Domination masculine. Patriarcat
 Marie-Victoire Louis

Coronavirus

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 04/06/2020
date de publication : 04 juin 2020
mise en ligne : 04/06/2020
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À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 11.042 items et 23 rubriques : I. « Culture » (547) ; II. Droit (188) ; III. Êtres humains (561) ; IV. Corps (279) ; V. Enfants (149) ; VI. Femmes (1660) ; VII. Hommes (706) ; VIII. Relations entre êtres humains (425) ; IX. Famille (367) ; X. Féminisme (350) ; XI. Justice (523) ; XII. Langage (684) ; XIII. Patriarcat (452) ; XIV. Penser (904) ; XV. Politique (1335) ; XVI. Pornographie (106) ; XVII. Proxénétisme (248) ; XVIII. « Sciences » sociales (317) ; XIX. Démographie (36) ; XX. Économie (478) ; XXI. Histoire (272) ; XXII. Sexes [Sexualité, Sexisme…] (128) ; XXIII. Violences (326) … et continuera d’évoluer.

4 juin 2020

Extrait de l’Abécédaire féministe
Politique (Coronavirus)

Politique (Coronavirus) (1) : Depuis plus d’un siècle, la classe ouvrière, les salarié-es ont rêvé de, ont lutté pour, ont cru en la grève générale. En quelques jours, le coronavirus l’a réalisée, ou plutôt en a révélé la capacité des états à la réduire à néant.

Politique (Coronavirus) (2) : Que pèsent dorénavant les grèves lorsque les états se sont approprié le droit de contenir des dizaines de millions de personnes chez elles ? (Cf. Politique. Grèves)

Politique (Coronavirus) (3) : Tous les états, depuis si longtemps mis à mal, reprennent le pouvoir sur, le pouvoir de leurs peuples. En les faisant disparaître.

Politique (Coronavirus) (4) : Une amie évoque La stratégie du choc [Naomi Klein. 2007] : soudainement la compréhension du monde s’élargit.

Politique (Coronavirus) (5) : Sentiment qu’il s’agit de la lutte entre deux titans pour dominer le monde : les états et le capitalisme. Les premiers semblent actuellement l’emporter, mais le second en sape les fondements.

Politique (Coronavirus) (6) : Ce gouvernement n’est pas même capable de fournir des masques au personnel soignant, alors qu’Emmanuel Macron, tel un matamore, a affirmé « déclarer la guerre » au Coronavirus.

Politique (Coronavirus) (7) : Les discours d’Emmanuel Macron ne sont pas crédibles parce que lui ne l’est pas. Plus précisément : la politique d’Emmanuel Macron n’est pas crédible par ce que l’homme ne l’est pas.

Par ordre chronologique. Politique. Coronavirus :

Politique (Coronavirus) (1) : (18 mars) 2020.
***- Je reviens de Djerba, d’où j’avais été conduite de Tozeur [où j’étais coincée sans ordinateur, mais en relation avec les télés câblées] pour me rapprocher d’un aéroport en fonctionnement - à Paris par un vol d’une compagnie anglaise inconnue, affrétée, par déduction, par le gouvernement français pour rapatrier les français-es encore en Tunisie. 500 sont encore bloqués à Djerba, m’a dit le chauffeur de la compagnie chargé de ces transferts à l’aéroport.
***- À Roissy, aucune mesure de sécurité sanitaire- pas même de simulacre- ; pas plus qu’il n’y en avait eu au départ.
***- Les priorités nationales reprennent vite du poil de la bête : à l’exception de ma voisine qui, à la dernière minute, a eu l’intelligence de demander à un membre du personnel de l’aéroport et a pu ainsi embarquer avec nous, que des français-es [dont certain-es n’avaient été prévenus que dans leur lit qu’ils devaient se rendre immédiatement à l’aéroport] dans l’avion.
- À l’arrivée, première vision de la France : une affiche affirmant stupidement : Paris vous aime. Dans le métro du RER Saint Michel, une seconde affiche me frappe : une publicité de la mairie de Paris présentant, photo à l’appui, l’exposition Les parisiens dans l’exode. 1940.
***- J’ai cueilli de jolies petites fleurs jaunes dans un bac à plantes d’un café fermé du boulevard Saint-Germain ; faute d’avoir été arrosées, elles étaient flétrissantes. J’ai pu et personnellement en profiter et les sauver pour un ou deux jours : une justification ?
***- Annonce de Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, concernant le nombre d’interpellations et de condamnations [4095 procès-verbaux] dues au non-respect du confinement et informations concernant le prix des amendes 135 euros et 375 en cas de récidive.
Cet homme est un danger public : ce régime ne sait efficacement que réprimer. Il est évident que les étrangers-ères seront, encore un peu plus que d’habitude, les premiers et principaux ciblés.
- Ajout. 10 mai 2020. Lu dans l’Alsace : « Les habitants de la Seine Saint-Denis trois fois plus verbalisés que les autres. » : 900 amendes par jour.
***- La France reçoit aujourd’hui un vol de Chine - officiellement « un don de deux organisations caritatives chinoises » - apportant à la France un million de masques.
Une subtile vengeance du sac du palais d’été de Pékin lors de la guerre de l’opium. [18 octobre 1860].

Politique (Coronavirus) (2) : (19 mars) 2020.
***- 9h 45 : Cinq militaires, pistolets mitrailleurs pointés sur la foule, sur un trottoir désert, Bd Saint Michel : sans doute pour lutter plus effectivement contre le virus. Deux minutes après, cinq autres, rue Saint-Jacques.
***- Excellent article ce jour de Frédéric Lordon sur le blog du Monde Diplomatique : « Les connards qui nous gouvernent ». Je m’aime pas le mot qu’il emploie et je ne l’emploierais pas. Mais il a le mérite - politique - de critiquer nommément des gens qui n'ont que trop et depuis trop longtemps pris l'habitude de se déresponsabiliser.
Et de nous en transférer la responsabilité, qui plus est.
***- Le strass, dont je découvre qu’il s’intitulé dorénavant le Syndicat du travail sexuel, et non plus des travailleuses sexuelles - la vérité s’affiche -, publie sur son site un incroyable communiqué, qui peut avoir pour fonction de se couvrir pénalement, intitulé « Nous recommandons d’arrêter de travailler et d’éviter tout contact physique ». Mais celui-ci st immédiatement suivi par un Par ailleurs, qui d’emblée en détruit la nature : « En particulier, si vous êtes enceinte, atteintes de maladies respiratoires chroniques, d’insuffisances respiratoires chroniques, de mucoviscidose, d’insuffisance cardiaque, de maladies des coronaires, d’hypertension artérielle, d’insuffisance rénale chronique dialysée, de diabète de type 1 insulinodépendant et de diabète de type 2, avec une immunodépression […] dont le VIH, de maladie hépatique chronique avec cirrhose, présentant une obésité avec un indice de masse corporelle, égale ou supérieure à 40, âgée de plus de 50 ans. » Outre les informations enfin publiques sur les conditions de vie et de santé des personnes - dites - prostituées, le strass présente les possibilités financières à ceux et celles qui « bénéficient du statut d’auto-entrepreneurs », les autres pouvant faire appel à « la cagnotte » ouverte par le strass.
Le paragraphe suivant s’intitule : « S’il vous est impossible d’arrêter de travailler » et se poursuit par : « Voyez s’il n’est pas possible d’exercer des formes de travail en ligne sur Internet, sans contact direct avec les clients », et ce suivi des risques une fois encore, publiquement dévoilées. Puis vient cette transition, dont les incohérences révèlent, si l’en était encore besoin, une fois encore, celles du proxénétisme : « Le confinement reste la recommandation (sic) majeure, mais nous ne pouvons nier qu’à cause du capitalisme, de l’absence de droits et de protection sociale, de la putophobie d’État (sic) etc., certain-E d’entre nous choisirons tout de même d’exercer pour assurer leur survie. » Et cette entourloupe avancée, le Strass s’adresse à celles qui « n’ont pas d’autre choix que de travailler », il leur est demandé de « réduire les risques au maximum » et leur explique comment et que faire.
- Le système proxénète, dont le Strass est ici le porte-parole est criminel.
- Et Le Monde, du 24 mars, ici, son allié. Un article non signé intitulé Face au coronavirus, la précarité aggravée des prostituées, Le Monde, se référant au site du Strass évoqué ici, conclut son article en le présentant ainsi : « Pour celles qui continuent d’exercer ‘pour assurer leur survie’, le syndicat du travail sexuel Strass a diffusé sur son site une série de recommandations, comme éviter ‘tout contact avec la salive‘ ou éviter le face à face. »

Politique (Coronavirus) (3) : (20 mars) 2020.
***- Entendu sur France Culture :
« Vraiment dans la vie, faut pas s’en faire ». 9h 08
« Les honnêtes gens qui respectent le confinement […] » 13h 10
***- Le gouvernement est incapable de fournir des masques de protection au personnel hospitalier qu’il a envoyé à « la guerre » sans les prévenir, sans moyens, pas même celui de se protéger.
***- On a tout entendu et son contraire depuis des semaines. Le scandale monte, monte…
***- Premiers gardés à vue… Ça, ils savent faire.
***- Subtil, ou grossier, c’est selon, transfert de responsabilité de l’État à la population dans la déclaration de la porte-parole de du gouvernement : « Il est important qu'il y ait une prise de conscience. Le déclic s'est fait chez une grande majorité de nos concitoyens mais on voit encore des comportements irresponsables. Je dis à chacun : plus on respecte la règle du confinement, moins on y restera longtemps. ».
***- La caissière du Monoprix - dont les effectifs ont été considérablement réduits - est en colère : « Pourquoi est-ce que, moi, je travaille alors que les autres sont chez eux ? »

Politique (Coronavirus) (4) : (21 mars) 2020.
***- Alors que les soutiens aux entreprises semblent pleuvoir de partout, d’on ne sait où d’ailleurs, toujours aucune annonce financière concernant le personnel soignant, ni l’hôpital. Doit-il payer d’avoir eu raison depuis si longtemps contre le gouvernement ? Oui, sans doute. Jusqu’à quand ?
***- Un collectif de centaines de médecins et soignants a porté plainte contre le premier ministre et l'ancienne ministre de la santé, Agnès Buzyn pour « mensonge d'État ».
Elle est signée par 200.000 personnes le 26 mars 2020.
Mais, depuis lors, au 26 mars, au moins cinq autres plaintes ont été déposées contre lui, Agnès Buzyn, Olivier Véran pour « mise en danger de la vie d’autrui », « non-assistance à personne en danger », « homicide involontaire ».
***- Ce qu’il faut constater, dans cette situation où des millions de personnes vivent dans la crainte, l’angoisse, où les pauvres, les mal-logés, les non logés, les sans travail, les sans revenus, les personnes malades, seules, partageant un espace trop exigu avec trop d’autres, les personnes en prison, dans les EHPAD, c’est qu’il n’y a jamais eu l’expression d’une quelconque humanité de part d’Emmanuel Macron, d’Édouard Philippe, d’aucun ministre.
Ces gens-là, en sus de leur irresponsabilité dont ils seront redevables, et dont leur volonté, à leur habitude, de garder seuls le contrôle d’une situation qu’ils ne contrôlaient pas, ne méritent que le mépris, qui si souvent génère la colère.
***- Lors de la commission à l’Assemblée nationale pour étudier « le projet de loi relatif aux mesures d’urgence », Nicole Belloubet, ministre de la justice, avait proposé un amendement transformant la contravention en délit, passible d’emblée de prison. Elle l’a retiré et a dû se contenter d’une augmentation de l’amende de 135 euros à 1500 euros en cas de deuxième récidive au confinement dans les 15 jours, et dans le cas de quatre violations dans les trente jours un délit puni de 3.700 euros d'amende et six mois de prison au maximum.
Muriel Penicaud, ministre du travail, en a appelé au « civisme des entreprises » assurant être « scandalisée » de voir une antenne locale de la Capeb (syndicat patronal de l’artisanat du bâtiment) inciter, par courrier, ses adhérents à ne pas aller travailler. « Les entreprises qui sans avoir discuté et réfléchi avec leurs équipes, se retirent, sont défaitistes » ; « quand un syndicat patronal dit aux entreprises ‘arrêtez d’aller bosser, arrêtez de faire vos chantiers’, ça c’est du défaitisme ».
Tout le vocabulaire du « bourrage de crâne » : « union nationale », « communion », « héros » compris, de 1914-1918 ressurgit.
***- L’une de mes voisines, la plus ancienne locataire de l’immeuble avec moi me dit que, ne pouvant plus aller au square dorénavant fermé, elle reste dans la cour de l’immeuble, et me remercie pour les plantes.
***- Le numéro « Violences conjugales » ne répond plus.
***- Des psychiatres à la radio, à la télévision, proposant leur analyse, prodiguant leurs conseils, avançant des trucs, pour mieux vivre le confinement : cette psychiatrie atteint le fond.
***- Déclarations de Jean-Michel Apathie, journaliste (sic) :
« Le mot n’est pas juste, mais il est utile. »
« Il ne faut pas polémiquer sur des choses qui n’ont pas d’intérêt. »
« Il ne faut pas commenter, mais enregistrer » (concernant la déclaration d’Agnès Buzyn critiquant le gouvernement) :
À bon entendeur, salut…
***- Interview d’Alain Soupiot dans Alternatives économiques : « C’est la foi en un monde gérable comme une entreprise qui se cogne aujourd’hui brutalement à la réalité́ de risques incalculables. Ce choc de réalité́ n’est pas le premier. Déjà̀ en 2008, la croyance en la toute-puissance des calculs de risques s’était heurtée à la réalité́ des opérations financières, qui reposent toujours en dernière instance sur la confiance accordée à̀ des personnes singulières. On ne renverse pas impunément l’ordre institutionnel, qui place le plan des calculs d’utilité́ sous l’égide d’une instance en charge de la part d’incalculable de la vie humaine. »

Politique (Coronavirus) (5) : (22 mars) 2020.
***- Clémentine Autain, députée de La France Insoumise conclut son analyse intitulée : « Rien de sera plus comme avant » sur « les mesures d’urgence » décidées par le gouvernement, ainsi : « Ayons conscience qu’un socle de droits élevés et des processus démocratiques, ce sont qui nos forces pour vaincre le virus, protéger les individus, remettre sur pied la société. »
Il est tant de mots, de concepts, déjà éculés, qui semblent devoir disparaître : pour les remplacer comment ? C'est tout un monde - dévoilé, mis à nu par ce que Edwy Plenel a appelé « le virus révolutionnaire » - qui est en train de disparaître.
On a tout intérêt à penser, à préparer celui d'après, si on ne veut pas qu'un pire advienne. Beaucoup s’y préparent et le mettent déjà en œuvre.
***- Le premier ministre espagnol ne fait plus référence à la seconde guerre mondiale, comme tant d’autres, mais à la guerre civile espagnole.
- Au marché, un monsieur conteste la qualité de la salade - qui la semaine dernière, n’avait « pas de cœur » : pour relativiser la gravité de la critique, le vendeur évoque les difficultés actuelles des paysans. La réaction : « Ah bon, pourquoi ? ». Il n’a pas obtenu de réponse.
***- Les fleurs, les plantes vivaces de Monceau Fleurs, n’étant plus arrosées, sont, tristement, en train de mourir.
***- France Culture pour remplacer l’émission L’esprit public, propose une émission - dont l’intitulé générique était inacceptable - intitulée : Avoir Raison… avec Fernand Braudel… Suivistes, dépourvu-es d’esprit critique, regardons vers le passé…un passé depuis longtemps dépassé.
***- France Culture, en sus de l’habituelle messe de 11h, diffuse - une première, à ma connaissance - entre 16 et 17 heures, une conférence du carême protestant : « La Grâce, un sourire offert, l’élan de Dieu vers nous » et la conférence de carême catholique de l’église Saint-Germain l’auxerrois.
- Je lis sur un trottoir un slogan féministe un peu effacé : « La nuit aussi est à nous toutes ». Aujourd’hui ni la nuit, ni le jour n’appartiennent plus à personne.
***- France musique. 11 heures : « Pour vivre heureux, vivons cachés. »
***- Ne pas oublier que tous les chiffres, absolument tous les chiffres, d’où qu’ils viennent, sont faux.
***- Reuters. RT : « Deuxième pays au monde après la Chine et première nation européenne la plus touchée par la pandémie de Covid-19, l'Italie se tourne désormais vers l'international pour demander une aide sanitaire tant humaine que matérielle. Toutefois, le gouvernement italien ne s'est pas adressé à l'Union européenne (UE) pour soulager son système de santé surchargé, qui n'arrive plus à faire face à l'afflux massif de patients, mais à la Chine, à Cuba et au Venezuela. » Vive le socialisme… : ?
***- Les états, c’est le « chacun pour soi » ; les personnes confinées : idem.
***- Un homme interviewé, par hasard, bien sûr : « Il va falloir discipliner les français ».
***- Aux États-Unis, les magasins d’armement restent ouverts.
***- France Culture, toujours à la pointe de la conscience de classe, propose comme exemple pour occuper son temps la lecture des Mémoires de Saint-Simon, La recherche du temps perdu de Proust, La comédie humaine de Balzac…
***- Entendre des personnes évoquer, sourire entendu aux lèvres, l’hypothèse d’un baby-boom, au terme du confinement, est insupportable.
***- Les cloches de la cathédrale Notre-Dame de Verdun sonnent et sonneront dorénavant tous les jours à 20 heures en signe de solidarité « à l'adresse des malades du coronavirus, des soignants, des décédés, des familles touchés par la maladie. »

Politique (Coronavirus) (6) : (23 mars) 2020.
***- Le monde, épuisé d’être ce qui est devenu, fatigué, épuisé d’être lui-même, s’effondre. Il lâche les amarres : à chacun-e de se débrouiller pour vivre et reconstruire sur ces décombres.
***- Un grand risque : l’assoupissement, l’endormissement, l’étouffement de l’esprit critique ; un grand espoir : la libération de ses entraves. Sans doute, les deux : à quel poids ? …
***- Cloisonner le monde en petites parcelles individuelles, dépourvues de liens entre elles, chacun-es enfermé-es à la maison : le rêve de tout état totalitaire.
***- En replay, j’entends Angela Merkel, dans sa conférence de presse du 16 mars nommer comme devant être dorénavant fermées les « institutions de prostitutions », les « les bordels » et « institutions similaires » faisant partie des « institutions fermées à la circulation publique ».
Les femmes ne sont plus l’objet d’échanges, mais de « circulation. »
***- Un monsieur, Bd St Germain, m'a aimablement, mais fermement, suggéré de regarder les textes du Forum économique mondial. J'ai trouvé celui-ci de la Tribune. Afrique en date du 13 mars 2020 : Réponse mondiale à la pandémie de coronavirus : il n'est pas trop tard pour agir, signé de Borge Brende président du Forum économique mondial et de Ryan Morhard qui y dirige les activités de sécurité sanitaire mondiale et qui, le cadre du travail du Forum avec des organisations internationales et des dirigeants économiques, « a co-organisé un atelier sur les urgences sanitaires à New York à l'automne 2019, simulant une réponse à un hypothétique nouveau coronavirus. » À lire pour savoir comment le capitalisme ne compte pas baisser les bras et se préparer à son avenir pour mieux limiter le nôtre.
Une phrase relevée : « Rien n'est plus important que de protéger et de sauver des vies. Mais nous devons également tenir compte des conséquences économiques et sociales des épidémies. » Il est des « mais » qui pèsent des tonnes.

Politique (Coronavirus) (7) : (24 mars) 2020.
***- Les salons de coiffure fermés, mes cheveux poussent, mon visage change : je ne dois pas être seule.
- J’ai découvert, avec fierté, qu’avec une lame de rasoir, je pouvais très bien me suffire à moi-même.
***- La pharmacienne : « Dorénavant le Doliprane est uniquement vendu sur ordonnance » : délivrer un tel document - dont on voit mal la logique, sinon d’empêcher les gens de se soigner - n’est sans doute pas la priorité actuelle des médecins, si tant est que l’on puisse en contacter.
***- Le caissier de Franprix : « Nous couper du monde nous rend encore plus malade. »
***- Un médecin, président d’un syndicat de médecine libre, dénonce le fait qu’après 85 ans, on n’intègre plus les décès de coronavirus. « Ce sont des personnes » dit-il.
***- Explosions et révoltes dans les prisons : Nicole Belloubet libère des milliers de prisonniers et veut nous faire croire que cela se fera en respectant les règles…
***- Selon Valeurs actuelles, pour l'Élysée, Emmanuel Macron face au coronavirus, « c'est Clemenceau dans les tranchées ». Le plus terrible, c’est que sans aucun doute, il doit y croire.

Politique (Coronavirus) (8) : (25 mars) 2020.
***- J’ai subitement pensé que Christophe Castener, ses stratèges de la répression, ses policiers devaient être en train de réfléchir à, de se préparer pour savoir comment au mieux réprimer les explosions de vies, politiques incluses, qui ne manqueront pas de surgir au terme de la période de confinement.
***- France Inter nous propose de « poser des question à Gérard Larcher » : tous ces ridicules, ici à son paroxysme, vont devoir cesser.
***- Nicolas Demorand sur France Inter s’adresse à une infirmière : « Tenez bon, on compte sur vous ». C’est curieux, il y a des personnes dont la parole, utilisée dans tous les sens, n’a plus que peu de valeur.
***- La poussière s’accumule dans mon appartement, sans véritable envie de la chasser. Là aussi, le temps se fige.
***- Monoprix : Un panneau devant les caisses : « Toutes nos caisses et tapis de caisses sont nettoyés au moins toutes les trois heures ». Mais les personnes au caisse n’ont aucune protection de quelque nature que ce soit ; la seule personne du magasin pourvue d’un masque celle qui, à l’entrée, est en contact avec la clientèle.
J’évoque avec une jeune caissière l’hypothèse d’une « prime de 1000 euros » entendue dans les médias : elle me regarde comme si, un peu stupide, je croyais au bon dieu.
***- 25 ordonnances promulguées par le gouvernement. « Le gouvernement se concerte tout seul » constate Bruno Jeudy. Je doute même qu’aucun ministre ne les ai lus. Les médias notent cependant - pour ne prendre qu’un exemple - que la durée légale hebdomadaire du temps de travail est portée à 60 heures. Au-delà de certaines mesures financières, jugées nécessitées par la situation, certains ont dû en profiter pour vider les fonds de tiroir. Quant au parlement, il a disparu, sans tambour ni trompette.
***- Concernant l’ordonnance n° 2020-303 du 25 mars 2020 « portant adaptation des règles de procédure pénale sur le fondement de la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 d’urgence pour faire face à l’épidémie du covid », voici l’analyse qu’en fait l’avocat Raphaël Kempf dans Le Monde Diplomatique de mai 2020 : « S’agissant de la justice et des prisons, l’ordonnance débute par une étrange mise au point (article premier) : ‘Les règles de procédure pénale sont adaptées (…) afin de permettre la continuité de l’activité de juridictions pénales essentielles au maintien de l’ordre public.’ La référence à l’ordre public étonne : familière aux spécialistes de droit public ou administratif, cette notion est relativement peu connue du droit pénal (à l’exception discutée, de la détention provisoire ne matière criminelle). Et, en effet, la procédure pénale n’a pas vocation à maintenir l’ordre public, mais à rechercher les auteurs d’infraction et à sanctionner les coupables dans le respect d’un certain nombre de principes (équité, procédure contradictoire, droits de la défense, proportionnalité des mesures de contrainte, personnalisation de la peine, etc..). La constitution prévoit en outre que l’autorité judicaire est ‘gardienne de la liberté individuelle’ : l’ordre public n’est pas constitutionnellement son affaire. »
***- Emmanuel Macron annonce, sans plus de précision, une « opération militaire dédiée Résilience ». Mais selon un communiqué exceptionnellement flou et dès lors particulièrement inquiétant du ministère des armées : « Les armées s’engageront dans l’ensemble des secteurs où elles pourront apporter un soutien à la continuité de l’État » et « ces missions seront adaptées aux contextes locaux ».
***- Martin Hirsch, directeur de l’AP-HP, ose déclarer : « On a aujourd'hui des soignants qui font des efforts qu'on peut qualifier de surhumains. Des primes ? Je ne sais pas, mais il faut qu'on leur dise aujourd'hui 'merci'. Il ne faut pas mégoter avec eux. C'est moral, c'est pour le moral des troupes. Ils en ont besoin. » Ignominieux.
Emmanuel Macron, même jour, dit le contraire. Ou plutôt, il ne fait qu’annoncer - sans chiffrage, sans date - « un plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières à l’hôpital » Ce qui exclut tout retrait de la médecine de la sphère marchande.
***- Le même Martin Hirsch, lui, qui avait autrement exprimé son mépris pour les infirmières, panique et déclare : « On a besoin de milliers de personnes supplémentaires. »
***- Le Canard enchaîné parait sur 4 pages, ce qui n’était pas arrivé « depuis plus de cent ans ».
***- Un dessin intitulé Les effets secondaires du confinement sur le Canard enchaîné : Une femme, manifestement battue s’adresse à un policier : « Comme je suis coincée à la maison avec mon mari, il me bat encore plus qu’avant ». Le policier lui répond : « C’est que vous n’avez pas respecté les distances de sécurité… Je vais devoir vous verbaliser…»
***- Un article du Canard enchaîné révèle que le secrétaire d’État, Laurent Nunez avait, le 18 mars, concernant les « banlieues », lors d’une visioconférence avec des préfets déclaré :
« Ce n’est pas une des priorités que de faire respecter dans les quartiers les fermetures de commerces et de faire cesser les rassemblements. »
Une autre manière de dire : « Qu’ils crèvent m’importe peu » ? Le problème, alors, c’est qu’ils passent, avant, par la case « hôpital public ».
- Ajout. 4 avril, je lis : En Seine-Saint-Denis, une mortalité « exceptionnelle ». La direction de la santé dit « ne pas avoir d'explication dans l'immédiat ».

Politique (Coronavirus) (9) : (26 mars) 2020.
***- Pour rappel : Le G7 est présidé par Donald Trump et le G20 qui représente près des 2/3 de la population mondiale et les ¾ du PIB mondial par Mohammed Ben Salman. On peut donc être rassuré-es quant à la gestion au plan mondial du coronavirus.
***- Sur France Inter, Nicolas Demorand affirme : « Il n’y a plus d’offre ni de demande. »
***- Sur France Inter, Elie Cohen, lui, affirme l’inopérationnalité de la politique actuelle : « arroser de liquidités le système » car ce qui est nécessaire ce n’est « pas le crédit, mais le cash ». Mais surtout, il fait connaître le « tracking », - terme deux fois cités - qui, selon lui, pourrait s’avérer nécessaire dans une étape ultérieure - celle d’une nécessaire reprise de l’économie, au cours de laquelle il faudrait « contraindre les gens à aller travailler » ; définition qui s’oppose à celle concernant ce terme, pour « suivre la propagation de l’épidémie », selon la propagande gouvernementale.
- Une « illusion technocratique » dit justement le 17 avril Jean-Luc Mélenchon ; mais ce qui me pose problème, c’est qu’il était évident que cette pseudo solution était concernant cette opérationnalité, absurde ; alors, pourquoi a-t-on voulu que nous la prenions au sérieux ?
***- À suivre la lamentable évolution gouvernementale du discours sur les masques, je comprends mieux que l’intuition qui était la mienne depuis le début concernant celui sur la nécessité de se laver, sans cesse, les mains, aussi nécessaire soit-elle, avait d’abord pour finalité d’occuper l’esprit, le focaliser sur chacun-e d’entre nous et détourner le regard sur l’essentiel : le gouvernement n’avait rien à proposer.
***- Les raisons de la colère concernant le confinement : nous payons le prix de la faillite de l’État, et plus près de nous, de l’irresponsabilité, des mensonges du gouvernement.
- On fait semblant de ‘découvrir’ publiquement que seules sont officiellement comptabilisés les personnes décédées à l’hôpital.
***- La BNP est fermée.
***- Les plantes, à Paris, dans les jardins publics et les bacs sur les trottoirs, faute de pluie et d’être arrosées, meurent plus ou moins rapidement, un peu partout.
***- Floraison d’appels aux dons : Toutes les failles, les souffrances, les manquements, les pauvretés, les solitudes, les violences de notre société, une fois encore éclatent au grand jour. Une fois encore, après les « Gilets jaunes », les grèves, les manifestations, les révoltes, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Tout est à revoir, tout est à reprendre, tout est à corriger, tout est à inverser, tout est à repenser, à re-politiser. Tout autrement.
***- Cessez le feu au Yémen, en Syrie : Que penser de cette si fondamentale information ? Je ne sais. Il sera aussi question plus tard des Philippines, du Cameroun, de la Colombie…
***- Trois millions de chômeurs / chômeuses aux États-Unis.
***- Les interventions des ‘forces de l’ordre’ suite à des signalements concernant les « violences - dites - conjugales », ont augmenté de « 32% en zone de gendarmerie » et de « 36% à Paris », selon le ministère de l’Intérieur.
***- Conclusion de la réaction de la CGT à la loi d’urgence : « Pour la CGT, l’urgence est de garantir la protection de la santé de tous les travailleurs et de toutes les travailleuses. »

Politique (Coronavirus) (10) : (27 mars) 2020.
***- Entendu, concernant Édouard Philippe, qu’il fait fonction de « syndic de faillite ». La question que je me pose est : « faillite » de quoi ? La liste pouvant être longue.
***- Il y a tant de personnes « confinées » à l’année, et même à vie…
***- On entend parler d’« hécatombe » dans les maisons de retraite.
À l’origine, une hécatombe signifie « le massacre d’un grand nombre de personnes ».
***- Plusieurs avocat-es s’inquiètent sur ses capacités à vivre, financièrement parlant, dans leur (proche) avenir. Entre autres innombrables professions.
***- L’auto-attestation à fournir soi-même à la police. On devient ainsi soi-même le / la producteur / trice de sa propre possible condamnation, selon des catégories qui nous sont par ailleurs imposées ; et qui laisse toute liberté d’interprétation à la police (police municipale incluse) qui, de facto, décide de l’infraction, fait la loi donc.
***- Augmentation des appels de femmes à la police pour violences : elles sont dirigées vers les pharmacies et peuvent y signaler les violences. L’État disperse, dispatche, se libère, se déresponsabilise de ses fonctions.
***- Entendu concernant le confinement : « Une réponse pire que le mal ».
***- Si « gouverner c’est prévoir », je ne donne pas cher de l’avenir de la Macronie.
***- Une crise ? une pandémie ? une tragédie ? un scandale ? une épreuve ? une aberration ? une occasion ? une opportunité ?
***- Les horaires d’ouvertures du numéro de téléphone Violences Femmes-Informations n° 39-19 - normalement ouvert du lundi au vendredi (ou samedi ?) de 9 heures à 19 heures ( ! ) - ont été « réduits ». Il avait été ré-ouvert le 21 mars. Cinq personnes y répondent.
***- L’association Nous toutes, concernant les violences des hommes à l’encontre des femmes : « Il est déconseillé de sortir. Il n’est pas interdit de fuir. » Comment ? Pour aller où ?
***- Il est demandé de ne sortir que pour faire les courses « de première nécessité ». Pourrait-on être verbalisé-es pour être sorties pour acheter du savon ?
***- Entendu une psychologue clinicienne qui savait de qui, de quoi elle parlait, qui resituait les questions dont elle parlait dans leur contexte, qui n’oubliait personne, qui y avait manifestement réfléchi, particulièrement humaine, notamment concernant la mort, notamment concernant l’avenir devant être d’ores et déjà pensé, réfléchi, construit. Cela fait du bien.
***- Marine Le Pen : « Le gouvernement est le plus gros pourvoyeur de fake news depuis le début de cette crise. » Juste. Encore un terme qui doit disparaître… Elle déclare aussi :
« Les frontières, c’est comme la peau : elle sert à laisser passer ce qui est bon et empêche ce qui est mauvais ». Les nationalismes pris au piège des frontières…

Politique (Coronavirus) (11) : (28 mars) 2020.
***- Les soutiens d’Emmanuel Macron quittent le navire : hier Patrick Cohen, sans abandonner pour autant les traditionnels mépris qu’il continue de dispenser sans vergogne.
***- Les policiers-ères, à la fois propagateurs et victimes. Comme nous.
***- La logique du « Restez chez vous » : « Mourrez chez vous ».
***- J’entends qu’Emmanuel Macron se justifie dans la presse italienne concernant sa politique à l’égard du coronavirus : comment ne sait-il pas encore, à son âge, que se justifier, c’est s’accuser. « J’ai bordé cette crise avec sérieux et gravité dès le début lorsqu’elle s’est déclenchée en Chine » y dit-il : Quand cessera-t-il de parler de lui ?
***- Entendu concernant le passage à l’heure d’été ce soir : « Nous perdrons une heure de confinement. »
***- Toutes les requêtes des syndicats de soignants ont été rejetées par le Conseil d’État.

Politique (Coronavirus) (12) : (29 mars) 2020.
***- Entendu : « Une médecine de catastrophe chronique. »
***- Entendu : « Tout contact est une menace. »
***- Recommandations d’hier du premier ministre concernant les EHPAD : une personne confinée dans chaque chambre. Un délégué CGT, rappelant les grèves depuis deux ans : « Vous avez des gens qui parlent de ce qu’ils ne connaissent pas. »
***- Entendu : les « mesures liberticides », en règle générale se prolongent lors que les conditions exceptionnelles qui les ont causées se terminent.
***- Entendu : « Aujourd’hui, on manque de tout. » Pour rappel : il était courant de nommer la France « la cinquième puissance mondiale. » De quoi ? de masques, des tests, de lits, de personnels soignants, de blouses, de respirateurs, de chloroquine, de médicaments de réanimation, de sédatifs…
***- La monnaie, impuissante à régler les problèmes de l’économie réelle ; dans la foulée de ce constat, il est affirmé, sans faux semblants, sans euphémismes qu’après la crise de 2008-2009, seules les banques ont été sauvées.
***- C’est par la mise en œuvre partout de l’intelligence collective - qui n’est ni l’addition d’intelligences individuelles, ni de la majorité d’entre elles - qu’il faut et faudra remplacer l’État : comment penser en effet des alternatives à ce monde dont nous venons dans lequel on trouvait légitime que quelques personnes décident pour tous et toutes ?
***- La société ne fonctionne plus que par ceux et celles qu’elle a le plus méprisé, mal payé, jamais écouté : les infirmières et autres personnels hospitaliers, notamment aides-soignantes, agentes de services hospitaliers, personnels de soin à domicile, les salarié-es agricoles, les routiers, les livreurs, les ouvriers-ères, les artisans, les éboueurs, les caissières, les postiers, les balayeurs …
***- Pour des millions et des millions de personnes en Afrique, en Inde, etc.. l’alternative est soit de mourir du coronavirus, soit du fait du confinement de mourir de faim, la seconde alternative étant, de loin, de beaucoup la plus crédible.
***- Premier coup de boutoir : les « gilets jaunes », deuxième : les manifestations et les grèves contre la réforme des retraites, troisième : le coronavirus.

Politique (Coronavirus) (13) : (30 mars) 2020.
***- Le premier ministre Nigérian annonce le confinement et promet, selon RFI, un « volet social »…
***- L’Afrique du sud, confinée depuis le 27 mars, et où 20 % de la population vit dans des townships et 55 % sous le seuil de pauvreté, doit se contenter, selon RFI, de l’annonce de la création d’un « fonds de solidarité ».
***- Provoquer l’isolement de chacun-e avec tous/toutes est le premier souci, la première ambition des régimes totalitaires.
***- L’esprit critique aiguisé évite l’effondrement des sociétés.
***- Françoise Collin, auteure de : « L’homme est-il devenu superflu ? Hannah Arendt ». 1999. Odile Jacob.
***- 13 millions de personnes en France - jusqu’ici hors sujet…- ne sauraient pas se servir correctement d’internet.
***- Une infirmière : « L’étau se resserre ».
***- BFM.TV. Pour empêcher les critiques politiques du gouvernement, on évoque « les pressions judicaires », puis on les focalise exclusivement sur Agnès Buzyn - il est vrai difficilement défendable - afin de protéger le premier ministre, on affirme ensuite que « la priorité en ce moment est de soigner », et qu’après « on verra ». Parfaite mise en scène : la boucle est bouclée. Quant aux analyses, à la stratégie : porter plainte pour « abstention volontaire » de l’avocat Fabrice di Vizo, du Collectif de médecins C19, elles ont disparu de la discussion. Et enfin, Alain Duhamel recentre le débat sur la seule « communication » du gouvernement, positivement appréciée « depuis samedi » [28 mars donc] ».
***- En réanimation, « les places sont chères » ; « Chaque place compte ».
***- Donald Trump, toujours délicat, auteur de : « Si nous avons entre 100.000 et 200.000 morts, alors nous pourrons dire que nous avons fait un très bon travail »
***- Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis dans Le JDD : « D’ailleurs, d’habitude, le confinement forcé ça s’appelle la prison. Le confinement sans horizon de sortie est insupportable. Alors quand en sortirons-nous? Quelles conditions devront être réunies pour cela ? Nous avons le droit de le savoir. Ceux qui ont été incapables de prévoir l’entrée dans la crise seront-ils capables d’en organiser la sortie? C’est une anticipation vitale. Le pouvoir doit s’y préparer tout de suite. […] Dépêchez-vous, gouvernants, si vous en êtes capables ou bien laissez-nous faire. […] Le mot d’ordre c’est ‘plus jamais ça’ ! […] Être citoyen, c’est-à-dire pouvoir décider pour nous-mêmes sans être esclaves du bon vouloir des livraisons des autres. »
***- France Culture n’a-t-elle, sous l’intitulé : « Le confinement est une expérience philosophique gigantesque » d’autres pensées philosophiques à nous proposer que, au hasard…, celle-ci : « […] Les êtres humains, comme la plupart des réalités ou des idées auxquelles nous sommes confrontés, ont une face claire et une face sombre. […] »
***- Annie Ernaux dans une lettre adressée à Emmanuel Macron lui écrit notamment : « Depuis que vous dirigez la France, vous êtes resté sourd aux cris d’alarme du monde de la santé et ce qu’on pouvait lire sur la banderole d’une manif en novembre dernier - L’état compte ses sous, on comptera les morts - résonne tragiquement aujourd’hui. »
***- Gérard Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, le même qui avait supprimé l’ISF - l’impôt sur la fortune - employant par ailleurs un curieux « je » : « lance un grand appel à la solidarité nationale. Une plateforme de dons sera mise en ligne pour permettre à tous ceux qui le peuvent, particuliers ou entreprises, d’apporter leur contribution à l’effort de solidarité de la nation envers les plus touchés. » L’État fait la manche : « À votre bon cœur, messieurs, dames ». Un certain signe de « panique à bord » ; mais, au 3 avril, le concernant, rien dans son agenda officiel depuis le 4 mars.

Politique (Coronavirus) (13) : (31 mars) 2020.
*** - Concernant l’enfermement des 700.000 personnes, déjà coupées de toute visite, dans les EHPAD : « inhumain » ; « impossible » ; les chiffres de décès dans les EHPAD doivent être annoncés ce soir. Mais ils ne le seront pas. Il n’y a qu’intérêts à les cacher.
***- Que des : « désastres » à l’horizon…
***- ¼ des marchés ouverts vont rouvrir (alors que les supermarchés sont ouverts), en tout arbitraire, mais aucun à Paris (trop riche, trop : Anne Hidalgo ?, trop : Rachida Dati ?) , et en Seine Saint-Denis (trop pauvre, trop étranger ?) En tout cas, dans les deux cas cités, rien à gagner électoralement pour la Macronie.
Et pendant ces temps-là, les maraîchers ne peuvent plus vendre leurs productions.
***- Un médecin de l’Est de la France, répond à la question de la sélection à l’hôpital : la réponse est : « Est-ce qu’il y un maximum de chances pour sauver la personne ? ».
Le 28 mars, Karine Lacombe, cheffe de service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint Antoine, avait été plus franche : « Les places en réanimation [ne sont] pas proposées à des personnes très âgées, comme cela se fait tous les jours. […]. »
***- Le même médecin : « On nous promet [des aides] depuis des semaines et ça n’arrive pas. C’est très pénible. »
***- Les sanisettes ferment. Les Sans Domiciles devront-ils faire leurs besoins comme les chiens ?
***- Crainte du choléra.
***- La seule question, me semble-t-il, qu’il n’est pas possible de poser : est-ce que le confinement était la seule solution possible ? ; avec une variante : ce type de confinement était-il le seul envisageable ?
***- La France, pour soigner ses malades, est dépendante des molécules actuellement bloquées en Inde, en Chine, au Maroc : la France est devenue le pays sous développé et vit ce qu’elle a autrefois imposé aux autres.
***- La CGT porte plainte contre Carrefour pour « atteinte involontaire à la vie » et « mise en danger de la vie d’autrui » et contre Muriel Pennicaud, la ministre du travail devant la Cour de justice de la république qui n’a « jamais entendu intervenir avec son administration de manière efficace pour que la santé et la sécurité des salariés soit assurée. »
L’état est mort, l’état se meurt.
***- La France réalise actuellement 15 tests contre 80 pour l’Allemagne ou 77 pour la Corée du Sud pour 10 000 habitants.
***- Toute la journée, nous avons eu droit aux images d’Emmanuel Macron visitant une usine fabriquant des masques. La télé s’est tellement pliée à la Macronie qu’on ne peut même plus dire qu’elles est aux ordres ; elle reflète un exécutif qui n’est plus lui-même qu’une ombre.
***- Marlène Schiappa encore une fois longuement interviewée, encore une fois, jamais critiquée sur ce qu’elle dit, fait, annonce.
Je me suis prise à penser à l’existence d’une politique d’une « veille » dans lequel des féministes seraient agissantes pour contester au vu de ses contradictions, de ses annonces, de leurs éventuelles réalisations, chacune de ses déclarations. Et je ne vois rien actuellement de la sorte.
***- Dans une vidéo diffusée sur BFMTV, Bruno Le Maire, ministre de l’économie , a déclaré qu'il fallait un « nouveau capitalisme, plus respectueux des personnes ». Marie-Antoinette disait : « Donnez-leur des brioches ».

Politique (Coronavirus) (14) : (1er avril) 2020.
***- Retour sur la chronologie : le 21 janvier, Agnès Buzyn, alors ministre de la santé, affirmait : « Notre système de santé est bien préparé ». Et les CRS gazaient et matraquaient les membres du personnel soignant.
***- Enfin, un signe, concret, d’humanité : Le gouvernement socialiste portugais assure aux étrangers en attente de régularisation l’accès aux soins et à toutes les mesures sociales prévues le temps de la crise sanitaire.
***- Sur Radio Courtoisie (radio d’extrême-droite), j’entends Dominique Paoli, sa présidente : « A bientôt ! quand tout sera rentré dans l’ordre. »
***- France Inter, deux publicités : « Pôle emploi. On est là pour vous » et l’APEC (emploi des cadres) : « L’APEC est là ». À défaut des sauver les salarié-es, sauvons les structures censées les aider.
***- Le directeur général de l'Agence régionale de santé d’Ile-de-France : « Nous sommes au bout de nos capacités d’hospitalisation. »
***- Christophe Castaner annonce sans honte ses chiffres : « 5,8 millions de contrôles et 359 000 PV pour non-respect du confinement depuis le 17 mars » : « La guerre », déclarée par son patron, dans la continuité de son action, est bien contre nous.
Pour comparaison, en Allemagne, si chaque land décide, il n’y a pas d’attestation de contrôle, tandis que les parcs sont ouverts, sans groupements, avec distanciations.
***- Sur Internet, des pages entières de « vidéos pornos gratuites ».
***- France Culture, pour sa part, rediffuse une analyse du 9 octobre 2019, intitulée Le procès de lady Chatterley : je lis et j’entends : « Par sa haute estime du corps et des relations sexuelles mutuelles, Lawrence [D.H. 1885-1930] fait de la sexualité un art de vivre pour la réparation du monde. »
***- Des logiques individuelles régressives, suivistes, révélées et accentuées par les médias : « Je ne sais que faire » ; « Comment faites-vous ? » ; « Que puis-je faire ? » ; « Que dois-je faire ? » ; « Comment faire ? » « Fais-je bien ? » « Ai-je le droit de ? ». Et même : « Quelle case cocher dans l’attestation » ?
***- Dans les émissions de France Culture, intitulées Toute une vie, censées nous cultiver - hier Simone de Beauvoir, aujourd’hui Michel Foucault - je n’entends qu’hagiographies, justifications. Aucun esprit critique ni de la vie, ni de l’œuvre.
- Le lendemain, 2 avril, concernant Claude Lévi-Strauss [1908-2009], France Culture va encore plus loin dans le blocage de la pensée. Je lis : « Après avoir fortement influencé la recherche dans les années 60-70, la pensée de Lévi-Strauss est redécouverte aujourd’hui et révèle toute sa pertinence et son actualité. » On peut entendre le qualifier de « phare ».
Quant à l’émission du 3 avril, elle en fut qu’une défense et illustration - une gageure….- de la philosophie de Paul Ricœur [19013-2015], dont il faut rappeler qu’il nous a été présenté comme le maitre d’Emmanuel Macron.
***- Un avocat, dans un article intitulé La justice part en vrille du Canard enchaîné : « Tout notre droit pénal est par terre. »
***- Les plaisanteries du Canard enchaîné de ce jour sur « les métiers sinistrés » « la prostitution », comparée aux « métiers de bouche », sont insupportables.
***- Le professeur Louis Bernard, chef de service des maladies infectieuses au CHRU de Tours : « Nous réglerons nos comptes après. »
***- Concernant la soi-disant « guerre » contre le coronavirus, je lis dans le discours de Saint-Just du 28 janvier 1793 : « Le peuple n’a pas intérêt à faire la guerre. La puissance exécutrice trouve dans la guerre, l’accroissement de son crédit ; elle lui fournit mille moyens d’usurper. […] Car la guerre n’a point de frein, ni de règle présente dans les lois ; ses vicissitudes rendent tous ses actes des actes de volonté. » [In : Folio. Histoire p.525]
***- La levée du confinement se fera par étapes et sélectivement annonce Édouard Philippe : l’état garde le contrôle et maintient son pouvoir… sur nous, à défaut de celui de pouvoir lutter contre le coronavirus.
***- Une soignante se voit suggérer d’utiliser du valium au lieu et place de la morphine.
***- Le rayon légumes de Monoprix est quasi vide. Beaucoup de fraises d’Espagne.
***- Aux informations de 18 h sur la radio nationale, j’entends : « mesures de contentions » ; « le raid se tient prêt (concernant) les forcenés » ; « On ne part pas en vacances ».
***- Après plusieurs interpellations des associations féministes sur les difficultés, voire les impossibilités d’avoir recours à l’avortement, sur Public Sénat, Olivier Véran, ministre de la santé, a confirmé́ que « des remontées de terrain qui confirment qu'il y a une réduction inquiétante du recours à l'IVG ». Il a préconisé « le recours aux IVG médicamenteuses qui doivent entre encouragées, facilitées, sans restreindre le libre choix des patientes ». Laurence Rossignol, sénatrice socialiste a déploré le rejet de l’amendement qu’elle avait déposé qui aurait reconnu un recours plus facile à l’IVG. « On a dérogé au code du travail, au code des assurances, mais on ne pouvait pas déroger au code de la santé publique. »
Lire l’article de Catherine Durand et Marianne Lecach dans Marie-Claire, Avorter en pleine crise du Covid 19, la solitaire angoisse des femmes.

