’Yves Michaud). Qu’est-ce que la société ? Volume 3. Éditions Odile Jacob. 897p. 2000. p. 256

249 France Inter, Pierre sans Palmade. 3 mai 2019

250 Le Figaro, Édouard Philippe confirme un pass culture de 500 euros pour les jeunes. 4 juillet 2017

251 Voltaire, Correspondance. VIII. (avril 1765-juin1767). La Pléiade. 1663p. 1983. p.217

252 Le Canard enchaîné, La facture escamotée du Pass Culture. 11 juillet 2018. p.2

253 France Culture, Centenaire de Madame Bovary : Flaubert tel qu’il fut. 26 avril 2020 [1ère diffusion. 17 juin 1957]

254 In : Émile Zola, Correspondance. II. 1868-1877. Les Presses de l’Université de Montréal. Éditions du CNRS. 644p. 1980. p.535. note.1

255 George Orwell, Dans la dèche à Paris et à Londres. 10/18. 291p. 2013. p. 260, 261

256 François Mauriac, Journal. Mémoires politiques. Bouquins. Robert Laffont. 1136p. 2008. p.608

257 La nouvelle Vague. Petite anthologie des Cahiers du cinéma. III. Cahiers du cinéma. 314p. 2001. p.44, 45. Geneviève Sellier, In : La nouvelle Vague. Un cinéma au masculin singulier, présente ce même échange légèrement différemment coupé. CNRS. Éditions. 217p. 2005. p.150

258 Tolstoï, Anne Karénine. La Pléiade. 1630 p. 1951. p.45

259 Ménie Grégoire, Telle que je suis. Robert Laffont. 359p. 1976. p.54, 212

260 Source (oubliée) à retrouver

261 Lucienne Mazenod, Ghislaine Schoeller, Dictionnaires des femmes célèbres. De tous les temps et des tous les pays. Bouquins. Robert Laffont. 932p. 1992. p.792

262 In : George Steiner, Les logocrates. 10/18. 251p. 2013. p.179

263 Noel Burch, Geneviève Sellier, La drôle de guerre des sexes du cinéma français. 1930-1956. Nathan Université. 1996. 400p.

264 Geneviève Sellier, La nouvelle Vague. Un cinéma au masculin singulier. CNRS. Éditions. 2005. 217p.

265 France Culture, La compagnie des auteurs. Jane Austen : Héroïnes Austeniennes. 16 août 2017

266 Le Monde, Le cinéma doit mettre d’avantage de femmes de plus de 50 ans à l’écran. 13 mai 2018

267 France Culture, Annie Ernaux : Écrire de ne pas écrire. 9 Juillet 2019 [1ère écoute. 16 janvier 2018]

268 France Culture, Laurence Equillbey. 25 juillet 2019

269 France Culture, Les bonnes choses. 25 juillet 2019

270 France Culture, La Grande traversée. Virginia Woolf. 25 juillet 2019

271 France Culture, La comtesse de Ségur : un écrivain modèle. 29 juillet 2019

272 France Culture, Il y a 50 ans. 1969. Une comète nommée Janis Joplin. 10 août 2019

273 France Culture, La compagnie des œuvres. François-René de Chateaubriand. 3 septembre 2019

274 France Culture, La compagnie des œuvres. Louise Bourgeois. 9-12 septembre 2019

275 Le Monde, Adèle Haenel et nous. 9 novembre 2019

276 France Culture, La compagnie des œuvres. Catherine Pozzi, la muse trahie de Paul Valéry. 23 décembre 2019

277 France Culture, La compagnie des œuvres. Artistes et écrivaines malgré tout. 26 décembre 2019

278 LCP, Rembolina. Serge Gainsbourg. 29 décembre 2019

279 Le Monde, Les Césars et le masque. 15 février 2020

280 In : France Culture, Jeanne, l’unique [1928-2017]. 16 mai 2020

281 France Culture, Marguerite Yourcenar. 24 juin 2020. [1ère diffusion. 17 février 2016]

282 Fernando Pessoa, 1932, Poesias Inéditas (1930-1935) - Ediçoes Atica, 1942. In : Le bonheur est dans le pré. Poètes de langue Portugaise. Fernando Pessoa