Politique (Coronavirus) (15) : (2 avril) 2020.
***- Lors d’une des rares audiences pénales dans une palais de Justice de Paris construit pour 9.000 personnes, quasi désert, huit personnes dans le box de 3 m2 des accusés. La présidente : « Ils ne sont pas un peu serrés ? » Puis, « Ah, c’est bon, il y en a un qui sort. » [France Inter, passage ultérieurement supprimé. ]
***- Une infirmière : « On a choisi ce boulot ; on n’a pas choisi ces conditions de travail là. »
***- Mexique : « La moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté ». Commentaire de RFI : « Le coronavirus révélateur des inégalités » : !
***- Trois milliards de personnes dans le monde sont confinées, nous dit-on.
***- Sous couvert de lutter contre le coronavirus, une gigantesque saignée de la population mondiale : ?
***- Où sont les politiques coûts-avantages, au fondement de leurs analyses, des économistes libéraux ?
**- « On ne peut que se soumettre » entend-on souvent, ce qui révèle l’importance de l’analyse selon laquelle une fois que les prémisses d'un raisonnement sont acceptés, il n'est plus possible de revenir en arrière. Il n'est plus possible de critiquer qu'à la marge, laissant le terrain à celui qui les a posés. On est donc alors est impuissant-e. C'est donc au départ qu'il faut être critique.
***- Un-e salarié-e sur quatre est actuellement payé-e peu ou prou par l’état.
***- Un responsable d’un EHPAD : « Le virus ne leur parle pas ; ce qui compte c’est l’enfermement. » Plus rien n’est naturel, vrai, normal ; maintenir un semblant de permanence de vie (aller acheter de l’alcool) est vital. Il dit aussi : « On sait très bien que nos personnels ne sont pas prioritaires dans les hôpitaux. » Ce sont tous les discours, trémolos dans la voix si possible, sur « nos personnes âgées » qui révèle sa fausseté.
***- Dans les médias, les questions intimes, personnelles, sous couvert de diffuser de « l’émotion », si possibles positives, sont de plus en plus flagrantes, banales, escomptées, mais aussi intrusives et violentes.
***- Thierry Breton, commissaire européen, sur France Inter : « Je pense qu’on va pouvoir faire face » ; « L’Europe s’organise » ; « Nous avons une vision globale » ; « Dans les mois qui viennent… » ; « La coordination est là » ; « Les choses sont sous contrôle » ; « Aucun pays ne s’en sortira seul » ; « On va aboutir » ; « On est très pragmatiques » Bref, en résumé, rien ne va….
Sans oublier les mensonges gros comme le nez au milieu du visage : « La solidarité européenne fonctionne » et les esquives lorsque le sujet touche au cœur du capitalisme : concernant les dividendes à verser aux actionnaires : « Je ne vais pas rentrer là-dedans… »
Et enfin l’apothéose : « Je suis très réaliste, mais je vois l’importance de la solidarité. »
Encore une fois, les critiques sont inutiles : il suffit de lire, d’écouter.
***- Thierry Breton, commissaire européen, sur France Inter : « Les 3 % - déficit imposé par l’Europe censés de pas être dépassées par les états - n’existent plus », suivi plus tard de : « Ils n’ont pas disparu définitivement ». Réaction pertinente de Nicolas Demorand : « Alors le monde d’après ressemblera au monde d’avant. »
***- RT diffuse la vidéo, postée le 31 mars, de Sophie Rainville, infirmière dans laquelle elle déclare notamment : « J'accuse le président de la République de non-assistance aux soignants en danger de mort dans l'exercice de leurs fonctions. J'accuse le président de la République d'envoyer son armée blanche au combat, à mains nues, sans armes, c'est-à-dire sans masques FFP2 et autres protections indispensables pour se défendre et pour soigner» […] Vous ne méritez pas votre peuple [...] ce peuple si fraternel lui, ces soignants qui alertent, qui crient, hurlent, pleurent ; vous restez sourd à nos appels, vous en êtes méprisant monsieur, vous nous avez trahis. A jamais le sang de ces hommes et ces femmes en blouses blanches restera indélébile sur vos mains criminelles ».
***- Le Premier ministre portugais juge, à juste titre, la politique Hollandaise de « répugnante » ; qui a dénoncé leur politique non moins « répugnante » concernant le proxénétisme ? En politique, comme ailleurs, rien ne s’oublie.

Politique (Coronavirus) (16) : (3 avril) 2020.
***- Il fut un temps où l’on rappelait de temps en temps que 98 % [puis 95%] des personnes n’étaient pas atteintes par le coronavirus. Ce temps est révolu. Nous sommes bien dans une stratégie de la gestion de la peur.
***- Il fut un temps où l’on parlait d’autre chose du coronavirus. Ce temps est révolu. Nous sommes bien dans une stratégie politique d’enfermement mental.
***- Il fut un temps où l’on comparait le nombre de décès dus au coronavirus de ceux dus par exemple, à la grippe ; où l’on cherchait à s’interroger sur la nature, l’origine, la présentation des statistiques qui nous sont déversées chaque jour. Ce temps est révolu. Nous sommes entré-es dans un monde dont on veut évacuer l’esprit critique.
***- Je découvre sur le site du Ministère de l’économie et des finances une déclaration d’Emmanuel Macron en date du 12 mars 2020 : « Jamais de telles épreuves ne se surmontent en solitaire. C’est au contraire en solidaires, en disant ‘nous’, plutôt qu’en pensant ‘je’ que nous relèverons cet immense défi. ». Nous sommes entré-es dans un monde dans lequel le « Je » non seulement ne doit plus penser par lui-même, mais doit procéder à sa propre disparition… ce à quoi le confinement s’avère une aide particulièrement appropriée.
***- La lutte contre le coronavirus impose par la pensée un totalitarisme mondialisé.
***- A force d’entendre que « le confinement est la seule solution » - dont l’idée et la pratique, peut-on rappeler, viennent de Chine - je me demande si ce ne sont pas d’abord ceux qui nous l’imposent qui cherchent à s’en persuader.
***- Je reviens sur l’intuition qui fut la mienne au tout, tout début de la pandémie : Et si la prise de conscience par l’état de l’incapacité des hôpitaux à assumer leur rôle et leur fonction première, celle de soigner la population, avait été la flagrante, irrécusable incarnation de l’impuissance de l’état, lui-même, à une plus grande échelle. Ainsi, au risque d’une brutale mise à nu, l’État devait réagir pour empêcher le divorce, déjà évident entre lui et la population : en effet, même sa fonction de soi-disant « protection » - sa dernière arme justificatrice - n’était plus audible.
- Je retrouve une référence, notée le 14 mars, émanant de la professeure Anne-Claude Crémieux sur France 24 : « Est-ce que notre système de santé va pouvoir assumer le choc du coronavirus ? c’est tout le problème. » ; suivi de « En France, les hôpitaux se préparent au pire. »
***- Au Burkina-Faso, 100 tests et 16 lits.
***- 10 millions de chômeurs / chômeuses (chiffres officiels) aux États-Unis.
***- Sur BFM.TV, j’entends qu’Emmanuel Macron « s’est affiché auprès du personnel soignant. ». J’entends aussi que « le chef de l’état se pose en père de la nation. »
***- Sur C. News, j’entends rappeler le taux de l’amende : 135 euros, et préciser que, dans l’hypothèse où la voiture contrôlée est en infraction, l’amende est multipliée par le nombre d’occupant-es.
***- En Afrique du sud, dans les towns ships, les petites boutiques ont été fermées ; les super marchés sont ouverts.
***- 6266 détenus libérés depuis le 16 mars.
***- Pas de bac cette année : le ministère de l’éducation nationale a obtenu, ce qu’il désirait depuis tant d’années, notamment du fait de son coût.
***- Ce à quoi il faut s’attendre : vu le coût faramineux de l’arrêt de l’activité économique, il faudra continuer à subir les contraintes qui nous seront alors imposées., pour …sauver le pays ; sans oublier le fait qu’il faudra encore des années surveiller d’éventuelles résurgences dans les foyers de contamination qui ne manqueront pas de perdurer.
***- J’ai écouté Christophe Castaner - un véritable robot glaçant - énonçant les mesures policières pour empêcher de partir en vacances [mon clavier avait parlé tout seul, j’avais écrit : ‘en prison]. Je n’ai pu m’empêcher de penser - mais cette fois ci en pleine conscience - à la politique de Vichy.
***- Brigitte Macron appelle au téléphone Nabila pour le don de 10.000 euros qu’elle a fait à la fondation qu’elle préside. « Je vous remercie pour votre immense générosité ». On aurait pu penser, sans réduire ses interventions en la matière à cet appel, à d’autres engagements. Mais, sans bouleversement de sa part, quelle marge d’action a-t-elle ? Aucune.
***- Les médicaments à usage vétérinaires peuvent être « prescrits, préparées, dispensés et administrés en milieu hospitalier », selon le décret no 2020-393 publié le 2 avril au J.O. Des commentaires dans la presse : « Rien de bien nouveau, depuis des années nous sommes traités comme un bétail dans les transports en commun » ; « Et lorsque la nourriture commencera à manquer, on pourra se tourner vers le croquettes pour chiens et les pâtés pour chats. Un sachet de graines pour oiseaux pour les Végan » ; « Pas de quoi s’étouffer, les humains sont des mammifères comme les autres . ils ont juste un cerveau différent qui leur a permis de détruire leur environnement » ; « Ça y est on est du bétail ; par contre la chloroquine, non, non ; c’est dangereux » ; « Et les animaux malades, que vont-ils devenir ? »
***- Bruno Latour, sur France Inter, auteur de : « Si on ne profite pas de cette situation incroyable pour voir ce qu’on garde ou pas, c’est gâcher une crise, c’est un crime. »
***- Lu dans Le Monde Diplomatique de juin, la déclaration du Syndicat des jeunes biologistes médicaux, à la commission des affaires sociales du Sénat : « Notre stratégie de dépistage est adaptée à nos moyens et non l’inverse ; là où la Corée du Sud fait du dépistage massif et un confinement ciblé, la France a fait un confinement massif et un dépistage ciblé ». Peut-on mieux dire ? [In : Philippe Baqué, Personnes âgées dépendante st sacrifiées. p.20]

Politique (Coronavirus) (17) : (4 avril) 2020.
***- 5 millions de salarié-es en chômage partiel.
***- Depuis le début, je n’ai souvenir de la part de l’exécutif, nous concernant, ni de confiance, ni de compréhension, ni de sympathie, ni d’humanité, ni d’intelligence, ni de bon sens ; de la répression, toujours de la seule répression, avec des résultats, actuellement mitigés : « On peut peut-être en percevoir bientôt les résultats » dit avec précaution un médecin.
***- Les cabinets médiaux « très peu fréquentés ». À force de nous répéter qu’il fallait rester chez soi, ne pas appeler le 15, ne pas aller aux urgences, que le SMU était débordé, que seul le coronavirus comptait, que les autres opérations moins urgentes étaient déprogrammés, que le personnel médical était débordé, risquait leur vie… sans oublier la baisse des revenus, le message a été entendu : même les médecins risquent le chômage.
***- Le chiffre des 3326 mort-es aujourd’hui reconnus aujourd’hui en Chine rend ridicule le gouvernement qui l’a présenté, assumé.
***- Le Conseil d’État, justice administrative, valide la prolongation automatique de la détention provisoire de détenus présumés innocents. « C'est la première fois depuis 1793 [loi des suspects pendant la Terreur] que des personnes vont rester en détention par la volonté du législateur et non par celle du juge », a déclaré Louis Boré. avocat du Conseil national des barreaux.

Politique (Coronavirus) (18) : (5 avril) 2020.
***- Entendu : « Il y a encore trop de monde dans les rues » : S’ils pouvaient nous tuer pour combattre le coronavirus, cela semble être pour certains, la meilleure solution ; les médecins pourraient enfin soigner en paix.
***- Plus le gouvernement veut s’imposer, alors qu’il n’en a manifestement, ni les compétences, ni les moyens, plus chacun-e fait appel à lui et plus il affiche ses contradictions et révèle son impuissance. Personne n’a, bien sûr, la solution, mais cette volonté d’omniscience, d’omni-compétence, vieille persistance des anciennes pratiques étatiques, révèle ici son absurdité. À l’opposé, Angela Merkel, est positivement jugée « sincère et modeste ».
***- La Une du Parisien intitulée Plus jamais ça ! Ils racontent le monde d’après et « nous disent ce qui va changer ». Dormez braves gens ! Quatre hommes, parties prenantes des institutions, riches, blancs. L’avenir est toujours à eux…
- Le Parisien s’est, depuis, excusé; mais n’y voir que l’absence de femmes est une analyse par trop insuffisante.
***- En lisant un commentaire, je me rends compte que l’expression « protection sociale » qui fait florès remplace celle de « sécurité sociale ».
***- Sous couvert d’informer sur les « ruptures de stocks » - aujourd’hui, la farine - les médias participent à la pénurie.
***- Encore une victime du coronavirus : « la transparence ». La transparence d’une politique, ou du moins ce qui nous est présentée comme telle, ne rend une politique ni plus juste, ni plus cohérente, ni plus appropriée.
***- Les hôpitaux ne sont pas débordés, ils sont « très sollicités » ; les médicaments ne sont pas manquants, ils sont « sous tension » ; les soins ne sont pas absents ; ils sont « différés ».
***- Sur C. News, entendu : « Continuons à respecter scrupuleusement les messages que l’on nous impose. » La capacité de cette injonction à pouvoir être appliquée en toutes circonstances ne doit pas, pour l’avenir, être oubliée.
***- Sur C. News, entendu : « Les français semblent en avoir assez (du confinement). »
***- Le chiffre de 160.000 policiers et gendarmes, aidés de drones et d’hélicoptères, pour nous surveiller/contrôler/enfermer/confiner - est répété tout au long de la journée.
***- Sur BFM.TV, lu : « Respect du confinement : les français se relâchent ». Je sens venu - et chez beaucoup sans doute accepté - le temps des dénonciations…de toutes sortes.
***- C’ Politique. Entendu, pour la première fois, dire que le confinement était « le signe d’un échec ».
***- C’ Politique. Entendu, pour la première fois, la crainte, dans le sud de l’Italie, mais sans aucun doute partout dans le monde, d’« émeutes de la faim. »
***- C’ Politique. Entendu Florence Aubenas dire que les Ehpad ont été « la dernière roue du carrosse ».
***- C’ Politique. Entendu évoquer les soignant-es traité-es « comme des pestiféré-es ».
***- C’ Politique. Entendu parler d’« une surmortalité vertigineuse en Seine Saint-Denis ».
***- C’ Politique. Entendu l’expression : « trier les malades ».
***- C’ Politique. Entendu l’expression : « exode urbain ».
***- La préfète du Grand-Est a réquisitionné de son propre chef sur l’aéroport de Bâle-Mulhouse la livraison des masques en provenance de la Chine destinée à la région Bourgogne-Franche-Comté et au département des Bouches-du-Rhône. Réaction, citée par Le Canard enchaîné du 15 avril, de Christophe Castaner : « Comme ils sont à bout de nerfs, là-bas, j’ai gueulé, mais j’ai couvert. »

Politique (Coronavirus) (19) : (6 avril) 2020.
***- Éditorial politique de Nicolas Demorand, ‘journaliste’ de France Inter : un monument. Avec un tel porte-parole, l’État n’a plus besoin de se justifier : il ne peut lui arriver qu’à la cheville. Mais le plus important sans doute, c’est de se rendre compte, au vu de son ‘analyse’ de ce jour, tout ce qu’il a pu dire depuis tant d’années, de la fonction qu’il joue, du rôle que l’on attend de lui et des raisons pour lesquelles il a été choisi, nommé, maintenu à son poste.
***- « L’État tient bon ». La question de la santé est secondaire, celle de la capacité de l’État à « tenir bon », à « maintenir l’ordre » - son ordre - est bien, ce qu’elle a toujours été : première.
***- Nombreuses répressions, dans le monde, à l’encontre de personnes ayant cherché à dire, à savoir, à dénoncer la réalité de la situation concernant le coronavirus, émanant des États, mais aussi des géants du net qui censurent comme bon leur semble, avec le soutien politique de la présidente de l’Union Européenne.
***- Les violences policières, dénoncées depuis le début de la politique de confinement persistent et sans doute s’aggravent, tant les raisons de verbaliser sont nombreuses : nombreuses plaintes.
***- Jamais on n’a tant organisé de numéros d’appels pour « soutiens psychologiques », jamais ces pseudo-aides ne sont apparues aussi dérisoires.
***- 50 requêtes déposées au Conseil d’État.
***- Dans les maisons, comme dans les États, c’est à huis clos que les violences s’exercent.
***- Entendu évoquer, pour la France, une « déferlante répressive ».
***- Entendu sur France Musique que le Metropolitan Opéra de New-York avait cessé de payer ses musicien-nes : ses fonds étaient placés en bourse.
***- Entendu un banquier : « Le système bancaire continue de tourner » ; « Restons calme » ; « On imprime du papier » (et non plus de la monnaie, fut-elle qualifiée de monnaie-de-singe) ; « Qui paiera à la fin ? » ; « Selon quels critères, au nom du principe de précaution, les moyens de production ont-ils été arrêtés ? » ; « Total a perdu 50 % de sa valeur » ; « La santé est le secteur qui a le mieux résisté » ; « Les maisons de retraité restent un secteur porteur sur le long terme » ; « Dans les crises, ce sont toujours les petites gens qui en prennent plein la figure ».
***- « Une femme » a été prise en charge ( ?) grâce ( ? ) au dispositif ( ? ) (de lutte contre les violences) annoncé par Marlène Schiappa dans les grandes surfaces. Combien dans les pharmacies ?
***- La ville de Wuhan cesse le confinement ; 2000 morts (officiels) ce jour aux États-Unis.
***- Je lis le premier texte - radical - qui émane d’ACRIMED [Actions Critiques médias] : Au nom du pluralisme, Taisez-vous ! Acrimed qui se bat, analyse, décortique, critique avec rigueur depuis des années les médias, a donc produit un texte fondamental qui cite nommément tous ceux et celles qui depuis 30 ans « chantent les louanges du libéralisme » et doivent partir.
J’y ajouterai pour ma part tous ceux et celles qui « chantent les louanges du patriarcat ».

Politique (Coronavirus) (20) : (7 avril) 2020.
***- Entendu : « états (européens) dévastés »
***- Entendu : « aujourd’hui, le grand sujet est… »
***- Hervé Gardette de France Culture, pour mieux dévaluer les initiatives politiques - qu’il nomme « des usines à jus de crânes » - actuellement lancées pour mieux penser un autre avenir - propose de s’intéresser au monde des « coléoptères. ». Et ce, non sans avoir préalablement fait positivement référence aux initiatives d’Emmanuel Macron (« Grand débat national », « convention citoyenne pour le climat ») sur lesquelles nous devrions préalablement nous pencher, avant d’avoir la prétention de vouloir du neuf. Si l’on part du principe que c’est aujourd’hui que le monde de demain se construit - demain sera trop tard - alors c’est aujourd’hui qu’il faut dire - ou plus justement, que je dis - que ce genre de ‘journaliste’, ce genre de pseudo-analyse, suiviste, régressive, animalière, stupide, scandaleuse, doit disparaître, et qu’il faut s’interroger pour tenter de comprendre par quels entrelacs de processus nous sommes passées pour en arriver là, pour être tombé-es si bas.
***- Une estimation donne le chiffre de 806.000 élèves « perdus ». Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse, le 6 février 2019, déclarait : « Les enjeux numériques font évidemment partie des grands défis de notre temps, car ils dessinent un horizon de progrès s'ils sont mis au service de l'élévation du niveau des élèves et de la justice sociale. »
***- Jamais, nous dit-on, nous n’avons été plus connectés - les millions de ceux et celles qui n’ont pas accès, ni les compétences, ni la culture, ni l’envie d’internet ayant été depuis longtemps relégué-es, oublié-es au magasin des antiquités - jamais nous n’avons eu si peu d’informations, d’analyses concernant, concrètement, la manière dont vivent mal les trois milliards, nous dit-on, de personnes confinées. Le postulat étant, sans doute que révéler les mal-être, les difficultés, les manques, les souffrances, les insupportables ne pourraient que rendre plus insupportable encore le confinement. Ce que certains nomment : la transparence : ?
- Mais alors ne suis-je pas en droit de penser : « Qui pense à nous ? » suivi de : Le coronavirus n’est-il pas le deus ex machina qui permet, autorise, légitime cet « oubli » ?
- Pour rappel : le deus ex machina signifie : « Personnage, évènement dont l’intervention peu vraisemblable apporte un dénouement inespéré à une situation sans issue ou tragique ».
***- Entendu sur LCI concernant la situation en Espagne : « Le pays manque d’unité, ce qui n’arrange rien. »
***- Le ministre Olivier Véran a annoncé la suspension des plans hospitaliers. « Pour l'instant ce sont des mots. On attend les faits » a réagi sur France Info Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers, qui rappelle qu'il n'y a pas eu un « centime pour l'hôpital » dans le plan d'urgence voté par l'Assemblée nationale.
- Emmanuel Macron n’a, pour sa part, jamais parlé d’« augmentations de salaires », mais de « revalorisation des carrières ».
***-Tous les bancs publics de Béziers de la ville vont être retirés. « On n'a aucune raison de flâner » déclare son maire Robert Ménard ; la ville de Biarritz a interdit la « station assise de plus de deux minutes » sur ses bancs, décision ultérieurement retirée.
***- Bertrand Badie, dans L’Humanité : « On n’a pas su déterminer à quel point cette incroyable accélération des contacts, des communications et des échanges était dans le même temps une mise en commun de tous les défis que chaque individu chez soi peut rencontrer. »
***- Bandeau de BFM.TV. « Seine Saint-Denis : Macron avec les soignants. » Non : il discutait avec « les professionnels de l’action sociale ».
***- La présentatrice de l’émission C’ dans l’air, Caroline Roux, auteure de : « Toutes les économies du monde font monter l’État en première ligne ». En attendant leurs faillites, pour ramasser la mise ?
- Je me souviens, concernant la seule France, que le président du Medef - après avoir soutenu le discours d’Emmanuel Macron du 12 mars au cours duquel celui-ci avait répété à plusieurs reprises : « Quoi qu’il en coûte », - avait conclu par un sibyllin et inquiétant : « On fera les comptes après ».
***-Toute référence au retour de « l’état-providence », prolongeant le passé par un retour à ce mythe, interdit les analyses prenant en compte le poids des rapports de force actuels dans la reconstruction du monde de demain et les stratégies actuellement mises en œuvre.
***- Dans C’ dans l’air, Dominique Seux, grand défenseur des entreprises et de l’économie libérale, auteur d’un stupéfiant : « À mon avis, il y a plein de bonnes nouvelles »…qu’il n’a pas cru nécessaire de spécifier. Ce qui ne l’empêche pas par ailleurs d’affirmer que les « centaines de milliers d’artisans » des TPE, des PME, des PMI sont « le point mort du plan de soutien à l’économie. »
***- Dans C’ dans l’air, j’entends Éric Woerth - auteur à répétition de son célèbre diagnostic : « Il y a trop de lits d’hôpitaux » - député Les Républicains, déclarer : « L’État c’est la dernière chose qui reste. »
***- Sophie Fay, journalise à L’Obs, affirme que l’État ne veut pas aider « les entreprises mal en point », ni donc « sauver les entreprises qui n’étaient pas viables avant le coronavirus ».

Politique (Coronavirus) (21) : (8 avril) 2020.
***- Patrick Martin, vice-président du MEDEF sur RFI, auteur de : « Il y a des secteurs qui vont être complétement laminés. »
***- « Tous les droits de retrait sont contestés par les entreprises » dénonce la CGT qui appelle à la grève et rappelle toutes ses revendications.
***- Sur France Info, un homme écrit : « Existe quelque part une liste des ‘motifs familiaux impérieux’ ? Avec ma compagne, le confinement nous a trouvé dans des villes différents (Paris - Nice). En ce moment elle est malade (pas de covid) et en détresse émotionnelle importante, je veux la joindre, mais je ne sais pas si cela compte comme motif familial impérieux. Quels sont les critères pour décider ? C'est l'agent de police qui va décider si c'est impérieux ou pas ? Merci »
Que l’état de nos plus élémentaires libertés, auxquelles ajouter la plus élémentaire humanité en soit là, fait froid dans le dos.
Autrefois, certain-e décidaient de passer, sans autorisation, la ligne de démarcation.
***- Selon Le canard enchaîné, Emmanuel Macron a confié à un proche : « Depuis le début, on voit bien que ces médecins (ceux qu’il a nommés pour conseiller le gouvernement) naviguent à vue, ce qui ne facilite pas la prise des meilleurs décisions et n’aide pas à une claire compréhension de nos choix. ». Pourquoi alors n’a-t-il cessé de les mettre en avant et par là même de tenter de se déresponsabiliser ?
***- Le Canard enchaîné publie en première page un article intitulé Tout est bon dans le porno, et nomme « ce secteur » qui « profite de l’embellie pour faire connaître le meilleur de son catalogue en proposant une sélection de films - définis comme « les longs métrages du cul » - en accès gratuit ».
- Et en dernière page, dans un article intitulé « mauvaise passe », le Canard enchaîné relaie les demandes du Strass et du Parapluie rouge, pour « aider leur profession. » Puis, sans doute pris d’un léger scrupule, Le Canard, sans transition, écrit : « Ou plutôt pour empêcher les prostitués et les prostituées de crever de faim. ».
La rigueur de la pensée, concernant la prostitution, la proxénétisme, la pornographie, est décidément de mise au Canard enchaîné. Quant à ses jeux de mots, ils sont lamentables.
***- Titre de l’article de Libération, interviewant l’avocat Raphaël Kempf : « L’État d’urgence sanitaire, c’est au sens strict, la police qui fait la loi. »
***- Décret n° 2020-412 du 8 avril 2020 relatif au droit de dérogation reconnu au préfet :
« Le préfet de région ou de département peut déroger à des normes arrêtées par l'administration de l'État pour prendre des décisions non réglementaires relevant de sa compétence dans les matières suivantes : Subventions, concours financiers et dispositifs de soutien en faveur des acteurs économiques, des associations et des collectivités territoriales ; Aménagement du territoire et politique de la ville ; Environnement, agriculture et forêts ; Construction, logement et urbanisme ; Emploi et activité économique ; Protection et mise en valeur du patrimoine culturel ; Activités sportives, socio-éducatives et associatives.
La dérogation doit répondre aux conditions suivantes : Être justifiée par un motif d'intérêt général et l'existence de circonstances locales ; Avoir pour effet d'alléger les démarches administratives, de réduire les délais de procédure ou de favoriser l'accès aux aides publiques ; Être compatible avec les engagements européens et internationaux de la France ; Ne pas porter atteinte aux intérêts de la défense ou à la sécurité des personnes et des biens, ni une atteinte disproportionnée aux objectifs poursuivis par les dispositions auxquelles il est dérogé. » [Paru au J.O du 9 avril]
- En résumé, les préfets ont les pleins pouvoirs ; aucune information gouvernementale n’a été effectuée.

Politique (Coronavirus) (22) : (9 avril) 2020.
***- Entendu sur France Inter : « Une vie est sauvée toutes les huit minutes en restant chez soi ». Félicitations aux mathématiciens qui ont pu produire ce brillant résultat.
***- Christine Lagarde, présidente de la BCE, annonce que celle-ci « déverse des liquidités ».
- Elle a précisé que « les prêts garantis par l’État », relevaient de la décision des banques.
- À la question concernant « le temps qui sera nécessaire pour amortir, rembourser les dettes des États », elle répondit : « sur le long terme ; ça prendra beaucoup de temps ». Bref, nous avons tous et toutes la corde au cou, et pour longtemps.
- À une question sur une possible « annulation de la dette » des États, un vigoureux « Impensable » a fusé ; puis elle s’est reprise : « On se posera la question plus tard. »
- À la question : « Qui paiera ? les citoyens européens ? » elle n’a pas répondu, mais il m’a semblé que pour elle, la réponse était évidemment - peu ou prou - dans la question.
- À la question concernant la possibilité d’un « revenu universel » actuellement pensé en Espagne, elle répondit par la mise en place de « mécanismes de prise en charge du chômage au niveau européen ». Un refus clair donc.
- À la question concernant « la fin de la mondialisation », elle a parlé de « relocalisation des produits déterminés. » Hors sujet donc, pour elle.
- À la question concernant la santé des banques, elle a répondu que « les banques sont bien plus solides qu’en 2008 ». ce qui n’est pas vraiment une garantie. Qui plus est, faut-il rappeler que les banques ont été remises à flots par les États, et donc par nous ?
- À la question concernant l’inflation, elle a déclaré : « On voudrait bien en avoir un peu plus », ce à quoi le journaliste a justement réagi en disant que ce n’était pas nécessairement le souhait de tous.
***- Il est des phrases qui apparaissent surréalistes : un exemple ce matin concernant l’organisation - « pas prête » - de la traçabilité, ou du tracking des personnes via leur smartphone, la journaliste de France Inter pose la question : « Quels risques pour nos libertés ? »
- La destruction de l’idée même de droit, comme le demande la Société du Mont Pèlerin, semble en bonne voie de se réaliser.
***- Sur France Inter, Dominique Seux nous informe que ceux et celles dont les revenus sont garantis, « pourront dépenser plus tard ». Ouf… On est soulagé-es…
***- BFM.TV. Une jeune femme interviewée dans la rue : « Il faut respecter les consignes du gouvernement. » Le matraquage officiel n’est sans doute pas suffisant.
***- Sur France Culture, un homme, très convaincant, dénonce les graves dangers pour les « intermittents de l’emploi » du maintien de la réforme de l’assurance chômage, simplement « suspendue » et non pas annulée et demande l’instauration d’un revenu régulier garanti pour tous. Le ‘journaliste’ : « Votre réaction va bien au-delà de la situation actuelle ». La pensée doit se limiter au jour dit.
***- Un appel des psychiatres, publié dans Le Parisien, attire l’attention sur les « près de 2, 5 millions de personnes prises en charge en psychiatrie, en ambulatoire ou en hospitalisation. » On lit aussi ce salutaire rappel : « L’histoire nous invite malheureusement à la plus grande vigilance. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l’abandon des populations psychiatriques avait entraîné la mort de 76 000 personnes au sein des hôpitaux psychiatriques censés les protéger, dont 45 000 à cause de la faim et du froid. Ce choc a été fondateur de grandes transformations et donné naissance à la psychiatrie contemporaine. »
***- Un médecin épidémiologiste, Antoine Flahault affirme que le confinement a été décidé « pour ne pas engorger les hôpitaux. »
- Je retrouve en ce sens une réaction de ma part écrite (avant donc le confinement) le 14 mars : « Est-ce soudainement le souci de la santé des citoyen-nes qui focalise l’intérêt des États les concernant, au point de tout leur sacrifier (économie, échanges, culture, y compris leur bien-être) ? N’est-ce pas plutôt par la vision des hôpitaux dépassés, incapables de faire face à l’afflux de malades qui seraient alors devenus les symboles de l’impuissance des États qu’il leur est impossible d’assumer ? Ce serait alors pour eux reconnaitre, dévoiler, révéler que la vie de leurs ressortissant-es n’avait été jusque-là que le dernier de leur souci ? »
***- Le centralisme à la française : Le Cantal et la Lozère où aucun décès n’a eu lieu, sont confinés comme à Paris et en Seine Saint-Denis.
***- Christophe Castaner, concernant l’efficacité du port du masque, auteur d’un inoubliable : « un sujet problématique » « qui n’est pas médicalement garanti ». Mais comment peut-on être aussi bête ? Et tout cela, pour tenter de cacher l’absence de masques (et de tests) en France. C’est sans doute cette malhonnêteté qui, non content d’être incompétent, est et sera le plus vivement reproché au gouvernement.
- Il n’oublie cependant pas de rappeler ses faits d’armes : « 568.000 verbalisations ».
- Pour rappel, Sibeth N’Diaye, porte-parole du gouvernement avait, elle, le 20 mars, déclaré qu’elle « ne sait pas utiliser un masque. »
***- Emmanuel Macron rencontre à Marseille le professeur Didier Raoult : soudainement, les médias nous le présente quasiment comme son premier défenseur, celui dont il a toujours reconnu la valeur. Les mensonges dépassent l’entendement.
***- Bruno Le Maire : « Nous mettrons tout en œuvre pour sauver l’économie ». Faisons-nous partie de « l’économie » ? Non.
***- Boris Cyrulnik qui affirme que « le confinement est moins important que la signification qu’on attribue au confinement » oserait-il défendre son argument face à une femme enfermée avec son bourreau ?

Politique (Coronavirus) (23) : (10 avril) 2020.
***- Entendu sur France Inter : « un océan de mauvaises nouvelles ».
***- En France, toutes les plages, tous les quais, les bords de rivière, les jetées, les forêts, les montagnes sont interdit-es d’accès.
- Peut-on mieux expliciter l’alliance entre les sociétés d’enfermement, de contrôle, de discipline ; et donc l’institutionnalisation de la soumission ?
***- En France, la sortie du confinement - à distinguer de la fin de « l’état d’urgence sanitaire » - sera d’autant plus difficile à être proposée, effectuée que le confinement avait été décidé globalement sans réflexion et qu’alors, toutes les mesures, posant des échéances, différenciant, opposant les un-es aux autres seront nécessairement vécues comme incohérentes, discriminatoires et qui plus est médicalement injustifiables, car le virus sera nécessairement toujours présent.
***- En France, on ne peut se rendre auprès d’un parent mourant, mais on peut se rendre au supermarché.
***- J’apprends sans moyen de vérifier qu’au Maroc, en Grèce, en Turquie, il est facile d’obtenir des masques de protection.
***- Cette « redécouverte » des personnes « oubliées » sans lesquelles la société ne fonctionnerait pas, s’inscrit dans la droite ligne des luttes des « gilets jaunes ».
***- C’ dans l’air. Entendu : « Les conséquences économiques vont être épouvantables ».
- Cette prévision me remémore dans cette même émission, le 7 avril, intitulée Faillites, chômage. Jusqu’où peut aller l’État ? la vive réaction d’Elie Cohen - présent sur toutes les chaines, et donc à ce titre, politiquement fonctionnel - à l’écoute de Christophe Barbier, lequel avait prédit l’augmentation des impôts. Ce que j’avais alors interprété comme : continuons à endormir le peuple, ne l’inquiétons pas. Nous saurons, comme d’habitude, comment faire, c’est à dire, comme avant, sans lui.
***- James K. Galbraith, soutien de Bernie Sanders, prévient : « Beaucoup de gens pensent que ça va passer et qu’on va ensuite revenir à la situation antérieure. Mais je crois que tous ceux-là vont découvrir que ça ne va pas être possible. […] Parmi les investisseurs de Wall Street, ils sont nombreux à penser qu’ils vont avoir beaucoup de chances pour acheter des propriétés, des titres, des biens à très bon marché. S’ils font ça, cela va mener à une lutte civile très sévère. Il est inadmissible que les ménages endettés et sans revenus soient les seuls à être pénalisés car ils ont été obligés de coopérer avec l’effort contre l’épidémie en restant chez eux. »
***- Article dans Les Échos d’Éric le Boucher : « Il faut sortir la France du confinement », dans lequel il écrit : « On doit en revenir à la stratégie de l’immunité collective et accepter les morts qui vont avec. […] La préservation de la vie est un principe sacré, mais le retour au travail et la défense des libertés individuelles, qui fit tant de morts, représentent aussi une valeur humaine ». Traduction : Le sacrifice de vos vies pour le retour de nos profits.
***- L’OIT, auteur de : « En Inde, près de 400 millions de travailleurs de l’économie informelle risquent de sombrer plus profondément dans la pauvreté pendant la crise. »
***- Grand corps malade chante Effets secondaires.

Politique (Coronavirus) (24) : (11 avril) 2020.
***- L’envahissement et le rétrécissement de notre espace mental ne peut que laisser des traces profondes.
***- Sur France Inter, Adeline Hazan, controleure générale des lieux de privation de liberté annonce que 200.000 masques ont été distribués aux surveillants mais que rien n’est prévu pour les personnes en prison. Peut-on plus clairement dire - non pas que la vie des prisonniers a moins de valeur que celle des surveillants - mais qu’elle n’en a aucune ; et que donc programmer leur mort ne porte pas à conséquence.
- Elle affirme aussi que les psychiatrie est « traitée comme la dernière roue du carrosse ».
- Elle précise aussi que dans le chiffre de 8000 détenus en moins dans les prisons doit prendre en compte pour environ la moitié, le fait « les tribunaux fonctionnent en mode dégradé ». Concrètement, on ne met plus en prison parce qu’il n’y a plus de justice.
- Elle dénonce aussi, comme tant d’autres, le fait que les mandats de dépôts ont été prolongés. Concrètement, si on libère certains détenus, on prolonge pendant 2, 3, 6 mois la détention des autres ; et ce, sans contrôle du juge.
- Une femme dénonce la situation dans les Centre de rétention - « des lieux de mort » et dit : « ces murs fermés n’ont plus lieu d’être ». Commentaire du ‘journaliste’ : « C’était plus un témoignage qu’une question. »
***- Écouté Serge Reggiani, dans son envoutante chanson Les loups ont envahi Paris, dont voici les paroles de début : « Les hommes avaient perdu le goût / De vivre, et se foutaient de tout / Leurs mères, leurs frangins, leurs nanas / Pour eux c´était qu´du cinéma / Le ciel redevenait sauvage, / Le béton bouffait l´paysage... d'alors » et celles de fin : « […] Les loups ont envahi Paris / Cessez de rire, charmante Elvire / Les loups ont envahi Paris. / Attirés par l´odeur du sang / Il en vint des mille et des cents / Faire carouss´, liesse et bombance / Dans ce foutu pays de France / Jusqu´à c´que les hommes aient retrouvé / L´amour et la fraternité.... alors… / Les loups ououh! Ououououh ! / Les loups sont sortis de Paris / Soit par Issy, soit par Ivry / Les loups sont sortis de Paris / J'aime ton rire, charmante Elvire / Les loups sont sortis de Paris / J´aime ton rire, charmante Elvire / Les loups sont sortis de Paris... »
***- C. News. « Toute la capitale est quadrillée par les forces de l’ordre » (pour empêcher les départs en vacances).
***- La politique concernant le coronavirus est celle menée concernant les exilé-es, réfugié-es, demandeur-eues d’asile : étaler dans le temps, gagner du temps, à n’importe quel prix.
***- Décision du maire d’un blocus routier autour de Sète, récusée par le Préfet.
***- On peut acheter des fleurs dans les supermarchés, mais pas chez les fleuristes.
***- Sur France Inter, une émission intitulée Économie, ordre mondial : Quelle nouvelle donne ?, trois invité-es pour en débattre : le directeur de l’Institut français de relations internationales, la cheffe économiste du groupe Rothschild, un historien économiste de l’EHESS, qui n’ont bien évidemment aucune réponse à proposer. C’est pourtant à eux à qui l’on demande de penser le monde de demain : preuve s’il en était encore besoin que la bataille de l’avenir est bien d’ores et déjà menée.
- Un homme au téléphone demande que plus personne ne parle plus de « charges sociales » au lieu et place de « cotisations sociales » ; un second évoque l’annulation de toutes les dettes, ce qui est refusé, posé en lien avec l’élection d’Hitler, puis « une erreur » ; « tout le monde en sera victime ».
- J’y entends qu’en Inde, il y aura « plus de morts par confinement que de morts du coronavirus ». Sans aucun doute, pas uniquement en Inde.
- J’entends aussi rappeler le nombre de morts habituels par semaine : 11.500 (à comparer donc avec le nombre de décès par le coronavirus). Je vérifie : le chiffre officiel (donc faux) est de : 13.832 morts au total.
- Peut-être est-ce la difficulté morale clairement affichée à entrer dans cette analyse de coût / avantage qui perpétue ce qui nous est imposé comme relevant du fondement de la politique de confinement.
- Et si le monde s’effondrait sous nos yeux pour ne s’être jamais posé la question de la prise en compte dans ses décisions politiques, de la valeur de la personne humaine ?
***- Le vice-président du MEDEF demande la reprise du travail, pour « prendre part à l’effort de guerre » et aider l’état.
***- Et si les syndicats, en refusant de reprendre le travail, faute de protection appropriée du coronavirus, prenait ainsi leur revanche sur des siècles de non prise en compte par le patronat de leurs vies ?
- Emmanuel Macron qui, depuis le début de la décision du confinement a déclaré n’agir qu’en fonction de la « science » et sur le seul fondement de la nécessité qui serait celle de combattre le coronavirus, - auquel il a « déclaré la guerre », qu’il devrait logiquement gagner - est dès lors piégé entre deux logiques contradictoires. Il n’est certes pas le seul…
Il ne peut s’en sortir qu’en louvoyant, une fois encore.
***- Sur France-Info, je lis que « plusieurs femmes de ménages françaises » travaillant en Allemagne pour une société de nettoyage « se sont vues refuser du jour au lendemain l'entrée dans leur entreprise ».
***- Alerté par la SPA (Société protectrice des animaux) sur la diminution des adoptions Christophe Castaner tweete : « Nos animaux de compagnie ne doivent pas être des « victimes collatérales » du Covid 19 […] » : comme les blessé-es l’ont été par les policiers par les tirs de LBD ?

Politique (Coronavirus) (25) : (12 avril) 2020.
***- Le consultant médical de C. News, lui-même médecin, répète, à deux reprises que sa chambre avait été « transformée au chambre d’hôpital » ; « ma femme était mon esclave ; mon infirmière » dit-il, sans gêne, là non plus.
***- Un autre médecin, sur cette même chaîne, critique les enfants qui jouent dans les cours et qui risquent de contaminer dès lors toute la famille : quelle humanité s’exprime-t-elle ?
***- C. News. « Emanuel Macron devrait encore serrer la vis » (dans son allocution de demain).
***- À entendre toutes les critiques des signes de vie, voire de survie - aujourd’hui ce sont les joggeurs qui sont l’objet de l’opprobre : trop nombreux, respirent plus que les autres (oui…) -, il me vient de plus en plus à l’esprit que, décidément, pour certain-es, nous sommes de plus en plus nombreux à être vécus comme des gênes sur leur terre…
***- Un sujet dont je n’ai pas entendu parler : la diffusion des idées défendues dans Le Droit à la paresse de Paul Lafargue.
***- Une ambition politique à la portée de chacun-e : ajouter remplacer au soi-disant devoir civique de « rester chez soi » par la question : « Que puis-je faire pour qu’il en soit demain autrement qu’aujourd’hui ? », faute de quoi nous continuerons à dépendre de ceux qui depuis si longtemps nous mènent là où ils veulent que l’on aille.
- Présenter, proposer un exemple, normaliserait ce projet qui ne peut avoir de signification politique que s’il est laissé au libre jugement de la valeur de chacun-e.
- Ceci écrit, je comprends mieux mon malaise concernant les applaudissements programmées à 20 heures en tant qu’expression de soutien au personnel soignant ; de spontané et signifiant qu’il fut à ses débuts, il est devenu, étant de facto contraint, conforme, conformiste.
***- Lu « Nous sommes en prison ».
***- La composition de l’émission, L’esprit public, déjà depuis longtemps sclérosée, de France Culture : Alain Finkielkraut, Christine Ockrent, Aurélie Filippetti (censée incarner ‘ la gauche’), Elie Cohen intitulée Comment faire repartir un monde à l’arrêt, illustre me semble-t-il l’analyse selon laquelle plus un système est remis en cause, moins il est à même de se renouveler ;… et, ici même, plus ses défenseurs affirment avec assurance leur vérité.
- J’ai été frappée par le fait qu’Elie Cohen, « l’économiste », n’a strictement rien à dire concernant l’avenir, ce qui est censé pourtant faire partie de ses compétences, notamment concernant les conséquences de l’endettement actuel de la France . Du constat qu’il fait comme tout une- chacun-e : chute du PIB, il saute d’un bon à sa prévision d’un monde - qu’il souhaite manifestement - celui d’un capitalisme numérique, « immense terrain d’expérimentation ». Là ses interrogations concernent la compétition USA-Chine. Nous, beaucoup moins intéressant-es pour ses spéculations, il nous a perdu-es depuis longtemps.
***- C’ dans l’air : Un autre système s’effondre : les sondages d’opinions. Jérôme Fourquet de l’IFOP délivre ses analyses concernant la situation actuelle sur la base d’une étude de suivi de « 30 personnes ». J’ai appris que « plein de questionnements se bousculent dans leur tête. »
***- Gilles Le Gendre, patron des député-es de la LREM, enfin a déclaré l’arrêt de mort de la Macronie, déjà bien mal en point : d’abord par l’abandon de ses deux réformes symboliques : les réforme des retraites, et implicitement celle de l’assurance chômage ; ensuite par cette phrase qui en est la condamnation : « Notre majorité devra faire prévaloir le compromis plutôt que l’affrontement. » L’avenir : « […] résister aux vieilles lunes, comme l’acte de décès de la mondialisation ».
***- Le PS demande à Emmanuel Macron un « état d’urgence sociale » : « une part de la population ne se nourrit plus à sa faim. ». Un certain nombre de propositions sont avancées : trop peu clair, trop peu explicite, trop peu radical, trop peu courageux.
***- La présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen a déclaré que les personnes âgées pourraient être confinées encore plusieurs mois. Autant dire que l’Europe serait soulagée de leur mort et donc la décrète. Elle a même affirmé, sans se rendre compte sans doute de ce qu’elle disait, que « c’était une question de vie ou de mort ».

Politique (Coronavirus) (26) : (13 avril) 2020.
***- Christiane Taubira, ancienne ministre de la justice, auteure de: « Nous les gens raisonnables »…
- Elle relève, justement comme particulièrement emblématique, que les chefs d’état n’ont pas même été capables de se réunir.
***- Le petit jardin public de la rue Monge à nouveau timidement (une seule porte) ouvert : la décision de le fermer n’en paraît que plus absurde.
- L’ouverture ne fut que temporaire.
***- Une affichette sur un arbre : « Masque à vendre » suivi de l’adresse.
***- Franprix nous demande d’être « civils et courtois, rationnels et solidaires ».
***- En Équateur « les morts s’accumulent ».
***- Une femme vivant avec ses deux filles et son fils « handicapé mental », privé de ses quelques rares repères - aller dans les grandes surfaces - autant de fragiles soupapes, est violent contre lui-même, et contre elle. Ses voisins l’ont informée qu’il l’entendait crier.
***- Devant moi, chez Carrefour, une femme achetait « deux poireaux ».
***- Selon Huffington Post, « À Chicago, 23% des habitants sont noirs, mais ils représentent 58% des décès liés à la maladie. À Milwaukee, les Noirs comptent pour environ un quart de la population, et la moitié des cas de Covid-19. En Louisiane, sept victimes du virus sur dix sont noires. »
***- Une femme accouche dans une boulangerie. Et, plus inquiétant, le mari « a attendu dehors ».
***- Sur France Info, Véronique Fayet, présidente du secours catholique, auteure de : « Tous ceux qui étaient un peu sur la corde raide passent malheureusement en dessous de la corde» ; « Beaucoup de gens vont sortir fracassés de cette crise parce qu'ils auront beaucoup souffert, il leur faudra un temps de repos avant de repartir ».
***- Sur BFM.TV, j’entends que « le nombre de décès baisse », ce qui serait une preuve de l’efficacité du confinement. Mais il n’est pas rappelé pas que ce chiffre ne comptabilise ni les mort-es en EHPAD, ni les mort-es à domicile.
- Et les médias en France consacrent de sérieuses émissions sur la crédibilité des statistiques …partout ailleurs.
***- La vice-présidente du MEDEF, auteure de : « S'il faut mettre un coup de collier pour pouvoir reprendre, on mettra le coup de collier ». Noter ce « on » admirable ; noter aussi cette réaction : « Elle nous pris pour des chevaux de trait. »
***- Même Paris Match publie un article sur « le tollé » suscité par les propositions du MEDEF : « indécent », « cynisme », « goudron et plumes » ; et je peux rajouter « dégueulasse » émis par un éminent-homme-de-gauche qui m’est apparu comme se libérant soudainement de dizaines d’années de compromissions.
***- Rappel salutaire : Pierre Dac : « La prévision est un art difficile, surtout en ce qui concerne l’avenir. »
***- L’inquiétude confuse qui rôdait prend de l’ampleur et s’exprime parcimonieusement mais publiquement : et si, indépendamment même des conditions dans lesquelles elle a été décidée, cette « politique de confinement » massive, aveugle, était absurde ? Et inefficiente ?
- Le : « Il n’y avait pas d’autre alternative », sans cesse répétée par les médias est la copie conforme du TINA de Margaret Thatcher.
***- Sur France Inter, Michel Wieviorka, « sociologue » auteur de : « Il ne serait pas responsable de critiquer le gouvernement », suivi d’une référence à « l’union sacrée ». Qu’est-ce que la sociologie a à faire là-dedans ?
- Au cours de la même émission, concernant l’avenir de la démocratie, j’entends une personne responsable d’association parler d’un projet « avec les citoyens, pour les citoyens », mais non pas : « par les citoyen-nes ».
***- Emmanuel Macron, dans son discours de ce jour, auteur de : « Nous voilà tous solidaires, fraternels, unis, concitoyens d'un pays qui fait face. Concitoyens d'un pays qui débat, qui discute, qui continue de vivre sa vie démocratique, mais qui reste uni. Et je veux ce soir partager avec vous, au cœur de l'épreuve, cette fierté. » Il n’a pas le droit de dire cela, de nier les oppositions, les critiques et de les noyer dans un consensus auquel il est le seul à sembler croire.
- Dans la lignée de son précédent discours guerrier, il nomme les « confiné-es » d’un élégant et dynamique : « la troisième ligne ».
- Rien sur la réouverture des librairies, des bibliothèques, rien ni sur le présent, ni sur l’avenir concernant le monde de « la culture », actuellement un champ de ruines.
***- Selon Santé publique France, entre le 1er et le 31 mars en France, l’âge moyen les décès liés au Covid-19 est de 80,5 ans. 62,3% de ces personnes présentaient des comorbidités.
***- Lu dans Reporterre : Le 3 mars le gouvernement a publié l’appel d’offre de gaz lacrymogène pour plus de 3,6 millions d’euros, « au profit de la police nationale et de la gendarmerie nationale », précisément de « petite », de « moyenne », de « grande capacité. » Mais ce n’est que le 28 mars de le ministre de la santé a annoncé que le gouvernement avait commandé 5 millions de tests rapides du coronavirus ; tandis que le 12 avril, le ministère de l’Intérieur a lancé un appel d’offre pour des drones de surveillance pour un montant total de 3,8 millions d’euros : des « microdrones du quotidien » et des « drones de capacité nationale ».
Le gouvernement ne perd pas le Nord…
***- Un article du magazine économique Forbes : Covit 19. Les pays dirigés par les femmes gèrent-elles mieux la crise ? Sont alors cités : Le Danemark, L’Allemagne, Taïwan, La Nouvelle Zélande, L’Islande, La Norvège. Analyse simpliste, superficielle, apolitique, uni causale.
- En revanche, les affirmations guerrières, les matamores, les paroles, les agissements, les politiques patriarcales, virilistes - au mieux ridicules, au pire assassines - peuvent et doivent être dénoncées.

Politique (Coronavirus) (27) : (14 avril) 2020.
***- Sentiment concernant le discours d’Emmanuel Macron (après avoir pensé à l’intérêt qu’il pouvait personnellement d’avancer ceci et / ou cela) : si certains voulaient mettre Paris en bouteille, Macon veut nous mettre dans son crâne.
***- Certains mauvais esprits expliquent que la date du 11 mai pour le déconfinement a été choisie en fonction de la date des week-ends de mai ; la réouverture des écoles, pour permettre aux parents de retravailler ; le maintien de la fermeture des facultés pour empêcher les contestations politiques de reprendre, etc…
- Un dessin du Canard enchaîné du 22 avril montre le ministre de l’éducation nationale déclarant à un journaliste : « Quels élèves d’abord ? Des petits groupes d’enfants en difficultés… dont les parents pourraient retourner à l’usine… »
***- Les ministres, auxquels Emmanuel Macron a refilé le mistigri, ne se cachent pas pour le contredire. Édouard Philippe, dans la mélasse, censé gérer toutes les confusions, contradictions, impasses, promesses, impossibilités, inconnues, tente de gérer des ministres qui semblent de plus en plus agir de leur propre chef. Jusqu’à quand cette politique pourra-t-elle tenir ?
- Penser à Saint-Just, dans un projet de discours de février 1793, auteur de : « Ou le gouvernement est fripon, où il est malhonnête. » [In : Saint-Just. Folio. Histoire. Œuvres complètes. p.791]
***- La seule annonce concrète d’Emmanuel Macron était la date du 11 mai.
- Le 14, Christophe Castaner, aujourd’hui, auteur de : « Le 11 mai est une date d'objectif. Ce qu'a annoncé le président de la République hier, ce n'est pas le déconfinement, le 11 mai, c'est le confinement jusqu'au 11 mai. […] Il est nécessaire de ne pas se projeter en disant 'le 12 mai, c'est le mois de mai et nous faisons ce qu'il nous plaît', et bien non, il faudra continuer à se battre. » Se battre contre qui ? Tandis que M. Jean-Michel Blanquer annonce : « Toutes les écoles ne seront pas ré-ouvertes le 11 mai ». Que ces gens sont malhonnêtes…
- Le 15, le chiffre de 18 millions de personnes qui resteront confinées après cette date est annoncé.
- Que vaut encore un État, lorsque la parole du chef de l’État est dépourvue de valeur ?
***- Pour les [très] pauvres, le confinement est une affaire de riches dont les pauvres paient le prix le plus élevé, et - qui plus est - sa menace est bien hypothétique comparée à la réalité de leur vie quotidienne.
***- Répéter, sans cesse, sans arrêt, que le confinement « accroit les inégalités », c’est non seulement rester à la surface des choses, mais c’est aussi interdire toute analyse. Non seulement cela n’apprend rien, mais, qui plus est, ne peut, en aucun cas, aider, au sein des mêmes structures mentales, langagières, politiques, économiques, à repenser l’avenir autrement. C’est constater qu’une baignoire se vide, sans comprendre pourquoi elle s’est remplie, comment elle se remplit, qui l’utilise, qui l’a installée, qui la répare, qui coupe l’eau, qui empêche l’eau d’être chaude, etc… Analyse valable aussi pour celles de Thomas Piketty.
***- Que peut penser de « l’économie » une femme qui ne peut nourrir ses enfants, quand elle lit que l'Union Européenne pourrait emprunter 1500 milliards d'euros dédiée à la « reconstruction » de l'économie européenne ?
***- André Comte-Sponville conteste notamment le choix politique de privilégier les vieux au détriment de ses enfants et des jeunes en général. « Ne pas attraper le covid 19 n’est pas un but suffisant dans l’existence. »
***- Dominique Reynié, toujours délicat, lui, affirme : « C’est nous à la fin qui allons trinquer. »
***- C’dans l’air. Entendu l’expression de « clusters familiaux » et même de : « Les nouvelles contaminations viennent de contaminations intra-familiales », ce qui est une condamnation sans appel de la politique de confinement. La même personne déclare - ce qui est contradictoire - que l’on ne sait pas comment les personnes qui ont été contaminées l’ont été ; mais néanmoins ce constat est juste et a été confirmé par un second médecin. La litanie quotidienne du nombre de morts - qui distille, infuse la peur - apparait sous un autre jour.
***- « Le monde ne sera plus comme avant » disent certain-es ; d’autres en posent actuellement les refondations.
***- The Guardian, relayé par RT révèle que BlackRock, la plus puissante société américaine de gestion d'actifs, a été choisie parmi huit concurrents pour conseiller l'Union européenne sur la façon d'« intégrer au mieux les facteurs environnementaux et sociaux dans la supervision bancaire ». Demain, le monde d’avant, en pire ?
***- Paris Match, dans un article intitulé L’érotisme au temps du virus est devenu l’agent commercial de l’industrie pornographique. Combien ont-ils été payés ? Ou plutôt, en échange de quoi cette grossière (à tous les points de vue) publicité - interview de Grégory Dorcel, le fils de son père, incluse : « On essaie modestement d’enjoliver un peu la vie des français, dans cette période difficile » - a telle été diffusée ?
***- Dans un texte intitulé Le confinement : un révélateur des rôles sociaux des femmes et des hommes émanant du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, après avoir évoqué, sans distinguer « la période de confinement » et « la crise sanitaire » qualifiées au singulier de « tragédie », je lis : « Mais, alors même que nous sommes tous unis dans un seul élan pour vaincre ce fléau, cette période de confinement met en lumière, avec une acuité́ inégalée, la place, les rôles et le traitement des femmes dans notre société́. » Question : Pourquoi devrions-nous êtres « tous unis », si nous, les femmes, sommes, « dans notre société » traitées différemment ? Où est la logique ?

Politique (Coronavirus) (28) : (15 avril) 2020.
***- Les frontières - y compris celles entre la France et l’Allemagne - se ferment partout. Le monde, l’Europe incluse, se recroqueville et s’effondre sur ses bases.
***- Le monde est tellement absurde, tellement injuste que ce qui est présenté comme une avancée importante - le report du remboursement des intérêts de la dette pour les pays les plus pauvres - que chaque initiative apparait non seulement dérisoire, mais en réalité honteuse.
***- Nous faire croire que la politique concernant le coronavirus est l’expression d’une « solidarité à l’égard des plus faibles » nous considère, une fois encore, comme des demeuré-es, incapables de comprendre ce qui se passe.
***- Entendu regretter « l’absence d’un commandant en chef », alors que personne ne sait ni quoi, ni comment faire.
***- Une politique ne peut être fondée sur de seuls motifs qui nous sont présentés comme sanitaires, ce qu’ils ne sont pas.
L’omniprésence des médecins - s’estimant tous et toutes légitimes pour, peu ou prou, décider de l’avenir du pays - en est l’incarnation. Elle est politiquement fonctionnelle.
***- Sentiment d’un phénomène non pas de sidération, mais d’hypnose mondiale.
***- Stéphane Bredin, directeur de l’administration pénitentiaire, auditionné par la commission des lois de l'Assemblée nationale, annonce dans les prisons françaises une « diminution au 13 avril de 9.923 détenus depuis le 16 mars [...] pour atteindre 62.650 détenus ».
***- En Turquie, une amnistie de 90.000 détenu-es exclue les prisonnier-ères politiques.
***- Lu : Le gouvernement va verser une prime exceptionnelle d'un montant maximal de 1.000 euros à des milliers de fonctionnaires. Elle sera exonérée d'impôts et de cotisations sociales. Les agents concernés sont ceux qui ont eu un surcroît d'activité important avec le confinement lié au coronavirus assurés la continuité du service public. « Les soignants bénéficieront d'un plan spécifique. » Devront-ils / elles encore attendre ? Et une prime égale serait-elle une réminiscence communiste ?
***- « Eu égard à la situation sanitaire (...), les interruptions volontaires de grossesse pratiquées par voie médicamenteuse par un médecin ou une sage-femme peuvent être réalisées jusqu'à la fin de la septième semaine de grossesse (ou neuf semaines d'aménorrhée, date des dernières règles) […] »
***- Lu dans Le Canard enchaîné qu’un « proche du premier ministre » avait dit que « tout le monde [traduire : eux] avait peur d’un réveil des gilets jaunes ». C’est bon à savoir.
***- Tant que l’exécutif pourra se retrancher derrière la nécessité du confinement, il tiendra. Le jour ou…
***- Je découvre subitement qu’il y a un mot que je n’ai jusqu’ici jamais entendu prononcer, celui de « claustrophobie ».
***- Au vu de la répression qui - grâce au coronavirus - s’abat sur le Maroc, je me rends compte que ma référence, le 10 avril, à l’accès aisé aux masques, notamment dans ce pays, était, sous couvert d’information ponctuelle, reprise sans réfléchir, un grave contresens politique.
***- Plus d’un tiers des marins porte-avion Charles de Gaulle atteint par le coronavirus : la haute technologie, l’orgueil militaire, la ‘souveraineté’ nucléaire, ou l’honneur national à terre ? A moins que l’on s’interroge plus prosaïquement sur son utilité…, ou plus profondément sur l’absence d’humanité : un marin dénonce : « L’armée a joué avec notre vie. »
- Le lendemain, on apprend qu’il s’agit de la moitié, puis de 60% des marins. « On entend les doutes […] » déclare la ministre des armées.
***- Lu dans Le Point : Bruno Le Maire, auditionné par le commission des Finances de l’assemblée nationale : « Cette crise n'est pas une affaire de semaines, pas une affaire de mois, mais une affaire d'années. Et je pense qu'il faut mesurer que nous en avons pour des années avant de sortir des conséquences économiques de cette crise. »

Politique (Coronavirus) (29) : (16 avril) 2020.
***- Certain nous informe du plaisir qu’il ressent à, de nouveau , « entendre les petits oiseaux » : indécent ? ; le même nous incite à « profiter de la catastrophe » ; le même enfin, intègre « les idéologies » parmi « les utopies tragiques ».
***- Entendu : une personne devant Notre-Dame hier a failli être verbalisée car, prenant une photo, elle « ne se promenait pas ». Il faudrait recenser les arguments avancés pour verbaliser.
***- Et si, tout simplement, le monde était en train de s’autodétruire ? Ou, en d’autres termes, de s’alléger, de couper ses branches mortes, sans se soucier de leur nombre, du lieu où elles tomberaient, voire de détruire l’arbre lui-même ? Sans abandonner l’hypothèse de nouvelles branches vertes.
***- Plus les « scientifiques », les « expert-es » …et les autres sont nombreux-ses, plus ils risquent d’être déconsidéré-es ; aussi plus il importe pour les médias qui en consomment beaucoup, de le renouveler, et de mieux mettre en valeur les nouveaux qu’ils nous présentent. On entend fréquemment plus alors : « le grand scientifique », « le scientifique mondialement connu », suivi de la présentation de ses titres, fonctions, etc..… mais, je ne comprends toujours rien, si ce n’est que le danger d’être contaminé-es serait - le conditionnel pouvant être remplacé par un futur - de plus en plus menaçant, sans savoir pourquoi.
***- Entendu, nous concernant, l’emploi de l’expression : « hôte du virus ».
***- Entendu : « En France, il y a la pénurie de tout ».
***- J’entends dans les médias, plus de remerciements de la charité que de questions sur la nécessité de la charité ; plus de propositions (ponctuelles) de solutions, que de problèmes - autres que ceux concernant stricto sensu le virus - posés ; plus de personnes qui « font face » que de personnes effondrées ; plus de « respect des gestes-barrières » que de surpeuplement ou de densité de l’habitat ; plus de chloroquine que de vaccin ; plus de coronavirus que de rougeole, sida, paludisme - pour se limiter aux virus - qui ne doivent pourtant pas avoir disparus.
***- Sur France Inter, Franck Riester, ministre de la culture, évoquant les annulations des grands festivals, et l’éventualité que de petits puissent être autorisés, au lieu et place de « public » employa l’expression de « jauge » ; terme qui signifie : « capacité que doit avoir un récipient déterminé ».
- Un commentaire sur France info : Comment définir « petits rassemblements » ? 100 personnes, 1 000 personnes, 10 000 personnes ? : « Toi, tu peux", "toi, je t'aime pas, tu peux pas’. C'est comme ça qu'ils vont faire, et qu'ils font toujours... »
- Je lis aussi, ce qui n’est pas contradictoire, : « Tout dépend du public attendu ».
***- Retour du courrier, depuis longtemps : pas seule fois je n’ai lu, entendu, lier « Poste et service public », rôle et fonction qu’elle joue pourtant toujours pour de nombreuses personnes.
- Lu un article précis, important, paru ce jour dans Basta, initialement publié dans le journal Grenoblois, Le Postillon, écrit par un postier de Grenoble : « La poste n’est plus qu’en fantôme de service public, c’est une société anonyme, une machine à fric ».
***- Emmanuel Macron, dans Le Point, auteur de : « Quand la défiance s’installe elle est irrémédiable ».
***- En Inde, 392 décès - chiffres officiels annoncés - 1milliard 300 millions de personnes confinées. Les mots, les analyses me manquent.
***- Le patron d’Amazone France - qui suspend ses activités et ferme ses entrepôts en affirmant ne pas savoir quand il pourra rouvrir - fait porter la responsabilité de la décision de justice - qu’il « respecte » dit-il - sur le dépôt de plainte syndical.
***- Entendu, regardé sur France 2 un reportage sur Marseille : une « réquisition citoyenne » d’un Mac Do à Marseille par leurs anciens salariés : 12 tonnes de nourriture y ont été distribués en une semaine.
***- Le gouvernement envisage de généraliser l'instauration de cours criminelles partout en France, afin de tenir des procès sans avoir recours aux jurés populaires ; le gouvernement obtient grâce au coronavirus ce qu’il voulait depuis fort longtemps et ce qu’il n’arrivait pas à faire accepter ; comme tant d’‘autres mesures, qu’il faudrait lister précisément.
- Plus de manifs, plus de gilets jaunes : enfin !
***- Sur France Inter, j’entends, concernant l’Afrique - 1 milliards, 216 millions de personnes - « Les gens se plient facilement aux directives ». Comment peut-on aussi légèrement dire un telle énormité ? Sans réaction.
***- Rony Brauman nomme le confinement : « un pis-aller ».
***- Article de Gauz, écrivain Ivoirien dans Jeune Afrique publié ce jour : Le coronavirus n’a plus de vieux à tuer sur le continent. Il y écrit : « En France 20, 3 % de la population a plus de 65 ans ; En Côte d’Ivoire, le pourcentage est de 3 sur 100. »
- Pour rappel : Toute a population Africaine est censée être « confinée ». Le terme de scandale est non seulement insuffisant, mais gravement inapproprié.
***- Christophe Castaner, à la commission des lois du sénat présente sa conception de la démocratie : « Ce que je souhaite, et c'est l'instruction permanente que je donne aux préfets, c'est que nous soyons à l'écoute des élus pour faire remonter les différents problèmes auxquels ils sont confrontés. » Il montre aussi le respect, plein de délicatesse, qu’il manifeste aux jeunes de « quartiers populaires : « En ce qui concerne le respect du confinement, un certain relâchement a pu apparaître ces derniers temps, mais il n'est pas uniquement le fait des quartiers populaires. Je ne veux pas laisser penser que les jeunes de ces quartiers seraient plus ‘couillons’ que la moyenne et se croiraient invincibles par rapport à la maladie ; je crois que, comme tout le monde, ils font attention. »

Politique (Coronavirus) (30) : (17 avril) 2020.
***- Bernard Arnault, première fortune de France, troisième mondiale, PDG de LVMH, « en réponse à la crise du coronavirus » renonce à deux mois de salaire et à sa « rémunération variable ». Des mesures de réduction des salaires toucheront d’autres dirigeants, tandis que les dividendes versés aux actionnaires devraient être réduits.
- Il estime qu’il s’agit « non seulement de surmonter cette crise, mais surtout d’être encore plus performants lorsqu’elle s’estompera. »
***- Personne, ou presque, ne peut fuir nulle part.
***- Hier, « Tout était possible » ; aujourd’hui : rien n’est plus possible.
***- « Le peuple » a été dissous ; la société est paralysée ; chacun-e est censé-e défendre, seul-e, sa survie ; autant de Gullivers enchainés par des Lilliputiens.
***- Ne pas oublier que, pour certains, le coronavirus est une « divine surprise » , ou autrement dit, « un catalyseur propice ».
- Savoir, comprendre comment, pour qui, pourquoi, nous aidera à nous sortir de la nasse dans laquelle nous avons été placée-s.
***- L’efficace stratégie de la nasse - afin de créer de l’impuissance - de la police pendant les manifestations : un ballon d’essai ?
***- Mais, au-delà, c’est dans l’explosion du confinement mental dans lequel nous sommes depuis si longtemps que nous pourrons nous en sortir, et de l’un et de l’autre.
***- Beaumarchais, Le mariage de Figaro : « On se débat : C’est vous, c’est lui, c’est moi, c’est toi ; non, ce n’est pas nous : eh ! mais, qui donc ? Ô bizarre suite d’événements ! Comment cela m’est-il arrivé ? Pourquoi ces choses et non pas d’autres ? Qui les a fixées sur ma tête ? Forcé de parcourir la route où je suis entré sans le savoir, comme j’en sortirai sans le vouloir […] ? »
***- Rien de ce qui est anormal, n’est normal ; rien de ce qui est injuste, n’est juste ; rien de ce qui est inacceptable, n’est acceptable ; rien de ce qui est incompréhensible, ne peut être autrement présenté ; rien de ce qui est douloureux, ne devait nécessairement l’être ; rien de ce qui est violent est inévitable …
***- Lu sur France Info : « Google affirme qu'il bloque chaque jour plus de 18 millions de contenus malveillants liés au coronavirus sur les adresses Gmail. » Et c’est donc Google qui décide de ce qui est « malveillant ». J’en perds la tête, tant ce que je sais ou croyais savoir devient « obsolète »…
***- Jean-Luc Mélenchon constate justement : « Nous sommes incapables de défendre la survie de notre peuple. » ».
***- Au Gabon, selon RFI, du fait du non-respect du confinement « des Gabonais sont bastonnés, humiliés, embarqués dans des camions comme des sardines et transférés dans les postes de police et de gendarmerie. »

Politique (Coronavirus) (31) : (18 avril) 2020.
***- J’entends - et découvre avec clarté - qu’en réalité, la politique du gouvernement n’a été fondée que sur un seul critère, un seul facteur : celui du nombre des hospitalisations… en cohérence avec sa vision du monde.
***- Le gouvernement Thaïlandais déclare « un mois de trésorerie ».
***- Entendu sur RFI, concernant le Portugal, l’expression de « confinement autogéré », suivi quelques minutes plus tard, de celle de « confinement volontaire ».
***- Lu que la durée d’incubation du virus de 14 jours est remis en cause. Et si tous les tests étaient faux ?
***- J’apprends par La France Insoumise que le ministre actuel de la santé Olivier Véran faisant déjà partie du cabinet de Marisol Touraine, sous François Hollande. Pourquoi a-t-il été nommé, choisi, repris, et ce, dans ces deux cas ?
***- 150.000 mort-es dans le monde…
***- Toute focalisation sur le virus comme « cause de la catastrophe » est autant de pensée politique retirée.
***- Il n’y aura pas plus de bon déconfinement après un bon confinement qu’il n’y a eu, en 1918, de ‘juste paix’ après une ‘juste guerre’.
***- J’apprends qu’hier des député-es - peu importe leur nombre - ont voté le budget rectificatif : des bras cassés sortis du placard pour poser des étais à une maison qui s’effondre ?
***- Le président de la conférence des Universités, sur France Inter, interrogé sur l’avenir des conditions de l’enseignement dans l’Université : « On en sera pas totalement en ligne demain. ».
- Il annonce aussi, que je ne peux croire tant la symbolique est forte, que les bibliothèques universitaires resteront fermées jusqu’à la rentrée de septembre.
- Au cours de la même émission, concernant les étudiant-es « en difficulté », j’entends, en sus des politiques mises en œuvre , qu’il est question de les aider à « aller vers le bon guichet » et de les mettre en contact avec des « assistantes sociales ».
***- Manon Aubry, députée la France insoumise tweete, photo de longues files d’attente pour une distribution de nourriture, à l’appui : « 3ème distribution alimentaire en 10 jours à Clichy : 190 personnes la 1ère fois, 490 la 2ème, puis 750. Dans les quartiers populaires, la honte de la faim. Et la misère sociale exacerbée par la crise. »
***- Début de l’article du Monde, Dans les quartiers populaires, ‘si on remplit le frigo, on chope le corona’ : « Il y a ceux qui ont encore un travail et prennent tous les risques pour le garder. Ceux qui craignent pour l’avenir de leurs enfants. Et il y a ceux qui ont faim. Ce sont souvent les mêmes ».

Politique (Coronavirus) (32) : (19 avril) 2020.
***- Présentation sur RFI de l’intervention d’Édouard Philippe cet après-midi : « Le premier ministre tentera de cadrer le discours du gouvernement. »
***- Significativement, j’entends pour présenter la prise de parole de l’exécutif de cet après-midi, qu’il ne craint pas une augmentation du nombre de décès, mais « un relâchement des consignes », manifestation tangible de son pouvoir. Et donc de sa capacité - sa légitimité étant, pour moi, à inscrire au compte « profits et pertes » - à décider pour nous.
***- Le général François Lecointre, chef d’état-major des armées, sur France Inter, concernant l’avenir de la politique militaire française évoque « nos ennemis potentiels ». Comment peut-on lutter contre des ennemis potentiels, avec un porte avion nucléaire, qui plus est ? A fortiori plus encore, contre un virus ?
***- François Ruffin, sur France Inter : enfin une-parole-politique-de-gauche alternative, critique, cohérente, sincère, libre, crédible. Il faudrait des milliers, des centaines de milliers de ces paroles…
- Ajout. 3 juin. Lu sur Le Canard enchaîné sa déclaration publiée dans Le Monde du 29 mai : « Je ne dis pas qu’on doit supprimer le marché, mais il faut réguler, encadrer et diriger. » Commentaire du Canard : « Un vrai social-démocrate ce Ruffin ! » Et moi, j’ai été prise bien trop rapidement au piège des mots. Une bonne leçon…
***- François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, sur le JDD : « Il faudra rembourser cet argent ».
***- « Grand cannibale, notre monde a sans cesse besoin de dévorer ceux qui le constituent » : Jacques Attali, Survivre aux crises [2009. Fayard. p.136].
***- Présentation plutôt sécurisante d’Olivier Véran (la seule écoutée) en matière d’action du gouvernement au plan sanitaire. De l’art de la persuasion ? Qu’en est-il en réalité, je ne sais.
Rien concernant les violences dans les familles, simplement évoquées.
- Par ailleurs, je me rends aussi compte que les problèmes de fond (tests, masques, rentrée de classes, l’avenir, tout simplement) sont toujours en suspens (« Nous faisons le maximum » ai-je entendu du premier ministre). Mais le fond du problème n’est-il pas qu’il ne peuvent pas être réglés ? Et que la critique principale que l’on peut faire au gouvernement est de nous faire croire qu’il peut seul diriger le navire.
***- Le gouvernement a un motif de fierté à mettre à son actif : 1,5 millions de contrôles et 800.000 infractions. Un constat : plus un gouvernement est mauvais, plus il est répressif… ce qui ne le rend pas meilleur.
***- Un prêtre de Mulhouse : « Je suis brisé dans mon cœur de prêtre » ; « Je comprends les ordres mais je ne suis pas d’accord. »

Politique (Coronavirus) (33) : (20 avril) 2020.
***- Entendu sur RFI, concernant le matériel nécessaire à tous les pays : « Le plus offrant gagne ».
***- Dénon Meyer, écrivain sud-africain, auteur de Fever : « Combien de temps les gens vont considérer que l’intérêt (sanitaire) supérieur s’impose à celui de la survie de leurs familles ? »
***- Israël continue ses destructions, ses violences, ses vols, dans les territoires palestiniens : (un convoi d’aide alimentaire destinés aux palestiniens ‘retenu’; destruction d’une clinique communautaire et de logements d’urgence…) « La seule différence est que les militaires portent des masques. »
***- Le chef du gouvernement Tunisien, Elyes Fakhfakh, a annoncé hier soir que le confinement en place depuis le 22 mars serait prolongé jusqu'au 3 mai puis progressivement allégé, la situation étant « presque maîtrisée ».
***- En Allemagne, de nombreux magasins - commerces d'alimentation, librairies, concessionnaires automobiles... - rouvrent leurs portes aujourd'hui. Il s'agit de la première étape d'une longue opération de déconfinement, dans ce pays où l'épidémie de Covid-19 est « sous contrôle », selon les termes du ministre de la santé, Jens Spahn.
***- Selon William Dab, ancien directeur général de la santé, sur France Info : « Des malades encore contagieux retournent chez eux sept jours après leur séjour à l'hôpital, parce qu'il faut libérer des lits. »
***- Sur Brut, repris par France Info, Guénaëlle, agente d’entretien à l’hôpital d’Antony : « Du plus petit, au plus grand, il faut valoriser tout le monde. […] Nous, on fait de l’hygiène, s’il n’y pas d’hygiène, le monde part en vrille. » Elle se juge, comme ses collègues, « mises à côté ».
***- J’apprends, sur France Inter, l’interdiction de la PMA depuis le début du confinement.
***- Et si chacun-e, compte tenu des bouleversements en cours auxquels pas grand-chose n’échappe, s’autorisait - on ne sait jamais … - à exprimer ses revendications, tous azimuts, dans tous les domaines, quelles qu’en soient les formes ?
***- Aucun confinement en Suède ; juste des mesures de protection et certaines fermetures. Une inquiétude, un doute : et si tout cela n’était que leurre ?
***- « Le plan de déconfinement n’est pas prêt » annonce la porte-parole du gouvernement. Ainsi donc Emmanuel Macron peut, intuitu personae, lancer une date - celle du 11 mai - sans même avoir préalablement discuté de sa faisabilité avec les ministres, inform-ées un quart d’heure avant la dernière conférence de presse du 13 avril, ai-je entendu. Comment peuvent-ils/elles, le premier ministre au premier chef, accepter d’être ainsi méprisés-e, humilié-es, maltraité-es ?
***- En formalisant - un mètre entre nous, un kilomètre autour de notre lieu d’habitation - la mesure de la distanciation même nous est, à ces deux titres, imposée.
***- Entendu que, dans certains lieux, la poste ne fonctionne plus du tout ; ailleurs, qu’il peut falloir un mois entre l’envoi d’un chèque et son encaissement.
***- Lu sur France Info : « Il y a deux présidents américains. L’un a fini par comprendre que pour lutter contre la pandémie de coronavirus, il fallait essayer de confiner les Américains, et tient des conférences de presse. L’autre tonne et éructe sur Twitter à longueur de journée pour encourager les Américains à reprendre le travail et à ne pas accepter les mesures de confinement. […] Donald Trump tente de rejeter toutes les erreurs sur les gouverneurs, tout en essayant de maintenir l’image d’une homme qui a compris la crise, et qui n’est responsable de rien. Son seul objectif : ne pas perdre l’élection présidentielle. »
***- Lu sur France Info : Mathieu Plane, économiste et directeur adjoint du département analyse et prévision de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) : « Ce qui serait intéressant pour la reprise de l'économie, c'est que les ménages consomment cette épargne [55 milliards] qui n'a pas été consommée aujourd'hui » La « consommation » : pour qui, pour quoi ? : une fin en elle-même. L’économie révélée à elle-même, elle aussi. Mais il poursuit : « Le risque, c'est que l'on passe dans la phase 2 où, justement, ça met tellement de temps à redémarrer qu'au bout d'un moment, les entreprises vont accuser des pertes irréversibles qui vont se traduire par des licenciements massifs. Et là, pour le coup, ce serait un choc massif sur les ménages. Et donc, cette épargne ne pourra plus être consommée parce qu'il n'y en aura finalement assez peu. » Menace qui risque fort de ne pas inciter « les ménages » à « consommer [leur] épargne. »…
***- Le prix du baril de pétrole américain descend en dessous de zéro : les ventes se font à perte. Bien entendu, le coronavirus n’est qu’un des éléments du problème.
***- Un article de CNN : Japan is offering sex workers financial aid. But they say it's not enough to survive the coronavirus pandemic. Pas un seul mot, pas une seule analyse, pas une seule réflexion, pas une seule interrogation, ni morale, ni politique, ni féministe, pas même sanitaire. Mais, l’article publié par CNN est déjà criminel de par sa simple définition de « la prostitution », à savoir : « un échange de relations sexuelles contre de l’argent ». Il n’y a plus d’êtres humains, plus de victimes - dont les personnes dites prostituées sont la chair fraîche-, plus de clients, plus de proxénètes, plus de proxénétisme, plus de pauvreté, plus de rapports de pouvoir, de domination, de violence, plus de pornographie ; juste un échange financier, comme tous les autres…

Politique (Coronavirus) (34) : (21 avril) 2020.
***- Hannah Ardent dans son texte intitulé La crise de l’éducation, écrit : « La disparition des préjugés signifie tout simplement que nous avons perdu les réponses sur lesquelles nous nous appuyons généralement, sans même nous rendre compte qu’elles étaient à l’origine réponses à des questions. Une crise nous fait répondre aux questions elles-mêmes, et requiert de nous des réponses, nouvelles ou anciennes, mais en tout cas des jugements directs. Une crise ne devient catastrophique que si nous y répondons par des idées toutes faites, c’est à dire par des préjugés. Non seulement une telle attitude rend la crise plus aigüe mais encore elle nous fait passer à côté de cette expérience de la réalité et de cette occasion de réfléchir qu’elle fournit. [In : Hannah Arendt, La crise de la culture. Idées. Gallimard. 380p. 1972 p.225]
***- Le plan de sauvetage du livre du ministère de la Culture est terriblement insuffisant : « Selon les premières estimations, les libraires auraient besoin d’environ 9 millions d’euros. Il y en a 5 pour toute la filière… » selon l’éditeur Olivier Bron.
***- Annonces de Jean-Michel Blanquer, concernant la rentrée des classes : tout est si complexe, si contradictoire, si confus que je me demande s’il est possible de reconstruire quoi que ce soit sur le chaos.
***- Emmaüs, en danger, fait appel aux dons concernant les milliers de personnes qui travaillent chez eux : « Ne les laissons pas retourner à la rue ».
***- Des Chinois vont envoyer du matériel, des ingénieurs, des formateurs, et sans doute la matière première, pour créer ultra rapidement une usine de masques au Blanc Mesnil. Cette information me rappelle Olivier Véran, ministre de la santé, annonçant qu’il avait appelé le ministre de la santé Indien pour le remercier de l’envoi de je ne sais plus exactement quoi.
- Une autre mondialisation est dorénavant visible, en rupture avec celle menée depuis des siècles, par l’Occident, colonisations, esclavages, travaux forcés, racismes, guerres, sauvageries inclues.
***- Le monde entier est shooté quotidiennement au nombre de décès du coronavirus.
***- Une salariée d’Amazone : « Je mets ma famille en danger pour mettre du champagne ou du vernis à ongle dans des boites pour gagner le smig. »
***- Entendu : « Faire la grève pour se sauver du coronavirus. »
***- Les apprentis des CFA en formation doivent rejoindre leur entreprise si elle est en activité et s’ils sont identifiés comme « personnel exerçant une mission essentielle ». Le retour des cours n’a pas été annoncé par le ministère.
***- Slogan adressé à Donald Trump lors d’une manifestation d’infirmières à Washington : « 20 secondes ne suffiront pas pour laver le sang des 'héros' que vous avez sur les mains ».

Politique (Coronavirus) (35) : (22 avril) 2020.
***- Entendu sur France Inter concernant la présentation par chaque ministère des mesures devant être décidées concernant la période de déconfinement qui doit s’ouvrir le 11 mai : « Le terrain aura aussi son mot à dire ». D’abstractions en abstractions, de simplifications en simplifications, de répétitions en répétitions, voici une traduction concrète de la rupture des mots avec leurs significations : le peuple est devenu « le terrain » ; la démocratie est devenu « un mot à dire ».
***- J’ai corrigé et enlevé quelques majuscules à coronavirus : il avait imposé son pouvoir.
***- Les médias officiels, les mêmes donc qui nous transmettent à longueur des journées des informations, plus catastrophiques les unes que les autres, en cherchent d’autres, qualifiées de drôles, positives, optimistes. Pour [nous] faire plaisir ? Pour ne pas perdre d’audimat ? Pour [nous] occuper l’esprit ? Pour faire passer le temps ? Pour détourner l’attention ? Pour faire accepter l’insupportable ? Pour ne pas désespérer le peuple.
***- Entendu, concernant l’avenir, post 11 mai, l’expression d’« anticipation anxieuse ».
***- Lu le projet du Mouvement français pour un revenu de base : « Le revenu de base est un revenu versé à chaque individu membre d’une communauté politique donnée, sans condition ni contrepartie. Ce nouveau droit appelle à un changement de paradigme visant à remplacer l’économie au service de l’humain. Il est universel : Tous les membres de la communauté le reçoivent, quelques soient leurs revenus ou leur situation professionnelle. Il est individuel : Il est versé à chaque membre du foyer, sans considération des revenus de ses autres membres. Il est inconditionnel : Pas besoin de justifier une recherche d’emploi ni de travailler en échange. Il est cumulable : Il s’additionne avec tout autre revenu (salaire, certaines allocations). Ad vitam : Il est versé automatiquement de la naissance jusqu’à la mort et assure ainsi un filet de sécurité tout au long de la vie. »
***- Lu sur France Info, une femme de 71 ans, atteinte d’un cancer : « Mes dernières années foutent le camp. » ; une autre femme, retraitée, en bonne santé : « La sédentarité est une condamnation ».
***- Emmanuel Macron se rendra cet après-midi dans un super marché U : « pour saluer l’engagement du personnel des magasins » a indiqué l’Élysée. La colère étant, dit-on, mauvaise conseillère, je ne commente pas.
***- Augmentation des prix des fruits et légumes, officiellement de 10%. « Ils atteignent des sommets » me parait beaucoup plus juste.
***- 45.000 décès aux États-Unis.
***- Le Programme alimentaire mondial [PAM] de l’ONU chiffre à 250 millions de personnes à la fin de l’année celles qui, « menacées par la famine », « souffriront de la faim. »
***- Je lis dans Le Canard enchaîné que, chaque année, le paludisme « a fauché plus de 4000. 000 personnes, dont la grande majorité a moins de 5 ans » et qu’un enfant en meurt « toutes les deux minutes. »
***- Lu sur RT : Sanofi offre 10 millions à l’hôpital public et aux EHPAD et 4 milliards à ses actionnaires : la nouvelle charité ?
- Dans la même interrogation, lu, dans Le Canard enchaîné, que la préfète déléguée pour l’égalité des chances (sic) du Val d’Oise lance un appel aux grands entreprises « pour avoir des couches et du riz ».
***- Lu sur un site politique : « Arrêt brutal de l’effervescence militante, mais créativité déterminée dans nos réseaux pour aller au-delà. »
***- Les magasins ouverts s’adaptent vite : plantes vertes pour les maisons, les balcons ; jeux divers et variés pour les enfants.
***- Nombreuses émeutes, révoltes dans les banlieues.
***- Titre du Figaro : « Pourquoi un tsunami de licenciements est inévitable ». Suivi de : « Décryptage : La purge qui se prépare va être d’une violence inédite. Les suppressions de postes se chiffreront en centaines de milliers, si ce n’est en millions » par Marc Landré.
***- Entendu la réaction d’un syndicat minoritaire de policiers furieux d’avoir été exclus de la liste des professions reconnues comme étant celles pour lesquelles le coronavirus sera reconnue d’emblée - automatiquement - comme une « maladie professionnelle ». La décision ne concerne que le « personnel soignant ». Les syndicats avaient demandé que la décision concerne « tous les salariés », l’Académie de médecine « ceux qui travaillent pour le fonctionnement indispensable du pays. », Laurent Berger - CFDT - veut cette reconnaissance « pour tout le monde ».
***- Jérôme Salomon, directeur général de la santé : « La mortalité attendue poursuit sa hausse. »
***- Brigitte Fontaine : « Nous sommes tous confinés, tous confits, nous sommes désormais des fruits confits. »

Politique (Coronavirus) (36) : (23 avril) 2020.
***- Je reçois une annonce de la Bibliothèque de la Sorbonne me demandant de rapporter mes livres le 31 avril : Serai-t-elle donc ré-ouverte à cette date ?
- J’avais pris mes désirs pour la réalité : il s’agissait du 31 mai.
- La bibliothèque de La Sorbonne que les bibliothécaires voulaient maintenir ouverte a dû être sur ordre, fermée du jour au lendemain, sans même laisser le temps à quiconque de rendre, d’emprunter des livres dans l’attente de la fin du confinement.
***- Entendu sur France Culture la conclusion du Bulletin politique de Stéphane Robert : « La parole politique aujourd’hui est tellement discréditée que l’on peut se demander jusqu’à quel point il est permis aux responsables publics de faire des choix. »
***- Entendu évoquer, sur RFI, « les personnes qui engorgent inutilement les services de santé ».
***- Déclaration de Bruno Le Maire : « Il va de soi que si une entreprise a son siège fiscal ou des filiales dans un paradis fiscal, je veux le dire avec beaucoup de force, elle ne pourra pas bénéficier des aides de trésorerie de l'État ». Enfin, une bonne nouvelle. Qu’en pense la BNP ?
- J’avais le sentiment en écrivant cela, que l’information était trop belle pour être vraie. J’aurais dû garder ma méfiance. Le 24, dans Le Figaro, le cabinet du ministre précise qu’il ne s’agit que des 13 pays considérés officiellement comme des paradis fiscaux, et ce, suivi de plusieurs autres restrictions : les associations compétentes dénoncent un « impact limité voire cosmétique ».
***- Sentiment que chaque déclaration de Bruno Le Maire - qui, actuellement, les multiplie, avec assurance - est une pierre jetée dans le jardin d’Emmanuel Macron.
- Les oppositions entre Matignon - qui se coltine tout le boulot - et l’Élysée se font aussi jour.
***- Emmanuel Macron apparait avoir épuisé tout son capital et semble de plus en plus isolé. Le pouvoir lui restant apparaît n’être plus que consultations, arbitrages concernant des décisions dont, et la conception et la mise en œuvre, lui échappent. Quant à ses déplacements, ils ressemblent fort à des inaugurations de chrysanthèmes.
Plus encore, lorsque je l’entends affirmer quelque chose, je pense qu’il aurait tout aussi bien dire son contraire ; et que probablement le choix entre ce qui a été dit ou écrit a été décidé par lui seul, le jour même.
***- Bruno Le Maire annonce la réouverture des commerces le 11 mai (à l’exception des cafés, bars, restaurants). Je doute, compte tenu des profonds bouleversements vécus pendant deux mois, des réflexions sur « la vraie vie », indépendamment même de la crainte de l’avenir, que la réaction la plus attendue soit de « consommer » : acheter ce qui a manqué, sûrement, oui, mais pas au-delà, me semble-t-il. Un sevrage a nécessairement eu lieu.
- Lu un commentaire sur France Info : « Le risque majeur, c’est que les français s’habituent à vivre de peu. »
***- Lu un commentaire sur le site de France Info, à la suite de la publication d’une enquête de La cellule investigation de Radio France, démontrant que les respirateurs commandés et fabriqués en France ne pourront pas être utilisés : « La compétence de ce gouvernement de Pieds Nickelés est inversement proportionnelle à sa logorrhée communicative. »
- Entendu une réaction politique à la publication de cette enquête : « L’heure n’est pas à la polémique ». Traduction : La critique est juste ; on s’est planté ; on ne peut pas le dire ; alors on vous demande de vous taire, mais comme c’est trop tard…
***- Lu sur RTS, Gallimard a perdu 90 % de son chiffre d’affaires et Antoine Gallimard estime qu’il faut réduire d’au moins 1/ 3 les sorties prévues pour le rentrée. Mais compte tenu des gels de publications, Isabelle Gallimard estime cependant qu’il y aura « un embouteillage » en septembre : « Les livres les plus fragiles seront noyés par cette avalanche ».
***- Toute focalisation, exclusive ou non, sur le coronavirus comme cause, et même comme simple révélateur, et plus encore, comme grave « accusateur » [Frédéric Lordon] de la situation mondiale actuelle, dans toutes ses composantes, sont autant d’intelligences, détournées de, retirées à la pensée critique.
***- Capital publie le chiffre de 26 millions de personnes inscrites au chômage depuis les 5 dernières semaines aux États-Unis. Combien alors de sans-emplois ?
- Donald Trump a signé le décret suspendant la délivrance de carte verte pour 60 jours « afin de protéger nos merveilleux travailleurs américains ».
***- Comment interpréter le « Faire du sur mesure » concernant le réouverture des écoles, d’Emmanuel Macron : « Je suis dépassé, je vous passe le mistigri » ; ou « Je suis votre chef, donc je vous suis » ?
***- Titre de RT : ‘Files de la faim’. Des millions d’aide alimentaire de l’État pendant l’épidémie , et après ?