283 Julie de Lespinasse, Lettres à Condorcet. Desjonquières. 161p. 1989. p.81

284 France Culture, Mario Vargas Lliosa. 15 juin 2020 [1ère diffusion. 9 janvier 2017]

285 Médiapart, Le cinéma est politique : Conversation Costa-Gavras - Varoufakis. 18 octobre 2017

286 Antonio Gramsci, Lettres de prison. Collection Témoins. Gallimard. 620p. 1971. p.192

287 In : Pierre Desgraupes, Le mal du siècle. Grasset. 346p. 1977. p.250

288 Cf. Marie-Victoire Louis, La porno est entrée dans les mœurs. 2005. http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=832

289 France Culture, Briser le silence, Chanter le(s) sexe(s). 1er juillet 2019

290 Catherine Clément, Mémoire. Champs. Flammarion. 588p. 2010. p.326

291 Matthieu Galey, Journal Intégral. 1953-1986. Bouquins. Robert Laffont. 983p. 2017. p.704

292 France Culture, 1541 : Le jugement dernier de Michel-Ange, une œuvre digne d’un bordel ? 9 juillet 2019

293 France Culture, LSD. Jeune poète propose voix engagée. 2 mars 2020

294 France Culture, Littérature, Un appartement sur Uranus, ‘une odyssée dopée à la testostérone’. 11 avril 2019

295 France Culture, Quincey Jones. La science de l’orchestre. 11 juillet 2020 [1ère diffusion. 2 novembre 2019]

296 Lucienne Mazenod, Ghislaine Schoeller, Dictionnaires des femmes célèbres. De tous les temps et des tous les pays. Bouquins. Robert Laffont. 932p. 1992. p.383, 409, 410, 647, 704, 731, 744, 778, 799-1800

297 Le Canard enchaîné, Canard + Plus. 18 décembre 2019. p.7

298 In : France Culture, Le bon plaisir de Michel Ragon. 22 mars 2020 [1ère diffusion. 19 janvier 1985]

299 Élisée Reclus, L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique. In : Écrits Sociaux. Feuilles d’herbe. Éditions Héros-Limite. 251p. 2012. p.56