Politique (Coronavirus) (37) : (24 avril) 2020.
***- Passionnante et si claire leçon inaugurale d’Arnaud Fontanet au Collège de France : « L’épidémiologie, ou la science de l’estimation du risque en santé publique », retransmise par France-Culture. Comment réfléchir sur les méthodes, sans en privilégier une seule, et sans les dissocier de l’exigence éthique.
***- Entendu sur France Inter, un directeur de « sites de rencontres » concernant l’après le 11 mai : « Il va y avoir un lâcher de célibataires ».
***- Dans les informations, ce matin, de France Inter, une seule phrase, non commentée, est consacrée à la décision du gouvernement d’augmenter les aides dites alimentaires - qui pose donc la question de personnes ne pouvant plus s’alimenter - tandis qu’un reportage est consacré aux problèmes posés à Véolia du fait de l’augmentation de la quantité de déchets dans les hôpitaux. - C’est, dans l’information, ce type de choix, de hiérarchies, fondées sur le profit sur le sacrifice de la vie des personnes humaines, qui ne doit plus exister.
***- Nietzsche dans Humain, trop humain : « 285. Cette agitation est si grande que la culture supérieure n’a plus le temps de mûrir ses fruits ; c’est comme si les saisons se succédaient trop rapidement. Par manque de repos ; notre civilisation court à une nouvelle barbarie. »
- « 286. Je crois que tout homme doit avoir, sur toute chose sur laquelle il est possible de se faire des opinions, une opinion propre parce que lui-même est une chose spéciale […]. »
- « 289. L’homme que la maladie tient au lit arrive parfois à trouver qu’à l’ordinaire il est malade de son emploi, de ses affaires ou de sa société, et que, par elles, il a perdu toute connaissance raisonnée de soi-même : il gagne cette sagesse au loisir où le contraint sa maladie. » [Le livre de poche. 2006. p.235, 236)
***- Près de 50.000 décès aux États-Unis.
***- Lors de l’émission de France Culture #imagine demain, une infirmière demande une augmentation immédiate des salaires : oui, c’est effectivement l’urgence première…ce qui confondrait enfin le symbolique et le réel.
***- Xavier Mauduit, dans l’émission Le cours de l’histoire de France Culture, dans le cadre d’une réflexion intitulée : « Comment reconstruite, inventer, imaginer le monde d’après ? », considère que l’évènement mondial que nous vivons « n’a pas de cause ».
- On entend aussi un débat concernant La Règle du jeu [1939] de Jean Renoir, où sont expliquées « les règles du jeu social » : « Il y a une chose effroyable sur cette terre, c’est que tout le monde a ses raisons ». Pascal Ory, invité de cette émission, qui fait « sienne » cette analyse et espère que ses collègues historiens la font aussi leur, en déduit qu’elle « oblige à un minium d’empathie à l’égard des différents acteurs historiques ».
- Il poursuit enfin en préconisant, au nom du « constat » des leçons de l’histoire, à « un renforcement de l’autorité ».
- On entend aussi l’historien Jean Delumeau affirmer en 2009 : « Il faut prendre des précautions, mais rester serein », ce dont l’Élysée pourrait s’inspirer.
- On entend enfin, dans cette émission, des passages des discours d’Emmanuel Macron.
- J’arrête là, mais il y a amplement matière à prolonger et à affiner.
***- Un bel exemple d’antiféminisme grossier sur France Inter : Rachel Silvera, auteure d’un livre au titre explicite : Un quart en moins : des femmes se battent pour en finir avec l’inégalité des salaires, présentée comme « économiste » rappelle - en lien avec la situation actuelle, laquelle concerne donc concrètement a minima la moitié, pour ne pas dire la totalité de la population - l’une des avancées majeures de la sociologie du travail féministe depuis près de 50 ans, à savoir que les qualités dites féminines, considérées, pour les femmes, comme naturelles, n’ont jamais été prises en compte dans la considération de la valeur de leur travail. Elle est interrompue à plusieurs reprises par Yves Decaens qui clôt la discussion en se [se] demandant si l’arrivée de infirmiers, des caissiers dans ces métiers « pourraient faire favorablement évoluer la situation » : !
Après cette question, au mieux équivoque, restée sans réponse, le journaliste donne la parole à un infirmer qui demande - non pas des primes, mais une augmentation de salaires pour tous les soignants. Puis il redonne la parole à Rachel Silvera, non sans lui avoir préalablement affirmé que cette intervention allait « exactement dans le sens de ce que vous disiez » : !
Et l’émission se termine, selon lui, par « une note optimiste » : Yves Decaens redonne alors la parole à une vendeuse syndicaliste, censée valider son analyse positive de la situation actuelle de leur travail, à savoir : « Les clients vous disent bonjour » : !
- Je lis sur Wikipédia qu’il avait en 2006 présenté son travail à France Inter avec Isabelle Giordano, en ces termes : « Nous aidons les gens à ne pas se faire avoir. »
***- L’émission de France Culture, Entendez-vous l’éco ?, s’intitule : Pensez l’économie de demain avec Philippe Aghion. J’ai notamment entendu : « L’important c’est la confiance que vous inspirez aux marchés » (plusieurs fois répété) ; « Le levier principal c’est la croissance » ; « Les gens vont commencer à dépenser l’épargne accumulée » ; « Les ‘gilets jaunes’ nous ont coûté 18 milliards »… J’ai noté aussi qu’il nommait l’écologie « l’environnement ».
***- Lu sur France Info : « Merci de bien vouloir noter que la section ‘fictions post-apocalyptiques’ a été déménagée au rayon ‘affaires courantes’». Vitrine de la librairie Bookends, Fowey, Cornouailles.
***- Sur France Inter, débat : Confinement. La double peine pour les quartiers populaires. Les termes de « double peine », et de « discriminations » sont totalement inappropriés.
- Un court débat résume l’opposition entre les médias et les habitants des quartiers populaires. La journaliste pose à un responsable d’association la question : « Qu’est-ce qu’ils vous disent ? », ce à quoi il répondit : « Ils souffrent d’abord. »
- Concernant la police, en sus d’exemples particulièrement scandaleux, j’ai entendu : « La police nous fait la guerre » ; « On a été énormément verbalisé-es » ; « On veut des masques plutôt que des amendes ». Et enfin : « Pas de justice, pas de paix ».
- J’ai aussi été marquée par le fait que la journaliste, ayant dû résumer les débats à un invité qui n’avait pas entendu le débat, avait repris exactement les mêmes formulations que celles qui l’avaient inauguré, considérant donc de facto que les discussions n’en avaient pas modifié les termes, et donc, à la limite, qu’elles n’avaient pas eu lieu.
***- Sur France Culture, dans l’émission La méthode scientifique, dans une émission intitulée : Comment penser la science d’après ? Pascale Cossart, secrétaire perpétuelle (sic) de l’Académie des sciences, laquelle limite étroitement son propos à sa spécialité, à la situation actuelle, se félicite des relations nouées entre le politique et la science et en attend une plus importante collaboration à l’avenir.
- Pour rappel et à toutes fins utiles : « La science » - sachant que ce terme n’a aucune signification - n’a pas été respectée, mais instrumentalisée par le politique. Comment ne pas voir par ailleurs que le choix même des scientifiques choisi par l’Élysée était déjà un choix politique, lui-même renforcé par la ‘synthèse’ effectuée entre leurs positions différentes, sinon opposées ?
- Ajout. 30 avril. Didier Raoult, dans Paris Match, concernant le Conseil scientifique - qu’il a quitté - chargé de conseiller le gouvernement le décrit ainsi : « On ne peut pas mener une guerre avec des gens consensuels. Le consensus, c’est Pétain. Insupportable. On ne peut pas décider de cette manière. Ces personnes ne savaient pas de quoi elles parlaient ! Et chacun poussait ses billes en avant. Il fallait faire plaisir, représenter l’Institut Pasteur, l’Inserm, etc. Il n’y a rien de fiable scientifiquement là-dedans. »
***- Lu sur France musique : Coronavirus. Les intermittents dans la tourmente : « […] Nous demandons expressément un allongement des droits aux allocations chômage d'un an pour ceux qui en ont besoin. […] Philippe Gautier du Snam-CGT demande au gouvernement des fonds spécifiques pour les intermittents : « Pour l'instant pas un centime n'a été débloqué pour la musique. Le fonds d'urgence de 10 millions d'euros annoncé par le ministre est un véritable hold-up puisqu'il a été ponctionné sur le budget du Centre national de la musique, budget qui devait être utilisé sous formes d'aides pour les structures du secteur, et qui donc ne seront pas versées. »

Politique (Coronavirus) (38) : (25 avril) 2020.
***- La priorité accordée - concédée ? - à la santé n’est pas synonyme de la priorité qui serait celle des êtres humain, de chacun-e d’entre eux / elles sur l’économie.
***- J’ai entendu concernant la peste au Moyen-Âge cette terrifiante analyse : « Le monde occidental était arrivé à un trop-plein ». Et si elle était pertinente aujourd’hui ?
***- Comment penser l’avenir dès lors que notre présent est inexpliqué et que son terme, aléatoire, n’a pas déchéance crédible ?
***- Le déconfinement est censé débuter le 11 mai, mais j’entends nombre de débats qui font comme si le confinement, les gestes dits barrières, étaient censés durer, plus ou moins, ad vitam aeternam.
***- Et si on remplaçait chaque constat du type : « Le système de santé s’effondre » et / ou « risque de s’effondrer » et / ou « est en train de s’effondrer » par une dénonciation précise, circonstanciée, de tous les systèmes politiques, de tous les politiques, de toutes les institutions, qui ont instauré un tel monde ?
***- Par quels processus, par quelles intoxications, par quelles manipulations, par quelles mystifications, avec quels aveuglements, une bonne partie des populations mondiales a pu grosso modo accepter de s’enfermer, quasiment de s’emprisonner dans leurs propres maisons - quand elles en avaient un - reste, pour moi, la plus importante question à se poser.
***- Les milliards tombent : 7 à Air France, 5 à Renault.
***- Des sportifs mettent leurs vêtements aux enchères : l’horreur.
***- Entendu des adolescents sur France Culture [12 h 35] : « J’aime bien rester chez moi » ; « Ça sert à rien de sortir ». On peut difficilement faire pire…
- Ajout, le 29 avril. « Trois semaines de plus, pourquoi pas ? » ; « Je comprends très bien qu’il failler rester à la maison. » ; « 15 jours de repos, sans cuisine, sans rien à faire, ça m’irait bien »…
***- Une vingtaine de passant-es ont commencé à danser dans le 18ème arrondissement de Paris, à l’écoute de la chanson de Dalida : « Laissez-moi danser » diffusé sur un balcon, jusqu’à l’arrivée de la police. Sur Sud-Ouest, je lis : « Les images sont provoqué un immense tollé sur les réseaux sociaux » ; « commentaires outrés »…

Politique (Coronavirus) (39) : (26 avril) 2020.
***- Danger de l’accoutumance à vivre en auto-suffisance de soi, séparé-e de tous liens.
***- Nietzsche, dans Aurore [1881] : « 173. Les louangeurs du travail ; - Dans la glorification du travail, dans les infatigables discours sur la ‘bénédiction du travail’, je vois la même arrière-pensée que dans les louanges des actes impersonnels et d’un intérêt général : la crainte de tout ce qui est individuel. On se rend maintenant très bien compte, à l’aspect du travail - que c’est là la meilleure police, qu’elle tient chacun en bride et qu’elle s’entend vigoureusement à entraver le développement de la raison, des désirs, du goût de l’indépendance. Car le travail use la force nerveuse dans des proportions extraordinaires, et la soustrait à la réflexion, à la méditation, aux rêves, aux soucis, à l’amour et à la haine, il place toujours devant les yeux un but minime et accorde des satisfactions faciles et régulières. » [Le livre de poche. 2007. p.132]
***- Nous avons tous et toutes obéi - comme un seul homme, comme 14…- en prenant pour vraies, légitimes, nécessaires, incontournables, des raisons qui n’étaient, au mieux, qu’hypothèses dans l’esprit de ceux qui nous les imposaient.
***- On prend les mêmes - lui, depuis des décennies - et on continue, pensent-ils, croient-ils, veulent-ils. Il suffit d’écouter sur France Inter : Éric Woerth : « augmenter la productivité » ; « faire sortir l’épargne des Français ».
***- Pour mieux percevoir les bouleversements mentaux - les révolutions mentales ? - qui se sont produit-es - ‘grâce’ au coronavirus, il suffit de jeter un coup d’œil avec ce que nous avons vécus depuis, disons par facilité, l’élection d’Emmanuel Macron : cela paraît vieux, vieux, d’un autre temps, d’un autre monde.
***- Vu de ma fenêtre (par beau temps) au fil des jours : des fenêtres toujours closes, des fenêtres closes mais derrière lesquelles la lumière s’allume le soir ; des fenêtres closes, entrouvertes, ouvertes ; dans la cour, jadis déserte, une jeune femme bronzant à demi assise sur le rebord de sa fenêtre, deux hommes discutant, assis sur une chaise, un petite fille jouant seule avec ses jouets posés sur les pavés, un homme, les bras et jambes nues face au soleil, une jeune femme télé-travaillant son portable sur les genoux, trois personnes jouant aux cartes…
***- Titre du JDD : Sur la photo d’un premier ministre à l’Assemblée nationale, singulièrement absent : Déconfinement : Deux jours pour être clairs.
***- Dans le JDD, je lis - par erreur - un article daté du 25 mars, en conclusion d’un article comparant les divers résultats des sondages d’opinion : « Au final la popularité d’Emmanuel Macron se situe donc dans un intervalle assez large qui va de 28 % à 51 %. ». Et c’est avec ça que, depuis des années, sont alimentés tous, ou presque, les débats dits politiques et que tant de décisions sont prises. Aujourd’hui, ce que l’on sait, c’est que tous les chiffres sont en baisse.
***- Il ne suffit pas que l’on nous assène tous les jours, les chiffres de décès - là, ça monte, là, ça baisse - les guéris nous expliquent comment et combien ils ont souffert…
***- La pensée binaire s’épanouit : sur France Culture, dans l’émission L’esprit public, débat posé en des termes intellectuellement scandaleux : « Santé et / ou économie : le dilemme du déconfinement ».
- Le lendemain, sur France Inter, concernant l’après confinement, Boris Cyrulnik affirme - si l’on en croit le titre de l’émission - : « On aura le choix entre vivre mieux ou subir une dictature. »

Politique (Coronavirus) (40) : (27 avril) 2020.
***- Entendu sur France Culture : « Le chef de l’état est dans une démarche unitaire » ; « Il semble avoir repris la main ». Dans la confusion générale, les mots, les phrases perdent toute signification. Et certains, dans la presse notamment, continuent à dénoncer « théories du complot » et « fake news ». Il n’en est nul besoin pour comprendre que ce que l’on nous raconte mérite, pour le moins, d’être critiqué.
***- Entendu : « On ne connait pas le réservoir viral : que va-t-il alors sortir de la boîte de Pandore quand les personnes quitteront leurs appartements ? ».
***- Entendu l’expression de : « folie hygiéniste ».
***- Quatre publicités entre 9h-1/4 et 9 h : « Les caisses d’épargne, Ikea, BNP Paribas, Viande de bœuf label rouge. » : le monde d’après ?
***- La moitié de petits patrons disent redouter la faillite : un soutien psychologique est instauré.
***- Le siège de Stalingrad a duré 8 mois [1.800.000 victimes estimées], celui de Sarajevo trois ans et demi [5.000 victimes estimés] .
*** - Entendu : « J’espère que la Chine va pâtir de cette histoire. »
***- Les député-es en sont réduit-es, à quémander, telle-s des mendiant-es dépourvues de dignité, auprès du président de l’assemblée nationale, du premier ministre, du président de la république, un délai d’une journée pour prendre connaissance et se prononcer - ce qui leur est refusé - sur la présentation du plan de déconfinement du gouvernement à l’Assemblée nationale demain.
- Dernière nouvelle : pas de délai, mais un vote « consultatif » (sans risque). Les député-es sont traité-es comme on ne devrait pas traiter les chiens. Un tel abaissement du parlement est rare. Pourquoi ne démissionnent-ils pas ? Par crainte de l’impopularité ? Qu’est-ce que cela changerait à la ‘gestion de la crise’ ? Rien.
- Le matin du vote, le 28 donc, Olivier Faure, du parti socialiste attendra « d’écouter » le premier ministre, avant de prendre position. Résultat du vote socialiste : 20 contre, 10 abstentions.

Politique (Coronavirus) (41) : (28 avril) 2020.
***- Les ministres ne sont pas mieux traité-es que les parlementaires : ce n’est que ce matin que chacun-e découvrira la politique qu’il / elle sera chargé demain de mettre en œuvre et de défendre, envers et contre tous/toutes.
***- Hobbes dans Le Léviathan [1651] auteur de : « […] Quiconque a droit à la fin, a droit aux moyens. » [Chapitre 18. Des droits de souverains par institution]
***- Sur France Culture, un ouvrier de Renault reprend le travail : « On va essayer de faire confiance à tout le monde » ; un autre « Il faut faire tourner la boutique ». Depuis quand les médias ont-ils été aussi muselés, asservis, étouffés ; caricatures, de plus en plus nombreuses, en toute logique, incluses - ? Le terme de censure est, plus encore qu’il ne l’était, devenu absurde.
- Certes un syndicaliste est interrogé mais le choix de cette phrase sélectionnée : « c‘est de la folie furieuse » n’aide sans doute pas à le crédibiliser.
***- Sur France Culture, entendu : « Le virus est un être vivant » ; nous : son « hôte ».
***- Lu sur un publicité Monoprix une vitrine Monoprix : « Je vais vous paraître futile, mais vendez-vous encore des produits de beauté ? » Un signe des temps ?
***- Entendu un chef cuisinier américain qui, tout en ‘faisant la charité’, n’oublie pas de dire qu’il attend sa troisième étoile au Michelin.
***- La France insoumise dépose une proposition de loi pour la gratuité des masques. Pour l’ouverture la plus large possible - bien, au-delà des masques donc - de la sphère de la gratuité.
***- Fin du message gouvernemental multi-quotidiennement diffusé : « Ensemble, faisons bloc contre le coronavirus » : l’antithèse de la confiance et de l’appel à la responsabilité individuelle.
***- Sentiment que, pour certains, la remise en cause du statu quo actuel sera limitée à la relocalisation de certains produits, chaines de production, notamment, voire exclusivement pour certain-es, liés à la santé.
***- Dans son discours à l’Assemblée nationale, Édouard Philippe a ajouté une nouvelle frontière à chacun-e d’entre nous : 1m, 1km, 100km.
- Le contrôle du temps appartient au patron ; le contrôle de l’espace appartient à l’état.
- Le 29, j'entends qu’il est question, concernant l’été, de « grandes vacances à 30 kms de son domicile ».
***- Édouard Philippe a considéré que le confinement avait été « un instrument efficace » : un bien petit hommage pour un si grand bouleversement.
***- Édouard Philippe a affirmé : « Notre système hospitalier a tenu bon. » En d’autres termes, l’état ne s’est pas effondré.
***- Édouard Philippe a évoqué la reprise de « la vie collective, la vie sociale » : pas de la vie politique.
***- Édouard Philippe a employé l’expression : « notre stratégie nationale », au lieu et place de : la stratégie décidée par le président de la république, mise en œuvre par le gouvernement que je préside.
***- Lorsque Édouard Philippe a évoqué la nécessité de « tenir sur la ligne de crête » parlait-il de sa situation personnelle politique ou du plan qu’il a, seul, décidé pour le pays ?
***- Ce qui mérite réflexions, c’est qu’au nom de la gestion de « la crise - dite - sanitaire », telle que lui l’a considérée comme efficace, Édouard Philippe, tel un contremaitre ré-ouvrant l’atelier d’une usine, a pu présenter son plan et en exiger son application, sans tenir aucun compte de l’histoire, des difficultés, des souffrances, de la vie, des contraintes d’aucun-e d’entre nous. Sans même, même hypocritement, les évoquer.
***- Un pédagogue - monsieur Mathieu - a calculé que le premier ministre avait consacré 4 minutes à l’éducation nationale « pour 13 millions d’élèves, 26 millions de parents et 1,4 millions d’enseignant-es. »
***- Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale, sur TFI, auteur de : « Nous avons intérêt à re-scolariser tout le monde…». Que sont devenues les ambitions que la IIIème république assignait aux missions de l’éducation nationale ?
- Jean-Michel Blanquer, aujourd’hui publiquement, à l’assemblée nationale, désavoué par le premier ministre - il était livide - auteur de : « J’ai plus de cicatrices que de peau ». C’est donc à un homme, rendu sinon insensible du moins grandement insensibilisé, que l’avenir des enfants est confié.

Politique (Coronavirus) (42) : (29 avril) 2020.
***- Gilles Le Gendre, président du groupe LREM à l'Assemblée, a estimé que le succès du déconfinement reposait sur la responsabilité individuelle. « Le second défi [sera] un défi pour notre démocratie : celui de la concorde et du dépassement. Nous n'accomplirons le déconfinement que rassemblés et unis et en sachant recréer l'indispensable confiance dans l’action publique ». Un tel déni de la réalité est inquiétant.
***- Sentiment que les vis des boulons qui structurent, par d’innombrables liens, une société sont en train de se libérer de leurs attaches.
***- Sur France Culture, un « philosophe » est appelé à commenter ce qui est présenté comme un constat : « Le virus fait du mal à la vérité ». Tant que notre société, ici incarnée par ses « élites », considérera légitime, normal, approprié de donner la parole, y compris dans la plus grande confusion, dans les plus évidentes incohérences, à des « philosophes », au seul vu de leur statut officiel, plutôt qu’à un ouvrier, une femme-de-ménage qui disent d’évidentes évidences, elle prolongera l’injustice des fondements sur lesquels elle s’est construite ; l’exclusion par les « élites », des « non-élites », exclues de tout pouvoir, et donc la crainte que légitimement elles suscitent.
***- Entendu sur France Culture, établir un lien entre « l’infection des corps et la contamination des esprits ».
***- Plus l’état s’immisce dans la seule, la simple, gestion quotidienne de nos vies, plus il est nécessairement - de manière exponentielle - l’objet de critiques. Comment les recomposer ? Faut-il les recomposer ?
***- Voltaire dans Le désastre de Lisbonne [1756], auteur de : « Tristes calculateurs des misères humaines / Ne me consolez pas, vous aigrissez mes peines. »
***- Lu sur RT : La Russie, premier vendeur mondial de blé suspend ses exportations de plusieurs variétés de céréales (blé, seigle, orge, maïs) jusqu’au 1er juillet.
***- Pierre Rimbert, dans Le Monde Diplomatique de mai, dans un article intitulé Le calendrier des illusions, écrit notamment : « [...] Car tout sera fait pour qu’il n’y ait pas d‘après’. […] ‘Le jour d’après’, ‘les jours heureux’ scandent le calendrier des illusions, offert pour que la société confinée bouillonne sans jamais exploser. »
***- Serge Halimi, dans Le Monde Diplomatique de mai, dans un article intitulé Tous des enfants, écrit notamment : « Le pouvoir a tous les pouvoirs. Médecin et employeur, il est aussi notre juge d’application des peines qui décide de la durée comme de la dureté de notre confinement. […] Pour le moment, nous prenons des coups sans pouvoir les rendre; nous parlons dans le vide et nous le savons. […] »
***- Oui, nous sommes tous et toutes, a minima, infantilisée-es, le terme m’apparaissant par ailleurs bien faible. Sur France Info, parmi tant d’autres, nombreuses questions - restées sans réponse du ministère - la distance autorisée de 100 kilomètres à partir de son domicile est-elle « à vol d’oiseau » ou par la route ?
***- Le nombre de décès dus au coronavirus à domicile sera connu « au mois de juin » annonce le ministre de la santé. Ces statistiques officielles, limitées aux statistiques hospitalières, quotidiennement présentées : quelle farce…
- Ou plus justement, ne serait-ce pas plutôt l’illustration de ce que l’enjeu était bien d’abord et avant tout la capacité - ou non - d‘absorption’ des malades par les hôpitaux, qui s’avéraient concrètement, légitimement, les réelles incarnations de l’état ?
***- Bruno Le Maire : « Il faut reprendre le travail et il faut qu’un maximum de français reprennent le travail. […] Il faut que nous nous retroussions les manches tous ensemble ».
***- Entendu sur France Culture : « Peut être cette crise sera-t-elle l’occasion de… ». Il fut des aspirations plus exigeantes.
***- J’entends, sur France Culture, évoquer par Emmanuel Laurentin, dont les positions féministes sont bien connues, concernant la situation actuelle, de « grandes prises de positions de grandes voix féministes ».
***- Le ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse « avec le concours du bureau Véritas Exploitation » publie un guide 54 pages intitulé Protocole sanitaire. Guide relatif à la réouverture et au fonctionnement des écoles maternelles et élémentaires. Les enseignant-es traité-es comme des élèves.

Politique (Coronavirus) (43) : (30 avril) 2020.
***- Entendu : « Le constat ne fait pas le remède. »
***- Henry Fielding dans Histoire de Tom Jones [1749] rappelle que : « Quand des messieurs admettent des personnes inférieures dans leur compagnie, celles-ci devraient garder leurs distances. » [Folio Classique. 2007. p.407]
- Il est intéressant de noter l’emploi courant de l’expression de : « distanciation sociale » au lieu et place de : « distanciation physique ».
***- Lu sur France Info : « Je suis propriétaire d’un cheval, il se trouve dans un centre équestre. Quand pourrais-je rendre visite à mon cheval ? Merci »
***- Lu sur France Info : « Sur l'entretien des masques tissu, il est recommandé de les sécher au sèche-linge ? pour quelles raisons ? et si on n'a pas de sèche-linge, comment procéder ? » ; une autre personne demande si l’« on peut passer le masque au fer à vapeur, qui pourrait éliminer le virus ».
***- Crise dans l’église de France, notamment chez les évêques, et donc chez les prêtres ; certains considérant que le communiqué du 28 avril de la conférence des évêques de France est par trop peu critique - il se contente de « prendre acte avec regret » - concernant la décision d’Édouard Philippe de ne pas rouvrir les églises le 11 mai, mais le 2 juin. Qu’en pensent les religieuses ?
***- Les médias nous enlisent dans le virus ; à nous de ne pas nous y être englouti-es ; à nous de nous rétablir ; à nous de consolider nos réflexions, avec eux, sans eux, contre eux.
***- Le gouvernement impose autoritairement ses injonctions, ses décisions, ses ordres et contre-ordres, ses menaces ; après, c’est à chacun-e de se débrouiller. La révolte gronde.
***- Marc Aurèle dans Soliloques : « Ou bien le monde est ordonné, ou bien c’est un chaos confus, mais c’est pourtant le monde. Et se peut-il qu’en toi règne quelque ordre, et que l’univers ne soit que désordre ? Et cela, quand tout y est à la fois si distinct et si confondus et si solidaire ! » [Le livre de poche, Classiques de philosophie. p.50]
***- La lutte contre le coronavirus déréalise le monde réel en lui superposant une autre pseudo-réalité d’autant plus effectivement crédible qu’elle concerne la vie quotidienne de chacun-e d’entre nous. Reconfigurer les deux mondes sans oublier les contraintes et les luttes du premier et les menaces et les acquis du second.
***- Lu sur France Info : « On ne sait pas s'il y aura des masques pour tout le monde le 11 mai, mais on connait déjà le montant de la contravention pour ceux qui n'en auront pas. Gonflé tout de même ! »
- Entendu sur C’ News, la présentatrice affirmant, pour une fois, sa position personnelle : « Si les masques ne sont pas gratuits, on ne peut contraindre à les porter. »
***- Sibeth Ndaye, porte-parole du gouvernement, auteure de : « La crise du Covid-19 favorise la propagation de fake news. Plus que jamais, il est nécessaire de se fier à des sources d’informations sûres et vérifiées. C’est pourquoi le site du gouvernement propose désormais un espace dédié ». La même avait déclaré dans une interview à L’Express le 12 juillet 2017 : « J’assume de mentir pour protéger le président de la République. »
- Le 6 mai, devant la réaction critique quasi unanime de la presse : « L’état n’est pas l’arbitre de l’information » - le gouvernement a pris la décision de retirer la page « Désintox Coronavirus » du site du gouvernement.
***- S’il avait fallu « virer » les ministres qui ont déclaré des énormités, la Macronie ferait penser (pour le titre) au désert des tartares.
***- Lu dans un texte écrit par des groupes de défense juridique, publié par Paris-Luttes Infos, intitulé L’état d’urgence sanitaire : l’ordre social quoi qu’il en coûte : « […] Le constat d’un abandon général des principes constitutionnels et des droits fondamentaux interpelle, même si on ne défend ni l’État ni sa justice. Pourquoi lutter contre une maladie devrait inexorablement se traduire par une acceptation du flicage général, une résignation à être dépossédé de tout libre arbitre, un changement de régime et un durcissement des conditions judiciaires et carcérales ? […] »

Politique (Coronavirus) (44) : (1er mai) 2020.
***- Dès lors que l’état - en la parole de son « chef » - a affirmé que la santé devrait être le premier, voire l’exclusif critère sur laquelle il fondait sa politique conte le coronavirus, il n’a plus d’argument pour contraindre au retour au travail. Et il n’est pas exclu que nombre des travailleurs et de travailleuses ne pratiquent une sorte de « grève sur le tas » non pas dans les lieux de travail, mais à l’extérieur, en restant, tant que possible, à la maison. Une manifestation efficace de résistance politique, qui n’avait pas attendu le confinement pour s’exprimer.
***- Plus les jours passent, plus nous sommes incité-es à penser bas, petit, étroit, mesquin. Sommes-nous même encore incité-es à penser, tout court ? Entendu sur France Inter : « Les cerveaux fument ».
***- Sentiment que, dans cette volonté de cadrage, de normalisation, dans le flot de toutes ces interdictions, il y a chez certains, une volonté de revanche sur « la vie », telle que vécue par d’autres qu’eux.
***- Lu sur France Info : Un communiquant : « La difficulté c’est que les politiques sont toujours en retard sur l’opinion publique. La crise va plus vite que leurs analyses. »
***- Sentiment qu’il est bien plus aisé d’annoncer le mauvais que le beau temps ; et, plus largement, que les bulletins météorologiques ont été réduits à la portion congrue, ont perdu leur statut. On glisse discrètement sur le sujet…
***- En ce jour de « fête du travail », est-ce que des millions de personnes ne découvrent-elles pas qu’être payées, sans avoir à travailler, est une bien meilleure solution que celle que, jusqu’alors, elles vivaient. Et, qu’en plus, être libres de sortir, de bouger serait sinon le paradis, du moins s’en approcherait.
***- Cornelius Castoriadis, dans Imaginaire et imagination au carrefour [1996], auteur de : « […] La situation ne changera qu’avec l’invention d’une nouvelle hypothèse. » [In : Figures du pensable. Les carrefours du labyrinthe-6. 2009. p.124]
***- Et si, tout simplement, le monde s’est arrêté parce qu’il ne pouvait plus tenir sur ses jambes ? Et si, tout simplement, le monde avait constaté qu’il ne pouvait plus continuer, en l’état, sans autre alternative, à fonctionner sur ses bases ? Et si toutes les critiques, toutes les révoltes, de toutes sortes, de toutes natures, dont il ne cessait d’être l’objet en avaient été les réels déclencheurs ? Ces questions ne signifient pas que certaines fractions du capitalisme ne mettent pas, et ne mettront pas tout en œuvre pour vouloir imposer encore un peu plus qu’auparavant leurs pouvoirs, dans des nouvelles reconfigurations de leurs relations avec les états ; ce qui affectera chacun-e d’entre nous, nécessairement différemment.
***- Banderole CGT place de la République : « Tous ensemble nous construirons un autre futur. »
***- D’autres pancartes : « Macronavirus : à quand la fin ? » ; « Vous ne confinerez pas notre colère » ; « Le capitalisme ne mérite pas qu’on se tue pour lui » ; « La révolution sociale sera encore plus virale » ; « Le capitalisme est un virus dont il faut se débarrasser » ; « Stop à la violence institutionnelle » ; « Ni héros, ni soldats, Macron, ta prime suffira pas » ; « Non aux fermetures de lits » ; « Des lits pour nos patients » ; « Arrêtez de mentir » ; « Bas les masques » ; « Pour qu’ils rendent des comptes » ; « Nos vies ou leurs profits ! » ; « Du fric pour l’hôpital et tous les services publics » ; « Pour le jour d’après, je ne veux pas revenir au jour d‘avant » ; « Non à la censure d’état »; « Des actes pour ne pas brasser de l’air » ; « Pas de retour à l’anormal. Le capital tue » ; « Je veux une réelle justice sociale et ne plus avoir peur d’être une femme » ; « Attention. Risque d’effondrement de leur monde. Rien ne doit être impossible à changer » ; « En guerre ? Résistance » ; « Des tests, des masques, y’en a pas ! Des LBDs, des lacrymos, Yen a ! Cherchez l’erreur » ; « Peur d’un virus, mais pas de l’avenir de l’humanité ? » ; « Embauchez des infirmières. Virez des managers » ; « Macron (13 avril 2020) : ‘Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune’ Chiche !’ » ; « Une seule solution : Virer Macron » ; « Hôpital attaqué par des années d’austérité »; « Que l’après soit comme l’avant, voilà la catastrophe » ; « Confinons la police » ; « Corona partout, justice nulle part » ; « Centres de rétention : Liberté immédiate pour tous-tes » ; « J’ai pas le corona, j’ai la rage », « Drones, applis de traçages, on veut pas être pistés, on veut être dépistés » ; « Le volontariat selon Édouard Philippe : mettre ses mômes à l’école ou perdre ton salaire » ; « Vous êtes démasquées, on veut des masques » ; « Arrêtez vos salades, balancez l’oseille » ;
***- Titre de Paris-Luttes Info : Répression et nasses sur les manifestations distanciées du 1er mai. Les flics en première ligne pour foutre en l’air les gestes barrières.
***- Emmanuel Macron : « C’est grâce au travail que la nation tient ». Réaction de Philippe Martinez, de la CGT, bien peu exigeante : « S’il vante les travailleurs et les travailleuses, qu’il le démontre ».
***- Lu dans Révolution permanente, accompagné d’une photo montrant un terrifiant moment de vérité : un rire de très réelle connivence entre le patron de la CFDT et celui du patronat : « Le 1er mai, la CFDT a signé une déclaration commune avec le MEDEF et la CFTC ‘pour le maintien ou la reprise des activités économiques dans des conditions sanitaires optimales’ ».

Politique (Coronavirus) (45) : (2 mai) 2020.
***- C’est la logique politique infantilisante, de fait beaucoup plus grave que ce terme signifie, de mise en dépendance de toute la société qu’il faut dénoncer, et non plus se focaliser sur telle ou telle de ses erreurs, contradictions…C’est le piège dans lequel nous sommes tombé-es qu’il faut dénoncer et ce sont les menaces - déjà pour nombre d’entre elles mises en œuvre - qu’il faut craindre, analyser et dénoncer.
- Ajout. 9 mai. Je lis sur France Info : « Nos petits-enfants confinés depuis le 17 mars dans leur maison et nous leur grands-parents à la campagne dans notre maison située en zone verte sans aucun signe de la maladie pourrons nous les voir au moment du déconfinement ? Merci de me préciser si les câlins ou marcher en se tenant par la main sera interdit ? Qu'aurons-nous le droit de faire ? »
***- Je lis ce matin, un article daté du 11 avril 2020 du Bulletin n°189 de Résistons ensemble, publié le 17 avril 2020 par Paris-Luttes. Info. dont la conclusion est : « Le covid 19 a le dos large. Oui, le Covid-19 a le dos large, comme tous les alibis. Il est ce qu’il est… contagieux, vicieux, létal, mais ne le laissons pas charger de tous les maux. Le plus grand danger est l’agissement de cette équipe de bras cassés, cyniques, faux culs et sans pitié au pouvoir dont la seule visée est de passer d’un ‘état d’urgence sanitaire’ à un coup d’État démocratique tout court. »
***- Cornelius Castoriadis, dans Une société à la dérive [1991] écrit : « Quand on parle de projet politique global, certains y opposent ce que les Anglais appellent les piecemeals reforms, les réformes partielles pour améliorer le système. Mais il est évident que n’importe quel politicien, qu’il soit réformiste ou conservateur, s’il prend des mesures partielles, locales, sans avoir en vue la globalité du système, ne pourra qu’accumuler les erreurs. » [Entretiens et débats. 2011. p.129] Qui, pour lui, n’en sont pas…
***- Entendu, sans relation avec la situation actuelle, : « L’état n’est jamais aussi puissant que lors qu’il est, premier acteur, en première ligne ». À ceci près, que l’État subit la pression du capitalisme, vit sous le « risque de l’écroulement » [Édouard Philippe. 28 avril 2020] de l’économie, et par là même de l’état, dans la crainte par les politiques des procès annoncés, sans oublier la peur réelle des résistances / oppositions de la population.
***- Ce qui est mort, ‘grâce’ à cette ‘crise’, c’est l’idée de la centralité de l’économie et celle de l’expansion indéfinie du capitalisme : et ce n’est pas rien.
***- Le gouvernement prolonge de deux mois « l’état d’urgence sanitaire », jusqu’au 24 juillet 2020.
***- Le secrétaire d'État au Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, avait affirmé le 1er mai que « les vacances vont dépendre des efforts des Français » à la sortie du confinement. Olivier Véran, ministre de la santé a déclaré le 2 mai qu’il « ne sait pas si les plages pourront être ouvertes. Mais il y a, hélas, peu de chance pour que le virus décide, lui, de partir en vacances. En l'absence de traitement et de vaccin, le comportement des Français va avoir un poids considérable ». Il a aussi déclaré « Si le confinement est bien respecté jusqu'au bout, le couvercle aura été mis sur la casserole de l'épidémie, et nous pourrons déconfiner progressivement dans les meilleures conditions. Dans le cas contraire, et si le nombre de nouveaux malades devait être trop élevé, la date de lever du confinement pourrait être remise en question et sera appréciée selon les départements. » La légèreté, pleine de menaces, la manière odieuse dont ces gens - qui n’en savent pas beaucoup plus que nous, et qui n’ont d’autre pouvoir que celui que les forces de répression leur confèrent - nous traitent, est vraiment pénible à entendre. En réalité, leur stratégie ne portant pas les fruits qu’ils en attendaient - le nombre de malades, d’hospitalisé-es restant très élevé - ils nous en transfèrent la responsabilité pour mieux - croient-ils - se dédouaner ; vieille recette, mais par trop grossière.
- Lu un commentaire sur le Midi libre: « Qui sont-ils pour décider ce qui est bon pour nous ? » Oui, c’est bien là une question politique majeure.
***- Tweet d’Emmanuel Macron : « Aux artistes qui se sont exprimés, je veux dire que je les entends. L’État continuera de les accompagner, protègera les plus fragiles, soutiendra la création. L’avenir ne peut s’inventer sans votre pouvoir d’imagination. Mercredi j'annoncerai des premières décisions en ce sens. » Il donne de plus en plus l’impression que l’argent de l’état est le sien ; il pense manifestement de plus en plus qu’il est légitime qu’il décide seul de tout.
Un exemple, concernant les intermittents du spectacle : « Je vais donner cette année blanche. »

Politique (Coronavirus) (46) : (3 mai) 2020.
***- Hannah Arendt dans La crise de la culture [1961], auteure de : « Une crise ne devient catastrophique, que si nous y répondons par des idées toutes faites, c’est-à-dire par des préjugés. » [Idées. Gallimard. 1972. p.225]
***- Entendre Christophe Castener, celui-là même qui a impunément frappé, gazé, mutilé, nassé, éborgné, incarcéré des milliers et des milliers de personnes, pendant des mois, dans toute la France, se réserver le droit de décider de « la possibilité de renter à leur domicile principal » pour les personnes qui l’avaient quitté est dur, dur à entendre. Qu’ils partent, tous, tous, au plus vite…
***- La finalité de la psychothérapie institutionnelle : Soigner l’institution pour soigner le malade.
- Aujourd’hui : Critiquer l’État, pour libérer les citoyen-nes.
***- L’État soigne les conséquences sans connaitre les causes ; sans avoir prévu de moyens opérationnels - tests, masques, vaccins - ; sans savoir si la solution qu’il impose est même la bonne ; sans concertations, ni même discussions ; sans possibles justifications pour nombre de ses décisions ; sans autre méthode pour tâcher d’éviter des explosions que celle de la carotte et du bâton ; et avec pour finalité de garder son pouvoir tout en transférant au maximum, par dilution, les responsabilités, pour tenter de dégager la sienne.
***- Pour rappel : « Aplatir la courbe » ne signifie pas : faire diminuer le nombre de malades ; cela permet de la retarder, d’échelonner dans le temps leur arrivée dans les structures hospitalières.
***- Entendu, dans C’dans l’air, François Ruffin, justement, dire concernant l’Europe : « Ce qui était anormal, c’était la bulle dans laquelle nous pensions continuer à vivre ». Dans le plus parfait égocentrisme, indissociable d’un distant mais non moins réel mépris.
***- Une tribune signée par 316 maires de l’Ile de France, dont Anne Hidalgo : « Monsieur le Président de la République, en Ile-de-France, l'État ne peut pas se désengager de sa responsabilité dans la réouverture des écoles le 11 mai ; et ce calendrier est, dans la plupart de nos communes, intenable et irréaliste. La préparation du déconfinement se fait dans un calendrier à marche forcée, alors que nous n'avons pas encore toutes les informations pour préparer la population, et que les directives sont mouvantes […] ». Le syndicat Sud avait pour sa part demandé une « rentrée en septembre’ ainsi que l’embauche de personnels supplémentaires. » On entend : préavis de grève, droit de retrait, arrêts-maladie.
***- Emmanuel Macron va se rendre le 5 mai à Poissy, dans l’école de l’un des rares maires - -ex-LR soutenu par la LREM - qui n’a pas signé la tribune des maires. Cet homme - « seul contre tous » - est inconscient et / ou primaire. Je pense plus simplement que c’est un homme immature qui ne cesse de tenter de conforter un ego, manifestement défaillant et dont, peut-être, sa rencontre avec Brigitte Macron a stoppé le processus.
- J’apprends le 5 mai que dans cette école, un quart des écoliers/ères ne reprendront pas les cours le 11 mai. « Ca se passe très bien déclare le maire ».
- J’apprends aussi que pas plus de 15 % des écoliers-ères pourront revenir être scolarisé à Paris le 14 mai.
***- Suite à la mise à l’arrêt des usines McCain, 450.000 tonne de pommes de terre invendues. Les prix s’effondrent. Mangez des frites, demandent les producteurs.
***- Christophe Castaner, auteur de : « La prière n’a pas forcément besoin de lieu de rassemblement [où on ferait courir un risque à l’ensemble de la communauté religieuse] ». Mais comment peut-on être aussi bête ? On - Macron and Co - leur a mis un idée en tête, une seule, ils l’appliquent, la mettent en œuvre, la justifient. Pour eux, pour lui, c’est ça la politique.

Politique (Coronavirus) (47) : (4 mai) 2020.
***- Nietzsche dans Aurore [1881], auteur de : « Peut-être se souviendra-t-on alors que l’on ne s’est habitué à beaucoup de besoins que depuis qu’il devient facile de les satisfaire. - Il suffira de désapprendre quelques besoins. » [Hachette. Pluriel. 1987. p.161]
***- Entendu sur France Inter, un coach sportif : « Le sport, un compagnon idéal pendant ce confinement. »
***- Le protocole national (sic) de déconfinement pour (sic) les entreprises pour assurer la santé et la sécurité des salariés, émanant du Ministère du travail comporte 20 pages. Il est impossible à mettre en œuvre dans nombre de situations, de cas, d’entreprises, et lorsque c’est le cas, il nécessite un coût souvent très élevé, impossible aussi dans nombre d’entreprises, et ce d’autant plus que certains investissements ne sont censés dure que le temps du virus : un exemple : 4 m2 par salariées.
***- Donald Trump annonce un vaccin pour la fin de l’année, suivi par cette phrase : « Les médecins vont dire. Vous ne devriez pas dire cela. Je dis que ce que je pense. » Ce qui est, pour une fois, vrai.
***- Entendu sur France Inter (sans lien avec le coronavirus) : « Les médias vont dans le mur ». Réaction de Léa Salamé, deux fois répété : « Vous avez raison ».
- Ajout aux discussions en la matière : on entend demander aux auditeurs / trices qui souhaitent passer à l’antenne : « vos questions, vos réactions ». Jamais « « vos critiques ».
***- Bruno Le Maire, jouant toujours sa partition, précise à deux reprises qu’il n’est pas responsable de la gestion actuelle des deux secteurs les plus critiqués : le transport et de l’Éducation nationale.
***- Bruno Le Maire évoque concomitamment « le confinement et la circulation du virus ». Mais en quoi le confinement a-t-il rendu la circulation du virus moins dangereuse ?
***- Plein de petites herbes, de petites fleurs toutes ou presque différentes les unes des autres poussent sur le trottoirs (dans l’intersection avec les habitations). J’ai grignoté une feuille de persil.
***- Dans un reportage de France 2, on voir peint sur un toit d’un HLM du Mirail à Toulouse : « On veut sortir ! »
***- Olivier Véran, au sénat, auteur de : « La démocratie importe énormément à la France » : !
- Du même : « Quand on se compare [avec d’autres pays], on se console. » S’il en est là, c’est plus inquiétant en sa croyance en la politique qu’il est censé mener.
***- Le plan de déconfinement du gouvernement est rejeté par le sénat: 89 voix contre, 88 pour, 103 absentions (LR).
***- Circulaire relative à la réouverture des écoles et établissements et aux conditions de poursuite des apprentissages : « La scolarisation des élèves en présentiel repose sur le libre choix des familles, l’instruction restant obligatoire. Ceci implique que l’élève qui n’est pas en présentiel reste en lien avec son école et suit un enseignement à distance. »

Politique (Coronavirus) (48) : (5 mai) 2020.
***- Quatre commentaires du vote du sénat : France Inter, très discret sur le sujet : « Le Sénat impose un camouflet au gouvernement » ; Le Figaro, très discret lui aussi : « Le gouvernement échoue de justesse à faire valider son plan de déconfinement au Sénat » ; Le Parisien : « L’union nationale a volé en éclats » ; Le Monde : « Le vote du sénat, un avertissement pour l’exécutif ».
- Un commentaire, parmi les moins virulents : « Si le vote du sénat ne change rien, alors, à quoi sert le sénat ? »
- Un autre : « Des incompétents dernièrement au pouvoir votent contre d'autres incompétents nouvellement au pouvoir tandis que d'autres incompétents anciennement au pouvoir préfèrent s'abstenir !!! »
- Un autre : « J’ai pas tout compris ! On bosse lundi, ou pas ? »
- Un autre : « Philippe qui défend les supermarchés, on comprend de plus en plus de choses ! »
***- Le sénat adopte par ailleurs l’article suivant : « nul ne peut voir sa responsabilité pénale engagée du fait d’avoir, pendant la durée de l'état d'urgence sanitaire […] pour faire face à l'épidémie de Covid-19, soit exposé autrui à un risque de contamination par le coronavirus SARS-CoV-2, soit causé ou contribué à causer une telle contamination. » En fixant toutefois trois limites. La responsabilité pourra être engagée en cas de « faute intentionnelle », de « faute par imprudence ou négligence » et de « violation manifestement délibérée des mesures ». Traduction : les maires ne veulent pas être jugés responsables d’une politique, comportant de nombreux risques, à laquelle ils/elles n'ont pas participé mais qu’ils sont contraint-es de mettre en œuvre.
- L’amendement gouvernemental de suppression de cet article n’a été voté par personne, pas même par les sénateurs LREM.
- La ministre de la Justice qui, au sénat, s’opposait au texte concernant l’irresponsabilité pénale des élu-es, est elle-même l’objet d’une plainte concernant sa propre responsabilité.
***- Concernant la question des transports après le 11 mai, j’entends un quidam déclarer : « La présence des forces de l’ordre s’imposera dans les transports ». J’ai remarqué que tout ce que ni la presse, ni le gouvernement n’osent trop franchement dire, ils le font exprimer par une personne interrogée, au hasard, bien sûr, dans la rue.
***- Concernant le chômage partiel, j’entends : « On a une béquille qui nous soutient ». Jusqu’à quand ? Juin ? Et après ?
***- Lu : « Le monde d’après n’est même pas arrivé, qu’il ressemble déjà au monde d’avant. »
***- Plus de 25.000 mort-es en France (chiffres officiels).
***- Chaque décision à prendre concernant le déconfinement révèle les injustices, les incohérences, les mensonges, les non-dits, les implicites que ce qu’il faut rouvrir, masquait… tant bien que mal.
***- Personne ne sait plus quoi faire des stocks invendues de voiture dont personne ne veut plus, et / ou ne peut plus acheter.
- En Allemagne, les statistiques en date du 6 mai : l‘effondrement du marché est de de 61,1 % en avril.
***- Ce déconfinement est « une étape qui est indispensable » et qu’« il faut aborder avec beaucoup d'organisation, de méthode, avec aussi beaucoup de calme. Je comprends toutes les inquiétudes, mais on va les régler à chaque fois au bon niveau. (...) Il faut le faire avec beaucoup de pragmatisme et de bonne volonté. C'est ça l'esprit qui est le nôtre », a déclaré Emmanuel Macron.
- Connaitre « l’esprit » de l’exécutif n’est pas vraiment ce qui importe à la population. Mais qu’a-t-il d’autre à dire ?
- Emmanuel Macron apparaît de plus en plus - mais, depuis longtemps - pris dans la seule logorrhée de son discours, auquel, lui, semble croire, mais sans se rendre compte qu’il n’est plus connecté à grand monde.
***- John Locke, dans le Traité du gouvernement civil [1689], écrit : « Dans tous les États, le pouvoir de ceux qui gouvernent doit être exercé selon des lois publiées et reçus, non par des arrêts faits sur le champ, et par des résolutions arbitraires. […] Sinon, Locke évoque alors le danger qu’« une personne, ou un certain nombre de personnes se fissent obéir selon leur plaisir, sans garder aucune bornes, et conformément aux décrets arbitraires de la première pensée qui leur viendrait, sans avoir jusqu’alors donné à entendre leur volonté, ni observé aucunes règles qui puissent justifier leurs actions. » [Traité du gouvernement civil. GF-Flammarion. 1992. p.246]
***- Dans la lettre adressée par Isabelle Adjani à Emmanuel Macron, concernant l’avenir de « la culture » j’entends, avec étonnement : « Monsieur le président, mobilisez-vous… »
***- Jeanne Balibar, sur France Inter, affirme justement : « Si le gouvernement n’a pas encore été capable de faire un plan Marshall pour l’hôpital, comment croire à un plan Marshall pour la culture ? [ce qu’elle demande]. »
- Dans les commentaires de sa déclaration critique de la politique gouvernementale, ce qui lui est reproché, sans concession, c’est le fait qu’elle ait accepté la légion d’honneur. Ce n’est plus même le problème de la décrédibilisation de sa parole, c’est un antagonisme radical ; sentiment de plus en plus fort d’une exigence - morale, politique donc - de cohérence. Il y a eu depuis tant d’années trop de bavardages qui ont détruit la croyance en la valeur de la parole : elle n’est plus entendable si elle est en contradiction avec un acte, même jugé secondaire par certain-es, qui la contrarie.
***- L’État aujourd’hui, incarné par Emmanuel Macron, me fait penser, en fait depuis longtemps, à La grenouille qui veut se faire aussi grosse que la bœuf.
***- J’entends : « Ce n’est pas la liberté qui est menacée » ; ce dont il s’agit alors, c’est une « limitation de la liberté d’aller et de venir… mais pour notre sécurité. »
***- Les maires exigeants ou impuissants à rouvrir les écoles selon les normes exigées, sont nommés « récalcitrants » par France Culture.
***- Entendu concernant les musicien-nes : « Les privilégié-es ce sont les habitué-es du confinement. » Il fut un temps où les « privilégiés » étaient les aristocrates, les riches, les puissants. Tout se démocratiserait-il ? …
***- On se focalise trop sur les symptômes du coronavirus, insuffisamment sur les symptômes que ce virus révèle des sociétés au sein desquelles nous vivons.
***- Emmanuel Macron, à Poissy, toujours aussi sûr de lui, s’engageant même sur des enjeux irréalisables, aussi content de ses propres paroles ; d’autant plus aisément qu’il parle seul et en parait ravi.
- Plus il veut « rassurer », plus il m’apparait inquiétant.
***- Roosevelt, en 1932, lors de la grande crise, pendant le Roosevelt special où il sillonne en train les États-Unis parle peu. Il dit juste : « Je suis venu ici pour observer, apprendre et écouter ».
***- Que vaut « la loi de l’offre et de la demande », quand, comme aujourd’hui, globalement, les deux sont manquantes ?
***- Xavier Timbeau, économiste, directeur de l’OFCE, sur France Culture, dans Entendez-vous l’éco : « Ce n’est pas une faille interne qui détermine la crise actuelle » ; « On va retrouver l’économie plus ou moins intacte après… »
***- Si on constate l’évidence, à savoir que la France a, notamment, perdu son industrie, est devenue dépendante pour ses biens les plus élémentaires, notamment les médicaments, alors il faut reconnaitre - et en tirer les conclusions - que ce sont les ouvriers-ères qui n’ont cessé de dénoncer depuis des dizaines d’années les fermetures d’usines, lesquelles ont occasionné la mort de villes, de régions, de territoires, qui avaient - seul-es ? - raison. La crise de la social- démocratie n’y trouve-t-elle pas ici sa principale cause ?

Politique (Coronavirus) (49) : (6 mai) 2020.
***- Cornelius Castoriadis dans La ‘rationalité’ du capitalisme [1996] écrit notamment (mais tout est à lire) : « Les firmes transnationales, la spéculation financière et mêmes les mafias au sens strict du terme écument la planète, guidées uniquement par la vision à court terme de leurs profits. […] La perspective qui en résulte n’est pas celle d’une ‘crise économique’ du capitalisme en général au sens traditionnel. Dans l’abstrait, le capitalisme (les firmes mondiales) pourrait se porter de mieux en mieux jusqu’au jour où le ciel nous tombera sur la tête. » [In : Figures du pensable. 1999. p.111, 112]
**- Dans un texte paru dans Le Monde, intitulé Non à un retour à la normale. De Robert de Niro à Juliette Binoche. L’appel de 200 artistes et scientifiques, je lis : « Le consumérisme nous a conduits à nier la vie en elle-même : celle des végétaux, celle des animaux et celle d’un grand nombre d’humains. » Les êtres humains assimilées à et traités comme les plantes, les animaux : une brillante avancée, un brillant avenir. Quant à l’évocation d’un « certain nombre » des êtres humains dont la vie serait « niée », la rigueur de l’expression est admirable.
***- Et, dans l’appel lancé par Nicolas Hulot, « Le temps est venu », je lis : « C’est pourquoi Nicolas Hulot appelle chacune et chacun à changer d’état d’esprit, à partager un horizon commun […] » À ce niveau d’impudence, de mépris, et d’inconscience, j’arrête là ma lecture.
***- J’ai reçu par la poste une enveloppe contenant quatre masques de la mairie du 5ème arrondissement.
***- Tous les débats actuels autour de la question des conditions du retour à l’école des enfants permettent d’éviter la comparaison entre les raisons de cette décision et celle du maintien de la fermeture des universités.
***- Lu dans Le Canard enchaîné une réaction d’Édouard Philippe, mécontent d’une déclaration de la ministre du travail qui avait cru bon préciser le 28 avril qu’« il n’y avait pas de vague massive de licenciements en France » : « Mais pourquoi est-ce qu’elle parle comme ça ? On sait qu’il va y avoir des licenciements. La question est de savoir s’il y en aura 200.000 ou 2 millions… ». Ce qui donne une petite idée de la valeur éthique des informations qui nous sont transmises et de la maitrise de la situation par le gouvernement.
***- Il existe des personnes auxquelles, à la radio, à la télévision, on donne la parole - et /ou qui la prennent - pour dénigrer, décrédibiliser, se moquer de ceux / celles qui aspirent à, qui demandent un autre avenir.
***- Dans C’ dans l’air, Anne Rosencher de L’Express : « La France est, en Europe, dans une situation catastrophique en matière de confiance dans son gouvernement. » Jérôme Fourquet, directeur de l’IFOP, devenu l’arbitre de la pensée politique, évoque, à sa suite, « une tension avec la population », puis constate : « Il y a du tangage » et : « Les français sont assez perplexes ». Il traite enfin le vote du sénat contre le gouvernement de « chicaya politicienne ». Lui échappe cependant cette phrase : « Le gouvernement a un genou à terre » ce dont profiterait - méchamment ? - l’opposition.
***- Dans Le Quotidien, TMC, on voit le ministre de l’éducation nationale, pénétrant dans une classe de maternelle ou de CP, s’adresser aux enfants et leur demander : « Savez-vous qui je suis ? » Et à la réponse unanime : « Non » , il reprend la parole : « Peut-être est-ce à cause de mon masque ? » Ils en sont là…
***- Emmanuel Macron « cheveux décoiffés, manches relevées, gestes exagérés, discours exalté », incohérent, a infligé une terrible humiliation au ministre de la culture, Franck Riester, silencieux, contraint prendre des notes ; certes, ministre, il n’avait rien à dire sur quoi que ce soit, mais c’est lui qui l’a nommé.
***- J’écoute le texte de Vincent Lindon, lu par lui, dans Médiapart. Nombreux / ses sont ceux et celles qui vantent les qualités de l’homme ; d’autres, dans la presse, présentent son plan « Jean Valjean » ; mais qui vante la rigueur de son analyse ? Cesser de faire entrer la réflexion dans les catégories connues, faciles, aisées : l’homme, son apport à la réforme de la situation.
- Une critique : Vincent Lindon se présente comme un « simple citoyen ». Ce qualificatif, que l’on peut comprendre de la part d’une personne publique qui ne voudrait pas être accusée de se faire valoir, doit néanmoins disparaître.
***- Le terme de « citoyen-ne » ne suffit plus : il faudrait signifier indissociablement : citoyen-es / agissant-es / politiques.

Politique (Coronavirus) (50) : (7 mai) 2020.
***- Victor Hugo, dans Choses vues, le 4 octobre 1872 écrit : « Une idée est un germe dont le peuple est le sillon. » [Folio. Classique. p.765]
***- Autrefois, les femmes étaient enfermées dans la maison ; aujourd’hui la maison est le lieu d’enferment de chacun-e, de tous / toutes.
***- Commenter ce que fait, ce que dit, le gouvernement, en tout ou en partie, c’est se maintenir sur son terrain, c’est le conforter. Accepter les faits, c’est accepter les idées qui vont avec : c’est ce que les médias font toute la journée.
***- Nous avons été confiné-es ; nous n’avons pas été immunisé-es (6% au 11 mai).
***- « Être dans son droit » : une expression qui paraît incongrue.
- Le 8 mai, je lis sur France Info : « La nature a repris ses droits ».
***- Dans l’émission de France Culture, Entendez-vous l’éco ? j’entends : « Faut-il s’attendre au pire ou au meilleur ? » Certes les questions posées sont plus complexes, néanmoins, à force de schématiser les réflexions, on contraint progressivement la société à penser selon ces antagonismes binaires, qui ne vont nulle part, qui ne mènent qu’à des culs-de-sac, qui ne produisent que des têtes à queue.
***- Ceux et celles qui pensent, ou qui feignent de croire, que la crise actuelle a renforcé le rôle de l’état, feraient bien de s’interroger sur les charges qu’ils s’est mis sur le dos, sur toutes les impréparations, les faiblesses, les contradictions qu’il a révélées et qui le font plutôt ressembler à un colosse aux pieds d’argile. Et pour poursuivre l’image du début de ce texte - celle de l’opposition entre les deux Titans, l’état et le capitalisme - je me demande par moments si certains n’ont pas pour stratégie, pour finalité de l’accabler de plus de charges pour le fragiliser encore plus. L’absence au somment de l’état de toute pensée, de tout projet politique au-delà du très court terme rend un peu plus crédible cette idée.
***- Quand j’entends le mot « pédagogie », je ne pense plus qu’à la volonté de contrôle indissociable de l’infantilisation dont nous sommes les cibles. Il en est de même de celui de « protection ».
***- Édouard Philippe a affirmé que la France, « une fois la crise sanitaire passée, répondra à la crise économique et à l'appauvrissement général qui va intervenir ».
***- Lu sur le Blog de l’hôpital ouvert : À la mi-avril, le gouvernement annonce vouloir gratifier les soignants impliqués dans l'épidémie à Coronavirus de primes, de 1500 euros pour les personnels hospitaliers directement impliqués, de 500 euros pour les autres. Loin de nous réjouir, ces primes nous choquent et nous humilient. Nous, personnels hospitaliers, membres du Collectif Hôpital Ouvert, « nous sommes opposés à ces primes et refusons tout ce qu’elles représentent. » (Lire tout le texte)
***- La conférence de presse sur, le déconfinement donnée par Édouard Philippe, entouré de ses ministres qui n’avaient grand-chose à dire mais qui avaient l’air sinon de maitriser la situation, en tout cas de continuer à contrôler la population - a sonné le glas d’Emmanuel Macron : celui-ci n’a manifestement plus de prise sur ce qui se passe.
***- Le syndicat CGT de l'usine Renault de Sandouville (Seine-Maritime) a obtenu le report du démarrage du site estimant que la sécurité des salariés n'était pas assurée. Le tribunal du Havre a condamné en référé Renault à suspendre la reprise de la production en raison de mesures de protections insuffisantes face au Covid-19. Si les ouvriers avaient repris partiellement leur activité, les salariés exerçant des métiers administratifs étaient pour leur part restés en télétravail à leur domicile.
***- Lu dans un article publié par Libération, En Seine Saint-Denis, le virus de la ségrégation raciale de Rokhaya Diallo, et Jérémie Robin : « […] Lorsqu’un chercheur de l’Inserm a proposé de tester en Afrique de futurs vaccins potentiels, la réprobation a été générale : quel scandale, les vies des uns sont-elles moins précieuses que celle des autres ? Pendant ce temps-là, chaque jour et chaque nuit, l’exposition massive au risque de contamination des habitant·e·s des quartiers populaire de Seine-Saint-Denis, en grande partie issu·e·s de minorités, permet de sauver les vies de Parisiens les plus aisés, les vies de riches majoritairement blanc·he·s. »
***- Passionnant débat au sénat retransmis sur LCP consacré aux responsabilités politiques concernant le coronavirus. L’astuce du gouvernement a été d’ajouter à la loi, sans tenir compte du vote de l’amendement voté au sénat, la référence suivante : « en fonction de l’état des connaissance scientifiques au moment des faits », argument que, bien évidemment, les politiques, les hauts fonctionnaires les plus menacé-es, feront valoir lors d’un procès. Le plus clair, le plus offensif, fut Nicolas Dupont-Aignan ; les moins claires, les moins crédibles furent les trois femmes (dont la ministre de la Justice) qui défendirent le projet gouvernemental, lequel fut adopté. Les accusations d’amnistie générale dont bénéficieraient notamment les ministres sont fondées ; avec leur habitude de prendre tout le monde pour des imbéciles, maintenant tout le monde le sait. Mais, bien au-delà, comment peut-on - et c’est là le plus grave - se référer « à la science » comme le repère en fonction duquel il serait possible de se référer, de juger, de décider de la vérité. Peut-on penser à un pire régression intellectuelle, politique ?
- Ajout. 9 mai. près débats en commission mixte paritaire assemblée nationale / sénat, le texte retenu modifie le code de la santé publique pour préciser qu'il est tenu compte des « compétences, des pouvoirs et des moyens » dont disposait « l'auteur des faits » dans « la situation de crise ayant justifié l'état d'urgence sanitaire », ainsi que de « la nature de ses missions ou de ses fonctions ». Que de malsaines ambiguïtés… Du consensus ne nait jamais que de la confusion ; jamais de la justice. Quant au soupçon qu’il s’agisse d’une loi d’amnistie, il n’est pas du tout levé.
***- 43 victimes ou proches de victime ont engagé un recours administratif en justice contre l’État, et réclament un fond d’indemnisation sur le modèle de ce qui a été fait pour l’amiante.
***- L’assemblée nationale a « enterré », le texte de la ministre de la justice qui avait voulu imposer « la prolongation automatique des détentions provisoires » sans juge, ni avocat. L’article du Canard enchainé du 13 mai qui en relate l’histoire s’intitule : La fête à Belloubet au Palais-Bourbon !, lequel avait été précédé d’un bandeau en première page : Le naufrage de Belloubet à l’Assemblée.
***- Jean Ziegler, dans un entretien paru dans Clique, auteur de : « J’ai fait beaucoup de conférences pour parler du capitalisme. Presque à chaque fois, à la fin de l’exposé, quelqu’un lève la main et dit : « Oui, tout ce que vous dites est juste, mais moi, simple citoyen, je ne peux rien faire ». Une des victoires les plus éclatantes des oligarchies est l’aliénation qu’elles ont imposée à la conscience collective : faire croire que seules les forces du marché font l’histoire, et que ce n’est plus l’Homme qui est le sujet de sa propre histoire. » Et de : « Dans la première bourse de matières premières agricoles de Chicago, vous pouvez spéculer sur des certificats de riz, de blé et de maïs… Les spéculateurs font des profits astronomiques tous les ans sur ces aliments. Or, dans les bidonvilles du monde -j’ai vu ça au Pérou surtout- les mères avec très peu d’argent doivent acheter de la nourriture pour leurs enfants. Quand les prix flambent, elles ne peuvent plus subvenir à leurs besoins. Beaucoup d’enfants périssent à cause de cette situation qui est due exclusivement à la flambée des prix boursiers de l’alimentation, qui se répercutent sur le prix local des aliments. […] Actuellement, la loi du capital décide qui va vivre et qui va mourir sur la planète en appuyant sur les boutons. La Bourse tue. » Et de : « Le virus va provoquer la rupture de la conscience aliénée et d’une manière ou d’une autre, des mouvements populaires vont naître et vont abattre ce système cannibale du capitalisme. » Tout lire.
*** Dans Le Parisien, Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, annonce avoir demandé aux établissements de faire durer les cours magistraux à distance. L’argument invoqué : éviter les amphis bondés. L’argument plus plausible : sinon fermer, du moins alléger de présence étudiante, les lieux de contestation que sont les universités ; faire des économies de personnel est de locaux ; sinon se débarrasser, du moins, se lester d’étudiant-es qui, pour nombre de responsables, encombrent inutilement les universités, faute de pouvoir travailler, ce qui est le lot de la grande majorité d’entre eux / elles, dans de bonnes conditions.
- Ajout. 14 mai. Lu sur UO. Université ouverte. En France, selon une étude faite par l’Observatoire national de la vie étudiante publiée en 2016, 22,7 % des étudiant-es disent avoir connu des grandes difficultés durant l’année, dont seulement 45% affirment avoir pu couvrir leurs besoins mensuels. En outre, un-e étudiant-e sur deux travaille et considère que cela est indispensable pour vivre. Selon un rapport de l’INSEE réalisé en 2016, 20% des étudiant-es vivent en dessous du seuil de pauvreté, et ce malgré la bourse ou les aides familiales.

Politique (Coronavirus) (51) : (8 mai) 2020.
***- Jean-Jacques Rousseau, dans Les confessions : « Rien ne rétrécit plus l’esprit, rien n’engendre plus de riens, de rapports, de paquets [tromperies], de tracasseries, de mensonges, qui d’être éternellement renfermés vis-à-vis les uns des autres, dans une chambre, réduits pour tout ouvrage à la nécessité de babiller continuellement. » [La Pléiade. 1959. p.202]
***- Selon les chiffres officiels en Chine : un seul nouveau cas, 0 « nouveau mort » ; aux États-Unis, plus de 2.400 morts en une seule journée.
***- Un tribunal fédéral américain a accordé jeudi une victoire au lobby des armes, en ordonnant la réouverture des armureries - considérés comme « commerces non essentiels » - du Massachusetts qui avaient été fermées dans le cadre des mesures de lutte contre le coronavirus..
***- Selon RFI, un ministre Brésilien évoque « un risque d’effondrement de l’économie », avec des pénuries alimentaires et une « désintégration sociale ».
***- Christophe Castaner, concernant les masques, auteur de : « Nous devons tout mettre en œuvre pour que chaque français puissent s’en procurer. » En une phrase, il a détruit tous les pseudo-engagements du gouvernement. Et cette éternelle référence aux « Français » m’est de plus en pénible, et apparait de plus en plus signifiante.
***- Lu, vu sur France Info : « Depuis le début de l'épidémie, une infirmière photographe documente la gestion de la crise au sein de son hôpital, à Mulhouse (Haut-Rhin). Immortaliser les visages des soignants, documenter la mémoire collective, raconter le quotidien d'un hôpital pris dans la tourmente : dans l'objectif de Vanessa Braunstedter, l'humain inonde le cadre. »
- Au lieu et place de « l’humain » : une conscience, une morale, des principes : ?
***- Depuis des mois, nous avons droit dans les médias - comme si cela relevait du normal - à la parole d’un ministre, voire plus, tous les jours. Et le reste du temps est souvent consacré à un commentaire de leurs dires, de leurs agissements sur nous, contre nous.
***- Lu dans Le Figaro : L'association des journalistes de défense (AJD), qui rassemble 140 adhérents, dénonce dans une lettre ouverte des « dysfonctionnements multiples et récurrents » dans la communication du ministère des Armées, qui « se sont multipliés. [….] ». « Existant avant la crise », ces «dysfonctionnements se sont aujourd'hui multipliés, entravant de plus en plus l'exercice de notre métier ». L'association évoque ainsi l' « absence de réponse étayée en temps et en heure aux questions posées », la « sélection arbitraire des journalistes ayant accès à certaines sources », les « pressions exercées sur des journalistes », et des « mensonges, délibérés ou non, de la part des communicants ».
***- L’Assemblée vote la prolongation - jusqu’au 10 juillet - de la ‘trêve hivernale’ des expulsions locatives.
***- Sur France Info, deux dénonciations concernant des personnes n’ayant pas attendu la date officielle du déconfinement pour se rencontrer. Dans l’une d’elle, je lis : « J’ai la haine » ; dans l’autre : « Je suis dépitée et cela me met en colère car je me dis que les soignants se sacrifient pour rien. ». Là, le gouvernement a gagné.
***- Ne pas oublier que, dès lors que nous n’avons pas été consulté-es, nous n’avons donc pas donné notre accord, nous ne sommes pas redevables au gouvernement de la politique mise en œuvre. Il ne peut s’en prévaloir. Plus encore, l’invocation de la « protection » de la santé ne peut, en elle-même, rien justifier.
***- Sur France Info, Catherine Da Silva, directrice d’école maternelle, représentante du SNUIpp.93, évoquant une « maltrait[ance] », auteure notamment de : « En maternelle, c'est incroyable ce qu'on demande aux enfants : d'être responsables d'eux-mêmes, d'être responsables de leurs camarades. Et ils seront assis sur une chaise toute la matinée, tout l'après-midi, toujours la même chaise, alors que ça n'existe jamais en maternelle ! L'enfant circule dans la classe, joue. Les coins dînette sont retirés, les coins voitures sont retirés. Tout ce qui fait la socialisation de l'école maternelle - et c'est bien pour cela qu'elle existe - n'a plus lieu d'être. »
***- Lu sur Facebook (sans avoir trouvé le nom de l’auteur-e. Plus tard ?)
A l’élève de 3 ans qui n’a pas acquis le langage et qui terrorisé cherchera les bras de son ATSEM, bras qu’elle devra lui refuser,
A l’élève de 4 ans qui voudra jouer avec sa camarade au coin dînette et qui se le verra interdire,
A l’élève de 5 ans qui aura été privé d’exercice physique pendant 2 mois et qui devra rester assis à son bureau pendant la pause méridienne,
A l’élève de 6 ans qui ne pourra pas demander qu’on lui prête un crayon de couleur rouge indispensable à son dessin, parce que l’échange et le prêt de matériel est devenu prohibé, et qui stressera de ne pas pouvoir faire ce qui est attendu de lui,
A l’élève de 7 ans qui a envie de jouer au foot à l’heure de la récréation, et qui ne le pourra pas,
A l’élève de 8 ans qui voudra emprunter le dictionnaire de la classe pour trouver ce que signifie un mot dans sa lecture du jour, mais à qui on le refusera du fait des injonctions du protocole sanitaire,
A l’élève de 9 ans qui aura des angoisses terribles parce que son camarade l’a bousculé sans faire exprès et l’a donc touché, et qui craindra de mourir ou d’infecter ses parents en rentrant chez lui le soir,
A l’élève de 10 ans resté chez lui alors que quelques-uns de ses copains y sont retournés, et qui paniquera en se disant que lui ne va pas être au niveau pour sa rentrée en 6e dans quelques mois,
A l’élève de 11 ans, celui que l’on n’entendait jamais auparavant, qui a vécu les coups pendant deux mois, mais ne peut pas en parler davantage, parce que ces choses-là demandent un courage gigantesque et se murmurent très doucement parfois à l’oreille de la maîtresse qui peut lui accorder un peu de son temps, mais pour cela il faut un cadre des plus rassurants,
A mon fils de 12 ans qui s’accroche à sa continuité pédagogique comme à une bouée, et qui à chaque nouvelle annonce ne sait plus sur quel pied danser.
Jamais je n’aurais pensé que l’école prenne le chemin d’une maltraitance psychologique massive, jamais je n’aurais cru que des IEN et DASEN valident de telles mesures. C’est à eux aujourd’hui de dire NON. La hiérarchie de l’EN ne peut pas accepter d’envoyer équipes pédagogiques et élèves dans des écoles qui n’en sont plus.
***- Je lis cité (sans source) la phrase de Séverine : « les femmes ont été des domestiques de la guerre » [1914-1918].
***- Lu ces commentaires à la suite de L’actu confinée du Media : Leur monde d’après : L’enfer qui vient :
- Nous allons travailler plus comme souhaite le gouvernement mais à les foutre dehors, ça va chauffer.
- Nicolas Sarkozy en 2009 : ‘il y aura un nouvel ordre mondial et nul ne pourra s'y opposer’ voilà le départ et on est pas sorti de l'auberge !
- Je me demande combien de temps encore le peuple va se laisser emmerder ???
- Révolution. on ne doit pas accepter ce que Macron met en place!!!
- Encore de nouvelles méthodes scandaleuses sur le dos du virus pour nous fliquer c'est un nouveau scandale. Mais jusqu'où vont-ils aller dans la folie néolibérale ?
- Il est urgent de les arrêter par tous moyens. Ces méthodes sont faites pour diviser les Français.
- J'ai juste envie de dire au gouvernement : ‘Vous trichez vous mentez vous allez morfler’.
- Question du jour : la France est-elle en train de devenir une dictature démocratique ? Chacun est libre de se poser la question et d'y répondre (sans risquer une quelconque garde à vue j'espère).
- Tout se passe comme si, plus on dénonce leurs connivences, leurs cooptations, leurs népotismes, leurs magouilles, leurs mensonges, etc., plus ils se sentent à l'aise. Parce qu'ils voient que ça passe sans provoquer autre chose que des agitations verbales, sans provoquer l'explosion qu'ils avaient crainte jusque-là.
- En fait, comme des garnements, ils sont en train de tester nos limites.
- Et oui, le concept du ’monde d'après’, ça suppose en clair: ‘On verra après!’ Après quoi ?
- Alors le covid... c'est quoi, juste une mise en place d'un nouveau système répressif...
- J'ai l'impression qu'ils nous poussent à nous révolter pour nous attendre au tournant. Faut pas oublier qu'ils ont toujours des coups d'avance sur nous.
- Le ‘monde d'après’ n'est ni plus ni moins que le ‘nouvel ordre mondial’.
- Le confinement des gens est en quelque sorte une façon de voir la résilience des gens ; cette résilience ils la font par le procédé de la peur. Et donc, gouverner par la peur.
- Malheureusement je crains que personne ne se révoltera. Lundi nous allons tous retourner au boulot comme des moutons soumis.
- Celui qui troque sa liberté contre un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre !

Politique (Coronavirus) (52) : (9 mai) 2020.
***- Alain Denault, auteur de : « Le mot économie a un sens orwellien en ce sens qu'on utilise ce mot pour désigner des méthodes de destruction, d'inégalités sociales, d'impérialisme qui surprendraient ceux qui ont utilisé ce mot à d'autres occasions. » [France Culture. 5 mars 2020]
***- Titre de Ouest-France : « Coronavirus : A deux jours du déconfinement, La France a enregistré 243 décès en 24 heures. » Le gouvernement a tout intérêt à n’avancer aucune nouvelle réellement positive, ce qui lui permet de garder sa maitrise de la situation : son problème essentiel, sa crainte perpétuelle., son épée de Damoclès.
***- Les médias, shootés au virus, vivent du virus.
***- Entre le sanitaire, l’économique, le politique, « l’humanitaire » a disparu. Et c’est très bien comme cela : ce terme, qui ne voulait rien dire, cachait beaucoup ; et, depuis longtemps.
***- Des député-es menacent de quitter le groupe LREM et de former un nouveau groupe politique, « ni dans la majorité, ni dans l’opposition », avec pour finalité de produire « une majorité d’idée ». Au singulier.
***- Attention ! : Les 27 chefs d'État et de gouvernement, flanqués des dirigeants des trois institutions de l'UE, ont prôné la solidarité pour sortir « plus forts » de la crise du coronavirus.
***- Lu sur France Info : « Revenez aux urgences » : l’appel des urgences pédiatriques à l’hôpital Robert-Debré à Paris : trois fois moins de patient-es qu’avant ‘la crise’. Est-ce vraiment seulement la peur de la contamination qui en est la cause ?
***- Sur France 3. Provence, Alpes. Côte d’azur, je lis concernant le fichier des malades Covid et des cas-contacts, la déclaration de Karim Khelfaoui, médecin généraliste à Marseille : « On nous demande de recenser toutes les personnes qui vivent avec vous et tous les cas contact avec leurs coordonnées et leur adresse pour les faire remonter à l'Assurance maladie afin qu'elle leur envoie une brigade sanitaire. Je suis médecin, je suis pas flic ».
- Éric Senbel, le secrétaire régional de la CSMF (Confédération des syndicats médicaux français) déclare pour sa part : « On espère que les patients adhèreront massivement parce que c'est quand même pour protéger les Français que ces mesures sont mises en place. Et même si elles ont l'air d'être un petit peu autoritaires, elles sont probablement nécessaires. »
***- Le gouvernement croit-il à ses « solutions / impositions » plus que nous ? Rien n’est moins sûr. Mais il a absolument besoin que l’on croit qu’il y croit.
***- Le vice-ministre Chinois de la santé a déclaré : « La lutte contre l’épidémie de covid 19 aura été un grand test pour le système et les capacités de gouvernance du pays. » En Chine, comme partout ailleurs, c’est le constat - tiré du « test » - qui doit être fait. Ce qu’il propose actuellement - « un commandement centralisé, unifié et efficace », intelligence artificielle, métadonnées, renforcement de la coopération internationale - n’est pas vraiment tentant.
***- Discours de Jean-Luc Mélenchon, à l’Assemblée Nationale (à écouter) : « Il faut tirer les leçons de ce qui n’a pas fonctionné ». Ce qui, bien évidement n’a pas été fait. « La France est humiliée » ; « Les masques doivent être gratuits » ; « La carte de la diffusion du virus est celle de la pauvreté » ; « La carte rouge/verte est absurde » [non : elle divise ; il s’agit d’une stratégie de ‘contrôle de zones’] ; « Je ne veux pas d’une société ou un drone me donne des ordres »…
***- Le projet de loi « prorogeant l'état d'urgence sanitaire et complétant ses dispositions » a été adopté avec 450 voix pour, et 84 contre. Comment peut-on, avec une assemblée aux ordres, oser, sans honte, proposer un vote ?
***- Le gouvernement a retiré du vote l’amendement visant à exonérer de frais bancaires certaines personnes pendant la période « d’urgence sanitaire ».
***- La préfecture a mis en ligne, samedi soir, une version provisoire de « l'attestation de déplacement professionnel en transport collectif en Île-de-France de 6h 30 à 9h 30 et de 16h à 19h ». Commentaires sur France Info :
- J’ai bientôt 50 ans. Je n’ai pas besoin - et pas du tout envie! - de l’autorisation de ‘papa et maman’ pour me dire comment je dois me comporter. J’ai l’âge de comprendre ! Macron et cie, peuvent-ils arrêter de nous infantiliser? En plus, je ne suis pas sûre que cela soit légal. Mais ça, notre gouvernement s’en fout !
- Je suis cadre, je ne suis pas soumis à l’horaire. On fait comment ? Réaction : T’as qu’à passer ouvrier !
***- France Info : « La Gironde est à cette heure le département le plus foudroyé du jour, avec plus de 2000 éclairs. » Le coronavirus sans doute n’était pas suffisant…

Politique (Coronavirus) (53) : (10 mai) 2020.
***- Yanis Varoufakis, ancien ministre des finances Grec, dans Conversations entre adultes. Dans les coulisses secrètes de l’Europe, évoquant les pseudo négociations avec l’Union européenne, décrit : « En refusant d’avaliser une feuille de route ayant une destination précise - encore moins désirée - et des repères fiables, les créanciers entretenaient une incertitude très nuisible à la Grèce. Pour un ménage, une petite entreprise ou une vaste corporation, il était impossible de faire des prévisions financières à court ou long terme. C’est ce qu’on appelle ‘le provisoire permanent’, un stratégie éprouvée et bien connue pour garder la main sur un territoire occupé. » Une note renvoie au texte de Alastair Crooke, 2011, ‘Permanent Temporariness’ London Review of Books, vol. 33. n°5, p.24-25. Un livre du même nom de Sandi Hillal et Alesandro Petti a été publié en 2018. [IBabel. 2017. p.304]
***- Concernant les autorisations à produire soi-même qui deviennent la norme : Qu’est-ce qui empêche un jour un gouvernement de nous contraindre à porter sur soi, pour nous autoriser à sortir de chez nous, une attestation, signée par nous, attestant de nos bonnes mœurs, notre casier judiciaire, nos condamnations, notre feuille d’impôt, notre carnet de santé …?
***- Toujours aucune revalorisation salariale pour les personnels de services de santé.
***- Lu dans Paris Match : Pour Barak Obama, la gestion de la crise par Donald Trump est « un désastre chaotique absolu ».
***- Tweet d’Emmanuel Macron : « Grâce à vous, le virus a reculé ; mais il est toujours là. Sauvez des vies. Restez prudents. » Bref, c’est à nous, de sauver des vies.
***- Jean-Michel Blanquer, dans le JDD, souhaite « que tous les enfants aient pu retrouver physiquement leur école au moins une fois d'ici à la fin du mois. » Il dit vraiment absolument n’importe quoi, à moins qu’il ne veuille tout simplement démontrer - ce qui parait le plus probable - qu’il est bien le ministre de l’éducation nationale et qu’à ce titre, personne ne doit lui échapper. Une parole, cependant, claire, contrairement au texte voté hier : Si un enfant était contaminé à l'école, la responsabilité juridique du maire ne serait pas engagée : « La responsabilité de décider de l'ouverture d'une école incombe à l'État. » Mais quelle est la valeur de la parole d’un ministre comparée à celle de la loi ? Enfin, le concernant, ne pas oublier que sa références au « libre choix des familles » ont sonné le glas de l’école « obligatoire » (Cf., la circulaire du 4 mai). J’ai même entendu, le 12 mai, sur BFM.TV. Paris que l’école était « facultative ».
- Commentaires : « On assiste à un naufrage. Manifestement le bateau coule. » ; « Avec le nouveau monde, ça change tous les jours : ce qui était vrai hier est faux le lendemain » ; « Ce gouvernement, c’est la septième compagnie »
***- Les médias s’interrogent beaucoup plus, bien qu’en termes fort modérés, sur la faible confiance accordée au gouvernement, que, fort rarement sinon jamais, à la leur. Un exemple l’émission L’esprit public : Demain, quel retour au travail ? sur France Culture, dont la responsable est Émilie Aubry. Est-il normal :
- de qualifier le télétravail de « révolution » ;
- d’apprendre que l’Élysée « planche déjà sur l’après » ;
- d’entendre que « retenir le pouvoir d’achat », ne pas dépenser « les sommes d’argent stockés sur les compte-courants » est « le pire des scénarios » ;
- que les défiance à l’égard de l’exécutif soit présentée ainsi : « La confiance est très chichement comptée » ;
- d’entendre, au lieu et place de chômage, maladie, mort, faim, pauvreté que : « certains sont plus vulnérables que d’autres » ;
- que les chercheurs/euses en sciences dites sociales sont appelés à « chercher à mesurer la confiance », sans que les causes devant être cherchées du point de vue de la gestion de la crise ne soient l’objet de l’interrogation ;
- que le terme d’« infantilisation », employé par un « invité », soit reformulé en « paternalisme »
- que l’augmentation du chômage soit présentée comme « une hypothèse pas invraisemblable » ;
- que la phrase : « l’état a créé un chaos intérieur » a été reformulée en : « l’état est devenu dysfonctionnel » ; « l’état est confronté à sa dysfonctionnalité » ;
- que l’expression « la fronde des communes » soit reformulée en : « tensions entre l’état central et les communes » ;
- d’entendre que « les syndicats sont d’avantage écoutés » et que « les relations sont insuffisantes entre l’état et la société civile »…. Et la critique pourrait aisément se prolonger..
***- Sur CBS, Eric Schmidt, ancien patron de Google : « Ces mois de quarantaine nous ont permis de faire un bond de dix ans. Internet est devenu vital du jour au lendemain. C’est essentiel pour les affaires, pour organiser nos vies et pour les vivre. » [In : Travail, famille, Wi-Fi, Le Monde Diplomatique. juin 2020. p.19]
***- Christophe Castener sur France Inter, après avoir déclaré : « ce qui compte, c’est le comportement des gens » poursuit : « nous [nous et lui d’après ce que j’ai compris] sommes la clé de voute du déconfinement », transformé à la fin de l’interview par : « La clé de voute du déconfinement, c’est vous ». Il nomme les P.V « des indicateurs ». À la question sur le nombre de « masques en stocks », il répond « votre question n’a pas de sens », pour poursuivre par : « Chaque français doit pouvoir être équipé d’un masque ». À la question sur le nombre des tests, il répond : « On a une montée en puissance significative ». À la question sur les contrôles « à la tête du client », il répond : « faire confiance au discernement des forces de l’ordre et au bon sens des Français ». À la question sur la reprise des relations entre grands-parents et petits enfants, il répond : « Je parle comme papa ; Protégez vos grands-parents ». Puis vint une critique fort politique sur « les droits formels, un grand plaisir d’intellectuels qui peuvent les regarder de loin. »
***- Olivier Véran sur
TFI : « La vie ne peut pas reprendre comme elle était auparavant ».

Politique (Coronavirus) (54) : (11 mai) 2020.
***- Saint-Just, dans un projet de discours de février 1793, auteur de : « Ce qui peut nous arriver de plus malheureux est que, séduit par des discours et nous accoutumant à juger des choses par notre confiance dans les personnages et non par les principes, nous ne perdions insensiblement de vue la liberté et qu’après que quelques gens de guerre seront assouvis de richesses et seront devenus puissants, ce ne soit un crime de s’élever contre eux comme s’en fut un d’accuser tous les usurpateurs du monde, que le feu sacré de l’esprit public se trouvant éteint parce que l’expérience abandonnera tous les cœurs, la fortune et la liberté soient pour les tyrans et l’esclavage et la misère pour le peuple. » [In : Folio. Histoire. p.787]
***- Et si on parlait un peu du système immunitaire, ne serait-ce pas plus important que toutes ces impositions/interdictions, dont beaucoup apparaissent sinon comme débiles, du moins dont l’efficacité n’a toujours pas été démontrée ?
***- Et si on commençait par poser toutes les questions qui ont été placées comme hors champ du débat, ne serait-ce pas plus utile que de commenter toutes celles qui nous sont imposées ?
***- La loi « d’urgence sanitaire » n’a pas été promulguée à temps pour que le conseil constitutionnel puisse l’examiner. Aucune des mesures - dont celle des 100 kilomètres - qui devaient être effectives aujourd’hui ne s’applique donc.
- Vocabulaire employé : « un couac », « un raté », « un contretemps », « un cafouillage », un « vide juridique » Je n’ai pas lu : « une erreur », ni « une faute ».
***- Photo de la ligne B du RER à 6h 23 : bondée, comme avant. Il en est de même pour la ligne 13 du métro, photos à l’appui, attendue par ailleurs 40 minutes. La journaliste de BFM.TV qualifie de « bien ridicules », les marquages au sol, les sièges interdits par des autocollants. Et pourtant, toute la journée nous n’avons vu que des rames quasi désertes et des officiels, des journalistes, se féliciter de ce que tout s’était globalement bien passé. En tout cas, la population utilisant les transports en commun était définie - du seul fait de porter un masque - comme « responsable », « disciplinée ». Croyait-on qu’aller travailler était synonyme de risquer délibérément sa vie ?
***- Lu sur France Info : « Désolé de dénoter dans tout cet optimisme mais pour nous, parents d’une enfant autiste, ces 55 jours auront été un enfer. »
***- Je n’ai évoqué, cité, aucune initiative de solidarité, qui furent nombreuses : d’une part parce que je n’ai participé à aucune d’entre elles ; d’autre part parce qu’elles nous furent présentées par les médias d’une manière si évidemment utilitariste que je ne pouvais que les mal juger. Mais nombre d’entre elles étaient politiques : le slogan « Seul le peuple sauve le peuple » dans le 93 en est l’une des expressions.
***- Lu sur un mur : « On veut des masques, on veut des tests. »
***- Lu sur France Info : « Je voulais juste dire que la réalité de la souffrance des hospitaliers continue et s'aggrave. Nous sommes reparties comme avant ! Durée moyenne de séjour, codification des soins, quota patients soignants voilà la réalité ! »
***- Sur BFM.TV, le ministre de la Santé affirme que « si le virus continue sa course folle », un nouveau confinement pourra être envisagé. Avec arrêts des reprises du travail ?
***- Sur Europe 1, le ministre de l’éducation nationale affirme : « Il y a plus de risques à rester chez soi que d’aller à l’école. » À ce niveau d’incohérences, je ne peux plus rien dire, à moins de m’interroger sur leur état intellectuel. L’État s’effondrerait-il de la bêtise qu’il nous prête, ou, en des termes moins sévères, de « la charge mentale » qui pèse sur les ministres ? « C’est insupportable d’entendre cela » dit un enseignant.
- Interpellé, ne reculant devant rien, il a déclaré le lendemain : « C’est une phrase que j’assume totalement. Toutes les personnes de bonne foi ont compris cette phrase. »
***- Sur LCI, la ministre du travail affirme : « Aujourd'hui, il y a 12,2 millions de salariés qui sont couverts par le chômage partiel » soit « six emplois sur dix du secteur privé. […] Aujourd'hui, les conditions de la reprise sont là. Donc il n'y a pas tellement de raison que ce soit l'État qui continue à payer l'intégralité des salaires de 12 millions de salariés en France ».
***- Entendu définir « la culture » comme « une économie du rassemblement » ; plus même des « lieux de sociabilité » ?
***- Entendu : « La crise est un magnifique laboratoire d’expérimentation ».
***- Lu dans le document de 3 pages du Ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse : Écouter la parole des élèves en retour de confinement covid 19 : « Des enfants peuvent tenir des propos manifestement inacceptables. La référence à l'autorité de l'État pour permettre la protection de chaque citoyen doit alors être évoquée, sans entrer en discussion polémique. Les parents seront alertés et reçus par l'enseignant, le cas échéant accompagné d'un collègue, et la situation rapportée aux autorités de l'école. »
***- Lu cette question qui pour être, peut-être, qualifiée de naïve, n’en est pas moins fort pertinente : « 2 mois de confinement, on sort et on nous annonce que le virus circulerait toujours. Donc à quoi ont servi ces deux mois de confinement ? »
***- Lu sur France Info : À Rennes, une petite centaine de personnes s’était rassemblée, par petits groupes de dix, pour « refuser un retour à la vie normale ». 38 verbalisations, 8 interpellations : le mot d’ordre était juste.
***- Lu sur RT : En Arabie Saoudite : triplement de la TVA - de 5 à 15 % - et fin de l’allocation mensuelle de vie chère.
***- Ouverture d’une piste cyclable rue Saint-Jacques ; idem boulevard Saint-Michel, en sus d’une piste spécifique réservée aux bus, il ne reste sur le boulevard qu’une seule piste pour les voitures. Anne Hidalgo a promis 50 Kms à Paris.
***- Arnaud Laporte est responsable de la nouvelle émission quotidienne de France Culture : « Imagine la culture demain. »

Politique (Coronavirus) (55) : (12 mai) 2020.
***- Publication au Journal Officiel - JORF. n°116 - du 12 mai 2020 du Décret n° 2020-548 du 11 mai 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire.
***- Jeanne-Marie Roland dans ses Mémoires particuliers, auteure de : « Il est un tel enchaînement de maux qui résulte si nécessairement d’une première cause qu’il faut toujours remonter à celle-là pour tout expliquer. » [In : La fabrique de l’intime. Mémoires et journaux de femmes au XVIIème siècle. Bouquins. Robert Laffont. p.627]
***- Entendu sur France Inter : « décrochage scolaire », suivi de « décrochage social ».
***- Le conseil constitutionnel a validé la loi de déconfinement, - quelle autre alternative avait-il ? - à quelques détails exceptés, lesquels, bien entendu, n’avaient que peu à voir avec le droit. L’article du Monde : Le conseil constitutionnel valide la loi prorogeant l’état d’urgence mais censure deux dispositions en présente, sans autre vérification, à la seule lecture, des enjeux. Lire que l’une des mesures censurée « méconnait le droit au respect de la vie privée » apparait, dans le contexte actuel - la population entière enfermée dans son domicile -, relever de l’absurde. Seuls-es, sans doute, les juristes, ne s’en étonneront pas ; certain-es s’en régaleront.
***- Plus de 80.000 décès (chiffres officiels) aux États-Unis.
***- À écouter les comparaisons chiffrées (alors qu’aucune statistique n’est ni juste, ni comparable) telles que présentées tous les jours, sans cesse, par les médias, j’ai l’impression d’une course de chevaux commentée par des journalistes hippiques. De plus, j’ai le sentiment que chacune d’entre elles a pour fonction de relativiser la situation en France ; et que ce même mécanisme mental de refoulement doit se reproduire peu ou prou dans chaque pays du monde.
***- J’ai relevé que 9 magasins, ouverts en mars, étaient définitivement fermés Bd Saint -Michel entre la rue Soufflot et la rue des Écoles.
***- Deux grandes affiches écrites à la main, celles aisément reconnaissables, avec ténacité, Boulevard Saint-Michel :
- « Même pendant la pandémie, les mecs bravent la distanciation sociale pour nous harceler ».
- « Au Maroc, les violences des hommes envers les femmes : + 97% des violences commises pendant le confinement. » .
***- 8 heures 10, je cueille - pour agrémenter mes bouquets - quatre petites branches d’un arbuste qui dépassait des grilles du Jardin du Luxembourg. Trois policiers en uniforme de la Mairie de Paris - brigade à vélo - s’arrêtent. Je dis au chef, sur le ton de : je-sais-pourquoi-vous-m’arrêtez-mais-bon-ça-va-j’ai-compris, mais il ne veut pas s’en tenir là. Il me demande mes papiers que je montre, contre mon gré. Il me dit qu’il va me verbaliser pour « dégradation de l’espace public ». Je lui réponds qu’une branche d’un espace privé (celui du sénat) qui dépasse sur l’espace public ne relève pas de l’espace public. Il répète sa menace de me verbaliser - sort un carnet sur lequel il écrit ce qu’il veut, sans doute mon nom - me demande mon adresse qu’il ne voyait pas sur ma carte d’identité. Il me demande aussi si elle est toujours valide. Je lui ai dit qu’il devait arrêter de me prendre pour une imbécile, ce qu’il réfute. Je lui montre ma carte du CNRS. Il me dit que cela ne change rien et que…; je le coupe et lui dit : ‘Bien sûr, c’est bien connu ; le droit est le même pour tout le monde’. Il était très calme, mais manifestement satisfait de justifier sa fonction et de me maintenir sous sa coupe ; pour moi, une humiliation qu’il me faisait clairement sentir du seul fait du pouvoir qu’il exerçait - injustement - sur moi. Sachant que la cause de sa verbalisation n’était pas défendable et qu’il ne voulait pas l’entendre, je lui dit que j’étais juriste et - j’ai ajouté - très au fait des violences policières. Il me répond, toujours très calmement, qu’il n’était pas « agressif ». Je lui ai répondu que, si, pour moi, il l’était, et que : « C’était bien connu que la perception de l’agressivité pour un policier et pour les personnes auxquelles elles sont ‘confrontées’ n’est pas la même. » Il m’a alors à nouveau répété que j’allais être « verbalisée pour dégradation de l’espace public ». Et je suis partie, en pensant alors que je n’avais jamais utilisé l’attestation obligatoire pour circuler pendant le confinement ; que la verbalisation devrait peut être plutôt concerner le sénat qui avait envahi un espace public ; et que, des milliers et des milliers de personnes sont confrontées sans cesse à ces humiliations. Bref, je n’ai pas perdu ma matinée…
- Je n‘oublie pas le policier : il répétait ce qu’on lui avait appris, se comportait comme on lui avait dit de faire, justifiait sa fonction pour justifier son salaire et pour gagner de quoi vivre. Espérons au moins qu’une partie de son salaire ne dépendait pas de sa productivité.
***- Alexandre Zinoviev, dans Les confessions d’un homme en trop [1990] : « Je prêtai une attention croissante aux phénomènes ‘ négatifs’. Non pas aux accidents ou aux exceptions, mais à ceux dont la répétition quotidienne finissait pas constituer une norme. » [Folio. Actuel. p.103]
***- Ils considèrent le coronavirus comme la norme à l’aune de laquelle ils jugent, pensent tout. C’est le contraire qu’il faut faire : juger la société à l’aune de la norme avec laquelle ils jugent, traitent le coronavirus.
***- Et si l’incessante ubuesque répétition des discours d’autorité, leurs incohérences, leurs absurdités, leurs contradictions, avaient in fine plus de poids que tant de discours, d’analyses, en faveur de, en soutien à la pensée de la liberté de pensée individuelle, de la pensée libertaire, voire pour certain-es, de la pensée anarchiste ?
***- Réponse - absurde car sans rapport avec la question - du seul ministre de la santé à la maire de Paris qui avait, à nouveau, demandé la réouverture des parcs et jardins en Ile de France (alors même que certains d’entre eux ont été ré-ouverts !) « avec port de masque obligatoire », moins de 2heures après : « Non pas que nous n'ayons pas envie que les gens sortent ou prennent l'air, mais les gens risquent de trop se regrouper, trop s'amasser, et ne pas respecter les gestes barrières. » Ils sont pris dans une logique d’autorité - non fondée, car décidée par eux - dont ils ne peuvent plus se défaire.
- Chaque critique de ces nouveaux « petits chefs » qui nous imposent un nouveau mode de vie délégitime leur monde.
***- Lu sur France Info : « On nous demande de ne pas remettre en cause la gestion de la crise; Des fiches pédagogiques alarment des syndicats d’enseignants » On lit : « La crise du Covid-19 peut être utilisée par certains pour démontrer l'incapacité des États à protéger la population et tenter de déstabiliser les individus fragilisés. […] Divers groupes radicaux exploitent cette situation. » Plusieurs « enjeux » sont détaillés, parmi lesquels « lutter contre les replis communautaristes qui portent atteinte aux valeurs du pacte républicain et contre toute manifestation de séparatisme ». À 15 h 45, la fiche « Repli communautaire » a été retiré du site du ministère, pas celle des risque concernant « les dérives sectaires ».
***- Un économiste de BFM.TV après avoir dit tout le mal qu’il pensait de la demande d’annulation de l’ISF, donne son idée : prendre 10 % de l’épargne de tout le monde, riches inclus. Ceux qui ont placé leur argent dans les paradis fiscaux doivent être très contents.
***- Il est des sujets dont on parle, celui par exemple de la réouverture des salons de tatouages ; et puis d’autres, dont - curieusement - on ne parle plus dans les médias : ainsi celui de « l’abolition de la prostitution » qui, pourtant, aujourd’hui, relève de l’évidence. Mais si on évoque « l’abolition du proxénétisme » - puisque c’est bien de cela qu’il s’agit - alors on comprend mieux le silence.
***- Lu le titre du Figaro : « Déconfinement : l'attestation de déplacement à plus de 100 km est enfin disponible ». Pour le « enfin ».
***- Lu sur RTL : Les médecins du travail peuvent délivrer des arrêts de travail, en cas de coronavirus. Le plus incroyable mais pourtant bien vrai, est que, dépendant-es de l’entreprise, ils / elles n’étaient pas même autorisé à le faire. Qu’en est-il dans tous les autres situations : amiante, main arrachée, dépression, harcèlement sexuel ?
***- Lu sur RTL : Des députés de la majorité ont adressé une proposition à la ministre du travail pour faire bénéficier aux soignants de chèques-vacances obtenus grâce aux journées de congés données par les salariés. La solution pour se donner bonne conscience : la charité.
***- Lu sur RT : Rassemblement de plus de 20 avocat-es en colère - Black Robe Brigade - Place Vendôme face au Ministère de la Justice contre la mise à mal des libertés durant la période de la crise sanitaire, alors que les regroupements de plus de 10 personnes sont interdits. Ils / elles entendaient dénoncer « les obsèques de la justice », dues à la réforme des retraites, à l'état d'urgence sanitaire et au manque de moyens financiers de la justice en France. « Madame Belloubet se refuse à faire un plan de reprise d’activité pour la justice », a dénoncé l’une des avocates.
***- Lu sur Paris Match : La commission d’enquête parlementaire du Sénat sur la gestion de la crise du Covid-19 débutera en juin, sera composée de 36 personnes, contre 21 habituellement et rendra ses conclusions en décembre.
- Lu sur Le Canard enchaîné du 13 mai la réaction d’Emmanuel Macon le 7 mai : « Le Sénat s’est déshonoré. Les temps est encore à l’action, ce n’est pas le moment de jouer les procureurs. » Emmanuel Macron ne semble pas avoir compris que ses temporalités ne sont pas nécessairement partagées par tout le monde, et encore moins par le sénat qui depuis longtemps veut sa peau.
***- Débrayage du personnel soignant au CHU Nord de Saint-Etienne : photo de quatre femmes portant sur chacune d’entre elles quatre pancartes : « Faché(es) » ; « Humil(és) » ; « En colère » ; « Écœuré ».