300 Erich Maria Remarque, À l’Ouest, rien de nouveau. Le livre de poche. 243p. 1967. p.218

301 René Vautier, Caméra. Citoyenne. Mémoires. 1998. Éditions Apogée. 239p.

302 Télérama, Qui est Frank Rister, le très politique ministre de la culture ? 16 octobre 2018

303 Le Canard enchaîné, Franck Riester, le copain d’avant. 24 octobre 2018. p.7

304 Le Canard enchaîné, Canard plus. 9 janvier 2019. p.7

305 France Culture, Le temps des écrivains. Orhan Pamuk. 13 juillet 2018

306 France Culture, L’esprit public. 4 novembre 2018

307 Le Monde, Centenaire du 11 novembre. Macron, en quête de ‘héros’ pour la France. 5 novembre 2018

308 BFM.TV. 12 novembre 2018. 20 h 40

309 Emma Goldmann, L’agonie d’une révolution. Mes deux années en Russie (1920-1921). Les nuits rouges. 336p. 2017. p.276

310 George Sand, Histoire de ma vie. In : Œuvres autobiographiques. I. La Pléiade. 1418p. 1978. p.806, 807

311 George Sand, Histoire de ma vie. In : Œuvres autobiographiques. II. La Pléiade. 1638p. 2001. p.107

312 TV5 Monde, Le tour [cycliste] du Burkina Faso. 5 novembre 2017

313 Jean-Paul Sartre, Baudelaire. Idées. Gallimard. 245p. 1985. p.168

314 Ryszard Kapuscinski, Le Shah. Flammarion. 241p. 2010. p.94

315 France Culture, Leçon inaugurale de Bénédicte Savoy : Objets du désir. Désirs d’objets. 23 novembre 2017

316 Matthieu Galey, Journal Intégral. 1953-1986. Bouquins. Robert Laffont. 983p. 2017. p.28, 29

317 In : Jean Lacouture, Léon Blum. Points. Histoire. 616 p. 1979. p.17

318 Victor Serge, Carnets (1936-1947). Agone. 836p. 2012. p.314

319 Jacques Séguéla, Fils de pub. Flammarion. 297p. 1984, p. 242, 239, 240

320 Jacques Prévert, Choses et autres. Folio. 270p. 1975. p. 213

321 Stendhal, Lettres à Pauline. L’école des lettres. Seuil. 1994. 645p. p.326

322 Stendhal, De l’amour. Paris, Michel Lévy Frères. 375p. 1857. p.215

323 France Culture, Anne Sylvestre : ‘Ce que je crains le plus, c’est de trop savoir-faire’. 20 décembre 2018

324 George Sand, Histoire de ma vie. In : Œuvres autobiographiques. I. La Pléiade. 1470p. 1978. p.724

325 Gérard Mordillat, Le spectateur impatient. Le Monde Diplomatique. juillet 2018. p.28

326 Emma Goldman, Vivre ma vie. Une anarchiste au temps des révolutions. L’échappée. 1095p. 2018. p.428, 432

327 France 5, Une maison, un artiste. Le château de Bosc, le paradis perdu de Toulouse-Lautrec. 7 juin 2019

328 Daniel Toscan du Plantier, ‘Bouleversifiant’. Seuil. 205p. 1992. p.187, 56

329 France Culture, Fabcaro. 20 septembre 2019

330 Astolphe de Custine, Lettres à Varnhagen. Stalkine Reprints. Genève. 1979. 509p. p.123

331 Hélène Berr, Journal. Points. Tallandier. 329p. 2009. p.229

332 France Culture, Philosopher avec François Truffaut. 16 septembre 2019

333 Tristan Tzara. In : Madeleine Chapsal, Les écrivains en personne. 10/18. 316p. 1973. p.295, 296, 298

334 Stéphane Hessel, Danse avec le siècle. Souvenirs. Points. 409p. 2011. p.43

335 In : Cinéaste-s. Julie Gayet. 2015

336 Rahel Varnhagen, Lettre à Alexandre von Marwitz. 23 novembre 1811. In : Marie-Claire Hook-Demarle, La femme au temps de Goethe. Stock. 378p. 1987. p.197. ; Cf. une autre date, une autre traduction, un autre destinataire de ce texte In : Hannah Arendt, Rahel Varnhagen. La vie d’une juive allemande à l’époque du romantisme. Tierce. Littérales II. 382p. 1986. p.288

337 Astolphe de Custine, Lettres à Varnhagen. Stalkine Reprints. Genève. 1979. 509p. p.452

338 France Inter, Remède à la mélancolie. Christian Vincent : ‘La mélancolie est un luxe d’oisif’. 15 avril 2018

339 Libération, La rétro Polanski s’ouvre sous les huées. 30 octobre 2017

340 Lucienne Mazenod, Ghislaine Schoeller, Dictionnaires des femmes célèbres. De tous les temps et des tous les pays. Bouquins. Robert Laffont. 932p. 1992. p.244

341 Voltaire, Correspondance. I. (1704-1738). La Pléiade. 1735p. 1964. p.597

342 Voltaire, Correspondance. I. (1704-1738). La Pléiade. 1735p. 1964. p.971

343 Voltaire, Correspondance. I. (1704-1738). La Pléiade. 1735p. 1964. p.1000

344 Voltaire, Correspondance. II. (janvier 1739-décembre 1748). La Pléiade. 1814p. 1977. p.350

345 Voltaire, Correspondance. III. (janvier 1765-décembre 1753). La Pléiade. 1534p. 1975. p.303

346 Voltaire, Correspondance. III. (janvier 1765-décembre 1753). La Pléiade. 1534p. 1975. p.504

347 Voltaire, Correspondance. III. (janvier 1765-décembre 1753). La Pléiade. 1534p. 1975. p.774

348 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.392

349 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.636, 637, 638

350 Voltaire, Correspondance. V. (janvier 1758-septembre 1760). La Pléiade. 1698p. 1980. p.724

351 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.13, 416

352 Voltaire, Correspondance. XI. (juillet 1772-décembre 1774). La Pléiade. 1411p. 1986. p.544

353 In : France Culture, Le bon plaisir de Michel Ragon. 22 mars 2020 [1ère diffusion. 19 janvier 1985]

354 Alexandre Zinoviev, Les confessions d’un homme en trop. Folio. Actuel. 696p. 1990. p.298, 299, 321

355 Émile Zola, Correspondance. I. 1858-1867. Les Presses de l’Université de Montréal. Éditions du CNRS. 594p. 1978. p.414