Politique (Coronavirus) (56) : (13 mai) 2020.
***- Lu dans Ouest-France : Le procureur général, François Molins a annoncé le 12 mai sur RTL que « soixante-trois plaintes à l’encontre de membres du gouvernement » ont été déposées jusqu'ici auprès de la Cour de justice de la République pour dénoncer leur gestion de la crise du coronavirus : « Mise en danger de la vie d’autrui », « homicide involontaire », « non-assistance à personne en danger »…
***- Lu sur RTL : Plus de 10 000 Français sont toujours bloqués au Maghreb. Des dizaines de milliers de Maghrébins sont également bloqués à l’étranger ; notamment 22 000 Marocains, et plusieurs centaines de Tunisiens, sans compter les milliers d’étudiants.
***- Sur France Inter, Laurent Berger - CFDT - : « Ce qui nous attend est monstrueux. »
***- Des milliers de postes vont être supprimés par Air France-KLM ; le PDG de Boeing annonce une faillite imminente et sème la panique à Wall street ; TUI [« Numéro 1 mondial du voyage »] va supprimer 8.000 postes
***- Sur France Culture, émission Entendez-vous l’éco ?, Philippe Chalmin, économiste libéral, spécialiste des matières premières, auteur de : « Je n’aime pas l’expression d‘émeutes de la faim. Je préfère : émeutes de la pauvreté et de la mal gouvernance ».
***- Bandeau de Canal plus : La faim pire que le virus.
***- Ce que l’histoire retiendra peut-être ce sont les mécanismes de conditionnement, de contrôles de l’espace, de formatages des esprits, de menaces de verbalisations, d’interdictions multiples non justifiées, de contrôles de l’information, qui ont été mis en place par l’état dans cette « crise ».
***- Une justification de domicile est exigé pour les déplacements de moins de 100 Kms.
***-Sur France 3. Alpes. Provence. Côte d’azur, Iris, élève de CM2 concernant la rentrée des classes : « On passe notre temps à se laver les mains. Avant d’entrer en classe le matin, avant la récré, après la récré, avant la cantine, après la cantine, avant les toilettes, après les toilettes. On n’arrête pas. En plus ils nous font compter 30 secondes de lavage. Je n’en peux plus. »
***- Terribles photos d’enfants tout petits, installés, posés, assis sur des croix peintes par des marquages au sol.
- Cette image ne fait repenser à celle du ministre de l’éducation nationale mesurant, avec une règle, la distance imposée - d’un mètre - sur le petit bureau d’un petit écolier.
***- Les aides à domicile ne toucheront pas la prime exceptionnelle de 500 à 1.500 euros, contrairement aux membres du personnel de santé, à certains agents de la fonction publique, au personnel des Ehpad ou encore aux salariés de la grande distribution. « Le gouvernement nous a complètement oublié-es » dit l’une d’elle. Par moments, je me demande s’il y a encore, dans l’état, quelqu’un qui réfléchit un tant soit peu.
***- Et si cette exacerbation du centralisme et de la bureaucratie jacobine de l’état français que nous vivons actuellement était la manifestation de ses derniers feux ? : sa facilité et à céder - et à ne pas céder - lorsque confronté à des résistances en serait l’une de ses expressions, auxquelles il faudrait ajouter la contradiction politique majeure du Macronisme : le nombre de ses opposant-es lié à ses innombrables faiblesses intrinsèques, dont celle qui m’apparait la plus évidente - en étant consciente de mon jugement de valeur - : le peu d’intelligence, de toutes natures, de ses soutiens. Si je sais que toutes les projections historiques sont généralement vouées à l’échec, sinon au ridicule, je poursuis néanmoins mon hypothèse. Là où l’état risque fort de se prolonger en pire, c’est là où il avait déjà l’expérience la plus riche, celle du maintien de l’ordre public, augmentée de celle qui vient d’acquérir, celle du contrôle de la population.
***- C’est dans l’analyse critique de la vie d’avant le coronavirus qu’il faut chercher les réponses aux problèmes qu’il a révélés.
***- Lu sur France Info : Sanofi servira les États-Unis en premier s’il trouve un nouveau vaccin contre le coronavirus, puisque le pays « partage le risque » des recherches menées à travers un partenariat, a déclaré le directeur général du laboratoire français Paul Hudson à l'agence Bloomberg. « Nous nous sommes toujours engagés à ce que dans ces circonstances sans précédent, notre vaccin soit accessible à tous » a toutefois ajouté le laboratoire dans un communiqué. Thierry Bodin, responsable CGT chez Sanofi déclare : « Les salariés de Sanofi veulent que ce vaccin soit distribué à l'ensemble de la population mondiale, c'est-à-dire qu'il n'y ait pas un privilège qui soit affecté aux États-Unis ».
- Le patron de Sanofi France s’est confusément rétracté.
***- Lu sur BFM. Bourse : La Bourse de Paris « replonge » - moins 5 % depuis le début de la semaine - ; celle de New-York est « à nouveau mal orientée ».
***- Lu dans Paris Match, François Langlet, rédacteur en chef du service Économie à TFI et LCI, auteur de : « Le monde d’avant ne nous sera pas rendu. Non pas que le virus ait le pouvoir de transformer la nature humaine - les rêves du capitalisme responsable et de monde plus juste n’auront bien sûr pas de lendemain - mais il accélère les évolutions qui étaient silencieuses. »

Politique (Coronavirus) (57) : (14 mai) 2020.
***- Lu sur BFM.TV : « Le ministère de l'Intérieur a confirmé, ce mercredi soir, que l'interdiction des rassemblements de plus de 10 personnes ne concernait que l'espace public. Par conséquent, ce type de rassemblement est autorisé dans le cadre privé. Le ministre en appelle toutefois au civisme et à la responsabilité des Français, et déconseille les rassemblements massifs dans de petites surfaces. » Le premier ministre avait le 28 avril dit le contraire ; mais le conseil constitutionnel, consulté par l’exécutif explique la nouvelle doctrine. Ceci étant, l’appel au « civisme » pour des rencontres chez soi : sans doute une première, qui mérite de faire très peur.
***- Lu sur France info : Michael Ryan, directeur des questions d’urgence sanitaire à l’OMS, auteur de : « Ce virus pourrait devenir endémique dans nos communautés, il pourrait ne jamais disparaître. » Tous les dictateurs, hommes forts, hommes aspirants à l’être comme à le devenir, doivent se réjouir.
***- Lu dans Le Figaro : « Trois ans après, Emmanuel Macron cherche un nouveau cap. »
***- Entendu sur France Culture qu’à l’entrée en Allemagne, les Allemands sont, pour les contrôles d’identités, séparés de tous les autres. L’Europe a volé en éclats.
***- Lu sur France Info, Sarah, externe en médecine : « En fait, on passait notre temps à chercher du matériel et des places partout. On n’était jamais avec les patients [...] On n’a pas le matériel pour se protéger, on n’a rien [...]. Je ne voyais pas la médecine comme ça. Je me demande ce que je fais là. ».
***- Zut ! On a encore oublié les femmes ! Vite un couper- coller ! Dans le texte : « Au cœur de la crise, construisons l’avenir », 150 « personnalités » proches de la gauche ou de l’écologie, appellent à une « convention du monde commun » visant à fonder une alternative politique, voilà ce que l’on peut lire, censé répondre à ce que vivent les femmes : « Le confinement a mis également en exergue la nécessité de reconnaître le féminicide en droit français et de ne plus reporter un plan national d’ampleur contre les violences faites aux femmes et aux enfants, en doublant le budget alloué aux associations venant en aide aux victimes et aux lieux de prise en charge. » Outre que la reconnaissance du féminicide est, contrairement à ce qui est sans cesse répété, non pas une avancée, mais une très grave régression, l’absence de toute pensée féministe, l’absence de tout projet féministe, révèle une méconnaissance radicale de la vie des femmes. Je note, parmi cent autres, l’absence du terme de « prostitution » : à la lecture de la signature de ce texte par Madame Esther Benbassa, je comprends pourquoi. Avec un tel programme, d’une telle évidence patriarcale, la gauche tourne le dos à toute morale.
***- « Les français pourront partir en vacances en juillet et août en France (la Corse n’étant pas nommée) » annonce Édouard Philippe et toute la presse renchérit, comme s’il avait le pouvoir de nous l’interdire et le droit de nous y autoriser. La pensée de l’obéissance a très profondément pénétré dans nos têtes.
- Le premier ministre, pour présenter ses annonces, était encadré par des ministres, à bonnes et égale distances, comme des écoliers, comme des pions, autour du roi, sur un échiquier.
***- Début - du moins public - d’un débat qui prendre nécessairement de l’ampleur pour savoir si les moyens utilisés par la médecine étaient fondés sur un bon diagnostic. Ce ne serait pas une pneumonie et les respirateurs seraient inappropriés. La médecine ne peut prétendre à devenir « une religion ».
***- Et si les chefs d’état du monde entier s’étaient comportés comme des moutons de Panurge ? : affolés, ne sachant que faire, dépassés, n’ayant aucune solution à proposer, ils ont tous copiés les uns sur les autres, en réalité, d’abord sur la politique Chinoise. Si les Chinois avaient estimé devoir, s’ils avaient même pu enfermer toute la ville de Wunan, ils devaient bien avoir des raisons, sinon la solution. Je me demande aussi si la violence de la politique d’enfermement de millions de personnes n’a pas joué en faveur de cette politique suiviste : si les Chinois en étaient à clouer des planches sur la porte d’une personne hurlante enfermée chez elle, c’est que le virus était très grave. La bêtise de ceux - Donald Trump, puis Jair Bolsonaro - qui s’opposaient aux politiques de confinement, en réalité à l’arrêt quasi-total de pays entiers, aussi joué en faveur de sa diffusion dans le monde. Je me souviens encore qu’en Algérie la décision a été prise alors qu’il n’y avait qu’une seule personne recensée.
***- L'Assemblée nationale a voté l'extension de l'expérimentation des cours criminelles, sans jury populaire. Grâce au coronavirus.
***- Lu sur Le café pédagogique. Toute l’actualité pédagogique sur internet, la tribune signés Grenelle : Des hauts fonctionnaires du ministère dénoncent le projet réactionnaire de J.M. Blanquer. Heureusement que certain-es analysent, réfléchissent, dénoncent : à n’entendre que J.M. Blanquer, quasiment tous les jours, et tous les jours, plus primaire, il était possible d’en douter. Ce texte va sûrement libérer un peu, beaucoup plus la parole. Cela fait du bien. Une nuance : tous ces hommes, auto-cités au masculin, pourraient-ils ne pas oublier qu’il existe des femmes dans l’éducation nationale ?
***- Lu dans la revue N’Autre école. L’hebdo. N° 5 (14-21 mai), le texte intitulé Rentrée : boule au vente, poing levé : « […] Une chose est certaine ; il faudra savoir dire non. nous avons trop l’habitude des quotidiens précaires et du manque de moyens. […] Quand la rentrée a lieu, elle se fait la rage au cœur. L’école d’avant revêtait bien des aspects contraires à l’émancipation. Mais celle d’après est encore plus inquiétante ; jeux interdits, contactes interdits, bibliothèques interdites…Même ‘l’école-caserne’ d’antan offrait plus d’occasions de joie et d’émancipation que celle dans laquelle nous retournons cette semaine. Tout porte à croire que la valeur cardinale de l’école sous covid sera l’obéissance. Dans certaines écoles on demande aux parents d’enfants turbulents de les garder à la maison. On lit les propos d’un chef d’établissement sur Twitter : ‘Je ne dévie pas de ma doctrine : le protocole, tout le protocole, rien que le protocole. Je ne m’autorise pas à juger de son bien-fondé. Je l’applique. point.’ Obéissance des élèves obéissance des chefs ; bientôt, l’aveuglement sera de mise. L’esprit critique sera plus que jamais une vertu politique, une œuvre de salubrité publique. […] »
***- Lu dans Libération, Soignants c’est ça se réinventer, par Christian Lehmann, s’adressant à Emmanuel Macron : « […] Une grande majorité d’entre nous ont réalisé quelque chose pour la première fois de leur vie : nous n’avons pas eu besoin de vous. On a fait sans vous. Moi, soignant, j’ai fait sans vous. Pourtant, la chose politique ne me dégoûte pas, je vote aux élections, je respecte les institutions. Je ne nique même pas la police, c’est dire. Enfin, quand c’est la police, pas la milice de votre préfet qui ment. J’ai fait sans vous. Je me suis tourné vers les élus locaux, qui ont répondu présent. J’ai été aidé par des feignasses de fonctionnaires. J’ai été approvisionné en masques, en surblouses, en gel par mes patients, mais aussi par des gens qui ne me devaient rien. Et, ensemble, nous avons réalisé que nous pouvions faire France. Que nous partagions une communauté de destin et que, c’est ballot, vous n’en faisiez pas partie. […] »

Politique (Coronavirus) (58) : (15 mai) 2020.
***- Sur France Inter, question posée par Nicolas Demorand à Marcel Gauchet…. qui y répond : « Est ce que le pays vous semble éruptif ? »
***- Lu sur un panneau publicitaire urbain : « Cette affiche n’a rien à vendre. Nous sommes juste très heureux de vous revoir. » De fait cette affiche remplace le vide antérieur des panneaux. Mais discrètement on pouvait lire le nom de l’annonceur.
- Lu, le 22 mai, sur le panneau du même annonceur : « Bonjour dehors. Nous sommes très heureux de vous revoir. »
***- Lu sur un panneau publicitaire urbain Jean-Claude Decaux ses préconisations : après le lavage des mains, on pouvait lire au même niveau de valeur donc : « Prenons soin de nos proches et des autres. ». Et sous l’intitulé : « Attestation de bien r-evivre ensemble », quelqu’un avait écrit : « Sauf les ouvriers ».
***- Et si l’évident, l’incontestable succès de la politique menée ne fut pas celle qu’elle était censée régler, mais celle de l’effectivité de la politique de contrôle de la population mise en œuvre, pour ce faire ? Ce n’est pas très glorieux, mais c’est réel.
- Certains - plutôt que de contrôle social- préfèrent parler de la « capacité d’adaptation » dont les confiné-es auraient exprimées.
***- À l'approche du premier week-end déconfiné, les policiers et gendarmes sont chargés de contrôler les automobilistes pour s'assurer qu'ils sont à moins de 100 km de distance de chez eux. Le secrétaire général adjoint du syndicat Vigi-police : « Ce n'est pas le rôle de la police d'être un garde-fou sanitaire, on préfèrerait véritablement aider la population, en distribuant des masques. »
***- Lu sur France Info : Le chef de l’état, accompagné de son ministre de la santé…Pour le « son ».
***- Texte de la « prime covid » : « Le montant de la prime s'élève à 1 500 euros pour les professionnels des établissements situés dans les départements les plus touchés par l'épidémie (premier groupe de départements), ceux impliqués dans un certain nombre d'établissements du reste du territoire et ceux relevant du ministère des Armées et de l'Institution nationale des invalides ou à 500 euros pour ceux des établissements des autres départements (second groupe de départements). Cette prime est désocialisée et défiscalisée. » Là, on comprend mieux la distinction entre les départements rouges et verts : créer par solidarité la même prime pour tout le monde, cela ne fait pas partie de leur imaginaire ; cela leur est impossible. En outre, verser des primes avant même tout engagement précis sur l’augmentation des salaires, c’est une fois encore mépriser les soignant-es.
- Pour rappel : la revendication des soignant-es est, dans l’attente, une augmentation de salaire de 300, 400 euros.
- Confrontés aux réactions très négatives concernant cette prime, ainsi qu’aux critiques sans concessions qu’Emmanuel Macron a encore une fois entendues, les médias ‘découvrent’ subitement - le lendemain - le passage de la déclaration d’Emmanuel Macron à la Pitié Salpêtrière dans lequel il s’engageait à une augmentation des salaires.
***- La porte-parole du Gouvernement, Sibeth Ndiaye, à la question : « Quel bilan peut-on tirer de cette première semaine de déconfinement ? » répond : « Le bilan est globalement positif. On voit d’ailleurs dans les transports en commun que les Français respectent très largement le port du masque. ». À cette aune…
***- Le jardin du Luxembourg, stupidement, arbitrairement fermé, sans oublier le lycée Montaigne.
***- Et si l’état, en s’étant surchargé d’avoir à assumer le paiement de tant et tant de chômages partiels, de plans de relance, d’aides exceptionnelles diverses, c’est à dire en assumant le rôle traditionnel dévolu à l’économie était en train d’épuiser son rôle et ses fonctions, au risque de mourir étouffé sous la tâche ?
***- La mairie de Paris dont le responsable du logement, Ian Brossat est communiste, prolonge le trêve hivernale pour les locataires qui « n’arrivent pas à payer leur loyer » dans les logement sociaux jusqu’en octobre.
***- Plusieurs appels à la gratuité ; aujourd’hui celui des autoroutes cet été.
***- Sur Paris-lutte Info, Meurtres et mensonges d’état : la police française a tué au moins 12 personnes pendant le confinement : 5 personnes mortes dans un commissariat, 3 suite à des tirs à balles réelles, 2 suite à une poursuite routière, 2 en sautant dans la vide. Tous sont présentés dans le texte. Article original sur Rebellyon.
***- Lu sur France-Info : « La France compte 104 décès supplémentaires liés au Covid-19 ces dernières 24 heures, portant le total à 27 529 morts de la maladie depuis le 1er mars. Comme ces derniers jours, les services de réanimation continuent de se vider (-96 patients). » Au risque de me répéter : cette présentation révèle assez bien le premier motif de la décision d’enfermer le pays entier était la crainte que l’hôpital en général et les services de réanimation en particulier ne se révèlent eux-mêmes, surchargés, dépassés, défaillants, ce qui aurait mis l’État à nu. C’était bien l’État qu’il fallait sauver, et pour ce faire, « étaler la courbe » des entrants ; en d’autres termes, étaler le nombre de décès ; le coût, le prix important dès lors peu, compte tenu de l’importance politique de cet enjeu.
***- Quasiment au même moment, une femme médecin demande - ce qui devrait relever de l’évidence et qui, aujourd’hui, parait simplement juste - que la réforme de l’hôpital soit repensée en fonction des « besoins » et Elie Cohen, sur France Culture, parle de « fournitures des biens publics pour se rapprocher des besoins ».
- J’ai aussi noté qu’Elie Cohen, peut, un moment, affirmer parler « en tant qu’économiste », ce qui pose la question de son statut hors de cette précision, et que lorsqu’il dit, par exemple, : « on met tout le monde sous cloche » ; « on n’a pas été au bout de l’idée », ne dissociait pas l’État de lui.
***- Sur RT, intégralité (sans vérification) des échanges, filmés par BFM.TV entre Emmanuel Macron et les infirmières à la Pitié-Salpêtrière : « On est la honte de l’Europe ». Ce qui m’a notamment frappée, c’est le fait que lorsqu’il fut accusé de ne pas tenir ses promesses, il a réagi comme un quidam, en se référant au fait qu’il avait dit qu’il reviendrait à l’hôpital et qu’il y était effectivement revenu ; et, dans la même logique, qu’il ne pouvait être accusé, sur tel point, de ne pas tenir ses promesses, car il n’en avait pas fait.
***- Lu sur France Info : En intérim, 292.000 poste supprimés au premier trimestre 2020.
***- Lu sur France Info : « Une maman - ‘personnel hospitalier’ - en colère » : « Vendredi dernier, la directrice de son école m’appelle pour m’informer qu’à son grand désarroi ma fille resterait avec des enfants de soignants pour ‘éviter le brassage’. Elle a 6 ans et elle est vue comme une pestiférée. »
***- Lu sur le site du Ministère de l’Europe et des affaires étrangères, sous le titre: La France en Hongrie : « L’entrée sur le territoire hongrois est interdite aux étrangers depuis le 17 mars. Les étrangers membres de l’Espace économique européen (dont la France) résidant en Hongrie ne sont en principe pas concernés par cette interdiction mais le statut de résident doit être dûment établi et des difficultés ont pu être rencontrées. Les vols passagers sont totalement interdits en provenance de cinq pays : Italie, Chine, Corée du Sud, Iran et Israël. Le retour vers la France est légalement possible mais s’avère de plus en plus difficile. Les retours par voie terrestre sont difficiles et déconseillés. La frontière terrestre avec la Slovaquie, la Serbie et l’Ukraine est fermée dans les deux sens. Des contrôles renforcés sont en vigueur aux frontières terrestres avec l’Autriche et la Slovénie. »

Politique (Coronavirus) (59) : (16 mai) 2020.
***- Odieuse focalisation sur le décès de l’enfant mort « d’une forme proche de la maladie de Kawasaki et positif au covid 19 ». Je pense à ses parents. Je pense que diffuser la peur est bien pensée, mise en œuvre par le Politique.
***- Une revendication qui pourrait unifier les peuples du monde contre leurs états, contre la logique du capital : que le vaccin contre le coronavirus soit un bien commun, excluant toute logique du profit ; les pays, les entreprises qui l’auraient trouvé bénéficiant d’un bénéfice politique moral, lequel, tous comptes faits, est d’un bien plus grand bénéfice que le bénéfice financier.
***- Question : le temps nécessaire à la recherche médicale, indissociable de la recherche fondamentale - est-il en contradiction avec la recherche du profit ?
***- Plusieurs manifestations de « Gilets jaunes » à Nantes, Saint-Nazaire, Angers, Paris, Lyon, Toulouse et à Montpellier ont été interdites. À Montpellier du fait des « circonstances particulières liées aux mesures nécessaires pour faire face à l'épidémie de Covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire, ainsi que l'existence de risques de trouble à l'ordre public et à la sécurité publique ». À Toulouse, le préfet de Haute-Garonne a affirmé : « Toute manifestation ou rassemblement occasionnant des troubles à l'ordre public donnera lieu à une dispersion immédiate par les forces de l'ordre et à l'interpellation des éventuels auteurs d'actes de violence. Toute personne manifestant dans la zone d'interdiction s'exposera à une contravention de 4e classe, soit 135 euros d'amende. »
- Lu sur France Info : Plusieurs cortèges de « gilets jaunes » ont bravé l’interdiction de se rassembler à plus de dix personnes dans l'espace public, notamment à Bordeaux, Toulouse, Paris et Lyon.
***- Lu sur 20 minutes. L’agence de notation (sic) Fitch abaisse la note - de ‘A stable’ à ‘A négative’ (sic) - de la France. La crise du coronavirus et l’état des Finances françaises inquiètent (sic) l’agence. Premier coup de tonnerre dans un ciel pas serein ou un rappel de la dépendance financière de la France, ou une mise en condition pour la suite ? Pour rappel : ces agences sont payées par les institutions financières.
***- Lu sur France Info : « Le tribunal administratif d'Amiens a ordonné la suspension du couvre-feu appliqué dans trois communes de l'Oise (Compiègne, Creil et Nogent-sur-Oise) pour prévenir l'épidémie du Covid-19, estimant que ces mesures portaient une « atteinte grave » à « la liberté fondamentale d'aller et venir ».
***- Barak Obama concernant, bien que non nommé, Donald Trump : « Cette pandémie a enfin enterré l'idée que tant de nos responsables savent ce qu'ils font. Nombre d'entre eux ne cherchent même pas à faire semblant d'être responsables. » La plus terrible des critiques dont il a été jusqu’alors l’objet ?
***- Lu sur France Info, ce témoignage : « Je suis rentré des États-Unis où j’ai passé trois semaines, après un vol de 11 heures confiné avec plus de 60 passagers. Je suis arrivé à Paris Roissy Charles-de-Gaulle. Excepté le contrôle de passeports nous étions les seuls passagers au retrait bagages. Et nous avons passé la douane sans voir une seule personne physique, sans aucune prise de température, sans aucun Messages information, sans remettre à quiconque le formulaire prévu en cas de retour pour zone Schengen…Je voulais apporter mon témoignage car je trouve cela lamentable. »
***- Lu sur France Info : Est-ce que ce coronavirus n'a pas ‘fauché’ les plus faibles d'entre nous ?
***- Lu sur France Info : « Juste envie de partager mon expérience d'éducatrice auprès d'enfants en situation de handicap. Impossible de respecter les gestes barrières, impossible la distanciation physique, impossible le lavage des mains à longueur de journée, impossible le masque ou la visière qui vont être arrachés... Alors, on fait comment ? Eh bien, on poursuit notre engagement et on essaye d'être rassurant et apaisant pour les enfants et leurs parents qui ont beaucoup souffert de ce contexte. »
***- Lu sur France Info : Quelques cantons allemands se sont reconfinés il y a une semaine, mais cela représente un nombre limité de gens, quand des pays comme le Liban se sont, eux, reconfinés en entier.
***- L’Italie rouvre - seule - ses frontières aux touristes européens et annule la quarantaine obligatoire pour les visiteurs étrangers à partir du 3 juin. Il y avait une course entre les états européens au confinement, il y en a maintenant une au déconfinement : à qui - le premier - captera le flux des touristes…
***- Lu sur RT : Une centaine de membres de l'hôpital Saint-Pierre à Bruxelles - infirmiers, médecins, administratifs, pompiers - ont formé une haie de déshonneur, en lui tournant le dos, à l'arrivée de Sophie Wilmès, Premier ministre belge et ancienne ministre du Budget en charge de la réforme hospitalière. Un extrait vidéo datant d'il y a plusieurs années a refait surface: la ministre libérale évoquait une volonté de « plus d'efficience » dans le système hospitalier belge et déplorait une « surcapacité dans l'offre ».
***- Lu sur France Culture : « L'Inde prépare son dé-confinement, prévu le 18 mai, et déjà les gouvernements régionaux annoncent des réformes majeures pour tenter de relancer l’économie : près de la moitié des États fédérés ont décidé de suspendre une grande partie du droit du travail en vigueur, dans l’espoir que cela attirera davantage d’investissements, entre autres de Chine. Il s'agit du salaire minimum, des congés payés ou du fonctionnement des syndicats, par exemple, est suspendu. »
***- Lu sur France Culture : « Le résistant Claude Alphandéry, figure de l'économie sociale et solidaire, lance cette semaine avec une vingtaine de personnalités le Conseil National de la Nouvelle Résistance ‘pour mener le combat du jour d'après’. » « Avec ce nouveau Conseil, nous voulons susciter la renaissance de cet esprit de solidarité. Il existe, en France, des milliers d’associations, d’entreprises sociales et solidaires, qui doivent être un noyau de ce système nouveau que nous voulons mettre en place. Ces nouvelles solidarités existent un peu partout, mais il faut les soutenir. Elles sont disséminées, fragmentées, et ne font pas encore système. Ce qui existe doit converger afin d'inventer de nouvelles manières de produire, de consommer, de se comporter et de vivre ensemble. C’est cela, la nouvelle résistance. »
- La référence de Denis Robert, membre de ce CNRR, dans un vidéo publiée le 13 mai, « aux personnes qui composent ce nouveau conseil [qui] ont pour légitimité leurs travaux, leur expériences, et leur engagements pour lutter contre les ravages de ce néo-libéralisme […] » est pour le moins, peu engageante pour les nouveaux/elles venue-s.

Politique (Coronavirus) (60) : (17 mai) 2020.
***- Concernant le port, obligatoire ou non, des masques, lu sur France- Info, un commentaire : « En fait le sujet du masque est juste un sujet pour alimenter les médias. Aujourd’hui que le masque n’est pas obligatoire, les médias font le buzz sur l’utilité de le rendre obligatoire ; le jour où le masque est rendu obligatoire, tous les médias vont rejoindre la meute qui va hurler à la restriction des libertés. »
- Plus simplement, on ne peut le rendre obligatoire dans l’espace public, parce qu’il n’y en a pas assez, et parce qu’ils sont payants.
- Un commentaire : « Comme d’habitude le gouvernement nous ment sur les vraies raisons. »
- Un commentaire : « Quand je vois des CRS chasser des ‘manifestants’, aucun ne porte des masques, sont-ils surhumains ? »
- Un commentaire : « Ce gouvernement a peur de se déjuger complètement après avoir dit qu’il ne servait à rien au début de l’ épidémie. »
- Un commentaire: « Je connais une boulangerie où aucune précaution sanitaire n'a et n'est prise, pas de gants, pas de masques, pas de distanciation.... C'est inadmissible, et les patrons de cette boulangerie pourront être poursuivis au civil et au pénal si un de leur clients est atteint du sars-CoV2, en particulier si il vient à en décéder. »
- Un commentaire : « Arrêtez de discuter de l'obligation du masque. La réponse est dans l'annexe 1 du décret du 11 mai. » (Cf. 12 mai).
***- Entendu dans l’émission L’Esprit public de France Culture :
- Le déconfinement, « c’est l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein » ;
- (Avec un certain effarement) que « de-là bas [de la Chine] arrive le tracking et le contrôle social » » ;
- La décision de la Cour de Karlsruhe est qualifiée d’« approche par le droit » ;
- Poser la question : « La solidarité européenne peut-elle s’affirmer uniquement par du rachat de dettes ? », ce qui ouvrait en outre les analyses en termes d’« analyses coûts / avantages », nécessairement, dès lors, nationales ;
- Entendu qu’il faut « réarmer, rebâtir, reconstruire l’Europe », mais aussi par un autre intervenant que « ce sont les états qui ont désarmés l’Europe » ;
- Rappeler - justement - que les arguments jusqu’alors affirmés en termes de politiques publiques étaient qu’on : « peut faire mieux avec moins d’argent et que donc ce n’était pas un problème d’argent mais d’organisation » ;
- Affirmer que la tarification à l’acte dans les hôpitaux était « le nœud gordien qu’il fallait couper » et qu’il fallait « remettre à plat » la politique hospitalière ;
- Considérer comme relevant de l’évidence qu’il fallait « déshabiller un secteur pour mieux habiller le secteur de l’hôpital », qu’il fallait donc choisir celui qu’il fallait sacrifier ;
- Évoquer l’hypothèse d’une « pandémie numérique » ;
- Entendu citer « ceux qu’on appelle les extrémistes dans nos démocraties », puis lier « populistes et extrémistes » - qualifiés de « partis fourre-tout » - et enfin les « démagogues et populistes ».
- Est-ce vraiment être trop exigent-e que de demander une certaine rigueur dans une radio dite de Culture, dite de service public ?
***- Je me suis demandée s’il ne fallait pas cesser toute ambition, jamais atteignable, dangereuse, épuisante, dérisoire de lutter avec les pays - Chine, États-Unis - plus puissants. Je me suis demandée si, au fond, être dépassé-es [sur quels critères, d’ailleurs ? : question non posée] par eux ne pouvait pas s’avérer une occasion de penser en de tous autres termes ; et dès lors revenir aux questions infiniment plus importantes : quels sont les besoins essentiels nécessaires à une population et comment refonder un consensus sur ce fondement ? Existe-t-il en réalité une autre ambition plus essentielle ?
***- Alexandre Zinoviev, dans Les confessions d’un homme en trop, auteur de : « Les formes d’expression [de l’idéologie] sont équivoques, diffuses, parfois privées de sens. Ses thèses défient toutes vérification. Il est impossible de les prouver ou de les réfuter. Quant à ses résultats, ils ne se mesurent que par l’efficacité de l’action sur la conscience des gens. » [Folio. Actuel. p.436]
***- Plutôt que de parler du « syndrome de la cabane » - qui pose le retour à la société comme la norme - ne faudrait-il pas plutôt s’interroger pour savoir si nous - et donc qui d’entre nous - aspirons - ou non - à une vie commune, collective, familiale, partagée ; et si oui - ou non - : avec qui, pour quoi faire, pendant combien de temps, à quelques conditions, à quel prix, pour quels engagements, etc…
***- Je découvre sur Euronews qu’hier, samedi, de nombreuses manifestations liées à la situation actuelle ont eu lieu en Allemagne - 5000 personnes à Stuttgart - , en Suisse, en Italie, à Varsovie, et sans doute ailleurs.
***- Sur Euronews, j’entends qu’à Madrid, 100.000 personnes vivent avec l’aide et le soutien des banques alimentaires.
***- RFI rapporte qu’un sénateur Chilien, vice-président du sénat, qui n’avait pas attendu le résultat du test auquel il s’était soumis, était rentré dans sa circonscription où il a appris qu’il était positif. Le Parquet de Santiago a ouvert une enquête pénale pour « atteinte à la santé publique ». 25 sénateurs ont été placés en quatorzaine préventive. Le sénat a été temporairement fermé et 15 passagers de l’avion dans lequel il avait voyagé font l’objet d’un suivi de la part des autorités sanitaires.
***- Emmanuel Macron a rendu hommage à « l’esprit français de résistance », « farouchement libre et fier » à l’occasion des 80 ans de la « bataille de France », de la « bataille de Montcornet », une brève contre-attaque - perdue - menée par le colonel De Gaulle, en mai 1940. Le lien avec la situation actuelle fut le suivant : « De Gaulle nous dit que la France est forte quand elle sait son destin, quand elle se tient unie, quand elle cherche la voie de la cohésion au nom d'une certaine idée de la France, qui nous rassemble par-delà les discordes alors devenues accessoires. » Les commentaires dans la presse le concernant sont particulièrement violents.
- Dans le JDD, Xavier Bertrand, ex-ministre de la santé, président de la région des Hauts de France, avait préalablement déclaré : « Pour de Gaulle, un chef ne doit pas parler en permanence, à tort et à travers. Il doit mener son pays d’une main ferme sans se préoccuper de sa popularité et être capable d’assumer seul les bonnes décisions. Il ne doit pas avoir le besoin pathologique d’être aimé mais se doit tout entier à la France. »
- Dans Le Canard enchaîné [20 mai] dans un dessin intitulé Commémoration de la bataille de France, devant le visage d’Emanuel Macron à la télévision, un femme dit : « Comparer la bataille du covid 19 à la débâcle de 1940, c’est quand même risqué.. » ; un homme (son mari ?) lui répond : « Mais bien vu… »
***- Sur C’Politique, j’apprends par le député qu’une personne sur dix à Mulhouse dépend des restos du cœur.
***- Sur C’Politique, le sociologue Gérald Bronner cite parmi les personnes les plus ‘touchées’ les « femmes de ménage » qui avaient perdu leur emploi. J’ai pensé que c’était la première fois que je les entendais en tant que « catégorie professionnelle » citer, et que personnellement, je n’avais jamais pensé à elles.
***- À Argenteuil (Val-d'Oise), un jeune homme de 18 ans, Sabri, est mort après un accident de moto. De nombreuses personnes ont mis en cause la poursuite du jeune homme par une voiture de la Brigade anti-criminalité (BAC). La responsabilité de la police est posée. Des révoltes - barricades en feu et tirs de mortiers d’artifice - ont lieu les jours suivants.

Politique (Coronavirus) (61) : (18 mai) 2020.
***- Titre de L’Humanité : « La colère sociale amorce son déconfinement. »
***- 820 décès (chiffres officiels) aux États-Unis hier, après deux mois de confinement. 453 en France.
***- Les 194 pays de l'OMS se réunissent lundi virtuellement pour la première fois de l'histoire de l'organisation afin de débattre de la réponse internationale à la pandémie.
- Le président chinois Xi Jinping a assuré qu'un éventuel vaccin chinois deviendrait un « bien public mondial ».
- Donald Trump a écrit au directeur général de l’OMS : « Si l'OMS ne s'engage pas à des améliorations notables dans un délai de 30 jours, je vais transformer la suspension temporaire du financement envers l'OMS en une mesure permanente. » Il avait affirmé oralement que l’OMS était « une marionnette de la Chine. »
***- Sur Europe 1, François Baroin, président de l'Association des maires de France, défend « une grande politique, une grande réforme, d'une certaine manière une révolution culturelle de décentralisation. […] La santé est un sujet. Il faut en confier une bonne partie de la gouvernance [aux collectivités], conserver une ligne nationale de protection contre les épidémies et une adaptabilité, une territorialisation. […] Je suis arrivé, au bout de 25 ans de politique, (...) au constat d'impuissance de l'État dans beaucoup de secteurs. » Les analyses des politiques sont de plus en plus clairement politiques.
***- Sur Public Sénat, Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires déclare : « Le Premier ministre va avoir dans la journée le résultat du conseil scientifique et voir dans quelles conditions peut se passer le deuxième tour de ces élections [municipales] ». Cette référence au « conseil scientifique » et donc peu ou prou à « la science » tourne à la farce et décrédibilise toujours plus la parole et l’action politiques.
***- Lu sur France Info : « J’habite dans le Grand Est, ma marraine est décédée dans les bouches du Rhône. Puis-je me déplacer avec mon épouse pour assister à son enterrement ? » ; « Accompagner une amie proche qui a quitté son domicile et les violences de son mari constitue-t-il à votre avis un motif impérieux permettant de faire plus de 100 km ? » Comment ne peut-on ne pas être scandalisé-es de lire que nous en sommes réduit-es là, à ce niveau ? comme dans la Russie soviétique ? comme en Chine ?
***- Lu sur France Info : Coronavirus : patrons, élus, directeurs d'Ehpad... le spectre des poursuites post-épidémie hante les décideurs, avec des risques variables. Ils sont nombreux, dans toute la France, à craindre des procès pour « mise en danger de la vie d'autrui », en lien avec des contaminations au Covid-19. Les élus disposent d'une sorte de parapluie juridique avec l'article 121-3 du Code pénal, dit « loi Fauchon » (du nom du sénateur centriste qui l'a déposée). « Ce traitement de faveur introduit deux catégories de justiciables, les décideurs et les autres » estime le professeur de droit pénal Philippe Conte, dont l’analyse suit. Lire tout l’article.
***- Lu sur France Info : Interrogé sur leur emploi du masculin pour le Covid, la réponse : « Nous n'ignorons pas que l'Académie française préconise la féminisation du mot Covid 19 car il désigne la maladie ("disease" en anglais). Mais nous avons pour le moment tranché en faveur du masculin, car cet usage est le plus répandu, aussi bien par le public que par les autorités françaises ». Je suis contente de lire que le suivisme n’est pas de mise et que l’Académie française ne fait pas la pluie et le beau temps. Et si le masculin l’a emporté sur le féminin, ici, cela ne me gêne pas, bien au contraire.
***- Le Conseil d’État, saisi par la Ligue des droits de l’homme et la Quadrature du net interdit l’usage des drones de surveillance à Paris pendant le déconfinement. Il considère que l'usage de ces drones, dans ces conditions, « caractérise une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect de la vie privée » et met en avant les « risques d'un usage contraire aux règles de protection des données personnelles ».
***- Sur France Inter, Yannick Jadot, député Vert : « Ce serait une faute politique, voire une faute criminelle au regard des impacts que nous connaissons de la crise écologique, de relancer l'économie sans sauver l'humanité, sans sauver notre santé, sans sauver notre climat. »
***- Emmanuel Macron et Angela Merkel ont proposé qu’un plan de relance européen soit « doté de 500 milliards d’euros en dépenses budgétaires de l’UE pour les secteurs et régions les plus touchés, sur la base des programmes budgétaires de l’UE et dans le respect des priorités européennes. » Qu’est-ce que cela, concrètement, signifie ?
- Ajout. 24 mai 2020. Sur C’ Politique, les quatre pays : Suède, Danemark, Autriche, Pays-Bas qui s’opposent à cette décision sont qualifiés de « radins », et de « psychorigides ». J’entends aussi que les Pays-Bas « ne jouent pas le jeu »…qu’Emmanuel Macron et Angla Merkel joueraient donc ? Comment avec de telles critiques, l’Union européenne peut-elle exister ?
- Ajout. 29 mai. La président de la commission européenne propose elle un plan de 750 milliards.
***- Emmanuel Macron, auteur de : « Cette Europe de la santé n’a jamais existé, elle doit devenir notre priorité. »
***- Penser, en règle générale, à l’analyse d’Edmund Burke, dans ses Réflexions sur la révolution de France (ici, concernant les imposteurs) : « Une première illusion commence-t-elle à s’user, il n’a d’autre moyen que d’en trouver une autre à lui substituer. » [Pluriel. p.340]
***- La société américaine Moderna annonce des « données intérimaires positives » dans la phase initiale des essais cliniques de son projet de vaccin., testé sur « 45 volontaires » ( !) . la valeur de l’action qui était de 20 dollars, le 1er janvier, s’échange à 90 dollars, le 16 mai. Entendu sur France Inter : si le marché potentiel est de 7 milliards de doses, « le risque » est que la pandémie soit sous contrôle, endiguée, au moment de la mise sur le marché.
***- Le Conseil d’état impose la levée de l’interdiction totale des célébrations religieuses dans les lieux de culte, jugée « disproportionnée » ; elle constitue une « atteinte grave et manifestement illégale » à la liberté de culte.
***- Lu dans Lundi matin, le texte de Giorggio Agamben, intitulé Biosécurité et Politique dont le début est : « Ce qui frappe dans les réactions aux dispositifs d’exception qui ont été mis en place dans notre pays (et pas seulement dans celui-ci) est l’incapacité de les observer au-delà du contexte immédiat dans lequel ils semblent opérer. » Il cite alors le livre de Patrick Zylberman Tempêtes microbiennes [Gallimard. 2013] qui présente ainsi le dispositif suggéré, « articulé en trois points : 1) construction, sur la base d’un risque possible, d’un scénario fictif dans lequel les données sont présentées d’une façon qui favorise les comportements permettant de gouverner en situation extrême ; 2) adoption de la logique du pire comme régime de rationalité politique ; 3) l’organisation intégrale du corps des citoyens de façon à renforcer le maximum d’adhésion aux institutions de gouvernement, en produisant une sorte de civisme superlatif dans lequel les obligations imposées sont présentées comme des preuves d’altruisme et le citoyen n’a plus droit à la santé (health safety), mais devient juridiquement obligé à la santé (biosecurity). » Et il conclut : « Ce que Zylberman décrivait en 2013 s’est aujourd’hui vérifié avec exactitude. » Tout lire.
***- Le slogan, certes négatif, mais le plus juste, le plus à même d’être universalisé : « Non au retour à l’a-normal »
***- Sur France Culture, question posée par Emmanuel Laurentin : « Que faire pour que la cocotte-minute n’explose pas ? » Peut-on à la fois être plus méprisant et plus fonctionnel ? Concernant le refus des médailles par le personnel médical, il affirme/interroge : « Cela vous a chiffonné » (sic), Agnès Hartemann, chef de service de diabétologie à l’hôpital Pitié Salpêtrière, membre du collectif inter-hôpitaux répond : « Cela a exaspéré ». Interrogée sur une potentielle nouvelle opposition entre salari-ées à l’hôpital, elle répond : « Ce qu’on a vécu nous a soudé ». Elle demande que « les soignants et les usagers reprennent la gouvernance de l’hôpital. ». « Ce qui était impossible devient possible ». Olivier Klein maire de Clichy sous-bois, demande la création de « dispensaires », de « centres municipaux de santé » et déclare : « On voit arriver le cataclysme ». Sans suite.
***- Lu, sur Lundi matin, au terme d’un article intitulé Agir contre la réintoxication du monde, « écologistes, Zad et syndicalistes », appellent « à une série de mobilisations le 17 juin ».
***- Lu, sur Lundi matin, un texte de David Caylay : Sur la pandémie actuelle, le point d’IIlan Illich : « J’ai essayé de dégager la question principale que cette pandémie soulève, à mes yeux : l’effort massif et coûteux déployé pour endiguer et limiter les maux causés par le virus est-il le seul choix qui s’offre à nous ? Cet effort est-il une sorte de réponse évidente, inévitable, dictée par la simple prudence, afin de protéger toutes les personnes les plus vulnérables ? Ou bien n’est-il pas une forme désastreuse, qui cherche à contrôler ce qui est clairement hors-contrôle ? » (Lire la suite)

Politique (Coronavirus) (62) : (19 mai) 2020.
*** - Lu dans Le Monde : « L’âge, principal facteur de risque de mortalité. Une étude d’une ampleur inédite en Europe rapporte que les hommes, les personnes âgées, les plus démunies, celles sujettes à des diabètes non contrôlés ou à des asthmes sévères font partie des populations les plus à risque. » Cette étude ne remet-elle pas en cause la politique du confinement massif pour tous / toutes ?
***-***- Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, annonce une quatorzaine sur une « base volontaire » à partir du 20 mai pour les voyageurs arrivant de l'étranger hors de l'Union européenne. Était-il impossible de dire qu’elle était supprimée ? Que je plains tous ces gens interdits de toute vérité.
***- Le marché automobile s’est écroulé en un an de 76,3 %.
***- Concernant les masques, Emmanuel Macron, dans le cadre d’un reportage effectué par BFM.TV, a assuré que la situation avait « été gérée » et qu’il y avait « eu une doctrine restrictive (du gouvernement) pour ne jamais être en rupture ». « Il y a eu ensuite un approvisionnement et une production renforcée et nous n’avons jamais été en rupture. Ce qui est vrai, c’est qu’il y a eu des manques, il y a eu des tensions, c’est ça qu’il faudra regarder pour le corriger. Ayons collectivement l’honnêteté de dire qu’au début du mois de mars, encore plus en février ou en janvier, personne ne parlait des masques parce que nous n’aurions jamais pensé être obligés de restreindre la distribution de ceux-ci pour les soignants ». De nombreuses réactions très critiques : mensonges, déni, arrogance, accusation d’avoir volontairement crée la pénurie…
***- Lu sur France info : Selon le secrétaire d'État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari : 200 000 contrôles ont eu lieu ce week-end et quelque 950 amendes pour non-respect de la limite des 100 kms. Il déclare aussi : « Les Français pourront se déplacer en France, y compris en outre-mer » cet été « si la situation épidémiologique le permet. » Il est vrai qu’il était difficile de dissuader les départs à l’étranger, de lancer un plan d’aide au tourisme en France et d’y interdire la libre circulation.
***- Entendu sur France Culture : 6000 salles de cinémas fermées, au profit de la télévision, dont les recettes de publicité ont beaucoup baissé; augurant une culture à domicile ?
***- Plus de 60 000 salariés de l’Éducation nationale vont toucher des primes allant jusqu’à 1 000 euros. Ces salariés seront récompensés en fonction du nombre de jours de présence dans les établissement pendant le confinement. Toujours diviser, opposer…
***- Concernant l’infantilisation comme méthode de gouvernement Macronien, voici le texte de J. Bathélémy [Union pour la vérité. 2 février-2 mars 1919] cité par Paul Nizan dans Les chiens de garde [1932] : « La démocratie ne doit pas être seulement fraternité. Elle doit être aussi paternité. Ces mots, inconciliables dans la famille, dit Michelet, ne le sont nullement dans la société civile. En d’autres termes, c’est à l’élite qu’appartient la fonction, le devoir, la charge de direction. L’élite doit diriger ; mais elle est astreinte à un effort perpétuel en vue de se rendre utile ; elle doit fixer ses directions, ne pas attendre qu’on le lui demande. Un des plus graves périls qui pèse sur la démocratie est le divorce de l’intelligence et de la masse.» Quand l’intelligence appartient au peuple, et qu’il le sait, toute la construction s’écroule.
- À cette citation, j’adjoins celle de Voltaire dans son Dictionnaire philosophique [1764], à la rubrique « Lettres, gens de lettres » : « Le plus grand malheur […] c’est d’être jugé par des sots. »
***- Révoltes, émeutes au Chili. La lourde insistance avec laquelle les médias français affirment, du haut de leur studio, que ce n’est pas le confinement qui est remis en cause, mais l’absence de l’état , est pénible à entendre.
***- Lu sur France Info : En réaction avec l’affirmation selon laquelle l’école « redeviendrait obligatoire » en juin : « Je suis enseignante en maternelle, nous avons 30 places pour 90 élèves (en respectant les 10 par classes du protocole), pour l’instant nous arrivons à répondre à la demande des parents en accueillant des enfants à mi-temps, faute de mieux...»
***- Le Conseil scientifique a indiqué ne pas s'opposer à la tenue du second tour des élections municipales en juin tout en assortissant son avis de vives réserves qui doivent tenir compte de la situation épidémique. Son président, Jean-François Delfraissy, a affirmé : « La campagne électorale doit être très réduite, très différente. Pas de campagne sur le terrain, pas de campagne sur le marché, pas de campagne à domicile ».
***- Sur France 2, à la question : Si la campagne est réduite à la portion congrue, avec impossibilité d'organiser des réunions publiques ou de tracter sur les marchés, les sortants vont-ils avoir un avantage ? Pierre Hurmic, candidat EELV à Bordeaux répond oui : « Pourquoi croyez-vous qu'ils font pression pour que le calendrier soit avancé ? Ils veulent surfer sur le fait qu'ils ont tenu la barre pendant cette période-là. »
***- Selon Les Echos, le remboursement du « trou de la Sécu », initialement prévu pour 2024, est maintenant envisagé pour 2033. Aux calendes grecques donc.

Politique (Coronavirus) (63) : (20 mai) 2020.
***- Lu sur France Info : Alain Lambert, président du Conseil national d'évaluation des normes, ancien ministre du Budget de Jacques Chirac, déclare : « Nous annoncions depuis au moins 10 ans cette catastrophe. J'avais dit que le pays pouvait mourir s'il était confronté à une crise grave, car il ne pourrait pas y faire face. »
***- Lu sur France Info : Lamine Gharbi, président de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) déclare : « Dès le mois de janvier, les hôpitaux publics ont été désignés en première ligne, et quasiment aucune clinique n'a été placée en première ou deuxième ligne. Lors que nous avions une urgence Covid, nous n'avions pas le droit de la soigner, il fallait l'envoyer au CHU. L'ARS (Agence régionale de santé) n'a pas pensé à nous, j'avais des établissements qui me disaient avoir 70 lits de réanimation et au même moment, on mutait des patients à Toulon, ça m'a rendu fou. »
***- Lu sur France Info : Emmanuel Loeb, président du syndicat Jeunes médecins constate : « Il y a eu une absence complète de coordination entre l'hôpital, l'ARS, les médecins hospitaliers et les médecins de ville. ». Justin Breysse, président de l'Intersyndicale nationale des internes en médecine, souligne lui aussi cette absence de coordination : « J'ai écrit, à partir de début février, plusieurs fois au cabinet du ministre, à la direction générale de l'offre de soins (DGOS), on attendait des directives, même écrites, rien n'est venu, on n’a eu aucune réunion.
***- Entendu sur France Inter, concernant le prochain week-end : « Le gouvernement n’entend pas relâcher la pression. » Devenu un mantra qui fait fonction de pensée, de programme, de projet, et qui cache tout ce qu’il faut cacher.
***- Olivier Véran, ministre de la Santé, promet lors du compte-rendu du Conseil des ministres une réforme profonde du système de santé et une revalorisation des carrières et rémunérations des soignants et déclare : « Les personnels soignants ne supportent plus qu'on leur dise que ce qu'ils font ont du sens », sans toutefois leur apporter une reconnaissance suffisante. Pourquoi faut-il tant de temps à un ministre pour comprendre ce que n’importe qui et, au premier chef, les personnes concernées, ont depuis si longtemps compris ? À y réfléchir un peu plus, la question est mal posée ; car à part l’esquive et la ruse - sans oublier la violence d’état - , quels autres moyens ont-ils pour tenir ?
***- Lu sur France-info : « Infirmier, je viens d'apprendre que dans les 79 établissement dits de ‘première ligne’, seuls 40% des personnels auront droit au montant maximum de la prime covid-19. le CHU de Lille ou encore le CH de St-Quentin, en zone rouge et ayant dû faire face à un afflux massif de patients ne figurent pas dans la liste des établissements dont les soignants toucheront la prime de 1500 euros au contraire d'autres CH en zone verte qui ont été relativement épargnés par le covid19. Comment est-ce possible ? »
***- Lu sur Médiapart, un slogan porté par une infirmière de l’hôpital de Montauban : « Nous sommes masquées mais pas muselées »
***- Lu sur France Info : « Tests sérologiques : le virologue Bruno Lina estime qu'il ne faut ‘pas les généraliser’, pour éviter que ‘des personnes aient faussement l'impression d'être protégées’. En d’autres termes, les tests ne sont pas - vraiment - fiables. Et, par ailleurs, ce qui est vrai lundi, ne l’est plus nécessairement mardi.
***- Lu sur Le Parisien : La députée LREM Fiona Lazaar concernant l'idée d'une plus grande solidarité des plus riches : « Je suis convaincue qu'il faut se reposer les questions. Lorsque je dis que les plus riches devraient contribuer davantage, peut-être que ce ne serait que temporairement. » Le plus terrible, c’est que, dans la majorité, cette question parait être, pour la première fois publiquement posée.
***- L’université de Cambridge a décidé qu'elle dispenserait l'ensemble de ses cours en ligne jusqu'à l'été 2021.
***- Lu sur Le Canard enchaîné que Renault - à qui l’état vient de garantir un prêt de 5 milliards, lequel n’est « assorti d’aucune exigence, notamment en matière d’emploi » - s’apprête à annoncer un « sévère plan d’économie d’au moins 2 milliards, et envisage la fermeture de quatre site en France » dont Flins. Branlebas de combats politiques : toutes les contradictions sont là : chômage, emploi, court et long terme, politique régionale, relocalisation, écologie, nouvelle société, rôle de l’état en matière industrielle, énorme stock de voitures invendues, etc… La quadrature du cercle et personne n’a la solution.
- Lu sur France Info : La réaction de Manon Aubry, députée européenne de La France Insoumise, concernant ce secteur et bien d’autres menacés - peut s’avérer en être une illustration : « Ça s'active dans tous les sens, toutes les occasions sont bonnes pour desserrer l'étau ou relâcher des régulations à un moment où on en a le plus besoin. »
- Ajout. 21 mai. Titre du Figaro du 21 mai : Renault : premier choc social de la crise sanitaire.
- Ajout le 23 mai. Bruno Le Maire : « Renault peut disparaître. Il faut être lucide. » 400.000 emplois directs sont concernés.
***- Pour Donald Trump, l’« incompétence » de Pékin a provoqué une « tuerie de masse mondiale ».
***- Sur LCI, Livret A. L’épargne des Français atteint des sommets. Au vu des commentaires, c’est fou ce que l’épargne personnelle - depuis que certains voudraient bien peu ou prou se l’approprier - est sinon vilipendée, du moins traitée, y compris par les plus farouches tentants du capitalisme, avec une grande aisance, une grande légèreté, en tant que variable d’ajustement pour l’état lourdement endetté.

Politique (Coronavirus) (64) : (21 mai) 2020.
***- Les critiques offensives des régions - du moins de leurs exécutifs - et des mairies - du moins de leurs maires - contre l’état ne se cachent plus du tout ; chaque erreur, chaque hésitation, chaque contradiction, etc… s’avèrent une occasion, de plus, en or. Et plus cela va, plus je me demande de quels soutiens, si l’on excepte les forces de l’ordre, l’état Macronien dispose-t-il encore ?
***- Lu, sur l’affiche de l’exposition du Musée du Luxembourg, Man Ray et la mode, inscrit : Il « aurait aimé offrir des masques à ses muses ».
***- Lu sur France Info : Pour Patrick Pelloux, « ce n'est pas encore le moment de faire des polémiques » sur la gestion de la crise par les autorités françaises. Mais il y a beaucoup de choses qui « posent question ». Ou : Comment parler pour ne rien dire, sinon : Taisez-vous. Et éventuellement : Laissez-moi parler.
***- Lu sur France Info : Voici un résumé des « primes Covid » prévues : De 500 à 1 500 euros pour le personnel hospitalier ; Jusqu'à 1 500 euros notamment pour le personnel des Ehpad ; De 330 à 1 000 euros dans la fonction publique d'État et territoriale ; Jusqu'à 1 000 euros pour quelque 60 000 salariés de l'Éducation nationale ; Des primes aléatoires dans la grande distribution. Une prime unique - ou quasi - aurait eu une signification politique ; là, seuls l’arbitraire et l’injustice apparaissent.
***- Encore un secteur sinistré : 15 taxis attendaient à la borne taxi de la place Maubert.
***- Sur BFM-Bussiness, Nicolas Dufourcq [B.P.I. Banque Publique d’Investissement] espère, au terme du déconfinement, une « consommation de vengeance qui peut faire du beau business ».
***- Lu dans L’Obs : 22% des employeurs pensent devoir licencier dans les mois à venir. Pour rappel : le dispositif de chômage partiel va être progressivement réduit à partir de juin, une décision à laquelle s’oppose le Medef.
***- Sur France Culture, dans l’émission Culture Monde, l’Inde, le drame du confinement, la première question posée est celle de la fiabilité des chiffres officiels des décès dus au coronavirus : 3000 annoncés. Mais la question que me semble pourtant aveuglante n’est-elle pas plutôt : Pourquoi la vie d’1milliards 400 millions d’habitants s’est-elle brusquement arrêtée le 24 mars lorsque son président a décidé de confiner l’ensemble du pays, alors que seuls 3000 décès sont actuellement annoncés. Donnez-moi le point d’appui erroné d’une pensée - un postulat - et je reconstruit un monde qui fait fi de toute pensée, de toute logique, de toute vérité.
La deuxième question posée fut celle de savoir si le plan gouvernemental annoncé est « à la hauteur de l’enjeu ». Donnez-moi de quoi prendre en défaut une politique gouvernementale, et - sachant par ailleurs, que l’on ne sait de quel enjeu il s’agit : la distinction entre la lutte contre le coronavirus et les effets du confinement n’étant pas rigoureusement faite - et je vous garantis la reconstruction d’un monde dépourvu de toute pensée, de toute logique, de toute vérité.
Quant à l’orientation « thatchérienne » évoquée de la politique menée, elle ne fut pas interrogée ; mais, alors que le Kérala - un état « dans la tradition communiste de l’Inde » - était vanté pour être celui qui avait le mieux géré cette « crise », j’ai entendu qu’il « n’était plus dans le sens de l’histoire » : !
***- Sur France Bleu Mayenne. France Info : Stress, fatigue, insomnie, anxiété, 99 directeurs (et directrices) au bord du burn-out - ces fonctionnaires, qui représentent un tiers de la profession dans le département - n'en peuvent plus d'endosser depuis le mois de mars de lourdes responsabilités : le confinement et les devoirs à la maison, la prise de contact permanente avec les familles et les collègues enseignants, la préparation de la réouverture des établissements, le protocole sanitaire à mettre en place, dans un contexte d’ordres, contre-ordres, précipitations, anxiétés, surcharges de travail. N'en pouvant plus, ils décident de prévenir leur hiérarchie et dénoncent « la maltraitance ».
***- Lu sur France Info : « À Tours, les bords de Loire sont désormais interdits d'accès aux piétons. La préfète d'Indre-et-Loire a pris cette décision après un rassemblement important de population hier soir. » Mise en œuvre sur simple décision préfectorale d’une responsabilité collective qui me rappelle de dramatiques souvenirs de l’occupation allemande.
***- 36,8 millions d’américain-es officiellement déclarés au chômage. Par combien faut-il multiplier ce chiffre pour avoir une estimation des sans-emplois, des sans-revenus ?
***- Vu sur France Info : Importante manifestation, inter-syndicale, inter-professionnelle, en soutien politique aux soignant-es de l'hôpital Robert-Debré dans le 19e arrondissement de Paris. Ils / elles sont rejoints-e notamment par des ‘gilets jaunes’ des élus de La France insoumise, et des quidam. Appel à une prochaine manifestation jeudi prochain.
- Certain-es ont voulu poursuivre par une manifestation dans Paris, vite bloquée par la police qui a verbalisé des manifestants pour « participation à une manifestation non autorisée ».
- Un slogan : « La colère des hospitalières ne restera pas confinée ». Un autre : « Le capitalisme c’est le virus. La solidarité, c’est l’antidote ».
- La police annonce une cinquantaine de verbalisations et trois interpellations, pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique, violence ou rébellion.
***- Vu, lu, sur France Info : « Énormément de monde - des milliers [des centaines, selon RT] de personnes - pour la marche blanche en hommage à Sabri, à Argenteuil ». (Cf. 17 mai)
***- Dans l’émission Le temps du débat de France Culture, intitulée Quelle place pour les religions en temps de crise ? les trois représentant-es des religions invitées à s’exprimer justifiaient le bien-fondé de la fermeture des lieux de culte.
- Pour rappel, dans l’église catholique, il existe un très fort clivage, une vive opposition qui s’exprime entre les courants traditionnalistes, très proches de l’extrême-droite qui ont déposé le recours au conseil d’état, qu’ils ont gagné et l’église officielle, jugée, par eux, trop suiviste de la position étatique ; et même « démissionnaire », totalement absente, notamment à l’occasion des enterrements.
- Le rabbin invité a expliqué qu’il était accompagné par une voiture de police lorsqu’il se rendait à l’hôpital dans les services de réanimation et que cela avait été considéré comme « une mission de service public » ; il a assuré que « la loi du pays, c’est la loi » ; il a aussi déclaré - contrairement donc à la position du Conseil d’État - que les synagogues resteront fermées.

Politique (Coronavirus) (65) : (22 mai) 2020.
***- Le Premier ministre chinois à l'ouverture de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire : « Nous avons obtenu une victoire décisive dans la défense de la province du Hubei et de sa capitale Wuhan. […] Nous, fils et filles de la nation chinoise, sommes restés unis pendant une période infiniment difficile et avons élevé une Grande muraille de solidarité. »
***- Paul Nizan dans Les chiens de garde [1932], concernant les conséquences dramatiques de la crise de 1929 écrit : « Les plus hardis pensent simplement que le monde est en proie à une maladie. Seulement une maladie. Cette fièvre finira bien par tomber et ensuite reviendront la convalescence et la force et la belle ordonnance de la santé. Partout s’étale encore l’espoir de cette guérison et cette assurance qu’il ne se peut point que le mal soit définitif, que le monde dont on a l’habitude finisse de cette façon-là. Il suffit de durer, de s’arranger prudemment pour vivre ce mauvais moment de l’histoire ; et ceux qui dureront auront une récompense. Ne pas mourir avant le mouvement du progrès, ne pas faire faillite, ne pas perdre confiance dans les anciennes idées qui faisaient bon usage, qui étaient taillées dans des étoffes comme on n’en fait plus. […] » (Agone. p.142)
***- Bruno Le Maire : « Il y aura des faillites et des licenciements dans les mois qui viennent. » peut-être craignait-il que nous l’ignorions. Ou pense-t-il à l’efficacité de la mithridatisation ?
***- Entendu par un économiste libéral : « Le confinement est un luxe de riches. »
***- Lu dans Le Figaro : Le ministère grec des Migrations a annoncé vendredi le prolongement jusqu'au 7 juin des mesures de confinement dans les camps de demandeurs d'asile, mises en place depuis plus de deux mois.
***- Élections municipales le 28 juin. Les politiques s’opposent sur la date : ça va remplir du temps d’écoute à la télé.
***- Lu sur France-Info : « Après avoir subi de plein fouet l'épidémie de Covid-19, la Chine cherche à faire redémarrer son économie. Mais la tâche s'annonce immense. » On se console comme on peut…
***- 71 plaintes déposées contre des membres du gouvernement.
***- Nicole Notat, soutien politique d'Emmanuel Macron en 2017, sans légitimité, ni compétence en la matière, plus encore, ancienne responsable de la CFDT, alors que la CGT est implantée et contestataire dans le secteur hospitalier, a été chargée de coordonner le « Ségur de la santé » censé mettre fin à la « paupérisation » - terme employé par Emmanuel Macron - des personnels soignants. Elle promet dans un communiqué d'exercer cette mission « en ayant à cœur d'organiser l'écoute réciproque et le dialogue entre l'ensemble des parties prenantes et d'aider à la construction de conclusions le plus partagées possible ». C’est mal parti….
***- Édouard Philippe a écrit à Anne Hidalgo et s'oppose encore à la réouverture des parcs à Paris. « L'Ile-de-France étant, dans son ensemble, classée dans cette catégorie (rouge, NDLR), il n'est pas envisageable, à ce stade, d'y autoriser l'ouverture des parcs et jardins ». En d’autres termes : Sur la base d’un clivage infondé, mais décidé par moi, je maintiens ma décision. Et si l’état s’effondrait de son autoritarisme et des incohérences, de l’impossibilité de connaître, de régler l’application concrète des mesures décidées révélant son impuissance, qui en sont les nécessaires conséquences ?
***- Lu sur France Info : Jean-François Toussaint, professeur de médecine : « Il ne faut pas laisser les personnes dans des endroits confinés, il faut au contraire aller là où l'air se renouvelle le plus souvent. Il n'y a pas d'autre endroit que les plages pour voir un tel renouvellement. Pour les parcs, les parcs nationaux, les forêts, ces endroits où vous ne croisiez personne pendant la phase de confinement, c'est la même chose. »
*** - Lu sur France Info : Selon l’INSEE, entre le 1er mars et le 30 avril, le nombre de décès en France est supérieur de 25% à celui enregistré à la même époque en 2019 et de 16% à 2018.
***- Lu sur France Info : « Entre le 18 mars et le 19 mai, les 600 ultra-riches américains ont vu leur fortune augmenter de 434 milliards de dollars (398 milliards d'euros), soit une hausse de près de 15% en deux mois, selon ces données publiées par Forbes. » Le capitalisme est de plus en plus difficile à défendre.
***- Lu sur France Info : « Le ministère de la Santé a publié hier soir [le 21 mai] la liste des tests sérologiques homologués et donc jugés fiables. Il y en a 23 sur la cinquantaine examinée. Ces tests pourront être prescrits par des médecins et seront désormais remboursés par la Sécurité sociale. Ils seront remboursés pour les personnels soignants dès la semaine prochain. » Ils n’étaient donc pas, jusqu’alors, ni fiables ni gratuits, 3 mois après le début de la pandémie. La politique gouvernementale est de plus en plus difficile à défendre.
***- Dans C’ dans l’air : Impôts, 35 heures. Qui va payer la dette du Covid ? Elie Cohen juge - je ne sais plus quoi, peu importe - une solution évoquée « d’une hétérodoxie totale ». Il est vrai que l’orthodoxie s’est avérée en tous points pertinente.

Politique (Coronavirus) (66) : (23 mai) 2020.
***-Lu sur France Info : En raison, en partie, de la crise du coronavirus, l'ONG Oxfam International va licencier près de 1 500 employés et mettre fin à ses activités dans 18 pays, rapportent The Guardian et Slate. Oxfam a vu ses revenus diminuer considérablement avec les mesures de confinement. Le scandale de violences sexuelles en Haïti par des employés de l'organisation il y a deux ans avait déjà provoqué une baisse des dons.
***- Tweet même jour d’Olivier Véran : « Suite à la publication dans @ The lancet, d'une étude alertant sur l'inefficacité et les risques de certains traitements du # COVID-19 dont l'hydroxychloroquine, j'ai saisi le @ HCSP.fr [Haut conseil de la santé publique] pour qu'il l'analyse et me propose sous 48h une révision des règles dérogatoires de prescription. » Comme nul-le ne sait vraiment si ce médicament est ou non positif, en la matière, je reste toujours aussi perplexe qu’aux premiers jours. La seule chose évidente : les rapports de pouvoirs, y compris politique dans la bataille.
***- Trois avocats de Marseille, Paris et Strasbourg préparent une action collective nationale en justice et demandent une juridiction unique pour traiter toutes les plaintes concernant la gestion de la crise sanitaire dans les Ehpad.
***- Chaque État peut tenter d’infléchir, de modifier, d’agir sur le marché mondial ; aucun ne peut en sortir. Ils ont tous pris dans une nasse : tous en souffrent ; beaucoup l’acceptent ; certains gesticulent ; d’autres (la Chine seule ?) agissent.
***- Pourquoi Emmanuel Macron n’a-ti-l pas pu déclarer que la France n’était pas prête et qu’il n’avait pas la solution : au nom de l’existence de l’État.
***- Pourquoi Emmanuel Macron n’a-t-il pas pu d’emblée déclarer qu’il n’était pas responsable des politiques sanitaires antérieures, ce qui aurait sans doute - notamment - évité mensonges et pertes de temps : au nom de la permanence de l’État.
***- Sur France Culture, l’émission Concordance des temps rediffuse celle datant du 5 février 2011, intitulée : Le programme de la résistance [1945], toujours vivant ?, citant en référence le Dictionnaire historique de la résistance [2006] : le retour à l’histoire pour repenser le futur ?
***- Sur France Culture, dans l’émission Affaires étrangères, Christine Ockrent constate que la crise actuelle « accentue les tendances lourdes » prévalant dans le monde : les injures, les plus grossières, entre chef d’états, de gouvernements incluses. Des siècles de langage - officiel - diplomatique s’effondrent.
- J’entends évoquer « l’opacité du modèle chinois », « les bonnes vieilles méthode maoïstes » : mais quel état n’est-il pas « opaque » ?
- Christine Ockrent, avant d’évoquer « les gesticulations de Donald Trump », croit bon préciser concernant les États-Unis : « C’est une immense démocratie, on ne va pas s’en plaindre ».
***- Entendu évoquer « le retour au social » Tout d’abord, cette évidence : ce terme ne veut rien dire. Le remplacer par : les décisions prises par le peuple. Comment ? Je ne sais pas, pas plus que je ne sais ce que « le peuple » peut signifier. La seule chose que je sais, c’est qu’exclure la question n’aidera pas à l’avancée de sa réflexion. Mais l’histoire attend-elle l’avancée des réflexions ?
***- En lisant cette analyse de Paul Nizan dans Les chiens de garde : « La philosophie bourgeoise s’efforce de dissimuler l’État de guerre qu’elle n’ose proclamer sous le voile céleste d’un État de paix imaginaire qu’elle est incapable d’établir sur terre », je me suis demandée s’il ne fallait pas plus réfléchir à la signification politique de la phrase - certes depuis lors abandonnée - d’Emmanuel Macron, le 17 mars : « Nous sommes en guerre », six fois répétée. [Agone. p.93]
***- Entendu : « Mon pays c’est celui qui me fait bouffer » [Toni. Jean Renoir. 1934]. Si cette phrase a un sens, alors le nombre d’apatrides est exponentiel.
***- Le « bilan britannique » de la pandémie ne comptabilisent ni l’Irlande du Nord, ni l’Écosse. Après le Brexit, l’Angleterre se libère un peu plus de ses attaches ?
***- Lu sur France Info : Place de la République à Paris, dix personnes - rassemblement qualifié de « famélique » - sont encerclées par 50 CRS, certains équipés de fusil d'assaut, et empêchées de sortir de la nasse.
***- Un bilan écologique, esthétique, naturiste positif du confinement : laisser les prairies pousser, et donc cesser, au maximum, de tondre les pelouses. J’y rajoute : laisser vivre les toutes - petites - plantes qui poussent sur le trottoirs, à la jointure des immeubles.
***- En Espagne, à la suite de l’Italie le 3 juin, les touristes étrangers peuvent revenir en juillet.
***- En Espagne, importante manifestation du parti d’extrême droite Vox qui critique le gouvernement socialiste de sa gestion de la pandémie.
***- La librairie Boulinier - « libraire d’occasion depuis 1845 » du boulevard Saint-Michel - très bien achalandée, celle qui vendait des livres à 20 centimes, à un euro, ferme définitivement ses portes le 15 juin (cause : non renouvellement du bail) ; 3 des 31 librairies Gibert (pas celle du Boulevard Saint Michel qui a ré-ouvert 10 jours après la fin officielle du confinement) doivent fermer en France.
***- Hertz, géant de la location de voitures en faillite.
***- Lu sur France Info : Le président du Consistoire, Joël Mergui : « Le respect de chaque vie est important, on ne peut pas prendre le risque de faire apparaître un foyer épidémique ». Les synagogues resteront fermées alors que la fête juive de Chavouot se déroule la semaine prochaine. Faire référence au « respect de chaque vie », qu’est-ce à dire ?

Politique (Coronavirus) (67) : (24 mai) 2020.
***- Seule l’incessante critique de ce qui nous est imposé peut, sinon faire cesser l’accoutumance aux multiples confinements que l’on nous impose brutalement, insidieusement, quotidiennement. Nous tenir en haleine en fonction de nouvelles annonces, toutes toujours plus importantes les unes que les autres, fait partie du processus. L’Élysée nous annonce même auparavant, au cas où notre attention envers eux serait insuffisante, que d’« importantes annonces pour le secteur automobile» seront faites mardi.
- Le résultat, lu sur France-info : « Je voulais savoir si on savait quand le gouvernement va nous annoncer la suite du programme? Y a-t-il une date de prévue ?
***- Dans le JDD, Gérald Darmanin, seul ministre élu maire (Tourcoing) se pense ouvertement premier ministre. Il a violé la règle du non cumul des mandats - pardon, il a été « autorisé pour un temps » à la violer - : il reversera son mandat de maire à la SPA. Sa solution à la crise : la proposition de De Gaulle de généraliser la participation des salariées aux entreprises, l’actionnariat salarié. On croit rêver…et puis, on se rend compte qu’on ne rêve pas. Mais peut-on mieux signifier qu’en la personne de Gérald Darmanin, [nommé ‘le roquet’ par Michel Sapin], sous-ministre de Bruno Le Maire, la fraction la plus droitière de la Macronie ne fait plus même semblant de nous convaincre que l’on va tenter de résoudre les problèmes qui se posent ?
- Dans la journée, il a dû aller à Canossa et faire allégeance au premier ministre. Comment peut-on être aussi bête ?
- Très sévères critiques du Figaro. En vrac, injures exclues : remboursement de 66 % de son don par le crédit d’impôt ; don à la SPA et non pas aux SDF ; 75 % d’abstentions à Tourcoing ; deux emplois fictifs ; pas de règle des 100 kms pour lui ; passe-droit ; hors la loi ; clientélisme ; arrivisme ; rappel des plaintes pour viols, classées sans suite ; cumul d’emplois…
***- Sans oublier les malades guéri-es, soignés-e, décédé-es, le déconfinement est beaucoup plus brutal, beaucoup plus violent, que le confinement car, entre-temps, le premier a produit ses effets dévastateurs.
***- L’église Saint-Nicolas du Chardonnet a ré-ouvert ses portes ; je revois les familles nombreuses, les jeunes femmes en jupes longues, les femmes âgées porteuses de mantilles, les jeunes gens sortant de Saint-Cyr … et les gros missels gainés de cuir noir.
***- Lu dans le Journal littéraire de Paul Léautaud, le 13 décembre 1943 [concernant la vaccination obligatoire décrétée en 1942 de tous les enfants contre la diphtérie qui s’était révélée provoquant des complications de caractère tuberculeux] : « C’est toujours la méthode appliquée en tout à notre époque qu’il s’agisse d’instruction ou de médecine : l’application en bloc, générale, et imposée […]. » [Folio. p.1011, 1012]
***- Lu sur France Info : « Le gouvernement va exonérer de 3 milliards d'euros de cotisations sociales des entreprises de secteurs particulièrement touchés par les conséquences de la crise sanitaire, comme la restauration, le tourisme, la culture ou le sport, a annoncé Gérald Darmanin. » Sentiment - de fin de règne - que chaque ministre tire à hue et à dia, sans oublier les bagarres entre l’Élysée et Matignon.
***- Lu sur France Info : Jean-Michel Jarre : « Tout l'écosystème de la scène musicale avec les artistes, les auteurs, les créateurs, mais aussi des techniciens est à l'arrêt total. 50% des petits PME, des petites productions de concerts, et les moins petites d'ailleurs, risquent de disparaître en 2021. »
***- Lu sur France Info : « L'épidémie de Covid-19 a provoqué un regain de tensions entre la Chine et les États-Unis. Donald Trump a notamment évoqué la possibilité de demander à Pékin de payer des milliards de dollars de réparations pour les dommages causés par l'épidémie. Les États-Unis ont appelé à une enquête internationale sur l'origine du virus. »
***- « Pour marquer le passage imminent des 100 000 morts du coronavirus aux États-Unis, le quotidien américain The New York Times consacre sa une - et quatre pages - à la mémoire d'un millier d'entre elles et évoque pour chacune ce qu'a été sa vie. » Beau, positif hommage.
***- Lu sur France Info : « Selon Les Échos, le déconfinement des Ehpad, donc le fait d'autoriser les résidents à sortir par exemple, est prévu entre « fin juillet et début septembre ». Selon le quotidien économique, les directeurs d'établissements ont demandé cette avancée par petits pas. » Cette information me scandalise : les personnes en EHPAD - qui paient leur séjour par ailleurs - enfermées depuis mars- sont traitées comme des prisonniers-ères que l’on laisse mourir dans l’isolement, la solitude, l’abandon. Elles ont délibérément sacrifiés pour que le travail puisse avec moins de risques reprendre et que d’autres puissent, plus aisément, partir en vacances. Par ailleurs, écrire que les directeurs / directrices d’établissements seraient d’accord est nécessairement grossièrement mensonger.
***- Sur France 5. Fin du reportage : 1939. Un dernier été, consacré aux prémices de la guerre de 1939-1945 qui résonne aujourd’hui dramatiquement : « La guerre apprend à tout perdre. »
***- Dans C’dans l’air, entendu : « Avant on vivait dans l’insouciance » Ah bon ? !
***- Dans C’dans l’air, j’apprends que l’industrie du plastic - qui a créé sa propre chaîne de télévision - se réjouit de la situation actuelle : les masques, les visières, les moyens de protection, tout est en plastique. Elle a donc demandé que les limitations votées soient levées.
***- Lu sur France Info : « J’'étais bénévole à la Croix Rouge de Paris pendant 10 ans. J'étais réserviste Pompier de Paris pendant 1 an. J'ai essayé de sauver des vies, j'ai décroché des pendus, j'ai fait des massages cardiaques, et j'ai vu plus de morts que j'en voulais. Je me fous des applaudissement, je me fous des médailles. Je veux une VRAIE reconnaissance : du matériel et des collègues. On a besoin de monde physiquement à nos côtés et des outils pour travailler. Sans ça, on ne pourra pas y arriver. »
***- Entendu dans l’émission L’Esprit public de France Culture : Philippe Manière, auteur de :

Politique (Coronavirus) (68) : (25 mai) 2020.
***- Sur BFM.TV, Bruno Le Maire déclare que le gouvernement français n'exige pas de Renault qu'il ne ferme aucun site : « Bien sûr que nous serons attentifs à chaque emploi, mais nous voulons laisser la possibilité à Renault d'adapter son outil de production. » ‘Adapter l’outil de production’ : tout est dit. Les faillites vont succéder aux faillites
***- Lu sur France Info, Noam Chomsky, « philosophe » auteur de : « Mais, aussi grave que soit la pandémie, ce n'est pas le plus grave. On se remettra de la pandémie, moyennant un coût très élevé. Mais on ne se remettra pas de la fonte des calottes glaciaires des pôles et de la montée du niveau des mers et autres effets délétères du changement climatique. » Pourquoi ma gêne à cette comparaison ? Parce qu’elle n’aide à comprendre ni le coronavirus, ni le changement climatique ? Parce qu’elle hiérarchise ? Parce qu’elle comparer des phénomènes de natures différentes ? Parce qu’elle traite légèrement les personnes décédées ?
***- Pour faire cesser toute pensée critique : « Certes, la question se pose, mais enfin c’est ainsi pour l’instant. »
***- Sur France Culture, Annette Messager : « Je suis une personne à risque ; c’est étrange de découvrir cela. »
***- Entendu : « Quand vous n’avez que 8000 morts en Allemagne… »
***- Assimiler, accoler, amalgamer - comme c’est bien trop souvent le cas dans les médias - les manifestations, notamment en Allemagne, au Brésil, sinon exclusivement à l’extrême droite, du moins à des groupes défendant des idées confuses, sensibles aux théories du complot, en choisissant en règle générale les plus stupides, c’est s’interdire de comprendre les raisons qui peuvent être fort légitimes de nombre de critiques, c’est aussi s’interdire de comprendre ce qui pourrait les unifier, c’est enfin se prémunir de nos propres pseudo-évidences. La caricature de l’autre n’est pas bonne conseillère.
***- Concernant les lourdes charges que les États ont décidé d’assumer, je lis dans Le Léviathan [1651] de Thomas Hobbes : « […] Si les ressources ne suffisent pas, le souverain - l’état - est amené finalement à employer la force pour obtenir les fonds ou alors il périt. Et s’il est souvent conduit à de telles extrémités, ou bien il finira par ramener le peuple au tempérament qui convient, ou bien l’état devra périr. » [Folio. Essais. p.490]
***- Protéger, Aider, Victimiser, Fragiliser, Déresponsabiliser, Infantiliser, Isoler, Atomiser, Invisibiliser. Faire taire, Chosifier, Enfermer, Nier, Tuer…
***- Lu sur France-Info : « Le parquet de Paris a classé sans suite le procès-verbal établi samedi contre une avocate devant le tribunal de la capitale pour non-respect de l'interdiction de rassemblement et qui avait suscité la colère de la profession. « On ne verbalise pas un avocat dans l'exercice de ses fonctions sur le parvis du tribunal de Paris » a commenté le procureur de la République Rémy Heitz.
***- J’écoute Édouard Philippe inaugurant le Ségur de l’hôpital : un bel exercice intellectuel auquel je suis sensible. J’ai relevé : « des choix forts, rapides, assumés » ; des « changements radicaux » ; le plus inquiétant : « ne pas changer de cap mais de rythme » ; « revalorisation significative des salaires » ; « le temps de travail n’est pas tabou » - vite traduit en « faire sauter le verrou des 35 heures » et « travailler plus pour gagner plus ». Rien de bien novateur, rien à même de susciter un quelconque enthousiasme, et pas grand-chose pour éteindre les colères.
***- Sur Arte, je lis deux pancartes portées lors de la dernière manifestation des soignant-es de l’hôpital Robert-Debré : « Managers et technocrates, hors de l’hôpital » ; « Nous, on sait ce dont on a besoin. »
***- Je suis de plus en plus sensible aux processus par lesquels les responsables d’émission sans cesse reformulent, reformatent, réécrivent, repensent, déforment ce qui est dit par d’autres qu’eux-mêmes. Dernier exemple en date : dans l’émission de France Culture, Entendez-vous l’écho ?, consacrée aux personnes âgées, l’invité insiste sur la nécessité que les politiques soient décidées, menées d’abord et avant tout, « avec » les personnes âgées. J’entends ensuite la responsable de l’émission évoquer la nécessité de « retisser les liens entre les générations. »
***- Joe Biden qui n'était plus sorti en public depuis deux mois, masque sur le nez, a participé à une brève cérémonie de dépôt de gerbe sur un monument aux anciens combattants américains près de son domicile, en ce jour férié de Memorial Day.
***- Slogan / affiche de la Mairie de Paris : « Protégeons-nous les uns les autres ». Jésus Christ disait : « Aimons-nous les uns les autres ». Un progrès ?
*** Lu sur Le Figaro : La France se prépare à une vague de licenciements et de faillites sans précédent. Les entreprises les plus touchées par la crise ne résisteront pas au choc. Des milliers de plans sociaux, avec des cortèges de suppressions d’emplois à la clé, sont redoutés à la rentrée.
***- Sur France Culture, Frédéric Pierru, sociologue, co-auteur avec André Grimaldi : Santé Urgence, auteur de : « Les sciences sociales ont vu les questions de la santé que les pouvoirs publics n’ont pas vu venir. »
***- Entendu sur Arte : 500.000 tests réalisés en Afrique du sud.
***- Lu sur France Info : « Allez-vous enfin en parler ? Le directeur de l'école de St Laurent du Var s'est suicidé dans la cour de l'école... les directeurs sont comme les soignants... à bout !!!! Un projet de loi a vu le jour pour augmenter un peu nos salaires... il faut combien de morts pour qu'enfin les médias s'intéressent à notre souffrance ? »
*** -Lu sur France Info : « Excusez ma colère ! Mon épouse est, comme moi, directrice d'école ! Il est 20h 33 et elle est toujours au travail ! Elle vient de m'envoyer un message me disant de ne pas lui préparer un repas parce qu'elle n'a pas faim... c'est la peur qui m'a fait me mettre en colère ! On parle de la souffrance des soignants. Je la comprends de tout mon cœur, mais nous aussi, directeurs d'écoles, nous souffrons comme jamais... encore toutes mes excuses... publiez mon dernier message SVP. »
***- Lu sur France Info : « Entièrement d’accord. Je suis directrice également, je suis à bout, fatiguée physiquement et nerveusement, seule pour faire face aux multiples difficultés...abandonnée en première ligne par l’ensemble de la hiérarchie...et toutes les collègues avec qui j’échange sont dans cette situation...et personne ne veut nous entendre... » *** Lu sur France Bleu Picardie : François Ruffin : « On est pas des managers de chez McDo qui donnons des primes aux meilleurs collaborateurs du pays. Il s'agit d'améliorer dans la durée les conditions de travail des agents d'entretien ». Il décrit alors la vie d’une femme de ménage : « Elle se lève à 5h du matin et prend deux bus d’affilée. Elle a un petit contrat de 6h à 9h et elle reprend le soir de 16h30 à 19h 30. Elle rentre chez elle, il est 20h 30. La journée est centrée autour des transports et du travail. Pourtant, cette journée aboutit à même pas le Smic à la fin du mois ! ». Dans sa proposition de loi - qui sera présentée et votée par la commission des lois de l’Assemblée nationale ne le sera pas par lui, tant elle avait été dénaturée - les heures tôt le matin (avant 9h) et tard le soir doivent être surpayées de 50%, pour inciter les entreprises à faire travailler les femmes de ménage à plein temps. François Ruffin rappelle, à ce propos, qu’aucune des propositions de loi émanant de La France Insoumise n’a jamais été adoptée.
***- Lu sur France Info : Le député LR Damien Abad a dévoilé les grands axes de sa commission d'enquête sur la crise du coronavirus qui sera lancé dans quelques jours à l'Assemblée nationale : « Nous avons une responsabilité collective. Non pas de faire de cette commission d'enquête un tribunal populaire mais de tirer ensemble les leçons de cette crise inédite, pour que notre pays ne se retrouve plus jamais dans cette situation», a-t-il écrit à Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale.