356 Émile Zola, Correspondance. I. 1858-1867. Les Presses de l’Université de Montréal. Éditions du CNRS. 594p. 1978. p.463

357 In : Émile Zola, Correspondance. II. 1868-1877. Les Presses de l’Université de Montréal. Éditions du CNRS. 644p. 1980. p.297. note 7

358 Stefan Zweig, Le monde d’hier : Journal d’un Européen. Folio. Essais. 2016. p.?

359 Toutelaculture.com, Interview de Aby M’ Baye, La barbe à Cannes : interview d’un groupe d’action féministe. 24 mai 2012

360 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p. 10

361 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p.152

362 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.46, 47

363 Ciné Classique, 12 juillet 2014

364 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.47

365 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.48

366 Marie-Pas-Claires, Hystériques et fières de l’être ! Parole de lesbiennes. 128p. 1997. p.23

367 Mélina Mercouri, Je suis née Grecque. Le livre de poche. 318p. 1974. p.181

368 France Culture, Jules, Jim et Kathe. Un pur amour à trois. [Rediffusion. 23 décembre 2014 d’une émission réalisée en mai 1990]

369 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.173

370 Cité dans Geneviève Sellier, La Nouvelle vague. Un cinéma au masculin singulier. CNRS. Éditions. 217p. 2005. p.55

371 La nouvelle Vague. Petite anthologie des Cahiers du cinéma. III. Cahiers du cinéma. 314p. 2001. p.145

372 Le Monde, Jean Luc Douin, L’affaire Josey Aimes, La rédemption d’une femme de principe. 7 mars 2006

373 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p.314

374 Georges Sadoul, Dictionnaire des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.27, 28

375 Hervé Gattegno, Anne-Cécile Sarfati, Femmes au pouvoir. Récits et confidences. Stock. 402p. 2007. p.217

376 Jean Renoir, Propos enregistrés pour la télévision. Jean Renoir. Entretiens et propos. n° spécial des Cahiers du cinéma. 1979. In: Wikipédia

377 Noël Burch et Geneviève Sellier, La drôle de guerre des sexes du cinéma français. Nathan Université. 399 p. 1996. p.36

378 George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.81

379 Antonin Arthaud, Œuvres. Quarto. Gallimard. 1787p. 2007. p.1726

380 Jean Tulard, Le Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z, 1479p. 1995. p.172

381 Jean Tulard, Le Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z, 1479p. 1995. p.170

382 Jean Tulard, Le Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z, 1479p. 1995. p.378

383 In : George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.232

384 In : George Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.166

385 Noël Burch et Geneviève Sellier, La drôle de guerre des sexes du cinéma français. 1930-1956. Nathan Université. 399p. 1996. p.296 à 302

386 Les Cahiers du cinéma, n°166-167. mai-juin 1965

387 Revue Jeune cinéma, n° 5. Rencontre avec René Allio, à propos de le vieille dame indigne. février 1965

388 Claire Simon, Les Cahiers du cinéma. n° 482 (date à retrouver)

389 Philippe Azoury, Libération. Maria Schneider se dérobe. 4 février 2011

390 Georges Sadoul, Dictionnaires des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.91

391 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p.34

392 Georges Sadoul, Dictionnaire des films. Microcosme. Le Seuil. 383p. 1990. p.189

393 Arte, Le diabolique docteur Mabuse. 27 juin 2016

394 France Culture, LSD. Écrire l’amour. La rencontre. 19 février 2018

395 Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z, 1479p. 1995. p.1274

396 Marie-Pas-Claires, Hystériques et fières de l’être. Paroles de lesbiennes. Mizoguchi Miso, 128p. 1997. p.62 à 66

397 Edgar Morin, Les stars. Le temps qui court. Le Seuil. 187p. 1957. p.109, 116

398 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p. 109

399 Georges Sadoul, Dictionnaires des cinéastes. Microcosme. Le Seuil. 347p. 1990. p.185

400 Louis Aragon, La mise à mort. Gallimard. 421p. 1965. p.67

401 Le Monde, Quand Sean Connery en avait marre de jouer à James Bond. 19 septembre 2009

402 Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. Édition du centenaire du cinéma. L.Z, 1479p. 1995. p.1052

403 Julien Green, Les années faciles. 1926-1934. Plon. 582p. 1970. p.105

404 Le Figaro, Une percée dans le septième art iranien. 7 juin 2017


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