Politique (Coronavirus) (69) : (26 mai) 2020.
***- À l’écoute, dans les médias dominants/officiels, des réponses données lors des interviews - effectués dans la rue, dehors - diffusés, j’aimerais bien savoir combien ont eu lieu auparavant avant qu’ils ne soient audibles pour arriver à en trouver d’aussi fonctionnels à ce qui est attendu du gouvernement.
***- À l’écoute, dans les médias dominants/officiels, aujourd’hui de France Culture, des prises de positions concernant les atteintes aux libertés d’expression s…ailleurs [Chine, Inde, Algérie, Iran….] de ceux/celles « qui ne sont pas dans la ligne du pouvoir », j’aimerais bien que cette question soit posée à chaque journaliste et diffusée : que pensez-vous de la liberté d’expression en France depuis trois mois ? Leur absolue bonne conscience me sidère.
***- Lu sur France Info : « Sous couvert de lutter contre les fake news, Google a supprimé de nombreuses applications de son Play Store qui faisaient référence au Covid-19. De nombreux développeurs sont ainsi écartés du système Android. Certains y voient une atteinte à la liberté d’expression.» Le « certains » mérite de rester dans les annales de la liberté de la presse.
***- Le confinement est un terme d’origine nucléaire. Je lis sur Wikipédia : « Une enceinte de confinement - ou caisson de confinement - est une structure en acier et/ou en béton armé qui isole un réacteur nucléaire civil ou militaire, à l'intérieur de laquelle se trouvent la cuve et le cœur du réacteur nucléaire, les générateurs de vapeur et le pressuriseur. Elle a deux grandes fonctions : protéger le réacteur contre les agressions externes et protéger le public et l'environnement des produits radioactifs qui sinon pourraient être émis dans l'air ou dans l'eau hors du circuit primaire en cas d’accident. »
***- Le système dit StopCovid « doit permettre à ses utilisateurs d'être alertés s'ils ont croisé une personne contaminée par le Covid-19, à moins d'un mètre, pendant au moins 15 minutes. » Me fait penser à la ligne Maginot.
***- Lu sur France Info : « La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) donne son feu vert à l'application de traçage de contacts StopCovid. Si les députés donnent leur accord, StopCovid pourrait être lancée ce week-end. Elle a été testée grandeur nature par une soixantaine de militaires et a été jugée opérationnelle et suffisamment efficace pour être déployée. » Comment peut-on encore croire à l’indépendance, à la compétence, à la légitimité de tels organismes ?
***- Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) recommande de « ne pas utiliser l'hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19 » hors essais cliniques, que ce soit seule ou associée à un antibiotique. L'Agence du médicament « souhaite suspendre » les essais cliniques avec l'hydroxychloroquine en France. Que cachent ces batailles ? Pourquoi une telle volonté, si publiquement affichée ? Est- ce justifié ? : après des mois d’arguments, je n’en sais toujours rien.
- Ajout. Le 27 mai. L'hydroxychloroquine n'est plus autorisée en France contre le Covid-19, hors essais cliniques.
***- Le maire d'Émiéville (Calvados) a été investi hier dans l’église de la commune, la mairie étant trop étroite pour installer le conseil municipal.
***-La plus grande compagnie aérienne d'Amérique latine, Latam, s'est déclarée en faillite aujourd'hui aux États-Unis.
***- Lu sur France Info : Les écologistes de Paris et d'Ile-de-France ont annoncé aujourd'hui avoir saisi le Conseil d'État en référé-liberté pour obliger l'État à rouvrir les parcs et jardins dans les zones dites ‘rouges’. Cette saisine fait suite à celle, hier, de l'association Respire, qui a fait la même demande, jugeant la fermeture des parcs et jardins contre-productive dans la lutte contre l'épidémie de Covid-19.
***- Lu sur France Info : Les obsèques doivent se tenir dans la limite de 20 personnes : Précision : employés des pompes funèbres compris.
***- Titre du Figaro : Le chômage partiel sera maintenu après le 2 juin pour les parents ne pouvant scolariser leurs enfants.
***- Lu sur le Figaro Économie : « Du coronavirus peut naître la prochaine crise financière, estime la BCE. Certains pays pourraient rencontrer des difficultés pour rembourser leurs dettes, ce qui augmenterait le risque de les voir contraints de sortir de la zone euro. » Des informations d’immense portée sont présentées comme les chiffres du nombre des décès journaliers.
***- Sur Paris Match, terrifiantes images de régions de l’Inde envahies par des criquets pèlerins : certes il ne s’agit pas d’un virus, mais elles peuvent accroitre le sentiment de peur d’un avenir incontrôlé chez ceux / celles déjà fragilisées par la peur du coronavirus
***- Lu sur France Info : « Je ne prétends pas que ma situation soit le cas général, mais c'est une situation qui existe. Professeur en collège en zone verte, j'ai retrouvé une partie de mes élèves depuis le 18 mai. Certains parmi eux bénéficient d'une AVS ([Auxiliaire de vie scolaire]. Mais le problème est que l'AVS n'est pas là... donc pour les élèves concernés, après la galère de l'enseignement à distance, il y a la galère de l'enseignement sans aide... Vive l'égalité des chances ! »
***- Lu sur France Info : « Je peux vous dire qu'on se moque pas mal en Bavière du ridicule de la France concernant les chiffres. »
***- Entendu concernant les mesures imposées aux personnes vivant dans les EHPAD ce dialogue : « Vaut-il mieux mourir de manque d’amour ou de maladie ? ». « Elles sont mortes des deux. »
***- « Crise sanitaire » ou scandale politique ?
***- Les « importantes » annonces d’Emmanuel Macron : « Il faut que nos concitoyens achètent davantage de véhicules et en particulier de véhicules propres, pas dans deux, cinq ou dix ans. Maintenant. » 8 milliards de l’état pour la filière automobile. 5000 emplois supprimés. Aides à l’achat pouvant aller jusqu’à 7000 euros pour écluser les stocks.
- M. Martinez de la CGT déplore l'absence de toute critique contre Renault et déclare : « ces primes, c'est l'argent du contribuable. En quelque sorte, ce sont les contribuables qui se payent eux-mêmes leur prime. » Mais, sinon tout, du moins beaucoup, n’est-il pas « l’argent du contribuable » ?

Politique (Coronavirus) (70) : (27 mai) 2020.
***- Lu dans le livre de Pierre Mendès-France et Gabriel Ardant, écrit en 1954, Science politique et lucidité politique : « Il semble que bien souvent, le comportement des dirigeants réponde à cette simple notion : continuer à faire ce qui s’est toujours fait. » ; « La poursuite simultanée d’objectifs contradictoires est sans doute l’attitude la plus spontanée des hommes d’état. » [Idées. Gallimard. p.24, 202] Au-delà de l’apparente contradiction de ces deux formulations, celles-ci peuvent tout à fait être mises en œuvre de concert. On peut même ajouter que « les hommes d’état » appliquent souvent une politique en contradiction avec celle préalablement mise en œuvre.
***- Donald Trump, lui-même ayant été ‘censuré’, auteur de ce tweet : « Les républicains ont le sentiment que les plateformes de réseaux sociaux censurent totalement les voix conservatrices. Nous allons les réglementer sévèrement, ou les fermer, pour ne pas permettre qu'une telle chose se produise. »
- Ajout. 28 mai. Donald Trump met ses menaces à exécution. Le président américain a signé un décret visant à limiter la protection des réseaux sociaux et la latitude dont ils bénéficient dans la modération de leurs contenus. « Nous sommes ici pour défendre la liberté d'expression face à un des pires dangers qui soit», a-t-il déclaré. Il accuse en particulier Twitter d'agir sous l'influence d'un « point de vue » et de ne pas se comporter comme « une plateforme neutre ».
***- Lu sur France Info : Dans l’académie de Dijon (Côte-d'Or), le rectorat comptabilise 14 288 élèves présents dans les écoles publiques, soit un taux de retour de 20% qui tombe à 15% dans les établissements classés en réseau d’éducation prioritaire. « Ce sont les élèves qui en auraient le plus besoin qui n’y retournent pas » constate le représentant départemental de la FCPE.
***- Lu sur France Info : Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d'État chargé du Tourisme, « plaide pour que nous puissions desserrer cet étau » de la limite de 100 km pour les déplacements. Pour le moins évident, si le tourisme est économiquement soutenu et si les voyages à l’étranger sont dissuadés…
***- Lu sur France Info : La Direction générale de la santé vient de m'indiquer que la publication du texte encadrant les modalités de prescription et de remboursement des tests sérologiques pour les soignants est « imminente », sans plus de précisions... : difficilement croyable, trois mois après le début de la pandémie.
***- Lu sur France Info : La plupart des hôtels mis à disposition pour isoler les malades n’ayant pas ou peu de symptômes sont aujourd’hui vides.
***- Lu dans Le Monde, concernant les commerces : « Les clients ne sont pas tous de retour dans les boutiques, mais ceux qui se déplacent dépensent. » Pas vraiment « la frénésie d’achats » espérée par certains... Là encore, une prise de conscience ?
***- Entendu sur France Culture : 15.000 tests quotidiens journaliers en Corée du sud depuis le 20 février. 13.000 encore le 26 mai.
***- Vote « consultatif » [ !] sur le StopCovid : 338voix pour, 215 voix contre, 21 abstentions. LREM et le Modem ont voté en grande majorité pour, tandis que la gauche a voté contre, tout comme les Républicains. Les député-es n'étaient pas appelés à se prononcer sur une loi mais sur la déclaration du gouvernement « relative aux innovations numériques dans la lutte contre l'épidémie de Covid-19 », conformément à l'article 50-1 de la constitution.
***- Concernant le StopCovid entendu les termes suivants : flicage biométrique [Le Canard enchaîné], outil numérique, application numérique, géolocalisation, traçage numérique, listage numérique, trackage, surveillance généralisée, espionnage, infos erronées, modifiables, manipulables, piratables …
***- Nous avons vécus, il nous a été imposé, concernant les limitations des libertés individuelles, politiques ce que nous n’aurions pas même imaginé il y a trois mois et ce que nombreux / euses auraient condamné avec indignation concernant les - seules - pratiques communistes Chinoises.
***- Titre du Monde : « La Banque centrale européenne s’inquiète des risques d’une crise financière. L’institution de Francfort souligne que les dettes des entreprises, des ménages et des États augmentent, tandis que les banques sont affaiblies. Tous les signaux sont au rouge. »
***- Sur France Inter, Agnès Buzyn estime que le gouvernement a été, dans la gestion de la crise sanitaire, « remarquable ». Un commentaire : « Plus menteuse qu’elle, tu meurs ! »

Politique (Coronavirus) (71) : (28 mai) 2020.
***- Une personne m’écrit concernant ce texte : « Si je comprends bien, vous pensez que… » Mais il n’y a rien à « comprendre »...
***- Lu sur France Info : L'application StopCovid n’est « absolument pas liberticide (...) Je suis très étonné de ces débats » déclare Stéphane Richard, PDG d'Orange. L’ajout de l’adverbe accentue la faiblesse de l’argument, si tant est que l’on puisse le qualifier comme tel. Quant à l’étonnement de son auteur, il révèle ou son absence de toute réflexion concernant ce qu’il nous vend, ou son mépris pharaonique.
***- Lu sur France Info : Cédric O, ministre-concepteur-vendeur : « StopCovid’ sera utile dans la lutte contre le virus. Notre seul objectif est de sauver des vies ». Il nous prends tous et toutes pour d’incultes imbéciles.
***- Lu dans les Lettres philosophiques de Voltaire, qu’en 1723, 20.000 personnes sont décédées, à Paris, de la petite vérole [Garnier Flammarion. p.73]
***- Des centaines de personnes rassemblée devant l’hôpital Robert-Debré. Impressionnante manifestation. Nombreuses autres manifestations ailleurs. Slogans : « Ni médaille, ni lacrymos. Des lits. Du fric » ; « Hospitaliers. Usagers. tous unis pour l’hôpital public » ; « Pour votre santé. Rejoignez-nous dans les manifs » ; « Soigne et tais-toi ! ». Un « gilet jaune » : « On n’a même plus peur du Covid ; on n’a même plus peur des 135 euros. La France a peur de ses fins de mois » ; « Le Ségur de la santé, c’est vraiment un enfumage » ; « Ségur = Imposture » « Blouses blanches. Colère noire »
***- Lu sur France Info : Pendant le confinement, le nombre d’arrêts cardiaques a doublé en région parisienne, selon une étude de l’INSERM, comparant les dernières données à celles des années précédentes.
***- Le chômage s'établit à son plus haut niveau depuis 1996, avec 4 575 500 demandeurs d'emploi en catégorie A en avril 2020.
***- Lu sur France Info : Le Medef propose la distribution d’« éco-chèques » aux ménages sous conditions de ressources. « On s'est inspiré d'une mesure belge », explique le président Geoffroy Roux de Bézieux. « Ça concerne à la fois la nourriture bio mais aussi les équipements ménagers moins consommateurs (en énergie) » ainsi que « des éléments d'isolation thermique des bâtiments ». Le patronat propose également d'exonérer les dons d'argent familiaux et d'annuler les cotisations des entreprises « mises en difficulté par la crise ». Qui le Medef engage-t-il ?
*** Lu sur France Info : « Pouvez-vous m'expliquer pourquoi, depuis ce matin, dans les paramètres Google de mon téléphone, j'ai l'intitulé ‘notification d'exposition au Covid-19’ ? Est-ce là la liberté prônée par le gouvernement pour installer leur application ? Les paramètres étant déjà installés sans aucune autorisation dans tous les téléphones de France ? »
***- Lu sur France Info : Le constructeur automobile japonais Nissan a décidé de fermer une usine qui emploie quelque 3 000 personnes à Barcelone. « Nous regrettons cette décision de Nissan, de quitter non seulement l'Espagne mais l'Europe » a déclaré la ministre des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya, à la radio nationale. Tous les pays relocaliseraient-ils ?, à moins que ce ne soit le commerce international qui lui aussi s’effondre ?
***- Lu sur France Info : Laurent Berger, CFDT : « Il faudra se souvenir de tous ceux qui étaient en première ligne et qu'il y ait une reconnaissance réelle qui s'opère, j'ai peur qu'on oublie très vite. » La Macronie doit trembler sur ses bases de peur.
***- Lu un commentaire sur Le Figaro : « L'obésité est l'organigramme de notre appareil de santé. Il compte 1 ministre de la santé, 1 direct. général de la santé, 1 direct. de la haute autorité de la santé, 1 direct. de l'Agence nationale de sécurité sanitaire 1 direct. de l'Alliance nationale de la santé, 1 centre national de recherche scientifique en virologie, 1 agence nationale de sécurité du médicament etc.....Sans compter tout le personnel qui gravite autour...»
***- Conférence de presse d’Édouard Philippe concernant « la phase 2 du déconfinement », à partir du 2 juin. Je me souviens de « La liberté est la norme […] » et de : « Les rassemblements de plus de 10 personnes restent interdits [jusqu’au 21 juin].» Rien sur les crèches, toujours limitées à dix enfants maximum ; rien sur les visites dans les Ehpad.
***- Sur France Inter, il est possible d’entendre - à quelques minutes d’intervalles - que les critères sanitaires auraient été ceux sur la base desquels le gouvernement aurait modifié la couleur de la carte de France (rouge, vert, orange) et que certaines régions avaient fait un « intense lobbying ». De toutes façons, il suffit d’écouter la présentation des pseudo-critères officiellement annoncés - « taux d'incidence, taux de positivité des tests PCR, facteur de reproduction du virus, taux d'occupation des lits en réanimation » - : ils sont incompréhensibles mais permettent tous les arbitraires.
*** Jean-Michel Blanquer a indiqué qu'il souhaitait que les lycées et collèges rouvrent « à 100% » la semaine prochaine. Dès le 2 juin, « toutes les familles qui le souhaitent doivent pouvoir scolariser leur enfant, au moins sur une partie de la semaine ». Mais, en zone orange (Région parisienne), seules les classes de 6e et de 5e vont rouvrir « et si on peut, les élèves des autres niveaux seront accueillis », sans plus d’engagement ni de précision. Il a aussi précisé que les élèves continueraient à suivre la classe par groupe de « 15 maximum ». Que font les autres ? La règle du volontariat est maintenue ; aucune obligation ni de scolarité, ni de scolarisation. La violence de l’arbitraire libéral règne en maître. Les élèves, les parents laissés à eux-mêmes font comme ils peuvent. L’État ne se sent plus concerné. Jusqu’à la rentrée de septembre ?

Politique (Coronavirus) (72) : (29 mai) 2020.
***- Emmanuel Macron installe une commission de 26 économistes français et internationaux - avec pour rapporteurs Olivier Blanchard, ancien chef économiste du FMI, et le prix Nobel Jean Tirole - qui devra plancher sur trois « grands défis » économiques mondiaux dans le contexte post-coronavirus : le climat, les inégalités et la démographie. La commission est chargée de « présenter des recommandations pour rendre les politiques économiques plus efficaces » pour répondre à ces trois défis. Elle doit répondre au souhait d'Emmanuel Macron (sic) de « repenser nos dogmes économiques à l'échelle française, européenne et internationale » dans un cadre qui se trouve désormais « aux limites de la pensée contemporaine ». Mais ils sont tous proches d’Emmanuel et tous libéraux ; et leur rapport doit être remis après que les plans de relance de l’économie française, comme européenne aient été décidés.
***- Lu dans les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar : « Tous les problèmes de l’empire m’accablaient à la fois, mais le mien propre pesait davantage. » [Le livre de poche. p.129]
***- Jean-Michel Blanquer : « Nous avons perdu le contact avec 4% des élèves à la fin du confinement. Dans certains endroits c'est beaucoup plus ! 500 000 élèves, c'est beaucoup ». « Perdre le contact ». Comment ose-t-il ce terme, ce simple constat ? Alors qu’il en est responsable…
***- Lu sur France Info. Renault vas supprimer 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France et doit faire plus de 2 milliards d’économies. Fabien Gâche, délégué central CGT chez Renault, n'imagine pas que le tournant vers « la production de véhicules propres » [En 2019, les ventes de voitures électriques : 1, 9 % du marché en France] évoquée par Emmanuel Macron puisse relancer l'emploi dans l'automobile en France.
***- Compte tenu de l’immensité, de la diversité des blocages à dénouer, comment concevoir une citoyenneté-votante indissociable d’une citoyenneté-militante ?
***- Lu sur Le Figaro : « Osez ressortir, osez consommer », demande Muriel Pénicaud. 60 milliards d'euros dorment sur ces comptes faute de dépenses durant le confinement. L’État censé gérer le long terme nous demande de dépenser - pour les personnes qui le peuvent - à court terme ; et ce, alors qu’il ne se cache pas pour annoncer un avenir à, tous les titres, angoissant. Par quelques bouts de raisonnements qu’on le prenne, le capitalisme est, ne serait-ce qu’intellectuellement, indéfendable.
***- Lu sur France
Info. Parmi ces 109 foyers (104 en métropole et 5 en outre-mer), « 64% ont plus de 5 cas ». « Ils concernent notamment des personnes en situation de précarité et de vulnérabilité (19% en établissements d'hébergement social et d'insertion, et 6% en communautés vulnérables), des établissements de santé (22%) et plus largement des entreprises (20% entreprises privées et publiques) » précise Santé publique France. Ainsi sont comparées des personnes, des établissements de santé, des entreprises.
***- Sur RTL. « Non, la limite des 100 km n'est pas encore levée ! Elle reste applicable jusqu'à lundi inclus et des contrôles routiers sont toujours mis en place » a rappelé Christophe Castaner. La hauteur de vues de ce ministre m’épatera toujours.
« Il y aura encore des contrôles », a-t-il dit. Néanmoins, a-t-il poursuivi, « l'objectif n'a jamais été de sanctionner les Français par des procès-verbaux, mais de les protéger ». Interrogé sur les conditions d'organisation de rassemblement, jusqu'à 5 000 personnes, dans les grands lieux extérieurs, le ministre a dit qu'il n'y aurait « pas de contrôle » mais « une convention avec les préfets et les organisateurs pour la distanciation et les gestes barrière. » Le soin qu’il a pris des personnes vivant en France m’aura toujours éblouie et mérite tous les éloges…
***- Lu sur France Info : Le gouvernement espagnol a approuvé en conseil des ministres la création d'un revenu minimum de base garanti pour les foyers les plus pauvres. Ce revenu a été fixé à 462 euros par mois et par personne vivant seule, et jusqu'à 1 015 euros pour une famille, a précisé Pablo Iglesias, le chef de file du parti de gauche Podemos et l'un des vice-présidents du gouvernement. Il sera cumulable avec des revenus modiques.

Politique (Coronavirus) (73) : (30 mai) 2020.
***- Sur France Culture, Alain Finkielkraut parle de « l’immodestie interprétative » des commentaires.
***- Sur France Culture, Jean-Noël Jeanneney rediffuse l’émission du 6 septembre 2014 intitulée « L’étrange modernité de la comtesse de Ségur ».
*** Lu sur RT : Quelques milliers de personnes se sont rassemblées devant l'usine Renault de Maubeuge pour manifester contre la décision du constructeur automobile de supprimer environ 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France. « Ce n’est pas le patronat qui fera la loi, la vraie démocratie elle est ici ! », scandaient aussi les manifestants, dont la quasi-totalité portait un masque. De nombreux élus avec écharpe tricolore ont également défilé dans le cortège.
***- Lu sur France Info : Des patients qui se croyaient guéris du Covid-19 font état de rechutes, plusieurs semaines après la contamination. Perte de goût et d'odorat, atteinte respiratoire, phlébite, diarrhées, perte cognitive... un large éventail de symptômes que les médecins ont du mal à soigner.
***- Lu dans le livre de Gloria Steinem, Ma vie sur la route. Mémoires d’une icône féministe : « Le virus de la liberté a toujours été contagieux. » [Harper Collins. p.99]
***- Dans Paris Match, analyse de Raymond Soubie, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy : « Grâce aux excellentes mesures gouvernementales, la rémunération de près d’un salarié sur deux est aujourd’hui prise en charge par l’État. Mais cela crée une situation de ‘bulle’. Le choc sera d’autant plus violent qu’il interviendra plus tard. »
***- Lu sur France Info : Communiqué commun des 195 organisations qui avaient appelé à manifester : « Pour ces populations, la crise sanitaire actuelle est en train de devenir une véritable bombe sanitaire. Elles sont sans droits, sans revenus et sans espoir d'accès aux allocations proposées par l'État. Pour elles et pour eux, il n'y a pas d'accès gratuit aux soins et pas d'autre possibilité pour survivre que de chercher des moyens de subsistance ».
- Importante manifestation - dite Marche des solidarité - interdite - de solidarité avec et de demande de régularisation des sans-papiers [5.500 personnes selon la police. 98 interpellations]. ». Elles souhaitent organiser un nouveau cortège le 20 juin prochain.
- Lu sur France-Info : « Vous êtes nombreux à critiquer la tenue de la marche des solidarités, pourtant interdite par la préfecture pour des raisons sanitaires. »
- L’argument « sanitaire » : le nouvel argument, en sus des autres, pour réprimer les luttes.
- Une vielle histoire ? John Steinbeck dans Un combat douteux [1936] évoquant la répression de la grève de cueilleurs de pommes aux États-Unis dans les années trente cite « un rassemblement dangereux et susceptible de compromettre la santé publique ». [Folio, p.157]
- Ajout. 31 mai. Lu dans Le Média. Manifestations. La rue reprend ses droits : « Ce n’est pas le moindre paradoxe de cette journée. Une manifestation clandestine de clandestins aura réussi à redonner vie aux libertés démocratiques. Certes la pandémie est encore là. Mais si l’on rouvre les magasins de la grande distribution, alors on doit rouvrir les rues. »
***- Lu sur France Info : « Quand je pense à mon mariage qui devait être aujourd’hui ; avec ce beau soleil ! Grr ! Une pensée pour tous les mariages annulés durant cette fichue période ! »
***- Entendre Donald Trump « honorer la famille de George Floyd » [assassiné par la police] - un coup de fil rapide à son frère qui n’a pas même pu parler - au lieu et place de dénoncer le racisme et les violences policières devrait, plus encore qu’hier, dissuader de l’emploi de ce verbe.
*** Lu sur France-Info : « La France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Union européenne ont dit ce jour regretter la décision des États-Unis de mettre fin aux dérogations qui permettaient à des entreprises européennes, russes et chinoises de continuer à travailler sur certains sites nucléaires iraniens. » Comment, compte tenu, notamment de cette dépendance institutionnelle, humiliante car non contesté - de l’Europe vis-à-vis de États-Unis, continuer à parler abstraitement des relocalisations ?..

Politique (Coronavirus) (74) : (31 mai) 2020.
***- Sur France 3, Bruno Le Maire : « Les projets d'extension (de Renault) au Maroc, en Roumanie et en Russie n'auront pas lieu. Parce que ce serait incompréhensible pour les Français. »
***- Sur France Culture, dans l’émission L’esprit public, « l’état providence » est interrogé à l’envie ; nous y étions, avant, et par un curieux effet de retour, nous y serions à nouveau. Comment un terme non défini, pas plus que celui de « protection » d’ailleurs, peut-il être ainsi réhabilité sans plus de prise en compte de l’histoire ? Ce qui n’empêche pas de s’interroger : « l’état-providence va-t-il devenir déceptif ? » Toujours dans la même émission, il est question de « rhétorique-extrême-incantatoire » - à laquelle le terme de « populiste » est ajouté - qui semble viser ceux et celles qui s’efforcent de réfléchir à, espérer un monde plus juste. Quant à la critique de « l’absence de stratégie », peut-être, celui qui en déplore l’absence pourrait-il exposer le « projet d’avenir » qui, selon lui, manque. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne réside pas dans la prise de parole, de décision de ceux et celles qui en sont actuellement exclu-es : « qui - au singulier donc - va prendre l’initiative du changement » est la question posée. Quant à la composition de conseil des experts nommés par Emmanuel Macron, ils sont qualifiés par la journaliste du Monde, sans plus d’interrogations, d’« économistes de haut vol ». Et par Karim Rissouli dans C’ Politique de « club très sélect ».
- J’ai le sentiment que plus les questions sont nécessaires, plus elles sont évacuées et que le respect des puissant-es est bien au fondement de notre société.
***- Beaucoup constatant l’actuelle faiblesse des taux d’intérêts expliquent que, dès lors, la situation est favorable : l’état peut emprunter pour rien. Mais n’est-ce pas une épée de Damoclès ? : que se passerait-il s’ils s’avisaient de remonter ? Et comme nul-le ne semble vraiment savoir pourquoi et comment ils sont si bas, il y a peu de chances que l’on sache pourquoi et comment ils pourraient remonter.
***- Le restaurateur de mon immeuble nettoie son restaurant, replante des plantes, et me dit qu’il va pouvoir - grâce à l’accord de l’hôtel mitoyen qui n’y voit pas d’inconvénient - rajouter plusieurs tables sur le trottoir, pour la réouverture le 2 juin.
***- Pourquoi pendant ces trois mois, a-t-on si peu parlé d’immunité individuelle et collective ? de métabolisme ? d’anticorps ?
***- Dans C’ Politique, Éric Fottorino déclare à propos du StopCovid : « Je pense qu’il faut que je [l’utilise], en tant que citoyen », et Daniel Cohen : « On a arrêté l’économie pour sauver des vies. Je trouve cela très bien » - un peu court, non ? - suivi, concernant les décisions de confinement par les politiques dans le monde, de : « La pression de l’opinion ne leur laissait pas le choix » - une réécriture de l’histoire ? - ; suivi de : « Les français se sont précipités pour acheter […] » - Ah bon ? -.
***- Dans C’ Politique, à l’occasion de la présentation d’une grève de loyers décidée au 10 rue de la liberté à Bagnolet, j’entends que 7 millions de personnes n’arrivent plus à payer leur loyer. Slogan affiché sur un balcon : « Revenus = 0. loyers = 0 ».
***- Changement de termes : avant, le terme de « précarité », censé définir toutes les situations de ceux et celles que le monde expulsait, était de mise ; il a été remplacé par celui de « fragilité ». Dans les deux cas, l’inversion du regard - focalisé sur les victimes et non sur l’analyse, le dénonciation des rapports de pouvoirs qui les transforme en victimes - est politiquement très signifiant, très efficace pour maintenir les choses en l’état, pour les aggraver.

Politique (Coronavirus) (75) : (1er juin) 2020.
***- Enfin, une nouvelle - structurelle - positive : les toilettes au jardin du Luxembourg sont « publiques » et « gratuites », qui plus est, au moins pour l’une d’entre elles, ouverte à l’heure d’ouverture du jardin. Combien a t-il fallu de siècles pour que le Sénat se soucie un tant soit peu de la vie des promeneurs / euses ? Je suis fière d’y avoir un peu contribué.
***- Entendu : « Les gros s’en sortent toujours et les petits en payent le prix, c’est la loi de la nature. »
***- Entendu l’argument selon lequel ce qui a été vécu pourrait servir d’argument positif à la pensée selon laquelle on peut changer rapidement de mode de vie. Je suis, à la première écoute, sensible à l’argument, qui très vite me gêne. Ce confinement - imposé, à ne jamais oublier - a été une terrible souffrance pour tant et tant : il ne peut être présenté, au risque d’en légitimer le principe - la contrainte au premier chef comme un modèle positif.
***- Lu sur France Info : Grèce : des milliers de réfugiés menacés d'être expulsés de logements sociaux. Une nouvelle législation, votée en novembre, a réduit de six à un mois la période pendant laquelle les migrants ayant obtenu l'asile peuvent habiter ces appartements. Le gouvernement grec juge cette politique nécessaire pour que les hébergements bénéficient aux plus de 32 500 demandeurs d'asile qui vivent dans des conditions sordides dans les camps des îles surpeuplés du nord de la mer Égée. « Il est normal que ceux qui sont en Grèce depuis plus longtemps puissent laisser leur place. Il faut mettre une limite et que les réfugiés s'intègrent et trouvent un travail », a déclaré à l'AFP le secrétaire du service d'asile grec.
***- Lu sur France Info : « Au moins 28 000 salariés des hôpitaux ont été touchés par le Covid-19 depuis le début de l'épidémie en France, selon des chiffres très partiels communiqués par Santé publique France. »
*** Lu sur France Info : « Le ministère de l'Éducation nationale m'a fait part, vendredi, de son intention de revoir la priorité accordée aux enfants de soignants pour permettre à davantage d'enfants d'être accueillis ». Le temps des hommages est révolu.
Réaction d’un couple de soignants dont la fille de 8 ans ne fait plus partie du public prioritaire : « Il va sans dire qu’il est inenvisageable pour nous d’arrêter le travail... c’est le rush du déconfînement pour les autres pathologies que le Covid ! »
***- Le maire de Maubeuge concernant l’usine Renault « en appelle au président de la République ». Il rappelle qu’Emmanuel Macron lors de sa visite en novembre 2018 était « venu sur la chaîne de fabrication dire aux salariés, les yeux dans les yeux, qu'il allait les soutenir ». « Vous avez donné une parole ». Les politiques pris au piège de leurs promesses, leur parole valant engagement : voilà ce qui renouvelle la politique.
***- A partir d’aujourd’hui, le gouvernement ne prend plus en charge que 85 % du chômage versé aux salariés (sauf dans certains secteurs, comme la restauration). Les 15% restants sont à la charge des entreprises. Le début de la fin de l’engagement de l’État ?
***- Lu sur France Info : Les États-Unis ont envoyé au Brésil deux millions de doses d'hydroxychloroquine, dont l'utilisation pour traiter le Covid-19 est controversée - concrètement : Donald Trump n’en prend plus -, annonce ce soir la Maison Blanche. Elle « sera utilisée de manière préventive pour aider à défendre les infirmières, les médecins et les professionnels de la santé contre le virus. Elle sera aussi utilisée comme traitement pour soigner les Brésiliens infectés. » Quelle honte pour ceux qui l’envoient, pour ceux qui l’acceptent…
***- Lu sur Le Figaro : La bourse de Paris entame le mois de juin avec optimisme.
***- Lu sur Le Figaro : Israël : 65 % des petites start-up pourraient sombrer.
***- Charles de Gaulle, dans les Mémoires de guerre, auteur de : « Ma nature m’avertit, mon expérience m’a appris, qu’au sommet des affaires, on ne sauvegarde son temps et sa personne qu’en se tenant méthodiquement assez haut et assez loin. » [Mémoires. La Pléiade. p.436]
***- Sur France Info, je lis une carte de France rouge vif présentée ainsi : Alerte rouge pour les allergies aux pollens.
***- Sur France Info, discussions pour savoir si la consommation a ou non repris, si les gens achètent, un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout….

Politique (Coronavirus) (76) : (2 juin) 2020.
***- Titres du Bien Public : Le jour tant attendu ; du Courrier Picard : Le premier jour d’une nouvelle vie ; de la Charente libre : Retour à l’anormal.
***- Rainer Maria Rilke dans ses Lettres à Lou Andréas Salomé : « […] Je ne sais si cela m’est ‘proche’, car (hélas, hélas), où suis-je moi-même ? » [Mille et un nuits. p.86]
***- Bruno Le Maire annonce la date des soldes : le centralisme étatique français, mâtiné d’égocentrisme : au sommet du ridicule.
- Il déclare aussi : « Le choc économique est brutal. Notre prévision de croissance pour 2020 est de -11%. Je suis convaincu que nous allons rebondir en 2021 grâce à nos plans de soutien massifs et notre plan de relance. » Que penser de sa « conviction » ?
***- Le préfet de police de Paris interdit le rassemblement prévu à 19 heures sur le parvis du tribunal judiciaire en soutien à la famille Traoré et contre les violences policières. « Ce rassemblement qui n'a fait l'objet d'aucune déclaration préalable et pouvant rassembler de nombreuses personnes n'est pas autorisé par le décret du 31 mai 2020 relatif à l’état d’urgence sanitaire qui ‘proscrit tout rassemblement, dans l'espace public, de plus de dix personnes’. La préfecture de Police rappelle à cet égard que Paris est classé en zone orange du point de vue sanitaire et que tut rassemblement d’ampleur est propice à la propagation du virus Covid 19 dans un département où celui-ci continuer à circuler. En outre, la tonalité de l’appel à manifester par les réseaux sociaux liasse craindre que des débordements aient lieu sur un site sensible. »
- L’argument du virus qui ‘continue à circuler à Paris’ est vraiment tellement ridicule… J’en reviens à mon idée : comment et jusqu’à quand la bêtise des hommes et des femmes de ce quinquennat pourra-t-elle continuer à diriger un peuple considéré, lui, comme stupide ?
***- Très importante manifestation contre les violences policières : 20.000 personnes selon les chiffres officiels. C’est la deuxième manifestation post confinement interdite qui se tient sans en tenir compte de l’interdiction. L’État Macronien a trop menti, trop interdit, trop réprimé, trop blessé, trop mutilé : il n’est plus écouté.
- Le tweet de Christophe Castaner en révèle l’impuissance, en révèle l’échec : « La violence n’a pas sa place en démocratie. Rien ne justifie les débordements survenus ce soir à Paris, alors que les rassemblements de voie publique sont interdits pour protéger la santé de tous. » Et sa dernière phrase : « Je félicite les forces de sécurité et de secours pour leur maitrise et leur sang-froid » montre que l’État a vraiment besoin pour durer du soutien des si bien dites ’forces de l’ordre’. 18 personnes interpellées.
- Le préfet de Paris, Didier Lallement a saisi la justice, « comme lui impose le code pénal », est-il précisé.

- Le soutien politique de certains policiers aux manifestant-es aux États-Unis est un immense espoir.
***- Écouté la chanson de 1946 : Eh ! hop... on en sortira. Refrain : « Eh ! hop... on en sortira. / On s'en tirera comm' toujours en France, / Ça vient tout doucement, Mais ça vient sûrement, / Nous pouvons convoquer l'espérance. / Eh ! hop... on en sortira, / Tout remarchera à brève échéance, / Il y'aura du bonheur et l'printemps reviendra. / Eh ! hop... on s'en sortira. » Le nationalisme au service du déni.
***- *** Lu sur France Info : « J'habite Orléans et mon père est en Ehpad à Rouen. Organisation : trois créneaux horaires par jour du lundi au vendredi, mais rien le week-end. Poser un congé pour maximum obligatoire une heure de visite. »
***- Enfin !! : « Les bibliothèques et les centres de documentation universitaires, qu'il s'agisse des services de prêts ou des salles de lectures seront intégralement rouverts. » Pour information : la personne de la Bibliothèque de la Sorbonne à laquelle j’avais téléphoné il y a deux jours n’était au courant de rien.
***- France Info re-publie un interview de Stanislas Guérini, délégué général LREM à La voix du Nord du 13 mai : La réforme des retraites - quasi - officiellement abandonnée.
***- Deuxième carte rouge en deux jours. Cette fois-ci pour visualiser « le début de l’été le plus chaud jamais observé. »
***- Lu sur Le Figaro : Nouvelle rallonge budgétaire de 100 millions d’euro pour les hôpitaux.
***- Lu sur France Info : L'Assemblée nationale a voté mardi soir une proposition de loi LREM permettant aux salariés de « donner » des congés sous forme de chèques vacances aux soignants, un texte jugé « hors sujet » voire « un peu obscène » par l'opposition de gauche.
***- Édouard Philippe s’inquiète d’une « bombe à retardement pédagogique ». Le ministre de l’Éducation nationale n’a plus le monopole de la parole, dont il ne faut pas oublier à quel point elle fut, sans cesse, sans la moindre hauteur de vue, lamentable.

Politique (Coronavirus) (77) : (3 juin) 2020.
***- Titre de Paris Normandie : Un café nommé désir ; du Midi Libre : C’est si bon ! ; du Journal de Saône et Loire : Heu-reux !
***- Deux publicités de Monoprix, sous l’intitulé Retrouver la ville : « Après deux mois à seulement voir la printemps, il est enfin temps de le vivre » ; « Sans doute la question la plus attendue ces derniers mois : alors, on fait quoi ce week-end ? »
***- Les médias dominants s’inquiètent des « réseaux sociaux » en réalité de leurs concurrents : peut-être, entre autres, s’ils cessaient de nous imposer les banalités - au mieux - des leurs pédo-psychiatres, psychiatres, psychologues, sociologues, politistes, économistes, philosophes, experts en tous genres,… - toujours, par ailleurs, plus ou moins les mêmes- cela leur redonnerait un peu de crédibilité.
***- Olivier Faure, premier secrétaire (sic) du Parti Socialiste, concernant les manifestations interdites : « Je souhaite si les conditions de distance physique sont respectées, que l’on puisse manifester » ; « quelque chose ne colle pas » ; « déconfiner la démocratie ». Pas vraiment téméraire…
***- On peut se rendre en Corse, en Italie - avec des difficultés cependant - mais pas en Allemagne, ni en Belgique, ni en Angleterre.
***- Lu sur France Info : Prisons : près de 1 000 personnalités et organisations appellent Emmanuel Macron à « une véritable politique de déflation carcérale ». Avec la crise sanitaire du coronavirus, en deux mois, « le nombre de personnes détenues a été réduit de plus de 13.500 » rappelle l'Observatoire international des prisons (OIP) dans une tribune. Un chiffre qui a, selon les signataires, fait naître « un fol espoir ».
***- Lu sur France Info : Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’état à l’économie : « La consommation a envie de repartir. » Toute seule… Ils ne savent plus quoi faire, quoi dire, pour nous faire consommer…
***- Selon le New York Times, cité par Le Canard enchaîné : « D’avantage d’américains sont morts du Covid 19 dans les douze dernières semaines que lors de la guerre du Vietnam et de la guerre de Corée réunies. […] C’est l’équivalent de 22 guerres en Irak, 41 guerre d’Afghanistan, 33 fois le bilan des attentats du 11 septembre 2001 et 42 fois celui de Pearl Harbor. »
***- Cédric O, secrétaire d’état au numérique annonce que l’appli StopCovid a été téléchargée par 600. 000 personnes. « C’est un très bon démarrage » estime-t-il. Dans Le Canard enchaîné je lis qu’il faudrait qu’il soit installé, selon les études, soit par au moins 60% de la population, soit par environ 56 %. Mais aucun résultat n’est en rien garanti.
- Dans le même article, j’apprends que : « potentiellement, Google connait l’identité de tous les portables qui utilisent StopCovid. »
- En sus l’application ne fonctionne que sur les téléphones « dernier cri ».
***- Lu sur France Info : Le gouvernement envisage de prolonger l’état d’urgence sanitaire jusqu’en octobre. Dominique Rousseau, constitutionnaliste et professeur de droit constitutionnel à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne : « De mon point de vue, le Conseil constitutionnel pourrait déclarer contraire à la Constitution une prolongation de l'état d'urgence au-delà du 10 juillet. »
***- Lu sur France Info : Un collectif demande, dans un communiqué, au ministre de l'Éducation nationale d'admettre tous les admissibles aux concours internes, après l'annonce de la suppression des oraux d'admission de l'Éducation nationale en raison de la crise sanitaire. Car si 4.000 candidats étaient directement admis, 4.000 seraient lésés.
***- Lu sur France Info : La Suède reconnait que sa stratégie de lutte contre le Covid-19 pouvait être améliorée. Le pays scandinave a choisi de maintenir les écoles, cafés, bars, restaurants et entreprises ouvertes durant l'épidémie. Que ferait-elle si c'était à refaire ? « Je pense que nous finirions par faire quelque chose entre ce que la Suède et le reste du monde ont fait », affirme l'épidémiologiste Anders Tegnell, de l'Agence de santé publique.
***- Lu sur France Info : Le décret instituant la prime pour le personnel des Ehpad 1.500 euros dans les 33 départements les plus touchés et 1000 euros ailleurs - n'a toujours pas été publié.
***- Lu sur France Info : Au 1er juin, 1.010.000 demandes d'indemnisation ont été déposées au titre des heures d'activité partielle effectivement chômées en avril. Cela représente 886.000 entreprises et concerne 6 millions de salariés (+800 000 en une semaine). Trois secteurs concentrent à eux seuls la moitié de ces demandes : le commerce, les activités de services spécialisés puis l'hébergement-restauration.
***- Lu sur France Info : Une alerte a été lancée en France par plusieurs spécialistes du cancer : le confinement de ces dernières semaines aura des effets dévastateurs. Selon la fédération Unicancer, qui s’appuie sur une étude britannique, 5 000 à 10 000 décès supplémentaires sont à craindre.
***- Lu sur Le Canard enchaîné : Début avril, le parquet a reçu un signalement de la part d'un infectiologue qui accusait le professeur Raoult de l'IHU marseillais d'avoir réalisé un essai thérapeutique en le présentant comme une étude observationnelle. Il n'aurait donc pas obtenu le consentement des patients participant à l'essai, comme le prévoit la loi Jourdé. L'intéressé, de son côté, assure avoir respecté « l'ensemble de la légalité. » La procureure de Marseille - prise entre eux feux - n'a pas encore décidé si elle allait ouvrir une enquête préliminaire ou décider d’un classement sans suite. « Le choix s’annonce des plus confortables » conclue Le Canard.
***- Lu sur Le Canard enchaîné un article intitulé : Les ARS dramatiques du ministère de la santé. On y apprend que : « Autonomes ou pas, les ARS [Agences régionale de la santé] ne peuvent pas, en pratique, bouger la petit doigt sans l’autorisation de Paris. Leurs directeurs sont notés en fonction du nombre de lits fermés et du nombre de postes supprimés dans leur propre agence. » On y apprend que le ministère de la santé et Bercy [le ministère des Finances] envoient plus de 200 instructions par an aux ARS. On y apprend que : « Faute de moyens - leurs effectifs ont baissé de 30 % depuis 2010- les 18 ARS passent dont leur temps à obéir aux ordres parisiens plutôt que de s’occuper des vrais besoins des patients dans leur région. » Et selon Christophe Lannelongue, ex-patron (viré le 9 avril) de l’ARS du Grand Est, région touchée très tôt et très durement par le COVID : « Durant le mois de mars, on n’a eu aucun appui. L’ARS a été livrée à elle-même. »
***- Sur BFM.TV, le professeur Jean-François Toussaint : « On voit que cette épidémie est en train de disparaître. »
***- Lu sur L’Express : « L'OMS a annoncé la reprise des essais clinique sur l’hydroxychloroquine neuf jours après les avoir suspendus suite à la publication d'une étude dans la prestigieuse revue médicale The Lancet. Après analyse des ‘données disponibles sur la mortalité’, les membres du Comité de sécurité et de suivi ont estimé ’qu'il n'y a aucune raison de modifier le protocole’ des essais cliniques, a annoncé le directeur général de l'OMS.
- Sur France Info, un lecteur informe que les luttes dévoilées par le scandale de l’étude de The lancet sont aussi valables pour Nature et Science.

***- Lu sur France-Info : Après le rétropédalage de l'OMS sur l'usage de l'hydroxychoroquine dans les tests cliniques, l'Agence française du médicament va à son tour réexaminer sa positon après avoir suspendu les essais.
***- Tweet de Didier Raoult : « ‘Expression of concern’ du Lancet : le journal reconnaît des inquiétudes majeures concernant l'existence des données publiées par MM. Mehra et Depai. Même démarche du côté du New England Journal of Medicine. Le château de cartes s'effondre. »
***- L’interview de Didier Raoult par BFM-TV : La mise à nu (notamment) de ce média : « Vous faites les questions, les réponses et les conclusions » ; « Taisez-vous ! ». Quant à la réaction de Ruth Elkrieff, et son absurde « Nous, on compare les sources », elle ne fut pas moins assassine : « Nous on pose des questions, c’est notre métier. »
***- Lu sur France-Info : Le chiffre de mortalité qu'on va nous communiquer tous les soirs, celui des hôpitaux seuls, ne représentera qu'une grosse moitié des décès réels liés au coronavirus en France (sans les Ehpad donc, et les morts à domicile, qui se font attendre). Nous avons pris l'habitude de plus insister sur le nombre de patients en réanimation, qui est plus significatif sur la tension hospitalière, dans notre titre du bilan quotidien.
- Lu sur France Info : Ces chiffres qui montent puis qui baissent, ces changements de référentiel et les atermoiements sur la fréquence du comptage donnent une désagréable impression de flou. Je rappelle quand même qu'en Espagne, on a effacé 2 000 morts en Ehpad d'un trait de plume et au Royaume-Uni, il y a deux bilans en concurrence, celui du gouvernement et celui de l'équivalent de l'Insee.
- Un commentaire de ces infos : Cette gouvernance par les chiffres supplante malheureusement la gouvernance par les valeurs aujourd'hui. Pourtant, ne s'intéresser qu'à une statistique, simplement quantitative et aussi représentative qu'elle soit, n'est-il pas un biais intellectuel et philosophique qui pose question ?
***- Lu sur France-Info : Pourquoi les médias ne s'intéressent-ils pas au sort de milliers de parents se retrouvant sans solution pour faire garder leurs enfants ?? Toutes les écoles ou presque, soumises à un protocole quasi inapplicable, ne peuvent accueillir qu'environ 1/3 à la moitié des élèves, de nombreuses communes n'assument plus les temps périscolaires (garderie et/ou cantine). Dans mon cas, mes filles n'iront à l'école que 2 jours par semaine, de 9h00 à 16h00. Je travaille à temps plein, je fais comment ???
***- France 3 Bretagne s'est rendu dans le ‘village alimentaire’ installé dans un gymnase à Rennes. « Tous les jours ici, on voit augmenter le nombre de familles qui viennent chercher de l’aide. […] À l’ouverture du gymnase le 14 mai, on ouvrait une demi-journée et on recevait 65 familles. Presque trois semaines après on ouvre le matin et l’après-midi, et on est actuellement à 80 familles par jour. »

Politique (Coronavirus) (78) : (4 juin) 2020.
***- Sur France 2 : Gérald Darmanin : « Nous sommes de plus en plus endettés » car « nous avons dépensé beaucoup d'argent », mais « la situation est sous contrôle».
***- Lu sur France-Info : Selon Les Petits frères des pauvres, 650 000 personnes ont été privées de tout contact durant l'épidémie.
***- Lu sur France-Info : Les autorités charentaises s'inquiètent du non-respect du protocole de réouverture des bars et des restaurants. « Nous nous faisons taper sur les doigts, mairie, police, préfecture » confirme un responsable local du Groupement national des indépendants.
- Je suis propriétaire d'un bar en Charente. Mme la préfet nous menace de fermeture car les gestes ne sont pas respectés. N'étant pas policier, je ne vais pas répéter 1.000 fois les consignes (quelque fois aberrantes) à une clientèle qui est ravie de nous revoir, et vice versa. Je propose à Mme la préfet de mettre un policier dans chaque établissement.
***- Lu sur France-Info : Anne Hidalgo : « Si l'épidémie recule, alors je pense qu'avec des règles de prudence et des règles sanitaires, on doit peut-être pouvoir revenir dans des salles de restaurant »
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